Programme de rétablissement de la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) au Canada - 2016 [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de programmes de rétablissement

Grive de Bicknell

Photo du Grive de Bicknell
Photo : Yves Aubry, 2016

Table des matières

Liste des figures

  • Figure 1. Aire de reproduction de la Grive de Bicknell au Canada et aux États Unis, en vert (adapté selon les travaux de Lambert et al., 2005, de Hart et al., en prep et des données inédites du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada).
  • Figure 2. Aire d’hivernage potentielle de la Grive de Bicknell dans les Grandes-Antilles, en vert. Les triangles noirs indiquent les sites d’observations connus de l’espèce (modifié de McFarland et al., 2013)

Liste des tableaux

  • Tableau 1. Cotes de conservation subnationales (cotes S) assignées à la Grive de Bicknell au Canada et aux États-Unis (NatureServe, 2013)
  • Tableau 2. Tableau d’évaluation des menaces
  • Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
  • Tableau 4. Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel
  • Tableau 5. Exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

Information sur le document

Programme de rétablissement de la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) in Canada - 2016 [Proposition]

Photo du couverture

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2016. Programme de rétablissement de la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, viii + 75 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Yves Aubry ©

Also available in English under the title
« Recovery Strategy for the Bicknell’s Thrush (Catharus bicknelli) in Canada [Proposed] »

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministères fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est la ministre compétente en vertu de la LEP de la Grive de Bicknell et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été élaboré en collaboration avec le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, le Ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick et le Ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP .

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la Grive de Bicknell et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada, et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. La LEP exige que l’habitat essentiel désigné se trouvant à l’intérieur d’un parc national dénommé et décrit à l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, d’une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, d’un refuge d’oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou d’une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, soit décrit dans la Gazette du Canada, après quoi les interdictions relatives à la destruction de cet habitat seront appliquées. Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, la ministre compétente doit, soit faire une déclaration sur la protection juridique existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si la ministre compétente estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, elle doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement a été élaboré par François Shaffer (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – région du Québec), à partir d’une ébauche de Benoit Audet (consultant privé). Ce document a bénéficié de la contribution de Yves Aubry, Bruno Drolet, Sébastien Paradis, Karine Picard, Josée Tardif, Charles Clavet, Geneviève Langlois et Vincent Carignan (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – région du Québec), Andrew Boyne, Becky Whittam, Peter Thomas et Samara Eaton (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – région de l’Atlantique), James Bridgland, Mathieu Côté, Edouard Daigle, Jean-Louis Provencher, Darroch Whitaker (Agence Parcs Canada), Isabelle Gauthier et Jérôme Lemaître (Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec), Scott Makepeace, Steve Gordon, Hubert Askanas et Maureen Toner (Ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick), Mark Elderkin (Ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse), Manon Dubé (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – région de la Capitale Nationale) et Marie-José Ribeyron (consultante privée).

Sommaire

La Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) a été inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2012.

La Grive de Bicknell est une espèce de passereau rare dont l’aire de répartition est restreinte. En période de nidification, l’espèce occupe les forêts, à l’intérieur des terres, dont l’altitude varie entre 380 m et 1 100 m, ainsi que les forêts des basses terres côtières au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et dans le nord-est des États-Unis. Elle hiverne dans les Grandes Antilles, principalement en République dominicaine (île d’Hispaniola). Tous les indices disponibles sur les tendances de la population de l’espèce au Canada indiquent un déclin de l’abondance et une réduction de l’aire de répartition.

La principale menace qui pèse sur la Grive de Bicknell est la perte et la dégradation de l’habitat. L’aire d’hivernage est particulièrement touchée, entre autres, à cause de l’agriculture de subsistance, de l’exploitation forestière et des incendies d’origine humaine. Dans l’aire de reproduction, l’habitat de la Grive de Bicknell est principalement menacé par les pratiques forestières ainsi que la création de parcs éoliens.

Le caractère réalisable du rétablissement de la Grive de Bicknell comporte certaines inconnues. Néanmoins, conformément au principe de précaution, le présent programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, comme cela se fait lorsque le rétablissement est jugé réalisable.

Les objectifs en matière de population et de répartition pour la Grive de Bicknell sont :

  • à court terme (2016-2026), ralentir le déclin de la population tout en s’assurant que ses effectifs ne perdent pas plus de 10 % au cours de cette période, et éviter toute perte de la zone d’occupation biologiqueNote 1 de bas de page dans l’ensemble de son aire de répartition au Canada;
  • à long terme (après 2026), assurer une tendance positive de la population sur dix ans ainsi qu’une tendance positive de la superficie de la zone d’occupation biologique de l’espèce, dans l’ensemble de son aire de répartition au Canada.

Les stratégies générales à adopter pour traiter les menaces pesant sur la survie et le rétablissement de l’espèce sont présentées dans la section « Orientation stratégique pour le rétablissement ».

L’habitat essentiel de la Grive de Bicknell est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement. La désignation de l’habitat essentiel est fondée sur deux critères, soit la présence de l’habitat convenable de la Grive de Bicknell et sur l’occupation de cet habitat par l’espèce. Il correspond à l’habitat convenable contenu à l’intérieur d’un rayon de 5 km de toutes coordonnées représentant une mention de nidification possible, probable ou confirmée obtenue au cours de la période de 1995 à 2014. Un calendrier des études précise les activités clés qui permettront de compléter la désignation de l’habitat essentiel. Des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel sont également fournis.

Un ou plusieurs plans d’action pour la Grive de Bicknell seront affichés dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant l’affichage de la version finale du présent programme de rétablissement.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de la Grive de Bicknell comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

Oui. La population de la Grive de Bicknell compte un nombre significatif d'individus reproducteurs sauvages. Le dernier rapport de situation établit la population mondiale à un nombre variant entre 98 050 à 125 898 individus alors que la population canadienne est de l’ordre de 40 570 à 49 258 individus (COSEPAC, 2009). Ce nombre d’individus est suffisant pour maintenir et augmenter la population.

2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

Inconnu. L’habitat de nidification potentiel pour l’espèce au Canada a été estimé à 48 850 km² (COSEPAC, 2009). Une grande partie de cette superficie est présente en forêt sous aménagement forestierNote 2 de bas de page et son étendue dépend par le fait même de la gestion des forêts et des choix de traitements effectués. Par ailleurs, certains types d’activités qui se déroulent en forêt peuvent réduire de façon permanente la superficie de l’habitat convenable, comme l’établissement de routes d’accès ou la création de parcs éoliens. La disponibilité de l’habitat d’hivernage (situé dans les Grandes Antilles) est considérée comme un facteur limitatif important pour l’espèce. Sa superficie totale actuelle a été évaluée à ± 33 170 km² (McFarland et al., 2013) et continuerait vraisemblablement d’évoluer à la baisse en raison du défi que représente la réduction des menaces pesant sur l’habitat dans le contexte socioéconomique difficile qui sévit en République dominicaine et en Haïti (Stattersfield et al., 1998; Perdomo et Arias, 2008; Sergile, 2008), et du fait que moins de 30 % de l’habitat potentiel identifié bénéficie d’un statut de conservation (McFarland et al., 2013). Des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat d’hivernage pourraient améliorer la situation, mais il n’est pas certain qu’elles réussiront à renverser cette tendance et faire augmenter la superficie de l’habitat d’hivernage.

3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

Inconnu. Les principales menaces qui pèsent sur la Grive de Bicknell et son habitat dans son aire de reproduction peuvent être évitées ou atténuées par des mesures légales ou par d’autres moyens, comme l’intendance et des approches de gestion adéquates. Les menaces liées aux changements climatiques, si elles s’avèrent confirmées, représentent un défi, mais il est raisonnable de croire que l’évitement ou l’atténuation des autres menaces, dont certaines ont des impacts plus importants, permettra d’améliorer les conditions environnementales et écologiques au point de permettre le rétablissement de l’espèce. La possibilité de réussir à éviter ou atténuer les menaces présentes dans l’aire d’hivernage de l’espèce, en particulier celles qui pèsent sur son habitat, est cependant plus incertaine pour les raisons mentionnées au critère 2.

4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

Oui. Il existe des techniques d’aménagement forestier et des mesures de gestion des habitats utilisés par la Grive de Bicknell qui, combinées, peuvent permettre de maintenir ou de favoriser la régénération de l’habitat de nidification. Dans l’aire d’hivernage, des techniques différentes de création ou de conservation de l’habitat devront être développées ou adaptées.

1 Évaluation de l’espèce par le COSEPACi

Date de l'évaluation :
Novembre 2009
Nom commun (population) :
Grive de Bicknell
Nom scientifique :
Catharus bicknelli
Statut selon le COSEPAC :
Menacée
Justification de la désignation :
L’espèce occupe l’une des aires de reproduction les plus restreintes parmi les oiseaux forestiers de l’Amérique du Nord. Elle habite les forêts des zones côtières fraîches et subalpines, ainsi que les forêts en régénération d’altitude de plus de 600ii m au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et dans le nord-est des États-Unis. Elle hiverne dans les Grandes Antilles, où la plus grande partie de sa population semble se trouver en République dominicaine. Malgré la difficulté de faire un suivi adéquat de l’espèce, tous les indices disponibles sur les tendances indiquent des déclins importants de la population et de la zone d’occupation. Les résultats préliminaires découlant du projet de l’Atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes indiquent un déclin de 40 % dans l’aire occupée depuis les trois dernières générations, alors que les résultats du Programme d’étude des oiseaux de haute altitude indiquent des déclins plus graves dans les mêmes régions. Bien que les raisons du déclin ne soient pas claires, la perte d’habitat dans les aires d’hivernage, les pratiques de gestion telles que la coupe d’éclaircie précommerciale dans les forêts en régénération ainsi que le changement climatique mènent à une réduction de l’habitat convenable de haute altitude.
Présence au Canada :
Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1999. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2009.

i COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

ii Depuis la publication du Rapport de situation du COSEPAC sur la Grive de BicknelI, de nouvelles informations indiquent que l’espèce est présente dans des forêts à une altitude variant entre 380 m et 1100 m (GICGB, 2010).

2 Information sur la situation de l’espèce

Environ 95 % de l’habitat de nidification potentiel de la Grive de Bicknell se trouve au Canada (COSEPAC, 2009). La Grive de Bicknell a été inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en 2012. Elle est désignée espèce vulnérable au Québec selon la Loi sur les espèces menacées et vulnérables (RLRQ, c. E-12.01), espèce vulnérable en Nouvelle-Écosse selon la Endangered Species Act (c. 11, s. 1.), et menacée au Nouveau-Brunswick en vertu de la Loi sur les espèces en péril (Règlement 2013-38). Elle est classée parmi les espèces préoccupantes dans tous les états américains qu’elle occupe.

La Grive de Bicknell est considérée comme une espèce « apparemment non en péril » à l’échelle mondiale (G4) (NatureServe, 2013). Au Canada, sa cote de conservation est de N4B (population reproductrice apparemment non en péril) et aux États-Unis de N3B (population reproductrice vulnérable). Les cotes de conservation assignées pour l’espèce à l’échelle subnationale varient selon les États ou les provinces (voir le tableau 1).

Tableau 1. Cotes de conservation subnationales (cotes S) assignées à la Grive de Bicknell au Canada et aux États-Unis (NatureServe, 2013).
PaysProvinces/États et cotes de conservation assignées par NatureServea
CanadaNouveau-Brunswick (S2S3B), Nouvelle Écosse (S1S2B), Ontario (SNA), Ile du-Prince-Édouard (SUB), Québec (S2b)
États-UnisConnecticut (SNA), Delaware (SNA), Georgia (SNA), Maine (S3B), Maryland (SNA), Massachusetts (SXB), New Hampshire (S2S3B), New Jersey (SNA), New York (S2S3B), Caroline du Nord (SNA), Pennsylvania (SNA), Rhode Island (SNA), Caroline du Sud (SNA), Vermont (S2B), Virginia (SNA)

a Voir l’Annexe A pour les définitions des cotes utilisées par NatureServe (2013).

b Source : Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (2015).

3 Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

Découverte en 1882, mais considérée comme espèce à part entière depuis 1995 seulement, la Grive de Bicknell est la plus petite des grives nordiques du genre Catharus (longueur de 16 à 18 cm et poids de 25 à 30 g). Elle présente un dessus de teinte brun olive terne et les dessous sont gris avec des taches foncées sur la gorge et la poitrine. Les plumes primaires repliées et celles du croupion (dessus de la queue) sont brun marron. Durant la saison de reproduction, sa mandibule inférieure prend une teinte jaune pâle au moins sur sa moitié proximale. L’espèce ne présente aucun dimorphisme sexuel apparent sinon que le mâle peut être légèrement plus grand que la femelle (Frey et al., 2008). La Grive de Bicknell ressemble aux autres grives nordiques du genre Catharus, particulièrement à la Grive à joues grises, qui est cependant de plus grande taille (COSEPAC, 2009).

3.2 Population et répartition

La Grive de Bicknell possède une aire de répartition restreinte. Son aire de reproduction est entièrement située dans le nord-est du continent nord-américain (figure 1). Au Canada, l’espèce niche dans le sud du Québec, le centre-nord et le nord-ouest du Nouveau-Brunswick et l’île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse. Son aire de reproduction est fragmentée en raison des conditions particulières qu’elle recherche (p. ex. haute altitude, peuplements forestiers particuliers - pour plus d’information, voir la section 3.3). L’aire d’hivernage de l’espèce, également restreinte, se situe dans les Grandes Antilles, principalement en République dominicaine (île d’Hispaniola) (figure 2; GICGB, 2010; McFarland et al., 2013).

Figure 1. Aire de reproduction de la Grive de Bicknell au Canada et aux États Unis, en vert (adapté selon les travaux de Lambert et al., 2005, de Hart et al., en prep et des données inédites du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada).
Carte de montre l’aire de reproduction (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre l’aire de reproduction de la Grive de Bicknell dans le nord-est de l’Amérique du Nord. La majeure partie de cette aire se trouve au Canada, dans le sud du Québec et le centre-nord et le nord-ouest du Nouveau-Brunswick ainsi que sur l’Île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. L’espèce niche également de façon localisée au Maine.

Figure 2. Aire d’hivernage potentielle de la Grive de Bicknell dans les Grandes-Antilles, en vert. Les triangles noirs indiquent les sites d’observations connus de l’espèce (modifié de McFarland et al., 2013)
Carte de habitat essentiel (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre l’aire d’hivernage potentielle de la Grive de Bicknell dans les Grandes Antilles, ainsi que les sites d’observation connus de l’espèce. L’aire d’hivernage potentielle et les points d’observation sont principalement situés en République dominicaine (île d’Hispaniola); une partie de l’aire d’hivernage potentielle se trouve également en Jamaïque et à Porto Rico et, dans une moindre mesure, dans le sud de Cuba. Quelques points d’observation connus se trouvent également dans ces régions.

L’espèce possède de faibles effectifs mondiaux (estimation : 98 050 à 125 898 individus) dont 40 570 à 49 258 nicheraient au Canada (COSEPAC, 2009). Le rapport des sexes étant inégal chez cette espèce, il n’y aurait que 10 142 à 16 419 femelles, ce qui représente la taille maximale de la population reproductrice de l’espèce au Canada (COSEPAC, 2009).

