Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Cypripède blanc Cypripedium candidum au Canada - 2014

Cypripède blanc
Cypripède blanc
Photo : Anne Worley © Environnement Canada, 2015

Menacée
2014

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cypripède blanc (Cypripedium candidum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 54 p.

(Registre public des espèces en péril site Web).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cypripède blanc (Cypripedium candidum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 22 p. (Rapports de situation)

BROWNELL, V.R. 1999. Rapport du COSEPAC sur la situation du cypripède blanc (Cypripedium candidum) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du cypripède blanc (Cypripedium candidum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1–22.

BROWNELL, V.R. 1981. COSEWIC status report on the Small White Lady's-slipper Cypripedium candidum in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 63 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Catherine Foster d’avoir rédigé le rapport de situation sur le cypripède blanc (Cypripedium candidum) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jeannette Whitton et Bruce Bennett, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Small White Lady’s-slipper Cypripedium candidum in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Cypripède blanc - Photo : Anne Worley.

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2014

Nom commun
Cypripède blanc
Nom scientifique
Cypripedium candidum
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Cette orchidée est connue au Canada au Manitoba et en Ontario où elle pousse principalement dans des prairies d’herbes hautes et des prairies mixtes. Ces sites nécessitent une gestion pour empêcher l’empiètement par la végétation ligneuse et pour demeurer convenables pour l’orchidée. Des activités de recherche accrues ont permis de découvrir des populations non connues auparavant au Manitoba, mais de nombreuses populations sont petites, et certaines sont disparues au cours des dernières années. La découverte de populations additionnelles, une protection accrue de l’habitat ainsi qu’une gestion active pour cette espèce ont mené à un changement de statut, passant d’espèce « en voie de disparition » à espèce « menacée ». Étant donné que la croissance des individus est lente et qu’un champignon partenaire est requis, l’espèce est particulièrement vulnérable aux disparitions locales. En plus de l’empiètement, l’espèce est menacée par les espèces végétales envahissantes, la modification de l’hydrologie, le développement résidentiel et commercial, l’entretien des bords de route et la collecte illégale.
Répartition
Manitoba, Ontario
Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.

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COSEPAC Résumé

Cypripède blanc
Cypripedium candidum

Description et importance de l’espèce sauvage

Le cypripède blanc est une orchidée vivace qui produit des clones. Chaque individu produit une ou plusieurs tiges hautes d’environ 15 cm au moment de la floraison. Chaque tige possède trois ou quatre feuilles simples alternes à base embrassante. Chaque tige florifère porte généralement une fleur blanche en forme de petite poche, rappelant une pantoufle. Au Canada, la floraison a lieu de la mi-mai à la mi-juin. Les fruits sont produits à la fin de l’été et renferment de nombreuses graines minuscules.

Répartition

Actuellement, l’aire de répartition du cypripède blanc comprend 18 États et 2 provinces. Moins de 10 % de son aire mondiale se trouvent au Canada, et les sous­populations existantes se situent dans le sud de l’Ontario et au Manitoba. Les sous­populations du Manitoba se trouvent à environ 1 300 km de celles de l’Ontario. En Ontario, les sous-populations sont également éloignées les unes des autres, la sous-population du comté de Hastings étant située à environ 400 km des sous-populations de l’île Walpole. Parmi les 39 sous-populations canadiennes connues, 22 sont considérées comme existantes, et environ la moitié de celles-ci comprennent un faible nombre d’individus matures.

Habitat

Au Canada, le cypripède blanc pousse généralement dans des fragments de prairies reliques indigènes humides et calcaires, y compris les vestiges de prairie situés dans les fossés qui bordent les routes et sont entourés de terres agricoles. Dans la plupart des sites, il semble y avoir un certain suintement des eaux souterraines. Sur les crêtes et à proximité des arbres ou des arbustes hauts, l’espèce privilégie les sites orientés vers le sud ou l’ouest, puisqu’elle ne tolère pas l’ombre. La sous-population du comté de Hastings pousse dans une tourbière minérotrophe.

Biologie

Le cypripède blanc produit sa première feuille à l’âge d’environ 3 ans et fleurit pour la première fois à l’âge de 12 ans ou plus. L’espèce est capable de demeurer en dormance pendant des périodes prolongées, et son rhizome peut survivre sous terre pendant jusqu’à 6 ans, en attendant l’arrivée de conditions propices à la production des parties aériennes. Au Manitoba, les gelées printanières tardives peuvent réduire la production de fruits de telle sorte qu’elle ne représente que 1 ou 2 % de la production habituelle. Même si les graines microscopiques peuvent être dispersées sur des milliers de kilomètres par le vent, elles doivent s’associer avec des champignons terricoles précis qui fournissent les éléments nutritifs nécessaires à la germination.

Taille et tendances de la population

Au Manitoba, il y a environ 22 000 individus matures (tiges florifères). En Ontario, on trouve environ 536 individus matures dans la sous-population du comté de Hastings. On ne dispose actuellement d’aucune donnée pour les sous-populations de l’île Walpole. Puisque l’espèce peut demeurer en dormance sous terre durant de longues périodes et que le nombre de tiges florifères varie d’un individu à l’autre, les estimations de l’abondance du cypripède blanc comportent un degré élevé d’incertitude, et il est difficile d’évaluer les tendances des populations.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces les plus imminentes et les mieux connues pesant sur le cypripède blanc sont associées à la destruction, à la dégradation et à la fragmentation de son habitat de prairie. Parmi les facteurs naturels et anthropiques qui contribuent à la diminution continue de la qualité et de la superficie de l’habitat, on compte l’empiètement des espèces ligneuses, les espèces envahissantes et le développement urbain. Au Manitoba, 9 des 19 sous-populations existantes sont limitées aux prairies reliques subsistant en bordure de routes. Dans ces milieux, les individus risquent d’être directement endommagés par les activités comme le fauchage en période de floraison et de fructification, l’entretien des clôtures et des câbles des services publics, l’application d’herbicides et le piétinement. En outre, l’espèce est particulièrement vulnérable à la collecte illégale dans ces sites facilement accessibles.

Les facteurs limitatifs naturels sont les quantités de lumière et d’eau disponibles, le faible taux de survie des semis, la maturité tardive, le faible taux de reproduction sexuée, la faible diversité génétique, la dépendance à l’égard de champignons terricoles et de pollinisateurs spécifiques, la concurrence exercée par les espèces ligneuses et les mauvaises herbes, le broutage, les gelées printanières tardives et l’hybridation. L’hybridation de l’espèce avec le cypripède jaune a été observée dans toute l’aire nord-américaine de celle-ci. Cependant, l’assimilation génétique du cypripède blanc par le cypripède jaune ne semble pas imminente dans les endroits où le cypripède blanc est plus abondant (ce qui est le cas dans la plupart des sous-populations canadiennes).

Protection, statuts et classements

Le cypripède blanc a été évalué pour la première fois par le COSEPAC en 1981 et a alors été désigné « espèce en voie de disparition ». Ce statut a été réexaminé et confirmé par le COSEPAC en avril 1999 et en mai 2000. Le statut a été réexaminé par le COSEPAC en novembre 2014, et l’espèce a alors été désignée comme étant « menacée ». Le cypripède blanc actuellement inscrit à titre d’espèce en voie de disparition dans l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. L’ébauche d’un programme de rétablissement fédéral a été présentée à Environnement Canada en 2011, et celle-ci comprend une proposition quant à l’habitat essentiel à désigner. Le cypripède blanc est désigné « espèce en voie de disparition » sous les régimes de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.

Les sous-populations de cypripède blanc se trouvent sur des terrains privés, des terres provinciales ou des terres des Premières nations. La plupart des autres sous-populations ne sont pas protégées adéquatement, en raison d’un manque de sensibilisation (souvent attribuable à des changements de propriétaires ou de gestionnaires) ou d’un manque de renseignements et de ressources pour gérer l’habitat de façon à favoriser le cypripède blanc.

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Résumé technique

Nom scientifique :
Cypripedium candidum
Nom français :
Cypripède blanc
Nom anglais :
Small White Lady’s-slipper
Répartition au Canada :
Manitoba, Ontario

Données démographiques

  • Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée).

    • Probablement plus de 12 ans
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre d’individus matures?

    Il est impossible d’inférer des tendances à partir des données sur le nombre de tiges, en partie parce que les individus peuvent demeurer en dormance lorsque les conditions ne leur conviennent pas. En outre, on ne dispose d’aucune donnée récente pour les sous-populations de l’île Walpole, et les tendances de ces grandes sous-populations auraient une incidence sur la tendance globale au Canada.

    • On ne sait pas
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations].

    Le suivi n’a pas été suffisamment systématique pour que la tendance puisse être estimée.

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].

    • Inconnu
  • Projected Pourcentage [prévu ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

    • Inconnu
  • Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

    • Sans objet
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

    Les fluctuations quant au nombre de tiges florifères observées sont communes, mais elles pourraient refléter des changements entre les proportions d’individus en dormance, végétatifs et florifères ou encore des incertitudes liées à l’estimation du nombre de tiges florifères.

    • Non

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d’occurrence

    • 215 560 km²
  • Indice de zone d’occupation (IZO)

    (Selon une grille à carrés de 2 km de côté)

    • 164 km²
  • La population totale est-elle gravement fragmentée?

    L’habitat des sous-populations est fragmenté, en raison de la grande capacité de dispersion des graines et de l’absence de différences génétiques détectées entre les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario, mais la population canadienne n’est pas considérée comme gravement fragmentée.

    • Non
  • Nombre de localités

    Estimation fondée sur les différences de propriété de terres et les différences possibles entre les pratiques de gestion des menaces principales (voir le tableau 1 pour les sous-populations du Manitoba).

    • 22 à 40
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

    La zone d’occurrence a diminué en Ontario, à cause de disparitions. La légère augmentation observée au Manitoba est attribuable à l’intensification des recherches plutôt qu’à l’établissement de nouvelles sous-populations.

    • Peut-être
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

    L’indice de zone d’occupation a diminué à cause de disparitions. Il semble avoir augmenté, à cause de la découverte de nouvelles sous-populations, mais il est probable que celles-ci ne sont pas des sous-populations nouvellement établies et n’avaient simplement pas encore été découvertes.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?

    Dix-sept des 39 sous-populations connues ont disparu ou sont historiques. Les sous-populations nouvellement découvertes au Manitoba semblent être présentes depuis au moins dix ans, d’après la présence et l’abondance des individus parvenus à maturité sexuelle.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    Les sous-populations disparues constituaient des localités distinctes.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?

    La qualité de l’habitat subit un déclin continu en l’absence de mesures de gestion adéquates permettant d’éviter l’empiètement des plantes ligneuses.

    • Oui
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

    • Non

Nombre d’individus matures (dans chaque sous-population présumée existante)

PopulationNbre d’individus matures (tiges florifères)
Kleefeld, Manitoba59
Réserve de prairie d’herbes longues, Manitoba<16,899
Franklin ouest, Manitoba52
Franklin sud, Manitoba24
Franklin est, Manitoba8
Emerson, Manitoba50
Carman, Manitoba40
Tolstoi, Manitoba301
Woodlands - fossé, Manitoba129
Lake Francis/Manipogo, Manitoba>138
St. Laurent, Manitoba>308
Sentier Woodlands, Manitoba211
St. Laurent nord-ouest, Manitoba143
Sud de Brandon, Manitoba<1200
Collines Brandon, Manitoba<1000
Sud-est de Brandon, Manitoba619
Sud-est des collines Brandon, Manitoba384
Oak Lake, Manitoba26
Rounthwaite, Manitoba81
Comté de Hastings, OntarioEnviron 540
Première Nation de l’île Walpole, Ontario (A)
> 14 000 touffes ont été signalées à l’île Walpole en 2003, selon Environnement Canada (2014)
Inconnu
Première Nation de l’île Walpole, Ontario (B)
> 14 000 touffes ont été signalées à l’île Walpole en 2003, selon Environnement Canada (2014)
Inconnu
Total (incomplet, en raison du manque de données sur les grandes sous­populations de l’île Walpole)> 22,208

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

    • Aucune analyse réalisée.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

Empiètement des plantes ligneuses, espèces envahissantes, développement urbain, activités d’entretien des emprises de routes et de services publics, collecte illégale et gelées printanières tardives. L’espèce s’hybride parfois avec le cypripède jaune, mais des études préliminaires indiquent que ce phénomène a probablement une faible incidence sur l’intégrité génétique du cypripède blanc.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l’extérieur?

    • Gravement en péril dans plus de 50 % des États américains
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    • Possible
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

    • Probablement
  • Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

    • Probablement au Manitoba, mais peu probable en Ontario
  • La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?

    • Probablement pas

Nature délicate de l’information sur l’espèce

  • L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate?

    La récolte illégale et le piétinement par les amateurs d’orchidée constituent des préoccupations.

    • Oui

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2000. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Menacée
Code alphanumérique :
L’espèce ne satisfait pas clairement au critère, mais est désignée menacée pour les raisons suivantes : faible IZO, disparitions connues de sous-populations, déclin de la qualité de l’habitat et caractéristiques du cycle vital.
Justification de la désignation :
Cette orchidée est connue au Canada au Manitoba et en Ontario où elle pousse principalement dans des prairies d’herbes hautes et des prairies mixtes. Ces sites nécessitent une gestion pour empêcher l’empiètement par la végétation ligneuse et pour demeurer convenables pour l’orchidée. Des activités de recherche accrues ont permis de découvrir des populations non connues auparavant au Manitoba, mais de nombreuses populations sont petites, et certaines sont disparues au cours des dernières années. La découverte de populations additionnelles, une protection accrue de l’habitat ainsi qu’une gestion active pour cette espèce ont mené à un changement de statut, passant d’espèce « en voie de disparition » à espèce « menacée ». Étant donné que la croissance des individus est lente et qu’un champignon partenaire est requis, l’espèce est particulièrement vulnérable aux disparitions locales. En plus de l’empiètement, l’espèce est menacée par les espèces végétales envahissantes, la modification de l’hydrologie, le développement résidentiel et commercial, l’entretien des bords de route et la collecte illégale.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Sans objet. Données insuffisantes pour que le déclin puisse être quantifié, particulièrement parce que la situation des sous-populations de l’île Walpole est inconnue.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet. Même si l’IZO est inférieure au seuil établi, il y a plus de 5 localités, la population n’est pas considérée comme gravement fragmentée et il n’y a pa de fluctuation extrême.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Sans objet. Le nombre d’individus matures dépasse les seuils établis.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Sans objet. Le nombre d’individus matures et l’IZO sont supérieurs aux seuils établis.
Critère E (analyse quantitative) :
Sans objet. Analyse non réalisée.

