Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Vertigo à crêtes fines Nearctula sp. au Canada – 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes


Information sur le document

Vertigo à crêtes fines Nearctula sp.

Photos d’une coquille de l’espèce du vertigo à crêtes fines (Nearctula) montrant la disposition des denticules péristomaux

Préoccupante – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 45 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Kristiina Ovaska et Lennart Sopuck, qui ont rédigé le rapport de situation provisoire sur le vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.) en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Leur participation à la préparation du rapport de situation a pris fin avec l’acceptation du rapport provisoire. Tous les changements apportés au cours des étapes subséquentes de la préparation des rapports provisoires de deux mois et de six mois ont été supervisés par Robert Forsyth, coprésident du Sous–comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Threaded Vertigo Nearctula sp. in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Vertigo à crêtes fines -- Photo par Robert Forsyth.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/607–2010F–PDF
ISBN978–1–100–94829–4

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COSEPAC – Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Vertigo à crêtes fines

Nom scientifique
Nearctula sp.

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Cette minuscule espèce d’escargot terrestre est à l’extrémité nord de son aire de répartition et se trouve dans les basses terres bordant le détroit de Georgie et au sud de l’île de Vancouver. La plupart des individus vivent sur l’écorce d’érables à grandes feuilles, et leur dispersion d’un arbre ou d’un site à l’autre semble limitée. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont l’élimination des arbres et la dégradation de l’habitat causées par l’expansion urbaine, la construction de routes et d’éléments d’infrastructure connexes, l’exploitation forestière et l’agriculture.

Répartition
Colombie–Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 2010.

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COSEPAC – Résumé

Vertigo à crêtes fines Nearctula sp.

Information sur l’espèce

Le vertigo à crêtes fines est un minuscule gastéropode terrestre possédant une coquille allongée, plutôt cylindrique. La coquille, qui mesure environ de 2,4 à 3,3 mm de hauteur, est mate; elle est brun foncé, avec de fines crêtes de croissance parallèles plutôt prononcées. La cavité de la coquille adulte comporte 4 denticules blancs (protubérances ressemblant à des dents), qui sont absents dans la coquille non parvenue à maturité. À l’heure actuelle, le vertigo à crêtes fines ne possède pas de nom scientifique officiel vu son historique compliqué de nomenclature, mais la validité de l’espèce ne fait pas de doute.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend du sud–ouest de la Colombie–Britannique jusqu’au centre–ouest de la Californie, en passant par l’ouest de l’État de Washington. Au Canada, l’espèce est présente dans le sud de l’île de Vancouver, sur l’île Saturna et sur la Sunshine Coast de la Colombie–Britannique continentale. On compte 24 mentions de répartition récentes de l’espèce (depuis 1984). Sur l’île de Vancouver, on trouve des sites regroupés dans le district régional de la capitale (région de Victoria) mais, le long de la côte est, l’espèce n’a été observée qu’à des sites dispersés, vers le nord, jusqu’à la limite sud de Courtenay. Dans le détroit de Georgia, on a rencontré l’espèce à un seul site sur l’île Saturna. Sur la Sunshine Coast (C.-B. continentale), le vertigo à crêtes fines est présent à plusieurs endroits entre Gibsons et Egmont.

Habitat

En Colombie–Britannique, on trouve ce gastéropode dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes humides situées à faible altitude (habituellement moins de 200 m). Ils sont souvent associés aux érables à grandes feuilles et à un sous–étage de fougères et d’arbustes caractéristiques des sites riches et humides. Les forêts riveraines d’un certain âge abritant des bosquets de grands érables semblent leur convenir tout particulièrement. Les vertigos à crêtes fines sont dans une large mesure arboricoles, et on les déniche le plus souvent sur le tronc des érables, plus précisément dans les creux formés par les plissements de l’écorce et sur les plaques de mousses. On les rencontre parfois sur d’autres feuillus, sur les frondes des fougères ou sur le sol, dans la couverture de feuilles mortes. La répartition des gastéropodes tant dans les peuplements forestiers que d’un peuplement forestier à l’autre se caractérise par son irrégularité; en effet, on peut observer une forte concentration d’individus sur certains arbres, mais aucun sur d’autres.

Biologie

On en sait peu sur la biologie du vertigo à crêtes fines; il faut donc extrapoler l’information dont on dispose sur des espèces apparentées et similaires au vertigo à crêtes fines. Comme la plupart des gastéropodes terrestres, le vertigo à crêtes fines est hermaphrodite (chaque individu possède à la fois les organes reproducteurs mâles et femelles), mais on ne sait pas dans quelle mesure se produit l’interfécondation. Chez des espèces similaires au vertigo à crêtes fines, les œufs sont pondus individuellement. La durée de vie est probablement courte, c’est–à–dire deux ans ou moins. Le vertigo à crêtes fines hiberne l’hiver et estive probablement pendant les périodes sèches. Les mouvements et la dispersion active sont limités, mais un transport passif par les feuilles qui tombent est vraisemblable pendant les tempêtes. On a observé des individus dans de petites touffes d’arbres en bordure de routes et de sentiers récréatifs fréquentés, ce qui laisse supposer que ce gastéropode peut tolérer un certain degré de perturbation de l’habitat, pourvu que des microhabitats humides convenables demeurent disponibles.

Taille et tendances des populations

Peu de données sont disponibles sur la taille et les tendances des populations. Sur les arbres colonisés, les recherches ont permis de recenser 1 à 12 individus sur la partie inférieure du tronc (les 2 premiers mètres à partir du sol) dans le cadre de relevés de vérification sur le terrain effectués sur l’île de Vancouver et sur la Sunshine Coast. La densité des individus semble être bien moindre dans la litière. Des relevés faits en 2008 ont montré que l’espèce s’était maintenue à de nombreux sites sur plusieurs années, mais la taille et la viabilité des populations locales sont inconnues.

Facteurs limitatifs et menaces

L’aire de répartition de l’espèce coïncide avec des zones densément peuplées et très aménagées de la Colombie–Britannique. La conversion de la plupart des terres remonte à un certain temps, dans ces secteurs de basses terres côtières, mais l’occupation humaine continue de s’étendre, empiétant sur les secteurs naturels qui restent à mesure que la population croît. L’aménagement d’ensembles résidentiels, la construction de routes et d’infrastructures connexes, l’agriculture et l’exploitation forestière rétrécissent et fragmentent les habitats. La plupart des observations répertoriées pour cette espèce ont été faites dans des parcs ou sur des terres fédérales protégées contre la conversion des terres, mais les habitats potentiels disponibles sur les terres privées dans la plus grande partie de l’aire de répartition de l’espèce continuent de disparaître peu à peu. Les populations dans les zones protégées ne sont pas nécessairement en sécurité vu la dégradation de l’habitat causée par les utilisations intensives à des fins récréatives ou autres, et vu l’invasion par des espèces végétales ou animales introduites.

Importance de l’espèce

L’espèce est réputée être sans importance d’ordre socioéconomique ou culturel. Elle contribue à la biodiversité des riches et extraordinaires communautés arboricoles abritées par les érables à grandes feuilles. Dans les sites humides propices, des mousses épiphytes, des hépatiques, des lichens, des fougères et d’autres plantes vasculaires recouvrent les vieux érables, ce qui procure un habitat convenable à toute une gamme de champignons, d’invertébrés et d’autres types d’organismes. Les rôles écologiques et les écoservices des divers membres de ces communautés arboricoles, y compris le vertigo à crêtes fines, restent à élucider.

Protection actuelle

Le vertigo à crêtes fines a été désigné « espèce préoccupante » par le COSEPAC en avril 2010.

Résumé technique

Genre et espèce : Nearctula sp.

Vertigo à crêtes fines – Threaded Vertigo
Répartition au Canada : Colombie–Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée) 1 an
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq années ou deux générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé de [la
réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus
matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations]
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours
des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [la
réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus
matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure et ultérieure
Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures? Inconnu

Information sur la répartition et l’occupation

Superficie estimée de la zone d’occurrence
Les secteurs recouverts par l’océan (habitat inapproprié) dans
le détroit de Georgia ont été inclus.
9 530 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
Valeur d’après la grille de 2x2. La zone d’occupation véritable à chaque site est inconnue, et la zone d’occupation biologique est beaucoup plus petite.
72 km²
La population totale est-elle très fragmentée? Inconnu mais improbable
Nombre de « localités »
Il y a plus de 10 localités; 16 localités récentes (depuis 1984)
ont été répertoriées (tableau 1), et il est probable qu’il en existe d’autres.
16
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Inconnu; peu probable
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice
de la zone d'occupation?
Inconnu; peu probable
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de populations?
Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de localités?
Le nombre de mentions de répartition a augmenté au cours des dix dernières années en raison de l’augmentation des activités de recherche; on trouve constamment de nouvelles localités. La tendance actuelle quant au nombre de localités d’après les données de disparition ou de colonisation est inconnue.
Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
La répartition de l’espèce correspond aux basses terres des régions côtières où se trouve une population anthropique dense
et en expansion; des peuplements forestiers mixtes et de
feuillus qui abritent l’espèce se dégradent et subissent un
rétrécissement de leur superficie en raison d’activités humaines.
Déclin de la superficie, de l’étendue et de la qualité
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Inconnu; peu probable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Inconnu; peu probable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Non, pour autant qu’on sache
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Inconnu

Nombre d’individus matures dans chaque population

Population Nombre d’individus matures
Île de Vancouver Inconnu
Île Saturna Inconnu
Sunshine Coast, C.-B. continentale Inconnu
Total Inconnu
Nombre de populations Au moins 3 populations – probablement plus

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Sans objet

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Principales menaces : perte et dégradation d’habitat surtout à cause de l’urbanisation croissante, de la construction de routes et d’infrastructures connexes, de l’exploitation forestière et de l’agriculture

Menaces possibles : dégradation de l’habitat à cause de l’effet–lisière, des activités récréatives et autres utilisations humaines, et de l’invasion par des espèces végétales et  animales introduites

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur? États–Unis : apparemment non en péril (N3N5); non classifié ou sans statut spécial en Californie, en Oregon et dans l’État de Washington
Une immigration a–t–elle été constatée ou est–elle possible? Aucune immigration constatée; l’immigration est très improbable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes
existe–t–elle?
Non

Statut existant

COSEPAC : désignée espèce préoccupante en avril 2010
Colombie–Britannique : S2 (en péril); sur la liste rouge
Autres sources de renseignements : Aucune

Statut et justification de la désignation

Statut: Espèce préoccupante
Code alphanumérique : Aucun
Justification de la désignation :
Cette minuscule espèce d’escargot terrestre est à l’extrémité nord de son aire de répartition et se trouve dans les basses terres bordant le détroit de Georgia et au sud de l’île de Vancouver. La plupart des individus vivent sur l’écorce d’érables à grandes feuilles, et leur dispersion d’un arbre ou d’un site à l’autre semble limitée. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont l’élimination des arbres et la dégradation de l’habitat causées par l’expansion urbaine, la construction de routes et d’éléments d’infrastructure connexes, l’exploitation forestière et l’agriculture.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Sans objet. On ne connaît pas le nombre total d’individus matures.

Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) :
Sans objet. Bien que la zone d’occurrence (9 530 km²) est < 20 000 km², et que l’IZO (72 km²) est < 500 km² et qu’un déclin continu est inféré dans la superficie et la qualité de l’habitat, l’espèce n’est pas gravement fragmentée, et on la trouve dans plus de 10 localités (il est probable qu’on puisse en répertorier d’autres), et des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (peu probable), de l’IZO, du nombre de localités ou de populations, ou du nombre d’individus matures sont inconnues (et sont peu probables).

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Sans objet; on ne connaît pas le nombre total d’individus matures.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Sans objet. On ne connaît pas le nombre total d’individus matures, et il est probablement > 1 000. L’IZO est > 20 km², et le nombre de localités est > 5.

Critère E (analyse quantitative) : Aucune donnée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2010)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur le Vertigo à crêtes fines Nearctula sp.au Canada – 2010

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.) fait partie de la famille des Vertiginidés, groupe de petits gastéropodes terrestres répandus dans le monde entier. Certaines autorités considèrent ce groupe comme une sous–famille de la famille des Pupillidés (Pilsbry, 1948; Turgeon et al., 1998), alors que d’autres estiment que les différences entre les deux taxons sont suffisantes pour justifier de les ranger dans deux familles distinctes (Schileyko, 1998; Roth et Sadeghian, 2003, 2006; Bouchet et Rocroi 2005). Selon Forsyth (2004), la classification du vertigo à crêtes fines est la suivante :

  • Embranchement : Mollusques
  • Classe : Gastéropodes
  • Sous–classe : Orthogastéropodes
  • Ordre : Pulmonés
  • Superfamille : Pupilloïdés
  • Famille : Vertiginidés
  • Sous–famille : Vertigininés
  • Genre : Nearctula
  • Espèce : Nearctula sp.

Le genre Nearctula Sterki (1892) correspond au groupe Vertigo californica de Pilsbry (1948). Smith et al. (1990), en accord avec Coney (1988), ont séparé les Nearctula des Vertigo. Ce générique est employé dans la liste des noms de mollusques établie par l’American Fisheries Society (Turgeon et al., 1998). Le genre Nearctulatel qu’on le connaît à l’heure actuelle regroupe des sous–espèces de N. rowellii (Californie et Basse–Californie), une espèce de N. n’ayant pour l’instant pas de nom officiel (de la Colombie–Britannique au centre de la Californie) (Turgeon et al., 1998) et l’espèce N. dalliana (Oregon et California) (Roth et Sadeghian, 2006). Une autre espèce non décrite et peut–être nouvelle de la péninsule Olympic, familièrement appelée vertigo hoko, pourrait appartenir au genre Nearctula (Burke et al., 1999). L’historique de nomenclature du vertigo à crêtes fines est compliqué en raison de l’utilisation erronée de certains noms et de révisions taxinomiques, ce qui a pour résultat de laisser cette espèce sans nom officiel pour l’heure. La validité de l’espèce ne fait pas de doute (Turgeon et al., 1998); la controverse touche plutôt la nomenclature comme telle.

Avant 1998, le vertigo à crêtes fines était à tort désigné par le nom de Vertigo rowellii (Turgeon et al., 1998), mais « Nearctula rowellii » est le nom reconnu d’une autre espèce (californienne) (Smith et al., 1990; Roth et Sadeghian, 2003, 2006). L’espèce de Californie qui porte aujourd’hui le nom de N. rowellii a autrefois été appelée Vertigo californica (Pilsbry, 1948), mais ces deux noms sont des synonymes, Pupa rowellii Newcomb (1860) étant le synonyme le plus ancien (Turgeon et al., 1998; Roth, comm. pers., 2008). La désignation de lectotype de Clarke (1960) confirme ce changement. Par conséquent, le nom de N. rowellii appartient bel et bien à l’espèce de Californie, est le vertigo à crêtes fines est pour le moment privé de nom officiel. Roth et Sadeghian (2003, 2006) ont désigné cette espèce sous l’appellation d’espèce « p » du genre Nearctula. Turgeon et al. (1998) ont continué de répertorier cette espèce temporairement sans nom à laquelle ils avaient attribué le nom commun de « Threaded Vertigo » dans la première édition de leur liste, en 1988. Le processus d’assignation d’un nom officiel à l’espèce est en cours (Turgeon et al., 1998; Roth et Sadeghian, 2006; Roth, comm. pers., 2008).

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Description morphologique

Le vertigo à crêtes fines est un minuscule gastéropode doté d’une coquille allongée de forme sous–cylindrique. La longueur moyenne de la coquille mesurée chez 47 individus adultes en Colombie–Britannique était de 2,7 mm (écart–type = 0,2 mm, intervalle des valeurs = de 2,4 à 3,3 mm; K. Ovaska, données inédites). La coquille a une forme légèrement conique, et son apex est arrondi. La crête (saillie derrière la lèvre externe de l’ouverture, sur le dernier tour), le sinulus (échancrure de la lèvre externe de l’ouverture) et la callosité palatale (épaississement à l’intérieur de l’ouverture, derrière la lèvre externe), qui sont présents chez certains vertiginidés, ne le sont pas chez le vertigo à crêtes fines. Le périostracum (couche externe de la coquille) est mat, brun foncé; de très petites crêtes axiales légèrement en saillie, dont l’espacement est irrégulier, donnent à la surface de la coquille une texture rugueuse (figure 1). Le dos de l’animal est d’un gris foncé qui devient plus clair sur les côtés et la semelle.

Figure 1. Vertigos à crêtes fines dans un creux de l’écorce plissée d’un gros érable à grandes feuilles près de la rivière Sooke, sur l’île de Vancouver (longueur des coquilles : de 2,5 à 3,0 mm; octobre 2008; photographie in situ par K. Ovaska).

Photo de vertigos à crêtes fines sur l’écorce plissée d’un érable à grandes feuilles près de la rivière Sooke, sur l’île de Vancouver.

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Le péristome de la coquille adulte s’évase vers l’extérieur et n’est que légèrement épaissi. On compte 4 denticules dans la cavité : le pariétal, le collumellaire, le palatal inférieur et le palatal supérieur (figure 2). Le denticule pariétal, large et légèrement torsadé, est le plus imposant. Le denticule supérieur est habituellement le plus petit, et certains individus en sont même dépourvus.

Figure 2. Coquille du vertigo à crêtes fines, montrant la disposition des denticules péristomaux. Photo de Robert Forsyth; île de Vancouver (Metchosin), Colombie–Britannique

 

Deux dessins au trait montrant la disposition des denticules péristomaux.

 

Le vertigo à crêtes fines peut être différencié des vertiginidés sympatriques par certaines caractéristiques de sa coquille. On peut le distinguer des espèces du genre Vertigo par ses denticules, qui sont plus gros et disposés différemment par rapport à ceux des individus du genre Vertigo. La coquille des espèces de Columellaest plus large que chez le vertigo à crêtes fines, possède un péristome simple (ne montrant ni épaississement ni évasement) et est dépourvue de denticules. Il se peut que l’on rencontre des espèces non décrites du genre Nearctula dans l’aire de répartition du vertigo à crêtes fines; il peut alors devenir difficile de déterminer si les individus possédant des caractéristiques inhabituelles sont anormaux, reflètent la variabilité naturelle des caractéristiques chez l’espèce ou appartiennent à une nouvelle espèce. Dans ces cas, il convient d’examiner un certain nombre d’individus provenant du même site afin d’établir la fréquence des individus à caractéristiques inhabituelles ainsi que la constance de ces caractéristiques.

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Structure spatiale et variabilité de la population

La structure spatiale de la population n’a pas été étudiée chez le vertigo à crêtes fines, et on ne possède aucune information génétique sur l’espèce. L’aire de répartition de l’espèce au Canada est morcelée, et des bras d’océan empêchent le déplacement des gastéropodes entre l’île de Vancouver, l’île Saturna et la Sunshine Coast en Colombie–Britannique continentale (voir la section Aire de répartition). Ces zones sont également isolées des populations des États–Unis par un océan ou, dans le cas de la Sunshine Coast, par le district régional du Grand Vancouver et les secteurs aménagés environnants.

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Unités désignables

Il y a une unité désignable. On ne peut définir plus d’une unité désignable puisqu’il n’existe aucune sous–espèce reconnue et que tous les sites se trouvent dans un habitat similaire à l’intérieur d’une écozone. Même si les populations insulaires et continentales sont séparées par des barrières naturelles, on ne dispose d’aucune donnée sur le caractère distinct, d’un point de vue génétique, de ces populations, ou sur une évolution significative (par exemple des phénomènes d’adaptation locale) de leur part.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend, vers le sud, du sud–ouest de la Colombie–Britannique jusqu’au centre–ouest de la Californie, en passant par l’ouest de l’État de Washington et de l’Oregon (Frest et Johannes, 2000; Roth et Sadeghian, 2006; Duncan, comm. pers., 2008; Burke, comm. pers., 2008; figure 3). La répartition de l’espèce semble plus ou moins former un continuum du centre–ouest de l’Oregon à la Californie, où l’espèce a été observée dans tous les comtés côtiers et plusieurs comtés subcôtiers, du comté de Lane, en Oregon, au comté de Monterey, en Californie, à la limite sud de l’aire de répartition de l’espèce (Frest et Johannes, 2000; Roth et Sadeghian, 2006). Dans le nord de l’Oregon et de l’État de Washington, seules des mentions isolées témoignent de la présence de l’espèce, notamment à plusieurs sites côtiers dans le nord de la chaîne des Cascades (Duncan, comm. pers., 2008). Les limites orientales de l’aire de répartition aux États–Unis sont mal définies.

Figure 3. Aire de répartition mondiale du vertigo à crêtes fines dans la partie occidentale de l’Amérique du Nord. Aire de répartition aux États–Unis définie à partir de la compilation de données produites par Roth et Sadeghian (2006), Frest et Johannes (2000), Burke, comm. pers., 2009, Duncan, comm. pers., 2008, Roth, comm. pers., 2009. La limite orientale de l’aire de répartition est approximative. Carte dressée par L. Sopuck.

Carte montrant la répartition mondiale du vertigo à crêtes fines dans la partie occidentale de l’Amérique du Nord.

