Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis esquimau Numenius borealis au Canada – 2009

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes


Information sur le document

Courlis esquimau Numenius borealis

Toile représentant un Courlis esquimau (Numenius borealis) par Robert Verity.

En voie de disparition – 2009

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le courlis esquimau (Numenius borealis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 35 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis esquimau (Numenius borealis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. vii + 19 p.

Gratto-Trevor, C. 2000. Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis esquimau (Numenius borealis) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis esquimau (Numenius borealis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. Pages 1 – 19.

Gollop, J.B., et C.E.P. Shier. 1978. COSEWIC Status Report on the Eskimo Curlew Numenius borealis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 32 p.

Note de production :
Le COSEPAC souhaite remercier David A. Kirk et Jennie L. Pearce, qui ont rédigé le rapport de situation sur le Courlis esquimau (Numenius borealis) au Canada dans le cadre d’un contrat conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision de ce rapport ont été assurées par Jon McCracken, coprésident du Sous–comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Eskimo CurlewNumenius borealis in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Courlis esquimau -- Illustration par Robert Verity Clem (courtoisie de Archives of Academy of Natural Sciences).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/176–2010F–PDF
ISBN 978–1–100–93829–5

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2009

Nom commun
Courlis esquimau

Nom scientifique
Numenius borealis

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Il s’agit d’une espèce d’oiseau de rivage dont l’aire de répartition entière de reproduction connue se trouve dans l’Arctique canadien. Anciennement abondante, la population s’est effondrée à la fin du XIXe siècle, principalement en raison de la chasse commerciale non contrôlée et de pertes considérables en matière de quantité et de qualité de l’habitat de repos printanier (prairies indigènes). La population ne s’est jamais rétablie, et il n’y a eu aucun enregistrement confirmé de reproduction depuis plus de 100 ans, ni d’enregistrement confirmé (photographie ou spécimen) de l’espèce depuis 1963. A ce titre, moins de 50 ans se sont écoulés depuis le dernier enregistrement confirmé. Toutefois, certaines observations récentes indiquent la possibilité qu’une très petite population (moins de 50 individus matures) pourrait toujours persister dans certains paysages arctiques éloignés. Les principaux facteurs qui limitent le rétablissement de l’espèce sont la très faible taille de la population, l’absence de possibilité connue d’immigration de populations extérieures, ainsi que la conversion historique et courante des prairies indigènes dans ses aires de rassemblement printanier au Canada et aux États–Unis et dans ses aires d’hivernage en Argentine.

Répartition
Yukon, Territoires du Nord–Ouest, Nunavut, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau–Brunswick, Île–du–Prince–Édouard, Nouvelle–Écosse, Terre–Neuve–et–Labrador

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1978. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en novembre 2009.

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COSEPAC - Résumé

Courlis esquimau Numenius borealis

Information sur l'espèce

Le Courlis esquimau (Numenius borealis) est peu connu. Espèce autrefois commune et peut–être même abondante, elle est devenue très rare depuis la fin du 19e siècle. Le Courlis esquimau est maintenant considéré comme l’une des espèces les plus menacées au monde, si l’oiseau est encore présent.

Le Courlis esquimau est un oiseau de rivage brunâtre, de taille moyenne, à bec mince légèrement incurvé vers le bas. Il est facile de confondre le Courlis esquimau avec d’autres espèces d’oiseaux de rivage, en particulier le Courlis corlieu (Numenius phaeopus) et le Courlis nain (Numenius minutus; une espèce d’Eurasie).

Répartition

On ne connaît pas l’aire de répartition actuelle du Courlis esquimau, et seulement quelques observations non confirmées (la plupart en dehors de la saison de reproduction) ont été signalées depuis les 40 dernières années au Canada, dans les Prairies, les Territoires du Nord–Ouest et les Maritimes. Dans le passé, des nids de l'espèce ont été trouvés dans seulement deux secteurs, situés dans la toundra des Territoires du Nord–Ouest. Une fois arrivé le temps de la migration automnale, les oiseaux s'envolaient vers le sud–est et faisaient principalement halte au Labrador et à Terre–Neuve; un certain nombre d’entre eux étaient observés dans le nord de l'Ontario, au Québec, dans les Maritimes ainsi qu'en Nouvelle–Angleterre. Durant la migration automnale, les oiseaux survolaient l'océan Atlantique sans s'arrêter, jusqu'en Amérique du Sud. Ils hivernaient principalement dans les pampas de l'Argentine et plus loin au sud. Au printemps suivant, les oiseaux en migration de retour empruntaient une voie migratoire complètement différente au centre du continent, qui traversait le Texas et le Midwest, aux États–Unis, certains oiseaux faisant halte dans les Prairies canadiennes.

Habitat

Le Courlis esquimau niche dans la toundra arctique et subarctique des Territoires du Nord–Ouest, qui comprend des zones en grande partie non boisées avec des arbustes nains, de la toundra à plantes graminoïdes ainsi que des prés de graminées et des milieux riverains. Durant la migration automnale, l’oiseau peut utiliser divers milieux intérieurs et côtiers, y compris des landes à éricacées et à camarine noire (Empetrum nigrum), des prés, des pâturages, des champs abandonnés, des battures, des marais salés et des dunes. Dans les pampas de l’Argentine, où l’espèce hivernait dans le passé, on a trouvé le Courlis esquimau dans des prairies dépourvues d'arbres et comportant des milieux humides. Durant la migration printanière, le Courlis esquimau a été observé dans la prairie à herbes hautes et dans la partie est de la prairie mixte, souvent dans des terrains récemment brûlés ou perturbés par des bisons en train de brouter ou dans des champs cultivés.

Biologie

Le Courlis esquimau est un oiseau de rivage monogame et longévif. Il se caractérise par une maturation retardée et un taux de reproduction relativement faible. Au printemps, après avoir migré en avril et mai, l’oiseau arrive dans les aires de reproduction de l’Arctique à la fin de mai et au début de juin. Comme les autres courlis, il niche dans une simple dépression dans le sol et pond habituellement quatre œufs entre la mi–juin et la fin de juin. Les œufs éclosent du début à la mi–juillet. À l’instar d’autres oiseaux de rivage, les jeunes Courlis esquimaux sont précoces et quittent le nid, avec les parents, un ou deux jours après l’éclosion. Dans le passé, la migration automnale se déroulait de juillet à octobre.

Taille et tendances des populations

Bien que la taille précise de la population historique ne soit pas connue, elle pourrait être estimée à des centaines de milliers d’individus avant 1870. L’estimation de la population à des « millions » d’oiseaux semble de nos jours exagérée. D’importants déclins dans les effectifs ont été observés durant les années 1870 à 1890, puis l'espèce est devenue très rare. Aucun nid n’a été signalé depuis plus de 100 ans, malgré les relevés détaillés qui ont été menés dans les aires de reproduction historiques.

Même si plusieurs observations ont été signalées au cours des récentes décennies, la plupart durant la migration, aucune mention complètement documentée n’a été effectuée depuis 1963, alors qu’un oiseau a été récolté à la Barbade. Bien qu’aucune des mentions postérieures à 1963 n’ait été authentifiée, certaines semblent plausibles.

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitatifs comprennent les caractéristiques du cycle vital de l’espèce qui ont rendu le Courlis esquimau vulnérable aux changements anthropiques apportés aux paysages et à la persécution par les humains. La combinaison de trois principales menaces aurait contribué à la disparition quasi complète ou complète du Courlis esquimau : 1) la chasse commerciale non contrôlée; 2) des réductions importantes de la superficie et de la qualité des prairies indigènes (p. ex. en raison de la suppression des incendies et du surpâturage) et une augmentation de la fragmentation des prairies dans les haltes migratoires et les aires d’hivernage; 3) des réductions de la quantité des principales sources d’invertébrés consommés par les oiseaux en migration printanière vers les aires de reproduction.

Importance de l'espèce

Comme la Tourte voyageuse (Ectopistes migratorius), le Courlis esquimau est souvent utilisé comme une preuve des graves effets de la dégradation des paysages par les humains ainsi que de la chasse commerciale non contrôlée. Le message concernant la situation et la conservation du Courlis esquimau a été présenté à des générations de Canadiens dans le livre intitulé The Last of the Curlews de Fred Bodsworth. De plus, l’incertitude entourant la situation actuelle de la population de Courlis esquimaux est devenue analogue à celle du Pic à bec ivoire (Campephilus principalis) et suscite beaucoup d’intérêt.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Courlis esquimau est une espèce gravement menacée d’extinction qui figure sur la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En mai 2000, le COSEPAC l’a désigné comme espèce en voie de disparition au Canada. Le Courlis esquimau est protégé au Canada à titre d’espèce en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral et à titre d’oiseau migrateur en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Il est protégé aussi par diverses lois sur les espèces en voie de disparition ou sur la faune dans toutes les provinces et tous les territoires au Canada. Il figure aussi sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) aux termes de la United States Endangered Species Act (1973) et est protégé dans la province de Buenos Aires, en Argentine, par une loi de ce pays. L’espèce est visée par diverses conventions, notamment la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn) et la Convention pour la protection de la flore, de la faune et des beautés panoramiques naturelles des pays de l'Amérique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis esquimau Numenius borealis au Canada - 2009

