Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Crotale de l'Ouest Crotalus oreganus au Canada - 2014

Crotale de l'Ouest
Crotale de l'Ouest
Photo : L. Andrusiak ©

Menacée
2014

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2015. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur lecrotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 49 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 31 p. (Registre public des espèces en péril - Rapports de situation).

DIDIUK, A.B., J.M. MACARTNEY et L.A. GREGORY. 2004. Rapport de situation du COSEPAC sur le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus)au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-31.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Lorraine Andrusiak et Mike Sarrell d’avoir rédigé le rapport de situation sur le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision du rapport a été assurée par Kristiina Ovaska, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des amphibiens et reptiles.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Western Rattlesnake Crotalus oreganus in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Crotale de l’Ouest -- Photo : L. Andrusiak.

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – mai 2015

Nom commun
Crotale de l'Ouest
Nom scientifique
Crotalus oreganus
Statut
Menacée
Justification de la désignation
La répartition canadienne de ce crotale est limitée aux vallées arides du centre-sud de la Colombie-Britannique, où sa population semble continuer à connaître un déclin en raison de la mortalité attribuable à la circulation routière et de la persécution. La perte d'habitat causée par l'urbanisation et celle causée par l'agriculture constituent des menaces additionnelles. Les menaces pesant sur l'espèce sont exacerbées car les crotales se rassemblent dans des tanières d'hivernage, dont la persistance est essentielle à la survie des populations locales. Les caractéristiques du cycle vital qui incluent une maturité tardive, de petites portées et la reproduction peu fréquente des femelles entravent le rétablissement à la suite de perturbations.
Répartition
Colombie-Britannique
Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en mai 2004. Réexamen et confirmation du statut en mai 2015.

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COSEPAC Résumé

Crotale de l'Ouest
Crotalus oreganus

Description et importance de l’espèce sauvage

Le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) est le seul serpent réellement venimeux indigène de la Colombie-Britannique. Le Crotalus oreganus oreganus est la seule sous-espèce de crotale de l’Ouest présente au Canada. Les adultes peuvent atteindre une longueur totale de 1,3 m et sont jaunes, gris ou havane verdâtre avec des taches brunes à vert olive. Les juvéniles sont bruns, et les couleurs de leurs motifs sont plus contrastantes. Le crotale de l’Ouest possède une tête triangulaire nettement plus large que son corps robuste, de même que plusieurs segments cornés emboîtés (cascabelle) à l’extrémité de sa queue, qu’il peut faire vibrer pour produire un bourdonnement d’avertissement.

Répartition

L’aire de répartition du crotale de l’Ouest s’étend depuis le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’à la Basse-Californie, et vers l’est jusqu’à l’Idaho, l’est de l’Utah et l’Arizona. En Colombie-Britannique, la sous-espèce Crotalus oreganus oreganus est présente dans cinq zones de l’intérieur de la province. Vers l’est, il se rencontre le long de la frontière américaine jusqu’au lac Christina. Vers l’ouest, il est présent jusqu’à Lillooet. Au nord, on le trouve jusqu’à Kamloops et à Cache Creek.

Habitat

Le domaine vital du crotale de l’Ouest englobe habituellement un ou plusieurs hibernacles (ou hibernaculums), une zone de transition et une aire d’estivage. Les serpents hivernent dans des tanières situées sur la paroi escarpée d’un affleurement, le long d’une pente d’éboulis ou dans une saillie rocheuse couverte de terre. Ils ont l’habitude de se rassembler dans des tanières communes, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux perturbations. L’habitat estival comprend des zones de prairie comportant des sites adéquats d’exposition au soleil, des refuges et des proies, de même que des zones riveraines utilisées pour échapper à la chaleur de l’été. Le crotale de l’Ouest passe une bonne partie de son temps sous des objets lui servant d’abris, ou à proximité de ceux-ci, qu’il s’agisse de roches ou d’arbres morts, et utilise volontiers les panneaux, les structures en béton et les autres objets ou entités d’origine humaine.

Biologie

Les crotales de l’Ouest émergent de leurs hibernacles en mars et en avril, et les mâles et les femelles non gravides se dispersent pour trouver de la nourriture et s’accoupler. Après l’accouplement, à la fin de l’été ou au début de l’automne, les serpents retournent à proximité de leur tanière et entrent en hibernation à la mi-octobre ou au début de novembre. La plupart des individus demeurent dans un rayon de 1 200 m de leur tanière tout au long de la saison active. Les femelles gravides ne chassent et ne migrent pas, et demeurent à proximité de la tanière pour mettre bas à la mi-septembre ou au début d’octobre. Le crotale de l’Ouest se nourrit d’une gamme variée de petits mammifères. Ses principaux prédateurs sont les mammifères et les gros oiseaux de proie.

Les femelles atteignent la maturité autour de 7 à 9 ans, puis donnent naissance à de petites portées de 2 à 8 petits vivants tous les 3 à 4 ans. La durée d’une génération est d’environ 15 ans. Le faible potentiel reproducteur, la forte longévité et la dépendance à l’égard d’un taux de survie élevé des adultes sont quelques-unes des caractéristiques du cycle vital qui accroissent la vulnérabilité des populations à la surmortalité due à la circulation routière et aux activités humaines.

Taille et tendances de la population

Le nombre de crotales de l’Ouest en Colombie-Britannique dépasse probablement 10 000 adultes, mais beaucoup d’incertitudes entourent la taille de la population. La perte continue d’habitat ainsi que d’autres menaces (p. ex. mortalité routière) donnent à penser que la population est en déclin. Depuis les années 1980, les crotales de 12 tanières (3 % des tanières connues) sont disparus. D’autres tanières ont vraisemblablement été détruites en raison de la persécution et de la construction de routes et de chemins de fer avant 1980, mais on manque de données précises.

Menaces et facteurs limitatifs

Les principales menaces pesant sur l’espèce sont la mortalité routière, la persécution par les humains, et la destruction et la fragmentation de l’habitat attribuables aux développements urbains et agricoles. Si des tanières sont détruites, des sous-populations entières peuvent s’effondrer. Il existe peu d’information sur l’effectif et la structure des populations dans les tanières, et sur la viabilité des tanières elles-mêmes. Le manque de connaissances et la crainte des crotales entraînent la persécution et l’abattage de serpents.

Protection, statuts et classements

Le crotale de l’Ouest fait partie de la liste des espèces menacées de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. L’espèce est également protégée à l’échelon provincial aux termes de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Le Conservation Data Centre (CDC) de la Colombie-Britannique attribue la cote S3 (vulnérable) à la sous-espèce Crotalus oreganus oreganus. À l’échelle nationale au Canada, on lui attribue la cote N3 (vulnérable). La cote mondiale attribuée au crotale de l’Ouest par NatureServe est G5 (non en péril). Vingt-deux pour cent des tanières connues de crotales de l’Ouest se trouvent sur des terres protégées (parcs ou terrains privés gérés à des fins de conservation).

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Résumé technique

Nom scientifique :
Crotalus oreganus
Nom français :
Crotale de l'Ouest
Nom anglais :
Western Rattlesnake
Répartition au Canada :
Colombie-Britannique

Données démographiques

  • Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2011] est utilisée).

    • ~ 15 ans
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?

    • Oui, déclin inféré en raison de la perte d’habitat et des menaces continues
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [prévu ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]..

    • Inconnu, mais on présume qu’il est de plus de 30 % d’après la perte d’habitat et la mortalité routière anticipées
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

    • Inconnu, mais on présume qu’il est de plus de 30 % d’après la perte d’habitat et la mortalité routière
  • Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et ont c) effectivement cessé?

    1. Non. La perte d’habitat est probablement permanente; la mortalité routière est très difficilement réversible.
    2. Oui
    3. Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

    • Non

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d'occurrence

    • De 26 853 à 28 838 km2

      Cette fourchette correspond à la zone d’occurrence calculée à l’aide de la méthode du plus petit polygone convexe pour les tanières seulement depuis 1998 (faible valeur) et pour toutes les observations de serpents (valeur élevée; voir le tableau 2 pour plus de détails)

  • Indice de zone d'occupation (IZO)

    [Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté].

    • De 804 à 1 424 km2

      Cette fourchette correspond à l’IZO calculé en n’utilisant que les tanières depuis 1998 (faible valeur) ou toutes les observations de serpents (valeur élevée; voir le tableau 2 pour plus de détails)

  • La population est-elle gravement fragmentée, c’est-à-dire que > 50 % de sa zone d’occupation totale se situe dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) éloignées les unes des autres par une distance plus grande que celle sur laquelle l’espèce devrait se disperser?

    1. Inconnu
    2. Probablement pas
  • Nombre de localités (utiliser une fourchette plausible pour refléter l'incertitude, le cas échéant)
    Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2014 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

    • > 10

      (d’après la menace la plus plausible soit la mortalité routière)
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

    • Oui

      (12 tanières, dont 9 dans la région d’Okanagan-Similkameen, sont considérées comme étant disparues. La disparition de tanières dans d’autres régions est fortement soupçonnée, mais fait l’objet de peu de rapports
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?

    • Oui, déclin observé de la superficie, de l’étendue et de la qualité de l’habitat
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?

    • Non

Nombre d'individus matures dans chaque sous-population

  • Subpopulations (give plausible ranges)

    • Okanagan-Similkameen
      • Nombre d'individus matures estimé d'après la répartition de l'effectif total de Hobbs (2013) :
        • Valeur inconnue, mais probablement < 4 000
    • Midway
      • Nombre d'individus matures estimé d'après la répartition de l'effectif total de Hobbs (2013) :
        • Valeur inconnue, mais probablement < 500
    • Grand Forks
      • Nombre d'individus matures estimé d'après la répartition de l'effectif total de Hobbs (2013) :
        • Valeur inconnue, mais probablement < 1 000
    • Thompson-Nicola
      • Nombre d'individus matures estimé d'après la répartition de l'effectif total de Hobbs (2013) :
        • Valeur inconnue, mais probablement < 3 000
    • Vernon
      • Nombre d'individus matures estimé d'après la répartition de l'effectif total de Hobbs (2013) :
        • Valeur inconnue, mais probablement < 1 000
    • Total
      • Possiblement plus de 10 000 adultes, mais des estimations très différentes ont été faites :
        • De 2 500 à 10 000 individus, dont probablement moins de 5 000 adultes (BC Conservation Data Centre, 2013b)
        • Moins de 10 000 individus (âge non précisé), d'après les dénombrements aux tanières (Hobbs, 2013)
        • De 31 277 à 56 776 adultes, d'après une modélisation de l'habitat (Aquila Conservation & Environment Consulting, 2014); cette valeur pourrait correspondre à une surestimation brute, car elle s'appuie sur plusieurs hypothèses, et est fondée sur une extrapolation s'appliquant à l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce en Colombie-Britannique, à partir d'une petite zone de grande qualité abritant une forte densité de serpents.

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

    • Analyses non effectuées en raison du nombre insuffisant de données.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

Mortalité routière; abattage et prélèvement d’individus; destruction et dégradation de l’habitat découlant de l’aménagement urbain et agricole; intrusions et perturbations humaines; espèces envahissantes et problématiques; incendies et suppression des incendies.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l’extérieur?
    • Non en péril (S5) dans les États de Washington de l’Idaho, au sud de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    • On l’ignore, mais une immigration est possible le long de la frontière internationale entre Chopaka et le mont Anarchist, et au lac Christina (Cascade)
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
    • Oui
  • Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

    • Probablement pas
  • Les conditions se détériorent-elles au Canada?
    Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l'évaluation de la situation en fonction de l'immigration de source externe)
    • Oui
  • Les conditions de la population source se détériorent-elles?
    • Inconnu
  • La population canadienne est-elle considérée comme étant une population puits?
    • Non
  • La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
    • Possible, mais de faible importance

Nature délicate de l’information sur l’espèce

  • L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate?

    • Oui

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en mai 2004. Réexamen et confirmation du statut en mai 2015.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Espèce menacée
Code alphanumérique :
A3cd+4cd
Justification de la désignation :
La répartition canadienne de ce crotale est limitée aux vallées arides du centre-sud de la Colombie-Britannique, où sa population semble continuer à connaître un déclin en raison de la mortalité attribuable à la circulation routière et de la persécution. La perte d’habitat causée par l’urbanisation et celle causée par l’agriculture constituent des menaces additionnelles. Les menaces pesant sur l’espèce sont exacerbées car les crotales se rassemblent dans des tanières d’hivernage, dont la persistance est essentielle à la survie des populations locales. Les caractéristiques du cycle vital qui incluent une maturité tardive, de petites portées et la reproduction peu fréquente des femelles entravent le rétablissement à la suite de perturbations.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », A2abce, compte tenu du taux de déclin du nombre d’individus matures de 75 ou de 82 % au cours des 3 dernières générations (soit 78 ou 90 ans, respectivement), taux estimé à partir de l’observation directe de la disparition des bélugas d’une portion anciennement importante de leur habitat (bancs de la Manicouagan [sous-critère a]; de la comparaison de l’indice d’abondance historique et de l’indice d’abondance actuel dérivée du modèle bayésien [sous-critère b]; de la réduction observée de l’IZO et de la qualité de l’habitat [sous-critère c]; de la présence d’effets d’agents pathogènes et de polluants [sous-critère e]). Les causes de la réduction n’ont peut-être pas cessé, sont comprises et pourraient ne pas être réversibles. Correspond aussi au critère A4abce.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet. La superficie de la zone d’occurrence et de la zone d’occupation dépasse les seuils.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Correspond au critère « espèce en voie de disparition », C2a(ii), compte tenu du nombre d’individus matures < 2 500). Le déclin continu du nombre d’individus matures est inféré d’après le nombre accru de baleineaux échoués sur les plages, le déclin observé de la proportion de jeunes dans la population et le déclin du recrutement subséquent prévu. De plus, tous les individus matures vivent dans une seule population. L’évaluation des menaces produit un impact global des menaces allant de « moyen » à « très élevé ». Le déclin potentiel peut donc s’élever jusqu’à 75 % de la population au cours des 10 prochaines années.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Correspond au critère « espèce menacée », D1, compte tenu du nombre estimé d’individus matures (583; IC à 95 % = 444-770).
Critère E (analyse quantitative) :
Aucune analyse réalisée.

