Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L'huître plate du Pacifique Ostrea lurida au Canada – 2011

Photo de la surface interne de la valve d’une huître plate du Pacifique, Ostrea lurida.

Préoccupante – 2011

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'huître plate du Pacifique (Ostrea lurida) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 60 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’huître plate du Pacifique(Ostrea conchaphila) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 36 p.

GILLESPIE, G.E. 2000. Rapport de situation du COSEPAC sur l’huître plate du Pacifique(Ostrea conchaphila) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’huître plate du Pacifique(Ostrea conchaphila) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, 1 – 36 p.

Note de production :
Le COSEPAC remercie Graham E. Gillespie qui a rédigé le rapport de situation provisoire sur l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, préparé en vertu d'un contrat avec Environnement Canada et Pêches et Océans Canada. La participation du contractant à la rédaction du présent rapport de situation a pris fin avec l'acceptation du rapport provisoire. Toutes les modifications apportées au rapport de situation durant la préparation subséquente du rapport de situation intermédiaire de six mois et du rapport de situation intermédiaire de deux mois ont été supervisées par Robert Forsyth et Gerald Mackie (Ph. D.), coprésident du Sous-comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel
Site Web

Illustration/photo de la couverture :
Huître plate du Pacifique -- fournie par l’auteur.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011.
No de catalogue CW69-14/277-2011F-PDF
ISBN 978-1-100-97376-0

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – mai 2011

Nom commun
Huître plate du Pacifique

Nom scientifique
Ostrea lurida

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Cette espèce est la seule huître indigène présente le long de la côte Pacifique du Canada. Bien que sa population ait subi des déclins historiques à grande échelle, associés à la surexploitation, elle semble avoir été stable au cours des récentes décennies. Cependant, l’introduction récente de parasites exotiques, d’escargots prédateurs, de crabes verts et d’organismes salissants, ainsi que la pollution industrielle et domestique représentent d’importantes menaces pour l’huître. La dispersion limitée et la vulnérabilité de cette espèce aux températures extrêmement basses et à la sédimentation qui découle des crues et des glissements de terrain peuvent accroître sa vulnérabilité et sa capacité de se rétablir d’effets nuisibles.

Répartition
Colombie-Britannique, Océan Pacifique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en novembre 2000 et en mai 2011.

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COSEPAC
Résumé

Huître plate du Pacifique
Ostrea lurida

Description et importance de l'espèce sauvage

L'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida (anciennement connue sous le nom d'Ostrea conchaphila), est une petite huître qui possède une coquille inférieure plutôt concave (gauche) et une coquille supérieure plate (droite) qui s'emboîte dans le rebord de la coquille inférieure. Certains individus peuvent atteindre un diamètre maximal de 90 mm environ, mais la plupart des individus sont de plus petite taille. On les trouve souvent fixés à un substrat dur, mais ils peuvent être libres ou former des groupes avec d'autres individus. Les contours de la coquille sont plus ou moins elliptiques et les surfaces externes varient du blanc au mauve noir; la coloration intérieure varie du blanc au vert irisé en passant par le violet. La cicatrice du muscle adducteur est de couleur semblable au reste de l'intérieur des coquilles.

L'huître plate du Pacifique a constitué une source alimentaire pour les Autochtones et a appuyé la pêche commerciale et récréative pendant la période posteuropéenne. De plus, l'espèce a par la suite été considérée comme précieuse en raison de son rôle historique et des services écosystémiques, influencés en partie par le fort intérêt en matière de réhabilitation de l'habitat le long de la côte ouest des États-Unis.

Répartition

L'huître plate du Pacifique est la seule huître indigène en Colombie-Britannique. On la trouve uniquement sur la côte ouest de l'Amérique du Nord, entre le passage Gale, en Colombie-Britannique (~ 52°N), et la Basse-Californie, au Mexique (~ 30°N). Les exigences particulières de l'espèce en matière d'habitat limitent les agrégations denses à un nombre relativement restreint d'emplacements. Bien que sur le plan historique l'huître ait été signalée à Sitka, des occurrences récentes en Alaska n'ont pas été confirmées. Au Canada, l'espèce a été signalée dans le détroit de Georgie, sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, ainsi que dans quelques sites dans le détroit de la Reine-Charlotte et dans la partie côtière continentale du bassin de la Reine-Charlotte sur la côte centrale de la Colombie-Britannique.

Habitat

On trouve principalement les huîtres plates du Pacifique dans les zones intertidales inférieures et dans les zones subtidales peu profondes des estuaires et des lagunes salées. Elle est également présente sur les bas-fonds intertidaux, dans des dépressions arrosées par des vagues, près de sources d'eau douce, dans des chenaux de marée, dans des baies ou dans des bras de mer, ou encore, fixée à des pilotis ou sous des flotteurs.

Biologie

L'huître plate du Pacifique est sédentaire et filtre le plancton pour se nourrir. Sa reproduction est étroitement liée à la température et l'épisode de reproduction a lieu en été. En Colombie-Britannique, la maturité sexuelle est atteinte à l'âge d'un an environ. L'huître plate du Pacifique se développe d'abord à l'état de mâle puis change de sexe pour le reste de sa vie. Les œufs sont fécondés dans la cavité du manteau à l'aide du sperme collecté dans le courant respiratoire. Les œufs restent dans le manteau de la femelle pendant 14 à 17 jours; les larves qui en résultent sont libérées dans la colonne d'eau où elles dérivent et se nourrissent (sous forme de larves planctotrophiques) pendant deux à trois semaines encore, puis elles se fixent sur des substrats durs. La taille des nessains varie de 250 000 à 300 000 œufs environ par femelle. La durée de vie maximale est inconnue, mais des preuves indiquent qu'elle est supérieure à 10 ans. À l'âge adulte, l'huître plate du Pacifique n'est pas vagile; ainsi, le stade larvaire planctonique constitue la seule possibilité de dispersion de l'espèce. L'huître plate du Pacifique démontre très peu de comportements spécifiques en dehors de l'acte alimentaire, de la reproduction et du choix d'un site de peuplement.

Taille et tendances des populations

Les estimations quantitatives des populations d'huître plate du Pacifique, historiques ou récentes, ne sont généralement pas disponibles. Des données non scientifiques indiquent que les niveaux de population actuels dans le détroit de Georgie sont bas comparés aux niveaux historiques. Des déclins importants de la population se sont produits pendant une période d'exploitation de la pêche entre la fin des années 1800 et 1930. Ces déclins étaient dus principalement à un appauvrissement de grandes populations dans des sites particuliers. De petites populations avec des densités faibles existent toujours dans le détroit de Georgie; sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, les huîtres sont fréquemment et abondamment présentes sur davantage de sites à l'échelle locale. Il n'existe aucune donnée sur les tendances liées aux populations, mais ces dernières semblent demeurer à des niveaux faibles.

Menaces et facteurs limitatifs

La pêche commerciale pratiquée à petite échelle et non durable a contribué au déclin des huîtres plates du Pacifique du Canada. La récolte est désormais considérée comme une menace vraisemblablement négligeable, mais comme nous l'expliquons ci-dessous, la pêche de l'huître creuse du Pacifique peut avoir exacerbé d'autres menaces qui sont toujours présentes. Il est possible que la dynamique et la productivité des populations d'espèces ne résistent pas aux récoltes humaines, quelle que soit l'échelle commerciale.

La Colombie-Britannique représente la limite nord réelle de l'huître plate du Pacifique. Cette espèce est vulnérable aux conditions environnementales extrêmes, et les températures hivernales basses sont vraisemblablement un facteur qui contribue à limiter la répartition de l'espèce. L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements météorologiques extrêmes à l'avenir pourrait menacer des individus intertidaux.

Les huîtres plates du Pacifique sont la proie des crabes, des escargots, des étoiles de mer et des oiseaux. Le crabe européen qui a été introduit est un prédateur important qui se nourrit de bivalves intertidaux et qui a montré une préférence pour l'huître plate du Pacifique au cours des expériences menées en laboratoire. L'effet de ce nouveau prédateur, dont la portée actuelle comprend des sites avec de fortes densités d'huîtres plates du Pacifique sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, n'a pas été évalué. Les huîtres plates du Pacifique sont la proie d'escargots marins non indigènes, mais la capacité limitée de répartition de ces gastéropodes fait d'eux une menace négligeable. Les organismes salissants non indigènes, en particulier les ascidies, représentent une menace à la survie des jeunes huîtres plates du Pacifique.

Les effets de l'altération de l'habitat par les humains sur les quantités d'huîtres plates du Pacifique, en particulier dans les habitats estuariens sensibles, n'ont pas été étudiés en détail; cependant, les preuves indiquent que les effets cumulatifs de l'urbanisation, de la sédimentation, de l'entreposage des grumes, de la décomposition de l'écorce, du dragage et du dépôt de déblais de dragage, de l'endiguement, du remblayage, de la pollution domestique et industrielle contribuent tous au déclin des huîtres plates du Pacifique dans la baie de Coos, en Oregon. Les mêmes facteurs peuvent gêner le rétablissement des niveaux historiques de certains sites de la Colombie-Britannique. Les preuves indiquent que la pollution générée par les usines de pâtes a provoqué le déclin de l'huître plate du Pacifique dans le secteur de Puget Sound. Il existe également des documents signalant une infécondité d'espèces européennes étroitement liées causée par les effets de composés antisalissure.

Les hypothèses concernant les effets de l'aquaculture des mollusques marins sur le faible rétablissement des stocks d'huîtres plates du Pacifique comprennent une mortalité accidentelle des huîtres plates du Pacifique liée à la récolte des huîtres creuses du Pacifique, ainsi qu'un faible taux de survie des huîtres plates du Pacifique qui s'établissent dans les coquilles d'huîtres creuses du Pacifique dans les zones intertidales moyennes à supérieures, plutôt que dans les zones intertidales inférieures et dans les zones subtidales.

Certains membres de l'industrie ostréicole américaine pensent que la maladie a joué un rôle dans l'effondrement des stocks d'huîtres plates du Pacifique. La maladie de l'île Denman (Mikrocytosis mackini, un parasite microcellulaire de l'huître creuse du Pacifique) pourrait un être facteur contribuant aux faibles niveaux de population.

Protection, statuts et classifications

Les huîtres plates du Pacifique ont été évaluées comme étant préoccupantes par le COSEPAC en 2000 et désignées comme une espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril en 2003. La pêche aux huîtres commerciale et récréative actuelle en Colombie-Britannique est limitée aux huîtres creuses du Pacifique qui ont été introduites. Il existe peu d'intérêt récréatif concernant la récolte des huîtres plates du Pacifique et la limite de prises quotidiennes est établie à zéro.

Les huîtres plates du Pacifique ont été placées sur la liste bleue provinciale des espèces préoccupantes par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Elles ne sont pas désignées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ne sont pas non plus désignées en vertu des règlements de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

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Résumé technique

Ostrea lurida

Huître plate du Pacifique Olympia Oyster
Répartition au Canada : Colombie-Britannique/océan Pacifique

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l'UICN [2008] est utilisée) Probablement près de dix ansInconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?inféré, stable
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d'individus matures pendant [cinq ans ou deux générations]Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations]Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction ou l'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure et ultérieure Les populations semblent stablesNon
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?Inconnu

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d'occurrence Superficie du polygone convexe minimum englobant toutes les occurrences confirmées, réduite afin d'exclure les zones hors limite à l'extérieur du Canada (Jenny Wu, comm. pers., 2009)66 835 km²
Indice de la zone d'occupation (IZO) Un total de 138 grilles de 2 km par 2 km occupées par des sites confirmés convertis en superficie (Jenny Wu, comm. pers., 2009)552 km²
La population totale est-elle très fragmentée? Les sites sont limités à un habitat approprié (zones intertidales et subtidales inférieures de plages spécifiques); sur le plan géographique, ces parcelles d'habitat sont étroitement regroupées dans le sud de la Colombie-Britannique, mais sont isolées dans le nord de la Colombie-Britannique.Non
Nombre de « localités* »> 10
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de la zone d'occupation?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?Improbable
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?Improbable
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de la zone d'occupation?Non

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

PopulationNbre d'individus matures
  
  
Total> 3 000 000
  

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l'espèce de la nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Non disponible

 

Menaces (réelles ou imminentes, pour les populations ou leur habitat)

  • Conditions environnementales extrêmes : L'espèce ne peut supporter le gel, la sédimentation causée par les inondations et les glissements de terrain
  • Introduction de prédateurs : Notamment les escargots prédateurs et les crabes européens
  • Introduction d'organismes salissants, tels que les ascidies, qui se font concurrence pour un substrat approprié permettant aux larves de se fixer
  • Altération de l'habitat par l'homme : L'urbanisation et la modification des estuaires, d'autres effets liés aux activités commerciales (dépôt et entreposage des grumes), la sédimentation occasionnée par les utilisations des zones sèches (agriculture et foresterie), le remblayage ou le dragage
  • Maladie : L'hexamitiase ou la maladie de l'île de Denman
  • Pollution : Les polluants nationaux (urbanisation), les polluants industriels (effluent d'usines de pâte kraft principalement) qui ont été associés à d'importants déclins dans le secteur de Puget Sound, ainsi que le tributylétain (TBT) provenant des peintures antisalissure

Aquaculture de mollusques marins : Une diminution possible de la survie de l'espèce dans les zones où la densité de l'aquaculture des mollusques marins est élevée

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l'extérieur?
États-Unis : candidate aux fins d'examen pour être désignée comme espèce préoccupante (Washington)
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
L'immigration est possible uniquement à partir des sites les plus proches (le secteur de Puget Sound et éventuellement la baie Willapa ou Grays Harbor) en raison des périodes et des habitudes de dispersion des larves. Même si ce genre d'immigration était susceptible de prendre du temps pour se produire, elle n'aurait une incidence positive que sur la côte ouest de l'Île de Vancouver. En résumé, l'immigration peut être possible, mais à un faible taux.
Possible
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Les huîtres présentes dans le secteur de Puget Sound sont vraisemblablement mieux adaptées aux conditions du détroit de Georgie; celles situées dans le rivage extérieur de l'État de Washington peuvent convenablement s'adapter aux conditions de la côte ouest de l'Île de Vancouver.
Possible
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
L'habitat est suffisant dans certaines zones de la Colombie-Britannique pour les individus immigrants, mais une restauration de l'habitat peut s'avérer nécessaire pour assurer la survie de ces derniers.
Oui
La possibilité d'une immigration de populations externes existe-t-elle?
Les résultats des analyses moléculaires indiquent qu'il existe des différences génétiques mesurables entre les huîtres plates du Pacifique de Washington et de la Colombie-Britannique qui ont amené les analystes à suggérer que les populations canadiennes peuvent être apparues à l'état de reliques de l'ère glaciaire.
Possible

Statuts existants

COSEPAC : préoccupante (de 2000 à 2011)
LEP : préoccupante (2003)  

Statut recommandé et justification de la désignation

Statut :
Préoccupante
Code alphanumérique :
Sans objet
Justification de la désignation :
Cette espèce est la seule huître indigène présente le long de la côte du Pacifique du Canada. Bien que sa population ait subi des déclins historiques à grande échelle, associés à la surexploitation, elle semble avoir été stable au cours des récentes décennies. Cependant, l’introduction récente de parasites exotiques, d’escargots prédateurs, de crabes européens et d’organismes salissants (tels que les ascidies), ainsi que la pollution industrielle et nationale représentent d’importantes menaces pour l’huître. La dispersion limitée et la vulnérabilité de cette espèce aux températures extrêmement basses et à la sédimentation qui découle des crues et des glissements de terrain peuvent accroître sa vulnérabilité et sa capacité de se rétablir d’effets nuisibles.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) :
Sans objet
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) :
Atteint presque le seuil de l'indice de la zone d'occurrence pour la désignation « menacée », mais le nombre de localités est supérieur à 10
Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) :
Sans objet
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Dépasse les critères avec bien plus de 10 localités
Critère E (analyse quantitative) :
Non disponible

*Voir la définition de localité.

Préface

Depuis le rapport de situation original sur l'huître plate du Pacifique (COSEPAC, 2000), des enquêtes ont confirmé la persistance de sites favorables à la survie des huîtres et ont fourni des estimations préliminaires concernant la densité (Gillespie et al., 2004; Gillespie et Bourne, 2005a,b; Stanton et al., en préparation); certaines enquêtes quantitatives ont par ailleurs été publiées (Norgard et al., 2010). De plus, Polson et al. (2009) ont apporté la preuve que l'Ostrea lurida était le nom exact des huîtres indigènes découvertes sur la côte Pacifique de l'Amérique du Nord; le nom précédemment employé était O. conchaphila, qui fait plutôt référence à une espèce associée que l'on trouve plus au sud.

Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2011)

Espèce sauvage Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L'huître plate du Pacifique Ostrea lurida au Canada – 2011

Description et importance de l'espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Ostrea lurida, Carpenter, 1864
Nom commun anglais : Olympia Oyster
Nom commun français : huître plate du Pacifique

La classification actuelle (Polson et al., 2009; Bieler et al., 2010) est la suivante :

Embranchement : Mollusques
Classe : Bivalvia Linnaeus, 1758
Sous-classe : Antobranchia Grobben, 1894
Super-ordre : Pteriomorphia Beurlen, 1944
Ordre : Ostreioda Férussac, 1822
Sous-ordre : Ostreina Férussac, 1822
Superfamille : Ostreoidea Rafinesque, 1815
Famille : Ostreidae Rafinesque, 1815
Sous-famille : Ostreinae Rafinesque, 1815
Tribu : Ostreini Rafinesque, 1815
Genre : Ostrea Linnaeus, 1758
Ostrea lurida, Carpenter, 1864

Parmi les cinq espèces d’huîtres que l'on trouve en Colombie-Britannique, l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, est la seule espèce indigène (Bourne, 1997; Coan et al., 2000). *

Historiquement, l'huître plate du Pacifique était connue sous le nom d'Ostrea lurida Carpenter, 1864, mais Harry (1985) lui attribua le synonyme d'Ostreola conchaphila (Carpenter, 1857). Coan et al. (2000) ont pensé que l'Ostreola n'était pas suffisamment différente de l'Ostrea pour justifier la séparation des deux genres; ce fait est appuyé par de récentes études moléculaires (voir par exemple Kirkendale et al., 2004; Lapègue et al., 2006; Shilts et al., 2007) et Turgeon et al. (1998) ont soutenu cette décision. Néanmoins, il n'existe actuellement qu'un genre, Ostrea. Polson et al. (2009) ont présenté des preuves moléculaires indiquant que l'O. lurida et l'O. conchaphila sont des espèces distinctes. En conséquence, O. lurida est de nouveau considérée comme étant l'appellation appropriée pour les huîtres indigènes situées au nord de la Basse-Californie centrale. D'un point de vue morphologique, l'Ostrea lurida et l'O. conchaphila sont indifférenciables (consulter la section Structure spatiale et variabilité de la population) (Polson et al., 2009). La plasticité phénotypique, les habitats variés où des spécimens ont été collectés, ainsi que les tendances taxinomiques des premiers naturalistes ont amené à une longue liste de synonymie (consulter Coan et al., 2000).

Les gens de Manhousat appelaient l'huître plate du Pacifique tl’uuxwtl’uxw, nom probablement dérivé de tl’ukw (« large ») ou de puukw7istl’ukw (« mince et plat »), qui décrivent la forme de la coquille (Ellis et Swan, 1981). Les divers noms communs reflètent soit l'habitat de prédilection de l’espèce (p. ex. l'huître de roche, l'huître plate rayonnante), soit la géographie (p. ex. l'huître plate du Pacifique, l'huître de Californie, l'huître de la baie Yaquina, l'huître de la baie Shoalwater [la baie Shoalwater était un premier nom pour la baie Willapa, de l'État de Washington], etc.), ou encore, ils permettent de distinguer l'O. lurida des espèces introduites (p. ex. l'huître indigène). Le nom reconnu par l'American Fisheries Society est l'huître plate du Pacifique (Turgeon et al., 1998). Le terme « huître indigène » est couramment employé pour faire référence à l'O. lurida dans des secteurs autres que Puget Sound. Le nom anglais pour cette espèce est Olympia Oyster. 

Les renseignements officiels relatifs aux connaissances traditionnelles autochtones n'étaient pas disponibles lorsque le présent rapport a été préparé (D. Benoit, comm. pers.).

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Description morphologique

Les huîtres plates du Pacifique sont de petites huîtres dont la forme irrégulière a tendance à être plus ou moins elliptique ou circulaire (figure 1). Les valves (coquilles) sont fines et ne sont pas blanches comme c'est le cas du genre Crassostrea. Les valves sont inégales; la valve inférieure (gauche) est plutôt concave, tandis que la valve supérieure (droite) est généralement plate et s'emboîte dans le rebord surélevé de la valve de gauche. La valve inférieure est souvent fixée à un substrat dur, mais il est possible d'observer des individus reposant librement sur un substrat meuble, soit seuls, soit en groupe avec d'autres individus. Les individus libres présentent souvent de petites cicatrices sur la valve gauche qui indiquent le point de fixation d'origine. La surface extérieure des valves peut apparaître grise, grise tachetée de mauve, blanche, marron, jaune ou mauve-noir; les nuances de la surface intérieure varient du blanc au vert irisé en passant par le mauve foncé. La couleur de la cicatrice du muscle adducteur diffère légèrement du reste de la surface intérieure, contrairement aux cicatrices plus foncées que l'on observe chez les huîtres américaines (Crassostrea virginica) ou les huîtres creuses du Pacifique (C. gigas). Le ligament triangulaire est interne. Les coquilles présentent une série de 2 à 12 rainures dans la valve inférieure de chaque côté de la charnière (catachomata), ainsi que des denticules associés sur la valve supérieure (anachomata); ces chomata s'étendent à partir du ligament et couvrent moins de la moitié de la surface entre ce ligament et le bord ventral, contrairement aux huîtres tropicales du genre Saccostrea, où les chomata s'étendent sur toute la surface jusqu'au bord ventral. Les chambres « pryomyales » gauche et droite sont toutes les deux fermées (contrairement au genre Crassostrea où la chambre « pryomyale » droite est ouverte). Les jeunes huîtres peuvent avoir un periostracum jaune et fin que n'ont pas les adultes. Après s'être fixées, les huîtres n'ont ni pied (caractéristique typique des palourdes) ni byssus (caractéristique typique des mollusques) (Quayle, 1969; Kozloff, 1974; Harry, 1985; Couch et Hassler, 1989; Baker, 1995; Harbo, 1997; Polson et al., 2009).

La taille maximale est d'environ 90 mm de diamètre (Harbo, 1997), mais le diamètre des individus en Colombie-Britannique est généralement de 60 mm ou moins (Gillespie et al., 2004; Gillespie et Bourne 2005a; Gillespie, 2009). Les individus de Puget Sound (Washington) et de la Californie sont généralement de taille plus petite (Baker, 1995).

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Structure spatiale et variabilité de la population

Polson et al. (2009) ont utilisé les allèles de l'ADN mitochondrial aux loci CO3 et 16S, ainsi que 22 séquences hors-groupe téléchargées à partir de GenBank afin d'examiner les variations inter et intraspécifiques des huîtres, de la Colombie-Britannique à Bahía de Kino, dans l'État de Sonora, au Mexique. Deux sites ont été échantillonnés au Canada, ainsi que 17 sites sur la côte extérieure, de la baie Willapa (État de Washington) en Basse-Californie. Polson et al. ont été capables de séparer deux taxons, l'O. lurida dans le nord et l'O. conchaphila d'Ensenada de Pabellón, au Mexique. Fait intéressant, des échantillons canadiens prélevés à Ladysmith Harbour (détroit de Georgie) et sur l'Île Ahmah (baie Barkley) étaient identiques, mais différaient des échantillons d'huîtres provenant des États américains situés sur la côte du Pacifique (de la baie Willapa [Washington] à Bahía de San Quintín [Basse-Californie]), amenant les auteurs à émettre l'hypothèse que les sites de la Colombie-Britannique peuvent être des reliques de refuges glaciaires du Pleistocène.

Figure 1. Huître plate du Pacifique, Ostrea lurida.  Légende : La rangée du haut illustre la valve supérieure (droite), tandis que la rangée du bas illustre la valve inférieure (gauche); la colonne de gauche présente les surfaces internes et la colonne de droite, les surfaces externes. A – cicatrice du muscle adducteur; C – chomata; L – ligament.

Illustrations des valves supérieures et inférieures de l’huître plate du Pacifique et, pour chacune, des surfaces internes et externes. Les flèches indiquent la cicatrice du muscle adducteur, les chomata et le ligament.

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Unités désignables

Parce que des études moléculaires à petite échelle n'ont pas été effectuées sur les huîtres plates du Pacifique au Canada et compte tenue de la déduction que les échantillons prélevés dans les eaux côtières intérieures et extérieures sont indifférenciables les uns des autres (Polson et al., 2009), il n'existe qu'une seule unité désignable.

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Importance

Parmi les quatre espèces d'huîtres que l'on trouve actuellement en Colombie-Britannique, l'huître plate du Pacifique est la seule espèce indigène Les Premières nations utilisaient les huîtres plates du Pacifique comme aliments et les coquilles servaient d'ornementation (Harbo, 1997). Les gens de Manhousat rassemblaient occasionnellement des huîtres plates du Pacifique pour se nourrir. Ils les faisaient cuire à la vapeur dans un trou ou les faisaient bouillir; seul le muscle adducteur était mangé et le bouillon restant était bu comme du thé. Les huîtres plates du Pacifique constituaient une source d'alimentation pour les Autochtones de Washington, de l'Oregon et de la Californie et les déclins des populations d'huîtres ont pu se produire avant les périodes historiques, d'après la fréquence relative des tertres (Shaw, 1997; Groth et Rumrill 2009; White et al., 2009b).

L'huître plate du Pacifique a fait l'objet d'une pêche commerciale à petite échelle au Canada, à partir de 1884 environ jusqu'aux alentours de 1930, lorsque les gisements d'huîtres naturels ont fini par être épuisés et que la pêche a été orientée vers des espèces introduites plus grosses et plus commercialisables. Son importance historique et ses rôles de filtration de l'eau et d'ingénierie de l'habitat dans l'écosystème font d'elle une huître précieuse; par ailleurs, le rétablissement de l'espèce dans les États américains sur la côte du Pacifique présente un fort intérêt (voir par exemple Brumbaugh et Coen, 2009).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Les huîtres plates du Pacifique ne sont présentes que sur la côte ouest de l'Amérique du Nord (figure 2). Si on la considère conspécifique avec l'Ostrea conchaphila, on pense alors que son aire de répartition s'étend de Sitka, en Alaska (v. 57°N) au Panama (v. 9°N) (Harbo, 1997; Coan et al., 2000). La limite nord de son aire de répartition est fondée sur une observation de Dall (1914, 1916), mais elle est douteuse. Toutefois, les populations du nord et du sud représentent désormais deux espèces différentes, l'O. lurida et l'O. conchaphila respectivement (Polson et al., 2009; consulter la section Nom et classification). Polson et al.(2009) ont indiqué que la limite sud de l'Ostrea lurida est Bahía de San Quintín, en Basse-Californie (v. 30°N), bien qu'ils aient manqué d'échantillons entre ce site et la limite sud précédemment déclarée comme étant Cabo San Lucas, en Basse-Californie (v. 24°N), pour appuyer cette affirmation (Haderlie et Abbott, 1980; Coan et al., 2000). Bien que l'espèce soit répartie de manière générale, les exigences spécifiques liées à l'habitat limitent les sites où les huîtres sont présentes en abondance à un nombre relativement restreint d'emplacements (Galtsoff, 1929). De grandes quantités d'huîtres plates du Pacifique sont encore présentes dans quelques habitats appropriés du sud-ouest des États-Unis (Baker, 1995; Robinson, 1997; Shaw, 1997; Dinnel et al., 2009; Groth et Rumrill, 2009).

Sur le plan historique, les huîtres plates du Pacifique proviennent du sud-est de l'Alaska; mais elles ont rarement été observées en agrégations denses; par ailleurs, des sites spécifiques n'ont pas été déclarés (Paul et Feder, 1976). Leur présence en Alaska n'est pas confirmée malgré les enquêtes menées (Foster, 1991; Gillespie, 2009; Polson et Zacherl, 2009). Les coquilles fournies à Dall peuvent provenir de gisements de coquilles à l'état semi-fossile comme celles documentées par Steele (1957), Sutherland Brown (1968) et Trimble et al. (2009) à Juneau (Alaska), dans la baie Tasu (Haida Gwaii [îles de la Reine-Charlotte]) et la baie Willapa (Washington), respectivement. Les gisements à l'état semi-fossile existent encore dans le ruisseau Flat dans la baie Tasu (Jones, comm. pers., 2009) et les dates de carbone 14 indiquent que le dépôt date d'environ 8 000 ans (Sutherland Brown, 1968).

Les huîtres plates du Pacifique ont été récoltées dans la baie Willapa et le secteur de Puget Sound (État de Washington) au milieu des années 1850 (White et al., 2009b). Des sites historiques produisant des huîtres plates du Pacifique dans le nord de Puget Sound comprenaient les îles Orcas, Shaw et Whidbey, les baies Bellingham, Fidalgo, Padilla, Samish, ainsi que Chuckanut Bay et Similk Bay (Dinnel et al., 2009). Des renseignements récents concernent la baie Samish et le bras Lopez. L'excès de récolte, les conditions environnementales néfastes ainsi que la pollution ont mené aux déclins de la population et à un changement dans l'utilisation des huîtres plates du Pacifique par l'industrie. Les huîtres plates du Pacifique sont encore présentes dans plusieurs sites de Puget Sound, la baie Willapa et Grays Harbor (Baker, 1995; Dinnel et al., 2009; Polson et Zacherl, 2009; Trimble et al., 2009; White et al., 2009a).

Figure 2. Répartition de l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, dans le monde entier. Les lignes pointillées représentent les anciennes limites de latitude (Sitka, Alaska et Cabo San Lucas, Mexique) et les lignes pleines représentent les limites de latitude actuelles vérifiées (passage Gale, Colombie-Britannique et Bahía de San Quintín, Mexique).

Carte de la répartition mondiale de l’huître plate du Pacifique, montrant les limites de latitude historiques et actuelles vérifiées.

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Des quantités importantes d'huîtres plates du Pacifique ont été déclarées par Marriage (1958) dans la baie Yaquina et Netarts Bay (Oregon) seulement, mais Baker (1995) a indiqué que l'espèce avait disparu de Netarts Bay. Les huîtres plates du Pacifique étaient présentes dans la baie de Coos à l'époque précoloniale, un fait prouvé par leur présence dans les tertres (Baker, 1995; Baker et al., 2000; Groth et Rumrill, 2009). On ne sait pas ce qui a provoqué leur disparition de cette zone, mais les explications potentielles peuvent être la sédimentation occasionnée par un incendie de forêt important qui a balayé le secteur en 1846, ou la sédimentation causée par un tremblement de terre et un tsunami en 1700 (Edmonson, 1923, Dimick et al., 1941; Nelson et al., 1996; Groth et Rumrill, 2009). Plusieurs tentatives infructueuses ont été faites pour réintroduire des huîtres plates du Pacifique dans la baie de Coos au début des années 1910 (Edmonson, 1923; Baker et al., 2000). Des enquêtes récemment menées en Oregon indiquent que les huîtres plates du Pacifique ne sont actuellement présentes que dans la baie de Coos, la baie de Yaquina et Netarts Bay (Groth et Rumrill, 2009).

Les premières pêches en Californie étaient concentrées dans la baie de San Francisco, avec quelques activités dans les baies de Humboldt, de Newport, de Tomales et Elkhorn Slough Bay. Baker (1995) a présenté des preuves concernant des sites historiques d'huîtres plates du Pacifique ayant disparu (p. ex. Big Lagoon, Elkhorn Slough, Mugu Lagoon, Alamitos Bay, Anaheim Bay, Mission Bay, la baie de San Diego et Tijuana Lagoon, en Californie). Il a également établi une liste de sites (p. ex. Agua Hedionda Lagoon et Los Pensaquitos Lagoon, en Californie) où l'ajout de digues a entraîné l'établissement de nouveaux habitats. De récentes enquêtes indiquent que les huîtres plates du Pacifique sont présentes dans les baies de Humboldt, de Newport, de San Diego, de San Francisco, de Tomales, Alamitos Bay et Mission Bay; on les trouve également dans des lagunes telles que Mugu, Agua Hedionda et Batiquitos Lagoons, ainsi qu'à Elkhorn Slough (Polson et Zacherl, 2009; Seale et Zacherl, 2009).

La répartition de l'Ostrea lurida au Mexique et de l'O. conchaphila au Mexique et en Amérique centrale n'est pas convenablement documentée (Baker 1995; Polson et al., 2009).

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, les huîtres plates du Pacifique se trouvent dans le détroit de Georgie et le détroit de Juan de Fuca, sur la côte ouest de l'île de Vancouver, et sur la côte centrale de la Colombie-Britannique (consulter la figure 3 et la section Activités de recherche). Quayle (1969) a indiqué que les huîtres plates du Pacifique peuvent être observées dans un certain nombre de sites en Colombie-Britannique, mais pas en abondance. Les sites spécifiques où les huîtres plates du Pacifique sont présentes, ou étaient présentes, sont indiqués dans le tableau 1. La limite nord confirmée de répartition des huîtres plates du Pacifique au Canada (et dans le monde) est le passage Gale (tableau 1, figure 3). Les huîtres plates du Pacifique ne sont plus observées le long de la côte nord ou à Haida Gwaii, bien que l'on ait découvert des gisements de coquilles à l'état semi-fossile dans la baie Tasu, à Haida Gwaii (Jones, comm. pers., 2009) et à Juneau, en Alaska (consulter la sectionAire de répartition mondiale). Les sites confirmés à l'extrême sud au Canada se situent dans le bassin Sooke au sud de l'Île de Vancouver. La répartition générale des huîtres plates du Pacifique dans les régions au sud peut être plus importante que ce qui est indiqué, tout simplement parce que certaines huîtres vivant dans la zone subtidale sont rarement observées, à moins de s'y intéresser tout particulièrement.

