Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L'aiguillat commun Squalus acanthias Population de l'Atlantique au Canada – 2010

Table des matières

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Liste des tableaux


Information sur le document

L'aiguillat commun Squalus acanthias

Illustration d’un aiguillat commun (Squalus acanthias).

Préoccupante – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'aiguillat commun (Squalus acanthias), population de l'Atlantique, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 60 p.

Note de production :
Le COSEPAC aimerait remercier Steven Campana, Gordon (Sandy) McFarlane et Jacquelynne King qui ont rédigé le rapport de situation préliminaire sur l'aiguillat commun (Squalus acanthias) et Scott Wallace qui a rédigé le rapport de situation provisoire. Ces rapports ont été rédigés en vertu d'un contrat avec Environnement Canada et ont été supervisées par Howard Powles et Paul Bentzen, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC, avec l'aide de David Kulka, membre du Sous–comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s  Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Spiny Dogfish Squalusacanthias, Atlantic population, in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Aiguillat commun -- Hart, J.L. 1973. Pacific fishes of Canada, Fisheries Research Board of Canada Bulletin 180, 740 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/604–2010F–PDF
ISBN 978–1–100–94796–9

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Aiguillat commun – population de l'Atlantique

Nom scientifique
Squalus acanthias

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Ce petit requin est largement réparti dans les régions océaniques tempérées du monde et semble être une espèce généraliste en matière d’habitat. La population de l’Atlantique est présente du Labrador au cap Hatteras. Dans les eaux canadiennes, l’espèce est plus abondante dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. En moyenne, les femelles donnent naissance à six petits tous les deux ans. La période de gestation, une des plus longues connues chez les vertébrés, dure de 18 à 24 mois. L’espèce compte peu de prédateurs naturels, mais la pêche ciblée et les prises accessoires constituent des facteurs importants de mortalité. L’espèce demeure relativement abondante dans les eaux canadiennes, mais sa faible fécondité, sa longue durée de génération (23 ans), sa vulnérabilité à la surpêche démontrée dans les eaux adjacentes des États–Unis et l’incertitude entourant l’abondance de femelles matures constituent des sources de préoccupations.

Répartition
Océan Atlantique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 2010.

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COSEPAC - Résumé

Aiguillat commun Squalus acanthias

Population de l'Atlantique

Information sur l'espèce

L'aiguillat commun (Squalus acanthias) est un petit requin facilement identifiable dont les deux nageoires dorsales sont chacune précédées d'une épine. Il est généralement gris brunâtre avec des taches blanches irrégulières sur les flancs et le dos. Dans la partie nord–est de l'Atlantique, l'espèce est communément appelée aiguillat. En anglais, cette espèce est appelée Spiny Dogfish. Le présent rapport traite de la population de l'océan Atlantique, reconnue comme une unité désignable (UD). L'UD du Pacifique sera traitée dans un rapport distinct.

Répartition

L'aiguillat communest présent sur le plateau continental à l'échelle mondiale, du milieu intertidal au talus continental, tant dans les eaux tempérées que boréales. Dans le nord–ouest de l'Atlantique, c’est entre la Nouvelle–Écosse et le cap Hatteras (Caroline du Nord), que l’espèce est la plus abondante. Il semble que la population du Canada atlantique soit composée d’individus en migration et de résidents.

Habitat

L’importante répartition de l’espèce au plan géographique et en profondeur indique qu’elle peut survivre dans plusieurs milieux différents. L'aiguillat commun a été aperçu tant dans des eaux de surface qu’à 730 m de profondeur, et aussi dans des zones intertidales, jusqu’à très loin du littoral. Il se retourve généralement là où la température de l’eau varie de 5 à 15 °C et il peut tolérer des eaux de salinité très variable, y compris celles des estuaires. Les travaux de recherche ont permis de constater une certaine ségrégation en fonction de la taille et du sexe, ce qui pourrait être le résultat de préférences relatives à l'habitat. De même, il y a un déplacement saisonnier caractérisant la répartition qui semble être dicté par une préférence de température. L'habitat, au sens structurel, n'est pas perçu comme étant un facteur influençant les tendances de la population. Il n'y a aucune mesure de protection de l'habitat qui vise à protéger spécifiquement l'aiguillat commun.

Biologie

L'aiguillat commun s'accouple pendant l'automne et le début de l'hiver et il a une fécondation interne. Après une gestation de 18 à 24 mois, environ six petits naissent vivants pendant l'hiver. La croissance est lente et varie entre les mâles et les femelles, les femelles atteignant leur maturité sexuelle plus tard et leur taille étant plus grande que celle des mâles. Dans l'Atlantique, 50 % des femelles sont considérées comme matures à 16 ans, alors que dans le Pacifique, la maturité de 50 % des femelles n'est atteinte qu'à 35 ans. La mortalité naturelle est plus élevée dans l'Atlantique que dans le Pacifique. La durée d'une génération a été estimée à 23 ans dans l'Atlantique.

L'aiguillat commun n'a pas beaucoup de prédateurs. Dans l'Atlantique, ses prédateurs sont la grande raie, le cavalos, le thon rouge, le tile, la baudroie et d'autres requins. La mortalité liée à la pêche est la plus importante cause de mortalité de l'aiguillat commun adulte. L'aiguillat commun est un prédateur opportuniste dominant toute une gamme d'espèces de poissons et d'invertébrés qui varient en fonction du milieu (lieu, profondeur et saison).

Il y a plusieurs groupes plus ou moins bien définis de l'aiguillat commun dans les eaux du Canada atlantique et de l'est des États–Unis (dans le sud du golfe du Saint-Laurent, autour de Terre–Neuve, dans la partie est et du centre du plateau néo–écossais, dans la baie de Fundy et au sud–ouest de la Nouvelle–Écosse, du Massachusetts et de la Caroline du Nord). Les groupes sont généralement séparés les uns des autres, mais ils prennent part aux migrations horizontales saisonnières (du littoral vers le large des côtes). Il y a un mélange occasionnel entre les groupes, ceux dans le golfe du Maine notamment. Au moins un groupe, celui du sud du golfe du Saint-Laurent, est presque certainement une population puits. En effet, cet endroit a été colonisé abruptement en 1985 et le même groupe y réside depuis. Aucune preuve d’une immigration de source externe ou de recrutement n’y a été relevée.

Taille et tendances des populations

En supposant que l'aiguillat commun dans les eaux du Canada atlantique constitue une grande population canadienne distincte concentrée autour de la baie de Fundy et dans la partie sud du plateau néo–écossais, les résultats regroupés de différents relevés suggèrent que l'ensemble de la population n'a pas diminué, en dépit du fait que son abondance soit très faible dans un secteur, le banc Georges, comparativement aux niveaux historiques. La compréhension de la tendance générale en matière d'abondance dans les eaux canadiennes est limitée car on ne dispose d’aucun relevé printanier permanent au point central de la concentration de l'espèce au large des côtes canadiennes, soit dans la partie sud du plateau néo–écossais où l'aiguillat commun est le plus abondant.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada et dans le monde, la surpêche est la seule menace immédiate visant la population de l'aiguillat commun. Les caractéristiques de l’évolution biologique de l’espèce dont une longue gestation, un taux de croissance lent, un âge de maturité tardif, un faible taux d'augmentation intrinsèque, une faible fécondité, une longévité remarquable, de même que les agrégations en fonction du sexe et de la taille contribuent à la vulnérabilité de l'aiguillat commun à la pêche. Ce problème est également accentué, dans le cadre de certaines pêches commerciales, par la tendance à cibler les femelles de grande taille ayant atteint leur maturité reproductive et par les taux de rejet élevés, souvent signalés de façon incomplète.

Importance de l'espèce

L'aiguillat commun est l'espèce de requin la plus abondante au monde et de ce fait, elle joue un rôle important dans les systèmes naturels et humains. Cette espèce a été tuée pour un plus grand nombre de raisons que tout autre poisson au Canada. L’huile de ce poisson a été utilisée pour la lubrification à des fins industrielles, l'éclairage et en tant que source de vitamine A. Sa chair peut–être consommée ou transformée en engrais ou en farine de poisson. Ses nageoires font partie du commerce international de nageoires de requin. Finalement, cette espèce a fait l'objet de programmes d'éradication ciblée étant donné son caractère « nuisible » pour le secteur de la pêche commerciale.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L'UICNa évalué l'aiguillat commun comme étant une espèce vulnérable à l'échelle mondiale. Les populations vivant dans le nord–ouest et dans le nord–est de l'Atlantique sont actuellement évaluées comme étant vulnérables et menacées d'extinction, respectivement.

La gestion des populations canadiennes est assurée en fixant le nombre total de prises autorisées et les quotas connexes. Sur la côte de l'Atlantique, les quotas actuels sont de 2 500 t pour les engins fixes et les quotas pour les navires individuels sont de 10 t et de 25 t pour les chaluts dont la taille est supérieure à 65 pieds et inférieure à 65 pieds, respectivement. La pratique selon laquelle seuls les ailerons sont coupés et vendus est interdite au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2010)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI)révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur L'aiguillat commun Squalus acanthias Population de l'Atlantique au Canada – 2010

Information sur l'espèce

Nom et classification

L'aiguillat commun (Squalus acanthias Linnæus, 1758) appartient à l'ordre des Squaliformes et à la famille des Squalidae. Il y a 17 genres dans la famille des Squalidae et l'aiguillat commun (communément appelé chien de mer dans le nord–est de l'Atlantique) comprend une des neuf espèces dans le genre Squalus (Compagno, 1984). En anglais, cette espèce est appelée Spiny Dogfish.

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Description morphologique

L'aiguillat commun est un petit requin facilement identifiable dont les deux nageoires dorsales sont chacune précédées d'une épine (Figure 1). La première épine dorsale prend naissance à l'extrémité arrière de la nageoire pectorale. Les nageoires pectorales ont des marges arrière recourbées et il n'a pas de nageoire anale. Le corps est mince et la partie la plus massive se trouve tout juste devant la première nageoire dorsale. La bouche est petite et droite, et elle est orientée vers l'avant et vers le bas. Les dents sont de taille moyenne et n'ont qu'une seule pointe orientée vers les commissures de la bouche. Les yeux sont ovales et de taille moyenne avec un spiracle tout juste derrière et au–dessus de l'œil. Les branchies sont basses sur le corps et elles sont situées à l'avant de la nageoire pectorale (Hart, 1973). La partie supérieure du corps est d’un gris brunâtre et les flancs et le dos présentent des taches blanches irrégulières qui peuvent disparaître avec l'âge. La surface ventrale est blanchâtre.

Figure 1. Aiguillat commun (Squalus acanthias). Source : Hart, 1973.

Illustration d’un aiguillat commun.

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Description génétique et structure de la population

La structure génétique de l'aiguillat commun dans les bassins océaniques de l'Atlantique et du Pacifique, ou entre les bassins océaniques, n'a que récemment fait l'objet d'études. Les résultats indiquent la présence de deux principaux clades mondiaux; un compris dans l'Atlantique et le Pacifique Sud, l'autre dans le Pacifique Nord (Hauser et al., 2007). Ces différences génétiques correspondent bien aux différentes caractéristiques de l’évolution biologique observées entre les deux bassins océaniques (voir la section portant sur la biologie).

Une analyse génétique unique de la structuration de la population de l'aiguillat commun dans les eaux du Canada atlantique n'a pas permis de trouver une preuve de structuration de la population en fonction des loci utilisés (Fst = 0,00845). Des échantillons d'ADN (n=307) ont été tirés des muscles vertébraux séchés des spécimens recueillis autour de la Nouvelle–Écosse et de Terre–Neuve. Les échantillons ont été prélevés dans 6 sites différents et au cours de 3 années. L'analyse a nécessité 7 loci microsatellites mis au point pour l'aiguillat commun (McCauley et al., 2004).

