Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé Magnolia acuminata au Canada – 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux


Information sur le document

Magnolia acuminé Magnolia acuminata

Photo des feuilles et de la fleur du magnolia acuminé (Magnolia acuminata)

En voie de disparition – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 21 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada -Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 11 p.

White, D.J. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (magnolia acuminata) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-11.

Ambrose, J.D., et S.W. Aboud. 1984. COSEWIC status report on the cucumber tree Magnolia acuminata in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. 29 p.

Note de production :
Le COSEPAC aimerait remercier John D. Ambrose et Paul O’Hara qui ont rédigé le rapport de situation sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada, dans le cadre d’un contrat avec Environnement Canada. Erich Haber, co-président du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Cucumber Tree Magnolia acuminatain Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Magnolia acuminé -- © M. Patrikeev.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69-14/145-2010F-PDF
ISBN 978-1-100-94844-7

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COSEPAC – Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Magnolia acuminé

Nom scientifique
Magnolia acuminata

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette espèce du couvert forestier de la zone carolinienne du sud de l’Ontario est présente sous la forme d’une série de petites populations réparties dans une région au couvert forestier très fragmenté. La population totale canadienne s’établit à environ 200 individus. La plupart des sites ne comptent que quelques individus reproducteurs matures, et plusieurs sites ne comportent qu’un seul arbre et ne montrent aucun signe de régénération, ce qui rend l’espèce très vulnérable à certains événements catastrophiques, tels que les tempêtes de verglas. L’habitat de l’espèce est soumis en permanence aux effets des perturbations locales et du rétrécissement de la superficie de la forêt.

Répartition
Ontario

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999, en mai 2000, et en avril 2010.

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COSEPAC – Résumé

Magnolia acuminé Magnolia acuminata

Information sur l'espèce

Le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) est un arbre du couvert forestier de la famille des Magnoliacées et peut atteindre 30 m de hauteur. Ses feuilles sont simples, alternes, oblongues-ovées à elliptiques, de 10 à 24 cm de longueur, à sommet acuminé. Les bourgeons n’ont qu’une seule écaille, couverte de poils duveteux courts. L’écorce est gris brunâtre, cannelée, à longues crêtes étroites, aplaties et écailleuses. Les fleurs sont jaune verdâtre, solitaires, de 6 à 8 cm de longueur. Le fruit immature est allongé et ressemble à un concombre, puis devient noueux, rouge et en forme de cône en mûrissant. À maturité, les graines ont un tégument charnu orange à écarlate et sont suspendues à un long filament.

Répartition

L’aire de répartition naturelle du magnolia acuminé se situe dans l’est de l’Amérique du Nord et s’étend depuis le sud de l’Ontario et l’ouest de l’État de New York, jusqu’à la Géorgie au sud et à l’Arkansas à l’ouest. Au Canada, l’aire de répartition de l’espèce n’occupe qu’une petite superficie de 557 km².

Habitat

Le magnolia acuminé croît dans les sols riches et humides de la forêt carolinienne, souvent dans des zones surélevées dans des marécages ou à la lisière de ceux-ci.

Biologie

Comme l’espèce a une tolérance modérée à l’ombre, ses semis ont besoin d’ouvertures dans le couvert, comme celles présentes dans les bois humides à mares dispersées, pour s’établir. L’espèce fleurit en mai et commence à libérer ses graines durant la première semaine d’octobre. Même si quelques graines sont produites sur des arbres isolés, la production de graines est optimale dans les sites où la pollinisation croisée est possible.

Taille et tendances des populations

Des travaux sur le terrain plus étendus, menés de 1998 à 2008, ont permis de déterminer qu’environ 200 arbres étaient présents dans les milieux naturels du sud-ouest de l’Ontario, plus précisément dans 18 sites regroupés en deux centres de répartition. L’effectif total comprend 141 sujets confirmés (dont 47 grands arbres) et 47 sujets non confirmés, auxquels l’accès n’a pas été autorisé. En 1998-2001, 173 arbres (dont 13 non confirmés) avaient été signalés, la différence entre l’effectif total des deux périodes (188 en 2008 et 186 en 1998-2001) n’étant pas jugée significative. Ces données se comparent à l’effectif de moins de 50 arbres de grande taille observé en 1984, une année où le nombre de sites connus était moindre. Un examen de la population totale, site par site, révèle que la plupart des sites ont un nombre d’arbres semblable aux données des inventaires effectués par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario en 1998-2000. Certaines pertes ont été documentées, mais plusieurs des augmentations observées sont dues à la croissance des arbres qui sont passés d’une classe à une autre (p. ex. de la classe de gaulis à celle d’arbre). Un site présentait le déclin le plus important de toutes les propriétés auxquelles les propriétaires avaient autorisé l’accès : il était passé de 20 à 9 arbres. Outre la diminution de l’effectif, la superficie de certaines zones forestières semble avoir diminué à la suite du défrichement de leurs lisières; avec une telle réduction de l’habitat dans les secteurs auxquels l’accès n’a pas été autorisé, la situation des arbres inaccessibles est incertaine. Dans l’ensemble, les populations de l’Ontario semblent être dans un état d’équilibre.

Menaces et facteurs limitatifs

Le magnolia acuminé est menacé par les activités de coupe et de défrichement menées sur les terres privées où se trouvent la plupart des sites connus. L’espèce est également limitée par la capacité réduite de reproduction des arbres isolés et par les ouvertures dans le couvert ou les trouées dont ses semis ont besoin pour s’établir.

Importance de l'espèce

Le magnolia acuminé est un arbre peu fréquent du couvert de la forêt carolinienne du sud-ouest de l’Ontario. Plusieurs espèces d’oiseaux et de petits mammifères consomment ses graines et en assurent la dispersion. Son bois a été utilisé et commercialisé sous le nom de tulipier de Virginie et de bois jaune. Il est à grain fin et semblable au bois du tulipier de Virginie, sauf qu’il est plus dur et plus résistant. Il est utilisé en ébénisterie et pour la fabrication de châssis, de portes, de boiseries intérieures, de boîtes et de caisses. Les Cherokees et les Iroquois ont utilisé certaines parties de l’arbre à diverses fins médicinales.

Protection, statuts et classifications

Le magnolia acuminé est aujourd’hui protégé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et par la Loi sur les espèces en péril du Canada; il est désigné « espèce en voie de disparition » au Canada (mai 2010) et en Ontario. Trois populations sont visées par des ententes sur la gestion des terrains boisés entre les propriétaires et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, tandis qu’une autre est présente dans la Réserve nationale de faune de Long-Point.