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Préface

Depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, l’intensification des recherches a permis à la découverte de 11 sous-populations additionnelles au Manitoba, mais n’a mené à aucun ajout à la répartition en Ontario. Le nombre de tiges observé et la présence d’individus florifères dans ces sous-populations nouvellement répertoriées semblent indiquer que celles-ci existent depuis un certain nombre d’années. Cependant, la plupart de ces occurrences sont relativement petites et poussent en bordure de chemin, ce qui les rend vulnérables aux menaces. Dans le cas des sous-populations déjà connues, les estimations du nombre d’individus matures donnent à penser que certaines ont connu des augmentations, alors que d’autres ont connu des déclins ou sont disparues; toutefois, aucune tendance globale en matière d’effectif n’apparaît clairement. On ne dispose d’aucune donnée récente pour les sous-populations de l’île Walpole. Dans une autre sous-population existante d’Ontario (comté de Hastings), un plus grand nombre d’individus matures a été recensé en 2011 (Brinker, 2011) qu’en 2003 (Solomon, 2003). Cette différence pourrait en partie être attribuable aux méthodes de recensement utilisées. La situation de la sous-population du comté de Norfolk est passée d’« existante » à « historique » depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, car celle-ci n’a pas été observée au cours des 20 dernières années. En 2012, le site a été envahi par des plantes ligneuses et des plantes herbacées. La disparition des sous-populations canadiennes se poursuit, et deux populations du Manitoba sont présumées disparues depuis le dernier rapport. En outre, des réductions de l’abondance ont été observées dans certaines grandes sous-populations bien connues. Aucun changement manifeste n’a été observé quant aux menaces pesant sur le cypripède blanc, mais d’importants travaux de recherche additionnels ont été réalisés pour caractériser l’ampleur et l’effet de l’hybridation de l’espèce avec le cypripède jaune. Un programme de rétablissement national du cypripède blanc, à l’état de proposition, a été affiché sur le registre de la LEP en février 2014.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2014)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique :
Cypripedium candidum Muhl. ex Willd.
Nom français :
Cypripède blanc
Nom anglais :
Small White Lady’s-slipper
Famille :
Orchidacées (Orchidées)
Grand groupe végétal :
Monocotylédones

Deux variétés du cypripède jaune (Cypripedium parviflorum var. pubescens et var. makasin) pourraient s’hybrider avec le cypripède blanc au Canada (NatureServe, 2012). Les hybrides issus de l’hybridation entre le cypripède blanc et le C. parviflorum var. pubescens sont nommés C. x andrewsii nothovar favillianum, alors que ceux issus de l’hybridation avecle C. parviflorum var. makasin sont nommés C. x andrewsii nothovar. andrewsii. Toutefois, un continuum des phénotypes jaune et hybride a été observé dans les sous-populations au Manitoba et en Ontario (Worley et al., 2009; Worley, comm. pers., 2012). L’analyse de la variation génétique fondée sur le polymorphisme de longueur de fragments amplifiés (AFLP) n’a révélé aucune distinction entre les variétés du C. parviflorum, de sorte qu’il serait difficile d’appliquer les deux désignations d’hybrides indiquées dans Sheviak (2002) dans les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario (Worley, comm. pers., 2012).

Figure 1. Cypripède blanc (Image gracieusement fournie par le Missouri Botanical Garden).
Cypripède blanc
Photo : © botanicus, 2015

Description morphologique

Le cypripède blanc est une orchidée vivace qui forme des clones et produit des tiges aériennes le long de ses rhizomes ramifiés (Curtis, 1954). Les tiges florifères atteignent 11 à 40 cm de hauteur (Sheviak, 2002). Au Manitoba et dans le comté de Hastings, en Ontario, les individus florifères mesurent généralement environ 15 cm de hauteur (Solomon, 2003; Borkowsky, comm. pers., 2012). Au Manitoba, les individus poussant en présence d’une couche de chaume excessive (20 à 25 cm) atteignent au maximum 25 à 30 cm (Borkowsky, comm. pers., 2012). Un individu peut produire une seule tige aérienne ou une touffe composée de nombreuses tiges aériennes au cours de la saison de croissance, et chaque tige possède trois ou quatre feuilles simples alternes à base embrassante. Il est à signaler que le terme « tige » est ici considéré comme synonyme des termes « pousse » et « ramet », utilisés par plusieurs auteurs dans la littérature. Le terme « touffe » est utilisé pour désigner ce que les chercheurs interprètent comme étant un individu ou un genet (individu génétiquement distinct). Les feuilles sont longues de 7 à 20 cm et larges de 0,9 à 5,3 cm (Sheviak, 2002). Lorsque les conditions sont défavorables, les individus (genets) peuvent demeurer sous terre durant une année ou plus (Shefferson, 2006). Au cours d’une année où il produit des parties aériennes, un individu peut produire seulement des tiges non florifères, une seule tige florifère ou encore plusieurs tiges florifères (jusqu’à 60 tiges florifères observées au Wisconsin; Curtis, 1946). Chaque tige porte généralement une seule fleur, ou rarement deux fleurs (figure 1). La fleur comporte un labelle en forme de petite poche (1,7 à 2,7 cm de long) rappelant une pantoufle, de couleur blanche et présentant des veines ou des taches violacées. Les pétales et les sépales qui l’entourent sont tordus et verts à jaune brunâtre avec des stries ou des taches violet rougeâtre. La période de floraison maximale dépend des conditions météorologiques et des conditions du site, notamment les incendies récents et la couverture de chaume. Au Canada, la floraison a lieu de la mi-mai à la mi-juin. Le fruit, une capsule, est produit à la fin de l’été et renferme des milliers de graines microscopiques.

Le cypripède blanc ressemble au cypripède jaune, espèce extrêmement variable, mais est généralement plus petit. Selon Sheviak (2002), les fleurs du cypripède jaune peuvent être jaune pâle à jaune foncé ou, très rarement, blanches. Les individus issus de l’hybridation des deux espèces peuvent produire des fleurs de couleur crème, jaune ou blanche. Les fleurs des hybrides et du cypripède jaune peuvent pâlir et devenir blanches au fil de la période de floraison (Sheviak, 2002). Selon une étude génétique et morphologique menée par Worley et al. (2009), la hauteur de la plante ainsi que la grosseur et la couleur des fleurs peuvent aider à distinguer le cypripède blanc, le cypripède jaune et les hybrides. Le cypripède blanc donne généralement la plante la plus courte et les fleurs les plus petites et les plus blanches. Chez les hybrides, la hauteur de la plante, la taille des fleurs et la couleur des fleurs sont généralement intermédiaires entre celles des deux espèces. En outre, le staminode (étamine modifiée stérile) est elliptique chez le cypripède blanc, alors qu’il est généralement lancéolé ou triangulaire chez le cypripède jaune. On a observé un lien étroit entre le profil morphologique hybride et des indices génétiques d’une origine hybride, mais certains individus présentant un profil morphologique apparemment pur présentaient également des signes génétiques d’une origine hybride (Worley et al., 2009). L’analyse d’échantillons provenant de quatre sites a révélé que ces hybrides cryptiques auraient probablement été classés comme des cypripèdes jaunes plutôt que comme des cypripèdes blancs d’après une identification fondée sur les caractères morphologiques, mais on ignore si ces observations s’appliquent de manière générale. Ces résultats donnent à penser que le rétrocroisement entre les hybrides et le cypripède blanc et le cypripède jaune viennent complexifier l’identification sur le terrain.

Structure spatiale et variabilité des populations

Selon de récentes études fondées sur la technique AFLP, il n’y a pas de variation génétique entre les sous-populations de cypripède blanc du Manitoba et de l’Ontario, mais des analyses d’autre échantillons et d’autres marqueurs devront être réalisées pour confirmer ou infirmer ces résultats (Worley et al., 2009; Worley, comm. pers., 2012).

Au Michigan, la variation génétique entre les populations de cypripède blanc était faible d’après une analyse de la variation alloenzymatique (Case, 1994). On a analysé 12 loci chez 107 individus provenant de 5 populations. La diversité génétique, mesurée selon l’hétérozygotie attendue, était faible au niveau de l’espèce (5,4 %) et de la population (5 %). Cependant, Case (1994) rapporte des résultats très différents obtenus dans le cadre d’une analyse des allozymes réalisée à Brandon, au Manitoba (Actor, 1984), où le cypripède blanc cohabite avec le cypripède jaune et leurs hybrides; les degrés d’hétérozygotie attendus au niveau de la population étaient respectivement de 34 %, 37 % et 37 %. De même, selon une analyse des isozymes de 21 loci réalisée par Klier et al. (1991), les valeurs de l’hétérozygotie mesurées dans 5 populations mixtes d’Iowa étaient beaucoup plus élevées (cypripède blanc = 15 % à 30 %, cypripède jaune = 28 % à 35 %, hybrides = 31 % à 35 %) que celles mesurées dans 9 populations pures de cypripède blanc (5 % à 11 %). Ces résultats donnent à penser que, dans les sites où les deux espèces cohabitent, les niveaux faibles de flux génétique et l’introgression subséquente entraînent une augmentation de l’hétérozygotie par rapport aux populations parentales pures.

Au Canada, le cypripède blanc cohabite généralement avec le cypripède jaune, notamment dans toutes les sous-populations du Manitoba et la sous-population d’Ontario pour lesquelles on dispose de données (MB CDC, 2010; Brinker, 2011; MB CDC, 2012). Worley et al. (2009) ont prélevé 182 individus dans 4 sous-populations du Manitoba (nos 9, 10, 11 et 12), et les ont cotés en fonction de 8 caractères morphologiques et 1061 loci d’AFLP, pour évaluer les différences entre le cypripède blanc, le cypripède jaune et les hybrides soupçonnés. Parmi les 182 individus récoltés, 29 % possédaient une origine mixte; il est toutefois à signaler que les auteurs ont intentionnellement récolté uniquement des hybrides soupçonnés (d’après les caractères morphologiques), de sorte que leur échantillon renfermait probablement une proportion d’hybrides accrue. Les résultats de Worley et al. (2009) et d’autres chercheurs des États-Unis (Klier et al., 1991; Walsh, 2008) montrent que le rétrocroisement et l’introgression entre le cypripède blanc et le cypripède jaune sont bidirectionnels. Malgré les cas d’hybridation connus, les deux espèces semblent maintenir leurs distinctions morphologiques, même dans les populations mixtes, mais les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont inconnus (Worley et al., 2009).

Unités désignables

Selon les évaluations précédentes, une seule unité désignable est reconnue pour le cypripède blanc au Canada (Brownell, 1999, COSEWIC, 2000). Les sous-populations du Manitoba se trouvent à plus de 1 300 km de celles d’Ontario et se situent dans des aires écologiques distinctes. La plupart des sous-populations du Manitoba se trouvent dans la même aire écologique du COSEPAC, celle des Prairies, mais certaines s’étendent plus vers l’est et atteignent presque l’aire écologique Boréale. Les sous-populations d’Ontario se situent dans l’aire écologique des Plaines des Grands Lacs, mais une vaste distance sépare la sous-population de l’île Walpole et celle du comté de Hastings, qui se trouve près de la limite de l’aire écologique Boréale.

Les lignes directrices du COSEPAC pour la définition des unités désignables sont fondées sur deux critères : le caractère distinct ou l’importance au point de vue évolutif. Dans le cas du cypripède blanc, trois unités pourraient être distinguées : les sous-populations du Manitoba (prairie) ainsi que les sous-populations de l’île Walpole (Plaines des Grands Lacs) et la sous-population du comté de Hastings (Hastings), en Ontario.

La sous-population du comté de Hastings semble former l’entité la plus distincte. Cette localité est celle qui se distingue le plus des autres sur le plan écologique, car elle se trouve dans une tourbière minérotrophe calcaire dégagée située près de la limite de l’aire écologique Boréale, à environ 400 km des autres sous-populations d’Ontario. Selon une analyse de la variation des marqueurs AFLP, cette sous-population n’est pas distincte sur le plan génétique, mais elle présente une plus grande variation que les autres sous-populations évaluées, ce qui pourrait refléter un plus long isolement. En outre, les individus de ce site sont plus petits que ceux des autres sites, mais on ignore encore si ce phénomène est attribuable à des facteurs génétiques et/ou environnementaux (Ford, comm. pers., 2013). Ainsi, jusqu’à maintenant, on dispose de preuves indirectes quant au caractère distinct de la sous-population de Hastings, soit les différences morphologiques observées sur le terrain et l’isolement actuel de cette occurrence par rapport aux autres sous-populations existantes. En Ontario, des mentions d’occurrences historiques indiquent que la répartition de l’espèce se prolongeait de manière éparse plus loin vers l’est qu’aujourd’hui.

Les sous-populations qui se trouvent dans les deux autres parties de l’aire de répartition canadienne (Prairie, au Manitoba, et Plaines des Grands Lacs, en Ontario) poussent dans des prairies; bien qu’elles soient largement éloignées au Canada, elles sont reliées par l’entremise des prairies reliques fragmentées qui se trouvent dans les États adjacents des États-Unis. Une analyse des marqueurs AFLP n’a révélé aucune différence considérable entre ces régions au Canada (Ford, comm. pers., 2013), mais l’utilisation de marqueurs additionnels pourrait permettre une analyse à une échelle plus fine que les AFLP (Worley, comm. pers., 2014). Les populations des Prairies situées en Ontario et au Manitoba pourraient être considérées comme des entités distinctes en raison de la distance qui sépare ces régions au Canada. Cependant, cette séparation ne reflète pas un isolement naturel des sous-populations et est plutôt le résultat d’expansions distinctes de l’aire de répartition depuis les États-Unis jusqu’au Canada, cette aire étant auparavant continue. Il n’existe aucune preuve directe d’un flux génétique continu entre ces régions au Canada ou d’un flux indirect par l’entremise des populations des États-Unis. En outre, le fait que les sous-populations occupent des aires écologiques nationales du COSEPAC distinctes (Plaines des Grands Lacs et Prairies) renforce l’hypothèse de leur caractère distinct. Cependant, une hétérogénéité considérable existe entre les aires écologiques, et, bien que celles-ci soient largement distinctes, les milieux précis occupés par l’espèce dans la prairie ou la savane sont semblables et partagent un certain nombre de caractéristiques générales. Presque toutes les occurrences se trouvent dans des milieux dégagés, dans des prairies à grandes graminées ou mixtes, et tous les sites présentent une nappe phréatique de faible profondeur, particulièrement au printemps. Les caractéristiques écologiques sont différentes d’un site à l’autre, mais celles-ci varient généralement de manière continue le long de plusieurs axes environnementaux plutôt que de différer nettement entre les sous-populations occupant des prairies en Ontario et au Manitoba.

L’importance au point de vue évolutif des trois entités décrites ci-dessus est manifeste. On ne dispose actuellement d’aucune preuve indiquant des divergences génétiques infraspécifiques marquées. Le contexte écologique varie considérablement d’un site à l’autre, et il est probable que la population du comté de Hastings se situe à une extrémité de cette plage de variation. De même, certaines caractéristiques de l’habitat diffèrent entre les conditions médianes de la prairie en Ontario et au Manitoba. Néanmoins, même si le contexte écologique de l’île Walpole diffère quelque peu de celui des populations des prairies du Manitoba, ces sites s’inscrivent dans le continuum de conditions dans lesquelles l’espèce a été observée à l’extérieur du Canada.

Les données dont on dispose semblent indiquer qu’une seule unité désignable devrait actuellement être reconnue pour le cypripède blanc au Canada, mais l’acquisition de plus de renseignements sur les profils pertinents de variation génétique et écologique pourrait mener à la reconnaissance de multiples unités. Néanmoins, chacune des trois portions de l’aire de répartition de l’espèce (et chacune des sous-populations de ces régions) présente probablement une haute valeur de conservation pour la population canadienne totale.

