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Programme de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada [Proposition] - 2014

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides

Programme de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada

Table des matières

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Programme de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada [Proposition] - 2014

Programme de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada [Proposition] - 2014

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2014. Programme de rétablissement de la Pie grièche migratrice de la sous espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, vii + 25 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Ministère de l’Environnement de la Saskatchewan

Also available in English under the title Recovery Strategy for the Loggerhead Shrike, excubitoridessubspecies (Lanius ludovicianus excubitorides), in Canada [Proposed]

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 2014. Tous droits réservés.
ISBN
No de catalogue

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

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Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés d’ici cinq ans.

Le ministre de l’Environnement et le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada sont les ministres compétents pour le rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides et ont élaboré le programme, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, ce programme a été préparé en collaboration avec les gouvernements de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi que l’Agence Parcs Canada, le ministère de la Défense nationale et Agriculture et Agroalimentaire Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, l’Agence Parcs Canada ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et l’Agence Parcs Canada et d’autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

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Remerciements

Nous remercions Andrew Didiuk (Environnement Canada) d’avoir élaboré le présent document. Nous remercions également l’équipe de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides [Andrew Didiuk (président) – Environnement Canada; David Prescott – Alberta Sustainable Resource Development; Jeanette Pepper – ministère de l’Environnement de la Saskatchewan; Ken De Smet – Conservation Manitoba; Drew Taylor – Base des Forces canadiennes Suffield; Bill Bristol – Agriculture et Agroalimentaire Canada; Robert Sissons – Agence Parcs Canada] d’avoir examiné différentes ébauches du présent document et transmis de précieux commentaires. Doug Collister, d’Accipiter Ecological Management, a fourni des commentaires constructifs et de précieux renseignements. Jared Kyllo et Kathy St. Laurent (Environnement Canada) ont collaboré à la préparation des données et à la cartographie de l’habitat essentiel. Dave Duncan, Mark Wayland, Medea Curteanu et Marie-Christine Bélair (Environnement Canada), Ken De Smet, Jeanette Pepper, David Prescott, Heither Weibe (Agriculture et Agroalimentaire Canada), Natasha Wilkie (Agriculture et Agroalimentaire Canada), Pat Fargey (Agence Parcs Canada), Joanne Tuckwell (Agence Parcs Canada), Dean Nernberg (ministère de la Défense nationale) et Journey Paulus (Cenovus) ont révisé le présent programme de rétablissement et ont transmis de précieux commentaires.

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Sommaire

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (ci-après appelée Pie-grièche migratrice des Prairies),est un oiseau chanteur de taille moyenne que l’on observe souvent perché sur de grands arbustes, des poteaux de téléphone et des poteaux de clôture des fermes, ou encore des brise-vent et des pâturages peuplés d’arbustes dans les prairies du Canada. Elle empale sa proie sur des épines ou des barbelés afin de déchirer la chair avec son bec crochu, ce qui lui vaut le surnom d’oiseau « boucher ». Au Canada, l’aire de reproduction de la Pie-grièche migratrice des Prairies couvre les prairies et la tremblaie-parc du sud-est de l’Alberta, du sud de la Saskatchewan et du sud-ouest du Manitoba.

L’aire de nidification canadienne a subi une contraction vers le sud, et seulement quelques couples nichent désormais dans la tremblaie-parc. La population de la Pie-grièche migratrice des Prairies est vraisemblablement en déclin depuis au moins 40 ans. De 1970 à 2009, les taux annuels moyens de déclin ont été évalués à 1,2 % pour l’Alberta, à 4,8 % pour la Saskatchewan et à 2,2 % pour le Manitoba. L’aire d’hivernage se trouve vraisemblablement dans le sud-ouest des États-Unis et du Mexique, mais elle est mal connue, en raison de l’apparent mélange de sous-espèces. Selon l’évaluation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) menée en 2004, la Pie-grièche migratrice des Prairies est une espèce menacée, en raison des déclins importants de population observés au cours des 35 dernières années. L’espèce a été inscrite comme menacée à l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en 2005.

Les menaces qui pèsent sur les populations de la Pie-grièche migratrice des Prairies dans les aires de reproduction et d’hivernage comprennent les changements dans l’utilisation des terres dans les aires d’hivernage et la culture des prairies naturelles dans l’habitat de nidification, ainsi que la prédation, les épisodes de temps violent, les maladies et les infections parasitaires. Les pesticides et les autres contaminants de l’environnement, ainsi que les collisions avec des véhicules sont des menaces potentielles.

Le rétablissement est jugé réalisable, bien qu’il comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, le présent programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, telle qu’il convient de le faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable.

Les objectifs en matière de population et de répartition pour la Pie-grièche migratrice des Prairies sont 1) de maintenir la zone d’occupation de l’espèce dans son aire de répartition au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta et 2) de maintenir les effectifs de la population dans cette zone d’occupation (sur la base des données tirées relevés régionaux effectués à différents moments entre 1993 et 2010).

Les stratégies générales à préconiser pour éliminer ou atténuer les menaces pesant sur la survie et le rétablissement de l’espèce sont exposées dans la section qui porte sur l’orientation stratégique pour le rétablissement.

L’habitat essentiel à la survie et au rétablissement de la Pie-grièche migratrice des Prairies est désigné en partie dans le présent programme de rétablissement, sur la base de la meilleure information accessible au moment de l’élaboration du présent document de rétablissement. L’habitat essentiel est désigné comme étant des parties de 212 quarts de section situés dans une vaste zone de prairies naturelles contiguës parsemées de grands arbustes d’une hauteur de deux à trois mètres bien dispersés et de faible densité (moins de 30 % de la superficie) occupée par > 0,5 couple par km² à l’intérieur et à proximité de la base des Forces canadiennes Suffield, en Alberta.

Un ou plusieurs plans d’action seront affichés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2018.

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Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants présentés dans par le Gouvernement du Canada (2009), le caractère réalisable du rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de le faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

  1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
    Oui. Avec plus de 20 000 individus qui se reproduisent en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, le potentiel reproducteur de la population est élevé, ce qui permet de croire qu’il est possible que l’abondance de la population soit maintenue ou augmentée.

  2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
    Inconnu. Il existe suffisamment d’habitat convenable pour soutenir la sous espèce dans les Prairies du Canada. On ignore toutefois si l’habitat d’hivernage est suffisant. Il est essentiel que de maintenir de l’habitat convenable dans les Prairies canadiennes afin de fournir de l’habitat de reproduction; cependant, il faut évaluer et assurer la disponibilité d’un habitat convenable suffisant le long des voies de migration et dans les aires d’hivernage.

  3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
    Inconnu. On ne connaît pas bien les causes de l’important déclin de la population et les principales menaces qui y sont associées. Il est possible que des combinaisons des menaces qui prévalent dans les aires d’hivernage et de migration, notamment la perte et la dégradation de l’habitat et la compétition, réduisent les taux de survie des adultes et des juvéniles pendant l’hiver. Des études devront être menées pour obtenir des estimations des taux de survie et déterminer les facteurs qui affectent la survie. Bien que certaines recherches indiquent que le Mexique et les États américains du sud ouest adjacents sont vraisemblablement des aires d’hivernage (A. Chabot, comm. pers.), les sites d’hivernage pour la sous espèce n’ont pas été confirmés. La détermination des sites précis d’hivernage permettra d’y mener une évaluation des menaces potentielles à la persistance de cette sous espèce.

