Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Lupin élégant Lupinus lepidus au Canada - 2010

Table des matières

Lupin élégant Lupinus lepidus

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes


Lupin élégant Lupinus lepidus

Photographie du lupin élégant (Lupinus lepidus) au mont Braden, en Colombie-Britannique.

En voie de disparition 2009

COSEPAC -- Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lupin élégant Lupinus lepidus au Canada -- Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 37 p.

Rapports précédents :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lupin élégant Lupinus lepidus var. lepidus au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 20 p.

Ryan, M., et G.W. Douglas. 1996. Rapport de situation du COSEPAC sur le lupin élégant Lupinus lepidus var. lepidus au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-20.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Carrina Maslovat pour la rédaction du rapport de situation mis à jour sur le lupin élégant Lupinus lepidus au Canada, dans le cadre d’un contrat avec Environnement Canada. La supervision et la révision du travail ont été assurées par Erich Haber, co-président du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Prairie Lupine Lupinus lepidus in Canada.

Photo de la couverture : Lupin élégant – Photo utilisée avec permission de H. Roemer.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2009.
No de catalogue CW69-14/43-2009F-PDF
ISBN 978-1-100-91941-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2009

Nom commun : Lupin élégant
Nom scientifique : Lupinus lepidus
Statut : En voie de disparition
Justification de la désignation : Cette espèce vivace n’est présente qu’à deux ou possiblement trois sites restants dans le sud-est de l’île de Vancouver. Sa petite population totale a diminué au cours des dernières décennies et compte moins de 250 individus matures en 2009. La propagation de plantes envahissantes continue de dégrader l’habitat dans les sites existants et les sites environnants, qui pourraient soutenir l’établissement et la survie de l’espèce.
Répartition : Colombie-Britannique
Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en avril 2009. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Lupin élégant - Lupinus lepidus

Information sur l’espèce

Le lupin élégant (Lupinus lepidus) est une plante herbacée vivace atteignant une hauteur de 20 à 45 cm. Les feuilles sont composées-palmées, divisées en folioles rayonnant à partir d’un point central; la plupart des feuilles sont basilaires, mais quelques-unes sont alternes le long de la tige. Les feuilles et les tiges sont couvertes de poils soyeux qui confèrent à la plante un aspect caractéristique. Les fleurs sont blanches à bleues ou violettes, ressemblent à des fleurs de pois et sont réunies en grappe terminale compacte. Les gousses sont également pubescentes et renferment 2 à 4 graines, qui sont brunes. La plupart des taxinomistes ne reconnaissent qu’une variété de lupin élégant au Canada.

Répartition

Au Canada, l’espèce n’est présente que dans le sud-est de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Historiquement, elle se rencontrait depuis juste au nord de Duncan jusqu’à Oak Bay, vers le sud, et jusqu’à Langford, vers l’ouest. Il n’existe probablement plus que deux populations canadiennes de l’espèce, à Langford et à Metchosin. L’aire de répartition mondiale de l’espèce est difficile à préciser, en raison d’une confusion taxinomique, particulièrement avec le lupin minuscule (Lupinus minimus). Le lupin élégant, tel que défini aux fins du présent rapport de situation, se rencontre depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’aux États de Washington et de l’Oregon, à l’ouest de la chaîne des Cascades.

La zone d’occurrence des populations actuelles est de 4 km², ou de 5,5 km² si la population du mont Wells est incluse. Selon un maillage de 2 × 2 km, l’indice de la zone d’occupation (IZO) est de 12 km² pour les deux populations actuelles; selon un maillage de 1 × 1 km, il est de 4 km². La superficie d’habitat réellement occupée par le lupin élégant est d’environ 900 .

Habitat

Le lupin élégant pousse sur des affleurements rocheux secs de la zone biogéoclimatique côtière à douglas. L’habitat de l’espèce est sec, entièrement exposé, à sol pauvre et bien drainé. Les deux populations encore existantes se trouvent au sommet ou à proximité du sommet de collines exposées au vent, où elles occupent des terrains peu inclinés ou des corniches situées en terrain escarpé. Très peu d’espèces envahissantes sont présentes.

Biologie

Le lupin élégant est une plante vivace qui fleurit dès la deuxième année. Les fleurs sont déjà formées à la mi-juin. Les graines se forment en juillet; après leur dispersion, elles peuvent persister dans le réservoir de semences du sol. Le scarifiage (qui consiste à briser mécaniquement le tégument séminal pour permettre la pénétration de l’eau et des gaz) favorise la germination.

Le lupin élégant semble avoir une courte durée de vie, son âge maximal étant d’environ 5 ans. Le rôle de l’interaction entre compétition et perturbations périodiques pour le maintien des populations n’est pas encore entièrement compris. La durée d’une génération est probablement de 2 ou 3 années.

Taille et tendances des populations

Au Canada, l’espèce comptait historiquement neuf populations connues, mais l’existence de seulement deux populations peut être confirmée actuellement. Un réservoir de semences pourrait exister dans un troisième site, où la population n’a pas été observée depuis 2003. Au cours des relevés de 2007, aucun individu mature n’a été observé dans les sites actuels, mais plus de 2 200 semis étaient présents. En 2008 et au début de 2009, un certain nombre d’individus matures ont été signalés dans le secteur des monts MacDonald et Braden.

Facteurs limitatifs et menaces

La destruction de l’habitat pour le développement résidentiel et commercial a éliminé les populations historiques du lupin élégant. La dégradation de l’habitat par les graminées et arbustes exotiques envahissants constitue une menace persistante pour l’espèce. Le lupin élégant semble très sensible à la compétition et a besoin d’un habitat très intact comportant peu d’espèces envahissantes ou soumis à une perturbation constante éliminant la végétation concurrente. La lutte contre les incendies peut avoir accru la compétition exercée par les arbustes sur les populations historiques, mais les incendies menacent gravement les populations actuelles, car ils risquent de favoriser l’occupation de l’habitat par des espèces envahissantes opportunistes. Le piétinement menace également le lupin élégant en perturbant le sol, ce qui favorise son occupation par les espèces exotiques.

Importance de l’espèce

Les populations canadiennes du lupin élégant sont isolées par rapport aux autres populations de l’espèce, situées aux États-Unis, et pourraient être génétiquement distinctes. Par ailleurs, il est possible que le lupin élégant soit une plante hôte de diverses espèces de papillons, dont certaines sont en voie de disparition ou disparues du Canada, comme le bleu insulaire (Plebejus saepiolus insulanus). On ne signale aucune utilisation du lupin élégant par les Autochtones.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, le lupin élégant est inscrit à la liste des espèces en voie de disparition (COSEPAC, mai 2000) de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Il ne jouit d’aucune protection qui soit conférée par la législation provinciale ou par des plans d’aménagement visant les sites où il est présent.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifiqueLupinus lepidus Dougl. ex Lindl.
Synonymes : divers (voir ci-dessous)
Nom français : lupin élégant
Noms anglais : Prairie Lupine, Pacific Lupine, Elegant Lupine
Famille : Fabacées (Légumineuses)
Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Dans leur exposé sur les lupins (genre Lupinus) du nord-ouest des États-Unis, Hitchcock et Cronquist (1961) estimaient que ce genre était sans doute dans un état plus chaotique que tout autre genre se rencontrant dans la région qu’ils avaient étudiée. La classification du genre est difficile, parce que les espèces sont plastiques sur le plan morphologique, que nombre d’entre elles peuvent s’hybrider et que les fleurs et gousses d’espèces distinctes peuvent être morphologiquement similaires (Hitchcocket Cronquist, 1961; Barneby, 1989). La capacité d’hybridation du lupin élégant (Lupinus lepidus) avec d’autres espèces du nord-ouest des Etats-Unis n’est pas connue.

La taxinomie du Lupinus lepidus est empreinte de la confusion qui règne pour l’ensemble du genre Lupinus. Selon Hitchcock et Cronquist (1961), le complexe du L. lepidus forme une entité distincte, mais la variation existant au sein du groupe a abouti à la description d’un grand nombre de sous-espèces et variétés, dont certaines sont considérées comme des espèces distinctes par d’autres auteurs. Selon Phillips (1955), la nomenclature est encore plus confuse, et le nombre de synonymes encore plus élevé, chez le L. lepidus que chez toute autre espèce de Lupinus. Les travaux de Detling (1951), Phillips (1955) ainsi que Dunn et Gillett (1966) ont amélioré la nomenclature et la délimitation des espèces du genre Lupinus, mais de nombreux problèmes demeurent sans réponse.

Le spécimen type du Lupinus lepidus a été récolté par David Douglas en 1826 « entre Fort Vancouver et les Grandes Chutes du Columbia ». Par la suite, Hitchcock et Cronquist (1961) ont reconnu cinq variétés de L. lepidus se distinguant sur le plan géographique ou écologique, dont deux, les variétés lepidus et lobbii (Gray) C.L. Hitchc., sont signalées en Colombie-Britannique. La deuxième de ces variétés est considérée comme une espèce distincte, le lupin de Lyall (L. lyallii A. Gray), dans les flores les plus récentes du Canada et de la Colombie-Britannique, dont celles de Dunn et Gillett (1966), Taylor (1974), Scoggan (1978-1979) et Douglas (1990). Cette espèce pousse dans les sols bien drainés des régions alpines et subalpines (Douglas, 1990; Douglas et Bliss, 1977), alors que le lupin élégant se rencontre dans les clairières graveleuses sèches et sur les affleurements rocheux des plaines côtières (Douglas, 1990). Kartesz a placé le Lupinus lepidus var. lepidus en synonymie du Lupinus lepidus (NatureServe, 2007). Par conséquent, aucune entité infraspécifique n’est reconnue au Canada pour cette espèce.