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Numenius borealis (Latham, 1790)
Nom français : Courlis esquimau
Nom anglais : Eskimo Curlew
Noms inuits : Akpingak; Akpingek, –ik, –it (de préférence) (Labrador), Pi–pi–pi–uk (Alaska), Tura–lura (Point Barrow), tiré de Gollop et al., 1986. Les noms inuits ne désignent pas spécifiquement le Courlis esquimau; l’espèce est probablement confondue avec le Courlis corlieu et d’autres gros oiseaux de rivage.
Classification : classe des Oiseaux, ordre des Charadriiformes, famille des Scolopacidés

Alors que certains auteurs considéraient le Courlis esquimau comme un oiseau de la même espèce que le Courlis nain (Dement’ev et Gladkov, 1951), d’autres traitaient les deux oiseaux comme des super–espèces allopatriques étroitement apparentées (Mayr et Short, 1970; Labutin et al., 1982). Cependant, la plupart des autorités modernes les traitent comme deux espèces distinctes (Johnsgard, 1981; American Ornithologists’ Union, 1983; Cramp et Simmons, 1983; Hayman et al., 1986; Higgins et Davies, 1996; van Gils et Wiersma, 1996). D’après les spécimens frais récoltés par R.F. MacFarlane (Gollop et al., 1986), il semble avoir existé chez le Courlis esquimau une certaine variation selon la région géographique, concernant peut–être deux races, mais cette hypothèse doit être vérifiée au moyen de techniques moléculaires modernes (les spécimens de musée sont trop peu nombreux, usés et décolorés pour procéder à une vérification visuelle).

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Description morphologique

Le Courlis esquimau est un oiseau de rivage de taille moyenne de 32 à 37 cm de longueur (environ de la même taille qu’un Pigeon biset [Columba livia]); le bec est assez long, mince et légèrement incurvé vers le bas. Comme chez la plupart des autres espèces de courlis, le plumage nuptial des parties supérieures est de couleur noir suie à brun grisâtre, et les plumes ont une bordure et des taches brun chamois (Gill et al., 1998). Les parties inférieures sont de couleur cannelle délavée à cannelle chamois (en particulier le dessous de l’aile). Les rémiges primaires sont foncées et sans barres, et l’oiseau porte une raie superciliaire peu distincte (au–dessus de l’œil). L’iris est brun et le bec est noirâtre; la base de la mandibule est de couleur chair à rose. Les pattes sont de couleur ardoise terne ou gris foncé.

Dans la tribu des courlis (Numeniini), le Courlis esquimau ressemble davantage au Courlis nain (Numenius minutus), qui niche dans l’est de la Sibérie, hiverne en Australasie et est un rare visiteur occasionnel en Amérique du Nord. Le sommet de la tête du Courlis esquimau n’a pas de rayure ou a une rayure peu distincte (rayure qui est évidente chez le Courlis nain); les primaires sont uniformément foncées (alors qu’elles sont barrées chez le Courlis nain); l’extrémité des ailes dépasse nettement le bout de la queue (alors que chez le Courlis nain, elle atteint tout juste l’extrémité de la queue); les couvertures sous–alaires sont d’une riche couleur cannelle (par comparaison à celles du Courlis nain qui sont chamois); la raie superciliaire est peu distincte (alors qu’elle est bien définie chez le Courlis nain); le trait loral est situé devant l’œil (alors qu’il se trouve à la base du bec chez le Courlis nain). Les scutelles des tarses postérieurs du Courlis esquimau sont réticulés (alors qu’ils sont transversaux chez le Courlis nain) et, lorsque l’oiseau vole, les doigts de la patte ne dépassent pas l’extrémité de la queue (alors que, chez le Courlis nain, ils dépassent légèrement l’extrémité de la queue). 

Le Courlis esquimau peut être confondu avec le jeune Courlis corlieu (Numenius phaeopus) qui vient de quitter le nid. Cependant, non seulement le Courlis corlieu est plus gros de un tiers que le Courlis esquimau, mais ses primaires sont barrées, le sommet de sa tête porte une rayure bien définie, la rayure traversant son œil est distincte, sa poitrine et ses flancs portent des marques (par comparaison aux marques en « V » et en « Y » chez le Courlis esquimau) et son plumage dans l’ensemble est grisâtre (Gill et al., 1998). Le Courlis esquimau a été confondu aussi par des observateurs sans expérience avec d’autres oiseaux de rivage comme la Maubèche des champs (Bartramia longicauda), le Bécasseau à poitrine cendrée (Calidris melanotos) et le Bécasseau à échasses (Calidris himantopus; Farrand, 1977; Labutin et al., 1982; Boswall et Veprintsev, 1985; Lehman et Dunn, 1985; Gollop et al., 1986; Walker et Gregory, 1987; Alström et Colston, 1991; Higgins et Davies, 1996; Gill et al., 1998). Les chasseurs locaux qui sont présents dans l’aire de reproduction du Courlis esquimau regroupent les espèces non considérées comme gibier selon la forme générale du corps et les motifs du plumage et considèrent donc en bloc les différents oiseaux de rivage de grande taille tels que le Courlis corlieu, le Courlis esquimau, la Barge hudsonienne (Limosa haemastica) et le Bécasseau à long bec (Limnodromus scolopaceus) (J. Rausch, comm. pers., 2008). Dans le delta du Mackenzie, certains chasseurs mentionnent encore parfois avoir vu le Courlis esquimau, mais lorsqu’on leur montre des photographies de Courlis corlieu, ils confirment qu’il s’agit bien de l’espèce qu’ils ont vue (J. Rausch, comm. pers., 2008). La comparaison des caractéristiques morphologiques du Courlis esquimau, du Courlis nain et du Courlis corlieu est présentée à l’annexe 1

Durant le premier automne et hiver, il est possible de distinguer les jeunes Courlis esquimaux des adultes car les plumes du dos, les scapulaires, les rémiges tertiaires et la couverture sus–alaire des jeunes se caractérisent par la présence de larges bordures et de taches étroites ou de barres de couleur havane rosâtre, rousse ou cannelle. De plus, l’ensemble de la surface ventrale des jeunes compte moins de marques foncées que celle des adultes. 

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Description génétique

Aucune information génétique sur l’espèce n’est disponible.  

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Unités désignables

L’espèce occupe une seule région biogéographique, et aucune différenciation génétique n’est connue. Par conséquent, le Canada compte une seule unité désignable.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La présence de sites de nidification du Courlis esquimau n’a été confirmée que dans deux secteurs des Territoires du Nord–Ouest (Canada) : à la base de la péninsule de Bathurst et près du lac Point (Gratto–Trevor, 1999; voir la figure 1). De ce fait, il a été présumé que l’habitat de reproduction potentiel se trouve entre ces deux points, en particulier dans les « Barren Grounds » (Gollop et al., 1986; Gratto–Trevor, 1999). On soupçonne qu’il y a reproduction ailleurs, mais aucune confirmation n’a été effectuée au Yukon, au Nunavut, en Alaska et dans la presqu'île de Tchoukotka (Russie) (Gollop et Shier, 1978; Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998).

Une fois arrivé le temps de la migration automnale, les oiseaux s'envolaient vers le sud–est et faisaient principalement halte au Labrador et à Terre–Neuve; un certain nombre d’entre eux étaient observés dans le nord de l'Ontario, au Québec, dans les Maritimes ainsi qu'en Nouvelle–Angleterre. Durant la migration automnale, ils survolaient l'océan Atlantique sans s'arrêter, jusqu'en Amérique du Sud. Au printemps suivant, les oiseaux en migration de retour empruntaient une voie migratoire complètement différente située au centre du continent; ils traversaient le Texas et le Midwest, aux États–Unis, et certains oiseaux faisaient halte dans les Prairies canadiennes.

La plupart des observations faites en hiver proviennent de l'est des pampas de l'Argentine, mais le Courlis esquimau a également été remarqué en Uruguay, dans le centre–sud du Chili et fort probablement dans le sud du Brésil, en Patagonie et aux îles Malouines (Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998).

Il existe également quelques mentions de visiteurs occasionnels provenant du Groenland, d'Islande et des îles Britanniques (1852–1887), mais il s'agissait sans doute d'oiseaux emportés par une tempête durant leur migration automnale (Gollop et al., 1986; Canevari et Blanco, 1994; Gill et al., 1998).

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Aire de répartition canadienne

La reproduction du Courlis esquimau n’a été confirmée qu’au Canada (voir Aire de répartition mondiale plus haut et la figure 1). Étant donné qu’il n’y a eu aucune mention de confirmation de reproduction depuis plus de 100 ans (Gill et al., 1998), il n’est ni possible ni approprié d’estimer l’actuelle zone d’occurrence ou l’actuelle zone d’occupation de l’espèce.

Durant la migration, la présence du Courlis esquimau a été signalée en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau–Brunswick, à l’Île–du–Prince–Édouard, en Nouvelle–Écosse et à Terre–Neuve–et–Labrador.

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

Dans les aires de reproduction, le Courlis esquimau était historiquement présent dans la toundra arctique et subarctique des Territoires du Nord–Ouest (Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998). Dans la région qu’on appelle « barrens », la végétation se compose de landes à éricacées, qui comprennent : 1) des zones en grande partie non boisées avec des arbustes nains et la toundra à plantes graminoïdes; 2) des prés de graminées (l’arctagrostide à larges feuilles [Arctagrostis latifolia], le pâturin arctique [Poa arctica], des bouleaux [Betulaspp.], des carex [Carex spp.], des linaigrettes [Eriophorum spp.] et des dryades [Dryas spp.]; Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998), comme ceux qu’on trouve aux environs de la péninsule de Bathurst. Les autres milieux de reproduction comprennent la rive du lac Point, à l’est du Grand lac de l’Ours (Gollop et al., 1986).

