Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Ptéléa trifolié Ptelea trifoliata au Canada - 2015

image du Ptéléa trifolié
Photo : Ptéléa trifolié © Dr. Tyler Smith, 2016

Préoccupante
2015

 

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2015. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 38 p. Registre public des espèces en péril site Web.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 18 p.

AMBROSE, J.D. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-18.

AMBROSE, J.D. 1984. COSEWIC Status Report on the hop tree Ptelea trifoliata in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 31 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Victoria Nowell, Tyler Smith, Nadia Cavallin et Jennifer McPhee d’avoir rédigé le rapport de situation sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Bruce Bennett, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Common Hoptree Ptelea trifoliata in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Ptéléa trifolié -- Photo : Tyler Smith (publiée avec son autorisation).

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2015

Nom commun
Ptéléa trifolié
Nom scientifique
Ptelea trifoliata
Statut
Préoccupante
Justification de la désignation
Au Canada, ce petit arbre dont la vie est de courte durée se retrouve dans le sud-ouest de l’Ontario, colonisant des habitats littoraux sableux. Un déclin à long terme de la qualité et de l’étendue de l’habitat est prévu en raison des effets du renforcement des rivages et de l’extraction historique de sable dans le lac Érié. Une sous-population dépend d’efforts de gestion continus. Des activités d’inventaire améliorées ont permis de recenser un nombre considérablement accru d’individus matures, ce qui réduit le risque global pour cette espèce.
Répartition
Ontario
Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1984. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2002. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2015.

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COSEPAC Résumé

Ptéléa trifolié
Ptelea trifoliata

Description et importance de l’espèce sauvage

Le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) est un petit arbre de la famille des Rutacées. Les feuilles sont alternes, trifoliolées et aromatiques. La floraison se produit au début de l’été. Les fleurs sont de couleur crème, comportent quatre ou cinq pétales et sont réunies en groupes terminaux. Le fruit arrive à maturité tard en saison; il est sec, discoïde, et renferme deux ou trois graines.

Le ptéléa trifolié est souvent une composante de la végétation stabilisant certaines portions du littoral du lac Érié. Il est employé à des fins médicinales et économiques, y compris par les Premières Nations, depuis fort longtemps. Le ptéléa trifolié est l’une des deux espèces indigènes du Canada dont s’alimentent les chenilles du grand porte-queue, et est la principale source de nectar des jeunes porte-queues verdâtres adultes. Il est également le seul hôte de la larve du perceur du ptéléa. L’Agonopterix pteleae et le Phloeotribus scabricollis sont également des herbivores spécialistes du ptéléa trifolié.

Répartition

La sous-espèce typique (P. trifoliata ssp. trifoliata) est naturellement présente depuis les Grands Lacs inférieurs jusqu’au Texas et, vers l’est, depuis l’est de la Pennsylvanie et le sud de la Nouvelle-Angleterre jusqu’au nord de la Floride. D’autres sous-espèces sont présentes plus au sud et à l’ouest, jusqu’au Mexique.

Habitat

En Ontario, le ptéléa trifolié pousse presque exclusivement sur les bords du lac Érié ou à proximité, souvent dans des milieux subissant des perturbations naturelles, où il fait partie de la lisière extérieure de la végétation ligneuse littorale.

Biologie

Le ptéléa trifolié est une espèce dioïque (fleurs mâles et fleurs femelles portées par des individus différents) qui est pollinisée par des insectes. Les fruits sont principalement dispersés par le vent. Ils peuvent à l’occasion être dispersés sur l’eau, à la faveur de morceaux de glace de lac ou de débris. Les semis s’établissent facilement dans les milieux ouverts ou perturbés.

Taille et tendances de la population

La tendance de la population canadienne est inconnue. Cependant, dans les sites pour lesquels des données sur les sous-populations sont disponibles (moins de 10 % du total), le nombre d’individus matures semble avoir augmenté d’environ 200 % depuis le dernier rapport publié en 2002. Les effectifs de neuf sites sont en hausse, et trois petits sites ont disparu en raison du développement. En outre, on ne peut établir de tendance pour 34 sites, à cause de l’absence de données comparables. Onze sites qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant ont été signalés, et deux des trois sites qui étaient considérés comme disparus en 2002 ont été redécouverts. Le nombre total d’individus matures au Canada est estimé à 12 000.

Menaces et facteurs limitatifs

Au Canada, le ptéléa trifolié s’établit rarement dans les milieux ouverts à l’intérieur des terres, étant principalement confiné aux milieux littoraux. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont la perte d’habitat résultant de la modification des processus riverains, la succession végétale et l’aménagement des rives.

Protection, statuts et classements

Au Canada, le ptéléa trifolié figure sur la liste des espèces menacées tant à l’échelle fédérale (annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril) que provinciale, et l’espèce est protégée à la fois par la Loi sur les espèces en péril (LEP) et par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Un programme de rétablissement de l’espèce a été publié en 2012, et plusieurs des principaux objectifs visés ont été abordés. Le COSEPAC a attribué au ptéléa trifolié le statut d’espèce préoccupante en novembre 2015.

À l’échelle mondiale, NatureServe a attribué au ptéléa trifolié la cote G5 (manifestement non en péril); l’espèce est toutefois cotée S1 (gravement en péril) au New Jersey et dans l’État de New York, S4 (apparemment non en péril) en Virginie et S3 (vulnérable) en Ontario. Le ptéléa trifolié n’a pas été évalué en vue de son inclusion dans la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

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Résumé technique

Nom scientifique :
Ptelea trifoliata
Nom français :
Ptéléa trifolié
Nom anglais :
Common Hoptree
 
Répartition au Canada :
Ontario

Données démographiques

Données démographiques de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN (2011) est utilisée)Inconnue. Probablement de 3 à 20 ans.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?Inconnu. Même si la population semble en croissance, selon les données disponibles sur les sites surveillés, on prévoit des déclins en raison des diverses menaces qui pèsent sur l’espèce.
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations]Sans objet.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].Inconnu. Dans les sites pour lesquels des données sur les sous-populations sont disponibles, le nombre d’individus matures semble avoir augmenté d’environ 200 % depuis 2002.
Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].Inconnu. Il est probable que la population continue d’augmenter à de nombreux sites, mais on présume que cette augmentation sera contrebalancée par une réduction de l’habitat au cours des dix prochaines années.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur. Observation d’une augmentation de 152 % aux sites surveillés depuis 1982.Inconnu.
Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles, b) comprises et c) ont effectivement cessé?a) Sans objet.
b) Sans objet.
c) Sans objet.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Non.

Information sur la répartition

Information sur la répartition de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
Superficie estimée de la zone d’occurrence23 285 km2
(12 485 km2 en excluant les eaux du lac Érié)
Indice de zone d’occupation (IZO)
(Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté).
172 km2
La population totale est-elle « gravement fragmentée », c’est-à-dire que > 50 % de son aire d’occupation totale se situe dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées par une distance plus grande que la distance de dispersion attendue?a) Non.
b) Non.
Nombre de localités (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)
(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
Le nombre de localités n’est pas applicable, ou équivaut au nombre de sous-populations (12).
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? L’augmentation apparente de la zone d’occurrence est très marquée. On soupçonne que cela est dû à un changement de méthode.Incertain
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?Incertain
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations? Certains sites ont disparu (p. ex. zone de protection de la nature de la plage Cedar). Une seule sous-population a disparu; toutefois, cette sous-population était entièrement composée d’arbres plantés, introduits dans le cadre d’une initiative de conservation.Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?Sans objet.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?Oui. Déclin observé
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?Non.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

Non.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?Non.
Sous-populations (indiquez des fourchettes plausibles) (voir le tableau 1 pour connaître les emplacements)Nombre d’individus matures
A Comté de Brant9
B Comté d’Elgin73
C Comté d’Essex 110 413
D Comté d’Essex 21 459
E Comté de Chatham-Kent 1100
F Comté de Chatham-Kent 26
G Comté de Lambton 12
H Comté de Lambton 29
I Municipalité régionale de Niagara 1202+
J Municipalité régionale de Niagara 2Inconnu
K Municipalité régionale de Niagara 3Inconnu (exclu)
L Comté de Norfolk6
Total (arrondi au millier près pour tenir compte de l’incertitude)~12 000
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Non établie.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat, par ordre décroissant d’impact)

Impact global des menaces moyen, fondé sur :

  1. 7.3 Autres modifications de l’écosystème (moyen)
  2. 1.1 Zones résidentielles et urbaines (faible)
  3. 7.1 Incendies et suppression des incendies (faible)
  4. 11.1 Déplacement et altération de l’habitat (faible)
  5. 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (inconnu)
  6. 11.4 Tempêtes et inondations (inconnu)

Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l’espèce, et dans l’affirmative, par qui? Oui : le 15 décembre 2014, par Bruce Bennett, Vivian Brownell, Tammie Dobbie, Karen Timm, Joyce Gould, Cary Hamel, Tyler Smith, Victoria Nowell, Eric Lamb et Jim Pojar.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Immigration de source externe de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
Statut des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada.New York : S1.
Michigan et Ohio : SNR (non classée), mais espèce considérée comme commune.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Immigration non constatée mais possible grâce à la dispersion des fruits.
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?Probablement, s’ils proviennent de régions situées au nord.
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?Oui.
Les conditions se détériorent-elles au Canada?
Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe).
Oui.
Les conditions de la population source se détériorent-elles?L’espèce est cotée S1 (gravement en péril) dans l’État de New York, mais n’est pas classée en Ohio et au Michigan, où l’espèce est relativement commune, selon des botanistes de la région.
La population canadienne est-elle considérée comme un puits?Non.

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?

Une immigration est possible, car les fruits sont aisément transportés autour des lacs par le vent soufflant sur la neige, la glace et le sable, et peuvent être dispersés sur l’eau à la faveur de morceaux de glace ou de débris. Cependant, si l’espèce finissait par disparaître au Canada, les populations voisines se trouvant aux États-Unis seraient probablement grandement diminuées.

Inconnu.

Nature délicate de l’information sur l’espèce

Les informations sur les données sensibles de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate?Non.

