Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Castilléjie de Victoria Castilleja victoriae au Canada - 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document

Castilléjie de Victoria Castilleja victoriae

Photo d’une castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae).

En voie de disparition – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie de Victoria (Castillejavictoriae) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 21p.

Note de production :
Le COSEPAC souhaite remercier Matt Fairbarns pour la rédaction du rapport de situation sur la castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) au Canada. Le COSEPAC remercie également le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (BC Conservation Data Centre) et Parcs Canada du soutien financier apporté à la préparation du présent rapport. Erich Haber, coprésident du Sous–comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a supervisé l’examen du présent rapport, avec la participation des membres du COSEPAC. Cet examen peut avoir mené à des modifications ou à des ajouts à la version initiale du rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Victoria's Owl–clove Castilleja victoriae in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Castilléjie de Victoria -- Photo par Matt Fairbarns.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
de catalogue CW69–14/610–2010F–PDF
ISBN978–1–100–94863–8


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COSEPAC – Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Castilléjie de Victoria

Nom scientifique
Castilleja victoriae

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette petite herbacée annuelle est confinée à un très petit secteur de la Colombie–Britannique ainsi qu’à un site dans l’État de Washington adjacent. Elle est restreinte à des microhabitats humides de façon saisonnière compris dans l’écosystème très fragmenté et en déclin du chêne de Garry. Cinq des neuf populations canadiennes ont disparu avant 1957, et une autre semble être disparue récemment. Les trois ou quatre populations restantes sont vulnérables à la compétition continue de plusieurs plantes exotiques envahissantes. Deux de ces populations sont très petites et se trouvent dans des secteurs utilisés à des fins récréatives où le piétinement représente un problème continu.

Répartition
Colombie–Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2010.

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COSEPAC – Résumé

Castilléjie de Victoria Castilleja victoriae

Information sur l’espèce

La castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) est une espèce nouvellement décrite, qu’on prenait à tort pour la castilléjie ambiguë (C. ambigua ssp. ambigua). Il s’agit d’une petite plante herbacée de la famille des Orobanchacées, sans rosette basilaire, avec des feuilles caulinaires alternes, lobées et pubescentes. Vers le haut de la tige, les feuilles deviennent plus larges et plus profondément lobées et prennent progressivement l’aspect de bractées florales. Les sépales, soudés, forment un calice à cinq lobes; les pétales, également soudés, forment une corolle à deux lèvres, dont la longueur varie de 10 à 18 mm. La lèvre inférieure est jaune citron et possède de minuscules pointes blanches sur chacun des trois lobes. La lèvre supérieure, d’un blanc crémeux, est légèrement plus longue que la lèvre inférieure. Les fruits sont des capsules brunes comportant deux loges; le sommet des capsules se fend lorsque les graines sont mûres. Chaque capsule contient 30 à 70 graines brunes, à tégument sculpté.

Répartition

La castilléjie de Victoria est confinée à une petite zone allant du sud–est de l’île de Vancouver jusqu’aux îles San Juan de l’État de Washington. Au Canada, son aire de répartition se limite à une bande étroite de littoral totalisant une superficie d’environ 9 km².

Habitat

La castilléjie de Victoria pousse dans les suintements printaniers et sur les abords des mares printanières, à moins de 50 m de l’océan. Ces sites sont saturés ou inondés pendant l’automne, l’hiver et le printemps, mais deviennent secs pendant l’été. La superficie réellement occupée par l’espèce est de seulement 600 .

Biologie

La castilléjie de Victoria est une annuelle pollinisée par des bourdons qui fleurit et donne des fruits à la fin du printemps et au début de l’été. La germination des graines semble être retardée tant que leur dormance n’a pas été levée par des températures fraîches.

Taille et tendances des populations

En 2006, la population mondiale comprenait quatre ou cinq populations, réunissant en tout 7 000 à 8 000 individus matures. Environ 98 % de la population mondiale se trouve dans un site situé au Canada. Trois autres populations canadiennes ont été signalées ces dernières années. Une de ces populations est peut–être disparue, étant donné qu’aucune plante de la population n’a été observée au cours des trois dernières années et que cette population comptait moins de 10 plantes les deux années précédentes. Au cours des quatre dernières années, on a dénombré moins de 150 individus chez chacune des deux populations canadiennes qui occupent des parcelles de moins de 10 . Une seule population a été signalée aux États–Unis. Elle comprenait 164 individus en 2006, et un grand nombre de ces plantes ont peut–être péri en raison de la sécheresse avant de pouvoir fleurir et produire des graines.

Il y a eu d’importants travaux d’aménagement urbain et résidentiel dans l’habitat principal de la castilléjie de Victoria avant que l’espèce ne soit reconnue, de sorte que l’ampleur des tendances à long terme des populations demeure inconnue. Cependant, on a constaté la disparition de cinq ou six des neuf populations signalées au Canada depuis que les premiers spécimens ont été récoltés à la fin du 19e siècle.

Facteurs limitatifs et menaces

La principale menace pesant sur la castilléjie de Victoria est la perte ou dégradation d’habitat découlant de l’aménagement urbain et résidentiel, des activités récréatives et de la présence d’espèces envahissantes. Deux populations ont été détruites parce qu’elles ont perdu leur habitat, deux autres populations plutôt petites subissent un piétinement, et une autre population y a succombé.

Importance de l'espèce

Les populations canadiennes de castilléjie de Victoria ont une grande valeur de conservation, parce qu’elles représentent presque toute la population mondiale d’une espèce endémique dont l’aire de répartition est très restreinte. Cette espèce récemment reconnue n’est pas associée de façon précise aux connaissances traditionnelles autochtones

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La castilléjie de Victoria n’est protégée par aucune loi visant les espèces en péril actuellement. Une de ses populations se trouve, en partie, dans une réserve écologique provinciale.

Résumé technique

Castilleja victoriae

Castilléjie de Victorias – Victoria’s Owl–clover
Répartition au Canada : Colombie–Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (habituellement l’âge
moyen des parents dans la population : indiquer
si une méthode d’estimation de la durée d’une
génération autre que celle qui est présentée dans
les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée)
Probablement moins de 3 ans
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou
prévu] du nombre total d'individus matures?
Il est possible que la population  3 d’Oak Bay ait disparu, mais, le cas échéant, la perte possible du petit nombre d’individus qu’elle représente ne peut pas être interprétée comme un déclin global de la population totale, en raison de la fluctuation du nombre d’individus aux autres emplacements.
Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d'individus matures pendant [cinq ans ou
deux générations].
Inconnu en raison des fluctuations
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou
présumé] de [la réduction ou l'augmentation]
du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
Inconnu en raison des fluctuations
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction
ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
Inconnu en raison des fluctuations
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé]
de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure et ultérieure.
Inconnu en raison des fluctuations
Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement
cessé?
Probablement comprises sans être facilement réversibles ni avoir cessé.
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?
C’est le cas répertorié d’une petite population (population  2 d’Oak Bay), mais pour ce qui est de la population totale, même si on a constaté d’importantes fluctuations, aucune fluctuation extrême n’a été démontrée.
Non

Information sur la répartition :

Pour répondre de manière précise, dans le cas de la plupart des questions, il faudrait savoir si la population  3 d’Oak Bay (Cattle Point) est réellement disparue depuis qu’elle a été observée pour la dernière fois en 2004.