Figure 1. Aires de reproduction du Courlis esquimau (Environnement Canada, 2007; adapté de Gollop et al., 1986 et de Gill et al., 1998).

Carte illustrant les aires de reproduction du Courlis esquimau.

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Durant la migration printanière et automnale, l’espèce utilisait par le passé une grande diversité de milieux, notamment des milieux intertidaux et des milieux terrestres, ces derniers comprenant des paysages anthropiques. Tout comme il le faisait dans les aires de reproduction, le Courlis esquimau utilisait fréquemment des landes à éricacées durant la migration automnale dans le sud du Québec, au Labrador, à Terre–Neuve et dans les provinces maritimes (Gill et al., 1998). En automne, les courlis concentraient apparemment leurs activités alimentaires dans les milieux où croissait la camarine noire (Empetrum nigrum) (Gollop et al., 1986).

Pour ce qui est de la plus récente observation possible en Nouvelle–Écosse, Hoffman (2007) a décrit l’habitat d’un présumé Courlis esquimau de la manière suivante : « Le paysage était inoubliable. De grosses roches de granite et des masses rocheuses de substratum éolisé mélangées à d’étranges plantes. Des zones arbustives avec des fourrés noueux d’épinettes blanches et d’aulnes verts d’un mètre de haut, qui montaient la garde pour l’airelle vigne–d’Ida, le genévrier horizontal, les fraisiers et l’euphrasie. Diverses espèces de carex et de joncs entouraient les étangs. Cependant, l’élément le plus marquant était un tapis de camarine et de myrique de Pennsylvanie qui couvrait le sol, en formant un tapis vert parmi les roches. Les baies de camarine ont déjà été populaires auprès du Courlis esquimau, et on les appelle même de nos jours « baies du courlis » (« curlew berry »). [traduction]

Au Massachusetts, des Courlis esquimaux en migration automnale ont été trouvés dans le passé dans des marais salés, des prés, des pâturages, des champs abandonnés, des battures et des dunes (voir Gollop et al.,1986). 

Durant leur migration printanière, les Courlis esquimaux se nourrissaient traditionnellement dans les prairies d’herbes hautes et les prairies mixtes. Ils préféraient les zones récemment incendiées et les zones situées près de l’eau ou perturbées par le broutage du bison d’Amérique (Bison bison) (Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998). Les prairies indigènes ayant été divisées et fragmentées, les Courlis esquimaux comptaient probablement de plus en plus sur les champs cultivés, en particulier les champs de maïs ou de blé fraîchement plantés (Gollop et al., 1986). Au Paraguay, ils se nourrissaient dans des champs secs ou humides (Gollop et Shier, 1978; Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998).

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Tendances en matière d'habitat

Des modifications dans la végétation sont en cours dans la toundra arctique et résultent des changements climatiques qui provoquent le dégel du pergélisol et l’épaississement de la couche active de sol (Oelke et al., 2004); le devancement et la prolongation de la saison de végétation (Myneni et al., 1997; McDonald et al., 2004); des changements dans la croissance de la végétation (Nemani et al., 2003). Cependant, les tendances en matière d’habitat associées au climat ont commencé à se manifester bien après le début de l’effondrement de l’espèce.

Il y a eu relativement peu de changements dans l’habitat dans les haltes migratoires automnales de la côte est du Canada, alors que certains changements ont été constatés dans les haltes situées sur les côtes des États de la Nouvelle–Angleterre (Bromberg, 2009). Par contre, les changements dans l’habitat du Courlis esquimau dans les haltes migratoires printanières des Grandes Plaines du Nord, aux États–Unis et au Canada, ainsi que dans les zones d'hivernage de l’espèce, en Amérique du Sud, ont été importants et bien documentés (Gollop et al., 1986; Bucher et Nores, 1988; Gill et al., 1998). Durant la migration vers le nord, l’aire de répartition du Courlis esquimau correspondait de près à celle de la prairie d’herbes hautes et, dans une moindre mesure, à celle de la prairie mixte. Les principaux facteurs de perturbation naturelle des écosystèmes de prairie originaux étaient la sécheresse, les incendies et le broutage des grands ongulés comme le bison (Gollop et al., 1986; Collins et Wallace, 1990; Steinauer et Collins, 1996). Cependant, la colonisation européenne des Grandes Plaines du Nord a entraîné rapidement des changements importants dans la composition des paysages et mis fin à de nombreux facteurs de perturbation naturelle; l’intensité et l’ampleur de ces changements n’ont probablement jamais aussi grandes qu’au début des années 1870, date coïncidant avec le commencement du déclin précipité des effectifs du Courlis esquimau.

Au milieu et à la fin du 19e siècle, les importants changements dans l’utilisation des terres dans les prairies ont probablement eu des incidences négatives sur le Courlis esquimau et aident sans doute à expliquer les graves déclins d’effectifs observés à l’époque. Durant la guerre de Sécession (1861–1865) ou peu de temps après, l’adoption du Homestead Act a entraîné dans différents États américains une importante croissance de la population humaine depuis le Texas jusqu’au Dakota du Nord. L’arrivée massive des pionniers aux États–Unis et au Canada, a entraîné des changements dans le paysage à grande échelle.

De grands secteurs des prairies indigènes ont été labourés et convertis en terres cultivées. Au milieu des années 1990, il ne restait que 4 % des 74 millions d’hectares originaux de prairie d’herbes hautes, dont bon nombre avaient disparu à la fin du 19e siècle (Gill et al., 1998). Pour ce qui est de la prairie mixte de l’est, qui par le passé était moins importante pour le Courlis esquimau, il ne restait que 26 % des 63 millions d’hectares originaux au début des années 1990 (Samson et Knopf, 1994).

La perte de prairies indigènes a peut–être aussi changé la dynamique des cycles démographiques des criquets dans les prairies, cycles auxquels le Courlis esquimau en halte migratoire s’était peut–être déjà pré–adapté en vue d’en tirer parti (Woodward, 1980; Gill et al., 1998). Sur le plan de la biodiversité des arthropodes, les champs cultivés constituaient des milieux de moindre qualité et offraient des substrats non propices à la ponte pour la plupart des espèces de criquets des grands pâturages libres. Par conséquent, la conversion des prairies en terres cultivées a réduit aussi l'importante source de nourriture que constituaient les œufs de criquets et les jeunes criquets (Woodward, 1980; Gill et al., 1998).

L’intervention humaine dans les processus écologiques à grande échelle (changements dans l’herbivorie naturelle et le régime naturel d’incendies) a eu aussi des répercussions considérables sur l’habitat de repos printanier et les zones d’alimentation du Courlis esquimau. La quasi–extinction d’une espèce clé, le bison d’Amérique, a eu une incidence énorme sur la succession écologique dans les prairies indigènes; elle a favorisé l'envahissement des espèces ligneuses et d’autres changements importants dans la composition des espèces végétales. En raison de l‘exploitation commerciale non durable du bison, l’espèce est disparue entre le milieu et la fin des années 1880, et son aire de répartition a rapetissé sur la voie migratoire printanière du Courlis esquimau en Amérique du Nord.

Le Courlis esquimau et d’autres oiseaux de rivage à la recherche de nourriture (p. ex. le Courlis à long bec [Numenius americanus], le Pluvier montagnard [Charadrius montanus] et le Pluvier bronzé [Pluvialis dominica]) sont attirés par les zones récemment brûlées (Knopf et Rupert, 1995; Knopf, 1996). La réduction de la fréquence et de l’étendue de ces zones brûlées en raison de la suppression des incendies a probablement fait rapetisser aussi les zones d'alimentation des courlis au printemps, en changeant la qualité, le nombre, la superficie et l’organisation spatiale des haltes migratoires printanières.

Lorsque le Courlis esquimau se voyait obligé de se passer des prairies indigènes perturbées par le broutage des herbivores et les zones récemment brûlées puis de gagner les champs cultivés, il comptait sans doute sur les cultures printanières pour se nourrir. La conversion courante des cultures de blé du printemps en cultures de blé d’hiver, qui a commencé vers 1870 (Davis, 1976), a probablement eu des incidences négatives sur la disponibilité de la nourriture pour le Courlis esquimau migrant vers le nord, de sorte que l’espèce ne pouvait peut–être pas atteindre l’état corporel nécessaire au succès de la reproduction. De plus, la réduction de l’habitat propice à l’alimentation a confiné les individus en migration dans un moins grand nombre de zones et peut–être facilité la chasse commerciale printanière (Gill et al., 1998).