Certains auteurs placent le lupin minuscule (Lupinus minimus Dougl.) en synonymie du L. lepidus (Hitchcock et Cronquist, 1961; Kuijt, 1982; Packer, 1983; Douglas, 1990), tandis que d’autres chercheurs le considèrent comme une espèce distincte (Cox, 1973a, b; Dunn et Gillett, 1966; Scoggan, 1978-1979; Taylor, 1974; Ryan et Douglas, 1996; Kartesz, 1999; Gould, comm. pers., 2004; Sholars, comm. pers., 2007). Le lupin minuscule a été signalé dans le bassin du fleuve Columbia, dans le sud de la Colombie-Britannique (Argus et White, 1978; Dunn et Gillett, 1966; Taylor, 1974), dans le secteur de Crowsnest, en Alberta (Dunn et Gillett, 1966) ainsi qu’à l’intérieur et à proximité du parc national du Canada des Lacs-Waterton (Argus et White, 1978; Kuijt, 1982). Selon la base de données du Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007), le lupin minuscule n’est pas présent dans cette province. Il a été signalé dans six emplacements situés près de la frontière sud de l’Alberta (Packer, 1983). Les spécimens de l’Alberta seront examinés de manière plus approfondie après que le traitement des lupins vivaces aura été complété pour Flora of North America (Gould, comm. pers., 2007). Aux fins du présent rapport de situation, le lupin minuscule est considéré comme un taxon distinct.

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Description morphologique

Le lupin élégant est une plante herbacée vivace (figures 1 et figure 22) atteignant une hauteur de 20 à 45 cm et formant une touffe à partir d’un caudex (souche ligneuse). Les tiges sont minces (2 à 5 mm de diamètre) et couvertes de poils soyeux. Les feuilles sont également couvertes de poils soyeux; la plupart prennent naissance à la base de la plante, mais quelques-unes (1 à 4) sont alternes le long de la tige. Les feuilles sont composées-palmées, étant divisées en 5 à 9 folioles rayonnant à partir d’un point central; les folioles sont oblancéolées, et le pétiole mesure 2 à 5 fois leur longueur. Les fleurs ressemblent à des fleurs de pois et sont réunies en grappe terminale compacte; elles peuvent être bleues, blanches ou violettes. Le pédoncule est long de 9 à 10 cm, les pédicelles sont longs de 2 cm, et les pétales sont longs de 8 à 13 mm. L’étendard (pétale supérieur, le plus grand) est circulaire à ové, glabre, replié vers l’arrière à mi-longueur. La lèvre supérieure du calice est couverte de poils soyeux et est bifide sur au moins la moitié de sa longueur; les deux lèvres mesurent 6 à 7 mm de long. La carène (ensemble des deux pétales inférieurs) est frangée de longs poils. Les ailes (pétales latéraux) sont glabres. La gousse est pubescente, longue de 1 à 3 cm, et renferme 2 à 4 graines brunes (Hitchcock et Cronquist, 1961; Douglas, 1990).

Figure 1. Le lupin élégant au mont Braden, en 1996. Photo reproduite avec la permission de H. Roemer.

Photographie du lupin élégant (Lupinus lepidus) au mont Braden, en Colombie-Britannique.


Figure 2. Plante entière de lupin élégant. Dessin de J.R. Janish. Reproduction autorisée par la University of Washington Press.

Photographie du lupin élégant (Lupinus lepidus) au mont Braden, en Colombie-Britannique.

Les caractères permettant de distinguer l’espèce sont ses tiges et feuilles densément pubescentes et sa souche ligneuse (Douglas, 1990; Ryan et Douglas, 1996). En Colombie-Britannique, il existe cinq espèces de Lupinus vivaces de petite taille (moins de 50 cm de hauteur) à fleurs bleues et à feuilles recouvertes d’une dense pubescence blanchâtre. Cependant, dans la province, le lupin élégant ne se rencontre que dans les plaines côtières du sud-est de l’île de Vancouver, où son aire de répartition ne chevauche celle d’aucune autre espèce de petit lupin vivace : le lupin de Lyall est une plante alpine ou subalpine du sud de la chaîne Côtière et des Cascades, le lupin de Kusche (Lupinus kuschei Eastw.) est une espèce montagnarde du nord de la province, tandis que le lupin de Wyeth (L. wyethii S. Wats.) pousse dans les zones montagnardes ou de steppe du sud de la province situées à l’est de la chaîne Côtière et des Cascades (Ryan et Douglas, 1996). Par rapport au lupin minuscule, le lupin élégant se distingue à ses bractées florales, qui sont persistantes alors que celles du lupin minuscule tombent au moment de la floraison (Sholars, comm. pers., 2007).

Deux espèces annuelles pubescentes, le lupin densiflore (L. densiflorus var. densiflorus) et le lupin bicolore (L. bicolor ssp. bicolor) se rencontrent dans l’aire de répartition du lupin élégant, mais elles ne possèdent pas la souche ligneuse caractéristique de cette espèce.

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Description génétique

Aucune étude génétique n’a été publiée sur le lupin élégant. Des facteurs géographiques font obstacle à tout flux génétique, puisque les populations canadiennes sont isolées par rapport à celles se trouvant aux États-Unis.

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Unités désignables

Une seule unité désignable est reconnue au Canada, puisque l’espèce y a une répartition restreinte, entièrement située dans une seule des aires écologiques nationales du COSEPAC, celle du Pacifique.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Selon Dunn et Gillett (1966) ainsi que Hitchcock et Cronquist (1961), l’aire de répartition du lupin élégant, défini selon le spécimen type de l’espèce Lupinus lepidus, s’étend du sud-ouest de la Colombie-Britannique au nord-ouest de l’Oregon, à l’ouest de la chaîne des Cascades. C’est cette définition du taxon qui a été adoptée pour le présent rapport de situation (figure 3).

Figure 3. Aire de répartition mondiale du lupin élégant.

Carte montrant l’aire de répartition mondiale du lupin élégant.

Dans les États de Washington et de l’Oregon, la répartition de l’espèce est difficile à établir, en raison de la confusion taxinomique l’entourant. En Oregon, le lupin minuscule a été placé en synonymie du lupin élégant (Douglas, 1990; Liston, comm. pers., 2004). Dans l’État de Washington, la répartition de l’espèce n’est pas répertoriée. On sait cependant que le lupin élégant est relativement commun dans les prairies du sud de la région du Puget Sound (comtés de Thurston et de Pierce). Ces prairies sont déjà très fragmentées et menacées, mais, à l’intérieur de ces prairies, le lupin élégant est commun et même caractéristique d’une association végétale dominée par la fétuque de Roemer (Festuca idahoensis var. roemerii) et l’aster rigide (Sericocarpus rigidus) (Chappell, comm. pers., 2004).

Les mentions du Lupinus lepidus provenant d’autres États de l’ouest des États-Unis (voir par exemple Davis, 1952; Booth et Wright, 1966; Welsh et al., 1987; et Sholars, 1993) sont fondées sur les nombreuses variantes décrites par plusieurs taxinomistes (voir Smith, 1944; Hitchcock et Cronquist, 1961; ainsi que Sholars, 1993). Hultén (1968) a signalé la présence du lupin élégant en Alaska, près de Hyder, dans le prolongement sud-est de cet État, en se fondant sur un seul spécimen d’herbier, mais certains auteurs ont mis en doute l’identification de ce spécimen (Ryan et Douglas, 1996; Sholars, comm. pers., 2007). Le lupin élégant a déjà été signalé en Idaho (NatureServe, 2007; Mancuso, comm. pers., 2004), mais cette mention ne peut être confirmée, car il se peut qu’elle soit attribuable à l’inclusion du lupin élégant avec le lupin minuscule.

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, le lupin élégant a été observé dans 9 emplacements de Colombie-Britannique (figure 4), situés à l’intérieur du triangle formé par le lac Somenos, juste au nord de Duncan, la pointe Cattle, à Victoria, au sud, et le mont Braden, à Langford, à l’ouest (Brayshaw, 1991; Ryan et Douglas, 1996; Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007; Roemer, 2007). Les trois spécimens déposés à l’herbier du Musée canadien de la nature, qui auraient été récoltés à une altitude élevée (1 675 à 1 825 mètres) dans la vallée de la Chilliwack, sont sans doute mal identifiés. Les mentions du Lupinus lepidus pour l’Alberta (Kuijt, 1982; Packer, 1983) sont probablement fondées sur des spécimens de lupin minuscule. Moins de 1 % de la population mondiale du lupin élégant se trouve au Canada.

Figure 4. Occurrences du lupin élégant au Canada.

Carte montrant les occurrences du lupin élégant au Canada.

Sept populations canadiennes du lupin élégant semblent être disparues. Trois de ces populations historiques ne sont connues que par des spécimens d’herbier dont l’étiquette ne permet pas de situer avec précision le lieu de récolte (plaines de Langford, district d’Oak Bay ou pointe Cattle1, vallée de la Koksilah). La population de la colline Observatory a été signalée en 1960, mais n’a pas été observée par la suite. Les populations du parc Beacon Hill et du lac Somenos ont été détruites en 1994 par des travaux de construction. La population du mont Wells a été observée pour la première fois en 2001 et occupait peut-être 75 d’habitat. Elle a été observée pour la dernière fois en 2003 et pourrait toujours exister à l’état de réservoir de semences. Une des deux populations toujours existantes est située aux monts Braden et MacDonald2, à Langford; elle a été signalée pour la première fois par Newcombe en 1915 et n’a pas été observée par la suite jusqu’en 1996. Elle comprend actuellement 15 groupes, répartis entre 5 sous-populations de semis dispersées, occupant en tout quelque 720 m2 d’habitat (Roemer, 2007). L’autre population actuelle a été découverte en 2007 dans un seul site du mont Helmcken, où elle occupe une superficie d’environ 120 (Roemer, comm. pers., 2007).

