Loi sur les espèces en péril Programmes de rétablissement

Programme de rétablissement de l'abronie rose (Abronia umbellata) au Canada

Abronie rose

Février 2007

Les Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril – Quelques mots sur la collection

Qu'est-ce que la Loi sur les espèces en péril (LEP)?

La LEP est une contribution majeure du gouvernement fédéral à l'effort national de protection et de conservation des espèces en péril au Canada. Cette loi entrée en vigueur en 2003 a notamment pour but de « permettre le rétablissement des espèces qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées ».

Qu'est-ce que le rétablissement?

Dans le contexte de la conservation des espèces en péril, le rétablissement est l'ensemble des mesures visant à arrêter ou inverser le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays et à atténuer ou supprimer les menaces pesant sur elle, de manière à améliorer ses chances de survie dans la nature. L'espèce est considérée comme rétablie lorsque son maintien à long terme dans la nature a été assuré.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

Le programme de rétablissement d'une espèce est un document de planification énonçant ce qui doit être fait pour arrêter ou inverser son déclin. Il définit les buts et objectifs du rétablissement et précise les grands types de mesures à prendre. La planification détaillée se fait à l'étape du plan d'action. Dans le cadre de l'Accord pour la protection des espèces en péril, les provinces et territoires du Canada ainsi que les trois organismes fédéraux qui doivent appliquer la LEP (Environnement Canada, Agence Parcs Canada et Pêches et Océans Canada) se sont engagés à élaborer des programmes de rétablissement. Les articles 37 à 46 de la LEP (www.registrelep.gc.ca/the_act/default_f.cfm) énumèrent les éléments que doivent contenir les programmes de rétablissement publiés dans la présente collection et définissent le processus d'élaboration de ces programmes. Le programme de rétablissement doit être élaboré dans un délai de un ou deux ans après l'inscription de l'espèce sur la liste des espèces sauvages en péril, selon le statut qui lui est attribué et la date de l'évaluation. Un délai de trois ou quatre ans est autorisé pour les espèces inscrites au moment de l'entrée en vigueur de la LEP.

Prochaines étapes

Dans la plupart des cas, on procédera à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action visant à préciser et orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Cependant, les orientations fixées dans le programme de rétablissement sont suffisantes pour qu'on puisse commencer à obtenir la participation des collectivités, des conservationnistes ainsi que des utilisateurs des terres et des eaux aux activités de rétablissement. En outre, l'absence de certitude scientifique absolue ne saurait justifier le report de mesures efficientes visant à prévenir la disparition ou le déclin de l'espèce.

Pour en savoir plus

Pour de plus amples renseignements sur la Loi sur les espèces en péril (LEP) et sur les projets de rétablissement, consulter le registre de la LEP (www.registrelep.gc.ca) ainsi que le site web du Secrétariat du rétablissement (www.especesenperil.gc.ca/recovery/default_f.cfm).

Programme de rétablissement de l'abronie rose (Abronia umbellata) au Canada

Février 2007

Citation recommandée :

Fairbarns, M.D., C. Webb, L.K. Blight, N. Page, B. Costanzo, T. Kaye, T. Lea et J. McIntosh. 2007. Programme de rétablissement de l'abronie rose (Abronia umbellata) au Canada [Final]. Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada, Ottawa. vi + 23 p.

Exemplaires additionnels :

Des exemplaires additionnels peuvent être téléchargés à partir du site web du Registre de la LEP (http://www.registrelep.gc.ca/)

Illustration de la couverture :

© University of Washington Press; reproduction autorisée.

Also available in English, under the title :
Recovery Strategy for the Pink Sand-verbena (Abronia umbellata) in Canada

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l'Environnement, 2007. Tous droits réservés.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Programme de rétablissement de l'abronie rose (Abronia umbellata) au Canada (Final) [document électronique].

(Loi sur les espèces en péril - Programmes de rétablissement)
Monographie électronique en format PDF.
Mode d'accès : World Wide Web.
Également publié en anglais, sous le titre : Recovery Strategy for the Pink Sand-verbena (Abronia umbellata) in Canada (Final)
Inclut une bibliographie.

Numéro de cat. : R62-388/2006F-PDF

1. Abronie rose--Conservation--Canada. 2. Abronie rose-- Conservation--Colombie-Britannique. 3. Rétablissement des espèces sauvages--Canada. 4. Espèces en voie de disparition--Canada. 5. Conservation des plantes--Colombie-Britannique. I. Parcs Canada II. Série : Loi sur les espèces en péril - Programmes de rétablissement (en ligne).

QK495.V5R42 2006      333.95'321530971      C2006-980192-4

Le contenu du présent document (sauf l'illustration de la couverture) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.

DÉCLARATION

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble aux règlements, programmes et politiques visant à protéger les espèces sauvages en péril dans tout le Canada. Selon la Loi sur les espèces en péril (LEP), L.C. 2002, ch. 29, les ministres fédéraux compétents doivent élaborer des programmes de rétablissement pour les espèces désignées à titre d'espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées.

Le ministre de l'Environnement présente ici le programme de rétablissement de l'abronie rose requis conformément à la LEP. Ce programme a été rédigé en collaboration avec les autorités responsables de cette espèce, tel que mentionné dans l'Avant-propos. Le Ministre invite les autres autorités et organisations qui peuvent être concernées par le rétablissement de cette espèce à utiliser ce programme afin de guider leurs initiatives. Les buts, objectifs et approches de rétablissement décrits dans le présent programme ont été élaborés en fonction des meilleures connaissances actuelles et pourront faire l'objet de modifications à la suite de nouvelles conclusions ou de la révision des objectifs. Ce programme sera le fondement d'un ou de plusieurs plans d'action contenant plus de détails sur les mesures à prendre pour appuyer la protection et le rétablissement de l'abronie rose. Le succès de son rétablissement dépendra de l'engagement et de la collaboration des nombreuses parties qui seront touchées par la mise en œuvre des mesures figurant dans le présent programme. Dans l'esprit de l'Accord pour la protection des espèces en péril, tous les Canadiens sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre dans l'intérêt de l'espèce et de la société canadienne dans son ensemble. Le ministre de l'Environnement rendra compte des progrès réalisés dans les cinq prochaines années.

ÉNONCÉ D'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATÉGIQUE

Conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2004), une évaluation environnementale stratégique (EES) est réalisée pour tous les programmes de rétablissement élaborés aux termes de la Loi sur les espèces en péril. Le but de cette évaluation est de garantir que les conséquences pour l'environnement des politiques, plans et programmes publics proposés seront prises en compte dès l'étape de leur élaboration, de manière à permettre une prise de décision éclairée.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général, mais elle peut avoir des effets imprévus sur l'environnement. Le présent processus de planification prend donc en considération les effets environnementaux des activités prévues et tout particulièrement leur impact possible sur des espèces non visées ou leur habitat. Les résultats de l'EES ont été intégrés au programme lui-même, mais ils sont également résumés ci-dessous.

En encourageant le rétablissement de l'abronie rose, le présent programme de rétablissement sera nettement bénéfique pour l'environnement. Les activités prévues pour l'atteinte des objectifs du programme risquent peu de nuire de façon importante à l'environnement, car elles se limitent essentiellement à la protection et à la restauration de l'habitat, au rétablissement de l'espèce, à la sensibilisation du public et à la mobilisation des propriétaires fonciers. Le programme de rétablissement décrit les menaces pesant actuellement sur l'abronie rose et son habitat (section 1.2) ainsi que les lacunes existant dans les connaissances (section 1.5), et les objectifs du rétablissement visent explicitement à contrer ces menaces et à combler ces lacunes. Les activités pourraient en outre, bien que de façon non intentionnelle, profiter à des espèces non ciblées par le programme (section 2.2.5). Ce sont finalement les travaux de terrain qui risquent le plus d'avoir des effets nuisibles à l'environnement, mais ces effets peuvent être évités ou à tout le moins réduits au minimum au moyen des techniques connues et de bonnes pratiques de terrain.

