Résumé technique et données d'appui pour une évaluation d'urgence de la chauve-souris nordique Myotis septentrionalis – 2012

Graham Forbes, coprésident, Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC

Février 2012

Table des matières

Figure

Tableaux


COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Sommaire de l’évaluation – février 2012

Nom commun
Chauve-souris nordique

Nom scientifique
Myotis septentrionalis

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Les déclins catastrophiques et la disparition fonctionnelle (moins de 1 % de la population actuelle) prévue dans le nord-est des États-Unis s'appliqueront fort probablement à la population canadienne de cette espèce d'ici 2 à 3 générations. Des cas de mortalité massive ont été enregistrés au Nouveau-Brunswick en 2011, des déclins importants ont été constatés dans des hibernacles du Québec et de l’Ontario, et on a relevé des indications de chauves-souris en vol en hiver dans de nombreux sites où l’infection par le syndrome du museau blanc (SMB) est connue. Le SMB a été détecté dans 4 provinces canadiennes et se propage au rythme de 200 à 400 km/an. Si la propagation du SMB se poursuit au rythme actuel, la totalité de la population canadienne sera probablement touchée d’ici 11 à 22 ans.

Répartition
Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Nouvelle-Écosse, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Saskatchewan, Yukon

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » suivant une évaluation d'urgence le 3 février 2012.

Haut de la page

Résumé

On estime qu'entre 5,7 et 6,7 millions de chauves-souris de plusieurs espèces, mais principalement la petite chauve-souris brune, et incluant la chauve-souris nordique, sont mortes au cours des 6 dernières années dans le nord-est des États-Unis et l'est du Canada. La mortalité associée au syndrome du museau blanc (SMB), causé par un champignon probablement originaire d'Europe, a réduit les populations de plus de 75 % dans les hibernacles infectés, et la modélisation a permis d'établir que la petite chauve-souris brune, une espèce étroitement apparentée à la chauve-souris nordique, aura fonctionnellement disparu (moins de 1 % de la population restante) d'ici 16 ans dans le nord-est des États-Unis (Frick et al., 2010). On s'attend à ce que la même tendance s'applique à la chauve-souris nordique. Beaucoup de données indiquent que le même résultat se produira au sein de la population canadienne de chauves-souris nordiques; des déclins et des taux de mortalité importants ont été enregistrés au Canada en 2011, et la vulnérabilité au SMB serait semblable dans l'ensemble du pays.

La taille et les tendances des populations de chauves-souris nordiques avant l'apparition du SMB ne sont pas connues, mais cette espèce était jugée abondante et stable. Le taux de mortalité des chauves-souris nordiques dans les grottes infectées après deux ans et plus est de 98 % dans les cinq États du nord-est des États-Unis, de plus de 90 % en Ontario et de 99 % dans le premier site au Québec. En fait, 23 des 32 sites du nord-est des États-Unis ont vu leur population chuter à zéro. On présume que le taux de propagation et les taux de mortalité enregistrés à ce jour frapperont aussi l’ouest et auront touché la majeure partie de la population canadienne d’ici 20 ans.

Le déclin imminent et la menace à la survie de cette espèce sont fondés sur des résultats obtenus dans le nord-est des États-Unis et dans l'est du Canada, ainsi que sur la propagation prévue du SMB dans l'ensemble de la population du Canada dans un avenir rapproché. Il est probable que des déclins importants causés par le SMB se produisent dans l’aire de répartition canadienne de cette espèce autrefois abondante d’ici deux ou trois générations.

Haut de la page

Résumé technique

Myotis septentrionalis
Chauve-souris nordique – Northern Myotis (Northern Long-eared Bat)

Répartition au Canada :
Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Nouvelle-Écosse, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Saskatchewan, Yukon

Données démographiques
Durée d'une génération.
La plage de 3 à 10 ans tient compte de la longévité moyenne moins 1 an pour le stade subadulte (14), de l'âge moyen des femelles adultes (10) et des données provenant du baguage de la petite chauve-souris brune au Manitoba, qui indiquent 3 ans.
de 3 à 10 ans (estimation)
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre total d'individus matures?
Les populations étaient jugées stables jusqu'à présent, bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Oui, des déclins importants ont été constatés à certains sites depuis 2 ans
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d'individus matures pendant deux générations (de 6 à 20 ans).
Les populations étaient jugées stables jusqu'à présent, bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Inconnu dans le passé, mais on prévoit qu'il sera élevé dans l'avenir
Pourcentage inféré de la réduction du nombre total d'individus matures au cours des trois dernières générations (de 9 à 30 ans).
Les populations étaient jugées stables jusqu'à l'apparition du syndrome du museau blanc (SMB), bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Inconnu, mais probablement stable avant l'apparition du SMB
Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d'individus matures au cours des trois prochaines générations (de 9 à 30 ans).
Un déclin catastrophique est prévu dans l'est de l'aire de répartition de l'espèce d'ici 5 ans, et, dans le reste de l'aire de répartition d'ici 11 à 22 ans, d'après les données sur la mortalité et le taux de propagation enregistrés à ce jour.
Au moins 90 % (selon la propagation prévue vers l'ouest et le nord)
Pourcentage estimé de la réduction du nombre total d'individus matures au cours de toute période de trois générations commençant dans le passé et se terminant dans le futur. Au moins 90 % (selon la propagation prévue vers l'ouest et le nord)
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?
Le SMB est la cause de la mortalité. Sans remède, on s'attend à ce que celle-ci se poursuive; les spores persistent dans les grottes.
Les causes sont comprises, mais n'ont pas cessé; elles ne sont pas réversibles à l'heure actuelle
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?
Une variation entre les hibernacles individuels a été enregistrée, mais aucune fluctuation extrême n'est évidente en ce qui a trait aux populations connues.
Inconnu, mais peu probable

 

Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d'occurrence.
De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, en passant par le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest; la limite de l'aire de répartition de l'espèce est située au Nunavut.
Bien au-delà de 20 000 km²
Indice de zone d'occupation (IZO)
(Fournissez toujours une valeur selon la grille de 2 x 2.)
Historiquement, les lieux spécifiques des hibernacles et des colonies de maternité sont réutilisés, mais la recherche de nourriture en été s'étend sur l'ensemble de l'aire de répartition.
Bien au-delà de 2 000 km²
La population totale est-elle très fragmentée?
La répartition est continue (sauf peut-être l'île de Terre-Neuve).
Non
Nombre de localités*
1 localité, d'après le fait que le SMB constitue une menace généralisée.
1
Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d'occurrence?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s'attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé de l'indice de zone d'occupation?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s'attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s'attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités*?
La population canadienne occupe une seule localité.
Non
Y a-t-il un déclin continu observé de la superficie de l'habitat?
Les hibernacles constituent des milieux essentiels à la viabilité de la population; il semble que le SMB transforme ces sites en puits de population. Des déclins ont été enregistrés dans certains hibernacles et pourraient avoir eu lieu ailleurs, compte tenu de l'historique du SMB.
Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?
La population canadienne occupe une seule localité.
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de la zone d'occupation?Non

 

Nombre d'individus matures (dans chaque population)

Taille de la population
Nbre d'individus matures
(minimum estimé)
Le nombre d’individus matures est inconnu; l’espèce est considérée commune dans le centre et l'est du Canada et moins abondante vers l'ouest. Le nombre de chauves-souris nordiques dans les hibernacles est nettement inférieur à celui de petites chauves-souris brunes, malgré que l'identification des espèces soit difficile dans certaines grottes. 
Totalinconnu; inférieur à un million (?)