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Préface

Les initiatives concernant la conservation des crotales mises en place en Colombie-Britannique depuis le dernier rapport de situation comprennent un programme de rétablissement provincial préparé en 2008 (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008) ainsi qu’une évaluation provinciale de la population (Hobbs, 2013). Cinq mémoires de maîtrise ont été achevés depuis la publication du dernier rapport de situation : quatre en Colombie-Britannique (Brown, 2007; Gomez, 2007; Hobbs, 2007; Lomas, 2013), et un en Californie (Barbour, 2012). Plusieurs relevés sur le terrain ont été réalisés dans divers sites en Colombie-Britannique dans le but de rapporter la présence de crotales et de localiser leurs hibernacles (voir Activités de recherche). Aquila Conservation & Environment Consulting (2014) a modélisé la taille de la population et a estimé certains paramètres démographiques en s’appuyant sur un ensemble de données de marquage-recapture prélevées sur une période de dix ans dans la réserve de la Première Nation d’Osoyoos, dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Ces initiatives ont aidé à mieux délimiter l’aire de répartition de l’espèce, à cerner les menaces, et à fournir de précieux renseignements sur la biologie de la population, mais un grand nombre d’inconnues subsistent. Aucun relevé systématique n’a été réalisé dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce.

Aucune connaissance traditionnelle autochtone n’était disponible au sujet de cette espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2014)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Il existe cinq sous-espèces du crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) (Crother, 2012) : le C. o. helleri, le C. o. abyssus, le C. o. concolor, le C. o. lutosus et le C. o. oreganus (Holbrook, 1840). Le C. o. oreganus est la seule sous-espèce présente au Canada. Par conséquent, le COSEPAC l’évalue par son nom commun courant, le crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus).

Le crotale de l’Ouest était autrefois classé comme étant une sous-espèce du Crotalus viridis (Crother, 2000), mais le C. oreganus s’est vu attribuer le statut d’espèce à part entière sur la base d’études génétiques (Ashton et de Queiroz, 2001). Le nom C. viridis s’applique maintenant au crotale des prairies (Crother, 2012).

Description morphologique

Le crotale de l’Ouest (figure 1) est le seul serpent réellement venimeux indigène de la Colombie-Britannique (Matsuda et al., 2006). Lorsqu’il attaque, son venin sort par deux crochets creux articulés, situés à l’avant de la mâchoire supérieure. L’autre serpent venimeux vivant dans la province est le Hypsiglena chlorophaea. Ce dernier ne possède pas de crochets creux, et fait pénétrer son venin dans sa proie par un mouvement de mastication. Le crotale de l’Ouest possède un corps robuste et une tête triangulaire. Ses yeux sont dotés d’une pupille verticale caractéristique des animaux nocturnes. Les organes thermosensoriels sont compris dans des fossettes faciales en forme de poire situées entre les yeux et les narines, de chaque côté de la tête (Preston, 1964). La queue est relativement courte et se termine en une série de segments cornés (cascabelle) lâchement reliés entre eux, que le serpent peut faire vibrer pour produire un son de crécelle ou un bourdonnement (Matsuda et al., 2006). Un nouveau segment s’ajoute à la base de la cascabelle chaque fois qu’un individu mue. Preston (1964) a rapporté jusqu’à 11 segments chez des serpents du sud de la vallée de l’Okanagan.

Les marques distinctes consistent en de grandes taches sur la face dorsale du corps allant de havane à brun chocolat ou vert olive, et bordées d’écailles de couleur pâle. Il semble qu’il n’existe pas deux individus portant les mêmes marques (Sarell, obs. pers., 1986-2013). La face ventrale est blanc-jaune à brune. Chez les juvéniles, les taches sont de couleur plus pâle, mais elles sont plus contrastées. Les écailles dorsales sont fortement carénées.

Les adultes peuvent atteindre jusqu’à 1 200 mm du museau au cloaque, et une longueur totale de 1 285 mm, les mâles étant habituellement plus longs que les femelles (Matsuda et al., 2006). Parmi 54 serpents capturés durant une étude dans la réserve indienne d’Osoyoos, le plus long était un mâle mesurant 906 mm du museau au cloaque (Lomas, 2013). Les nouveau-nés mesurent en moyenne 270 mm du museau au cloaque à la naissance (Matsuda et al., 2006).

Figure 1. Crotale de l’Ouest (Oliver, Colombie-Britannique; photo : L. Andrusiak).
Crotale de l'Ouest
Photo : L. Andrusiak ©
Description longue pour la figure 1

Photographie d’un crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) adulte en position enroulée, la tête faisant face à la caméra. Le serpent possède un corps robuste et une tête triangulaire. Les marques distinctes consistent en de grandes taches sur la face dorsale du corps allant de havane à brun chocolat ou vert olive, et bordées d’écailles de couleur pâle. La face ventrale est blanc-jaune à brune.Photographie d’un crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) adulte en position enroulée, la tête faisant face à la caméra. Le serpent possède un corps robuste et une tête triangulaire. Les marques distinctes consistent en de grandes taches sur la face dorsale du corps allant de havane à brun chocolat ou vert olive, et bordées d’écailles de couleur pâle. La face ventrale est blanc-jaune à brune.

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Structure spatiale et variabilité des populations

Le crotale de l’Ouest est présent dans cinq régions distinctes de la Colombie-Britannique (Okanagan-Similkameen, Midway, Grand Forks, Thompson-Nicola, et Vernon), séparées les unes des autres par de l’habitat non convenable. On ne croit pas que des déplacements naturels d’individus entre ces vastes régions ont lieu au Canada, mais les populations des régions d’Okanagan-Similkameen, de Midway, et de Grand Forks pourraient être contiguës au sud de la frontière internationale, en passant par les États-Unis. Aucune étude n’était disponible pour étayer la différenciation génétique possible entre les serpents de différentes régions du Canada.

La répartition spatiale du crotale de l’Ouest en Colombie-Britannique a été évaluée à l’aide de l’ensemble de données des occurrences utilisé pour le calcul de la superficie de la zone d’occupation. Comme on a rapporté que les crotales de la province se déplaçaient sur > 3 km depuis leur hibernacle, une distance de séparation de 6 km pour les occurrences dans les milieux convenables, et de 1 km dans les milieux non convenables ont été utilisées. La zone a été divisée spatialement en points ou en nuages de points qui ont été séparés de > 6 km des autres points dans les milieux convenables, et de 1 km dans les milieux non convenables (p. ex. lacs ou zones urbaines). Vingt-trois groupements isolés entre lesquels le flux génique pourrait être limité ont été rapportés.On soupçonne que le flux génique entre ces groupements a diminué avec l’accroissement de l’aménagement et du trafic routier, qui continuent à isoler les sous-populations les unes des autres.

Unités désignables

Le crotale de l’Ouest est présent dans une province faunique des amphibiens et des reptiles terrestres du COSEPAC : l’Intramontagnarde. On croit que les serpents se sont dispersés vers le nord, après la période glaciaire, depuis la frontière internationale. Aucune différence génétique, morphologique ou comportementale susceptible d’indiquer la présence de plus d’une unité désignable au Canada n’a fait l’objet de recherches ou n’a été rapportée.

Importance de l’espèce

Les crotales sont des prédateurs spécialisés des rongeurs. Ils se nourrissent de plusieurs espèces considérées comme des ravageurs agricoles. Le crotale de l’Ouest est la seule espèce de crotalidé indigène de la Colombie-Britannique, et le seul serpent indigène de la province représentant un danger pour l’humain. Bien que la crainte que les humains ont des crotales soit bien plus grande que le danger réel, il peut être difficile d’obtenir l’appui de la population pour la conservation d’une espèce perçue comme étant dangereuse (Howard, 2005).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

NatureServe (2014) établit la présence du Crotalus oreganus (toutes les sous-espèces) en Arizona, en Californie, au Colorado, en Idaho, au Nouveau-Mexique, dans la Nation Navajo, au Nevada, en Oregon, en Utah, dans l’État de Washington, au Wyoming et en Colombie-Britannique. L’espèce est absente des zones côtières du Pacifique en Colombie-Britannique et dans l’État de Washington.

La sous-espèce C. o. oreganus (figure 2) est présente en Colombie-Britannique, dans l’est de l’État de Washington, dans le nord et l’est de l’Oregon, dans le centre de l’Idaho, et dans la moitié nord de la Californie (Ashton et de Queiroz, 2001; Stebbins, 2003). Cette espèce est remplacée par le C. o. helleri dans le sud de la Calofornie, et par le C. o. lutosis dans le centre-ouest des États-Unis.

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine du Crotalus oreganus oreganus (redessiné d’après Ashton et de Queiroz, 2001).
Carte
Description longue pour la figure 2

Carte montrant l’aire de répartition nord-américaine du crotale de l’Ouest. L’espèce est présente en Arizona, en Californie, au Colorado, en Idaho, au Nouveau-Mexique, dans la Nation Navajo, au Nevada, en Oregon, en Utah, dans l’État de Washington, au Wyoming et en Colombie-Britannique. Elle est absente des zones côtières du Pacifique en Colombie-Britannique et dans l’État de Washington.

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Aire de répartition canadienne

Le crotale de l’Ouest est présent dans la zone de sécheresse intérieure des vallées de la Thompson et de l’Okanagan, en Colombie-Britannique (figure 3) à l’est des monts Cascade. Son aire de répartition s’étend dans certaines portions des vallées de la Similkameen, de l’Okanagan, de la Kettle, du cours inférieur de la Nicola, du cours intermédiaire du Fraser et de la Thompson Sud (Didiuk et al., 2004; Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008). L’espèce a été rapportée à des altitudes atteignant 1 430 m au-dessus du niveau de la mer en Colombie-Britannique (Gomez, comm. pers., in Hobbs, 2013), et des tanières ont été observées jusqu’à 975 m au-dessus du niveau de la mer (Hobbs, 2013).

Figure 3. Aire de répartition canadienne du Crotalus oreganus oreganus (redessiné d’après Hobbs, 2013).
Carte
Description longue pour la figure 3

Carte montrant l’aire de répartition du crotale de l’Ouest au Canada, où il est présent dans la zone de sécheresse intérieure des vallées de la Thompson et de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, à l’est des monts Cascade. Son aire de répartition s’étend dans certaines portions des vallées de la Similkameen, de l’Okanagan, de la Kettle, du cours inférieur de la Nicola, du cours intermédiaire du Fraser et de la Thompson Sud.

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Moins de 5 % de l’aire de répartition mondiale du crotale de l’Ouest se trouve au Canada (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008). En Colombie-Britannique, on trouve le crotale de l’Ouest à l’intérieur des zones biogéoclimatiques suivantes : zone intérieure à Douglas, zone de la prairie à graminées cespiteuses, et zone à pin ponderosa (tableau 1). Les serpents occupent cinq vastes zones distinctes (figure 3) dans la portion intérieure sud de la Colombie-Britannique (Didiuk et al., 2004; Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008; Hobbs, 2013).
 

  1. Thompson-Nicola
    • Le long de la vallée de la rivière Thompson, depuis Cache Creek, vers l'est, jusqu'à la collectivité de Pritchard.
    • Vers le nord depuis le nord de la vallée de la Thompson jusqu'au quartier Westsyde de Kamloops.
    • Le long de la rivière Nicola depuis sa jonction avec la rivière Thompson, vers l'est jusqu'au ruisseau Agate.
    • Depuis le long du bassin versant du ruisseau Bonaparte, jusqu'au chaînon Hart.
    • Le long de la vallée du Fraser, depuis le village de Lytton, vers le sud, jusqu'à la ville de Boston Bar.
    • Depuis le nord de Lytton jusqu'au ruisseau McGillivray.
  2. Okanagan-Similkameen
    • Le long de la rive ouest du lac Okanagan, depuis l'extrémité sud du chemin West Side, dans la ville de West Kelowna, vers le sud jusqu'à la frontière internationale.
    • Le long de la rive est du lac Okanagan, depuis le parc provincial Okanagan Mountain, vers le sud jusqu'à la frontière internationale.
    • Depuis l'ouest de la collectivité de Kaleden, en incluant le ruisseau Keremeos, jusqu'à la rivière Similkameen.
    • Le long de la vallée de la rivière Similkameen, depuis la frontière internationale, vers le nord et l'ouest jusqu'à Bromley Rock.
  3. Vernon
    • De la rive est du lac Okanagan, depuis la ville de Vernon (Bella Vista), vers le sud jusqu'à la collectivité de Winfield. Cette population était autrefois considérée comme faisant partie de la région d'Okanagan-Similkameen, mais elle est maintenant isolée en raison du développement urbain dans la ville de Kelowna (Hobbs, 2013; M. Sarell, obs. pers.). L'aire de répartition englobe également les deux rives du lac Kalamalka, dans la municipalité de Coldstream.
  4. Midway
    • Vallée de la rivière Kettle, depuis l'agglomération de Rock Creek, vers l'est jusqu'au village de Midway, et vers le sud jusqu'à la frontière internationale.
  5. Grand Forks
    • Vallée de la rivière Kettle, depuis l'embouchure de la rivière Granby, vers l'est jusqu'à l'extrémité sud du lac Christina.
    • Depuis la vallée de la rivière Granby, vers le nord jusqu'au ruisseau Snowball.

Les populations de serpents des régions d’Okanagan-Similkameen, de Midway et de Grand Forks pourraient être contiguës au sud de la frontière internationale (Stebbins, 2003), mais la connectivité entre ces régions n’est pas prouvée. Les régions de Thompson-Nicola et de Vernon toutes deux isolées des autres régions.

