Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pseudocyphellie des forêts surannées Pseudocyphellaria rainierensis au Canada - 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes

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Information sur le document

Pseudocyphellie des forêts surannées Pseudocyphellaria rainierensis

Photo : Pseudocyphellie des forêts surannées

Préoccupante - 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pseudocyphellie des forêts surannées (Pseudocyphellaria rainierensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 41 p.

Rapport(s) précédent(s) :

Goward, T. 1996. COSEWIC status report on the Oldgrowth SpecklebellyPseudocyphellaria rainierensis in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 1-36 pp.

Note de production :
Le COSEPAC aimerait remercier Trevor Goward qui a rédigé le rapport de situation sur la pseudocyphellie des forêts surannées Pseudocyphellaria rainierensis au Canada, dans le cadre d’un contrat passé avec Environnement Canada. La supervision et la révision ont été assurées par René Belland, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Oldgrowth Specklebelly Pseudocyphellaria rainierensis in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Pseudocyphellie des forêts surannées -- Photo gracieusement fournie par Margaret Symon ©2009.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
Nº de catalogue CW69-14/61-2010F-PDF
ISBN978-1-100-94813-3


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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Pseudocyphellie des forêts surannées

Nom scientifique
Pseudocyphellaria rainierensis

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Ce lichen foliacé arboricole est endémique aux vieilles forêts pluviales de l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce se limite à des secteurs bordant ou avoisinant le littoral sud de la Colombie-Britannique. La récente découverte de mentions additionnelles a seulement permis d’élargir légèrement l’aire d’occurrence connue, et l’espèce demeure menacée par la perte continue des vieilles forêts causée par la coupe à blanc. La faible capacité de dispersion de ses propagules lourds contribue à sa rareté, tout comme sa répartition restreinte aux milieux très riches en éléments nutritifs, comme les zones de dégouttement des vieux cyprès jaunes, les pieds de talus et les forêts littorales abritées. Ce lichen présente une répartition généralement discontinue et ne colonise qu’un très faible nombre d’arbres dans les peuplements où il est établi.

Répartition
Colombie-Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en avril 2010.

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COSEPAC - Résumé

Pseudocyphellie des forêts surannées Pseudocyphellaria rainierensis

Information sur l’espèce

La pseudocyphellie des forêts surannées (Pseudocyphellaria rainierensis Imsh.) est un macrolichen caractéristique. Le thalle est entouré de grands lobes qui pendent à la manière de rideaux et dont la marge est lacérée ainsi que lobulée à isidiée. La face supérieure du thalle est bleu verdâtre pâle; la face inférieure est parsemée de pseudo-cyphelles ayant l’aspect de petits points blancs. Le lichen a pour photobiontes une algue verte et une cyanobactérie, cette dernière formant des céphalodies internes.

Répartition

La pseudocyphellie des forêts surannées est endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord, où elle pousse dans des régions côtières humides depuis le sud-est de l’Alaska, à une latitude de 58 °N, jusqu’à l’Orégon, à une latitude de 43 °N. Dans les parties nord de son aire, l’espèce est confinée à une bande littorale de quelques kilomètres de largeur; dans le sud du Canada, elle pénètre un peu plus loin vers l’intérieur. Dans les États de Washington et de l’Orégon, l’espèce est à peu près absente du littoral et se rencontre plutôt le long du versant des monts Cascades qui est exposé aux vents dominants.

Habitat

Au Canada, la pseudocyphellie des forêts surannées colonise les branches et le tronc de conifères, dans des forêts anciennes écologiquement stables situées à une altitude basse à moyenne, particulièrement dans des sites recevant un enrichissement exceptionnel en éléments nutritifs. Un tel enrichissement peut se produire dans trois situations : (1) dans la zone de dégouttement de grands cyprès jaunes d’âge avancé, généralement sur un versant; (2) dans la zone de réception d’éléments nutritifs située en pied de pente à la base de versants, particulièrement dans les localités à substratum calcaire; (3) sur le littoral d’anses abritées, où les arbres sont exposés à une bonne circulation d’air mais protégés des vents de tempête. La première de ces situations semble avoir le plus d’importance dans la partie nord de l’aire de répartition, où les conditions climatiques convenant à la pseudocyphellie des forêts surannées recoupent les formations rocheuses très acides du Coastal Crystalline Belt. Plus au sud, dans le sud de la Colombie-Britannique et les régions du nord-ouest des États-Unis situées à proximité, les localités de pied de pente ont davantage d’importance pour l’espèce; dans ces localités, de grands cyprès jaunes d’âge avancé tirent les éléments nutritifs du sol jusque dans l’étage supérieur, ce qui assure les riches conditions nutritives requises pour que la pseudocyphellie des forêts surannées réussisse à s’établir.

Biologie

La pseudocyphellie des forêts surannées est une espèce asexuée qui se reproduit par production et dissémination de fragments de thalle, principalement sous la forme de lobules marginaux, ce qui constitue sans doute une adaptation pour la colonisation rapide des branches de conifère enrichies en éléments nutritifs, lesquelles sont souvent envahies par des mousses. Comme les lobules marginaux sont relativement lourds, ils ne sont probablement disséminés qu’à de faibles distances à partir du thalle parent. Ceci doit contribuer, avec l’exigence très contraignante d’un microsite enrichi en éléments nutritifs, à la répartition très discontinue de l’espèce. Le taux de dispersion vers de nouveaux arbres hôtes doit donc être très faible; il semble même que l’intervalle de dispersion du lichen au sein d’un même peuplement forestier pourrait se mesurer en centaines d’années. L’ombre profonde et le plein soleil sont tous deux nuisibles à l’espèce, qui a besoin d’un peuplement forestier à la fois stable, humide et clair pour trouver les conditions écologiques convenant à son établissement et à sa croissance. Les forêts anciennes sont donc d’importance cruciale pour sa persistance à long terme.

Taille et tendances des populations

La pseudocyphellie des forêts surannées a été répertoriée au Canada dans 51 localités. Cependant, l’espèce n’est plus présente dans au moins 5 de ces localités, et sa situation est inconnue dans 6 autres. Dans l’ensemble des 41 localités restantes, il y aurait 2 277 thalles selon les dénombrements récents. De plus, dans la majorité de ces localités, la pseudocyphellie des forêts surannées colonise un seul arbre, ou seulement quelques-uns. Ailleurs, l’absence de l’espèce dans des forêts anciennes qui semblent pourtant lui convenir est sans doute due à sa faible capacité de dispersion, particulièrement dans les parties nord de son aire de répartition, où elle est essentiellement confinée à la zone de dégouttement de cyprès jaunes. L’espèce semble un peu plus largement répandue au sud du 51e parallèle environ, où elle peut compter à la fois sur le cyprès jaune et sur des forêts anciennes occupant des sites récepteurs d’éléments nutritifs, au pied de pentes. Les deux types d’habitat connaissent un déclin rapide dû à l’extraction des ressources.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la pseudocyphellie des forêts surannées est confinée aux forêts pluviales tempérées âgées de plus de 200 ou 300 ans environ. À l’intérieur de ces forêts, l’espèce est confinée aux branches et au tronc de conifères poussant dans les milieux exceptionnellement enrichis en éléments nutritifs, notamment dans des zones de pied de pente réceptrices d’éléments nutritifs et dans la zone de dégouttement de grands cyprès jaunes d’âge avancé. Comme ces types de milieux ne se rencontrent que dans les forêts très anciennes, celles-ci sont manifestement essentielles à la survie à long terme de l’espèce. Par conséquent, toute activité humaine et tout processus naturel qui entraînent la destruction ou une réduction appréciable des forêts anciennes constituent des menaces importantes pour la pseudocyphellie des forêts surannées. Dans le nord de l’île de Vancouver, les forêts anciennes se trouvant à l’intérieur des limites horizontales et altitudinales de la répartition de l’espèce ont subi des coupes sur près de la moitié de leur superficie d’origine, dans la plupart des cas au cours des 25 dernières années. Par conséquent, dans cette région de forêts pluviales où les incendies sont rares, l’exploitation forestière pratiquée à une échelle industrielle constitue de loin la principale cause du déclin de la pseudocyphellie des forêts surannées, d’une part en détruisant directement l’habitat de l’espèce et d’autre part, à long terme, en fragmentant encore davantage les derniers îlots de forêt ancienne.  

Importance de l'espèce

La pseudocyphellie des forêts surannées est une espèce indicatrice de la continuité environnementale à long terme des plus anciennes forêts pluviales tempérées côtières de l’ouest de l’Amérique du Nord.

Protection actuelle

Cinq des 51 localités canadiennes où la pseudocyphellie des forêts surannées a déjà été signalée sont situées dans des zones jouissant d’une protection officielle permanente (parc national et parcs provinciaux). Depuis 2003, la présence de l’espèce n’a été confirmée que dans deux de ces cinq localités. Dix-huit autres localités jouissent d’une protection partielle de nature non juridique, étant situées dans des zones sauvages de conservation des arbres, des zones d’aménagement de forêt ancienne ou des zones de conservation des milieux riverains. Quatre localités (ou peut-être cinq) ont été détruites par l’exploitation forestière. Les 24 localités restantes se trouvent sur des terres publiques potentiellement disponibles aux fins d’exploitation forestière.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur le Pseudocyphellie des forêts surannées Pseudocyphellaria rainierensis au Canada - 2010

Information sur l'espèce

Nom et classification

Pseudocyphellaria rainierensis Imshaug, 1950

Embranchement : Ascomycotes
Sous-embranchement : Pézizomycotinées
Classe : Lécanoromycètes
Sous-classe : Lécanoromycétidées
Ordre : Peltigérales
Famille : Lobariacées

La pseudocyphellie des forêts surannées est actuellement classée dans le genre Pseudocyphellaria, principalement en raison des minuscules pseudo-cyphelles qui parsèment la face inférieure de son thalle. (Les pseudo-cyphelles sont des ouvertures du cortex qui permettent les échanges gazeux avec l’intérieur du thalle.) Il semble maintenant que l’espèce pourrait ne pas appartenir au genre Pseudocyphellaria, car des études moléculaires récentes ont mis en lumière une parenté plus étroite avec diverses espèces actuellement classées dans le genre Lobaria (Miadlikowska et Lutzoni, 2004). En l’absence d’apothécies mûres, les seuls caractères du genre Pseudocyphellaria que possède la pseudocyphellie des forêts surannées sont la production de grands lobes foliacés, la présence d’un photobionte cyanobactérien (sous forme de céphalodies) et le fait que la face inférieure du thalle est finement pubescente et parsemée de pseudo-cyphelles. Chez les Pseudocyphellaria au sens strict, la médulle du thalle renferme des pigments jaunes, alors que la médulle est blanche chez la pseudocyphellie des forêts surannées.