Superficie estimée de la zone d’occurrence km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
[Fournissez toujours une valeur selon la grille de 2 x 2; d’autres valeurs peuvent également être inscrites si elles sont clairement indiquées (p. ex., grille de 1x1, zone d’occupation biologique)].
4–8 km²
(3–4 km² avec une grille de 1 x 1 km, zone d’occupation biologique = 600 )
La population totale est–elle très fragmentée? Non
Nombre de « localités » (selon la définition ayant trait aux menaces) 3–4
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
On a surtout constaté que des populations sont disparues dans le passé, et on ne sait pas si la population  3 d’Oak Bay (Cattle Point) est disparue.
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice
de la zone d'occupation?
Cela dépend de ce qui est advenu de la population  3
d’Oak Bay (disparue ou pas).
Non vérifié, mais possible
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de populations?
Cela dépend de ce qui est advenu de la population  3
d’Oak Bay (disparue ou pas), et on pourrait probablement
inférer des pertes futures étant donné les effets des activités récréatives sur certaines populations.
Non vérifié, mais possible
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de localités?
Incertitude quant à la disparition de la population  3 d’Oak Bay; on pourrait inférer des déclins futurs en se basant sur les effets des activités récréatives sur certaines populations.
Non vérifié, mais possible
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? Oui, de la qualité
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités
(selon la définition ayant trait aux menaces)?
Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Non

Nombre d'individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
Population  1 d’Oak Bay 7 000 – 8 000
Population  2 d’Oak Bay 31
Population  3 d’Oak Bay Peut–être disparue
Population  4 d’Oak Bay 119
Total 7 000 – 8 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l'espèce de la nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Sans objet

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces actuelles : perte d’habitat, activités récréatives, espèces exotiques envahissantes, altération des régimes hydrologiques, mais ce sont les activités récréatives et les espèces envahissantes qui constituent les principales menaces actuelles.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l'extérieur
États–Unis :
N1 (une seule petite population)
Une immigration a–t–elle été constatée ou est–elle possible? Non
Des individus immigrants seraient–ils adaptés pour survivre au Canada? Probablement
Y a–t–il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui
La possibilité d'une immigration de populations externes
existe–t–elle?
Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition (avril 2010).

Statut et justification de la désignation

Statut :Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique :B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation :
Cette petite herbacée annuelle est confinée à un très petit secteur de la Colombie–Britannique ainsi qu’à un site dans l’État de Washington adjacent. Elle est restreinte à des microhabitats humides de façon saisonnière compris dans l’écosystème très fragmenté et en déclin du chêne de Garry. Cinq des neuf populations canadiennes ont disparu avant 1957, et une autre semble être disparue récemment. Les trois ou quatre populations restantes sont vulnérables à la compétition continue de plusieurs plantes exotiques envahissantes. Deux de ces populations sont très petites et se trouvent dans des secteurs utilisés à des fins récréatives où le piétinement représente un problème continu.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) : Sans objet.
On sait que des pertes sont survenues dans le passé, mais il est difficile de décrire le déclin en pourcentage, à cause des fluctuations touchant les populations.

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii), puisque la zone d’occurrence et l’IZO sont sous les seuils, qu’on ne compte que 3 ou 4 localités et que la qualité de l’habitat continue d’y diminuer.

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet. On ne peut pas démontrer le déclin continu avec certitude, à cause des fluctuations de la taille des populations, mais on pourrait peut–être inférer un déclin continu futur des populations, compte tenu de l’effet des activités récréatives sur certaines populations. Toutefois, des déclins semblables ne demeurent probables que dans un ordre inférieur à 10 %.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Correspond au critère de la catégorie « espèce menacée », D2, puisqu’on ne compte que 3 ou 4 localités et que l’IZO est de moins de 20 km²; deux populations sont toujours gravement menacées par les activités récréatives, et l’une de ces populations est peut–être déjà disparue à cause des effets de ces activités.

Critère E (analyse quantitative) : Aucune n’est disponible.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue >(D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

*Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
**Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
***Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur la Castilléjie de Victoria Castilleja victoriae au Canada – 2010

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Castilleja victoriae Fairbarns et Egger (2007)
Nom français : castilléjie de Victoria
Nom anglais : Victoria’s Owl–clover
Famille : Orobanchacées (Le genre Castilleja était autrefois placé dans la famille des Scrofulariacées.)

Grand groupe végétal : Eudicotylédones

La castilléjie de Victoria est étroitement apparentée à trois autres espèces du genre Castilleja, sous-genre Colacus, qu’on retrouve dans le nord–ouest de l’Amérique du Nord. Ces trois espèces, antérieurement décrites, sont la castilléjie ambiguë (C. ambigua ssp. ambigua), la castilléjie à feuilles atténuées (C. attenuata) et la castilléjie grêle (C. tenuis). Des spécimens de l’espèce aujourd’hui appelée castilléjie de Victoria ont été récoltés pour la première fois par Macoun en 1893, dans deux localités distinctes, dans la région de Victoria, en Colombie–Britannique. Depuis, plusieurs spécimens ont été récoltés dans cette région. Les personnes ayant récolté les premiers spécimens les ont identifiés comme étant des Orthocarpus hispidus (Castilleja tenuis), espèce dont la présence n’avait jamais été signalée dans le sud–ouest de la Colombie-Britannique, ni dans les régions adjacentes de l’État de Washington. Keck (1927), expert du genre Orthocarpus, a examiné quelques spécimens en 1941 et les a identifiés autrement, comme étant des Orthocarpus castillejoides (Castilleja ambigua). En 2005, Fairbarns a rédigé une note où il compare les caractères morphologiques et écologiques de nouveaux échantillons provenant de la région de Victoria avec ceux de nouveaux échantillons de Castilleja ambigua ssp. ambigua provenant de la partie ouest de l’île de Vancouver. Egger (comm. pers., 2005), expert du genre, était d’accord : les échantillons de Victoria, y compris les spécimens récoltés par Macoun, semblaient être différents du Castilleja ambigua ssp. ambigua, nom sous lequel ils avaient été classés. En se fondant sur l’analyse morphologique de spécimens d’herbier et sur l’observation sur place des trois populations existantes connues, Fairbarns et Egger (2007) ont conclu que les échantillons de la région de Victoria appartenaient à une espèce qui n’avait pas encore été décrite, du sous–genre Colacus, et ont produit une description en bonne et due forme de cette nouvelle espèce.

