Plan d’action pour le saule des landes (Salix jejuna) au Canada - 2016 [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans d'action

Saule des landes

Photo : saule des landes

2016

Table des matières


Information sur le document

Plan d’action pour le saule des landes (Salix jejuna) au Canada - 2016 [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans d'action

Couverture de la publication

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2016. Plan d’action pour le saule des landes (Salix jejuna) au Canada [Proposition], Série de Plans d’action de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, v + 17 p.

Pour télécharger le présent plan d'action ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les programmes de rétablissement et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Saule des landes © Peter Thomas, Environnement Canada

Also available in English under the title
“Action Plan for the Barrens Willow (Salix jejuna) in Canada [Proposed]”

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.


Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans d’action pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées, pour lesquelles le rétablissement a été jugé comme étant réalisable. Ils sont également tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

En vertu de la LEP, un ou plusieurs plans d’action présentent la planification détaillée du rétablissement élaborée dans le but d’appuyer l’orientation stratégique établie dans le programme de rétablissement de l’espèce. Le plan décrit ce qui doit être réalisé pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition (auparavant appelés buts et objectifs du rétablissement) établis dans le programme de rétablissement, y compris les mesures à prendre pour aborder les menaces et effectuer le suivi du rétablissement de l’espèce, ainsi que les mesures proposées visant à protéger l’habitat essentiel qui a été désigné pour l’espèce. Le plan d’action inclut également une évaluation des répercussions socioéconomiques de la mise en œuvre du plan d’action et des avantages en découlant. Le plan d’action est considéré comme l’un parmi une série de documents qui sont liés et qui doivent être pris en considération ensemble. Parmi ceux-ci, on compte le rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), le programme de rétablissement, ainsi qu’un ou plusieurs plans d’action.

La ministre de l’Environnement est la ministre compétente en vertu de la LEP du saule des landes et a élaboré le présent plan d’action pour mettre en œuvre le programme de rétablissement, conformément à l’article 47 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan d’action a été préparé en collaboration avec Pêches et Océans Canada et la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives et des actions formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce plan d’action et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du saule des landes et de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre du présent plan d’action est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsqu’un programme de rétablissement désigne de l’habitat essentiel, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. En ce qui concerne l’habitat essentiel situé sur le territoire domanial à l’extérieur des aires protégées fédérales, la ministre de l’Environnement doit présenter un énoncé sur la protection juridique existante ou prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si la ministre de l’Environnement estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par les dispositions de la LEP, par les mesures prises aux termes de cette dernière ou par toute autre loi fédérale, et que cette partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée efficacement par les lois provinciales ou territoriales, elle doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant à étendre l’interdiction de détruire à cette partie de l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Des remerciements vont à Julie Robinson, qui a ébauché la première version du présent document. Le présent plan d’action a été préparé par Peter Thomas et Krista Baker (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Région de l’Atlantique), en collaboration avec les membres et spécialistes associés de l’Équipe de rétablissement des espèces en péril des landes calcaires. Des remerciements vont également à cette équipe pour les connaissances et l’appui qu’elle a fournis durant la préparation du présent document. Des remerciements vont aussi aux nombreux étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs dont les recherches ont contribué aux connaissances actuelles sur le saule des landes.

Executive Summary

Le saule des landes (Salix jejuna) a été désigné « espèce en voie de disparition » en 2003 en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le présent plan d’action présente les mesures de rétablissement nécessaires à l’atteinte du but du rétablissement énoncé dans le Programme de rétablissement du saule des landes (Salix jejuna) au Canada (Environment Canada, 2006) :

Assurer la persistance à long terme de la population naturelle dans toute son aire de répartition.

Au total, 28 mesures de rétablissement sont présentées dans le présent plan d’action, et celles-ci ont été réparties entre 7 approches générales (suivi, gestion et protection de l’habitat, restauration et réintroduction de l’espèce, recherche scientifique, conservation ex situ, mise en application des lois et conformité, éducation et intendance).  

L’habitat essentiel du saule des landes a été partiellement désigné dans le programme de rétablissement de l’espèce (Environment Canada, 2006). De l’habitat essentiel additionnel est désigné pour l’espèce dans le présent plan d’action, d’après la réalisation partielle des études énumérées dans le calendrier des études du programme de rétablissement (Environment Canada,2006). L’habitat essentiel désigné se situe sur le territoire domanial et sur le territoire non domanial, dans les landes calcaires de la péninsule Great Northern, à Terre-Neuve. Sur le territoire domanial, Environnement Canada collabore avec Pêches et Océans Canada pour la protection de l’habitat essentiel de l’espèce au cap Norman. En outre, Environnement Canada collabore avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador en vue de déterminer si l’habitat essentiel est considéré comme protégé sur le territoire non domanial.

