Programme de rétablissement du bourdon à tache rousse (Bombus affinis) au Canada - 2016 [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

Bourdon à tache rousse
Photo : Bourdon à tache rousse
Photo : © Johanna James-Heinz

2016

 

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Information sur le document

Programme de rétablissement du bourdon à tache rousse (Bombus affinis) au Canada - 2016 [Proposition]
Photo de couverture

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2016. Programme de rétablissement du bourdon à tache rousse (Bombus affinis) au Canada [Proposition], Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, vii + 61 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Johanna James-Heinz

Also available in English under the title 
"Recovery Strategy for the Rusty-patched Bumble Bee (Bombus affinis) in Canada [Proposed]"

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

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Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP du bourdon à tache rousse et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec le Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario et le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du bourdon à tache rousse et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action précisant les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsqu’un programme de rétablissement désigne de l’habitat essentiel, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. La LEP exige que l’habitat essentiel désigné se trouvant à l’intérieur d’un parc national dénommé et décrit à l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, d’une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, d’un refuge d’oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou d’une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, soit décrit dans la Gazette du Canada, après quoi les interdictions relatives à la destruction de cet habitat seront appliquées. Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection juridique existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne toute partie de l’habitat essentiel se trouvant sur des terres non domaniales, si le ministre compétent estime qu’une partie de cet habitat essentiel n’est pas protégée par les dispositions de la LEP, par les mesures prises aux termes de cette dernière ou par toute autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur des terres non domaniales et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement a été élaboré par Sylvain Giguère et Marie-José Ribeyron (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune - Québec) à partir du programme de rétablissement pour l'espèce du gouvernement de l'Ontario (Colla et Taylor-Pindar, 2011) et d'une ébauche d'addition fédérale à ce programme rédigé par Talena Kraus (Artemis Eco-Works). Le document a bénéficié de la contribution de Michel Saint-Germain et Pierre-André Bernier (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Québec), Angela Darwin, Lesley Dunn, Judith Girard, Elizabeth Rezek, Liz Sauer et Kathy St. Laurent (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Ontario), Isabelle Gauthier et Nathalie Desrosiers (ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec), Vivian Brownell, Jay Fitzsimmons, Anita Imrie, Dr Brian Naylor et Don A. Sutherland (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario), ainsi que d'André Payette et Maxim Larivée (Insectarium de Montréal).

Des remerciements vont également à toutes les autres personnes ayant fourni des conseils et des commentaires permettant d'étayer le présent programme de rétablissement, notamment des Autochtones et des organisations autochtones, des propriétaires fonciers, des citoyens et divers autres intervenants qui ont fait des commentaires ou ont participé aux réunions de consultation.

Sommaire

Le bourdon à tache rousse est un bourdon de taille moyenne à grande qui se distingue par une tache rousse bordée de jaune sur la première moitié de l'abdomen. Comme la plupart des espèces de bourdons, il a un cycle vital annuel et a besoin d'une variété d'habitats pour combler les besoins de chacun des stades de ce cycle vital.

Au cours des années 1970, le bourdon à tache rousse était une espèce commune dans toute son aire de répartition qui, au Canada, inclut le sud de l'Ontario et le sud-ouest du Québec. Depuis le milieu des années 1990, l'espèce a connu un déclin rapide et important. Elle a été inscrite comme espèce en voie de disparition à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en 2012.

Les principales menaces pesant sur le bourdon à tache rousse sont l'utilisation de pesticides, en particulier les néonicotinoïdes, la transmission et la propagation d'agents pathogènes, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents, l'agriculture intensive, le développement des villes et des banlieues ainsi que le développement du réseau routier.

Le caractère réalisable du rétablissement du bourdon à tache rousse comporte des inconnues. Néanmoins, conformément au principe de précaution, le présent programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, comme cela se fait lorsque le rétablissement est jugé réalisable. Le présent programme traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement de l'espèce.

Les objectifs en matière de population et de répartition pour le bourdon à tache rousse au Canada sont d'assurer la viabilité de la population locale du parc provincial Pinery ainsi que de toute autre population locale qui pourrait être découverte dans le futur et, au besoin, d'augmenter le nombre de populations locales viables dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce afin d'obtenir, à long terme et dans la mesure du possible, une répartition de l'espèce qui n'est pas sévèrement fragmentée par des causes non naturelles.

Les stratégies générales ainsi que les approches de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs sont présentées dans la section « Orientation stratégique pour le rétablissement » .

Le présent programme de rétablissement contient une désignation partielle de l'habitat essentiel du bourdon à tache rousse. L'habitat essentiel de l'espèce est désigné comme étant tout l'habitat convenable situé à l'intérieur d'un rayon de 1000 m de toute observation valide de l'espèce depuis 2005. Un calendrier des études présente les activités requises pour compléter la désignation de l'habitat essentiel.

Un ou plusieurs plans d'action seront affichés dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant l'affichage de la version finale du programme de rétablissement.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D'après les quatre critères suivants qu'Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement du bourdon à tache rousse comporte des inconnues.  Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu'il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

  1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

    Inconnu. La présence du bourdon à tache rousse au Canada a été confirmée par des inventaires réalisés en Ontario entre 2002 et 2014. Trois individus ont ainsi été observés dans le parc provincial Pinery entre 2005 et 2009, ce qui a confirmé la présence d'au moins une colonie durant cette période. Au Québec, où aucun inventaire ciblé n'a été réalisé depuis le milieu des années 1970, l'espèce a été documentée sporadiquement à des localités diverses entre 1990 et 2000. Les quelques observations récentes, le caractère généraliste de l'espèce ainsi que son aire de répartition historique assez large laissent croire que l'espèce serait toujours présente au Canada. Cependant, les meilleures données disponibles indiquent que la population canadienne de l'espèce est de très petite taille et que l'immigration de source externe à partir des États-Unis est peu probable, étant donné les déclins de population et de répartition observés dans les états adjacents à l'Ontario et au Québec. Pour ces raisons, il existe des incertitudes quant à la possibilité de maintenir la population canadienne de l'espèce ou d'augmenter son abondance.

  2. De l'habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.

    Oui. Le bourdon à tache rousse est généraliste d'un point de vue de l'alimentation et assez flexible quant à ses besoins en matière de site de nidification et d'hibernation. Il est donc fort probable que de l'habitat convenable persiste en quantité suffisante dans la majorité de l'aire de répartition historique de l'espèce au Canada. Il serait possible d'accroître la superficie d'habitat convenable disponible par des mesures de gestion ou de remise en état de l'habitat. Son habitat d'alimentation pourrait par ailleurs être fragmenté au point de nuire à sa survie, mais il serait ici aussi possible de mettre en œuvre des mesures de gestion capables de corriger cette situation.

  3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces hors du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

    Inconnu. Bien que les mécanismes responsables du déclin abrupt de l'espèce soient inconnus, les principales menaces pesant actuellement sur l'espèce ont été identifiées. Il s'agit de l'utilisation de pesticides, en particulier les néonicotinoïdes, de la transmission et la propagation d'agents pathogènes, des changements climatiques et des phénomènes météorologiques violents, de l'agriculture intensive, du développement des villes et des banlieues ainsi que le développement du réseau routier. Il serait possible d'éviter ou d'atténuer les impacts de presque toutes ces menaces. Il existe cependant des doutes quant à la possibilité d'éviter ou d'atténuer les impacts à long terme des changements climatiques (p. ex. contraction de l'aire de répartition de l'espèce) ainsi que ceux des phénomènes météorologiques violents qui peuvent éliminer des colonies de l'espèce.

  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

    Inconnu. Des techniques pour augmenter la quantité d'habitat convenable ou l'améliorer existent de même que des techniques pour réduire ou atténuer les principales menaces identifiées (p. ex. réglementation sur l'utilisation de pesticides, pratiques de gestion exemplaires). Le bourdon à tache rousse est également une bonne espèce candidate à une restauration de la populationFootnote 1. La faisabilité et les risques associés à une telle restauration doivent cependant être évalués afin de pouvoir juger de la pertinence de cette technique. D'autre part, à court terme les phénomènes météorologiques violents pourraient causer la disparition de la population locale du parc provincial Pinery, étant donné sa très petite taille présumée. Les techniques connues d'adaptabilités aux changements climatiques (p. ex. réduction et atténuation des autres menaces, établissement de corridors de connectivité) pourraient donc être insuffisantes pour contrer ces impacts et par conséquence ne pas permettre d'atteindre les objectifs fixés en matière de population et de répartition.

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1. Évaluation de l'espèce par le COSEPACNote a d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation :
Avril 2010
Nom commun (population) :
Bourdon à tache rousse
Nom scientifique :
Bombus affinis
Statut selon le COSEPAC :
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
Cette espèce, qui se distingue par ses couleurs distinctives, était autrefois communément trouvée dans tout le sud de l'OntarioNote b. Des recherches intensives menées à l'échelle de son aire de répartition canadienne ont permis de découvrir une seule petite population au cours des sept dernières années, ce qui semble indiquer un déclin d'au moins 99% au cours des trente dernières années. L'espèce est menacée par les maladies, les pesticides et la fragmentation de l'habitat qui, chacun, pourrait causer la disparition de l'espèce dans un proche avenir.
Présence au Canada :
Ontario et Québec
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2010

Note d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Note a d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Retour à la référence de la note a d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Note b d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Le bourdon à tache rousse était également commun dans le sud-ouest du Québec (région de Montréal, Montérégie, Outaouais) (Duquette et Boutin, 2015).

Retour à la référence de la note b d'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

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2. Information sur la situation de l'espèce

Au cours des années 1970, la proportion de l'aire de répartition canadienne du bourdon à tache rousse était de moins de 10% de l'aire de répartition mondiale (COSEPAC, 2010). L'espèce a depuis connu un déclin rapide et important qui a causé la perte de 70 à 87% de son aire de répartition totale (Cameron et coll., 2011a; Colla et coll., 2012). Il existe peu de données permettant de déterminer son aire de répartition actuelle (Evans et coll., 2008; NatureServe, 2015). Le bourdon à tache rousse a été inscrit comme espèce en voie de disparitionFootnote 2 à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en 2012. Il est inscrit comme une espèce en voie de disparitionFootnote 3 en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario (LEVD) (L.O. 2007, ch. 6) depuis 2007 et il fait partie de la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables du Québec (RLRQ, c E-12.01) depuis 2010.

À l'échelle mondiale, le bourdon à tache rousse est considéré comme une espèce gravement en péril (G1) (NatureServe, 2015). Sa cote de conservation est de N1 (gravement en péril) au Canada et de NNR (dont la situation n'a pas encore été évaluée) aux États-Unis, où l'espèce a obtenu une cote de « possiblement disparue » dans 18 des 23 états qui font partie de son aire de répartition dans ce pays. Les cotes de conservation assignées pour l'espèce à l'échelle infranationale sont présentées au tableau 1.

Tableau 1. Cotes de conservation infranationales (cotes S) assignées au bourdon à tache rousse au Canada et aux États-Unis (NatureServe, 2015).
PaysProvinces/États et cotes de conservation assignées par NatureServeNote c
CanadaOntario (S1), Québec (SNR)
États-UnisCaroline du Nord (SH), Caroline du Sud (SH), Connecticut (SNR), Dakota du Nord (SH), Georgia (SH), Illinois (SNR), Indiana (S1), Iowa (SH), Kentucky (SH), Maine (SH), Maryland (SH), Massachusetts (SH), Michigan (SH), Minnesota (SH), New Hampshire (SH), New Jersey (SH), New York (SH), Ohio (SH), Pennsylvania (SH), Tennessee (SH), Vermont (S1), Virginia (SH), Wisconsin (S1)

Note du tableau 1

Note c du tableau 1

SH – Possiblement disparue : connue à partir d'occurrences historiques seulement mais il reste de l'espoir pour la redécouverte. Il existe des preuves que l'espèce pourrait être disparue de la région, mais pas assez pour l'affirmer avec certitude. S1 – Gravement en péril : très haut risque d'extinction dans la région en raison d'une répartition restreinte, d'un très faible nombre d'occurrences ou de populations, de déclins très marqués, de graves menaces ou d'autres facteurs. SNR – Espèce non cotée : la cote de conservation n'a pas encore été évaluée (Master et coll., 2012).

Retour à la référence de la note c du tableau 1

Enfin, l'espèce est inscrite comme espèce en danger critiqueFootnote 4 (CR) à la Liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (UICN, 2015).

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3. Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

Le bourdon à tache rousse est un bourdon de taille moyenne à grande qui possède plusieurs caractéristiques distinctives. Chez les mâles et les ouvrières (longueur de 11 à 16 mm), la surface dorsale du deuxième segment abdominal est jaune avec une tache brun rouille (Mitchell, 1962), ce qui a donné son nom commun à l'espèce. Les reines sont plus grandes (longueur de 21 à 22 mm) et la surface dorsale de leur deuxième segment abdominal est entièrement jaune comme chez beaucoup de bourdons de l'est de l'Amérique du Nord (Mitchell, 1962). Le thorax de l'espèce est surtout jaune et présente habituellement une bande noire entre la base des ailes (Laverty et Harder, 1988). L'espèce se distingue des autres bourdons par la présence d'un très petit espace entre l'œil et la mandibule ainsi que par sa tête et sa partie faciale entièrement de couleur noire (Colla et Taylor-Pindar, 2011). Pour plus de détails sur la description de l'espèce, voir le rapport de situation du COSEPAC (2010).

3.2 Population et répartition de l'espèce

Le bourdon à tache rousse est une espèce de l'est de l'Amérique du Nord qui atteint au Canada la limite nord de son aire de répartition. Son aire de répartition historique s'étendait vers l'ouest jusqu'aux Dakotas, et du nord au sud depuis le sud de l'Ontario et le sud-ouest du Québec jusqu'en Géorgie (COSEPAC, 2010).

Avant les années 1990, le bourdon à tache rousse était relativement commun dans toute son aire de répartition en comparaison avec les autres espèces de bourdons (Evans et coll., 2008; Williams et Osborne, 2009; COSEPAC, 2010; Cameron et coll., 2011a). À titre d'exemple, l'espèce composait environ 14% des 3 622 bourdons récoltés dans les inventaires menés entre 1971 et 1973 en Ontario, ce qui en faisait la quatrième espèce la plus commune parmi les 14 espèces de bourdons récoltées (Colla et Packer, 2008). Depuis au moins 2002, l'espèce a cependant connu un déclin rapide et important dans toute son aire de répartition, comme de nombreuses autres espèces de bourdons en Amérique du Nord (Colla et Packer, 2008; Evans et coll., 2008; COSEPAC, 2010; Cameron et coll., 2011a; Colla et coll., 2012; Bartomeus et coll., 2013a). Les études menées à l'échelle de son aire de répartition mondiale ont montré un déclin de l'abondance relative pouvant aller jusqu'à 95% (Cameron et coll., 2011a), et des pertes de l'aire de répartition de 70 à 87% (Cameron et coll., 2011a; Colla et coll., 2012). Il n'existe pas assez de données sur la présence de l'espèce pour déterminer l'aire de répartition actuelle de l'espèce (NatureServe, 2015). De 2003 à 2012, le bourdon à tache rousse a été observé à plusieurs reprises, mais non fréquemment, en Illinois, au Wisconsin, au Minnesota et en Ontario. Ceci suggère l'existence d'une ou deux zones principales où l'espèce serait toujours présente (p. ex. comté de Dane – Wisconsin) (NatureServe, 2015). Il existe également des mentions isolées au Massachusetts en 2009, en Pennsylvanie en 2007 (NatureServe, 2015), de même qu'en Virginie, où la disparition de l'espèce était pratiquement considérée comme un fait avant l'observation d'un individu en 2014 (Smithsonian Science, 2014). Ces dernières observations permettent de croire que l'espèce pourrait être encore présente dans des secteurs de son aire de répartition historique qui n'ont pas fait l'objet d'un inventaire récent. La figure 1 présente la répartition historique et actuelle mondiale de l'espèce.