Bien que quelques disparitions locales aient vraisemblablement été enregistrées dans certains sites spécifiques (voir le tableau 1) et que des données non scientifiques laissent entendre que les quantités d'individus situés dans le détroit de Georgie sont basses en comparaison des niveaux historiques (Gillespie, 1999, 2009), en particulier dans la baie Boundary et Ladysmith Harbour, il n'y a probablement pas eu d'élargissement ou de diminution importantes dans la répartition des huîtres plates du Pacifique au Canada. Les nouveaux dossiers portant sur les sites pour cette huître sont vraisemblablement le résultat d'activités de recherche accrues depuis la première évaluation menée par le COSEPAC.

Figure 3. Répartition de l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, au Canada. Les points représentent des sites où l'huître plate du Pacifique a été observée par le passé et dont la présence a été vérifiée entre 1991 et 2009 (voir le tableau 1).

Carte de la répartition canadienne de l’huître plate du Pacifique.

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Tableau 1. Sites en Colombie-Britannique où l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, a été observée. Abréviations : CMNML, numéro de catalogue du Musée canadien de la nature ; RBCM, numéro de catalogue du Royal British Columbia Museum. Le terme « Historique » indique un document non spécifique tiré de publications anciennes ; le terme « Abondante » indique une classification provenant de références ou de nombreux échantillons des collections de musées.
Zone géographiqueSiteCatégorieDateSource
InconnueInconnuPrésente1967CMNML 046087
Côte centrale
Baie MilbankeÎles BardswellHistorique Elsey (1933)
 Île CampbellHistorique Quayle (1969)
 Passage GalePrésente2002Gillespie (2009)
 Passage GalePrésente2008Gillespie (2009)
 Passage GalePrésente2009J. Carpenter, comm. pers., 2009
 Ormidale HarbourPrésente2007J. Carpenter, comm. pers., 2009
Baie QueenBaie WattAbondante1991Bourne et al. (1994)
 Baie WattAbondante2004Gillespie et Bourne (2005b)
 Baie WattAbondante2008Gillespie (2009)
Baie Fitz HughBras Fish EggHistorique Elsey (1933)
 Bras Fish EggAbondante1993Bourne et Heritage (1997)
 Bras Fish EggAbondante2000Gillespie et al. (2004)
Bras SmithBras BoswellAbondante2007Gillespie (2009)
Détroit de la Reine-Charlotte
Détroit de la Reine-CharlotteBlunden HarbourHistorique Elsey (1933)
 Blunden HarbourHistorique Quayle (1969)
 Blunden HarbourHistorique Quayle (1960)
 Blunden HarbourHistorique Newcombe (1891)
 Lagune BradleyAbondante1885CMNML 000830
 Lagune BradleyHistorique Taylor (1895)
 Lagune BradleyPrésente2000Gillespie (2009)
Côte ouest de l'île de Vancouver
Baie QuatsinoInconnuHistorique Elsey (1933)
Baie BrooksBras KlaskinoAbondante2001Gillespie et al. (2004)
 Bras KlaskinoAbondante2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Bras KlaskinoAbondante2007Gillespie (2009)
 Klaskino AnchoragePrésente2007Gillespie (2009)
 Bassin KlaskishPrésente1975Ellis et Emerson (1979)
Baie CheclesetÎles BunsbyPrésente1975Ellis et Emerson (1979)
 Îlots CuttlePrésente1978Ellis et Emerson (1979)
 Lagune JohnsonPrésente1975Ellis et Emerson (1979)
 Lagune JohnsonPrésente2000Gillespie (2009)
 Bras Malksope
Bras Ououkinsh
Abondante
Présente
2007
2002
Gillespie (2009)
Gillespie et Bourne (2005a)
Baie KyuquotBras AmaiAbondante1995Kingzett et al. (1995b)
 Bras AmaiAbondante2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Bras CachalotAbondante2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Bras CachalotAbondante2007Gillespie (2009)
 Bras EasyPrésente1967RBCM 979-07242
 Rivière KashutlPrésente2007Gillespie (2009)
Baie NootkaRuisseau CantonPrésente1995Kingzett et al. (1995a)
 Bras EspinosaPrésente2006Gillespie (2009)
 Bras HisnitPrésente2007Gillespie (2009)
 Bassin Inner MaryAbondante1995Gillespie (1999)
 Bras Little EspinosaPrésente2006Gillespie (2009)
     
 Baie NesookPrésente1995Kingzett et al. (1995a)
 Baie NesookPrésente2007Gillespie (2009)
 Port ElizaAbondante1995Kingzett et al. (1995a)
 Port ElizaAbondante2002Gillespie (2009)
 Port Eliza 1Abondante2009Stanton et al. en préparation
 Port Eliza 2Abondante2009Stanton et al. en préparation
 Port Eliza 3Abondante2009Stanton et al. en préparation
 Anse QueenPrésente1995Gillespie (1999)
 Anse QueenPrésente2006Gillespie (2009)
 Bras TlupanaPrésente1995Kingzett et al. (1995a)
Baie ClayoquotBaie BacchantePrésente2009Stanton et al. en préparation
 Anse BottleneckAbondante2003Gillespie (2009)
 Anse BottleneckPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Île DarrPrésente2007Gillespie (2009)
 Île DarrPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie HeelboomPrésente2006Gillespie (2009)
 Bras LemmensPrésente2006Gillespie (2009)
 Mosquito HarbourAbondante2000Gillespie et al. (2004)
 Mosquito HarbourPrésente2006Gillespie (2009)
 Anse Pretty GirlAbondante2003Gillespie (2009)
 Anse Pretty GirlPrésente2006Gillespie (2009)
 Bras Stewardson 2Présente2009Stanton et al. en préparation
 Bras Stewardson 3Présente2009Stanton et al. en préparation
 Passage SulphurProbablement présente Gillespie (2009)
 Passage Sulphur 3Présente2009Stanton et al. en préparation
 Bras SydneyAbondante2005-2006Gillespie (2009)
 Bras Sydney 1Présente2009Stanton et al. en préparation
 Bras Sydney 2Présente2009Stanton et al. en préparation
 Bras Sydney 3Présente2009Stanton et al. en préparation
 Rivière SydneyPrésente1976RBCM 978-00029-015
 TofinoPrésente1926-1936RBCM 976-01228-037
 Anse WhitepinePrésente2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Anse WhitepinePrésente2006Gillespie (2009)
 Baie YoungPrésente Gillespie (2009)
 Baie Young 1Présente2009Stanton et al. en préparation
 Baie Young 2Présente2009Stanton et al. en préparation
Baie BarkleyÎle AhmahPrésente1997Gillespie (1999)
 Île Alma RussellPrésente1997Gillespie (1999)
 Pointe AmphitriteAbondante1909CMNML 001265
 Pointe AmphitritePrésente1982RBCM 979-09591
 Île BrabantPrésente1997Gillespie (1999)
 Îles BrokenPrésente1999Gillespie (1999)
 Îles CongrevePrésente1997Gillespie (1999)
 Îles CongrevePrésente2009Stanton et al. en préparation
 Bras EffinghamAbondante1997Gillespie (1999)
 Bassin FattyPrésente Gillespie (2009)
 Pointe HarrisAbondante1997Gillespie (1999)
 Pointe HarrisAbondante2009Stanton et al. en préparation
 Île HillierAbondante2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Île HillierAbondante2006-2007Gillespie (2009)
 Île HillierAbondante2009Stanton et al. en préparation
 Lagune Jacques/JarvisPrésente1973Gillespie (2009)
 Lagune Jacques/JarvisPrésente1997Gillespie (1999)
 Lagune Jacques/JarvisPrésente2006Gillespie (2009)
 Baie JoesPrésente2006Gillespie (2009)
 Passage JuliaAbondante1997Gillespie (1999)
 Ruisseau LuckyAbondante1993Gillespie (2009)
 Ruisseau LuckyAbondante2002Gillespie et Bourne (2005a)
 Ruisseau LuckyAbondante2009Stanton et al. en préparation
 Baie MayneAbondante1997Gillespie (1999)
 Île NettlePrésente1997Gillespie (1999)
 Îles PinkertonPrésente1997Gillespie (1999)
 Bras PipestemAbondante1995Gillespie (1999)
 Bras PipestemPrésente2006Gillespie (2009)
 Ruisseau RitherdonPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie San MateoPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Île Santa MariaPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Île SnowdenAbondante1993Gillespie (1999)
 Île South StopperAbondante2007Gillespie (2009)
 Baie ToquartHistorique Elsey (1933)
 Baie ToquartPrésente1997Gillespie (1999)
 Baie ToquartPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Bras UselessAbondante1995Gillespie (1999)
 Bras UselessPrésente1961RBCM 979-02365
 Bras UselessPrésente2006Gillespie (2009)
 Baie VernonAbondante1997Gillespie (1999)
 Baie VernonAbondante2006-2007Gillespie (2009)
Détroit de Georgie
Baie DesolationBaie PendrellHistorique Quayle (1969)
 Baie PendrellPrésente1975Heritage et al. (1976)
 Baie PendrellPrésente1976Heritage et al. (1977)
 Baie PendrellPrésente1971-1973Bourne (1978)
 Baie PendrellPrésente1974Bourne et Heritage (1979)
 Baie PendrellPrésente1977Heritage et Bourne (1979)
 Baie PendrellPrésente2007Gillespie (2009)
Îles du nord du golfeAnse TalbotPrésente2000Gillespie (2009)
 Bras Von DonopPrésente1907?CMNML 001101
 Bras Von DonopHistorique Quayle (1969)
 Bras Von DonopPrésente2007Gillespie (2009)
Côte est de l'île de VancouverBaie BaynesHistorique Newcombe (1891)
 Pointe CoffinPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Comox HarbourHistorique Quayle (1969)
 Comox HarbourPrésente2009Stanton et al. en préparation
 ComoxAbondante1885CMNML 000406
 Anse EveningPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie FannyHistorique Thompson (1914)
 Baie FannyPrésente2009Stanton et al. en préparation
 GoldstreamPrésente1996Gillespie (2009)
 GoldstreamPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie KulleetPrésente2010Stanton et al. en préparation
 Île KuperHistorique Newcombe (1891)
 Ladysmith HarbourHistorique Quayle (1960)
 Ladysmith HarbourHistorique Newcombe (1891)
 Ladysmith HarbourHistorique Stafford (1913b)
 Ladysmith HarbourPrésente1975Heritage et al. (1976)
 Ladysmith HarbourPrésente1976Heritage et al. (1977)
 Ladysmith HarbourPrésente1998Gillespie (1999)
 Ladysmith HarbourPrésente2006Gillespie (2009)
 Ladysmith HarbourPrésente2009Stanton et al. en préparation
 NanaimoPrésente1999Gillespie (2009)
 NanaimoPrésente2008Gillespie (2009)
 NanaimoPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Nanoose HarbourHistorique Quayle (1969)
 Nanoose HarbourPrésente1999Gillespie (2009)
 Nanoose HarbourPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Pointe Page, LadysmithPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Parc Raven, LadysmithPrésente2009Stanton et al. en préparation
     
 Pointe ShipPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Îles ShoalPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Plage TransferPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie UnionPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie VesuviusPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Plage WallPrésente2009Stanton et al. en préparation
Bras MainlandBaie BakerPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Pointe DacresPrésente2010Stanton et al. en préparation
 Baie FairviewPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie FrolanderPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie GreenPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Îles HarmonyPrésente2010Stanton et al. en préparation
 Baie HothamPrésente1976Heritage et al. (1977)
 Baie HothamPrésente1977Heritage et Bourne (1979)
 Pointe JeddahPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Bras Jervis 3Présente2009Stanton et al. en préparation
 Bras MalaspinaHistorique Newcombe (1891)
 Pointe McNaugtonPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie QuarryPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie Saint VincentPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie SalteryPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie SargeantPrésente Lamb et Hanby (2005)
 Baie SargeantPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Pointe SamuarezPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Îles ScardonPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Anse SmugglerPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Île S. ThormanbyPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Pointe ThunderPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Îles WhitestonePrésente2009Stanton et al. en préparation
 Baie WoodPrésente2009Stanton et al. en préparation
VancouverVancouverPrésente CMNML 000983
Baie BoundaryBaie BoundaryHistorique Quayle (1960)
 Baie BoundaryHistorique Stafford (1913a, 1913b, 1914, 1915, 1916, 1917)
 Baie BoundaryPrésente1997–1998Gillespie (2009)
 CrescentPrésente1933-1934RBCM 975-00794-003
 Plage CrescentPrésente2009Stanton et al. en préparation
 White RockPrésente2009Stanton et al. en préparation
 White RockPrésente2009Stanton et al. en préparation
     
Détroit de Juan de Fuca
VictoriaÎle East ChathamPrésente2007Gillespie (2009)
 Esquimalt HarbourHistoriqueca. 1858Lord, In Carpenter (1864)
 Esquimalt HarbourHistoriqueca. 1960Quayle (1960)
 Voie GorgeHistorique Quayle (1969)
 Voie GorgeHistorique Newcombe (1891)
 Voie GorgePrésente2000AMR (2000)
 Voie GorgePrésente2009Stanton et al. en préparation
Bassin SookeAnse AndersonPrésente1999Gillespie (1999)
 Anse AndersonPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Ruisseau AyumPrésente2007Gillespie (2009)
 Anse CooperPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Anse HutchinsonPrésente1999Gillespie (1999)
 Anse HutchinsonPrésente2009Stanton et al. en préparation
 Anse RochePrésente1999Gillespie (1999)
 Anse RochePrésente2007Gillespie (2009)
 Anse RochePrésente2009Stanton et al. en préparation
 SookeHistorique Newcombe (1891)
 SookePrésente1945–1963RBCM 976-01210-025

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Zone d'occurrence

La zone d'occurrence (ZO) de l'huître plate du Pacifique a été calculée à l'aide de la méthode du polygone convexe minimum pour l'aire de répartition confirmée de l'espèce au Canada, qui est comprise à l'intérieur de la zone de compétence canadienne. La zone d'occurrence totale des huîtres plates du Pacifique au Canada a été estimée à 66 835 km² (tableau 1; Jenny Wu, comm. pers., 2009). Cette superficie est légèrement inférieure à la surface totale comprise dans le polygone convexe minimum puisque l'aire hors limite située dans l'État de Washington a été exclue.

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Indice de la zone d'occupation

L'indice de la zone d'occupation (IZO) a été calculé en additionnant les grilles de 2 x 2 km contenant soit un site confirmé, soit des sites confirmés étroitement liés dans des zones où l'occurrence et l'abondance générales étaient importantes et où le manque de vérification dans les zones intermédiaires représentait vraisemblablement des artéfacts d'échantillonnage. L'indice de zone d'occupation total était estimé à 138 grilles de 2 x 2 km, soit 552 km². Cette estimation peut être trompeuse pour deux raisons : elle peut surestimer la zone d'occupation, étant donné que des occurrences uniques sur des portions de plages intertidales s'étendent sur un minimum de 4 km² et plus si la plage se situe sur plus d'une grille; ou alors, elle peut sous-estimer la zone d'occupation, car la liste actuelle des sites confirmés ne comprend vraisemblablement pas la totalité des sites d'huîtres plates du Pacifique (les huîtres vivant dans la zone subtidale ou dans les habitats cryptiques sont facilement négligées).

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Nombre de populations

La répartition des huîtres plates du Pacifique au Canada est restreinte à des plages précises abritant les habitats appropriés dans les zones intertidales et subtidales. Sur le plan géographique, ces sites sont regroupés de manière relativement étroite dans le détroit de Georgie et sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, mais ils sont isolés dans le nord de la Colombie-Britannique. Il semble qu'il y ait un échange génétique entre les sites adjacents dû aux larves planctoniques, mais l'échange peut-être moins important entre les sites des côtes intérieures et extérieures. La phase larvaire a été décrite comme étant relativement courte avec une capacité de dispersion limitée (Coe, 1932b; Baker, 1995; consulter la section Déplacements et dispersion), d’où une possibilité de populations multiples, mais il n'existe aucune donnée sur l'échange génétique entre les sites; par ailleurs, le nombre de populations constituant la population totale au Canada est inconnu.

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Nombre de localités

Les localités sont définies comme des zones distinctes sur le plan géographique ou écologique, dans lesquelles un seul événement menaçant peut rapidement toucher tous les individus de l'espèce sauvage. Les sites situés sur la côte centrale peuvent tous être regroupés si l'on considère que le gel enduré pendant la période d'exposition à marée basse demeure la menace la plus vraisemblable (consulter la section MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS). L'altération de l'habitat, la pollution provenant des sources industrielles et urbaines, l'aquaculture des mollusques marins ainsi que les prédateurs/concurrents non indigènes (dépendant en partie de la capacité de dispersion de l'espèce) constituent des menaces localisées donnant à penser à des localités multiples. Cette mosaïque de menaces localisées est particulièrement visible dans le détroit de Georgie. Au total, le nombre de localités pour cette espèce est supérieur à 10. Le tableau 2 décrit en détail les diverses menaces ainsi que les différents niveaux de risque des menaces à chaque site et dans chaque région.

