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Plan de gestion pour la noctuelle jaune pâle des dunes (Copablepharon grandis) au Canada - 2015 [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans de gestion

Noctuelle jaune pâle des dunes

Noctuelle jaune pâle des dunes

2015

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Information sur le document

Photo de couverture

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2015. Plan de gestion de la noctuelle jaune pâle des dunes (Copablepharon grandis) au Canada [Proposition]. Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa, iv + 23 p.

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote 1 de bas de page

Illustration de la couverture : G.G. Anweiler, Strickland Museum

Also available in English under the title "Management Plan for the Pale Yellow Dune Moth (Copablepharon grandis) in Canada [Proposed]"

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par la ministre de l’Environnement, 2015. Tous droits réservés.

ISBN
N° de catalogue

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

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Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note 2 de bas de page, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont également tenus de rendre compte des progrès réalisés cinq ans après la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement est la ministre compétente en vertu de la LEP de la noctuelle jaune pâle des dunes et a préparé ce plan de gestion conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, il a été préparé en collaboration avec les provinces de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan.

La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada ou toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer et à mettre en œuvre ce plan au profit de la noctuelle jaune pâle des dunes et de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

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Remerciements

L’ébauche de plan de gestion de 2012 a été rédigée par Nick Page (Raincoast Applied Ecology). Gary Anweiler (Strickland Museum), Chris Friesen (Centre de données sur la conservation du Manitoba), Chris Schmidt (Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes), Sharilyn Westworth (Environnement Canada – Service canadien de la faune) et Stephen Wolfe (Ressources naturelles Canada) ont contribué à son élaboration en fournissant des informations. Marie-Christine Belair et Mark Wayland (Environnement Canada – Service canadien de la faune) ont révisé le document et formulé des commentaires utiles. La mise à jour de l’ébauche de plan de gestion a été achevée en 2014 par Diana Ghikas et Victoria Snable (Environnement Canada – Service canadien de la faune).

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Sommaire

L’aire de répartition de la noctuelle jaune pâle des dunes s’étend dans la région intérieure aride de l’ouest de l’Amérique du Nord. Bien qu’elle soit présente dans une bonne partie des provinces des Prairies, l’espèce est généralement associée aux milieux sableux à végétation clairsemée dans les écorégions des prairies mixtes, de la prairie mixte humide et de la tremblaie-parc. Ces milieux sont rares. À ce jour, elle a été observée dans 12 localités au Canada, soit six en Saskatchewan, cinq en Alberta et une au Manitoba. D’autres populations sont probablement présentes dans les Prairies canadiennes dans des prairies sableuses qui n’ont encore jamais été échantillonnées. On ne dispose actuellement d’aucune estimation de l’abondance de l’espèce ni des données nécessaires pour estimer l’abondance de la population canadienne.

Les adultes sont actifs à la brunante et en début de soirée et sont rarement observés durant le jour. Cette espèce se distingue de la grande majorité des autres Noctuidés par la coloration pâle de ses ailes et de son corps et par le contraste distinctif de coloration entre les ailes antérieures (jaunes) et postérieures (blanches) par ailleurs exemptes de rayures, de taches ou d’autres marques. L’habitat convenable semble se trouver à la transition entre les dunes actives, où les déplacements de sable sont fréquents, et les dunes stables, entièrement végétalisées et exemptes ou pratiquement exemptes de zones de sable dénudées. Des observations sur le terrain donnent à croire que la présence de zones de sable dénudées est nécessaire pour la ponte et le développement larvaire. Des adultes ont été capturés dans des dépressions de creux de déflation comportant des zones sableuses dénudées, des crêtes dunaires dunaires, des tranchées de route et des pare-feu exempts de végétation. Bien que ses plantes hôtes larvaires et ses plantes nectarifères demeurent à identifier, l’espèce ne semble pas dépendre d’une seule plante comme source de nectar, site de ponte ou source de nourriture larvaire.

La principale menace pesant sur la noctuelle jaune pâle des dunes est la disparition progressive des prairies sableuses à couvert végétal clairsemé. La perte de ce type d’habitat est causée par l’altération des régimes naturels de perturbation agissant sur les dunes, la réduction des conditions de sécheresse dans les dunes et l’établissement de plantes non indigènes envahissantes. Comme les dunes sont réparties en îlots largement séparés les uns des autres, en partie à cause de la dégradation et la perte d’habitat, les sous-populations sont isolées et plus susceptibles de disparaître à l’échelle locale.

L’objectif du présent plan de gestion consiste à maintenir la persistance de la noctuelle jaune pâle des dunes à toutes les localités où la présence de l’espèce est connue et dont l’emplacement est confirmé, notamment les champs de dunes Buffalo Park, Sounding Lake et Edgerton en Alberta, Brandon au Manitoba, et Dundurn, Manitou Lake et Pelican Lake en Saskatchewan, ainsi qu’à toutes autres localités confirmées dans le futur. Étant donné le manque de relevés approfondis dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce au Canada et le fait que l’abondance et les fluctuations de la population ainsi que les caractéristiques de son cycle vital sont peu connues, il est pour l’instant impossible d’établir un objectif de gestion quantitatif pour la noctuelle jaune pâle des dunes.

Il importe de coordonner et de mettre en œuvre de façon rigoureuse les mesures de gestion et de restauration dans les écosystèmes dunaires afin d’y favoriser le rétablissement de nombreuses espèces en péril. La réalisation de projets d’intendance reposant sur une planification conjointe et bénéfique pour plusieurs espèces rares associées aux écosystèmes dunaires, dont la noctuelle jaune pâle des dunes, est encouragée.

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1. Données sur l'évaluation de l'espèce par le COSEPACFootnotea

Date de l'évaluation :
Novembre 2007
Nom commun (population) :
Noctuelle jaune pâle des dunes
Nom scientifique :
Copablepharon grandis
Statut selon le COSEPAC :
Espèce préoccupante
Justification de la désignation :
Bien que la zone d’occupation soit petite, il y a des indications d’un déclin dans la zone d’occurrence et la zone d’occupation. L’espèce persiste dans des systèmes de dunes largement séparés, les déclins ne sont pas bien documentés, et la situation des menaces n’est pas claire. L’espèce requiert des dunes semi-stables, lesquelles connaissent un déclin.
Présence au Canada :
Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « préoccupante » en novembre 2007.