Certaines activités de rétablissement, comme la translocation d'individus de l'espèce, peuvent exiger une évaluation environnementale à l'échelle de chaque projet, conformément à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE, S.C. 1992, c. 37). Toute activité de cette nature fera donc l'objet d'une telle évaluation en temps opportun, conformément à la LCPE. En résumé, l'EES a permis de conclure que le présent programme de rétablissement aura plusieurs effets bénéfiques sur l'environnement et ne devrait avoir aucun effet nuisible important.

RÉSIDENCE

Aux termes du paragraphe 2(1) de la LEP, la résidence est le « Gîte – terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable – occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l'élevage, les haltes migratoires, l'hivernage, l'alimentation ou l'hibernation. »

La description de la résidence ou les motifs justifiant l'inapplicabilité du concept de résidence à une espèce donnée sont publiés dans le Registre public de la LEP : http://www.registrelep.gc.ca/plans/residence_f.cfm

AVANT-PROPOS

Le présent programme de rétablissement vise l'abronie rose, dont l'aire de répartition au Canada consiste en une seule population qui se trouve dans la réserve de parc national Pacific Rim, sur la côte ouest de l'île de Vancouver. L'espèce y a été observée pour la dernière fois en 2001, mais on estime qu'elle peut encore persister sous forme de graines dormantes qui pourraient un jour produire des individus reproducteurs.

L'Agence Parcs Canada a dirigé la préparation du présent programme de rétablissement avec les membres de l'Équipe de rétablissement de l'abronie rose, en collaboration et en consultation avec la Province de Colombie-Britannique, le Service canadien de la faune d'Environnement Canada ainsi que les Premières Nations et propriétaires fonciers concernés.

SOMMAIRE

Contexte

L'abronie rose a été évaluée comme étant une espèce en voie de disparition au Canada en mai 2004 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et ajoutée à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en juillet 2005. Il s'agit d'une espèce endémique du centre de la côte ouest d'Amérique du Nord qui a été désignée espèce préoccupante aux États-Unis. À l'heure actuelle, son aire de répartition au Canada consiste en une seule population qui se trouve dans la réserve de parc national Pacific Rim, sur la côte ouest de l'île de Vancouver. Malgré des relevés annuels effectués à cet endroit précis, l'espèce n'y a pas été observée depuis 2001. La plus grande menace à laquelle elle fait face est la forte probabilité de son effondrement démographique, puisque sa population n'a jamais été très importante et qu'elle est soit disparue du pays, soit composée aujourd'hui de semences enfouies dans le sol. Les activités récréatives rattachées au sentier de la Côte Ouest, les tempêtes d'hiver qui refaçonnent la partie supérieure des plages, où pousse l'espèce, et l'augmentation des dépôts de billes flottantes menacent aussi sa population. Les graminées envahissantes, qui ont colonisé d'autres plages de la région, constituent une menace imminente.

Il existe d'importantes lacunes dans les connaissances. On ne connaît pas la taille, la nature ni la répartition du réservoir de semences du sol (s'il en existe un) de la seule et unique population, qui vient d'être signalée. Les techniques de réintroduction mises au point pour l'espèce dans d'autres parties de son aire de répartition n'ont pas été essayées au Canada. Bien que les tendances démographiques soient déterminantes pour une gestion efficace à long terme, elles n'ont pas été décrites. Aucune autre population canadienne actuelle n'a été signalée récemment, que ce soit à l'intérieur ou à proximité de son aire de répartition historique. Mais il se peut que les relevés réalisés auparavant aient été inadéquats.

Caractère réalisable du rétablissement

On considère que le rétablissement est réalisable. La dernière population à être observée peut encore exister sous forme de réservoir de semences; de plus, on a conservé une petite quantité de semences récoltées sur le site en 2001. Des techniques de multiplication ont été mises au point en vue d'une réintroduction de la plante dans un milieu propice; ces techniques pourraient être transférées au Canada. L'habitat de la dernière population à être observée est relativement intact, de même que plusieurs autres plages semblables situées dans l'aire de répartition historique de l'espèce. Les menaces qui pèsent sur l'espèce et son habitat ne sont pas inévitables et ne constituent pas un obstacle au rétablissement.

But et objectifs du rétablissement

Le programme de rétablissement de l'abronie rose a pour but d'établir trois populations viables, réparties dans l'aire de répartition historique canadienne. On atteindra ce but en augmentant la taille de la population dans la localité où l'espèce a été observée pour la dernière fois, en enlevant les billes échouées qui menacent l'habitat sur les plages, en sensibilisant le public à l'espèce, en instaurant une protection permanente des lieux d'occurrence historique, en mobilisant tous les propriétaires fonciers concernés, en trouvant des sites de translocation prometteurs, en restaurant leurs conditions de fonctionnement et en réussissant à établir deux autres populations. Une désignation partielle de l'habitat essentiel de l'espèce est également proposée dans le présent programme de rétablissement.

TABLE DES MATIÈRES

FIGURES

  • Figure 1. Répartition de l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) en Amérique du Nord.
  • Figure 2. Répartition de l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) au Canada.
  • Figure 3. Carte montrant l'habitat essentiel actuel de l'abronie rose à la baie Clo-oose, en Colombie-Britannique.

TABLEAUX

  • Tableau 1. Cotes de conservation attribuées à l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora).
  • Tableau 2. Sommaire des populations d'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) au Canada.
  • Tableau 3. But du rétablissement de l'abronie rose pour les années 2006 à 2025.
  • Tableau 4. Objectifs de rétablissement pour les années 2006 à 2010.
  • Tableau 5. Approches générales visant le rétablissement.

INFORMATION SUR L'ESPÈCE

Nom commun : Abronie rose

Nom scientifique : Abronia umbellata

Sommaire de l'évaluation

Statut du COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Plante herbacée des plages maritimes observée pour la dernière fois dans un seul site le long de la côte ouest de l'île de Vancouver et dont deux populations historiques ont disparu. Le site où se trouvait la dernière population enregistrée est très éloigné des autres petites populations en Oregon. L'espèce est en général observée en petits nombres et tend à subsister dans le lit de germination des plages et des avant-dunes qui lui servent d'habitat, produisant de temps à autre des plantes à fleurs. L'espèce a été observée pour la dernière fois en 2001, plusieurs individus seulement étant présents. On suppose que des graines dormantes peuvent encore persister et produire des plantes reproductrices à une date future. La propagation de graminées ammophiles exotiques a réduit la qualité de ses habitats dans le haut des plages et les avant-dunes, et à un certain nombre de sites se trouvant dans son aire de répartition historique.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2004. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

1 CONTEXTE

1.1 Description

1.1.1 Description de l'espèce

L'espèce

« L'Abronia umbellata est une plante herbacée vivace à grosse racine pivotante s'enfonçant profondément dans le sol. Au Canada, la plante est dotée d'une tige rampante pouvant atteindre 1,5 m de longueur, à rameaux courts et à feuilles opposées, lancéolées [étroites et effilées, comme un fer de lance] à étroitement ovées, épaisses, charnues et densément glanduleuses. Le pétiole mesure 2,5 à 7 cm de longueur. Le limbe est long de 2 à 6 cm et large de 0,8 à 3,5 cm. Les inflorescences sont arrondies et portées par un gros pédoncule de 2 à 4 cm de longueur. Elles regroupent un grand nombre de fleurs à périanthe [ensemble des pétales et autres pièces extérieures de la fleur] soudé en un tube de 6 à 8 mm de longueur, verdâtre à rosâtre, qui s'évase en 5 lobes roses de 5 à 6 mm de largeur. Le fruit est un akène [petit fruit sec renfermant une seule graine] de 10 à 12 mm de longueur, à 3 ou 4 ailes bien développées. Les ailes sont plus larges que le reste du fruit. Chaque akène renferme une seule graine, brune, longue de 3 mm et large de 1,5 mm environ. » (COSEPAC, 2004).