L’évaluation socioéconomique visant le saule des landes a été réalisée conjointement à celles visant le braya de Long (Braya longii) et le braya de Fernald (Braya fernaldii), car les aires de répartition et l’habitat des trois espèces sont comparables, ainsi que les menaces qui pèsent sur elles. Les coûts directs et indirects associés à la mise en œuvre du présent plan d’action sont considérés comme faibles. La mise en œuvre du plan aura non seulement un effet bénéfique pour le saule des landes, mais aussi pour la communauté écologique en général, y compris d’autres espèces en péril (par exemple, le braya de Fernald) partageant le même habitat.

1. Actions pour le rétablissement

1.1 Contexte et portée du plan d'action

Le saule des landes (Salix jejuna) est un arbuste bas à feuilles caduques endémique des landes calcaires du nord-ouest de la péninsule Great Northern, sur l’île de Terre­Neuve. Il a été désigné « espèces en voie de disparition » par le COSEPAC en 2001 et a été inscrit à ce titre à la Loi sur les espèces en péril (LEP) et à l’Endangered Species Act deTerre-Neuve-et-Labrador. Le présent plan d’action énumère les mesures de rétablissement nécessaires à l’atteinte du but du rétablissement présenté dans le Programme de rétablissement du saule des landes (Salix jejuna Fernald) au Canada (Environment Canada, 2006).

Le but du rétablissement du saule des landes est d’assurer la persistance à long terme de la population naturelle dans toute son aire de répartition. Les stratégies générales (et approches connexes) destinées à l’atteinte de ce but sont les suivantes :

  1. Évaluer la situation de la population naturelle et en faire le suivi (approche : suivi).
  2. Évaluer l’aire de répartition de l’espèce et la dynamique de la population naturelle (approches : gestion et protection de l’habitat et restauration et réintroduction de l’espèce).
  3. Définir les menaces et les facteurs limitatifs, et atténuer ceux qu’il est possible de gérer (approches : recherche scientifique et conservation ex situ).
  4. Réduire, dans la mesure du possible, toute perte ou dégradation additionnelle de l’habitat par les activités humaines (approche : mise en application des lois et conformité)
  5. Mettre en œuvre un programme d’intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles (approche : éducation et intendance).

Le saule des landes possède une aire de répartition très limitée, et les activités humaines associées à l’extraction de gravier, à l’entretien des routes et à l’utilisation de véhicules hors route ont dégradé dans le passé et continuent de dégrader les landes calcaires qui constituent son habitat. Les activités destinées au rétablissement du saule des landes sont axées sur l’atténuation des menaces associées aux perturbations humaines et consistent en la mise en œuvre de mesures de protection permanentes qui favorisent le rétablissement du saule des landes et l’écosystème de landes calcaires unique qui héberge cette espèce et de nombreuses autres espèces rares (par exemple, le braya de Fernald).

Le présent plan d’action doit être considéré de concert avec le programme de rétablissement fédéral (Environment Canada, 2006). Le programme de rétablissement renferme des renseignements détaillés sur le saule des landes, l’orientation stratégique et les approches de rétablissement visant l’espèce, y compris de l’information sur l’approche à adopter pour la désignation de l’habitat essentiel et les menaces pesant sur l’espèce.

1.2 Mesures à prendre et calendrier de mise en œuvre

Tableau 1. Calendrier de mise en œuvre.
NoStratégie générale Approche Mesures de rétablissementPrioritéNote aMenaces ou objectifs abordés

 

Échéancier

1Évaluer la situation de la population naturelle et en faire le suivi.SuiviDéterminer l’abondance de la population, de façon à établir des objectifs appropriés en matière de population et de répartition une fois que la notion « d’individu » aura été définie de manière acceptable.ÉlevéeToutes les menacesD’ici 2018
2Évaluer la situation de la population naturelle et en faire le suivi.SuiviÉtablir des parcelles de suivi permanentes et faire le suivi de l’abondance de la population, des paramètres démographiques (longévité, productivité, etc.) et des organismes nuisibles et agents pathogènes qui pourraient menacer l’espèce, pour tous les individus marqués et les individus se trouvant à l’intérieur des parcelles permanentes.ÉlevéeToutes les menacesTous les 5 ans
3Évaluer la situation de la population naturelle et en faire le suivi.SuiviFaire un recensement complet pour déterminer les tendances des populations et les changements spatiaux.ÉlevéeToutes les menacesTous les 5 ans
4Évaluer la situation de la population naturelle et en faire le suivi.SuiviÉvaluer et faire le suivi de la menace possible associée au changement climatique au moyen du réseau existant d’appareils de surveillance climatique (stations météorologiques, enregistreurs de la température atmosphérique et de la température du sol, instruments de mesure du soulèvement mécanique), pour déterminer si le changement climatique cause des changements subséquents de l’abondance de la population, d’autres paramètres démographiques (par exemple, productivité), etc.  MoyenneDégradation et perte d’habitat; changement climatiqueTéléchargement des données des enregistreurs : une fois par année. Collecte d’autres données : au besoin
5Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatÉvaluer le niveau actuel de menace associé aux activités d’utilisation des terres dans l’habitat essentiel, pour chaque emplacement connu de saule des landes et dans toutes les régions où des activités de gestion ont été mises en œuvre dans le passé. Évaluer l’efficacité des activités de gestion actuelles.ÉlevéeToutes les menacesTous les 5 ans
6Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatPoursuivre la création d’une réserve écologique adjacente à la propriété fédérale au cap Norman.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatD’ici 2017
7Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatPoursuivre l’agrandissement vers le nord de la réserve écologique de la pointe Watts, pour qu’elle comprenne les populations de saule des landes.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatD’ici 2017
8Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatIndiquer de manière appropriée (par exemple, avec des pancartes, des bordures) les zones de l’habitat essentiel qui sont fortement utilisées, pour décourager les utilisateurs de véhicules hors route et les promeneurs.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatAu besoin
9Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatExaminer et valider les archives actuelles de données géoréférencées, et les mettre à jour au moyen des nouvelles données issues de relevés.  MoyenneDégradation et perte d’habitatD’ici 2018

