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Programme de rétablissement de la renoncule de Californie (Ranunculus californicus) au Canada 2013

Table des matières

Renoncule de Californie en floraison
© Matt Fairbarns

Citation recommandée :

Agence Parcs Canada. 2013. Programme de rétablissement de la renoncule de Californie (Ranunculus californicus) au Canada . Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada, Ottawa, vi + 27 p.

Pour obtenir des exemplaires du programme de rétablissement ou un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de résidence, les plans d’action et les documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Renoncule de Californie. Photographie gracieusement fournie par Matt Fairbarns.

Also available in English under the title:

“Recovery Strategy for the California Buttercup (Ranunculus californicus) in Canada”

© Sa Majesté la reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 2013. Tous droits réservés.

ISBN 978-0-660-21033-9

No de catalogue En3-4/167-2013F-PDF

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit mentionnée.

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Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’adopter une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (L.C. 2002, ch. 29), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces désignées disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans un délai de cinq ans.

Le ministre de l’Environnement et le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada sont les ministres compétents pour le rétablissement de la renoncule de Californie et ont élaboré le présent programme, conformément à l’article 37 de la LEP, en collaboration avec Environnement Canada, le gouvernement de la Colombie-Britannique et la Nation Songhees.

Il va sans dire que ni l’Agence Parcs Canada, ni Environnement Canada, ni aucune autre instance ne peuvent mener ce programme de rétablissement à bien sans l’engagement et la coopération des nombreuses parties qui seront appelées à participer à la mise en œuvre des orientations et mesures préconisées. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre, dans l’intérêt de la renoncule de Californie et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou plusieurs plans d’action précisant les mesures de rétablissement particulières que devront prendre Environnement Canada, l’Agence Parcs Canada et les autres instances et organisations participantes pour assurer la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du programme demeure assujettie aux crédits, priorités et contraintes budgétaires des compétences responsables et des organisations participantes.

Le rétablissement de la renoncule de Californie sera coordonné avec le programme de rétablissement des espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry (Agence Parcs Canada, 2006).

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Énoncé de recommandation et d'approbation

L’Agence Parcs Canada a dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement du gouvernement fédéral, en collaboration avec l’autre ministre compétent (ou les autres ministres compétents) dont relève l’espèce en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Le directeur général, suivant la recommandation des directeurs de parc et directeurs d’unité de gestion concernés, approuve le présent document, attestant ainsi qu’il est conforme aux exigences relatives aux programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril.

Recommandé par :

____________________________________________________
Helen Davies
Directrice, Unité de gestion de la Colombie-Britannique côtière, Agence Parcs Canada

Approuvé par :

____________________________________________________
Alan Latourelle
Directeur général, Agence Parcs Canada

signature

 

 

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Remerciements

Nous remercions Matt Fairbarns d’avoir rédigé la première ébauche du programme de rétablissement. Nous remercions également l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (GOERT), chargée du rétablissement de la renoncule de Californie, pour sa participation à l’élaboration du présent programme de rétablissement. Enfin, nous voulons remercier les différents propriétaires qui soutiennent le rétablissement de l’espèce sur leur terrain et ont permis l’accès à leur terrain pour les relevés.

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Résumé

En 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la population canadienne de renoncule de Californie (Ranunculus californicus Benth.) et a établi qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition. En février 2011, cette population a été inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada, à titre d’espèce en voie de disparition.

La renoncule de Californie est une courte herbacée vivace qui produit des tiges pubescentes de 15 à 50 cm de longueur portant des fleurs jaune citron à pétales nombreux (jusqu’à 16 pétales). Son aire de répartition suit la côte depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’en Basse-Californie. Toutefois, la population canadienne est considérablement éloignée de la population des États-Unis la plus proche, située en Orégon. L’aire de répartition canadienne de la renoncule de Californie équivaut à moins de 1 % de son aire de répartition mondiale. Au Canada, il existe 4 populations confirmées de renoncule de Californie toutes situées près de la côte sudest de l’île de Vancouver; l’existence de trois d’entre elles a récemment été confirmée.

Les principaux facteurs limitant le rétablissement et la survie des populations canadiennes de renoncule de Californie sont la spécificité écologique de l’espèce à l’égard des milieux rares que sont les prés maritimes, sa faible capacité de dispersion, la petite superficie de sa zone d’occupation et le fait que ses populations sont petites et fragmentées, ce qui restreint sa diversité génétique. En outre, les populations de renoncule de Californie sont menacées par les plantes exotiques envahissantes, l’empiètement d’espèces herbacées et ligneuses indigènes, l’hybridation potentielle, les activités récréatives, le pâturage du bétail, le piétinement et la transformation de l’habitat.

