Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Damier de Taylor Euphydryas ditha taylori au Canada – 2011

Photo : Damier de Taylor Euphydryas ditha taylori

En voie de disparition – 2011

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes

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Information sur le document

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le damier de Taylor (Euphydryas editha taylori) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 64 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEWIC 2000. COSEWIC assessment and status report on the Taylor's Checkerspot Euphydryas editha taylori in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. v + 12 pp.

Note de production :
Le COSEPAC remercie Jennifer Heron  pour la rédaction du rapport de situation sur le damier de Taylor (Euphydryas editha taylori) au Canada, qui a été préparé dans le cadre d'un contrat avec Environnement Canada. Dr. Laurence Packer coprésident du sous-comité des spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé ce rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel
Site Web

Illustration/photo de la couverture :
Damier de Taylor -- Photo de Jennifer Heron.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011.
No de catalogue CW69-14/206-2011F-PDF
ISBN 978-1-100-97390-6

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – mai 2011

Nom commun
Damier de Taylor

Nom scientifique
Euphydryas editha taylori

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
L’aire de répartition historique au Canada de ce petit papillon qui attire le regard était plus vaste et incluait le sud-est de l’île de Vancouver. Il ne se trouve maintenant que dans une très petite zone sur l’île Denman, en Colombie-Britannique. L’habitat qu’il occupe continuera probablement à connaître un déclin en superficie et en qualité. Les menaces incluent la perte et la dégradation de l’habitat en raison de l’exploitation, la succession forestière naturelle et la pulvérisation d’insecticide bactérien afin de contrôler les insectes nuisibles. Les différentes questions relatives à la propriété individuelle des terres exacerbent les effets découlant de la combinaison de ces menaces et d’autres menaces.

Répartition
Colomnie-Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2000 et en mai 2011.

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COSEPAC
Résumé

Damier de Taylor
Euphydryas editha taylori

Description et importance de l’espèce sauvage

Le damier de Taylor (Euphydryas editha taylori) est un petit papillon diurne voyant qui mesure 26 à 43 mm d’envergure. Chez la forme de couleur la plus commune, le dessus des ailes est orné d’une série de bandes alternativement rouge-orange, noires et blanches. Le dessous des ailes est principalement orange avec des bandes blanches. Le thorax et l’abdomen sont noirs, et la moitié postérieure du thorax est indistinctement annelée d’orange. L’Euphydryas editha compte en Amérique du Nord plus de 30 sous-espèces, dont le damier de Taylor.

Le damier de Taylor est l’une des nombreuses espèces représentatives des écosystèmes à chêne de Garry qui sont utilisées comme outil d’interprétation par diverses organisations de conservation. Rien n’indique que le damier ait une importance culturelle ou économique pour les Premières Nations.

Répartition

À l’échelle mondiale, le damier de Taylor est présent uniquement dans l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud-est de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, jusque dans la vallée de la Willamette, dans le nord de l’Oregon, en passant par la dépression Puget et les îles San Juan jusqu’à Tenino, dans l’État de Washington. Au Canada, il se rencontrait historiquement dans les basses terres côtières du sud-est de l’île de Vancouver et dans quelques-unes des îles Gulf adjacentes. Les mentions du damier de Taylor en Colombie-Britannique datent de 1887 à 2009. La seule localité connue où le damier de Taylor est encore présent au Canada est l’île Denman, d’une superficie de 20 km². Le damier de Taylor occupe moins de 5km2 de cette superficie.

Habitat

Les descriptions actuelles de l’habitat du damier de Taylor sont fondées sur des relevés des effectifs larvaires et adultes effectués récemment dans la portion centrale de l’île Denman, qui abrite une grande population du papillon. Cette population y occupe des milieux ouverts perturbés et plats (pente < 15 %) situés à moins de 625 m d’altitude et exposés au sud-est, dont des clairières humides à mouillées, des dépressions, des prés, des pâturages, des zones de coupe à blanc en régénération, des chemins forestiers, des bords de route, des dépôts forestiers et divers milieux qui ont été perturbés par la machinerie. Les anciennes mentions du damier de Taylor proviennent d’écosystèmes à chêne de Garry et d’écosystèmes associés.

Les besoins actuels en matière d’habitat du damier de Taylor sont liés à la qualité et à la disponibilité des plantes hôtes larvaires. En Colombie-Britannique, les plantes hôtes larvaires connues incluent le plantain lancéolé, le plantain majeur, la véronique à feuilles de serpolet, la véronique en écusson, la véronique d’Amérique et la petite-centaurée commune. Le damier de Taylor est opportuniste et se montre généraliste à l’égard des plantes nectarifères, le fraisier des bois étant l’espèce la plus couramment utilisée à cette fin. La présence de structures sur lesquelles les chenilles peuvent s’exposer pour se faire chauffer au soleil semble importante pour le développement. Les chenilles utilisent à cette fin le sol dénudé, les feuilles mortes, les pierres, l’écorce, des bouts de bois et tout type de matériel ligneux, des plantes mortes ou vivantes (incluant les plantes hôtes) et des amas racinaires dressées de graminées ou de carex.

Biologie

En Colombie-Britannique, les adultes sont présents de la fin d’avril au milieu de juin. L’éclosion des œufs survient environ trois semaines après la ponte, qui a lieu entre le début de mai et le milieu de juin. Les chenilles des deux premiers stades sont grégaires et vivent en groupe à l’intérieur d’un abri, mais elles se dispersent après avoir atteint le troisième stade. Les chenilles sont actives jusqu’au milieu de juillet ou, apparemment, jusqu’à ce que le temps chaud déclenche l’estivation. Le damier de Taylor passe l’hiver à l’état larvaire. Il boucle habituellement son cycle vital en un an, mais pour des raisons inconnues, certaines chenilles subissent une nouvelle diapause et mettent deux ans à atteindre l’âge adulte.

