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Modification au Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) au Canada portant sur la désignation de l’habitat essentiel et les plans d’action

Environnement Canada

Mai 2010 

Introduction

Le Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) au Canada (Environnement Canada, 2006) a été affiché dans le Registre public des espèces en péril en octobre 2006.

En vertu de l’article 45 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l’Environnement peut modifier en tout temps un programme de rétablissement.

La présente modification au Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) au Canada vise les objectifs suivants :

  • Clarifier la formulation utilisée dans la section portant sur la désignation de l’habitat essentiel.
  • Préciser la description des activités susceptibles d’entraîner la destruction de l'habitat essentiel.
  • Préciser l’approche d’Environnement Canada et l’échéancier du plan d’action visant la Sterne de Dougall.
  • Supprimer l’annexe C : Conséquences de la désignation de l’habitat essentiel étant donné qu’elle est périmée.

La présente modification est affichée dans le Registre public des espèces en péril pour une période de consultation de 60 jours. Au moment de l’affichage final, le texte suivant remplacera les sections 1.3.4, 1.3.5, 1.6 du programme de rétablissement intégral. De plus, la section Références citées sera révisée et l’annexe C sera supprimée.

1.3.4 Désigner l'habitat essentiel

Dans le Plan national de rétablissement de la Sterne de Dougall daté d’avant la LEP, on présumait que l'habitat de reproduction propice était de dimension illimitée (Lock et al., 1993). Les recherches ont toutefois montré que la Sterne de Dougall a des exigences bien précises en matière d’habitat, exigences auxquelles ne satisfont pas la plupart des habitats côtiers apparemment convenables aux États-Unis (Nisbet et Spendelow, 1999). Il est possible que l’emplacement de l'habitat d’alimentation constitue, pour la Sterne de Dougall, un facteur limitatif plus important que la qualité de l'habitat de nidification. Au Canada, les données d'un relevé récent laissent croire que la Sterne de Dougall n’utilise qu’un sous-ensemble restreint et variable des îles côtières où nichent les sternes (Leonard et al., 2004).

La Sterne de Dougall s’alimente généralement dans les eaux peu profondes du littoral, près des hauts-fonds et des rides de marée (Gochfeld et al., 1998), mais on possède peu d’information sur son alimentation au Canada. Après leur envol, au début d’août, les Sternes de Dougall juvéniles de la population du nord-est se dispersent avec leurs parents vers les aires de rassemblement. On possède également peu d’information sur les habitats de rassemblement des oiseaux nichant au Canada, mais en 2002, deux Sternes de Dougall, qui avaient été baguées sur les îles Brothers (Nouvelle-Écosse) alors qu’elles étaient des oisillons, ont été observées à l’île Great Gull (État de New York), dans le mois qui a suivi leur envol (H. Hays, comm. pers.) et 13 des 14 oisillons bagués sur l’île Country en 2009 ont été observés entre août et octobre de cette même année dans des sites de rassemblement à cap Cod, au Massachusetts (J. Spendelow, comm. pers.). Les Sternes de Dougall migrent vers le sud à la fin d’août ou au début de septembre. Dès octobre, elles arrivent en Amérique du Sud, où elles ont déjà été observées et capturées le long de la côte septentrionale depuis l’ouest de la Colombie jusqu’à l’est du Brésil, entre 11° et 18° de latitude S. (Hays et al., 1997).

Désigner l’habitat de nidification essentiel

La Loi sur les espèces en péril (LEP) (Gouvernement du Canada, 2002) définit l’habitat essentiel comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. ».

La survie de la population actuelle exige, à tout le moins, le maintien des colonies actuellement gérées aux îles Brothers (île Brother Nord [43° 38,191' de latitude N. et 65° 49,406' de longitude O.]; île Brother Sud [43° 37,798' de latitude N. et 65° 49,530' de longitude O.]; >80 couples) et à l’île Country (45° 06,096' de latitude N. et 61° 32,544' de longitude O.; >40 couples) en Nouvelle-Écosse.

Pour atteindre le but du rétablissement décrit dans le présent programme, la présence de plusieurs colonies insulaires largement dispersées et comportant un habitat de nidification abrité (végétation, roches ou abris artificiels), qui sont exemptes de mouettes et goélands, de mammifères prédateurs et de perturbations anthropiques et qui offrent un accès à des aires d’alimentation de qualité est requise. Des Sternes de Dougall ont déjà niché dans bon nombre de sites aujourd’hui occupés par les mouettes et goélands, sites qui pourraient être remis en état aux fins du rétablissement par le truchement d’une gestion active. Il est possible également que de l’habitat soit disponible pour davantage de nids dans les sites de colonies existants, mais cette possibilité n’a pas été étudiée à fond.