L’emplacement de la population du mont Wells se trouve à une distance d’à peine plus de 1 km de celle des monts Braden et MacDonald et à 3,5 km de celle du mont Helmcken. La population du mont Helmcken est située à environ 3,5 à 4 km de celle des monts Braden et MacDonald.

L’indice de la zone d’occupation (IZO) est de 12 km² selon un maillage de 2 × 2 km, ou de 4 km² selon un maillage de 1 × 1 km, pour les deux populations toujours existantes seulement. Si la population du mont Wells, qui pourrait persister à l’état de réservoir de semences, est incluse, l’IZO est de 16 km² selon un maillage de 2 × 2 km, ou de 5 km² selon un maillage de 1 × 1 km. Cependant, selon les observations faites sur le terrain, la superficie d’habitat réellement occupée par le lupin élégant serait d’environ 900 . La zone d’occurrence fondée sur le polygone convexe minimal formé par les sites des populations actuelles est de seulement 4 km², ou de 5,5 km² si la population du mont Wells est incluse. La perte de deux populations (celles du parc Beacon Hill et du lac Somenos) survenue aux alentours de 1993 ou 1994 constitue une diminution de la zone d’occupation.

1 Il n’est pas possible de dire avec certitude si la récolte faite par Newcombe dans le district d’Oak Bay provient de la même population que Brayshaw (1991) situe à la pointe Cattle. Fairbarns (2004) a réalisé un inventaire des plantes rares de la pointe Cattle, mais n’y a pas trouvé le lupin élégant.

2 On ne sait pas si la population trouvée au cours des 10 dernières années était située au même emplacement que celle découverte par Newcombe en 1915.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, le lupin élégant ne se rencontre que dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas (Pseudotsuga menziesii). Comme l’espèce n’a été répertoriée que dans quelques sites au Canada, il est difficile de décrire son habitat de manière précise (Ryan et Douglas, 1996). L’habitat du lupin élégant est naturellement très fragmenté. De nombreuses parcelles qui sembleraient convenir à l’espèce ne sont pas occupées par celle-ci.

Dans le cas des sites historiques où le lupin élégant n’est plus présent, l’information disponible sur l’habitat est incomplète. En général, tous ces sites sont xériques, à sol pauvre et bien drainé (Ryan et Douglas, 1996; Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007). Ils se trouvent à une altitude de 30 à 415 mètres. Le lupin élégant ne tolère pas l’ombre, et tous les sites profitent d’un ensoleillement complet.
Les sites existants du lupin élégant, situés aux monts Braden et MacDonald et au mont Helmcken, sont assez semblables et abritent un cortège diversifié d’espèces indigènes des écosystèmes de la chênaie de Garry. La plupart des sites ont une orientation sud à sud-est, mais quelques-uns ont une orientation ouest, sud-ouest, nord-ouest ou nord. L’altitude est de 370 à 415 mètres. À l’échelle macro-topographique, la pente est de 0 à 80 %, mais les individus poussent en fait sur des terrains peu inclinés ou sur des corniches situées en terrain plus escarpé. Tous les sites se trouvent dans des terrains secs et rocheux situés au sommet ou à proximité du sommet de collines exposées au vent. La roche en place est couverte d’un sol mince (5 à 35 cm). La végétation associée au lupin élégant est une couverture clairsemée de graminées et de plantes semblables, dont la fétuque de Roemer, l’agrostide pâle (Agrostis pallens), la danthonie de Californie (Danthonia californica) et le carex dépourvu (Carex inops), recouvrant un tapis dense de mousses (Racomitrium canescens, Dicranum scoparium, Polytrichum juniperinum, etc.), de sélaginelle de Wallace (Selaginella wallacei) et de lichens du genre Cladonia. Une graminée exotique, la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), est également présente dans les deux emplacements (Roemer, 2007).

Le rôle des perturbations dans le maintien de l’habitat du lupin élégant reste à préciser. Ryan et Douglas (1996) ont avancé que le lupin élégant pourrait avoir besoin d’un certain degré de perturbation périodique. Deux des populations disparues de lupin élégant se trouvaient dans des sites graveleux secs et perturbés; une des populations, celle du parc Beacon Hill, se trouvait sur une bordure de chemin qui était régulièrement fauchée, tandis qu’une autre, celle du lac Somenos, se trouvait entre une route et une voie ferrée, sur un terrain perturbé soumis à un fauchage et à une pulvérisation périodiques (Ryan et Douglas, 1996; Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007). Ces deux populations ont décliné jusqu’à ne compter qu’un individu, avant de disparaître entièrement, mais les perturbations régulières de ces sites ont pu limiter les effets de la compétition (Ryan et Douglas, 1996). Cependant, la persistance d’individus de l’espèce dans l’habitat non perturbé des monts Braden et MacDonald et du mont Helmcken semble indiquer que la compétition pourrait constituer un facteur limitatif plus important que les perturbations régulières.

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Tendances en matière d’habitat

La zone biogéoclimatique côtière à douglas a subi des impacts graves, et il y reste moins de 1 % de terres non perturbées (Pacific Marine Heritage Legacy, 1996). L’habitat du lupin élégant a probablement subi des pertes du même ordre. Les prés ouverts constituant l’habitat spécialisé de l’espèce ont fait l’objet d’un vaste développement résidentiel et commercial dans presque tous les sites se trouvant à l’extérieur de parcs ou de réserves écologiques, et ce développement a probablement détruit des populations de l’espèce dont la présence avait été antérieurement signalée.

La dégradation de l’habitat par les graminées et arbustes exotiques envahissants menace gravement le lupin élégant (Ryan et Douglas, 1996). Les deux populations actuelles se trouvent dans un secteur remarquable pour l’intégrité de son cortège d’espèces et pour le petit nombre de plantes exotiques présentes. Cependant, le genêt à balais (Cytisus scoparius) est actuellement présent et pourrait finir par nuire aux sites. Tous les sites historiques du lupin élégant présentent des concentrations élevées de genêt à balais et de graminées envahissantes. Le site du mont Wells, dont la population pourrait être disparue, comporte également une abondance de genêt à balais et de graminées envahissantes. Aux alentours des sites actuels, une bonne partie des milieux qui auraient pu convenir à l’espèce, mais ne sont pas occupés par celle-ci, ont été dégradés par les graminées et arbustes exotiques envahissants au point de ne plus convenir au lupin élégant. Le lupin élégant semble très sensible à la compétition. Le genêt à balais a pu favoriser le déclin des populations du parc Beacon Hill et du lac Somenos, avant que leur habitat ne soit détruit par des travaux de construction. Le gazon dense formé par les graminées envahissantes empêche probablement l’établissement du lupin élégant à partir de ses graines. Les individus matures et les semis subissent sans doute l’impact direct de la compétition pour l’eau, la lumière et les éléments nutritifs. Dans les collines de Sooke, des milieux semblables non occupés par l’espèce ont été dégradés par des espèces exotiques envahissantes. L’éloignement des sites des monts Braden et MacDonald et du mont Helmcken a pu ralentir la progression des espèces envahissantes, mais l’amélioration de l’accès à ces secteurs, au cours des 10 prochaines années, favorisera la propagation des espèces envahissantes.

L’effet des incendies et de la lutte contre les incendies sur le lupin élégant n’est pas entièrement compris. Autrefois, les Premières Nations brûlaient de vastes secteurs pour augmenter la productivité des camassies (Camassia spp.) et la quantité de fourrage disponible pour les ongulés. Or, les incendies ont été pratiquement éliminés de ces milieux depuis plusieurs décennies, et il en est résulté une détérioration causée par la densité accrue d’arbustes exotiques, comme le genêt à balais, ainsi que d’arbustes indigènes, comme la symphorine blanche (Symphoricarpos albus) et le rosier de Nootka (Rosa nutkana). La population du mont Wells est apparue sur un site plat, à sol mince, après qu’un incendie eut éliminé une bonne partie de la végétation. Le feu a également pu avoir pour effet de scarifier les graines de lupin élégant présentes dans le sol, ce qui a stimulé leur germination. Les individus issus de ces graines n’ont persisté que trois années, avant d’être supplantés par les repousses de busserole du Columbia (Arctostaphylos columbiana), les semis de gadellier sanguin (Ribes sanguineum), de groseillier de Lobb (Ribes lobbii) et d’holodisque discolore (Holodiscus discolor) ainsi que les mauvaises herbes et les graminées annuelles.

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Protection et propriété

Une des populations actuelles de lupin élégant est située sur un terrain privé, où elle ne jouit d’aucune protection. La deuxième est protégée du développement résidentiel et commercial par le fait qu’elle se trouve dans la réserve de parc régional de Sooke Hills (Sooke Hills Wilderness Regional Park Reserve), gérée par le service des parcs du district régional de la Capitale (Capital Regional District Parks). Le site du mont Wells (où une population pourrait persister à l’état de réservoir de semences) est également géré par le service des parcs du district régional de la Capitale. Il n’existe actuellement aucun plan d’aménagement visant à protéger le lupin élégant dans les parcs du district régional de la Capitale. À l’heure actuelle, l’espèce n’est pas protégée par la législation de la Colombie-Britannique.