Les statistiques sommaires pour tous les loci à chaque site d'échantillonnage indiquent que les écarts des attentes Hardy–Weinberg étaient significatifs pour 9 des 42 sites d'échantillonnage et les combinaisons de loci, démontrent dans tous les cas un déficit chez les hétérozygotes. De plus, la probabilité générale que l'ensemble des échantillons regroupés dévie des attentes de Hardy-Weinberg était très significative pour tous les loci pris en compte (voir le tableau 1 dans Campana et al., 2007). Étant donné que le nombre de loci et leur degré de polymorphisme étaient limités, des analyses n'ont pu être effectuées avec et sans les loci soupçonnés d'avoir des allèles nuls. Les valeurs par paire de l'indice de fixation FST (mesurées conformément à Weir et Cockerham's Θ) étaient toutes très petites (voir le tableau 2 dans Campana et al., 2007). Parmi ces valeurs, une seule était significative, soit celle des échantillons de Sambro et de la partie supérieure de la baie de Fundy (P=0,01646±0,0019). Il s'agit de la seule différence significative dans cet ensemble d'échantillons. Un échantillon de plus grande taille et un plus grand nombre de loci polymorphiques, ou un échantillonnage dans des agrégations pour l'accouplement, auraient peut–être permis de déceler une structuration de la population.

Tableau 1. Paramètres de l’évolution biologique de l'aiguillat commun dans l'Atlantique Nord et le Pacifique Nord.
ParamètreAtlantiqueSource
Longévité (années)35–40Nammack et al., 1985
Maturité de 50 % des femelles (années)16Campana et al., 2007
Maturité de 50 % des mâles (années)10
Maturité de 50 % des femelles (cm)82
Maturité de 50 % des mâles (cm)63,6
Longueur maximale des femelles (cm)105,7
K0,106
Taux d'augmentation/
année (%)
4,7;3,4Heesen, 2003;
Smith et al., 1998
Période de gestation (mois)18–24Compagno, 1984
Mortalité naturelle (adultes)0,15Campana et al., 2007
Durée de génération – 125–40Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003
Durée de génération – 223Le présent rapport

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Tableau 2. Données des relevés scientifiques utilisées pour évaluer les tendances relatives à l'abondance de l'aiguillat commun dans le Canada atlantique (NR fait référence au navire de recherche utilisé pour les relevés du fond marin).
RelevésAnnées viséesSitesTendancePertinence pour le rapport de situation
Relevé au chalut du plateau néo–écossais (été)1970–2007OPANO(4VWX)En hausseBonne (les eaux près de la côte où la majorité des femelles matures se trouvent ne sont pas échantillonnées)
Relevé au chalut du banc Georges (février)1986–2006OPANO(5Ze)Déclin, continuTrès bonne
Relevé printanier à l'aide d'un NR muni d'un chalut1979–1984OPANO(4VWX)Croissante, variableFaible, série courte tôt dans l'année, mais les seules données printanières de la division 4X
Relevé printanier (mars) de la morue à l'aide d'un NR muni d'un chalut1986–2007OPANO(4VW)Déclin, continuBonne (les années plus récentes comptent moins de traits)
Relevé au chalut du golfe du Saint–Laurent (septembre)1971–2006OPANO(4T)Très variableTrès bonne
Relevé de Terre-Neuve à l'aide d'un NR muni d'un chalut (printemps)1972–2005OPANO(3LNOP)Très variableTrès bonne
Relevé de pêche sentinelle à la palangre (septembre et octobre)1995–2005OPANO(4VsW)DéclinBonne
Relevé de pêche sentinelle à la palangre de la division 4Vn1994–2001*OPANO(4Vn)DéclinFaible, série courte, années manquantes, peu de traits, aiguillat commun pas très présent dans la division 4Vn
Relevé à la palangre du flétan1998–2006OPANO(4VWX)Variable, croissanteBonne, mais série chronologique courte

* Aucun relevé en 1996 et 1997

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Une étude électrophorétique précédente des loci protéiques réalisée par Annand et Beanlands (1986) n'a révélé aucune différence entre les échantillons provenant du golfe du Maine et du centre du plateau néo–écossais.

Des études de marquage dans les océans Atlantique et Pacifique indiquent que l'aiguillat commun est capable de déplacements à l'échelle des bassins océaniques de même que de se mélanger à des populations régionales (Templeman, 1984; McFarlane et King, 2003). Toutefois, dans l'Atlantique Nord, l'échange génétique dans le bassin Atlantique (nord–ouest et nord–est) est perçu comme étant très limité selon les études historiques de marquage (Hammond et Ellis, 2005).

Une analyse de toutes les données de marquage disponibles sur l'aiguillat commun dans le nord–ouest de l'Atlantique soutient la perspective qu'il y a plusieurs stocks dépendants d'aiguillat commun à cet endroit (Campana et al., 2007). Les déplacements de l'aiguillat commun entre les eaux canadiennes et américaines ne sont pas un modèle prédominant puisqu'ils ne comptent que pour 10 à 20 % des reprises d'individus marqués. Des migrations annuelles à grande échelle surviennent le long de la côte est des États–Unis, mais elles sont principalement observées dans le secteur entre la Caroline du Nord et le golfe du Maine. Il y a un certain mélange transfrontalier, mais uniquement pour environ 10 % de la population annuellement (Campana et al., 2007). Par conséquent, conformément à l'hypothèse émise par Templeman (1976), les populations d'aiguillats communs de Terre–Neuve semblent composées à la fois d’individus en migration et de résidents.

Campana et al., (2007) suggèrent que l'aiguillat commun dans le Canada atlantique partage les caractéristiques d'une métapopulation. Il y a plusieurs autres groupes plus ou moins bien définis de l'aiguillat commun (dans le sud du golfe du Saint–Laurent, autour de Terre–Neuve, dans la partie est et du centre du plateau néo–écossais, dans la baie de Fundy et au sud–ouest de la Nouvelle–Écosse, du Massachusetts et de la Caroline du Nord). Les groupes sont généralement séparés les uns des autres, mais ils prennent part aux migrations horizontales saisonnières (du littoral vers le large des côtes). Certains groupes effectuent des migrations saisonnières nord–sud, notamment les groupes qui se trouvent au sud. Il y a un mélange occasionnel entre les groupes, notamment ceux dans le golfe du Maine. Au moins un groupe, celui dans le sud du golfe du Saint–Laurent, est presque certainement une population puits. En effet, cet endroit a été colonisé abruptement en 1985 et le même groupe y réside depuis, les individus atteignant une taille moyenne plus grande malgré une population décroissante. Aucune preuve d’une immigration de source externe ou de recrutement n’y a été relevée. De même, la population d'aiguillats communs de l'est du plateau néo–écossais semble avoir été résidente de la zone 4VW de l'OPANOdurant plusieurs années, avant de disparaître abruptement en 1992. À peu près à la même époque, la population du banc Georges a disparu.

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Unités désignables

Les populations de l'Atlantique et du Pacifique d'aiguillats communs occupent deux zones biogéographiques distinctes : l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Ces populations préfèrent les eaux tempérées et boréales, ce qui pourrait limiter la migration d'un côté et de l'autre de l'équateur et entre les bassins océaniques par l'Arctique ou autour de l'Amérique du Sud. Une étude récente a révélé une divergence significative (0,7 % en fonction du séquençage de l'ADN mitochondrial) entre les populations du Pacifique Nord et de l'Atlantique, indiquant que ces populations sont génétiquement isolées l'une de l'autre (Hauser et al., 2007), ce qui correspond à des différences marquées de l’évolution biologique dans ces deux bassins océaniques.

Bien que les études de marquage et l'interprétation de certains relevés suggèrent une structuration plus poussée de la population dans les eaux canadiennes de ces deux bassins, des études plus approfondies sont nécessaires pour appuyer cette conclusion. Par conséquent, dans le présent rapport, l'aiguillat commun dans les eaux atlantiques sera évalué en tant qu'unité désignable distincte.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L'aiguillat communest présent à l'échelle mondiale (figure 2). Il est surtout présent dans les eaux tempérées et boréales du plateau continental, du milieu intertidal au talus continental, à des températures variant de 5 à 15 °C (figure 3; Compagno, 1984; Kulka, 2006). L'espèce est plus commune dans les eaux côtières (10 à 100 m), bien qu'elle soit retrouvée à des profondeurs allant jusqu'à 730 m. Les populations principales se trouvent dans le nord–ouest et le nord–est de l'Atlantique (y compris la mer Méditerranée et la mer Noire), le nord–est et le nord–ouest du Pacifique (y compris la mer du Japon), dans l'Atlantique Sud et le sud–est du Pacifique au large de l'Amérique du Sud et de la Nouvelle–Zélande, avec des populations plus petites au large de l'Afrique du Sud et dans le sud de l'Australie (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003 [Germany CITES Proposal, 2003]).

Figure 2. Répartition mondiale de l'aiguillat commun (gris foncé). Source : FAO, 2004.

Carte de la répartition mondiale de l'aiguillat commun.

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Aire de répartition canadienne

Atlantique

Selon l'information de différents relevés scientifiques sur les poissons démersaux, l'aiguillat commun est plus abondant depuis la Nouvelle–Écosse jusqu’au cap Hatteras (Caroline du Nord) (figure 3), et une partie de la population se trouve dans le golfe du Saint–Laurent et l'ouest des Grands Bancs, alors que quelques individus se trouvent dans le nord des Grands Bancs (Templeman, 1954; idem, 1984). Les observateurs de la pêche ont également consigné de façon irrégulière la présence d'aiguillats communs au nord des Grands Bancs. Les registres des débarquements canadiens et d’observateurs visent principalement la région du plateau néo–écossais (figure 4), là où se trouve la plus importante concentration de l'aiguillat commun des eaux canadiennes. Il n'y a aucune preuve d'accroissement ou de diminution au centre de leur aire de répartition sur le plateau néo–écossais et dans la baie de Fundy, bien que leur concentration (abondance constante, plus petit territoire occupé) soit plus importante vers l'étendue nordique de leur répartition à la limite ouest des Grands Bancs vers le nord (Kulka, 2006). La zone d'occurrence et la zone d'occupation sont estimées être de 425 000 km², ce qui correspond à la zone du golfe du Saint–Laurent, au sud de Terre–Neuve, au plateau néo–écossais et au golfe du Maine.

Figure 3. Répartition de l'aiguillat commun dans le nord–ouest de l'Atlantique selon des relevés scientifiques canadiens et américains de 1975 à 1994. Source : ECNASAP– East Coast of North America Strategic Assessment Project(PESCEAN– Projet d'évaluation stratégique de la côte est de l'Amérique du Nord) (toutes les années dans cette base de données).

Carte de la répartition de l'aiguillat commun dans le nord-ouest de l'Atlantique selon des relevés scientifiques effectués de 1975 à 1994.

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Figure 4. Répartition des débarquements commerciaux de l'aiguillat commun dans la région des Maritimes (Pêches et Océans Canada). Source : Base de données MARFISH. Source : Bases de données PacHarvHL et PacHarvTrawl de Pêches et Océans Canada.

PacHarvHL et PacHarvTrawl de Pêches et Océans Canada. Carte de la répartition des débarquements commerciaux de l'aiguillat commun dans les Maritimes.

