Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’azolle du Mexique
Azolla mexicana
au Canada

Photo de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana).

Menacée 2008


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’azolle du Mexique Azolla mexicana au Canada-Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 38 p.

Rapports précédents

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur sur l’azolle du Mexique Azolla mexicana au Canada-Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 14 p.

Martin, M.E. 1998. Rapport du COSEPAC sur la situation de l’azolle du Mexique Azolla mexicana au Canada-Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1–14.

Brunton, D.F. 1984. COSEWIC status report on the mosquito fern Azolla mexicana in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 36 p.

Note de production

Le COSEPAC remercie Brian Klinkenberg qui a rédigé le rapport de situation sur l'azolle du Mexique Azolla mexicana au Canada en vertu d’un contrat conclu avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Mexican mosquito-fern Azolla mexicanain Canada.

Photo de la couverture :
Azolle du Mexique--Photo par Brian Klinkenberg.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2009.
Numéro de catalogue CW69-14/568-2009F-PDF
ISBN 978-1-100-91390-2

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2008

Nom commun - Azolle du Mexique
Nom scientifique - Azolla mexicana
Statut - Menacée
Justification de la désignation - Cette très petite fougère aquatique flottante du centre-sud de la Colombie-Britannique est confinée à huit petits plans d’eau où ses populations subissent des fluctuations périodiques de leurs effectifs. Deux populations et leur habitat ont disparu au cours des dernières années en raison d’activités de construction. La plupart des populations existantes se situent dans le voisinage immédiat de grandes routes ou d’une voie ferrée où elles sont menacées par des activités d’entretien, y compris l’utilisation de produits chimiques comme le sel de voirie.
Répartition - Colombie-Britannique
Historique du statut - Espèce désignée « menacée » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1998, en mai 2000, et en novembre 2008. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Azolle du Mexique
Azolla mexicana

Information sur l’espèce

L’azolle du Mexique (Azolla mexicana) est une minuscule fougère aquatique flottante qui se rencontre sur des plans d’eau et de petites étendues de terrain mouillé. La plante mesure de 1 à 2 cm de longueur. Les feuilles sont minuscules et se chevauchent à la manière de bardeaux. Les structures sporifères, portées sous la surface de l’eau, sont présentes chez les populations canadiennes. Les racines sont courtes, non ramifiées. Les flotteurs sont normalement au nombre de 3. L’espèce forme de vastes tapis verts ou rouges à la surface de l’eau.

Répartition

L’azolle du Mexique pousse à l’état naturel en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud (du Pérou, au nord de la Bolivie et au Brésil). Au Canada, l’espèce n’est présente qu’en Colombie-Britannique, où elle atteint la limite nord de sa répartition. Les 8 populations existant encore en Colombie-Britannique sont réparties entre 3 secteurs : le secteur de Little Fort, le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon. La zone d’occurrence est de 5 400 km², tandis que la zone d’occupation des petits plans d’eau fragmentés abritant l’espèce est de 11 km² selon une grille à mailles de 1 km ou de 40 km² selon une grille à mailles de 2 km.

Habitat

L’azolle du Mexique est une espèce des eaux tranquilles abritées. Elle pousse dans les étangs, les fossés et les méandres morts ainsi qu’en bordure des lacs. La plante tolère les conditions semi-ombragées, et l’ensoleillement optimal est de 50 %. En Colombie-Britannique, l’espèce se rencontre dans des eaux à pH de 6,5 à 8,1, mais elle peut tolérer les pHde 3,5 à 10.

Biologie

L’azolle du Mexique est une fougère aquatique qui vit en symbiose avec une cyanobactérie (algue bleue), l’Anabaena azollae. La fougère se reproduit principalement par fragmentation, mais également par voie sexuée, au moyen de spores. La plante est hétérosporée : elle produit deux types de spores, différant par leur taille et leur aspect. Une fois libérées, les spores coulent au fond, où elles finissent par germer et produire de nouveaux individus. La plante est dispersée par le vent, par la sauvagine et, de façon accidentelle, par les humains.

Taille et tendances des populations

On a confirmé la présence de 10 populations de l’espèce en Colombie-Britannique. Au total, 2 de ces populations sont aujourd’hui disparues, victimes de la construction routière et de l’urbanisation. Cependant, le nombre de populations connues a augmenté depuis le rapport de situation de 1984, dans lequel seulement 4 populations étaient signalées. La superficie occupée par les populations fluctue énormément d’une année à l’autre. Pour cette raison, on ne sait rien des tendances démographiques de l’espèce, et il faudrait à cet égard des études plus approfondies étalées sur plusieurs années.

Facteurs limitatifs et menaces

L’azolle du Mexique est naturellement limitée par des facteurs tels que les propriétés chimiques et la température de l’eau, qui restreignent son aire de répartition en Colombie-Britannique. Les populations canadiennes sont menacées par la construction et la réparation des routes, le développement domiciliaire, l’urbanisation, les déversements accidentels sur les routes et les voies ferrées (lesquels peuvent modifier les propriétés chimiques de l’eau et parfois ainsi détruire une population entière), les espèces envahissantes et l’eutrophisation des sites.

Importance de l’espèce

L’azolle du Mexique est rare au Canada et en Colombie-Britannique, où elle atteint la limite nord de sa répartition. Comme les populations canadiennes sont périphériques par rapport à l’aire de répartition principale, elles pourraient être importantes pour la survie à long terme de l’espèce dans le contexte des changements climatiques. La plante est importante du point de vue économique, car elle est cultivée dans de nombreux pays comme engrais vert (elle héberge une cyanobactérie fixatrice d’azote) ou comme supplément nutritif pour les aliments destinés au bétail.

Protection actuelleou autres désignations de statut

Une des populations canadiennes d’azolle du Mexique se trouve dans un parc provincial. Les autres ne jouissent d’aucune protection officielle. Le COSEPAC a évalué la situation de l’espèce en 2000 et a statué qu’il s’agit d’une espèce menacée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage

Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page d, Note de bas de pagee

Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique:
Azolla mexicana Schlecht. & Cham. ex K. Presl.
Nom français:
azolle du Mexique
Nom anglais:
Mexican Mosquito-fern
Famille :
Azollacées
Grand groupe végétal:
Fougères

La taxinomie du genre Azolla est jugée ardue et controversée par de nombreux chercheurs, dont Zimmerman et al. (1989), Pereira et al.(2001), Evrard et Van Hove (2004), Ceska (communication personnelle (comm. pers.), 2005) ainsi que Reid et al. (2006). La classification la plus acceptée est fondée sur les travaux de Svenson (1944), qui reconnaissait à l’échelle mondiale sept espèces d’Azolla, dont quatre indigènes des Amériques : A. caroliniana, A. filiculoides, A. mexicana et A. microphylla. Il est difficile d’identifier les spécimens stériles, dépourvus de spores.

Plusieurs chercheurs, dont Zimmerman et al. (1989); Pereira et al. (2001) ainsi que Reid et al.(2006) ont récemment réévalué les espèces d’Azolla.Cependant, comme ces chercheurs en sont venus à des conclusions diverses et qu’aucun n’a vraiment résolu les problèmes taxinomiques posés par le genre, on ne dispose toujours pas d’une vision claire de la taxinomie du genre. Reid et al. (2006) font valoir que la cytologie du groupe n’a pas aidé à résoudre les problèmes, toutes les espèces ayant le même nombre chromosomique (2n = 44). Ces auteurs précisent en outre que les premières descriptions et illustrations des espèces n’étaient pas fondées sur des spécimens types, ce qui a été source de confusion. Il faut ajouter à ces facteurs la variation naturelle de chaque espèce, la plasticité environnementale observée parmi les populations ainsi que la difficulté déjà notée en ce qui concerne l’identification des spécimens stériles (Zimmerman et al., 1989; Pereira et al., 2001; observations personnelles). Il en est résulté bien des débats sur l’opportunité de regrouper ou de reclasser les espèces.

Cependant, les derniers travaux de séquençage de l'ADN menés par Reid et al. (2006) ont permis quelques percées. Ces auteurs ont notamment établi que l’Azolla mexicana est une espèce valide et distincte et que sa généalogie est identique à celle de l’A. microphylla. Ils ont donc recommandé que les deux espèces soient réunies en une seule, appelée A. microphylla, et que le nom A. mexicana soit placé en synonymie. Ils citent à cet égard les expériences de Stergianou et Fowler (1990), lesquelles ont révélé que les croisements entre les deux taxons donnent des descendants normaux, ce qui démontrerait leur conspécificité (Reid et al., 2006, p. 537). Cependant, cette recommandation n’a pas encore abouti à un changement officiel de nomenclature et de classification.

Aux fins du présent rapport de situation, l’A. mexicana est considéré comme une espèce distincte, conformément aux conclusions taxinomiques de Svenson (1944). Toute mise à jour taxinomique et nomenclaturale qui résulterait des travaux de Reid et al. (2006) pourrait éventuellement exiger une modification du nom employé pour la présente espèce. Cependant, ce changement de nom n’aurait aucune incidence sur la situation de l’espèce au Canada, puisque l’A. microphylla (au sens strict) n’a jamais été signalé en Amérique du Nord.