Figure 1. Répartition historique et récente du bourdon à tache rousse en Amérique du Nord (adapté à partir de Jepsen et coll., 2013).
Carte : Amérique du Nord
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre la répartition historique et récente de l’espèce en Amérique du Nord. De 1884 à 1999, l’espèce a été observée dans la région de la côte nord-est des États-Unis depuis le Maine jusqu’au nord de l’Alabama, ainsi que du Massachusetts au Dakota du Nord. Les plus fortes densités d’observations ont été obtenues dans les régions du Connecticut, de Toronto et de Chattanooga. Les données fournies par le SCF pour la même période ajoutent des observations de l’espèce pour le sud du Québec. Les observations de la période 2000-2012 sont beaucoup moins denses mais aussi dispersées que celles de la période 1884-1999. Parmi les observations faites de 2000 à 2012, il y a une ou deux observations dans chacune des régions à forte densité d’observations de la période 1884-1999. Pour la période 2000-2012, la plus forte densité se trouve dans les États d’Illinois et d’Indiana, où l’on compte environ une douzaine d’observations.

 

La taille actuelle de la population du bourdon à tache rousse au Canada (Ontario et Québec) est inconnue. Entre 2002 et 2010, des inventaires ont été menés en Ontario dans les sites historiques occupés par l'espèce (Colla et Packer, 2008; COSEPAC, 2010; Colla et Taylor-Pindar, 2011). Malgré 600 heures d'inventaires ciblés, trois individusFootnote 5 seulement (un mâle en 2005 et deux ouvrières en 2009Footnote 6) ont été observés, tous les trois dans le parc provincial Pinery (Ontario). Les inventaires menés par la suite jusqu'en 2014 au parc provincial Pinery n'ont pas permis de trouver l'espèce (A. MacKenzie, comm. pers., 2015). Les localités où des observations ont été faites au cours des années 1990 et où aucune observation n'a été faite depuis 2000 comprennent : parcelle Manestar (comté de Norfolk) Footnote 7; campus de l'Université Western Ontario, à London (comté de Middlesex); parc High, à Toronto; parc provincial Darlington; Guelph (comté de Wellington); rivière Humber, à Toronto (Colla et Packer, 2008; Colla et Taylor-Pindar, 2011). Finalement, un spécimen récolté près du parc provincial Pinery en 2014 et identifié à l'origine comme étant un bourdon à tache rousse (Patterson, 2014) a depuis été identifié comme appartenant à une autre espèce de bourdon (A. MacDougall, comm. pers., 2015). Au Québec, où aucun inventaire ciblé n'a été répertorié dans l'aire de répartition historique de l'espèce, les données disponibles (1920-1996) révèlent la présence du bourdon à tache rousse dans la partie sud-ouest de la province, soit en Montérégie, dans la région métropolitaine de Montréal, en Outaouais, dans les Laurentides et dans la région de la Capitale-Nationale du Québec, de même que plus au nord, dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue (Savard, 2009; Duquette et Boutin, 2015) (figure 1). L'espèce a été abondamment récoltée à Oka (Collection entomologique Ouellet-Robert, Université de Montréal) et à Sainte-Anne-de-Bellevue (Musée Lyman, Université McGill). Les mentions confirmées les plus récentes datent de 1993 (Luskville) et de 1996 (Mont Rigaud) (A. Payette, comm. pers., 2015). Ces deux sites se situent dans des aires de conservation et n'ont pas été inventoriés depuis.

Les informations présentées précédemment dans cette section indiquent que le bourdon à tache rousse pourrait être encore présent au Canada. Elles démontrent également qu'il existe des lacunes importantes dans les connaissances sur la population de l'espèce et sa répartition au Canada, et qu'il sera indispensable d'effectuer les activités d'inventaire et de suivi nécessaires pour combler ces lacunes.

L'observation de trois individus seulement pendant les 600 heures d'inventaires réalisés en Ontario entre 2005 et 2009 donne à penser que la population du bourdon à tache rousse serait très petite (COSEPAC, 2010). Cette déduction est confirmée et validée par les connaissances relatives aux caractéristiques démographiques des insectes sociaux. Bien qu'une colonie de bourdons abrite un grand nombre d'individus, elle ne peut être considérée comme une population. Chaque colonie ne contient en effet qu'une femelle reproductrice (la reine) et celle-ci ne se reproduit habituellement qu'une fois; par conséquent, chaque colonie ne représente essentiellement qu'un couple reproducteur (Goulson, 2010) et ce couple meurt à la fin de la saison. Ainsi, l'observation d'un mâle en 2005 et de deux ouvrières séparées par une distance d'environ trois kilomètres en 2009 ne représente qu'un indice de la présence d'un couple reproducteur en 2005 et de possiblement deux couples reproducteurs en 2009.

Comme la seule population locale connue du bourdon à tache rousse au Canada est de très petite taille, elle est plus susceptible de disparaître à cause de la stochasticité démographiqueFootnote 8 ou environnementaleFootnote 9 (Chapman et Bourke, 2001; Frankham et coll., 2002; Goulson, 2008; Evans, 2009). Elle fait donc face à un risque de disparition élevé. Si une petite population locale, comme celle du parc provincial Pinery, appartient à un ensemble de populations locales interreliées (c.-à-d. le niveau de fragmentation de l'habitat n'est pas assez grand pour empêcher les mouvements d'individus reproducteurs entre les fragments d'habitat), les extinctions locales peuvent être compensées par une recolonisation subséquente par des individus en dispersion provenant des autres populations locales, ce qui assure la persistance de l'espèce à l'échelle locale (Goulson, 2008; Dempster et McLean, 2012), ainsi que la cohésion génétique de l'espèce (Goulson, 2008). Cependant, rien n'indique que la recolonisation soit une possibilité pour le bourdon à tache rousse au Canada. 

Le bourdon à tache rousse est relativement tolérant au froid et les données sur d'autres espèces de bourdons (Bombus spp.) montrent qu'il existe peu de variation génétique à l'intérieur de leur aire de répartition (Lozier et coll., 2011). Ceci suggère qu'il serait possible que les individus vivants aux États-Unis soient adaptés pour vivre au Canada. Cependant, la possibilité que la population canadienne bénéficie d'une immigration de source externe est peu probable, car l'important déclin que l'espèce a connu au Canada a également été observé aux États-Unis. De plus, les populations existantes aux États-Unis et au Canada sont séparées par de trop grandes distances.

3.3 Besoins du bourdon à tache rousse

Le bourdon à tache rousse est une espèce généraliste qui utilise les milieux ouverts. Il a été trouvé dans divers habitats, dont des terres agricoles mixtes (culture et élevage), des savanes, des dunes de sable, des marais, des milieux urbains et des secteurs boisés (COSEPAC, 2010).

Le bourdon à tache rousse tolère mieux le froid que les autres espèces de bourdons de l'Amérique du Nord, ce qui lui permet d'occuper des milieux de plus haute altitude et d'émerger plus tôt au printemps (Colla et Dumesh, 2010). L'espèce est l'une des premières abeilles à émerger au printemps (mi-avril) et l'une des dernières à cesser de butiner en automne (fin octobre) (COSEPAC, 2010). Les nouvelles reines et les mâles sont produits de la mi-juillet ou début-août à septembre (Jepsen et coll., 2013). Le moment où se déroulent les différentes étapes du cycle de la colonie peut varier d'une année à l'autre selon la latitude et les fluctuations saisonnières des conditions météorologiques (Colla et Taylor-Pindar, 2011), mais l'espèce a besoin des habitats capables de lui fournir de grande quantité de ressources florales de même qu'une floraison continue du printemps à l'automne (Evans, 2009), c.-à-d. une variété d'espèces qui fleurissent l'une après l'autre d'avril à octobre. L'espèce pourrait aussi être particulièrement sensible aux facteurs de stress (p. ex. température extrême, agents pathogènes) parce qu'elle émerge très tôt au printemps quand peu de fleurs sont écloses et qu'elle produit la prochaine génération seulement à la fin de l'été (Jepsen et coll., 2013).

Les besoins en matière d'habitat du bourdon à tache rousse sont étroitement liés à son cycle vital. Celui-ci, comme chez la plupart des bourdons, est un cycle annuel qui inclut les étapes suivantes :

  • au printemps, la reine née l'année précédente émerge de son site d'hibernation pour se nourrir et trouver un site de nidification convenable;
  • une fois le site de nidification choisi, la reine pond des œufs et collecte de la nourriture pour approvisionner son premier couvain qui donnera naissance à des femelles ouvrières;
  • les ouvrières émergées se chargent de l'entretien de la colonie et de son approvisionnement en nourriture, tandis que la reine se concentre sur la ponte; vers la fin du cycle, la colonie commence à produire de nouvelles reines et des mâles plutôt que des ouvrières;
  • les nouvelles reines et les mâles s'accouplent;
  • les nouvelles reines fécondées se trouvent des sites d'hibernation; la colonie existante décline jusqu'à la fin de l'automne, moment où les mâles, les ouvrières et la vieille reine meurent (Williams et coll., 2014).

Le début du printemps est une période critique pour les bourdons, car c'est le moment où les reines émergent de l'hibernation et commencent le nid (Jespen et coll., 2013).

Les bourdons utilisent trois types d'habitats qui correspondent aux besoins des divers stades de leur cycle vital.

Habitat d'hibernation

Il n'existe aucune donnée sur l'habitat d'hibernation du bourdon à tache rousse, mais ses besoins sont probablement similaires à ceux des autres espèces du genre Bombus, dont les sites convenables pour creuser un terrier se caractérisent par la présence de sol meuble ou de bois mort au sol (Macfarlane, 1974). Les reines d'autres espèces de bourdons creusent le sol de quelques centimètres pour former une chambre ovale où elles restent tout l'hiver (Jepsen et coll., 2013). Le compost en préparation dans les jardins et les taupinières pourrait aussi fournir de l'habitat convenable pour l'hibernation des reines (Goulson, 2010).

Habitat de nidification

Toutes les espèces du sous-genre Bombus sensu stricto nichent généralement sous terre (Macfarlane, 1974; Laverty et Harder, 1988). Le bourdon à tache rousse niche la plupart du temps à une profondeur de un à quatre pieds (30 à 120 cm) sous la surface du sol, dans des terriers de rongeurs abandonnés ou d'autres cavités (Jepsen et coll., 2013). En l'absence de terriers adéquats, l'espèce peut faire son nid dans des souches creuses ou occasionnellement, au-dessus du sol, dans du bois mort ou des touffes d'herbe (Macfarlane, 1974; Evans et coll., 2008 ; Jespen et coll., 2013). Le nombre de sites de nidification peut ainsi être limité par la pénurie de rongeurs et la présence de prairies non perturbées (Evans, 2009; Jepsen et coll., 2013). Le nid est annuel, en ce sens que la colonie qui l'occupe un été mourra avec l'arrivée de l'hiver et ce sont les nouvelles reines fécondées à l'automne qui, au printemps suivant, construiront les nids qui formeront les nouvelles colonies. Les données de Lepais et coll. (2010) indiquent que les reines du genre Bombus peuvent se déplacer de quelques kilomètres (3-5 km) pour trouver un site de nidification approprié. La localisation des nids change donc d'une année à l'autre, et les nouveaux nids peuvent être relativement éloignés des nids de l'année précédente.

Habitat d'alimentation

L'habitat d'alimentation du bourdon à tache rousse comprend typiquement une abondance de fleurs sauvages (p. ex. monarde fistuleuse [Monarda fistulosa], pycnanthème de Virginie [Pycnanthemum virginianum], menthe du Canada [Mentha arvensis]) situées en sous-couvert forestier ou dans des habitats ouverts (Colla et Taylor-Pindar, 2011). Les espèces végétales utilisées par le bourdon à tache rousse sont répertoriées à l'Annexe A. Les bourdons sont des espèces généralistes en ce qui concerne leur alimentation, ce qui signifie qu'ils récoltent le nectar et le pollen d'une grande variété d'espèces végétales. Le nectar fournit les glucides et le pollen fournit les protéines. La quantité de pollen disponible pour la colonie de bourdons a un effet direct sur le nombre de nouvelles reines qui peuvent être produites (Burns, 2004 dans Jepsen et coll., 2013) et a par conséquent un impact direct sur l'abondance de la population future. La perte de plantes à floraison hâtive peut nuire à la survie des reines émergeant au printemps (COSPAC, 2010). Étant donné la diversité des sources de nectar et de pollen qu'il peut utiliser, le bourdon à tache rousse s'alimente dans divers types d'habitats, y compris les terres agricoles mixtes, les dunes de sable, les marais ainsi que les milieux urbains et forestiers plus ou moins ouverts (Colla et Dumesh, 2010). Les ouvrières peuvent se déplacer sur une assez grande distance lors de leur quête alimentaire. La distance maximale évaluée pour le bourdon terrestre (Bombus terrestris), une espèce apparentée, varie de 100-2300 m (Osborne et coll., 1999; Walther-Hellwig et Frankl, 2000; Chapman et coll., 2003; Darvill et coll., 2004; Knight et coll., 2005; Kraus et coll., 2008; Osborne et coll., 2008; Wolf et Moritz, 2008). Dans Walther-Hellwig et Frankl (2000), une distance maximale de 500 m a été enregistrée chez 43% des individus alors que 25% des individus se déplaçaient à une distance maximale de 1750 m. Des études plus récentes (Hagen et coll., 2011; Rao et Strange, 2012) indiquent que plusieurs espèces du genre Bombus peuvent parcourir plus de 2,5 km.

Il a été démontré que la qualité de l'habitat à l'échelle du paysage influence la diversité et l'abondance des espèces de bourdons et que des parcelles d'habitat isolées ne suffisent pas à soutenir pleinement des populations de bourdons (Hatfield et LeBuhn, 2007 et Öckinger et Smith, 2007 dans Evans et coll., 2008). Darvill et coll. (2012) indiquent que les populations de bourdons limitées à une superficie d'habitat de moins de 15 km2 sont plus susceptibles de montrer des signes de consanguinité. Goulson (2010) suggère de son côté qu'une population de bourdons viable a probablement besoin de 3,3 à 10-15 km2 d'habitat convenable.

Facteurs limitatifs

Le bourdon à tache rousse atteint au Canada la limite nord de son aire de répartition. Diverses variables climatiques, comme l'épaisseur de la couverture de neige, le volume de précipitations et la durée de la saison de végétation, sont vraisemblablement des déterminants importants de la qualité de l'habitat de l'espèce. Dans la portion méridionale de son aire de répartition, le bourdon à tache rousse se trouve uniquement en altitude; il est donc probable qu'il soit confiné à une niche climatique étroite. Or, Williams et coll. (2009) ont montré que les espèces de bourdons présentant une niche climatique étroite sont plus susceptibles de disparaître.

Zayed et Packer (2005) rapportent que lorsque la taille d'une population de bourdons devient plus petite, la fréquence des mâles diploïdesFootnote 10 augmente. Comme les mâles diploïdes sont le plus souvent soit stériles, soit non viables, l'augmentation de leur nombre dans une population de petite taille accélère le déclin, entraînant ainsi une forme spéciale de spirale d'extinction appelée « spirale d'extinction induite par les mâles diploïdes » (Zayed et Packer, 2005). Pour cette raison, les populations de bourdons pourraient être particulièrement vulnérables lorsque la petite taille de la population est conjuguée à la fragmentation de l'habitat (Evans, 2009; Goulson, 2010; Jepsen et coll., 2013).

