Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Cicindèle verte des pinèdes Cicindela patruela au Canada – 2009

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux


Information sur le document

Cicindèle verte des pinèdes Cicindela patruela

Photo d’une cicindèle verte des pinèdes prise au parc provincial Pinery (Ontario). L’insecte se repose sur une main.

En voie de disparition - 2009

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 39 p.

Note de production :
Le COSEPAC remercie Robert Foster et Allan Harris pour la rédaction du rapport de situation sur la cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela) au Canada, préparé en vertu d’un contrat conclu avec Environnement Canada. Paul Catling, coprésident du Sous–comité des spécialistes des arthropodes du COSEPAC a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Northern Barrens Tiger Beetle Cicindela patruela in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Cicindèle verte des pinèdes -- fournie par l'auteur

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/586–2010F–PDF
ISBN978–1–100–93825–7

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2009

Nom commun
Cicindèle verte des pinèdes

Nom scientifique
Cicindela patruela

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Ce coléoptère remarquable par sa couleur vert métallique occupe un habitat de forêt clairsemée sur sol sablonneux, dominé par des pins et/ou des chênes. Présente dans le nord est et le centre nord de l’Amérique du Nord, l’espèce est en péril à l’échelle mondiale. Elle atteint la limite nord de son aire de répartition mondiale dans le sud de l’Ontario où on ne la trouve actuellement qu’à deux localités. L’espèce est disparue d’un site historique bien connu. La perte d’habitat résultant de la succession naturelle et le trafic pédestre accru constituent des menaces importantes.

Répartition
Ontario, Québec

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2009.

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COSEPAC - Résumé

Cicindèle verte des pinèdes Cicindela patruela

Information sur l’espèce

La cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela) est un coléoptère de la famille des Carabidés. Au total, 3 sous–espèces ont été décrites, mais seule la sous–espèce nominale, le C. patruela patruela, se trouve au Canada. Cette sous–espèce se reconnaît à sa couleur vert métallique mat et à la bande médiane blanche complète qui orne ses élytres. Elle mesure de 12 à 14,5 mm de longueur.

Répartition

La répartition historique de la cicindèle verte des pinèdes comprend l’Ontario, le Québec et 24 États du centre–nord et de l’est des États-Unis. Sa zone d’occurrence est discontinue, et l’espèce forme des populations localisées à l’échelle de son aire de répartition. Au Canada, elle occupait autrefois 3 localités en Ontario et au Québec, mais on la croit aujourd’hui disparue d’un de ces sites, et sa présence n’a été confirmée que dans 1 des 2 autres sites canadiens, à savoir le parc provincial Pinery.

Habitat

La cicindèle verte des pinèdes se trouve le long de sentiers sableux secs et de routes peu fréquentées, ainsi que dans d’autres petites éclaircies de savanes à chênes et à pins et dans des forêts mixtes. Les larves fréquentent le même habitat que les adultes et se trouvent généralement en bordure de sentiers, dans des sols plus consolidés à couverture végétale clairsemée de fougère–aigle commune, de bleuets, de graminées, de mousses et de lichens. La cicindèle verte des pinèdes n’occupe souvent que de petites parcelles à l’intérieur d’un territoire plus vaste en apparence propice.

Biologie

Le cycle vital de la cicindèle verte des pinèdes est étalé sur deux ans. Les adultes émergent habituellement au début de l’automne et s’alimentent pendant un certain temps avant de retraiter dans un terrier pour y passer l’hiver. Le printemps suivant, ils émergent de leur cachette, s’accouplent, et les femelles déposent leurs œufs. Les adultes peuvent survivre pendant une bonne partie de l’été. Les œufs éclosent au début de l’été, et les larves se creusent aussitôt un terrier. Elles atteignent le deuxième ou troisième stade à l’automne, passent l’hiver sous terre et poursuivent leur croissance au printemps et à l’été suivants, au troisième stade. La nymphose survient à la fin de ce deuxième été.

Les adultes sont actifs par temps chaud et ensoleillé et consomment une grande variété de petits invertébrés, en particulier des fourmis. Les larves sont également prédatrices et chassent à l’affût depuis l’embouchure de leur terrier. À l’âge adulte, la cicindèle verte des pinèdes peut à son tour servir de proie à divers Asilidés (Diptères) et prédateurs généralistes.

Taille et tendances des populations

Les effectifs de la cicindèle verte des pinèdes sont globalement limités pour un insecte aussi largement répandu, et l’espèce semble en déclin dans la plus grande partie de son aire de répartition. Elle semble avoir disparu d’un des 3 sites canadiens connus. La population totale du parc provincial Pinery oscillerait entre 400 et 1 000 individus, en comptant les larves et les adultes, mais il s’agit là d’une estimation très grossière. Dans un des sous–sites du parc provincial Pinery, les effectifs de la cicindèle verte des pinèdes semblent avoir subi un déclin au cours des 15 dernières années. Les tendances dans d’autres sous–sites voisins sont inconnues. Les données disponibles sont insuffisantes pour permettre une évaluation précise de la taille des populations.

Facteurs limitatifs et menaces

La cicindèle verte des pinèdes atteint au Canada la limite nord de son aire de répartition, et elle fait preuve d’une grande spécificité à l’égard de son habitat. Dans son aire de répartition mondiale, elle est modérément à très gravement menacée par un certain nombre de facteurs, principalement la destruction et la détérioration de son habitat. Au Canada, la détérioration de l’habitat résultant de l’évolution naturelle de la savane et des boisés clairsemés en milieux denses et plus ombragés, favorisée principalement par l’absence de feux de forêt naturels, est la principale menace qui pèse sur la cicindèle verte des pinèdes.

Importance de l’espèce

Les cicindèles suscitent depuis longtemps l’intérêt des entomologistes amateurs et professionnels et constituent des modèles importants pour l’étude de l’écologie et de l’évolution. La cicindèle verte des pinèdes est une espèce trop rare et inconnue dans une bonne partie de son aire de répartition pour que la plupart des gens la reconnaissent, mais la popularité des cicindèles augmente sans cesse, comme en fait foi le nombre croissant de guides publiés à leur sujet au cours des dernières années. Les cicindèles sont les premiers coléoptères à figurer au palmarès des observateurs d‘insectes, dont les activités s’inspirent, à maints égards, de celles des ornithologues amateurs. Enfin, la cicindèle verte des pinèdes, comme d’autres cicindèles, constitue un indicateur environnemental utile à la classification de la situation générale des espèces à l’échelle nationale.

Protection actuelle

La cicindèle verte des pinèdes est cotée « espèce vulnérable » (Vulnerable) tant à l’échelle mondiale qu’aux États-Unis. Elle ne fait pas l’objet d’un classement national au Canada, mais elle est considérée comme « gravement en péril » (Critically imperiled) en Ontario et est tenue pour disparue du Québec. Aux États-Unis, elle est considérée comme en péril (Imperiled) ou vulnérable (Vulnerable) dans tous les États où elle se trouve. Elle est classée « espèce préoccupante » (Special concern) au Minnesota, au Wisconsin et au Michigan, et « espèce en voie de disparition » (Endangered) au Maryland. Au Canada, la seule population existante se trouve dans le parc provincial Pinery, où les mesures de gestion en vigueur favorisent, sans toutefois la garantir, la protection de cet insecte et de son habitat.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur la Cicindèle verte des pinèdes Cicindela patruela au Canada - 2009

Information sur l’espèce

Nom et classification

  • Règne : Animal
  • Phylum : Arthropodes
  • Sous–phylum : Hexapodes
  • Classe : Insectes
  • Sous–classe : Ptérygotes
  • Infraclasse : Néoptères
  • Ordre : Coléoptères Linné, 1758
  • Sous–ordre : Adéphages Schellenberg, 1806
  • Famille : Carabidés Latreille, 1802
  • Sous–famille : Cicindélinés Latreille, 1802
  • Genre : Cicindela Linné, 1758
  • Espèce : Cicindela patruela Dejean, 1825
  • Sous–espèce : Cicindela patruela patruela Dejean, 1825 – Cicindèle verte des pinèdes.

La cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela Dejean, 1825) appartient à l’ordre des Coléoptères et à la famille des Carabidés. Certains caractères des pièces génitales mâles récemment découvertes donnent à penser que les cicindèles pourraient constituer la première lignée de cette famille et qu’il pourrait être approprié de les classer dans une famille à part (Cicindélidés), comme on le faisait par le passé. Les experts n’ont cependant pas encore tranché (H. Goulet, comm. pers., novembre 2008). Le C. patruela appartient au sous–genre Cicindela, ou cicindèles communes, un des nombreux sous–genres du genre Cicindela Linné (sensu lato), répandu à l’échelle mondiale. Cette espèce est décrite sous le nom de Northern Barrens Tiger Beetle dans un ouvrage récent intitulé « A field guide to the tiger beetles of the United States and Canada » (Pearson et al., 2006), mais sous le nom de Patterned Green Tiger Beetle dans les guides plus anciens (voir par exemple Leonard et Bell, 1999).

Le C. patruela est un membre du groupe C. sexguttata, qui comprend l’espèce nominale ainsi que le C. denikei (Kaulbars et Freitag, 1993). On suppose qu’il s’est détaché de la lignée C. sexguttata – C. denikei au cours du Pliocène, tout en restant très similaire au plan morphologique. On reconnaît généralement trois sous–espèces du C. patruela, dont le C. patruela patruela, la plus largement répandue aux États-Unis et au Canada. Le C. p. consentanea Dejean, forme à la livrée plus sombre, est confinée aux pinèdes (Pine Barrens) de Long Island, du New Jersey et du Delaware. Une forme vert boueux à bronzée signalée par Lawton (1970) dans le centre–ouest du Wisconsin a subséquemment été décrite sous le nom de C. p. huberi par Johnson (1989). Cette forme occupe la zone chevauchant le lit de l’ancien lac glaciaire Wisconsin et les régions avoisinantes (Willis, 2001). Certains auteurs (voir par exemple Bousquet et Larochelle, 1993; Kaulbars et Freitag, 1993) ne reconnaissent toutefois pas le C. p. huberi comme une véritable sous–espèce et n’y voient qu’une simple variante du C. p. patruela.

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Unités désignables

Même si les deux localités canadiennes sont isolées l’une de l’autre et se trouvent dans deux écozones différentes (selon certaines définitions), il ne paraît pas justifié de les traiter comme des unités désignables distinctes puisqu’elles étaient probablement plus étroitement reliées dans le passé et que rien ne permet de conclure qu’il y aurait des différences au plan de la composition génétique ou de l’écologie.

