Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) au Canada - 2016 (Proposition)

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans de gestion
Adoption en vertu de l'article 69 de la LEP

Grenouille-à-queue côtière

Grenouille-à-queue côtière
Photo: © Linda Dupuis

2016

Table des matières

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Information sur le document

Cover photo

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2016. Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) au Canada [Proposition]. Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada. Ottawa. 2 parties, 4 p. + 57 p.

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Linda Dupuis

Also available in English under the title
"Management Plan for the Coastal Tailed Frog
(Ascaphus truei) in Canada [Proposed]"

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

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Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) au Canada - 2016

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique (partie 2) en vertu de l’article 69 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent plan de gestion afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le plan de gestion fédéral de la grenouille-à-queue côtière au Canada est composé des deux parties suivantes :

Partie 1 - Addition du gouvernement fédéral au Plan de gestion de la grenouille à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Partie 2 - Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique, préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.

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Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP de la grenouille-à-queue côtière et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent plan de gestion, conformément à l'article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration avec le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique définie en vertu du paragraphe 66(1) de la LEP. L’article 69 de la LEP autorise la ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si la ministre estime qu’un plan existant s’applique à l’égard d’une espèce sauvage et comporte les mesures voulues pour la conservation de l’espèce. La province de la Colombie‑Britannique a remis le plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie-Britannique. Ce plan de gestion a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer et à mettre en œuvre ce plan pour le bien de la grenouille-à-queue côtière et de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre du présent plan est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

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Ajouts et modifications apportés au document adopté

La section qui suit a été incluse pour satisfaire à des exigences particulières de la LEP qui ne sont pas prises en considération dans le Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique (partie 2) et pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection des espèces sauvages et de leur habitat. Les mesures de rétablissement énoncées dans le plan de gestion provincial qui portent sur la protection de l’habitat sont adoptées, mais elles peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales.

1. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la  Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre de plans de gestion peut, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le plan de gestion lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le plan provincial de gestion de la grenouille-à-queue côtière contient une brève section décrivant les effets des activités de gestion sur les espèces non ciblées (section 9). Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de gestion provincial à titre d’énoncé sur les effets des activités de gestion sur l’environnement et les espèces non ciblées. L’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière peut chevaucher celle d’autres espèces en péril figurant sur la liste fédérale qui sont présentes dans les ruisseaux et les forêts côtières (p. ex. le crapaud de l’Ouest, la grenouille à pattes rouges du Nord, le Petit-duc des montagnes [sous-espèce kennicottii]) et qui pourraient être touchées par les activités de gestion menées à l’échelle des bassins versants. Les activités de planification de la conservation de la grenouille-à-queue côtière seront mises en œuvre de manière à tenir compte de toutes les espèces en péril coocccurrentes, de façon à ce que celles-ci et leur habitat ne subissent aucune incidence négative. Certaines des mesures de gestion proposées pour la grenouille-à-queue côtière (p. ex. recherche et suivi, conservation de l’habitat, éducation du public et atténuation des menaces générales qui pèsent sur les amphibiens) pourraient favoriser la conservation d’autres espèces en péril dont l’aire de répartition chevauche celle de la grenouille-à-queue côtière et ayant des besoins similaires en matière d’habitat.

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Partie 2 - Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique, préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique

Photo de la grenouille-à-queue côtière
Préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Colombie-Britannique
Décembre 2015

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Information sur le document

Cover photo

À propos de la série de Plans de gestion de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les plans de gestion visant à conseiller la Province de Colombie‑Britannique, conformément aux priorités et mesures de gestion prévues dans le cadre de conservation de la Colombie-Britannique (British Columbia Conservation Framework). La Province rédige de tels plans pour les espèces risquant de devenir menacées ou en voie de disparition en raison de leur vulnérabilité à l’égard de certaines activités humaines ou de phénomènes naturels.

Qu'est-ce qu'un plan de gestion?

Le plan de gestion énonce un ensemble coordonné de mesures de conservation et d’utilisation des terres qui doit à tout le moins garantir que l’espèce ciblée ne deviendra pas menacée ou en voie de disparition. Le plan doit résumer les données scientifiques les plus rigoureuses sur la biologie de l’espèce et sur les facteurs qui la menacent, comme fondement pour l’élaboration d’un cadre de gestion. Il doit enfin fixer des buts et objectifs pour la conservation de l’espèce ou de son habitat et recommander des approches permettant d’atteindre ces buts et objectifs.

Prochaines étapes

Le plan de gestion fournit de l'information utile sur les facteurs menaçant l’espèce ainsi que des lignes directrices sur les mesures que peuvent appliquer les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres, les conservationnistes, les universitaires et les gouvernements intéressés par la conservation d’une espèce et de son habitat.

Pour de plus amples renseignements

Pour en savoir plus sur la planification du rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (en anglais seulement) portant sur le sujet à l’adresse suivante :

Référence recommandée

Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique. 2015. Plan de gestion de la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei) en Colombie-Britannique. Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). 57 p.

Illustration de la couverture

Linda Dupuis

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (en anglais seulement).

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Avis

Le présent plan de gestion a été préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique. Il vise à conseiller les autorités responsables et les organisations susceptibles de participer à la gestion de l’espèce.  

Le présent document énonce les mesures de gestion jugées nécessaires, d’après les meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles disponibles, pour empêcher que les populations de grenouilles-à-queue côtières de Colombie-Britannique ne deviennent menacées ou en voie de disparition. La mise en œuvre des mesures de gestion visant à atteindre le but et les objectifs énoncés dans le présent document est assujettie aux priorités et aux contraintes budgétaires des organisations participantes. Le but, les objectifs et les approches en matière de gestion pourraient être modifiés à l’avenir afin de tenir compte de nouvelles orientations ou constatations.

Les autorités responsables ont eu l’occasion d’examiner le présent document. Cependant, celui-ci ne présente pas nécessairement les positions officielles de ces organismes, ni les opinions personnelles de chacune des personnes concernées.

Pour que la conservation de l’espèce soit couronnée de succès, il faudra compter sur l’engagement et la coopération des nombreux intervenants qui participeront éventuellement à la mise en œuvre du présent plan de gestion. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer à la conservation de la grenouille-à-queue côtière.

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Remerciements

Le présent plan de gestion a été préparé par Linda Dupuis (Hatfield Consultants Partnership), avec la participation des personnes suivantes : Pierre Friele, Purnima Govindarajulu, Alexis McEwan, Volker Michelfelder, Rylee Murray, Kathy Paige, Brad Pollard, Lars Reese-Hansen, Melissa Todd et Len Vanderstar. Le financement pour les honoraires de consultant a été fourni par la Stratégie d'investissement dans le secteur foncier (Land Based Investment Strategy). Une version antérieure du présent plan a été préparée par Brent Matsuda (Biodiversity West Environmental Consulting) et Purnima Govindarajulu (ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique). L'évaluation des menaces a été réalisée par Linda Dupuis en septembre 2014, puis elle a été revue et terminée en novembre 2014 après examen par des experts.

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Sommaire

Les grenouilles-à-queue sont les seules grenouilles qui se reproduisent dans des ruisseaux de montagne au Canada. Pour ce faire, elles possèdent un ensemble unique de caractéristiques morphologiques, notamment un corps aplati ventralement, une pupille verticale, des pattes antérieures munies de doigts durcis semblables à des griffes et de longues pattes postérieures présentant des pieds imposants et puissants. Les mâles possèdent un cloaque en forme de queue qui lui sert d’organe pour la fertilisation interne. Les grenouilles-à-queue appartiennent à la famille des Ascaphidés, qui ne compte que deux espèces, soit la grenouille-à-queue côtière (Ascaphus truei), présente dans la chaîne Côtière et les monts Cascade, et la grenouille-à-queue des Rocheuses (Ascaphus montanus), présente dans l’est des Kootenays.

La grenouille-à-queue côtière est inscrite à titre d’espèce préoccupante au Canada à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril d’après une recommandation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Elle y est inscrite parce que la spécialisation extrême de son habitat peut la rendre vulnérable aux modifications de l’habitat découlant d’activités humaines et d’autres menaces, comme les changements climatiques. L’espèce figure sur la liste bleue de la Colombie-Britannique, et le Conservation Framework de la province lui accorde la priorité 1 aux termes du but 2 (Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril) et la priorité 2 aux termes du but 3 (Maintenir la diversité des espèces indigènes et des écosystèmes). La Wildlife Act de la Colombie-Britannique protège la grenouille-à-queue côtière en interdisant de la capturer et de la tuer. L’espèce a également été désignée comme nécessitant une attention particulière sur le plan de la gestion de son habitat pour contrer les impacts des activités menées dans les forêts et les parcours naturels, en vertu de la Forest and Range Practices Act, et/ou les impacts des activités gazières et pétrolières, en vertu de la Oil and Gas Activities Act, sur les terres de la Couronne (comme le décrit  la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées [Identified Wildlife Management Strategy]).

La plus grande partie de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière est située dans des régions faisant l’objet d’activités d’exploitation forestière. Par conséquent, les principales menaces pesant sur l’espèce résultent de modifications de l’habitat à l’échelle des sites et des bassins versants liées à l’exploitation forestière et aux activités connexes, comme la construction de routes. La dégradation de l’habitat aquatique découle principalement de l’apport de sédiments dans les ruisseaux aux franchissements routiers, de la sédimentation imputable à la dégradation des berges et aux glissements de terrain, et de l’obstruction des ruisseaux par les excès de débris ligneux provenant du débusquage en travers de ruisseaux. La dégradation de l’habitat terrestre découle de la perte de forêts riveraines, de la conversion de forêts anciennes aux premiers stades de succession, et de l’isolement résultant de la fragmentation du paysage, qui peut gêner les déplacements et la dispersion des grenouilles-à-queue côtières, et nuire à la connectivité des populations. Les réseaux routiers et la perte d’arbres à grande échelle peuvent également modifier le régime hydrologique des ruisseaux, accentuant ainsi les écarts entre débit de pointe et débit de base, problème susceptible d’être exacerbé par les changements climatiques. Des débits de pointe élevés peuvent accroître la probabilité de mortalité des têtards lors du charriage des sédiments tapissant les chenaux. Des débits de base moins élevés peuvent rendre les chenaux éphémères et entraîner le rétrécissement des habitats, en particulier dans les eaux d’amont.

L’aménagement récent de petites centrales hydroélectriques au fil de l’eau constitue une menace secondaire plus localisée. Les effets sont essentiellement inconnus, mais ils peuvent comprendre la perte d’habitat aquatique dans les tronçons de dérivation, des températures préjudiciables, la sédimentation dans les ruisseaux présentant un potentiel de transport relativement faible, la perte d’habitat riverain, la perturbation de la connectivité aquatique et terrestre à l’intérieur d’un bassin versant (isolement génétique), et la mortalité directe résultant de l’impaction, de l’entraînement, de l’échouage, du lessivage ou de la collision en aval des déversoirs. Les effets varient probablement selon les caractéristiques du bassin versant et du ruisseau, ainsi que les plans de construction et d’exploitation des centrales. D’autres recherches sont requises pour comprendre l’interaction entre ces facteurs, l’ampleur de la menace, et l’efficacité des mesures d’atténuation existantes pour la grenouille-à-queue côtière.

Le but de gestion du présent plan est de maintenir des populations autosuffisantes et viables de la grenouille-à-queue côtière dans l’ensemble de son aire de répartition. Les objectifs de gestion pour la grenouille-à-queue côtière sont les suivants :

  1. prévenir la disparition des populations de grenouilles-à-queue côtières dans les bassins versants occupés par l’espèce au moyen de pratiques de conservation visant l’utilisation des terres qui :
    1. maintiennent la qualité et la quantité des habitats de ruisseau, riverains et de terrain élevé;
    2. protègent et préviennent la dégradation d'habitats aquatiques et terrestres spécialisés;
    3. assurent la connectivité au sein des populations et entre celles-ci;
  2. combler les lacunes dans les connaissances sur l’écologie de la grenouille-à-queue côtière qui limitent actuellement la conception de mesures de gestion;
  3. combler les lacunes dans les connaissances sur la réaction des populations de grenouilles-à-queue côtières aux menaces et aux mesures de gestion (c.-à.d. évaluation de l’efficacité de la gestion de conservation).

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1. Évaluation de l'espèce par le COSEPACNote a

Date de l'évaluation :
Novembre 2011
Nom commun :Note b
Grenouille-à-queue côtière
Nom scientifique :Note b
Ascaphus truei
Statut :
Espèce préoccupante
Justification de la désignation :
Cette grenouille inhabituelle appartenant à une ancienne lignée a une répartition éparse dans l'ouest de la Colombie-Britannique, où l'espèce occupe les cours d'eau frais, limpides et à débit rapide des montagnes et à proximité des forêts plus vieilles. On observe toujours une perte et une dégradation des habitats en raison de l'exploitation forestière et d'autres activités humaines qui se produisent dans une grande partie de l'aire de répartition de l'espèce au Canada. L'envasement des ruisseaux de reproduction et la perte du couvert des forêts plus vieilles liés à l'utilisation des ressources constituent les menaces principales. Les menaces identifiées dans l'évaluation précédente de 2000 continuent à dégrader et à fragmenter les habitats, et de nouvelles menaces, comme les projets indépendants d'hydroélectricité au fil de l'eau, ont le potentiel d'augmenter rapidement et de manière généralisée dans l'ensemble de l'aire de répartition canadienne de cette espèce. Les besoins de l'espèce en matière d'habitat spécialisé, les caractéristiques du cycle biologique qui comprennent un potentiel de reproduction faible, et la répartition éparse rendent ces grenouilles particulièrement vulnérables aux activités humaines et aux changements climatiques.
Présence au Canada :
Colombie-Britannique
Historique du statut :
Espèce désignée « préoccupante » en mai 2000. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2011.

Notes d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Note a

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

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Note b

Les noms commun et scientifique utilisés dans le présent plan de gestion sont conformes aux désignations nomenclaturales du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et peuvent différer des noms utilisés par le COSEPAC.

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2. Information sur la situation de l'espèce

Grenouille-à-queue côtièreaNote c

Désignation légale :

Statut de conservation (en anglais seulement)Note g

Conservation Framework de la C.-B. (en anglais seulement) (CF)Note i

  • But 1 : Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes. Priorité :Note j  4 (2009)
  • But 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril. Priorité : 1 (2009)
  • But 3 : Maintenir la diversité des espèces indigènes et des écosystèmes. Priorité : 2 (2009)

Groupes de mesures du CF : (en anglaise seulement)Note h

  • Élaboration du rapport de situation; suivi des tendances; planification; transmission au COSEPAC; protection de l'habitat; intendance des terres privées

Notes d'information sur la situation de l'espèce

Note c

Source des données : B.C. Conservation Data Centre (2014), à moins d'indication contraire.

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Note d

Espèce en péril = espèce inscrite qui nécessite une attention particulière en matière de gestion afin que l'on réduise les incidences des activités menées dans les forêts et les parcours naturels sur les terres de la Couronne, en vertu de la Forest and Range Practices Act (FRPA; Province of British Columbia, 2002), et/ou les incidences des activités pétrolières et gazières sur les terres de la Couronne, en vertu de la Oil and Gas Activities Act (OGAA; Province of British Columbia, 2008), comme le décrit la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées [Identified Wildlife Management Strategy, Province of British Columbia, 2004]).

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Note e

Annexe A = espèce désignée comme espèce sauvage en vertu de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique, qui lui confère une protection contre la persécution et la mortalité directes (Province of British Columbia, 1982).

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Note f

Annexe 1 = espèce inscrite sur la Liste des espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP; Gouvernement du Canada, 2002).

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Note g

S = cote infranationale; N = cote nationale; G = cote mondiale; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = espèce préoccupante, susceptible de disparaître du pays ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = non applicable; NR = non classée; U = non classable.

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Note h

Source des données : NatureServe (2014).

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Note i

Source des données : B.C. Ministry of Environment (2010).

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Note j

Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (la plus élevée) à la priorité 6 (la plus faible).

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3. Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

La grenouille-à-queue côtière est adaptée à la vie dans les ruisseaux de montagne, qui peuvent présenter un débit rapide et des dénivellations brusques. Les caractéristiques morphologiques tant des adultes que des têtards reflètent bien cette adaptation aux eaux vives. Les adultes ont une pupille verticale et sont dépourvus de tympan; leur corps est légèrement aplati ventralement (figure 1). De plus, ils portent souvent une barre de couleur cuivre ou or entre les yeux, leurs pattes antérieures sont munies de doigts semblables à des griffes, et leurs pattes postérieures sont palmées et larges. Leur couleur varie de havane ou brun à olive ou rougeâtre; des individus peuvent être recouverts de taches noires. La peau de la grenouille-à-queue côtière est distinctement granuleuse, ce qui rend l’espèce très facile à détecter dans les milieux terrestres. Les adultes mesurent 2,2 à 5,1 cm de longueur (COSEWIC, 2011). Les femelles adultes sont de plus grande taille que les mâles (p. ex. le poids moyen des femelles à la limite nord‑ouest de l’aire de répartition de l’espèce s’élève à 9 g en comparaison de 6 g chez les mâles; McEwan, 2014). Seuls les mâles possèdent une queue, de forme conique, extension du cloaque qui leur sert à la fertilisation interne.

Figure 1. Grenouille-à-queue côtière adulte (Linda Dupuis).
Photo: Grenouille-à-queue côtière adulte (Linda Dupuis).
Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une photographie d'une grenouille-à-queue côtière adulte. Elle a une pupille verticale, est dépourvue de tympan et est légèrement aplatie ventralement. De plus, elle présente une barre de couleur cuivre ou or entre les yeux, ses pattes antérieures sont munies de doigts semblables à des griffes, et ses pattes postérieures sont palmées et larges. Sa couleur est havane ou brun à rougeâtre, avec des taches noires. Sa peau est distinctement granuleuse.