La plus ancienne récolte connue de l’espèce a été faite en 1948, dans la localité type, au mont Rainier, d’où l’épithète spécifique rainierensis (Imshaug, 1950). En anglais, l’espèce s’appelle Oldgrowth Specklebelly Lichen : le mot Oldgrowth fait référence à l’association existant entre ce lichen et les forêts anciennes, ou « forêts surannées » (oldgrowth forests), tandis que le mot Specklebelly (« ventre moucheté ») fait référence aux points blancs (pseudo-cyphelles) parsemant la face inférieure des lobes, comme chez les autres espèces du genre Pseudocyphellaria.

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Description morphologique

Le Pseudocyphellaria rainierensis (figure 1) est un lichen foliacé qui est fixé de manière lâche au substrat et peut atteindre environ 5 à 12 (-20) cm de diamètre. Les lobes sont courts à allongés et mesurent de 1,5 à 3 cm de largeur. La face supérieure du thalle est mate, glabre, bleu verdâtre pâle, mais elle prend une coloration brunâtre tirant sur le crème chez les spécimens d’herbier. La face inférieure est en outre parsemée de fossettes délimitées par un réseau de crêtes basses et larges. La marge des lobes porte de petits lobules fragiles ou, rarement, des isidies cylindriques coralloïdes. Des isidies sont parfois aussi présentes sur la face supérieure du thalle, particulièrement le long des fissures de stress. La médulle est blanche. La face inférieure du thalle est mate, blanchâtre à brunâtre pâle, finement pubescente, parsemée de nombreux « pores respiratoires » blancs, ou pseudo-cyphelles. Le lichen héberge deux photobiontes : une algue verte, formant une couche plus ou moins continue, et une cyanobactérie du genre Nostoc, confinée à des renflements localisés appelés « céphalodies ». Les céphalodies du P. rainierensissont généralement internes, formant à peine de légers renflements sur la face supérieure du thalle; cependant, chez certains individus, elles émergent du cortex supérieur sous forme de petites verrues blanchâtres.

Figure 1. Port du Pseudocyphellaria rainierensis. Photo gracieusement fournie par Margaret Symon ©2009.

Photo du port du Pseudocyphellaria rainierensis.

Des pycnides sont parfois présentes sur la face supérieure, où elles ont l’aspect de minuscules points noirs. Les apothécies sont rares, et elles se rencontrent également sur la face supérieure du thalle. À maturité, elles mesurent de 1,0 à 1,5 mm de diamètre et sont portées par un court pédoncule. Le bord de l’apothécie est faiblement isidié. On a essayé de trouver des spores mûres, mais ces recherches ont été vaines.

Propriétés chimiques : cortex K+ jaune, C-, KC-, PD-, I-, UV-; médulle K-, C-, KC-, PD-, I+ bleu, UV+ blanc à bleu ou UV-. Les substances lichéniques secondaires responsables des réactions positives sont encore inconnues, et certaines n’ont peut-être pas été décrites.

Un caractère particulièrement intéressant de l’espèce est la présence d’une plate-forme isidiée spécialisée analogue à une soralie. Une telle « isidalie » se forme lorsque le cortex supérieur se soulève en un minuscule piédestal, généralement circulaire, mesurant de 0,8 à 1,5 mm de diamètre et de 0,3 à 0,5 mm de hauteur. La surface corticale de l’isidalie finit par se fissurer, et un groupe dense d’isidies généralement granuleuses se forme le long de la marge corticale ainsi formée. Il serait peut-être plus juste de considérer cette structure comme une forme très évoluée de fissure de stress.

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Description du genre

Le genre Pseudocyphellaria réunit environ 115 espèces de lichens foliacés, la plupart confinées à l’hémisphère sud. Seulement 7 espèces ont été signalées en Amérique du Nord (Esslinger, 2009), alors que 48 l’ont été, par exemple, en Nouvelle-Zélande seulement (Galloway, 2007). Le genre renferme surtout des espèces dont les lobes sont ascendants, moyens à larges, et la face inférieure du thalle, plus particulièrement, est parsemée de pseudo-cyphelles bien visibles. Des études moléculaires récentes semblent indiquer que le genre Pseudocyphellaria est en fait un genre artificiel comprenant au moins trois entités distinctes sur le plan phylogénétique (Miadlikowska et Lutzoni, 2004).

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Espèces semblables

Sur le terrain, le Pseudocyphellaria rainierensis est un lichen facile à reconnaître à sa coloration bleu verdâtre pâle et à ses grands lobes qui pendent à la manière de rideaux. En Amérique du Nord, aucun autre lichen arboricole ne présente à la fois des lobes larges à marge lacérée et isidiée, une face supérieure bleu verdâtre pâle, une face inférieure pâle nettement parsemée de pseudo-cyphelles, une médulle blanche et un photobionte appartenant au groupe des algues vertes.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Pseudocyphellaria rainierensis est endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord, où il se rencontre dans des régions côtières fraîches et humides depuis le sud-est de l’Alaska, à une latitude de 58 °N, jusqu’au nord de l’Orégon, à une latitude de 43 °N (figure 2). Dans le sud-est de l’Alaska et dans les parties de la côte de la Colombie-Britannique situées à proximité, l’espèce est confinée à une bande littorale de quelques kilomètres. Plus au sud, dans le sud de la Colombie-Britannique ainsi que dans les États de Washington et de l’Orégon, l’espèce est essentiellement absente près du littoral et se rencontre plutôt sur le versant des monts Cascades exposé aux vents dominants.

Figure 2.  Aire de répartition mondiale du Pseudocyphellaria rainierensis, avec aires de répartition mondiale du sapin gracieux (Abies amabilis) et du cyprès jaune (Chamaecyparis nootkatensis), aux fins de comparaison.

Carte de la répartition mondiale du Pseudocyphellaria rainierensis. Les aires de répartition mondiales du sapin gracieux (Abies amabilis) et du cyprès jaune (Chamaecyparis nootkatensis) sont comprises aux fins de comparaison.

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Aire de répartition canadienne

La première récolte canadienne connue du Pseudocyphellaria rainierensis a été faite près du lac Fourth Nanaimo, en 1950, année de la description de l’espèce. Par la suite, l’espèce a été répertoriée dans 51 autres localités canadiennes, toutes situées dans la région côtière de la Colombie-Britannique (figure 3; tableau 1). Du point de vue biogéoclimatique, toutes ces localités se trouvent dans l’une ou l’autre des cinq sous-zones les plus humides et les plus fraîches de la Zone côtière à pruche de l’Ouest (Meidinger et Pojar, 1991).

Figure 3. Aire de répartition connue du Pseudocyphellaria rainierensis au Canada.

Carte montrant l’aire de répartition connue et l’aire de répartition approximative possible du Pseudocyphellaria rainierensis au Canada.