Taille et tendances des populations

Une petite étude de capture-marquage-recapture a été réalisée en 2009 à l’île Denman dans l’habitat occupé par le damier de Taylor. Sur les quelque 1 189 adultes marqués, 44 ont été recapturés durant les 17 jours qu’a duré la période de vol. On a estimé à environ 13 000 individus la taille de la population dans l’habitat étudié.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces qui pèsent actuellement sur le damier de Taylor au Canada sont : 1) la perte et la dégradation de l’habitat; 2) la succession forestière naturelle; 3) l’application de pesticides; 4) les changements climatiques et les catastrophes naturelles.

Protection, statuts et classifications

Le damier de Taylor est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, et son inscription à titre d’espèce sauvage désignée (Identified Wildlife) aux termes de la British Columbia Forest and Range Practices Act, de la Wildlife Act et de la Wildlife Amendment Act a été recommandée. Certaines portions de l’habitat du damier de Taylor (localités occupées historiquement) se trouvent à l’intérieur de parcs et d’aires protégées et sont de ce fait protégées en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et la Park Act et de l’Ecological Reserves Act de la Colombie-Britannique. À l’île Denman, environ 475 hectares de terre privée ont été transférés au gouvernement de la Colombie-Britannique à des fins de désignation comme parc provincial ou réserve écologique. Seulement une partie de cette propriété chevauche l’habitat actuellement occupé par le damier de Taylor.

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Résumé technique

Euphydryas editha taylori

Damier de Taylor Taylor’s Checkerspot

Range of occurrence in Canada: Colombie-Britannique (île Denman). Anciennement présent dans le sud-est de l’île de Vancouver et les îles Gulf.

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée)1 à 2 années. La plupart des individus se reproduisent après un an, mais quelques individus ne se reproduisent après deux ans.
Y a-t-il un déclin continu  du nombre total d’individus matures?Déclin prévu en raison de la dégradation de l’habitat causée par la succession forestière naturelle.
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individu matures pendant cinq ans.Inconnu
Pourcentage inféré de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années.La population a peut-être augmenté par suite de la création de nouveaux habitats liée à l’exploitation forestière entre 1998 et 2001. Le pourcentage de l’augmentation est toutefois inconnu.
Pourcentage présumé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années.La succession forestière naturelle devrait entraîner le déclin de la population, mais le pourcentage de ce déclin est inconnu.
Pourcentage inféré de la réduction du nombre total d’individus matures au cours de toute période de dix ans couvrant une période antérieure et ultérieure.Réduction prévue, mais pourcentage inconnu.
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

Oui et non : les causes du déclin sont réversibles à la localité actuellement occupée, mais elles ne le sont probablement pas aux sites anciennement occupés en raison du développement dont ces sites ont fait l’objet.

Oui, les causes sont comprises.

Non, les causes n’ont pas cessé.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Inconnu.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence20 km²

Indice de la zone d’occupation (IZO)

La superficie de la zone d’occupation biologique est estimée à seulement 4,8 km².

20 km² selon la grille de 2 x 2 km²
La population totale est-elle très fragmentée?Non, car elle ne satisfait pas à la définition d’une population fragmentée.
Nombre de « localités *1 »1, si l’on considère la menace posée par le Btk.
Y a-t-il un déclin continu de la zone d’occurrence?Oui, en raison de la succession forestière naturelle à la localité occupée actuellement.
Y a-t-il un déclin continu prévu de l’indice de la zone d'occupation?Oui, en raison de la succession forestière naturelle à la localité occupée actuellement.
Y a-t-il un déclin continu prévu du nombre de populations?Oui; en l’absence de traitements au Btk, en raison de la succession forestière naturelle à la localité occupée actuellement.
Y a-t-il un déclin continu inféré du nombre de localités?Oui – si la menace posée par le Btk ne se matérialise pas, la succession forestière naturelle est une menace qui est présente à plus d’une localité, et elle se produira à des vitesses variables parce que les terres appartiennent à plusieurs propriétaires.
Y a-t-il un déclin continu prévu de la superficie, l’étendue ou la qualité de l’habitat?Oui, en raison de la succession forestière naturelle à la localité occupée actuellement.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Peu probable.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités *2?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation?Inconnu

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

PopulationNbre d’individus matures
Île Denman : l’estimation fournie est une estimation grossière.~ 13 000
Total~ 13 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins 20 % sur 20 ans.S.O.

Menaces (réelles ou imminentes, pour les populations ou leur habitat)

Les menaces énumérées ci-dessous ne concernent que la population existante et son habitat sur l’île Denman. Les menaces qui pèsent sur le damier de Taylor sont : 1) la perte et la dégradation de l’habitat causées par le développement; 2) la succession forestière naturelle; 3) les applications de pesticides; et possiblement 4) les changements climatiques. Les pulvérisations d’insecticides bactériens sont considérées comme la menace comportant les effets présumées les plus graves; toute la zone occupée par le damier de Taylor pourrait être touchée, en particulier si la spongieuse parvient s’y établir.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur? L’espèce persiste dans des petits secteurs isolés dans l’État de Washington et dans des régions situées plus au sud aux États-Unis.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Peu probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?Oui, probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?Non

Statuts existants

COSEPAC : En voie de disparition (2011)