Les têtards se caractérisent par leur bouche, qui consiste en un disque aplati qui leur permet de s’accrocher aux roches dans le chenal d’un ruisseau et de résister à l’entraînement par les eaux vives. Le disque est bordé de plusieurs minces rangées noires de dents vomériennes (semblables à des boutons) servant à gratter les algues tapissant la surface des roches, des morceaux de bois enfouis et d’autres substrats dans les ruisseaux (figure 2). Leur corps est fuselé et aplati ventralement (figure 3), et leur queue, comprimée latéralement, est bordée d’une large nageoire dorsale épaisse qui leur permet de se déplacer facilement en eaux vives. Au cours de leur première année de vie, ils sont généralement de couleur gris ardoise; après, ils peuvent prendre une couleur brune et grise, avec ou sans fines mouchetures noires et blanches. La tâche blanche au bout de la queue sert probablement à confondre les prédateurs. Ils mesurent 1,8 à 6,5 cm de longueur (COSEWIC, 2011).

Les œufs sont fixés discrètement sur la face inférieure de grosses roches bien stables dans les ruisseaux, et ils sont rarement observés. Gros (4 à 5 mm de diamètre), incolores et recouverts d’une mince gelée transparente (Jones et al., 2005), ils sont pondus en chapelets qui peuvent être comprimés en grappes. La taille de la ponte varie entre 20 et 96 œufs (Karraker et al., 2006). La ponte peut être collective ou solitaire (Jones et al., 2005; Palmeri-Miles et al., 2010). Les embryons éclosent de la mi-juillet à la mi-septembre (Karraker et al., 2006). Les têtards nouvellement éclos mesurent environ 11 mm de longueur et portent une vésicule vitelline ventrale bien visible.

Figure 2. Disque buccal d'un têtard de la grenouille-à-queue côtière (Wayne Lynch).
Image d'un têtard de la grenouille-à-queue côtière
Description longue pour la figure 2

La figure 2 est une photographie de la face inférieure d'un têtard de grenouille-à-queue côtière montrant son disque buccal. Le disque buccal est un disque aplati bordé de plusieurs minces rangées noires de dents vomériennes (semblables à des boutons).

Figure 3. Têtard de la grenouille-à-queue côtière (Linda Dupuis).
Têtard de la grenouille-à-queue côtière
Description longue pour la figure 3

La figure 3 est une photographie d'un têtard de grenouille-à-queue côtière vu de côté. Son corps est fuselé et aplati ventralement, et sa queue, comprimée latéralement, est bordée d'une large nageoire dorsale épaisse.

La parade nuptiale et l’accouplement ont lieu à la fin de l’été ou au début de l’automne. Dans la partie nord de l’aire de répartition de l’espèce (région de la Skeena), l’amplexus a été documenté tout au long de septembre et d’octobre dans des ruisseaux et les milieux humides adjacents (McEwan et al., 2012). Les femelles pondent leurs œufs l’année suivante, de juin à août (Karraker et al., 2006), mais le moment varie selon la latitude, l’altitude et la température de l’eau. Dans la région de la Skeena, les femelles entrent dans les ruisseaux en mai et juin, pondent en juillet, et quittent les ruisseaux au début d’août (McEwan, 2014; Todd et al., 2015). Les femelles semblent présenter un cycle de reproduction bisannuel (COSEWIC, 2011).

La période embryonnaire est de 4 à 6 semaines (Metter, 1964; Brown, 1975), selon la température du ruisseau. Après l’éclosion des œufs à la fin de l’été ou au début de l’automne, les têtards fraîchement éclos demeurent dans leur site natal jusqu’à ce que leur ventouse buccale soit pleinement développée et leur vésicule vitelline, complètement résorbée. La métamorphose peut prendre de un à quatre ans additionnels, selon la température et la productivité du ruisseau. Les individus en métamorphose semblent constituer de 1 à 3 % des effectifs d’après les résultats de multiples années de relevés visant la grenouille-à-queue côtière effectués à l’échelle de la province (L. Dupuis, données inédites, 1995 à 2002).

Les grenouilles-à-queue n’atteignent pas la maturité sexuelle avant l’âge de sept à neuf ans à partir du moment de l’éclosion (Brown, 1975; Daugherty et Sheldon, 1982). Les adultes vivent de 10 à 20 ans (Brown, 1975; Daugherty et Sheldon, 1982).

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3.2 Populations et répartition

3.2.1 Populations

Il existe des populations génétiquement distinctes de grenouilles-à-queue côtières à la périphérie de l’aire de répartition de l’espèce dans la région côtière du nord-ouest de l’Amérique du Nord (populations se trouvant dans la péninsule Olympic, dans le nord de la Californie, dans les monts Siskiyou, sur la côte de l’Oregon et dans la chaîne des Cascades en Oregon). Les populations réparties depuis la côte jusque dans le nord et le centre de la chaîne des Cascades sont relativement uniformes, ce qui laisse croire à une expansion relativement récente de l’aire de répartition de l’espèce ou à un flux génique contemporain (Nielson et al., 2006). Par conséquent, il est considéré que la population de grenouilles-à-queue côtières présente en Colombie-Britannique fait partie d’une seule sous-population nordique et, à ce titre, constitue une unité unique aux fins d’évaluation de sa situation, de conservation, et de détermination de ses besoins en matière de gestion.

Les populations de grenouilles-à-queue côtières semblent structurées à l’échelle des bassins versants (p. ex. Aguilar et al., 2013). Dans la région de la Skeena, les grenouilles occupant plusieurs ruisseaux tributaires d’un même axe fluvial drainant un bassin de 50 km2 environ peuvent être considérées comme formant une population (Dupuis et Friele, 2003). Environ 770 bassins de ce type se trouvent dans l’aire de répartition britanno-colombienne de l’espèce (COSEWIC, 2011), mais un taux d’occurrence de 40 % a été observé à l’intérieur de l’aire de répartition provinciale de l’espèce, ce qui laisse croire que tous les ruisseaux ne lui conviennent pas. Il est très difficile d’estimer la densité des populations parce que les grenouilles ne sont pas réparties uniformément et que des variations saisonnières de la densité liées aux déplacements au cours du cycle vital se produisent.

3.2.2 Répartition

La grenouille-à-queue côtière est une espèce endémique de la région côtière du nord-ouest de l’Amérique du Nord. Elle est présente dans la chaîne Côtière et les monts Cascades, de la Colombie-Britannique jusque dans le nord de la Californie (figure 4). Elle est absente de la plupart des îles extracôtières et n’est généralement pas présente dans les basses terres, où les eaux des cours d’eau sont plus chaudes et paresseuses. Les œufs ne tolèrent pas des températures de l’eau supérieures à 18 oC, et les têtards ont tendance à éviter les températures supérieures à 22 oC (Brown, 1975). Les juvéniles et les adultes recherchent en milieu terrestre des températures ambiantes se situant dans la plage de 10 à 11 oC (McEwan, 2014).

Figure 4. Répartition (en jaune verdâtre) de la grenouille-à-queue côtière en Amérique du Nord (Jones et al., 2005).
Carte:  Répartition (en jaune verdâtre) de la grenouille-à-queue côtière en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre une carte de la répartition de la grenouille-à-queue côtière en Amérique du Nord. L'espèce est présente dans la région côtière du nord-ouest de l'Amérique du Nord, plus précisément dans l'ensemble de la chaîne Côtière et des monts Cascade depuis la Colombie-Britannique jusque dans le nord de la Californie

La répartition de la grenouille-à-queue côtière chevauche l’écoprovince de la côte et des montagnes sur le littoral de la Colombie-Britannique et les écosections les plus occidentales (chaînons du Pacifique sous le vent, chaînon Hozameen) de l’écoprovince de l’intérieur sud (figure 5). Dans les parties plus continentales (périphériques) de l’aire de répartition, les populations semblent éparses, de faibles densités et limitées par la température des ruisseaux, car les larves, pour se développer, ont besoin de températures estivales suffisamment élevées, et les accumulations de neige doivent être suffisantes pour empêcher le gel (Dupuis et al., 2000; Leupin, 2000; Wind, 2009). Dupuis et Friele (2006) ont en outre avancé qu’il pourrait y avoir présence de populations satellites transitoires à la périphérie nord de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue des Rocheuses, mais cela pourrait être attribué à un niveau de détection limité à de faibles densités.

Figure 5. Répartition de la grenouille-à-queue côtière par rapport aux unités biogéographiques provinciales (d'après des relevés effectués de 1954 à 2010; COSEWIC, 2011).
Carte: Répartition de la grenouille-à-queue côtière par rapport aux unités biogéographiques provinciales
Description longue pour la figure 5

La figure 5 montre une carte de la répartition de la grenouille-à-queue côtière par rapport aux unités biogéographiques provinciales en Colombie-Britannique. L'espèce est présente le long de la côte britanno-colombienne du Pacifique depuis Smithers jusqu'à frontière sud de la province, et son aire de répartition s'étend un peu vers l'intérieur à son extrémité sud. La répartition de l'espèce chevauche l'écoprovince de la côte et des montagnes sur le littoral de la Colombie-Britannique et les écosections les plus occidentales (chaînons du Pacifique sous le vent, chaînon Hozameen) de l'écoprovince de l'intérieur sud.

La grenouille-à-queue côtière est observée depuis le niveau de la mer jusqu’à une altitude d’environ 1 800 m (Gyug, 2000), mais on la trouve aussi à des altitudes supérieures à 2 000 m dans les parties les plus au sud de son aire de répartition nord-américaine (Corkran et Thoms, 2006). Elle se rencontre le plus souvent dans les zones biogéoclimatiques de la Zone côtière à pruche de l’Ouest et de la Zone à pruche subalpine, et plus sporadiquement à des altitudes plus élevées dans la Zone à épinette d’Engelmann et sapin subalpin, la Zone à thuya et pruche et la Zone de toundra alpine (B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2014b). Le climat continental (climat sec de l’« intérieur »), avec ses hivers très froids et ses étés très chauds, limite la répartition de l’espèce à la périphérie de son aire de répartition aux ruisseaux modérément chauds en été (Dupuis et Friele, 2003) et aux secteurs recevant suffisamment de neige pour empêcher les cours d’eau de geler en hiver et de s’assécher en été (Dupuis et al., 2000).

La superficie, le relief et le caractère plus ou moins accidenté des bassins semblent influer sur l’occurrence de la grenouille-à-queue côtière (Dupuis et Friele, 2003). L’espèce se reproduit généralement dans des bassins d’une superficie de 1 à 10 km2 environ, modérément accidenté et au relief modéré. La présence d’un substratum rocheux stable est aussi importante (Diller et Wallace, 1999; Wilkins et Peterson, 2000; Dupuis et Friele, 2003). La pente du bassin et le type de roche influent sur la fréquence et l’importance des processus géologiques, qui en retour gouvernent la stabilité de l’habitat et donc les taux de survie de l’espèce. D’après une modélisation prédictive, quelque 22 % des ruisseaux situés au centre de l’aire de répartition de l’espèce au milieu de la côte de la Colombie-Britannique constituent un habitat de reproduction optimal (J. Michelfelder, comm. pers., 2010). À l’échelle du ruisseau et du sous-bassin, les densités de têtards peuvent aller de 0,1 à 10,0 individus par mètre carré dans un ruisseau donné (Dupuis et Steventon, 1999); elles peuvent être gouvernées par la répartition des adultes, les caractéristiques du chenal du ruisseau ou le fait que les femelles aient pondus leurs œufs de façon collective ou solitaire.

Dans le cadre de relevés de piégeage au moyen de pièges-fosses qu’il a effectués dans la région de la Skeena, McEwan (2014) a capturé 60 % des adultes à moins de 30 m de ruisseaux et 82 % dans des zones tampons de conservation des forêts situées à moins de 30 m du bord du ruisseau. Des études menées dans le sud de la Colombie-Britannique ont révélé que les adultes avaient une plus grande affinité pour les secteurs situés à moins de 20 m d’un ruisseau dans les coupes à blanc et les forêts matures (Wahbe et al., 2004; Matsuda et Richardson, 2005). Le comportement de reproduction semble déterminer le caractère saisonnier de la répartition, un plus grand nombre de grenouilles étant capturées au bord des ruisseaux pendant la ponte et, dans une moindre mesure, pendant la reproduction en automne (McEwan, 2014). Des études télémétriques ont démontré que les femelles parcourent de longues distances, leur présence ayant été documentée à des distances de jusqu’à 174 m des bords de ruisseaux; inversement, les mâles étaient plus sédentaires. Les femelles présentaient aussi des estimations moyennes plus élevées de l’utilisation de l’espace (730,50 m2, e.-t. = 317,33) en comparaison des mâles (481,86 m2, e.-t. = 109,83) (McEwan, 2014). Dans les forêts humides de la région de la Skeena, la plupart des déplacements des femelles étaient perpendiculaires aux ruisseaux (McEwan, 2014), alors que dans les forêts plus sèches de la côte sud, ils étaient parallèles aux ruisseaux (Matsuda et Richardson, 2005). Durant la saison d’accouplement à l’automne, les mâles et les femelles peuvent se rassembler dans des milieux humides, comme des zones de drainage et de suintement éphémères présentant un certain débit, à l’écart des ruisseaux de croissance des larves (McEwan et al., 2012) ou dans des ruisseaux abritant des larves (J. Malt, comm. pers., 2013). La ponte collective a été observée dans la région de la Skeena (Todd et al., 2015). Elle a été signalée chez la grenouille-à-queue côtière, les « nids » contenant des centaines d’œufs pondus par de multiples femelles (Palmeri-Miles et al., 2010).

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3.3 Habitat et besoins biologiques de la grenouille-à-queue côtière

3.3.1 Habitat aquatique

La grenouille-à-queue côtière est spécialisée dans les milieux aquatiques en cascade (cailloux, blocs rocheux et petites fosses) ou en escalier (succession d’abrupts de cailloux/blocs rocheux et de fosses occupant toute la largeur du chenal), qui sont caractéristiques des ruisseaux coulant dans les pentes de montagne (habituellement des ruisseaux dont les pentes se situent entre 2 et 93 %). En culbutant dans les fosses depuis les abrupts constitués de substrat grossier, les eaux voient leur débit se réduire, tout comme leur force d’entraînement sur le lit du chenal. Par conséquent, ces morphologies de chenaux sont relativement stables en comparaison des lits plans (rapides) ou en séquences radier-mouille présents dans les bassins de bonne taille, où les matériaux présents dans les chenaux sont plus mobiles à cause de la plus petite taille des éléments rocheux et de l’écoulement laminaire, plus puissant. Les œufs, et les têtards fraîchement éclos en particulier, ne peuvent résister aux forces d’entraînement. Les chenaux en cascade et en escalier peuvent connaître des effondrements à des intervalles de 5 à 50 ans (Chin, 1998, 2002), ce qui fait qu’ils demeurent stables assez longtemps pour permettre le long (plusieurs années) développement en milieu aquatique de la plupart des têtards. Ils permettent la réussite (absence de catastrophe) d’au moins un cycle allant de la ponte au recrutement de grenouilles métamorphosées dans la durée de vie d’un adulte reproducteur (COSEWIC, 2011).

Les têtards et les grenouilles occupent les abrupts et les fosses des ruisseaux, où ils se tiennent sur les cailloux et les blocs rocheux ou en dessous, ou encore dans les espaces interstitiels (matrice) entre eux. Les têtards se tiennent aussi dans les fosses sur les gros galets ou parmi ceux-ci. La répartition des têtards dans les ruisseaux est principalement tributaire du substrat. La présence de fortes proportions de matériaux fins (sable et petits galets) dans le chenal des ruisseaux nuit aux têtards (Ardea, 1999; Diller et Wallace, 1999; Dupuis et Steventon, 1999; Wilkins et Peterson, 2000; Adams et Bury, 2002; Stoddard, 2002; Dupuis et Friele, 2003). Une étude en laboratoire sur l’utilisation du substrat a révélé que les têtards préfèrent les roches de plus de 55 mm de diamètre (Altig et Brodie, 1972). Lors d’une étude sur le terrain, il a toutefois été observé que les têtards préféraient des roches de 100 mm de diamètre ou plus (Hawkins et al., 1988). Les matériaux fins comblent la matrice interstitielle, réduisant ainsi le caractère convenable de l’habitat par élimination des refuges utilisés par les grenouilles. Les matériaux fins recouvrent également les sources de nourriture, et réduisent la disponibilité de surfaces d’adhérence et de traction (COSEWIC, 2011).

La température des ruisseaux est aussi un paramètre important de l’habitat aquatique de la grenouille-à-queue côtière. Bien que les populations de larves dans la province soient le plus souvent observées dans des ruisseaux présentant des températures modérément basses associées à un épais couvert de neige dont la fonte est tardive (P. Friele, comm. pers., 2015; Friele et al., en prép.), le développement des embryons et des têtards est impossible dans des eaux dont la température est inférieure à 7°oC (Brown, 1975). Dans les secteurs continentaux du nord de l’aire de répartition, la grenouille-à-queue côtière semble peu commune dans les bassins orientés au nord, probablement parce qu’ils sont trop froids pour permettre la croissance et le développement des têtards (Dupuis et Friele, 2003). Une méta-analyse d’ensembles de données provenant de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington a aussi révélé un plus fort taux d’occurrence de têtards de l’espèce dans les ruisseaux se trouvant sur des pentes orientées au sud ou à l’est (Sutherland et al., 2001). Les œufs ont besoin de températures de l’eau se situant entre 5 oC et 18,5 oC pour pouvoir survivre, alors que les têtards tolèrent des températures de jusqu’à 22 oC. Les adultes meurent à des températures supérieures à 24 oC (COSEWIC, 2011).