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

L’importante répartition de l’espèce au plan géographique et en profondeur indique qu’elle peut survivre dans plusieurs milieux différents. L'aiguillat commun a été aperçu tant dans des eaux de surface que jusqu’à 730 m de profondeur, et aussi dans des zones intertidales jusqu’à très loin du littoral. Cette espèce peut également tolérer des eaux de salinité très variable, y compris les eaux estuariennes (Compagno, 1984).

Des relevés effectués dans le nord–ouest de l'Atlantique indiquent que l'aiguillat commun se retrouve dans des eaux de fond dont la température varie de 0 à 15 °C pendant toute l'année, avec une préférence pour une température variant de 6 à 12 °C (Campana et al., 2007; Kulka, 2006). L'aiguillat commun est épibenthique, il nage généralement dans de grands bancs de poissons au fond de la mer, mais il se déplace également dans la colonne d'eau du plateau continental à des profondeurs variant de 50 à 200 m et il ne démontre aucune relation forte avec un type de substrat donné (McMillan et Morse, 1999; Campana et al., 2007). À la limite nord de son aire de répartition, l'aiguillat commun dans les eaux de Terre–Neuve (zone 3LNOP de l'OPANO) préfère les eaux dont la température est supérieure à 5 °C et les profondeurs variant de 100 à 250 m; cela limite sa répartition dans cette zone, notamment à l'extrémité ouest de Saint–Pierre et des Grands Bancs où l'eau est suffisamment chaude (Kulka, 2006). Les travaux de recherche ont permis de constater une certaine ségrégation en fonction de la taille et du sexe, ce qui pourrait être le résultat de préférences relatives à l'habitat (Ketchen, 1986; McMillan et Morse, 1999). Il y a un déplacement saisonnier caractérisant la répartition qui semble être dicté par une préférence de température. De façon générale, les spécimens jeunes et adultes préfèrent les eaux profondes plus chaudes pendant l'hiver. Les femelles matures et les mâles de grande taille se regroupent pendant l'hiver et le printemps dans les eaux profondes plus chaudes au large, à la limite du plateau continental (MPO, 2007a; Campana et al., 2008); l'accouplement et la mise bas peuvent y avoir lieu. Pendant l'été et l'automne, l'aiguillat commun préfère les eaux chaudes et peu profondes du plateau continental.

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Tendances en matière d'habitat

Plusieurs menaces susceptibles d’entraîner des répercussions négatives sur l'habitat de l'aiguillat commun ont été relevées, notamment l'aménagement du littoral, la pollution, des sources non ponctuelles de pollution et des engins de pêche mobiles qui peuvent entrer en contact avec le fond de l’océan (ASMFC, 2002). Il est difficile de quantifier les répercussions que ces menaces pesant sur l’habitat pourraient représenter pour la population. La biologie générale de l'aiguillat commun (prochaine section) suggère que l'habitat, au sens structurel, n'est pas perçu comme étant un facteur influençant de façon directe les tendances de la population. Toutefois, dans le Canada atlantique, puisque les femelles matures migrent vers les eaux côtières plus chaudes à l'été, c'est à ce moment qu'elles sont probablement le plus susceptibles d'être ciblées par les pêcheurs et de constituer des prises accessoires (Campana et al., 2008) tout en étant exposées à de possibles répercussions côtières.

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Protection et propriété

Au Canada, les eaux dans lesquelles on retrouve l'aiguillat commun relèvent de la compétence du fédéral. Aucune mesure de protection de l'habitat n'a été spécifiquement mise en place pour protéger l'aiguillat commun.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

L'aiguillat commun s'accouple pendant la fin de l'automne et le début de l'hiver et il a une fécondation interne (Ketchen, 1986). Les embryons se développent pendant 18 à 24 mois avant la mise bas des petits vivants pendant l'hiver. Cette période de gestation est la plus longue connue pour n'importe quel vertébré. Généralement, les femelles mettent bas une fois tous les deux ans. Dans le Canada atlantique, les femelles matures portent de 1 à 14 embryons, avec une moyenne de 5 (Campana et al., 2007; idem, 2009). Cela est conforme aux résultats d'une étude précédente qui montrent une variabilité de 2 à 15 petits (moyenne de 6) (Soldat, 1979). La fécondité augmente avec la taille, donc une femelle dont la longueur à la fourche (LF) est de 90 cm a, en moyenne, quatre fois plus d'embryons libres qu'une femelle dont la LF est de 60 cm de longueur (Campana et al., 2007). Lors de la mise bas qui a lieu vers la fin de l'hiver, les petits mesurent généralement de 22 à 25 cm (Campana et al., 2007; idem, 2009). L’espèce a une croissance lente et est sexuellement dimorphe; 50 % des femelles dans le nord–ouest de l'Atlantique atteignent la maturité à une taille de 82 cm (longueur totale) et à l'âge de 16 ans, alors que 50 % des mâles atteignent leur maturité sexuelle à 63,6 cm (longueur totale) et à 10 ans (Campana et al., 2007). La capacité de reproduction est très faible et contribue à l'un des taux de croissance de la population le plus faible de toutes les espèces de requins.

Les estimations de la mortalité naturelle sont de 0,15 sur la côte de l'Atlantique (Smith et al., 1998; Campana et al., 2007). La littérature mentionne que la durée d'une génération varie de 25 à 42 ans, selon l'âge de maturité et les taux de mortalité naturelle par région (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003; Courtney et al., 2004; Campana et al., 2007). En utilisant 16 ans comme étant l'âge d'atteinte de la maturité par 50 % des individus et un taux de mortalité naturelle de 0,15, la durée d'une génération calculée pour l'Atlantique est de 23 ans (p. ex. la durée d'une génération correspond à 16+1/0.15=22,7).

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Herbivores/prédateurs

L'aiguillat commun donne naissance à des petits vivants de grande taille (22 à 25 cm). Dans l'Atlantique, les prédateurs de l’espèce sont la grande raie, le cavalos, le thon rouge, le tile, la baudroie, le phoque et d'autres requins (le maquereau, le grand requin blanc, le requin–tigre, le requin bleu et la maraîche), (Scott et Scott, 1988; Jensen, 1965).

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Physiologie

Comme il a déjà été expliqué précédemment (section sur l'habitat), l'aiguillat commun peut supporter toute une vaste gamme de conditions physiques associées notamment à la température, à la profondeur et à la salinité, ce qui lui permet de connaître une importante répartition favorisant sa survie. L'aiguillat commun n'est pas un requin à sang chaud, donc son taux métabolique serait plutôt lent.

Plus de 500 articles ont été publiés sur les aspects de la physiologie de l'aiguillat commun (en anglais seulement), probablement parce que cette espèce est répandue, commune et que sa petite taille en fait un bon représentant des requins.

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Déplacements et dispersion

Des renseignements supplémentaires sur les patrons de migration et la structure de la population se trouvent dans la section, Description génétique et structure de la population.

Campana et al., (2007) ont résumé les données issues de relevés scientifiques sur le marquage et le fond marin afin de généraliser le patron de migration de l'aiguillat commun. Bien qu'un certain déplacement nord–sud ait été observé dans les études de marquage, le patron dominant semble être une migration saisonnière vers les zones côtières (été et automne) et au large des côtes (hiver et printemps). Cette conclusion est fondée sur les estimations de la biomasse benthique qui figurent dans les relevés scientifiques sur les eaux canadiennes et américaines et qui indiquent une abondance stratifiée plus importante dans les relevés effectués tôt au printemps. Avant l'étude de Campana et al., (2007), la plus grande abondance notée dans les relevés scientifiques sur le fond marin américain au printemps comparativement aux relevés de NR effectués sur le fond marin américain à l'automne était interprétée comme étant une preuve d'un plus grand nombre de poissons migrant de leurs sites d'hivernage dans les eaux canadiennes. La cause exacte de la plus grande abondance dans les relevés réalisés tôt au printemps n'est pas clairement déterminée, mais elle peut être liée à la capturabilité (en fonction des vitesses de nage et de la répartition dans la colonne d'eau), ou encore, une explication plus plausible est qu'à l'été, une partie importante de la population se trouve dans les eaux côtières qui ne sont pas examinées par les navires effectuant le relevé (Campana et al., 2007).

De même, les relevés scientifiques sur le fond marin indiquent invariablement une prise plus grande de femelles matures au printemps comparativement à l'été; les relevés effectués à l'été ont généralement moins de 5 % de femelles matures. En revanche, les pêches commerciales estivales qui se déroulent habituellement dans les eaux côtières peu profondes, inaccessibles aux navires de recherche, attrapent une proportion élevée de femelles matures (~45 %) (Campana et al., 2007).

Globalement, il semble que l'aiguillat commun réside dans les eaux canadiennes toute l'année, qu'il soit concentré dans le sud–ouest du plateau néo–écossais, à la périphérie de la baie de Fundy et dans le banc Georges, mais qu'il soit moins accessible aux navires de recherche pendant l'été en raison de l'utilisation des habitats côtiers peu profonds qui ne sont pas accessibles par les navires de recherche. Le patron de migration général demeure entre la côte (été/automne) et le large (hiver/printemps) au lieu d'être du nord au sud.

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Relations interspécifiques

Dans le nord–ouest de l'Atlantique, l'aiguillat commun se nourrit surtout de hareng (plusieurs espèces), de maquereau, de lançon d'Amérique et de morue, notamment d’espèces comme la morue de l'Atlantique, l'aiglefin, le merlu argenté, la merluche rouge, la merluche blanche et la merluche tachetée (Bowman et al., 1984). Les invertébrés, comme lecalmar, les cténophores, les crustacés (principalement la crevette décapode et le crabe) et les bivalves (principalement les viscères du pétoncle) constituent d'autres contributeurs importants à l'alimentation de l'aiguillat commun. L'alimentation varie également au fil des saisons et des années en fonction de l'abondance des espèces proies.

Dans l'ensemble, l'aiguillat commun est un prédateur opportuniste dominant qui se nourrit d’une vaste gamme de proies (Compagno, 1984). L'abondance des populations de l'aiguillat commun ne dépend donc pas d’un type de proie en particulier.

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Adaptabilité

Généralement, la plus grande menace pour cette espèce demeure la pêche commerciale, tant la pêche dirigée que les prises accessoires (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003). L'aiguillat commun a peu de prédateurs, est plutôt fécond (pour une espèce de requin), il a un grand bassin de proies et une grande répartition, ce qui peut lui fournir une certaine capacité de résilience aux variations naturelles et à la mortalité causée par l'homme. L'aiguillat commun doit être capable de supporter les changements dans les conditions environnementales à court terme (c.–à–d. changement d'espèces proies, de profondeur et de température), mais son adaptabilité aux changements à long terme (p. ex. le climat) est inconnue.

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Pêches et gestion

Pêche et débarquements commerciaux

Les séries chronologiques de la capture à des fins commerciales sont probablement des indicateurs d'abondance inexacts puisqu'ils ne visent pas l'ensemble de la répartition du poisson, et que les navires utilisés ainsi que les secteurs où la pêche est effectuée varient d'une année à l'autre, de même que les méthodes et les engins de capture. Par conséquent, elles ne sont pas utilisées en soi pour comprendre les tendances en matière d’abondance, mais ces données fournissent tout de même le contexte nécessaire pour comprendre les tendances déterminées dans les relevés scientifiques dans les sections suivantes.

Le plus souvent, au cours des 40 dernières années, les débarquements visant l'aiguillat commun au Canada ont été minimaux, surtout dans la division 4X (figure 4); toutefois, il y a une augmentation généralisée des débarquements depuis 1997 (figure 5). Depuis 2001, les débarquements canadiens ont augmenté alors qu'au sud, les débarquements américains ont diminué (en raison des restrictions de pêche imposées) et ainsi, les débarquements canadiens dépassent maintenant les débarquements américains. Les débarquements canadiens proviennent principalement de la division 4X de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord–Ouest (OPANO) (sud–ouest du plateau néo–écossais et baie de Fundy) de juin à septembre depuis 2000 (figure 5). Les débarquements canadiens, prises obtenues principalement à l'aide d'une ligne à main et d'une palangre, sont en moyenne de 2 500 tm par année depuis 2000 (Campana et al., 2007; Wallace et al., 2009).