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Biologie

Aucune information n’a été publiée sur la biologie et l’écologie du lupin élégant en Colombie-Britannique. De nombreuses espèces du genre Lupinus possèdent des caractéristiques communes, dont certaines s’appliquent probablement au L. lepidus. Toute l’information dont nous disposons sur les populations canadiennes de l’espèce provient des sources suivantes : observations personnelles faites par C. Maslovat dans le cadre de la préparation du présent rapport; relevé d’inventaire et de surveillance mené dans les parcs du district régional de la Capitale (Roemer, 2007); observations faites par un botaniste local sur l’espèce cultivée en jardin (Roemer, comm. pers., 2007).

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Cycle vital et reproduction

Les fleurs sont hermaphrodites (chacune possède à la fois des organes mâles et des organes femelles). Il n’existe aucune autre information sur les stratégies de reproduction de l’espèce, et rien n’a été publié sur ses mécanismes et ses agents de pollinisation. De nombreuses espèces de lupins peuvent s’hybrider entre elles, mais on ne sait pas si le lupin élégant peut s’hybrider avec d’autres espèces.

Les graines du lupin élégant semblent persister dans le sol à l’état de réservoir de semences, comme celles d’autres espèces de lupins (Lambert, 2003). Dans la population du lac Somenos, avant sa disparition, le nombre d’individus fluctuait; un seul a été observé en 1994, et aucun ne l’a été l’année suivante (Ryan et Douglas, 1996). Par ailleurs, des individus sont apparus à la suite d’un incendie au mont Wells, alors que l’espèce n’y avait jamais été signalée (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007). Au mont Braden, l’espèce est réapparue 9 ans après sa première découverte (Roemer, 2005; idem, 2007). Les graines de nombreuses espèces de lupins exigent une scarification (rupture du tégument séminal par abrasion, digestion ou incendie, permettant la pénétration de l’eau et des gaz) pour que la germination soit stimulée (Rose et al., 1998; Lambert, 2003). Le lupin élégant ne semble pas se reproduire par voie asexuée (Maslovat, obs. pers., 2007), mais d’autres espèces de lupins, comme le Lupinus perennis, peuvent se propager par leurs courts rhizomes.

Comme les autres lupins utilisés en horticulture, le lupin élégant semble avoir une courte durée de vie, et les populations peuvent se réduire à néant certaines années (Ryan et Douglas, 1996; USDA, 2007). Trois individus découverts au mont Braden au printemps 1996 ont disparu vers la fin de l’été et n’ont pas été retrouvés aux cours des deux années suivantes, malgré les recherches (Roemer, 2005). Au mont MacDonald, malgré un fort recrutement de semis, aucun individu assez grand pour fleurir n’a persisté entre l’été 2006 et le printemps 2007. Un individu cultivé dans un jardin est mort après avoir fleuri (Roemer, comm. pers., 2007). Cependant, le lupin élégant est normalement une plante polycarpique (qui fleurit plusieurs années successives), comme l’ont montré del Moral et Wood (1993). On ne sait pas si certaines conditions sont requises pour la floraison et pour le développement des gousses.

Il faudrait des recherches supplémentaires pour qu’on puisse établir avec précision la phénologie de l’espèce. Les observations suivantes n’ont pas été faites dans le cadre d’études phénologiques détaillées; ce sont plutôt des observations faites au hasard, sur des plantes en milieu naturel ou sur des individus cultivés en jardin. En jardin, les graines de lupin élégant ont germé 1 à 2 mois après avoir été semées, à la suite de la première grosse pluie de septembre (Roemer, comm. pers., 2007). Les plantes étaient au stade de rosette en avril et mai suivant. L’espèce ne semble pas fleurir durant sa première année de croissance (Maslovat, obs. pers., 2007; Roemer, comm. pers., 2007). Elle fleurit à la mi-juin et produit des graines en juillet (Roemer, comm. pers., 2007). Un individu cultivé en jardin a produit 45 tiges florifères et des graines en abondance, puis il est mort. Les graines sont très difficiles à récolter, car les gousses se tordent à maturité et expulsent ainsi leurs graines (Roemer, comm. pers., 2007). La durée d’une génération est de l’ordre de 2 ou 3 années, car la première floraison peut survenir dès la deuxième année, et la durée de vie de la plante n’est que d’environ 5 années, d’après les études de succession végétale réalisées au mont St. Helens par del Moral et Wood (1993).

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Herbivores et maladies

Dans le cas d’autres espèces de lupins, les chenilles (larves de lépidoptères) peuvent avoir un impact important : la consommation de fleurs et de fruits par les chenilles dans les populations de lupin de Lyall qui venaient de s’établir au mont St. Helens a provoqué chez les adultes de cette espèce une mortalité pouvant atteindre 88 %. Ce sont les parties périphériques de ces populations que les chenilles ont le plus endommagées (Fagan et Bishop, 2000; Fagan et al., 2001). Dans l’État de Washington, selon les années, jusqu’à 90 % des graines du lupin élégant peuvent être consommées par les herbivores (Grossboll, comm. pers., 2004). L’impact des herbivores sur le lupin élégant au Canada n’est pas connu.

Après un an et demi d’essais de plantation menés à Seattle, dans l’État de Washington, une maladie inconnue a tué en une semaine tous les semis qui avaient été transplantés (Ewing, 2002; Ewing, comm. pers., 2004). L’impact des maladies sur les populations canadiennes du lupin élégant n’est pas connu.

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Physiologie

Certaines espèces de lupins sont toxiques pour les bovins et les moutons, mais cette toxicité semble varier selon la saison, les conditions du milieu et le stade phénologique de la plante; les graines renferment une concentration beaucoup plus élevée d’alcaloïdes, dont certaines formes seraient toxiques (Hitchcock et Cronquist, 1961; Dunn et Gillett, 1966; FDA, 2006; USDA, 2007).

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Dispersion

Comme chez d’autres espèces de lupins, les graines sont probablement dispersées sur une petite distance au moment où les gousses s’ouvrent en se tordant. Il a été proposé que le Tétras sombre (Dendragapus obscurus) pourrait disperser les graines du lupin élégant au Canada (Roemer, 2005; Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007), mais il faudrait des recherches plus approfondies pour vérifier cette hypothèse. Le fait que les graines sont rarement dispersées jusqu’à des sites de germination propices, et ce, dans des écosystèmes très fragmentés, constitue probablement un facteur limitatif pour le lupin élégant.

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Relations interspécifiques

Les racines des Lupinus présentent des nodosités renfermant des bactéries du genre Rhizobium capables de fixer l’azote atmosphérique (Ryan et Douglas, 1996), ce qui leur permet de coloniser les sols pauvres en azote, dont des sites récemment perturbés. Cet enrichissement en azote des sols facilite ensuite la colonisation de ces sites par d’autres espèces (Halvorson et al., 1991;Halvorson et al., 1992; del Moral et Wood, 1993). Historiquement, des populations de lupin élégant ont été signalées dans des sites perturbés, mais le rôle des perturbations et de la colonisation dans l’établissement de l’espèce n’est pas entièrement compris.

Dans l’État de Washington, l’application d’engrais et l’installation d’un paillis entraînaient une diminution de la croissance du lupin élégant (Ewing, 2002). L’occupation du terrain par des arbustes capables de fixer l’azote, comme le genêt à balais, ou par des plantes herbacées augmentant l’épaisseur de la litière nuit probablement au lupin élégant.

Des associations mycorhiziennes ont été observées chez le lupin élégant (O’Dell et Trappe, 1992).

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Adaptabilité

Dans l’État de Washington, le lupin élégant semble privilégier les sites où les sols montrent un stress hydrique (faible humidité) en été (Ewing, comm. pers., 2004). Bien que les phénomènes environnementaux de nature stochastique, comme les incendies, puissent scarifier les graines et favoriser la présence de sites ouverts convenant à leur germination, le lupin élégant pourrait être particulièrement vulnérable aux phénomènes qui créent de grandes superficies de sol dénudé propices à l’établissement de plantes exotiques envahissantes.

Douglas (comm. pers., 2004) a obtenu un taux de germination de 60 à 70 % en pratiquant des encoches sur les graines de lupin élégant au moyen de pinces fines. Roemer (comm. pers., 2007) a obtenu le plus fort taux de germination en versant de l’eau bouillante sur les graines et a obtenu un taux de germination modéré en égratignant les graines au moyen de papier sablé, alors qu’il n’a obtenu la germination que d’une seule graine non traitée. L’établissement du lupin élégant à partir de graines non traitées a été réussi dans le cadre d’un projet de restauration d’une décharge recouverte, à proximité de la Washington State University (Ewing, 2002; Ewing, comm. pers., 2004). Les plants cultivés en contenants puis transplantés présentent un très faible taux de survie; il est possible que la profonde racine pivotante de ces plants soit endommagée durant la transplantation (Roemer, comm. pers., 2007).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les travaux de terrain menés aux fins du présent rapport sont décrits à l’annexe 1. C. Maslovat ainsi que Roemer (2007) ont effectué des relevés ciblant le lupin élégant dans les sites existants ainsi que dans les sites historiques compilés d’après les spécimens d’herbier et les données du Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique (tableau 1). Les emplacements répertoriés à partir d’autres sources sont présentés au tableau 2, et les sites qui ont fait l’objet de relevés en 2007 sont présentés au tableau 3. Dans le cas de trois populations historiques qui n’ont fait l’objet d’aucune observation récente (plaines de Langford, district d’Oak Bay ou pointe Cattle, vallée de la Koksilah), les indications de lieu étaient trop vagues pour qu’on puisse délimiter une aire de recherche. Des inventaires des espèces en péril ont déjà été faits dans deux emplacements historiques (pointe Cattle et colline Observatory), mais le lupin élégant n’y a pas été trouvé (Fairbarns, 2004; Roemer, comm. pers., 2007). De2005 à 2007, Matt Fairbarns a effectué 30 heures de recherches sur la colline Observatory, et 10 heures à la pointe Cattle. C. Maslovat a passé 5 heures, et Roemer (2007) également 5 heures, à chercher l’espèce dans les sites de deux populations disparues (mont Wells et parc Beacon Hill). C. Maslovat a passé 23 heures, et Roemer (2007) 31 heures, à visiter les sites existants des monts Braden et MacDonald et à faire une recherche systématique des milieux se trouvant à proximité.

