Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Chabot du Columbia Cottus hubbsi au Canada - 2010

Illustration du Chabot du Columbia, Cottus hubbsi

Préoccupante - 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document

COSEPAC - Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 35 p. (www.registrelep.gc.ca/Status/Status_f.cfm).

Note de production :

Le COSEPAC souhaite remercier Don McPhail, qui a rédigé le rapport de situation provisoire sur le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. La participation de M. McPhail à la préparation du rapport de situation a pris fin avec l’adoption du rapport provisoire. Tous les changements apportés au cours des étapes subséquentes de la préparation des rapports intermédiaires (2 mois et 6 mois) ont été revus par Eric Taylor(Ph.D.), coprésident du Sous-comité des poissons d’eau douce du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Columbia SculpinCottus hubbsi in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Chabot du Columbia -- Diana McPhail.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011.
No de catalogue CW69-14/268-2011F-PDF
ISBN 978-1-100-97296-1

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2010

Nom commun
Chabot du Columbia

Nom scientifique
Cottus hubbsi

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Au Canada, ce petit poisson d’eau douce est endémique au bassin du fleuve Columbia, où sa répartition géographique est petite. À l’âge adulte, c’est un poisson de fond sédentaire, ce qui le rend particulièrement vulnérable à la diminution de sa superficie d’habitat et de la qualité de cet habitat causée par la sécheresse et les changements du débit d’eau. L’espèce répond presque aux critères du statut d’espèce menacée en raison de sa petite aire de répartition géographique, de son faible nombre de localités et d’une diminution continue de la qualité de l’habitat.

Répartition
Colombie-Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en mai 2000. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2010.

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COSEPAC - Résumé

Chabot du Columbia
Cottus hubbsi

Information sur l’espèce

Le chabot du Columbia est un petit poisson benthique dont le corps s’effile de la tête et des nageoires pectorales relativement grandes à une étroite nageoire caudale (queue). Il atteint une longueur totale maximale d’environ 110 mm. Le chabot du Columbia se distingue des autres espèces de chabots cooccurrentes par sa tête relativement longue, une ligne latérale complète, de larges rayures foncées sur la nageoire caudale et des rayures obliques foncées sur la nageoire anale. Il n’existe aucune preuve d’unités désignables multiples pour le chabot du Columbia.

Répartition

Au Canada, le chabot du Columbia est limité à certaines portions du bassin versant du fleuve Columbia, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique (C.-B.). Dans cette province, la répartition s’étend du barrage Keenleyside, près de Castlegar (C.-B.) à la frontière des États-Unis, en aval. Elle comprend également divers affluents d’importance petite ou grande, y compris une portion de 5 km de la rivière Kettle (en aval des chutes Cascade), la rivière Similkameen et ses affluents, de la frontière américaine jusqu’aux chutes Similkameen en amont, et le bassin versant de la rivière Tulameen. L’indice de la zone d’occupation totale au Canada s’établit à 972 km2.

Aux États-Unis, cette espèce s’observe dans le fleuve Columbia et ses affluents dans les États de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho. Son aire de répartition englobe environ 1 600 kilomètres linéaires du fleuve Columbia et de la rivière Snake, des chutes Shoshone jusqu’à la confluence de la rivière Umatilla et du fleuve Columbia, en aval. En aval de cet endroit, la répartition de l’espèce est très fragmentée.

Habitat

Le chabot du Columbia est une espèce nocturne qui se réfugie pendant le jour dans les zones de rapides au courant modéré à fort et au substrat constitué de gros rochers. Même s’il vit d’ordinaire dans les grandes rivières et leurs principaux affluents, on peut également le trouver à l’occasion dans des cours d’eau plus petits.

Biologie

Ce poisson vit habituellement moins de cinq ans : la femelle atteint la maturité sexuelle à deux ou trois ans, et le mâle devient sexuellement mature à deux ans. Le chabot du Columbia fraye au printemps et au début de l’été. Les œufs sont gros et éclosent en trois ou quatre semaines. Ce poisson est sédentaire; les adultes se déplacent rarement de plus de 50 m.

Taille et tendances des populations

Il n’existe pas de données quantitatives sur la population du fleuve Columbia, mais la plupart des populations des grands affluents du fleuve semblent être stables. L’espèce se rencontre sur une portion de 5 km de la rivière Kettle, en aval des chutes Cascade. Dans le bassin de la Similkameen, la zone d’occupation semble s’être rétrécie dans certains cours d’eau plus petits depuis les années 1950.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, l’aire de répartition de l’espèce paraît limitée par des barrières naturelles : il n’existe pas de populations connues en amont des chutes ni dans les grands lacs. La sécheresse, l’urbanisation, le développement industriel et les activités minières sont les menaces principales qui pèsent sur les populations de la Colombie-Britannique. Un barrage dont on envisage la construction sur la rivière Similkameen, à Shanker’s Bend (Washington), pourrait entraîner l’inondation de la vallée de la Similkameen sur une longueur allant jusqu’à 40 km au Canada. Un projet de grande mine à ciel ouvert sur le mont Copper, près de Princeton, pourrait menacer la rivière. On ignore par ailleurs quelles pourraient être les conséquences d’un projet approuvé de centrale hydro-électrique à Cascade Falls, sur la rivière Kettle, sur la portion de 5 km de cette rivière qui se trouve en aval des chutes. De même, on ignore quels pourraient être les effets d’un projet de centrale privé prévu pour le ruisseau Koch.

Importance de l’espèce

Certains problèmes taxinomiques non encore résolus et la coexistence dans les petits cours d’eau d’espèces distinctes (jusqu’à cinq) présentent un intérêt scientifique. La répartition limitée du chabot du Columbia fait de cette espèce un élément unique du patrimoine faunique du Canada.

Protection actuelle, statuts et classifications

La Loi sur les pêches définit les pouvoirs conférés au ministère des Pêches et des Océans (MPO) pour préserver et protéger le poisson et son habitat. Le chabot du Columbia figure sur la liste des espèces préoccupantes du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Une évaluation antérieure du COSEPAC (mai 2000) a accordé le même statut à cette espèce, qui figure ainsi à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le COSEPAC a réexaminé le statut de l’espèce et l’a désignée préoccupante en novembre 2010. NatureServe (2010) considère que le chabot du Columbia est apparemment « non en péril » (secure) à l’échelle mondiale et que sa taxinomie est incertaine (G4T4Q).

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Résumé technique

Cottus hubbsi
chabot du Columbia

Répartition au Canada (limitée au centre-sud de la C.-B.) : L’aire de répartition canadienne du chabot du Columbia englobe 41 km du cours principal du fleuve Columbia, entre le barrage Keenleyside et la frontière américaine, une portion d’environ 45 km de la rivière Kootenay, du barrage Bonnington jusqu’à la confluence avec le Columbia en aval, ainsi qu’une portion d’environ 45 km de la rivière Slocan, du lac Slocan jusqu’à sa confluence avec la rivière Kootenay, en aval, et une portion d’environ 10 km de la rivière Little Slocan et de son affluent, le ruisseau Koch. Le chabot du Columbia vit également dans la portion de 5 km de la rivière Kettle située entre les chutes Cascade et la frontière américaine, dans une portion d’environ 155 km de la rivière Similkameen, entre la frontière américaine et les chutes Similkameen, dans une portion d’environ 20 km de la rivière Tulameen, de Princeton jusqu’au ruisseau Lawless, en amont, ainsi que dans des portions du ruisseau Otter (28 km), du ruisseau Allison (environ 10 km), du ruisseau Summers (14 km), du ruisseau Hayes (10 km), du ruisseau Keremeos (2 km) et de la rivière Ashnola (environ 2 km).

Données démographiques
Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)3 ans
Y a-t-il un déclin continu inféré du nombre total d’individus matures?Déclin dans certains petits cours d’eau du bassin de la Similkameen; l’espèce paraît stable ailleurs.
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant cinq ansMoins de 1 % du total, établi à partir de la perte possible d’habitat (mais environ 5 % dans les ruisseaux Otter, Summers, Allison, Hayes et Keremeos); le reste des populations au Canada semblent stables.
Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années.Environ 2,5 % du total (mais environ 42 % dans le ruisseau Otter, établi à partir d’une perte d’habitat d’environ 42 % dans cette zone).
Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années.Inconnu
Pourcentage inféré de la réduction du nombre total d’individus matures au cours de toute période de dix ans couvrant une période antérieure et ultérieure.Environ 5 % du total (mais réductions d’environ 10 % au cours des 10 dernières années et de 10 % au cours des 10 prochaines années, établies à partir des tendances de la perte d’habitat dans le bassin de la rivière Similkameen).
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?Les déclins observés dans les petits cours d’eau du bassin de la Similkameen semblent dus à une perte d’habitat découlant d’une réduction du débit qui pourrait persister selon les prévisions du changement climatique (température plus douce, couche de neige moins épaisse)
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Probablement pas, mais nous manquons de données quantitatives sur la taille de la population et ses tendances.

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Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence 
ZO de la population du Columbia
327 km2
ZO de la population de Kootenay/Slocan613 km2
ZO de la population de Bonningtonkm2
ZO de la population de la Kettle24 km2
ZO de la population de la Similkameen3 229 km2
ZO totale au Canada17 593 km2
Indice de la zone d’occupation (IZO) 
IZO de la population du Columbia2X2 = 160 km2
1X1 = 93 km2
IZO de la population de Kootenay/Slocan2X2 = 220 km2
1X1 = 125 km2
IZO de la population de Bonnington2X2 = 4 km2
1X1 = 2 km2
IZO de la population de la Kettle2X2 = 24 km2
1X1 = 10 km2
IZO de la population de la Similkameen2X2 = 564 km2
1X1 = 317 km2
IZO total pour le Canada2X2 = 972 km2
1X1 = 546 km2
La population totale est-elle très fragmentée (au sens où l’entend l’IUCN)?Non, mais les barrages et les barrières naturelles ont isolé bon nombre de populations.
Nombre de localités (total)      21 localités au Canada
Population du ColumbiaUne localité dans le fleuve Columbia et cinq dans ses affluents : ruisseaux Norns, Beaver, Blueberry et Champion, et rivière Kootenay en aval du barrage Brilliant. L’espèce ne s’observe que près des embouchures des cinq affluents.
Population de Kootenay/Slocan  Cinq localités dans le bassin de la rivière Slocan (trois dans la Slocan, une dans la Little Slocan et une dans le ruisseau Koch).
Population de Bonnington  Une localité entre les barrages South Slocan et Lower Bonnington.
Population de la KettleUne localité dans la rivière Kettle.
Population de la SimilkameenHuit localités dans le bassin de la Similkameen (trois dans les rivières Similkameen, Tulameen et Ashnola, et d’autres dans les ruisseaux où il existe une population connue en amont de leur confluence avec une des rivières).
Y a-t-il un déclin continu inféré de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il un déclin continu inféré de l’indice de la zone d’occupation?Oui (ruisseau Otter)
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?Non
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités?Non
Y a-t-il un déclin continu observé de l’étendue ou de la qualité de l’habitat?Oui (ruisseau Otter et rivière Kettle).
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non; nombre de populations stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?Non; nombre de localités stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non; zone d’occurrence stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d’occupation?Non

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Nombre d’individus matures (dans chaque population)
PopulationNbre d’individus matures
Population du Columbia
Population de Kootenay/Slocan
Population de Bonnington
Population de la Kettle
Population de la Similkameen
Inconnu
TotalInconnu

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Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce en milieu naturel est d’au moins 20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou de 10 % sur 100 ansPas d’analyse quantitative

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Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Population du Columbia : L’usine de pâtes et papier de Castlegar et la fonderie de Trail rejettent des effluents dans le fleuve Columbia depuis des décennies. On ignore si la pollution ou l’exploitation du barrage de Keenleyside ont des effets nocifs sur le chabot du Columbia. La régularisation du débit du fleuve entraîne des fluctuations de la disponibilité et de la qualité de l’habitat.