Importance de l’espèce

Le cypripède blanc est une espèce indicatrice des prairies reliques indigènes, habitat où elle cohabite avec d’autres espèces en péril au Canada. Elle atteint la limite nord de son aire de répartition au Manitoba, où elle survit malgré les dommages couramment causés par les gelées printanières tardives. Elle constitue un excellent exemple pour l’étude de l’hybridation entre une espèce en péril et une espèce commune, particulièrement en ce qui a trait aux modifications de l’habitat. Cette espèce rare est admirée par les amateurs d’orchidées du Canada et d’ailleurs.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le cypripède blanc est une plante indigène de l’est de l’Amérique du Nord (figure 2). Son aire de répartition actuelle s’étend dans 18 États et 2 provinces. Aux États-Unis, l’espèce est considérée comme existante en Alabama, au Connecticut, au Dakota du Nord, au Dakota du Sud, en Illinois, en Indiana, en Iowa, au Kentucky, au Maryland, au Michigan, au Minnesota, au Missouri, au Nebraska, au New Jersey, dans l’État de New York, en Ohio, en Virginie et au Wisconsin et comme disparue en Pennsylvanie (Butler, comm. pers., 2012; NatureServe, 2012; Walz, comm. pers., 2012). Elle n’est plus considérée comme disparue au New Jersey (Walz, comm. pers., 2012) et au Missouri (Butler, comm. pers., 2012) comme l’a déjà indiqué Brownell (1999).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du cypripède blanc (Sheviak, 2002). La carte constitue une généralisation, et certaines régions d’États ou de provinces peuvent avoir été ombragées pour représenter la répartition probable de l’espèce, même si aucune occurrence n’a été signalée dans ces régions. Dans certains cas, la présence dans un État ou une province est indiquée par un seul point.
Aire de répartition mondiale du cypripède blanc
Description longue pour la figure 2

Carte montrant l’aire de répartition mondiale du cypripède blanc, dans l’est de l’Amérique du Nord. L’aire actuelle comprend 18 États et 2 provinces. Aux États-Unis, l’espèce est considérée comme existante en Alabama, au Connecticut, en Illinois, en Indiana, en Iowa, au Kentucky, au Maryland, au Michigan, au Minnesota, au Missouri, au Nebraska, au New Jersey, dans l’État de New York, au Dakota du Nord, en Ohio, au Dakota du Sud, en Virginie et au Wisconsin et est considérée comme disparue en Pennsylvanie. Elle n’est plus considérée comme disparue au New Jersey et au Missouri. Au Canada, on trouve des sous-populations existantes au Manitoba et en Ontario.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, on trouve des sous-populations existantes de cypripède blanc au Manitoba et en Ontario. Moins de 10 % de l’aire de répartition totale de l’espèce se trouve au Canada. L’espèce a probablement toujours été peu commune au Canada (Brownell, 1981), mais pourrait avoir été plus répandue dans les prairies du Manitoba avant l’établissement des Européens (Punter, 1999). Les sous-populations du Manitoba se trouvent à environ 1 300 km de celles de l’Ontario. Au Manitoba, la plupart des sous­populations poussent dans l’aire écologique du COSEPAC des Prairies, mais certaines s’étendent vers l’est jusque dans l’aire écologique Boréale. En Ontario, les sous­populations poussent dans l’aire écologique des Plaines des Grands Lacs, mais une d’elles se situe presque à la limite de l’aire écologique Boréale. D’après Vascan (2013), l’espèce est indigène en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario.

Aux fins du présent rapport de situation, les sous-populations séparées par au moins 1 km sont considérées comme distinctes, conformément à la définition d’occurrence d’élément de NatureServe (2002). Cette notion est équivalente au terme « site » utilisé dans le rapport de situation du COSEPAC précédent sur le cypripède blanc (Brownell, 1999).

Saskatchewan

En Saskatchewan, l’espèce a été récoltée dans une région en 1895 (fig. 1). Les indications sur la localité sont vagues, et le type d’habitat mentionné (près d’un ruisseau) n’a pas fait l’objet de relevés (Keith, comm. pers., 2013). Selon le Saskatchewan Conservation Data Centre, l’espèce est actuellement classée comme « possiblement disparue » de la province. Le cypripède blanc n’a pas été signalé dans la province depuis la récolte du premier spécimen, et aucun relevé visant l’espèce n’a été réalisé (Keith, comm. pers., 2012). On ne dispose d’aucun renseignement sur ce spécimen; ainsi, aucune autre supposition ne sera ici avancée quant à la présence possible de l’espèce dans cette région.

Manitoba

Le cypripède blanc a été récolté pour la première fois au Manitoba en 1904. La plupart des sous-populations existantes ont été découvertes à partir de 1980, en raison de l’intensification des activités de recherche. Parmi les 28 sous-populations signalées, 19 sont considérées comme existantes (tableau 1); les autres sont considérées comme disparues ou historiques. Les sous-populations disparues et historiques font en sorte que l’aire de répartition a subi une légère contraction dans le nord-est du Manitoba (fig. 3). L’aire de répartition connue s’est prolongée vers l’ouest et le sud depuis l’évaluation du COSEPAC précédente, mais ce phénomène reflète probablement l’intensification des activités de recherche plutôt qu’une réelle expansion de la répartition. Il est a signaler que la mention du cypripède blanc pour les collines Pembina est erronée. Ni Scoggan (1957, 1978), ni Marshall (1989) n’a signalé l’espèce aux collines Pembina (Punter, 1999).

Figure 3. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc au Manitoba.
Carte des Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc au Manitoba
Description longue pour la figure 3

Carte montrant l’emplacement général des mentions du cypripède blanc au Manitoba. Les symboles indiquent le statut (existante, probablement disparue, historique) de l’espèce pour chaque emplacement. Pour plus de détails, consulter le tableau 1 du présent rapport.

Tableau 1. Sous-populations de cypripède blanc au Manitoba.
Sources : Hohn, 1994; Parsons et al., 1994; Punter, 1999; MB CDC, 2012; Punter, comm. pers., 2012; Worley, comm. pers., 2012; Murray, comm. pers., 2012; MB CDC, 2010; propriétaires/gestionnaires, comm. pers. Note: No d’occ. d’él = numéro d’occurrence d’élément, d’après le CDC.
No d’occ. d’él.Sous-populationPremière observationDernière observationSituationCommentaires
12021. Kleefeld19802012ExistanteEn bordure d’une route provinciale. Une seule localité.
41642. Réserve de prairie d’herbes longues19932012ExistanteRéserve et bordure de routes provinciales. Le régime de gestion diffère d’un secteur à l’autre de la réserve. La structure du paysage est variable dans les sites en bordure des routes. Au moins quatre localités.
4463. Franklin ouest19992011ExistanteEn bordure de routes provinciales. Deux localités.
23114. Franklin sud19992011ExistantePropriété privée et bordure de routes provinciales. Possiblement disparue de la propriété privée, où le piétinement par le bétail a été signalé. Quatre ou cinq localités.
3895. Franklin est19992011ExistanteEn bordure de routes provinciales. Peut-être disparue d’une localité en bordure de route. Une ou deux localités.
55406. Emerson20012009ExistantePrairie relique entre une route provinciale et une voie ferrée. Une localité.
55397. Carman20082012ExistanteEn bordure d’une route provinciale. Une localité.
52718. Tolstoi20082012ExistantePropriété privée. Prairie relique entourée de terres agricoles. Une localité.
4319. Woodlands - fossé19662012ExistanteEn bordure d’une route provinciale. Une localité.
8610. Lac Francis/Manipogo19832012ExistantePropriété privée (prairie relique soumise à des brûlages et des activités de débroussaillage périodiques et bordée par des pâturages et un terrain de golf) et emprise provinciale. Trois localités.
374811. St. Laurent19952011ExistantePropriété privée (prairie relique soumise à un fauchage annuel jusqu’à sa vente récente, avec une localité qui n’existe peut-être plus) et bordure de route(s) provinciale(s), qui n’existe peut-être plus. Au moins une localité.
39012. Sentier Woodlands19982012ExistantePropriété privée (en bordure de sentiers, le long d’une ancienne voie ferrée). Les activités de gestion et le paysage environnant varient d’un site occupé à l’autre. Au moins trois localités.
486813. St. Laurent nord-ouest20052010ExistantePropriété privée et emprise provinciale non utilisée. Deux localités.
417314. Sud de Brandon19542012ExistantePropriété privée, propriété provinciale gérée par Conservation Manitoba, et en bordure de routes provinciales. Probablement disparue dans une partie de la propriété privée et de certaines localités de bordure de route. Cinq à onze localités.
306115. Collines Brandon19932012ExistantePropriété privée (entente de conservation comprenant un pâturage, des brûlages, des fauchages et des désherbages périodiques) et en bordure de routes provinciales. Au moins trois localités.
315616. Sud-est de Brandon19972012ExistantePropriété privée et bordure de routes/emprises provinciales. Potentiellement sept localités.
495917. Sud-est des collines Brandon20072012ExistantePropriété privée et bordure de routes provinciales. Trois ou quatre localités.
530518. Oak Lake20082012ExistantePrairie relique, entre une route fédérale et une voie ferrée. Une localité.
659919. Rounthwaite20112012ExistanteEn bordure d’une route provinciale. Une localité.
203920. Brandon - fossé19971998DisparueEn bordure d’une route provinciale. Observée pour la dernière fois en 1998 (15 tiges, fleurs tuées par le gel). Aucun individu trouvé en 2004, 2006, 2009 et 2012. L’habitat ne semble plus approprié.
242221. Brandon – rivière Assiniboine19941994DisparueEmplacement incertain. Observée pour la dernière fois en 1994 (1 toge, site envahi par les espèces ligneuses). Aucun individu trouvé et absence de milieu propice dans les localités potentielles visitées en 2006.
S/O22. Région de Brandon nord1993InconnueDisparueEspèce signalée en 1993 dans une région aujourd’hui occupée par un lotissement résidentiel et industriel.
S/O23. Région de Brandon ouestInconnueInconnueDisparueEspèce signalée dans une région aujourd’hui développée. Aucun individu trouvé lors d’un relevé mené en 1996.
S/O24. Région de Stonewall19041904HistoriqueAucune donnée détaillée sur la localité. Spécimen conservé dans l’herbier de la University of Manitoba. Des relevés ont été menés dans la région générale, mais aucun individu n’a été trouvé. La région devrait être revisitée. Des relevés doivent être réalisés sur plusieurs années consécutives, vu l’apparition sporadique de petites populations.
S/O25. Région d’Inwood19381938HistoriqueAucune donnée détaillée sur la localité. Spécimen conservé dans l’herbier de la University of Manitoba. Des relevés ont été menés dans la région générale, mais aucun individu n’a été trouvé. Cette région est susceptible d’héberger l’espèce.
S/O26. Région d’Aweme19061907DisparueSignalée à moins de 16 km d’Aweme, mais on ne dispose d’aucune donnée détaillée sur la localité. Le CDC du Manitoba et d’autres ont mené des recherches dans la région à proximité d’Aweme, mais aucun individu n’a été trouvé. La grande sous­population des collines Brandon se situe à environ 16 km d’Aweme et pourrait correspondre à cette mention.
S/O27. Treherne19801980DisparueUne petite population a été observée le long d’une emprise de route en 1980, mais elle n’a pas été revue depuis.
S/O28. WawanesaInconnueInconnueDisparueRenseignements vagues sur la localité (pâturage pour chevaux à l’ouest de Wawanesa). La région a fait l’objet de relevés en 1993 et 1998, mais aucun individu n’a été trouvé, et le milieu ne semblait pas en bon état.

Ontario

En Ontario, le cypripède blanc a été récolté pour la première fois en 1903. Selon Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario (ON NHIC, 2012) aucune nouvelle sous-populations n’a été signalée en Ontario depuis 1979. Onze sous-populations ont été répertoriées en Ontario, dont cinq sont considérées comme disparues, trois, comme historiques, et trois, comme existantes (tableau 2). Ainsi, la répartition de l’espèce en Ontario a diminué (fig. 4). Une des trois sous-populations encore existantes en Ontario se trouve dans une aire protégée provinciale. Les deux autres poussent sur des terres appartenant à la Première Nation de l’île Walpole; le statut de ces sous-populations déjà connues pourrait avoir changé, ou de nouvelles sous-populations pourraient avoir été découvertes, mais on ne dispose pas de données récentes pour les terres appartenant à la Première Nation de l’île Walpole

Figure 4. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc en Ontario.
Carte des Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc en Ontario
Description longue pour la figure 4

Carte montrant l’emplacement général des mentions du cypripède blanc en Ontario. Les symboles indiquent le statut (existante, probablement disparue, historique) de l’espèce pour chaque emplacement.

Tableau 2. Sous-populations de cypripède blanc en Ontario.
Sources : ON NHIC, 2012; Brinker, comm. pers., 2012; Brinker, 2011; Brownell, 1999.
No d’occ. d’él.Sous-populationPremière observationDernières observationsSituationCommentaires
597729. Comté de Hastings19792012ExistanteAire protégée. 150-200 tiges en 1979 et 1997, 638 tiges (248 florifères) en 2003, nombre total de tiges inconnu (536 florifères) en 2011. Une seule localité.
327630. Première Nation de l’île Walpole (A)19081997ExistantePremière Nation de l’île Walpole. Aucune donnée récente. Possiblement une localité.
328031. Première Nation de l’île Walpole (B)19081990ExistantePremière Nation de l’île Walpole. Aucune donnée récente. Possiblement une localité.
327532. Première Nation de l’île Walpole (C)19081986HistoriquePremière Nation de l’île Walpole. Aucune donnée récente.
328133. Première Nation de l’île Walpole (D)19081986HistoriquePremière Nation de l’île Walpole. Aucune donnée récente.
597634. Première Nation de l’île Walpole (E)19081988HistoriquePremière Nation de l’île Walpole. Espèce non observée lors d’un relevé mené en 1997. Aucune donnée plus récente disponible.
327735. Norfolk County19251993HistoriqueAire protégée provinciale. De 1984 à 1987, 141 à 37 tiges ont été dénombrées. Dernière observation (un seul individu) en 1993. Site envahi par des espèces ligneuses et herbacées en 2012.
327936. Point Edward19051914DisparueEmplacement exact inconnu. Spécimens conservés dans les herbiers TRT et OAC. Selon Brownell (1999), la région est aujourd’hui fortement urbanisée.
328237. Port Elgin19031903DisparueEmplacement exact inconnu. Probablement terrain privé. Spécimen conservé dans l’herbier CAN. Selon Brownell (1999), l’occurrence est presque assurément disparue.
741438. Crystal BeachInconnueInconnueDisparueEmplacement exact inconnu. Probablement terrain privé. Occurrence mentionnée dans Whiting et Catling. 1986. Orchids of Ontario. p. 29. Selon Brownell (1999), l’occurrence est probablement disparue, car la région est fortement aménagée.
9283539. Bothwell19241924DisparueTerre privée. Occurrence mentionnée par Saunders dans son article de 1926 paru dans le Canadian Field-Naturalist 40(2):112-113. Selon Brownell (1999), l’occurrence est presque assurément disparue, car la région est maintenant fortement utilisée pour l’agriculture, et les milieux naturels restants ont été abondamment herborisés.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

La zone d’occurrence pour les sous-populations de cypripède blanc au Canada est d’environ 215 560 km².

L’indice de zone d’occurrence (IZO) a été calculé d’après une grille à mailles de 2 km de côté. L’IZO total au Canada est de 164 km²; au Manitoba seulement, elle est de 144 km². Cependant, il est important de signaler que la plupart des sous-populations du Manitoba sont très petites et que la superficie réellement occupée est de moins de 2 km². En Ontario, l’IZO est de 20 km², dont 16 km² dans l’île Walpole, et 4 km² dans le comté de Hastings.

Activités de recherche

Le Centre de données sur la conservation (CDC) du Manitoba réalise des relevés visant le cypripède blanc depuis la fin des années 1990 et consigne le nombre de sites visités à la recherche de nouvelles sous-populations depuis le début des années 2000. Le CDC du Manitoba a réalisé des relevés visant le cypripède blanc dans environ 165 sites depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, en 1999. En plus des recherches sur le terrain, plusieurs heures ont été consacrées à des discussions avec les propriétaires fonciers, au sujet des sites qui pourraient être propices à l’espèce. Divers chercheurs, consultants et autres personnes intéressées ont mené des relevés destinés à la découverte de nouvelles sous-populations ou visant des sous-populations connues. Certains résultats ont été présentés au CDC du Manitoba, mais les activités de recherche ne sont généralement pas consignées.