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1984. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2002. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2015.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Préoccupante
Code alphanumérique :
Sans objet
Justification de la désignation :
Au Canada, ce petit arbre dont la vie est de courte durée se retrouve dans le sud-ouest de l’Ontario, colonisant des habitats littoraux sableux. Un déclin à long terme de la qualité et de l’étendue de l’habitat est prévu en raison des effets du renforcement des rivages et de l’extraction historique de sable dans le lac Érié. Une sous-population dépend d’efforts de gestion continus. Des activités d’inventaire améliorées ont permis de recenser un nombre considérablement accru d’individus matures, ce qui réduit le risque global pour cette espèce.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Ne correspond pas aux critères.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Ne correspond pas aux critères. Bien que l’IZO soit inférieur au seuil établi pour les espèces en voie de disparition et qu’il y ait un déclin observé de la superficie, de l’étendue et de la qualité de l’habitat, l’espèce est présente dans plus de 10 localités, sa population n’est pas gravement fragmentée et elle ne subit pas de fluctuations extrêmes.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Ne correspond pas aux critères. Seuils dépassés pour ce qui est du nombre d’individus matures.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Ne correspond pas aux critères. Seuils dépassés pour ce qui est du nombre d’individus matures et de l’IZO.
Critère E (analyse quantitative) :
Sans objet. Analyse non effectuée.

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Préface

Depuis la publication du dernier rapport de situation en 2002, le nombre de ptéléas trifoliés matures au Canada semble avoir augmenté. Les effectifs de neuf sites sont en hausse, trois petits sites ont disparu en raison du développement, et onze sites qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant ont été signalés.

Plusieurs grandes occurrences de ptéléa trifolié ont fait l’objet de relevés détaillés, ce qui a entraîné une augmentation considérable du nombre d’individus de l’espèce répertoriés au Canada. Le nombre d’individus matures s’établit à plus de 12 000 au pays, ce qui représente une augmentation par rapport à l’estimation de 920 à 1 025 individus indiquée dans le rapport de situation de 2002. Plus de 90 % des individus matures de l’espèce se trouvent dans le parc national du Canada de la Pointe-Pelée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2015)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Ptelea trifoliata L.

Noms français : ptéléa trifolié, orme de Samarie

Noms anglais : Common Hoptree; Stinking-ash, Three-leaved Hop Tree, Wafer-ash.

Famille : Rutacées

Grand groupe végétal : Angiospermes (Dicotylédones)

Le ptéléa trifolié, qui appartient à la famille des Rutacées, pousse en l’absence d’espèces apparentées dans la portion nord de son aire de répartition. Seule la sous-espèce trifoliata est présente au Canada, mais celle-ci coexiste avec d’autres espèces de Ptelea et d’autres sous-espèces de P. trifoliata dans le sud de l’Amérique du Nord. Bailey (1962) donne des détails sur les espèces apparentées et les taxons infraspécifiques, et le premier rapport de situation du COSEPAC en présente un résumé (Ambrose et Aboud, 1982).

Description morphologique

Le ptéléa trifolié est un petit arbre ou un grand arbuste. Son écorce est brun rougeâtre et lisse. Les feuilles sont alternes, trifoliolées et aromatiques (figure 1). La floraison se produit au début de l’été; les fleurs sont odorantes et de couleur crème, comportent quatre ou cinq pétales et sont réunies en groupes terminaux. Les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents (espèce dioïque). De rares individus produisent des groupes de fleurs mâles comportant quelques fleurs femelles au centre (Ambrose et al., 1985). Le fruit est discoïde, ailé, indéhiscent et sec et renferme deux ou parfois trois graines (figure 1). Bailey (1962) ainsi que Ambrose et Aboud (1982) donnent une description complète du ptéléa trifolié. Les sites Web d’Environnement Canada (2014) et du Musée royal de l’Ontario (Royal Ontario Museum/Ontario Ministry of Natural Resources, 2014) présentent des photographies supplémentaires de l’espèce.

Structure spatiale et variabilité des populations

Il n’existe pas d’obstacle apparent à la transmission des gènes sur le plan géographique, écologique ou biologique parmi les sous-populations canadiennes de ptéléa trifolié présentes sur les rives du lac Érié ou entre les populations canadiennes et américaines de l’espèce. Les fruits sont aisément transportés par le vent soufflant sur la neige, la glace et le sable, et peuvent être dispersés sur de grandes distances sur l’eau à la faveur de morceaux de glace ou de débris (Ambrose et al., 1985). Cependant, aucune donnée empirique ne permet de confirmer l’absence de structure spatiale ou le fort isolement démographique de l’une ou l’autre des sous-populations canadiennes.

Figure 1. Feuilles trifoliolées et fruits caractéristiques du ptéléa trifolié. Photo : Tyler Smith (publiée avec son autorisation).
image
Description longue pour la figure 1

Photo de feuilles et de fruits de ptéléa trifolié. Les feuilles sont alternes et trifoliolées. Le fruit est ailé et discoïde.

Unités désignables

La population canadienne est constituée d’une seule unité désignable située dans l’aire écologique nationale des Plaines des Grands Lacs (COSEWIC, 2014). Toutes les occurrences se trouvent dans des types de milieux similaires et sont confinées à l’extrême sud de l’Ontario, et plus précisément au littoral du lac Érié et à quelques sites à l’intérieur des terres. Rien n’indique qu’il y ait lieu de distinguer plusieurs unités désignables. Les occurrences se trouvant au Québec (voir Aire de répartition canadienne) auraient été introduites, et sont donc exclues de la présente évaluation.

Importance de l’espèce

Au Canada, le ptéléa trifolié est présent presque exclusivement sur les bords du lac Érié, où il fait partie de la végétation stabilisant le rivage. Il est l’une des deux espèces indigènes dont s’alimentent les chenilles du grand porte-queue (Papilio cresphontes) (Layberry et al., 1998) et est la principale source de nectar des jeunes porte-queues verdâtres adultes (Callophrys gryneus) (Denomme-Brown et Otis, 2012). Il est également le seul hôte de la larve du perceur du ptéléa (Prays atomocella) (COSEWIC, 2015). À l’échelle de leur aire de répartition canadienne, le porte-queue géant est sporadique et le porte-queue verdâtre est localisé (Layberry et al., 1998) ; le perceur du ptéléa, quant à lui, ne compte que deux sous-populations (COSEWIC, 2015).

En raison de sa teneur en substances aromatiques et amères, le ptéléa trifolié a depuis longtemps des usages médicinaux et économiques, résumés par Bailey (1960). Des alcaloïdes à action bactéricide et cytotoxique ont été isolés et identifiés chez cette espèce de ptéléa (Mitscher et al., 1975; Petit-Paly et al., 1989). Le site Web d’une base de données ethnobotaniques sur les Autochtones d’Amérique, la Native American Ethnobotany Database (University of Michigan, 2014), mentionne quatre cas d’utilisation de l’écorce des racines du ptéléa trifolié, notamment pour le traitement de problèmes pulmonaires, le renforcement de l’efficacité d’autres médicaments ainsi que comme remède sacré à usages multiples.

Le ptéléa trifolié est vendu sur le marché des produits horticoles spéciaux et autochtones en Ontario (p. ex. Acorus Restoration, 2014 (maintenant fermé); Nettlecreek, 2014; Wheatley Woods, 2014) et a été planté dans des jardins privés, dont ceux des Jardins botaniques royaux de Hamilton (Cavallin, comm. pers., 2015). Il est apprécié des jardiniers européens depuis son introduction au 17e siècle à partir des colonies américaines. L’espèce est admirée en Angleterre pour son « port pittoresque » (Clarke et Taylor, 1976) et pour ses « fleurs au parfum tout aussi agréable que celui des chèvrefeuilles les plus odorants » (Hillier, 1972). Le ptéléa trifolié a été décrit comme un « bel arbre indigène » par des producteurs locaux de produits spéciaux (Nettlecreek, 2014). L’espèce a été plantée à des fins de rétablissement dans la zone de protection de la nature de la pointe Morgan (2009), dans la région de Niagara (Natural Heritage Information Centre, 2014) et dans plusieurs sites de l’île Pelée (2012, 2014) (Nature Conservancy of Canada et Pelee Quarries, données inédites, 2012-2014). Conservation de la nature Canada (CNC) prévoit également récolter, multiplier et planter des sujets de l’espèce dans d’autres sites de l’île Pelée à la suite de la restauration de l’habitat (McFarlane, comm. pers., 2015). On trouve aussi des arbres plantés au parc provincial Rondeau, mais ils sont d’origine locale (Dobbyn, 2005).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La sous-espèce nominale (P. trifoliata ssp. trifoliata) est naturellement présente depuis les Grands Lacs inférieurs jusqu’au Texas et, vers l’est, depuis l’est de la Pennsylvanie et le sud de la Nouvelle-Angleterre jusqu’au nord de la Floride (figure 2). D’autres sous-espèces sont présentes plus au sud en Floride et au Mexique, et vers l’ouest, jusqu’au Nouveau-Mexique et en Arizona. L’étendue totale de l’aire de répartition du P. trifoliata ssp. trifoliata n’a pas été établie clairement (figure 2). On sait que les populations nordiques de l’espèce présentes au Minnesota et au Québec ont été introduites, tout comme les seules mentions connues de l’espèce au Rhode Island et au Delaware. Dans le sud-ouest, les sources se contredisent quant à l’occurrence de la sous-espèce en Arizona et au Nouveau-Mexique (NatureServe, 2014; USDA, NRCS, 2014).

Figure 2. Répartition du Ptelea trifoliata ssp. trifoliata en Amérique du Nord, au nord du Mexique. Les points d’interrogation (?) indiquent les endroits pour lesquels les sources se contredisent quant à la présence de la sous espèce. Les symboles d’addition (+) indiquent les endroits où le Ptelea trifoliata ssp. trifoliata a été introduit à l’extérieur de son aire de répartition naturelle (Minnesota, Québec, Rhode Island et Delaware) (NatureServe, 2014; USDA, NRCS, 2014).
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Description longue pour la figure 2

Carte illustrant la répartition du Ptelea trifoliata ssp. trifoliata en Amérique du Nord, au nord du Mexique. La sous espèce est naturellement présente depuis les Grands Lacs inférieurs jusqu’au Texas et, vers l’est, depuis l’est de la Pennsylvanie et le sud de la Nouvelle Angleterre jusqu’au nord de la Floride. Différents symboles indiquent les endroits pour lesquels les sources se contredisent quant à la présence de la sous espèce et les endroits où elle a été introduite à l’extérieur de son aire de répartition naturelle (Minnesota, Québec, Rhode Island et Delaware).