Dans les aires d’hivernage, le surpâturage, le compactage du sol et les incendies ont entraîné le remplacement des grandes graminées par des graminées plus courtes (Bucher et Nores, 1988). On ne s'entend pas sur la chronologie des modifications subies par l'habitat dans les aires d’hivernage en Argentine. Selon certains auteurs, les modifications subies par les pampas ne seraient survenues qu'à la toute fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle et elles n’auraient peut–être pas joué un rôle direct dans le déclin du Courlis esquimau (Canevari et Blanco, 1994). Néanmoins, de telles modifications à l’habitat auraient créé un stress supplémentaire à un moment clé de l’histoire de l’espèce. Par contre, d'autres auteurs estiment qu'une modification profonde et étendue de l'habitat serait survenue en Argentine dès 1831 (Crosby, 1986). Il reste d'importantes superficies de prairie dans ce pays (Canevari et Blanco, 1994), mais il ne s'agit peut–être pas exactement de l’habitat d’hiver optimal pour le Courlis esquimau (le type de prairie et la configuration spatiale des zones de prairies peuvent être importants). Selon Gill et al. (1998), de grands secteurs de l’est et du sud des pampas de l’Argentine ont été convertis en terres agricoles aux 19e et 20e siècles, et les prairies qui restent sont grandement modifiées; l’habitat le moins modifié encore existant se trouve dans la « Depresión del Salado », qui correspond aussi à la zone d’où proviennent le plus grand nombre de mentions historiques de Courlis esquimau (et à la zone que préfère de nos jours le Pluvier bronzé).

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Protection et propriété

Diverses zones désignées protègent le Courlis esquimau dans les aires de reproduction historiques et les aires de reproduction potentielles au Canada. Ces aires comprennent les trois sites suivants dans les Territoires du Nord–Ouest : le Refuge d'oiseaux du delta de la rivière Anderson; l’habitat de reproduction présumé, dans le Refuge d'oiseaux de l'île Kendall (Gollop et Shier, 1978; Gollop, 1988; Gill et al., 1998); le parc national du Canada Tuktut Nogait. Cependant, dans le Refuge d'oiseaux de l'île Kendall, la grande partie de l’habitat des oiseaux de rivage a été touchée par le surpâturage des oies et des bernaches et par les incidences majeures de l'exploitation pétrolière et gazière (J. Rausch, comm. pers., 2008). Au Yukon, les parcs nationaux du Canada Vuntut et Ivvavik protègent aussi l’habitat de reproduction potentiel.

Une partie de l’habitat propice en période de migration est aussi protégée au Canada. Citons, par exemple, la réserve de parc national du Canada des Monts–Torngat, dans le nord du Labrador, et le parc national du Canada du Gros–Morne, sur la côte ouest de Terre–Neuve. La presqu'île Avalon, à Terre–Neuve, compte cinq autres zones protégées à habitat potentiel pour les individus en migration automnale : la réserve écologique du cap Sainte–Marie; la réserve de nature sauvage d’Avalon; la réserve écologique de Mistaken Point; le parc provincial de Chance Cove; la réserve écologique de l’île Baccalieu.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Dans le passé, les densités de nids étaient apparemment peu élevées, à tout le moins dans les aires de reproduction confirmées. Cependant, comme seulement une quarantaine de nids ont été trouvés, il est impossible de spéculer davantage à ce sujet. Il se peut que des nids aient été regroupés dans certaines zones. Par exemple, des nids du Courlis nain, espèce étroitement apparentée au Courlis esquimau, sont regroupés dans de petites colonies éparses et chaque couple territorial est séparé de 200 à 300 mètres du couple voisin dans une même colonie (Labutin et al., 1982; Gill et al., 1998).

D’après les hypothèses, la nidification débutait entre le milieu et la fin de juin et les œufs éclosaient entre le début et le milieu de juillet. À l’instar des nids de la plupart des autres oiseaux de rivage, les nids du Courlis esquimau sont simplement des dépressions dans le sol, tapissées de feuilles mortes et, dans certains cas, d’un peu de foin au centre (Gollop et al., 1986). Comme c’est le cas d’autres oiseaux de rivage nord–américains, la couvée comportait quatre œufs et les jeunes étaient précoces (c’est–à–dire qu’ils étaient capables de marcher et de s’alimenter eux–mêmes dès le jour de l'éclosion et qu’ils quittaient le nid, avec les parents, un ou deux jours plus tard). Le Courlis esquimau est monogame, comme les autres oiseaux de la tribu des Numeniini, et les deux sexes doivent couver (Gollop et Shier, 1978; Gill et al., 1998). Tout comme d’autres oiseaux de rivage du nord, il y a probablement une seule couvée par année. L'âge de la première reproduction est inconnu, mais celle–ci survient sans doute tard, peut–être seulement à l'âge de trois ans, comme chez le Courlis corlieu (Skeel et Mallory, 1996).

Le taux de survie des adultes est inconnu, mais la plupart des oiseaux de la tribu des Numeniini vivent longtemps (entre 10 ans et plus de 30 ans, selon Cramp et Simmons, 1983); le Courlis esquimau vit aussi probablement longtemps.

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Prédation

La prédation du Courlis esquimau par les prédateurs non humains est fort méconnue. Selon Gollop et al. (1986), les prédateurs les plus communs des nids d’oiseaux de rivage de l’Arctique sont le renard arctique (Alopex lagopus), les labbes (Stercorarius spp.) et le Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus;Gollop et al., 1986). D’autres espèces de goélands et de mouettes peuvent aussi avoir pillé les nids de courlis. Enfin, la prédation du Courlis esquimau par les humains est grandement documentée (voir Facteurs limitatifs et menaces).

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Physiologie

On ne connaît rien de la physiologie du Courlis esquimau.

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Déplacements et dispersion

Le Courlis esquimau est un oiseau qui migre sur de longues distances. Dans le passé, la migration printanière se déroulait principalement en avril et mai, et la migration automnale, de juillet à octobre; les jeunes migraient plus tard que la plupart des adultes (Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998).

Figure 2. Voie migratoire printanière (flèche pointant vers le nord) et voies migratoires automnales (flèches pointant vers le sud–est) du Courlis esquimau en Amérique du Nord (Environnement Canada, 2007; adapté de Gollop et al., 1986 et de Gill et al., 1998).

Carte montrant la voie migratoire printanière et les voies migratoires automnales du Courlis esquimau en Amérique du Nord.

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Migration automnale

Depuis les aires de reproduction situées dans le nord–ouest du Canada, les Courlis esquimaux semblent avoir migré vers l’est–sud–est, la plupart des individus volant directement jusqu’au Labrador et à Terre–Neuve puis, sans s’arrêter, au–dessus de l’Atlantique, jusqu’en Amérique du Sud (voir la figure 2). Les Courlis esquimaux étaient présents parfois en grand nombre dans les États de Nouvelle–Angleterre (particulièrement au Massachusetts), lorsque des tempêtes ou de forts vents soufflaient du nord–est durant la migration automnale. Certains individus partis du nord–ouest de la baie d'Hudson s'arrêtaient dans le sud–ouest des baies d'Hudson et de James, puis traversaient la vallée du Saint–Laurent pour se rendre en Nouvelle–Angleterre. L'espèce a déjà été signalée aussi en automne en Ungava, dans le sud du Québec (particulièrement aux îles de la Madeleine), au Nouveau–Brunswick, à l'Île–du–Prince–Édouard, en Nouvelle–Écosse, dans le Maine, au Rhode Island, au Connecticut, au New Jersey, au Maryland, dans les Carolines, au Michigan, en Illinois, aux Bermudes, à la Barbade, dans les Antilles, dans les Guyanes, au Brésil, au Chili, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine.

Migration printanière

Par comparaison à la migration automnale, la migration printanière suivait une voie complètement différente au centre du continent (voir la figure 2). Après avoir quitté les pampas de l'Argentine, les oiseaux devaient longer la côte du Pacifique jusqu'au Pérou ou à l'Équateur, traverser l'Amérique centrale puis le golfe du Mexique (l'espèce a été observée au Costa Rica, au Guatemala et au Mexique) et atteindre ainsi le Texas. Autrefois, le Courlis esquimau était commun au printemps dans les prairies à herbes hautes graminées et les prairies mixtes situées à l'ouest du fleuve Mississippi et plus précisément en Oklahoma, au Nebraska, au Kansas, dans l'est du Dakota du Sud, dans le sud de la Louisiane, dans l'ouest du Missouri, en Illinois et dans l'ouest du Minnesota (voir les références dans Gill et al., 1998). La plupart des individus traversaient le Dakota du Nord, le sud du Manitoba et le nord de l'Alberta sans s'arrêter, mais il se peut que l'espèce ait été commune dans le sud de la Saskatchewan, au moins certaines années (Gollop et al., 1986; Gill et al., 1998). Cependant, il y a un manque surprenant de données sur le Courlis esquimau en Saskatchewan; aucun des premiers ornithologues ne mentionne la présence de l’espèce dans cette province (S. Houston, comm. pers., 2008).

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Relations interspécifiques

On en sait peu sur les interactions entre le Courlis esquimau et d’autres oiseaux de rivage. En raison de sa plus grande taille, le Courlis corlieu est peut–être plus agressif que le Courlis esquimau; il déloge peut–être aussi le Courlis esquimau des sites de nidification potentiels (Gill et al., 1998). Durant la période de migration, les Courlis esquimaux s’alimentaient en groupes composés de plusieurs espèces d’oiseaux, en particulier le Pluvier bronzé, mais aussi le Courlis à long bec et le Courlis corlieu.

