Plan de gestion de la couleuvre mince (Thamnophis sauritus), population des Grands Lacs, au Canada – 2015

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans de gestion

Couleuvre mince
Eastern Ribbonsnake

Haut de la page


Information sur le document

Eastern Ribbonsnake
Illustration de la couverture : © Gary Allen

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2015. Plan de gestion de la couleuvre mince (Thamnophis sauritus), population des Grands Lacs, au Canada, Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, iv + 25 p.

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Haut de la page


Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés cinq ans après la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est la ministre compétente en vertu de la LEP de la couleuvre mince, population des Grands Lacs et a élaboré le présent plan de gestion conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration avec l’Agence Parcs Canada et le gouvernement de l’Ontario.

La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce plan et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la couleuvre mince - population des Grands Lacs et de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et des organisations participantes.

Haut de la page

Remerciements

Les premières ébauches du présent plan de gestion ont été élaborées par David Seburn, de Seburn Ecological Services. Mike Oldham, Robert Craig et Nicole Tuyten (Centre d'information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario) ont fourni de précieuses informations sur la situation et la répartition de la couleuvre mince. Bob Farmer (Dalhousie University), Scott Gillingwater (Upper Thames River Conservation Authority), Tara Imlay (Wildlife Preservation Canada), Fred Schueler (Bishops Mills Natural History Centre) et Adam Wilson (Réserve mondiale de la biosphère de Long Point) ont gracieusement fourni des informations sur leurs travaux de recherche et/ou partagé leurs connaissances sur la couleuvre mince. Brad Steinberg, du parc provincial Algonquin (Parcs Ontario), a communiqué des informations sur la situation actuelle de l'espèce dans le parc, tandis que Brenda van Sleeuwen a fourni des renseignements sur les sites relevant de Conservation de la nature Canada. L'élaboration du présent plan de gestion a été facilitée par Angela McConnell, Christina Rohe, Lee Voisin, Madeline Austen, Lesley Dunn et Elizabeth Rezek (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario) et Sylvain Giguère, Mark Dionne et Karine Picard (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Québec). La contribution de Rhonda Donley, Susan Humphrey, Louis Gagnon et Tianna Burke (anciennement d'Environnement Canada, Service canadien de la faune – région de l'Ontario) ainsi que l'aide des équipes des centres de données sur la conservation et des projets d'atlas des reptiles et des amphibiens ont également été grandement appréciées.

Des remerciements sont également adressés à toutes les autres parties qui, par leurs conseils ou commentaires, ont contribué à l'élaboration du présent plan de gestion, en particulier aux diverses organisations et membres de communautés autochtones et aux nombreux particuliers et intervenants qui ont fourni de précieux renseignements et/ou participé aux rencontres de consultation.

Haut de la page

Sommaire

La couleuvre mince (Thamnophis sauritus), population des Grands Lacs, est inscrite comme espèce préoccupante à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale et désignée comme espèce préoccupante en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario. La couleuvre mince est un serpent rayé au corps élancé, dont la queue fait généralement un tiers de la longueur totale. Elle est largement répartie dans l'est de l'Amérique du Nord. Au Canada, l'espèce compte deux populations distinctes, l'une confinée à l'Ontario et à une petite région du Québec (population des Grands Lacs), et l'autre, à la Nouvelle-Écosse (population de l'Atlantique). Le présent plan de gestion vise uniquement la population des Grands Lacs.

La couleuvre mince est un serpent semi-aquatique généralement associé aux milieux humides, aux ruisseaux et aux rivières, et à l'habitat terrestre adjacent. Elle se nourrit principalement de grenouilles et, dans une moindre mesure, de salamandres et de poissons. Les femelles atteignent probablement leur maturité sexuelle à leur deuxième ou troisième été et donnent naissance à cinq à douze petits vivants durant chaque année de reproduction. On ne sait à peu près rien de la fréquence à laquelle les femelles se reproduisent, mais si l'on se fonde sur les observations liées à la reproduction d'espèces apparentées au Canada, il est probable que l'espèce produit une portée aux deux ans.

Les facteurs limitatifs répertoriés incluent le manque d'information sur l'aire de répartition et l'abondance de l'espèce. Les menaces pesant sur l'espèce incluent la parte ou la dégradation de l'habitat, la construction de routes et la mortalité routière, la persécution, la diminution de l'abondance des proies et l'introduction de poissons prédateurs.

Les objectifs de gestion sont d'assurer la conservation de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, et de l'habitat où elle se trouve; d'acquérir une connaissance accrue de la répartition et de l'abondance de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, afin de mieux orienter les efforts de conservation; d'atténuer les menaces connues qui pèsent sur cette population au Canada. Les stratégies générales permettant d'atteindre ces objectifs sont présentées à la section 6.2 du présent document.

Aucune des mesures de conservation visant l'atteinte des objectifs de gestion proposées dans le présent plan de gestion ne devrait avoir d'effets négatifs importants sur l'environnement ou sur des espèces non ciblées.

Haut de la page

1. Évaluation de l'espèce par le COSEPACNote de bas de page 1

Date de l'évaluation :
Novembre 2012
Nom commun (population) :
Couleuvre mince, population des Grands Lacs
Nom scientifique :
Thamnophis sauritus
Situation selon le COSEPAC :
Préoccupante
Justification de la désignation :
La population des Grands Lacs est relativement répandue et semble être localement abondante à quelques sites. Les données quantitatives sur la taille et les tendances de la population sont toutefois insuffisantes, et la plupart des renseignements sont anecdotiques et portent sur des aires protégées. La perte de l'habitat des terres humides et du littoral et la construction de routes continuent à un rythme alarmant à l'intérieur de l'aire de répartition et présentent une menace importante pour l'espèce. Si ces pertes ne sont pas renversées, l'espèce est à risque de devenir « menacée ». La mortalité routière et la perte de l'habitat sont répandues et la majeure partie de la répartition se trouve dans des zones d'habitat entourées de terres agricoles, de routes et d'aménagements du littoral.
Présence au Canada :
Ontario, Québec
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « préoccupante » en mai 2002. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2012.

Haut de la page

2. Information sur la situation de l'espèce

La couleuvre mince (Thamnophis sauritus) est endémiqueNote de bas de page 2 à l'est de l'Amérique du Nord et est représentée par quatre sous-espèces à l'échelle de son aire de répartition. Parmi celles-ci, seule la couleuvre mince du Nord (Thamnophis sauritus septentrionalis) se rencontre au Canada (COSEPAC, 2012). Dans le présent plan de gestion, cette sous-espèce est simplement appelée « couleuvre mince, population des Grands Lacs », comme dans l'évaluation du COSEPAC (COSEPAC, 2012) et comme à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale.  

La cote mondiale arrondie de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, (T. s. septentrionalis), est « TNR » (sous-espèce non classée) (NatureServe, 2013). Au Canada, la cote de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, est vulnérable à l'échelle nationaleNote de bas de page 3 (N3) (NatureServe, 2013). Elle est classée vulnérable (S3) en Ontario (NatureServe, 2013) et gravement en périlNote de bas de page 4 (S1) au Québec (NatureServe, 2013).

La population des Grands Lacs a été désignée « préoccupante »Note de bas de page 5 et est inscrite à ce titre à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale. En Ontario, elle est également classée « préoccupante »Note de bas de page 6 en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de la province. Au Québec, la couleuvre mince est susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable et figure à l'annexe 2Note de bas de page 7 de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

On estime que moins de 6,5 % de l'aire de répartition mondiale de la couleuvre mince se trouve au Canada.