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4. Menaces

Dans COSEPAC (2010), les menaces pesant sur le bourdon à tache rousse ont été identifiées et évaluées en fonction de leur rôle dans le déclin de l'espèce au cours des dernières décennies. Comme les causes et les mécanismes responsables de ce déclin sont encore inconnus à ce jour, toutes les menaces ont été considérées comme potentielles dans le rapport de situation du COSEPAC (2010). Or, comme le présent programme de rétablissement utilise le système unifié de classification des menaces de l'IUCN-CMP, il considère seulement les menaces actuelles et futures sans tenter de comprendre les causes des déclins passés. Étant donné le manque de données d'observation en lien avec les menaces pesant sur le bourdon à tache rousse au Canada, le présent programme de rétablissement considère que les menaces pesant sur le bourdon à tache rousse sont des menaces inféréesFootnote 11. Il identifie et décrit de plus deux menaces potentielles.

4.1 Évaluation des menaces

L'évaluation des menaces a été faite en utilisant comme portée l'ensemble de l'aire de répartition historique de l'espèce, afin de tenir compte du fait que l'espèce pourrait être présente ailleurs que dans le parc provincial Pinery, c.-à-d. dans des secteurs de son aire de répartition historique n'ayant pas fait l'objet d'inventaires ciblés récents.

L'évaluation des menaces pesant sur le bourdon à tache rousse se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l'IUCN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature – Partenariat pour les mesures de conservation). Ce processus d'évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la détérioration de l'entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d'intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Pour de l'information détaillée sur la façon dont les valeurs sont assignées dans le tableau (tableau 2), veuillez consulter les notes au bas de ce tableau. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature de la menace sont présentées dans la section « Description des menaces » (section 4.2).

Tableau 2. Évaluation lié au calculateur de menaces
MenaceDescription de la menaceImpactNote dPortéeNote eGravitéNote fImmédiatetéNote gMenace détaillée
1Développement résidentiel et commercial-----
1.1Zones résidentielles et urbainesÉlevé - FaibleGrande - Restreinte (11-70%)Élevée -Légère
(1-70%)
ÉlevéeDéveloppement des villes et des banlieues
2Agriculture et aquaculture-----
2.1Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le boisÉlevé - FaibleGrande - Restreinte         (11-70%)Extrême - Modérée    (11-100%)ÉlevéeAgriculture intensive
2.3Élevage de bétailFaibleRestreinte - Légère         (1-30%)Modérée - Légère     (1-30%)ÉlevéePâturage du bétail
4Corridors de transport et de service-----
4.1Routes et voies ferréesÉlevé - FaibleGénéralisée - Grande
(31-100%)
Élevée – Légère
(1-70%)
ÉlevéeDéveloppement du réseau routier
7Modifications des systèmes naturels-----
7.1Incendies et suppression des incendiesFaibleRestreinte - Petite (1-30%)Modérée - Légère (1-30%)Modérée – Insignifiante/ négligeableSuppression des incendies
8Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques-----
8.1Espèces exotiques (non indigènes) envahissantesTrès élevé - MoyenGénéralisée - Grande (31-100%)Extrême - Modérée (11-100%)ÉlevéeTransmission et propagation d'agents pathogènes
8.1Espèces exotiques (non indigènes) envahissantesMoyen -FaibleGrande - Restreinte (11-70%)Modérée - Légère (1-30%)ÉlevéeCompétition avec l'abeille domestique
9Pollution-----
9.3Effluents agricoles et sylvicolesTrès élevé - MoyenGénéralisée – Grande (31-100%)Extrême - Modérée (11-100%)ÉlevéeUtilisation des pesticides
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsÉlevé - MoyenGénéralisée - Grande (31-100%)Élevée – Modérée (11-70%)Élevée-

Notes du tableau 2

Note d du tableau 2

Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l'espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d'intérêt. Le calcul de l'impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L'impact d'une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l'espèce, ou de la diminution ou de la dégradation de la superficie d'un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d'impact suivantes : très élevé (déclin de 75%), élevé (40%), moyen (15%) et faible (3%). Inconnu : catégorie utilisée quand l'impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l'impact n'est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d'évaluation (p. ex. l'immédiateté est insignifiante/négligeable ou faible puisque la menace n'existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n'est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu'il y a un avantage possible.

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Note e du tableau 2

Portée – Proportion de l'espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d'ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l'espèce dans la zone d'intérêt (généralisée = 71-100%; grande = 31-70%; restreinte = 11-30%; petite = 1-10%; négligeable = < 1%).

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Note f du tableau 2

Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l'ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l'espèce d'ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100%; élevée = 31-70%; modérée = 11-30%; légère = 1-10%; négligeable = < 1%; neutre ou avantage possible = ≥ 0%).

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Note g du tableau 2

Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); insignifiante/négligeable = menace qui s'est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n'aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

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4.2 Description des menaces

Les menaces pesant sur le bourdon à tache rousse sont présentées selon un ordre décroissant de leur niveau d'impact.

Effluents agricoles et sylvicoles – Utilisation de pesticides

Les bourdons sont des espèces non ciblées qui subissent les effets des programmes de contrôle des insectes nuisibles et des mauvaises herbes mis en place à des fins agricoles et forestières. Ils peuvent être empoisonnés par les pesticides par l'absorption directe des toxines à travers leur exosquelette, en buvant le nectar contaminé, en récoltant du pollen contaminé et lorsque les larves consomment le nectar contaminé (Jepsen et coll., 2013). Différentes particularités du cycle vital du bourdon à tache rousse (grande taille, émergence hâtive, longue durée du cycle de la colonie, etc.) peuvent le rendre particulièrement vulnérable à l'accumulation de pesticides dans la colonie (COSEPAC, 2010). Étant donné que les mâles et les femelles sont produits à la fin du cycle de la colonie, l'application de pesticides à n'importe quel moment du cycle vital peut avoir des effets nocifs importants sur les générations futures (Jepsen et coll., 2013). Cependant, l'application de pesticides au printemps, quand les reines sont à la recherche de nourriture et que les colonies sont petites, est probablement la plus néfaste pour les populations de bourdons (Goulson, 2008).

Insecticides systémiques

Les insecticides systémiques sont absorbés par les racines des plantes pour être ensuite présents dans toutes les parties de la plante, y compris le nectar et le pollen (Goulson, 2013). À la fin des années 1990, le Canada a approuvé l'utilisation de plusieurs insecticides systémiques de la classe des néonicotinoïdes (COSEPAC, 2010). Ces insecticides sont largement utilisés pour des productions agricoles d'espèces végétales qui attirent les insectes pollinisateurs (cultures de légumes, vergers), ainsi que pour les plantes horticoles et les pelouses dans les milieux urbains et les banlieues (Jespen et coll., 2013). Ils sont également utilisés en foresterie, en aquaculture et dans des produits à usage vétérinaire (Simon-Delso et coll., 2015). Les métabolitesFootnote 12 résultant du métabolisme des néonicotinoïdes par les plantes qui les ont absorbés peuvent avoir des effets sur différentes espèces non ciblées (p. ex. bactéries du sol, tomates, abeilles domestiques, souris, poules) (Simon-Delso et coll., 2015).  Les néonicotinoïdes peuvent également persister et s'accumuler dans le sol; étant donné qu'ils sont solubles dans l'eau, ils ont aussi tendance à rejoindre les cours d'eau par lessivage (Goulson, 2013). Des études utilisant des colonies de bourdons nourries avec de l'eau sucrée additionnée de néonicotinoïdes à des concentrations sublétales (Gill et coll., 2012; Whitehorn et coll., 2012) ainsi que des études réalisées avec des colonies se nourrissant dans des champs (Gill et Raine, 2014; Rundlöf et coll., 2015) ont montré que les néonicotinoïdes peuvent modifier le comportement des bourdons (p.ex. capacité de collecter le pollen) et réduire le taux de croissance de la colonie ainsi que le taux de production de reines. Enfin, l'étude récente de Kessler et coll. (2015) a révélé que l'abeille domestique (Apis mellifera) et le bourdon terrestre (Bombus terrestris) n'évitent pas l'eau sucrée additionnée de néonicotinoïdes. L'étude indique au contraire que les deux espèces ont préféré l'eau sucrée traitée avec deux néonicotinoïdes (Imidacloprid, Thiamethoxam) à l'eau sucrée non traitée. Ils concluent que le traitement des plantes à fleurs cultivées avec ces deux néonicotinoïdes représente un risque considérable pour les insectes butineurs. Pisa et coll. (2015) fournissent une revue de l'influence des néonicotinoïdes sur les invertébrés non ciblés comme le bourdon à tache rousse.

Insecticides non-systémiques (insecticides de contact)

Les insecticides de contact sont toxiques par le contact direct. Ils peuvent être d'origine inorganique (p. ex. soufre), organique (c.-à-d. produits chimiques organiques produits synthétiquement) ou naturelle (p. ex. pyrèthre, huile de margousier). Les insecticides de contact ont peu ou pas d'activité résiduelle (non persistants); leurs effets sont donc de nature temporaire. Les insecticides de contact peuvent évidemment causer de la mortalité directe chez les bourdons. Une étude menée au Nouveau-Brunswick (revue dans Kevan et Plowright, 1995) a ainsi documenté des déclins drastiques chez des populations de bourdons suivant l'application de FénitrothionFootnote 13. Des mortalités de bourdons suite à l'application d'un insecticide à base de pyrèthreFootnote 14 sur le colza ont été rapportées par Thompson (2001). L'exposition à de faibles doses de SpinosadFootnote 15 a entraîné la mort de reines d'espèces indigènes de bourdons en Oregon (Skyrm et coll., 2011 dans Jepsen et coll., 2013). Les insecticides de contact peuvent également avoir des effets sublétaux importants. Ainsi, avec des concentrations similaires à celle qui est présente sur le pollen dans la nature, le Spinosad réduit l'efficacité de la quête alimentaire des ouvrières adultes qui y ont été exposées durant le stade larvaire (Morandin et coll., 2005). Mommaerts et coll. (2006) ont de plus rapporté une réduction drastique de la production du couvain chez le bourdon terrestre lorsqu'il est nourri avec du pollen traité avec des inhibiteurs de la synthèse de la chitineFootnote 16 (p. ex. Diflubenzuron et Teflubenzuron) à la concentration maximale recommandée pour le champ. En plus des ingrédients actifs, les adjuvants et autres ingrédients inertes qui entrent dans la composition des insecticides de contact (et plus largement des pesticides) peuvent également avoir des effets sublétaux. À tire d'exemple, Mullin et coll. (2015) ont démontré que l'abeille domestique est sensible à un surfactant et à un solvant qui sont largement utilisés dans les produits chimiques agricoles tels que les insecticides et autres pesticides.

Herbicides

Les herbicides, particulièrement les herbicides à large spectre utilisés pour contrôler les mauvaises herbes, peuvent quant à eux nuire aux pollinisateurs de façon indirecte en diminuant la qualité de l'habitat convenable par l'élimination des plantes à fleurs qui fournissent le pollen et le nectar aux bourdons (Williams, 1986; Shepherd et coll., 2003, Pleasants et Oberhauser, 2012). Jepsen et coll. (2013) mentionnent que cette diminution de la quantité des ressources peut causer une réduction du succès de reproduction et du taux de survie des bourdons. Pleasants et Oberhauser (2012) rapportent que l'utilisation accrue de l'herbicide Glyphosate (RoundupMD) dans les territoires agricoles a probablement mené à une réduction de la disponibilité des fleurs en bordure des champs, lesquelles pourraient autrement avoir été une ressource importante pour le bourdon à tache rousse. Kearns et coll. (1998) affirment également que, dans certaines circonstances, les herbicides semblent avoir un impact plus grand que les insecticides sur les populations d'abeilles sauvages.

Fongicides

Les fongicides étaient, jusqu'à tout récemment, considérés comme peu ou pas nocifs pour les abeilles (Johansen et coll., 1983; Mayer et Lunden, 1986). Toutefois, il est maintenant démontré que l'utilisation intensive de fongicides peut être toxique pour les abeilles domestiques et les abeilles indigènes (Mullin et coll., 2010; Park et coll., 2015) et qu'une exposition élevée et fréquente à des fongicides peut avoir un impact négatif important sur les populations (Park et coll., 2015). Le mode d'action précis des fongicides sur les abeilles indigènes est encore inconnu. Une diminution de la valeur adaptative (p. ex. diminution de la capacité à s'alimenter ou à reconnaître le nid) ou une diminution des espèces fongiques bénéfiques présentes dans le pollen ou le « pain d'abeille » est toutefois suspectée (Yoder et coll., 2013; Park et coll., 2015). Les fongicides peuvent aussi avoir un effet toxique synergique avec d'autres pesticides (Pilling et Jepson, 1993; Sanchez-Bayo et Goka, 2014), ou être associés à des ingrédients considérés « inactifs », mais qui peuvent avoir un effet toxique sur les abeilles (Ciarlo et coll., 2012; Mullin et coll., 2015).

Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes – Transmission et propagation d'agents pathogènes

Les espèces de bourdons et d'abeilles non indigènes d'origine commerciale qui sont utilisées au Canada pour la production de miel ou la pollinisation des cultures de fruits ou légumes peuvent être les vecteurs d'agents pathogènes néfastes au bourdon à tache rousse. L'augmentation de l'utilisation des bourdons importés à des fins de pollinisation dans les serres a ainsi été associée au déclin des espèces du genre Bombus, y compris le bourdon à tache rousse (Colla et coll., 2006; Berenbaum et coll., 2007; Cameron et coll., 2011a). La transmission d'agents pathogènes par les abeilles et bourdons exotiques peut s'opérer par différents mécanismes, soit par l'introduction et la propagation d'agents pathogènes exotiques (mécanisme appelé « spillover » en anglais), par l'augmentation de la prévalence de parasites naturellement présents (mécanisme appelé « spillback » en anglais) ou par la facilitation de la transmission des pathogènes par le partage des ressources ou la compétition pour celles-ci (mécanisme appelé « facilitation » en anglais) (Graystock et coll., sous presse). Ces agents pathogènes peuvent se transmettre par contact direct, mais aussi de façon indirecte par la contamination d'une ressource partagée. Des insectes hôtes infectés par des agents pathogènes peuvent ainsi contaminer des fleurs en s'y alimentant. Un autre pollinisateur pourra ensuite être infecté en s'alimentant à la même fleur. Des insectes non hôtes peuvent jouer le rôle de vecteurs aussi en propageant les parasites de fleur en fleur (Graystock et coll., 2015).

Trois agents pathogènes répertoriés au Canada jusqu'ici pourraient être particulièrement dommageables au bourdon à tache rousse. Une étude menée dans le sud de l'Ontario a montré que des bourdons d'origine commerciale ont transmis des agents pathogènes, soit le champignon unicellulaire Nosema bombi et le protozoaire Crithidia bombi, à des bourdons sauvages s'alimentant à proximité (Colla et coll., 2006). Ce type de transmission a depuis été confirmé par d'autres études (p. ex. Graystock et coll., 2014). Le champignon unicellulaire N. bombi peut réduire la condition physique des colonies, de même que le taux de reproduction individuel et la durée de vie des bourdons (Jepsen et coll., 2013). Le protozoaire C. bombi peut réduire considérablement la longévité des bourdons et la condition physique des colonies(Brown et coll., 2003; Otterstatter et Whidden, 2004 dans Jepsen et coll., 2013). Il peut aussi interférer dans l'apprentissage des bourdons qui recherchent la nourriture (Otterstatter et coll., 2005 dans Jepsen et coll., 2013) et diminuer la quantité de pollen transporté par les ouvrières (Shykoff et Schmid-Hempel, 1991). La portée de la menace posée par ces deux agents pathogènes sur l'espèce est étroitement liée à la présence de serres utilisant des insectes pour la pollinisation. Graystock et coll. (2013b) ont démontré que des agents pathogènes étaient présents dans les colonies de bourdons importés en Grande-Bretagne pour la pollinisation et ce, malgré les mesures de contrôle destinées à assurer que ces colonies soient exemptes d'agents pathogènes. Les abeilles domestiques (Apis mellifera) seraient un autre vecteur pour la transmission de N. bombi aux bourdons sauvages. Graystock et Hugues (2014) ont en effet montré qu'en Grande-Bretagne, la présence de N. bombi était 18% fois plus fréquente chez les bourdons situés près d'un rucher que chez ceux qui en étaient éloignés. Aucune étude n'a encore été faite pour vérifier l'existence de ce type de propagation dans la population canadienne du bourdon à tache rousse. D'autre part, un agent pathogène des abeilles domestiques, le champignon Nosema ceranea, originaire d'Asie et détecté pour la première fois chez des abeilles au Canada en 2006 (Geoffrey et coll., 2008), soulève de nouvelles inquiétudes. Une étude réalisée en Grande-Bretagne a montré que N. ceranea a été transmis à des bourdons sauvages. Les essais effectués en laboratoire indiquent qu'il peut réduire leur survie de 48% et avoir des effets sur leur comportement (Graystock et coll., 2013a). Aucune étude n'a encore été réalisée pour vérifier la présence de N. ceranea dans la population canadienne du bourdon à tache rousse.