Aire de répartition canadienne

Note : dans le présent document, le terme site renvoie à un groupe d’individus de l’espèce distants d’au moins 1 km d’un autre groupe, et correspond généralement à des occurrences d’élément de l’espèce établies par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (Natural Heritage Information Centre, 2014); le terme sous-population renvoie à un groupe de sites distant de plus de 10 km d’un autre groupe dans le cas des occurrences du littoral du lac Érié, et de plus de 3 km dans le cas des sites à l’intérieur des terres, selon NatureServe (2004); le terme population renvoie à la somme totale des ptéléas trifoliés présents au Canada, y compris les individus matures et immatures de l’espèce.

Au Canada, le ptéléa trifolié est confiné à l’extrême sud de l’Ontario, et plus précisément au littoral du lac Érié et à quelques sites à l’intérieur des terres (figure 3). Des spécimens ont été récoltés au Québec, mais l’espèce a été introduite dans la province (Rousseau, 1974) comme plante ornementale en 1932 et y est maintenant naturalisée (Lavoie et al., 2012). L’occurrence du Québec est donc considérée comme une « introduction extra-limites » de l’espèce (COSEWIC, 2010), distincte sur le plan géographique des sous-populations naturellement présentes, et est exclue de la présente évaluation. Le ptéléa trifolié a également été introduit dans d’autres sites en Ontario (tableau 3). Certains d’entre eux sont aussi exclus de la présente évaluation (les sites extra-limites ou les sites où l’espèce a été plantée à des fins d’horticulture ornementale et qui ne contribuent pas à la population sauvage; voir K dans le tableau 1, figure 3). Les sites qui sont intra-limites et qui sont considérés comme ayant une incidence positive nette sur l’espèce sauvage évaluée (1, 5 et 6, tableau 3, figure 4) ont été inclus dans l’évaluation, suivant la ligne directrice n° 3 du COSEPAC (COSEWIC, 2010).

De façon générale, la répartition du ptéléa trifolié au Canada ne semble pas avoir changé de manière importante depuis les années 1880 au moins (Natural Heritage Information Centre, 2014). On compte douze sous-populations de ptéléa trifolié au Canada. L’existence de dix sous-populations a été confirmée ou est vraisemblable, tandis que le statut d’une population est inconnu et qu’une autre population a été exclue de l’évaluation, conformément à la ligne directrice n° 3 du COSEPAC concernant les populations manipulées (COSEWIC, 2010; tableau 1). Les limites de chaque sous-population sont montrées à la figure 3.

Figure 3. Répartition du ptéléa trifolié au Canada. Les cercles vides représentent les observations faites avant 2002, tandis que les cercles pleins représentent les observations faites entre 2002 et 2014. Les zones grises montrent les limites des sous populations; les lettres identifiant les zones correspondent aux lettres indiquées dans le tableau 1. Les chiffres représentent les sites cultivés connus ou les sites que l’on croit être cultivés, et correspondent aux chiffres indiqués dans le tableau 3. Les coordonnées associées aux chiffres ont été estimées et sont approximatives. Il a été impossible de trouver de l’information sur l’emplacement précis des sites au moment de l’évaluation.
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Description longue pour la figure 3

Carte illustrant la répartition du ptéléa trifolié au Canada, où l’espèce est confinée à l’extrême sud de l’Ontario, et plus précisément au littoral du lac Érié et à quelques sites à l’intérieur des terres. Différents symboles représentent les observations faites avant 2002 et entre 2002 et 2014. Les limites des zones où se trouvent les sous populations sont illustrées; les lettres identifiant ces zones correspondent aux lettres indiquées dans le tableau 1. Les chiffres représentent les sites cultivés connus ou les sites que l’on croit cultivés.

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Figure 4. Défoliation intensive d’un ptéléa trifolié causée par l’Agonopterix pteleae dans l’alvar de la route Stone, sur l’île Pelée, au mois de juillet 2014. Photo : Tyler Smith (publiée avec son autorisation).
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Description longue pour la figure 4

Photo de tige et de feuilles de ptéléa trifolié montrant les dommages importants causés par l’Agonopterix pteleae.

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Tableau 1. Données sur l’abondance actuelle de toutes les sous populations connues de ptéléa trifolié au Canada. Tous les dénombrements indiqués correspondent à des individus matures (individus reproducteurs ou de taille similaire). Les sites découverts depuis la publication du rapport de situation précédent apparaissent en caractères italiques.
Comté ou régionSous-populationSiteNbre d’individus matures (année)Statut du site
Comté de BrantA(1) Route Hardy9 (2014)Existant
Comté d’ElginB(2) Parc provincial Port Burwell73 (2014)Existant
Comté d’EssexC(3) Plage publique de Colchester0 (2000)Inconnu
Comté d’EssexC(4) 1 km au nord de Colchester7 (2000)Inconnu
Comté d’EssexC(5) Lypps Beach4 (2000)Inconnu
Comté d’EssexC(6) Zone de protection de la nature du ruisseau Fox1 (2000)Inconnu
Comté d’EssexC(7) Linden BeachAucun individu de l’espèce trouvé (2000)Disparu
Comté d’EssexC(8) Zone de protection de la nature de la plage CedarAucun individu de l’espèce trouvé (2014)Disparu
Comté d’EssexC(9) 1,5 km à l’ouest de Comet7 (2000)Inconnu
Comté d’EssexC(10) Zone de protection de la nature de la plage Holiday42 (2014)Existant
Comté d’EssexC(11) Zone de protection de la nature du marais HillmanAucun individu de l’espèce trouvé (2014)aInconnu
Comté d’EssexC(12) Parc national du Canada de la Pointe-Pelée – portion continentale~10 351 (2008)Existant
Comté d’EssexC(13) Plage Seacliff (à l’ouest du quai d’accostage de Leamington)1 (2007)Vraisemblablement existant
Comté d’EssexD(14) Réserve naturelle provinciale Fish Point134 (2014)Existant
Comté d’EssexD(15) Alvar de la route Stone112 (2014)Existant
Comté d’EssexD(16) Station de pompage de la route West Shore115 (2014)Existant
Comté d’EssexD(17) Savane à genévrier de Virginie46 (2014)Existant
Comté d’EssexD(18) Pointe Middle42 (2014)Existant
Comté d’EssexD(19) Réserve naturelle provinciale Lighthouse Point460 (2014)Existant
Comté d’EssexD(20) Propriété Gibwood0 (2014)Existant
Comté d’EssexD(21) Île Middle, parc national de la Pointe-Pelée550 (2012)bVraisemblablement existant
Comté de Chatham-KentE(22) Parc provincial Rondeau69 (2005)bVraisemblablement existant
Comté de Chatham-KentE(23) Erieau31 (2006)Vraisemblablement existant
Comté de Chatham-KentF(24) 3,5 km à l’est de Thamesville6 (2000)Inconnu
Comté de LambtonG(25) Chematogan : route River (île Walpole)2 (2000)Inconnu
Comté de LambtonH(26) Route Old Ferry et route Snye, (île Walpole)8 (2007)Vraisemblablement existant
Comté de LambtonH(27) Bluewater Line1 (2011)cVraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraIf(28) Zone de protection de la nature de la plage Long7 (2011)cVraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(29) Zone de protection de la nature de la Pointe MorganAucun individu mature répertorié (2009)dVraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(30) Plage Nickel et pointe Lorraine (Cassaday)6 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(31) Baie LorraineAucune donnée sur l’abondance (Parks Canada Agency, 2012)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(32) Accès à la plage de la route Cedar Bay~ 10 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(33) Sherkston Shores33 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(34) Pointe Abino31 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(35) Crystal Beach4 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(36) Accès à la plage de l’avenue Bernard~ 30 (2010)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(37) À l’ouest de la pointe WindmillGros bosquet (2011)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(38) Route StonemillAucun individu de l’espèce trouvé (2014)Disparu
Municipalité régionale de NiagaraI(39) Route Bertie Bay et plage adjacente41 (2014)Existant
Municipalité régionale de NiagaraI(40) Plage Crescent10 (2010)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(41) Embouchure du drain KraftAucun individu mature répertorié (2007)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraI(42) Plage Erie/parc de Waverly Beach~ 30 (2010)Vraisemblablement existant
Municipalité régionale de NiagaraJ(43) Vallée NiagaraPlusieurs arbustes (1989)Inconnu
Municipalité régionale de NiagaraJ(44) Île NavyAucune donnée sur l’abondance (1998)Inconnu
Municipalité régionale de NiagaraK(45) 1,5 km au nord-nord-ouest de RidgevilleAucun individu de l’espèce trouvé (2014)Exclu de l’évaluation
Municipalité régionale de NiagaraK(46) Fonthill, près du boulevard Forest HillAucun individu de l’espèce trouvé (2005)cExclu de l’évaluation
Municipalité régionale de NiagaraK(47) Cimetière de RidgevilleAucun individu de l’espèce trouvé (1982)Exclu de l’évaluation
Comté de NorfolkL(48) Parc de Long Point6 (Cairns, comm. pers., 2014)Existant
TOTALe~ 12 000   

a. Dans la zone de protection de la nature du marais Hillman, il est possible que des individus de l’espèce soient passés inaperçus lors de relevés effectués en 2014, puisque des ptéléas trifoliés avaient été observés en 2007. Il faudrait réaliser un relevé détaillé de ce secteur avant de présumer que le site a disparu.

b. Les nombres totaux d’individus matures sont approximatifs pour l’île Middle et le parc provincial Rondeau (voir Abondance).

c. Les données sur l’abondance sont fondées sur des observations qui ont été transmises au Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN), mais qui ont fait l’objet d’un examen préliminaire seulement.

d. La zone de protection de la nature de la pointe Morgan a été établie en 2009 dans le cadre des mesures d’atténuation prises par LCN (Natural Heritage Information Centre, 2014). On ne sait pas si les quelque 150 individus plantés se sont développés.

e. Le nombre total d’individus matures a été arrondi au millier près pour tenir compte de l’incertitude.

f. Les sites de 30 à 34 et de 35 à 42 sont répartis de façon plus ou moins continue sur le littoral du lac Érié; certains sites (p. ex. Sherkston Shores Ouest et pointe Windmill) sont toutefois reconnus comme des occurrences d’élément distinctes par le CIPN. En conséquence, ils sont maintenus comme des entités distinctes dans le présent document.