Haut de la page

3. Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

La couleuvre mince est un petit serpent brun foncé à noir qui peut présenter un aspect velouté en raison de ses écailles fortement carénéesNote de bas de page 8 (Smith, 2002). Trois rayures longitudinales jaunes, une de chaque côté du corps et une sur le milieu du dos, se détachent contre le fond foncé sur toute la longueur du corps. Les rayures latérales occupent les troisième et quatrième rangées d'écailles à partir des écailles ventrales (Smith, 2002). La rayure latérale jaune et les écailles ventrales sont séparées par une rayure brune occupant les première et deuxième rangées d'écailles (Smith, 2002). Le ventre ne porte aucune marque et est vert pâle, jaune ou blanc, tandis que le menton et la gorge sont de blancs à fauves (Smith, 2002). La tête est séparée du reste du corps par un « cou » distinct et rappelle celle d'un lézard (Smith, 2002). Les adultes mesurent entre 46 cm et 86,2 cm, la queue représentant environ le tiers de la longueur totale de l'animal (Smith, 2002).

La couleuvre mince ressemble à la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) plus commune et plus largement répandue en Ontario et au Québec, ainsi qu'à la couleuvre à petite tête (Thamnophis butleri), pour sa part moins commune et menacée dans le sud-ouest de l'Ontario. La couleuvre mince se distingue de ses deux espèces par les caractères suivants : 1) présence d'écailles préoculaires dessinant un croissant blanc en avant des yeux; 2) rayures latérales jaunes situées plus haut sur les côtés du corps (troisième et quatrième rangées d'écailles chez la couleuvre mince, deuxième et troisième rangées chez les deux autres espèces canadiennes du genre Thamnophis ci haut mentionnées), exception faite des rayures longitudinales de la couleuvre à petite tête qui s'étendent jusqu'à la quatrième rangée; 3) queue beaucoup plus longue en proportion de la longueur totale du corps (Hulse et coll., 2001); 4) corps plus élancé (Gilhen, 1984; Ontario Nature, 2012).

La parade nuptiale et l'accouplement ont généralement lieu tôt au printemps, mais parfois en automne (Harding, 1997). À la fin de juillet ou en août, les femelles gravides (c.-à-d. qui portent des petits) peuvent s'éloigner légèrement de l'eau pour donner naissance à un nombre moyen de 5 à 12 petits vivants (Gilhen, 1984; Harding, 1997; Smith, 2002). Ceux-ci mesurent en général entre 16 cm et 24 cm (longueur totale) et arborent la même coloration et les mêmes motifs que leurs parents; ils atteignent vraisemblablement leur taille adulte au cours de leur deuxième ou troisième été (Harding, 1997). Rowell (2013) présente un résumé récent de l'histoire naturelle, de la répartition et de la situation des couleuvres de l'Ontario, dont la couleuvre mince (2013).

3.2 Population et répartition

En Amérique du Nord, l'aire de répartition de la couleuvre mince (les quatre sous espèces comprises) s'étend d'ouest en est du Wisconsin au sud du Maine et à la Nouvelle-Écosse et, vers le sud, de façon discontinue jusqu'au sud-est de la Louisiane, à la côte du golfe du Mexique et au sud de la Floride (NatureServe, 2013; figure 1).

Figure 1. Aire de répartition des quatre sous espèces de la couleuvre mince (Thamnophis sauritus) en Amérique du Nord (carte adaptée de UICN, 2010, et Conant et Collins, 1998).

La description longe de la figure 1 fournissait ci-dessous

Description longue pour la figure 1

La figure 1 illustre l'aire de répartition en Amérique du Nord des quatre sous espèces de la couleuvre mince : à rayure bleue, commune, péninsule et du Nord (la seule qui soit présente au Canada). L'aire de répartition de la sous espèce du Nord inclut le sud de l'Ontario et les États avoisinants ainsi que des régions séparées au Wisconsin, au Maine et en Nouvelle-Écosse. La sous espèce péninsule est partout présente en Floride et dans le sud de la Géorgie. La sous-espèce à rayure bleue habite la partie septentrionale de la côte ouest de la Floride. La sous-espèce commune est largement répartie dans les États de l'Est, de la Louisiane jusqu'au New Hampshire, au nord-est, bien que de façon non continue.

Haut de la page

Au Canada, l'espèce est présente dans deux régions largement isolées l'une de l'autre, et ces deux populations sont inscrites séparément à l'annexe 1 de la LEP : la population des Grands Lacs est confinée au sud de l'Ontario et du QuébecNote de bas de page 9, et la population de l'Atlantique, à la Nouvelle-Écosse. Le présent plan de gestion vise uniquement la population des Grands Lacs.

La population des Grands Lacs est présente du sud-ouest de l'Ontario à la rivière des Outaouais. Seulement six observations ont été enregistrées au nord de la rivière des Outaouais, au Québec. Les observations ont pour la plupart été effectuées le long du bord méridional du Bouclier canadien, principalement dans la région de la baie Georgienne, en particulier dans le comté de Bruce (Smith, 2002) (figure 2). Au Québec, trois individus ont été observés en 2003 dans le comté de Pontiac, en Outaouais; ces observations constituent les trois premières mentions de l'espèce dans cette province (Desroches et Laparé, 2004). Trois autres individus ont été trouvés en 2004 dans le même secteur, et un autre à l'Île-du-Grand-Calumet, à environ 30 km au nord-ouest (Desroches et Laparé, 2004; figure 3)

Figure 2. Observations de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, en Ontario (carte modifiée d'Ontario Nature, 2014).

La description longe de la figure 2 fournissait ci-dessous

Description longue pour la figure 2

La figure 2 illustre les observations de la couleuvre mince en Ontario. Ces observations sont divisées en deux groupes : les observations récentes (1994 à nos jours) et historiques (avant 1994). Les observations sont éparpillées partout dans le sud de l'Ontario, un certain nombre ayant eu lieu dans la péninsule Bruce, le long de la rive nord du lac Érié et dans une bande allant de la baie georgienne vers l'est jusqu'à la région de Kingston.

Haut de la page

Figure 3. Distribution de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, au Québec (carte adaptée de Desroches et Laparé, 2004). Les points indiquent les deux régions où un total de six observations a été enregistré.

La description longe de la figure 3 fournissait ci-dessous

Description longue pour la figure 3

La figure 3 illustre les observations de la couleuvre mince au Québec. Ces observations se sont produites en deux endroits le long de la rivière des Outaouais, en amont de Gatineau-Ottawa.

Haut de la page

On ne dispose d'aucune information sur l'abondance et les tendances de la population des Grands Lacs. En outre, en raison de la grande ressemblance de la couleuvre mince avec d'autres couleuvres du genre Thamnophis (qui ne sont pas en péril), il est possible qu'on n'ait pas signalé des observations de couleuvres minces si on a cru qu'il s'agissait de ces autres couleuvresqui sont communes et non en péril. De nombreuses observations de couleuvres minces soumises par des amateurs pourraient ne pas être valides (Smith, 2002). En Ontario et au Québec, le Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN) vérifie, toutefois, la validité des observations signalées et a examiné et confirmé 273 occurrences d'élémentNote de bas de page10. Bon nombre de ces occurrences sont aujourd'hui considérées comme historiquesNote de bas de page11 (CIPN, 2012).