 

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Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatIdentifier les groupes d’intérêt qui sont associés à l’utilisation de l’habitat essentiel (par exemple, utilisateurs de véhicules tout terrain et de motoneiges) et les consulter. Fournir à ces groupes des renseignements sur la conservation de l’habitat essentiel.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatD’ici 2020
11Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatÉlaborer des outils d’éducation qui décrivent comment réaliser des travaux dans les landes calcaires de manière à réduire au minimum la perturbation de l’habitat (y compris des cartes qui indiquent les zones d’habitat essentiel) et les distribuer aux fournisseurs de services et aux conducteurs d’équipement lourd.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatEn cours
12Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Gestion et protection de l'habitatÉlaborer et mettre en œuvre un plan d’atténuation de la circulation des véhicules hors route, pour éviter la perte d’habitat essentiel et les dommages causés à l’habitat essentiel.MoyenneDégradation et perte d’habitatEn cours jusqu’en 2020
13Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Restauration et réintroduction de l'espèceÉvaluer les dommages à l’intérieur de l’habitat essentiel, pour déterminer si une restauration est nécessaire.MoyenneDégradation et perte d’habitatD’ici 2020
14Évaluer l'aire de répartition de l'espèce et la dynamique de la population naturelle.Restauration et réintroduction de l'espèceSi une restauration est jugée nécessaire, déterminer et appliquer des méthodes appropriées pour réintroduire le saule des landes à partir de boutures et réaliser la réintroduction. La remise en état du substrat compacté peut favoriser la reprise des boutures racinées.MoyenneDégradation et perte d’habitatD’ici 2022
15Définir les menaces et les facteurs limitatifs, et atténuer ceux qu'il est possible de gérer.Recherche scientifiqueUtiliser des outils appropriés pour améliorer la définition de l’espèce, puis évaluer la variation génétique à l’intérieur des populations et entre les populations, déterminer si une hybridation a lieu et déterminer l’importance de la croissance clonale à l’intérieur de toutes les populations.ÉlevéeChangements dans la dynamique écologiqueD’ici 2020
16Définir les menaces et les facteurs limitatifs, et atténuer ceux qu'il est possible de gérer.Conservation ex situMaintenir la collection ex situ au jardin botanique de l’Université Memorial de Terre-Neuve; faire le suivi de la survie des individus et de la présence d’agents pathogènes et d’insectes nuisibles.ÉlevéeToutes les menacesTous les ans
17Définir les menaces et les facteurs limitatifs, et atténuer ceux qu'il est possible de gérer.Conservation ex situAméliorer la collection ex situ actuelle en établissant de nouvelles boutures des deux sexes et au moins dix individus de chaque population établie. Lorsque la diversité génétique naturelle des populations sauvages sera connue, modifier la représentativité de la collection par rapport à la population, au besoin.ÉlevéeToutes les menacesEn cours
18Réduire, dans la mesure du possible, toute perte ou dégradation additionnelle de l'habitat par les activités humaines.Mise en application des lois et conformitéOffrir aux responsables de la faune et aux autres autorités de la formation ou une mise à jour sur la réglementation et les questions touchant les espèces en péril et leur habitat essentiel.MoyenneDégradation et perte d’habitatAu besoin
19Réduire, dans la mesure du possible, toute perte ou dégradation additionnelle de l'habitat par les activités humaines.Mise en application des lois et conformitéFaire en sorte que les organismes ou institutions responsables des activités de rétablissement informent les agents de protection de la faune fédéraux et les agents de conservation provinciaux des activités planifiées à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel et qu’ils les invitent à prendre part au processus.MoyenneDégradation et perte d’habitatAu besoin
20Réduire, dans la mesure du possible, toute perte ou dégradation additionnelle de l'habitat par les activités humaines.Mise en application des lois et conformitéFavoriser la communication entre les gouvernements fédéral et provincial et les organismes municipaux qui ont des responsabilités en matière de gestion de l’utilisation des terres ou de délivrance de permis pour les populations de saule des landes et leur habitat essentiel.MoyenneDégradation et perte d’habitatEn cours
21Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceEn fonction des observations faites sur le terrain d’activités menaçant le saule des landes, déterminer les zones devant faire l’objet de mesures d’intendance et mettre en œuvre ces mesures.ÉlevéeDégradation et perte d’habitatEn cours
22Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceObtenir une participation à l’échelle locale aux activités de rétablissement, notamment l’établissement de nouvelles aires protégées ou les projets de restauration.MoyenneToutes les menacesEn cours
23Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceContinuer de conclure, de mettre à jour et d’évaluer des accords d’intendance avec les collectivités, les écoles et les organisations locales dans le cadre du Programme d’intendance des landes de calcaire.MoyenneDégradation et perte d’habitatAu besoin
24Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceFournir des renseignements sur les espèces en péril des landes calcaires et la conservation de leur habitat essentiel à des publics spécialisés et non spécialisés, au moyen des médias et des médias sociaux appropriés.MoyenneToutes les menacesEn cours
25Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceMettre à jour régulièrement le site Web sur les landes calcaires (en anglais seulement), de façon à ce que l’information y soit à jour.MoyenneToutes les menacesAu besoin
26Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceEncourager et soutenir le Groupe de travail communautaire des landes calcaires en incitant ses membres à participer aux réunions régulières de l’Équipe de rétablissement des espèces en péril des landes calcaires.MoyenneToutes les menacesTous les ans
27Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceRéaliser des sondages pour déterminer les changements concernant l’attitude et les connaissances du public et évaluer l’efficacité des mesures existantes d’intendance et d’éducation (par exemple, élaborer et mettre en œuvre une méthode d’évaluation de l’efficacité du programme éducatif sur les landes calcaires).MoyenneDégradation et perte d’habitatAu besoin
28Mettre en œuvre un programme d'intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.Éducation et intendanceInstaller des panneaux d’interprétation présentant des renseignements sur la biologie de l’espèce, la situation de la population et la conservation de l’habitat essentiel dans les sites clés hébergeant le saule des landes (c’est-à-dire dans les endroits où les panneaux auraient le plus de retombées sur la conservation du saule des landes, sans toutefois compromettre la persistance de l’espèce).MoyenneDégradation et perte d’habitatD’ici 2019