Note

Note a

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

de bas de page a

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2. Information sur la situation de l'espèce

La noctuelle jaune pâle des dunes (Copablepharon grandis) est cotée « apparemment non en péril – non en péril » (G4G5) à l’échelle mondiale et « en péril » (N2) à l’échelle nationale. À l’échelle infranationale, elle est classée « gravement en péril » (S1) en Alberta et au Manitoba  mais elle est « non classée » (SNR) en Saskatchewan (NatureServe, 2014). L’aire de répartition canadienne représente moins de 10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce (COSEWIC, 2007). Aux États-Unis, la noctuelle jaune pâle des dunes est « non classée » (SNR) aux échelles nationale et infranationale.

La noctuelle jaune pâle des dunes est inscrite à titre d’espèce préoccupante à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada et à titre d’espèce en voie de disparition dans la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.

3. Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

La noctuelle jaune pâle des dunes appartient à l’ordre des Lépidoptères (papillons), à la famille des Noctuidés (noctuelles) et à la sous-famille des Noctuinés (acronyctes). Les adultes atteignent une envergure moyenne de 3,8 à 4,1 cm (E. H. Strickland Museum, 2014). Les individus du Grand Bassin (une grande partie du Nevada et certaines régions de l’Utah, de l’Oregon, de l’Idaho et de la Californie) sont en général plus petits que ceux habitant les Grandes Plaines, y compris le Canada (Lafontaine, 2004).

Figure 1. Noctuelle jaune pâle des dunes, G.G. Anweiler
Noctuelle jaune pâle des dunes
Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une photo en gros plan de l’espèce ci-dessus.

Cette espèce se distingue de la grande majorité des autres Noctuidés par la coloration pâle de ses ailes et de son corps et par le contraste distinctif de coloration entre les ailes antérieures (jaunes) et postérieures (blanches), par ailleurs exemptes de rayures, de taches ou d’autres marques (figure 1). Les chrysalides, protégées par un cocon, mesurent 19 mm de longueur et sont pourvues d’une gaine externe contenant le long proboscis. Les larves (chenilles) sont brun clair avec des lignes médiane et latérales blanches (COSEWIC, 2007). Les œufs sont presque globulaires, blanc verdâtre, finement ridés sur le dessus et lisses en dessous (Strickland, 1920).

On dispose de peu d’informations sur le cycle vital de la noctuelle jaune pâle des dunes. L’espèce a rarement été observée à ce jour, en partie parce que les adultes sont actifs principalement à la brunante et en début de soirée. En outre, l’unique période de vol de l’espèce au Canada est brève, s’échelonnant sur environ huit semaines, du début de juillet à la fin d’août (COSEWIC, 2007). Les grandes lignes du cycle vital de la noctuelle jaune pâle des dunes sont inférées sur la base des observations peu nombreuses de l’espèce sur le terrain, des résultats de l’élevage en captivité d’une chenille jusqu’à la nymphose (Strickland, 1920) et des caractéristiques connues d’espèces similaires apparentées (p. ex. C. fuscum et C. longipenne). Les œufs, déjà entièrement formés au moment de l’émergence des femelles, sont probablement déposés dans des sols sableux meubles. La période de croissance et d’alimentation des chenilles s’échelonne vraisemblablement de l’éclosion des œufs en août à l’apparition du temps froid en automne et se poursuit peut-être au cours du printemps suivant. Les chenilles passent probablement l’hiver en diapause, enfouies dans le sol (COSEWIC, 2007). La chrysalide est probablement formée à la fin de juin ou au début de juillet, dans une loge de terre aménagée dans le sol (Strickland, 1920).

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3.2 Populations et répartition

L’aire de répartition présumée de la noctuelle jaune pâle des dunes (figure 2) est estimée d’après les données limitées amassées depuis la description originale de l’espèce en 1874. Elle englobe environ 85 localités réparties dans la zone intérieure aride de l’Amérique du Nord (Lafontaine, 2004). Les données d’échantillonnage recueillies à ce jour donnent à croire que l’espèce est plus commune dans les régions du Grand Bassin et du sud des Rocheuses aux États-Unis, bien qu’elle soit également présente dans les provinces des Prairies au Canada et dans le centre-nord des États-Unis (COSEWIC, 2007).

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Aire de répartition canadienne et population

Depuis 1902, la noctuelle jaune pâle des dunes a été observée au Canada dans 12 localités (tableau 1; figure 3), soit six en Saskatchewan, cinq en Alberta et une au Manitoba. Une nouvelle localité, Carseland, en Alberta, s’est ajoutée depuis la publication du rapport de situation du COSEPAC (2007), sur la base d’un individu capturé par J. Hilchie et examiné par G. Anweiler (G. Anweiler, comm. pers., 2012).

Figure 2. Aire de répartition de la noctuelle jaune pâle des dunes en Amérique du Nord, montrant les régions où l'espèce n'a jamais été observée à ce jour (adaptée de Lafontaine, 2004).
Aire de répartition de la noctuelle jaune pâle des dunes en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord. À l’heure actuelle, l’espèce est surtout présente dans le sud-ouest des États-Unis, d’une part, et dans le sud des Prairies canadiennes et certaines parties du Dakota du Nord, du Dakota du Sud et du Minnesota, d’autre part. Historiquement, elle était également présente entre ces deux grandes régions, c’est-à-dire dans la plupart des États du nord-ouest et du centre des États-Unis.

L’aire de répartition de l’espèce au Canada (figure 2) s’étend du 52e parallèle, près d’Edgerton en Alberta, au 49e parallèle, près de Brandon au Manitoba, et du 114e méridien, près de Calgary en Alberta, au 99e méridien, près de Brandon au Manitoba. Bien que son aire de répartition englobe un vaste territoire dans les provinces des Prairies, la noctuelle jaune pâle des dunes est associée aux milieux sableux à couvert végétal clairsemé jouxtant des dunesNote 3 de bas de page, dans les écorégions des prairies mixtes, de la prairie mixte humide et de la tremblaie-parc. Ces milieux sont rares. Ce type de répartition donne à croire que les populations sont constituées de sous-populations reliées les unes aux autres par la dispersion d’individus à l’échelle locale mais isolées à l’échelle régionale (COSEWIC, 2007).

