Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tortue ponctuée Clemmys guttata au Canada - 2014

Tortue ponctuée
Tortue ponctuée
Tortue ponctuée -- Photo fournie par la rédactrice.

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l'on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue ponctuée (Clemmys guttata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xv + 81 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue ponctuée (Clemmys guttata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 30 p. (Registre public des espèces en péril - Rapports de situation).

OLDHAM, M.J. 1991. COSEWIC Status Report on the Spotted Turtle Clemmys guttata in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. 93 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Teresa Piraino d'avoir rédigé le rapport de situation sur la tortue ponctuée (Clemmys guttata) au Canada, aux termes d'un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jim Bogart, coprésident du Souscomité de spécialistes des amphibiens et des reptiles du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s'adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Spotted Turtle Clemmys guttata in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Tortue ponctuée -- Photo fournie par la rédactrice.

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COSEPAC Sommaire de l'évaluation

Sommaire de l'évaluation – novembre 2014

Nom commun
Tortue ponctuée
Nom scientifique
Clemmys guttata
Statut
En voie de disparition
Justification de la désignation
Cette espèce a un potentiel de reproduction particulièrement faible, incluant une maturation tardive et un taux de fécondité faible, et se trouve dans de petites sous-populations isolées. Bien que certaines sous-populations soient dans des aires protégées, il y a des indications provenant d'un suivi approfondi et du calcul de déclins prévus que même ces populations sont en danger malgré une faible exposition aux menaces anthropiques. Les principales menaces pesant sur l'espèce sont la mortalité sur les routes, la collecte pour le commerce des animaux de compagnie, l'alimentation et la médecine traditionnelle ainsi que la perte d'habitat causée par les plantes envahissantes et le développement. Aucune immigration de source externe à partir d'autres populations n'est possible.
Répartition
Ontario, Québec
Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1991. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2004 et en novembre 2014.

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COSEPAC Résumé

Tortue ponctuée
Clemmys guttata

Description et importance de l'espèce sauvage

La tortue ponctuée (Clemmys guttata) est une tortue d'eau douce relativement petite, la longueur de la carapace d'un adulte mesurant généralement moins de 13 cm. L'espèce se reconnaît à sa carapace noire avec des points jauneorange répartis de façon irrégulière. La tortue ponctuée est l'une des espèces de tortues les plus populaires pour le commerce d'animaux de compagnie, et le braconnage de spécimens sauvages constitue une réelle menace à la survie de l'espèce. En raison des changements taxinomiques relativement récents, la tortue ponctuée est actuellement le seul représentant du genre Clemmys. Malgré leur petite taille et leur isolement les unes des autres, les souspopulations canadiennes de tortues ponctuées ne sont pas appauvries sur le plan génétique.

Répartition

La tortue ponctuée ne se rencontre que dans l'est de l'Amérique du Nord, où l'on trouve des populations isolées dans le sud de l'Ontario, dans la plaine côtière de l'Atlantique depuis le Maine jusqu'au centre de la Floride et, vers l'ouest, sur les rives sud des Grands Lacs jusque dans le nordest de l'Illinois.

Habitat

La tortue ponctuée habite dans une variété de milieux humides qui offrent des eaux non polluées, lentes et peu profondes avec une abondance de végétation émergente et aquatique, comme les tourbières ombrotrophes, les tourbières minérotrophes, les marais, les marécages et les prairies humides peu profondes à végétation graminoïde. Un substrat mou et une végétation comportant des sphaignes, des touffes d'herbes, des cypéracées, des quenouilles, des plantes flottantes, des tapis de végétation et des arbustes hydrophiles caractérisent les milieux aquatiques où on la trouve.

Biologie

Les tortues ponctuées sortent d'hibernation de la fin mars à la fin avril. En mai, elles se regroupent dans des milieux aquatiques pour se reproduire; elles affichent une fidélité aux sites de reproduction. La nidification a lieu du milieu à la fin juin. On compte de 1 à 7 œufs par ponte, avec une moyenne de 4 ou 5 œufs. La plupart des femelles de la baie Georgienne ne pondent pas chaque année; cependant, celles du sudouest de l'Ontario nidifient souvent chaque année, tandis que celles du sud des ÉtatsUnis peuvent pondre plusieurs fois durant l'année. Les tortues ponctuées peuvent connaître une période de dormance estivale, dans des sites terrestres ou aquatiques, principalement de juillet à août, mais parfois jusqu'en septembre ou en octobre, moment où les tortues entrent en hibernation. Les tortues ponctuées peuvent hiberner seules ou en groupe, revenant souvent à l'hibernaculum ou l'aire d'hibernation année après année (elles retournent dans un rayon de < 20 m du lieu d'hibernation précédent). L'espèce atteint la maturité sexuelle à l'âge de 11 à 15 ans. Certains individus des souspopulations de l'Ontario sont âgés d'au moins 44 ans, et on a estimé la longévité maximale chez une souspopulation de la baie Georgienne à 110 ans pour les femelles et à 65 ans pour les mâles, d'après les données recueillies au cours de 24 ans de marquagerecapture.

Taille et tendances de la population

Le Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN) reconnaît l'existence de 109 sites de tortues ponctuées en Ontario. De ces 109 sites, 81 (74 %) sont actuellement considérés comme historiques (c.àd. aucune observation depuis au moins 20 ans) et 3 (3 %) sont considérés comme n'abritant plus l'espèce, malgré les centaines d'observations qui ont été rapportées au CIPN en 2013. Même si seulement 25 sites (23 %) sont considérés comme abritant encore l'espèce, le manque d'observations récentes aux sites historiques ne devrait pas conduire à inférer un déclin, notamment si des relevés ciblant l'espèce n'ont pas été effectués dans ces sites et que des milieux propices y sont encore présents. Néanmoins, des signes montrent que plusieurs souspopulations, même dans des zones protégées et intactes, ont disparu ou connaissent un déclin. On ne sait pas si la tortue ponctuée est présente au Québec, aucune mention n'y ayant jamais été confirmée.

Menaces et facteurs limitatifs

La tortue ponctuée est en déclin principalement à cause de la mortalité sur les routes, de la collecte pour le commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux, et de la perte et de la dégradation de milieux humides attribuables à des plantes envahissantes et au développement. L'espèce est particulièrement vulnérable à la destruction de l'habitat et aux braconniers au printemps et à l'automne, lorsque les tortues se regroupent aux sites de reproduction et d'hibernation, respectivement. Le faible taux de recrutement de juvéniles, la faible fécondité et la maturité tardive augmentent la vulnérabilité de la tortue ponctuée au déclin. Les souspopulations sont exposées à un fort risque de stochasticité démographique à cause de leur petite taille et du degré élevé d'isolement les unes par rapport aux autres.

Protection, statuts et classements

La tortue ponctuée a été désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC en 2004, et à nouveau en 2014. Elle est protégée est tant qu'espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, C.29) et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (L.O. 2007, ch. 6) de l'Ontario ainsi qu'en tant qu'espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, 1989 (R.S.Q. 1989, ch. E-12.01) du Québec.

La cote de conservation mondiale de la tortue ponctuée est G5 (« non en péril »), tandis que la cote nationale est N5 (« non en péril ») aux ÉtatsUnis et N3 (« vulnérable ») au Canada. La cote provinciale est S1 (« gravement en péril ») au Québec, et elle est passée de S3 (« vulnérable ») à S2 (« en péril ») en Ontario, d'après l'information fournie dans le présent rapport. Selon le classement du rapport sur la situation générale des espèces au Canada, la tortue ponctuée en considérée comme en péril au Canada, en Ontario et au Québec. Depuis 2011, la tortue ponctuée est classée « en danger » dans la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN. De plus, en mars 2013, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) l'a ajoutée à l'Annexe II; le commerce international de l'espèce est donc désormais réglementé.

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Résumé technique

Nom scientifique :
Clemmys guttata
Nom français :
Tortue ponctuée
Nom anglais :
Spotted Turtle
 
Répartition au Canada :
Ontario, Québec

Données démographiques

  • Durée d'une génération = âge à la première reproduction + 1/mortalité des adultes (lignes directrices de l'UICN, 2011).

    Le taux de mortalité est estimé à 1 – 0,965 = 0,035 (selon un âge de maturité de 12 ans [Litzgus, 2006] et un taux annuel de survie chez les femelles adultes de 0,965 [Enneson et Litzgus, 2008]).

    • Durée d'une génération = 12 + 1/0,035 = 40,6 ans
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?

    Oui. Observé, inféré et prévu. Voir Fluctuations et tendances.

    • Oui
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur 2 générations (c.àd. 82 ans).

    > 30 %, selon une estimation de la mortalité des adultes de 10 % par année dans une souspopulation du sudouest de l'Ontario (Enneson, 2009) et une estimation de la mortalité des adultes de 5 % par année dans une souspopulation de la baie Georgienne (Litzgus, 2006; Enneson et Litzgus, 2008).

    • > 30 %
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de réduction du nombre total d'individus matures au cours des 3 dernières générations (c.àd. 123 ans).

    Inconnu pour cette période. On infère que la plus grande partie de la réduction s'est produite dans un passé récent.

    • Inconnu
  • Pourcentage [prévu ou présumé] de réduction du nombre d'individus matures au cours des 3 prochaines générations (c.àd. 123 ans).

    > 40 %, prévu selon les tendances actuelles. Voir Fluctuations et tendances.

    • > 40 %
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de réduction du nombre total d'individus matures au cours de toutes périodes de trois générations commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

    > 40 %, inféré selon des observations récentes, la perte d'habitat et les menaces actuelles.

    • > 40 %
  • Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

    Elles sont clairement comprises, mais ne sont pas clairement réversibles et n'ont pas cessé. Voir Menaces et facteurs limitatifs.

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

    • Non

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d'occurrence Tirée de COSEPAC (2004)

    Selon les observations récentes seulement = 153 200 km2
    Selon les observations récentes et historiques (avant 1994) = 161 873 km2

    • Entre 153 200 km2 et 161 873 km2
  • Indice de zone d'occupation (Toujours fournir une valeur établie à partir d'une grille à mailles de 2 km de côté).

    IZO discret basé sur les mailles des observations récentes (après 1994) seulement : 115 mailles = 460 km2

    IZO continu basé sur les mailles des observations récentes (après 1994) et comprenant les mailles entre les sites d'observation à < 2 km les uns des autres : entre 460 km2 et 2 000 km2

    IZO discret fondé sur les mailles de toutes les observations, récentes (après 1994) et historiques (avant 1994) :
    312 mailles = 1 248 km2.

    IZO continu basé sur les mailles de toutes les observations, récentes (après 1994) et historiques (avant 1994), et comprenant les mailles entre les sites d'observation à < 2 km les uns des autres : entre 1 248 km2 et 2 000 km2.

    • Entre 460 km2 et 2 000 km2
  • La population totale est-elle gravement fragmentée?

    Voir BIOLOGIE – Déplacements et dispersion.

    • Probablement
  • Nombre de localités

    Probablement de 20 à 30.
    Voir Nombre de localités.

    • 20-30
  • Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d'occurrence?

    Oui, inféré.
    On ne croit plus que l'espèce ait déjà été présente au Québec, et le nombre de sites historiques en Ontario augmente.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?

    Oui, inféré.
    Même si quelques nouvelles souspopulations ont récemment été découvertes, plusieurs autres ont subi un déclin ou sont devenues historiques (c.àd. aucune observation depuis au moins 20 ans) dans les 10 dernières années.
    Voir Fluctuations et tendances.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?

    Oui, inféré.
    Malgré les centaines de nouvelles observations de tortues ponctuées qui ont été rapportées au CIPN en 2013, seuls 25 des 109 sites (23 %) de l'espèce sont actuellement considérés comme abritant l'espèce. Il est nécessaire de réaliser des relevés ciblés aux sites historiques pour déterminer si un véritable déclin a eu lieu. Voir Fluctuations et tendances.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    Oui, inféré. Voir Nombre de localités.

    • Oui
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?

    Oui, un déclin de la superficie, de l'étendue et de la qualité de l'habitat.
    Voir Zone d'occurrence et zone d'occupation et Menaces et facteurs limitatifs.

    • Oui
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?

    • Non

Nombre d'individus matures

  • Population de l'estuaire du Saint-Laurent totale :

    Baie Georgienne/Bruce/environs 1

    • > 152 (Litzgus, comm. pers., 2013)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 2

    • 11 (IC à 95 % : 11-21) (Davy, 2013)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 3

    • > 15 (Reeves, 2007)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 4

    • > 54 (Reeves et Litzgus, 2008; données du CIPN)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 5

    • > 49 (Riley et al., comm. pers., 2013; Morin et al., comm. pers., 2014)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 6

    • 110 (IC à 95 % : 109-116) (Davy, 2013)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 7

    • 5 (Crowley, comm. pers., 2013)

    Baie Georgienne/Bruce/environs 8

    • 60 (IC à 95 % : 46-95) (Davy, 2013)

    Sudest de l'Ontario 1

    • 24 (IC à 95 % : 22-32) (Davy, 2013)

    Sudest de l'Ontario 2

    • 60 (IC à 95 % : 39-119) (Davy, 2013)

    Sudest de l'Ontario 3

    • 16 (IC à 95 % : 16-22) (Davy, 2013)

    Sudest de l'Ontario 4

    • 45 (IC à 95 % : 34-78) (Seburn, 2003)

    Sudest de l'Ontario 5

    • 55 (IC à 95 % : 30-80) (Haxton, 1998)

    Sudest de l'Ontario 6

    • > 18 (Blythe, comm. pers., 2014)

    Sudouest de l'Ontario 1

    • 560 (Davy, comm. pers., 2013)

    Sudouest de l'Ontario 2

    • 43 (IC à 95 % : 34-72) (Davy, 2013)

    Sudouest de l'Ontario 3

    • > 27 (Gillingwater, données inédites)

    Sudouest de l'Ontario 4

    • ~ 370 (320-421) (Enneson, 2009; Gillingwater, données inédites)

    Sudouest de l'Ontario 5

    • > 20 (Gillingwater, données inédites)

    Sudouest de l'Ontario 6

    • 143 (e.-t. = 5) (Yagi et Litzgus, 2012)

    Sudouest de l'Ontario 7

    • > 6 (Hopkins, comm. pers., 2014)

    10 réserves des Premières Nations qui possèdent des données récentes

    • ?

    Sites restants (la plupart sont connus grâce à 110 observations; à l'heure actuelle, 81 des 109 sites sont considérés comme historiques)

    • ?

    Estimation moyenne minimale

    • 1843

    Estimation la plus faible minimale

    • 1704

    Estimation la plus élevée minimale

    • 2110

    Nota : Les estimations précédées du symbole « > » indiquent le nombre minimal d'adultes observés ou marqués dans les souspopulations concernées (ce type de données est utilisé lorsqu'aucune estimation des souspopulations n'a été fournie).

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

    • La probabilité que 6 ou plus de 9 souspopulations connues en Ontario disparaissent dans les 100 prochaines années est de 26 %. La probabilité que la souspopulation GB1 (étudiée depuis 1977) disparaisse au cours des 100 prochaines années est de 60 %, malgré le milieu relativement intact (Enneson et Litzgus, 2009).

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

  • Mortalité sur les routes (et probablement mortalité sur les voies ferrées).
  • Collecte pour le commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux.
  • Perte et dégradation d'habitat (plantes envahissantes, développement, modification des milieux humides, enlèvement des digues de castor, exploitation forestière, exploitation de mines et de carrières, pollution, changements climatiques).
  • Mortalité attribuable aux pratiques agricoles et aux loisirs.
  • Augmentation de la prédation des nids, des juvéniles et des adultes par les prédateurs favorisés par les humains.
  • Les tortues ponctuées font principalement partie de petites souspopulations isolées dans l'aire de répartition, ce qui augmente la menace de stochasticité démographique (la plupart des souspopulations échantillonnées maintiennent < 200 individus matures).
  • Les caractéristiques du cycle vital longévif de la tortue ponctuée (maturité tardive, taux élevé de mortalité juvénile) et la faible fécondité constituent des facteurs limitatifs qui augmentent la vulnérabilité de l'espèce aux menaces susmentionnées.

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l'extérieur?

    • Déclin dans la plus grande partie de l'aire de répartition des ÉtatsUnis (espèce classée de S1 à S3 dans tous les États adjacents à la frontière canadienne). Voir le tableau 1.
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    • Non
      Voir Immigration de source externe.
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

    • Possiblement
  • Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants dans l'estuaire du Saint-Laurent?

    • Probablement dans la région de la baie Georgienne et du centre de l'Ontario; cependant, la superficie d'habitat qui demeure dans les zones adjacentes à la frontière canado-américaine est petite.
  • La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?

    • Non

Nature délicate de l'information sur l'espèce

  • L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate?

    • Oui. La tortue ponctuée est très vulnérable à la collecte pour le commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux.
      Voir Menaces et facteurs limitatifs.

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1991. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2004 et en novembre 2014.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
En voie de disparition
Code alphanumérique :
C1
Justification de la désignation :
Cette espèce a un potentiel de reproduction particulièrement faible, incluant une maturation tardive et un taux de fécondité faible, et se trouve dans de petites sous-populations isolées. Bien que certaines sous-populations soient dans des aires protégées, il y a des indications provenant d'un suivi approfondi et du calcul de déclins prévus que même ces populations sont en danger malgré une faible exposition aux menaces anthropiques. Les principales menaces pesant sur l'espèce sont la mortalité sur les routes, la collecte pour le commerce des animaux de compagnie, l'alimentation et la médecine traditionnelle ainsi que la perte d'habitat causée par les plantes envahissantes et le développement. Aucune immigration de source externe à partir d'autres populations n'est possible.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) :
Correspond aux critères A3bce+4bce car on note un déclin estimé de plus de 40 % (2270 % selon le calcul des menaces) d'après la menace exercée par les espèces envahissantes.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Ne s'applique pas.
Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) :
Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », C1, car le nombre total d'individus matures est de moins de 2 500 et que le déclin continu du nombre total d'individus matures est d'au moins 20 % sur 2 générations.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Ne s'applique pas car le nombre d'individus matures, l'IZO et le nombre de localités dépassent le seuil.
Critère E (analyse quantitative) :
Aucune analyse effectuée.

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Préface

Depuis la dernière évaluation de la situation de la tortue ponctuée, en 2004, plusieurs études sur le terrain (marquagerecapture et radiotélémétrie) ont été réalisées sur l'espèce en Ontario. Les données préliminaires laissent croire que les souspopulations sont en déclin en raison de plusieurs menaces observées, dont les plus graves sont les suivantes : mortalité sur les routes; collecte aux fins de commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux; perte et dégradation d'habitat attribuables aux espèces envahissantes et au développement. Selon le CIPN, seuls 25 des 109 sites répertoriés (23 %) sont actuellement connus pour abriter l'espèce, tandis que 81 (74 %) sont considérés comme historiques (c.à.d. aucune nouvelle donnée depuis au moins 20 ans) et que l'espèce est disparue de 3 sites (3 %) (Oldham, comm. pers., 2014). On suppose que l'espèce se trouve probablement encore dans plusieurs sites historiques où un milieu propice demeure, et qu'un manque de relevés sur cette espèce réalisés au bon moment de l'année par des observateurs expérimentés pourrait expliquer en grande partie pourquoi aucune observation n'a été réalisée dans ces sites. Néanmoins, depuis la dernière évaluation de la situation de l'espèce, le nombre de sites historiques a augmenté de façon importante, passant de 32 (31 %) à 81 sites (74 %). Il existe donc un besoin justifié de relevés ciblés à ces sites afin de déterminer si la forte augmentation de sites historiques reflète un véritable déclin. Les recherches effectuées au cours des 10 dernières années nous ont permis de mieux connaître la structure génétique, la démographie et les effectifs des souspopulations, les profils de déplacement, la physiologie, les préférences en matière d'habitat, la reproduction et le succès de la nidification chez les tortues ponctuées. Les résultats notables comprennent des données qui laissent croire que les souspopulations de tortues ponctuées ne montrent pas de réduction d'hétérozygosité et que la capacité de déplacement saisonnière et la fécondité de l'espèce sont plus importantes qu'on ne le croyait auparavant. Toutefois, les souspopulations sont isolées et, pour la plupart, de petite taille; ainsi, elles connaissent un risque accru de stochasticité démographique. Des données révèlent que certaines souspopulations ontariennes ont déjà disparu ou sont en déclin, même dans des zones protégées ou relativement non perturbées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d'une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d'être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d'autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l'Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d'information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2014)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'un autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce à l'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l'espèce sauvage

Nom et classification

La tortue ponctuée (Clemmys guttata [Schneider, 1792]) tire son nom du mot latin « guttatus », qui veut dire « ponctué » ou « moucheté » (Boundy et al., 2008). Le nom anglais de cette espèce est « Spotted Turtle ». Son nom mohawk est « lotsisthoronnion anowara » (tortue comme le ciel ponctué d'étoiles), et son nom en langue anishnabie est « gidugako misheekehn » (Lickers, comm. pers., 2013). Il n'existe aucune sousespèce ou variété reconnue.

La tortue ponctuée a été décrite pour la première fois sous le nom de Testudo guttata par Schneider (1792) et, selon Ernst (1972), a connu plusieurs changements de noms depuis [Testudo punctata Schoepff, 1792; Testudo anonyma Schneider, 1792; Emys guttata (Schweigger, 1812); Emys punctata Merrem, 1820; Cyclemys punctata (Wagler, 1830); Terrapene punctata (Bonaparte, 1831); Clemmys punctata (Fitzinger, 1835); Geoclemys guttata (Gray, 1855); Nanemys guttata (Agassiz, 1857); Clemmys guttata (Strauch, 1862); Geoclemmys sebae (Gray, 1869); Chelopus guttatus (Cope, 1875); Clemmys guttata (Wright, 1918); Melanemys guttatus (Shufeldt, 1919); Clemmys guttata (Conant et Collins, 1991; Crother, 2012; Feldham et Parham, 2002; TTWG, 2014)].