Statut recommandé et justification de la désignation

Statut :
En voie de disparition
Code alphanumérique :
B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v)
Justification de la désignation : L’aire de répartition historique au Canada de ce petit papillon qui attire le regard était plus vaste et incluait le sud-est de l’île de Vancouver. Il ne se trouve maintenant que dans une très petite zone sur l’île Denman, en Colombie-Britannique. L’habitat qu’il occupe continuera probablement à connaître un déclin en superficie et en qualité. Les menaces incluent la perte et la dégradation de l’habitat en raison de l’exploitation, la succession forestière naturelle et la pulvérisation d’insecticide bactérien afin de contrôler les insectes nuisibles. Les différentes questions relatives à la propriété individuelle des terres exacerbent les effets découlant de la combinaison de ces menaces et d’autres menaces.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : En raison du manque de données, il est impossible de quantifier les déclins.
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : Satisfait aux critères B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v) applicables à la désignation à titre d’espèce en voie de disparition car les superficies de la zone d’occurrence et l’IZO sont inférieurs aux seuils; l’espèce est présente à moins de 5 localités (d’après la menace posée par les applications de Btk et certaines autres menaces graves); et un déclin continu de la zone d’occurrence, de l’IZO, de la superficie, l’étendue ou la qualité de l’habitat (en raison de la succession forestière naturelle, des changements de propriétés des terres et des applications de Btk), du nombre de localités et du nombre d’individus matures (en raison de la perte d’habitat) est prévu.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet, car le nombre total d’individus matures est supérieur aux seuils.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Satisfait au critère d’évaluation D2 applicable à la désignation à titre d’espèce menacée, car l’IZO est très petite, l’espèce est présente à une seule localité et risque de disparaître à très court terme à cause de la succession forestière naturelle et des effets potentiels des applications de Btk.
Critère E (Analyse quantitative) : Non effectuée.

*1 Voir la définition de localité.

*2 Voir les documents : Instructions pour la préparation des rapports de situation du COSEPAC et Définitions et abréviations approuvées par le COSEPAC

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Préface

La situation du damier de Taylor (Euphydryas editha taylori) a été évaluée par le COSEPAC en 2000, et l’espèce a alors été désignée « en voie de disparition ». Depuis la préparation du premier rapport de situation, de nombreuses nouvelles données inédites sur la répartition, l’habitat et les tendances de l’habitat et les menaces et facteurs limitatifs ont été amassées dans le cadre d’inventaires et de projets de recherche réalisés dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles Gulf adjacentes par de nombreux entomologistes privés, chercheurs universitaires, biologistes du gouvernement et groupes d’intendance.

Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2011)

Espèce sauvage Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Damier de Taylor Euphydryas ditha taylori au Canada – 2011

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Euphydryas editha taylori (W.H. Edwards, 1888)

Classification :   
Ordre Lépidoptères
Famille Nymphalidés
Genre Euphydryas
Espèce Euphydryas editha (Boisduval, 1852)
Sous-espèce E. editha taylori (W.H. Edwards, 1888)

Synonymes : Melitaea Taylori W.H. Edwards, 1888; Euphydryas taylori ab. victoriae (Gunder, 1926); Euphydryas taylori barnesi (Gunder, 1929).

Spécimens types : Le spécimen type de la sous-espèce provient de Beacon Hill, Victoria, Colombie-Britannique (Edwards, 1888) et est conservé dans la Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes, à Ottawa, en Ontario.

L’holotype du synonyme Euphydryas taylori ab. victoriae (Gunder, 1926) est conservé au Carnegie Museum à Pittsburgh, en Pennsylvanie, et l’holotype d’un second synonyme, Euphydryas taylori barnesi (Gunder, 1929), au American Museum of Natural History, à New York. Les deux taxons ont été décrits d’après des spécimens provenant de Victoria, en Colombie-Britannique, et ont subséquemment été synonymisés avec l’E. editha taylori (Hodges et al., 1983).

Noms anglais : Taylor’s Checkerspot, Whulge Checkerspot (NatureServe, 2009), Edith’s Checkerspot subspecies taylori (Layberry et al., 1998).

Nom français : Damier de Taylor.

Contexte taxinomique et similarités : L’histoire taxinomique de l’Euphydryas editha est complexe, et la validité de bon nombre des quelque trente sous-espèces reconnues comme valides (non synonymes) est contestée à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord (Emmel, 1998; Hodges et al., 1983; Grosball, 2005). Au Canada, l’Euphydryas editha est représenté par les trois sous-espèces suivantes  E. e. beani (Skinner, 1897), E. e. taylori et une troisième sous-espèce similaire à l’E. e. hutchinsi (Layberry et al., 1998). Pour de plus amples renseignements sur la répartition de ces trois sous-espèces, voir la section Répartition.

L’Euphydryas editha taylori a été décrit et nommé par Edwards (1888) à titre d’espèce distincte. Gunder a nommé les sous-espèces victoriae (1926) et barnesi (1929), mais il a par la suite été démontré que ses types appartenaient en réalité à la sous-espèce taylori (Hodges et al., 1983). La révision du statut taxinomique de l’E. e. taylori n’est pas encore terminé, mais les données disponibles relatives au phénotype, à l’écologie et à la répartition appuient fortement la reconnaissance de ce taxon comme une sous-espèce valide (Grosball, 2005). Pour plus de détails sur la question, voir Grosball (2005).

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Description morphologique

Adultes

Le damier de Taylor (Euphydryas editha taylori) est un petit papillon diurne voyant qui mesure 26 à 43 mm d’envergure. Chez la forme de couleur la plus commune (figure 1), le dessus des ailes est orné de bandes de cellules alternativement rouge-orange, noires et blanches. Le dessous des ailes (figure 2) est principalement orange avec des bandes de cellules blanches reproduisant les motifs du dessus des ailes. Le thorax et l’abdomen sont noirs, et la moitié postérieure du thorax est indistinctement annelée d’orange (Layberry et al.,1998; Guppy et Shepard, 2001). Les femelles sont en moyenne légèrement plus grandes que les mâles (Layberry et al.,1998; Guppy et Shepard, 2001). Chez les mâles, l’abdomen est plus mince et moins distinctement annelé d’orange que chez les femelles (Grosball, 2005).