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Tableau 2. Sous-ensemble de sous-populations de ptéléa trifolié de l’Ontario pour lesquelles on dispose de données comparatives issues du rapport de situation précédent (Ambrose, 2002). Tous les dénombrements indiqués = arbres (individus reproducteurs ou de taille similaire) + gaules (individus non reproducteurs et de plus petite taille) + semis.
Comté ou régionSous-populationSiteAmbrose et Aboud (1982)Ambrose (2002)Données réelles (2014)TendancejMenace(s)
Comté de BrantA(1) Route HardyAucune donnée disponible1 + 0 + 09 + 5 + 0-
Comté d’ElginB(2) Parc provincial Port Burwell2 + 0 + 1020-30 + 0 + >5073 + 89 + 6211.1
Comté d’EssexC(8) Zone de protection de la nature de la plage Cedar0 + 3 +02 + 3 + 18Aucun individu de l’espèce trouvéD-
Comté d’EssexC(10) Zone de protection de la nature de la plage Holiday4 + ~15 + 152 + 2 + 042 + 24 + 391.1
Comté d’EssexC(11) Zone de protection de la nature du marais Hillman~20~28 + gaules additionnelles + 0Aucun individu de l’espèce trouvégDI-
Comté d’EssexD(14) Réserve naturelle provinciale Fish Point248 + jusqu’à des centaines + jusqu’à des centaines96 + 13 + 8134 + 21 + 211.1
Comté d’EssexD(15) Alvar de la route Stone, y compris la pointe Mill et la rive de la baie South5 + ~3 + ~10 (à l’exclusion des données sur l’abondance pour la rive de la baie South)10 + 4 + jusqu’à des centaines112 + 52 + 9-
Comté d’EssexD(16) Station de pompage de la route West ShoreEspèce communeh50 + 57 + 0115 + 52 + 1047.3, 1.1
Comté d’EssexD(19) Réserve naturelle provinciale Lighthouse Point11 + ? + ~1055 + 20 + 0460 + 227 + 585-
Municipalité régionale de NiagaraI(38) Route Stonemill1 + 1 + 01 + 1 + 0Aucun individu de l’espèce trouvéD-
Municipalité régionale de NiagaraI(39) Route Bertie Bay et plage adjacente17 + 0 + jusqu’à des centaines10 + 4 + 041 + 11 + 01.1
Municipalité régionale de NiagaraK(45) 1,5 km au NNO de Ridgeville30 + 0 + jusqu’à des centainesAucune donnée disponibleAucun individu de l’espèce trouvéDI-
Comté de NorfolkL(48) Parc de Long PointAucune donnée disponible1 + 0 + 06 + 0 + 0-
--Totali338 + 122 + 245281 + 104 + 179995 + 481 + 801-

g. Dans la zone de protection de la nature du marais Hillman, il est possible que des individus de l’espèce soient passés inaperçus lors de relevés effectués en 2014, puisque des ptéléas trifoliés avaient été observés en 2007. Il faudrait réaliser un relevé détaillé de ce secteur avant de présumer que le site a disparu.

h. Aucun chiffre précis n’a été consigné durant la saison de terrain 1982.

i. Totaux fondés sur des approximations définies dans Ambrose (2002) : quelques individus = environ 3, plusieurs individus = environ 10, nombreux individus = jusqu’à des centaines.

j. La tendance des populations sur 10 ans est indiquée comme suit : ↑ = augmentation, ↓ = diminution, DI = données insuffisantes, D = disparue.

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Tableau 3. Populations cultivées connues ou populations que l’on croit cultivées (Environment Canada, 2012)
ComtéSiteRéférence
Essex1. Rampe de mise à l’eau pour canots du marais HillmanNatural Heritage Information Centre, données inédites; Lebedyk, comm. pers., 2010; Oldham, comm. pers., 2010
Lambton2. Office de protection de la nature du passage de la rivière AusableWoodliffe, comm. pers., 2010
Elgin3. AylmerAmbrose et Aboud, 1984
Middlesex4. Campus de l’Université Western, rivière Thames et terrains vagues, LondonAmbrose et Aboud, 1984
Municipalité régionale de Niagara5. École d’horticulture de la Commission des parcs du Niagara, et possiblement d’autres arbres à proximitéAmbrose et Aboud, 1984
Municipalité régionale de Niagara6. Boisés en amont des rapides Whirlpool – deux gaules plantées par la Commission des parcs du Niagara en 2003 ou en 2004 avec le soutien financier du Programme de gérance de l’habitatRitchie, comm. pers., 2010
Municipalité régionale de Niagara7. Fonthill – var. mollis à la lisière d’un rideau-abri d’épinettes de Norvège, près des boulevards Woodstream et Forest HillAmbrose et Aboud, 1984
Municipalité régionale de Niagara8. Ridgeville – 1,5 km au nord-nord-ouest – à la lisière d’un rideau-abri d’épinettes de Norvège, près du site d’une plantation et d’une ancienne pépinière.Ambrose et Aboud, 1984
Municipalité régionale de Niagara9. Cimetière de Ridgeville – population maintenant disparueAmbrose et Aboud, 1984
Municipalité de Hamilton-Wentworth10. Havre Hamilton – versant arbustifAmbrose et Aboud, 1984
Grand Toronto11. Vallée de la rivière Don et autres terrains vagues et ravinsAmbrose et Aboud, 1984
Québec12-15. Quatre populationsRousseau, 1974; Ambrose et Aboud, 1984; Ambrose, 2002

Si l’on inclut tous les sites disparus, exclus et vraisemblablement existants, 48 sites de ptéléa trifolié ont été répertoriés au total au Canada (tableau 1). Onze sites (20, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 35, 36 et 41 au tableau 1) ont été signalés depuis 2002 : dix se trouvent à proximité de sites connus et pourraient être passés inaperçus lors des relevés précédents, tandis qu’un site (29) a été planté dans le cadre d’un projet de mesures d’atténuation (Natural Heritage Information Centre, 2014). Trois sites sont actuellement considérés comme disparus (7, 8 et 38) : trois sites ont été exclus de l’évaluation (suivant la ligne directrice n° 3 du COSEPAC; COSEWIC, 2010), dont un site (le site de Ridgeville/Fonthill mentionné au tableau 3) considéré comme disparu par Ambrose et Aboud (1982). Trois sites (7, 13 et 42) avaient été déclarés disparus (Ambrose, 2002), mais deux d’entre eux (13 et 42) ont été redécouverts en 2007 et en 2005; par ailleurs, deux sites (8 et 38) n’ont pas été retrouvés durant les relevés effectués en 2014, et sont considérés comme disparus. Dix huit des quarante deux sites qui ne sont pas considérés comme disparus ont été confirmés comme sites existants durant les relevés effectués sur le terrain en 2014 (tableau 1). Sur les vingt quatre sites restants, quatorze sont vraisemblablement existants, puisque des observations ont été transmises au Centre d’information sur le patrimoine naturel depuis 2000, tandis que le statut des dix sites restants est inconnu (Natural Heritage Information Centre, 2014).

Sur les 42 sites de ptéléa trifolié vraisemblablement existants ou dont le statut est inconnu qui ont été répertoriés au Canada, 31 sites se trouvent sur le littoral du lac Érié. Les 11 autres sites se trouvent à l’intérieur des terres; l’espèce y pousse dans le sable des plages, dans des alvars et dans des sols lourds argileux ou argilo-loameux d’origine lacustre.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

La superficie de la zone d’occurrence du ptéléa trifolié au Canada est de 23 285 km2, dont 10 800 km2 correspondant aux eaux du lac Érié. L’indice de zone d’occupation (IZO) est de 172 km2.

La zone d’occurrence semble avoir augmenté au cours des dix dernières années, mais cette augmentation est probablement attribuable à l’intensification des relevés et aux changements qui ont pu être apportés aux méthodes employées. Des sites qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant, dont une nouvelle sous-population, ont été signalés pour l’espèce depuis 2002; tous sont situés à proximité de sites répertoriés dans le rapport de situation de 2002 (Ambrose, 2002).

Activités de recherche

Des données issues d’observations et de relevés, provenant de la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario (Natural Heritage Information Centre, 2014), de Parcs Canada (Jalava et al., 2008; PPNP, données inédites), de Parcs Ontario (Dobbyn, 2005) et du rapport de situation du COSEPAC de 2002 (Ambrose, 2002), ont permis de déterminer l’aire de répartition canadienne du ptéléa trifolié. De plus, des données numérisées sur des spécimens d’herbier du Musée canadien de la nature ont pu être visualisées et compilées. Aucune autre activité en lien avec des herbiers n’a été réalisée dans le cadre du présent rapport.

Les secteurs de recherche ont été déterminés à l’aide de coordonnées GPS, de descriptions provenant de travaux de terrain antérieurs et de communications avec le rédacteur du rapport précédent, M. John Ambrose (Ph. D.). Bien que le ptéléa trifolié soit assez facile à reconnaître, il pousse dans une région fortement urbanisée et industrialisée de l’Ontario (Crins et al., 2009). Durant les relevés réalisés à l’été 2014, une grande partie du littoral du lac Érié était inaccessible, car l’accès du public à la plage était restreint. D’autres sites abritant le ptéléa trifolié pourraient être trouvés sur des propriétés privées le long des berges du lac Érié.

Entre 2000 et 2001, 28 sites ont fait l’objet de relevés en vue de la préparation du rapport de situation de 2002 (Ambrose, 2002). On a dénombré les arbres (individus reproducteurs ou de taille similaire), les gaules (individus non reproducteurs et de plus petite taille) et les semis de l’espèce, et les coordonnées UTM de chaque site ont été consignées (Ambrose, 2002). Depuis 2001, des relevés ciblés ont été réalisés au parc provincial Rondeau (Dobbyn, 2005) ainsi que dans la portion continentale (Jalava et al., 2008) et dans l’île Middle (PPNP, données inédites) du parc national de la Pointe-Pelée. Pour ces relevés, on a cartographié les sites et/ou les individus de l’espèce au moyen de coordonnées UTM.