 3.3. Besoins de la couleuvre mince, population des Grands Lacs

La couleuvre mince est semi-aquatique et fréquente les plans d'eau permanents et l'habitat terrestre adjacent (Harding, 1997). Durant sa période d'activité (avril à octobre), elle préfère les habitats d'eau libre comme les étangs ou les lacs, les milieux humides (p. ex. marais, tourbières et marécages) ou les eaux vives des ruisseaux et des rivières (Ernst et Barbour, 1989; Harding, 1997, Hulse et coll., 2001). En 1995, 93 % des couleuvres minces observées dans le cadre d'une étude menée dans l'est de l'Ontario étaient associées à de l'habitat aquatique (Scribner et Weatherhead, 1995), principalement des zones d'eau peu profonde et des berges au couvert végétal bas et dense (Minton, 1972; COSEPAC, 2002). Les couleuvres minces observées au Québec se trouvaient également à proximité de milieux humides, dans des étendues dénudées de gravier, de galets et de blocs rocheux (Desroches et Laparé, 2004). L'habitat terrestre adjacent comprend habituellement des secteurs dégagés et ensoleillés, surtout à proximité de touffes de graminées ou de carex et de broussailles basses (Harding, 1997; Imlay, 2009). La couleuvre mince fréquente également les flancs rocheux de collines et les forêts décidues (Hulse et coll., 2001). Ainsi, dans la région de Hamilton (Ontario), elle a souvent été observée dans des zones comportant un couvert forestier haut et dans de grands marécages (Lamond, 1994).

Comme les autres reptiles, la couleuvre mince est un animal ectothermeNote de bas de page12 et dépend de son environnement pour maintenir sa température corporelle à l'intérieur de l'intervalle préféré de 20  oC à 30 oC (Smith, 2002). Pour élever sa température corporelle, elle s'expose au soleil sur des buttes et de gros débris ligneux émergeants ou sur le rivage, à proximité immédiate de l'eau. Elle grimpe aussi dans de petits arbustes pour se chauffer au soleil (Harding, 1997); des individus ont été observés dans des arbustes, jusqu'à 2 m du sol (Carpenter, 1952). À l'inverse, pour abaisser sa température corporelle et éviter de surchauffer, la couleuvre mince peut se réfugier dans des plans d'eau frais ou sous des débris (p. ex. pierres, gros débris ligneux) (Smith, 2002).

La couleuvre mince est principalement diurneNote de bas de page 13, mais elle peut chasser la nuit durant la période de reproduction des grenouilles (Smith, 2002). Elle se nourrit principalement d'amphibiens, en particulier de grenouilles (Carpenter, 1952; Brown, 1979; COSEPAC, 2012). Elle préfère probablement les jeunes classes d'âge, plus abondantes, de plusieurs espèces de grenouilles comme la grenouille léopard (Lithobates pipiens), la rainette crucifère (Pseudacris crucifer), la grenouille verte (Lithobates clamitans) et le crapaud d'Amérique (Anaxyrus americanus) (Brown, 1979). Elle se nourrit également de salamandres (Brown, 1979) et de ménés et d'autres petits poissons (Bell et coll., 2007). Les prédateurs connus de la couleuvre mince incluent les hérons, les rapaces, le vison d'Amérique (Mustela vison), le raton laveur (Procyon lotor), les animaux de compagnie et diverses espèces de poissons prédateurs exotiquesNote de bas de page14 (Harding, 1997; Smith, 2002).

En automne, les couleuvres minces gagnent leur hibernacleNote de bas de page 15, abri souterrain dans lequel elles passent l'hiver seules ou en petits groupes (Carpenter, 1953). Des individus en hibernation ont été trouvés dans des fourmilières et des terriers de campagnols (Carpenter, 1953) ou sous un sentier de gravier (Bell et coll., 2007). Des observations de l'espèce effectuées au début du printemps ou tard en automne donnent à penser que l'espèce peut également passer l'hiver sous terre dans des zones de schiste fracturé, mais cette hypothèse demeure à confirmer (Todd, 2007). Les sites d'hibernation peuvent se trouver à proximité de la nappe phréatique. En demeurant partiellement submergées durant l'hibernation (Todd, 2007), les couleuvres réduisent le risque de gel et de déshydratation.

En Nouvelle-Écosse, des couleuvres minces de la population de l'Atlantique ont été trouvées au début du printemps et en automne jusqu'à 400 m de milieux humides. La superficie des domaines vitaux des adultes oscillait entre 1 790 ha et 7 784 ha (Imlay, 2009). La densité d'une sous-population de la Nouvelle-Écosse a été estimée à 40 individus matures par hectare (Todd, 2007). Si cette estimation est valide et représentative de la densité des sous‑populations abondantes, il est possible que la couleuvre mince constitue une composante importante de certains écosystèmes. À ce jour, aucune étude accessible ne porte sur la superficie du domaine vital des individus de la population des Grands Lacs en Ontario ou au Québec.

Haut de la page

3.4 Facteurs limitatifs

Comme c'est le cas pour tous les reptiles nordiques, la température limite la répartition de la couleuvre mince (COSEPAC, 2012). Un autre facteur limitatif pourrait être la taille relativement petite des portées de la couleuvre mince comparativement à la taille des couvées d'espèces étroitement apparentées, mais dont la situation est meilleure, p. ex. d'autres espèces du genre Thamnophis. Enfin, l'abondance des couleuvres minces pourrait être limitée par leur principale source de nourriture : les populations d'amphibiens connaissent un déclin qui pourrait avoir de graves conséquences sur les populations de couleuvres minces (Commissaire à l'environnement de l'Ontario, 2009).

Haut de la page

4. Menaces

4.1  Évaluation des menacesNote de bas de page 16

Tableau 1. Tableau d'évaluation des menaces
Catégorie de la menaceMenaceNiveau de préoc-cupation Note de bas de page aPortéeOccurrenceFréquenceGravité Note de bas de page bCertitude causale Note de bas de page c
Perte ou dégradation de l'habitatPerte ou dégradation de milieux humides en raison de l'aménagement et de l'utilisation des terres à des fins agricolesÉlevéGénéraliséeCouranteContinueÉlevéeÉlevée
Perte ou dégradation de l'habitatPerte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre, en raison de l'utilisation des terres à des fins agricoles et de l'aménagement et du durcissement du rivageÉlevéGénéraliséeCouranteContinueInconnueInconnue
Perte ou dégradation de l'habitatConstruction de routes et mortalité routièreMoyen- élevéGénéraliséeCouranteSaisonnière (printemps – automne)ÉlevéeMoyenne
Perturbation ou dommagePersécutionFaible-moyenInconnueInconnueSaisonnière (printemps – automne)InconnueMoyenne
Changements dans la dynamique écologiqueRéduction de l'abondance des proiesMoyenInconnueInconnueInconnueModéréeFaible
Espèce ou génome envahissant ou introduitIntroduction de poissons prédateurs réduisant l'abondance des populations de proiesFaibleInconnueCourante / anticipéeInconnueInconnueFaible

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour la conservation de l'espèce, conforme aux objectifs de gestion. Ce critère tient compte de l'évaluation de toute l'information figurant dans le tableau.

Retour au referencea

Note de bas de page b

Gravité : indique l'effet à l'échelle de la population (Élevée : très grand effet à l'échelle de la population, modérée, faible, inconnue).

Retour au reference b

Note de bas de page c

Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (Élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; Moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d'expert; Faible : la menace est présumée ou plausible).