Figure 1.  Photographie du dessus des ailes du damier de Taylor, spécimen de l'île Denman, mai 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo du damier de Taylor, montrant la face supérieure des ailes.

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Figure 2. Photographie du dessous des ailes (antérieure et postérieure) du damier de Taylor, spécimen de l'île Denman, mai 2009

Photo de Jennifer Heron. Photo du damier de Taylor, montrant la face inférieure des ailes.

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Le damier de Taylor comporte de nombreuses formes de couleur phénotypiques (une de ces formes est illustrée à la figure 3), mais la fréquence relative de chacune de ces formes est inconnue. De façon générale, les damiers réagissent phénotypiquement et génétiquement aux conditions locales et présentent donc une variation géographique considérable (Ehrlich, 1984). Des descriptions taxinomiques détaillées et des comparaisons avec d’autres sous-espèces sont présentées dans Ehrlich et Hanski (2004), Grosball (2005), Guppy et Shepard (2001) et Layberry et al. (1998).

Figure 3. Autre forme chromatique du damier de Taylor, dessus des ailes, 28 mai 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo d’une forme chromatique différente du damier de Taylor, montrant la face supérieure des ailes.

Œufs

Les œufs du damier de Taylor sont jaune vif au moment de la ponte (figure 4) mais virent au marron tout juste avant l’éclosion (figure 5). Ils sont légèrement ovales ou oblongs et deviennent striés peu avant l’éclosion (figure 5) (Guppy et Shepard, 2001).

Figure 4. Œufs du damier de Taylor sur des feuilles de plantain lancéolé, île Denman, observés en juillet 2008. Photo de Jennifer Heron.

Photo des œufs du damier de Taylor sur des feuilles de plantain lancéolé. Les œufs sont de couleur jaune vif, ce qui indique qu’ils ont été fraîchement pondus.

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Figure 5. Œufs du damier de Taylor sur la véronique à feuilles de serpolet, île Denman, observés le 13 juin 2007. Ces œufs  sont légèrement plus foncés que ceux de la figure 4 en raison du développement embryonnaire. Photo de Jennifer Heron.

Photo des œufs de damier de Taylor sur une véronique à feuilles de serpolet. Les œufs sont de couleur brun rougeâtre, ce qui indique qu’ils sont sur le point d’éclore.

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Chenilles

Les chenilles du premier stade sont très petites (moins de 2 mm de longueur), de couleur havane et hérissées de fines épines foncées sur les côtés et le dos (Layberry et al.,1998; Guppy et Shepard, 2001). Elles tissent des toiles de soie (figure 6) qui leur servent d’abris contre les parasitoïdes et les prédateurs (voir la section Prédation et parasitisme). Après le deuxième ou le troisième stade larvaire, les chenilles virent au brun foncé ou au noir, acquièrent des épines coniques ramifiées surmontées d’une touffe orange (figure 7) et commencent à vivre séparément (elles quittent la toile communautaire qui leur servait d’abri et vivent à l’air libre).

Figure 6. Chenilles du damier de Taylor (premier et deuxième stades) dans une toile larvaire, île Denman, 13 juin 2007. Photo de Jennifer Heron.

Photo de larves du damier de Taylor (premier et deuxième stades) dans une toile larvaire.

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Figure 7. Chenilles du damier de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur le bois mort, île Denman, mars 2008. Photo de Jennifer Heron.

Photo de larves du damier de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur du bois sec.

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À l’induction de la diapause, le poids moyen d’une chenille du quatrième ou du cinquième stade élevée en captivité s’élève à 0,037 gramme et à 0,046 grammes, respectivement (Oregon Zoo, 2009). Des descriptions détaillées des chenilles sont présentées dans Grosball (2005). On trouvera des renseignements additionnels sur la morphologie larvaire de la sous-espèce dans des lignes directrices détaillées pour l’élevage du damier de Taylor élaborées par l’Oregon Zoo (2009).

Chrysalides

Les chrysalides du damier de Taylor sont rarement trouvées en nature. Elles sont ornées de bandes alternativement crème et grises; les bandes crème contiennent des taches orange-noir de forme irrégulière (figure 8) (Oregon Zoo, 2009).

Figure 8. Chrysalides de damier de Taylor attachées à une serviette de papier, élevées en captivité (Oregon Zoo, 2009). Photo de Mary Jo Anderson (avec son autorisation).

Photo de chrysalides du damier de Taylor élevées en captivité et attachées à une serviette de papier.

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Description génétique

Aucune étude génétique visant à clarifier la relation entre le damier de Taylor (E. e. taylori) et les autres sous-espèces de l’E. editha n’a été réalisée à ce jour. En outre, on ne dispose actuellement d’aucune donnée génétique révélant des écarts significatifs, du point de vue de la conservation, entre les populations du damier de Taylor, ou à l’intérieur de celles-ci, en Colombie-Britannique.

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Structure spatiale et variabilité de la population

Aucune étude sur la structure spatiale et la variabilité de la population du damier de Taylor n’a été effectuée à ce jour, mais cette question a été étudiée en détail chez une autre sous-espèce de l’E. editha (E. e. bayensis) (voir Ehrlich et Hanski, 2004). Cette sous-espèce est confinée à la région de la baie de San Francisco, dans le centre de la Californie. Elle vit dans des prairies à sol de serpentine peu profond où poussent ses plantes hôtes (Ehrlich et Hanski, 2004). En bref, cette recherche a montré que les fluctuations de la population de cette sous-espèce diminuent en fonction inverse de l’hétérogénéité du paysage tant et aussi longtemps que l’habitat est propice (Hellmann et al., 2004). La dispersion entre les populations est limitée, même lorsque les populations se trouvent à distance de dispersion l’une de l’autre, et la connectivité de l’habitat entre les sites semble importante (Hellmann et al., 2004).