3.3.2 Habitat terrestre

En dehors des saisons d’accouplement et de ponte, la grenouille-à-queue côtière est fortement associée aux forêts riveraines (Bury et al., 1991; Hawkes et Gregory, 2012; McEwan, 2014), bien qu’elle occupe aussi des milieux forestiers de terrain élevé, qui semblent contribuer à la densité des populations. McEwan (2014) a observé une abondance plus élevée de grenouilles-à-queue dans des sites de forêts intactes de terrain élevé et riveraines (âgées de plus de 140 ans) en comparaison de sites comprenant des zones tampons de forêts riveraines de 30 à 50 m de largeur (âgées de plus de 140 ans) mais des coupes à blanc en terrain élevé. Hawkes et Gregory (2012) ont établi que l’abondance relative des grenouilles-à-queue diminuait dans les habitats de terrain élevé adjacents à des zones tampons riveraines deux ans après la coupe à blanc et chutait à zéro dans les 10 ans suivant la coupe, alors que les effectifs à l’intérieur des zones tampons riveraines et des sites témoins non exploités (habitats riverains et de terrain élevé) étaient demeurés les mêmes.

De plus, la densité de grenouilles semble présenter une corrélation positive avec la disponibilité de couvert végétal au sol (Corn et Bury, 1991; Welsh, 1993), de gros morceaux de débris ligneux et de microhabitat humide (Welsh, 1990; Aubry et Hall, 1991; Bury et al., 1991; McEwan, 2014). Une forte association entre la grenouille-à-queue côtière et les forêts anciennes a été signalée en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington et en Oregon (COSEWIC, 2011), bien que les forêts en maturation peuvent aussi être convenables (Matsuda et Richardson, 2005).

Les forêts anciennes sont structuralement complexes et productives (Franklin, 1988), et renferment des microhabitats plus stables et frais (Chen et al., 1993; Brosofske et al., 1997). L’indice foliaire (surface foliaire par unité de surface du sol) qui est plus élevé dans les forêts anciennes maintient des microclimats humides et des sols organiques modérément humides (Sridhar et al., 2004). Claussen (1973) a été le premier à avancer que les forêts fraîches et humides présentant un couvert important peuvent faciliter les déplacements et la dispersion des amphibiens. À l’appui de cette hypothèse, McEwan (2014) a trouvé un plus grand nombre de grenouilles-à-queue côtières pendant les journées fraîches et humides, a observé davantage de déplacements dans les 24 heures suivant des épisodes de pluie, a noté une préférence des adultes pour des températures allant de 11 oC à 12 oC et a observé une plus grande utilisation de l’espace dans les forêts anciennes que dans les zones tampons riveraines. De plus, d’après Hailman (1982), la grenouille-à-queue côtière ne serait pas adaptée aux niveaux élevés de lumière ambiante des milieux exposés, comme les secteurs de coupe à blanc.

Un modèle d’occupation prenant en considération les effets de variables environnementales et de l’aménagement sur la probabilité de détection de l’espèce a aussi montré que l’âge de la forêt est corrélé positivement avec l’abondance de têtards (Kroll et al., 2008). Stoddard (2002), ainsi que Welsh et Lind (2002), ont observé que la présence de parcelles de vieille forêt dans un bassin versant est corrélée positivement avec l’abondance de larves. Richardson et Neill (1995) ont rapporté des effectifs et une biomasse de têtards réduits dans des ruisseaux sillonnant des peuplements aménagés de 25 ans de la partie sud de la côte par rapport à ceux observés dans des forêts anciennes. De plus, la voûte fermée des jeunes peuplements y empêchent l’établissement d’un sous-étage (Alaback et Herman, 1988; Franklin et al., 2002), d’où la possibilité d’une moins grande quantité d’abris et d’insectes proies pour les juvéniles et les adultes.

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3.4 Rôle écologique

Les grenouilles-à-queue comptent parmi les grenouilles les plus primitives du monde (Brown, 1975); leurs plus proches parents se trouvent en Nouvelle-Zélande. Leur morphologie et leur cycle vital distincts témoignent de leur lignée unique et ancienne (COSEWIC, 2011). Elles sont les seules grenouilles d’Amérique du Nord adaptées à la vie dans les ruisseaux de montagne (Cook, 1984). À ce titre, ces grenouilles contribuent à la biodiversité et servent d’indicateurs de la santé des cours d’eau d’amont, tout comme les saumons sont des indicateurs de l’intégrité des rivières. La protection de l’habitat des têtards de la grenouille-à-queue côtière assure la préservation de plus petites espèces (invertébrés) vivant dans les ruisseaux, qui peuvent constituer une source de nourriture pour des poissons vivant dans les tronçons de cours d’eau de plus grande taille situés en aval. La biomasse élevée de têtards constitue une importante source de nourriture pour de petits vertébrés, comme des couleuvres (Thamnophis sp.; Karraker, 2001), des musaraignes (Sorex sp.; Lund et al., 2008), le Cincle d’Amérique (Cinclus mexicanus; Morrissey et Olenick, 2004) et la grande salamandre du Nord (Dicamptodon tenebrosus; voir Johnston, 2004), ainsi que des salmonidés (Oncorhynchus sp.; Daugherty et Sheldon, 1982) et de grands invertébrés prédateurs (Jones et Raphael, 1998).

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3.5. Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine. Ils comprennent des caractéristiques de l’espèce (p. ex. spécialisation extrême de leur habitat, maturation lente et regroupement au moment de la reproduction) qui limitent sa capacité de réagir favorablement aux mesures de rétablissement ou de conservation.

La spécialisation extrême de l’habitat de la grenouille-à-queue côtière (c.-à-d. morphologies en cascade et en escalier présentant de faibles quantités de sédiments fins et de rémanents, ainsi que des températures suffisamment élevées pour assurer le développement des têtards) limite son abondance et sa répartition. La nature dynamique de cet habitat de ruisseau (p. ex. vulnérabilité aux inondations et aux afflux de sédiments associée aux débits de pointe extrêmes, aux coulées de débris et aux glissements de terrain) rend l’espèce vulnérable à la mortalité et au déplacement. L’association étroite de la grenouille-à-queue côtière avec les milieux terrestres frais peut limiter sa dispersion en raison de sa petite taille et de sa vulnérabilité à la déshydratation (Claussen, 1973).

Les femelles de la grenouille-à-queue côtière produisent peu d’œufs en comparaison avec d’autres espèces de grenouilles. Les larves prennent jusqu’à quatre ans pour se métamorphoser, et la maturité sexuelle n’est atteinte que trois à cinq ans après la métamorphose (Matsuda et al, 2006). Le regroupement pendant l’accouplement et la ponte, ainsi que dans les habitats de croissance des larves de qualité élevée, rendent l’espèce vulnérable à la mortalité massive résultant de perturbations naturelles et de menaces d’origine humaine. Ces caractéristiques du cycle vital peuvent limiter certains aspects des activités de rétablissement (p. ex. recolonisation de bassins et maintien de la santé génétique), en particulier lorsque combinées à des perturbations naturelles des chenaux, comme les éboulis et les coulées de débris.

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4 Menaces

Les menaces sont définies comme étant les activités ou processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (adaptation de la définition de Salafsky et al., 2008). Aux fins de la présente évaluation, seules les menaces actuelles et futures sont prises en considération.Note 1 de bas de pageLes menaces énumérées ici ne comprennent pas les facteurs limitatifs, déjà présentés à la section 3.5.Note 2 de bas de page

La plupart des menaces sont liées aux activités humaines, mais elles peuvent aussi être d’origine naturelle. L’impact des activités humaines peut être direct (p. ex. destruction de l’habitat) ou indirect (p. ex. introduction d’espèces envahissantes). Les effets des phénomènes naturels (p. ex. incendies, ouragans, inondations) peuvent être particulièrement importants lorsque l’espèce ou l’écosystème est concentré en un lieu ou que les occurrences sont peu nombreuses, parfois à cause des activités humaines, ou encore que la fréquence ou l’intensité de ces phénomènes naturels augmente en raison d’activités humaines (p. ex. effets des changements climatiques) (Master et al., 2009). En conséquence, les phénomènes naturels entrent dans la définition de « menace », mais ils doivent être considérés avec prudence. Ces événements stochastiques doivent être considérés comme une menace seulement si une espèce ou un habitat est touché par d’autres menaces et a perdu sa résilience, se trouvant ainsi vulnérable à la perturbation. L’incidence d’un tel événement sur la population ou l’écosystème devrait être beaucoup plus grande que l’incidence qu’il aurait eue dans le passé (Salafsky et al., 2008).

4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentée ci-dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale de la nature (UICN, ou en anglais, IUCN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) (IUCN-CMP) et est compatible avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et le cadre de conservation (Conservation Framework) de la province. Pour une description détaillées du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web « Open Standards for the Practice of Conservation » (normes ouvertes pour la pratique de la conservation) (CMP, 2015). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Les menaces sont caractérisées ici en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » d’une menace est calculé selon sa portée et sa gravité. Pour des précisions sur les modalités d’assignation des valeurs, veuillez consulter Master et al. (2012) et les notes au bas du tableau. Les menaces pesant sur la grenouille-à-queue côtière ont été évaluées pour l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce dans la province (tableau 1).

Tableau 1. Tableau de classification des menaces pour la la grenouille-à-queue côtière en Colombie-Britannique.
No de la menaceNote k du tableau 1Description de la menaceImpactNote l du tableau 1PortéeNote m du tableau 1GravitéNote n du tableau 1ImmédiatetéNote o du tableau 1
1Développement résidentiel et commercialFaiblePetiteModéréeÉlevée
1.1   Zones résidentielles et urbainesFaiblePetiteModéréeÉlevée
1.2   Zones commerciales et industriellesNégligeableNégligeableÉlevéeÉlevée
1.3   Zones touristiques et récréativesNégligeableNégligeableNégligeableÉlevée
2Agriculture et aquacultureFaiblePetiteLégèreÉlevée
2.2   Plantations pour la production de bois et de pâteNégligeableNégligeableÉlevéeÉlevée
2.3   Élevage de bétailFaiblePetiteLégèreÉlevée
3Production d'énergie et exploitation minièreFaiblePetiteModéréeÉlevée
3.2   Exploitation de mines et de carrièresNégligeableNégligeableÉlevéeÉlevée
3.3   Énergie renouvelableFaiblePetiteModéréeÉlevée
4Corridors de transport et de serviceFaibleGrandeLégèreÉlevée
4.1   Routes et voies ferréesFaibleGrandeLégèreÉlevée
4.2   Lignes de services publicsFaiblePetiteLégèreÉlevée
5Utilisation des ressources biologiquesMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
5.3   Exploitation forestière et récolte du boisMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
6Intrusions et perturbations humainesNégligeablePetiteNégligeableÉlevée
6.1   Activités récréativesNégligeableNégligeableNégligeableÉlevée
7Modifications des systèmes naturelsFaiblePetiteModéréeÉlevée
7.1   Incendies et suppression des incendiesFaiblePetiteModéréeÉlevée
7.2Gestion et utilisation de l'eau et exploitation de barragesNégligeableNégligeableNégligeableÉlevée
8Espèces, maladies et gènes envahissants ou autrement problématiquesFaibleRestreinteLégèreÉlevée
8.1   Espèces et maladies exotiques (non indigènes) envahissantesInconnuGénéraliséeInconnueÉlevée
8.2   Espèces et maladies indigènes problématiquesFaibleRestreinteLégèreÉlevée
9PollutionMoyenGrandeModéréeÉlevée
9.2   Effluents industriels et militairesFaiblePetiteModéréeÉlevée
9.3   Effluents agricoles et sylvicolesMoyenGrandeModéréeÉlevée
10Phénomènes géologiquesFaibleRestreinteModéréeÉlevée
10.3   Avalanches et glissements de terrainFaibleRestreinteModéréeÉlevée
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsFaiblePetiteÉlevée–modéréeÉlevée
11.1   Déplacement et altération de l'habitatFaiblePetiteÉlevée–modéréeÉlevée
11.2   SécheressesFaiblePetiteÉlevée–modéréeÉlevée
11.3   Températures extrêmesInconnuInconnueInconnueÉlevée
11.4   Tempêtes et inondationsFaiblePetiteÉlevée–modéréeÉlevée

Notes du tableau 1

Note k du tableau 1

Les numéros réfèrent aux menaces de catégorie 1 (chiffres entiers) et de catégorie 2 (chiffres avec décimales).

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Note l du tableau 1

Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l'espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d'intérêt. Le calcul de l'impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L'impact d'une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l'espèce, ou de la diminution ou de la dégradation de la superficie d'un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d'impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l'impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l'impact n'est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d'évaluation (p. ex. l'immédiateté est insignifiante/négligeable [menace passée] ou faible [menace possible dans le long terme]; négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n'est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu'il y a un avantage possible.

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Note m du tableau 1

Portée – Proportion de l'espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d'ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l'espèce dans la zone d'intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable = < 1 %).

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Note n du tableau1

Gravité - Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l'ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l'espèce d'ici 10 ans ou 3 générations. Pour la présente espèce, une durée de génération de 15 ans (COSEWIC, 2011) a été utilisée, ce qui a donné une gravité évaluée pour une période de 45 ans (Extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

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Note o du tableau 1

Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); insignifiante/négligeable = menace qui s'est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n'aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

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4.2 Description des menaces

L’impact global (cumulatif) des menaces pesant sur la grenouille-à-queue côtière est élevé. Note 3 de bas de page Deux facteurs sont jugés d’ampleur moyenne : 1) la pollution (principalement sous la forme de sédiments et de débris ligneux) et 2) l’exploitation forestière et la récolte du bois (tableau 1). La pollution devrait toucher une grande proportion (31–70 %) de l’aire de répartition de l’espèce et causer un niveau modéré de dommages au sein de cette portée (réduction de 11 à 30 % de la taille de la population). La poursuite de l’exploitation forestière et de la récolte du bois dans la province devrait toucher une proportion limitée (11–30 %) de l’aire de répartition de l’espèce, mais l’ampleur de cette menace est considérée comme étant élevée (réduction potentielle de 31 à 70 % de la population). Ces menaces sont associées à la dégradation des cours d’eau (sédimentation) résultant de la détérioration chronique des berges, de la mauvaise gestion des eaux de surface, du potentiel accru de glissements de terrain dans les zones escarpées, et des changements dans l’hydrologie des ruisseaux imputables au débusquage en travers des ruisseaux (débits non modérés) ou à l’obstruction par les débris ligneux provenant du débusquage. L’exploitation forestière et la récolte du bois causent la perte d’habitat riverain hautement convenable (structuralement complexe).

Menace 1 (IUCN–CMP). Développement résidentiel et commercial (faible impact)

1.1 Zones résidentielles et urbaines

Le développement résidentiel peut entraîner la perte d’aires d’alimentation pour les stades métamorphosés en terrain élevé, la détérioration des conditions dans les ruisseaux de reproduction (régime d’écoulement, morphologie du chenal, niveaux de sédimentation) en raison de zones libres de perturbations inadéquates (largeur des zones tampons), et une fragmentation de l’habitat suffisamment élevée pour perturber la dispersion et la dynamique de la métapopulation. À l’heure actuelle, le développement résidentiel constitue une menace principalement dans la région du Lower Mainland–Sud-ouest, qui est la plus grande région économique de la Colombie-Britannique; elle englobe les districts régionaux de Fraser Valley, de Squamish-Lillooet et de Sunshine Coast. Une grande proportion de l’habitat dans les municipalités de Vancouver, de Squamish et de Pemberton consiste en des plaines inondables où des chenaux de pente sont absents. Par conséquent, les menaces pesant sur la grenouille-à-queue côtière se manifestent principalement en périphérie des centres-villes, à savoir dans les régions montagneuses de la côte nord, des communautés de la route Sea-to-Sky, de Pemberton et de la Sunshine Coast. Ces développements périphériques chevauchent moins de 10 % de l’aire de répartition de l’espèce; leur portée est donc petite. De plus, seule une proportion des ruisseaux comprennent un habitat faiblement à hautement convenable (p. ex. 36 % des ruisseaux le long de la route Sea‑to‑Sky [Dupuis, 2003]; 40 % des ruisseaux dans l’ensemble de la province [COSEWIC, 2011]). Les effets de cette menac e varieront selon l’emplacement géographique et le type et l’ampleur du développement mais, en moyenne, la gravité devrait être modérée.

1.2 Zones commerciales et industrielles

Les installations commerciales et industrielles légères (p. ex. établissements publics, parcs commerciaux, décharges, puits municipaux faisant l’objet d’améliorations, scieries, terminaux d’expédition de ressources) peuvent dégrader et fragmenter l’habitat de la grenouille-à-queue côtière à peu près de la même façon que le développement résidentiel. Les installations commerciales et industrielles légères sont souvent situées à l’intérieur ou à proximité de municipalités existantes et elles sont donc moins susceptibles de perturber les terres intactes que les installations associées à l’extraction de ressources. En 2014, neuf projets de constructions commerciales étaient situés à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce (EAO, 2014); ces projets sont locaux et devraient ne toucher qu’une proportion négligeable (< 1 %) de la population de grenouilles-à-queue côtières.

Les installations industrielles lourdes, plus dommageables, comme les usines de pâtes et papiers, peuvent perturber et dégrader des zones d’habitat car elles prélèvent de grands volumes d’eau et rejettent de grandes quantités d’effluents dans les milieux aquatiques. Aucune nouvelle usine de pâtes et papiers n’a été certifiée ou proposée à l’intérieur de l’aire de répartition de la grenouille‑à‑queue côtière (EAO, 2014).

La construction dans la province de quatre terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié a été proposée : deux près de Prince Rupert (Grassy Point et île Digby), un à Kitimat et un à Woodfibre, près de Squamish. La construction de ces terminaux entraînera principalement la perturbation du littoral et des terre submergées. La principale menace que pose l’industrie gazière et pétrolière à la grenouille-à-queue côtière est la construction et l’exploitation des pipelines connexes (voir ci-dessous les descriptions des menaces sous « Lignes de services publics » et « Effluents industriels »).