Selon NatureServe, l’espèce a la cote S1 (gravement en péril) dans trois États plus éloignés (Floride, Oklahoma et Illinois) et la cote S2 (en péril) en Ontario. À l’échelle nationale, elle a la cote N2 (en péril) au Canada et N5 (non en péril) aux États-Unis, tandis qu’à l’échelle mondiale, elle a reçu la cote G5 (non en péril).

Résumé technique

Magnolia acuminata

Magnolia acuminé – Cucumber Tree

Répartition au Canada : Ontario 
Sud de l’Ontario : comté de Norfolk et municipalité régionale de Niagara

Données démographiques

Durée d’une génération Probablement au moins 45 années
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre total d'individus matures?
Non
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d'individus matures pendant [cinq années ou deux générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de
[la réduction ou l'augmentation] du nombre total
d'individus matures au cours des [dix dernières années
ou trois dernières générations]
Réduction minime au cours des dix dernières années, mais peut-être considérable au cours des trois dernières générations qui remontent au début de la colonisation de la région au début des années 1800
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures
au cours des [dix prochaines années ou trois
prochaines générations]
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de
[la réduction ou l’augmentation] du nombre total
d’individus matures au cours de toute période de
[dix ans ou trois générations] couvrant une période
antérieure et ultérieure
Va d’une augmentation lente à un effectif stable dans
les sites non perturbés : augmentation de 17 à 43 %,
surtout attribuable à la croissance des gaulis devenus
des arbres; pertes de 5 à 55 % dans les autres.
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d'occurrence 557 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
[Fournissez toujours une valeur selon la grille de 2×2; d’autres valeurs peuvent également être inscrites si
elles sont clairement indiquées (p. ex., grille de 1×1,
zone d’occupation biologique)].
23 km² (grille de 1 km × 1 km)
60 km² (grille de 2 km × 2 km)
La population totale est-elle très fragmentée?
Il est possible que les graines puissent être transportées sur de grandes distances, mais au moins 12 des 18 sites comptaient moins de 10 arbres, ce qui rend la viabilité de ces populations douteuse; de plus, 33 % des « populations » (sites) ne contenaient qu’un à quelques arbres et aucune régénération. Ces facteurs tendent à indiquer que la définition de « gravement fragmentée » pourrait s’appliquer. De plus, aucune jeune population de magnolia acuminé non associée à des arbres matures n’a été découverte, ce qui indique l’absence d’établissement de nouvelles populations par la dispersion de graines.
Probablement
Nombre de « localités1 »
Il n’est pas certain que la définition s’applique aux 18 sites où aucune menace grave n’est connue.
Indéterminé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de la zone d’occurrence?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de l’indice de la zone d'occupation?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de populations?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de localités?
Dix-huit populations sont reconnues, mais les localités
n’ont pas été définies en raison de l’absence de
menace grave.
Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
Déclin mineur de la qualité et de l’étendue à certains sites; la plupart des sites sont stables.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de la
zone d'occupation?
Non

1 Voir les documents : Instructions pour la préparation des rapports de situation du COSEPAC et Définitions et abréviations approuvées par le COSEPAC.

Nombre d'individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
1. Parcelle Smith et propriétés adjacentes 43
2. Parcelle Baker 7
3. St. Williams 4
4. Smith Transport, Walsh 18
5. Lyndoch 3
6. Shining Tree Woods et propriété adjacente 20
7. Langton 1
8. Long Point 11
9. Collines Short 1
10. Lacs Peninsula 5
11. Propriétés de la rue Balfour 9 [+ 13 non confirmés]
12. Rue Maple [34 non confirmés]
13. Cherry Ridge 5
14. RR4 à Fenwick 3
15. Route Canboro Ouest 5
16. RR1 à Fenwick 3
17. Memorial Drive 1
18. Bord de route à Fenwick 2
Total ~ 200 [141 +  ~ 47 non confirmés]

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l'espèce de la
nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou
5 générations, ou 10 % sur 100 ans]
Aucune analyse disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces limitées. Des perturbations locales et une diminution de la superficie de forêt s’observent dans certaines localités du comté de Norfolk et de la municipalité régionale de Niagara.

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

Situation des populations de l'extérieur Moins en péril au États-Unis, mais cote S1 dans certains États plus éloignés, soit la Floride, l’Oklahoma et l’Illinois.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnue et improbable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Oui, mais peut-être pas de façon optimale
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au
Canada pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d'une immigration de populations externes existe-t-elle? Non

Statut existant

COSEPAC : Espèce en voie de disparition (avril 2010)

Statut et justification de la désignation

Statut : en voie de disparition
Code alphanumérique : D1

Justification de la désignation :
Cette espèce du couvert forestier de la zone carolinienne du sud de l’Ontario est présente sous la forme d’une série de petites populations réparties dans une région au couvert forestier très fragmenté. La population totale canadienne s’établit à environ 200 individus. La plupart des sites ne comptent que quelques individus reproducteurs matures, et plusieurs sites ne comportent qu’un seul arbre et ne montrent aucun signe de régénération, ce qui rend l’espèce très vulnérable à certains événements catastrophiques, tels que les tempêtes de verglas. L’habitat de l’espèce est soumis en permanence aux effets des perturbations locales et du rétrécissement de la superficie de la forêt.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) : sans objet.
Le nombre total d’individus matures est probablement stable.

Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : sans objet. La zone d’occurrence et l’IZO se situent à l’intérieur des valeurs limites et les populations sont gravement fragmentées, mais la taille de la population totale semble relativement stable et seules des perturbations limitées ont été documentées.

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : sans objet. Aucun déclin continu du nombre total d’individus matures n’a été démontré.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », D1, car le nombre total d’individus matures est inférieur à 250.

Critère E (analyse quantitative) : aucune disponible.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur magnolia acuminé Magnolia acuminata au Canada – 2010

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Magnolia acuminata (L.) L.
Noms communs français : arbre aux concombres; magnolia acuminé
Noms communs anglais : Cucumber Tree; Cucumber Magnolia
Famille : Magnoliacées
Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Description morphologique

Le magnolia acuminé est un arbre du couvert forestier et peut atteindre 30 m de hauteur. Ses feuilles sont simples, alternes, oblongues-ovées à elliptiques, de 10 à 24 cm de longueur, à sommet acuminé, à pétiole court. Les bourgeons n’ont qu’une seule écaille, couverte de poils duveteux courts. L’écorce est gris brunâtre, cannelée, à longues crêtes étroites, aplaties et écailleuses. Les fleurs sont jaune verdâtre, solitaires, de 6 à 8 cm de longueur (figure 1). Le fruit est en forme de cône (figure 2), de 3 à 8 cm de longueur; il est composé de follicules devenant rougeâtres à maturité et libérant des graines à tégument charnu orange à écarlate qui restent suspendues pendant un certain temps à un long filament.