  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
    Inconnu. De nombreux facteurs tels que la perte et la dégradation de l’habitat, la compétition avec la population résidente de pies grièches, les pesticides et les collisions avec des véhicules peuvent être atténués en utilisant des techniques connues (Yosef et Grubb, 1994; Flickinger, 1995; Yosef, 1996; Cade et Woods, 1997; Dechant et coll., 1998; Lynn et coll., 2006). Cependant, d’ici à ce qu’on ait déterminé l’importance des menaces potentielles pour la sous espèce dans les aires d’hivernage, on ignorera s’il est effectivement possible d’atteindre les objectifs globaux en matière de population et de répartition au moyen de ces techniques.

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1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*

Date de l'évaluation : Mai 2004

Nom commun (population) : Pie grièche migratrice de la sous espèce excubitorides

Nom scientifique : Lanius ludovicianus excubitorides

Statut selon le COSEPAC : Menacée

Justification de la désignation : Les populations de ce rapace chanteur ont connu des déclins considérables (plus de 80 p. 100) au cours des 35 dernières années. Ces déclins ont été associés à la disparition de la prairie et des pâturages naturels qui constituent l’habitat de l’espèce, et aux résidus de pesticides.

Présence au Canada : Manitoba, Saskatchewan et Alberta

Historique du statut selon le COSEPAC :L’espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « menacée » en avril 1986. Division en sous espèces en avril 1991. La sous espèce excubitorides a conservé la désignation « menacée » initiale d’avril 1986. Réexamen et confirmation du statut en mai 2004.

*Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

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2. Information sur la situation de l’espèce

Au Canada, la Pie-grièche migratrice des Prairies (Lanius ludovicianus excubitorides) a été inscrite comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en juillet 2005. Au Manitoba, l’espèce Lanius ludovicianus (incluant la sous-espèce excubitorides)est inscrite comme espèce en voie de disparition (« Endangered ») en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. À l’heure actuelle, l’espèce n’est pas inscrite en vertu de la législation provinciale en Saskatchewan ni en Alberta.

La cote de conservation mondiale de la Pie-grièche migratrice des Prairies est apparemment non en péril (G4T4; NatureServe 2011). La sous-espèce est « non classée » au Canada (NNR) alors qu’au Manitoba et en Saskatchewan, elle est cotée en péril (S2) et vulnérable (S3) respectivement (NatureServe 2011). En Alberta, l’espèce est cotée S3, ce qui signifie qu’elle est susceptible de disparaître de la province en raison de perturbations à grande échelle (Alberta Conservation Information Management System,  2012). L’aire de répartition canadienne de la Pie-grièche migratrice des Prairies représente 15 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

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3. Information sur l'espèce

3. 1 Description de l'espèce

La Pie-grièche migratrice des Prairies est un oiseau chanteur de taille moyenne (environ 21 cm de longueur). Le plumage de l’adulte est remarquable : gris foncé sur la partie supérieure du corps et blanchâtre sur la partie inférieure, queue noire et ailes noires avec des taches d’un blanc éclatant, bien visibles lorsque l’oiseau est en vol. L’oiseau a un masque facial noir qui s’étend des yeux jusqu’à la partie inférieure du front. Son bec est noir et la mandibule supérieure se termine en crochet. Les juvéniles portent de fines stries d’un brun grisâtre sur la poitrine et les côtés, et leur masque facial est moins marqué. La Pie-grièche migratrice des Prairies est légèrement plus petite que la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) avec laquelle elle est parfois confondue. Cependant, la Pie-grièche grise est présente uniquement dans les aires de migration et d’hivernage de la Pie-grièche migratrice des Prairies.

La Pie-grièche migratrice est souvent perchée sur de grands arbustes, des poteaux de téléphone et des poteaux de clôture des fermes, ou encore des brise-vent et des pâturages peuplés d’arbustes. Elle empale sa proie sur des épines ou des barbelés afin de déchirer la chair avec son bec crochu, ce qui lui vaut le surnom d’oiseau « boucher ». La Pie-grièche migratrice des Prairies hiverne dans le sud-ouest des États-Unis et au Mexique (voir COSEPAC (2004) pour obtenir de plus amples renseignements sur la biologie et l’écologie de l’espèce).

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3.2 Population et répartition

L’aire de reproduction de la Pie-grièche migratrice des Prairies va du sud des prairies canadiennes jusqu’au Mexique (Sonora et nord du Durango), en passant par le Montana, le Wyoming, l’est du Colorado, l’est du Nouveau Mexique et le Texas (figure 1, Burnside, 1987). Les limites orientales et occidentales exactes de l’aire de répartition ne sont pas clairement définies, en raison de l’existence de formes intermédiaires de L. l. excubitorides avec L. l. gambeli et L. l. nevadensis dans la région des Rocheuses, et avec L. l. migrans dans les Grandes Plaines (Miller, 1931, Vallianatos et coll., 2002).

Figure 1 : Aire de répartition approximative de la Pie grièche migratrice des Prairies en Amérique du Nord (adapté de Burnside (1987), cité dans COSEPAC (2004)).

Aire de répartition approximative de la Pie grièche migratrice des Prairies en Amérique du Nord. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 illustre l’aire de répartition du chicot févier en Amérique du Nord, qui est concentrée dans le centre-est des États-Unis et s’étend jusqu'au sud de l'Ontario.

Au Canada, la Pie-grièche migratrice des Prairies est présente dans le sud-est de l’Alberta, le sud de la Saskatchewan et le sud-ouest du Manitoba (figure 2). L’espèce occupait autrefois l’ensemble de la tremblaie-parc et des prairies. Dans les parties septentrionales de l’aire de répartition (incluant le Canada), l’espèce est migratrice. À cause de l’apparent mélange des sous-espèces, l’aire d’hivernage est mal connue. Des analyses génétiques et isotopiques récentes donnent à penser que l’aire d’hivernage de la Pie-grièche migratrice des Prairies se situe principalement dans le sud-ouest des États-Unis et au Mexique (A. Chabot, comm. pers.).  

En Alberta, au cours des dernières décennies, on a assisté à une contraction de l’aire de nidification vers le sud et à une diminution du nombre de mentions estivales dans la région de la tremblaie-parc (figure 2). Aujourd’hui, l’espèce nicherait surtout dans la moitié nord de la zone de prairie de la province, à l’est de Hanna et de Brooks. En Saskatchewan, il semble que l’aire de nidification se soit également contractée vers le sud, et il est possible que la Pie-grièche migratrice ne niche plus dans de nombreux secteurs de la tremblaie-parc du centre-est de la Saskatchewan (Smith 1996). Au Manitoba, l’aire de nidification de la Pie-grièche migratrice des Prairies s’étendait autrefois vers le nord jusqu’à la région de l’interlac (entre les lacs Winnipeg et Manitoba), mais elle est maintenant confinée au sud-ouest du Manitoba (K. De Smet, comm. pers.).

L’abondance et la distribution changeantes des sites de nidification et des perchoirs ont vraisemblablement été des facteurs limitatifs qui ont influencé la distribution historique et récente de la Pie-grièche dans les provinces des Prairies. Avant l’établissement des Européens, la Pie-grièche migratrice des Prairies était probablement une espèce peu répandue dans les Prairies canadiennes. Il est possible que l’habitat de nidification ait été limité aux plaines inondables de grands bassins versants et aux secteurs où les caractéristiques du sol et le niveau phréatique élevé fournissent des conditions favorables à la croissance de grands arbustes. Il est probable que les feux fréquents aient limité la présence d’arbustes favorables à la nidification dans les prairies. Pendant l’établissement des Européens dans les Prairies, la fréquence des feux a diminué et cela a favorisé l’accroissement de l’étendue et de la longévité des arbustes favorables à la nidification dans ces habitats.        