Les tendances de la population de la Grive de Bicknell au Canada sont à la baisse, peu importe les périodes considérées et les régions. En effet, les données colligées dans le cadre du programme « Relevé des oiseaux nicheurs » entre 1970 et 2012Note 3 de bas de page permettent de constater une diminution annuelle de 3,42 % de l’abondance de Grive de Bicknell au Canada. Pour la Nouvelle-Écosse, la diminution annuelle est de 7,07 % pour la même période selon les données de ce même programme. Cette valeur se compare avec l’analyse des données du Programme d'étude des oiseaux en haute altitude (High Altitude Landbird Program (HELP) effectuée par Campbell et Stewart (2012) qui montre des déclins annuels d’abondance de l’ordre de 7,4 % entre 2002 et 2011. Ce chiffre monte à 11,5 % pour le Nouveau-Brunswick au cours de la même période (Campbell et Stewart, 2012). Pour ces deux provinces réunies, l’aire de répartition de la Grive de Bicknell aurait été réduite de 65 % sur une période d’environ 20 ans ou de plus de 40 % depuis 10 ans (COSEPAC, 2009). Au Québec, il n’est pas possible pour le moment d’estimer la tendance des effectifs de l’espèce, mais le suivi réalisé au mont Gosford de 2001 à 2007 rapporte une diminution de 60 % du nombre d’individus détectés (Y. Aubry, Environnement et Changement climatique Canada, données inédites rapportées par GICGB, 2010).

3.3 Besoins de la Grive de Bicknell

Habitat de nidification

La Grive de Bicknell est une espèce spécialiste en matière d’habitat. L’espèce est généralement associée à des milieux forestiers résineux denses et non perturbés, ou à des milieux perturbés où la succession est vigoureuse et dominée par le sapin baumier (Abies balsamea), tout en présentant une forte densité de tiges (10 000-50 000 tiges par hectare) (COSEPAC, 2009; Bredin et Whittam, 2009). L’altitude est une caractéristique importante de l’habitat de nidification de l’espèce. Au Canada, à l’intérieur des terres dans le sud de l’aire de répartition de l’espèce, l’altitude minimale est d’environ 800 m. Cette altitude minimale diminue à mesure que la latitude augmente, si bien qu’elle est d’environ 380 m à l’extrémité nord de son aire de répartition (GICGB, 2010). En milieu côtier, la Grive de Bicknell est présente à partir d’une altitude avoisinant le niveau de la mer. Ces besoins particuliers font que la Grive de Bicknell possède une aire de reproduction fragmentée, ce qui augmente sa vulnérabilité à être extirpée de l’un ou plusieurs des sites de reproduction de plus petite taille (Bredin et Whittam, 2009).

Trois types d’habitat de nidification sont associés à la Grive de Bicknell (COSEPAC, 2009). Tous les trois possèdent, comme caractéristique importante, une forte densité de tiges de sapin baumier(Wallace, 1939; Sabo, 1980; Connolly, 2000; Nixon et al., 2001; Whittam et Ball, 2003; Frey et al., 2008; Aubry et Paradis, 2009; Y. Aubry, données inédites).

Forêt montagnarde de haute altitude

Dans les zones montagnardes de haute altitude, l’espèce sélectionne des forêts non perturbées et des forêts en régénération après perturbation naturelle [p. ex. des sapinières affectées par des mortalités par vague (dites « fir-waves » sensu Sprugel 1976), des chablis, des dommages attribuables à la neige ou à la glace, au feu ou à des infestations d’insectes (p. ex. la tordeuse des bougeons de l’épinette - Choristoneura fumiferana)], et caractérisées par des conifères morts sur pied et une dense régénération en sapin baumier (Wallace, 1939; Rimmer et al., 2001). Elle fréquente aussi des peuplements d’arbres rabougris perturbés de façon chronique (Rimmer et al., 2001).

Forêt sous aménagement forestier de haute altitude

Les forêts sous aménagement forestier sont définies comme les forêts dédiées à la production de bois ou de fibres (COSEPAC, 2009). La Grive de Bicknell se reproduit dans ces forêts modifiées par des activités anthropiques, comme dans les milieux en régénération suite à une coupe à blanc et les plantations de conifères non-éclaircies, 10 à 15 ans après la coupe (Bredin et Whittam, 2009), quand elles ont été envahies par une dense régénération de sapins. Les études menées au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle Écosse, révèlent que ces peuplements sont dominés par le sapin baumier, que la Grive de Bicknell utilise des peuplements où la densité des tiges peut atteindre presque 50,000 tiges par hectare et que la hauteur moyenne des jeunes arbres est de 3,4 m au Nouveau-Brunswick et 5 m en Nouvelle-Écosse (Campbell et al., 2005; Bredin et Whittam, 2009).

Forêt des basses terres côtières

Localement, l’espèce occupe également des habitats semblables en milieu côtier, là où le climat maritime, les vents frais du large et les précipitations élevées maintiennent des peuplements épais de sapins et d’épinettes (COSEPAC, 2009). C’est le cas en Nouvelle-Écosse où selon, Bredin et Whittam, 2009, l’espèce niche traditionnellement dans des forêts de conifères denses, souvent rabougries, habituellement situées sur des promontoires côtiers. Ces forêts se composent principalement de sapin baumier et d’épinette noire (Picea mariana) et sont parfois appelées krummholtzNote 4 de bas de page ou taïga.

Habitat en période post-nidification

Il existe peu d’information sur l’utilisation de l’habitat par l’espèce après la période de nidification. Il est possible que les oiseaux utilisent des habitats forestiers localisés à une altitude inférieure à ceux fréquentés en période de nidification parce qu’ils fournissent les conditions et les ressources alimentaires nécessaires à la survie de l’espèce avant la période de migration (Collins, 2007). L’espèce a cependant aussi été trouvée dans des habitats situés à des altitudes élevées avant la période de migration (Rimmer et McFarland, 2000).

Habitat de migration

L’habitat utilisé par la Grive de Bicknell en migration est peu connu. Elle semble utiliser une variété d’habitats tant en milieu côtier qu’à l’intérieur des terres, ce qui laisse croire à une utilisation d’habitat peu spécifique (Rimmer et al., 2001; COSEPAC, 2009). Les voies migratoires de la Grive de Bicknell sont peu documentées, mais elles semblent se concentrer à l’est des Appalaches (Wilson et Watts, 1997). Lors de la migration vers le sud, la Grive de Bicknell se rassemble au nord des Carolines avant son vol océanique vers les aires d’hivernage. Lorsqu’elle migre vers le nord, elle passe apparemment par l’est de la Floride, puis suit la plaine côtière (Evans 1994; Rimmer et al., 2001).

Habitat d'hivernage

Les forêts occupées par l’espèce dans son aire d’hivernage couvrent un éventail de régimes de succession et de perturbation, allant de forêts primaires non perturbées à des forêts secondaires modérément perturbées (Rimmer et al., 2001). Les variables qui décrivent le mieux l’habitat d’hivernage utilisé par l’espèce sont l’altitude, la nature du couvert (préférence marquée pour les forêts décidues), les précipitations hivernales moyennes, la pente du sol et son orientation (McFarland et al., 2013).

L’habitat d’hivernage disponible couvre une superficie de seulement 33 170 km2 dans les Grandes Antilles, dont 28,5 % ont un statut de protection (McFarland et al., 2013). La disponibilité de l’habitat d’hivernage est considérée comme un facteur limitatif important pour l’espèce. L’habitat d’hivernage est soumis à des menaces sérieuses (voir section 4).

4 Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Table 2. Perte ou dégradation de l’habitat
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Agriculture de subsistance, exploitation forestière et incendies d’origine humaine dans l’aire d’hivernageÉlevéLocaliséeActuelleContinueÉlevéeÉlevée
Pratiques forestières dans l’aire de reproductionÉlevéLocaliséeActuelleSaisonnièreÉlevéeÉlevée
Construction de parcs éoliens dans l’aire de reproductionÉlevéLocaliséeActuelle N.-E :AnticipéeContinueÉlevéeÉlevée
Défrichage à des fins récréatives dans l’aire de reproductionMoyenLocaliséeActuelleContinueModérée à élevéeÉlevée
Développement pour les télécommunications dans l’aire de reproductionMoyenLocaliséeActuelleContinueModéréeÉlevée
Broutage excessif par l’orignal dans l’aire de reproductionFaible Moyen (Nouvelle-Écosse)LocaliséeActuelleContinueModéréeFaible Moyenne (Nouvelle-Écosse)
Développement des zones côtières le long des voies migratoiresFaibleLocaliséeActuelleContinueInconnueFaible
Table 2. Espèce ou génome exotique, envahissant ou introduit
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Rats et chats introduits dans l’aire d’hivernageMoyenLocaliséeActuelleSaisonnièreModéréeMoyenne
Table 2. Pollution
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Précipitations acidesFaibleGénéraliséeActuelleContinueInconnueMoyenne
Bioaccumulation du mercureFaibleGénéraliséeActuelleContinue FaibleFaible
Intoxication au plombFaibleGénéraliséeAnticipéeContinueInconnueFaible
Table 2. Mortalité accidentelle
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Collision avec des structures anthropiquesFaibleLocaliséeAnticipéeSaisonnièreInconnueFaible
Table 2. Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturels
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Contrôle des perturbations naturellesFaibleGénéraliséeActuelleContinueModéréeMoyenne
Table 2. Activités ou processus naturels
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Prédation par l’écureuil rouxFaibleGénéraliséeCouranteRécurrenteModéréeFaible
Table 2. Perturbation ou dommage
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Activités récréativesFaibleLocaliséeAnticipéeSaisonnièreInconnueFaible
Table 2. Climat et catastrophes naturelles
MenaceNiveau de préoccupationcÉtendueOccurrenceFréquenceGravitédCertitude causalee
Changements climatiquesInconnueGénéraliséeAnticipéeContinueInconnueInconnue

c Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour le rétablissement de l’espèce, conforme aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce critère tient compte de l’évaluation de toute l’information figurant dans le tableau.

d Gravité : indique l’effet à l’échelle de la population (élevée : très grand effet à l’échelle de la population, modérée, faible, inconnue).

e Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex., une opinion d’expert; faible : la menace est présumée ou plausible).

4.2 Description des menaces

La présente section décrit les menaces énumérées au tableau 2, met l’accent sur les principaux éléments et fournit des renseignements supplémentaires. Chaque menace est présentée individuellement. Bien que plusieurs menaces aient un niveau de préoccupation faible, il importe de tenir compte de leurs effets cumulatifs au fil du temps. Les menaces sont décrites ci-dessous en ordre décroissant du niveau de préoccupation.

Agriculture de subsistance, exploitation forestière et incendies d’origine humaine dans l’aire d’hivernage

L’île d’Hispaniola (Haïti et République dominicaine), où hiverne la majorité de la population de Grive de Bicknell, a connu d’importantes pertes de milieux boisés en raison de l’agriculture et du déboisement de subsistance (Stattersfield et al., 1998; Rimmer et al., 1999; Rimmer et al., 2005a). Les incendies d’origine humaine constituent une menace additionnelle sur l’habitat hivernal de la Grive de Bicknell (GICGB, 2010). Aujourd’hui, la République dominicaine ne possède plus que 10 % de son couvert forestier d’origine (Stattersfield et al., 1998), tandis qu’en Haïti, ce pourcentage n’est que de 2 % (Paryski et al., 1989; Sergile, 2008). Vraisemblablement, le contexte socioéconomique en Haïti et en République dominicaine laisse à penser que le taux de déboisement ne devrait pas diminuer dans un avenir rapproché (Stattersfield et al., 1998; Perdomo et Arias, 2008; Sergile, 2008). La perte massive d’habitats sur l’île d’Hispaniola pourrait être la cause principale de la baisse des effectifs de Grive de Bicknell (Aubry et Paradis, 2009; GICGB, 2010). Une proportion plus élevée de mâles semble occuper des habitats moins perturbés par l’agriculture alors que les femelles sont pour leur part plus présentes dans des habitats plus perturbés, ce qui peut affecter leur survie (Townsend et al., 2011). À Cuba, une plus grande superficie d’habitats est disponible pour la Grive de Bicknell, car les forêts constituent 21 % de la superficie de l’île, en partie en raison du reboisement en cours depuis 1960 (Mugica, 2008). Cependant, la répartition et la taille de l’effectif de la Grive de Bicknell hivernant à Cuba ne sont pas bien documentées, si bien qu’on ne sait pas dans quelle mesure ces forêts bénéficient à la Grive de Bicknell. La chaîne de montagnes de la Sierra Maestra à Cuba est le seul endroit où la Grive de Bicknell a été localisée. La forêt y est abondante et bénéficie de la protection du parc national de la Sierra Maestra et du parc national Turquino (Y. Aubry, comm. pers., 2015).

Ces menaces sur l’habitat d’hivernage ont d’autant plus de poids que cet habitat est restreint. De plus, étant donné qu’une petite proportion seulement de cet habitat bénéficie d’un statut de protection, il est fort probable que la disponibilité de l’habitat d’hivernage adéquat continuera de diminuer au cours des prochaines années.

Pratiques forestières dans l’aire de reproduction

Au Canada, environ 90 % de l’habitat de nidification potentiel de la Grive de Bicknell est située à l’intérieur du domaine de la forêt sous aménagement forestier (Aubry et Paradis, 2009; COSEPAC, 2009) et est par le fait même sujet à l’aménagement forestier. La forte densité des tiges constitue une caractéristique importante de l’habitat de nidification de l’espèce, si bien que les aménagements forestiers qui ne favorisent pas le maintien d’une forte densité ou la création d'habitats convenables à l’espèce, que ce soit par la récolte ou par les travaux d'éclaircie précommercialeNote 5 de bas de page, représentent une menace pour l'espèce (Aubry et al., sous presse). Plus les superficies visées sont vastes, plus la perte de l’habitat convenable sera accentuée. La superficie d'habitats nécessaire pour soutenir l'espèce au niveau actuel est inconnue.

La densité des tiges d’un peuplement est liée à l'âge de la forêt en régénération, avec une densité plus élevée dans les stades initiaux, suivis d'une réduction de la densité des tiges à mesure que la forêt atteint sa maturité. Le temps nécessaire pour développer une forêt présentant une densité de tiges et une structure adéquate pour l’espèce peut être différent d’une région à l’autre de son aire de répartition. Ainsi, il a été estimé comme étant de 10 à 15 ans au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse (Bredin et Whittam, 2009; Campbell et al., 2005), et vraisemblablement jusqu’à 20 ans au Québec; les facteurs climatologiques et la longueur de la saison de croissance variant selon la région et l’altitude.

L’éclaircie précommerciale représente une menace pour l’espèce et son habitat, car elle s’effectue d’une part pendant la période où la densité des tiges est favorable à la nidification de l’espèce et d’autre part durant la période de nidification de la Grive de Bicknell (Bredin et Whittam, 2009; Campbell et al., 2005). L’éclaircie précommerciale a aussi pour effet de réduire prématurément la qualité de l'habitat convenable. Ce type d’aménagement est généralement réalisé entre juin et septembre, ce qui correspond en bonne partie à la période de nidification, alors que le risque de nuire ou déranger les nids ou les œufs est le plus élevé (Rousseu et Drolet, 2015). Par conséquent, cette pratique est susceptible d'entraîner la destruction directe des nids, des œufs et des poussins (Environnement Canada, 2014). Il peut également perturber les tentatives de nidification.

Les peuplements éclaircis ne sont pas des habitats convenables pour l’espèce, bien qu’il demeure certaines ambiguïtés au sujet de leur utilisation suite à une éclaircie précommerciale récente ou suite à la conservation de superficies non éclaircies à l'intérieur d'un peuplement éclairci (Chisholm et Leonard, 2008; Aubry et al., 2011). Certaines observations permettre de croire que la Grive de Bicknell pourrait réutiliser les aires prééclaircies à partir du moment où la canopée s’est refermée (Chisholm et Leonard, 2008; Aubry et al., 2011).

Bien qu’il n’existe pas d’études spécifiques pour chacune d’elles, d’autres traitements sylvicoles peuvent aussi avoir des impacts sur la Grive de Bicknell et son habitat. C’est le cas de l’éclaircie commerciale et de la plantationNote 6 de bas de page qui ont aussi pour conséquence de réduire ou de moduler la densité des tiges des peuplements pour favoriser le développement des arbres d’avenir (MRN, 2013). La plupart, du temps la densité des peuplements obtenue ne convient pas aux besoins de la Grive de Bicknell. Davantage d’études sont nécessaires pour en préciser les impacts.