D'autres agents pathogènes ont été répertoriés ailleurs dans le monde et pourraient éventuellement toucher le bourdon à tache rousse au Canada. Le protozoaire Apicystis bombi pourrait ainsi être responsable de l'effondrement de la population d'une espèce indigène de bourdon en Argentine, où il pourrait avoir été introduit en provenance de l'Europe avec des colonies importées du bourdon terrestre (Arbetman et coll., 2013). La présence de ce parasite a été signalée dans les populations de plus de 20 espèces de bourdons en Europe et en Amérique du Nord ainsi que chez l'abeille domestique (Arbetman et coll., 2013). De nombreux autres agents pathogènes, dont les virus à ARN (Manley et coll., 2015; McMahon et coll., 2015), doivent également être considérés.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Les paramètres climatiques, tels que la température et les précipitations, ont des effets marqués sur la répartition et la composition des espèces de bourdons (p. ex. Iserbyt et Rasmont, 2012; Lecocq et coll., 2013). À l'échelle mondiale, plusieurs études ont souligné que les changements climatiques contribuent aux déclins actuels chez les bourdons (p. ex. Bartomeus et coll., 2013a). Le bourdon à tache rousse, qui aurait une niche climatique étroite (Colla et Taylor-Pindar, 2011), serait particulièrement sensible aux effets des changements climatiques au Canada, puisque les espèces de bourdons tendent à être plus susceptibles de disparaître si elles ont une niche climatique étroite et qu'elles sont situées à proximité de la limite de leur aire de répartition (Williams et coll., 2009). Les changements climatiques peuvent avoir des effets néfastes pour les bourdons soit par une augmentation de la fréquence des évènements extrêmes (phénomènes météorologiques violents), ou par des changements graduels dans les moyennes des conditions météorologiques (Jepsen et coll., 2013, Rasmont et coll., 2015).

Étant donné leur nature (p. ex. intense, sporadique), les phénomènes météorologiques violents affectent surtout les populations de bourdons en causant des extinctions locales (Rasmont et coll., 2015). Une analyse des données provenant de quatre pays d'Europe a en effet montré que les bourdons étaient sensibles aux canicules et aux sécheresses (Rasmond et Iserbyt, 2012). Les résultats de l'étude de Harder (1986) à l'île d'Amherst (Ontario) indiquent que les espèces de bourdons qui nichent sous la surface du sol (y compris B. affinis) sont particulièrement vulnérables aux printemps anormalement humides. Jepsen et coll. (2013) rapportent que les évènements de température et de précipitations extrêmes peuvent être dommageables pour le bourdon à tache rousse. En plus de causer de la mortalité directe, ces changements peuvent également mener à une plus grande prévalence des pathogènes, de même qu'à une réduction de la disponibilité des ressources (ressources florales, sites de nidification et d'hibernation) (Cameron et coll., 2011b).

Outre les phénomènes météorologiques violents, les changements graduels des moyennes des conditions météorologiques peuvent avoir des impacts sérieux sur les bourdons. La méta-analyse de Kerr et coll. (2015), réalisée à partir des observations de 67 espèces de bourdons d'Europe et d'Amérique-du-Nord depuis 110 ans, a révélé une tendance, cohérente entre les continents, vers une perte de l'aire de répartition du côté de la limite sud de leur aire de répartition historique (jusqu'à 300 km depuis 1974). L'étude révèle également que les espèces les plus méridionales ont tendance à se déplacer vers des altitudes plus élevées quand celles-ci sont disponibles et que chez les espèces plus nordiques, la perte de superficie à la limite méridionale de l'aire de répartition a tendance à ne pas être compensée par une expansion vers le nord. Aucune des données actuellement disponibles ne permet cependant de connaître quelle proportion de la réduction de l'aire de répartition du bourdon à tache rousse est attribuable aux changements climatiques. Enfin, Kerr et coll. (2015) suggèrent que les changements climatiques représentent une menace à long terme pour l'espèce. Par ailleurs, l'hypothèse a été posée que des modifications de la phénologieFootnote 17 causée par les changements climatiques pourraient avoir un impact négatif sur le bourdon à tache rousse (COSEPAC, 2010; Colla et Taylor-Pindar, 2011). Bartomeus et coll. (2011) ont en effet observé des changements phénologiques significatifs chez dix espèces d'abeilles généralistes du nord-est de l'Amérique du Nord. Leurs données indiquent que la phénologie de ces espèces a avancé en moyenne d'un peu plus de 10 jours au cours des 130 dernières années. La plupart de ces avancées dans le temps se sont produites depuis les années 1970. Ces changements phénologiques se sont cependant accompagnés de changements parallèles chez les plantes qu'elles utilisent, ce qui suggère que l'émergence, à tout le moins celle des abeilles généralistes, suit le rythme des changements dans la floraison des plantes dont elles se nourrissent. Pour le rétablissement du bourdon à tache rousse, la diversité des ressources florales qui éclosent à différents moments de l'année permettent de protéger l'espèce des décalages potentiels entre les moments de floraison et ceux où l'espèce a besoin de fleurs pour s'alimenter (Bartomeus et coll., 2013b; Solga et coll., 2014).

Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois – Agriculture intensive

L'essor de l'agriculture intensiveFootnote 18 a entraîné une réduction de la qualité de l'habitat d'alimentation des bourdons dans plusieurs pays (COSEPAC, 2010). En Europe, la perte d'habitat ainsi que la diminution de l'abondance et de la diversité des fleurs résultant de l'intensification de l'agriculture sont considérées comme les principales causes du déclin des populations de bourdons survenu au cours des 60 dernières années (Goulson et coll., 2008).

Le Canada a connu une intensification de l'agriculture pendant la même période (Agriculture et agroalimentaire Canada, 2013). L'agriculture intensive monopolise de grandes superficies pour la culture d'espèces qui fleurissent majoritairement sur une courte période de temps, ce qui ne peut répondre aux besoins des bourdons qui ont besoin de ressources florales qui se succèdent de façon continue pendant toute la durée du cycle vital de la colonie (Goulson et coll., 2008). Le printemps est la période la plus critique, car la reine doit trouver suffisamment de pollen et de nectar pour nourrir la première couvée d'ouvrières, de laquelle dépend la survie de la colonie. Or, il y a très peu d'espèces de plantes cultivées qui fleurissent si tôt en saison (Bohart et Knowlton, 1953; Alford, 1975 dans Goulson et coll., 2008). Goulson et coll. (2008) concluent que les territoires mis en culture sans la conservation de superficies pour les espèces de plantes à fleurs sauvages ne peuvent assurer le développement et le maintien des colonies de bourdons.

En raison d'une stratégie utilisée par certaines espèces de bourdons, les impacts de l'agriculture intensive dépendent du type de plante cultivée. Ainsi, le bourdon terrestre, une espèce étroitement apparentée au bourdon à tache rousse, préfère utiliser les grandes superficies de plantes à fleurs où la nourriture est abondante plutôt que de butiner les plantes dispersées dans le paysage (Walther-Hellwig et Frankl, 2000). L'espèce peut même négliger les ressources situées à proximité du nid et parcourir de grandes distances pour profiter de la culture de certaines plantes à fleurs (p. ex. tournesol [Hélianthus sp.], moutarde [Synapis arvensis], fèves [Vicia sp.]) (Westphal et coll., 2006). La culture de grandes superficies de plantes qui ne sont pas utilisées par l'espèce (p. ex. maïs [Zea mays]) a des effets négatifs plus significatifs. La conservation ou l'aménagement d'espaces (p. ex. haies, bordures de terres cultivées et de cours d'eau) offrant les plantes à fleurs recherchées par l'espèce dans le paysage agricole constitue alors un élément essentiel au maintien des colonies de bourdons (Goulson et coll., 2008; Jönsson et coll., 2015; Williams et coll., 2015; Wood et coll., 2015). Toutefois, ces ressources florales situées près de cultures intensives peuvent constituer un risque pour le bourdon à tache rousse, car leur pollen peut être contaminé par des pesticides (David et coll., 2016).  

L'agriculture intensive a  clairement des effets indirects très significatifs considérant l'importante utilisation des pesticides dans ce type d'agriculture (voir la menace « Effluents agricoles et sylvicoles – Utilisation de pesticides »)

Zones résidentielles et urbaines – Développement des villes et des banlieues

L'aire de répartition du bourdon à tache rousse au Canada se situe dans des régions considérées parmi les plus densément peuplées et urbanisées du pays. Avec la perte et la fragmentation de l'habitat qui en ont découlé, l'espèce a peut-être plus de difficulté à trouver les divers types d'habitats nécessaires pour répondre aux besoins de son cycle vital (nidification, hibernation et alimentation) (COSEPAC, 2010).

La conversion des terres associée au développement des villes et des banlieues continue de transformer et de fragmenter l'habitat, ce qui a probablement un effet négatif sur les populations de bourdons, y compris le bourdon à tache rousse (Jepsen et coll., 2013).

Il importe cependant d'ajouter que diverses études rapportent l'existence de populations de bourdons de taille importante dans des composantes du paysage urbain où les plantes à fleurs sont abondantes (p. ex. jardins communautaires, jardins botaniques, espaces urbains à l'état sauvage, plates-bandes de fleurs indigènes ou non indigènes, parcs urbains aménagés ou à l'état naturel, toits verts) (Chapman et coll., 2003; Tommasi et coll., 2004; Colla et coll., 2009; Matteson et Langellotto, 2009). Les habitats urbains pourraient permettre le maintien de populations de bourdons de grande taille et pourraient être potentiellement précieux pour la conservation des bourdons (Chapman et coll., 2003) et ce, même s'ils ne peuvent pas assurer le maintien de la même diversité d'espèces que celle qui était présente historiquement (McFrederick et LeBuhn, 2006). Pour les populations de bourdons en milieu urbain, le manque de sites de nidification pourrait cependant être un facteur limitatif (Goulson et coll., 2008). Il n'existe actuellement aucune information spécifique concernant le bourdon à tache rousse en milieu urbain mis à part la présence de l'espèce, qui a été rapportée dans plusieurs villes canadiennes au cours du 20e siècle (COSEPAC, 2010).

Routes et voies ferrées – Développement du réseau routier

La construction de routes fragmente les populations d'insectes et constitue pour plusieurs espèces, y compris les bourdons, une barrière qui restreint l'accès aux ressources alimentaires disponibles (Reck et van der Ree, 2015; Bhattacharya et coll., 2003). L'aménagement d'habitat pour les pollinisateurs aux abords des routes et autoroutes est considéré par plusieurs comme un moyen qui pourrait permettre d'atténuer cette menace (Reck et van der Ree, 2015; US Department of Transportation, 2015).

Le réseau routier aurait également un impact sur les populations d'insectes pollinisateurs par la mortalité accidentelle dont il est responsable. Une étude récente réalisée sur un tronçon d'autoroute en Ontario s'est penchée sur l'importance de cette menace. Les résultats révèlent que chez les hyménoptèresFootnote 19, la mortalité accidentelle était en moyenne d'environ 27 individus par kilomètre de route par jour (Baxter-Gilbert et coll., 2015). Par une extrapolation de ce résultat au sud de l'Ontario, les auteurs ont estimé que plus de 133 millions d'hyménoptères y sont victimes de mortalité accidentelle routière chaque été. Ils indiquent que ces valeurs représentent probablement une sous-estimation, car elles ne tiennent pas compte des insectes éjectés de la route, qui adhérent aux véhicules lors de la collision ou qui sont mangés par des détritivores sur la route. Les auteurs de l'étude concluent que la mortalité accidentelle liée au réseau routier peut représenter une menace significative pour les populations d'hyménoptères. La population du bourdon à tache rousse, dont l'aire de répartition historique correspond aux régions considérées parmi les plus densément peuplées et urbanisées du pays, est très susceptible de subir les effets de cette menace. À titre d'exemple, il y avait plus de 35 000 km de routes dans le sud de l'Ontario en 1995, soit une augmentation de 400% par rapport à la densité routière de 1935 (Fenech et coll., 2005).

Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes – Compétition avec l'abeille domestique

Plusieurs études indiquent que la présence de ruchers réduit les quantités de nectar et de pollen disponibles pour les abeilles indigènes en raison de la compétition entre l'abeille domestique et les espèces de bourdons indigènes pour les ressources florales (Anderson, 1989; Paton, 1990; Wills et coll.,1990; Dafni et Shmida, 1996; Paton, 1996; Horskins et Turner, 1999; Dupont et coll., 2011 cités dans Jepsen et coll., 2013; Torné-Nogueraet coll., 2015). Les effets négatifs de cette compétition sur les bourdons incluent la diminution de la production de mâles et de reines, la diminution de la taille des individus, la modification du ratio des sexes en faveur des mâles et la diminution de la quantité de pollen récolté (Thomson, 2004; Thomson, 2006; Goulson et Sparrow, 2009; Elbgami et coll.,2014). L'abeille domestique pourrait aussi provoquer le déplacement de certaines espèces de bourdons qui s'alimentent dans le même territoire (Walther-Hellwig et coll., 2006). Les espèces d'hyménoptères indigènes de plus grande taille (tel le bourdon à tache rousse) seraient plus susceptibles de subir les effets de la compétition par l'abeille domestique (Torné-Nogueraet coll., 2015). Une densité élevée de ruches à proximité d'une population locale de bourdons à tache rousse pourrait menacer la survie à long terme de cette population (Jepsen et coll., 2013).

Élevage de bétail – Pâturage du bétail

Des études ont montré que l'élevage de bétail peut avoir des effets directs et indirects sur les populations de bourdons. Les effets indirects incluent la réduction des ressources florales (Jepsen et coll., 2013) et potentiellement la réduction des populations de rongeurs (Bueno et coll., 2011), ce qui peut réduire le nombre de sites de nidification disponibles pour les bourdons. Le bétail peut avoir des effets directs par le piétinement des nids situés au-dessus du sol (Sugden, 1985). Bien que le pâturage du bétail constitue une menace pour le bourdon à tache rousse, des mesures peuvent être mises en place afin d'en atténuer les effets. Par exemple, le type d'habitat, la diversité florale, le type de bétail de même que le moment, l'intensité et la longueur de la période du pâturage sont autant de facteurs qui peuvent influencer les effets de cette pratique sur la flore et la faune (Gibson et coll., 1992; Carvell, 2002; Sjodin 2007 dans Jepsen et coll., 2013; Orford et coll., 2016), et donc sur le bourdon à tache rousse.

Incendies et suppression des incendies – Suppression des incendies

Les incendies d'origine naturelle occasionnels assurent le maintien des plantes herbacées dans les champs et les prairies en empêchant les arbres et arbustes de s'y établir. La suppression des incendies peut mener à des changements importants dans la structure de la végétation. En plus de réduire la quantité d'habitat disponible pour les bourdons, l'établissement de la forêt peut fermer des corridors entre les champs, ce qui réduit les possibilités de dispersion et d'alimentation des bourdons (Roland et Matter, 2007). Le brûlage dirigé utilisé pour remettre en état les prairies et les prés naturels peut être bénéfique pour les bourdons, mais à la condition d'être planifié et exécuté avec soins en tenant compte des besoins du cycle vital des bourdons (Jepsen et coll., 2013). Les activités de brûlage dirigé réalisées annuellement dans le parc provincial Pinery (Farrel et coll., 2011) devraient respecter ces conditions.