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, on connaît le vertigo à crêtes fines par ses populations de l’île de Vancouver et de la Sunshine Coast, dans la partie sud–ouest de la Colombie–Britannique continentale (annexe 1; figure 4). On l’a récemment observé (en mars 2009) sur l’île Saturna, dans le détroit de Georgia, et il est probable qu’il soit présent sur d’autres des îles Gulf. Sur l’île de Vancouver, on recense des mentions de l’espèce depuis près de Sooke, dans le sud–ouest, jusqu’à Union Bay, sur la côte centre–est, ainsi qu’à plusieurs endroits entre ces 2 points, le long des côtes sud et est de l’île. Des concentrations de mentions ont été enregistrées dans le secteur de Metchosin et de Sooke, ainsi que dans la péninsule Saanich, dans le district régional de la capitale (DRC) autour de Victoria; on a également des mentions éparses dans les forêts côtières plus loin vers le nord, le long de la côte est de l’île de Vancouver. Sur la Sunshine Coast, l’espèce a été recensée sur 100 km le long de la côte, de Roberts Creek aux environs d’Egmont, sur la péninsule Sechelt. On ne sait pas où s’arrête l’aire de répartition de l’espèce vers le nord, sur l’île de Vancouver, et le long de la côte continentale au nord de la Sunshine Coast, mais il est peu probable que l’espèce soit présente plus haut nord d’où elle se trouve à l’heure actuelle (voir la section Besoins en matière d’habitat).

Figure 4. Aire de répartition canadienne du vertigo à crêtes fines, dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique. Carte dressée par Alain Filion à partir des données figurant à l’annexe 1 (le nom des lieux a été ajouté à la carte originale).

Carte montrant la répartition canadienne du vertigo à crêtes fines dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique.

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Jusqu’à mars 2009, on comptait 24 mentions récentes (depuis 1984) et 3 mentions historiques (entre le milieu des années 1890 et le début des années 1920) de l’espèce en Colombie–Britannique (annexe 1). Il est probable que l’espèce soit présente à d’autres sites, comme l’indiquent 7 nouvelles mentions de répartition enregistrées dans le cadre de relevés de vérification sur le terrain visant cette espèce et ses microhabitats effectués en 2008 (annexe 1).

Si l’on part du principe que les étendues d’eau forment des obstacles à la dispersion (voir la section Déplacements et dispersion), on dénombre au moins trois populations (île Saturna, Sunshine Coast et île de Vancouver), mais il est probable qu’il existe en réalité plus de trois populations. Les mentions de distribution de l’espèce sur la côte est de l’île de Vancouver, en particulier, se répartissent en points isolés qui pourraient représenter plusieurs populations. On ne sait rien de la capacité de l’espèce à se disperser sur de longues distances et l’inventaire n’est pas terminé; la délimitation de ces éventuelles populations est donc pour le moment impossible.

La zone d’occurrence s’étend sur environ 9 530 km², d’après la méthode du polygone minimal et en incluant les secteurs du détroit de Georgia recouverts par l’océan. Celui–ci, qui ne constitue pas un habitat approprié, couvre environ un tiers de la zone. L’indice de la zone d’occurrence (IZO) est de 72 km², cette valeur ayant été calculée en superposant une grille à carreaux de 2 km × 2 km sur l’aire de répartition et en comptant le nombre de carreaux où l’on trouvait une mention de l’espèce. La zone d’occupation véritable est inconnue. La zone d’occurrence représente environ 7 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce, mais cette valeur est incertaine puisque ce ne sont pas toutes les zones pouvant receler un habitat propice qui ont fait l’objet de relevés de l’espèce jusqu’ici. On ne dispose pas de renseignements sur l’aire de répartition historique du vertigo à crêtes fines au Canada, mais elle était probablement plus vaste auparavant puisque l’activité humaine a empiété sur les zones riveraines et autres habitats forestiers humides adéquats au cours du dernier siècle.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Colombie–Britannique, on trouve le vertigo à crêtes fines dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes humides situées à faible altitude (Forsyth, 2004). Ce gastéropode est présent dans des habitats précis au sein des zones biogéoclimatiques de la zone côtière à douglas et de la zone côtière à pruche de l’Ouest (Meidinger et Pojar, 1991). Toutes les mentions de l’espèce dans la province se trouvent à des altitudes inférieures à 200 m au–dessus du niveau de la mer (annexe 1). Plus au sud, cependant, on a signalé l’espèce à des altitudes allant jusqu’à 1 650 m, dans la chaîne des Cascades (Duncan, comm. pers., 2008), mais le vertigo à crêtes fines semble néanmoins préférer les régions de faible ou de moyenne altitude (Frest et Johannes, 2000). En Colombie–Britannique, on rencontre ce gastéropode surtout dans les peuplements forestiers comptant des érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum), avec un sous–étage de polystic à épées (Polystichum munitum), de ronce remarquable (Rubus spectabilis) et d’autres arbustes et herbes caractéristiques des sites riches et humides ainsi que des zones riveraines (figure 5). Les érables à grandes feuilles ne sont présents qu’à des altitudes moyennes et faibles (habituellement inférieures à 300 m) dans le secteur sud-ouest de la province, ce qui comprend l’île de Vancouver et la côte continentale adjacente, et principalement à des latitudes inférieures à 51° N (Peterson et al. 1999; B.C. Forests and Range, non daté). Plus l’altitude et la latitude sont élevées et plus on s’éloigne de la côte vers l’intérieur des terres, plus les érables à grandes feuilles sont rares. Les peuplements forestiers où l’on trouve la plus grande proportion d’érables à grandes feuilles sont disséminés dans le sud et le sud–est de l’île de Vancouver, et le long de l’extrême sud–ouest de la côte continentale. Les forêts riveraines d’un certain âge dotées de bosquets de gros érables à grandes feuilles semblent convenir tout particulièrement au gastéropode, car ces arbres recèlent un degré élevé d’humidité, sont colonisés par des mousses et des épiphytes en abondance, et possèdent une écorce dont les plissements forment des creux profonds qui peuvent servir d’abri.

Figure 5. Habitat du vertigo à crêtes fines dans une forêt riveraine composée principalement de feuillus, avec des érables à grandes feuilles et du polystic à épées (Rocky Point, île de Vancouver; photo de K. Ovaska).

Photo montrant l’habitat du vertigo à crêtes fines dans une forêt riveraine composée principalement de feuillus, avec des érables à grandes feuilles et du polystic à épées.

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Les vertigos à crêtes fines sont dans une large mesure arboricoles, comme d’autres gastéropodes de la famille des Vertiginidés, par exemple le Vertigo bollesiana qui, en Nouvelle–Écosse, a été observé exclusivement sur l’écorce de feuillus (Davis, 1995). Par contre, on voit habituellement les autres vertiginidés présents en Colombie–Britannique dans la couche de feuilles mortes ou en train de grimper sur des fougères ou des arbustes bas (Forsyth, 2004). Lors de la vérification faite sur le terrain aux fins du présent rapport de situation en 2008, on a rencontré le vertigo à crêtes fines surtout sur le tronc de gros érables à grandes feuilles, où il occupait des microhabitats dans les creux formés par les plissements de l’écorce et dans ou sous la mousse croissant sur l’écorce (figures 1 et 6). Quelques individus ont été observés sur l’écorce d’autres feuillus (peuplier baumier [Populus balsamifera]; aulne rouge [Alnus rubra]) et sur les frondes du polystic à épées. D’autres mentions de l’espèce dans la province indiquent que ce gastéropode a aussi été observé dans la couche de feuilles mortes, mais on ne sait pas si sa présence dans la litière est fréquente. Il se peut que les individus concernés par ces mentions soient tombés d’un arbre ou d’une fougère. En Oregon, on trouve le vertigo à crêtes fines principalement sur les arbustes vivaces et sur les arbres de petite taille à écorce lisse, dont le noisetier de Californie (Corylus cornuta californica), l’aulne rouge, le nerprun cascara (Rhamnus purshiana) et l’érable circiné (Acer glabrum), les individus étant souvent sur le dessous des petites branches (Frest et Johannes, 2000). En Colombie–Britannique, cependant la recherche d’individus sur des petits arbres et des arbustes n’a pas donné de résultats lors des relevés de vérification sur le terrain. Il se peut que le gastéropode utilise ces microhabitats de manière saisonnière; il est également possible que l’utilisation aux limites septentrionales de l’aire de répartition de l’espèce soit différente de celle observée aux États–Unis.

Figure 6. Gros érable à grandes feuilles couvert de mousse fournissant un microhabitat arboricole au vertigo à crêtes fines (Rosewall Creek, île de Vancouver; photo de K. Ovaska).

Photo d’une partie d’un érable à grandes feuilles couvert de mousse qui a fourni un microhabitat au vertigo à crêtes fines.

Une certaine connectivité de l’habitat, tant au sein des peuplements forestiers que d’un peuplement forestier à l’autre, est vraisemblablement requise, mais on ne dispose pas de données à ce sujet. Il se pourrait que les peuplements forestiers morcelés et les peuplements où les érables à grandes feuilles et autres feuillus adéquats sont rares ne permettent pas le maintien de populations viables, puisque les sous–populations de gastéropodes sur un arbre unique ou sur de petits groupes d’arbres peuvent être isolées et susceptibles de disparaître du pays.

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Tendances en matière d’habitat

L’aire de répartition du vertigo à crêtes fines coïncide avec la région du sud-ouest de la Colombie–Britannique où le paysage a été profondément transformé et où la population humaine est dense; l’espèce y est associée avec des peuplements forestiers comportant des érables à grandes feuilles. Bien que cette espèce végétale ne soit pas rare dans la région, les peuplements d’arbres âgés (> 121 ans) de grande taille ne représentent qu’une petite fraction des érables présents sur l’île de Vancouver (2,4 % des classes d’âge) et dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique continentale (1,5 % des classes d’âge; valeurs fondées sur le volume d’érables dans les zones permettant la récolte; Peterson et al., 1999). En outre, les peuplements comptant davantage que seulement des érables épars (au moins 5 %) sont limités à d’étroites bandes côtières de faible altitude dans l’extrême sud–ouest de la province (figure 7, carte du haut). Malheureusement, il s’agit également là des secteurs où les gens s’établissent de préférence (figure 7, carte du bas), et ces peuplements ont donc été fragmentés.

Figure 7. Aire de répartition de l’érable à grandes feuilles (carte du haut) par rapport à la densité de population humaine (carte du bas) dans le sud–ouest de la Colombie-Britannique. Source : Illustration obtenue à partir de la carte numérique fournie par Andreas Hamann (Ph.D.), du département des ressources renouvelables à l’Université d’Alberta, à Edmonton (Hamann, comm. pers., 2009). Zones colorées en jaune : Densité de la population humaine en 2001 (1 point = 50 personnes) Source : ministère de l’Environnement de la Colombie–Britannique. Rapport sur l’état de l’environnement – tendances environnementales en 2007 (en anglais seulement). [Consulté en février 2009]. Deux cartes du sud–ouest de la Colombie–Britannique. La carte du haut montre la répartition de l’érable à grandes feuilles et la carte du bas, la densité de la population humaine.