On ignore quelle proportion de l’habitat potentiel a fait l’objet de recherches. On a tenté de créer un modèle prédictif pour le Manitoba, au moyen des données SIG existantes. Une nouvelle sous-population a été découverte en 2005 grâce à une analyse fondée sur l’altitude, l’utilisation des terres, les données pédologiques, des photos aériennes et des renseignements fournis par les propriétaires fonciers concernant l’utilisation passée et actuelle des terres (Foster et Hamel, 2006). Collicutt et Morgan (2010) n’ont pas réussi à trouver de caractéristiques géophysiques fortement associées à la présence du cypripède blanc. Murray (2010) a ciblé les milieux pouvant convenir au cypripède blanc, pour un total de 11 147 ha, dans le sud de la région des Lacs, au Manitoba. Garner (2010) a également ciblé les milieux pouvant convenir à l’espèce au Manitoba, pour un total de 727 ha, et a classé ces milieux selon leur probabilité d’héberger l’espèce (136 ha faible, 423 ha modérée, 158 ha élevée, 10 ha très élevée). En 2010, le CDC du Manitoba a visité 11 sites ciblés par ce dernier modèle, mais aucune nouvelle sous-population n’a été découverte (Friesen et Murray, 2011).

Dans le cadre de la préparation du présent rapport de situation, C. Foster a réalisé des relevés dans sept sous-populations, en plus de celles visitées par le CDC du Manitoba et d’autres personnes. Une nouvelle sous-population a récemment été signalée au Manitoba, mais cette mention n’a pas encore été confirmée (Ames, comm. pers., 2012). Sam Brinker, du CIPN de l’Ontario, a réalisé des relevés dans la sous-population du comté de Hastings, en Ontario, et a cherche l’occurrence du comté de Norfolk. La base de données du CIPN de l’Ontario renferme deux mentions additionnelles de cypripède blanc. Cependant, les renseignements sont insuffisants pour que ces mentions puissent être confirmées, et celles-ci se trouvent à l’extérieur de l’aire de répartition connue de l’espèce; elles ne sont donc pas considérées comme des occurrences d’élément (ON NHIC, 2012). Le CIPN de l’Ontario ne consigne aucun autre renseignement sur les activités de recherche visant le cypripède blanc. Le Walpole Island Heritage Centre assure le suivi des sous­populations qui se trouvent sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole, mais les données à cet égard ne sont pas disponibles actuellement.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, le cypripède blanc pousse généralement dans les prairies humides, mais on le rencontre également dans une tourbière minérotrophe dans le comté de Hastings, en Ontario. Au Manitoba, le cypripède blanc pousse dans des fragments de prairies reliques indigènes humides et calcaires, y compris les vestiges de prairie situés dans les fossés qui bordent les routes et sont entourés de terres agricoles. Dans la plupart des sites, il semble y avoir un certain suintement des eaux souterraines. Ces sites sont souvent associés à de petits peuplements de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) et présentent des arbustes épars. En outre, ils sont parfois associés à des tourbières minérotrophes à carex situées dans des terrains bas adjacents. Il est possible que le cypripède blanc ne soit pas capable de pousser dans les tourbières minérotrophes très humides au Manitoba, en raison des basses températures de l’eau au printemps (Punter, comm. pers., 2012). Le relief est souvent légèrement ondulant et se compose de crêtes et de dépressions, et le cypripède blanc préfère généralement les pentes des crêtes. En outre, dans certains sites, l’espèce a tendance à pousser le long de la limite des arbres et des fourrés d’arbustes, ce qui pourrait être lié à la couverture de neige et à la teneur en eau du sol au printemps. Selon un producteur agricole de la région, l’espèce pousse « là où la neige est épaisse et le gazon pousse mal » (Punter, comm. pers., 2012). Sur les crêtes et à proximité des arbres ou des arbustes hauts, l’espèce privilégie les sites orientés vers le sud ou l’ouest, puisqu’elle ne tolère pas l’ombre. Au Manitoba, les sols des sites hébergeant le cypripède blanc sont des loams sableux ou des loams sur till fortement à modérément calcaires issus de roche du Paléozoïque ou du Mésozoïque (mais l’espèce peut aussi pousser sur le limon, les loams argileux à sableux fins ou les loams graveleux à sableux fins). Le drainage varie de modéré à imparfait (mais le sol peut également être légèrement mal drainé ou relativement bien drainé) (MB CDC, 2010; Punter, comm. pers., 2012).

Dans la strate arbustive, on retrouve la potentille frutescente (Dasiphora fruticosa), le chalef argenté (Elaeagnus commutata), le rosier aciculaire (Rosa acicularis), la symphorine de l’Ouest (Symphoricarpos occidentalis) et des saules (Salix spp.). La strate herbacée se caractérise souvent par des espèces idicatrices des sols calcaires et de la prairie indigène, notamment l’hypoxis hirsute (Hypoxis hirsuta), pédiculaire du Canada (Pedicularis canadensis), des zizias (Zizia spp.),la parnassie des marais (Parnassia palustris), le grémil blanchâtre (Lithospermum canescens), la bermudienne montagnarde (Sisyrinchium montanum), le barbon de Gérard (Andropogon gerardii), le faux-sorgho penché (Sorghastrum nutans), des carex (Carex spp.) et des prêles (Equisetum spp.). Le cypripède jaune et les hybrides issus du croisement de cette espèce avec le cypripède blanc se rencontrent généralement à l’intérieur ou à proximité des sites hébergeant le cypripède blanc. Les espèces envahissantes associées au cypripède blanc sont notamment le brome inerme (Bromus inermis), l’euphorbe ésule (Euphorbia esula), le pissenlit officinal (Taraxacum officinale) et le chardon des champs (Cirsium arvense).

En Ontario, la sous-population du comté de Hastings pousse dans une tourbière minérotrophe calcaire dégagée entourée d’un peuplement de thuya occidental (Thuja occidentalis) et de mélèze laricin (Larix laricina). Ce site est un point d’émergence des eaux souterraines caractérisée par une nappe phréatique de faible profondeur et des sols organiques. Les zones dégagées sont dominées par des mousses, des carex et des plantes herbacées caractéristiques des sols très calcaires. Les renseignements relatifs sur les végétaux associés à ce site ont été fournis par Brownell (1981).Ces zones sont séparées par buttes recouvertes d’arbustes, des îles arborées et des fosses de marne. Comme dans son habitat prairial, le cypripède blanc est souvent étroitement associé avec la limite des arbres et des arbustes, notamment la potentille frutescente (Imrie et al., 2005; Brinker, 2011).

En Ontario, les autres sous-populations se trouvent sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole et poussent dans des écosystèmes de prairie à herbes hautes et de savane à chêne. Les savanes sont décrites comme des milieux de transition entre la prairie et la forêt. Les communautés végétales de prairie et de savane sont classées « S1 » en Ontario. Dans ces sites, les précipitations abondantes, combinées à une nappe phréatique peu profonde accélèrent l’empiètement des espèces ligneuses. Cependant, la plupart des prairies ont fait l’objet de brûlages réguliers et sont en excellente condition (Bowles, 2005). Les individus associés à ces sites sont fournis par Brownell (1981).

La liste des espèces en péril associées au cypripède blanc est fournie à l’annexe 1.

Tendances en matière d’habitat

La destruction des prairies indigènes causée par l’agriculture, le développement et la succession naturelle a entraîné une diminution considérable de la superficie des milieux susceptibles d’héberger le cypripède blanc au Canada (Brownell, 1981; Brownell, 1999; Samson et al., 2004; Bowles, 2005; Koper et al., 2010). Au Manitoba, plus de 99 % de l’aire historique des prairies à grandes graminées ont été convertis et sont maintenant occupés par d’autres types de milieux, généralement des terres agricoles (Samson et Knopf,1994, cité dans Koper et al., 2010). Koper et al. (2010) ont réalisé de nouveaux relevés dans des parcelles de prairies à grandes graminées reliques qui avaient déjà été visitées en 1987­1988 et ont constaté que, en 2006, 37 % des 65 parcelles avaient été converties en habitat non prairial ou étaient gravement dégradés par des espèces envahissantes. Les diminutions de la superficie et de la qualité étaient plus prononcées dans le cas des petites parcelles (< 21 ha). En outre, ils ont revisité 61 parcelles additionnelles, dont 18 sélectionnées en fonction de la présence de plantes des prairies rares, y compris le cypripède blanc; 66 % des 111 parcelles visitées par Koper et al. (2010) avaient une superficie inférieure à 21 ha. Selon ces auteurs, les données sur les changements survenant au fil du temps et les observations quant aux effets de la structure morcelée d’un habitat semblent indiquer qu’il est probable que la plupart des prairies nordiques à grandes graminées du Manitoba ne sont pas autonomes ou qu’il est peu probable qu’elles persistent avec le temps. Les espèces envahissantes, la succession naturelle et la conversion de terres pour l’agriculture continuent de causer la disparition de petites parcelles de milieux propices à l’espèce. L’empiètement des espèces ligneuses observé par Foster (2008) dans la sous-population du sentier Woodlands de 2005 à 2007 illustre ce phénomène.

En Ontario, il subsiste moins de 1 % des prairies qui existaient avant l’arrivée des colons européens (Bowles, 2005). Une des plus vastes prairies reliques se trouve sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole, où la superficie de prairie a diminué d’environ 36 % au cours des 25 dernières années. En outre, la demande pour la construction d’infrastructures et d’habitations continue d’augmenter dans la Première Nation de l’île Walpole (Bowles, 2005). Brownell (1984) a examiné des photos aériennes de 1945 qui montrent que la zone occupée par la sous-population du comté de Norfolk était dépourvue d’arbres à cette époque. D’après R. Landon, il semble que le marais à quenouilles et à carex situé à proximité faisait l’objet d’un brûlage chaque mois de mars et était fauché par les producteurs agricoles de la région jusque dans les années 1930. Le cypripède blanc était présent dans la zone dégagée qui bordait le boisé de thuyas et le marais ainsi qu’en bordure d’un ruisseau nommé « Hellmer » par les habitants de la région. En 1984, la zone adjacente au marais était devenue occupée par un fourré de sumac à vernis, et la zone dégagée au nord (où on trouvait uniquement des hybrides) était devenue occupée par une forêt mixte et un champ abandonné.

On ignore les tendances en matière d’habitat pour la sous-population du comté de Hastings.

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Biologie

L’information sur la biologie du cypripède blanc présentée dans la présente section provient en grande partie de recherches menées aux États-Unis. Le cypripède blanc atteint la limite de son aire de répartition au Canada et pourrait y être confronté à des difficultés additionnelles. Par exemple, la durée d’une génération pourrait augmenter vers la limite nord de l’aire de répartition, où il est peu probable que les conditions soient propices durant plusieurs années consécutives. Selon Curtis (1943), les taux de reproduction des espèces du genre Cypripedium sont plus élevés vers le centre de leurs aires de répartition. De même, selon Falb et Leopold (1993), le cypripède blanc arbore des fleurs plus petites et produit moins de fleurs et de fruits dans l’état de New York que dans la partie centrale de son aire, qui se trouve au Wisconsin, en Illinois et en Iowa.

Cycle vital, paramètres démographiques et reproduction

Curtis (1943) a étudié la germination naturelle et le développement des semis chez les espèces du genre Cypripedium aux États-Unis. Les premiers stades du développement des semis du cypripède blanc ont été observés à des profondeurs allant de trois à cinq centimètres. Selon le chercheur, plusieurs années pourraient être nécessaires avant que les graines atteignent ces profondeurs, grâce à l’action naturelle de la pluie et de la fonte des neiges. Il est également possible qu’une certaine période de temps soit nécessaire pour qu’une couche de sol d’une épaisseur convenable s’accumule sur les graines. Chez les espèces du genre Cypripedium, le tégument des grainesest résistant à l’humidité, et la longévité des graines est d’au moins huit ans en conditions artificielles d’entreposage à sec. Au cours d’une période de 4 ans, seulement 14 semis ont été trouvés dans 2 grandes colonies de cypripède blanc du centre du Wisconsin (comptant respectivement 5 500 et 1 500 tiges), malgré les recherches intensives qui y ont été réalisées. D’après des observations sur le terrain et le taux de croissance connu des espèces du genre Cypripedium, on estime qu’un semis de cypripède blanc fleurit pour la première fois 12 années ou plus après sa germination (Curtis, 1943).

Curtis (1954) a consigné durant plus de vingt ans la production de fleurs des espèces du genre Cypripedium aux États-Unis. En conditions favorables, les boutons floraux commencent à se former à la fin de l’été de l’année précédant la floraison. Selon ses observations réalisées de 1933-1952 dans une colonie située dans la partie centrale de l’aire de l’espèce, au Wisconsin, la production de fleurs du cypripède blanc variait d’une année à l’autre, et 33 % à 78 % des tiges ont fleuri. Selon Falb et Leopold (1993), la production de fleurs était de 36,5 % en périphérie de l’aire de répartition, dans l’État de New York, de 1989 à 1990. Shefferson et Simms (2007) ont observé un taux de floraison de 47 % de 2000 à 2005 en Illinois, près de la partie centrale de l’aire de l’espèce. D’après des données recueillies au Manitoba, le taux de floraison est en moyenne supérieur à 50 % (MB CDC, 2010). Cependant, il pourrait s’agir d’une surestimation, car les relevés sont souvent axés sur les tiges florifères. Lorsque les individus sont au stade végétatif (non florifère), il peut être difficile de les repérer les parmi la couverture de chaume, et il est impossible de distinguer le cypripède blanc du cypripède jaune et des hybrides sur le terrain. D’après des relevés détaillés réalisés dans la sous-population du comté de Hastings, en Ontario, le taux de floraison y est de 40 % (Solomon 2003; Imrie et al. 2005).

Si une fleur parvient à survivre et est pollinisée, elle produit une capsule renfermant des milliers de graines microscopiques qui sont dispersées par le vent à la fin de l’été. Comme la production de fleurs, la production de fruits peut varier d’une année à l’autre. Selon Curtis (1954), la production moyenne de fruits (fruits/tige) du cypripède blanc variait de 5 % à 27 % au Wisconsin de 1938 à 1941. Falb et Leopold (1993) ont observé un taux de production de fruits de 12 % dans l’État de New York de 1986 à 1990, alors que Shefferson et Simms (2007) ont observé un taux de 10 % en Illinois de 2000 à 2005. La production de fruits n’a généralement pas été consignée dans les sous-populations canadiennes. Au Manitoba, les gelées printanières tardives entraînent une diminution de 1 ou 2 % de la production de fruits par rapport au nombre total de tiges florifères (Punter, 1999). Quatre-cents individus ont été examinés en 1979 dans la sous-population de la Première Nation de l’île Walpole, et des grains de pollen avaient été déposés sur le stigmate chez 23 % d’entre eux (Brownell, 1981). Selon Flab et Leopold (1983), la production de fruits du cypripède blanc est généralement faible comparativement à celle d’autres orchidées, qui peuvent produire deux fois autant de capsules, voire plus.

En outre, le cypripède blanc se reproduit par voie végétative, par des bourgeons produits sur les rhizomes de deux ou trois ans, qui donnent des tiges additionnelles et entraînent ainsi une hausse des ressources nécessaires à la plante (Curtis, 1943). Selon Curtis (1954), les plantes du genre Cypripedium peuvent potentiellement être « immortelles ». L’âge moyen des individus matures est inconnu, de sorte qu’il est impossible d’évaluer la durée d’une génération. Cependant, celle-ci est probablement bien supérieure à 12 ans, si on se fie au temps que met un individu pour produire sa première fleur (Curtis, 1954).

Physiologie et adaptabilité

On pense que la faible hauteur des précipitations limite la répartition vers l’ouest du cypripède blanc (Bowles, 1983). Les graines ont besoin d’un apport en eau constant pour germer (Curtis, 1943). En outre, l’espèce dépendrait d’une nappe phréatique peu profonde pour sa survie à long terme (Falb et Leopold, 1993). Les préférences en matière d’habitat de l’espèce au Canada donnent à penser que le cypripède blanc est adapté aux microsites où l’eau souterraine est en mouvement. En outre, l’espèce est intolérante à l’ombre (Brownell, 1981). Selon Falb et Leopold (1993), les individus florifères comportant plusieurs tiges sont exposés à un rayonnement solaire considérablement plus élevé (environ deux fois plus élevé) que les individus non florifères ne comportant qu’une seule tige. La perturbation de l’habitat est nécessaire à la survie à long terme du cypripède blanc, notamment des brûlages ou des fauchages réalisés à des moments opportuns, pour empêcher l’empiètement des espèces ligneuses. En l’absence de telles perturbations, le cypripède blanc peut être supplanté par les végétaux empiétant sur son habitat (Curtis, 1946; Brownell, 1981).