1.3 Zones touristiques et récréatives

Les centres de villégiature ne constituent pas une industrie en plein essor à l’intérieur de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière. Bien qu’ils puissent causer la perte et la dégradation d’habitat, seuls deux sont actuellement proposés (un à Garibaldi, à Squamish, et l’autre dans la passe Coquihalla); seul un centre de villégiature a été certifié depuis la fin des années 1990 (la station de ski Cayoosh à Melvin Creek, en 2008; EAO, 2014). La portée de l’impact du développement touristique et récréatif est donc négligeable.

Menace 2 (IUCN–CMP). Agriculture et aquaculture (faible impact)

2.2 Plantations pour la production de bois et de pâte

Afin de répondre à la demande croissante de bioénergie et de produits du bois et à base de fibre ligneuse, une initiative provinciale tente de concevoir de nouveaux débouchés pour les produits du bois (Thomas et al., 2000; Browne et al., 2011). Ces débouchés sont limités aux secteurs situés à une courte distance (< 100 km) des usines de pâtes et de produits du bois, où les structures d’accès sont déjà en place et les préoccupations environnementales sont nulles, et où la possibilité d’infestations par les insectes et de maladies est faible mais l’application d’herbicides est possible (B.C. Ministry of Forests and Range, 2010). Ces plantations pour la production de pâte poseront probablement une menace négligeable à la grenouille-à-queue côtière car elles ciblent actuellement des secteurs perturbés situés à proximité d’installations existantes pour la transformation de produits du bois. Bien que les plantations soient assujetties à des contraintes d’aménagement en milieu riverain en vertu de la Forest and Range Practices Act, la gravité de cette menace est considérée comme étant élevée si elles sont aménagées dans des aires d’habitat de la grenouille-à-queue côtière car les monocultures sont des milieux incapables de soutenir les stades terrestres de son cycle vital à long terme. La recherche a également révélé une réduction du recrutement d’adultes dans les bassins versants dominés par les premiers stades de succession.

Comme l’espèce vit à une certaine altitude, les conflits avec les zones agricoles, qu’on trouve en général principalement au fond des vallées, devraient être minimes. L’aménagement de plantations pour la production de bois et de pâte a été envisagé de façon sporadique. Il n’existe aucun plan ou proposition définitif, mais l’aménagement de ce type de plantations peut devoir être considéré au cours de la période de trois générations. À l’heure actuelle, l’impact de cette menace est considéré comme négligeable.

2.3 Élevage de bétail

Les pâturages sont situés principalement dans des prairies et des forêts ouvertes de basse altitude, qui sont très répandues dans trois zones biogéoclimatiques, soit celle à graminées cespiteuses, celle à pin ponderosa, et celle intérieure à douglas. À l’exception des grandes exploitations d’élevage de la vallée du Fraser, les fermes d’élevage et les pâturages sont petits et dispersés dans les basses terres à l’intérieur de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière, et occupent vraisemblablement une portion petite à modérée de son aire de répartition (< 10 %). La gravité de la menace à l’intérieur de la proportion de la population touchée est légère parce que les pâturages ne chevauchent généralement que les tronçons inférieurs des ruisseaux de montagne. La dégradation de l’habitat riverain, l’érosion localisée des rives des ruisseaux, l’augmentation de la température des eaux des ruisseaux et la pollution par le méthane comptent parmi les impacts du bétail.

Menace 3 (IUCN–CMP). Production d'énergie et exploitation minière (faible impact)

3.2 Exploitation de mines et de carrières

Les activités d’exploitation de mines et de carrières peuvent entraîner la perte et la dégradation d’habitat aquatique et riverain. Deux mines de minerai et une mine de granulats ont été certifiées à l’intérieur ou à la périphérie de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière depuis le milieu des années 1990 (EAO, 2014). Deux projets de carrières d’agrégats et deux projets de carrières de carbonate dotées d’installations de production de roche de magnésium sont en cours d’examen. Ensemble, ces mines couvrent moins de 1 % de l’aire de répartition de l’espèce et, par conséquent, leurs impacts potentiels sont considérés comme négligeables. La gravité de cette menace devrait être élevée parce que les mines et les carrières entraînent généralement une perte et une dégradation considérables d’habitat.

3.3 Énergie renouvelable

Sur la côte de la Colombie-Britannique, l’énergie renouvelable est principalement de nature hydroélectrique (la construction d’une centrale géothermique à l’intérieur de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière, près de Pemberton, a été proposée, mais aucun parc d’éoliennes ne l’a été). La plupart des installations hydroélectriques sont constituées de grappes de centrales au fil de l’eau interreliées, aménagées sur plusieurs différents cours d’eau. Sept sont actuellement certifiées, et cinq autres projets sont en voie d’examen par l’EAO. Chacun de ces projets produira 44 à 180 MW. La plupart sont situés sur la côte sud (vallée du bas Fraser, Pitt Meadows, partie supérieure du lac Harrison, Pemberton, bras Narrows, bras Jervis et bras Toba); deux sont situés sur la côte centrale (bras Bute – juste au nord du bras Toba, et Bella Coola); et un sur la côte nord (Kitimat). Quelque 40 bassins abritant probablement des grenouilles-à-queue côtières seront touchés par ces aménagements. Des installations au fil de l’eau plus petites, qui ne sont pas assujetties à un examen en vertu de la Environmental Assessment Act (EAA), perturberont aussi certains ruisseaux.

Étant donné que les installations au fil de l’eau sont localisées et qu’un certain nombre sont situées dans des ruisseaux répondant peu ou moyennement aux besoins de la grenouille-à-queue côtière (car ils sont de trop grande taille pour constituer des sites de reproduction optimaux), la menace de ces projets est considérée comme étant de portée faible (bien que l’empreinte des projets puisse être assez vaste dans certaines parties de l’aire de répartition de l’espèce). Les projets hydroélectriques peuvent causer la perte et la dégradation d’habitat aquatique et riverain imputables au détournement de tronçons, aux structures de prise d’eau, aux franchissements de ruisseaux par des routes et des conduites forcées, et à l’empiètement riverain des installations et de l’infrastructure. Dans les zones de densité de drainage élevée, et où les tributaires sont encaissés (ravinés), les franchissements par des conduites forcées peuvent causer une perte considérable d’habitat aquatique et terrestre, ce qui nuit directement aux juvéniles et aux adultes. Ces installations peuvent également déranger les déplacements et la dispersion aquatiques et terrestres à l’intérieur d’un bassin versant. Les activités de récupération d’organismes terrestres vivants dans un habitat destiné à être détruit en vue de les relocaliser ailleurs peuvent ne pas être entièrement efficaces si les individus capturés reviennent aux sites où ils ont été récupérés ou si la capacité de charge aux nouveaux sites est limitée (Moss et Dupuis, 2007).

Les impacts des menaces découlent de l’installation de ponceaux dans les ravins abritant des grenouilles-à-queue côtières ou du remplissage de ravins pour permettre le passage des tuyaux rigides de la conduite forcée en travers des talus (B. Pollard, comm. pers, 2015). Les grosses structures de prise d’eau, en particulier lorsque plusieurs installations interreliées sont aménagées dans de multiples bassins voisins, peuvent également entraver les déplacements des grenouilles et nuire à la connectivité de l’habitat. Dans certains grands bassins, la dérivation de l’eau à travers une conduite forcée peut réduire l’énergie hydraulique et l’instabilité du chenal associé, ce qui accroît le caractère convenable de l’habitat. L’envergure de l’installation hydroélectrique, ce à quoi elle est juxtaposée à l’intérieur d’un bassin, les caractéristiques physiques de la zone du projet, le caractère convenable de l’habitat pour la grenouille-à-queue côtière, et l’efficacité des mesures d’atténuation mises en œuvre pour réduire la mortalité et la perte d’habitat au minimum modulent le niveau de menace. D’après les résultats de plusieurs études commandées sur la variation du débit menées par Ecofish, il ne semble pas y avoir échouage de têtards par suite de l’accroissement rapide du débit au démarrage de centrales au fil de l’eau, sous les débits d’exploitation après le démarrage, ou pendant les périodes d’arrêt d’urgence ou d’entretien (D. Lacroix, comm. pers., 2014). En général, la gravité de cette menace est considérée comme modérée (bien qu’élevée dans les régions présentant des concentrations élevées de ravins de drainage) et l’impact global, faible. Par contre, les projets hydroélectriques comportent la menace concomitante que sont les lignes de transport d’électricité (voir les descriptions des menaces sous « Lignes de services publics » ci-dessous).

Menace 4 (IUCN–CMP). Corridors de transport et de service (faible impact)

4.1 Routes et voies ferrées

Les routes incluent les routes principales et d’autres routes utilisées principalement pour le transport public, ainsi que des routes d’accès aux ressources utilisées par les secteurs de l’exploitation forestière, du pétrole et du gaz, des mines et de l’énergie renouvelable. Les routes d’accès aux ressources, servant principalement à la récolte du bois, sillonnent le paysage. En 2005, la densité de routes forestières dans l’écoprovince de la côte et des montagnes se chiffrait à 0,5 km/km2 (augmentation de 0,06 km/km2 de 2000 à 2005), alors que dans l’écoprovince de la dépression de Géorgie, qui inclut la vallée du bas Fraser, elle était beaucoup plus élevée, s’y situant à 2,7 km/km2 (B.C. Ministry of Environment, 2007). Inversement, les routes principales et les chemins publics sont concentrés dans trois régions à l’intérieur de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière, soit les corridors de Terrace (route 16 et réseau routier connexe), de Bella Coola (route 20 et réseau routier connexe) et de la côte sud (en particulier les routes 101, 99N et 1, et les routes secondaires car elles croisent les chenaux de pente). Aucun projet de construction de routes ou de grands chemins publics dans les corridors de South Coast, de Terrace ou de Bella Coola n’est actuellement considéré. Les travaux routiers sont localisés, et les effets sur les populations de grenouilles-à-queue côtières devraient être de portée négligeable.

Les impacts de la dégradation de l’habitat sont plus marqués pendant la construction de nouvelles routes et l’élargissement de tracés routiers existants. La construction et l’amélioration des routes comportent le défrichage de la végétation et la perturbation du sol (perte d’habitat terrestre), ainsi que des travaux menés dans les cours d’eau lors du remplacement ou de l’installation de ponts et de ponceaux (perte d’habitat aquatique). Les routes peuvent fragmenter les habitats forestiers et entraver les déplacements et la dispersion des individus en métamorphose, des juvéniles et des adultes. Les ponceaux peuvent entraver les déplacements des têtards en perturbant le lit des cours d’eau et les régimes d’écoulement locaux, en particulier s’ils sont suspendus au-dessus du lit du chenal. Les véhicules roulant sur les routes peuvent être la cause d’une mortalité directe de grenouilles (p. ex. Vanlaar et al., 2012; Malt, 2013). La gravité de la menace devrait être légère pour plusieurs raisons : la majorité des routes sont situées dans des habitats se trouvant en haut de pente moins occupés par la grenouille-à-queue côtière (c.-à-d. ni près de cours d’eau ni parallèles à ceux-ci); les têtards dérivent dans une certaine mesure vers l’aval par le biais des ponceaux (L. Dupuis, obs. pers., 2006, 2007); aucun cas de mortalité routière n’a été signalé chez cette espèce; la grenouille-à-queue côtière n’effectue pas une migration massive au printemps et en automne comme le font d’autres espèces d’amphibiens.

Les connaissances sont insuffisantes pour évaluer l’impact des voies ferrées sur les populations de grenouilles-à-queue côtières, mais il devrait être négligeable car les voies ferrées occupent moins de 1 % de de l’aire de répartition de l’espèce.

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4.2 Lignes de services publics

Les lignes de services publics incluent les lignes de transmission de BC Hydro, les lignes de transport d’énergie associées aux installations énergétiques, ainsi que les oléoducs et les gazoducs.

La portion sud de la Great Northern Transmission Line de 344 km récemment aménagée entre Terrace et le lac Bob Quinn a probablement croisé des ruisseaux abritant la grenouille-à-queue côtière. Le doublement de la ligne de transmission de 255 km reliant l’intérieur à la vallée du bas Fraser entre Merritt et Coquitlam a croisé des ruisseaux abritant la grenouille-à-queue côtière, bien que la plus grande partie du tracé suivait des emprises existantes. BC Hydro n’a actuellement aucun grand projet d’aménagement de lignes de transmission en vue (EAO, 2014).

Des lignes de transport d’énergie sont requises pour relier les sources d’approvisionnement en électricité locales provenant de centrales électriques et le réseau électrique existant de BC Hydro. Les lignes peuvent être très longues et croiser de nombreux ruisseaux. Seuls six grands projets d’énergie renouvelable sont actuellement en vue pour la côte de la Colombie-Britannique (EAO, 2014), mais des lignes de transmission partent aussi de petites centrales électriques (< 50 MW) ne faisant pas l’objet d’un suivi par l’Environmental Assessment Office.

L’EAO procède actuellement à l’examen des trois projets de pipelines de gaz naturel liquéfié suivants : le projet de pipeline Pacific Northwest, du lac Summit (au nord de Prince George) à Kitimat, dont 200 km traverseraient la chaîne Côtière dans la région centrale de la côte; le projet de gazoduc de Prince Rupert, d’Hudson Hope à l’île Lelu, près de Prince Rupert, dont 200 km traverseraient la chaîne Côtière juste au sud de la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce; le projet de raccordement de gazoduc sur la côte Ouest, qui comprendrait un pipeline de 851 km allant du secteur de Cypress sur la côte sud jusqu’à Prince Rupert (EAO, 2014). Plus de 90 % de ce dernier traverserait l’aire de répartition provinciale de la grenouille-à-queue côtière.

Le projet d’oléoduc Northern Gateway d’Enbridge, qui permettrait d’expédier le pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta à Kitimat, enjamberait des dizaines de ruisseaux abritant des grenouilles-à-queue côtières (Pembina Institute, 2006). L’oléoduc de Kinder Morgan a déjà été construit, mais le triplement prévu de la capacité de ce pipeline produirait de nouvelles zones perturbées à l’échelle de la partie sud de l’aire de répartition de l’espèce, ce qui toucherait probablement de nombreux ruisseaux. D’après la largeur de la chaîne Côtière près de Kitimat et de Vancouver, les oléoducs Northern Gateway et de Kinder Morgan traverseraient environ 500 km de terrain montagneux qui chevauche l’habitat de la grenouille-à-queue côtière.

Les projets de corridors de lignes de service éventuels peuvent enjamber de nombreux ruisseaux de reproduction de la grenouille-à-queue côtière (sur une distance estimative de 2 000 à 3 000 km de forêts côtières), mais ces corridors ont une empreinte étroite et ne devraient donc pas entraîner une importante perte d’habitat de la grenouille-à-queue côtière. Quoique les perturbations pendant la construction pourraient être fortes, elles seraient limitées par la suite aux travaux d’entretien (enlèvement continu d’arbres et d’arbustes).

Menace 5 (IUCN–CMP). Utilisation des ressources biologiques (impact moyen)

5.3 Exploitation forestière et récolte du bois

Les terres publiques provinciales, qui constituent 93,4 % du territoire de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2011), ont fait l’objet d’une récolte du bois intensive. La récolte du bois entraîne la perte et la dégradation d’habitat d’amont et riverain (conversion des stades tardifs aux premiers stades de succession). La littérature indique que la perte de forêt ancienne (140 ans et plus) sur les rives et dans le haut des pentes adjacentes nuit aux juvéniles et aux adultes de la grenouille-à-queue côtière (Welsh, 1990; Corn et Bury, 1991; Richardson et Neill, 1995; Bull et Carter, 1996; Dupuis et Steventon, 1999; Aubry, 2000; Welsh et Lind, 2002; Stoddard, 2002; Kroll et al., 2008; Hawkes et Gregory, 2012; McEwan, 2014). Les grenouilles-à-queue ont un plus fort besoin d’humidité et une moins forte capacité d’absorption d’eau que d’autres grenouilles forestières (Claussen, 1973); les forêts riveraines et anciennes de la côte de la Colombie-Britannique sont généralement humides et fraîches et présentent des microclimats stables (Chen et al., 1993; Brosofske et al., 1997; Chen et al., 1999).

McEwan (2014) a constaté que les sites intacts comptant de la forêt riveraine et de terrain élevé abritent un plus grand nombre de grenouilles que les sites où la forêt de terrain élevé a été exploitée, même si la forêt riveraine était conservée (zone tampon de largeur variable allant jusqu’à 50 m). Les grenouilles n’étaient toutefois pas absentes des habitats exploités; elles se trouvaient dans des microsites humides présentant une complexité structurale, comme les chenaux d’écoulement éphémères et les ravines humides.

Hawkes et Gregory (2012) ont fourni des preuves convaincantes démontrant une réduction de l’abondance de la grenouille-à-queue côtière suite à l’élimination du couvert forestier dans un contexte expérimental (zones tampons de 10 à 30 m de largeur) de forêts sèches dominées par le douglas. Avant la coupe, l’abondance relative de la grenouille-à-queue côtière montrait une association positive à un couvert forestier dense mais, après la coupe, le couvert forestier avait pratiquement disparu, tout comme cette grenouille (Hawkes et Gregory, 2012). La quasi-absence de grenouilles dans ce type de forêt sèche exploitée (douglas, cèdre, pruche), en comparaison des variantes plus humides de la zone côtière à pruche de l’Ouest de la région de la Skeena et du milieu de la côte, implique que la réaction de la grenouille-à-queue côtière à l’exploitation forestière a un caractère régional.

Bien que des effectifs accrus de têtards puissent avoir été observés dans des ruisseaux traversant de nouvelles coupes à blanc (Richardson et Neill, 1995; Matsuda, 2001; Matsuda et Richardson, 2005), de telles densités ne témoignent pas de la durabilité des populations. Les têtards quittent aisément les habitats d’amont intacts pour se rendre en aval. La possibilité de recolonisation diminue si l’exploitation forestière est d’ampleur suffisante pour éliminer les habitats d’origine dans un bassin versant. La présence de la grenouille-à-queue côtière pendant quelques années après l’exploitation forestière suivie d’un déclin abrupt (Hawkes et Gregory, 2012) correspond au concept du décalage temporel touchant les populations, proposé par Spear et Storfer (2008). En outre, le nombre d’individus qui survivent jusqu’à l’âge de la reproduction dicte la viabilité d’une population dans le long terme (Winker et al., 1995).