Tableau 1. Populations historiques et existantes du lupin élégant.
PopulationAuteur et date de la première observationAuteur et date de la dernière visite sur le terrainSituation de la population
Parc Beacon HillMacoun (1893)Maslovat (2007)Disparue
Plaines de LangfordMacoun (1908) Probablement disparue
Oak Bay/pointe CattleNewcombe (1920)Fairbarns (2007)Probablement disparue
Colline ObservatoryHardy (1960)Fairbarns (2007)Probablement disparue
Vallée de la KoksilahBrayshaw (1973) Inconnue
Lac SomenosClark (1969)Douglas (1994)Disparue
Mont WellsRoemer et Ceska (2001)Roemer et Maslovat (2007)Disparue?
Monts Braden et MacDonaldNewcombe (1915)Roemer, Maslovat, Holm et Holm (2007)Existante
Mont HelmckenRoemer et Holm (2007)Roemer et Holm (2007)Existante

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Tableau 2. Emplacements du lupin élégant répertoriés à partir d’autres sources.
EmplacementRégime foncierDateObservateur (source)Nombre d’individusSituation actuelle
« Sites sableux » près de VictoriaInconnu1885Fletcher (NMC-75215)InconnuImpossible à établir, à cause d’indications de lieu trop vagues.
Parc Beacon HillMunicipalité de Victoria (parc municipal)

1893
1896
1908
1913
1915
1920
1920

1924
1924
1927
1937
1939
1977

1993
1994
2007

Macoun (NMC-75213)
Anderson (RBCM-2979)
Macoun (NMC- 75216)
Macoun (RBCM-2980)
Newcombe (RBCM-40449)
Copley (UBC-V45359)
Newcombe (UBC-V23869/ RBCM-6002)
Hardy (RBCM-26179)
Preece (RBCM-7369)
Sampson (UBC-V23870)
Newcombe (RBCM-52917)
Goddard (RBCM-23804)
Armstrong (RBCM-105265/RBCM-105266)
Ryan (RBCM-162113)
(Ryan et Douglas, 1996)
Maslovat

Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu

Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu
Inconnu
10 individus

1 individu
Disparue
Non trouvée

Disparue à cause de l’enlèvement de piquets du bord de la route, ces travaux ayant détruit l’habitat du lupin élégant (Ryan et Douglas, 1996)

 

Plaines de LangfordInconnu1908Macoun (NMC -75217)InconnuImpossible à établir, à cause d’Indications de lieu trop vagues.
District d’Oak Bay3Inconnu1920Newcombe (RBCM-40447)InconnuImpossible à établir, à cause d’Indications de lieu trop vagues.
Colline ObservatoryInstitut Herzberg d’astrophy-sique du Conseil national de recherches du Canada1960
1993
2001
2003
2007
Hardy (RBCM-30908)
Douglas (Ryan et Douglas, 1996)
Fairbarns
Fairbarns
Fairbarns
2 individus
Non trouvée
Non trouvée
Non trouvée
Non trouvée
Probablement disparue
Vallée de la Koksilah4Inconnu1973Brayshaw (RBCM-)InconnuAucune nouvelle information.
Lac Somenos5Inconnu

1969
1978

1989
1991
1992
1994

Clark (RBCM-100759)
Long (RBCM-104462, identifié par Brayshaw)
Straley (UBC-V197499)
Douglas (Ryan et Douglas, 1996)
Douglas (Ryan et Douglas, 1996)
Douglas (Rapport de terrain du Centre de données sur la conservation)

Inconnu
Inconnu

Inconnu
250 individus
1 individu
Disparue

Disparue à cause de l’utilisation d’équipement lourd pour la construction d’un égout; le creusage du sol jusqu’à 30 à 60 cm a détruit l’habitat (Ryan et Douglas, 1996).
Pointe CattleMunicipalité d’Oak Bay (parc municipal)1991
2004
2007
Brayshaw
Fairbarns
Fairbarns
Inconnu
Non trouvée
Non trouvée
La mention résulte peut-être d’une erreur d’identification (Fairbarns et Penny, 2003)
Mont WellsParc régional Mount Wells, District régional de la Capitale

2001

2003
2007

Roemer (RBCM-186994) et Ceska
Roemer (Roemer, 2005; 2007)
Roemer (Roemer, 2007)

12 individus

2 individus
Non trouvée

Probablement disparue
Mont MacDonald6Aire de nature sauvage Sooke Hills, réserve de parc du district régional de la Capitale1915
2005
2007
Newcombe (RBCM-40448)
Roemer (Roemer, 2007)
Roemer, Maslovat, Holm, Holm (Roemer, 2007)
Inconnu
144 individus
Plus de 2 000 semis (aucun adulte)
Existante
Mont BradenAire de nature sauvage Sooke Hills, réserve de parc du district régional de la Capitale

1996

1999
2005
2007

Roemer, Djan-chekar (RBCM-168059; Roemer, 2007)
Roemer (Roemer, 2007)
Roemer (Roemer, 2007)
Roemer, Maslovat, Holm (Roemer, 2007)

3 individus

Aucun trouvé
2 individus
4 semis

Existante
« Route Taine? », rivière
Chilliwack
Inconnu1901Macoun (NMC-75084)InconnuHabitat improbable; identification douteuse du spécimen.
Lac Glacier, vallée de la ChilliwackInconnu1906Spreadborough (NMC-75083)InconnuHabitat improbable; identification douteuse du spécimen.
Mont Selese, vallée de la ChilliwackInconnu1906Spreadborough (NMC-75085)InconnuHabitat improbable; identification douteuse du spécimen.
Goldstream « fourrés sableux »Inconnu1887Macoun (NMC-75218)InconnuHabitat improbable; identification douteuse du spécimen ou étiquette erronée.
3 Il peut s’agir du même emplacement que la pointe Cattle, mais les indications de lieu sont trop vagues pour qu’on puisse l’établir.
4 Spécimen d’herbier récolté en 1973, à partir d’une plante qui avait été cultivée dans le jardin du British Columbia Provincial Museum depuis sa récolte originale, faite en 1968 par Butterworth, Lenfesty et Brayshaw dans la vallée de la rivière Koksilah.
5 Le site se trouve entre la route Transcanadienne (relevant du ministère des Transports de la Colombie-Britannique [British Columbia Ministry of Transportation and Highways]) et la voie ferrrée appartenant à la société Esquimalt and Northern Railway.
6 On ne sait pas si la population trouvée en 1915 est située au même emplacement que les individus trouvés lors des relevés récents.

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Tableau 3. Sites ayant fait l’objet de relevés en 2007 quant à la présence du lupin élégant.
EmplacementAuteurs des relevésDate des relevésSituation
Mont HelmckenRoemer et Holm30 novembrePopulation existante
Monts Braden et MacDonaldMaslovat et Roemer30 avril
2 mai
22 mai
24 mai
27 août
24 octobre
Population existante–2 nouvelles sous-populations ont été trouvées
Mont WellsMaslovat et Roemer31 mai
25 octobre
Aucun individu trouvé
Parc Beacon HillMaslovat15 aoûtAucun individu trouvé
Secteur de Buck HillRoemer28 maiAucun individu trouvé
Secteur du mont RaggedRoemer2 juinAucun individu trouvé
Mont Manuel QuimperRoemer2 juinAucun individu trouvé
Secteur de la rivière ChartersRoemer29 maiAucun individu trouvé
Secteur du ruisseau ToddRoemer26 maiAucun individu trouvé
Secteur du ruisseau Mary VineRoemer7 juinAucun individu trouvé

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Tableau 4. Données sur les tendances démographiques du lupin élégant.
PopulationObservateur et dateNombre d’individusNombre d’individus en fleurs

Parc Beacon Hill

 

Armstrong (1977)
Ryan (1993)
Ryan et Douglas (1994)
Maslovat (2007)
10
1
Détruite par des travaux
Non trouvée
1?
0
Plaines de LangfordMacoun (1908)Inconnu 
District d’Oak BayNewcombe (1920)Inconnu 
Colline ObservatoryHardy (1960)
Fairbarns (2007)
2
Non trouvée
2?
Vallée de la KoksilahBrayshaw (1973)Inconnu 
Lac SomenosDouglas (1991)
Douglas (1992)
Douglas (1994)
250
1
Détruite par des travaux
 
Mont WellsRoemer et Ceska (2001)
Roemer (2003)
Roemer (2004)
Roemer/Maslovat (2007)
12
2
1
Non trouvée

 

1

Mont MacDonaldRoemer (2005)
Roemer (2007)
Roemer (2008)
Roemer (hiver 2008-2009)
144
Au moins 2 000 semis
Probablement < 250
Probablement < 250
40 %
0
Aucune donnée
0 (hiver)
Mont BradenRoemer/Djan-chekar (1996)
Roemer (1999)
Roemer (2005)
Roemer (2007)
3
Aucun individu trouvé
2
4

 

2
0

Mont HelmckenRoemer et Holm (2007)214 individus juvéniles0

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En 2007, Roemer a aussi effectué des relevés ciblant le lupin élégant dans d’autres sites potentiels situés dans la zone de planification visée par le projet Sea to Sea et dans des terres appartenant au service des parcs du district régional de la Capitale. Il a ainsi étudié 9 secteurs, dont certains incluaient plusieurs sommets de colline. Roemer (2007) a effectué environ 47 heures de recherches dans les milieux propices. Il n’a trouvé que deux nouvelles sous-populations au sein de la population des monts Braden et MacDonald, qui avait été répertoriée pour la première fois en 1915. Il n’a trouvé aucune nouvelle population dans le cadre de ces recherches, mais il en a trouvé une au mont Helmcken, la même année, à l’occasion d’une randonnée récréative (Roemer, comm. pers., 2007). En 2007, l’absence d’individus matures de l’espèce a rendu très difficile la recherche de nouvelles populations de lupin élégant, car les semis sont particulièrement difficiles à repérer, étant donné leur petite taille et l’absence de fleurs ou de fruits. Malgré des recherches intensives dans les secteurs renfermant des milieux propices, il est possible que d’autres populations soient passées inaperçues.