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Description morphologique

La castilléjie de Victoria (figure 1) est une plante annuelle haute de 0,2 à 2,0 dm, à racine pivotante. La plupart des individus ont la tige non ramifiée (ou à ramification indistincte), mais, chez les grands individus, la partie inférieure de la tige produit souvent des rameaux ascendants. Les feuilles et tiges sont pubescentes dans toute la plante, avec un mélange de poils courts terminés par une glande et de poils mous plus longs. La surface des feuilles et des bractées est souvent légèrement collante.

La castilléjie de Victoria n’a pas de feuilles basilaires. Les feuilles caulinaires sont alternes et de couleur violet rougeâtre en général, mais les feuilles supérieures et toutes les bractées florales peuvent être vertes près de la tige et avoir une teinte violacée à la pointe ou, parfois, être vertes d’un bout à l’autre. Les feuilles ont généralement une longueur de 10 à 20 mm. Les feuilles inférieures sont étroitement lancéolées et entières à étroitement ovées et légèrement lobées, et elles se flétrissent souvent au moment de la floraison. Vers le haut de la tige, les feuilles deviennent plus larges et plus profondément lobées (3 à 5 lobes) et prennent graduellement l’aspect des bractées florales. Les lobes ont une longueur de 8 à 12 mm et une largeur de 1 à 2 mm au milieu et sont beaucoup plus étroits que le milieu du limbe.

Figure 1. Castilléjie de Victoria. Photographie par Matt Fairbarns.

Photo d’une castilléjie de Victoria.

Les fleurs sont réunies en épis à bractées voyantes. Le calice est long d’environ 10 mm, profondément divisé en deux longs lobes principaux ayant une longueur de 5 à 6 mm, eux–mêmes divisés chacun en deux lobes secondaires aigus d’une longueur de 3 à 4 mm. Le calice porte un mélange de poils terminés par une glande et de poils sans glande, semblables à ceux des feuilles. Les lobes du calice sont entièrement de couleur verdâtre ou deviennent violets à leur extrémité.

La corolle, en forme de massue, s’ouvre en deux lèvres, et sa longueur peut varier de 10 à 18 mm environ. La lèvre inférieure possède trois lobes, quelque peu élargis, pubescents, longs d’environ 4 mm. La lèvre inférieure est de couleur jaune citron, avec des dents blanchâtres à peine visibles d’une longueur de 0,5 à 0,8 mm. La lèvre supérieure se termine par un bec long et droit qui dépasse la lèvre inférieure de 0,4 à 0,8 mm. Le bec est blanc (parfois avec des marques violettes) et pubescent. Ses lobes sont unis jusqu’à la pointe et enveloppent les anthères.

On compte quatre étamines, à filets longs de 4,5 à 6,0 mm attachés près de l’extrémité du tube corollaire.

Les fruits sont des capsules brunes qui comportent deux loges et se fendent au sommet lorsque les graines sont mûres. Chaque capsule contient 30 à 70 petites graines brunes à tégument sculpté.

Une description plus détaillée est fournie par Fairbarns et Egger (2007). On peut distinguer la castilléjie de Victoria de la castilléjie ambiguë par divers caractères, dont son port compact généralement non ramifié, ses feuilles et tiges presque uniformément de couleur brun « racinette », l’absence de bande marginale pâle sur ses bractées florales et sa corolle non tachetée et bicolore caractéristique.

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Description génétique

La castilléjie de Victoria possède un nombre chromosomique de 2n = 24 (Fairbarns et Egger, 2007).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La castilléjie de Victoria est endémique à un très petit secteur. Elle se rencontre seulement dans la région de Victoria, en Colombie–Britannique, et dans les îles San Juan (État de Washington) situées à proximité (Fairbarns et Egger, 2007).

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, la castilléjie de Victoria est présente seulement dans le sud de l’île de Vancouver et dans des petites îles situées non loin de là (figure 2). Elle se rencontre dans une bande étroite du littoral, jamais à plus de 50 m dans les terres. On a estimé que cette bande a déjà été d’environ 15 km² (au moyen d’outils SIG, en calculant l’aire d’un polygone ayant 50 m de largeur et suivant le rivage). L’aire de répartition canadienne de la plante qu’on connaît désormais sous le nom de castilléjie de Victoria s’est amenuisée considérablement depuis que l’espèce a été découverte en 1893. Des relevés détaillés n’ont pas permis de retrouver les populations de la région de Shawnigan (où on avait signalé la présence de l’espèce en 1957), ni plusieurs populations de la région de Victoria qui sont donc probablement disparues. Conséquemment, la zone d’occurrence actuelle, selon les conventions de cartographie décrites ci–dessus, s’étend sur environ 9 km².

Figure 2 .  Aire de répartition mondiale de la castilléjie de Victoria. Les cercles pleins représentent les populations existantes; les cercles vides représentent les populations disparues; l’étoile à quatre branches indique l’emplacement de la population  3 d’Oak Bay, qui est probablement disparue récemment (voir le texte). Le cercle plein situé au–dessous de l’étoile indique l’emplacement de deux populations adjacentes, qu’il est impossible de séparer à cette échelle.

Carte illustrant l’aire de répartition mondiale de la castilléjie de Victoria notamment les populations existantes et les populations disparues.

En utilisant une grille à mailles de 2 km, on obtient un indice de la zone d’occupation de 4 km²(8 km² si on inclut la population  3 d’Oak Bay [Pointe Cattle] même si elle semble être disparue). Avec une grille à mailles de 1 km, on obtient un indice de la zone d’occupation de 3 km² (4 km² si on inclut la population  3 d’Oak Bay). La deuxième grille convient probablement le mieux, parce que la superficie réellement occupée par chaque population ou sous–population est généralement de l’ordre de quelques mètres carrés. La superficie réellement occupée par l’ensemble des populations est d’environ 600 .