Durant l’été 2014, des travaux de terrain ont été organisés en vue de la visite des sites de ptéléa trifolié qui avaient été signalés dans le rapport de situation précédent (Ambrose, 2002) de même que par le CIPN (Natural Heritage Information Centre, 2014). L’ordre de priorité des sites de relevé a été établi en fonction de la cote de qualité attribuée aux occurrences d’élément par le CIPN (Natural Heritage Information Centre, 2014). La priorité a été accordée aux sites dont la viabilité estimée était élevée; ces sites abritent en effet un plus grand nombre d’individus que les sites peu viables, et représentent donc une proportion beaucoup plus élevée de la population totale de l’espèce. Entre le 29 juillet et le 7 août 2014, des relevés ont été effectués dans 21 sites du sud de l’Ontario, selon les méthodes qui avaient été utilisées lors des relevés réalisés pour le rapport de situation précédent (Ambrose, 2002). Les dénombrements ont été effectués par Victoria Nowell, Tyler Smith (Ph. D.), Nadia Cavallin et Jennifer McPhee, pour un total de 200 heures-personnes. L’espèce n’a pas été retrouvée dans 4 des 21 sites visités. Elle est considérée comme disparue dans trois de ces sites en raison du développement observé; d’autres relevés devront être menés dans le quatrième site, car l’information était insuffisante pour permettre la localisation des individus de l’espèce. Deux autres sites n’ont pu être visités, faute d’autorisation des propriétaires des terrains.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le littoral du lac Érié, où pousse la plus grande partie de la population de ptéléa trifoliés du Canada, est caractérisé par une saison de végétation longue et un climat tempéré (Crins et al., 2009). Dans les flèches de sable de la pointe Pelée et de la pointe Fish, l’espèce est commune sur le littoral ouest exposé au vent, mais rare du côté qui se trouve sous le vent et à l’intérieur des terres.

Le ptéléa trifolié se rencontre souvent dans des milieux qui subissent des perturbations naturelles, où il forme la lisière extérieure de la végétation ligneuse littorale. Il pousse habituellement dans des sables pauvres en éléments nutritifs, mais s’établit parfois dans d’autres types de substrats secs, comme des sols minces recouvrant des calcaires. Il tolère peu les milieux très ombragés. Des petits bosquets formés de grands arbres (4 à 6 m de hauteur) peuvent persister à l’ombre d’un couvert forestier dense, comme dans l’alvar de la route Stone, sur l’île Pelée. Dans ces conditions, aucun semis ni aucune gaule n’ont toutefois été observés (Smith, obs. pers., 2014), ce qui pourrait indiquer que le recrutement n’est pas possible. La plupart des sous-populations poussent dans le sable des plages, y compris la sous-population de Thamesville, située à l’intérieur des terres, mais certaines poussent dans d’autres types de sols, notamment dans les alvars de l’île Pelée et le long de fossés de drainage à sol lourd argileux ou argilo-loameux d’origine lacustre. Dans la partie sud de l’aire de répartition du ptéléa trifolié aux États-Unis, l’espèce est associée aux escarpements et aux affleurements rocheux (Weakley, 2012)

Parmi les espèces végétales partageant l’habitat du ptéléa trifolié qui ont été répertoriées lors des relevés effectués en 2014 figurent les espèces suivantes : micocoulier occidental (Celtis occidentalis), cornouiller de Drummond (Cornus drummondii), élyme du Canada (Elymus canadensis), frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), noyer noir (Juglans nigra), genévrier commun (Juniperus communis), panic raide (Panicum virgatum), vigne vierge à cinq folioles (Parthenocissus quinquefolia), peuplier deltoïde (Populus deltoides), chêne jaune (Quercus muehlenbergii), chêne rouge (Quercus rubra), sumac aromatique (Rhus aromatica), sumac vinaigrier (Rhus typhina), framboisier noir (Rubus occidentalis), saule (Salix sp.), herbe à puce (Toxicodendron radicans) et vigne des rivages (Vitis riparia).

Tendances en matière d’habitat

De façon générale, l’habitat du ptéléa trifolié au Canada est en déclin. Le taux d’érosion de la flèche de sable de la pointe Pelée, où se trouvent environ 16 983 individus de l’espèce (dont environ 10 000 sont considérés comme matures) (Jalava et al., 2008), est plus élevé que son taux d’accrétion. Au cours des 50 prochaines années, la rive ouest pourrait perdre 126 ha (1,26 km2) si des mesures d’atténuation ne sont pas mises en œuvre (Baird and Associates Coastal Engineers, 2010). Bien que l’érosion soit plus forte sur la rive est de la pointe, elle est également importante le long de la rive ouest, où poussent la majorité des individus de l’espèce (voir la figure 3.41b dans Baird and Associates Coastal Engineers, 2008). En outre, l’aménagement des rives du lac Érié et la succession forestière, qui résulte d’une diminution des perturbations (p. ex. l’érosion par la glace), continuent de dégrader l’habitat disponible.

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Biologie

Les données détaillées sur la biologie de la population et de la reproduction du ptéléa trifolié proviennent d’Ambrose et al. (1985), tandis que l’information sur l’écologie de la germination provient de McLeod et Murphy (1977a, b). L’information supplémentaire fournie dans le présent rapport est issue d’observations faites durant les relevés menés en 2002 et en 2014 ou selon les indications précisées.

Cycle vital et reproduction

Les fleurs naissent à l’extrémité des nouvelles pousses à la fin du printemps, habituellement pendant les deux premières semaines de juin dans la partie ontarienne de l’aire de répartition de l’espèce. On a observé sur les fleurs une grande variété d’insectes pollinisateurs, principalement des abeilles, des mouches et des coléoptères (Ambrose, 2002). Le ptéléa trifolié est une espèce dioïque, et les individus à fleurs mâles sont les plus nombreux. Le fruit arrive à maturité vers la fin de l’été et est dispersé à la fin de l’automne ou en hiver. Les semis se développent en plein soleil ou en terrain partiellement ombragé, une fois que la dormance des graines est levée par le froid hivernal. L’arbre semble fleurir de moins en moins à mesure que l’ombre augmente, et l’espèce persiste rarement dans les forêts à couvert dense (Ambrose, 2002).

Le ptéléa trifolié semble vivre peu longtemps (c.-à-d. moins de 20 ans; Ambrose, 2002), peut-être parce qu’il s’établit dans des milieux dynamiques où les perturbations fréquentes tuent les individus plus vieux. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une espèce à rhizome, on a vu des arbres endommagés former des tiges vigoureuses à partir de leurs racines et de branches brisées lors des relevés effectués en 2014. Jalava et al. (2008) ont rapporté des observations similaires. Compte tenu de sa capacité de drageonnement remarquable, le système racinaire des individus de l’espèce peut être beaucoup plus âgé que leurs tiges aériennes.

Physiologie et adaptabilité

Le ptéléa trifolié est adapté aux milieux dynamiques. Les semis s’établissent rapidement dans les milieux ouverts et y remplacent la végétation disparue, tandis que les arbres endommagés produisent des drageons vigoureux à partir de leurs racines. Le ptéléa trifolié tolère une gamme de substrats (voir Habitat).

Dispersion

Les fruits secs, indéhiscents et ailés qui renferment les graines sont dispersés par le vent durant l’automne et l’hiver. Les fruits sont aisément transportés par le vent soufflant sur la neige, la glace et le sable, et peuvent être dispersés sur de grandes distances sur l’eau à la faveur de morceaux de glace ou de débris (Ambrose et al., 1985). Chaque fruit contient habituellement deux graines. Ainsi, le fruit atteignant un lieu éloigné peut produire un semis mâle et un semis femelle et ainsi assurer la reproduction de l’espèce.

Relations interspécifiques

Plusieurs espèces d’insectes dépendent du ptéléa trifolié, se nourrissant de ses rameaux, de ses feuilles et de son nectar. Ces espèces comprennent un coléoptère perce-pousse, le Phloeotribus scabricollis (Ambrose 2002), le perceur du ptéléa (COSEWIC, 2015), l’Agonopterix pteleae (Scarr et al., 2007; Smith, obs. pers., 2014), le grand porte-queue (Layberry et al., 1998) et le porte-queue verdâtre (Denomme-Brown et Otis, 2012). On sait également que la chenille du papillon tigré (Papilio glaucus) se nourrit sur le ptéléa trifolié en Ontario (Hall et al., 2014).

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Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d’échantillonnage

Entre le 29 juillet et le 7 août 2014, des relevés visant le ptéléa trifolié ont été effectués aux fins du présent rapport dans 21 sites correspondant à sept sous-populations de l’espèce dans le sud de l’Ontario.

Les observateurs ont parcouru à pied les milieux propices afin de dénombrer les arbres (individus reproducteurs ou de plus de 2 m de hauteur), les gaules (individus non reproducteurs et de moins de 2 m de hauteur) et les semis (moins de 1 m de hauteur). Ils se sont efforcés de dénombrer les individus plutôt que les tiges, ayant remarqué que les arbres produisaient des tiges à partir de leurs racines et de branches endommagées. Les secteurs de recherche ont été déterminés à l’aide de coordonnées GPS, de descriptions provenant de travaux de terrain antérieurs et de communications avec le rédacteur du rapport précédent, M. John Ambrose (Ph. D.).

Dans le cas des sites qui n’ont pas été visités en 2014, des dénombrements récents ont été obtenus grâce à des observations de ptéléa trifolié transmises au CIPN (Natural Heritage Information Centre, 2014) et à des rapports reçus de Parcs Canada (Jalava et al., 2008; PPNP, données inédites) et de Parcs Ontario (Dobbyn, 2005). Cairns (comm. pers., 2014) a fourni des données sur l’abondance pour le parc provincial Long Point.

Abondance

Durant les relevés effectués à l’été 2014, 1 959 arbres matures, 852 gaules et 1 002 semis ont été dénombrés dans 21 sites du sud de l’Ontario. Melody Cairns a observé six individus matures dans le parc provincial Long Point (comm. pers., 2014). Il a été possible d’obtenir des données d’observation postérieures à 2002 pour 15 sites additionnels après du CIPN (Natural Heritage Information Centre, 2014) ou en consultant des rapports reçus de Parcs Canada et de Parcs Ontario. Onze autres sites n’ont fait l’objet d’aucun relevé depuis 2002, et leur statut est inconnu. Les données disponibles sur l’abondance de toutes les sous-populations de ptéléa trifolié répertoriées au Canada sont résumées au tableau 1.