Figure 5. Nombre total de débarquements par pays (t) signalés pour l'aiguillat commun dans le nord–ouest de l'Atlantique (zones 2 à 6 de l'OPANOcomprenant le Canada atlantique) de 1960 à 2006. Figure : Campana et al., 2007.

Diagramme montrant les débarquements signalés d’aiguillat commun par pays dans le nord ouest de l’Atlantique de 1960 à 2006.

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Le rejet de l'aiguillat commun dans l'Atlantique a toujours été perçu comme une activité importante. Jusqu'à tout récemment, aucune tentative de quantification du niveau de rejet et de mortalité subséquente n'a été effectuée. Campana et al., Campana et al., (2007) ont utilisé les données d'observateurs de tous les navires qui capturent l'aiguillat commun afin d'estimer l'ampleur du rejet de l'aiguillat commun. Les taux de mortalité ont été appliqués au total des rejets afin de déterminer la mortalité globale liée au rejet. En moyenne, la quantité rejetée est de 850 t/année depuis 1986, et depuis 2000, 24 % de la mortalité globale liée à la pêche est attribuable aux rejets.

Des quotas pour l'aiguillat commun sont actuellement en place, mais ils ne sont pas fondés sur des avis scientifiques. Depuis 2004, le quota pour les engins fixes a été établi à 2 500 tm et les quotas pour les navires munis d'un engin mobile (c.-à-d. chalut) sont de 25 t par année pour un navire dont la taille est inférieure à 65 pieds et de 10 t par année pour un navire dont la taille est supérieure à 65 pieds. À l'heure actuelle, aucune restriction n'a été établie pour les rejets et par conséquent, le quota ne vise que les débarquements.

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Données sur la composition selon l'âge et à la taille des prises commerciales

Une analyse récente de la composition relative à la longueur de l'aiguillat commun dans la capture à des fins commerciales entre 2002 et 2006 dans la division 4X de l'OPANOindiquait que la longueur totale (LT) des femelles variait de 46 à 112 cm (longueur moyenne de 81 cm), alors que la longueur des mâles variait de 36 à 94 cm(taille moyenne de 74 cm) (figure 6) (Campana et al., 2007). Par conséquent, la majorité des prises étaient des spécimens au stade subadulte et adulte. D'un point de vue numérique, les femelles immatures et matures constituaient respectivement 40 % et 26 % des prises. Dans la pêche connexe aux É.–U., la taille moyenne du corps des femelles dans les prises était de 86 cm LT et les femelles représentaient 91 % des prises entre 2002 et 2005 (NEFSC, 2006). L'âge moyen de l'aiguillat commun dans la capture aux fins commerciales au Canada était de 16 ans pour les mâles (n=450) et de 18 ans pour les femelles (n=1 085) (Campana et al., 2007).

Figure 6. Données sur la composition selon la taille des prises commerciales dans la division 4X de l'OPANOentre 2002 et 2006, regroupées en fonction du sexe. La ligne tiretée indique la taille correspondant à la maturité de 50 % des femelles; presque toutes les prises (26 %) dépassant cette taille sont des femelles. Source : Campana et al., 2007.

Diagramme montrant la composition par taille des prises commerciales d’aiguillats communs de 2002 à 2006.

Il n'y a aucune indication d'un rejet sélectif en mer pour les spécimens de plus grande taille. Cela a été vérifié par Campana et al., (2007) qui ont comparé la composition selon la taille dans les débarquements avec les données d'observateurs recueillies en mer.

Les quotas actuels dans l'Atlantique sont considérés comme étant cohérents avec le faible taux de mortalité naturelle de l'espèce, bien qu'ils soient principalement fondés sur les niveaux de prise historiques puisque la productivité de la population et l'abondance globale ne sont pas bien déterminées.

États–Unis

Au début des années 1990, la combinaison de la grande abondance de l'aiguillat commun (Fogarty et Murawski, 1998) et des lucratifs marchés en Europe a donné lieu à une forte pression de pêche. Il ne fait plus de doute que le nombre de débarquements américains élevés, jumelé à l’évolution biologique de l'aiguillat commun a nuit à la population. Pendant une période de 15 ans allant de 1998 à 2002, les États–Unis ont capturé environ 230 000 t, ou 75 000 000 de femelles matures, des eaux de la partie américaine de l'Atlantique (figure 5). Pendant cette période, 93 % des débarquements étaient composés des femelles et dans six de ces années, plus de 99 % des prises étaient des femelles (NEFSC, 2003). Ainsi, la taille moyenne des femelles débarquées lors de la pêche commerciale aux États–Unis a également diminué de 15 cm pendant cette période, ce qui est conforme avec les tendances déterminées dans les relevés scientifiques (NEFSC, 2003).

En 1998, le National Marine Fisheries Service a déclaré que l'aiguillat commun était victime de surpêche aux États–Unis. Depuis lors, plusieurs mesures de gestion et objectifs de rétablissement de la population ont été présentés. Les débarquements en 2003–2004 ont été réduits à 1 300 t en réponse à un objectif de mortalité liée à la pêche de Frétablissement=0,03 (Frétablissement pour les stocks alors visés par des programmes de rétablissement et pour lesquels le taux de mortalité liée à la pêche nécessaire pour rétablir le stock doit être inférieur à FRCM). La plus récente évaluation complète (NEFSC, 2006) conclut que la biomasse féconde (106 000 t) est supérieure au seuil de « surpêche ». Une évaluation supplémentaire utilisant deux années additionnelles de données de relevés soutient davantage la conclusion d'une tendance au rétablissement de la population avec une biomasse féconde courante du stock estimée à 194 616 tm (Rago et Sosebee, 2008). En octobre 2008, selon la détermination du statut de rétablissement du stock, les États–Unis ont augmenté le quota de 2009–2010 à 5 430 tm (12 millions de lb).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La taille et les tendances de la population dans le nord–ouest de l'Atlantique sont estimées à partir des données suivantes : (1) données canadiennes et américaines sur les prises commerciales et les débarquements; (2) tendances déterminées dans les relevés scientifiques sur le plateau néo–écossais, le banc Georges, le golfe du Saint–Laurent et le sud des Grands Bancs; (3) données biologiques (c.–à–d. fréquence des longueurs) provenant des relevés scientifiques du ministère des Pêches et des Océans (MPO) et des pêches commerciales et (4) données issues de relevés scientifiques du National Marine Fisheries Service (NMFS) des États–Unis.

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Abondance et tendances

Relevés scientifiques au Canada

Les tendances relatives à l'abondance de l'aiguillat commun dans les eaux du Canada atlantique sont dérivées de plusieurs relevés indépendants sur le fond marin effectués à l'aide d'un chalut et d'une palangre (tableau 2, Wallace et al., 2009). Les relevés sont un échantillonnage aléatoire stratifié (des traits distribués aléatoirement à différentes strates de profondeur). Toutefois, il y a certains problèmes associés aux relevés relativement à l'échantillonnage de l'aiguillat commun. Cette espèce a tendance à former des agrégations denses réparties irrégulièrement, ce qui provoque une variance significative entre les traits allant de zéro (entre des agrégations) à quelques cas avec plusieurs milliers d'individus par trait lorsque l'engin rencontre une agrégation dense. L'endroit et le moment où l'engin rencontrera une agrégation dense sont inconnus. En raison de cette incertitude, la variabilité dans une année et entre les années peut être très grande. En plus des aspects liés au comportement, les facteurs environnementaux peuvent influencer la répartition d'une espèce selon des échelles temporelles variables. Les valeurs totales annuelles présentées dans ce rapport représentent la moyenne annuelle de tous les traits multipliée par le nombre d'unités chalutables afin de fournir une estimation de la biomasse dans la zone élargie de drague. Les relevés au chalut supposent que tous les aiguillats communs dans la trajectoire du chalut sont capturés et qu'il n'y a pas d'aiguillat commun à l'extérieur de la zone élargie. Ces deux hypothèses sont fausses. L'aiguillat commun peut être retrouvé au–dessus de l'engin dans la colonne d'eau ou à l'extérieur de la zone étudiée, comme dans les sites côtiers. Par conséquent, les valeurs du relevé représentent une estimation minimale de la biomasse ou de l'abondance. Les relevés effectués à l'aide d'une palangre fournissent un indice de l'abondance, mais pas de la biomasse.

Relevés au chalut effectués l'été sur le plateau néo–écossais de 1970 à 2007 (4VWX)

Un relevé au chalut du plateau néo–écossais est effectué annuellement et comprend généralement 220 traits aléatoires stratifiés couvrant le secteur du plateau en suivant une trajectoire partant du nord de la Nouvelle–Écosse, passant à l'est du plateau jusqu'à l'extrémité sud de la Nouvelle–Écosse et aboutissant dans la baie de Fundy (figure 7), le centre de la répartition de l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes. La même zone a systématiquement fait l'objet d'un relevé à l'aide du même engin pendant la durée du relevé.

Figure 7. Relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux de la division 4VWX du plateau néo-écossais (été) de 1970 à 2006; les prises du relevé (kg/trait) sont regroupées dans des carrés de 20 minutes et des blocs de 10 ans.

Quatre cartes montrant les captures (en kilogrammes par trait de chalut, regroupées dans des carrés de 20 minutes et des blocs de 10 ans) effectuées dans le relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux de la division 4VWX du plateau néo écossais (été) de 1970 à 2006.

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Quatre–vingt–quinze pour cent de la biomasse du relevé se trouve dans la zone 4X autour du sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. L'abondance de l'aiguillat commun semble être plus importante dans les secteurs près de la côte, les densités les plus fortes se trouvant dans la partie sud du relevé, notamment dans la baie de Fundy. Pendant la période de 37 ans visée par les relevés, l'estimation de l'abondance a varié d'un minimum de 0,8 million d'individus en 1978 à un maximum de 295 millions en 2002, avec une variabilité très importante d'une année à l'autre. Depuis 1985, l'indice d'abondance tiré des relevés de l'aiguillat commun (toutes les catégories de tailles) a, en moyenne, toujours été plus élevé que ce qui a été observé entre 1970 et 1984 (figure 8a). L'abondance moyenne estimée de 226 000 t pendant les cinq dernières années est supérieure à la moyenne à long terme de 131 000 t (figure 8a). Le nombre moyen d'individus dans ce secteur entre 2003 et 2007 est estimé à environ 150 millions, bien qu'il s'agisse d'une estimation minimale de l'abondance pour les raisons présentées ci–dessus.

Figure 8a. Relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux du plateau néo–écossais (division 4VWX, été) de 1970 à 2006; tendance en matière d'abondance (nombre de poissons) relative (minimale) et de biomasse (poids). Source : Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’abondance et la biomasse estimées d’après le relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux du plateau néo écossais (division 4VWX, été) de 1970 à 2006.

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Cinq pour cent de la biomasse a été prélevée dans la partie nord–est du plateau (division 4VW) de la zone du relevé. Donc, cela représentait une partie plutôt petite de la biomasse de la division 4VWX. À cet endroit, l'indice de biomasse est resté près de zéro jusqu'à environ 1982 et il a fluctué à un niveau plus élevé depuis (figure 8b).

