Cahier de consultation sur la réévaluation proposée d'une espèce à la liste des espèces en péril : La lampsile fasciolée

La lampsile fasciolée

Cahier de consultation sur la réévaluation proposée d'une espèce à la liste des espèces en péril

novembre 2010

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Introduction

Pourquoi demandons-nous votre opinion sur la lampsile fasciolée?

Le but de ce guide est d'inviter les canadiens et canadiennes à partager leur avis à savoir si la lampsile fasciolée devrait être réévaluée comme « préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

Le résumé du guide

Le guide est divisé en trois parties, comme suit :

  • La partie 1 donne des renseignements de base sur la Loi sur les espèces en péril et explique le processus d'inscription d'une espèce à la Liste des espèces en péril, ainsi que ce qui se produit lorsque cela a été fait.
  • La partie 2 contient des renseignements sur la lampsile fasciolée retrouvée au Canada et décrit son statut de risque actuel.
  • La partie 3 (détachable) comporte un questionnaire à remplir et à retourner au gouvernement fédéral. Il peut vous aider à formuler vos commentaires et vos préoccupations.

Il est possible de télécharger ce guide de consultation.

Votre opinion est importante pour nous!

Votre opinion sur la lampsile fasciolée revêt une importance cruciale dans ce processus de consultation. Elle sera examinée attentivement et prise en considération.


Partie 1 : La Loi sur les espèces en péril

La Loi sur les espèces en péril (LEP) est passée en loi le 5 juin 2003. Cette loi fédérale vise à empêcher la disparition d'espèces de faune et de flore sauvages du Canada. La LEP établit comment le gouvernement fédéral doit décider quelles espèces ont le plus besoin de protection et ce qu'il doit faire pour les protéger. Elle détermine comment les gouvernements, les organisations et les particuliers peuvent unir leurs efforts pour protéger les plantes et les animaux sauvages (y compris les espèces aquatiques) et établit des peines pour avoir enfreint la Loi.

Les plantes et les animaux protégés en vertu de la LEP sont inscrits à la Liste des espèces en péril de la LEP. Cet inventaire d'espèces protégées est appelé la Liste de la LEP dans le reste du guide de consultation.

Qui détermine si une espèce est en péril?

Le gouvernement fédéral ne considère l'ajout d'une espèce à la Liste de la LEP que si le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) considère cette espèce comme étant en péril et recommande sa protection légale. Le COSEPACest un groupe de spécialistes indépendants reconnu par la loi qui se sert de renseignements scientifiques et de connaissances traditionnelles pour déterminer quelles espèces requièrent une protection spéciale. Ses recommandations sont officiellement présentées au gouvernement fédéral.

Au chapitre des ses recommandations, le COSEPAC désigne les espèces considérées en péril dans une des cinq catégories de risque suivantes :

Disparue: espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays: espèce sauvage qu'on ne trouve plus à l'état sauvage au Canada, mais qu'on trouve ailleurs.

En voie de disparition : espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée : espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si rien n'est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaître.

Préoccupante: espèce sauvage qui peut devenir menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Après que le COSEPAC ait présenté ses recommandations au gouvernement fédéral, le Cabinet doit décider s'il les appuiera, les rejettera ou les renverra au COSEPAC pour être approfondies. Le Cabinet, au titre du processus de considération, doit tenir compte des expressions d'opinion de la population canadienne ainsi que des répercussions économiques et sociales de la protection d'une espèce en vertu de la LEP.

Qu'advient-il lorsqu'une espèce ou une population est inscrite à la Liste de la LEP?

Le niveau de protection que la LEP accorde dépend de son statut selon les cinq catégories de risque ci-dessus.

Il est interdit de tuer un individu d'une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée, lui nuire, le harceler, le capturer, le prendre, le posséder, le collectionner, l'acheter, le vendre ou l'échanger. En général, il est également interdit d'endommager ou de détruire les endroits où cette espèce vit. Ces interdictions ne s'appliquent pas aux espèces préoccupantes.