Le cypripède blanc est sensible aux gelées printanières tardives, car il apparaît et fleurit relativement tôt au printemps. Des feuilles et des fleurs endommagées par le gel sont fréquemment observées dans les sous-populations du Manitoba, et ces dommages ont une incidence sur la capacité photosynthétique et la production de graines des individus (MB CDC, 2010, Punter, 1999).

Le cypripède blanc peut demeurer en dormance durant de longues périodes durant lesquelles les rhizomes survivent sous terre et attendent l’arrivée de conditions propices pour produire des parties aériennes (Curtis, 1943; Falb et Leopold, 1993; Shefferson, 2006; Shefferson et Simms, 2007). Dans le cadre d’une étude de 11 ans menée en Illinois, une période de dormance de jusqu’à 6 ans a été observée chez le cypripède blanc, et au moins 40 % des individus étaient en dormance durant cette période (Shefferson, 2006). On ignore dans quelle mesure la dormance est utilisée comme mécanisme d’adaptation chez le cypripède blanc au Canada. La comparaison des fluctuations observées quant aux données recueillies dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (Borkowsky, comm. pers., 2012), et des données climatiques (Agriculture and Agri-Food Canada, 2012) donne à penser que la dormance pourrait être liée à des faibles températures printanières ou à des conditions sèches.

De Pauw et Remphry (1993) ont réalisé des essais de germination in vitro de graines de cypripède blanc récoltées dans deux sites au Manitoba. Après une période de 20 semaines, le taux de germination le plus élevé (près de 50 % des graines inoculées) a été observé pour les graines récoltées 8 semaines après la pollinisation. L’exposition des graines au froid (4 °C) durant deux semaines a entraîné seulement une légère augmentation du taux de germination.

A. Anderson, de l’Université de Guelph, a réussi à multiplier le cypripède blanc au moyen de graines récoltées dans deux sous-populations d’Ontario. Trois individus issus de graines provenant de la sous-population du comté de Norfolk (Anderson, 1993, cité dans Brownell, 1999) survivent actuellement dans son jardin, comme il est mentionné dans le rapport du COSEPAC précédent (Brownell, 1999). Un individu issu d’une graine récoltée dans la sous-population de la Première Nation de l’île Walpole a fleuri en neuf ans (Anderson, comm. pers., 1997, cité dans Brownell, 1999). Plus récemment, Environnement Canada a accordé un permis pour la récolte de capsules, en vue de l’étude de la viabilité des graines, des conditions nécessaires à la germination et des taux de germination ainsi que la possible production de semis destinés à la restauration des sites protégés, dans la Première Nation de l’île Walpole (Environment Canada, 2008a).

Des tentatives de transplantation d’individus matures ont été réalisées récemment. À l’automne 2011, le CDC du Manitoba a prélevé 126 tiges de cypripède blanc (environ 20 individus) dans la sous-population du fossé de Woodlands (no 9) et les a transplantés dans la sous-population du sentier Woodlands (no 12), en vue de déterminer si l’espèce pouvait être transplantée (Murray, comm. pers., 2012). Le nombre de tiges des individus transplantés est passé de 126 en 2011 à 160 en 2012. Toutefois, il faut continuer le suivi pour déterminer le succès à long terme de cette transplantation. Un autre permis a été délivré pour la transplantation de certains individus poussant dans un terrain à bâtir jusqu’à un site protégé, dans l’île Walpole (Environment Canada, 2009), mais les résultats de cette activité sont inconnus.

Déplacements et dispersion

Les capsules du cypripède blanc renferment des milliers de graines microscopiques, ce qui est caractéristique des orchidées en général (Curtis, 1954). Les graines des orchidées sont transportées par le vent et peuvent ainsi être dispersées sur des milliers de kilomètres (Jersakova et Malinova, 2007). Toutefois, il faut qu’elles parviennent à un milieu dont les conditions leur conviennent ainsi qu’au champignon dont elles ont besoin pour germer. En outre, les taux de survie des semis et de fructification sont généralement faibles. Ainsi, le principal mode de croissance de la population repose sur la multiplication végétative des individus à l’échelle locale. Pour parvenir à établir une nouvelle sous­population, une graine devrait d’abord voyager à travers l’habitat fragmenté de l’espèce jusqu’à un site propice qui répondrait à ses multiples besoins durant les nombreuses années qu’elle mettrait avant de devenir un individu mature. Ainsi, les sous-populations sont souvent séparées par de vastes superficies de milieux non propices à l’espèce. Cependant, vu la grande capacité de dispersion des graines et l’absence de divergence génétique détectée entre les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario, la population canadienne n’est pas considérée comme gravement fragmentée.

Interactions interspécifiques

Les graines du cypripède blanc sont dépourvues d’albumen, tissu de réserve nécessaire à la germination; un champignon mycorhizien spécifique est donc requis pour le développement des semis et pourrait être nécessaire aux individus adultes, durant leurs périodes de dormance (Shefferson, 2006; Curtis, 1943). Une espèce du genre Moniliopsis a été isolée de racines de cypripède blanc prélevées près de Tolstoi, au Manitoba (sous­population no 2) (Zelmer, 1994). Les champignons observés en association avec le cypripède blanc en Illinois et au Kentucky appartenaient aux groupes des Tulasnellaceae et des Thelephoraceae ainsi qu’au genre Phialophora (Shefferson et al., 2005). En outre, le Rhizoctonia subtilis a été isolé chez le cypripède blanc (Curtis, 1939, cité dans Zelmer, 1994).

Le cypripède blanc dépend de certains insectes spécifiques pour sa pollinisation, et la forme de ses fleurs favorise la pollinisation croisée. Selon Catling et Knerer (1980), qui ont mené une étude dans la sous-population de la Première Nation de l’île Walpole, en Ontario, les abeilles de la famille des Andrenidés et du groupe des Halictinés mesurant 6 ou 7 mm de long étaient les plus importants pollinisateurs du cypripède blanc. L’Andrena ziziae et l’Halictus confusus étaient parmi les abeilles les plus communes. Parmi les insectes observés à l’intérieur des fleurs du cypripède blanc cypripède blanc ou associés à du pollen de l’espèce, on compte l’Andrena ziziae,une espèce du genre Spechodes, une espèce du genre Nomada, un coléoptère (Elateridae), un hyménoptère parasite (Chalcididae), l’Augochlorella striata, l’Halictus (Seladonia) confusus, le Dialictus rohweri, le D. atlanticus et le D. pilosus.

Le cypripède blanc ne produit pas de nectar comme récompense pour les insectes qui visitent ses fleurs. Les abeilles pollinisatrices observées par Catling et Knerer (1980) sont généralistes et ont également été observées sur les fleurs de nombreuses autres espèces qui ne produisent pas de nectar. En outre, les abeilles du groupe des Halictinés ont un cycle de vie plus long que celui des abeilles de la famille des Andrenidés et ont besoin d’autres plantes qui fleurissent en dehors de la période de floraison du cypripède blanc. Ainsi, la reproduction sexuée du cypripède blanc pourrait dépendre de la présence d’une diversité d’espèces dont la floraison s’échelonne tout au long de la saison de croissance. Selon plusieurs études, la diversité des pollinisateurs diminue en raison de la fragmentation des milieux naturels (voir Ouborg et al., 2006).Ainsi, le faible taux de fructification du cypripède blanc pourrait être en partie attribuable au caractère fragmenté de l’habitat qui lui est propice.

Il existe également des relations interspécifiques qui sont négatives pour le cypripède blanc, comme la concurrence exercée par les espèces ligneuses qui empiètent sur son habitat et par les espèces envahissantes. Le broutage des feuilles de cypripède blanc est courant (MB CDC, 2010) et pourrait entraîner une diminution de la production de fruits. Falb et Leopold (1993) ont observé des feuilles de cypripède blanc broutées, présumément par des lapins. En outre, l’hybridation avec le cypripède jaune pourrait avoir un effet négatif sur l’intégrité génétique du cypripède blanc et risque de réduire le nombre de descendants issus de la reproduction intraspécifique (voir la section « Facteurs limitatifs »).

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Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d’échantillonnage

Des méthodes extrêmement variées ont été utilisées durant les relevés visant l’espèce. D’après les lignes directrices de l’UICN (IUCN, 2010), les unités capables de reproduction végétative et les unités capables de reproduction sexuée formant un clone doivent être dénombrées pour l’évaluation du nombre d’individus matures. Cependant, ces données n’ont généralement pas été recueillies pour l’espèce. Il est souvent difficile de délimiter les individus, puisque l’espèce produit des clones, de sorte que l’évaluation du nombre d’individus génétiquement distincts comporte un grand degré d’incertitude. Il est encore plus complexe de déterminer si un segment d’un individu génétique est capable de reproduction végétative. Dans certains cas, l’effectif a été évalué d’après des dénombrements détaillés des tiges florifères et des tiges non florifères par touffe (individu génétiquement distinct estimé), alors que dans d’autres cas il a été évalué d’après des estimations approximatives du nombre de tiges florifères visibles. C’est généralement le nombre de tiges florifères qui est consigné, car la présence de fleurs est nécessaire pour que le cypripède blanc puisse être distingué du cypripède jaune et de leurs hybrides. Même lorsque les individus sont en fleur, l’identification du cypripède blanc et de ses hybrides comporte un degré élevé d’incertitude (MB CDC, 2010). En outre, les gelées printanières sont courantes et causent le brunissement et le flétrissement des fleurs. Ainsi, l’évaluation des effectifs comporte un degré d’incertitude encore plus élevé les années où des gelées surviennent. Même dans les cas où des méthodes semblables sont utilisées, le degré d’intensité des recherches et le moment où les relevés sont réalisés peuvent entraîner des différences considérables, car la période de floraison dure généralement moins de deux semaines. Par exemple, en 2012, le CDC du Manitoba (2012) a dénombré 250 tiges florifères le 30 mai dans un site de la sous-population no 16, alors que Krindle (comm. pers., 2012) y a dénombré 619 tiges florifères le 1er juin. Beaucoup des données présentées sont fondées sur des estimations ponctuelles, de sorte qu’il est impossible d’évaluer l’erreur ou la fluctuation prévus entre les dénombrements d’un site à l’autre et d’une année à l’autre. De même, on ignore quelle est la fluctuation prévue du nombre de tiges florifères d’une année à l’autre en fonction de la fluctuation des conditions environnementales.

Aux fins du présent rapport de situation, le nombre total de tiges et le nombre de tiges florifères sont utilisés comme mesures estimatives de l’abondance. Les estimations ne comprennent pas les individus non florifères dont l’identité n’a pas pu être confirmée, ni les individus florifères dont l’identité était incertaine (hybrides soupçonnés). Le nombre de tiges florifères est utilisé comme indicateur du nombre d’individus matures. Les tiges qui n’étaient pas encore en pleine floraison mais poussaient parmi d’autres tiges de cypripède blanc ont été incluses dans le nombre de tiges florifères. Les fleurs avortées ont été exclues.

En outre, il est à signaler que le cypripède blanc fleurit pour la première fois à l’âge d’environ 12 ans ou plus (Curtis, 1954), de sorte que le nombre de tiges constitue probablement une sous-estimation de l’effectif total. De plus, la capacité de l’espèce de demeurer en dormance pendant une année ou plus peut causer une sous-estimation de la taille de la population, et on peut inférer qu’elle cause des fluctuations.

Abondance

Il est impossible d’estimer le nombre total actuel d’individus matures au Canada, car on ne dispose pas de données récentes pour les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole. Au Manitoba, il y a environ 22 000 individus matures, d’après les estimations récentes du nombre de tiges florifères. Le tableau 3 renferme l’effectif estimatif et des commentaires pour les 19 sous-populations existantes du Manitoba. En Ontario, 536 tiges florifères ont été dénombrées dans la sous-population du comté de Hastings en 2011 (tableau 2). Un permis autorisant un recensement visant le cypripède blanc sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole a été délivré pour la période 2008-2010 (Environment Canada, 2008a), mais on ignore si le recensement a été réalisé et, le cas échéant, son résultat. Selon Bowles (2005), moins de 10 % de la population canadienne de l’espèce pousse sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole. Toutefois, d’après le programme de rétablissement du cypripède blanc, on y trouvait plus de 14 000 touffes (individus/genets) en 2003 (Environment Canada, 2014), ce qui signifierait que près de 50 % de la population canadienne totale pourrait se trouver sur ces terres. Il est actuellement impossible de lever l’incertitude à cet égard.