Tableau 1. Nombre de tanières de crotales connues par zone biogéoclimatique (M. Sarell, J. Hobbs, données inédites).
Variante biogéoclimatiqueNombre de tanières
BGxh1 variante très sèche et chaude de la zone de la prairie à graminées cespiteuses (Thompson) 42
BGxh2 variante très sèche et chaude de la zone de la prairie à graminées cespiteuses (Nicola)29
BGxh2 variante très sèche et chaude de la zone de la prairie à graminées cespiteuses (Nicola)1
IDFxh1 variante très sèche et chaude de la zone intérieure à Douglas (Okanagan)41
IDFxh1a variante très sèche et chaude des prairies de la zone intérieure à Douglas (Okanagan)13
IDFxh2 variante très sèche et chaude de la zone intérieure à Douglas (Thompson)3
IDFxh4 variante très sèche et chaude de la zone intérieure à Douglas (frontière)8
PPxh1 variante très sèche et chaude de la zone à pin ponderosa (Okanagan)110
PPxh1a variante très sèche et chaude des prairies de la zone à pin ponderosa (Okanagan)63
PPxh2 variante très sèche et chaude de la zone à pin ponderosa (Thompson)38
PPxh2a variante très sèche et chaude des prairies de la zone à pin ponderosa (Thompson)15
PPxh3 variante très sèche et chaude de la zone à pin ponderosa (Kettle)17
Grand Total380

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Zone d’occurrence et zone d’occupation

La zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) ont été calculés par les rédacteurs du présent rapport en combinant trois ensembles de données, lesquels sont décrits ci-dessous, et résumés au tableau 2. En n’incluant que les tanières, la superficie de la zone d’occurrence est de 26 853 à 26 923 km2. Cette fourchette de valeurs représente la zone d’occurrence calculée à l’aide de la méthode du plus petit polygone convexe pour les tanières uniquement, y compris les sites de tanières occupées observés depuis 1998 (valeur faible), et pour toutes les observations de tanières depuis 1960 (valeur élevée). Si toutes les observations de serpents (et non uniquement les observations de tanières) sont utilisées, alors la superficie de la zone d’occurrence est de 28 838 km2, peu importe la période utilisée (tableau 2).

Tableau 2. Indice de zone d'occupation (carrés de grille de 2 km de côté) et zone d'occurrence (plus petit polygone convexe) calculés pour le crotale de l'Ouest à l'aide de différents ensembles de données. Calculs fournis par les rédacteurs du rapport.Note a du tableau 2
Ensemble de donnéesDateIndice de zone d’occupationZone d’occurrence
(plus petit polygone convexe) (ha)
Zone d’occurrence
(plus petit polygone convexe) (km2)
Tanières seulementToutes201 carrés de grille; 804 km²2 692 28426 923
Observations et tanièresToutes356 carrés de grille; 1 424 km²2 883 79828 838
Tanières seulementAprès 1998171 carrés de grille; 684 km²2 685 28826 853
Observations et tanièresAprès 1998299 carrés de grille; 1 196 km²2 883 79828 838
Tanières seulementAprès 1988201 carrés de grille; 804 km²2 692 28426 923
Observations et tanièresAprès 1988356 carrés de grille; 1 424 km²2 883 79828 838

Note du tableau 2

Note [a] du tableau 2

BG= Zone biogéoclimatique de la prairie à graminées cespiteuses; PP= Zone biogéoclimatique à pin ponderosa; IDFxh = Sous-zone biogéoclimatique très sèche et chaude de la zone intérieure à douglas

Retour à la référence de la note a du tableau 2

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Le premier ensemble de données utilisé a été fourni par le Conservation data centre (CDC) de la Colombie-Britannique, et comprenait 32 observations de crotales de l’Ouest datant de 1993 à 2012 (BC Conservation Data Centre, 2013a). Le deuxième ensemble de données contenait 576 autres observations (de 1990 à 2010) obtenues à partir de la base de données du Wildlife Species Inventory (SPI) de la Colombie-Britannique, et traitait d’observations faites durant des relevés fauniques et des projets de recherche. Il comprenait des observations accidentelles faites dans le cadre de projets ne visant pas les crotales. Certaines des observations accidentelles n’ont pas encore fait l’objet de vérifications d’assurance de la qualité. Certaines mentions de crotales de l’Ouest faites par le public sont en réalité des observations de couleuvres à nez mince du Grand Bassin (Pituophis catenifer deserticola), lesquelles ressemblent aux crotales de l’Ouest, tant sur le plan de l’apparence que sur le plan du comportement. Les observations accidentelles ont été représentées spatialement dans un graphique, et 5 observations douteuses ayant été faites bien en dehors de l’aire de répartition connue du crotale de l’Ouest (> 20 km) (probablement des erreurs de coordonnées UTM ou de code de l’espèce) ont été signalées et retirées de la base de données.

Le troisième ensemble de données, tenu de façon privée, est la base de données provinciale des tanières de serpents (Provincial Snake Den Database) (Sarell et Hobbs, données inédites, 2013). Celle-ci comprend l’emplacement des tanières par espèce (crotale de l’Ouest, boa caoutchouc [Charina bottae], couleuvre agile noire [Coluber constrictor], couleuvre nocturne du désert [Hypsiglena chlorophaea] et couleuvre à nez mince du Grand Bassin), et s’appuie sur des observations de plusieurs observateurs différents. Cette base de données a été filtrée pour n’inclure que les observations de crotales de l’Ouest. Les mentions dupliquées en raison de visites répétées dans un même site ont été enlevées pour ne laisser qu’une seule mention (la plus récente). À l’heure actuelle, la base de données provinciale des tanières de serpents compte 368 mentions d’hibernacles, mais exclut 12 tanières desquelles on croit que les serpents sont disparus.

Certaines des mentions (en particulier des tanières) ont été incluses dans plus d’un des trois ensembles de données. Les doublons de mentions de tanières ont été facilement filtrés à l’aide du nom de la tanière. Seule la mention portant la date la plus récente a été retenue. Les observations de serpents faites en double ont été filtrées en fonction de l’emplacement et de la date.

La superficie de la zone d’occurrence et l’IZO ont été calculés à l’aide de différents critères de sélection des données en ce qui concerne la date de l’observation. Ces critères comprenaient les suivants : toutes les mentions datant de 1968 ou d’après (environ trois générations); les mentions datant de 1998 ou d’après; les mentions datant de 1988 et d’après. Selon ces critères relatifs aux dates, des calculs ont été faits séparément pour les observations de tanières uniquement, et pour toutes les observations (individus et tanières).

Chaque ensemble de données a été utilisé pour estimer la zone d’occurrence à l’aide de la méthode du plus petit polygone convexe. L’habitat convenable (défini comme étant l’étendue des zones biogéoclimatiques suivantes : zone intérieure à douglas, zone de la prairie à graminées cespiteuses, et zone à pin ponderosa) a été calculé à l’intérieur du plus petit polygone convexe. Une grille à carrés de 2 km de côté a été appliquée sur la carte, et le nombre de carrés de grille contenant au moins une observation a été calculé pour obtenir les valeurs permettant d’établir l’IZO. Un sommaire des valeurs calculées pour l’IZO et le plus petit polygone convexe à l’aide des différents ensembles de données est présenté au tableau 2.

Beaucoup de tanières n’ont pas été visitées récemment, en particulier celle se trouvant sur les terres privées de Premières Nations. Le fait d’utiliser seulement les mentions les plus récentes donnerait une importante sous-estimation de la répartition actuelle de l’espèce. De plus, le fait d’utiliser toutes les mentions plutôt que les mentions de tanières uniquement a été jugé approprié, car toutes les tanières ne sont pas connues, et les serpents observés loin des tanières doivent hiberner quelque part à proximité (à l’intérieur d’un rayon de quelques kilomètres).

Les données sur la répartition historique du crotale de l’Ouest ne sont pas suffisantes pour quantifier le déclin des populations ou le rétrécissement de l’aire de répartition de l’espèce; ceux-ci doivent être inférés en fonction du taux de perte d’habitat. Les serpents de la région de Vernon sont maintenant isolés de ceux de la région d’Okanagan-Similkameen en raison du développement urbain. On croit que les crotales de 12 tanières de la base de données provinciale des tanières de serpents sont disparus ou ont été déplacés au cours des 50 dernières années (3 générations). D’autres tanières ont vraisemblablement été détruites dans la région de Vernon au début du siècle dernier, d’après des données historiques anecdotiques. Le CDC de la Colombie-Britannique (2013a) rapporte que la superficie de l’aire de répartition du crotale de l’Ouest est de 1 000 à 5 000 km2, et que sa zone d’occupation est de 100 à 500 km2 en se fondant sur une grille à carrés de 2 km de côté et sur l’emplacement de 100 hibernacles. Les valeurs réelles, qui se fondent sur des ensembles de données plus complets, sont probablement plus élevées, avec une zone d’occurrence de 26 853 à 28 838 km2 et un IZO de 804 à 1 424 km2 (tableau 2).

Activités de recherche

De nombreux relevés visant les serpents ont été réalisés dans l’aire de répartition du crotale de l’Ouest en Colombie-Britannique (Macartney, 1985; Charland, 1987; Sarell, 1993; Hobbs et Sarell, 2000; Hobbs, 2001a, 2001b, 2011a, 2011b; Iredale, 2006, 2008; Iredale et Ferguson, 2007; Sarell et Alcock, 2008; Gill, 2010; Lomas et al., 2011; Gardiner et Song, 2013a,b; Lomas, 2013). Ces relevés visaient souvent à déterminer l’emplacement des hibernacles des serpents en général, mais certains relevés visaient les tanières de crotales de l’Ouest en particulier. Dans le cas des relevés ciblés, on a généralement employé des méthodes semblables nécessitant l’examen de l’habitat possible par au moins un chercheur circulant à pied (Reed et al., 2012) ou à bord d’un véhicule (Sullivan, 2012). Les personnes ayant le plus activement participé aux relevés s’entendent pour dire que l’emplacement d’environ 60 % des tanières a été déterminé (Hobbs, comm. pers., 2013). L’habitat convenable se trouvant dans chacune des 5 grandes zones ont fait l’objet de relevés, et l’ampleur des activités de recherche était à peu près équivalente dans toutes les zones (Hobbs, comm. pers., 2015).

La stratification a été utilisée pour la plupart des relevés faits à pied afin de déterminer l’habitat convenable possible à partir de sources de données spatiales ou d’une évaluation visuelle des paysages. Des relevés aériens ont été effectués dans certains cas afin de pré-stratifier les zones d’étude (Hobbs, 2013). Les chercheurs ont traversé à pied les zones de relevé en observant et en écoutant les serpents, en retournant les objets servant d’abri et en les replaçant par la suite, et en portant particulièrement attention aux caractéristiques d’habitat telles que les fissures et les crevasses dans les roches. Les crotales possèdent une coloration homochrome, et passent de longues périodes abrités, ce qui influe sur la probabilité d’en observer. Les relevés visant les tanières avaient généralement lieu lors de journées chaudes et ensoleillées, au moment de l’émergence printanière ou de la retraite automnale afin de maximiser les chances de rencontres avec des serpents à l’entrée des tanières. Les crotales de l’Ouest sont plus faciles à détecter que les autres espèces de serpents en raison de l’avertissement émis par leur cascabelle (sonnette), et parce qu’ils se rassemblent durant de longues périodes près des tanières. Lorsque l’utilisation d’une tanière par au moins une espèce de serpent est confirmée, il est rare que les tanières soient visitées une seconde fois par les chercheurs, car l’accès à bon nombre d’entre elles est difficile.

Durant les relevés menés sur les routes, les observateurs ont cherché des carcasses et des serpents vivants sur les routes et en bordure en roulant lentement sur les routes qui traversaient un habitat convenable. L’efficacité des relevés sur les routes dépend de la densité des routes, du volume de trafic, de la persistance des carcasses, des conditions météorologiques et d’ensoleillement, et de l’expérience de l’observateur (deGregorio et al., 2011; Sullivan, 2012).

Plusieurs études (Macartney, 1985; Brown, 2007; Gomez, 2007; Snook et Blaine, 2012; Gardiner et Song, 2013a, b) se sont appuyées sur des méthodes de radiotélémesure pour suivre les crotales. Les données de télémesure ont été utilisées pour calculer les taux de déplacement et la superficie des domaines vitaux, de même que pour évaluer l’utilisation de l’habitat et déterminer l’emplacement des tanières.

Les observations accidentelles comprenaient souvent des spécimens tués sur la route (Pickard, 2009) ou des individus vivants observés lors de relevés non officiels ou de manière opportuniste lors de relevés visant d’autres espèces sauvages.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les crotales de l’Ouest ont besoin d’hibernacles pour passer l’hiver, et d’un habitat estival leur permettant de trouver de la nourriture. Ces habitats doivent être connectés de façon adéquate pour permettre les migrations saisonnières.

Habitat d’hibernation

Les sites d’hibernation constituent le type d’habitat le plus spécialisé utilisé par le crotale de l’Ouest. L’analyse de 318 tanières confirmées de crotales dans les régions d’Okanagan et de Kamloops du ministère de l’Environnement (Ministry of Environment) de la Colombie-Britannique a révélé que la plupart des tanières (> 80 %) se trouvaient à une altitude de 400 à 800 m (Hobbs, 2013).

En général, les tanières se trouvent sur des pentes relativement abruptes faisant face au sud (sud-ouest à sud-est) (Macartney, 1985; Sarell, 1993; Gienger et Beck, 2011; Hobbs, 2013). Bertram et al., 2001) ont trouvé des hibernacles sur des pentes de 56,6 à 62,3 % à orientation de 71,7° à 168,3° (est à sud). Selon Hobbs (2001a, 2013), les orientations de 170o à 240o (sud à sud-ouest) sont les plus fréquentes. Les microsites des tanières comprennent des trous et des fissures dans des affleurements rocheux fracturés, ou sur des saillies rocheuses couvertes de terre (Macartney, 1985; Sarell, 1993; Bertram et al., 2001; Hobbs, 2013). Macartney et al. (1989) ont déterminé que la profondeur d’une des tanières était de plus de 1,3 m.

Les exigences de l’espèce en matière d’hibernacle comprennent une température demeurant au-dessus du point de congélation et un taux d’humidité relativement élevé (Hobbs, 2013). Pendant la période la plus froide de l’hiver, lorsque la température extérieure était inférieure au point de congélation, la température centrale (enregistrée à l’endroit le plus profond) oscillait entre 3 et 5 °C (Macartney et al., 1989). Lors d’une autre étude visant 15 hibernacles du sud de la Colombie-Britannique, 8 crotales de l’Ouest auxquels on avait implanté des enregistreurs de température présentaient une température corporelle moyenne de 6,4 oC durant la période la plus froide de l’hiver (Hobbs, 2007). En s’appuyant sur les profils thermiques de 15 tanières, Hobbs (2007) a estimé qu’une profondeur de 0,86 à 3,00 m serait adéquate pour offrir un refuge durant l’hiver. Le manteau neigeux réduisait le taux de refroidissement (Macartney et al., 1989) et pourrait constituer un facteur important contribuant à ralentir la déshydratation des serpents dans les tanières (Gregory, 1982). On connaît certaines des caractéristiques physiques externes des zones où se trouvent les tanières (Hobbs et Sarell, 2000), mais Macartney (1985) n’a pas rapporté de lien entre la taille des populations dans les tanières et les caractéristiques externes.