Figure 8b. Relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans la portion 4VW de la division 4VWX réalisé à l'été de 1970 à 2006; tendance en matière d'abondance (nombre de poissons) relative (minimale) et de biomasse (poids).

Diagramme montrant l’abondance et la biomasse estimées d’après le relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans la portion 4VW de la division 4VWX réalisé l'été de 1970 à 2006.

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Les femelles matures (≥82 cm), en moyenne, comptent pour moins de 5 % de l'abondance du relevé estival dans la division 4VWX (figure 9). Le nombre actuel de femelles matures peut être prudemment estimé en multipliant le rapport de femelles matures (c.–à–d. 5 %) par l'abondance totale estimée (c.–à–d. 150 millions), ce qui donne une estimation de 7,5 millions. Toutefois, les prises lors des pêches commerciales estivales qui se déroulent généralement dans les eaux côtières peu profondes inaccessibles aux navires de recherche comptent environ 45 % de femelles matures (Campana et al., 2007). Par conséquent, le relevé estival n’englobe probablement pas la majorité des femelles matures puisque, par rapport à la zone du relevé, celles–ci se trouvent plus près du rivage .

Figure 9. Nombre de femelles capturées lors du relevé scientifique estival du fond marin dans la division 4VWX du plateau néo–écossais entre 2003 et 2006. Source : Campana et al., 2007. La ligne indique la longueur des femelles à la maturité.

Diagramme montrant le nombre et la longueur des aiguillats communs femelles capturés lors du relevé scientifique estival des poissons démersaux dans la division 4VWX du plateau néo-écossais de 2003 à 2006.

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Il n'y a aucune indication d'un déclin au cœur de la concentration de l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes pendant la période couverte par ce relevé.

Le changement (diminution) de la longueur moyenne peut être un indicateur d'une pression de pêche excessive. Il n'y a eu aucun changement évident de la longueur moyenne des aiguillats communs capturés dans le relevé estival sur le plateau néo-écossais (Campana et al., 2007; Wallace et al., 2009).

Relevé de la division 5Z du banc Georges (février) de 1986 à 2006

Ce relevé touche l'étendue la plus au sud de la présence de l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes. Cette aire chevauche la frontière canado–américaine et comprend donc des poissons du Canada et des États–Unis. La majorité de la zone du relevé se trouve dans les eaux américaines. Le relevé se déroule chaque fois en février et comprend généralement de 45 à 132 traits aléatoires stratifiés limités au banc Georges (tant dans les eaux américaines que canadiennes) (figure 10). La plus grande abondance de l'aiguillat commun a été observée à la limite du banc et la majorité de la partie supérieure du banc est systématiquement dépourvue d'aiguillats communs (figure 10).

Figure 10. Relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans la division 5Z du banc Georges (février) de 1986 à 2006; indication des traits et abondance relative de l'aiguillat commun (nombre total) présentés par groupes d’années. Ce relevé chevauche la frontière canado–américaine et comprend donc des poissons du Canada et des États–Unis. La majorité de la zone du relevé se trouve dans les eaux américaines. Source : Campana et al., 2007.

Quatre cartes montrant les résultats (emplacements des traits et abondance relative de l’aiguillat commun par groupes d’années) du relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans la division 5Z du banc Georges (février) de 1986 à 2006.

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Contrairement aux résultats obtenus pour le relevé estival de la division 4VWX entièrement dans les eaux canadiennes et au nord du plateau néo–écossais, , le relevé de la division 5Z du banc Georges a démontré un déclin rapide et continu de l'abondance jusqu'à un creux historique en 2006 (figure 11). De 1986 à 1995, on estime que le nombre d'aiguillats communs était en moyenne de 240 millions d'individus. De 1996 à 2007, l'abondance avait diminué jusqu'à atteindre une moyenne d'environ 9 millions d'individus, soit une baisse de 95 %. Depuis 2005, le nombre d'aiguillats communs dans le banc Georges est estimé à environ moins d'un million d'individus (figure 11). Toutefois, la majeure partie du relevé se déroule dans les eaux américaines et le nombre de poissons se trouvant à l'extrémité nord de ce relevé ne correspond qu'à une très petite portion de la répartition de l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes.

Figure 11. Relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans le banc Georges (février) de 1986 à 2006; tendance relative à la biomasse et au nombre de poissons fondée sur des extrapolations de la biomasse dans la zone de drague. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant le nombre et la biomasse des poissons estimés d’après le relevé aléatoire stratifié des poissons démersaux dans le banc Georges (février) de 1986 à 2006.

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Relevé scientifique sur le fond marin au printemps (mars), relevé de la morue dans la division 4VW du nord–est du plateau néo–écossais de 1986 à 2007

Ce relevé a été mis au point pour échantillonner la morue de l'Atlantique, mais un registre de l'aiguillat commun a été tenu depuis sa création en 1986. La répartition de l'aiguillat commun dans le relevé de la morue dans la division 4VW est concentrée au large et dans les bassins plus profonds du plateau néo–écossais (figure 12). Toutefois, il ne couvre par le centre d'abondance de l'espèce qui est situé dans la division 4X, laquelle comprend 95 % de la biomasse. La composition selon la taille a été variable et tendait à être dominée par les poissons plus grands (Campana et al., 2007). L'abondance relative est demeurée élevée, mais variable jusqu'en 1992, après quoi elle a chuté abruptement à environ 15 % de son niveau précédent, et ce, jusqu'en 2000. Depuis l’an 2000, l'abondance est restée très faible (figure 13). Ces résultats diffèrent grandement de l'augmentation de l'indice observée dans la division 4VW pour le relevé estival (figure 8b). Il est important de mentionner que le relevé a été réduit à environ 20 % de son activité historique au cours des dernières années. Il devrait également être mentionné que cette augmentation de la biomasse dans la division 4VWX pour l'ensemble du relevé estival a été observée alors que la biomasse avait diminué dans la division 4VW. Toutefois, le relevé estival n’englobe pas la majorité des femelles matures.

Figure 12. Répartition de l'aiguillat commun dans le relevé scientifique printanier du fond marin de la morue, au large, dans la partie est du plateau néo–écossais (Division 4VW de l'OPANO). Source : Campana et al., 2007.

Quatre cartes montrant la répartition de l’aiguillat commun capturé dans le relevé scientifique printanier du fond marin de la morue dans la partie est du plateau néo-écossais (division 4VW).

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Figure 13. Tendance relative à la biomasse (t) et au nombre d'aiguillats communs (millions) estimée dans la zone de drague à partir du relevé scientifique printanier (mars) du fond marin dans la division 4VW de l'OPANOpour la morue entre 1986 et 2007. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de la biomasse et du nombre d’aiguillats communs estimés par la méthode de l’aire balayée d’après le relevé scientifique printanier (mars) du fond marin dans la division 4VW pour la morue de 1986 à 2007.

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Relevé dans le sud du golfe du Saint–Laurent (division 4T en septembre) de 1971 à 2006

Ce relevé touchait le sud–est du golfe du Saint–Laurent entre la Gaspésie et l'île du Cap–Breton, au sud de l'Île–du–Prince–Édouard, avec une couverture partielle du détroit de Northumberland et il comprend une moyenne de 132 traits de 1971 à 2005 et de 184 de 1995 à 2005 (figure 14). Entre 1971 et 1983, aucun aiguillat commun n'a été consigné lors du relevé. Lorsqu'ils sont apparus pour la première fois en 1984, ils étaient concentrés sur la côte à la périphérie de la zone du relevé (figure 14). Depuis le début des années 1990, il y a eu une réduction de la répartition et de l'abondance de l'aiguillat commun dans la zone du relevé (figures 14 et figure 1515).

Figure 14. Relevé aléatoire stratifié estival des poissons démersaux dans le sud du golfe du Saint–Laurent (division 4T) de 1971 à 2006; indication des traits et abondance de l'aiguillat commun (nombre) présentés par groupes d’années. Source : Campana et al., 2007.

Trois cartes montrant les résultats (emplacements des traits et abondance de l’aiguillat commun par groupe d’années) du relevé aléatoire stratifié estival des poissons démersaux dans le sud du golfe du Saint-Laurent (division 4T) de 1971 à 2006.

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Figure 15. Tendance relative à la biomasse (t) et au nombre d'aiguillats communs (millions) estimée dans la zone de drague à partir du relevé effectué dans le sud du golfe du Saint–Laurent entre 1971 et 2006. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de la biomasse et du nombre d’aiguillats communs estimés par la méthode de l’aire balayée d’après le relevé de septembre dans le sud du golfe du Saint-Laurent (division 4T) de 1971 à 2006.

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Depuis leur apparition dans la zone du relevé en 1984, les estimations de l'abondance de l'aiguillat commun ont été très variables et des pointes prononcées de l'abondance sont observées tous les 4 à 5 ans. Les 4 dernières années de données démontrent la quasi–disparition de l'aiguillat commun de cette région. Campana et al., (2007) suggèrent que cette zone a été colonisée en 1984, donnant ainsi lieu à une population puits non autosuffisante. Leur hypothèse est partiellement validée par l'augmentation progressive de la taille moyenne pendant cette période, suggérant peu de nouveau recrutement.

Il arrive parfois que l'aiguillat commun soit capturé dans le nord du golfe du Saint-Laurent pendant les relevés scientifiques. Toutefois, une analyse de ces données indique qu'il y a un nombre important de registres indiquant une longueur totale inférieure à 20 cm pour l'aiguillat commun, ce qui est en dessous de la longueur des petits vivants à la naissance. Étant donné que l'aiguillat noir (Centroscyllium fabricii) est commun dans le nord du golfe, il semble probable qu'au moins quelques registres de l'aiguillat commun soient plutôt de l'aiguillat noir.

Relevés scientifiques sur le fond marin au printemps (de février à mai) au sud de Terre–Neuve de 1972 à 2005 (division 3LNOP)

Des relevés dans cette région ont été réalisés annuellement depuis 1972. Ce relevé chevauche la zone des 200 milles du Canada, mais Kulka (2006) a trouvé qu'en moyenne, seulement 0,22 % de l'abondance de l'aiguillat commun dans cette zone, les Grands Bancs, est retrouvée à l'extérieur des eaux canadiennes (une petite fraction du total des aiguillats communs dans toutes les eaux canadiennes). À cet endroit, la répartition de l'aiguillat commun à ce moment de l'année est concentrée dans les eaux plus profondes à l'extrémité du chenal Laurentien et du plateau continental, pente sud–ouest des Grands Bancs (figure 16). L'abondance relative de 1972 à 2005 était très variable, augmentant au cours des dernières années ou variant sans suivre une tendance définie (figure 17). Toutefois, la zone occupée montrait un déclin pendant cette période à mesure que la concentration de l'aiguillat commun devenait plus importante dans la partie nord du chenal Laurentien directement au sud de Terre–Neuve (figures 3 et figure 77dans Kulka, 2006). L'aiguillat commun est actuellement pratiquement absent des autres parties du Grand Banc.

Figure 16. Répartition de l'aiguillat commun dans les relevés scientifiques printaniers du fond marin au large du sud de Terre–Neuve (division 3LNOP). Source : Campana et al., 2007.

Quatre cartes montrant la répartition de l’aiguillat commun dans les relevés scientifiques printaniers des poissons démersaux au large du sud de Terre-Neuve (division 3LNOP).

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Figure 17. Tendance relative à la biomasse (t) et au nombre d'aiguillats communs (millions) estimée dans la zone de drague à partir de relevés scientifiques printaniers (février à mai) du fond marin au large du sud de Terre–Neuve (division 3LNOP) entre 1972 et 2005. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de la biomasse et du nombre d’aiguillats communs estimés par la méthode de l’aire balayée d’après les relevés scientifiques printaniers (février à mai) des poissons démersaux au large du sud de Terre-Neuve (division 3LNOP) de 1972 à 2005.