Afin de déterminer le nombre total d’individus matures au Canada, on a compilé les données de recensement disponibles les plus récentes portant sur toutes les populations de l’espèce existantes et vraisemblablement existantes ainsi que sur les populations dont le statut était inconnu. Par ailleurs, les données démographiques ont été calculées de manière approximative pour l’île Middle, dans le parc national de la Pointe-Pelée, et pour le parc provincial Rondeau, étant donné qu’aucune distinction n’avait été faite entre les individus juvéniles et les arbres matures lors des relevés. Dans le cas des sites pour lesquels des données complètes avaient été consignées en 2002 et en 2014, un rapport approximatif de 1:1 a été observé entre les individus matures et les individus immatures (gaules + semis). Ce rapport a été appliqué aux deux sites où la distinction entre individus juvéniles et individus matures n’avait pas été faite, ce qui a donné une estimation combinée totale d’environ 12 000 individus matures au Canada, dont 90 % se trouvent dans le parc national de la Pointe-Pelée (tableau 1). En comptant les individus juvéniles, on estime à environ 21 000 le nombre de ptéléas trifoliés présents au Canada. On suppose que les estimations arrondies se situent dans la plage d’incertitude.

On croit que d’autres sites abritant le ptéléa trifolié existent sur des propriétés privées le long des berges du lac Érié.

Fluctuations et tendances

Entre 2002 et 2014, le nombre de sites existants abritant le ptéléa trifolié au Canada a augmenté, onze sites qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant ayant été signalés. Tous ces sites se trouvent à proximité de sites connus et pourraient être passés inaperçus lors des relevés précédents. De plus, deux des trois sites qui étaient considérés comme disparus en 2002 ont été redécouverts en 2005 et en 2007. Les effectifs de neuf sites sont en hausse, et trois petits sites ont disparu en raison du développement. En outre, on ne peut établir de tendance pour 34 sites, à cause de l’absence de données comparables.

Au cours des dix dernières années, le nombre de ptéléas trifoliés répertoriés au Canada a augmenté de manière considérable, passant de moins de 2 000 individus en 2002 à plus de 20 000 individus. Cette augmentation résulte en partie de la réalisation de relevés exhaustifs dans la portion continentale (Jalava et al., 2008) et dans l’île Middle (PPNP, données inédites) du parc national de la Pointe-Pelée de même que dans le parc provincial Rondeau (Dobbyn, 2005). Dans la portion continentale du parc national de la Pointe-Pelée, plus particulièrement, le nombre d’individus répertoriés a augmenté, passant de 350 à environ 16 983. Pour éviter de fausser l’analyse des fluctuations et des tendances de la population, ces sites ont été exclus, et seuls les sites ayant fait l’objet de relevés détaillés en 2002 et en 2014 ont été utilisés (tableau 2). Dans les sites pour lesquels on dispose de données sur les sous-populations, le nombre d’individus matures semble avoir augmenté d’environ 200 % depuis le dernier rapport de situation. Ces sites ne représentent toutefois qu’une petite partie de la population canadienne.

Immigration de source externe

La population canadienne de ptéléa trifolié se trouve à proximité de populations de l’espèce établies dans le nord-ouest de l’État de New York, en Ohio et au Michigan. On trouve peu d’occurrences indigènes de l’espèce dans l’État de New York (New York Natural Heritage Program Conservation Guide, 2013), mais l’espèce est relativement commune en Ohio et au Michigan, selon des botanistes de la région (Gardner, comm. pers., 2015; Michigan Flora Online, 2015; Rabeler, comm. pers., 2015). On ne sait pas si une immigration a lieu, mais elle serait possible grâce à la dispersion des fruits (Ambrose, 2002). Comme ils proviennent de régions situées au nord, des individus immigrants issus de ces populations pourraient probablement survivre au Canada, mais les milieux propices sont souvent dégradés (Ambrose, 2002).

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Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces directes pesant sur le ptéléa trifolié qui sont abordées dans le présent rapport ont été structurées et évaluées en fonction du système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) (IUCN–CMP) (Master et al., 2009). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont une incidence directe et négative sur la population de ptéléa trifolié. Les résultats sur l’impact, la portée, la gravité et l’immédiateté des menaces sont présentés sous forme de tableau à l’annexe 1. Cet exercice a été réalisé par un groupe de spécialistes, dont un spécialiste de l’utilisation du calculateur des menaces, sous la direction du coprésident du sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC. Les résultats ont été revus. L’évaluation des menaces est fondée sur la concentration de plus de 90 % des individus matures dans deux sous-populations existantes (portion continentale du parc national de la Pointe-Pelée – 86 %, et île Middle – 4,5 %).

L’impact global des menaces qui a été établi pour le ptéléa trifolié est moyen, les modifications des systèmes naturels constituant la plus importante menace pour l’espèce. L’impact des autres menaces possibles, comme les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (8.1) et les tempêtes et inondations (11.4), est inconnu (annexe 1). La plupart des dommages causés à l’espèce et à son habitat sont survenus dans le passé, sous forme de perte de superficies boisées et de fragmentation de l’habitat. Les menaces et les facteurs limitatifs établis pour le ptéléa trifolié sont analysés ci-après, sous les rubriques correspondantes du système de l’IUCN-CMP.

Menaces

Modifications des systèmes naturels

Autres modifications de l’écosystème (impact : moyen) (7.3)

La principale menace qui pèse sur le ptéléa trifolié au Canada est la perte d’habitat résultant de la modification des processus riverains au lac Érié. Les dunes de sable et les plages forment un environnement naturellement dynamique qui est maintenu par l’érosion et le dépôt de sable. Le renforcement des rives (par la construction de digues, de jetées, de murs de protection ou d’épis) modifie ces processus naturels, causant une réduction du dépôt de sable et la perte d’habitat de plage et de dune. L’extraction de sable dans le passé a également eu une incidence sur le bilan du sable en entraînant la formation de grandes dépressions dans le fond du lac, ce qui a accentué l’érosion des rives du lac Érié (Dobbie, comm. pers., 2015).

Au cours des 50 prochaines années, jusqu’à 126 ha (1,26 km2) d’habitat pourraient être perdus dans la portion continentale du parc national de la Pointe-Pelée (Baird and Associates Coastal Engineers, 2010), où se trouve 86 % de la population totale de ptéléa trifolié au Canada. Pour se maintenir, l’espèce doit coloniser des plages nouvellement créées. Or, dans les conditions actuelles, la création d’habitat ne suffit pas à compenser les pertes dues à l’érosion. Des problèmes d’érosion sont également signalés au parc provincial Rondeau (Ontario Ministry of Natural Resources, 1991) et pourraient toucher d’autres sites le long du littoral du lac Érié. Selon le plan directeur du parc national de la Pointe-Pelée, l’érosion de la flèche de sable de la pointe Pelée pourrait être ralentie grâce à des efforts de gestion conjoints (Parks Canada Agency, 2010).

Incendies et suppression des incendies (impact : faible) (7.1)

Le ptéléa trifolié prospère dans les habitats de début de succession comme les dunes, les savanes et les bords de route, qui sont maintenus par des perturbations périodiques. L’ombrage créé par les arbres formant l’étage supérieur du couvert forestier, notamment les chênes, les frênes et les micocouliers, semble nuire à la persistance de l’espèce en empêchant la floraison et en limitant le recrutement.

La diminution des perturbations, notamment par la suppression des incendies dans les habitats de savane et d’alvar, a favorisé la succession forestière, et l’ombre ainsi créée a fini par éliminer le ptéléa trifolié (Ambrose, 2002). Au parc national de la Pointe-Pelée et dans l’alvar de la route Stone, sur l’île Pelée, la succession est contrée de manière active par des brûlages dirigés et par l’enlèvement de la végétation qui empiète sur l’habitat de savane et de dune. Pour l’instant, on ignore si des initiatives semblables sont mises en œuvre à d’autres sites.

Zones résidentielles et urbaines (impact : faible) (1.1)

La construction de chalets et l’aménagement de centres de villégiature, combinés aux activités récréatives, constituent une menace importante pour les individus de l’espèce sur le littoral du lac Érié. Lors des relevés menés aux mois de juillet et août 2014, des activités intensives d’entretien des plages ont été observées sur certaines propriétés, incluant l’élimination de toute la végétation présente. Des bulldozers ont été vus sur la plage de deux sites.

Déplacement et altération de l’habitat (impact : faible) (11.1)

La diminution des perturbations, y compris la réduction de l’érosion par la glace au cours des dernières années, a favorisé la succession forestière, et l’ombre ainsi créée a fini par éliminer le ptéléa trifolié (Ambrose, 2002).

Facteurs limitatifs

Dans le rapport de situation précédent, des espèces indigènes problématiques (8.2), plus particulièrement le Cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus) et un coléoptère perce-pousse, étaient considérées comme des menaces réelles ou imminentes pour le ptéléa trifolié au Canada (Ambrose, 2002). On considère maintenant qu’il s’agit plutôt de facteurs limitatifs pour l’espèce, et non de menaces.

La deuxième plus grande occurrence (~550 individus matures) de ptéléa trifolié au Canada est située sur l’île Middle, dans le parc national de la Pointe-Pelée, où se trouve également une importante population nicheuse de Cormoran à aigrettes. Un niveau d’activité élevé des cormorans a une incidence non seulement sur la santé des ptéléas trifoliés (Koh et al., 2012), mais aussi sur la composition de la végétation du sous-étage, en raison de la modification des propriétés du sol (Boutin et al., 2011). Depuis 2008, Parcs Canada gère les effectifs de cormorans. Si le taux de nidification se maintient à son niveau actuel, on s’attend à ce que les effets de la présence des cormorans sur le ptéléa trifolié diminuent (Dobbie, comm. pers., 2015).

On a observé que des insectes herbivores, dont un coléoptère perce-pousse et d’autres espèces d’insectes (p. ex. l’Agonopterix pteleae), avaient causé des dommages importants à des ptéléas trifoliés, plus particulièrement à des individus de petite taille et à des semis de l’espèce (figure 4). L’impact de ces insectes sur la population de ptéléa trifolié devrait toutefois être minime, et peut donc être considéré comme un facteur limitatif jusqu’à ce que d’autres recherches soient effectuées sur le sujet.