Figure 1. Fleur du magnolia acuminé (photographie de J. Ambrose).

Photo d’une fleur du magnolia acuminé.

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Figure 2. Branche feuillue du magnolia acuminé portant des fruits rouges en forme de cônes dressés, pas encore mûrs (photographie de J. Ambrose).

Photo d’une branche feuillue du magnolia acuminé portant des fruits rouges en forme de cônes dressés, pas encore mûrs.

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Structure spatiale et variabilité des populations

La population totale de l’Ontario se retrouve dans une série de sites groupés dans deux régions distinctes. Ces sites se trouvent dans des milieux forestiers humides à mouillés similaires, souvent dans la partie amont de cours d’eau ainsi que dans des milieux humides palustres. Quelques sites comptent un nombre respectable d’arbres (plus de 10 dans nombre d’entre eux et 20 à 43 dans quelques autres) et présentent des signes de reproduction (tableau 1) : sites de Norfolk 1, 2, 6 et 8  et sites de Niagara 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 (les trois derniers font partie d’une « communauté végétale en voie de disparition » dispersée mais contiguë et pourraient être considérés comme une seule population). Dans la plupart des autres sites, on retrouve de grands arbres solitaires et des semis, parfois manifestement établis dans un habitat atypique (p. ex. un site sableux sec), mais s’y reproduisant : il est à se demander s’ils sont des vestiges d’une forêt aujourd’hui disparue ou s’ils sont issus de matériel local qui y aurait été planté (sites 3, 4 et 5). Quelques arbres solitaires qui semblent occuper un habitat plus typique sont présents dans les sites 7, 9 et 17, mais ne sont entourés d’aucune régénération. Deux grands arbres adjacents sont présents sur le bord d’une route en milieu rural sans aucune régénération (18); d’autres arbres en bordure de route avaient déjà été recensés près de ces populations naturelles, mais ils ont maintenant disparu.

Tableau 1. Comparaison de l’abondance du magnolia acuminé d’une période de relevé à l’autre.
Comté de Norfolk
Site/Population1998-20012008-2009
1. Parcelle Smith et propriétés adjacentes30 arbres ** (7 grands), 21 gaulis, 2 semis 43 arbres (12 grands), 1 arbre mort, 9 gaulis et 2 semis
2. Parcelle Baker6 arbres (1 grand) et 2 semis7 arbres (1 grand); aucun semis *
3. St. Williams4 arbres (2 grands) et 1 gaulis4 arbres (2 grands) et 1 gaulis; aucun semis *
4. Walsh14 arbres (1 grand) et 3 gaulis 18 arbres (2 grands) et 2 gaulis; aucun semis *
5. Lynedoch1 grand arbre; 10 gaulis plus 9 semis3 arbres (1 grand), 5 gaulis; aucun semis *
6. Shining Tree Woods et propriété adjacente23 arbres (1 grand), 2 gaulis, 2 semis  20 arbres (4 grands), 1 gaulis; aucun semis *
7. Langton1 grand arbre, aucune régénération1 grand arbre, aucune régénération
8. Long Point11 arbres (10 grands), 2 semis11 arbres (10 grands) 
Municipalité régionale de Niagara
9. Collines Short2 arbres (1 grand), 1 autre grand arbre, non confirmés1 grand arbre à 3 troncs; 1 arbre mort, aucune régénération
10. Lacs Peninsula6 arbres (2 grands) + 2 chablis récents, 1 gaulis5 arbres (2 grands), 3 gaulis
11. Propriétés de la rue Balfour20 arbres +1 arbre mort,
1 gaulis
(13 arbres non confirmés)
9 arbres (4 grands) et 2 gaulis; aucun semis
(13 arbres non confirmés)
12. Rue Maple34 arbres (1 grand), 6 gaulis, 9 semis(34 arbres non confirmés) permission refusée
13. Cherry Ridge4 arbres, 1 gaulis, 1 semis5 arbres (1 grand); aucun semis
14. RR4 de Fenwick4 arbres (1 grand), 2 gaulis, plus de 100 semis3 arbres (1 grand), 3 gaulis et 23 semis
15. Route Canboro Ouest.7 arbres et 1 gaulis5 arbres (3 grands), 2 gaulis et 5 semis
16. RR1 de Fenwick3 arbres sur deux lots adjacents3 arbres sur deux lots adjacents; aucune régénération
17. Memorial Drive1 arbre1 arbre; aucune régénération 
18. Bord de la route à Fenwick2 grands arbres2 grands arbres
Sommaire173 arbres (31 grands);
(+ 13 non confirmés),
48 gaulis, plus de 127 semis
>141 arbres (47 grands);
(+ 47 non confirmés),
28 gaulis, 30 semis *

* La date tardive de la visite a nui à l’observation des semis.
** Arbre : 10 cm et plus de dhp (diamètre à hauteur de poitrine) (grand arbre : 50 cm et plus de dhp); gaulis : 2-9 cm de dhp; semis : moins de 2 cm de dhp.

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Comme les milieux similaires situés non loin des localités connues ont fait l’objet de relevés au cours des 10 dernières années mais sans résultat aucun, il semble probable 1) que la majeure partie de la population totale de l’Ontario est maintenant documentée et 2) que des graines se dispersent parfois dans des milieux convenables et que des semis s’établissent dans les deux régions du sud de l’Ontario où des populations sont présentes. On ne sait pas si les populations de ces deux régions sont génétiquement distinctes, pas plus qu’on ne connaît leur similarité génétique avec les populations méridionales les plus proches.

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Unités désignables

Comme aucune différence morphologique ou génétique entre les populations des deux régions isolées de la zone carolinienne du sud de l’Ontario n’a été documentée, une seule unité désignable est reconnue pour le magnolia acuminé au Canada. Les populations se trouvent donc toutes dans l’aire écologique des plaines des Grands Lacs reconnue par le COSEPAC.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le magnolia acuminé se rencontre dans l'est de l'Amérique du Nord, depuis le sud de l'Ontario et l'ouest de l'État de New York jusqu'à la Géorgie au sud et à l'Arkansas à l'ouest (Ambrose et Aboud, 1984; figure 3). Au Canada, il n’est présent que dans l’extrême sud de l’Ontario.