Description morphologique

L’azolle du Mexique est une fougère annuelle hétérosporéeNote de bas de page 1, minuscule et aquatique, qui forme souvent de grands tapis verts ou rouges à la surface de plans d’eau ou de petites étendues de terrain mouillé. Elle vit en symbiose avec une cyanobactérie (algue bleue), l’Anabaena azollae, qu’elle héberge dans une cavité du lobe dorsal de ses feuilles.

La plante est densément ramifiée, avec de minuscules feuilles chevauchantes (figure 1) et des racines courtes, non ramifiées; elle mesure de 1 à 2 cm (Svenson, 1944; Douglas et al., 2000; Martin, sous presse). Le lobe supérieur des feuilles mesure généralement de 0,7 à 0,9 mm de longueur. Douglas et al. (2004, p. 302) décrivent la plante comme possédant une ramification pennée à partir de l’axe central, avec une ramification dichotomique uniquement en périphérie et des frondes se chevauchant à la manière de bardeaux. La plante produit 2 types de structures sporifères (microsporocarpes et mégasporocarpes). Un des caractères essentiels servant à distinguer les espèces du genre Azolla est la structure du mégasporange; chez l’A. mexicana, le mégasporange est orné à sa base de fossettes peu profondes caractéristiques, et il est relié par un court pédoncule à la face inférieure du lobe flottant d’une feuille. Ces caractères sont faciles à observer sous la loupe binoculaire. En général, la plante est plus grande et plus compacte que chez l’A. caroliniana, les sporocarpes sont habituellement bien visibles, et les flotteursNote de bas de page 2 (généralement au nombre de 3) sont habituellement dilatés (Svenson, 1944; Lomer, comm. pers., 2007). Chez la troisième espèce d’Azolla présente en Colombie-Britannique, l’A. filiculoides, les mégasporanges sont bien différents, et la plante est beaucoup plus grande que chez l’A. mexicana.

Figure 1. Azolle du Mexique. Photographie par Brian Klinkenberg

Photo de l’azolle du Mexique.

Description génétique

Aucune barrière écologique ou comportementale ne semble faire obstacle à un flux génique entre populations d’Azolla mexicana en Colombie-Britannique. Cependant, on ne dispose d’aucune information génétique sur le genre Azolladans cette province. Les distances séparant les 3 groupes de populations (80 km, 50 km et 125 km environ-voir figure 2 et tableau 1) empêchent sans doute qu’il y ait une interaction génétique appréciable entre ces groupes. Cependant, à l’intérieur de chaque groupe, il se peut que les déplacements de la sauvagine assurent un certain degré d’interaction, comme dans le cas d’autres espèces aquatiques (Figuerola, 2002; Green et al., 2008).

Tableau 1. Populations d’Azolla mexicana de Colombie-Britannique
SecteurPopulationPropriété et protectionDescription de la populationNote de tableaufSituation
Secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord1) Little Fort, chemin Round Top
(Centre de données sur la conservation (CDC) Zone d'occurrence (EO) #25545)
Terrain privé, propriétaire inconnuOccupe un étang de 10 × 5 m (juillet 2005). En 1997, la population prospérait (500 000 individus), tandis qu’en 2004, aucun individu n’était présent. Individus présents en 2005 et en 2007 (500 000 individus).Existante en 2007.
Secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord2) Au nord de Little Fort (CDC EO #25458)
(4 km au sud de la pop. 1)
Parc provincial Dunn Peak (selon la carte du service de cartographie du Centre de données sur la conservation)Occupe 2 grands méandres morts du côté ouest de la route (30 × 18 m). Certaines années (2004, 2005, 2007, etc. ), la couverture d’azolle est dense : 10 000 par m², soit un total de plus de 1 million d’individus (Douglas, 2004). Certaines années, la population ne compte aucun individu visible. Il est impossible de discerner des tendances, en raison des fluctuations annuelles. La population persiste à cet endroit depuis près de 25 ans.Existante en 2007. Non observée depuis au moins 1997 dans le méandre mort situé à l’est de la route (elle y avait déjà été observée). Récemment, observée uniquement du côté ouest de la route.
Secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord3) Au sud de Little Fort (CDC EO #25454)
(8 km au sud de la pop. 2)
Terrain privé, propriétaires inconnus (peut-être plusieurs pour chaque site)

Trois sites en étroite proximité :

Site 1 : Étang peu profond à l’extrémité sud d’un pâturage (3 × 20 m). En 2004, ce site abritait de 40 000 à 60 000 individus formant un anneau de 0,5 m autour de l’étang.

Site 2 : Deux méandres morts situés du côté ouestde la route passant au sud du pâturage (20 × 150 m), avec couverture très dense (plus de 1 million d’individus).

Site 3 : Méandre mort situé du côté est de la route (20 × 60 m), avec couverture clairsemée. En 1998, le site 3 abritait de 400 à 500 individus (couverture de 40 %) sur une superficie de 300 m². En 2004, la couverture du site était inférieure à 1 %, sur une superficie de 100 m².

Existante en 2007.

Site 1 : aucun individu n’a été observé en 2007, mais des individus avaient été observés en 2005.

Site 2 : vaste couverture en 2005 et 2007, mais aucune observation antérieure (notamment en 2004).

Site 3 : aucun individu visible en 2005; individus épars présents en 2007.

Secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord4) Darfield
(CDC EO #25478)
(13 km au sud de la pop. 3)
Sans object (S/O)La population a été observée dans un étang situé du côté ouest de la route.Disparue. Douglas (2004) a signalé que le site a été remblayé pour la construction d’une route.
Secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord5) Au sud de Darfield Nouvelle population
(3,6 km au sud de la pop. 4)
Terrain privé, propriétaires inconnusIndividus présents uniquement dans un méandre mort situé du côté est de la route (15 × 80 m vers l’est, et 15 × 100+ m du nord au sud). Couverture clairsemée (plusieurs milliers d’individus).Existante en 2007.
Nouvelle population (2007) du côté est de la route, 3,6 km au sud de la population autrefois présente à Darfield.
Secteur du lac Shuswap6) Tappen, ruisseau White
(CDC EO #3786)
(à 80 km des populations du secteur Little Fort / rivière Thompson Nord )
Réserve indienne 5 de North BayEspèce observée pour la première fois en 1974, flottant sur l’eau stagnante et échouée sur la berge bourbeuse. En 1997, de petits nombres d’individus ont été observés parmi la végétation riveraine le long du cours inférieur du ruisseau et formaient en outre un groupe plus grand, mais tout de même petit, dans les eaux calmes du premier coude à angle droit.Existante en 1997.
Non visitée en 2005 ni en 2007; aucun individu n’a été observé en 2004 (Douglas, 2004), mais l’habitat demeurait intact.
Secteur du lac Shuswap7) Salmon Arm
(CDC EO #3782)
(à 9 km de la pop. 6)
(Bien que 1,8 km sépare les 2 sous-populations, elles sont considérées comme une seule population, étant donné leur degré d’interaction (sauvagine volant chaque jour de l’une à l’autre). De plus, entre ces 2 sous-populations, d’autres sous-populations ont été observées le long du rivage certaines années.
Sous-population 1 : Réserve indienne Switsemalph, avec intérêts de la société Chemin de fer Canadien Pacifique, et terres privées. Il se peut que le lit du lac soit constitué de terres de la Couronne (d’après la carte du service de cartographie du Centre de données sur la conservation)L’espèce occupe une zone mouillée de 5 × 85 m le long d’une voie de chemin de fer. La superficie occupée à l’embouchure de la rivière Salmon est inconnue, mais a déjà été signalée comme étant de 5 × 30 m.
L’azolle du Mexique a été observée aux alentours de la rivière Salmon, à l’embouchure de cette rivière dans le lac Shuswap , depuis 1890. En 1982, elle a été observée dans les eaux peu profondes d’un méandre mort. En 1993, elle a été observée à l’embouchure de la rivière. En 1994, elle a été observée à plusieurs endroits le long du rivage du lac. Depuis, l’espèce est sporadiquement observée dans plusieurs sites des environs.
Non visitée en 2005 ni en 2007. Une sous-population a été observée en 2004 (Douglas, 2004).
Secteur du lac Shuswap7) Salmon ArmSous-population 2 : Rivage de Salmon Arm , municipalité de Salmon ArmIndividus observés dans une superficie de 3 × 2 m en 2005; aucun individu n’a été observé en 2007.Existante en 2005.
Secteur du lac Shuswap8) Sicamous
(CDC EO #3780)
(à 26 km de la pop. 7)
Terrain privé, propriétaire inconnuAucune.Disparue. Douglas (2004) signale que le site a été remblayé.
Secteur du lac Shuswap9) Rivière Eagle
(à 9 km de la pop. 8)
(Moins de 1 km sépare les 2 sous-populations)
Sous-population 1 : Cambie (le long de la rivière Eagle) (CDC EO #3784)
Terrain privé, propriétaire inconnu
Des azolles étaient observées à cet endroit depuis 1972, dans une grande mare. Martin (1998) a visité le site fréquemment de 1987 à 1997 et a toujours trouvé la plante couvrant entièrement la mare. Cependant, aucun individu n’a été observé depuis quelques années (Douglas, 2004).Existante en 1997.
Aucun individu n’a été observé depuis 1997 (en 2004, 2005 et 2007), mais l’habitat demeure intact.
Secteur du lac Shuswap9) Rivière EagleSous-population 2 : Rivière Eagle / Solsqua
Terrain privé, propriétaire inconnu
Aucune.Historique. Aucun individu n’a été observé depuis 1974. Une récolte faite par W. Schofield en 1997 du côté sud de la route pourrait provenir de ce site (mais la description du site comporte des ambiguïtés).
Vernon10) Ruisseau Vernon
(50 km au sud des pop. du lac Shuswap )
(Moins de 1 km sépare les 2 sous-populations)
Sous-population 1: Avenue Okanagan, à Vernon (CDC EO #21875)
Terrain privé récemment vendu à une société de développement foncier.
2 superficies de 10 × 20 m dans un pâturage.Existante en 2007.
Observée par M. Martin (2007)
Vernon10) Ruisseau VernonSous-population 2: Ruisseau Vernon, (CDC EO #25670)
Propriétaire inconnu : peut-être l’Aéroport de Vernon ou la Ville de Vernon (aire de loisirs Marshall Fields)
Une dense sous-population couvrait la surface d’un méandre mort de 25 × 2 m en 1997. De plus, des individus épars ont été observés le long des berges du ruisseau (400 m en aval) au nord de la grande sous-population occupant un méandre mort.Existante en 2007 (Quelques individus ont été observés en septembre, mais aucun n’était présent en août.)