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Relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués (septembre et octobre) de 1995 à 2005 par l'OPANO(4VsW)

Le relevé de pêche sentinelle à la palangre de la morue de la division 4VsW a été effectué chaque automne (septembre et octobre) entre 1995 et 2005. Des aiguillats communs ont été capturés dans l'ensemble de la zone du relevé, bien qu'ils se soient avérés plutôt rares dans les parties peu profondes des bancs au large, se concentrant plutôt dans les dépressions entre les bancs (figure 18). L'estimation de l'abondance relative a été très élevée en 1995, soit environ 10 fois supérieure aux valeurs subséquentes. Il s’agit probablement d’une anomalie. À partir de 1996, le poids moyen par trait fluctuait ou il a même possiblement décliné pendant la série chronologique (figure 19). Étant donné la variation dans les estimations et la courte durée de la série chronologique, on ne peut dire si la tendance observée reflète réellement des changements d'abondance.

Figure 18. Répartition de l'aiguillat commun présentée en fonction de l'abondance relative et par groupes d’années selon les relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués de septembre à octobre pour la morue dans la division 4VsW du plateau néo–écossais. Source : Campana et al., 2007.

Deux cartes montrant la répartition de l’abondance relative de l’aiguillat commun par groupe d’années d’après les relevés de pêche sentinelle de la morue à la palangre effectués de septembre à octobre dans la division 4VsW du plateau néo-écossais.

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Figure 19. Tendance relative à l'abondance de l'aiguillat commun (kg/trait) estimée à partir de relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués dans la division 4VsW de l'OPANOpour la morue entre 1995 et 2005. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de l’abondance de l’aiguillat commun d’après les relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués pour la morue dans la division 4VsW de 1995 à 2005.

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Relevé de pêche sentinelle à la palangre de la division 4Vn de 1994 à 1995 et de 1998 à 2001 de l'OPANO(4Vn)

Des relevés à la palangre ont été effectués pour la morue dans la division 4Vn en septembre de 1994 à 2001, sauf de 1996 à 1997. L'aiguillat commun a été capturé dans l'ensemble de la zone du relevé (figure 20). L'abondance relative a décliné abruptement après le relevé initial effectué en 1994 et est demeurée faible pour le reste de la série chronologique (figure 21). Toutefois, ce déclin apparent n'est fondé que sur deux points. Étant donné la courte durée de la série chronologique, on ne peut dire si la tendance observée reflète réellement des changements d'abondance puisque seuls quelques sites ont été étudiés chaque année et que ce n'est qu'une petite portion de la population globale qui a fait l'objet d'un relevé. Cette tendance représente probablement un changement de la densité locale.

Figure 20. Répartition de l'aiguillat commun présentée en fonction de l'abondance relative et par groupes d’années selon les relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués en septembre pour la morue dans la sous–division 4Vn de l’OPANOà l'extrémité nord du plateau néo–écossais. Source : Campana et al., 2007.

Deux cartes montrant la répartition de l’abondance relative de l’aiguillat commun par groupe d’années d’après les relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués pour la morue en septembre dans la sous division 4Vn à l’extrémité nord du plateau néo écossais.

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Figure 21. Tendance relative à l'abondance de l'aiguillat commun (kg/trait) estimée à partir de relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués dans la sous–division 4Vn de l'OPANOpour la morue entre 1994 et 2001. Source : Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de l’abondance de l’aiguillat commun d’après le relevé de pêche sentinelle à la palangre effectués pour la morue dans la sous division 4Vn de 1994 à 2001.

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Relevé à la palangre du flétan effectué l'été sur le plateau néo–écossais de 1998 à 2006 par l'OPANO(4VWX)

Des relevés à la palangre ont été effectués pour le flétan sur le plateau néo-écossais (OPANOdivision 4VWX) au mois de juin depuis 1998. L'aiguillat commun est capturé dans l'ensemble de la zone du relevé, mais il est plus concentré au centre et dans le sud de la Nouvelle–Écosse, dans la division 4X (figure 22). L'abondance relative dans cette série a augmenté ou possiblement varié sans tendance définie ou pendant la courte durée de la série (figure 23).

Figure 22. Répartition de l'aiguillat commun (nombre par trait), de 1998 à 1999 et de 2000 à 2006, en fonction du relevé de pêche sentinelle à la palangre du flétan effectué l'été dans le plateau néo–écossais. Source : Campana et al., 2007.

Deux cartes montrant la répartition de l’aiguillat commun (de 1998 à 1999 et de 2000 à 2006) d’après le relevé de pêche sentinelle à la palangre du flétan effectué dans le plateau néo écossais.

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Figure 23. Tendance relative à l'abondance de l'aiguillat commun (kg/trait) estimée à partir de relevés de pêche sentinelle à la palangre effectués l'été dans le plateau néo–écossais pour le flétan entre 1998 et 2006. Figure compilée à partir des tableaux de données dans Campana et al., 2007.

Diagramme montrant l’évolution de l’abondance de l’aiguillat commun d’après le relevé estival de pêche sentinelle à la palangre effectué sur le plateau néo écossais pour le flétan de 1998 à 2006.

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Résumé des tendances observées dans les eaux du Canada atlantique

Quatre–vingt–quinze pour cent de la biomasse du relevé, principalement des spécimens jeunes, dans la zone étudiée à l'été provenait de la division 4X. Dans le relevé estival de la division 4VWX qui s'est déroulé entre 1970 et 2006, toutes les prises du relevé étaient très variables, les estimations de la biomasse relative et de l'abondance fluctuant souvent de 300 % entre les années.

La compréhension de la tendance générale en matière d'abondance dans les eaux canadiennes est limitée car on ne dispose d’aucun relevé printanier permanent dans la division 4X où les femelles adultes sont au large et accessibles par l'engin effectuant le relevé. La division 4X comprend la majorité des aiguillats communs du Canada atlantique et par conséquent, le relevé estival effectué dans la division 4VWX comprend la majorité de la biomasse de spécimens juvéniles au Canada et c’est également celui qui dure depuis le plus longtemps. Toutefois, ce relevé ne prélève pas d'échantillons dans les eaux près de la côte dans la division 4X où, selon le rendement économique commercial, les femelles matures se retrouvent en forte concentration pendant l'été (Campana et al., 2007), et par conséquent, une importante partie de la population n’est pas prise en compte. Néanmoins, l'augmentation de l'abondance de spécimens juvéniles observée dans le relevé de la division 4VWX reflète un bon recrutement au cours des dernières années.

De même, les relevés scientifiques sur le fond marin indiquent invariablement une prise plus grande de femelles matures au printemps comparativement à l'été; les relevés effectués à l'été ont généralement moins de 5 % de femelles matures. En revanche, les pêches commerciales estivales qui se déroulent habituellement dans les eaux côtières peu profondes inaccessibles aux navires de recherche attrapent une proportion élevée de femelles matures (~45 %) (Campana et al., 2007; Wallace et al., 2009). Cela suggère que bien que les femelles matures constituent une proportion relativement petite des prises lors du relevé estival dans la division 4X, elles sont en réalité présentes en grand nombre dans cette zone, mais à l'extérieur de la zone du relevé. Les relevés estivaux ont démontré une augmentation constante à long terme dans la division 4VWX, et 95 % de l’abondance de ces poissons s’observe dans la division 4X. En supposant un modèle de déplacement saisonnier de la côte vers le large tel que décrit ailleurs dans le présent document, il est attendu que les relevés printaniers dans la division 4X démontreront une tendance semblable.

Entre 1979 et 1984, il y a eu des relevés au printemps et à l'été dans la division 4X. Campana et al., (2007) ont utilisé les données de ces six années pour obtenir un facteur de conversion de la biomasse entre les deux saisons. En moyenne, la biomasse printanière de la division 4X dépassait la biomasse estivale de la division 4X par un facteur de 3,8. Si cette tendance observée au début des années 1980 se maintient pour 2007, alors la biomasse printanière du plateau néo-écossais, si elle faisait l'objet d'un échantillonnage, serait 3,8 fois plus grande que l'estimation estivale de l'abondance minimale ou 1,3 million de tonnes. Campana et al.(2007) suggèrent que la biomasse estivale de la division 4X peut servir de substitut conservateur pour l'estimation de la biomasse printanière totale.

Une biomasse chalutable minimale pour les relevés printaniers et estivaux est présentée à la figure 24. Une comparaison des biomasses chalutables minimales de tous les relevés de NR dans le Canada atlantique donne une indication relative de la proportion du stock de chaque zone (figure 24a). Étant donné les grandes différences dans la capturabilité par les NR entre le printemps et l'été, il est préférable de comparer la biomasse chalutable uniquement dans le cadre d’une même saison donnée. La comparaison des différents relevés de NRà l'été et au printemps (été, division 4VWX5Z, automne, division 4VWX et 4T) indique que les biomasses chalutables à l'automne et à l'été sont à peu près comparables et qu'elles suivent des tendances semblables. Toutefois, la biomasse chalutable dans le sud du golfe du Saint–Laurent correspond approximativement à 10 %de celle du plateau néo–écossais et par conséquent, est elle petite en comparaison.

Figure 24a. Série chronologique canadienne de la biomasse chalutable minimale de l'aiguillat commun dans les relevés effectués dans le Canada atlantique à l'aide d'un NR au printemps (en haut) et à l'été/automne (en bas) de 1970 à 2007. Printemps=NR en mars du plateau néo–écossais; 4VW=NR en mars de 4VW; T.–N.–L.=NR au printemps du sud de Terre–Neuve; banc Georges=NR en février du banc Georges; Été=NR en juillet du plateau néo–écossais; Automne=NR en novembre du plateau néo–écossais; golfe du Saint–Laurent=NR en septembre du sud du golfe du Saint–Laurent (d'après Campana et al., 2007).

Deux diagrammes montrant la série chronologique canadienne de la biomasse chalutable minimale de l'aiguillat commun d’après les relevés effectués dans le Canada atlantique à l'aide d'un NR au printemps et à l'été/automne de 1970 à 2007.

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Figure 24b. Série chronologique canadienne de la biomasse relative de l'aiguillat commun dans les relevés de pêche sentinelle (été/automne) du Canada atlantique de 1994 à 2006. 4Vn=relevé à la palangre du stock de morue 4Vn en septembre; 4VsW=relevé à la palangre du stock de morue 4VsW en septembre et octobre; ITQ=relevé au chalut dans la division 4X en juillet; Flétan=relevé à la palangre dans la division 4VWX en juin (d'après Campana et al., 2007).

Deux diagrammes montrant la série chronologique canadienne de la biomasse relative de l'aiguillat commun dans les relevés de pêche sentinelle (été/automne) au Canada atlantique de 1994 à 2006.

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Une comparaison des relevés de NR effectués au printemps montre que les biomasses chalutables printanières dans la division 4VWX, dans la division 4VW et celles de février dans le banc Georges sont toutes comparables, bien que le relevé printanier dans la division 4VWX ait été effectué dans une période qui ne chevauche aucun autre relevé printanier (figure 24). Il est intéressant de noter que le déclin abrupt dans le relevé printanier de la division 4VW en 1993 est survenu un an après l'augmentation abrupte dans le relevé du banc Georges, mais un à deux ans avant le déclin abrupt dans le banc Georges. Par conséquent, il n'y a pas de lien évident entre les zones relativement aux changements de l'abondance. La biomasse a augmenté dans la division 4X dans les années 1980 et a diminué dans la division 4VW, mais il n'y a pas eu de changement apparent de la biomasse estivale dans la division 4X en 1993 ou aux environs, ce qui indique que les aiguillats communs dans la division 4VW n'ont pas migré vers la division 4X. La biomasse relative dans les eaux de Terre–Neuve était négligeable comparativement à celle des autres régions avant 1997, mais la biomasse dans ces régions, sauf dans la division 4X, a par la suite décliné au point de se comparer maintenant à la biomasse de Terre–Neuve. Les relevés de pêche sentinelle pour une série chronologique de courte durée dans différentes parties de la division 4VW ont fluctué grandement sans tendance définie (figure 24b).