Population de Kootenay/Slocan : Le projet de centrale hydro-électrique du ruisseau Koch risque de présenter une menace à cet endroit. La régularisation du débit de la rivière entraîne des fluctuations de la disponibilité et de la qualité de l’habitat.

Population de Bonnington : Cette population semble être en sécurité, même si une modification des procédures d’exploitation du barrage risque d’avoir un effet néfaste sur le seul site connu. La régularisation du débit de la rivière Kootenay entraîne des fluctuations de la disponibilité et de la qualité de l’habitat.

Population de la Kettle : Des épisodes de mortalité massive de poissons ont été liés à des périodes de faible débit et de température élevée de l’eau; les effets du projet hydro-électrique de la rivière Kettle, aux chutes Cascade, sont inconnus.

Population de la Similkameen : La reprise des activités minières risque de réduire la qualité de l’eau dans la rivière, et le projet de barrage de Shanker’s Bend pourrait poser une menace sérieuse. L’assèchement saisonnier des affluents de cette rivière (p. ex., le ruisseau Otter) et les épisodes de mortalité massive de poissons liés aux températures élevées et aux faibles débits suscitent des préoccupations.

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Immigration de source externe (de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur

Population du Columbia : Inconnue en ce qui concerne le fleuve Columbia. Toutefois, la carte de la répartition de l’espèce qui figure dans Wydoski et Whitney (2003) indique que le C. hubbsi est présent dans le cours principal du Columbia entre la frontière canado-américaine et le réservoir Roosevelt, et il n’existe aucune barrière entre cette région et celle qui abrite les populations du Columbia en Colombie-Britannique.

Population de Kootenay/Slocan : En cas de catastrophe sur la rivière Slocan, l’immigration à partir du ruisseau Koch et de la rivière Little Slocan permettrait probablement de recoloniser la rivière. Toutefois, le barrage Brilliant élimine toute possibilité de recolonisation des bassins de la Kootenay et de la Slocan à partir de sources externes.

Population de Bonnington : Il n’existe aucune source externe de recolonisation pour cette population.

Population de la Kettle : Une catastrophe dans la rivière Kettle, en amont des chutes Cascade, conduirait probablement à la disparition de cette population au Canada. Toutefois, les populations qui se trouvent en aval, aux États-Unis, pourraient avec le temps permettre le rétablissement de la population canadienne.

Population de la Similkameen : En cas de catastrophe sur la rivière Similkameen, l’immigration à partir de la rivière Tulameen ou d’un des affluents permettrait probablement de recoloniser la rivière. Des poissons pourraient également immigrer à partir d’une courte portion de la rivière qui se trouve entre le site original de Squanti Falls et la frontière, aux États-Unis. Toutefois, la construction du barrage de Shanker’s Bend éliminerait cette source possible d’immigration de l’extérieur du Canada.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Possible pour les populations du Columbia, de la Kettle et de la Similkameen, mais impossible pour celles de Kootenay/Slocan et de Bonnington.

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Non, si les populations de C.-B. demeurent stables ou si elles subissent un déclin dû à la perte ou à la détérioration de l’habitat.

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Probable pour les populations du Columbia et de la Kettle, mais impossible pour les populations isolées (par des barrages) de Kootenay/Slocan et de Bonnington.

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Statut existant

COSEPAC : statut réexaminé en 2010 et espèce désignée préoccupante.
LEP : espèce préoccupante (annexe 1), 2003

Sources supplémentaires de renseignements :

Statut recommandé et justification de la désignation

Statut recommandé :
Espèce préoccupante

Code alphanumérique :
S.O.

Justification de la désignation :
Au Canada, ce petit poisson d’eau douce est endémique au bassin du fleuve Columbia, où sa répartition géographique est petite. À l’âge adulte, c’est un poisson de fond sédentaire, ce qui le rend particulièrement vulnérable à la diminution de sa superficie d’habitat et de la qualité de cet habitat causée par la sécheresse et les changements du débit d’eau. L’espèce répond presque aux critères du statut d’espèce menacée en raison de sa petite aire de répartition géographique, de son faible nombre de localités et d’une diminution continue de la qualité de l’habitat.

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Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : L’espèce ne correspond à aucun critère (absence de données quantitatives sur un déclin).

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : L’espèce correspond au critère d’espèce menacée, B1b+2b, puisque la zone d’occurrence est inférieure à 20 000 km2, que l’IZO est inférieur à 2 000 km2, et qu’il existe certains signes de perte d’habitat dans le passé et de perte continue inférée d’habitat. Toutefois, elle ne répond pas au sous-critère (a) [la population totale n’est pas très fragmentée et le nombre de localités est supérieur à 10 (~21)] ni au sous-critère (c).

Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : L’espèce ne correspond pas à ce critère. La taille estimée de la population est probablement inférieure à 10 000 (mais elle est toutefois très incertaine), cependant rien ne permet de conclure que l’espèce correspond aux critères C1 ou C2.

Critère D (très petite population totale ou aire de répartition limitée) : L’espèce ne correspond pas à ce critère (21 localités et IZO de 972 km2).

Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet (absence de données).

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Préface

Le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) est un petit chabot d’eau douce (Cottidae) qui n’est présent au Canada que dans le fleuve Columbia et ses affluents du centre-sud de la Colombie-Britannique. Cette espèce, dont la dernière évaluation remonte à 2000, figure à l’annexe 1 de la LEP à titre d’espèce préoccupante. Le présent rapport est le fruit de la deuxième évaluation réalisée en vertu des critères révisés requis pour l’ensemble des espèces évaluées par le COSEPAC avant 1999. Depuis l’évaluation de 2000, les rapports entre le chabot du Columbia et le chabot tacheté (Cottus bairdii) ont été clarifiés (ce sont deux espèces distinctes), mais le chabot du Columbia est toujours considéré comme un membre du clade (groupe d’espèces apparentées qui partagent un ancêtre commun) du Cottus bairdii. Toutefois, certains problèmes taxinomiques persistent en ce qui a trait aux rapports qui existent entre le chabot du Columbia et deux autres espèces : le Cottus bendirei et le Cottus semiscaber. La résolution de ces problèmes pourrait entraîner une modification du nom scientifique et des noms communs utilisés pour l’espèce, mais ne devrait pas modifier la connaissance que nous avons de sa répartition géographique au Canada.

La répartition de cette espèce au Canada n’a pas changé depuis la dernière évaluation. On a fait état de certains signes de déclin dans certains des sites canadiens connus, mais les données concernant l’abondance de cette espèce sont rares et pour la plupart anecdotiques. On possède de nouvelles informations sur la biologie de la reproduction de l’espèce ainsi que de nouvelles estimations de l’abondance dans certains sites. S’agissant des menaces qui pèsent sur cette espèce, on a fait état d’une augmentation de la fréquence des épisodes de sécheresse dans les bassins versants des rivières Similkameen et Kettle. Il existe par ailleurs des projets de construction de barrages au fil de l’eau sur les rivières Kettle et Slocan, mais les effets possibles en aval de tels projets restent inconnus. La situation qui existe dans la rivière Kettle est particulièrement préoccupante. Cette rivière est exposée à des baisses du débit et à des hausses de la température de l’eau pendant la saison d’irrigation (l’été), et au moins six épisodes de mortalité massive de poissons (truite arc-en-ciel, Oncorhynchus mykiss, et ménomini de montagnes, Prosopium williamsoni) ont été observés au cours des 20 dernières années (Tara White, comm. pers., 2010). Si la tendance au réchauffement se maintient dans cette région, la population de la rivière Kettle pourrait être menacée de disparition. La rivière Similkameen et ses affluents connaissent également de fréquentes périodes de faible débit, et ce bassin versant renferme un certain nombre de projets miniers ou de mines en cours d’exploitation -- y compris des déviations de cours d’eau -- et de sources possibles de pollution par le sulfate. On projette par ailleurs de construire un barrage à Shanker’s Bend, directement au sud de la frontière. Si ce projet est réalisé, il pourrait conduire à l’inondation d’une portion de la rivière atteignant jusqu’à 40 km au Canada. L’Équipe de rétablissement du chabot du Columbia a été mise sur pied lorsque l’espèce a été désignée « préoccupante » et inscrite à l’annexe 1 de la LEP, en 2000. Un plan de gestion a également été élaboré, mais les recommandations formulées dans le cadre de ce plan n’ont toujours pas été suivies (Équipe de rétablissement du chabot du Columbia, 2009).

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Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2010)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Règne : Animalia
Phylum : Chordata
Classe : Actinopterygii
Ordre : Scorpaeniformes
Famille : Cottidae
Nom scientifique : Cottus hubbsi
Nom commun :
français : Chabot du Columbia
anglais : Columbia Sculpin

Taxinomie

Nom commun

La description originale du Cottus hubbsi ne mentionne pas de nom commun (Bailey et Dimick, 1949). La première mention du nom commun anglais Columbia Sculpin apparaît dans McAllister et Lindsey (1961). Plus tard, Bailey et Bond (1963) parlent d’une synonymie entre le C. hubbsi et le chabot tacheté de l’est de l’Amérique du Nord (Cottus bairdii). Toutefois, plus récemment, Markle et Hill (2000) et Neely (2002) soutiennent que le C. hubbsi constitue une espèce valide. Markle et Hill utilisent pour cette espèce le nom commun anglais de Columbia Mottled Sculpin, tandis que Neely (2002) préfère Columbia Sculpin. La sixième édition (2004) de l’ouvrage intitulé Common and Scientific Names of Fishes from the United States, Canada, and Mexico (Nelson et al., 2004) choisit le nom de Columbia Sculpin. En conséquence, le nom commun anglais aujourd’hui reconnu officiellement pour le C. hubbsi est Columbia Sculpin (pour en savoir plus, consulter McPhail, 2007).

