Programme de rétablissement du fouille-roche gris (Percina copelandi) au Canada

Fouille-roche gris

Table des matières

Liste des figures

  • Figure 1. Fouille-roche gris (Percina copelandi).
  • Figure 2. Aire de répartition mondiale du fouille-roche gris.
  • Figure 3. Aire de répartition du fouille-roche gris au Canada.
  • Figure 4. Aire de répartition du fouille-roche gris dans le sud-ouest de l’Ontario.
  • Figure 5. Aire de répartition du fouille-roche gris dans l’est de l’Ontario.
  • Figure 6. Aire de répartition du fouille-roche gris au Québec.
  • Figure 7. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans le ruisseau Little Rideau et la rivière des Outaouais.
  • Figure 8. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Trent, Moira (Black et Skootamatta) et Salmon.
  • Figure 9. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Trent.
  • Figure 10. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Moira et Black.
  • Figure 11. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Skootamatta.
  • Figure 12. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Salmon.
  • Figure 13. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans le lac Érié.
  • Figure 14. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Gatineau.
  • Figure 15. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières L’Assomption et Ouareau.
  • Figure 16. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Richelieu.
  • Figure 17. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Saint-François.
  • Figure 18. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières des Anglais, aux Outardes et Trout/Châteauguay.

Liste des tableaux

  • Tableau 1. Rang de conservation aux échelles mondiale, nationale et subnationale du fouille-roche gris (NatureServe 2013).
  • Tableau 2. État des populations de fouille-roche gris au Canada et certitude connexe.
  • Tableau 3a. Statut et certitude des menaces, par population, pour le fouille-roche gris en Ontario, par bassin versant.
  • Tableau 3b. Statut et certitude des menaces, par population, pour le fouille-roche gris au Québec par région hydrographique et bassin versant.
  • Tableau 4. Tableau de la planification du rétablissement pour la recherche.
  • Tableau 5. Tableau de la planification du rétablissement pour l'inventaire et le suivi.
  • Tableau 6. Tableau de la planification du rétablissement pour la gestion et la coordination.
  • Tableau 7. Tableau de la planification du rétablissement pour la protection, la restauration et l’intendance.
  • Tableau 8. Tableau de la planification du rétablissement pour la communication et la sensibilisation du public.
  • Tableau 9a. Fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel pour chaque stade de vie du fouille-roche gris en Ontario*.
  • Tableau 9b. Fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel pour tous les stades de vie du fouille-roche gris au Québec*.
  • Tableau 10a. Coordonnées indiquant les limites des emplacements en Ontario à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris.
  • Tableau 10b. Coordonnées indiquant les limites à l’intérieur des rivières au Québec où se trouve l’habitat essentiel désigné du fouille-roche gris.
  • Tableau 11a. Comparaison des superficies des tronçons de rivière et des zones des lacs à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel pour chaque secteur où vit le fouille-roche gris en Ontario avec la superficie minimale estimée pour la viabilité de la population (SMVP) *
  • Tableau 11b. Comparaison des superficies des tronçons de rivière et des zones des lacs à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel pour chaque secteur où vit le fouille-roche gris au Québec avec la superficie minimale estimée pour la viabilité de la population (SMVP)*.
  • Tableau 12. Calendrier des études requises pour désigner l’habitat essentiel.
  • Tableau 13. Activités humaines susceptibles de détruire l’habitat essentiel du fouille-roche gris. La séquence des effets pour chaque activité est indiquée, de même que les effets potentiels sur les fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel.

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Fouille-roche gris

Référence recommandée :

MPO. 2013. Programme de rétablissement du fouille-roche gris (Percina copelandi) au Canada. Série des programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. viii + 84 p.

Pour obtenir des exemplaires du programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Courtoisie de George Coker

Also available in English under the title:
« Recovery Strategy for the Channel Darter (Percina copelandi) in Canada »

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Pêches et des Océans Canada, 2013. Tous droits réservés.
ISBN En3-4/171-2013F-PDF
Numéro de catalogue 978-0-660-21272-2

Le contenu (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministères fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans un délai de cinq ans.

Le ministre des Pêches et des Océans du Canada (MPO) est un des ministres compétents pour le rétablissement du fouille-roche gris. Étant donné la présence du fouille-roche gris dans la voie navigable Trent-Severn, le ministre de l’Environnement, responsable de l’Agence Parcs Canada, est aussi un ministre compétent en vertu de la LEP. Pêches et Océans Canada a élaboré ce programme, conformément à l’article 37 de la LEP en collaboration avec plusieurs personnes, organismes et agences gouvernementales, y compris les gouvernements de l’Ontario et du Québec, l’Agence Parcs Canada, l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario et l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec (voir l’annexe D pour la liste des membres de l’équipe de rétablissement du fouille-roche gris).

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Pêches et Océans Canada ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer le programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du fouille-roche gris et de l’ensemble de la société canadienne.
 
La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes. Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Pêches et Océans Canada et d’autres compétences ou organisations participant à la conservation de l’espèce.

Remerciements

Pêches et Océans Canada aimerait remercier un certain nombre de personnes qui ont contribué, directement ou indirectement, à l’élaboration du présent programme de rétablissement : Amy Boyko (MPO – Région du Centre et de l’Arctique), Jacinthe Beauchamp (MPO – Région du Québec), Daniel Hardy (MPO – Région du Québec), l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario, l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec, Carolyn Bakelaar (MPO) (réalisation des cartes), Andréanne Demers (MPO) (harmonisation des versions anglaise et française) Jean Dubé (recherche d’informations). Pêches et Océans Canada tient également à souligner la contribution d’Erling Holm, du Musée royal de l’Ontario, pour avoir offert son expertise dans un certain nombre d’études qui sont à la base du présent programme de rétablissement ainsi que l’implication du personnel du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), soit Deb Jacobs, Scott M. Reid et Jennifer Bownlee, dans les versions antérieures à 2009 de ce programme de rétablissement.

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Sommaire

Le fouille-roche gris est un petit poisson benthique dont l’aire de répartition est étendue, mais extrêmement fragmentée; elle va de l’ouest des Appalaches, et remonte vers le nord depuis la Louisiane à travers 15 États américains, jusqu’en Ontario et au Québec. En Ontario, le fouille-roche gris est présent près des rives du lac Érié ainsi que dans les tributaires du lac Sainte-Claire, dans la rivière des Outaouais et dans la baie de Quinte. Au Québec, l’espèce est présente dans le fleuve Saint-Laurent ainsi que dans les tributaires de quatre régions hydrographiques : Outaouais et Montréal, sud-ouest du Saint-Laurent, sud-est du Saint-Laurent ainsi que nord-ouest du Saint-Laurent.

Le fouille-roche gris a été désigné en tant qu’espèce menacée au Canada par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et est inscrit à l’annexe 1 dela Loi sur les espèces en péril, une loifédérale. Au Canada, cette espèce est menacée par la perte et la dégradation de son habitat (modifications de la rive, altération du régime d’écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances chimiques toxiques), par les espèces exotiques et maladies ainsi que, possiblement, par les captures accidentelles de la pêche aux poissons-appâts. Au cours des dernières années, de nouvelles populations ont été découvertes en Ontario et au Québec, mais ces découvertes découlent vraisemblablement plus d’une augmentation de l’effort d’échantillonnage que d’une expansion de l’aire de répartition. Une population en Ontario et quelques populations au Québec sont probablement disparues. Selon les derniers échantillonnages, les populations du lac Érié et du lac Sainte-Claire seraient en déclin.

L’objectif de rétablissement à long terme (> 20 ans) pour le fouille-roche gris est de maintenir les populations actuelles de l’Ontario et du Québec et de rétablir des populations autosuffisantes dans des habitats occupés historiquement par l’espèce, lorsque possible. À certains endroits, les changements permanents survenus dans la communauté de poissons à la suite de l’établissement d’espèces exotiques peuvent avoir une incidence sur le caractère réalisable du rétablissement de ces populations de fouille-roche gris.

Selon l’évaluation du potentiel de rétablissement du fouille-roche gris, dix populations viables distinctes sont nécessaires afin de réduire le risque de disparition du fouille-roche gris au Canada. Basés sur les données disponibles au moment de la rédaction de ce programme de rétablissement (inventaires réalisés jusqu’en 20091 inclusivement), les objectifs en matière de population et de répartition pour le fouille-roche gris au Canada sont d’assurer la survie de populations autosuffisantes aux dix emplacements suivants :

Ontario :

  • ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais;
  • rivière Trent;
  • rivières Moira, Black et Skootamatta;
  • rivière Salmon;
  • lac Érié (zone de la Pointe-Pelée).

Québec :

  • rivière Gatineau;
  • rivière L’Assomption et son tributaire la rivière Ouareau;
  • rivière Richelieu;
  • rivière Saint-François;
  • rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay.

L’Équipe de rétablissement a identifié diverses approches de rétablissement permettant d’atteindre les objectifs établis. Ces approches ont été classées en cinq catégories de stratégie générale : 1) Recherche; 2) Suivi; 3) Gestion et coordination; 4) Pprotection, restauration et intendance; 5) Communication et sensibilisation du public. Certaines activités de rétablissement qui pourraient être mises en œuvre dans le cadre de ce programme de rétablissement, incluent notamment des recherches supplémentaires en lien avec les besoins en habitat et le cycle biologique, des inventaires aux sites historiques ou potentiels, des évaluations des besoins de l’espèce en lien avec le débit d’eau afin de déterminer les impacts de la gestion de l’eau sur l’espèce, la restauration des habitats connus ainsi qu’une meilleure communication avec les utilisateurs de la ressource afin de les sensibiliser aux habitats utilisés par le fouille-roche gris.

En utilisant la meilleure information disponible au moment de la rédaction de ce programme de rétablissement (données d’inventaire jusqu’en 2009 inclusivement), l’habitat essentiel de l’espèce a été désigné à ce jour, dans les secteurs suivants en Ontario et au Québec :

Ontario :

  • ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais;
  • rivières Trent, Moira, Black, Skootamatta et Salmon;
  • bassin ouest du lac Érié (Pointe-Pelée).

Québec :

  • rivière Gatineau;
  • rivières L’Assomption et Ouareau;
  • rivière Richelieu;
  • rivière Saint-François;
  • rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay.

Le présent programme de rétablissement, qui aborde les besoins du fouille-roche gris dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne, a aussi pour objectif de faciliter la collaboration et la coordination des efforts de rétablissement entre les entités responsables de cette espèce. Un plan de rétablissement du fouille-roche gris québécois a été élaboré en 2001 (présentement mis à jour), et de nombreuses approches visant le rétablissement de cette espèce sont présentement en cours. Plusieurs programmes de rétablissement écosystémique sont en vigueur ou en cours d’élaboration. Certains incluent une partie de l’aire de répartition des populations de fouille-roche gris du sud-ouest de l’Ontario et pourront favoriser le rétablissement de l’espèce dans ces régions.

Un ou plusieurs plans d’action seront produits en lien avec ce programme de rétablissement dans les cinq années qui suivront la publication de la version finale de ce programme de rétablissement au Registre public des espèces en péril.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement du fouille-roche gris est réalisable tant sur le plan biologique que technique étant donné le respect des critères suivants.

1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou son abondance?

Oui. Phelps et Francis (2002) ont signalé la présence du fouille-roche gris à 55 sites répartis dans 23 plans d’eau. Depuis, l’espèce a été observée dans au moins un autre plan d’eau. Même si la fraie nécessite des conditions d’habitat particulières, la présence continue de l’espèce à ces sites indique qu’il y a eu reproduction au cours des dernières années. Des fouille-roches gris mâles et femelles prêts à frayer ont été observés dans la rivière Moira en mai 2001 (Reid et al. 2005), dans la rivière Trent en juin 2003 (Reid 2004) et dans la rivière Gatineau entre mai et juin 1999 (Comtois et al. 2004), en juillet 2003 (J. Boucher, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec [MRNF], comm. pers. 2009) et en juillet 2004 (Lemieux et al. 2005).

2. Y a-t-il suffisamment d’habitats convenables pour soutenir l’espèce ou, de nouveaux habitats pourraient-ils devenir disponibles par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat?

Oui. Il existe suffisamment d’habitat approprié pour le fouille-roche gris à de multiples endroits (p. ex., dans la rivière Trent). En outre, la présence d’un habitat apparemment approprié, mais inhabité a été relevée, dans la région de la baie de Quinte (Reid et al. 2005). L’amélioration de la gestion des niveaux d’eau et de la qualité de l’eau (p. ex., par des activités d’intendance et des pratiques de gestion optimales [PGO] ainsi que par l’entremise des comités de bassins versants) pourrait améliorer l’habitat et en accroître la superficie disponible.

3. Les menaces importantes auxquelles l’espèce ou son habitat font face peuvent-elles être évitées ou atténuées par des approches de rétablissement?

Oui. De nombreuses menaces importantes pesant sur l’habitat du fouille-roche gris, comme les barrages et l’accroissement de la sédimentation et de la turbidité, peuvent être visées par des approches de rétablissement. L’intendance, la mise en œuvre de PGO, la mise sur pied de comités de bassins versants et l’amélioration de la gestion du niveau de l’eau peuvent atténuer ces menaces.

4. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sont-elles efficaces?

Oui. Il existe de nombreuses techniques pouvant être utilisées pour améliorer la qualité de l’eau dans les lacs et les cours d’eau (rivières et ruisseaux). Des activités d’intendance dans les bassins versants ont été mises en place dans certaines régions de l’Ontario et du Québec.

La réintroduction peut être réalisable en ayant recours à l’élevage en captivité ou à l'ensemencement d’adultes. Bien qu’il n’y ait pas d’étude publiée sur l’élevage du fouille-roche gris, l’espèce s’est reproduite avec succès en captivité (Shute et al. 2000). En outre, l’élevage en captivité l'ensemencement d’individus sont des techniques qui ont été utilisées dans le sud-est des États-Unis pour le rétablissement d’autres espèces de percidés en voie de disparition (Shute et al. 2005). Par exemple, des populations d’espèces en péril telles que le poisson-escargot (Percina tanasi) et le dard frangé (Etheostoma crossopterum) ont été établies grâce à l'ensemencement d’adultes (Etnier et Starnes 1993; Poly 2003).

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1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC2

Date d’évaluation : Mai 2002 
Nom commun (population): Fouille-roche gris
Nom scientifique : Percina copelandi
Statut selon le COSEPAC : Espèce menacée
Justification de la désignation selon le COSEPAC : Cette espèce existe en petit nombre où elle se trouve, et son habitat est touché par l’envasement et les fluctuations de la température de l’eau.
Présence au Canada : Ontario, Québec
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée comme menacée en avril 1993. Situation réexaminée et confirmée en mai 2002.

Note : Le résumé sur la situation présentée ci-dessus est tiré intégralement de l’évaluation réalisée par le COSEPAC. L’Équipe de rétablissement croit qu’il y a une erreur typographique et que la justification de la désignation devrait référer à la fluctuation des niveaux d’eau. La mise à jour de l’évaluation et du rapport de situation du COSEPAC rédigé par Phelps et Francis (2002) fait aussi mention des impacts sur l’habitat des changements de la température de l’eau et de débit.

2. Information sur la situation de l’espèce

Situation mondiale - Selon le classement mondial, le fouille-roche gris (Percina copelandi, Jordan 1877) est une espèce apparemment non à risque (G4), mais sa répartition est extrêmement localisée et éparse (Kuehne et Barbour 1983). Des déclins ont été observés dans la partie supérieure du réseau de la rivière Ohio (Indiana, Ohio, Pennsylvanie), dans les eaux du lac Érié de l’Ohio et dans le réseau de la rivière Tennessee, au Kentucky (Goodchild 1994). Les populations semblent stables dans la rivière Licking, au Kentucky, et dans le bassin versant de la rivière Arkansas, en Oklahoma et en Arkansas (Kuehne et Barbour 1983; Goodchild 1994). Le fouille-roche gris est classé en tant qu’espèce en péril (S1, S2 ou S3) dans 11 des 15 États américains où il est recensé ainsi qu’en Ontario et au Québec (tableau 1) (NatureServe 2013).

Situation canadienne - Au Canada, le fouille-roche gris est classé vulnérable (N2N3) à l’échelle nationale, mais est classé en péril (S2) en Ontario et en péril/vulnérable (S2S3) au Québec (NatureServe 2013). Il a été évalué en tant qu’espèce menacée en 1993 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), désignation qui a été confirmée de nouveau en 2002 (COSEPAC 2002). Du côté fédéral, l’espèce est inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Du côté provincial, elle est classée comme menacée en Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario [MRNO] 2009). Au Québec, le fouille-roche gris est classé vulnérable en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, et ce, depuis mars 2005. 

Pourcentage de la répartition et de l’abondance mondiale au Canada - Phelps et Francis (2002) ont estimé que la zone d’occurrence du fouille-roche gris au Canada était de l’ordre de 80 000 km², soit 16 % de la zone d’occurrence mondiale de l’espèce. Phelps et Francis (2002) ont estimé que la zone actuelle d’occupation, c’est-à-dire la zone réellement occupée par le fouille-roche gris, était de  300 km². 

Bien qu’il n’y ait pas d’estimation de l’abondance mondiale ou canadienne, la population canadienne peut représenter environ 5 % de la population mondiale de fouille-roche gris (A. Dextrase [MRNO], comm. pers. 2006).

Le tableau 1 est intitulé « Classements mondial, national et sous-national de la désignation patrimoniale du fouille-roche gris ». Les classements proviennent de NatureServe 2009. La note de bas de page suivante est fournie pour décrire les classements : « G4/N4/S4 – Espèce apparemment non menacée : peu courante, mais pas rare; certaines inquiétudes à long terme en raison du déclin et d'autres facteurs; N3/S3 – Vulnérable : vulnérable au pays, dans l'État ou la province en raison d'une répartition limitée, d'une population relativement basse (souvent 80 ou moins), de déclins récents et généralisés, ou d'autres facteurs la rendant susceptible de disparaître; S2 – Menacée : menacée dans l'État ou la province en raison de sa rareté due à une répartition très limitée, à une population très basse (souvent 20 ou moins), à des déclins importants ou à d'autres facteurs la rendant très vulnérable ou proche de la disparition dans l'État ou la province; S1 – Gravement en péril : gravement en péril dans l'État ou la province en raison de son extrême rareté (souvent 5 ou moins) ou en raison de certains facteurs comme des déclins très importants, ce qui la rend particulièrement vulnérable à la disparition dans l'État ou la province. Pour de plus amples renseignements sur le classement, se reporter à NatureServe

Il y a deux colonnes et quatre rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. La colonne de gauche indique le classement et celle de droite le classement de la compétence. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. De gauche à droite, les rangées indiquent ce qui suit : la rangée 1 indique le classement mondial (G); le classement de la compétence, G4 (19 juin 2011). La rangée 2 indique le classement national (N), avec une ligne pour le Canada, le classement de la compétence N2N3, et une ligne pour les États-Unis, classement de la compétence N4. La rangée 3 indique le classement sous-national (S), pour le Canada et pour les États-Unis. Voici le classement de la compétence pour le Canada : Ontario (S2), Québec (S2S3). Voici le classement de la compétence pour les États-Unis : Arkansas (S4), Indiana (S2), Kansas (S3), Kentucky (S4), Louisiane (S1S2), Michigan (S1S2), Missouri (S3), New York (S2), Ohio (S2), Oklahoma (S4), Pennsylvanie (S4), Tennessee (S3), Vermont (S1), Virginie (S2), Virginie-Occidentale (S2S3).

Tableau 1. Rang de conservation3 aux échelles mondiale, nationale et subnationale du fouille-roche gris (NatureServe 2013).
ÉchelleRang de conservation
Mondiale (G)G4
Nationale (N)
Canada
N2N3
Nationale (N)
États-Unis
N4
Subnationale (S)
Canada
Ontario (S2), Québec (S2S3)
Subnationale (S)
États-Unis
Arkansas (S4), Indiana (S2), Kansas (S3), Kentucky (S4), Louisiane (S1S2), Michigan (S1S2), Missouri (S3), New York (S2), Ohio (S2), Oklahoma (S4), Pennsylvanie (S4), Tennessee (S3), Vermont (S1), Virginie (S2), Virginie occidentale (S2S3)

3. Renseignements sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

La description suivante a été adaptée de Trautman (1981), Starnes et al. (1977) et Scott et Crossman (1998), à moins d’indication contraire. Le fouille-roche gris (figure 1) est un petit poisson mince au corps allongé. Selon Goodchild (1994), sa longueur totale varie de 34 à 61 mm pour les spécimens canadiens, bien que certains individus atteignant 72 mm aient été capturés (Reid 2004). Ce poisson est de couleur sable ou olive pâle, avec des mouchetures brunes sur le dos et des marques en forme de croix dispersées sur sa face dorsale. Une série de taches brunes oblongues ou rondes souvent réunies par une mince ligne est présente sur les flancs. Une tache ou une ligne plus sombre peut être présente sous l’œil, se prolongeant vers le museau; les nageoires sont translucides ou légèrement tachetées, et la face ventrale du corps est blanchâtre. Les mâles reproducteurs peuvent être légèrement plus foncés (Goodchild 1994).

Le fouille-roche gris ressemble au raseux-de-terre noir (Etheostoma nigrum), au raseux-de-terre gris (E. olmstedi) et au dard de rivière (P. shumardi) (Goodchild 1994), espèces dont l’aire de répartition chevauche celle du fouille-roche gris. Une clé d’identification permettant de distinguer le fouille-roche gris des autres espèces de percidés a été élaborée par Massé et Bilodeau (2003). Cependant, l’identification des juvéniles demeure problématique. Voir Phelps et Francis (2002) pour des renseignements détaillés sur la distinction entre le fouille-roche gris et d’autres espèces similaires.

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La figure 1 est intitulée « Figure 1. Fouille-roche gris (Percina copelandi) ».Il s'agit d'une illustration en couleur publiée avec l’autorisation d'Ellen Edmonson, du Department of Environmental Conservation de l'État de New York, qui représente une vue latérale d'un fouille-roche gris.

Figure 1. Fouille-roche gris (Percina copelandi) © Ellen Edmonson (NYSDEC).

Channel Darter

3.2 Population et répartition

Aire de répartition mondiale - Le fouille-roche gris a une aire de répartition étendue mais extrêmement fragmentée dans le centre de l’Amérique du Nord (figure 2); il est présent à l’ouest des Appalaches, dans le bassin versant du Mississippi (rivières Tennessee, Ohio et Arkansas) et dans le bassin sud des Grands Lacs (bassins versants du lac Huron, du lac Sainte-Claire, du lac Érié et du lac Ontario ainsi que du fleuve Saint-Laurent) (Goodchild 1994). Il est présent dans 15 États américains, à savoir l’Arkansas, l’Indiana, le Kansas, le Kentucky, la Louisiane, le Michigan, le Missouri, l’État de New York, l’Ohio, l’Oklahoma, la Pennsylvanie, le Tennessee, le Vermont, la Virginie et la Virginie occidentale. À la limite nord de son aire de répartition, le fouille-roche gris est observé en Ontario et au Québec (NatureServe 2013). L’aire de répartition de l’espèce était probablement plus vaste avant l’ère glaciaire, comme semble le démontrer la découverte, dans le Dakota du Sud de fossiles qui appartiendraient à l’espèce (Stauffer et al. 1982; Cavender1986; tous deux cités dans Goodchild 1994).

La figure 2 est intitulée « Répartition globale du fouille-roche gris ». La figure est un dessin au trait d'une carte du centre de l'Amérique du Nord. Une échelle est fournie. Les zones où le fouille-roche gris est présent sont grisées et incluent notamment les Appalaches, le bassin versant du Mississippi (rivières Tennessee, Ohio et Arkansas) et le sud du bassin des Grands Lacs (lacs Huron, Sainte-Claire, Érié et Ontario et bassin versant du fleuve Saint-Laurent), l’Arkansas, l’Indiana, le Kansas, le Kentucky, la Louisiane, le Michigan, le Missouri, l’État de New York, l’Ohio, l’Oklahoma, la Pennsylvanie, le Tennessee, le Vermont, la Virginie et la Virginie-Occidentale. La carte est une version modifiée du document A Field Guide to Freshwater Fishes of North America North of Mexico (Guide de poche des poissons d'eau douce de l'Amérique du Nord, au nord du Mexique) [Page et Burr 1991].

Figure 2. Aire de répartition mondiale du fouille-roche gris (adaptée de Page et Burr 1991).

map

Aire de répartition canadienne - Des populations fragmentées sont présentes en Ontario et au Québec (figure 3). Goodchild (1994) laisse sous-entendre que le fouille-roche gris a toujours été rare au Canada du fait qu’il s’agit de la limite nord de son aire de répartition.

Ontario : En Ontario (figures 4 et 5), le fouille-roche gris est présent dans la partie inférieure des Grands Lacs. Des spécimens de l’espèce ont été capturés dans la rivière Détroit, le lac Sainte-Claire, la rivière Sainte-Claire, le lac Érié et plusieurs tributaires du lac Ontario, y compris la rivière Trent, la rivière Moira et deux de ses tributaires (rivières Skootamatta et Black) ainsi que la rivière Salmon. Il a aussi été localisé dans le ruisseau Little Rideau (tributaire de la rivière des Outaouais), dans l’est de la province (Goodchild 1994; Phelps et Francis 2002).

Québec : Au Québec, l’espèce est à la limite nord de son aire de répartition mondiale. Sa répartition est fragmentée et les populations sont localisées dans les tributaires du Haut-Saint-Laurent (Lapointe 1997; Scott et Crossman 1998) (figure 6). Dans le fleuve Saint-Laurent, des spécimens ont été capturés dans le lac Saint-Louis ainsi que dans le lac Saint-Pierre et son archipel (N. La Violette, données non publiées). L’espèce est aussi présente dans les tributaires de quatre régions hydrographiques : Outaouais et Montréal, sud-ouest du Saint-Laurent, sud-est du Saint-Laurent et nord-ouest du Saint-Laurent (figure 6). Depuis la parution de la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC de 2002 (Phelps et Francis 2002), d’autres inventaires récents ont permis de nouvelles observations de l’espèce. Voir les annexes E et F pour plus de détails.

La figure 3 est intitulée « Répartition du fouille-roche gris au Canada ». Il s'agit d'une carte du centre de l'Ontario et du Québec qui contient un encart dans le coin supérieur gauche indiquant l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Une légende et une échelle sont fournies. La légende explique les symboles représentant les années de capture (de 2001 à 2009, de 1991 à 2000, de 1981 à 1990 et de 1928 à 1980) et les zones (parcs, Premières Nations et zones bâties). Les points de données distincts sont indiqués en fonction de l'année de capture. La carte illustre les populations distinctes du fouille-roche gris, et donne l'impression générale de points de capture éparpillés selon les différentes périodes :un groupe à l'ouest du lac Érié et au lac Sainte-Claire, un deuxième groupe le long des rivières Moira et Trent autour de Belleville, et enfin, un groupe au Québec, le long des rivières des Outaouais, Trout et Richelieu et du fleuve Saint-Laurent. Par ailleurs, il y a des points de données plus anciens, de 1928 à 1980, sur la rive du lac Érié au niveau du parc provincial Rondeau, à Port Burwell et à Port Dover.

Figure 3. Aire de répartition du fouille-roche gris au Canada.

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La figure 4 est intitulée « Répartition du fouille-roche gris dans le sud-ouest de l'Ontario ». Il s'agit d'une carte du sud-ouest et du centre de l'Ontario illustrant le lac Érié et le lac Sainte-Claire, avec un encart dans le coin supérieur gauche indiquant l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Une légende et une échelle sont fournies. La légende explique les symboles représentant les années de capture (de 2001 à 2009, de 1991 à 2000, de 1981 à 1990 et de 1928 à 1980) et les zones (parcs, Premières Nations et zones bâties). Les points de données distincts sont indiqués en fonction de l'année de capture. L'espèce a été capturée dans la rivière Détroit, le lac Sainte-Claire, la rivière Sainte-Claire et le lac Érié.

 Figure 4. Aire de répartition du fouille-roche gris dans le sud-ouest de l’Ontario.

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La figure 5 est intitulée « Répartition du fouille-roche gris dans l'est de l'Ontario ». Il s'agit d'une carte de l'est de l'Ontario qui contient un encart dans le coin supérieur gauche indiquant l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Une légende et une échelle sont fournies. La légende explique les symboles représentant les années de capture (de 2001 à 2009, de 1991 à 2000, de 1981 à 1990 et de 1928 à 1980) et les zones (parcs, Premières Nations et zones bâties). Les points de données distincts sont indiqués en fonction de l'année de capture. Le fouille-roche gris a été capturé dans plusieurs affluents du lac Ontario, y compris les rivières Trent et Moira et deux de leurs affluents (rivières Skootamatta et Black), et la rivière Salmon. Il a également été capturé dans le ruisseau Little Rideau (un affluent de la rivière des Outaouais) dans l'est de l'Ontario.

Figure 5. Aire de répartition du fouille-roche gris dans l’est de l’Ontario. 

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La figure 6 est intitulée « Répartition du fouille-roche gris au Québec ». Il s'agit d'une carte de l'est de l'Ontario et du Québec qui contient un encart dans le coin supérieur gauche indiquant l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Une légende et une échelle sont fournies. La légende explique les symboles représentant les années de capture (de 2001 à 2009, de 1991 à 2000, de 1981 à 1990 et de 1923 à 1980) et les zones (parcs, Premières Nations et zones bâties). Les points de données distincts sont indiqués en fonction de l'année de capture. La carte indique que le fouille-roche gris a été capturé dans les affluents de quatre régions hydrographiques : Outaouais et Montréal, Sud­ouest du fleuve Saint-Laurent, Sud­est du fleuve Saint-Laurent et Nord­ouest du fleuve Saint-Laurent.