Figure 2 : Ancienne aire de répartition (ligne pointillée) et aire de répartition actuelle (ligne continue) de la Pie-grièche migratrice des Prairies dans les Prairies canadiennes

Ancienne aire de répartition (ligne pointillée) et aire de répartition actuelle (ligne continue) de la Pie-grièche migratrice des Prairies dans les Prairies canadiennes. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre la répartition au Canada des populations existantes, des populations historiques et des populations disparues de chicot févier dans le sud de l'Ontario.

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Taille et tendances de la population canadienne

La taille de la population était évaluée à 118 individus dans le sud-ouest du Manitoba en 2002, à environ 14 000 à 15 000 en Saskatchewan en 1999 (COSEPAC 2002) et à 15 442 individus en Alberta en 2008 (Prescott, 2009). Cependant, l’exactitude de ces estimations est si incertaine, en raison de problèmes d’échantillonnage, qu’il est impossible de les utiliser pour établir des objectifs quantitatifs en matière de population. 

Il semble que la population canadienne de la Pie-grièche migratrice des Praires soit en déclin depuis les années 1960 (Cadman, 1990; Cade et Woods, 1997). Les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) pour la période de 40 ans qui s’est écoulée entre 1970 et 2009 indiquent des taux de déclins annuels moyens de 1,2 % pour l’Alberta, de 4,8 % pour la Saskatchewan et de 2,2 % pour le Manitoba.      

Les différences régionales dans les tendances de la population ont été mises en évidence par des activités de suivi déployées récemment à des intervalles de 5 ans dans la partie sud des provinces des Prairies par les membres de l’équipe de rétablissement en vue d’obtenir des données plus fiables sur les tendances de la population que celles qui sont fournies dans le BBS. Les résultats de ces activités de suivi montrent que les tendances régionales récentes sont différentes de celles qui figurent dans le BBS. La taille de la population du sud-est de l’Alberta était variable au cours de la période visée par le relevé (1987 à 2008), mais une diminution de 23 % a été observée entre les relevés effectués en 1998 et en 2008 (Prescott, 2009). Dans le centre de l’aire de répartition (dans le centre-ouest de la Saskatchewan), les effectifs sont demeurés relativement élevés, mais connaissent tout de même un déclin, alors que les effectifs des populations du sud-est et du centre-est de la Saskatchewan étaient moins élevés et ont connu un déclin important (St. Laurent et coll., 2011). Ces tendances observées dans les relevés sur cinq années sont jugées plus fiables que celles qui figurent dans le BBS; toutefois, les deux sources indiquent des déclins à l’échelle de l’aire de répartition.

Au Manitoba, on a limité le suivi à une petite population qui dont l’effectif est passé d’environ 300 couples en 1987 à environ 100 couples en 2000, et à 59 couples en 2002 (K. De Smet, comm. pers.).

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3.3 Besoins de la Pie-grièche migratrice des Prairies

Pour nidifier, la Pie-grièche migratrice des Prairies a besoin de grands arbustes ou de petits arbres qui lui permettent d’installation sont nid à deux à trois mètres du sol. Un feuillage abondant est nécessaire pour protéger les oisillons du vent, de la pluie et des prédateurs. Il semble qu’une faible densité d’arbustes bien dispersés convienne davantage à la nidification qu’un arbuste isolé ou un peuplement dense d’arbustes. La shepherdie argentée (Shepherdia argentea), le cerisier de Virginie (Prunus virginiana) et diverses espèces de saule (Salix spp.) sont couramment utilisés pour installer le nid. Ces grands arbustes constituent aussi de bons perchoirs pour la recherche de nourriture et la défense du territoire.   

La Pie-grièche migratrice des Prairies est associée à deux types de paysage différents : les grands arbustes situés dans de grandes régions couvertes de prairies naturelles (considéré comme l’habitat de prédilection de la sous-espèce), ainsi que les grands arbustes situés sur des terres agricoles. 

L’habitat de prairies naturelles utilisé par la pie-grièche est caractérisé par de grands arbustes et de petits arbres bien espacés dans de vastes secteurs de prairies naturelles. Cet habitat de prairies naturelles offre 1) de grands arbustes ou de petits arbres qui conviennent à l’installation du nid; 2) des perchoirs élevés, tant naturels (p. ex. les branches d’arbre) qu’artificiels (p. ex. les poteaux de clôture), pour la chasse, la pariade et la défense du territoire; 3) une couverture terrestre diversifiée qui fournit des sources saisonnières de proies pour les couples nicheurs et pour l’alimentation des oisillons et des jeunes ayant pris leur envol (Pruitt 2000). Un habitat semblable est utilisé pendant la migration et dans les aires d’hivernage.   

Dans l’habitat agricole dominé par les terres cultivées, une végétation diversifiée à proximité de l’aire de nidification pourrait être importante, étant donné que la présence d’une grande couverture d’espèces végétales diversifiées et de hauteurs variées est un indicateur important du caractère convenable de l’habitat (Prescott et Collister, 1993; Gawlik et Bildstein, 1993; Bjorge et Prescott, 1996). Il est possible que la végétation basse permette à la pie-grièche de repérer plus facilement les insectes. Les terres agricoles cultivées et abandonnées, les emprises routières, la végétation le long des clôtures, les cimetières, les zones d’entreposage de l’équipement et d’autres milieux anthropisés, ainsi que les parcelles de prairies naturelles résiduelles, comme celles que l’on retrouve dans les petits bassins versants, sont autant d’habitats convenables, si de grands arbustes y poussent. L’habitat situé en bordure des routes offre de nombreux perchoirs tels que des clôtures, des lignes de transport d’énergie, des structures construites par l’homme, de même que les branches des arbres et des grands arbustes. Dans l’habitat agricole des Prairies canadiennes, la pie-grièche est largement répandue, mais sa distribution est très localisée; la densité est faible partout et on ne trouve aucune zone où la densité est élevée.   

La taille et la forme du territoire dépendent de la distribution des types d’habitat à proximité du site de nidification (Miller, 1951; Yosef, 1996). Dans secteur d’habitat de prairies de l’Alberta, la superficie moyenne du territoire était de 13,4 ha (valeurs extrêmes : 6,5 haà 23,5 ha) (Collister, 1994). La pie-grièche va souvent jusqu’à 400 m de son nid pour trouver sa nourriture, parfois plus loin (Didiuk, en prép.).

La productivité de la Pie-grièche migratrice des Prairies est liée aux conditions climatiques annuelle, un facteur limitatif important. Le climat peut influencer l’abondance des insectes dont l’espèce se nourrit (comme les sauterelles), laquelle peut avoir des incidences sur la distribution des populations de pies-grièches et sur les efforts qu’elles déploient pour nicher de nouveau. De plus, des conditions météorologiques favorables (p. ex. sans tempêtes violentes) sont requises pour que la reproduction réussisse (K. De Smet, comm. pers.