Tableau 1. Sommaire des localités des populations canadiennes du Pseudocyphellaria rainierensis, avec situation historique et actuelle de ces populations. Toutes les localités sont situées en Colombie-Britannique. Les localités associées aux mentions « Beese, 2008 » et « Beese, 2009 » sont décrites de manière plus détaillée dans les rapports correspondants, disponibles en ligne et énumérés dans la section « Sources d’information ».
 LocalitéAnnées d’obser-vationNombre de thalles au moment de la première observationNombre de thalles au cours de la période 2003-2009Tendance de la population
(Menace)
Régime foncier
1Îles de la Reine-Charlotte, île Graham : parc provincial Naikoon, secteur Tow Hill (voir premier rapport de Goward, 1996)1971InconnuInconnuNon revisitée; localité intacte (Google Earth, 2009) (Changement climatique – grandes tempêtes hivernales)Parc provincial Naikoon
2Îles de la Reine-Charlotte, île Graham : près de Port Clements; baie Kumdis2000InconnuInconnuSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009) (Changement climatique – grandes tempêtes hivernales; coupe à blanc)Inconnu
3Îles de la Reine-Charlotte : réserve de parc national Gwaii Haanas; îlet Bischof200315 thalles15 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009) (Changement climatique – grandes tempêtes hivernales)Réserve de parc national Gwaii Haanas
4Région de Kitimat : sentier du lac Robinson (voir premier rapport de Goward, 1996) et près du ruisseau Volunteer1970, 200613 thalles13 thallesRecherchée en vain
Sans objet; ruisseau Volunteer visité une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009) (Coupe à blanc)
Inconnu, mais terres probablement non protégées
5Région de Kitimat : ruisseau Europa20076 thalles6 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009) (Développement hydroélectrique;
changement climatique – fortes tempêtes hivernales)
Terres de la Couronne non protégées
6Parc provincial du lac Chilliwack : au sud de l’extrémité sud du lac Chilliwack
(voir premier rapport de Goward, 1996)
1992, 2006*
*Terry McIntosh, Curtis Bjork et autres
3 thalles, dans la litière tombée des arbresInconnuRecherchée en vain (Changement climatique)Parc provincial du lac Chilliwack
7(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Holberg : Western Forest Products TFL 6-K560 525R
2008*
*Bill Beese et autres (parcelle 3839)
20 thalles20 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 6
Terres non protégées
8(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région du lac Jeune : Western Forest Products TFL 6-K1100
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3871 et 3876)
45 thalles45 thallesSans objet – visitée une seule fois;
localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 6
Terres non protégées
9Île de Vancouver, région de Port Alice : à l’extérieur de Western Forest Products TFL 33-5112005*,
2006
*Derek
Woods
82 thalles80 thallesSans objet – visitée une seule fois
Non revisitée, mais localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 33
Terres non protégées
10(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région du lac Jeune : Western Forest Products TFL 6-Cayuse ML
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3887, 3872 et 3873)
515 thalles515 thallesSans objet – visitée une seule fois; Localité probablement intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 6
Une des parcelles se trouve dans une zone sauvage de conservation des arbres, où elle ne jouit cependant d’aucune protection juridique.
11Île de Vancouver : parc provincial de la péninsule Brooks
(voir premier rapport de Goward, 1996)
1977InconnuInconnuSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Changement climatique : fortes tempêtes hivernales)
Parc provincial de la péninsule Brooks
12(Beese, 2010)
Île de Vancouver, Englewood : secteur du ruisseau Karmutzen
2010
S. Muir
(OGS 10-01)
En 2010, l’espèce était présente, mais aucun dénombre­ment n’a été fait.InconnuInconnue (observation visuelle)
(Inconnue)
Western Forest Products TFL-37
Terres non protégées
13 (Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3817 et 3826)
5 thalles5 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Zone sauvage de conservation des arbres, sans protection juridique
14 (Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelle 3824)
30 thalles30 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Terres non protégées
15(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3807, 3808, 3809, 3812 et 3813)
13 thalles13 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Trois des parcelles se trouvent dans une zone sauvage de conservation des arbres, où elles ne jouissent cependant d’aucune protection juridique.
16(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3804, 3806 et 3811)
23 thalles23 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Terres non protégées
17(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3801 et 3802)
12 thalles12 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Zone de conservation des milieux riverains, sans protection juridique
18(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3833, 3829, 3832 et 3835)
45 thalles45 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Une des parcelles se trouve dans une zone sauvage de conservation des arbres, où elle ne jouit cependant d’aucune protection juridique.
Une autre parcelle se trouve dans une zone de conservation des milieux riverains, où elle ne jouit également d’aucune protection juridique.
19(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Gold River, vallée de la Muchalat
2009
Bill Beese
InconnuEn 2009, l’espèce était présente, mais aucun dé­nom­bre­ment n’a été fait.Inconnue
(Inconnue)
Western Forest Products TFL 19
Degré de protection inconnu
20Colombie-Britannique,
Île de Vancouver, mont Cain, 14 km au nord-ouest du lac Schoen : à l’ouest de la branche MC400 TFL37, près de la parcelle de coupe DA102
200630 thalles30 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 37
Terres non protégées
21 (Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3733)
15 thalles15 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Terres non protégées
22(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3734)
6 thalles6 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone d’aménagement de forêt ancienne, sans protection juridique
23(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3740)
12 thalles12 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone de conservation des milieux riverains, sans protection juridique
24(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3738)
40 thalles40 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Inconnue)
Parc provincial de la rivière White, sauf la parcelle 3738, qui est dans Western Forest Products TFL 39.
Terres non protégées
25(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3889)
10 thalles10 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone d’aménagement de forêt ancienne, sans protection juridique
26(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3726)
30 thalles50 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone d’aménagement de forêt ancienne, sans protection juridique
27(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3888)
12 thalles12 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone d’aménagement de forêt ancienne, sans protection juridique
28(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3727)
50 thalles50 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Terres non protégées
29(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3751)
40 thalles40 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone de conservation des milieux riverains, sans protection juridique
30(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelles 3735 et 3736)
524 thalles
(500 dans la 3736; 24 dans la 3735)
524 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 3
La parcelle 3735 se trouve dans une zone de conservation des milieux riverains, où elle ne jouit cependant d’aucune protection juridique, et elle ne renferme que 24 thalles.
31(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3737)
27 thalles27 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone d’aménagement de forêt ancienne, sans protection juridique
32(Beese, 2009)
Île de Vancouver, région de Sayward
2009*
*Bill Beese et autres (parcelle 3739)
16 thalles16 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 39
Zone sauvage de conservation des arbres, sans protection juridique
33Île de Vancouver, au nord du lac Twaddle, 6 km au sud-ouest du pic Victoria, bloc N104, chemin W-79-D12007*
*Bill Beese et
Nels Nielsen
10 thalles10 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc; abattage par le vent à cause de l’effet de bordure)
Western Forest Products TFL 19
Wildlife Tree Patch
(réserve à long terme, mais sans protection juridique)
34(Beese, 2008)
Île de Vancouver, région de Gold River
2008*
*Bill Beese et autres (parcelles 3815, 3814, 3816, 3821, 3822, 3823 et 3830)
41 thalles41 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Trois des parcelles se trouvent dans une zone d’aménagement de forêt ancienne, où elles ne jouissent cependant d’aucune protection juridique.
Une autre parcelle se trouve dans une zone sauvage de conservation des arbres, où elle ne jouit également d’aucune protection juridique.
35Île de Vancouver, à l’ouest du ruisseau Elbow, 9 km au sud-est du pic Victoria, bloc Z17, chemin EB-82007*
*Bill Beese et Nels Nielsen
10 thalles10 thallesSans objet – visitée une seule fois; localité intacte (Google Earth, 2009)
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 19
Terres non protégées
36Île de Vancouver, rivière Clayquot1996
Bill Beese (parcelle temporaire OGS1996)
InconnuInconnuInconnue (observation visuelle)
(Inconnue)
Propriété incertaine
Situation incertaine
37(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, rivière White
2009*
Margaret Symon et autres (parcelle 3850)
20 thalles20 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 44
Terres non protégées
38(Beese, 2009)
Île de Vancouver, Port Alberni
2009*
Margaret Symon et autres (parcelles 3865 et 3894)
105 thalles105 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 44
Terres non protégées
39(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Bill Beese (parcelles 3741 et 3742)
172 thalles172 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL25
Terres non protégées
40(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Bill Beese et autres (parcelle 3754)
10 thalles10 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 25
Terres non protégées
41(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Bill Beese (parcelle 3753)
6 thalles6 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 25
Terres non protégées
42(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Bill Beese et Jeff Sandford (parcelles 3743, 3744, 3745 et 3746)
32 thalles32 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 25
Terres non protégées
43(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Bill Beese (parcelle 3750)
50 thalles50 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL25
Zone de conservation des milieux riverains, sans protection juridique
44(Beese, 2009)
Côte sud-ouest, vallée de la Stafford
2009*
Jeff Sandford (parcelle 3749)
40 thalles40 thallesSans objet – visitée une seule fois (Coupe à blanc)Western Forest Products TFL 25
Terres non protégées
45(Beese, 2009)
Partie continentale de la province, côte sud-ouest
2009*
Bill Beese (parcelles 3747 et 3748)
59 thalles59 thallesSans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL25
La parcelle 3747 se trouve dans une zone de conservation des milieux riverains, où elle ne jouit cependant d’aucune protection juridique; la parcelle 3748 ne jouit d’aucune protection.
46Île de Vancouver, région de Port Alice2005*
*Derek Woods
50 thalles50 thalles
« Pro­ba­ble­ment intacte » (D. Woods, comm. pers.)
Sans objet – visitée une seule fois
(Coupe à blanc)
Western Forest Products TFL 33
47Île de Vancouver, région de Port Alice2005*
*Derek Woods
25 thalles0 thalle
« Dans une emprise routière » (D. Woods, comm. pers.)
Sans objet – visitée une seule fois
(Population disparue)
Western Forest Products TFL 33
48Île de Vancouver, près du lac Fourth Nanaimo (voir premier rapport de Goward, 1996)1950InconnuProbablement 0 thallePopulation probablement disparue, à cause de la coupe à blanc (Google Earth, 2009)
(Probablement disparue)
Inconnu
49Île de Vancouver, région de Port Alice : Western Forest Products TFL 43-4312005*
*Derek Woods
1 thalle, dans la litière tombée des arbres0 thalleSans objet – visitée une seule fois, mais population disparue à cause de la coupe à blanc (Google Earth, 2009)
(Population disparue)
Western Forest Products TFL 43
Terres non protégées
50Région de Kitimat : extrémité ouest du chenal Douglas (voir premier rapport de Goward, 1996)1970InconnuInconnuNon revisitée, mais population probablement disparue, à cause de l’exploitation forestière (Google Earth, 2009).
(Disparition incertaine)
Propriété inconnue, mais terres probablement non protégées.
51Île de Vancouver, région de Port Alice2005*
*Derek Woods
150 thalles0 thallePopulation disparue, à cause de la coupe à blanc (Population disparue)Western Forest Products TFL 33

* Dans la colonne « Années d’observation », l’astérisque indique que le lichen a été signalé par un autre herborisateur que Trevor Goward. Cet herborisateur est spécifié après l’année.

Alors que le Pseudocyphellaria rainierensis est relativement fréquent aux États-Unis dans les monts Cascades (figure 2), son aire de répartition est très discontinue au Canada, sauf dans le nord de l’île de Vancouver (figure 3). Il serait tentant d’ignorer cette différence en prétextant que les activités de recherche ont dû être plus intenses aux États-Unis, où le P. rainierensis est une espèce ciblée (Lesher et al., 2003); en fait, les lichénologues canadiens ont porté une attention considérable à la présence et à la répartition des lichens dans la région côtière de la Colombie-Britannique (figure 4; voir également la section « Activités de recherche »). Les îles de la Reine-Charlotte (Haida Gwaii), par exemple, ont fait l’objet de relevés lichénologiques intensifs étalés sur plusieurs décennies, mais seulement trois localités de l’espèce ont été trouvées. Il est donc probable que la différence de fréquence observée entre le Canada et les États-Unis soit plutôt liée au fait que les milieux convenant à l’espèce sont beaucoup plus fréquents dans le sud que dans le nord, en partie parce que les arbres enrichis en éléments nutritifs y sont plus fréquents et qu’une compétition moindre y est exercée par les bryophytes arboricoles. De plus, dans la partie nord de la côte de la Colombie-Britannique, les pluies hivernales exceptionnellement abondantes ont sans doute pour effet de lessiver les cations solubles de l’écorce des arbres (Farmer et al., 1991), ce qui doit également contribuer à la répartition clairsemée du P. rainierensis. Par ailleurs, il est intéressant de noter que l’espèce est relativement commune surtout dans les parties de son aire où le sapin gracieux (Abies amabilis) et le cyprès jaune (Chamaecyparis nootkatensis) poussent ensemble (figure 2), comme on le verra plus loin.

Figure 4. Principales localités de récolte générale de macrolichens en Colombie-Britannique.

Carte des principales localités de récolte générale de macrolichens en Colombie-Britannique.

Note : Selon la définition de l’UICN (IUCN, 2001), le mot anglais location désigne une zone particulière du point de vue écologique et géographique dans laquelle un seul phénomène menaçant peut affecter rapidement tous les individus du taxon présent. Cependant, dans le corps du présent rapport, le rédacteur a jugé plus commode d’employer le mot locality, qui désigne une population séparée de toute autre population par au moins 1 km. Comme la principale menace pour le Pseudocyphellaria rainierensis est l’exploitation forestière, qui se pratique à une échelle inférieure à 1 km, et que la taille des parcelles de coupe est inconnue, il est difficile d’estimer le nombre exact de locations, mais il est probable que le nombre de locations est supérieur au nombre de localities. Dans la présente version française, le mot « localité » correspond à location dans le Résumé technique et le tableau 1 et à locality dans le reste du rapport.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Pseudocyphellaria rainierensis est un lichen arboricole (épiphyte) qui a été trouvé presque exclusivement sur les branches et le tronc de conifères des forêts très anciennes ayant joui d’une longue stabilité écologique. Au Canada, l’espèce colonise une gamme limitée d’arbres et d’arbustes, soit le sapin gracieux, le sapin subalpin (Abies lasiocarpa), l’épinette de Sitka (Picea sitchensis), le douglas (Pseudotsuga menziesii), le cyprès jaune, le thuya géant (Thuja plicata), la pruche de l’Ouest (Tsuga heterophylla), la pruche subalpine (Tsuga mertensiana) et l’if de l’Ouest (Taxus brevifolia). Dans le nord-ouest des États-Unis, l’espèce se rencontre sur un grand nombre d’autres arbres et arbustes (Sillett, 1997).