 

Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l'espèce de la nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Les prévisions des modèles (d’après Frick et al., 2010, pour une espèce similaire dans le nord-est des États-Unis, ainsi que des données recueillies sur 30 ans avant l'apparition du SMB et sur 4 ans depuis celle-ci) indiquent une probabilité de « disparition régionale » de 99 % d'ici 16 ans. Si le SMB continue de se propager au même rythme (de 200 à 400 km/an), il se propagera dans l'ensemble du Canada d'ici 11 à 22 ans, soit d’ici 5 générations (de 15 à 50 ans).
Si on suppose que les résultats pour la petite chauve-souris brune s'appliquent à la chauve-souris nordique, la probabilité de disparition est de 99 % dans le nord-est des États-Unis. On s’attend à des résultats semblables dans le centre et l’est du Canada. Si le taux de propagation frappe aussi l’ouest, la probabilité de disparition de l’espèce serait similaire.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)
Le SMB est causé par un pathogène fongique (Geomyces destructans), probablement originaire d'Europe, qui a été constaté pour la première fois en Amérique du Nord en 2006, et au Canada, en 2010. Toutes les espèces du genre Myotis qui hibernent dans des conditions froides et humides sont vulnérables. Le taux de mortalité moyen de la chauve-souris nordique dans 30 hibernacles infectés était de 98 % dans le nord-est des États-Unis, après plusieurs années d'exposition. L’essaimage automnal des chauves-souris a probablement mené à la propagation à tous les hibernacles.

 

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)
Situation des populations de l'extérieur?
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? 
La chauve-souris nordique est mobile, et certains individus entreprennent des déplacements de 200 à 300 km entre les saisons et les hibernacles.
Probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? 
Le climat et les sources de nourriture sont semblables à ce que l'on trouve aux États-Unis, mais aucun individu immigrant ne serait adapté au Geomyces destructans.
Oui/non
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
La quantité de dortoirs et de nourriture ne semble pas limitée, mais les hibernacles infectés par le Geomyces destructans deviendraient des puits de population.
Non
La possibilité d'une immigration de populations externes existe-t-elle?
Les populations n'existent qu'au sud du Canada et sont pratiquement disparues dans le nord-est des États-Unis; on s'attend à ce que les populations de l'ouest des États-Unis soient fortement réduites d'ici trois générations. Il est donc peu probable qu'elles soient en mesure de recoloniser le Canada.
Non

 

Statut existant
COSEPAC : Espèce non évaluée. On considère qu'elle est abondante dans la majeure partie de son aire de répartition. Une évaluation aux fins de l’attribution du statut d’espèce en voie de disparition est en cours aux États-Unis; la période de consultation et d'examen publics est en cours.

 

Sommaire de la situation
Statut et justification de la désignation
Statut :
En voie de disparition
Codes alphanumériques :
A3bce+4bce; E
Justification de la désignation :
Les déclins catastrophiques et la disparition fonctionnelle (moins de 1 % de la population actuelle) prévue dans le nord-est des États-Unis s'appliqueront fort probablement à la population canadienne de cette espèce d'ici 2 à 3 générations. Des cas de mortalité massive ont été enregistrés au Nouveau-Brunswick en 2011, des déclins importants ont été constatés dans des hibernacles du Québec et de l’Ontario, et on a relevé des indications de chauves-souris en vol en hiver dans de nombreux sites où l’infection par le syndrome du museau blanc (SMB) est connue. Le SMB a été détecté dans 4 provinces canadiennes et se propage au rythme de 200 à 400 km/an. Si la propagation du SMB se poursuit au rythme actuel, la totalité de la population canadienne sera probablement touchée d’ici 11 à 22 ans.

 

Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) :
A3b, A3c, A3e : On prévoit ou suspecte que le critère du COSEPAC exigeant une réduction prévue du nombre total d'individus matures de plus de 50 % sur 3 générations est atteint, car on s'attend à ce que près de 100 % des hibernacles soient touchés dans 22 ans (3 générations = de 9 à 30 ans) et que la mortalité atteigne près de 100 %. Cette projection est fondée sur les signes du SMB au Canada et sur les déclins documentés de 98 % en moyenne dans 32 hibernacles infectés situés dans 5 États voisins après 2 années d’exposition. Des déclins significatifs (c.-à-d. de plus de 90 %) ont été signalés dans les hibernacles en Ontario et au Québec.
Le critère A3b est atteint, car on s'attend à ce que le nombre d'individus matures diminue de plus de 90 % au cours des 3 prochaines générations, d'après les taux de mortalité actuels observés dans 32 hibernacles infectés des États-Unis après 2 années d'exposition. Des tendances similaires sont actuellement documentées dans l’est du Canada, et on s’attend à ce que les hibernacles de l’ensemble du Canada soient touchés d’ici 3 générations, d’après un rythme de propagation soutenu de 200 à 400 km/an.
Le critère A3c est atteint, car on s'attend à ce que la zone d'occurrence et l'IZO de l'espèce soient réduites de plus de 50 % au cours des 3 prochaines générations, à mesure que les populations disparaîtront à cause de la propagation de la maladie. La chauve-souris nordique était disparue de 23 des 32 hibernacles du nord-est des États-Unis en 2010, soit 5 ans après la découverte du SMB.
Le critère A3e est atteint, car on pense que le Geomyces destructans, responsable du SMB, serait un pathogène introduit d'Europe. Il est responsable de déclins de populations supérieurs à 90 % dans certains hibernacles après deux années d'infection.
Les critères A4b, A4c et A4e sont atteints en raison de l'impact actuel du SMB, combiné aux prévisions de la mortalité qui excèdent 50 %. De plus, les causes du déclin risquent de ne pas cesser et pourraient être irréversibles, en raison de l'absence de remède (voir la justification pour les critères b, c et e ci-dessus).
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : sans objet
Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) : sans objet
Critère D (très petite population ou répartition restreinte) : sans objet
Critère E (analyse quantitative) :
Si on utilise les résultats pour la petite chauve-souris brune comme substituts pour cette espèce, le critère du COSEPAC exigeant une probabilité de disparition minimale sur 20 ans ou 5 générations de 20 % est atteint, car les résultats provenant de régions voisines et semblables ont permis de modéliser la disparition régionale de la petite chauve-souris brune d'ici 16 ans, à une probabilité de 99 %. Cette espèce possède la même stratégie du cycle vital et est affectée par le SMB. On prévoit que l’espèce sera touchée dans l'ensemble de son aire de répartition canadienne avant le seuil de 5 générations (de 15 à 50 ans).

* Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et UICN (2010) (PDF; 473 Ko) (en anglais seulement) pour obtenir plus de renseignements sur ce terme.

Haut de la page

Évaluation d'urgence – chauve-souris nordique

Graham Forbes, coprésident, Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC

Contexte du rapport

La Loi sur les espèces en péril et la section 5.5 du Manuel des opérations et des procédures du COSEPAC expliquent le contexte d'une évaluation d'urgence. Le présent rapport souligne les éléments indiquant un grave déclin au sein de la population de chauves-souris nordiques, qui se traduit par une menace immédiate à la survie de l'espèce.

Aperçu de l'espèce et signes de menace à la survie

La chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis) (aussi appelée vespertilion nordique) est une espèce de chauve-souris insectivore commune présente dans la majeure partie du sud du Canada et du nord des États-Unis (figure 1). Environ 40 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce se trouve au Canada. Comme cette espèce est relativement commune et répandue, peu d’efforts ont été entrepris pour déterminer la taille de la population générale. L'information sur les sites d'hivernage (hibernacles) est généralement bien connue au centre et dans l'est du Canada, mais dans une moindre mesure dans l'ouest, où l'espèce semble moins commune. Il n’y a aucune mention d'hivernage de l'espèce au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Dans le cadre de cette évaluation, on considère que l'effet du syndrome du museau blanc (SMB) est égal sur la petite chauve-souris brune et la chauve-souris nordique, et les résultats sur la petite chauve-souris brune, qui a fait l'objet d'études plus approfondies, sont appliqués à la chauve-souris nordique, en l'absence de données sur cette dernière. La chauve-souris nordique est très similaire à la petite chauve-souris brune, si on tient compte de sa taille, des caractéristiques de son cycle vital (c.-à-d. l'âge à la reproduction, le nombre de petits et l'espérance de vie) et de ses habitudes alimentaires (Caceres et Barclay, 2000). La principale différence entre les deux est que la petite chauve-souris brune cherche habituellement de la nourriture au-dessus de l'eau, alors que la chauve-souris nordique le fait habituellement dans la forêt (Broders et al., 2005). Les deux espèces sont très vulnérables au syndrome du museau blanc. Elles hibernent dans les mêmes hibernacles, et il est difficile de les distinguer, lorsqu'elles sont loin ou dans des crevasses. La petite chauve-souris brune est considérée comme plus commune, mais, étant donné que la plupart des données sur l'abondance dans les hibernacles englobent les deux espèces, celles-ci ne sont pas toujours considérées séparément dans les données de surveillance des grottes.

Les espèces de chauve-souris de petite taille qui passent l’hiver dans des grottes ou des mines sont touchées par le syndrome du museau blanc (SMB), une maladie mortelle causée par un champignon, le Geomyces destructans (Gd), qui serait originaire d’Europe (Pikulaet al., 2012; Turner et al., et qui a été détectée pour la première fois en Amérique du Nord en 2006 (Lorch et al., 2011). Le champignon pousse dans les milieux humides et froids, typiques des grottes où les chauves-souris hibernent (Blehert et al.,  2009). On pense que la mortalité en hiver serait causée par la famine, entraînée par une activité physique excessive; les chauves-souris insectivores qui seraient normalement en hibernation deviennent actives, déshydratées et affamées en raison de l'infection par le champignon qui se développe sur elles, tandis que leur température corporelle (Turner et al., 2011) et leur système immunitaire (Carey et al., 2003) sont faibles. Les chauves-souris quittent leur grotte à la recherche de nourriture et d’eau, mais elles meurent à l'extérieur ou à l’entrée de l’hibernacle. Les processus physiologiques associés à l'hydratation, ainsi que des dommages aux ailes, pourraient aussi être liés à la mortalité (Cryan et al., 2010).

On prévoit que la petite chauve-souris brune sera fonctionnellement disparue (moins de 1 % de la population actuelle) dans le nord-est des États-Unis d'ici 16 ans (Frick et al., 2010). Cette prévision s'appliquerait aussi à la chauve-souris nordique. Les estimations indiquent que 1 million de chauves-souris (plusieurs espèces) seraient mortes dans le nord-est des États-Unis dans les 3 ans suivant l'apparition du SMB (Kunz et Tuttle, 2009). Une estimation récente de la mortalité réalisée par la WNS Management Team aux États-Unis indique que de 5,7 à 6,7 millions de chauves-souris seraient mortes dans les 6 ans suivant l’apparition du SMB (communiqué de presse du Fish and Wildlife Service des États-Unis, 17 janvier 2012). À ce jour, les résultats en matière de mortalité appuient les prévisions du modèle (2010) de Fricket al. (Turner et al., 2011).

On ne s'attend pas à ce que les populations des espèces touchées se rétablissent rapidement, car les populations de chauves-souris présentent généralement de faibles taux de croissance. La mortalité est élevée chez les jeunes, tandis que les adultes vivent longtemps et ne produisent que 1 petit à 1 ou 2 années d’intervalle. Une telle stratégie du cycle vital accroît la vulnérabilité de ces espèces de chauves-souris et entraîne des taux de mortalité élevés. L’expérience acquise aux États-Unis indique que des déclins significatifs se produisent souvent dans la deuxième année après la première détection (Turner et al., 2011); c’est pourquoi nous mettons l'accent sur les données associées à une durée d’exposition supérieure à 1 an dans le présent rapport. Les baisses de la population dans les zones infectées (la majeure partie du nord-est des États-Unis) sont catastrophiques. Le déclin dans les 32 hibernacles infectés depuis 2 ans ou plus, dans le nord-est des États-Unis, est de plus de 98 % chez la chauve-souris nordique (tableau 1; Turner et al., 2011). Parmi ces hibernacles, 23 (72 %) ont vu leur population chuter à zéro.En 2011, le SMB avait été enregistré dans 190 hibernacles répartis dans 16 États et 4 provinces. Les mêmes résultats se produisent au Canada aux endroits où le SMB a été signalé depuis plus de 2 ans (voir les détails ci-après).

Données récentes au Canada

Dans l'est de l'Ontario, 8 hibernacles font l'objet d'une surveillance visant les changements de l'abondance; tous affichaient des déclins significatifs après 1 année d'exposition au SMB, avec un déclin moyen de 30 %. Après 2 années d’exposition, le déclin moyen avait atteint 92 % (tableau 2). La chauve-souris nordique était présente dans toutes ces grottes, mais leur nombre exact n'est pas connu, en raison de la difficulté d'identifier les espèces à distance.