Menaces potentielles

Polluant atmosphérique - aluminium

L'aluminium est le métal le plus abondant de la lithosphèreFootnote 20 et un important contaminant environnemental (Exley, 2013; Exley et coll., 2015). L'aluminium est tiré de la lithosphère et libéré dans la biosphère soit directement (p. ex. exploitation et transformation du minerai d'aluminium), soit indirectement (p. ex. pluies acides résultant de la combustion du charbonFootnote 21, culture des sols sulfatés acidesFootnote 22) (Sammut et Lines-Kelly, 2004; Agency for Toxic Substances and Disease Registry, 2008; Exley, 2013). Une étude récente menée au Royaume-Uni a montré la présence de concentrations élevées d'aluminium chez les nymphes du bourdon terrestre, ce qui démontre une exposition significative de l'espèce à ce métal (Exley et coll., 2015). Ces auteurs mentionnent que l'aluminium proviendrait probablement du pollen (Morgano et coll., 2010) et possiblement du nectar (Meindl et Ashman, 2013). Exley et coll. (2015) indiquent qu'il est permis de croire que les concentrations d'aluminium élevées mesurées chez les nymphes pourraient interférer avec le développement ou le fonctionnement des performances cognitives des adultes et concluent que ces dysfonctions cognitives pourraient avoir un rôle dans le déclin des populations d'abeilles.

Gaz d'échappement des moteurs diesel

Les prédictions de modèles théoriques indiquent que certains polluants atmosphériques pourraient réduire les distances auxquelles les pollinisateurs peuvent détecter les odeurs émises par les plantes (McFrederick et coll., 2008).  Girling et coll. (2013) ont étudié en laboratoire les effets des gaz d'échappement des moteurs diesel sur l'abeille domestique. Leurs résultats indiquent que ces gaz réduiraient la capacité des abeilles à reconnaître les odeurs de fleurs. Les auteurs mentionnent aussi que les oxydes d'azote (NOx) inclus dans ces gaz pourraient être un facteur clé dans la dégradation de l'odeur perçue par les abeilles. Ils concluent que les perturbations de la communication par les odeurs causées par les composés présents dans les gaz d'échappement peuvent nuire à plusieurs espèces d'insectes et que dans le cas des insectes pollinisateurs, ces effets auraient des impacts économiques et écologiques majeurs, en particulier s'ils sont combinés à d'autres facteurs néfastes pour la santé des pollinisateurs.

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5. Objectifs en matière de population et de répartition

La population canadienne du bourdon à tache rousse est, selon les connaissances actuelles, de très petite taille. De plus,  l'immigration de source externe à partir de la population des États-Unis est peu probable. Pour ces raisons et selon les critères utilisés par Environnement et Changement climatique Canada pour déterminer les seuils du rétablissement, il serait irréaliste de fixer des objectifs en matière de population et répartition qui vont au-delà du seuil minimum du rétablissement. Ce seuil représente le meilleur scénario réalisable pour le bourdon à tache rousse.

Les objectifs en matière de population et de répartition pour le bourdon à tache rousse au Canada sont :

  • d'assurer la viabilitéFootnote 23 de la population locale du parc provincial Pinery ainsi que de toute autre population locale qui pourrait être découverte dans le futur et
  • au besoin, d'augmenter le nombre de populations locales viables dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce afin d'obtenir, à long terme et dans la mesure du possible, une répartition de l'espèce qui n'est pas sévèrement fragmentée par des causes non naturelles.

Les seules preuves de la présence récente du bourdon à tache rousse au Canada sont des observations de l'espèce faites au parc provincial Pinery en Ontario. Ces observations permettent d'affirmer que le parc comptait une colonie de l'espèce en 2005 et au moins une, possiblement deux colonies, en 2009. Elles indiquent aussi que la population locale du parc provincial Pinery serait de très petite taille et par conséquent, exposée à un risque élevé de disparition. Comme cette population locale est la seule population qui confirme la présence récente de l'espèce au Canada, sa viabilité devrait être assurée par l'augmentation de la taille de la population (c.-à-d. augmentation du nombre de colonies), p. ex. par la réduction ou l'atténuation des menaces et par la gestion de l'habitat (pour plus d'informations, voir les sections 6.2 et 6.3).

Il est aussi nécessaire d'assurer la viabilité de toute autre population locale qui pourrait être découverte dans le futur afin d'assurer la redondanceFootnote 24 de la population canadienne. Bien qu'il n'existe actuellement aucune certitude quant à la présence du bourdon à tache rousse au Canada ailleurs qu'au parc provincial Pinery en Ontario, l'espèce pourrait être présente dans d'autres secteurs de son aire de répartition historique qui n'ont pas été inventoriés récemment, en particulier au Québec.

Les objectifs visent aussi, au besoin, à augmenter le nombre de populations locales viables dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce. Cette partie des objectifs inclut l'objectif de répartition de l'espèce. L'information disponible indique que la population canadienne de l'espèce aurait actuellement un très faible niveau de résilienceFootnote 25. La découverte d'autres populations locales pourrait suffire à corriger cette situation, mais si ce n'est pas le cas, il sera nécessaire d'augmenter le nombre de populations locales viables par l'expansion naturelle (p. ex. par la réduction ou l'atténuation des menaces et par la gestion de l'habitat; pour plus d'informations, voir les sections 6.2 et 6.3). Cette augmentation contribuera aussi à la redondance de l'espèce ainsi qu'à lui donner une représentation qui tient compte de sa répartition historique en s'efforçant de capturer l'ensemble de sa diversité génétique et écologique.

La dernière partie des objectifs précise que l'augmentation du nombre de populations locales vise à obtenir à long terme, et dans la mesure du possible, une répartition de l'espèce qui n'est pas sévèrement fragmentée par des causes non naturelles. Cette caractéristique est nécessaire pour assurer la persistance des populations locales et le maintien de la cohésion génétique de l'espèce.

Étant donné que le caractère réalisable du rétablissement du bourdon à tache rousse comporte des incertitudes quant aux possibilités de maintenir ou augmenter la taille de la population et d'éviter ou atténuer les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat, il est possible que l'atteinte de des objectifs en matière de population et distribution ne soit pas possible.

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6. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

La seule population confirmée du bourdon à tache rousse au Canada se trouve dans un parc désigné par le gouvernement de l'Ontario dans la catégorie des parcs naturels, lesquels ont un mandat qui inclut « la protection du patrimoine naturel ». Une stratégie à long terme visant la remise en état des habitats de savane du parc a été développée. Les activités mises en œuvre incluent les brûlages dirigés dont certains ont été réalisés entre 1986 et 1994 (Rodger, 1998) et d'autres en 2001. Farrell et coll. (2011) rapportent que des brûlages dirigés sont maintenant effectués dans le parc sur une base annuelle dans le but de rétablir et gérer l'habitat de savane.

Depuis la publication du rapport de situation du COSEPAC, des relevés ont été réalisés chaque année au parc provincial Pinery, mais aucun bourdon à tache rousse n'a été trouvé au cours de ces relevés (A. MacKenzie, comm. pers., 2015). Ce suivi est soutenu par le Wildlife Preservation Canada Native Pollinator Program, qui a lancé un programme sur les pollinisateurs indigènes de l'Ontario en 2012. Le projet, mené en collaboration avec l'Université York, vise à effectuer le suivi du bourdon à tache rousse et à évaluer la qualité de son habitat ainsi que les niveaux de parasites et l'utilisation de pesticides dans le sud de l'Ontario. Dans le cadre de ce programme, l'élevage en captivité et la relâche d'une autre espèce de bourdon en déclin en Ontario, le bourdon terricole (Bombus terricola), ont été entamés en 2014, notamment pour rendre accessibles des protocoles et des techniques dont pourrait bénéficier le bourdon à tache rousse. D'autres expériences de réintroduction ont également été initiées ailleurs dans le monde (p. ex. The Short-haired Bumblebee Project).

En 2011, l'organisation Farms at Work a lancé un projet sur le bourdon à tache rousse afin d'accroître la sensibilisation aux enjeux de conservation des pollinisateurs indigènes et de soutenir les relevés de l'espèce en Ontario. L'organisation a produit un guide intitulé Landowners Guide to Conserving Native Pollinators in Ontario (Chan, 2012), a lancé un projet sur l'habitat des pollinisateurs dans les exploitations agricoles et offre des services de consultation sur les pollinisateurs (il est possible de consulter le site Web pour en savoir plus).

Des pratiques de gestion exemplaires ont été mises au point pour l'agriculture (Agriculture, pêcheries et alimentation Québec, 2013; Santé Canada, 2013a et 2013b), ainsi que pour créer et gérer l'habitat des bourdons (Colla et coll., 2009; Hatfield et coll., 2012; Blackmore et Goulson, 2014).

En 2014, la Xerces Society for Invertebrate Conservation a lancé le site Web Bumble Bee Watch). Il s'agit d'un projet de science citoyenne qui vise à effectuer le suivi et à conserver les bourdons indigènes de l'Amérique du Nord. Le site permet aux utilisateurs de téléverser des photographies des bourdons observés afin de les faire identifier et vérifier par des spécialistes. Le projet aide les chercheurs à déterminer la situation et les besoins en matière de conservation des espèces et à trouver des populations rares ou en péril. De plus, il incite le public à s'informer au sujet de l'écologie des bourdons.

Un programme de rétablissement pour le bourdon à tache rousse en Ontario a été produit (Colla et Pindar-Taylor, 2011) et le gouvernement de l'Ontario a publié une réponse politique à cet avis (MRNO, 2011).

En janvier 2014, un article a également été adjoint au règlement 242/08 de l'Ontario en vertu de la LEVD. Cet article prescrit les aires qui sont protégées en tant qu’habitat de l’espèce (Règlement de l’Ontario 242/08).

Au printemps 2014, Santé Canada a mis en œuvre des mesures pour réduire l'exposition de l'abeille domestique aux pesticides présents dans les poussières des graines de maïs et de soya (Glycine max). Une analyse complète n'est pas encore disponible, mais les renseignements à ce jour indiquent que le nombre et la gravité des rapports d'incidents associés aux pesticides néonicotinoïdes au cours de la période de plantation 2014 sont 70% plus bas qu'en 2013. L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) continue de travailler avec les provinces et les regroupements de parties concernées pour réduire l'exposition de l'abeille domestique pendant la plantation de maïs et de soya. En attendant les résultats de ce travail, des mesures réglementaires additionnelles pourraient être prises si elles sont justifiées et appuyées par les renseignements scientifiques disponibles. L'ARLA de Santé Canada continue également la réévaluation des classes de pesticides, incluant celle des néonicotinoïdes, en collaboration avec l'Environmental Protection Agency des États-Unis et la California Department of Pesticide Regulation. Cette évaluation comprendra l'évaluation du potentiel pour les effets aigus ainsi que les effets sublétaux en tenant compte des renseignements disponibles provenant des scientifiques et des chercheurs ainsi que ceux des nouvelles études réalisées pour aborder ces questions (Santé Canada, 2014). Bien qu'elles visent l'abeille domestique, ces mesures sont bénéfiques pour toutes les espèces de pollinisateurs indigènes, y compris le bourdon à tache rousse.

En mai 2015, le comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts a publié un rapport présentant une stratégie pour préserver la santé des insectes pollinisateurs au Canada (Gouvernement du Canada, 2015). Le rapport se consacre d'abord aux abeilles domestiques en raison de leur rôle essentiel dans la pollinisation des cultures, un rôle qui rend leur contribution à l'alimentation des humains extrêmement importante. Il aborde également les pollinisateurs indigènes (800 espèces au Canada) et souligne qu'ils possèdent souvent des caractéristiques uniques qui en font des spécialistes dans la pollinisation d'une plante en particulier. Ils sont ainsi indispensables pour la reproduction des espèces de plantes indigènes auxquelles ils sont liés. Le rapport mentionne également que les pollinisateurs sauvages sont parfois bien plus efficaces que les abeilles domestiques pour certaines cultures en raison de leurs caractéristiques morphologiques, mais qu'aucune donnée n'existe à ce sujet. Le rapport inclut des recommandations pour préserver la santé de pollinisateurs (p. ex. mise en œuvre de la norme de biosécuritéFootnote 26, réévaluation des insecticides de la classe des néonicotinoïdes par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, financement de la recherche sur la santé des insectes pollinisateurs).

Au cours de l'été 2015, l'organisme Éco-NatureFootnote 27 (Québec) a entrepris un projet consacré au bourdon à tache rousse. La première étape, réalisée à l'été 2015, était de développer et de tester des outils pour la réalisation d'inventaires (capture, identification, etc.). Au cours des prochaines années, il y aura des activités d'inventaire (dans des sites historiques et dans de l'habitat convenable au bourdon à tache rousse) dans la zone d'intervention d'Éco-Nature, ainsi que des activités de sensibilisation du public (A. Boutin, comm. pers., 2015).

En juillet 2015, le gouvernement de l'Ontario a annoncé des mesures visant à réduire, d'ici 2017, l'utilisation des néonicotinoïdes d'environ 80% dans les superficies plantées en cultures traitées aux néonicotinoïdes. Ces restrictions incluent un maximum de 50% de surfaces cultivées traitées aux néonicotinoïdes dès 2016. Les agriculteurs souhaitant utiliser des semences traitées devront faire la preuve qu'ils ont des problèmes phytosanitaires requérant ce type de traitement. Au Québec, la vente et l'usage des pesticides sont réglementés par la Loi sur les pesticides (RLRQ, c. P-9.3) et, en complément, par la Loi sur la qualité de l'environnement (RLRQ, c. Q-2). En 2015, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a développé la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) afin de guider les modifications législatives et réglementaires du gouvernement du Québec au cours des prochaines années, entre autres dans le but de conserver les populations de pollinisateurs. Les objectifs de la stratégie incluent notamment l'interdiction de l'utilisation des néonicotinoïdes à des fins ornementales (p. ex., pelouses, plates-bandes), l'obligation de faire justifier par un agronome toute utilisation de néonicotinoïdes à des fins agricoles et l'encouragement à l'utilisation de semences non traitées aux néonicotinoïdes par la mise en place d'incitatifs économiques.

 

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
Menace ou élément limitatifStratégie générale pour le rétablissementPrioritéNote hDescription générale des approches de recherche et de gestion
Lacunes dans les connaissancesInventaire et suiviÉlevée
  • Améliorer les connaissances sur la démographie de l'espèce (p. ex. taille de la population, répartition et tendances)
Toutes les menaces et lacunes dans les connaissancesGestion des individus et de l'habitatÉlevée
  • Mettre en œuvre un plan de gestion de l'habitat tenant compte de chacune des populations locales de l'espèce
  • Élaborer et mettre en œuvre un plan de réduction et d'atténuation des menaces pesant sur l'espèce (p. ex. mesures légales, pratiques de gestion exemplaires)
  • Évaluer la faisabilité et les risques associés à une restauration de la population

 

Toutes les menaces et lacunes dans les connaissancesRechercheMoyenne à élevée
  • Améliorer les connaissances sur les menaces pesant sur l'espèce, en accordant la priorité aux menaces les plus importantes
Toutes les menaces et lacunes dans les connaissancesRechercheMoyenne
  • Améliorer les connaissances de l'écologie et de la dynamique des populations du bourdon à tache rousse
Toutes les menacesPartenariat, communication, sensibilisation et éducationMoyenne
  • Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de communication visant le grand public, les propriétaires privés et les parties concernées
  • Promouvoir et soutenir la collaboration avec les États-Unis en ce qui a trait à la conservation de l'espèce

Note du tableau 3

Note h du tableau 3

« Priorité » reflète l'ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l'espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l'espèce.