Figure 6. Aire de répartition du fouille-roche gris au Québec. 

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Taille de la population canadienne : Phelps et Francis (2002) indiquent que des populations de fouille-roche gris ont été échantillonnées dans 55 emplacements répartis dans 23 plans d'eau et leur présence confirmée. L’espèce serait toutefois disparue de sept sites historiques, un en Ontario et six au Québec (Phelps et Francis 2002) (maintenant cinq depuis la capture récente de fouille-roche gris dans la rivière du Sud, population qui avait été reconnue disparue). Les nouveaux sites découverts sont vraisemblablement le résultat d’une augmentation de l’effort d’échantillonnage par le MRNO, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF) et les autres partenaires (voir annexes E à G) plutôt que d’une expansion de l’aire de répartition. Mis à part le déclin rapporté à un certain nombre d’emplacements historiques en Ontario et au Québec (Phelps et Francis 2002), aucune information sur l’abondance des populations n’est disponible. Il semblerait que la perte de certaines populations canadiennes soit probablement associée à un déclin parallèle de l’abondance.

Ontario4 - En Ontario, un déclin semble se produire dans le lac Érié et dans le lac Sainte-Claire. Le fouille-roche gris a été observé à un seul des six emplacements historiques (c.-à-d. au bord du rivage du Parc national de la Pointe-Pelée), le long de la rive nord du lac Érié, au cours d’une campagne d’échantillonnage intensive menée au printemps et à l’automne en 2005 et 2006 (Reid et Mandrak 2008). Cela indique qu’un déclin de plus grande envergure s’est produit au Canada que celui signalé en 2002 dans l’évaluation du COSEPAC (Reid et Mandrak 2008). Cependant, un spécimen a été capturé dans le lac Érié, à une profondeur de 10,8 m, par le MRNO dans le cadre d’un inventaire au chalut de fond en 2010, ce qui semble indiquer que l’espèce peut être présente à de plus grandes profondeurs (Bouvier et Mandrak 2010).

L’observation la plus récente de l’espèce dans le bassin du lac Érié a eu lieu dans la rivière Détroit, en 2009, alors qu’un spécimen a été capturé à l’endroit où la rivière se connecte au lac Sainte-Claire. Cette nouvelle observation s’est produite assez loin des endroits où l’espèce avait été observée auparavant dans la rivière, soit à proximité de l’endroit où celle-ci se jette dans le lac Érié (Bouvier et Mandrak 2010).

Les observations les plus récentes du fouille-roche gris dans le lac Sainte-Claire remontent à 1996, alors que 65 individus avaient été capturés près de l’île Walpole (Bouvier et Mandrak 2010). En 2005, le MRNO a mené des inventaires à des sites historiques le long de la rive sud du lac Sainte-Claire, mais aucun fouille-roche gris n’y a été observé. Des inventaires récents au chalut (Thomas et Haas 2004) et à la senne par le MRNO en 2005 (M. Belore, MRNO, comm. pers. 2006) effectués le long de la rive sud du lac Sainte-Claire n’ont pas permis de capturer l’espèce.

Les dernières campagnes d’échantillonnage (2001 et 2003) menées à des sites historiques de la rivière Moira (y compris à deux de ses tributaires, à savoir les rivières Black et Skootamatta) ont confirmé la persistance de ces populations (Reid 2004; Reid et al. 2005). Deux occurrences du fouille-roche gris (1989 et 2004) ont été rapportées pour le ruisseau Little Rideau, près de l’endroit où il se jette dans la rivière des Outaouais (Dextrase et Reid 2004). Cependant, compte tenu de la proximité de ces observations avec la rivière des Outaouais, il faudra procéder à d’autres échantillonnages à cet endroit pour déterminer s’il s’agit d’une population résidente du ruisseau Little Rideau ou de la rivière des Outaouais.

Un échantillonnage ciblé mené dans la partie inférieure de la rivière Trent de 2003 à 2008 a permis de détecter 831 fouille-roches gris (Reid 2005; Coker et Portt 2009). De plus, l’échantillonnage réalisé en 2003 a permis la détection du fouille-roche gris pour la première fois dans la rivière Salmon (Reid et al. 2005). L’espèce est considérée comme disparue d’un ruisseau sans nom qui se déverse dans la rivière Moira (Phelps et Francis 2002). Dans la rivière South Nation, des sites où des observations non confirmées de fouille-roche gris ont été réalisées par le MRNO dans les années 1970 ont été rééchantilonnés en mai 2005, mais aucune capture n’a été rapportée (A. Dextrase et S. Reid, MRNO, comm. pers. 2009).

Québec5 - L’état des populations de fouille-roche gris au Québec n’est pas bien connu, peu d’études ayant été réalisées à cet effet. Le peu de données disponibles sur l’abondance laisse toutefois présumer que l’espèce a subi une diminution de ses effectifs (Lapointe 1997; Équipe de rétablissement du fouille-roche gris 2001; Phelps et Francis 2002; MPO 2010). Le fouille-roche gris semble disparu des rivières Chicot, Niger, aux Bleuets et Maskinongé et du secteur de Port Saint-François dans le fleuve Saint-Laurent (Phelps et Francis 2002), ainsi que du lac Saint-Louis et du tronçon Bécancour-Batiscan dans le fleuve Saint-Laurent (données du Réseau de suivi ichtyologique du fleuve Saint-Laurent [RSI]). L’espèce avait également été présumée disparue de la rivière du Sud (Phelps et Francis 2002), jusqu’à ce que deux spécimens soient détectés en 2005 (P-Y Collin, MRNF, comm. pers. 2005). Plusieurs secteurs où l’espèce a été observée n’ont pas été échantillonnés récemment; par conséquent, il demeure impossible de déterminer si l’espèce est toujours présente à ces endroits.

Depuis la préparation du rapport de situation du COSEPAC en 2002 (Phelps et Francis 2002), des fouille-roches gris ont été capturés dans plusieurs cours d’eau (rivières et ruisseaux) et, dans certains cas, en grand nombre (p. ex., 137 et  125 spécimens dans les rivières Gatineau et Richelieu respectivement, en 2003 [Boucher et al. 2009]; 58 spécimens dans des tributaires de la rivière des Outaouais, en aval de Gatineau, en 2006 [Pariseau et al. 2007]) (voir annexe F pour plus d’information). Cependant, la plupart des relevés visant le fouille-roche gris avaient pour but de vérifier l’occurrence de l’espèce et non sa densité. Lorsqu’un individu ou plus étaient observés, l’échantillonnage était arrêté afin de limiter l’impact sur l’espèce et son habitat (S. Garceau, MRNF, comm. pers. 2009). Ainsi, ces inventaires ont permis de démontrer que plusieurs régions du Québec semblaient soutenir d’importantes populations de fouille-roche gris, comme les rapides de Chambly sur la rivière Richelieu, les rapides Farmer de la rivière Gatineau, ainsi que le ruisseau de Pointe-au-Chêne et la rivière Kinonge, deux tributaires de la rivière des Outaouais. La grande section de la rivière des Outaouais entre Fasset et Grenville (c.-à-d. de grandes plages de gravier et de sable battues par les vagues) et la rivière Saint-François présentent également un potentiel intéressant.

Évaluation des populations canadiennes : La situation des populations de fouille-roche gris au Canada a été évaluée par Bouvier et Mandrak (2010) pour l’Ontario et Boucher et Garceau (2010) pour le Québec. Les populations ont été classées en fonction de l’abondance et des trajectoires (MPO 2010) (tableau 2). L’abondance et les trajectoires des populations ont par la suite été combinées afin de déterminer l’état de la population. Un niveau de certitude a également été attribué à l’état de la population, lequel reflète le niveau de certitude le plus bas associé à l’abondance ou la trajectoire des populations. Voir Bouvier et Mandrak (2010) et Boucher et Garceau (2010) pour plus de détails sur la méthodologie.

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Le tableau 2 est intitulé : « État de la population et degré de certitude connexe des populations distinctes du fouille-roche gris au Canada ». Ce tableau est une version modifiée de celui du document MPO 2010, intitulé « Évaluation du potentiel de rétablissement du fouille-roche gris (Percina copelandi) au Canada ». Il compte trois colonnes et trente-sept rangées. La première colonne est intitulée Population et renvoie à la note de bas de page suivante : « Il convient de noter que, compte tenu de données à l’appui insuffisantes, chaque emplacement a été considéré comme ayant une seule population lorsque l’état des populations a été examiné par Bouvier et Mandrak (2010) et par Boucher et Garceau (2010). La colonne du milieu, intitulée État de la population, contient le code de couleur suivant : rouge pour Mauvais, jaune pour Passable et vert pour Bon; les catégories Inconnu et Disparu n'ont pas de code de couleur; la colonne de droite est intitulée Degré de certitude. Un code numérique est attribué au degré de certitude comme suit : 1 = analyse quantitative; 2 = captures par unité d'effort (CPUE) ou échantillonnage normalisé; 3 = meilleure estimation. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. Le tableau a été divisé en populations de l'Ontario et populations du Québec. De gauche à droite, les rangées indiquent ce qui suit : la rangée 1 indique la population en Ontario et occupe toute la largeur du tableau. L'Ontario est divisé en quatre bassins versants : baie de Quinte, lac Érié, lac Sainte-Claire et rivière des Outaouais (rangées 2 à 13). Ces bassins versants sont ensuite subdivisés par population. La rangée 2 indique la population dans le bassin versant de la baie de Quinte et occupe toute la largeur du tableau. Le bassin versant de la baie de Quinte est subdivisé comme suit en trois rangées (rangées 3 à 5) par population : la rangée 3 indique Population, système de la rivière Moira : rivières Moira, Skootamatta et Black; État de la population Passable, code de couleur jaune; Degré de certitude 2. La rangée 4 indique Population, rivière Salmon; État de la population Passable, code de couleur jaune; Degré de certitude 2. La rangée 5 indique Population, rivière Trent; État de la population Passable, code de couleur jaune; Degré de certitude 2. La rangée 6 indique Population, bassin versant du lac Érié; elle occupe toute la largeur du tableau. Le bassin versant du lac Érié est subdivisé comme suit en trois rangées (rangées 7 à 9) par population : la rangée 7 indique Population, rivière Détroit; État de la population Inconnu; Degré de certitude 3. La rangée 8 indique Population, bassin occidental : île Pelée, pointe Pelée, plage Holiday; État de la population Mauvais, code de couleur rouge; Degré de certitude 2. La rangée 9 indique Population, bassin central et oriental : Port Dover, Port Burwell, baie Rondeau; État de la population Disparu, code de couleur rouge; Degré de certitude 2. La rangée 10 indique Population, bassin versant du lac Sainte-Claire; elle occupe toute la largeur du tableau. Le bassin versant du lac Sainte-Claire est subdivisé comme suit en une rangée (rangée 11) par population : la rangée 11 indique Population, lac Sainte-Claire; État de la population Mauvais, code de couleur rouge; Degré de certitude 2. La rangée 12 indique Population, bassin versant de la rivière des Outaouais; elle occupe toute la largeur du tableau. Le bassin versant de la rivière des Outaouais est subdivisé comme suit en une rangée (rangée 13) par population : la rangée 13 indique Population, ruisseau Little Rideau; État de la population Inconnu; Degré de certitude 2. La rangée 14 indique Population, Québec; elle occupe toute la largeur du tableau. Le Québec est divisé en quatre régions : Outaouais et Montréal, Sud­ouest du fleuve Saint-Laurent, Nord­ouest du fleuve Saint-Laurent et Sud­est du fleuve Saint-Laurent (rangées 15 à 36). Ces régions sont ensuite subdivisées par population. La rangée 15 indique la population dans la région de l'Outaouais et de Montréal; elle occupe toute la largeur du tableau. La région de l'Outaouais et de Montréal est subdivisée en une rangée (rangée 16) comme suit : la rangée 16 indique Population, rivière des Outaouais; État de la population Bon, code de couleur vert; Degré de certitude 2.

....Continuez la lecture du tableau par rangée

Tableau 2. État des populations de fouille-roche gris au Canada et certitude connexe. Certitude : 1 = analyse quantitative; 2 = prise par unité d’effort (PUE) ou échantillonnage normalisé; 3 = opinion d’expert. Tableau adapté de MPO (2010).
Populations6État de la populationCertitude
ONTARIO
Bassin versant de la baie de Quinte
Système de la Moira : rivières Moira, Skootamatta et BlackPassable2
Rivière SalmonPassable2
Rivière TrentPassable2
Bassin versant du lac Érié
Rivière DétroitInconnu3
Bassin ouest : île Pelée, Pointe-Pelée, plage HolidayMauvais2
Bassin centre/est : Port Dover, Port Burwell, baie RondeauDisparu2
Bassin versant du lac Sainte-Claire
Lac Sainte-ClaireMauvais2
Bassin versant de la rivière des Outaouais
Ruisseau Little RideauInconnu2
QUÉBEC
Région hydrographique de l’Outaouais et Montréal
Rivière des OutaouaisBon2
Région hydrographique du sud-ouest du fleuve Saint-Laurent
Rivière RichelieuBon2
Rivière ChâteauguayMauvais2
Rivière YamaskaMauvais3
Rivière Saint-FrancoisBon2
Rivière NicoletInconnu3
Région hydrographique du nord-ouest du fleuve Saint-Laurent
Rivière L’AssomptionPassable2
Rivière BayonnePassable2
Rivière BatiscanInconnu3
Rivière Jacques-CartierInconnu3
Rivière Sainte-AnneInconnu3
Région hydrographique du sud-est du fleuve Saint-Laurent
Rivière BécancourInconnu3
Rivière du SudMauvais2
Rivière du ChêneInconnu3
Rivière aux OrmesInconnu3
Rivière HenriInconnu3
Rivière GentillyInconnu3
Rivière aux OrignauxInconnu3

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3.3 Besoins du fouille-roche gris

Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques

De la fraie à l’éclosion : Au printemps et au début de l’été, le fouille-roche gris se déplace sur de courtes distances pour frayer dans des zones de rapides ou de hauts-fonds où le débit est modéré et où le lit du cours d’eau est constitué de matériel grossier et propre (Winn 1953; Reid 2004; Lemieux et al. 2005; Garceau et al. 2007; Boucher et al. 2009). Winn (1958) indique que la fraie, dans un lac intérieur du Michigan, se produit sur des hauts-fonds graveleux, après quoi le fouille-roche gris migre vers des eaux plus profondes. Des débits d’eau allant de modérés à rapides pourraient être essentiels à la réussite de la fraie. Par exemple, dans la rivière Trent, une vélocité (c.-à-d. vitesse du courant) moyenne de l’eau au milieu de la colonne d’eau de 46 cm/s (Reid 2004) a été mesurée pendant la période où des individus en état de fraie ont été capturés alors que dans la rivière Richelieu, la vélocité de l’eau variait de 24 à 60 cm/s (Lemieux et al. 2005).

Les fouille-roches gris mâles établissent des territoires (nids) de reproduction autour d’une roche située dans le courant qu’ils défendent ensuite. Les femelles circulent entre les territoires, fraient avec plusieurs mâles et pondent de 4 à 10 œufs dans chaque nid; de 350 à 700 œufs peuvent être pondus. Les températures de l’eau mesurées pendant la fraie variaient de 14,5 à 25 °C (Winn 1953; Comtois et al. 2004; Reid 2004; Lemieux et al. 2005). Aucune attention parentale n’est donnée aux œufs et aux larves. Peu d’informations sur la durée de génération de cette espèce sont disponibles, mais des œufs ont été recueillis chez des femelles de 1 à 2 ans (Page 1983).

Stade embryonnaire (sac vitellin) : Des larves ayant leur sac vitellin ont été recueillies à une profondeur de 12 m dans le lac Érié, près de Pointe Abino (Fish 1932; cité dans Simon et Wallus 2006). Au Québec, des œufs et des larves ont été recueillis à des profondeurs allant de 30 à 40 cm sur des substrats de cailloux, de gravier et de sable (Lemieux et al. 2005). Les besoins en matière d’habitat du fouille-roche gris à l’état embryonnaire ne sont pas davantage connus.

Jeunes de l’année : Les jeunes de l’année préfèreraient les zones où se trouvent du gravier et du sable et des profondeurs d’eau allant de 0 à 5 m (Lane et al. 1996). Des juvéniles ont été observés dans des chenaux secondaires, dans des fosses et autres zones où le débit était lent, et certains individus ont été capturés en bordure de grands cours d’eau (Winn 1953). Les besoins spécifiques des fouille-roches gris de l’année en matière d’habitat sont également peu connus.

Adultes : Le fouille-roche gris est une espèce benthique d’eau chaude qui, au Canada, est observée dans trois grands types d’habitats : 1) plages de gravier et de sable grossier du lac Érié (Reid et Mandrak 2008); 2) hauts-fonds de gravier et de cailloux et zones de rapides des grands cours d’eau (Reid 2005; Lemieux et al. 2005; Boucher et al. 2009); 3) zones de rapides et fosses des cours d’eau de taille petite à moyenne (p. ex., CARA 2002; Reid et al. 2005; Garceau et al. 2007). Au Québec, l’espèce est observée principalement dans des rivières ou de petits cours d’eau dont les rives ne sont pas perturbées, le long de zones forestières ou agricoles où la qualité de l’eau est bonne (Lapointe 1997; Garceau et al. 2007). Les courants sont de faibles à modérés, les profondeurs d’eau habituellement inférieures à 60 cm et les substrats composés de cailloux ainsi que d’autres types de matériaux (Desrochers et al. 1996; CARA 2002; Lemieux et al. 2005; Boucher 2006; Garceau et al. 2007; Boucher et al. 2009).
 
Pendant l’été, le fouille-roche gris continue d’être associé aux habitats composés de zones de rapides ou de hauts-fonds (Stauffer et al. 1996; Reid 2004) et ceux adjacents aux fosses dont le fond est couvert de sable (Reid 2005). À la fin de l’automne, peu d’individus sont encore présents dans les zones de rapides et de hauts-fonds; l’hivernage a lieu dans des fosses où le courant est faible (Branson 1967; Etnier et Starnes 1993). Les besoins en matière d’habitat des populations lacustres (vivant dans les lacs) ne sont pas aussi bien documentés que ceux des populations lotiques (vivant dans les cours d’eau). Le long de la rive nord du lac Érié, des fouille-roches gris ont été capturés sur des plages de gravier et de sable grossier fortement soumises à l’action des vagues (Scott 1955; Reid et Mandrak 2008).

Le fouille-roche gris est une espèce intolérante à la pollution. Une bonne qualité d’eau, particulièrement de faibles niveaux de turbidité, est importante pour cette espèce (Lapointe 1997). Le fouille-roche gris est sensible aux niveaux de sédimentation élevés (Goodchild 1994); il est peu fréquent de le trouver dans les zones où les substrats sont dominés par le limon ou l’argile.

Facteurs limitatifs

Le fouille-roche gris a des exigences spécifiques en matière d’habitat, notamment en lien avec la température de l’eau, le débit et le substrat, qui doivent être comblées pour assurer le succès de la fraie. Les températures de l’eau mesurées pendant la fraie variaient de 14,5 à 25 °C (Winn 1953; Comtois et al. 2004; Reid 2004; Lemieux et al. 2005). Les réductions subites du débit d’eau pendant la fraie peuvent provoquer l’arrêt des activités de reproduction ainsi que l’abandon temporaire de l’aire de fraie (Winn 1953). Le substrat typique des sites de fraie est habituellement composé de matériaux grossiers et propres. Le dépôt de sédiments fins sur des habitats de fraie empêcherait l’utilisation de tels habitats (Winn 1953). Goodchild (1994) a émis l’hypothèse que les conditions nécessaires à la présence d’un habitat de fraie optimal peuvent n’être réunies qu’à certains moments, ce qui risquerait d’entraîner une variation du succès de la reproduction et des changements dans l’abondance d’une année à l’autre. En outre, le comportement de fraie communautaire du fouille-roche gris peut limiter le nombre d’œufs déposés par les femelles (Goodchild 1994). Chaque femelle doit en effet frayer de façon répétitive avec de nombreux mâles pour pondre tous ses œufs, situation qui peut ne pas toujours être possible (Goodchild 1994).

Le fouille-roche gris est un petit poisson ayant une capacité de dispersion limitée qui est distribué en populations discontinues. Par conséquent, « l’effet de secours » (c.-à-d. la capacité d’une population voisine d’enrayer le déclin d’une autre population grâce à la migration) est faible. Les sites où les populations sont disparues ont donc peu de possibilité d'être recolonisés par des mouvements démographiques naturels. La capacité de dispersion est cependant plus élevée lorsque considérée sur plus d’une génération.

Selon Goodchild (1994), le fouille-roche gris pourrait aussi être limité par la compétition avec le raseux-de-terre noir et le fouille-roche zébré (P. caprodes) pour les sites de fraie.

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4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Les menaces pesant sur les populations de fouille-roche gris ont été évaluées en Ontario par Bouvier et Mandrak (2010) et au Québec par Boucher et Garceau (2010). Les menaces connues et présumées ont été classées en fonction de la probabilité qu’elles surviennent et de l’impact qu’elles peuvent avoir sur chaque population (tableaux 3a et 3b) (MPO 2010). La probabilité et l’impact de ces menaces ont été ensuite combinés pour produire un statut général pour chacune des menaces. Un degré de certitude a également été attribué au statut général de la menace, lequel reflète le degré de certitude le moins élevé pour la probabilité ou l’impact de chaque menace. Voir Bouvier et Mandrak (2010) et Boucher et Garceau (2010) pour plus de détails. D’autres renseignements sont fournis dans les descriptions des menaces qui suivent.

Le tableau 3a est intitulé « État des menaces et degré de certitude (), par population et par bassin versant, pour le fouille-roche gris de l'Ontario ». Le degré de certitude est indiqué dans le tableau à l’aide d’un chiffre entre parenthèses : 1 = études causales, 2 = études corrélatives et 3 = opinion d'experts. Un code de couleur est attribué au niveau de menace (élevé, modéré, faible, inconnu) : élevé (rouge), modéré (jaune), faible (vert). Les cellules vides n'indiquent pas nécessairement qu'il n'y a pas de lien entre une population et une menace, mais plutôt que la probabilité de la menace ou ses répercussions sont inconnues. Les cellules grisées indiquent que la menace ne s'applique pas à la population en raison de la nature du système aquatique où vit la population. Ce tableau est une version modifiée de celui du document MPO 2010 intitulé « Évaluation du potentiel de rétablissement du fouille-roche gris (Percina copelandi) au Canada ». 

Le tableau a été divisé en deux parties en fonction du bassin versant : le bassin du lac Érié et le bassin du lac Sainte-Claire pour la première partie, et le bassin de la baie de Quinte et de la rivière des Outaouais pour la deuxième partie. Huit menaces sont cernées pour chaque population. Ces menaces sont les mêmes pour les deux parties. Elles sont indiquées par rangée : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles. Le tableau se lit par colonne.

La première partie compte cinq colonnes et dix rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. La colonne de gauche est intitulée Menaces; les colonnes suivantes sont présentées par bassin versant et subdivisées par population. Le bassin versant du lac Érié compte trois populations (colonnes) : rivière Détroit, bassin occidental et bassin central et oriental. Le bassin du lac Sainte-Claire compte une population (colonne) : le système du lac Sainte-Claire. La colonne 2 indique Bassin versant du lac Érié, rivière Détroit; Menace, modifications de la rive, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, altération du régime d'écoulement des eaux, Élevé (rouge), Degré de certitude 3; Menace, obstacles au libre passage, sans objet (cellule grisée vide); Menace, turbidité et envasement excessif, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, apport excessif de nutriments, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, contaminants et substances toxiques, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, espèces envahissantes et maladies, Élevé (rouge), Degré de certitude 2; Menace, captures accidentelles, Faible (vert), Degré de certitude 3. La colonne 3 indique Bassin du lac Érié, bassin occidental; Menace, modifications de la rive, Élevé (rouge), Degré de certitude 2; Menace, altération du régime d'écoulement des eaux, sans objet (cellule grisée vide); Menace, obstacles au libre passage, sans objet (cellule grisée vide); Menace, turbidité et envasement excessif, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, apport excessif de nutriments, Modéré (jaune), Degré de certitude 3; Menace, contaminants et substances toxiques, Inconnu (cellule vide), Degré de certitude 3; Menace, espèces envahissantes et maladies, Élevé (rouge), Degré de certitude 2; Menace, captures accidentelles, Faible (vert), Degré de certitude 3. 

.....Lisez par colonne les éléments restants de la première partie du tableau 3a.

La deuxième partie du tableau 3a compte cinq colonnes et dix rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. La colonne de gauche est intitulée Menaces; les colonnes suivantes sont présentées par bassin versant et subdivisées par population. La baie de Quinte compte trois populations (colonnes) : système de la Moira, rivière Salmon et rivière Trent. Le bassin versant de la rivière des Outaouais compte une population (colonne) : ruisseau Little Rideau. La colonne 2 indique Bassin versant de la baie de Quinte, système de la Moira; Menace, modifications de la rive, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, altération du régime d'écoulement des eaux, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, obstacles au libre passage, Modéré (jaune), Degré de certitude 2; Menace, turbidité et envasement excessif, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, apport excessif de nutriments, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, contaminants et substances toxiques, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, espèces envahissantes et maladies, Élevé (rouge), Degré de certitude 2; Menace, captures accidentelles, Faible (vert), Degré de certitude 3. 

.....Lisez par colonne les éléments restants de la deuxième partie du tableau 3a.

Tableau 3a. Statut et certitude des menaces, par population, pour le fouille-roche gris en Ontario par bassin versant. Tableau adapté de MPO (2010).
MenacesBassin versant du lac Érié Bassin versant
du lac Sainte-Claire
 Rivière
Détroit
Bassin
ouest
 Bassin du centre/
de l’est
 Système du lac
Sainte-Claire
Modifications de la riveModéré (3)*Élevé (2)Élevé (2)Élevé (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxÉlevé (3)  Inconnu (3)
Obstacles au libre passage**   
Turbidité et envasement excessifModéré (3)Modéré (3)Modéré (3)Modéré (3)
Apport excessif de nutrimentsModéré (3)Modéré (3)Modéré (3)Faible (3)
Contaminants et substances toxiquesModéré (3)Inconnu (3)Inconnu (3)Faible (3)
Espèces exotiques et maladiesÉlevé (2)Élevé (2)Élevé (2)Élevé (2)
Captures accidentellesFaible (3)Faible (3)Faible (3)Faible (3)

 

3a. suite
MenacesBassin versant de
la baie de Quinte
Bassin versant de la
rivière des Outaouais
 Système de la
rivière Moira
Rivière
Salmon 
Rivière
Trent
Ruisseau
Little Rideau
Modifications de la riveFaible (3)Faible (3)Faible (3)Inconnu (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxFaible (3)Faible (3)Modéré (3)Inconnu (3)
Obstacles au libre passageModéré (2)Faible (2)Modéré (2)Inconnu (3)
Turbidité et envasement excessifFaible (3)Faible (3)Modéré (3)Faible (3)
Apport excessif de nutrimentsFaible (3)Faible (3)Faible (3)Inconnu (3)
Contaminants et substances toxiquesFaible (3)Faible (3)Faible (3)Inconnu (3)
Espèces exotiques et maladiesÉlevé (2)Élevé (2)Élevé (2)Élevé (2)
Captures accidentellesFaible (3)Faible (3)Faible (3)Inconnu (3)

*Certitude : 1 = études causales; 2 = études des corrélations; 3 = opinion d’experts.
**Les cellules blanches ne représentent pas nécessairement une absence de relation entre une population et une menace; elles indiquent plutôt que la probabilité ou l’impact de la menace ne sont pas connus. Les cellules grises indiquent que la menace ne s’applique pas à la population en raison de la nature du système aquatique dans lequel vit la population.

Le tableau 3b est intitulé « État des menaces et degré de certitude (), par population, par région hydrographique et par bassin versant, pour le fouille-roche gris du Québec ». Le degré de certitude est indiqué dans le tableau à l’aide d’un chiffre entre parenthèses : 1 = études causales, 2 = études corrélatives et 3 = opinion d'experts. Un code de couleur est attribué au niveau de menace (élevé, modéré, faible, inconnu) : élevé (rouge), modéré (jaune), faible (vert). Les cellules vides n'indiquent pas nécessairement qu'il n'y a pas de lien entre une population et une menace, mais plutôt que la probabilité de la menace ou ses répercussions sont inconnues. Les cellules grisées indiquent que la menace ne s'applique pas à la population en raison de la nature du système aquatique où vit la population. Ce tableau est une version modifiée de celui du document MPO 2010 intitulé « Évaluation du potentiel de rétablissement du fouille-roche gris (Percina copelandi) au Canada ».

Le tableau a été divisé en cinq parties selon les régions hydrographiques, le bassin versant et la population : le bassin Outaouais – Montréal et le bassin du Sud­ouest du fleuve Saint-Laurent pour la première partie; le bassin du Sud­ouest du fleuve Saint-Laurent  et le bassin du Nord­ouest du fleuve Saint-Laurent pour la deuxième partie; le bassin du Nord­ouest du fleuve Saint-Laurent pour la troisième partie; et le bassin du Sud­est du fleuve Saint-Laurent pour les quatrième et cinquième parties. Huit menaces sont cernées pour chaque population. Ces menaces sont les mêmes pour toutes les parties. Elles sont indiquées par rangée : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles. Le tableau se lit par rangée.