Au Québec, 5 hibernacles font l'objet d'une surveillance relative au SMB, réalisée au moyen de compteurs lasers installés à l'entrée des hibernacles. À l'automne 2011, le nombre d'individus dans un hibernacle (Mine-aux-Pipistrelles, dans le sud du Québec, près de la frontière des États-Unis; le site le plus rapproché de l'origine du SMB) était passé de plus de 5 000 à 8 individus (déclin minimum de 99 %) toutes espèces confondues, d'après les centaines de chauves-souris trouvées sur le sol (Mainguy et Desrosiers, 2011). Dix pour cent des individus dans l’hibernacle étaient des chauves-souris nordiques; les effectifs étaient de 526-769 pendant les deux années précédentes, avant l'apparition du SMB, puis ont chuté à 1 chauve-souris en novembre 2011, un déclin de 99 %. Dix autres sites sont surveillés par observation, mais l'accès aux sites et la qualité des résultats des relevés varient; des signes du SMB ainsi que « beaucoup » de chauves-souris mortes ont été constatés dans 1 site (mine Emerald) où 10 % des individus étaient des chauves-souris nordiques, en février 2010.

Au Nouveau-Brunswick, 11 sites ont fait l'objet d'une surveillance visant le SMB de 2010 à 2012. Le premier cas de SMB a été constaté en mars 2011, quand plus de 80 % des 6 000 chauves-souris de la grotte Berryton sont mortes en 1 mois (McAlpine et al., sous presse). Au total, 350 chauves-souris ont été dénombrées en décembre 2011. Un échantillon de 357 individus morts pendant l’événement de 2011 renfermait 8,4 % (30) de chauves-souris nordiques (D. McAlpine, comm. pers.). En outre, le SMB a été détecté dans 3 autres sites en décembre 2011.

En Nouvelle-Écosse, l'accès aux grottes est restreint, et les relevés ont été limités à des visites hivernales à l'entrée des grottes, à la collecte de carcasses et à des mentions faites par le public de chauves-souris en vol durant l'hiver. Les carcasses sont fournies à des pathologistes vétérinaires, qui ont confirmé la présence du Gd.

À l'automne 2011, le SMB n'avait été constaté ni à l'Île-du-Prince-Édouard, ni à Terre-Neuve, ni dans l'ouest de l'Ontario.

Données récentes recueillies en été

Les données recueillies en été sont sporadiques, et la surveillance acoustique systématique n'a que récemment commencé sur bon nombre de territoires. Lorsqu’elles sont disponibles, les données d’été indiquent des déclins semblables à ceux relevés durant l’hiver. Par conséquent, il est peu probable que des hibernacles vides durant l’hiver indiquent que les chauves-souris se soient simplement déplacées dans de nouveaux sites non surveillés. D’après les résultats préliminaires obtenus pour 200 transects, dans 24 États, il y a un déclin significatif des effectifs pendant l'été dans la zone touchée par le SMB (c.-à-d. la quasi-disparition de la chauve-souris nordique dans l'État de New York, l'espèce n'ayant plus été décelée dans la plupart des transects; Britzke et al., 2011, données inédites). En Virginie, les captures effectuées dans 5 ou 6 sites d’essaimage d’automne ont diminué, passant de 21 chauves-souris nordiques capturées par site au début de l’apparition du SMB à environ 2 chauves-souris par site en 2011 (figure 4) (Rick Reynolds, comm pers., données inédites; biologiste de l’État de Virginie).

On n'a pas de données sur la taille ou les tendances de la population, en été, dans les colonies de maternité de la chauve-souris nordique pour l'Ontario, le Québec et les Maritimes.

Menace imminente pour la survie

La menace imminente pour la survie de l'espèce est fondée sur trois hypothèses : a) le fait que l'on s'attende à ce que les taux de mortalité constatés dans le nord-est des États-Unis s'appliquent à la population canadienne; b) la forte probabilité que la mortalité causée par le SMB s'étende rapidement à tous les hibernacles dans l'ensemble de l'aire de répartition canadienne de l'espèce; c) le fait que la probabilité d'immigration de source externe soit nulle.

a) Application des résultats des États-Unis au Canada

L'épidémie de SMB s'est d'abord déclarée dans le nord-est des États-Unis, et davantage de données sur les effets du SMB après plusieurs années sont disponibles pour cette population. De plus, les hibernacles étaient généralement mieux surveillés et les tendances des populations mieux connues aux États-Unis, ce qui a facilité la modélisation des répercussions du SMB sur la population. On s’attend à ce que les taux de mortalité enregistrés aux États-Unis s’appliquent aussi à la population canadienne, car les conditions des hibernacles, comme la température et l’humidité, y sont semblables et favorisent la croissance du Gd. Des déplacements de chauves-souris ont probablement lieu entre les deux pays, et rien n’indique qu’il y ait des différences génétiques entre les individus du nord-est des États-Unis et ceux du Canada. Par conséquent, rien ne permet de croire à une résistance accrue des chauves-souris canadiennes, et les résultats obtenus dans le nord-est des États-Unis, y compris le modèle de population, les taux de mortalité et le rythme de propagation, devraient être les mêmes au Canada.

b) Rythme de propagation

Le syndrome du museau blanc a été constaté pour la première fois il y a 6 ans (février 2006) dans une caverne située près d'Albany, dans l'État de New York (Frick et al., 2010; figure 2). Le SMB s'est propagé à un rythme d'environ 200 à 400 km par année, atteignant l'Ontario et le Québec en 2010, et le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, en 2011 (figures 1 et 2). La distance en ligne droite parcourue par le SMB, à partir de son épicentre à Albany, jusqu’au site le plus éloigné (Missouri) de 2006 à 2011 est de quelque 1 000 km, soit 200 km/an. En outre, un cas récent a été relevé en Oklahoma, à 2 200 km de l'épicentre (440 km/an) (Turner et al., 2011; figures 1, 2). Au Canada, le rythme de propagation jusqu’au Nouveau-Brunswick a été de 200 km/an, tandis que le site à l’ouest le plus éloigné de l’épicentre (Wawa, en Ontario) mentionné à ce jour a été atteint à un rythme de 250 km/an. Le taux de propagation moyen semble donc varier de 200 à 400 km/an. La distance parcourue entre l'épicentre et le premier site touché en Ontario (Cochrane) est de 1 000 km, ce qui pourrait indiquer que le SMB peut se propager plus rapidement, soit par les déplacements de chauves-souris ou d'humains, ou que le SMB était déjà présent dans les sites ontariens les plus proches d'Albany.

On pense que les vecteurs de transmission de la maladie seraient les chauves-souris qui sont entrées en contact avec d'autres individus ou avec des murs d'hibernacles infectés par des conidies, ainsi que les humains visitant les grottes. Une proportion inconnue de chauves-souris nordiques se déplacent sur des centaines de kilomètres entre leurs aires d'estivage et d'hivernage. De plus, le comportement d’essaimage adopté par l’espèce en août et en septembre constitue vraisemblablement un des principaux mécanismes de transmission du Gd entre les sous-populations. Ce comportement indique aux jeunes où se rendre pour hiberner, et annonce le début de la saison de reproduction. Les contacts fréquents entre les chauves-souris durant cette période jouent probablement un rôle clé dans la propagation du SMB (B. Fenton, comm. pers.). En outre, on a déjà vu des chauves-souris essaimer dans un site, mais hiberner ailleurs (Humphrey et Cope, 1976), ce qui pourrait contribuer à transporter les spores d'un site à l'autre (Turner et al., 2011).

On s'attend à ce que le SMB continue de se propager au Canada et dans l'ouest des États-Unis, car la plupart des grottes et des mines utilisées par les chauves-souris présentent des conditions similaires. D'après les conditions favorables à la croissance du Gd (les températures minimale et maximale dans les hibernacles ainsi que les liens avec la température et les réserves lipidiques des chauves-souris) (Hallam et Federico, 2011), on estime que les conditions propices au SMB sont présentes dans la majeure partie des États-Unis et, en présumant que la propagation entre les colonies se produira comme pour l'est de l'Amérique du Nord, on prévoit qu'une très grande partie de la région sera touchée par le SMB d'ici 2018 (figure 3). La carte de prévision n’a pas été réalisée pour le Canada, mais, comme les conditions des hibernacles y sont semblables, on s’attend à la même propagation du SMB qu’aux États-Unis (figure 3).

On a avancé que le taux de propagation pourrait être moins élevé dans l'ouest du Canada, car les colonies y sont plus dispersées que dans l'est (C. Willis, comm. pers. 2012). Aucune donnée ne permet cependant de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse, car on en sait très peu sur les hibernacles des régions de l'ouest du Canada, et on ignore quelle est la dynamique de transmission du SMB dans différentes densités d'individus. D’après ce que l’on sait actuellement, le SMB touche des colonies de différentes densités : il semble qu’on le détecte d’abord dans de grands hibernacles, puis dans des hibernacles adjacents contenant moins d’individus. Si l’on utilise le taux de propagation moyen enregistré (de 200 à 400 km/an) et qu’on présume qu’il se maintiendra, on peut conclure que le SMB sera présent sur la côte ouest de l’Amérique du Nord d’ici 11 à 22 ans. En outre, le site touché par le SMB en Oklahoma est situé à 500 km des Rocheuses, et il est possible que la maladie se déplace vers le nord pour atteindre le Canada par les montagnes, plutôt qu’en traversant les Prairies.

Le SMB risque aussi fortement d'atteindre les populations de l'ouest plus rapidement que prévu, d'après les déplacements des chauves-souris. En effet, le Gd a été découvert en Amérique du Nord dans une caverne souvent visitée par les humains, et on suspecte que ce champignon a été accidentellement amené sur le continent par des touristes ayant visité des grottes en Europe (Turner et al., 2011). On pense donc que le Gd pourrait être transmis aux hibernacles de l’ouest par des touristes ou des spéléologues ayant visité plusieurs sites.

En conclusion, la dynamique des déplacements des chauves-souris n'est pas bien comprise, et il pourrait y avoir des différences en ce qui concerne la propagation du SMB dans la région des Rocheuses. Beaucoup de signes laissent cependant croire que la maladie continuera de se propager et aura un effet tout aussi catastrophique dans l'ouest de l'Amérique du Nord que ce qui a été observé à ce jour dans l'est. Le principe de précaution nous permet de présumer que le taux de propagation observé s’appliquera de l’est à l’ouest du Canada.

c) Possibilités de refuges et d'immigration de source externe

On ne s'attend pas à ce qu'il y ait une immigration de source externe. La population canadienne de chauves-souris nordiques se trouve à la limite nord de l’aire de répartition géographique de l’espèce (figure 1); c’est pourquoi toute immigration doit provenir des populations du sud, aux États-Unis. Des taux de mortalité élevés associés au SMB ont été constatés dans les régions situées au sud du Canada, et les populations sont si réduites qu’une immigration vers le nord est très peu probable.
Les régions du sud des États-Unis et, possiblement, les zones côtières, où le climat plus doux fait en sorte que les chauves-souris ont besoin de réserves lipidiques moins grandes, pourraient être moins touchées par le SMB (figure 3). Toutefois, des spores de Gd ont été trouvées dans le sol des hibernacles (Lindner et al., 2011), et il est probable que toute population qui s’étendrait vers le nord serait infectée par le SMB en utilisant les hibernacles du Canada.

On ne s’attend pas à ce que les populations de chauves-souris nordiques de l’ouest soient immunisées contre le SMB, ce qui réduit davantage les chances d’immigration de source externe pour les chauves-souris de l’est. Les individus présents dans les hibernacles du nord hibernent dans des conditions relativement plus froides (de 1 à 2 °C) (S. Carrierre, comm. pers., janvier 2012) et pourraient être moins vulnérables au SMB, car le Gd ne croît pas bien à basse température (Gargas et al., 2009). Cependant, le nombre de chauves-souris se trouvant dans ces conditions ne représente qu’un faible pourcentage de la population canadienne, ce qui n’empêcherait donc pas les déclins massifs. De plus, toute population nordique qui s’étendrait plus au sud serait vulnérable aux spores persistant dans les hibernacles du sud.

Les espoirs de rétablissement de cette espèce sont fondés sur la probabilité qu’un faible pourcentage de la population puisse résister aux effets du Gd. Ces survivants pourront transmettre cette résistance à leur progéniture, et l’effectif pourrait ainsi augmenter. On pense qu’une telle situation s’est produite en Europe, car plusieurs espèces de chauves-souris y sont infectées par le SMB, mais les taux de mortalité demeurent bas (Turner et al., 2011).

Certains signes indiquent que des individus exposés au SMB peuvent survivre, d’après des études en laboratoire (Meteyer et al., 2011) et des études par baguage (Dobony et al., 2011). Dans l’étude de Dobony, à Fort Drum (New York), un faible nombre (moins de 20) de petites chauves-souris brunes ont été capturées en été. Ces individus montraient des signes de dommages aux ailes causés par le SMB, et ils ont été capturés de nouveau l’année suivante. Cinq femelles ont été capturées de nouveau après deux ans et, comme la lactation a été constatée chez certaines d’entre elles, il semble que la reproduction soit possible chez certains individus. Dans l’État de New York, une grotte comptait une population de 1 000 chauves-souris depuis plus de 4 années consécutives, ce qui laisse croire à une stabilisation (Turner et al., 2011). Ces résultats indiquent une certaine chance de rétablissement. Il est cependant à noter que les déclins dans ces sites étaient de 88 % (Fort Drum) et de 93 % (New York), et que l’apparence de stabilité dans certains hibernacles pourrait être attribuable aux déplacements de chauves-souris non infectées en provenance d’autres régions. De plus, la lactation ne signifie pas que les petits ont survécu si les adultes étaient stressés sur le plan physiologique (Dobony et al., 2011).