Comme les autres lichens arboricoles hébergeant un photobionte cyanobactérien – dans ce cas-ci sous forme de céphalodies –, le Pseudocyphellaria rainierensis peut être classé parmi les espèces exigeantes sur le plan nutritif (voir par exemple Gauslaa, 1995). En effet, il est probable que le P. rainierensis peut s’établir uniquement sur les arbres dont l’écorce a un pH supérieur à 5,0, car les écorces ayant un pH inférieur à 5,0 inhibent l’activité de la nitrogénase, ce qui décourage la colonisation. Comme les conifères de la famille des Pinacées ont généralement une écorce acide (Barkman, 1958), il faut un enrichissement exogène en éléments nutritifs pour que les cyanolichens puissent y vivre. Dans les forêts pluviales à hiver humide où se rencontre le P. rainierensis, ce type d’enrichissement est un phénomène plutôt localisé, car les pluies abondantes ont généralement pour effet d’enlever des éléments nutritifs du système (voir section précédente). Ce n’est que dans un petit nombre de milieux exceptionnellement capables de retenir les éléments nutritifs que ceux-ci s’accumulent régulièrement en quantité sans doute suffisante pour favoriser l’établissement de cyanolichens arboricoles. Ces milieux exceptionnels se forment généralement soit par interception d’aérosols marins, soit par absorption d’éléments nutritifs à partir d’un sol ou d’un substratum rocheux particulièrement riche. Les deux mécanismes sont associés au phénomène de la zone de dégouttement décrit par Goward et Arsenault (2000).

L’interception d’aérosols marins se produit notamment lorsque des conifères poussent dans la zone de dégouttement d’un grand cyprès jaune d’âge avancé. La grande taille et la forme pendante des branches du cyprès jaune semblent permettre une interception efficace des aérosols marins. Les aérosols portés par l’air sont d’abord capturés par les branches du cyprès, puis finissent par dégoutter de ces branches et être recapturés par les branches des conifères du sous-étage. Ce phénomène améliore l’état nutritif des arbres du sous-étage et favorise ainsi l’établissement du Pseudocyphellaria rainierensiset d’autres cyanolichens arboricoles. Le cyprès jaune lui-même héberge rarement le P. rainierensis, mais les vieux cyprès sont d’importance cruciale pour la persistance à long terme du lichen dans une bonne partie de son aire de répartition canadienne, car ils facilitent son établissement sur les arbres, et notamment sur les sapins gracieux, poussant dans la zone de dégouttement du cyprès jaune. Le fait que le P. rainierensis atteint une fréquence maximale dans les parties de son aire où se recoupent celles du cyprès jaune et du sapin gracieux (figure 2) semble révélateur d’une sorte de relation synergique (Goward, comm. pers., 2010).

Le deuxième mécanisme, soit l’absorption d’éléments nutritifs à partir d’un sol ou d’un substratum rocheux particulièrement riche, est surtout efficace dans les milieux récepteurs d’éléments nutritifs, notamment situés en pied de pente (Goward et Pojar, 1998) et avant tout dans des localités à substratum calcaire. Dans ces milieux, les éléments nutritifs semblent s’accumuler en « poches », d’où ils sont absorbés par les mycorhizes puis transportés vers l’étage supérieur, particulièrement par de grands cyprès jaunes d’âge avancé, mais également par de grands vieux sapins gracieux. Les éléments nutritifs finissent par être lessivés vers l’étage inférieur, ce qui crée un milieu chimiquement favorable au Pseudocyphellaria rainierensis. Comme on l’a déjà mentionné, ce phénomène est plus répandu dans la partie de l’aire de répartition située aux États-Unis, mais il demeure assez important dans le sud de la Colombie-Britannique, y compris dans l’île de Vancouver.

Le Pseudocyphellaria rainierensis est souvent considéré comme un cas exemplaire de lichen inféodé aux forêts anciennes (Sillett et Goward, 1998). La corrélation extraordinairement forte existant entre sa présence et celle de peuplements conifériens d’âge supérieur à 200 ou 300 ans s’explique sans doute par trois propriétés particulières de ces forêts. Premièrement, les forêts anciennes demeurent longtemps disponibles pour la colonisation – ce qui est d’importance considérable pour une espèce comme le P. rainierensis dont la dispersion est très inefficace sur de grandes distances. Deuxièmement, ces forêts ont une structure ouverte, stable et inéquienne qui favorise la propagation du P. rainierensis à l’intérieur de chaque forêt (Franklin et al., 1981), bien que cette propagation demeure très lente (voir par exemple Sillett, 1997).

Troisièmement, la capacité des conifères d’intercepter les aérosols marins et d’absorber les éléments nutritifs semble augmenter avec l’âge de l’arbre, sans doute en raison d’une augmentation parallèle de la superficie de couvert, dans le cas de l’interception, et d’une augmentation graduelle des réserves d’éléments nutritifs au cours de la vie de l’arbre, dans le cas de l’absorption.

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Tendances en matière d'habitat

Comme il a été mentionné plus haut, la répartition canadienne du Pseudocyphellaria rainierensis est limitée par les exigences strictes de l’espèce, qui a besoin d’un ensemble complexe de facteurs écologiques. Ces facteurs semblent être : (1) la proximité relative de l’océan; (2) un climat frais et humide; (3) des conditions environnementales stables; (4) une altitude inférieure à 800 ou 900 m; (5) un enrichissement marqué en éléments nutritifs; (6) une compétition faible à modérée de la part des bryophytes arboricoles. Seuls les peuplements forestiers satisfaisant à tous ces critères ont de bonnes chances de renfermer des microhabitats pouvant être colonisés par le P. rainierensis – et même en pareil cas, l’espèce peut fort bien être absente, à cause de sa capacité extrêmement faible de dispersion (voir ci-dessous).

Depuis la parution du premier rapport de situation du COSEPAC sur le Pseudocyphellaria rainierensis, vers le milieu des années 1990 (Goward, 1996), 48 nouvelles localités ont été répertoriées en Colombie-Britannique (tableau 1), ce qui porte à 51 le nombre total de localités connues. Cependant, quatre (ou peut-être cinq) de ces localités ont par la suite subi une coupe à blanc et n’hébergent donc plus l’espèce. Par ailleurs, 18 localités se trouvent dans des « zones sauvages de conservation des arbres » (Wildlife Tree Retention Areas, ou WTRA), des « zones d’aménagement de forêt ancienne » (Oldgrowth Management Areas) ou des « zones de conservation des milieux riverains » (Riparian Reserve Zones), mais la protection de ces zones n’est pas garantie par la loi. Ainsi, selon Beese (2010), tous les types de réserves ont des exigences juridiques, mais il faut se rappeler qu’elles offrent des degrés fort variés de « protection » au P. rainierensis, allant d’une protection en principe permanente (cas des parcs) à une simple possibilité de remplacement par des superficies équivalentes (cas des WTRA); elles peuvent même être exposées à un risque de modification des règlements par le gouvernement. Enfin, si on exclut les localités situées dans des parcs ou des zones protégées, il reste 21 localités où la coupe est permise, et on ne sait pas à qui appartiennent les 7 localités restantes.

Il est manifeste que de nombreuses forêts anciennes hébergeant le Pseudocyphellaria rainierensis sont en train d’être détruites par l’industrie forestière – avant même qu’on ait eu le temps d’y répertorier l’espèce. Dans la majorité des localités où le P. rainierensis a été observé depuis 2003, cette espèce persiste dans des îlots de forêt résiduelle plus ou moins entourés d’une mosaïque de parcelles de coupe récentes, ce qui l’expose fortement aux effets de bordure (figure 5). Il existe seulement quelques zones protégées où la forêt ancienne d’origine est demeurée intacte (voir ci-dessous).

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Protection et propriété

Parmi les 51 localités canadiennes où le Pseudocyphellaria rainierensis a été répertorié, seulement 5 sont situées dans des zones protégées en permanence contre toute intervention humaine, à l’intérieur d’un parc national et de parcs provinciaux (tableau 1). Dix-huit autres localités sont situées, entièrement ou partiellement, sur des terres qui sont protégées contre l’exploitation forestière mais où cette protection n’est pas garantie par la loi (zones sauvages de conservation des arbres, zones d’aménagement de forêt ancienne et zones de conservation des milieux riverains).

Figure 5.   Vue aérienne de la localité 51. Cette localité est ici appelée « Site 19 ». Noter les signes de coupe à blanc sur de grandes superficies. Le Pseudocyphellaria rainierensis est confiné à des « îlots » de forêt ancienne dans un « océan » de parcelles de coupe à blanc de divers âges. Dans le nord de l’île de Vancouver, toutes les localités connues de l’espèce sont exposées à des degrés semblables de perte d’habitat.

Photo aérienne de la localité 19 montrant des signes de coupe à blanc sur de grandes superficies. Le Pseudocyphellaria rainierensis est confiné à des petits « îlots » de forêt ancienne dans un « océan » de parcelles de coupe à blanc de divers âges.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Le Pseudocyphellaria rainierensis est une espèce asexuée qui se reproduit par production et dissémination de fragments de thalle. En général, ces fragments sont des lobules marginaux, mais certains thalles produisent également des isidies laminales, particulièrement dans le cas des populations des États de Washington et de l’Orégon (Sillett et Goward, 1998). Le fait que la reproduction exige de gros fragments de thalle avec cortex peut favoriser le succès reproducteur au stade de l’établissement, en éliminant la nécessité d’une nouvelle synthèse lichénique et en faisant démarrer directement la nouvelle génération à partir des réserves de carbone du thalle. Quoi qu’il en soit, le P. rainierensis semble mieux adapté que la plupart des cyanolichens à la colonisation de tapis de mousses épiphytes (Sillett et McCune, 1998).

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Herbivores

Des signes de broutage du cortex par des invertébrés ont été observés chez quelques thalles de Pseudocyphellaria rainierensis. Cependant, les herbivores ne semblent pas jouer un rôle important dans le cycle vital de l’espèce.