La première partie du tableau 3b compte cinq colonnes et dix rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. La colonne de gauche est intitulée Menaces; les colonnes suivantes sont présentées par région hydrographique et bassin versant et subdivisées par population. Le bassin Outaouais – Montréal compte une population (colonne) : la rivière des Outaouais. Le bassin du Sud­ouest  du fleuve Saint-Laurent compte trois populations : rivière Richelieu, rivière Châteauguay et rivière Yamaska. La colonne 2 indique le bassin versant Outaouais – Montréal, rivière des Outaouais; Menace, modifications de la rive, Faible (vert), Degré de certitude 3; Menace, altération du régime d'écoulement des eaux, Élevé (rouge), Degré de certitude 1; Menace, obstacles au libre passage, Modéré (jaune); Menace, turbidité et envasement excessif, Faible (vert), Degré de certitude 2; Menace, apport excessif de nutriments, Faible (vert), Degré de certitude 2; Menace, contaminants et substances toxiques, Faible (vert), Degré de certitude 2; Menace, espèces envahissantes et maladies, Inconnu (cellule vide), Degré de certitude 3; Menace, captures accidentelles, Faible (vert), Degré de certitude 3.

.....Lisez par colonne les éléments restants de la première partie du tableau 3b. Les éléments restants du tableau 3b sont classés de la même manière que pour la première partie, avec le même nombre de rangées (les menaces sont les mêmes), mais les colonnes sont différentes pour les régions hydrographiques, les bassins versants et les populations. Lisez les parties restantes du tableau 3b par colonne, comme pour la première partie.

Tableau 3b. Statut et certitude des menaces, par population, pour le fouille-roche gris au Québec par région hydrographique et bassin versant. Tableau adapté de MPO (2010).
MenacesOutaouais – MontréalSud-ouest du
fleuve Saint-Laurent
Rivière
des Outaouais
Rivière
Richelieu
Rivière
Châteauguay
Rivière
Yamaska
Modifications de la riveFaible (3)*Modéré (2)Élevé (3)Faible (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxÉlevé (1)Faible (3)Faible (3)Modéré (3)
Obstacles au libre passageMedium (1)Faible (1)Medium (1)Faible (1)
Turbidité et envasement excessifFaible (2)Modéré (2)Modéré (2)Élevé (2)
Apport excessif de nutrimentsFaible (2)Medium (1)Medium (1)Élevé (1)
Contaminants et substances toxiquesFaible (2)Medium (1)Medium (1)Élevé (1)
Espèces exotiques et maladiesInconnu (3)**Inconnu (2)Inconnu (2)Inconnu (2)
Captures accidentellesFaible (1)Faible (1)Faible (1)Faible (1)

 

3b. suite
MenacesSud-ouest du
fleuve Saint-Laurent
Nord-ouest du
fleuve Saint-Laurent
Rivière
Saint-François
Rivière
Nicolet
Rivière
L’Assomption
Rivière
Bayonne
Modifications de la riveFaible (2)Modéré (2)Modéré (2)Modéré (2)
Altération du régime d'écoulement des eauxÉlevé (2)Inconnu (2)Faible (2)Faible (2)
Obstacles au libre passageÉlevé (2)Faible (2)Faible (2)Faible (2)
Turbidité et envasement excessifModéré (2)Modéré (2)Modéré (2)Modéré (2)
Apport excessif de nutrimentsFaible (2)Modéré (2)Modéré (2)Modéré (2)
Contaminants et substances toxiquesModéré (2)Modéré (2)Modéré (2)Modéré (2)
Espèces exotiques et maladiesInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Captures accidentellesFaible (1)Faible (1)Faible (1)Faible (1)

 

3b. suite
MenacesNord-ouest du fleuve Saint-Laurent
Rivière
Batiscan
Rivière
Jacques-Cartier
Rivière
Sainte-Anne
Modifications de la riveFaible (2)Inconnu (3)Inconnu (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxInconnu (2)Inconnu (3)Inconnu (3)
Obstacles au libre passageInconnu (2)Inconnu (2)Inconnu (2)
Turbidité et envasement excessifFaible (2)Faible (2)Faible (2)
Apport excessif de nutrimentsFaible (2)Faible (2)Faible (2)
Contaminants et substances toxiquesFaible (2)Faible (2)Faible (2)
Espèces exotiques et maladiesInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Captures accidentellesFaible (1)Faible (1)Faible (1)

 

3b. suite
  MenacesSud-est du fleuve Saint-Laurent
Rivière
Bécancour
Rivière
du Sud
Rivière
du Chêne
Rivière
aux Ormes
Modifications de la riveModéré (2)*Modéré (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxInconnu (2)**Modéré (2)Faible (2)Inconnu (3)
Obstacles au libre passageInconnu (2)Inconnu (2)Faible (2)Inconnu (3)
Turbidité et envasement excessifModéré (2)Modéré (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Apport excessif de nutrimentsModéré (2)Modéré (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Contaminants et substances toxiquesModéré (2)Modéré (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Espèces exotiques et maladiesInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Captures accidentellesFaible (1)Faible (1)Faible (1)Faible (1)

 

3b. suite
MenacesSud-est du fleuve Saint-Laurent
Rivière
Henri
Rivière
Gentilly
Rivière
aux Orignaux
Modifications de la riveInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Altération du régime d'écoulement des eauxInconnu (3)Inconnu (2)Inconnu (2)
Obstacles au libre passageInconnu (3)Inconnu (2)Inconnu (2)
Turbidité et envasement excessifInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Apport excessif de nutrimentsInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Contaminants et substances toxiquesInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Espèces exotiques et maladiesInconnu (3)Inconnu (3)Inconnu (3)
Captures accidentellesFaible (1)Faible (1)Faible (1)

*Certitude : 1 = études causales; 2 = études des corrélations; 3 = opinion d’experts.
** Les cellules blanches ne représentent pas nécessairement une absence de relation entre une population et une menace; elles indiquent plutôt que la probabilité ou l’impact de la menace ne sont pas connus. Les cellules grises indiquent que la menace ne s’applique pas à la population en raison de la nature du système aquatique dans lequel vit la population.

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4.2 Description des menaces

Modifications de la rive

Parmi les processus côtiers naturels qui se déroulent près des rives des lacs et des cours d’eau, mentionnons l’érosion des sédiments et la création de zones de dépôt qui favorisent et maintiennent l’habitat du poisson. Toutefois, la majeure partie de la rive du lac Sainte-Claire et des rives de la rivière Détroit a été renforcée, remblayée, draguée ou modifiée par l’homme (Équipe de rétablissement Essex-Érié [EREE] 2008). En outre, la rivière Détroit et le fleuve Saint-Laurent ont été modifiés de façon importante par la création de voies de navigation, ce qui a entraîné l’approfondissement des chenaux, la création de parois riveraines renforcées et de zones de dépôt où le matériel dragué est déposé ainsi que la modification des profils d’écoulement de ces deux grandes voies navigables (Environnement Canada 1999; EREE 2008). Les processus naturels d’érosion et de dépôt le long du corridor des rivières Sainte-Claire et Détroit ainsi que du Saint-Laurent ont donc été altérés. La zone située près des rives du lac Érié a également été modifiée de façon importante par la mise en place d’épis, de jetées et de brise-lames, ce qui a réduit la diversité des habitats aquatiques et altéré le transport des sédiments à proximité du rivage (Koonce et al. 1996). À Port Burwell et Port Dover, la construction de jetées a augmenté le dépôt de sable et modifié les caractéristiques des plages de sable qui étaient utilisées auparavant par le fouille-roche gris (Reid et Mandrak 2008). Reid et Mandrak (2008) ont également remarqué que la création de brise-lames et le renforcement des rives à un autre emplacement où le fouille-roche gris était observé autrefois avaient réduit la disponibilité de l’habitat de plage.

La présence de bandes riveraines saines joue aussi un rôle important pour la protection de la qualité de l’eau. Ces bandes permettent de réduire l’érosion des sols, de filtrer les eaux de ruissellement contenant des engrais, des pesticides et des sédiments, de régulariser la température de l’eau et, ainsi, de maintenir une bonne qualité de l’eau pour la faune aquatique. Le déboisement et la disparition des bandes riveraines au profit de l’augmentation des surfaces cultivables et du développement du maïs entraînent une augmentation de la température de l’eau, mais surtout, ils accroissent le taux de ruissellement, la sédimentation et l’enrichissement en nutriments dans les ruisseaux et les rivières, ce qui est susceptible d’affecter l’habitat du fouille-roche gris (FAPAQ 2002; Vachon 2003). La réglementation visant la protection des rives et du littoral au Québec, transférée au monde municipal qui doit reprendre les mesures édictées par la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI ) était peu ou pas appliquée selon une étude réalisée en 2004 (Sager 2004). Cette situation n’a guère changé ces dernières années. Mis à part les initiatives de quelques municipalités ou projets de mise en valeur, de façon générale, une détérioration de la qualité des bandes riveraines autant en milieu urbanisé qu’en milieu agricole est observée (Boucher et Garceau 2010).

Altération du régime d’écoulement des eaux

Nombre des cours d’eau du Québec et de l’Ontario où vit le fouille-roche gris comportent des barrages (p. ex., rivières Gatineau, Moira, des Outaouais, Trent et Yamaska). Les conditions lacustres observées immédiatement en amont des barrages ne fournissent vraisemblablement pas un habitat adéquat au fouille-roche gris. La régularisation des débits peut également avoir un effet négatif sur les populations en aval, particulièrement pendant la période de fraie. Des diminutions subites du débit pendant la fraie peuvent provoquer l’arrêt de celle-ci (Winn 1953). L’altération des débits peut causer un stress physiologique chez les poissons et la mortalité des individus. Le fouille-roche gris est observé en aval de barrages le long de la rivière Trent où le débit est géré en grande partie pour la navigation et la protection contre les crues. Les hauts-fonds utilisés par le fouille-roche gris sont, selon les observations, asséchés de façon temporaire (1 à 2 heures) pendant la période de fraie et de façon constante à l’automne (Reid 2005). Des évaluations des exigences en matière de débit des espèces en péril sont planifiées par l’Agence Parcs Canada (APC) pour la voie navigable Trent-Severn. Ces évaluations et les futurs projets hydro-électriques envisagés sur la rivière Trent peuvent être une bonne opportunité de confirmer que les besoins du fouille-roche gris et des autres espèces en péril sont pris en compte, et ce, au moment de la conception, de la construction, de la réfection ou de l’exploitation de nouveaux ouvrages ou de ceux existants.

Obstacles au libre passage

Les obstacles au libre passage (p. ex., barrages, chutes naturelles et ponceaux mal installés) peuvent restreindre l’accès à des habitats importants et fragmenter les populations de poissons, limitant ainsi les possibilités d’immigration d’individus des populations avoisinantes (EREE 2008; NatureServe 2013). À l’inverse, les obstacles peuvent offrir une protection à certaines espèces contre des compétiteurs, des prédateurs ou des espèces exotiques (EREE 2008). Selon Phelps et Francis (2002), les obstacles (artificiels ou naturels) qui bloquent l’accès aux aires de fraie compromettent également le succès de reproduction de l’espèce. Reid et al. (2005) ont constaté que les obstacles naturels dans les tributaires de la baie de Quinte correspondent à la limite supérieure de l’aire de répartition du fouille-roche gris dans ces réseaux. Les rivières Moira, Black, Skootamatta et Salmon sont toutes fragmentées par des structures artificielles et, même si le fouille-roche gris est présent autant en amont qu’en aval des obstacles, il est possible que l’espèce ait autrefois occupé une aire de répartition plus grande (Reid et al. 2005).

Turbidité et envasement excessif

Une turbidité élevée peut affecter d’une façon négative la capacité du fouille-roche gris à trouver sa nourriture et à localiser les sites de fraie. La plupart des populations canadiennes vivent dans des cours d’eau ou des lacs dont l’eau est relativement claire. Ainsi, des niveaux d’envasement élevés peuvent réduire la qualité du substrat de fraie, étouffer les œufs ou, indirectement, affecter les invertébrés benthiques qui sont la ressource alimentaire du fouille-roche gris (Goodchild 1994). Lorsque les charges en sédiments augmentent, les habitats utilisés par le fouille-roche gris où le courant est faible à modéré peuvent être trop calmes pour empêcher le dépôt des sédiments. Au Québec, l’espèce vit principalement dans des régions où des activités agricoles intensives et l’urbanisation ont provoqué une dégradation graduelle de l’habitat en raison de la sédimentation, ce qui met en péril la survie de l’espèce (Lapointe 1997; MPO 2010). Les biologistes n’ont observé aucun fouille-roche gris dans cinq cours d’eau utilisés historiquement dont l’habitat a été altéré par l’activité agricole, l’urbanisation et l’érosion des berges due à la navigation (c.-à-d. batillage 7) (Lapointe 1997; Phelps et Francis 2002).

L’augmentation de l’envasement et de la turbidité dans les habitats du fouille-roche gris découlerait en grande partie des activités agricoles et de l’urbanisation, y compris les travaux de renforcement des berges des cours d’eau et de redressement des cours d’eau. L’habitat de tous les emplacements où la disparition du fouille-roche gris a été constatée a subi de tels changements (Phelps et Francis 2002).

Apports excessif de nutriments

Les éléments nutritifs (nitrates et phosphore) qui entrent dans les plans d’eau proviennent d’un éventail de sources, y compris l’épandage de fumier et d’engrais sur les terres agricoles, les usines de traitement des eaux usées et les installations septiques domestiques défectueuses. L’enrichissement en éléments nutritifs des cours d’eau peut avoir une incidence négative sur la santé du milieu aquatique en provoquant des proliférations d’algues, qui entraînent une diminution des concentrations d’oxygène dissous. De 1955 à 1980, en raison d’une charge excessive en éléments nutritifs, le lac Érié a connu un fort appauvrissement en oxygène et des changements connexes dans le benthos (Koonce et al. 1996). La charge en phosphore du lac Érié a atteint un sommet de 29 000 tonnes en 1968, entraînant l’eutrophication de l’ensemble du lac (Mandrak et Holm 2001). De 1976 à 1999, les concentrations de phosphore ont affiché une tendance à la baisse forte et généralisée (Nicholls et al. 2001); cependant, selon des données de 2000-2004, il y aurait une tendance à la hausse soutenue des concentrations de phosphore depuis 1994 – environ 1,4 µg/L/année (United States Environmental Protection Agency 2007). L’eutrophisation, la dégradation de l’habitat, la surexploitation des ressources halieutiques et l’introduction d’espèces exotiques ont altéré le lac Érié au cours des 70 dernières années. Au cours de cette période, en plus d’une baisse du nombre d’espèces (c.-à-d. richesse), la répartition du fouille-roche gris dans le lac Érié a aussi été diminuée.

Les exploitations d’élevage intensif et les usines de traitement des eaux usées représentent des sources ponctuelles potentielles de charges aigues en éléments nutritifs. La plupart des municipalités du Québec et de l’Ontario disposent d’installations de traitement des eaux usées qui assurent un traitement primaire des eaux usées. Toutefois, lorsque de fortes précipitations surviennent ou que le réseau est défaillant (dans certaines municipalités), les eaux usées sont évacuées dans l’environnement naturel sans traitement. Les changements climatiques pourraient entraîner plus de conditions météorologiques extrêmes, ce qui risque de causer une augmentation de la fréquence des rejets d’eaux non traitées par les ouvrages de surverse. Bien qu’il n’y ait pas eu d’étude spécifique à cet égard, la pollution agricole ponctuelle, particulièrement en lien avec la production porcine, semblent être plus importante pour les populations du Québec que pour celles de l’Ontario (A. Dextrase, MRNO, comm. pers. 2006).

Garceau et al. (2007) ont constaté que la portion aval du bassin versant de la rivière Châteauguay présentait maintenant peu d’habitats propices pour le fouille-roche gris en raison de l’envasement des cours d’eau et des proliférations d’algues, y compris le périphyton, provoquées par une charge excessive en éléments nutritifs d’origine agricole et urbaine. Certaines parties de ce bassin versant où des fouille-roches gris ont déjà été capturés (p. ex., rivière des Anglais) ne présentent plus d’habitat adéquat en raison des effets de l’agriculture et de l’urbanisation (Garceau et al.,2007).

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Contaminants et substances toxiques

Comparativement à d’autres espèces de percidés, le fouille-roche gris est une espèce intolérante à la pollution (Richard 1994; cité dansLapointe 1997). Cependant, la sensibilité de l’espèce à certains produits chimiques toxiques et aux charges en éléments nutritifs est en grande partie méconnue. Les contaminants et les substances toxiques issus de diverses sources (p.  ex., usines de traitement des eaux usées, production agricole et élevage, rejets industriels) peuvent avoir plusieurs types d'effets significatifs à l'échelle des populations, notamment une altération de la reproduction, une perturbation du comportement, une diminution de la capacité à résister à des agents pathogènes et une perturbation du développement embryonnaire.

En Ontario, à des emplacements tels que les rivières Sainte-Claire et Détroit, la communauté de poissons, y compris le fouille-roche gris, est exposée à un éventail de composés toxiques provenant de sources ponctuelles ou diffuses (Environnement Canada 2010) et associés à l’urbanisation et à la production industrielle intensive (y compris un grand complexe pétrochimique). Les impacts spécifiques des contaminants toxiques sur le fouille-roche gris peuvent être indirects; toutefois, les impacts cumulatifs constituent une source de préoccupations (EREE 2008).

Au Québec, la qualité de l’eau de certaines des rivières occupées par le fouille-roche gris (p. ex., Richelieu, Yamaska, Bayonne, L’Assomption, Châteauguay et des Anglais) est aussi préoccupante pour les espèces aquatiques (Côté et al. 2006; Giroux 2007; MPO 2010) et pourrait constituer une menace pour le fouille-roche gris en raison de la présence de diverses sources de contaminants et de substances toxiques (MPO 2010). L’utilisation de pesticides dans les cultures de maïs destinées à la production porcine est un exemple de pollution agricole de source diffuse très importante qui altère la qualité de l’eau dans la partie sud de la province (FAPAQ 2002), où vivent des populations de fouille-roche gris.

L’insecticide Bacillus thuringiensis israelensis (BTI), utilisé pour lutter contre les populations de mouches noires adultes (diptères; simuliides), est un exemple de substance qui peut avoir un effet indirect sur le fouille-roche gris. Des produits à base de la bactérie BTI sont déposés dans les cours d’eau où se développent les larves de ces mouches. Le BTI est un « poison stomacal » pour les organismes dont le tube digestif est hautement alcalin et agit ainsi sur certaines espèces d’insectes, tout en étant sécuritaire pour les poissons (Boisvert et Lacoursière 2004). Or, certaines études ont démontré que le BTI affectait des larves d’espèces non visées, telles que la famille des chironomides (c.-à-d. les moucherons) (revue par Boisvert et Lacoursière 2004), une proie importante du fouille-roche gris. Depuis plusieurs années, des épandages de BTI ont lieu au Québec dans certains milieux lotiques fréquentés par le fouille-roche gris afin de limiter les populations de mouches noires, mais les effets indirects possibles sur le fouille-roche gris n’ont pas été étudiés. Le BTI n’a pas été appliqué sur les cours d’eau fréquentés par le fouille-roche gris en Ontario.

Espèces exotiques et maladies

Les impacts négatifs des poissons exotiques sur les poissons indigènes du bassin des Grands Lacs sont bien documentés (p. ex., French et Jude 2001; Thomas et Haas 2004). Les espèces exotiques peuvent affecter le fouille-roche gris en exerçant une compétition directe pour l’espace et l’habitat, la nourriture et les sites de fraie, en provoquant la restructuration des réseaux trophiques aquatiques ou en favorisant l’introduction de nouveaux parasites (p.  ex., le cestode Valipora campylocristota, introduit vraisemblablement par la tranche [Tinca tinca] dans la rivière Richelieu [Marcogliese et al. 2009]).

Par exemple, le gobie à taches noires pourrait présenter une menace sérieuse pour le fouille-roche gris en exerçant une compétition pour les habitats et les ressources alimentaires (Phelps et Francis 2002). Les aires de répartition actuelles du fouille-roche gris et du gobie à taches noires se chevauchent dans la rivière Sainte-Claire, le lac Sainte-Claire, la rivière Détroit, le lac Érié, le lac Ontario (secteur de la baie de Quinte), ainsi que dans le fleuve Saint-Laurent et à l’embouchure de certains de ses tributaires (p.  ex., rivière Richelieu) (Reid 2005; A. Dextrase, MRNO, comm. pers. 2006; A. Gendron, Environnement Canada [EC], comm. pers. 2011). Depuis son introduction, le gobie à taches noires est impliqué dans le déclin de plusieurs espèces de poissons benthiques indigènes des Grands Lacs inférieurs : 1) les populations de fouille-roche zébré et de chabots tachetés (Cottus bairdii) de la rivière Sainte-Claire (French et Jude 2001); 2) le raseux-de-terre noir, le fouille-roche zébré et l’omisco (Percopsis omiscomaycus) dans le lac Sainte-Claire (Thomas et Haas 2004); 3) le fouille-roche gris, le dard barré (E. flabellare), le dard vert (E. blennioides), le raseux-de-terre noir et le fouille-roche zébré dans les îles Bass, dans l’ouest du lac Érié (Baker 2005). Le gobie à taches noires est abondant et largement distribué dans les habitats du lac Érié présentement et historiquement occupés par le fouille-roche gris. Il était présent à tous les sites échantillonnés au cours d’un inventaire visant le fouille-roche gris; or, les captures par unité d’effort de fouille-roche gris étaient les plus élevées lorsque l’abondance du gobie à taches noires était la moins élevée (Reid et Mandrak 2008). Au Québec, les inventaires ichtyologiques tendent à démontrer que le gobie à taches noires est de plus en plus abondant depuis 2003 et qu’il se disperse rapidement. Il est maintenant présent dans la plupart des habitats en rives dans le fleuve Saint-Laurent (A. Gendron, EC, comm. pers. 2011) et semble moins parasité que les espèces indigènes comme le fouille-roche zébré, ce qui pourrait exacerber son impact sur les espèces avec lesquelles il entre en compétition (Gendron et al. 2011).

En ce qui concerne les moules exotiques (Dreissena spp.), leurs impacts potentiels sur le fouille-roche gris demeurent inconnus; cependant, il est possible que ces moules aient une incidence négative sur le fouille-roche gris en altérant la dynamique du réseau trophique et la qualité des eaux environnantes.

Les agents pathogènes introduits peuvent également poser une menace pour différentes espèces de poissons. Par exemple, la septicémie hémorragique virale (SHV) est une maladie contagieuse causée par un virus qui affecte plus de 65 espèces de poissons. Identifiée pour la première fois dans les Grands Lacs en 2005 et en 2006, cette maladie est associée à des mortalités massives chez plusieurs espèces de poissons de cette région. Présentement, aucun cas de SHV n’a été répertorié chez le fouille-roche gris, et l’impact de cette maladie sur cette espèce n’a pas été étudié. La présence du virus a été confirmée dans le lac Érié et dans le lac Ontario, ainsi que dans la partie d’eau douce du fleuve Saint-Laurent, à l’est du barrage Moses-Saunders, qui est considérée comme étant un bassin versant à risque élevé d’infection. Jusqu’à maintenant, aucun cas de SHV n’a été détecté au Québec (C. Brisson-Bonenfant, MRNF, comm. pers. 2009). L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mis au point un plan biennal pour surveiller la présence du virus responsable de la septicémie hémorragique virale chez les poissons sauvages du Canada (ACIA 2009). Étant donné la situation du fouille-roche gris au Canada, toute mortalité massive associée à cette maladie pourrait nuire considérablement à la survie et au rétablissement de l’espèce.

Captures accidentelles (pêche aux poissons-appâts)

Le fouille-roche gris n’est pas un poisson-appât légal en Ontario (MRNO 2010) et au Québec (MDDEFP 2013). La pêche aux poissons-appâts n’est pas documentée dans la littérature en tant que menace pour le fouille-roche gris; cependant, il existe un chevauchement entre les habitats utilisés par le fouille-roche gris et ceux recherchés par les pêcheurs de poissons-appâts. Dans les cours d’eau, des fouille-roches gris sont capturés facilement à l’aide de sennes dans les habitats de rapides et de fosses situés en aval des zones d’eaux vives (Reid et al. 2005). Dans le lac Érié, ils peuvent être capturés près du rivage (Scott 1955; Reid et Mandrak 2008). Même s’il ne s’agit pas d’une espèce de poisson-appât dont l’utilisation est légale, des spécimens sont à l’occasion capturés de façon accidentelle. Dans les cours d’eau, le risque de captures accidentelles est à son maximum dans les zones où des fosses et des zones de rapides occupées par le fouille-roche gris sont situées près de ponts ou d’autres points d’accès. La pêche aux poissons-appâts le long du rivage des Grands Lacs serait la plus grande menace potentielle pesant sur les populations de fouille-roche gris de ce secteur étant donné que l’habitat recherché par les pêcheurs correspond à l’habitat de prédilection du fouille-roche gris, particulièrement dans les zones situées près du rivage du lac Érié (Reid et Mandrak 2008). Cependant, étant donné la rareté et la répartition limitée de l’espèce, la probabilité de captures accidentelles est considérée comme faible (A. Drake, Université de Toronto, comm. pers. 2009).

Aucun spécimen de fouille-roche gris n’a été observé dans les échantillons prélevés en 2007 et 2008 dans les viviers des vendeurs de poissons-appâts lors d’une étude réalisée dans le sud de l’Ontario sur l’impact de la pêche aux poissons-appâts sur les espèces en péril et la propagation des espèces exotiques (Drake, 2011). Au Québec, une étude a été réalisée à l’automne 2005 (Boucher et al., 2006) et à l’été 2007 (Garceau et al.,sous presse) pour évaluer le risque de capture d’espèces de poissons en péril (y compris le fouille-roche gris) par les pêcheurs commerciaux de poissons-appâts. Aucun spécimen de fouille-roche gris n’a été observé dans les échantillons des captures commerciales ou dans les viviers où sont conservés les poissons-appâts.

Changements climatiques

Les changements climatiques auront probablement d’importants effets sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent et ce, de diverses façons, y compris une augmentation des températures de l’eau et de l’air, une variation des niveaux d’eau à la baisse, un raccourcissement de la durée de la couverture glacielle, une augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, une émergence de maladies et, finalement, des changements dans la dynamique prédateurs-proies (Lemmen et Warren 2004). Il est anticipé que les effets des changements climatiques seront à grande échelle et devraient avoir un impact sur les espèces en péril et l’ensemble des habitats.

Ce ne sont pas tous les effets des changements climatiques qui affecteront négativement les espèces en péril; les espèces dont l’aire de répartition est limitée par des températures de l’eau trop froides pourront élargir leur répartition, à condition que des corridors de dispersion constitués d’habitats adéquats soient disponibles. Cependant, une série de modifications telles qu'une augmentation de l'évaporation, un changement dans les communautés végétales, une baisse des niveaux des lacs, une augmentation de l’intensité et de la fréquence des tempêtes, une baisse des niveaux d’eau des cours d’eau en été pourrait annuler les avantages directs d’un accroissement des températures. Comme les effets des changements climatiques sur le fouille-roche gris sont fortement spéculatifs, il est difficile de déterminer leurs impacts au niveau populationnelle; c’est pourquoi les changements climatiques n’ont pas été inclus dans le tableau des menaces.

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5. Objectifs en matière de population et de répartition

L’objectif de rétablissement à long terme (> 20 ans) pour le fouille-roche gris est de maintenir les populations actuelles en Ontario et au Québec et de rétablir des populations autosuffisantes dans les habitats occupés historiquement par l’espèce, lorsque possible. À certains endroits, des changements permanents dans la communauté de poissons, à la suite de l’établissement d’espèces exotiques, peuvent avoir une incidence sur le caractère réalisable du rétablissement de ces populations de fouille-roche gris.

Selon l’évaluation du potentiel de rétablissement (ÉPR) du fouille-roche gris, au moins dix populations viables distinctes sont requises pour que le risque de disparition de l’espèce au Canada soit réduit à 1 % au cours des 250 prochaines années (MPO 2010). Les résultats de la modélisation de l’ÉPR permettent d’établir que la taille de la population minimale viable (PMV) pour le fouille-roche gris est de 31 000 adultes, lorsque le risque de déclin catastrophique est de 10 % (Venturelli et al. 2010). Cependant, il est difficile de mettre en œuvre une telle cible lorsqu’il n’y a pas de données sur la taille, les tendances (p.  ex., taux de recrutement, taux de mortalité, fécondité, longévité, sexe ratio) et la répartition des populations actuelles ainsi que sur la qualité de l’habitat; ces renseignements ne sont, pour la plupart, pas disponibles pour la majeure partie des emplacements où le fouille-roche gris est présent au Canada. Il faut effectuer d’autres recherches afin d’obtenir ces informations, de confirmer les résultats du modèle et de vérifier si l’habitat essentiel désigné est suffisant pour soutenir une PMV. Par conséquent, l’acquisition de ces information devrait également être considérée comme un objectif à atteindre pour cette espèce, et ce, en priorisant les populations nommées ci-dessous, mais sans s’y limiter. À ce titre, la taille estimée de la PMV servira de référence pour évaluer le rétablissement, mais ne sera pas une cible absolue de rétablissement. Des objectifs plus faciles à évaluer en lien avec la taille de la PMV seront élaborés lorsque les informations sur l’abondance seront obtenues. Cette information permettra également de préciser les objectifs du rétablissement.