Notes - Tableau 1

Note a

« Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la mesure contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue au rétablissement de l’espèce. Les mesures à priorité élevée sont considérées comme étant celles les plus susceptibles d’avoir une influence immédiate et/ou directe sur l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce. Les mesures à priorité moyenne peuvent avoir une influence moins immédiate ou moins directe sur l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition, mais demeurent importantes pour le rétablissement de la population. Les mesures de rétablissement à faible priorité auront probablement une influence indirecte ou progressive sur l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition, mais sont considérées comme des contributions importantes à la base de connaissances et/ou à la participation du public et à l’acceptation de l’espèce par le public.

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1.3 Habitat essentiel

L’habitat essentiel du saule des landes a été partiellement désigné dans l’Addenda (section 1.2) du programme de rétablissement de l’espèce (Environment Canada, 2006). Le programme de rétablissement contient des renseignements détaillés sur la désignation de l’habitat essentiel ainsi qu’un calendrier des études nécessaires à la désignation complète de l’habitat essentiel (Environment Canada, 2006).

De l’habitat essentiel additionnel a été désigné dans le présent plan d’action pour le saule des landes, d’après la réalisation partielle des études énumérées dans le calendrier des études, au moyen de la même approche que celle décrite dans le programme de rétablissement. Deux des sites additionnels sont situés au nord-est de North Boat Harbour, et le troisième site se trouve au sud-ouest de North Boat Harbour, à Terre-Neuve (figure 1). Néanmoins, la désignation de l’habitat essentiel demeure partielle. L’habitat essentiel pourra être entièrement désigné une fois que les relevés des milieux à substrat potentiel dans l’aire de répartition du saule des landes seront terminés. 

1.3.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Emplacement géographique

L’habitat essentiel du saule des landes (tel que désigné dans le programme de rétablissement et le présent plan d’action) est situé dans l’écorégion du détroit de Belle-Isle, le long de la portion côtière nord de la péninsule Great Northern, à Terre-Neuve, entre Eddies Cove (51° 25′ N et 56° 26′ O), et Cook’s Harbour (51° 36′ N et 55° 53′ O). Voir la figure 1 pour de plus amples renseignements.