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Description morphologique

Avec ses yeux saillants et sa tête au moins aussi large que le pronotum (thorax), le C. patruela est le prototype parfait d’une cicindèle (Figure 1). Les côtés de l’abdomen sont presque parallèles, quoique légèrement plus larges derrière la portion médiane. Les antennes, filiformes, sont insérées à la base des mandibules, fortes, falciformes et dentées. Les pattes sont longues et effilées. Le C. patruela mesure de 12 à 14,5 mm de longueur. Les élytres sont vert métallique mat, avec 3 taches (lunules) distinctes (Pearson et al., 2006). La bande médiane caractéristique est complète (continue), transversale et légèrement sinueuse au milieu. La lunule apicale (tache postérieure) et la lunule humérale (tache antérieure) sont chacune réduites à 2 points qui se touchent parfois légèrement. Il n’y a jamais de bande marginale.

Le C. patruela ressemble beaucoup au C. sexguttata, mais chez ce dernier, la bande médiane est généralement fragmentée et réduite à deux points. Chez quelques rares spécimens, la bande médiane est très mince et se termine par un point rond (Leonard et Bell, 1999). La ponctuation des élytres et la structure des pièces génitales internes (p. ex. taille et forme des sclérites) sont les critères les plus fiables et les plus stables pour distinguer ces deux espèces (Kaulbars et Freitag, 1993). En raison des particularités de sa microsculpture élytrale, le C. patruela est d’un vert métallique plus mat, alors que le C. sexguttata est d’un vert plus iridescent (Knisley et Schultz, 1997). La face ventrale de l’abdomen est vert métallique chez les deux espèces, mais plus densément pubescente chez le C. patruela (Leonard et Bell, 1999). Enfin, le C. patruela se différencie des formes vertes du C. limbalis et du C. purpurea à son front glabre.

Les larves de cicindèles sont blanches, vermiformes et à tégument membraneux et peuvent mesurer jusqu’à 2,5 cm de longueur (figure 2). La capsule céphalique est grosse, foncée, sclérifiée, pourvue dorsalement de six yeux et armée ventralement de fortes mandibules. Les larves portent sur la portion postérieure du dos une bosse proéminente armée de crochets qui leur permet de s’ancrer fermement dans leur terrier vertical. Les larves du C. patruela se distinguent de celles des autres espèces de cicindèles par la taille, la forme, l’emplacement et le nombre de crochets, de sclérites et/ou de soies (Willis, 1980).

Figure 1. Cicindela patruela adulte, parc provincial Pinery (Ontario), mai 2007.

Photo d’une cicindèle verte des pinèdes prise au parc provincial Pinery (Ontario). L’insecte se repose sur une main.

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Figure 2. llustration type d’une larve de cicindèle (reproduction autorisée à partir du site Web de Gary Dunn : http://members.aol.com/YESedu/ecologyt.html).

llustration type d’une larve de cicindèle

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Description génétique

Barraclough et Vogler (2002) ont récemment établi la phylogénie de 110 espèces nord–américaines du genre Cicindela en s’appuyant sur l’analyse de leur ADN mitochondrial. Ils ont démontré que le C. patruela a récemment divergé du C. sexguttata, corroborant ainsi les hypothèses phylogénétiques classiques fondées sur les caractères morphologiques et, en particulier, sur les pièces génitales internes. Aucune étude génétique des variations intraspécifiques chez le C. patruela n’a été publiée à ce jour.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le C. patruela est largement réparti du centre–nord à l’est de l’Amérique du Nord, du nord de la Géorgie au centre de l’Ontario et de l’ouest du Maryland au centre du Minnesota. Historiquement, il se trouvait en Ontario, au Québec et dans 24 États américains (figure 3). La zone d’occurrence maximale mondiale de l’espèce est évaluée à quelque 1,2 million de kilomètres carrés. Cette cicindèle est actuellement présente en Ontario et dans 17 États, mais sa répartition est discontinue et localisée. À l’échelle de cette aire, de vastes zones d’habitat apparemment propice semblent toutefois inoccupées. En s’appuyant sur son expérience personnelle et sur celle d’autres collectionneurs, Knisley a évalué le nombre de sites occupés en 1994 à entre 33 et 56 (NatureServe, 2007). Cette estimation est légèrement inférieure à la réalité, car de nouveaux sites ont été découverts ou signalés récemment. Le C. patruela est considéré comme peu commun à rare dans toutes les portions de son aire de répartition, et il est peut–être aujourd’hui disparu du Québec, du Delaware, du New Hampshire et du Rhode Island. Il atteint probablement son abondance maximale au Wisconsin et au Michigan (Willis, 2001), et peut–être en Pennsylvanie. De nouvelles populations ont récemment été découvertes dans l’État de New York et au New Jersey, 2 États où on le croyait disparu (P.M. Catling, comm. pers.).

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, le C. patruela occupait autrefois trois sites, mais il semble aujourd’hui présent seulement dans le parc provincial Pinery, en Ontario, sur la rive sud–est du lac Huron, où il a été capturé pour la première fois en 1991, et peut–être dans la vallée de l’Outaouais, au Québec (Figure 4, Skevington, 1995; Skevington et al., 2001). Cette espèce atteint au Canada la limite nord de son aire de répartition mondiale, et tous les sites canadiens connus se trouvent dans l’écozone des Plaines à forêts mixtes (Environnement Canada, 2007). On pense que sa répartition est un reflet direct de la dispersion postglaciaire, du climat et du type de sol (Leng, 1912; Kaulbars et Freitag, 1993). Le climat plus froid et les sols granitiques peu profonds pourraient limiter sa dispersion vers le nord. Les sites canadiens sont vraisemblablement le reflet d’une dispersion postglaciaire le long de vallées fluviales caractérisées par des microclimats plus doux, des sols alluvionnaires sableux et une couverture végétale typique de ces types de milieux.

Le C. patruela était autrefois présent dans la région de la baie Constance, le long de la rivière des Outaouais, environ 20 km à l’est d’Arnprior (Wallis, 1961), mais il n’y a pas été capturé depuis 1950 (tableau 1, Foster et Harris, 2007b) ni observé depuis plusieurs décennies, malgré des recherches répétées effectuées par P.M. Catling, H. Goulet et d’autres chercheurs. Il a probablement disparu de cet endroit (Goulet, 2005a; Skevington, 2007).

Un spécimen a été capturé le 24 mai 1980 à l’île aux Allumettes (comté de Pontiac), au Québec, environ 80 km en amont sur la rivière des Outaouais, près de Pembroke (Ontario) (H. Goulet, comm. pers.). Le lieu exact de sa capture sur cette île de 264 km² est inconnu. Aucune autre observation n’y a été signalée depuis, mais les efforts déployés subséquemment pour retracer l’espèce semblent avoir été limités. Rien ne permet donc de conclure à sa disparition, et ce site est toujours pris en compte dans le calcul de la zone d’occurrence et de la zone d’occupation. Le spécimen sur lequel est fondée cette mention a été perdu, mais il a été vu et identifié formellement en 1985 par un spécialiste québécois des coléoptères, André Larochelle (Larochelle, comm. pers.), et par d’autres spécialistes (H. Goulet, comm. pers.). Cette mention est donc considérée comme valide.

Figure 3. Répartition du Cicindela patruela en Amérique du Nord (fondée en grande partie sur Johnson, 1989, Pearson et al., 1997 et Pearson et al., 2006).

Carte illustrant la répartition du Cicindela patruela en Amérique du Nord.

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Figure 4. Répartition du Cicindela patruela au Canada (les points indiquent les sites historiques, le carré, le site existant, et les triangles, les sites ayant fait l’objet de relevés).

Carte illustrant la répartition du Cicindela patruela au Canada et indiquant les sites historiques, le site existant, les sites ayant fait l’objet de relevés.

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Le C. patruela n’a été observé récemment que dans une petite section du parc provincial Pinery, même si des centaines d’heures ont été consacrées à sa recherche et à celle d’autres espèces d’insectes dans d’autres sections du parc, dans les dunes boisées de Port Franks et dans le sanctuaire du bleu mélissa (lépidoptère) et ses environs (Foster et Harris, 2007a; Skevington, 2007; comm. pers.). D’autres milieux propices existent peut–être dans les dunes boisées d’arrière–plage s’étendant entre la plage Ipperwash et Port Franks (ancien champ de tir et camp d’entraînement des Forces canadiennes connus sous le nom de Camp Ipperwash), mais ils n’ont pas été explorés à fond, l’accès y étant limité (D. Sutherland, 2005). Les dunes boisées et landes sableuses et les types de végétation connexes qui caractérisent l’habitat connu du C. patruela au Canada sont extrêmement rares, et le secteur de la baie Constance, le parc provincial Pinery, les dunes d’arrière–plage de Wasaga et les plaines de Turkey Point, dans le comté de Norfolk, comptent parmi les meilleurs exemples (et les plus vastes) de l’habitat de prédilection de l’espèce (Boyd et Cuddy, 1983; Brunton, 1992; Bakowsky, 1993; Rodger, 1998). Des recherches ont été effectuées à tous ces sites ainsi qu’à la station forestière St. Williams, l’autre zone boisée de chênes et de pins importante de la plaine sableuse de Norfolk. On trouve également des peuplements clairsemés de pin gris (Pinus banksiana) aux divers endroits suivants : région de Petawawa (Bruinsma, 2006), île du Grand Calumet (Coulson, 2006), dépôts sableux le long de la rivière des Outaouais (Westmeath, etc.), Camp Borden (comté de Simcoe), flèches littorales du lac Érié, île Walpole, plaine sableuse de Bothwell, plaines du lac Rice, île Giant’s Tomb, parcs Awenda et Sandbanks, et section ouest du parc Algonquin (Catling, 2006, comm. pers.). On estime que ces sites exceptionnellement sableux ont été explorés à plusieurs occasions par des entomologistes. Ces recherches ont sans doute varié en durée et en intensité, mais leur insuccès témoigne de l’extrême rareté de l’espèce.