Figure 3. Aire de répartition du magnolia acuminé en Amérique du Nord (d’après Little, 1977).

Carte montrant l’aire de répartition du magnolia acuminé en Amérique du Nord.

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, deux centres de population sont présents dans la zone carolinienne du sud de l’Ontario : le premier dans la municipalité régionale de Niagara (10 populations) et le second dans le comté de Norfolk (8 populations) (figure 4). Outre ces deux secteurs de son aire actuelle de répartition naturelle, on trouve également des spécimens cultivés de l’espèce ailleurs dans le sud de l’Ontario. Aucun individu cultivé n’a été inclus aux fins de la présente évaluation.

Figure 4. Sites actuels d’occurrence indigène du magnolia acuminé en Ontario (cercles noirs).
Carte montrant les sites actuels d’occurrence du magnolia acuminé en Ontario.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Kilometres = kilomètres

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Ambrose et Aboud (1984) ont déjà documenté deux mentions du magnolia acuminé dans le comté de Lambton. Ces occurrences étaient fondées sur l’observation d’une souche par Fox et Soper (1952) ainsi que de jeunes arbres par G. Myers près du parc provincial d’Ipperwash (vers 1964). Lorsque Ambrose et Aboud ont rédigé leur rapport de situation en 1984, le site de Myers avait été défriché. Lors de relevés sur le terrain effectués en 1982 dans la région d’Ipperwash, aucun magnolia acuminé n’a été trouvé (Ambrose et Aboud, 1984). Dans son rapport de 1999, White a reporté sur une carte l’observation de Myers, un botaniste expérimenté, indiquant qu’il s’agissait d’une mention historique fiable d’une population maintenant considérée disparue.

La zone d’occurrence de l’espèce est de 557 km² et est divisée en deux polygones, compte tenu de la grande distance entre les deux régions d‘occurrence dans la province. Le groupe de populations de la municipalité régionale de Niagara a une zone d’occurrence de 8 km² et celui du comté de Norfolk, de 549 km². L’indice de la zone d’occupation s’établit à 23 km² selon une grille de 1 km × 1 km, ou à 60 km² selon une grille de 2 km × 2 km.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le magnolia acuminé croît dans des forêts à sol riche et humide, à texture moyenne à grossière, parfois près d’eaux stagnantes dans des bois marécageux, mais aussi sur des pentes ou des sites surélevés par rapport aux sols saturés; il se régénère à la faveur des clairières ou d’ouvertures partielles du couvert forestier.

En règle générale, l’espèce est présente tantôt dans des marécages, notamment des marécages minéraux décidus à érable argenté et à érable rouge (SWD3-1, 3-2, abréviations tirées de Lee et al., 1998), et parfois dans des marécages arbustifs (SWT2-6, 2-9, 3-11), tantôt dans des forêts décidues ou mixtes fraîches à humides à érable à sucre de plus hautes terres (FOD6-1, 6-3, 6-5, FOM6-1). Dans ce dernier cas, les forêts sont souvent situées dans la partie amont de cours d’eau, notamment dans la municipalité régionale de Niagara.

Plusieurs autres plantes en péril et espèces rares ont été observées aux mêmes sites que le magnolia acuminé en Ontario et ont été désignées en voie de disparition par le COSEPAC ou reconnues comme peut-être en péril à l’échelle provinciale. En voici des exemples :

  • le châtaignier d’Amérique (Castanea dentata) : en voie de disparition (COSEPAC);
  • le cornouiller fleuri (Cornus florida) : en voie de disparition (COSEPAC);
  • le noyer cendré (Juglans cinerea) : en voie de disparition (COSEPAC);
  • le nyssa sylvestre (Nyssa sylvatica) : S3 (vulnérable à l’échelle provinciale).

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Tendances en matière d'habitat

Depuis la préparation du premier rapport de situation sur le magnolia acuminé (Ambrose et Aboud, 1984), seules des pertes limitées d’habitat se sont produites. L’habitat propice diminue lentement dans certains secteurs. Selon les observations, certains des milieux occupés avaient une superficie plus petite que celle indiquée sur les cartes antérieures, particulièrement au site 11. Toutefois, la majeure partie du déclin de la forêt carolinienne et de l’habitat du magnolia acuminé s’est produite historiquement, dès les débuts de la colonisation européenne de la région. La perte de peuplements forestiers et la coupe sélective dans la région ont aussi entraîné la fragmentation de la forêt, ce qui cause l’isolement des arbres et pourrait réduire le succès de la pollinisation croisée. Le déclin de la qualité de l’habitat au cours des récentes décennies résulte de la propagation d’espèces exotiques envahissantes comme l’alliaire officinale (Alliaria petiolata) dans le sous-étage de certaines portions de l’habitat de l’espèce.

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Protection et propriété

Seule la Réserve nationale de faune de Long-Point est entièrement protégée. L’Office de protection de la nature de la région de Long Point gère deux autres sites et s’emploie à protéger les arbres existants et à favoriser la régénération naturelle.

D’autres sites sont des propriétés privées. De nombreux propriétaires prennent l’intendance au sérieux et montrent un grand intérêt pour la protection de cette espèce et d’autres valeurs du patrimoine naturel. Seul un petit nombre de propriétaires n’étaient pas intéressés et ont refusé l’accès à leur propriété.

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Biologie

Comme l’espèce a une tolérance modérée à l’ombre (Strobl et Bland, 2000), les ouvertures dans le couvert, comme celles présentes dans les bois humides à mares dispersées, favorisent l’établissement des semis. Il y a des signes de régénération dans la plupart des localités où l’effectif est élevé et dans certains où se trouve seulement un arbre âgé. L’espèce fleurit en mai et commence à libérer ses graines au début d’octobre. Elle a des fleurs bisexuées ou parfaites dont les stigmates deviennent réceptifs avant la libération des grains de pollen par les anthères, ce qui favorise la pollinisation croisée. Bien que les arbres solitaires arrivent à produire un petit nombre de fruits contenant chacun quelques graines, parce que l’autofécondation n’est pas exclue, la production de graines est optimale dans les sites où la pollinisation croisée est possible (Ambrose et Kevan, 1990).