Lors de l’établissement des objectifs en matière de répartition et de population, il est aussi important de tenir compte du nombre de populations qui peuvent se trouver à un emplacement donné; dans certains cas, plus d’une population distincte pourrait occuper un même lac ou un même cours d’eau. Dans ce contexte, l’emplacement ne réfère pas à l’endroit où la population distincte est localisée, mais à une aire géographique ou écologique précise dans laquelle un seul évènement catastrophique pourrait rapidement affecter tous les fouille-roches gris présents. Il est mentionné dans l’ÉPR que dix populations viables distinctes sont nécessaires afin de réduire le risque de disparition du fouille-roche gris au Canada. Cependant, le nombre de populations présentes dans les différents plans d’eau où vit le fouille-roche gris est actuellement inconnu. Par mesure de précaution, lorsque plus d'une population se trouve dans un même emplacement, il faudrait assurer leur maintien.

Basés sur les données disponibles au moment de la rédaction de ce programme de rétablissement (inventaires réalisés jusqu’en 2009 inclusivement), les objectifs en matière de population et de répartition pour le fouille-roche gris au Canada sont d’assurer la survie de populations autosuffisantes aux emplacements suivants :

Ontario :

  • ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais;
  • rivière Trent;
  • rivières Moira, Black et Skootamatta;
  • rivière Salmon;
  • lac Érié (zone Pointe-Pelée).

Québec :

  • rivière Gatineau;
  • rivière L’Assomption et son tributaire, la rivière Ouareau;
  • rivière Richelieu;
  • rivière Saint-François;
  • rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay.

6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs

6.1 Échelle recommandée pour le rétablissement

Un programme de rétablissement visant une seule espèce convient mieux pour le fouille-roche gris. Même si le fouille-roche gris cohabite avec d’autres espèces en péril (p.  ex., dard de sable [Ammocrypta pellucida], chevalier de rivière [Moxostoma carinatum], obovarie olivâtre [Obovaria olivaria)], sa répartition ne coïncide pas étroitement avec celle d’autres espèces en péril dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne. En outre, le fouille-roche gris n’est pas limité à un type d’habitat particulier (p. ex., ruisseau, rivière ou lac) ou d’écosystème qui en ferait un bon candidat pour un programme de rétablissement écosystémique. Des parties de l’aire de répartition canadienne du fouille-roche gris chevauchent des secteurs couverts par d’autres programmes de rétablissement écosystémique (c.-à-d. île Walpole et région d’Essex-Érié). Ces initiatives de rétablissement écosystémique viendront compléter ce programme de rétablissement spécifique au fouille-roche gris.

6.2 Mesures déjà achevées ou en cours

Ontario :

  • Une étude sur la période de fraie et l’utilisation saisonnière de l’habitat a été réalisée en 2002 et en 2003 chez les fouille-roches gris de la rivière Trent.
  • Une évaluation de l’impact du gobie à taches noires sur les populations de fouille-roche gris de la rivière Trent est en cours depuis 2009.
  • Une étude sur la structure génétique des populations de fouille-roche gris en Ontario et au Québec est en cours depuis 2010.
  • Le programme de rétablissement écosystémique de la région d’Essex-Érié couvre 14 espèces de poissons en péril, dont le fouille-roche gris. Le but à long terme de ce programme de rétablissement est de maintenir et de restaurer la qualité et les fonctions de l’écosystème dans la région d’Essex-Érié afin de soutenir des populations viables d’espèces de poissons en péril, dans leur aire de répartition actuelle ainsi que dans leur aire de répartition historique (EREE 2008); le programme profitera aux populations de fouille-roche gris du lac Sainte-Claire, de la rivière Détroit et du lac Érié.
  • Le programme de rétablissement écosystémique de l’île Walpole (version provisoire) couvre plusieurs espèces de poissons en péril, y compris le fouille-roche gris. Le but de ce programme de rétablissement écosystémique est de conserver et de restaurer l’écosystème du territoire de l’île Walpole de façon à respecter l’énoncé sur la philosophie environnementale de la Première Nation de l’île Walpole, à permettre le développement culturel et économique et à assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril au Canada (Bowles, 2005).
  • Des plans d’assainissement ont été mis en œuvre dans les rivières Sainte-Claire et Détroit afin de corriger les pertes d’utilisations, notamment les pertes d’habitats pour le poisson et la faune.
  • Un document sur les poissons-appâts (Cudmore et Mandrak, 2011) a été élaboré pour faciliter l’identification des espèces de poissons-appâts de l’Ontario. Les pêcheurs commerciaux de poissons-appâts, les pêcheurs sportifs et le grand public peuvent se procurer ce document auprès des bureaux du MRNO ou de ServiceOntario, ainsi que sur le site Internet du MPO.
  • Des changements ont été apportés en janvier 2008 au Règlement de pêche de l’Ontario (2007) afin de le mettre à jour et sont entrés en vigueur. La liste des espèces de poisson pouvant légalement être utilisées comme poissons-appâts vivants a été améliorée, passant d’une liste présentant les familles de poisson autorisées à une liste au niveau de l’espèce; 48 espèces sont maintenant autorisées. Les poissons considérés comme étant péril, notamment le fouille-roche gris, et les espèces exotiques ont été retirés de la liste des espèces autorisées. Depuis 2007, certains pêcheurs commerciaux de poissons-appâts ont été tenus de participer à une formation obligatoire et de compléter un plan « Analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise » (vient de l’anglais Hazard Analysis Critical Control Point [HACCP]) avant de pouvoir obtenir un permis de pêche. Depuis 2010, tous les pêcheurs commerciaux de poissons-appâts doivent répondre à ces exigences. Les vendeurs de poissons-appâts doivent aussi compléter un plan d’analyse HACCP depuis 2007. La mise en œuvre des plans HACCP permet de minimiser les risques de propagation des espèces exotiques et de vente d’espèces non autorisées.
  • Un étudiant au post-doctorat de l’Université de Toronto a réalisé une étude initiée en 2007 au sujet de : 1) les impacts de la pêche aux poissons-appâts sur les espèces en péril; et la répartition et la propagation des espèces exotiques (Drake, 2011). Cette étude a été menée en collaboration avec le MPO.
  • Voir l’annexe G pour plus de détails sur les inventaires récents qui ont été effectués par divers organismes dans les zones d’occurrence du fouille-roche gris.  

Québec :

  • En 2001, le gouvernement du Québec a élaboré un programme de rétablissement provincial pour le fouille-roche gris (Équipe de rétablissement du fouille-roche gris 2001), lequel fait présentement l’objet d’une mise à jour.
  • Un rapport faisant état de la vérification des identifications des spécimens de percidés placés dans la collection biologique de Faune Québec (récoltés entre 1928 et 2002) a été publié en 2003 (Massé et Bilodeau 2003). Ce rapport présente les résultats des nouvelles identifications et une mise à jour de la liste des mentions de l’espèce depuis la parution du plan de rétablissement du fouille-roche gris au Québec en 2001.
  • Un guide présentant les méthodes d'inventaires permettant de minimiser les risques de tuer ou de blesser des spécimens de fouille-roche gris et de réduire la perturbation de son habitat a été rédigé (Letendre et Leclerc, MRNF, non publié), ainsi qu’un protocole d'inventaire (Couillard et al. 2011).
  • Plusieurs comités de bassin versant ont réalisé des inventaires visant le fouille-roche gris dans certains des cours d’eau de leur territoire et mené des activités de sensibilisation auprès des riverains et des agriculteurs (p.  ex., cahier de propriétaire pour les riverains, kiosque d’information, dépliant), notamment la Corporation de l’aménagement de la rivière L’Assomption (CARA), la Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay (SCABRIC), le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR) et Ambioterra.
  • Plusieurs inventaires ont été effectués par les biologistes du MRNF dans différents cours d’eau où le fouille-roche gris est présent, p.  ex., rivières Saint-François, Richelieu, des Outaouais, ainsi que dans le fleuve Saint-Laurent via le Réseau de Suivi Ichtyologique (RSI).
  • Une thèse de maîtrise a été rédigée au sujet de la caractérisation de l’habitat estival du fouille-roche gris dans les rivières Gatineau et Richelieu (Boucher 2006).
  • Un dépliant de sensibilisation sur le fouille-roche gris a été distribué par le MRNF afin d’informer le public sur le statut précaire de l’espèce et de proposer des moyens d’agir afin d’assurer sa protection. Pour sa part, le MPO a développé un dépliant éducatif pour aider le public à identifier le fouille-roche gris et expliquer l’obligation légale de remettre à l’eau les spécimens vivants qui sont capturés accidentellement.
  • La vulnérabilité du fouille-roche gris à la pêche aux poissons appâts a été évaluée (Boucher et al. 2006, Garceau et al. sous presse).
  • En 2009, le gouvernement du Québec a inscrit le fouille-roche gris à la liste des espèces dont l’utilisation comme poisson-appât est interdite et a fermé certaines zones à la pêche commerciale aux poissons-appâts où la probabilité de capturer des fouille-roches gris est élevée.
  • Voir les annexes E et F pour obtenir plus de détails sur les inventaires récents qui ont été effectués par divers organismes dans les zones d’occurrence du fouille-roche gris.

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6.3 Orientation stratégique pour le rétablissement

Les stratégies générales recommandées pour assurer l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition ont été regroupées en cinq catégories :

  1. Recherche;
  2. Suivi;
  3. Gestion et coordination;
  4. Protection, restauration et intendance;
  5. Communication et sensibilisation du public.

Chaque catégorie est résumée dans un tableau qui expose en détail les approches de rétablissement (ou mesures de rétablissement) à utiliser pour favoriser le rétablissement, selon un ordre de priorité donné (élevée, moyenne, faible). De plus, une description des menaces en cause et le degré de préoccupation associé sont présentés. Un exposé plus détaillé est présenté à la section 6.3 « Commentaires à l’appui du tableau de planification de rétablissement » lorsque des renseignements supplémentaires sont nécessaires. La mise en œuvre des approches suivantes se fera en coordination avec les organismes concernés de l’Ontario et du Québec. La préséance sera accordée aux approches de priorité élevée en matière de recherche ainsi que d’inventaire et suivi (tableaux 4 et 5), car les données récoltées seront utilisées pour préciser les autres approches (tableaux 6 à 8).

Le tableau 4 est intitulé « Tableau de planification du rétablissement – approches de recherche ». Il y a quatre colonnes et onze rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, la première colonne indique la priorité (Élevée, Moyenne, Faible). Les autres colonnes, de gauche à droite, sont : Menace (l'un des éléments suivants ou tous : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles, tel qu'indiqué dans les tableaux 3a et 3b); Stratégie globale pour répondre à la menace (chaque approche reçoit un identificateur 1 et est numérotée dans l'ordre d'une rangée à l'autre); Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs. Les dix autres rangées décrivent les approches visant à répondre aux menaces spécifiques. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Les rangées sont classées en ordre de priorité, du plus élevé au plus faible. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 1-1a. Recherche – Exigences de l'habitat; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Déterminer les exigences saisonnières de l'habitat, y compris le déplacement et la migration des espèces, à tous les stades biologiques du fouille-roche gris. La rangée 2 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 1-1b. Recherche – Exigences de l’habitat; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Identifier les seuils de tolérance à des modifications de l’habitat (p. ex., réduction du débit) afin de déterminer ce qui constitue une destruction de l’habitat essentiel du fouille­roche gris.

......Lisez le reste du tableau par rangée.

Tableau 4. Tableau de la planification du rétablissement pour la recherche
PrioritéMenaceApproche de rétablissementDescription générale de la recherche et des activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs
ÉlevéeToutes1-1a.Recherche – Besoins en matière d’habitatDéterminer les besoins saisonniers en matière d’habitat, y compris pour le déplacement et la migration de l’espèce et ce, pour tous les stades de développement du fouille-roche gris.
ÉlevéeToutes1-1b. Recherche – Besoins en matière d’habitat Identifier les seuils de tolérance à des modifications de l’habitat (p.  ex., réduction du débit) afin de déterminer ce qui constitue une destruction de l’habitat essentiel pour le fouille-roche gris.
ÉlevéeToutes1-2. Recherche – Cycle biologiqueÉtablir le cycle biologique du fouille-roche gris (p. ex., dynamique des populations, alimentation) et les interactions avec d’autres espèces (p. ex., prédation, compétition).
ÉlevéeToutes1-3. Recherche – Paramètres de la qualité de l’eauDéterminer les seuils de tolérance physiologiques du fouille-roche gris en ce qui concerne divers paramètres de la qualité de l’eau (p. ex., oxygène dissous, éléments nutritifs, contaminants et substances toxiques) et comparer aux normes actuelles.
ÉlevéeToutes1-4. Recherche – Évaluation des menacesExaminer les menaces potentielles telles que les espèces exotiques, la pêche aux poissons-appâts et les sources d’apport de contaminants et de substances toxiques (p.  ex., les rejets des installations de traitement des eaux usées). Envisager l’élaboration d’une carte mettant en relief les zones d’habitat générales et les principales menaces afin de permettre l’analyse des effets cumulatifs.
ÉlevéeToutes1-5. Recherche – Méthodes/faisabilité d’une réintroductionExaminer la faisabilité de diverses approches de réintroduction du fouille-roche gris et identifier des populations sources appropriées.
ÉlevéeToutes1-6. Réintroduction – Évaluation de sites potentielsDéterminer s’il existe des sites nouveaux ou historiquement utilisés par l’espèce où il serait possible d’atténuer les menaces ou de restaurer l’habitat en vue d’une éventuelle réintroduction.
ÉlevéeToutes1-7. Ensemencement et évaluationEntreprendre une réintroduction expérimentale, en assurer le suivi et évaluer sa réussite.
ÉlevéeToutes1-8.Recherche – génétiqueÉvaluer la variation génétique à l’intérieur de l’aire de répartition mondiale et examiner la structure des populations entre les populations canadiennes et au sein de celles-ci.
FaibleToutes1-9. Modèle de l’habitatÉlaborer un modèle prédictif de l’habitat afin de localiser des sites potentiels pour le fouille-roche gris et des zones d’habitat significatif.

Le tableau 5 est intitulé « Tableau de planification du rétablissement – approches de suivi ». La structure de ce tableau est la même que celle du tableau 4, avec les mêmes colonnes, mais huit rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, la première colonne indique la priorité (Élevée, Moyenne, Faible). Les autres colonnes, de gauche à droite, sont : Menace (l'un des éléments suivants ou tous : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles, tel qu'indiqué dans les tableaux 3a et 3b); Stratégie globale pour répondre à la menace (chaque approche reçoit un identificateur 2 et est numérotée dans l'ordre d'une rangée à l'autre); Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs. Les sept autres rangées décrivent le suivi effectué pour répondre aux menaces spécifiques. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Les rangées sont classées en ordre de priorité, du plus élevé au plus faible. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 2-1a. Études de fond – Cas existants; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Procéder aux études ciblées des populations existantes à l'aide d'engins qui se sont révélés efficaces pour détecter le fouille-roche gris. La rangée 2 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 2-1b. Études de fond – ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Procéder à des études approfondies dans le ruisseau Little Rideau et la rivière des Outaouais (et leurs affluents) pour établir l'existence d'une population résidente dans le ruisseau Little Rideau. Les études portant sur la rivière des Outaouais (et ses affluents) doivent prendre en compte la répartition du fouille-roche gris dans la partie québécoise de la rivière.

......Lisez le reste du tableau par rangée.

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Tableau 5. Tableau de la planification du rétablissement pour l’inventaire et le suivi.
PrioritéMenaceApproche de rétablissementDescription générale de la recherche et des activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs
ÉlevéeToutes2-1a. Inventaires – occurrence des populations connuesEffectuer des inventaires ciblés des populations connues à l’aide d’engins de pêche qui se sont révélés efficaces pour détecter le fouille-roche gris.
ÉlevéeToutes2-1b. Inventaires – ruisseau Little Rideau/rivière des OutaouaisEffectuer des inventaires à grande échelle dans le ruisseau Little Rideau et la rivière des Outaouais (et leurs tributaires) pour établir la présence d’une population résidente dans le ruisseau Little Rideau. Effectuer des aussi inventaires dans la partie québécoise de la rivière des Outaouais (et ses tributaires) pour déterminer l’aire de répartition du fouille-roche gris.
ÉlevéeToutes2-2. Inventaires – occurrences historiquesMener des inventaires ciblés à des emplacements historiques occupés par le fouille-roche gris à l’aide de types d’engins de pêche qui se sont avérés efficaces pour détecter cette espèce.
ÉlevéeToutes2-3. Inventaires – nouvelles occurrences potentiellesMener des inventaires ciblés afin de trouver des populations non détectées dans des zones de forte probabilité et présentant un habitat approprié.
ÉlevéeToutes2-4. Inventaire et suivi – populations et habitatÉlaborer et mettre en œuvre un programme normalisé d'inventaire et suivi d’une population indicatrice et de l’habitat, assorti d’un protocole d’échantillonnage et de formation spécifique pour les intervenants.
ÉlevéeToutes2-5. Habitat de fraieLocaliser les lieux de fraie et caractériser l’habitat qui s’y trouve.
MoyenneToutes2-6. Suivi – sites restaurésAssurer le suivi des sites où des mesures d’atténuation ou des activités de restauration de l’habitat ont eu lieu afin de déterminer la réussite des mesures en question et d’assurer un suivi des populations de fouille-roche gris.

Le tableau 6 est intitulé « Tableau de planification du rétablissement – approches de gestion et de coordination ». La structure de ce tableau est la même que celle des tableaux 4 et 5, avec les mêmes colonnes, mais sept rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, la première colonne indique la priorité (Élevée, Moyenne, Faible). Les autres colonnes, de gauche à droite, sont : Menace (l'un des éléments suivants ou tous : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles, tel qu'indiqué dans les tableaux 3a et 3b); Stratégie globale pour répondre à la menace (chaque approche reçoit un identificateur 3 et est numérotée dans l'ordre d'une rangée à l'autre); Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs. Les six autres rangées décrivent les approches de gestion et de coordination visant à répondre aux menaces spécifiques. La première rangée de la description ci­dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Les rangées sont classées en ordre de priorité, du plus élevé au plus faible. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 3­1. Coordination avec les autres équipes de rétablissement et les organismes pertinents; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Travailler avec les organismes pertinents (p. ex., organismes de protection de la nature, MRNO, MRNF, Premières nations) et avec les équipes de rétablissement axées sur les écosystèmes et les espèces uniques pour partager les connaissances, réunir les ressources, mettre en œuvre les mesures de rétablissement et veiller à l'approche coordonnée du rétablissement. La rangée 2 indique Priorité élevée; Menace, altération du régime d'écoulement des eaux; Stratégie globale pour répondre à la menace 3-2. Gestion des ressources – Évaluation de la norme de débit minimal; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Procéder à des évaluations du débit minimal aux barrages hydroélectriques et dans les voies navigables (p. ex., voie maritime) et déterminer dans quelle mesure la gestion du niveau d'eau peut être améliorée pour atténuer les répercussions sur le fouille-roche gris (p. ex., adopter des recommandations sur le niveau de débit minimal lors des étapes délicates du cycle biologique, comme le frai).

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Tableau 6. Tableau de la planification du rétablissement pour la gestion et la coordination.
PrioritéMenaceApproche de rétablissementDescription générale de la recherche et des activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs
ÉlevéeToutes3-1. Coordination avec d’autres équipes de rétablissement et organismes pertinentsTravailler avec des organismes pertinents (p. ex., offices de protection de la nature, MRNO, MRNF et les Premières Nations) et des équipes de rétablissement s’occupant d’une espèce particulière ou d’un écosystème afin de partager les connaissances, de combiner les ressources, de mettre en œuvre les mesures de rétablissement et d’assurer l’adoption d’une approche coordonnée pour le rétablissement.
ÉlevéeAltération du régime d'écoulement3-2. Gestion des ressources Évaluation des besoins en matière de débitEffectuer des évaluations des besoins en matière de débit pour les barrages hydroélectriques et les voies d’eau navigables (p. ex., voie maritime) et déterminer de quelle façon la gestion des niveaux d’eau peut être améliorée pour atténuer les impacts sur le fouille-roche gris (p. ex., adoption de recommandations sur le niveau d’eau minimum en période de faible débit pendant des étapes vulnérables du cycle biologique telles que la fraie).
ÉlevéeObstacles au libre passage; altération du régime d'écoulement; modification de la rive3-3. Gestion des ressources – Planification, émission de permisRecommander la prise en considération des besoins du fouille-roche gris au moment de l’élaboration de projets et ce, à l’étape de la conception (c.-à-d. promoteurs) et au moment de l’émission des permis (c.-à-d.gestionnaires des ressources).
ÉlevéeToutes3-4. Exigences en matière d'inventairesDans le cas des projets présentant des risques de moyens à élevés à des endroits où le fouille-roche gris n’a jamais été observé, mais où il est fortement probable qu’il soit présent (c.-à-d. dans l’aire de répartition géographique du fouille-roche gris, où se trouve un habitat approprié), s’assurer que les promoteurs mènent des inventaires ciblés en temps opportun et à l’aide de types d’engins qui se sont révélés efficaces pour détecter le fouille-roche gris.
MoyenneToutes3-5. Communications – Données et déclarationÉlaborer une base de données centrale provinciale pour les observations de l’espèce au Québec et intégrer les données récentes et historiques sur les observations de fouille-roche gris.
FaibleToutes3-6. Communications – Collaboration/coordination avec les États américains voisinsÉtablir une relation de collaboration avec les administrations des États américains voisins responsables de la gestion du fouille-roche gris.

Le tableau 7 est intitulé « Tableau de planification du rétablissement – approches de protection, de restauration et de gérance ». La structure de ce tableau est la même que celle des tableaux 4, 5 et 6, avec les mêmes colonnes, mais huit rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, la première colonne indique la priorité (Élevée, Moyenne, Faible). Les autres colonnes, de gauche à droite, sont : Menace (l'un des éléments suivants ou tous : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles, tel qu'indiqué dans les tableaux 3a et 3b); Stratégie globale pour répondre à la menace (chaque approche reçoit un identificateur 4 et est numérotée dans l’ordre d'une rangée à l'autre); Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs. Les sept autres rangées décrivent les approches de protection, de restauration et de gérance visant à répondre aux menaces spécifiques. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Les rangées sont classées en ordre de priorité, du plus élevé au plus faible. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 4-1. Gérance – efforts liés aux bassins versants; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Encourager les efforts de gérance en collaboration avec l'industrie hydroélectrique et les secteurs agricoles, urbains et industriels dans les bassins versants où le fouille-roche gris est présent. La rangée 2 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 4-2. Pratiques de gestion exemplaires; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Encourager la mise en œuvre de pratiques de gestion exemplaires ou de pratiques similaires au sein des industries agricoles et forestières (ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales et MAPAQ), du MRNO et du MRNF, des organismes privés d'aménagement forestier, de l'industrie hydroélectrique, et auprès d'autres gestionnaires de ressources, des propriétaires publics et privés et des Premières Nations.

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Tableau 7. Tableau de la planification du rétablissement pour la protection, la restauration et l'intendance.
PrioritéMenaceApproche de rétablissementDescription générale de la recherche et des activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs
ÉlevéeToutes4-1. Intendance – Efforts dans les bassins versantsFavoriser les efforts d’intendance avec les secteurs hydroélectrique, agricole, urbain et industriel dans les bassins versants où le fouille-roche gris est présent.
ÉlevéeToutes4-2. Pratiques de gestion optimales (PGO)Favoriser la mise en œuvre de pratiques de gestion optimales ou de pratiques similaires par les producteurs agricoles (ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario [MAAARO] / ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec [MAPAQ]) et forestiers (MRNO/MRNF), ainsi que par les organismes privés de gestion des forêts, le secteur hydroélectrique, les autres gestionnaires des ressources, les propriétaires fonciers publics et privés et les Premières Nations.
ÉlevéeToutes4-3. Restauration et atténuation des menaces – Habitat occupéIdentifier l’habitat présentement occupé qui pourrait profiter de mesures d’atténuation particulières ou d’autres activités d’amélioration de l’habitat; les mettre en œuvre dans la mesure du possible et assurer le suivi des résultats.
MoyenneToutes4-4. Restauration et atténuation des menaces – Habitat potentielRestaurer l’habitat et atténuer les menaces aux sites qui ont été évalués et jugés appropriés pour une possible réintroduction du fouille-roche gris.
MoyenneToutes4-5. Traitement des eaux uséesAssurer l’entretien approprié des installations de traitement des eaux usées en amont des zones habitées par le fouille-roche gris, établir un plan d’urgence en cas de défaillance ou d’arrêt intentionnel (c.-à-d. à des fins d’entretien).
MoyenneToutes4-6. Protection de l’habitatExaminer le potentiel d’acquisition ou de servitudes de conservation afin de protéger le fouille-roche gris et de permettre son rétablissement.
MoyenneToutes4-7. Participation du publicFaire participer les résidents, les partenaires, les Premières Nations ainsi que les groupes et organismes concernés aux activités de planification des mesures, d’amélioration de l’habitat et d’atténuation des menaces.

Le tableau 8 est intitulé « Tableau de planification du rétablissement – approches en matière de communication et de sensibilisation du public ». La structure de ce tableau est la même que celle des tableaux 4, 5, 6 et 7, avec les mêmes colonnes, mais cinq rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, la première colonne indique la priorité (Élevée, Moyenne, Faible). Les autres colonnes, de gauche à droite, sont : Menace (l'un des éléments suivants ou tous : modifications de la rive, altération du régime d'écoulement des eaux, obstacles au libre passage, turbidité et envasement excessif, apport excessif de nutriments, contaminants et substances toxiques, espèces envahissantes et maladies, et captures accidentelles, tel qu'indiqué dans les tableaux 3a et 3b); Stratégie globale pour répondre à la menace (chaque approche reçoit un identificateur 5 et est numérotée dans l'ordre d'une rangée à l'autre); Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs. Les quatre autres rangées décrivent les approches en matière de communication et de sensibilisation du public visant à répondre aux menaces spécifiques. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Les rangées sont classées en ordre de priorité, du plus élevé au plus faible. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 5-1. Communication – Plan de communication; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Élaborer un plan de communication qui établit les partenaires, les approches, les produits d'information, les possibilités d'instruction et de sensibilisation, les ressources de gérance et les pratiques de gestion exemplaires particulières qui faciliteront le rétablissement de cette espèce. On peut également inclure un plan d'information du public visant à lui faire connaître les espèces, les lieux où elles existent et la façon de les identifier. Ce plan doit mettre l’accent sur la sensibilisation à l'habitat essentiel et à la Loi sur les espèces en péril afin d’assurer le respect de la Loi. La rangée 2 indique Priorité élevée; Menace, toutes; Stratégie globale pour répondre à la menace 5-2. Planification municipale – Mobilisation; Description générale des activités de recherche et de gestion pour atteindre les objectifs, Encourager les municipalités à protéger l'habitat qui est important pour le fouille-roche gris en l'inscrivant dans leurs projets officiels.

......Lisez le reste du tableau par rangée.

Tableau 8. Tableau de la planification du rétablissement pour la communication et la sensibilisation du public.
PrioritéMenaceApproche de rétablissementDescription générale de la recherche et des activités de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs
ÉlevéeToutes5-1. Communications – Plan de communicationÉlaborer et mettre en oeuvre un plan de communication qui identifie les partenaires, les approches, les produits informatifs, les possibilités d’éducation et de vulgarisation, les ressources en matière d’intendance, ainsi que les pratiques de gestion optimales qui seront utiles pour le rétablissement de cette espèce. Ceci peut également inclure un plan d’éducation pour sensibiliser le public à l’égard de l’espèce et lui expliquer où la retrouver et comment l’identifier. Ce plan devrait notamment mettre l’accent sur la sensibilisation à l’égard de l’habitat essentiel et de la LEP afin d’assurer son respect.
ÉlevéeToutes5-2. Planification municipale – ParticipationInciter les administrations municipales à aborder la protection des habitats qui sont importants pour le fouille-roche gris dans leurs plans officiels.
ÉlevéeEspèces exotiques et maladies5-3. Sensibilisation du public –Espèces exotiquesSoutenir les initiatives de sensibilisation aux espèces exotiques qui ont pour but d’informer le public.
MoyenneCaptures accidentelles5-4. Sensibilisation du public – Pêche aux poissons-appâtsÉlaborer une campagne d’information à l’intention des pêcheurs aux poissons-appâts (pêcheurs commerciaux, pêcheurs sportifs et Premières Nations) dans les zones où vit le fouille-roche gris.