Retour au reference c

Haut de la page

4.2 Description des menaces

Perte ou dégradation de milieux humides en raison de l'aménagement et de l'utilisation des terres à des fins agricoles

La destruction ou la dégradation de la qualité de l'habitat constitue une grave menace pour la population des Grands Lacs et ses proies (COSEPAC, 2012). En 2002, on estimait que la superficie des milieux humides du sud de l'Ontario avait chuté de 72 % par rapport à ce qu'elle était avant la colonisation européenne (Canards Illimités Canada, 2010) sous l'effet d'altérations anthropiques telles que le remplissage des milieux humides à des fins d'aménagement urbain ou d'exploitation agricole. Les altérations anthropiques à proximité immédiate de l'habitat aquatique convenable pourraient avoir pour effet d'accroître la distance ou d'entraver les déplacements entre les milieux humides et les sites d'hibernation (hibernacles). Ces altérations contribuent également à accroître les risques de mortalité routière et d'interactions avec les humains et les animaux de compagnie. En raison de leur impact sur l'hydrologie de la région, elles peuvent également modifier les niveaux d'eau et les débits saisonniers. De tels changements constituent une source de préoccupation particulièrement importante puisqu'ils peuvent altérer le caractère convenable de la structure végétale pour la couleuvre mince. Cette espèce occupe les milieux humides et dépend de leur disponibilité et de leur qualité. Le manque de données ne permet pas de quantifier l'importance de cette menace pour la population des Grands Lacs. Étant donné que la couleuvre mince dépend de la disponibilité de milieux aquatiques, la destruction ou la dégradation des zones riveraines et des milieux humides entraînera inévitablement le déclin de la population, voire la disparition locale de l'espèce, selon l'ampleur de la perte d'habitat. Par exemple, la couleuvre mince est devenue rare dans le sud‑ouest de l'Ontario, où la destruction des milieux humides et des zones riveraines a été massive (Joe Crowley, comm. pers., 2014). À l'inverse, l'espèce demeure relativement commune dans des endroits comme la péninsule Bruce, l'est de la baie Georgienne et l'arche de Frontenac, où les milieux humides et les zones riveraines sont encore, en grande partie, à l'état naturel (Joe Crowley, comm. pers., 2014).

Perte ou dégradation de la végétation des milieux riverains et des milieux plus secs, en raison de l'utilisation des terres à des fins agricoles et de l'aménagement et du durcissement du rivage

L'habitat de prédilection de la couleuvre mince est une mosaïque de plans d'eau permanents, de végétation riveraine et d'habitat terrestre adjacent. La destruction ou la dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre adjacent accroît le risque de prédation (en raison de la réduction de la quantité d'abris disponibles), réduit la disponibilité des sites de thermorégulation convenables et réduit vraisemblablement l'abondance et la disponibilité des proies (Bell et coll., 2007).

Construction de routes et mortalité routière

En Ontario, la plupart des espèces de reptiles et d'amphibiens se trouvent dans le sud de la province, une des régions où le réseau routier est le plus dense au Canada (Ontario Nature, 2012). La fragmentation de l'habitat par les routes force souvent les espèces de reptiles et d'amphibiens à utiliser les bords des routes (p. ex. comme sites de thermorégulation ou de nidification) ou à les traverser pour accéder à de l'habitat convenable (p. ex. pour se nourrir, se reproduire, aménager leur nid ou hiberner) (Ashley et Robinson, 1996). Des couleuvres minces ont souvent été observées sur des routes, en particulier dans des régions où des routes traversent l'habitat riverain ou des milieux humides (COSEPAC, 2012).

Ainsi, en 1990, 24 couleuvres minces ont été trouvées écrasées sur des routes à l’intérieur ou au voisinage du parc national de la Péninsule-Bruce (Schueler, comm. pers., 2009); au cours d’une seule journée, en avril 2008, 12 individus ont été trouvés écrasés sur une route dans la région de Cambridge (Gillingwater, comm. pers., 2009). En automne 2001, plus de 200 serpents, dont 50 couleuvres minces, ont été trouvés morts sur des routes dans le parc provincial Rondeau (Smith, 2002; Gillingwater, comm. pers., 2009). Bien qu’important, cet épisode de mortalité au parc provincial Rondeau n’était pas un cas isolé, 42 autres couleuvres minces ayant été trouvées mortes sur les routes du parc en 2005  (Farmer, 2007). Plus de la moitié de ces individus ont été découverts à la fin de l’été ou en automne (Farmer, comm. pers., 2009), ce qui donne à penser qu’ils se dirigeaient vers leur site d’hibernation lorsqu’ils ont été écrasés.

Persécution

La gravité de la menace que pose la persécution par les humainsNote de bas de page 17 pour la couleuvre mince demeure incertaine, mais il est établi que l'abattage sélectif peut constituer une source de mortalité importante chez certaines espèces de serpents. Une étude réalisée en Ontario a révélé qu'un faible pourcentage (≤ 2,7 %) de conducteurs écrasent intentionnellement les reptiles et amphibiens qu'ils croisent sur la route (Ashley et coll., 2007).

Réduction de l'abondance des proies

La couleuvre mince se nourrit principalement d'amphibiens, en particulier de grenouilles. Les préoccupations croissantes suscitées par le déclin mondial des populations d'amphibiens (p. ex. grenouilles, crapauds, tritons et salamandres) donnent à penser que la diminution de l'abondance des amphibiens pourrait constituer une menace pour la couleuvre mince (réduction de la disponibilité et de l'abondance des proies) (Lesbarrères et coll., 2014; Harding, 1997; Smith, 2002). En Ontario, des déclins ont été observés au cours des dernières décennies chez les espèces suivantes d'amphibiens, dont certaines sont désignées espèces en péril : rainette crucifère (Pseudacris crucifer), salamandre de Jefferson (Ambystoma jeffersonianum), grenouille des marais (Lithobates palustris), rainette grillon (Acris crepitans), ouaouaron (Lithobates catesbeianus) et grenouille léopard (Lithobates pipiens) (Commissaire à l'environnement de l'Ontario, 2009).

Introduction de poissons prédateurs réduisant l'abondance des populations de proies

L'introduction de poissons prédateurs dans des régions qu'on sait occupées par la couleuvre mince constitue une source de préoccupation. L'introduction de certaines espèces, comme l'achigan à petite bouche, a considérablement étendu l'aire de répartition de l'espèce dans l'habitat de la couleuvre mince. Bien que l'achigan à petite bouche soit indigène en Ontario, les ensemencements massifs réalisés par le Department of Game and Fisheries (ministère de la Chasse et de la Pêche) de l'Ontario lui ont permis de s'établir dans de nombreux plans d'eau situés à l'extérieur de son aire de répartition historique. Le gouvernement ontarien a depuis mis fin à cette pratique, mais l'aire de répartition de l'achigan à petite bouche s'est agrandie et l'espèce est aujourd'hui considérée comme introduite dans au moins un tiers des lacs où elle est présente; son aire de répartition s'étend maintenant jusqu'au Québec, à la Nouvelle-Écosse et au Nouveau‑Brunswick (Funnell, 2012). Les poissons prédateurs peuvent avoir un impact négatif sur la couleuvre mince en raison de la prédation qu'ils exercent sur elle ou de la compétition. Il a été démontré que ces poissons peuvent décimer les populations de petits poissons et réduire l'abondance des amphibiens qui constituent les principales proies de la couleuvre mince (Vander Zanden et coll., 2004). Les aires de répartition d'espèces exotiques introduites ailleurs au pays, comme le brochet maillé, atteignent actuellement l'Ontario et risquent d'avoir un impact supplémentaire sur les proies de la couleuvre mince (Hoyle et Lake, 2011; COSEPAC, 2012).

Haut de la page

5. Objectifs de gestion

Les objectifs de gestion sont d'assurer la conservation de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, et de l'habitat où elle se trouve; d'acquérir une connaissance accrue de la répartition et de l'abondance de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, afin de mieux orienter les efforts de conservation; d'atténuer les menaces connues qui pèsent sur cette population au Canada.

En Ontario, la couleuvre mince est présente dans une bonne partie du sud de la province, la majorité des observations provenant de la région de la baie Georgienne. Toutefois, dans les autres régions de son aire de répartition, notamment au Québec, demeure largement méconnue. Une meilleure connaissance de l'aire de répartition, de l'abondance et des sites d'hibernation de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, permettra de mieux cibler les mesures de conservation visant cette espèce.