Les critères utilisés pour désigner l’habitat essentiel sont les suivants :

  1. Les sites qui accueillent actuellement1 plus de 15 couples de Sternes de Dougall (>10 % de la population canadienne) :
    • îles Brothers (Nouvelle-Écosse) (île Brother Nord [43° 38,191' de latitude N. et 65° 49,406' de longitude O.]; île Brother Sud [43° 37,798' de latitude N. et 65° 49,530' de longitude O.]) – l’habitat terrestre entier des deux îles, de même que l’habitat aquatique s’étendant jusqu’à 200 m vers le large, à partir de la ligne de marée haute moyenne de chacune des îles;
    • île Country (Nouvelle-Écosse) (45° 06,096' de latitude N. et 61° 32,544' de longitude O.) – l’habitat terrestre entier de l’île, de même que l’habitat aquatique s’étendant jusqu’à 200 m vers le large, à partir de la ligne de marée haute moyenne.
  2. Les colonies2 de sternes dans des aires qui ont accueilli des effectifs peu élevés mais stables de Sternes de Dougall nicheuses sur plus de 30 ans :
    • île de Sable (Nouvelle-Écosse) (43° 55,839' de latitude N. et 59° 54,467' de longitude O.) –les polygones englobant en entier chacune des colonies nicheuses de sternes sur l’île et l’habitat s’étendant jusqu’à 200 mètres au-delà de chaque polygone;
    • îles de la Madeleine (Québec) (île Paquet [47° 24,492' de latitude N. et 61° 50,162' de longitude O.]; Deuxième Îlet [47° 30,153' de latitude N. et 61° 43,837' de longitude O.]; île du Chenal [47° 33,927' de latitude N. et 61° 32,847' de longitude O.]) –l'habitat terrestre entier de chacune des îles, de même que l'habitat aquatique s’étendant jusqu'à 200 m au-delà du rivage, tel que mesuré à partir de la ligne de marée haute moyenne de chacune des îles. L’habitat essentiel aquatique associé à l'île Paquet est désigné comme étant seulement ce qui se trouve à l’intérieur de la lagune du Havre-aux-Maisons et exclut l’habitat aquatique situé au sud de l’île-du-Havre-aux-Maisons. De même, le secteur comprenant la marina ainsi que toutes les structures anthropiques au sein de l’habitat essentiel aquatique entourant l’île Paquet sont exclus de la présente désignation de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall.

La distance de 200 m est fondée sur la recherche suivante. Dans leur examen des effets de la perturbation anthropique des oiseaux aquatiques nichant en colonies,Carney et Sydeman (1999) recommandent d’établir une distance de 100 à 400 m autour des colonies de Sternes pierregarins pour réduire cette perturbation. Des études ponctuelles fondées sur la réaction d’envol des Sternes pierregarins ont recommandé l’établissement de distances de 100 m (Burger, 1998), de 180 m (Rodgers et Smith, 1995) et de 200 m (Erwin, 1989) autour des colonies pour réduire les effets de la perturbation anthropique. Il n’y a pas eu d’études publiées spécifiquement sur la Sterne de Dougall, mais cette dernière niche presque toujours dans des colonies de Sternes pierregarins. Reconnaissant la variabilité des réactions aux perturbations selon la colonie et les circonstances, on a résolu que l’inclusion d’une distance de 200 m autour des colonies de sternes dans lesquelles les Sternes de Dougall nichent est essentielle pour fournir une protection adéquate à l’habitat de nidification des Sternes de Dougall.

Si l’un des sites mentionnés plus haut n’est pas occupé par des Sternes de Dougall reproductrices pendant trois années consécutives, il sera réévalué par rapport à sa désignation comme habitat essentiel. Les sites supplémentaires ou nouveaux où les Sternes de Dougall ont niché pendant trois années consécutives peuvent être désignés comme habitat essentiel au titre du critère 1. Si un nouveau site de reproduction est établi et qu’il répond au critère 1 (abrite >10 % de la population nationale), la désignation de l’habitat essentiel sera revue pour considérer la désignation de la nouvelle colonie spécifiquement comme habitat essentiel. Tout nid de Sternes de Dougall, qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel, est protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et à titre de résidence en vertu de la LEP (une description de la résidence de la Sterne de Dougall se trouve dans le Registre public des espèces en péril). La LEP interdit également à quiconque de tuer, de blesser ou de harceler les Sternes de Dougall.

L’habitat essentiel décrit dans le présent document a accueilli 139 couples de Sternes de Dougall en 2002 et 129 couples en 2003 (Leonard et al., 2004) quoique seulement 72 en 2009 (Environnement Canada, données inédites). Si les efforts déployés pour établir une troisième colonie de Sternes de Dougall exempte de prédateurs sont fructueux (voir la section 1.3.3, Gérer d’autres colonies), l’habitat essentiel sera suffisant pour atteindre le but du rétablissement, soit pas moins de 150 couples nichant dans au moins trois colonies au Canada.