Facteurs associés aux critères spécifiques du COSEPAC

Durée d’une génération

La durée d’une génération selon les lignes directrices du COSEPAC est basée sur l’âge moyen de la population reproductrice. L’âge de reproduction moyen de la chauve-souris nordique n’est pas connu, mais l’on sait que, dans la nature, cette espèce commence à se reproduire après un an et qu’elle continue de le faire annuellement. Même si, selon les observations, elle peut vivre plus de 19 ans (Hall et al., 1957), elle peut probablement vivre autant (30 ans) que la très similaire petite chauve-souris brune (Fenton et Barclay, 1980). L’âge moyen des individus reproducteurs se situe donc probablement autour de 10 ans chez la chauve-souris nordique. 

Toutefois, des données recueillies au moyen d’activités de baguage de l’espèce réalisées sur 22 ans au Manitoba ont été analysées aux fins du présent rapport par Craig Willis, qui recommande de réduire la durée d’une génération. Voici ce qu’a avancé M. Willis [traduction] : « d’après nos données, une durée de 5 ans constituerait une moyenne très généreuse. Au cours de la période de 22 ans, des collègues ont recueilli des données de baguage au Manitoba et dans le nord-ouest de l’Ontario, et la durée moyenne ± écart-type entre la capture (avant 2000) et la recapture était de 3,04 ± 2,85 années (n = 1 386 recaptures entre 1989 et 2011). Autrement dit, après 3 ans en moyenne, les chauves-souris disparaissent. On capture parfois 1 ou 2 chauves-souris âgées de près de 20 ans, mais elles sont excessivement rares. » (Craig Willis, comm. pers., janvier 2012). Des conclusions semblables concernant la durée d’une génération n’ont pu être trouvées dans la littérature scientifique, et les résultats du Manitoba ne sont issus que d’une seule étude. Toutefois, l’échantillon est grand et laisse croire que la durée d’une génération est vraisemblablement inférieure à 10 ans pour cette espèce. Comme compromis, le présent rapport tient compte d’une plage de 3 à 10 ans en ce qui concerne la durée d’une génération.

Les critères du COSEPAC sont fondés sur 3 générations; la période sur laquelle les déclins doivent être calculés est donc de 9 à 30 ans pour la chauve-souris nordique.

Limites des données de recensement

Plusieurs critères du COSEPAC sont fondés sur l’information concernant les tendances des populations. Les estimations du nombre ou du pourcentage de morts chez les chauves-souris au Canada sont très limitées en raison des faibles activités de recensement. Les chauves-souris nordiques sont relativement communes dans certaines parties de leur aire de répartition; par conséquent, elles n’ont pas été jugées prioritaires pour les relevés. De plus, les chauves-souris sont essentiellement difficiles à recenser.

Les sites d’hivernage sont essentiels à la survie de l’espèce, mais on ne connaît pas toutes les grottes qui abritent des chauves-souris ni le nombre d’individus dans celles-ci, particulièrement dans les grandes provinces de l’Ontario et du Québec.

Des relevés acoustiques systématiques des niveaux d’activité des chauves-souris, pendant l’été, ont été entamés sur certains territoires, mais l’on ne sait pas exactement si certaines régions avaient déjà été touchées par le SMB avant le début des travaux. À terme, cependant, l’absence de données acoustiques recueillies en été ne devrait pas empêcher la réalisation d’une évaluation d’urgence, car le SMB est déjà présent sur les territoires visés, et les déclins de population qui se sont produits aux États-Unis auront probablement aussi lieu au Canada, si ce n’est pas déjà le cas.

Menaces et nombre de localités

La population de chauves-souris nordiques au Canada n’est associée qu’à une seule localité, car le champignon est vraisemblablement un pathogène envahissant et exotique agissant sur une population naïve. Les conditions dans les hibernacles sont similaires dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, et les taux de mortalité devraient être les mêmes pour toute la population. Le SMB touche bon nombre d’espèces du genre Myotis (Turner et al., 2011), et, comme la variation génétique entre ces espèces est plus grande qu’à l’intérieur de l’espèce elle-même, il est peu probable que les différences génétiques au sein de la population canadienne offrent une résistance.

Unités désignables

La chauve-souris nordique au Canada ne compte qu’une seule unité désignable. L’aire de répartition de l’espèce au pays est continue, et il n’y a pas de différence génétique ou autre connue à l’intérieur de cette aire qui justifierait la division de l’espèce en unités désignables distinctes.

Remerciements

Cet aperçu a été rédigé grâce aux renseignements fournis par de nombreuses personnes dont les travaux concernent les chauves-souris et le syndrome du museau blanc en Amérique du Nord. La rédaction a, en partie, été facilitée par des discussions tenues au cours de la North American Bat Research Conference, à Toronto (octobre 2011). Merci à tous, en particulier à Al Hicks, Lesley Hale, Simon Dodsworth, Jeremy Coleman, Krishna Gifford, Brock Fenton, Mark Brigham, Hugh Broders, Jeff Bowman, Mark Elderkin, Justina Ray, Don McAlpine, Karen Vanderwolf, Carl Herzog, Rick Reynolds, Craig Stihler, Calvin Butchkowski, Eric Britzke, Emily Brunkhurst, Erin Fraser, Julien Mainguy et Tom Hallam.

Le présent rapport a été examiné par les spécialistes des chauves-souris et du syndrome du museau blanc Jeremy Coleman, Brock Fenton, Mark Brigham, Ian Barker, Hugh Broders et Craig Willis, ainsi que par des membres du Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC et du Sous-comité de l’évaluation d’urgence des chauves-souris.

Haut de la page

Figure 1. Répartition approximative de la chauve-souris nordique et du syndrome du museau blanc, en date d’octobre 2011. Cette répartition est basée sur les données de Van Zyll de Jong (1985) et du National Wildlife Health Centre (en anglais seulement). Note : Selon des nouvelles données, la répartition à Terre Neuve devrait s’étendre à toute l’île, exception faite de la presqu’île Avalon, et la répartition dans l’ouest canadien devrait s’étendre vers l’ouest au Yukon et jusqu’aux abords de la partie enclavée de l’Alaska (carte créée par J. Wu, Secrétariat du COSEPAC).