Non scientifique

Le chabot du Columbia (figure 1) est un chabot de l’ouest de l’Amérique du Nord qui fait partie du clade des Uranidea. Certains auteurs l’ont erronément désigné Cottus bairdii (Cannings et Ptolemy, 1998; Wydoski et Whitney, 2003) (voir tableau 1). Le Cottus bairdii, ou chabot tacheté, est une espèce de l’est de l’Amérique du Nord. Nelson et al. (2004) donnent au chabot du Columbia le nom scientifique de Cottus hubbsi, et c’est ce nom que nous utiliserons dans le présent rapport. L’utilisation de ce nom scientifique pose toutefois des problèmes de nomenclature en Colombie-Britannique, et des changements pourraient être apportés lorsque ces problèmes seront résolus. Malheureusement, il faudra pour cela procéder à une analyse minutieuse de la taxinomie des chabots. Toutefois, malgré le doute qui subsiste quant au nom scientifique le plus approprié pour cette espèce, le centre-sud de la Colombie-Britannique est le seul endroit où ce poisson existe au Canada. Ainsi, peu importe le nom scientifique qui sera finalement retenu, ce poisson demeurera un élément unique de la faune canadienne.

Figure 1.  Chabot du Columbia (Cottus hubbsi) d’une longueur totale d’environ 55 mm capturé dans la rivière Similkameen en 2006 (reproduit avec la permission du photographe, Gavin Hanke, Victoria (C.-B.).

Photo d'un chabot du Columbia (Cottus hubbsi)

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Tableau 1. Distances génétiques (non corrigées; McPhail, données inédites) mesurées entre le Cottus bendirei des C. bendirei et C. hubbsi présumés des bassins de la rivière Harney et de la rivière Similkameen. Le C. bairdii de l’est de l’Amérique du Nord (caractères gras) est ajouté à titre de comparaison. La présence de la lettre « K » à la fin d’un code désigne une séquence de GenBank soumise par Kinziger et Wood (2003). Les codes sont identifiés ci-dessous.
BKHK BSim1HSim2HSLoCBR
BK-------    
HK0,002 -------   
BSim1 0,0110,009-------  
HSim20,0120,.0100,001------- 
HSLo0,0100,0080,0010,002-------
CBR0,0430,0440,0420,0430,041

Codes : BK = C. bendirei; HK = C. hubbsi; BSim1 = spécimen de C. bendirei présumé provenant du ruisseau Otter (C.-B.); HSim2 = spécimen de C. hubbsi présumé provenant de la rivière Similkameen (C.-B.); HSLo = spécimen de C. hubbsi présumé provenant de la rivière Little Slocan (C.-B.); CBR = C. bairdii provenant de la rivière Saugeen (Ontario). BK et HK capturés respectivement dans le ruisseau Silver, comté de Harney (Oregon) et dans la rivière Silvies, comté de Harney (Oregon) (D. Neeley, comm. pers., 2010).

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Markle et Hill (2000) ont publié un article sur les chabots du bassin de la rivière Harney, en Oregon. Ils ont provisoirement conclu à l’existence de deux espèces qui se distinguent par la densité des piquants dont ils sont couverts. On ne trouve dans la portion méridionale du bassin que l’espèce qui possède le moins de piquants, tandis que les deux coexistent dans la portion septentrionale. L’espèce la moins piquante s’observe dans des cours d’eau d’amont, et son aire de répartition est jointe par une étroite zone hybride à celle de l’espèce la plus piquante qui vit dans des rivières plus grandes. Les chercheurs ont utilisé le nom scientifique Cottus bendirei pour désigner la moins piquante des deux espèces, et Cottus hubbsi pour désigner la plus piquante des deux.

Markle et Hill (2000) ont non seulement repris le nom scientifique Cottus bendirei pour désigner le chabot le moins piquant, mais ont soutenu que cette espèce n’est pas confinée au bassin de la rivière Harney et qu’elle se trouve également dans des affluents du cours inférieur de la rivière Snake et ailleurs dans le bassin du Columbia (y compris, peut-être, en Colombie-Britannique). Cette dernière suggestion est fondée sur une observation de Peden et al. (1989) selon laquelle les cours d’eau d’amont du bassin de la rivière Tulameen (un affluent important de la rivière Similkameen) abritent des chabots garnis de peu de piquants. Or, si ces chabots appartiennent effectivement à l’espèce C. bendirei, cela signifierait qu’il existe en Colombie-Britannique deux chabots semblables au C. bairdii : le C. hubbsi plus piquant et le C. bendirei moins piquant.

Le reste du présent rapport met principalement l’accent sur la situation qui existe dans le bassin versant de la rivière Similkameen. Trois types de données servent à déterminer si la forme qui possède le moins de piquants appartient bien à l’espèce C. bendirei : données morphologiques, données alloenzymatiques et séquences mitochondriales. On suppose que si le C. bendirei et le C. hubbsi cohabitent dans le bassin de la Similkameen, les données alloenzymatiques et les séquences mitochondriales devraient être compatibles avec les données morphologiques.

Données morphologiques

Dans le bassin de la rivière Harney, les principales différences morphologiques entre le C. bendirei et le C. hubbsi sont la densité des piquants et la longueur de la ligne latérale (Markle et Hill, 2000). Le C. hubbsi est absent de la portion sud du bassin, et le C. bendirei qui vit dans cette zone se reconnaît à ses piquants relativement moins nombreux (0 à 30) et à sa ligne latérale habituellement incomplète. Dans la portion nord du bassin, le C. bendirei ne se rencontre que dans des cours d’eau d’amont et le C. hubbsi occupe des cours d’eau plus grands. Dans cette zone, le dénombrement des piquants permet de distinguer trois groupes : le C. bendirei, armé d’un moins grand nombre de piquants (0 à 19); le C. hubbsi, qui en compte 99 ou plus, et les hybrides nominaux garnis de 33 à 70 piquants.

Dans le bassin de la Similkameen, en Colombie-Britannique, le dénombrement des piquants (côté gauche, sous la ligne latérale) chez les chabots adultes et juvéniles (longueur standard de plus de 45 mm) donne des résultats variant de 0 à plus de 100, ce qui recouvre toute la gamme des valeurs obtenues dans le bassin de la rivière Harney. Néanmoins, la subdivision de la portion canadienne du bassin hydrographique en sections inférieure, médiane et supérieure laisse constater une nette gradation du nombre de piquants entre les chabots des cours d’eau d’amont, moins piquants (type bendirei) et ceux du cours inférieur de la rivière, plus piquants (type hubbsi) (figure 2). Il existe toutefois une exception importante à cette règle. Plusieurs des lacs d’amont qui se caractérisent par une teneur élevée en matières dissoutes (lacs Missezula, Allison, Borgeson, Dry et Laird) sont peuplés de chabots très piquants du type hubbsi. La plupart des chabots du type hubbsi (87 %; N = 53) du bassin de la Similkameen possèdent une ligne latérale complète (une caractéristique du C. hubbsi), mais 13 % ont une ligne latérale incomplète (une caractéristique du C. bendirei). Par ailleurs, la tendance observée par Peden et al. (1989) dans les variations du nombre de rayons des nageoires pectorales tient toujours : dans le cours inférieur de la rivière, environ 90 % des chabots comptent de 15 à 16 rayons pectoraux, tandis que dans les cours d’eau d’amont, environ 60 % des chabots en comptent 14.

Figure 2.  Étendues et moyennes du nombre de piquants sur le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) provenant des affluents (y compris les lacs du bassin du ruisseau Allison) et des cours moyens et inférieurs des rivières Similkameen et Tulameen. Les lignes pointillées relient les moyennes.

Étendues et moyennes du nombre de piquants sur le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) provenant des affluents (y compris les lacs du bassin du ruisseau Allison) et des cours moyens et inférieurs des rivières Similkameen et Tulameen.

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En résumé, à l’exception des lacs mentionnés ci-dessus, les données morphologiques recueillies dans la rivière Similkameen sont semblables aux données décrites dans le bassin de la rivière Harney : chabots très piquants du type hubbsi dans le cours inférieur de la rivière, et chabots moins piquants du type bendirei dans les cours d’eau d’amont. Toutefois, dans ce cas particulier, on observe entre les deux formes extrêmes toute une gradation de formes intermédiaires (figure 2).

Données alloenzymatiques

Le rapport établi par le COSEPAC en 2000 présente un ensemble de données alloenzymatiques qui portent notamment sur le C. hubbsi (nommé à l’époque C. b. hubbsi). Ces données sont tirées d’un manuscrit inédit attribué à Ruth Withler (MPO) et à Alex Peden (Royal B.C. Museum). Les distances génétiques de Nei sont indiquées pour des spécimens provenant du bassin de la Similkameen (y compris le ruisseau Otter), de la rivière Kettle et de la rivière Slocan. Les valeurs correspondant aux échantillons du cours inférieur de la Similkameen, du ruisseau Otter et de la rivière Kettle varient de 0,01 à 0,02. La distance génétique entre ces échantillons et celui provenant de la rivière Slocan est estimée (selon la figure 4 du rapport COSEPAC, 2000) à 0,03 – 0,04. Ces valeurs appartiennent clairement à la gamme des valeurs de Nei prévues pour des populations occupant une région géographique relativement limitée (Avise, 1994).

Données sur l’ADN mitochondrial

On trouve dans la base de données GenBank des séquences partielles (1 073 paires de bases) du gène du cytochrome b chez le Cottus hubbsi et le Cottus bendirei (Kinziger et al., 2005). Ces deux séquences proviennent de spécimens capturés dans des zones de parapatrie du bassin de la rivière Harney, en Oregon (D. Neeley, comm. pers., 2010). Elles ont été comparées à des séquences appartenant au C. bairdii, à un chabot du type bendirei capturé dans un cours d’eau d’amont du bassin de la Similkameen (ruisseau Otter), à un chabot du type hubbsi capturé dans un site du cours inférieur de la Similkameen (Parc Kobau, près de Keremeos, C.-B.) et à un spécimen provenant de la rivière Little Slocan, dans le bassin de la Kootenay (McPhail, données inédites). 