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6.4 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement

Approches de recherche

1-1, 1-2 et 1-3 : Des recherches supplémentaires sur les besoins en habitat du fouille-roche gris sont requises pour améliorer la description et la protection de son habitat essentiel. Ces recherches sont particulièrement importantes pour acquérir des données sur les habitats lacustres, les habitats fluviaux profonds, les fouille-roches gris de l’année ainsi que les seuils physiologiques associés aux paramètres de la qualité de l’eau, en particulier les contaminants et les substances toxiques. La recherche devrait en outre être axée, pour l’ensemble des stades de développement, sur les caractéristiques physiques et chimiques de l’habitat, les profils d’utilisation saisonnière par le fouille-roche gris, les migrations de celui-ci entre les habitats ainsi que les facteurs du paysage (p. ex., géologie de surface) ayant une incidence sur les caractéristiques de l’habitat. Les facteurs liés au paysage tels que la géologie de surface et la topographie sont reliés aux conditions de l’habitat et aux aires de répartition de l’espèce.

1-4 : Un éventail de menaces potentielles pesant sur les populations de fouille-roche gris (p. ex., espèces exotiques et pêche aux poissons-appâts) a été relevé dans le rapport du COSEPAC (Phelps et Francis 2002) et par l’Équipe de rétablissement. Le statut et la certitude de la plupart de ces menaces ont été évalués au niveau du bassin versant à la section 4 « Menaces » du présent programme de rétablissement. Il faut confirmer cette évaluation et les effets cumulatifs de ces menaces dans toute l’aire de répartition de l’espèce pour s’assurer que les approches de rétablissement mises en œuvre sont appropriées et justifiables.

1-58 : Étant donné la répartition fragmentée des populations de fouille-roche gris au Canada, une recolonisation naturelle des sites où l’espèce est disparue est peu probable. En conséquence, des efforts de réintroduction devraient être consentis aux sites où le fouille-roche gris n’est plus présent seulement s’il a été possible de déterminer que les populations sources peuvent subir un prélèvement. Les efforts de rétablissement doivent être soutenus par des recherches afin d’identifier les populations sources appropriées, de trouver les méthodes de rétablissement les plus efficaces (p. ex., ensemencement d’individus provenant d’autres populations ou élevage en captivité suivi d’un réensemencement) et de déterminer le nombre d’individus nécessaires pour constituer une population autosuffisante. La réintroduction devrait être effectuée selon les lignes directrices de l’American Fisheries Society portant sur l’introduction d’espèces de poissons menacées et en voie de disparition [PDF 36 Ko] (en anglais seulement) ou le Code national sur l’introduction et le transfert d’organisme aquatiques [PDF 180 Ko].

1-6 : Avant la réintroduction ou l’introduction de populations, les sites potentiels doivent faire l’objet d’une évaluation de : 1) l’accès pendant la durée du projet; 2) toute occupation antérieure du site par le fouille-roche gris et de la qualité de l’habitat; 3) la mesure dans laquelle l’habitat doit être amélioré ou les menaces atténuées. Les sites d’où l’espèce est disparue et qui peuvent être améliorés en vue d’une réintroduction devraient avoir préséance sur les sites où l’espèce n’a jamais été recensée.

1-7 : Le fait qu’une réintroduction expérimentale soit mise en œuvre ou non dépend du résultat et de la recommandation découlant de l’analyse de faisabilité dont il est question au point 1-5 et de la détermination d’un site pilote approprié, selon les indications données au point 1-6. Advenant la réalisation de la réintroduction expérimentale, cette mesure devient alors hautement prioritaire (ensemencement et évaluation). Cette réintroduction ne devrait pas être mise en œuvre si la présente approche n’est pas possible. Si l’analyse de la faisabilité recommande de ne pas procéder à une telle réintroduction ou s’il n’est pas possible de déterminer, de façon raisonnable, que ces approches subséquentes peuvent être incluses dans la réintroduction expérimentale, alors le degré de priorité devrait passer à « faible » ou « sans objet », et la réintroduction ne doit pas avoir lieu.

1-8 : Les efforts de réintroduction doivent inclure l’identification de l’emplacement des populations sources potentielles et la détermination du nombre d’individus nécessaires pour établir de nouvelles populations autosuffisantes. Idéalement, les populations sources doivent avoir une diversité génétique élevée ainsi qu’une composition génétique acquise dans des conditions historiques similaires à celles présentes aux sites de réintroduction. Il faudra donc évaluer la variation génétique et le lien de parenté entre les populations dans leur aire de répartition et au Canada.

Approches d'inventaire et suivi

2-1 à 2-3 : Il faut déployer des efforts ciblés pour déterminer l’aire de répartition actuelle du fouille-roche gris aux lieux où il est encore présent et aux lieux historiques ainsi que pour détecter de nouvelles populations dans les zones de haute probabilité. De nouveaux sites où le fouille-roche gris est présent ont été découverts récemment, ce qui sous-entend que les connaissances concernant l’aire de répartition sont incomplètes. Pour choisir les nouveaux sites d’inventaire et de suivi, il sera possible de s’appuyer sur les études historiques de l’aire de répartition du fouille-roche gris et sur les spécimens conservés dans les musées, particulièrement en Ontario (exercice déjà terminé au Québec). Les organismes canadiens devraient travailler avec leurs partenaires américains afin d’assurer un suivi des populations connues dans les eaux américaines des plans d’eau communs avec le Canada. Il faudrait également normaliser les méthodes d’échantillonnage utilisées à tous les sites et inclure une évaluation pertinente des caractéristiques de l’habitat; l’échantillonnage devrait également être effectué à l’aide de techniques qui se sont révélées efficaces pour détecter la présence du fouille-roche gris (voir Portt et al.,2008 et Couillard et al., 2011 pour connaître les méthodes d’échantillonnage efficaces pour l’espèce). Cependant dans les habitats où l’eau est profonde, il peut être impossible d’utiliser certains engins de pêche dont l’efficacité est reconnue pour la capture de fouille-roche gris dans les zones moins profondes. Les tentatives visant à capturer des fouille-roches gris dans les eaux profondes adjacentes aux hauts-fonds de la rivière Trent à l’aide de filets maillants à maillage serré ou avec des pièges à ménés se sont révélées infructueuses (Reid, 2005). La pêche au chalut s’est avérée une méthode efficace de capture du fouille-roche gris dans les secteurs plus profonds des rivières qui ne sont pas accessibles à la senne ou à la pêche électrique. Des échantillonnages récents effectués aux États-Unis à l’aide d’un chalut mini-Missouri de 8 pi se sont montrés extrêmement efficaces pour capturer le fouille-roche gris dans les habitats fluviaux plus profonds et dans des systèmes fluviaux où l’espèce n’avait jamais été observée auparavant (Herzoget al. 2009).

2-4 : L’inventaire et le suivi des populations et de l’habitat contribuera à identifier les exigences clés en matière d’habitat qui sont nécessaires pour affiner la désignation de l’habitat essentiel et pour mettre en œuvre des stratégies visant à protéger les habitats occupés présentement ou qui l’ont déjà été. Le programme d’inventaire et de suivi devrait être conçu pour permettre un suivi quantitatif des changements dans l’abondance de la population et dans les paramètres démographiques, l’analyse de l’utilisation et de la disponibilité de l’habitat et la détection des changements intervenants dans ces paramètres au fil du temps (par rapport aux menaces connues). Il devrait également permettre de détecter la présence et l’abondance d’espèces exotiques dans les habitats utilisés par le fouille-roche gris. Le protocole d’inventaire et de suivi des poissons devrait tenir compte des méthodologies utilisées dans les inventaires et donner des orientations quant au moment où effectuer l’échantillonnage et au type d’échantillon biologique qu’il faudrait recueillir (p. ex., écaille, longueur et poids). Au Québec, se référer à Couillard et al. (2011)

Le suivi des changements temporels des conditions de l’habitat aux sites sélectionnés devrait aider à identifier les changements cumulatifs survenus dans l’habitat et les impacts associés sur les populations de fouille-roche gris. Combiné à l’inventaire et au suivi des populations, ce suivi aux sites sélectionnés peut aider à déterminer les seuils pour certains paramètres mesurables de l’habitat (p. ex., turbidité, charge en éléments nutritifs). En outre, il peut aider à déterminer s’il faut restaurer l’habitat ou atténuer les facteurs de perturbation. La collecte d’informations sur l’habitat aidera également à quantifier l’habitat disponible pour le fouille-roche gris.

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Approches de gestion et de coordination

3-1 : Nombre des menaces auxquelles le fouille-roche gris fait face découlent de la dégradation de l’habitat, phénomène qui affecte de nombreuses espèces aquatiques. Deux programmes de rétablissement écosystémique, soit le programme de rétablissement de la région d’Essex-Érié et le programme de rétablissement de l’île Walpole (version provisoire) ont incorporé les exigences biologiques et écologiques du fouille-roche gris aux approches de rétablissement proposées à l’échelle du bassin versant. Une approche coordonnée et cohésive entre ces équipes et les autres équipes de gestion concernées, qui maximise les possibilités de partage des ressources et d’information, est recommandée.

3-2 : Des baisses subites du débit d’eau pendant la fraie peuvent entraîner l’arrêt de la fraie et le déplacement du fouille-roche gris à l’extérieur des aires de fraie, vers des zones plus profondes (Winn, 1953). La régularisation des débits peut également provoquer l’assèchement des habitats des hauts-fonds utilisés par des populations lotiques de fouille-roche gris au printemps et à l’été (Reid, 2005). En tenant compte des besoins en matière de débit du fouille-roche gris, il sera possible d’exécuter des activités de régularisation et d’extraction de l’eau qui perturberont l’espèce de façon minimale; cependant il est important de noter que la gestion des niveaux d’eau est complexe. L’APC a l’intention de réaliser des évaluations des exigences en matière de débit pour les espèces en péril, y compris le fouille-roche gris, pour ses barrages situés sur la voie navigable Trent-Severn.

3-4 : Les évaluations des impacts environnementaux des projets affectant les cours d’eau habités par le fouille-roche gris devraient tenir compte des effets sur le fouille-roche gris et son habitat. Des inventaires ciblés des populations de fouille-roche gris, dans l’aire de répartition de l’espèce et dans les secteurs où l’habitat est approprié mais où aucune observation de fouille-roche gris n’a été faite, complétés lorsque requis par des inventaires à l’appui des études d’impact lors de proposition de projet, seraient utiles pour soutenir les efforts de rétablissement. Ces inventaires fourniraient aussi de l’information sur la répartition et l’abondance de l’espèce.

3-5 : Des données sur la répartition et l’abondance de l’espèce au Québec sont répertoriées à plusieurs endroits et sous plusieurs formes. Afin d’assurer un suivi de l’abondance de la population, de la répartition de l’espèce et de la réussite des mesures de rétablissement, il faut que les données soient compilées et partagées entre les organismes. Des normes associées à ces données devraient également être établies.

3-6 : Des populations de fouille-roche gris ayant un rang de conservation sont présentes dans les États du Michigan, de l’Ohio, de la Pennsylvanie, de New York et du Vermont. Dans le cas des cours d’eau hébergeant des populations de fouille-roches gris et qui sont communes entre les deux pays, il serait avantageux de maintenir des communications ouvertes et d’assurer le partage d’information sur l’espèce pour planifier le rétablissement au Canada et aux États-Unis.

Approches de protection, de restauration et d’intendance

4-1 et 4-2 : Le fouille-roche gris tolère mal l’envasement, la turbidité et les charges excessives en nutriments, facteurs qui contribuent tous à une mauvaise qualité de l’eau. Le soutien d’activités d’intendance telles que la plantation ou le maintien de bandes riveraines (agriculture et foresterie), la restriction de l’accès du bétail aux cours d’eau, la prévention du ruissellement des eaux usées non traitées ou du fumier dans les cours d’eau et la réduction des applications de produits chimiques et d’engrais sur les terres adjacentes à des cours d’eau devraient maintenir ou améliorer la qualité de l’eau dans les habitats du fouille-roche gris. Les pratiques de gestion optimales sont un bon outil pour fournir des orientations claires sur des modes de fonctionnement améliorés pour les industries agricoles ou forestières. Pour être efficaces, les PGO devraient cibler les principales menaces qui ont un impact sur l’habitat essentiel ou celui présentement occupé par l’espèce.

4-3 : Plusieurs populations sont disparues au cours des dernières années. Il faudrait évaluer les menaces, dont celles qui causent une dégradation de l’habitat, aux sites occupés afin d’être en mesure de déterminer si elles posent un risque de disparition immédiat ou à long terme. Lorsqu’il est possible de mettre en œuvre des mesures de restauration de l’habitat ou d’atténuation des menaces, il faudrait aller de l’avant et en assurer le suivi.

4 -6 : Les méthodes à utiliser pour protéger l’habitat comprennent également l’acquisition, les servitudes de conservation et l’inclusion dans les plans de conservation élaborés par les divers paliers de gouvernement. Même si ces méthodes sont utilisées moins fréquemment pour les espèces aquatiques que pour les espèces terrestres, elles devraient être envisagées et mises en œuvre lorsqu’une occasion se présente de protéger l’habitat de façon perpétuelle.

4 -7 : L’amélioration de la qualité de l’eau des bassins versants passe par la participation des résidents, des entreprises et des organismes locaux. Plus la communauté prend part rapidement au processus de rétablissement, plus la chance d’obtenir un soutien constant et grandissant pour les mesures de rétablissement est grande. En conséquence, il est important de faire participer le public à la planification des mesures et à la mise en œuvre du rétablissement.

Approches de communications et de sensibilisation du public

5-1 : L'élaboration et la mise en œuvre d’un plan de communication contribuera à coordonner les activités de communication et de sensibilisation, à faire en sorte que les publics concernés soient ciblés à l’aide des moyens convenant le mieux et que les messages soient uniformes et précis. Cette mesure de priorité élevée doit être prise avant ou en même temps que toutes les activités de communication et de vulgarisation auprès du public sur le rétablissement, y compris la production de matériel imprimé. Lorsque c’est pertinent, une approche de communication plurispécifique doit être adoptée pour obtenir de meilleurs résultats.

5-3 et 5-4 : Divers organismes ont déjà déployé des efforts d’éducation du public afin de ralentir la propagation des espèces exotiques. Dans le cas du fouille-roche gris, le gobie à taches noires est particulièrement préoccupant. Le chevauchement des efforts ou toute concurrence pour obtenir des fonds ne profite à aucun organisme. L’Équipe de rétablissement du fouille-roche gris soutiendra et favorisera plutôt le maintien de ces efforts d’éducation, du fait qu’ils contribueront également au rétablissement du fouille-roche gris. L’élaboration d’outils de communication pour les pêcheurs aux poissons-appâts, concernant la présence et l’identification du fouille-roche gris et d’autres espèces de poissons en péril, pourrait être bénéfique du fait que ces outils peuvent entraîner une augmentation des déclarations d’ observations d’individus de ces espèces et diminuer les captures accidentelles et l’utilisation de celles-ci en tant que poissons-appâts. Un guide sur les poissons-appâts a déjà élaboré pour l’Ontario (voir Cudmore et Mandrak,2011).

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7. Habitat essentiel

7.1 Désignation générale de l’habitat essentiel du fouille-roche gris

La désignation de l’habitat essentiel des espèces menacées et en voie de disparition (inscrite à l’annexe 1) est requise en vertu de la LEP. La LEP renferme des dispositions pour empêcher la destruction des habitats essentiels après que ceux-ci ont été désignés. La Loi sur les espèces en péril (2002) définit l’habitat essentiel comme étant :

« …l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. » (paragraphe 2(1)).

La LEP définit l’habitat pour une espèce aquatique en péril comme étant :

« …les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire. » (paragraphe 2(1)).

Pour le fouille-roche gris, l’habitat essentiel a été désigné dans la mesure du possible en se fondant sur la meilleure information disponible. L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement décrit les zones géospatiales (p. ex., tronçons d’un cours d’eau ou portion d’un lac) contenant l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce. Les zones actuellement désignées pourraient être insuffisantes pour atteindre les objectifs de population et de répartition de l’espèce. Un calendrier présente donc les études requises pour mieux décrire l’habitat essentiel (en termes des fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques, de même qu’au niveau de sa répartition spatiale) de manière à assurer sa protection.

7.1.1 Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

En utilisant la meilleure information disponible au moment de la rédaction de ce programme de rétablissement (données d’inventaire jusqu’en 2009 inclusivement), l’habitat essentiel a été désigné en utilisant une approche de « zone de délimitation ». L’habitat essentiel désigné en Ontario et au Québec correspond aux dix secteurs sélectionnés à titre d’objectifs de population et de répartition.

Cette approche nécessite une bonne connaissance des fonctions, composantes et caractéristiques biophysique importantes, et si possible, pour chacun des stades de vie du fouille-roche gris, afin de localiser précisément l’habitat essentiel à l’intérieur de la zone de délimitée. Cette zone est délimitée par les données d’occurrence de l’espèce. Les informations sur l’habitat par stade de vie ont été résumées sous forme de tableau en utilisant les données et études présentées à la section 3.3 « Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques ». L’approche par zone de délimitation a été jugée la plus appropriée considérant le peu d’information disponible sur l’espèce et l’absence d’une cartographie précise des habitats fréquentés par le fouille-roche gris. Lorsque des précisions sur les caractéristiques de l’habitat sont disponibles, elles ont été utilisées pour préciser la désignation de l’habitat essentiel.

Les données et les méthodes spécifiques aux différents secteurs désignés comme habitat essentiel sont résumées ci-après. La description de l’habitat essentiel inclut tout le chenal de plein bord (chenal mouillé lors des niveaux de hautes eaux printanières) qui joue un rôle important dans le maintien des profils d’écoulement, pour tous les secteurs désignés en Ontario et au Québec, à l’exception du lac Érié (Pointe-Pelée).

Ontario :

En Ontario, l’habitat essentiel a été désigné en se basant sur l’approche de zone de délimitation. Pour les populations lotiques, cette désignation a été ensuite précisée avec un système de classification écologique, le système d’inventaire du paysage aquatique (ALIS, pour Aquatic Landscape Inventory System). Le système ALIS a été développé par le MRNO afin de diviser les cours d’eau en segment de vallée en fonction d’un certain nombre de caractéristiques qui se trouvent uniquement dans les segments de vallée de même type. Chaque segment de vallée est défini par un ensemble de variables du paysage qui auraient un effet de contrôle sur les processus physiques et biotiques à l’intérieur du bassin versant (p. ex., changements au niveau du paysage écologique, obstacles). Par conséquent, si une population a été trouvée dans une partie d’un type de classification écologique, il n’y a pas de raison de penser qu’elle ne pourrait pas être trouvée dans les autres zones contigües du même segment de vallée. L’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les systèmes lotiques a donc été défini comme étant le tronçon de la rivière qui inclut tous les segments ALIS contigus de même type compris entre le segment le plus en amont et celui le plus en aval où l’espèce a été capturée. Notez que les segments ALIS intermédiaire (situés entre les segments amont et aval où l’espèce a été capturée) qui n’ont pas été suffisamment échantillonnés pour détecter la présence du fouille-roche gris sont aussi inclus dans l’habitat essentiel.

L’habitat essentiel pour le fouille-roche gris n’a pas été désigné pour le moment dans les rivières Détroit et Sainte-Claire ou le lac Sainte-Claire. Aucun spécimen de l’espèce n’a été capturé lors des échantillonnages intensifs effectués en 2005 et 2006 aux sites historiques de capture (à proximité de l’embouchure de la rivière Détroit dans le lac Érié). La capture la plus récente de l’espèce (un seul spécimen) a été réalisée dans la rivière Détroit à la sortie du lac Sainte-Claire (décharge du lac) (Bouvier et Mandrak 2010). D’autres zones potentielles d’habitat essentiel dans le lac et la rivière Sainte-Claire seront évaluées en collaboration avec la Première Nation de l’île Walpole.

Les méthodes spécifiques et les données utilisées pour désigner l’habitat essentiel dans les lacs et cours d’eau sélectionnés en Ontario sont résumées ci-après.

Ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais : Deux mentions de fouille-roche gris (1989 et 2004) sont rapportées pour le ruisseau Little Rideau, près de son confluent avec la rivière des Outaouais (Base de données canadienne de distribution, 1989; Dextrase et Reid, 2004). Comme les observations de fouille-roche gris ont été effectuées près de la limite d’un segment ALIS adjacent à la rivière des Outaouais, une zone tampon a été ajoutée à la fin de ce segment en utilisant une superficie minimale pour une population viable (décrite plus loin dans cette section) de 0,04 km². Cependant, considérant la proximité des stations de captures avec la rivière des Outaouais, des échantillonnages supplémentaires sont requis dans ce secteur afin de déterminer si les fouille-roches gris capturés appartiennent à une population résidente du ruisseau Little Rideau ou à une population de la rivière des Outaouais.

Rivières Trent, Moira (rivières Black et Skootamatta) et rivière Salmon : L’habitat essentiel a été désigné dans la rivière Trent à partir des données d’échantillonnage de Reid (2001, 2004 et 2009), de Portt and Associates (2004 et 2008), de la Base de données canadienne de distribution (1976 et 1977) et de la base de données du Musée royal de l’Ontario (1998 et 1999). Pour la rivière Salmon, les données d’échantillonnage provenaient d’études réalisées par Reid et al. (2005), les Consultants Eco Tec (2007 et 2008) et Reid (2009). Pour la rivière Moira et deux de ses tributaires, les rivières Black et Skootamatta, les données d’échantillonnage de Reid (2004) et Reid et al. (2005) ont été utilisées. L’espèce semble disparue d’un ruisseau sans nom se jetant dans la rivière Moira (Phelps et Francis, 2002); aucun habitat essentiel n’a donc été désigné à cet endroit.

Lac Érié – Pointe Pelée : Des fouille-roches gris ont été capturés dans ce secteur entre 1928 à 2009; les données utilisées pour désigner l’habitat essentiel proviennent de la Base de données canadienne de distribution, de l’Office de protection de la nature de la région d’Essex, de l’Unité de gestion du lac Érié du MNRO et de Reid (2005). Comme cette population n’est pas lotique, l’habitat essentiel du fouille-roche gris du lac Érié à la Pointe Pelée a été désigné à l’aide de l’approche de zone de délimitation, précisée avec les données disponibles sur l’habitat (données bathymétriques de l’Administration nationale océanique et atmosphérique [ANOA], ligne des hautes eaux [LHE] et un système de classification des rives).

La LHE est le niveau d’élévation utilisé par le MPO afin de déterminer le niveau d’élévation minimal représentant la limite supérieure (en rive) de l’habitat du poisson. Ce niveau correspond au niveau atteint 80 % du temps pendant le mois où le niveau d’eau est à son maximum annuel (c.-à-d. l’eau atteint ce niveau ou est plus basse 80 % du temps) (MPO, 2005); c’est donc ce niveau qui a été utilisé pour délimiter la limite supérieure (en rive) de l’habitat essentiel dans ce secteur. La superficie sous la LHE peut ou non être inondée, et ce, en fonction des fluctuations du niveau d’eau (saisonnières et cycliques).

Les rives du lac Érié ont été divisées en segments et classées à partir de leur géomorphologie (les catégories comprenaient les plages et dunes de sable, les plages de matériel grossier, les berges argileuses, etc.), de la nature de la zone littorale (argile, sable, roche mère) et de l’étendue des ouvrages de protection des côtes (durcissement des rives) (Commission des Grands Lacs, 2000) Ce système a été utilisé pour préciser l’étendue des rives définies comme habitat essentiel du fouille-roche gris, en éliminant les types d’habitat qui ne semblent pas être utilisés par l’espèce en milieu lacustre. Voir le tableau 9a pour une description des caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel de cette espèce.

Étant donné que les échantillonnages ciblés ont été réalisés à une profondeur maximale de 1,5 m (à gué), l’isobathe 2 m de l’ANOA a été utilisé pour définir plus précisément la limite inférieure de l’habitat essentiel pour cette espèce dans le lac Érié. L’utilisation par le fouille-roche gris des zones de plus de 2 m de profondeur est peu documentée. D’autres inventaires ciblés à des profondeurs supérieures à 2 m pourraient permettre de préciser l’étendue de l’habitat essentiel dans ce secteur.

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Québec :

Au Québec, un système d’inventaire du paysage à grande échelle (semblable au système ALIS) n’était pas disponible. La désignation de l’habitat essentiel est aussi basée sur l’approche de zone de délimitation, mais s’est limitée aux secteurs où une caractérisation de l’habitat a été effectuée et où des captures de fouille-roche gris ont été validées aux cours des dix dernières années, y compris les échantillonnages réalisés en 2009. Cette approche était également justifiée par le fait que les caractéristiques de l’habitat peuvent varier d’un bassin versant à l’autre (p. ex., rivières Gatineau et Richelieu [Boucher et al. 2009]). Les caractéristiques de l’habitat pour chaque secteur sont présentées à la section 7.1.3. « Désignation de l’habitat essentiel : Géospatial ».

Les stations d’inventaire les plus en aval et en amont où des fouille-roches gris ont été capturés ont été utilisées pour établir les limites des tronçons des cours d’eau où se situe l’habitat essentiel.
 
Pour les secteurs où la présence de fouille-roche gris a été confirmée mais où la caractérisation de l’habitat n’a pas été effectuée, des études supplémentaires (voir section 7.2 « Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel ») seront requises pour mieux décrire et expliquer les caractéristiques spécifiques de l’habitat associées à la présence du fouille-roche gris.

Région hydrographique de l’Outaouais et de Montréal : L’habitat essentiel dans la rivière Gatineau a été désigné à partir de données d’échantillonnage provenant des études de Lemieux et al. (2005), Boucher (2006) et Boucher et al. (2009).

Région hydrographique du Saint-Laurent nord-ouest : Le fouille-roche gris a été capturé dans la rivière L’Assomption et un de ses tributaires, la rivière Ouareau, par la Corporation d’Aménagement de la Rivière L’Assomption en 2002 et 2009 (CARA 2002; Bourgeois 2010). Ces données ont été utilisées pour désigner l’habitat essentiel.

Région hydrographique du Saint-Laurent sud-ouest : Les données d’échantillonnage utilisées pour désigner l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Richelieu provenaient d’études réalisées par Boucher et al. (2009) et Vachon (2007), ainsi que d’information reçue directement du MRNF (N. Vachon, MRNF, comm. pers. 2010).

Des fouille-roches gris ont été capturé dans la rivière Saint-François entre 1998 et 2003 dans le cadre d’une étude environnementale liée au suivi des papetières et en 2008 et 2009 lors d’inventaires ciblés qui visaient également à recueillir des données sur l’habitat (S. Garceau, MRNF, comm. pers., 2010). Ces dernières données ont aussi été utilisées pour identifier l’habitat essentiel dans ce cours d’eau.

Pour définir l’habitat essentiel des rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay, les études réalisées par Garceau et al. (2007) et Ambioterra (2010) ont été utilisées.

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7.1.2 Désignation de l’habitat essentiel : Fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques

L’information disponible sur les besoins en habitat des différents stades de vie du fouille-roche gris est limitée. Les tableaux 9a et 9b résument les connaissances disponibles sur les fonctions, les composantes et caractéristiques importantes pour chaque stade de vie (voir section 3.3 « Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques » pour plus de détails). Les zones désignées (p. ex., tronçon de cours d’eau ou portion de lac) comme habitat essentiel doivent supporter une ou plusieurs de ces fonctions.

Au Québec, des études ont démontré que les caractéristiques de l’habitat peuvent varier d’un bassin versant à l’autre. La plupart des études se limitaient également à échantillonner les adultes et leur habitat. En considérant cette variabilité et le fait que le fouille-roche gris est un petit poisson avec une capacité de dispersion limitée, il a été décidé de décrire les caractéristiques de l’habitat pour l’ensemble des stades de vie. Il est important de noter qu’un habitat propice n’a pas à présenter toutes ces caractéristiques pour être considéré comme un habitat essentiel. De plus, les valeurs sont fournies à titre indicatif et peuvent varier dans le temps et l’espace (p. ex., vitesse du courant et profondeur en crue printanière versus en étiage d’été ou d’automne).

Le tableau 9a est intitulé « Fonctions, caractéristiques et attributs de l'habitat essentiel pour chaque phase du cycle biologique du fouille-roche gris en Ontario* ». L'astérisque renvoie le lecteur à un commentaire sous le tableau : « Lorsqu'ils sont connus ou appuyés par les données existantes ». Il y a quatre colonnes et quatre rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Cycle biologique, Exigences de l'habitat (fonction), Caractéristiques et Attributs. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. De gauche à droite, la rangée 1 indique Cycle biologique, Du frai à la larve; Exigences de l'habitat (fonction), Migration, Frai, Alevinage (juin et juillet); Caractéristiques, Rapides, ruisselets, hauts-fonds, zones de remous et fosses dans les ruisseaux et les rivières, Hauts-fonds dans les lacs; Attributs, Courant modéré à rapide (p. ex., 0,46 m/s), Substrats nets ou rugueux (p. ex., gravier et rochers lisses), Eaux peu profondes (p. ex., 2 m), Température de l'eau tiède (p. ex., de 14,5 à 25 ºC), Les mâles établissent un territoire de frai autour d'un gros rocher en plein courant. La rangée 2 indique Cycle biologique, Juvéniles (on dispose de peu de données sur les besoins des juvéniles en matière d'habitat), (jeunes de l'année); Exigences de l'habitat (fonction), Élevage; Caractéristiques, Rapides, ruisselets, hauts-fonds, zones de remous et fosses dans les ruisseaux et les rivières; Attributs, Courant lent (p. ex., de 0,39 à 0,48 m/s), Substrats de sable et de gravier, Eaux peu profondes (p. ex., <5 m). La rangée 3 indique Cycle biologique, Adulte; Exigences de l'habitat (fonction), Alimentation; Caractéristiques, Rapides, ruisselets, hauts-fonds, zones de remous et fosses dans les ruisseaux et les rivières, Plages de gravier et de sable graveleux (lac Érié); Attributs, Courant lent à modéré (p. ex., de 0,39 à 0,48 m/s) ou légères vagues, Substrats de galets, de gravier et de sable, Eaux habituellement peu profondes (p. ex., <0,60 m), Végétation aquatique minime à rare, Bonne qualité de l'eau (c.-à-d., turbidité faible, oxygène dissous suffisant, faibles niveaux de pollution, etc.), Présence de proies (macroinvertébrés benthiques).