Montre la répartition de l’érable à grandes feuilles

La densité de la population humaine

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Sur l’île de Vancouver, la population humaine se concentre en majorité dans les basses terres de la côte sud et est. La conversion de la plupart des terres à des fins résidentielles, agricoles ou autres par l’humain remonte à un certain temps, mais l’occupation du territoire par l’humain continue d’empiéter de plus en plus sur les secteurs naturels qui restent. Par exemple, la population humaine du district régional de la capitale (le DRC, qui englobe 13 municipalités du sud de l’île de Vancouver), où l’on trouve une concentration de mentions de présence du vertigo à crêtes fines, a crû en moyenne de 6 % annuellement pendant la période de 5 ans comprise entre 2001 et 2006, pour atteindre 345 164 personnes au total en 2006 (CRD, 2007). Ce sont les communautés de la côte ouest du DRC qui ont connu la croissance la plus rapide (11 %) au cours de ces années. Elles comprennent les secteurs de Metchosin et de Sooke, où se trouve une bonne partie des forêts restantes et où on a observé le gastéropode. On prévoit que la population continuera d’augmenter dans le DRC au cours des prochaines décennies, pour passer de 151,09 personnes/km² en 2006 à 176,94 personnes/km² d’ici 2031 (B.C. Ministry of Environment, 2007). On anticipe également des hausses de population moins fortes quoique constantes dans les secteurs de la côte centre–est où le vertigo à crêtes fines a été signalé (district régional de Comox–Strathcona : de 5,36 personnes/km² en 2006, il devrait passer à 7,13 personnes/km² d’ici 2031).

On enregistre des tendances similaires, en matière de perte d’habitat et de fragmentation de celui–ci, dans la portion de la Sunshine Coast où l’on trouve le vertigo à crêtes fines. Le district régional de la Sunshine Coast Regionalc ouvre une superficie de 3 778 km² et il est relativement peu peuplé (27 759 personnes en 2006; SCORE, 2006). Cependant, la population humaine en boude les régions montagneuses surtout peuplées de conifères en retrait de la côte, et se concentre dans la bande plutôt étroite de basses terres côtières où se trouve une forêt mixte riche en érables à grandes feuilles qui offre un habitat favorable au vertigo à crêtes fines. Cette région est située à une distance permettant à ses habitants de se rendre matin et soir jusque dans le Grand Vancouver, la région connaissant la plus forte croissance dans la province, et on y enregistre donc un essor de la population. La population totale du district a crû de 8,4 % au cours des 5 années, de 2001 à 2006 (SCORE, 2006). La croissance de la population a été plus forte dans certaines des communautés côtières, dont Roberts Creek (en hausse de 16,2 %), où l’on a recensé des vertigos à crêtes fines. On s’attend à ce que la population continue d’augmenter dans le futur, pour passer de 7,75 personnes/km² en 2006 à 11,18 personnes/km² d’ici 2031 (B.C. Ministry of Environment, 2007).

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Protection et propriété

Les terres dans l’aire de répartition de l’espèce sont pour la plupart des propriétés privées, tant sur l’île de Vancouver, sur les îles Gulf, que sur la Sunshine Coast, et elles sont surtout utilisées à des fins résidentielles ou pour l’exploitation forestière. Les peuplements mixtes et les peuplements de feuillus humides abritant un habitat propice au vertigo à crêtes fines sont éparpillés dans les zones riveraines et autres basses terres, à travers des terres à vocation rurale, agricole ou forestière, et il est impossible d’estimer l’étendue de l’habitat adéquat qui se trouve sur des terres privées par rapport à ce qui existe sur les terres publiques. La plupart des sites où la présence du gastéropode est connue se trouvent sur des terres publiques, dont des parcs régionaux ou provinciaux, ce qui reflète en grande partie le fait que les relevés ont été effectués tout particulièrement dans ces secteurs relativement peu perturbés. Cependant, il y a probablement de nombreux autres sites sur les terres privées. L’espèce et son habitat ne bénéficient d’aucune protection sur les terres privées.

Sur l’île de Vancouver, on sait que le vertigo à crêtes fines est présent sur deux propriétés fédérales utilisées par le ministère de la Défense nationale pour l’entraînement militaire (dépôt de munitions de Rocky Point et champ de tir Heals). À l’heure actuelle, l’habitat est relativement intact aux deux sites et il ne se trouve pas sous la menace imminente de projets d’aménagement du territoire; cependant, il n’est pas à l’abri à long terme. On sait que l’espèce est également présente dans deux parcs régionaux et dans l’étroite emprise d’un sentier régional faisant partie du réseau de parcs et de sentiers du district régional de la capitale (Capital Regional District Parks and Trails System). On a aussi enregistré des mentions dans trois parcs provinciaux sur l’île de Vancouver (parcs provinciaux John Dean, Horne Lake, et Rosewall Creek) et dans deux parcs provinciaux de la Sunshine Coast (parcs provinciaux Skookumchuck Narrows et Roberts Creek). Sur l’île Saturna, l’espèce a été répertoriée dans le parc national des Îles–Gulf. Les habitats dans les parcs sont protégés contre l’aménagement du territoire, mais ils ne sont pas nécessairement à l’abri de la dégradation par les espèces envahissantes, par la pratique intensive d’activités récréatives ou par toute autre source de perturbation.

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Biologie

On ne dispose pour ainsi dire d’aucun renseignement sur le cycle vital ou d’autres aspects de la biologie du vertigo à crêtes fines en Colombie–Britannique ou dans son aire de répartition aux États–Unis. L’information présentée ci–dessous a donc été extrapolée à partir des traits pertinents de la biologie d’autres gastéropodes terrestres, en particulier des vertiginidés ou d’autres espèces de Nearctula, quand cela était possible.

Cycle vital et reproduction

Comme la plupart des gastéropodes, le vertigo à crêtes fines est hermaphrodite (chaque individu possède à la fois les organes reproducteurs mâles et femelles), mais il y a probablement échange de gamètes entre les individus par copulation. L’interfécondation semble être la norme chez la plupart des gastéropodes terrestres (Tompa, 1984), mais l’autofécondation et l’aphallie (perte des organes génitaux mâles) sont courantes chez les espèces européennes de vertigidinés (Pokryszko, 1987). On ne sait pas s’il y a autofécondation chez le vertigo à crêtes fines. Les espèces de vertiginidés en Europe pondent leurs œufs individuellement (Pokryszko, 1987), mais on ne sait pas si c’est le cas chez le vertigo à crêtes fines aussi.

On en sait peu sur le cycle vital et les stratégies de survie du vertigo à crêtes fines. En Colombie–Britannique, la plupart des observations ont été faites à l’automne, mais des individus adultes ont également été observés en mars et en juin, ce qui laisse supposer que la durée de vie est supérieure à un an. Selon Applegarth et Duncan (2005), la durée de vie du vertigo hoko serait courte, c’est–à–dire de deux ans ou moins. On ne sait pas quand a lieu la reproduction. Certains pupilloïdés des régions tempérées sont gravides durant l’hiver et donnent naissance au début du printemps (Tompa, 1984). La durée de génération pourrait être d’environ un an chez le vertigo à crêtes fines, mais aucune information ne permet de l’affirmer de manière formelle. Il est probable que le gastéropode hiberne pendant l’hiver et estive pendant les périodes sèches. Les individus observés pendant une période sèche en juin 2008 semblaient inactifs et étaient vraisemblablement en train d’estiver (Forsyth, comm. pers., 2009).

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Alimentation et prédation

Le vertigo à crêtes fines glane probablement des microorganismes sur l’écorce des arbres et des arbustes, comme les mœurs arboricoles d’autres espèces du genre Nearctula aux États–Unis l’ont fait supposer (Applegarth et Duncan, 2005). Les individus pourraient également se nourrir de matières végétales en décomposition et de champignons lorsqu’ils se trouvent dans la couche de feuilles mortes, mais on ne dispose d’aucune donnée à ce sujet.

Parmi les prédateurs de ce gastéropode figurent probablement des oiseaux chanteurs qui cherchent leur nourriture dans les arbres et les arbustes, par exemple les mésanges et les troglodytes. On a vu le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) manger dans des buissons où se trouvait une concentration d’individus du genre Nearctula sp. (cité sous le nom de Pupa rowellii), et apparemment se nourrir de ces gastéropodes (Andrews, 1897, cité dans Pilsbry, 1948). Divers arthropodes prédateurs sont susceptibles de se nourrir du vertigo à crêtes fines, cela tant dans les arbres que sur le sol. Par exemple, les carabes, comme ceux du genre Scaphinotus, sont des prédateurs bien connus des gastéropodes (Digweed, 1993) et ils grimpent souvent sur les troncs d’arbres la nuit (Ovaska et Sopuck, données inédites).

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Physiologie

Applegarth et Duncan (2005) ont fait remarquer que les gastéropodes de la superfamille des Pupilloïdés, y compris les espèces du genre Nearctula, tolèrent vraisemblablement le gel dans une certaine mesure puisqu’ils hibernent à découvert sur les branches d’arbres dans le Nord-Ouest Pacifique, aux États–Unis, où les températures chutent souvent sous zéro pendant les mois d’hiver. On ne connaît cependant pas les mécanismes physiologiques permettant cela. On en sait peu sur l’estivation du vertigo à crêtes fines ou d’autres espèces de Nearctula. Comme la plupart des gastéropodes terrestres, le vertigo à crêtes fines produit un épiphragme muqueux qui, une fois sec, scelle temporairement l’ouverture de sa coquille et réduit par le fait même les pertes d’eau pendant les périodes d’inactivité. Des études menées sur un autre gastéropode de la superfamille des Pupilloïdés (le Lauria cylindracea) révèlent l’existence de mécanismes physiologiques spécialisés qui permettent aux gastéropodes de résister aux pertes d’eau pendant les longues périodes sèches (Zeev et al., 1998). Le L. cylindracea vit dans des endroits à découvert, souvent rocailleux, et à la lisière des forêts; il est probablement capable de supporter des conditions plus sèches que le vertigo à crêtes fines. Néanmoins, ce dernier est susceptible de posséder les mêmes mécanismes physiologiques pour survivre aux sécheresses estivales en état de dormance.

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Déplacements et dispersion

Les gastéropodes de l’espèce étudiée ici sont susceptibles d’être sédentaires et il est probable qu’ils se déplacer sur un seul arbre uniquement. La dispersion active des gastéropodes terrestres est en général extrêmement limitée (indiqué dans Cordeiro, 2004), et la dispersion sur de grandes distances s’effectue habituellement sur un mode passif, grâce au vent, à l’eau, à des animaux servant de vecteurs ou à la faveur de l’activité humaine. Les petits gastéropodes tels que le vertigo à crêtes fines peuvent être emportés par le vent lorsque celui–ci soulève la feuille sur laquelle ils sont collés, mais on ne dispose d’aucune donnée sur ce sujet; en outre, on trouve ces gastéropodes sur l’écorce des arbres, et non sur les feuilles. Kirchener et al.(1997) ont procédé à une extrapolation à partir des mouvements des particules de sédiments et ont ainsi calculé qu’un petit gastéropode vertiginidé (Truncatellina rothi) de taille comparable à celle du vertigo à crêtes fines pourrait être transporté sur plusieurs kilomètres lors de tempêtes violentes, ce qui contribuerait à la colonisation des îles océaniques ainsi qu’aux échanges génétiques entre les populations d’îles différentes. Le vertigo à crêtes fines pourrait, de manière similaire, être transporté d’un peuplement forestier à un autre pendant les tempêtes accompagnées de vents violents. L’activité humaine (par exemple la récolte de bois de chauffage) peut également fournir un moyen de transport passif.