Wasaga Beach est mentionné par erreur par Skevington (1995) comme étant le seul site canadien où le C. patruelaaurait été présent (mais où il aurait depuis disparu). Il n’existe cependant aucune mention confirmée de la présence de cette espèce dans la région de Wasaga, malgré les recherches poussées et les campagnes de piégeage ciblées à l’aide de pièges–fosses qui ont été effectuées dans cette région par Gurr (2005). La présence du C. patruela a également été signalée dans la région de Blyth, dans le comté de Lambton, mais on s’est rendu compte que le spécimen sur lequel cette mention était fondée était en réalité un spécimen de C. sexguttata présentant une bande médiane anormalement développée (Foster et Harris, 2007a).

Il est possible que le C. patruela soit plus largement réparti dans les quelque 2 271 ha du parc provincial Pinery et les secteurs adjacents non aménagés (< 1000 ha), mais cela semble peu probable, compte tenu des efforts déployés par les entomologistes à cet endroit de surcroît très visité et étudié. Si la population de l’île aux Allumettes, où un spécimen a été capturé en 1980 (Goulet, 2006), existe encore, elle est vraisemblablement de petite taille, car au moins la moitié du territoire de l’île a été convertie en terres agricoles, et une bonne partie du reste est densément boisée.

Au Canada, la zone d’occurrence de l’espèce inclut le parc provincial Pinery et l’île aux Allumettes.  La zone d’occupation a été estimée à 12 km² selon une grille de 2 X 2 km².

Tableau 1. Localités du Canada où des recherches ciblées n’ont pas permis de confirmer la présence du C. patruela (voir la Figure 3).
LocalitéObservateurDate
Vallée de l’Outaouais
Baie ConstanceH.GouletVers 1964, 1980, 2000
S. MarshallInconnue
P. Catling, D. CuddyVers 2001
P. Catling2007
J. Skevington2005–2007
Île du Grand CalumetS. Laplante2006 (île aux Allumettes non visitée)
Région de PetawawaD. CoulsonEnsemble du comté de Renfrew, depuis 2001
P. Catling2007
Région de Pinery
Parc provincial Pinery (autres sites que les sites connus)J. Skevington1993–1996
I. Carmichael1994–1996
A. Rider1990 à aujourd’hui
R. Foster, A. Harris2005–2007
Pente de ski adjacente à la section nord–est du parcA. RiderFin des années 1990
Dunes boisées de Port Franks et sanctuaire du bleu mélissaR. Foster, A. Harris2005
J. Skevington1995–1996
D. SutherlandDivers moments en 1994
Camp scout AttawandaronR. Foster2005
Plaine sableuse de Norfolk
Station forestière St. Williams
(y compris le sentier Manester)
D. Sutherland3 juin, 7–8 sept. 1994; 8 juillet, diverses périodes
J. Skevington1990, 2000, 2004–2006 (brièvement)
J. Acorn27 mai 2005
R. Foster, A. HarrisJuin 2005
J. AllairMai, juin et août 2007
Station piscicole de NormandaleD. SutherlandDiverses périodes, 1994–1995
J. AllairMai, juin et août 2007
Parc provincial Turkey PointR. Foster, A. HarrisMai 2007
J. Skevington1990, 2000, 2004–2006 (brièvement)
D. Sutherland4 juin 1994; 9 et12 juillet 1995
Autres
Parc provincial Wasaga BeachM. Gurr2000–2003
D. Sutherland20 juin 1997
Parc provincial InverhuronM. GurrAoût à novembre 2005
Parc provincial Presqu'îleM. GurrMilieu à la fin des années 1990
D. BreeDiverses périodes depuis 2000
Parc provincial SandbanksD. BreeDiverses périodes, y compris 5 jours en 2000
Sault Ste. Marie – secteur de la rivière GoulaisR. Foster, M. JonesMai 2007
Île Manitoulin (y compris la baie Misery)H. GouletDiverses périodes de 1992 à 2007
Péninsule Bruce
(incluant les dunes Hepworth)
S. MarshallDiverses périodes
J. Skevington1991–1992 (aucun spécimen trouvé)

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le C. patruela fréquente les milieux perturbés de début de succession mais potentiellement durables (Willis, 2001). On le rencontre généralement en terrain dénudé ou à végétation clairsemée, le long de routes de terre peu fréquentées, de sentiers, de coupe–feu ou de lignes de transport d'électricité, sur des pentes érodées et dans des éclaircies de forêts mixtes de pins et de chênes établies sur des affleurements de grès érodés (Acciavatti et al., 1992; Larochelle et Larivière, 2001; McCann, 2007; Willis, 2001). L’habitat peut changer sous l’effet de la succession naturelle, mais ces changements sont normalement étalés sur au moins une ou plusieurs décennies. Le C. patruela affiche une gamme de tolérance étroite à l’égard de la qualité du sol et semble préférer les sols secs, sableux, à grains grossiers (Kaulbars et Freitag, 1993; Knisley et Shultz, 1997). Il a été observé le long de routes de gravier et dans des zones sableuses à surface parsemée de cailloux au New Jersey (Boyd, 1973; Willis, 2000), et sur des loams sableux acides en Ohio (Keeney, 2007). On le rencontre à l’occasion en périphérie de carrières de sable ou de dunes (Willis, 2000), mais plus fréquemment sur des sols stables partiellement compactés en bordure de sentiers que sur des sols sableux plus meubles (Willis, 2001).

Les adultes chassent et s’accouplent sur le sable meuble en bordure de sentiers, mais les femelles déposent généralement leurs œufs dans des zones de sable consolidé dénudées et ombragées, parmi les lichens et les mousses, à proximité de sentiers (Knisley et al., 1990; Lawton, 1974; Willis, 2000). La litière d’aiguilles et de feuilles est habituellement très éparse ou inexistante près des galeries larvaires (Keeney, 2007). La répartition des adultes semble différer légèrement de celle des larves. Les larves sont plus importantes que les adultes au plan de la conservation, car leurs exigences en matière de proies sont plus strictes (NatureServe, 2007). Les adultes pourchassent activement leurs proies en vol ou sur le sol, en terrain découvert, tandis que les larves chassent à l’affût depuis l’embouchure de leur galerie, dans des milieux souvent moins dégagés.

Les forêts naturelles de chênes et de pins constituent l’habitat de prédilection du C. patruela à l’échelle de son aire de répartition (Larochelle et Larivière, 2001; Pearson et al., 2006). Les populations canadiennes sont associées aux dunes partiellement boisées. Dans le parc provincial Pinery, le C. patruela se trouve dans des savanes et des boisés de chênes des teinturiers (Quercus velutina) et de pin blancs (Pinus strobus) (Figure 5) parsemés de pins rouges (Pinus resinosa) présents naturellement ou cultivés (Janes, 1953; Patel et Rapport, 2000). Il existe 2 sites connus dans le parc provincial Pinery. Le premier se trouve en bordure d’un sentier traversant un boisé de chênes et de pins. La plupart des cicindèles y ont été aperçues dans une petite clairière ou à proximité, mais quelques individus ont été observés à jusqu’à 350 m de cet endroit, dans d’autres petites clairières (MacKenzie, 2005, comm. pers.; Sutherland, 2006, comm. pers.). Le sous–étage se compose de fougères–aigles (Pteridium aquilinum), de bleuets (Vaccinium), d’hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana), d’hélianthes (Helianthus spp.) et de plantes graminoïdes. Plus récemment, des C. patruela ont été observés en plus grands nombres le long d’une section de 600 m d’un sentier traversant une savane à chênes plus ouverte (couverture de l’étage supérieur de 30 à 50 %) à sous–étage dominé par l’herbe à puce (Rhus radicans) et le carex de Pennsylvanie (Carex pensylvanica). Des descriptions plus complètes de l’habitat sont présentées dans Foster et Harris (2007a).

Les dunes de sable de la baie Constance sont des reliques postglaciaires qui étaient anciennement couvertes d’une forêt de pins gris et de chênes rouges (Quercus rubra) d’âges variés et de landes sableuses (Boyd et Cuddy, 1984; Brunton, 1992). L’habitat du C. patruela, identique à l’habitat typique décrit au Michigan (Graves, 1964), y est constitué d’un réseau de sentiers traversant des pinèdes grises à sous–étage de comptonie voyageuse, de céanothe d’Amérique (Ceanothus americanus) et de bleuets (Wallis, 1961; Goulet, 2005a). Le spécimen capturé à l’île aux Allumettes se trouvait « sur un chemin de terre qui traversait un boisé » (Laliberté, 1980).

Au Wisconsin, le pin gris et le chêne des teinturiers, le chêne rouge ou le chêne ellipsoïdal (Quercus ellipsoidalis) sont les espèces dominantes de l’étage supérieur de l’habitat de la cicindèle (Willis, 2000). Des individus ont également été observés dans des plantations de pins de 30 à 40 ans en Indiana (Knisley et al., 1990) et dans des plantations de pins rouges (P. resinosa) de 25 à 40 ans au Wisconsin, mais jamais dans des plantations de moins de 15 ans (Willis, 2001). Des pins blancs et des peupliers faux–trembles (Populus tremuloides) sont parfois présents (Willis, 2000). L’espèce semble toutefois absente des forêts de chênes et de caryers (Carya) de l’Ohio (Keeney, 2007). Kritskey et al. (1999) ont observé des individus sur un tas de sable de 32 ans colonisé par des pins en Ohio. Le C. patruela se trouve dans des forêts naturelles passablement clairsemées à presque complètement fermées, mais le plus souvent dans des forêts partiellement dégagées (Willis, 2000).

Au Kentucky, le C. patruela fréquente les pinèdes et les crêtes rocheuses/sableuses sèches dominées par le pin et à sous–étage de kalmias (Kalmia) et de bleuets (Laudermilk, 2007). Dans la portion nord de l’aire de répartition de l’espèce, le sous–étage est souvent dominé par le bleuet, la fougère–aigle, le noisetier (Corylus), la comptonie voyageuse (Comptonia peregrina) et diverses plantes graminoïdes comme le carex de Pennsylvanie(Willis, 2000; Brust, 2007). Le sol est couvert principalement de mousses (Polytrichum et Tortula) et de lichens (Cladonia) (Willis, 2000; Keeney, 2007). Les cicindèles adultes sont souvent observées parmi les plantes graminoïdes qui poussent le long des sentiers (Lawton, 1970).

Au Wisconsin, l’habitat et l’aire de répartition du bleu mélissa (Lycaeides melissa samuelis Nabokov), une espèce en péril, sont très semblables à ceux du C. p. huberi (Willis, 2001), et ce lépidoptère a été observé à Port Franks, au voisinage du parc provincial Pinery. Les savanes et les dunes du parc provincial Pinery et de la baie Constance abritent plusieurs autres espèces de plantes et d’animaux rares.