L'Abronia umbellata comprend deux sous-espèces (umbellata et breviflora), mais seule la dernière est présente au Canada (Kaye, 2002; Hitchcock, 1964). Le nom « abronie rose » s'applique en fait à l'ensemble de l'espèce. Dans le cadre du présent programme de rétablissement, il désigne l'Abronia umbellatassp. breviflora.

Populations et répartition

L'abronie rose n'est présente que sur le littoral du Pacifique de l'Amérique du Nord (Figure 1), depuis le centre de l'île de Vancouver jusqu'au centre de la Californie (Kaye, 2002).

Le tableau 1 indique les cotes de conservation attribuées à la sous-espèce breviflora, qui est classée à l'échelle mondiale comme une espèce menacée. Elle a été signalée dans quatre localités du Washington (toutes dans le coin nord-ouest de l'État), mais, n'ayant pas été vue récemment, elle est maintenant classée comme espèce disparue de cet État. En Oregon, Kaye (2003a) signale seize populations qui ont été observées au cours de relevés exhaustifs entre 1998 et 2003, mais treize de ces populations avaient été introduites dans le cadre d'un programme de rétablissement. Entre 1993 et 2003, on a trouvé trois à cinq populations naturelles chaque année. Bien que ses populations soient plus nombreuses en Californie, la sous-espèce a été inscrite sur la liste des espèces préoccupantes par le US Fish and Wildlife Service (Kaye, 2003a). Selon cette inscription, il faudrait des renseignements supplémentaires pour proposer l'inscription sur la liste établie en vertu de l'Endangered Species Act des États Unis (Oregon Natural Heritage Information Center, 2004).

R鰡rtition de l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) en Am鲩que du Nord (selon COSEPAC, 2004).

Figure 1. Répartition de l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) en Amérique du Nord (selon COSEPAC, 2004).

Au Canada, on a déjà signalé des populations d'abronie rose à la baie Clo-oose, à Ahousat et à la baie Pachena (figure 2; tableau 2). Le tableau 2 donne des renseignements plus exacts sur les emplacements que ne le fait le rapport de situation du COSEPAC (2004).

Il est probable que les populations d'Ahousat et de la baie Pachena sont disparues. La première observation de la population de la baie Clo-oose remonte aux environs de 1940. Au cours des quelques années suivantes, on a observé 10 à 12 individus de l'espèce chaque année (Delcie Cox, comm. pers., 2005; Jim Hamilton, comm. pers., 2005). Le rapport de situation du COSEPAC (2004) ne présente pas cette information. Jim Hamilton a signalé la population au BC Conservation Data Centre en 2000, et on a récolté un spécimen (Douglas nº 13339) un peu plus tard cette année-là. On ne sait pas exactement si la population avait existé dans l'intervalle. On a vu deux individus en 2000 et trois en 2001. Malgré des relevés effectués avec soin en 2002, 2003, 2004 et 2005 (Jim Hamilton, comm. pers., 2005; Matt Fairbarns, comm. pers., 2005), on n'a plus revu l'espèce depuis, mais elle persiste peut être sous forme de réservoir de semences local (voir la section 1.1.2).

Tableau 1. Cotes de conservation attribuées à l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora). Sources : NatureServe, 2005; BC Conservation Data Centre, 2005; Washington Natural Heritage Program, 2005; California Department of Fish and Game, Natural Diversity Database, juillet 2005.

Cote à l'échelle mondialeBCWAORCA
G4G5T2S1SXS1S2.11

1La Californie répartit les taxons S2 en sous-catégories, selon la gravité des menaces qui pèsent sur eux. Parmi les taxons S2, ce sont les taxons S2.1 qui sont exposés aux menaces les plus graves.


Carte montrant l'habitat essentiel actuel de l'abronie rose (polygone hachur驠ࠬa baie Clo-oose, en Colombie-Britannique.

Figure 2. Répartition de l'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) au Canada. L'encart indique les populations situées au sud de la baie Barkley. Le cercle représente la population récemment observée (2001) dans la baie Clo-oose, tandis que les triangles représentent les populations historiques d'Ahousat et de la baie Pachena. Cette figure doit remplacer celle du rapport de situation du COSEPAC (2004), qui contenait une erreur quant à l'emplacement de la population d'Ahousat.

Le rapport de situation du COSEPAC (2004) ne fournissait aucune estimation de la zone d'occurrence et de la zone d'occupation. Les trois populations forment un triangle mesurant environ 112 km2, mais environ 30 % du triangle se trouve en haute mer, ce qui laisse une zone d'occurrence historique corrigée d'environ 80 km2. Si on suppose que la population de la baie Clo-oose existe toujours et que les deux autres sont disparues, la zone d'occurrence actuelle n'est que de quelques mètres carrés, puisqu'elle se confond alors avec la zone d'occupation actuelle. On ne connaît pas la zone d'occupation historique. La zone d'occurrence canadienne représente beaucoup moins de 5 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce. En 2001, la zone d'occupation et l'effectif de la population canadienne représentaient beaucoup moins de 1 % de la zone d'occupation et de l'effectif mondiaux de la sous-espèce breviflora.

Tableau 2. Sommaire des populations d'abronie rose (Abronia umbellata ssp. breviflora) au Canada.

Population (régime foncier)Position*Situation et description
ZoneAbscisseOrdonnéeNotes
Baie Clo-oose (Parcs Canada)10U3668875390570±10 m NAD 83Peut-être disparue, vue pour la dernière fois en 2001 (3 individus), subsistant peut-être sous forme de réservoir de semences. Dans les années 1940, on la trouvait dans des endroits isolés, au sud de la rivière Cheewhat, le long des plages de la baie Clo-oose.
Ahousat (inconnu)    Apparemment disparue du pays, non signalée depuis 1915. Aucune estimation de population n'est disponible.
Baie Pachena (Parcs Canada)10U3442805406778± 500 m NAD83Peut-être disparue, non signalée depuis 1927. Aucune estimation de population n'est disponible.
* La position est indiquée par les coordonnées UTM (Universal Transverse Mercator), uniquement dans le cas des terres fédérales.