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Unités désignables

Le damier de Taylor est représenté par une seule unité désignable au Canada. Il est confiné à une localité comprise en totalité dans l’aire écologique nationale du Pacifique.

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Importance

Le damier de Taylor est une espèce de papillon diurne emblématique qui est utilisée comme outil d’interprétation par de nombreuses organisations de conservation pour illustrer l’importance des écosystèmes à chêne de Garry. L’équipe de rétablissement des écosystèmes à chêne de Garry l’utilise comme exemple pour illustrer la complexité des relations entre les plantes et les insectes et démontrer le besoin de conserver et de restaurer ces écosystèmes (C. Junck, comm. pers., 2009). Diverses organisations de conservation comme Salt Spring Conservancy (R. Annschild, 2009), Denman Island Conservancy (J. Thornton, comm. pers., 2008) et Conservancy Hornby (T. Law, comm. pers., 2009) l’utilisent comme exemple dans le cadre de leurs activités d’information sur les possibilités d’intendance auprès des propriétaires fonciers.

Aucune indication permettant de croire que le damier de Taylor a déjà joué un rôle important aux plans culturel ou économique pour les Premières Nations de la région n’a été trouvée. Toutefois, de nombreux écrits, résumés par Fuchs (2000), font état de l’importance culturelle des écosystèmes à chêne de Garry et des plantes qui en font partie pour les Premières Nations. Les plantes présentant un lien écologique avec le damier de Taylor et importantes pour les Premières Nations de la région (Simonsen et al., 1997) incluent le lomatium utriculé (Lomatium utriculatum (Nutt. Ex T. & G.) Coult. & Rose)), une des plantes nectarifères du papillon (Guppy et Shepard, 2001).

Le damier de Taylor n’est pas reconnu comme jouant un rôle écologique essentiel, notamment à titre d’agent pollinisateur ou d’organisme entretenant un lien vital avec une autre espèce. Il est toutefois l’une des espèces de papillons diurnes les plus communément observées dans les clairières et les milieux humides ouverts dans le centre de l’île Denman (Page et al., 2007; Page et al., 2008a; J. Heron, données inédites, 2009). L’observation périodique d’individus aux ailes endommagées (N. Page, comm. pers., 2009; J. Heron, obs. pers., 2009) indique que l’espèce constitue probablement une source de nourriture pour d’autres invertébrés, des oiseaux et/ou des petits mammifères. Diverses espèces d’hyménoptères parasitoïdes dépendent probablement du damier de Taylor pour boucler leur cycle vital, mais les liens obligatoires existant entre ces espèces et le damier sont méconnus (voir la section Prédation et parasitisme).

Les membres du genre Euphydryas présentent un intérêt particulier pour les entomologistes et les taxinomistes en raison de leur rareté et de leur association avec des écosystèmes rares, tant localement qu’internationalement (voir par exemple Ehrlich et Hanski, 2004). Outre le damier de Taylor, plus de 115 espèces figurant sur la liste des espèces en péril de la province habitent les basses terres côtières du sud-est de l’île de Vancouver, les îles Gulf et les écosystèmes à chêne de Garry (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2009; Équipe de rétablissement des écosystèmes à chêne de Garry, 2009). Plus de 84 de ces espèces ont été évaluées par le COSEPAC (COSEPAC, 2009).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

À l’échelle mondiale, l’E. editha est confiné à l’ouest de l’Amérique du Nord. La sous-espèce taylori se rencontre depuis le sud-est de l’île de Vancouver et les îles Gulf, en Colombie-Britannique, jusque dans la vallée de la Willamette, dans le nord de l’Oregon, en passant par la dépression Puget et les îles San Juan jusqu’à Tenino, dans l’État de Washington (figure 9).

Figure 9. Aire de répartition mondiale du damier de Taylor (en noir).

Carte de l’aire de répartition mondiale du damier de Taylor.

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Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition historique et actuelle du damier de Taylor est limitée aux basses terres côtières du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes, en Colombie-Britannique (figures 10 et 11). L’aire de répartition de l’autre sous-espèce de l’E. editha présente en Colombie-Britannique, l’E. e. beani, est clairement distincte et s’étend vers l’est depuis Hope jusqu’aux Kootenays dans la région intérieure sud de la province et jusqu’aux Rocheuses le long de la frontière de l’Alberta. D’autres spécimens trouvés dans les collines Cypress, à la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, ont été jugés semblables à l’E. e. hutchinsi (Layberry et al., 1998). Même si de plus amples recherches s’imposent pour clarifier le statut taxinomique de ces individus, il est clair qu’il ne s’agit pas de la sous-espèce taylori.

Les mentions du damier de Taylor en Colombie-Britannique datent de 1887 à 2009 (annexe 1) et proviennent de régions chevauchant la répartition des écosystèmes à chêne de Garry (figure 12) (voir la section Habitat). À la lumière des mentions connues, la superficie de l’aire de répartition historique et actuelle (combinée) du damier de Taylor est estimée à 2 674 km². La superficie de la zone d’occurrence actuelle s’élève à environ 20 km². La superficie de la zone d’occupation biologique en 2009 est estimée à moins de 5 km², d’après les mentions d’occurrence connues sur l’île Denman et des évaluations récentes de l’habitat potentiel fondées sur l’analyse de données orthophotographiques. Enfin, l’indice de la zone d’occupation est estimé à 20 km² (d’après le nombre minimal de carrés de 2 km X 2 km couvrant tous les sites entourés d’un trait à la figure 11).

Figure 10. Aire de répartition canadienne du damier de Taylor. La flèche pointe vers le Nord.

Carte de l’aire de répartition canadienne du damier de Taylor.