Figure 5. Habitat du Cicindela patruela au parc provincial Pinery.

 Photos 1 de 2 de l’habitat du Cicindela patruela au parc provincial Pinery.

Photos 2 de 2 de l’habitat du Cicindela patruela au parc provincial Pinery.

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Tendances en matière d’habitat

À l’échelle d’une bonne partie de l’aire de répartition du C. patruela, les milieux forestiers propices à l’espèce ont été transformés par l’agriculture et l’urbanisation depuis le début des années 1800. Les sentiers et les routes non pavées communément utilisés par la cicindèle constituent des ajouts relativement récents au paysage. Avant l’arrivée des Européens, cette espèce se trouvait probablement le long des pistes tracées par les animaux dans les boisés de chênes et de pins et les landes, dans les éclaircies de dunes boisées et sur les affleurements de grès et les rives érodées et dans d’autres milieux édaphiques locaux (Willis, 2001). Les feux de forêt naturels ou allumés par les autochtones contribuaient à maintenir ces milieux. Les mesures de suppression des incendies ont depuis permis aux forêts d’atteindre des densités trop élevées pour le C. patruela au Wisconsin (Willis, 2001) et ailleurs à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce. Ces changements sont en partie compensés par l’aménagement de sentiers de randonnée pédestre, l’exploitation forestière et la construction de routes. La sylviculture, la succession naturelle, la suppression des incendies et le développement ont entraîné le remplacement de la plupart des forêts clairsemées de pins gris, de chênes rouges et de peupliers faux–trembles et des landes de la baie Constance par des plantations denses de pins gris et de pins rouges et des quartiers résidentiels permanents (Brunton, 1992; Goulet, 2005a).

Les activités de développement et/ou la succession naturelle ont entraîné un déclin des milieux sableux ouverts partout dans la province (P.M. Catling, comm. pers., 2008). Même si les savanes et les boisés de chênes étaient plus répandus dans le sud de l’Ontario et plus vastes à certains endroits avant l’arrivée des Européens, moins de 0,1 % de ces milieux existe encore (Bakowsky, 1993). La vaste majorité (≥ 95 %) de ces milieux encore existants se trouve dans le parc provincial Pinery et à 2 autres endroits (île Walpole et prairie Windsor, sur la plaine argileuse St. Clair), mais même les plus vastes de ces vestiges ne dépassent pas 2 ha en superficie. Au parc provincial Pinery, l’aménagement de terrains de camping et d’autres installations a provoqué la disparition d’un certain nombre de milieux potentiels, et l’application de mesures de suppression des incendies dans la savane à chênes a favorisé la fermeture du couvert (Janes, 1953). Diverses mesures de gestion incluant des opérations régulières de brûlage dirigé ont depuis été mises en place, et les conditions ont nettement changé à certains endroits.

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Protection et propriété

La seule population canadienne connue se trouve dans le parc provincial Pinery, classé « parc naturel » par l’Ontario (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, 1986). Les parcs naturels « ont pour objectif de protéger les paysages récréatifs exceptionnels, les écosystèmes représentatifs et les éléments du patrimoine naturel et culturel de l’Ontario dont l’importance est reconnue à l’échelle de la province et d’offrir des expériences récréatives et éducatives de qualité » (Gouvernement de l’Ontario, 2007). Des brûlages dirigés visant à rétablir plusieurs communautés de savane ont été effectués de 1986 à 1993 (Rodger, 1998), et le parc a élaboré à cet égard une stratégie à long terme visant la plupart des zones du parc (Dobbyn, 2007) qui pourrait contribuer à améliorer les conditions de l’habitat du C. patruela. D’autres brûlages dirigés visant à améliorer l’habitat ont été effectués en 2001 le long de sections des sentiers d’interprétation et d’autres pistes. Les besoins des populations de C. patruela ont alors été pris en compte (MacKenzie, 2007). Toutefois, l’habitat de la cicindèle dans le parc Pinery ne fait actuellement l’objet d’aucune surveillance régulière ou normalisée. Malgré les améliorations apportées récemment à la gestion du parc, l’absence de surveillance et d’une stratégie de protection ciblée rend l’avenir du C. patruela incertain.

Le site de la baie Constance est une zone d'intérêt naturel et scientifique (ZINS), mais les terres y sont en partie privées (Boyd et Cuddy, 1984). Le statut de propriété du site de l’île aux Allumettes est impossible à déterminer puisqu’on ignore le lieu exact de la collecte. Il appartient probablement à des intérêts privés, comme la plus grande partie du territoire de l’île.

Aux États-Unis, quelques sites bénéficient d’une protection au Massachusetts (Nelson, 2007), au Minnesota, en Ohio (Keeney, 2007) et en Indiana (Hedge, 2007) parce qu’ils se trouvent dans des forêts nationales, des parcs d’État et d’autres zones de conservation.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Le C. patruela est une espèce de printemps et d’automne. Le cycle vital est étalé sur 2 ans (Shelford, 1908; Knisley et Shultz, 1997), comme chez de nombreuses autres espèces de cicindèles des régions nordiques (Pearson et Volger, 2001). Les nouveaux adultes (habituellement des femelles) émergent habituellement entre le milieu d’août et le début d’octobre, se nourrissent pendant plusieurs semaines puis retraitent dans leur loge nymphale pour y hiberner (Willis, 2000). Chez plusieurs populations, la majorité des nouveaux adultes n’émergent pas à l’automne et quittent leur loge nymphale seulement au printemps suivant. Ce comportement pourrait être dû à un retard de développement ou à l’arrivée des températures automnales plus froides (Knisley et Schulz, 1997; Lawton, 1970), car les adultes émergent de leur loge nymphale seulement si la température du sol s’élève à au moins 19 °C (Knisley et al., 1990). En conséquence, les adultes sont souvent plus abondants au printemps qu’à l’automne à la surface du sol (Knisley et al., 1990).

Au printemps, les adultes émergent entre le milieu d’avril (portion sud de l’aire de répartition) et la fin de mai (Canada) et commencent à s’accoupler une ou 2 semaines plus tard (Kaulbars, 1982). Au Wisconsin, l’accouplement survient en général entre la mi–juin et la mi–juillet (Willis, 2000), et 10 à 14 jours plus tard (Kaulbars, 1982), les femelles déposent individuellement une cinquantaine d’œufs dans des trous de 3 à 5 mm de profondeur (Shelford, 1908). Les œufs éclosent au début de l’été, et les larves du premier stade commencent aussitôt à creuser un terrier plus profond, qu’elles agrandiront à mesure qu’elles franchiront leurs divers stades de développement (Pearson, 1988). Les larves atteignent le deuxième ou troisième stade à l’automne, passent l’hiver sous terre et poursuivent leur développement au troisième stade au cours du printemps et de l’été suivant. La nymphose survient à la fin du deuxième été (Knisley et al., 1990). Chez certaines populations, une faible proportion des adultes peut survivre jusqu’au début de juillet et même jusqu’à la fin de l’été (Boyd, 1973; Lawton, 1970). Donc, 2 cohortes décalées de 1 an coexistent, l’une composée d’adultes qui s’accouplent et pondent leurs œufs, et l’autre, de larves qui se préparent à la nymphose (Kirk, 1996). Les 2 pics de population ne sont pas discontinus, les vieux adultes du printemps côtoyant leurs descendants du milieu à la fin de l’été (Kaulbars, 1980; Willis, 2000).

Les cicindèles adultes sont des prédateurs actifs qui traquent et consomment une grande variété de petits insectes et d’autres invertébrés, en particulier des fourmis (Kaulbars, 1982; Knisley et al., 1990). Les larves sont elles aussi prédatrices. Elles chassent à l’affût depuis l’embouchure de leur terrier et capturent les petits invertébrés qui passent à leur portée.

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Prédation

Diverses espèces d’asiles (Diptères : Asilidés) attaquent les cicindèles en les saisissant au vol et en les piquant à la base des élytres (Lavigne, 1972). Des Asilidés du genre Proctacanthus ont été observés à plusieurs occasions attaquant des C. formosa et d’autres espèces du genre Cicindela dans le parc Pinery (Foster et Harris, 2007). Au moins une douzaine d’espèces de mammifères, de reptiles et d’amphibiens et de nombreuses espèces d’oiseaux sont également des prédateurs opportunistes de cicindèles (Larochelle, 1974, 1975a,b). Des geais bleus (Cyanocitta cristata) ont été observés dans des milieux boisés, volant d’une éclaircie ensoleillée à l’autre à la recherche d’insectes, y compris des C. sexguttata se chauffant au soleil (Schultz, 1998).

L’Anthrax georgicus (Diptère : Bombyliidé) est un parasitoïde spécialiste des larves de cicindèles. Ses populations peuvent atteindre des densités suffisantes pour réduire sensiblement certaines populations de cicindèles (Bram et Knisley, 1982). Cette espèce est commune sur les rives du lac Huron (Marshall, 2005, 2007, comm. pers.), mais son incidence sur les populations du C. patruela au parc provincial Pinery est inconnue. Les larves de cicindèles sont également parasitées par des Methocha spp. (Hyménoptères : Tiphiidés), petites guêpes aptères ressemblant à des fourmis (Knisley et Schultz, 1997). On ignore toutefois si ces parasitoïdes sont présents parmi les populations du C. patruela au parc Pinery.

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Physiologie

Le C. patruela est un organisme ectotherme. Il maintient sa température interne suffisamment élevée par thermorégulation, en s’exposant au soleil, en s’élevant au bout de ses longues pattes ou en se déplaçant d’un habitat à l’autre au gré des fluctuations de la température ambiante (Schultz, 1998). Par temps nuageux, il est rarement actif lorsque la température à la surface du sol est inférieure à 20–22 °C, mais il peut être actif par temps ensoleillé même lorsque la température oscille entre 10 et 14 °C (Shultz, 1998). Il atteint son niveau d’activité maximal du milieu à la fin de l’après–midi, alors qu’il lui est plus facile de maintenir une température corporelle optimale de 34 °C pour chasser (Boyd, 1973; Knisley et al., 1990). Lorsque sa température interne dépasse 37 °C, le C. patruela se réfugie généralement dans des milieux ombragés, sous des feuilles ou d’autres objets (Knisley et al., 1990). Des individus actifs ont été observés au parc provincial Pinery alors que la température ambiante atteignait 35 °C (D. Sutherland, 2005, comm. pers.; Foster et Harris, 2007). Dans les portions méridionales de son aire de répartition, le C. patruela se trouve en altitude, où la température est plus fraîche (Pearson et al., 2006). Les préférences spécifiques des cicindèles, dont le C. patruela, pour des types de sol particuliers reflètent probablement les exigences des larves liées à la température et à l’humidité (Dunn, 1978).