Tableau 9a. Fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel pour chaque stade de vie du fouille-roche gris en Ontario*.
Stades de vieFonctionsComposantesCaractéristiques biophysiques
De la fraie aux larvesMigration
Fraie Alevinage (juin et juillet)
Rapides, radiers, hauts-fonds, zones abritées du courant et fosses des ruisseaux et rivières Hauts-fonds des lacs
  • Courant de modéré à rapide (moyenne de 46 cm/s dans la rivière Trent, Ontario)
  • Matériel du lit grossier et propre (gravier et cailloux arrondis)
  • Faible profondeur (p. ex., < 2 m)
  • Température de l'eau (14,5 à 25 °C)
  • Les mâles établissent un territoire autour d’un gros caillou en plein courant lors de la fraie
Juvéniles (Jeunes de l’année)**CroissanceRapides, radiers, hauts-fonds, zones abritées du courant et fosses des ruisseaux et rivières
 
  • Faible débit (p. ex., 39 à 48 cm/s)
  • Substrats de sable et gravier
  • Faible profondeur (< 5 m)
AdultesAlimentationRapides (radiers), hauts-fonds, zones abritées du courant et fosses des ruisseaux et rivières

Plages de gravier et de sable grossier (lac Érié)
  • Courant de faible à modéré (p  ex., 39 à 48 cm/s) ou léger batillage
  • Substrats de cailloux, gravier et sable
  • Profondeur habituellement faible (< 60 cm)
  • Végétation aquatique minimale ou éparse
  • Bonne qualité de l’eau (notamment : faible turbidité, oxygène dissous adéquat, faible niveau de pollution)
  • Disponibilité des proies (macro-invertébrés benthiques)

* Lorsqu’elles sont connues ou appuyées par des données existantes.
** Il y a peu de connaissances sur les besoins en habitat des juvéniles.

Le tableau 9b est intitulé « Fonctions, caractéristiques et attributs principaux de l'habitat essentiel pour chaque phase du cycle biologique du fouille-roche gris au Québec* ». L'astérisque renvoie le lecteur à un commentaire sous le tableau : « Lorsqu'ils sont connus ou appuyés par les données existantes ». La structure est identique à celle du tableau 9a, avec quatre colonnes, mais deux rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Cycle biologique, Exigences de l'habitat (fonction), Caractéristiques et Attributs. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. De gauche à droite, la rangée 1 indique Cycle biologique, Tous; Exigences de l'habitat (fonction), Frai, Alevinage, Élevage (juvéniles), Alimentation (adultes), Migration; Caractéristiques, Rapides, hauts-fonds, zones côtières, zones de remous et fosses dans les ruisseaux et les grandes rivières; Attributs, Eaux courantes avec une vitesse du courant (lent à modéré) qui varie sur 12 mois, Profondeur de 2 m, Substrat rugueux (sable de 1 à 2,9 mm), gravier (de 3 à 64,9 mm), galets (de 65 à 255 mm), Végétation aquatique minimale, Turbidité habituellement faible, Présence de proies (macroinvertébrés benthiques).

Tableau 9b. Fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel pour tous les stades de vie du fouille-roche gris au Québec*.
Stades de vieFonctionsComposantesCaractéristiques biophysiques
TousFraie
Alevinage
Croissance (juvéniles)
Alimentation (adultes)
Migration
Rapides (radiers), hauts-fonds, bordures des rives, zones abritées du courant et fosses dans les ruisseaux et rivières
  • Eaux lotiques (courantes) avec des vitesses de courant (faible à modérée) variant sur une base de 12 mois
  • Profondeur jusqu’à 2 m
  • Substrats grossiers (sable [1-2,9 mm], gravier [3-64,9 mm], cailloux [65-255 mm])
  • Végétation aquatique minimale
  • Turbidité généralement faible
  • Disponibilité des proies (macro-invertébrés benthiques)

* Lorsqu’elles sont connues ou appuyées par des données existantes.

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Les études requises pour préciser les connaissances sur les fonctions, composantes et caractéristiques importantes de l’habitat essentiel des différentes stades de vie du fouille-roche gris sont décrites à la section 7.2 « Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel ».

7.1.3 Désignation de l’habitat essentiel : Géospatial

En utilisant la meilleure information disponible au moment de la rédaction de ce programme de rétablissement (données d’inventaire jusqu’en 2009 inclusivement), l’habitat essentiel du fouille-roche gris a été désigné en Ontario et au Québec dans les secteurs suivants :

Ontario :

  • ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais;
  • rivières Trent, Moira, Black, Skootamatta et Salmon;
  • bassin ouest du lac Érié (Pointe-Pelée).

Québec :

  • rivière Gatineau;
  • rivières L’Assomption et Ouareau;
  • rivière Richelieu;
  • rivière Saint-François;
  • rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay.

Les zones (p. ex., tronçon de cours d’eau ou portion de lac) contenant l'habitat essentiel désigné dans ces secteurs peuvent se superposer avec des habitats connus pour abriter d’autres espèces en péril, toutefois les besoins spécifiques en habitat dans ces zones peuvent varier d’une espèce à l’autre.

Les zones délimitées dans les cartes suivantes (figures 7 à 18) représentent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel. Étant donné que l’approche de la zone de délimitation a été utilisée, l’habitat essentiel n’est pas composé de toute la superficie comprise dans les limites indiquées; mais seulement de l’habitat correspondant aux composantes et caractéristiques biophysiques spécifiées précédemment (tableaux 9a et 9b). Les coordonnées géographiques indiquant les limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris sont présentées dans les tableaux 10a et 10b ainsi que sur les figures 7 et 9 à 18. Il est à noter que les marinas et chenaux de navigation existants sont des structures anthropiques qui sont spécifiquement exclues de l’habitat essentiel, si elles sont situées à l’intérieur des zones ainsi délimitées; il est reconnu qu’il est nécessaire de procéder de temps à autre à l’entretien ou au remplacement de ces infrastructures. De brèves explications sur les zones désignées comme habitat essentiel sont données ci-après.

Le tableau 10a est intitulé « Coordonnées indiquant les limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris en Ontario ». Il y a deux colonnes et huit rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Plan d’eau et Coordonnées indiquant les zones de l’habitat essentiel. Cette colonne est subdivisée comme suit en quatre colonnes : Point 1 (N.-O.), Point 2 (N.-E.), Point 3 (S.-E.), et Point 4 (S.-O.). La première rangée de la description ci­dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique, de gauche à droite, Plan d’eau, Ruisseau Little Rideau; Point 1 (N.-O.), 45°34’20.827”N 74°31’49.498”O; Point 2 (N.-E.), 45°35’11.088”N 74°31’11.190”O; Point 3 (S.-E.), 45°35’14.582”N 74°31’02.069”O; Point 4 (S.-O.), 45°35’11.011”N 74°30’52.823”O. La rangée 2 indique Plan d’eau, Rivière Moira; Point 1 (N.-O.) 44°29’55.273”N 77°36’46.551”O; Point 2 (N.-E.) 44°09’35.584”N 77°23’02.505”O; Point 3 (S.-E.), s.o.; Point 4 (S.-O.), s.o. La rangée 3 indique Plan d’eau, Rivière Black; Point 1 (N.-O.) 44°32’02.852”N 77°22’12.018”O; Point 2 (N.-E.) 44°31’47.623”N 77°22’16.520”O; Point 3 (S.-E.), s.o.; Point 4 (S.-O.), s.o. La rangée 4 indique Plan d’eau, Rivière Trent; Point 1 (N.-O.), 44°15’47.902’N 77°36’ 09.845”O; Point 2 (N.-E.), 44°06’34.174”N 77°35’19.956”O; Point 3 (S.-E.), s.o.; Point 4 (S.-O.), s.o. La rangée 5 indique Plan d’eau, Rivière Skootamatta; Point 1 (N.-O.), 44°37’02.412”N 77°13’59.405”O; Point 2 (N.-E.), 44°31’09.305”N 77°20’24.210”O; Point 3 (S.-E.), s.o, ; Point 4 (S.-O.), s.o.  La rangée 6 indique Plan d’eau, Rivière Salmon; Point 1 (N.-O.), 44°20’03.477”N 77°02’46.945”O; Point 2 (N.-E.), 44°11’47.117”N 77°13’44.908”O; Point 3 (S.-E.), s.o. ; Point 4 (S.-O.), .o. La rangée 7 indique Plan d’eau, Pointe Pelée; Point 1 (N.-O.), 42°01’53.445”N 82°37’25.255”O; Point 2 (N.-E.), 41°59’14.773”N 82°29’52.422”O; Point 3 (S.-E.), s.o.; Point 4 (S.-O.), s.o.

Tableau 10a. Coordonnées indiquant les limites des emplacements en Ontario à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel désigné du fouille-roche gris.
Cours d'eauCoordonnées des zones d'habitat essentiel**
Point 1 (N.-O.)Point 2 (N.-E.)Point 3 (S.-E.)Point 4 (S.-O.)
Ruisseau Little Rideau45°34’20.827”N
74°31’49.498”O
45°35’11.088”N
74°31’11.190”O
45°35’14.582”N
74°31’02.069”O
45°35’11.011”N
74°30’52.823”O
Rivière Moira*44°29’55.273”N
77°36’46.551”O
44°09’35.584”N
77°23’02.505”O
n/an/a
Rivière Black*44°32’02.852”N
77°22’12.018”O
44°31’47.623”N
77°22’16.520”O
n/an/a
Rivière Trent*44°15’47.902’N
77°36’ 09.845”O
44°06’34.174”N
77°35’19.956”O
n/an/a
Rivière Skootamatta*44°37’02.412”N
77°13’59.405”O
44°31’09.305”N
77°20’24.210”O
n/an/a
Rivière Salmon*44°20’03.477”N
77°02’46.945”O
44°11’47.117”N
77°13’44.908”O
n/an/a
Pointe-Pelée42°01’53.445”N
82°37’25.255”O
41°59’14.773”N
82°29’52.422”O
n/an/a

* Les habitats lotiques des tronçons désignés pour chacun des cours d’eau sont délimités par les points médians du chenal le plus en amont et le plus en aval (c.-à-d. deux points seulement).
** Toutes les coordonnées ont été obtenues à l’aide du système de référence géodésique NAD 83.

Le tableau 10b est intitulé « Coordonnées indiquant les limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris au Québec ». Il y a deux colonnes et neuf rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Rivière et Coordonnées indiquant les zones de l’habitat essentiel. Cette colonne est subdivisée comme suit en deux colonnes :  Point 1 (N.-O.) et Point 2 (N.-E.). La première rangée dans la description ci­dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1, de gauche à droite, indique Rivière, Rivière Gatineau; Point 1 (N.-O.), 45°29’27.568”N 75°45’13.618”O; Point 2 (N.-E.), 45°27’14.079”N 75°41’41.660”O. La rangée 2 indique Rivière, Rivière L’Assomption; Point 1 (N.-O.) 45°59’01.680”N 73°25’01.560”O; Point 2 (N.-E.) 46°04’02.640”N 73°28’11.280”O. La rangée 3 indique Rivière, Rivière Ouareau; Point 1 (N.-O.) 45°57’30.420”N 73°27’20.040”O; Point 2 (N.-E.) 45°57’19.080”N 73°26’20.400”O. La rangée 4 indique Rivière, Rivière Richelieu; Point 1 (N.-O.), 45°26’54.128”N 73°15’52.827”O; Point 2 (N.-E.), 46°02’56.714”N 73°07’13.676”O. La rangée 5 indique Rivière, Rivière Saint­François; Point 1 (N.-O.), 45°28’25.968”N 71°38’49.992”O; Point 2 (N.-E.), 45°37’39.134”N 72°06’53.038”O. La rangée 6 indique Rivière, Rivières Trout et Châteauguay; Point 1 (N.-O.), 45°07’01.129”N 74°05’21.474”O; Point 2 (N.-E.), 45°00’41.880”N 74°18’10.852”O. La rangée 7 indique Rivière, Rivière aux Outardes Est; Point 1 (N.-O.), 45°03’05.537”N 74°00’52.603”O; Point 2 (N.-E.), 45°06’14.832”N 74°03’54.719”O. La rangée 8 indique Rivière, Rivière des Anglais; Point 1 (N.-O.), 45°01’35.873”N 73°40’16.194”O; Point 2 (N.-E.), 45°04’42.540”N 73°42’29.177”O.

Tableau 10b. Coordonnées indiquant les limites à l’intérieur des rivières au Québec où se trouve l’habitat essentiel désigné du fouille-roche gris.
Cours d'eauCoordonnées des zones d'habitat essentiel**
Point 1 (N.-O.)Point 2 (N.-E.)
Rivière Gatineau*45°29’27.568”N
75°45’13.618”O
45°27’14.079”N
75°41’41.660”O
Rivière L’Assomption*45°59’01.680”N
73°25’01.560”O
46°04’02.640”N
73°28’11.280”O
Rivière Ouareau*45°57’30.420”N
73°27’20.040”O
45°57’19.080”N
73°26’20.400”O
Rivière Richelieu*45°26’54.128”N
73°15’52.827”O
46°02’56.714”N
73°07’13.676”O
Rivière Saint-François*45°28’25.968”N
71°38’49.992”O
45°37’39.134”N
72°06’53.038”O
Rivière Trout/Châteauguay*45°07’01.129”N
74°05’21.474”O
45°00’41.880”N
74°18’10.852”O
Rivière aux Outardes Est*45°03’05.537”N
74°00’52.603”O
45°06’14.832”N
74°03’54.719”O
Rivière des Anglais*45°01’35.873”N
73°40’16.194”O
45°04’42.540”N
73°42’29.177”O

* Les habitats lotiques des tronçons désignés pour chacun des cours d'eau sont délimités par les points médians du chenal le plus en amont et en aval (c.-à-d. deux points seulement).
** Toutes les coordonnées ont été obtenues à l’aide du système de reference géodésique NAD 83.

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Ontario

Ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais : L’habitat essentiel du fouille-roche gris dans le ruisseau Little Rideau est présentement désigné dans un tronçon du ruisseau long de 2,3 km, qui s’étend du côté sud de l’autoroute 17 jusqu’à son embouchure dans la rivière des Outaouais. Un tronçon de la rivière des Outaouais, d’une superficie de 0,04 km2, à l’embouchure du ruisseau, a aussi été désigné comme zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel, afin de tenir compte du fait que les captures ont été réalisées à proximité de la rivière des Outaouais (figure 7).

La figure 7 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans le ruisseau Little Rideau et la rivière des Outaouais .» Il s'agit d'une carte d'une partie de la rivière des Outaouais et du ruisseau Little Rideau qui montre l'habitat essentiel connu (en rose). Cette zone inclut une portion de 2,3 km de long du ruisseau qui s'étend du sud de l'autoroute 17 jusqu'à l'embouchure de la rivière des Outaouais. Une autre zone de 0,04 km2 située au confluent de la rivière des Outaouais et du ruisseau Little Rideau a également été désignée comme l’habitat essentiel en raison de la proximité des données d’échantillonnage avec la rivière des Outaouais. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris (de 1989 à 2004) à l’aide de carrés noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Les points P1 à P4 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur droit de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 7. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans le ruisseau Little Rideau et la rivière des Outaouais.

Carte

Rivières Trent, Moira, Black, Skootamatta et Salmon : L’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Trent a été désigné dans un tronçon de la rivière long de 22 km, entre le barrage à Glen Ross et Trenton en aval. Dans la rivière Moira et ses deux tributaires, les rivières Black et Skootamatta, la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné s’étend sur environ 121 km. Pour la rivière Moira, il s’étend de l’autoroute 7, près de Deloro, jusqu’à Belleville en aval. L’habitat essentiel dans la rivière Skootamatta est compris entre le sud de la route Flinton jusqu’au confluent de la rivière Skootamatta et de la rivière Moira en aval. Dans la rivière Black, la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel s’étend du sud de la route West Black River jusqu’au confluent de la rivière Black avec la rivière Moira en aval. Dans la rivière Salmon, l’habitat essentiel a été désigné dans un tronçon de la rivière long de 23 km et qui s’étend approximativement de Forest Hill jusqu’à Shannonville en aval (figures 8 à 12).

La figure 8 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Trent, Moira (Black et Skootamatta) et Salmon ». Il s'agit d'une carte des rivières Trent, Moira (y compris les rivières Black et Skootamatta) et Salmon qui indique l'habitat essentiel connu (en rose). On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris (de 1974 à 2009) à l’aide de carrés noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur droit de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Ces zones d'habitat essentiel sont illustrées sur des cartes à plus grande échelle (figures 9 à 12) et décrites ci-dessous.

Figure 8. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Trent, Moira, Black, Skootamatta et Salmon.

Carte

La figure 9 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Trent ». Il s'agit d'une carte de la rivière Trent indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). Cette zone couvre une portion de la rivière de 22 km de long allant du barrage de Glen Ross jusqu’à Trenton, en aval. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris (de 1976 à 2009) à l’aide de carrés noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur droit de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 9. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Trent.  

Carte

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La figure 10 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Moira et Black ». Il s'agit d'une carte des rivières Moira et Black indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). Dans la rivière Moira, l'habitat essentiel s'étend de l'autoroute 7 près de Deloro jusqu’à Belleville, en aval. Dans la rivière Black, l'habitat essentiel s'étend du sud de la route Black River ouest jusqu’au confluent avec la rivière Moira, en aval. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris à l’extérieur de son habitat essentiel (de 1974 à 2009) à l’aide de triangles noirs et à l’intérieur de son habitat essentiel (de 1999 à 2009) à l’aide de carrés noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Les points P1 et P2 délimitent, dans la rivière Moira, les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Un autre encart présente également une carte en gros plan de la rivière Black. Les points P1 et P2 illustrés sur cette carte délimitent, dans la rivière Black, les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013. 

Figure 10. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Moira et Black.

Carte

La figure 11 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Skootamatta ». Il s'agit d'une carte de la rivière Skootamatta indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel de la rivière Skootamatta s'étend du sud de la route Flinton jusqu’au confluent avec la rivière Moira en aval. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris à l’intérieur de son habitat essentiel (de 1974 à 2003) à l’aide de carrés noirs et à l’extérieur de son habitat essentiel (2001, 2003) à l’aide de triangles noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur droit de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 11. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Skootamatta.

Carte

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La figure 12 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Salmon ». Il s'agit d'une carte de la rivière Salmon indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel de la rivière Salmon comprend une portion de 23 km de Forest Hill (environ) à Shannonville (environ) en aval. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris (de 2003 à 2009) à l’aide de carrés noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 12. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Salmon.

Carte

Lac Érié - Pointe Pelée : Actuellement, la zone de l’habitat essentiel du fouille-roche gris à la Pointe Pelée est désigné à partir de la ligne de rivage débutant à la frontière nord du Parc national de Pointe Pelée, du côté est de la péninsule et s'étendant vers le sud autour de la péninsule, ce qui inclut toute la ligne de rivage du parc, et continuant vers le l’ouest jusqu’au sud de la route Fraser (Leamington). Les limites de l’habitat essentiel vont de l’isobathe de 2 m de la bathymétrie de l’ANOA, jusqu’à l’élévation des hautes eaux du lac Érié, qui est 174,62 m au-dessus du niveau de la mer (Point de référence international des Grands Lacs, 1985) (figure 13).

La figure 13 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans le lac Érié à la pointe Pelée ». Il s'agit d'une carte du parc national de la Pointe-Pelée et des eaux voisines du lac Érié qui indique l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel connu longe actuellement la ligne de côte à partir de la limite nord du parc national de la Pointe-Pelée le long de la côte est de la péninsule, s'étend au sud  de la péninsule et du parc, et continue à l'ouest le long de la côte jusqu'au sud du chemin Fraser (à Leamington) [environ]. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de capture du fouille-roche gris à l’intérieur de son habitat essentiel (2005) à l’aide de carrés noirs et à l’extérieur de son habitat essentiel (2009) à l’aide de triangles noirs, ainsi que les sites d'échantillonnage de répartition du poisson en Ontario (de 1846 à 2009) à l’aide de carrés vides. La carte illustre également les parcs et les zones humides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10a. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants : Carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce en septembre 2013; Source de la carte de base : ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), courbe de 2 m du lac Érié et du lac Sainte­Claire selon les données bathymétriques de la NOAA, v1.

Figure 13. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans le lac Érié.

Carte

Québec :

Région hydrographique de l’Outaouais et de Montréal :

Rivière Gatineau : La zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné dans la rivière Gatineau s’étend des rapides Farmer (à mi-chemin entre le pont Alonzo-Wright et la centrale des Rapides-Farmer) jusqu’à son embouchure dans la rivière des Outaouais (figure 14). Ce tronçon de rivière mesure environ 6,8 km.

Boucher et al. (2009) ont constaté que le fouille-roche gris se trouvait plus souvent dans des habitats lotiques et que sa présence était associée à deux variables : la vitesse du courant (moyenne de 41 cm/s) et un léger recouvrement du substrat par le périphyton (moins de 30 % de la superficie totale du substrat). Toutes les captures se sont faites à des profondeurs de moins de 60 cm et des individus en fraie ont été observés en juillet (Boucher 2006). Lemieux et al. (2005) ont capturé des adultes qui semblaient s’alimenter en bordure des rives en juin et juillet et ont localisé deux sites de fraie (présence d’œufs) en juillet, en amont du pont Alonzo-Wright, à une température de l’eau de 21ºC, une profondeur de 30 à 40 cm et une vitesse de courant de 24 à 60 cm/s. Le lit des zones de fraie était principalement composé de cailloux, avec une faible quantité de gravier et de sable. Comtois et al. (2004) ont également capturé des individus en fraie en aval du pont Alonzo-Wright, entre le 20 mai et le 21 juin, à des températures de l’eau comprises entre 14 et 19 ºC.

La figure 14 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Gatineau ». Il s'agit d'une carte de la rivière Gatineau, un affluent de la rivière des Outaouais, indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel commence à Farmer Rapids (à mi-chemin entre le pont Alonzo-Wright et la Centrale des Rapides-Farmer) et continue jusqu'à l'embouchure de la rivière qui se jette dans la rivière des Outaouais. Cette partie de la rivière s'étend sur environ 6,8 km. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Un encart présente également une carte en gros plan de cette partie de la rivière Gatineau. La carte illustre des points de données individuels indiquant la présence du fouille-roche gris (de 2003 à 2004) à l’aide de carrés noirs et l’absence de l’espèce (de 2003 à 2004) à l’aide de carrés vides.  La carte illustre également les parcs et les zones humides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10b. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 14. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Gatineau.

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Région hydrographique du Saint-Laurent nord-est :

Rivière L’Assomption et son tributaire, la rivière Ouareau : La zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné pour ce secteur est composée de deux tronçons de rivière, la rivière L’Assomption (près de Joliette) et un de ses tributaires, la rivière Ouareau (près de Crabtree). Ces tronçons de rivière mesurent respectivement 23,2 et 1,8 km (figure 15). D’autres études sont nécessaires pour déterminer si ces deux segments de rivières abritent des populations distinctes.

Dans ces deux cours d’eau, des fouille-roches gris ont été capturés à une profondeur d’environ 25 cm où l’eau était claire et la température moyenne de 20,5 ºC, la vitesse du courant de faible à modérée et sur un substrat hétérogène composé principalement de cailloux et de sable, mais toujours avec le gravier comme second substrat le plus abondant (CARA 2002, Bourgeois,2010).

La figure 15 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière L'Assomption et dans son affluent, la rivière Ouareau ». Il s'agit d'une carte de la rivière L'Assomption et de son affluent, la rivière Ouareau, indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel illustré comprend une partie de la rivière L'Assomption (près de Joliette) et un affluent, la rivière Ouareau (près de Crabtree). Ces parties de rivières couvrent 23,2 km et 1,8 km respectivement. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels indiquant la présence du fouille-roche gris (de 2002 à 2009) à l’aide de carrés noirs et l’absence de l’espèce (de 2002 à 2009) à l’aide de carrés vides. La carte illustre également les parcs et les zones humides. Les points P1 et P2, indiqués à la fois pour la rivière Ouareau et la rivière L’Assomption, délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10b. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario en septembre 2013.

Figure 15. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières L’Assomption et Ouareau.

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Région hydrographique du Saint-Laurent sud-ouest :

Rivière Richelieu : La zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné dans la rivière Richelieu s’étend de l'aval du barrage de Chambly jusqu’à son embouchure dans le Saint-Laurent. Ce tronçon de rivière mesure 72,7 km (figure 16).

Dans la rivière Richelieu, Boucher et al. (2009) ont réalisé des inventaires au niveau des rapides de Chambly et dans la région de Saint-Marc-sur-Richelieu. Tout comme dans la rivière Gatineau, cette étude a démontré que le fouille-roche gris se trouve le plus souvent en eaux lotiques. Cependant, dans la rivière Richelieu, sa présence était liée à quatre variables : profondeur (moyenne de 25 cm), vitesse du courant (moyenne de 44 cm/s), substrat hétérogène (plus de trois composantes) et la présence de débris ligneux. Toutes les captures se sont produites à des profondeurs inférieures à 60 cm. De plus, des fouille-roches gris ont été capturés entre 1997 et 2009 dans le cadre du suivi du recrutement du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) dans les régions des rapides de Chambly, de Saint-Marc-sur-Richelieu (Îles Jeannotte et aux Cerfs), de Saint-Ours et de l’embouchure de la rivière (Vachon 2007, N. Vachon, MRNF, comm. pers. 2010). Il est important de noter que certaines captures ont été réalisées sur un substrat dominé par l’argile, le limon, le sable, le gravier ou les cailloux et à des profondeurs allant jusqu’à 5 m (S. Garceau, MRNF, comm. pers.,2010). Par conséquent, l’habitat essentiel dans cette rivière est caractérisé par des profondeurs de 0 à 5 m avec un substrat variant de l’argile (< 0,1 mm) aux cailloux (65 à 255 mm).

La figure 16 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Richelieu ». Il s'agit d'une carte de la rivière Richelieu indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel illustré s'étend en aval du barrage de Chambly à l'embouchure de la rivière qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Cette partie de la rivière s'étend sur 72,7 km. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. Deux encarts présentent des gros plans de deux parties de la rivière Richelieu. La carte illustre la présence du fouille-roche gris (de 1997 à 2006) à l’aide de carrés noirs et l’absence de l’espèce (de 1997 à 2006) à l’aide de carrés vides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10b. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur droit de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec en septembre 2013.

Figure 16. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Richelieu.

Carte

Rivière Saint-François : La zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné dans la rivière Saint-François s’étend d’East-Angus jusqu'qu sud de Richmond et comprend les régions de Brompton et Windsor. Ce tronçon de rivière mesure 65,8 km (figure 17).

En 1998 et 2003, des fouille-roches gris ont été capturés dans la rivière Saint-François, près de Brompton et Windsor, lors d’une étude environnementale liée au suivi des effluents des papetières. Des inventaires ciblés réalisés par le MRNF ont également rapporté des captures près d’East-Angus et en aval de Windsor et Brompton (en aval du barrage de la Kruger) en 2008 et 2009. Les sites de capture étaient caractérisés par un substrat de cailloux avec présence de gravier et d’une faible quantité de sable. Les captures ont été effectuées dans les zones de faible courant en bordure de rapides (S. Garceau, MRNF, comm. pers. 2010).

La figure 17 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Saint-François ». Il s'agit d'une carte de la rivière Saint-François indiquant l'habitat essentiel connu (en rose). L'habitat essentiel illustré s'étend d’East Angus à Melbourne et comprend les régions de Bromptonville et Windsor. Cette partie de la rivière s'étend sur 63 km. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de la présence du fouille-roche gris (de 2008 à 2009) à l’aide de carrés noirs et de l’absence de l’espèce (de 2008 à 2009) à l’aide de carrés vides. La carte illustre également les parcs et les zones humides. Les points P1 et P2 délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10b. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche de la carte les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec en septembre 2013.

Figure 17. Limites de la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans la rivière Saint-François.

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Rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay : Le bassin versant de la rivière Châteauguay abrite trois zones d’habitat essentiel. Une première zone située dans la rivière des Anglais mesure 9,0 km. Une seconde est dans la rivière des Outardes Est et mesure 7,5 km. Une troisième zone mesure 25,7 km et couvre une partie de la rivière Trout en se poursuivant au-delà de son embouchure jusque dans la rivière Châteauguay (figure 18). Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer si ces trois tronçons abritent une seule population interconnectée ou encore plusieurs populations distinctes.