Retour à la référence de la note h du tableau 3

6.3 Commentaires à l'appui du tableau de planification du rétablissement

Inventaire et suivi

Il existe des lacunes importantes dans les connaissances sur la population et la répartition du bourdon à tache rousse au Canada. Des activités d'inventaire destinées à combler ces lacunes sont essentielles pour évaluer la taille actuelle de la population de l'espèce, pour déterminer sa répartition ainsi que pour confirmer si le nombre de populations locales doit être augmenté. Un protocole et un plan d'inventaire dans l'habitat convenable de l'aire de répartition historique de l'espèce devront être élaborés et mis en œuvre en se fondant sur les données récoltées au Canada depuis 1975 tout en évitant de dupliquer les inventaires récents réalisés en Ontario. Une attention particulière devra être accordée à la partie de l'aire de répartition située au Québec où aucun inventaire ciblé n'a été réalisé depuis le milieu des années 1970. Il importe ici de mentionner que les colonies actuelles de l'espèce pourraient être relativement éloignées des sites où les observations historiques ont été faites. En effet, le bourdon à tache rousse est une espèce généraliste quant à son alimentation, qui utilise une grande variété d'habitats. De plus, les reines qui émergent au printemps pourraient se déplacer sur plusieurs kilomètres pour fonder les nouvelles colonies (Lepais et coll., 2010). Ainsi c'est à l'échelle de la région entourant les sites d'observations historiques que la planification des inventaires doit être effectuée, et non pas à l'échelle des sites précis des observations historiques.  Une méthode de suivi standardisée devra aussi être élaborée, puis mise en œuvre périodiquement. Ces activités de suivi sont nécessaires pour déterminer les tendances de la population de l'espèce au Canada ainsi que pour mesurer les progrès en matière de rétablissement. Les activités d'inventaire et de suivi devraient également permettre de réaliser la modélisation de population nécessaire pour déterminer la viabilité des populations locales de l'espèce ainsi que celle de la population canadienne.

Gestion des individus et de l'habitat

Le développement et la mise en œuvre d'un plan de gestion de l'habitat tenant compte de chacune des populations locales du bourdon à tache rousse sont des éléments clés pour atteindre les objectifs de population et de répartition du présent programme de rétablissement. Ce plan, qui peut être un plan de gestion de l'habitat déjà existant (p. ex. parc provincial Pinery), devra inclure le maintien ou l'accroissement de la disponibilité des trois types d'habitats nécessaires au cycle vital de l'espèce, en mettant l'accent sur le maintien de l'habitat d'alimentation, sur lequel pèsent les menaces les plus importantes. Le plan devra aussi prévoir la disponibilité de l'habitat convenable nécessaire à l'expansion de la population locale du parc provincial Pinery ou de toute autre population locale.

Un plan de réduction et d'atténuation des menaces devra également être élaboré et mis en œuvre en tenant compte du contexte particulier à chaque population locale. Ce plan visera en priorité les principales menaces pesant sur l'espèce (c.-à-d. l'utilisation des pesticides, la transmission et la propagation d'agents pathogènes, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents ainsi que l'agriculture intensive, le développement des villes et des banlieues et le réseau routier). Il comprendra toutes les mesures appropriées (p. ex. mesures légales, intendance, pratiques de gestion exemplaires) pour réduire et atténuer ces menaces. La mise en œuvre de pratiques de gestion exemplaires par les propriétaires fonciers, les planificateurs de l'utilisation des terres et les autres intervenants appropriés (agriculteurs, propriétaires de serres et de pépinières, urbanistes, personnes impliquées dans le commerce de détail des plantes) situés dans les secteurs significatifs pour le rétablissement de l'espèce est de première importance pour réduire et atténuer ces menaces ainsi que les menaces moins préoccupantes comme l'élevage du bétail, la suppression des incendies ou la compétition avec l'abeille domestique.

Cette stratégie comprend également une évaluation de la faisabilité et des risques associés à une éventuelle restauration de la population canadienne de l'espèce. La restauration de la population canadienne de l'espèce est incluse en se fondant sur les faits suivants :

  • la population canadienne de l'espèce, actuellement représentée seulement par la population locale du parc provincial Pinery, est exposée à un risque de disparition élevé en raison de sa très petite taille;
  • l'expansion naturelle pourrait ne pas être suffisante pour augmenter la taille de cette population locale ou de toute autre population locale jusqu'au niveau où sa viabilité sera assurée, ni pour augmenter le nombre de populations locales jusqu'à un niveau où ces populations seront interreliées.

Selon les lignes directrices pour la réintroduction et les transferts à des fins de conservation de l'UICN (UICN, 2013), le bourdon à tache rousse serait d'ailleurs une bonne espèce candidate à une restauration de la population étant donné son niveau de précarité élevé et son rôle écologique (pollinisateur). Toutefois, en fonction de ces mêmes lignes directrices et des conditions qui prévalent actuellement au Canada, il n'est pas recommandé de procéder à court terme à une restauration de la population pour les raisons suivantes :

  • il n'existe aucune preuve que les menaces qui ont causé les extinctions passées sont suffisamment réduites;
  • les risques associés à une telle restauration n'ont pas été évalués;
  • Il existe des lacunes dans les connaissances nécessaires pour appuyer la prise de décision (p. ex. menaces, caractéristiques et disponibilité de l'habitat convenable).

Durant la période requise pour s'assurer que les menaces pesant sur l'habitat et les individus sont suffisamment réduites, il sera impératif d'évaluer la faisabilité et les risques associés à la restauration de la population. Les résultats de cette évaluation permettront de déterminer si la restauration de la population pourrait être mise en œuvre advenant le cas où il serait démontré que l'expansion naturelle n'est pas suffisante. L'évaluation de la faisabilité devra notamment tenir compte des aspects comme la disponibilité de l'habitat convenable, les exigences climatiques, la disponibilité et la provenance de reines fécondées, les techniques de garde en captivité et de relâche, les approches de rétablissement alternatives, etc. L'évaluation des risques devra considérer les bénéfices et les impacts négatifs potentiels couvrant les aspects écologiques (p. ex. risques pour les populations sources ou les écosystèmes), sociaux (p. ex. multijuridictions) et économiques. Les lignes directrices pour la réintroduction et les autres transferts à des fins de conservation (UICN, 2013) devraient servir d'assise à ces évaluations, de même que l'information disponible des programmes déjà en cours ailleurs dans le monde sur des espèces de bourdons en péril (voir la section 6.1).

Recherche

Des études devront être réalisées pour améliorer les connaissances sur les menaces pesant sur le bourdon à tache rousse, en accordant la priorité aux menaces les plus importantes. Il faudra notamment déterminer l'ampleur de la contamination par les pesticides (particulièrement les néonicotinoïdes) dans les territoires occupés et fréquentés par l'espèce ainsi que déterminer les effets létaux et sublétaux de ces produits sur les espèces indigènes de bourdons. Ces recherches devraient porter uniquement sur les espèces qui ne sont pas en déclinFootnote 28. La recherche sur les agents pathogènes transmis aux abeilles indigènes par les bourdons utilisés dans les serres pour la pollinisation est également nécessaire pour mieux comprendre l'importance de cette menace sur le bourdon à tache rousse et les autres espèces indigènes. Les modes de transmission et la relation de cause à effet de ces pathogènes devraient aussi être mieux compris. De même, des études sur les effets des changements climatiques sur l'espèce sont requises, en particulier pour évaluer la contraction de l'aire de répartition canadienne de l'espèce. Des études visant le développement de pratiques de gestion exemplaires pour les bourdons indigènes dans les milieux agricole, urbain et de banlieue seraient nécessaires pour le développement du plan de réduction et d'atténuation des menaces mentionné ci-dessus. Finalement, les connaissances sur l'écologie et la dynamique des populations de l'espèce doivent être améliorées (p. ex. exigences en matière d'habitat d'alimentation, écologie spatiale et réponse aux pratiques de remise en état).

Partenariat, communication, sensibilisation et éducation

Une stratégie de communication est nécessaire pour améliorer l'efficacité des approches de gestion. Cette stratégie comprendra des moyens de communication et de sensibilisation destinés à des clientèles cibles (p. ex. agriculteurs, propriétaires de serres). Il serait bénéfique de maintenir ou d'établir des partenariats avec des organisations locales, régionales et nationales pour tirer profit des programmes et initiatives de conservation visant l'agroenvironnement en général ou les pollinisateurs indigènes en particulier. Des partenariats avec les groupes de naturalistes de terrain possédant l'expertise nécessaire pour aider aux inventaires peuvent aussi être développés. Enfin, il serait bénéfique de développer des moyens de sensibilisation destinés au grand public sur la situation des insectes pollinisateurs au Canada (p. ex. médias, brochures, sites Web).

Cette stratégie inclut également la collaboration avec les États-Unis en ce qui a trait à la conservation de l'espèce. La situation globale de l'espèce est très précaire (NatureServe : gravement en péril – UICN : en danger critique) et l'amélioration de cette situation repose sur les deux seuls pays de son aire de répartition, le Canada et les États-Unis. La collaboration entre le Canada et les États-Unis (p. ex. échange d'information, concertation et complémentarité des efforts) assurera une plus grande efficience et permettra de maximiser les chances de succès des efforts de conservation consacrés à l'espèce.

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7. Habitat essentiel

Aux termes de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes de la LEP, l'habitat essentiel est « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».

L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse est désigné partiellement, dans la mesure du possible, dans le présent programme de rétablissement en se fondant sur la meilleure information accessible. Cette désignation ne s'applique pour le moment qu'à la population du parc provincial Pinery en Ontario. Cette désignation de l'habitat essentiel ne permet pas d'atteindre les objectifs en matière de population et de répartition fixés pour l'espèce. Un calendrier des études (section 7.2, tableau 5) a été développé et décrit les activités qui devront être réalisées pour la désignation de l'habitat essentiel additionnel nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. De l'habitat essentiel additionnel pourra être désigné dans le futur à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles. 

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse est désigné en fonction de deux critères : soit l'occupation de l'habitat et le caractère convenable de l'habitat.

7.1.1 Occupation de l'habitat

Les observations valides (c.-à.-d. provenant ou ayant été validé par un expert de l'espèce) d'individus (incluant celles indiquant la présence d'un site de nidification ou d'hibernation occupé) constituent la base pour déterminer l'occupation de l'habitat par le bourdon à tache rousse. Seules les observations faites depuis 2005 sont utilisées. Cette période est cohérente avec le règlement 242/08 de l'Ontario adopté en vertu de la LEVD. Elle est considérée comme pertinente puisqu'elle se base sur le cycle vital annuel de l'espèce, le déclin drastique de l'abondance et de la répartition de l'espèce à l'échelle de son aire de répartition depuis le début des années 2000 et les résultats des inventaires menés en Ontario pendant cette période.  

7.1.2 Caractère convenable de l'habitat

Le caractère convenable de l'habitat réfère aux caractéristiques biophysiques de l'habitat utilisé par l'espèce. Le bourdon à tache rousse a besoin d'habitats dont les caractéristiques varient selon les différentes étapes de son cycle vital. Il existe peu d'information sur les caractéristiques biophysiques des habitats de nidification et d'hibernation du bourdon à tache rousse. Par conséquent, les caractéristiques biophysiques de l'habitat pour les sites de nidification et d'hibernation ne sont pas limitées aux caractéristiques décrites ci-dessous et pourraient inclure tout autre type de structure ou d'habitat utilisé par l'espèce.

  • L'habitat de nidification comprend notamment :
    • des anciens terriers et nids de rongeurs;
    • des souches creuses;
    • du bois mort au sol.
  • L'habitat d'hibernation comprend notamment :
    • des sites au sol meuble convenable pour creuser des terriers;
    • du bois mort au sol.
  • L'habitat d'alimentation comprend notamment :
    • possibilités d'alimentation (p. ex. abondance d'espèces de fleurs sauvages convenables) dans les catégories de communautés végétales suivantes : savane, boisé, forêt, prairie, marais, tourbière, dune et milieu cultural (p. ex. vieux champs);
    • les espèces végétales connues utilisées comme sources de nourriture (une liste de ces espèces se trouve à l'annexe A du présent programme de rétablissement).

Les plus récentes observations (depuis 2005) du bourdon à tache rousse ont été faites dans un milieu de savane à chênes (savane à herbes hautes)Note 29. Cet habitat présente les caractéristiques suivantes : 

  • arbres clairsemés et un sous-étage diversifié de graminées et d'autres herbacées de prairie;
  • couvert d'arbres relativement ouvert (de 25 à 35%);
  • sol sableux bien drainé.

La limite physique de l'habitat convenable a été fixée à un rayon de 1000 m autour de chaque observation valide. Cette distance est cohérente avec le règlement 242/08 de l'Ontario adopté en vertu de la LEVD. Elle provient de l'analyse réalisée par le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario en se fondant sur les distances parcourues par les ouvrières du bourdon terrestre (Osborne et coll., 1999; Walther-Hellwig et Frankl, 2000; Chapman coll., 2003; Darvill et coll., 2004; Knight et coll., 2005; Kraus et coll., 2009; Osborne et coll., 2008; Wolf et Moritz, 2008; Hagen et coll., 2011). Le bourdon terrestre a été utilisé, car aucune donnée n'est disponible sur la distance parcourue par le bourdon à tache rousse lors de sa recherche de nourriture. L'espèce a été choisie comme modèle parce qu'elle appartient au même sous-genre que le bourdon à tache rousse, et qu'elle a fait l'objet de nombreuses études en Amérique du Nord et en Europe. Cependant, étant donné qu'il n'existe aucune donnée disponible sur la quantité d'habitat convenable nécessaire pour qu'une colonie du bourdon à tache rousse puisse répondre à ses besoins pendant les différentes étapes de son cycle vital, il n'est pas certain que la quantité d'habitat convenable contenue à l'intérieur d'un rayon de 1000 m soit suffisante pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. D'autres renseignements devenus disponiblesFootnote 30 depuis cette analyse (p. ex. distance parcourue par les mâles et les femelles d'autres espèces de bourdons, vulnérabilité des bourdons à la dépression consanguine) suggèrent que cette distance pourrait ne pas être suffisante pour atteindre ces objectifs. Le calendrier des études inclut une activité afin de déterminer la validité de cette distance.

Étant donné l'importance primordiale des sites de nidification et des sites d'hibernation pour le bourdon à tache rousse, tout l'habitat situé dans un rayon de 30 m d'un site de nidification ou d'un site d'hibernation occupé est également considéré comme de l'habitat convenable. Cette superficie représente la zone de fonctions essentielles du site. Il s'agit de la superficie minimale d'habitat nécessaire pour maintenir les éléments qui caractérisent le microhabitat du site (p. ex. drainage du sol, absorption de la chaleur, disponibilité d'abris). La distance de 30 m est cohérente avec le règlement 242/08 de l'Ontario adopté en vertu de la LEVD. Il n'est cependant pas certain que ce rayon de 30 m soit suffisant pour circonscrire la superficie minimale nécessaire au maintien des caractéristiques du microhabitat des sites de nidification ou des sites d'hibernation du bourdon à tache rousse. Le calendrier des études inclut une activité afin de déterminer la validité de cette distance.

7.1.3 Application des critères de désignation de l'habitat essentiel du bourdon à tache rousse

L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse correspond à tout l'habitat possédant les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 qui est situé à l'intérieur d'un rayon de 1000 m de toute observation de l'espèce répondant au critère d'occupation 7.1.1. Les structures anthropiques (p. ex. maison, surface asphaltée) et les zones qui, comme les eaux libres et les pelouses entretenues, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l'habitat convenable du bourdon à tache rousse ne sont pas désignées comme habitat essentiel, à l'exception de la zone de fonctions essentielles qui est établie dans un rayon de 30 m de toute observation valide de site d'hibernation ou de nidification occupé. Dans cette zone de fonctions essentielles, les structures anthropiques et les zones d'habitat convenable et non convenable sont désignées comme habitat essentiel.