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Adaptabilité

Même si, dans une certaine mesure, le Courlis esquimau a adapté ses habitudes alimentaires en utilisant les champs agricoles durant la migration printanière (Gill et al., 1998), il ne s’est adapté ni à la disparition et à la fragmentation des prairies indigènes ni à la suppression des incendies qui ont détruit ses habitats de repos printaniers. De plus, si l’espèce avait besoin d’une certaine facilitation sociale durant la migration pour trouver de la nourriture disséminée, les effectifs auraient été tellement réduits à la fin du 19e siècle que les systèmes de cohésion sociale auraient pu s’effondrer.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Depuis les années 1970, la recherche d’aires de reproduction et d’hivernage historiques et potentielles du Courlis esquimau n’a pas permis de produire d’observations confirmées. Malgré la recherche approfondie d’aires de reproduction historiques réalisée entre 1972 et 1986 et durant plusieurs des années 1990 (Gollop et al., 1986; Obst in Uriarte, 1995; Obst in Gill et al., 1998), aucun Courlis esquimau n’a été trouvé. Entre 1972 et 1984, T.W. Barry a cherché intensivement des individus sur la route utilisée à l’origine par MacFarlane lors de récoltes menées durant les années 1860. Contrairement à MacFarlane, Barry a trouvé que les Courlis corlieux étaient communs; de plus, il a trouvé des individus dans des secteurs où MacFarlane avait déjà trouvé des Courlis esquimaux (Gollop et al., 1986). Par ailleurs, aucun Courlis esquimau n'a été trouvé durant les recherches générales effectuées en 1992 et 1993 dans les aires d'hivernage historiques, en Argentine et en Uruguay (Blanco et al., 1993).

Aucune observation récente ou signe de reproduction du Courlis esquimau n’ont été mentionnés dans les anciennes aires de reproduction ou dans les aires de reproduction potentielles (B. Bennett, comm. pers., 2008; S. Cannings, comm. pers., 2008; S. Carriere, comm. pers., 2008; V. Charlwood, comm. pers., 2008; C. Eckert, comm. pers., 2008; R.E. Gill, comm. pers., 2008; T. Jung, comm. pers., 2008; P. Sinclair, comm. pers., 2008). Depuis 2005, les ornithologues qualifiés, qui ont effectué de manière intensive et exhaustive des relevés d’oiseaux de rivage dans le delta du Mackenzie, n’ont pas encore signalé la présence présumée du Courlis esquimau ou même du Courlis corlieu aux allures étranges (J. Rausch, comm. pers., 2008). De plus, les relevés effectués en 2003 par l’Alaska Department of Fish and Game n’ont pas permis d’observer de Courlis esquimau (J. Rausch, comm. pers., 2008).

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Abondance

On a émis l’hypothèse que le Courlis esquimau avait déjà été l’un des oiseaux de rivage les plus abondants de l’Arctique, mais cette hypothèse demeure à être confirmée et est probablement exagérée. Les mentions de « millions » de Courlis esquimaux et même des comparaisons avec la Tourte voyageuse, désormais disparue et dont les effectifs ont déjà atteint les milliards d’individus, sont considérées comme étant grandement exagérées (Gill et al., 1998). Ces mentions sont attribuables à l’habitude qu’a le courlis de se regrouper en grandes bandes durant sa migration.

Par exemple, Swenk (1915) a mentionné que ces bandes d’oiseaux rappelaient aux pionniers les vols de Tourtes voyageuses et que les pionniers avaient donné au courlis le nom de « tourte des prairies ». Les bandes étaient constituées de milliers d’individus qui formaient souvent des masses denses d’oiseaux s’étendant sur une longueur de un quart à un demi–mille et une largeur d’au moins cent verges. Lorsque les bandes d’oiseaux se posaient, elles couvraient 40 ou 50 acres au sol. [traduction]

L’aire de reproduction limitée du Courlis esquimau, ses densités de nidification présumément faibles et la confusion qui existe entre l’espèce et d’autres oiseaux de rivage semblables (p. ex. le Courlis corlieu, la Barge hudsonienne et le Bécasseau à long bec) laissent penser que la population de Courlis esquimaux à l'arrivée des Européens comptait probablement au mieux quelques centaines de milliers d’individus (Gill et al.,1998).

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Fluctuations et tendances

Durant une courte période d’une vingtaine d’années (1870–1890), le Courlis esquimau a presque complètement disparu. Alors que les données sur les déclins sont grandement anecdotiques et que les dates précises du commencement des déclins varient, l’ensemble de ces dates se situent entre les années 1870 et 1890 (Banks, 1977; Gollop, 1988; Gill et al., 1998). Aucun nid de Courlis esquimau ni jeune Coulis esquimau n’ont été trouvés depuis plus de cent ans; la dernière confirmation de nid ayant été effectuée en 1866 (Gill et al., 1998).

Les déclins ont commencé à se faire sentir durant la migration, en particulier au printemps. Par exemple, les effectifs des individus passant par le sud du Texas ont baissé après 1875, après la fin des années 1870 au Kansas et au début des années 1880 au Nebraska et au Labrador (voir les références dans Gill et al., 1998). Les déclins observés dans le Midwest, aux États–Unis, ont été suivis une dizaine d’années plus tard par des déclins qui se produisaient durant la migration automnale vers le Labrador (voir les références dans Gill et al., 1998). Dans la première moitié du 20e siècle, l’espèce était exceptionnellement rare et n’avait pas été vue au Texas; de très rares mentions provenaient des prairies, et seulement six ou sept observations ou mentions, de l’Amérique du Sud. Le dernier spécimen à avoir été prélevé a été tué à la Barbade en 1963 (Bond, 1965).

Les oiseaux de rivage constituent un groupe d’espèces dont l’identification sur le terrain est bien connue pour sa difficulté. Le Courlis esquimau étant facilement confondu avec certains autres oiseaux de rivage, la plupart des observations, même celles qui ont été effectuées par des personnes qui connaissent les espèces, font l’objet de discussions et sont quasiment impossibles à valider à moins de détenir une photographie et des notes de terrain détaillées.

Le Courlis esquimau est le plus souvent confondu avec le Courlis corlieu et le Courlis nain (voir la section Description). Les observations de courlis à bec court durant l’automne s’expliquent peut–être par le fait que, chez le Courlis corlieu, les jeunes quittent le nid avant que leur bec ait terminé sa croissance (Gollop, 1988). De plus, comme le bec d'un Courlis corlieu adulte peut être court en raison de blessures subies avant la fin de sa croissance, il faut comparer la taille relative de tels oiseaux à bec court à celle d'autres espèces d’oiseaux de rivage (Gratto–Trevor, 1999; C. Gratto–Trevor, données inédites).

Depuis 1900, il y a eu des mentions isolées de Courlis esquimaux, la plupart durant les saisons de migration. Le tableau 1 présente les observations effectuées depuis la dernière identification confirmée (mention d’un spécimen) en 1963. Pour consulter une liste des observations antérieures à 1963, voir Gollop et Shier (1978) ou Gollop et al. (1986). Bien qu’elles présentent de l’intérêt, aucune des mentions postérieures à 1963 n’a été solidement documentée et chacune d’entre elles doit être considérée comme hypothétique.

Onze des mentions postérieures à 1963 correspondent à des observations possibles dans des aires de reproduction historiques et présumées (quatre provenaient de la rivière Anderson, dans les Territoires du Nord–Ouest). Depuis 1975, seulement deux de ces observations visaient des oiseaux nicheurs présumés : 1) un nid a été observé dans le sud du district de Keewatin le 7 juillet 1992; 2) un adulte accompagné d'un jeune a été observé dans la Réserve faunique nationale de l’Arctique (Arctic National Wildlife Refuge), en Alaska, le 1 août 1983. Dans le premier cas, l’examen de la photographie du nid laisse croire qu’il s’agit bien d’un nid de Courlis corlieu (Obst et Spaulding, 1994). De plus, lorsque des recherches intensives visant à trouver l’habitat propice aux environs du nid observé à Keewatin ont été effectuées plus tard durant la saison de reproduction en 1994, seuls des Courlis corlieux ont été trouvés. Dans le second cas, aucun Courlis esquimau n’a été trouvé durant l’été qui a suivi l’observation signalée en Alaska, et les observateurs ont suggéré par la suite que les oiseaux vus l’année précédente étaient en fait des Maubèches des champs, qui sont des oiseaux nicheurs communs dans la région (Gill et Amaral, 1984). Dans les deux cas, l'observateur original ne connaissait pas bien les oiseaux de rivage d'Amérique du Nord (Gratto–Trevor, 1999).

Bien qu’elles soient intéressantes, aucune des observations postérieures à 1963 et provenant de l’extérieur des aires de reproduction n’a été corroborée par un élément solide comme un spécimen ou une photographie. Depuis 1963, treize observations possibles de Courlis esquimau ont été signalées à l’automne, avec une série d’observations effectuées durant les années 1970 en Ontario et au Massachusetts (tableau 1). Les plus récentes observations possibles durant la migration automnale ont été signalées en 2002 (l’une au Massachusetts, l’autre en Nouvelle–Écosse) et en 2006 (en Nouvelle–Écosse). Ces trois observations ont été contestées pour diverses raisons, notamment en raison de l’absence de photographies ou de tout autre élément probant. L’observation effectuée en 2002 au Massachussetts a été signalée par un ornithologue qualifié mais a été contestée (Rines, 2003). La mention de 2006 a été corroborée par un biologiste respecté (Hoffman, 2007), mais l’observation a également été contestée par la suite (Hagner, 2007).

Depuis 1963, on compte un total de onze observations non confirmées durant la migration printanière (tableau 1), la plus remarquable étant la mention de 23 oiseaux au Texas en 1981 (Blankinship et King, 1984), mention qui a suscité beaucoup d’enthousiasme parce qu’on a cru que le Courlis esquimau était encore présent. Bien que convaincante, cette mention a été refusée par le comité sur les mentions d’oiseaux de l’État.