Description morphologique

La tortue ponctuée est une tortue d'eau douce relativement petite, la dossière (partie dorsale de la carapace) mesurant en moyenne de 9 à 13 cm chez l'adulte (Graham, 1995; Harding, 1997; minimum de 8 cm, Behler et King, 1979; maximum de 14 cm, Haxton, 1998). L'espèce se reconnaît à sa dossière non carénée et non dentelée de couleur noire, ornée de points jaunes ou jaune-orange répartis de façon irrégulière (Ernst et Lovich, 2009) [voir la figure 1]. Chez les nouveaunés, chaque plaque cornée de la dossière porte normalement un seul point (Ernst et Lovich, 2009). Le plastron (partie ventrale de la carapace) varie d'orange à jauneorange et porte des taches noires sur chaque plate; cependant, le plastron a tendance à devenir plus noir avec l'âge (Ernst et Lovich, 2009). Des individus de certaines souspopulations peuvent posséder une dossière sans points ou un plastron entièrement noir (Ernst et Lovich, 2009). La tête est noire avec des points variant de jaunes à jauneorange, et une grande tache orange se trouve de chaque côté de la tête, donnant l'impression d'oreilles (Harding, 1997). Les pattes sont également noires avec des taches jauneorange sur la partie supérieure et des taches variant d'orange à un orange rosâtre sur la partie inférieure (Ernst et Lovich, 2009).

Figure 1. Tortue ponctuée femelle adulte. Photo : Scott Gillingwater.
Photo d'une tortue ponctuée femelle adulte
Description longue pour figure 1

Photo d'une tortue ponctuée femelle adulte, montrant la dossière non carénée et non dentelée de couleur noire, ornée de points jaunes et jaune-orange répartis de façon irrégulière. La tête est noire, avec des points jaunes et une grande tache orange de chaque côté, donnant l'impression d'oreilles.

Les tortues ponctuées affichent un dimorphisme sexuel. Les femelles ont des mandibules et des iris orange, un plastron plat ou convexe et une queue mince relativement petite, et leur cloaque se trouve à la marge de la dossière. En comparaison, les mâles possèdent des mandibules et des iris brun chamois, un plastron concave et une queue plus large et épaisse, et leur cloaque dépasse la marge de la dossière (Ernst et Lovich, 2009) [voir la Figure 2]. La coloration des mâles peut ne pas se développer avant la maturité (Ernst et Lovich, 2009).

Les tortues ponctuées adultes peuvent être confondues avec les tortues mouchetées (Emydoidea blandingii) juvéniles, qui possèdent une carapace noire similaire avec des points et des taches jaunes; cependant, les tortues mouchetées juvéniles peuvent être distinguées par une gorge et un menton jaunes, et des écailles jaunes plutôt qu'orange sur leurs pattes autrement noires (Ernst et Lovich, 2009).

Figure 2. Gros plan montrant les caractéristiques faciales d'un mâle (au bas) et d'une femelle (au haut). Photo : Scott Gillingwater.
Photo de tortues ponctuées mâle et femelle
Description longue pour figure 2

Photo de tortues ponctuées mâle et femelle montrant les caractéristiques faciales qui les différencient. Les mandibules et les iris sont orange chez la femelle, et brun chamois chez le mâle.

Structure spatiale et variabilité des populations

La tortue ponctuée se déplace généralement sur des distances plus petites que les autres tortues (Litzgus, 1996; Dobbyn et Marchand, 2007; Gillingwater et Piraino, 2007; Ernst et Lovich, 2009; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Yagi et Litzgus, 2012; Gillingwater, données inédites) et est répartie en petites souspopulations isolées (van Dijk, 2011). En Ontario, la plupart des sous-populations échantillonnées comptent moins de 200 individus [voir Résumé technique]. Ces facteurs laissent penser que le flux génique actuel entre les sites est très limité.

Une étude récente sur les tortues ponctuées dans l'aire de répartition canadienne a révélé qu'une structure génétique importante existe parmi les souspopulations (Davy et Murphy, 2014). Lors de cette étude approfondie, on a échantillonné 253 tortues (environ 10 % de la population canadienne actuellement estimée) dans 13 sites de l'aire de répartition canadienne (52 % des sites existants connus à l'heure actuelle), et les individus ont été génotypés selon 11 locus microsatellites qui avait été élaborés à l'origine pour étudier la tortue de Muhlenberg (Glyptemys muhlenbergii; King et Julian, 2004). Les résultats ont permis de conclure qu'un minimum de 6 populations génétiques et un maximum de 10 souspopulations génétiquement différentes étaient représentées dans l'ensemble de données, mais quelques souspopulations existantes n'ont pas été échantillonnées; il est donc possible que d'autres populations génétiquement distinctes se trouvent en Ontario. Les 6 groupes génétiques étaient suffisamment différents pour que les tests d'assignation permettent d'établir la souspopulation d'origine d'un individu avec une exactitude de 77 ou 78 %. Les distances par paire entre sites échantillonnés variaient de 3 à 670 km (moyenne de 277 km).

Malgré l'isolement génétique et les petits effectifs des sous-populations, chaque souspopulation maintient une forte hétérozygosité (de 0,510 à 0,743) et ne montre aucun signe de consanguinité ou de déclin (la richesse allélique intrasite était de 3,18 à 4,49), et aucune souspopulation ne présentait d'allèles fixés à aucun locus (Davy, 2013; Davy et Murphy, 2014). De plus, les analyses génétiques à l'échelle du du paysage ont révélé que les souspopulations de tortues ponctuées du comté de Hastings et de la péninsule Bruce étaient isolées des souspopulations voisines par des barrières biogéographiques importantes, et que la souspopulation du comté de Hastings était génétiquement distincte de toutes les autres souspopulations qui ont fait l'objet d'échantillonnage, ce qui fait de cette souspopulation une priorité pour les mesures de protection (Davy, 2013; Davy et Murphy, 2014). Même si ces profils ont probablement été causés par des barrières historiques, la modification du paysage et les déclins de la souspopulation actuels les renforceront probablement.

Ces résultats portent à conclure les choses suivantes : la stochasticité démographique est actuellement plus préoccupante que la stochasticité génétique pour les souspopulations de tortues ponctuées; les faibles dispersion et fécondité ainsi que la petite taille des populations ne donnent pas lieu à une faible diversité génétique au sein des souspopulations; le comportement reproductif de l'espèce, dont le regroupement pour la reproduction et le choix d'un partenaire sexuel probablement non aléatoire (pour éviter la consanguinité), pourrait avoir un effet plus important sur la diversité génétique au sein des souspopulations que la petite taille des souspopulations et l'isolement génétique (Davy, 2013; Davy et Murphy, 2014).

Unités désignables

Une récente recherche génétique révèle qu'il y a une structure génétique importante au sein des souspopulations de tortues ponctuées dans l'aire de répartition canadienne, malgré le fait que les souspopulations sont isolées sur le plan biogéographique (Davy, 2013; Davy et Murphy, 2014) et s'étendent dans différentes écorégions (province faunique des Grands Lacs et du SaintLaurent et province faunique carolinienne). Il n'existe cependant aucun signe d'adaptation locale ou de différences importantes relatives aux tendances des souspopulations ou aux facteurs qui ont une incidence sur cellesci. Dans une étude génétique réalisée au moyen de microsatellites, Davy et Murphy (2014) ont évoqué la possibilité d'utiliser les données obtenues pour séparer les populations canadiennes de tortues ponctuées en unités désignables (UD) séparées. Les auteurs ont conclu que la catégorisation de populations canadiennes de C. guttata en UD pourrait ne pas être justifiable ou nécessaire à ce jour. Ainsi, une seule UD, qui représente la population canadienne, est reconnue.

Importance de l'espèce

Les changements taxinomiques récents ont fait de la tortue ponctuée le seul représentant restant du genre Clemmys; la perte de cette espèce (qui aurait déjà connu des déclins de plus de 50 % à l'échelle de son aire de répartition; van Dijk, 2011) serait donc particulièrement émouvante. La tortue ponctuée est une espèce très convoitée dans le domaine du commerce d'animaux de compagnie et est devenue de plus en plus populaire dans l'alimentation et la médecine traditionnelle au cours des dernières années en Amérique du Nord (Miller, comm. pers., 2013) [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux]. Par conséquent, le braconnage constitue une menace grave à la survie de cette espèce dans la nature.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L'aire de répartition actuelle de la tortue ponctuée est limitée à l'est de l'Amérique du Nord [voir la figure 3]. Les souspopulations, isolées, se situent dans le sud de l'Ontario, dans le Maine et vers le sud le long de la plaine côtière de l'Atlantique jusqu'au centre de la Floride. Vers l'ouest, on trouve l'espèce en Pennsylvanie, en Ohio, en Indiana, dans le nordest de l'Illinois ainsi que dans la basse péninsule du Michigan (Ernst et al., 1994; Barnwell et al., 1997).

Figure 3. Répartition mondiale de la tortue ponctuée (NatureServe, 2013)
Carte montrant la répartition de la tortue ponctuée
Description longue pour figure 3

Carte montrant la répartition de la tortue ponctuée dans l'est de l'Amérique du Nord. L'espèce est présente dans le sud de l'Ontario, et dans le Maine vers le sud le long de la plaine côtière de l'Atlantique jusqu'au centre de la Floride et, vers l'ouest, en Pennsylvanie, en Ohio, en Indiana, dans le nordest de l'Illinois ainsi que dans la basse péninsule du Michigan.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, des observations de tortues ponctuées ont été rapportées pour le sud de l'Ontario et du Québec. Les souspopulations ne sont pas réparties de façon continue. Seburn et Seburn (2000) croient que les souspopulations canadiennes de l'espèce se limitent à l'Ontario. Les souspopulations actuelles en Ontario sont dispersées depuis la baie Georgienne jusque dans le sudouest et le sudest de la province. Sur les six observations de tortues ponctuées réalisées au Québec, trois ont été jugées erronées. Les trois autres ont été effectuées par des observateurs d'expérience et sont considérées comme potentiellement valides : Provancher (Musée canadien de la nature) a observé un spécimen près de Nicolet, à proximité du lac SaintPierre, en 1874; Ernst a rapporté un spécimen tué sur la route à huit kilomètres au sud de Sherbrooke en 1967 (Ernst et al., 1994); un individu a été rapporté sur l'île de Laval. Cependant, ces observations demeurent douteuses puisqu'aucune photo n'a été prise et aucun spécimen n'a été prélevé pour confirmer l'identification; il pourrait s'agir d'erreurs d'identification (Cook, comm. pers., 2014; Gauthier, comm. pers., 2014; Litzgus, comm. pers., 2014). Par conséquent, la présence de la tortue ponctuée au Québec reste hypothétique (Gauthier, comm. pers., 2014), et il semble probable que l'espèce n'y ait jamais été présente (Litzgus, comm. pers., 2014) ou qu'elle soit disparue de la province (Fortin, comm. pers., 2014).

Zone d'occurrence et zone d'occupation

La zone d'occurrence de cette espèce dans le territoire canadien est de 153 200 à 161 873 km2 (la première donnée est fondée sur des mentions récentes seulement, alors que la deuxième est basée sur des mentions récentes et historiques). L'estimation est calculée selon le plus petit polygone convexe couvrant l'ensemble des mentions, toute superficie se trouvant hors du Canada étant retranchée. Les mentions pour le Québec n'ont pas été incluses parce qu'elles n'ont pas été confirmées.

Cette estimation de la zone d'occurrence est d'environ 100 000 km2 plus vaste que celle mentionnée dans le précédent rapport de situation (2004), ce qui est attribuable à des méthodes de calcul différentes plutôt qu'à une expansion de l'aire de répartition. La zone d'occurrence était auparavant calculée en retirant les zones où le milieu n'est pas propice; cependant, la nouvelle méthode d'estimation est fondée sur le plus petit polygone convexe couvrant tous les sites connus, inférés ou prévus de l'occurrence actuelle de l'espèce. Ainsi, les estimations antérieure et actuelle ne peuvent pas être comparées (Wu, comm. pers., 2014). Une comparaison de la cartographie de la répartition de l'espèce entre 2004 et 2014 a révélé que l'aire a très peu changé; toutefois, si certains sites aujourd'hui historiques n'abritent plus la tortue ponctuée, la zone d'occurrence se trouverait à avoir diminué depuis la dernière évaluation.

L'indice de zone d'occupation (IZO) se situe entre 460 et 2 000 km2. L'IZO discret a été calculé en additionnant la superficie de mailles de grille de 2 km de côté superposées directement sur une carte des observations de tortues ponctuées. Cela permet d'obtenir une estimation d'une superficie de 460 à 1 248 km2 (fondée sur 115312 mailles), selon que les données historiques sont exclues (460 km2) ou incluses (1 248 km2) dans les calculs. L'IZO continu a été calculé de la même façon, mais il inclut également les mailles de grille qui se situent entre les sites d'observation se trouvant à moins de 2 km les uns des autres. Ce calcul a donné une estimation de 460 à 2 000 km2 (d'après les données récentes seulement) par rapport à une estimation de 1 248 à 2 000 km2 (d'après les données récentes et historiques). L'IZO continu est fondé sur les distances de séparation reconnues pour l'espèce [voir BIOLOGIE – Déplacements et dispersion]. Si certains sites aujourd'hui historiques n'abritent plus de tortues ponctuées, l'IZO a diminué depuis la dernière évaluation.

Activités de recherche

La plus grande partie de ce que nous savons à propos de l'aire de répartition de la tortue ponctuée au Canada provient de recherches réalisées au cours des 30 dernières années dans le cadre de programmes scientifiques auxquels le public contribue de façon bénévole : Ontario Herpetofaunal Summary Atlas (atlas sommaire de l'herpétofaune de l'Ontario; depuis 1984), Ontario Reptile and Amphibian Atlas (atlas des reptiles et des amphibiens de l'Ontario; depuis 2009), Ontario Turtle Tally Program (programme de dénombrement des tortues en Ontario) du zoo de Toronto (depuis 2003) et Atlas des amphibiens et reptiles du Québec (depuis 1988).

Au Québec, aucun autre relevé ciblé sur les tortues ponctuées n'a été effectué à Nicolet et à Sherbrooke (sites des observations historiques les plus fiables, mais non confirmées) depuis le début des années 2000, et aucune observation n'a été réalisée dans ces régions (Desroches, comm. pers., 2002; Rodrigue, comm. pers., 2002; Bernier, comm. pers., 2013; Dubois, comm. pers., 2013; Giguère, comm. pers., 2013; Toussaint, comm. pers., 2013; Desroches, comm. pers., 2014). On a récemment mené des relevés ciblés dans la réserve nationale de faune du lac SaintFrançois et la réserve indienne d'Akwesasne en raison de la disponibilité de milieux propices (Giguère; 2006) ainsi que dans le complexe de milieux humides de Snye, où le peuple mohawk d'Akwesasne a fait état d'observations historiques (Lickers, comm. pers., 2013); aucune observation de tortue ponctuée n'a été confirmée dans ces sites.

Il existe 26 communautés des Premières Nations qui se trouvent dans l'aire de répartition ontarienne de la tortue ponctuée. Huit des 10 communautés chez lesquelles existent des mentions récentes conservent des données à propos des souspopulations résidentes de l'espèce et de leur répartition (Lickers, comm. pers., 2013).

Selon le CIPN, on a réalisé de 1 à 10 observations dans la plupart des 109 sites actuellement reconnus qui composent l'aire de répartition de l'espèce (Oldham, 1991). Au cours des 10 dernières années, des relevés ciblés sur la tortue ponctuée ont été menés à plusieurs endroits dans l'aire de répartition de l'Ontario; cependant, l'information sur les activités de recherche est difficile à obtenir et, ainsi, le niveau d'effort de recherche n'est pas bien connu ou représenté cidessous.

Dans la région de la baie Georgienne et les environs (y compris les districts de Muskoka et de Parry Sound et les comtés de Bruce, de Grey et de Simcoe), on a continué à effectuer des relevés à un site qui est étudié depuis 1977 (Litzgus, 2012). De plus, au moins 21 sites additionnels de cette région (y compris des sites historiques et des milieux propices où aucune observation n'a été faite jusqu'à maintenant) ont fait l'objet de relevés depuis 2004. La présence de tortues ponctuées a été confirmée à 15 de ces sites de façon fortuite ou dans le cadre de relevés ciblés (Reeves, 2007; Reeves et Litzgus, 2008; Davy et Murphy, 2011; Crowley, comm. pers., 2013; Davy, 2013; McCarter, comm. pers., 2013; Rasmussen, comm. pers., 2013; Riley et al., données inédites; données du CIPN).

Dans le sudest de l'Ontario, d'autres relevés ciblés ont été réalisés dans quatre sites occupés par l'espèce qui font l'objet de surveillance depuis la fin des années 1980 ou le début des années 2000 (Davy, 2013; Brdar, comm. pers., 2014; Davy, comm. pers., 2014; Seburn, comm. pers., 2013, 2014). En 2000 et en 2001, des relevés effectués le long des routes et des activités de recherche (19 jours-personnes) dans un rayon de 10 km du site d'une souspopulation étudiée dans le milieu des années 1980 n'ont donné lieu à aucune observation de tortue (Cebek, 2003). Néanmoins, la présence de tortues ponctuées a récemment été confirmée à un nouveau site en 2010 sur une propriété privée adjacente, et continue de faire l'objet d'une surveillance (Blythe, comm. pers., 2014). Des activités de recherche d'ampleur limitée ont eu lieu dans deux zones protégées de la région depuis le milieu des années 1990 ou le début des années 2000, mais aucune tortue n'a été observée (Alvo, comm. pers., 2002; OMNRF, comm. pers., 2014).

Dans le sudouest de l'Ontario, des relevés ont été réalisés au cours des 10 dernières années dans trois sites protégés où les souspopulations font l'objet d'une surveillance continue depuis le milieu des années 1990 ou le début des années 2000 (Saumure, 1995; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004, 2007; Piraino et Gillingwater, 2005, 2006; Gillingwater, 2009, 2013; Yagi et Litzgus, 2012; OMNRF, données inédites; Davy, données inédites). On a également mené des relevés périodiques de la tortue ponctuée ou de l'herpétofaune dans quatre autres sites protégés dans la région; aucune tortue n'a été observée dans deux de ces sites au cours des récentes années, tandis que des petits nombres demeurent dans les deux autres sites (Haggeman, 1981; Dewey et al., 1982; Lovisek, 1982; Gillingwater et Piraino, 2004, 2005, 2007; Gillingwater, 2009, 2013; MacKenzie et al., 2014). De 2002 à 2014, des activités de recherche limitées ont été réalisées dans 14 sites historiques se trouvant sur des terres appartenant aux comtés ou à des propriétaires fonciers des comtés de Chatham-Kent, Lambton, Norfolk, Oxford et Middlesex; quelques individus ont été observés dans deux sites (Gillingwater et Piraino, 2002; Gillingwater, comm. pers., 2013; McCarter, comm. pers., 2013). On a récemment réalisé des relevés printaniers pendant trois ans, de 2009 à 2011(Davy, 2013) dans un site où seulement quelques observations fortuites ont été précédemment réalisées (Gillingwater, 2005; données du CIPN). De récentes activités approfondies pour trouver des tortues et effectuer des recherches (environ 2 000 heurespersonnes) au parc provincial Pinery de 2008 à 2012 n'ont donné lieu à aucune observation de tortue ponctuée, et l'on croit que l'espèce est absente du parc (Davy, comm. pers., 2013). Un autre site dans le sudouest de l'Ontario a été découvert sur une propriété privée en 2009, et la très petite souspopulation fait l'objet d'une surveillance depuis (Hopkins, comm. pers., 2014).

Dans l'ensemble, même si la présence de l'espèce a été confirmée à des sites nouveaux et historiques dans la baie Georgienne, la péninsule Bruce et les environs au cours des 10 dernières années, plusieurs souspopulations dans l'aire de répartition ont diminué ou sont devenues historiques malgré les récentes activités de recherche. Dans le présent document, vous trouverez de plus amples renseignements sur les activités de recherche de tortues ponctuées en Ontario qui ont donné des résultats positifs [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Abondance], et d'autres renseignements sur les activités de recherche aux sites où l'espèce est maintenant considérée comme disparue [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Fluctuations et tendances].

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

Les tortues ponctuées sont présentes dans les milieux humides riches en matières organiques où se trouvent des eaux peu profondes non polluées, des substrats meubles et une grande quantité de végétation aquatique et émergente, y compris : étangs, tourbières ombrotrophes et minérotrophes, marais à quenouilles/touradons, prairies humides peu profondes à végétation graminoïde, cours d'eau forestiers, rives abritées de baies peu profondes ainsi que divers milieux marécageux, dont ceux dominées par le frêne (Fraxinus sp.), le thuya (Thuja sp.), l'érable (Acer sp.) et des arbustes comme le céphalanthe occidental (Cephalanthus occidentalis), le cornouiller (Cornus sp.), la reinedesprés (Spiraea sp.), le némophanthe mucroné (Nemopanthus mucronata), l'aulne rugueux (Alnus rugosa), le myrique baumier (Myrica gale) et le houx verticillé (Ilex verticillata) (Ernst et al., 1994; Haxton et Berrill, 1999; Litzgus et Brooks, 2000; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Enneson et Litzgus, 2008; Ernst et Lovich, 2009; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Crowley, comm. pers., 2013; Gillingwater, comm. pers., 2013; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014; OMNRF, données inédites). De plus, les sphaignes, les touffes d'herbe et de cypéracées, les quenouilles, les plantes flottantes et les tapis de végétation ainsi que les arbustes hydrophiles semblent être des composantes importantes des milieux aquatiques des populations du nord (Joyal, 1996; Barlow, 1996; Litzgus et Brooks, 2000; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014). Des individus faisant partie d'une souspopulation isolée située sur une petite île de la baie Georgienne ont été observés dans de petits bassins rocheux dénués de végétation aux fins de thermorégulation et/ou d'alimentation; ce comportement n'est pas connu chez d'autres souspopulations (Reeves et Litzgus, 2008).