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4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Les populations de Pies-grièches migratrices ont décliné dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord. Pruitt (2000) et COSEPAC (2004) ont énuméré une variété de causes possibles du déclin de la Pie-grièche migratrice, notamment la perte et la dégradation de l’habitat dans les aires de nidification et d’hivernage, les épisodes de temps violent, les changements dans les populations de prédateurs, les maladies et les infections parasitaires, l’utilisation de pesticides (cause de mortalité directe ou de diminution de l’abondance de proies), ainsi que les collisions avec des véhicules. Bien que, prises individuellement, certaines de ces menaces soupçonnées ne soient pas graves, les conséquences de l’ensemble de ces menaces doivent être examinées de plus près. Pour déterminer de la meilleure façon d’aborder les menaces, il faudra déterminer l’importance relative des impacts sur les sites de nidification et d’hivernage sur la viabilité de la sous-espèce.     

Tableau 1 : Tableau d’évaluation des menaces
Causes possibles du déclinMenaceNiveau de préoccupation[1]ÉtendueOccurrenceFréquenceGravité[2]Certitude causale[3]
Perte ou dégradation de l’habitatChangements dans l’utilisation des terres dans les aires d’hivernageÉlevéGénéraliséeCouranteContinueÉlevéFaible
Perte ou dégradation de l’habitatCulture des prairies naturelles dans l’habitat de nidificationMoyenGénéraliséeCouranteContinueFaibleFaible
Climat et catastrophes naturellesÉpisodes de temps violentMoyenGénéraliséeCouranteSaisonnière (été)ModéréFaible
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsPrédation pendant la reproductionMoyenGénéraliséeCouranteSaisonnière (été)ModéréFaible
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsMaladies et infections parasitairesFaibleGénéraliséeunknown/anticipatedContinueFaibleFaible
PollutionPesticides et autres contaminants de l’environnementFaibleGénéraliséeCouranteContinueFaibleFaible
Mortalité accidentelleCollisions avec des véhiculesFaibleGénéraliséeCouranteContinueFaibleFaible

1Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour le rétablissement de l'espèce, conforme aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce critère tient compte de l’évaluation de toute l’information figurant dans le tableau.
2Gravité : indique l’effet à l’échelle de la population (Élevée : très grand effet à l’échelle de la population; modérée; faible; inconnue).
3Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (Élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; Moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d’expert; Faible : la menace est présumée ou plausible).

4.2 Description des menaces

Changements dans l’utilisation des terres dans les aires d’hivernage

Les grands changements au niveau de l’utilisation des terres dans les aires d’hivernage de la pie-grièche comprennent la conversion de prairies naturelles à des fins agricoles incompatibles, l’exclusion ou la suppression des feux d’origine naturelle dans l’habitat de prairies naturelles, et l’urbanisation (Pruitt, 2000). La perte d’habitat dans les aires d’hivernage pourrait exacerber la compétition intraspécifique (Lymn et Temple, 1991). Dans les aires d’hivernage, la compétition intraspécifique avec les pies-grièches résidentes qui occupent le territoire toute l’année est vraisemblablement un facteur du déclin de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce migrans (Brooks et Temple, 1990; Cade et Woods, 1997; Pruitt, 2000; COSEPAC, 2004). Les taux de survie pendant l’hiver et/ou les faibles taux de recrutement de la population reproductrice chez les juvéniles et les jeunes adultes ont été considérés comme les facteurs les plus susceptibles d’affecter la dynamique de la population de la Pie-grièche migratrice (migrans) (Tischendorf, 2009). La variation des taux de déclin dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de la Pie-grièche migratrice des Prairies peut être un résultat de l’effet combiné de différences dans les taux de survie, lesquelles sont associées à une variation de la qualité de l’habitat et à des risques qui prévalent dans les aires de migration et d’hivernage. Les effets de la perte et de la dégradation de l’habitat dans les aires d’hivernage et de migration sur le rétablissement de la Pie-grièche migratrice des Prairies demeurent peu connus, et ce manque de connaissances est très préoccupant, étant donné l’effet probable de la survie pendant l’hiver sur la dynamique de la population de pies-grièches.     

Culture des prairies naturelles dans l’habitat de nidification

Dans la plus grande partie de l’aire de répartition de la Pie-grièche migratrice des Prairies, on a constaté une perte considérable de prairies naturelles au fil du temps (p. ex. Telfer, 1992). Les prairies naturelles, utilisées pour la recherche de nourriture, sont considérées comme des éléments importants de la productivité des aires de nidification. Au cours du siècle dernier, la plupart des zones riveraines peuplées d’arbustes convenables pour la nidification des pies-grièches ont été réduites à d’étroites bandes d’habitat voire éliminées complètement, lorsque la pente du terrain était faible, par les cultures. La mise en culture des dernières prairies naturelles, particulièrement des petites parcelles, se poursuit (Statistique Canada, 1997).     
 
Même si la Pie-grièche migratrice des Prairies s’est adaptée à la nidification dans un habitat agricole en utilisant les arbustes plantés sur les terres agricoles exploitées ou abandonnées ainsi que pour l’établissement de brise-vent et d’autres plantations, le succès de nidification des pies-grièches dans cet habitat n’a pas été évalué en comparaison avec celui des pies-grièches qui nichent dans les plaines naturelles. En raison de la taille croissante des exploitations agricoles, des nouvelles pratiques agricoles et de l’équipement moderne, un grand nombre de terres abandonnées et de brise-vent sont éliminés.   

Bien que la perte et la dégradation de l’habitat de nidification attribuables à l’agriculture soient préoccupantes, elles ne sont pas les seules responsables du rapide déclin de la population auquel on assiste depuis quatre décennies. Il semble que le déclin récent de la population de Pie-grièche migratrice des Prairies soit plus important que prévu, comme en témoignent l’étendue et le rythme de la conversion des prairies naturelles (habitat de nidification) au profit de l’agriculture.  

Épisodes de temps violent

Les saisons de nidification froides et humides, particulièrement les saisons marquées par des épisodes de pluies abondantes, ont entraîné l’abandon du nid ou la perte de jeunes des sous-espèces migrans et excubitorides de la Pie-grièche migratrice (Pruitt, 2000; K. De Smet, A. Chabot et C. Grooms, comm. pers.). Les taux de retour de la pie-grièche au cours des années qui suivent un taux élevé d’échec de la nidification attribuable à des épisodes de temps violent sont plus faibles, et on estime que la réduction du recrutement consécutive à des épisodes de temps violent, qui dure plusieurs années, cause le déclin des populations nicheuses locales (Collister et Wilson, 2007). Si les changements climatiques sont associés à une augmentation des épisodes de temps violent, les taux de succès de reproduction des populations d’oiseaux, y compris ceux des populations de Pies-grièches migratrices des Prairies, pourraient diminuer.