Il se pourrait que le Courlis esquimau existe toujours en très petit nombre. Selon les suppositions les plus plausibles, les effectifs de la population seraient inférieurs à 50 individus (Donaldson et al., 2000). Comme nous l'avons noté plus haut, la dernière mention authentifiée a été effectuée en 1963. Les lignes directrices du COSEPAC précisent que 50 années doivent s’écouler depuis le dernier enregistrement crédible avant de désigner une espèce sauvage comme « disparue » ou « disparue du pays ». L’échéance est imminente (2013), mais il faut encore attendre.

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Immigration de source externe

La nidification du Courlis esquimau a été confirmée seulement au Canada. Bien qu’il soit possible que l’espèce ait niché en Alaska, aucune mention authentifiée de nidification n’a été signalée dans cet État. Même si l’oiseau est présent à l’extérieur du Canada, la taille de la population doit être tellement petite que la possibilité d’une immigration de source externe est très faible.

Tableau 1. Observations possibles du Courlis esquimau depuis 1963, année où la dernière identification confirmée a été effectuée, jusqu’à aujourd’hui (printemps 2009).
DateLieuNoObservateursRéférence
Aires de reproduction historiques ou présumées
18 mai1964Anderson River Forks (T.N.–O.)1R. W. Frye et W. SimonGollop et al., 1986
28 mai1964Île Fox Den, delta de la rivière Anderson (T.N.–O.)1T.W. BarryGollop et al., 1986
12 juin1964Observation Monument, en amont de l’embouchure de la rivière Anderson (T.N.–O.)1T.W. BarryGollop et al., 1986
6 juillet1964Husky Bend, en amont de l’embouchure de la rivière Anderson (T.N.–O.)1T.W. BarryGollop et al., 1986
8 août1976Lac Rendez–vous (T.N.–O.)1T.W. BarryGollop et al., 1986
8 juin1980Pointe Grassy (Kettle–hole), delta de la rivière Anderson (T.N.–O.)1T. W. Barry et S. J. BarryGollop et al., 1986
15 août1982Pointe Atkinson, péninsule de Tuktoyaktuk (T.N.–O.)1D.L. DicksonGollop et al., 1986
1er août1983Arctic National Wildlife Refuge (Alaska)2H. BehmannGill et Amaral, 1984
10 juillet1985Île Kendall, delta du Mackenzie (T.N.–O.)6M. Whitt et T. BlakeGollop et al., 1986
24 mai1987Lac Rendez–vous (T.N.–O.)2B. JacobsenGollop, 1988
7 juillet1992Sud du district de Keewatin (T.N.–O.)1K. ReadingObst et Spaulding, 1994
Été2004Île Akimiski (Nunavut)1K. Abraham*K. Abraham, comm. pers., 2009
Migration automnale
Automne1968Rivière Missisicabi (Ontario)3G. Faries, comm. pers. à P. PrevettGollop et al., 1986
Automne1974Côte de la baie d’Hudson (Ontario)1P. Prevett, comm. pers. à Gollop et al., 1986Gollop et al., 1986
Automne1970Rivière Shagamu (Ontario)1M. Hunter, comm. pers. à H. LumsdenGollop et al., 1986
Automne1970Plage de Plymouth (Massachussetts)1 Finch, 1971
Automne1972Rivière Missisicabi (Ontario)1G. Faries, comm. pers. à P. PrevettGollop et al., 1986
6 et 7 août1972Martha’s Vineyard (Massachussetts)2 Daniels, 1972
15 août1976Pointe North, baie James (Ontario)2A. Hagar et K. AndersonHagar et Anderson, 1977
19 novembre1977Likin (Guatemala)1K. Zedekar, P. Thompson et F. ThompsonZedekar et al., 1980
24 août1992Forsythe National Wildlife Refuge (New Jersey)1M. HyettHyett, 1992
Automne1995Labrador10 Obst, 1996
5 septembre2002Martha’s Vineyard (Massachussetts)1D. EdgarstownLaux, 2002; Rines, 2003
26 septembre2002Beach Meadows (Nouvelle–Écosse)2G.E. LoweLowe, 2006
24 septembre2006Peggy’s Cove (Nouvelle–Écosse)1R. HoffmanHoffman, 2007
Aires d'hivernage historiques
Octobre1990Laguna Mar Chiquita, Cordoba (Argentine)4P.L. MicheluttiMichelutti, 1991
Migration printanière
Printemps1964Île Galveston (Texas)2 Webster, 1964
Printemps1968Texas1 Lieftinck, 1968
30 avril1968Rockport (Texas)1 Blankinship et King, 1984
Printemps1972Île Padre (Texas)1 Lahrman, 1972
Printemps1973Pea Island National Wildlife Refuge (Caroline du Nord)1 Sonneborn, 1974
21 mai1980Saint–Ambroise (Manitoba)1D. HatchGollop, 1980
7 mai1981Baie de Galveston (Texas)23D. Blankinship et K. KingBlankinship et King, 1984
14 mai1982Monica Slough, près de Regina (Saskatchewan)1R. KrebaWedgwood, 1982
16 avril1987Comté de Hall (Nebraska)1C.A. FaanesFaanes, 1990
17 avril1987Sabine Pass, frontière entre le Texas et la Louisiane1J. ArvinGollop, 1988
2 mai1987Aransas Natl. Wildlife Refuge (Texas)3W. et M. McAlisterGollop, 1988
15 mai1996Killarney (Manitoba)3G. et L. PowellWaldon, 1996; Gollop, 1997
20 mai1996Kipling (Saskatchewan)1J. Pollock et B. MetzlerPollock, 1996; Gollop, 1997

*L’identification n’a pas été vérifiée; il est possible qu’il s’agisse d’un Courlis corlieu (K. Abraham, comm. pers.)

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Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitatifs comprennent les caractéristiques du cycle vital de l’espèce qui ont rendu le Courlis esquimau vulnérable aux changements anthropiques apportés aux paysages et à la persécution par les humains. Les caractéristiques du cycle vital sont les suivantes : maturation retardée, faible potentiel de reproduction, dépendance à l’égard de quelques types de milieux restreints durant le cycle annuel et possible dépendance à l’égard de quelques espèces d’invertébrés abondantes dans les aires de rassemblement printanières.

La chair du Courlis esquimau était jugée très agréable au goût (Carroll, 1910). L’habitude sociale de l’oiseau à se rassembler en grandes bandes denses durant la migration en a fait par conséquent une cible commerciale populaire pour les chasseurs au 19e siècle. De plus, sa tendance à revenir à portée de fusil lorsque certains d'entre eux étaient abattus le rendait particulièrement susceptible à la surexploitation.

Les trois principaux facteurs qui auraient contribué au déclin du Courlis esquimau sont les suivants : 1) la chasse commerciale non contrôlée au 19e siècle; 2) la perte et la fragmentation de l’habitat et l’intervention humaine dans les processus écologiques (en particulier les incendies et le remplacement des herbivores indigènes, comme le bison, par des bovins) aux haltes migratoires; 3) les changements dans les invertébrés (particulièrement les criquets) dont l’espèce se nourrit aux haltes migratoires printanières. Il est fort possible que des changements anthropiques subis par l’habitat d’hiver puissent avoir constitué aussi un facteur supplémentaire.

Bien que l’importance relative de ces diverses menaces ne fasse pas l’unanimité, il est probable que leurs effets aient été cumulatifs. On a souvent posé comme hypothèse que la chasse commerciale non contrôlée constituait le principal facteur responsable des déclins (Swenk, 1915; Bent, 1929; Young, 1953; Gollop et Shier, 1978; Gollop, 1988; Gratto–Trevor, 2001). Cependant, d’autres grands oiseaux de rivage (p. ex. la Barge hudsonienne, le Bécasseau à long bec, les pluviers) ont aussi été chassés abondamment, mais n’ont pas subi de déclin aussi marqué que celui subi par le Courlis esquimau, peut–être parce que ces oiseaux étaient plus répandus et que leur cycle vital était différent.

De plus, certains signes de déclins dans les populations de Courlis esquimaux sont antérieurs à la période de chasse commerciale (Banks, 1977). Selon une étude rétrospective du déclin de la Tourte voyageuse, la chasse commerciale ne constituerait probablement pas le seul facteur en jeu, malgré le grand nombre d’oiseaux abattus (voir par exemple Bucher, 1992; Kirk, 1994). Tout comme la Tourte voyageuse, le Courlis esquimau formait de grandes bandes durant la migration printanière pour exploiter les sources de nourriture qui variaient dans le temps et qui étaient sporadiques et disséminées. À l’instar de la Tourte voyageuse, le Courlis esquimau comptait peut–être sur la facilitation sociale pour trouver de la nourriture.