Les tortues ponctuées utilisent une mosaïque de types de milieux, affichent des changements saisonniers précis dans leur utilisation de l'habitat et pourraient nécessiter un milieu terrestre durant certaines périodes de leur cycle saisonnier d'activité (Graham, 1995; Haxton et Berrill, 1999; Litzgus et Brooks, 2000; Joyal et al., 2001; Beaudry et al., 2009; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Gillingwater, données inédites). Dans le Maine, des tortues ponctuées munies d'un émetteur radio (N = 40) ont utilisé une moyenne de 3,4 ± 2,14 (e.-t.) millieux humides différents par année (plage de 1 à 9; Beaudry et al., 2009). On a également montré que l'individualité joue un rôle dans l'utilisation du microhabitat (Rasmussen et Litzgus, 2010a) et que de 90 à 99 % de l'activité des tortues ponctuées se déroule dans un milieu aquatique (Yagi et Litzgus, 2012). Au moins une étude fait mention d'un complexe de marais où seuls des juvéniles ont été observés (Riley et al., données inédites), ce qui laisse croire qu'il pourrait exister des différences relatives à l'utilisation de l'habitat entre les classes d'âge.

Domaine vital

Une étude récente a révélé que les domaines vitaux des individus contenaient davantage de prairies humides, de milieux humides ouverts, de milieux humides boisés et de terrains secs ouverts que ce qui était disponible dans l'aire de répartition entière de la souspopulation; de plus, les prairies humides étaient à la fois très abondantes et utilisées dans les domaines vitaux individuels (Rasmussen et Litzgus, 2010a). Dans des milieux humides dragués ou des milieux humides où l'on extrait la tourbe, les déplacements peuvent être largement confinés à des chenaux préexistants, et ce au moins lors des années où le niveau de l'eau est bas (Seburn, 2003; Yagi et Litzgus, 2012; Gillingwater, données inédites).

La superficie du domaine vital de la tortue ponctuée calculée selon la méthode du polygone convexe minimal varie de 0,2 à 10 ha (Ernst, 1970a; Wilson, 1994; Graham, 1995; Haxton et Berrill, 1999; Litzgus, 1996; Lewis et Faulhaber, 1999; Milam et Melvin, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004, 2007; Litzgus et Mousseau, 2004b; Kaye et al., 2005; Smith et al., 2005; Dobbyn et Marchand, 2007; Treanor, 2007; Harms, 2008; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Seburn, 2012; Yagi et Litzgus, 2012; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014). Cependant, selon une étude, le domaine vital a plus que doublé grâce aux conditions existantes après inondation (c.àd. meilleure disponibilité d'habitat préféré) causée par les castors (avant inondation : moyenne = 3,2 ha, maximum = 8,8 ha; après inondation : moyenne = 7,1 ha, maximum = 15,5 ha; Yagi et Litzgus, 2012). De récentes recherches dans un complexe de milieux humides relativement intacts de la baie Georgienne a permis d'observer des domaines vitaux encore plus vastes, avec une moyenne de 10 ± 3,98 ha (N = 16) et un maximum de 64 ha (Riley et al., comm. pers., 2013), ce qui laisse entendre que les déplacements saisonniers subissent l'effet de la disponibilité d'habitat préféré dans le paysage. Les tortues ponctuées peuvent parcourir des centaines de mètres entre sites aquatiques, et entre sites aquatiques et sites terrestres (Ernst et al., 1994; Litzgus, 1996; Beaudry et al., 2009).

Dobbyn et Marchand (2007) ont noté que la méthode du polygone convexe minimal permettait en fait d'obtenir l'estimation du domaine vital moyen la plus basse (1,05 ha) pour 10 tortues suivies comparativement à la méthode JennrichTurner (J.-T.; moyenne : 1,33 ha) et à la méthode des noyaux (1,76 ha). De plus, lorsque le domaine vital a été recalculé pour inclure seulement les types d'habitat préférés, les estimations ont été réduites de 18 à 31 % (noyaux : 1,34 ha; J.-T. : 1,13 ha; polygone : 0,87 ha). Selon la méthode de la somme des quadrats de Kaufmann de 1995, la superficie moyenne du domaine vital des tortues ponctuées de la baie Georgienne était de 2,30 ha ± 0,74 pour les femelles (N = 8) et de 2,06 ha ± 1,14 pour les mâles (N = 5) (Litzgus, 1996).

La longueur rapportée du domaine vital annuel est de 115 à 1 680 m (moyenne : 155330 m; Haxton, 1998; Lewis et Faulhaber, 1999; Joyal et al., 2001; Milam et Melvin, 2001; Seburn, 2003, 2012; Gillingwater et Piraino, 2007; Gillingwater, données inédites). Les déplacements quotidiens moyens sont généralement de moins de 30 m (Ernst, 1976; Litzgus, 1996; Haxton, 1998; Litzgus et Mousseau, 2004; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Yagi et Litzgus, 2012; Riley et al., données inédites, 2013; Gillingwater, données inédites); cependant, les mâles qui cherchent à s'accoupler (Lovich, 1990) et les femelles gravides cherchant un site de nidification (Litzgus, 1996; Haxton et Berrill, 1999) peuvent se déplacer sur des distances beaucoup plus grandes.

Des différences significatives quant à la taille moyenne du domaine vital entre les sexes sont mentionnées dans certaines études (Haxton, 1998; Haxton et Berrill, 1999; Litzgus et Mousseau, 2004; Riley et al., données inédites), mais non dans d'autres (Ernst, 1970; Litzgus, 1996; Seburn, 2003, 2012; Gillingwater et Piraino, 2007; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Yagi et Litzgus, 2012). Deux juvéniles suivis dans la baie Georgienne avaient des domaines vitaux de taille très différente, soit de 0,5 ha et de 64 ha (Riley et al., donées inédites).

Habitat de nidification

À la limite nord de son aire de répartition, la tortue ponctuée nidifie dans des zones exposées au plein soleil. Selon une étude, les sites de nidification convervaient une exposition de 75 à 100 % au soleil de midi (Rasmussen et Litzgus, 2010b). Les nids peuvent recevoir durant une petite partie de la journée l'ombre de la haute végétation et d'arbres voisins (Gillingwater, données inédites). L'habitat de nidification comprend un sol peu profond sous des lichens, des mousses et une litière de feuilles dans les affleurements rocheux du Bouclier canadien (Haxton, 1998; Litzgus et Brooks, 1998a; 2000; Riley et al., données inédites); des buttes couvertes de mousses dans les zones inondées; des zones de tourbière ouverte le long des talus de drainage; des bordures de prairies de fauche adjacentes à des milieux humides (OMNRF, données inédites); des huttes de rat musqué; la base moussue des touffes d'herbe dans les zones aquatiques; les bords de sentiers de VTT et de digues (Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Piraino et Gillingwater, 2007). La nidification peut également avoir lieu sur l'emprise des routes (Riley et al., données inédites). Dans la partie sud de l'aire de répartition en Amérique du Nord, la nidification a aussi été rapportée dans des pâturages marécageux, des tapis et des buttes de sphaigne, des buttes racinaires, du bois en décomposition et des souches dans des marécages ainsi que divers sites anthropiques dont de la pelouse, des jardins, l'accotement de routes pavées, des coupes à blanc récentes (< 3 ans), des pâturages pour chevaux, l'emprise de lignes de transport d'électricité et des champs fauchés (Joyal et al., 2001; Milam et Melvin, 2001; Litzgus et Mousseau, 2004; 2006; Ernst et Lovich, 2009; Beaudry et al., 2010).

Des femelles munies d'un émetteur radio qui ont été suivi pendant plus de 2 ans (N = 25) ont montré une fidélité plus forte au substrat de nidification (y compris le gravier, le sable, le sol, la sphaigne et l'argile) qu'au site de nidification (elles ont niché de 2 à 211 m du site précédent; Rasmussen et Litzgus, 2010b). Les œufs sont pondus à une distance de 0 à 312 m du milieu humide le plus proche (Joyal et al., 2001; Milam et Melvin, 2001; Dobbyn et Marchand, 2007; Beaudry et al., 2010; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Steen et al., 2012; Gillingwater, données inédites). Une étude a mentionné que les températures moyennes du nid (21,43 ± 0,45 °C [e.t.]) ne différaient pas de façon importante des températures du substrat générablement disponible dans l'habitat de nidification (21,24 ± 0,45 °C; Rasmussen et Litzgus, 2010b).

Habitat d'estivation (dormance estivale)

Dans certaines souspopulations, les tortues effectuent des excursions vers des milieux terrestres pour la dormance estivale (Graham, 1995; Perillo, 1997; Litzgus et Brooks, 2000). Dans le baie Georgienne, l'habitat d'estivation était situé dans les forêts, les marécages de sphaigne et sur des affleurements rocheux où les tortues ont été trouvées ensevellies sous des buttes de sphaignes, des feuilles, des branches, des lichens et, particulièrement, sous des génévriers (Litzgus et Brooks, 2000). Dans une tourbière ombrotrophe du sud de l'Ontario, on a observé des tortues ponctuées en dormance estivale dans un sol humide au fond de canaux de drainage, sous des buttes de sphaigne, ou encore sous des framboisiers (Rubus idaesus strigosus), des bleuets en corymbe (Vaccinium corymbosum), des cassandres caliculés (Chamaedaphne calyculata) et des linaigrettes à large gaine (Eriophorum vaginatum) (Yagi et Litzgus, 2012). Dans un marais du sud de l'Ontario, l'estivation des tortues ponctuées s'est produite dans des zones aquatiques peu profondes (de 8 à 50 cm de profondeur), y compris des marais parsemé de buttes de gazon, des peuplements inondés de quenouilles, des cypéraçaies inondées ou des cypéraçaies sèches avec des flaques d'eau; aucune estivation terrestre n'a été observée (Gillingwater, données inédites). Aux ÉtatsUnis, on a également noté l'estivation de tortues ponctuées sur des tapis de sphaigne flottants (Beaudry et al., 2009), dans des huttes de rats musqués ou des bassins d'eau courante (Ernst, 1976; Kiviat, 1978b) ainsi que dans des forêts sèches, des prairies, des terrains boisées inondées et des bordures de champs où les tortues s'enfouissent en milieu sec sous des feuilles, des herbes, des fougères, des branches ou de la végétation en décomposition (Ward et al., 1976; Creighton et Graham, 1993; Graham, 1995; Beaudry et al., 2009; Ernst et Lovich, 2009).

Habitat d'hibernation

Les tortues ponctuées canadiennes utilisent une variété de milieux d'hibernation, y compris des marécages à sphaigne, des marécages ou des tourbières minérotrophes dominés par des arbustes, des cavernes en affleurement rocheux qui communiquent avec des milieux humides, des buttes de mousse ou de racines d'arbres ou d'arbustes, des marais ou des prairies peu profonds à végétation graminoïde, des marais à quenouilles/ touradons, les bordures de bassins et de chenaux dragués peu profonds, des canaux de drainage dans des tourbières exploitées, et même des fossés le long de routes ou les bordures de millieux humides qui se trouvent dans l'emprise de routes (Litzgus et al., 1999; Seburn, 2003; Dobbyn et Marchand, 2007; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Yagi et Litzgus, 2012; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites; Riley et al., données inédites). La profondeur de l'eau dans l'hibernaculum varie de 0 à 100 cm (Rasmussen et Litzgus, 2010a; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites). Selon une étude, des tortues ponctuées ont choisi des sites d'hibernation bénéficiant d'une certaine protection structurale (c.àd. végétation ligneuse, monticules de végétation, huttes de rat musqué) et renfermant une eau moins profonde qu'ailleurs de façon générale (049 cm; Rasmussen et Litzgus, 2010a).

Tendances en matière d'habitat

La qualité et la superficie de l'habitat de la tortue ponctuée en Ontario ont diminué à cause de divers facteurs.

L'étude intitulée « Southern Ontario Wetland Conversion Analysis » a mentionné qu'avant la colonisation européenne, vers 1800, il existait quelque 2 millions d'hectares de milieux humides dans le sud de l'Ontario (25 % de la superficie totale); en 1967, seuls 637 020 ha demeuraient (8 % de la superficie totale) et, en 2002, il ne restait que 560 000 ha (7 % de la superficie totale; Ducks Unlimited, 2010). Dans l'ensemble, environ 1,4 million d'hectares ou 72 % des milieux humides de ≥ 10 ha qui existaient avant la colonisation européenne avaient été perdu en 2002 (Ducks Unlimited, 2010; voir la figure 4). La plupart des comtés ont connu des pertes de l'ordre de 45 à 85%; cependant, les comtés d'Essex, de Kent, de Lambton, de Middlesex, de Perth et de Russell ont subi des pertes de 89 à 98 % (Ducks Unlimited, 2010). Le développement a été le facteur le plus important de la perte de milieux humides dans la région du Golden Horseshoe; ailleurs, les terres agricoles, les coupes forestières, les champs urbains et les dégagements effectués pour les emprises de lignes d'hydroélectricité et de routes ont été les principales utilisations des terres, qui ont entraîné 94 % de la perte de milieux humides dans le sud de l'Ontario (Ducks Unlimited, 2010).

Figure 4. Perte de milieux humides dans le sud de l'Ontario (Ducks Unlimited Canada, 2010)
Carte montrant le pourcentage de perte de milieux humides
Description longue pour figure 4

Carte montrant le pourcentage de perte de milieux humides dans le sud de l'Ontario, par canton, de 1800 à 2002. La plupart des cantons ont connu des pertes de 45 à 85 pour cent; cependant, les comtés d'Essex, de Kent, de Lambton, de Middlesex, de Perth et de Russell ont connu des pertes de 89 à 98 pour cent.

Les milieux humides côtiers de la baie Georgienne ont subi des pertes graduelles de l'ordre de > 50 % à cause de l'empiètement agricole et de la construction de chalets le long de la côte centrale, de la côte ouest de la péninsule Bruce et dans le sud de la baie Georgienne (Environment Canada et Ontario Ministry of Natural Resources, 2003). Une étude sur la perte de milieux humides dans le bras Severn, dans le sud de la baie Georgienne, a indiqué que les milieux humides ont diminué de 16 à 68 % dans certaines zones depuis 1951 (Severn Sound Remedial Action Plan, 1993b). Les principales causes de la perte de milieux humides sont la modification des rives, la construction de routes, le remplissage pour l'aménagement urbain et la construction de chalets ainsi que le dragage et l'aménagement de canaux liés à l'aménagement de marinas (Severn Sound Remedial Action Plan, 1993a). Voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS pour de plus amples renseignements sur les déclins de la quantité et de la qualité de l'habitat.

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Biologie

La présente section offre des renseignements sur le cycle vital, la reproduction, le développement, la démographie, l'alimentation, la mortalité, les relations interspécifiques, la physiologie et les déplacements de la tortue ponctuée. Au cours des 10 dernières années, depuis le dernier rapport du COSEPAC, plus d'information a été recueillie sur cette espèce en Ontario à propos du succès de reproduction et de la fécondité, de l'écologie de l'alimentation, des habitudes de déplacements, des préférences relatives à la thermorégulation et des caractéristiques du microhabitat de l'hibernaculum.

Cycle vital, paramètres démographiques et reproduction

Habitudes et moment de la reproduction

Au début du printemps, les tortues ponctuées se rassemblent dans les milieux aquatiques pour la reproduction (Ernst, 1967; Perillo, 1997; Litzgus et Brooks, 1998a; A. Yagi, comm. pers., 2003; Gillingwater, données inédites); elles ont tendance à être fidèles aux sites de reproduction (Litzgus et al., 1999; Litzgus et Brooks, 2000; Piraino et Gillingwater, 2005). Au sein de la souspopulation de la baie Georgienne, les mêmes 1015 adultes retournent en mai dans un étang de castors depuis plus de 20 ans, vraisemblablement pour se reproduire (Bird, données inédites; Oldham, données inédites; Litzgus, données inédites).

La nidification a lieu de la fin mai à la fin juin (Litzgus et Brooks, 2000; Rasmussen et Litzgus, 2010b; Gillingwater et Piraino, 2004), et est principalement nocturne, la plupart des observations indiquant que la construction de nids commence de 17 h à 23 h (Logier, 1939; Rhodes, comm. pers., 1981; Chippindale, 1989; Litzgus et Brooks, 1998a; Gillingwater et Piraino, 2004; Gillingwater, données inédites); cependant, des femelles nidifient également lors de chauds aprèsmidis couverts durant des épisodes de pluie (Gillingwater et Piraino, 2004). Les femelles peuvent se déplacer à l'extérieur de leur domaine vital ordinaire pour pondre leurs œufs (Ernst, 1970; Wilson, 1994); elles se déplacent en terrain sec (0900 m de distance) et passent jusqu'à 9 jours sur terre avant de revenir en milieu humide (Beaudry et al., 2010).

L'incubation des œufs dure au moins 72 jours dans la nature (Gillingwater, données inédites), et on a observé une incubation de 108 jours dans quelques nids se trouvant dans un marais du sudouest de l'Ontario (Dobbyn et Marchand, 2007). En Ontario, l'émergence des nouveau-nés a lieu du début septembre à la fin octobre (Dobbyn et Marchand, 2007; Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites; Rasmussen, données inédites), mais les nouveau-nés peuvent hiverner dans le nid et émerger le printemps suivant (Ernst et Lovich, 2009; Gillingwater, données inédites).

Fécondité et succès de reproduction

Les tortues ponctuées ont un faible rendement reproductif. La taille des pontes pour les tortues se trouvant dans le nord de l'aire de répartition varie de 1 à 7 œufs, avec une moyenne de 4 ou 5 œufs (Litzgus et Brooks, 1998a; Gillingwater et Piraino, 2004; Enneson et Litzgus, 2008; Rasmussen et Litzgus, 2010b; Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites). Lors d'une étude sur quatre ans réalisée dans la baie Georgienne, en moyenne 58 % des femelles adultes ont été jugées gravides en juin de chaque année (Litzgus et Brooks, 1998a). La plupart des femelles de la baie Georgienne et du comté de Bruce ne pondent pas d'œufs tous les ans (Litzgus et Brooks, 1998a; Enneson et Litzgus, 2008; Rasmussen et Litzgus, 2010b), et certaines ne produisent pas d'œufs pendant au moins 3 années consécutives (Litzgus et Brooks, 1998a); cependant, les femelles du sudouest de l'Ontario nidifient souvent annuellement ou aux deux ans (Rasmussen et Litzgus, 2010b; OMNRF, données inédites). Une femelle du comté de Bruce aurait eu deux pontes en une saison, soit une de trois œufs suivie, deux semaines plus tard, d'une de deux œufs; la seconde ponte ne s'est pas développée (Rasmussen et Litzgus, 2010b).

Les femelles adultes qui ont un meilleur état corporel (c.àd. masse corporelle non gravide par rapport à la longueur de la carapace) produisent plus d'œufs du fait d'une fréquence plus élevée de reproduction (Rasmussen et Litzgus, 2010b). Les tortues qui vivent à la limite nord de l'aire de répartition de l'espèce sont plus grosses et ont des pontes plus importantes, mais se reproduisent moins fréquemment que les tortues de la partie sud, aux ÉtatsUnis (Litzgus et Mousseau, 2003, 2006; Rasmussen et Litzgus, 2010b). Ainsi, les tortues ponctuées du nord font face à une perte plus importante de rendement reproductif pour chaque tentative de nidification ratée (Rasmussen et Litzgus, 2010b). Les taux de succès de la nidification observés varient de 27 à 33 % (N = 611; Beaudry et al., 2010; Rasmussen et Litzgus, 2010b). Une table de survie en fonction des stades vitaux, fondée sur des données de taux de survie moyen des nids recueillies dans l'aire de répartition en Amérique du Nord, a permis d'estimer le taux de survie moyen des œufs pour cette espèce à 55 % (Enneson et Litzgus, 2008).

Longévité et développement

En Ontario, la maturité sexuelle est retardée jusqu'à ce que les tortues aient de 11 à 15 ans et une longueur de la dossière, mesurée en ligne droite (« straight carapace length » ou SCL), de plus de 10 cm (Litzgus et Brooks, 1998b). La longévité des tortues ponctuées sauvages est inconnue, mais quelques individus de la souspopulation de la baie Georgienne avaient plus de 44 ans (Litzgus, données inédites). La longévité maximale au sein de cette souspopulation a été estimée à 110 ans pour les femelles, fondée sur un taux de survie minimal des femelles adultes de 96,5 %, et de 65 ans pour les mâles, selon un taux de survie minimal des mâles adultes de 94,2 %; ces valeurs sont tirées de données de marquagerecapture recueillies sur 24 ans (Litzgus, 2006). La durée d'une génération serait de 40,6 ans [lignes directrices de l'UICN de 2011 : durée d'une génération = âge à la maturité + 1/taux de mortalité], d'après un âge à la maturité de 12 ans (Litzgus, 1998) et un taux de mortalité calculé de 0,035 selon un taux de survie annuel des femelles adultes de 0,965 (Enneson et Litzgus, 2008).

La taille corporelle des tortues ponctuées varie au sein de l'aire de répartition : les tortues les plus grosses se trouvent dans le nord (45° N), et les plus petites, près de la partie centrenord de l'aire de répartition (39° N; Litzgus et al., 2004). Cette baisse de la taille corporelle près de cette dernière latitude représente vraisemblablement une « zone de transition » où il existe un compromis entre la croissance et le rendement reproductif; en effet, les tortues vivant au nord de cette zone produisent moins de pontes par année et, ainsi, consacrent plus de ressources à la croissance (Litzgus et al., 2004). Dans le sudouest de l'Ontario, la taille moyenne des adultes (N = > 300 captures) était de 108 mm SCL (plage de 93 à 122 mm; Gillingwater, données inédites). Une femelle adulte de la souspopulation du sudouest de l'Ontario aurait atteint une longueur SCL de 143 mm (Haxton, 1998).