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Tableau 1 : Localités du damier de Taylor (avec confiance) en Colombie­Britannique.
Numéro de la localitéNom de la localitéPériode des mentionsZone d’occupation approx. (ha)Année de mention la plus récente d’une population (annexe 1)Dernière année de relevé
1île Denman2005– 2009> 2 000 acres20092009 (J. Heron, données pers., 2009)
2Parc provincial Helliwell1977– 1996 (est.)~ 4 ha19962009 (J. Heron, données  pers., 2009; Page et al., 2007)
3Mill Bay, 3 km au sud-ouest sous une emprise de ligne électrique1988– 1989~ 5 ha19892008
(Page et al., 2008b)
4Duncan, juste à l’extérieur du parc Bright Angel1977– 19782 ha19781999 (C. Guppy, comm. pers., 2009)
5Norman Point, île Hornby19951 ha19952003 (Miskelly, 2004); Page et al., 2007
6Parc provincial Tribune Bay19952 ha19952007 (Page et al., 2007)
7Cliffs Road, Duncan, dessus de la falaise surplombant la rivière CowichanAnnées 1960~ 1 haAnnées 19602009 (Guppy, comm. pers., 2009)
Anciennes localités occupées inférées à partir des étiquettes de spécimens de musée et de l’histoire orale. De récentes recherches ont été menées dans les prés ouverts et les écosystèmes à chêne de Garry, bien que les localités précises des populations soient uniquement inférées. Les habitats ont considérablement changé depuis leur mention d’origine.
8Beacon Hill1901Probablement dans le parc Beacon Hill (parcs de Victoria); la localité de la population est inconnue19012009 (Page et Lilley, (version provisoire), 2009)
9Mt. Finlayson1957–1958Parc provincial Goldstream, à l’extérieur du nord de Victoria; la localité de la population est inconnue1958~ 2004
10Mt. Douglas1954Parc provincial (Victoria); la localité de la population est inconnue1954~  2009 (Page, comm. pers., 2009)
11Observatory Hill1957Propriété fédérale près de Victoria; la localité de la population est inconnue19572007 (Miskelly, 2007)
12Île Chain1949–1953Cette localité fait probablement référence à l’île Great Chain, dans le détroit Juan de Fuca, à moins de 2 km de Victoria; la localité de la population est inconnue1953S/O
13Île Trial1952–1953Réserve écologique de C.-B. et propriété de la garde côtière fédérale19532009 (Fairbarns, comm. pers., 2009)
14Courtenay1931La localité de la population est inconnue19312009
(Page et al., (version provisoire), 2009a)
15Braefoot1952–1954La localité de la population est inconnue1954S/O
16Cattle Point1932La localité de la population est inconnue1932S/O
17Oak Bay1951–1954La localité de la population est inconnue1954S/O
18Lost Lake1951–1953La localité de la population est inconnue1953S/O
19Royal Oak1957La localité de la population est inconnue1957S/O
20Todd Inlet1928La localité de la population est inconnue1928S/O
De nombreuses données de musée sont étiquetées « Victoria », ce qui est trop vague pour attribuer une localité précise à Victoria.

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Figure 11. Principales zones d’occupation du damier de Taylor sur l'île Denman. Veuillez noter qu’il existe des mentions entre les lignes rouges des frontières et probablement des occurrences supplémentaires sur les terres privées où aucun relevé n’a été effectué. Carte dressée par Nick Page.

Photo aérienne montrant les principales zones d’occupation du damier de Taylor sur l’île Denman

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Figure 12. Carte de l’aire de répartition actuelle de l’écosystème à chêne de Garry et des écosystèmes associés en Colombie­Britannique www.goert.ca (avec l’autorisation du groupe de rétablissement des écosystèmes à chêne de Garry – Garry Oak Ecosystems Recovery Team (GOERT) (avec autorisation).

Carte de l’aire de répartition des écosystèmes à chêne de Garry et de leurs écosystèmes associés en Colombie-Britannique.

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Il est difficile de définir et par conséquent d’estimer les paramètres spatiaux autour des sites historiques (tels que définis par le COSEPAC). Les informations associées à la plupart des mentions historiques sont vagues, et les données de collecte associées aux spécimens de musée, limitées. Les données de localisation récentes (20 dernières années) sont plus précises. Pour préciser l’emplacement des localités historiques et actuelles, on a reporté toutes les mentions sur une carte (figure 10, tableau 1). Ces points ont ensuite été regroupés et numérotés, chaque numéro représentant une localité potentiellement occupée par le damier de Taylor (tableau 1). On estime à au moins 19 le nombre de localités anciennement occupées par le damier de Taylor en Colombie-Britannique. Plusieurs de ces localités étaient toujours occupées au cours des années 1990. En raison de l’imprécision des indications de l’emplacement des localités associée à certaines mentions de collecte (voir l’annexe 1), le nombre réel de localités historiques pourrait être différent du nombre estimé de localités.

Le damier de Taylor est présent dans une seule localité (sensu COSEPAC) en Colombie-Britannique. De nombreuses sous-populations y sont réparties dans des parcelles d’habitat propice connectées dans le nord et le centre de l’île Denman. Ce site est considéré comme représentant une seule localité parce qu’un seul incident néfaste, telle une application de Btk dirigée contre la spongieuse du biotype européen (Lymantria dispar) (voir la section Menaces), pourrait compromettre la survie de l’espèce à l’échelle de la localité. Au cours des dix prochaines années, la succession forestière naturelle aura elle aussi un impact sur une bonne partie de l’habitat du damier, les plantes hôtes larvaires et les plantes nectarifères exploitées par les adultes ne parvenant plus à résister à la compétition exercée par les autres espèces. D’autres menaces, comme la conversion de l’habitat, pourrait avoir des effets néfastes pour une large part de la population, car plus de 95 % des occurrences se trouvent sur des terres privées. Voir la section Menaces pour de plus amples renseignements sur la question.