Cycle vital et reproduction

La floraison débute vers l’âge de 30 ans (Strobl et Bland, 2000) et selon les observations, les arbres commencent à se reproduire lorsque leur diamètre à hauteur de poitrine (dhp) atteint 25 à 30 cm (Ambrose, 2001). Compte tenu du nombre et de la taille variables des grands arbres matures des populations actuelles, la durée moyenne d’une génération pourrait être de l’ordre de 45 ans ou peut-être plus. Il n’est pas facile de déterminer la durée d’une génération du magnolia acuminé en Ontario à partir de la proportion relative d’arbres portant des graines présente avant la colonisation. On peut supposer que la proportion de tels arbres était alors plus élevée en l’absence d’exploitation forestière et que la durée d’une génération était plus longue. Certains arbres de l’Ontario font l’objet d’un suivi depuis 80 ans ou plus. Cependant, dans la portion plus centrale de l’aire de répartition de l’espèce, dans la région américaine des Appalaches, les arbres ont généralement un diamètre de 60 cm (mais peuvent atteindre 122 cm) et arrivent à maturité vers 100 ans, mais sont peu nombreux à dépasser l’âge de 150 ans (Western North Carolina Nature Center (en anglais seulement). Des arbres de 250 ans (Strobl et Bland, 2000) ou même plus ont été recensés. À Colonial Heights (Virginie), une carotte a été prélevée en 2003 dans un arbre vivant et le dénombrement de ses cernes a permis d’établir qu’il était âgé de 348 ans (nativetreesociety.org (en anglais seulement)).

Les fleurs de l’espèce sont protogynes (les styles sont réceptifs avant la déhiscence des anthères) et sont pollinisées par plusieurs insectes, notamment des coléoptères, qui s’introduisent dans les boutons floraux par les interstices à la base des pétales peu de temps avant l’épanouissement des fleurs (Ambrose et Kevan, 1990). La pollinisation par les coléoptères est un phénomène bien connu chez les Magnoliacées (Bernhardt et Thien, 1987). Lorsque les fruits mûrs s’ouvrent, ils libèrent des graines qui restent suspendues pendant un certain temps à un filament. Les graines de magnolia perdent leur viabilité en séchant (Smith, 1990).

Les semis s’établissent plus facilement à la faveur d’ouvertures partielles dans le couvert. La croissance peut être très rapide dans les sites appropriés, comme en témoigne l’accroissement en diamètre des arbres individuels observé d’un relevé à l’autre.

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Herbivores

Même si Smith (1990) a constaté que le cerf de Virginie broutait les feuilles et les bourgeons de l’espèce, aucun dégât grave causé par le broutage ou d’autres herbivores n’a été observé.

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Physiologie

Même si l’espèce est confinée à la zone carolinienne du sud de l’Ontario au Canada, elle survit comme arbre cultivé dans des sites aussi au nord que Stratford et Guelph.

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Dispersion

Le magnolia acuminé a un fruit de type déhiscent, c’est-à-dire qui s’ouvre à maturité pour livrer passage aux graines à tégument charnu orange à écarlate qui restent suspendues pendant un certain temps à un filament, ce qui favorise leur dissémination active par les oiseaux. Ni Kubisiak et al. (2001) ni Vance (2002) ne mentionnent que les fruits du magnolia acuminé sont reconnus pour être consommés par le Dindon sauvage de l’Est (Meleagris gallopavo silvestris). Ces auteurs répertorient des espèces qui produisent des fruits charnus, comme le nyssa sylvestre (Nyssa sylvatica) et le benjoin (Lindera benzoin) et qui sont souvent associées au magnolia acuminé. Il est probable que les dindons puissent être attirés par les fruits charnus du magnolia acuminé et puissent disséminer leurs graines à grande échelle (comm. pers. de l’évaluateur du MRNO [ministère des Richesses naturelles de l’Ontario], 2010). Faute de populations de jeunes arbres signalées récemment, il semblerait que la dissémination des graines au-delà des environs immédiats de l’aire principale de répartition des populations connues soit limitée, voire inexistante. Les écureuils jouent peut-être aussi un rôle dans la dissémination des graines. Les petits mammifères terrestres recueillent et disséminent probablement les graines tombées au sol. Les oiseaux sont susceptibles de transporter les graines vers des habitats forestiers éloignés, mais rien n’indique que de nouvelles populations se sont établies au cours des dernières décennies.

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Interactions interspécifiques

Le magnolia acuminé dépend des insectes pollinisateurs (surtout des coléoptères qui s’introduisent dans les boutons floraux juste avant leur ouverture [Ambrose et Kevan, 1990]) pour produire des fruits et probablement des oiseaux frugivores pour la dispersion active des graines dans un habitat approprié.

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Adaptabilité

Le magnolia acuminé est capable de produire des rejets de souche après qu’il a été abattu ou que son tronc a été gravement endommagé. De nombreux arbres multicaules se sont probablement développés après des travaux d’éclaircie ou de défrichement, un signe témoignant d’une faculté d’adaptation leur permettant de se rétablir à la suite d’activités humaines délibérées ou non.

Il est facile de faire germer les graines (Kock et al., 2008) récoltées localement et de cultiver les semis ainsi obtenus. L’Arboretum de l'Université de Guelph (University of Guelph Arboretum) possède une banque de gènes d’arbres issus de populations sauvages de l’Ontario, qui ont été récoltés à compter de la fin des années 1970. Il l’a utilisée pour cultiver des arbres qui devraient commencer à fleurir et à produire des fruits au cours de la prochaine décennie.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Il a été facile de retrouver les populations existantes grâce aux données cartographiques précises provenant des relevés de 1998 et de 2001 du MRNO. On a déterminé les coordonnées UTM de chaque arbre à l’aide d’un GPS, puis mesuré leur diamètre à hauteur de poitrine. La viabilité et la régénération ont été évaluées, puis le décompte des individus classés dans les catégories arbre, gaulis et semis a été effectué (présentés au tableau 1).

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Abondance

Au moment de la rédaction du premier rapport de situation de l’espèce, 10 des 18 populations dont le présent rapport fait état étaient connues, et cinq d’entre elles comptaient des gaulis et/ou des semis et des arbres portant des graines (Ambrose et Aboud, 1984); deux grands arbres en bordure de route produisaient des graines viables. Des relevés effectués par Thompson (1992) et d’autres (voir par exemple M. Gartshore, comm. pers., 1985) ont permis de découvrir d’autres sites, ce qui a fait augmenter l’effectif connu. Comme l’espèce a été beaucoup plantée dans le sud-ouest de l’Ontario, il est parfois difficile de déterminer si un arbre donné est un vestige d’une forêt maintenant disparue, un sujet planté de provenance locale ou un individu cultivé d’origine inconnue (Ambrose et Aboud, 1984). À la fin des années 1990, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a financé des travaux visant à cartographier des espèces en voie de disparition, dont la répartition du magnolia acuminé et de son habitat dans la province (Dougan and Associates, 1998; Ambrose, 2001), lesquels ont permis d’obtenir des renseignements beaucoup plus détaillés sur la taille des populations et la superficie de l’habitat occupé ainsi que de caractériser la végétation associée à l’aide de la classification écologique des terres (Lee et al., 1998).