 

1.1.2 Besoins de l'espèce

Besoins biologiques, rôle écologique et facteurs limitatifs

L'abronie rose ne se reproduit pas par boutures ni par morceaux de plante (Kaye, 1998); la dispersion de l'espèce dépend donc des graines. Même si l'abronie rose peut survivre plus d'une année, les tempêtes d'hiver entraînent tous les ans la perte de plantes établies, car l'habitat n'est pas abrité dans la plupart des stations. Les populations canadiennes se reconstituent par recrutement à partir d'un réservoir de semences local et/ou par dispersion à longue distance à partir de populations du sud. Le réservoir de semences pourrait jouer un rôle particulièrement important dans la persistance des populations. Les graines demeurent viables pendant longtemps en conditions de laboratoire, et les taux de germination demeurent très faibles jusqu'à l'abrasion complète des fruits qui contiennent les graines. On a observé de faibles taux de germination dans le cas des fruits non traités éparpillés le long de plages naturelles. Cependant, contrairement à ce qui est mentionné dans le rapport de situation du COSEPAC (2004), on n'a fait aucune étude semblable avec des graines nettoyées (Kaye, 1999a; Kaye et al., 1998; Kaye, comm. pers., 2005). On ne connaît pas la répartition du réservoir de semences, mais il se peut que les graines soient enfouies sur place (certaines peuvent être profondément enfouies et ne pas germer avant que le sable ne soit déplacé et que leur profondeur d'enfouissement soit ainsi réduite) ou dans des milieux qui ne conviennent pas à la germination, à la croissance et à la maturation, p. ex., dans les dépôts de sables situés au large ou au-dessus de la ligne des marées de tempête (COSEPAC, 2004; comm. pers., Tom Kaye, 2005).

Une population peut être très petite et disparaître et réapparaître régulièrement dans une station donnée (Kaye, 2004), comme cela s'est produit à la baie Clo-oose. Bien que cela puisse résulter du « sauvetage » régulier par transport de graines à partir de populations situées en Oregon, l'apparition de populations aux mêmes endroits de la plage de la baie Clo oose indique que celles-ci sont probablement recrutées à partir du réservoir de semences, et non par immigration à longue distance.

Besoins en matière d'habitat

En Colombie-Britannique, les milieux propices ne se rencontrent que sur les côtes exposées, dans la partie haute des plages de sable, juste en bas de la zone de dépôt des débris flottants, le long de la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l'Ouest (sous-zone hypermaritime très humide, variante du sud). Ces sites en pente douce orientés vers l'ouest sont balayés par les vagues à marée haute et pendant les tempêtes d'hiver. Peu de plantes sont adaptées à ce milieu éphémère exposé à la sécheresse. Seuls quelques pieds épars de caquillier maritime (Cakile maritima), espèce européenne, ont réussi à s'implanter sur la plage de cette région (COSEPAC, 2004; Matt Fairbarns, comm. pers.).

Imper (1987) décrit les milieux constituant l'habitat de l'abronie rose au nord de Big Lagoon, en Californie : plages de sable fin non structuré en sol, sable non stabilisé se déplaçant librement, plage basse et large où il y a 15 à 23 mètres entre la ligne normale des hautes eaux et l'avant-dune, avec une dénivellation de moins de 1,5 à 3 mètres entre la ligne normale des hautes eaux et la base de l'avant-dune, et avant-dune de moins de 2 mètres ayant une façade ondulée plutôt qu'abrupte. On a également remarqué que l'abronie rose semble trouver des conditions optimales près de l'embouchure de petits ruisseaux. Bien qu'elle pousse aussi dans les dunes de sable dans la partie sud de son aire de répartition, il semble qu'elle se limite aux plages de sable (en dessous de l'avant-dune) entre le nord de la Californie et la Colombie Britannique (Tillet, 1967; Wilson, 1972; Imper, 1987; Kaye, 2004).

Les plages de sable convenant à l'espèce ne sont pas communes le long de la côte exposée de Colombie-Britannique. L'abronie rose a déjà été signalée sur trois plages, et plusieurs autres plages sont susceptibles d'abriter l'espèce puisqu'elles abritent ou ont déjà abrité l'abronie à feuilles larges (Abronia latifolia), dont les exigences en matière d'habitat sont semblables à celles de l'abronie rose. Bien que l'habitat de l'abronie rose soit peu commun dans la région, ce n'est pas un facteur qui limite son rétablissement.

Les zones situées en haut de la ligne des marées de tempête et les dépôts de sable situés au large jouent peut-être un rôle important en stockant les graines et en les libérant pendant les tempêtes. Les tempêtes d'hiver pourraient quant à elles exposer les graines profondément enfouies, limiter l'établissement d'une végétation concurrente et créer des conditions propices à la germination (Kaye, 2002; COSEPAC, 2004; Matt Fairbarns, comm. pers.).

Résidence

Aux termes de la LEP, la résidence est le : « Gîte – terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable – occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l'élevage, les haltes migratoires, l'hivernage, l'alimentation ou l'hibernation. »

Comme l'abronie rose n'utilise pas de résidence assimilable à un nid ou à une tanière, elle ne remplit pas les conditions exigées par la LEP pour posséder une résidence. Il n'y a donc pas lieu d'accorder à l'espèce une protection juridique à cet égard, outre celle déjà conférée à la plante et à son habitat essentiel.

1.2 Menaces

1.2.1 Menace 1 : Effondrement démographique

La principale menace apparente vient de la petite taille de la population, qui l'expose aux phénomènes stochastiques et à l'effondrement démographique (la population peut devenir trop petite pour se suffire). Il n'est pas certain que le réservoir de semences renferme suffisamment de graines pour perpétuer la population, d'autant plus qu'il n'y a aucune production de graines depuis plusieurs années.

1.2.2 Menace 2 : Activités récréatives

La population de la baie Clo-oose se trouve le long du sentier de la Côte-Ouest, et de nombreux randonneurs se rendent à la plage pendant les mois d'été (Matt Fairbarns, obs. pers.). Ces randonneurs peuvent nuire directement à l'abronie rose en la piétinant ou en s'y frottant quand ils se promènent, campent ou ramassent du bois de chauffage. D'autre part, ils peuvent abîmer les plantes en cueillant leurs jolies fleurs. Suite à l'examen de publications et à des discussions avec Jim Hamilton (Matt Fairbarns, comm. pers., 2005), nous avons décidé d'attribuer à la menace émanant des activités récréatives une cote de gravité plus élevée que celle proposée initialement dans le rapport de situation du COSEPAC (2004).

1.2.3 Menace 3 : Tempêtes d'hiver

Les tempêtes d'hiver constituent à la fois une menace pour les individus et un processus indispensable au maintien de l'habitat. Du fait que les plages de sable constituant l'habitat de l'abronie rose sont normalement érodées par les marées hautes et les tempêtes d'hiver, il n'y a donc pratiquement pas de plantes qui survivent à l'hiver dans cette zone. Ces tempêtes modifient aussi la morphologie des dunes et des plages de sable, ce qui modifie la disponibilité de milieux convenant à la germination et ramène peut-être plus près de la surface les graines enfouies (Tom Kaye, comm. pers., 2005). Il est probable que les processus géomorphologiques naturels du littoral associés aux tempêtes d'hiver restaurent tous les ans des milieux propices à la germination.

1.2.4 Menace 4 : Augmentation de l'accumulation de billes

L'impact des tempêtes d'hiver peut être aggravé par la quantité élevée de bois flotté (résultant de la récolte forestière et de l'utilisation d'une estacade flottante le long de la côte), qui entraîne une érosion accrue des plages et occupe des zones de croissance potentielles. Le bois flotté modifie aussi le déplacement du sable dans l'écosystème, et le dépôt accru de bois par suite de l'activité humaine risque d'éliminer l'habitat de l'abronie rose. La station de la baie Clo-oose subit déjà des changements anthropiques associés aux billes. Il faudra faire d'autres recherches pour déterminer l'effet global du dépôt accru de billes sur l'habitat de l'abronie rose.