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Activités de recherche

De 2001 à 2009, le damier de Taylor a fait l’objet d’importantes activités de recherche dans son aire de répartition historique en Colombie­Britannique (tableau 2). Plus particulièrement, les recherches ont mis l’accent sur les îles Denman et Hornby, Salt Spring Island, Galiano, Gabriola, la réserve de parc national du Canada des Îles-Gulf, les écosystèmes à chêne de Garry du sud de l’île de Vancouver et la région du Grand Victoria. Ces régions bénéficient d’organisations de conservation et de communautés de naturalistes dynamiques qui sont très sensibilisées à la désignation « en voie de disparition » du damier de Taylor.

Tableau 2 : Relevés récents visant précisément l’habitat du damier de Taylor.
Localité et date du relevé généralesNombre d’heures de recherche (uniquement au cours de la saison de vol du damier de Taylor)Distance examinéeAnciennes localités comprises dans ce relevéCitation du rapport
Réserve de parc nationale du Canada des Îles-Gulf, 200750,75 heures18 localités (y compris les îles) avec une superficie totale de 1 589,11 haAucune mention historique connue de ces localités de relevéFenneman, 2008
Réserve de parc nationale du Canada des Île-Gulf, 2008 (fédéral)Aucune mention18 localités (y compris les îles) avec une superficie totale de 1 589,11 haAucune mention historique connue de ces localités de relevéGuppy, 2009
Îles Denman et Hornby, du 28 avril au 13 juin, 2007 (terres publiques et privées)168,4 heures288,1 kmParc provincial Helliwell; des recherches sur le reste de l’habitat ont été menées pour découvrir de nouvelles occurrencesPage et al., 2007
Courtenay, Comox, île Denman et île Hornby, du 15 mai au 14 juin 2008 (terres privées et publiques)35,2 km sur l’île Vancouver; 29,1 km sur l’île Denman; 8,2 km sur l’île Hornby72,5 km (58,6 km, à pied; 13,9 km, en auto)Parc provincial Helliwell; des recherches sur le reste de l’habitat ont été menées pour découvrir de nouvelles occurrencesPage et al., 2008a
Sud de l’île de Vancouver, du 4 au 17 mai 2008 (terre privée)59,3 heures95,6 kmMill Bay et emprise de ligne électrique du lac ShawniganPage et al., (2008b)
Courtenay, Comox et autres zones du sud de l’île de Vancouver, 2009 (terre privée)66,4 heuresConsignation de données en cours (doit être achevée d’ici mars 2010)Zones de Courtenay et Comox (bien que les localités précises des anciennes mentions soient inconnues); des recherches sur le reste de l’habitat ont été menées pour découvrir de nouvelles occurrencesPage, Lilley et Heron, 2010
Île Denman, 2009 (terre privée)17 jours, 2 à 3 chercheurs par jour~ 2 000 acresS/OJ. Heron, (version provisoire)
Relevés de Lépidoptères dans les parcs de Victoria, les 30 et 31 mai 20096,2 heures20,8 km dans huit (8) parcs de la ville de VictoriaParc Beacon Hill (bien que les localités précises des anciennes mentions soient inconnues); des recherches sur le reste de l’habitat ont été menées pour découvrir de nouvelles occurrencesPage et Lilley, 2009
Relevés de papillons à Observatory Hill (propriété fédérale)Non quantifié, cinq jours de relevés entre 10 h et 14 hNon quantifiéObservatory Hill (bien que les localités précises des anciennes mentions soient inconnues); des recherches sur le reste de l’habitat ont été menées pour découvrir de nouvelles occurrencesMiskelly, (2007)

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Compte tenu de la récente information sur les plantes hôtes et l’habitat en Colombie­Britannique (voir la section Habitat), les activités de recherche sur le damier de Taylor ont été élargies pour inclure des habitats semblables à ceux du centre de l’île Denman. Des habitats appropriés adjacents à ceux de la population existante de l’île Denman ont fait l’objet de recherches adéquates depuis que l’espèce a été signalée à cet emplacement en 2005. Les activités de recherche ont intégré des zones adjacentes à l’île de Vancouver, où des mentions historiques existent, y compris les emplacements autour de Courtenay, Comox, Nanaimo et du lac Shawnigan. Ces relevés intègrent les activités de recherche menées par les organisations locales de conservation. La majorité de l’habitat adjacent à l’île Denman et au sud de l’île de Vancouver, qui autrement semble approprié, semble ne pas être suffisamment humide pour promouvoir la croissance de saines populations de plantes hôtes.

Le damier de Taylor est une espèce facilement identifiable et attrayante qu’on ne peut facilement ignorer. Des chercheurs, des organisations de conservation, des naturalistes et des biologistes ont effectué des relevés et fourni de l’information non quantitative sur le damier de Taylor au cours des dix dernières années. Il est impossible de quantifier exactement tous les résultats de ces activités de recherche, mais les efforts ont clairement été considérables. Un résumé des récentes recherches menées dans l’aire de répartition et l’habitat potentiels du damier de Taylor est présenté au tableau 3.