Caractéristiques biophysiques

La brève description de l’habitat essentiel qui suit est fournie dans le présent plan d’action aux fins de mise en contexte. L’habitat essentiel du saule des landes est décrit comme « tous les emplacements occupés de façon naturelle ». L’espèce pousse sur des landes de calcaire côtières exposées où la couverture végétale est clairsemée. Le terrain est habituellement sec, mais périodiquement humide. Le substrat est en général composé de limon et/ou de sable accumulés dans des dépressions et des trous entre rochers, ou encore de limon, de sable et de gravier découverts, quelquefois triés par le gel. L’espèce est présente sur une étroite bande côtière de landes de calcaire, surtout caractérisée par des conditions climatiques semblables à celles de l’Arctique, depuis Eddies Cove jusqu’au cap Norman, vers le nord (figure 1).

1.3.2 Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure de répondre aux besoins de l’espèce. La destruction peut découler d’une ou de plusieurs activités à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.

Les activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel n’ont pas été décrites dans le programme de rétablissement du saule des landes et sont donc présentées dans le présent plan d’action. Une liste non exhaustive d’exemples de ces activités est présentée ci­dessous.

  1. L’élimination de la végétation et/ou de la couche organique peut causer la destruction de l’habitat essentiel. Cela peut notamment se produire dans le cadre d’activités commerciales ou industrielles comme l’extraction de gravier calcaire, l’exploitation de carrières, le forage et la construction routière. Les activités locales comme l’aménagement de sentiers récréatifs pour l’écotourisme constituent un autre exemple. Ces activités, bien que peu fréquentes, peuvent causer une importante perte d’habitat.
  2. Le compactage et la détérioration du substrat (par exemple par fractionnement du calcaire) altèrent le fonctionnement normal des racines, le recrutement de semis et le régime hydrologique naturel. Parmi les activités susceptibles de compacter et d’endommager le substrat, on compte par exemple l’entretien des routes, des corridors et des lignes des services publics, l’utilisation récréative de véhicules hors route et l’installation de structures temporaires ou permanentes. Il est important de signaler que le passage d’un seul véhicule hors route (par exemple, véhicule tout terrain ou moto hors piste), particulièrement lorsque le substrat est humide, peut suffisamment compacter le substrat pour entraîner une perte temporaire des fonctions de l’habitat. Ces activités se produisent de manière récurrente.
  3. Toute activité réalisée dans l’habitat essentiel qui pourrait perturber ou modifier l’habitat par l’élimination de substrat ou de composantes de la communauté végétale peut réduire la qualité de l’habitat. Parmi ces activités, on compte par exemple l’étalement des filets de pêche et d’autre équipement de pêche, le prélèvement de roches ou de végétaux à des fins horticoles, la collecte de fossiles, la circulation en liberté d’animaux domestiques, les pique-niques et le camping, le dépôt de déchets et l’introduction de plantes ou d’animaux non indigènes des landes calcaires. Ces activités, bien que peu fréquentes, dégradent l’habitat.

Toutes ces activités peuvent avoir de graves répercussions sur l’habitat qui est essentiel à la persistance de l’espèce et peuvent causer la mort directe d’individus de l’espèce et un déclin de la population.

Figure 1. Habitat essentiel du saule des landes (Salix jejuna) à Terre-Neuve-et-Labrador. L’habitat essentiel se trouve dans les polygones rouges (unités désignées dans le programme de rétablissement) et jaunes (unités additionnelles désignées dans le présent plan d’action), là où les caractéristiques biophysiques de cet habitat sont présentes. Les carrés du quadrillage UTM de 10 km × 10 km (contours rouges) présentés dans la figure font partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique la zone géographique générale renfermant l’habitat essentiel.
Carte : Terre-Neuve-et-Labrador
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre les emplacements des habitats essentiels du saule des landes dans toute son aire de répartition, d'Eddies Cove à Cape Norman, sur la péninsule Great Northern de l'île de Terre-Neuve. Les emplacements sont répartis le long de la côte, et un certain nombre d'entre eux se concentrent autour de Cape Norman.

1.4 Mesures proposées pour protéger l'habitat essentiel

L’habitat essentiel du saule des landes se trouve sur le territoire domanial et le territoire non domanial, dans la partie nord-ouest de la péninsule Great Northern, sur l’île de Terre-Neuve (figure 1).

1.4.1 Mesures proposées pour protéger l'habitat essentiel sur le territoire domanial

La propriété fédérale du cap Norman (qui a une superficie d’environ 45 hectares, appartient à Pêches et Océans Canada et est gérée par ce ministère) est désignée comme habitat essentiel du saule des landes. Conformément à l’article 58(5) de la LEP, le ministre compétent est tenu de prendre un arrêté si l’habitat essentiel ou une partie de celui-ci ne sont pas protégés légalement par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime, dans les 180 jours suivant la mise dans le Registre public des espèces en péril de la version finale du programme de rétablissement ayant défini l’habitat essentiel. Si le ministre compétent ne prend pas d’arrêté, il est tenu de mettre dans le registre une déclaration énonçant comment l’habitat essentiel ou la partie de celui-ci sont protégés légalement. Environnement Canada élabore actuellement, conjointement avec Pêches et Océans Canada, un arrêté destiné à protéger l’habitat essentiel de l’espèce sur le territoire domanial au cap Norman, conformément aux articles 58(4) et (5) de la LEP.