Tableau 3. Effectif des sous-populations de cypripède blanc du Manitoba.
Sources : MB CDC, 2012; Worley, comm. pers., 2012; Krindle, comm. pers., 2012; Ames, comm. pers., 2012; Borkowsky, comm. pers., 2012; MB CDC, 2010; Punter, 1999.
Sous-populationPremière obs.Estimation la plus récente du nombre total de tiges / nombre de tiges florifères (année)Commentaires et tendances
1. Kleefeld1980152/59 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 681/318 (1986), 683/293 (1987), 568/394 (1988), 552/135 (1989), 593/223 (1990), 507/? (1992), 598/? (1996), 600/? (1997), 522/391 (1998), 373/156 (1999), 279/193 (2000), 250/175 (2001), 264/188 (2003), 340/175 (2004), 266/139 (2009), 152/59 (2012).
2. Réserve de prairie d’herbes longues1993<34 491/<16 899 (2012)Probablement inférieur à l’effectif de 1997 (34 491 tiges), d’après des parcelles de suivi.
3. Franklin ouest199967/52 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : ?/47 (1999), ?/20-30 (2000), 111/66 (2006), 187/63 (2008), 31/17 (2009), 97/82 (2010), 67/52 (2012).
4. Franklin sud199938/24 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 82/35 (1999), 74/57 (2000), 10/3 (2001), 0 – trop tôt (2006), 12/11 (2008), 17/10 (2009), 22/19 (2010), 38/24 (2012).
5. Franklin est199918/8 (2011)Dernière mention en 2000 à l’endroit précédemment cartographié. Incertitude quant à la nature pure ou hybride des individus observés en 2006. Uniquement le cypripède jaune a été observé en 2011 à l’endroit précédemment cartographié. Cependant, un nouveau site occupé a été découvert à un peu plus de 1 km de cet endroit en 2011. Nbre total de tiges/tiges florifères : 55/47 (1999), ?/8 (2000), 18/8 (2012).
6. Emerson200172/50 (2009)Nbre total de tiges/tiges florifères : 39/29 (2001), 0 (2002), 0 (2003), 72/50 (2009). Cypripède jaune plus abondant.
7. Carman200840?/40? (2012)Sous-population découverte depuis relativement peu de temps, données déficitaires. Nbre total de tiges/tiges florifères : ? (2008), 0 - hybrides seulement (2010), ?/23 (2011), ?/40 (2012). Un certain degré d’incertitude est associé à l’effectif de 40 signalé en 2012 par un citoyen connaissant bien l’emplacement des individus observés les années précédentes. D’autres chercheurs ont visité ce site la même journée et la journée suivante et n’ont pas confirmé la présence du cypripède blanc. Le cypripède jaune et les hybrides sont beaucoup plus abondants, et une gelée printanière tardive a endommagé les fleurs.
8. Tolstoi2008462/301 (2012)Sous-population découverte depuis relativement peu de temps, données déficitaires. Environ 68 individus – 47 portant des boutons floraux et 10 portant des fleurs (10 juin 2008), env. 240 individus en fleurs (20 juin 2008), env. 150 tiges, dont env. la moitié en fleurs (2009), env. 106 individus - 462 tiges/301 tiges florifères (2012).
9. Woodlands – fossé1966214/129 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 66/43 (1993), env. 200 touffes, avec en moyenne 3 tiges par touffe (1997), 78/34 (1998), 57/? (1999), 72/53 (2000), 128/99 (2001), 338/243 (2005), 267/153 (2007), 629/352 (2008), 228/164 plus 60 tiges, y compris des hybrides (2009), <100/17 (2010), 571/382 (2011), 214/129 (2012). NOTE : 126 tiges ont été prélevées en 2011 pour une expérience de transplantation (vers la sous-population no 12). Le nombre de tiges restantes est passé de 445 en 2011 à 214 en 2012.
10. Lac Francis/Manipogo1983>200/>138 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 159/28 (1993), 80/29 (1998) 26/14 (2003), ?/10-15 mais dénombrement effectué après la date optimale (2010), 249/191 (2012).
11. St. Laurent19951375/>308 (2009)Sous-population fragmentée constituée de plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué pour la population en entier aucune des années. Certains dénombrements des tiges présentés ci-dessous ne comprennent peut-être pas toutes les parcelles occupées. Nbre total de tiges/tiges florifères : 1677/615 (1998), 1776/973 (1999), >3085-3485/>2630-3030 (2001), >3000/? (2005), 1375/>308 (2009). Note : l’estimation de 2009 ne comprend pas toutes les parcelles occupées.
12. Sentier Woodlands1998319/211 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 166/158 (1999), 161/75 (2000), >266/168 (2005), pas de dénombre effectué car la floraison était terminée, mais effectif manifestement inférieur à celui de 2005 (2007), >176/48 (2008), >146/22 (2009), 27/19 (2010), 45/25 (2011), 319/211 (2012). NOTE : 126 tiges ont été transplantées dans cette sous-population en 2011 (depuis la sous-population no 9). Le nombre de tiges non transplantées est passé de 45 en 2011 à 159 en 2012. Le nombre de tiges transplantées est passé de 126 en 2011 à 160 en 2012.
13. St. Laurent nord-ouest2005>287/143 (2010)Nbre total de tiges/tiges florifères : 1938/1413 (2005), >287/143 (2010). Note : les tiges visibles n’ont pas toutes été dénombrées en 2010.
14. Sud de Brandon1954>1200/<1200 (2011/2012)Sous-population fragmentée constituée de plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué pour la population en entier aucune des années. Des déclins et des disparitions ont été constatés dans certaines parcelles, et des augmentations et des apparitions ont été observées dans d’autres. Dans l’ensemble, aucune tendance importante quant à l’abondance, mais le nombre de parcelles occupées et/ou la zone d’occupation pourraient être en déclin.
15. Collines Brandon1993milliers/<milliers(2010)Sous-population fragmentée constituée de plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué pour la population en entier aucune des années. Aucune tendance importante manifeste quant à l’abondance.
16. Sud-est de Brandon1997>619/619 (2012)Sous-population fragmentée constituée de plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué pour la population en entier aucune des années. Aucune tendance importante manifeste quant à l’abondance, mais nombre de parcelles occupées et/ou zone d’occupation peut-être en déclin.
17. Sud-est des collines Brandon2007504/384 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 83/? (2007), >600/? (2008), >762/>398 (2011), 504/384 (2012).
18. Oak Lake200874/26 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 20/? – graves dommages par le gel (2009), 189/141 (2010), 309-329/279 (2011), 74/26 (2012).
19. Rounthwaite201181/27 (2012)Nbre total de tiges/tiges florifères : 60/46 (2011), 81/27 (2012).

Fluctuations et tendances

Dans le rapport du COSEPAC précédent, préparé en 1999, on indique que le nombre de tiges florifère est évalué à 36 260 au Manitoba, d’après des données recueillies du début des années 1980 à 1997 (Brownell, 1999). Selon le supplément (mise à jour) préparé pour le Manitoba (Punter, 1999), le nombre de tiges a été évalué à 42 879 (dont 21 629 florifères) dans le cadre des relevés réalisés en 1997 et 1998. Le nombre de tiges est actuellement évalué à 42 000 (dont 22 000 florifères) au Manitoba. Toutefois, cette estimation comporte un degré élevé d’incertitude. Aucun relevé n’a récemment été réalisé dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, qui comprend environ 80 % de la population de cette province. Si on ne tient pas compte de l’incertitude quant à l’effectif de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba et des sous-populations découvertes depuis 1998, l’abondance a diminué de 67 %, et le nombre de tiges est passé de 8388 (4 721 florifères) à 5 760 (4 037 florifères).

On ne dispose pas de suffisamment de données pour déterminer les tendances en matière d’effectif pour le cypripède blanc en Ontario. D’après le rapport du COSEPAC précédent, le nombre de tiges est évalué à 6 450 en Ontario, et celles-ci sont réparties entre 1 400 touffes (Brownell, 1999). Le nombre d’individus a été évalué à plus de 140 000 sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole, raison pour laquelle un permis a été délivré pour le dénombrement en 2009 (Environment Canada, 2009); toutefois, il pourrait s’agir d’une erreur, car cette estimation ne correspond à aucune des estimations précédentes, dont une estimation inférieure à 14 000 touffes réalisée en 2003 (Environment Canada, 2014). Les termes « individu », « touffe » et « plante » n’ont pas été définis dans les sources précédentes, de sorte qu’il est difficile d’établir des comparaisons. L’effectif rapporté pour la sous-population du comté de Hastings a augmenté depuis la publication du rapport précédent (tableau 2), mais cette différence pourrait être attribuable à des différences entre les méthodes de relevé.

Il est courant de constater des fluctuations entre les effectifs signalés pour une même sous-population. Ces fluctuations peuvent être attribuables à des fluctuations réelles du nombre d’individus florifères associées à la mortalité ou à des fluctuations apparentes associées à la dormance et à des diminutions du taux de floraison. En outre, des fluctuations apparentes peuvent découler de différences entre les activités de recherche et les méthodes de consignation des données. Les fluctuations, les méthodes fluctuantes et les écarts temporels entre les relevés font en sorte qu’il est difficile de détecter les tendances des sous-populations. Le tableau 3 présente les estimations pour toutes les années où des relevés ont été réalisés au Manitoba. Dans le cas de certaines sous­populations, l’effectif signalé est aujourd’hui plus élevé qu’au moment de la découverte, mais des déclins sont observés dans le cas d’autres sous-populations. Dans l’ensemble, les sous-populations présentant des signes de hausse sont moins nombreuses que celles présentant des signes de déclin. Toutefois, on dispose de suffisamment de données pour réellement déterminer des tendances dans le cas de peu de sous-populations.

Au Manitoba, un suivi annuel visant le cypripède blanc est réalisé dans la Réserve de prairie d’herbes longues (sous-population no 2) depuis 1997, et celui-ci repose sur des activités de recherche et des méthodes uniformes ainsi que des parcelles représentatives (Borkowsky, comm. pers., 2012). Des fluctuations y ont été couramment observées, comme dans le cas des autres sous-populations (fig. 5). Les causes de ces fluctuations sont inconnues, mais elles pourraient être liées aux conditions météorologiques, aux activités de gestion ou à des interactions entre ces deux facteurs. Par exemple, les diminutions de l’abondance observées en 2009 étaient associées à des températures printanières plus basses que la normale (Agriculture and Agri-Food Canada, 2012), alors que les hausses observées en 2010 étaient associées à des précipitations et des températures supérieures à la normale à la fin de la saison de croissance de 2009 et au printemps 2010. Les diminutions observées en 2012 étaient associées avec des conditions inhabituellement sèches et chaudes à la fin de l’été 2011 et durant l’hiver et le printemps 2012.

Les brûlages dirigés et les incendies sont relativement fréquents dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba. Les brûlages sont réalisés pour réduire l’accumulation excessive de chaume et l’empiètement des espèces ligneuses, mais les incendies intenses risquent d’endommager les rhizomes des individus de l’espèce (Worley, comm. pers., 2012). En outre, les incendies pourraient contribuer à une floraison précoce, ce qui rend l’espèce plus vulnérable aux gelées printanières. En 2012, la diminution la plus marquée a été observée dans la parcelle A. Les conditions sèches, combinées à un incendie intense pourraient avoir contribué à la floraison précoce des individus de l’espèce, qui ont été gravement endommagés par le gel à la fin mai. La variabilité de l’intensité des incendies à travers le paysage pourrait être en partie responsable des différences observées d’une parcelle à l’autre. Avant 1997, le nombre de tiges aurait augmenté dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, en raison d’un certain nombre de facteurs, dont les conditions météorologiques, les activités de gestion et l’amélioration de l’efficacité des activités de dénombrement (Borkowsky, comm. pers., 2012). Les interactions entre les fluctuations des conditions météorologiques et les activités de gestion sont complexes, et leurs effets sur le cypripède blanc sont actuellement inconnus.

La sous-population de Kleefeld (no 1) a fait l’objet de mesures de suivi assez régulières et uniformes depuis 1986, et elle semble être en baisse (fig. 6). Certaines parties de cette sous-population ont été endommagées par des véhicules récréatifs en 2008. De plus, de vastes superficies ont été endommagées dans cette région par des activités d’entretien de clôtures en septembre 1998, et plus de 10 % des tiges y ont été déterrées en 1997 (Punter, 1999; MB CDC, 2010). L’effectif estimatif ne s’est jamais rétabli à son niveau d’avant les perturbations dans cette sous-population.

Figure 5. Tiges de cypripède blanc dénombrées dans les parcelles de suivi de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba. Le symbole d’incendie indique les brûlages dirigés, alors que le symbole d’éclair indique les feux de friche. (Source : Borkowsky, comm. pers., 2012).
Tiges de cypripède blanc dénombrées dans les parcelles de suivi de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba
Description longue pour la figure 5

Graphique montrant les résultats des dénombrements effectués dans les parcelles de suivi du cypripède blanc dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (1997 à 2012). Les symboles superposés aux courbes illustrant les fluctuations d’abondance indiquent la survenue de brûlages dirigés et de feux de friche.

Figure 6. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Kleefeld, au Manitoba. (Source : MB CDC, 2012).
Tiges de cypripède blanc dénombrées à Kleefeld, au Manitoba
Description longue pour la figure 6

Graphique montrant les résultats des dénombrements effectués dans la sous-population de Kleefeld, au Manitoba (1986 à 2012). Les années où le site a été endommagé et où des tiges ont été déterrées sont indiquées.

Figure 7. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Woodlands, au Manitoba, dans les sous-populations 9 et 12. (Source : MB CDC, 2012).
Tiges de cypripède blanc dénombrées à Woodlands
Description longue pour la figure 7

Graphique montrant les résultats des dénombrements effectués dans les deux sous-populations de Woodlands, au Manitoba (sous-populations 9 et 12).

Des fluctuations et des tendances intéressantes ont été observées dans les deux sous-populations de Woodlands (nos 9 et 12), mais celles-ci n’ont pas fait l’objet de relevés aussi constants que les précédentes. La sous-population du fossé de Woodlands (no 9) semble avoir subi des fluctuations, mais, globalement, son effectif est demeuré stable ou a augmenté au cours des 15 dernières années (fig. 7). Malgré le prélèvement de 126 tiges en 2011, pour une expérience de transplantation, l’effectif de 2012 était plus élevé que la plupart des effectifs précédents. Dans cette sous-population, les zones où les fauchages sont réalisés tard dans la saison et peuvent contribuer à la dispersion des graines présentent une abondance élevée, alors que dans les zones où les fauchages sont réalisés tôt dans la saison, les fleurs risquent d’être fauchées (Proctor, comm. pers., 2008; MB CDC, 2010). À l’inverse, la sous-population du sentier Woodlands (no 12) est en baisse depuis 2005, en raison de l’empiètement des espèces ligneuses et de l’accumulation de chaume (Foster, 2008; Krause Danielsen et Friesen, 2009). Les activités de gestion récentes (élimination des espèces ligneuses en 2010 et brûlage printanier en 2011) pourraient être en partie responsables de l’importante augmentation observée en 2012. En excluant les individus transplantés (qui provenaient de la sous-population du fossé, no 9), le nombre de tiges de la sous-population no 12 est passé de 42 en 2011 à 159 en 2012. Cette augmentation fait en sorte que l’effectif atteint presque de nouveau son niveau de 1999 et 2000. En incluant les individus transplantés, l’effectif de 2012 est le plus élevé jamais observé pour cette sous-population.

La sous-population de St. Laurent (no 11) a connu une hausse grâce aux fauchages automnaux réguliers. Ces fauchages ont été interrompus depuis que le site a changé de propriétaire, ce qui semble avoir causé une diminution de l’abondance (Roberts, comm. pers., 2012). Cependant, un incendie accidentel a touché toute la région en 2012, ce qui pourrait permettre des hausses de l’abondance.

En plus des estimations de l’effectif, les observations quant aux superficies occupées et aux disparitions peuvent indiquer des tendances dans l’abondance. Par exemple, les sous-populations no 14 et 16 (Brandon) se composent de plusieurs parcelles occupées. Certaines parcelles semblent s’étendre, alors que d’autres semblent disparaître. Les superficies occupées par les sous-populations de cypripède blanc semblent demeurer plus stables au fil du temps que les effectifs estimés (MB CDC, 2010). Il semble que les sous-populations récemment découvertes existaient déjà depuis un certain nombre d’années, étant donné le nombre de tiges qu’elles contiennent et la présence d’individus florifères. Ainsi, elles ne constituent pas de nouveaux sites où s’est établie l’espèce.

Immigration de source externe

La dispersion sur de longues distances de graines provenant des États-Unis jusqu’au Canada est possible. Des individus immigrants seraient probablement adaptés pour survivre au Canada. De petites parcelles d’habitat propice pourraient être disponibles au Manitoba, mais l’établissement de l’espèce dépend de la présence de champignons symbiotiques spécifiques ainsi que des conditions environnementales dont l’espèce a besoin pour survivre jusqu’à la maturité. Il n’y a probablement pas d’habitat propice disponible dans le sud de l’Ontario, puisque le paysage y est principalement agricole et que très peu de sites conviendraient à la colonisation de l’espèce (Oldham, comm. pers., 2013). Le statut du cypripède blanc dans les États limitrophes est le suivant : Dakota du Nord – S2S3, Minnesota – S3, Michigan – S2. Au Minnesota, l’espèce est présente dans le comté de Kittson (USDA 2012), dont la frontière se trouve à moins de 10 km de la Réserve de prairie d’herbes longues. Au Michigan, l’espèce pousse dans le comté de St. Clair, qui borde les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole, en Ontario (USDA, 2012). Les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole se trouvent à moins de 5 km de la frontière du comté de St. Clair.

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Menaces et facteurs limitatifs

Menaces causant la destruction, la dégradation et la fragmentation de l’habitat

Les menaces les plus imminentes et les mieux connues pesant sur le cypripède blanc en Amérique du Nord sont associées à la destruction, à la dégradation et à la fragmentation de son habitat (Brownell, 1981). Un certain nombre de facteurs naturels et anthropiques contribuent à la diminution continue de la qualité et de la superficie de l’habitat propice au Canada, comme l’indiquent les paragraphes qui suivent. Des pratiques de gestion bénéfiques de l’habitat pourraient permettre, dans l’avenir, la restauration d’une certaine partie de l’habitat ayant subi des dégradations naturelles. Toutefois, l’habitat a été fragmenté et détruit à grande échelle par les activités humaines, et ces dommages sont pour la plupart irréversibles.