Enfin, la mise en place d’infrastructures (chemins forestiers, sablières, etc.) peut aussi avoir un impact sur la Grive de Bicknell, notamment la fragmentation de l’habitat, la création de barrières susceptible de limiter les déplacements ou encore la destruction des nids.

Construction de parcs éoliens dans l’aire de reproduction

Les sommets de montagnes occupés par l’habitat de nidification de la Grive Bicknell sont utilisés pour la construction de parcs éoliens. La production d’énergie éolienne étant actuellement en plein essor, plusieurs projets de parcs éoliens sont proposés et réalisés dans l’habitat de la Grive de Bicknell (p. ex. au Nouveau-Brunswick - mont Caribou, et au Québec - massif du Sud, terres du Séminaire, Rivière du Moulin, Saint-Robert-Belleramin, Murdochville) (COSEPAC, 2009). La construction d’autres parcs éoliens est à prévoir dans l’habitat de l’espèce, par exemple dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie au Québec. C’est aussi le cas en Nouvelle-Écosse où les sites occupés par l’espèce pendant la saison de reproduction correspondent à certains des endroits où les vents de la province sont les plus élevés. Leur développement à des fins de production d’énergie éolienne possède donc un grand intérêt économique et la pression pour leur développement va s’intensifier au cours des prochaines années (M. Elderkin, comm. pers.).

Le défrichement nécessaire pour l’installation des éoliennes, ainsi que pour la construction des chemins d’accès et des corridors de transport d’électricité qui les accompagnent, entraînent une réduction permanente et une fragmentation de l’habitat de nidification de la Grive de Bicknell (Zimmerling et al., 2013). De plus, ces structures en hauteur peuvent causer de la mortalité directe lorsque les oiseaux entrent en collision avec elles, et ce, tant en migration que durant la saison estivale (Rimmer et al., 2001) (voir Collision avec des structures anthropiques).

Défrichage à des fins récréatives dans l’aire de reproduction

Dans certaines régions, l’habitat de la Grive de Bicknell est également menacé par le défrichage à des fins récréatives, comme l’aménagement de pentes de ski alpin ou de sentiers de randonnée pédestre, de ski, de véhicules hors route ou de vélo (COSEPAC, 2009). Le ski hors-piste est en pleine expansion en Gaspésie. Dans les secteurs dédiés au ski hors-piste, les aménagements visent à avoir des superficies skiables à l'intérieur d'un sous-bois, si bien que de 60 % à 80 % de la superficie est coupée. Le reste de la superficie est conservée en petits îlots boisés (M. Morin comm. pers., 2015).

Développement pour les télécommunications dans l’aire de reproduction

L’habitat de nidification de la Grive de Bicknell situé en haute altitude est aussi menacé par le développement pour les télécommunications. Ce type de développement s’intensifie au Canada avec l’augmentation rapide du nombre de téléphones cellulaires, téléavertisseurs et télévision numériques (Bredin et Whittam, 2009). La construction de tours de télécommunication possède un impact similaire à celui des éoliennes, bien que moins grave dû au fait qu’un site ne contient normalement qu’une seule tour, contrairement aux éoliennes qui sont généralement construites à plusieurs dans le même secteur. Par ailleurs, les tours de télécommunication s’accompagnent habituellement de petits bâtiments entourés de clôtures et d’éclairage (Bredin et Whittam, 2009), des éléments qui ont impact sur l’habitat de l’espèce et peuvent en avoir sur les individus en causant du dérangement. Enfin, les tours de télécommunication peuvent, de la même façon que les éoliennes, causer de la mortalité directe des oiseaux (Rimmer et al., 2001) (voir Collision avec des structures anthropiques).

Broutage excessif par l’orignal dans l’aire de reproduction

Localement, dans les endroits où il y a surabondance d’orignaux, le broutage excessif par ces derniers peut modifier la composition et la structure de la forêt. Des secteurs qui devraient se régénérer en peuplements denses de sapin et de bouleaux, caractéristiques des premiers stades de succession, sont transformés en clairières ouvertes typiquement dominées par la végétation herbacée (McLaren et al., 2004). L’habitat de nidification de la Grive de Bicknell étant principalement composée de sapinières, il peut être réduit parfois de façon importante. De telles modifications ont été observées au nord du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse) par Smith et al., (2010) et dans le secteur du lac Cascapédia, dans le parc national de la Gaspésie (Y. Aubry, comm. pers., 2015). Smith et al., (2010) concluent qu’il existe une relation entre un broutage soutenu et intensif par l’orignal et des changements au système de succession cyclique entre le sapin baumier et les épidémies de la tordeuse du bourgeon de l’épinette. Les impacts du broutage intensif par l’orignal sur la forêt n’ont pas été étudiés dans d’autres parties de l’aire de reproduction de la Grive de Bicknell, mais il est très plausible de croire qu’ils peuvent exister dans des secteurs où la population d’orignaux est élevée.

Développement des zones côtières le long des voies migratoires

Les voies migratoires empruntées par la Grive de Bicknell ne sont pas bien connues, mais les scientifiques croient que l’espèce migre en suivant la côte Est de l’Amérique du Nord. Les caractéristiques des haltes migratoires de l’espèce n’ont pas été étudiées, mais il est connu que le développement côtier (nouveaux édifices, éoliennes, tours de communication, etc.) détériore les habitats d’autres oiseaux migrateurs (Moore et al., 1995; Moore, 2000). La Grive de Bicknell pourrait donc aussi être affectée par ce type de développement.

Rats et chats introduits dans l’aire d’hivernage

Les rats introduits sur l’île d’Hispaniola s’attaquent à la Grive de Bicknell : 5 des 53 (9.4 %) oiseaux suivis avec des émetteurs ont été victime des rats (Townsend et al., 2009). D’autres prédateurs introduits, comme les chats, représentent également une menace pour les oiseaux (GICGB, 2010). Une étude menée au Canada a montré que les chats tuaient entre 100 et 350 millions d’oiseaux par année au pays. Les oiseaux nidifiant ou se nourrissant au sol seraient plus vulnérables (Blancher, 2013).

Précipitations acides

Les composés azotés (nitrates et ammoniaques) émis dans l’air par le secteur industriel et le secteur des transports sont aéroportés et se déposent à haute altitude sous forme de précipitations acides qui contribuent au lessivage du calcium dans les sols, un phénomène particulièrement important dans le nord-est du continent (Driscoll et al., 2001). Les grandes quantités de calcium ainsi perdues par les sols pourraient trouver écho dans la chaîne alimentaire jusqu’à la Grive de Bicknell et ainsi induire une carence en calcium qui pourrait affaiblir la coquille des œufs, comme c’est le cas chez d’autres passériformes du nord de l’Europe nichant dans des zones acidifiées (Graveland et Drent, 1997; Mand et al., 2000). Le phénomène de lessivage du calcium par les précipitations acides (pluies, brumes et brouillards) s’opérerait aussi directement sur la végétation, notamment au niveau du calcium contenu dans les membranes cellulaires des aiguilles d’épinettes (DeHayes et al., 1990; 1999). Cette perte de calcium des aiguilles réduirait la tolérance des épinettes aux basses températures, et des études suggèrent que le déclin de l’épinette rouge (Picea rubens) observé depuis les années 1960 dans la majeure partie de son aire de répartition (Eager et Adams, 1992) serait lié à ce phénomène (DeHayes et al., 1990; 1999). Le déclin de cette espèce pourrait perturber l’habitat de nidification de la Grive de Bicknell en permettant l’installation d’autres essences qui lui seraient moins favorables.

Bioaccumulation du mercure

Les dépôts de polluants atmosphériques sont plus importants dans les environnements de haute altitude (Rimmer et al., 2005b), ce qui pourrait engendrer une exposition significative de la Grive de Bicknell à ces contaminants. En outre, le mercure relâché dans l’atmosphère par l’incinération de déchets et le brûlage du charbon représente une préoccupation puisqu’il a la propriété de se bioaccumuler dans la chaîne trophique. Les chercheurs ont d’ailleurs trouvé des concentrations importantes de mercure dans les tissus de la Grive de Bicknell (Rimmer et al., 2005b; Townsend, 2011; Townsend et al., 2013). Dans l’ensemble, les concentrations étaient plus élevées dans l’aire d’hivernage que dans l’aire de reproduction (Rimmer et al., 2005b; Townsend et al., 2013). Les effets sur la physiologie et les comportements ne sont toutefois pas documentés en détail. De façon générale, des concentrations élevées pourraient compromettre le système immunitaire des oiseaux et provoquer une réduction de la fécondité (Brasso et Cristol, 2008; Hawley et al., 2009; Jackson et al., 2011).

Intoxication au plomb

Des niveaux élevés de plomb ont été mesurés dans les sols en haute altitude du nord-est des États-Unis (Kaste et al., 2006). Des recherches sont nécessaires afin de déterminer si l’exposition de la Grive de Bicknell à des niveaux de plomb élevés ou à d’autres oligoéléments présents dans les sols peut affecter sa physiologie et ses comportements.

Collision avec des structures anthropiques

Tel que mentionné précédemment (voir Construction de parcs éoliens et Développement pour les télécommunications dans l’aire de reproduction), il arrive à l’occasion que des Grives de Bicknell entrent en collision avec des ouvrages comme des tours de communication, des bâtiments ou d’autres structures verticales (Rimmer et al., 2001; Calvert et al., 2013).

Contrôle des perturbations naturelles

Contrôler les successions végétales peut modifier la disponibilité ou la qualité de l’habitat de nidification de la Grive de Bicknell. Celle-ci nidifie le plus souvent dans les peuplements très denses en régénération qui succèdent à des perturbations comme les incendies ou les infestations par les insectes. Un contrôle des perturbations naturelles (p. ex. incendies, insectes ravageurs) peut réduire le nombre de peuplements se régénérant jusqu’au stade où ils sont utilisés par la Grive de Bicknell pour se reproduire (GICGB, 2010).

Prédation par l’écureuil roux

Le suivi de nids par vidéo a démontré que l’écureuil roux est un prédateur important des œufs et des nids de la grive (Y.Aubry, données inédites, VCE, données inédites). Des recherches effectuées aux États-Unis ont montré que le succès de reproduction de la Grive de Bicknell est plus bas les années qui suivent les étés où la production de cônes par le sapin baumier et les épinettes a été particulièrement élevée, ce qui arrive tous les deux ans (Rimmer et al., 2001, Bredin et Whittam, 2009). Ce modèle biannuel du succès de reproduction a été relié au cycle de la population de l’écureuil roux qui se nourrit abondamment de cônes, en particulier des cônes de sapins et d’épinettes (Rimmer et al., 2001; Bredin et Whittam, 2009). Cette situation permettrait une meilleure survie hivernale des écureuils qui produiraient plus de jeunes au printemps suivant, ce qui entraîne une augmentation de la prédation par l’écureuil sur les œufs et les oisillons de la Grive de Bicknell. Le Suivi des oiseaux nichant en altitude (SONA) des provinces de l’Atlantique, qui recense chaque année le nombre d’écureuils observés sur chaque parcours, n’a cependant, jusqu’ici détecté aucune relation entre le nombre d’écureuils roux et l’abondance de la Grive de Bicknell en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick (Bredin et Whittam, 2009).

Activités récréatives

Les activités récréatives estivales en haute altitude, comme la randonnée pédestre, le vélo de montagne et les véhicules hors routes pourraient représenter une autre menace. Divers indices révèlent que l’espèce est en mesure de tolérer des dérangements d’origine anthropique de niveau modéré (Rimmer et al., 2001), cependant aucune étude ne permet de confirmer que les activités mentionnées ci-dessus sont bien tolérées. Il est cependant possible d’affirmer qu’il s’agit d’une menace localisée dont les impacts potentiels sont plus anticipés qu’actuels.

Changements climatiques

Les changements climatiques pourraient bien engendrer un déplacement des peuplements forestiers que la Grive de Bicknell utilise pendant la reproduction vers des altitudes plus élevées encore (Iverson et al., 2008; Rodenhouse et al., 2008). Un tel changement a été documenté dans les montagnes Vertes de la Nouvelle-Angleterre, où Beckage et al. (2008) ont estimé que la limite altitudinale inférieure de la zone épinettes-sapins s’était déplacée de 91 à 119 m en altitude entre 1964 et 2004. Ce changement correspondait à une hausse des températures moyennes de 1 °C durant la même période. Puisque la Grive de Bicknell niche déjà souvent à haute altitude, un déplacement vers de plus hautes altitudes encore signifierait un confinement à des îlots alpestres de plus en plus petits et de plus en plus isolés. Une étude menée sur cette menace potentielle indique qu’un réchauffement de 1 °C réduirait l’habitat potentiel de la Grive de Bicknell de plus de la moitié, tandis qu’un réchauffement de 2 °C pourrait faire disparaître tous les sites de reproduction des monts Catskill et la majorité de ceux du Vermont (Rodenhouse et al., 2008). Une hausse de 3 °C de la température de la saison de croissance pourrait éliminer presque tous les habitats de la Grive de Bicknell du nord-est des États-Unis (GICGB, 2010). Toutefois, il existe aussi une forte possibilité que l’aire de répartition de l’espèce se déplace vers le nord (Cumming et al., 2014). Au Canada, si l’aire de répartition de la sapinière se déplace vers le nord, la population du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, dont l’aire de répartition actuelle se situe à proximité de la limite nord du territoire provincial, pourrait être réduite ou éliminée.

Les changements climatiques pourraient également entraîner une augmentation de la fréquence des tempêtes tropicales et des autres conditions météorologiques défavorables (p. ex. précipitations abondantes, températures extrêmes). Cette augmentation des conditions météorologiques défavorables pourrait se traduire par une augmentation du taux d’échec de nidification de la Grive de Bicknell et du taux de mortalité directe des oiseaux pendant tout leur cycle annuel (Angeles et al., 2007; Rodenhouse et al., 2008). En effet, des tempêtes de pluie et de vent plus intenses et plus fréquentes pourraient limiter les déplacements de quête alimentaire, des épisodes de froids anormaux ou de canicules prolongées pourraient engendrer des problèmes de thermorégulation, des ouragans plus nombreux et plus forts pourraient perturber les migrations et endommager les habitats d’hivernage. Il est impossible pour le moment d’évaluer la gravité de ces effets indirects potentiels des changements climatiques sur la Grive de Bicknell.

Les changements climatiques ont aussi le potentiel de modifier une variété de paramètres environnementaux et écologiques qui déterminent la viabilité des populations de la Grive de Bicknell (p. ex. la propagation des ravageurs et des agents pathogènes s’attaquant aux forêts dans les zones de reproduction (GICGB, 2010), la synchronisation des cycles des prédateurs (McCarty, 2001), les dates d’émergence des proies au printemps (Sillett et al., 2000, Sanz et al., 2003, Both et al., 2006), la compétition interspécifique (Wormworth et Mallon, 2006). Ces effets ne sont pas bien compris et il est nécessaire d’entreprendre des recherches afin d’en évaluer les impacts.

5 Objectifs en matière de population et de répartition

Les objectifs en matière de population et de répartition pour la Grive de Bicknell sont :

  • à court terme (2016-2026), ralentir le déclin de la population tout en s’assurant que ses effectifs ne perdent pas plus de 10 % au cours de cette période, et éviter toute perte de la zone d’occupation biologiqueNote 7 de bas de page dans l’ensemble de son aire répartition au Canada;
  • à long terme (après 2026), assurer une tendance positive de la population sur dix ans ainsi qu’une tendance positive de la superficie de la zone d’occupation biologique de l’espèce, dans l’ensemble de son aire de répartition au Canada.