Exception faite du C. bairdii de l’est de l’Amérique du Nord, les distances génétiques mesurées entre les deux espèces présumées sont plus courtes que prévu : elles varient de 0,001 à 0,002 (0,1 % à 0,2 %; tableau 1). Habituellement, les distances génétiques (basées sur les séquences du gène du cytochrome b) mesurées entre les espèces du genre Cottus ou les groupes importants existant au sein des espèces varient d’environ 2,5 à 5,0 % (Yokoyama et al., 2008). Il convient de noter en particulier que la distance génétique entre les séquences appartenant au C. bendirei et au C. hubbsi obtenues auprès de GenBank n’est que de 0,002 (0,2 %), tandis que celle mesurée entre les chabots de la Similkameen et les séquences de GenBank varie de 0,009 à 0,012 (0,9 à 1,2 %; tableau 1). Même si la distance génétique établie dans le tableau 1 entre le C. bendirei et le C. hubbsi est typique des divergences observées entre les populations plutôt que de celles observées entre les espèces, cela ne signifie pas nécessairement que nous ayons affaire à une seule et même espèce. On peut toutefois soutenir qu’il existe des motifs sérieux de traiter les deux groupes comme des espèces distinctes -- par exemple, données tendant à démontrer un isolement reproducteur chez des populations sympatriques ou, en situation d’allopatrie, existence de différences morphologiques stables entre les espèces présumées. Or, aucune de ces exigences n’est satisfaite ni dans le bassin de la rivière Harney, ni dans celui de la rivière Similkameen.

On a obtenu des séquences pour 14 spécimens provenant du bassin de la Similkameen : sept d’un cours d’eau d’amont (ruisseau Otter) et sept de la rivière Similkameen, en aval de Keremeos (C.-B.). Deux haplotypes étaient présents dans le bassin de la Similkameen (tableau 1), le premier chez 12 spécimens, et l’autre chez deux spécimens provenant du ruisseau Otter et du cours inférieur de la rivière. La distance génétique entre les deux haplotypes s’établissait à 0,001 (0,1 %). Cinq des sept chabots du ruisseau Otter présentaient un nombre réduit de piquants (0 à 27), et deux avaient une ligne latérale incomplète. Six des sept chabots provenant de la portion de la Similkameen située en aval de Keremeos présentaient un nombre de piquants intermédiaire (de 34 à 67), le septième étant armé de plus de 100 piquants. Tous les chabots du cours inférieur de la rivière avaient une ligne latérale complète à l’exception d’un seul, qui partageait toutefois avec les autres le même haplotype d’ADNmt. En résumé, malgré la petite taille de l’échantillon, les données moléculaires donnent à conclure à l’absence de preuve concluante d’une divergence moléculaire entre les spécimens à morphologie de type bendirei (moins de piquants) et ceux à morphologie de type hubbsi (plus de piquants) au sein des populations des bassins de la rivière Harney et de la rivière Similkameen. De plus, il est inhabituel pour des espèces reconnues de poissons d’afficher de si bas niveaux de divergence de l’ADNmt (voir par exemple Johns et Avise, 1999, et Hebert et al., 2004).

Résumé des observations morphologiques et génétiques

Dans le bassin de la rivière Harney, Markle et Hill (2000) ont rejeté l’hypothèse que les chabots à densité de piquants élevée ou faible constituent des écotypes de la même espèce. Toutefois, dans le bassin de la Similkameen, les preuves de l’existence de deux écotypes sont convaincantes. Premièrement, la tendance à la réduction du nombre de piquants est relativement graduelle (figure 2) de la frontière américaine aux eaux d’amont de la rivière Tulameen, soit sur une distance d’environ 100 km. Deuxièmement, les séquences d’ADN mitochondrial restent identiques sur toute cette distance alors que la densité des piquants passe graduellement d’élevée (type hubbsi) à faible (typebendirei). Troisièmement, les chabots qui vivaient anciennement dans les lacs d’amont de ce bassin (empoisonnés au cours des années 1950) étaient tous très piquants. Ces observations donnent à penser que la densité des piquants chez ces chabots pourrait varier en fonction des conditions locales (autrement dit, que le nombre de piquants constituerait une adaptation locale). On observe une tendance semblable en Colombie-Britannique chez le chabot de torrent (Cottus rhotheus) et chez un chabot de type hubbsi vivant dans le cours supérieur de la rivière Palouse, en Idaho (McPhail, 2007).

Il n’existe pas de données moléculaires pour le C. hubbsi de la rivière Kettle, en aval des chutes Cascade, ni pour celui du fleuve Columbia. Toutefois, du point de vue morphologique, la plupart de ces chabots ressemblent au C. hubbsi du cours inférieur de la Similkameen avec une densité de piquants variant de 40 à plus de 100. Une seule séquence est disponible pour le ruisseau Koch (un affluent de la rivière Little Slocan). Ce spécimen est armé d’un petit nombre de piquants (17), et sa séquence du gène du cytochrome b (HSlo; tableau 1) est semblable (de 0,01 à 0,02 %) à celles obtenues pour le bassin de la Similkameen. Ainsi, même si les données sont limitées, les tendances affichées par la variation morphologique et les données moléculaires dans d’autres sites de la Colombie-Britannique sont essentiellement semblables à celles observées dans les sites de la Similkameen (c’est-à-dire, aucun signe probant d’une divergence de séquences entre les chabots de type hubbsi possédant moins de piquants et ceux en possédant beaucoup).

Ainsi, rien ne prouve d’une manière concluante qu’il existe dans le bassin de la Similkameen deux espèces de chabots de type hubbsi. Au lieu de cela, les données laissent fortement supposer qu’il n’existe dans ce bassin qu’une seule espèce affichant des variations morphologiques selon l’habitat : haute densité de piquants dans les rivières principales et les lacs; faible densité de piquants dans les petits cours d’eau d’amont. La question de savoir si on devrait appeler cette espèce Cottus bendirei ou Cottus hubbsi ne peut être résolue au Canada. La réponse est à chercher dans le bassin de la rivière Harney, en Oregon, et dans la rivière Enitat, dans l’État de Washington. Toutefois, s’il n’existait qu’une seule espèce dans le bassin de la Harney (une possibilité envisageable selon les données moléculaires disponibles), le nom Cottus bendirei aurait préséance sur celui de Cottus hubbsi. Les résultats de recherches futures pourraient donc conduire à un changement du nom scientifique du chabot du Columbia au Canada. Peu importe les questions de taxinomie qui subsistent, le chabot du Columbia ne s’observe au Canada que dans le bassin du fleuve Columbia.

Description morphologique

Diagnostic

Quatre espèces de chabots coexistent avec le chabot du Columbia en Colombie-Britannique : le chabot piquant (Cottus asper), le chabot de torrent (Cottus rhotheus), le chabot à tête courte (Cottus confusus) et le chabot visqueux (Cottus cognatus), la dernière de ces espèces vivant en amont des chutes dans les rivières Kootenay, Little Slocan et Kettle, et pouvant à l’occasion se faire entraîner par le courant dans l’habitat du chabot du Columbia. Le chabot du Columbia (figure 1) possède des dents palatines bien développées, une nageoire anale comptant de 11 à 14 rayons, et un pédoncule caudal de hauteur modérée (hauteur qui entre de 4,4 à 5,7 fois dans la longueur de la tête). Le chabot du Columbia et le chabot de torrent sont difficiles à différencier, mais ils se distinguent par la densité de leurs piquants et par leur coloration : le chabot du Columbia possède d’ordinaire moins de 30 piquants au-dessus de la ligne latérale tandis que le chabot de torrent en possède beaucoup plus.

Description

La description suivante du chabot du Columbia est fondée sur des spécimens provenant de quatre des cinq populations canadiennes discrètes : celles du Columbia, de Kootenay/Slocan, de la Kettle et de la Similkameen. Le chabot du Columbia ressemble en gros à la plupart des autres chabots du genre Cottus (voir l’illustration de la couverture). La longueur de la tête (LT) entre de 2,8 à 3,3 fois dans la longueur standard (LS); la largeur de la bouche entre de 4,2 à 6 fois dans la LS; et la hauteur du pédoncule caudal entre de 13,5 à 15,7 fois dans la LS. On observe deux pores mentonniers médians, et habituellement un pore post-maxillaire double. Les deux nageoires dorsales sont légèrement accolées ou séparées, et comptent respectivement de 7 à 9 et de 15 à 18 rayons. La nageoire anale compte de 11 à 14 rayons (habituellement 12 ou 13), et les nageoires pectorales en comptent de 13 à 16 (habituellement 14 ou 15). Les nageoires pelviennes possèdent une épine et 4 rayons. La ligne latérale peut être complète ou non, et compte de 27 à 34 pores. Le nombre de piquants qui se trouvent dans ou derrière l’axe des pectorales, mais sous la ligne latérale, peut varier de 0 à plus de 100. Les dents palatines sont présentes et bien développées, et les spécimens de certains sites présentent une région occipitale couverte de petites papilles charnues.

La coloration est variable, mais le dos est habituellement brun clair et marqué de trois ou quatre taches sombres et floues sous la nageoire dorsale à rayons mous. La portion inférieure des flancs est habituellement pâle. Les nageoires pectorales, la nageoire dorsale molle, la nageoire anale et la nageoire caudale portent habituellement une alternance de rayures foncées et pâles. En période de frai, la nageoire dorsale antérieure des mâles est noire à bordure jaune ou orange; hors de cette période, les adultes portent une tache foncée sur la portion postérieure de cette nageoire.

Unités désignables

Le chabot du Columbia ne répond à aucun des critères utilisés par le COSEPAC pour la détermination d’unités désignables multiples. Par exemple, il n’existe aucune différence moléculaire ou biochimique connue ni aucune séparation de l’aire de répartition naturelle qui pourraient donner à penser que l’espèce forme des groupes de populations discrets importants au Canada. Il existe toutefois au moins cinq populations probablement discrètes au plan démographique à cause d’obstacles naturels ou artificiels à la migration (p. ex. barrages) : les populations du Columbia, de Kootenay/Slocan, de Bonnington, de la Kettle et de la Similkameen. Ces populations sont séparées par des obstacles qui empêchent ou limitent l’échange de gènes. Les barrières artificielles (p. ex. barrages et réservoirs) séparent les populations du Columbia et de Kootenay/Slocan; la population de Bonnington est coincée entre les barrages South Slocan et Lower Bonnington (COSEPAC, 2000); la population de la Kettle est séparée des autres par le réservoir Roosevelt (dans le passé, les chutes Kettle avaient le même effet), et la population de la Similkameen est séparée des autres par le barrage de Grand Coulee et un obstacle naturel (les chutes Squanti).