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Déplacements et dispersion

La répartition des populations de C. patruela évolue constamment sous l’effet de la succession naturelle, l’espèce cherchant constamment à coloniser de nouveaux milieux fraîchement créés plus propices avant que les milieux plus anciens ne deviennent trop encombrés par la végétation (Willis, 2001). Toutefois, à court terme, les populations du C. patruelasemblent s’étendre ou se disperser très peu, car les colonies n’occupent qu’une faible partie de l’habitat propice réparti le long de routes ou de sentiers non pavés (Willis, 2001; Wallis, 1961). Les formes de coloration observées chez certaines populations du C. p. huberi au Wisconsin donnent à penser que les échanges génétiques entre des populations distantes d’à peine quelques milles restent très limités (Willis, 2001). Des études de marquage–recapture menées chez d’autres espèces de cicindèles ont révélé que les adultes circulent librement à l’intérieur de la portion d’habitat occupée, mais qu’ils se dispersent rarement vers d’autres portions pourtant relativement proches du même habitat (Kaulbars, 1982).

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Relations interspécifiques

Le C. patruela se trouve parfois en association avec le C. sexguttata et le C. punctulata (Willis, 2001; Foster et Harris, 2007), et parfois avec le C. longilabris dans les portions septentrionales de son aire de répartition (Graves, 1963). Le C. sexguttata a été observé à la baie Constance, mais pas le long du même sentier que le C. patruela (Wallis, 1961). Le C. scutellaris et le C. formosa peuvent également se trouver en compagnie du C. patruela, mais ils fréquentent généralement des milieux plus dégagés à sol sableux plus meuble (Lawton, 1970). La compétition entre les larves et adultes du C. patruela et ceux des autres cicindèles est vraisemblablement atténuée par les préférences particulières à l’égard du sol, du microhabitat, de la taille des proies et des conditions de température manifestées par les diverses espèces en présence (Kaulbars, 1982; Pearson et Lederhouse, 1987).

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Adaptabilité

La disparition du C. patruela d’un site au Canada et de certains sites aux États-Unis porte à croire que cette espèce pourtant adaptée de façon générale aux sites perturbés est incapable de s’adapter aux pressions engendrées par l’évolution rapide de son habitat. L’espèce est passablement vulnérable parce qu’elle occupe un type d’habitat restreint et forme généralement de petites populations (Knisley, comm. pers., 1994, in NatureServe, 2007). La dispersion vers de nouveaux milieux propices est peut–être limitée par la disponibilité même de ces milieux. Le C. patruela a été élevé avec succès en captivité (Willis, 1980), mais jamais à des fins de conservation de l’espèce.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

L’efficacité des recherches de C. patruela adultes est étroitement liée aux conditions météorologiques et à la phénologie de l’espèce, et les larves sont difficiles à trouver (Willis, 1980). Des recherches concertées visant à déceler la présence d’adultes ont récemment été effectuées dans quelques États compris dans l’aire de répartition de l’espèce aux États-Unis, en particulier en Géorgie (G. Beaton, 2007, comm. pers.), au Maryland (McCann, 2007), au Minnesota (Steffens, 2007), au New Jersey (G. Fowles, 2007), dans l’État de New York (J. Corser, 2007) et au Rhode Island (E. Endrulat, 2007). On a recours à des dénombrements des adultes d’une durée prédéterminée pour suivre l’évolution des populations du C. patruela au Maryland (McCann, 2007). Cette technique est souvent utilisée pour calculer un indice de l’abondance des cicindèles (Knisley et Schultz, 1997). Des recherches visuelles ciblées d’adultes ont été effectuées au Canada, mais l’ampleur de ces recherches a varié considérablement. Des pièges–fosses ont été déployés à Wasaga Beach, mais sans succès (Gurr, 2005). Foster et Harris (2007, voir ci–dessous) ont effectué des dénombrements d’une durée prédéterminée. Pour en savoir plus sur les activités de recherche menées à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce, voir la section consacrée à cette question.

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Abondance

Il est difficile d’établir la taille totale des populations de cicindèles, et ces calculs se fondent sur les estimations de Knisley (comm. pers., 1994, in NatureServe, 2007). À l’échelle mondiale, on estime que les effectifs adultes du C. patruela fluctuent annuellement entre 3 000 et 6 000 individus. Cette estimation est probablement inférieure à la réalité, car un certain nombre de colonies demeurent probablement à découvrir, et les méthodes autres que la méthode capture–marquage–recapture sous–estiment généralement les populations d’insectes. Comparativement à d’autres insectes, cette espèce demeure néanmoins très rare. Ses effectifs adultes sont fort probablement inférieurs à 10 000 adultes par année, répartis à raison de seulement quelques centaines d’individus par site.

L’estimation de la taille de la population du parc provincial Pinery est difficile, en particulier parce qu’aucune étude de marquage–recapture n’y a été effectuée. Il est cependant possible de calculer un indice d’abondance en s’appuyant sur les quelque 25 adultes qui ont été observés le long d’un sentier du parc à la fin d’août 2005. Pour ce faire, il faut supposer que : 1) tous les individus n’ont été observés qu’une seule fois (les précautions voulues ont été prises à cette fin); 2) aucun adulte ténéral n’a été omis; 3) les 2/3 de cette cohorte n’avaient pas émergé en automne (Knisley et al., 1990). Dans ces conditions, la population présente le long de ce sentier s’établissait à 25 x 3 = 75 individus. Compte tenu de la présence d’un nombre apparemment moindre d’individus observés le long d’un sentier voisin et de la présence possible d’autres individus entre les 2 sentiers et dans les secteurs adjacents, un effectif de 200 individus paraît une estimation minimale raisonnable. Les résultats d’études antérieures donnent à penser que les estimations d’abondance fournies par cette méthode correspondent à environ 20 à 50 % du nombre réel d’individus présents en un endroit donné (Knisley et Schultz, 1997). Dès lors, la population du C. patruela du parc provincial Pinery compterait au moins de 400 à 1 000 individus. Cette valeur correspond approximativement à l’estimation de quelques centaines ou moins de cicindèles par occurrence proposée par Knisley pour l’ensemble de l’aire de répartition (NatureServe, 2007). Si l’espèce est toujours présente à l’île aux Allumettes et si la taille de cette population correspond à celle d’autres colonies, il convient d’ajouter 200 individus à l’ensemble de la population canadienne, désormais estimée à moins de 1 200 individus. Ces données peuvent s’avérer utiles dans une certaine mesure, mais elles ne peuvent servir de fondement principal à l’évaluation compte tenu de leur faible fiabilité.

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Fluctuations et tendances

Les déclins de populations sont bien documentés, mais l’existence de fluctuations au sein des populations demeure à établir. La population mondiale semble en déclin si l’on en juge par l’absence de l’espèce dans des sites anciennement occupés et dans de nombreux milieux en apparence propices dans la portion orientale de son aire de répartition (NatureServe, 2007). On prévoit un déclin des effectifs de 10 à 30 % à court terme, et un déclin modéré à important (25 à 90 %) à plus long terme (NatureServe, 2007). Selon l’étude des spécimens de musées, le déclin des populations a été moins subit dans la portion nord–ouest de l’aire de répartition de l’espèce, où le paysage a été moins durement touché par les effets des perturbations anthropiques (Kaulbars, 1982). Sur un total de plus de 900 spécimens examinés, seulement 3 de l’est de l’Indiana ont été capturés après 1945 (Kaulbars et Freitag, 1993). L’espèce semblait déjà localement en déclin il y a plus d’un siècle. Ainsi, Hood (1903) fait état de la rareté ou même de la disparition du C. patruela dans la région de Boston en 1903 et note qu’il y était pourtant commun quelques années plus tôt.

Le C. patruela est tenu pour disparu d’un des trois sites canadiens connus. La population de la baie Constance a été décrite par W.H. Brown (le premier à capturer des spécimens de cette espèce à cet endroit) comme une petite colonie, jamais très populeuse, apparemment confinée à une courte section d’un sentier sableux (Wallis, 1961). Kaulbars (1982) considérait cette population disparue de la baie Constance en 1982. Aucun spécimen n’a été observé à l’île aux Allumettes depuis 25 ans. Si une population y est toujours présente, elle devrait compter quelques centaines d’individus. Dans le parc provincial Pinery, I. Carmichael a décrit l’espèce comme relativement commune à l’extrémité nord du parc en 1994 (Skevington, 1995), soit trois ans après sa découverte en 1991. Au total, 11 spécimens y ont été aperçus le long d’un sentier le 11 juillet 1995 (Sutherland, 2006). Toutefois, les effectifs semblent avoir décliné depuis la découverte de l’espèce le long de ce sentier (MacKenzie, 2005), et en 2005, un seul spécimen a été observé lors des relevés effectués à cet endroit, alors que 15 individus avaient été observés le même jour le long d’un autre sentier (non officiel) (Foster et Harris, 2007). Les tendances des effectifs du C. patruela le long d’un autre sentier et, par le fait même, à l’échelle du parc provincial Pinery, ne sont pas connues.

Si l’on suppose que la population de la baie Constance, aujourd’hui tenue pour disparue, était de taille comparable ou légèrement inférieure à celle du parc provincial Pinery (la superficie de l’habitat propice y étant moindre), le déclin global de la population canadienne survenu au cours des 50 dernières années pourrait s’élever de 30 à 40 %. Ces chiffres sont certes utiles, mais peu fiables, et il apparaît donc plus raisonnable de considérer l’ampleur de ce déclin comme inconnue. Le nombre de populations présentes au Canada a également décliné.

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Immigration de source externe

Étant donné la spécificité dont le C. patruela fait preuve à l’égard de son habitat et de la distance qui sépare les populations canadiennes des autres populations présentes aux États-Unis, il est peu probable que l’espèce puisse recoloniser en quelques années des sites abandonnés en cas de disparition de colonies locales. La recolonisation de sites se trouvant à la périphérie de l’aire de répartition (incluant tous les sites canadiens) prendrait vraisemblablement beaucoup de temps ou ne se produirait jamais.