Il est probable que les populations de l’île de Vancouver, de l’île Saturna et de la Colombie–Britannique continentale soient isolées les unes des autres (et des populations des États–Unis) par des bras d’océan. Les peuplements forestiers mixtes et les peuplements de feuillus à faible altitude abritant des érables à grandes feuilles situés dans chacune de ces zones géographiques sont très fragmentés par l’urbanisation et les autres interventions humaines. Cependant, des incertitudes demeurent quant à l’incidence de cette fragmentation sur les gastéropodes, et ce, pour les raisons suivantes : a) on ne connaît pas leur capacité de dispersion à grande distance par voie passive; b) les petits bosquets d’érables à grandes feuilles disséminés sur le territoire pourraient servir de points de relais pour la dispersion; c) la régénérescence des érables à grandes feuilles, après une perturbation, est relativement rapide (quelques décennies) (Peterson et al., 1999), bien que des peuplements anciens qui sont peut–être plus propices à l’espèce continuent de disparaître. Il en résulte que l’on ne considère pas les habitats du gastéropode dans chacune de ces trois grandes zones comme gravement fragmentés, même si certains sites, en particulier dans le sud de l’île de Vancouver, sont isolés au milieu de zones aménagées.

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Relations interspécifiques

Des relevés effectués en 2008 indiquent une association étroite entre le vertigo à crêtes fines et l’érable à grandes feuilles (voir la section Besoins en matière d’habitat). L’écorce plissée de l’arbre constitue apparemment un habitat de prédilection pour l’espèce. Il se pourrait également que l’animal tire des minéraux directement de l’écorce puisque celle–ci est riche en calcium (Peterson et al.,1999), élément important pour la formation de la coquille chez les gastéropodes. Tous les peuplements forestiers dans lesquels on a trouvé le vertigo à crêtes fines en Colombie–Britannique comptent des érables à grandes feuilles (annexe 1), mais on a occasionnellement observé des individus sur le tronc d’autres feuillus ainsi que dans la couche de feuilles mortes du tapis forestier. On ne sait pas si les populations de vertigo à crêtes fines seraient capables de se maintenir dans des peuplements forestiers mixtes ou des peuplements de feuillus sans érables à grandes feuilles; des études comparatives de portée plus vaste, dans toute l’aire de répartition de l’espèce en Colombie–Britannique, seraient nécessaires pour le déterminer.

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Adaptabilité

Vu sa taille minuscule, les besoins en ressources du vertigo à crêtes fines sont faibles. Il pourrait survivre dans des petites parcelles boisées ou des bosquets d’arbres offrant les microhabitats qu’il lui faut. Il peut probablement supporter diverses activités humaines, pourvu que celles–ci lui laissent un habitat humide avec des feuillus; on a trouvé des individus le long de sentiers récréatifs fréquentés et en bordure de routes (annexe 1). Cependant, ce gastéropode occupe des microhabitats spécialisés dans les arbres, ce qui accroît sa vulnérabilité aux modifications des conditions ambiantes qui entraînent un changement de la structure ou du microclimat de ces microhabitats.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

On constate que l’on en sait relativement peu sur les gastéropodes terrestres en Colombie–Britannique; on continue d’ailleurs à découvrir des espèces indigènes non répertoriées. L’île de Vancouver a été davantage étudiée que la plupart des autres régions de la province; les premiers malacologues, tels G.W. Taylor et A.W. Hanham, s’y mettent à l’œuvre dès la fin des années 1800 (voir Drake [1963] et Forsyth [2004] pour un aperçu de l’histoire de la malacologie en Colombie–Britannique). Les relevés ont été sporadiques et négligeables pendant la plus grande partie du XXesiècle.

Les relevés effectués récemment comprennent ceux de R.A.D. Cameron, de Robert Forsyth et de Biolinx Environmental Research Ltd. (Kristiina Ovaska et Lennart Sopuck). Jusqu’en 2008, lorsqu’on procédait aux inventaires, on ne ciblait pas particulièrement les troncs d’arbre, qui sont les microhabitats de prédilection du vertigo à crêtes fines. Il est donc possible que la présence de l’espèce soit passée inaperçue. Ces relevés ne sont donc pas représentatifs des activités entreprises pour repérer ce gastéropode en Colombie–Britannique.

Cameron (1986) a procédé à des recherches dans 38 sites forestiers de faible altitude sur l’île de Vancouver, dans la vallée du bas Fraser et dans la vallée de Chilliwack en 1984. Il a enregistré des occurrences du vertigo à crêtes fines à 2 sites sur l’île de Vancouver. Robert Forsyth a étudié de nombreux emplacements en Colombie–Britannique depuis 1990, dont des centaines de sites sur l’île de Vancouver et dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique continentale (Forsyth, comm. pers., 2008). Il a trouvé l’espèce à 5 sites sur l’île de Vancouver et dans la péninsule Sechelt. De 1999 à 2008, Biolinx Environmental Research Ltd. a effectué de multiples relevés de gastéropodes terrestres en Colombie–Britannique, notamment dans les secteurs suivants : 152 sites dans les îles de la Reine–Charlotte (Haida Gwaii), 108 sites dans la région de Kootenay, environ 300 sites sur l’île de Vancouver et sur les îles Gulf, et environ 200 sites sur la côte continentale. Les endroits suivants ont été étudiés dans le cadre de ces relevés : le littoral du Pacifique, les îles Gulf et la réserve de parc national Gwaii Haanas (pour Parcs Canada); les propriétés du ministère de la Défense nationale (MDN) dans le sud de l’île de Vancouver, la vallée du bas Fraser et l’île Graham (pour le programme de gestion des ressources naturelles conjoint du MDN et du SCF); des zones d’exploitation forestière choisies parmi celles administrées par Western Forest Products(anciennement Weyerhaeuser Company) sur l’île de Vancouver et dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique continentale, près de la rivière Powell; nombre d’autres sites sur l’île de Vancouver, dans le secteur sud-ouest de la province sur le continent, et dans le secteur intérieur de la Colombie-Britannique (pour le ministère de l’Environnement de la C.-B.); de nombreux sites sur l’île de Vancouver, dans la vallée du bas Fraser et sur les îles de la Reine-Charlotte dans le cadre de projets financés par le Fonds de rétablissement des espèces canadiennes en péril et Habitat faunique Canada; certains parcs régionaux du sud de l’île de Vancouver (pour les autorités responsables des parcs du district régional de la capitale). Certains de ces relevés ne prévoyaient que des visites uniques, mais plusieurs d’entre eux étaient exhaustifs, comprenaient des visites répétées sur plusieurs années, et comportaient des emplacements artificiellement couverts à l’aide d’un objet ou l’extraction des petits gastéropodes contenus dans des échantillons de litière. On a trouvé des vertigos à crêtes fines à 3 des sites étudiés par Biolinx Environmental Research Ltd. avant la réalisation des relevés de vérification sur le terrain effectués pour le présent rapport de situation.

La vérification sur le terrain associée à la préparation du présent rapport de situation comprenait la réalisation de relevés à 17 sites (13 sur l’île de Vancouver et 4 sur la Sunshine Coast), pour un total de 20,3 heures–personnes en 2008, en ciblant les habitats du vertigo à crêtes fines dans les peuplements forestiers mixtes ou les peuplements de feuillus situés à faible altitude (annexes 1 et 2). L’espèce a été observée à 9 sites, dont les 4 sites de la Sunshine Coast (annexe 1). Ces relevés visaient à déterminer si le gastéropode était absent ou présent des sites, afin de confirmer s’il se trouvait toujours dans des sites d’occurrence historiques ainsi que de combler les lacunes relatives à l’aire de répartition; des méthodes intensives telles que la recherche par quadrats pour obtenir des estimations de la densité de population n’ont pas été employées. En ce qui concerne la recherche d’individus dans les arbres, seule la portion inférieure du tronc, soit jusqu’à 2 m de hauteur, pouvait être examinée sans l’aide d’équipement d’escalade spécialisé; de plus, lorsque le tronc était couvert par des mousses, on n’a pas arraché toutes ces dernières, mais on a plutôt échantillonné des endroits précis afin d’éviter une perturbation excessive.

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Abondance

On dispose de peu de données sur la densité des populations ou l’abondance relative du vertigo à crêtes fines, et aucune tentative d’estimation de la taille des populations de cette espèce n’a été faite. De manière générale, les vertiginidés arboricoles sont répartis de manière inégale dans les peuplements forestiers qui leur conviennent : on trouve des individus en nombre relativement grand sur certains arbres, mais aucun sur d’autres, qui semblent pourtant similaires aux premiers (Applegarth et Duncan [2005] et références dans cette publication). Lors des relevés de vérification effectués sur le terrain pour les besoins du présent rapport, en moyenne 2,9 gastéropodes par arbre occupé ont été observés dans la portion du tronc examinée (jusqu’à 2 m au–dessus du sol; intervalle de valeurs : 1 à 12 individus par arbre, n = 27 arbres occupés). À l’échelle de l’arbre entier, les populations de vertigo à crêtes fines pourraient être largement supérieures à ces valeurs.

Si l’on compare avec les habitats dans les arbres, on constate que la densité du vertigo à crêtes fines dans la litière forestière est faible. Cameron (1986) a observé 1 et 4 individus, respectivement, aux 2 sites où il a été détecté l’espèce. Dans les 2 cas, les animaux se trouvaient à l’intérieur d’une superficie d’échantillonnage de 30 m x 30 m ayant fait l’objet d’une recherche intensive, tant par une fouille visuelle que par l’extraction des petits gastéropodes contenus dans des échantillons de litière (voir Cameron [1986] pour obtenir des précisions sur les méthodes employées). À 3 sites du sud de l’île de Vancouver étudiés à l’automne 2008, Ovaska et Sopuck (2008, 2009) n’ont trouvé qu’un individu par site où des couvertures artificielles avaient été placées sur le tapis forestier (de 100 à 650 vérifications sous les couvertures artificielles effectuées par site). L’utilisation de couvertures artificielles supplémentaires dans d’autres secteurs de ces mêmes sites n’a pas permis d’enregistrer d’occurrence de l’espèce. L’utilisation d’une couverture de carton permet d’échantillonner efficacement toute une variété de gastéropodes présents sur le tapis forestier (Boag, 1990; Hawkins et al., 1998; Ovaska et Sopuck, 2001), mais elle pourrait conduire à une sous–estimation de l’abondance du vertigo à crêtes fines en raison des mœurs arboricoles de cet animal.