Dans le passé récent, la limite aval du C. hubbsi dans le fleuve Columbia se trouvait probablement quelque part à proximité de l’embouchure de la rivière Umatilla. La présence de l’espèce dans les affluents septentrionaux du Columbia aussi loin en aval que la rivière Yakima donne toutefois à penser qu’à une certaine époque au cours de l’Holocène, la répartition du chabot du Columbia englobait une plus vaste portion du bassin du Columbia.

Importance

Le chabot du Columbia est une espèce endémique du bassin du fleuve Columbia dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Sa répartition dans ce bassin est limitée et fragmentée (figure 3). En conséquence, sa répartition mondiale est relativement limitée, et il ne se rencontre au Canada que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. Il existe des problèmes taxinomiques non encore résolus au sujet de cette espèce (p. ex., ses liens de parenté avec le Cottus bendirei et le Cottus semiscaber) et d’autres problèmes qui intéressent l’écologie évolutionniste (p. ex., la disparition semble-t-il indépendante des piquants calcifiés chez certaines populations isolées). D’un point de vue strictement canadien, cette espèce constitue un élément unique du patrimoine biologique national.

Les chabots présentent par ailleurs en eux-mêmes un intérêt scientifique. Le bassin du Columbia constitue un « creuset » de l’évolution du genre Cottus; il contient la moitié (14) des 28 espèces de ce genre décrites en Amérique du Nord, et en Colombie-Britannique, certaines petites rivières (p. ex., la Slocan) peuvent en contenir jusqu’à cinq. Pour les écologistes et les biologistes évolutionnistes, la manière dont ces espèces à la morphologie et au comportement semblables parviennent à se partager les ressources de leur habitat tout en demeurant isolées sur le plan reproductif constitue une question importante.

Figure 3.  Répartition mondiale du chabot du Columbia (Cottus hubbsi). Noter les populations isolées en A (affluents de la rivière Willamette) et B (bassin de la rivière Harney). Données tirées de Bond (1963), Simpson et Wallace (1978), Wydowski et Whitney (2003), COSEPAC (2000) et McPhail (2007).

Répartition mondiale du chabot du Columbia (Cottus hubbsi). Noter les populations isolées en A (affluents de la rivière Willamette) et B (bassin de la rivière Harney).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le chabot du Columbia est une espèce endémique du nord-ouest de l’Amérique du Nord dont l’aire de répartition se limite au bassin versant du fleuve Columbia en Colombie-Britannique et dans les États de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho (en aval des chutes Shoshone sur la rivière Snake). Sa répartition à l’intérieur de cette zone géographique est très fragmentée (figure 3). Les causes de cette fragmentation semblent dans de nombreux cas naturelles, mais la construction de barrages a contribué à exacerber ce phénomène.

Aire de répartition canadienne

La superficie de la zone d’occurrence canadienne du chabot du Columbia, estimée par la méthode du polygone, s’établit à 17 593 km2. Cette aire de répartition se subdivise entre les cinq groupes démographiques (énumérées plus haut) et comprend les terres des Premières nations Similkameen, Okanagan et Shuswap. La population du Columbia occupe une portion de 41 km du fleuve Columbia, entre le barrage Keenleyside et la frontière américaine, et s’observe sporadiquement dans les portions aval des ruisseaux Blueberry et Beaver, ainsi que dans un tronçon de 2,8 km de la rivière Kootenay, entre le barrage Brilliant et l’embouchure de cette rivière dans le Columbia (figure 4). La population de Kootenay/Slocan se trouve entre les barrages Brilliant et South Slocan (une distance d’environ 38,5 km), dans la rivière Slocan, du lac Slocan jusqu’à l’embouchure de la rivière dans la Kootenay (environ 45 km), et dans une portion d’environ 10 km de la rivière Little Slocan et de son affluent, le ruisseau Koch (figure 5). La population de Bonnington occupe la portion de 2,5 km de la rivière Kootenay qui se trouve entre les barrages South Slocan et Lower Bonnington (figure 6). La population de la Kettle se trouve dans une portion de 5 km de la rivière Kettle entre les chutes Cascade et la frontière américaine (figure 7). La population de la Similkameen occupe environ 155 km de la rivière Similkameen entre la frontière américaine et les chutes Similkameen, environ 20 km de la rivière Tulameen entre Princeton et l’embouchure du ruisseau Lawless, ainsi que le ruisseau Otter (28 km). L’espèce s’observe également dans une portion d’environ 14 km du ruisseau Summers, dans le ruisseau Hayes (10 km) et dans le ruisseau Allison, en amont de la barrière à poissons communs aménagée par le ministère de l’Environnement (figure 8). Plus loin en aval, elle est présente dans une portion de 2 km du ruisseau Keremeos, et dans une portion d’environ 2 km du cours inférieur de la rivière Ashnola. On a également signalé la capture d’un seul spécimen dans le ruisseau Wolfe, à environ 500 m en amont de l’embouchure dans la rivière Similkameen (collections du Royal BC Museum; Gavin Hanke, comm. pers. à Sue Pollard, 2010). L’IZO (indice de la zone d’occupation) pour l’ensemble des cinq groupes démographiques selon une grille de 2 x 2 km2 superposée aux occurrences connues s’établit à 972 km2. On estime que le chabot du Columbia est réparti entre 21 localités. Ces localités sont définies à partir des principales menaces qui pèsent sur l’espèce : réduction ou détérioration localisée de l’habitat due à la sécheresse, à la régularisation du débit des cours d’eau et à l’extraction de l’eau, et autres effets ponctuels sur l’habitat (voir Menaces et facteurs limitatifs), compte tenu de l’aptitude apparemment limitée de l’espèce à se déplacer (Peden, 2000; voir également Déplacements et dispersion).

Figure 4.  Sites de capture du Cottus hubbsi de la population du Columbia. Source : collection de poissons de la University of British Columbia et McPhail (données inédites).

Sites de capture du Cottus hubbsi de la population du Columbia.

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Figure 5.  Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de Kootenay/Slocan. Source : collection du Royal BC Museum.

Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de Kootenay/Slocan.

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Figure 6.  Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de Bonnington. Source : University of British Columbia et collection du Royal BC Museum.

Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de Bonnington.

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Figure 7.  Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de la rivière Kettle. Source : collection de la University of British Columbia.

Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de la rivière Kettle.

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Figure 8.  Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de la rivière Similkameen. Source : collection de la University of BC.

Sites de capture du Cottus hubbsi de la population de la rivière Similkameen.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les descriptions des habitats utilisés par le chabot du Columbia sur l’ensemble de son aire de répartition géographique donnent à penser que cette espèce préfère les cours d’eau plus grands et aux eaux plus chaudes. La plupart des descriptions de ses besoins en matière d’habitat s’appuient sur des données obtenues dans des cours d’eau plus grands. Toutefois, dans le bassin de la rivière Similkameen, on trouve le chabot du Columbia non seulement dans la rivière, mais également dans ses petits affluents. Les petits ruisseaux où on trouve le chabot dans ce bassin versant ont tendance à être alimentés par des lacs, à suivre une pente peu prononcée et à drainer des vallées semi-arides (p. ex. ruisseaux Otter, Allison et Hayes). L’eau de ces cours d’eau est relativement chaude en été, et on trouve le chabot du Columbia jusqu’à plusieurs kilomètres en amont de leur embouchure dans les rivières Tulameen ou Similkameen. Il existe également dans ce bassin versant des cours d’eau de taille comparable qui prennent leur source dans les montagnes (p. ex. ruisseaux Granite et Lawless), suivent une pente forte et charrient une eau plus froide en été. On trouve le chabot du Columbia dans le cours inférieur de ces cours d’eau, mais uniquement dans la portion de 100 à 200 m en amont de leur embouchure dans les rivières Tulameen ou Similkameen. Ces observations donnent à conclure que la pente et la température de l’eau pourraient constituer des paramètres importants de l’habitat du chabot du Columbia dans les petits cours d’eau. De plus, on ne trouve pas de chabots à tête courte dans le bassin de la Similkameen. Or, cette espèce et le chabot du Columbia sont souvent parapatriques dans les affluents du Columbia, et l’absence du chabot à tête courte dans le bassin de la Similkameen permet peut-être au chabot du Columbia d’accéder aux petits cours d’eau qui sont occupés ailleurs par le chabot à tête courte.

La société BC Hydro a commandé par le passé diverses études sur les chabots du fleuve Columbia (p. ex., RL&L, 1995; AMEC, 2003). L’étude d’AMEC a été réalisée en février 2003 et comprenait des sorties avec masque et tuba effectuées le jour ou la nuit, la capture au filet ou par électrochoc de spécimens débusqués en soulevant des pierres, et des inventaires par électrochoc effectués sur des bancs de galets, dans des baies et dans des rapides du fleuve Columbia. Cette étude a permis d’obtenir des informations sur l’utilisation de l’habitat hivernal, mais les poissons n’ont pas été identifiés à l’espèce.

L’étude de RL&L s’est déroulée de 1993 à 1994; elle a notamment consisté en un échantillonnage quantitatif de divers habitats qui a duré toute l’année en 1994. L’étude a recueilli sur deux ans des données portant sur 959 chabots. Le chabot du Columbia était la deuxième espèce en importance de l’inventaire de 1994; il représentait 27 % (261) du total des prises. Dans le cours principal du Columbia, on a trouvé cette espèce sur des substrats constitués de galets ou de rochers. Aucun spécimen n’a été capturé dans les sites à substrat de sable ou de gravier. L’espèce se trouvait habituellement dans des sites où la vitesse du courant variait de 0,3 à 0,5 m/s, et elle était la plus abondante aux endroits où la vitesse moyenne du courant variait de 0,40 à 0,44 m/s. On a par ailleurs distingué trois « modes d’abondance » correspondant à des vitesses différentes du courant : 0 à 0,1 m/s, 0,30 à 0,34 m/s et 0,4 à 0,44 m/s. Les plus petits individus se trouvaient aux endroits où le courant était le moins rapide. La profondeur de l’eau ne semblait pas avoir d’effet (la profondeur moyenne des sites abritant l’espèce variait de 10 à 69 cm), mais la plupart des poissons ont été capturés à des profondeurs moyennes inférieures à 50 cm (RL&L, 1995).

En 2008, une autre étude financée par BC Hydro a consisté à poser des étiquettes à transpondeur passif intégré sur des individus pour obtenir de nouvelles données sur leur régime alimentaire et leur utilisation saisonnière de l’habitat. La technologie a été mise à l’épreuve sur le terrain en 2009 (hiver et été) dans le bassin de la Similkameen; le projet se poursuit en 2010 (Rachel Keeler, comm. pers., 2010).