Structure de la population et démographie

Quelques études réalisées en Ontario font état de rapports des sexes de 1:1 (Litzgus, 1996; Gillingwater et Brooks, 2001; Seburn, 2006; Yagi et Litzgus, 2012; Rasmussen, données inédites), et d'autres études ont mentionné des rapports inégaux en faveur des femelles (Haxton, 1998 [1 M:1,9 F]; Seburn, 2003 [1 M:3,5 F]; Seburn, 2011 [1 M:2,75 F]; Reeves et Litzgus, 2008 [1 M:3,8 F]). Au moins une souspopulation maintien un rapport inégal en faveur des mâles (Saumure, 1995 [2,5 M:1 F]; Gillingwater et Piraino, 2007 [moyenne de 1,5 M:1 F]). Cette dernière souspopulation est gravement touchée par la mortalité sur les routes (Gillingwater et Piraino, 2007) et, ainsi, ce rapport inégal pourrait refléter une plus grande perte de femelles adultes durant leurs déplacements en quête d'habitat de nidification.

Sur les 12 souspopulations ontariennes qui ont été échantillonnées durant au moins deux ans, trois souspopulations semblent conserver un pourcentage élevé de juvéniles (3050 %; Reeves et Litzgus, 2008; Seburn, 2011; Davy, données inédites; Riley et al., données inédites); trois autres semblent maintenir un pourcentage modéré de juvéniles (1525 %; Seburn, 2003; Davy, données inédites; Rasmussen, données inédites); quatre souspopulations semblent conserver un faible pourcentage de juvéniles (511 %; Seburn, 2006; Litzgus, 2012; Davy, données inédites; Gillingwater, données inédites); une dernière semble avoir un pourcentage très faible de juvéniles (< 2 %; Davy, données inédites; Gillingwater, données inédites). Cependant, ces différences relatives à l'abondance de juvéniles parmi les souspopulations pourraient davantage refléter une plus grande dispersion des individus dans de vastes milieux plutôt qu'une réelle caractéristique démographique des souspopulations, puisque les pourcentages les plus élevés de juvéniles sont généralement notés dans les sites les plus petits (< 25 ha), tandis que les pourcentages les plus faibles sont liés aux sites les plus vastes (> 100 ha). Cependant, une étude (Riley et al., données inédites) mentionne un pourcentage élevé de juvéniles (33 %) pour un site très vaste (4 700 ha); il se pourrait que les auteurs soient tombés sur une « aire de croissance » qui était utilisée seulement par des juvéniles.

Recherche de nourriture et alimentation

On a observé des tortues ponctuées cherchant de la nourriture dans de l'eau variant de 7,7 à 31,7 °C et de 2 à 40 cm de profondeur (Rasmussen et al., 2009). Lors des observations d'alimentation (n = 227), la nourriture des tortues était composée à 74 % d'invertébrés aquatiques (gastéropodes : 37,2 %, trichoptères : 11,6 %, sangsues : 2,3 %, écrevisses : 2,3 %, non identifié : 20,9 %), à 2,3 % de végétation, à 2,3 % de têtards et à environ 16 % de charogne (truites arcenciel, carpes, ménés, grenouilles léopards). Aux ÉtatsUnis, on a noté que les tortues ponctuées mangeaient des algues, des canneberges, des lombrics, des larves d'insectes aquatiques, de petits crustacés, des gastéropodes, des têtards, des salamandres et de la charogne (poissons et oiseaux) (Ernst et al., 1994).

Comportement d'estivation (dormance estivale)

Certains individus dans certaines souspopulations évitent les conditions chaudes, sèches et desséchantes de l'été en estivant dans un milieu aquatique ou terrestre. La dormance estivale pourrait être un terme plus approprié pour ce comportement puisque les tortues ne deviennent pas toutes inactives au cours de l'été et, pour celles qui le deviennent, l'activité est plutôt réduite que cessée (Litzgus et Brooks, 2000; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Gillingwater, données inédites). Cette période d'activité réduite peut avoir lieu de la fin juin au début septembre (Litzgus et Brooks, 2000; Gillingwater, données inédites) ou même jusqu'à la fin octobre (Yagi et Litzgus, 2012), et peut durer plusieurs jours ou semaines (plage de 2 à 100 jours; Ward et al., 1976; Graham, 1995; Joyal et al., 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Yagi et Litzgus, 2012; Gillingwater, données inédites). En juillet et en août dans la baie Georgienne, des tortues ponctuées ont passé environ la moitié de leur temps enfouies, et étaient actives durant le reste du temps (Litzgus et Brooks, 2000). Dans le sudouest de l'Ontario, 78 % des individus suivis (n = 9) ont connu durant la saison après la nidification des périodes d'activité réduite (de 9 à 43 jours; moyenne des déplacements quotidiens : 00,5 m, maximum : 1,75 m) (Gillingwater et Piraino, 2004). Yagi et Litzgus (2012) ont noté que la plupart des individus munis d'un radio émetteur n'ont pas estivé lorsque le milieu aquatique demeurait propice (c.àd. zones inondées peu profondes de < 40 cm) durant la saison d'activité, ce qui laisse croire que le comportement d'estivation est étroitement lié à la disponibilité d'habitat de prédilection.

Comportement d'hibernation

En Ontario, l'hibernation dure six ou sept mois (Litzgus et al., 1999; Haxton et Berrill, 2001; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Gillingwater, données inédites). Les souspopulations canadiennes sortent de l'hibernation de la fin mars à la fin avril, et la dispersion à partir de l'hibernaculum se produit du début à la fin avril (Haxton et Berrill, 1999; Litzgus et al., 1999; Litzgus et Brooks, 2000; Seburn, comm. pers., 2003; Gillingwater, données inédites). Les tortues ponctuées retournent dans les aires d'hibernation à la fin de l'été ou à la fin de l'automne, et entrent dans l'hibernaculum de la miseptembre à la minovembre, où elles demeurent jusqu'au printemps suivant (Litzgus et al., 1999; Litzgus et Brooks, 2000; Blythe, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites). Les différences temporelles dans ces comportements sont fonction de la latitude; les souspopulations du sudouest de l'Ontario arrivent à l'hibernaculum jusqu'à un mois plus tard et le quittent jusqu'à un mois plus tôt que les souspopulations situées plus au nord.

Les tortues ponctuées hivernent souvent en commun (Behler, 1996; Lewis et Ritzenthalter, 1997; Perillo, 1997; Haxton et Berrill, 1999; Litzgus et al., 1999; Seburn, 2003; Lewis et al., 2004; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Blythe, comm. pers., 2014; Hopkins, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites), et on a déjà observé de 16 à 34 individus dans un même gîte (Lewis et al., 2004; Rasmussen et Litzgus, 2010a); cependant, elles peuvent également hiverner seule. Selon une étude, 66 % des pistages de tortues ponctuées jusqu'à leur hibernaculum concernaient des hibernacula individuels (Gillingwater, données inédites). Ainsi, la présence d'un hibernaculum commun dans un milieu humide n'empêche pas nécessairement l'existence de plusieurs autres hibernacula occupés par des individus seuls qui sont dispersés dans le même milieu humide. En Ontario, on a occasionnellement observé des tortues ponctuées qui partagaient leur hibernaculum avec des tortues mouchetées (Blythe, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites).

Les tortues ponctuées affichent souvent une fidélité aux aires d'hibernation (Litzgus et al., 1999; Seburn, 2003; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Blythe, comm. pers., 2014; Gillingwater, données inédites); cependant, des individus peuvent également choisir un hibernaculum qui diffère sur le plan du milieu et de la localité selon les années (distances entre les hibernacula variant de 50 à 490 m; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Gillingwater, données inédites). Une étude a mentionné que dans 55 % des pistages de tortues ponctuées jusqu'à leur hibernaculum, ce dernier se trouvait dans un rayon de 20 m du gîte précédent, et dans 44 % des cas, l'hibernaculum se trouvait dans un rayon de 10 m (Gillingwater, données inédites). Dans une autre étude, les pourcentages ont été de 56 % dans un rayon de 10 m, et de 39 % dans un rayon de 1 m (Rasmussen et Litzgus, 2010a). Les tortues ponctuées peuvent hiberner dans les mêmes aires et types de milieux utilisés pour l'activité estivale; elles ne font alors aucun déplacement notable vers un hibernaculum (Dobbyn et Marchand, 2007; Gillingwater, données inédites). Cependant, elles peuvent également hiberner à l'extérieur de l'aire de répartition estivale (Seburn, 2003; Gillingwater, données inédites).

Mortalité

Les prédateurs connus de la tortue ponctuée adulte incluent les suivants : raton laveur (Procyon lotor), moufette rayée (Mephitis mephitis), renard roux (Vulpes vulpes), coyote (Canis latrans), loutre de rivière (Lontra canadensis), vison d'Amérique (Mustela vison), ours noir (Ursus americanus) et Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) (Ernst et al., 1994; Litzgus, 1996; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; 2007). Les prédateurs qui s'attaquent à la fois aux œufs et aux nouveau-nés sont le raton laveur, le renard roux, le coyote, la moufette rayée et les fourmis (Formicidés) (Litzgus, 1996). Au nombre des autres prédateurs de nouveau-nés, on compte la grenouille verte (Lithobates clamitans; DeGraaf et Nein, 2010), la chélydre serpentine (Chelydra serpentina), le rat musqué (Ondatra zibethicus), la couleuvre d'eau (Nerodia sipedon), la corneille (Corvus sp.) ainsi que de gros échassiers (Ernst et Lovich, 2009). Litzgus et Mousseau (2006) font état de possible prédation des nids par un serpent (probablement Pantherophis vulpinus) puisqu'ils ont noté un tunnel lisse pénétrant dans la cage du nid (installée par les chercheurs) et dans la cavité du nid, où les œufs ont été consommés entiers.

Il n'est pas inhabituel de trouver dans des souspopulations de tortues ponctuées une proportion relativement élevée d'adultes qui ont des blessures (membres manquants, queue coupée, égratignures profondes dans la carapace). Les taux de blessures attribuables à des prédateurs dans diverses souspopulations de tortues ponctuées varient de 13,5 à 50 % (Ernst, 1976; Lovich, 1989; Litzgus, 1996; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Harms, 2008; Reeves et Litzgus, 2008; Rasmussen, comm. pers., 2013). Selon une étude, 16 adultes ont été trouvés morts au cours d'une saison de relevés de marquagerecapture; les causes de mortalité incluaient la mortalité sur les routes (N = 7), des causes inconnues (N = 7), la prédation par un vison (N = 1) et la mortalité durant l'hibernation (N = 1; Gillingwater et Piraino, 2007; Gillingwater, données inédites). Cette étude mentionne également un taux de mortalité de 27 % chez les individus qui ont été munis de radio émetteur lors de 1 à 4 campagnes sur le terrain (N = 18). Les causes de mortalité comprenaient la mortalité sur les routes (N = 2), la prédation par un vison (N = 1), la mortalité durant l'hibernation (N = 1) et des causes inconnues (N = 1). Une étude radiotélémétrique dans un milieu humide influencé par les castors a permis de noter un taux de mortalité de 57 % chez les tortues qui ont été suivies pendant 6 ans dans les conditions avant inondation (N = 7) et un taux de 0 % chez les tortues suivies pendant deux ans dans les conditions après inondation (N = 12), qui augmentaient la zone d'habitat aquatique peu profond de prédilection (Yagi et Litzgus, 2012).

Les tortues ponctuées vivant dans le nord de l'aire de répartition sont particulièrement vulnérables à la prédation après la longue période d'hibernation (68 mois). La consommation d'oxygène limitée entraîne une accumulation d'acide lactique dans les tissus corporels; ce déséquilibre acide et les températures basses rendent les tortues très léthargiques et moins en mesure de se défendre contre les prédateurs. Dans la souspopulation de la baie Georgienne, des tortues récemment blessées ou mortes étaient souvent trouvées, à la fin de l'automne ou au début du printemps, à proximité des hibernacula (Litzgus, données inédites). Une étude a permis de trouver au moins 5 femelles récemment tuées dans une très petite zone (~ 30 m2) au début du printemps (Rasmussen, comm. pers., 2013). Des mortalités hivernales ont également été notées (Gillingwater et Piraino, 2007; Blythe, comm. pers., 2014; OMNRF, données inédites) et pourraient être attribuables à l'anoxie ou au gel dans l'hibernaculum; une étude en cours fait état de taux de mortalité hivernaux de 1 ou 2 tortues/année depuis 1999 (OMNRF, données inédites).

Des modèles fondés sur des données prélevées au cours de plus de 24 ans de marquagerecapture au sein d'une souspopulation de la baie Georgienne ont produit les estimations de taux de survie annuel minimaux suivantes : 96,5 % chez les femelles adultes, 94,2 % chez les mâles adultes (Litzgus, 2006; Enneson et Litzgus, 2008) et 82 % chez les juvéniles (Enneson et Litzgus, 2008). Le recrutement annuel d'adultes (c.àd. le pourcentage de juvéniles qui deviennent des adultes chaque année) était très faible, à seulement 2,2 % (Enneson et Litzgus 2008). Voir la section MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS pour de plus amples renseignements sur les causes anthropiques de mortalité chez les tortues ponctuées.

Physiologie et adaptabilité

Stratégie de vie

Les tortues ponctuées, comme d'autres espèces de tortues, sont considérées comme des joueurs prudents, qui se couvrent (« bet-hedgers »). Cette stratégie de vie comprend une mortalité élevée des œufs et des juvéniles, l'itéroparité (épisodes de reproduction répétés durant la durée de vie), une faible mortalité des adultes et une longue durée de vie. Les souspopulations de tortues peuvent soutenir un faible recrutement de juvéniles pendant des années, pour autant que les adultes reproducteurs ne meurent pas et ne sont pas victimes d'une surexploitation (Stearns, 1976; Roff, 1992). Une analyse de sensibilité des paramètres de la table de survie a indiqué que la viabilité d'une souspopulation de tortues ponctuées dépend fortement de la survie des adultes (Litzgus, données inédites). Ces caractéristiques de la stratégie de vie peuvent rendre les souspopulations vulnérables au déclin ou à la disparition quand aussi peu que 1 à 3 % des adultes reproducteurs disparaissent (Doroff et Keith, 1990; Brooks et al., 1991; Congdon et al., 1993, 1994; Gibbs et Shriver, 2002; Enneson et Litzgus, 2008).

Thermorégulation et exposition au soleil

Les tortues ponctuées sont souvent les premières des tortues syntopiques à sortir de l'hibernation, généralement dès la fonte de la couverture de neige (Ernst, 1982), et sont le plus actives au début du printemps, quand il fait frais (Ward et al., 1976; Lovich, 1988; Litzgus et Brooks, 2000). La plage normale d'activité se situe de 3 à 32 °C, et les tortues peuvent être actives dans de l'eau aussi froide que de 1 à 5 °C (Ernst, 1982; Litzgus et al., 1999). Le maximum thermique critique pour cette espèce est d'environ 42 °C (Hutchison et al., 1966).

La température corporelle préférée de tortues ponctuées étudiées en laboratoire variait de 20 à 26 °C (Yagi et Litzgus, 2013). Des tortues pistées (N = 16) dans une tourbière ombrotrophe du sudouest de l'Ontario se trouvaient cependant dans la plage de température corporelle préférée que pendant 28 % de la durée totale de la saison d'activité (de mars à octobre), et 67 % du temps en juillet et août (Yagi et Litzgus, 2013). À l'automne, la température de l'habitat et les températures corporelles s'éloignent largement de la plage préférée de l'espèce, ce qui laisse croire à un changement saisonnier relatif aux préférences thermiques des tortues, possiblement pour réduire le métabolisme durant les périodes où les ressources sont limitées, et les températures, basses (Yagi et Litzgus, 2013). Avant que les castors n'inondent cette tourbière, les canaux de drainage constituaient le seul milieu aquatique disponible, et offraient la qualité thermale la plus faible. Toutefois, la zone inondée peu profonde créée lors de la construction du barrage de castors présentait la qualité thermale la plus élevée et offrait de meilleures conditions thermiques aux tortues ponctuées (Yagi et Litzgus, 2013).

Détermination du sexe en fonction de la température

Le sexe des embryons qui se développent dépend de la température durant l'incubation (détermination du sexe en fonction de la température). Les femelles sont produites à des températures de 30 °C et plus, tandis que les mâles se développent à des températures de moins de 27 °C (Ewert et Nelson, 1991). Dans le cas des espèces dont le sexe est déterminé durant le développement embryonique, comme la tortue ponctuée, certains chercheurs sont d'avis que les changements climatiques mondiaux pourraient avoir des effets nuisibles sur le rapport des sexes au sein des souspopulations (Janzen, 1994a).

Estivation

En Pennsylvanie, les tortues ponctuées deviennent inactives lorsque la température de l'eau atteint 30 °C (Ernst, 1982). Dans le sudouest de l'Ontario, l'estivation peut avoir lieu de la mijuin jusqu'à la miseptembre ou octobre (Yagi et Litzgus, 2012; Gillingwater, données inédites) à des températures de l'eau aussi basse que 15 °C (Gillingwater, données inédites). Certains chercheurs ont noté que la plupart des tortues qui entraient en estivation choisissaient des sites terrestres qui n'étaient pas plus frais que les températures ambiantes, et il n'a pas été établi si un ralentissement du métabolisme (caractéristique d'une réelle estivation) accompagnait l'inactivité (Litzgus et Brooks, 2000; Haxton et Berrill, 2001). La température corporelle moyenne des tortues en estivation dans la baie Georgienne était de 21,8 °C (Litzgus et Brooks, 2000). Yagi et Litzgus (2012) ont noté que le comportement était beaucoup moins fréquent après une inondation, lorsque de l'habitat à une température propice (zones inondées peu profondes de < 40 cm qui permettent de conserver la température corporelle dans la plage préférée de 20 à 26 °C) était davantage disponible.

Hibernation

Les tortues ponctuées survivent aux conditions environnementales extrêmes des hivers nordiques en hibernant dans des sites qui ne gèlent pas et qui maintiennent des températures près de 0 °C (Litzgus et al., 1999; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Hopkins pers. comm. 2014; OMNRF, données inédites). Des tortues ponctuées de la baie Georgienne entraient dans un hibernaculum lorsque leur température corporelle se trouvait de 12 à 16 °C (moyenne de 9,5 °C) et l'ont quitté lorsque la température ambiante se trouvait entre 1 et 5 °C (Litzgus et al., 1999; Litzgus et Brooks 2000). Dans le sudouest de l'Ontario, des tortues ponctuées ont commencé à quitter la zone d'hibernation lorsque les températures de l'eau s'élèvaient audessus de 5 °C (Gillingwater, données inédites).

Malgré des fluctuations de 37 °C au cours d'une période de 5 jours durant la partie la plus froide de l'hiver, une tortue ponctuée munie d'un enregistreur de données se trouvant dans un hibernaculum a conservé une température corporelle remarquablement stable de 1 ou 2 °C (Litzgus et al., 1999). Dans une tourbière partiellement exploitée, les tortues ponctuées ont choisi des chenaux de canalisation ouverts pour hiverner parce qu'ils offrent une température plus stable que les milieux naturels (c.àd. zones inondées peu profondes), ce qui laisse entendre que différents milieux offrent une qualité thermale plus élevée à divers moments de l'année (Yagi et Litzgus, 2013).

Les tortues ponctuées semblent être tolérantes à un faible niveau d'oxygène dans l'eau durant l'hibernation. Les concentrations d'oxygène dissous mesurées dans les hibernacula variaient de 1,0 à 118 mg/L (Litzgus et al., 1999; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Hopkins, comm. pers., 2014; OMNRF, données inédites). On croit que l'espèce peut hiverner près de la surface de la glace, où les concentrations d'oxygène dissous sont le plus élevées mais les températures de l'eau sont le plus basses (près de 0 °C; OMNRF, données inédites).

Déplacements et dispersion

Les distances de séparation reconnues (c.àd. les distances sur lesquelles une espèce ne se déplacerait généralement pas et qui sont basées sur les déplacements habituels ou les domaines vitaux de l'espèce) pour la tortue ponctuée sont de 2 km dans les zones de milieux non propices et de 3 km dans les zones de milieux propices (NatureServe, 2014). Ainsi, la dispersion des individus ne peut pas permettre de créer des liens entre populations isolées.

Selon l'UICN (2014), « un taxon peut être considéré comme étant gravement fragmenté si la majorité, soit plus de 50 %, de son aire d'occupation totale se situe dans des parcelles d'habitat qui sont (1) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d'une population viable et (2) séparées d'autres parcelles d'habitat par de vastes distances ». Étant donné qu'environ 80 % de la moyenne de la population canadienne se trouve dans le sudouest et le sudest de l'Ontario dans de petites parcelles d'habitat isolées qui sont principalement séparées par des distances de plus de 10 km (plusieurs fois la distance de dispersion moyenne de 23 km de cette espèce), la tortue ponctuée semble satisfaire aux critères d'une espèce « gravement fragmentée »; cependant, la situation pourrait devoir être réévaluée si d'autres souspopulations sont découvertes dans la région de la baie Georgienne, où de vastes milieux propices continus demeurent.

Relations interspécifiques

La tortue ponctuée semble avoir une relation positive avec le castor (Castor canadensis) et le rat musqué (Ondatra zibethicus). Les digues de castors peuvent créer des zones inondées peu profondes (« prairies de castors ») et augmentent ainsi la zone de surface d'eau de l'habitat préféré de la tortue ponctuée (Yagi et Litzgus, 2012; Yagi et al., 2012). À son tour, la plus grande disponibilité d'habitat préféré permet aux individus d'augmenter leur mobilité (déplacements quotidiens et taille du domaine vital) et d'obtenir plus de réserves d'énergie en demeurant actifs plus longtemps et en passant davantage de temps à se nourrir (Yagi et Litzgus, 2012). Des propriétaires fonciers ont pris des mesures concernant la hauteur des digues de castors, ce qui a mené à des conditions de sécheresse et à des incendies entraînant la mort de tortues ponctuées (A. Yagi, comm. pers., 2013). Toutefois, une étude a fait part d'un effet négatif sur l'espèce des inondations causées par les castors, lorsque l'eau devient trop profonde (> 140 cm); à ce moment, le type de végétation change et les tortues ponctuées disparaissent de la zone (Litzgus, 2012).