Rien ne permet de douter que la castilléjie de Victoria soit une espèce indigène de la flore canadienne. Sa présence avait été détectée dans l’île de Vancouver dès le début de la colonisation par les Européens, lors des premières études botaniques effectuées dans la région. La castilléjie de Victoria a été récoltée pour la première fois dans les environs de Victoria, en 1893, par Macoun (spécimen CAN  97,244), et elle est endémique à la région de Victoria.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, l’aire de répartition de la castilléjie de Victoria est restreinte à une petite région du sud–est de l'île de Vancouver. Cette région, qui recoupe fortement la répartition du chêne de Garry, jouit d’hivers doux et d’étés secs et frais.

La castilléjie de Victoria ne pousse que dans les suintements printaniers et en bordure des mares printanières, à moins de 50 m de la côte, où l’influence océanique diminue la fréquence et la rigueur des gelées hivernales. Ces sites sont saturés ou inondés pendant une bonne partie de l’hiver et au début du printemps, mais deviennent très secs dès le début de l’été. Ces conditions de croissance extrêmes et le sol mince des milieux où pousse la castilléjie de Victoria limitent grandement la compétition de la part d’autres espèces indigènes. Les plantes indigènes les plus communes qui coexistent avec la castilléjie de Victoria sont des espèces herbacées annuelles printanières éphémères. Un certain nombre d’espèces non indigènes sont devenues communes et dominent même souvent le type de milieu privilégié par la castilléjie de Victoria.

Le sud–est de l’île de Vancouver jouit d’hivers doux et d’étés secs, et on y observe le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement par année en Colombie–Britannique. La neige et les fortes gelées étant rares, la végétation demeure verte tout au long de l’hiver. Durant les déficits hydriques qui surviennent au cœur de l’été, les prés prennent une couleur brune.

Certains facteurs édaphiques limitent beaucoup la répartition de la castilléjie de Victoria dans le sud–est de l'île de Vancouver et les îles Gulf adjacentes. La bande de milieux côtiers de faible altitude est étroite et cède rapidement la place à des terrains élevés où les conditions mésoclimatiques ne sont pas propices à la croissance de l'espèce. Les terrains accidentés couvrant une bonne partie de la bande de basses terres forment de nombreuses pentes exposées au nord ou à l'est qui demeurent fraîches et avantagent les plantes forestières. Comme les sols bien drainés à modérément drainés favorisent la végétation forestière, les milieux pouvant convenir à la castilléjie de Victoria sont plutôt morcelés, selon les conditions naturelles du terrain. Ce manque naturel de continuité est aggravé par l’étendue des travaux d’aménagement réalisés dans la région (voir ci–dessous).

L’étendue des milieux convenant à la castilléjie de Victoria dans son aire de répartition canadienne n’a pas été mesurée, mais elle n’a probablement jamais dépassé 100 ha.

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Tendances en matière d'habitat

La superficie de milieux favorables a diminué considérablement au cours du dernier siècle, en raison de l’aménagement des secteurs côtiers du sud-est de l'île de Vancouver à des fins résidentielles et récréatives.

Étant donné qu’il n’y a pas d’estimation exacte de l’étendue historique ou actuelle des milieux pouvant servir d’habitat à l’espèce, la rapidité avec laquelle ces milieux se dégradent et se perdent ne peut pas être estimée directement. Comme l’habitat de la castilléjie de Victoria se situe habituellement à l’intérieur d’une matrice d’écosystèmes du chêne de Garry, le déclin de ces écosystèmes fournit une mesure indirecte de la perte d’habitat. De façon générale, les écosystèmes du chêne de Garry ont été réduits, au cours du siècle dernier, à moins de 5 % de leur étendue initiale dans la région de Victoria (Lea, 2002). Ces écosystèmes persistent essentiellement à l’état de parcelles isolées et fortement fragmentées, entre lesquelles il ne peut y avoir d’échanges importants de matériel génétique. La castilléjie de Victoria privilégie les emplacements côtiers, lesquels sont aussi très recherchés aux fins d’aménagement résidentiel. Toutefois, étant donné que les écosystèmes du chêne de Garry sont plus répandus, le déclin réel des milieux propices à la castilléjie de Victoria est probablement encore plus prononcé.

Une bonne partie des milieux convenant à la castilléjie de Victoria a été grandement altérée par la présence de plantes exotiques envahissantes, dont plusieurs graminées [agrostide fine (Agrostis capillaris), canche précoce (Aira praecox), flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), brome mou (Bromus hordeaceus), dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), houlque laineuse (Holcus lanatus), certaines espèces annuelles d’orge (Hordeum spp.), ivraie vivace (Lolium perenne), pâturin annuel (Poa annua) et vulpie faux–brome (Vulpia bromoides)] et plusieurs plantes herbacées non graminoïdes [pâquerette vivace (Bellis perennis), géranium mou (Geranium molle), porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), porcelle glabre (H. glabra), plantain lancéolé (Plantago lanceolata), petite oseille (Rumex acetosella), silène de France (Silene gallica) et spergulaire rouge (Spergularia rubra)].

L'aire de répartition canadienne de la castilléjie de Victoria est sise au cœur d’une région qui connaît une des plus fortes croissances en Amérique du Nord. La région métropolitaine de Victoria abrite toutes les populations existantes de la castilléjie de Victoria ainsi que toutes les populations apparemment disparues, sauf une. La population humaine de la région métropolitaine de Victoria est passée d’environ 180 000 habitants, en 1966, à 338 738 (188 %), en 2005, et il est prévu qu’elle atteindra 407 600 (226 %) d’ici 2026 (CRD, 2006). À mesure que la population s’accroît, les activités récréatives augmentent dans les sites où pousse la castilléjie de Victoria.

Deux populations historiques (Dallas Hotel et Ten Mile Point) semblent avoir disparu en raison de la perte de leur habitat. Les populations des îles Chain et de l’île Lesser Trial ont probablement disparu en raison de la dégradation de leur habitat. La population  3 d’Oak Bay (tableau 1) n’a pas été observée au cours des trois dernières années, et son déclin semble résulter de la dégradation de son habitat causée par les visiteurs du parc.