Durant la migration automnale, les baies étaient probablement une source de nourriture vitale pour le Courlis esquimau car elles lui permettaient de stocker des graisses pour son vol interrompu au–dessus de l’Atlantique jusqu’en Amérique du Sud; les criquets et d’autres invertébrés ont peut–être été vitaux pour que l’oiseau atteigne au printemps l’état corporel nécessaire à la reproduction. Durant la migration printanière, les sources d’invertébrés dont dépendait le plus le Courlis esquimau se trouvaient par le passé dans les haltes migratoires en Amérique du Nord, caractérisées par la présence de vastes étendues de prairies. Tel que nous l’avons mentionné plus haut, durant le 19e siècle et après, les pionniers nord–américains étaient responsables des perturbations massives subies par les prairies indigènes. Leurs activités ont peut–être mené à une dégradation considérable de la capacité sociale des courlis à repérer une quantité suffisante de proies (Woodward, 1980). Même si les déclins les plus importants des populations de Courlis esquimaux sont plus anciens que l’utilisation de traitements chimiques pour lutter contre les criquets et d’autres insectes, l’utilisation d’insecticides modernes pourrait aussi être considérée comme un facteur limitatif actuel.

Les chasseurs commerciaux ont abattu un grand nombre de courlis en migration printanière dans les Grandes Plaines des États–Unis et les Prairies canadiennes; l’intensité de la chasse aux courlis a peut–être augmenté à la fin des années 1870 et 1880, période qui coïnciderait avec l’effondrement de la chasse commerciale à la Tourte voyageuse (Gill et al., 1998). Des milliers de Courlis esquimaux ont été abattus aussi durant la migration automnale au Labrador et lorsque des tempêtes forçaient les oiseaux à se poser, en Nouvelle–Angleterre. Assez peu de courlis auraient été chassés dans les aires d’hivernage (Canevari et Blanco, 1994), mais l’étendue de la chasse n’est pratiquement pas documentée.

Des changements, même de légers, dans le taux de survie des adultes d’une espèce d’oiseau de rivage comme le Courlis esquimau peuvent avoir une grande incidence sur la stabilité de la population (une incidence qui serait plus importante que celle des grandes baisses de productivité; voir Hitchcock et Gratto–Trevor [1997] pour le Bécasseau semipalmé). Cela s’explique en raison de la longévité relativement élevée de l’espèce. Compte tenu que la population de Courlis esquimaux était probablement beaucoup plus petite que ce que l’on croyait d’abord (des effectifs de l’ordre de centaines de milliers d’oiseaux plutôt que de millions d’oiseaux), il est facile de comprendre pourquoi la « récolte » commerciale annuelle de milliers d’oiseaux adultes avant la période de reproduction a pu rapidement entraîner un effondrement de la population, en particulier si cette « récolte » était combinée à des réductions dans les sources de nourriture disponibles dans les haltes migratoires de toute première importance pour l’espèce.

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Importance de l’espèce

Comme la Tourte voyageuse, le Courlis esquimau est souvent utilisé comme une preuve des graves effets de la dégradation des paysages par les humains ainsi que de la chasse commerciale non contrôlée. Le Courlis esquimau était une espèce qui semblait tellement abondante qu’elle ne pouvait disparaître, et le message concernant la situation et la conservation de l’espèce a été présenté à des générations de Canadiens dans le livre intitulé The Last of the Curlews (Bodsworth, 1954). L’incertitude entourant la situation actuelle de la population de Courlis esquimaux est devenue analogue à celle du Pic à bec ivoire (Campephilus principalis) et témoigne de l’intérêt humain à définir le moment précis de la disparition des espèces tout en espérant que ces espèces survivent.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Courlis esquimau est une espèce gravement menacée d’extinction qui figure sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En mai 2000, le COSEPAC l’a désigné comme espèce en voie de disparition au Canada. Le Courlis esquimau figure sur la liste des espèces en voie de disparition de l’annexe 1 (et est donc protégé) en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP, 2002) du gouvernement du Canada. L’espèce est protégée par diverses lois sur la faune dans toutes les provinces et tous les territoires au Canada. Elle figure aussi dans certaines lois provinciales, telles que la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Elle est inscrite sur la liste provinciale des espèces menacées de l’annexe A en vertu de la Endangered Species Act de Terre–Neuve–et–Labrador. Le Courlis esquimau figure aussi sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) aux termes de la United States Endangered Species Act(1973). Depuis 1927, cette espèce ainsi que toutes les autres espèces d’oiseaux de rivage de la province de Buenos Aires, en Argentine, sont protégés par une loi de ce pays.

À Terre–Neuve et au Labrador, à l’Île–du–Prince–Édouard, en Ontario et en Saskatchewan, le Courlis esquimau est classé SHN, ce qui constitue un classement historique pour une espèce qui a déjà été présente mais qui est peut–être passée inaperçue depuis les 20 à 70 dernières années. En Nouvelle–Écosse et au Nouveau–Brunswick, l’espèce est classée SXN (espèce disparue). Au Québec, l'espèce n'est pas suivie.

En tant qu’oiseau migrateur, le Courlis esquimau est protégé au Canada depuis 1917 en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Il est protégé également aux termes du traité sur les oiseaux migrateurs conclu entre le Canada et les États–Unis en 1916, ainsi qu’aux termes de la Convention for the Protection of Migratory Birds and Game Mammals que les États–Unis et le Mexique ont signée en 1936. L’espèce figure dans différentes conventions, notamment la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, annexe 1) et la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn). De plus, à l'extérieur de son aire de reproduction, le Courlis esquimau est protégé par la Convention pour la protection de la flore, de la faune et des beautés panoramiques naturelles des pays de l'Amérique de 1940.

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Résumé technique

Numenius borealis

Courlis esquimau – Eskimo Curlew

Répartition au Canada : Nidification limitée aux Territoires du Nord–Ouest (et peut–être au Nunavut et au Yukon); signalé comme espèce migratrice en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau–Brunswick, à l’Île–du–Prince–Édouard, en Nouvelle–Écosse, à Terre–Neuve et au Labrador.

Données démographiques

Durée d'une génération (habituellement l’âge moyen des parents dans la population : indiquer si une autre méthode d’estimation
de la durée des générations inscrite dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est employée)
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [5 années ou 2 générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou de l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou des 3 dernières générations] Inconnu
Pourcentage [prévu ou soupçonné] de [la réduction ou de l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours
des [10 prochaines années ou des 3 prochaines générations]
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou de l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou de 3 générations] commençant dans le passé et se terminant
dans le futur
Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles
et comprises et ont effectivement cessé?
Non (mais les causes sont comprises)
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? Non

Information sur la répartition

Valeur estimée de la zone d'occurrence Inconnue (aucune preuve d’occurrence au cours des 10 dernières années ou des 3 dernières générations)
Indice de la zone d’occupation (IZO) Inconnu
La population totale est–elle très fragmentée? Inconnu
Nombre de « localités *» Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de la zone d’occurrence?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de l’indice de la zone d’occupation?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de populations?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
du nombre de localités?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu]
de [la superficie, de l’étendue ou de la qualité] de
l’habitat?
Réduction de la superficie et de la qualité de l’habitat dans les haltes migratoires ainsi que dans l’habitat d’hivernage; cependant, l’habitat de reproduction est abondant.
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d’occupation? Non

Nombre d'individus matures dans chaque population

Population Nombre d’individus matures
Canada 0–50
Total 0–50

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Non effectuée

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Les haltes migratoires printanières et l’habitat d’hivernage (prairies indigènes) ont été grandement réduits et fragmentés. L’exploration pétrolière, gazière et minière menace certaines aires de reproduction potentielles. Les changements climatiques et la transformation prévue de la toundra du Bas–Arctique en arbustaies et, ultimement, en forêts auront des incidences sur l’habitat de reproduction. Le facteur limitatif le plus important est la très petite taille de la population.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Statut ou situation des populations de l'extérieur États–Unis : aucune population connue
Une immigration a–t–elle été constatée ou
est–elle possible?
Non
Des individus immigrants seraient–ils adaptés pour survivre au Canada? Sans objet
Y a–t–il suffisamment d'habitat disponible au
Canada pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d'une immigration de populations de l’extérieur existe–t–elle? Non; il n'existe aucune population de l’extérieur connue.

Statut existant

COSEPAC : Espèce en voie de disparition (novembre 2009)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique : D1

Justification de la désignation :
Il s’agit d’une espèce d’oiseau de rivage dont la totalité de l’aire de reproduction connue se trouve dans l'Arctique canadien. La population autrefois abondante s’est effondrée à la fin du 19e siècle, en raison surtout de la chasse commerciale non contrôlée et de pertes considérables quant à l’étendue et à la qualité de l’habitat de repos printanier (prairies indigènes). La population ne s’est jamais rétablie, aucune mention de reproduction confirmée n’a été signalée depuis plus de 100 ans, ni aucune observation confirmée d’individus (photographies ou spécimens) depuis 1963. Ainsi, moins de 50 ans se sont écoulés depuis la dernière mention confirmée. Cependant, selon certaines observations récentes, une très petite population de Courlis esquimaux (moins de 50 individus matures) persisterait encore peut–être dans les lointaines régions de l’Arctique. Les principaux facteurs limitant le rétablissement de l’espèce sont la très petite taille de la population; la possibilité nulle d’une immigration de populations de l’extérieur; la conversion historique et actuelle des prairies indigènes dans ses aires de rassemblement printanières au Canada et aux États–Unis et dans les aires d’hivernage en Argentine.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) : Sans objet (la tendance de la population au cours des 3 dernières générations est inconnue).

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet (l’aire de répartition actuelle est inconnue).

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet (la tendance de la population au cours des 3 dernières générations est inconnue).

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » D1 (< 250 individus matures).

Critère E (analyse quantitative) : Non effectuée.