L'application de critères de désignation de l'habitat essentiel aux données disponibles sur l'espèce (en date d'août 2014) permet de désigner l'habitat essentiel pour les trois observations récentes (depuis 2005) du bourdon à tache rousse au Canada et d'estimer sa superficie totale à ~498 haFootnote 31 (figure 2; voir aussi le tableau 4). Cette désignation de l'habitat essentiel est considérée comme partielle, car l'habitat essentiel identifié est insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. La section 7.2 présente un calendrier des études qui énumère les activités requises pour rassembler les informations nécessaires pour compléter la désignation de l'habitat essentiel du bourdon à tache rousse. Si de nouveaux sites rencontrant les critères mentionnés ci-dessus sont trouvés, de l'habitat essentiel additionnel sera désigné dans une mise à jour du présent programme de rétablissement ou dans un plan d'action.

L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse est présenté avec des carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1km (figure 2, tableau 4). Cette grille correspond à un système de quadrillage normalisé qui indique la zone géographique générale dans laquelle se trouve l'habitat essentiel à des fins de planification de l'utilisation des terres et d'évaluation environnementale. De plus, ce quadrillage  respecte les ententes provinciales de partage des données en Ontario. Les zones d'habitat essentiel dans chaque carré du quadrillage sont celles qui correspondent à la description de l'habitat essentiel. Il est possible d'obtenir des renseignements plus détaillés sur l'habitat essentiel en écrivant au Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada à l'adresse ec.planificationduretablissement recoveryplanning.ec@canada.ca.

Figure 2. L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse au Canada se trouve dans les carrés (bordés de rouge) du quadrillage UTM de référence de 1 x 1 km, là où les critères et la méthode de désignation de l'habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Ce système de quadrillage national de référence indique l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel. La représentation cartographique détaillée de l'habitat essentiel ne figure pas sur la carte.
Carte : Ontario
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de l’espèce en Ontario. Il est renfermé dans 16 carrés de quadrillage le long de la côte du lac Huron dans le parc provincial Pinery.

 

Tableau 4. . Carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km renfermant l'habitat essentiel du bourdon à tache rousse au Canada, en date d'août 2014. L'habitat essentiel se trouve là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés.
Code d'identification du carré du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 kmNote iProvince ou territoireCoordonnées UTM du carréNote j
Est
Coordonnées UTM du carréNote j
Nord
Régime foncierNote k
17MH3818Ontario4310004788000Non fédérale
17MH3819Ontario4310004789000Non fédérale
17MH3828Ontario4320004788000Non fédérale
17MH3829Ontario4320004789000Non fédérale
17MH3838Ontario4330004788000Non fédérale
17MH3839Ontario4330004789000Non fédérale
17MH3910Ontario4310004790000Non fédérale
17MH3920Ontario4320004790000Non fédérale
17MH3930Ontario4330004790000Non fédérale
17MH3951Ontario4350004791000Non fédérale
17MH3941Ontario4340004791000Non fédérale
17MH3931Ontario4330004791000Non fédérale
17MH3952Ontario4350004792000Non fédérale
17MH3942Ontario4340004792000Non fédérale
17MH3932Ontario4330004792000Non fédérale
17MH3943Ontario4340004793000Non fédérale

Notes du tableau 4

Note i du tableau 4

Fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence (voir http://www.rncan.gc.ca/sciences-terre/geographie/information-topographique/cartes/9802), les deux premiers caractères correspondent à la zone UTM, les deux lettres suivantes indiquent le quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km (tel que requis pour les présentations du quadrillage de 10 km x 10 km et de 1 km x 1 km de l'habitat essentiel) suivies de deux caractères pour représenter le quadrillage UTM de référence  de 10 km x 10 km. Les deux derniers caractères représentent le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km renfermant la totalité ou une partie d'une unité d'habitat essentiel. Ce code alphanumérique unique s'inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada.

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Note j du tableau 4

Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l'emplacement de l'habitat essentiel, présenté comme étant le coin sud-ouest du carré de quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km renfermant la totalité ouune partie d'une unité d'habitat essentiel. Les coordonnées peuvent ne pas faire partie de l'habitat essentiel et ne fournissent qu'une indication générale de l'emplacement.

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Note k du tableau 4

Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générales des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d'habitat essentiel . Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d'une terre,  il faudra comparer les limites de l'habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

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7.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Tableau 5. Calendrier des études pour la désignation de l'habitat essentiel
Description de l'activitéJustificationCalendrier

Mener des inventaires :

  1. dans l'habitat convenable des localités de l'Ontario et du Québec où l'espèce a été observée avant 2005
  2. dans la région adjacente au Parc provincial Pinery

Les inventaires devront être priorisés à l'échelle provinciale en se basant sur le caractère convenable de l'habitat, la proximité de l'habitat essentiel déjà identifié et les caractéristiques des données disponibles (p. ex. année, précision de la localisation), et en évitant de dupliquer les inventaires aux endroits où l'effort de recherche récent est jugé suffisant.

Les inventaires récents n'ayant pas été suffisants pour permettre de déterminer la taille et la répartition actuelle de l'espèce, il importe d'effectuer des inventaires dans les parties de l'habitat convenable des localités de l'aire de répartition historique qui n'ont pas fait l'objet d'inventaires récents. Ces inventaires permettront de déterminer si et où il existe d'autres populations locales de l'espèce. La localisation des populations existantes mais non répertoriées et la désignation de leur habitat essentiel sont nécessaires pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.

Cette activité est aussi nécessaire pour préciser la répartition de l'espèce (zone d'occupation de la population locale) et de compléter au besoin la désignation de l'habitat essentiel dans le secteur adjacent au parc provincial Pinery.

2016-2021
Déterminer la quantité d'habitat convenable nécessaire pour qu'une colonie de l'espèce puisse répondre aux besoins de son cycle vital et l'échelle spatiale à l'intérieur de laquelle cet habitat doit être disponible pour répondre à ses besoins.Cette étude est nécessaire pour s'assurer que les limites de l'habitat essentiel (voir section 7.1.2) sont adéquates pour que chaque colonie de l'espèce puisse répondre aux différentes étapes de son cycle vital. Les résultats de cette étude pourraient mener à un besoin d'augmenter la quantité d'habitat essentiel désigné.2016-2021
Déterminer s'il est nécessaire d'augmenter le nombre de populations locales et le cas échéant, identifier l'habitat convenable nécessaire à l'expansion naturelle des populations locales à l'intérieur de l'aire de répartition actuelle et historique du bourdon à tache rousse.À la suite de la réalisation des inventaires (voir la première activité inscrite au tableau), il sera possible de déterminer s'il est nécessaire d'augmenter le nombre de populations locales. Si tel est le cas, de l'habitat convenable, et ultimement de l'habitat essentiel additionnel, seront requis pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.2016-2023

7.3 Activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de l'habitat essentiel. La destruction de l'habitat est déterminée au cas par cas. Il y a destruction si une partie de l'habitat essentiel est dégradée, de façon permanente ou temporaire, d'une manière telle qu'elle ne pourrait plus remplir sa fonction quand l'espèce en aurait besoin. La destruction pourrait résulter d'une ou de plusieurs activités ponctuelles ou des effets cumulatifs d'une ou de plusieurs activités dans le temps. Il importe de noter que ce ne sont pas toutes les activités se déroulant dans l'habitat essentiel ou à proximité qui sont susceptibles de le détruire.

L'habitat essentiel du bourdon à tache rousse peut être détruit par tout changement qui modifie de façon défavorable n'importe laquelle des caractéristiques biologiques, chimiques ou physiques au point que les individus ne peuvent plus utiliser leur environnement pour un de leurs processus vitaux, y compris l'hibernation, la nidification et la recherche de nourriture. Les activités se déroulant à l'intérieur de l'habitat essentiel qui modifient éventuellement la structure et la composition des habitats ouverts où des plantes à fleurs convenables qui sont disponibles peuvent détruire l'habitat essentiel du bourdon à tache rousse. L'habitat de nidification et l'habitat d'hibernation (voir section 7.2 – Caractère convenable de l'habitat) sont de première importance parce qu'ils confinent des segments importants de la population dans un microhabitat pendant une période de temps substantielle. Il existe peu d'information sur les caractéristiques biophysiques des habitats d'hibernation et de nidification, et tous les sites de nidification et d'hibernation occupés méritent une attention spéciale. Étant donné les caractéristiques écologiques de l'espèce, le moment du déroulement des activités a une influence importante par rapport à la probabilité de destruction.

Le tableau 6 présente des exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel de l'espèce. Cette liste d'activités se fonde sur les menaces évaluées et décrites à la section 4 (menaces) et ne doit pas être considérée comme exhaustive ou exclusive. Des seuils applicables pourraient être fixés pour certaines des activités, ce qui pourrait mener à un raffinement ou à une description plus précise des aspects de l'activité qui sont susceptibles de détruire l'habitat essentiel.

Tableau 6. Activités susceptibles d'entrainer la destruction l'habitat essentiel
Description de l'activitéDescription des effets (sur des attributs biophysiques ou autres) en relation avec la perte de fonctionPrécisions sur les effets
Application d'insecticides (particulièrement les néonicotinoïdes) dans l'habitat essentiel ou à proximité, y compris dans des zones à partir desquelles la dérive de pulvérisation peut atteindre l'habitat essentiel.

L'application des insecticides systémiques (p. ex. néonicotinoïdes) peut entraîner la perte directe ou la détérioration de l'habitat d'alimentation parce que ces composés circulent dans les plantes en contaminant tous leurs tissus – de la racine au système vasculaire et jusqu'aux parties florales (p. ex. pollen et nectar) qui sont récoltées par les ouvrières des bourdons. La réduction de la qualité des ressources alimentaires peut entraîner une réduction du succès de reproduction et du taux de survie.

Les insecticides non systémiques (de contact) peuvent entraîner une destruction temporaire de l'habitat essentiel parce qu'ils peuvent, en dérivant, atteindre le pollen et le nectar des fleurs environnantes et ainsi les rendre non convenables pour l'alimentation des bourdons.

Si cette activité était menée à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, peu importe le moment de l'année, elle aurait probablement des effets directs et cumulatifs sur l'habitat essentiel.

Si cette activité était menée hors des limites de l'habitat essentiel, elle pourrait détruire l'habitat essentiel en raison du lessivage ou de la dérive des pesticides vers l'habitat essentiel. Les effets de l'activité s'appliquent à tout moment de l'année parce que bon nombre des pesticides sont persistants, mais les effets sont probablement plus graves lorsque l'application est faite au cours de la période d'activité de la colonie (de mars ou avril à octobre).

 

Application d'herbicides dans l'habitat essentiel ou à proximité, y compris dans des zones à partir desquelles la dérive de pulvérisation peut atteindre l'habitat essentiel.L'application d'herbicides peut éliminer directement les plantes à fleurs convenables utilisées pour l'alimentation ou en réduire la quantité. La réduction des ressources alimentaires peut entraîner une diminution du succès de reproduction et du taux de survie de l'espèce. L'application d'herbicides de contact à large spectre (p. ex. glyphosate) augmente la probabilité de destruction de l'habitat d'alimentation.

Si cette activité était menée à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel durant la période d'activité de la colonie (mars-avril à octobre), il est probable que ses effets sur l'habitat essentiel seraient directs et cumulatifs.

Si cette activité était menée à l'extérieur des limites de l'habitat essentiel, elle pourrait détruire l'habitat essentiel, car les produits utilisés pourraient dériver ou être lessivés dans l'habitat essentiel.

Activités qui altèrent les caractéristiques du sol (p. ex. enlèvement des débris de bois, compaction, modification du drainage).La réalisation d'activités qui altèrent les caractéristiques du sol peut entraîner la perte ou la détérioration permanente ou temporaire de l'habitat de nidification et de l'habitat d'hibernation si la quantité altérée dépasse un seuil critique (ce seuil reste à être déterminé). Le risque de destruction de l'habitat essentiel est accru si les activités sont réalisées dans la zone de fonctions essentielles d'un site de nidification ou d'hibernation.  

Si cette activité était menée à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, peu importe le moment de l'année, elle aurait probablement des effets directs et cumulatifs sur l'habitat essentiel. Les effets de l'activité s'appliquent à tout moment de l'année.

Ce type d'altération dans l'habitat de nidification serait plus grave au cours de la période d'activité de la colonie (de mars ou avril à octobre), tandis que dans l'habitat d'hibernation, ce serait plus grave pendant la période d'hibernation des reines (de novembre à février ou mars).

Fauchage, débroussaillage, abattage d'arbres et pâturage du bétail.L'enlèvement des espèces végétales dont les fleurs sont utilisées comme source de nourriture par le bourdon à tache rousse peut entraîner une perte ou une détérioration de plus ou moins longue durée de l'habitat d'alimentation si la quantité enlevée excède un seuil critique (ce seuil reste à être déterminé).Si cette activité se déroulait à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel pendant la période d'activité de la colonie (mars ou avril à octobre), cette activité aurait probablement des effets directs et cumulatifs sur l'habitat essentiel, et ce, même si elle est à caractère temporaire.
Construction à grande échelle, (p. ex. développement résidentiel ou réseau routier).Cette activité éliminerait les habitats d'alimentation, de nidification et d'hibernation, entraînant la perte complète et permanente de l'habitat essentiel ou la fragmentation de ce qui en reste.Si cette activité était menée dans les limites de l'habitat essentiel, peu importe le moment de l'année,  elle aurait probablement des effets directs et cumulatifs sur l'habitat essentiel, puisque la construction entraînerait la perte complète  et permanente ou la fragmentation de l'habitat essentiel dont dépend l'espèce.

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8. Mesure des progrès

Tous les cinq ans, les progrès accomplis en matière de rétablissement, et donc le succès du programme de rétablissement, seront mesurés en fonction des indicateurs de performance suivants :

  • La population locale du bourdon à tache rousse au parc provincial Pinery est viable;
  • Les autres populations locales de l'espèce qui ont été découvertes sont viables;
  • Le nombre de populations locales viables de l'espèce dans son aire de répartition actuelle et historique a été augmenté, au besoin;
  • À long terme, et dans la mesure du possible, la répartition canadienne de l'espèce n'est pas sévèrement fragmentée par des causes non naturelles.

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9. Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action exposant les mesures à prendre pour la mise en œuvre du programme de rétablissement pour le bourdon à tache rousse seront publiés dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant l'affichage de la version finale du présent programme de rétablissement.

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Communications personnelles

Boutin, A., comm. pers. 2015. Communication avec M.-J. Ribeyron. Août 2015. Gestionnaire de projets, Éco-Nature, Laval, Québec.

MacDougall, A. comm. pers. 2015. Communication avec J. Girard. Décembre 2015. Professeur associé, Department of integrative Biology, University of Guelph, Ontario.

MacKenzie, A., comm. pers.  2015. Communication avec J. Girard. Août 2015. Gestionnaire de projets, parc provincial Pinery, Lambton Shores, Ontario.

Payette, A., comm. pers. 2015. Communication avec M. Saint-Germain. Juin 2015. Entomologiste, Insectarium de Montréal, Montréal, Québec.

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Annexe A : Espèces végétales utilisées par le bourdon à tache rousse

La liste d'espèces végétales énumérées dans cette annexe se fonde sur les mentions publiées disponibles. Il est probable le bourdon à tache rousse utilise aussi d'autres sources de nourriture.