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Prédation pendant la reproduction

Les pies-grièches, comme les autres passereaux, sont la proie de différentes espèces, notamment le raton laveur (Procyon lotor), la Corneille d’Amérique (Corvus brachyrhynchos), la Pie bavarde (Pica pica), le coyote (Canis latrans), les rapaces, les serpents et les chats domestiques (Felis catus) (Blumton, 1989; Pruitt, 2000; COSEPAC, 2004), mais l’importance de cette menace n’a pas été évaluée sur le plan quantitatif. On estime que le changement du paysage des Prairies et de la communauté de prédateurs associée a réduit le succès de la nidification chez plusieurs espèces d’oiseaux des prairies (Greenwood et coll., 1995). Les conséquences, sur les populations de la Pie-grièche migratrice des Prairies, de la modification de la composition de la communauté de prédateurs des Prairies du Canada attribuable à l’activité humaine sont peu connues, mais on croit qu'elle pourrait avoir des répercussions sur la survie et le recrutement. En général, les prédateurs de nids sont plus communs en bordure de certains paysages (Dijak and Thompson, 2000; Winter et coll., 2000) et plusieurs études ont démontré que les taux de prédation sur les nids sont réduits dans les grandes parcelles de prairie (Herkert et coll., 2003). Il est possible que les pies-grièches qui nichent dans les habitats linéaires soient plus vulnérables à la prédation que celles qui nichent dans des habitats non linéaires, puisque divers prédateurs utilisent les corridors linéaires lorsqu’ils s’alimentent (DeGeus, 1990). Il n’existe pas d’étude visant spécifiquement à évaluer le rôle des prédateurs ou le rôle de la modification du paysage ainsi que de la modification de la communauté de prédateurs qui en découle sur la survie des adultes et le succès de nidification de la Pie-grièche migratrice des Prairies. 

Maladies et infections parasitaires

Aucun relevé ne porte sur le rôle des maladies et des infections parasitaires dans les déclins observés chez la Pie-grièche migratrice des Prairies. Le U.S. Centers for Disease Control and Prevention a signalé que la pie-grièche était sensible au virus du Nil occidental. Des Pies-grièches migratrices (migrans) gardées en captivité sont mortes d’une infection par le virus du Nil occidental, mais on ignore si ces mortalités sont uniquement dues au virus ou si la sensibilité des oiseaux au virus était accrue à cause du stress lié à leur captivité. Les incidences de du virus du Nil occidental sur les populations sauvages de la Pie-grièche migratrice sont inconnues (Bertelsen et coll., 2004). Cependant, le virus du Nil occidental est considéré comme un facteur dans les déclins observés chez le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus) dans le sud-est de l’Alberta et ailleurs dans l’aire de répartition de l’espèce. Bien que le virus représente une importante menace actuelle et future, on ne peut lui attribuer les déclins antérieurs.

Autres menaces possibles

Les pesticides et autres contaminants de l’environnement ainsi que les collisions avec des véhicules sont des menaces possibles (COSEPAC, 2004), mais leur importance relative n’a pas été établie.  

Il semble que des preuves crédibles à l’appui de l’affirmation de COSEPAC (2004) selon laquelle les pesticides pourraient constituer une menace importante pour la Pie-grièche migratrice fassent défaut. Après un examen de la documentation accessible, Yosef (1996) a conclu que les effets des contaminants sur les populations de Pies-grièches migratrices sont inconnus. L’introduction des pesticides organochlorés a coïncidé avec les déclins des populations de pies-grièches, comme cela a été le cas avec d’autres espèces pour lesquelles on a démontré que l’exposition aux pesticides avait des conséquences sur le taux de réussite de la reproduction. Cependant, contrairement à ces autres espèces dont les populations ont commencé à se rétablir à la suite de l’interdiction de la plupart des pesticides organochlorés, les populations de pies-grièches ont continué de diminuer, malgré une réduction moyenne de 79 % des niveaux de résidus de pesticides dans leurs œufs entre 1971-1972 et 1995-1996, à des niveaux inférieurs aux seuils de toxicité généralement admis (Herkert, 2004; Blus, 2011; Elliott et Bishop, 2011). Depuis l’interdiction des pesticides organochlorés, on a observé une utilisation accrue de divers inhibiteurs de l’acétylcholinestérase comme les carbamates ou organophosphates, lesquels peuvent avoir des effets létaux et sublétaux. Des Pies-grièches migratrices ont été tuées par certains produits contenant du carbofuran qui sont maintenant interdits au Canada (Mineau et coll., 2005). Toutefois, on n’a pu obtenir de données spatiales claires relatives à l’utilisation des pesticides et d’autres produits chimiques toxiques préoccupants dans les Prairies canadiennes (Mineau et coll., 2005), ce qui limite la certitude de toute évaluation des incidences de ces contaminants de l’environnement sur la Pie-grièche migratrice des Prairies. Dans leur étude, Mineau et coll. (2005), n’ont pu mettre en évidence un lien entre l’utilisation d’insecticides granulaires dans les Prairies canadiennes et les tendances des populations de la Pie-grièche migratrice des Prairies, malgré les graves dangers que ce groupe de toxines représente pour les oiseaux.   

La pie-grièche pourrait être attirée par les invertébrés qui se trouvent sur le revêtement chaud des routes. Aucune étude n’a été menée sur le rôle des collisions avec des véhicules qui surviennent dans les Prairies canadiennes dans les déclins de population observés de la Pie-grièche migratrice des Prairies. Cependant, dans certains états des États-Unis, les collisions sont classées comme une source importante de mortalité connue des pies-grièches (Pruitt 2000).

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5. Objectifs en matière de population et de répartition

Les objectifs en matière de population et de répartition pour la Pie-grièche migratrice des Prairies sont 1) de maintenir la zone d’occupation de l’espèce dans son aire de répartition au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta et 2) de maintenir les effectifs de la population dans cette zone d’occupation. 

Les effectifs de population cibles seront déterminés au terme de l’analyse des relevés régionaux effectués à différentes périodes entre 1993 et 2010. Les zones d’occupation et les indices d’abondance de référence pour diverses régions dans l’ensemble de l’aire de répartition seront présentés dans les plans d’action.     

Il semble que le maintien de ces niveaux d’occupation et d’abondance soit un but adéquat, dans la mesure où il existe suffisamment d’habitat pour soutenir l’espèce au Canada, que la plupart des menaces peuvent être réduites ou atténuées, et que des pratiques de gestion efficaces sont élaborées et mises en œuvre en vue de réduire la perturbation et la dégradation de l’habitat. Cependant, conformément à ce qui est précisé dans le Résumé du caractère réalisable du rétablissement, on ignore s’il est possible d’éviter ou d’atténuer les menaces qui prévalent dans les aires d’hivernage et qui sont susceptibles de réduire les taux de survie. Par conséquent, l’atteinte de cet objectif comporte un certain niveau d’incertitude.

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6. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Des relevés sur la Pie-grièche migratrice des Prairies et son habitat dans de grandes prairies indigènes vierges (54 pâturages d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et des parties de trois bases militaires ainsi que des parties du parc national des Prairies et du parc national Mont-Riding) ont été effectués de 2002 à 2010 (A. Didiuk, données inédites). De plus, de vastes recherches portant sur l’occurrence et l’abondance de la Pie-grièche migratrice des Prairies et sur son habitat potentiel (plus de 185 000 points échantillons) ont été menées, entre 2003 et 2010, dans l’habitat agricole de l’Alberta et de la Saskatchewan (A. Didiuk, données inédites). Ces évaluations avaient pour but de stratifier l’abondance de la pie-grièche et le caractère convenable de l’habitat dans l’ensemble des Prairies, afin de pouvoir estimer l’abondance ainsi que la disponibilité et la qualité de l’habitat, d’établir les objectifs en matière de population et de répartition pour des parties précises de l’aire de répartition de l’espèce, de désigner l’habitat essentiel, de cibler des programmes d’intendance et de déterminer des sites de suivi et de recherche. Ces relevés devraient permettre d’améliorer les estimations du Relevé des oiseaux nicheurs pour l’espèce, qui présentent d’importantes lacunes. Ils devraient aussi permettre d’obtenir des données plus fiables que celles que l’équipe nationale de rétablissement de la Pie-grièche migratrice des Prairies a obtenues à partir des relevés quinquennaux menés depuis 1988. Les populations situées à l’extrême sud-ouest du Manitoba ont été suivies depuis 1987.   