Tableau 2. Niveaux de risque (Faible [nul], Moyen [+] ou Élevé [++]) par menace et par site pour l'huître plate du Pacifique, Ostrea lurida, en Colombie-Britannique, au Canada.
RégionSiteMenace
Condi-
tions
environ-
nemen-
tales
extrê-
mes
Espèces non indi-
gènes
Urba-
nisa-
tion
Aqua-culture de mollus-
ques marins
MaladiePollu-
tion générée par les usines
de
pâtes
Perturba-
tions propres à un site
Récoltes
Côte centralePassage Gale+++      
 Ormidale Harbour+++      
 Baie Watt+++      
 Bras Fish Egg+++      
 Bras Boswell+++    ++ 
Détroit de la Reine-CharlotteBlunden Harbour+++      
Côte ouest de l'île de VancouverBras Klaskino+++      
 Bassin Klaskish+++      
 Îles Bunsby+++      
 Îlots Cuttle+++ +    
 Lagune Johnson+++      
 Bras Ououkinsh+++      
 Bras Amai+++ +    
 Bras Cachalot+++ +    
 Bras Easy+++ +    
 Rivière Kashutl+++ +    
 Ruisseau Canton+++ +    
 Bras Espinosa+++ +    
 Bras Hisnit+++ +    
 Bassin Inner Mary+++ +    
 Bras Little Espinosa+++ +    
 Bras Malksope+++ +    
 Baie Nesook+++ +    
 Port Eliza+++ +  + 
 Anse Queen+++ +    
 Bras Tlupana+++ +    
 Baie Bacchante+++ +    
 Anse Bottleneck+++ +    
 Île Darr+++ +    
 Baie Heelboom+++ +    
 Bras Lemmens+++ +    
 Mosquito Harbour+++ +    
 Anse Pretty Girl+++ +    
 Bras Stewardson+++ +    
 Passage Sulphur+++ +    
 Bras Sydney+++ +    
 Anse Whitepine+++ +    
Côte ouest de l'île de Vancouver (suite)Baie Young+++ +    
 Île Ahmah+++ ++    
 Île Alma Russell+++ ++    
 Pointe Amphitrite++++++    
 Île Brabant+++ ++    
 Îles Congreve+++ ++    
 Bras Effingham+++ ++    
 Bassin Fatty+++ ++    
 Pointe Harris+++ ++    
 Île Hillier+++ ++    
 Lagune Jacques/Jarvis+++ ++    
 Baie Joes+++ ++    
 Passage Julia+++ ++    
 Ruisseau Lucky+++ ++    
 Baie Mayne+++ ++    
 Île Nettle+++ ++    
 Îles Pinkerton+++ ++    
 Bras Pipestem+++ ++    
 Ruisseau Ritherdon+++ ++    
 Baie San Mateo+++ ++    
 Île Santa Maria+++ ++    
 Île Snowden+++ ++    
 Île South Stopper+++ ++    
 Baie Toquart+++ ++  ++ 
 Bras Useless+++ ++    
 Baie Vernon+++ ++    
Détroit de GeorgieBaie Pendrell++ +++   
 Anse Talbot++ +++   
 Bras Von Donop++ +++   
 Baie Baynes+++++++   
 Pointe Coffin++++++   
 Comox Harbour+++++++   
 Anse Evening+++++++   
 Baie Fanny+++++++   
 Goldstream++++ +   
 Baie Kulleet++++++   
 Île Kuper++++++   
 Ladysmith Harbour+++++++ ++ 
 Nanaimo++++ ++++ 
 Nanoose Harbour++++++   
 Pointe Page++++++   
Détroit de Georgie(suite)Ladysmith++++++   
 Pointe Ship++++++   
 Îles Shoal++++++++++ 
 Plage Transfer++++++   
 Baie Union++++++   
 Baie Vesuvius+++++++  
 Plage Wall++++ +   
 Baie Baker+++++   
 Pointe Dacres+++++   
 Baie Fairview+++++   
 Baie Frolander+++++   
 Baie Green+++++   
 Îles Harmony+++++   
 Pointe Jeddah+++++   
 Bras Jervis+++++   
 Bras Malaspina+++++   
 Pointe McNaugton+++++   
 Baie Quarry+++++   
 Baie Saint Vincent+++++   
 Baie Saltery+++++   
 Baie Sargeant+++++   
 Pointe Samuarez+++++   
 Îles Scardon+++++   
 Anse Smuggler+++++   
 Île S. Thormanby+++++   
 Pointe Thunder+++++   
 Îles Whitestone+++++   
 Baie Wood+++++   
 Baie Boundary+++++ +   
 Plage Crescent+++++ +   
 White Rock+++++ +   
          
Détroit de Juan de FucaÎle East Chatham++++ ?   
 Esquimalt Harbour++++ ?   
 Voie Gorge++++ ?   
 Anse Anderson++++++?   
 Ruisseau Ayum+++++?   
 Anse Cooper+++++?   
 Anse Hutchinson+++++?   
 Anse Roche+++++?   

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Activités de recherche

Gillespie (2009) a documenté des renseignements publiés, non publiés et non scientifiques sur la répartition des huîtres plates du Pacifique en Colombie-Britannique. Le personnel de Pêches et Océans Canada a réalisé une vérification sur le terrain de 76 sites historiques en Colombie-Britannique (Gillespie, données non publiées), et Norgard et al. (2010) ont documenté les enquêtes quantitatives réalisées à des sites sélectionnés. Les huîtres plates du Pacifique ont été enregistrées à des profondeurs subtidales; les études intertidales peuvent donc sous-estimer aussi bien la répartition que l'abondance de cette espèce en Colombie-Britannique.

Détroits de Georgie et de Juan de Fuca

Les larves d'huîtres plates du Pacifique ont été notées en faible quantité dans la baie Pendrell au cours des études menées sur l'huître creuse du Pacifique en 1959 et 1963 (Quayle, 1974) et de 1971 à 1977 (Heritage et al., 1976, 1977; Bourne, 1978; Bourne et Heritage, 1979; Heritage et Bourne, 1979), ainsi que dans la baie Hotham et Ladysmith Harbour en 1976 et 1977 (Heritage et al., 1977; Heritage et Bourne, 1979). Aucune huître plate du Pacifique n'a été déclarée après une étude de 147 plages réalisée par Blyth et al. (1997) dans l'anse Jervis, la baie Hotham et le bras Sechelt; d'autre part, Kingzett et al. (1995c) n'ont pas relevé d'huître plate du Pacifique pendant leur examen de 93 sites situés dans Okeover Inlet. Les huîtres plates du Pacifique peuvent être trouvées dans le bassin Sooke (Helgesen, comm. pers. In Gillespie, 1999; McNaughton, comm. pers. In Gillespie, 2009). D'après les rapports, des agrégations relativement importantes ont été observées dans les anses Anderson, Roche et Hutchison, ainsi que dans le ruisseau Ayum.

Des relevés exploratoires ont confirmé la présence d'huîtres plates du Pacifique dans 43 des 51 plages du détroit de Georgie qui ont été étudiées en 2009 (Stanton et al., en préparation). Des densités relativement élevées ont été enregistrées sur les plages à Ladysmith Harbour et dans les bassins artificiels de Nanaimo Harbour. Les huîtres plates du Pacifique ont été présentes de manière constante sur les plages de Sunshine Coast, malgré des densités faibles et la nature cryptique des huîtres (vivant sous des roches) dans le bras Malaspina; on a pu observer des densités plus élevées sur les plages de la baie Hothman et dans l'anse Jervis et l'on pouvait trouver les huîtres plus facilement. La présence de l'huître plate du Pacifique a été confirmée sur 10 des 18 plages étudiées dans le détroit de Juan de Fuca, principalement autour de Victoria et de Sooke. Les huîtres plates du Pacifique n'ont pas été confirmées dans les sites de Esquimalt Harbour; en revanche, de fortes densités ont été enregistrées dans de grandes étendues de la voie Gorge et Portage Inlet. Des densités relativement faibles ont été relevées dans quatre sites du bassin de Sooke, bien qu'aucune huître plate du Pacifique n'ait été trouvée sur les trois plages dont l'exposition au détroit de Juan de Fuca est plus importante (flèche Whiffin, port de Sooke et baie de Sooke).

Côte ouest de l'Île de Vancouver

Les huîtres plates du Pacifique sont fréquemment présentes sur la côte ouest de l'Île de Vancouver. Dans la baie Barkley, des sites importants peuvent être observés dans le bras Useless, le bras Effingham, le bras Pipestem, la baie Toquart, les îles Congreve, la baie Mayne et la baie Vernon (Gillespie, 1999, 2009; Gillespie et Bourne, 2005a). Les huîtres plates du Pacifique sont également présentes dans au moins trois sites des îles Broken Group; des rapports ont établi leur présence à Walsh Island au milieu des années 1970 (Lee et Bourne, 1977), à Nettle Island ainsi qu'à Jacques/Jarvis Lagoon (Gillespie, 2009); par ailleurs, elles ont fait l'objet d'une surveillance dans la baie Joes de l'Île de la Tortue (Parcs Canada, 2008). Cross et Kingzett (1993) ont examiné 118 sites dans la baie Clayoquot et n'ont pas relevé d'huîtres plates du Pacifique, bien qu'il puisse s'agir d'un artéfact des objectifs originaux de l'étude (détermination de la capacité de culture des palourdes et des huîtres plates du Pacifique); à l'époque, les gens de Manhousat récoltaient ces huîtres sur l'île Darr et dans la partie supérieure du bras Sydney (Ellis et Swan, 1981). Plus récemment, les huîtres plates du Pacifique ont été observées à de faibles densités dans l'anse Whitepine et Mosquito Harbour (Gillespie et al., 2004; Gillespie et Bourne, 2005a). Dans la baie Nootka et l'inlet Esperanza, plusieurs plages dans le port Eliza ont permis la survie d’un grand nombre d'huîtres plates du Pacifique, ainsi que des plages du ruisseau Canton et de la baie Nesook (Kingzett et al., 1995a). Les huîtres plates du Pacifique sont présentes dans la baie Kyuquot, dans les bras Amai et Cachalot (Kingzett et al., 1995b). Les huîtres plates du Pacifique sont également observées à des densités faibles (ou indéterminées) près de la péninsule Acous et les îles Bunsby dans la baie Checleset (Ellis et Emerson, 1979; Gillespie et Bourne, 2005a). Les huîtres plates du Pacifique étaient fréquemment et abondamment présentes dans le bras Klaskino (Gillespie et al., 2004; Gillespie et Bourne, 2005a) et ont favorisé l'établissement d'une aire marine protégée provinciale dans le bras Klaskish (Ellis et Emerson, 1979; Biffard, comm. pers., 2009). Aucune huître n'a été relevée dans les 90 sites étudiés dans la baie Quatsino (Cross et al., 1995) et aucun dossier n'a pu être obtenu au cours des relevés ultérieurs (voir par exemple Gillespie et Bourne, 2005a); de même, aucune consultation n'a été possible avec des groupes locaux. Étant donné les débarquements déclarés par Elsey (1933) concernant les huîtres plates du Pacifique de cette région, des activités supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer si ces huîtres existent toujours à Quatsino.

Des enquêtes réalisées en 2009 sur la côte ouest de l'Île de Vancouver ont appuyé la présence d'huîtres plates du Pacifique sur 23 des 31 plages étudiées (Stanton et al., en préparation). Les huîtres plates du Pacifique étaient couramment observées sur les plages situées sur les côtés nord et est de la baie Barkley (îles Congreve et Hillier et Santa Maria; pointe Harris, ruisseaux Lucky et Ritherdon, baie San Mateo et baie Toquart). Des quantités d'huîtres étaient présentes et répandues dans la partie supérieure du bras Sydney et du bras Stewardson; on pouvait par ailleurs les observer dans la baie Bacchante, ainsi que sur l'une des plages dans le passage Sulphur, mais pas dans Beddingfield Bay ou à l'embouchure de la rivière Megin. Elles étaient présentes en quantités abondantes sur trois plages étudiées dans le port Eliza et l'inlet Esperanza.

Côte du centre et du nord

Thompson (1914) n'a pas mentionné les sites abritant l'huître plate du Pacifique dans les régions côtières du centre ou du nord de la Colombie-Britannique. Bourne et al. (1994) et Gillespie et Bourne (2005b) ont rapporté la présence d'huîtres plates du Pacifique dans une lagune à la tête de la baie Watt dans le bras Kildidt. Bourne et Heritage (1997) ont déclaré que les huîtres plates du Pacifique étaient fréquemment présentes à marée basse sur deux plages situées dans le bras Fish Egg (dont l'une est appelée Oyster Bay); ces sites ont été observés de nouveau en 2000 (Gillespie et al., 2004). La présence d'huîtres n'a pas été indiquée sur le relevé relatif à 127 plages du centre établi par Peacock et al. (1998), ni sur les relevés exploratoires déclarés par Bourne et Cawdell (1992), Bourne et al. (1994), Heritage et al. (1998) et Gillespie et Bourne (2000). Aucun individu n'a été observé pendant l'examen de 190 plages de Haida Gwaii par Blyth et al. (1998) ou pendant des études menées dans le bras Masset et Naden Harbour par Gillespie et Bourne (1998). Toutes ces études portaient sur d'autres espèces et les déclarations relatives à l'huître plate du Pacifique n'auraient été qu'accidentelles. Les huîtres plates du Pacifique n'ont pas été prises en compte dans l'inventaire de grande envergure sur les invertébrés marins de Gwaii Haanas, à Haida Gwaii (Sloan et al., 2001).

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

On trouve principalement les huîtres plates du Pacifique dans les zones intertidales inférieures et dans les zones subtidales supérieures des estuaires et des lagunes salées (Quayle, 1969, 1988), où elles reposent sur les bas-fonds intertidaux constitués de boue et de gravier, dans des dépressions arrosées par des vagues, près de sources d'eau douce, dans des chenaux de marée, dans des baies ou dans des bras de mer, ou encore, fixées à des pilotis ou sous des flotteurs (Couch et Hassler, 1989; Harbo, 1997). Sur la côte extérieure, cette espèce d'huître ne se trouve que dans des sites protégés. On a observé des individus dans la zone intertidale jusqu'à une profondeur de 50 m (Bernard, 1983). L'huître plate du Pacifique a besoin d'un substrat dur (p. ex. une roche, une coquille ou un substrat anthropologique tel qu'une jetée) pour se fixer solidement, mais elle peut se contenter de très petits points d'ancrage (Baker, 1995). La répartition des huîtres varie selon le site; elles peuvent faire partie de gisements distincts reposant sur des plages de gravier (p. ex. port Eliza), être dispersées à une faible densité, seules (p. ex. anse Whitepine) ou en petits groupes (p. ex. rivière Toquart), fixées à de grosses roches ou à des substrats artificiels (p. ex. Swy-a-lana Lagoon, Nanaimo), ou cachées en se fixant à la partie submergée des grosses roches (p. ex. Jeddah Point).

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Tendances en matière d'habitat

À l'époque, certains sites du détroit de Georgie ont appuyé la survie d’un grand nombre d'huîtres plates du Pacifique (p. ex. baie Boundary, Ladysmith Harbour et Comox Harbour), mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il est possible que la qualité de l'habitat de ces régions se soit dégradée à cause de l'urbanisation, de la sédimentation, des effets de l'exploitation du bois (entreposage et décomposition de l'écorce), des déchets agricoles, de la pollution nationale et industrielle, de la mariculture et de l'utilisation récréative et commerciale accrue (circulation maritime, amarrage des bateaux, etc.)  L'habitat convenant à l'huître plate du Pacifique à l'échelle de la Colombie-Britannique a été touché par les nombreuses activités humaines; cependant, les répercussions n'ont pas été étudiées ni quantifiées.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Il existe quatre étapes importantes dans le cycle de reproduction de l'Ostrea lurida : développement gonadique, épisode de reproduction, propagation et formation du naissain. Le développement gonadique commence ou se poursuit avec l'augmentation des températures de l'eau au printemps et en été. L'épisode de reproduction du mâle comprend le rejet de balles de sperme dans la cavité du manteau et leur expulsion ultérieure causée par les contractions des muscles adducteurs qui ouvrent et ferment rapidement les valves provoquant alors un effet de pompage. Au contact de l'eau de mer, les balles de sperme se désintègrent, libérant alors les spermatozoïdes. La période de reproduction de la femelle se produit lorsque les œufs sont expulsés dans la cavité du manteau et fécondés par le sperme amené dans la cavité du manteau par le courant respiratoire. Après deux semaines environ de développement dans la cavité du manteau parental, les larves véligères pélagiques sont libérées dans la colonne d'eau, une étape appelée propagation. Lorsque les larves ont grandi et qu'elles se sont suffisamment développées, elles se fixent sur un substrat dur. C'est ce que l'on appelle la formation d'un naissain, terme employé pour désigner les huîtres qui se sont récemment fixées.