Sources : Travaux de terrain menés par le rédacteur en 2005 et 2007; fiches d’occurrence du Centre de données sur la conservation (CDC) de Colombie-Britannique; Goward (1994); Douglas (2004); Martin (comm. pers., 2007).

Notes de tableau

Note de tableau f

Sur le terrain, au moment où les travaux ont été menés (à cause d’une limite de temps), il a été impossible d’établir à qui appartenaient les sites, ce qui a empêché une estimation précise du nombre d’individus constituant chaque population. La plupart des populations étaient visibles d’une route, mais les sinuosités des méandres morts et des mares devaient occulter une partie des individus.

Retour à la référence de la note de tableau f

Figure 2. Aire de répartition de l’azolle du Mexique en Colombie-Britannique et au Canada.

Carte montrant l’aire répartition de l’azolle du Mexique au Canada et en Colombie-Britannique.

Unités désignables

Comme toutes les populations canadiennes se trouvent à l’intérieur de la même écozone (aire écologique nationale du Sud des montagnes définie par le COSEPAC), une seule unité désignable est reconnue pour cette espèce.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’azolle du Mexique se rencontre en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, dans diverses régions isolées les unes des autres (Svenson, 1944; Lumpkin et Plucknett, 1980; Brunton, 1984; Douglas, 2004). Aux États-Unis, l’espèce est présente dans plusieurs États de l’Ouest et du Midwest : Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Illinois, Iowa, Kansas, Minnesota, Missouri, Nebraska, Nevada, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Oregon, Texas, Utah, Washington et Wisconsin (figure 3).

Figure 3. Aire de répartition nord-américaine de l’azolle du Mexique. Sources : Brunton (1984), Environmental Lab (2002) et USDA (2007).

Carte montrant l’aire de répartition nord-américaine de l’azolle du Mexique.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’azolle du Mexique ne se rencontre que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique (figure 2), où elle atteint les limites nord de sa répartition (Brunton, 1984). L’espèce a été récoltée pour la première fois en Colombie-Britannique à Sicamous, en 1889, par John Macoun, qui l’a également observée à Salmon Arm en 1890 (Brunton, 1984). Jusqu’à maintenant, 10 populations de l’espèce ont été signalées en Colombie-Britannique, dans 3 secteurs : le secteur Little Fort / rivière Thompson Nord ; le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon (figure 2). Il a été confirmé que 2 des 10 populations sont disparues (Goward, 1994; Douglas, 2004; Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (BCCDC), 2005; Southern Interior Rare Plants Recovery Team, 2007; Martin, sous presse).

Toutes les populations canadiennes de l’azolle du Mexique se trouvent dans la Région forestière du sud de l’intérieur, dans les districts forestiers d’Okanagan, de Shuswap et de Kamloops. Elles sont toutes situées dans l’Écozone de la cordillère montagnarde (Ogilvie, 1998; Environnement Canada, 2005).

Les populations de Colombie-Britannique sont peut-être des reliques d’une période postglaciaire plus chaude (Brunton, 1984; Martin, sous presse). Martin (sous presse) avance qu’il pourrait aussi s’agir d’une espèce dont l’aire de répartition est en expansion. L’espèce a été signalée dans la flore fossile de la province, dans les hautes terres de l’Okanagan (Greenwood et al., 2005). Moins de 1 % de la population mondiale de l’espèce se trouve au Canada.

Mentions historiques dont l’identification a été corrigée

  • L’identification d’un spécimen récolté en 2002 à Cobble Hill, près de Victoria, dans l’île de Vancouver, a été corrigée; il s’agissait en fait de l’Azolla caroliniana. [Numéro de récolte : RBCM (V) 184823. Stérile; plantes toutes de taille inférieure à 0,5 cm]

Populations dont la destruction a été confirmée

  • Population 4 (au sud de Darfield) : destruction signalée par Douglas (2004) et confirmée dans le cadre des travaux de terrain de 2005 et 2007.
  • Population 8 (Sicamous) : destruction signalée par Douglas (2004) et confirmée dans le cadre des travaux de terrain de 2005 et 2007.

Population ajoutée dans le cadre des travaux de terrain de 2007

  • Population 5 du tableau 1, découverte au sud de Darfield.

Zone d’occurrence

Au Canada, la zone d’occurrence actuelle de l’azolle du Mexique est de 5 400 km². Cette superficie a été calculée au moyen de l’outil « create minimum convex polygon » du logiciel Hawth’s Analysis Tools for ArcGIS 9.x (Beyer, 2004). Le fichier de la couche « points » localisant toutes les populations connues (actuelles ou disparues) a été utilisé comme fichier source. La superficie du polygone convexe ainsi obtenu s’établissait à environ 5 400 km². Cette superficie est à peine supérieure (d’environ 100 km²) à celle qui aurait été estimée à partir des populations signalées par Martin (sous presse). La découverte d’une nouvelle population, en 1997, à Vernon (50 km au sud de la population du lac Shuswap; Martin, sous presse) avait augmenté la zone d’occurrence de 60 %, en la portant de 3 400 km², valeur estimative de 1984 (Brunton, 1984, Goward, 1994), à 5 300 km². La disparition de 2 populations n’a eu aucun effet sur la zone d’occurrence.

Zone d’occupation

L’indice de zone d’occupation (IZO), calculé conformément à la méthodologie de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), est de 11 km² selon une grille à mailles de 1 km, ou de 40 km² selon une grille à mailles de 2 km. Cependant, la superficie réellement occupée par l’espèce doit être bien inférieure à 1 km² (environ 10 ha), si on ne prend en considération que les terres humides où se rencontre l’azolle du Mexique (méandres morts, mares, étangs et baissières de champ), puisque celles-ci mesurent toutes moins de 1 ha.

Voici comment l’IZO a été calculé. Au moyen de l’outil « convert features to raster » du logiciel « ArcGIS 9.2 Spatial Analyst », la couche renfermant toutes les populations connues (actuelles ou disparues) a été convertie en fichier de données tramées. La taille des cellules a d’abord été fixée à 1000 × 1000 m (de manière à ce que chacune représente une superficie de 1 km² sur le terrain), puis à 2000 × 2000 m (de manière à ce que chacune représente une superficie de 4 km² sur le terrain). Les cellules associées à la population disparue n’ont pas été incluses dans le calcul des deux IZO.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’azolle du Mexique a des exigences de croissance relativement restreintes et est sensible aux changements du niveau et des propriétés chimiques de l’eau, ce qui peut l’empêcher d’occuper certains milieux qui par ailleurs sembleraient lui convenir (Lumpkin, 1993; Douglas et al., 2004). Comme les autres espèces du genre Azolla, l’azolle du Mexique tolère l’ombre (Wagner, 1997) et se rencontre dans les eaux tranquilles de lacs, d’étangs, de cours d’eau et d’autres plans d’eau (figure 4). En Colombie-Britannique, l’espèce pousse plus précisément le long des rives de baies et criques tranquilles des lacs, dans les méandres morts et les étangs, dans les prés humides voisins de réseaux de ruisseaux ainsi que dans les fossés (Brunton, 1984; Douglas, 2000; Martin, sous presse, 2007). L’espèce est avant tout une plante des eaux stagnantes (Svenson, 1944; Tryon et Tryon, 1982; Brunton, 1984; Douglas et al., 2000; Martin, sous presse). Martin (sous presse) l’a observée dans des eaux plus rapides, mais il pourrait s’agir d’un simple cas de dispersion.

Figure 4. L’azolle du Mexique poussant à la surface d’un méandre mort près de Little Fort (population 2). Le tapis rouge d’Azolla a été coloré en blanc dans la photo pour qu’on puisse constater combien il devait être visible sur le terrain. Photo par Brian Klinkenberg.

Photo de l’azolle du Mexique poussant à la surface d’un méandre mort près de Little Fort, en Colombie-Britannique.