À l’échelle du paysage, l’exploitation forestière nuit au déplacement et à la dispersion des grenouilles-à-queue côtières en raison de la fragmentation de l’habitat. Les données préliminaires révèlent que la disparition du couvert arboré peut donner lieu à un goulot d’étranglement génétique (Wahbe et al., 2005). Plus précisément, les têtards capturés dans des coupes à blanc semblaient être moins diversifiés sur le plan génétique que ceux prélevés dans des forêts anciennes et ne présentaient aucune relation entre la distance physique et la parenté génétique; la similarité génétique diminuait avec la distance physique entre les têtards et les ruisseaux traversant des forêts anciennes. Au moyen d’une analyse génétique à l’échelle du paysage, Spear et Storfer (2008) ont évalué l’effet de la fragmentation de l’habitat résultant de la récolte du bois à grande échelle sur la connectivité des grenouilles-à-queue; ils ont constaté que le flux génique dépendait de la présence de parcelles de forêt intacte (forêt à couvert fermé et à faible rayonnement solaire). Selon Dupuis et al. (2010), les fortes réductions des populations de grenouilles-à-queue côtières en Colombie-Britannique représentent le résultat prédit d’une perte de plus de 50 % de leur habitat riverain forestier. La récolte du bois, même à des niveaux moins élevés, peut entraîner des déclins considérables des populations, compte tenu de la tendance des grenouilles de se concentrer saisonnièrement à des endroits précis le long des ruisseaux et dans les lieux humides voisins.

Dans les régions côtières de la province, 41 % des forêts sont anciennes (140 ans et plus), mais la plupart sont situées à haute altitude. Bien que la grenouille-à-queue côtière occupe des habitats de haute altitude, ceux-ci peuvent être limitatifs dans les zones à relief marqué, très accidentées et aux températures basses. En date de 2002, une grande partie de la forêt de faible altitude avait disparu (B.C. Ministry of Environment, 2007); il en reste 860 000 ha (26 %), dont 260 000 ha (8 %) sont protégés dans des parcs et des zones d’aménagement de forêt ancienne (B.C. Ministry of Forests and Range, 2006; Ancient Forest Alliance, 2013). Par conséquent, les forêts d’altitude moyenne constituent un important bastion pour l’espèce, mais elles courent le risque d’une fragmentation et d’une dégradation accrues. Il est prévu que les bassins versants intacts, qui couvraient 26 % du territoire forestier de la province en 2006, n’en couvriront plus que 18 % dans le long terme (B.C. Ministry of Forest and Ranges, 2006). Ce niveau de disparition de la forêt ancienne devrait toucher 11 à 30 % de la population de grenouilles-à-queue côtières. Un grave effet cumulatif est prévu à cause des décennies que prend une forêt pour retrouver ses caractéristiques de forêt ancienne et de la perte cumulative déjà considérable d’habitat d’après la proportion de jeunes classes d’âge dans les zones côtières (19 % au milieu des années 1990).

Le débusquage en travers des ruisseaux peut causer un accroissement de la température de l’eau (Brown et Krygier, 1970; Holtby, 1988), résultant de l’élimination de la végétation créant de l’ombre et de l’élargissement des ruisseaux causé par l’instabilité des berges (Pike et al., 2010). L’exploitation forestière peut aussi entraîner la persistance des augmentations des températures maximales des eaux des ruisseaux pendant 15 ans (Johnson et Jones, 2000). Les températures maximales ne semblent pas atteindre des niveaux mortels pour la grenouille-à-queue côtière (> 21°oC) d’après des recherches sur l’effet des feux de forêt sur la température des eaux des ruisseaux (Hitt, 2003; Mahlum et al., 2011).

En plus de la perte d’habitat terrestre et de l’accroissement de la température de l’eau dans les ruisseaux, la récolte forestière à grande échelle et la construction routière connexe peuvent altérer le régime hydrologique d’un bassin versant (Jones et Grant, 1996). Les routes interceptent le ruissellement souterrain peu profond et le transformer en ruissellement de surface circulant dans les fossés, le ruissellement de surface étant beaucoup plus rapide que le ruissellement souterrain. Par conséquent, les réseaux routiers peuvent accroître le taux de drainage dans le paysage, ce qui peut accroître l’affouillement et le transport de sédiments et réduire la stabilité des chenaux pendant les périodes de débit de pointe, et donner lieu à une réduction des débits de base en été lorsque l’espèce est la plus active. La réduction des débits de base pourrait rendre les ruisseaux impermanents et donner lieu à une diminution de l’habitat aquatique disponible pour les têtards (COSEWIC, 2011).

En résumé, la récolte du bois constitue une grave menace pour la grenouille-à-queue côtière. Bien que généralisée antérieurement, la portée de cette menace devrait diminuée au cours des 10 prochaines années (même au regard des taux élevés continus de récolte, en vue de l’exportation de billes, dans des régions comme celle de la Skeena; L. Vanderstar, comm. pers., 2014). Les activités futures de récolte du bois continueront à entraîner la perte et la fragmentation d’habitat, mais les effets de la récolte passée du bois persistent parce que les anciennes forêts riveraines et de haut de pente prennent des décennies à se reconstituer. La gravité de cette menace demeure élevée, en particulier dans les bassins versants qui sont largement exploités.

Menace 6 (IUCN–CMP). Intrusions et perturbations humaines (impact négligeable)

6.1 Activités récréatives

Dans l'ensemble de la partie peuplée de la côte de la Colombie-Britannique, les réseaux de sentiers sont particulièrement communs en périphérie des communautés existantes. Cependant, la plus grande partie de cette région est inhabitée; l'ampleur de la menace et la gravité des impacts des réseaux de sentiers devraient donc être négligeables.

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Menace 7 (IUCN–CMP). Modifications des systèmes naturels (faible impact)

7.1 Incendies et suppression des incendies

Les incendies peuvent entraîner la mortalité de populations de grenouilles-à-queue côtières juvéniles et adultes et réduire la qualité de l’habitat riverain et de terrain élevé par la combustion de la végétation du sous-étage et des matériaux de surface (Pilliod et al., 2003). Il peut s’écouler des décennies avant que les communautés terrestres retrouvent leur niveau initial de productivité et de diversité structurale, et, par conséquent, les incendies peuvent perturber la capacité de charge de l’habitat et les déplacements sur de longues distances. Néanmoins, Spear et al. (2012) ont démontré que les grenouilles-à-queue et d’autres amphibiens présentent dans le long terme un niveau élevé de résilience aux perturbations catastrophiques naturelles, en particulier si les secteurs touchés peuvent se régénérer naturellement. Plus précisément, Spear et al. (2012) ont établi que, 30 ans après l’éruption du mont St. Helens, la recolonisation de la zone touchée de 600 km2 par des grenouilles-à-queue était généralisée et alimentée par de multiples sources. Dans la partie non aménagée de la zone touchée, seules la distance entre les sites et les périodes sans gel (r2 = 0,74) modulaient le flux génique, alors que le flux génique dans les secteurs ayant fait l’objet d’une coupe de récupération des arbres morts et d’un reboisement était fortement limité par les variables physiologiquement importantes que sont la charge thermique et les précipitations (r2 = 0,83). Ces travaux donnent à penser que l’absence de refuges dans le sous-étage et les débris ligneux grossiers (arbres tombés et troncs de chicots) dans les secteurs ayant fait l’objet d’une coupe de récupération peut laisser les grenouilles vulnérables à la déshydratation et à la mortalité, et que les habitats se régénérant naturellement pouraient mieux assurer le maintien de la diversité génétique des populations dans le long terme.

Dans le court terme, un incendie brûle généralement de façon irrégulière et laisse des parcelles de végétation dispersées dans son sillage. Cela est particulièrement vrai dans les régions connaissant un rayonnement solaire réduit, comme les vallées profondes, et dans les forêts anciennes à couvert forestier ouvert et au sol couvert de gros débris ligneux grossiers capables de résister à la combustion – ces caractéristiques réduisent l’intensité des flammes et ralentissent la vitesse de propagation d’un incendie (Lindenmayer, 2009). Les parcelles d’habitat intacts servent de sources pour la recolonisation locale de secteurs (Mazza, 2010). Dans les régions montagneuses côtières, les habitats non touchés peuvent comprendre des ravins, des zones riveraines (en particulier le long de ruisseaux encaissés orientés au nord), des vallées profondes et des forêts anciennes. Durant les périodes estivales de forte chaleur, lorsque des feux irréprimés sont le plus susceptibles de se manifester en Amérique du Nord, les amphibiens ont tendance à se terrer dans des refuges souterrains humides ou près de l’eau (Pilliod et al., 2003), augmentant ainsi davantage leur chance de survie. De nombreuses grenouilles-à-queue côtières cherchent probablement un refuge souterrain dans la zone hyporhéique sous-jacente aux ruisseaux et aux forêts riveraines pendant la saison des incendies.

Un incendie peut entraîner l’augmentation de la température des eaux des ruisseaux jusqu’à des niveaux mortels pour les larves, mais de nombreux individus semblent survivre dans de petites zones d’incendie de faible intensité touchant des ruisseaux (Friele, 2006). Hitt (2003) a signalé une augmentation (de 7,8 à 17,2°oC) de la température de l’eau 900 m en aval d’un feu irréprimé de forte intensité au Montana, bien que les températures maximales n’aient pas dépassé le seuil thermique pour les poissons et les insectes aquatiques. Mahlum et al. (2011) ont examiné les effets de feux irréprimés sur la température maximale de l’eau dans un ensemble de ruisseaux de deuxième à quatrième ordre soumis à une gamme d’intensités d’incendie, et n’ont pas relevé d’augmentation apparente de la température maximale de l’eau pendant les incendies. Un mois plus tard et pendant l’année subséquente, ils ont observé des augmentations de température de 1,4 à 2.2°C dans les sites incendiés par rapport aux sites témoins, les plus grandes différences ayant été observées à la fin de l’été. Les changements de la température maximale dans les sites situés à plus de 1,7 km en aval des sites incendiés ne différaient pas de ceux dans les sites témoins. Sept ans après les incendies, la température maximale des eaux des ruisseaux ne semblait pas revenue aux niveaux d’avant les incendies. Bien que la température des eaux n’atteigne habituellement pas un niveau mortel pour les têtards, il est probable que les changements de température produits par les incendies durent longtemps et sont exacerbés par l’exploitation forestière et les changements climatiques.

Les effets retardés des incendies sont principalement l’érosion et la sédimentation, y compris l’entraînement vers le bas des pentes du charbon de bois, de la cendre, du sable et du gravier fin, les glissements de terrain et la coulée de débris (Wondzell et King, 2003). Le degré d’érosion et de sédimentation dépend de l’intensité de l’incendie, de la topographie et de l’occurrence de fortes pluies avant établissement d’une végétation notable (Miller et al., 2003).

L’écoulement de surface engendré par une tempête peu après un grave feu irréprimé, qui consomme la couche d’humus et expose le sol minéral nu, peut mener à une sédimentation dans les ruisseaux, en particulier sur les pentes abruptes ou lorsqu’il existe une connectivité directe entre chenaux. Les petits chenaux d’amont traversant une zone incendiée peuvent agir comme vecteurs de sédiments vers les axes fluviaux principaux (Benda et al., 2003). La sédimentation peut causer des déclins à moyen terme (< 10 ans) des populations de têtards si les teneurs de particules fines sont élevées. Les écoulements critiques (taux d’écoulement pendant les crues de pointe) rétablissent éventuellement les conditions naturelles des chenaux au fil du temps, bien que ce processus puisse être lent dans les ruisseaux présentant un faible potentiel de transport.

En résumé, les impacts des incendies sur la grenouille-à-queue côtière devraient être faibles parce que les incendies d’origine naturelle sont de faible portée et se produisent très rarement dans les zones biogéoclimatiques humides comme la zone côtière à pruche de l’Ouest (Wong et al., 2004). L’ampleur de la menace est modérée car de nombreux individus survivront probablement dans les zones soumises à un incendie de faible intensité; l’espèce est capable de recoloniser les zones soumises à des perturbations naturelles catastrophiques dans le long terme (l’effet des incendies sur les têtards semble faible). Les incendies constituent une plus grave menace dans les zones continentales situées à la périphérie de l’aire de répartition de l’espèce, où les jeunes forêts sont plus répandues et les précipitations moins élevées. La menace des incendies devrait croître avec les changements climatiques (consulter les descriptions des menaces à la section « Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents »).

7.2 Gestion et utilisation de l'eau et exploitation de barrages

Les projets d’embouteillage d’eau pourraient causer la perte localisée d’habitat aquatique résultant des dérivations d’eau et la perte d’habitat riverain découlant de la construction d’installations. Une usine d’embouteillage d’eau a été certifiée en 2011, et aucune autre n’a été proposée à ce jour (EAO, 2014). Cette usine prélèvera 110 m3 d’eau par jour dans 34 différents ruisseaux se déversant dans les bras Bute, Toba, Jervis et Knight. Le prélèvement d’eau est effectué dans un sous-ensemble de ruisseaux d’un bras de mer à la fois, et comporte la ponction d’un débit maximum de 10 % sur une période de jusqu’à une heure. L’eau est prélevée de façon passive au moyen d’un entonnoir et d’un tuyau relié à un esquif équipé d’un bras télescopique; le dispositif est placé dans une chute d’eau ou une fosse profonde juste en amont des eaux de marée. Le bras télescopique peut causer la mortalité directe des têtards présents dans ces eaux. Aucune installation riveraine n’est requise, et aucune végétation n’est enlevée dans les sites de prélèvement d’eau. L’eau est déchargée dans une barge et transportée à une installation dans l’île de Vancouver. Cette activité a des effets négligeables sur les populations de grenouilles-à-queue côtières.

Les autres projets de gestion de l’eau incluent la construction de franchissements de cours d’eau et de marinas, des projets d’assèchement, ainsi que l’aménagement et l’utilisation de réservoirs et de puits d’eau souterraine. À part deux projets de creusage de puits dans les montagnes de la chaîne Côtière, aucun projet de gestion de l’eau n’a été établi dans la province depuis la fin des années 1990 (EAO, 2014). Le creusage de puits comporte le prélèvement d’eau dans les aquifères et ne nuit pas à l’habitat dans les chenaux de pente.

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Menace 8 (IUCN–CMP). Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (faible impact)

8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

Les amphibiens sont prédisposés à la chytridiomycose, une maladie infectieuse causée par le champignon pathogène aquatique Batrachochytrium dendrobatidis (Bd). La chytridiomycose est liée aux déclins des amphibiens à l’échelle mondiale, mais elle ne cause pas des déclins chez toutes les espèces infectées (p. ex. Pilliod et al., 2010). D’après plusieurs études sur la contamination de cours d’eau de l’Amérique du Nord par le Bd, qui ont porté sur 1 322 individus de 21 espèces, seulement 3 % des amphibiens prélevés étaient porteurs de Bd. Ce pourcentage représente un faible taux d’infection en comparaison des taux observés dans des milieux humides à débit nul ou lent situés dans les mêmes régions, et dans des cours d’eau d’Amérique centrale et d’Australie (Hossack et al., 2010). Les différences de taux d’infection peuvent être liées à la vulnérabilité à la chytridiomycose propre à l’espèce ou à des différences liées à l’habitat et au climat. Dans le cadre d’une étude portant sur 226 grenouilles-à-queue côtières prélevées dans 14 ruisseaux de premier à troisième ordre situés dans des États américains de la côte nord‑ouest du continent, Hossack et al. (2010) ont établi que 3 adultes (1,3 % des individus) provenant d’un ruisseau de l’Oregon étaient infectés; ces individus présentaient de faibles charges estimées de zoospores, mais aucun signe de la chytridiomycose. Bien que le Bd soit présent dans l’ensemble de la Colombie-Britannique, il n’a pas été décelé dans les populations de grenouilles-à-queue côtières de la province (M. Todd et P. Govindarajulu, données inédites). L’impact et la gravité de la menace que pose le Bd sont actuellement inconnus, mais l’effet de la maladie pourrait être répandu.

Les truites introduites peuvent pénétrer dans les tronçons de cours d’eau de faible altitude et y exercer une prédation sur les têtards de la grenouille-à-queue côtière. Ces ruisseaux sont généralement situés à proximité de centres urbains et d’aires récréatives; étant peu nombreux, ils concernent moins de 1 % de la population de l’espèce.

8.2 Espèces indigènes problématiques

Les algues filamenteuses peuvent recouvrir la surface du substrat où les têtards se fixent pour résister à l’entraînement par l’eau et réduire la surface exposée des roches où les têtards broutent le périphyton (Feminella et Hawkins, 1994). Ces algues croissent dans les ruisseaux plus exposés au débit lent, et peuvent être dominantes lorsque les débits sont très lents et en l’absence de couvert forestier.

Menace 9 (IUCN–CMP). Pollution (impact moyen)

9.2 Effluents industriels et militaires

La pollution découlant de la rupture de bassins de résidus ou du drainage acide dans les cours d’eau peut compromettre l’habitat aquatique. Deux mines de fer et une mine d’agrégats ont été certifiées à l’intérieur ou à la périphérie de l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière depuis le milieu des années 1990 (EAO, 2014). Deux projets de carrières d’agrégats sont à l’étude, ainsi que deux projets de carrières de carbonate dotées d’installations de production de roche de magnésium. Ensemble, ces mines occupent un très faible pourcentage (< 1 %) de l’aire de répartition de l’espèce.