Carte de la répartition approximative de la chauve souris nordique et du syndrome du museau blanc, en date d’octobre 2011. Selon des nouvelles données, la répartition à Terre Neuve devrait s’étendre à toute l’île, exception faite de la presqu’île Avalon, et la répartition dans l’ouest canadien devrait s’étendre vers l’ouest au Yukon et jusqu’aux abords de la partie enclavée de l’Alaska

Version texte pour la figure 1 : 

Carte de la répartition approximative de la chauve-souris nordique (partie grisée) et du syndrome du museau blanc (partie hachurée) dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, en date d’octobre 2011.

La carte montre la répartition de la chauve-souris nordique s’étendant vers l’ouest à partir de la moitié sud de l’île de Terre-Neuve jusqu’à la Colombie-Britannique, vers le nord dans les Territoires du Nord-Ouest, et vers le sud en traversant la majeure partie du nord-est et du centre des États-Unis, et s’étendant à l’ouest au-delà de la rivière Missouri.

Selon des nouvelles données, la carte devrait montrer la répartition à Terre-Neuve s’étendant à toute l’île, exception faite de la presqu’île Avalon, et la répartition dans l’ouest canadien s’étendant vers l’ouest au Yukon et jusqu’aux abords de la partie enclavée de l’Alaska.

Haut de la page

Figure 2. Emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, en date d’octobre 2011. Le premier cas (indiqué par le cercle) a été constaté à Albany (New York) en 2006. Le cas soupçonné en Oklahoma est situé à plus de 2 000 km de l’épicentre. Source : National Wildlife Health Centre (en anglais seulement).

Carte de l’emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, en date d’octobre 2011.

Version texte pour la figure 2 :

Carte de l’emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, sur une période de quatre ans. L’emplacement du premier cas, près d’Albany, dans l’État de New York, est aussi indiqué.

Pour la période 2010-2011, les zones où des cas ont été confirmés sont colorées en rouge foncé, et les zones où des cas sont soupçonnés sont quadrillées et colorées en rose foncé. Pour la période 2009-2010, les zones où des cas ont été confirmés sont colorées en bleu, et les zones où des cas sont soupçonnés sont quadrillées et colorées en bleu pâle. Pour la période 2008-2009, les zones où des cas ont été confirmés sont colorées en mauve, et les zones où des cas sont soupçonnés sont quadrillées et colorées en mauve. Pour la période 2007-2008, les zones où des cas ont été confirmés sont colorées en gris foncé; aucun cas soupçonné n’est indiqué pour cette période.

Haut de la page

Figure 3. Simulation de base de la dispersion épizootique fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves-souris brunes. La vague épizootique prévue dans l’ensemble de la zone d’étude aux États-Unis a été déterminée par 1 000 simulations. L’évolution dynamique de la vague épizootique d’hibernacles infectés par le Gd selon la résolution stochastique de la série de 1 000 simulations est illustrée. Les années projetées de l’infection par le Gd sont indiquées par codes de couleur : rouge = 2007-2008; orange foncé = 2008-2009; orange pâle = 2009-2010; jaune = 2010-2011; vert pâle = 2011-2012; vert moyen = 2012-2013; vert foncé à partir de l’Oklahoma = 2013-2014; autres teintes de vert foncé = 2014-2015; bleu pâle = 2015-2016; bleu foncé = 2016-2017; mauve = 2017-2018. Le blanc représente les grottes non touchées durant la simulation sur 15 ans. La taille du cercle est représentative de la taille de la colonie qu’abrite chaque grotte. Cette image a été produite au moyen de Google Earth et fournie par Tom Hallam (Université du Tennessee, Knoxville) en association avec la publication de Hallam et Federico (2011).

Carte montrant les résultats d’une simulation de base de la dispersion épizootique du Geomyces destructans fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves souris brunes.

Version texte pour la figure 3 :

Carte montrant les résultats d’une simulation de base sur 15 ans de la dispersion épizootique du Geomyces destructans (Gd) dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves-souris brunes. Les frontières des États et des provinces sont indiquées sur la carte.

Les années projetées de l’infection par le Gd dans les hibernacles sont indiquées par des points de couleur : points rouges = 2007-2008; points orange foncé = 2008-2009; points orange pâle = 2009-2010; points jaunes = 2010-2011; points vert pâle = 2011-2012; points vert moyen = 2012-2013; points vert foncé à partir de l’Oklahoma = 2013-2014; points en d’autres teintes de vert foncé = 2014-2015; points bleu pâle = 2015-2016; points bleu foncé = 2016-2017; points mauves = 2017-2018. Les points blancs représentent des grottes non infectées pendant la simulation. La grosseur des points indique la taille de la colonie dans la grotte.

Haut de la page

Tableau 1. Variations du dénombrement des chauves-souris nordiques (Myotis septentrionalis) dans les hibernacles d’hiver après un minimum de deux années d’exposition au syndrome du museau blanc, dans cinq États du nord-est des États-Unis. Adapté de Turner et al. (2011).
État (nbre de sites)Nbre pré-SMB
New York (18)619
Pennsylvanie (5)940
Vermont (5)136
Virginie (1)7
Virginie-Occidentale (3)4
Total (32)1 706

Haut de la page

Tableau 2. Changements dans les estimations de l’abondance des chauves-souris utilisant les hibernacles (grottes ou mines) de l’Ontario. La majorité des chauves-souris est constituée de petites chauves-souris brunes, mais les sites abritent aussi des chauves-souris nordiques et des pipistrelles de l’Est. Le déclin moyen est de 90 % dans les sites exposés depuis plus de 2 ans au SMB. Information fournie gracieusement par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Nom du site
Individus dénombrés et date du dénombrementChangement (%)
2009 à 2010
Changement (%)
2010 à 2011
Changement (%)
Total
2009
200920102011
Craigmont30 461
2 novembre 2009
24 837
1er novembre 2010
1 457
24 octobre 2011
-18 %-94 %-95 %
Hunt (Renfrew)14 378
20 octobre 2009
7 005
7 novembre 2010
2 638
5 novembre 2011
-51 %-62 %-82 %
Crystal Lake725
Automne? 2009
539
29 novembre 2010
10
4 novembre 2011
-26 %-98 %-99 %
Croft*s.o.3 000+
2 octobre 2010
1,537
4 novembre 2011
s.o.-49 %+-49 %+
Silver Craters.o.251
29 novembre 2010
29
4 novembre 2011
s.o.-89 %-89 %
MacDonalds.o.21
23 novembre 2010
0
4 novembre 2011
s.o.-100 %-100 %
Watsons.o.96
23 novembre 2010
0
4 novembre 2011
s.o.-100 %-100 %
Clyde Forkss.o.117
30 novembre 2010
7
2 novembre 2011
s.o.-94 %-94 %

* L’estimation de la population de Croft en 2010 n’a été réalisée que pour une partie de la mine (environ 50 % de la longueur de la mine).