La plante pousse bien dans les eaux peu profondes, de quelques centimètres seulement, particulièrement là où les racines peuvent atteindre le substrat (Wagner, 1997; Watanabe, 1997). Cette situation décrit bien les zones d’étiage estival des eaux plus profondes, et c’est justement en été que l’azolle du Mexique semble prospérer. Cette relation était manifeste durant les travaux de terrain menés à l’égard de l’espèce. En Colombie-Britannique et dans l’ensemble de son aire de répartition, l’azolle du Mexique pousse avec d’autres espèces aquatiques, comme le Lemna minor (lenticule mineure), le Lemna trisulca (lenticule trisulquée), le Riccia fluitans (riccie flottante) et le Phalaris arundinacea (alpiste roseau) (Keddy, 1976; Brunton, 1984; Klinkenberg, observations sur le terrain). Le P. arundinacea est particulièrement commun dans les sites de Salmon Arm .

Douglas (2004) et Brunton (1984) écrivent que l’espèce privilégie les eaux dormantes fraîches, légèrement acides, partiellement ombragées, de faible salinité, riches en phosphore, mais pauvres en autres éléments nutritifs. En général, l’action du vent et des vagues finit par fragmenter puis tuer la plante, mais la crue annuelle aide sans doute à sa dispersion (Martin, sous presse; observations sur le terrain). On sait qu’une turbidité excessive peut inhiber la germination des spores chez certaines espèces d’Azolla. En Colombie-Britannique, les populations du lac Shuswap se trouvent dans des plaines d’épandage glaciaire localement parsemées de dépôts calcaires (Brunton, 1984). Les analyses d’eau réalisées par Brunton (1984) ont montré que les eaux occupées par l’azolle du Mexique avaient un pH de 6,5 (à Sicamous) à 8,1 (à Salmon Arm). La plante mesure de 1 à 2 cm, et cette variation de taille est peut-être liée au pH de l’eau de chaque localité. Il se peut que les variations des propriétés chimiques et de la température de l’eau ainsi que d’autres paramètres influent également sur la croissance de la plante et la germination de ses spores.

Les populations forment normalement un tapis sur les eaux où elles sont présentes (figure 5), mais l’abondance de la plante et l’épaisseur du tapis peuvent grandement varier d’une année à l’autre.

Figure 5. L’azolle du Mexique couvrant entièrement un étang près de Little Fort (population 1). La superficie occupée est délimitée par une ligne blanche. Photo par Brian Klinkenberg.

Photo de la population 1 de l’azolle du Mexique couvrant entièrement un étang près de Little Fort, en Colombie-Britannique.

Tendances en matière d’habitat

Dans le secteur du lac Shuswap, qui connaît une urbanisation modérée, un des sites de l’espèce a été détruit par une altération de son habitat causée par le développement foncier. À Vernon, il y a menace de lotissement dans le cas d’une des sous-populations, puisque les terres viennent d’être vendues à une société de développement foncier.

Dans l’ensemble, l’habitat potentiel de l’espèce demeure stable, puisqu’il se trouve en majeure partie dans des régions rurales ne présentant aucun risque immédiat de développement foncier. Cependant, la construction de chemins et de routes a soustrait plusieurs des méandres morts et des mares pouvant abriter l’azolle du Mexique en Colombie-Britannique aux forces qui déterminent l’évolution naturelle du lit des cours d’eau, avec création de nouveaux méandres morts et réintégration de méandres morts au cours d’eau.

Protection et propriété

Au Canada, on a signalé des populations d’azolle du Mexique sur des terres privées, sur des terres de réserve indienne fédérales, sur des terres municipales, sur des terres de la Couronne (à confirmer) ainsi que dans un parc provincial. On trouvera au tableau 1 un bref sommaire de la situation foncière et du niveau de protection de ces terres. Sur le terrain, il peut être difficile de déterminer à qui appartiennent les terres (voir la section « Activités de recherche »).

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Biologie

Il existe beaucoup d’information sur la biologie des plantes du genre Azolla, en raison de leur utilisation en agriculture. On peut ainsi trouver dans les publications des renseignements sur les conditions de croissance, l’effet des diverses substances chimiques (phosphore, fer, calcium, etc.), les gammes de température, les besoins en matière de pH et bien d’autres aspects de la biologie de ces plantes. Peu d’information porte sur l’A. mexicana en particulier, mais les publications visant l’ensemble du genre permettent de mieux comprendre la biologie de cette espèce. Les principaux aspects de la biologie de l’A. mexicana et des azolles en général sont résumés ci-dessous.

Cycle vital et reproduction

De manière générale, les azolles sont considérées comme des plantes annuelles qui meurent ou se décomposent en automne (Martin, sous presse)Note de bas de page 3. Elles se reproduisent surtout par voie végétative, au moyen de fragments détachés produisant de nouveaux individus (Moore, 1969; Wagner, 1997), mais elles se reproduisent également par voie sexuée, au moyen de spores. Les sporocarpes apparaissent en paires à l’aisselle des feuilles des vieilles plantes; chaque paire comprend généralement soit deux microsporocarpes, soit deux mégasporocarpes, mais parfois un de chaque type (Moore, 1969). Dans les régions tempérées, le développement des sporocarpes est généralement associé à la formation d’un tapis et aux mois d’été (Lumpkin et Plucknett, 1980). À maturité, les mégasporocarpes et les microsporocarpes s’ouvrent et libèrent des spores, qui coulent au fond, où elles peuvent demeurer à l’état dormant; la germination et la fécondation ont lieu sous l’eau (Lumpkin et Plucknett, 1980). Schaffner (1905) fournit un exposé clair du cycle vital des fougères hétérosporées et précise que l’autofécondation est impossible chez ces plantes, puisqu’elles ne sont jamais hermaphrodites.

Comme dans le cas des autres espèces du genre Azolla, les principaux agents de dispersion de l’Azolla mexicana sont l’eau (déplacée par le courant ou par les forts vents) ainsi que la sauvagine (Moore, 1969; Green et al., 2008). Les poissons pourraient également contribuer à la dispersion de l’espèce. De plus, les plantes sont sûrement transportées par les humains à l’occasion.

Herbivorie

Les plantes du genre Azolla sont consommées par de nombreux types d’insectes, comme les papillons, les diptères, les coléoptères et les pucerons, ainsi que par les escargots (voir par exemple : Gomez-Pignataro, 1978; Calilung et Lit, 1986; Wagner, 1997; Watanabe, 1997). Lumpkin et Plucknett (1980) signalent que la prédation par les insectes est le plus fréquent en été, particulièrement si la température est supérieure à 28 °C, et il arrive que des cultures d’Azolla soient détruites par des insectes. Gomez-Pignataro (1978) mentionne que certains coléoptères utilisent l’Azolla mexicana comme abri et servent de proie à une guêpe (Polybia rejectaforma belizensis). Il avance que cette guêpe limite peut-être les populations du coléoptère ainsi que la consommation de l’A. mexicana par cet insecte.

Physiologie

Plusieurs aspects importants de la physiologie des Azolla et plus spécifiquement de l’A. mexicana sont abordés dans les publications. De manière générale, c’est un ensoleillement de 50 % qui convient le mieux aux azolles (Lumpkin et Plucknett, 1980). Ces plantes peuvent généralement survivre dans les eaux à pH de 3,5 à 10 et sont sans doute tuées par les pH plus bas ou plus élevés (Lumpkin et Plucknett, 1980). Johnson (1986) mentionne que l’A. mexicana privilégie les eaux légèrement acides et sont le plus abondantes dans les eaux à pH de 6,0 à 7,0. Moore (1969) note que la réaction au pH des azolles en général dépend grandement d’autres facteurs tels que l’intensité lumineuse, la température et la teneur en fer. L’A. mexicana peut tolérer une faible salinité, mais meurt si la salinité devient élevée (Johnson, 1986; Moore, 1969). Le taux de croissance des Azolla diminue avec la salinité et devient nul lorsque la salinité atteint 1,3 %; la mort survient à une salinité plus élevée (Lumpkin et Plucknett, 1980). L’A. mexicana s’est révélé plus tolérant au NaCl qu’à la salinité associée à d’autres sels. On a réussi à augmenter la tolérance de la plante au sel en augmentant la concentration d’azote fixé (Johnson, 1986).

La plupart des espèces d’Azolla poussent à une température optimale de 18 à 28 °C, mais certaines peuvent tolérer une gamme plus étendue de températures, de – 5 à 35 °C (Wagner, 1997). La température optimale de reproduction est de 25 °C (Watanabe, 1997). Nayak et Singh (2004) mentionnent que les azolles peuvent produire des spores en abondance si les conditions propices à la formation d’un tapis se prolongent (durant l’été). L’A. mexicana, comme les Azolla en général, est sensible à la dessiccation (Douglas, 2004; observation personnelle) et est tué par les températures élevées (voir entre autres Vitousek et al., 2002). Cependant, l’A. mexicanatolère des températures plus élevées que les autres espèces (Lumpkin et Plucknett, 1980).

Dans les localités au nord, les basses températures hivernales provoquent la mort des azolles (Tryon et Tryon, 1982; Brunton, 1984). On a observé que les azolles résistent généralement au froid, mais que le gel de la surface de l’eau peut les tuerNote de bas de page 4 (Tsujimura, Ideda et Tukamoto, 1957, cités par Moore, 1969). Lumpkin (1993), dans Flora North America, indique que l’A. mexicana est moins tolérant au froid que l’A. caroliniana et est associé à une gamme plus étroite de conditions écologiques. La tolérance au froid est généralement maximale lorsque le pH se situe entre 8 et 10 (Lumpkin et Plucknett, 1980).