Dans le cadre d’un projet de coopération internationale de 2002 à 2004, on a tenté de cerner les aires d’hivernage de la Pie-grièche migratrice des Prairies en faisant appel à des isotopes stables et à la génomique (Chabot, 2010). En raison de la faible résolution et de problèmes liés à l’utilisation des isotopes stables et de la génomique, en plus du niveau élevé de dispersion des pies-grièches nicheuses au fil des ans, cette approche ne s’est pas révélée très fructueuse.    

Des mesures d’intendance ont été instaurées et les efforts qu’on leur consacre augmentent en Saskatchewan et en Alberta. Des programmes d’éducation à l’intention des propriétaires fonciers et du milieu agricole ont été mis en œuvre.     

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6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 2 : Tableau de planification du rétablissement
Stratégie généraleMenace ou élément limitatifPriorité[*]Description générale des approches de recherche et de gestion
Inventaire et suiviToutes les menacesÉlevée
  • Suivre les tendances de la population, de l’aire de répartition, de la reproduction et de l’habitat dans toute l’aire de répartition des Prairies canadiennes afin d’évaluer si les objectifs en matière de population et de répartition sont atteints, et d’assurer le suivi des menaces pour les populations.
Protection et gestion de l’habitatCulture des prairies naturelles dans l’habitat de nidificationÉlevée
  • Mettre au point des pratiques que les propriétaires fonciers mettront en œuvre afin de maintenir et de restaurer l’habitat.
  • Élaborer des pratiques exemplaires de gestion pour les brûlages dirigés et d’autres mesures, à mettre en application dans un contexte d’approche plurispécifique. 
RechercheChangements au niveau de l’utilisation des terres dans l’habitat d’hivernageÉlevée
  • Utiliser les nouvelles technologies afin de déterminer les aires de migration et les aires d’hivernage des populations des Prairies canadiennes.
  • Évaluer les menaces potentielles de perte d’habitat et de compétition intraspécifique dans les aires d’hivernage.
RecherchePesticides et autres contaminants de l’environnement, temps violent, prédation, maladies et infestations parasitaires, collisions avec des véhicules  Faible
  • Évaluer les effets des pesticides sur la mortalité et sur la disponibilité des proies.
  • Évaluer l’impact des maladies telles que les infections par le virus du Nil occidental sur les tendances de la population.
  • Évaluer les répercussions de la mortalité sur les routes.
  • Évaluer l’importance de la prédation en tant que menace.
  • Améliorer l’évaluation des effets des conditions météorologiques locales et continentales sur la survie et la productivité de la pie‑grièche.
Communication et intendanceToutes les menacesMoyenne
  • Élaborer du matériel didactique en vue de sensibiliser les propriétaires fonciers et les autres intervenants.
  • Promouvoir et mettre en œuvre des ententes de collaboration et d’autres mesures volontaires afin de conserver l’habitat essentiel.
  • Mobiliser les autorités américaines et mexicaines concernées en vue d’atténuer les menaces pendant la migration et dans les aires d’hivernage.

*La priorité indique la mesure dans laquelle l’approche contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est le préalable essentiel d’une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce. Les activités sont classées selon les cotes de priorité suivantes : priorité élevée = intervention prioritaire; priorité moyenne = intervention requise pour évaluer et guider les mesures de conservation; priorité faible = intervention utile pour mieux comprendre l’espèce, mais non prioritaire.

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6.3 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement

L’approche pour le rétablissement de la Pie-grièche migratrice des Prairies est axée sur la protection et l’amélioration du caractère convenable de l’habitat de nidification, et prévoit des études traitant simultanément des menaces potentielles qui pèsent sur les aires de nidification, les aires de migration et les aires d’hivernage. Les évaluations de la population et de l’habitat fourniront des renseignements importants pour la protection de l’habitat, le suivi de la population et de l’habitat, ainsi que les études sur les menaces potentielles. Des études parallèles sont aussi requises en vue de définir les aires d’hivernage et de déterminer si le faible taux de survie dans ces aires est la principale cause des déclins de population. La survie ou le rétablissement des populations régionales dans les Prairies canadiennes reposent sur la viabilité de l’habitat, laquelle repose sur la présence des caractéristiques nécessaires à la nidification et à l’alimentation, lesquelles reposent en partie sur l’établissement de partenariats efficaces avec des intendants de l’habitat. Il faudra élaborer et mettre en œuvre des pratiques de gestion bénéfiques en vue de conserver et d’améliorer l’habitat dans une perspective plurispécifique, alors que les besoins en matière d’habitat de la pie grièche peuvent entrer en conflit avec celles d’autres espèces en péril (annexe A). Le rétablissement pourrait profiter d’une inclusion aux approches plurispécifiques ou axées sur le paysage pour le rétablissement des espèces en péril.

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7. Habitat essentiel

Au paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril, l’habitat essentiel est défini comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

7.1 Approche pour la désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

L’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des Prairies est désigné dans la mesure du possible dans le présent programme de rétablissement, sur la base de l’information accessible.  On convient que l’habitat essentiel désigné ci-dessous est insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce. Un calendrier des études (section 7.3) donne une vue d’ensemble des activités requises pour désigner l’habitat essentiel supplémentaire nécessaire à l’appui des objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce.

La Pie-grièche migratrice des Prairies est présente dans deux types d’habitat des Prairies du Canada. Le premier est constitué de terres agricoles peuplées de grands arbustes (d’anciennes prairies naturelles qui ont été converties à la culture de céréales ou à d’autres types de culture, ainsi qu’à d’autres utilisations des terres par l’humain). À l’heure actuelle, il est impossible de désigner de l’habitat essentiel dans les terres agricoles agricoles en raison d’incertitudes importantes concernant les caractéristiques biophysiques, la distribution et l’abondance de ce type d’habitat, de son occupation par la pie-grièche et de la superficie requise d’un tel habitat pour le rétablissement de la pie-grièche. Le deuxième type d’habitat consiste en secteurs parsemés de grands arbustes au sein d’une vaste zone de prairies naturelles contiguës.     

Dans les prairies naturelles des Prairies canadiennes, l’habitat caractérisé par une faible densité de grands arbustes (de 2 à 3 m de hauteur sur moins de 30 % de la superficie) bien dispersés et intégrés à la prairie naturelle est capable de soutenir les populations reproductrices de pies-grièches. De plus, les territoires de la pie-grièche nicheuse on tendance à être regroupés dans l’habitat convenable, ce qui donne à penser que la présence d’autres pies-grièches territoriales pourrait augmenter la probabilité qu’une pie-grièche s’établisse dans un secteur donné (Pruitt, 2000). Étant donné cette tendance au « regroupement », la densité de pies-grièches nicheuses est un point important à prendre en considération au moment de la désignation des parcelles d’habitat nécessaires au rétablissement de l’espèce.  