Les objectifs en matière de population abordent le déclin à long terme de la population de la Grive de Bicknell, lequel a motivé sa désignation comme espèce menacée au Canada (COSEPAC, 2009). Pour tenir compte du fait que les objectifs en matière de population se fondent sur la tendance démographique de l’espèce, le programme de rétablissement inclut des approches pour améliorer le suivi de la population. Les objectifs visent à assurer une tendance positive sur 10 ans, ils ne tentent pas de revenir au niveau maximum de population connu, en raison de l’importante réduction de l’habitat d’hivernage de l’espèce, une perte d’habitat qui est, en bonne partie, irréversible.

Les objectifs de répartition utilisent la zone d’occupation biologique de la Grive de Bicknell, car celle-ci reflète le mieux la répartition de l’espèce, qui, en raison de ses besoins spécifiques en matière d’habitat, n’occupe qu’une petite portion de sa zone d’occurrenceNote 8 de bas de page. Enfin, ils visent l’ensemble de l’aire de répartition au Canada pour éviter qu’une partie de cette aire de répartition fragmentée soit perdue.

Un délai de 10 ans est approprié pour évaluer les changements dans la population et la répartition de l’espèce. Cette période a été sélectionnée parce que l’arrêt du déclin est un défi qui ne peut être relevé en quelques années seulement. De plus, le COSEPAC évalue les espèces tous les 10 ans et leurs critères d’évaluation incluent un examen des changements démographiques sur une période de 10 ans.

Ces objectifs seront examinés lors de l’élaboration du rapport exigé tous les 5 ans pour évaluer la mise en œuvre du présent programme de rétablissement et mesurer les progrès vers l’atteinte de ses objectifs en matière de population et de répartition (art. 46, LEP). Ils pourraient aussi être révisés en dehors de cette période à la lumière de nouvelles informations si cela est approprié pour le rétablissement de l’espèce.

Il importe de noter qu’il existe des incertitudes quant à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition en raison du défi que représente la réduction des menaces qui pèsent sur l’espèce et son habitat dans l’aire d’hivernage. Ces incertitudes ont été identifiées dans l’évaluation du caractère réalisable du rétablissement (voir cette section, p. iv).

6 Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Conservation et intendance

  • Le Groupe international pour la conservation de la Grive de Bicknell (GICGB) a été formé en 2007. Il est composé de scientifiques, de gestionnaires des ressources naturelles et des spécialistes de la conservation provenant d’au moins sept pays (GICGB, 2010).
  • Le Groupe international pour la conservation de la Grive de Bicknell a publié le Plan de conservation de la Grive de Bicknell (GICGB, 2010).
  • Dans la partie canadienne de l’aire de reproduction de l’espèce, des études ont été entreprises pour quantifier l’étendue des forêts utilisées ou potentiellement utilisables par la Grive de Bicknell, et identifier les propriétaires des terres, afin de faciliter les activités de sensibilisation et les autres activités de conservation (GICGB, 2010; Broeckaert, 2011; Bussières, 2012; Y. Aubry, comm. pers. 2015).
  • En 2005, le « Bicknell's Thrush Habitat Protection Fund » a été créé aux États–Unis. Ce fonds est administré par l’Adirondack Community Trust et a pour but premier de soutenir financièrement des projets de conservation de l’habitat d’hivernage de la Grive de Bicknell en République dominicaine et en Haïti.
  • Des guides de bonnes pratiques de gestion et d’intendance pour la Grive de Bicknell ont été rédigés à l’intention de l’industrie forestière de la Nouvelle–Écosse, du Nouveau-Brunswick, et du Québec (Campbell et al., 2005; Campbell et Whittam, 2006; Bredin et Whittam, 2009; Rioux et Poulin, 2009; Bussière et Julien, 2012a; Bussière et Julien, 2012b) et de l’industrie éolienne (Julien, 2012).
  • Des mesures de protection de la Grive de Bicknell à l’égard des activités d’aménagement forestier ont été rédigées par le gouvernement du Québec (Gouvernement du Québec, 2014).

Suivis démographiques

  • Le Programme de suivi des oiseaux nichant en altitude (SONA) d’Études d’oiseaux Canada a été réalisé de 2002 à 2011 en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick (Campbell et Stewart, 2012). Une nouvelle méthode d’inventaire améliorée (Mountain BirdWatch 2.0), basée sur le nouveau protocole développé par le Groupe international pour la conservation de la Grive de Bicknell a été suivie en 2012 en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Cette méthode permettra un suivi à long terme et standardisé de la Grive de Bicknell pour l’ensemble de son aire de répartition.
  • Au Québec, un suivi partiel de la Grive de Bicknell est effectué par le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada et le Regroupement QuébecOiseaux depuis 1989 (Perreault, 2013; Y. Aubry comm.pers., 2015). Plus récemment, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec effectue un suivi à des sites en terres publiques (MDDEFP, 2013).

Recherche

  • Divers travaux (professionnels et académiques) sur la Grive de Bicknell ont été entrepris depuis 1997 dans plusieurs régions du Québec méridional et des Maritimes (entre autres, Rompré et al., 1999; Connolly, 2000; Nixon et al., 2001; Connolly et al., 2002; Gardiner, 2005; Askanas, 2008; Chisholm et Leonard, 2008; McKinnon, 2009; Askanas, 2011; Aubry et al., 2011; McKinnon et al., 2014; Aubry et al., sous presse).
  • Une étude utilisant des géoréférenceurs solaires montés sur le dos des Grives de Bicknell est présentement en cours avec comme objectif de mettre en lumière les routes de migration de l’espèce ainsi que la connectivité dans le temps et l’espace entre les aires de reproduction et d’hivernage (McFarland et al., en prép.).
  • Une étude est en cours sur l’estimation du taux d’occupation de la Grive de Bicknell dans des forêts sous aménagement forestier du nord du Nouveau–Brunswick.

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Les stratégies générales et les approches de recherche et de gestion présentées dans cette section (tableau 3), bien que formulées différemment, correspondent essentiellement à celles du Plan de conservation de la Grive de Bicknell (GICGB, 2010), rédigé par le Groupe international pour la conservation de la Grive de Bicknell.

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
Menace ou élément limitatiffStratégie générale pour le rétablissementPrioritéfDescription générale des approches de recherche et de gestion

Toutes les menaces

Lacunes dans les connaissances

Suivi et rechercheÉlevée

Élaborer et mettre en œuvre des protocoles normalisés de recherche et de suivi sur la population et la répartition de l’espèce, leurs tendances, les menaces, l’écologie de l’espèce ainsi que les différents types d’habitat nécessaires à son cycle de vie, y inclus :

  • Préciser la répartition et la taille de la population ainsi que leurs tendances dans l’aire de reproduction et l’aire d’hivernage;
  • Préciser l’importance relative des menaces existantes et potentielles pesant sur l’espèce et son habitat;
  • Déterminer si l’habitat résiduel non éclairci après une éclaircie précommerciale permet une productivité adéquate;
  • Déterminer si l’habitat éclairici peut de nouveau devenir convenable une fois la canopée refermée;
  • Déterminer la superficie d’habitat non éclairci nécessaire pour que la population reproductrice actuelle puisse se maintenir et augmenter;
  • Déterminer à partir de quel moment dans le processus de vieillissement d’un peuplement convenable, ce dernier devient non favorable pour la nidification;
  • Déterminer plus précisément les caractéristiques des différents types d’habitat utilisés dans l’aire de reproduction et l’aire d’hivernage;
  • Déterminer les seuils d’interventions humaines permis dans l’habitat;
  • Préciser si la disponibilité de l’habitat est un facteur limitatif important dans l’aire de reproduction.

Toutes les menaces

Lacunes dans les connaissances

Suivi et rechercheMoyenne
  • Déterminer les principales routes de migration et améliorer les connaissances sur la chronologie de migration.
Toutes les menacesConservation et gestionÉlevée
  • Pour chacun des trois types d’habitat de nidification et pour l’habitat en période post-nidification, déterminer les meilleurs moyens à mettre en place pour favoriser leur conservation et leur aménagement;
  • Contribuer à la conservation, à la gestion et, au besoin, à la restauration de l’habitat utilisé par l’espèce en migration et pendant l’hivernage;
  • Agir sur les principales menaces affectant les habitats et déterminer les meilleures approches pour éliminer, réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur l’espèce.
Toutes les menacesÉducation, sensibilisation, intendance et partenariatÉlevée
  • Promouvoir la collaboration nationale et internationale pour combler les lacunes dans les connaissances et pour aborder les menaces qui pèsent sur l’espèce et son habitat dans l’ensemble de son aire de répartition.
  • Maintenir et améliorer la collaboration entre les intervenants afin d’aborder les menaces pesant sur l’espèce et son habitat dans l’ensemble de son aire de répartition.
Toutes les menacesÉducation, sensibilisation, intendance et partenariatMoyenne
  • Favoriser l’engagement du public dans les initiatives de protection de l’habitat, de conservation de l’espèce ainsi que dans les activités d’inventaires et de suivi.
Toutes les menacesLoi et politiqueMoyenne
  • Promouvoir la conformité avec les lois environnementales, les règlements et politiques, notamment la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateursg, et ses règlements.
  • Encourager la mise en œuvre des politiques et programmes environnementaux qui abordent les menaces sur l’aire de reproduction et développer des politiques et programmes appropriés là où des lacunes existent.

f « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle l'approche la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l‘espèce.

g Site Internet d’Environnement et Changement climatique Canada sur la prise accessoire d’oiseaux migrateurs

6.3 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement

Le rétablissement de la Grive de Bicknell exigera l’engagement et la collaboration des autorités responsables internationales, fédérales et provinciales, des peuples autochtones, des collectivités locales, des propriétaires fonciers, de l’industrie et des autres parties concernées.

Suivi et recherche

Des protocoles normalisés sont requis pour les activités de suivi et de recherche. Des activités de suivi bien structurées permettant de déterminer la taille de la population, sa répartition ainsi que leurs tendances sont essentielles afin de pouvoir mesurer l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Il importe aussi de combler les lacunes dans les connaissances relatives aux menaces pesant sur l’espèce et son habitat. L’évaluation des menaces doit être améliorée afin de déterminer si les menaces potentielles sont avérées, d’intervenir en priorité sur les menaces les plus préoccupantes et de déterminer les meilleures mesures à prendre pour éliminer, réduire ou atténuer ces menaces. Les femelles étant moins nombreuses que les mâles, elles doivent faire l’objet d’une attention particulière pour déterminer quelles menaces les affectent davantage, en particulier dans l’habitat d’hivernage. Bien qu’il existe quelques éléments à confirmer (p. ex. la relation entre la probabilité d’occurrence de l’espèce, la latitude et l’altitude de la forêt), les caractéristiques de l’habitat de nidification de l’espèce sont relativement bien connues, les caractéristiques des autres types d’habitat utilisés par l’espèce dans son aire de répartition (habitat en période post-nidification, habitat de migration) sont cependant très peu connues et mériteraient d’être étudiées, car ces habitats pourraient jouer un rôle important dans le rétablissement de l’espèce. Les connaissances relatives à l’habitat d’hivernage doivent aussi être améliorées. Étant donné la disponibilité limitée de cet habitat et les menaces importantes auxquelles il est soumis, la recherche pour améliorer les connaissances sur cet habitat doit être considérée comme une priorité. Les informations sur les routes de migration empruntées par l’espèce et les périodes précises de migration nécessiteraient d’être mieux documentées.

Conservation et gestion

Il existe de nombreuses activités qui peuvent affecter l’habitat de nidification de la Grive de Bicknell. En conséquence, afin de parvenir à en diminuer ou à en atténuer les impacts, il faut mettre en place des mesures de conservation et de gestion de son habitat de nidification. Pour ce faire, il faut adopter une approche qui s’applique à l’échelle du paysageNote 9 de bas de page. Les menaces affectant l’habitat de nidification peuvent varier selon les trois types d’habitats fréquentés par l’espèce, ce qui implique que les mesures de conservation et de gestion à mettre en place devront s’adapter à chacun de ces types d’habitats en tenant notamment compte de la dynamique des habitats, du temps de succession, de la taille et de la configuration de l’habitat. Une attention particulière devra être apportée pour établir la superficie minimale d’habitat requise pour favoriser le rétablissement de l’espèce. Il faudra aussi limiter le plus possible les aménagements (parcs éoliens, tours de télécommunication, centres de ski et autres) sur les sommets de montagnes occupés par l’espèce. Bien que les impacts du broutage excessif par l’orignal sur l’espèce ne soient pas encore bien connus, il est clair qu’ils devront être abordés aux moments et aux endroits où cela s’avérera nécessaire. Les autres menaces (actuellement peu préoccupantes ou potentielles) devront, si nécessaire, être abordées.

La conservation et la gestion de l’habitat de nidification ne pourront permettre le rétablissement de la Grive de Bicknell si aucune mesure n’est prise pour son habitat d’hivernage, dont la disponibilité est considérée comme un important facteur limitatif pour l’espèce. Les menaces qui pèsent sur cet habitat, en particulier l’agriculture de subsistance, l’exploitation forestière et les incendies d’origine humaine, sont très préoccupantes et l’amélioration de la situation représente un véritable défi. Elle demande une collaboration à l’échelle internationale tant pour combler les lacunes dans les connaissances que pour la planification et la mise en œuvre des mesures pour conserver, améliorer et, si nécessaire, restaurer cet habitat. Une fois que la recherche aura permis de combler les lacunes dans les connaissances relatives à l’habitat de post-nidification et l’habitat de migration, il faudra, au besoin, déterminer et mettre en œuvre les mesures qui s’imposent. L’ensemble de ces mesures devrait avoir un effet positif sur les autres espèces en péril dont les besoins en matière d’habitat rejoignent ceux de la Grive de Bicknell (voir Annexe D).

L’ensemble des menaces qui affectent directement la Grive de Bicknell se doit d’être considéré en vue d’en éliminer, d’en réduire ou d’en atténuer les effets négatifs sur l’espèce. La prédation par les rats qui survient sur les aires d’hivernage en est un exemple, tout comme les risques de collisions avec les tours de communication ou les éoliennes. La présence de contaminant dans l’environnement comme le mercure, le plomb et les pluies acides soulève des inquiétudes et il faudra trouver et mettre en œuvre les mesures appropriées pour en limiter les conséquences nuisibles à l’espèce.

Éducation, sensibilisation, intendance et partenariat

Tel que mentionné en introduction à cette section, le rétablissement de la Grive de Bicknell requiert la collaboration et l’engagement de toutes les parties concernées, tant les gouvernements et les industries, que les collectivités et propriétaires fonciers.

La collaboration à l’échelle internationale est primordiale, en raison des menaces importantes qui pèsent sur l’habitat d’hivernage. Pour améliorer la situation sur les aires d’hivernage, il est important de réduire au maximum toutes nouvelles pertes d’habitat, d’assurer la protection de l’habitat encore favorable à l’espèce et, si possible, d’en accroître la superficie. À ce chapitre, le Groupe international pour la conservation de la Grive de Bicknell (GICBC), auquel participent plusieurs organisations et experts du Canada, est un élément clé. Le GICBC a élaboré un plan de conservation pour l’espèce et travaille déjà à sa mise en œuvre y compris à certains éléments du présent programme de rétablissement. Il travaille aussi au financement nécessaire pour aider à la mise en œuvre des mesures de rétablissement dans les pays des Grandes Antilles.

Il faut identifier les intervenants clés concernés par la Grive de Bicknell avec qui établir un dialogue pour trouver et appliquer les solutions les plus adéquates aux menaces affectant la Grive de Bicknell. Des stratégies d’intendances et des outils appropriés doivent être développés pour rejoindre efficacement les intervenants. Il faut notamment faire connaître les besoins de l’espèce aux intervenants clés et travailler conjointement avec eux pour établir les méthodes d’intervention dans l’habitat de l’espèce qui favoriseront la conservation de l’habitat. Des guides de bonnes pratiques ont déjà été préparés ou sont en élaboration pour les activités forestières.Ces guides pourraient au besoin être bonifiés et des initiatives similaires devront être développées pour aborder les autres menaces.