Il est intéressant de noter que même si des relevés y ont été effectués, la noctuelle jaune pâle des dunes n’a jamais été observée parmi des dunes actives aux dunes Rolling, en Alberta, ni à proximité de Lauder, de Portage, d’Oaklake, de Routledge et de St. Lazare, dans le sud du Manitoba, ni aux dunes Burstall, Cramersberg, Elbow, Great et SewardNote 4 de bas de page, dans le sud de la Saskatchewan (Murray, 2014; Saskatchewan Conservation Data Centre, 2014; Murray, 2013; Murray et Friesen, 2012; COSEWIC, 2007). Dans les Prairies canadiennes, il existe vraisemblablement d’autres populations dans des prairies à sol sableux comportant de l’habitat convenable qui n’ont fait l’objet d’aucun relevé à ce jour; de plus amples recherches s’imposent donc.

On ne dispose actuellement d’aucune estimation de l’abondance de la population de la noctuelle jaune pâle des dunes. Toutefois, selon le rapport de situation du COSEPAC (2007), la population canadienne serait en déclin.

Figure 3. Répartition des mentions d'occurrence de la noctuelle jaune pâle des dunes au Canada (numérotées par ordre chronologique : mention la plus récente = 1). Une localité située près de Brandon, au Manitoba, comporte à la fois des mentions récentes et des mentions historiques (tableau 1).
Répartition des mentions d'occurrence de la noctuelle jaune pâle des dunes au Canada
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre la répartition des mentions d’occurrence de l’espèce au Canada. En Alberta, l’espèce a été observée depuis 2000 à quatre occurrences situées près de Wainwright, et avant 2000, à deux occurrences situées près de Calgary. En Saskatchewan, elle a été observée depuis 2000 à deux occurrences situées près de Regina et à une occurrence située près de Saskatoon, et avant 2000, à une occurrence située près de Saskatoon . Au Manitoba, deux occurrences de l’espèce se trouvent près de Brandon, une avant 2000 et une depuis 2000.

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Tableau 1. Sommaire des mentions d'occurrence de la noctuelle jaune pâle des dunes au CanadaNote a du tableau 1
N° sur la carteNote b du tableau 1LocalitéChamp de dunesNote c du tableau 1ProvinceAnnée de la première observationAnnée de la dernière observationNombre total d’individus observésNote d du tableau 1
1Aweme – Parc provincial de Spruce WoodsBrandonMan.1904201367
2BFC WainwrightBuffalo ParkAlb.200520052
3ProvostSounding LakeAlb.200520052
4BFC DundurnDundurnSask.2004200414
5Artland – Parc régional Suffern LakeManitou LakeSask.200420041
6Chauvin - Siegner LakeEdgertonAlb.2004200415
7Fort Qu’appelleNote e du tableau 1InconnuSask.198519851
8MaryfieldNote e du tableau 1InconnuSask.198019801
9CaronPelican LakeSask.196819681
10CarselandNote e du tableau 1Inconnu (Gleichen?)Alb.197619761
11SaskatoonNote e du tableau 1InconnuSask.193919392
12CalgaryNote e du tableau 1InconnuAlb.190219021

Note du tableau 1

Note [a] du tableau 1

Ce sommaire est fondé sur les meilleures informations dont disposait Environnement Canada au moment de la rédaction du présent plan de gestion. Sources : Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes (2014), Centre de données sur la conservation du Manitoba (2014), Centre de foresterie du Nord (2014), E. H. Strickland Museum (2014), G. Anweiler, comm. pers. (2012) et COSEWIC (2007).

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Note [b] du tableau 1

Les localités sont numérotées par ordre chronologique selon l’« année de la dernière observation »; mention la plus récente = 1. La localité Aweme – Parc provincial de Spruce Woods contient à la fois des mentions récentes et des mentions historiques.

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Note [c] du tableau 1

Les noms des champs de dunes correspondent aux noms utilisés par Wolfe (2010). Un « champ de dunes » est une zone de dunes édifiées par des processus éoliens (S. Wolfe, comm. pers., 2014).

Retour à la référence de la note c du tableau 1

Note [d] du tableau 1

Nombres minimum. Les spécimens ont été identifiés et déposés dans une collection nationale, provinciale ou régionale : Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes; Musée de l’Homme et de la Nature du Manitoba; Centre de foresterie du Nord; Royal Saskatchewan Museum; E. H. Strickland Entomological Museum; Los Angeles County Museum of Natural History; United States National Museum, Smithsonian Institute.

Retour à la référence de la note d du tableau 1

Note [e] du tableau 1

Comme aucune information précise sur l’emplacement de la localité n’était disponible pour cette mention, l’emplacement indiqué sur la carte est approximatif.

Retour à la référence de la note e du tableau 1

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3.3 Besoins de la noctuelle jaune pâle des dunes

Besoins en matière d'habitat et besoins biologiques

On dispose de très peu d’information sur la biologie et les besoins en matière d’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes. Les observations relatives aux caractéristiques environnementales de l’habitat effectuées aux sites de capture et de non-capture dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan durant les campagnes d’échantillonnage sur le terrain de 2004 et de 2005 et les utilisations connues de l’habitat par d’autres espèces du genre Copablepharon ont servi de fondement aux descriptions de l’habitat présentées ci-après (COSEWIC, 2007).

La noctuelle jaune pâle des dunes est associée aux prairies à couvert végétal clairsemé comportant des zones de sable dénudées, mais il ne semble pas nécessaire qu’il y ait mouvement actif de sable (COSEWIC, 2007; N. Page, obs. pers.). L’habitat convenable semble se trouver à la transition entre les dunes actives, où les déplacements de sable sont fréquents, et les dunes stables, entièrement végétalisées et exemptes ou pratiquement exemptes de zones de sable dénudées. Les résultats des relevés effectués en 2004 et en 2005 indiquent que l’espèce n’exploite pas les milieux à végétation dense ou à couverture dense de chaume de graminées (N. Page, obs. pers.). Des adultes ont été capturés dans des dépressions de creux de déflationNote 5 de bas de page comportant des zones sableuses dénudées, des crêtes dunairesNote 6 de bas de page, des tranchées de route et des pare-feu exempts de végétation. À l’intérieur des milieux de dunes stabilisées, les tranchées de route et autres milieux perturbés peuvent comporter des zones de sable dénudées. La présence de zones de sable dénudées semble nécessaire pour la ponte et le développement larvaire, y compris la diapause hivernale (N. Page, obs. pers.).