Haut de la page

6. Stratégies générales et mesures de conservation

6.1. Mesures déjà achevées ou en cours

Un certain nombre de mesures d'intendance, de gestion et de suivi visant la couleuvre mince ont été achevées ou sont en cours. Bon nombre de ces projets ont été réalisés grâce au financement fourni dans le cadre du Programme d'intendance de l'habitat (PIH) d'Environnement Canada (Environnement Canada, données inédites) et à d'autres sources, notamment les gouvernements provinciaux de l'Ontario et du Québec. Les projets suivants contribuent particulièrement à la conservation et à la gestion de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, et de son habitat :

Perte ou dégradation des milieux humides

  • Haliburton Highlands Land Trust (HHLT): Le projet « Wetland Reconnaissance and Community Mobilization for Recovery of Species at Risk » de HHLT a permis de désigner 2 596 ha de milieux humides à titre d'habitat important à des fins de conservation et d'acquisition. Des documents éducatifs ont été distribués dans le cadre de cinq ateliers sur les espèces de reptiles en péril, dont la couleuvre mince. En 2010, à la suite d'une campagne médiatique sur les espèces en péril, une nouvelle observation d'une couleuvre mince a été signalée et confirmée.
  • Plus de 9 600 ha de milieux humides ont été préservés et plus de 30 000 ha ont été restaurés dans le cadre d'un partenariat entre le Plan conjoint des habitats de l'Est du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, le Plan d'action en matière de conservation des terres humides des Grands Lacs et le Programme des dons écologiques. Ces programmes et partenariats de conservation des milieux humides ont des retombées bénéfiques considérables pour la couleuvre mince et d'autres espèces de milieux humides.

Construction de routes et mortalité routière

  • Conseil de gestion du zoo de Toronto : Avec l'appui financier du PIH, l'Ontario Road Ecology Group (OREG) du zoo de Toronto (désormais en association avec le Musée royal de l'Ontario à Toronto) a appliqué un modèle SIG (Système d'information géographique) qui prévoit les endroits susceptibles de constituer des points chauds de collisions véhicules automobiles-espèces sauvages ou des obstacles à la connectivité de l'habitat dans divers projets routiers municipaux, provinciaux et fédéraux. L'OREG a notamment examiné les effets de la restauration de l'habitat en bordure des routes sur les tendances de mortalité routière chez les espèces sauvages et collabore actuellement avec des partenaires municipaux (incluant des planificateurs et des offices de protection de la nature) en vue de réduire le nombre de collisions d'espèces sauvages avec des véhicules automobiles. L'OREG a également mis en place des projets locaux de suivi des interactions espèces sauvages-automobilistes fondés sur la participation de citoyens scientifiques et organisé des ateliers visant à améliorer l'intégration de données pertinentes aux évaluations environnementales afin d'appuyer et d'améliorer les initiatives de rétablissement des espèces en péril.
  • Fondation de la réserve mondiale de biosphère de Long Point : Le projet d'amélioration de la levée de Long Point vise à réduire le taux de mortalité routière chez les reptiles et à rétablir une connectivité aquatique entre le marais du ruisseau Big et la baie Long Point, près de Port Rowan, en Ontario. Les activités réalisées comprennent notamment l'érection de barrières sur une longueur d'environ 5 000 mètres en bordure de la route, la construction de trois écopassages permettant aux animaux de passer sous la route, l'installation de monticules de nidification artificiels pour les tortues et la mise en œuvre d'un programme d'éducation et de sensibilisation du public sur les dangers que les routes posent pour les reptiles et les façons d'atténuer ces dangers.
  • Conservation de la nature Canada – Région de l'Ontario, et Trent University : En 2012 et 2013, avec l'appui financier du PIH, des relevés des animaux morts sur les routes ont été réalisés dans la région de la péninsule Bruce. Au total, 22 couleuvres minces ont été trouvées, dont 18 individus écrasés sur des routes. Les données recueillies dans le cadre de ces relevés seront utilisées pour élaborer un modèle visant à déterminer les facteurs permettant de prévoir les points chauds de mortalité routière pour la péninsule Bruce. Les informations ainsi obtenues permettront d'orienter la mise en œuvre de mesures d'atténuation aux principaux points chauds identifiés par le modèle.
  • Parcs Canada : Dans les parcs nationaux où la couleuvre mince est présente, comme le Parc national des Mille-Îles, le Parc national de la Pointe-Pelée, le Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne et le Parc national de la Péninsule-Bruce, des programmes de sensibilisation et d'éducation visant les espèces de couleuvres en péril sont régulièrement offerts, sur place. Dans le cadre de ces programmes, par exemple, des auto-collants sont apposés sur les véhicules pour favoriser la sensibilisation à la mortalité des couleuvres sur les routes. Les programmes de sensibilisation sur les espèces en péril font partie des activités éducatives de ces parcs depuis des décennies.

Manque d'information sur l'abondance et l'aire de répartition de l'espèce

  • Ontario Nature: Une page Web contenant un formulaire en ligne pour la communication des données et des renseignements sur le programme et permettant d'accéder en ligne à l'atlas des reptiles et des amphibiens de l'Ontario a été créée (www.ontarionature.org/atlas). Cet atlas a pour but de combler les lacunes dans les connaissances sur la distribution des espèces et les occurrences de populations locales. L'atlas permet de constituer une base de données exhaustive et à jour sur les occurrences de reptiles et d'amphibiens en Ontario. L'information, communiquée annuellement au Centre d'information sur le patrimoine naturel, permet d'orienter la planification de l'aménagement du territoire aux échelles locale et régionale ainsi que les mesures de conservation et d'intendance des terres. L'atlas présente une description détaillée de chaque espèce, des photographies et des cartes de l'aire de répartition montrant les données d'occurrence historiques et actuelles de chaque espèce dans des carrés de 10 km x10 km. Ontario Nature a aussi réalisé plusieurs projets sur les reptiles en péril, dans des réserves naturelles des comtés de Grey et de Bruce et dans l'est de l'Ontario. Ces projets comprennent notamment des relevés exhaustifs de la couleuvre mince, la cartographie de l'habitat de l'espèce et l'élaboration de plans de gestion locaux pour les espèces présentes dans ces réserves. Dans le cas des relevés effectués dans l'est de l'Ontario, le projet a mené à l'acquisition de propriétés supplémentaires dans le but d'assurer la conservation de l'habitat des reptiles (Joe Crowley, comm. pers., 2014).
  • Grâce à l'appui financier du Programme des Fonds autochtones pour les espèces en péril d'Environnement Canada, une communauté des Premières nations du sud de l'Ontario a réalisé des relevés de suivi à l'emplacement d'une mention existante de couleuvre mince; ces relevés ont permis d'observer 20 individus et mené à la découverte d'un nouveau site jusque-là inconnu
  • Le projet de l'Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec (AARQ) a été mis sur pied pour établir la distribution des 38 espèces d'amphibiens et de reptiles présentes au Québec. Les données recueillies proviennent de relevés effectués par des bénévoles et des spécialistes, de musées et d'établissements d'enseignement et portent sur l'écologie et la physiologie des espèces ainsi que sur leur abondance et leur distribution. Ces données sont utilisées dans le cadre d'activités visant la conservation des reptiles et des amphibiens par de nombreuses organisations, notamment le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec et le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ).