Remarques :

  1. Il a été établi, par des essais en laboratoire ou par des observations visuelles, que tous les sites étaient infectés par le Geomyces destructans. Aucune mortalité massive n’a été documentée dans l’ensemble de ces sites, mais quelques cas de mortalité ont été répertoriés. Aucun de ces sites n’est surveillé assez fréquemment en hiver pour permettre l’observation d’épisodes de mortalité massive. Toutefois, un déclin notable de l’effectif est évident à tous les sites. 

  2. Le SMB a été observé visuellement pour la première fois dans la mine Craigmont, durant la saison 2008-2009. Il a été documenté au cours d’une visite du site, le 6 mai 2011. L’estimation de l’effectif de 2009 est représentative des relevés préliminaires réalisés périodiquement aux mines Craigmont et Hunt. La présence du SMB a été confirmée par le Centre canadien coopératif de la santé de la faune (CCCSF) d’après les résultats des essais en laboratoire effectués pour les mines Craigmont et Hunt durant la saison 2009-2010.

Haut de la page

Figure 4. Captures au cours de l’essaimage d’automne en Virginie. Les travaux ont été réalisés principalement en septembre et au début octobre. MYLU = Myotis lucifugus, MYSE = Myotis septentrionalis, PESU = Perimyotis subflavus. Les valeurs entre parenthèses (p. ex., « n-6 ») indiquent le nombre de sites échantillonnés. Figure fournie gracieusement par Rick Reynolds, biologiste de l’État de Virginie.

Diagramme montrant les captures au cours de l’essaimage d’automne en Virginie, entre 2009 et 2010. Les travaux ont été réalisés principalement en septembre et au début octobre.

Haut de la page

Bibliographie

Blehert, D., A. Hicks, M. Behr, C. Meteyer, B. Berlowski-Zire, E. Buckles, J. Coleman, S. Darling, A. Gargas, R. Niver, J. Okoniewski, R. Rudd et W. Stone. 2009. Bat white-nose syndrome: An emerging fungal pathogen, Science, 323:227.

Britzke, E., C. Herzog et B. Ewing. 2011. Observations and initial results from 3 years of sampling bats along acoustic transects, Abstract, 41st Annual Meeting of the North American Society for Bat Research, Toronto (Ontario), CANADA, octobre 2011.

Broders, H., G. Forbes, S. Woodley et I. Thompson. 2006. Range extent and stand selection for roosting and foraging in forest dwelling Myotis septentrionalis and M. lucifugus in the Greater Fundy Ecosystem, Nouveau-Brunswick, Journal of Wildlife Management, 70(5):1174-1184.

Caceres, C., et R. Barclay. 2000. Myotis septentrionalis, Mammalian Species, 634:1-3, American Society Mammalogists.

Carey, H., M. Andrews et S. Martin. 2003. Mammalian hibernation: cellular and molecular responses to depressed metabolism and low temperature, Physiological Reviews, 83(4):1153-1181.

Cryan P., C. Meteyer, J. Boyles et D. Blehert. 2010. Wing pathology of white-nosed syndrome in bats suggests life-threatening disruption of physiology, BMC Biology, 2010, (8):135.

Dobony, C., A. Hicks, K. Langwig, R. von Linden, J. Okoniewski et R. Rainbolt. 2011. Little Brown Myotis persist despite exposure to white-nose syndrome, Journal of Fish and Wildlife Management, 2(2):190-195.

Fenton, B., et R. Barclay. 1980. Myotis lucifugus, Mammalian Species, 42:1-8, American Society of Mammalogists.

Frick, W., J. Pollock, A. Hicks, K. Langwig, S. Reynolds, G. Turner, C. Butchkoski et T. Kunz. 2010. An emerging disease causes regional population collapse of a common North American bat species, Science, 329(5992):679-682.

Gargas, A., M. Trest, M. Christensen, T. Volk et D. Blehert. 2009. Geomyces destructans sp. nov. associated with bat white-nose syndrome, Mycotaxon, 108:147-154.

Hallam. T., et P. Federico. 2011. The panzootic white-nose syndrome: An environmentally constrained disease? Transboundary and Emerging Diseases, 1-10. doi:10.1111/j.1865-1682.2011.01268x.

Humphrey, S., et J. Cope. 1976. Population ecology of the little brown bat, Myotis lucifugus, in Indiana and north-central Kentucky, American Society of Mammalogists, 81 p.

Kunz, T., et M. Tuttle. 2009. White-nose syndrome science strategy meeting II. http://www.bacon.org/pdfs/whitenose/WN2FinalReport.pdf.

Lindner, D.L., A. Gargas, J.M. Lorch, M.T. Banik, J. Glaeser, T.H. Kunz et D.S. Blehert. 2011. DNA-based detection of the fungal pathogen Geomyces destructans in soils from bat hibernacula, Mycologia, 103(2): 241-246.

Lorch, J., C. Meteyer, M. Behr, J. Boyles, P. Cryan, A. Hicks, A. Ballmann, J. Coleman, D. Redell, D. Reeder et D. Blehert. 2011. Experimental infection of bats with Geomyces destructans causes white-nose syndrome, Nature, 480(7377): 376-378, 16 octobre 2011 (version en ligne).

Mainguy, J. et N. Derosiers. 2011. Cave-dwelling bats in the province of Quebec: historical data about hibernacula population surveys, rapport inédit, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 6 p.

McAlpine, D., K. Vanderwolf, G. Forbes et D. Malloch. (sous presse). Opportunistic predation by raccoons (Procyon lotor) during an outbreak of White-nose Syndrome in New Brunswick, Canada: implications for mortality estimates of Myotis sp. and transmission of the fungus Geomyces destructans (Ascomycota), Canadian Field-Naturalist.

Meteyer, C., M. Valent, J. Kashmer, E. Buckles, J. Lorch, D. Blehert, A. Lollar, D. Berndt, E. Wheeler, C. White et A. Ballmann. 2011. Recovery of Little Brown Bats (Myotis lucifugus) from natural infection with Geomyces destructans, White-nose Syndrome, Journal of Wildlife Diseases, 47(3):618-626.

Pikula, J., H. Bandouchova, L. Novotny, C. Meteyer, J. Zukal, N. Irwin, J. Zima et N. Martínková. 2012. Histopathology confirms White-nose Syndrome in Europe, Journal of Wildlife Diseases, 48(1):207-211.

Turner, G., D. Reeder et J. Coleman. 2011. A five-year assessment of mortality and geographic spread of white-nose syndrome in North American bats and a look to the future, Bat Research News, 52(2):13-27.
Van Zyll de Jong, C. 1985. Traité des mammifères du Canada, tome 2 – Les chauves-souris, Musée national des sciences naturelles, Ottawa (Ontario), CANADA, 215 p.