Comme la noctuelle jaune pâle des dunes n’a pas été capturée dans certains secteurs de dunes du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan où vivent d’autres espèces du genre Copablepharon, on croit que d’autres facteurs pour l’instant inconnus (p. ex. climat, dispersion) pourraient limiter l’utilisation de l’habitat par cette espèce. Dans le sud des Prairies canadiennes, les dunes et les pairies sableuses sont rares, discontinues, disséminées sur un vaste territoire et souvent isolées les unes des autres par de vastes étendues d’habitat ne convenant pas aux noctuelles des dunes. Ces conditions pourraient contribuer à l’isolement des sous-populations locales.

D'après les observations compilées à ce jour, la noctuelle jaune pâle des dunes ne semble pas dépendre d'une seule plante hôte pour son alimentation et sa reproduction (ponte). Dans le cadre d'un élevage en captivité, l'espèce s'est nourrie sur deux espèces végétales différentes, une légumineuse commune et une graminée. Cette observation donne à croire que cette noctuelle est une espèce généraliste (Strickland, 1920). Les plantes ne jouent peut-être pas un rôle important lors de la ponte, aucune mention ne faisant état de femelles déposant leurs œufs directement sur les feuilles ou les fleurs des plantes hôtes. Il semble que les femelles déposent plutôt leurs œufs dans le sable (COSEWIC, 2007). Des noctuelles jaune pâle des dunes adultes ont été observées durant le jour alors qu'elles se reposaient à l'intérieur de fleurs d'onagre blanche (Oenothora nuttallii) (C. Schmidt, comm. pers., 2012).

La noctuelle jaune pâle des dunes est associée à certains types de communautés végétales, dont les prairies mixtes et les prairies à graminées cespiteuses (Fauske, 1992, in COSEWIC, 2007). Deux communautés végétales de milieux dunaires répertoriées dans le centre-est de l'Alberta caractérisent l'habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes : 1) herbaçaie de calamovilfa à feuilles longues, sporobole à fleurs cachées et carex sec; 2) arbustaie naine de genévrier horizontal à calamovilfa à feuilles longues et carex de Pennsylvanie. Ces deux communautés se rencontrent en terrains sableux pentus bien drainés où il y a un certain mouvement du sable. Les zones de sable dénudées occupent environ 60 % et 30 % des sites où l'on rencontre ces deux communautés, respectivement (Coenen, 2003, in COSEWIC, 2007). Des communautés végétales similaires ont été observées dans plusieurs localités (c.-à-d. BFC Wainwright et Dundurn; Chauvin-Siegner Lake; Sufferin Lake; tableau 1) durant les campagnes d'échantillonnage menées en Alberta et en Saskatchewan en 2004 et en 2005. Bien que les communautés végétales associées aux dunes semi-stables à végétation clairsemée varient d'une région à l'autre en Saskatchewan, en Alberta et au Manitoba, elles se ressemblent souvent sur le plan de la composition et de la structure (COSEWIC, 2007).

3.4. Facteurs limitatifs

Sous-populations isolées

Dans le sud des Prairies canadiennes, les champs de dunes sont souvent isolés et séparés les uns des autres par de vastes étendues d’habitat ne convenant pas à la noctuelle jaune pâle des dunes. La dispersion et la migration de l’espèce à une échelle aussi vaste et la recolonisation éventuelle de champs de dunes apparaissent peu probables. La capacité de dispersion de l’espèce est inconnue, mais elle ne dépasse probablement pas 10 km (COSEWIC, 2007). La répartition en îlots des champs de dunes au Canada, en partie occasionnée par la perte et la fragmentation de l’habitat, favorise la présence d’une structure de type métapopulation (Hugenholtz et coll., 2010). La vulnérabilité des sous-populations isolées aux facteurs de disparition locaux compromet les chances de persistance de la population.

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4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Tableau 2. Tableau d'évaluation des menaces
CatégorieMenaceNiveau de préoccupationNote f du tableau 2ÉtendueOccurrenceFréquenceGravitéNote g du tableau 2Certitude causaleNote h du tableau 2
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsAltération des régimes naturels d’incendies et de broutageMoyenGénéraliséeHistorique et couranteSaisonnièreÉlevéeMoyenne
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsPhénomènes stochastiquesFaibleGénéraliséeHistorique et couranteContinueInconnueFaible
Climat et catastrophes naturellesRéduction des conditions de sécheresse dans les dunesMoyenGénéraliséeHistorique et couranteContinueMoyenneÉlevée
Espèces exotiques, envahissantes ou introduitesÉtablissement de plantes non indigènes envahissantesMoyenGénéraliséeHistorique et couranteContinueMoyenneMoyenne
Perte ou dégradation de l’habitatConstruction de routes ou d’éléments d’infrastructure énergétique dans les dunesFaibleLocaliséeHistorique et couranteContinueInconnueMoyenne
Perte ou dégradation de l’habitatExtraction de sable et de gravierFaibleLocaliséeCourante et anticipéeContinueFaibleMoyenne
Perte ou dégradation de l’habitatMise en cultureFaibleLocaliséeHistorique et couranteContinueInconnueFaible
Exploitation des ressources biologiquesRécolte de spécimensFaibleLocaliséeHistorique et couranteSaisonnièreInconnueFaible
Mortalité accidentelle, perturbations ou harcèlementPiétinement par des animaux ou des humainsFaibleGénéraliséeHistorique et couranteSaisonnièreInconnueMoyenne
Mortalité accidentelle, perturbations ou harcèlementCirculation de véhicules hors route dans les dunesFaibleGénéraliséeHistorique et couranteSaisonnièreInconnueMoyenne
Mortalité accidentelle, perturbations ou harcèlementActivités militaires dans les dunesFaibleLocaliséeHistorique et couranteContinueInconnueMoyenne
Mortalité accidentelle, perturbations ou harcèlementÉpandages et dérive de pesticides et d’autres produits chimiquesFaibleGénéraliséeHistorique et couranteSaisonnièreInconnueFaible

Note du tableau 2

Note [f] du tableau 2

Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour la conservation de l'espèce, conforme aux objectifs de gestion. Ce critère tient compte de l'évaluation de toute l'information figurant dans le tableau.