L'huître plate du Pacifique est un hermaphrodite protérandrique larvipare. Elle devient mature à l'état de mâle, puis elle alterne les phases mâle et femelle tout au long de sa vie (Coe, 1932b). Pendant la phase mâle, des centaines de milliers de balles de sperme sont libérées, chacune contenant environ 2 000 spermatozoïdes (Coe, 1931). L'autofécondation n'a pas lieu, en partie parce que le sperme est dégagé en paquets qui doivent être exposés à l'eau de mer pour se décomposer en spermatozoïdes actifs (Strathman, 1987), et parce que les individus changent de sexe et ne peuvent être matures à l'état de mâle et de femelle en même temps.

Stafford (1914) et Coe (1932b) ont indiqué que les larves étaient retenues dans la cavité du manteau parental jusqu'à ce que la coquille larvaire se soit développée. Coe (1932b) a précisé que la phase larvaire pélagique était relativement courte, limitant alors le potentiel de dispersion. La durée de développement dépend de la température; Loosanof et Davis (1963) ont signalé une formation de naissain après sept jours à 24 °C, après 10 à 11 jours à 21,5 °C et après 16 jours à 18 °C. Hopkins (1937) a estimé qu'environ 30 à 40 jours étaient nécessaires de la propagation jusqu'à la formation du naissain pour les huîtres plates du Pacifique dans le secteur de Puget Sound. Selon les estimations, la phase de croissance du naissain et la phase larvaire pélagique avaient chacune une durée de 14 à 17 jours en Colombie-Britannique (Elsey, 1933). Au début, l'embryon et les larves sont blancs, puis ils deviennent gris foncé à mesure que la coquille larvaire se développe; lorsque la période de gestation se termine, ils apparaissent comme une masse bleutée ou tirant sur le noir dans la cavité du manteau (Hopkins, 1936). Les huîtres gravides étaient qualifiées de « blanches » ou de « noires », faisant référence à l'état vide des huîtres et à la phase de développement larvaire.

Le taux de fécondité total avant la fécondation n'a pas été documenté (Baker, 1995), mais Hopkins (1937) a indiqué que la taille du naissain des huîtres commercialisables variait de 250 000 à 300 000 larves. La taille des œufs est d'environ 100 à 110 µm et la longueur de la coquille larvaire se situe entre 165 et 189 µm au moment de la propagation; sa taille est ensuite de 300 µm lorsqu'elle se fixe (Loosanof et Davis, 1963; Strathman, 1987; Baker, 1995).

Les naissains peuvent être détectés à la mi-mai dans le secteur de Puget Sound et de la mi-mai à juillet en Colombie-Britannique (Stafford, 1914; Hopkins, 1936; Heritage et Bourne, 1979). Environ la moitié du stock de géniteurs adultes de Puget Sound produit un deuxième naissain à la même saison (Hopkins, 1936).

Coe (1932a) a indiqué que les naissains apparaissent pour la première fois au mois d'avril en Californie du Sud; ensuite, une série se présente généralement tardivement, en octobre ou novembre, pour une saison de reproduction d'au moins sept mois. À Puget Sound, la formation de naissains se fait en été et en automne, en général à partir de la mi-juin jusqu'à la fin juillet (Hopkins, 1937). En Colombie-Britannique, la saison de reproduction dure environ trois mois (Stafford, 1915) et la formation des naissains a lieu fréquemment au cours des mois de juillet, d'août et de septembre (Elsey, 1933). Hopkins (1935) a démontré que les larves se fixent de préférence en dessous des objets.

La croissance des larves planctoniques et planctotrophiques est relativement rapide (Loosanof et Davis, 1963; Strathman, 1987). Les larves sont libérées dans la colonne d'eau lorsque les diamètres de la coquille sont d'environ 165 à 189 µm puis elles se fixent au bout de deux à trois semaines après avoir atteint une taille d'environ 300 µm. Après s'être fixées, les huîtres plates du Pacifique grandissent plutôt lentement; elles ont besoin de quatre à cinq ans pour atteindre une taille commercialisable établie à environ 50 mm de diamètre (Sherwood, 1931). Dans l'État de Washington, trois à quatre ans sont nécessaires pour que la coquille atteigne un diamètre de 35 à 45 mm (Couch et Hassler, 1989) et après cette période, l'huître grandit très peu (Baker, 1995).

La température ambiante de l'eau doit être d’au moins 12,5 °C pour que les huîtres plates du Pacifique se reproduisent (Hopkins, 1937); toutefois, la reproduction se produit plus fréquemment à des températures situées entre 14 et 17 °C (Strathman, 1987). La température constitue un élément crucial dans la coordination des phases de reproduction; les périodes de basse température peuvent interrompre le changement de sexe, qui reprend lorsque les températures augmentent (Baker, 1995). Bien que les huîtres puissent atteindre l'âge adulte pendant leur première année et que plus d'une génération puisse être produite au cours d'une saison favorable en Californie du Sud (Coe, 1932b), les températures plus fraîches plus au nord, auxquelles sont soumises les huîtres, peuvent donner lieu à un ou deux épisodes de reproduction seulement au milieu de l'été (Couch et Hassler, 1989); d'autre part, les huîtres atteignent l'âge adulte plus tardivement et elles sont généralement moins productives.

L'âge au moment de la première reproduction dépend du moment de fixation au cours de l'été (Coe, 1932b). Lorsque la température de l'eau est aussi chaude qu'il convient, la première phase à l'état de mâle s'achève, les follicules ovariens se forment et le premier ovule est prêt à être libéré 22 à 30 semaines environ après la fixation. La phase femelle qui suit dure plusieurs semaines et comprend deux périodes d'ovulation et de libération des œufs. La phase mâle qui s'ensuit se produit 8 à 12 jours plus tard et coïncide avec le rejet des larves développées. Par conséquent, lorsque les températures sont convenables, trois phases sexuelles peuvent se produire pendant la première année de vie des individus nés au début du printemps (une phase mâle et une phase femelle à l'automne et une deuxième phase mâle au printemps). Les phases mâle et femelle alternent, vraisemblablement pour le reste de la durée de vie de l'individu. En raison des faibles températures et d'une fixation tardive en Colombie-Britannique, la première maturité sexuelle du mâle n'est généralement pas atteinte avant la deuxième saison de reproduction, c'est-à-dire à pratiquement un an (Elsey, 1933).

Comme pour la plupart des mollusques bivalves, le taux de mortalité est généralement le plus élevé chez les larves planctoniques et au début des phases postlarvaires lorsque les larves se sont fixées. Habituellement, ces taux diminuent en raison du fait que les huîtres qui ont survécu grandissent dans des refuges reliés à la taille, à l'abri de presque toute forme de prédation. La mortalité chez les adultes est principalement causée par la maladie, l'exposition aux conditions environnementales qui dépassent la tolérance physiologique de l’espèce, ou la pollution (Quayle, 1969, 1988).

L'âge maximum de l'huître plate du Pacifique est inconnu. McKernan et al. (1949) ont enregistré un taux de mortalité annuel d'environ 34 % chez les groupes témoins adultes formés pour des essais biologiques à long terme. Baker (1995) a examiné les huîtres plates du Pacifique à l'état fossile provenant de la baie de Coos, en Oregon, qui présentaient au moins 10 anneaux importants sur la charnière; ces derniers sont susceptibles de représenter l'âge en années. Puisque aucun renseignement n'est disponible concernant l'âge maximal ou la répartition par âge des huîtres canadiennes, la durée d'une génération (définie comme l'âge moyen des parents dans la population) est inconnue, mais elle peut être de presque 10 ans.

L'huître plate du Pacifique est un organisme filtreur. Les larves, qui sont planctotrophiques, nagent activement et s'alimentent de substances organiques qu'elles trouvent dans la colonne d'eau. Les adultes, quant à eux, s'alimentent de matières organiques en suspension et d'organismes planctoniques. Les diatomées et les dinoflagellés sont leurs proies de prédilection, mais elles se nourrissent également d'autres types d'aliments, dont des détritus provenant de végétaux ou d'animaux marins en décomposition, de bactéries, de minuscules flagellés, d'autres protozoaires ainsi que de gamètes d'algues ou d'invertébrés marins (Barrett, 1963).

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Physiologie et adaptabilité

Les huîtres ne démontrent pas de comportement spécifique en dehors du choix d'un site de peuplement. À partir de là, la protection physique de leurs coquilles ainsi que leur tolérance physiologique (voir la section Conditions environnementales extrêmes) déterminent leur capacité de survie. Elles ne peuvent ni échapper aux prédateurs ni migrer vers des zones où les températures, la qualité de l'eau ou la réserve de nourriture sont plus adéquates.

La récolte précoce des huîtres plates du Pacifique et les activités récentes de rétablissement étaient basées sur la création ou l'amélioration d'un habitat favorisant l'établissement des jeunes huîtres dans des conditions appropriées pour accroître la survie. Les digues ou les bassins ont été utilisés dans les cultures et l'installation de substrats de peuplement appropriés à un niveau bas dans la zone intertidale demeure un élément essentiel pour le rétablissement. La présence d'huîtres plates du Pacifique dans la Swy-a-Lana Lagoon, une lagune artificielle située à Nanaimo, démontre la mise en place réussie (si elle n'est pas intentionnelle) d'un site convenable pour ces huîtres, et ce, grâce à l'apport d'eau stagnante à un niveau bas dans la zone intertidale.

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Déplacements et dispersion

Les huîtres plates du Pacifique sont l'exemple classique d'une métapopulation (Hanski et Gilpin, 1991). Les huîtres plates du Pacifique sont vagiles pendant une courte phase larvaire planctonique seulement. Les adultes sont sessiles, que les individus soient fixés au substrat ou qu'ils reposent dessus; de ce fait, Coe (1932b) a précisé que les possibilités de dispersion sont limitées par la courte phase larvaire. Baker (1995) a indiqué que les larves d'huîtres plates du Pacifique restent relativement près des sites où elles sont nées, signalant qu'on les trouve rarement dans le plancton près des côtes; il a par ailleurs avancé quelques considérations de dispersion à grande échelle.

Baker (1995) a découvert que la dispersion larvaire des huîtres plates du Pacifique est limitée et qu'il y a peu d'échange génétique entre les sites côtiers de Washington, de l'Oregon et de la Californie du Nord. Il a par exemple évoqué l'extinction préhistorique des huîtres plates du Pacifique dans la baie de Coos, en Oregon, dont la recolonisation s'est faite récemment. Le temps nécessaire pour rétablir des sites peut être fonction du manque de transport des larves en provenance d'autres sites, ainsi que de l'amélioration de l'habitat de l'huître plate du Pacifique par des activités de dragage (Baker, comm. pers. In Gillespie, 2009).

Quayle (1969) a signalé un transport de larves d'huîtres creuses du Pacifique sur une distance de 56 km depuis le stock de géniteurs à Ladysmith Harbour dans les années 1930. Étant donné qu'en Colombie-Britannique, la période larvaire des huîtres plates du Pacifique est semblable à celle des huîtres creuses du Pacifique (deux à trois semaines en fonction de la température), une dispersion d'au moins 56 km peut être attendue. Les études sur la dispersion des huîtres plates du Pacifique n'ont pas été menées en Colombie-Britannique. Le facteur limitant la bonne dispersion des larves est vraisemblablement lié à la disponibilité d'un habitat approprié, que l'on trouve moins fréquemment dans les fjords aux flancs abrupts et les bras de mer qui constituent une grande partie de la géographie côtière de la Colombie-Britannique.
 

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Relations interspécifiques

Prédation

Les huîtres plates du Pacifique sont la proie des crabes, des gastéropodes, des étoiles de mer et des oiseaux. Quayle (1969, 1988) a indiqué que trois espèces de crabes (le crabe dormeur, Cancer magister; le tourteau rouge du Pacifique, C. productus; le crabe maigre, C. gracilis) sont des prédateurs ayant une incidence minime sur les huîtres en Colombie-Britannique. Ces trois espèces peuvent s'attaquer aux huîtres plates du Pacifique adultes, tandis que le crabe vert commun (Hemigrapsus oregonensis) semble s'attaquer aux jeunes huîtres. Les tourteaux rouges du Pacifique sont tout particulièrement considérés comme des prédateurs d'huîtres en Oregon (Robinson, 1997) et en Californie (Barrett, 1963).

En outre, quatre espèces d'étoiles de mer entrent spécifiquement dans la catégorie des prédateurs d'huîtres (Quayle, 1969, 1988) : l'étoile ocrée (Pisaster ochraceus), l'étoile de mer Pisaster brevispinus, la fausse étoile ocrée (Evasterias troschelii), ainsi que le solaster géant (Pycnopodia helianthoides). Les étoiles de mer ne sont pas des prédateurs majeurs dans la zone intertidale supérieure en raison de leur tolérance limitée à la dessiccation; de plus, elles ne tolèrent pas la faible salinité des digues où l'on trouve des huîtres (Sherwood, 1931).

Les gastéropodes prédateurs peuvent provoquer une mortalité importante chez les huîtres. Elsey (1934) a déclaré que « l'huître native subissait désormais d'importants dégâts causés par l'urosalpinx importé de la côte Atlantique ». Le gastéropode était sans aucun doute le perceur d'huître atlantique, Urosalpinx cinerea, qui a été introduit dans la baie Boundary et Ladysmith Harbour avec les huîtres américaines (Carl et Guiguet, 1957; Quayle, 1964), mais il a depuis disparu de ces sites (Gillespie, 2007). Le bigorneau perceur japonais, Ocinebrellus inornatus (=Ceratostoma inornatum), un gastéropode également introduit, est un prédateur important de l'huître plate du Pacifique (Hopkins, 1937; Chapman et Banner, 1949). L'Ocinebrellus inornatus est présent en Colombie-Britannique, bien que son aire de répartition soit relativement limitée et que sa dispersion soit pratiquement négligeable en raison de l'absence de stade larvaire pélagique et de la rareté des habitats disponibles (Carl et Guiguet, 1957; Quayle, 1964, 1969, 1988). La propagation initiale de ces prédateurs introduits a également été rapidement limitée par des règlements interdisant les déplacements d'huîtres en provenance de zones touchées par la prédation vers d'autres zones. La nasse indigène, Nucella lamellosa, est connue pour s'attaquer aussi bien aux huîtres plates du Pacifique adultes qu'aux naissains, mais elle préfère les moules aux huîtres (Hopkins, 1937). La natice, Euspira lewisii, s'attaque à l'occasion à l'huître plate du Pacifique adulte, mais il lui est impossible de pénétrer dans les gisements d'huîtres denses en raison de son gros corps mou et de son mode de locomotion dit semi-fouisseur (Baker, 1995).

Les macreuses brunes (Melanitta fusca), les macreuses noires (M. nigra) et le fuligule milouinan (Aythya marila) ont été déterminés comme étant des prédateurs de l'huître plate du Pacifique (Baker, 1995). Les crevettes anomoures (Upogebia pugettensis et Neotrypaea californiana) peuvent provoquer une mortalité directe en étouffant les huîtres pendant leurs activités fouisseuses; elles peuvent par ailleurs causer l'assèchement des digues où se trouvent les huîtres, entraînant alors une augmentation de la mortalité due aux températures extrêmes (Baker, 1995).

Parasitisme

Meyer et al., (2010) ont déclaré cinq organismes parasites ou symbiotiques provenant des huîtres plates du Pacifique récoltées dans cinq sites de la Colombie-Britannique. Ces organismes comprenaient les prokaryotes de type Rickettsie, un Mytilicola sp., les ciliés de type Rhyncodida, les copépodes encapsulés ainsi qu'un protiste inconnu. La prédominance et l'intensité relatives à la plupart de ces parasites étaient faibles.

Le ver plat de l'huître, Pseudostylochus ostreophagus, qui a été introduit, s'est établi dans le secteur de Puget Sound et son abondance le classerait au rang de ravageur certaines années (Quayle, 1988). Il serait responsable de la mortalité élevée dans les naissains d'huîtres plates du Pacifique de Puget Sound (Woelke, 1956). Cet organisme est également bien établi dans le sud de la Colombie-Britannique et a causé d'importantes pertes chez les huîtres creuses du Pacifique juvéniles et chez le pétoncle japonais, Mizuhopecten yessoensis (Bower et Meyer, 1994).
 
Les huîtres plates du Pacifique sont également vulnérables aux infections causées par le copépode parasite, à savoir Mytilicola orientalis, qui vit dans le tractus intestinal inférieur des bivalves (Bernard, 1968, 1969; Bradley et Siebert, 1978). Même si certains des premiers rapports indiquaient que l'infestation avait réduit leur condition, peu de preuves ont été trouvées dans les études de Bernard. L'infection ne semble causer aucun effet pathologique (Bower et al., 1994). Dans toutes les études menées, les taux d'infestation étaient plus élevés chez les moules associées (les Mytilus) que chez les huîtres plates du Pacifique.