Tableau 1. Sommaire des populations de la castilléjie de Victoria
PopulationObservateur et datesSuperficie totale occupéeNombre d'individus
Chemin DallasMacoun, 1893disparuedisparue
Îles ChainNewcombe, 1923disparuedisparue
Ten Mile PointMelburn, 1954disparuedisparue
Région de ShawniganMelburn, 1957disparuedisparue
Île Lesser TrialHardy, 1953disparuedisparue
Oak Bay  1 (île Trial)Fairbarns, 2006600 7 000 – 8 000
Oak Bay  2 (Harling Point)Fairbarns, 2006
Fairbarns, 2007
Fairbarns, 2009
8
2
8
31
7
167
Oak Bay  3 (Cattle Point)Ryan, 1993
Fairbarns, 2003–2004
Fairbarns, 2005–2009
Superficie non notée
<10
Nulle
85
≤ 10
0 (disparue?)
Oak Bay  4 (Gonzales Point)Fairbarns, 20094 119

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Protection et propriété

La population  1 d’Oak Bay (tableau 1) regroupe plusieurs petites sous-populations, dont certaines sont situées dans une réserve écologique provinciale. Dans le cadre du système de parcs et de zones protégées de la Colombie–Britannique, aucun plan d’aménagement ne comporte des dispositions précises pour la protection de la castilléjie de Victoria, mais, en vertu d’une loi provinciale (Park Act), il est interdit de cueillir des plantes indigènes dans les parcs provinciaux et les zones protégées. Quelques–unes des autres sous–populations se trouvent sur des terres fédérales gérées par la Garde côtière canadienne, mais étant donné que l’espèce n’est pas mentionnée dans la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale et qu’elle n’est pas sur la liste du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (BC Conservation Data Centre), elle n’est donc que très peu protégée. La Garde côtière canadienne a consigné sur une carte l’emplacement de ces populations, évalué les menaces et conclu qu’il n’était pas nécessaire d’apporter des changements au mode de gestion (Fairbarns, 2000). Le reste de la population  1 d’Oak Bay se trouve sur des terres de la Couronne provinciales occupées aux termes d’un bail par des installations de communication et n’est pas protégée.

La population  2 d’Oak Bay se trouve sur une terre privée et n’est pas protégée, même si l’endroit est un lieu historique national et que les propriétaires en assurent la gestion en suivant les directives de Parcs Canada.

La population  3 d’Oak Bay se trouve ou se trouvait dans un parc municipal. La municipalité d’Oak Bay appuie une initiative visant à consigner sur une carte et à protéger les lieux du parc où poussent des plantes rares, mais cette protection n’a pas de fondement juridique, et l’endroit est fréquenté par un grand nombre de visiteurs. La population a connu un déclin abrupt et est peut–être disparue.

La population  4 d’Oak Bay se trouve dans un terrain de golf privé et n’est pas protégée.

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Biologie

Peu d’information a été publiée sur la physiologie, la reproduction, la germination des graines, l’écologie des plantules, la survie, la dispersion et l’herbivorie dans le cas des populations canadiennes de la castilléjie de Victoria. L’information fournie ci-dessous est fondée principalement sur les observations et les expériences de Fairbarns, dont un grand nombre ont été documentées (Fairbarns, 2005).

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Généralités

La castilléjie de Victoria est une espèce annuelle. De toute évidence les graines de l’espèce persistent dans le stock semencier à tout le moins du moment de la dispersion de celles–ci, jusqu’à période de germination suivante (9 mois environ). On ignore dans quelle proportion les graines de l’espèce peuvent persister et germer dans les années subséquentes mais il semble plausible que la durée d’une génération soit de moins de trois ans.

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Reproduction et dispersion

La castilléjie de Victoria est une plante allofécondée pollinisée par des bourdons et peut–être aussi par d’autres insectes. La floraison a lieu en mai et en juin, et les graines arrivent à maturité à la fin juin ou en juillet. Les capsules commencent à s’ouvrir en juin, et les graines sont dispersées graduellement tout au long de l’été et de l’automne, à mesure qu’elles tombent des capsules partiellement ouvertes. La dispersion des graines se termine brusquement lorsque les tempêtes automnales cassent les pousses mortes. Chuang et Heckard (1983) et Kuijt (1969) avancent que les réticulations du tégument séminal d’espèces étroitement apparentées pourraient jouer un rôle dans la dispersion, peut–être parce qu’elles augmentent la rugosité de la surface et facilitent l’adhérence des graines aux animaux qui frôlent la plante, ou parce qu’elles font en sorte que les graines sont emportées un peu plus facilement par le vent que si elles avaient une surface lisse, ou encore parce qu’elles piègent l’air et permettent ainsi aux graines de flotter dans les mares. Des études approfondies visant les sites occupés et inoccupés par la population  2 d’Oak Bay semblent indiquer que la dispersion des graines est très restreinte et que la plupart des graines restent près de la plante mère.

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Germination

Les graines semblent nécessiter une période de temps froid avant de pouvoir germer. Une étude poussée des populations  1 et  2 d’Oak Bay a permis de découvrir que ni les graines fraîches, ni les graines du réservoir de semences du sol ne germent après les pluies de la fin de l’été, même si le temps reste chaud (Fairbarns, 2005). Par ailleurs, dans le cas d’une espèce étroitement apparentée, Young (2001) recommande une stratification à froid des graines avant l’ensemencement.

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Écologie et survie des plantules

Les graines de la castilléjie de Victoria peuvent commencer à germer au début avril, mais la plupart des plantules n’apparaissent qu’à la fin avril ou au début mai. Les plantules poussent lentement dans le sol humide et frais. Il semble que le taux de mortalité soit élevé chez les jeunes plantules, mais la plupart des individus qui atteignent le stade de six feuilles survivent jusqu’à ce que la sécheresse estivale tue toute la cohorte. On estime qu’il s’écoule environ 4 mois entre la période de germination puis la fin de la floraison et la mort d’un individu.

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Herbivorie

Aucune des populations ne présentait sur les feuilles des dommages pouvant être attribués à des herbivores. Il arrive à l’occasion que les insectes percent les bractées florales de bord en bord, mais aucune des 380 capsules examinées par le rédacteur du présent rapport en 2002 et en 2003 n’était perforée. Aucun dommage pouvant être attribué à des insectes ou à des champignons n’a été observé sur les plantes au cours d’études détaillées visant deux populations sur une période de trois ans.

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Physiologie

Comme les autres castilléjies, la castilléjie de Victoria est une hémiparasite. Ses racines se fixant à celles d’autres espèces au moyen d’haustoriums – renflements latéraux hémisphériques des racines de la plante parasite, qui pénètrent le cortex racinaire de l’hôte et relient les deux systèmes vasculaires. La plante hémiparasite puise de l’eau, des minéraux et des composés organiques dans la plante hôte, mais elle n’est pas parasite à part entière, parce qu’elle possède de la chlorophylle fonctionnelle et peut combler elle–même une partie ou même la totalité de ses besoins en photosynthétat (Kuijt, 1969). Certaines plantes hémiparasites, dont certaines espèces de castilléjies étroitement apparentées, extraient aussi des substances alcaloïdes des plantes hôtes et acheminent ces substances vers leurs feuilles et leurs tissus floraux externes. Ces alcaloïdes peuvent réduire l’herbivorie par les insectes; cependant, comme ils ne s’accumulent pas dans le pollen ou le nectar, ils ne semblent pas réduire la pollinisation (Adler, 2000; Adler et Wink, 2001; Boros et al., 1991).