Persécution

  • Sciensational Sssnakes!! et Scales Nature Park : Ces deux organisations ont présenté des séances d'information sur les espèces de reptiles en péril dans diverses régions de l'Ontario, en particulier dans le sud de la province où la mortalité routière représente une grave menace. Ces séances ont été organisées dans des écoles, des centres communautaires, des bibliothèques publiques, des rencontres de scouts, des parcs, des foires et d'autres lieux publics. Lors de nombreuses présentations, les participants ont eu l'occasion d'admirer des couleuvres minces vivantes et d'en apprendre davantage sur cette espèce. Des analyses des sondages effectués avant et après ce programme attestent d'une amélioration des connaissances (augmentation de 60 %) et de l'attitude (augmentation de 13 %) des participants à l'égard des serpents. À long terme, ce projet contribuera à sensibiliser davantage la population aux enjeux liés à la conservation des espèces de reptiles en péril et à stimuler l'intérêt pour la conservation de ces espèces, à prévenir la persécution dont elles sont l'objet et à accroître l'appui aux autres activités de conservation.

Protection des sites d'hibernation durant les activités d'aménagement forestier :

  • Le gouvernement de l'Ontario fournit des directives sur la façon de protéger les sites d'hibernation connus de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, durant les activités d'aménagement forestier, dans le document du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario intitulé Forest Management Guide for Conserving Biodiversity at the Stand and Site Scales (2010) (guide de gestion forestière pour la conservation de la biodiversité à l'échelle du peuplement et du site; disponible en anglais seulement).

Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces initiatives ou d'autres projets financés par le gouvernement fédéral, consulter la page Web d'Environnement Canada .

D'autres programmes et initiatives de partenariat d'Environnement Canada ont contribué à assurer la conservation des milieux humides en Ontario, en particulier dans le sud de la province et la région des Grands Lacs. De plus amples renseignements sur ces programmes et initiatives sont présentés à la page Web d'Environnement Canada

6.2. Stratégies générales

Les stratégies générales de gestion de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, sont les suivantes :

  • déterminer l'aire de répartition et l'abondance actuelles de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, au Canada;
  • suivre l'évolution de l'aire de répartition et de l'abondance de la couleuvre mince;
  • appuyer les mesures d'intendance et les activités de sensibilisation visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce;
  • combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce.

Haut de la page

6.3. Mesures de conservation

Les mesures de conservation et le calendrier de mise en œuvre proposés pour appliquer les stratégies générales énoncées à la section 6.2 sont présentés ci-dessous au tableau 2.

Tableau 2. Mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre
Catégorie de la mesure de conservationMesure de conservationPriorité Note de bas de page18Menaces ou préoccupationsÉchéancier
1. Déterminer l'aire de répartition et l'abondance actuelles de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, au Canada1.1 Élaborer des méthodes efficientes et efficaces pour déterminer l'aire de répartition et l'abondance actuelles de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, et cartographier l'habitat.ÉlevéeConnaissance insuffisante de l'aire de répartition et de l'abondance de la population.2015-2020
1. Déterminer l'aire de répartition et l'abondance actuelles de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, au Canada1.2 Collaborer avec les partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux à la mise en œuvre des méthodes visées au point 1.1 aux sites connus ou historiques de la couleuvre mince et dans l'habitat convenable situé à proximité de ces sites.ÉlevéePerte ou dégradation de l'habitat;
Connaissance insuffisante de l'aire de répartition et de l'abondance de la population
2015-2020
2. Suivre l'évolution de l'aire de répartition et de l'abondance de la couleuvre mince2.1 À divers sites choisis répartis dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce, participer avec les partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux au suivi de l'évolution de l'aire de répartition et de l'abondance relative de l'espèce.ÉlevéeConnaissance insuffisante des tendances de la population.2015 - En cours
2. Suivre l'évolution de l'aire de répartition et de l'abondance de la couleuvre mince2.2 Encourager le signalement continu des observations fortuites de l'espèce.ÉlevéeConnaissance insuffisante de l'aire de répartition et de l'abondance de la population.En cours
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.1 Réaliser des projets visant à cerner les zones à risque élevé de mortalité routière et réduire la mortalité de la couleuvre mince et des amphibiens qui lui servent de proies, là où il est possible de le faire (p. ex. par l'installation de clôtures, d'écopassages et de ponceaux).Moyenne à élevéeConstruction de routes et mortalité routièreEn cours
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.2 Appuyer les programmes de sensibilisation, y compris les campagnes de marketing social, visant à renseigner le public sur l'importance des serpents sur le plan écologique et à promouvoir la conservation de la couleuvre mince et de son habitat.MoyennePerte ou dégradation de milieux humides; perte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre adjacent; persécution, lacunes dans les connaissances sur l'abondance et l'aire de répartitionEn cours
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.3 Favoriser l'adoption de pratiques exemplaires de gestion des forêts qui contribuent au maintien de la santé des populations de castors, lesquelles créent des milieux humides convenables pour la couleuvre mince.MoyennePerte ou dégradation de milieux humides; perte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre adjacent2015-2020
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.4 Promouvoir l'intendance et la protection de l'habitat.ÉlevéePerte ou dégradation de milieux humides; perte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat2015-2020
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.5 Élaborer et mettre en œuvre les pratiques exemplaires de gestion et des lignes directrices sur l'utilisation des terres pour la couleuvre mince.ÉlevéePerte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre adjacent2015-2020
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.6 Conserver et remettre en état les milieux humides et l'habitat riverain où l'espèce est présente, ainsi que les corridors entre des zones naturelles, si possible et au besoin.ÉlevéePerte ou dégradation de milieux humides; perte ou dégradation de la végétation riveraine et de l'habitat terrestre adjacent2015-2020
3. Appuyer les mesures d'intendance visant à atténuer les menaces qui pèsent sur l'espèce et à conserver l'habitat convenable de l'espèce3.7 Encourager la communication et la collaboration entre les agences et les organisations participant aux activités de recherche et d’intendance pour l’espèce.ÉlevéeToutes les menacesEn cours
4. Combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce4.1 Favoriser le transfert et l'archivage des connaissances traditionnelles autochtones sur la couleuvre mince.MoyenneLacunes dans les connaissancesEn cours
4. Combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce4.2 Évaluer les effets de la mortalité routière à l'échelle de la population de couleuvres minces.MoyenneConstruction de routes et mortalité routière2015-2020
4. Combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce4.3 Déterminer la dynamique prédateur-proies chez la couleuvre mince et évaluer les effets négatifs éventuels du déclin mondial des populations d'amphibiens sur la couleuvre mince, population des Grands Lacs.FaibleRéduction de l'abondance des proies2015-2020
4. Combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce4.4 Encourage genetic research on the Eastern Ribbonsnake. Studies include comparison of the Common Ribbonsnake and Eastern Ribbonsnake-Great Lakes population subspecies to determine if they could be considered a single designatable unit.FaibleLacunes dans les connaissances2015-2020
4. Combler les lacunes dans les connaissances en vue de soutenir la conservation de l'espèce4.5  Mener des recherches sur l'utilisation de l'habitat, les déplacements, l'hibernation, la reproduction, l'écologie et les effets de la modification de l'habitat des berges et des rivages sur l'abondance de la couleuvre mince, population des Grands Lacs.FaibleLacunes dans les connaissances2015-2020

Haut de la page

7. Mesure des progrès

Le succès de la mise en œuvre des mesures proposées dans le présent plan de gestion sera évalué tous les cinq ans en fonction des indicateurs de rendement suivants

  • La population des Grands Lacs de la couleuvre mince et l'habitat où l'on sait qu'elle est présente actuellement ont été conservés.
  • L'abondance et l'aire de répartition de la couleuvre mince, population des Grands Lacs, sont mieux connues.
  • Des mesures de conservation visant à atténuer la mortalité routière ont été mises en œuvre dans un ou plusieurs des principaux secteurs à risque compris dans l'aire de répartition de la couleuvre mince, population des Grands Lacs.
  • Des mesures de conservation visant à prévenir ou à réduire le plus possible la persécution des serpents ont été mises en oeuvre, et elles bénéficient d'un appui accru du public (p. ex. connaissance accrue des couleuvres et amélioration de l'attitude à leur égard; intensification de l'appui du public à la conservation des milieux humides) dans les secteurs clés de l'aire de répartition de la couleuvre mince.