Roemer a également fait des vérifications sur le terrain sur le site des monts MacDonald et Braden en 2008 et a signalé la présence d’individus matures durant l’automne 2008 puis vers le début de 2009, après une tempête de neige (Roemer, comm. pers., 2009). Le nombre exact d’individus matures relevés par Roemer n’a pas été déterminé mais était apparemment assez petit.

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Abondance

Le tableau 4 présente un sommaire de l’abondance et des tendances démographiques du lupin élégant. Le nombre total d’individus matures observés était de zéro en 2007, mais tout au plus quelques centaines d’individus en fleurs avaient été présents au cours des dernières décennies. Le nombre d’individus matures observés par Roemer (comm. pers., 2009) en 2008 et en 2009 sur le site des monts MacDonald et Braden était apparemment petit et sans doute inférieur à 250. Un relevé de la population des monts MacDonald et Braden effectué en 2005 a révélé 144 individus, dont environ 40 % étaient en fleurs. Les relevés de 2007 ont permis de trouver deux nouvelles sous-populations dans le même site, mais aucun individu mature. Plus de 2 000 semis ont été trouvés, en 15 groupes répartis entre 5 sous-populations. Au mont Helmcken, 214 individus juvéniles ont été dénombrés dans la nouvelle population découverte en 2007. La population du mont Wells ne comptait que 12 individus en 2001, un seul a été observé en 2004, et aucun n’a été trouvé en 2007.

Les trois populations de lupin élégant répertoriées au cours des dernières années sont jugées gravement fragmentées, pour plusieurs raisons. Premièrement, les deux populations existantes connues occupent de très petites superficies d’habitat (720 m2 aux monts Braden et MacDonald; 120 m2 au mont Helmcken) et sont séparées par environ 3,5 à 4 km d’habitat fragmenté, alors que l’espèce ne possède aucun mécanisme de dispersion autre que la chute des graines dans le voisinage immédiat de la plante mère. Deuxièmement, les effectifs répertoriés jusqu’à présent sont très petits, tout au plus 250 individus ayant été observés à un emplacement, et généralement le nombre d’individus matures en fleurs est encore plus faible; des effectifs aussi faibles peuvent difficilement constituer des populations viables. La troisième population, celle du mont Wells, si elle existe encore, est aujourd’hui réduite à un réservoir de semences, et elle a connu un déclin depuis le maximum de 12 individus atteint en 2001, jusqu’à un seul individu trouvé en 2004, et à l’absence d’individus matures, observée en 2007. Il est donc peu probable que cette population soit viable, même si un réservoir de semences devait subsister dans le sol. Le genêt à balais et les graminées envahissantes sont abondants dans le site. La disparition éventuelle de la population du mont Wells constituerait un déclin de la zone d’occurrence ou, dans le meilleur des cas, une fluctuation de cette zone. La découverte d’une nouvelle population au mont Helmcken et de nouvelles sous-populations aux monts Braden et MacDonald ne représente pas un accroissement de la zone d’occupation, puisque cette population et ces sous-populations ont sans doute toujours été présentes et ont simplement été découvertes récemment.

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Fluctuations et tendances

Comme le lupin élégant n’a pas fait l’objet de relevés réguliers au cours des 10 dernières années ou des 3 dernières générations, il est difficile d’évaluer les changements annuels survenus dans l’effectif total ou la densité des populations. Rien n’indique que l’effectif total ait décliné au cours des 10 dernières années ou des 3 dernières générations, selon les indices suivants : observation directe; indice d’abondance; déclin de la zone d’occupation, de la zone d’occurrence ou de la qualité de l’habitat; degré d’exploitation; effets des espèces introduites. La population et les sous-populations découvertes aux cours des 10 dernières années au mont Helmcken et aux monts Braden et MacDonald étaient sans doute déjà présentes avant d’être répertoriées pour la première fois. La population du mont Wells, qui existe peut-être encore à l’état de réservoir de semences, était encore inconnue il y a 10 ans. Il est cependant probable que la qualité de l’habitat subit un déclin constant attribuable aux plantes exotiques envahissantes.

Comme aucun individu mature n’a survécu de l’été 2006 au printemps 2007, les populations semblent exposées à un risque de disparition complète. Étant donné le grand nombre de semis observés en 2007, il est manifeste que le nombre d’individus immatures fluctue grandement. Cependant, cela ne constitue par une fluctuation extrême aux termes de la définition adoptée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le COSEPAC, puisque l’espèce maintient un réservoir de semences et produit des semis, même si leur taux de survie demeure inconnu.

Il existe peu d’estimations de l’abondance des populations historiques, mais, selon les dénombrements disponibles (colline Observatory, parc Beacon Hill, mont Wells et lac Somenos), le nombre d’individus de chaque population oscillait entre 1 et 250 au maximum. Trois des populations disparues (lac Somenos, mont Wells et parc Beacon Hill) ont graduellement décliné jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un individu.

Les occurrences signalées en Colombie-Britannique sont présentées au tableau 2 (d’après les données du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique).

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Immigration de source externe

Aucune cote de conservation n’a été attribuée au lupin élégant pour les États de Washington et de l’Oregon (NatureServe, 2007). Étant donné la confusion taxinomique expliquée dans la section « Nom et classification », il faudrait des études plus approfondies pour pouvoir préciser la répartition mondiale du lupin élégant. Comme la capacité de dispersion de l’espèce est très limitée, une immigration à partir d’autres emplacements est très improbable. La population des États-Unis la plus rapprochée des populations canadiennes pourrait être située à 150 km, dans les prairies de dépôts d’épandage fluvioglaciaire du comté de Thurston, dans l’État de Washington.

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Facteurs limitatifs et menaces

La destruction de l’habitat a constitué et constitue encore une menace directe pour le lupin élégant. Deux populations ont été éliminées vers 1993 ou 1994. Celle du lac Somenos a été détruite par la construction d’un égout à proximité du site. La population du parc Beacon Hill, qui était pourtant en principe protégée par le fait qu’elle se trouvait dans un parc municipal, a finalement été détruite lors de travaux consistant à enlever des piquets près du bord de la route où poussait l’espèce. Les populations historiques des plaines de Langford et du district d’Oak Bay ont presque certainement été éliminées par le développement résidentiel et commercial (Ryan et Douglas, 1996). La population du mont Helmcken se trouve en terrain privé, et les projets visant cette propriété ne sont pas connus.

Les incendies menacent le lupin élégant de plusieurs façons. On ne sait pas si l’espèce est adaptée aux feux fréquents et peu intenses, mais la lutte contre les incendies menée depuis quelques décennies a certainement entraîné une accumulation de matières combustibles, laquelle pourrait provoquer un incendie intense capable de brûler la souche des plantes. Bien qu’un incendie ait stimulé la germination des graines et ainsi renouvelé une population, les semis ont été rapidement supplantés par des espèces ligneuses indigènes et exotiques. Étant donné le grand nombre de graminées exotiques opportunistes pouvant coloniser rapidement un habitat récemment perturbé, le feu favorise probablement l’envahissement par ces plantes, ce qui nuit certainement à long terme aux populations de lupin élégant.

Les activités récréatives menacent également le lupin élégant. Le piétinement peut endommager la souche fragile de la plante et peut également perturber le sol, créant ainsi des conditions favorables à l’établissement d’espèces exotiques. L’utilisation récréative accrue de secteurs autrefois peu accessibles peut favoriser la propagation des espèces envahissantes. La population des monts Braden et MacDonald se trouve dans la réserve de parc régional de Sooke Hills, un secteur très éloigné qui est actuellement très peu utilisé par le public. Cependant, il est probable que cette utilisation augmentera dans l’avenir, ce qui accroîtra les perturbations du sol associées au piétinement et favorisera les plantes exotiques envahissantes. La population du mont Helmcken est peu accessible, car elle est située en terrain privé.

Le risque d’effondrement démographique menace peut-être aussi le lupin élégant, car les populations existantes sont très petites et très fragmentées. La variabilité génétique de ces populations n’est pas connue.

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Importance de l’espèce

De nombreux groupes autochtones ont exploité d’autres espèces de lupins à des fins alimentaires, médicinales ou rituelles, mais le lupin élégant n’est pas spécifiquement mentionné à cet égard dans les publications (Moerman, 2007; Turner, comm. pers., 2004; USDA, 2007). Étant donné sa rareté au Canada, il est peu probable que les Premières Nations en aient fait usage.