Chaque tanière peut demeurer active durant de nombreuses années. Les tanières découvertes par Mackie (données inédites, 1980) et Macnaughton (données inédites, 1980) dans les années 1930 étaient encore utilisées par des crotales de l’Ouest dans les années 1990 (Sarell, 1993). Certaines tanières pourraient persister pendant des centaines d’années. Les caractéristiques physiques des hibernacles pourraient accroître la stabilité de ces derniers, et leur permettre de servir d’abris prévisibles durant l’hiver (Gienger et Beck, 2011). On sait par ailleurs que le crotale des bois (Crotalus horridus) cesse d’occuper son hibernacle lorsque ce dernier devient ombragé par les arbres (Brown, 1993). Certains hibernacles de la vallée de l’Okanagan se trouvent dans des zones boisées. La densification de la végétation et l’ombrage pourraient influer sur la durée d’utilisation de ces hibernacles et des aires d’exposition au soleil qui se trouvent à proximité. L’effondrement du substrat rocheux pourrait aussi éliminer physiquement une tanière, et ce phénomène a déjà été rapporté dans le cas de la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (COSEWIC, 2013).

Corridors de déplacement et aires d’estivage

Les mâles et les femelles non gravides s’éloignent des hibernacles pour atteindre leurs aires d’estivage en suivant des voies migratoires précises. Gomez (2007) a observé que certains crotales portant des radio-émetteurs à proximité de Kamloops se dispersaient en quittant leurs tanières se trouvant dans la zone de la prairie à graminées cespiteuses pour atteindre des milieux forestiers en terrain plus élevé, une habitude migratoire également observée près d’Osoyoos (Gardiner et Song, 2013a). Dans la région de Vernon, les voies migratoires et l’aire d’estivage longeaient de petits versants exposés au nord, à couverture végétale relativement uniforme d’agropyre à épi (Pseudoroegneria spicata), de pin ponderosa (Pinus ponderosa) et de diverses espèces d’arbustes indigènes. Macartney (1985) a formulé une hypothèse selon laquelle ce type d’habitat convient sans doute au crotale parce que celui-ci est susceptible d’abriter des proies, de renfermer des microhabitats propices à la recherche de proies et de réduire le refroidissement radiatif. Dans la vallée de la Thompson, les crotales de l’Ouest se déplacent dans des zones à végétation généralement semblable (Bertram et al., 2001). Les secteurs du côté sud de la rivière Thompson d’où le crotale de l’Ouest est disparu présentent une végétation plus clairsemée, et sont peut-être plus exposés aux changements associés à l’occupation humaine (Bertram et al., 2001). Bien que les crotales chassent habituellement dans les milieux de prairie et de steppe arbustive, ils chassent ausi dans les milieux agricoles et urbains (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008).

La présence de couvert est une caractéristique importante du microhabitat pour les crotales (Bertram et al., 2001; Gomez, 2007; Snook et Blaine, 2012). Les objets servant d’abris comprennent des pierres, des matières végétales (arbres morts, arbustes morts ou vivants, écorce) et des objets fabriqués par l’homme (p. ex., bermes de béton, panneaux de contreplaqué ou matériaux de construction de rebut). Dans la région de Kamloops, Bertram et al. (2001) ont presque toujours repéré leurs spécimens marqués de crotales de l’Ouest sous des abris, ou encore à proximité d’abris, d’affleurements rocheux, d’escarpements ou de gros rochers. Snook et Blaine (2012) ont rapporté que des crotales munis de radio-émetteurs se trouvant dans la réserve indienne d’Osoyoos ont été déplacés principalement dans des milieux rocheux (y compris dans des empilements et des talus d’éboulis), d’armoise argentée, ou de purshie tridentée (Purshia tridentata). Les affleurements rocheux broussailleux et les talus d’éboulis peuvent offrir à la fois des sites d’exposition au soleil et des abris et des crevasses rapidement accessibles pour se retirer. Le couvert autour de l’entrée des tanières et le long des voies de déplacement pour atteindre les tanières pourraient constituer des caractéristiques particulièrement importantes (Hobbs, 2013).

Habitat de gestation

Les femelles gravides ne se dispersent pas au printemps, mais demeurent à l’intérieur d’un rayon d’une centaine de mètres de l’hibernacle (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008). Les sites de gestation sont typiquement des zones présentant une bonne exposition au soleil et un couvert rapidement accessible, où les femelles peuvent assurer leur thermorégulation en sécurité et de manière efficace, et où le développement des petits est favorisé.

Superficie du domaine vital

Macartney (1985), Bertram et al. (2001) et Lomas (2013) ont employé la méthode du plus petit polygone convexe pour estimer la superficie de domaines vitaux de crotales de l’Ouest, et ont obtenu des résultats variables. Bertram et al. (2001) ont rapporté des domaines vitaux de 0,12 à 103,5 ha en se fondant sur l’emplacement déterminé par télémesure de 12 serpents à proximité de Kamloops, le plus petit domaine vital étant celui d’une femelle gravide. En recourant à des méthodes de marquage et de recapture, Macartney (1985) a établi que le domaine vital de 167 individus partageant 16 tanières, à proximité dOsoyoos, allait de 1,2 à 171,1 ha. Lomas (2013) a calculé la superficie des domaines vitaux de 54 mâles et femelles non gravides durant la saison active dans la réserve indienne d’Osoyoos. Le domaine vital moyen, d’après la méthode du plus petit polygone convexe à 100 % était de 20,0 ± 12,1 (écart-type) ha; d’après la méthode du noyau (95 %), il était de 23,36 ± 14,48 (écart-type) ha.

Macartney (1985) a rapporté le domaine vital de populations (= tanière) calculé à l’aide de données de marquage-recapture de multiples serpents d’une même tanière. Le « domaine vital de la population » de 5 tanières situées à l’intérieur de sa zone d’étude, près du lac Kalamalka, allait de 82,8 à 171,1 ha.

Tendances en matière d’habitat

Aquila Conservation & Environment Consulting (2014) a utilisé une modélisation de l’habitat pour déterminer l’habitat convenable pour les crotales. Ils ont estimé que la province présentait de 171,3 à 310,9 km2 d’habitat convenable, en se fondant sur une combinaison de variables relatives au climat, à la topographie et à la couverture terrestre.

Un déclin général de la qualité de l’habitat et de la quantité d’habitat peut être inféré à partir de la disponibilité et de l’état de l’habitat de prairie et de steppe arbustive indigènes dans l’aire de répartition du crotale de l’Ouest. Les prairies de la région intérieure sèche de la Colombie-Britannique font partie des écosystèmes les plus menacés au Canada (BC Ministry of Environment, 2007). Dans l’ensemble, environ 15 % des prairies de la région intérieure du sud de la province sont disparues en raison de l’aménagement des terres, principalement à des fins agricoles et d’urbanisation, du milieu des années 1800 à 1990 (Grasslands Conservation Council of BC, 2004; BC Ministry of Environment, 2007). De 1990 à 2005, les pertes ont continué, mais de manière moins marquée (perte générale de 1 %; BC Ministry of Environment, 2007, d’après la mise à jour de l’évaluation du Grassland Conservation Council, 2007). Du milieu des années 1800 à 2005, la perte totale de prairies a été estimée à 16,1 %, ce qui représente une superficie de 619 874 ha. Les valeurs susmentionnées excluent la perte de prairies attribuable à l’empiètement de la forêt attribuable la suppression des incendies.

Le taux de perte d’habitat de prairie varie d’une région à l’autre et selon le type de prairie. La conversion des terres se concentre au fond des vallées, où se trouve aussi l’habitat le plus adéquat pour les crotales. À l’échelle régionale, les pertes les plus importantes ont touché le nord du bassin de l’Okanagan où, en 2005, plus de 47,6 % des prairies avaient été transformées en terres agricoles (vignobles, vergers, autres cultures, pâturage irrigué) ou en terrains à vocation urbaine ou industrielle (Grasslands Conservation Council of BC, 2004; BC Ministry of Environment, 2007). D’importantes pertes de prairies se sont également produites dans les hautes terres de du sud de la vallée de l’Okanagan (38,6 %), le sud du bassin de l’Okanagan (20,5 %) et le bassin de la Thompson (20,0 %).

De 1800 à 2005, Lea (2008) a quantifié l’étendue du remplacement de 10 prairies indigènes servant d’habitat par des aménagements humains dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Les pertes d’écosystèmes associées au crotale de l’Ouest sont les suivantes : douglas-calamagrostide rouge (perte de 27 %); pin ponderosa-agropyre à épi (perte de 53 %); bouleau fontinal-cornouiller stolonifère (perte de 92 %); fétuque d’Idaho-agropyre à épi (perte de 77 %); steppe arbustive à armoise tridentée (perte de 33 %); purshie tridentée-stipe chevelue (perte de 68 %); de manière générale, prairie sur pente douce et steppe arbustive (perte de 61 %), armoise tridentée-steppe arbustive à stipe chevelue (perte de 70 %).

Les prairies qui subsistent sont encore touchées par les activités humaines. Le pâturage du bétail est répandu. Historiquement, le surpâturage a nui à plusieurs régions, et a facilité la propagation de plantes envahissantes telles que des espèces appartenant aux genres Centaurea ou Acroptilon (Grasslands Conservation Council of British Columbia, 2012). La fragmentation de l’habitat se poursuit en raison de la construction de routes et d’infrastructures associées à l’accroissement démographique. La population humaine résidant dans la région de Thompson-Okanagan devrait augmenter de 140 000 habitants de 2011 à 2036 (BC Stats, 2012).

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Le cycle annuel du crotale de l’Ouest en Colombie-Britannique, comme décrit par Macartney (1985), est résumé ci-dessous. Les serpents se déplacent de façon saisonnière entre leur hibernacle (tanière) d’hivernage et leur aire d’estivage, où ils trouvent de la nourriture.

Hibernation

La plupart des crotales de la Colombie-Britannique se retirent dans leurs hibernacles de la mi-septembre à la mi-octobre, et y demeurent tout l’hiver. Le retour vers l’hibernacle commence en septembre et, à la fin octobre, tous les serpents sont dans les tanières (Macartney, 1985; Bertram et al., 2001). Certains individus peuvent émerger de leur tanière de façon périodique lors des journées chaudes d’hiver, et s’exposer au soleil à l’entrée (Hobbs, 2007, 2013). Les crotales de l’Ouest émergent de leurs hibernacles en mars et en avril pour ensuite se disperser dans leurs aires d’estivage. Les femelles gravides font exception à cette règle. Les serpents qui émergent peuvent s’exposer au soleil de deux à quatre semaines à l’entrée de leur tanière avant de quitter cette dernière.

Le nombre de serpents utilisant une même tanière est variable. Hobbs (2013) a rapporté que 8 tanières se trouvant en Colombie-Britannique étaient utilisées par environ > 100 individus, 19 tanières par 51 à 100 individus, 122 tanières par 10 à 50 individus, et 145 tanières par < 10 individus. Les crotales partagent souvent leurs hibernacles avec d’autres espèces. Une base de données provinciale sur les tanières de crotales contenant des observations de 380 tanières (Sarell et Hobbs, données inédites, 2013) comprenait 17 tanières partagées avec des couleuvres nocturnes du désert, 56 avec des couleuvres à nez mince du Grand Bassin, 88 avec des couleuvres agiles noires, 6 avec des boas caoutchouc, et 7 avec des serpents-jarretières (Thamnophis sirtalis ou T. elegans). Au total, 122 des 380 tanières où la présence de crotales était confirmée étaient aussi utilisées par au moins une autre espèce de serpent.

Reproduction

Les crotales femelles, de manière similaire aux autres vipères à fossettes, commencent la vitellogenèse (ou dépôt du vitellus) durant l’été, puis entrent en hibernation. La vitellogenèse reprend au printemps, une fois que les femelles émergent de leur hibernation (Aldridge, 2002). On observe deux profils temporels de reproduction chez le crotale de l’Ouest : i) les femelles s’accouplent en été ou à la fin de l’automne au début de la vitellogenèse, et conservent le sperme dans leur oviducte jusqu’au moment de la fécondation, l’année suivante, ii) les femelles se reproduisent après l’émergence, au printemps (Aldridge, 2002). Hersek et al.(1992) ont observé des « danses de combat » (durant jusqu’à 20 minutes) de crotales de l’Ouest en mai, juillet et août en Californie, ce qui correspond aux périodes de reproduction du printemps et de l’été. Des individus se reproduisant en petits groupes (de deux à huit individus) ont été rapportés en Colombie-Britannique en juillet et au début d’août (Macartney et Gregory, 1988; Snook et Blaine, 2012).

Les femelles gravides demeurent près de leur hibernacle tout au long de l’été, et ne se nourrissent pas (Macartney, 1985, 1989). Les crotales sont vivipares (ils donnent naissance à de jeunes crotales vivants). En Colombie-Britannique, la parturition a lieu en septembre et octobre (Macartney, 1985, 1989), après une période de gestation d’environ 110 jours (Diller et Wallace, 1984). De petites portées (moyenne : 4,6, n = 28, fourchette : 2 à 8) de nouveau-nés relativement gros naissent dans la tanière et passent le premier hiver dans le même hibernacle que leurs mères. Les femelles post-parturientes émergent le printemps suivant dans une condition émaciée en raison de la perte de poids cumulative durant la gestation (6 %), la parturition (37 %), et l’hivernage (6 %) (Macartney et Gregory, 1988).