Les espèces exotiques envahissantes (8.1) sont répandues dans l’aire de répartition canadienne du ptéléa trifolié et elles s’établissent aisément dans les zones perturbées qui constituent le principal habitat du ptéléa trifolié. De façon générale, les espèces envahissantes peuvent supplanter les arbres dans la compétition pour des ressources comme la lumière, l’eau et les nutriments, et elles peuvent favoriser la succession. Des espèces exotiques ont été observées dans presque toutes les populations de ptéléa trifolié ayant fait l’objet de relevés en 2014; on en compte 276 espèces uniquement dans le parc national de la Pointe-Pelée (Mosher, 2012). À l’île Middle, Boutin et al. (2011) ont noté que les espèces exotiques représentaient 33 % et 40 % des espèces présentes dans le réservoir de semences et dans la végétation sur pied, respectivement. Cependant, l’ampleur de l’impact des espèces envahissantes sur le ptéléa trifolié, en termes de mortalité, demeure incertaine. Dans certains secteurs du parc national de la Pointe-Pelée, des effets négatifs sur l’établissement des semis ont été constatés, mais on ignore s’il s’agit d’une menace ou d’un facteur limitatif.

Nombre de localités

La menace la plus imminente pour l’espèce est l’érosion continue de la flèche de sable de la pointe Pelée, qui abrite la plus grande population de ptéléa trifolié au Canada. Des problèmes d’érosion sont aussi signalés au parc provincial Rondeau et pourraient toucher d’autres sites le long du littoral du lac Érié.

La modification de l’habitat (due à la succession écologique) et l’aménagement des rives sont des menaces continues et observables qui touchent certains sites à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada. La succession de l’habitat a été observée dans les 21 sites ayant fait l’objet de relevés en juillet et en août 2014, et se produit presque certainement dans la majorité, voire la totalité, des autres sites de ptéléa trifolié au Canada. Le développement touche principalement les sites qui se trouvent sur des propriétés privées, et n’est pas considéré comme une menace majeure pour le ptéléa trifolié sur les terres fédérales, provinciales ou administrées par un office de protection de la nature.

Comme la plupart des sous-populations canadiennes de ptéléa trifolié ne sont touchées par aucune menace à court terme, deux options sont possibles : a) le nombre de localités n’est pas utilisé (c.-à-d. que les sous-critères qui concernent le nombre de localités ne sont donc pas satisfaits), en particulier lorsque la zone non touchée correspond à plus de la moitié de l’aire de répartition du taxon; b) le nombre de localités dans les zones non touchées correspond au nombre de sous-populations dans ces zones, en particulier lorsqu’il existe plusieurs sous-populations (IUCN, 2014). Suivant cette ligne directrice, le nombre de localités n’est pas applicable, ou équivaut au nombre de sous-populations (12).

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Au Canada, le ptéléa trifolié a été désigné comme espèce menacée par le COSEPAC en 2002 et est protégé en vertu de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Plus récemment, en novembre 2015, le COSEPAC a réexaminé le statut du ptéléa trifolié et l’a désigné comme espèce préoccupante. Le ptéléa trifolié est également inscrit comme espèce menacée en Ontario et est protégé en vertu de Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de la province. Plusieurs sites (p. ex. le parc national de la Pointe-Pelée et le parc provincial Rondeau) bénéficient de certaines mesures de protection aux termes de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (2000) ou de la Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation de l’Ontario.

Un programme de rétablissement du ptéléa trifolié a été publié en 2012 (Parks Canada Agency, 2012). Jusqu’à présent, plusieurs mesures importantes ont été mises en application. Depuis 2008, Parcs Canada procède chaque année à l’élimination sélective de Cormorans à aigrettes sur l’île Middle, dans le parc national de la Pointe-Pelée, et des activités de gestion de la végétation sont mises en œuvre dans le parc national pour contrebalancer les effets de la succession de l’habitat et de la présence de plantes exotiques envahissantes (Dobbie, comm. pers., 2014).

Statuts et classements non juridiques

À l’échelle mondiale et aux États-Unis, NatureServe considère la sous-espèce (Ptelea trifoliata ssp. trifoliata) comme non en péril (G5T5; N5); l’espèce est toutefois cotée S1 (gravement en péril) au New Jersey et dans l’État de New York, S2 (en péril) au Wisconsin, S3 (vulnérable) au Maryland et S4 (apparemment non en péril) en Virginie-Occidentale et en Virginie. Au Canada et en Ontario, l’espèce est classée vulnérable (N3 et S3) selon la liste la plus récente (2003) (NatureServe, 2014). Elle est non classée (SNR) dans tous les autres États où elle est présente. Le ptéléa trifolié n’a pas été évalué en vue de son inclusion dans la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (IUCN, 2014).

Protection et propriété de l’habitat

Les grandes occurrences de ptéléa trifolié situées dans le parc national de la Pointe-Pelée (y compris l’île Middle), la réserve naturelle provinciale Lighthouse Point et la réserve naturelle provinciale Fish Point se trouvent sur des terres fédérales ou provinciales. De nombreux individus de l’espèce sur l’île Pelée se trouvent sur des propriétés appartenant aux organismes Federation of Ontario Naturalists, Conservation de la nature Canada (CNC) et Office de protection de la nature de la région d’Essex. Ensemble, ces sites abritent plus de 95 % des individus matures de l’espèce connus au Canada et sont activement gérés en vue de la conservation du ptéléa trifolié. De plus petits sites se trouvent sur des terres fédérales ou provinciales ou des terres appartenant à un office de protection de la nature ou à une municipalité, qui ne sont pas nécessairement gérées en vue de la conservation du ptéléa trifolié (p. ex. bords de route et fossés de drainage; plages).

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Remerciements et experts contactés

Le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) a transmis des mentions d’observations et d’occurrences d’élément sur l’espèce. Des relevés détaillés portant sur le parc national de la Pointe Pelée, y compris l’île Middle, et le parc provincial Rondeau ont été fournis par Tammy Dobbie et Melody Cairns, respectivement. Melody Cairns a également fourni des données d’observation pour le parc provincial Long Point. Les rédacteurs du présent rapport souhaitent remercier les rédacteurs du rapport précédent, Steven W. Aboud et John Ambrose (Ph. D.), pour leurs précieux conseils concernant la réalisation de relevés sur l’espèce. Bruce Bennett et Karen Timm ont offert un soutien administratif.

Experts contactés

Listing authorities contacted during the preparation of this report.
NomTitreOrganisation
Rich RussellWildlife BiologistService canadien de la faune, Environnement Canada
Jennifer DoubtConservatrice et bryologueMusée canadien de la nature
Patrick Nantel
(Ph. D.)
Conservation BiologistParcs Canada
Tamaini Snaith
(Ph. D.)
Conseillère spécialeParcs Canada
Vivian R. BrownellSenior Species at Risk BiologistMinistère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario
Michael OldhamBotaniste et herpétologisteCentre d’information sur le patrimoine naturel
Sonia SchnobbAdjointe administrativeSecrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada
Vicki McKayBiologisteParcs Canada
Madeline AustenChef des espèces en périlService canadien de la faune, Environnement Canada
Dean JacobsDirecteurWalpole Island Heritage Centre
Tim Birt
(Ph. D.)
Assistant Professor, AdjunctQueen’s University
John Ambrose
(Ph. D.)
--
Mhairi McFarlane
(Ph. D.)
Conservation BiologistConservation de la nature Canada
Melody CairnsZone EcologistParcs Ontario
Tammy DobbiePark EcologistParcs Canada

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Sources d’information

Acorus Restoration. 2014. Acorus Restoration. Site Web : Planet Healers [en anglais seulement] [consulté en octobre 2014].

Ambrose, J.D. 2002. Update COSEWIC status report on the common hoptree Ptelea trifoliata in Canada, in COSEWIC assessment and update status report on the common hoptree Ptelea trifoliata in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 14 pp. (Également disponible en français : Ambrose, J.D. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata) au Canada – Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, pages 1-18.)

Ambrose, J.D. et S.W. Aboud. 1982. Status Report on Ptelea trifoliata (Rutaceae), a rare Canadian Small Tree Species. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 27 pp.

Ambrose, J.D., P.G. Kevan et R.M. Gadawski. 1985. Hop tree (Ptelea trifoliata) in Canada: population and reproductive biology of a rare species. Canadian Journal of Botany 63:1928-1935.

Bailey, V.L. 1960. Historical review of Ptelea trifoliata in botanical and medical literature. Economic Botany 14:180-188.

Bailey, V.L. 1962. Revision of the genus Ptelea (Rutaceae). Brittonia 14:1-45.

Baird, W.F. et Associates Coastal Engineers Ltd. 2008. Colchester to Southeast Shoal Littoral Cell Study Final Report. Prepared for Essex Region Conservation Authority, Essex, Ontario. Project No. 11210.000. iii + 92 pp.

Baird, W.F. et Associates Coastal Engineers Ltd. 2010. Colchester to Southeast Shoal Beach Nourishment Study. Prepared for Essex Region Conservation Authority, Essex, Ontario. Project No. 11395.101. 78 pp. + Appendices A–D.

Boutin, C., T. Dobbie, D. Carpenter et C.E. Hebert. 2011. Effects of Double-crested Cormorants (Phalacrocorax auritus Less.) on Island Vegetation, Seedbank, and Soil Chemistry: Evaluating Island Restoration Potential. Restoration Ecology 19(6):720-727.

Cairns, M., comm. pers. 2014. Correspondance par courriel adressée à V. Nowell. Septembre 2014. Zone Ecologist, Ontario Parks, London, Ontario.

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Denomme-Brown, S. et G.W. Otis. 2012. Status of Juniper Hairstreak (Callophrys gryneus) populations in southwestern Ontario. Journal of the Entomological Society of Ontario 143:107-114.

Dobbie, T., comm. pers. 2014. Correspondance adressée à V. Nowell. Juillet-août 2014. Park Ecologist, Point Pelee National Park, Parks Canada, Leamington, Ontario.

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Dobbyn, S. 2005. An Inventory of the Common Hoptree (Ptelea trifoliata) in Rondeau Provincial Park. Ontario Parks, Morpeth, Ontario. 7 pp.

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Gardner, R., comm. pers. 2015. Correspondance par courriel adressée à V. Nowell. Mars 2015. Chief Botanist, Ohio Department of Natural Resources, Division of Natural Areas and Preserves, Columbus, Ohio.

Hall P.W., C.D. Jones, A. Guidotti et B. Hubley. 2014. The ROM field guide to butterflies 808 of Ontario. Toronto: Royal Ontario Museum. 488 pp.