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Remerciements et experts contactés

Les rédacteurs tiennent à remercier Environnement Canada, qui a fourni le financement pour la préparation du présent document de même que madame C. Gratto–Trevor (Environnement Canada) qui a gentiment permis que le rapport de situation du COSEPAC qu’elle avait rédigé précédemment soit utilisé comme base pour la préparation de la présente mise à jour. Cependant, les rédacteurs assument l’entière responsabilité des erreurs qui pourraient se trouver dans le présent rapport

Les rédacteurs désirent également remercier Madame C. Gratto–Trevor qui leur a envoyé une liste d’observations possibles de Courlis esquimau ainsi que la correspondance au sujet de l’espèce. De plus, ils remercient les nombreuses autres personnes qui ont fourni les données les plus récentes sur le Courlis esquimau; mentionnons K. Abraham (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario), B. Bennett (ministère de l’Environnement du Yukon), S. Cannings (NatureServe Yukon, Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon), S. Carriere (gouvernement des Territoires du Nord–Ouest), V. Charlwood (Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord), D. Duncan (Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord), C. Eckert (ministère de l’Environnement du Yukon), K. Hobson (Environnement Canada, Direction des sciences et de la technologie), J. Ingram (Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord), T. Jung (ministère de l’Environnement du Yukon), M. Mallory (Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord), D. Mulders (Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord) et P. Sinclair (Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon). Ils remercient également S. Houston pour ses commentaires au sujet du Courlis esquimau en Saskatchewan.

Les personnes suivantes ont formulé des commentaires utiles sur les versions antérieures du présent rapport : P. Blancher, S. Cannings, A. Dextrase, R. Donley, B.T. Fowler, T. Gaston, M. Gerson, C. Gratto–Trevor, D. Ingstrup, D. Irwin, R. Knapton, M. Leonard, J. McCracken, M. Oldham, J. Paquet, J. Pepper, J. Peter, J. Rausch, J. Snortland, D. Sutherland, P. Thomas, D. Toews et M. Toner. Par ailleurs, A. Lockwood et J. McCracken ont aidé grandement à la rédaction du rapport.

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Experts contactés

  • Abraham, K. 2009. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, avril 2009, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.
  • Bennett, B. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, ministère de l’Environnement du Yukon, Programme d’observation de la faune, Whitehorse (Yukon).
  • Cannings, S. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, Centre de données sur la conservation du Yukon.
  • Carriere, S. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, gouvernement des Territoires du Nord–Ouest.
  • Charlwood, V. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord, septembre 2008.
  • Eckert, C. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, Centre de données sur la conservation du Yukon.
  • Gill, R.E., 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, U.S. Geological Survey (Alaska).
  • Gratto–Trevor, C. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, août 2008, Service canadien de la faune, Sciences et Technologie, Saskatoon (Saskatchewan).
  • Jung, T. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, ministère des Ressources naturelles du Yukon.
  • Rausch, J. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, spécialiste des oiseaux de rivage, Environnement Canada, Région des Prairies et du Nord.
  • Sinclair, P. 2008. Correspondance par courriel adressée à D.A. Kirk, septembre 2008, Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon.
  • Snortland, J. 2009. Correspondance par courriel adressée à J. McCracken, août 2009, directeur exécutif, Office des ressources renouvelables du Sahtu.
  • Thompson, A. 2009. Correspondance par courriel adressée à J. McCracken, août 2009, directeur exécutif, Office des ressources renouvelables sur le territoire gwich’in.

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Sources d’information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Né au Royaume–Uni, monsieur David Anthony Kirk (Ph.D.) a travaillé durant plus d’une vingtaine d’années pour le gouvernement fédéral du Canada (Environnement Canada et Agence Parcs Canada), pour des gouvernements provinciaux du Canada ainsi que pour certaines organisations non gouvernementales (p. ex. Études d’Oiseaux Canada, Fonds mondial pour la nature et Yellowstone to Yukon Conservation Initiative). Il possède une vaste expérience du domaine de l’écologie et de l’utilisation des terres dans différents écosystèmes, allant des écosystèmes tropicaux aux écosystèmes boréaux. Son entreprise (Aquila Conservation & Environment Consulting) est spécialisée dans l’utilisation de modèles monospécifiques et plurispécifiques de répartition des espèces à des fins de planification des initiatives de conservation (modèles qui intègrent l’utilisation des ressources humaines et la conservation de la biodiversité) ainsi que dans les analyses documentaires et l’analyse objective de diverses incidences des perturbations causées par les humains sur la biodiversité dans les paysages anthropiques. Il s’intéresse particulièrement à la cartographie spatiale de la biodiversité et à son utilisation comme fondement empirique de la planification des initiatives de conservation; il travaille abondamment sur la situation, le rétablissement et la gestion des espèces en péril. Il a rédigé ou a été corédacteur de 19 rapports de situation et rapports de mise à jour du COSEPAC ainsi que de 8 plans de rétablissement, de 2 plans d’action et d’un plan de gestion pour les espèces en péril. L’entreprise Aquila accorde une grande importance aux articles scientifiques revus par un comité de lecture et publiés dans des revues portant sur l’écologie et la conservation des espèces, car ces articles servent à diffuser l’information en vue de modifier les politiques et les pratiques de gestion. Monsieur Kirk est coauteur de 27 articles scientifiques revus par un comité de lecture et publiés dans des revues scientifiques au cours des 16 dernières années (www.aquilaecology.com [en anglais seulement]).

Née en Australie, madame Jennie L. Pearce (Ph.D.) a immigré au Canada en 1999. Les recherches qu’elle a menées dans les deux pays avaient comme sujet principal la modélisation spatiale de la répartition et de l’abondance de la biodiversité; son doctorat a porté sur le Méliphage casqué (Lichenostomus melanops cassidix), espèce en voie de disparition. Elle s’intéresse particulièrement à la vérification de l’exactitude de certains modèles spatiaux et à l’application de ces modèles à des préoccupations liées à l’aménagement du paysage, telles que la conservation des espèces en voie de disparition, l’aménagement forestier écologiquement durable et l’affectation des activités d'extraction des ressources en fonction des paysages. Elle s’intéresse aussi à l’utilisation de bioindicateurs pour l’aménagement forestier durable, notamment pour les communautés d’oiseaux, de grands et de petits mammifères, d’amphibiens, de carabes et d’araignées. Elle a publié plus de 35 articles scientifiques dans le domaine et participé à la rédaction de nombreux comptes rendus d’ateliers et de conférences.

Monsieur Kirk et Madame Pearce ont corédigé 3 précédents rapports du COSEPAC ainsi qu’un article sur les priorités concernant les oiseaux de la région allant de Yellowstone au Yukon.

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Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée durant la préparation du présent du rapport de situation. Des renseignements sur les spécimens de Courlis esquimaux sont présentés sur le site Web (en anglais seulement).

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Annexe 1. Caractères distinctifs permettant d'identifier le Courlis esquimau, le Courlis nain et le Courlis corlieu (d’après Farrand, 1977; Boswell et Veprintsev, 1985; Gollop et al., 1986; Skeel et Mallory, 1996; Gill et al., 1998).
CaractèreCourlis esquimauCourlis nainCourlis corlieu
Primairesuniformément foncées (sans barres)avec barresavec barres
Couvertures sous–alairescouleur cannelle pâle à intensecouleur chamoiscouleur grisâtre ou roussâtre
Extrémité des ailes et bout de la queueextrémité des ailes dépassant largement le bout de la queueextrémité des ailes atteignant à peine l’extrémité de la queueextrémité des ailes atteignant le bout de la queue
Doigts de patte et queueen vol, doigts de patte ne dépassant pas l’extrémité de la queueen vol, doigts de patte dépassant légèrement le bout de la queue 
Rayure sur le sommet de la têteabsente ou peu distincteétroite, pâle (blanche, chamois) et visiblebrun pâle (blanche?)
Raie superciliairepeu distinctedistinctedistincte
Trait loralantérieur à l’œilà la base du bec 
Ventreventre jaune rouilleuxventre presque blancventre blanc chamois
Marquesmarques en « V » et en « Y » sur la poitrine et les flancscôtés de la tête et du cou à rayures fines; marques en pointes de flèche peu nombreuses et limitées aux flancsrayures sur la poitrine et les flancs
Plumaged'un brun chaudd'un brun chauddans l’ensemble, apparence grisâtre
Base de la mandibule inférieurecouleur chair ou rose sur moins de la moitié de sa longueurcouleur chair ou rose sur plus de la moitié de sa longueurcouleur chair
Becbec mince légèrement incurvé vers le basbec mince légèrement incurvé vers le baschez le jeune, longueur du bec semblable à celle des deux autres espèces; chez l’adulte, bec plus long et large, incurvé vers le bas
Couleur des pattesvert foncé, brun foncé, bleu–gris foncégris pâle, gris–bleugris pâle, bleuâtre, gris noirâtre
Scutelles postérieures des pattesréticuléestransversaleshexagonales et réticulées
Taille relative2/3 de la taille du Courlis corlieu2/3 de la taille du Courlis corlieu1/3 plus gros que les deux autres espèces
Poids270–454 g119–274 g489–570 g
Longueur à l’étirement30–38 cm 38–48 cm
Tarse40–46 mm46–54 mm50–63 mm
Bec42–65 mm34–48 mm66–99 mm
Ratio bec : tête1.25 :1; 1.75 :11.5 :11.5 :1