Les cycles de reproduction des femelles peuvent être biennaux, triennaux ou quadrenniaux, mais ils sont apparemment le plus souvent triennaux (Macartney et Gregory, 1988). Le moment de l’accouplement suivant de chaque femelle dépend en partie de la récupération de sa masse corporelle (Macartney et Gregory, 1988). Par conséquent, durant une saison active, une population peut comprendre des femelles gravides, des femelles post-parturientes pouvant ou non se reproduire, et des femelles ayant nouvellement atteint la maturité pouvant ou non se reproduire. Tout facteur ayant des effets sur les femelles au cours d’un stade donné de leur cycle reproductif aura donc moins d’effets sur la population que si les femelles étaient toutes au même stade reproductif chaque année. Toutefois, comme les femelles ne se reproduisent pas avant l’âge de sept à neuf ans, puis tous les trois à quatre ans par la suite, un nombre critique, mais inconnu de femelles reproductrices est nécessaire pour soutenir les populations locales.

Croissance et développement

En Colombie-Britannique, le crotale de l’Ouest est un crotale relativement petit. Les grosses femelles mesurent habituellement de 850 à 900 mm du museau au cloaque, et les gros mâles, de 950 à 1 000 mm (Macartney et al., 1990). En Colombie-Britannique, les mâles atteignent la maturité à l’âge de 3 à 5 ans (à environ 535 mm du museau au cloaque), mais seuls de gros mâles (longueur museau-cloaque > 720 mm) ont été observés en train de se reproduire (Macartney et Gregory, 1988; Macartney et al., 1990), peut-être en raison de l’avantage que procure la grande taille dans les conflits entre mâles (Shine, 1978) ou d’une préférence de la part de la femelle. En Colombie-Britannique, les femelles atteignent pour leur part la maturité plus tard que les mâles, soit vers l’âge de 5 à 7 ans (longueur museau-cloaque d’environ 650 mm), et elles ont leur première portée à l’âge de 7 à 9 ans (longueur museau-cloaque de 700 à 760 mm) (Macartney et al., 1990). Les crotales de l’Ouest femelles parviennent à la maturité plus tôt en Californie (à 3 ans) et en Idaho (4 à 6 ans) (Fitch et Twining, 1946; Diller et Wallace, 1984).

Le rythme de croissance du crotale de l’Ouest en Colombie-Britannique varie selon la tranche d’âge, le sexe et l’année (Macartney et al., 1990). Les serpenteaux naissent près de la tanière, et, même s’ils muent, ils jeûnent et ne gagnent pas de masse corporelle avant de pénétrer dans l’hibernacle, de 3 à 5 semaines plus tard (Macartney et al., 1990). Les 258 nouveau-nés mesurés en 1981, 1982 et 1985 présentaient une longueur museau-cloaque moyenne de 275 mm (de 210 à 345 mm). Les juvéniles sont ceux qui connaissent le taux de croissance le plus fort et le plus variable. Macartney et al. (1989) ont attribué les fluctuations annuelles aux conditions météorologiques et aux écarts qui en résultent sur le plan de la productivité et de l’abondance de nourriture. Cependant, Charland (1989) a constaté que ce dernier facteur n’avait eu aucun impact sur le gain de poids des femelles post-parturientes.

Survie

Les données sur la survie sont limitées. Les données provenant de la réserve indienne d’Osoyoos donnent à penser que le taux de survie annuel global était élevé (de 70 à 98 %) de 2002 à 2012 (Bishop et al., données inédites, in Lomas, 2013). En général, le taux de survie pendant l’hibernation est le plus élevé chez les gros serpents, sans doute en raison des avantages physiologiques (plus grandes réserves énergétiques, et perte d’eau et déshydratation réduites) que procure une plus grande taille (Gregory, 1982). Macartney (1985) a découvert que le taux de survie était d’environ 25 % chez les nouveau-nés, d’environ 50 % chez les juvéniles, et de 90 à 100 % chez les adultes. Parmi les adultes, les femelles post-parturientes étaient celles qui présentaient le taux de survie le plus faible. Charland (1989) a étudié la même population que Macartney (1985), mais au cours d’une année différente, et il a rapporté un taux de survie de 55 % durant l’hiver chez les nouveau-nés, ce qui laisse supposer que le taux de survie diffère d’une année à l’autre. Selon Charland (1989), la taille des nouveau-nés jouerait un rôle plus important pour la survie pendant le premier été, possiblement en raison de la quantité limitée de proies suffisamment petites.

Les données de la table de survie du crotale de l’Ouest sont incomplètes, principalement en raison d’un sous-échantillonnage des classes d’âge les plus jeunes (Macartney, 1985). Néanmoins, il a été possible d’établir quelques estimations préliminaires. Les femelles s’accouplent pour la première fois à l’âge de 6 à 8 ans; elles donnent naissance à de petites portées (moyenne = 5 petits) après plus d’un an de gestation, et elles ne s’accouplent que tous les 3 ou 4 ans. À partir de ces données, et en se fondant sur les taux de survie des populations à l’étude à proximité du lac Kalamalka, Macartney (1985) une table de survie des femelles reproductives. Il a calculé un taux de reproduction net de 0,496, ce qui donne à penser que les populations du nord de la vallée de l’Okanagan étaient en déclin, mais il a remarqué que ses données sur deux ans relatives à la survie n’étaient pas suffisantes pour conclure que les populations risquaient de disparaître de façon imminente. Selon ses estimations, il faudrait que 20 % des femelles atteignent l’âge d’environ 20 ans pour qu’un équilibre à long terme soit atteint. Le taux de recrutement dans une seule tanière dépend du nombre de femelles adultes qui utilisent la tanière, car il est rare que des individus immigrent depuis une autre tanière.

Snook et Blaine (2012) ont mené des études de télémesure visant les crotales dans la réserve indienne d’Osoyoos. La mortalité routière constituait la plus grande cause de mortalité (tableau 3), représentant jusqu’à 72 à 100 % des mortalités connues au cours des trois années visées par les études. Sept serpents sur 54 individus suivis sont morts durant une autre étude dans la réserve indienne d’Osoyoos (5 par prédation, 1 sur la route, et 1 par persécution humaine) (Lomas, 2013).

Tableau 3. Nombre de mortalités et de captures de crotales de l'Ouest enregistrées dans la réserve indienne d'Osoyoos (située à l'extrémité nord du lac Osoyoos), de 2010 à 2012 (Snook et Blaine, 2012).
Année201020112012
Mortalité routière9138
Causes naturelles052
Causes inconnues001
Mortalité totale91811
Nombre total de serpents capturés218195172

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Durée d’une génération

Aquila Conservation & Environment Consulting (2014) a calculé la durée d’une génération en se fondant sur des données de marquage-recapture de crotales de l’Ouest obtenues au cours d’une période de 10 ans dans la réserve indienne d’Osoyoos. La méthode de l’UICN de 1/taux de survie + âge à la maturité a été jugée appropriée pour cette espèce, car rien n’indiquait que le taux de mortalité augmentait et que le taux de fécondité déclinait avec l’âge. La durée moyenne d’une génération a été calculée à 15,6 ans (minimum : 7,1 ans; maximum : 25,8 ans).

Régime alimentaire et quête de nourriture

Les crotales de l’Ouest se nourrissent de proies, principalement des mammifères, mais ils chassent aussi à l’occasion des oiseaux et d’autres serpents (tableau 4). Une corrélation positive a été observée sur le terrain entre la taille des proies ingérées et la taille du crotale de l’Ouest (Macartney, 1989). Les juvéniles se nourrissent principalement de petits mammifères. Les souris sylvestres (Peromyscus maniculatus), les campagnols (Microtus spp., Myodes spp., Phenacomys spp.) et les musaraignes (Sorex spp.) représentent la majorité des proies des adultes et des juvéniles. Les adultes consomment également des proies de plus grande taille, comme des écureuils et des rats à queue touffue (Neotoma cinerea) (Macartney, 1989; Weaver et Lahti, 2005; Sarell, obs. pers., 2013). Les serpents se nourrissent principalement tandis qu’ils se trouve dans leur aire d’estivage, de juin à août, et mangent peu au printemps et à l’automne (Macartney, 1989).

 

Tableau 4. Proies connues du crotale de l'Ouest présentes en Colombie-Britnnique.
Nom communNom scientifiqueSource
MusaraignesSorex spp.Macartney, 1989
Souris sylvestrePeromyscus maniculatusMacartney, 1989; Weaver et Lahti, 2005
Suisses (non précisé)Neotamias spp.Macartney, 1989
Gaufre grisThomomys talpoidesMacartney, 1989; Weaver et Lahti, 2005
CampagnolsMicrotus spp., Myodes spp., Phenacomys spp.Macartney, 1989
Rats à queue touffueNeotoma cinereaMacartney, 1989
Souris à abajoues des pinèdesPerognathus parvusMacartney, 1989
Écureuil rouxTamiasciurus hudsonicusMacartney, 1989
Marmotte à ventre jauneMarmota flaviventrisMacartney, 1989
Rat musqué communOndatra zibethicusMerko, 2013
Lapin de NuttallSylvilagus nuttalliSarell, obs. pers.
Couleuvre agileColuber constrictorSarell, obs. pers.
Oiseaux (non précisé) -Macartney, 1989

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Le crotale de l’Ouest est un prédateur à l’affût ou à l’embuscade. Il détecte les aires d’alimentation en utilisant une combinaison de signaux thermovisuels et chimiques (Barbour, 2012). Lorsqu’il trouve une aire d’alimentation convenable, le serpent prend une position d’embuscade en s’enroulant de façon serrée (Barbour, 2012). Il demeure immobile pendant de longues périodes, et attend que sa proie s’approche assez pour l’attaquer. Le serpent peut se dérouler partiellement de façon périodique pour sonder les environs.

Lorsqu’une proie convenable s’approche, le serpent attaque et injecte son venin dans le corps de l’animal à l’aide de deux crochets creux. La proie mordue est habituellement immédiatement relâchée, le serpent évitant probablement ainsi d’être blessé par la proie qui se débat (Kardong et Smith, 2002). Le serpent suit ensuite les traces de la proie pour localiser le corps de sa victime, puis l’avale en entier.

Physiologie et adaptabilité

En Colombie-Britannique, le crotale de l’Ouest est ectotherme et se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition. Au Canada, les serpents peuvent présenter des adaptations physiologiques aux températures basses, mais aucune comparaison avec des populations vivant plus au sud n’a été faite.

Le venin, utilisé pour capturer les proies et comme moyen de défense (Mackessy, 1991), de même que la capacité de faire vibrer la queue pour produire un son de crécelle comme avertissement pour les prédateurs potentiels sont deux des adaptations physiques les plus caractéristiques du crotale. Le venin du crotale est une sécrétion glandulaire complexe composée d’enzymes, de protéines et de peptides. La composition du venin des crotales varie selon l’espèce, l’aire de répartition géographique et l’âge de l’individu, mais comprend généralement des composantes qui causent des hémorragies, une myonécrose, une immobilisation de la proie et une perte de tension artérielle (Mackessy, 1988, 2008).

Les crotales tirent volontiers avantage des éléments anthropiques pour se couvrir et pour accomplir leurs activités de thermorégulation. Bertram et al. (2001) on suivi dix crotales de l’Ouest par télémesure, et ont remarqué que les serpents utilisaient des bermes de béton à proximité d’autoroutes, de même que de vieux édifices et des déchets. Les abris faits de débris ligneux et d’objets en métal sont aussi souvent utilisés pour attirer les serpents (Sarell, obs. pers.).

Le déplacement de serpents sur de courtes distances dans le but de les éloigner des humains et des animaux domestiques est utilisé comme mesure d’atténuation des conflits avec les humains (Iredale, 2008). Brown et al. (2009) ont déplacé 14 crotales munis de radio-émetteurs à proximité d’Osoyoos, et ont observé que 12 d’entre eux étaient retournés dans la zone générale d’où ils avaient été enlevés. Rien n’indique que le déplacement sur de courtes distances a eu des effets négatifs sur la survie, le comportement ou l’état corporel.

Certaines caractéristiques du cycle vital du crotale de l’Ouest rendent les populations particulièrement sensibles aux perturbations : maturité tardive, faible taux de reproduction, taux de survie naturelle élevé chez les adultes et déplacements saisonniers (Jochimsen, 2005). Les autres sources de mortalité d’origine humaine, comme la mortalité routière et l’abattage délibéré de serpents, sont donc particulièrement importantes dans le cas de cette espèce.

Déplacements et dispersion

Le crotale de l’Ouest se déplace de façon saisonnière entre son hibernacle et son aire d’alimentation estivale. Les hibernacles constituent le point central des déplacements (Charland et al., 1993). La migration/dispersion commence peu après l’émergence.

La distance de migration entre les aires d’alimentation estivales et les hibernacles varie selon le milieu, et des distances de 290 à 3 500 m ont été rapportées en Colombie-Britannique. Les femelles gravides ne migrent pas, mais demeurent plutôt dans un rayon de 400 m de leur hibernacle, et se rassemblent souvent dans des aires d’exposition au soleil appelées « roqueries » (Macartney, 1985; Bertram et al., 2001). La distance linéaire parcourue par 10 adultes (femelles non gravides et mâles) provenant 5 tanières à proximité de Kamloops allait de 290 à 3 000 m (Bertram et al., 2001). Dans la vallée de l’Okanagan, des crotales de l’Ouest provenant d’une même tanière ont parcouru des distances variables à l’intérieur d’une même aire d’estivage (Macartney, 1985). Un juvénile a été repéré à 1 575 m de sa tanière, alors que la plupart des autres individus étaient demeurés dans un rayon de 1 200 m de leurs tanières. La distance maximale de migration d’un mâle mature était de 3 568 m (Gomez, 2007), mais la plupart des mâles sont demeurés dans un rayon de 1 400 m de leur tanière (Macartney, 1985; Bertram et al., 2001; Gomez, 2007; Lomas, 2013).

Dans le nord de la vallée de l’Okanagan, les crotales migrent depuis leurs tanières dans des corridors particuliers menant à des versants exposés au nord et au nord-ouest (Macartney, 1985). Preston (1964) a également observé des corridors de migration précis d’une population de crotales de l’Ouest dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Macartney (1985) a constaté que plus de 80 % des mâles et des femelles non gravides s’étaient déplacés dans la même direction pendant au moins 2 années consécutives, mais que seulement 56 % d’entre eux s’étaient rendus dans les mêmes sites de leur aire d’estivage durant ces 2 années. Des serpents issus de différents hibernacles se sont rassemblés dans la même aire d’estivage, mais, en général, ils sont retournés dans leurs tanières d’origine une fois l’automne venu.