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Physiologie

Les recherches sur l’écophysiologie du Pseudocyphellaria rainierensis ne font que débuter. Cependant, certaines expériences simples de transplantation semblent indiquer que l’espèce ne pousse pas bien à l’ombre ou en plein soleil, par exemple dans les parcelles de coupe à blanc (Sillett et McCune, 1998). Tout comme le Lobaria pulmonaria et d’autres cyanolichens secondaires (espèces ayant une algue verte comme photobionte principal), le P. rainierensis est sans doute capable, à tout le moins par temps frais, de réaliser un taux positif de photosynthèse nette lorsque l’humidité relative est d’à peine environ 80 %.

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Dispersion

Le Pseudocyphellaria rainierensis est une espèce asexuée qui se reproduit exclusivement par production et dissémination de lobules marginaux et, dans certains cas, de grosses isidies granuleuses. Comme les lobules et les isidies sont relativement lourds, ils n’atteignent généralement que de faibles distances à partir du thalle parent, ce qui explique la répartition fortement discontinue de l’espèce (Sillett et McCune, 1998). Il n’y a que le nord de l’île de Vancouver où le P. rainierensis est présent en fréquence suffisante (Beese, 2008, 2009) pour qu’on puisse supposer l’existence antérieure d’une population assez continue. Cependant, cette continuité spatiale éventuelle a été en majeure partie profondément segmentée par une longue série de coupes à blanc (figure 5).

Même dans le cas où un lobule ou une isidie réussit à atteindre une nouvelle localité, il faut que cette propagule atterrisse et se fixe sur une portion de branche ou de tronc présentant des conditions acceptables d’éclairement, d’exposition à l’humectation, de stabilité écologique et, dans le cas des conifères, d’enrichissement en éléments nutritifs. Les trois premières de ces exigences sont faciles à satisfaire dans la plupart des forêts anciennes, tandis que la quatrième – l’enrichissement – constitue un facteur limitatif pour l’espèce et doit également contribuer à sa répartition très discontinue.

Pourtant, des cas de dispersion à grande distance surviennent certainement de temps à autre chez le Pseudocyphellaria rainierensis, et c’est ce qui a dû arriver, par exemple, à la fin de la glaciation Fraser, lorsque l’espèce a commencé à migrer vers le nord et à pénétrer au Canada à partir de refuges glaciaires situés dans le nord-ouest des États-Unis. À cet égard, il est intéressant de constater que l’espèce est relativement fréquente dans le nord de l’île de Vancouver (30 localités; voir également Beese, 2008, 2009), alors qu’elle est manifestement rare dans les îles de la Reine-Charlotte (3 localités). Il est possible que la rareté relative du P. rainierensis dans les parties nord de son aire, et notamment dans les îles de la Reine-Charlotte, soit au moins en partie attribuable à l’absence de son hôte principal, le sapin gracieux, dans ces secteurs (figure 2), ainsi qu’à l’arrivée relativement récente de son principal facilitateur, le cyprès jaune (voir ci-dessous).

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Relations interspécifiques

On sait peu de choses sur les relations interspécifiques du Pseudocyphellaria rainierensis, si ce n’est sa dépendance évidente à l’égard du sapin gracieux, qui est son hôte principal dans la plus grande partie de l’aire de répartition du lichen. Il faut également noter l’importance des grands cyprès jaunes d’âge avancé. Cet arbre est rarement hôte du P. rainierensis, mais il améliore le pH de l’écorce des conifères poussant dans sa zone de dégouttement, ce qui favorise l’établissement du lichen dans des régions acides qui autrement ne pourraient pas lui convenir. D’ailleurs, il est intéressant de constater que l’aire de répartition du P. rainierensis recoupe fortement celle du sapin gracieux et tout spécialement celle du cyprès jaune (figure 2).

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Adaptabilité

Le Pseudocyphellaria rainierensis a besoin de conifères jouissant d’un enrichissement en éléments nutritifs, et les conséquences de cette niche écologique très étroite sont exacerbées par la capacité de dispersion médiocre du lichen. Dans l’ensemble de l’aire de répartition du P. rainierensis, peu d’autres macrolichens dépendent autant de la présence de forêts anciennes. Étant donné la faible capacité du P. rainierensis à s’adapter aux conditions changeantes de l’environnement, il est extrêmement improbable qu’il puisse s’établir dans les plantations forestières de l’avenir, même si Sillett et McCune (1998) ont observé chez ce lichen des taux de croissance respectables dans un jeune peuplement issu d’une coupe à blanc, en Oregon. Il faut ici souligner qu’une telle compatibilité physiologique à court terme ne signifie aucunement que le lichen pourra survivre à long terme, notamment dans le cas de jeunes peuplements conifériens en régénération, où les conditions de chaque microsite se modifient continuellement avec la croissance rapide du couvert forestier. Donc, même si certaines situations particulières semblent indiquer que le P. rainierensis pourrait persister dans les jeunes plantations, il faut se rappeler que l’espèce n’a pratiquement jamais été trouvée dans de jeunes forêts naturelles, dans toute son aire de répartition.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La première récolte canadienne du Pseudocyphellaria rainierensis a été faite en 1950, près du lac Fourth Nanaimo, dans l’île de Vancouver (Ohlsson, 1973). Par la suite, les régions côtières de la Colombie-Britannique ont fait l’objet d’une attention considérable de la part des lichénologues (figure 4). Des relevés de grande envergure ont été réalisés, particulièrement dans les îles de la Reine-Charlotte (Brodo, 1995), dans le sud-est de l’île de Vancouver (Noble, 1982), dans le sud-ouest de l’île de Vancouver (Goward, récoltes inédites) et à l’île Saltspring (Bird et Bird, 1973). Vers 1970, Karl Ohlsson a herborisé pendant plusieurs semaines tout le long de la côte de la Colombie-Britanique (Ohlsson, 1973). Au début des années 1990, Trevor Goward a recherché de manière ciblée le P. rainierensis et d’autres cyanolichens rares, dans 145 forêts pluviales de la côte et de l’intérieur (Goward, 1994). Depuis, Goward a effectué plusieurs relevés lichénologiques à l’intérieur de l’aire de répartition du P. rainierensis, notamment dans le sud-ouest, le centre et le nord de l’île de Vancouver, dans la région de Terrace, dans la vallée de la Kispiox et dans le sud de l’île Moresby (figure 4). Au cours des dernières années, d’autres lichénologues ont cherché l’espèce dans le cadre de leurs travaux : Curtis Bjork, dans les vallées de la Homathko, de la Southgate et de la Toba ainsi que dans la région de Vancouver, dans le canyon du Bas-Fraser et aux environs de Whistler; Terry McIntosh et Curtis Bjork, dans la vallée supérieure de la Chilliwack; Karen McKeown, dans les îles Porcher, Pitt, Grief, Yeo, Cunningham et King ainsi que dans les régions de Prince Rupert et de Bella Bella; Patrick Williston, dans les régions de Tulsequah, de Prince Rupert et de Stewart ainsi qu’à l’île Porcher; Derek Woods et particulièrement Bill Beese (2008, 2009), dans le nord de l’île de Vancouver et dans les régions continentales voisines; Kenneth G. Wright, dans diverses autres régions de l’île de Vancouver. Or, malgré toutes ces recherches, le P. rainierensis n’a été observé que dans six localités jusqu’en 1994 (Goward, 1996), et sa présence a été signalée pour la première fois ou confirmée dans seulement 40 localités depuis 2003. Il faut aussi souligner que 30 de ces localités ont été découvertes dans le cadre de plusieurs semaines de relevés intensifs menés par Bill Beese et ses collègues dans le nord de l’île de Vancouver et dans les régions continentales voisines.

Comme il a été mentionné précédemment, le cyprès jaune semble faciliter l’établissement du Pseudocyphellaria rainierensis, et cette relation explique en partie le chevauchement prononcé des aires de répartition de ces deux espèces (figure 2). Or, si on compare ces aires à la répartition des activités de recherche de lichens en Colombie-Britannique (figure 4), on peut constater une vaste lacune dans les connaissances existant sur la présence des lichens dans la partie nord de la côte de la Colombie-Britannique. On peut donc se demander si le P. rainierensis ne finira pas par s’avérer relativement commun dans ce secteur. En fait, c’est peu probable, pour deux raisons : premièrement, le nord de la côte repose en grande partie sur le Coastal Crystalline Belt, zone de roches cristallines très siliceuses où le P. rainierensis n’a jamais été signalé, même dans d’autres régions, sans doute à cause de ses exigences en éléments nutritifs; deuxièmement, les pluies hivernales sont abondantes dans la région, ce qui doit avoir pour effet d’acidifier l’écorce des arbres (Farmer et al., 1991) – cette observation vaut également pour la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte, où le P. rainierensis semble absent. La rareté évidente du lichen sur la côte est de cet archipel (où il a été signalé dans seulement 3 localités) semble être liée à l’absence du sapin gracieux (voir plus haut).

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Abondance

La plus grande partie de l’aire de répartition canadienne du Pseudocyphellaria rainierensis se caractérise par une distribution fortement discontinue de l’espèce, autant à l’échelle des régions qu’à l’échelle des peuplements. Dans de nombreuses localités, l’espèce n’est présente que sur un ou quelques arbres. Les localités 10 et 29 font exception à cet égard, l’espèce y étant relativement abondante, avec respectivement 515 et 524 thalles répertoriés. La plupart des autres populations ne comptent que 10 à 30 thalles. Ailleurs, dans les forêts ombragées, le lichen peut se rencontrer exclusivement dans l’étage moyen du couvert forestier, où sa présence n’est détectée que dans la litière tombée des arbres. Trois des 16  localités répertoriées dans le présent rapport, les localités 7, 9 et 49, appartiennent à cette catégorie, et le P. rainierensis n’y a pas été signalé au cours des dernières années.

Si on ne tient compte que des 41 localités canadiennes ayant été confirmées depuis 2003, le Pseudocyphellaria rainierensis compte en tout au Canada plus de 2 277 thalles (voir sommaire du tableau 1). Ces effectifs modestes donnent une importance particulière à la destruction récente, par une coupe à blanc, de la localité 51, qui renfermait au moins 150 thalles. On peut donc dire qu’au moins 6 % des thalles dénombrés au pays depuis 2003 ont par la suite été détruits par cette seule opération de récolte, ce qui est d’autant plus préoccupant que la société d’exploitation forestière avait été prévenue de la présence de cette colonie remarquable durant la planification des parcelles de coupe (Derek Woods, comm. pers., 2009). Pire encore, seulement 40 de tous les thalles répertoriés depuis 2003 sont situés sur des terres finalement disponibles pour l’exploitation forestière, y compris les réserves, les zones de conservation des arbres et les zones d’aménagement.