L’acceptation sociale des mesures nécessaires à la conservation de l’habitat de la Grive de Bicknell passe par une meilleure connaissance du public de l’existence de l’espèce et de ses besoins en habitat. En plus d’une sensibilisation du grand public, il faut aussi miser sur la participation des intervenants dédiés à la conservation de l’environnement pour participer à la collecte de données par l’entremise d’activités d’inventaire et de suivi de l’espèce. Des initiatives existent déjà qui permettent la participation du public, notamment le Programme de suivi des oiseaux nichant en altitude et eBird.

Loi et politique

Des interdictions générales associées à la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs et de ses règlements protègent également les adultes, les jeunes, les nids et les oeufs de la Grive de Bicknell partout au Canada, peu importe la tenure des terres. Pendant la période de nidification, les activités potentiellement destructrices ou perturbatrices devraient être évitées aux endroits où il est probable de trouver l’espèce (Environnement Canada, 2014).

Dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, la promotion de la conformité avec la législation et les politiques devrait être une priorité. Actuellement, plusieurs moyens légaux existent afin de protéger la Grive de Bicknell et son habitat au Canada (ex.: lois sur les espèces en péril). Il faut poursuivre la mise en oeuvre des politiques et programmes environnementaux existants sur la réduction des composés responsables des pluies acides et de l’accumulation de mercure ainsi que des politiques et programmes existants sur les aménagements en milieu naturel (p. ex. parcs éoliens, tours de télécommunication, etc.), et développer des politiques et programmes appropriés là où des lacunes existent. Il est primordial que ces moyens soient utilisés à leur plein potentiel pour la protection de la Grive de Bicknell.

7 Habitat essentiel

La LEP définit l'habitat essentiel comme « … l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite...». En vertu de l’alinéa 41(1) c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et énoncer des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes du sous-alinéa 41(1)c)(1) de la LEP, un programme de rétablissement doit également comporter un calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel de l’espèce lorsque l’information accessible est insuffisante, comme c’est le cas pour la Grive de Bicknell.

7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

En se servant de la meilleure information disponible, l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement. Les connaissances actuelles ne permettent pas de désigner l’ensemble de l’habitat essentiel  jugé nécessaire au rétablissement de l’espèce. Il manque notamment des informations sur l’habitat utilisé en période post-nidification et sur la superficie nécessaire au rétablissement et à la survie de la Grive de Bicknell à l’échelle du paysage. À mesure que de nouvelles connaissances deviendront accessibles, les limites de l’habitat essentiel pourraient être révisées et de nouvelles unités d’habitat essentiel pourraient être désignées. Un calendrier décrivant les études requises pour achever la désignation de l’habitat essentiel de l’espèce (section 7.2) est également inclus.

L'habitat essentiel est désigné aux endroits où les critères d'occupation de l’habitat et les caractéristiques biopyhsiques de l’habitat convenable expliqués dans les sections suivantes sont remplis.

7.1.1 Occupation de l’habitat

La Grive de Bicknell a une répartition de nature contagieuse, en ce sens qu’au lieu de se répartir uniformément dans l’habitat convenable, elle a plutôt l’habitude de se regrouper là où des individus de son espèce sont déjà présents (Y. Aubry, comm. pers., 2016). Les domaines vitaux des mâles se superposent largement et sont répartis autour du domaine vital d’une ou de plusieurs femelles (Collins, 2007; Aubry, et al., 2011). La présence d’un oiseau suppose alors que plusieurs autres individus sont également présents dans les alentours. Il est donc important d’établir la définition d’occupation de l’habitat en utilisant les observations connues de l’espèce comme point de référence.

La Grive de Bicknell occupe un habitat de peuplements forestiers denses où il est difficile d’obtenir des observations permettant de confirmer la nidification. La majorité des données existantes est donc constituée d’oiseaux entendus en période de nidification, ce qui correspond à un comportement de nicheur possible (voir l’annexe B pour les définitions). L’occupation de l’habitat sera établie en utilisant les mentions de nidification possible et celles d’un niveau de certitude plus grand, soit les mentions de nidification probable et confirmée (voir l’annexe B pour les définitions). Ces mentions constituent de bons indicateurs de l’occupation de l’habitat et de son caractère convenable.

L’occupation de l’habitat sera déterminée à partir de toutes les mentions de nidification de l’espèce, obtenues lors d’au moins une saison de reproduction (1er juin au 15 août) dans un habitat convenable. Considérant que la Grive de Bicknell a été élevée au rang d’espèce en 1995 (American Ornithologist’ Union, 1995) et que cette reconnaissance a déclenché à la même période le début des travaux d’inventaire sur son aire de reproduction au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, toutes les mentions connues de nidification de 1995 à 2014 sont considérées pour définir l’occupation de l’habitat.

7.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable

Ce critère de désignation de l’habitat essentiel fait référence aux caractéristiques biophysiques des différents habitats dans lesquels les individus peuvent réaliser les activités liées à la reproduction (par exemple, la pariade, la défense du territoire, la construction d’un nid et l’alimentation) au Canada. Comme la probabilité d’occupation d’un site par la Grive de Bicknell est liée à l’interaction entre la qualité de l’habitat à l’échelle du site et à celle du paysage (Frey et al., 2012), il importe de considérer les deux échelles pour définir les caractéristiques de l’habitat convenable. L’échelle du site se définie par les caractéristiques de l’habitat qui se mesurent au site de nidification. Par ailleurs, l’échelle du paysage est associée à la dynamique spatio-temporelle des composantes biologiques et physiques affectant de vastes régions.

Les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable de la Grive de Bicknell pour y réaliser ses activités à l’échelle du site sont généralement définies par des peuplements de résineux (constituant 75 % de la surface terrière du peuplement) ou des peuplements mélangés à dominance résineuse (constituant 50-75 % de la surface terrière du peuplement (MRNF, 2011)) très denses, peu fragmentés et dominés par le sapin baumier. D’une façon plus détaillée, les caractéristiques biophysiques à l’échelle du site correspondent aux définitions suivantes pour chacun des trois types d’habitat de nidification présent à l’échelle du paysage :

  • Forêt montagnarde de haute altitude (altitude ≥ 750 m au Nouveau-Brunswick, ≥ 440 m en Nouvelle-Écosse et ≥ 600 m au Québec)
    • Peuplements forestiers résineux denses (entre 10 000 et 50 000 tiges/ha), généralement non aménagés à des fins d’exploitations forestières. Ils peuvent être caractérisés par des sapinières, affectées par une mortalité en vague, en régénération. Sur certains sites, comme les crêtes exposées aux intempéries ou à la lisière d’ouvertures créées par l’homme, ils peuvent être caractérisés par la présence de sapins rabougris en raison des vents forts et de l’accumulation élevée de neige et de glace en hiver. Ces peuplements   sont également caractérisés par la faible hauteur des arbres à maturité et un faible taux de croissance, dus aux rigueurs du climat en altitude. Dans ces milieux, le sapin baumier peut parfois être accompagné, en nombre moindre, de bouleaux à papier (Betula papyrifera), d’épinettes rouges, d’épinettes blanches (Picea glauca), d’épinettes noires, de sorbiers et d’autres essences feuillues.
  • Forêt sous aménagement forestier de haute altitude (altitude minimale ≥ 380 m)
    • Peuplements forestiers résineux et denses (10 000 à 50 000 tiges/ha), généralement aménagés à des fins d’exploitation forestière, caractérisés par la présence de chicots de conifères encore debout et une repousse dense de sapin baumier, à la suite d’une perturbation anthropique ou naturelle, depuis le stade gaulisNote 10 de bas de page, d’une hauteur de plus de 2 à 3 m jusqu’à un stade où la structure et la densité deviennent non convenable. Sur certains sites dans les Maritimes, la présence à forte densité de petites tiges de bouleaux à papier et la présence au sol de litières composées de feuilles mortes semblent être des composantes importantes de l’habitat (Nixon et al., 2001; Campbell et Whittam, 2006);
      Ou
    • Peuplements forestiers mixtes (50 à 75 % de résineux) et denses (entre 10 000 à 50 000 tiges/ha), généralement aménagés à des fins d’exploitation forestière, caractérisées par une repousse à dominance de sapins baumiers faisant suite à des coupes totales, des feux ou autres perturbations.
  • Forêt des basses terres côtières (altitude < 380 m)
    • Peuplements denses de sapins et d’épinettes (entre 10 000 à 50 000 tiges/ha) de type forêt maritimes, généralement peu ou pas exploités pour la foresterie et localisés là où le vent frais du large et les précipitations élevées reproduisent les caractéristiques des peuplements forestiers de haute altitude.

À l’échelle d’un site, un habitat de nidification actuellement convenable peut devenir non convenable à la nidification de la Grive de Bicknell à mesure que le peuplement vieillit ou que ce dernier est l’objet de perturbations naturelles ou anthropiques. En raison de ce dynamisme spatio-temporel de l’habitat et du fait que l’espèce a tendance à avoir une répartition contagieuse (Y. Aubry, comm. pers., 2016), il faut maintenir une disponibilité d’habitat convenable non seulement à l’échelle d’un site de nidification, mais aussi à une échelle du paysage. Se faisant, en utilisant l’échelle du paysage, il est possible de maintenir de l’habitat convenable aux deux niveaux d’échelle.  Il doit aussi inclure les habitats qui, bien qu’ils n’ont actuellement pas les caractéristiques biophysiques favorables à l’espèce, possèdent le potentiel d’évoluer vers un habitat convenable, le tout afin de garantir une disponibilité constante de l’habitat convenable dans le temps et dans l’espace. En conséquence, les peuplements à l’intérieur d’un rayon de 5 km d’une mention connue de la Grive de Bicknell ayant une dominance de sapin baumier, mais dont la densité des tiges ou la structure n’est pas adéquate, puisqu’ils sont trop jeunes ou devenus trop vieux, sont aussi considérés comme un habitat essentiel s’ils ont le potentiel de se régénérer en habitat convenable dans le processus naturel de succession végétale. De même, les superficies localisées à l’intérieur d’un rayon de 5 km d’une mention connue de la Grive de Bicknell, qui ont été perturbées (par ex. : exploitation forestière, chablis) et qui sont susceptibles de se régénérer en un type de peuplement ayant les essences et la densité de tiges adéquates, sont aussi de l’habitat essentiel.

Pour assurer l’atteinte des objectifs de rétablissement, il faut qu’une superficie minimale d’habitat convenable soit maintenue à l’échelle du paysage et que des objectifs adéquats de conservation à l’échelle du paysage soient développés. Le manque de connaissances actuel ne permet pas d’établir de façon précise la superficie minimale d’habitat et les objectifs adéquats de conservation. Une activité a été incluse dans le calendrier des études (section 7.2) afin de pallier ce manque de connaissances. Ces informations sont aussi importantes pour permettre une meilleure évaluation de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel.

Tel que mentionné ci-dessus, à l’échelle du paysage, la superficie de l’habitat convenable qui doit être considérée comme habitat essentiel pour les forêts montagnardes de haute altitude, pour les forêts sous aménagement forestier de haute altitude et pour les forêts des basses terres côtières demeure incertaine. Cependant, une étude réalisée sur la Grive de Bicknell dans un environnement de forêt montagnarde de haute altitude au Vermont a permis d’estimer que, lorsque la proportion d’habitat convenable dans un rayon de 5 km centré sur une parcelle d’environ 600 ha d’habitat convenable atteint un seuil minimum de 0,10 (10 %), la probabilité de présence de l’espèce est approximativement de 1.0 (100 %) (Frey et al., 2012). Cette étude indique que la probabilité d’occupation d’un habitat convenable est fonction de l’interaction entre les conditions d’habitat à l’échelle d’un site de nidification et à l’échelle du paysage. En se référant à cette étude, bien qu’elle ait été réalisée uniquement en milieu de forêt montagnarde de haute altitude et bien qu’il ne soit pas possible d’appliquer rigoureusement les conditions de réalisation de l’étude de Frey et al., (2012), il a été décidé d’adopter un rayon de 5 km autour d’une mention de présence de nidification de l’espèce comme limite pour désigner l’habitat essentiel, et ce pour les trois types d’habitat de nidification de la Grive de Bicknell. L’utilisation d’une superficie de 5 km autour des mentions de nidification possible, probable et confirmée de Grive de Bicknell correspond avantageusement aux superficies d’habitat potentiel identifiées par le modèle d’habitat réalisé par le Vermont Center for Ecostudies (Lambert et al., 2005), lorsque ce dernier est appliqué au Canada (Y. Aubry, comm. pers., 2015), ce qui contribue à appuyer le choix d’établir la limite de l’habitat essentiel à un rayon de 5 km. Il a été déterminé qu’une superficie d’un rayon de 5 km est de nature à assurer la présence à long terme d’habitat convenable à l’espèce, dans un contexte où la répartition de cet habitat est dynamique dans le temps et dans l’espace. Par ailleurs, pour déterminer si le choix d’utiliser un rayon de 5 km pour désigner l’habitat essentiel est suffisamment vaste pour bien inclure tout l’habitat convenable, une activité a été inscrite en ce sens au calendrier des études (section 7.2).

Les caractéristiques biophysiques de l’habitat en période post-nidification ne sont pas connues. Une activité est inscrite au calendrier des études de la section 7.2 pour indiquer la nécessité de parfaire nos connaissances à ce sujet avant d’être en mesure de désigner de l’habitat essentiel pour cette période. Il en est de même au sujet des connaissances relatives à la structure sociale de l’espèce. Une meilleure connaissance de l’influence du comportement social de l’espèce dans la sélection et l’utilisation de l’habitat pourra améliorer la désignation de l’habitat essentiel.

7.1.3 Application des critères de désignation de l’habitat essentiel

L’habitat essentiel de la Grive de Bicknell est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement. Il correspond aux superficies d’habitat convenable et à celles qui ont le potentiel de le devenir, contenu à l’intérieur d’un polygone d’un rayon de 5 km centré sur toutes coordonnées représentant une mention de nidification possible, probable ou confirmée obtenue entre le 1er juin et le 15 août, au cours de la période de 1995 à 2014. Lorsque les polygones de 5 km de rayon se chevauchent, ils sont alors fusionnés pour constituer un seul polygone. Chacun de ces polygones représente une unité d’habitat essentiel. Un calendrier des études (tableau 4) fait état des activités nécessaires pour compléter la désignation de l’habitat essentiel.

L’application des critères décrits aux sections 7.1.1 et 7.1.2 permet de désigner un total de 58 unités d’habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Canada, soit 43 au Québec, 11 au Nouveau-Brunswick et 4 en Nouvelle-Écosse. Les unités de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Canada sont présentées à l’Annexe C (tableaux C-1, C-2 et C-3 ainsi qu’aux figures C-1 à C -12). L'habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Canada se trouve à l’intérieur des polygones ombrés en jaune présentés sur chaque carte, là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés dans la présente section sont respectés. De plus amples renseignements sur l’habitat essentiel peuvent être obtenus, à des fins de protection de l’espèce et de son habitat et sur justification, auprès d’Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.

Les constructions humaines existantes (par ex. : tours de communication, éoliennes, routes, maisons, pistes de ski) et les autres zones qui ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable de la Grive de Bicknell ne sont pas désignées comme habitat essentiel.