L’association entre la plante hémiparasite et la plante hôte est un processus relativement aléatoire, et un grand nombre d’espèces peuvent être parasitées. Une même castilléjie peut former des connexions haustoriales avec plus d’une plante hôte, et la population entière peut former un réseau complexe de systèmes racinaires interreliés avec un grand nombre de plantes hôtes appartenant à un large éventail d’espèces. Les différentes espèces hôtes peuvent influer différemment sur la croissance et la reproduction de l’hémiparasite, et certaines peuvent s’avérer défavorables au parasite (Atsatt et Strong, 1970).

Même si toutes les espèces de castilléjies peuvent être hémiparasites, il semble que ce soit un état facultatif et non obligatoire. Certaines espèces apparentées, cultivées en l’absence d’hôte, peuvent se développer et réussir à se reproduire, mais leur taille et leur fécondité seront généralement réduites. La germination des graines n’exige pas la présence de plantes hôtes; en milieu naturel, les plantules peuvent vivre de façon autonome pendant plusieurs semaines pour autant que le sol reste toujours humide.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Des sites pouvant convenir à l’espèce ont été explorés à plusieurs reprises depuis le début des années 1980, dans le cadre d'une série de projets visant à répertorier la répartition des plantes rares des prés dégagés du sud–est de l'île de Vancouver et des îles Gulf. Les principaux chercheurs ayant participé à ces projets étaient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Chris Brayshaw, Harvey Janszen, Frank Lomer et George Douglas. Tous connaissaient bien l’espèce.

Plus de 1 000 hectares de milieux convenant ou convenant presque à l'espèce, répartis entre plus de 80 sites, ont été explorés, et un grand nombre de ces sites l’ont été à plus d'une reprise pendant la durée des travaux. Au cours de la dernière décennie, plus de 500 jours–personnes ont été consacrés à la recherche de plantes rares dans les milieux favorables.

La castilléjie de Victoria est une petite plante qui peut aisément passer inaperçue lors de relevés floristiques généraux. Cependant, le présent rapport de situation n’a été rédigé qu’à la suite de relevés spécifiques auxquels environ 6 jours–personnes ont été consacrés en 2003, 2 jours–personnes en 2004, 3 jours–personnes en 2005 et 3 jours–personnes en 2006, dans le cadre de quatre activités annuelles de recherche ciblée. Ces recherches comprennent les relevés infructueux menés dans de nombreux sites où poussaient d'autres espèces rares ayant été associées à la castilléjie de Victoria (figure 3). Aucune nouvelle population n'a été découverte.

Des chercheurs ont effectué des relevés rigoureux dans des sites pouvant convenir à l’espèce, dans les îles San Juan (État de Washington), en 2005 et en 2006, et n’ont découvert qu’une seule population.

Figure 3. Résultats de recherche négatifs (2003–2006). Chacune des étoiles marque l’emplacement d’un ou de plusieurs sites ayant été explorés sans succès.

Carte illustrant les sites explorés de 2003 à 2006 et où la castilléjie de Victoria n’a pu être trouvée.

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Abondance

Compte tenu des données de 2006, si on accepte que les plantes distantes de plus de 1 kmconstituent des populations distinctes, on peut conclure qu’il y a trois ou quatre populations existantes au Canada (il est possible que la population  3 d’Oak Bay soit disparue, comme il est mentionné ci-dessous; tableau 1). En 2006, la population canadienne comptait 7 000 à 8 000 individus florifères (appartenant presque tous à la population  1 d’Oak Bay). Une autre population, composée de 119 individus matures, a été découverte en 2009. Aux États–Unis, la seule population connue ne comprenait que 164 individus en 2006 (Fairbarns, obs. pers.).

La castilléjie de Victoria a été signalée en 1957 dans la « région de Shawnigan », mais cette mention doit être évaluée avec discernement. En effet, le site se trouve à l’extérieur de l’aire de répartition de l’espèce, qui est somme toute compacte, et les relevés détaillés menés dans les secteurs du lac Shawnigan, du ruisseau Shawnigan et de la baie Mill (où le ruisseau Shawnigan se déverse dans le détroit de Georgia) ont révélé qu’il n’y avait là pratiquement pas de milieux semblables à l’habitat décrit pour l’espèce. L’herborisatrice (M.C. Melburn) a récolté des spécimens dans une grande partie du sud–est de l’île de Vancouver, mais la plupart de ceux–ci provenaient de la région de Victoria, où la castilléjie de Victoria est la plus abondante. Il est possible que la mention de Shawnigan soit fondée sur un spécimen mal étiqueté mais les dossiers de récolte ayant été perdus, on ne peut vérifier cette information.

Outre les localités indiquées dans le tableau 1, il y a encore quelques sites vaguement mentionnés sur les étiquettes de spécimens d'herbier. On retrouve, entre autres, trois spécimens étiquetés « Oak Bay/Oak Bay District » et un quatrième, « Fowl Bay » (probablement la « Foul Bay » [baie Foul], qui se trouve dans la municipalité d’Oak Bay). Ces spécimens ont probablement été récoltés dans une ou plusieurs des localités mentionnées dans le tableau 1. Cependant, étant donné que ces spécimens ont été récoltés avant les importants travaux d’aménagement résidentiel et riverain qui ont eu lieu à Oak Bay, il est tout aussi probable qu’ils représentent une ou plusieurs populations disparues.

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Fluctuations et tendances

La taille des populations de la castilléjie de Victoria, comme dans le cas de bien d’autres annuelles, peut subir d’importantes fluctuations naturelles (Harper, 1977). Pendant les bonnes années, la population  1 d’Oak Bay peut comprendre jusqu’à neuf sous-populations. La plus importante de celles–ci comptait environ 4 200 individus en 2001, mais elle a atteint 6 456 individus en 2006. Plusieurs des plus petites sous-populations disparaissent complètement durant les mauvaises années, mais elles survivent vraisemblablement dans le réservoir de semences du sol. La taille de la population  2 d’Oak Bay a connu une fluctuation d’un ordre de grandeur, une fois, au cours des quatre dernières années. On n’a toutefois pas noté de fluctuation aussi importante, c.–à–d. d’un ordre de grandeur, pour l’ensemble de la population canadienne. La population  3 d’Oak Bay comprenait tout au plus 10 individus florifères, répartis sur moins de 10 , en 2003 et 2004, mais aucun individu n’a pu être trouvé en 2005, 2006, 2007, 2008 ou 2009. Comme la population  4 d’Oak Bay n’a été découverte qu’en 2009, il n’existe pas d’information sur ses fluctuations et tendances. En raison des fluctuations constatées pour diverses populations, on ne peut pas établir clairement s’il y a un déclin du nombre d’individus.