Les populations les plus importantes du C. patruela se trouvent probablement au Wisconsin et au Michigan et la distance qui les sépare atteint au moins quelques centaines de km. La probabilité d’une recolonisation naturelle par des individus provenant de populations américaines est probablement plus élevée du côté est du lac Huron. De la même manière, il se peut que certaines zones de l’habitat propice situées près de Sault Ste. Marie soient éventuellement colonisées par des individus issus de populations voisines du nord du Michigan, en particulier si la tendance actuelle du réchauffement climatique se maintient. Un tel scénario demeure cependant peu probable si l’on considère la faible capacité de dispersion observée chez d’autres espèces de cicindèles. Les études de marquage–recapture effectuées chez des populations de C. marginipennis au Nouveau–Brunswick (voir le rapport de situation) et d’autres espèces (Kaulbars, 1982) donnent à penser que les cicindèles occupent généralement des sites de petite taille. La distance de dispersion la plus longue jamais documentée chez des cicindèles est de 160 km (Charlton et Kopper, 2000). Cette migration a été qualifiée d’exceptionnelle. Au Michigan, le C. patruela est répandu localement et peut être abondant par endroits dans les milieux propices, dans la moitié supérieure de la péninsule méridionale, à l’ouest de Marquette, au nord de Escanaba, et dans la région de Whitefish Point (Gary Dunn, 2007, comm. pers.).

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Facteurs limitatifs et menaces

Dans la plus grande partie de son aire de répartition, le C. patruela est de modérément à gravement menacé par la déforestation, la suppression des incendies et le développement foncier (NatureServe, 2007). Cette espèce paraît plus sensible aux impacts des activités humaines que le C. sexguttata et, peut–être, d’autres espèces de cicindèles (Kaulbars, 1982). L’étalement urbain a provoqué la disparition du C. patruela à Washington, D.C. (Mawdsley, 2005), et l’extraction de sable et de gravier pourrait menacer certaines populations de l’Ohio (Keeney, 2007).

Même si elle se trouve dans un parc provincial ontarien, l’espèce demeure en péril en raison d’une éventuelle incompatibilité entre ses besoins en matière d’habitat, les pressions exercées par les activités récréatives et les besoins en matière d’habitat d’autres espèces et communautés végétales rares. La succession naturelle représente également une menace pour l’espèce parce qu’elle favorise la transformation des forêts jeunes et plus dégagées en forêts denses moins propices. Les mesures de suppression des incendies et la plantation d’arbres dans la région de la baie Constance ont entraîné la conversion des landes naturelles en forêts matures denses et ainsi provoqué la disparition du C. patruela(Goulet, 2005b). Les brûlages légers et rapides peuvent être bénéfiques à la cicindèle en éliminant la litière et en éclaircissant le couvert forestier, mais les incendies de forte intensité pourraient compromettre la survie de certaines populations localisées (Keeney, 2007). De la même façon, une coupe légère et sélective devrait avoir des effets bénéfiques pour la cicindèle, mais une coupe rase entraînerait probablement l’élimination de populations locales (McCann, 2007).

L’utilisation de pesticides à large spectre à des fins sylvicoles ou antiparasitaires à l’intérieur du parc pourrait avoir des répercussions néfastes sur le C. patruela (Willis, 2001; McCann, 2007). Des épandages de DDT ont été effectués au cours des années 1950 au site de la baie Constance à des fins de lutte contre des insectes qui s’attaquaient aux pins. Ces pulvérisations ont probablement joué un rôle important dans le déclin de la cicindèle à cet endroit (Goulet, 2005b).

Il est établi que les véhicules tout–terrains (VTT) peuvent avoir une incidence négative pour d’autres espèces du genre Cicindela (Schultz, 1988), et la circulation intensive de ces véhicules et de vélos de montagne sur les routes et les pistes forestières peut nuire aux populations du C. patruela. Les utilisations incompatibles de VTTpourraient être à l’origine du déclin de la plus importante population de l’espèce au Maryland (McCann, 2007). La circulation des VTT et d’autres types de perturbation pourraient dans certains cas s’avérer bénéfiques à la cicindèle en maintenant des milieux dégagés, mais lorsqu’elles dépassent un certain seuil, ces perturbations risquent de devenir néfastes en détruisant les plantes, les insectes et les galeries larvaires (Keeney, 2007).

L’utilisation de VTT est interdite au parc provincial Pinery, mais les activités des randonneurs et des cyclistes constituent une menace. Le piétinement excessif pose un risque pour les espèces végétales sensibles (Bowles et Maun, 1982). Le parc provincial reçoit chaque année plus de 600 000 visiteurs, et les populations de C. patruela se trouvent dans des zones passablement achalandées (MacKenzie, 2007; Patel et Hammond, 2000). Le piétinement des galeries larvaires et le tassement du sol constituent des impacts directs possibles. Une femelle a été observée en train de pondre ses œufs dans une empreinte de pas à proximité du sentier d’interprétation du parc en 2003 (Rider, 2005). Les cicindèles risquent également d’être moins efficaces dans leur recherche de proies et d’être plus exposées aux attaques des Asilidés lorsqu’elles se font déranger continuellement par les randonneurs. Les Asilidés suivent souvent les entomologistes qui explorent l’habitat des cicindèles et attaquent les cicindèles qui s’envolent au passage des chercheurs (Knisley et Schultz, 1999). La pierre concassée répandue sur les sentiers pour lutter contre l’érosion causée par le passage des marcheurs pourrait également avoir rendu cet habitat moins propice au C. patruela. Par contre, la circulation des marcheurs et des vélos joue probablement un rôle utile en empêchant la végétation d’envahir les sentiers (Foster et Harris, 2007). À l’heure actuelle, aucun plan de gestion n’est en place.

La collecte illégale de spécimens constitue une menace potentielle puisque les cicindèles, en particulier les espèces rares, sont convoitées par les collectionneurs. Dans le sud de l’Ontario, un certain nombre de collectionneurs récoltent des insectes en vue d’en faire le commerce, et des spécimens de C. patruela du Michigan sont offerts à la vente sur certains sites Web.

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Importance de l’espèce

Les cicindèles suscitent depuis longtemps l’intérêt des entomologistes amateurs et professionnels à cause de leur beauté, de leur comportement diurne et de leur diversité. En conséquence, elles ont très souvent servi de modèles pour l’étude de l’écologie et de l’évolution (Pearson et Volger, 2001). Bien que le C. patruela soit une espèce trop rare et inconnue dans son aire de répartition pour que la plupart des gens le reconnaissent, la popularité des cicindèles augmente sans cesse, comme en fait foi le nombre croissant de guides publiés à leur sujet (voir par exemple Acorn, 2001; Leonard et Bell, 1999; Pearson et al., 2006). Les cicindèles sont les premiers coléoptères à figurer au palmarès des observateurs d’insectes, dont les activités s’inspirent, à maints égards, de celles des ornithologues amateurs. À cause de l’intérêt qu’il suscite, le C. patruela contribue sensiblement à la reconnaissance de l’importance globale de la savane à chênes du parc provincial Pinery. Enfin, comme d’autres cicindèles, il constitue un indicateur environnemental utile à la classification de la situation des espèces à l’échelle nationale.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le C. patruela n’est ni protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada ou d’une loi provinciale, ni inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition des États-Unis. Il n’est couvert ni par la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ni par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Il est classé G3 au niveau mondial (de 81 à 100 occurrences; NatureServe, 2007). Au Canada, il n’est pas classé au niveau national, mais il est coté N3 aux États-Unis (NatureServe, 2007). Il est désigné « espèce en péril » (imperiled) (au moins S3) dans tous les États et provinces où sa présence a été signalée (tableau 2), et il figure sur la liste des espèces « préoccupantes » (Special concern) au Minnesota, au Wisconsin et au Michigan, et sur la liste des espèces « en voie de disparition » (Endangered) au Maryland.

Le parc provincial Pinery, qui abrite la seule population canadienne confirmée, a déjà subi dans le passé le déclin ou la disparition d’espèces rares et en voie de disparition. Par contre, le parc assure la protection d’une grande diversité d’espèces disparues des régions avoisinantes. L’intérêt accru que l’on porte aujourd’hui aux besoins de gestion et à la biodiversité du parc permet d’espérer, sans toutefois le garantir, que le C. patruela pourra y survivre.