En supposant que la majorité de la biomasse de l'aiguillat commun soit observée dans la division 4X et que l'abondance dans la zone de la division 4X, n’étant pas englobée dans le relevé printanier, soit au moins aussi grande que l'abondance estivale, le stock d'aiguillats communs dans les eaux canadiennes est alors probablement à un niveau sain et non en déclin dans les eaux canadiennes.

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Relevés scientifiques aux États–Unis (Atlantique)

La section suivante traite des relevés qui sont principalement effectués à l'extérieur du territoire canadien. Ils sont présentés afin de fournir un portrait global de l'abondance et de la répartition de l'aiguillat commun.

Le Northeast Fisheries Science Center (NEFSC) a effectué des relevés au chalut au printemps et à l'automne au large du plateau continental américain chaque année depuis 1968; la zone visée s'étend du golfe du Maine au cap Hatteras (Caroline du Nord) et comprend la portion américaine et canadienne du banc Georges. Le relevé printanier est perçu comme fournissant l'échantillon le plus représentatif de l'abondance totale dans les eaux américaines (NEFSC, 2006). Après une augmentation pendant la majeure partie de la série chronologique (de 1968 jusqu'au début des années 1990), il y a eu un déclin graduel de la biomasse totale dans la zone de drague du relevé printanier effectué à l'aide d'un NR muni d'un chalut, et ce, du début des années 1990 jusqu'en 2005 (figure 25). Une reprise rapide de l'abondance totale dictée principalement par l'augmentation de l'abondance de femelles matures a d’abord été observée en 2006 et s'est poursuivie jusqu'en 2008 (figure 26). Le déclin de l'abondance des femelles matures a commencé vers le milieu des années 1990 et s'est poursuivi jusqu'en 2005 (figure 26). Le déclin rapide de l'abondance des femelles matures a coïncidé directement avec la période de pêche massive aux É.–U. qui visait préférablement les femelles matures (voir la section portant sur la pêche commerciale). La biomasse de femelles matures est revenue aux niveaux constatés au début des années 1990.

Figure 25. Estimation de la biomasse de tous les aiguillats communs (tonnes métriques – tm) dans la zone de drague du relevé printanier à l'aide d'un NR muni d'un chalut aux É.–U., de 1968 à 2006, du cap Hatteras au golfe du Maine. Source : NEFSC, 2006.

Diagramme montrant la biomasse de l’aiguillat commun estimée par la méthode de l’aire balayée d’après les relevés scientifiques printaniers de pêche des poissons démersaux au chalut aux États-Unis de 1968 à 2006.

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Figure 26. Estimation de la biomasse des femelles matures d'aiguillat commun (≥80 cm) (tonnes métriques – tm) dans la zone de drague du relevé printanier à l'aide d'un NR muni d'un chalut aux É.–U., de 1968 à 2006, du cap Hatteras au golfe du Maine. Source : NEFSC, 2006; Rago et Sosebee, 2008.

Diagramme montrant la biomasse des aiguillats communs femelles matures estimée par la méthode de l’aire balayée d’après les relevés scientifiques printaniers de pêche des poissons démersaux au chalut aux États-Unis de 1968 à 2006.

En 1998, le National Marine Fisheries Service a déclaré que l'aiguillat commun dans les eaux américaines était victime de « surpêche » ce qui a donné lieu à un arrêt complet de la pêche entre 2001 et 2003. Selon des données récentes, ce stock se situe maintenant au–dessus du seuil de rétablissement visé et des augmentations des prises autorisées s'ensuivront probablement (Rago et Sosebee, 2008).

La diminution de la biomasse féconde (c.–à–d. femelles matures) observée vers la fin des années 1990 est peut–être responsable de l'échec apparent du recrutement illustré à la figure 27. De plus, la longueur moyenne des femelles matures et des recrues a décliné pendant cette même période (NEFSC, 2006). La fécondité et la longueur des petits sont toutes les deux corrélées positivement à la longueur des femelles. Ensemble, la biomasse réduite des femelles matures, la diminution de la longueur moyenne des femelles matures et le déclin de la taille moyenne et du nombre de petits sont perçus comme étant des raisons de l'échec du recrutement (NEFSC, 2003).

Figure 27. Estimation de la biomasse (000 tm) des recrues (petits) d'aiguillat commun dans la zone de drague du relevé printanier à l'aide d'un NR muni d'un chalut aux É.–U., de 1968 à 2006. Source : NEFSC, 2006.

Diagramme montrant la biomasse des recrues d’aiguillat commun estimée par la méthode de l’aire balayée d’après les relevés scientifiques printaniers de pêche des poissons démersaux au chalut aux États-Unis de 1968 à 2006.

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Relation entre les stocks canadiens et américains (Atlantique)

Comme cela est décrit ailleurs dans le présent document (voir la section portant sur la structure de la population), l'aiguillat commun occupant les eaux le long de la côte est de l'Amérique du Nord démontre les caractéristiques d'une métapopulation (Campana et al., 2007). Une métapopulation signifie qu'il y a plusieurs autres groupes d'aiguillats communs (c.–à–d. dans le sud du golfe du Saint–Laurent, autour de Terre–Neuve, dans la partie est et du centre du plateau néo–écossais, dans la baie de Fundy et au sud–ouest de la Nouvelle–Écosse, du Massachusetts et de la Caroline du Nord). En vertu de cette hypothèse, les groupes demeurent plutôt distincts et ils migrent principalement entre la côte et le large de façon saisonnière. Certains groupes peuvent effectuer des migrations saisonnières nord–sud, notamment les groupes qui se trouvent au sud.

Immigration de source externe

Les populations canadiennes de l'aiguillat commun dans l'Atlantique et le Pacifique font l'objet d'un échange important, mais non quantifié, avec les populations américaines adjacentes (voir les sections précédentes). Sur la côte atlantique de l'Amérique du Nord, le centre d'abondance de cette espèce est partagé entre les eaux canadiennes et américaines (voir la figure 4). Le segment de la population du banc Georges semble être fortement lié au stock américain du golfe du Maine et les deux semblent avoir subi un déclin. Une immigration de source externe du plateau néo-écossais vers le banc Georges dépend du taux d'échange entre ces deux segments de population, lequel est actuellement de 10 à 20 %, une valeur estimée en fonction du retour des étiquettes. L'échange avec des stocks plus au nord (nord de Halifax) est probablement beaucoup moins important.

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Facteurs limitatifs et menaces

Dans le monde, la surpêche est la seule menace immédiate visant la population de l'aiguillat commun (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003). Les caractéristiques de l’évolution biologique dont une longue gestation, un taux de croissance lent, un âge de maturité tardif, un faible taux d'augmentation intrinsèque, une faible fécondité, une longévité remarquable, de même que les agrégations en fonction du sexe et de la taille sont des caractéristiques qui contribuent à la vulnérabilité de l'aiguillat commun à la surpêche (Ketchen, 1986). Ce problème est également accentué dans le cadre de certaines pêches commerciales, par la tendance à cibler les femelles de grande taille ayant atteint leur maturité reproductive et les taux de rejet élevés et souvent non signalés, bien que ces éléments soient mieux contrôlés depuis les dernières années par la mise en place d'observateurs de la pêche et de systèmes de surveillance vidéo. D'autre part, la répartition de l'aiguillat commun est importante, il a peu de prédateurs, il a une croissance liée à la densité et il est un prédateur généraliste opportuniste, un ensemble de caractéristiques pouvant contribuer au rétablissement des populations si la mortalité causée par l'humain est considérablement réduite ou éliminée (Wood et al., 1979; Ketchen, 1986). De plus, dans le Pacifique, il semble que l'aiguillat commun juvénile soit moins susceptible de subir la pression de pêche comparativement aux adultes principalement parce qu'il vit entre deux eaux et que la majorité de la pêche dirigée est effectuée sur le fond marin. Cette ségrégation pourrait peut–être expliquer pourquoi l'aiguillat commun a récupéré plus rapidement que prévu après avoir été surexploité dans les années 1940.

Les femelles matures du plateau néo–écossais migrent vers les eaux côtières plus chaudes pendant l'été et c'est à ce moment qu'elles sont le plus susceptibles d'être ciblées par les pêcheurs et d'être des prises accessoires (Campana et al., 2008). La surpêche de l'aiguillat commun, tant dans les eaux du banc Georges (Canada) que dans les eaux américaines adjacentes, a eu une incidence substantielle sur l’abondance de l’espèce et elle a modifié la structure par taille de la population. Des données récentes permettent de croire que cette population montre d'importants signes de rétablissement. La pêche de l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes ne semble pas avoir de répercussions observables sur les populations.

Il a également été démontré que l'aiguillat commun est vulnérable à la surpêche dans les territoires à l'extérieur de l'Amérique du Nord. Dans le nord–est de l'Atlantique, l'abondance des populations a diminué de 5 % (Heesen, 2003). L'appauvrissement des populations du nord–est de l'Atlantique a ouvert les marchés européens à l'Amérique du Nord, ce qui explique en partie le développement rapide de la pêche aux É.–U., dans le nord–ouest de l'Atlantique (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003).

La bioaccumulation de toxines, dont le mercure, a été démontrée pour l'aiguillat commun dans les eaux canadiennes, mais ses effets à long terme au niveau de la population sont inconnus (Ketchen, 1986).

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Importance de l'espèce

L'aiguillat commun est l'espèce de requin la plus abondante au monde et de ce fait, elle joue un rôle important dans les systèmes naturels et humains (Compagno, 1984). Son rôle de prédateur dominant dans l'écosystème n'est pas bien compris; toutefois, sa réputation à titre de prédateur ou compétiteur direct des espèces commerciales n’est plus à faire dans le monde de la pêche (Ketchen, 1986). Cette espèce a été tuée pour un plus grand nombre de raisons que tout autre poisson au Canada. L’huile de ce poisson a été utilisée comme lubrifiant industriel, pour l'éclairage (notamment les phares) et en tant que source de vitamine A. Sa chair peut–être consommée ou transformée en engrais ou en farine de poisson. Ses nageoires font partie du commerce international de nageoires de requin. Finalement, cette espèce a fait l'objet de programmes d'éradication ciblée étant donné son caractère « nuisible » pour le secteur de la pêche commerciale (Ketchen, 1986).Dans la communauté de pêcheurs, sa réputation d’animal nuisible s’est établie en raison de sa capacité à se nourrir des espèces visées qui sont prises dans les filets de pêche ou accrochées aux hameçons ou encore, du fait que lorsqu'il est lui–même pris dans les lignes de pêche, il mange l'appât et endommage les filets de pêche.

La réputation de l'aiguillat commun explique en partie le manque de gestion adéquate observé à l'échelle mondiale. Ses caractéristiques biologiques montrent clairement qu'il est très vulnérable à la mortalité causée par l'humain. La période de gestation de l'aiguillat commun (18 à 24 mois) est la plus longue déterminée pour un animal, à l'exception possible du pèlerin, et elle contribue en partie au fait que son taux d'augmentation intrinsèque est l'un des plus lents des 26 espèces de requins étudiées dans le Pacifique (Smith et al., 1998).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

L'UICNa évalué l'aiguillat commun comme étant une espèce quasi menacée à l'échelle mondiale. Les populations vivant dans le nord–ouest et dans le nord–est de l'Atlantique sont actuellement évaluées comme étant vulnérables et menacées d'extinction, respectivement (Fordham, 2000; idem, 2003a; idem, 2003b). La population du Pacifique n'a pas été évaluée par l'UICN.

En 1998, le National Marine Fisheries Service a déclaré que l'aiguillat commun dans le nord–ouest de l'Atlantique était victime de surpêche. Depuis, un plan de gestion des pêches a été mis au point et l'abondance de l'aiguillat commun a augmenté à un point tel que l’espèce n'est plus considérée comme étant victime de surpêche (NEFSC, 2006).

En janvier 2004, lors d’une réunion des représentants régionaux, l'Allemagne a présenté aux États européens membres de la CITES une proposition visant à inscrire l'aiguillat commun à l'Annexe II de la CITES, ce qui contribuerait au contrôle du commerce du requin dans les populations réduites (Proposition de la CITES de l'Allemagne, 2003). Cette proposition a été rejetée par les États européens membres en mai 2004 et par conséquent, elle n'est pas examinée par la CITES.

La gestion des populations canadiennes est assurée en fixant le nombre total de prises autorisées et les quotas connexes. Sur la côte de l'Atlantique, les quotas actuels sont de 2 500 t pour les engins fixes et les quotas pour les navires individuels sont de 10 t et de 25 t pour les chaluts dont la taille est supérieure à 65 pieds et inférieure à 65 pieds, respectivement. Sur la côte du Pacifique, il y a un quota à l'échelle de la côte de 14 940 t, dont seulement 3 000 t peuvent être prélevées du détroit de Georgie. La pratique selon laquelle seuls les ailerons sont coupés et vendus est interdite au Canada.

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Résumé technique

Squalus acanthias

Aiguillat commun, population de l'Atlantique – Spiny Dogfish, Atlantic Population
Répartition au Canada : Océan Atlantique

Données démographiques

Durée d'une génération (estimée comme étant l'âge de maturité de 50 % de la population + 1/mortalité naturelle) 23 ans
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?
Indice dérivé des relevés américains pour les femelles maturesDéclin de 70 % du début des années 1980 au début de 2005; augmentation rapide de l'abondance dans le relevé de 2006 à 2008
Les indices canadiens montrent une stabilité globale, avec des augmentations et des diminutions dans des zones précises, augmentation dans la division 4X où l’on observe 95 % de l'abondance de l’espèce dans les eaux canadiennes. Stable ou croissant
Pourcentage estimé du déclin continu du
nombre total d'individus matures pendant
[cinq ans ou deux générations]
Aucune preuve d'un déclin continu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou l'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours
des [dix dernières années ou trois
dernières générations]
Un certain déclin est probable au cours de trois générations, mais il n'y a pas d'estimation car aucun relevé à long terme ne porte sur 3 générations; seul un relevé à long terme indique qu’il n’y a pas de déclin
Pourcentage [prévu  ou soupçonné] de la [réduction ou de l'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations] s. o.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de la [réduction ou l'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure ou ultérieure s. o.
Est–ce que les causes du déclin sont
clairement réversibles et comprises et
ont–elles effectivement cessé?
Partiellement comprises. Déclins passés dans certaines parties de l'aire de répartition (É.–U.) en raison de la surpêche, mais cette tendance est maintenant inversée. Autres fluctuations ou déclins apparents pouvant être attribuables à des changements dans la répartition, à une population puits où il n'y a pas de reproduction (golfe du Saint-Laurent) ou à une variance élevée de l'échantillonnage.
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus maturesPeu probable en l'absence de pêche étant donné le faible potentiel reproducteur

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d'occurrence
Zone fondée sur l’étendue du plateau continental comprenant l'espace occupé par l'aiguillat commun.
425 000 km²
Indice de la zone d'occupation (IZO)
[Fournissez toujours une valeur selon la grille de 2x2; d'autres valeurs peuvent également être inscrites si elles sont clairement indiquées (p. ex. grille de 1x1, zone d'occupation biologique)].
Identique à la zone d'occurrence
La population totale est–elle très fragmentée? Non
Nombre « de localités* » Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la
zone d'occurrence?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de
l'indice de la zone d'occupation?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du
nombre de populations?
Inconnu, mais probablement pas décroissant
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du
nombre de localités* ?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Peu probable
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*? Inconnu
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence? Peu probable
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l'indice de la zone d'occupation?Peu probable

* Voir la définition de localités.

Nombre d'individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
Total :Inconnu > 7,5 millions de femelles

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l'espèce de la nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Analyse non effectuée

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

La mortalité liée à la pêche (pêche dirigée et prises accessoires rejetées à l’eau) est la plus importante menace.

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

Statut des populations de l'extérieur
É.–U. : nord–ouest de l'Atlantique – pas de surpêche
É.–U. : nord–est du Pacifique – stables
R.–U. : gravement réduites (moins de 5 % de la biomasse historique)
Une immigration a–t–elle été constatée ou est–elle possible?Oui
Des individus immigrants seraient–ils adaptés pour survivre au Canada?Oui
Y a–t–il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui
La possibilité d'une immigration de populations externes existe–t–elle?Possible

Statut existant

COSEPAC :préoccupante (avril 2010)
UICN (échelle mondiale) : quasi menacé
UICN (nord–est de l'Atlantique) : menacé d'extinction
UICN (nord–ouest de l'Atlantique) : vulnérable

Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante
Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation :
Ce petit requin est largement réparti dans les régions océaniques tempérées du monde et semble être une espèce généraliste en matière d’habitat. La population de l’Atlantique est présente du Labrador au cap Hatteras. Dans les eaux canadiennes, l’espèce est plus abondante dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. En moyenne, les femelles donnent naissance à six petits tous les deux ans. La période de gestation, une des plus longues connues chez les vertébrés, dure de 18 à 24 mois. L’espèce compte peu de prédateurs naturels, mais la pêche ciblée et les prises accessoires constituent des facteurs importants de mortalité. L’espèce demeure relativement abondante dans les eaux canadiennes, mais sa faible fécondité, sa longue durée de génération (23 ans), sa vulnérabilité à la surpêche démontrée dans les eaux adjacentes des États–Unis et l’incertitude entourant l’abondance de femelles matures constituent des sources de préoccupations.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) : sans objet.

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : sans objet.

Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) : sans objet.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : sans objet.

Critère E (analyse quantitative) : sans objet.

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Remerciements et experts contactés

Plusieurs personnes ont participé à la rédaction du présent rapport. Sur la côte de l'Atlantique, Linda Marks et Warren Joyce ont aidé à la cartographie et à la préparation des données. Les rédacteurs du rapport remercient également Paul Rago du National Marine Fisheries Service qui a fourni les données et les évaluations pour les États–Unis.

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Sources d'information

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Campana, S.E., A.J.F. Gibson, L. Marks, W. Joyce, R. Rulifson et M. Dadswell. 2007. Stock structure, life history, fishery and abundance indices for Spiny Dogfish (Squalus acanthias) in Atlantic Canada, Secrétariat canadien de consultation scientifique –– document de recherche 2007/089.

Compagno, L.J.V. 1984. Sharks of the world. An annotated and illustrated catalogue of shark species known to date, Part 1, Hexanchiformes to Lamniformes, FAO Fish Synop. 125:1–249.

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Fordham, S. 2000. Squalus acanthias, inIUCN 2004, 2004 IUCN Red List of Threatened Species (en anglais seulement), site Web : (consulté en mars 2005).

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Smith, S.E., D.W. Au et C. Show. 1998. Intrinsic rebound potentials of 26 species of Pacific sharks, Marine and Freshwater Research 49:663–678.

Soldat, V.T. 1979. Biology, Distribution, and abundance of the Spiny Dogfish in the Northwest Atlantic, ICNAFResearch Document 79/VI/102, Serial No. 5467, 9 p.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Rapport provisoire

Les recherches de Scott Wallace portent principalement sur la durabilité des pêches marines, la conservation de la diversité biologique marine et les approches écosystémiques de la gestion des pêches. Il collabore activement à la communauté de conservation où il joue le rôle de conseiller scientifique auprès du Sierra Club du Canada, section C.–B. À ce titre, il examine les pratiques actuelles liées à la pêche, il rédige des rapports de situation et il est membre de plusieurs sous–comités de l'organisme cadre du Pacific Marine Conservation Caucus (Comité de la conservation de la ressource maritime du Pacifique). Les sous–comités concernent notamment les mammifères marins, la morue–lingue et le sébaste, de même que les espèces en péril. La recherche actuelle est axée sur la durabilité et les pratiques actuelles de gestion de la pêche de poissons démersaux dans le Pacifique. M. Wallace est titulaire d'un doctorat du Centre des pêches de l’Université de la Colombie–Britannique.

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Rapport préliminaire

M. Steven Campana est un chercheur principal à l'Institut océanique de Bedford au Canada. Il y dirige un programme de recherche courant sur la dynamique des populations de poissons, avec un intérêt particulier pour les requins du Canada et le développement de nouvelles technologies axées sur l'otolithe pour la détermination de l'âge et la distinction entre les stocks. Il dirige actuellement le Laboratoire de recherche sur les otolithes et le Laboratoire de recherche sur les requins, il préside le groupe de travail sur l'évaluation des stocks et il dirige plusieurs projets interdisciplinaires multinationaux.

Gordon (Sandy) McFarlane

Les recherches de Gordon (Sandy) McFarlane se concentrent sur la détermination et la mise au point de paramètres biologiques utilisés dans l’évaluation des stocks, l’étude des facteurs climatiques et océaniques exerçant une influence sur la dynamique des poissons marins, et les liens océanographiques concernant la physique, la biologie et les ressources halieutiques des grands écosystèmes marins. Pendant plusieurs années, il a en outre étudié la biologie et la répartition des requins et des raies au large de la côte ouest du Canada. Auparavant, il a agit à titre de chef de la Section de la dynamique des populations de poissons marins (1992–2000) et de la Section de recherche sur le poisson de fond (1985–1991) à la SBP. Il est également l’auteur de plus de 90 publications principales sur la biologie et l’évaluation des ressources marines ainsi que de plus d’une centaine de publications de nature technique concernant l’évaluation des stocks des poissons marins du Pacifique.

Jacquelynne King

Les recherches de Jacquelynne King dans le domaine de l’évaluation des stocks de poissons se concentrent sur les impacts de la variabilité des conditions océanographiques et climatiques quant à la dynamique des populations de poissons marins et sur les répercussions en matière de gestion des pêches. Mme King a publié des travaux dans plusieurs domaines, dont les stratégies d’évolution biologique, la méthodologie statistique, les impacts du climat sur les écosystèmes, les méthodes de détermination de l'âge, l’évaluation des stocks, la dynamique des populations chez les poissons et l’éthologie. Ses recherches actuelles en biologie portent sur l’évaluation des stocks et englobent la détermination plus précise de l’âge et des paramètres de croissance de la raie biocellée et du pocheteau long–nez, les méthodes de détermination de l'âge des requins grisets de même que la répartition et la migration de l'aiguillat commun, et le comportement saisonnier, notamment la période de frai, de la morue–lingue. Mme King est chef du programme de recherche sur l’évaluation du stock de morue-lingue, chercheure associée en évaluation des stocks d’élasmobranches et chercheure associée en intégration de la variabilité du climat dans l’évaluation des poissons marins.