Faute de renseignements sur l’origine locale ou non des graines ou des semis utilisés à des fins d‘introduction dans l’aire de répartition et l’habitat naturel du magnolia acuminé en Ontario, tous les arbres dénombrés sont présumés d’origine locale.

Au moment de la rédaction du premier rapport de situation, on avait observé que certains sites connus avaient disparu. Lors du présent exercice de mise à jour, on a constaté qu’aucun autre site n’avait disparu depuis les relevés de 1998-2001, mais que certains semblaient avoir une superficie réduite, à en juger par le moins grand nombre d’arbres recensés. Dans l’ensemble, les populations de l’Ontario semblent être dans un état stable, et plusieurs sites présentent un effectif à la hausse. Une grande partie de cette augmentation est due à la croissance des individus, des gaulis préexistants étant devenus des arbres, et des semis, des gaulis, ainsi qu’à l’établissement de nouveaux semis dans certains sites. Le nombre d’arbres de grand diamètre (50 cm ou plus) a augmenté, passant de 31 en 1998-2001 à 47 lors du présent relevé.

Le tableau 1 compare les données du relevé de 2008-2009 à celles obtenues en 1998-2001. Selon les estimations, l’effectif total se compose d’environ 200 arbres, dont 141 confirmés et 47 non confirmés lors des récents relevés, certains propriétaires ayant refusé l’accès à leur propriété. Ces chiffres font référence aux arbres de 10 cm ou plus de dhp et qui atteignent au moins le sous-couvert. On a observé que les arbres commencent à produire des graines lorsqu’ils atteignent 25-30 cm de dhp; par conséquent, les arbres recensés n’ont pas encore tous atteint ce stade, mais ils y parviendront d’ici quelques années et auront de meilleures chances de survie que les semis ou les gaulis observés qui peuvent ne pas occuper une position suffisamment favorable dans une ouverture du couvert.

Il faut considérer les populations canadiennes comme gravement fragmentées. Comme aucune nouvelle population jeune du magnolia acuminé n’a été découverte au cours de la dernière décennie, ou même plus, il semble qu’il n’y ait pas de dispersion à grande échelle des graines par les oiseaux ou par d’autres agents permettant l’établissement de nouvelles populations. La définition de « population gravement fragmentée » du COSEPAC/ de l’UICN s’applique également puisque 12 des 18 sites comptent moins de 10 individus matures. De telles populations ont une viabilité à long terme (sur plusieurs générations) douteuse, compte tenu de l’impact potentiellement plus important de phénomènes stochastiques, comme des tempêtes de verglas majeures, sur des populations si petites. Le fait qu’environ 33 % de ces petites « populations » ne comptent aucun semis et un seul arbre ou quelques-uns et qu’un seul grand arbre ou deux et quelques semis sont présents dans d’autres sites est un autre signe de la vulnérabilité de telles populations à des phénomènes stochastiques. Les 18 populations sont séparées dans l’espace en deux régions distinctes de l’Ontario, distantes d’une centaine de kilomètres, et qui résultent de l’activité humaine qui n’a laissé que des vestiges forestiers très fragmentés dans une région à couvert forestier autrefois étendu.

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Fluctuations et tendances

La taille totale de la population est demeurée assez stable depuis les relevés de 1998-2001 : certaines pertes ont été observées, mais également des augmentations, résultant de la croissance des arbres de taille moyenne qui sont passés dans une classe de taille supérieure, et des gaulis qui sont devenus des arbres.

Le magnolia acuminé a été désigné « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC en 1984, parce qu’il ne restait plus que neuf sites (et une paire de vieux arbres survivants en bordure de route) dans le sud-ouest de l’Ontario, plus précisément dans les municipalités régionales de Niagara et de Haldimand-Norfolk (maintenant appelé comté de Norfolk). Seulement trois de ces sites présentaient une régénération suffisante pour constituer des populations viables (Ambrose et Aboud, 1984), tandis que trois autres présentaient une régénération limitée. Depuis la rédaction du premier rapport de situation, huit autres sites ont été découverts dans ces mêmes deux régions, portant le total à 18. Ce sont toutes des populations auparavant inconnues, mais non récemment établies à en juger par les arbres de bonnes dimensions qui y sont présents. Dix de ces dix-huit populations montraient des signes récents de régénération, et quatre autres comportaient des semis il y a dix ans. Même si des individus ont disparu depuis le premier rapport de situation de 1984, aucune population entière (qui s’étend parfois sur des propriétés adjacentes) n’a disparu depuis cette date.

Il n’existe aucune donnée portant expressément sur l’évolution des populations du magnolia acuminé durant une période équivalant à environ trois générations (~ 135 ans). Les informations obtenues auprès de différentes sources, comme le site Web portant sur la région carolinienne du Canada, révèlent toutefois que le couvert forestier de cette région est passé de 80 à 11 %, ou même moins dans certains secteurs. Un tel déclin historique de la superficie forestière de cette région a probablement commencé bien avant la période de trois générations attribuée à l’espèce dans le présent rapport, étant donné que la colonisation de la région au nord du lac Érié par les Européens a véritablement commencé au début des années 1800 avec la concession de terres au colonel Thomas Talbot. La disparition d’une importante proportion du couvert forestier de la zone carolinienne coïnciderait vraisemblablement avec une réduction similaire de l’abondance relative du magnolia acuminé en Ontario.

L’espèce est continuellement en péril en raison de son aire de répartition géographique très limitée, du petit nombre d’arbres présents dans la plupart des sites et des activités occasionnelles de coupe et de défrichement dans certains sites. La plupart des propriétaires montrent toutefois un intérêt pour la protection de cette espèce et son habitat.