Les populations canadiennes de lupin élégant sont isolées par rapport aux autres populations de l’espèce, situées aux États-Unis, et pourraient être génétiquement distinctes. Par ailleurs, il est possible que le lupin élégant soit une plante hôte de diverses espèces de papillons, dont certaines, comme le bleu insulaire (Plebejus saepiolus insulanus), sont en voie de disparition ou disparues du pays (Fraser, comm. pers., 2007).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Lupinus lepidus n’est pas protégé en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ni de l’Endangered Species Act des États-Unis, et il ne figure pas sur la Liste rouge des espèces menacéesde l’UICN. NatureServe (2007) traite le L. lepidus var. lepidus comme un synonyme du L. lepidus et attribue à cette espèce la cote G5 (non en péril) à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, le L. lepidus n’a pas été désigné à l’échelle nationale (cote NNR); il est considéré comme commun dans les milieux secs, et des milliers d’occurrences ont été signalées (NatureServe, 2007).

Le Centre de conservation des données (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique (2007) attribue présentement la cote S1 (critically imperiled) au Lupinus lepidus, ce qui signifie que l’espèce y est très fortement menacée à cause de son extrême rareté ou parce qu’un ou plusieurs facteurs la rendent particulièrement sujette à disparaître entièrement ou à disparaître de la province. L’espèce figure sur la liste rouge de la province, énumérant les espèces et sous-espèces indigènes jugées disparues, en voie de disparition ou menacées à l’échelle de la Colombie-Britannique. Cependant, ces désignations ne confèrent aucune protection à l’espèce. De plus, le L. lepidus ne figure pas sur la liste officielle établie en vertu de la British Columbia Wildlife Amendment Act (2004).

Le lupin élégant figure cependant à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et est désigné « en voie de disparition » (espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète), sous le nom Lupinus lepidus var. lepidus (COSEPAC, mai 2000). Comme les deux occurrences actuelles ne se trouvent pas sur des terres fédérales, les sites ne sont pas protégés en vertu de la LEP. Aucune des mesures pour la protection des espèces énoncées dans le programme de rétablissement n’a encore été mise en œuvre (Agence Parcs Canada, 2006).

La population des monts Braden et MacDonald est protégée du développement résidentiel et commercial par sa situation dans une réserve de parc du district régional de la Capitale (Capital Regional District Park Reserve). Cependant, aucun plan d’aménagement n’a encore été élaboré pour ce secteur. La population du mont Helmcken se trouve en terrain privé et ne jouit d’aucune protection officielle. La population du mont Wells, qui pourrait encore persister à l’état de réservoir de semences, est protégée du développement puisqu’elle se trouve dans un parc du district régional de la Capitale.

La situation foncière et le degré de protection des sites où le lupin élégant n’est plus présent sont variables. Situé dans un parc municipal, le site de la pointe Cattle est sans doute protégé du développement résidentiel et commercial, mais il n’est pas certain que l’occurrence historique se situait réellement dans le parc. La colline Observatory est un terrain fédéral géré par l’Institut Herzberg d’astrophysique du Conseil national de recherches du Canada. Comme l’emplacement exact des populations des plaines de Langford et de la vallée de la Koksilah est inconnu, il est impossible d’établir à qui appartiennent les sites concernés. Deux populations ont été éliminées par des travaux de construction effectués dans des terrains publics, celle du parc Beacon Hill (parc municipal) et celle du lac Somenos (ministère des Transports et de la Voirie de la Colombie-Britannique [British Columbia Ministry of Transportation and Highways] ou société Esquimalt and Northern Railroad). La propriété publique des terres n’a donc pas garanti la protection de ces populations.

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Résumé technique

Lupinus lepidus

Lupin élégant – Prairie Lupine
Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population) : 2 ou 3 années
Pourcentage observé, estimé, inféré ou soupçonné de la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des cinq ou dix prochaines années OU deux ou trois prochaines générations – À cause de la fluctuation du nombre d’individus, le pourcentage de réduction ou d’augmentation est inconnu : Inconnu
Pourcentage prévu ou soupçonné de la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des cinq ou dix prochaines années OU deux ou trois prochaines générations : Inconnu
Pourcentage observé, estimé, inféré ou soupçonné de la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours de toute période de cinq ou dix ans OU deux ou trois générations, couvrant une période antérieure et ultérieure : Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles? : Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont comprises? : Inconnu
Est-ce que les causes du déclin ont cessé? : Inconnu
Tendance [observée, prévue ou inférée] du nombre de populations – Deux populations sont disparues à cause de travaux de construction en 1994, et la population du mont Wells était peut-être déjà disparue en 2007 ou disparaîtra peut-être bientôt, puisqu’elle a connu un déclin continu, passant de 12 individus en 2001 à 2 en 2003, 1 en 2004 et 0 en 2007 : Déclin
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures? – Par définition, la présence de réservoirs de semences empêche de telles fluctuations : Non
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? : Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence – Calculée par le Secrétariat du COSEPAC (5,5 km² si le site du mont Wells est inclus) : 12 km²
Tendance [observée, prévue ou inférée] de la zone d’occurrence – Déclin, si la population du mont Wells est jugée disparue, ou fluctuation, si un réservoir de semences est présent : Déclin ou fluctuation
Y a t il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? : Non
Indice de zone d’occupation (IZO) – 12 km² selon un maillage de 2 × 2 km (ou 4 km² selon un maillage de 1 × 1 km) – Si le site du mont Wells est inclus, 16 km² selon un maillage de 2 × 2 km (ou 5 km² selon un maillage de 1 × 1 km) : 12 km²
Tendance [observée, prévue ou inférée] de la zone d’occupation – Deux populations ont été détruites par des travaux de construction au cours des 13 dernières années, et la population du mont Wells est peut-être aussi disparue ou disparaîtra probablement d’ici trois générations, puisque le réservoir de semences semble s’être épuisé, étant donné la baisse d’effectif observée : Déclin observé
Y a t il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation? : Non
La population totale est elle très fragmentée? – Comme les deux ou trois populations produisent peu d’individus matures, leur viabilité est douteuse. Les très petites superficies d’habitat existantes sont de qualité déclinante à cause de la présence d’espèces envahissantes à l’intérieur et à proximité des populations, et ces dernières sont séparées par des distances ayant peu de chances d’être franchies par les graines ou le pollen à l’intérieur d’une ou plusieurs générations. : Oui
Nombre d’emplacements actuels – Les emplacements actuels sont séparés par des distances de plusieurs kilomètres et se trouvent dans une région où le seul facteur qui pourrait constituer une menace appréciable pour plusieurs populations et leur habitat est un incendie intense de grande étendue. Comme des mesures contre les incendies sont en place, il semble qu’aucune menace importante ne risque de toucher tous les sites, ou certains de ceux-ci, en même temps. Chaque population est donc considérée comme se trouvant dans un emplacement distinct : 2 ou 3
Tendance du nombre d’emplacements – Deux populations distinctes sont disparues vers 1994 à cause de travaux de construction, et la population du mont Wells était peut – être déjà disparue en 2007 : Déclin
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements? : Non
Tendance [observée, prévue ou inférée] de la qualité, l’aire ou l’étendue de l’habitat – Déclin de l’aire, à cause des disparitions de population survenues depuis 1994 et de la disparition ou quasi – disparition récente de la population du mont Wells, et déclin de la qualité de l’habitat, à cause de l’impact des plantes envahissantes : Déclin

Nombre d’individus matures dans chaque population

Population – Nombre d’individus matures

Des individus matures ont été observés au site des monts MacDonald et Braden en 2008 et 2009; leur nombre exact est inconnu mais est sans doute inférieur à 250 : < 250
Total : < 250
Nombre de populations (emplacements) : 2-3

Analyse quantitative

Non disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces potentielles :
Perte d’habitat; plantes exotiques envahissantes; absence d’incendies pouvant régénérer l’habitat; risque d’effondrement démographique.

Immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur? – États-Unis : Situation non évaluée dans l’État de Washington voisin, sans doute parce que l’espèce n’y est pas en péril, ou peut-être à cause d’une confusion de nomenclature.
Une immigration a t elle été constatée ou est elle possible? : Inconnu
Des individus immigrants seraient ils adaptés pour survivre au Canada? : Probablement
Y a t il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? : Probablement
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle? : Non

Statut existant

COSEPAC : Espèce en voie de disparition (avril 2009)
Sources additionnelles de renseignements : aucune.

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition
Code alpha-numérique : B1ab(ii,iii,iv,v)+2ab(ii,iii,iv,v); C2a(i); D1
Justification de la désignation : Cette espèce vivace n’est présente qu’à deux ou possiblement trois sites restants dans le sud-est de l’île de Vancouver. Sa petite population totale a diminué au cours des dernières décennies et compte moins de 250 individus matures en 2009. La propagation de plantes envahissantes continue de dégrader l’habitat dans les sites existants et les sites environnants, qui pourraient soutenir l’établissement et la survie de l’espèce.

Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Non applicable, puisque le pourcentage de déclin ne peut pas être calculé, étant donné les fluctuations des populations.
Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », B1ab(ii,iii,iv,v)+2ab(ii,iii,iv,v). La zone d’occurrence et l’IZO se situent en-deçà des seuils critiques, et seulement 2 ou 3 populations sont connues. Il y a eu des pertes d'habitat et d'individus matures depuis 1994, car deux populations sont disparues, et la population du mont Wells est peut-être également disparue. La qualité de l’habitat a décliné à l’intérieur et à proximité des populations existantes à cause de la présence et de la propagation des plantes envahissantes, qui ont probablement dégradé l’habitat. Des plantes envahissantes telles que le genêt à balais sont également présentes dans les sites existants et ont pu contribuer à réduire la taille de 2 autres populations avant que celles-ci soient détruites par des travaux de construction.
Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », C2a(i), puisque l’effectif total d'individus matures était probablement inférieur à 250 en 2009 et qu’aucune population renfermant plus de 250 individus matures n’a été signalée au cours des dernières décennies.
Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », D1, puisque moins de 250 individus matures existent encore.
Critère E (Analyse quantitative) : Non disponible.

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Remerciements

De vifs remerciements sont adressés à Hans Roemer, à Judith Holm et au regretté Viggo Holm, qui ont amené la rédactrice du rapport aux sites connus du lupin élégant et ont partagé leur vaste connaissance de l’espèce. Les excellents travaux de terrain effectués par Hans Roemer, grâce à un financement fourni par le service des parcs du district régional de la Capitale (Capital Regional District Parks), ont grandement facilité la préparation du présent rapport. Nous remercions également Todd Kohler, qui a aidé à localiser les emplacements au mont Wells. Jenifer Penny et Erin Prescott, du Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique, ont fourni des données sur les occurrences d’élément et ont aidé à clarifier certaines sources de confusion. Le personnel de plusieurs d’herbiers a aidé à répondre à des questions concernant des spécimens, dont Rob Lipkin, Carolyn Parker, Cindy Sayre, Michael Mancuso, Aaron Liston et John Pindermoss. Rose et Brian Klinkenberg ont aidé à vérifier les spécimens d’herbier et fourni de précieux renseignements sur le genre en général. Matt Fairbarns, Nancy Turner, Joyce Gould et Kern Ewing ont patiemment répondu aux questions de la rédactrice sur l’espèce. La rédactrice a également apprécié l’aide que Teresa Sholars et Rhonda Riggins lui ont fournie pour clarifier certaines questions taxinomiques concernant l’espèce. Enfin, Karen Timm, Erich Haber, Gloria Goulet et Alain Filion ont fourni des conseils et ont aidé à la rédaction du rapport.

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Experts consultés

  • Ewing, Kern. Professeur, University of Washington, Center for Urban Horticulture, Seattle (État de Washington), États-Unis.
  • Filion, Alain. Chargé de projets scientifiques et de géomatique, Secrétariat du COSEPAC, Ottawa (Ontario).
  • Fort, Kevin. Centre de recherche sur la faune du Pacifique, Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique).
  • Fraser, Dave. Endangered Species Specialist, Government of British Columbia, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Gillespie, Lynn. Chercheuse, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).
  • Gould, Joyce. Botaniste, Alberta Natural Heritage Information Centre, Parks and Protected Areas Division, Edmonton (Alberta).
  • Goulet, Gloria. Coordonnatrice, Connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Ottawa (Ontario).
  • Grosboll, Dan. Washington Department of Fish and Wildlife, Littlerock (État de Washington).
  • Haber, Erich. Co-président, Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires, COSEPAC, Stittsville (Ontario).
  • Lipkin, Rob. Botaniste, Alaska Natural Heritage Program, University of Alaska, Anchorage (Alaska), États-Unis.
  • Liston, Aaron. Professeur, Department of Botany & Plant Pathology, Oregon State University, Corvallis (Oregon), États-Unis.
  • Mancuso, Michael. Botany Program Leader, Idaho Conservation Data Center, Boise (Idaho), États-Unis.
  • Parker, Carolyn. Botaniste, UAF Museum Herbarium, Fairbanks (Alaska), États-Unis.
  • Penny, Jenifer. Program Botanist, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Reader, Brian. Species at Risk Ecologist, Parcs Canada, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Riggins, Rhonda. Professor Emeritus, Biological Sciences Department, California Polytechnic State University San Luis Obispo (Californie), États-Unis.
  • Sayre, Cindy M. Collections Manager, UBC Herbarium, Department of Botany, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).
  • Sholars, Teresa. Professor of Biology, College of the Redwoods, Fort Bragg (Californie), États-Unis.
  • Turner, Nancy. Professeur, School of Environmental Studies, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique).

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Sources d’information

Agence Parcs Canada. 2006. Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada, in Programmes de rétablissement en vertu de la Loi sur les espèces en péril, Agence Parcs Canada, Ottawa, 104 p.

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Sholars, T., comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à C. Maslovat, novembre 2007, professor of biology, College of the Redwoods, Fort Bragg (Californie), États-Unis.

Smith, C.P. 1944. In L.R. Abrams, Illustrated Flora of the Pacific States, Vol. II, Stanford University Press, Stanford (Californie).

Taylor, T.M.C. 1974. The pea family (Leguminosae) of British Columbia, Handbook No. 12, British Columbia Provincial Museum, Victoria (Colombie-Britannique), 251 p.

Turner, N., comm. pers. 2004. Conversation téléphonique avec C. Maslovat, février 2004, professeur, School of Environmental Studies, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique).

USDA (United States Department of Agriculture) (en anglais seulement). 2007. Plants Database, Conservation Plant Characteristics, (consulté en novembre 2007).

Welsh, S.L., N.D. Atwood, S. Goodrich et L.C. Higgens (éd.). 1987. A Utah flora, Great Basin Naturalist Memoirs No. 9, Bingham University, Provo (Utah), 894 p.

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Sommaire biographique de la rédactrice du rapport

Carrina Maslovat a obtenu en 2001 un diplôme de maîtrise ès sciences en botanique de l’Université de Victoria. Elle travaille actuellement comme consultante dans les domaines de la restauration écologique et des plantes en péril, principalement à l’égard des écosystèmes de la chênaie de Garry. Elle a réalisé des travaux d’inventaire et de surveillance sur diverses espèces en péril et élaboré des protocoles visant à réduire au minimum l’impact des travaux de restauration du milieu et des activités récréatives sur ces espèces. Elle a enfin réalisé de nombreux travaux de restauration du milieu et de lutte contre les espèces envahissantes. De 1997 à 2003, elle a été copropriétaire de la pépinière Woodland Native Plant Nursery, où elle a acquis une expertise sur la multiplication de diverses espèces indigènes, dont plusieurs plantes en péril.

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Collections examinées

Les herbiers des organismes suivants ont été consultés :

  • University of British Columbia
  • Royal British Columbia Museum
  • University of Washington (échange de courriels avec le conservateur en 2004)
  • Musée canadien de la nature

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Annexe 1. Description des travaux de terrain, techniques de relevé et sites répertoriés à partir d’autres sources

Techniques de relevé

Vers la fin avril 2007, les sites connus de lupin élégant des monts Braden et MacDonald ont fait l’objet d’un premier relevé, qui visait à déterminer le portrait type de l’espèce dans son milieu ainsi qu’à préciser les caractéristiques de l’habitat en prévision des futurs inventaires. Il était prévisible que l’espèce serait alors en dormance hivernale ou à l’état de nouvelles pousses, mais aucun individu mature n’a été trouvé. Après des recherches plus approfondies, de petits semis ont été trouvés dans chacun des sites où l’espèce avait déjà été signalée. Les monts Braden et MacDonald ont fait l’objet de trois relevés supplémentaires par la suite. C. Maslovat a consacré 23 heures, et Roemer (2007) 31 heures, à visiter les sites actuels et à faire des recherches dans les milieux voisins.

Les emplacements historiques du lupin élégant ont été compilés à partir des spécimens des herbiers de la University of British Columbia et du Royal British Columbia Museum. Les sites des populations disparues du parc Beacon Hill et du mont Wells ont été visités durant l’été et l’automne, période durant laquelle les lupins étaient le plus visibles dans les autres emplacements. Aucun individu de l’espèce n’a été trouvé dans l’une ou l’autre de ces populations historiques. Dans le cas des autres populations historiques pour lesquelles il n’existe aucune observation récente (plaines de Langford, district d’Oak Bay ou pointe Cattle, vallée de la Koksilah), les indications de lieu étaient trop vagues pour qu’une zone de recherche puisse être délimitée. Dans le cadre d’un inventaire des espèces en péril de la pointe Cattle, Fairbarns (2004) n’a pas réussi à trouver le lupin élégant.C. Maslovat et Roemer (2007) ont passé 5 heures chacun à chercher l’espèce dans les sites de ses populations disparues.

Roemer (2007) a également effectué des relevés ciblant le lupin élégant dans d’autres sites propices, situés dans la zone de planification du projet Sea to Sea et dans les terres appartenant au service des parcs du district régional de la Capitale. Une liste de secteurs prioritaires a été établie à partir des principales caractéristiques d’habitat des sites propices, dont la superficie de prairie, la proximité des occurrences connues et les similarités par rapport aux sites connus en termes d’altitude, de conditions d’habitat et de couverture végétale. Des secteurs ont été déterminés au moyen de cartes et de photos aériennes et selon les connaissances des lieux acquises lors de visites antérieures. Neuf secteurs ont finalement fait l’objet de relevés, dont certains incluaient plusieurs sommets de collines. Roemer (2007) a effectué environ 47 heures de recherche active dans les milieux propices. Il n’a trouvé que deux nouvelles sous-populations dans le secteur du mont MacDonald se trouvant le plus près des sites déjà confirmés : aucun individu n’a été trouvé jusqu’à présent dans de nouveaux emplacements (Roemer, 2007).