1.2.5 Menace 5 : Ammophiles et autres espèces envahissantes

Le rapport de situation du COSEPAC (2004) mentionne que la principale menace pour la survie de l'abronie rose vient des espèces envahissantes telles que les ammophiles (Ammophila arenaria et A. breviligulata). Ces graminées robustes modifient la dynamique des dunes et, selon le rapport de situation, peuvent envahir le haut des plages de sable, habitat naturel de l'abronie rose à la baie Clo-oose (COSEPAC, 2004). En Oregon, l'abondance des ammophiles présente une corrélation avec la diminution du taux de reproduction et de la taille de l'abronie rose (Kaye, 2004). On ne trouve pas ces graminées à la baie Clo-oose à l'heure actuelle, mais elles pourraient constituer une menace considérable à long terme parce qu'elles sont présentes à proximité sur la côte et peuvent se disperser à longue distance. Toutefois, on a avancé que les stations de la baie Clo-oose et de la baie Pachena ne sont pas propices aux ammophiles et ne sont donc pas menacées par ces graminées (Nick Page, comm. pers., 2005). Les ammophiles menacent aussi la survie de l'abronie rose parce qu'elles occupent probablement des habitats de dispersion potentiels et les rendent ainsi non disponibles à l'espèce. Cependant, les menaces précédentes sont plus immédiates.

1.3 Habitat essentiel

1.3.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Nous proposons la désignation d'un habitat essentiel conformément au but du rétablissement (section 2). Aux fins du présent programme de rétablissement, nous avons choisi de limiter cette désignation aux milieux déjà occupés par l'espèce qui sont requis pour la survie de la seule population vraisemblablement encore existante. Dans le plan d'action à venir, on peut s'attendre à ce que soient proposées des superficies supplémentaires d'habitat essentiel, à la fois nécessaires et suffisantes pour le rétablissement de l'espèce. Ces superficies pourront comprendre les milieux nécessaires à une expansion de la population de la baie Clo-oose ainsi qu'au rétablissement ou au remplacement de deux autres populations le long de la côte ouest de l'île de Vancouver, dans le cas où aucune autre population naturellement présente ne serait repérée au moyen des relevés en cours. La population de la baie Pachena a été observée pour la dernière fois en 1927, et il est possible que son emplacement ne présente plus des conditions idéales pour une restauration. Des sites idéals de restauration seront proposés lorsque les relevés de terrain seront terminés, si jamais une telle restauration s'avérait nécessaire.

On a observé des plantes appartenant à la population de la baie Clo-oose le long du haut de la plage depuis un point situé au sud de la réserve indienne Cheewhat 4a jusqu'à l'extrémité sud de cette plage (Jim Hamilton, comm. pers., 2005); il s'agit de l'aire centrale essentielle à la survie de la population. La zone de marées de tempête qui se trouve au-dessus du haut de la plage ainsi que le bas de plage et les eaux peu profondes sont aussi essentiels à la survie de l'espèce, en raison du rôle que ces zones jouent dans la dynamique des plages. La section 1.1.2 présente en détail d'autres besoins en matière d'habitat. D'après les besoins mentionnés ci dessus et l'avis d'experts, il l'habitat essentiel, à la baie Clo-oose, est constitué de la plage de sable située au sud de la réserve indienne Cheewhat 4a, depuis le point de la ligne des hautes eaux se trouvant le plus près de 10U 366858 5390607 jusqu'au point de la ligne des hautes eaux se trouvant le plus près de 366899 5390564, sur une largeur de 40 mètres vers la mer (voir la figure 3 et le tableau 2 pour les coordonnées UTM). De plus, nous recommandons le maintien d'une zone tampon de 30 mètres vers l'intérieur de terres, à partir de la ligne des hautes eaux, entre les deux points précités. Les experts ont proposé cette zone tampon pour protéger le haut de la plage, le bas de la plage et la zone de mer peu profonde contre les activités qui pourrait détruire l'habitat essentiel (Matt Fairbarns, comm. pers., 2005).

À l'heure actuelle, l'habitat essentiel proposé N'EST PAS suffisant pour le rétablissement de l'espèce. Tant qu'on n'identifiera pas de lieux propices, on ne pourra pas définir l'habitat essentiel au rétablissement d'autres populations. Il faudra effectuer d'autres recherches dans le but de définir l'habitat essentiel de manière complète. Ces recherches sont décrites dans le calendrier des études ci-dessous (1.3.4).

1.3.2 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

Les activités susceptible de détruire l'habitat essentiel de l'espèce dans sa station de la baie Clo-oose sont les activités récréatives (utilisation des aires de fréquentation diurne, randonnée pédestre, camping, utilisation de véhicules hors-piste, feux de camp) et l'introduction de plantes exotiques envahissantes et notamment de graminées telles que l'Ammophila arenaria et l'A. breviligulata). Les activités récréatives provoquent une perturbation additionnelle qui risque fortement d'augmenter la mortalité de l'abronie rose et d'ainsi nuire à sa survie dans un milieu déjà difficile. Les plantes exotiques peuvent occuper directement l'habitat de l'abronie rose et/ou modifier le déplacement du sable. Or, on sait que toute activité modifiant le déplacement du sable peut avoir de profondes répercussions pour la morphologie des plages, au point d'en éliminer certains caractères qui sont nécessaires à l'abronie rose (voir la section 1.1.2). L'aménagement d'infrastructures sur la plage (brise-lames, murs de protection, quais, installations d'extraction de sable, etc.) aurait aussi sans doute pour effet de détruire l'habitat essentiel de l'abronie rose, mais ce genre d'activité risque peu d'avoir lieu dans la réserve de parc national de Pacific Rim. On ne pourra pas déterminer quelles activités précises menacent les milieux requis pour le rétablissement de l'espèce avant d'avoir défini cet habitat.

Carte montrant l'habitat essentiel actuel de l'abronie rose (polygone hachur驠ࠬa baie Clo-oose, en Colombie-Britannique.

Figure 3. Carte montrant l'habitat essentiel actuel de l'abronie rose (polygone hachuré) à la baie Clo-oose, en Colombie-Britannique.

  • Legend = Légende
  • Trail = Sentier
  • Water = Ligne des hautes eaux
  • Contour = Courbe de niveau
  • Pink Sand Verbena = Habitat essentiel

1.3.3 Approches existantes et recommandées en matière de protection de l'habitat

L'habitat existant à la baie Clo-oose se trouve dans la réserve de parc national Pacific Rim et est protégé par des dispositions de la Loi sur les parcs nationaux du Canada(L.C. 2000, ch. 32) et de la Loi sur les espèces en péril.

1.3.4 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Cartographie des milieux propices
Il faudra dresser une carte des plages de la côte ouest de l'île de Vancouver, entre Port Renfrew et Estevan Point, et évaluer ces plages sur le terrain afin de déterminer si elles pourraient convenir comme lieux de rétablissement. Date d'achèvement : 2008.

Relevés
À la fin août ou au début septembre, il faudra effectuer des relevés dans les localités convenant à la recherche de populations non répertoriées. Il ne suffit pas de faire un relevé une seule année dans une localité donnée, car il peut arriver qu'aucune graine ne germe et qu'aucune plante ne pousse pendant plusieurs années de suite. Par conséquent, il faudra effectuer des relevés dans toutes les stations potentielles pendant au moins trois années non consécutives, entre 2006 et 2010. Si l'on trouve des populations que l'on n'avait pas vues auparavant, il faudra définir l'habitat essentiel de chacune.