Tableau 2. Cotes des États et des provinces du Cicindela patruela en Amérique du Nord (NatureServe, 2007, avec mises à jour des centres de données sur la conservation des divers États).
Province/ÉtatClassification  « S »Notes
OntarioS1Confirmé présent à un site, potentiellement présent à un autre, et présumé disparu d’un troisième (D. Sutherland, P.M. Catling et al., comm. pers.; présent rapport).
QuébecSHAutrefois présent à un site, mais probablement disparu aujourd’hui (N. Desrosiers, comm. pers.).
Caroline du NordS2?Aucune mention au CDC, mais quelques mentions rapportées par Knisley et Schultz (1997). La cote S3 pourrait donc être plus appropriée (S. Hall, comm. pers.).
Caroline du SudS2Signalé uniquement en montagne, à plus de 2 000 pieds d’altitude (Cartright, 1935).
ConnecticutSUAucune mention pour cet État dans Leonard et Bell (1999).
DelawareSHUn seul spécimen (de référence) du C. p. consentanea; potentiellement encore présent dans certaines régions peu explorées du sud, mais probablement disparu (C. Heckscher, comm. pers.).
District de ColumbiaSNRSouvent capturé dans des zones restreintes de l’est du district au début des années 1900, mais introuvable depuis les années 1950 malgré d’intenses recherches (Mawdsley, 2005); devrait être classé SX.
GéorgieSNRDevrait être classé SH ou S1 puisqu’il existe de nombreuses mentions confirmées pour la chaîne des Blue Ridge Mountains, dans le nord–est de l’État; aucune capture depuis 1939 malgré les relevés récents (G. Beaton, comm. pers.).
IllinoisSNRIdentité de vieux spécimens du C. patruela capturés au début des années 1900 dans le comté de Cook (E. Dewalt, 2007, comm. pers.) confirmée par Freitag (2007); il s’agit des premières mentions de l’espèce en Illinois.
IndianaS3Capturé en 1998 dans un parc de l’État, mais probablement présent ailleurs dans cet État (R. Hedge, comm. pers.).
KentuckyS2S3Plusieurs populations apparemment stables présentes dans l’est de l’État (E. Laudermilk, comm. pers.).
MarylandS1Cinq petites populations isolées. Toutes les populations historiques de la portion orientale de l’État ont disparu, principalement à cause du développement (J. McCann, comm. pers.).
MassachusettsS1Une population vigoureuse apparemment « non en péril » (Secure) dans une forêt d’État et sur des terres adjacentes protégées (M. Nelson, comm. pers.).
MichiganS3Abondant par endroits dans l’habitat propice, dans la moitié supérieure de la péninsule méridionale et dans les landes de pins de la péninsule septentrionale. Probablement présent également dans d’autres secteurs de l’est et du centre de la péninsule septentrionale. Vraisemblablement disparu de l’ouest et du sud–est de la péninsule méridionale (Gary Dunn, comm. pers.).
MinnesotaS3Anciennement répertorié dans 21 localités réparties dans 10 comtés, mais aujourd’hui présent dans 18 localités réparties dans 9 comptés, dont 3 découvertes récemment (W. Steffens, comm. pers.).
New HampshireSHAucune observation récente ni aucune activité visant cette espèce (J. Tash, comm. pers.).
New JerseyS2S3Récemment observé dans 4 à 5 sites le long de la ligne séparant les comtés d’Ocean et de Burlington (G. Fowles, comm. pers.).
New YorkS1Des relevés récents ont révélé la présence d’une population unique (dans plusieurs sites contigus) du C. p. patruela dans la portion inférieure de la vallée du Hudson et plusieurs mentions historiques; le C. p.  consentanea est classé SH en dépit des relevés récents effectués à Long Island (J. Corser, J. Jaycox, P. Novak, comm. pers.).
OhioS3Cote périmée, mais aucune donné récente disponible (T. Arbour, comm. pers.).
PennsylvanieS2S3Présent au moins historiquement dans 15 comtés (Kaulbars, 1982).
Rhode IslandSHAucune observation récente, malgré les relevés récents (E. Endrulat, comm. pers.).
TennesseeS3Au moins six mentions dans les Blue Ridge Mountains, dans l’est de l’État (Knisley et Shultz, 1997).
VermontS1Aucune nouvelle mention depuis celle des années 1800, mais présence de vastes superficies d’habitat propice non encore explorées (M. Ferguson, comm. pers.).
VirginiaS2Présent au moins historiquement dans 7 comtés (Kaulbars, 1980).
Virginie occidentaleS2S3Signalé au cours des 30 dernières années dans 6 comtés (B. Sargent, comm. pers.).
WisconsinS3Le C. p.  huberi est jugé « non en péril » (Secure) et localement répandu dans plusieurs sites du centre de l’État; le C. p. patruela est moins commun, mais également jugé « non en péril » (M. Brust, comm. pers.).

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Résumé technique

Cicindela patruela

Cicindèle verte des pinèdes – Northern Barrens Tiger Beetle

Répartition au Canada : Ontario, Québec

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans
la population
2 ans
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné]
de la [réduction ou de l’augmentation] du nombre total
d’individus matures au cours des [cinq ou dix dernières
années OU deux ou trois dernières générations].
Inconnu
Pourcentage [prévu ou soupçonné] de la [réduction ou
de l’augmentation] du nombre total d’individus matures
au cours des [cinq ou dix prochaines années ou deux
ou trois prochaines générations.
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné]
de la [réduction ou de l’augmentation] du nombre total
d’individus matures au cours de toute période de [cinq
ou dix ans ou deux ou trois générations, couvrant une
période antérieure et ultérieure.
Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles? Sans objet
Est–ce que les causes du déclin sont comprises? Sans objet
Est–ce que les causes du déclin ont cessé? Sans objet
Tendance [observée, prévue ou inférée] du nombre
de populations
En déclin
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre
d’individus matures?
Inconnu
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Inconnu

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence 290 km²
Tendance [observée, prévue ou inférée] de la zone d’occurrence En déclin (espèce disparue d’une localité historique)
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Inconnu
Indice de la zone d’occupation (IZO) selon une grille
de 2 km × 2 km superposée aux occurrences connues
(2 au parc provincial Pinery, 1 dans la vallée de
l’Outaouais = 12 km²)
12 km²
Tendance [observée, prévue ou inférée] de la zone d’occupation – déclin antérieur, actuellement inconnu En déclin (espèce disparue d’une localité historique)
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation? Inconnu
La population totale est–elle très fragmentée? Oui
Nombre de localités actuelles 2
Tendance du nombre de localités En déclin (espèce disparue d’une localité historique)
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Inconnu
Tendance [observée, prévue ou inférée] de
[la qualité, l’aire ou l’étendue] de l’habitat
En déclin

Nombre d’individus matures dans chaque population

Population Nombre d’individus matures
D’après les 25 adultes observés à une localité
et d’autres considérations, la population est
estimée à moins de 1 200 individus, mais cette
estimation n’est pas considérée comme fiable.
Inconnu
Nombre de populations (localités) 2 – 3

Analyse quantitative

Non disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • La perte d’habitat;
  • La succession naturelle;
  • Le piétinement;
  • Possiblement la prédation (associée à l’activité humaine)

Immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur
États-Unis : Populations localisées et fragmentées à l’échelle de l’aire de répartition, en déclin dans certaines régions en raison de la perte et de la dégradation de l’habitat.
Une immigration a–t–elle été constatée?Inconnu
Des individus immigrants seraient–ils adaptés
pour survivre au Canada?
Probablement
Y a–t–il suffisamment d’habitat disponible au
Canada pour les individus immigrants?
Possiblement
La possibilité d’une immigration de populations externes existe–t–elle?Non

Statut existant

COSEPAC : Espèce en voie de disparition (novembre 2009)
Niveau mondial : G3
Canada : NNR
États-Unis : N3
SH : Qc, DE, NH, RI
S1 : Ont., MD, MA, NY, VT
S2 : SC, VA
S2? : NC
S2S3 : KY, NJ, PA, WV
S3 : IN, MI, MN, OH, TE, WI
SNR : DC, GA, IL
SU : CT
Selon le rapport sur la situation générale des espèces sauvages au Canada, cette espèce est jugée « possiblement en péril » (May be at risk) au Canada, en Ontario et au Québec.

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique :B1ab(iii) + 2ab(iii)

Justification de la désignation :
Ce coléoptère remarquable par sa couleur vert métallique occupe un habitat de forêt clairsemée sur sol sablonneux, dominé par des pins et/ou des chênes. Présente dans le nord–est et le centre–nord de l’Amérique du Nord, l’espèce est en péril à l’échelle mondiale. Elle atteint la limite nord de son aire de répartition mondiale dans le sud de l’Ontario où on ne la trouve actuellement qu’à deux localités. L’espèce est disparue d’un site historique bien connu. La perte d’habitat résultant de la succession naturelle et le trafic pédestre accru constituent des menaces importantes.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Les données sur le déclin de la population sont insuffisantes.

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii), étant donné la zone d’occurrence et l’indice de la zone d’occupation inférieurs aux seuils, les deux localités et une diminution de la qualité de l’habitat causée par la succession naturelle, le piétinement et la prédation.

Critère C (petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Sans objet. Les données sur la taille de la population sont jugées insuffisantes.

Critère D (très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond presque au critère de la catégorie « en voie de disparition », D1, mais les données sur la taille de la population sont jugées insuffisantes. Correspond au critère de la catégorie « espèce menacée », D2.

Critère E (Analyse quantitative) : Aucune donnée de disponible.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

Paul Catling a fourni des commentaires en matière de rédaction ainsi que des directives utiles sur les sites potentiellement propices à l’espèce. Don Sutherland, Henri Goulet, Jeff Skevington et Alf Rider ont généreusement accepté de partager leurs connaissances sur le C. patruela et sur son habitat au Canada. Nathan Sherred nous a généreusement permis d’examiner son spécimen de Blyth, et Richard Freitag en a confirmé l’identification.

Alistair MacKenzie, responsable de l’éducation sur le patrimoine naturel et de la gestion des ressources, nous a été d’un grand secours en fournissant des renseignements généraux et des conseils pour nous aider à nous orienter dans le parc provincial Pinery. Sandy Dobbyn, Melody Cairns, Dave Roberston, Brian Huis, Tim Marchand et Frank Staubitz, de Parcs Ontario/ministère des Richesses naturelles de l’Ontario ont fourni des données et un soutien logistique et administratif pour notre travail au parc Pinery. Peter Banks, de l’organisation Lambton County Naturalists, nous a autorisés à visiter le sanctuaire du bleu mélissa à la Forested Dunes Nature Reserve de Port Franks. Sid Bruinsma et Steve D’eon nous ont facilité l’accès à l’unité de soutien de secteur de la Base des Forces canadiennes de Petawawa. Bob Knudsen nous a aidés à repérer un habitat potentiellement propice dans la région de Sault Ste. Marie, et Mike Jones nous a prêté assistance pour le travail sur le terrain.

Les personnes suivantes ont fourni des observations utiles sur l’ébauche du rapport : Theresa Aniskowicz, Gary Anweiler, Rhonda Donley, Angela McConnell, Daniel Banville, Corina Brdar, Melody Cairns, Bill Crins, Nathalie Desrosiers, Alan Dextrase, Sandy Dobbyn, Elsa Gagnon, Donna Giberson, Alistair MacKenzie, Angela McConnell, Patrick Nantel, Mike Oldham, Gilles Seutin, Don Sutherland et Allen Woodliffe.