Tendances en matière d’habitat

Il n’existe aucune donnée sur les tendances des cinq groupes démographiques de chabot du Columbia en matière d’habitat. Aucun des cours d’eau où se trouvent ces populations n’est parfaitement vierge : la région occupée par la population du Columbia renferme des barrages, des centres urbains, des installations d’industrie lourde (une fonderie et une usine de pâtes et papier) et des affluents eutrophes modifiés par l’homme. La population de Kootenay/Slocan occupe probablement l’habitat le moins perturbé des cinq populations canadiennes, mais cette région a fait l’objet par le passé d’intenses activités d’extraction minière et d’exploitation forestière. De plus, le barrage Grand Coulee a éliminé la montaison annuelle du saumon quinnat (Oncorhynchus tshawytscha) qui apportait dans la rivière Slocan de grandes quantités de nutriments. On estime que 9 000 à 18 000 saumons participaient à cette montaison et transportaient dans le bassin des quantités de phosphore et d’azote estimées respectivement à 4,1-8,2 et 37,8-75,6 kg/km (G. Oliver, comm. pers., 2009). L’élimination de cette source de nutriments après la construction du barrage Grand Coulee, en 1942, a probablement entrainé une réduction sensible de la dynamique des nutriments sur l’ensemble de la rivière (étudiée par Gresh et al., 2000). La population de Bonnington a été créée artificiellement par la construction du barrage South Slocan, et son habitat est modifié sur la presque totalité de sa longueur (2,5 km). La rivière Kettle a également perdu ses populations de saumons quinnats lors de la construction du barrage Grand Coulee, et il existait anciennement (en 1897) une centrale hydro-électrique aux chutes Cascade. Il semble que la rivière Similkameen n’ait jamais accueilli de saumons anadromes -- les chutes Squanti, situées près de l’embouchure de cette rivière dans la rivière Okanagan, bloquaient par leur hauteur (10 m) la montaison des saumons quinnats. L’ancien barrage Enloe, qui se trouvait sur la rivière Similkameen dans l’État de Washington, avait été construit en 1920 et a été mis hors service en 1959. Toutefois, il existe pour ce site un nouveau projet de barrage qui pourrait inclure des installations permettant le passage des poissons. Il existe également un autre projet de barrage en amont de ce site, à un endroit connu sous le nom de Shanker’s Bend. Toutes ces options pourraient influer à divers degrés sur la population canadienne du chabot du Columbia dans le cours principal de la rivière Similkameen. En Colombie-Britannique, dans la région de Princeton, la rivière Similkameen reçoit depuis 1923 du limon provenant des importantes activités d’extraction minière conduites sur le mont Copper. Au fil des ans, diverses sociétés ont exploité des mines à cet endroit ou dans les environs, et il existe actuellement un projet de vaste mine à ciel ouvert sur un site adjacent au ruisseau Wolfe, un des affluents de la Similkameen. De plus, on trouve plusieurs mines en exploitation sur la rivière Tulameen, en amont du ruisseau Lawless.

Étant donné les divers projets de centrales hydro-électriques et d’exploitation minière prévus pour les portions du bassin versant qui abritent trois des populations (Kootenay/Slocan, Kettle et Similkameen), on peut s’attendre à une détérioration future de l’habitat du chabot du Columbia si aucune mesure d’atténuation ou de conservation n’est mise en place. La détérioration actuelle de l’habitat disponible pour les populations du Columbia et de Bonnington, qui occupent des cours d’eau au débit régularisé, se poursuivra probablement. De plus, la rivière Similkameen et ses affluents se trouvent dans l’écorégion du nord de la chaîne des Cascades (COSEPAC, 2009), une région qui se caractérise par certains des étés les plus chauds et les plus secs de la province, ainsi que par une faible crue printanière. Le problème des faibles débits d’eau en été a encore été aggravé par une utilisation de plus en plus intensive de l’eau pour répondre aux besoins des villes, de l’agriculture et de l’industrie dans ce bassin. Le réchauffement du climat risque enfin d’exacerber cette situation et de contribuer à une réduction de l’habitat aquatique (voir Menaces et facteurs limitatifs).

Protection et propriété

La Loi sur les pêches du gouvernement fédéral définit les pouvoirs conférés au ministère des Pêches et des Océans (MPO) pour préserver et protéger le poisson et son habitat. Elle procure ainsi une certaine protection générale aux habitats aquatiques utilisés par les cinq populations du chabot du Columbia. De plus, comme le Columbia est un fleuve transfrontalier, il est assujetti aux règles environnementales édictées par la Commission mixte internationale (CMI) et par le Traité sur le fleuve Columbia. Jusqu’à maintenant, ces traités internationaux ont surtout porté, dans l’ouest de l’Amérique du Nord, sur des questions de stockage de l’eau, de lutte contre les crues et de production d’énergie électrique. Plus récemment toutefois, la Canadian Inter-tribal Fisheries Commission a porté à l’attention de la CMI certaines questions ayant trait aux poissons et à la pêche.

Même si le fleuve Columbia et les rivières Kootenay, Slocan, Kettle et Similkameen sont des voies d’eau publiques, la plupart des terres adjacentes sont privées et de nombreux permis d’extraction d’eau à des fins agricoles et industrielles y sont actuellement en vigueur. Toutefois, il existe un parc provincial de 81 ha (Parc provincial de Beaver Creek) à l’embouchure du ruisseau Beaver, et un parc communautaire de 85 ha sur le ruisseau Norns. Ces parcs procurent une certaine protection aux petits nombres de chabots du Columbia qui fréquentent les eaux de la portion aval de ces cours d’eau. De plus, le parc provincial Cathedral (33 272 ha) protège le cours supérieur de la rivière Ashnola, un cours d’eau dont les eaux d’aval sont fréquentées pas le chabot du Columbia. Le parc national du sud de l’Okanagan et de la Similkameen dont on projette la création protégerait environ 100 000 ha du bassin versant inférieur de la Similkameen, mais pas la rivière elle-même. La portion de la rivière Kettle située en aval des chutes Cascade ne fait l’objet d’aucune protection directe, mais le parc provincial Gladstone procure une certaine protection au bassin du lac Christina, et le ruisseau Christina se jette directement dans la rivière Kettle. Les cours d’eau du parc provincial Gladstone n’ont jamais été échantillonnés, et il est possible que des chabots du Columbia fréquentent les portions aval des ruisseaux Sander et Troy. Le parc provincial Valhalla (49 893 ha) procure une certaine protection aux bassins des rivières Slocan et Little Slocan, lesquelles abritent des chabots du Columbia. Le chabot du Columbia figure à l’annexe 1 (espèces préoccupantes) de la LEP, et un plan de gestion a été achevé en 2009 (Équipe de rétablissement du chabot du Columbia, 2009). Le plan de gestion indique qu’il n’existe aucune disposition de protection de l’habitat particulière pour cette espèce; il énumère diverses activités conduites afin de définir les habitats importants de cette espèce, informations qui manquent généralement, en particulier dans le cas des chabots juvéniles et pour les conditions hivernales. Il n’existe par ailleurs aucune exigence juridique concernant la mise en œuvre des mesures de gestion recommandées pour la protection du chabot du Columbia.

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Biologie

La plupart des ouvrages régionaux portant sur les poissons d’eau douce des États de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho considèrent que le chabot du Columbia et le C. bairdii forment une seule et même espèce, ou que le premier est une sous-espèce du second. En conséquence, l’information qu’ils présentent sur la biologie du chabot du Columbia est souvent un mélange de données locales et d’information portant sur le chabot tacheté de l’est de l’Amérique du Nord. Il est donc difficile de faire la distinction entre l’information portant sur le C. hubbsi et celle portant sur le C. bairdii, et c’est la raison pour laquelle nous avons inclus les données provenant de localités situées dans l’aire de répartition connue du chabot du Columbia. Les principales sources d’informations portant sur la biologie du C. hubbsi sont RL&L (1994, 1995), COSEPAC (2000) et McPhail (2007).

Cycle vital et reproduction

Période de frai

Le chabot du Columbia fraye au printemps. En Colombie-Britannique, les dates exactes du frai sont inconnues; toutefois, dans le ruisseau Otter (population de la Similkameen) on a observé des œufs englués sous les rochers de la fin mai (température de l’eau de 7 °C) à la mi-juin (12 °C). Une étude effectuée récemment (du 8 au 12 juin 2009) dans les ruisseaux Otter et Allison et dans la rivière Tulameen par AMEC (financée par BC Hydro) a permis de constater que le chabot du Columbia fraye dans les trois cours d’eau (Rachel Keeler, comm. pers., 2009).

Sites de frai

Les sites de frai du ruisseau Otter ressemblent à ceux d’autres chabots apparentés (p. ex. C. cognatus et C. rhotheus) décrits ailleurs. Les œufs ont été découverts sous de gros rochers angulaires (de 40 à 60 cm), dans des zones de rapides. On suppose que les mâles creusent ou élargissent les cavités dans lesquelles se trouvent les œufs sous les rochers. La vitesse du courant à la surface, au-dessus des nids, variait de 0,3 à 0,7 m/s. La profondeur de l’eau était habituellement inférieure à 40 cm.

Comportement de frai

Le comportement de frai du chabot du Columbia n’a pas été étudié, mais on présume qu’il ressemble à celui d’autres espèces apparentées. Les mâles s’occupent typiquement de creuser le nid et cherchent ensuite à attirer les femelles en affichant un comportement nuptial complexe habituellement accompagné de changements rapides de la couleur de leur peau ainsi que de signaux acoustiques et visuels (Savage, 1963; Whang et Jannsen, 1994). Les mâles sont souvent polygynes et se reproduisent avec plusieurs femelles. Dans le ruisseau Otter, la plupart des nids contenaient des œufs de plusieurs pontes, mais certains nids ne contenaient qu’une seule ponte d’œufs embryonnés.

Fécondité

Chez les chabots, le taux de fécondité varie selon la taille de la femelle. Dans la rivière Yakima (État de Washington), Patten (1971) a observé que le nombre d’œufs variait de 46 chez une femelle mesurant 46 mm (longueur totale) à 275 chez une femelle mesurant 91 mm. Les œufs sont gros; dans le ruisseau Otter, ils atteignaient en moyenne 2,8 mm de diamètre.