Retour à la référence de la note f du tableau 2

Note [g] du tableau 2

Gravité : indique l'effet à l'échelle de la population (élevée : très grand effet sur l'ensemble de la population, modérée, faible, inconnue).

Retour à la référence de la note g du tableau 2

Note [h] du tableau 2

Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex., une opinion d’expert; faible : la menace est présumée ou plausible).

Retour à la référence de la note h du tableau 2

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4.2 Description des menaces

La disparition progressive des prairies sableuses à couvert végétal clairsemé, qui se rencontrent normalement à la transition entre les dunes actives et les dunes stables, a eu pour effet de réduire la quantité et la qualité de l’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes.

Des études stratigraphiques et chronologiques menées dans le nord de la région des Grandes Plaines montrent qu’il y a eu alternance de périodes d’activité éolienne et de stabilité dunaire dans le passé. Des témoignages d’explorateurs datant des années 1850 font état de la présence de vastes étendues de sable dénudées dans le sud-est de l’Alberta et le centre-sud de la Saskatchewan (Hugenholtz et coll., 2010). Une période de stabilisation des dunes s’est toutefois amorcée dans les Prairies canadiennes il ya quelque 200 ans, et d’importants déclins de la superficie des zones sableuses ouvertes ont été observés au cours des dernières années. Ainsi, la superficie des zones sableuses dénudées a décliné de 94 % entre 1947 et 2005 aux dunes Middle, en Alberta (Hugenholtz et coll., 2010), et de 91 % entre 1928 et 1988 au complexe de dunes Brandon North, aux dunes Brandon, au Manitoba (Hugenholtz et Wolfe, 2005).

En présence de certaines conditions, la succession naturelle par les graminées et les plantes non graminoïdes, puis par les arbustes et finalement par les arbres, entraîne le recouvrement des dunes par la végétation (Environment Canada, 2014). La couverture végétale réduit l’érosion éolienne et le transport et le dépôt du sable sur les dunes. Dans les Prairies canadiennes, les changements climatiques, l’altération des régimes naturels de perturbation et la modification des pratiques d’utilisation des terres depuis la colonisation européenne ont conjointement favorisé la stabilisation des dunes.

Les menaces pesant sur la noctuelle jaune pâle des dunes sont présentées par ordre décroissant du niveau de préoccupation qu’elles suscitent. Les menaces désignées comme suscitant un faible niveau de préoccupation dans le tableau 2 ne sont pas décrites dans la présente section.

Altération des régimes naturels d'incendies et de broutage

Au cours de l’histoire récente, l’absence de perturbations naturelles causées principalement par les sécheresses (voir la discussion ci-dessous), les incendies et les hardes de bison, qui contribuaient à l’élimination du couvert végétal, a entraîné la stabilisation des dunes par la végétation et une réduction de l’habitat sableux ouvert (Fox et coll., 2012). Avant l’arrivée des colons européens, les prairies des Grandes Plaines de l’Amérique du Nord étaient touchées par un incendie en moyenne tous les quatre à dix ans (Wright et Bailey, 1982). La suppression des incendies, politique instaurée depuis la colonisation européenne, a eu pour effet de réduire considérablement la fréquence des feux de friche et des incendies allumés par les humains. Le feu était un important facteur naturel de perturbation dans les écosystèmes prairiaux (Forman et coll., 2001; Boyd, 2002). Le feu assure le maintien de communautés végétales dominées par les graminées, prévient l’établissement des espèces arbustives et élimine le chaume accumulé à la surface du sol. Bien que l’effet de la suppression des incendies sur l’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes demeure très peu connu, on croit que cette politique favorise l’établissement de communautés végétales plus denses convenant moins à l’espèce.

Des données archéologiques, historiques et plus récentes démontrent que le bison exploitait les dunes de façon saisonnière dans le sud du Canada jusqu’à l’arrivée des colons européens. En broutant, en se déplaçant le long de sentiers, en se roulant sur le sol, en fouillant le sol avec leurs cornes et en piétinant le sol, les bisons créent une mosaïque d’effets de perturbation (Fox et coll., 2012). Les bisons préfèrent se rouler sur des sols sableux et n’hésitent pas à se déplacer pour trouver des milieux sableux appropriés à cette fin (Soper, 1941, et Coppedge et coll., 1999, in Fox et coll., 2012). En se roulant sur le sable des dunes, les bisons créent des dépressions concaves de sable exposé qui peuvent se transformer en grands creux de déflation sous l’effet d’une série de processus rétroactifs positifs (Fox et coll., 2012). L’éradication des bisons sauvages au cours des années 1800 et l’absence actuelle de hardes de bisons se déplaçant librement dans les prairies canadiennes ont éliminé cette source de perturbation dans les milieux dunaires du sud de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan.

Sur le plan écologique, les bovins sont considérés comme étant nettement moins efficaces que les bisons pour créer des milieux sableux ouverts convenant à diverses espèces fragiles associées aux écosystèmes dunaires. Des études ont révélé l’existence entre les bovins et les bisons de différences mesurables liées au régime alimentaire, au comportement, au cycle vital et à certaines caractéristiques évidentes telles que le poids corporel. Ainsi, contrairement au bison, les bovins ne se roulent pas sur le sol. Ce comportement jouerait un rôle important dans le maintien de l’hétérogénéité de l’habitat dans les écosystèmes dunaires (Fox et coll., 2012). Pour leur part, Hugenholtz et Wolfe (2005) ont indiqué que l’intensification de l’activité dunaire dans la portion nord-ouest des dunes Great pourrait résulter des effets combinés des sécheresses survenues entre le milieu et la fin des années 1980 et du stress occasionné par le broutage par le bétail.