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Immigration de source externe

Des relevés floristiques ont été effectués sur une vaste échelle dans des secteurs voisins situés dans l’État de Washington et plus précisément dans la presqu’île Olympic (Buckingham et al., 1995), ainsi que dans les principales îles (Atkinson et Sharpe, 1993) et certains îlots (Giblin, comm. pers., 2005) du comté de San Juan. Malgré ces relevés intensifs, on n’a trouvé qu’une petite population de castilléjie de Victoria. La population est petite, et une étendue d’eau libre de plus de 20 km la sépare de la partie la plus proche de l’aire de répartition canadienne. De plus, les graines n’ont pas de caractéristiques facilitant leur dispersion sur de grandes distances par le vent, l’eau ou les animaux. C’est pourquoi les chances d’immigration (par les graines ou le pollen) de l’espèce, depuis les États–Unis, sont négligeables.

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Facteurs limitatifs et menaces

Destruction de l’habitat

La destruction de l’habitat a été le principal facteur de la disparition de populations. Le secteur côtier du chemin Dallas, où Macoun a récolté l’espèce pour la première fois, en 1893, a été grandement altéré par la construction d’installations portuaires. De même, le cap Ten Mile Point, où l’on a récolté l’espèce quatre fois dans les années 1940 et 1950, a été transformé en quartier résidentiel.

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Menaces associées aux activités récréatives ou autres

Les activités récréatives constituent une autre importante menace pour la castilléjie de Victoria. La population  2 d’Oak Bay subit une intense circulation pédestre tout au long de l’année; les marcheurs sont surtout des résidents locaux et des visiteurs d’ailleurs dans la région de Victoria venus pour la fin de semaine. Certains individus de l’espèce ont été écrasés par les marcheurs, d’autres ont été endommagés par des pique–niques qui ont eu lieu carrément sur eux. En 2004, un foyer illégal a été construit sur la population. En 2003, un résident local a choisi l’endroit pour pratiquer son élan de golf (ce qui a arraché de grandes mottes de gazon). Compte tenu de l’aire limitée occupée par les individus, cette intensité d’utilisation constitue une menace grave.

La population  3 d’Oak Bay subit une circulation pédestre extrêmement intense pendant le printemps et l’été, lorsque des autocars affrétés y amènent des centaines de visiteurs chaque jour. La circulation pédestre demeure intense tout au long de l’automne et de l’hiver, et les cyclistes et les chiens y circulent également. Par conséquent, en 2002 et en 2003, une partie importante des individus de cette petite population ont été écrasés avant de produire des fruits. Les activités récréatives ont également causé la dégradation de l’habitat, car le sol des mares printanières a été compacté et s’est érodé.

La population  4 d’Oak Bay ne subit pratiquement aucun effet des activités récréatives, malgré qu’elle soit située sur un terrain de golf. De même, la population  1 d’Oak Bay (île Trial), étant donné qu’elle se trouve sur une île où l’accès et les activités des visiteurs sont limités, ne semble pas touchée par une menace grave imminente liée aux visiteurs ou à l’entretien du site.

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Menaces associées aux plantes exotiques envahissantes

Plusieurs espèces exotiques ont envahi l’habitat actuel et potentiel de la castilléjie de Victoria. Les microsites les plus profonds des mares printanières sont souvent recouverts en bonne partie par un tapis de spergulaire rouge pendant la période de floraison. Les abords des mares et des suintements printaniers, où la castilléjie de Victoria tend à être plus abondante, sont recouverts en grande partie par des graminées annuelles envahissantes, comme la canche précoce, le brome mou, l’orge queue–d'écureuil, le pâturin annuel et la vulpie faux–brome.

Les secteurs légèrement plus secs ont tendance à être dominés par un peuplement dense de graminées envahissantes, y compris la flouve odorante, le dactyle pelotonné, la houlque laineuse et l’ivraie vivace ainsi que par des plantes herbacées non graminoïdes introduites, comme le géranium mou, la porcelle enracinée, le plantain lancéolé, la petite oseille et le silène de France. Ces espèces exotiques semblent avoir remplacé la végétation indigène de graminées cespiteuses dominée par la danthonie de Californie (Danthonia californica) et la deschampsie cespiteuse (Deschampsia caespitosa), et avoir occupé les superficies dégagées séparant les graminées cespiteuses, où il est possible que la castilléjie de Victoria ait déjà prospéré.

La population des îles Chain est probablement disparue à cause d’espèces envahissantes, étant donné que la plupart des terrains élevés de ces îles ont été envahis par des graminées annuelles, tel le Poa annua.

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Menaces associées à l’altération des régimes hydrologiques

La survie de la castilléjie de Victoria exige un suintement hivernal. Toute activité qui perturbe le régime hydrologique, qu’elle soit due à la construction ou consiste en un simple compactage du sol, peut arrêter ce processus essentiel.

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Menaces et localités

Oak Bay compte trois ou quatre populations, selon que la population de Cattle Point ( 3) existe encore ou non. Les populations sont séparées par des distances dépassant la capacité de dispersion limitée de l’espèce sur plusieurs générations, et même probablement sur des décennies. Les populations de Harling Point ( 2) et de Cattle Point ( 3) n’occupent que quelques mètres carrés chacune et sont gravement perturbées par les activités récréatives. La population de Gonzales Point ( 4), située sur un terrain de golf privé, ne semble subir qu’un impact restreint, et la population de l’île Trial ( 1), comprenant une série de petites sous–populations et une plus grande sous–population, ne semble pas être visée par des menaces imminentes graves. De façon globale, on peut dire que l’espèce compte trois ou quatre localités tout au plus, du point de vue des menaces ou de l’absence d’impact grave.

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Importance de l'espèce

Les populations canadiennes de la castilléjie de Victoria ont une grande valeur de conservation, parce qu’elles constituent presque toute la population mondiale d’une espèce endémique dont l’aire de répartition est très restreinte. Il n’y a pas d’information sur les connaissances traditionnelles autochtones relatives à la castilléjie de Victoria. Il s’agit d’une espèce extrêmement rare et d’une plante très petite qui ressemble à plusieurs espèces apparentées. Il est donc peu probable qu’elle ait eu une importance particulière pour les Premières nations.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

La castilléjie de Victoria n'est pas protégée en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), ni de l’Endangered Species Act des États–Unis. Elle n’est pas inscrite sur la liste rouge de l’Union mondiale pour la conservation de la nature.