Haut de la page

8. Références

Ashley, E.P et J.T. Robinson. 1996. Road mortality of amphibians, reptiles and other wildlife on the Long Point Causeway, Lake Erie, Ontario. Canadian Field-Naturalist 110(3):403-412.

Ashley, E.P., Kosloski, A. et Petrie, S.A. 2007. Incidence of intentional vehicle-reptile collisions. Human Dimensions of Wildlife, 12 (3), p. 137-143

Bell, S.L.M., T.B. Herman, et R.J. Wassersug. 2007. Ecology of Thamnophis sauritus (Eastern Ribbon Snake) at the northern limit of its range. Northeastern Naturalist 14:279-292.

Brown, E.E. 1979. Stray food records from New York and Michigan snakes. The American Midland Naturalist 102(1): 200-203.

Canards Illimités Canada. 2010. Southern Ontario Wetland Conversion Analysis, rapport final, Barrie (Ontario), 51 p.

Carpenter, C.C. 1952. Comparative ecology of the Common gartersnake (Thamnophis s. sirtalis), the Ribbonsnake (Thamnophis s. sauritus), and Butler's gartersnake (Thamnophis butleri) in mixed populations. Ecological Monographs 22(4): 235 258.

Carpenter, C.C. 1953. A study of hibernacula and hibernating associations of snakes and amphibians in Michigan, Ecology 34(1):74-80.

Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN). 2012. Element summary report pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Peterborough (Ontario), (consulté en mars 2012; en anglais seulement).

Commissaire à l'environnement de l'Ontario. 2009. Vers une approche fondée sur la résilience : rapport annuel 2008/2009 du Commissaire à l'environnement de l'Ontario, Partie 4 : Favoriser la résilience pour protéger la biodiversité et les ressources, Section 4.2, Déclin de la population des amphibiens : signal d'alarme précoce? Toronto, 44-50.

Conant, R. et J.T. Collins. 1998. Reptiles and Amphibians: Eastern and Central North America (3rd edition). New York: Houghton Mifflin Company. 450p.

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre mince (Thamnophis sauritus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 26 p.

COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre mince (Thamnophis sauritus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 45 p.

Desroches, J.-F., et R. Laparé. 2004. Premières mentions de la Couleuvre mince, Thamnophis sauritus septentrionalis, au Québec, Canadian Field-Naturalist 118:135-137.

Environnement Canada. Données inédites, Programme d'intendance de l'habitat (PIH).

Ernst, C.H. et R.W. Barbour. 1989. Snakes of Eastern North America. University of Kentucky, Lexington, (Kentucky). 282p.

Farmer, R.G. 2007. Factors associated with vertebrate roadkill in southern Ontario parks. mémoire de maîtrise ès sciences. University of Guelph.

Farmer, R.G., comm. pers. 2009. Communication personnelle avec David Seburn, candidat au doctorat, Dalhousie University, Halifax, Nouvelle-Écosse.

Funnell, E. 2012. The smallmouth bass in Ontario. Direction de la biodiversité, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Peterborough (Ontario), 61 p. + annexes.

Gilhen, J. 1984. Amphibians and reptiles of Nova Scotia, Nova Scotia Museum of Natural History, Halifax (Nouvelle-Écosse), 162 p.

Gillingwater, S., comm. pers. 2009. Communication personnelle avec David Seburn, Species at Risk Biologist, Upper Thames River Conservation Authority, London (Ontario).

Harding, J. H. 1997. Amphibians and Reptiles of the Great Lakes Region. The University of Michigan Press, Ann Arbor.

Hoyle, J.A. et C. Lake. 2011. First occurrence of Chain Pickerel (Esox niger) in Ontario: possible range expansion from New York waters of eastern Lake Ontario. Canadian Field-Naturalist 125(1): 16-21.

Hulse, A.C.; C.J. McCoy et E.J. Censky. 2001. Amphibians and Reptiles of Pennsylvania and the Northeast. Cornell University Press, Ithaca, NY. 419p.

Imlay, T.L. 2009. Examining spatial ecology at multiple scales: implications for Eastern Ribbonsnake (Thamnophis sauritus) recovery in Nova Scotia, mémoire de maîtrise ès sciences, Acadia University, Wolfville (Nouvelle-Écosse).

IUCN 2010. IUCN Red List of Threatened Species. Version 2010.4. [consulté le 27 octobre 2010; en anglais seulement].

Lamond, W.G. 1994. The reptiles and amphibians of the Hamilton area--an historical summary and the results of the Hamilton Herpetofaunal Atlas, publié par le Hamilton Naturalists' Club, Hamilton (Ontario), 174 p.

Lesbarrères, D., S.L. Ashpole, C.A. Bishop, G. Blouin Demers, R.J. Brooks, P. Echaubard, P. Govindarajulu, D.M. Green, S.J. Hecnar, T. Herman; J. Houlahan, J.D. Litzgus, M.J. Mazerolle, C.A. Paszkowski, P. Rutherford, D.M. Schock., K.B. Storey et S.C. Lougheed. 2014. Conservation of herpetofauna in northern landscapes: Threats and challenges from a Canadian perspective, Biological Conservation 170:48 55.

NatureServe. 2013. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life, application web, version 7.1 (2 février 2009), NatureServe, Arlington (Virginie), (consulté en février 2012 ; en anglais seulement).

Minton, Jr. S.A. 1972. Amphibians and reptiles of Indiana. The Indiana Academy of Science, Indianapolis, Indiana: 346 p.

Ontario Nature . 2012.(consulté en mai 2012; en anglais seulement).

Rowell, Jeffrey C. 2013. The Snakes of Ontario: Natural History, Distribution and Status. Art Bookbindery, Winnipeg, Canada.

Scribner, S.J. and P.J. Weatherhead. 1995. Locomotion and antipredator behaviour in three species of semi-aquatic snakes. Canadian Journal of Zoology 73:321-329.

Schueler, F.W., comm. pers. 2009. Communication personnelle avec David Seburn, conservateur, Bishops Mills Natural History Centre, Bishops Mills (Ontario).

Smith, K. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre mince (Thamnophis sauritus) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre mince (Thamnophis sauritus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 26.

Todd, J.A. 2007. Ecology of the Eastern Ribbonsnake (Thamnophis sauritus) in a disjunct population in Nova Scotia, mémoire de maîtrise ès sciences, Dalhousie University, Halifax (Nouvelle-Écosse).

Vander Zanden, M.J., J.D. Olden, J.H. Thorne et N.E. Mandrakc. 2004. Predicting occurrences and impacts of smallmouth bass introductions in north temperate lakes. Ecological Applications 14:132-148.

Haut de la page

Annexe A: Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement et d'évaluer si les résultats d'un document de planification de rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou la réalisation de tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre des plans de gestion peut, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le plan de gestion lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Les mesures de conservation recommandées pour la couleuvre mince devraient contribuer à la conservation de milieux humides additionnels et de l'habitat adjacent. Ces mesures devraient donc avoir des effets bénéfiques pour les autres espèces qui dépendent de ces milieux. Les activités de relevés et de suivi auront tout au plus des effets négatifs négligeables sur les espèces non ciblées. Les programmes de sensibilisation et d'éducation devraient contribuer à réduire les perceptions négatives du public à l'endroit non seulement de la couleuvre mince, mais aussi des autres espèces de serpents. D'autres espèces de reptiles et d'amphibiens bénéficieront des mesures prises pour réduire la mortalité routière chez la couleuvre mince (p. ex. aménagement d'écopassages et installation de clôtures bloquant l'accès aux routes). Certaines des espèces en péril qui devraient bénéficier de ces mesures de conservation sont énumérées ci-après au tableau 3.