Il est remarquable que la vaste majorité des localités canadiennes où la présence du Pseudocyphellaria rainierensis est actuellement connue soient situées dans le nord-ouest de l’île de Vancouver. Cette anomalie s’explique en grande partie par les efforts de recherche de Derek Woods et particulièrement de Bill Beese (2008, 2009), qui ont clairement démontré que le P. rainierensis est moins rare dans le nord de l’île qu’on ne le croyait auparavant.

Le Pseudocyphellaria rainierensis a peut-être déjà été relativement répandu dans tout l’ouest de l’île de Vancouver – comme semble l’indiquer sa présence antérieure dans la région des lacs de Nanaimo (49 °N). En pareil cas, son absence (ou son absence apparente) au sud du 50e parallèle environ peut probablement être attribuée à la perte d’habitat due à l’exploitation forestière à grande échelle. Un processus semblable d’exploitation est maintenant bien enclenché dans le nord de l’île, au nord de Campbell River. Selon les statistiques disponibles, près de la moitié (156 000 ha sur 328 000) de la superficie de forêts anciennes se trouvant dans les limites horizontales et altitudinales de l’aire de répartition du P. rainierensis a maintenant été récoltée (Dave Leversee, comm. pers., 2009). La majorité des autres sites à indice élevé convenant particulièrement à ce lichen exigeant sur le plan nutritif font l’objet de projets d’exploitation pour les années à venir. À cet égard, il convient de souligner que la plus grande partie de l’abattage d’arbres, dans le nord de l’île de Vancouver, est survenu au cours des 25 dernières années (figure 5).

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Fluctuations et tendances

La présente étude a permis de constater la disparition, au cours de la dernière décennie, de 4 localités hébergeant le Pseudocyphellaria rainierensis – dont une de ses plus grandes populations canadiennes connues. Dans l’avenir, la destruction continue de forêts anciennes de conifères sur la côte de la Colombie-Britannique provoquera certainement une fragmentation encore plus grande de la population canadienne du lichen. Or, plus encore que le nombre réel de populations reliques de cette espèce, c’est leur taille et, pire encore, leur isolement de plus en plus prononcé qui soulèvent des craintes. En effet, comme d’une part le P. rainierensis est presque exclusivement confiné aux forêts anciennes – même dans le nord-ouest des États-Unis l’espèce n’a jamais été trouvée dans des forêts de moins de 140 ans environ (Sillett et Goward, 1998) – et comme d’autre part on projette d’exploiter ces forêts selon une rotation de 100 à 120 ans, la destruction de l’habitat par la coupe forestière limite essentiellement la capacité de l’espèce de coloniser de nouveaux arbres ayant atteint l’âge requis. 

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Immigration de source externe

Il a été établi, notamment par Sillett et McCune (1998), que le Pseudocyphellaria rainierensis est peu adapté à la dispersion à longue distance. Par conséquent, en cas de disparition de l’espèce dans toute portion appréciable de son aire de répartition canadienne, par exemple à cause de l’élimination de la forêt, il est peu probable que cette perte puisse être compensée par un recrutement naturel à partir de populations plus viables situées aux États-Unis. Même si on finissait par permettre aux jeunes plantations actuelles d’atteindre le stade de forêts anciennes, il serait extrêmement improbable que le P. rainierensis arrive à atteindre ces écosystèmes, à tout le moins en l’absence de corridors de dispersion plus ou moins continus. Il faut aussi se rappeler que l’espèce, aux États-Unis, est confinée aux monts Cascades, ce qui crée une discontinuité longitudinale entre les populations de ce pays et les zones du Canada où les conditions climatiques conviennent à l’espèce.

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Facteurs limitatifs et menaces

Selon les données actuellement disponibles, le Pseudocyphellaria rainierensis pousse sur un seul arbre, ou sur à peine quelques-uns, dans chacune des 41 localités canadiennes où il a été récemment répertorié. Pour cette raison, et parce que la population canadienne totale compte seulement 2 293 thalles connus, la conservation des localités actuelles est de première importance pour la survie à long terme de l’espèce au Canada. Il faut se rappeler que seulement deux des populations canadiennes du P. rainierensis sont situées dans des zones protégées, les autres se trouvant sur des terres de la Couronne actuellement disponibles pour l’extraction de ressources. Jusqu’à présent, l’espèce est disparue (ou semble être disparue) de 6 des 51 localités canadiennes où elle a déjà été répertoriée, et la cause directe de ces disparitions est l’exploitation forestière.

Comme le Pseudocyphellaria rainierensis ne pousse que sur les arbres de forêts anciennes, il est manifeste que l’espèce est extrêmement sensible aux activités humaines, et particulièrement à l’exploitation forestière. De plus, comme l’espèce à une capacité extrêmement faible de dispersion, même à distance moyenne, rien n’indique que les localités en voie d’être détruites par l’extraction des ressources puissent être compensées par la colonisation rapide de nouvelles localités.

On sait également que le changement climatique planétaire a probablement un effet nuisible sur le Pseudocyphellaria rainierensis, compte tenu particulièrement de l’importance et de la fréquence accrues des tempêtes de vent, des incendies de forêt, des infestations d’insectes et des autres facteurs dynamiques brisant la continuité écologique des peuplements. D’ailleurs, la capacité de l’espèce de se maintenir avec le temps sera gravement compromise par la disparition progressive des populations sources à partir desquelles elle pourrait se disperser vers d’autres localités lui convenant. Si ces tendances prévues se concrétisent, la destruction progressive de l’habitat par la coupe à blanc aura sûrement pour effet de les exacerber.

En résumé, l’exploitation forestière à l’échelle industrielle constitue de loin la principale menace pour la survie du Pseudocyphellaria rainierensis au Canada. Selon Lesher et al. (2003), même les éclaircies pratiquées dans le cadre des coupes de jardinage constituent probablement une menace pour l’espèce. Dans les vallées, la persistance du P. rainierensisexigera de plus en plus des stratégies d’aménagement favorisant le maintien de peuplements anciens riches situés en pied de pente, tandis que sur les versants elle exigera la conservation de peuplements anciens non perturbés comportant encore de grands cyprès jaunes d’âge avancé. À une échelle plus locale, l’accroissement des activités minières et particulièrement de l’extraction d’agrégats, dans les régions côtières de la Colombie-Britannique, présente une menace additionnelle, de même que la construction des infrastructures reliées au développement hydroélectrique à petite échelle, comme dans le cas de la localité 5 (tableau 1; Patrick Williston, comm. pers., 2009; voir également Goward et Bjork, 2009).

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Importance de l'espèce

Des recherches récentes semblent indiquer que le composant fongique du Pseudocyphellaria rainierensis est isolé sur le plan phylogénétique; ce champignon est apparemment le seul survivant d’une ancienne lignée qui est davantage apparentée au genre Lobaria qu’au genre Pseudocyphellaria. Le P. rainierensis est également un élément caractéristique des plus anciens peuplements de la forêt pluviale tempérée de l’ouest de l’Amérique du Nord. Par ailleurs, l’espèce produit un type très spécialisé et peut-être unique de plate-forme isidiée (ou « isidialie »), ce qui présente un intérêt considérable pour les spécialistes de la morphologie des lichens. Enfin, comme le P. rainierensis produit des céphalodies renfermant des algues bleues fixatrices d’azote, il contribue peut-être au cycle de l’azote, bien que de façon minime, à tout le moins dans l’écosystème de certaines forêts anciennes.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Parmi les 51 localités où la présence du Pseudocyphellaria rainierensis a déjà été signalée, seulement 5 se trouvent dans des zones protégées. Une de ces zones est de juridiction fédérale, la Réserve de parc national Gwaii Haanas, tandis que les 4 autres sont des parcs provinciaux, le parc provincial du lac Chilliwack, le parc provincial de la rivière White, le parc provincial de la péninsule Brooks et le parc provincial Naikoon (tableau 1). Il faut cependant ajouter que parmi ces 5 populations, seules celles du parc de la rivière White et du parc Gwaii Haanas faisaient l’objet d’une confirmation récente en 2003. La population du lac Chilliwack a été cherchée en 2007 mais n’a pas été retrouvée. À cause de problèmes d’accès, la situation des deux autres populations demeure inconnue. Dans le nord de l’île de Vancouver, 18 autres populations jouissent d’une certaine protection, mais non d’une protection juridique, à l’intérieur de zones sauvages de conservation des arbres (7 pop.), de zones d’aménagement de forêt ancienne (6 pop.) et de zones de conservation des milieux riverains (5 pop.). Donc, parmi les 41 localités canadiennes où la présence du P. rainierensis a été confirmée récemment, seulement deux ne se trouvent pas sur des terres publiques qui pourraient un jour être affectées à l’extraction de ressources.

À l’échelle de la Colombie-Britannique, la cote de conservation S1 a été attribuée au Pseudocyphellaria rainierensis (Goward et al., 1998). À l’échelle du Canada, le COSEPAC lui a attribué le statut d’espèce préoccupante. En Oregon, où le plus grand nombre de localités de l’espèce ont été répertoriées (voir par exemple Derr et al., 2003), on lui a attribué la cote S3 dans le cadre du programme de protection du patrimoine naturel de cet État (Oregon Natural Heritage Program). Les programmes analogues de l’Alaska et de l’État de Washington n’ont pas encore publié de sommaire sur le statut des lichens. À l’échelle mondiale, NatureServe attribue actuellement à l’espèce la cote G3/G4, qui ne rend manifestement pas compte de sa rareté réelle.

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Résumé technique

Pseudocyphellaria rainierensis Imsh.