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7.2 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Les critères qui figurent ci dessous reposent sur des opinions d’experts, lesquelles constituent la meilleure information accessible à l’heure actuelle en matière d’approche raisonnable pour la désignation de l’habitat essentiel nécessaire au rétablissement de la Pie-grièche migratrice des Prairies. Ces critères pourront être précisés à mesure que de l’information supplémentaire deviendra accessible.

Deux critères sont utilisés pour désigner l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des Prairies dans les prairies naturelles :

  1. Les caractéristiques biophysiques consistent en de vastes zones de prairies naturelles contiguës présentes dans un rayon de 400 m (selon les déplacements observés des pies grièches à partir de l’emplacement des nids) et de grands arbustes d’une hauteur de deux à trois mètres bien dispersés et de faible densité (moins de 30 % de la superficie; variable selon les sites), et
  2. Une densité de Pie-grièche migratrice des Prairies de 0,5 couple nicheur observé par km², selon les renseignements tirés des relevés effectués entre 2003 et 2010.

Le présent programme de rétablissement contient une désignation partielle de l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des Prairies dans l’habitat de prairies naturelles du sud-est de l’Alberta, là où les critères relatifs aux caractéristiques biophysiques et à la densité de Pies-grièches migratrices des Prairies nicheuses décrites ci-dessus sont respectés. Cette zone (11 039 ha) est formée des dunes situées dans le secteur Middle Sandhills, dans la Réserve nationale de faune de la base des Forces canadiennes (BFC) Suffield, en Alberta, et sur des terres privées et des terres provinciales de la Couronne louées adjacentes (Didiuk, en prép.). Pour cette zone, l’imagerie satellitaire haute résolution a été utilisée pour créer manuellement un polygone d’aire minimale entourant des secteurs peuplés de grands arbustes utilisés pour nicher ainsi qu’une marge de 400 m de prairies adjacente qui sert d’habitat de recherche de nourriture pour les pies-grièches qui nichent en bordure ou en périphérie du secteur peuplé de grands arbustes. On estime que, dans la majeure partie de cette zone d’habitat essentiel, la couverture de grands arbustes est de moins de 5 %, ce qui est conforme au critère relatif aux caractéristiques biophysiques (couverture de < 30 % de grands arbustes).

Une carte de cette zone figure à l’annexe B. Les 212 quarts de section contenant de l’habitat essentiel sont énumérés à l’annexe C.   

L’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des Prairies exclut actuellement les habitats non convenables à l’espèce comme les milieux humides et les éléments anthropiques, comme les structures et les routes. Ces éléments n’ont pas les caractéristiques nécessaires à la Pie-grièche migratrice des Prairies et ne sont pas inclus dans la désignation de l’habitat essentiel, même lorsqu’ils sont présents à l’intérieur du polygone d’habitat essentiel indiqué. Les routes existantes et leurs emprises ne sont pas comprises dans la description de l’habitat essentiel.

À l’heure actuelle, d’autres zones d’habitat de prairies dans le sud-ouest de la Saskatchewan susceptibles d’être désignées comme étant de l’habitat essentiel font l’objet d’une évaluation; ce sujet sera abordé dans un plan d’action plurispécifique actuellement en cours d’élaboration. Lorsque les analyses seront terminées pour le sud-ouest de la Saskatchewan, des analyses semblables seront entreprises pour les prairies de l’Alberta et du sud-ouest du Manitoba. Des analyses des données tirées des relevés sur l’habitat agricole dans l’ensemble des Prairies sont en cours. Elles permettront de déterminer s’il est possible de désigner de l’habitat essentiel dans l’habitat agricole. 

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7.3 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Tableau 3 : Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel
Description de l’activitéJustificationÉchéancier
Évaluations de l’habitat et analyses de données tirées des relevés sur d’autres zones de l’habitat de dunes et de l’habitat de vallées fluviales afin de confirmer d’autres sites d’habitat essentiel dans les habitats de prairies du sud de l’Alberta, du sud de la Saskatchewan et du sud-ouest du Manitoba.     Désignation d’habitat essentiel supplémentaire dans les prairies naturelles en vue d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.   2014-2017
Déterminer si de l’habitat essentiel peut être désigné dans l’habitat agricole en menant des analyses des données tirées des relevés effectués dans l’habitat agricole dans l’ensemble des Prairies. Désignation de l’habitat essentiel dans l’habitat agricole en vue d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.   2014-2017
Quantifier les relations entre les caractéristiques biophysiques de l’habitat et les occurrences de pies-grièches reproductrices afin d’améliorer la capacité de prévoir les habitats susceptibles d’être utilisés par les pies-grièches et d’améliorer la description des caractéristiques de l’habitat essentiel de la pie-grièche. Les relations prédictives peuvent permettre de déterminer avec plus de certitude si un secteur donné possède les caractéristiques nécessaires pour être désigné comme étant de l’habitat essentiel et aussi de caractériser la destruction de l’habitat essentiel.    2014-2017

Des progrès considérables ont été faits pour cerner les secteurs susceptibles de contenir de l’habitat essentiel dans le sud-ouest de la Saskatchewan et on prévoit que de l’habitat essentiel supplémentaire de prairies pourra être désigné dans ces secteurs en 2014 dans un plan d’action plurispécifique. Pour d’autres sites en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, un examen plus approfondi incluant une inspection et une analyse de l’imagerie satellitaire haute résolution et de la reconnaissance de l’habitat est nécessaire, ainsi que des relevés, sur le terrain, de l’habitat et de l’occupation de l’habitat par la pie-grièche.  

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7.4 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La destruction est déterminée au cas par cas. « On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation [d’un élément] de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une ou de plusieurs activités à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. » (Gouvernement du Canada, 2009).

Voici quelques exemples d’activités qui peuvent entraîner la destruction de l’habitat essentiel :

  1. Activités menant à la réduction considérable la couverture arbustive et empêchant la croissance des arbustes. De telles activités comprennent notamment (et non exclusivement) les brûlages annuels et l’élimination répétitive de peuplements d’arbustes, avec de la machinerie ou autrement. Ces activités, lorsqu’on les répète trop souvent, peuvent détruire l’habitat essentiel, parce qu’elles éliminent l’habitat de nidification et/ou les perchoirs.
  2. Convertir de vastes superficies de prairies naturelles en terres cultivables ou les recouvrir d’infrastructures ou de bâtiments. Un excès de ces activités peut éliminer ou réduire la qualité de l’habitat au point d’en provoquer l’abandon par les pies-grièches ou au point qu’il ne peut plus soutenir la production d’une quantité suffisante de proies pour leur alimentation. De telles activités comprennent notamment (et non exclusivement) la conversion de prairies en terres agricoles et la construction d’infrastructures humaines comme des maisons ou d’autres bâtiments, des routes, des coupe-feu et des infrastructures industrielles.       

Les données accessibles sont insuffisantes pour déterminer les seuils auxquels les différentes activités entraîneraient la destruction de l’habitat essentiel. Les altérations et les altérations proposées à la couverture d’arbustes et de prairies dans l’habitat essentiel devront être évaluées au cas par cas afin de déterminer si elles peuvent entraîner la destruction de l’habitat.  

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8. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Tableau 4 : Mesures de rendement
Objectifs en matière de population et de répartitionMesures de rendement
1) Maintenir la zone d’occupation de l’espèce dans son aire répartition au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta et 2) maintenir les effectifs de la population dans cette zone d’occupation.La zone d’occupation de l’espèce dans son aire de répartition au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta et les effectifs de la population estimés dans cette zone d’occupation se sont maintenus.