L’étude de Garceau et al. (2007) a permis de démontrer que l’habitat du fouille-roche gris dans ces rivières est généralement une section de cours d’eau dont le substrat est principalement composé de sable et de gravier parsemé de grosses roches. La vitesse du courant est généralement faible (autour de 30 cm/s) et le fouille-roche gris se trouvait généralement en bordure d’un contre-courant ou dans des zones abritées du courant. Il n’y avait habituellement pas de végétation aquatique aux sites de capture. Les bandes riveraines étaient de couvert variable, mais généralement composées d’au moins 50 % d’arbres. Aux stations où le fouille-roche gris a été capturé, l’oxygène dissous était supérieure à 95 %, le pH entre 6,9 à 9,4 et la conductivité entre 209 et 279 mS/cm. La turbidité de l’eau était généralement faible (moins de 2,5 UTN), ce qui explique la faible quantité de matériel fin trouvée sur les substrats où les fouille-roches ont été capturés. Des fouille-roches gris ont aussi été capturés par Ambioterra dans la rivière des Anglais à des stations dont la profondeur minimale était comprise entre 5 à 50 cm, sans dépasser 150 cm, avec un substrat variable composé d’argile consolidé ou de roche mère, un faible recouvrement de végétation aquatique, des bandes riveraines composées d’herbacées, d’arbustes ou d’arbres et une vitesse de courant moyenne comprise entre 10 et 36 cm/s, en août et entre 4 et 21 cm/s en octobre (Ambioterra 2010).

La figure 18 est intitulée « Zones à l’intérieur desquelles se trouve l'habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières Trout, Châteauguay, aux Outardes Est et des Anglais ». Il s'agit d'une carte du bassin versant de la rivière Châteauguay (rivières Trout, Châteauguay, aux Outardes Est et des Anglais) indiquant l'habitat essentiel connu (en rose).Le bassin versant de la rivière Châteauguay contient trois zones d’habitat essentiel. La première zone est située dans la rivière des Anglais et a une longueur de 9 km. La deuxième zone est située dans la rivière des Outardes Est et a une longueur de 7,5 km. La troisième zone a une longueur de 25,7 km et couvre une partie de la rivière Trout et continue après son embouchure jusqu’à la rivière Châteauguay. On trouve en encart l'emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La carte illustre des points de données individuels de la présence du fouille-roche gris (de 2006 à 2009) à l’aide de carrés noirs et de l’absence de l’espèce (de 2006 à 2009) à l’aide de carrés vides. La carte illustre également les parcs et les zones humides. Les points P1 et P2, à la fois pour la rivière Trout, la rivière Châteauguay, la rivière aux Outardes Est et la rivière des Anglais, délimitent les zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel; ces points correspondent aux coordonnées figurant dans le tableau 10b. Une légende et une échelle sont fournies. On trouve dans le coin inférieur gauche les renseignements suivants sur la source de la carte de base : Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (NRVIS), carte préparée par Pêches et Océans Canada pour l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec en septembre 2013.

Figure 18. Limites des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du fouille-roche gris dans les rivières des Anglais, aux Outardes Est et Trout/Châteauguay.

Carte

Cette désignation de l’habitat essentiel dans les zones décrites précédemment permet de protéger les habitats qui abritent l’espèce et qui sont présentement occupés jusqu’à ce que l’habitat essentiel de l’espèce soit défini plus précisément, de par la mise en œuvre ducalendrier des études présenté au tableau 12. L’équipe de rétablissement a recommandé au ministre des Pêches et Océans et au ministre de l’Environnement de considérer ces zones comme nécessaires pour atteindre les objectifs fixés en matière de survie et de rétablissement pour le fouille-rocche gris. Le calendrier des études décrit les activités nécessaires pour préciser la description de l’habitat essentiel actuellement désigné et s’appliquera aussi à de nouveaux sites si des populations jusqu’alors inconnues venaient à être confirmées. La description de l’habitat essentiel sera précisée à mesure que de nouvelles informations seront disponibles afin d’atteindre les objectifs de population et de répartition.

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7.1.4 Viabilité des populations

La superficie minimale pour assurer la viabilité de la population (SMVP) pour chaque stade de vie a été estimée pour les populations canadiennes (voir tableaux 11a et 11b). La SMVP est définie comme la quantité d’habitat exclusif et adéquat requis pour atteindre une cible de rétablissement démographiquement durable, basée sur le concept de population minimum viable (PMV) (Vélez-Espino et al. 2009). Les PMV estimées pour les jeunes de l’année et les adultes sont respectivement de 2  712 363 et 31 000, pour une probabilité d’événements catastrophiques de 10 % par génération. Les SMVP correspondantes ont été estimées à 0,04 km² dans les rivières et à 1,25 km² dans les lacs. Pour plus d’information sur les PMV, la SMVP et la méthodologie associée, voir Venturelli et al. (2010).

La SMVP est une mesure quantitative de l’habitat essentiel qui peut aider au rétablissement et à la gestion des espèces en péril (Vélez-Espino et al. 2009). Les valeurs de la SMVP estimées sont basées sur une approche de précaution, en ce sens que la quantité d’habitat représente la somme des habitats requis pour tous les stades de vie du fouille-roche gris; ces évaluations ne tiennent pas compte de la superposition potentielle des habitats des différents stades de vie, et peuvent donc surestimer les superficies requises pour soutenir une PMV. Cependant, étant donné que nombre des populations se trouvent dans des secteurs d’habitat dégradé (le concept de SMVP suppose que la qualité de l’habitat est optimale), des superficies plus grandes que la SMVP peuvent être requises pour soutenir une PMV. De plus, il est probable que, pour beaucoup de populations, seule une partie de l’habitat désigné comme habitat essentiel puisse répondre aux besoins fonctionnels des différents stades de vie de l’espèce.

Des comparaisons ont été effectuées entre les superficies des zones désignées comme habitat essentiel et la SMVP estimée (voir les tableaux 11a et 11b). L’habitat essentiel désigné à l’intérieur de la zone de délimitation correspond à l’habitat présentant les caractéristiques décrites dans les tableaux 9a et 9b. Par conséquent, les données de superficies présentées aux tableaux 11a et 11b ne sont que des estimations cartographiques des superficies pour chacun des tronçons désignés et non de la superficie exacte de l’habitat essentiel disponible qui répond aux caractéristiques des tableaux 9a et 9b. D’autres études seront nécessaires pour évaluer la superficie réelle de l’habitat essentiel disponible sur une base annuelle, et ce, pour tous les secteurs désignés. D’autres études pourraient aussi être utiles pour quantifier la superficie et la qualité de l’habitat disponible à l’intérieur des secteurs d’habitat essentiel désigné, pour toutes les populations; cette information, accompagnée d’une validation du modèle de SMVP, offrira une plus grande certitude pour déterminer la viabilité des populations. Les résultats présentés dans les tableaux 11a et 11b sont donc préliminaires et doivent être interprétés avec prudence.

Le tableau 11a est intitulé « Comparaison des parties de rivières et des zones de lacs abritant l'habitat essentiel (en km2) pour chaque habitat du fouille-roche gris en Ontario, par rapport à la zone minimum estimée pour la viabilité de la population (ZMVP)* ». L'astérisque renvoie le lecteur à un commentaire sous le tableau : « L'estimation de la ZMVP s'appuie sur les approches de modélisation décrites ci-dessus ». Il y a quatre colonnes et six rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Lieu (note de bas de page : « Veuillez noter que certains endroits peuvent compter plusieurs populations. Dans un tel cas, la ZMVP serait appliquée à chaque population distincte »); Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé (en km2); superficie de la ZMVP (en km2); ZMVP atteinte? (O/N). La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique le lieu, rivière Trent; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 4,85 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, Oui. La rangée 2 indique le lieu, rivière Moira, rivière Black, rivière Skootamatta; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 5,94 km2; surface de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, Oui. La rangée 3 indique le lieu, rivière Salmon; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 0,61 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, Oui. La rangée 4 indique le lieu, ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 0,05 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, Oui. La rangée 5 indique le lieu, lac Érié – pointe Pelée; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 7,01 km2; superficie de la ZMVP 1,25 km2; ZMVP atteinte?, Oui.

Tableau 11a. Comparaison des superficies des tronçons de rivière et des zones des lacs à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel pour chaque secteur où vit le fouille-roche gris en Ontario avec la superficie minimale estimée pour la viabilité de la population (SMVP) *.
Secteurs9Superficie approximative de la zone de délimitation contenant l'habitat essentiel désigné (km²)SMVP
(km ²)
SMVP atteinte
(O = oui / N = non)
Rivière Trent4,850,04O
Rivières Moira, Black et Skootamatta5,940,04O
Rivière Salmon0,610,04O
Ruisseau Little Rideau et rivière des Outaouais0,050,04O
Lac Érié (Pointe Pelée)7,011,25O

* L’estimation de la SMVP est basée sur l’approche de modélisation décrite plus haut.

Le tableau 11b est intitulé « Comparaison des parties de rivières abritant l'habitat essentiel (en km2) pour chaque habitat du fouille-roche gris au Québec, par rapport à la zone minimum estimée pour la viabilité de la population (ZMVP)* ». L'astérisque renvoie le lecteur à un commentaire sous le tableau : « L'estimation de la ZMVP s'appuie sur les approches de modélisation décrites ci-dessus ». La structure du tableau est la même que celle du tableau 10a, avec quatre colonnes et six rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Les colonnes, de gauche à droite, sont : Lieu; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé (en km2); surface de la ZMVP (en km2); ZMVP atteinte? (O/N). La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement le titre des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique le lieu, rivière Gatineau; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 1,40 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, À confirmer. La rangée 2 indique le lieu, rivières L'Assomption et Ouareau; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 0,97/0,14 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte? À confirmer. La rangée 3 indique le lieu, rivière Richelieu; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 9,32 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, À confirmer. La rangée 4 indique le lieu, rivière Saint-François; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 7 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte?, À confirmer. La rangée 5 indique le lieu, rivières des Anglais, aux Outardes Est, Trout et Châteauguay; Zone estimée de l'habitat essentiel déterminé, 0,10/0,31/0,72 km2; superficie de la ZMVP 0,04 km2; ZMVP atteinte? À confirmer.

Tableau 11b. Comparaison des superficies des zones à l’intérieur desquelles se retrouve l’habitat essentiel pour chaque secteur où se trouve le fouille-roche gris au Québec avec l’estimé de la superficie minimale pour la viabilité de la population (SMVP)*.
SecteursSuperficie approximative de la zone de délimitation contenant  l'habitat essentiel désigné (km²)SMVP
(km ²)
SMVP atteinte
(O = oui / N = non)
Rivière Gatineau1,400,04À confirmer
Rivières L’Assomption et Ouareau0,97/0,1340,04À confirmer
Rivière Richelieu9,320,04À confirmer
Rivière Saint-François7,000,04À confirmer
Rivières des Anglais, aux Outardes Est et Trout/Châteauguay0,10/0,31/0,720,04À confirmer

* L’estimation de la SMVP est basée sur l’approche de modélisation décrite plus haut.

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7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Ce programme de rétablissement inclut une désignation de l’habitat essentiel, réalisée dans la mesure du possible et avec la meilleure information disponible. D’autres études doivent être menées pour compléter ou préciser la désignation de l’habitat essentiel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. La liste des activités du tableau 12 n’est pas exhaustive et il est probable que la réalisation de ces activités conduise à la découverte de nouvelles lacunes dans les connaissances qui devront être prises en compte.

Le tableau 12 est intitulé « Tableau des études visant à établir l'habitat essentiel ». Il y a trois colonnes et six rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. La colonne de gauche indique Description de l'activité, celle du milieu, Exposé raisonné, et celle de droite, Calendrier approximatif. La première rangée de la description ci­dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Description de l'activité, Mener des études afin de déterminer les exigences de l'habitat pour chaque cycle biologique du fouille-roche gris; Exposé raisonné, Les renseignements concernant les exigences de l'habitat du fouille-roche gris juvénile sont limités. En déterminant les exigences de l'habitat pour chaque cycle biologique, on sera en mesure d'établir l'ensemble des caractéristiques et des attributs nécessaires de l'habitat essentiel de cette espèce; Calendrier approximatif, entre 2013 et 2017. La rangée 2 indique Description de l'activité, Examiner et cartographier la qualité et la quantité de l'habitat dans les sites historiques et actuels, ainsi que les sites voisins de l'habitat actuellement occupé; Exposé raisonné, Consolider les données utilisées pour déterminer si les sites répondent aux critères d'habitat essentiel; permettre de préciser les limites spatiales de l'habitat essentiel; Calendrier approximatif, entre 2013 et 2017.

......Lisez le reste du tableau par rangée.

Tableau 12. Calendrier des études requises pour désigner l’habitat essentiel.
Description des activitésJustificationPériode (approximative)
Réaliser des études afin de déterminer les besoins en habitat pour chaque stade de vie du fouille-roche gris.L’information disponible sur les besoins en habitat des juvéniles de fouille-roche gris est limitée. La détermination des besoins en habitat pour chaque stade de vie permettra d’assurer que toutes les composantes et caractéristiques de l’habitat essentiel de cette espèce seront identifiées.2014 - 2018
Inventorier et cartographier la quantité et la qualité des habitats dans les secteurs actuellement et historiquement occupés, de même que dans les secteurs adjacents à ceux présentement occupés.Accroître la fiabilité des données utilisées pour déterminer si les sites répondent aux critères de l’habitat essentiel; permettra de préciser les limites spatiales de l’habitat essentiel.2014 - 2018
Réaliser des inventaires ciblés supplémentaires afin de combler les lacunes sur la répartition de l’espèce et d’aider à évaluer la connectivité entre les populations.De nouvelles populations avec un habitat essentiel désigné pourraient être nécessaires pour atteindre les objectifs de population et de répartition.2014 - 2018
Créer un modèle de couplage habitat et population pour chaque stade de vie.Aidera à préciser les cibles de rétablissement et à déterminer les quantités d’habitat essentiel requises pour atteindre ces cibles pour chaque stade de vie.2014 - 2018
En se basant sur l’information recueillie, revoir les objectifs de population et de répartition. Déterminer la quantité et la configuration de l’habitat essentiel requis pour atteindre ces objectifs, si cette information existe. Valider les modèles.Il faudra possiblement revoir les objectifs de rétablissement afin de s’assurer qu’ils sont réalisables et défendables; permettra de préciser davantage le description de l’habitat essentiel (spatiale et au niveau des caractéristiques biophysiques).2014 - 2018

Les activités présentées dans ce calendrier seront réalisées en collaboration entre le MPO, l’APC et les autres groupes et gestionnaires concernés. Il faut souligner que plusieurs des approches de rétablissement proposées permettront de prendre en compte les besoins en information indiqués dans le calendrier.

L’Agence Parcs Canada planifie de réaliser des évaluations des exigences en matière de débit pour les espèces de poissons en péril, y compris le fouille-roche gris, à certains de ces barrages sur la rivière Trent (voie navigable Trent-Severn). Toutefois, il est important de noter que la gestion du niveau de l’eau d’une voie navigable est complexe et doit respecter de nombreuses autres considérations, comme la sécurité publique.

7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

Les activités qui altèrent négativement les régimes d’écoulement au-delà des seuils tolérés par le fouille-roche gris, et qui augmentent l’envasement, la turbidité ou la charge en nutriments peuvent avoir un impact négatif sur l’habitat de cette espèce. Toutefois, les activités décrites dans le tableau suivant pourront se poursuivre dans les zones où il est connu qu’elles ne nuisent pas au fouille-roche gris, lorsque cela a été démontré par des études spécifiques au site et par la détermination des seuils de tolérance des populations de fouille-roche gris concernées.

Sans mesure d’atténuation appropriée, la destruction directe de l’habitat peut résulter de la réalisation des travaux ou activités décrits au tableau 13.

Les activités décrites dans ce tableau ne représentent pas une liste complète ni exhaustive; leur choix a été guidé par les menaces décrites à la section 4.2 « Description des menaces ». L’absence d’une activité humaine particulière n’empêche pas ou n’entrave pas la capacité du ministère de la réglementer en vertu de la LEP. De plus, le fait qu’une activité soit incluse n’entraîne pas son interdiction automatique car c’est la destruction de l’habitat essentiel qui est interdite. Étant donné que l’utilisation de l’habitat est souvent temporaire, chaque activité est évaluée au cas par cas et des mesures d’atténuation spécifiques aux sites sont adoptées là où elles sont disponibles et fiables. Dans chaque cas, quand l’information est disponible, des seuils et limites sont associés aux caractéristiques de l’habitat afin de mieux éclairer la gestion et la prise de décisions réglementaires. Cependant, bien souvent, les connaissances sur une espèce et son habitat essentiel peuvent être insuffisantes, et en particulier, les informations sur les seuils de tolérance de l’espèce ou de son habitat aux perturbations dues aux activités humaines. Il faudra alors acquérir ces connaissances.

Certaines activités de gestion de l’habitat sont reconnues comme étant bénéfiques pour la survie à long terme ou le rétablissement des espèces et peuvent être permises au besoin. Il peut s’agir de la gestion des niveaux de l’eau et des débits (y compris l’entretien des barrages), ou encore de la restauration de l’habitat. L’intendance, la mise en œuvre de PGO, la gestion par bassin versant et l’amélioration de la gestion des débits peuvent atténuer les impacts négatifs sur les espèces.

L’habitat essentiel du fouille-roche gris sera protégé légalement par l’application du paragraphe 58(1) de la Loi sur les espèces en péril. Ce paragraphe stipule qu’ « il est interdit de détruire un élément de l’habitat essentiel d’une espèce sauvage inscrite comme espèce en voie de disparition ou menacée ─ ou comme espèce disparue du pays dont un programme de rétablissement a recommandé la réinsertion à l’état sauvage au Canada ».

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Le tableau 13 est intitulé « Activités humaines susceptibles de mener à la destruction de l'habitat essentiel du fouille-roche gris ». Les voies d'influence de chaque activité sont indiquées, ainsi que les liens potentiels avec les fonctions, les caractéristiques et les attributs biophysiques de l'habitat essentiel. Il y a cinq colonnes et huit rangées. La première rangée contient le titre des colonnes. Les titres des colonnes, de gauche à droite, sont : Activité, Influence – Voie, Fonction touchée, Caractéristique touchée et Attribut touché. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement le titre des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Activité, modifications de l'habitat – Articialisation de la rive, Dépôt de matériaux ou de structures dans l'eau (p. ex., épis, jetées, remblai, remblayage partiel), Dragage, Nivellement, Excavation; Influence – Voie, la variation de la morphologie des lignes de côte peuvent altérer l'écoulement, modifier les zones de sédimentation, recouvrir les substrats préférentiels, entraîner l'érosion et changer les niveaux de turbidité. Ces changements peuvent avoir des répercussions sur la qualité de l'eau et changer l'apport en nutriments. L'articialisation des lignes de côte peut altérer les apports organiques dans l'eau et en modifier la température, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la présence de proies de cette espèce. Installer des matériaux ou des structures dans l'eau réduit la disponibilité de l'habitat (p. ex., l'empreinte du remblai ou de la structure est perdue). Le remblai peut recouvrir des substrats préférentiels et modifier l'écoulement. Les modifications de la bathymétrie et de la morphologie des lignes de côte causées par le dragage ainsi que le nivellement et l'excavation à proximité des rives peuvent détruire (ou recouvrir) des substrats préférentiels, changer la profondeur de l'eau ou influer sur l'écoulement, ce qui peut altérer l'apport en nutriments et la température de l'eau; Fonction touchée, Frai, Alevinage, Élevage, Alimentation, Migration; Caractéristique touchée, Rapides, ruisselets, hauts-fonds, zones côtières, zones de remous et fosses dans les ruisseaux et les rivières, plages de gravier et de sable graveleux; Attribut touché, Courant et vagues, Substrats nets et rugueux (p. ex., galets, gravier et sable), Gros rochers en plein courant, Profondeur, Température chaude de l'eau, Bonne qualité de l'eau, Végétation aquatique minime à rare, Présence de proies. La rangée 2 indique Activité, modifications de l'habitat – Changement important du rythme, de la durée et de la fréquence de l'écoulement des eaux d’une manière telle que l’habitat essentiel ne peut plus être utilisé par le fouille­roche gris à ses différents stades de vie; Mise en place d’obstacles au libre passage (p. ex., barrages); Influence – Voie, Des changements rapides, répétés et prolongés du débit d’eau (augmentations ou réductions) peuvent avoir des répercussions négatives sur l’habitat du fouille­roche gris, particulièrement durant la période de frai. Des modifications importantes du débit d’eau (rapides ou prolongées) peuvent également entraîner le dépôt d’une grande quantité de sédiments (p. ex., modification des substrats de prédilection) ou modifier l’abondance des proies. Les obstacles peuvent restreindre l’accès à des habitats importants et fragmenter les populations de poisson, ce qui a un effet sur la répartition du fouille­roche gris; Fonction touchée, Toutes; Caractéristique touchée, Toutes; Attributs touchés, Tous, ou les précédents.

......Lisez le reste du tableau par rangée. 

Tableau 13. Activités humaines susceptibles de détruire l’habitat essentiel du fouille-roche gris. La séquence des effets pour chaque activité est indiquée, de même que les effets potentiels sur les fonctions, composantes et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel.
ActivitéSéquence des effetsFonctions touchéesComposantes touchéesCaractéristiques biophysiques touchées
Modifications de l’habitat :
-Artificialisation des rives
-Mise en place de matériaux ou de structures dans le milieu aquatique (épis, quais, remblais, remblayages partiels, jetées, etc.)
-Dragage
-Nivellement
-Excavation
-La modification de la morphologie du rivage peut entraîner des changements des régimes de débit et des zones de dépôt des sédiments, causer le recouvrement des substrats de prédilection, provoquer de l’érosion et faire augmenter les niveaux de turbidité. Ces changements peuvent avoir un impact sur la qualité de l’eau et modifier les charges en nutriments.
-L’artificialisation des rives peut avoir un effet sur les apports en matière organique et modifier la température de l’eau, ce qui pourrait avoir un impact sur la disponibilité des proies pour cette espèce.
-La mise en place de matériaux ou de structures dans le milieu aquatique peut réduire la disponibilité d’habitats (la superficie de l’emprise est perdue). Le remblayage peut recouvrir des substrats de prédilection et modifier les régimes de débit.
-Les changements de la bathymétrie et de la morphologie du rivage causés par le dragage, le nivellement et l’excavation des bordures des rives peuvent enlever (ou recouvrir) les substrats de prédilection, modifier les profondeurs et les régimes d’écoulement, ce qui peut se répercuter sur les charges en nutriments et la température de l’eau.
-Reproduction
-Alevinage
-Croissance
-Alimentation
-Migration
-Rapides (radiers), hauts-fonds, bordure des rives, zones abritées du courant et fosses des ruisseaux et rivières
-Plages de cailloux et de sable grossier
-Courant et action des vagues
-Substrats de matériaux grossiers et propres (cailloux, gravier et sable)
-Gros rochers dans le courant
-Profondeur
-Températures chaudes de l’eau
-Bonne qualité de l’eau
-Végétation aquatique minimale à éparse
- Disponibilité des proies
Modifications de l’habitat :
-Changements significatifs dans les périodes, durées et fréquences des régimes de débit d’une manière telle que l’habitat essentiel ne peut plus être utilisé par les différents stades de vie du fouille-roche gris
-Mise en place d’obstacles au mouvement (p. ex., barrages)  
-Des changements rapides, répétés et prolongés dans les régimes de débit (augmentations ou réductions) peuvent avoir un impact négatif sur l’habitat du fouille-roche gris, particulièrement durant la période de fraie. Des modifications importantes du régime de débit (rapides ou prolongées) peuvent également influencer le dépôt des sédiments (p. ex., modifier les substrats de prédilection) ou la disponibilité des proies.
-Les obstacles peuvent restreindre l’accès à des habitats importants et fragmenter les populations de poisson, ce qui a un effet sur la répartition du fouille-roche gris.
ToutesToutesToutes
Modifications de l’habitat :
-Libre accès du bétail aux cours d’eau
-Broutage et piétinement du bétail sur les rives  
-Les dommages causés par le bétail aux rivages, talus et lits des cours d’eau peuvent entraîner une augmentation de l’érosion et de la sédimentation, ce qui modifie les substrats, la qualité et la température de l’eau.
-L’accès du bétail peut également augmenter les apports de matière organique, causant une surcharge de nutriments, favorisant potentiellement la prolifération d’algues et réduisant l’abondance des proies.
ToutesToutes- Substrats de matériaux grossiers et propres (cailloux, gravier et sable)
- Températures chaudes de l’eau
- Bonne qualité de l’eau
- Végétation aquatique minimale à éparse
- Disponibilité des proies
Introduction délibérée d’espèces exotiques :-Les espèces exotiques, telles que certaines espèces de plantes envahissantes peuvent affecter l’habitat essentiel du fouille-roche gris en altérant la nature de l'habitat.ToutesToutesToutes
Contaminants et substances toxiques :
-La sur-utilisation ou mauvais usage des herbicides, insecticides et pesticides
-Le rejet d’effluents industriels ou municipaux dans l’habitat
-L’introduction de composés toxiques dans l’habitat utilisé par cette espèce peut modifier la qualité de l’eau, affectant la disponibilité ou l’utilisation de l’habitat et la disponibilité des proies.ToutesToutes-Bonne qualité de l’eau
-Végétation aquatique minimale à épars
-Disponibilité des proies
Surcharge en éléments nutritifs :
-Sur-application ou mauvaise gestion des fertilisants (p. ex., gestion des déchets organiques, gestion des eaux usées, déjections animales, fosses septiques, égouts municipaux)
-La mauvaise gestion des éléments nutritifs peut causer une surcharge dans les cours d’eau adjacents. Un niveau élevé d’éléments nutritifs peut augmenter la croissance des plantes aquatiques, ce qui peut changer la température de l’eau et modifier lentement les débits et substrats de prélidiction. Les niveaux d’oxygène dissous peuvent aussi être négativement touchés. La disponibilité des proies peut aussi être modifiée si ces dernières sont sensibles à la pollution organiqueToutesToutes-Action du courant et des vagues
Substrats de matériaux grossiers et propres (cailloux, gravier et sable)
-Températures chaudes de l’eau
-Bonne qualité de l’eau
-Végétation aquatique minimale à éparse
-Disponibilité des proies
Envasement et turbidité :
-Régimes de débit altérés causant de l’érosion et des changements du transport sédimentaire (p. ex., pavage des systèmes de drainage agricole sous-terrain, enlèvement de la végétation riveraine)
-Travaux dans ou à proximité de l’eau, sans contrôle adéquat des sédiments et de l’érosion (p. ex., écoulement de surface provenant des champs labourés, utilisation d’équipement industriel, nettoyage ou entretien des ponts ou autres structures)
-Des mesures inappropriées de contrôle ou d'atténuation Un mauvais contrôle de l’érosion et des sédiments ou de l’érosion peut fairepeuvent causer une augmentationer les des niveaux de turbidité, et ainsi entraîner un changementant ainsi dans les substrats préférentielsde prédilection, ce qui réduitréduire potentiellement l’efficacité de l’alimentation ou de les succès de capture et la disponibilité des proies, avoir des répercussion sur influence la croissance de la végétation aquatique et excluant exclure possiblement le poisson de l’habitat en raison , due aux impactsdes répercussions physiologiques des sédiments dans l’eau (p. ex., irritation des branchies).
-Voir aussi : Modifications de l’habitat :Changements significatifs dans les périodes, durées et fréquences des régimes de débit.
ToutesToutes-Action du courant et des vagues
-Substrats de matériaux grossiers et propres (cailloux, gravier et sable)
-Températures chaudes de l’eau
-Bonne qualité de l’eau
-Végétation aquatique minimale à éparse
-Disponibilité des proies

Certaines activités de gestion touchant l’habitat du fouille-roche gris, notamment la gestion des débits et l’altération de l’habitat, se produisent et continueront de se produire. Étant donné que les seuils de tolérance du fouille-roche gris envers ces activités sont peu connus, des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux les définir. En plus des études décrites dans le calendrier des études présenté au tableau 12, d’autres études sont prévues pour évaluer les exigences du fouille-roche gris en matière de débit et pour déterminer des pratiques de gestion optimales dans les zones où la gestion est sujette à d’autres contraintes, notamment la sécurité publique.

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8. Mesure des progrès

Le succès global de la mise en œuvre des approches recommandées sera principalement évalué dans le cadre d’inventaires et de suivis réguliers de la population (répartition et abondance) et de son habitat (qualité et quantité). Au cours des cinq prochaines années, une attention particulière sera accordée à la mise en œuvre des approches de rétablissement ayant une « priorité élevée » pour le fouille-roche gris. Dans cinq ans, un rapport sera préparé sur ce programme de rétablissement afin d’évaluer les progrès accomplis par rapport aux objectifs de population et de répartition; ce rapport sera examiné en fonction d’un cadre de planification de la gestion adaptative, en collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystémes. Les mesures du rendement utilisées pour évaluer l’atteinte des objectifs de rétablissement sur cinq ans sont présentées dans le tableau 14.

Tableau 14. Mesures du rendement pour évaluer l’atteinte des objectifs de rétablissement :

  • Description complète des populations d’ici 2018.
  • Mise en œuvre des activités présentées dans le calendrier des études pour finaliser la désignation de l’habitat essentiel selon les échéanciers proposés (d’ici 2018).
  • Établissement d’un programme d'inventaire et de suivi d’ici 2018.
  • Évaluation de l’importance relative des menaces d’ici 2018.
  • Début de la mise en œuvre de mesures correctives pour atténuer les menaces prioritaires d’ici 2019.
  • Détermination de la faisabilité de la réintroduction et des méthodes de réintroduction potentielles d’ici 2018. Désignation de sites de réintroduction potentiels d’ici 2018.
  • Quantification des PGO (p. ex., nombre de Plans de gestion des éléments nutritifs et de Plans de gestion de l’environnement mis en œuvre; hectares de zones riveraines mis en place) mises en œuvre par les équipes de rétablissement des écosystèmes et les autres groupes/initiatives complémentaires pertinents pour atténuer les menaces d’ici 2018 (en cours).
  • Documentation de tout changement observé dans l’appui et la perception du public concernant les approches de rétablissement identifiées, et ce, selon les lignes directrices présentées dans la stratégie de communication (d’ici 2018).