1.4.2 Mesures proposées pour protéger l'habitat essentiel sur le territoire non domanial

En ce qui a trait aux parties de l’habitat essentiel qui se trouvent sur le territoire non domanial, Environnement Canada évaluera la protection déjà en place. Pour ce faire, il devra d’abord déterminer, en collaboration avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, les lois et instruments juridiques qui sont en place pour éviter la destruction de l’habitat essentiel. Si la protection de l’habitat essentiel comporte des lacunes, Environnement Canada examinera les dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale ou les mesures prises sous leur régime et déterminera si celles-ci permettent d’empêcher la destruction de l’habitat essentiel. L’efficacité des lois et ententes juridiques en place pour protéger l’habitat essentiel sera évaluée au moins tous les cinq ans. En outre, les mesures de conservation, y compris les initiatives d’intendance, qui contribuent à empêcher la destruction de l’habitat essentiel seront examinées et feront l’objet d’un suivi.

Dans le cas où il serait déterminé que des parties de l’habitat essentiel ne sont pas protégées, un rapport sur les mesures prises, le cas échéant, pour protéger ces parties de l’habitat essentiel sera ajouté dans le Registre public des espèces en péril, conformément à l’article 63 de la LEP.

2. Évaluation des répercussions socioéconomiques et des avantages

La Loi sur les espèces en péril requiert qu’un plan d’action comporte une évaluation des répercussions socioéconomiques de la mise en œuvre du plan d’action et des avantages en découlant (LEP 49(1)e), 2003). Cette évaluation aborde seulement les répercussions socioéconomiques supplémentaires de la mise en œuvre du présent plan d’action dans une perspective nationale ainsi que les avantages sociaux et environnementaux qui se présenteraient si le plan d’action était mis en œuvre intégralement, reconnaissant que les aspects de sa mise en œuvre ne relèvent pas tous de la responsabilité du gouvernement fédéral. L’évaluation n’aborde pas les répercussions cumulatives du rétablissement de l’espèce en général ni ne tente de réaliser une analyse coûts-avantages. Elle a pour but d’informer le public et d’éclairer la prise de décisions relatives à la mise en œuvre du plan d’action par les partenaires.

La protection et le rétablissement des espèces en péril peuvent entraîner des avantages et des répercussions. La Loi reconnaît « que les espèces sauvages, sous toutes leurs formes, ont leur valeur intrinsèque et sont appréciées des Canadiens pour des raisons esthétiques, culturelles, spirituelles, récréatives, éducatives, historiques, économiques, médicales, écologiques et scientifiques » (LEP, 2002). Les écosystèmes sains et autosuffisants, dont les divers éléments sont en place, y compris les espèces en péril, apportent une contribution positive aux moyens de subsistance et à la qualité de vie de l’ensemble de la population canadienne. Un examen de la littérature confirme que la population canadienne tient à la préservation et à la conservation des espèces en soi. Les mesures prises pour préserver une espèce, comme la protection et la remise en état de l’habitat, sont aussi importantes. En outre, plus une mesure contribue au rétablissement d’une espèce, plus le public accorde une valeur élevée à de telles mesures (Loomis et White, 1996; DFO, 2008). De plus, la conservation des espèces en péril est un élément important de l’engagement du gouvernement du Canada à conserver la diversité biologique en vertu de la Convention internationale sur la diversité biologique. Le gouvernement du Canada s’est également engagé à protéger et à rétablir les espèces en péril par l’intermédiaire de l’Accord pour la protection des espèces en péril. Les répercussions et les avantages précis associés au présent plan d’action sont décrits ci-dessous.

L’évaluation socioéconomique visant le saule des landes a été réalisée conjointement à celles visant le braya de Long et le braya de Fernald, car les aires de répartition et l’habitat des trois espèces sont comparables. La conservation des landes calcaires constitue un enjeu important à Terre-Neuve, et de multiples organisations ont entrepris des initiatives d’intendance pour encourager et promouvoir ces efforts.

2.1 Base de référence de la politique

La Province de Terre-Neuve-et-Labrador dispose de nombreux outils juridiques et réglementaires et outils de gestion pour la conservation et l’intendance du saule des landes (par exemple, Endangered Species Act et Wilderness and Ecological Reserves Act de Terre-Neuve-et-Labrador, désignation de « zones d’espèces sauvages sensibles » [Sensitive Wildlife Areas]).    

Le Programme d’intendance des landes de calcaire est en cours dans la région depuis de nombreuses années et vise à favoriser la conservation à long terme des plantes rares de ce milieu.