Les objectifs en matière de population et de répartition fixés pour le rétablissement de la renoncule de Californie au Canada consistent à maintenir les quatre populations existantes confirmées et à empêcher la diminution de l’aire de répartition de l’espèce, jusqu’à ce que la possibilité d’établir de nouvelles populations ou d’accroître certaines populations, en vue d’augmenter l’effectif et l’aire de répartition de l’espèce, ait été évaluée. Les stratégies générales visant à atténuer les menaces pour la survie et le rétablissement de la renoncule de Californie sont présentées à la section 6.1, intitulée « Orientation stratégique du rétablissement ».

L’habitat essentiel au rétablissement de la renoncule de Californie est désigné dans le présent programme de rétablissement, dans la mesure où le permettent les meilleures données disponibles; toutefois, il faut signaler qu’il existe d’importantes lacunes dans les connaissances. Des superficies supplémentaires d’habitat essentiel devront être désignées dans les documents de planification à venir pour que les objectifs en matière de population et de répartition puissent être atteints.

D’autres mesures visant le rétablissement de la renoncule de Californie seront intégrées à un ou plusieurs plans d’action d’ici 2018.

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Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la renoncule de Californie est jugé réalisable selon les critères énoncés dans les politiques du gouvernement du Canada (Gouvernement du Canada, 2009).

  1. Des individus de l’espèce sauvage capables de reproduction sont disponibles ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir ou accroître l’effectif.

    Oui. Les trois populations dont on a récemment confirmé l’existence comprennent de nombreux individus reproducteurs; des graines pourraient être récoltées dans ces populations et servir à la restauration.

  2. Il existe suffisamment d’habitat pour abriter l’espèce, ou il est possible d’en créer par des mesures d’aménagement ou de remise en état.

    Oui. Il y a suffisamment de parcelles d’habitat pour héberger des populations autosuffisantes, et d’autres parcelles pourraient être créées par des mesures actives d’intendance ou de restauration, si nécessaire.

  3. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

    Oui. Pour éviter toute perte additionnelle d’habitat, il faudrait déplacer certaines aires destinées à des activités récréatives telles que le camping, les pique-niques et la randonnée. Il serait difficile de rétablir les régimes de brûlage appliqués par les Premières Nations avant l’arrivée des Européens, et il est possible que ces brûlages ne soient plus efficaces aujourd’hui, vu la présence de plantes exotiques envahissantes; toutefois, pour combattre l’empiètement des arbres et arbustes, on pourrait mettre en œuvre des mesures de remplacement telles que la coupe de ces plantes et un fauchage au cours de la saison de dormance. De plus, une approche de gestion intégrée permettrait sans doute d’atténuer les effets des espèces exotiques envahissantes d’arbustes, de graminées et d’herbacées non graminoïdes qui nuisent à l’espèce en lui livrant compétition, en l’éliminant de certains milieux et en monopolisant l’espace.

  4. Il existe des techniques de rétablissement permettant d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, ou de telles techniques pourraient être mises au point en un temps raisonnable.

    Oui. Le succès du rétablissement dépendra principalement de l’atténuation des menaces par des mesures d’intendance de l’habitat, en combinaison avec une surveillance et un recensement à long terme des populations.

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1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Date de l’évaluation : Novembre 2008

Nom français : Renoncule de Californie

Nom anglais : California Buttercup

Nom scientifique : Ranunculus californicus

Statut selon le COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce vivace est confinée à deux petits groupes d’îles près de Victoria, en Colombie-Britannique. Les quatre petites populations confirmées se trouvent dans des habitats de prés côtiers où la propagation importante de plantes envahissantes met l’espèce en péril. Les impacts potentiels sur les populations incluent l’agrandissement prévu des tours de communications à un site et les amateurs d’activités récréatives non autorisés dans les habitats insulaires.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut du COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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2. Information sur la situation de l’espèce

En 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la population canadienne de renoncule de Californie (Ranunculus californicus) et a établi qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition. En février 2011, cette population a été inscrite à titre d’espèce en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Les différentes cotes de conservation attribuées à la renoncule de Californie sont présentées dans le Tableau 1.

L’aire de répartition canadienne de la renoncule de Californie équivaut à moins de 1 % de son aire de répartition mondiale.