Les huttes et les monticules de rats musqués offrent un habitat de nidification et d'exposition au soleil, tandis que les canaux et les zones peu profonds dépourvus de végétation émergente créés par ce mammifère aquatique constituent des corridors de déplacement pour diverses espèces de tortues, dont la tortue ponctuée (Gillingwater, données inédites). Les nids de rats musqués peuvent également servir d'habitat d'hibernation pour les tortues ponctuées (Rasmussen et Litzgus, 2010a). Ainsi, il est vraisemblable que les huttes et les canaux de castors offrent aussi aux tortues des milieux pour nidifier, s'exposer au soleil, se déplacer et hiberner. La chasse ou l'élimination de ces mammifères dans les milieux humides ont vraisemblablement des effets négatifs sur les tortues en péril, comme la tortue ponctuée, en éliminant des caractéristiques importantes pour les déplacements, la reproduction, la thermorégulation et l'hibernation (Gillingwater, 2013).

On sait que les espèces de sangsues suivantes parasitent la tortue ponctuée : Placobdella parasitica, P. ornata, Helobdella stagnalis, Desserobdella phalera et Alboglossiphonia heteroclita (Saumure, 1995; Davy et al., 2009).

Voir la section BIOLOGIE – Alimentation pour une liste des espèces dont la tortue ponctuée fait sa proie, et la section BIOLOGIE – Mortalité pour une liste des espèces qui se nourrissent de tortues ponctuées.

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Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d'échantillonnage

Des études de marquagerecapture ont été réalisées dans plusieurs souspopulations de tortues ponctuées de l'aire de répartition de l'Ontario. On a ainsi recueilli des données de marquagerecapture depuis 1977 (pendant 30 ans) au sein d'une souspopulation vivant sur la terre ferme dans la région de la baie Georgienne (Bird, données inédites; Oldham, données inédites; Litzgus, 2012; Oldham, comm. pers., 2014). On a également effectué de 1 à 8 ans de travaux d'échantillonnage dans diverses souspopulations de la région de la baie Georgienne, de la péninsule Bruce et des environs (Reeves et Litzgus, 2008; Rasmussen et Litzgus, 2010a; Davy et Murphy, 2011; Crowley, données inédites; Parks Canada, données inédites; Rasmussen, données inédites; Riley et al., données inédites; Morin et al., données inédites; Urquhart, données inédites).

Dans le sudouest de l'Ontario, on a mené des travaux d'échantillonnage sur 10 à 15 ans à trois endroits (Saumure, 1995; Gillingwater et Brooks 2001; Gillingwater et Piraino, 2004, 2007; Piraino et Gillingwater, 2005, 2006; Yagi et Litzgus, 2012; Davy, 2013; Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites); on a également procédé à des échantillonnages sur 3 à 6 ans à deux autres endroits (Davy, 2013; Hopkins, comm. pers., 2014).

Dans le sudest de l'Ontario, un site a fait l'objet d'une surveillance pendant 17 ans, à partir de 1983 (Chippindale, 1984; Seburn, 2003), tandis qu'on a effectué des travaux d'échantillonnage sur 2 à 10 ans dans six autres milieux humides qui abritent de petites souspopulations (Haxton, 1998; Seburn, 2006, 2011; Davy, 2013; Blythe, comm. pers., 2014; OMNRF, données inédites).

Abondance

Le nombre total de tortues ponctuées au Canada n'est pas connu avec certitude; cependant, les travaux d'échantillonnage susmentionnés donnent une estimation moyenne d'environ 1 840 adultes matures pour les seuls sites échantillonnés (plage d'environ 1 700 à 2 100; ~220 dans le sudest de l'Ontario; ~1 170 dans le sudouest de l'Ontario; ~450 dans la baie Georgienne/péninsule Bruce et environs). Il est peu probable que de nombreuses autres souspopulations qui n'ont pas encore été découvertes se trouvent dans le sud de l'Ontario; toutefois, il est vraisemblable que des souspopulations soient encore inconnues dans le centre de la province en raison de l'étendue des milieux propices et de l'absence de travaux d'échantillonnage dans des régions éloignées. De plus, dix collectivités de Premières Nations en Ontario disposent de mentions récentes de l'espèce, pour lesquelles des données d'abondance n'ont cependant pas été fournies (Lickers, comm. pers., 2013). Enfin, plusieurs sites historiques et actuellement occupés ont fait l'objet de travaux d'échantillonnage limités. Cela étant dit, il est peu probable que des milliers d'autres tortues ponctuées soient présentes en Ontario à cause des diverses raisons suivantes :

  1. Une absence de relevés intensifs dans la plupart des sites ne veut pas nécessairement dire que des relevés plus intensifs révèleraient que les souspopulations de ces sites sont beaucoup plus importantes. À titre d'exemple, même si une souspopulation de la baie Georgienne, qui se trouve dans un milieu vaste, éloigné et intact, fait l'objet de travaux d'échantillonnage depuis plus de 30 ans (depuis 1977; ce qui en fait le site le plus étudié au Canada, avec quelque 1 700 jourspersonnes de recherche), elle ne représente pas la souspopulation connue la plus nombreuse (en fait, elle ne fait même pas partie des trois souspopulations les plus nombreuses; cette souspopulation a connu un déclin marqué et continu au cours des dernières années, malgré une faible exposition aux menaces anthropiques) [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Fluctuations et tendances].
  2. Dans le centre de l'Ontario, même si de vastes zones éloignées n'ont pas fait l'objet de relevés ciblant cette espèce, il est peu probable que des milliers de tortues ponctuées se trouvent dans cette région puisque les densités sont beaucoup plus faibles sous les latitudes nordiques; les densités varient de 0,1 à 0,6 tortue/ha dans le centre de l'Ontario (Litzgus, 1996; Haxton, 1998; Seburn, 2003; Blythe, comm. pers., 2014) par rapport à des densités de 1 à 12 tortues/ha dans le sudouest de l'Ontario (Davy, 2013; Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites).
  3. De nombreux sites historiques se trouvent dans le sudouest de l'Ontario, où peu de milieux naturels demeurent. Ainsi, il semble raisonnable de présumer que peu de tortues, ou aucune, se trouvent encore dans certains de ces sites. Par exemple, des relevés réalisés au début des années 2000 dans neuf sites historiques de la région n'ont donné lieu à aucune observation de tortue et, dans certains cas, aucun milieu propice à l'espèce n'a été trouvé (Gillingwater et Piraino, 2002). Même des relevés intensifs (~7 000 heurespersonnes durant six ans) réalisés dans un site occupé nouvellement découvert n'ont permis d'observer que six tortues (Hopkins, comm. pers., 2014), ce qui laisse croire que les petites parcelles d'habitat situées dans les zones agricoles du sudouest de la province ont une possibilité limitée d'abriter des populations.
  4. Même de grandes parcelles de milieu propice (de 355 à 3 650 ha) dans des zones protégées du sudouest de l'Ontario semblent n'abriter aucune tortue ou de faibles nombres, et ce malgré les vastes relevés réalisés sur de multiples années (Browne, 2003; Gillingwater et Piraino, 2004; Gillingwater et Piraino, 2007; McKenzie et al., 2014).

Dans l'ensemble, une estimation raisonnable de la taille totale de la population canadienne se situe probablement entre 2 000 et 3 000 adultes (critère C : en voie de disparition), d'après les éléments susmentionnés. Cette estimation compte 1 000 individus de plus que l'estimation précédente, afin de tenir compte de la possibilité qu'il y ait des souspopulations inconnues et/ou des souspopulations plus vastes aux sites peu ou pas échantillonnés. Une estimation de plus de 3 000 tortues doit être envisagée avec prudence à cause des signes de déclin dans de nombreuses souspopulations au sein de l'aire de répartition [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Fluctuations et tendances].

Fluctuations et tendances

Le CIPN reconnaît actuellement 109 sites pour la tortue ponctuée en Ontario (Oldham, comm. pers., 2014). Dans la plupart des cas, on a effectué une seule ou quelques observations fortuites dans ces sites. Sur les 109 sites, seuls 25 (~23 %) sont occupés à l'heure actuelle, tandis que 3 (~3 %) sont considérés comme n'abritant plus l'espèce (« extirpated ») et que 81 (~74 %) sont considérés comme historiques (c.àd. aucune observation au cours des 20 dernières années). Dans bien des cas, le classement « historique » est plus indicatif d'une absence de relevés effectués par des observateurs expérimentés au bon moment de l'année plutôt que d'une disparition de l'espèce dans ces sites, notamment dans les zones où des milieux propices existent encore (Oldham, comm. pers., 2014). Cependant, la hausse importante du nombre de sites historiques depuis le dernier rapport de situation souligne le besoin important d'effectuer des relevés ciblés dans ces sites pour vérifier si un déclin réel est survenu. La petite augmentation du nombre de sites (de 104 à 109) depuis le dernier rapport d'évaluation est négligeable (Oldham, comm. pers., 2013), et résulte probablement d'une intensification des activités de recherche depuis que la tortue ponctuée a été inscrite dans une catégorie de risque plus élevé (en voie de disparition) en 2004 (Litzgus, comm. pers., 2014). Il est difficile d'aborder les tendances dans les sites des tortues ponctuées sans savoir combien de sites historiques ou considérés comme n'abritant plus l'espèce ont fait l'objet de recherches (Oldham, comm. pers., 2013).

Dans le sudouest de l'Ontario, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, la tortue ponctuée était considérée comme commune (Garnier, 1881; Nash, 1906; Patch, 1919; Logier, 1939; Mills, 1948). Dans les années 1960 et 1970, les tortues ponctuées faisaient partie des reptiles rares ou en voie de disparition de la province (Oldham, 1991). L'espèce semble demeurer abondante dans seulement quelques endroits de l'Ontario, et semble être disparue du ruisseau Cedar (Oldham, comm. pers., 2014), de la région d'Ingersol (Oldham, comm. pers., 2014), de la région de Toronto (Oldham, comm. pers., 2014), du parc provincial de MacGregor (Marks, comm. pers., 2014), du parc national de la PointePelée (Browne et Hecnar, 2002; McKay, comm. pers., 2003) et de l'île Pelée (Porchuk, comm. pers., 2003).

Selon les naturalistes du parc provincial de MacGregor Point, au moment de l'ouverture de ce dernier, à la fin des années 1970, il y existait une souspopulation saine de quelques centaines de tortues ponctuées; cependant, la souspopulation a rapidement été décimée au cours des premières années d'exploitation du parc. Ce déclin rapide était attribuable à une perte d'habitat liée au remplissage et au drainage des milieux humides pour créer des terrains de camping et pour empêcher l'inondation des routes d'accès. Des relevés printaniers intensifs (jusqu'à 2 800 heurespersonnes/année) réalisés sur plus d'une décennie n'ont permis d'observer que six individus qui ont été recapturés six ou sept fois chacun; quatre de ces individus ont éventuellement été la proie de ratons laveurs. L'espèce est maintenant considérée comme disparue du parc (Marks, comm. pers., 2014).

Dans le parc national de la PointePelée, des relevés réalisés en 1913 (Patch, 1919) ont révélé que la tortue ponctuée avait déjà été aussi commune que la tortue peinte du Centre (Chrysemys picta marginata); toutefois, un relevé approfondi de marquagerecapture effectué en 20012002 n'a permis de localiser aucune tortue ponctuée, et l'espèce est maintenant considérée comme disparue du parc (Browne et Hecnar, 2002; McKay, comm. pers., 2003). Les causes probables du déclin incluent le drainage des marécages et des marais à des fins agricoles à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, une hausse du braconnage et de la mortalité sur les routes à cause des nombreux visiteurs du parc (jusqu'à 500 000 par année) ainsi que de fortes concentrations de DDT dans les sols (Browne, 2003).

Par le passé, l'île Pelée était constituée de quatre ou cinq affleurements rocheux séparés qui entouraient un vaste marais intérieur (Forbes et al., 1999; OFO News, 2010). Dans les années 1880, un projet à grande échelle a été mis en œuvre pour drainer ce marais par le biais de la construction d'une série de digues, de chenaux et de stations de pompage autour du milieu humide afin de créer de riches terres agricoles et de faire en sorte que les « îles » ne forment plus qu'une seule île (Forbes et al., 1999; OFO News, 2010). La destruction massive du milieu humide a vraisemblablement causé la disparition des tortues ponctuées de l'île. De fait, aucune n'y a été observée depuis 1991 (Porchuck, comm. pers., 2003).

À l'heure actuelle, deux études à long terme font état de déclins importants des souspopulations (Litzgus, 2012; Gillingwater, données inédites). Dans un site de la baie Georgienne, un événement inconnu qui a eu lieu de 1999 à 2000 a causé une diminution d'environ 50 % du nombre moyen de tortues capturées lors des relevés printaniers; ce taux de capture réduit est demeuré constant au cours des 14 dernières années (Litzgus, 2012). Au nombre des explications possibles de ce déclin, on compte le braconnage, la mortalité de masse durant l'hibernation et la dispersion attribuable à un changement soudain de l'habitat (Litzgus, 2012). Cette dernière cause semble être la plus probable et serait attribuée aux inondations dues aux castors qui ont fait doubler la profondeur de l'eau et modifié la végétation et la communauté de tortues chez l'un des principaux dèmes reproductifs (Litzgus, 2012). La plupart des tortues ponctuées manquantes n'ont pas été trouvées dans d'autres dèmes reproductifs de la zone, et il n'y a pas eu de hausse du nombre de captures chez le dème reproductif le plus proche, ce qui laisse croire que si les tortues se sont dispersées dans le milieu humide, beaucoup d'entre elles sont mortes durant l'émigration (Litzgus, 2012). Cet important déclin est particulièrement préoccupant étant donné qu'il est survenu dans un site relativement intact où l'intrusion humaine est faible. Au moyen d'un modèle stochastique simple pour cette population, on a prévu une forte probabilité de disparition (60 %) dans les 100 prochaines années, malgré la nature relativement intacte du site et l'absence de causes de mortalité anthropiques (Enneson et Litzgus, 2009). Un modèle de métapopulation a réduit la probabilité de disparition à 18 %, ce qui laisse entendre que la dispersion entre les milieux humides de reproduction, y compris celui qui a été inondé par des castors en 2000, est importante pour le maintien de la population (Enneson et Litzgus, 2009).

Un déclin important a également été noté dans un marais du sudouest de l'Ontario, où un relevé d'une journée a été réalisé à partir de la bordure du milieu humide, à la fin mars 1989; on a observé 198 tortues ponctuées exposées au soleil (NHIC, données inédites). Cependant, des relevés beaucoup plus intensifs de 2003 à 2013 (réalisés à pied par 24 personnes/jour à l'intérieur du marais, plusieurs jours par semaine d'avril à mai, sur une zone beaucoup plus vaste) dans le même site ont permis d'observer seulement un maximum de 23 tortues/jour (Gillingwater, données inédites). De plus, les captures de tortues ponctuées réalisées dans ce site au printemps ont chuté considérablement au cours des dernières années (Gillingwater, données inédites). Des comparaisons avec les taux de capture des années où l'effort de recherche au site était semblable ont permis de noter que le nombre moyen de captures/jour au printemps était de 8,4 tortues au cours de la première année, de 4,8 au cours destrois années suivantes, et de 0,81,0 durant la huitième et la dixième année (2010 et 2013, respectivement) (Gillingwater, données inédites). Par ailleurs, le nombre moyen de captures/jour/personne au printemps est passé de 2,4 tortues au cours de la première année à 0,26 durant les cinq dernières années (ce qui représente un déclin de 89 % des captures/jour/personne de 2003 à 2013; Gillingwater, données inédites). La baisse du nombre de captures au cours des dix dernières années pourrait être en partie attribuable à des changements de l'habitat; cependant, on ne sait pas si d'autres événements pourraient avoir joué un rôle. Néanmoins, un tel changement brutal dans les observations, malgré les relevés intensifs récents, laisse croire à un déclin important à ce site. Cette souspopulation est gravement menacée par la mortalité routière, les plantes envahissantes et le braconnage [voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS]. Selon des analyses de viabilité de la population fondées sur des estimations de la mortalité routière (données télémétriques) et de la mortalité de base (pour une souspopulation de la baie Georgienne), le taux de survie des adultes serait d'environ 0,89 dans cette souspopulation du sudouest de l'Ontario (c.àd. que 10 % des adultes meurent annuellement; Enneson, 2009). Cette estimation serait optimiste puisque la mortalité de base utilisée dans le calcul serait inférieure à la mortalité que connaît réellement la souspopulation en raison du nombre plus élevé des prédateurs favorisés par les activités humaines et de plus graves menaces de braconnage que dans la souspopulation de la baie Georgienne (Enneson, 2009). Toutefois, même cette estimation optimiste de 10 % de mortalité annuelle chez les adultes se traduit par un déclin de 50 % sur 50 ans (Enneson, 2009).

Un déclin est vraisemblablement survenu dans un marais adjacent qui a brièvement fait l'objet de relevés au début des années 1980 et à nouveau en 2012. Un total de 11 jours de relevés dans ce site, de juin à septembre 1981, a permis d'observer 24 individus et d'estimer la souspopulation à 80 tortues (densité de 4 tortues/ha; Haggeman, 1981), tandis qu'on a observé ou marqué 95 individus durant un relevé en 1982 (Dewey et al., 1982). Cependant, des relevés de suivi réalisés durant quatre jours en 2012 au début du printemps (principale période d'activité de la tortue ponctuée) n'ont permis d'observer aucune tortue (Gillingwater, 2013), mais quelquesunes ont été observées de façon fortuite en 2013 (K. Yagi, comm. pers., 2013). Le déclin de cette souspopulation serait attribuable à des espèces de plantes qui ont envahi et modifié l'habitat [voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS – Perte et dégradation d'habitat attribuables à la succession végétale et aux espèces envahissantes]. De même, un déclin semble être survenu dans un autre milieu humide de cette région, où les observations fortuites de tortues ponctuées réalisées à partir de 1993 équivalaient à environ la moitié des observations effectuées au cours des 30 années précédentes; étant donné que la souspopulation se trouve dans une zone isolée, l'explication la plus raisonnable pour la diminution des observations semble être une perte d'habitat attribuable à une baisse des niveaux du lac et à l'importante invasion connexe de Phragmites non indigènes dans le site depuis les années 1990 (Mackenzie et al., 2014). Dans un autre site du sudouest de l'Ontario qui a fait l'objet d'une surveillance à long terme, au moins 30 individus sont disparus depuis 2008; la cause de ce déclin n'est pas certaine, mais la présence de braconniers a déjà été confirmée dans ce site et semble l'explication la plus plausible (OMNRF, données inédites).

Des signes anecdotiques de déclins de souspopulations de tortues ponctuées ont également été rapportés par des Premières Nations dans l'aire de répartition de l'espèce (Lickers, comm. pers., 2013) et par des agents secrets d'application de la loi du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario qui ont entendu des collectionneurs d'animaux de compagnie dire que les tortues ponctuées ne se trouvent plus facilement dans les sites où elles étaient auparavant nombreuses (Miller, comm. pers., 2013).

Les récents déclins susmentionnés devraient continuer, à moins que des mesures correctives ne soient prises (c.àd. application de la loi et pénalités plus sévères pour le braconnage; mesures plus efficaces pour éliminer ou empêcher la propagation de Phragmites non indigènes; installation accrue de traverses pour animaux et de clôtures d'exclusion le long des routes au sein de l'habitat de la tortue ponctuée; protection juridique accrue de l'habitat de l'espèce). Le pourcentage projeté de réduction de la population totale d'adultes au Canada est de plus de 40 % au cours des trois prochaines générations (c.àd. 123 ans). Cette valeur est fondée sur une estimation de 10 % de la mortalité annuelle des adultes au sein d'une souspopulation du sudouest de l'Ontario qui est exposée à de fortes menaces anthropiques (Enneson, 2009), et sur une estimation de 5 % de la mortalité annuelle des adultes dans une souspopulation de la baie Georgienne qui subit peu de pressions anthropiques (Litzgus, 2006; Enneson et Litzgus, 2008). Un modèle stochastique simple d'analyse de la viabilité de neuf souspopulations de tortues ponctuées de l'Ontario dont on connaît la taille laisse croire que toutes les souspopulations ont une probabilité de quasiextinction de plus de 20 % (c.àd. que la souspopulation continue d'exister, mais que son effectif est si faible qu'elle est considérée comme non viable et en voie de disparition), et que la probabilité que six ou plus de ces neuf souspopulations disparaissent dans les 100 prochaines années est de 26 % (Enneson et Litzgus, 2009).

Immigration de source externe

Étant donné les faibles déplacements de la tortue ponctuée (déplacements annuels généralement de moins de 400 m) et le degré d'isolement des souspopulations, il est pratiquement impossible que le déclin d'une sous-population soit contré par l'immigration naturelle d'individus étrangers. Pour appuyer ce fait, on possède des données de marquagerecapture qui ont été recueillies pendant plus de 30 ans dans une souspopulation de la baie Georgienne, qui révèlent que les tortues ponctuées ne se sont pas déplacées entre les parties nord et sud du site d'étude (Litzgus,données inédites) et qu'aucune dispersion ne s'est produite entre dèmes reproductifs distants de 2 km (Enneson et Litzgus, 2009). D'autres données nous proviennent d'une étude réalisée dans le sudouest de l'Ontario (> 10 ans), où aucune immigration n'a été observée à des sites se trouvant dans un rayon de 2 km d'une souspopulation marquée (Gillingwater, données inédites). Même si un sauvetage par immigration est peu probable, la réintroduction de tortues ponctuées par l'humain pourrait être possible dans les zones qui conservent de vastes milieux propices et qui sont peu touchées par les humains (comme dans la région de la baie Georgienne).