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Fluctuations et tendances

Peu de données sont disponibles sur les fluctuations et les tendances des populations. Il se peut que la perte d’habitat causée par l’activité humaine au cours du dernier siècle ait entraîné un déclin des populations de vertigo à crêtes fines, mais on ne dispose d’aucune donnée historique comme point de comparaison. L’accroissement du nombre de mentions de répartition au cours des dix dernières années est dû à l’intensification des activités de recherche. Les relevés de vérification menés sur le terrain en 2008 indiquent que l’espèce s’est maintenue dans une grande proportion des sites étudiés sur plusieurs années. La subsistance de l’espèce a été confirmée près du lieu d’une précédente mention sur la Sunshine Coast, où elle avait d’abord été observée près d’Egmont, en 1996, et dans le district régional de la capitale, sur l’île de Vancouver, où elle avait d’abord été observée à Rocky Point en 2002. Par contre, le gastéropode n’a pas été trouvé aux environs de trois sites historiques situés sur la côte est de l’île de Vancouver, au nord de Victoria (Union Bay, en 1996; baie Departure et lac Quamichan, mentions non datées, entre le milieu des années 1890 et le début des années 1920). Les deux dernières mentions n’étaient pas exactes, mais il subsiste peu de l’habitat original à proximité de ces zones peuplées.

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Immigration de source externe

La dispersion de gastéropodes de l’ouest de l’État de Washington jusqu’en Colombie–Britannique continentale est concevable, mais peu probable. Du côté canadien de la frontière, les populations connues les plus proches des populations aux États–Unis se trouvent sur la Sunshine Coast, au nord du Grand Vancouver; or, cette zone métropolitaine est susceptible de faire obstacle au déplacement des individus si des vertigos à crêtes fines venaient à traverser la frontière en provenance des États-Unis. L’espèce semble dispersée dans l’État de Washington. On compte plusieurs mentions dans les îles San Juan, dans l’île Lopez et l’île Patos (Burke, comm. pers., 2008); l’île Patos ne se trouve qu’à 6 km de l’île Saturna, dans les îles Gulf de la Colombie–Britannique. S’il y a transport à grande distance lors de tempêtes violentes, une dispersion naturelle occasionnelle entre l’État de Washington et l’île de Vancouver par l’intermédiaire des îles San Juan et les îles Gulf n’est pas à écarter.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le vertigo à crêtes fines atteint, dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique, la limite nord de son aire de répartition. Son expansion vers le nord et vers des altitudes plus élevées dans la province est probablement limitée par la répartition de l’érable à grandes feuilles et des écosystèmes qui lui sont associés, et peut–être aussi par la capacité physiologique du gastéropode à supporter les basses températures; cependant, on ne sait rien à ce sujet pour le moment.

Les principales menaces qui pèsent sur le vertigo à crêtes fines proviennent de la perte, de la fragmentation et de la dégradation de l’habitat qui découlent de l’expansion des populations humaines dans les basses terres côtières où on trouve ce gastéropode (figure 7; voir la section Tendances en matière d’habitat pour des précisions). Les activités humaines qui menacent les habitats dans l’aire de répartition de l’espèce comprennent l’aménagement de zones résidentielles, la construction de routes et d’infrastructures connexes, l’agriculture et la foresterie. Même si l’érable à grandes feuilles ne fait pas l’objet d’une exploitation commerciale, beaucoup d’arbres de l’espèce sont abattus ou endommagés lors des coupes à blanc; de plus, l’abattage des conifères autour des petits peuplements d’érables ou des érables isolés expose ces arbres aux effets asséchants du vent et du soleil, ce qui détériore d’autant l’état de l’habitat pour les gastéropodes. Toute activité humaine modifiant les caractéristiques hydrologiques naturelles peut créer des conditions soit trop sèches, soit trop humides pour les érables ou pour les communautés épiphytes qu’ils abritent. Les érables à grandes feuilles ne tolèrent pas les inondations persistantes (Peterson et al., 1999). Le remplacement des peuplements riverains de feuillus par des conifères par suite des activités d’exploitation forestière ou de la restauration des habitats aquatiques constitue également une menace pour les espèces du genre Nearctula, comme le laisse supposer le cas du vertigo hoko dans l’État de Washington (Applegarth et Duncan, 2005).

La fragmentation des habitats forestiers est une menace possible pour les gastéropodes terrestres ayant de faibles capacités de dispersion. Leur capacité à subsister dans de petites parcelles d’habitat pendant de longues périodes est susceptible d’améliorer les besoins en matière de connectivité des habitats à l’échelle du paysage et à plus grande échelle encore (Roth, 1993). D’un autre côté, les populations de gastéropodes se trouvant dans de petites parcelles d’habitat risquent de disparaître si des catastrophes, comme un incendie, ou encore des fluctuations stochastiques de l’environnement ou des populations se produisent. Par conséquent, le nombre de parcelles d’habitat occupées et la répartition de celles–ci dans le paysage sont des facteurs qu’il est important de considérer lorsqu’on évalue les menaces et la probabilité de survie de l’espèce à plus grande échelle géographique. Dans le cas du vertigo à crêtes fines, il existe probablement beaucoup plus de parcelles d’habitat occupées que celles qui sont recensées à l’heure actuelle, et l’espèce est présente à des emplacements variés, ce qui donne à penser que la population totale serait plutôt résiliente devant la fragmentation de l’habitat. Cependant, des lacunes existent dans les données sur le nombre de peuplements forestiers occupés et sur le nombre de peuplements nécessaires pour permettre à l’espèce de persister et d’être viable à long terme dans une région donnée. On ne dispose pas de renseignements suffisants pour déterminer si les habitats peuvent être considérés comme très fragmentés, puisque la taille des zones occupées et des parcelles d’habitat ainsi que la viabilité des sous–populations sont inconnues. Lors des relevés de vérification effectués sur le terrain en 2008, le plus petit peuplement où le vertigo à crêtes fines avait été observé était un bosquet isolé d’environ dix érables croissant dans une dépression humide située au milieu d’un habitat ne convenant pas à l’espèce (coupe à blanc d’un côté; autoroute et lac de l’autre) dans la péninsule Sechelt. À moins que les individus ne se laissent passivement transporter par le vent ou par d’autres moyens, les petites populations comme celle–ci pourraient ne pas être viables à long terme. De manière similaire, les vertigos à crêtes fines vivant dans de petites aires protégées, par exemple, plusieurs parcs du district régional de la capitale ainsi que les emprises étroites de sentiers, qui sont entourées de zones résidentielles, pourraient être isolés et risquer de disparaître.

Les menaces possibles comprennent la dégradation de l’habitat à cause de l’effet-lisière (qui réduit l’humidité), des perturbations accrues associées aux activités récréatives et autres utilisations humaines, et des espèces végétales et animales introduites. Les plantes envahissantes introduites (comme le lierre commun [Hedera helix], le genêt à balais [Cytisus scoparius], l’ajonc d’Europe[Ulex europaeus] et le daphné lauréole [Daphne laureola]) modifient profondément les écosystèmes naturels dans l’aire de répartition du vertigo à crêtes fines, et il est courant de les trouver à de nombreux sites d’occurrence du gastropode. Le lierre commun est extrêmement abondant à certains sites, tant sur le tapis forestier que sur les arbres, et il modifie directement les communautés arboricoles. Ses effets sur les populations de gastropodes sont indéterminés, mais ils pourraient être néfastes. La dégradation de l’habitat est susceptible d’être particulièrement grave dans les petits peuplements forestiers vulnérables aux espèces introduites et aux changements du microclimat, notamment l’assèchement du tapis forestier et des habitats dans les arbres.

Les espèces introduites de carabes, prédateurs bien connus des gastropodes terrestres, pourraient représenter une menace. La faune de carabes a subi une transformation généralisée en Colombie–Britannique, où l’on compte aujourd’hui 22 espèces de carabes introduites (C. Copley, comm. pers., 2010). On ne sait pas exactement combien d’entre elles sont présentes dans l’aire de répartition du vertigo à crêtes fines ni si ce dernier est leur proie ou non; on ignore également les répercussions de l’introduction de ces carabes.

Il est probable que les changements climatiques aient des effets défavorables sur les populations de gastéropodes, surtout dans les habitats dégradés et fragmentés. Selon les scénarios des changements climatiques, la Colombie–Britannique est susceptible de connaître de longues sécheresses pendant l’été et une hausse de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes (B.C. Ministry of Environment, 2007). Les conditions météorologiques plus sèches qui s’installent pendant la période d’activité des gastéropodes, du printemps à l’automne, pourraient nuire à leurs populations, surtout en Colombie-Britannique, qui constitue la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, où la saison de végétation est déjà relativement courte. L’accroissement de la fréquence et de la gravité des incendies et des inondations serait lui aussi néfaste pour les gastéropodes et leur habitat.

D’après une analyse des principales menaces à chaque site occupé, on compte 16 localités récentes pour le vertigo à crêtes fines, si l’on applique la définition de « localité » établie par le COSEPAC en fonction des menaces (tableau 1). Les mentions de répartition historiques ont été exclues de l’analyse. Le nombre de localités est dans une certaine mesure arbitraire puisque la propriété des terres, le zonage, la fragmentation de l’habitat et une série d’autres facteurs ont une incidence sur la portée géographique et l’imminence des menaces pour l’espèce, notamment l’aménagement du territoire, le défrichage, l’effet–lisière et les incendies. On a recensé les localités suivantes : 1 localité sur l’île Saturna; 4 localités sur la Sunshine Coast; 11 localités sur l’île de Vancouver, dans le district régional de la capitale et sur la côte est au nord de cette zone. Les mentions de l’espèce étaient pour la plupart ponctuelles et correspondaient à des emplacements largement éloignés les uns des autres, habituellement situés sur des terres appartenant à des propriétaires différents et placés sous un degré différent d’imminence de la menace. Vu la répartition irrégulière de l’espèce et sa capacité de dispersion apparemment limitée, la plupart de ces points ont été considérés comme des localités distinctes. La concentration de mentions au sud–ouest de Victoria constitue une exception notable; on a divisé cette zone en 3 localités en fonction de la propriété des terres, du type d’habitat et des menaces possibles.