Réduction des conditions de sécheresse dans les dunes

L’activité dunaire (c.-à-d. transport et dépôt actifs du sable) est stimulée par les périodes de sécheresse hydrologique et le déclin des nappes phréatiques (Mason et coll., 2004, in Wolfe et Hugenholtz, 2009). En présence de conditions climatiques venteuses, fraîches et sèches, les quantités de sable qui sont transportées par le vent et se déposent sur les dunes sont suffisantes pour empêcher la stabilisation des dunes par la végétation. L’activité dunaire dans les champs de dunes du sud de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan était plus importante dans un passé récent qu’aujourd’hui. Les graves sécheresses qui se sont produites à la fin des années 1700 ont occasionné une période de forte activité dunaire à l’échelle des Prairies canadiennes (Wolfe et Hugenholtz, 2009). Cet épisode d’activité dunaire intense a depuis fait place à une période de stabilisation des dunes, en partie attribuable à l’augmentation des précipitations et des températures et, dans une moindre mesure, à la réduction de la vitesse des vents (Hugenholtz et Wolfe, 2005).

Le réchauffement et l’assèchement du climat annoncés par les modèles climatiques (Lemmen et coll., 2007, in Wolfe et Hugenholtz, 2009) laissent présager un regain de l’activité dunaire à l’échelle des Grandes Plaines dans un futur distant (Muhs et Maat, 1993 et Wolfe et Nickling, 1997, in Wolfe et Hugenholtz, 2009).

Établissement de plantes non indigènes envahissantes

Diverses plantes exotiques telles que la gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata) et l’euphorbe ésule (Euphorbia esula) et certaines plantes fourragères introduites comme l’agropyre à crête (Agropyron cristatum) et le mélilot (Melilotus sp.) peuvent livrer une compétition agressive aux espèces indigènes et éventuellement devenir les espèces dominantes et altérer les propriétés et les fonctions des écosystèmes dunaires (Gordon, 1998; Henderson et Naeth, 2005). De façon plus précise, les plantes envahissantes peuvent coloniser rapidement les zones de dunes actives et accélérer l’établissement de plantes indigènes et non indigènes (Environment Canada, 2014).

À l’heure actuelle, les plantes envahissantes ne sont pas abondantes dans les prairies sèches et les dunes abritant la noctuelle jaune pâle des dunes (N. Page, obs. pers.) et demeurent pour l’essentiel confinées aux zones broutées par le bétail ou visées par des projets de construction d’infrastructure. Les quatre espèces de plantes non indigènes envahissantes les plus communes aux dunes Great (Saskatchewan) sont l’agropyre à crête, le brome inerme (Bromus inermis), le chardon des champs (Cirsium arvense) et le pâturin des prés (Poa pratensis) (Nielsen et Bjork, 2007). Aux dunes Pakowki Lake (Alberta), l’agropyre à crête et la gypsophile paniculée forment des colonies denses près des dunes actives (Jensen et coll., 2009). L’euphorbe ésule est présente aux dunes Routledge et Lauder (Manitoba) et Elbow (Saskatchewan) (Environment Canada, 2013).

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5. Objectif de gestion

L’objectif du présent plan de gestion est de maintenir la persistance de la noctuelle jaune pâle des dunes à toutes les localités où la présence de l’espèce est connue et dont l’emplacement est confirmé, notamment les champs de dunes Buffalo Park, Sounding Lake et Edgerton en Alberta, Brandon au Manitoba, et Dundurn, Manitou Lake et Pelican Lake en Saskatchewan (localités 1-6 et 9 à la figure 3 et au tableau 1), ainsi qu’à toute localité où la présence de l’espèce pourrait être confirmée dans le futur.

Étant donné le manque de relevés approfondis dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce au Canada et le fait que l’abondance et les fluctuations de la population ainsi que les caractéristiques de son cycle vital sont peu connues, il est pour l’instant impossible d’établir un objectif de gestion quantitatif pour la noctuelle jaune pâle des dunes.

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6. Stratégies générales et mesures de conservation

6.1 Mesures achevées ou en cours

Un petit nombre de mesures de conservation ciblant la noctuelle jaune pâle des dunes ou son habitat ont été menées à bien ou entreprises :

  • Le Centre de données sur la conservation du Manitoba a effectué des relevés ciblant des espèces rares, y compris la noctuelle jaune pâle des dunes, en 2009, 2011, 2012 et 2013, au Manitoba (Murray, 2014; Murray, 2013; Murray et Friesen, 2012; Friesen et Murray, 2010).
     
  • En 2010 et en 2011, Environnement Canada a effectué des relevés à l’aide de pièges lumineux durant la période d’émergence des adultes dans des dunes en Alberta et en Saskatchewan. L’espèce ciblée était toutefois la noctuelle sombre des dunes, et aucune noctuelle jaune pâle des dunes n’a été observée (Belair et coll., 2011).
     
  • Des lépidoptéristes affiliés à l’Edgar Harold Strickland Entomological Museum ont capturé des spécimens durant des excursions sur le terrain effectuées entre 2003 et 2005. Ces captures ont permis d’étendre l’aire de répartition connue de l’espèce.

Le parc provincial de Spruce Woods, au Manitoba, a adopté plusieurs approches de gestion, dont des brûlages dirigés dans les prairies et des coupes de peupliers faux-trembles en bordure des prairies, en vue de préserver un éventail des communautés végétales parvenues à divers stades de succession dans le parc (Schykulski et Moore, 1996). Ces mesures de gestion contribuent à réduire l’empiètement des quelques aires de dunes par la végétation arbustive. Les autorités du parc envisagent également de mettre en place des mesures de gestion en vue de réactiver une portion des dunes Spirit.

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6.2. Stratégies générales, mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre

L’objectif de gestion sera atteint par l’entremise de quatre grandes stratégies : 1) inventaire et relevés; 2) recherche; 3) gestion et intendance de l’habitat; 4) vulgarisation et éducation.

Tableau 3. Mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre
Grandes stratégiesMesure de conservationPrioritéNote i du tableau 3Menaces traitéesÉchéance
Stratégie 1 : Inventaire et relevés1.1 Évaluer les besoins en matière d’habitat de l’espèce à toutes les étapes de son cycle vital et identifier les plantes hôtes utilisées, le cas échéant.

1.2 Déterminer les caractéristiques du cycle vital (p. ex., phénologie, durée, conditions) de l’espèce.

1.3 Évaluer l’abondance de la population.

1.4 Réaliser des relevés dans les sites occupés afin de confirmer la persistance des occurrences connues et dans l’habitat convenable afin de découvrir de nouvelles occurrences.