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Menaces et facteurs limitatifs

Les raisons du déclin continu des tortues ponctuées dans le futur incluent la mortalité sur les routes et les effets des routes; le braconnage pour le commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux; la perte d'habitat attribuable à des espèces envahissantes et au développement; la modification des milieux humides; les pratiques agricoles; l'exploitation forestière; la hausse de la prédation par des prédateurs favorisés par l'humain; les changements climatiques; la pollution; l'intrusion des véhicules hors route; l'exploitation de mines et de carrières (Lovich, 1989; Oldham, 1991; Ernst et al., 1994; Harding, 1997; Burke et al., 2000; Ernst et Lovich, 2009; Miller, comm. pers., 2013). Un déclin des souspopulations a été observé même dans des zones protégées aux ÉtatsUnis (Lovich, 1989) et au Canada [voir l'annexe 1 – Calculateur de menaces du COSEPAC pour la tortue ponctuée]. La tortue ponctuée est particulièrement vulnérable à la destruction de l'habitat et à l'exploitation par des commerçants d'animaux de compagnie au printemps et à l'automne, lorsque les tortues se regroupent aux sites de reproduction et d'hibernation, respectivement. Les tortues ponctuées, comme d'autres espèces de tortues, sont considérées comme particulièrement vulnérables à la hausse de la mortalité des adultes et à la surcollecte à cause du cycle vital lent (c.àd. taux de croissance faible, maturité tardive, faible taux de survie des œufs et des juvéniles; Oldham, 1991; Wilson et al., 1999). La faible fécondité des tortues ponctuées [voir BIOLOGIE – Cycle vital et reproduction – Fécondité et succès de reproduction] aggraverait davantage cette vulnérabilité. Un modèle matriciel de population par stade de développement fondé sur des données démographiques à long terme provenant d'une souspopulation de la baie Georgienne a révélé que de petits changements du taux de survie des adultes entraînent des modifications importantes du taux de croissance d'une souspopulation; une diminution d'aussi peu que de 3 % du taux de survie des adultes pourrait entraîner le déclin d'une souspopulation (Enneson et Litzgus, 2008).

Mortalité sur les routes et autres effets des routes (impact global de la menace = élevé)

Les souspopulations de tortues ponctuées qui se trouvent à proximité des routes sont menacées par la mortalité sur les routes (Gillingwater, données inédites; OMNRF, données inédites, Riley et al., données inédites). Étant donné que le nombre de routes importantes a grandement augmenté dans le sud de l'Ontario au cours des 40 dernières années (Fenech et al., 2001), il est vraisemblable que la mortalité sur les routes des tortues ponctuées ait également connu une hausse durant cette période. L'expansion continue du réseau routier dans le centre de l'Ontario devrait également avoir des conséquences importantes sur la tortue ponctuée et son habitat au cours des 10 prochaines années, notamment d'après de récentes données selon lesquelles certaines souspopulations utilisent de façon extensive les bordures des milieux humides et les fossés humides dans l'emprise des routes, et des individus hibernent et nidifient souvent à moins de 5 à 20 m des routes. L'habitat confirmé à certains sites de cette région a déjà été perdu à cause de la construction de routes (Riley et al., données inédites). De plus, les routes pourraient réduire la perméabilité entre les lacs et les milieux humides côtiers, ce qui pourrait entraîner la perte d'habitat attribuable au vieillissement prématuré des marais à cause du renouvellement naturel limité et de l'effet d'affouillement (Gillingwater, comm. pers., 2013). Les routes constituent également des obstacles aux déplacements et réduisent la connectivité du paysage, isolant ainsi des souspopulations locales et augmentant le risque de disparition (Forman et Alexander, 1998; Trombulak et Frissell, 2000; Spellerberg, 2002; Forman, et al., 2003; Steen et Gibbs, 2004; Eigenbrod et al., 2008; Shepard et al., 2008).

Un total de 32 % de la répartition des tortues ponctuées est située dans des parcs provinciaux, mais la densité moyenne du réseau routier dans les parcs provinciaux se trouvant dans l'aire de répartition des reptiles de l'Ontario est presque deux fois plus élevée que la moyenne provinciale, ce qui pourrait transformer ces zones en puits de population plutôt qu'en lieux sûrs (Crowley et Brooks, 2005). Plus précisément, 69 % des parcs provinciaux abritant des tortues ponctuées présentaient une densité routière de 50 % de la densité régionale, 23 % une densité routière de plus de 50 % de la densité régionale, et 8 % une densité routière supérieure à celle de la région environnante (Crowley et Brooks, 2005). Même si la plupart des souspopulations de tortues ponctuées se trouvant dans des réserves de conservation ne sont pas menacées par des routes, seulement 13 % de la répartition de l'espèce est située dans des réserves (Crowley et Brooks, 2005); de plus, au moins deux réserves qui abritent des souspopulations de tortues ponctuées sont traversées par des routes (OMNRF, comm. pers., 2014).

Une étude a mentionné que des individus pistés (N = 5, soit 31 % de la population estimée) de juin à la fin septembre n'ont pas semblé traverser une route passant dans le milieu humide (Seburn, 2012), mais d'autres souspopulations se trouvant à proximité de routes connaissent des pertes annuelles élevées d'individus (Gillingwater, données inédites, Riley et al., données inédites). Des observations réalisées de 2003 à 2007 dans une zone protégée qui est traversée par une route ont permis de noter de 3 à 9 adultes morts sur la route annuellement; cependant, les taux réels de mortalité sur les routes auraient été plus élevés puisque ces observations étaient fortuites, réalisées durant des déplacements vers un site de recherche seulement au début du printemps plutôt que durant toute la saison d'activité des tortues ponctuées (Gillingwater, données inédites). Selon des données télémétriques provenant de cette souspopulation, la probabilité qu'une tortue adulte se fasse tuer sur la route était de 7,7 % (Enneson, 2009). Des passages pour animaux sauvages ont été installés dans ce site en 2012 et font l'objet d'une surveillance pour connaître leur efficacité et leur utilisation. On a confirmé que des chélydres serpentines utilisaient les passages, et il est possible que des tortues ponctuées les empruntent (Gillingwater, comm. pers., 2013). Depuis l'installation de clôtures et de ponceaux, on a seulement fait état de trois mortalités de tortues ponctuées (un adulte, un juvénile et un nouveauné) sur cette route en 20122013 (OMNRF, comm. pers., 2014).

Une souspopulation récemment découverte qui se trouve le long d'une route achalandée a fait l'objet d'une surveillance de 2012 à 2014. Vingt tortues ponctuées (dont six juvéniles) ont été trouvées mortes sur la route durant ces années, ce qui représente 22 % des individus capturés (Riley et al., données inédites; Morin et al., données inédites). Les voies ferrées peuvent également constituer une menace pour cette souspopulation (Riley et al., comm. pers., 2013). On a aussi visité une autre route où l'on a effectué deux observations fortuites historiques de tortues ponctuées (dont l'une a été tuée sur la route en 1968; données du CIPN, 2013) en 2010, et on y a observé deux adultes nouvellement tués à 200 m l'un de l'autre, ce qui laisse croire qu'une souspopulation considérable pourrait se trouver dans ce site et que celleci connaît depuis longtemps les conséquences de la mortalité routière (Davy, comm. pers., 2014).

Dans le cadre d'une étude des paramètres qui influent sur la mortalité routière de plusieurs taxons dans le sudouest de l'Ontario, l'affichage de la limite de vitesse était le principal prédicteur positif pour les animaux tués sur la route, suivi de la température maximale quotidienne et de la diversité de l'habitat, tandis que la distance entre la route et les milieux humides constituait le plus important prédicteur négatif (Farmer et Brooks, 2012). Selon Beaudry et al. (2008), le nombre et la disposition des routes et le volume de la circulation associée sont des facteurs importants qui ont une incidence sur le risque de disparition des populations locales. Dans le cas des tortues, les femelles adultes sont particulièrement vulnérables à la mortalité sur les routes puisqu'elles sont plus susceptibles de traverser des routes que les mâles ou les juvéniles, et qu'elles nidifient souvent le long des accotements (Gibbs et Steen, 2005; Steen et al., 2006; Szerlag et McRobert, 2006); cela pourrait expliquer pourquoi plusieurs souspopulations de tortues aquatiques d'eau douce qui se trouvent près des routes ou dans des zones à forte densité de routes ont des ratios des sexes très biaisés en faveur des mâles (Saumure, 1995; Gillingwater et Piraino, 2004; Steen et Gibbs, 2004; Aresco, 2005; Gibbs et Steen, 2005; Steen et al., 2006).

La plupart des espèces de tortues d'eau douce sont vulnérables à la mortalité d'adultes (Doroff et Keith, 1990;Brooks et al., 1991; Congdon et al., 1993, 1994; Gibbs et Shriver, 2002). De même, compte tenu du nombre élevé de mortalités annuelles d'adultes sur les routes dans certaines souspopulations de l'Ontario, les souspopulations adjacentes aux routes (et probablement aux voies ferrées) connaissent et continueront de subir un déclin. Les mesures pour atténuer ce risque, comme l'installation de ponceaux et de passages le long des routes et des voies ferrées, se sont révélées efficaces pour les tortues ponctuées au Massachusetts et en Virginie (Donaldson, 2005; Pelletier et al., 2005; Kaye et al., 2006); ainsi, l'installation de telles structures devrait être prise en considération pour toutes les souspopulations de tortues ponctuées qui vivent à côté des routes.

Commerce d'animaux de compagnie et de produits alimentaires et médicinaux (impact global de la menace = élevé)

Les données recueillies par le Law Enforcement Management Information System (LEMIS) du U.S. Fish and Wildlife Service révèlent que le commerce légal de l'espèce a presque triplé de 1999 (344 individus exportés) à 2010 (989 individus exportés); dans l'ensemble, 7 881 individus ont été exportés durant cette période de 12 ans (LEMIS, 2011). Selon le LEMIS (2011), 16 % de ces exportations provenaient d'un milieu naturel et 80 % avaient été élevés en captivité. Cependant, étant donné que cette espèce n'était pas inscrite à la CITES durant cette période, il est possible que les individus élevés en captivité proviennent d'adultes sauvages ou qu'ils aient été capturés dans la nature et élevés en captivité (CITES, 2012). En effet, ce taux d'élevage en captivité élevé diffère grandement de celui mentionné antérieurement par Reed et Gibbons (2002), qui ont estimé que seulement 16 % des 1 848 individus exportés de 1996 à 2000 avaient été élevés en captivité alors que 57 % avaient été capturés dans la nature; les individus exportés restants (23 %) sont de provenance inconnue ou ne sont pas déclarés.

Des ventes illégales de tortues ponctuées capturées dans la nature en Ontario ont été observées sur divers sites Web au fil des ans. À la fin des années 1990, le ministère des Richesses naturelles et des forêts de l'Ontario a appris qu'un site des ÉtatsUnis vendait des tortues ponctuées marquées qui semblaient provenir d'une souspopulation de l'Ontario (Miller, comm. pers., 2013). On a également fait part au Ministère de la présence de tortues ponctuées à vendre à plusieurs reprises à la Reptile Expo (le plus récemment en 2011), et plusieurs tortues ponctuées et d'autres espèces rares ont été saisies (Miller, comm. pers., 2013). Les ventes légales de tortues ponctuées élevées en captivité varient de 150 $ pour des bébés à de 165 à 490 $ pour des adultes, et jusqu'à 1 0002 000 $ pour un couple reproducteur (Miller, comm. pers., 2013). À la fin des années 1990 et au début de 2001, un grand nombre de tortues ponctuées de l'Ontario ont été recueillies dans divers sites par des individus de l'industrie des reptiles pour établir un programme de reproduction afin d'alimenter la vente d'animaux de compagnie. Des déclins ont été notés dans deux souspopulations du sudouest de la province faisait l'objet de surveillance durant la même période (Miller, comm. pers., 2013). La demande pour des tortues ponctuées dans le milieu des animaux de compagnie est devenue plus importante à mesure que la rareté de l'espèce a augmenté (Miller, comm. pers., 2013). Le commerce d'animaux de compagnie est considéré comme la cause du déclin de plus de 50 % de cette espèce, et même de grosses souspopulations de 300 à 1 100 individus ont été complètement éliminées en quelques années dans certains sites des ÉtatsUnis (CITES, 2000). La collecte occasionnelle à des fins non commerciales (c.àd. collecte d'animaux de compagnie pour soi) constitue également une grave menace pour les souspopulations. Des chercheurs des ÉtatsUnis ont noté une hausse de la collecte de tortues dans des aires de loisirs (Lovich, 1987; Ernst et al., 1994; Garber et Burger, 1995; Graham, 1995). En effet, une étude réalisée au Connecticut mentionne un taux de collecte à des fins non commerciales de 1 tortue des bois pour 19 permis octroyés à des visiteurs (Garber et Burger, 1995)! Ainsi, il est raisonnable de présumer que de petits nombres de tortues ponctuées de l'Ontario sont recueillis annuellement à des fins non commerciales dans les parcs provinciaux et nationaux ou des zones protégées qui offrent des sentiers de randonnée, des terrains de camping et des aires d'utilisation diurne aux visiteurs. Au moins 12 zones protégées dans la province sont sujettes à ce risque.

Depuis 2005, il y a eu plusieurs observations de collectes illégales de tortues pour subvenir au commerce de produits alimentaires et médicinaux dans la Région du Grand Toronto, et des enquêtes ont révélé que les tortues ponctuées et les tortues mouchetées sont visées aux fins de consommation (Miller, comm. pers., 2013). La demande pour ces industries augmente sans arrêt en Amérique du Nord à mesure que des nombres plus élevés d'immigrants continuent leurs pratiques traditionnelles au Canada (Miller, comm. pers., 2013). La direction générale de l'application de la loi du ministère des Richesses naturelles et des forêts de l'Ontario continue de recevoir de l'information laissant croire que les tortues ponctuées et d'autres tortues sont exportées clandestinement depuis l'Ontario et que les ventes commerciales d'espèces rares connaissent une croissance soutenue et une expansion (Miller, comm. pers., 2013). Les trafiquants sont très organisés, et leur réseau s'étend sur toute la planète (Miller, comm. pers., 2013).

Au moins 23 des 109 souspopulations ontariennes (21 %) font face à un risque élevé de braconnage à cause de l'accès facile au site (Seburn, comm. pers., 2013; Rasmussen, comm. pers., 2013; Gillingwater, comm. pers., 2013; Riley et al., comm. pers., 2013; A. Yagi, comm. pers., 2013; Davy, comm. pers., 2014; Miller, comm. pers., 2014). Des épisodes de braconnage ont seulement été confirmés dans deux souspopulations; cependant, il y a eu quatre condamnations et au moins sept autres occurrences de commercialisation de tortues ponctuées depuis 2005 (Miller, comm. pers., 2014). Les agents chargés de l'application de la loi tireraient avantage d'avoir accès à des données génétiques sur lessouspopulations pour obtenir plus de condamnations et imposer des peines plus sévères aux collectionneurs (Miller, comm. pers., 2014).

Dans bien des cas, les braconniers acquièrent des connaissances à propos des sites de tortues ponctuées et de l'accès à ceuxci en communiquant avec des chercheurs et en participant activement à des programmes de surveillance (Miller, comm. pers., 2014). Même si les bénévoles qui participent à ces programmes n'ont pas euxmêmes l'intention de braconner, ils fournissent souvent aux collectionneurs un moyen de deviner l'endroit d'un site lorsque les bénévoles affichent des photos ou participent à des échanges sur des réseaux sociaux à accès libre; les photos comprennent souvent des caractéristiques reconnaissables du paysage ou sont accompagnées d'autres indices sur la page Web qui peuvent aider à déterminer l'emplacement du site (Miller, comm. pers., 2014). L'importance grandissante des médias sociaux a entraîné une augmentation du problème (Miller, comm. pers., 2014). Ce dernier pourrait être résolu en examinant méticuleusement les demandes de bénévolat et en faisant signer aux bénévoles une entente écrite interdisant de publier l'information sensible sur les médias sociaux ou de la partager avec le grand public.

Perte d'habitat attribuable aux plantes envahissantes (impact global de la menace = élevé à moyen)

Depuis les années 1990, la répartition de la plante exotique Phragmites australis australis dans le sud de l'Ontario a augmenté exponentiellement à cause de l'expansion du réseau routier, de la baisse des niveaux de l'eau des Grands Lacs et de la hausse des températures (Wilcox et al., 2003; Jodoin et al., 2008; Catling et Mitrow, 2011; Gilbert, 2012). Le Phragmites australis australis est une plante agressive et compétitive qui croît rapidement et remplace des communautés végétales naturellement diverses par des peuplements monospécifiques denses (Wilcox et al., 2003; Gilbert, 2012). Étant donné la hauteur (> 5 m), la densité (> 95 %) et l'expansion rapide (~10 cm/jour) des peuplements de Phragmites (Wilcox et al., 2003; Jodoin et al., 2008; Gilbert, 2012), cette plante envahissante entraîne plusieurs problèmes pour les tortues et leur habitat. À titre d'exemple, les sites de nidification des tortues peuvent être rapidement recouverts en quelques semaines; les nids deviennent alors ombragés et envahis de racines, ce qui diminue les températures d'incubation et le succès d'éclosion (Bolton et Brooks, 2010). La réduction des températures d'incubation pourrait être encore plus problématique pour les espèces, comme la tortue ponctuée, dont le sexe est déterminé en fonction de la température, puisque cela pourrait déséquilibrer les ratios des sexes des souspopulations si les sites de nidification demeurent ombragés durant toute la période d'incubation (Vogt et Bull, 1984; Janzen, 1993; Janzen et Morjan, 2001; Kolbe et Janzen, 2002). De plus, la mortalité des nouveaunés qui hivernent dans la chambre de nidification augmente lorsqu'une couverture de végétation plus importante limite l'accumulation de neige et, ainsi, réduit l'isolation contre les températures basses (Weisrock et Janzen, 1999). La densité et la hauteur des peuplements de Phragmites nuisent également à l'exposition au soleil et aux déplacements des tortues (Gillingwater, comm. pers., 2013; Misfud, 2013) et réduisent la disponibilité d'habitat (Gilbert, 2012; Gillingwater, comm. pers., 2013; Misfud, 2013). Les chercheurs notent qu'il n'y a pas ou peu de tortues dans les zones dominées par les Phragmites comparativement à des zones non dominées par cette plante qui font l'objet d'un même effort de recherche (Davy, comm. pers., 2014; Gillingwater, comm. pers., 2014), et que des petits nombres de tortues ponctuées et d'autres espèces de tortues ont été trouvées coincées et/ou mortes dans des peuplements denses de Phragmites (Davy, comm. pers., 2014; Mackenzie et al., 2014). La présence de grands peuplements de Phragmites morts augmente également la possibilité d'incendie dans les milieux humides (Gilbert, 2012).

Cette espèce de plante a commencé à envahir l'extrême sudouest et l'extrême sudest de l'Ontario dans les années 1950, et s'est rapidement propagée entre les deux régions depuis les années 1990. Les Phragmites se trouvent maintenant partout entre ces régions, et se sont récemment propagés vers le nord, dans le centre de la province (Catling et Mitrow, 2011) [voir la figure 5]. La répartition de cette plante envahissante devrait augmenter de façon importante, en s'étendant vraisemblablement dans tout le sud et le centre du Canada en aussi peu qu'une décennie [voir la figure 6]. De modifications importantes de l'habitat de la tortue ponctuée ont déjà été observées dans des sites des comtés de Kent, d'Essex, de Lambton et Norfolk au cours des 1020 dernières années (Gillingwater, comm. pers., 2013), et les observations de tortues ponctuées ont grandement décliné dans certains sites qui ont été envahis par cette plante [voir TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS – Fluctuations et tendances]. Toutefois, le degré des conséquences réelles des Phragmites doit être examiné (Gillingwater, comm. pers., 2013). Dans l'un des sites du sudouest de l'Ontario, au début des années 2000, les Phragmites envahissants se trouvaient seulement dans de petites parcelles faisant partie d'une mosaïque de milieux humides plus vaste, et on a observé que certaines tortues ponctuées munies d'un radioémetteur choisissaient parfois ces peuplements de Phragmites comme habitat de dormance estivale (Gillingwater, données inédites). Cependant, en moins de 10 ans, les Phragmites ont complètement altéré la structure des milieux humides, transformant ainsi de grandes portions de marais à végétation graminoïde peu profonds (habitat préféré des tortues ponctuées) en un peuplement monospécifique dense et impénétrable où la tortue a peu d'espace pour s'exposer au soleil, chercher de la nourriture ou se déplacer (Gillingwater, données inédites). Les Phragmites ont augmenté de 48 % par année de 1999 à 2006 (Badzinkski et al., 2008) et se sont propagés de façon importante depuis 2006 (Gillingwater, comm. pers., 2013).

Figure 5. Répartition actuelle de la plante envahissante Phragmites australis australis (Catling et Mitrow, 2011)
Carte montrant la répartition actuelle
Description longue pour figure 5

Carte montrant la répartition actuelle du Phragmites australis australis au Canada. Cette plante est présente sans interruption entre l'extrême sudouest et l'extrême sudest de l'Ontario, et s'est propagé vers le nord jusque dans le centre de la province.

Figure 6. Répartition minimale prévue de la plante envahissante Phragmites australis australis en 2030 (Catling et Mitrow, 2011)
Carte montrant la répartition minimale
Description longue pour figure 6

Carte montrant la répartition minimale prévue du Phragmites australis australis au Canada en 2030. La répartition de cette plante envahissante devrait augmenter de façon importante, en s'étendant vraisemblablement dans tout le sud et le centre du Canada en aussi peu qu'une décennie.