Tableau 1. Menaces aux sites où la présence du vertigo à crêtes fines a été relevée et concordance entre les sites et les localités définies par le COSEPAC
Secteur géographique d’identification du site1 (type de terres)Menace (en ordre de prédominance) de localité
Île de Vancouver : côte centre-est1 (terres privées)
  • Exploitation forestière
  • Aménagement du territoire
  • Fréquents feux de friches
1
Île de Vancouver : côte centre-est1 (terres privées)
  • Exploitation forestière
  • Aménagement du territoire
  • Fréquents feux de friches
1
Île de Vancouver : côte centre-est2 (parc provincial)
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession
2
Île de Vancouver : côte centre-est3 (parc provincial)
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession
3
Île de Vancouver : côte sud-ouest1 (terres privées)
  • Exploitation forestière
  • Aménagement du territoire
  • Activités récréatives
4
Île de Vancouver : DRC 2
(North Saanich)
1 (parc provincial)
  • Apparition de conifères en raison de la succession
  • Activités récréatives
  • Fréquents feux de friches
5
Île de Vancouver : DRC (Saanich)2 (terres fédérales)
  • Entraînement militaire
  • Apparition de conifères en raison de la succession
6
Île de Vancouver : DRC (Highlands)3 (parc régional)
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession
  • Fréquents feux de friches
7
Île de Vancouver : DRC (Metchosin)4 (parc régional)
  • Activités récréatives
  • Espèces envahissantes
  • Temps violent, phénomènes stochastiques (population petite et isolée)
  • Fréquents feux de friches
8
Île de Vancouver : DRC (Metchosin)5 (terres fédérales)
  • Entraînement militaire
  • Apparition de conifères en raison de la succession
9
Île de Vancouver : DRC (Metchosin)6 (emprise d’un sentier régional entouré de terres privées)
  • Activités récréatives
  • Aménagement du territoire
  • Espèces envahissantes
  • Effet–lisière
  • Fréquents feux de friches
10
Île de Vancouver : DRC
(Sooke)
7 (emprise d’un sentier régional entouré de terres privées)
  • Aménagement du territoire
  • Activités récréatives
  • Espèces envahissantes
  • Fréquents feux de friches
11
Île Saturna1 (parc national)
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession Fréquents feux de friches
12
Sunshine Coast : sud–est de la péninsule Sechelt1 (parc provincial)
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession Espèces envahissantes
  • Fréquents feux de friches
13
Sunshine Coast : péninsule Sechelt2 (terres privées)
  • Aménagement du territoire
  • Exploitation forestière
  • Activités récréatives
  • Apparition de conifères en raison de la succession
  • Espèces envahissantes
  • Effet–lisière
  • Temps violent, phénomènes stochastiques (population petite et isolée)
  • Fréquents feux de friches
14
Sunshine Coast : péninsule Sechelt3 (terres privées)
  • Aménagement du territoire
  • Fréquents feux de friches
15
Sunshine Coast : péninsule Sechelt4 (terres privées à la lisière de terres publiques appartenant à la C.-B.)
  • Activités récréatives
  • Aménagement du territoire
  • Effet–lisière
  • Fréquents feux de friches
16

1 Site – une seule observation ou concentration d’observations
2 DRC – district régional de la capitale (Victoria)

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Importance de l’espèce

On ne connaît pas d’importance socioéconomique ou culturelle au vertigo à crêtes fines, et aucun savoir autochtone n’existe à son sujet. En réalité, peu de gens, à part les malacologues et les naturalistes spécialisés, connaissent même l’existence de ces minuscules gastéropodes. Ces derniers contribuent à la biodiversité des riches et extraordinaires communautés arboricoles abritées par les érables à grandes feuilles. Ces communautés comprennent des mousses épiphytes, des hépatiques, des lichens, des fougères et d’autres plantes vasculaires qui croissent sur les branches et le tronc des vieux érables (Peterson et al., 1999). Elles sont particulièrement florissantes dans les zones riveraines humides, colonisées par les gastéropodes. Certaines communautés de bryophytes épiphytes associées aux érables à grandes feuilles sont uniques et contribuent de manière significative à la biodiversité de la Colombie-Britannique (Peterson et al., 1999). Les épiphytes, quant à eux, améliorent les conditions ambiantes pour d’autres organismes, qu’il s’agisse de champignons et d’invertébrés minuscules ou d’oiseaux et de mammifères. Les rôles écologiques et les écoservices des divers membres de ces communautés arboricoles méconnues, y compris le vertigo à crêtes fines, restent à élucider.

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Protection, statuts et classifications

Le vertigo à crêtes fines a été désigné comme étant une espèce préoccupante par le COSEPAC, en avril 2010. L’espèce figure sur la liste rouge provinciale des espèces en péril. NatureServe (2009) classe le gastéropode parmi les espèces « apparemment non en péril » à l’échelle mondiale (G3G5; cote arrondie : G4); le statut national aux États–Unis est également celui d’une espèce « apparemment non en péril (N3N5), mais il est celui d’une espèce « en péril » au Canada (N2) et en Colombie–Britannique (S2). NatureServe ne propose aucune autre classification à l’échelon infranational aux États-Unis; la dernière évaluation de l’espèce par cet organisme remonte au 30 janvier 2006.

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Remerciements et experts contactés

Robert Forsyth a fourni les données, les publications ainsi que la photographie et les dessins de coquilles (figure 2); de plus, il a généreusement partagé ses registres de répartition. Nancy Duncan, Tom Burke et Barry Roth ont eu la gentillesse de fournir des renseignements sur le vertigo à crêtes fines et des registres de répartition de l’espèce aux États–Unis. Andreas Hamann a fourni les données cartographiques pour la figure 7. Virgil Hawkes a donné de l’information sur ses relevés de gastéropodes en Colombie–Britannique. Alain Filion a préparé la carte de l’aire de répartition canadienne et calculé les valeurs pour la zone d’occurrence et l’IZO. Kelly Sendall, du Musée royal de la Colombie–Britannique (Royal British Columbia Museum), Jean-Marc Gagnon, du Musée canadien de la nature, Maureen Zubowski, du Musée royal de l’Ontario, Timothy Pearce, du Musée d'histoire naturelle Carnegie (Carnegie Museum of Natural History), Jochen Gerber, du Musée d'histoire naturelle Field (Field Museum of Natural History) et Kevin Roe, du Musée d'histoire naturelle Delaware (Delaware Museum of Natural History) ont bien voulu chercher des mentions de l’espèce dans leurs bases de données. Les commentaires formulés par Barry Roth ont permis d’améliorer le présent rapport. Le financement nécessaire à la production du présent rapport a été fourni par Environnement Canada.

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Les experts suivants ont été consultés :

  • David Cunnington (Service canadien de la faune)
  • Brian Reader et Todd Columbia (Parcs Canada)
  • Jennifer Heron (Ministry of Environment de la Colombie–Britannique)
  • Lea Gelling (Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique)
  • Erin Prescott (Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique)
  • Gloria Goulet (Secrétariat du COSEPAC – Coordinatrice des CTA)
  • Alain Filion (Secrétariat COSEPACmapping support)

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Sources d’information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Kristiina Ovaska (Ph.D., M.Sc.) a obtenu son doctorat en biologie de l’Université de Victoria en 1987, après quoi elle a mené à bien 2 projets d’études postdoctorales en éthologie animale et en biologie des populations. Elle est actuellement partenaire de Biolinx Environmental Research Ltd. et chercheuse associée au département de science forestière de l’Université de Colombie–Britannique. Son expérience en matière de gastéropodes terrestres comprend des travaux de recherche sur les effets des pratiques forestières, des études sur les profils d’abondance et de répartition des espèces en péril, et la réalisation de nombreux relevés dans différentes régions de la Colombie–Britannique. Elle a rédigé des rapports de situation, des programmes de rétablissement, un plan d’action visant de multiples espèces ainsi que des lignes directrices en matière de pratiques de gestion exemplaires pour des gastéropodes terrestres. Certaines de ses photographies de gastéropodes figurent dans le manuel du Musée royal de la Colombie–Britannique, intitulé Land Snails of British Columbia, de R. Forsyth. Elle est l’auteure de plus de 40 publications dans des revues scientifiques à comité de lecture, dont plusieurs articles sur des gastéropodes terrestres.

Lennart Sopuck (M.Sc., R.P.Bio.) a étudié une grande variété d’espèces sauvages au fil des 25 dernières années. Il possède notamment une expertise en matière d’évaluation et d’atténuation des effets de divers types d’activité humaine sur les espèces sauvages, dont des espèces en péril. Comme Mme Ovaska, il est partenaire de Biolinx Environmental Research Ltd., et il effectue de nombreux relevés et travaux de recherche sur les gastéropodes terrestres en Colombie–Britannique. Il est corédacteur de plusieurs rapports de situation, de programmes de rétablissement, d’un plan d’action visant de multiples espèces ainsi que de lignes directrices en matière de pratiques de gestion exemplaires pour des gastéropodes terrestres.

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Collections examinées

Les collections institutionnelles suivantes ont été consultées. Seuls le Musée royal de la Colombie–Britannique (une occurrence) et le Musée d'histoire naturelle Field (trois occurrences) possédaient des spécimens de la Colombie–Britannique.

  • Musée canadien de la nature. C.P. 3443, stat. D, Ottawa (Ontario), K1P 6P4.
  • Carnegie Museum of Natural History. 4400 Forbes Ave, Pittsburgh, PA 15213–4080.
  • Delaware Museum of Natural History. 4840 Kennett Pike, P.O. Box 3937, Wilmington, DE 19807–0937.
  • The Field Museum of Natural History. 1400 S. Lake Shore Drive, Chicago, IL 60605–2496. Identifications vérifiées par R. Forsyth.
  • Royal British Columbia Museum. 675, rue Belleville, Victoria (Colombie–Britannique), V8V 1X4. Identifications vérifiées par R. Forsyth.
  • Musée royal de l’Ontario. 100, Queen’s Park, Toronto (Ontario), M5S 2G6.