Suivi
Il faudra effectuer chaque année, en août ou au début septembre, un suivi stratégique de station de la baie Clo-oose et d'autres stations éventuelles, en vue d'y confirmer la présence de l'espèce.

Chacune des mesures précitées pourra être intégrée à un plan d'action à venir.

1.4 Mesures achevées ou en cours

Depuis plusieurs années, l'Institute for Applied Ecology (Corvallis, Oregon) mène des études sur la biologie de l'abronie rose sur la côte de l'Oregon. On y a fait des recherches sur plusieurs aspects de la biologie de conservation de la plante, notamment sur la diversité génétique des populations naturelles, les mécanismes de dormance, les techniques de multiplication et la réintroduction (Braun, 1991; Karoly, 2001; Kaye, 1995, 1996, 1998, 1999a, 1999b, 2000, 2001, 2002, 2003a, 2003b, 2004; Kaye et al., 1999; McGlaughlin, 1999; McGlaughlin et al., 2002).

En 2001, on a récolté des graines de l'espèce à la baie Clo-oose, et on les a mises de côté aux fins de conservation du matériel génétique et d'études expérimentales. Certaines semences sont entre les mains de Jim Hamilton, résident de Clo-oose. D'autres, récoltées par George Douglas, sont conservées au Centre de foresterie du Pacifique, à Victoria, en Colombie Britannique. On a utilisé dans certaines localités des graines récoltées à la baie Clo oose, dans le cadre d'études visant à mettre à l'essai des techniques de multiplication, mais toutes les plantes obtenues sont mortes sans fleurir. Lors d'une étude, les graines ont germé dans des fûts de 20 gallons remplis de sable, mais les plantes n'ont pas fleuri. Lors d'une seconde expérience, on a semé les graines dans un sillon peu profond, mais l'essai fut interrompu par des randonneurs, qui ramassaient les marqueurs en bois pour allumer des feux ou piétinaient le site d'essai (Jim Hamilton, comm. pers., 2005). Une petite quantité de semences ont été envoyées à des chercheurs en Oregon et semées dans des pots de 2 gallons remplis de gros sable, dans le cadre d'une expérience de jardinage commune avec des plantes indigènes d'Oregon; l'abronie rose a bien poussé et fleuri dans ce cas (Tom Kaye, comm. pers., 2006).

Depuis 1999, la station de la baie Clo-oose fait l'objet d'un suivi annuel.

1.5 Lacunes dans les connaissances

On ne sait pas s'il existe un réservoir de semences enfoui à la baie Clo-oose.

On manque d'information sur la façon d'utiliser la petite quantité de semences récoltées à la baie pour restaurer ou augmenter la population locale. Il faudra d'autres renseignements sur la quantité de graines nécessaire à la multiplication aux fins de réintroduction. D'autre part, on a peu d'expérience appliquée sur l'aménagement de « jardins de multiplication » in situ qui permettraient d'accumuler des réserves de semences.

Les techniques de réintroduction élaborées en Oregon par l'Institute for Applied Ecology n'ont pas été mises à l'essai sur la côte ouest de l'île de Vancouver.

Il n'existe aucune description des caractéristiques démographiques et phénologiques des populations d'abronie rose canadiennes, ni des facteurs sous-jacents. Par exemple, on ne sait pas quel rôle ont joué les introductions (production de graines sur place, graines provenant d'autres populations) et les sorties (transport vers l'extérieur, déclin de la viabilité naturelle avec le temps).

On ne sait pas s'il reste des populations à Pachena et à Ahousat ou s'il y en a ailleurs dans l'île de Vancouver. Les relevés effectués dans le passé ne suffisent pas, si l'on tient compte du fait que les populations de ce taxon sont souvent très petites et peuvent demeurer dormantes pendant plusieurs années sous forme de réservoir de semences. S'il existe de tels réservoirs enfouis dans une de ces stations ou dans les deux, il faudra les rétablir à l'aide de matériel génétique indigène plutôt que de semences provenant d'ailleurs.

Il faudra mener d'autres recherches afin de comprendre les répercussions des dépôts de billes et des ammophiles envahissantes pour l'abronie rose et son habitat.

2 RÉTABLISSEMENT

2.1 Caractère réalisable du rétablissement

Il existe des lacunes considérables dans les connaissances sur cette espèce. Cependant, les décisions prises dans le cadre du rétablissement doivent tenir compte de la conservation de la biodiversité et du principe selon lequel le manque de certitude scientifique ne doit pas être prétexte à retarder la prise de mesures efficientes pour prévenir la disparition ou la décroissance de l'espèce, si elle est menacée d'atteinte grave ou irréversible (selon l'article 38 de la LEP). La survie de l'espèce peut exiger qu'on intervienne en tenant pour acquis que l'activité humaine a eu sur elle des effets négatifs qu'il faut maintenant atténuer pour perpétuer sa présence au Canada. En agissant autrement, on risque la perte évitable d'une composante de la biodiversité canadienne.

Pour déterminer si le rétablissement est réalisable, nous avons tenu compte de quatre critères :

  • Y a-t-il actuellement des individus reproducteurs permettant d'augmenter le taux de croissance de la population ou son effectif? Il est possible que la population de la baie Clo-oose existe à l'état de réservoir de semences. Si ce n'est pas le cas, nous avons des graines qui ont été récoltées sur le site en 2001. En dernier recours, il existe des populations en santé aux États-Unis, dont les graines seraient probablement viables au Canada. Après avoir obtenu des semences qui conviennent, on pourrait faire pousser les plantes en milieu contrôlé et réussir à les transplanter dans la nature lorsqu'elles seront en mesure de se reproduire et d'établir une population (Kaye, 2003b).
  • Existe-t-il suffisamment d'habitat pouvant abriter l'espèce, ou peut-on en créer par des mesures d'aménagement ou de restauration? À la baie Clo-oose et à la baie Pachena, l'habitat est relativement intact, et il y a plusieurs autres plages entre Port Renfrew et Estevan Point qui semblent offrir un milieu propice. Les plages où se sont installées des graminées envahissantes peuvent être restaurées grâce à des mesures de rétablissement (Pickart, 1997).
  • Les menaces appréciables pesant sur l'espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées grâce à des mesures de rétablissement? Aucune menace pesant sur l'espèce et son habitat n'est inévitable ou empêche le rétablissement.
  • Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles, et leur efficacité a-t-elle été démontrée? On a mis à l'essai des techniques de rétablissement en Oregon (Kaye, 2003a,b), et on pourrait réussir à les adapter aux stations canadiennes.

Selon les critères ci-dessus énoncés dans la Politique sur le caractère réalisable du rétablissement(Environnement Canada et al., 2005), le rétablissement peut donc être considéré comme réalisable.

2.2 But, objectifs et approches correspondantes du rétablissement

2.2.1 But du rétablissement

Le but du rétablissement à long terme (pour les vingt prochaines années) est réparti en plusieurs volets dans le tableau 3. Ce but vise à réduire la probabilité de voir le taxon disparaître du pays, en assurant un approvisionnement annuel du réservoir de semences permettant aux individus de survivre entre les épisodes de germination. Il est peu probable que l'atteinte de ce but aboutisse à l'inscription de l'espèce dans une catégorie de moindre risque, parce qu'il n'existe aucune preuve historique que la population canadienne ait jamais dépassé le seuil d'effectif le plus bas utilisé par le COSEPAC pour la détermination du statut (250 individus matures). Cependant, l'atteinte du but du rétablissement assurera la stabilité à long terme de l'effectif à son niveau historique, dont on peut présumer qu'il a toujours été faible.