Tableau 1. Cotes de conservation attribuées à la renoncule de Californie. Sources : Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (2011); NatureServe (2011).
LieuCote*Description de la cote
MondeG5Non en péril
CanadaN2En péril
Colombie-BritanniqueS1Gravement en péril
États-UnisN5Manifestement non en péril
CalifornieSNRNon encore évalué
OrégonSNRNon encore évalué
État de WashingtonS1Gravement en péril

* Les cotes de conservation attribuées par NatureServe sont fondées sur une échelle de 1 à 5, allant de gravement en péril (1) manifestement non en péril (5). La situation de l’espèce est évaluée à trois échelles géographiques : à l’échelle mondiale (G), à l’échelle de chaque pays (N) et à l’échelle de chaque État ou province (S).

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3. Information sur l’espèce

3.1. Description de l’espèce

La renoncule de Californie est une herbacée vivace. La plante est courte et pubescente et produit de nombreuses tiges à partir de la souche. La plante mature produit des feuilles basilaires lobées, longues de 2 à 8 cm, à pétiole long et à dents obtuses. Les tiges, étalées à dressées, sont longues de 15 à 50 cm et produisent plusieurs fleurs réunies en une inflorescence lâche. À la différence de la fleur de la plupart des espèces de renoncules, qui ne présente que 5 pétales, la fleur de la renoncule de Californie présente de nombreux pétales (jusqu’à 16), jaune citron et luisants. La renoncule de Californie se distingue également des autres renoncules ressemblantes, dont la renoncule de l’Ouest (R. occidentalis), par le bec nettement recourbé de ses akènes (COSEPAC, 2008). La renoncule de Californie peut s’hybrider avec la renoncule de l’Ouest; les plantes issues de ce croisement ont une morphologie intermédiaire entre celles des deux espèces (Brayshaw, 1989). Consulter le rapport de situation (COSEPAC, 2008) pour de plus amples renseignements sur la morphologie de la renoncule de Californie et de la plante résultant de son hybridation avec la renoncule de l’Ouest.

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3.2. Population et répartition

La renoncule de Californie se rencontre le long de la côte depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’en Basse-Californie ainsi que dans des secteurs intérieurs de la Californie. La population canadienne est séparée par une distance considérable de la population des États-Unis la plus proche, située en Orégon (figure 1; COSEPAC, 2008), ce qui limite considérablement la possibilité d’une dynamique de métapopulation ou d’un flux génétique entre les populations du Canada et celles des États-Unis. Au Canada, la renoncule de Californie ne pousse que dans de petits groupes d’îles situés au sud et à l’est de Victoria, soit au sud-est de l’île de Vancouver.

On suppose que les populations canadiennes sont indépendantes et qu’il n’y a qu’une faible possibilité d’un flux génétique ou d’une immigration de source externe en provenance de populations des États-Unis. De plus, les populations canadiennes se sont révélées capables de se maintenir à long terme avant qu’elles ne subissent les effets de l’activité humaine (COSEPAC, 2008). En outre, les deux groupes d’îles où la présence de l’espèce a été confirmée sont séparés par environ 6 km, et il est peu probable que des graines puissent traverser la portion d’océan qui les sépare (COSEPAC, 2008). La destruction et la dégradation des écosystèmes associés aux chênaies de Garry ont également beaucoup fragmenté l’habitat de l’espèce (GOERT, 2002; Lea, 2006) et ainsi limité encore plus les possibilités de dispersion des graines entre milieux propices. Aux fins du présent programme de rétablissement, les populations séparées par 1 km ou plus sont considérées comme des populations distinctes.

La renoncule de Californie n’occupe qu’une très petite superficie au Canada (< 20 km2). L’existence de 4 populations a été confirmée au Canada, soit dans les îles Trial, l’île Discovery, l’île West Chatham, l’îlet Alpha et l’île Griffin (figure 2). Une cinquième population potentielle, signalée dans l’île Saturna, doit être revisitée, car il y a des désaccords quant à l’identité des plantes (COSEPAC, 2008), qui n’étaient pas en fleur et n’ont donc pas pu être identifiées avec certitude lors du relevé de 2010. Selon les données démographiques recueillies en 2005 (présentées dans le rapport de situation) et les renseignements récoltés en 2010 sur les quatre populations existantes, l’effectif total des populations canadiennes de renoncule de Californie se situerait entre 3 077 et 12 508 individus matures (tableau 2). L’effectif observé au fil des années varie grandement; dans certains sites, on ne retrouve que quelques dizaines de plantes, dans d’autres, quelques centaines, et à l’île Griffin, plusieurs milliers.

De plus, en 2010, des renoncules à pétales nombreux ont été observées dans deux localités qui ne sont pas mentionnées dans le rapport de situation du COSEPAC (2008) : le parc Beacon Hill et le parc Uplands, sur l'île de Vancouver. Il a été impossible de déterminer l’identité exacte des plantes de ces localités, car elles ne présentaient pas suffisamment de caractères permettant l’identification; les populations de ces sites ne sont donc pas incluses dans le tableau 2, car il faut mener d’autres recherches pour confirmer qu’il s’agit bien de populations de renoncule de Californie.