1.5 Élaborer des protocoles de relevés normalisés afin de permettre la cueillette de résultats cohérents et comparables à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

1.6 Coordonner les relevés ciblant la noctuelle jaune pâle des dunes avec les programmes de suivi ciblant d’autres espèces de lépidoptères associées aux écosystèmes dunaires comportant des zones de sable dénudées au Canada.
ÉlevéeToutes les menaces et lacunes dans les connaissances2015 - en cours
Stratégie 2 : Recherche2.1 Étudier les caractéristiques du cycle vital et les besoins en matière de microhabitat de la noctuelle jaune pâle des dunes afin de combler les principales lacunes dans les connaissances et cerner les principales caractéristiques de l’habitat.ÉlevéeToutes les menaces et lacunes dans les connaissances2015 - en cours
Stratégie 2 : Recherche2.2 Déterminer les régimes de perturbation (type, durée, fréquence, intensité) permettant de maintenir ou d'accroître l'habitat de nombreuses espèces associées aux écosystèmes dunaires, dont la noctuelle jaune pâle des dunes.MoyenneToutes les menaces et lacunes dans les connaissances2015 - en cours
Stratégie 3 : Gestion et intendance de l’habitat3.1  Répertorier et mettre en œuvre des pratiques de gestion bénéfiques en vue de préserver l’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes et d’autres espèces en péril associées aux écosystèmes dunaires.

3.2 Maintenir des liens de collaboration entre les spécialistes des espèces, les organismes gouvernementaux, les propriétaires fonciers et gestionnaires des terres et toutes autres parties concernées en vue de répertorier les approches permettant de restaurer les habitats importants pour de nombreuses espèces en péril associées aux écosystèmes dunaires, dont la noctuelle jaune pâle des dunes.

3.3 Réaliser des projets d’intendance en concluant avec des propriétaires fonciers des ententes visant à protéger (mesures de préservation de l’habitat) ou à conserver l’habitat important pour la noctuelle jaune pâle des dunes.
ÉlevéeToutes les menaces à l’exception des changements climatiques2015 - en cours
Stratégie 4: Vulgarisation et éducation4.1 Sensibiliser la population à la situation précaire de la noctuelle jaune pâle des dunes et promouvoir la conservation de l’espèce et des composantes de l’habitat dont celle-ci a besoin aux différentes étapes de son cycle vital.

4.2  Sensibiliser la population à la situation précaire de nombreuses espèces rares associées aux prairies sableuses sèches, dont la noctuelle jaune pâle des dunes.

4.3  Élaborer des outils de communication (p. ex. livrets, page Web, etc.) afin d’informer les propriétaires fonciers sur les façons de réduire l’impact de leurs activités sur la noctuelle jaune pâle des dunes et son habitat.
MoyenneToutes les menaces à l’exception des changements climatiques2015 - en cours

Note du tableau 3

Note [i] du tableau 3

« Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la mesure contribue directement à la conservation de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue à la conservation de l’espèce. Les mesures à priorité élevée sont considérées comme étant celles les plus susceptibles d’avoir une influence immédiate et/ou directe sur l’atteinte de l’objectif de gestion de l’espèce. Les mesures à priorité moyenne peuvent avoir une influence moins immédiate ou moins directe sur l’atteinte des objectifs de gestion, mais demeurent importantes. Les mesures à faible priorité auront probablement une influence indirecte ou progressive sur l’atteinte des objectifs de gestion, mais sont considérées comme des contributions importantes à la base de connaissances et/ou à la participation du public et à l’acceptation de l’espèce par le public.

Retour à la référence de la note i du tableau 3

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6.3 Énoncé à l'appui des mesures de conservation et du calendrier de mise en œuvre

Inventaire et relevés

Il importe d’élaborer un protocole normalisé afin de faire en sorte que les relevés ciblant la noctuelle jaune pâle des dunes fournissent des résultats cohérents et comparables à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada. À l’heure actuelle, aucun protocole normalisé ne régit l’ampleur de l’effort consacré à la recherche de l’espèce ou ne permet d’évaluer l’abondance de la population. L’application d’un tel protocole permettrait d’évaluer l’abondance de la population canadienne. On pourrait également exercer un suivi aux sites occupés par l’espèce afin d’évaluer dans quelle mesure l’objectif de gestion est atteint et effectuer des échantillonnages dans l’habitat convenable n’ayant à ce jour fait l’objet d’aucun relevé afin d’y découvrir de nouvelles populations et accroître nos connaissances sur la répartition de l’espèce. L’utilisation de techniques d’imagerie ou de la base de données de Wolfe (2010) répertoriant les différents types de milieux sableux ouverts dans les Prairies canadiennes pourrait faciliter la sélection des sites en vue d’y effectuer des relevés. Pour des raisons d’efficacité par rapport au coût, la réalisation de relevés plurispécifiques dans les écosystèmes sableux ouverts est encouragée.

Recherche

On dispose actuellement de peu d’information sur le cycle vital, l’écologie et les besoins en matière d’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes. Il est crucial de combler ces lacunes dans les connaissances pour assurer le rétablissement de l’espèce. Les résultats des recherches faciliteront la planification des mesures de conservation et de rétablissement et le calendrier des relevés et le choix des sites à inventorier et des pratiques de gestion bénéfiques. La principale lacune dans les connaissances a trait à l’utilisation des différentes communautés végétales ou stades de succession dans les prairies sableuses sèches par la noctuelle jaune pâle des dunes.