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Victoria Nowell termine actuellement sa maîtrise ès sciences en biologie à l’Université Carleton, à Ottawa. Elle avait auparavant obtenu un baccalauréat en biologie de l’Université Dalhousie, à Halifax. Elle étude principalement la génétique des populations et l’habitat d’une espèce de Cypéracée en péril, le trichophore à feuilles plates (Trichophorum planifolium). En plus des plantes, Mme Nowell s’est intéressée aux acariens (Acari) et aux mouches (Diptera) à titre de technicienne en conservation et en base de données pour la Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes. Après l’obtention de son diplôme, Mme Nowell prévoit poursuivre sa carrière en consultation et en gestion de la conservation.

Tyler Smith est phytotaxinomiste pour le compte d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences en écologie (mineure en botanique) de l’Université de Guelph et d’un doctorat en sciences végétales de l’Université McGill. Il a effectué un stage postdoctoral à l’Université Saint Mary’s, à Halifax, et a été professeur adjoint à l’Université Eastern Kentucky pendant deux ans avant d’entrer au service d’AAC en 2011. M. Tyler a rédigé ou corédigé six rapports de situation du COSEPAC, le programme de rétablissement du scirpe timide (Trichophorum planifolium), le plan de gestion du sclérophore givré (Sclerophora peronella) et le plan d’action de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum). Il a également dirigé l’équipe de rétablissement du scirpe timide et a été membre de l’équipe de rétablissement du mûrier rouge (Morus rubra). M. Tyler possède une vaste expérience du travail sur le terrain dans l’est de l’Amérique du Nord, de la côte du golfe du Mexique aux basses terres de la baie James.

Nadia Cavallin est conservatrice d’herbier et botaniste de terrain aux Jardins botaniques royaux, en Ontario. Elle a obtenu un baccalauréat ès sciences en biodiversité et conservation de l’École d’environnement de l’Université McGill (Québec) en 2003 et une maîtrise en biologie de l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick) en 2008. Mme Cavallin pratique la botanique de terrain dans l’est du Canada depuis 1999. Avant sa nomination aux Jardins botaniques royaux, elle a travaillé pendant cinq ans à l’Herbier de l’Université McGill en tant que conservatrice associée et assistante pour la base de données.

Jennifer McPhee est actuellement stagiaire en botanique aux Jardins botaniques royaux de Hamilton. De 2009 à 2011, elle a travaillé pour le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse à titre de biologiste de terrain, évaluant diverses méthodes de remise en état de mines à ciel ouvert et rédigeant des rapports de projet. Elle a obtenu une maîtrise ès sciences de l’Université Western (environnement et durabilité) en 2013. Ses travaux de recherche de maîtrise ont porté sur l’incidence de l’augmentation des dépôts d’azote atmosphérique sur la restauration des prairies à herbes hautes. Au début de 2014, Mme McPhee a rédigé un plan de gestion de propriété pour le boisé Wardsville appartenant au Thames Talbot Land Trust. Elle se passionne pour la botanique, surtout les espèces en péril, et pour la nature.

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Collections examinées

Compte tenu de la pertinence des données de collecte et des données sur les sites provenant du Centre d’information sur le patrimoine naturel (Natural Heritage Information Centre, 2014) et du rapport de situation du COSEPAC publié en 2002, les travaux de terrain ont été axés sur la visite de sites représentatifs. Des dossiers d’herborisation sur l’espèce ont été obtenus auprès du Musée canadien de la nature, à Gatineau.

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Annexe 1. Tableau de classification des menaces pesant sur le ptéléa trifolié

Tableau d’évaluation des menaces

Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème
Ptéléa trifolié
Identification de l’élément
-
Code de l’élément
-
Date
15/12/2014
Évaluateur(s) :
Bruce Bennett, Vivian Brownell, Tammie Dobbie, Karen Timm, Joyce Gould, Cary Hamel, Tyler Smith, Victoria Nowell, Eric Lamb, Jim Pojar
Références :
-
Calcul de l’impact global des menaces
Impact des menacesImpact des menaces (descriptions)Comptes des menaces de niveau 1
selon l’intensité de leur impact :
Maximum de la plage d’intensité
Comptes des menaces de niveau 1
selon l’intensité de leur impact :
Minimum de la plage d’intensité
ATrès élevé00
BÉlevé00
CMoyen11
DFaible22
-Impact global des menaces calculé :MoyenMoyen
Impact global des menaces attribué :
-
Justification de l’ajustement de l’impact :
-
Commentaires sur l’impact global des menaces
NOTE : Durée d’une génération tirée du rapport de situation précédent; aucune donnée probante récente à l’appui. Aux fins de l’évaluation des menaces, le groupe a convenu qu’une durée plus longue était probable et a établi cette durée à 10 ans.
Tableau d’évaluation des menaces.
#MenaceImpact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années
ou
3 générations)
ImmédiatetéCommentaires
1Développement résidentiel et commercial (en anglais seulement)D - FaiblePetite (1-10 %)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)-
1.1Habitations et zones urbainesD - FaiblePetite (1-10 %)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)-
1.2Zones commerciales et industriellesNégligeableNégligeable (< 1 %)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)-
2Agriculture et aquaculture (en anglais seulement)-----
3Production d’énergie et exploitation minière (en anglais seulement)-----
4Corridors de transport et de service (en anglais seulement)-----
4.1Routes et voies ferrées----Pointe Pelée – un nombre important d’individus de l’espèce poussent le long de routes (où la lumière favorise une meilleure croissance) (s’il n’y avait pas de routes, le problème n’existerait pas). Selon la politique du parc, la taille est permise le long des routes, avec une autorisation en vertu de la LEP. Des mesures de gestion sont appliquées dans le parc afin d’éviter les pertes (et de recueillir les graines pour la replantation), dans la mesure du possible.
5Utilisation des ressources biologiques (en anglais seulement)-----
6Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement)Pas une menace-Généralisée (71-100 %)Neutre ou avantage possibleÉlevée (continue)-
6.1Activités récréativesPas une menaceGénéralisée (71-100 %)Neutre ou avantage possibleÉlevée (continue)L’utilisation de VTT a fait l’objet de discussions. L’effet des activités récréatives sur l’espèce est probablement important ou généralisé et est continu, mais la gravité de la menace est sans doute neutre. Les activités d’éducation et de gestion réalisées dans le parc ont probablement une incidence très positive sur l’impact potentiel de la menace. L’accès des VTT est actuellement interdit sur la pointe Pelée. L’impact des VTT et des activités récréatives à l’extérieur du parc est à la fois négatif et positif. Les activités intensives d’entretien de la plage Nickel et l’utilisation intensive qui est faite des hautes dunes à Sherkston nuisent probablement aux sous-populations présentes dans ces sites. Par ailleurs, la sous-population de Rondeau est envahie par des pins sylvestres plantés (Pinus sylvestris) et bénéficierait de perturbations additionnelles, particulièrement si celles-ci avaient pour effet de réduire le couvert arborescent.
7Modification du système naturel (en anglais seulement)C - MoyenGénéralisée (71-100 %)Modérée (11-30 %)Élevée (continue)-
7.1Incendies et suppression des incendiesD - FaiblePetite (1-10 %)Légère (1-10 %)Élevée (continue)De façon globale, on ne sait pas dans quelle mesure la suppression des incendies a affecté l’habitat de l’espèce. Des mesures de gestion sont appliquées (pour maintenir l’habitat de savane) à l’intérieur du parc. À l’extérieur du parc, la suppression des incendies a probablement un impact négatif.
7.3Autres modifications de l’écosystèmeC - MoyenGénéralisée (71-100 %)Modérée (11-30 %)Élevée (continue)Le renforcement des rives élimine la source de sable, mais d’autres facteurs contribuent au bilan global du sable. L’écologiste du parc indique que selon de nombreuses études, la pointe devrait se déplacer, et non rapetisser comme elle le fait actuellement. L’extraction de sable (à partir de cargos) dans le passé a entraîné un déficit de sable et la formation de dépressions dans le fond du lac. La construction de marinas retient le sable (qui était auparavant dragué et retiré). Les effets de l’extraction de sable dans le passé se font encore sentir aujourd’hui (même si l’extraction a cessé dans les années 1980). Les niveaux d’eau élevés du lac Érié en 2014 ont causé la perte d’individus de l’espèce près du littoral ouest. Le nombre total d’individus perdus est incertain. Il s’agit de la menace la plus importante, mais la manifestation de cette menace (sur la période de 10 ans) est difficile à déterminer en termes de probabilité.
8Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement)InconnuGénéralisée (71-100 %)InconnueÉlevée (continue)-
8.1Espèces exotiques/non indigènes envahissantesInconnuGénéralisée (71-100 %)InconnueÉlevée (continue)Le ptéléa trifolié pousse le plus souvent dans des milieux perturbés, qui sont aussi généralement les plus favorables aux plantes exotiques envahissantes pouvant nuire à l’espèce. L’ampleur de l’impact de cette menace (en termes de mortalité) demeure toutefois incertaine. Dans certains secteurs du parc national de la Pointe-Pelée, des effets négatifs sur l’établissement des semis ont été constatés, mais on ignore s’il s’agit d’une menace ou d’un facteur limitatif.
8.2Espèces indigènes problématiquesPas une menacePetite (1-10 %)Neutre ou avantage possibleÉlevée (continue)Il s’agit de la principale menace à l’île Middle, où se trouve une grande population de Cormoran à aigrettes. Toutefois, tant que la population sera gérée et maintenue au taux de nidification actuel, l’impact ne sera pas élevé (ou n’aura pas d’effet négatif). En raison de l’incertitude entourant les effets du perceur du ptéléa, d’autres recherches devront être effectuées sur le sujet pour déterminer s’il s’agit d’un facteur limitatif plutôt que d’une menace.
9Pollution (en anglais seulement)-----
10Phénomènes géologiques (en anglais seulement)-----
11Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement)D - FaibleGrande - petite (1-70 %)Légère (1-10 %)Élevée (continue)-
11.1Déplacement et altération de l’habitatD - FaibleGrande - petite (1-70 %)Légère (1-10 %)Élevée (continue)-
11.4Tempêtes et inondationsInconnuInconnueInconnueÉlevée (continue)-

Glossaire

Impact
Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution ou de la dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. l’immédiateté est insignifiante/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.
Portée
Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable = < 1 %).
Gravité
Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable = < 1 %; neutre ou avantage possible = > 0 %).
Immédiateté
Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); insignifiante/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

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