On a pensé que les Phragmites ne poseraient pas de problème à d'autres sites de tortues ponctuées même s'ils sont communs (Crowley, comm. pers., 2014; Davy, comm. pers., 2014), mais ces sites conservent encore de vastes zones de milieux humides propices à la tortue ponctuée. Ainsi, étant donné la nature agressive et compétitive de cette plante envahissante, il est possible que les Phragmites soient encore en train d'envahir ces sites, qui connaîtront éventuellement le même sort. Dans l'un de ces sites, les zones de concentration de tortues ponctuées ont changé au cours des 10 dernières années (Davy, comm. pers., 2014), ce qui laisse entendre que les zones d'habitat préféré pourraient déjà avoir été envahies par la plante, et que les tortues aient été forcées de se déplacer dans un milieu moins propice. Certains croyaient également que les milieux humides intacts du centre de l'Ontario ne sont pas aussi vulnérables à la propagation de cette espèce envahissante en raison de sa tendance à s'étendre dans des zones perturbées; cependant, même des zones isolées/intactes du sudouest de l'Ontario ont été envahies par l'espèce (Gillingwater, comm. pers., 2014; Mackenzie et al., 2014). Dans l'une des zones protégées qui a peu connu de perturbations anthropiques, l'abondance des Phragmites a augmenté de 34 % par année de 1999 à 2006 (Badzinkski et al., 2008), et leur expansion rapide a continuée depuis (Mackenzie et al., 2014).

Il est possible d'éliminer les Phragmites en les brûlant, en les coupant, en les noyant et en les étouffant. Des traitements chimiques peuvent néanmoins être nécessaires dans les circonstances graves. L'application d'herbicide à base de glyphosate en combinaison avec le fauchage et le brûlage s'est révélée efficace pour réduire grandement l'abondance de Phragmites dans les milieux humides envahis (le pourcentage moyen de couverture dans les parcelles échantillonnées a passé de 64 à 1,4 % après un an de traitement; Gilbert, 2012). Malheureusement, aucun type de milieux humides ouverts n'est à l'abri d'une invasion de Phragmites (Gilbert, comm. pers., 2013). Avec l'expansion continue des routes dans le centre de l'Ontario, il est vraisemblable que les Phragmites deviendront une menace de plus en plus importante pour les souspopulations qui sont à l'heure actuelle isolées et non touchées par cette plante envahissante. Ainsi, un programme de lutte contre les Phragmites à l'échelle de la province devrait être établi immédiatement, et les milieux à risque doivent être ciblés en priorité (Gilbert, 2012). Autrement, il est difficile de savoir comment les tortues ponctuées éviteront le déclin important des milieux qui leur sont propices prévu en raison de la propagation de cette plante envahissante.

Construction résidentielle et commerciale (impact global de la menace = moyen)

Certaines souspopulations de la baie Georgienne/péninsule Bruce sont menacées par la construction de chalets sur les rives, qui a déjà entraîné une perte d'habitat (Enneson et Litzgus, 2009; Crowley, comm. pers., 2013). De nouveaux lots sont bâtis de façon régulière dans la région du sud de la baie Georgienne, et il est prévu que la plus grande partie des milieux humides seront drainés au cours de la prochaine décennie pour s'adapter à l'urbanisation croissante (Brooks, comm. pers., 2014). Les districts du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario ont fait part de pertes d'habitat dans 17 milieux humides le long du lac Huron au cours des 20 dernières années à cause de la modification des rives, du déboisement pour les terrains agricoles et urbains, et du dragage/canalisation pour l'aménagement de marinas et d'autres utilisations (Environment Canada et OMNRF, 2003). Au début des années 2000, le sud de la baie Georgienne était la zone connaissant le développement le plus rapide en Ontario (Watters, 2003). MacKinnon et al. (2005) ont noté que le développement à haute densité a été remplacé par des zones de résidences à faible densité et des zones agricoles non intensives. Des pertes graduelles de milieux humides côtiers à cause de la construction de chalets et l'aménagement de marinas ont continué dans certains sites de la tortue ponctuée dans le sud de l'Ontario au cours des années 1990, et devraient continuer dans le futur (Petrie, 1998; Gillingwater, comm. pers., 2014).

De 1982 à 2002, le sud de l'Ontario subissait encore une perte de milieux humides à un taux d'environ 3 500 ha/année (perte annuelle moyenne de 0,17 %; Ducks Unlimited, 2010). Étant donné que l'évaluation comprend seulement des milieux humides de ≥ 10 ha, il s'agit d'une estimation prudente et, donc, la perte annuelle de milieux humides est encore plus considérable (Ducks Unlimited, 2010) et particulièrement néfaste pour les tortues ponctuées en raison de leur préférence pour les petits milieux humides qui ne sont pas inclus dans cette évaluation.

Modifications des systèmes naturels (impact global de la menace = faible)

La mortalité des tortues ponctuées peut être causée par la modification des milieux humides. À titre d'exemple, de nombreuses tortues mortes ont été trouvées dans un milieu humide protégé lorsqu'on a effectué un dragage durant la période d'hibernation. Quatorze tortues mouchetées et une tortue ponctuée ont été partiellement ensevelies dans les sédiments de dragage, mais il est très probable que de nombreuses autres tortues des deux espèces aient été tuées et complètement enterrées. Cette partie du milieu humide était un haut lieu d'activité de tortues ponctuées et un site d'hibernation connu (Gillingwater et Piraino, 2004). En 20122013, dans un milieu humide adjacent, des étangs nouvellement dragués ont entraîné la perte d'habitat de tortues ponctuées (Gillingwater, comm. pers., 2013). Le dragage des milieux humides et la création d'habitat de la sauvagine sont vraisemblablement réalisés dans plusieurs zones de gestion de la faune protégées où se trouvent des tortues ponctuées. Ailleurs en Ontario, des tortues ponctuées ont été tuées, ou sont à risque de mortalité, à cause des fossés en bordure de routes et du dragage ou du remplissage de milieux humides et de chenaux de drainage (Rasmussen, comm. pers., 2013; A. Yagi, comm. pers., 2013). Selon une étude, les eaux profondes créées par les digues de castors ont modifié des assemblages de plantes et pourraient être la cause de la disparition de la tortue ponctuée dans la zone (Litzgus, 2012). Cependant, une autre étude a mentionné que des mesures de régulation des débits visant les digues de castors peuvent entraîner des conditions de sécheresse dans les milieux humides et ainsi causer des incendies et la mortalité de tortues ponctuées (A. Yagi, comm. pers., 2013). De plus, des brûlages dirigés dans ce site au printemps ont été la cause de mortalités de tortues ponctuées (A. Yagi, comm. pers., 2014).Selon une autre étude, la « réduction » d'une digue de castors dans un parc provincial en hiver a finalement entraîné la destruction complète de la digue, mais aussi de l'habitat d'hibernation des tortues. Les niveaux d'eau ont baissé de 2 m pour ne laisser que des mares, ce qui a entraîné la mort de nombreuses tortues (Davy, comm. pers., 2014). Ce site n'abritait pas de tortues ponctuées, mais la destruction de digues de castors et d'autres activités qui altèrent les conditions hydrologiques des sites d'hibernation au cours de l'hiver constituent un risque de mortalité pour toutes les espèces de tortue (Litzgus, comm. pers., 2014). Étant donné que la tortue ponctuée est nettement associée aux milieux humides peu profonds créés par les castors, et qu'une vaste portion de la population de tortues ponctuées devrait se trouver dans le centre de l'Ontario, où les castors sont communs, il est vraisemblable que l'élimination des digues de castors ait une incidence sur une grande portion de la population de tortues ponctuées. Des baisses de la nappe phréatique ont aussi déjà eu un effet négatif sur l'habitat de l'espèce aux ÉtatsUnis (Harding, 2002; Harms, 2008), tandis que le dragage de zones de marais peu profonds afin d'améliorer l'habitat de la sauvagine a causé la disparition de tortues ponctuées de certains sites dans ce même pays (Oldham, 1991).

Mortalité attribuable aux pratiques agricoles (impact global de la menace = faible)

À au moins un site dans le sudouest de l'Ontario, des femelles adultes nidifiant dans des champs au bord de milieux humides ont été écrasées par de la machinerie agricole, et ce risque existe encore (A. Yagi, comm. pers., 2013). Cette menace pour les adultes s'applique probablement à d'autres souspopulations. Le surpâturage a également été signalé comme une menace pour l'espèce (COSEWIC, 2004).

Exploitation forestière et récolte du bois (impact global de la menace = faible)

La machinerie d'exploitation forestière peut tuer directement des tortues de tout âge en les écrasant et peut aussi détruire des mares printanières et l'habitat d'hibernation (Natural Heritage and Endangered Species Program, 2007). L'hiver, la récolte de bois ne devrait se faire que lorsque le sol est complètement gelé; pour protéger les tortues en hibernation, l'abattage des arbres doit être manuel et des ponts temporaires doivent être utilisés pour franchir les milieux humides (Natural Heritage and Endangered Species Program, 2007). Pour protéger les mares printanières, il faut conserver plus de 75 % du couvert forestier sur une distance de 30 m alentour et éviter d'aménager des chemins de débardage dans cette zone de 30 m (Natural Heritage and Endangered Species Program, 2007).

Prédateurs favorisés par les activités humaines (impact global de la menace = inconnu)

Certaines sous-populations sont présentes dans des paysages modifiés par les activités humaines où certains mammifères prédateurs qui profitent des ressources accrues fournies par les humains (Garrott et al., 1993) sont plus abondants qu'ailleurs. Des études menées dans des sites d'occurrence de la tortue ponctuée ont montré chez d'autres espèces de tortues des taux de prédation des nids allant jusqu'à 80100 %, et on présume que les taux sont semblables chez la tortue ponctuée (Saumure, 1995; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater, données inédites). Dans une étude menée dans le comté de Bruce, huit nids de tortue ponctuée sur onze (73 %) avaient été détruits par des prédateurs (Rasmussen et Litzgus, 2010b). Les prédateurs profitant des activités humaines peuvent aussi se nourrir de tortues juvéniles et adultes [voir BIOLOGIE – Mortalité]. Selon un modèle matriciel de population par stade de développement, des mesures visant à accroître la survie des œufs constitueraient une stratégie de conservation inefficace, car elles ne permettraient d'augmenter le taux de croissance de la souspopulation que si tous les jeunes éclos parviennent à maturité sexuelle (Enneson et Litzgus, 2008).

Changements climatiques (impact global de la menace = inconnu)

Certains chercheurs ont observé qu'à quelques sites, l'habitat de milieu humide de la tortue ponctuée disparaît lentement à mesure que les niveaux d'eau baissent et que les zones d'eau libre se remplissent de matière organique (Gillingwater, comm. pers., 2013; A. Yagi, comm. pers., 2013). Lorsque l'habitat est envahi par des végétaux d'un stade de succession plus avancé, il est souvent inutilisable pour la tortue ponctuée (Burke et al., 2000). La baisse du niveau d'eau, limitant les vagues et les courants, peut créer des conditions favorables au roseau envahissant Phragmites australis ssp. australis (Wilcox et al., 2003), qui réduit la qualité et la quantité des habitats de la tortue ponctuée [Voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS - Destruction et dégradation de l'habitat attribuables aux plantes envahissantes]. Des températures plus élevées favorisent aussi la propagation de cette plante (Wilcox et al., 2003). Les plus fortes hausses de superficie couverte par le Phragmites dans les milieux humides côtiers des Grands Lacs sont associées à des baisses de la profondeur de l'eau et à la présence de sol nu (Tulbure et Johnston, 2010). Le niveau du lac Érié est sous la moyenne depuis 1999 (Mackenzie et al., 2014); durant cette période, le Phragmites s'est rapidement propagé dans des milieux qui abritent la tortue ponctuée (Badzinkski et al., 2008; Mackenzie et al., 2014; Gillingwater, données inédites). Les milieux humides de la baie Georgienne présentent de faibles niveaux d'eau soutenus depuis le début des années 2000 (Great Lakes Wetlands website, 2011). Les modèles de changement climatique prédisent que les niveaux d'eau baisseront encore de 1 m d'ici 2036 et que leurs fluctuations d'une année à l'autre diminueront; cette baisse des fluctuations naturelles menace les milieux humides des Grands Lacs et les espèces qui en dépendent (Great Lakes Wetlands website, 2011). La baisse des niveaux d'eau et les hivers plus rigoureux liés aux changements climatiques pourraient accroître la mortalité hivernale en augmentant la fréquence de conditions d'anoxie et de gel dans les sites d'hibernation [voir BIOLOGIE - Mortalité].

Selon King et Niiro (2013), des modèles de changement climatique prédisent qu'entre 25 et 50 % des sites d'occurrences de la tortue ponctuée ne lui conviendront plus en 2050. Bien qu'on prévoit que la superficie globale des conditions climatiques favorables à l'espèce augmentera (s'étendant notamment vers le nord et l'est en Ontario), sa faible capacité de dispersion rend très improbable sa colonisation de nouveaux milieux, et il faudra prendre des mesures pour faciliter sa colonisation de milieux actuellement inoccupés.

Pour les espèces dont le sexe est déterminé par la température durant le développement embryonnaire, notamment la tortue ponctuée, certains chercheurs ont émis l'hypothèse que le réchauffement climatique mondial pourrait déséquilibrer le rapport des sexes des souspopulations (Janzen, 1994b). Chez la tortue ponctuée en particulier, des températures d'incubation supérieures à 27 °C produisent plus de femelles que de mâles, et une température de 30 °C ne produit que des femelles (Ewert et Nelson, 1991; Ewert et al., 2004a). Comme des températures plus élevées produisent plus de femelles, les changements climatiques pourrait entraîner une hausse de la mortalité sur les routes puisque les femelles sont généralement plus souvent écrasées sur les routes que les mâles [voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS – Mortalité sur les routes et autres effets des routes].

Pollution (impact global de la menace = inconnu)

La tortue ponctuée est très sensible à la pollution et elle disparaît rapidement lorsque la qualité de l'eau diminue (NYSDEC, 1998). Le ruissellement sur les terres agricoles transporte des engrais et des pesticides vers les milieux humides occupés par l'espèce (Harding, 2002; NYSDEC, 2012). Les souspopulations présentes dans des atocatières subissent sans doute une forte exposition à plusieurs pesticides (Lazell, 1976; Belmore, 1978 et 1980). Des œufs de tortues ponctuées recueillis dans un nid situé dans un marais du sudouest de l'Ontario à la fin des années 1970 ont présenté les plus fortes concentrations de DDT et de BPC de toutes les espèces de tortues de la région; tous les nouveau-nés sont morts peu après leur éclosion (Campbell, 1978). Les milieux humides du sud de la baie Georgienne reçoivent de fortes charges en nutriments et en sédiments; des quantités excessives de phosphates d'origine urbaine et agricole et de ruissellement agricole sont transportées dans les baies à partir des bassins versants environnants (Severn Sound Remedial Action Plan, 1993a). À certains sites d'occurrence de la tortue ponctuée, des herbicides ont été appliqués à des lacs pour en éliminer la végétation et les rendre plus propices à la baignade, mais on ignore si ces herbicides ont un effet sur l'habitat de l'espèce dans des marais adjacents (Davy, comm. pers., 2014).

Intrusions et perturbations humaines (impact global de la menace = inconnu)

Au moins deux souspopulations de tortues ponctuées sont menacées par des véhicules tout-terrain (VTT). La tortue ponctuée peut pondre ses œufs le long de sentiers de VTT (Gillingwater et Piraino, 2004) et utiliser les sentiers de VTT inondés comme habitat (Rasmussen, comm. pers., 2013). Des VTT sont utilisés illégalement dans des aires protégées malgré les restrictions (Gillingwater, comm. pers., 2014). En outre, les sentiers de VTT accroissent l'accessibilité aux sites pour les braconniers et les prédateurs (Gillingwater, comm. pers., 2014) ainsi que le risque d'envahissement du milieu par le Phragmites australis ssp. australis, qui est connu pour se propager dans des zones perturbées par des activités humaines (Wilson et al., 2003).

Exploitation de mines et de carrières (impact global de la menace = négligeable)

L'extraction de tourbe menace au moins deux souspopulations de tortues ponctuées (Davy, comm. pers., 2014; A. Yagi, comm. pers., 2014), et au moins une souspopulation est menacée par un projet de carrière à proximité (à environ 4 km), car le projet comprendrait la construction d'une route dans le secteur et pourrait modifier l'hydrologie du réseau adjacent de milieux humides (Bythe, comm. pers., 2014).

Nombre de localités

Le terme « localité » désigne une zone particulière du point de vue écologique et géographique dans laquelle un seul phénomène menaçant peut affecter rapidement tous les individus du taxon présent. L'étendue de la localité dépend de la superficie couverte par le phénomène menaçant et peut inclure une partie d'une sous-population ou plusieurs souspopulations (IUCN, 2010 et 2011).

Les plus graves menaces plausibles qui pèsent sur toutes les souspopulations de tortues ponctuées au Canada sont la mortalité sur les routes, le braconnage et la perte d'habitat [voir MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS et Annexe 1 – Calculateur de menaces du COSEPAC pour la tortue ponctuée]. N'importe laquelle de ces trois menaces pourrait toucher tous les individus se trouvant à moins de 10 km les uns des autres. On estime donc qu'il y a de 20 à 30 localités de l'espèce dans son aire de répartition.

Il y a un déclin continu inféré du nombre de localités, surtout dans le sudouest de l'Ontario où il reste peu de milieux propices à l'espèce et où le nombre de sites considérés comme historiques est élevé.

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

La tortue ponctuée est protégée à titre d'espèce « en voie de disparition » par la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) du gouvernement fédéral et par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (L.O. 2007, ch. 6) de l'Ontario et à titre d'espèce « susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable » par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q. 1989, ch. E-12.01) du Québec. L'espèce ne bénéficie que d'une protection générale de son habitat en vertu de Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario; son habitat reste à désigner en vertu de ces lois provinciales et fédérale.

Au Canada, la tortue ponctuée est également protégée contre tout dommage et exploitation par la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune de l'Ontario et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (2002) du Québec. Elle bénéficie aussi d'une protection juridique par le fait d'être présente dans des réserves nationales de faune, des parcs provinciaux et nationaux et d'autres aires de conservation. En outre, son habitat est protégé aux termes de la Déclaration de principes provinciale faite en vertu de la Loi sur l'aménagement du territoire (1990) de l'Ontario. Aux ÉtatsUnis, la tortue ponctuée n'est pas inscrite à la liste des espèces en péril de l'Endangered Species Act du gouvernement fédéral américain, mais elle est inscrite à la liste des espèces en péril d'au moins 10 des 22 États où elle est présente.

En mars 2013, la tortue ponctuée a été inscrite à l'annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), de sorte que le commerce international de l'espèce est maintenant réglementé (CITES, 2013).

Statuts et classements non juridiques

Le COSEPAC a désigné la tortue ponctuée « espèce préoccupante » en 1991, puis « espèce en voie de disparition » après la réévaluation de sa situation en 2004. Cette désignation a été confirmée par la réévaluation effectuée en 2014. La cote de conservation mondiale de la tortue ponctuée est G5 (« non en péril »), car on estime qu'il en existe au moins 10 000 individus répartis en au moins 500 souspopulations. Sa cote nationale est N5 (« non en péril ») aux États Unis et N3 (« vulnérable ») au Canada. Sa cote provinciale est S1 (« gravement en péril ») au Québec et S2 (« en péril ») en Ontario (elle est passée de S3 à S2 d'après l'information présentée dans le présent rapport; Oldham, comm. pers., 2014). Aux ÉtatsUnis, sa cote de conservation varie de S1 à S5 selon l'État (NatureServe, 2013). Le tableau 1 énumère les cotes de conservation de l'espèce.

En 2011, l'UICN (liste rouge) a désigné la tortue ponctuée espèce en danger A2cde+4ce, ce qui indique qu'elle court un risque très élevé de disparaître à l'état sauvage, ses populations ayant diminué de 50 % ou plus (sur 10 ans ou trois générations) en raison de la baisse de sa zone d'occupation et/ou de la qualité de l'habitat, de son exploitation dans le commerce d'animaux de compagnie et des effets d'espèces introduites (van Dijk, 2011). Selon le classement du rapport sur la situation générale des espèces au Canada, la tortue ponctuée en considérée comme en péril au Canada, en Ontario et au Québec (Wild Species, 2010).

Il est surprenant que l'espèce soit encore désignée « non en péril » à l'échelle mondiale et nationale aux ÉtatsUnis (NatureServe, 2014) malgré les preuves de son déclin et de sa rareté dans l'ensemble de son aire de répartition et le classement d'espèce en danger que lui a récemment attribué l'UICN.

Protection et propriété de l'habitat

La tortue ponctuée a été observée dans au moins 149 aires protégées en Ontario, soit 26 collectivités autochtones, 90 propriétés appartenant à des organismes de conservation et 33 réserves, aires de gestion ou parc provinciaux ou nationaux (NHIC, 2013; McCarter, comm. pers., 2013; Pulfer, comm. pers., 2013; Lickers, comm. pers., 2013). Toutefois, il s'agit dans la plupart des cas de souspopulations historiques, probablement disparues, en déclin ou dont on ignore la situation [voir TAILLES ET TENDANCES DES POPULATIONS - Abondance, TAILLES ET TENDANCES DES POPULATIONS - Fluctuations et tendances, MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS – Mortalité sur les routes et autres effets des routes].