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Annexe 1. Mentions de répartition du vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.) au Canada.
OE CDC – numéro de l'occurrence d'élément (OE) au Centre de données de conservation de la C.-B.; FMNH (Musée d'histoire naturelle Field); RBCM (Musée royal de la Colombie–Britannique)
Date coll.Nbre gastrop.Personne ayant effectué le prélèvementDescription de la localitéAlt. (m)Habitat (microhabitat)Base de données, collection ou source
Non daté6InconnuÎle de Vancouver, C.-B. : lac Quamichan, Duncan  FMNH (52665) "Ex ROM Zoology"
Non daté11InconnuÎle de Vancouver, C.-B. : Victoria  FMNH (132500) "Ex Alan Solem Collection"
Non daté17InconnuÎle de Vancouver, C.-B. : Wellington (baie Departure)  FMNH (132267) "Ex Alan Solem Collection"
14 au 17 août 19845R.A.D. CameronÎle de Vancouver, C.-B. : lac Horne Forêt mixte de seconde venue avec érables à grandes feuilles; litière humide de type mull; polystic à épées et ronces à petites fleurs dans le sous–étage (vraisemblablement dans la litière)Cameron (1986)
10 nov. 19961R. Forsyth, T. ForsythPéninsule Sechelt, C.-B. : près d’Egmont En bordure d’une route, sur le plat de l’accotement; herbacées, polystic à épées; quelques adiantes du Canada (sur des feuilles d’érable au sol)Collection personnelle de Robert Forsyth (96.159.4271); OE CDC 4
13 nov. 19963T. Forsyth, R. ForsythÎle de Vancouver, C.-B. : Union Bay80 à 100Aulnes, sapins et ronces remarquables (sur la couche de feuilles mortes au sol)Collection personnelle de Robert Forsyth (96.167.4330); OE CDC 5
8 nov. 19992Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck, S. Beauchesne)Île de Vancouver, C.-B. : lac Chemainus90Peuplement forestier mixte mature comportant des aulnes rouges, des douglas, des pruches de l’Ouest et des thuyas géants; couvert forestier : 80 %; sous–étage clairsemé; couche assez profonde de feuilles et d’aiguilles au sol (dans la litière)RBCM(000–00046–005; vérifié par R. Forsyth en 2000); Ovaska et Sopuck, 2000; OE CDC 6
30 mars 20024Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Saanich (transect 3 d’érables)80 à 100Peuplement forestier mixte mature comportant de gros érables à grandes feuilles (> 60 % du couvert forestier) ainsi que des douglas, des sapins grandissimes et des thuyas géants; sous–étage de polystic à épées denses (dans la couche de feuilles d’érable au sol)Collection personnelle de K. Ovaska (#S1); Ovaska et Sopuck, 2002; OE CDC 3
25 oct. 20021Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin (transect 1 d’aulnes)30 à 35Aulnes rouges matures avec une composante mineure d’érables à grandes feuilles, de douglas, de sapins grandissimes et de peupliers baumiers; sous–étage de polystic à épées, de ronces remarquables et de salal; cypéracées et chou puant dans les zones humides (dans la litière)Collection personnelle de K. Ovaska (#234); Ovaska et Sopuck, 2002; OE CDC 1
25 oct. 20021Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin30 à 35Aulnes rouges matures avec une composante mineure d’érables à grandes feuilles, de douglas, de sapins grandissimes et de peupliers baumiers; sous–étage de polystic à épées, de ronces remarquables et de salal; cypéracées et chou puant dans les zones humides (sur des frondes de polystic)Collection personnelle de K. Ovaska (#119); Ovaska et Sopuck, 2002; OE CDC 1
13 nov. 20027Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck, L. Matthias)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin (transect 2 d’érables)30 à 40Peuplement mixte composé principalement d’érables à grandes feuilles matures, et parsemé de douglas, d’aulnes rouges, de sapins grandissimes et de peupliers baumiers; sous–étage de polystic à épées, de salal et de ronces remarquables (dans la litière – 6 individus; sur une fronde de fougère – 1 individu)Collection personnelle de K. Ovaska (No 2, 31, 122; 1 par échantillon); Ovaska et Sopuck, 2002; OE CDC 2
20 nov. 20021Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin (transect 3 d’érables)30 à 40Peuplement mixte composé principalement d’érables à grandes feuilles matures, avec quelques douglas, aulnes rouges, sapins grandissimes et peupliers baumiers; sous–étage de polystic à épées, de salal et de ronces remarquables (dans la litière)
 
Collection personnelle de K. Ovaska ( No 1055); Ovaska et Sopuck, 2002; OECDC 1
13 juin 20083Robert ForsythÎle de Vancouver, C.-B. : Metchosin37Sur le tronc d’érables à grandes feuilles, jusqu’à 2 m au–dessus du sol. Individus exposés, sur l’écorce, ou dans des creux formés par l’écorce; mousse absente ou présente en mince coucheCollection personnelle de R. Forsyth (08.052.1795)
13 juin 200811Robert ForsythÎle de Vancouver, C.-B. : Sooke20Sur le tronc d’érables à grandes feuilles, jusqu’à 2 m au–dessus du sol. Côté exposé au soleil, pas de mousse; individus exposésCollection personnelle de R. Forsyth (08.053.1798)
13 juin 20085R. Forsyth, L. Ramsay, L. GellingÎle de Vancouver, C.-B. : Metchosin27Sur le tronc d’érables à grandes feuilles, dans des creux formés par l’écorce et dans la mousse, 1 à 2 m au–dessus du sol; dans la couche de feuilles mortes au solCollection personnelle de R. Forsyth (08.048.1803 )
13 oct. 20081Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : parc régional Thetis Lake (parcelle 2)80Terre à bois comportant des douglas, des chênes de Garry et des érables à grandes feuilles; sous–étage arbustif dense, comportant du mahonia à feuilles de houx et de la symphorine (sous un carton utilisé comme couverture artificielle)Collection personnelle de K. Ovaska; Ovaska et Sopuck, 2008
14 oct. 20081Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin<50Dépression humide riche en polystic à épées et un peu de salal, entourée de douglas (d’environ 80 ans) et de quelques aulnes et saules (sous un carton utilisé comme couverture artificielle)Collection personnelle de K. Ovaska; Ovaska et Sopuck, 2008
15 oct. 20089Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Sooke82Emprise d’un sentier forestier, comportant des érables à grandes feuilles, des thuyas géants, des pruches de l’Ouest et des douglas; sous–étage de fougères avec quelques arbustes; site très humide (tronc d’érable, dans les replis de l’écorce – la plupart des individus – ou sur l’écorce lisse – 1 individu)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
19 oct. 20086Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Péninsule Sechelt, C.-B. : près d’Egmont87Peuplement de seconde venue comportant des thuyas géants, des pruches de l’Ouest et de grands érables à grandes feuilles; sous–étage de polystic à épées avec quelques arbustes (tronc d’érable, dans des creux et sous la mousse)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
19 oct. 20085Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Sunshine Coast, C.-B. : sud–est de Sechelt123Peuplement forestier mixte ancien comportant des thuyas géants, des pruches de l’Ouest, des douglas et quelques érables à grandes feuilles épars; sous–étage de polystic à épées avec quelques arbustes (tronc de gros érable à écorce plissée)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
19 oct. 20087Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Sunshine Coast, C.-B. : Skookumchuck Narrows110Forêt riveraine le long d’un petit ruisseau, comportant des érables à grandes feuilles, des pruches de l’Ouest et des thuyas géants; sous–étage de fougères avec quelques arbustes (tronc d’érable – 2 individus; tronc d’aulne – 1 individu; fougère – 1 individu)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
19 oct. 20088Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Sunshine Coast, C.-B. : près du lac Ruby100Bouquet d’érables à grandes feuilles dans une dépression, dans un paysage non perturbé (tronc d’érable, sur l’écorce nue ou sous la mousse)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
25 oct. 200813Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : North Saanich160Forêt mature de douglas, d’érables à grandes feuilles, de thuyas géants, d’aulnes rouges et de sapins grandissimes; site humide comportant de grands érables (tronc d’érable, gros arbre à l’écorce plissée)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
26 oct. 200810Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin< 50Forêt riveraine comportant de grands érables à grandes feuilles, des douglas et des aulnes rouges; sous–étage arbustif dense (tronc d’érable, dans les replis de l’écorce d’un gros arbre)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
28 oct. 200812Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Metchosin< 50Forêt riveraine comportant de grands érables à grandes feuilles, des peupliers baumiers et des aulnes rouges; sous–étage arbustif dense principalement composé de polystic à épées; site très humide (tronc d’érable – 7 individus; tronc de peuplier – 3 individus; tronc d’aulne – 1 individu)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
3 nov. 200815Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : sud de Courtenay36Forêt riveraine comportant des douglas, de nombreux érables à grandes feuilles, des pruches de l’Ouest, des thuyas géants et des aulnes rouges; site riche et humide (tronc d’érable; la plupart des individus se trouvaient dans des creux ou des replis de l’écorce, ou sous la mousse, sur de gros arbres)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
22 nov. 20081Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île de Vancouver, C.-B. : Saanich80 à 100Forêt ancienne composée principalement de conifères, comportant des thuyas géants et des sapins grandissimes; quelques érables à grandes feuilles épars; sous–étage de polystic à épées (sous un carton utilisé comme couverture artificielle)Collection personnelle de K. Ovaska; travail de terrain en lien avec le rapport de situation du COSEPAC
20 mars 200912Biolinx Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck)Île Saturna : réserve de parc national des Îles-Gulf10Tronc de grands érables à grandes feuilles dans un peuplement de seconde venue comportant des thuyas géants, des pruches de l’Ouest et de gros érables à grandes feuilles; sous–étage de polystic à épées et d’orties, avec quelques arbustes (tronc d’érables)Évaluation des risques pour les gastéropodes sur la propriété de Winter Cove de la réserve de parc national des Îles–Gulf, mars 2009
(Sopuck et Ovaska, 2009)

* Emplacement approximatif; pas de coordonnées indiquées; identification confirmée par R. Forsyth en 2002; collecte entre le milieu des années 1890 et le début des années 1920.
^ Sites 27–28 du Vertigo rowellii à Cameron (1986). Pas de coordonnées indiquées, mais on voit sur la carte que les deux sites se trouvent à la pointe ouest du lac Horne.

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Annexe 2. Sites où le vertigo à crêtes fines n’a pas été observé lors des relevés de vérification sur le terrain effectués en vue de la rédaction du présent rapport par Biolinx Environmental Research Ltd. Les 9 sites où l’espèce a été vue figurent à l’annexe 1.

DateDescription du siteAlt. (m)Latitude nordLongitude ouestMacrohabitat
19 juin 2008Île de Vancouver, C.-B. : extrémité sud du lac Quamichan (parc Kinsmen)30 48° 47.264'123° 40.279'Zone riveraine parsemée de peupliers baumiers et d’érables à grandes feuilles; parcelles de dense végétation arbustive
19 juin 2008Île de Vancouver, C.-B. : extrémité nord–est du lac Quamichan, au ruisseau Elkington (place Osprey) 9048° 48.547'123° 37.455'Bande de forêt mixte comportant des aulnes rouges, des érables à grandes feuilles et des douglas dans une zone résidentielle; sous–étage dense d’arbustes et d’herbacées
19 juin 2008Île de Vancouver, C.-B. : baie Departure, parc Beach Estate (sentier de nature le long du ruisseau Northfield)40 49° 11.466'123° 57.960'Vestige de forêt le long d’un ruisseau, entouré de zones résidentielles; peuplement de thuyas géants et d’érables à grandes feuilles principalement, avec un sous–étage variable
19 juin 2008Île de Vancouver, C.-B. : Union Bay (terre à bois le long de la route Green)100 49° 34.458'124° 53.949'Peuplement forestier de seconde venue soumis à une coupe sélective, comportant des douglas, des aulnes rouges ainsi que des érables à grandes feuilles épars; sous–étage arbustif dense
23 oct. 2008Île de Vancouver, C.-B. : site du patrimoine national de Fort Rodd, Metchosin (DRC)< 5048° 25.965'123° 27.264'Forêt mixte comportant des douglas, des sapins grandissimes, des érables à grandes feuilles et des arbousiers d’Amérique; sous–étage arbustif dense
3 nov. 2008Île de Vancouver, C.-B. : route Somenos, nord de Duncan4748° 50.930'123° 43.3841'Forêt riveraine humide comportant des érables à grandes feuilles, des aulnes rouges, des thuyas géants et des sapins grandissimes, sur une pente abrupte; sous–étage de polystic à épées dense
3 nov. 2008Île de Vancouver, C.-B. : parc provincial Englishman River Falls21149° 14.864’124° 21.140'Forêt de conifères principalement, avec quelques érables à grandes feuilles épars
3 nov. 2008Île de Vancouver, C.-B. : lac Fuller6548° 54.279'123° 43.300'Peuplement de conifères principalement, avec quelques érables épars