Selon les données disponibles sur les conditions de culture et selon d’autres sources, il se peut que le phosphore et le fer constituent des facteurs limitatifs pour la croissance de la plante et l’établissement de ses populations (Brunton, 1984). Une carence en fer fait jaunir la plante, tandis qu’une carence en phosphore la fait rougir et en limite la croissance (Lumpkin et Plucknett, 1980). Les frondes d’Azolla peuvent également rougir en cas de fort ensoleillement, alors que les frondes poussant à l’ombre restent vertes. Cependant, la coloration rouge peut également résulter de facteurs de stress tels que les dégâts dus aux insectes, un pH élevé, une faible température ou une carence en calcium, qui peut empêcher la plante d’exploiter un fort ensoleillement (Lumpkin et Plucknett, 1980; Watanabe, 1982; Wagner, 1997).

Dispersion

La possibilité de sauvetage par immigration externe existe dans le cas des populations canadiennes. L’Azolla mexicanaest dispersé de façon passive par le vent, les courants et la sauvagine, et les humains dispersent sûrement l’espèce lorsque des plantes ou des spores se fixent à leurs vêtements où à leurs embarcations (Moore, 1960; Lumpkin et Plucknett, 1980). La dispersion à longue distance est probable, la plante étant transportée par les oiseaux de manière externe, par exemple avec la boue attachée à leurs pattes (Cruden, 1966; Figuerola, 2002; Figuerola et Green, 2003), ou de manière interne, par endozoochorie (Figuerola, 2002; Figuerola et Green, 2002; Green et al., 2008). D’ailleurs, les oiseaux peuvent sans doute servir d’agents de dispersion pour de nombreuses espèces aquatiques (Cruden, 1966, p. 518). Déjà, en 1859, Darwin notait que les oiseaux dispersent des propagules de plantes (Cruden, 1966). Les distances ainsi parcourues peuvent être de quelques dizaines de kilomètres par jour ou atteindre plus de 200 km durant les migrations (Cruden, 1966; Figuerola, 2002). Aucune étude n’a porté spécifiquement sur le transport de l’azolle du Mexique par les oiseaux, mais Green et al. (2008, p. 386) ont observé, dans des échantillons prélevés en Australie chez les cygnes et particulièrement chez les foulques, de grandes quantités de mégasporocarpes d’Azolla filiculoidespotentiellement viables.

Donc, dans l’hypothèse d’une disparition des populations canadiennes, un sauvetage naturel est sans doute possible, particulièrement durant les saisons migratoires de la sauvagine.

Relations interspécifiques

L’Azolla mexicana, comme les autres espèces d’Azolla, vit en symbiose avec une cyanobactérie (algue bleue), l’Anabaena azollae (Lumpkin et Plucknett, 1980). La fougère fournit des éléments nutritifs et une cavité protectrice à la cyanobactérie, tandis que celle-ci fixe de l’azote atmosphérique que pourra utiliser la fougère. On ne connaît aucune autre relation interspécifique de la plante.

Adaptabilité

L’Azolla mexicana est une des espèces d’Azolla qui sont cultivées à des fins horticoles ou agricoles comme engrais vert et comme supplément nutritif destiné au bétail. Le matériel cultivé peut servir directement à la transplantation et est ainsi utilisé dans de nombreux pays méditerranéens, dont la Turquie, et dans d’autres pays. Cependant, on ne sait pas dans quelle mesure les plantes ainsi transplantées pourraient survivre en Colombie-Britannique et s’adapter aux conditions de culture de cette province. L’espèce a une répartition très limitée dans les étangs et ruisseaux où elle est présente.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Des travaux de terrain ciblant l’azolle du Mexique ont été menés en 2005 et en 2007, en juillet et août, dans un territoire englobant toute l’aire de répartition connue de l’espèce en Colombie-Britannique. C’est à cette saison de l’année que l’espèce est le plus facile à reconnaître sur le terrain. En 2007, les recherches ont été faites du 15 au 21 août dans le territoire s’étendant du sud au nord depuis Osoyoos jusqu’à Clearwater et d’ouest en est depuis Cache Creek jusqu’à un lieu situé juste à l’ouest de Revelstoke (1 800 km ont été parcourus en véhicule). En 2005, l’azolle du Mexique a été recherchée sur le même territoire vers la fin juillet, dans le cadre de travaux visant l’élaboration d’un programme de rétablissement (plus de 1 800 km ont été parcourus en véhicule). Normalement, les populations sont bien visibles en août, mais il est possible que certaines populations ou sous-populations ne soient visibles qu’en septembre et octobre (Brunton, 1984; Martin, comm. pers., 2007; observations personnelles, 2007).

En 2005 et en 2007, le site de toutes les populations déjà répertoriées d’azolle du Mexique (existantes, présumées disparues et historiques) a été visité. Une attention particulière a été accordée aux plans d’eau situés à proximité de populations déjà répertoriées, car ils étaient jugés les plus susceptibles de renfermer de nouvelles populations. Cependant, des recherches ont également été effectuées entre les sites.

De plus, en 2002, 2003 et 2004, le rédacteur du présent rapport a mené dans la même région des travaux de terrain visant d’autres espèces (dont le Symphyotrichum frondosum), en juillet et août, et a ainsi parcouru plus de 3 000 km en véhicule. Ces travaux ont couvert la plus grande partie du territoire associé à l’azolle du Mexique et comportaient notamment l’exploration de lacs, d’étangs et de rivières à l’égard des espèces riveraines. D’autres botanistes, dont Malcolm Martin, Trevor Goward, George Douglas, Jenifer Penny et Jamie Fenneman, ont également parcouru toute la région pendant de nombreuses années (Penny, comm. pers., 2007). Douglas et Fenneman, en particulier, ont recherché l’azolle du Mexique dans les mêmes secteurs en 2004. Si cette espèce avait été présente dans l’un ou l’autre des secteurs ainsi explorés, elle aurait probablement été signalée.
Au cours de ces années, la plupart des chemins de la région qui sont accessibles au public ont été parcourus au moins une fois, et les routes principales ont été parcourues de nombreuses fois. Tous les étangs, rivières et autres plans d’eau pouvant convenir à l’espèce et observables depuis une route pavée ainsi que tous les plans d’eau identifiés au moyen de cartes topographiques ont été examinés, à la fois à pied et au moyen de jumelles. Dans tous les cas où la présence de taches rouges ou vertes à la surface de l’eau indiquait que l’azolle du Mexique pouvait être présente à un endroit (figure 4), le site était examiné de plus près s’il était possible d’y avoir accès.

Il est important de se rappeler que cette région de la province renferme relativement peu de chemins accessibles, outre les routes principales et secondaires.

Dans le cas des sites situés à Vernon, le propriétaire du terrain où se trouve une des sous-populations a été approché, mais il a refusé l’accès au terrain, parce que celui-ci avait été acheté par un consortium de promoteurs (Martin, comm. pers., 2007). Il faut cependant se rappeler que la plupart des populations d’azolle du Mexique se trouvent dans des secteurs ruraux où il est souvent difficile de déterminer sur le terrain à qui appartiennent les lieux. Dans le cas de certains sites dont la situation foncière est obscure, il faudrait une enquête approfondie pour déterminer qui est propriétaire du terrain. C’est particulièrement vrai dans le cas des grands pâturages libres (sans clôtures) qui ont été explorés dans le secteur de la rivière Thompson Nord . L’impossibilité d’obtenir accès à certains terrains privés a imposé des limites aux recherches, car une partie de certaines populations n’était pas visible de la route et ne pouvait pas être évaluée sans une visite sur les lieux, qui aurait d’ailleurs permis d’établir combien de propriétaires fonciers sont concernés.

Dans le cas de la plupart des populations connues, il était impossible d’associer une résidence au terrain où se trouvait la population : il pouvait ne pas y avoir de clôtures, ou la résidence la plus proche pouvait être située à plusieurs kilomètres. Dans le cas de la population du chemin Round Top, à Little Fort, située sur un terrain privé comportant une résidence, le propriétaire ou occupant était absent. Deux autres populations sont situées dans des réserves indiennes, et la permission de visiter le site n’a pas été obtenue. Il a donc été impossible de répertorier l’étendue complète de ces populations, il a fallu se contenter d’une description générale fondée sur un examen à partir de la route. Heureusement, la plupart des populations étaient visibles de la route. Cependant, étant donné la nature de l’habitat de l’espèce, il demeure possible que des populations inconnues existent dans des méandres morts et des mares qui ne sont visibles à partir d’aucune route.

Abondance, fluctuations et tendances

Aux fins du présent rapport de situation, tous les sites déjà signalés pour l’azolle du Mexique dans les rapports de situations antérieurs ont été évalués selon une distance minimale de 1 km entre populations. C’est le critère que retient généralement le Sous-comité des plantes vasculaires du COSEPAC pour établir que 2 populations sont distinctes. En raison de cette démarche, il a fallu regrouper certaines « populations » antérieures et distinguer des sous-populations (tableau 1). Ces changements font en sorte que la Colombie-Britannique compte maintenant 10 populations de l’espèce, réparties entre 3 secteurs : le secteur de Little Fort et de la rivière Thompson Nord, le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon (figure 2). Il a été confirmé que 2 de ces 10 populations sont aujourd’hui disparues (Goward, 1994; Douglas, 2004; BCCDC, 2005; Southern Interior Rare Plants Recovery Team, 2007; Martin, sous presse).