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Experts contactés

  • Jody Allair. Biologiste, Études d’Oiseaux Canada, Long Point Bird Observatory, Port Rowan (Ontario).
  • Tom Arbour. Écologiste, Ohio Natural Heritage Program, Division of Natural Areas and Preserves, Department of Natural Resources, Columbus (Ohio), États-Unis.
  • Rich Baker. Animal Research Coordinator/Zoologist, Minnesota Natural Heritage & Nongame Research, Department of Natural Resources, St. Paul (Minnesota), États-Unis.
  • Giff Beaton. Naturaliste (Georgie), États-Unis.
  • Kathy Boyle. South Carolina Heritage Trust, SC Department of Natural Resources, Columbia (Caroline du Sud), États-Unis.
  • David Bree. Natural Heritage Education (NHE) Leader, Parc provincial Presqu'île Park, Brighton (Ontario).
  • Matt Brust. University of Nebraska, Lincoln (Nebraska), États-Unis.
  • Sara Cairns. Data Manager/Biologist, New Hampshire Natural Heritage Bureau, Department of Resources & Economic Development, Concord (New Hampshire), États-Unis.
  • Paul Catling. Research Scientist and Curator, Biodiversity, National Program on Environmental Health, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Research Branch, Ottawa (Ontario).
  • Carmen Converse. Coordinatrice, Minnesota County Biological Survey, MN Department of Natural Resources (Minnesota), États-Unis.
  • Jeff Corser. Zoologiste, New York Natural Heritage Program, Albany (New York), États-Unis.
  • Daryl Coulson. District Ecologist, Pembroke District, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Pembroke (Ontario).
  • Phillip deMaynadier. Zoologiste, Maine Natural Heritage Program Affiliate for Zoological Information, Maine Endangered and Threatened Species Program, Department of Inland Fisheries and Wildlife Bangor (Maine), États-Unis.
  • Nathalie Desrosiers. Biologiste, Secteur Faune Québec, Direction du développement de la faune, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec (Québec).
  • Alan Dextrase. Senior Species at Risk Biologist, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).
  • Ed Dewalt. Assoc. Research Scientist, Illinois Natural History Survey, Illinois Department of Natural Resources, Champaign (Illinois), États-Unis.
  • Gary Dunn. Director of Education, Young Entomologists' Society, Inc., Minibeast Zooseum and Education Center, Lansing (Michigan), États-Unis.
  • Matt Elliott. Georgia Natural Heritage Program, Wildlife & Natural Heritage Section, Georgia Department of Natural Resources, Social Circle (Géorgie), États-Unis.
  • Erik Endrulat. Data Manager, Rhode Island Natural History Survey, Kingston (Rhode Island), États-Unis.
  • Richard Enser. Coordinateur, Rhode Island Natural Heritage Program, Providence (Rhode Island), États-Unis.
  • Mark Ferguson. Zoologiste, Vermont Nongame & Natural Heritage Program, Vermont Fish & Wildlife Department, Waterbury (Vermont), États-Unis.
  • Gretchen Fowles. Écologiste, Endangered & Nongame Species Program, Division of Fish and Wildlife, Hampton (New Jersey), États-Unis.
  • Richard Freitag. Professor of Biology (emeritus), Lakehead University, Thunder Bay (Ontario).
  • Steve Fuller. Terrestrial Ecologist, Nongame and Endangered Species Program, New Hampshire Fish and Game Department, Concord (New Hampshire), États-Unis.
  • Joelle Gehring. Program Leader – Zoology, Michigan Natural Features Inventory, Lansing (Michigan), États-Unis.
  • Tara Gibbs Kieninger. Database Administrator, ORC – Illinois Natural Heritage Database, Illinois Department of Natural Resources, Springfield (Illinois), États-Unis.
  • Jim Godwin. Aquatic Zoologist, Alabama Natural Heritage Program Huntingdon College, Montgomery (Alabama), États-Unis.
  • Henri Goulet. Chercheur, Centre de recherches de l'Est sur les céréales et les oléagineux, Ottawa (Ontario).
  • Mike Gurr. Former Park Naturalist, parc provincial de la Plage Wasaga, Parcs Ontario, MRN, Peterborough (Ontario).
  • Steve Hall. Invertebrate Zoologist, North Carolina Natural Heritage Program, North Carolina Department of Environment & Natural Resources, Office of Conservation and Community Affairs, Durham (Caroline du Nord), États-Unis.
  • Christopher Heckscher. Zoologiste, Delaware Natural Heritage Program, Division of Fish & Wildlife, Department of Natural Resources & Environ. Control., Dover (Delaware), États-Unis.
  • Roger Hedge. Écologiste, Indiana Natural Heritage Data Center, Division of Nature Preserves, Department of Natural Resources (Indiana), États-Unis.
  • Jesse W. Jaycox. Zoologiste, New York Natural Heritage Program, Department of Environmental Conservation de l’État de New Yord, Albany, (New York), États-Unis.
  • George D. Keeney. Research Associate, The Ohio State University, Columbus (Ohio), États-Unis.
  • Serge Laplante. Chercheur, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Biodiversity–Invertebrate Taxonomy, Ottawa (Ontario).
  • André Larochelle. New Zealand National Insect Collection, Landcare, Auckland.
  • Ellis Laudermilk. Invertebrate Biologist, Kentucky Natural Heritage Program, Kentucky State Nature Preserves Commission, Frankfort (Kentucky), États-Unis.
  • Betsy Ray Leppo. Invertebrate Zoologist, Pennsylvania Natural Heritage Program, Western Pennsylvania Conservancy, Middletown (Pennsylvanie), États-Unis.
  • Alistair MacKenzie. Naturaliste, parc provincial Pinery (Ontario).
  • Steve A. Marshall. Department of Environmental Biology, University of Guelph, Guelph (Ontario).
  • Jim McCann. State Zoologist, Maryland Natural Heritage Program, Maryland Wildlife and Heritage Service, Department of Natural Resources, Annapolis (Maryland), États-Unis.
  • Dawn McKay. Zoologiste, Bureau of Natural Resources, Wildlife Division, Department of Environmental Protection, Hartford (Connecticut), États-Unis.
  • Scott Melvin. Senior Zoologist, Natural Heritage & Endangered Species Program, Massachusetts Division of Fisheries & Wildlife, Westborough (Massachusetts), États-Unis.
  • Michael W. Nelson. Invertebrate Zoologist, Natural Heritage & Endangered Species Program, Massachusetts Division of Fisheries & Wildlife, Westborough (Massachusetts), États-Unis.
  • Paul Novak. State Wildlife Grants Biologist, NYS Department of Environmental Conservation, Schenectady (New York), États-Unis.
  • Mary Pfaffko. Wildlife Biologist, District of Columbia Fisheries & Wildlife, Washington D.C., États-Unis.
  • Alfred Rider. Naturaliste, RR#2, Forest (Ontario).
  • Barbara Sargent. Data Manager/Coordinator, West Virginia Natural Heritage Program, Division of Natural Resources, Elkins (Virginie Occidentale), États-Unis.
  • Jeff Skevington. Research Scientist, Invertebrate Biodiversity, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa (Ontario).
  • Tom D. Schultz, Department of Biology, Denison University, Granville (Ohio), États-Unis.
  • William Smith. Program Zoologist, Wisconsin Natural Heritage Program, Endangered Resources, Department of Natural Resources (Wisconsin), États-Unis.
  • Wayne Steffens. Consulting Entomologist, Two Harbours (Minnesota) P.O. Box 16593, Duluth (Minnesota), États-Unis. 55816
  • Don Sutherland. Zoologiste, Centre d'information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).
  • Jeff Tash. Wildlife and Conservation Information Specialist, NH Natural Heritage Bureau / The Nature Conservancy, New Hampshire Division of Forests & Lands, Concord (New Hampshire), États-Unis.
  • Alfried Vogler. Professor of Molecular Systematics, Imperial College, London, Royaume-Uni.
  • Reginald P. Webster. Consulting Entomologist, 24 Millstream Drive, Charter’s Settlement (Nouveau–Brunswick).
  • David Withers. Heritage Zoologist, Tennessee Division of Natural Areas, Dept. of Environment & Conservation, Nashville (Tennessee), États-Unis.

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Sources d’information

Acciavatti, R.E., T.J. Allen et C. Stuart. 1992. The West Virginia tiger beetles (Coleoptera: Cicindelidae), Cicindela 24:45–78.

Acorn, J. 2001. Tiger Beetles of Alberta: Killers on the Clay, Stalkers on the Sand, Univ. Alberta Press., Edmonton (Alberta), 120 p.

Arbour,T. comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à R. Foster, mars 2007, écologiste, Ohio Natural Heritage Program, Division of Natural Areas & Preserves, Department of Natural Resources, Columbus (Ohio), États-Unis.

Bakowsky, W.D. 1993. A Review and Assessment of Prairie, Oak Savannah and Woodland in Site Regions 7 and 6 (Southern Region), ébauche de rapport préparé par Gore et Storrie Ltd. pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, région du sud, Aurora.

Barraclough, T.G., et A.P. Vogler. 2002. Recent diversification rates in North American tiger beetles estimated from a dated mtDNA phylogenetic tree. Mol. Biol. Evol. 19:1706–1716.

Beaton, G. comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à R. Foster, mars 2007, naturaliste, (Géorgie), États-Unis.

Bousquet, Y., et A. Larochelle. 1993. Catalogue of the Geadephaga (Coleoptera: Trachypachidae, Rhysodidae, Carabidae including Cicindelini) of America north of Mexico, Mem. Entomol. Soc. Can. 167:397 p.

Bowles, J.M., et M.A. Maun. 1982. A study of the effects of trampling on the vegetation of Lake Huron sand dunes at Pinery Provincial Park, Biological Conservation 24:273–283.

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Sommaires biographiques des rédacteurs du rapport

Robert Foster est cofondateur et partenaire principal de Northern Bioscience, une entreprise qui offre des services professionnels de consultation écologique en appui aux travaux de gestion, de planification et de recherche sur les écosystèmes. Il est titulaire d’un diplôme de doctorat en zoologie de l’Université d’Oxford (University of Oxford). Ses travaux de doctorat ont porté sur les bousiers d’Afrique de l’Est. Robert Forster a publié des articles sur la génétique des populations de cinq espèces de cicindèles de l’Ontario alors qu’il travaillait à titre d’étudiant de premier cycle en biologie avec M. Richard Freitag, à l’Université de Lakehead (Lakehead University). Il est auteur ou coauteur de nombreuses autres publications, dont des rapports de situation du COSEPAC et des plans de rétablissement visant des espèces de plantes, de lichens et d’odonates rares.

Biologiste dans le nord de l’Ontario, Allan Harris compte plus de 20 années d’expérience. Il détient un baccalauréat en biologie de la faune de l’Université de Guelph (University of Guelph) et une maîtrise en biologie de l’Université de Lakehead. Après avoir occupé un poste de biologiste au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario pendant sept ans, il a cofondé Northern Bioscience, une entreprise de consultation écologique établie à Thunder Bay (Ontario). Allan Harris est auteur ou coauteur de douzaines d’articles scientifiques, de rapports techniques et d’articles de vulgarisation, y compris des rapports de situation du COSEPAC sur le gomphe des rapides, le lipocarphe à petites fleurs et le trille à pédoncule incliné. Il est également auteur d’un rapport provincial sur la situation du caribou des bois en Ontario et rédacteur ou corédacteur de programmes de rétablissement nationaux et provinciaux visant des espèces de plantes vasculaires et d’oiseaux en péril.