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Effet d'une immigration de source externe

Historiquement, des oiseaux et des mammifères ont probablement transporté de façon périodique et plus ou moins fréquente des graines du magnolia acuminé depuis le sud vers le nord, la forêt feuillue ayant progressé vers le nord durant l’époque postglaciaire. Des graines ont aussi probablement été transportées à l’occasion dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce puisque de nouvelles populations se sont établies au fil de nombreuses générations, mais vraisemblablement surtout avant la colonisation de la région et son défrichement. Compte tenu de l’ampleur de la fragmentation des forêts qui s’est produite durant les cent dernières années ou plus, de tels épisodes de dispersion sont vraisemblablement devenus moins fréquents, même dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce. Les graines doivent tomber dans un habitat approprié et dans une ouverture du couvert assez grande (mais pas trop) afin de favoriser l’établissement et le développement des semis. Étant donné que l’habitat forestier est fragmenté et que les oiseaux migrent principalement vers le sud durant la période où les graines sont disponibles à l’automne, il est peu probable que les graines provenant de sources aux États-Unis puissent être dispersées naturellement sur de grandes distances vers le nord à une fréquence permettant de renouveler la population canadienne et de servir d’immigration de source externe.

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Menaces et facteurs limitatifs

Le magnolia acuminé est menacé par les activités de coupe et de défrichement menées sur les terrains privés où se trouvent la plupart des populations connues. Bien que la plupart de ces sites n’aient pas subi de perturbation importante, des signes de coupe ou de défrichement s’observaient dans quelques sites où des arbres avaient déjà été recensés dans le passé. Des traces de perturbation et de défrichement des lisières étaient visibles sur certaines propriétés des sites 1 et 11; le dégagement du sous-étage et sa colonisation ultérieure par des espèces végétales exotiques envahissantes étaient évidents dans le site 10, tandis que des dommages allant de l’écorçage partiel à l’annélation complète d’un magnolia acuminé (probablement lors de travaux de dégagement mécanique) s’observaient dans les sites 4 et 13. Les espèces exotiques envahissantes ont vraisemblablement peu d’impact sur les arbres matures, mais nuisent probablement à l’établissement des semis. La fragmentation des forêts dans la zone carolinienne a eu pour effet d’isoler certains arbres, réduisant ainsi l’efficacité de la pollinisation croisée et de la production de graines chez ces individus. Aucun agent pathogène important n’est connu chez l’espèce (Smith, 1990).

Localités définies en fonction des menaces

Un total de 18 sites comptant un arbre ou plus ont été recensés. Comme il a été mentionné ci-dessus, des perturbations minimes n’ont été observées que dans environ cinq sites. Compte tenu de l’absence de menaces existantes graves et de l’incertitude liée à la façon de définir les localités en fonction du régime de propriété et des risques connexes potentiels pour l’espèce, l’application de critères liés au nombre de « localités » pour l’évaluation de cette espèce est discutable.

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Importance de l’espèce

Le magnolia acuminé est un arbre peu fréquent du couvert de la forêt carolinienne de la pointe sud de l’Ontario. Plusieurs espèces d’oiseaux et de petits mammifères consomment ses graines et en assurent la dispersion. En Ontario, l’espèce est à la limite septentrionale de son aire de répartition et représente probablement un cas d’adaptation génétique aux conditions locales, de sorte que les graines de provenance locale devraient être plus efficaces pour rétablir des populations au Canada que celles de provenance plus méridionale.

Le bois du magnolia acuminé est à grain fin et semblable au bois du tulipier de Virginie (commercialisé sous le nom de bois jaune), sauf qu’il est plus dur et plus résistant. Il est utilisé en ébénisterie et pour la fabrication de châssis, de portes, de boiseries intérieures, de boîtes et de caisses. Les Cherokees et les Iroquois ont utilisé certaines parties de l’arbre à diverses fins médicinales, comme l’indique la base de données ethnobotaniques Native American Ethnobotany Database (Moerman, 2003).

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Protection, statuts et classifications

Depuis que le magnolia acuminé a été désigné « espèce en voie de disparition » au Canada (avril 2010), il est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) sur les terres fédérales, soit le site de la Réserve nationale de faune de Long-Point. Ce site avait été signalé dans le premier rapport de situation de 1984, mais n’avait pas été confirmé; des employés du Service canadien de la faune ont confirmé son existence en 1996 et à nouveau en 2007.

L’espèce est également protégée sur les terres privées et les terres provinciales en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, qui vise les 17 autres sites. Des mesures ont été prises pour augmenter ses chances de survie en Ontario. En 1998, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) a financé des travaux visant à cartographier la répartition du magnolia acuminé et de son habitat dans la province. Les données ainsi obtenues ont été compilées dans le rapport de Suggitt et Thompson (2002). Le MRNO a également entrepris d’élaborer un programme de rétablissement de l’espèce (Ambrose et Kirk, 2007).

Statuts et classifications non prévus par la loi

Aux États-Unis, l’espèce a la cote S1 (gravement en péril) dans trois États plus éloignés (Floride, Oklahoma et Illinois) (NatureServe, 2009). L’espèce n’a pas été évaluée en dans l’État de l’Ohio voisin et est coté S5 (non en péril) en Pennsylvanie et dans l’État de New York. En Ontario, elle est cotée S2 (en péril). À l’échelle nationale, elle a la cote N2 (en péril) au Canada et N5 (non en péril) aux États-Unis, tandis qu’à l’échelle mondiale, elle a reçu la cote G5 (non en péril).

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Remerciements et experts consultés

Mike Oldham, botaniste au Centre d’information sur le patrimoine naturel, à Peterborough, a fourni des documents de référence ainsi qu’une liste des mentions de l’espèce, avec des précisions sur les confirmations récentes. Donald Kirk a fourni des données cartographiques récentes provenant du bureau du district de Guelph du MRNO. Jeff Robinson a fourni des renseignements sur la population de la Réserve nationale de faune de Long-Point. Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Sources d’information

Ambrose, J.D. 2001. Endangered species habitat mapping and landowner response: Magnolia acuminata (Cucumber Tree), ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, bureau du district de Guelph, rapport inédit.

Ambrose, J.D., et S.W. Aboud. 1984. Status report on the Cucumber Tree Magnolia acuminata in Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Service canadien de la faune, Ottawa, rapport inédit, 22 p.

Ambrose, J.D., et P.G. Kevan. 1990. Reproductive biology of rare Carolinian plants with regard to conservation management, in G. Allen et al., Conserving Carolinian Canada, University of Waterloo Press.

Programme de rétablissement du magnolia acuminé (Magnolia acuminata L.) au Canada (PDF; 444 Ko), rapport préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario par l’Équipe de rétablissement du magnolia acuminé, viii + 27 p. + addenda.

Bernhardt, P., et L.B. Thien, 1987. Self-isolation and insect pollination in the primitive angiosperms: New evaluations of older hypotheses, Plant Systematics and Evolution 156 (3-4) : 159-176.