L’obtention de meilleures données sur les sites connus, les travaux de terrain menés depuis le premier rapport de situation du COSEPAC (Brunton, 1984), la mise à jour rédigée par Martin (sous presse), le programme national de rétablissement rédigé par Klinkenberg (2005) ainsi que le présent rapport de situation font que le nombre de populations canadiennes de l’azolle du Mexique semble avoir beaucoup augmenté. Cependant, bien que 2 des populations du secteur de Little Fort (80 km au nord de la population du lac Shuswap) n’aient été signalées officiellement qu’en 1994 (Goward, 1994), elles étaient déjà connues (et avaient déjà fait l’objet de récoltes) en 1982; c’est donc un total de 6 populations qui étaient déjà connues en 1984.

Entre 1984 et 1997, 2 autres populations ont été signalées dans le secteur de Little Fort, ce qui a porté le nombre de populations à 8. En 1997, 1 nouvelle population a été signalée à Vernon par Martin (sous presse), ce qui a porté le nombre de populations connues à 9. En fait, Martin (sous presse) signalait 2 nouvelles populations à Vernon et établissait donc à 10 le nombre total de populations; cependant, l’utilisation d’un système d’information géographique a révélé que les 2 mentions doivent être considérées comme appartenant à une même population, et le nombre total de populations répertoriées par Martin devrait être de seulement 9. Comme Martin a vécu plusieurs dizaines d’années dans la région de Vernon, il se peut que la population qu’il a découverte dans cette localité soit une nouvelle population. Cependant, comme les spores peuvent demeurer longtemps à l’état dormant, il est impossible de déterminer si cette population résulte d’une expansion réelle de la zone d’occurrence ou plutôt d’une reprise de la croissance à partir de spores dormantes laissées par une population qui aurait déjà existé à cet endroit.

La découverte d’une nouvelle population au sud de Darfield, dans le cadre des travaux de terrain de 2007, a porté le nombre de populations connues à 10. Par contre, depuis 1997, 2 populations sont disparues, ce qui laisse seulement 8 populations existant toujours en 2007.

Comme l’espèce semble limitée à des températures relativement élevées, il faudra poursuivre la surveillance et les travaux d’inventaire pour pouvoir déterminer si l’espèce connaît actuellement une expansion de son aire de répartition.

Fluctuations des populations

Dans le cas de cette espèce, il importe en premier lieu de noter l’apparition et la disparition de populations d’une année à l’autre. Les travaux de terrain menés en 2004, 2005 et 2007 ont révélé que l’espèce peut sembler absente d’un site certaines années, puis réapparaître au cours d’années ultérieures. Goward (1994) a répertorié ces fluctuations dans le secteur de Little Fort, de 1982 à 1994. La disparition d’une population peut être due à des fluctuations dans les propriétés chimiques ou la température de l’eau, aux précipitations, ou à l’assèchement de ruisseaux et d’étangs, tandis que sa réapparition peut être due à la réactivation d’un réservoir de spores persistantes à la faveur de conditions propices en termes de microclimat et de propriétés chimiques de l’eau. Il est donc important de se rappeler que l’absence d’individus visibles une année donnée ne signifie pas que la population soit réellement disparue.

Ces réactions aux fluctuations annuelles et saisonnières des conditions de croissance influent sur la recherche de nouvelles populations et la confirmation des populations connues. Ainsi, de nombreux sites ont été explorés quant à la présence de l’espèce, mais cela ne signifie pas qu’aucune population n’y existe. Pour évaluer les populations d’azolle du Mexique, il faut donc des visites répétées s’étalant sur plusieurs années. Par ailleurs, il est remarquable que certaines populations jugées historiques continuent d’être signalées aux mêmes endroits par la suite; chacune de ces populations semble donc avoir persisté sans toutefois prendre de l’expansion. Il faut également noter la grande fluctuation de la superficie occupée par chaque population. Selon les travaux de terrain effectués, une population qui comporte à peine quelques individus une année donnée peut former un tapis épais et continu au cours d’autres années.

Manifestement, comme cette espèce a tendance à former de grands tapis, il ne serait pas réaliste d’en dénombrer les individus pour établir l’effectif absolu des populations. Comme le montre la figure 5, l’espèce, lorsqu’elle est présente, couvre souvent la surface de l’eau de milliers ou même de dizaines de milliers d’individus (tableau 1).

De plus, les années où une population occupe une vaste superficie peuvent être séparées par des années où l’espèce semble pratiquement absente. Par exemple, en 2004, George Douglas n’a trouvé aucun individu de l’espèce dans le méandre mort (situé vers l’ouest) illustré dans la figure 4, tandis que vers la fin de l’été 2005, lorsque la photo a été prise, des dizaines de milliers d’individus étaient présents. De même, aucun individu n’a été observé dans le méandre mort voisin (situé vers l’est) en 2005, bien que Douglas y avait observé plusieurs centaines d’individus en 2004. Il a même noté que la population, au cours des années antérieures, avait été beaucoup plus grande qu’elle n’avait été estimée en 2007.

Ces considérations montrent combien il est difficile de confirmer, durant les années de dormance, les populations de plantes formant des tapis ou des clones. Si l’habitat demeure exempt de perturbations, il faut de nombreuses années d’observations régulières pour qu’on puisse établir qu’une population est réellement disparue. Chez une espèce comme l’azolle du Mexique, une population ne peut être considérée comme disparue que si son habitat a subi une altération appréciable, comme dans le cas de la population de Sicamous et de celle des populations de Darfield qui est disparue (le terrain a été remblayé dans les deux cas). Le dénombrement des individus d’une population et la détermination des changements d’effectif et de densité survenant d’une année à l’autre n’auraient de sens que si ces valeurs provenaient de nombreuses années d’observations régulières et minutieuses. Pour évaluer les fluctuations démographiques de cette fougère aquatique minuscule, la surveillance annuelle des superficies réellement occupées dans chaque site est à la fois plus facile et plus pratique qu’une estimation du nombre des individus.

Immigration de source externe

Comme l’Azolla mexicana ne fait pas l’objet d’un suivi dans l’État de Washington, on ne dispose d’aucune information sur son abondance globale dans cet État. Cependant, si on en juge d’après les informations figurant sur les étiquettes des spécimens d’A. mexicana déposés à l’Herbier de l’Université de Washington (UW Herbarium) du Musée Burke d'histoire naturelle et de la culture (Burke Museum of Natural History and Culture) (2007), l’espèce ne semble pas être abondante dans cet État, puisque seulement 8 récoltes sont signalées. Au total, 2 de ces récoltes remontent au 19e siècle, tandis que 3 récoltes plus récentes comportent une indication selon laquelle l’espèce n’est pas commune. Cependant, selon l’étiquette des 3 récoltes provenant des 2 comtés situés le plus au nord, l’espèce serait abondante dans ces localités. Si on suppose que les individus ou les spores de l’espèce peuvent être transportés par la sauvagine, il est possible que des plantes provenant de l’État de Washington puissent assurer le sauvetage de populations canadiennes. Cependant, de tels événements seraient probablement peu fréquents, et de longs intervalles les sépareraient. Cette conclusion est fondée sur le fait que l’espèce est présente ou l’a été dans seulement 10 localités de l’Okanagan, alors que cette région renferme de nombreux autres plans d’eau apparemment propices. Si le transport par la sauvagine était le principal moyen de dispersion naturelle, alors l’espèce serait sans doute présente dans un plus grand nombre de plans d’eau lui convenant.

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Facteurs limitatifs et Menaces

Facteurs limitatifs

En Colombie-Britannique, l’azolle du Mexique est exposée à plusieurs facteurs limitatifs naturels.

  1. L’espèce serait sensible aux basses températures, qui peuvent affecter les populations durant les périodes de froid extrême et pourraient expliquer les fluctuations démographiques observées d’une année à l’autre. Les individus poussant dans des eaux à pH relativement élevé seraient, selon certains auteurs, moins sensibles aux basses températures. Voir cependant la note no 3 de bas de page 18.
  2. L’azolle du Mexique est également sensible aux changements de pH, de salinité et de température de l’eau ainsi qu’à sa teneur en phosphore et en fer. De légers changements dans la concentration de ces éléments, dus aux variations naturelles des conditions du site (inondation périodique, etc.), pourraient également expliquer les fluctuations démographiques et imposer des limites à la répartition de l’espèce.
  3. Les engrais azotés nuisent à la croissance des Azolla, mais les documents faisant état de ces effets sont contradictoires (Lumpkin et Plucknett, 1980).

Menaces

Plusieurs menaces visant l’azolle du Mexique et son habitat ont été relevées par Brunton (1984) et Martin (sous presse) ainsi que dans le cadre des travaux liés au présent rapport de situation.