Relations interspécifiques

Plusieurs prédateurs du crotale de l’Ouest ont été signalés (tableau 5), mais peu de données sont disponibles concernant le rôle de la prédation comme facteur limitatif pour les populations. En Colombie-Britannique, les prédateurs connus du crotale de l’Ouest comprennent la couleuvre nocturne du désert (Lacey et al., 1996), la blaireau d’Amérique (Taxidea taxus, Bertram et al., 2001), l’ours noir (Ursus americanus) et la moufette rayée (Mephitis mephitis) (Macartney, 1985). Macartney (1985) a observé des traces de mouffette menant à des trous creusés près de plusieurs hibernacles et aires d’exposition au soleil, ce qui donne à penser que les mouffettes recherchent activement les crotales. Des bovins, des cerfs, des porcs et des chevaux ont été observés en train de piétiner délibérément des serpents (Klauber, 1997).

Tableau 5. Espèces prédatrices connues du crotale de l'Ouest présentes en Colombie-Britnnique.
Nom communNom scientifiqueSource
OuaouaronLithobates catesbeianusErnst et Ernst, 2011
Couleuvre nocturne du désertHypsiglena chlorophaeaLacey et al., 1996
Couleuvre à nez mince du Grand BassinPituophis catenifer deserticolaErnst et Ernst, 2011
Aigle royalAquila chrysaetosErnst et Ernst, 2011
Pygargue à tête blancheHaliaeetus leucocephalusErnst et Ernst, 2011
Buse à queue rousseButeo jamaicensisErnst et Ernst, 2011
Buse rouilleuseButeo regalisErnst et Ernst, 2011
Grand Duc d’AmériqueBubo virginianusErnst et Ernst, 2011
Marmotte à ventre jauneMarmota flaviventrisErnst et Ernst, 2011
Rat à queue touffueNeotoma cinereaErnst et Ernst, 2011
CoyoteCanis latransErnst et Ernst, 2011
Renard rouxVulpes vulpesErnst et Ernst, 2011
Lynx rouxLynx rufusErnst et Ernst, 2011
Ours noirUrsus americanusMacartney, 1985
Blaireau d’AmériqueTaxidea taxusMacartney, 1985
Moufette rayéeMephitis mephitisMacartney, 1985

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Peu d’études existent sur maladies touchant les crotales sauvages (voir MENACES : Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques pour en savoir davantage sur la maladie fongique du serpent).

S’ils sont menacés ou harcelés, la morsure des crotales peut être débilitante, voire mortelle pour les humains et les animaux domestiques (Zielinski, 2013). La mort d’humains due à des morsures de crotales est extrêmement rare au Canada. Aucune donnée sur le nombre de morsures de crotales en Colombie-Britannique n’était disponible (Aiken, comm. pers., 2013), mais un cas de mortalité attribuable à un crotale a été rapporté en 1981 dans la réserve d’Inkameep, près d’Osoyoos (Anonyme, 1981). En Calofornie, environ 20 % des morsures de crotales de l’Ouest traitées sont des morsures « sèches », dans lesquelles aucun venin n’est injecté (Kaiser Permanente Medical Toxicology, 2007).

Il est également rare que des animaux domestiques soient mordus, mais les chiens sans laisse qui accompagnent leurs maîtres lors de randonnées dans l’habitat du crotale pourraient être particulièrement à risque. Une clinique vétérinaire de Westbank a mentionné n’avoir traité que deux cas de morsures de serpents de 1988 à 2013 (Westbank Animal Care Clinic, comm. pers., 2013).

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Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d’échantillonnage

En Colombie-Britannique, la taille et les tendances des populations de crotales de l’Ouest sont estimées à l’aide de méthodes de marquage-recapture et de dénombrement des tanières. La plupart des études de marquage-recapture (Macartney, 1985; Lacey, in Sarell, 1993; Bertram et al., 2001; Snook et Blaine, 2012; Gardiner et Song, 2013a) ont été menées dans des zones limitées de la vallée de l’Okanagan.

Abondance

Le Conservation Data Centre (CDC) de la Colombie-Britannique a a estimé un effectif de 2 500 à 10 000 individus, dont probablement moins de 5 000 adultes (BC Conservation Data Centre, 2013b). Hobbs (2013) a estimé l’effectif de la population provinciale à 3 943 à 7 896 individus, d’après des dénombrements aux tanières. L’effectif total de la population estimé par Hobbs (2013) a été décomposé en nombres maximaux approximatifs pour chaque zone, en s’appuyant sur le jugement professionnel : 4 000 serpents adultes dans la région d’Okanagan-Similkameen, 500 dans la région de Midway, 1 000 dans la région de Grand Forks, 3 000 dans la région de Thompson-Nicola, et 1 000 dans la région de Vernon. Les estimations dérivées de dénombrements aux tanières donnent des sous-estimations de la taille de la population, car seule une fraction de la population d’une tanière est aperçue au niveau du sol, et ce, peu importe le moment de l’observation (Martin et al., 1990, in Brown, 1993). Par la méthode de marquage-recapture, Lacey (in Sarell, 1993) a trouvé une tanière qui contenait environ 250 individus (adultes et juvéniles confondus). Il n’a jamais observé plus d’une cinquantaine de serpents à l’extérieur de la tanière en même temps. De plus, il se pourrait que des tanières additionnelles n’aient pas encore été trouvées (Hobbs, 2013).

Aquila Conservation & Environment Consulting (2014) a estimé l’effictif de la population provinciale à partir d’un exercice de modélisation de l’habitat fondé sur la densité de serpents enregistrée dans la réserve indienne d’Osoyoos au cours d’une période de 10 ans. Les données ont principalement été obtenues d’un programme continu d’étude des crotales de l’Ouest au Nk’Mip Desert Cultural Centre (Gardiner et Song, 2013b). De 2002 à 2013, 1 044 crotales au total ont été marqués dans ce site d’environ 350 ha; 639 des serpents marqués étaient des adultes. Leurs analyses ont permis d’estimer que de 31 277 à 56 776 adultes étaient présents dans la province, en extrapolant à partir des données de ce site, et en s’appuyant sur la cartographie des milieux convenables élaborée pour la province dans le cadre de ce projet. L’estimation de l’effectif de la population pourrait correspondre à une surestimation brute, car celle-ci est extrapolée à partir d’une zone relativement petite d’habitat de grande qualité à l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique. Les auteurs ont remarqué que les modèles doivent être davantage, validés et faire l’objet de tests sur le terrain.

Plusieurs projets de recherche ont tenté de quantifier les populations de crotales dans des zones distinctes de la province. Macartney 1985) a marqué des crotales occupant 24 tanières dans 4 sites du nord de la vallée de l’Okanagan. Chaque site comptait de 1 à 15 tanières, et environ de 8 à 133 individus par tanière. Deux des zones renfermaient plus d’une tanière. Dans chacune de ces 2 zones, les crotales de toutes les tanières se rassemblaient dans la même aire d’estivage et formaient les mêmes groupes d’accouplement, ce qui indique que chaque sous-population est associée à une zone, et non à une seule tanière. Macartney (1985) a marqué 659 et 826 individus dans ces 2 zones. La densité de ces serpents dans leurs aires d’estivage était respectivement de 1,6 et de 2,5 crotales/ha. Malgré la grande variation du nombre de serpents entre les différentes zones et entre les tanières d’une même zone, la taille et la composition des tanières étaient comparables. Ces résultats illustrent le problème engendré par l’extrapolation de données sur l’effectif et la structure des populations à partir de données recueillies dans une seule tanière ou dans une petite zone.

Fluctuations et tendances

Le CDC de la Colombie-Britannique (2013a) décrit la tendance à court terme de la population de crotales de l’Ouest comme étant un « déclin rapide (de 30 à 50 %) », et la tendance à long terme comme étant un « déclin substantiel (déclin de 50 à 75 %) ». Hobbs (2013) a tenté d’analyser les tendances de la population de crotales de l’Ouest en Colombie-Britannique, mais est arrivé à la conclusion que les analyses sont gravement faussées par les biais de détection associés aux conditions d’échantillonnage. Il a affirmé qu’il soupçonnait que les tendances à la baisse sont continues dans > 75 % des populations de serpents à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique. Les crotales de 12 tanières de la base de données provinciale des tanières de serpents, dont les données remontent à environ 1980, sont considérés comme étant disparus. Neuf de ces tanières se trouvent sur le territoire de la population d’Okanagan-Similkameen; les trois autres se trouvent sur les territoires des populations de Vernon, de Thompson-Nicola et de Grand Forks (Hobbs, 2013). Le crotale de l’Ouest est vraisemblablement disparu du camp militaire de Vernon, où il n’a pas été observé depuis 1999 (Nernberg, comm. pers., 2013). Les autres zones de disparition de l’espèce comprennent la majeure partie de la région de Kelowna et une population historique près de Castlegar (Hobbs 2013), et un déclin des populations a été observé par des chercheurs spécialistes des serpents à proximité des autoroutes (voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS). Il existe des observations anecdotiques de disparitions de serpents d’autres tanières associées à la persécution et à la construction de routes et de chemins de fer datant d’avant 1980, mais les données sont insuffisantes.

D’après les tendances en matière d’habitat et les menaces continues qui pèsent sur les populations (tableau 6), un déclin de 30 % ou plus est plausible au cours des 3 prochaines générations (45 ans). Un modèle démographique (Reed, 2013) élaboré dans le cadre de l’évaluation de la situation de la couleuvre à nez mince du Grand Bassin, un autre serpent de grande taille présent dans la même zone générale, a permis de prédire que le déclin de la population durant les 3 prochaines générations sera probablement d’au moins 30 % dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, compte tenu de la sensibilité de la population à une surmortalité des adultes attribuable à la circulation routière et à d’autres facteurs, comme les conducteurs qui écrasent les serpents de manière involontaire ou intentionnelle (COSEWIC, 2013). Les prédictions sont au moins aussi graves que pour le crotale de l’Ouest, dont la vulnérabilité à la mortalité routière est similaire, et dont la durée d’une génération est plus longue que chez la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (~ 15 ans, par rapport à 8 ans). La destruction et la dégradation de l’habitat constituent des facteurs de stress supplémentaires.

Tableau 6. Sommaire du calculateur de menaces préparé pour le crotale de l'Ouest, réalisé par téléconférence le 7 février 2013 par des experts de l'espèce et par le personnel du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.
Impact des menacesImpact des menaces (descriptions)Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Maximum de la plage d'intensité
Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Minimum de la plage d'intensité
ATrès élevé00
BÉlevé11
CMoyen10
DFaible56
-Impact global des menaces calculé :ÉlevéÉlevé
Tableau d’évaluation des menaces.
#MenaceImpact (calculé)Portée
(10 prochaines années)
Gravité (10 ans ou 3 gén.)Immédiateté
1Développement résidentiel et commercialD
Faible
Petite (1-10 %)Élevée (31-70 %)Élevée (constante)
1.1 Zones résidentielles et urbainesD
Faible
Petite (1-10 %)Élevée (31-70 %)Élevée (constante)
1.2 Zones commerciales et industriellesNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (constante)
1.3 Zones touristiques et récréativesNégligeableNégligeable (< 1 %)Modérée (11-30 %)Élevée (constante)
2Agriculture et aquacultureD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le boisD
Faible
Petite (1-10 %)Élevée (31-70 %)Élevée (constante)
2.3 Élevage de bétailD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
3Production d’énergie et exploitation minièreNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (constante)
3.2 Exploitation de mines et de carrièresNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (constante)
3.3 Énergie renouvelableNégligeableNégligeable (< 1 %)InconnueModérée (possiblement à court terme, < 10 ans/3 gén.)
4Corridors de transport et de serviceB
Élevé
Généralisée (71-100 %)Élevée (31-70 %)Élevée (constante)
4.1 Routes et voies ferréesB
Élevé
Généralisée (71-100 %)Élevée (31-70 %)Élevée (constante)
4.2 Lignes de services publicsNégligeableNégligeable (< 1 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
5Utilisation des ressources biologiquesCD
Moyen-faible
Généralisée (71-100 %)Modérée-légère (1-30 %)Élevée (constante)
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestresCD
Moyen-faible
Généralisée (71-100 %)Modérée-légère (1-30 %)Élevée (constante)
5.3 Exploitation forestière et récolte du boisInconnuPetite (1-10 %)InconnueÉlevée (constante)
6Intrusions et perturbations humainesD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
6.1 Activités récréativesD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militairesNégligeableNégligeable (< 1 %)Négligeable (< 1 %)Élevée (constante)
7Modifications des systèmes naturelsD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
7.1 Incendies et suppression des incendiesD
Faible
Généralisée (71-100 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
8Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiquesD
Faible
Restreinte (11-30 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantesD
Faible
Restreinte (11-30 %)Légère (1-10 %)Élevée (constante)
8.2 Espèces indigènes problématiquesInconnuRestreinte (11-30 %)InconnueÉlevée (constante)
9PollutionInconnuRestreinte-petite (1-30 %)InconnueÉlevée (constante)
9.3 Effluents agricoles et sylvicolesInconnuRestreinte-petite (1-30 %)InconnueÉlevée (constante)
10Phénomènes géologiquesNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (constante)
10.3 Avalanches et glissements de terrainNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (constante)
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsInconnuGénéralisée (71-100 %)InconnueÉlevée (constante)

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Immigration de source externe

L’immigration de source externe est très peu probable pour les serpents qui vivent dans la région de Thompson-Nicola et de Vernon, car de l’habitat non convenable sépare ces deux régions du reste de l’aire de répartition de l’espèce aux États-Unis. Un sauvetage des populations de serpents des régions de Midway, d’Okanagan-Similkameen et de Grand Forks par immigration d’individus de l’État de Washington est peu possible, mais la probabilité en est inconnue. Des serpents de l’État de Washington seraient adaptés pour survivre au Canada, et de l’habitat convenable est présent le long de la frontière internationale, mais on ignore si cet habitat est occupé ou s’il existe actuellement un flux génique d’un côté à l’autre de la frontière. Il existe des mentions de crotales datant de 1992 à 2012 dans les comtés d’Okanogan et de Ferry, dans l’État de Washington, qui bordent la Colombie-Britannique (Washington Herp Atlas, 2013). Les crotales ne sont pas protégés juridiquement dans l’État de Washington, et y sont activement persécutés (Fitkin, comm. pers., 2008).