A.1. Plantes hôtes utilisées comme sources de nourriture par le bourdon à tache rousse dans le sud de l'Ontario (adapté de Colla et Dumesh, 2010)

Tiré de Macfarlane (1974)
Arctium minusNote l - ANote m
Asclepias syriaca - P
Berberis thunbergiiNote l - P
Carduus nutansNote l - P
Centaurea cyanusNote l - P
Cotoneaster adpressaNote l - P
Crataegus - P
Cucumis meloNote l - A
Deutzia gracilisNote l - P
Echium vulgareNote l - A
Hydrophyllum virginianum - P
Hypericum perforatumNote l - P
Impatiens capensis - A
Kalmia latifolia - P
Linaria vulgarisNote l - P
Lonicera caeruleaNote l - P
Lonicera periclymenumNote l - P
Lonicera tataricaNote l - P
Lotus corniculatusNote l - P
Melilotus albaNote l - A
Medicago sativaNote l - P
Nepeta catariaNote l - P
Prunus Americana - P
Prunus cerasusNote l - P
Prunus tomentosaNote l - P
Pyrus malusNote l - P
RhododendronNote l - P
Ribes grossulariaNote l - P
Ribes nigrumNote l - P
Robinia fertilisNote l - P
Rubus - P
Salix - P
Silene dichotomaNote l - P
Solanum dulcamaraNote l - P
Solidago canadensis - P
Solidago flexicaulis - P
Sonchus oleraceusNote l - A
Stachys palustrisNote l - P
Symphyotrichum (Aster) ericoides - P
Symphyotrichum (Aster) lateriflorum - P
Symphyotrichum novae-angliae - P
Symphytum officinaleNote l - P
Syringa vulgarisNote l - P
Taraxacum officinaleNote l - P
Trifolium pratenseNote l - P
Trifolium repensNote l - P
Vicia craccaNote l - P
Vinca minorNote l - P
Weigelia floridaNote l - P
Archives de musées et données de terrain
Eupatorium maculatum - P
Eupatorium perfoliatum - P
Eupatorium rugosum - P
Euthamia graminifolia - P
Helianthus decapetalus - P
Helianthus divaricatus - P
Kalmia – P
Onopordum acanthiumNote l - P
Rhexia virginica - P
Rhus - P
Spiraea - P
Vaccinium angustifolium - P
Tiré de Colla et coll. (2011)
Centaurea stoebe (syn. C. biebersteinii, C. maculosa)Note l - P

Notes de A.1.

Note l de A.1.

désigne une espèce non indigène du sud de l'Ontario.

Retour à la référence de la note l de A.1.

Note m de A.1.

La lettre « P » indique que l'espèce est pérenne et la lettre « A » indique que l'espèce est annuelle ou bisannuelle. Cette information n'est pas présente dans Colla et Dumesh (2010). Elle a été ajoutée aux fins du présent programme de rétablissement.

mRetour à la référence de A.1.

A.2. Espèces végétales sauvages visitées par le bourdon à tache rousse (Evans et coll., 2008)

  • Abelia grandiflora (Speight, 1967)
  • Aesculus spp. (Dieringer, 1982; Macfarlane, 1974)
  • Agastache foeniculum (C. Reed, comm. pers.)
  • Amorpha canadense (C. Reed, comm. pers.)
  • Asclepias syriaca, A. incarnata, A. verticillata (Frost, 1965; Macior,1965)
  • Aralia spp. (Mitchell, 1962),
  • Aster spp. (Costelloe, 1988),
  • Aquilegia canadensis (Macior, 1978a),
  • Aureolaria pedicularia (Stiles, 1977)
  • Berberis spp. (Macior ,1965),
  • Camassia scilloides (Macior, 1978b)
  • Carduus sp. (Macior 1965)
  • Ceanothus americanus (Bequaert, 1920),
  • Cercis canadensis (Fye et Medler, 1954)
  • Chamaedaphne calyculata (Judd, 1966),
  • Coreopsis major (Speight, 1967)
  • Crataegus spp. (Macior, 1968)
  • Dalea purpurea (C. Reed, comm. pers.)
  • Delphinium tricorne (Macior, 1975)
  • Dicentra canadensis, D. cucullaria (Macior, 1978b)
  • Echium vulgare (Macfarlane, 1974),
  • Helianthus spp. (Fye et Medler,1954; Colla et Packer, 2008)
  • Hydrangea spp. (Mitchell, 1962),
  • Hydrophyllum spp. (Macior 1978b, Macfarlane 1974)
  • Impatiens capensis (R. Gegear, comm. pers.)
  • Lamium purpureum (Macior, 1978a)
  • Laportea spp. (Speight, 1967)
  • Leonurus sp. (Macior, 1965)
  • Linaria sp. (Macior, 1965)
  • Lonicera spp. (Macior, 1968)
  • Lotus corniculatus (Fye et Medler, 1954)
  • Medicago sativa (Fye et Medler, 1954)
  • Mertensia virginica (Macior, 1978b)
  • Monarda sp. (Macior, 1965)
  • Nepeta spp. (Macior, 1965)
  • Pedicularis canadensis (Macior, 1978b; Dieringer, 1982)
  • Pedicularis lanceolata (Costelloe, 1988; Macior, 1969)
  • Penstemon grandiflorus (C. Reed, comm. pers.)
  • Philadelphus spp. (Speight, 1967)
  • Polymnia spp. (Speight, 1967)
  • Prunella vulgaris (Speight, 1967)
  • Prunus spp. (Fye et Medler, 1954)
  • Pyrus ioensis (Macior, 1968)
  • Pyrus malus (Macior, 1968)
  • Ratibida pinnata (C. Reed, comm. pers.)
  • Rhododendron spp. (Macfarlane, 1974)
  • Rhus spp. (Speight, 1967)
  • Ribes spp. (Macfarlane, 1974)
  • Robinia spp. (Mitchell, 1962)
  • Rosa spp. (Macior ,1965)
  • Rubus spp. (Macfarlane, 1974)
  • Salix spp. (Medler et Carney, 1963)
  • Sarracenia purpurea (Ne'eman et coll., 2006)
  • Solanum sp. (Macior, 1965)
  • Solidago spp. (Mitchel,l 1962),
  • Symphytum officinale (Macfarlane, 1974)
  • Syringia spp.(Macior, 1968)
  • Syringia vulgaris (Fye et Medler, 1954)
  • Taraxacum spp. (Macior, 1968)
  • Trifolium spp. (Fye et Medler, 1954; Macfarlane, 1974)
  • Vaccinium spp. (Mitchell, 1962)
  • Verbascum spp. (Macior, 1965)
  • Verbesina occidentalis (Speight, 1967)
  • Vicia spp. (Fye et Medler, 1954; Macfarlane, 1974)

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Annexe B : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

La conservation du bourdon à tache rousse et de son habitat favorisera d'autres espèces en péril au Canada, notamment le psithyre bohémien (Bombus bohemicus), qui vit en étroite relation avec le bourdon à tache rousse (parasite-hôte), mais également d'autres insectes polinisateurs (p. ex. bourdon terricole [Bombus terricola], monarque [Danaus plexippus]) ou des espèces qui utilisent le même type d'habitat ou qui sont présentes dans la région du parc provincial Pinery (p. ex. couleuvre à nez plat [Heterodon platirhinos], cicindèle verte des pinèdes [Cicindela patruela], perce-tige d'Aweme [Papaipema aweme]). Elle favorisera également le maintien ou la restauration de certaines communautés végétales maintenant rares au Canada (p. ex. savane à chêne noir ou à chêne blanc, prairie d'herbe haute), de même que de la faune qu'elles supportent. Les approches présentées au tableau 3 profiteront aussi à d'autres espèces en réduisant la transmission de pathogènes ainsi que la quantité de pesticides qui contribuent à la pollution de l'eau et à la contamination des sols.

Les bourdons en général sont d'importants pollinisateurs de nombreuses plantes cultivées et de plantes à fleurs indigènes (COSEPAC, 2010). Ils possèdent plusieurs caractéristiques qui contribuent à leur habilité comme pollinisateurs des espèces végétales agricoles (Corbet et coll.,1993). Ainsi, ils peuvent voler à des températures plus basses que les autres abeilles, ce qui étend la durée de leur journée de travail et améliore la pollinisation des cultures lors des intempéries. Ils ont aussi la capacité de faire de la pollinisation vibratileNote 32, ce qui augmente le taux de pollinisation des plantes, et certaines plantes cultivées comme la tomate et le poivron tirent bénéfice de ce type de pollinisation (Jepsen et coll., 2013). Il a été démontré que le bourdon à tache rousse est un excellent pollinisateur des canneberges ainsi que d'autres cultures vivrières comme les pruniers, les pommiers, la luzerne et l'oignon (COSEPAC, 2010). Il est probablement le principal pollinisateur de nombreuses espèces de plantes importantes aux plans écologique et économique (incluant le pommier, le framboisier, le lilas, le chèvrefeuille, l'aubépine, la morelle, le trèfle, l'asclépiade, la verge d'or et l'aster) (COSEPAC, 2010). Étant un pollinisateur généraliste, le bourdon à tache rousse joue un rôle vital comme pollinisateur des espèces indigènes et sa disparition pourrait avoir des impacts d'envergure (Jepsen et coll., 2013). Il a été démontré que la perte des pollinisateurs généralistes, en particulier des bourdons, causerait plus d'extinctions de plantes que celles des pollinisateurs spécialisés (Memmott et coll., 2004). Enfin, certaines des plantes butinées par le bourdon à tache rousse sont prisées par les communautés des Premières nations pour leurs propriétés médicinales importantes (p. ex. Aralia spp., Rosa spp., Rubus spp. et Spiraea spp.) (COSEPAC 2010).

Le risque que le présent programme de rétablissement ait des effets néfastes imprévus pour d'autres espèces a été évalué. Aucune des mesures proposées ne comprend des activités qui nuiraient à d'autres espèces. L'EES a permis de conclure que le programme sera clairement favorable à l'environnement et n'entraînera pas d'effets négatifs significatifs.

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Notes de bas de page

Footnote 1

Tout transfert à des fins de conservation vers des sites situés à l'intérieur de l'aire de répartition originelle de l'espèce. La restauration inclut deux activités : le renforcement et la réintroduction (UICN, 2013).

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Footnote 2

Espèce en voie de disparition (LEP) : espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète.

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Footnote 3

Espèce en voie de disparition (LEVD) : espèce indigène qui risque, de façon imminente, de disparaître de l'Ontario ou de la planète.

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Footnote 4

Un taxon est dit « en danger critique » lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu'il est confronté à un risque extrêmement élevé d'extinction à l'état sauvage. Catégories et critères de la liste rouge de l'uicn (PDF ; 658Ko)

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Footnote 5

Le bourdon à tache rousse étant une espèce sociale, la présence d'un individu indique nécessairement l'existence d'une colonie. Une colonie typique de bourdon à tache rousse compte à son apogée de 50 à 400 ouvrières (Evans et coll., 2008).

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Footnote 6

La distance séparant les deux ouvrières observées en 2009 (approx. 3 km) indique qu'elles pourraient appartenir à deux colonies différentes.

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Footnote 7

Il existe une observation de l'espèce en 2000 à ce site (Colla, 2012) (figure 1). L'espèce n'a pas été observée au cours de la période 2002-2010.

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Footnote 8

Stochasticité démographique : variation aléatoire des variables démographiques telles que les taux de natalité et de mortalité, le sex-ratio et la dispersion, par lesquels certains individus d'une population sont négativement touchés. Dans de petites populations, ces événements aléatoires augmentent le risque de disparition.

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Footnote 9

Stochasticité environnementale : variation aléatoire des variables de l'environnement physique telles que la température, le débit d'eau et la pluie, qui ont une incidence sur tous les individus d'une population à un degré semblable. Dans de petites populations, ces événements aléatoires augmentent le risque de disparition.

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Footnote 10

Les bourdons sont des organismes haplodiploïdes, c.-à-d. que les femelles se développent normalement à partir d'œufs fécondés [diploïdes] et les mâles à partir d'œufs non fécondés [haploïdes]. Il peut cependant arriver que des mâles se développent à partir d'œufs fécondés, ce sont alors des mâles diploïdes.

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Footnote 11

Menaces qui se fondent sur des preuves indirectes (p. ex. résultats de recherches réalisées sur d'autres espèces du genre Bombus)

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Footnote 12

Substance organique qui est formée dans l'organisme au cours des transformations métaboliques.

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Footnote 13

Insecticide à base d'organophosphate utilisé pour le contrôle des défoliateurs dans les régions forestières.

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Footnote 14

Plante vivace de la famille des astéracées dont les fleurs servent à produire une poudre insecticide.

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Footnote 15

Classe d'insecticide dont l'ingrédient actif provient d'une bactérie vivant dans le sol, Saccharopolyspora spinosa.

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Footnote 16

Substance dure, solide et imperméable qui recouvre le corps des arthropodes (p. ex. insectes, crustacés).

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Footnote 17

Étude de la chronologie des stades de la vie végétale et animale, en relation avec le temps et le climat.

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Footnote 18

Système de production agricole fondé sur un accroissement de la production agricole par l'optimisation des facteurs de production (moyens humains, matériels et surfaces cultivées). L'agriculture intensive favorise entre autres les fermes de grandes superficies et la monoculture.

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Footnote 19

Famille d'insectes à métamorphose complète qui sont pourvus de 4 ailes membraneuses. Les abeilles, les bourdons et les guêpes appartiennent à cette famille.

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Footnote 20

La lithosphère est l'enveloppe rigide à la surface de la Terre. Elle comprend la croûte terrestre et une partie du manteau supérieur.

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Footnote 21

L'aluminium présent (p. ex. sur ou dans le sol, dans les pierres et les rochers) est libéré par le processus d'acidification. Il devient ainsi disponible pour les plantes et il peut être lessivé vers les cours d'eau.

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Footnote 22

La culture de ces sols expose l'aluminium libre qu'ils contiennent à la pluie. L'aluminium peut ensuite être lessivé vers les cours d'eau.

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Footnote 23

Une population locale qui est suffisamment abondante et bien adaptée à son environnement pour persister à long terme (face à la stochasticité démographique, génétique et environnementale, ainsi qu'aux catastrophes naturelles), et ce, sans qu'il soit nécessaire de la gérer et d'investir des ressources de façon continue.

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Footnote 24

La redondance est la présence de multiples populations de l'espèce afin de la mettre à l'abri des pertes catastrophiques.

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Footnote 25

La résilience est la capacité d'une population de se rétablir après une perturbation. La résilience est influencée par la taille de la population, le niveau de diversité génétique de même que les caractéristiques de l'espèce et de son habitat.

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Footnote 26

Cette norme de biosécurité, issue d'un partenariat entre l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et le Conseil canadien du miel (CCM), a pour objectif de définir des pratiques de biosécurité pour les exploitations à petite et à grande échelle. Ces pratiques de biosécurité devraient réduire les risques d'introduction et de propagation de maladies causées par des parasites.

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Footnote 27

Fondé en 1985, Éco-Nature est un organisme à but non lucratif qui a pour mission de protéger, de conserver et de mettre en valeur prioritairement la rivière des Mille Îles et ses affluents, avec l'appui de la communauté et au bénéfice de celle-ci.

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Footnote 28

Environnement et Changement climatique Canada tient à souligner que la restriction des activités de recherche aux espèces de bourdons qui ne sont pas en déclin pourrait empêcher d'importants progrès qui soutiendraient le rétablissement de nombreuses espèces de bourdons qui sont en déclin en Ontario et ailleurs au monde (Potts et coll., 2010; Cameron et coll., 2011a). Environnement et Changement climatique Canada envisagera de soutenir des activités de recherche (utilisant p. ex. des colonies en laboratoire ou des méthodes non invasives) sur des espèces en déclin si l'on peut s'assurer qu'elles ne compromettront pas le rétablissement des espèces étudiées.

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Footnote 29

Telles que définies selon la classification écologique des terres du sud de l'Ontario (Lee et coll., 1998).

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Footnote 30

Voir la section 3.3.

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Footnote 31

Cette superficie est l'étendue maximale d'habitat essentiel estimée d'après les limites de l'habitat pouvant être tracées à partir de photographies aériennes à haute résolution. La superficie réelle de l'habitat essentiel pourrait être inférieure à cette valeur et la détermination de sa superficie précise nécessiterait une vérification sur le terrain.

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Footnote 32

Capacité d'agripper les fleurs et de libérer le pollen en faisant vibrer leurs ailes pour ensuite le récolter.

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