Les déversements de pétrole provenant de pipelines pourraient contaminer les habitats locaux. Ceux se produisant à des passages de ruisseaux contamineraient aussi les tronçons en aval. Les déversements peuvent réduire le taux de survie de la grenouille-à-queue côtière et la productivité de l’écosystème (Service et al., 2012). Un déversement de 10 à 1 000 m3 par section de pipeline de 1 000 km s’est produit en moyenne tous les 16 ans (NEB, 2010); ceci signifie qu’il s’est produit un déversement local à chaque deux générations de la grenouille-à-queue côtière. Selon les calculs de Van Hinte  et al. (2007), le déversement moyen de huit déversements majeurs qui se sont produits au Canada entre 1992 et 2002 s’élevait à 9 814 barils (le plus grand déversement était de 25 000 barils). Malgré la longueur des pipelines proposés dans la province (~ 1 800 km), les secteurs touchés par un déversement seraient relativement localisés (touchant < 1% de l’aire de répartition de l’espèce). Néanmoins, les effets devraient être graves, résultant en la perte ou la dégradation d’habitat et la mortalité d’individus en raison de la contamination.

9.3 Effluents agricoles et sylvicoles

La sédimentation associée aux chemins forestiers peut causer une importante dégradation des habitats de ruisseau. Les chemins inutilisés sont souvent une source chronique de sédimentation, mais les chemins très fréquentés peuvent produire jusqu’à 130 fois plus de sédiments que ceux qui sont abandonnés (Reid et Dunne, 1984). En 2005, la densité des chemins forestiers dans l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière allait de 0,5 à 2,7 km/km2 (B.C. Ministry of Environment, 2007). En plus de la sédimentation imputable aux chemins forestiers, l’exploitation forestière peut aussi introduire des sédiments dans les ruisseaux lorsque la récolte du bois déclenche des glissements de terrain dans les secteurs instables (Rollerson et al., 2001; Millard et al., 2002), ainsi que lors du débusquage en travers des ruisseaux lorsque les berges deviennent plus susceptibles à l’effondrement à mesure que les arbres sont coupés, réduisant la résistance de la couverture pédologique à la rupture (Beschta, 1978). Les règlements pris en application de la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique sont axés sur la protection du poisson et de son habitat et l’atténuation des menaces; ils ne protègent généralement pas les petits chenaux et les berges de pente, qui constituent les habitats typiques prisés par la grenouille-à-queue côtière. La sédimentation peut également découler de la gestion inadéquate de l’écoulement de surface et de l’affaissement de routes. Les déclins de l’abondance des têtards suite à la récolte du bois et à la construction de routes sont bien documentés (Gaige, 1920; Noble et Putnam, 1931; Metter, 1964; Murphy et al., 1981; Bury, 1983; Corn et Bury, 1989; Aubry et Hall, 1991; Bull et Carter, 1996; Welsh et Ollivier, 1998; Ardea, 1999; Dupuis et Steventon, 1999; Biek et al., 2002; Welsh et Lind, 2002). Les sédiments comblent les espaces interstitiels entre les grosses roches et peuvent ainsi rendre les tronçons de ruisseau stables en escalier moins favorables à l’espèce dans les ruisseaux à écoulement critique relativement faible et/ou à types de roche instables (Dupuis et Friele, 2006). Les secteurs à haut risque incluent les chenaux creusés dans de la roche tendre érodable ou une couche épaisse de sédiments glaciaires, présentant un faible potentiel de transport d’eau (COSEWIC, 2011). La gravité de la menace varie; elle est régie par la pente du cours d’eau, le type de roche et le débit. Le bois (billes et rémanents) constitue aussi un effluent forestier dans les ruisseaux lorsque de la machinerie est utilisée pour effectuer le débusquage en travers des ruisseaux. En obstruant les cours d’eau de bas ordre (catégories S5 et S6), les grandes quantités de débris ligneux peuvent dégrader les morphologies en escalier, gêner les déplacements des têtards et éliminer les substrats d’alimentation (L. Dupuis, obs. pers. [1995-2005]; P. Friele, obs. pers. [1995-2005; 2007-2009]; L. Vanderstar, comm. pers., 2015).

La grenouille-à-queue côtière n’est pas présente dans les régions hautement agricoles et, par conséquent, elle n’est habituellement pas exposée à des polluants agricoles.

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Menace 10 (IUCN–CMP). Phénomènes géologiques (faible impact)

10.3 Avalanches et glissements de terrain

La grenouille-à-queue côtière est adaptée aux paysages sujets à des glissements de terrain naturels et à des coulées de débris. Ces événements, bien que dévastateurs là où ils se produisent, ont tendance à être localisés; ils sont peu susceptibles de causer des déclins irréversibles des populations. Les avalanches et les glissements de terrain sont exacerbés par la récolte du bois à grande échelle et les routes construites dans des secteurs de terrain instable.

Menace 11 (IUCN–CMP). Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (faible impact)

Une augmentation de 1,4 à 5,8°oC de la température moyenne en Colombie-Britannique est actuellement prévue d’ici 2100. Elle pourrait avoir de nombreuses répercussions : manteau neigeux moins épais, pluies hivernales plus abondantes (et débits plus élevés), crues printanières précoces, risques d’inondations accrus, turbulence de l’eau accrue et affouillement connexe, débits plus faibles en été et faibles débits associés à la sécheresse (Hamlet et Lettenmaier, 2000; Gayton, 2008). Les têtards se développent bien lorsque les conditions dans les chenaux sont stables, mais un accroissement des tempêtes et des risques d’inondation pourrait mener à une perte de stabilité des chenaux et à une plus forte mortalité des têtards du fait de la turbulence associée aux épisodes de déplacement des matériaux de fond.

Par ailleurs, la baisse du manteau neigeux et les faibles débits en été pourraient rendre les ruisseaux moins permanents et rétrécir les habitats aquatiques, en particulier dans les eaux d’amont. La perte d’habitat d’amont peut réduire la connectivité entre bassins en augmentant la distance sur terre entre les chenaux. Il a été établi que la grenouille-à-queue côtière survit aux conditions de sécheresse en se tenant dans des écoulements souterrains (têtards; Zevit et Matsuda, 2010) ou des cavités dans la terre (grenouilles); il est toutefois probable que les périodes prolongées de sécheresse prédites par les modèles des changements climatiques causeront des déclins dans la valeur adaptative et le taux de survie et perturberont la dynamique de la métapopulation (isolement accru par un habitat non convenable). Les effets du déplacement des habitats, de la réduction du volume des eaux d’amont, des sécheresses, des tempêtes et des inondations sont inconnus, mais ils sont susceptibles d’être modérés à graves. Les seuils de température des eaux des ruisseaux et de l’air atteints par suite des changements climatiques sont inconnus. Une température des eaux de 18,5°oC est mortelle pour les œufs, alors qu’une température de 21 à 24°oC est mortelle pour les grenouilles.

Il est probable que la construction de routes, les centrales hydroélectriques au fil de l’eau, les incendies plus fréquents et les glissements de terrain vont exacerber les menaces des changements climatiques. Après avoir analysé le moment de la survenue des pertes d’espèces d’amphibiens par rapport aux changements dans la température de la surface de la mer et de l’air, Pounds et al. (2006) ont conclu que de nombreuses localités des hautes terres dans les Amériques évoluent vers l’optimum de croissance du Bd (voirla menace 8.1 ci-dessus), ce qui pourrait encourager des flambées de la maladie. La portée et la gravité des effets des changements climatiques, et les effets cumulatifs des changements climatiques ajoutés à d’autres menaces constantes, sont actuellement inconnus.

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5. Cadre de gestion actuel

La stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy ou IWMS) donne des directives sur la mise en œuvre des mesures de gestion concernant les espèces en péril sous le régime de la Forest and Range Practices Act, y compris l’établissement de zones d’habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) propres aux espèces visées. Dans le cas de la grenouille-à-queue côtière, les WHA visent à protéger les importants ruisseaux et aires de reproduction convenables Plus précisément, une WHA devrait avoir une superficie d’environ 20 ha, bien qu’elle variera en fonction de facteurs propres à chaque site, et ses limites devraient être établies de façon à ce qu’il y ait maintien des conditions existant dans les ruisseaux visés (substrat, température, communautés de macroinvertébrés et d’algues).

Wahbe et al. (2004) ont recommandé de préserver des groupes de ruisseaux interconnectés, et cette approche a été recommandée dans la conception des WHA (Dupuis et Friele, 2003; Michelfelder et al., 2008). Telle que définie actuellement dans l’IWMS, une WHA pour la grenouille-à-queue côtière devrait inclure au moins deux ruisseaux ou tronçons de ruisseaux (p. ex. catégorie S5 ou S6) où il y a des indices de présence de l’espèce (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004b). Une zone principale de 30 m et une zone de gestion de 20 m de largeur devraient être établies de chaque côté du cours d’eau. Sur les pentes de dénivellation supérieure à 60 %, la WHA devrait s’étendre jusqu’au sommet de la gorge intérieure. Lorsque plusieurs ruisseaux présentant ces caractéristiques existent, la priorité est accordée aux sites adjacents à une forêt mature ou ancienne ou présentant un potentiel d’établir ou de maintenir la connectivité des forêts. Toutefois, les WHA varient selon la région; dans la région de la Skeena, où les WHA couvrent l’ensemble du bassin, des zones de conservation de 50 m sont établies le long des tributaires, et le reste de chaque WHA constitue une zone de gestion spéciale à l’intérieur de laquelle des mesures générales visant la faune sont appliquées (B.C. Ministry of Environment, 2014a). L’exploitation forestière est interdite dans 3 des 12 WHA de la région de la Skeena; ces 3 WHA constituent des aires de référence (L. Vanderstar, comm. pers., 2014). Les mesures générales visant la faune dans les 9 autres WHA requièrent un pourcentage de rétention structurale de 70 % (B.C. Ministry of Environment, 2014a).

Les mesures de gestion générales des WHA pour la grenouille-à-queue côtière (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004b) incluent les suivantes :

  • Maintien de substrats de gravier, de caillou et de blocs rocheux propres et stables, de la morphologie naturelle des chenaux en escalier et de la température des eaux dans les limites de tolérance de l’espèce.
  • Maintien des régimes microclimatique, hydrologique et sédimentaire pour : 1) réduire au minimum l’occurrence d’épisodes de débits extrêmes, 2) limiter le taux de mortalité des grenouilles-à-queue lors d’inondations et 3) satisfaire aux exigences de recherche de nourriture et de dispersion des stades métamorphosés du cycle de vie.
  • Maintien de la forêt riveraine.
  • Maintien d’éléments structuraux importants (p. ex. débris ligneux grossiers).
  • Maintien de la qualité de l’eau et des écoulements naturellement dispersés.
  • Réduction au minimum des risques de chablis.
  • Évitement du débusquage en travers des ruisseaux.
  • Interdiction de l’utilisation de pesticides ou de l’application de produits chimiques.
  • Installation d’ouvrages adéquats de franchissement de ruisseaux et conception appropriée des routes pour réduire au minimum les impacts sur les habitats de ruisseau et riverains des grenouilles-à-queue.
  • Utilisation, si possible, de zones de rétention d’arbres ayant une valeur pour des espèces sauvages afin d’accroître la largeur des zones de gestion.
  • Gestion des tronçons de ruisseaux adjacents aux WHA en fonction des recommandations de gestion des zones riveraines.
  • Prévention de l’introduction de poisson et de la rechenalisation des zones abritant des populations de grenouilles-à-queue.
  • Maintien de ruisseaux d’amont libres de rémanents et de zones tampons riveraines boisées, en particulier dans les secteurs fragmentés.

Les pratiques exemplaires de gestion provinciales pour les amphibiens et les reptiles (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004a) contiennent des lignes directrices générales de gestion pour les grenouilles-à-queue, notamment :

  • maintenir un habitat boisé humide présentant des quantités abondantes de débris ligneux grossiers le long des ruisseaux (d’au moins 30 m de largeur sur les deux berges; le plus large sera le mieux);
  • veiller à éviter la sédimentation dans les habitats de ruisseau;
  • éviter la modification des régimes d’écoulement des cours d’eau;
  • maintenir les morphologies avec petites fosses et en escalier dans les ruisseaux , ainsi qu’un couvert abondant à l’intérieur de ceux-ci;
  • laisser la végétation riveraine se reconstituer;
  • utiliser des ponceaux à fond ouvert pour faciliter les déplacements des animaux sauvages en travers des routes.

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6. But et objectifs de gestion

6.1 But de gestion

Le but de gestion est de maintenir des populations autosuffisantes et viables de la grenouille à queue côtière dans l’ensemble de son aire de répartition.

6.2 Justification du but de gestion

La grenouille-à-queue côtière a été désignée « espèce préoccupante » par le COSEPAC. Cette désignation est attribuée aux espèces sauvages qui sont particulièrement vulnérables aux activités humaines et aux événements naturels. Les espèces préoccupantes ne sont ni en voie de disparition ni menacées de disparition, mais elles sont susceptibles de devenir menacées si les facteurs ayant sur elles une influence négative ne sont ni renversés, ni gérés de façon efficace . La vulnérabilité de la grenouille-à-queue côtière s’explique par son cycle vital biphasique, la spécialisation extrême de son habitat à toutes les phases de son cycle vital, son faible taux de reproduction, l’étroite plage de température des eaux de ruisseau qu’elle tolère et son intolérance physiologique aux températures élevées et à un faible taux d’humidité dans les milieux terrestres.

6.3. Objectifs de gestion

Les objectifs de gestion pour la grenouille-à-queue côtière sont les suivants :

  1. prévenir la disparition des populations de grenouilles-à-queue côtières dans les bassins versants occupés par l’espèce au moyen de pratiques de conservation visant l’utilisation des terres qui :
    1. maintiennent la qualité et la quantité des habitats de ruisseau, riverains et de terrain élevé;
    2. protègent et préviennent la dégradation d’habitats aquatiques et terrestres spécialisés;
    3. assurent la connectivité au sein des populations et entre celles-ci;
  2. combler les lacunes dans les connaissances sur l’écologie de la grenouille-à-queue côtière qui limitent actuellement la conception de mesures de gestion;
  3. combler les lacunes dans les connaissances sur la réaction des populations de grenouilles-à-queue côtières aux menaces et aux mesures de gestion (c.-à.-d. évaluation de l’efficacité de la gestion de conservation).

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7. Approches pour l'atteinte des objectifs

7.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures ci-dessous sont classées par objectif de gestion. Les mesures inscrites sous chaque objectif sont classées suivant les groupes de mesures du Conservation Framework de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2010).

7.1.1 Mesures achevées ou en cours pour l'objectif 1

Planification
  • La grenouille-à-queue côtière a été considérée comme étant une espèce focale pour la gestion écosystémique, ce qui vise à garantir que l’aménagement du paysage et des forêts ne crée pas un niveau de risque élevé dans le nord et le centre de la côte (CIT, 2004). Des seuils d’habitat à risque élevé et à risque faible pour la grenouille-à-queue côtière ont été élaborés selon l’avis de spécialistes (Daust et al., 2010).
Protection de l'habitat
  • Des zones d’habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) ont été établies dans les bassins versants des quatre régions relevant du Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique qui recoupent l’aire de répartition de la grenouille-à-queue côtière (figure 6). Actuellement, les WHA établies dans les bassins conservent et protègent 3 876,5 ha dans la région de la Skeena (Coast Mountains Resource District). Les WHA en zones tampons riveraines conservent et protègent 187 ha dans la région ouest de la côte (North Island –Central Coast Resource District), 56 ha dans la région sud de la côte (Chilliwack Natural Resource District), et 384,8 ha dans la région de Thompson–Okanagan (Cascades Natural Resource District) (B.C. Ministry of Environment, 2014a). Une superficie supplémentaire de WHA d’au total 3 302,2 ha est proposée pour la région du centre de la côte, selon une requête de DataBC (2005).
  • BC Hydro a préparé un protocole de travail lié à ses installations et à son infrastructure de lignes de transport concernant l’intérieur et la périphérie des cours d’eau (BC Hydro, 2014; Connie Miller-Retzer, comm. pers., 2015).
  • D’autres documents d’orientation sur les pratiques exemplaires de gestion pour la grenouille-à-queue côtière ont été élaborés pour diverses utilisations des terres dans la province (B.C. Ministry of Environment, 2014b; B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2014a, 2014c).

7.1.2 Mesures achevées ou en cours pour l'objectif 2

Gestion de l'espèce et des populations (recherche et suivi)
  • Un programme de recherche collaborative (B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations; B.C. Ministry of Environment; University of Northern British Columbia) amorcé en 2010 porte sur l’écologie spatiale de la grenouille-à-queue côtière dans la partie septentrionale de son aire de répartition, dans la région de la Skeena (Todd et al., 2014a). Des projets continuent de fournir des renseignements utiles sur : les besoins des grenouilles juvéniles et adultes en habitat terrestre et leur utilisation des forêts riveraines et de terrain élevé (McEwan, 2014); les facteurs, notamment le microclimat, qui influent sur l’abondance et la répartition des grenouille-à-queue à de multiples échelles (Todd et Johnson, 2014; Cadori, 2015; Todd et al., 2015); l’écologie de la reproduction (McEwan et al., 2012; Todd et al., 2015); la génétique des populations et la connectivité au sein des paysages (Mosher, 2014); la détection et la prévalence de la chytridiomycose dans les populations de grenouilles-à-queue. Des méthodes favorisant l’efficacité de la détection et des relevés des stades du cycle vital terrestres (relevés visuels; Millard-Martin, 2015) et aquatiques (c.-à-d. ADN de sources environnementales; Murray et Flores, 2013; Grob, 2014) font également l’objet d’études. Un ensemble exhaustif de protocoles de recherche et de suivi existe pour assurer la comparabilité des données qui seront recueillies dans le futur (Todd et al., 2014b).