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Menaces et facteurs limitatifs

XXXXXXXXXXX

Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs pour le crotale de l’Ouest comprennent son besoin de milieux différents (hibernacles et aires d’alimentation estivales) reliés par un habitat de migration convenable. Les migrations saisonnières entre les tanières et les aires d’estivage, la fidélité aux tanières, et le rassemblement d’individus dans les tanières accroissent la vulnérabilité des serpents à la mortalité routière et, vu la fréquence accrue des rencontres avec des humains, à la persécution (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008). La petite taille des portées, le cycle reproductif triennal et l’âge tardif de l’atteinte de la maturité entraînent un faible taux de rétablissement de la population à la suite de perturbations.

Menaces

Le calculateur des menaces de l’UICN (Master et al., 2009) a été utilisé pour évaluer les menaces pesant sur le crotale de l’Ouest au Canada. Les catégories standard de menaces ont évaluées à l’égard de la portée (la proportion de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années), de la gravité (le taux de déclin des serpents exposés à la menace au cours des 3 prochaines générations), et de l’immédiateté de la menace. Ces paramètres ont ensuite été utilisés pour calculer l’impact des menaces pour chaque catégorie. L’impact global cumulatif des menaces a reçu la cote « élevé » (1 menace à impact élevé, de 0 à 1 menace à impact moyen, et de 5 à 6 menaces à impact faible [tableau 6]). Les menaces précises sont présentées ci-dessous, en ordre, de la menace ayant l’impact le plus élevé à la menace ayant l’impact le plus faible.

Mortalité routière (impact élevé)

La mortalité routière, en particulier à proximité des tanières, représente une menace importante pour les populations de crotales de l’Ouest (Fortney et al., 2013). La mortalité routière réduit la taille des populations (effet d’appauvrissement) et modifie les effectifs (Jackson et Fahrig, 2011). Hobbs (2013) a affirmé que les effets de la mortalité routière sont susceptibles d’entraîner un appauvrissement des populations faisant en sorte que certaines d’entre elles deviendraient non viables dans la plupart des régions de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique. Presque tous les milieux convenables pour le crotale de l’Ouest en Colombie-Britannique sont traversés par des routes (Hobbs, 2013). Snook et Blaine (2012) ont rapporté que la mortalité routière constituait la plus importante cause de mortalité des crotales dans la réserve indienne d’Osoyoos (tableau 3), représentant jusqu’à 72 à 100 % des mortalités connues au cours de la période de 3 ans rapportée.

Quatre-vingt-six pour cent des 368 tanières de crotales confirmées en Colombie-Britannique se trouvent dans un rayon de 2 km d’une route (Hobbs, 2013). Les chercheurs ont réussi à obtenir des données sur 106 tanières ayant souffert des effets engendrés par les routes en Colombie-Britannique. Dans 50 % de ces tanières, les populations connaissaient régulièrement des pertes attribuables au passage de véhicules ou à la construction routière (Sarell, 1993). L’échantillonnage normalisé (de mai à la mi-juillet, de 2010 à 2013) réalisé sur la route 97 entre la frontière et Okanagan Falls n’a pas permis d’observer de crotales (Ashpole, comm. pers., 2014), ce qui laisse croire que l’important trafic routier est incompatible avec la présence de crotales. La route présentait un taux de trafic annuel de 8 111 véhicules/jour. Cette mesure a été effectuée 7,7 km au sud de la jonction Kaleden (au sud d’Okanagan Falls) (BC Ministry of Transportation, 2014).

Rudolph et al. (1999) ont échantillonné des populations de serpents-taureaux (Pituophis ruthveni) et de crotales des bois à diverses distances de routes du Texas. Les résultats de leur étude indiquent que les populations de serpents de grande taille sont réduites de plus de 50 % à une distance de moins de 450 m des routes modérément passantes (< 100 véhicules/jour), et que les populations continuent à diminuer à au moins 850 m des routes. Row et al. (2007) ont étudié l’effet des routes sur l’élaphe ratière (Elaphe obsoleta) en Ontario. Bien que le taux de mortalité calculé ne soit que de 0,026 couleuvre morte/traversée, il suffit à faire augmenter la probabilité de disparition de la population de 7,3 à 99 % sur 500 ans. La mort de plus de 3 élaphes ratières femelles adultes par année sur les routes a fait augmenter la probabilité de disparition de la population de la zone d’étude (population estimée à 400 adultes) à plus de 90 % sur 500 ans, ce qui illustre les effets de la faible mortalité chronique.

Les effets cumulatifs des pertes continues associées à la mortalité routière peuvent également avoir de graves répercussions sur la diversité génétique (Jackson et Fahrig, 2011). Clark et al. (2010) ont observé que la diversité génétique des crotales des bois dans des hibernacles isolés par des routes était plus faible que celle des individus de tanières se trouvant dans des milieux contigus. La reproduction entre individus de différentes tanières était beaucoup moins probable là où une route majeure séparait les tanières. Une population isolée souffrait d’anomalies morphologiques et d’un faible taux de survie, et était vulnérable aux infections souvent fatales par des agents pathogènes fongiques (Clark et al. 2011).

Les couleuvres qui traversent les routes peuvent être activement visées par les conducteurs. Ashley et al. (2007) ont rapporté que 2,7 % des conducteurs de véhicules motorisés observés dans le cadre de leur étude, à Long Point, en Ontario, écrasaient intentionnellement les serpents et les autres reptiles. Le fait que certains automobilistes visent délibérément les couleuvres a aussi été observé en Colombie-Britannique (Sarell, obs. pers.).

Pickard (2009) a examiné les mentions de mortalité routière de serpents dans dans un tronçon de route de 25 km, près d’Oliver, de 1988 à 2008. La fréquence des mortalités routières de crotales d l’Ouest était négativement corrélée avec la distance par rapport à la tanière la plus proche, avec la présence d’eau, et avec la distance par rapport au ravin le plus proche. Le nombre le plus élevé de mortalités routières par mois a été observé en septembre, alors que les serpents retournaient vers leurs hibernacles. Une tendance hebdomadaire significative à la baisse du nombre d’adultes matures a été observée au cours des 6 dernières années de l’étude, ce qui indique possiblement une perte d’individus reproducteurs susceptible d’avoir eu des effets démographiques. Le taux d’enlèvement des carcasses par des charognards n’a pas fait l’objet de rapports, mais d’autres études indiquent qu’il est élevé, et sous-estiment grandement la mortalité routière (Slater, 2002; DeGregorio et al., 2011).

Tant des couleuvres que des hibernacles ont été détruits (parfois délibérément) par des engins de terrassement durant la construction de routes (Sarell, obs. pers.). Des activités de sauvetage ont eu lieu avant et pendant la construction pour déplacer au moins certains serpents qui auraient autrement été susceptibles d’être blessés ou tués en raison de la présence de la machinerie de construction (Sarell et al., 2010).

Utilisation des ressources biologiques (impact moyen-faible)

Le développement empiète de plus en plus sur le territoire estival du crotale de l’Ouest. Les contacts entre serpents, humains et animaux domestiques risquent donc de se multiplier et donneront fort probablement lieu à une augmentation du taux de mortalité des crotales. Les humains tuent les crotales pour toutes sortes de raisons, dont la peur et l’aversion. La persécution est observée dans les régions agricoles, dans les corridors de service et dans les secteurs résidentiels. Les crotales découverts à proximité de résidences humaines sont plus susceptibles d’être tués par ceux qui considèrent les crotales comme une menace à la sécurité des personnes et des animaux domestiques (Coleshill, 2014). Bertram et al. (2001) ont évalué différents moyens de sensibiliser la population aux crotales dans la région de Kamloops. Ils ont distribué des dépliants d’information, rédigé des messages à l’intention des médias (radio, télévision et journaux) et mis en place un service de renseignements téléphoniques. Ces chercheurs ont découvert que l’indifférence des citoyens était largement due à une méconnaissance des crotales. La réaction immédiate aux projets de sensibilisation a été positive. Cependant, Gomez (2007) a constaté que l’attitude favorable à l’égard des crotales s’est rapidement estompée après plusieurs mois chez des élèves de deuxième année.

Des documents d’information et de sensibilisation relatifs aux crotales ont été produits dans le cadre du South Okanagan-Similkameen Conservation Program (Sarell, 2004, 2005a,b, 2006; Okanagan-Similkameen Conservation Alliance, 2012). Les programmes de sensibilisation concernant les crotales ont été présentés à la plupart des membres du personnel des vignobles du sud de la vallée de l’Okanagan. Toutefois, on continue de tuer les crotales à une fréquence mal connue.

Les rassemblements de serpents aux hibernacles pourraient être particulièrement vulnérables à la persécution (Gregory, 2007; Hobbs, 2001a). Parmi plus de 80 tanières communes de serpents visitées dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce (Hobbs et Sarell, 2000, 2001; Hobbs, 2001), aucune n’était complètement à l’abri des perturbations anthropiques. Les objets anthropiques servant d’abri peuvent aussi attirer les serpents dans des secteurs situés à proximité de résidences d’humains (Bertram et al., 2001), où ils peuvent être persécutés ou mourir de manière accidentelle.

Les programmes de sensibilisation mis en œuvre dans le sud de la vallée de l’Okanagan et dans la région du cours inférieur de la Similkameen visent à faire comprendre à la population la valeur des serpents dans l’écosystème ainsi que les avantages que ces derniers procurent aux agriculteurs en réduisant le nombre de ravageurs (Sarell, 2000b; Bertram et al., 2001; Lomas et al., 2011). La sensibilisation a eu un certain succès en ce qui a trait au changement de comportement des gens, mais la persécution se poursuit.

Des clôtures d’exclusion peuvent empêcher ou restreindre grandement l’accès des crotales aux zones fréquentées par les humains (Ovaska et al., 2004; Sarell, 2005b), et sont utilisées avec succès autour de centres de villégiature et de camps d’été pour empêcher les interactions humains-serpents (Brown, 1993; Snook et Blaine, 2012; Gardiner et Song, 2013a). L’installation de clôtures et le déplacement sur de courtes distances de serpents trouvés dans des endroits où les humains sont particulièrement à risque pourraient réduire efficacement le nombre de cas de mortalités de serpents causées par les humains (Snook et Blaine, 2012). L’efficacité du déplacement dépend de la disponibilité de personnes formées pour manipuler les serpents, de même que d’habitat convenable se trouvant à proximité rapprochée de l’emplacement d’origine des serpents.

Les crotales sont attrayants comme animaux de compagnie pour les amateurs, et peuvent être prélevés dans la nature (Blais, 2011). L’ampleur de ce problème est inconnue en Colombie-Britannique.

L’effet de la récolte de bois sur les crotales est peu connu (tableau 6). La récolte de bois pourrait toucher certaines populations, en particulier à la lumière de l’augmentation récente des coupes de récupération dans les régions touchées par des infestations d’insectes. La récolte de bois et la construction de routes qui y est associée pourrait détruire de l’habitat convenable, et pourrait entraîner la mortalité directe de serpents. Cependant, la récolte de bois à faible altitude peut réellement améliorer l’habitat, à condition que le secteur demeure en prairie ou en forêt-parc.

Développement résidentiel et commercial (impact faible)

De manière générale, la compatibilité du crotale de l’Ouest avec les développements anthropiques est faible (Ovaska et al., 2004). Les développements résidentiels et commerciaux peuvent avoir des effets extrêmes à l’échelle locale et entraîner la destruction, la dégradation ou la fragmentation de l’habitat. La plupart des tanières de crotales se trouvent à basse altitude dans les vallées de rivières intérieures, zones où les activités humaines sont également le plus intensives (Hobbs, 2013). Le développement des zones se trouvant au-dessus et autour des hibernacles, ou l’enlèvement des talus où se trouvent les hibernacles peuvent éliminer ou dégrader l’habitat, notamment en modifiant les propriétés thermiques de la tanière. La destruction ou l’altération des hibernacles peuvent avoir des effets graves sur les populations locales, et ces effets sont disproportionnés par rapport à la superficie de la zone touchée. C’est dans la vallée de l’Okanagan et dans la région de Kamloops que les effets du développement résidentiel et commercial sont le plus graves, car les populations humaines continuent d’y augmenter.

Développement agricole (impact faible)

L’agriculture se pratique dans la plupart des terrasses basses de chaque bassin hydrographique de l’aire de répartition de l’espèce et dans les plaines inondables où les ruisseaux et les rivières ont été endigués. Les facteurs influant sur la survie et le succès de la reproduction comprennent la modification ou la destruction de l’habitat d’alimentation ou d’hibernation et/ou l’interruption de corridors de migration reliant ces habitats, de même que la mortalité accidentelle attribuable à la machinerie agricole (Bertram et al., 2001; Gardiner et Song, 2013b). Par le passé, l’agriculture dans la région du sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique consistait en prairies de fauche, en vergers et en cultures maraîchères. La récente tendance à l’aménagement de vignobles a commencé dans le sud de la vallée de l’Okanagan, puis s’est élargie aux vallées du centre de l’Okanagan, de la Kettle, de la Similkameen et de la Nicola. La possibilité de rendements lucratifs a favorisé la transformation rapide de champs agricoles et de milieux indigènes en vignobles. L’exploitation des vignobles exige souvent qu’on enlève la couche de sol arable et qu’on modèle le sous-sol. La qualité de l’habitat est considérablement moindre dans les vignobles, parce qu’on n’y trouve que peu de couvert et que les populations de proies (rongeurs) sont réduites.

En général, les données dont nous disposons ne nous permettent pas de conclure hors de tout doute que le pâturage est une activité nuisible au crotale. De toute évidence, ce mode d’utilisation des terres est beaucoup moins dommageable que la culture des céréales ou de la vigne. Malgré tout, le pâturage intensif risque de tasser le sol, d’endommager ou d’obstruer l’accès aux hibernacles, et de causer des dommages indirects aux abris en accélérant l’érosion du sol et en délogeant les objets servant d’abri vers le bas des pentes. Par conséquent, les serpents pourraient devenir davantage exposés à la prédation. Ces menaces n’ont pas été étudiées en profondeur.