La castilléjie de Victoria est classée G1 à l’échelle mondiale et S1 à l’échelle provinciale (NatureServe, 2009).

La castilléjie de Victoria ne bénéficie d’aucune protection juridique de la part de la Province de la Colombie–Britannique.

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Remerciements et experts contactés

Le rédacteur du présent rapport aimerait remercier Mark Egger, Hans Roemer, Adolf Ceska, Oluna Ceska, Shane Ford, Robb Bennett, Erica Wheeler et Heidi Guest de l’aide qu’ils lui ont généreusement apportée sur le terrain et pendant des discussions. Brian Reader et Louise Blight (Agence Parcs Canada), Arthur Robinson (Service canadien des forêts), Jenifer Penny (Centre de données sur la conservation de la Colombie–Britannique), Brenda Costanzo (ministère de l’Environnement de la Colombie–Britannique) et Dave Elliot (Garde côtière canadienne) ont apporté un soutien précieux. Leur contribution ainsi que celle de leurs organismes ont été grandement appréciées.

Experts contactés

  • Achuff, Peter (à la retraite), ancien botaniste national, Direction de l’intégrité écologique, Parcs Canada, parc national du Canada des Lacs–Waterton (Alberta).
  • Caplow, Florence, ancienne botaniste spécialisée en plantes rares, Washington Natural Heritage Center.
  • Cunnington, David, biologiste des espèces en voie de disparition, Centre de recherche sur la faune du Pacifique, Delta (Colombie–Britannique).
  • Douglas, W. George (décédé), botaniste consultant, Duncan (Colombie–Britannique).
  • Egger, Mark, spécialiste de la taxinomie du Castilléja, Université de Washington, Seattle (État de Washington).
  • Fraser, Dave, spécialiste des espèces en voie de disparition, Biodiversity Branch, Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie–Britannique, Victoria (Colombie–Britannique).
  • Giblin, David, botaniste, University of Washington Herbarium, Seattle (État de Washington).
  • Goulet, Gloria, coordonnatrice, Connaissances traditionnelles autochtones, Service canadien de la faune, Ottawa (Ontario).
  • Penny, Jenifer, botaniste, Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique, Victoria (Colombie–Britannique).

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Sources d'informations

Adler, L.S. 2000. Alkaloid uptake increases fitness in a hemiparasitic plant via reduced herbivory and increased pollination, American Naturalist156:92–99.

Adler, L.S., et M. Wink. 2001. Transfer of quinolizadine alkaloids from hosts to hemiparasites in two CastillejaLupinusassociations: analysis of floral and vegetative tissues, Biochemical Systematics and Ecology 29:551–561.

Atkinson, S., et F. Sharpe. 1993. Wild Plants of the San Juan Islands (2è édition), The Mountaineers, Seattle, 191p.

Atsatt, P.R., et D.R. Strong. 1970. The population biology of annual grassland hemiparasites, I, The host environment, Evolution 24:278–291.

Boros, C.A., D.R. Marshall, C.R. Caterino et F.R. Stermitz. 1991. Iridoid and phenylpropanoid glycosides from Orthocarpus spp.: alkaloid content as a consequence of parasitism on Lupinus, Natural Products Journal (Lloydia) 54:506–513.

Buckingham, N.M., E.G. Schreiner, T.N. Kaye, J.E. Burger et E.L. Tisch. 1995. Flora of the Olympic Peninsula, Northwest Interpretive Association, Seattle, 199p.

Chuang, T.I., et L.R. Heckard. 1983. Systematic significance of seed–surface features inOrthocarpus (Scrophulariaceae – Subtribe Castillejinae), Amer. J. Bot.70:877–890.

Chuang, T.I., et L.R. Heckard. 1993. Castilleja, p. 1016–1024, in J.C. Hickman (éd.), 1993, The Jepson Manual: Higher Plants of California, University of California Press, Berkeley, 1400p.

CRD 2006. Capital Regional District Population Statistics (en anglais seulement).

Egger, M., comm. pers. 2005.Conversation avec M. Fairbarns, mai 2005, Specialist in Castilleja taxonomy, University of Washington, Seattle (Washington).

Fairbarns, M. 2000. Management for rare, threatened and endangered plant species of Trial Island lighthouse site, rapport pour la Garde côtière canadienne, 17p.

Fairbarns, M. 2005. Demographic and Phenological Patterns of Castilleja ambigua(Paintbrush Owl–Clover), rapport inédit pour l’Agence Parcs Canada, 33p.

Fairbarns, M., et M. Egger. 2007. Castilleja victoriae(Orobanchaceae): a new rare species from southeastern Vancouver Island, British Columbia, Canada, and the adjacent San Juan Islands, Washington, U.S.A., Madrono54:334–342.

Harper, J.L. 1977. Population biology of plants, Chapter 18: Annuals and biennialsp. 515–547, Academic Press, London.

Giblin, D.,comm. pers. 2005. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, juin 2005, botaniste, Herbarium, University of Washington, Seattle (Washington).

Keck, D.D. 1927. A revision of the genus Orthocarpus, Proceedings of the California Academy of Sciences Series 4 16:517–571.

Kuijt, J. 1969. The biology of parasitic flowering plants, University of California Press, Berkeley et Los Angeles.

Lea, E. 2002. Garry oak ecosystem maps (en anglais seulement), Terrestrial Information Branch, Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie–Britannique, Victoria (Colombie–Britannique).

NatureServe. 2009. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life(en anglais) [application Web], Version 7.1, NatureServe, Arlington (Virginie). (Consulté le 28 février 2009).

Penny, J., comm. pers. 2006. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, juillet 2006, Rare Plant Botanist, Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique, Victoria (Colombie–Britannique).

Young, B. 2001. Propagation protocol for production of container Castilleja ambigua Hook. & Arn. Plants (3 inch pot); Golden Gate National Parks, San Francisco, California, in Native Plant Network (en anglais seulement). (consulté le 19 avril 2002), Moscow (ID): University of Idaho, College of Natural Resources, Forest Research Nursery.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Matt Fairbarns a obtenu un baccalauréat ès sciences en botanique de l’Université de Guelph en 1980. Il compte à son actif environ 25 années d’expérience dans le domaine de la cartographie, du recensement et de la conservation des plantes rares et des écosystèmes de l’ouest du Canada.

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Collections examinées

Les herbiers suivants ont été examinés :

  • Royal BC Museum(V)
  • University of Victoria(UVIC)
  • University of British Columbia (UBC)