Période d’incubation

Chez la plupart des poissons, la vitesse de développement dépend de la température, et tel est probablement aussi le cas pour les œufs du chabot du Columbia. Dans la section portant sur la période de frai (voir ci-dessus), on indique que certains nids trouvés dans les ruisseaux Otter et Allison contenaient des œufs embryonnés. Par contre, des œufs trouvés dans l’eau plus froide (10 °C) de la rivière Tulameen étaient beaucoup moins développés (Rachel Keeler, comm. pers., 2009). Dans le cadre d’une étude antérieure, des œufs recueillis dans le ruisseau Otter et transportés à Vancouver ont éclos au bout d’environ deux semaines à une température constante de 12 °C (McPhail, 2007). Les larves fraîchement écloses étaient incolores et avaient une longueur totale variant de 7,5 à 8,2 mm. Elles sont restées enfouies dans le substrat pendant deux semaines; à l’émergence, elles étaient pigmentées et ressemblaient à des adultes miniatures (longueur totale variant de 9,5 à 10,5 mm).

Maturité et durée de vie

En septembre, les jeunes de l’année variaient en longueur de 25 à 35 mm. Les mâles commençaient à atteindre la maturité à la fin de leur deuxième été, et les femelles faisaient de même un an plus tard. Tous les mâles étaient matures à partir de leur troisième été (2+), et toutes les femelles l’étaient à partir de leur quatrième été (3+). Le plus âgé des chabots du Columbia enregistrés en Colombie-Britannique avait atteint son sixième été (5+) et atteignait une longueur totale de 106 mm (McPhail, 2007).

Proies et prédateurs

Le chabot du Columbia est un poisson carnivore qui se nourrit principalement de nymphes et de larves d’insectes aquatiques. Dans le fleuve Columbia, les insectes aquatiques (trichoptères, plécoptères, éphémères, moucherons et simulies) représentaient de 93 à 100 % du contenu de l’estomac de 34 spécimens examinés (RL&L, 1995). On possède peu de données sur les prédateurs du chabot du Columbia. Toutefois, dans le fleuve Columbia, l’espèce coexiste avec la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), une espèce indigène, et le doré jaune (Sander vitreus), une espèce introduite. Ces deux poissons n’hésitent probablement pas à dévorer des chabots lorsque l’occasion se présente. Les cinq populations canadiennes de chabots du Columbia coexistent avec le chabot de torrent. Or, le chabot de torrent devient piscivore lorsqu’il atteint environ 70 à 90 mm de longueur, et on sait qu’il s’attaque aux chabots juvéniles (RL&L, 1995).

Physiologie

La physiologie du chabot du Columbia n’a pas été étudiée. Toutefois, la répartition de cette espèce donne à penser qu’il tolère mieux les milieux d’eau chaude que le chabot à tête courte.

Déplacements et dispersion

On ne possède pas d’information sur les déplacements ou la dispersion du chabot du Columbia, mais les adultes de cette espèce sont probablement sédentaires. Le seul document portant sur la migration d’un Cottus adulte dans l’ouest de l’Amérique du Nord décrit la migration des chabots de torrent vers les frayères du cours inférieur du Columbia (Thomas, 1973). Lorsqu’ils émergent du lit de gravier où ils ont éclos, les alevins du chabot du Columbia se déplacent vers les eaux peu profondes des berges des cours d’eau. Une certaine dispersion vers l’aval peut survenir pendant cette période. Comme chez d’autres espèces de Cottus de l’ouest (McCleave, 1964), les jeunes ne s’éloignent probablement pas beaucoup de leur domaine vital relativement restreint; à mesure qu’ils grandissent, ils auront plutôt tendance à se déplacer latéralement pour atteindre des zones d’eau plus profonde et plus rapide.

Relations interspécifiques

Hybridation

Bien qu’on ait observé des cas d’hybridation entre espèces sympatriques du genre Cottus (Zimmerman et Wooten, 1981; Strauss, 1986), il n’existe aucun cas confirmé d’hybridation concernant le chabot du Columbia en Colombie-Britannique. On a toutefois fait état de l’identification biochimique d’un possible hybride du C. hubbsi et du C. confusus capturé dans la rivière Slocan (COSEPAC, 2001). De plus, la morphologie de certains spécimens capturés à l’embouchure des ruisseaux Norns et Beaver laissait conclure à la possibilité de rares cas d’hybridation entre les deux mêmes espèces (McPhail, 2007). Markle et Hill (2000) ont par ailleurs fait état de la présence d’hybrides du C. hubbsi et du C. bendirei dans le bassin de la rivière Harney, en Oregon.

Interactions compétitives

La répartition parapatrique du chabot à tête courte et du chabot du Columbia dans les ruisseaux Norns et Beaver (RL&L, 1994) laisse deviner une certaine interaction entre les deux espèces. Par ailleurs, la présence du chabot du Columbia dans de petits cours d’eau (habitat habituel du chabot à tête courte) de la région de la Similkameen laisse deviner une certaine interaction compétitive entre les deux espèces.

Adaptabilité

Il n’existe pas de données expérimentales sur les limites de l’adaptation à court terme du chabot du Columbia aux conditions ambiantes (température et qualité chimique de l’eau, et vitesse du courant). Par contre, la présence de l’espèce dans de petits cours d’eau des bassins de la Slocan et de la Similkameen donne à penser que lorsqu’elle en a l’occasion, elle est capable de s’adapter à une variété d’habitats.

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Taille et tendances des populations

Activités d’échantillonnage

Les premières études portant sur le chabot du Columbia se sont surtout intéressées aux problèmes taxinomiques posés par l’espèce (p. ex. McAllister et Lindsey, 1961; Peden et al., 1989). En conséquence, la plupart des activités d’échantillonnage réalisées au Canada ne fournissent aucune donnée quantitative. L’étude effectuée par RL&L (1995) sur le fleuve Columbia constitue une exception. Cet inventaire réalisé en 1994 par pêche électrique -- 3 jours en hiver, 3 au printemps, 3 en été et 4 en automne -- a conduit à la capture de 69 spécimens.

Abondance

Un rapport antérieur (COSEPAC, 2000) fournit les estimations suivantes de l’abondance des chabots du Columbia adultes au sein des populations canadiennes : plus de 1 000 pour la population du Columbia; environ 100 pour la population de Kootenay/Slocan; de 200 à 1 000 pour la population de Bonnington; de 1 500 à 2 000 pour la population de la Kettle; de 3 000 à 5 000 pour la population de la Similkameen. Ces valeurs n’ont pas été établies par des méthodes quantitatives et devraient donc être considérées comme des estimations éclairées. La campagne de pêche électrique effectuée par RL&L (1995) a donné à conclure que l’abondance de cette espèce dans le fleuve Columbia variait d’un site à l’autre, et pouvait aller de 0,2 à 12,5 individus par mètre carré. Des informations plus récentes laissent penser que le chabot du Columbia est peu abondant dans les portions du ruisseau Otter situées en amont du lac, atteignant des densités d’environ 0,5 à 1 poisson par mètre carré (Rachel Keeler, comm. pers. à Sue Pollard, ministère de l’Environnement de la C.-B., 2010).

Fluctuations et tendances

À défaut de disposer de séries chronologiques d’estimations de la population ou, au minimum, d’un ensemble de données d’abondance comparables, il est impossible d’établir une estimation quantitative des fluctuations et des tendances d’une population. Néanmoins, l’espèce qui nous intéresse semble en déclin dans les petits cours d’eau où sa présence avait antérieurement été signalée : ruisseaux Otter, Hayes et Allison, dans le bassin de la Similkameen. Ainsi, la portion aval de 12 km du ruisseau Otter, qui abritait autrefois cette espèce, s’assèche en grande partie depuis plusieurs années, au moins durant l’été. De telles pertes d’habitat sont peut-être liées à une baisse générale des accumulations de neige observée au cours des 50 dernières années et à une hausse de la fréquence des années marquées par de faibles débits d’eau dans le bassin de la Similkameen (Rae, 2005; Rodenhuis, 2007). Par ailleurs, les populations lacustres de chabot du Columbia qui habitaient autrefois les lacs du bassin du ruisseau Allison ont été empoisonnées au cours des années 1950, et une barrière a été installée pour en empêcher la recolonisation. On ne trouve désormais des chabots de la population du Columbia que dans les portions aval et les embouchures des ruisseaux Blueberry, Champion, Norns et Beaver, alors qu’on signalait antérieurement leur présence un peu plus en amont (RL&L, 1994; McPhail, observation personnelle, 2007).

Immigration de source externe

La délimitation des cinq groupes démographiques est fondée sur les barrières (naturelles et artificielles) qui font obstacle aux déplacements des poissons. Toutefois, il n’y a pas de barrière entre la population canadienne du Columbia et celle du fleuve Columbia qui se trouve dans l’État de Washington, et une immigration de source externe est donc possible dans ce cas. Par contre, les populations de Kootenay/Slocan et de Bonnington sont séparées de la population du Columbia par les barrages Brilliant et South Slocan respectivement. Il existe dans la portion américaine de la rivière Kettle des populations de chabots du Columbia qui, avec le temps, pourraient recoloniser la portion canadienne de cette rivière. Pour ce qui est des populations de la Similkameen, il n’y a pas d’obstacle entre les chutes Squanti, dans l’État de Washington, et la portion canadienne de cette rivière, dont la portion aval pourrait donc être recolonisée par une immigration en provenance des États-Unis. Toutefois, si le barrage de Shanker’s Bend est construit (voir Menaces et facteurs limitatifs), cette source possible d’immigration pourrait être perdue.