Tableau 3. Espèces en péril susceptibles de bénéficier des mesures de conservation ciblant la population des Grands Lacs de la couleuvre mince.
Nom communNom scientifique (latin)Statut selon la LEPProvince
Couleuvre fauve de l'Est,population caroliniennePantherophis gloydiEn voie de disparitionOntario
Couleuvre fauve de l'Est, population des Grands Lacs et du Saint-LaurentPantherophis gloydiEn voie de disparitionOntario
Couleuvre à nez platHeterodon platirhinosMenacéeOntario
Couleuvre obscure
(population carolinienne)
Pantherophis spiloidesEn voie de disparitionOntario
Couleuvre obscure (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent)Pantherophis spiloidesMenacéeOntario
MassasaugaSistrurus catenatusMenacéeOntario
Couleuvre royaleRegina septemvittataEn voie de disparitionOntario
Tortue serpentineChelydra serpentinePréoccupanteSaskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Tortue géographiqueGraptemys geographicaPréoccupanteOntario, Québec
Tortue ponctuéeClemmys guttataEn voie de disparitionOntario, Québec
Tortue mouchetéeEmydoidea blandingiiMenacéeOntario, Québec
Couleuvre tachetéeLampropeltis triangulumPréoccupanteOntario, Québec
Tortue musquéeSternotherus odoratusPréoccupanteOntario, Québec
Petit BlongiosIxobrychus exilisMenacéeOntario, Québec
Râle élégantRallus elegansEn voie de disparitionOntario
Éléocharide géniculéeEleocharis geniculataEn voie de disparitionOntario
Potamot de HillPotamogeton hilliiPréoccupanteOntario

Haut de la page

Annexe B: Cotes infranationales attribuées à la couleuvre mince aux États-Unis

Tableau 4. Liste et description des cotes de conservation attribuées à la couleuvre mince (toutes sous-espèces confondues) aux États-Unis (NatureServe, 2012). À l'échelle mondiale, la couleuvre mince est classée G5 et à l'échelle nationale (États-Unis), elle est classée N5 (non en péril et commune; largement répartie et abondante).
Cote infranationaleÉtat
SNRNote d of Table 4Caroline du Sud, Indiana, Ohio
S1Note e of Table 4Illinois, Wisconsin
S2Note f of Table 4Delaware, Vermont, Virginie-Occidentale
S3Note g of Table 4Kentucky, Maine, Pennsylvanie, Rhode Island
S3, S4Note h of Table 4Connecticut
S4Caroline du Nord, District de Columbia, Louisiane, New York
S4, S5Note i of Table 4Massachusetts, Tennessee
S5Alabama, Floride, Géorgie, Maryland, Michigan, Mississippi, New Hampshire, New Jersey, Virginie

Notes of Table 1

Note [d] of Table 4

SNR: non classée

Return to note d referrer of table 4

Note [e] of Table 4

S1: gravement en péril

Return to note e referrer of table 4

Note [f] of Table 4

S2: en péril

Return to note f referrer of table 4

Note [g] of Table 4

S3: vulnérable

Return to note g referrer of table 4

Note [h] of Table 4

S4: : apparemment non en péril

Return to note h referrer of table 4

Note [i] of Table 4

S5: non en péril

Return to note i referrer of table 4

Haut de la page

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
Note : La couleuvre mince a été observée pour la première fois au Québec en 2003 (Desroches et Laparé, 2004) et elle est maintenant considérée comme faisant partie de la population des Grands Lacs (COSEPAC, 2012).

Retour au reference 1

Note de bas de page 2

Espèce indigène d'une région particulière ou d'un milieu donné et confinée à celle-ci ou à celui-ci (NatureServe, 2014).

Retour au reference 2

Note de bas de page 3

Espèce exposée à un risque modéré de disparition du territoire.

Retour au reference 3

Note de bas de page 4

Le risque de disparition de l'espèce est très élevé à l'échelle du territoire de compétence en raison de l'aire de répartition très restreinte, du très petit nombre de populations ou d'occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.

Return to footnote 4

Note de bas de page 5

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Retour au reference 5

Note de bas de page 6

Espèce vivant à l'état sauvage en Ontario susceptible de devenir « menacée » ou « en voie de disparition » en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces signalées à son égard.

Retour au reference 6

Note de bas de page 7

Liste d'espèces sauvages susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (1er décembre 2013)

Retour au reference 7

Note de bas de page 8

Écailles parcourues en partie ou en totalité par une arête centrale en relief leur conférant un aspect rugueux (plutôt que lisse) au toucher.

Retour au reference 8

Note de bas de page 9

La couleuvre mince a été observée pour la première fois au Québec en 2003 (Desroches et Laparé, 2004), après l'achèvement du rapport de situation du COSEPAC (Smith, 2002).

Retour au reference 9

Note de bas de page 10

Territoire (terrestre ou aquatique) où une espèce est ou était présente, et qui a une valeur pratique en matière de conservation. Données du CIPN consultées en mars 2012.

Retour au reference 10

Note de bas de page 11

Sont considérées comme historiques les occurrences qui n'ont pas été reconfirmées depuis au moins 20 ans.

Retour au reference 11

Note de bas de page 12

Se dit d'un animal qui produit très peu de chaleur corporelle et qui dépend de la chaleur provenant du milieu dans lequel il se trouve pour la maintenir (Bell et coll., 2007)

Retour au reference 12

Note de bas de page 13

Les individus de l'espèce sont actifs le jour.

Return to footnote 13

Note de bas de page 14

Espèces introduites dans une région où elles ne se rencontrent pas naturellement.

Retour au reference 14

Note de bas de page 15

Abri souterrain servant de refuge à un animal durant l'hibernation.

Retour au reference 15

Note de bas de page 16

L'évaluation des menaces suivante tient compte principalement des connaissances relatives à l'Ontario. Au Québec, la couleuvre mince est présente dans des zones relativement isolées et discrètes, où le niveau de préoccupation lié aux menaces mentionnées est relativement faible.

Retour au reference 16

Note de bas de page 17

La persécution des serpents par les humains est motivée par un sentiment de dégoût ou une peur irrationnelle. Bien souvent, des serpents sont tués intentionnellement. Ce comportement malheureux a pour effet de réduire les effectifs des populations et peut même entraîner la disparition locale des couleuvres.

Retour au reference 17

Note de bas de page 18

Le niveau de priorité est une expression de la mesure dans laquelle une mesure contribue directement à la conservation de l'espèce ou est un précurseur essentiel à une telle mesure. Les mesures de priorité élevée sont celles qui sont les plus susceptibles d'avoir une influence immédiate et/ou directe sur l'atteinte de l'objectif de gestion établi pour l'espèce. Les mesures de priorité moyenne sont moins susceptibles d'avoir un impact aussi rapide ou direct sur l'atteinte des objectifs de gestion liés à l'aire de répartition ou à l'abondance de la population, mais leur contribution à la gestion de la population demeure importante. Les mesures de priorité faible contribueront vraisemblablement seulement de façon indirecte ou graduelle à l'atteinte des objectifs de gestion, mais leur contribution à l'acquisition des connaissances, à la mobilisation de la population et/ou à l'acceptation de l'espèce est jugée importante.

Retour au reference 18

Haut de la page