Les huîtres plates du Pacifique abritent les crabes pinnothères (Pinnixia littoralis) et aucune pathologie directe n'a été déclarée (Bower et al., 1994).

Maladie

Une mortalité à grande échelle de l'huître plate du Pacifique en raison d'une infection systémique causée par l'espèce flagellée Hexamita a été observée dans le secteur de Puget Sound (Stein et al., 1959). De faibles niveaux de ces flagellés se trouvent généralement dans le tractus intestinal des huîtres sans effets pathologiques (Bower et al., 1994). Cependant, des éclosions pathogènes de cette maladie ont donné lieu à un taux de mortalité allant jusqu'à 75 % dans une période de deux mois. Des maladies néoplasiques et des infections haplosporidiennes ont été observées chez l'huître plate du Pacifique provenant des baies Alsea et Yaquina (Mix, 1975; Mix et Sprague, 1974). Friedman et al. (2005) ont également décelé chez l'huître plate du Pacifique provenant de la baie San Francisco une infection causée par un protiste semblable au Mikrocytos, une infection haplosporidienne et une néoplasie haemique.

Meyer et al. (2010) ont procédé à des relevés sur l'huître plate du Pacifique provenant de cinq sites de la Colombie-Britannique à la recherche de signes de pathologie en se servant de bioessais histologiques et de la réaction en chaîne de la polymérase (PCR). Ils ont décelé six pathologies d'étiologie inconnue, y compris la néoplasie hémocytaire, les inclusions basophiles dans l'épithélium des glandes digestives, la métaplasie des tubules des glandes digestives, la diapédèse et l'infiltration focale et diffuse d'hémocytes. Il est estimé qu'aucune de ces pathologies n'a un effet sur l'huître plate du Pacifique aux niveaux individuel ou du site. Les bioessais de la réaction en chaîne de la polymérase ont été effectués pour découvrir des pathogènes bivalves connus, y compris le Mikocytos mackini, les espèces Haplosporidium et les espèces Bonamia; rien n'a été décelé.

L’huître plate du Pacifique est également vulnérable à la maladie de l’île Denman causée par le parasite intracellulaire Mikrocytos mackini. La maladie n’a été recensée que dans le détroit de Georgie et dans d’autres endroits précis sur l’île de Vancouver (Bower et al., 1994). La maladie provoque la mort des grandes huîtres dans les zones intertidales inférieures au printemps, après une période de trois à quatre mois au cours durant laquelle les températures ont été inférieures à 10 °C. La maladie touche principalement l’huître creuse du Pacifique, mais l'huître plate du Pacifique peut être davantage vulnérable à la fois à l’infection et à la maladie qui en découlent (Bower et al., 1997; Carnegie et al., 2003). Bower et al. (1997) avancent que la maladie aurait été amenée avec les huîtres creuses du Pacifique importées du Japon ensemencées dans les années 1930, qu’elle pourrait avoir entraîné d’importantes réductions du nombre d’huîtres plates du Pacifique en Colombie-Britannique, alors qu’elle n’avait pas encore été signalée dans son pays d’origine. Friedman et al. (2005) considèrent la maladie de l’île Denman comme une menace possible au rétablissement des populations d'huîtres plates du Pacifique.

Concurrence

Barret (1963) a conclu que dans les régimes de température qui permettent la reproduction de l'huître Crassostrea, l'huître plate du Pacifique connaîtrait un désavantage concurrentiel à la fois en raison de la fécondité totale (qui est plus élevée chez les huîtres des régions du Pacifique et de l'Atlantique) et de sa période larvaire qui est plus longue, étant ainsi exposée pour de plus longues périodes aux dangers de l'existence pélagique que ses compétiteurs introduits. Toutefois, la température permettant le succès de la reproduction est plus basse pour l'huître plate du Pacifique (de 12,5 à 14 °C) que pour l'huître creuse du Pacifique (de 20 à 23 °C), et la durée des périodes larvaires en Colombie-Britannique est semblable, soit de 18 à 30 jours selon la température (Quayle, 1988). Par conséquent, l'huître plate du Pacifique (en particulier dans les eaux protégées) peut se reproduire avec succès au cours de la plupart des années, tandis que l'huître creuse du Pacifique ne peut se reproduire que dans les zones d'eau plus chaude (p. ex. baie Pendrell) et seulement au cours des années où les températures sont exceptionnellement élevées. Étant donné que la moitié du développement larvaire a lieu sous la protection de la cavité du manteau parental, il semble peu probable que l'huître creuse du Pacifique jouisse d'un avantage concurrentiel par rapport à l'huître plate du Pacifique dans ce contexte.

L'ouverture des ouïes (passage par lequel l'eau passe pour se rendre à la cavité branchiale) doit aussi être suffisamment large pour permettre aux œufs de passer à partir des gonades. Les œufs de l'huître plate du Pacifique étant plus gros requièrent une plus grande ouverture (Elsey, 1935), ce qui diminue l'efficacité de l'huître à s'alimenter de petites particules. Par conséquent, il se peut que les huîtres du genre Crassostrea, dont la taille des œufs et de l'ouverture est plus petite, bénéficient d'un avantage concurrentiel par rapport à l'huître plate du Pacifique étant donné qu'elles peuvent s'alimenter des plus petites particules, soit les nanoplanctons (Elsey, 1935; Barrett, 1963; Couch et Hassler, 1989).

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d'échantillonnage

Jusqu'à tout récemment, on possédait peu de données quantitatives sur les huîtres plates du Pacifique en Colombie-Britannique. Gillespie (2009) a résumé les estimations de la densité et les données biologiques issues de relevés effectués sur la côte ouest de l'île de Vancouver entre 2000 et 2004 (Gillespie et al., 2004; Gillespie et Bourne, 2005a; données inédites; tableau 3). Relativement peu de sites ont fait l'objet de relevés, et les méthodes utilisées n'étaient pas normalisées. Des enquêtes récentes ont permis de vérifier les rapports historiques sur les huîtres plates du Pacifique par l'intermédiaire de relevés qualitatifs (présence/absence) et de relevés d'abondance ciblés (Norgard et al., 2010; Stanton et al., en préparation). Les vérifications sur la présence/absence s'appuyaient sur des méthodes de recherche visuelles, tandis que les relevés d'abondance étaient effectués selon différents plans et diverses intensités d'échantillonnage (pour de la documentation, voir Norgard et al., 2010).

Tableau 3. Estimations quantitatives de l'abondance de l'huître plate du Pacifique en Colombie-Britannique, au Canada. Le tableau 3A) présente les estimations de la densité (huîtres m-2 et coquilles d'huîtres mortes m-2) tirées de relevés exploratoires (Gillespie et Bourne 2005a, données non publiées). Le tableau 3B) présente les estimations de la densité (huîtres m-2) et les estimations de l'abondance totale (huîtres) provenant des zones ayant fait l'objet de relevés en 2009 (Norgard et al., 2010).
A)
SiteDateNHuîtres vivantesCoquilles
d'huîtres
mortes
Moyenne (IC ± 95 %)FourchetteMoyenne (IC ± 95 %)Fourchette
Bras Amai2002/07/1027353 (± 94)0-891155 (± 45)0-530
Bras Klaskino2002/07/0776109 (± 35)0-86614 (± 5)0-144
Bras Klaskino2007/06/2859240 (± 53)0-77048 (± 25)0-722
Port Eliza2002/07/1154360 (± 76)0-1 203281 (± 78)0-1 348
B)
SiteZone (m2)DensitéAbondance
Moy-
enne
Infé-
rieure
IC de 95 %
Supé-
rieure IC de 95 %
TotalInfé-
rieure IC de 95 %
Supé-
rieure IC de 95 %
Pointe Harris96085,343,8126,881 92042 070121 770
Ladysmith Harbour6 75026,119,133,1176 138128 857223 419
Voie Gorge250153,9119,4188,338 46729 85547 078
Baie Baker550385,3228,9541,8211 933125 888297 978
Lagune Swy-a-lana8806,995,18,96 1484 4447 852
Port Eliza 22 525199,5151,8247,1503 653383 300624 006
Port Eliza 39 920213,5136,0291,02 117 6391 348 6312 886 631

Toutes les estimations représentent des relevés de référence, visant principalement à tester des protocoles de relevé potentiels. Pour certains sites, on possède plusieurs relevés, mais ceux-ci n'ont été effectués qu'à un an d'écart et, souvent, sans suivre des méthodes normalisées, par conséquent, ils ne nous renseignent pas sur les tendances des populations.

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Abondance

Les estimations quantitatives des populations (tant historiques que récentes) d'huîtres plates du Pacifique sont rares, et il n'existe pas de série chronologique permettant d'étudier les tendances en matière d'abondance (tableau 3). Bien qu'il existe des renseignements anecdotiques décrivant des sites où se trouvaient des populations d’huîtres plates du Pacifique suffisamment importantes pour intéresser les pêcheurs commerciaux, peu d’attention a été accordée à l'abondance de ces huîtres, jusqu’à récemment, en Colombie-Britannique. En 2009, les estimations de l'abondance totale variaient grandement dans les relevés; allant de quelques individus dispersés dans certains sites, à un nombre estimé à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d'huîtres sur d'autres plages. Dans un cas, à Port Eliza, on a relevé plus de deux millions d'huîtres sur un même gisement.

La documentation contient de l'information qualitative sur les tendances historiques en matière d'abondance. L’élevage à grande échelle de l’huître plate du Pacifique s’est pratiqué à Crescent (partie de la ville de Surrey) dans baie Boundary du début des années 1900 jusqu’à la fin des années 1930 (Stafford, 1917; Sherwood, 1931). Des digues basses en béton ou bois créosoté ont été construites pour créer une eau stagnante protégeant les huîtres des extrêmes de température à marée basse (Sherwood mentionne également que la culture sur digue n'était pas pratiquée à Ladysmith, ce qui laisse entendre qu’aucun autre site de la Colombie-Britannique n'utilisait de digues). Les substrats ont été modifiés par l'ajout de gravier ou de coquilles pour faciliter l'accès des travailleurs et empêcher l'étouffement des huîtres dans les sédiments et la vase. Les gisements étaient « ensemencés » en plaçant la coquille et d'autres substances de collecteur de naissain (substances qui offraient des surfaces adéquates pour favoriser la fixation du naissain) dans les zones endiguées de façon à recruter à partir du milieu naturel. Les huîtres pouvaient croître dans les secteurs endigués pendant plusieurs années et étaient récoltées lorsqu'elles avaient une taille suffisante pour le marché; les récoltes étaient effectuées dans les différents secteurs par rotation, et non annuellement.

La plus grande densité d'huîtres plates du Pacifique dans la baie Boundary pourrait avoir été établie et maintenue principalement grâce aux efforts des parqueurs (Stafford, 1916), mais la combinaison des pertes importantes provoquées par les températures froides de l’hiver de 1940 et des changements dans la préférence des consommateurs en faveur de l’huître creuse du Pacifique ont mené à l’abandon des activités d’élevage à cet endroit. Quayle (1988) a indiqué qu'on n'y trouvait plus maintenant que quelques spécimens occasionnels. Une enquête récente a permis de trouver quelques spécimens éparpillés, mélangés à un nombre abondant d'huîtres creuses du Pacifique (Stanton et al., en préparation).

Des renseignements anecdotiques (obtenus dans la documentation et les communications personnelles) indiquent que l'abondance actuelle d'huîtres plates du Pacifique dans le détroit de Georgie est faible par rapport aux niveaux historiques (Gillespie, 1999, 2009). On estime généralement que le nombre d'individus a diminué entre la fin des années 1800 et 1930. Ce déclin s'est principalement manifesté par la disparition d'importantes populations d'huîtres dans certains sites, notamment les baies Boundary et Ladysmith Harbour.

Le nombre d'huîtres dans les baies Ladysmith Harbour, Nanoose et Comox Harbour est considérablement inférieur à celui des descriptions antérieures. Stafford (1913b) a indiqué que les huîtres plates du Pacifique n'étaient pas courantes dans les baies Departure ou Hammond, mais qu'il y en avait des milliers, libres à la surface, et plus ou moins couvertes d'anatifes dans les baies Nanoose et Oyster [Ladysmith] Harbour. Elsey (1933) a indiqué que les gisements d'huîtres de Ladysmith Harbour étaient considérablement réduits, et que ces gisements avaient déjà contenu vraisemblablement au moins dix fois le nombre d'huîtres actuel, lequel était estimé à un maximum de cinq ou six mille boisseaux. Il a aussi mentionné que sur d'autres gisements (baies Toquart, Blunden, Fish Egg, Esperanza et Quatsino, ainsi que l'île Bardswell Group), pratiquement seules de vieilles huîtres étaient récoltées. Il en a tiré la conclusion que les gisements s'étaient formés très lentement et qu'une pêche intensive les épuiserait rapidement.

On a relevé récemment de faibles densités d'huîtres plates du Pacifique dans Ladysmith Harbour, et des densités relativement élevées dans un site sous une usine commerciale d'huîtres (Polson et Zacherl, 2009; Stanton et al., en préparation; tableau 3). Norgard et al. (2010) ont estimé l'abondance à ce site à environ 176 000 huîtres. Une enquête dans la baie Nanoose n'a permis de trouver qu'une seule huître plate du Pacifique, malgré des recherches importantes et la consultation de parqueurs d'huîtres locaux (Stanton et al., en préparation). Les huîtres plates du Pacifique étaient présentes en faibles densités dans le détroit de Baynes, mais étaient extrêmement rares (deux individus observés) dans Comox Harbour (Stanton et al., en préparation). Lors d'un relevé effectué au Swy-a-lana Lagoon, à Nanaimo (Norgard et al., 2010), on a estimé l'abondance totale à environ 6 000 huîtres.

Les huîtres plates du Pacifique étaient très répandues et fréquentes sur le rivage continental du détroit de Georgie (Stanton et al., en préparation). Elles étaient présentes en densités relativement faibles et dans un habitat cryptique (principalement sous des rochers) dans le détroit de Malaspina, tandis qu'elles étaient présentes en plus fortes densités et plus faciles à observer dans les baies Hotham et Jervis. Norgard et al.(2010) ont estimé à plus de 200 000 le nombre d'individus dans la baie Baker (tableau 3).

Dans le détroit de Juan de Fuca, on retrouve des huîtres plates du Pacifique de la voie Gorge et du bras Portage à Victoria et au bassin Sooke (Stanton et al., en préparation). Norgard et al. (2010) ont estimé à environ 38 000 huîtres l'abondance dans un site de la voie Gorge. Ce relevé ne portait que sur une petite portion du site; les huîtres plates du Pacifique étaient présentes dans 28 des 31 transects examinés dans la voie Gorge et le bras Portage, mais on retrouve aussi des huîtres sur des récifs subtidaux étendus (Gillespie, données inédites).

Des huîtres plates du Pacifique ont été signalées dans de nombreux sites de la côte ouest de l'île de Vancouver (tableau 1); cette liste est certainement incomplète. Les plus fortes abondances ont aussi été relevées sur la côte ouest de l'île de Vancouver; il a été estimé qu'un petit gisement de la pointe Harris, dans la baie Barkley, contenait 81 000 huîtres, tandis qu'il y avait un nombre estimé de 50 000 et de plus de 2 000 000 huîtres dans deux sites de Port Eliza (Norgard et al. 2010; tableau 3).

En résumé, il y a eu des déclins importants dans les populations au cours d'une période de pêche entre la fin des années 1800 et 1930. Ces déclins étaient principalement attribuables à l'épuisement d'importantes concentrations dans des sites particuliers. On retrouve toujours des petites populations avec des faibles densités dans le détroit de Georgie; sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, les huîtres sont fréquentes et abondantes dans un plus grand nombre de sites à l'échelle locale.

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Fluctuations et tendances

On possède peu de données à l'heure actuelle sur les tendances des populations. Selon les données historiques sur les fluctuations des populations d'huîtres plates du Pacifique, ces fluctuations sont principalement attribuables à une mortalité catastrophique (environnementale ou anthropogénique) qui n’a généralement pas été suivie d'un lent rétablissement. En l'absence d'autres renseignements, la persistance des populations d’huîtres plates du Pacifique 70 ans ou plus après l'existence d'importantes pêches pourrait indiquer que les populations sont relativement stables aux faibles niveaux d'abondance actuels. On ignore si l'abondance reste limitée dans le détroit de Georgie en raison d'une perturbation de l'habitat, de la pollution, de maladies ou d'autres causes. Les agrégations d'huîtres plates du Pacifique sur la côte ouest de l'île de Vancouver pourraient refléter des menaces moindres sur l'habitat ou la santé des huîtres dans des zones relativement peu aménagées. Les agrégations au nord de l'île de Vancouver représentent vraisemblablement la limite nord de l'aire de répartition des espèces, et la réponse de ces regroupements aux changements anthropogéniques ou à grande échelle (océanographiques ou climatiques) ne peut être prédite pour le moment.