7.1.3 Mesures achevées ou en cours pour l'objectif 3

Planification
  • Un cadre applicable aux espèces sauvages a été élaboré dans le cadre de la stratégie du Forest and Range Evaluation Program (FREP) pour évaluer les pratiques relatives à l’habitat faunique prévues dans la Forest and Range Practices Act (FRPA; Paige et Darling, 2009). Des indicateurs et des protocoles permettant de déterminer l’efficacité des zones d’habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) de la FRPA pour la grenouille-à-queue côtière sont en cours d’élaboration, ou ont été élaborés et font l’objet d’essais sur le terrain (p. ex., Maxcy, 2004; Gyug, 2005a, 2005b; Sutherland, 2008; Gyug, 2012).
  • Un projet pilote sur le terrain visant le suivi de l’efficacité régionale des WHA pour la grenouille-à-queue côtière a été amorcé en 2012 dans le Cascades Forest District (Gyug, 2012). De nouveaux relevés ont été recommandés pour déterminer de façon stratégique l’emplacement de toute nouvelle WHA.  
  • Une évaluation de l’efficacité des pratiques forestières le long de petits cours d’eau (ruisseaux S4–S6) dans la région du centre de la côte est effectuée au moyen du protocole du FREP applicable aux poissons et aux rives (Tripp et al., 2009), augmenté avec des indicateurs de l’habitat aquatique de la grenouille-à-queue côtière à l’échelle des sites.
  • Dans le cadre d’une initiative provinciale visant à produire un manuel des valeurs et des composantes environnementales pour l’évaluation des effets cumulatifs (Robertson et al., 2012), un processus de sollicitation de l’avis d’experts a été amorcé au printemps 2013 afin de combler les lacunes dans les connaissances sur les grenouilles-à-queue. Ce processus a permis de produire l’ébauche d’un rapport sur les connaissances et un résumé des valeurs pour les grenouilles-à-queue pour déterminer les éléments, les indicateurs et les valeurs de référence qui peuvent être utilisés dans l’évaluation des conditions actuelles et futures de l’habitat (K. Paige, comm. pers., 2015). Les grenouilles-à-queue partageaient de nombreux indicateurs avec les valeurs pour les poissons et les valeurs pour les processus applicables aux bassins versants (voir le premier point ci-dessus).
  • Un projet du programme de recherche collaborative dans la région de la Skeena (voir la section 7.1.2) consiste à évaluer l’efficacité des WHA en matière de conservation à l’échelle des bassins pour appuyer l’élaboration d’indicateurs de suivi aquatiques et terrestres pour le FREP et de protocoles de terrain visant la grenouille-à-queue côtière (Todd et al., 2014b).
  • Dans le cadre du Coast Experimental Watersheds Programme, un modèle de répartition spatiale à échelles multiples de la grenouille-à-queue côtière est en cours d’élaboration pour évaluer le modèle physiographique de l’équipe d’information sur la côte qui a été utilisé dans l’établissement des arrêtés concernant l’utilisation des terres dans le nord et le centre de la côte et dans le centre-sud de la côte (Rumsey et al., 2004; Leversee, 2009). Les relevés concernant la grenouille–à-queue côtière et les données d’observation provenant de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce ont été compilées et seront accessibles pour améliorer la carte de répartition actuelle de l’espèce (en anglais seulement). Le modèle amélioré sera utilisé pour orienter la planification de la conservation à de multiples échelles, notamment l’établissement de futures WHA.
  • Les préoccupations concernant les groupements de projets indépendants de production hydroélectrique dans le sud de la côte ont amené le gouvernement à effectuer des recherches pour assurer un suivi de l’abondance relative de la grenouille-à-queue côtière dans les tronçons de dérivation, juste en aval des canaux de fuite et en amont des bassins de prise d’eau. En 2013, le Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique a amorcé une étude « avant-après-témoin-impact » (BACI, pour before-after-control-impact) pour faire le suivi des effets de ces projets sur la grenouille-à-queue côtière. Le Palen Lab de l’Université Simon Fraser a contribué à la conception de l’étude et à l’établissement d’un cadre statistique approprié qui utilise des modèles d’abondance multisaisonniers (voir Dail et Madsen, 2011). Des données « avant » ont été recueillies pendant deux ans à tous les sites. Des analyses préliminaires ont été effectuées pour mieux connaître la puissance des inférences possibles avec les types de données recueillies (Malt et Crockett, 2013). Les résultats devraient aider à comprendre les impacts des installations hydroélectriques, et pourraient éclairer la planification de futurs projets. Le ministère a récemment publié des directives concernant la grenouille‑à‑queue côtière pour le suivi des centrales au fil de l’eau (Malt et al., 2014). Ces directives permettront de garantir que les méthodes de collecte de données pour les autres grands projets à venir seront conformes à celles de l’étude en cours.
Figure 6. Les aires colorées indiquent les bassins versants contenant les zones d'habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) proposées et existantes pour la grenouille-à-queue côtière dans l'aire de répartition connue de l'espèce en Colombie Britannique (données de 2015 fournies par le Ministry of Environment and Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations).
Carte montrant proposé et zones d'habitat faunique existant pour la grenouille-à-queue côtière
Description longue pour la figure 6

La figure 6 montre une carte des bassins versants contenant les zones d'habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) proposées et existantes pour la grenouille-à-queue côtière dans l'aire de répartition connue de l'espèce en Colombie Britannique. Ces bassins versants sont répartis en nombres variés dans la région de la Skeena, la région du centre de la côte et les monts Cascade, dans la bande de territoire de la province bordant le Pacifique.

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7.2 Mesures de gestion recommandées

Tableau 2 présente les nouvelles mesures recommandées par objectif de gestion (1–3) et groupe de mesures du cadre de conservation (Conservation Framework). Voir la section 7.1 pour l'état d'achèvement et la prolongation potentielle de projets en cours.

Tableau 2. Mesures de gestion recommandées pour la grenouille-à-queue côtière.
No d'objectifGroupe de mesures du cadre de conservationMesures à prendre pour atteindre les objectifsMenacea ou préoccupation viséeNote p du tableau 2PrioritébNote q du tableau 2
1Protection de l'habitatContinuer de saisir de façon prioritaire les mentions de grenouilles‑à‑queue côtière dans la base de données du centre de données sur la conservation afin de favoriser une conservation et une gestion efficace des populations existantesLacune dans les connaissances sur la répartitionEssentielle
1Protection de l'habitatEffectuer des relevés dans les régions où les données sont peu abondantes ou inexistantes, et améliorer les techniques de relevés (p. ex. ADN de sources environnementales).Lacune dans les connaissances sur la répartitionNécessaire
1Protection de l'habitatDésigner les WHA proposées dès que possible.5Essentielle
1PlanificationUtiliser une approche stratégique pour déterminer l'emplacement des futures WHA afin de cibler les cours d'eau optimaux et les lacunes en matière de conservation; le choix des sites doit être évalué à l'échelle des régions et des districts; utiliser des modèles prédictifs pour aider au choix des sites de WHA, puis faire une vérification sur le terrain.5Nécessaire
1Protection de l'habitatAméliorer et mettre en œuvre de meilleures conceptions et mesures des WHA pour aborder la protection à l'échelle des bassins versants en fonction des récentes recherches.5Nécessaire
1Protection de l'habitatConcevoir et mettre en œuvre des zones tampons pour protéger l'habitat de ruisseau et riverain de tous les bassins occupés par des grenouilles-à-queue côtières.1, 3, 4, 5, 9Essentielle
1Protection de l'habitatConcevoir et mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion pour la protection des attributs structuraux de l'habitat qui sont essentiels au maintien du déplacement des grenouilles à travers des habitats terrestres (p. ex. ruisseaux éphémères, zones de suintement, microsites humides, gros débris ligneux.)1, 3, 4, 5, 9Essentielle
1Protection de l'habitatS'ils sont connus, protéger les habitats spécialisés où les grenouilles-à-queue côtières se regroupent, comme les lieux d'accouplement à l'automne, les sites de ponte au printemps, les habitats de croissance des larves de grande qualité).1, 3, 4, 5, 9Essentielle
1Protection de l'habitatConcevoir et mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion pour le choix de l'emplacement, la construction et l'entretien de routes et d'autres développements linéaires (p. ex., pipelines, emprises de lignes de transport d'électricité), ainsi que des ouvrages de franchissement de cours d'eau connexes.4Essentielle
1Protection de l'habitatÉtablir et gérer au sein des paysages la connectivité entre les bassins versants abritant des grenouilles‑à‑queue côtière par le choix stratégique de l'emplacement des aires de conservation et des réserves à l'échelle du peuplement et du paysage (p. ex. les zones d'aménagement de forêts anciennes, les zones spéciales de gestion des ressources, les zones de rétention d'arbres ayant une valeur pour des espèces sauvages, les zones de réserve riveraine et les zones de gestion riveraine).2, 3, 4, 5Nécessaire
1,2Gestion de l'espèce et de la populationConcevoir et mener des recherches génétiques pour déterminer si la population provinciale de la grenouille-à-queue côtière représente une seule sous-population, ainsi que pour déterminer le niveau de connectivité entre les bassins versants.Lacune dans les connaissances contraignant la gestionBénéfique
2PlanificationConcevoir et mener des recherches sur les effets potentiels des changements climatiques sur les perturbations et la disponibilité d'habitat.11Bénéfique
2PlanificationÉvaluer les effets cumulatifs de multiples menaces (p. ex. la coupe forestière, les routes, le développement hydroélectrique, les incendies et la gestion des incendies) sur la grenouille-à-queue côtière.1, 3, 4, 5, 8, 9Nécessaire
2PlanificationÉvaluer l'effet des menaces potentielles (p. ex. les projets de centrales au fil de l'eau, les projets de pipelines, les espèces envahissantes et les nouvelles maladies) sur les populations de grenouilles‑à‑queue côtières.1, 3, 4, 5, 8, 9Nécessaire
1,2Gestion de l'espèce et de la populationConcevoir et mener des recherches sur la dispersion et la répartition des grenouilles-à-queue côtières au sein des bassins versants et entre les bassins; répéter les études pour saisir la variation régionale potentielle.Lacune dans les connaissances contraignant la gestionBénéfique
3PlanificationÉvaluer l'efficacité des pratiques de gestion de l'utilisation et de la conservation des terres mises en œuvre par des promoteurs forestiers (c.-à-d. suivi dans le cadre du FREP) et d'autres promoteurs de projets de développement.1, 3, 4, 5, 9Nécessaire

Note du tableau 2

Note p du tableau 2

Numéros de menaces suivant le système de classification de l'IUCN-CMP (voir les précisions au tableau 1 concernant l'évaluation des menaces).

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Note q du tableau 2

Essentielle = urgente et importante; la mesure doit être prise immédiatement; nécessaire = importante, mais non urgente; la mesure peut être prise dans les 2 à 5 prochaines années; bénéfique = la mesure pourra être prise quand cela sera possible.

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7.3 Commentaires à l'appui du tableau des mesures de gestion

Cette section donne des précisions sur les mesures recommandées, tirées des groupes de mesures du cadre de conservation (Conservation Framework), aux fins de l’atteinte d’une partie ou de la totalité des objectifs de gestion.

7.3.1 Protection de l'habitat

Les mesures recommandées sont axées sur des pratiques d’utilisation des terres à de multiples échelles pour conserver et protéger les populations et les habitats. Une protection et une gestion adéquates de l’habitat doivent être effectuées pour tous les ruisseaux abritant la grenouille‑à‑queue côtière, et elles doivent tenir compte des besoins pour la survie des juvéniles et des adultes en milieu terrestre et des têtards en milieu aquatique. L’orientation historique de la gestion visant la conservation de l’intégrité des ruisseaux découle, partiellement, d’une approche de gestion fondée sur les poissons, ainsi que de la détectabilité très faible des grenouilles comparativement à celle des têtards. Il deviendra de plus en plus important d’adopter une bonne intendance à mesure que les changements climatiques viendront s’ajouter aux effets de l’utilisation des terres.

Zones d'habitat faunique (Wildlife Habitat Areas)

Les zones d’habitat faunique (WHA, pour Wildlife Habitat Areas) sont des outils stratégiques destinés à la conservation des populations et des habitats de la grenouille-à-queue côtière; toutefois, ces zones couvrent une très petite portion (0,12 %) de la zone d’occurrence de l’espèce (L. Dupuis, comm. pers.), et de grandes lacunes existent dans leur répartition (figure 6). Les WHA servent de sources pour cette espèce, dans les cas où des zones assujetties à des perturbations à grande échelle et/ou stochastiques exigent une recolonisation. Ainsi, ces zones doivent offrir une protection maximale aux ruisseaux productifs hautement convenables à l’espèce répartis dans l’aire de répartition de celle-ci. La désignation des WHA proposées est essentielle, et le repérage de nouvelles zones pour combler les lacunes au sein de l’aire de répartition de l’espèce constitue une priorité nécessaire à la conservation de l’espèce.

Le but actuel des WHA consiste à maintenir des ruisseaux importants et des habitats de reproduction convenables, et la conception des WHA et les mesures générales visant la faune sont centrées sur la protection de la qualité de l’habitat associé aux ruisseaux (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004b). Toutefois, de récentes recherches télémétriques portant sur des grenouilles adultes menées dans la région de la Skeena indiquent que l’espèce dépend d’un bon couvert forestier et de conditions fraîches et humides pour ses déplacements dans les milieux forestiers riverains et de terrain élevé (McEwan, 2014). Les adultes et les juvéniles sont très mobiles et vulnérables aux perturbations pendant leurs déplacements saisonniers en forêt, en provenance et à destination d’habitats terrestres et aquatiques spécialisés (Todd et Johnson, 2014; Todd et al., 2015). Spear et Storfer (2008) ont démontré que la perte de couvert forestier mature donne lieu à un goulot d’étranglement génétique chez cette espèce dans la péninsule Olympic de l’État de Washington.

Les WHA existantes consistent principalement en des bandes tampons le long des ruisseaux visés abritant la grenouille-à-queue côtiere, sur des longueurs de 100 m à plusieurs kilomètres. Il faut revoir les dimensions des WHA et les mesures générales visant la faune pour protéger tous les stades du cycle vital de la grenouille-à-queue côtière et pour tenir compte du rôle de conservation important que jouent ces zones comme sources de l’espèce au sein des paysages. La conception des zones à l’échelle des bassins versants devrait visée l’établissement de réserves résistantes au vent d’une largeur d’au moins 50 m pour protéger les ruisseaux abritant les larves et les habitats forestiers riverains. Les mesures générales visant la faune à l’extérieur des réserves devraient conserver le couvert forestier, protéger les habitats humides de terrain élevé (p. ex. les zones de suintement, les ravines humides et les ruisseaux éphémères), et conserver et accroître d’importants attributs structuraux, comme les gros débris ligneux au sol et le  sous-étage arbustif, qui facilitent le déplacement des grenouilles en forêt.

L’efficacité des WHA pour la grenouille-à-queue côtière comme sources d’individus pour recoloniser les paysages perturbés s’améliorera si des liens forestiers sont établis entre leurs frontières et les bassins versants avoisinants. Des recherches ont révélé des taux élevés de flux génique entre les bassins versants de la péninsule Olympic; ce flux génique se produisait par voie terrestre, la connectivité terrestre étant élevée entre les bassins fluviaux non reliés (Spear et Storfer, 2008). De manière semblable, le choix stratégique de l’emplacement des WHA avec d’autres types de zones de conservation et de réserves à l’échelle du paysage (c.-à-d. les zones d’aménagement de forêts anciennes et les WHA pour d’autres espèces sauvages désignées) aidera à maintenir la connectivité entre les bassins versants au sein des paysages.

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Pratiques exemplaires de gestion

Les zones tampons le long des ruisseaux et les pratiques exemplaires de gestion sont essentielles pour maintenir des habitats et des populations fonctionnels de grenouilles-à-queue dans les paysages entre les WHA. Aux latitudes plus basses, les populations de grenouilles-à-queue côtières sont résilientes aux perturbations catastrophiques et à l’utilisation intensive périodique des terres, pourvu que des populations sources demeurent disponibles et que les conditions facilitant la recolonisation existent (p. ex., Spear et al., 2012; Aguilar et al., 2013).

Dans les endroits où elles sont présentes, les grenouilles-à-queue vivent dans les ruisseaux, les zones riveraines et les milieux forestiers de terrain élevé, et une grande densité de larves se trouve dans les tronçons de cours d’eau optimaux pour la croissance. Les grenouilles se déplacent selon les saisons dans les milieux terrestres, en provenance et à destination d’habitats spécialisés, comme les sites de ponte ou d’accouplement. Tous les tributaires occupés par des grenouilles-à-queue devraient donc faire l’objet d’une rétention riveraine pour protéger les habitats aquatiques et maintenir les habitats terrestres fonctionnels adjacents aux cours d’eau par lesquels les grenouilles pourraient se déplacer. Les conceptions variables des zones tampons riveraines reflèteront les caractéristiques des sites (p. ex. topographie et pente) et la qualité de l’habitat (p. ex. la présence d’habitats spécialisés de la grenouille‑à‑queue). Le besoin de résistance au vent influencera la conception des zones tampons et pourrait exiger des mesures de gestion pour les zones adjacentes aux zones tampons. Par exemple, une zone tampon de rétention devrait être d’une largeur de 30 m pour obtenir une protection efficace (résistance au vent) sur une largeur de 20 m (Lars Reese-Hanse, comm. pers., 2015).

Des recherches indiquent des concentrations saisonnières de grenouilles-à-queue côtières à l’intérieur de 5 à 10 m des ruisseaux dans les bassins occupés par l’espèce, et des densités relatives généralement plus élevées à l’intérieur de 30 m des ruisseaux tout au long de la saison de croissance (p. ex., Matsuda et Richardson, 2005; McEwan, 2014). Néanmoins, la répartition des grenouilles au sein des bassins versants devrait présenter une variabilité régionale et locale. Par exemple, l’espèce devrait utiliser davantage les forêts riveraines dans les paysages plus secs où il y a moins d’habitats humides en forêt de terrain élevé, tandis qu’elle devrait être plus largement répartie dans les forêts de terrain élevé des variantes biogéoclimatiques plus humides. Par ailleurs, la latitude peut entraîner des différences régionales de flux génique, de structure populationnelle, de comportement et d’utilisation de l’habitat (Aguilar et al., 2013).