7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Les connaissances actuelles ne permettent pas de désigner la totalité de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell. Le tableau 4 décrit les activités qui doivent être réalisées pour compléter sa désignation ou pour en préciser les limites. Ainsi, il est important de déterminer si la décision de désigner l’habitat essentiel à l’aide d’un rayon de 5 km est suffisante pour atteindre les objectifs en matière de population et répartition. Il importe aussi d’établir les superficies minimales d’habitat convenable à maintenir à l’échelle du paysage pour chacun des trois types d’habitat de nidification, afin que l’habitat essentiel puisse bien jouer son rôle dans le rétablissement de la Grive de Bicknell. La désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour dans une version révisée du programme de rétablissement ou dans un plan d’action, une fois que les nouvelles connaissances permettront de préciser l’habitat essentiel nécessaire pour atteindre les objectifs.

Tableau 4. Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel
Description de l’activitéJustificationÉchéancier
Vérifier si la superficie d’un rayon de 5 km autour d’une observation est suffisante pour atteindre les objectifs en matière de population et répartition.Cette activité est nécessaire afin de pouvoir mieux appuyer le choix de désigner l’habitat essentiel en se basant sur un rayon de 5 km. Sa réalisation permettra de déterminer s’il faut en étendre la superficie.2016-2021
Établir les superficies minimales d’habitat convenable à maintenir pour les trois types d’habitat de nidification.Cette activité est nécessaire afin de déterminer, pour chacun des trois types d’habitat de nidification, les superficies minimales d’habitat convenable à maintenir, pour atteindre les objectifs en matière de population et répartition.2016-2021
Fixer des critères de conservation de l’habitat à l’échelle du paysage.Cette activité est nécessaire afin d’établir les meilleurs critères de conservation ou les seuils d’intervention à mettre en place, pour par la suite en vérifier l’efficacité, ce qui pourrait avoir une influence sur la désignation de l’habitat essentiel.2016-2021
Améliorer les connaissances relatives à la structure sociale de l’espèce.Cette activité est nécessaire afin de préciser comment le comportement de la Grive de Bicknell influence la sélection de l’habitat, son utilisation et la productivité. Cette connaissance aidera à préciser la superficie d’habitat essentiel requise à l’atteinte des objectifs en matière de population et répartition.2016-2021
Caractériser l’habitat convenable utilisé par l’espèce en période de post-nidification et en vérifier l’utilisation.Cette activité est nécessaire en vue de désigner des unités d’habitat essentiel additionnelles, car à ce jour très peu d’information existe pour identifier et caractériser l’habitat utilisé par l’espèce en période post-nidification.2016-2021

7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de l’habitat essentiel. La destruction est déterminée au cas par cas. Il y a destruction lorsqu’il y a dégradation d’une partie de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque l’espèce en a besoin. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.

La Grive de Bicknell a besoin comme habitat de nidification une forêt dense (plus de 10 000 tiges/ha). Les activités susceptibles de réduire la densité des tiges sont de nature à détruire ou à dégrader l’habitat essentiel. Les activités qui mènent à l’élimination des sapinières denses ont aussi le même effet.

L'habitat essentiel de la Grive de Bicknell en forêt sous aménagement forestier de haute altitude est par définition même soumis à des activités d’aménagement forestier, lesquelles peuvent avoir des effets similaires aux régimes de perturbations naturelles, en générant les conditions favorables à la création d’habitats convenables à l’espèce. Il sera important que la gestion forestière prenne en compte les besoins de la Grive de Bicknell et qu'elle procède de manière à maintenir suffisamment d’habitat convenable à l’intérieur des unités d’habitat essentiel pour favoriser l’atteinte des objectifs de population et de répartition.

Étant donné la nature dynamique de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Canada, des superficies d’habitat essentiel qui perdent leur caractère convenable en raison du processus de vieillissement de la forêt ou en raison d’interventions humaines, peuvent être remplacées par d’autres superficies d’habitat actuellement non convenable, mais qui ont le potentiel de devenir convenable. Ce remplacement peut se faire par le processus naturel de succession végétale ou par la mise en place de mesures de gestion qui favorise directement la présence de sapinières denses (entre 10 000 et 50 000 tiges/ha). Ainsi, à l’intérieur de la superficie de 5 km de rayon contenant l’habitat essentiel, il est important que la planification des interventions humaines se fasse en ayant comme objectif de maintenir en tout temps une superficie d’habitat essentiel apte à favoriser l’atteinte des objectifs de population et de répartition.

Le maintien, le plus longtemps possible, des sapinières denses en forêt sous aménagement forestier de haute altitude actuellement utilisées par la Grive de Bicknell, doit aussi être favorisé pour assurer un habitat de nidification de qualité. Là où des interventions humaines sont effectuées, par exemple des travaux d’aménagement forestier, il importe qu’à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel les traitements forestiers prévus maintiennent une disponibilité dans le temps de sapinières denses (plus de 10 000 tiges/ha lorsque le peuplement atteint le stade de gaulis). Pour ce faire, il faut que les traitements forestiers appropriés soient appliqués sur les stations propices afin de favoriser un retour des sapinières denses.

La liste ci-dessous donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Les activités décrites au tableau 5 ne représentent pas une liste complète; leur choix a été guidé par les menaces évaluées et décrites à la section 4 (Menaces) du présent programme de rétablissement. Pour certaines activités, la détermination de seuils pourrait permettre de décrire de façon plus précise les différents aspects susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel par une activité particulière.

Tableau 5. Exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
Description de l’activitéDescription de l’effetDétails de l’effet
Éclaircie précommerciale

Impact direct sur l’habitat essentiel, qu’il soit considéré comme de l’habitat convenable ou de l’habitat potentiel convenable.

Comme la Grive de Bicknell fréquente les forêts avec une forte densité de tiges (entre 10 000 et 50 000 tiges/ha), une forêt ayant subi une réduction de la densité de tiges à moins de 10 000 tiges/ha ne possède plus les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel pour l’espèce.

Destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins requis pour l’espèce en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, il pourrait être déterminé qu’une éclaircie précommerciale réalisée en dehors de la période de nidification pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme des opérations forestières assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Une éclaircie précommerciale réalisée dans un habitat connu pour avoir été récemment occupé par la Grive de Bicknell serait considérée comme une activité susceptible de détruire l’habitat essentiel.

Coupes totales et coupes de jardinage

Impact direct sur l’habitat essentiel en réduisant  la quantité d’habitats convenables disponibles.

Certains types de traitements peuvent réduire la densité des tiges et créer des ouvertures du couvert des peuplements, ce qui réduit la superficie ou modifie l’habitat de nidification convenable de la Grive de Bicknell. Plus les superficies traitées sont vastes, plus la perte d’habitat est accentuée et plus les risques d’homogénéisation du paysage augmentent.

Dans les peuplements mixtes (à dominance de sapin), la récolte forestière peut favoriser la régénération des essences feuillues au détriment de celle du sapin.

À la suite de certains traitements (coupes partielles, nettoiement et dégagement) dans les sapinières denses, la composition des peuplements peut être modifiée en raison de l’augmentation de la présence d’épinettes ou d’espèces feuillues, ce qui modifie les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel.

Ces types de traitement (par exemple coupe totale) ne s’effectuent normalement pas dans l’habitat convenable. Toutefois, la planification de ces traitements va influencer la disponibilité de l’habitat convenable à l’échelle du paysage au fil du temps et dans l’espace.

Ces types de traitement ont le potentiel d’avoir un impact direct sur la disponibilité de l’habitat convenable potentielle, si les traitements sylvicoles effectués mènent à des superficies traitées n’ayant plus les essences d’arbres et la densité convenables.  

Dégradation ou destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, une coupe totale ou une coupe de jardinage pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme des opérations forestières assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Contrôle des insectes ravageurs (p.ex. tordeuse des bourgeons de l’épinette)

Impact direct sur l’habitat essentiel, qu’il soit considéré comme de  l’habitat convenable ou de l’habitat potentiel convenable.

Les activités forestières qui visent à diminuer la repousse en sapin, afin de réduire l’intensité et les superficies d’habitat touché par les insectes ravageurs, sont de nature à réduire les superficies d’habitat essentiel à la Grive de Bicknell.

Dégradation ou destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, le contrôle des insectes ravageurs pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme des opérations forestières assurerait une disponibilité suffisante d’habitat essentiel au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Plantations

Impact direct sur l’habitat  essentiel considéré comme de l’habitat potentiel convenable.

Les plantations mènent à une densité de tiges ou des essences, qui ne créent pas les attributs biophysiques requis pour en faire de l’habitat essentiel.

Les plantations ont comme impact direct d’influencer la disponibilité de l’habitat essentiel à l’échelle du paysage, au fil du temps et dans l’espace.

Destruction de l’habitat essentiel

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, les plantations et l’application d’herbicides (voir également l’activité suivante) pourraient ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme des opérations forestières assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Traitements d’éducation et d’assainissement

Impact direct sur l’habitat essentiel,  considéré comme de l’habitat  potentiel convenable et impact direct sur la disponibilité de l’habitat essentiel considéré  comme de l’habitat convenable.

Les traitements d’éducation et d’assainissement (dégagement mécanique et application d’herbicides) sont souvent faits dans des plantations ou des peuplements naturels en régénération. Lorsque ces activités sont effectuées sur des peuplements en régénération naturels, elles diminuent la densité des peuplements et réduisent la disponibilité d’habitat convenable.

Lorsqu’appliquées à des plantations, elles n’ont pas d’effet sur l’habitat essentiel, puisque les plantations ne sont pas considérées de l’habitat convenable ou de l’habitat convenable potentiel.

L’application d’herbicide et les autres mesures de contrôle de la végétation ont également un impact sur la densité des peuplements, sur les essences présentes dans les peuplements immédiatement après les traitements et sur le développement des peuplements. La quantité d’habitats convenables et d’habitats convenables potentiels peut alors être affectée.

Dégradation ou destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, les traitements d’éducation et d’assainissement  réalisés en dehors de la période de nidification pourraient ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme des opérations forestières assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Une activité de gestion de la végétation réalisée dans un habitat connu pour avoir été récemment occupé par la Grive de Bicknell serait considérée comme une activité susceptible de détruire l’habitat essentiel.

Construction de chemins forestiers ou construction de routes d’accès

Impact direct sur l’habitat essentiel en réduisant la quantité d’habitats convenables disponibles.

Ces infrastructures créent des ouvertures dans l’habitat et causent de la fragmentation d’habitat. Il y a aussi une perte nette de la superficie d’habitat convenable. Les modifications de l’habitat deviennent permanentes et irréversibles.

Destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, la construction de chemins forestiers ou la construction de routes d’accès réalisée en dehors de la période de nidification pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme du développement du territoire assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Les chemins forestiers et les routes d’accès existants ne sont pas inclus dans la désignation de l’habitat essentiel; en conséquence les travaux d’entretien des chemins ne sont pas considérés comme une activité susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Construction de lignes de transport d’énergie

Impact direct sur l’habitat essentiel en réduisant  la quantité d’habitats convenables disponibles.

Ces infrastructures créent des ouvertures dans l’habitat et causent de la fragmentation d’habitat. Il y a aussi une perte nette de la superficie d’habitat convenable. Les modifications de l’habitat deviennent permanentes et irréversibles.

Destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, la construction de lignes de transport d’énergie réalisée en dehors de la période de nidification pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme du développement du territoire assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

L’entretien des lignes de transports d’énergie existantes n’est pas considéré comme une activité susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Déboisement pour emprise des éoliennes ou de tours de communication

Impact direct sur l’habitat essentiel, en réduisant la quantité d’habitats convenables disponibles.

Ces infrastructures créent des ouvertures dans l’habitat et causent de la fragmentation d’habitat. Il y a aussi une perte nette de la superficie d’habitat convenable. Les modifications de l’habitat deviennent permanentes et irréversibles. 

Destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, le déboisement pour l’emprise d’éoliennes ou de tours de communication, réalisé en dehors de la période de nidification, pourrait ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme du développement du territoire assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

L’entretien des espaces déjà déboisés autour des éoliennes et des tours de communications ne sont pas considérés comme une activité susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Développement de sentiers ou de centres de ski

Impact direct sur l’habitat essentiel en réduisant  la quantité d’habitats convenables disponibles.

La création de sentiers ou de pistes de ski exige la coupe des peuplements dans les zones visées par ces aménagements.

Les modifications de l’habitat deviennent permanentes et irréversibles.

Destruction de l’habitat essentiel.

Une fois que les besoins en matière d’habitat à l’échelle du paysage seront déterminés, le développement de sentiers ou de centres de ski, réalisé en dehors de la période de nidification, pourrai ne pas conduire à la destruction de l’habitat essentiel dans la mesure où la planification à long terme du développement du territoire assurerait une disponibilité suffisante d’habitat convenable au fil du temps et à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

L’entretien des espaces déjà déboisés des sentiers et des centres de ski n’est pas considéré comme une activité susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

8 Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Les indicateurs de rendement du rétablissement de la Grive de Bicknell sont les suivants :

Court terme

  1. le déclin de la population de la Grive de Bicknell est ralenti de sorte que les effectifs canadiens de cette espèce n’ont pas déclinés de plus de 10 % de 2016 à 2026;
  2. il n’y a aucune perte de la zone d’occupation biologique dans l’ensemble de son aire répartition au Canada de 2016 à 2026.

Long terme

  1. à compter de 2026, une tendance démographique positive sur 10 ans, mesurée par le BBS et d’autres moyens (p. ex. : des relevés ciblés), est atteinte (c.-à-d. les effectifs augmentent);
  2. à compter de 2016, la superficie de la zone d’occupation biologique de l’espèce s’accroît dans son aire de répartition au Canada.

9 Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action exposant les mesures à prendre pour la mise en œuvre du présent programme de rétablissement seront affichés dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant l’affichage de la version finale du présent programme de rétablissement.

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Annexe A: Définitions des cotes de conservation de NatureServe

Le tableau ci-dessous énumère les cotes de conservation attribuées par NatureServe et leur définition. Ces cotes sont accompagnées de la lettre G (cote mondiale, applicable à l’ensemble de l’aire de répartition), N (cote nationale, applicable à l’échelle d’un pays) ou S (cote subnationale, applicable à l’échelle d’une province ou d’un État). L’attribution d’une cote d’intervalle numérique (p. ex. S1S2) reflète l’incertitude entourant la situation de l’espèce ou de la communauté considérée.

Tableau de cote
CoteDéfinition
1Gravement en péril – Espèce ou communauté extrêmement rare (souvent 5 occurrences ou moins) ou touchée par un déclin très marqué ou d’autres facteurs susceptibles d’entraîner sa disparition.
2En péril – Espèce ou communauté rare en raison de son aire de répartition très restreinte, de son très petit nombre de populations (souvent inférieur à 20), du déclin marqué de ses populations ou d’autres facteurs susceptibles d’entraîner sa disparition.
3Vulnérable – Espèce ou communauté dont l’aire de répartition est très restreinte, dont il reste relativement peu de populations (souvent 80 ou moins), qui a subi des déclins récents et répandus et qui est touchée par d’autres facteurs susceptibles d’entraîner sa disparition.
4Apparemment non en péril – Espèce ou communauté peu commune, mais pas rare, qui est préoccupante à long terme à cause d’un déclin de ses populations ou d’autres facteurs.
5Non en péril – Espèce ou communauté commune, répandue et abondante à l’échelle du territoire considéré.
BPopulation reproductrice – La cote de conservation s’applique à la population reproductrice de l’espèce à l’échelle du pays ou de la province ou de l’État.
NPopulation non reproductrice – La cote de conservation s’applique à la population non reproductrice de l’espèce à l’échelle du pays ou de la province ou de l’État.
MPopulation en migration – La cote de conservation s’applique à une espèce migratrice qui fréquente régulièrement certaines haltes migratoires ou points de rassemblement où l’espèce pourrait nécessiter des mesures de conservation. Cette cote de conservation s’applique donc à la population transitoire de l’espèce de passage dans le pays ou l’État ou la province.
NREspèce ou communauté non cotée parce que sa situation n’a pas encore été évaluée.
NASans objet, l’espèce ou la communauté ne se prêtant pas aux activités de conservation.
UActuellement non évalué en raison d’un manque d’information ou d’une contradiction importante dans l’information concernant la situation ou les tendances de l’élément.
?Cote inexacte ou incertaine – indique que la cote numérique est inexacte ou incertaine.