La Loi sur les espèces en péril est une loi fédérale. Deux ministères fédéraux sont responsables de l'administration de la LEP. Le ministre de l'Environnement est responsable des animaux et des plantes qui se trouvent sur les terres fédérales, et le ministre des Pêches et des Océans, des animaux aquatiques. Dans des circonstances spéciales, les ministres peuvent faire des exceptions aux interdictions susmentionnées. Par exemple, un ministre responsable peut délivrer un permis permettant à un scientifique compétent de mener un projet de recherche qui profitera à une espèce inscrite, mais qui peut nécessiter le prélèvement de spécimens ou le déplacement physique de son habitat actuel. Une exception ne peut être faite que si le ministre est convaincu que la survie ou le rétablissement de l'espèce ne risque pas d'être compromis.

Consultation publique

Lorsqu'il décide si une espèce doit être inscrite ou non à la Liste de la LEP, le gouvernement fédéral doit tenir compte des répercussions potentielles au niveau social et économique, ainsi que les coûts. Il doit aussi considérer les conséquences potentielles de ne pasl'inscrire. Pour ce faire, des représentants du gouvernement rencontrent diverses organisations et des membres du public qui ont un intérêt direct dans l'espèce en question ou qui désirent présenter des commentaires. Ce pourrait être des propriétaires fonciers, des groupes autochtones, des utilisateurs des terres, des conseils de gestion de la faune, des organisations environnementalistes non gouvernementales et l'industrie. Ce guide de consultation constitue une autre option permettant à la population canadienne de faire connaître son opinion au gouvernement.

À la suite de la période de consultation, le gouvernement tient soigneusement compte de toutes les expressions d'opinion reçues. Il doit ensuite décider si l'espèce sera inscrite ou non à la Liste de la LEP. Sa décision est publiée dans la Gazette du Canada, Partie II, et dans le registre public de la LEP.

Programmes de rétablissement et plans de gestion

Si une espèce de faune ou de flore sauvage est inscrite à la Liste des espèces en péril de la LEP comme étant disparue du pays, en voie de disparition ou menacée, le gouvernement fédéral doit préparer un programme pour son rétablissement. Le programme de rétablissement identifie les menaces connues qui pèsent sur l'espèce en question, désigne l'habitat dont elle a besoin pour sa survie et attire l'attention sur les lacunes dans les connaissances. Il précise également un objectif pour le rétablissement de l'espèce.

Un programme de rétablissement doit être préparé moins d'un an après l'inscription d'une espèce comme étant en voie de disparition et moins de deux ans après l'inscription d'une espèce comme étant menacée ou disparue du pays.

Si une espèce de faune ou de flore sauvage est considérée comme préoccupante, le gouvernement fédéral doit préparer un plan de gestion moins de trois ans après l'inscription de l'espèce sur la Liste des espèces en péril de la LEP. Le plan de gestion précise les mesures de conservation visant à protéger l'espèce et son habitat.

Les programmes de rétablissement et les plans de gestion visant ces espèces sont préparés en collaboration avec les groupes directement concernés, y compris les conseils de gestion des ressources fauniques, les organisations autochtones, ainsi que les instances provinciales ou territoriales responsables de la gestion de l'espèce en question. Par le biais d'avis publics, de lettres et de réunions, tous les efforts sont faits pour consulter les individus, les organisations et les collectivités qui peuvent être directement touchés par ces programmes et plans.

Une fois prêt, le programme de rétablissement ou le plan de gestion visant une espèce est affiché en ligne sur le site Web du Registre public de la LEP, qui contient des renseignements et des documents au sujet des espèces en péril au Canada. Une fois le programme ou plan affiché, le public a 60 jours pour faire connaître son opinion au gouvernement fédéral. Le gouvernement a alors 30 jours pour étudier les commentaires reçus, apporter des changements au programme de rétablissement ou au plan de gestion proposé et afficher une version finale sur le Registre public.

Plans d'action

Après l'affichage définitif du programme de rétablissement, un plan d'action ou plus sont préparés. Un plan d'action établit des moyens de réduire les menaces auxquelles l'espèce est exposée et de protéger son habitat essentiel, ainsi que d'autres activités à entreprendre en appui du programme de rétablissement. Le plan d'action est préparé en collaboration avec les groupes directement touchés, y compris les conseils de gestion de la faune, les organisations autochtones et les instances provinciales ou territoriales responsables de la gestion de l'espèce. Par le biais d'avis publics, de lettres et de réunions, tous les efforts sont faits pour consulter les individus, les organisations et les collectivités qui peuvent être directement touchés par ce plan.