En outre, de nombreuses mesures de rétablissement peuvent être réalisées dans le cadre de programmes de financement fédéraux visant les espèces en péril et grâce aux contributions de biologistes spécialisés en rétablissement et aux travaux réalisés par les universités.

2.2 Profil et base de référence socioéconomiques

Peu de collectivités sont touchées par la protection de l’espèce et de son habitat essentiel; environ 300 personnes vivent dans les environs immédiats. Les principales industries de la région sont liées aux pêches et à l’extraction de ressources naturelles. Bien qu’il n’y ait aucun groupe autochtone établi dans la région, la Première Nation Qalipu a indiqué qu’elle faisait un usage traditionnel de certaines ressources de la péninsule Great Northern, mais à plus de 100 km de l’habitat essentiel du saule des landes (AMEC, 2002).

2.3 Répercussions socioéconomiques de la mise en œuvre du présent plan d'action

Les coûts directs sont ceux qui résultent de la mise en œuvre des approches énumérées dans le calendrier de mise en œuvre (tableau 1). On ne tient compte que des coûts supplémentaires, et les coûts ne comprennent donc pas les mesures en cours et les initiatives présentées à la section 2.1 (Base de référence de la politique). Certaines des approches énumérées dans le calendrier de mise en œuvre s’appliquent également au rétablissement du braya de Fernald et du braya de Long, car ces espèces sont cooccurrentes dans un certain nombre de sites désignés comme habitats essentiels. Ainsi, le plan d’action pour le saule des landes et le plan d’action pour le braya de Long et le braya de Fernald (Environment Canada, 2015) ont été élaborés conjointement. Pour s’assurer que tous les coûts directs sont pris en compte, les coûts partagés ont été calculés dans le cas des deux plans. Les coûts directs prévus pour la mise en œuvre des mesures de rétablissement pour les trois espèces devraient être faibles (0 à 5 millions de dollars) à court terme (2016-2021) et à long terme. Ces coûts prévus comprennent les salaires, les périodes de bénévolat, les déplacements, l’équipement et d’autres coûts connexes.

Les coûts indirects sont ceux qui sont associés à la mise en œuvre du plan d’action et peuvent avoir des répercussions sur divers intervenants. Les répercussions sur les intervenants comprennent le report ou la modification des activités actuelles et futures. Les coûts indirects anticipés associés à la mise en œuvre du présent plan d’action sont considérés comme faibles.

Les dommages causés par l’utilisation de véhicules hors route (VHR)Note 1 constituent une menace dans l’ensemble des landes calcaires. Actuellement, l’utilisation de VHR est interdite dans la réserve écologique de la pointe Watts (Parks and Natural Areas Division, 1990), et une interdiction comparable des véhicules motorisés devrait être établie dans la zone visée par l’agrandissement de la réserve. En outre, l’habitat essentiel situé sur une propriété fédérale de la région du cap Norman sera protégé de la destruction par des VHR grâce à des mesures prises sous le régime de la LEP. Toutefois, les répercussions prévues pour les utilisateurs de VHR devraient être faibles, étant donné que la zone touchée est relativement petite.

Les exploitants de carrières pourraient devoir consacrer du temps additionnel au processus de demande provincial et devoir chercher de nouveaux sites à l’extérieur de l’habitat essentiel pour les projets de carrières. 

2.4 Avantages de la mise en œuvre du présent plan d'action

2.4.1 Valeur de la biodiversité pour les Canadiens

La biodiversité est essentielle au maintien d’écosystèmes sains ainsi qu’à la santé, à la prospérité, à la sécurité et au bien-être des humains. Les Canadiens tirent de nombreux avantages de la biodiversité, notamment sur les plans récréatif, esthétique, éducatif et culturel, ainsi que des biens et services écologiques essentiels à la survie humaine. La préservation de l’environnement fait constamment partie des priorités des Canadiens dans les sondages d’opinion publiqueNote 2. Dans un récent sondage, les trois quarts des répondants canadiens ont affirmé que la préservation des aires naturelles et de la diversité des plantes et animaux indigènes au Canada était importante pour euxNote 3.

La valeur totale des espèces en voie de disparition est composée des valeurs d’utilisation non destructrice (p. ex. à des fins récréatives, spirituelles/culturelles, scientifiques et éducatives), des valeurs d’utilisation indirecte (valeur du rôle écologique d’une espèce dans un écosystème) et des valeurs de non-usage (la préservation des avantages de la nature pour les générations futures)Note 4. L’atteinte de l’objectif du présent plan d’action aura un effet positif sur la société. La valeur directe du rétablissement du saule des landes sur le plan de la conservation ou de l’amélioration de la biodiversité est cependant difficile à estimer.

2.4.2 Écotourisme et valeurs culturelles

L’écotourisme est le secteur de l’industrie du tourisme qui connaît la croissance la plus rapide (Mastny, 2001). En 2004, la croissance de ce marché a été trois fois plus rapide que celle de l’industrie dans son ensemble, et l’Organisation mondiale du tourisme estime que les dépenses mondiales en écotourisme augmentent chaque année de 20 %, soit environ six fois le taux de croissance de l’ensemble de l’industrie (TEEB, 2008).