Intrusions et perturbations humaines (impact faible)

Une grande partie de l’aire de répartition du crotale de l’Ouest est utilisée à des fins récréatives (randonnée, camping, escalade et conduite de véhicules récréatifs hors route). Certaines menaces sont associées à la mortalité accidentelle due aux véhicules (y compris les véhicules tout-terrain; Sarell, obs. pers.) On a observé que des serpents étaient tués à l’occasion à cause de la circulation de vélos de montagne (Sarell, obs. pers.).

Lomas (2013) a rapporté que les crotales de l’Ouest munis de radio-émetteurs dans des sites perturbés de la réserve indienne d’Osoyoos étaient plus petits et en moins bonne condition que ceux se trouvant dans des sites moins perturbés, mais on n’a pas observé de différences de comportement telles que l’utilisation d’abris ou une activité réduite. On a supposé que les faibles densités de proies pouvaient expliquer en partie la plus faible composition corporelle des crotales dans les zones perturbées.

Les perturbations pourraient également avoir des effets sur le comportement. Une étude de télémesure portant sur le massasauga (Sistrurus catenatus catenatus) dans le parc provincial Killbear, en Ontario, a révélé que les serpents se trouvant près de perturbations d’origine humaine (routes, sentiers ou aires de camping) se déplaçaient beaucoup moins que les individus se trouvant dans des zones moins perturbées, mais les perturbations d’origine humaine n’avaient pas d’effets sur la condition ou le taux de croissance des serpents (Parent et Weatherhead, 2000).

Modification des systèmes naturels (impact faible)

La suppression des incendies favorise l’empiètement des arbres dans les prairies indigènes et fait diminuer la qualité de l’habitat pour les crotales. Macartney (comm. pers., in Didiuk et al., 2004) et Larsen (comm. pers., in Didiuk et al., 2004) ont revisité de façon indépendante leur zone d’étude du nord de la vallée de l’Okanagan en 2002, soit 20 ans après leurs études d’origine (Macartney, 1985; Macartney et al.,1989). Ils ont constaté une augmentation appréciable du couvert arbustif de la prairie, et certaines des zones qui avaient auparavant servi d’aires d’exposition au soleil étaient maintenant ombragées par des arbustes.

À l’inverse, les effets à court terme des incendies de grande intensité pourraient entraîner la mortalité directe de crotales et rendre l’habitat temporairement moins convenable en éliminant le couvert qu’offre la végétation haute, mais on ne dispose d’aucune donnée à ce sujet. Means et Campbell (1981) ont marqué 68 crotales diamantins de l’Est (Crotalus adamanteus), en Floride, dans un site de 600 ha traité par brûlages dirigés progressifs. Seulement 3 des crotales marqués (tous des individus en mue) ont été tués.

Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact faible)

On croit que les effets des espèces envahissantes sont faibles. Il arrive à l’occasion que des chiens et des chats tuent des crotales (Klauber, 1997). La maladie fongique du serpent représente une menace potentielle, mais plus grave. Il s’agit d’une maladie cutanée émergente qui touche les populations de serpents sauvages (USGS, 2013). Chez les serpents terrestres, la maladie est liée au champignon Ophidiomyces ophiodiicola, qui ne se manifeste que chez les serpents (University of Alberta, sans date). À ce jour, la maladie a été observée chez plusieurs espèces de serpents de l’est et du Midwest des États-Unis (USGS, 2013). La présence de la maladie a été rapportée chez le crotale des bois dans l’est des États-Unis (Sleeman, 2013), et les crotales y semblent particulièrement vulnérables. Bien qu’elle n’ait pas été observée chez le crotale de l’Ouest ou dans toute autre population sauvage de l’Ouest de l’Amérique du Nord, on soupçonne que la maladie est plus répandue que ce que les études indiquent, et qu’elle pourrait toucher un plus grand nombre d’espèces qu’on le croit.

Production d’énergie et exploitation minière (impact faible)

L’exploitation de mines et de carrières se pratique dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannnique, et pourrait avoir de graves effets à l’échelle locale. Cette menace découle de la mortalité directe associée au terrassement et à la destruction de l’habitat. Même des activités menées à petite échelle, comme l’extraction de sable et de gravier pour la construction de routes, peuvent avoir de graves répercussions, notamment s’il y a destruction de l’hibernacle. On ne croit pas que la production d’énergie (hydroélectrique, éolienne, géothermique) menace les populations de crotales pour le moment.

Pollution (impact inconnu)

L’impact de la pollution sur les crotales est inconnu (tableau 6). Des rodenticides à base de strychnine sont communément utilisés dans les vergers et les vignobles dans l’aire de répartition du crotale de l’Ouest pour lutter contre la présence de gaufres gris (Thomomys talpoides). Williams et Bishop (2011) ont modélisé les effets possibles des rodenticides sur la couleuvre à nez mince du Grand Bassin, un autre prédateur des rongeurs dans la région intérieure sud de la Colombie-Britannique. Ils ont projeté que, si 15 % de la population de serpents était tuée par des rodenticides chaque année, seulement 17 % de la population subsisterait au bout de 25 ans. On ne dispose pas de données sur les effets potentiels des rodenticides sur le crotale de l’Ouest, et aucun rapport ne fait état de l’empoisonnement de crotales par la strychnine dans la province.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact négligeable)

Les menaces posées par le changement climatique et par les phénomènes géologiques devraient être négligeables au cours des dix prochaines années (tableau 6), mais des effets sont possibles à long terme. Les crotales ne se dispersent pas facilement sur de longues distances, et réagiront probablement lentement au changement climatique. À long terme, ils connaîtront probablement, avec l’évolution des changements climatiques, une contraction de leur aire de répartition, une réduction de leur abondance, et des changements sur le plan de la distribution (Compass Resource Management, 2007).

Nombre de localités

Le nombre de localités est inconnu, mais comme on croit que la mortalité routière est la menace plausible la plus grave, le nombre de localités est de beaucoup supérieur à dix, et il en existe peut-être une centaine ou plus.

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le crotale de l’Ouest est inscrit comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. La Loi interdit de tuer ou de capturer des serpents ou de détruire leur résidence, et protège leur habitat essentiel, une fois ce dernier décrit et approuvé. Les interdictions prévues par la LEP à l’égard du crotale de l’Ouest ne s’appliquent que sur les terres fédérales. L’habitat essentiel de l’espèce n’avait pas encore été défini en février 2015.

Le crotale de l’Ouest est protégé à l’échelon provincial par la Wildlife Act de la Colombie-Britannique, qui interdit de tuer ou de capturer des individus, ou de les garder en captivité, sauf si l’on est titulaire d’un permis provincial. Un plan de rétablissement provincial a été préparé pour l’espèce (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team, 2008), mais les initiatives de conservation qu’il décrit sont encore en cours.

Statuts et classements non juridiques

À l’échelon provincial, la cote S3 (vulnérable) a été attribuée à la sous-espèce Crotalus oreganus oreganus (BC Conservation Data Centre, 2013a). La cote S3 s’applique en raison de l’aire de répartition restreinte, dans laquelle il reste relativement peu de populations (souvent 80 ou moins), qui a subi des déclins récents et répandus ou qui est touchée par d’autres facteurs la rendant susceptible de disparaître de la province. À l’échelle nationale au Canada, on lui attribue la cote N3 (même définition que ci-dessus). Le Canada est le seul territoire ayant attribué une cote à la sous-espèce C. o. oreganus.

La cote mondiale attribuée au crotale de l’Ouest par NatureServe (2014) est G5 (non en péril). Le crotale de l’Ouest (sans désignation de sous-espèce) détient la cote G5 ou « non classée » dans tous les États des États-Unis que couvre son aire de répartition, sauf au Wyoming, où sa cote est S1 (gravement en péril) (NatureServe, 2014).

Protection et propriété de l’habitat

Le crotale de l’Ouest se rencontre dans plusieurs grands parcs provinciaux, notamment dans les parcs Kalamalka Lake, Okanagan Mountain, White Lake, et Lac Du Bois Grasslands. Il vit aussi dans la réserve nationale de faune Vaseux-Bighorn, dans des réserves écologiques, et sur des terres appartenant à la Nature Trust of British Columbia et à Conservation de la nature Canada gérées à des fins de conservation. Ces zones sont à l’abri des développements, mais leur utilisation accrue par les humains à des fins récréatives pourrait être nuisible pour les populations de crotales. Les petites aires protégées perdent souvent des espèces à cause de phénomènes stochastiques (Shaffer, 1981), de même qu’à cause de la variation des indices vitaux (p. ex. fécondité, survie) des populations associée à la petite taille des parcelles (Hokit et Branch, 2003).

Les taxons d’espèces sauvages et les communautés végétales pour lesquels la nécessité d’une gestion spéciale des forêts et des parcours a été établie détiennent le statut d’espèces désignées (Identified Wildlife Species) dans le cadre de l’Identified Wildlife Management Strategy associée à la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique (BC Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004; Erickson et al.,2007). Le crotale de l’Ouest détient le statut d’espèce désignée à l’échelle provinciale. Parmi les mesures de protection adoptées visant les espèces désignées, mentionnons l’établissement d’aires d’habitat faunique pour protéger les zones d’habitat importantes ou les caractéristiques de l’habitat qui sont gérées selon de mesures générales précises visant les espèces sauvages. Toutefois, ni le développement urbain ni les autres industries s’appuyant sur l’exploitation des ressources (comme l’exploitation minière) ne sont visés par les dispositions de la Identified Wildlife Management Strategy, et la présence d’une aire d’habitat faunique n’empêche pas non plus la vente d’une terre de la Couronne. Les aires d’habitat faunique visant le crotale de l’Ouest n’offrent qu’une protection limitée. À l’heure actuelle il existe 31 aires établies et 20 aires proposées pour le crotale de l’Ouest (tableau 7).

Tableau 7. Nombre d'aires d'habitat faunique pour le crotale de l'Ouest en Colombie-Britannique.
RégionNombre d’aires approuvées (superficie en ha)Nombre d’aires proposées (superficie en ha)Total (superficie en ha)
Districts forestiers d’Okanagan-Shuswap et d’Arrow-Boundary13 (2 350)7 (1 721)20 (4 071)
Districts forestiers de Merritt et de Kamloops18 (3 622)13 (3 569)31 (7 191)
TOTAL31 (5 972)20 (5 290)51 (11 262)

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Les mentions figurant dans la base de données provinciale des tanières de serpents (Sarell et Hobbs, données inédites, 2013) ont été regroupées par type de propriété des terres. Sur 368 tanières de crotales existantes (c.-à-d. en excluant 12 tanières desquelles on croit que les serpents sont disparus), 80 (22 %) se trouvent sur des terres protégées (parcs provinciaux ou nationaux, ou terres privées gérées à des fins de conservation) (tableau 8). Quarante tanières (11 %) se trouvent sur des terres privées. Les autres tanières se trouvent sur des terres de la Couronne provinciales (107 [29 %]) et fédérales (35 [10 %]) ou dans des réserves de Premières Nations (66 [18 %]).

Tableau 8. Sommaire du nombre confirmé de tanières existantes de crotales (n = 368), par population, pour chaque type de propriété (d'après Sarell et Hobbs, données inédites).
Type de propriétéGrand ForksMidwayOkanagan-SimilkameenThompson-NicolaVernon% du nombre total de tanières
Terres domaniales1086368642,1
Terres fédérales0024016,8
Réserves indiennes00624017,9
Parcs/aires protégées/aires de gestion de la faune0-39101517,4
Terres privées32263610,9
Aires de conservation (privées)0117004,9
TOTAL13112318528100

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Hobbs (Hobbs, 2001a,1b) et Hobbs et Sarell (2000) ont cerné des préoccupations potentielles en ce qui concerne la survie à long terme des populations vivant dans les tanières en se fondant sur la proximité de routes, sur l’utilisation des terres adjacentes (p. ex. pâturages, vignobles), et sur l’empiètement par les développements résidentiels. Bien que de nombreuses tanières se trouvent sur des terres protégées, les serpents qui utilisent ces tanières doivent souvent traverser des routes pour migrer vers leurs aires d’estivage, ce qui les expose à la mortalité routière (Williams et al. 2012; BC Conservation Data Centre, 2013b).

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Remerciements et experts contactés

Le présent rapport a été rédigé avec la contribution de Jared Hobbs (Senior Biologist, Hemmera Consulting), d'Orville Dyer, de Francis Iredale, de Robert Stewart et de John Surgenor (Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique), du Westbank Animal Care Hospital, de Katrina Stipec (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique), et de Kristiina Ovaska et Alain Filion (COSEPAC).

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Sources d’information

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Lorraine Andrusiak est biologiste professionnelle agréée en Colombie-Britannique. Elle a obtenu un baccalauréat ès sciences (avec distinction) à l’Université Simon Fraser (Simon Fraser University) elle était à l’emploi de Keystone Wildlife Research Ltd. au début du présent projet, et travaille maintenant pour SNC-Lavalin. Elle a également rédigé la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC sur l’Effraie des clochers (Tyto alba), et est corédactrice de l’ébauche de la mise à jour du rapport de situation sur la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (Pituophis catenifer deserticola).

Mike Sarell est biologiste professionnel agréé en Colombie-Britannique. Il a obtenu un baccalauréat ès sciences à l’Université de Victoria (University of Victoria). Il a travaillé pour le ministère de l’Environnement (Ministry of Environment), à Penticton, avant d’ouvrir une petite firme de consultants, Ophiuchus Consulting. Au cours des 25 dernières années, il a participé à de nombreux recensements de serpents et projets de recherche en Colombie-Britannique. Il a aussi collaboré aux travaux de l’équipe de rétablissement des reptiles et des amphibiens de l’intérieur méridional de la Colombie-Britannique (Southern Interior Reptile and Amphibian Recovery Team) et rédigé la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC sur le grand iguane à petites cornes (Phrynosoma douglassi); il est également corédacteur de l’ébauche de la mise à jour du rapport de situation sur la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (Pituophis catenifer deserticola). 

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Collections examinées

Sans objet.

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