Lorsque le plan d'action proposé est prêt, il est affiché sur le Registre public pendant 60 jours afin de permettre au gouvernement fédéral de connaître l'opinion de la population canadienne. Après cette période, le gouvernement a 30 jours pour étudier les commentaires reçus, apporter des changements au plan d'action et en afficher la version finale sur le Registre public.

Pour plus d'information

Pour plus d'information sur la Loi sur les espèces en péril et les diverses espèces protégées par le gouvernement fédéral, veuillez consulter le site Web du Registre public.

D'autres informations se trouvent sur le site Web des espèces en péril de Pêches et Océans Canada et sur le site Web du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada(COSEPAC).


Partie 2 : La lampsile fasciolée

Référence

Rapport d'évaluation et de situation du COSEPACsur la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) au Canada, 2010.

Désignation actuelle du COSEPAC

1999: 1999 : Désignée comme une « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC
2010 : Réévaluée et désignée comme une « espèce préoccupante » par le COSEPAC

Statut d'inscription actuel à la LEP

La lampsile fasciolée a été inscrite sur la liste de la LEPfédérale comme une « espèce en voie de disparition » en juin 2004

Justification de la réévaluation

Comme suite à la réévaluation de la lampsile fasciolée par le COSEPAC en 2010, le gouvernement du Canada étudie actuellement la possibilité de faire passer cette espèce du statut « d'espèce en voie de disparition » au statut « d'espèce préoccupante » sur la Liste des espèces en péril de la LEP.

Cette réévaluation trouve sa justification dans des études récentes qui ont identifié de grandes populations reproductrices dans les rivières Maitland et Thames, populations auparavant inconnues ou considérées comme des vestiges.

Protection provinciale ou territoriale

La lampsile fasciolée est actuellement inscrite comme une « espèce en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de 2007 de l'Ontario; toutefois, la lampsile fasciolée fait actuellement l'objet d'une réévaluation au niveau provincial puisque le Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) a recommandé le statut « d'espèce menacée » (juin 2010).

Description de l'espèce

  • La lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) est une moule d'eau douce, c'est-à-dire un type de mollusque. La lampsile fasciolée est l'une des cinq espèces du genre Lampsilisprésentes au Canada.
  • La lampsile fasciolée se distingue plus facilement des autres moules par sa couleur jaune ou jaune-vert et ses nombreuses rayures vertes minces et ondulées. Les rayures peuvent être étroites et individuelles ou minces et groupées en rayures plus larges, mais sont toujours ondulées et interrompues par de multiples coupures.
  • La coquille est arrondie aux deux extrémités et les bords supérieurs et inférieurs sont presque parallèles. Toutefois, on peut différencier les mâles des femelles par de légères variations dans la forme de la coquille.
  • La surface de la coquille est relativement lisse, même si elle présente une certaine texture découlant des rides concentriques et des pauses de croissance.
  • La crête postérieure est relativement peu marquée.
  • Les coquilles ont habituellement moins de 75 mm de longueur, mais peuvent atteindre 90 ou 100 mm. Les coquilles sont lourdes et solides et sont modérément gonflées, les parois ayant une épaisseur moyenne-antérieure d'environ 7,5 mm..
  • Le pic, soit la partie relevée au haut de la coquille, est élevé et les cavités du pic ont une profondeur modérée.
  • L'intérieur de la coquille peut être blanc ou blanc bleuté
  • Enfin, les dents triangulaires du bord antérieur de la charnière sont courtes et divergentes. Il y a deux dents latérales dans la valve de gauche et une seule dans la valve de droite.

Figure 1: Anatomie des coquilles de lampsile fasciolée (extérieur)Figure 2: Anatomie des coquilles de lampsile fasciolée (intérieur)

Où retrouve-t-on la lampsile fasciolée?

Historiquement, on a trouvé la lampsile fasciolée dans 13 états américains et dans le bassin hydrographique des Grands lacs du sud de l'Ontario.

Actuellement, en Ontario, on trouve la lampsile fasciolée dans un lac et son réseau hydrographique (delta du lac Saint-Clair et rivière Saint-Clair) et dans quatre autres bassins hydrographiques : les rivières Ausable, Grand, Maitland et Thames et leurs tributaires.

Figure 3. Répartition canadienne de la lampsile fasciolée

Combien de lampsiles fasciolées existe-t-il?