On ne dispose pas de suffisamment de données pour directement dégager une tendance de la population canadienne quant au nombre d’individus matures ou à la superficie occupée par cette population. Dans l’ensemble, on peut inférer qu’il y a un déclin de l’effectif de l’espèce au Canada, en se fondant sur des preuves indirectes (déclin de la qualité de l’habitat; COSEPAC, 2008).

Tableau 2. Position générale, effectif et régime foncier des populations de renoncule de Californie au Canada (les numéros associés aux populations correspondent à ceux figurant sur la carte de la figure 2).
Population1Position généraleEffectif et année du dénombrementRégime foncier
1.1Île Trial10 (2005)
0-50 individus2 (2010)
Terres autres que fédérales
1.2Île Lesser Trial170-180 (2005)
68 (2010)
Terres autres que fédérales
2Île Discovery35 (2005)
30–40 (2010)
Terres autres que fédérales
3.1Îlet Alpha400-600 (2005)
5 250-5 350 (2010)
Terres autres que fédérales
3.2Île Griffin1 900-2 100 (2005)
6 000-7 000 (2010)
Terres autres que fédérales
4Île West Chatham570-590 (2005)
Aucune donnée (2010)
Terres fédérales
5Île Saturna< 50 (2005) – identité à confirmer
Population non retrouvée3 (2010)
Terres autres que fédérales

1 Le premier chiffre correspond au numéro attribué à la population, et le chiffre en position décimale, celui attribué à la sous-population.

2 Environ 50 individus comportant ≥ 8 pétales par fleur ont été observés; la plupart des espèces de renoncules ne présente que 5 pétales. Le bec des akènes de la renoncule de Californie est recourbé; toutefois, il a été impossible de confirmer l’identité des individus observés, car les fruits n’étaient pas parvenus à maturité.

3 Quatre individus non florifères ont été observés, mais leur identité n’a pas pu être confirmée (renoncule de Californie, renoncule de l’Ouest ou hybride des deux espèces).

Carte de la répartition en Amérique du Nord
Figure 1. Aire de répartition nord-américaine de la renoncule de Californie (carte tirée de COSEPAC, 2008). Les régions en noir correspondent à l’aire de répartition naturelle de l’espèce.
Carte de la répartition en Colombie-Britannique
Figure 2. Aire de répartition canadienne de la renoncule de Californie (d’après COSEPAC, 2008). Les étoiles marquent les populations confirmées (1 à 4) ainsi qu’une population potentielle (5), située dans l’île Saturna. Les numéros correspondent à ceux attribués aux populations et sous-populations dans le tableau 2.

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3.3. Besoins de la renoncule de Californie

La renoncule de Californie est intrinsèquement rare au Canada, en raison de la superficie limitée des milieux lui convenant (COSEPAC, 2008) ainsi que certains facteurs qui peuvent limiter sa survie. Au Canada, la renoncule de Californie est confinée aux prés maritimes associés aux chênaies de Garry (figure 3). Elle pousse plus précisément dans des localités situées à moins de 100 m de l’océan, dans les portions au climat le plus doux et le plus sec d’îles se trouvant au sud-est de l’île de Vancouver. Il est possible que l’espèce ne tolère pas l’ombre modérée à forte et la compétition exercée par les arbres et les arbustes. De plus, elle est intolérante aux suintements de longue durée et aux inondations.

Photographe de l'Habitat de la renoncule de Californie à l'île Lesser Trial
Figure 3. Habitat de la renoncule de Californie à l’île Lesser Trial. Photo de Matt Fairbarns.

Les facteurs suivants risquent de compromettre la survie et le rétablissement de la renoncule de Californie au Canada.

  • Très grande spécificité à l’égard des prés maritimes associés aux chênaies de Garry, alors que la plupart de ces milieux ont été détruits ou endommagés par leur transformation (destruction des milieux convenant à l’espèce, souvent associée à l’urbanisation), l’empiètement de la forêt et la dominance graduelle de plantes exotiques envahissantes.
  • Manque de structures permettant la dispersion des graines ou des fruits de la plante sur de longues distances, ce qui limite les possibilités de sauvetage par immigration à l’échelle locale ou d’établissement de l’espèce dans les milieux inoccupés (COSEPAC, 2008).
  • Populations extrêmement petites (< 100 plantes dans certains cas), ce qui peut limiter la diversité génétique de l’espèce et augmenter sa vulnérabilité à des phénomènes de nature stochastique, y compris ceux qui agissent à très petite échelle, risquant de la faire disparaître.

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