Empiètement des espèces ligneuses et accumulation excessive de chaume (UICN : modifications des systèmes naturels – suppression des incendies, autres modifications de l’écosystème)

L’habitat du cypripède blanc est de plus en plus dégradé par l’empiètement des espèces ligneuses et l’accumulation excessive de chaume, en l’absence de perturbations historiques, comme les incendies et le broutage. L’empiètement des espèces ligneuses et l’accumulation excessive de chaume sont les deux menaces les plus couramment signalées dans les sous-populations canadiennes (Brownell, 1981; Brownell, 1999; Punter, 1999; MB CDC, 2010). Le cypripède blanc est limité par les quantités de lumière et d’eau disponibles, qui diminuent avec l’augmentation de l’empiètement des espèces ligneuses. Selon Curtis (1946), il est essentiel de limiter les arbustes concurrents pour que les populations de cypripède blanc se maintiennent ou augmentent. L’accumulation de chaume est associée à une diminution de la qualité de l’ensoleillement et de la quantité de lumière ainsi qu’à une hausse de la variation des températures à la surface du sol (Facelli et Pickett, 1991; Sletvold et al., 2010).

Lorsqu’ils sont réalisés à des moments propices, les brûlages, le pâturage et les fauchages aident à réduire l’empiètement des espèces ligneuses et l’accumulation de chaume, et ces activités ont été associées à des sous-populations stables ou en hausse, comme celles de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (2), du fossé de Woodlands (9), du lac Francis (10), de St. Laurent (11), du sentier Woodlands (12, avant 2005), des collines Brandon (15) et de la Première Nation de l’île Walpole (Brownell, 1999; MB CDC, 2010; Worley, comm. pers., 2012).

Il est difficile de démontrer de manière empirique les liens de causalité unissant l’empiètement et l’accumulation de chaume avec les déclins des sous-populations canadiennes de cypripède blanc, en raison de la complexité du cycle vital de l’espèce et de la difficulté de dégager des tendances à partir des données récoltées. Dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, une des parcelles ayant fait l’objet d’un suivi annuel (D, fig. 5) n’a pas subi de brûlage depuis 2001. Cette absence de brûlage a été associée à une accumulation excessive de chaume (25 à 30 cm) et à une diminution du nombre de tiges depuis 2004 (C. Borkowsky, comm. pers., 2012). Deux parcelles qui sont situées à proximité et ont subi des brûlages (B et C, fig. 5) présentaient un effectif semblable à celui de la parcelle non brûlée au début de la période de suivi, en 1997. L’effectif des parcelles brûlées a connu des hausses et des baisses, mais demeure globalement plus élevé que celui de la parcelle non brûlée. En 2010, année où les conditions ont été propices à l’espèce, 138 et 125 tiges ont été dénombrées dans les parcelles brûlées, alors que seulement 10 toges ont été dénombrées dans la parcelle non brûlée. Des diminutions de l’abondance ont été observées en association avec l’empiètement des espèces ligneuses et l’accumulation de chaume dans la sous-population du sentier Woodlands (12) (voir la section « Fluctuations et tendances »).

Toutefois, une certaine couverture de chaume peut être bénéfique pour le cypripède blanc. Selon Correll (1950), cité par Brownell (1981), le cypripède blanc préfère une couche de litière assez épaisse. Au Manitoba, l’effet isolant du chaume pourrait protéger les individus des gelées printanières tardives, en retardant la croissance des pousses et la floraison au début du printemps. Par exemple, la floraison survient plus tard dans la sous-population de St. Laurent nord-ouest (13), où une très épaisse couche de chaume a été signalée, que dans la sous-population de St. Laurent (11), qui se trouve à moins de 2 km mais fait l’objet d’un fauchage régulier (MB CDC, 2010). De même, dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, la floraison survient plus tôt dans la parcelle non brûlée que dans les autres parcelles (Borkowsky, comm. pers., 2012). En outre, le chaume laissé en place après les fauchages a été signalé comme une menace dans les sous­populations situées en bordure des chemins (MB CDC, 2010). Toutefois, d’importantes accumulations de chaume ont été observées dans la sous-population du fossé de Woodlands (9), qui semble être stable ou en hausse.

En Ontario, la sous-population du comté de Norfolk a connu un déclin (peut-être au point où elle est disparue) associé à la succession végétale et l’augmentation de la présence d’espèces ligneuses (Brownell, 1981; Brownell, 1984; Brownell, 1999; Brinker, 2011). En outre, un changement manifeste de la succession dans les milieux dégagés a été signalé en 2008, dans la sous-population du comté de Hastings (Brdar, comm. pers., 2011). Selon une étude réalisée en 2003 dans cette sous-population, les petits arbustes ne semblaient pas avoir d’incidence sur la quantité de lumière atteignant les individus de l’espèce, mais, dans le cas des arbustes hauts, les individus de l’espèce poussaient généralement du côté sud-ouest de ceux-ci. Selon Solomon (2003), l’empiètement des arbustes hauts aurait probablement des répercussions sur l’espèce dans les tourbières minérotrophes, mais la succession y est extrêmement lente. Des informations anecdotiques semblent indiquer que l’augmentation des végétaux ligneux constitue une menace possible, particulièrement dans la partie nord du site (Brdar, comm. pers., 2013). Cependant, Imrie et al. (2005) n’ont constaté aucun effet négatif apparent de l’empiètement des espèces ligneuses dans cette sous-population de cypripède blanc. En outre, le nombre de tiges observé lors du dernier relevé était plus élevé que lors des dénombrements précédents (Brinker, 2011), mais on ignore si ce phénomène reflète une tendance actuelle.

Espèces envahissantes

Les espèces envahissantes constituent une menace pesant sur la plupart des sous­populations canadiennes (Punter, 1999; MB CDC, 2010). Au Manitoba, 9 des 19 sous-populations existantes sont limitées aux prairies reliques subsistant en bordure des chemins, qui sont particulièrement vulnérables à la propagation d’espèces envahissantes associée aux activités humaines. Près de Brandon, au Manitoba, plusieurs sous-populations situées en bordure de chemins où le brome inerme (Bromus inermis) forme des populations denses sont disparues (20) ou ont subi un déclin de leur superficie (certaines parties des sous-populations 14 et 16). La présence de l’euphorbe ésule (Euphorbia esula), espèce très envahissante, constitue une préoccupation dans les sites où elle pousse en association avec le cypripède blanc, dans l’ouest du Manitoba (Brandon et Carman). Cette espèce préfère probablement les microsites plus secs que ceux où pousse le cypripède blanc, mais elle pourrait avoir une incidence sur la diversité des espèces nécessaires pour attirer les pollinisateurs du cypripède blanc.

Développement résidentiel et commercial : habitations et zones urbaines

Le développement urbain constitue une menace constante, mais moins répandue que les précédentes, et il risque d’engendrer d’autres menaces, comme la propagation d’espèces envahissantes, le piétinement, la collecte illégale, l’entretien des emprises de services publics et la modification du régime hydrologique. Dans la région de Brandon, le développement routier, résidentiel et industriel a entraîné la disparition du cypripède blanc dans plusieurs secteurs (sous-populations 22 et 23 et certaines parties de la sous-population 14). D’autres activités de développement prévues pourraient constituer des menaces supplémentaires pour le cypripède blanc dans le sud de Brandon (MMM Group, 2012). En Ontario, la demande pour la construction d’infrastructures et d’habitations continue d’augmenter dans la Première Nation de l’île Walpole (Bowles, 2005). Un permis a récemment été accordé pour la transplantation de certains individus de l’espèce depuis un terrain à bâtir jusqu’à un site protégé sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole (Environment Canada, 2009).

Modification du régime hydrologique (UICN : modifications des systèmes naturels – gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages)

La modification du régime hydrologique, d’origine naturelle ou humaine, constitue une menace pour le cypripède blanc. Dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, un milieu humide s’est étendu jusque dans une zone hébergeant l’espèce, à cause d’un barrage de castor, et une diminution considérable de l’effectif y est observée depuis la fin des années 1990 (Borkowsky, comm. pers., 2012). De plus, des modifications du niveau d’eau pourraient être en partie responsables de l’empiètement d’espèces ligneuses dans l’habitat du cypripède blanc, dans la sous-population du comté de Norfolk, en Ontario (Brownell, 1999). Le pH de l’eau et les charges en sédiments pourraient avoir subi des modifications dans cette région, en raison de la présence d’une écloserie en amont (Brownell, 1984). Dans le sud de Brandon, au Manitoba, le développement résidentiel a récemment modifié le régime hydrologique dans une zone occupée par le cypripède blanc (Greenall, comm. pers., 2011). Le nombre de tiges dénombrées semble avoir augmenté dans cette zone, mais ce pourrait être attribuable à des différences entre les méthodes de dénombrement employées. En outre, d’autres activités de développement sont prévues à proximité (MMM Group, 2012). On ignore quels seraient les effets d’un développement additionnel sur le régime hydrologique et sur le cypripède blanc.

Entretien des emprises de routes et des emprises de services publics (UICN : corridors de transport et de service – routes et voies ferrées)

Les activités de fauchage réalisées le pic de floraison risquent d’éliminer les fleurs et de nuire au taux de reproduction sexuée dans les sous-populations situées en bordure de routes. Dans la sous-population du fossé de Woodlands (9), l’abondance est plus faible dans les zones où les fauchages sont réalisés tôt dans la saison (voir la section « Fluctuations et tendances »). À l’inverse, les fauchages réalisés durant l’automne dans une partie de la sous-population des collines Brandon (15) semblent avoir entraîné une hausse marquée de la densité de l’espèce dans cette zone, peut-être grâce à la dispersion des graines (Worley, comm. pers., 2012). Les activités d’entretien des fossés, notamment le dragage, risquent de modifier le régime hydrologique et d’endommager les individus de l’espèce et leur habitat.

L’entretien des clôtures et des câbles des services publics le long des routes a également été signalé comme une menace pour l’espèce (Punter, 1999; MB CDC, 2010). Les activités d’entretien des clôtures ont causé des dommages considérables dans la sous-population de Kleefeld (1) en 1998. Comme il est indiqué dans la section « Fluctuations et tendances », l’effectif ne s’est jamais rétabli à son niveau d’avant les perturbations. L’installation de câbles des services publics pourrait avoir eu des répercussions sur la sous-population du fossé de Woodlands (9) (Punter, 1999), mais l’abondance de celle-ci semble stable ou en hausse depuis (MB CDC, 2012).

Herbicides et pesticides

L’application d’herbicides a laissé des signes visibles dans deux sous-populations situées en bordure de routes, au Manitoba. Dans la sous-population de Kleefeld (1), quelques individus de l’espèce étaient bruns et flétris après avoir été aspergés en 2004. Dans l’autre sous-population (17), l’herbicide utilisé était probablement conçu pour lutter contre les mauvaises à feuilles larges, car les individus de l’espèce ne semblaient pas avoir été endommagés. Bien que ces herbicides aient eu des effets directs minimes, ils pourraient également avoir des effets indirects, car le cypripède blanc dépend d’autres espèces pour attirer les pollinisateurs. On ignore quels sont les effets des herbicides sur les champignons dont dépend le cypripède blanc.

Autres menaces

Piétinement (UICN : intrusions et perturbations humaines – activités récréatives)

Il a été signalé que les véhicules récréatifs constituaient une menace pour l’espèce dans plusieurs sous-populations (MB CDC, 2010). Dans la sous-population de Kleefeld (1), les deux plus grandes parcelles ont été détruites en 2008. En outre, le piétinement d’individus de l’espèce par des amateurs de nature et des biologistes a été observé dans la sous-population du comté de Hastings, en Ontario (Brdar, comm. pers., 2008); toutefois, l’effectif de cette sous-population est en hausse (tableau 2). Les travaux de terrain ont été annulés en 2011 dans les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole, car le temps était très humide, et on craignait que le piétinement cause des dommages (Jacobs, comm. pers., 2011).

Collecte illégale (UICN : utilisation des ressources biologiques – cueillette de plantes terrestres)

Des trous ont été observés à des endroits où des individus de l’espèce avaient déjà été signalés ont été observés de manière répétée dans de nombreuses sous-populations, particulièrement celles situées en bordure de routes (1, 11, 12, 14 et 16; MB CDC, 2010). Dans la sous-population de Kleefeld (1), environ 75 à 100 des 600 tiges ont été déterrées en 1997. Dans la sous-population de St. Laurent (11), quatre des neuf touffes ont été déterrées environ une journée après la première observation. Le prélèvement d’individus de l’espèce a également été signalé en 1988 et 1997 sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole (Brownell, 1999).

Les changements de propriétaires ou de gestionnaires et le manque de sensibilisation engendrent souvent des menaces directes et indirectes pour les individus de l’espèce ainsi que des menaces indirectes associées à la dégradation de l’habitat. On a fourni à certaines municipalités rurales responsables de l’entretien des bords de routes (sous-populations 2, 3, 4, 5 et 9) des cartes indiquant les sites occupés par l’espèce ainsi que des recommandations concernant les activités de gestion (Foster, 2008). Toutefois, changements de propriétaires ou de gestionnaires et la faible sensibilisation demeurent un enjeu continu.

Facteurs limitatifs

L’espèce est limitée par ses besoins précis, mentionnés dans les sections « Habitat » et « Biologie », ci-dessus, mais également par les répercussions associées aux gelées survenant durant la période de floraison et par l’hybridation avec le cypripède jaune.

Vulnérabilité aux gelées tardives

Le gel est un facteur limitatif naturel pour le cypripède à la limite nord de son aire de répartition, au Canada, particulièrement au Manitoba. Les individus de l’espèce endommagés par le gel ont été signalés en 1993, 1998, 2009 et 2012. Après une gelée en 1993, moins de 1 % des fleurs dans 10 sous-populations visitées ont produit des fruits. Après une gelée en 1998, aucune des sous-populations visitées n’a produit de fruits, sauf une, soit celle de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, où seulement 2 % des fleurs ont donné des fruits (Punter, 1999). En 2009, des fleurs endommagées par le gel ont été signalées dans toutes les régions du Manitoba où le cypripède blanc a déjà été signalé (MB CDC, 2010). En 2012, la floraison du cypripède blanc a été plus hâtive que la normale, en raison d’un printemps précoce et chaud, mais une gelée est survenue à la fin mai. Dans plusieurs des sites visités en 2012, toutes les fleurs étaient gravement endommagées par le gel et n’ont probablement produit aucune graine (Borkowsky, comm. pers., 2012; MB CDC, 2012; Worley, comm. pers., 2012) On ignore dans quelle mesure le changement climatique aura une incidence sur la gravité des gelées printanières tardives et sur le moment où elles surviennent.

Hybridation

L’hybridation avec le cypripède jaune est souvent mentionnée comme une menace pour l’intégrité génétique du cypripède blanc dans les sous-populations canadiennes (Brownell, 1999; Punter, 1999; MB CDC, 2010). Les possibilités d’hybridation sont répandues, et des cas d’hybridation ont été signalés dans toutes les sous-populations du Manitoba, dans les sous-populations du comté de Hastings et du comté de Norfolk, en Ontario, et dans la Première Nation de l’île Walpole (Brownell, 1984; MB CDC, 2010; Brinker, 2011; MB CDC, 2012; ON NHIC, 2012).

Worley et al. (2009) estiment que l’assimilation génétique du cypripède blanc par le cypripède jaune ne semble pas imminente, d’après une étude menée dans quatre sous­populations du Manitoba (9, 10, 11 et 12). Des analyses génétiques et morphologiques ont montré que les deux populations parentales demeurent distinctes sur le plan génétique en sympatrie et qu’il est possible de reconnaître les hybrides d’après leurs caractères morphologiques. Cependant, des signes génétiques d’une origine hybride ont été observés chez certains individus jugés purs d’après leurs caractères morphologiques (Worley et al., 2009). Ces résultats donnent à penser que les espèces parentales sont capables de persister malgré les possibilités d’hybridation, mais les mécanismes permettant le maintien de l’intégrité génétique sont inconnus (Worley et al. 2009). Dans ces sous-populations, l’abondance locale élevée du cypripède blanc pourrait réduire sa vulnérabilité au flux génétique provenant du cypripède jaune. Cependant, dans plusieurs régions du Manitoba, le cypripède jaune est beaucoup plus abondant que le cypripède blanc (sous-populations 36 et 7 et certaines parties des sous-populations 14, 16 et 17). Aucun de ces sites n’a fait l’objet d’une analyse génétique jusqu’à maintenant.