Le plan de gestion de l'huître plate du Pacifique (Pêches et Océans Canada, 2009) recommande l'identification et la protection des sites repères afin de surveiller les fluctuations et/ou les tendances en matière d'abondance de cette huître. Cela nécessite l'élaboration de protocoles de relevés normalisés qui peuvent être utilisés par des collaborateurs dans la conservation des huîtres plates du Pacifique (paliers de gouvernement fédéral et provincial, Premières nations, industries de la pêche et de l'aquaculture, établissements d'enseignement, groupes d'intendance communautaires, etc.). Ces protocoles sont actuellement élaborés et testés (Norgard et al., 2010).

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Immigration de source externe

Il existe des populations d’huîtres plates du Pacifique dans l'État de Washington, en Oregon, en Californie et au Mexique. L'immigration n'est possible qu'à partir des sites les plus proches (Puget Sound et, éventuellement, la baie Willapa ou Grays Harbor) en raison des périodes et des schémas de dispersion des larves (voir Biologie : déplacements et dispersion). Les huîtres de Puget Sound sont vraisemblablement mieux adaptées aux conditions du détroit de Georgie; tandis que celles de la côte extérieure de l'État de Washington pourraient être adaptées aux conditions de la côte ouest de l'Île de Vancouver.

Selon les résultats des analyses moléculaires effectuées par Polson et al. (2009), il existe des différences génétiques mesurables entre les huîtres plates du Pacifique de Washington et de la Colombie-Britannique, et ces différences ont amené les analystes à suggérer que les populations canadiennes pourraient être des reliques de l'ère glaciaire (voir Structure spatiale et variabilité de la population). Cette différence diminue l'attrait des populations de l'État de Washington comme sources pour le rétablissement au Canada des sites potentiellement disparus au niveau local. L'échantillon est de petite taille (deux sites seulement en Colombie-Britannique et un dans l'État de Washington) et le regroupement de sites du détroit de Georgie et de la baie Barkley, distincts des sites méridionaux, n'est pas intuitif; on pourrait s'attendre à de plus grandes différences entre les eaux intérieures (détroit de Georgie et Puget Sound) et les eaux côtières (côte ouest de l'île de Vancouver et baies Willapa/Grays Harbor) plutôt qu'avec une frontière nord-sud. Des analyses moléculaires portant sur un grand nombre de sites pourraient révéler d'autres schémas que ceux observés dans l'analyse préliminaire.

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Facteurs limitatifs et menaces

Pêches commerciales historiques

Le déclin historique de l’huître plate du Pacifique a été en grande partie attribuable à des récoltes excessives et non viables (voir plus bas). Si les récoltes sont aujourd'hui contrôlées, des renseignements anecdotiques laissent entendre que le nombre d'individus a diminué à des niveaux qui auraient nécessité des décennies ou plus pour se rétablir, ce qui les aurait rendus plus vulnérables à d'autres menaces. Bien que l'on ne puisse pas considérer que la surexploitation en tant que telle ait toujours lieu, les effets secondaires persistent; des gisements ont été décimés par le passé à de nombreux endroits. Une fois qu'ils ont atteint cet état, ils deviennent encore plus vulnérables à d'autres menaces, comme les extrêmes de température, en particulier en raison de certaines caractéristiques biologiques. Ils sont également plus sensibles aux disparitions locales liées à différents types de stochasticité. 

Galtsoff (1929) a compris la sensibilité des importantes agrégations d'huîtres plates du Pacifique sur les plages et les récifs aux impacts humains, comme la pêche :

L'apparente richesse du récif naturel est souvent trompeuse, car elle représente l'accumulation d'une population d'huîtres ayant vécu sans perturbation pendant une période pouvant s'étendre sur plusieurs centaines d’années. En raison de la basse température des eaux septentrionales, la reproduction et l'établissement n'ont lieu que pendant les années exceptionnellement chaudes, de sorte que le stock ne se reconstitue pas régulièrement. Avec le début des activités de pêche, le nombre d'huîtres adultes sur ces fonds diminue rapidement, ce qui réduit la possibilité d'un bon établissement et, en quelques années, c'est toute la population d'un récif qui peut être décimée. [traduction]

L'histoire de l'exploitation de l'huître plate du Pacifique sur la côte ouest a été généralement marquée par la surexploitation suivie par le remplacement par d’autres espèces plus importantes et qui se vendaient mieux. La production commerciale à partir de gisements d’huîtres plates du Pacifique nécessitait la récolte d’un grand nombre d'individus; il faut environ 1 600 huîtres plates du Pacifique pour produire un gallon de chair (comparativement à 150 à 250 huîtres américaines ou de 50 à 200 huîtres creuses du Pacifique; Hopkins, 1937).

Une petite exploitation commerciale d'huîtres plates du Pacifique a commencé en Californie en 1840 environ. Cette exploitation n'était pas en mesure de répondre à la demande du marché local, et les huîtres ont été importées de baie Willapa, dans l'État de Washington, dès le début des années 1850 (les huîtres plates du Pacifique ont été importées dans la baie de San Francisco à compter de 1870 environ). Townsend (1893) s'est plaint de la fixation excessive de naissains d’huîtres plates du Pacifique, qui envahissaient ainsi les huîtres américaines, l'espèce privilégiée sur le marché. Il a indiqué que l'espèce avait doublé de volume dans la baie Willapa, dans l'État de Washington, tout comme à San Francisco. Les huîtres plates du Pacifique n'étaient utilisées que pour la fabrication d'allées de promenade ou elles étaient moulues et dispersées dans les fermes avicoles. Les gisements naturels dans la fosse Elkhorn et dans les baies Humboldt, Tomales et de Newport avaient été décimés au début des années 1900. Les stocks d’huîtres plates du Pacifique ont continué de diminuer après l'introduction des huîtres creuses du Pacifique dans les années 1920 et 1930. L'échec de la pêche a été attribué à un certain nombre de facteurs, notamment les ressources financières limitées, le manque d'expérience dans l'élevage des huîtres, la collecte médiocre de naissains, les cinq ans de croissance nécessaires à l'atteinte de la taille commercialisable, les faibles rendements en chair, ainsi que la courte saison de commercialisation en hiver.

L'exploitation commerciale d'huîtres plates du Pacifique a commencé dans la baie de Yaquina, en Oregon, dès 1854 (Robinson, 1997). En 1899, la production commerciale avait atteint un niveau inférieur à 60 tonnes, et l'industrie ostréicole s'était tournée vers les huîtres américaines importées. L'industrie ostréicole de l'Oregon était généralement improductive jusqu'à l'importation des huîtres creuses du Pacifique dans les années 1930, et dépend maintenant entièrement de la culture d'huîtres creuses du Pacifique.

Les récoltes des gisements naturels dans la baie Willapa, dans l'État de Washington, ont commencé en 1850, puis ont diminué et étaient essentiellement terminées en 1915 (Galtsoff, 1929; Sherwood, 1931). Les gisements naturels étaient en grande partie décimés dans les années 1870, et la récolte a été soutenue jusqu'au début des années 1900 par l'amélioration et la culture (Steele, 1957; Lindsay et Simons, 1997). Galtsoff (1929) a fait état d'articles de journaux datant de la fin des années 1800 qui pourraient avoir indiqué une mortalité naturelle inhabituellement élevée dans la baie Willapa en 1867–1868, laquelle qui pourrait avoir contribué aux diminutions des populations. Hopkins (1937) a indiqué que les gisements d'huîtres plates du Pacifique dans la baie Willapa avaient été complètement détruits, et que ces huîtres étaient difficiles à trouver, même sur les marchés locaux.

La production de Puget Sound était plus régulière, principalement en raison des plus grands progrès réalisés dans le développement des méthodes de culture par digue (Steele, 1957; Lindsay et Simons, 1997). La production a souffert à partir de 1928, après l'ouverture d'une usine de pâtes et papiers à Shelton, laquelle rejetait des liquides résiduels contenant des sulfites dans la baie d'Oakland. Lors de la fermeture de l'usine, qui a donné lieu à une amélioration de la qualité de l'eau et à une augmentation de la croissance, de la survie et du recrutement des huîtres, la plupart des ostréiculteurs étaient passés à la culture des huîtres creuses du Pacifique.

En Colombie-Britannique, les débarquements commerciaux d’huîtres plates du Pacifique ont débuté vers 1884 et se sont poursuivis jusque vers 1930. La pêche était de petite envergure, et les débarquements annuels n’ont probablement jamais dépassé 300 tonnes (Bourne, 1997). La pêche a diminué en raison de la récolte excessive (Stafford [1913a] avait déjà indiqué qu’il fallait cesser la récolte d’huîtres et que les populations d’huîtres étaient en danger en Colombie-Britannique) et des hivers très froids, qui ont provoqué une mortalité importante. Un hiver rigoureux en 1929 a détruit un grand nombre des huîtres plates du Pacifique dans la baie Ladysmith Harbour, tandis qu'un autre gel intense aux environs de 1940 a détruit la majeure partie des huîtres restantes dans la baie Boundary (Quayle, 1969). D’après Elsey (1933), l’accroissement des débarquements d’huîtres (principalement d’huîtres plates du Pacifique) entre 1925 et 1930 a été le résultat d’un effort accru dans des secteurs isolés et aux stocks limités et d’une récolte d’huîtres inférieures à la taille recherchée.

Sherwood (1931) a indiqué que les gisements d'huîtres naturels de la côte du Pacifique étaient décimés en 1930 et que l'industrie ostréicole se confinait essentiellement à Puget Sound. La production de la Colombie-Britannique et de l'Oregon était jugée comme négligeable, et l'ensemble de la production du Pacifique était inférieure à 1 % de la quantité totale produite aux États-Unis.

La récolte est maintenant une menace négligeable, gérée par la réglementation (voir Protection, statuts et classifications), même si l'efficacité de cette réglementation ne peut être évaluée. On estime qu'il s'agit d'un risque faible dans toute l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique (tableau 2). Cependant, on s'inquiète encore du fait que certaines huîtres plates du Pacifique seraient encore récoltées accessoirement en même temps que l'huître creuse du Pacifique.

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Conditions environnementales extrêmes

Les huîtres plates du Pacifique ne tolèrent pas le gel à marée basse. Une mortalité importante a été attribuée aux conditions météorologiques exceptionnellement froides, y compris la déplétion finale (à des niveaux non significatifs sur le plan commercial après des antécédents de récolte excessive) des huîtres dans les baies Ladysmith Harbour, en 1929, et Boundary, en 1940 environ (Quayle, 1969). Edmondson (1923) a attribué une augmentation du prix des huîtres de la baie Yaquina en 1917 à une augmentation de la demande du marché s'expliquant par la baisse de la production après une destruction partielle des gisements dans la région de Puget Sound en raison du gel pendant la saison précédente [1915]. Des températures élevées de l'été peuvent aussi provoquer une mortalité considérable chez les jeunes huîtres de l'année.

La vulnérabilité de l’huître plate du Pacifique au gel ou aux températures estivales élevées pourrait expliquer la limitation des grandes agrégations aux zones de basse marée, aux lagunes ou à d’autres milieux où se trouve de l’eau stagnante, qui sert à protéger les huîtres des extrêmes de température. Les exigences physiologiques en matière de température pour le développement des gonades et l'établissement des naissains expliquent vraisemblablement pourquoi il y a peu de grandes agrégations d'huîtres plates du Pacifique dans le nord de la Colombie-Britannique.

De petites populations reliques d’huîtres plates du Pacifique subsistent dans des zones de basse marée qui ne sont pas souvent exposées à des températures de l’air inférieures au point de congélation et, dans certains cas, sous des structures flottantes qui sont constamment submergées.

Les températures hivernales extrêmes (en particulier lors des dépressions hivernales) sont fortement clinales du sud au nord. On pense que les huîtres plates du Pacifique aux sites septentrionaux seraient plus touchées par les températures extrêmes que celles de sites du détroit de Georgie et sur la côte ouest de l'île de Vancouver (tableau 2). Les huîtres intertidales pouvant être détruites par le gel, les répercussions seraient graves. Les températures estivales élevées peuvent empêcher le recrutement dans la zone intertidale. Les températures extrêmes pourraient augmenter en fréquence et en intensité à l'avenir, éventuellement d'ici dix ans ou trois générations.

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Prédateurs non indigènes et concurrents

Les huîtres plates du Pacifique font vivre une gamme importante de prédateurs indigènes, y compris les crabes, les gastéropodes, les étoiles de mer et les oiseaux (voir Relations interspécifiques). On a aussi émis l'hypothèse qu'une prédation supplémentaire par des gastéropodes non indigènes et des vers plats réduirait la possibilité de rétablissement des huîtres plates du Pacifique aux États-Unis (Buhle et Ruesink, 2009). Ces prédateurs occupent des zones relativement restreintes en Colombie-Britannique, et des lignes directrices sont en place pour faire en sorte que les gastéropodes prédateurs introduits ne soient pas transportés dans de nouveaux sites.

L'arrivée récente du crabe européen, Carcinus maenas, sur la côte ouest de l'île de Vancouver représente une préoccupation plus immédiate (Gillespie et al., 2007; Behrens Yamada et Gillespie, 2008). Le crabe européen est une espèce envahissante connue ayant eu un impact important sur les palourdes, les moules, le poisson plat juvénile, les crabes et d'autres espèces (Cohen et al., 1995; Grosholz et Ruiz, 1995; Grosholz et al., 2000; Jamieson et al., 1998; McDonald et al., 2001; Taylor, 2005). En laboratoire, le crabe européen a montré une préférence pour huîtres plates du Pacifique plutôt que d'autres mollusques bivalves (Palacios et Ferraro, 2003). Le crabe européen est présent (et souvent abondant) sur les plages tout au long de la côte ouest de l'île de Vancouver (Gillespie et al., 2007), où on trouve aussi un nombre important d'huîtres plates du Pacifique. On ne possède aucune donnée concernant le Canada sur les conséquences pour l'abondance d'huîtres plates du Pacifique de la prédation par le crabe européen.

Trimble et al. (2009) ont documenté la concurrence pour l'espace entre les huîtres plates du Pacifique après l'établissement et des organismes salissants (ascidies, éponges et hydrozoaires). Les compétiteurs se fixant naturellement, principalement non indigènes, réduisent la survie des huîtres de 50 % et leur croissance, de 20 %. Cinq espèces d'ascidies introduites ont été signalées dans les eaux de la Colombie-Britannique (Styela clava, Ciona intestinalis, Botryllus schlosseri, Botrylloides violaceus et Didemnum sp.) (Herborg et Therriault, 2007). La répartition de Ciona n'est pas bien documentée; on trouve les quatre autres espèces dans le détroit de Georgie, deux espèces sur la côte ouest de l'île de Vancouver (Botryllus et Didemnum) et une espèce dans les eaux de la Colombie-Britannique (Botrylloides). La modélisation de la pertinence de l'habitat a montré que Styela et Botrylloides pouvaient se répandre dans toutes les eaux de la Colombie-Britannique, tandis que le potentiel de répartition des autres espèces était limité.

Les principaux prédateurs non indigènes des huîtres plates du Pacifique sont les gastéropodes prédateurs exotiques et le crabe européen. On a attribué un risque modéré aux sites connus pour abriter soit des crabes européens soit des bigorneaux perceurs japonais et un risque plus élevé à un site contenant ces deux espèces (tableau 2). Les modèles de qualité de l'habitat ont permis de prédire que le crabe européen pourrait s'étendre partout en Colombie-Britannique si le transport larvaire ou la transplantation par les humains les amenaient au-delà de la côte ouest de l'île de Vancouver (Therriault et Herborg, 2008).

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Perturbation de l'habitat par l'homme

Les milieux estuariens appropriés sont limités en Colombie-Britannique, et de nombreux estuaires ont été affectés de façon négative par l'homme, dont les activités ont entraîné la perte de certains estuaires et de certaines lagunes salées. Les polluants et autres déchets peuvent avoir un effet nocif sur le nombre d'huîtres, tout comme la sédimentation accrue découlant des changements dans les pratiques forestières et les pratiques d'utilisation du territoire. Les estuaires et les baies dans lesquels vivaient auparavant des huîtres plates du Pacifique (p. ex. baies Ladysmith Harbour et Boundary) sont maintenant fortement touchés par l’urbanisation, la pollution ainsi que d’autres répercussions des utilisations commerciales et récréatives.

La modification de l'habitat par l'homme, en raison de la pollution ou de la perturbation de l'habitat lui-même, se fait soit à grande échelle (urbanisation, pollution nationale) soit ponctuellement (entreposage de rondins, dragage, remblayage et sédimentation). De nombreux sites du détroit de Géorgie (tableau 2) subissent vraisemblablement aujourd'hui les effets négatifs de l'urbanisation et de la pollution nationale et continueront probablement à en subir les répercussions à l'avenir. Les menaces concernant les sites eux-mêmes sont plus difficiles à catégoriser (tableau 2). Le dragage n'est effectué qu'occasionnellement, pour l'aménagement de ports ou la rénovation de postes à quai, et n'a pas lieu chaque année en dehors du bras principal du fleuve Fraser près de Stevenston et de la baie North Arm. On trouve des décharges et des zones d'entreposage des rondins dans toute l'aire de répartition canadienne des huîtres plates du Pacifique, mais les effets sont limités au secteur immédiat. La sédimentation extrême ou catastrophique en raison des glissements de terrain ou des inondations provoqués par les modifications des habitudes d'utilisation du sol (p. ex. exploitation forestière, agriculture, etc.) peut entraîner l'enfouissement des populations d'huîtres plates du Pacifique.