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9. Activitées autorisées par le programme de rétablissement

Tel qu’énoncé dans le paragraphe 83(4) de la LEP, une personne peut exercer une activité habituellement interdite si un programme de rétablissement permet la tenue de cette activité et si la personne est autorisée en vertu de la loi fédérale à exercer cette activité. Le paragraphe 83(4) peut être utilisé comme exemption pour permettre des activités qui ne mettent pas en péril la survie ou le rétablissement de l’espèce.

Poursuite de la pêche aux poissons-appâts commerciale et sportive

La pêche commerciale aux poissons-appâts est régie par les gouvernements de l’Ontario et du Québec, et il est interdit de prélever le fouille-roche gris dans le cadre de cette pêche. Elle est régie en vertu de la Loi sur les pêches ainsi que par le Règlement de pêche de l’Ontario et par le Règlement de pêche du Québec. Tel que mentionné dans la section 4.2 « Description des menaces », pour la menace « captures accidentelles », des activités de pêche commerciale et sportive aux poissons-appâts n’auront vraisemblablement pas d’impact sur les populations de fouille-roches gris et peuvent être admissibles à une exemption en vertu du paragraphe 83(4). La gestion du rétablissement du fouille-roche gris peut inclure une faible mortalité causée par les activités de pêche aux poissons-appâts étant donné que cette menace a été évaluée faible pour le fouille-roche gris. En conséquence, selon le paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les pêcheurs de poissons-appâts à participer à des activités de pêche commerciale et sportive aux poissons-appâts qui incidemment pourraient tuer, blesser, harceler, capturer des fouille-roches gris dans la mesure où les deux conditions suivantes sont respectées.

1.   L’activité de pêche est exercée conformément à un permis de pêche délivré en vertu du Règlement de pêche de l’Ontario ou du Règlement de pêche du Québec (1990).
2.   Tous les fouille-roches gris capturés doivent être immédiatement relâchés et remis dans l’eau où ils ont été pris d’une façon permettant de les blesser le moins possible.

10. Énoncé sur les plans d’action

Les plans d’action sont des documents qui décrivent la mise en œuvre des programmes de rétablissement. En vertu de la LEP, un plan d’action établit la planification détaillée du rétablissement à l’appui des orientations stratégiques données dans le programme de rétablissement de l’espèce. Le plan décrit ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition énoncés dans le programme de rétablissement de l’espèce, y compris les approches à prendre pour faire face aux menaces et assurer un suivi du rétablissement de l’espèce, ainsi que des approches à prendre pour protéger l’habitat essentiel. Les plans d’action offrent une occasion d’engager de nombreuses parties intéressées à collaborer pour trouver des solutions créatives aux enjeux que présente le rétablissement. Les plans d’action peuvent également comprendre des recommandations sur les individus et les groupes qui devraient prendre part à l’exécution des activités proposées.

Au moins un plan d’action concernant ce programme de rétablissement sera produit au cours des cinq années suivant la publication de la version finale du programme de rétablissement sur le Registre public des espèces en péril.

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ANNEXE A. Effets sur l’environnement et sur les autres espèces non ciblées

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une évaluation environnementale stratégique (EES) doit être menée pour tous les documents de planification du rétablissement produits en vertu de la LEP. L’objet de l’EES est d’intégrer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics afin de soutenir la prise de décisions éclairées sur le plan environnemental.

La planification du rétablissement profitera aux espèces en péril et à la biodiversité en général. Il est toutefois reconnu que des programmes peuvent produire, sans que cela ne soit voulu, des effets environnementaux négatifs qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des impacts possibles sur les espèces ou les habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement intégrés au programme de rétablissement, mais sont également résumés ci‑après, dans le présent énoncé.

Le présent programme de rétablissement profitera clairement à l’environnement en favorisant le rétablissement du fouille-roche gris. La possibilité que le programme de rétablissement du fouille-roche gris produise par inadvertance des effets négatifs sur d’autres espèces a été envisagée. L’EES a permis de conclure que le présent programme sera clairement favorable à l’environnement et n’entraînera pas d’effet négatif significatif.

ANNEXE B. Approches actuelles et recommandées pour la protection des habitats

Fédéral

Quand la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale de 2012 (LCEE, 2012) s'applique et qu'une espèce en péril a été désignée comme une composante valorisée de l'écosystème dans le cadre de l'examen en vertu de cette Loi, l'évaluation environnementale doit tenir compte de tout changement subi par les espèces aquatiques au sens défini par le paragraphe 2(1) de la LEP. De plus, aux termes de l'article 79 de la LEP, pendant l'évaluation environnementale d'un projet visé par la LCEE (2012), il faut aviser le ministre compétent si le projet est susceptible de toucher une espèce sauvage inscrite ou son habitat essentiel. Une fois que l'habitat essentiel du fouille-roche gris est désigné, les dispositions de la LEP s'appliquent pour en prévenir la destruction.

Provincial

Ontario

La protection en Ontario est également assurée par l’entremise de la Loi sur l’aménagement du territoire. Les autorités responsables de la planification doivent « se conformer » à l’énoncé de politique de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario qui interdit le lotissement et la modification de sites se trouvant dans un habitat d’espèces en voie de disparition ou menacées. Dans cette province, l’aménagement riverain est régi par les règlements sur les plaines inondables mis en application par l’office local de protection de la nature. En vertu de la Loi sur les terres publiques, un permis peut être requis pour la réalisation de travaux dans l’eau et le long des berges.

Le fouille-roche gris est inscrit à la liste en tant qu’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de 2007 de l’Ontario. Selon cette Loi, les espèces et leur habitat sont protégée en vertu des dispositions générales prévues pour la protection de l'habitat depuis le 30 Juin, 2013.

Québec

Le fouille-roche gris est directement ou indirectement protégé par plusieurs lois et règlements provinciaux au Québec. Depuis 2005, le fouille-roche gris est considéré comme une espèce vulnérable conformément à la Loi sur les espèces menacées et vulnérables (L.R.Q., chapitre E-12.01), en vigueur au Québec.

Le chapitre IV.1 (règlements sur les habitats fauniques) de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., C-61.1) assure également une certaine protection à l’habitat. L’article 128.6 de la Loi stipule que « Nul ne peut, dans un habitat faunique, faire une activité susceptible de modifier un élément biologique, physique ou chimique propre à l’habitat de l’animal ou du poisson visé par cet habitat ». Cette Loi s’applique sur les terres du domaine de l’État et prévoit certaines exceptions.

La protection générale de l'habitat du poisson est abordée par la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE), qui interdit le rejet ou l'émission de contaminants pouvant causer un préjudice à la faune sur des terres publiques et privées dans l'environnement. La LQE régit également l'élaboration et la mise en œuvre de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, qui vise à protéger les lacs et les cours d'eau. En vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, des normes minimales régissant le développement des terres municipales sont établies. Le Règlement sur les exploitations agricoles de la LQE peut également protéger indirectement l'habitat des fouille-roche gris puisqu'il est interdit de donner au bétail, le libre accès aux cours d'eau et à leur bande riveraine.

ANNEXE C. Rapport sur les initiatives de collaboration et de consultation

Le présent programme de rétablissement pour le fouille-roche gris a été préparé par Pêches et Océans Canada en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, la Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay, Hydro-Québec, Ambioterra, le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, les offices de protection de la nature de Lower Trent et de Quinte, de même que la firme Port and Associates. Les membres du plan d’assainissement de la baie de Quinte, le musée royal de l’Ontario et l’office de protection de la nature de la région d’Essex ont été inclus dans la liste de distribution de l’équipe de rétablissement.

Le MPO a tenté d’impliquer les communautés autochtones du Québec et de l’Ontario susceptibles d’être touchées par ce programme de rétablissement durant l’élaboration de la version provisoire. Les membres de plusieurs communautés autochtones se déplacent et pêchent dans des eaux où le fouille-roche gris a été retrouvé historiquement.

En Ontario, en mars 2011, Pêches et Océans Canada a organisé des séances de consultation communautaire pour la Première Nation de l’île de Walpole (en coordination avec Environnement Canada et l’APC) sur plusieurs documents de rétablissement incluant le présent programme de rétablissement. Quelques réactions et commentaires ont été reçus pour considération.

De plus, même si de nombreuses communautés autochtones et Métis avaient déjà reçu une lettre du MPO en novembre 2007 au sujet du présent programme de rétablissement, étant donné le temps écoulé depuis et l’ajout d’une désignation de l’habitat essentiel, une nouvelle lettre leur a été envoyée afin de les inviter à commenter la mise à jour du programme, et ce, avant la publication de la version proposée sur le Registre publique des espèces en péril. Des suivis par courriel ont aussi été réalisés auprès des bureaux de plusieurs de ces communautés pour vérifier que les documents avaient bien été reçus et pour s’enquérir de leur intérêt à planifier une rencontre d’information sur l’espèce en péril et ce programme de rétablissement.

Au Québec, en cours de rédaction du programme de rétablissement, les conseils des communautés suivantes ont été consultés : Kahnawake, Kanesatake, Wôlinak, Odanak, Wendake ainsi Kitigan-Zibi. De plus, l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador a aussi été consulté. Des suivis téléphoniques ont aussi été réalisés aux bureaux de ces communautés pour s’assurer que les documents avaient bien été reçus et pour vérifier leur intérêt à planifier une rencontre d’information sur l’espèce et son programme de rétablissement.  

Le programme de rétablissement a ensuite été affiché sur le Registre public des espèces en péril pour une période de consultation de 60 jours au cours de l’été 2013. Au Québec et en Ontario, des lettres ont été envoyées aux groupes directement ou susceptibles d’être concernés par le programme de rétablissement du fouille-roche gris, notamment à des organisations des secteurs suivants : pêche, environnement, agriculture, industrie et municipal. De plus, les communautés autochtones du Québec et de l’Ontario consultées en cours de rédaction du programme de rétablissement et l’Institut du développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador ont eu une deuxième opportunité de commenter ce programme de rétablissement. 

ANNEXE D. Membres de l’équipe de rétablissement du Fouille-roche gris

Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario

Les membres suivants de l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario ont participé à l’élaboration du programme de rétablissement du fouille-roche gris

Tracy Allison, Pêches et Océans Canada
Jeff Borisko, Plan d’assainissement de la baie de Quinte (liste de distribution seulement)
Amy Boyko, Pêches et Océans Canada
Beth Cockburn , Agence Parcs Canada (voie navigable Trent-Severn)
George Coker, Portt and Associates
Brian Craig, Agence Parcs Canada (liste de distribution seulement)
Alan Dextrase, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Melissa Laplante, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Erling Holm, Musée royal de l’Ontario (liste de distribution seulement)
Nicholas E. Mandrak, Pêches et Océans Canada
Vicki McKay, Agence Parcs Canada (liste de distribution seulement)
Brad McNevin, Office de protection de la nature de Quinte
Mike Nelson, Office de protection de la nature de la région d’Essex (liste de distribution seulement)
Sharlene Polman, Office de protection de la nature de Lower Trent
Scott Reid, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Karen Soper, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Shawn Staton, Pêches et Océans Canada

Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec 

Les membres suivants de l’Équipe de rétablissement des cyprinidés et des petits percidés du Québec ont participé à l’élaboration du programme de rétablissement du fouille-roche gris.

Jean-Philippe Détolle (Président), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec

Geneviève Audet, Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay
Jacinthe Beauchamp, Pêches et Océans Canada
Marthe Bérubé/Daniel Hardy, Pêches et Océans Canada
Julie Boucher, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
Jean Caumartin, Hydro-Québec – Division Environnement / Production
Chantal Côté, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
Priscilla Gareau, Ambioterra
Henri Fournier, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
Steve Garceau, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
Réjean Malo, Agence Parcs Canada
Marie-Pierre Maurice/Marcel Cormiré, Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu

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ANNEXE E. Sites d’observation du fouille-roche gris au Québec

L’annexe E est intitulé « Sites d’observation du fouille-roche gris au Québec ». Le tableau donne des détails sur les zones où des fouille-roches gris ont été capturés au Québec au cours des années. Ces zones sont subdivisées en sites dans le fleuve Saint-Laurent et dans quatre régions hydrographiques du Québec (fleuve Saint­Laurent, Outaouais et Montréal, Nord­ouest du fleuve Saint­Laurent, Sud­ouest du fleuve Saint­Laurent et Sud­est du fleuve Saint­Laurent). Des symboles sont utilisés dans le tableau pour indiquer si le fouille-roche gris était présent ou absent lors des relevés de poissons. Le symbole « X » signifie que le fouille-roche gris était présent, tandis que le symbole « O » signifie qu’il était absent même s’il était visé par les relevés. La ou les années où les relevés ont été effectués sont indiquées entre parenthèses après chaque symbole. L’acronyme « RSI » est indiqué en exposant à côté de certaines données afin d’indiquer qu’elles proviennent du réseau de suivi ichtyologique du fleuve Saint-Laurent. Le tableau compte cinq colonnes et cinquante­trois rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. Le titre de la première colonne est Voie navigable (c.-à-d. la voie spécifique au sein de chacune des cinq régions susmentionnées ). Le titre général des colonnes 2 à 5 est Années où la présence du fouille-roche gris a été confirmée; des sous­titres ont été attribués à chacune des colonnes.  Les sous­titres des colonnes 2 à 5 sont : 1930-1949, 1950-1969, 1970-1989 et 1990-2009. La colonne 5 contient un renvoi à la note de bas de page suivante : « Plusieurs relevés ayant permis de nouvelles observations de fouille­roche gris ont été effectués depuis la création de ce programme de rétablissement. Les données seront mises à jour dans le plan d’action. » La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Fleuve Saint­Laurent et occupe toute la largeur du tableau.  La rangée 2 indique Voie navigable, Lac Saint-FrançoisRSI, Année, 1930-1949, (vide), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, O (1996RSI, 2004RSI), X (2009RSI). La rangée 3 indique Voie navigable, Pointe du Buisson, Année, 1930-1949, X (1942), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, (vide). La rangée 4 indique Voie navigable, Lac Saint-LouisRSI, Année, 1930-1949, X (1941), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, O (1997RSI, 2005RSI), X (1999). La rangée 5 indique Voie navigable, Rapides de Lachine, Année, 1930-1949, X (1941), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, (vide). La rangée 6 indique Voie navigable, Tronçon Montréal-SorelRSI, Année, 1930-1949, (vide), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, O (2001RSI). La rangée 7 indique Voie navigable, Lac Saint-PierreRSI, Année, 1930-1949, (vide), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, X (1995RSI, 2002RSI, 2006, 2007RSI). La rangée 8 indique Voie navigable, Archipel du lac Saint-PierreRSI, Année, 1930-1949, (vide), 1950-1969, (vide), 1970-1989, (vide), 1990-2009, O (1995RSI), X (2001, 2003RSI). La rangée 9 indique Voie navigable, Port Saint-François, Année, 1930-1949, (vide), 1950-1969, (vide), 1970-1989, X (1972), 1990-2009, O (1995).          
…. Lisez le reste du tableau par rangée.

Sites d’observation du fouille-roche gris au Québec dans le fleuve Saint-Laurent et dans quatre régions hydrographiques. X = occurrence; O = absence malgré des inventaires visant l’espèce; (xxxx) = année de capture; RSI = Réseau de suivi ichtyologique du fleuve Saint-Laurent.
Cours d’eauAnnées où la présence de fouille-roche gris a été confirmée
1930-19491950-19691970-19891990-200910
Fleuve Saint-Laurent
Lac St. FrançoisRSI   O (1996RSI, 2004RSI)
X (2009RSI)
Pointe du BuissonX (1942)   
Lac St. LouisRSIX (1941)  O (1997RSI, 2005RSI)
X (1999)
Rapides LachineX (1941)   
Tronçon Montréal-SorelRSI   O (2001RSI)
Lac St. PierreRSI   X (1995RSI, 2002RSI,  2006, 2007RSI)
Archipel du lac Saint-PierreRSI   O (1995RSI)
X (2001, 2003RSI)
Port St. François  X (1972)O (1995)
Tronçon Bécancour-BatiscanRSI   X (1996RSI)
O (2001RSI, 2008 RSI)
Tronçon Grondines-DonnaconaRSI   X (1997RSI)
X (2006RSI)
Montréal et Outaouais
Rivière Blanche   X (1995, 2000)
Ruisseau Calumet   X (2006)
Rivière Gatineau   X (1999, 2002, 2003 2004)
Rivière de la Petite Nation X (1964) X (1995, 2000)
Rivière des Outaouais  XX (2006)
Ruisseau de Pointe-au-Chêne   X (2006, 2007)
Rivière Rouge   X (1995, 2006)
Rivière Saumon (ou rivière Kinonge)   X (1995, 2007)
Nord-ouest du Saint-Laurent
Rivière Batiscan  X (1973) 
Rivière Bayonne  X (1971)X (1996)
Rivière ChicotX (1941) X (1971)O (1996)
Rivière L’Assomption  X (1981, 1987)X (1991, 2002, 2009)
Rivière Jacques-Cartier   X (2003)
Rivière Ouareau  X (1981)X (1990, 2002, 2009)
Rivière Sainte-Anne   X (2002)
Sud-ouest du Saint-Laurent
Ruisseau Allen  X (1976) 
Rivière aux Bleuets  X (1977)O (1992, 1996)
Rivière aux Saumons (Richmond/Melbourne)X (1932)  X (2009)
Rivière aux Saumons
(Weedon/Lingwick)
  X (1977) 
Rivière ChâteauguayX (1941, 1942, 1944) X (1976, 1987)X (2006)
Rivière des Anglais  X (1976)X (1996, 2006, 2009)
Décharge du lac Elgin (ou rivière Maskinongé)X (1934)  O (1996)
Rivière NigerX (1931)  O (1996)
Rivière Noire X (1964)X (1987)X (1995)
Rivière aux Outardes Est  X (1976)X (1996, 2002, 2006)
Rivière Richelieu   X (1991, 1993, 1994, 1997, 1999, 2001, 2003, 2006, 2009)
Rivière Saint-FrançoisX (1944)  X (1998, 2003, 2008, 2009)
Rivière Trout (ou Truite)X (1941) X (1976)X (1996, 2006)
Rivière Yamaska X (1969)X (1971)X (1995)
Sud-est du Saint-Laurent
Rivière Bécancour X (1964)  
Rivière aux Orignaux  X (1975) 
Rivière aux OrmesX (1941)   
Bras de la rivière Saint-Nicolas  X (1975, 1980)X (1997)
O (2003, 2005, 2007)
Rivière du Chêne  X (1971)X (2007)
Rivière du SudX (1941)X (1964) O (1991, 1992, 1996, 1997, 2004)
X (2005)
Rivière GentillyX (1941)   
Rivière Henri  X (1971) 
Rivière Miscou   X (2009)
Rivière NicoletX (1944)   

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ANNEXE F. Nouveaux sites où la présence du fouille-roche gris a été observée au Québec depuis la publication du rapport du COSEPAC de 2002

L’annexe F est intitulé « Nouveaux sites où la présence du fouille-roche gris a été observée au Québec depuis la publication du rapport du COSEPAC de 2002 ». Le tableau indique l’année et le site où la présence du fouille-roche gris a été observée depuis la publication du rapport du COSEPAC. La référence pour chaque enregistrement est indiquée entre parenthèses après chaque site. L’acronyme « RSI » signifie « réseau de suivi ichtyologique du fleuve Saint-Laurent ». Le tableau compte deux colonnes et onze rangées. La première rangée contient les titres des colonnes. De gauche à droite, les colonnes se lisent comme suit : Année, Site. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit par rangée. La rangée 1 indique Année, 1999, Site, rivière Gatineau (Comtois et al. 2004), rivière Richelieu (N. Vachon, comm. pers.). La rangée 2 indique Année, 2001, Site, rivière Richelieu (Massé et Bilodeau 2003). La rangée 3 indique Année, 2002, Site, rivières L’Assomption et Ouareau (CARA 2002), rivière aux Outardes Est (M. Letendre, données non publiées), rivière Sainte-Anne (M. Arvisais, comm. pers.), lac Saint-Pierre (RSI). La rangée 4 indique Année, 2003, Site, rivière Saint-François, entre Bromptonville et Windsor (M. Letendre, comm. pers.), rivières Gatineau et Richelieu (Boucher et al. 2009), rivière Jacques-Cartier (M. Arvisais, comm. pers.), archipel du lac Saint-Pierre (RSI). La rangée 5 indique Année, 2004, Site, rivière Gatineau dans le secteur des rapides Farmer (Lemieux et al. 2005). La rangée 6 indique Année, 2005, Site, rivière du Sud en aval de la centrale d’Arthurville à Saint-Raphaël (P-Y. Collin, comm. pers.).

…. Lisez le reste du tableau par rangée.

Nouveaux sites où la présence du fouille-roche gris a été observée au Québec depuis la publication du rapport du COSEPAC de 2002
AnnéeSites
1999Rivière Gatineau (Comtois et al. 2004); rivière Richelieu (N. Vachon, comm. pers.)
2001Rivière Richelieu (Massé et Bilodeau 2003)
2002Rivières L’Assomption et Ouareau (CARA 2002); rivière aux Outardes Est (M. Letendre, données non publiées); rivière Sainte-Anne (M. Arvisais, comm. pers.); lac Saint-Pierre (RSI)
2003Rivière Saint-François, entre Bromptonville et Windsor (M. Letendre, comm. pers.); rivières Gatineau et Richelieu (Boucher et al. 2009); rivière Jacques-Cartier (M. Arvisais, comm. pers.); archipel du lac Saint-Pierre (RSI)
2004:Rivière Gatineau, dans le secteur des rapides Farmer (Lemieux et al. 2005)
2005:Rivière du Sud, en aval de la centrale d’Arthurville à Saint-Raphaël (P-Y. Collin, comm. pers.)
2006Rivières Châteauguay, aux Outardes Est, des Anglais et Trout (Garceau et al. 2007), ainsi que dans les rivières Outaouais et Rouge et les ruisseaux de Pointe-au-Chêne et Calumet (Pariseau et al. 2007); Grondines-Donnaconna (RSI)
2007Rivière saumon (Kinonge) et ruisseau de Pointe-au-Chêne (H. Fournier, comm. pers.); lac Saint-Pierre (RSI)
2008Rivière Saint-François à proximité d’East-Angus, en amont et en aval de l’ancien barrage Worby (S. Garceau, comm. pers.)
2009Rivières L’Assomption et Ouareau (Bourgeois et al. 2010); rivière des Anglais (Ambioterra 2010); rivière Saint-François, entre Bromptonville et Windsor (S. Garceau, comm. pers.); lac Saint-François (RSI)

RSI = Réseau de suivi ichtyologique du fleuve Saint-Laurent

ANNEXE G. Inventaires récents de poissons (depuis 2000) dans les zones d’occurrence du fouille-roche gris en Ontario

L’annexe G est intitulé « Relevés récents de poissons (depuis 2000) dans les zones d’occurrence du fouille-roche gris en Ontario ». Le tableau indique l’année et l’endroit où les relevés de poissons ont été effectués dans les zones où la présence de fouille­roche gris a été observée.  Le type d’engin utilisé pour l’échantillonnage est indiqué par une lettre en exposant à coté de chaque événement. Les types d’engins utilisés sont : a = senne, b = pêche électrique avec dispositif portatif et c = pêche électrique depuis un bateau. Le tableau compte deux colonnes et huit rangées. La première rangée contient le titre des colonnes. De gauche à droite, les colonnes se lisent comme suit : Plan d’eau/zone générale et Description du relevé (années des relevés). La deuxième colonne indique si les relevés visaient le fouille­roche gris, la ou les institutions qui ont réalisé l’échantillonnage, l’année où l’échantillonnage a été effectué, et le type d’engin utilisé. La première rangée de la description ci-dessous suit immédiatement les titres des colonnes. Le tableau se lit de gauche à droite par rangée. La rangée 1 indique Plan d’eau/zone générale, rivières Moira (y compris les rivières Black et Skootamatta), Salmon et Napanee, Description du relevé, Relevé visant le fouille-roche gris, Université Trent, MRNO (2001, 2003), senne, pêche électrique avec dispositif portatif. La rangée 2 indique Plan d’eau/zone générale, ruisseau Little Rideau, Description du relevé, Échantillonnage visant le bec-de-lièvre, MRNO (2004), pêche électrique avec dispositif portatif. La rangée 3 indique Plan d’eau/zone générale, rivière Trent, Description du relevé, Échantillonnage visant le fouille-roche gris, Université Trent/C. Portt and Associates (2002-2008), pêche électrique avec dispositif portatif. La rangée 4 indique Plan d’eau/zone générale, rivière South Nation, Description du relevé, Échantillonnage visant les espèces en péril, MRNO (2005), pêche électrique avec dispositif portatif.

…. Lisez le reste du tableau par rangée.

Inventaires récents de poissons (depuis 2000) dans les zones d’occurrence du fouille-roche gris en Ontario
Plan d’eau/région généraleDescription du relevé (années du relevé)
Rivières Moira (y compris les rivières Black et Skootamatta), Salmon et Napanee
  • Inventaire visant le fouille-roche gris, Université Trent, MRNO (2001, 2003)a,b
Ruisseau Little Rideau
  • Échantillonnage visant le bec-de-lièvre, MRNO (2004)b
Rivière Trent
  • Échantillonnage visant le fouille-roche gris, Université Trent / C. Portt and Associates (2002-2008)b
Rivière South Nation
  • Échantillonnage visant les espèces en péril, MRNO (2005)b
Lac Érié
  • Inventaires visant le fouille-roche gris, MRNO/MPO (2005, 2006)a
  • Projet sur la biodiversité du lac Érié, MRNO (2007)a,c
Lac Sainte-Claire
  • Projet d’étude à la senne de l’unité de gestion du lac Érié, MRNO (2005, 2007)a
Baie Long Point (lac Érié)
  • Évaluation de trois ans de la baie intérieure Long Point, MRNO (2007-2009)a,c

a – senne; b – pêche électrique avec dispositif portatif; c – pêche électrique depuis un bateau

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1 Depuis la rédaction de ce programme de rétablissement, plusieurs inventaires ont été réalisés. Les données seront mises à jour dans le plan d’action.

2 Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

3 G4/N4/S4 – apparemment non à risque : non courant mais non rare; soulève certaines préoccupations à long terme en raison de déclins ou d’autres facteurs; N3/S3 –vulnérable : vulnérable dans le pays/État ou la province en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre relativement peu élevé de populations (souvent 80 ou moins), et de déclins récents ou généralisés ou, encore, d’autres facteurs la rendant susceptible de disparaître; S2 – en péril : en péril dans l’État ou la province en raison de la rareté attribuable à une aire de répartition très limitée, à un nombre très faible de populations (souvent 20 ou moins), à des déclins marqués ou à d’autres facteurs la rendant susceptible de disparaître de l’État ou de la province; S1 – sévèrement en péril : sévèrement en péril dans l’État ou la province en raison d’une rareté extrême (souvent 5 occurrences ou moins) ou en raison de certains facteurs tels que des déclins très marqués rendant l’espèce particulièrement vulnérable à la disparition de l’État ou de la province. Pour de plus amples renseignements sur ces catégories, voir NatureServe [en anglais seulement].

4 Depuis la rédaction de ce programme de rétablissement, plusieurs inventaires ont été réalisés en Ontario. Les données seront mises à jour dans le plan d’action.

5 Depuis la rédaction de ce programme de rétablissement, plusieurs inventaires ont été réalisés au Québec. Les données seront mises à jour dans le plan d’action.

6 Il convient de noter que, lorsque les données à l’appui sont insuffisantes, une seule population par emplacement a été considérée pour évaluer l’état de la population par Bouvier et Mandrak (2010) ainsi que Boucher et Garceau (2010).

7 Le batillage est le battement des vagues découlant du passage des bateaux quipeut provoquer l’érosion des berges des cours d’eau. Cette érosion entraîne la remise en suspension des sédiments, ce qui accroit la turbidité et l’envasement du lit des cours d’eau. Ainsi, les navires de fort tonnage qui circulent sur le fleuve Saint-Laurent et les navires de plaisance qui circulent dans les plus petits cours d’eau peuvent provoquer une perte ou une détérioration de l’habitat du fouille-roche gris.

8 Les membres de l’équipe de rétablissement des cyprinidés et petits percidés du Québec jugent que les approches de rétablissement 1-5 à 1-8 ne sont pas requises pour le moment au Québec.

9 Noter que certains secteurs pourraient contenir plus d’une population distincte. Si c’est le cas, les SMVP s’appliqueraient à chaque population.

10 Depuis la rédaction de ce programme de rétablissement, plusieurs inventaires ont été réalisés. Les données seront mises à jour dans le plan d’action.


*AVIS ET AVERTISSEMENT : Le MPO n'est pas responsable de la qualité des renseignements, produits ou services offerts par les sites Internet mentionnés plus haut. Les utilisateurs doivent aussi reconnaître que les renseignements provenant de sources externes ne sont disponibles que dans la langue d'origine.