Dougan and Associates. 1998 (avec Aboud and Associates). Endangered species habitat mapping study and landowner correspondence: Magnolia acuminata (Cucumber Tree), ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, bureau du district de Guelph, rapport inédit.

Fox, W.S., et J.H. Soper. 1952. The distribution of some trees and shrubs of the Carolinian Zone of Southern Ontario, Part 1, Transactions of the Royal Canadian Institute 29 (Part 2) : 67-84.

Gartshore, M., comm. pers. 1985. Pterophylla Native Plants and Seeds, Norfolk (Ontario). 

Kock, H., P. Aird, J. Ambrose et G. Waldron. 2008. Growing Trees from Seed: A practical guide to growing native trees, vines and shrubs, Firefly Books Ltd, Richmond Hill (Ontario).

Kubisiak, J.F., R.E. Rolley, R.N. Paisley et R.G. Wright. 2001. Wild Turkey Ecology and Management in Wisconsin, Wisconsin Department of Natural Resources, Madison (Wisconsin), 44 p.

Lee, H.T., W.D. Bakowsky, J. Riley, J. Bowles, M. Puddister, P. Uhlig et S. McMurray. 1998. Ecological Land Classification for Southern Ontario: First Approximation and Its Application, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Southcentral Science Section Field Guide FG-02, 225 p.

Little, E.L., Jr. 1977. Atlas of the United States Trees, IV. Minor Eastern Hardwoods, U.S. Forest Service Miscellaneous Publication 1342.

Native American EthnobotanyDatabase, University of Michigan (en anglais seulement). (Consulté le 11 février 2009).

Natural Heritage Information Centre. 2008. Element Occurrence records of Cucumber Tree (Magnolia acuminata) from the database of the Natural Heritage Information Centre (NHIC), ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, 31 p.

NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life (en anglais seulement), version 7.1, NatureServe, Arlington (Virginie). (Consulté le 11 février 2009).

Smith, H.C.1990. Silvics of North America, Vol. 2, USDA Forest Service bulletin 654 (en anglais seulement).

Strobl, S., et D. Bland. 2000. Silvicultural Guide to Managing Southern Ontario Forests, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Toronto.

Suggitt, T., et M. Thompson. 2002.  Endangered Species Habitat Mapping for the purposes of the Conservation Land Tax Incentive Program: Cucumber Tree (Magnolia acuminata L.), rapport du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, District de Guelph.

Thompson, R.J. 1992. Status report, Magnolia acuminata, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Simcoe, rapport inédit, 12 p.

Vance, A.S. 2001. Wild turkey food habits: A review of existing literature, National Wild Turkey Federation, rapport inédit, 34 p.

White, D.J. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le magnolia acuminé (Magnolia acuminata) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, 11 p.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

John Ambrose a œuvré pendant plus de 30 ans dans des jardins botaniques et dans le cadre de programmes de conservation. Pendant qu’il était conservateur de l’Arboretum de l’Université de Guelph, il a entrepris et réalisé un programme d’étude de la biologie des arbres et des arbustes rares de la région carolinienne du sud de l’Ontario. Il a occupé pendant huit ans le poste de conservateur du département de botanique et de directeur du département d'horticulture au zoo de Toronto où il a mis sur pied l’infrastructure nécessaire à un jardin botanique, a participé à l’organisation d’expositions et a supervisé la gestion des milieux naturels, élaborant notamment un plan permettant de raccorder et de protéger les fragments de forêt naturelle présents sur les terrains du zoo grâce à des activités citoyennes de plantation d’arbres.

Il a participé à d’autres projets de conception et de gestion, y compris un plan de gestion de la végétation dans le parc provincial de la Pointe-Pelée (en collaboration avec Geomatics), une mise à jour de l’inventaire biologique et de l’évaluation du parc provincial Komoka, de la Shaughnessy Cohen Memorial Savannah et de 24 forêts du comté de Norfolk (avec trois associés) et un plan d’infrastructure verte pour le site du parc Downsview (en collaboration avec Ecological Services for Planning), et a agit à titre de conseiller dans le cadre de plusieurs exercices de planification de parcs dans la région de Toronto.

Sa longue réflexion sur la relation entre la nature et la culture l’a poussé à voir la restauration écologique comme un outil important grâce auquel les collectivités peuvent participer activement à soigner les blessures infligées au paysage et à pratiquer une gestion des terres plus sensible aux besoins de la nature. Il a quitté le zoo en 1999 afin de donner un nouveau cours sur la restauration des milieux naturels à l'Université de Guelph. Aujourd'hui, il travaille pour son propre compte dans le domaine du rétablissement des espèces en péril et étudie également les limites de la longue saison de végétation de l’île Pelée dans une petite ferme qui s’y trouve.

Paul O’Hara est botaniste, concepteur-paysagiste et expert en culture de plantes indigènes. Depuis 1991, Paul a occupé une grande variété de postes dans le domaine de l’horticulture, des services-conseils en botanique, de la restauration écologique et de la culture de plantes indigènes au sein des secteurs public et privé. Il a travaillé pendant près de deux ans comme technicien des espèces en voie de disparition aux Jardins botaniques royaux (Royal Botanical Gardens) et a réussi à découvrir et à documenter de nouvelles populations du mûrier rouge, du pycnanthème gris et du scirpe timide. Il a participé à de nombreux inventaires floristiques avec John Ambrose et Gerry Waldron, y compris celui de la camassie faux-scille (2001), du micocoulier rabougri (2003), des forêts du comté de Norfolk (2004) et du complexe forestier Bickford East (2005). En 2004, Paul a été embauché à titre d’expert en inventaires floristiques pour l’inventaire des milieux naturels de Halton et a co-rédigé The Vascular Plants of Halton Region qui a été publié en 2006.

Paul enseigne, rédige des articles et donne de nombreuses conférences sur l’identification des plantes, l’histoire naturelle et la culture des plantes indigènes. Il est le propriétaire/exploitant de la Blue Oak Native Landscapes, une entreprise qui s’emploie à créer de magnifiques espaces naturels dans nos milieux de vie, de travail et de loisirs.

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Collections examinées

Les collections avaient été examinées pour la rédaction du premier rapport de situation, mais ne l’ont pas été pour la présente mise à jour, car les relevés plus récents du MRNO et les rapports sur les occurrences d’élément du Centre d'information sur le patrimoine naturel contenaient des informations suffisamment détaillées pour permettre d’effectuer les vérifications sur le terrain.