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9. Énoncé sur les plans d'action

La Pie-grièche migratrice des Prairies sera l’une des espèces visées par un plan d’action plurispécifique pour le sud-ouest de la Saskatchewan, actuellement en cours d’élaboration. D’autres plans d’action, notamment ceux du Manitoba et de l’Alberta, seront achevés d’ici 2018.  

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10. Références

Alberta Conservation Information Management System. 2011. Listes de suivi des espèces animales. (consulté le 13 février 2012; en anglais seulement).

Bertelsen, M.F, R.A. Olberg, G.J. Crawshaw, A. Dibernardo, L.R. Lindsay, M. Drebot et I.K. Barker. 2004. West Nile Virus Infection in the Eastern Loggerhead Shrike (Lanius ludovicianus migrans): Pathology, Epidemiology, and Immunization,Journal of Wildlife Diseases 40:538-542.

Bjorge, R., et D. Prescott. 1996. Population estimate and habitat associations of the Loggerhead Shrike, Lanius ludovicianus, in southeastern Alberta, Canadian Field-Naturalist110: 445-449.

Blumton, A.K. 1989. Factors affecting Loggerhead Shrike mortality in Virginia, mémoire de maîtrise en sciences, Virginia Polytechnic Institute and State University, Blacksburg (Virginia).

Blus, L.J. 2011. DDT, DDD and DDE in birds, in W.L. Beyer et J.P. Meador (éd.), Environmental Contaminants in Biota: Interpreting Tissue Concentrations, CRCPress, Boca Raton (Floride), p.425-445.

Brooks, B. L., et S. A. Temple. 1990. Dynamics of a Loggerhead Shrike population in Minnesota, Wilson Bulletin 102: 441-450.

Burnside, F.L. 1987. Long-distance movements by Loggerhead Shrikes, Journal of Field Ornithology 58:62-65.

Cade, T.J., et C.P. Woods. 1997. Changes in distribution and abundance of the loggerhead shrike, Conservation Biology 11:21-31.

Cadman, M. D. 1990. Mise à jour et Rapport de situation sur la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus) au Canada, rapport non publié remis au Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Environnement Canada (Ottawa) CANADA, 17 p.

Chabot, A. 2010. The impact of migration on the evolution and conservation of an endemic North American passerine: Loggerhead Shrike (Lanius ludovicianus), thèse de doctorat, Queen’ University, Kingston (Ontario), 189 p.

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Annexe A : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou la réalisation de tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

La Pie-grièche migratrice des Prairies partage son habitat avec bien d’autres espèces, incluant des espèces en péril, non seulement des espèces aviaires, mais aussi des mammifères, des insectes et des végétaux. Bien que certaines des mesures de rétablissement proposées présentent des avantages et devraient avoir des incidences positives sur d’autres espèces indigènes sympatriques, elles pourraient avoir des effets nocifs sur les espèces dont les besoins diffèrent de ceux de la Pie-grièche migratrice des Prairies. Par conséquent, il importe que les activités de gestion de l’habitat de la pie-grièche adoptent une perspective écosystémique grâce à l’élaboration, à l’aide des commentaires formulés par les compétences responsables, de plans plurispécifiques, de programmes de rétablissement axés sur les écosystèmes ou de plans de gestion de zones tenant compte des besoins de plusieurs espèces, y compris d’autres espèces en péril. À mesure que les programmes d’intendance seront mis en œuvre en vue de réduire les conséquences des menaces sur les pies-grièches, les approches seront communiquées aux gestionnaires du rétablissement d’autres espèces des prairies dans le but d’intégrer, dans la mesure du possible, les besoins des autres espèces aux approches qui réduiront les menaces qui pèsent sur la pie-grièche.

Le présent programme de rétablissement contribue directement à l’atteinte des objectifs et des cibles de la Stratégie fédérale du développement durable pour le Canada. Plus précisément, il contribue à l’atteinte des objectifs 5 (« Conservation de la faune – Maintenir ou rétablir les populations fauniques à des niveaux sains ») et 6 (« Conservation et protection des écosystèmes/des habitats – Conserver des écosystèmes productifs et résilients ayant la capacité de se rétablir et de s’adapter ».

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Annexe B : Habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des prairies à l’intérieur et à proximité de la Réserve nationale de faune de la BFC Suffield (secteur Middle Sandhills), en Alberta

Figure 3

Figure 3. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la Figure 3

Annexe B : Habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des prairies à l’intérieur et à proximité de la Réserve nationale de faune de la BFC Suffield (secteur Middle Sandhills), en Alberta. (Voir tableau à l'Annexe C)

Zones dans lesquelles on trouve de l’habitat essentiel dans la Réserve nationale de faune de la BFC Suffield et les environs, dans le sud est de l’Alberta. Le polygone détaillé (ombré en gris), qui couvre 11 039 ha, est illustré afin de montrer les secteurs où les critères énoncés à la section 7.2 sont respectés.

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Annexe C : Désignation cadastrale des quarts de section contenant de l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice des prairies, à l’intérieur et à proximité de la Réserve nationale de faune de la base des forces canadiennes Suffield, en Alberta[*]
Quart de sectionSectionCantonRangMéridien
Nord-est (NE), Nord-ouest (NO), Sud-est (SE) 131944
NE, SE231944
NE, NO, SE, Sud-ouest (SO)241944
NE, NO, SE, SO251944
SE261944
SE361944
NE, NO, SE, SO12034
NE, NO, SE, SO22034
NE, NO, SE, SO32034
NE, NO, SE, SO42034
NE, NO, SE, SO52034
NE, NO, SE, SO62034
NE, NO, SE, SO82034
NE, NO, SE, SO92034
NE, NO, SE, SO102034
NE, NO, SE, SO112034
NE, NO, SE, SO122034
NE, NO, SE, SO132034
NE, NO, SE, SO142034
NE, NO, SE, SO152034
NE, SE, SO162034
NE, NO71934
NE, NO, SE, SO81934
NE, NO, SO91934
NE, NO101934
NE, NO111934
NE, NO, SO131934
NE, NO, SE, SO141934
NE, NO, SE, SO151934
NE, NO, SE, SO161934
NE, NO, SE, SO171934
NE, NO, SE, SO181934
NE, NO, SE, SO191934
NE, NO, SE, SO201934
NE, NO, SE, SO211934
NE, NO, SE, SO221934
NE, NO, SE, SO231934
NE, NO, SE, SO241934
NE, NO, SE, SO251934
NE, NO, SE, SO261934
NE, NO, SE, SO271934
NE, NO, SE, SO281934
NE, NO, SE, SO291934
NE, NO, SE, SO301934
NE, NO, SE, SO311934
NE, NO, SE, SO321934
NE, NO, SE, SO331934
NE, NO, SE, SO341934
NE, NO, SE, SO351934
NE, NO, SE, SO361934
NE361944
NO, SO52024
NE, NO, SE, SO62024
NE, NO, SE, SO72024
NO, SO82024
SE, SO182024
NE, NO, SE, SO311924
NO321924

*Tous les quarts de sections énumérés contiennent de l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice (excubitorides); toutefois, il est possible que l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice (excubitorides) ne couvre qu’une partie de certains des quarts de section situés aux limites du polygone. L’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice (excubitorides) exclut l’habitat non convenable à l’espèce existant, notamment les milieux humides et les éléments anthropiques comme les structures et les routes.

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