Les collectivités situées à proximité de l’habitat essentiel du saule des landes tentent d’exploiter le caractère unique de cet habitat local afin de favoriser la croissance économique. Le nord de Terre-Neuve compte de petites collectivités côtières ayant un historique récent de chômage et de fermeture d’industries. L’expansion de la réserve écologique de la pointe Watts, l’octroi potentiel du statut d’aire écologique à une zone près du cap Norman et la protection des espèces végétales des landes calcaires pourraient favoriser le tourisme dans les collectivités locales.

L’atteinte des objectifs de rétablissement du présent plan d’action pourrait entraîner une augmentation des activités écotouristiques ainsi que des retombées avantageuses pour les entreprises locales et l’amélioration de la valeur culturelle des collectivités locales.

2.4.3 Conservation d'autres espèces

Parmi les quelque 300 plantes vasculaires rares présentes sur l’île de Terre-Neuve, environ 33 % poussent dans les écorégions contenant des landes calcaires, et 30 espèces sont endémiques des landes calcaires, c’est-à-dire qu’on les retrouve uniquement dans ce type de milieu. Le saule des landes, le braya de Long et le braya de Fernald sont endémiques des landes calcaires. Les approches de rétablissement présentées dans le présent plan d’action sont axées sur des mesures de conservation permanentes, dont l’expansion de réserves écologiques, l’amélioration de la communication entre les organismes provinciaux et l’accroissement de la sensibilisation du public, de sorte qu’on s’attend à ce que le plan ait un effet bénéfique sur la communauté écologique dans son ensemble et sur d’autres espèces en péril. 

2.5 Effets distributifs

Le saule des landes pousse sur des propriétés provinciales, fédérales et privées, mais on ne s’attend pas à ce que les propriétaires privés assument les responsabilités liées au rétablissement de l’espèce. Il existe des organisations non gouvernementales actives dans la région hébergeant l’espèce à Terre-Neuve-et-Labrador, et une des approches du présent plan d’action consiste à favoriser la collaboration entre les propriétaires fonciers et les autres parties concernées, en vue du maintien de l’habitat essentiel.

3. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés dans le programme de rétablissement associé proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte du but du rétablissement.

Un rapport sur la mise en œuvre du plan d’action (en vertu de l’article 55 de la LEP) sera produit par l’évaluation des progrès en vue de la mise en œuvre de stratégies générales.

Un rapport sur les répercussions écologiques et socioéconomiques du plan d’action (en vertu de l’article 55 de la LEP) sera produit par l’évaluation des résultats de suivi du rétablissement de l’espèce et de sa viabilité à long terme et par l’évaluation de la mise en œuvre du plan d’action.

4. Références

Annexe A. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement et d'évaluer si les résultats d’un document de planification de rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre de plans d’action peut, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le plan d’action lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci­dessous.

Globalement, le rétablissement du saule des landes sera bénéfique pour la société dans son ensemble à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce, à Terre-Neuve-et-Labrador, mais il est difficile d’évaluer et de quantifier la nature et la portée de ces bénéfices. Une grande partie de l’analyse entourant le rétablissement et les répercussions socioéconomiques du saule des landes a été réalisée en tenant compte du rétablissement d’autres espèces des landes calcaires, principalement le braya de Long et le braya de Fernald, également désignés aux termes de la LEP. Le fait d’inscrire le rétablissement de ces espèces dans le contexte de l’ensemble de l’habitat de landes calcaires permet un rétablissement plus global de l’habitat et montre au public que le rétablissement est réalisé à l’échelle du paysage. La section 2 du présent plan d’action renferme une analyse plus détaillée des avantages d’une approche de rétablissement à l’échelle du paysage ou plurispécifique.


Notes

Note 1

Les VHR comprennent les VTT, les motos hors route, les autodunes, les véhicules à quatre roues motrices (jeeps), etc.

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Note 2

4e Rapport national du Canada à la Convention sur la diversité biologique, 2010 [PDF; 2,73 Mo]. (Consulté le 3 décembre 2010).

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Note 3

Sondage Ipsos-Reid (en anglais seulment) du 7 janvier 2011 : Nine in Ten (87%) Canadians Say That When Connected to Nature They Fell Happier (neuf personnes sur dix s’estiment plus heureuses lorsqu’en lien avec la nature).

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Note 4

Les valeurs de non-usage comprennent la valeur de legs (la satisfaction de savoir que les générations futures auront accès aux avantages de la nature), la valeur d’altruisme (la satisfaction de savoir que d’autres personnes ont accès aux avantages de la nature) et la valeur d’existence (la satisfaction de savoir qu’une espèce ou qu’un écosystème existe).

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