Tableau 3. But du rétablissement de l'abronie rose pour les années 2007 à 2026.

Critères du COSEPAC2TermeVoletBut du rétablissement
B1, B1aLong terme (vingt ans)1Conserver l'abronie rose dans toute son aire de répartition historique canadienne, dont la population actuelle de la baie Clo-oose et au moins deux autres populations, à introduire ou réintroduire d'ici 2015 dans l'aire de répartition historique ou à proximité.
B1aCourt terme (cinq ans)2Protéger la population existante à la baie Clo-oose.
D1Long terme (vingt ans)3Protéger toutes les populations existantes et les gérer de façon que leur effectif ne tombe pas à un niveau inférieur à celui d'une population viable.
D1Court terme (cinq ans)4S'assurer que la population de la baie Clo-oose ait au moins l'effectif minimal d'une population viable.

2 Il s'agit des critères employés par le COSEPAC pour évaluer dans quelle mesure l'espèce risque de disparaître entièrement ou de disparaître du pays. On trouvera une explication de ces critères dans le site web du COSEPAC (www.cosepac.gc.ca).

2.2.2 Objectifs de rétablissement (effectif et répartition)

Le tableau 4 présente les objectifs de rétablissement de l'abronie rose pour les cinq prochaines années.

Tableau 4. Objectifs de rétablissement pour les années 2007 à 2011.

ObjectifBut (volets visés)MenacesCritères d'évaluation du COSEPAC
1. Faire pousser des plantes à partir d'une source de semences génétiquement appropriée et les introduire dans la nature à la baie Clo-oose.2, 4Effondrement démographiqueB1a
D1
2. Atténuer les menaces pesant sur l'habitat et la survie à la baie Clo-oose en enlevant les billes qui se sont échouées sur les plages en provenance des exploitations forestières de la côte ouest.2, 4Augmentation de l'accumulation de billesB1a
D1
3. Sensibiliser le public à l'existence et à la valeur de conservation de l'abronie rose, des espèces en péril associées et des dunes constituant leur habitat.1, 2, 3, 4Activités récréativesB1
B1a
D1
4. Assurer la protection permanente (juridique ou par intendance) de l'habitat des populations historiques.1, 3Effondrement démographiqueB1
B1a
D1
5. Faire participer à la protection de l'habitat tous les propriétaires fonciers concernés.1, 2, 3, 4Effondrement démographiqueB1
B1a
D1
6. Repérer et classer 5 à 10 milieux de rétablissement potentiels (translocation).1, 3Effondrement démographiqueB1
B1a
D1
7. Restaurer les conditions de fonctionnement de l'habitat à l'intérieur ou à proximité des milieux proposés pour des populations restaurées ou nouvelles.1, 3Augmentation de l'accumulation de billes Effondrement démographique Espèces envahissantesB1
B1a
D1

2.2.3 Justification du but et des objectifs

Il existe des lacunes considérables dans les connaissances sur cette espèce, et il n'y a pas suffisamment de renseignements pour établir les caractéristiques précises de la dynamique de sa population. En particulier, on ne sait pas ce dont la population a besoin pour être viable à long terme (Matt Fairbarns, comm. pers., 2005). L'hypothèse la plus sûre est celle selon laquelle la population était stable avant l'activité humaine, qui a réduit l'approvisionnement du réservoir de semences (production locale ou transport à longue distance). Il semble peu probable que l'activité humaine ait pu affecter considérablement la sortie de semences (diminution de la viabilité et transport à l'extérieur de la station). Si cette hypothèse est juste, une intervention immédiate pourrait sauver l'espèce au Canada. Si elle ne l'est pas, les coûts environnementaux de l'augmentation de la quantité de semences dans un environnement qui n'est pas propice localement semblent négligeables. L'autre hypothèse est celle selon laquelle le déclin de la population s'est fait naturellement (pour des raisons autres que l'intervention humaine) et qu'on ne devrait rien faire pour venir en aide à l'espèce. En agissant selon cette hypothèse, on risque de laisser les activités humaines causer la perte d'une composante de la biodiversité canadienne, laquelle perte aurait pu être évitée. La première hypothèse semble donc comporter le moins de risques.

Selon l'hypothèse la plus sûre mentionnée ci-dessus, l'abronie rose devrait être la cible d'interventions de rétablissement visant à augmenter l'approvisionnement en semences. Une hypothèse supplémentaire, selon laquelle il existe un réservoir de semences, permet quant à elle de réduire au minimum le risque d'introduire des gènes étrangers dans une population adaptée localement. Selon cette hypothèse, on ne devrait utiliser pour la restauration que la source de semences qui convient le mieux du point de vue génétique -- c'est-à-dire utiliser d'abord les semences locales, puis, s'il n'y en a pas assez, les semences dont les gènes sont les plus semblables.

Au moment de l'estimation des effectifs dans le contexte de la viabilité, il faut tenir compte des individus qui se trouvent dans le réservoir de semences. Il se peut que l'espèce forme des populations viables dont la plupart des individus se trouvent dans un tel réservoir, réapprovisionné par reproduction périodique (Matt Fairbarns, comm. pers., 2005). Dans ce cas (selon les taux d'approvisionnement et de sortie du réservoir de semences), un nombre relativement petit de plantes matures peut constituer une population viable.

Le présent programme de rétablissement propose une intervention immédiate accompagnée d'études démographiques visant à déterminer les facteurs influant sur les taux de recrutement, les taux de survie des plantes et des éléments de plantes (fleurs, tiges florifères, fruits, etc.) ainsi que les taux d'approvisionnement et de sortie (par séquestration à long terme, germination ou mortalité) du réservoir de semences. Ces renseignements devraient permettre de préciser le but du rétablissement au cours des dernières étapes du processus.

2.2.4 Approches générales contre les menaces

Le tableau 5 présente les approches générales proposées pour le rétablissement de l'abronie rose.

Tableau 5. Approches générales visant le rétablissement

PrioritéObjectifsApproche généraleMenaces viséesMesures proposéesRésultats attendus ou cibles
Urgent1Conservation des gènesEffondrement démographique

Améliorer les conditions d'entreposage des semences récoltées à la baie Clo-oose.

Établir un programme de multiplication des semences entreposées.

Régulariser les questions entourant la récolte et l'entreposage légal des semences.

Source de semences adaptées localement.
Urgent1Augmentation de la populationEffondrement démographique

Dans un cadre expérimental, mettre à l'essai des techniques visant à augmenter la population de la baie Clo-oose en repiquant des plantes dérivées de semences adaptées localement.

Établir un programme de repiquage régulier à la baie Clo oose.

Faire des études démographiques à la baie Clo-oose.

Restauration de la population de la baie Clo-oose.

Identification des facteurs limitatifs de la population.

Urgent3Vulgarisation et sensibilisation du publicActivités récréatives

Établir un programme d'interprétation à la station de la baie Clo-oose, afin d'éviter les effets négatifs causés involontairement par les randonneurs.

Envisager de clôturer temporairement, pendant la saison de randonnée, les aires exposées aux activités récréatives.

Meilleures conditions de survie.
Priorité élevée1,8SuiviToutes

Faire un suivi annuel de la population et de l'habitat essentiel de la baie Clo-oose.

Inviter le public à signaler les plantes observées (grâce aux programmes d'interprétation).