Table 1. Spotted Turtle conservation status ranks.
LieuCote de conservationStatut ou protection juridique
Pays  
CanadaN3En voie de disparition
United StatesN5S.O.
Provinces  
OntarioS2En voie de disparition
QuébecS1Espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable
États  
ConnecticutS4S.O.
DelawareS3S.O.
District of ColumbiaS1Espèce protégée
FloridaS3?S.O.
GeorgiaS3Espèce inhabituelle/protégée
IllinoisS1En voie de disparition
IndianaS2En voie de disparition
MaineS3Espèce menacée
MarylandS5S.O.
MassachusettsS4Species of Conservation Interest/Protected
MichiganS2Espèce menacée
New HampshireS3Espèce menacée
New JerseyS3Espèce préoccupante
New YorkS3Espèce préoccupante
North CarolinaS3S.O.
OhioS3Espèce menacée
PennsylvaniaS3S.O.
Rhode IslandS5Espèce protégée
South CarolinaS5Espèce menacée
VermontS1En voie de disparition
VirginiaS4S.O.
West VirginiaS1Espèce préoccupante

Légende N = cote nationale; S = cote infranationale (province ou État); 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = vVulnérable; 4 = apparemment non en péril; 5 = non en péril
Sources CITES, 2013; NatureServe, 2014

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Remerciements et experts contactés

Nous remercions particulièrement Scott Gillingwater (UTRCA), Christina Davy (Trent University), Megan Rasmussen (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario : MRNFO), Julia Riley (Université Laurentienne), les premières Nations de la baie Georgienne, Jackie Litzgus (Université Laurentienne), David Seburn (consultant en écologie), Anne Yagi (MRNFO), Jennifer McCarter (Conservation de la nature Canada), Tanya Pulfer (Ontario Nature), Victor Miller (MRNFO), Mike Oldham (Centre d'information sur le patrimoine naturel), Yvonne Hopkins, Henry Lickers (Akwesasne Department of the Environment) et Études d'Oiseaux Canada d'avoir fourni des communications détaillées, des données et rapports inédits et des articles publiés. Nous remercions également Michael Oldham et Jackie Litzgus qui ont rédigé les rapports de situation du COSEPAC sur la tortue ponctuée de 1991 et 2004, respectivement; ces documents ont constitué la base du présent rapport.

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Autres experts contactés

Beck, Gregor
Conservation Science Director
Long Point Basin Land Trust
Port Rowan (Ontario)

Benvenuti, Jodi
Biologiste des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
Midhurst (Ontario)

Bernier, Pierre-André
Biologiste
Équipe de rétablissement des tortues du Québec
Québec (Québec)

Blythe, Chris
Consultant en environnement
Blythe and Associates
Magnetawan (Ontario)

Brdar, Corina
Écologiste, zone Sud-Est
Parcs Ontario
Kingston (Ontario)

Brill, Matthew
Turtle Island Programme Co-ordinator
Zoo de Toronto
Toronto (Ontario)

Brownell, Vivian R. 
Biologiste principale des espèces en péril
Direction des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Peterborough (Ontario)

Cebek, Joe
Professor adjoint
Department of Biology
Trent University
Peterborough (Ontario)

Crowley, Joe
Herpétologue spécialiste des espèces en péril
Direction des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Peterborough (Ontario)

Davy, Christina
Boursière de recherches postdoctorales Liber Ero
Natural Resources DNA Profiling & Forensic Centre
Trent University
Peterborough (Ontario)

Doubt, Jennifer
Gestionnaires en chef des collections
Musée canadien de la nature
Ottawa (Ontario)

Dubois, Yohann
Biologiste
Direction générale de l'expertise sur la faune et ses habitats
Secteur de la faune
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
Québec (Québec)

Filion, Alain
Agent de projets scientifiques et de géomatique
Soutien scientifique au COSEPAC et à CITES
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Gatineau (Québec) 

Fournier, François
Gestionnaire de recherche
Direction générale de la science et de la technologie
Environnement Canada
Québec (Québec)

Gauthier, Isabelle
Biologiste
Coordinatrice provinciale, espèces fauniques menacées et vulnérables
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
Québec (Québec)

Giguère, Sylvain
Biologiste des espèces en péril
Service canadien de la faune
Environment Canada
Québec (Québec)

Gilbert, Janice
Écologiste des milieux humides
Langton (Ontario)

Gillingwater, Scott
Biologiste des espèces en péril
Upper Thames River Conservation Authority
London (Ontario)

Goit, Monique
Agente de projet scientifique
Secrétariat du COSEPAC
Service canadien de la faune
Environment Canada
Gatineau (Québec)

Gould, Ron
Écologiste de zone par intérim
Ontario Parks – zone Sud-Ouest
London (Ontario)

Hopkins, Yvonne
Biologiste principale
Drainage Investment Group
Niagara Falls (Ontario)

Howes, Briar
Soutien scientifique
Programme des espèces en péril
Parcs Canada
Gatineau (Québec)

Jones, Neil
Chargé de projets scientifiques et coordonnateur des CTA
Secrétariat du COSEPAC
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Gatineau (Québec)

Lickers, Henry
Environmental Science Officer
Akwesasne Department of the Environment
Cornwall (Ontario)

Litzgus, Jacqueline
Professeure adjointe
Département de biologie
Université Laurentienne
Sudbury (Ontario)

Marks, Steve
Spécialiste des reptiles - espèces en péril
AMEC
Windsor (Ontario)

McCarter, Jennifer
Biologiste de la conservation - amphibiens et reptiles
Conservation de la nature Canada - Région de l'Ontario
Guelph (Ontario)

McConnell, Angela
Biologiste du rétablissement des espèces en péril
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Downsview (Ontario)

McKay, Vicki
Biologiste des espèces en péril
Parc national de la Pointe-Pelée
Leamington (Ontario)

Miller, Victor
Agent de conservation et spécialiste des enquêtes
Unité des services des enquêtes spéciales
Direction de l'application des règlements
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
Peterborough (Ontario)

Morin, Ryan
Biologiste des espèces en péril
Burlington (Ontario)

Nantel, Patrick
Biologiste de la conservation
Programme des espèces en péril
Direction de l'intégrité écologique
Parcs Canada
Gatineau (Québec)

Nernberg, Dean
D Env G 4
Agent des espèces en péril
Directeur général de l'environnement
Direction générale de la gérance de l'environnement
Quartier général de la Défense nationale
Ottawa (Ontario)

Oldham, Michael
Botaniste et herpétologue
Centre d'information sur le patrimoine naturel de l'Ontario
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Peterborough (Ontario)

Paquet, Annie
Technicienne de la faune
Direction de la biodiversité et des maladies de la faune
Direction générale de l'expertise sur la faune et ses habitats
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
Québec (Québec)

Phillips, Julia
Adopt-A-Pond Coordinator
Zoo de Toronto
Toronto (Ontario)

Pulfer, Tanya
Ontario Reptile and Amphibian Atlas Coordinator
Ontario Nature
Toronto (Ontario)

Rasmussen, Megan
Biologiste du secteur de Sudbury par intérim
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Sudbury (Ontario)

Riley, Julia
Candidate au doctorat
Department of Biological Sciences
Macquarie University
Sydney, Australia
Robinson, Jeff
Coordonnateur des aires protégées
Environnement Canada
Service canadien de la faune
London (Ontario)

Robinson, Suzanne
Biologiste des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Midhurst (Ontario)

Rouleau, Sébastien
Biologiste
Coordonnateur de la recherche et de la conservation
Société d'histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent
Ste-Anne-de-Bellevue (Québec)

Rouse, Jeremy
Biologiste des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, district de Parry Sound
Parry Sound (Ontario)

Schnobb, Sonia
Adjointe administrative
Secrétariat du COSEPAC
Environnement Canada
Gatineau (Québec)

Seburn, David
Consultant en écologie
Seburn Ecological Services
Ottawa (Ontario)

Tessier, Nathalie
Biologiste
Direction de la gestion de la faune de l'Estrie, de Montréal et de la Montérégie et de Laval
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
Longueuil (Québec)

Toussaint, Daniel
Biologiste
Direction de la gestion de la faune de l'Outaouais
Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec
Gatineau (Québec)

Wu, Jenny
Chargée de projets scientifiques
Secrétariat du COSEPAC
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Gatineau (Québec)

Yagi, Anne
Biologiste de gestion
Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, district de Guelph
Vineland Station (Ontario)

Yagi, Katherine
Candidate au doctorat - Green Lab
Université McGill, Musée Redpath
Montréal (Québec)

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Sources d'information

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Teresa Piraino travaille comme consultante en écologie au MMM Group Limited à Kitchener (Ontario). Elle a 15 ans d'expérience en recherche sur des espèces en péril et en inventaire faunique dans le sud et le centre de l'Ontario. Avec le temps, elle a acquis une expérience approfondie en recherche de terrain sur de nombreux reptiles de l'Ontario, notamment les tortues mouchetée, peinte du centre, géographique, molle à épines et ponctuée, la chélydre serpentine et les couleuvres fauve de l'Est, à nez plat et royale. Elle s'intéresse particulièrement à l'écologie comportementale et aux déplacements des reptiles. Elle siège à titre de conseillère à l'Ontario Turtle Conservation Group et est membre de l'exécutif de l'Équipe nationale de rétablissement de la couleuvre royale. Elle a rédigé la mise à jour (2012) du rapport de situation du COSEPAC sur la tortue géographique et le protocole de relevé de la couleuvre royale (2013) du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario (MRNFO). Elle a corédigé le document Landmanager's Guide To Conserving Habitat for Forest Birds in Southern Ontario (2011) du MRNFO et corédige actuellement la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC sur la tortue mouchetée et le document Chelonian Research Monographs: Spotted Turtle Species Account de l'UICN. Mme Piraino détient un baccalauréat spécialisé en anthropologie environnementale et en écologie politique de l'Université Western Ontario.

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Annexe 1. Tableau d'évaluation des menaces.

Tableau d'évaluation des menaces

Nom scientifique de l'espèce ou de l'écosystème
Tortue ponctuée
 
Date
22/04/2014
Évaluateur(s) :
Dave Fraser, Jim Bogart, Teresa Piraino (rédactrice), Jackie Litzgus, Ron Brooks, Dave Seburn, Katharine Yagi, Christina Davy, MarieFrance Noel, Joe Crowley, Vivian Brownell, Anne Yagi et Scott Gillingwater (Angele Cyr, du Secrétariat du COSEPAC, a pris les commentaires en note).
 
Calcul de l'impact global des menaces
Impact des menacesImpact des menaces (descriptions)Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Maximum de la plage d'intensité
Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Minimum de la plage d'intensité
ATrès élevé00
BÉlevé21
CMoyen12
DFaible22
-Impact global des menaces calculé :Très élevéTrès élevé
Tableau d'évaluation des menaces.
#MenaceImpact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années
ou
3 générations)
ImmédiatetéCommentaires
1Développement résidentiel et commercial (en anglais seulement)NégligeableNégligeable (<1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)-
1.1Habitations et zones urbainesC MoyenRestreinte (11-30 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)La majeure partie du développement résidentiel et urbain s'est déjà produit dans le sud-ouest de l'Ontario, mais il se produit encore des pertes d'habitat dans des milieux humides de cette région en raison de la construction de chalets et de marinas. En outre, l'urbanisation et la construction de chalets et de marinas augmentent dans la région de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce.
1.2Zones commerciales et industriellesNégligeableNégligeable (<1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Le développement commercial et industriel est peu probable dans l'habitat de la tortue ponctuée en raison des mesures de protection prévues par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
1.3Tourisme et espaces récréatifsNégligeableNégligeable (<1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)La création de réseaux de sentiers et de trottoirs de bois dans un site occupé par la tortue ponctuée pourrait causer une perte d'habitat.
2Agriculture et aquaculture (en anglais seulement)D FaiblePetite (1-10 %)Modérée à élevée (11-70 %)Élevée (continue)-
2.1Cultures annuelles et pluriannuelles de produits autres que le boisD FaiblePetite (1-10 %)Modérée à élevée (11-70 %)Élevée (continue)Dans les années 1960, la plupart des grands milieux humides du sud de l'Ontario avaient été drainés; la perte de petits milieux humides (superficie < 10 ha) se poursuit à un rythme d'au moins 0,17 % par année en raison du développement agricole et urbain. Au moins deux populations se trouvant près de milieux agricoles subissent une mortalité d'adultes attribuables aux pratiques et à la machinerie agricoles ainsi qu'au nettoyage de drains agricoles. Si les tortues se portent bien dans le nord de l'Ontario, cette menace est négligeable. Bien que plusieurs populations soient présentes dans le sud agricole de la province, la plupart d'entre elles semblent être isolées des activités agricoles.
2.2Plantations pour la production de bois et de pâte----Négligeable.
2.3Élevage et élevage à grande échelle----Négligeable.
2.4Aquaculture en mer et en eau douce----Négligeable.
3Production d'énergie et exploitation minière (en anglais seulement)NégligeableNégligeable (<1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)-
3.1Forage pétrolier et gazier----Négligeable.
3.2Exploitation de mines et de carrièresNégligeableNégligeable (<1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Deux sites sont actuellement touchés par l'extraction de tourbe, et un site est menacé par un projet de mine de granulats.
3.3Énergie renouvelable----La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition protégera probablement l'habitat de la tortue ponctuée contre le développement de parcs éoliens ou d'autres énergies renouvelables. Cette loi n'empêche pas complètement ce type de développement, mais peut éviter qu'il se produise dans l'habitat désigné de la tortue ponctuée.
4Corridors de transport et de service (en anglais seulement)B ÉlevéGrande (31-70%)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)-
4.1Routes et voies ferréesB ÉlevéGrande (31-70%)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)La construction de routes constitue la plus grande menace qui pèse sur l'habitat de la tortue ponctuée, détruisant actuellement de l'habitat connu de l'espèce dans la région de la baie Georgienne. En outre, on sait que les populations au bord de routes subissent une forte mortalité sur les routes : 1) estimation prudente de 3 à 9 individus tués sur les routes sur une période de cinq ans pour une sous-population d'environ 370 individus dans le sud-ouest de l'Ontario; 2) 20 individus (32 % des captures) tués sur les routes durant trois ans chez une sous-population de la baie Georgienne.
4.2Lignes de services publics----Négligeable.
4.3Transport par eau----Négligeable.
4.4Trajectoires de vol----Négligeable.
5Utilisation des ressources biologiques (en anglais seulement)C MoyenGrande (31-70%)Modérée (11-30 %)Élevée (continue)-
5.1Chasse et prélèvement d'animaux terrestres-Grande (31-70%)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)Toute information sur un site diffusée au public met la population à risque de braconnage. La capture d'individus pour être vendus comme animaux de compagnie aurait réduit de plus de 50 % de l'aire de répartition nord-américaine de l'espèce; aux États-Unis, des populations de 300 à 1 100 individus ont été éradiquées en quelques années après la diffusion d'information sur leur emplacement. Depuis 2005, des tortues ponctuées sont de plus en plus capturées pour le commerce de produits alimentaires et médicinaux. On considère qu'au moins 23 des 109 sites de l'espèce en Ontario (21 %) présentent un risque élevé de braconnage en raison de la facilité d'accès au site.
5.2Cueillette de plantes terrestres----Négligeable.
5.3Exploitation forestière et récolte du boisD FaiblePetite (1-10 %)Légère à modérée (1-30 %)Élevée (continue)Les tortues ponctuées courent le risque d'être écrasées par de la machinerie forestière (mortalité directe). L'exploitation forestière peut détruire l'habitat de mare printanière. Cette menace pèse sur l'espèce dans toute son aire de répartition.
5.4Pêche et récolte des ressources aquatiques----Négligeable. L'espèce occupe des milieux humides de faible profondeur d'eau où la pêche est peu susceptible d'être pratiquée.
6Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement)InconnuGrande (31-70%)InconnueÉlevée (continue)-
6.1Activités récréativesInconnuGrande (31-70%)InconnueÉlevée (continue)L'utilisation de VTT peut écraser des sites de nidification. Certaines activités de chasse peuvent créer de nouveaux sites de nidification. L'accessibilité accrue aux sites s'applique également aux prédateurs et aux braconniers. Des VTT sont utilisés illégalement sur des aires protégées malgré les restrictions.
6.2Guerre, troubles civils et exercices militaires----Négligeable.
6.3Travaux et autres activitésNégligeableNégligeable (<1 %)InconnueÉlevée (continue)Négligeable. Des individus sont capturés accidentellement dans des pièges posés par des chercheurs, mais la plupart sont relâchés; la mortalité accidentelle devrait donc être très faible.
7Modification du système naturel (en anglais seulement)D FaiblePetite (1-10 %)Légère à modérée (1-30 %)Élevée (continue)-
7.1Incendies et suppression des incendiesD FaiblePetite (1-10 %)Légère (1-10%)Élevée (continue)Des brûlages dirigés effectués au printemps ont entraîné la mort de quelques individus dans un site (au moins deux morts sur environ 140 individus).
7.2Barrages, gestion et utilisation de l'eauD FaiblePetite (1-10 %)Légère à modérée (1-30 %)Élevée (continue)L'élimination de digues de castors durant l'hiver peut causer la mort de tortues en hibernation, tandis que l'élimination de digues de castors durant l'été peut entraîner des conditions de sécheresse et des incendies (voir la menace 7.1). Des tortues ponctuées sont souvent présentes dans des milieux humides aménagés par des castors. Le creusage de fossés au bord des routes constitue également une menace (voir la menace 4.1).
7.3Autres modifications de l'écosystèmeD FaiblePetite (1-10 %)Légère à modérée (1-30 %)Élevée (continue)Le dragage de milieux humides l'hiver à des fins d'entretien ou de création d'habitats pour la sauvagine peut causer la mort de tortues en hibernation. Cette activité a sans doute lieu dans de nombreuses aires de gestion protégées.
8Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement)BC Moyen à élevéGrande (31-70 %)Modérée à extrême (11-100 %)Élevée (continue)-
8.1Espèces exotiques/non indigènes envahissantesBC Moyen à élevéGrande (31-70 %)Modérée à extrême (11-100 %)Élevée (continue)La plante envahissante Phragmites australis ssp. australis a déjà envahi plusieurs sites de la tortue ponctuée dans le sud-ouest de l'Ontario et devrait s'étendre dans tout le sud de la province durant les 20 prochaines années. Aucun milieu humide n'est à l'abri d'un envahissement par le Phragmites, etle changement climatique contribue à accroître le rythme et l'étendue de sa propagation. Quelques tortues ponctuées et tortues d'autres espèces ont été trouvées prises ou mortes dans de denses peuplements de Phragmites. Les milieux humides côtiers du lac Érié, même ceux qui sont éloignés de toute perturbation anthropique, ont été rapidement envahis par cette plante depuis dix ans. Les observations de tortues ponctuées dans ces milieux ont diminué de plus de 50 % à 90 %. Les milieux humides côtiers de la baie Georgienne seront probablement envahis par cette plante en raison de la baisse du niveau d'eau attribuable aux changements climatiques. Le Phragmites envahissant limite les déplacements des tortues et leurs possibilités de se faire chauffer au soleil, réduit leur habitat de nidification, la température d'incubation de leurs œufs, leur succès de nidification, ainsi que la survie des nouveau-nés qui hibernent dans le nid, et accroît le risque de feux et de sécheresses dans les milieux humides. Une fois que le Phragmites s'établit et forme des peuplements purs et denses, l'habitat n'est plus utilisable et est effectivement perdu.
8.2Espèces indigènes problématiquesInconnuInconnueInconnueModérée (peut-être à court terme, < 10 ans)Certaines populations sont présentes dans des paysages modifiés par les activités humaines qui abritent de plus grands nombres de certains mammifères prédateurs qui profitent des ressources accrues fournies par les humains. Des études sur d'autres espèces de tortues dans ces régions ont mis en évidence des taux de prédation des nids allant jusqu'à 80-100 %, et on présume que les taux sont semblables chez la tortue ponctuée. Dans une étude de suivi de cette espèce, huit nids sur onze (73 %) avaient été détruits par des prédateurs.
8.3Introduction de matériel génétique----Négligeable.
9Pollution (en anglais seulement)InconnuPetite (1-10 %)InconnueÉlevée (continue)-
9.1Eaux usées domestiques et urbainesInconnuPetite (1-10 %)InconnueÉlevée (continue)Les milieux humides côtiers du sud de la baie Georgienne reçoivent trop de phosphates de sources urbaines. C'est sans doute aussi le cas pour les milieux humides du lac Érié.
9.2Effluents industriels et militaires----Négligeable.
9.3Effluents agricoles et forestiersInconnuPetite (1-10 %)InconnueÉlevée (continue)Les milieux humides côtiers du sud de la baie Georgienne et du lac Érié reçoivent trop de phosphates et de ruissellement de source agricole.
9.4Détritus et déchets solides----Négligeable.
9.5Polluants atmosphériques----Négligeable.
9.6Énergie excessive----Négligeable.
10Phénomènes géologiques (en anglais seulement)-----
10.1Volcans----Négligeable.
10.2Tremblements de terre et tsunamis----Négligeable.
10.3Avalanches et glissements de terrain----Négligeable.
11Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement)InconnuPetite à restreinte (1-30 %)InconnueÉlevée (continue)-
11.1Déplacement et altération de l'habitatInconnuPetite à restreinte (1-30 %)InconnueÉlevée (continue)La mortalité hivernale a été mesurée à certains sites. Dans une étude en cours, le taux de mortalité hivernale se maintient à un ou deux individus par année depuis 1999. La baisse des niveaux d'eau et les hivers plus rigoureux liés aux changements climatiques pourraient accroître la mortalité hivernale en augmentant la fréquence de conditions d'anoxie et de gel dans les sites d'hibernation. La baisse des niveaux d'eau dans les milieux humides côtiers produit un assèchement prématuré et une succession végétale qui mènent à une perte d'habitat. En outre, les faibles niveaux d'eau et les températures plus élevées de l'eau favorisent la propagation du Phragmites envahissant qui dégrade ou détruit l'habitat de la tortue ponctuée.
11.2Sécheresses----Le réchauffement et les faibles niveaux d'eau peuvent mener à l'assèchement des milieux humides et accroître le taux de propagation du Phragmites. Dansun site, la sécheresse a entraîné un incendie et la mort de tortues ponctuées. La présence de grands peuplements de Phragmites morts accroît le risque d'incendie dans ces milieux.
11.3Températures extrêmes----Chez la tortue ponctuée, le sexe est déterminé selon la température d'incubation de l'œuf, une température plus élevée donnant plus de femelles. On a émis l'hypothèse qu'avec le réchauffement climatique, cet effet pourrait déséquilibrer le rapport des sexes, mais comme l'espèce est présente dans le sud des États-Unis, cette menace est jugée négligeable.
11.4Tempêtes et inondations----Négligeable.

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