  • Construction routière : Plusieurs populations de l’espèce se trouvent à proximité de routes, de chemins et d’autres zones utilisées par le public, ce qui constitue une menace. En effet, une population a été détruite par les travaux de remblayage liés à la construction ou à la réparation d’une route, au sud de Darfield (Douglas, 2004).
  • Développement domiciliaire et urbanisation : Cette menace vise les secteurs de Sicamous et de Vernon. Le terrain où se trouve une des deux sous-populations de Vernon vient d’être acheté par une société de développement foncier, et celui où se trouve une des sous-populations du secteur de Sicamous a été remblayé en vue d’un lotissement domiciliaire.
  • Eutrophisation : L’eutrophisation des eaux est visible dans le cas de la sous-population 2 de la population 7, sur le rivage de Salmon Arm. Ce site est situé à l’entrée de la jetée publique, le long du rivage du lac Shuswap, immédiatement à l’est de la zone utilisée comme parc. Une prolifération d’algues était visible dans ce site en 2005 et en 2006, mais des azolles étaient également présentes; cependant, on ne connaît pas l’effet réel des proliférations d’algues sur les azolles.
  • Espèces envahissantes : L’empiétement de l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) était manifeste dans le cas de la sous-population 2 de la population 7 (rivage de Salmon Arm). Il a été signalé par Douglas en 2004 et confirmé en 2005 et 2007.
  • Déversements accidentels et ruissellement :
  • Routes et autres chemins : La plupart des populations d’azolle du Mexique se trouvent le long de routes ou dans des zones accessibles au public où l’impact des travaux routiers voisins, des déversements chimiques et du développement foncier menace les plans d’eau et les propriétés chimiques de leurs eaux, ce qui pourrait à la limite détruire des populations entières. De plus, comme la plante est sensible à la salinité, elle est menacée par l’utilisation de sel de voirie et par le ruissellement de sel ou d’autres substances toxiques pouvant affecter directement la plante.
  • Chemins de fer : Le risque de déversement à partir de la voie de chemin de fer voisine de deux des populations de Salmon Arm est faible, mais un tel événement aurait un impact appréciable sur les plans d’eau avoisinants et sur l’Azolla mexicana.

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Importance de l'espèce

L’Azolla mexicana est une espèce en péril en Colombie-Britannique et au Canada. Elle atteint la limite nord de sa répartition dans le secteur de Little Fort, en Colombie-Britannique. Une distance de 300 km sépare les populations de Colombie-Britannique des populations les plus proches se trouvant aux États-Unis, dans l’État de Washington. À titre de populations périphériques par rapport à l’aire de répartition principale de l’espèce, les populations canadiennes pourraient être importantes pour la survie à long terme de l’espèce dans le contexte du réchauffement climatique.

Ailleurs dans le monde, l’A. mexicana fait l’objet d’une culture économiquement importante. La plante est utilisée comme engrais vert et comme méthode de lutte contre les mauvaises herbes dans les rizières et dans d’autres cultures. Elle est également employée comme aliment pour les animaux domestiques. Dans certaines régions, l’A. mexicana est considéré comme une espèce envahissante. L’espèce figure même sur la liste des mauvaises herbes nuisibles de certains comtés du Montana.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, l’azolle du Mexique est protégée sur les terres fédérales par la Loi sur les espèces en péril(LEP). Les cotes de priorité suivantes ont été attribuées à l’espèce à l’échelle mondiale ainsi qu’au Canada et aux États-Unis :

  • Cote mondiale : G5 (non en péril)
    • Date de révision de la cote mondiale : 27 janvier 1987
    • Date de modification de la cote mondiale : 27 janvier 1987
    • Cote mondiale arrondie : G5 (non en péril)
  • États-Unis
    • Cote nationale : NNR (non classée)
  • Canada
    • Cote nationale : N2 (en péril)
  • COSEPAC : espèce menacée, 2000

États des États-Unis

  • Arizona-SNR
  • Arkansas- SNR
  • Californie-S3.2? (de vulnérable à en péril?)
  • Colorado-S4 (apparemment non en péril)
  • Illinois – S4
  • Iowa-S3 (vulnérable)
  • Kansas -SNR
  • Minnesota-SNR
  • Missouri-SNR
  • Nebraska-SNR
  • Nevada-SNR
  • Nouveau-Mexique – SNR
  • Oklahoma-SNR
  • Oregon-SNR
  • Texas-SNR
  • Utah- S2? (en péril?)
  • Washington-SNR
  • Wisconsin-SNR.

Provinces du Canada

  • Colombie-Britannique : S2
  • Annexe 1 de la LEP : espèce menacée.

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Résumé technique

Azolla mexicana

Azolle du Mexique – Mexican Mosquito-fern

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Information démographique

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)
< 1 an
Pourcentage observé d'une réduction du nombre total d'individus matures au cours des dix dernières années :
Inconnu
Pourcentage prévu d'une réduction du nombre total d'individus matures au cours des dix prochaines années :
Inconnu
Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure :
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?
Tendance observée du nombre de populations
Probablement stable, mais cela n’est pas certain, puisque des pertes sont survenues et que de nouvelles populations ont été découvertes en raison des recherches accrues et du fait que les populations fluctuent et paraissent même absentes certaines années. : Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Le nombre d’individus peut grandement fluctuer dans un site donné, mais il ne s’agit pas de « fluctuations extrêmes » au sens de l’UICN, puisque des spores dormantes demeurent présentes. : Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non

Nombre d’individus matures dans chaque population

Des millions de minuscules fougères aquatiques se reproduisant par voie végétative dans les sites existants, avec fluctuations observées dans certains sites.

Grand Total :
Probablement des millions chaque année

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence (km²) :
5 400 km²
Tendance observée dans la zone d'occurrence
L’augmentation du nombre de localités est probablement due à l’accroissement des activités de recherche. : Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?
Non
Superficie estimée de la zone d’occupation (km²)
11, selon une grille à mailles de 1 km; 40, selon une grille à mailles de 2 km.
Tendance observée dans la zone d'occupation
Peut-être stable, mais cela n'est pas certain, puisque de nouveaux sites sont découverts et que d'autres disparaissent. : Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation?
Des fluctuations peuvent être visibles d'une année à l'autre dans la supeficie d'habitat réellement occupée. : Non
La zone d’occurrence, ou la zone d’occupation, est-elle gravement fragmentée?
Les sites sont séparés par des distances de 50 à 80 km, mais il est possible que les propagules soient occasionnellement transportées par la sauvagine. On ne peut pas établir facilement si les sites sont « gravement fragmentés » (severely fragmented) au sens de l’UICN. : Non
Nombre d’emplacements actuels :
8
Tendance du nombre d’emplacements
Le nombre semble être en train d'augmenter, mais cette augmentation est probablement due aux travaux de terrain plus approfondis menés depuis le premier rapport de situation. : Augmentation
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?
Non
Tendances observées en matière d'habitat
L’espèce a subi des pertes de populations et des fluctuations d’effectif, ce qui rend difficile l’établissement d’une tendance. : Inconnues

Analyse quantitative

Exemple : Pourcentage de probabilité de disparition au cours des 50 prochaines années.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

La construction d’une route et le remblayage connexe ont causé la disparition d’une des populations (à Darfield). L'aménagement du site (par remblayage) a causé la perte d'une autre population (à Sicamous). Une des sous-populations de Vernon se trouve sur un terrain qui vient d'être acheté par une société de développement foncier; son avenir est donc très menacé. Plusieurs populations ou sous- populations n'ont pas été observées depuis plusieurs années (rivière Eagle, ruisseau Vernon et ruisseau White), mais aucune cause apparente ne peut être établie. Dans chaque cas, il se peut que les observations n'aient pas été faites au bon moment, que la population connaisse des variations naturelles, ou qu'elle soit réellement disparue. La majorité des populations, sauf celles de Vernon et du ruisseau White et certaines des sous-populations de Salmon Arm , sont situées à proximité de routes importantes ou d'une voie ferrée, ce qui les expose constamment à des risques de déversement accidentel et à des travaux d'entretien exigeant certains produits chimiques (épandage de sel de voirie en hiver, etc. ).

Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs?
États-Unis : Aucune évaluation à l’échelle nationale
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Elle est possible, mais on ne dispose d’aucune indication à cet égard. : Inconnue
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Probable
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Le transport de propagules sur 300 km à partir de l'État de Washington, durant les migrations, est possible mais improbable. Si un tel transport était probable, un plus grand nombre de populations se seraient sans doute établies en Colombie-Britannique. : Improbable

Statut actuel

COSEPAC : Espèce menacée, 2008.