Identification des menaces et détermination des tendances de la population.
Priorité élevée6, 8RelevésEffondrement démographique

Évaluer si les plages situées entre Estevan Point et Port Renfrew (y compris les stations historiques) conviennent comme habitat.

Faire un relevé annuel des plages qui conviennent, pendant cinq ans (2006 à 2011). Inviter le public à signaler les plantes observées (grâce aux programmes d'interprétation).

Identification et délimitation de sites en vue d'établir ou de rétablir des populations.

Découverte de populations passées inaperçues.

Priorité élevée2, 7Intendance de l'habitatAugmentation de l'accumulation de billes de boisEnlever de la station de la baie Clo-oose les billes laissées par l'exploitation forestière.Meilleures conditions d'habitat à la baie Clo-oose.
Priorité élevée2, 7Intendance de l'habitat

Augmentation de l'accumulation de billes

Activités récréatives

Espèces envahissantes

Enlever les billes (laissées par l'exploitation forestière) des sites de translocation potentiels, s'il y a lieu.

Lors de la translocation, mettre en place un programme d'interprétation dans les sites afin d'éviter les effets négatifs causés involontairement par les amateurs d'activités récréatives.

Détruire les graminées envahissantes dans les sites de translocation potentiels, s'il y a lieu.

Assurer un suivi en vue d'une gestion adaptive.

Meilleures conditions d'habitat et réduction du piétinement dans les sites de translocation potentiels.
Priorité élevée4, 5Sécurisation de l'habitatEffondrement démographique

Déterminer la position probable des populations disparues de la baie Pachena et d'Ahousat et évaluer la pertinence d'une restauration.

Mettre sur pied des programmes de sensibilisation pour contacter les propriétaires fonciers au sujet de sites de translocation potentiels.

Si le milieu semble propice, communiquer avec les propriétaires fonciers et discuter des questions concernant la restauration des populations disparues.

S'il y a lieu, sécuriser les stations historiques à l'aide de mécanismes de protection.

Si l'habitat des stations historiques ne convient plus, sécuriser d'autres sites en vue d'y implanter des populations.

Trousse de sensibilisation destinée aux propriétaires fonciers.

Sécuriser des sites pour les programmes de translocation.

2.2.5 Effets sur les espèces non ciblées

On ne rencontre aucune autre plante indigène dans le milieu littoral occupé par la population de la baie Clo-oose, et ce petit secteur ne semble pas jouer un rôle important pour des espèces vertébrées. Par conséquent, les approches proposées dans le tableau 5 n'affecteront pas de façon considérable ni directe les populations actuelles de plantes indigènes ou de vertébrés.

Le retrait des billes résultant des activités humaines restaurera vraisemblablement les processus naturels de la géomorphologie des plages et de la succession littorale. En particulier, le retrait de ces billes pourrait entraver ou inverser la stabilisation non naturelle des systèmes littoraux. Or, un certain nombre d'espèces des milieux sableux ouverts inscrites sur la liste bleue du Centre de données sur la conservation de la Colombie Britannique poussent à proximité des populations d'abronie rose. À la baie Clo oose, on rencontre des populations de gléhnie à fruits lisses (Glehnia littoralis ssp. leiocarpa), de renouée paronyque (Polygonum paronychia) et de liseron des dunes (Convolvulus soldanella), sur les dunes et les crêtes des arrière-plages. L'abronie à feuilles larges (Abronia latifolia) est une autre plante inscrite sur la liste bleue qu'on trouvait en abondance sur les arrière-plages de la baie Clo-oose, mais qu'on n'a pas vue depuis environ 1995 (Jim Hamilton, comm. pers., 2005). La dune d'arrière-plage où on trouvait le plus en abondance la gléhnie à fruits lisses, le liseron des dunes et la renouée paronyque (et où on a vu l'abronie à feuilles larges pour la dernière fois) a été stabilisée par une bande de forêt qui a poussé sur les débris d'exploitation forestière de la partie basse de l'arrière-plage et qui protège aujourd'hui la dune des vents de l'océan. On pourrait arrêter ou inverser la stabilisation des dunes en enlevant ces débris et la bande de forêt. Les espèces inscrites sur la liste bleue mentionnées ci-dessus en profiteraient, et cela pourrait mener au rétablissement de l'abronie à feuilles larges, si elle possède encore un réservoir de semences enfoui dans le sol.

On rencontre aussi l'abronie à feuilles larges à la baie Pachena, mais cette population est très petite, et son effectif a diminué par suite des activités récréatives. À la baie Pachena, les mesures de rétablissement visant la restauration de la population d'abronie rose disparue pourraient aussi profiter à la population en déclin d'abronie à feuilles larges.

Les activités de vulgarisation et de sensibilisation feront davantage apprécier du public les écosystèmes dunaires de la côte ouest de l'île de Vancouver et certaines des espèces rares qui s'y trouvent.

2.2.6 Évaluation

L'ensemble des approches de rétablissement décrites dans le présent programme seront évaluées à l'aide d'un suivi régulier de l'abronie rose et de son habitat. On a établi des niveaux cibles pour l'espèce en termes de zone d'occupation et de persistance (tableau 3). Ces cibles serviront à mesurer les progrès réalisés. On examinera le programme de rétablissement dans cinq ans afin de comparer les progrès réalisés aux objectifs fixés et de déterminer si d'autres approches et des changements sont nécessaires. Les mesures de rendement suivantes pourront aussi servir à évaluer les progrès du rétablissement :

  • Régularisation des désignations d'habitat essentiel dans le cadre d'un plan d'action de rétablissement;
  • Nombre de mesures de protection établies pour l'habitat essentiel;
  • Nombre de lacunes dans les connaissances comblées;
  • Priorisation adéquate des sites à sécuriser;
  • Nombre de sites à priorité élevée protégés par des conventions d'acquisition ou de conservation;
  • Désignation de l'espèce comme espèce en péril en vertu de la loi provinciale Wildlife Amendment Act (S.B.C. 1999, c. 24);
  • Production et diffusion d'une certaine quantité de matériel de vulgarisation et de sensibilisation sur l'abronie rose;
  • Nombre de sites ayant des plans de gestion appropriés mis en place;
  • Création d'un programme d'entreposage de semences ex situ;
  • Création d'un guide sur la réintroduction et la translocation de l'abronie rose;
  • Nombre de protocoles et de meilleures pratiques de gestion élaborés et diffusés;
  • Nombre de sites sécurisés et améliorés grâce à une lutte contre les espèces envahissantes et à d'autres activités de restauration;
  • Établissement d'un programme de multiplication des semences

2.2.7 Approche recommandée pour le rétablissement

L'Équipe de rétablissement doit favoriser la participation de ses membres à l'équipe qui gère le rétablissement de ce taxon aux États-Unis ainsi qu'à la ou les équipes qui seront mises en place pour le rétablissement d'autres espèces rares du littoral sablonneux de l'île de Vancouver, notamment la noctuelle de l'abronie (Copablepharon fuscum) et l'onagre à fruits tordus (Camissonia contorta). Malgré les avantages évidents d'une telle participation croisée à ces équipes, c'est une approche fondée sur une seule espèce qui convient le mieux au rétablissement de l'abronie rose, car elle facilite l'élaboration et la mise en œuvre de plans de rétablissement sans pour autant causer des conflits avec les activités de rétablissement visant les deux espèces susmentionnées, puisque l'abronie rose ne pousse pas en compagnie de celles-ci.

Le Plan d'action de rétablissement proposé pour l'abronie rose sera affiché dans le Registre Public d'ici juillet 2009.

3 OUVRAGES CITÉS

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