On attend bientôt les résultats pour d’autres sous-populations du Manitoba et de l’Ontario. Selon Worley et al. (2009), il faut comparer les besoins écologiques des hybrides et des espèces parentales ainsi que leurs fécondités relatives pour pouvoir déterminer si l’assimilation génétique risque de causer la disparition du cypripède blanc au Canada. Plus récemment, plusieurs indicateurs du succès de la reproduction ont été évalués chez les deux espèces parentales et chez les hybrides, y compris la viabilité du pollen, le taux de mise à fruit ainsi que la production d’ovules et de graines matures. Le cypripède blanc a présenté les mesures les plus faibles pour tous ces indicateurs, alors que le cypripède jaune a présenté les valeurs les plus élevées, les hybrides étant intermédiaires (Worley, comm. pers., 2012).

Walsh (2008) a réalisé des analyses des séquences ITS (espaceurs internes transcrits de l’ADN ribosomal nucléaire) en Ohio, dans une réserve faunique où on croyait que le cypripède jaune était disparu d’un site hébergeant aujourd’hui une grande sous­population de cypripède blanc (environ 6000) et d’hybrides. Selon lui, des épisodes d’hybridation (submersion génétique ou compétition avec les hybrides) pourraient avoir joué un rôle dans la disparition du cypripède jaune, et aucune preuve ne semble indiquer que la présence d’hybrides a eu des effets négatifs sur la vaste sous-population de cypripède blanc dans la réserve faunique.

Au Canada, la menace potentielle associée à l’hybridation peut différer d’une sous­population à l’autre, selon l’abondance locale relative du cypripède blanc par rapport à celle du cypripède jaune. Actuellement, dans la plupart des sous-populations, le cypripède blanc est plus abondant à l’échelle locale que le cypripède jaune. Toutefois, l’empiètement de la végétation pourrait favoriser le cypripède jaune, qui est plus tolérant à l’ombre, ce qui pourrait avoir une incidence sur la direction et l’importance du flux génétique.

Nombre de localités

Les menaces associées à la destruction et à la dégradation de l’habitat constituent probablement les menaces plausibles les plus graves. Cependant, le type de menace susceptible d’avoir les plus grandes répercussions sur chaque sous-population est inconnu et dépendra au final du contexte du paysage et de la gestion de chacune. Il est peu probable que de multiples sous-populations soient touchées simultanément par les menaces plausibles, comme l’empiètement des espèces ligneuses et les espèces envahissantes, car les activités de gestion (y compris les brûlages) ont une incidence sur ces menaces. Les facteurs qui ont une incidence sur ces menaces, notamment les pratiques de gestion des terres et les processus ayant cours à l’échelle du paysage, interviennent à petite échelle et varient d’une sous-population à l’autre. Ainsi, au Manitoba, il y aurait au moins 19 localités, soit une pour chaque sous-population existante. Les sous­populations qui comprennent des parcelles dont l’utilisation des terres ou la gestion diffèrent pourraient être subdivisées en localités additionnelles. Par exemple, certaines sous-populations sont réparties sur des terrains privés appartenant à divers propriétaires, et certaines sous-populations des bords de routes sont adjacentes à des terrains présentant des régimes d’utilisation ou de gestion divers. Il pourrait y avoir plus de 50 localités. Cependant, la présence de l’espèce dans certaines localités faisant partie de sous-populations n’a pas été confirmée depuis plusieurs années, et ces localités pourraient être disparues. En Ontario, on compte deux ou trois localités : une dans le comté de Hastings, et une ou deux dans l’île Walpole. Les menaces n’ont pas été évaluées récemment dans l’île Walpole, de sorte qu’on ne sait pas avec certitude quelle est la menace la plus imminente pour les deux sous-populations. Le nombre potentiel de localités pour chaque sous-population est indiqué dans les tableaux 1 et 2.

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le cypripède blanc a été évalué pour la première fois par le COSEPAC en 1981 et a alors été désigné « espèce en voie de disparition ». Le statut de l’espèce a été réexaminé et confirmé par le COSEPAC en avril 1999 et en mai 2000 (COSEWIC, 2000). Le statut a de nouveau été examiné par le COSEPAC en novembre 2014, et l’espèce a alors été désignée comme étant « menacée ». Le cypripède blanc actuellement inscrit à titre d’espèce en voie de disparition dans l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Une ébauche de programme de rétablissement national renfermant une proposition quant à l’habitat essentiel de l’espèce a été présentée à Environnement Canada en 2011. En outre, le cypripède blanc est désigné « espèce en voie de disparition » en vertu de l’Endangered Species Act du Manitoba (Manitoba Conservation, 2012) et la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (Ontario Ministry of Natural Resources, 2012). Aux termes de ces lois provinciales, il est illégal d’endommager les individus de l’espèce ou leur habitat. En outre, étant une orchidée, l’espèce est inscrite à l’annexe 2 de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) (UNEP-WCMC, 2011). L’espèce ne figure pas dans la liste de la Endangered Species Act des États-Unis (USFWS, 2012).

Statuts et classements non juridiques

Le cypripède blanc n’a pas encore été évalué dans le cadre des activités d’établissement de la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) (IUCN, 2012). Les cotes de conservation mondiale, nationales et infranationales attribuées à l’espèce par le réseau NatureServe sont présentées dans le tableau 4 (voir aussi fig. 2). L’espèce a été cotée G4 à l’échelle mondiale, N4 à l’échelle nationale aux États-Unis et N2 à l’échelle nationale au Canada. À titre d’espèce désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC, l’espèce est automatiquement jugée « en péril » (1) à l’échelle provinciale et nationale aux fins de la classification de la situation générale des espèces (CESCC, 2011).

Tableau 4. Cotes de conservation attribuées au cypripède blanc (NatureServe, 2012).
RégionClassement de NatureServeRang de conservation
Échelle mondialeG4Apparemment non en péril
CanadaN2En péril
États-UnisN4Apparemment non en péril
ManitobaS2En péril
OntarioS1Gravement en péril
SaskatchewanSHPeut-être disparue
PennsylvanieSXDisparue
Alabama, Kentucky, Maryland, Missouri, Nebraska, New Jersey, New York, Ohio, Dakota du Sud, VirginieS1Gravement en péril
Illinois, Indiana, MichiganS2En péril
Dakota du NordS2S3En péril-Vulnérable
Iowa, Minnesota, WisconsinS3Vulnérable

Protection et propriété de l’habitat

Toutes les sous-populations de cypripède blanc se trouvent sur des terrains privés, des terres provinciales ou des terres des Premières nations (tableaux 1 et 2). Au Manitoba, 9 des 19 sous-populations sont limitées à des bords de route qui appartiennent à la province mais sont gérés par les municipalités rurales. Une sous-population (18) pousse dans un site adjacent à la route Transcanadienne, au Manitoba, mais on ignore exactement si les individus de l’espèce se trouvent sur un terrain privé ou sur les terres de la Couronne (Murray, comm. pers., 2012). Au Manitoba, la plus grande sous-population se trouve dans la Réserve de prairie d’herbes longues, qui fait l’objet de mesures de gestion visant plusieurs espèces rares, y compris le cypripède blanc. Les propriétés qui hébergent le cypripède blanc appartiennent à la Manitoba Habitat Heritage Corporation et à Conservation de la nature Canada (Borkowsky, comm. pers., 2012). La sous-population des collines Brandon (15), actuellement la deuxième en importance au Manitoba, est protégée par une entente de conservation conclue avec le propriétaire d’un terrain privé et la Manitoba Habitat Heritage Corporation. Depuis des générations, le propriétaire de ce terrain applique des mesures de gestion visant le cypripède blanc, et cette sous-populations est une des plus en santé au Manitoba. Une petite portion d’une des sous-populations de Brandon se trouve sur un terrain qui appartient et est géré par Conservation Manitoba; toutefois, des diminutions de l’abondance y sont signalées depuis 1998, peut-être à cause de l’empiètement des espèces ligneuses et des mauvaises herbes envahissantes (MB CDC, 2010). Les autres sous-populations du Manitoba ne sont pas protégées ou font l’objet d’une protection minime, en raison d’un manque de sensibilisation (souvent attribuable à des changements de propriétaires ou de gestionnaires) ou d’un manque de connaissances et de ressources pour gérer l’habitat de façon à favoriser le cypripède blanc.

La sous-population du comté de Hastings, en Ontario, se situe dans une aire protégée aux termes de la Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation de l’Ontario. Parcs Ontario et d’autres organisations en assurent le suivi. En Ontario, toutes les autres sous-populations se trouvent sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole. En 2001, le conseil de bande de la Première Nation de l’île Walpole et Environnement Canada ont conclu une entente de conservation et de rétablissement qui comprend la préparation d’un programme de rétablissement plurispécifique des écosystèmes de l’île Walpole. En 2005, une autre entente a été signée; celle-ci précise les activités de rétablissement visant les espèces en péril qui doivent être menées par la Première Nation de l’île Walpole et par Environnement Canada (Bowles, 2005).

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Remerciements et experts contactés

La rédactrice remercie chaleureusement Sam Brinker, qui a mené des travaux de terrain en Ontario pour la préparation du présent rapport. Elle remercie également Clint Jacobs et Jane Bowles, qui avaient accepté de réaliser des travaux de terrain sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole en 2011, bien que le temps humide ait empêché ceux-ci, en raison des risques associés au piétinement. Merci aussi à Jeff Anderson, Marusia Foster et Bob Foster, pour leur précieuse aide sur le terrain au Manitoba, en vue de la préparation du présent rapport. Merci à Vivian Brownell, qui a rédigé le premier rapport du COSEPAC sur l’espèce (Brownell, 1981) ainsi que le rapport précédent (Brownell, 1999). La rédactrice remercie Liz Punter, qui a rédigé le supplément (Punter, 1999) et a récolté et communiqué des renseignements sur le cypripède blanc au Manitoba. Le financement nécessaire à l’élaboration du présent rapport a été fourni par Environnement Canada, par l’entremise du COSEPAC. Des remerciements spéciaux sont adressés aux propriétaires fonciers qui ont autorisé l’accès à leur propriété et ont fourni des renseignements au fil des années. Merci à toutes les autres personnes, nommées ci­dessous, qui ont fourni des renseignements à la rédactrice.

Remerciements et experts contactés

Austen, M. Service canadien de la faune, Direction générale de l’intendance environnementale, Environnement Canada, Toronto (Ontario).

Borkowsky, C. Biologiste, Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, Critical Wildlife Habitat Program, Winnipeg (Manitoba).

Bowles, J. Membre du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC et conservateur, University of Western Ontario, London (Ontario).

Brdar, C. Écologiste, Parcs Ontario, Kingston (Ontario).

Brinker, S. Botaniste chargé de projet, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).

Brownell, V. Biologiste principal, Direction des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).

Ford, B. Professeur, Sciences biologiques, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba).

Jacobs, C. Walpole Island First Nation Heritage Centre, Wallaceburg (Ontario).

Jones, N. Chargé de projets scientifiques et coordonnateur des CTA, Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).

Keith, J. Coordonnateur, Saskatchewan Conservation Data Centre, Regina (Saskatchewan).

Krause Danielsen, A. Regional Wildlife Biologist, Manitoba Conservation, Brandon (Manitoba).

Murray, C. et C. Friesen, Manitoba Conservation Data Centre, Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Manitoba Conservation, Winnipeg (Manitoba).

Punter, C. E. Conservatrice adjointe, herbier de l’University of Manitoba (WIN), Winnipeg (Manitoba).

Roberts, D. Wildlife Lands and Habitat Specialist, Manitoba Conservation, Gimli (Manitoba).

Schnobb, S. Adjointe administrative, Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).

Timm, K. Agent de projet scientifique, Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).

Wayland, M. Unité de rétablissement des espèces en péril, Service canadien de la faune, Direction générale de l’intendance environnementale, Environnement Canada, Saskatoon (Saskatchewan).

Whitton, J. Coprésidente, Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).

Worley, A. Professeure agrégée, Sciences biologiques, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba).

Wu, J. Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).

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Sources d’information

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Anderson, A. comm. pers. 1997. Correspondance avec Brownell V. R., University of Guelph, Guelph, Ontario.

Borkowsky, C. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à C. Foster, octobre 2012, 2011 et 2010, biologiste, Manitoba Tall Grass Prairie Preserve.

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Brdar, C. comm. pers. 2011. Correspondance par courriel et par téléphone adressée à C. Foster, 2010 et 2011, écologiste, Parcs Ontario.

Brinker, S. 2011. Summary of 2011 Ontario Field Surveys for Small White Lady’s-slipper (Cypripedium candidum), October 27, 2011.

Brinker, S. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à C. Foster, octobre 2012, botaniste chargé de projet, Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, Ontario.

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Catherine Foster a obtenu une maîtrise du Département de botanique de l’University of Manitoba. Elle a travaillé dans le domaine des espèces en péril au Manitoba Conservation Data Centre de 2003 à 2007 et à Parcs Canada de 2007 à 2012. Elle a fourni des renseignements pour la préparation d’un certain nombre de rapports de situation du COSEPAC et de programmes de rétablissement fédéraux. Elle a rédigé l’ébauche du Programme de rétablissement du cypripède blanc en 2010, qui est actuellement en cours de révision par Environnement Canada.

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Collections examinées

Aucun spécimen d’herbier n’a été examiné pour la préparation du présent rapport.

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Annexe 1. Espèces en péril associées au cypripède blanc (MB CDC, 2010, Bowles, 2005).

Tableau présentant les espèces en péril associées au cypripède blanc, avec leur statut aux termes de la Loi sur les espèces en péril.
EspèceEspèce nomStatut selon la LEP
Plantes vasculairesRosier sétigère (Rosa setigera)Préoccupante
Plantes vasculairesAlétris farineux (Aletris farinosa)Menacée
Plantes vasculairesPtéléa trifolié (Ptelea trifoliata)Menacée
Plantes vasculairesLiatris à épi (Liatris spicata)En voie de disparition
Plantes vasculairesPlatanthère blanchâtre de l’Est (Platanthera leucophaea)En voie de disparition
Plantes vasculairesGérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)En voie de disparition
Plantes vasculairesGérardie de Skinner (A. skinneriana)En voie de disparition
Plantes vasculairesPolygale incarnat (Polygala incarnata)En voie de disparition
Plantes vasculairesVerge d’or de Riddell (Solidago riddellii)Préoccupante
Plantes vasculairesGérardie rude (A. aspera)En voie de disparition
Plantes vasculairesVerge d’or voyante (Solidago speciosa)En voie de disparition
Plantes vasculairesPlatanthère blanchâtre de l’Ouest (Platanthera praeclara)En voie de disparition
Plantes vasculairesGentiane blanche (Gentiana alba)En voie de disparition
Plantes vasculairesAster très élevé (Symphyotrichum praealtum)Menacée
InvertébrésHespérie du Dakota (Hesperia dacotae)Menacée
InvertébrésMonarque (Danaus plexippus)Préoccupante
InvertébrésHespérie de Poweshiek (Oarisma poweshiek)Menacée
OiseauxBruant de Henslow (Ammodramus henslowii)En voie de disparition
OiseauxColin de Virginie (Colinus virginianus)En voie de disparition
OiseauxPipit de Sprague (Anthus spragueii)Menacée
ReptilesTortue ponctuée (Clemmys guttata)En voie de disparition
ReptilesCouleuvre à petite tête (Thamnophis butler)En voie de disparition

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