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Menaces et facteurs limitatifs

Menaces

Le changement climatique, l’urbanisation et le développement industriel sont les menaces générales qui pèsent sur l’ensemble des populations de chabot du Columbia. L’aire de répartition du C. hubbsi en Colombie-Britannique englobe les portions les plus chaudes (à tout le moins en été) et les plus arides de la province. Si on fait exception du fleuve Columbia lui-même, l’apport d’eau est limité en été dans les affluents. Par exemple, au cours de la dernière décennie, la longueur linéaire de l’aire de répartition de cette espèce dans le ruisseau Otter a diminué de 42 % (de 28 à 16 km en amont du lac Otter). La portion supérieure de 12 km de ce ruisseau est aujourd’hui asséchée en été. L’utilisation de l’eau pour l’agriculture vient encore exacerber ces conditions de sécheresse. Certaines villes comme Princeton, Keremeos, Grand Forks et Trail grandissent, et utilisent de plus en plus d’eau (pour l’agriculture et les besoins domestiques). En 2009, les débits des rivières Similkameen et Tulameen ont presque battu les minimums records pendant les mois critiques de l’été (Tara White, comm. pers., 2010). Ces pressions sur la disponibilité de l’eau s’aggraveront probablement compte tenu des hausses prévues des températures dans le sud de la Colombie-Britannique, au cours des prochaines décennies, sous l’effet du changement climatique (Wang et al., 2006). Les mines et les fonderies constituent historiquement des industries importantes dans la région, et il existe toujours des mines en exploitation dans les vallées de la Similkameen et de la Tulameen. Le projet de réouverture de la mine du mont Copper, sur le ruisseau Wolfe, pourrait présenter divers problèmes : 1) risques de perte d’habitat et de hausse de la température de l’eau dus aux réductions du débit, en particulier pendant les mois estivaux de faible débit; 2) risques d’une détérioration de la qualité de l’eau due aux stériles (certains paramètres de qualité de l’eau, notamment la concentration de sulfates, ne respectent déjà pas les normes prescrites pour la protection de la vie aquatique); 3) risque de perte d’habitat lié à l’envasement et à la dérivation du cours inférieur du ruisseau (Tara White, comm. pers., 2010). La rivière Kettle a déjà connu de nombreux épisodes de faible débit estival et de températures atteignant des niveaux sublétaux à létaux pour de nombreuses espèces de poissons (de 19 à 26 °C); les débits d’eau y ont atteint des minimums records en septembre 2009, et on a signalé six épisodes de mortalité massive de poissons attribuables aux faibles débits d’eau au cours des deux dernières décennies (Tara White, comm. pers., 2010). Les mortalités massives ont touché les truites arc-en-ciel et les ménominis de montagnes (contrairement aux chabots, qui ne possèdent pas de vessie natatoire, ces poissons flottent à la surface lorsqu’ils meurent et sont alors plus faciles à détecter). Ces tendances se maintiendront probablement compte tenu du nombre élevé de permis de prélèvement d’eau accordés dans le bassin et de la demande croissante d’eau dans cette région qui connaît une importante croissance démographique (StatsBC, 2010). Il n’est pas possible de déterminer si ces hausses de la température de l’eau ont le même effet direct sur le chabot du Columbia, que l’on considère généralement comme une espèce d’eau chaude (McPhail, 2007), puisque l’espèce n’a pas été soumise aux essais de tolérance thermique effectués sur des salmonidés. Le projet de barrage de Shanker’s Bend, sur la rivière Similkameen, dans l’État de Washington, pourrait mettre en danger la population de cette rivière. À son niveau d’eau le plus élevé prévu, ce barrage aurait pour effet d’inonder environ 40 km de la rivière du côté canadien de la frontière. En plus de détruire environ 30 % de l’habitat du C. hubbsi dans ce bassin, ce projet éliminerait toute possibilité d’immigration à partir des populations de l’État de Washington.

On ignore l’ampleur des menaces que pourraient faire peser les procédures d’exploitation du barrage de Keenleyside sur la population de C. hubbsi du Columbia. La BC Hydro a commandé par le passé des études sur les risques d’échouement des poissons, et rien jusqu’à présent ne permet de conclure à un risque d’effet néfaste des variations rapides du niveau de l’eau sur les chabots. Il est néanmoins possible que des changements soudains du niveau de l’eau survenant à un moment critique du cycle vital des poissons influent sur le succès du frai et sur la survie des alevins. L’usine de pâtes de Castlegar et la fonderie de Trail rejettent toujours leurs effluents dans le fleuve Columbia (les volumes rejetés sont toutefois moins élevés que par le passé). La contamination par les métaux lourds est un problème persistant dans le fleuve Columbia et certains des affluents de la rivière Slocan. Dans la vallée de la Slocan, un projet de construction d’une centrale hydro-électrique sur le ruisseau Koch suscite des préoccupations. Bien que ce site se trouve en amont de la répartition connue du chabot du Columbia dans le ruisseau Koch, on craint que le projet n’ait des effets nuisibles sur la petite population de C. hubbsi qui se trouve en aval. On a jugé que la population de Bonnington se trouve en sécurité : l’exploitation du barrage a débuté en 1925, mais la population de chabots (estimée entre 200 et 1 000 adultes et juvéniles) y a persisté pendant au moins 75 ans (COSEPAC, 2000).

Le projet de centrale hydro-électrique Cascade Heritage pourrait poser une menace pour la rivière Kettle, en aval des chutes Cascade. Ce projet a été approuvé en 2006, mais le ralentissement économique en a retardé la construction. On s’inquiète surtout de la hausse de la température maximale de l’eau que pourrait entraîner ce projet dans la rivière Kettle en été (COSEPAC, 2001). Toutefois, ce risque est moins préoccupant pour la population de chabots du Columbia (une espèce d’eau chaude) qu’il ne l’est pour l’espèce sympatrique : le chabot à tête courte.

Facteurs limitatifs

Il n’existe pas de données sur les facteurs qui limitent le nombre et la répartition des chabots du Columbia. La répartition mondiale de cette espèce (figure 3) donne à penser qu’elle est adaptée à la vie dans les grandes rivières (p. ex. le fleuve Columbia et la rivière Snake) et dans leurs principaux affluents (p. ex. les rivières Similkameen, Yakima et Clearwater) dans les régions arides ou semi-arides des portions médiane et supérieure du bassin du Columbia. On la trouve toutefois également dans de petits cours d’eau, dans les zones où le chabot à tête courte est absent. Par ailleurs, dans les grands affluents où les deux espèces coexistent (p. ex. les rivières Yakima et Clearwater), on observe habituellement une répartition parapatrique : chabots à tête courte dans les eaux d’amont, et chabots du Columbia en aval. Ce type de répartition donne à penser que la présence du chabot à tête courte (et peut-être d’autres espèces de chabots) limite peut-être la répartition du chabot du Columbia.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Protection actuelle

Les dispositions de la Loi sur les pêches concernant la protection de l’habitat assurent la protection des poissons dans la portion canadienne du bassin versant du fleuve Columbia. Par ailleurs, à la suite de l’évaluation du chabot du Columbia réalisée antérieurement (sous le nom de Cottus bairdii hubbsi; COSEPAC, 2000), l’espèce a été désignée « préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en mai 2001. Le COSEPAC a réexaminé le statut de l’espèce et l’a désignée préoccupante en novembre 2010. Un plan de gestion incluant des mesures visant à mieux connaître et à protéger le chabot du Columbia était donc requis en vertu de la LEP (annexe 1) et a été achevé en 2009 (Équipe de rétablissement du chabot du Columbia, 2009). Les diverses activités proposées en vertu du plan de gestion n’ont pas été entreprises, et les recommandations du plan de gestion ne sont pas juridiquement contraignantes.

Statuts et classifications non prévus par la loi

Le Conservation Data Centre (centre de données sur la conservation) de la Colombie-Britannique attribue au chabot du Columbia la cote S2S3 (rare ou peu commun). En Colombie-Britannique, l’espèce figure sur la liste bleue des espèces jugées préoccupantes. À l’échelle mondiale, l’espèce est classée par NatureServe (en 2001) G4T4Q -- hors de danger mondialement, mais préoccupante au plan local, et taxinomie remise en question (NatureServe, 2010). L’espèce n’a pas été classée dans l’État de Washington, mais est classée S4 dans l’État de l’Oregon (NatureServe 2010). Le classement de NatureServe se fonde cependant sur l’hypothèse que le chabot du Columbia et le chabot tacheté (C. bairdii) constituent une seule et même espèce et, par conséquent, le C. Hubbsi jouit d’une répartition plus vaste que dans les faits. Ces deux espèces sont vraisemblablement distinctes et le classement sera probablement révisé maintenant que le C. hubbsi est reconnu comme une espèce valide dont la répartition géographique est plus restreinte qu’on ne le croyait auparavant.

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Remerciements et experts contactés

Monsieur C. C. Lindsey (Ph.D.) a partagé ses connaissances des premières collectes de spécimens effectuées sur les rivières Similkameen et Kettle, et M. E. B. Taylor a généreusement mis à notre disposition les laboratoires et l’équipement nécessaires pour l’étude moléculaire des chabots. Nous les remercions sincèrement pour leur aide.

Burrows, Jeff. Biologiste principal des pêches, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, #401 – 333 Victoria Street, Nelson (Colombie-Britannique)  V1L 4K3.

Keeler, Rachel. AMEC Earth and Environmental, 2227 Douglas Road, Burnaby  (Colombie-Britannique).

Neely, D.A. Associé de recherche, Department of Ichthyology, California Academy of Sciences, 55 Music Concourse Drive, San Francisco (Californie)  94118-4503.

Nelson, J. S. Professeur émérite, Department of Zoology, University of Alberta, Edmonton.

Oliver, G. Consultant. Cranbrook (Colombie-Britannique). A fourni des passages de sa thèse de maîtrise en sciences traitant de la productivité aquatique dans la rivière Slocan.

Pollard, Sue. Ministry of Environment de la Colombie-Britannique.

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Sources d’information

AMEC Earth and Environmental. 2003. Preliminary observations of dace and sculpins winter habitat use in the lower Columbia River, rapport de la C.-B. présenté à BC Hydro, Columbia Generation Area, Castlegar (Colombie-Britannique).

Avise, J.C. 1994. Molecular markers, Natural History and evolution. Chapman Hall (État de New York).

Bailey, R.M., et M.F. Dimick. 1949. Cottus hubbsi, a new cottid fish from the Columbia River system in Washington and Idaho. Occ. Pap. Mus. Zool., Univ. Michigan 513: 1-19.

Bailey, R.M., et C.E. Bond. 1963. Four new species of freshwater sculpins, Genus Cottus, from western North America. Occ. Pap. Mus. Zool., Univ. Michigan 634: 1-27.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

J. D. McPhail a obtenu un baccalauréat ès arts (anglais et biologie) de la University of British Columbia (UBC) en 1957, une maîtrise ès sciences (zoologie) de la même université en 1959, et un doctorat en zoologie de l’Université McGill en 1963. Il a entrepris sa carrière comme professeur à la University of Washington en 1963, pour passer à la UBC en 1966. Il s’est d’abord intéressé aux poissons d’eau douce de l’Arctique, et a rédigé en 1970 un livre intitulé Freshwater Fishes of northwestern Canada and Alaska en collaboration avec C. C. Lindsey. Tout au long de sa carrière, ses travaux ont surtout porté sur l’écologie, l’évolution et la biogéographie des poissons d’eau douce, en particulier les épinoches, mais également d’autres espèces des eaux intérieures du nord-ouest de l’Amérique du Nord. Il a publié plus de 100 articles scientifiques et rapports sur les poissons, et est intervenu à titre de conseiller auprès du gouvernement de la Colombie-Britannique sur les espèces de poissons indigènes de la province, et auprès de BC Hydro sur les espèces en péril. En 2007, il a publié un livre sur les poissons d’eau douce de la Colombie-Britannique.

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Collections examinées

Les spécimens examinés pour les besoins du présent rapport sont conservés au musée d’ichtyologie de la University of British Columbia [en anglais seulement], à Vancouver et dans la collection de poissons du Royal BC Museum [en anglais seulement], à Victoria.

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