Les pratiques exemplaires de gestion visant la rétention structurale sont essentielles pour toute activité d’utilisation des terres qui éliminent partiellement ou entièrement le couvert forestier dans les forêts riveraines et de terrain élevé au-delà des zones tampons riveraines de rétention dans les bassins occupés par des grenouilles-à-queue. Ces pratiques devraient : protéger les habitats mouillés et humides contre la dégradation dans les milieux forestiers de terrain élevé, conserver les attributs de la complexité structurale, comme les gros débris ligneux et le couvert arbustif, et maintenir la connectivité à petite échelle pour faciliter les déplacements saisonniers et annuels et la dispersion à destination et en provenance des ruisseaux. Des recherches ont démontré les effets de l’élimination du couvert forestier sur l’utilisation de l’habitat de terrain élevé par les grenouilles-à-queue côtières (p. ex., Hawkes et Gregory, 2012; McEwan, 2014), ainsi que l’association positive des grenouilles-à-queue avec les microsites humides et les gros débris ligneux au sol, particulièrement dans les forêts exploitées (Aguilar et al., 2013; McEwan, 2014). Les grenouilles-à-queue côtières sont associées à une faible luminosité et à des taux d’humidité élevés (McEwan, 2014). Des recherches préliminaires indiquent qu’il y a corrélation entre, d’une part, température et humidité relative, et, d’autre part, couvert arbustif dans les habitats des grenouilles-à-queue (Cadori, 2015). Spear et Storfer (2012) ont signalé qu’un manque de refuges dans le sous‑étage et les débris ligneux rendent les grenouilles vulnérables à la déshydratation et à la mortalité dans les peuplements ayant fait l’objet d’une coupe de récupération près du mont St. Helens. Aguilar et al. (2013) ont indiqué que les zones mouillées et humides servent de corridors importants pour le flux génique dans les régions faisant l’objet d’une exploitation forestière intense à la latitude la plus au sud de l’aire de répartition de l’espèce dans le nord de la Californie.

Dans la conception des zones tampons et l’établissement des pratiques exemplaires de gestion, il faudrait utiliser de façon optimale les outils existants d’utilisation des terres et de rétention à l’échelle des peuplements afin d’atteindre les objectifs en matière de gestion pour la grenouille-à-queue côtière dans les bassins occupés (p. ex. les zones de rétention d’arbres ayant une valeur pour les espèces sauvages prévues par la Forest and Range Practices Act, les zones de réserve riveraine pour les grands ruisseaux et les zones de gestion riveraine pour les petits ruisseaux). Les outils conçus et utilisés pour gérer les habitats du poisson et les zones riveraines adjacentes (voir Tripp et al., 2009; Tschaplinski, 2010) pourraient être modifiés afin d’être utilisés pour les grenouilles-à-queue.

Les effets aigus et chroniques de la sédimentation liée à la construction et à l’entretien des routes dans les zones riveraines ou adjacentes, et l’aménagement de structures de franchissement des cours d’eau pour les routes, les pipelines et les emprises de lignes de transport d’électricité, sont bien documentés, tout comme les effets des sédiments fins sur la qualité de l’habitat aquatique de la grenouille-à-queue côtière (p. ex. Dupuis et Steventon, 1999; Stoddard et Hayes, 2005). Il est essentiel de concevoir et de mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion qui tiennent compte de l’emplacement, de la construction et de l’entretien des aménagements linéaires et des ouvrages de franchissement de cours d’eau connexes dans les habitats de ruisseau des grenouilles-à-queue. Ces pratiques varieront probablement selon le type d’aménagement, les caractéristiques du site et la qualité de l’habitat, et devraient, de préférence, veiller à ce que les routes soient situées à l’extérieur des zones riveraines, et les ouvrages de franchissement loin des habitats spécialisés repérés. Ces pratiques devraient également renforcer (au besoin) les pratiques exemplaires de gestion existantes pour les développements linéaires et les ouvrages de franchissement des cours d’eau (p. ex. le Fish-Stream Crossing Guidebook, B.C. Forests, Lands and Natural Resource Operations et al., 2012) afin de favoriser l’atteinte des objectifs de gestion de la grenouille-à-queue côtière dans les bassins qu’elle occupe. De plus, les pratiques exemplaires de gestion devraient englober des mesures visant à contrer les répercussions du dégagement des emprises des ouvrages de franchissement des cours d’eau, notamment des mesures de rétention structurale. Il pourrait être nécessaire de ne pas mettre en œuvre les mesures durant certaines périodes critiques où des caractéristiques comportementales et physiologiques du cycle vital (p. ex. le regroupement des adultes pour la ponte à l’été et l’accouplement à l’automne, et l’hibernation des larves dans les substrats) exposent les populations à un risque élevé de perturbation.

Relevés

Les relevés et les mentions d’occurrence sont fondamentaux pour atténuer les effets de l’utilisation des terres sur les populations et les habitats de la grenouille-à-queue côtière. Ces données sont primordiales pour un établissement efficace des WHA, l’évaluation des menaces directes et cumulatives et des impacts de l’utilisation des terres sur l’espèce, ainsi que la mise en œuvre efficace des pratiques de conservation (zones tampons riveraines et pratiques exemplaires de gestion). De nouvelles données de relevés sur les grenouilles-à-queue sont devenues accessibles grâce à la récente augmentation du nombre d’activités liées aux ressources proposées le long de la côte de la province, qu’on pense aux centrales hydroélectriques au fil de l’eau et aux pipelines pour le transport de gaz naturel liquéfié. La saisie rapide des mentions existantes dans la base de données du centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) facilitera l’analyse des lacunes dans les données d’inventaire, ce qui aidera à repérer de nouvelles localités où les données sont peu abondantes ou inexistantes.

Les relevés standards de larves de durée limitée visant à confirmer la présence de l’espèce peuvent permettre de localiser et de protéger les habitats de grande qualité abritant de fortes densités de larves; toutefois, avec ce type de relevés, la probabilité de détection des localités à faible densité de larves ou des tronçons de ruisseaux n’abritant que des adultes est plus faible. Bien que les relevés de larves en zones restreintes puissent améliorer les taux de détection des larves, ils offrent une faible probabilité de trouver des habitats spécialisés de reproduction ou d’hibernation utilisés par les grenouilles. La plupart des relevés de larves dans la province sont effectués quand les débits sont au plus bas pour maximiser la détection des larves (août). Ils sont ainsi effectués après que les femelles pondeuses ont quitté les cours d’eau et avant que les adultes se déplacent vers les lieux d’accouplement à l’automne, ce qui entraîne de faibles taux de détection des adultes dans certaines parties de l’aire de répartition de l’espèce (Todd et Johnson, 2014). En général, les relevés de larves n’englobent pas de recherches dans les faux-chenaux, les ravines et d’autres zones à faible écoulement adjacentes à l’extérieur des chenaux principaux, où peuvent exister des habitats spécialisés comme ceux où ont lieu les regroupements pour l’accouplement à l’automne. La répartition des lieux d’hibernation des têtards et des grenouilles est inconnue. La gestion de conservation visant la grenouille-à-queue côtière devrait tenir compte de l’existence de ces habitats spécialisés difficilement détectables, et dans les cas où ils sont repérés, ils devraient être protégés. Il faut de meilleures méthodes de relevé pour détecter les adultes et l’espèce lorsqu’elle est présente à faible densité. La collecte d’ADN de sources environnementales présente une plus grande sensibilité pour la détection des grenouilles-à-queue que les relevés classiques de durée limitée, mais l’influence des facteurs environnementaux sur la détection au moyen de cet ADN et l’efficacité de ce dernier comme prédicteur d’abondance sont encore à l’étude (Grob, 2014).

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7.3.2 Planification

Des données de relevés à jour peuvent être utilisées pour améliorer les modèles prédictifs de la répartition de la grenouille-à-queue, et donc appuyer la localisation fondée sur des données scientifiques de nouvelles WHA et les évaluations des effets cumulatifs. Il est également important de cerner les lacunes en matière de conservation dans les paysages en mesurant le niveau de protection accordé aux espèces en péril dans les divers territoires administratifs, ainsi que les différentes formes sous lesquelles se présente cette protection. La consignation des niveaux de protection de la grenouille-à-queue par district de ressources et région, utilisée de concert avec les modèles prédictifs, facilitera le choix stratégique de l’emplacement de nouvelles WHA pour atteindre les objectifs en matière de gestion de l’espèce.

Les études de suivi constituent un moyen d’évaluer l’efficacité des stratégies de gestion de conservation et les mesures d’intendance des terres; sans suivi, la gestion adaptative est impossible. Le FREP élabore actuellement un cadre d’évaluation de l’efficacité des WHA pour la grenouille-à-queue côtière, et des stratégies de suivi des impacts des centrales hydroélectriques indépendantes dans la région du sud de la côte sont également en cours d’élaboration. Une approche intégrée (couvrant différents types d’activités d’utilisation des terres) exigera le suivi et l’évaluation des résultats de conservation des réserves stratégiques, des zones tampons riveraines et des pratiques exemplaires de gestion pour la grenouille-à-queue côtière. La désignation d’une ou de deux WHA dans chaque région abritant l’espèce (p. ex. région de la Skeena, centre de la côte, sud de la côte, chaîne des Cascades) comme zones de référence témoins pour la recherche et le suivi constituera également un élément nécessaire pour toute évaluation de l’efficacité de la conservation.

L’évaluation des effets des menaces potentielles (p. ex. aménagement de pipelines, espèces envahissantes et nouvelles maladies) sur la persistance des populations est nécessaire pour déterminer les utilisations des terres qui exigent des mesures d’atténuation pour la conservation de la grenouille-à-queue côtière. Les recherches sur les habitats utilisés, les contraintes pour la santé et la survie, et les réactions aux activités humaines font progresser la compréhension des besoins en matière de protection et de gestion des espèces en péril. Les données obtenues peuvent aider à améliorer les initiatives de planification, d’intendance et de protection. Plus particulièrement, les recherches sur les effets cumulatifs de multiples menaces liées aux activités de développement sur les populations de grenouilles-à-queue côtières sont jugées nécessaires. Le rythme des développements proposés sur la côte s’accélère, et la compréhension des impacts sur les habitats de l’espèce et de la réaction de ses populations accuse un retard. Les effets des changements climatiques et de leurs interactions potentielles avec d’autres stresseurs environnementaux constituent une menace cumulative inconnue mais imminente pour les grenouilles-à-queue qui dépendent des milieux mouillés et frais des ruisseaux de montagne, qui sont mis en péril par le changement des enveloppes climatiques.

7.3.3 Gestion de l'espèce et des populations

Les stratégies et les objectifs de gestion actuels sont contraints par le besoin de mieux comprendre la dispersion et la répartition des grenouilles-à-queue côtières à l’intérieur des bassins versants et entre ceux-ci. La répartition à petite échelle des grenouilles-à-queue est éparse sur les plans spatial et temporel dans les bassins versants, d’où un risque différentiel dans le temps et dans l’espace pour les divers segments de la population (les risque diffère selon les endroits et les moments). Les grenouilles et les têtards pourraient utiliser des habitats spécialisés pour satisfaire aux principales exigences de leur cycle biologique. Bien que la fréquence d’occurrence et la répartition de ces sites soient grandement inconnues, il est essentiel de les protéger lorsqu’ils sont découverts.

Les grenouilles-à-queue côtières femelles peuvent se regrouper dans des lieux de ponte de grande qualité et sous divers éléments de l’environnement (p. ex. de gros blocs rocheux) pour pondre leurs œufs entre juin et août (Karraker et al., 2006; Palmeri-Miles, 2010). De récentes recherches télémétriques effectuées dans la région de la Skeena indiquent que les femelles gravides arrivent à ces sites collectifs des semaines avant la ponte des œufs, ce qui allonge la période de vulnérabilité aux perturbations (Todd et al., 2015). Les adultes reproducteurs peuvent se regrouper pour s’accoupler à l’automne, mais ces regroupements ne sont pas nécessairement confinés aux chenaux principaux; ils peuvent avoir lieu dans de petits faux-chenaux et des ravines où il y a écoulement d’eau superficiel ou souterrain (McEwan et al., 2012). Des adultes non reproducteurs et des juvéniles ont également été découverts dans ces regroupements d’automne vers la fin de l’année (p. ex. en novembre dans la région de la Skeena), ce qui laisse croire à la possibilité d’une hibernation collective à ces endroits ou à proximité (McEwan et al., 2012).

L’habitat de croissance de qualité élevée pour les larves (c.-à-d. les chenaux stables présentant une pente modérée, un substrat grossier propre composé de cailloux, ainsi que des eaux fraîches en été) aura tendance à abriter une densité élevée de têtards, se trouvant à divers stades de développement (de jeune à âgé); ce qui a été appelé les tronçons de reproduction principaux renferment ce type d’habitat (Dupuis et Friele, 2005, Gyug, 2005a, 2012). Les têtards hibernent en s’enfonçant dans ces lits composés de cailloux propres pour de longues périodes d’activité réduite, ce qui les rend vulnérables à la perturbation du lit du ruisseau et à la sédimentation.

Les grenouilles-à-queue sont considérées comme étant grandement philopatriques, ayant une faible capacité de dispersion (voir p. ex. Daugherty et Sheldon, 1982). En général, les cas de dispersion à grande distance sont rares chez les amphibiens, la topographie et la géographie atténuant le flux génique (voir la discussion dans Aguilar et al., 2013); toutefois, de récentes recherches indiquent qu’il pourrait y avoir flux génique par voie terrestre entre bassins versants non reliés occupés par des grenouilles-à-queue sur la péninsule Olympic (Spear et Storfer, 2008). D’autres recherches effectuées dans la chaîne Côtière aux États-Unis portent à croire à un flux génique réduit et à une plus grande différenciation génétique entre les populations aux plus basses latitudes, ainsi qu’à une plus faible différenciation génétique aux latitudes plus élevées (Nielsen et al., 2006; Aguilar et al., 2013). Des contraintes d’origine climatique pesant sur la dispersion dans le sud qui ne sont pas présentes dans les populations situées plus au nord, où les milieux sont plus humides et plus frais, pourraient être à l’origine de ces différents niveaux de différenciation. Une autre explication repose sur l’expansion de l’aire de répartition de l’espèce dans la période postglaciaire, les populations du nord n’ayant pas encore eu le temps de diverger.

Des recherches visant à déterminer le niveau de différenciation génétique dans l’ensemble de l’aire de répartition provinciale de la grenouille-à-queue côtière sont nécessaires pour aider à mieux déterminer les échelles auxquelles les mesures de gestion de conservation devraient être appliquées. La compréhension de la façon dont l’altération et la fragmentation de l’habitat et l’isolement génétique potentiel pourraient affecter la structure et la connectivité de la population aidera à orienter la planification de la gestion de conservation, et aidera à juger de la spécificité régionale potentielle à la fois des impacts du développement et des pratiques de conservation en rapport avec le climat et la latitude. En raison de la répartition éparse et de la faible détectabilité de l’espèce, des recherches génétiques sur les tendances du flux génique sont nécessaires pour rendre compte de la capacité de dispersion et prévoir la recolonisation. Ces recherches fourniront des renseignements précis concernant la fréquence, la répartition et l’emplacement des WHA et des autres initiatives de conservation de la grenouille-à-queue côtière en Colombie-Britannique.

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8. Mesure des progrès

L’achèvement des mesures de gestion en cours et la mise en œuvre des recommandations présentées au tableau 2 selon la priorité seront considérés pour mesurer les progrès. Le but de gestion pourrait être considéré comme atteint à partir du moment où le suivi indique une répartition stable et des populations présentant toutes les catégories de tailles, d’âges et de sexes.

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9. Effets sur les espèces non ciblées

Des impacts négatifs sur d’autres espèces ne sont pas prévus. Les mesures de gestion des terres visant les WHA pour la grenouille-à-queue côtière, prises à l’échelle des bassins versants et des sites, seront bénéfiques à d’autres espèces dépendantes des ruisseaux et des milieux riverains.

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Communications personnelles

Pierre Friele, Geomorphologist, Cordilleran Geoscience, 2015.

Debra Lacroix, Biologist, Ecofish, 2014.

Josh Malt, Ecosystem Biologist, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2013.

Volker Michelfelder. Ecosystems Biologist, Ministry of Environment. 2010.

Connie Miller-Retzer, Ecosystem Biologist, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2015.

Lisa Nordin, Senior Ecosystem Biologist, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2015.

Kathy Paige, Ecosystem Biologist, B.C. Ministry of Environment, 2015.

Brad Pollard, Biologist, McElhanney Consulting Services, 2015.

Lars Reese-Hansen, Fisheries Sensitive Watershed Biologist, Ministry of Forest, Lands, and Natural Resources. 2015

Len Vanderstar, Senior Ecosystems Biologist, B.C. Ministry of Environment, 2014, 2015.

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Note de bas de page

Note de bas de page 1

Des menaces passées peuvent avoir été répertoriées, mais elles ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’impact des menaces. On tient toutefois compte des effets des menaces passées (si ces menaces ont cessé) pour déterminer les facteurs de tendance à long terme et/ou à court terme (Master et al., 2012).

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Note de bas de page 2

Il est important de faire la distinction entre les facteurs limitatifs et les menaces. Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques qui limitent la capacité de l’espèce ou de l’écosystème de réagir favorablement aux mesures de rétablissement ou de conservation (p. ex. dépression de consanguinité, faible taille des populations et isolement génétique, ou, dans le cas des écosystèmes, probabilité de régénération ou de recolonisation).

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Note de bas de page 3

L’impact global des menaces a été calculé selon Master et al,. (2012) à partir du nombre de menaces de niveau 1 assignées à l’espèce pour lesquelles l’immédiateté est élevée ou modérée. On obtient ainsi 0 menace à impact très élevé, 2 menaces à impact élevé, 1 menace à impact moyen-élevé, 0 menace à impact moyen, et 8 menaces à impact faible (tableau 1). L’impact global des menaces tient compte des impacts cumulatifs de multiples menaces.

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