Pseudocyphellie des forêts surannée – Oldgrowth Specklebelly Lichen
Répartition canadienne : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée) Inconnue
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq ans ou deux générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de
[la réduction ou l’augmentation] du nombre total
d’individus matures au cours des [dix dernières années
ou trois dernières générations]
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de
[la réduction ou l’augmentation] du nombre total
d’individus matures au cours de toute période de
[dix ans ou trois générations] couvrant une période
antérieure et ultérieure
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? C’est peu probable. Comme le taux d’établissement varie considérablement d’une année à l’autre, selon les conditions météorologiques, il est probable que le nombre de thalles matures fluctue, mais on ne sait pas jusqu’à quel point.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence 183 000 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO). 216 km²
La population totale est-elle très fragmentée? C’est peu probable. On ne sait pas si les milieux situés entre les localités sont inadéquats et inoccupés. La capacité de dispersion de l’espèce est médiocre.
Nombre de « localités » 47 localités (si on exclut les 4 localités d’où l’espèce est disparue)
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de la zone d’occurrence?
Peut-être, principalement à cause de la destruction progressive des forêts anciennes, mais probablement aussi à cause du changement climatique.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de l’indice de la zone d'occupation?
Peut-être, à cause de la perte d’habitat due à l’exploitation forestière industrielle.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de populations?
Peut-être. Le nombre d’individus matures est en déclin, à cause de la destruction d’arbres hôtes et de forêts anciennes abritant de tels arbres.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de localités?
Peut-être. Six localités sont disparues depuis 2003, mais de nombreuses autres ont été découvertes depuis 2008.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
On ne sait pas, mais on peut présumer qu’il y a déclin, étant donné la destruction de forêts anciennes par l’exploitation forestière.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Inconnues
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence? Inconnues
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d’occupation? Inconnues

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Population Voir tableau 1.
Total Au moins 2 277 thalles matures.

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Données non disponibles pour une analyse de la viabilité des populations

Menaces (menaces réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

  1. Destructions de forêts anciennes par la coupe à blanc.
  2. Changement climatique : les conditions plus chaudes et plus sèches nuisent à l’établissement de l’espèce.   

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l'extérieur? S3 (Orégon)
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnue et peu probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Oui
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les immigrants? Oui, mais cet habitat est en déclin, et il est peu probable qu’il soit accessible pour l’établissement de l’espèce par dispersion à grande distance.
La possibilité d'une immigration à partir de populations externes existe-t-elle? Peu probable.

Statut existant

COSEPAC : espèce préoccupante (1996, 2010)
Autres sources de renseignements : aucune.
Statut : Espèce préoccupante
Critères finaux : s.o.
Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en avril 2010.
Justification de la désignation :
Ce lichen foliacé arboricole est endémique aux vieilles forêts pluviales de l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce se limite à des secteurs bordant ou avoisinant le littoral sud de la Colombie-Britannique. La récente découverte de mentions additionnelles a seulement permis d’élargir légèrement l’aire d’occurrence connue, et l’espèce demeure menacée par la perte continue des vieilles forêts causée par la coupe à blanc. La faible capacité de dispersion de ses propagules lourds contribue à sa rareté, tout comme sa répartition restreinte aux milieux très riches en éléments nutritifs, comme la zone de dégouttement des vieux cyprès jaunes, les pieds de talus et les forêts littorales abritées. Ce lichen présente une répartition généralement discontinue et ne colonise qu’un très faible nombre d’arbres dans les peuplements où il est établi.

Applicabilité des critères

Critère A :
Sans objet. Un déclin passé a été observé, et on présume que le déclin se poursuit, mais on ne connaît pas le taux de ce déclin à cause de la découverte de nouvelles populations.

Critère B :
Ne correspond pas à ce critère, car la population n’est pas gravement fragmentée (on ne sait pas si l’espèce est présente dans les superficies d’habitat potentiel se trouvant entre de nombreuses localités, lesquelles superficies pourraient convenir à l’espèce et être rapprochées les unes des autres), et il n’y a pas de fluctuations extrêmes du nombre de populations.

Critère C :
Sans objet. Les résultats des relevés récents semblent indiquer que des relevés supplémentaires pourraient permettre de porter à plus de 10 000 le nombre de thalles connus.

Critère D :
Sans objet. L’effectif total (plus de 2 277) dépasse le seuil fixé pour le statut d’espèce menacée, tandis que l’IZO (216 km²) et le nombre de localités (47) dépassent les seuils fixés aux termes du sous-critère D2 d’espèce menacée.

Critère E :
Données non disponibles pour une analyse de la viabilité des populations.

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Remerciements et experts consultés

De nombreuses personnes ont fourni de l’aide pour le présent rapport. Kenneth G. Wright, Andy MacKinnon et Bill Beese ont participé aux travaux de terrain de 2003 à 2006. Derek Woods a généreusement mis ses récoltes de Pseudocyphellaria rainierensis à la disposition du rédacteur et a fourni de l’information cruciale sur la répartition de l’espèce dans le nord de l’île de Vancouver. Curtis Bjork, Irwin Brodo, Terry McIntosh, Karen McKeown, Toby Spribille, Patrick Williston et Kenneth G. Wright ont tous eu la gentillesse d’essayer de repérer le P. rainierensis durant leurs excursions récentes sur la côte de la Colombie-Britannique. Olivia Lee, de l’herbier UBC, et Pak Yau Wong, de l’herbier CANM, ont généreusement répondu aux demandes de renseignements concernant les spécimens déposés dans leurs établissements respectifs. Jason Hollinger, Chris Roosenboom et Patrick Williston ont relu et commenté une ébauche du présent rapport. Jenny Wu et Alain Filion, du Secrétariat du COSEPAC, ont dressé les cartes des figures 2, figure 3"3 et figure 44. Margaret Symon a gracieusement fourni les photos apparaissant à la figure 1 et en page couverture. Nous tenons tout spécialement à remercier Chris Roosenboom pour son soutien technique lors des toutes premières étapes de la préparation du rapport. Nous remercions également Dave Leversee, du Sierra Club de la Colombie-Britannique, qui a fourni des statistiques sur la progression des taux d’exploitation de forêts anciennes dans le nord de l’île de Vancouver. Le rédacteur tient enfin à remercier les membres du Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens du COSEPAC. Environnement Canada a fourni un financement visant à compenser le coût des travaux de terrain et de la préparation du rapport.

Beese, Bill. 2007, 2008, 2009. Écologiste des forêts, Western Forest Products, Campbell River (Colombie-Britannique).

Bjork, Curtis. 2007. Taxinomiste des plantes et des lichens, spécialiste des lichens épiphytes crustacés, consultant, Université de l’Idaho, Moscow (Idaho).

MacKinnon, Andy. 2006. Écologiste chargé de recherches, B.C. Forest Service, Coast Forest Region, Nanaimo (Colombie-Britannique).

McIntosh, Terry. 2007. Taxinomiste des mousses, consultant, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique).

McKeown, Karen. 2007. Technicienne forestière, B.C. Forest Service, Coast Forest Region, Smithers (Colombie-Britannique).

Spribille, Toby. 2007. Taxinomiste des lichens, spécialiste des lichens épiphytes crustacés, étudiant au doctorat, Université de Göttingen, Göttingen, Allemagne.

Tønsberg, Tor. 2006. Taxinomiste des lichens, spécialiste des lichens épiphytes rares de la côte ouest de l’Amérique du Nord, Université de Bergen, Norvège.

Williston, Patrick. 2007. Botaniste, consultant, Smithers (Colombie-Britannique).

Woods, Derek. 2007. Étudiant en foresterie (ancien), Université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique).

Wright, Kenneth G. 2007. Naturaliste, consultant, Lillooet (Colombie-Britannique).

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Sources d’information

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Beese, W.J. 2008. Old-growth Specklebelly Lichen Survey, FIA LBIP Project # 6743006 (TFL 6) and 6746008 (TFL 19), Campbell River, rapport inédit.

Beese, W.J. 2009. Old-growth Specklebelly Lichen Survey, FIA LBIP Project # 6896001 (TFL 25) and 6903007 (TFL 39), Campbell River, rapport inédit.

Bird, C.D., et R.D. Bird. 1973. Lichens of Saltspring Island, British Columbia, Syesis 6:57-80.

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Derr, C.C., R.D. Lesher, L.H. Geiser et M.M. Stein. 2003. Amendment to the Survey protocol for survey and manage category A & C lichens in the Northwest Forest Plan Area, Version 2.1 Amendment, September 2003, USDA Forest Service and Bureau of Land Management, R6-N4-S&M-TP-09-03, 40 pages.

Esslinger, T.L. 2009. A cumulative checklist for the lichen-forming, lichenicolous and allied fungi of the continental United States and Canada, North Dakota State University (en anglais seulement) (plus récente version (No. 15), le 27 août 2009).

Farmer, A.M., J.W. Bates et J.N.B. Bell. 1991. Seasonal variations in acidic pollutant inputs and their effects on the chemistry of stemflow, bark and epiphyte tissues in three oak woodlands in N.W. Britain, New Phytologist 118:441-451.

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Lumbsch, H.T., et S.M. Huhndorf (éd.). 2007. Outline of Ascomycota – 2007, Myconet 13:1-58.

Meidinger, D., et J. Pojar. 1991. Ecosystems of British Columbia, British Columbia Ministry of Forests, Special Report Series 6: 1-330, Victoria.

Miadlikowska, J., et F. Lutzoni. 2004. Phylogenetic classification of Peltigeralean fungi (Peltigerales, Ascomycota) based on Ribosomal RNA small and large subunits, American Journal of Botany 91:449-464.

Noble, W.J. 1982. The lichens of the coastal Douglas-fir Dry Subzone of British Columbia, thèse de doctorat, University of British Columbia, Vancouver, 942 p.

Ohlsson, K.E. 1973. New and interesting macrolichens of British Columbia, The Bryologist 76:366-387.

Sillett, S.C. 1994. Growth rates of two epiphytic cyanolichen species at the edge and in the interior of a 700-year-old Douglas Fir forest in the western Cascades of Oregon, The Bryologist 97:321-324.

Sillett, S.C. 1997. Distribution and ecology of Pseudocyphellaria rainierensis, an epiphytic cyanolichen endemic to the Pacific Northwest, pages 254-260, in T.N. Kaye, A. Liston, R.M. Love, D. Luoma, R.J. Meinke et M.V. Wilson (éd.), Conservations and management of Oregon's native flora and fungi, Oregon State University Press, Corvallis (Oregon).

Sillett, S.C., et T. Goward. 1998. Ecology and conservation of Pseudocyphellaria rainierensis, a Pacific Northwest endemic lichen, pages 377-388, in M.G. Glenn, R.C. Harris, R. Dirig et M.S. Cole (éd.), Lichengraphia Thomsoniana: North American Lichenology in Honour of John W. Thomson, Mycotaxon Ltd., Ithaca (New York).

Sillett, S.C., et B. McCune. 1998. Survival and growth of cyanolichen transplants in Douglas-fir forest canopies, The Bryologist 101:20-31.

Yorath, C.J. 1990. Where Terranes Collide, Orca, Victoria (Colombie-Britannique).