1.3.5 Exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

Des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall incluent mais ne se limitent pas aux activités suivantes :

Modification de la surface des îles
La topographie des îles où les sternes nichent et le maintien des caractéristiques de la surface du sol sont des éléments nécessaires au succès de reproduction de la Sterne de Dougall. L’enlèvement de matériaux (par exemple, débris, roches, structures de nidification), de même que l’ajout de matériaux (par exemple, sable, gravier, roches) ou l’installation de structures anthropiques sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Modification du couvert végétal
Le couvert végétal est un élément nécessaire à la reproduction et au camouflage des individus. L’enlèvement partiel ou total de la végétation utilisée par la Sterne de Dougall et/ou autres sternes2, de façon manuelle, mécanique (par exemple, machineries) ou chimique (par exemple, herbicides) ou par des activités liées à la construction, à l’entretien ou à l’exploitation de structures anthropiques, de même que l’ajout intentionnel de végétation sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Modifications des caractéristiques hydrologiques
L’habitat aquatique est un élément nécessaire à la reproduction et à l’alimentation de la Sterne de Dougall. Le rejet de substances, qui risque d’augmenter la turbidité ou de modifier la composition chimique des eaux de surface, des eaux intérieures, des eaux marines ou de la nappe phréatique, est une activité susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Il en est de même de l’installation de structures anthropiques dans le milieu aquatique.

D’autres activités anthropiques, ou conséquences de ces activités, qui perturberaient les oiseaux utilisant l’habitat essentiel au point de les rendre incapables de bien accomplir leurs activités biologiques (c.-à-d. l’accouplement, la ponte, l’élevage des petits, le déplacement à l’intérieur et à l’extérieur de la colonie, l’alimentation ou même le simple fait de se reposer) sont interdites en vertu des articles 32 et 33 de la LEP.

1.6 Élaboration des plans d’action

À l’heure actuelle, les Sternes de Dougall ne nichent que dans deux provinces du Canada (Québec et Nouvelle-Écosse), bien qu'on signale quelques cas sporadiques de nidification au Nouveau-Brunswick. Plus de 95 % de la population canadienne niche en Nouvelle-Écosse. Par conséquent, l’équipe de rétablissement canadienne de la Sterne de Dougall est petite, ne se composant que de six membres. On estime que l’équipe telle qu’elle est actuellement peut surveiller la mise en œuvre du programme de rétablissement, et à ce titre il n’est pas nécessaire de mettre sur pied des Groupes de mise en œuvre du rétablissement (GMOR). Un seul plan d’action pour la Sterne de Dougall sera complété et affiché dans le Registre public des espèces en péril d’ici mars 2011.

Une ébauche du plan d’action a été préparée, et un sommaire a été affiché dans le Registre public des espèces en péril en septembre 2009 (Environnement Canada). L’achèvement du plan d’action a été suspendu dans l’attente de la présente modification au Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall. En plus de faciliter la protection de l’habitat essentiel, la clarification de la désignation de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall permettra une meilleure évaluation des coûts socioéconomiques du plan d’action et des avantages qui découleront de sa mise en œuvre (alinéa 49(1)e)).

Le deuxième plan d’action relatif à l’évaluation environnementale, initialement recommandé dans le programme de rétablissement, est maintenant considéré comme un document d’orientation technique et non comme un plan d’action.

Ouvrages cités

Environnement Canada. 2006. Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) au Canada, Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, viii + 41 p.

Environnement Canada. 2009. Sommaire du plan d’action pour la Sterne de Dougall (Sterna Dougallii) au Canada, Environnement Canada, Ottawa, 2 p.

Gochfeld, M., Burger, J. and Nisbet, I.C.T.  1998.  Roseate Tern (Sterna dougallii).  In The Birds of North America.  No. 370 (A. Poole and F. Gill, eds.). The Birds of North America, Inc.  Philadelphia, PA.

Leonard, M.L., A.W. Boyne, and J.S. Boates. 2004. Status and recovery of Roseate Terns (Sterna dougallii) in Nova Scotia. Proceedings of the Nova Scotia Institute of Science. 42: 253-262.

Lock, A.R., Boates, S., Cohrs, S., D'Eon, T. C., Johnson, B. et LaPorte, P. 1993. Plan national de rétablissement de la Sterne de Dougall, Rétablissement des espèces canadiennes en péril, Rapport no 4, Ottawa : Fédération canadienne de la faune, 27 p.

Nisbet, I.C.T. and J.A. Spendelow. 1999. Contribution of research to management and recovery of the Roseate Tern: review of a twelve-year project. Waterbirds 22: 239-252.


1 En date du 25 octobre 2006, date à laquelle le Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall a été publié dans le Registre public des espèces en péril.
2 Le terme « sterne » fait référence à toutes les espèces de sternes qui constituent les colonies où nichent les Sternes de Dougall. Celles-ci nichent seulement dans de grandes colonies constituées de différentes espèces de sternes. Toute activité qui a des conséquences néfastes sur les sternes de ces colonies ou sur la capacité des sternes à utiliser l’habitat dans lequel se trouve la colonie ou à proximité de celle-ci peut également entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall.