Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismifolius au Canada - 2009

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux


Renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismifolius

Photographie de la renoncule à feuilles d’alisme (Ranunculus alismifolius)

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En voie de disparition 2009

COSEPAC -- Comié sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismifolius au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 21 p.

Rapports précédents :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismaefolius var. alismaefolius au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 17 p.

Illingworth, J.M., et G.W. Douglas. 1996. Rapport de situation du COSEPAC sur la renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismaefolius var. alismaefolius au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-17.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Matt Fairbarns qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur la renoncule à feuilles d’alisme Ranunculus alismifolius au Canada dans le cadre d’un contrat conclu avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Water-plantain Buttercup Ranunculus alismifolius in Canada.

Photo de la couverture : Renoncule à feuilles d'alisme - Photo par Jenifer Penny.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2009.
No de catalogue CW69-14/582-2009F-PDF
ISBN978-1-100-91942-3

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2009

Nom commun : Renoncule à feuilles d'alisme
Nom scientifique : Ranunculus alismifolius
Statut : En voie de disparition
Justification de la désignation : Cette espèce est réduite à deux petites populations présentes dans l’écosystème très perturbé du chêne de Garry, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Les impacts des activités humaines et la propagation des plantes envahissantes dans les habitats de mares printanières et aux environs de ceux-ci continuent de mettre l’espèce en danger de disparition du pays.
Répartition : Colombie-Britannique
Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en avril 2009. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismifolius

Information sur l'espèce

La renoncule à feuilles d’alisme Ranunculus alismifolius est une plante vivace qui produit d’une à plusieurs tiges à partir d’une base commune. Sa feuille, dont la longueur est au moins le double de sa largeur, est lancéolée, entière ou légèrement dentelée, et jamais profondément lobée. Sa fleur porte habituellement cinq pétales d’un jaune brillant, mesurant de 5 à 10 mm chacun. Il existe plusieurs variétés de l’espèce, mais seule la variété alismifolius est présente au Canada.

Répartition

La renoncule à feuilles d’alisme se trouve dans presque toute la portion ouest de l’Amérique du Nord, de la Colombie-Britannique jusqu’en Californie, vers le sud, et jusqu’aux États du Montana, du Wyoming et du Colorado, vers l’est.

Au Canada, l’espèce n’est actuellement présente que dans deux emplacements extrêmement fragmentés, situés sur la côte du sud-ouest de la Colombie-Britannique. La zone d’occurrence de l’espèce serait d’environ 500 km²; l’indice de la zone d’occupation est 8 km², selon une grille de 2 km sur 2 km.

Habitat

Au Canada, la renoncule à feuilles d’alisme se trouve dans des étangs printaniers côtiers de basse altitude associés aux écosystèmes du chêne de Garry. Les températures estivales sont fortement adoucies par la proximité de l’océan. Les brouillards côtiers et la proximité du littoral tendent à atténuer les gels hivernaux (particulièrement la nuit), retardent l’accumulation de chaleur et peuvent ralentir la croissance végétale, surtout en fin de printemps. Les étangs printaniers côtiers sont dépourvus de végétation ligneuse parce qu’ils sont saturés d’eau plusieurs mois durant, entre novembre et avril, et qu’un important déficit hydrique s’y produit en période estivale.

La superficie de l’habitat potentiel dans le sud-est de l’île de Vancouver et sur les îles adjacentes au large des côtes a considérablement diminué au cours du dernier siècle, car des étangs printaniers ont été détruits au cours de l’aménagement des terres à des fins résidentielles et récréatives. Les sites où subsistent les deux dernières populations canadiennes de renoncule à feuilles d’alisme risquent peu d’être aménagés dans un avenir proche, mais la superficie d’habitat propice à l’établissement de populations remplaçant celles qui ont été perdues diminue sans cesse.

Les étangs printaniers où vit aujourd’hui l’espèce sont envahis par d’importantes populations de graminées et d’herbacées à feuilles larges, et l’invasion d’arbustes dans les prés adjacents influe négativement sur les plus petits étangs.

L’une des populations existantes se trouve au carrefour de plusieurs sentiers pédestres dans un parc municipal très fréquenté. L’habitat est très touché par le compactage du sol et occasionnellement endommagé par le piétinement de chiens. Les employés municipaux fauchent régulièrement les principaux sentiers pour y aménager des allées coupe-feu, et ce fauchage se déroule fréquemment avant la grenaison. Des amateurs de vélo ont creusé le sol à proximité de plants de l’espèce (et, dans un cas, ont directement endommagé des plants) afin d’ériger des tremplins et des rampes.

L’une des populations existantes se trouve dans un parc administré par la municipalité d’Oak Bay, tandis que l’autre est présente sur des terres domaniales relevant du ministère de la Défense nationale. La majeure partie de l’habitat inoccupé dans les étangs printaniers encore présents dans la zone des deux occurrences de l’espèce se trouve surtout dans des parcs municipaux.

Biologie

La levée de la dormance des pousses s’amorce au début de mars, lorsque le sol des étangs printaniers commence à se réchauffer, et la plupart ont repris leur croissance à la fin de mars. Les premiers bourgeons floraux apparaissent avant la fin d’avril, bon an, mal an, et la floraison culmine à la mi-mai. Des fruits verts se forment en mai et au début de juin, et les akènes mûrissent vers la mi-juin. Dans les deux semaines qui suivent, le sol s’assèche complètement, les plants se dessèchent peu à peu, et les graines tombent. La plupart des graines se dispersent probablement sur de courtes distances (moins de 10 m), par hydrochorie.

L’espèce ne se reproduit pas par voie asexuée, et sa longévité est inconnue.

Tailles et tendances des populations

La renoncule à feuilles d’alisme a été vue dans au moins deux, peut-être même quatre, emplacements au Canada, mais seules deux populations existent. Les dernières données sur chaque site recueillies en 2007 indiquent qu’il y a 306 plants en fleurs au Canada. Depuis dix à quinze ans, la population canadienne annuelle a varié de 45 à 306 individus matures et reproducteurs.

Facteurs limitatifs et menaces

Les plants de l’espèce sont fauchés et piétinés régulièrement dans l’un des sites, et des herbivores viennent y brouter les fleurs de nombreux autres avant la grenaison. Aucune menace importante et immédiate ne pèse sur l’espèce dans l’autre site.

Importance de l'espèce

L’espèce sert parfois au rétablissement des écosystèmes de terres humides endommagés présents dans son aire de répartition américaine.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La renoncule à feuilles d’alisme est classée par NatureServe comme étant non menacée de disparition à l’échelle mondiale. Elle est gravement en péril en Colombie-Britannique. En 2000, le COSEPAC lui a accordé le statut d’espèce en voie de disparition au Canada. L’espèce est également inscrite comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, ce qui procure une protection seulement à la population présente sur la propriété du ministère de la Défense nationale, située à Ballenas.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Renoncule à feuilles d'alisme Ranunculus alismifolius au Canada - 2009

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Ranunculus alismifolius Geyer ex Benth.
Nom commun français : Renoncule à feuilles d’alisme
Nom commun anglais : Water-plantain Buttercup, Plantainleaf Buttercup, Dwarf Buttercup
Famille : Renonculacées
Grand groupe végétal : Eudicotylédones
La renoncule à feuilles d’alisme est une espèce bien caractérisée. Il existe de quatre (Integrated Taxonomic Information System, 2007) à six (Whittermore et Parfitt, 1997) variétés reconnues, mais seule la variété alismifolius se trouve au Canada (NatureServe, 2007). Dans le premier rapport de situation du COSEPAC, la graphie de « alismaefolius » figurant dans le nom utilisé, Ranunculus alismaefolius var. alismaefolius (lllingworth et Douglas, 1996), ne respecte pas la grammaire latine.

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Description morphologique

La renoncule à feuilles d’alisme (figure 1) est une vivace pouvant atteindre 60 cm de hauteur. Elle produit d’une à plusieurs tiges dressées à partir d’une base commune, qui ne s’enracinent pas aux nœuds et qui se ramifient généralement vers le haut. Les feuilles, dont la longueur (jusqu’à 14 cm) est au moins le double de sa largeur, sont lancéolées, entières ou légèrement dentelées, et jamais profondément lobées. Les basilaires naissent sur de longs pétioles étroits, qui sont plus courte chez les feuilles du milieu et qui sont absents chez les feuilles terminales. La fleur porte des pétales, de 5 à 10 mm de longueur, d’un jaune brillant caractéristique du genre, qui sont généralement au nombre de 5 , mais qui peuvent aller jusqu’à 10. De 10 à 60 pistils (organes reproducteurs femelles) ornent le centre de la fleur, et chacun forme un akène (fruit sec qui ne contient qu’une seule graine) lisse et glabre, mesurant de 1,5 à 2,5 mm de long et se terminant par un bec droit de 1 mm environ (Hitchcock et al., 1964).

Figure 1. Illustration de la renoncule à feuilles d’alisme. Dessin au centre : plant mature; dessin du coin inférieur gauche : akène (fruit). Illustration de Janish, tirée de Hitchcock et al., 1964, reproduction autorisée.

Illustration de la renoncule à feuilles d’alisme. Dessin au centre : plant mature; dessin du coin inférieur gauche : akène (fruit).

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La renoncule à feuilles d’alisme est susceptible d’être confondue avec une seule autre espèce, la renoncule flammette (Ranunculus flammula), qui se trouve dans son aire de répartition canadienne. Celle-ci possède cependant des tiges cambrées ou rampantes qui s’enracinent aux nœuds, et ses feuilles sont généralement plus courtes et plus étroites que celles de la renoncule à feuilles d’alisme.

L’espèce ressemble à première vue à sa congénère, la renoncule glabre (Ranunculus glaberrimus var. ellipticus), qui porte à l’occasion des feuilles non lobées. Celle-ci est parfois confondue avec la renoncule à feuilles alisme, si l’on se fonde sur certaines caractéristiques, mais elle se différencie par le limbe plus étendu de ses feuilles et sa tige basale unique. La chaîne Côtière et la chaîne des Cascades marquent également la limite ouest du territoire de la renoncule glabre au Canada et la limite est de celui de la renoncule à feuilles d’alisme.

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Description génétique

Le nombre de chromosomes que compte la renoncule à feuilles d’alisme est inconnu, et aucune étude de sa génétique n’a été recensée.

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Unités désignables

Une seule unité désignable est reconnue, car une seule variété est présente au Canada et qu’elle est géographiquement confinée à une petite région de la Colombie-Britannique, située dans une seule aire écologique (Pacifique), reconnue par le COSEPAC.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La renoncule à feuilles d’alisme se trouve dans presque toute la portion ouest de l’Amérique du Nord, de la Colombie-Britannique jusqu’à la Baja California, vers le sud, et jusqu’aux États du Montana, du Wyoming et du Colorado, vers l’est (Whittermore et Parfitt, 1997). La variété alismifolius (figure 2) est présente depuis la Colombie-Britannique jusqu’en Californie et, vers les, jusqu’aux États de l’Idaho et du Montana (Whittermore et Parfitt, 1997).

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la renoncule à feuilles d’alisme (var. alismifolius). Adapté de Kartesz et Meacham, 1999, Hitchcock et al., 1964.

Carte montrant l’aire de répartition mondiale de la renoncule à feuilles d’alisme.

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, la renoncule à feuilles d’alisme ne se trouve que dans deux emplacements, sur la côte du sud-­ouest de la Colombie-Britannique (figure 3). Environ 120 km séparent les deux populations existantes, et les sites où d’autres populations avaient été signalées par la province se trouvent entre les deux. La zone d’occurrence a été estimée à environ 500 d’après la longueur approximative (en km) du littoral entre les deux sites et le pourtour des îles avoisinantes multipliée par 1,0 (parce qu’il est peu probable que l’espèce vive à plus de 1 km dans les terres). L’espèce occuperait actuellement moins de 500 , mais, comme les deux populations se trouvent sur différentes parcelles de la grille 2 km sur 2 km, l’indice de la zone d’occupation est de 8 km² selon la règle en usage par le COSEPAC ou de seulement 2 km², selon une grille de 1 km sur 1 km.

Figure 3. Emplacements (étoiles) des deux populations existantes de renoncule à feuilles d’alisme au Canada.

Emplacements des deux populations existantes de renoncule à feuilles d’alisme au Canada.

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Les populations sont considérées comme extrêmement fragmentées selon les critères suivants : il n’existait que deux populations en 2007, séparées par une grande distance (quelque 120 km ) qui empêche toute possibilité d’échange de propagules; les populations sont de très petite taille et occupent de minuscules parcelles d’habitat (population d’Oak Bay = 121 individus répartis sur 128 ; population de l’île Ballenas = 185 individus répartis sur 32 ); il est fort douteux que des populations d’aussi petite taille et soumises à plusieurs facteurs de risque continu subsistent à long terme.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, la renoncule à feuilles d’alisme se trouve dans des étangs printaniers côtiers de basse altitude associés aux écosystèmes du chêne de Garry. Les températures estivales sont fortement adoucies par la proximité de l’océan. Les brouillards côtiers et la proximité du littoral tendent à atténuer les gels hivernaux (particulièrement la nuit), retardent l’accumulation de chaleur et peuvent ralentir la croissance végétale, surtout en fin de printemps. Les étangs printaniers côtiers sont dépourvus de végétation ligneuse parce qu’ils sont saturés d’eau plusieurs mois durant, entre novembre et avril, et qu’un important déficit hydrique s’y produit en période estivale (Fairbarns, obs. pers.)

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Tendances en matière d’habitat

Perte d’habitat

La superficie de l’habitat potentiel dans le sud-est de l’île de Vancouver et sur les îles adjacentes au large des côtes a considérablement diminué au cours du dernier siècle, car des étangs printaniers ont été détruits au cours de l’aménagement des terres à des fins résidentielles et récréatives. Il n’existe aucune estimation fiable du taux de perte des étangs printaniers, mais il serait plus marqué que le taux de perte des écosystèmes du chêne de Garry dans la région de Victoria parce que les étangs printaniers se trouvaient surtout dans la zone littorale convoitée et plus propice à la construction en hauteur. La superficie des écosystèmes du chêne de Garry dans la région de Victoria a reculé de 95 %, passant de 10 510 haen 1800 à 512 ha en 1997 (Lea, 2002). Il est peu probable que les sites abritant les deux populations restantes de la renoncule à feuilles d’alisme au Canada soient aménagés dans un avenir proche, mais la superficie des sites propices à l’établissement de nouvelles populations, selon les recommandations du programme de rétablissement de l’espèce (Parcs Canada, 2006), décline constamment. Cette situation résulte des demandes constantes exigeant plus d’espaces récréatifs et une construction résidentielle plus intensive dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce. À titre d’exemple, la population de la région métropolitaine de Victoria est passée d’environ 180 000 habitants en 1966 à quelque 348 467 habitants en 2007 et devrait atteindre 407 600 personnesd’ici 2026 (Capital Regional District, 2007a; idem, 2007b). Les propriétés les plus chères et les plus recherchées longent la côte, où se trouve la majeure partie de l’habitat de l’espèce. La pression en faveur de l’aménagement d’un habitat d’étangs printaniers capable de soutenir l’espèce continuera donc à se faire sentir.

Sentiers récréatifs

L’une des populations de renoncules à feuilles d’alisme se trouve sur une île isolée à usage récréatif restreint. L’autre est située dans les limites d’un parc municipal très fréquenté. La plupart des individus de cette population poussent au carrefour de plusieurs sentiers de randonnée, et ces individus sont régulièrement piétinés par les passants et quelquefois détruits par les chiens. Les principaux sentiers sont fauchés régulièrement par les employés municipaux pour créer des allées coupe-feu, une opération qui se pratique parfois avant la grenaison (Fairbarns, obs. pers.). Les bienfaits associés à la destruction de la biomasse herbacée envahissante peuvent cependant compenser les effets négatifs du fauchage. Des amateurs de vélo ont creusé le sol à proximité de plants de l’espèce (et, dans un cas, endommagé directement des plants) afin d’ériger des rampes et des tremplins pour des parcours non autorisés de vélos BMX (Fairbarns, obs. pers.). L’administration municipale a tenté de mettre fin à cette activité illégale et de restaurer les sites endommagés, mais aucun contrevenant n’a encore été arrêté et la situation risque de se poursuivre (Middleton, comm. pers., 2005).

Envahissement de l’habitat par des espèces exotiques

La renoncule à feuilles d’alisme est maintenant confinée aux étangs printaniers situés à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer sur les zones côtières, y compris sur les îles au large des côtes. Les sites sont aujourd’hui envahis de façon importante par des graminées et des plantes herbacées non graminoïdes, dont la renoncule rampante (Ranunculus repens), la houlque laineuse (Holcus lanatus), le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata) et l’agrostis solonifère (Agrostis stolonifera). Les étangs printaniers où pousse la renoncule à feuilles d’alisme sont petits et sous l’influence des arbustes qui envahissent l’habitat de pré adjacent (Fairbarns, obs. pers.), notamment la ronce laciniée (Rubus laciniatus) et l’aubépine à un style (Crataegus monogyna).

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Protection et propriété

L’une des populations rémanentes se trouve dans un parc géré par la municipalité d’Oak Bay. Cette dernière a amorcé, en 2005, un programme de lutte contre les espèces qui envahissent l’habitat de certaines espèces en péril dans les parcs, notamment la population de renoncule à feuilles d’alisme. Ce programme avait été précédé par des initiatives volontaires peu documentées. Les arbustes envahissants ont été enlevés, surtout à l’aide d’engins mécaniques. Les espèces d’arbuste ciblées ont regagné une partie des sites traités par régénération à partir des semences enfouies dans le sol ou provenant de sites adjacents (p. ex. les oiseaux ont largement dispersé les drupes des aubépines à un style qui avaient été plantées comme arbres d'ornement aux abords des routes adjacentes). La municipalité n’assure pas une protection adéquate de l’habitat contre les menaces associées aux activités récréatives.

L’autre population se trouve sur des terres domaniales relevant du ministère de la Défense nationale. Elle occupe un site retiré où l’accès public est interdit et encore peu touché par les plantes exogènes; leur présence avoisinante indique cependant que ces plantes peuvent éventuellement constituer une menace modérée pour cet habitat. Aucune mesure de lutte contre les plantes envahissantes n’a encore été prise.

Le reste de l’habitat d’étangs printaniers inoccupé dans la zone d’occurrence de l’espèce se trouve dans des parcs municipaux, qui ne sont pas assujettis à des politiques de protection des espèces en péril. Quelques municipalités de la région assurent cependant une certaine protection de cet habitat par la lutte contre les arbustes envahissants.

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Biologie

Généralités

Il existe très peu de documentation sur la biologie de la renoncule à feuilles d’alisme. À moins d’indication contraire, les données de la section suivante proviennent d’observations de la population d’Oak Bay effectuées sur le terrain par Matt Fairbarns entre 2002 et 2007.

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Cycle vital et reproduction

La levée de la dormance s’amorce au début de mars, lorsque le sol des étangs printaniers commence à se réchauffer, et la plupart des plants ont repris leur croissance à la fin de mars. Les premiers bourgeons floraux apparaissent à la fin d’avril, bon an, mal an, et la floraison culmine à la mi-mai. Des fruits verts se forment en mai et au début de juin, et les akènes arrivent à maturité vers la mi-juin. Le sol s’assèche complètement dans les deux semaines qui suivent, les pousses se dessèchent peu à peu, et les graines se dispersent.

Des essais de germination ont démontré qu’un séjour de deux mois des semis en serre chaude suivi de deux semaines de temps plus frais offre les conditions de croissance optimales. Les semis en caissette n’ont pas été plus productifs, et les plantules ont été repiquées sur le terrain (Bartow, 2007).

Van der Pijl (1982) a signalé que les akènes de la renoncule rampante (Ranunculus repens) peuvent se disperser sous l’effet du vent, par les déjections animales et par le poil et les plumes des espèces animales. La paroi du fruit est imperméable, et les akènes se dispersent en flottant sur l’eau grâce à leur tension de surface élevée (Van der Pijl, 1982). La plupart des akènes de la renoncule à feuilles d’alisme seraient ainsi transportés sur de courtes distances vers des étangs.

Dans les deux sites au Canada, les plants sont de petite taille ou poussent dans des emplacements plutôt abrités, qui limitent la capacité de dispersion des graines par le vent. Le bec de l’akène de la renoncule à feuilles d’alisme n’est pas recourbé comme celui de la renoncule rampante, et l’akène peut difficilement s’accrocher à la fourrure ou au plumage des espèces animales. Les herbivores broutent parfois les fleurs de l’espèce, mais rarement ses infructescences, qui produisent des graines mûres. Il arrive que de petits oiseaux ou des oiseaux aquatiques se nourrissent de graines mûres tombées au sol et qu’ils les emportent ailleurs, soit parce qu’ils les ont ingurgitées soit parce que la boue restée sur leurs pattes en contient. Malgré l’immense superficie d’habitat disponible à moins de 500 m de la population d’Oak Bay, les plants n’ont gagné que 1 ou 2 mètres entre 1996 (année de la première cartographie de l’habitat) et 2007. Il est possible d’en conclure que la graine se disperse rarement sur plus de 10 mètres.

La renoncule à feuilles d’alisme ne se reproduit pas par voie asexuée. L’âge moyen ou la durée de vie des plants sont inconnus, mais plusieurs années peuvent s’écouler entre la germination et la floraison.

Herbivores

Une quantité importante de plants peuvent être broutés par les vertébrés. Règle générale, les feuilles sont laissées intactes, et seules les inflorescences ouvertes sont consommées (Fairbarns, obs. pers.), les fruits n’étant pas touchés. Les insectes causent rarement d’importants dommages foliaires.

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Relations interspécifiques

Les strates arbustive supérieure et arborescente inhibent la croissance de l’espèce en limitant la quantité de lumière disponible. Les espèces ligneuses et herbacées (surtout les graminées et d’autres plantes envahissantes rustiques) entrent en compétition avec l’espèce pour les nutriments. Aucun autre type de relations interspécifiques importantes du point de vue biologique susceptible de toucher l’espèce n’est connu.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La renoncule à feuilles d’alisme produit des fleurs distinctes qui attirent l’œil et passent rarement inaperçues. Ses feuilles caractéristiques permettent de facilement la distinguer des autres espèces ayant des fleurs d’un jaune brillant, y compris ses congénères. Depuis le début des années 1980, de nombreux relevés ont été effectués dans des sites propices se trouvant dans l’aire de répartition de l’espèce dans le cadre d’une série de projets visant à documenter la répartition des plantes rares présentes dans des étangs printaniers et des zones de suintement du sud-est de l’île de Vancouver et sur îles Gulf. Plus de 300 journées-personnes ont été consacrées à ces relevés. Parmi les principaux chercheurs figuraient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Harvey Janszen, Frank Lomer et le défunt George Douglas, tous familiers de la renoncule à feuilles d’alisme. Depuis 2002, Fairbarns mène une recherche ciblée sur la renoncule à feuilles d’alisme dans les étangs printaniers situés dans la zone d’occurrence de l’espèce (figure 4). Des visites ont ainsi été menées en pleine floraison ou fructification (périodes où l’espèce est plus visible), dans les zones suivantes :

  1. tous les réseaux d’étangs printaniers accessibles du littoral sud-est de l’île de Vancouver, où des espèces végétales rares avaient été signalées;
  2. tous les réseaux d’étangs printaniers accessibles du rivage de l’île de Vancouver, de East Sooke à Swartz Bay (zone de plus forte concentration des espèces rares présentes dans des étangs printaniers);
  3. tous les réseaux d’étangs printaniers des îles et des îlets au large de l’île de Vancouver, de East Sooke à Swartz Bay.

Aucune nouvelle population n’a été trouvée par Fairbarns durant ces relevés.

Figure 4. Tracé des activités de recherches effectuées par Fairbarns entre 2002 et 2006 dans l’habitat propice à la renoncule à feuilles d’alisme.

Carte montrant le tracé des activités de recherches effectuées par Fairbarns entre 2002 et 2006.

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Abondance

Étant donné l’absence d’information sur les taux d’échange génétique propres à l’espèce, les occurrences de l’espèce se situant à plus de 1 000 m l’une de l’autre ont été considérées comme distinctes. Ainsi, la renoncule à feuilles d’alisme a été signalée dans au moins deux et peut-être même quatre emplacements au Canada (voir le tableau 1), dont seulement deux abritent encore des populations. Deux populations (nos 1 et 2 d’Oak Bay) sont recensées d’après les spécimens d’un vieil herbier dont les étiquettes n’indiquent pas l’emplacement précis. Il se peut que la population 1 d’Oak Bay soit la même que les populations nos 2 ou 3 d’Oak Bay ou qu’elle soit une population distincte. La population 2 d’Oak Bay était probablement une population distincte (aujourd’hui disparue); l’étiquette de l’herbier indique que les plants ont été recueillis sur le chemin Cadbory Bay, qui traverse aujourd’hui un quartier résidentiel. D’après Illingworth et Douglas (1996), les populations nos 2 et 3 d’Oak Bay seraient les mêmes, une hypothèse qui semble cependant peu probable étant donné que le chemin Cadboro Bay se trouve à plus de 1 km du site de la population 3 d’Oak Bay (le point le plus rapproché se trouvant à plus de 700 m du site). La population 3 d’Oak Bay comprend deux sous-populations (sur des parcelles séparées de plus de 1 000 m), identifiées par les mentions 3a et 3b dans le tableau 1. Environ 250 m séparent les sous-populations nos 3a et 3b d’Oak Bay. La population de Ballenas se trouve sur deux petites parcelles à moins de 20 m de distance. D’après les données de relevés les plus récentes, il y a 306 individus florifères en tout au Canada. Même si les herbivores se nourrissent parfois de fleurs, la plupart des plants semblent fleurir suffisamment pour produire des graines.

Tableau 1. Localités, population et propriété des terrains – renoncule à feuilles d’alisme.
EmplacementAnnéeHerborisateur ou ObservateurNombre de plants par parcellePropriété des terrains ou notes
Oak Bay, 11887MacounInconnuInconnue
Oak Bay, 21900AndersonInconnuInconnue
Oak Bay, 3an.d.BrayshawInconnuParc municipal
1991Douglas17 par ?
1994Douglas32 par 4
1997Douglas et Penny15 par 2
2002Penny12 par 1
2006Fairbarns55 par 1
Oak Bay, 3b1987BrayshawInconnuParc municipal
1991Douglas40 par ?
1994Douglas18 par 1
1997Douglas et Penny46 par 7
2002Penny46 par 12
2006Fairbarns66 par 100
Ballenas1995CeskaDe 15 à 20 par 5 à 10 Ministère de la Défense nationale
1998DouglasInconnu
2005Fairbarns112 par 16
2007Fairbarns185 par 16

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Fluctuations et tendances

Le nombre de renoncules à feuilles d’alisme matures et capables de se reproduire dans une population donnée peut fluctuer d’une année à l’autre en raison des variations de l’humidité du sol, au printemps et au début de l’été, et d’autres facteurs de moindre importance comme la prédation des fleurs et des graines. La sous-population 3a a varié de 12 à 55 individus florifères dans un court intervalle de quatre ans. Une fluctuation de cette ampleur a également été observée dans la sous-population 3b, dont l’effectif a varié de 18 à 66 individus sur une période de 12 ans. Il est intéressant de noter que les sous-populations nos 3a et 3b ne fluctuent pas du tout en synchronie. En effet, la sous-population 3b a été peu florifère en 1994 alors que l’année a été plutôt productive pour la sous-population 3a. Une tendance précise de la taille de la population ne semble pas se démarquer dans l’une ou l’autre des sous-populations ni dans l’ensemble de la population 3 d’Oak Bay. L’effectif de la population de Ballenas varie entre 15 et 185 individus. Au Canada, la population annuelle totale semble osciller entre environ 45 et 306 individus matures et capables de se reproduire.

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Immigration de source externe

Des relevés floristiques étendus ont été réalisés dans des sites voisins de l’État de Washington, notamment la péninsule Olympic (Buckingham et al., 1995), les principales îles du comté de San Juan (Atkinson et Sharpe, 1993) et sur des petits îlets de ce même comté (Giblin, comm. pers., 2006). Selon les résultats de ces relevés, la renoncule à feuilles d’alisme serait absente de la péninsule Olympic et des îles du comté de San Juan, et la population des États-Unis la plus proche se trouverait à au moins 50 km du Canada. Pour ces raisons, la possibilité d’une migration naturelle des gènes (par les graines ou le pollen) à partir des États-Unis est négligeable.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le fauchage et le piétinement, dont il a été question dans la section sur les tendances en matière d’habitat, posent une menace directement sur les plants tout comme l’envahissement des étangs par les espèces exotiques, notamment les graminées et les herbacées florifères.

L’herbivorie représente une menace pour le développement des populations parce que les inflorescences sont détruites avant la production de graines matures.

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Importance de l’espèce

La renoncule à feuilles d’alisme peut ornementer les jardins d’eau. Des graines de l’espèce ont été intégrées à un mélange de semences servant à la remise en état des prairies humides de la vallée de la Willamette, dans l’ouest de l’Oregon (City of Eugene, 2007). Les graines proviennent du National Resource Conservation Servicedu département de l’Agriculture des États-Unis, qui a effectué des essais de germination et fait pousser des plants en conteneur au Corvallis Plant Materials Center(Bartow, 2007).

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’organisme The Nature Conservancy des États-Unis a attribué à la renoncule à feuilles d’alisme (var. alismifolius) la cote « G5T5 », c.-à-d. non en péril à l’échelle mondiale et sans risque de disparition. L’espèce n’a pas été classée par NatureServe dans les États de la Californie, de Washington, de l’Idaho, de l’Oregon, du Montana, du Nevada et du Wyoming, ce qui signifie habituellement que l’espèce est présente et non en péril (NatureServe Explorer, 2007).

Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a inscrit la renoncule à feuilles d’alisme sur la liste rouge parmi les espèces menacées ou en voie de disparition dans la province et lui a accordé la cote « S1 » (gravement en péril) (Species and Ecosystems Explorer de la Colombie-Britannique, 2007). Une telle désignation ne vaut cependant pas de protection à l’espèce dans la province. Le COSEPAC a désigné la renoncule à feuilles d’alisme comme étant une espèce en voie de disparition au Canada (2000). L’espèce est également inscrite comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, ce qui procure une protection seulement à l’espèce présente sur des terres domaniales, notamment sur la propriété du ministère de la Défense nationale située à Ballenas.

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Résumé technique

Ranunculus alismifolius

Renoncule à feuilles d’alismeWater-plantain Buttercup

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans
la population)
Inconnue; au moins plusieurs années jusqu’à l’étape de la floraison.
Pourcentage observé, estimé, inféré ou soupçonné de
la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des cinq ou dix prochaines années ou encore des deux ou trois dernières générations :
S.O.
Pourcentage prévu ou soupçonné de la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des cinq ou dix prochaines années ou encore des deux ou trois dernières générations : S.O.
Pourcentage observé, estimé, inféré ou soupçonné de
la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours de toute période de cinq
ou dix ans ou encore des deux ou trois générations, couvrant une période antérieure et ultérieure :
S.O.
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles? S.O.
Est-ce que les causes du déclin sont comprises? S.O.
Est-ce que les causes du déclin ont cessé? S.O.
Tendance observée, prévue ou inférée du nombre de populationsStable
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Non, mais il y a une fluctuation
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence : 500 km²
Tendance observée, prévue ou inférée de la zone d’occurrence :Stable depuis les dix dernières années
Y a t il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Indice de la zone d’occupation (IZO) : 8 km², selon une grille de 2 × 2 km,
2 km², selon une grille de 1 × 1 km
Tendance observée, prévue ou inférée de la zone d’occupation :Stable
Y a t il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation?Non
La population totale est elle très fragmentée?
Nombre d’emplacements actuels : 2
Tendance du nombre d’emplacements : Stable
Y a t il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?Non
Tendance observée, prévue ou inférée de la qualité,
l’aire ou l’étendue de l’habitat :
Diminution de la qualité

Nombre d’individus matures dans chaque population

Population Nbre d’individus matures
Oak Bay (fluctue de 30 à 121 individus) : 121 (2006)
Ballenas (fluctue de 15 à 185 individus) : 185 (2006)
Total (variable en raison des fluctuations) : Environ de 45 à 306
Nombre de populations (emplacements) : 2

Analyse quantitative

Non disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces pesant sur l’habitat : perte d’habitat, espèces envahissantes, utilisation de sentiers récréatifs
Menaces pesant sur l’habitat : fauchage, herbivorie, piétinement

Immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur? États-Unis : non en péril
Une immigration a t elle été constatée ou est elle possible? Non
Des individus immigrants seraient ils adaptés pour survivre au Canada? Inconnue
Y a t il suffisamment d’habitat disponible au Canada
pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle? Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition (2009)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii); C2a(i)

Justification de la désignation :
Cette espèce est réduite à deux petites populations présentes dans l’écosystème très perturbé du chêne de Garry, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Les impacts des activités humaines et la propagation des plantes envahissantes dans les habitats de mares printanières et aux environs de ceux-ci continuent de mettre l’espèce en danger de disparition du pays.

Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) :
Il n’y a pas de données disponibles attestant d’un déclin suffisamment marqué des populations de l’espèce de sorte que celle-ci corresponde à ce critère.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
L’espèce correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii), étant donné que sa zone d’occupation et son IZO sont inférieures aux seuils critiques et que la qualité de l’habitat des deux populations existantes continue de baisser.

Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) :
L’espèce correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », C2a(i), étant donné que la population totale est très en deçà de 2 500 individus, qu’il n’existe aucune population comptant plus de 250 individus et qu’un déclin continu est inféré en raison des effets du fauchage, de l’herbivorie et du piétinement, tout particulièrement dans la zone très urbanisée de la population d’Oak Bay.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
L’espèce correspond au critère de la catégorie « menacée », D1, car elle possède un effectif inférieur à 1 000 individus, et correspond au critère de la catégorie « menacée », D2, car il n’existe plus que deux populations, soumises à des menaces continues.

Critère E (Analyse quantitative) :
Non disponible

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Remerciements et experts contactés

Le rédacteur du présent rapport remercie Mike Miller et Jenifer Penny de leur généreuse collaboration sur le terrain et leur conversation enrichissante. Il souligne également le précieux soutien reçu du Service canadien des forêts et du ministère de la Défense nationale.

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Sources d’information

Experts contactés

  • Kevin Fort. Biologiste, espèces en péril, Centre de recherche sur la faune du Pacifique, Service canadien de la faune, Environnement Canada.
  • David Fraser. Spécialiste des espèces en voie de disparition, Biodiversity Branch, Conservation Planning Section, Ministry of Environment, gouvernement de la Columbie-Britannique.
  • Gloria Goulet. Coordinatrice, connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada.
  • Patrick Nantel, Ph.D. Biologiste en conservation, programme des espèces en péril, Agence Parcs Canada.
  • Jenifer Penny. Botaniste, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, Victoria, Colombie-Britannique.

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Sources citées

Agence Parcs Canada. 2006. Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry au Canada, in Programmes de rétablissement en vertu de la Loi sur les espèces en péril, Agence Parcs Canada, Ottawa, 82 p.

Atkinson, S., et F. Sharpe. 1993. Wild Plants of the San Juan Islands, 2e édition, The Mountaineers, Seattle, 191 p.

Bartow, A. 2007. The 2006 Bureau of Land Management Annual Report: West Eugene Wetlands, Corvallis Plant Materials Center, Natural Resources Conservation Service, Corvallis (Oregon).

Buckingham, N.M., E.G. Schreiner, T.N. Kaye, J.E. Burger et E.L. Tisch. 1995. Flora of the Olympic Peninsula, Northwest Interpretive Association, Seattle, 199 p.

Capital Regional District. 2007a. Interim estimates of population growth (en anglais seulement).

Capital Regional District. 2007b. Population forecasts

City of Eugene. 2007. West Eugene Wetlands Project.

Giblin, D. 2006. Communication personnelle, gestionnaire des collections, University of Washington, correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, datée du 9 août 2006.

Hitchcock, C.L., A. Cronquist, M. Ownbey et J.W. Thomson. 1964. Vascular plants of the Pacific Northwest, Part 2: Salicaceae to Saxifragaceae, Univ. Wash. Press, Seattle, 597 p.

Illingworth, J.M., et G.W. Douglas. 1996. COSEWIC assessment and status report on waterplantain buttercup Ranunculus alismaefolius var. alismaefolius in Canada, in COSEWICassessment and status report on water-plantain buttercupRanunculus alismaefolius var. alismaefolius in Canada, Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada, Ottawa, 15 p.

Integrated Taxonomic Information System. 2007. Integrated Taxonomic Information System, Department of Agriculture des États-Unis.

Kartesz, J.T., et C.A. Meacham. 1999. Synthesis of the North American Flora, Version 1.0. North Carolina Botanical Garden, Chapel Hill (Caroline du Nord. ISBN 1-889065-05-6 [CD-ROM]

Lea, T. 2002. Historical Garry Oak Ecosystems of Greater Victoria and Saanich Peninsula, 1:20,000 Map, Terrestrial Information Branch, Ministry of SustainableResource Management de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Middleton, L. 2005. Communication personnelle, gestionnaire, Parks Services, municipalité d’Oak Bay conversations avec M. Fairbarns, mars 2005.

NatureServe. 2007. An online encyclopedia of life, Version 6.2. NatureServe, Arlington (Virginie) (en anglais seulement).

Pijl, van der L. 1982. Principles of dispersal in higher plants, 3e édition. Springer-Verlag, Heidelberg.

Species and Ecosystems Explorer de la Colombie-Britannique. 2007.

Whittermore, A.F., et B.D. Parfitt. 1997. Ranunculaceae, in Flora of North America North of Mexico, Flora of North America Editorial Committee(éd.), 1993 et années subséquentes, 12 + vol., New York et Oxford, vol. 3, p.356-357.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Matt Fairbarns possède un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en botanique de l’Université de Guelph (1980). Il a axé ses travaux sur les espèces rares et la cartographie, l’inventaire et la conservation des écosystèmes de l’ouest du Canada durant une vingtaine d’années. À l’emploi du gouvernement de la Colombie-Britannique comme botaniste jusqu’en 2003, il dirige aujourd’hui la firme Aruncus Consulting, une société de recherche dans le domaine de la conservation des ressources biologiques.

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Collections examinées

Les collections suivantes ont été examinées :

  • Herbier du Royal BC Museum (V)
  • Herbier de l’Université de Victoria (UVIC)