Les estimations récentes de la population laissent croire que chaque peuplement de lampsiles fasciolées s'améliore graduellement, à l'exception du peuplement de Saint-Clair. Le peuplement de la rivière Grand est le plus important, à environ 2 millions d'individus, suivi par les peuplements des rivières Thames et Maitland, qui comptent chacun quelque 300 000 individus. On estime à 30 000 individus un peuplement plus petit dans la rivière Ausable. Le peuplement le plus petit et le plus vulnérable est celui de la rivière et du delta Saint-Clair, qu'on estime à 3 500 individus.

Les populations de lampsile fasciolée du lac Érié et de la rivière Sydenham sont disparues et ne comptent plus de peuplements vivants.

Menaces pesant sur la lampsile fasciolée ?

Les principales menaces pour la plupart des populations de lampsile fasciolée sont la qualité déclinante et la perte générale de l'habitat découlant des activités agricoles et urbaines et la menace posée par les espèces aquatiques envahissantes de moule zébrée et de moule quagga.

La question de la qualité de l'eau est une menace primaire pour la lampsile fasciolée. Comme la plupart des moules d'eau douce, la lampsile fasciolée est extrêmement sensible à de nombreux contaminants chimiques, y compris le cuivre et l'ammoniaque, en particulier aux stades de glochidium et de juvénile. La qualité de l'eau est encore dégradée par les grandes quantités d'écoulements de sédiments, de pesticides, d'herbicides et d'engrais dans les bassins hydrographiques voisins, de même que par la contribution apportée par le bétail sous forme de fumier et de piétinement de la végétation riveraine.

Même si la moule zébrée et la moule quagga sont devenues des menaces importantes pour de nombreuses moules d'eau douce dans les Grands lacs, la plupart des peuplements de lampsile fasciolée sont moins vulnérables puisqu'on estime à seulement 15 p. 100 la proportion de l'habitat traditionnel de la lampsile fasciolée chevauchant l'habitat de la moule zébrée. Toutefois, dans cette zone de chevauchement, principalement dans le delta et la rivière Saint-Clair, la lampsile fasciolée subit fortement la concurrence de la moule zébrée pour la nourriture et l'espace. L'aptitude de la moule zébrée à s'attacher directement aux surfaces dures entrave directement la capacité de la lampsile fasciolée de se nourrir, de respirer, de se reproduire et même de se déplacer.

Que se passera-t-il si le statut de la lampsile fasciolée passe « d'espèce en voie de disparition » à celui « d'espèce préoccupante » sur la liste de la LEP?

Il est illégal de tuer, de blesser, de harceler, de posséder, de récolter, d'acheter, de vendre ou d'échanger une espèce disparue, en voie de disparition ou menacée. Il est en outre généralement illégal d'endommager ou de détruire les endroits où vivent ces espèces.

Toutefois, à titre « d'espèce préoccupante », la lampsile fasciolée ne sera plus touchée par ces interdictions. à titre d'espèce préoccupante, la lampsile fasciolée demeurera reconnue aux termes de la Loi sur les espèces en péril et un plan de gestion sera élaboré afin d'établir des mesures que le ministre des Pêches et Océans estime appropriées dans le but de garantir la conservation de l'espèce.


Partie 3 : Nous souhaitons connaître votre opinion

Le questionnaire qui suit vous invite à réfléchir sur les implications liées au changement proposé du statut de la lampsile fasciolée de <<en voie de disparition>> à <<menacée>> sur la liste des éspèces en péril.

Vos réponses et commentaires nous permettront de connaître votre point de vue sur la protection et le rétablissement de cette espèce unique, et plus particulièrement sur les effets que peut avoir la décision de changer son statut sur la Liste des espèces en péril.

Si vous souhaitez conserver les autres parties du guide, n'hésitez pas à les détacher et à ne nous retourner que le questionnaire.

Faites parvenir ce questionnaire rempli ou vos commentaires par la poste, par télécopieur ou par courriel à l'adresse suivante :

Coordonnateur de la LEP
Pêches et Océans Canada
501, University Crescent
Winnipeg (Manitoba) R3T 2N6
Courriel: fwisar@dfo-mpo.gc.ca
Télécopieur: 204 983-5192
Téléphone: 204 984-0599
Téléphone (sans frais): 1-866-538-1609

Ou bien vous pouvez présenter votre opinion en allant au Registre public des espèces en péril et en soumettant vos commentaires.

La date limite pour faire parvenir vos commentaires est le 28 janvier, 2011.

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