Gestion et intendance de l'habitat

La gestion de l’habitat est importante pour réduire ou éliminer les menaces et restaurer l’habitat dégradé. Étant donné le manque de méthodes éprouvées permettant de gérer ou de restaurer l’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes, l’établissement et le maintien d’une collaboration étroite entre les propriétaires fonciers et gestionnaires des terres, les organismes gouvernementaux, l’industrie et les chercheurs sont essentiels. Il faut élaborer et appliquer des pratiques de gestion bénéfiques pour maintenir ou améliorer l’habitat de l’espèce (p. ex. lignes directrices relatives au brûlage dirigé, au régime de broutage, à la lutte contre les espèces envahissantes, à l’emplacement des infrastructures, etc.). Il convient également de prendre en compte les besoins des autres espèces associées aux milieux sableux ouverts au moment de mettre en place les pratiques de gestion bénéfiques. La mise en œuvre des mesures de gestion et de restauration dans les écosystèmes dunaires devrait être coordonnée dans le cadre d’un plan écosystémique plus vaste, de manière à ce que ces mesures aient des retombées positives pour de nombreuses espèces en péril. Il faut s’employer à restaurer l’habitat important détruit ou dégradé par les activités humaines ou des processus naturels décrits dans le présent document (voir la section 4) en faisant appel à des méthodes appropriées d’élimination des menaces ou de rétablissement naturel, lorsque la chose est possible. La mise en place d’une approche favorisant le mouvement du sable dans des milieux de dunes stabilisées pourrait jouer un rôle déterminant dans le rétablissement de la noctuelle jaune pâle des dunes. Une attention toute particulière devra toutefois être accordée aux impacts potentiels d’une telle approche. Enfin, la mise en place d’initiatives d’intendance bénéfiques pour l’espèce et en lien avec la planification conjointe est encouragée.

Vulgarisation et éducation

En raison de leur mode de vie nocturne, de nombreuses espèces de papillons tels que la noctuelle jaune pâle des dunes, la noctuelle sombre des dunes ou l’héliotin blanc satiné (Schinia bimatris) et d’autres espèces associées aux milieux sableux ouverts sont difficiles à observer et à identifier. Pour cette raison, de nombreux propriétaires fonciers ne se doutent pas de leur présence sur leur propriété et ignorent les impacts de l’utilisation qu’ils font de leurs terres sur l’habitat de ces espèces.

Il est donc important de sensibiliser la population aux besoins en matière d’habitat de la noctuelle jaune pâle des dunes et d’autres espèces associées aux prairies sableuses et aux dunes. Divers outils de communication comme des livrets, des pages Web et des affiches pourraient être utilisés à profit à cette fin. En outre, les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres ont besoin de ressources sur les exigences écologiques des espèces et de stratégies de gestion pour prévenir ou atténuer les menaces et réduire les impacts de leurs activités sur les espèces et leur habitat.

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7. Mesure des progrès

Le succès de la mise en œuvre du présent plan de gestion sera évalué au moyen de l’indicateur de rendement suivant :

  • La répartition de la noctuelle jaune pâle des dunes au Canada dans les localités connues de l’espèce et tout site découvert ont été maintenus.

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8. Références

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Communications personnelles

Gary Anweiler, associé, E. H. Strickland Entomological Museum, University of Alberta, Edmonton, Alberta.

Nick Page, biologiste, Raincoast Applied Ecology, Vancouver, Colombie-Britannique.

Chris Schmidt, entomologiste, Agence canadienne d’inspection des aliments; Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes, Ottawa, Ontario.

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Annexe A : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou la réalisation de tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre de plans de gestion peut, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le plan de gestion lui­même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Un certain nombre d’espèces en péril sont associées aux dunes et aux prairies sableuses à végétation clairsemée dans les Prairies canadiennes, dont la noctuelle jaune pâle des dunes, la noctuelle sombre des dunes, l’héliotin blanc satiné, l’héliotin d’Aweme (Schinia avemensis), le rat kangourou d’Ord (Dipodomys ordii), l’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus), la cryptanthe minuscule (Cryptantha minima), ainsi que trois espèces menacées, la dalée velue (Dalea villosa var. villosa), le chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) et la tradescantie de l’Ouest (Tradescantia occidentalis). Toutes ces espèces sont désignées à risque au Canada parce qu’elles sont associées à des types d’habitats sableux rares à l’échelle régionale et exposées à des menaces communes liées à l’altération et à la perte d’habitat. Les stratégies et les mesures de rétablissement établies pour la noctuelle jaune pâle des dunes auront des retombées bénéfiques pour bon nombre de ces espèces. La mise en place de mesures de rétablissement ciblant l’habitat pour accroître la distribution et l’abondance des milieux de dunes actives ou partiellement stabilisées qui ont subi un déclin rapide est essentielle. Ces mesures devraient notamment viser à améliorer la gestion du broutage, à restaurer les régimes naturels de perturbation et à réglementer les impacts directs de la construction de routes, de l’aménagement des terres et du développement d’infrastructures. L’établissement de liens de collaboration entre les gestionnaires chargés du rétablissement, les propriétaires fonciers et les responsables des projets de rétablissement plurispécifiques à l’échelle des sites permettra de résoudre les éventuels conflits entre les objectifs de rétablissement propres aux espèces.

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

http://sararegistry.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=24F7211B-1

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Note 2 de bas de page

http://registrelep-sararegistry.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=6B319869-1

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Note 3 de bas de page

La dune est une butte, un monticule ou une crête de sable édifiée par l'accumulation de sable soufflé par le vent. Elle est dénudée ou présente un couvert végétal plus ou moins dense; elle se déplace par formation d'un talus croulant, mais elle conserve toujours sa forme caractéristique durant une longue période de temps (David, 1977).

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Note 4 de bas de page

La colline de sable est une butte ou un monticule de sable d'origine structurale ou éolienne édifié par des processus physiques ou anthropiques. Un complexe de collines de sable correspond à une occurrence bien délimitée de dunes ou d'autres collines de sable (David, 1977).

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Note 5 de bas de page

Le creux de déflation est une formation creusée dans le sable par le vent dont la superficie est habituellement inférieure à un hectare; cette formation prend généralement la forme d'une cuvette qui s'allonge légèrement dans la direction des vents transporteurs. Les routes, les pistes pour véhicules tout terrain, les sentiers tracés par le bétail, les plateformes d'exploitation pétrolière et gazière, les mares-réservoirs, les zones perturbées par le bétail autour des points d'eau et des ranchs, ainsi que les sablières ne sont pas considérés comme étant des creux de déflation, parce qu'ils ne sont pas formés naturellement par le vent (Wolfe, 2010).

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Note 6 de bas de page

La crête dunaire correspond au cas particulier où la partie la plus haute d'une dune est constituée de sable dénudé déplacé par le vent; ce cas se présente le plus souvent sur les bras ou les ailes de la dune. Les crêtes dunaires couvrent habituellement une superficie de un à dix hectares (Wolfe, 2010).

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