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Maladie

Certains membres de l'industrie ostréicole des États-Unis croient que la maladie a joué un rôle important dans l'effondrement de certains stocks d'huîtres plates du Pacifique (Bourne, comm. pers., In Gillespie, 2009), et Bower et al. (1997) ont émis l'hypothèse selon laquelle l'arrivée possible de la maladie de l'île Denman à la suite de l’importation des huîtres creuses du Pacifique pourrait avoir entraîné des réductions du nombre d'huîtres plates du Pacifique. Toutefois, il n'existe aucune preuve directe que cette maladie, ou toute autre maladie, serait une cause des réductions historiques de l'abondance de l’espèce.

La maladie de l'île Denman est endémique dans le détroit de Georgie, au sud de Puget Sound, et dans deux sites de la côte ouest de l'île de Vancouver dans lesquels il n'y a jamais eu d'huîtres plates du Pacifique (bras Lemmens et île Nuchatlitz -- Bower et al., 1994; Meyer, comm. pers., 2010). Tous les sites du détroit de Georgie, y compris ceux de la baie Boundary, pourraient être sensibles à cet agent pathogène; tandis que la situation est plus incertaine pour les sites de Victoria/Sooke (tableau 2). La gravité de cette menace pourrait être faible et sa portée, limitée, parce que la répartition de la maladie de l'île Denman semble liée à l'aire de répartition des huîtres creuses du Pacifique, l'hôte principal (même si les huîtres plates du Pacifique y sont sensibles). L'origine de Mikrocytos mackini, l'organisme responsable de la maladie de l'île Denman, n'est pas claire; on soupçonne qu'il provient du Pacifique occidental, mais il n'a pas été détecté à cet endroit.

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Pollution

Un nombre important de documents traitent des effets délétères, sur l'huître plate du Pacifique, des liquides résiduels contenant des sulfites qui sont rejetés par les usines de pâtes et papiers (p. ex. Hopkins et al., 1935; McKernan et al., 1949; Odlaug, 1949; Steele, 1957). L'exposition aux liquides résiduels contenant des sulfites en laboratoire a provoqué l'arrêt de la croissance, la diminution de la condition et du rendement en chair, l'échec de la reproduction et des taux de mortalité élevés.

La disparition locale des huîtres plates du Pacifique de la baie d'Oakland et du bras Budd, dans le secteur de Puget Sound, ainsi que la diminution générale du nombre d'individus entre 1926 et 1945 dans tout le sud de Puget Sound, ont été liées aux déchets provenant des usines de pâtes et papiers (McKernan et al., 1949, Steele, 1957). Il existe des preuves claires que les liquides résiduels contenant des sulfites provenant des usines de pâtes et papiers dans le secteur de Puget Sound ont eu des effets négatifs importants sur l’abondance de l’huître plate du Pacifique. Il est possible que des effets semblables aient eu lieu en Colombie-Britannique, mais on ne possède pas de données concernant les effets des effluents de fabrication de pâtes et papiers sur les huîtres plates du Pacifique en Colombie-Britannique.

Le tributylétain (TBT), un composé antisalissure, a été lié en France à l'interruption de la croissance ou l'échec de la reproduction de l'huître plate européenne (Ostrea edulis), étroitement apparentée à l’espèce (Thain et Waldock, 1986). La peinture antisalissure est fréquente sur les navires, et de nombreux milieux estuariens (p. ex. baies Ladysmith Harbour, Comox Harbour et Nanoose) contiennent des marinas et des encrages abritant un grand nombre de bateaux. Bright et Ellis (1990) ont démontré une forte incidence d'effet imposex (apparition chez l'escargot femelle d'un pénis et d'un canal déférent palléal, ce qui entraîne une stérilité chez certaines espèces) chez trois espèces de gastropodes (Nucella canaliculata, N. lamellosa et N. ostrina [connu sous le nom de N. emarginata]) dans le sud de la Colombie-Britannique, en raison de l'exposition au TBT. Selon leurs données, les concentrations de TBT dans l'eau étaient suffisamment élevées pour provoquer un effet imposex chez pratiquement tous les escargots femelles examinés dans les détroits de Georgie et de Juan de Fuca. L'incidence d'effet imposex était moins importante et plus localisée sur la côte ouest de l'île de Vancouver et le centre et la partie nord de la côte. Même si on a démontré un chambrage (croissance anormale de la coquille caractérisée de grandes chambres vides dans la matrice de la coquille) chez l'huître creuse du Pacifique en Colombie-Britannique, aucune recherche n'a été publiée sur les effets du TBT sur O. lurida.

Le Canada a interdit l'utilisation de peintures à base de tributylétain sur les petits bateaux (moins de 25 m de longueur) en 1989; cependant, il est toujours employé sur les coques des plus gros navires navigant sur les océans canadiens et internationaux (Thompson, 1996). Bien qu'il soit possible que le tributylétain ait un impact sur les huîtres plates du Pacifique (Thompson, comme. pers. dans Gillespie, 1999) et que la corrélation spatiale entre les quantités réduites d'huîtres plates du Pacifique et les effets liés au tributylétain observés chez d'autres espèces soit incontestable, aucune recherche ne démontre que le tributylétain a un effet nocif sur les huîtres plates du Pacifique. Les composés antisalissure n'ont pas contribué aux déclins des huîtres plates du Pacifique au début des années 1900; ils ont pu toutefois constituer, plus récemment, un facteur supplémentaire qui empêche le rétablissement.

Le niveau de la menace que posent actuellement les effluents des usines de pâte est difficile à évaluer, car les pratiques de traitement des effluents ont changé depuis les observations concernant la mortalité recueillies dans les années 1940. Le processus de pâte Kraft est à base de sulfate et est actuellement le processus de réduction en pâte dominant; la pâte sulfatée, qui utilise du calcium ou du sulfate de magnésium, représente maintenant moins de 10 % des processus de réduction en pâte chimique. Il y a des usines côtières qui utilisent les processus de pâte Kraft à Howe Sound, à Crofton, à Nanaimo, à Power River et à Campbell River. L'usine à Gold River est fermée depuis une décennie et l'usine à Port Alice n'a recours qu'au processus au bisulfite. Sans donnée sur l'étendue des effets et les modèles actuels, seule une affectation de base de risque modéré aux sites directement adjacents aux usines est possible (voir le tableau 2). La portée de la pollution industrielle est probablement limitée et touche possiblement seulement les des sites d'huîtres plates du Pacifique adjacents aux usines.

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Aquaculture de mollusques marins

Couch et Hassler (1989) ont conclu que l'utilisation des anciennes grandes aires de croissance des huîtres plates du Pacifique pour élever l'huître creuse du Pacifique a contribué au déclin de la production de l'huître plate du Pacifique aux États-Unis; il est également possible que la perturbation des anciennes aires de croissance de l'huître plate du Pacifique par les récoltes de palourdes intertidales puisse être suffisante pour empêcher la recolonisation de ces sites par les huîtres. Toutefois, les palourdes japonaises (Ruditapes philippinarum) sont récoltées principalement dans le tiers supérieur de la zone intertidale, ce qui limite les impacts sur les huîtres plates du Pacifique dans le tiers inférieur de la zone. De la même façon, l’élevage de l’huître creuse du Pacifique est pratiqué principalement dans la partie supérieure et intermédiaire de la zone intertidale. Les populations d’huîtres plates du Pacifique de l’Oregon n’ont pas été affectées par l’élevage de l’huître creuse du Pacifique (Johnson, comm. pers., In Gillespie, 1999). Un grand nombre est présent dans la zone subtidale peu profonde de certains secteurs d’ostréiculture, et les huîtres plates du Pacifique s'établissent de façon régulière sur des coquilles d’huîtres laissées sur la plage pour servir de collecteur de naissains.

La présence d'un grand nombre d'huîtres creuses du Pacifique peut entraîner une diminution de la survie des huîtres plates du Pacifique (Trimble et al., 2009). L'élimination des gisements denses de coquilles d'huîtres plates du Pacifique dans les zones subtidales et intertidales inférieures, conjuguée à l'apparition du nouveau substrat de peuplement (gisements d'huîtres creuses du Pacifique) à des niveaux plus élevés dans la zone intertidale, donne lieu à un puits de peuplement pour les larves d'huîtres plates du Pacifique. Les larves qui s'établissent à un emplacement plus élevé dans la zone intertidale sont exposées plus fréquemment et pour de plus longues périodes à la marée basse; même un petit accroissement de l'exposition (8 % et plus) a occasionné un taux de mortalité plus élevé de 80 % par rapport aux traitements subtidaux. Les huîtres plates du Pacifique qui survivent seraient également détruites par le système au moment de la récolte des huîtres creuses du Pacifique. Le rétablissement du substrat de peuplement approprié (coquilles d'huîtres) à de basses altitudes dans les zones intertidales et subtidales a été recommandé pour la restauration de l'habitat en vue de rétablir la population d'huîtres plates du Pacifique dans le secteur de Puget Sound (White et al., 2009a).

Dans les zones sur la côte de la Colombie-Britannique où la concentration d'aquaculture des mollusques est plus élevée (p. ex. bras Malaspina, baie Desolation, baie Baynes et baie Barkley), la réduction du nombre d'adultes et l'effet du puits pourraient être plus considérables dans ces zones que dans les autres en raison de cette menace (tableau 2).

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Protection, statuts et classifications

Protection et statuts légaux

La pêche commerciale des huîtres en Colombie-Britannique est actuellement réglementée par le ministère des Pêches du gouvernement provincial et ne s'applique qu'aux huîtres creuses du Pacifique (Crassostrea gigas) (Gillespie, 1999, 2009). La pêche commerciale de l'huître plate du Pacifique a cessé dans les années 1930, et aucune pêche n'est actuellement envisagée. La limite de prises quotidiennes pour la pêche récréative en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral et du Règlement de pêche sportive de la Colombie-Britannique a été réduite à zéro par ordonnance modificative en mai 2007 (Pêches et Océans Canada, 2009).

L'huître plate du Pacifique n'est pas répertoriée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) (PNUE-WCMC, 2009).

Après avoir été inscrite à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003, l'huître plate du Pacifique a été désignée comme une espèce préoccupante et un plan de gestion a été élaboré et affiché dans le Registre de la Loi sur les espèces en péril (Pêches et Océans Canada, 2009). Les mesures de gestion recommandées pendant la durée du plan de six ans (de 2008 à 2013) sont les suivantes : maintenir les restrictions applicables à la récolte commerciale et récréative; se pencher sur les préoccupations relatives à la perturbation de l'habitat et au transfert de parasites et de prédateurs non indigènes; clarifier les menaces afin de soutenir les mesures de protection; surveiller l'abondance, y compris l’établissement des sites repères dans le cadre d'initiatives concertées; faire connaître les effets néfastes des introductions de parasites et de prédateurs.

La Convention internationale sur le contrôle des systèmes antisalissure nuisibles sur les navires de l'Organisation maritime internationale (OMI) est entrée en vigueur en septembre 2008. La Convention stipule que dès le 1er janvier 2008, la coque et les autres parties ou surfaces externes d'un navire ne doivent pas être revêtues de composés organostanniques agissant comme biocides, ou doivent porter un revêtement empêchant que de tels composés ne soient lessivés à partir de couches antisalissures sous-jacentes non conformes (Organisation maritime internationale, 2001). Le Canada est signataire de cette convention. En janvier 2003, le gouvernement du Canada a interdit l'utilisation de tributylétains dans les peintures antisalissures et a proposé d'ajouter les tributylétains à la Liste de quasi-élimination en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (Environnement Canada, 2009).

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Statuts et classifications non prévus par la loi

L'huître plate du Pacifique est actuellement inscrite sur la liste bleue provinciale des espèces indigènes préoccupantes (BCCDC, 2009). Elle ne figurait pas sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) en 1996 (Baillie et Groombridge, 1996), et ne fait pas partie de l'inscription en ligne à ce jour (IUCN, 2009).

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Protection et propriété

La Loi sur les pêches contient des dispositions qui peuvent être appliquées pour encadrer la pollution d'eaux où vivent des poissons ainsi que la détérioration, la perturbation ou la destruction de l’habitat des poissons, qui s'étend jusqu'à l'habitat de l'huître plate du Pacifique.

Un certain nombre d'aires protégées, y compris la réserve du parc national Pacific Rim ainsi que les réserves écologiques et parcs provinciaux de la Colombie-Britannique, confèrent des niveaux de protection de base à l'huître plate du Pacifique. La présence de l'huître plate du Pacifique à Klaskish Inlet sur la côte ouest de l'île de Vancouver a été un facteur dans l'établissement d'une aire marine protégée provinciale dans cette région (Ellis et Emerson, 1979; Biffard, comm. pers., 2009).

Étant donné que l'huître plate du Pacifique vit en dessous de la ligne de marée haute, la plupart des sites sont la propriété de l'État. Certaines de ces terres sont exploitées à des fins d'aquaculture par l'intermédiaire d'une politique provinciale de location.

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Remerciements et experts contactés

Le rapport a été financé par Environnement Canada et Pêches et Océans Canada. Les calculs de la zone d'occupation et de la zone d'occurrence ont été effectués par Jenny Wu, spécialiste de la gestion des données, Évaluation des espèces, Environnement Canada, Gatineau (Québec). Les figures 2 et 3 ont été fournies par Sean MacConnachie, Pêches et Océans Canada, Nanaimo (Colombie-Britannique).

Les experts contactés :

  • Doug Biffard et Susan Pollard, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.
  • Alain Filion et Sonia Schnobb, Environnement Canada.
  • Todd Golumbia, Heather Holmes et Patrick Nantel, Parcs Canada.
  • Gloria Goulet, chargée de projet en sciences, coordonnatrice des connaissances traditionnelles autochtones (CTA), Secrétariat du COSEPAC.
  • Stephen Hureau, Environnement Canada, Service canadien de la faune.
  • Simon Nadeau et Christie Whelan, Pêches et Océans Canada.
  • Meherzad Romer, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

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Sources d'information

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Graham Gillespie dirige les programmes d'évaluation de la palourde intertidale et du crabe ainsi que les programmes sur les espèces aquatiques envahissantes à la Division des écosystèmes marins et de l'aquaculture, Station biologique du Pacifique, Nanaimo (Colombie-Britannique), pour Pêches et Océans Canada. Il a préparé la première évaluation de la situation de l'huître plate du Pacifique pour le COSEPAC en 2000. Ses travaux récents portent sur la méthodologie de relevé et les techniques d'évaluation des populations des espèces bivalves en péril et d'importance commerciale ainsi que des espèces intertidales non indigènes. Il a également procédé à des évaluations de céphalopodes, en se concentrant sur l'encornet volant, le calmar de Humboldt et la pieuvre, et il a établi des évaluations de la possibilité de pêches commerciales pour la moule commune du Pacifique et la nuttalia obscurata en Colombie-Britannique. Avant de se joindre à la Section des mollusques et des crustacés en 1994, il a collaboré à la recherche sur les poissons démersaux, en se concentrant sur les stocks de sébastes au large des côtes. Il a obtenu un baccalauréat ès sciences en zoologie de l'Université de Victoria en 1985. Il est membre de la National Shellfisheries Association et est un ancien membre exécutif de la section de la côte du Pacifique de cet organisme.

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Collections examinées

Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique) (voir le tableau 1 pour connaître le fonds).

Musée canadien de la nature, Gatineau (Québec) (voir le tableau 1 pour connaître le fonds).


* L'huître américaine, Crassostrea virginica, a été introduite près de Victoria vers l'année 1883 (Carlton et Mann, 1996), suivie d'une autre introduction dans la baie Boundary, à Esquimalt et à Ladysmith (Quayle, 1969). L'huître creuse du Pacifique, Crassostrea gigas, a d'abord été introduite en Colombie-Britannique en 1912 ou 1913, mais ce n'est qu'en 1925 qu'on l'a introduite en grande quantité (Elsey, 1933; Bourne, 1997). Plus récemment, l'huître Kumo, Crassostrea sikamea, et l'huître plate européenne, Ostrea edulis, ont été intentionnellement introduites aux fins de l'aquaculture. Les huîtres creuses du Pacifique sont en mesure de se reproduire de façon sporadique et avec succès dans les eaux du sud et elles sont bien établies dans le détroit de Georgie et sur la côte ouest de l'Île de Vancouver, chevauchant partiellement l'aire de répartition des huîtres plates du Pacifique en Colombie-Britannique (Gillespie, 2007). Les huitres américaines et les huîtres plates européennes ont une répartition limitée, avec des petites populations établies à l'embouchure de la rivière Nicomekl (baie Boundary et détroit de Georgie) et de la baie Barkley, respectivement. L'huître Kumo a été introduite aux fins d'aquaculture dans le sud de la Colombie-Britannique, mais elle ne s'est pas établie à l'état sauvage.