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Trevor Goward a commencé à étudier les lichens en 1976, alors qu’il terminait un baccalauréat en études françaises et latines à l’Université Mount Allison, au Nouveau-Brunswick. Depuis, il s’est toujours intéressé aux divers aspects de la taxinomie des lichens et de l’écologie de leur répartition, et il a été auteur ou coauteur de 5 livres traitant des lichens et d’environ 62 articles publiés dans des revues scientifiques. M. Goward est actuellement lichénologue consultant depuis Clearwater, en Colombie-Britannique, et s’intéresse tout particulièrement aux lichens des forêts anciennes ainsi qu’à l’écologie des lichens rares. En 1989, il a été nommé conservateur des lichens à l’herbier de l’Université de Colombie-Britannique (UBC), poste qu’il occupe encore. M. Goward a à son actif plus de 30 000 récoltes de lichens, la plupart déposées à l’herbier UBC. De 1995 à 2009, M. Goward a siégé au Sous-comité de spécialistes des lichens du COSEPAC.

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Collections examinees

Tous les spécimens connus de Pseudocyphellaria rainierensis déposés dans des établissements publics ont été examinés dans le cadre de la présente étude. Ces spécimens sont énumérés à l’annexe 1.

Annexe 1.  Récoltes connues du Pseudocyphellaria rainierensis, macrolichen endémique à l’Amérique du Nord. Dans le nord de l’île de Vancouver, Beese (2008, 2009) a répertorié photographiquement d’autres thalles, poussant dans des secteurs voisins. Les spécimens récoltés dans les localités marquées « Beese, 2009 » sont actuellement conservés par Bill Beese, de Western Forest Products.
HerbierLocalité
Habitat
Substrat
Herborisateur, nº de récolte
Date
Identifié ou examiné par :
UBCCanada, Colombie-Britannique, région du lac Chilliwack
Alt. : 650 m (vérifiée sur Google Earth, 2009)
Habitat : litière tombée des arbres sous un thuya géant
Steve Sillett, 106
25 août 1992
Trevor Goward
Michigan State University, East LansingCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, près du lac Fourth Nanaimo
Alt. : « 900 m » (probablement 760 m, selon Google Earth, 2009)
Habitat : inconnu
Vladimir Krajina, 283
27 juillet 1950
Trevor Goward
Western Forest Products, avec photos au dossier (voir « Experts consultés »)Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver : à l’ouest du ruisseau Elbow et 9 km au sud-est du pic Victoria
Alt. : 750 m
Habitat : sur tronc de vieux sapin gracieux, sous cyprès jaune, dans une forêt ancienne
Bill Beese
WJB-07-01, photos au dossier
5 juin 2007
Bill Beese et Nels Nielsen
Western Forest Products, avec photos au dossier (voir « Experts consultés »)Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver : au nord du lac Twaddle et 6 km au sud-ouest du pic Victoria
Alt. : 540 m
Habitat : tronc de vieux sapin gracieux sous cyprès jaune, dans une forêt ancienne
Bill Beese
WJB-07-02, photos au dossier
5 juin 2007
Bill Beese et Nels Nielsen
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, péninsule Brooks
Alt. : près de l’océan (comm. pers.)
Habitat : tronc d’épinette de Sitka près du littoral
Jim Pojar, s. n.
25 juin 1977
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, mont Cain, 14 km au nord-ouest du lac Schoen
Alt. : 810 m
Habitat : branches de pruche de l’Ouest et de sapin gracieux, sous cyprès jaune, dans une forêt ancienne de pied de pente
Trevor Goward, 06-xxx
12 octobre 2006
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, mont Cain, 14 km au nord-ouest du lac Schoen
Alt. : « 710 m » (860 m selon Google Earth, 2009)
Habitat : branche de jeune pruche de l’Ouest, sous cyprès jaune, dans une forêt ancienne
Trevor Goward, 96-349 et
96-311, 06-xxx

11 septembre 1996, 12 octobre 2006
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 500 m (Google Earth, 2009)
Habitat : à une hauteur de 2 m sur tronc de sapin gracieux, dans une forêt ancienne de conifères
Derek Woods, s.n.
2 août 2005
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 590 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 1 à 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Bill Beese 08-18
5 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 575 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 0,7 à 2,2 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest, cyprès jaune et thuya géant
Bill Beese 08-16
5 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 620 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 0,7 à 2,3 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et quelques cyprès jaunes
Bill Beese 08-17
5 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
Aucune récolte n’a été faite.Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 410 m (Google Earth, 2009)
Habitat : à une hauteur de 4 m sur tronc de sapin gracieux, dans une forêt ancienne de conifères
Derek Woods, observation sans récolte (emprise routière : thalles en train de pourrir)
15 mai 2005
Derek Woods
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 690 m
Habitat : à une hauteur de 2 à 18 m sur les troncs de trois vieux sapins gracieux dans les forêts anciennes d’un ravin
Trevor Goward, 06-xxx
10 octobre 2006
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 650 m
Habitat : litière tombée sur le sol de la forêt à proximité d’un cyprès jaune
Derek Woods, s.n.
10 mai 2005
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 650 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 2 à 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Derek Woods, s.n.
25 juin 2005
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Port Alice
Alt. : 710 m
Habitat : litière tombée sur le sol de la forêt et tronc de sapin gracieux
Derek Woods, s.n.
19 juillet 2005
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, îles de la Reine-Charlotte, îlet Bischof
Alt. : 5 m
Habitat : branche d’épinette de Sitka, milieu abrité près du littoral
Trevor Goward, 03-324
29 juillet 2003
Trevor Goward
Herbier de Patrick WillistonCanada, Colombie-Britannique, région de Kitimat, ruisseau Europa
Alt. : 380 m
Habitat : tronc de sapin gracieux de sous-étage, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune à l’intérieur de la zone embrumée par une cascade
Patrick Williston, 6131
30 août 2007
Patrick Williston
CANLCanada, Colombie-Britannique, région de Kitimat, extrémité ouest du chenal Douglas
Alt. : près du niveau de la mer
Habitat : inconnu
Karl Ohlsson, 2447
21 juillet 1970
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, région de Kitimat, sentier du lac Robinson
Alt. : « 175 m »
Habitat : « milieu marécageux dégagé »
Karl Ohlsson, 2437
20 juillet 1970
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, région de Kitimat, sentier du lac Robinson
Alt. : 380 m (Google Earth, 2009)
Habitat : sur sapin gracieux et pruche de l’Ouest sous cyprès jaune, dans une forêt ancienne claire de versant
Trevor Goward, 06-xxx
11 septembre 2006
Trevor Goward
CANLCanada, Colombie-Britannique, îles de la Reine-Charlotte, île Graham, secteur Tow Hill
Alt. : près du niveau de la mer
Habitat : inconnu
Irwin Brodo, 18253
13 juillet 1971
Trevor Goward
CANLCanada, Colombie-Britannique, îles de la Reine-Charlotte, île Graham, baie Kumdis
Alt. : près du niveau de la mer
Habitat : sur chicot d’épinette au bord d’un pré humide
Irwin Brodo
30148, avec Jack Miller, Rolf Bettner et Fenja Brodo
15 juillet 2000
Irwin Brodo
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Holberg
Alt. : 650 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 0,7 à 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et thuya géant
Margaret Symon 08-11
3 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région du lac Jeune
Alt. : 650 m
Habitat : tronc de sapin gracieux (chicot), 3 à 3,5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Bill Beese 08-15
4 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région du lac Jeune
Alt. : 648 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 1 à 2,2 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche de l’Ouest
Margaret Symon 08-02
4 septembre 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 693 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 6 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche de l’Ouest
Margaret Symon 08-03
27 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 854 m
Habitat : branche de sapin gracieux, 4,8 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Margaret Symon 08-05
27 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 548 m
Habitat : branche de pruche de l’Ouest, 3,5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec sapin gracieux et cyprès jaune
Margaret Symon 08-06
27 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 650 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 3 à 6 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche subalpine et cyprès jaune
Margaret Symon 08-02
26 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 695 m
Habitat : branche de pruche subalpine, 5,7 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche de l’Ouest
Bill Beese 08-06
26 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 649 m
Habitat : branche de pruche subalpine, 3 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et sapin gracieux
Ian Ritchie 08-01
29 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 720 m
Habitat : branche de cyprès jaune, 3,7 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec sapin gracieux, pruche subalpine et pruche de l’Ouest
Bill Beese 08-02, 08-04
26 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 550 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 0,7 à 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et thuya géant
Margaret Symon 08-08
28 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 635 m
Habitat : tronc de sapin gracieux (chicot), 3 à 7 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune, pruche de l’Ouest et thuya géant
Bill Beese 08-14
29 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 715 m
Habitat : sol d’une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest, cyprès jaune et sapin gracieux
Margaret Symon 08-09
28 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 765 m
Habitat : tronc et branches de sapin gracieux, 1 à 3 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune, pruche de l’Ouest et pruche subalpine
Stephanie Major 08-12
29 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
UBCCanada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Gold River
Alt. : 726 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 4,2 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Ian Ritchie 08-09
29 août 2008
Bill Beese/
Trevor Goward
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 921 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 1,5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche subalpine et cyprès jaune
Stephanie Major 09-03
14 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 625 m
Habitat : tronc et branches de sapin gracieux, 1,5 à 15 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest
Bill Beese 09-07
5 août 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 490 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 1 à 10 m au-dessus du sol dans des forêts anciennes avec pruche de l’Ouest et cyprès jaune
Bill Beese 08-19
19 novembre 2008
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 200 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 5 à 15 m au-dessus du sol dans des forêts anciennes avec pruche de l’Ouest et douglas vert
Bill Beese 09-08
6 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 696 m
Habitat : tronc de cyprès jaune, 2,5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et pruche subalpine
Stephanie Major 09-01
14 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 318 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 2,5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest
Bill Beese 09-03
17 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 395 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 0,2 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec thuya géant et pruche de l’Ouest
Stephanie Major 09-05
17 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 550 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 4 à 8 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune
Bill Beese 09-05
6 août 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 149 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec pruche de l’Ouest et thuya géant
Bill Beese 09-06
6 août 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 675 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 5 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche de l’Ouest
Bill Beese 09-02
16 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 841 m
Habitat : branche de sapin gracieux, 2,82 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche subalpine
Stephanie Major 09-04
16 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 880 m
Habitat : branche de sapin gracieux, 2 à 4 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche subalpine
Bill Beese 09-01
14 juillet 2009
Bill Beese
Beese, 2009*Canada, Colombie-Britannique, île de Vancouver, région de Sayward
Alt. : 797 m
Habitat : tronc de sapin gracieux, 4 m au-dessus du sol, dans une forêt ancienne avec cyprès jaune et pruche de l’Ouest
Stephanie Major 09-06
17 juillet 2009
Bill Beese