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce menacée

Code alphanumérique : B1ab(iii,iv,v)+2ab(iii,iv,v)

Justification de la désignation : Cette très petite fougère aquatique flottante du centre-sud de la Colombie-Britannique est confinée à huit petits plans d’eau où ses populations subissent des fluctuations périodiques de leurs effectifs. Deux populations et leur habitat ont disparu au cours des dernières années en raison d’activités de construction. La plupart des populations existantes se situent dans le voisinage immédiat de grandes routes ou d’une voie ferrée où elles sont menacées par des activités d’entretien, y compris l’utilisation de produits chimiques comme le sel de voirie.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Aucun pourcentage de déclin global n'est disponible, mais deux populations sont disparues.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère d’espèce menacée-B1ab(iii,iv,v)+2ab(iii,iv,v); les zones d'occurrence et d'occupation se situent en deçà des seuils fixés pour une espèce menacée; 8 populations existantes sont connues, et la disparition récente de 2 populations a entraîné une diminution de la superficie d'habitat, du nombre d'emplacements et du nombre d'individus matures.
  • Critère C (Petite population et déclin du nombre d'individus matures) : Sans objet. La taille de la population est supérieure au seuil maximal.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet. La taille de la population est trop grande pour satisfaire au critère D1. Le critère D2, si on se fonde sur le plus petit IZO (< 20 km²), peut ne pas être applicable, étant donné l’existence actuelle de 8 populations et la possibilité que quelques petites populations soient encore à découvrir dans les secteurs non directement accessibles par des chemins.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Aucune n’est disponible

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Remerciements et experts contactés

Plusieurs personnes bien informées ont été consultées pour la rédaction du présent rapport de situation. Le rédacteur tient à remercier Adolf Ceska, Sharon Hartwell, Frank Lomer, Malcolm Martin et Jenifer Penny, qui lui ont fourni de l’information importante sur l’Azolla mexicana et les autres espèces d’Azolla de Colombie-Britannique. Il remercie également de façon particulière Malcolm Martin, qui lui a procuré des spécimens, l’a accompagné sur le terrain et lui a fourni des renseignements sur l’identité des propriétaires des terrains où se trouvent les populations de Vernon. Il tient aussi à remercier Rose Klinkenberg, qui l’a aidé lors des recherches préliminaires et des travaux de terrain. Il remercie enfin Linda Jennings, de l’herbier UBC, qui l’a aidé à obtenir le prêt de spécimens.

Experts consultés

  • Alain Filion. Secrétariat du COSEPAC, préparation des cartes et calculs, correspondance par courriel envoyée le 8 août 2007.
  • Kevin Fort (cc Bob Elner). Environnement Canada, Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon, correspondance par courriel envoyée le 8 août 2007.
  • Dave Fraser. BC Endangered Species Specialist, Biodiversity Branch, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, correspondance par courriel envoyée le 9 août 2007.
  • Gloria Goulet. Secrétariat du COSEPAC, Connaissances traditionnelles autochtones, correspondance par courriel envoyée le 9 août 2007.
  • Ted Lea. Recovery Team, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, correspondance par courriel envoyée le 9 août 2007.
  • Jenifer Penny. Provincial Botanist, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, correspondance par courriel envoyée le 9 août 2007.

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Sources d'information

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Brunton, D.F. 1984. COSEWIC status report on the mosquito-fern Azolla mexicanain Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de dispartion au Canada, Ottawa, 36 p.

Burke Museum of Natural History and Culture Herbarium Collections. 2008. (http://biology.burke.washington.edu/herbarium/collections/vascular/results.php?SourcePage=SearchForm&Gen=Azolla&Sp=mexicana, consulté en mai 2008).

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Martin, M.E. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel et communication en direct avec B. et R. Klinkenberg, divers courriels et diverses discussions portant sur les travaux sur le terrain.

Martin, M.E. Sous presse. Update COSEWIC status report on the Mexican Mosquito-fern Azolla mexicana in Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, 11 p., Note : Ce rapport de situation n’a pas encore été publié officiellement par le COSEPAC. Il est donc toujours considéré comme étant sous presse.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Brian Klinkenberg est professeur agrégé de géographie à l’Université de la Colombie-Britannique et possède un M.Sc. en biogéographie ainsi qu’un Ph. D. en modélisation du paysage et en systèmes d’information géographique. Ses recherches portent sur l’analyse spatiale, l’analyse du paysage et la biogéographie des plantes rares. Il a notamment étudié les recoupements entre formes du relief et plantes rares, la biogéographie des plantes vasculaires des îles du lac Érié, les services écosystémiques, les effets de la fragmentation des milieux et des paysages sur les forêts, les méthodes servant à évaluer le succès des projets de restauration ainsi que la conception des réserves naturelles. Il coordonne et dirige la publication d’E-Flora BC et d’E-Fauna BC ainsi que d’une série d’atlas biogéographiques de la Colombie-Britannique. Brian Klinkenberg est actuellement président du comité de recherches du South Coast Conservation Program et fait partie des équipes de rétablissement du lupin des ruisseaux et de la céphalanthère d’Austin. Il a rédigé plusieurs programmes nationaux de rétablissement, dont ceux visant le Bidens amplissima, le Cephalanthera austiniae, l’Azolla mexicana, le Symphyotrichum frondosum, l’Epilobium torreyi et le Lupinus rivularis. Il a également rédigé ou corédigé plusieurs rapports de situation du COSEPAC, dont ceux visant l’Astragalus spaldingii, le Bidens amplissima,le Celtis tenuifolia, le Cephalanthera austiniae (2), le Collinsia verna,le Desmodium illinoense, l’Opuntia humifusa,le Lupinus rivularis, le Ranunculus californicuset le Symphyotrichum frondosum. Il a enfin rédigé divers rapports techniques, notamment sur des normes de recensement et de surveillance pour les espèces végétales rares et sur la cartographie prévisionnelle des espèces rares.

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Collections examinées

Les collections suivantes ont été examinées par les rédacteurs du rapport :

Université de la Colombie-Britannique

  1. Azolla mexicana. V219686, J. A. Calder, D. B. O. Savile et J. M. Ferguson, 14 septembre 1954, ½ mille à l’ouest de Solsqua le long de la route entre Sicamous et Revelstoke, duplicata DAO. Stérile. L’identification n’a pas pu être confirmée.
  2. Azolla mexicana. V213376, W. B. Schofield (sa récolte 109591), 1997, tapis flottant sur étang environ 6 milles à l’est de Sicamous, étang en terrain boisé. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg.
  3. Azolla mexicana. V140625, A. et B. Schwartz, 22 septembre 1972. 5 milles à l’est de Sicamous, en face de la traverse de chemin de fer. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg.

Herbier du Musée royal de la Colombie-Britannique (Royal British Columbia Museum Herbarium) (V)

  1. Azolla mexicana. 184823, J. Deniseger, 14 février 2002. Identifié par Richard Hebda. Île de Vancouver, Cobble Hill, juste à l’extérieur du parc communautaire Manley Creek, au nord d’Arbutus, à Victoria. Terrain de golf. Plantes mesurant moins de 0,5 cm, stériles. L’identification a été révisée par R. Klinkenberg en 2007 : Azolla caroliniana.
  2. Azolla mexicana. 174999, M. E. Martin, 4 novembre 1997, ruisseau Vernon, à 0,5 km de l’embouchure du ruisseau, méandre mort situé à un coude du ruisseau. Stérile. Identification vérifiée par G. W. Douglas.
  3. Azolla mexicana. 174998, M. E. Martin, 4 novembre 1997. Identifié par M. E. Martin. Vernon, 6141, avenue Okanagan 82L-3, occupant deux baissières dans un champ entouré d’un pâturage grossier. Stérile. Identification vérifiée par G. W. Douglas.
  4. Azolla mexicana. 196897, Bob Scheer, 3 septembre 1998. Thompson-Okanagan, Little Fort, 1,13 km au sud de Little Fort, à la jonction des routes 5 et 24, dans un chenal abandonné de ruisseau, au bord de la route, dans le canal d’un étang. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg.

Autres récoltes (spécimens non traités destinés à être déposés à l’Herbier de l’Université de la Colombie-Britannique)

2005

  1. Azolla mexicana. Malcolm Martin. 24 août 2005. Rive nord du ruisseau Vernon, méandre mort en face du terrain de stationnement de Marshall Fields, en eau stagnante peu profonde. Avec quelques sporocarpes immatures dispersés.
  2. Azolla mexicana. Brian Klinkenberg. Juillet 2005. Salmon Arm , dans l’eau peu profonde de la baie immédiatement voisine de la jetée publique, du côté est du parc, à l’endroit communiquant avec la jetée. Avec nombreux sporocarpes. Identification confirmée par R. Klinkenberg en 2005 et 2007.
  3. Azolla mexicana. Brian Klinkenberg. Juillet 2005. Juste au nord de Little Fort, dans l’eau peu profonde d’un méandre mort. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg en 2005 et 2007.

2007

  1. Azolla mexicana. Brian Klinkenberg. Août 2007. Salmon Arm , le long des rails de chemin de fer, à l’est de la jetée. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg en 2007.
  2. Azolla mexicana. Brian Klinkenberg. Août 2007. Darfield. Vingt mètres au sud de la pancarte de Darfield, dans l’eau peu profonde d’un méandre mort, du côté est de la route. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg en 2007.
  3. Azolla mexicana. Brian Klinkenberg. Août 2007. Au sud de Little Fort, dans l’eau peu profonde d’un méandre mort, du côté est de la route. La population se prolonge par taches du côté ouest de la route, dans des méandres morts et des zones occupées par des étangs. Fertile. Identification confirmée par R. Klinkenberg 2007.
  4. Azolla mexicana. Malcolm Martin. Octobre 2007. Ruisseau Vernon, dans un petit fossé de drainage aboutissant au ruisseau. Terrain perturbé. Plantes immatures, sans sporocarpes. (Aucun individu n’avait été présent lorsque le secteur avait été visité en août 2007).

Spécimen examiné par Frank Lomer

  1. Azolla mexicana. George Douglas Note de bas de page 5. Date de récolte inconnue (probablement 2004). Localité inconnue. Fertile. Identification confirmée par Frank Lomer en 2007.

Spécimen exclu

Azolla mexicana. V219683, J. A. Calder, 14 septembre 1954, ½ mille à l’ouest de Solsqua le long de la route entre Sicamous et Revelstoke, duplicata DAO. Identification révisée : A. caroliniana.