Annexe B: Codes standard des atlas d’oiseaux nicheurs

Nidification possible
Code d’atlashDescription
HEspèce observée pendant sa période de reproduction dans un habitat de nidification propice.
SIndividu chantant ou sons associés à la reproduction (p. ex. cris, tambourinage) entendus pendant la période de reproduction de l'espèce dans un habitat de nidification propice.
Nidification probable
Code d’atlashDescription
PCouple observé pendant la période de reproduction dans un habitat de nidification convenable.
TTerritoire permanent présumé par une observation de comportements territoriaux (chant, etc.) ou par la présence d’un adulte, observé à deux reprises au même endroit, à au moins une semaine d’intervalle et dans un habitat de nidification convenable pendant la période de reproduction.
DParade, incluant les interactions entre un mâle et une femelle ou encore entre deux mâles. Inclus le transfert de nourriture durant la parade et les copulations.
VVisite d’un site de nidification probable.
AComportement agité ou cris d’alarme provenant d’un adulte indiquant la présence d’un nid ou de jeunes à proximité.
BPlaque incubatrice sur une femelle adulte ou protubérance cloacale sur un mâle adulte.
Nidification confirmée
Code d’atlashDescription
NBConstruction d’un nid ou transport de matériel de nidification.
DDComportement de distraction ou feinte de blessure.
NUAncien nid (occupé durant la période de l’atlas) ou présence de coquilles d’œufs. À n’utiliser que pour les nids ou les coquilles d’œufs uniques ou dans les cas non équivoques.
FYJeunes ayant récemment quitté le nid ou jeunes en duvet.
AEAdulte quittant un site de nidification ou arrivant à celui-ci dans des circonstances indiquant l’existence d’un nid actif (y compris les nids dont on ne peut voir le contenu).
FSAdulte transportant un sac fécal.
CFAdulte transportant de la nourriture pour des jeunes pendant la période de reproduction.
NENid contenant un ou plusieurs œufs.
NYNid contenant un ou plusieurs jeunes (vus ou entendus).

h Les codes d’atlas et les descriptions peuvent varier légèrement d’une province à l’autre, mais ont des significations semblables. Les codes d’atlas pour la nidification possible ne sont pas indiqués dans ce tableau.

Annexe C: Habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Canada

Tableau C -1. Description des carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence et des unités d’habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Québec. L’habitat essentiel se trouve là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés.
Code d’identification du carré du quadrillage UTM de référencei de 10 km x 10 kmCoordonnées UTM du carréj
UTM Est
Coordonnées UTM du carréj
UTM Nord
Superficie de l’unité d’habitat essentiel (ha)kRégime foncierl
18VS46440000516000028Non-fédérale
18VS47440000517000099Non-fédérale
18VS5645000051600003093Non-fédérale
18VS5745000051700004675Non-fédérale
18WS215200005110000124Non-fédérale
18WS225200005120000703Non-fédérale
18WS3153000051100002818Non-fédérale
18WS3253000051200006001Non-fédérale
18WS41540000511000035Non-fédérale
18WS425400005120000189Non-fédérale
18WS4354000051300003216Non-fédérale
18WS4454000051400002649Non-fédérale
18WS5155000051100002776Non-fédérale
18WS5255000051200005808Non-fédérale
18WS5355000051300001899Non-fédérale
18WS5455000051400003789Non-fédérale
18WS62560000512000023Non-fédérale
18WS6356000051300001241Non-fédérale
18WS6456000051400004610Non-fédérale
18XQ8968000049900001481Non-fédérale
18XQ98690000498000051Non-fédérale
18XQ9969000049900007105Non-fédérale
18XR90690000500000071Non-fédérale
19CL213200005010000634Non-fédérale
19CL2332000050300002695Non-fédérale
19CL24320000504000076Non-fédérale
19CL3133000050100007519Non-fédérale
19CL3233000050200002295Non-fédérale
19CL3333000050300008863Non-fédérale
19CL343300005040000960Non-fédérale
19CL4134000050100003991Non-fédérale
19CL4234000050200006547Non-fédérale
19CL5135000050100009894Non-fédérale
19CL5235000050200004507Non-fédérale
19CL6236000050200003044Non-fédérale
19CL6336000050300002465Non-fédérale
19CL7237000050200004627Non-fédérale
19CL7337000050300005044Non-fédérale
19CL7537000050500003801Non-fédérale
19CL7637000050600002034Non-fédérale
19CL8538000050500001388Non-fédérale
19CL8638000050600003567Non-fédérale
19CL873800005070000681Non-fédérale
19CL9639000050600005589Non-fédérale
19CL9739000050700001396Non-fédérale
19CM753700005150000171Non-fédérale
19CM76370000516000076Non-fédérale
19CM8438000051400005Non-fédérale
19CM8538000051500009095Non-fédérale
19CM8638000051600007981Non-fédérale
19CM87380000517000077Non-fédérale
19CM9539000051500004191Non-fédérale
19CM9639000051600009043Non-fédérale
19CM9739000051700003941Non-fédérale
19CN0030000052000006Fédérale
19CN0130000052100007134Fédérale
19CN113100005210000738Non-fédérale
19CN1731000052700003167Non-fédérale
19CN1831000052800003599Non-fédérale
19CN233200005230000180Non-fédérale
19CN2432000052400001933Non-fédérale
19CN2532000052500002221Non-fédérale
19CN2632000052600007915Non-fédérale
19CN2732000052700006839Non-fédérale
19CN2832000052800003137Non-fédérale
19CN32330000522000048Non-fédérale
19CN3333000052300009266Non-fédérale
19CN3433000052400009643Non-fédérale
19CN3533000052500007422Non-fédérale
19CN3633000052600007749Non-fédérale
19CN3733000052700005484Non-fédérale
19CN3833000052800000Non-fédérale
19CN4334000052300004751Non-fédérale
19CN4434000052400009561Non-fédérale
19CN4534000052500006096Non-fédérale
19CN4634000052600002369Non-fédérale
19CN4734000052700003506Non-fédérale
19CN4834000052800007570Non-fédérale
19CN4934000052900002342Non-fédérale
19CN523500005220000132Non-fédérale
19CN5335000052300008738Non-fédérale
19CN5435000052400009998Non-fédérale
19CN5535000052500005633Non-fédérale
19CN5735000052700002833Non-fédérale
19CN5835000052800002466Non-fédérale
19CN5935000052900002432Non-fédérale
19CN6336000052300001129Non-fédérale
19CN6436000052400006917Non-fédérale
19CN6536000052500002978Non-fédérale
19CN6836000052800004503Non-fédérale
19CN6936000052900009151Non-fédérale
19CN7737000052700002694Non-fédérale
19CN7837000052800009790Non-fédérale
19CN79370000529000010000Non-fédérale
19CN873800005270000753Non-fédérale
19CN8838000052800001276Non-fédérale
19CN8938000052900005283Non-fédérale
19CN993900005290000219Non-fédérale
19CP1131000053100004859Fédérale
19CP123100005320000889Non-fédérale
19CP2132000053100003383Fédérale
19CP223200005320000200Non-fédérale
19CP303300005300000149Non-fédérale
19CP3133000053100008366Non-fédérale
19CP3233000053200001688Non-fédérale
19CP4034000053000004728Non-fédérale
19CP4134000053100008697Non-fédérale
19CP4234000053200003523Non-fédérale
19CP5035000053000002337Non-fédérale
19CP5135000053100001006Non-fédérale
19CP523500005320000291Non-fédérale
19CP583500005380000636Non-fédérale
19CP59350000539000030Non-fédérale
19CP6036000053000009761Non-fédérale
19CP6136000053100007730Non-fédérale
19CP673600005370000246Non-fédérale
19CP6836000053800009545Non-fédérale
19CP6936000053900002774Non-fédérale
19CP7037000053000003612Non-fédérale
19CP713700005310000490Non-fédérale
19CP7737000053700004697Non-fédérale
19CP7837000053800006788Fédérale
19CP793700005390000249Non-fédérale
19CP8038000053000006739Non-fédérale
19CP813800005310000228Non-fédérale
19CP823800005320000249Non-fédérale
19CP8738000053700003530Non-fédérale
19CP8838000053800004487Non-fédérale
19CP9039000053000004449Non-fédérale
19CP9139000053100006005Non-fédérale
19CP9239000053200006622Non-fédérale
19CP963900005360000180Non-fédérale
19CP9739000053700003867Non-fédérale
19CP9839000053800002383Non-fédérale
19CQ613600005410000775Non-fédérale
19CQ703700005400000491Non-fédérale
19CQ7137000054100006583Non-fédérale
19DM064000005160000576Non-fédérale
19DM074000005170000503Non-fédérale
19DP014000005310000556Non-fédérale
19DP0240000053200001818Non-fédérale
19DP0640000053600005024Non-fédérale
19DP0740000053700009748Non-fédérale
19DP0840000053800008965Non-fédérale
19DP1641000053600003648Non-fédérale
19DP1741000053700005101Non-fédérale
19DP1841000053800005267Non-fédérale
19DS9349000056300002518Non-fédérale
19DS944900005640000850Non-fédérale
19EP855800005350000339Non-fédérale
19EP8658000053600003388Non-fédérale
19EP955900005350000419Non-fédérale
19EP9659000053600004736Non-fédérale
19ER075000005570000138Non-fédérale
19ER0850000055800004228Non-fédérale
19ER17510000557000081Non-fédérale
19ER1851000055800003398Non-fédérale
19ES0350000056300003288Non-fédérale
19ES0450000056400001190Non-fédérale
19FP4964000053900002989Non-fédérale
19FP5965000053900003710Non-fédérale
19FP696600005390000114Non-fédérale
19FP9769000053700005084Non-fédérale
19FP9869000053800002092Non-fédérale
19FQ4064000054000002582Non-fédérale
19FQ5065000054000009746Non-fédérale
19FQ5165000054100001860Non-fédérale
19FQ6066000054000008458Non-fédérale
19FQ6166000054100007771Non-fédérale
19FQ626600005420000397Non-fédérale
19FQ7167000054100006886Non-fédérale
19FQ7267000054200001988Non-fédérale
19FQ8168000054100002382Non-fédérale
19FQ8268000054200008793Non-fédérale
19FQ83680000543000030Non-fédérale
19FQ9169000054100006205Non-fédérale
19FQ9269000054200009456Non-fédérale
19FQ93690000543000019Non-fédérale
19FS0160000056100008Non-fédérale
19FS0260000056200006459Non-fédérale
19FS0360000056300003258Non-fédérale
19FS1261000056200003001Non-fédérale
19FS136100005630000767Non-fédérale
19FT0160000057100004644Non-fédérale
19FT0260000057200002580Non-fédérale
19FT116100005710000466Non-fédérale
19FT126100005720000158Non-fédérale
19GP0770000053700004131Non-fédérale
19GP0870000053800004893Non-fédérale
19GP17710000537000062Non-fédérale
19GP187100005380000119Non-fédérale
19GQ00700000540000034Non-fédérale
19GQ0170000054100005002Non-fédérale
19GQ0270000054200008979Non-fédérale
19GQ10710000540000019Non-fédérale
19GQ1171000054100008075Non-fédérale
19GQ1271000054200008640Non-fédérale
19GQ1371000054300004711Non-fédérale
19GQ2072000053999994Non-fédérale
19GQ21720000541000095Non-fédérale
20KU9929000053900004791Non-fédérale
20KV70279330540000012Non-fédérale
20KV71279727541000094Non-fédérale
20KV8028000054000001013Non-fédérale
20KV8127999754100008229Non-fédérale
20KV8228011954200005669Non-fédérale
20KV8328051454300007542Non-fédérale
20KV8428090954399990Non-fédérale
20KV902900005400000149Non-fédérale
20KV9129000054100005544Non-fédérale
20KV9229000054200004588Non-fédérale
20KV9329000054300004324Non-fédérale
20KV9429000054400002Non-fédérale
20LU0930000053900002880Non-fédérale
20LV00300000540000037Non-fédérale
20LV0130000054100001599Non-fédérale
20LV0230000054200003949Non-fédérale
20LV0330000054300001448Non-fédérale
20LV0530000054500003689Non-fédérale
20LV1131000054100002850Non-fédérale
20LV12310000542000010007Non-fédérale
20LV1331000054300005851Non-fédérale
20LV1531000054500004153Non-fédérale
20LV21320000541000050Non-fédérale
20LV2232000054200005615Non-fédérale
20LV2332000054300001936Non-fédérale
20LV63360000543000026Non-fédérale
20LV7337000054300008480Non-fédérale
20LV743700005440000521Non-fédérale
20LV833800005430000804Non-fédérale
20MA78470000558000097Non-fédérale
20MA794700005590000116Non-fédérale
20MA8848000055800003699Non-fédérale
20MA8948000055900003966Non-fédérale
20MU06400000536000013Non-fédérale
20MU0740000053700006161Non-fédérale
20MU084000005380000542Non-fédérale
20MU1741000053700003236Fédérale
20MU18410000538000047Non-fédérale
20MV0040000054000005050Federal (Forillon National Park of Canada)
20MV0140000054100004606Federal (Forillon National Park of Canada)
20MV1041000054000003192Federal (Forillon National Park of Canada)
20MV114100005410000572Federal (Forillon National Park of Canada)

i Le code d’identification du carré est fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence. Les deux premiers chiffres représentent la zone UTM, les deux lettres suivantes correspondent au quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km. Les deux derniers chiffres représentent le quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Cette codification alphanumérique se fonde sur la méthodologie utilisée dans le cadre des Atlas d’oiseaux nicheurs du Canada (voir plus d’information sur les atlas d’oiseaux nicheurs).

j Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l’endroit où l’habitat essentiel peut se trouver, présentées telles que le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Les coordonnées peuvent ne pas se situer à l’intérieur de l’habitat essentiel; elles ne servent qu’à des fins de repérage général.

k La superficie présentée correspond au cumul des superficies d’unités d’habitat essentiel à l’intérieur du carré du quadrillage UTM (arrondie à l’hectare le plus proche). Il s’agit d’une approximation obtenue en traçant un rayon de 5 km autour de chaque observation rencontrant les critères d’occupation de l’habitat (section 7.1.1). La superficie réelle de l’habitat essentiel peut être considérablement moindre dépendamment de l’endroit où les critères de l’habitat essentiel sont satisfaits (voir section 7.1). Une validation sur le terrain est nécessaire pour établir les superficies exactes de l’habitat essentiel.

l Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

Tableau C -2. Description des carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence et des unités d’habitat essentiel de la Grive de Bicknell au Nouveau Brunswick. L’habitat essentiel se trouve là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés.
Code d’identification du carré du quadrillage UTM de référencem de 10 km x 10 kmCoordonnées UTM du carrén
UTM Est
Coordonnées UTM du carrén
UTM Nord
Superficie de l’unité d’habitat essentiel (ha)oRégime foncierp
19EN465400005260000773Non-fédérale
19EN4754000052700003624Non-fédérale
19EN4954000052900002696Non-fédérale
19EN565500005260000643Non-fédérale
19EN5755000052700003517Non-fédérale
19EN58550000528000015Non-fédérale
19EN5955000052900008271Non-fédérale
19EN6856000052800001394Non-fédérale
19EN6956000052900007892Non-fédérale
19EN775700005270000726Non-fédérale
19EN7857000052800009351Non-fédérale
19EN7957000052900008281Non-fédérale
19EN875800005270000101Non-fédérale
19EN8858000052800002852Non-fédérale
19EN8958000052900009771Non-fédérale
19EN985900005280000827Non-fédérale
19EN9959000052900008570Non-fédérale
19EP40540000530000035Non-fédérale
19EP5055000053000005671Non-fédérale
19EP6056000053000005105Non-fédérale
19EP7057000053000005035Non-fédérale
19EP8058000053000009890Non-fédérale
19EP8158000053100001655Non-fédérale
19EP9059000053000005387Non-fédérale
19EP9159000053100007151Non-fédérale
19FK7467000049400002842Fédérale
19FK7567000049500001663Fédérale
19FK84680000494000021Non-fédérale
19FN0960000052900001351Non-fédérale
19FN2862000052800002Non-fédérale
19FN31630000521000068Non-fédérale
19FN326300005220000316Non-fédérale
19FN37630000527000054Non-fédérale
19FN3863000052800007790Non-fédérale
19FN4164000052100002483Non-fédérale
19FN4264000052200004980Non-fédérale
19FN536500005230000202Non-fédérale
19FN5465000052400005055Non-fédérale
19FN5565000052500005562Non-fédérale
19FN56650000526000029Non-fédérale
19FN6166000052100001878Non-fédérale
19FN6266000052200005944Non-fédérale
19FN6366000052300007057Non-fédérale
19FN6466000052400009106Non-fédérale
19FN6566000052500007537Non-fédérale
19FN6666000052600008330Non-fédérale
19FN6766000052700002961Non-fédérale
19FN7167000052100005359Non-fédérale
19FN7267000052200001000Non-fédérale
19FN7367000052300001000Non-fédérale
19FN7467000052400007806Non-fédérale
19FN75670000525000030Non-fédérale
19FN766700005260000719Non-fédérale
19FN776700005270000402Non-fédérale
19FN8168000052100002319Non-fédérale
19FN8268000052200007247Non-fédérale
19FN8368000052300001000Non-fédérale
19FN8468000052400009983Non-fédérale
19FN8568000052500002182Non-fédérale
19FN8668000052600001038Non-fédérale
19FN9269000052200001233Non-fédérale
19FN9369000052300003905Non-fédérale
19FN9469000052400002322Non-fédérale
19FN9569000052500005931Non-fédérale
19FN9669000052600006447Non-fédérale
19FP0060000053000002076Non-fédérale
19FP0160000053100004732Non-fédérale
20LR133100005030000649Non-fédérale
20LR143100005040000147Non-fédérale
20LR2332000050300001984Non-fédérale
20LR2432000050400002019Non-fédérale

m Le code d’identification du carré est fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence. Les deux premiers chiffres représentent la zone UTM, les deux lettres suivantes correspondent au quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km. Les deux derniers chiffres représentent le quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Cette codification alphanumérique se fonde sur la méthodologie utilisée dans le cadre des Atlas d’oiseaux nicheurs du Canada (voir plus d’information sur les atlas d’oiseaux nicheurs).

n Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l’endroit où l’habitat essentiel peut se trouver, présentées telles que le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Les coordonnées peuvent ne pas se situer à l’intérieur de l’habitat essentiel; elles ne servent qu’à des fins de repérage général.

o La superficie présentée correspond au cumul des superficies d’unités d’habitat essentiel à l’intérieur du carré du quadrillage UTM (arrondie à l’hectare le plus proche). Il s’agit d’une approximation obtenue en traçant un rayon de 5 km autour de chaque observation rencontrant les critères d’occupation de l’habitat (section 7.1.1). La superficie réelle de l’habitat essentiel peut être considérablement moindre dépendamment de l’endroit où les critères de l’habitat essentiel sont satisfaits (voir section 7.1). Une validation sur le terrain est nécessaire pour établir les superficies exactes de l’habitat essentiel.

p Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

Tableau C -3. Description des carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence et des unités d’habitat essentiel de la Grive de Bicknell en Nouvelle Écosse. L’habitat essentiel se trouve là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés.
Code d’identification du carré du quadrillage UTM de référenceq de 10 km x 10 kmCoordonnées UTM du carrér
UTM Est
Coordonnées UTM du carrér
UTM Nord
Superficie de l’unité d’habitat essentiel (ha)rRégime fonciert
20PS5565000051500001335Non-fédérale
20PS5665000051600003562Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS5765000051700001769Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS58650000518000033Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS62660000512000013Non-fédérale
20PS6366000051300003978Non-fédérale
20PS6466000051400008656Non-fédérale
20PS6566000051500006222Non-fédérale
20PS6666000051600009308Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS6766000051700009156Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS6866000051800006192Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS7267000051200004147Non-fédérale
20PS7367000051300007470Non-fédérale
20PS7467000051400009925Non-fédérale
20PS7567000051500009383Non-fédérale
20PS7667000051600008674Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS7767000051700001814Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS786700005180000393Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS8468000051400002085Non-fédérale
20PS856800005150000423Non-fédérale
20PS8668000051600004671Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS8768000051700008139Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS8868000051800003440Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS896800005190000354Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS9769000051700003628Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS9869000051800007820Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PS9969000051900002631Fédérale (Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton)
20PT806800005200000345Non-fédérale
20PT9069000052000004305Fédérale
20PT916900005210000905Fédérale
20QT1271000052200004Fédérale
20QT137100005230000502Fédérale

q Le code d’identification du carré est fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence. Les deux premiers chiffres représentent la zone UTM, les deux lettres suivantes correspondent au quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km. Les deux derniers chiffres représentent le quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Cette codification alphanumérique se fonde sur la méthodologie utilisée dans le cadre des Atlas d’oiseaux nicheurs du Canada (voir plus d’information sur les atlas d’oiseaux nicheurs).

r Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l’endroit où l’habitat essentiel peut se trouver, présentées telles que le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km renfermant toute l’unité d’habitat essentiel ou une portion de celle-ci. Les coordonnées peuvent ne pas se situer à l’intérieur de l’habitat essentiel; elles ne servent qu’à des fins de repérage général.

s La superficie présentée correspond au cumul des superficies d’unités d’habitat essentiel à l’intérieur du carré du quadrillage UTM (arrondie à l’hectare le plus proche). Il s’agit d’une approximation obtenue en traçant un rayon de 5 km autour de chaque observation rencontrant les critères d’occupation de l’habitat (section 7.1.1). La superficie réelle de l’habitat essentiel peut être considérablement moindre dépendamment de l’endroit où les critères de l’habitat essentiel sont satisfaits (voir section 7.1). Une validation sur le terrain est nécessaire pour établir les superficies exactes de l’habitat essentiel.

t Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

Figure C-1. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-1 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-1

La figure C-1 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit 4 carrés à l’est de Rimouski.

Figure C-2. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative du Saguenay – Lac Saint-Jean, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-2 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-2

La figure C-2 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative du Saguenay – Lac Saint-Jean, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit 22 carrés répartis au nord du fjord du Saguenay, entre un point situé à l’est de Saint-Ambroise et un point situé au nord-ouest de Sacré Cœur.

Figure C-3. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Capitale-Nationale, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-3 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-3

La figure C-3 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Capitale-Nationale, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit 68 carrés répartis à l’ouest du fleuve Saint-Laurent, entre Saint-Siméon et Sainte-Anne-de-Beaupré.

Figure C-4. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans les régions administratives de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-4 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-4

La figure C-4 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans les régions administratives de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit à l’est de Sainte Claire un groupe de 11 carrés qui s’étend vers le sud jusqu’à Lac-Etchemin. Sept autres carrés sont situés au sud de Saint-Martin et au nord-est de Lac-Mégantic, et 15 autres, au sud-ouest de Lac-Mégantic. Un autre groupe de 3 carrés se trouve immédiatement au sud de Cowansville.

Figure C-5. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-5 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-5

La figure C-5 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 4 carrés situé dans la région centrale des Monts Groulx, et 5 autres carrés au sud de cette même région. On y discerne également deux autres groupes de 4 carrés, un situé dans la région du Réservoir aux Outardes 4, l’autre situé immédiatement au nord-est de ce dernier, au sud de l’île René-Levasseur.

Figure C-6. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-6 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-6

La figure C-6 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Côte-Nord, au Québec, à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 4 carrés dans la région de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan.

Figure C-7. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-7 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-7

La figure C-7 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, au Québec à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 48 carrés situé en bordure du fleuve Saint-Laurent dans la région des Monts Notre-Dame, immédiatement à l’est de Sainte-Félicité. Un autre groupe de 4 carrés se trouve dans la région des Monts Berry.

Figure C-8. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-8 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-8

La figure C-8 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, au Québec à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 5 carrés immédiatement au nord-est de Grande-Rivière, et 4 autres carrés immédiatement au nord de ces derniers, entre la Baie de Gaspé et le parc national de Forillon. Un autre groupe de 4 carrés se trouve immédiatement au nord-ouest du parc national de Forillon.

Figure C-9. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative des Laurentides, au Québec. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-9 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-9

La figure C-9 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans la région administrative des Laurentides, au Québec à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit 15 carrés répartis dans la région du parc national du Mont-Tremblant jusqu’à Labelle. Un autre groupe de 4 carrés se trouve à l’ouest de Ferme-Neuve et au nord de Mont-Laurier.

Figure C-10. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans le nord du Nouveau-Brunswick. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-10 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-10

La figure C-10 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans le nord du Nouveau-Brunswick et une partie du Québec à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 33 carrés s’étendant au-delà de la région du parc provincial du Mont-Carleton. On y discerne également un groupe de 3 carrés près de Kedgwick, au Nouveau-Brunswick, et un autre groupe de 28 carrés répartis de part et d’autre de la frontière séparant le Québec du Nouveau-Brunswick depuis un point situé immédiatement au nord d’Edmunston jusqu’à un point situé immédiatement à l’ouest de Kedgwick.

Figure C-11. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans le sud du Nouveau-Brunswick. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-11 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-11

La figure C-11 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell dans le sud du Nouveau-Brunswick à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 3 carrés dans la région de Manan, et un autre groupe de 4 carrés à l’est de l’extrême sud de la péninsule de Kensington.

Figure C-12. Habitat essentiel de la Grive de Bicknell en Nouvelle-Écosse. L’habitat essentiel est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthode de désignation de l’habitat essentiel énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage de la carte (contours rouges) est un quadrillage de 10 x 10 km du système de quadrillage UTM de référence au Canada; il permet de repérer l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel.
Carte de C-12 (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure C-12

La figure C-12 montre l’emplacement de l’habitat essentiel de la Grive de Bicknell en Nouvelle-Écosse à l’aide de carrés de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence. L’habitat essentiel se trouve là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Sur cette carte, on aperçoit un groupe de 35 carrés qui englobe la majeure partie de l’Île du Cap-Breton et s’étend jusqu’aux Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dont 7 carrés qui atteignent les eaux du détroit de Cabot.

Annexe D: Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue de l'environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification de rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Les stratégies générales de rétablissement proposées pour la Grive de Bicknell pourraient également profiter à des espèces d’oiseaux qui se reproduisent dans des habitats similaires à ceux utilisés par la Grive de Bicknell et qui sont également en péril au Canada, notamment le Moucherolle à côtés olive (Contopus cooperi), la Paruline du Canada (Cardellina canadensis) et le Garrot d’Islande (Bucephala islandica). De plus, les mesures qui favorisent la conservation de la Grive de Bicknell sur son aire d’hivernage seront bénéfiques à plusieurs autres espèces d’oiseaux en péril (selon les critères de l’UICN) présentes sur l’aire d’hivernage : Pétrel diablotin (Pterodroma hasitata) (en danger), Pigeon simple (Patagioenas inornata) (quasi-menacée), Colombe d’Hispaniola (Geotrygon leucometopia) (vulnérable), Conure maîtresse (Aratinga chloroptera) (vulnérable), Amazone d’Hispaniola (Amazona ventralis) (vulnérable), Trogon damoiseau (Priotelus roseigaster) (quasi-menacée), Merle de La Selle (Turdus swalesi) (en danger), Paruline quatre-yeux (Xenoligea montana) (vulnérable), Tangara quatre-yeux (Phaenicophilus poliocephalus) (quasi-menacée), Tangara cornichon (Calyptophilus frugivorus) (vulnérable), Tangara d’Haïti (Calyptophilus tertius) (vulnérable), Bec-croisé d’Hispaniola (Loxia megaplaga) (en danger), Pigeon à couronne blanche (Patagioenas leucocephala) (quasi-menacée), Solitaire de Cuba (Myadestes elisabeth) (quasi-menacée) (GICGB, 2010).

Parmi les mammifères, le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population de la Gaspésie-Atlantique (en voie de disparition) et le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale (menacé) fréquentent des habitats situés à proximité de ceux habités par la Grive de Bicknell. Les mesures de rétablissement élaborées pour cette dernière espèce leur seront aussi favorables.

Une autre importante stratégie générale pour le rétablissement qui est présentée dans le présent programme de rétablissement concerne la conservation, l’intendance et la gestion des habitats d’hivernage (lesquels se trouvent à l’extérieur du Canada) connus ou potentiels de la Grive de Bicknell. De plus, la restauration de ces habitats qui ne couvrent aujourd’hui plus qu’une fraction de la superficie qu’ils couvraient historiquement aura sans doute un effet bénéfique sur l’ensemble de la biodiversité de cette région. Il est donc raisonnable de penser que le présent programme de rétablissement n’entraînera pas d’effets négatifs significatifs sur l’environnement et sur d’autres espèces dans l’aire d’hivernage de la Grive de Bicknell.

Note de bas de page

Note 1 de bas de page

La zone d’occupation « biologique » est la superficie totale de l’habitat occupé par toutes les populations existantes. Dans le cas des oiseaux, le nombre de couples et la superficie moyenne de leur domaine vital peuvent être estimés, la zone d’occupation est évaluée approximativement en multipliant ces deux valeurs (COSEPAC. 2013. Instructions pour la préparation des rapports de situation du COSEPAC. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 36 p.

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Note 2 de bas de page

Dans le présent document, l’expression « forêt sous aménagement forestier » est utilisée au lieu de « forêt industrielle », qui a été utilisée dans le Rapport de situation du COSEPAC sur la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli) au Canada (COSEPAC 2009). Elle décrit plus adéquatement la réalité et les usages.

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Note 3 de bas de page

Résultats du Relevé des oiseaux nicheurs

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Note 4 de bas de page

Bosquets d'épinettes et de sapins rabougris et difformes qui poussent le long des côtes.

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Note 5 de bas de page

L’éclaircie précommerciale est la coupe des arbres dans un peuplement immature pour donner plus de place aux arbres restants, ce qui permet d’accélérer l’augmentation de leur diamètre et aussi, par une sélection adéquate, d’améliorer leur forme générale. Les arbres coupés n’ont aucune valeur commerciale et sont généralement laissés sur place.

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Note 6 de bas de page

La plantation vise à régénérer une superficie préalablement exploitée en y plantant une essence appropriée, afin d’obtenir une densité optimale.

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Note 7 de bas de page

La zone d’occupation « biologique » est la superficie totale de l’habitat occupé par toutes les populations existantes. Dans le cas des oiseaux, le nombre de couples et la superficie moyenne de leur

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Note 8 de bas de page

La superficie délimitée par un polygone sans angles concaves comprenant la répartition géographique de toutes les populations connues d'une espèce sauvage (COSEPAC, 2013).

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Note 9 de bas de page

L’approche à l’échelle du paysage est basée sur l’écologie du paysage, elle permet de travailler à une échelle plus globale et d’intégrer, dans les analyses, les différentes composantes spatio-temporelles - biologiques, géographiques, physiques, socio-économiques et patrimoniales - du territoire étudié.

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Note 10 de bas de page

Arbre immature dont la tige est encore relativement flexible, ayant un dbh supérieur à 1 cm et d’au plus 9 cm (MRN, 2013)

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