Tableau 3 : Recherches universitaires sur les papillons dans l’aire de répartition et les habitats potentiels du damier de Taylor. Certaines de ces études ne visaient pas directement le damier de Taylor. Cependant, si l’espèce était présente, le chercheur consignait l’observation.
Localité générale du relevéComposante de recherche applicable aux activités de recherche sur le damier de TaylorDatesChercheur ou citation
Sud de l’île de VancouverRecherche sur les papillons dans les écosystèmes à chêne de Garry à au moins neuf (9) localités2004–2009J. Hellmann comm. pers., 2009
île Salt SpringRecherche sur les papillons dans les écosystèmes à chêne de Garry2004–2009D. Clements comm. pers., 2008
Sud de l’île de VancouverRecherche sur les papillons dans les écosystèmes à chêne de Garry2004–2009E. Elle, comm. pers., 2009
Sud de l’île de VancouverRecherche sur les papillons dans les écosystèmes à chêne de Garry2003–2005W. Hallstrom comm. pers., 2009
Sud de l’île de VancouverRecherche dans les nombreuses localités anciennes, y compris le parc Beacon Hill, le parc Bright Angel, Duncan et Mill Bay dans le cadre d’études universitaires de maîtrise portant sur l’habitat du damier de Taylor2001–2004Miskelly, 2004

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Les relevés effectués par des groupes de naturalistes locaux n’ont pas mentionné le damier de Taylor au cours de la dernière décennie sur les îles Gulf, à l’exception de l’île Denman. Les relevés réalisés au cours de nombreuses années par les organisations de conservation sur l’île Salt Spring (R. Annschild, comm. pers., 2009), l’île Mayne (M. Dunn, comm. pers., 2009) et l’île Galiano (T. Crowe, comm. pers., 2009) n’ont pas indiqué la présence du damier de Taylor. D’autres relevés coordonnés par la Victoria Natural History Society dans la région du Grand Victoria ne comprennent pas de mentions de ce papillon au cours des vingt dernières années (J. Miskelly, comm. pers., 2009; D. Copley comm. pers., 2009).

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Habitat

Jusqu’à tout récemment, le damier de Taylor a été considéré comme une espèce vivant dans l’écosystème à chêne de Garry (GOERT 2009) et les écosystèmes associés : la majorité des localités occupées anciennement semblent être liées à cet écosystème et à d’autres écosystèmes, communautés et habitats associés. Des informations ou des notes détaillées de naturalistes sur l’habitat n’ont pas été consignées pour toutes ces localités, et des conclusions ont été tirées en se fondant sur l’habitat de l’espèce de certaines localités ailleurs, dans les États de Washington et de l’Oregon. De récents relevés et renseignements sur les plantes hôtes de cette espèce ont mis en doute (voir Page et al., 2008a) l’association obligatoire du damier de Taylor à ces écosystèmes. Par conséquent, deux descriptions d’habitat sont fournies dans le présent rapport 1) l’habitat de l’écosystème à chêne de Garry comme cela a été supposé d’après les localités historiques de la sous-espèce; 2) les prés mouillés et les milieux perturbés comme ceux qui sont fréquentés par les populations actuelles de l’île Denman.

Habitat des écosystèmes à chêne de Garry

Les écosystèmes à chêne de Garry se retrouvent sur le côté est de l’île de Vancouver, du nord de la région du Grand Victoria à Comox; en passant par le sud des îles Gulf aussi loin au nord que l’île Savary dans le détroit de Georgia; on trouve deux sites isolés de cet habitat à la montagne Sumas et près de Yale, dans le fond de la vallée du Fraser (figure 12). La majorité des écosystèmes à chêne de Garry en Colombie­Britannique couvrent les basses terres côtières à moins de 200 m d’altitude (Stein, 1990).

Les écosystèmes à chêne de Garry ont été décrits exhaustivement par Roemer (1972) et Erickson (1995) et font partie de la zone biogéoclimatique côtière à douglas, selon le système de classification écosystémique de Meidinger et Pojar (1991) adopté par le ministère des Forêts de la Colombie­Britannique en 2009. Ce milieu est subdivisé en deux types d’écosystèmes importants : la chênaie-parc et la chênaie naine (Pojar, 1980a, 1980b) (figures 13-14). Historiquement, le damier de Taylor vivait vraisemblablement dans la chênaie-parc et la chênaie naine.

Figure 13. Écosystème à chêne de Garry (pré ouvert) dans le parc provincial Helliwell, adjacent à une chênaie (chêne de Garry), île Hornby, 21 mars 2008. Photo de Jennifer Heron.

Photo de l’habitat du chêne de Garry (pré ouvert) au parc provincial Helliwell, adjacent à l’habitat du chêne de Garry, sur l’île Hornby.

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Figure 14. Propriété privée adjacente au parc provincial Helliwell, île Hornby, 16 mai 2007. Photo de Jennifer Heron.

 Photo de l’habitat du chêne de Garry sur une propriété privée adjacente au parc provincial Helliwell, sur l’île Hornby.

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Les écosystèmes de la chênaie-parc de Garry (Pojar, 1980a, 1980b) sont caractérisés par des sols profonds et riches et abritent des espèces de plantes de sous-bois, notamment les suivantes : symphorine blanche (Symphoricarpos albus L.), espèces de quamassies (Camassia leichtlinii Baker et C. quamash (Pursh) Greene), l’érythrone d’Oregon (Erythronium oregonum), la fougère-aigle commune (Pteridium aquilinum Applegate) et diverses espèces de graminées (Pojar, 1980a, 1980b). Les écosystèmes de la chênaie naine sont caractérisés par des sols minces et des chênes plus petits, buissonnants et broussailleux qui croissent habituellement sur les affleurements rocheux et les terrasses.

Habitats des prés mouillés ouverts et des milieux perturbés

À l’heure actuelle, les populations de damiers de Taylor sur l’île Denman fréquentent des habitats qui ne sont pas classifiés comme des écosystèmes à chêne de Garry. Les descriptions d’habitat suivantes sont fondées sur de récentes observations de chenilles et d’adultes, avant et après la diapause, dans le centre de l’île Denman, qui héberge une importante population de damiers de Taylor (Page et al., 2007; Page et al., 2008a; J. Heron, données inédites, 2009). Les habitats de l’île Denman comprennent des clairières ouvertes, de humides à mouillées, des dépressions, des prés, des pâturages, des zones de coupe à blanc en régénération, des chemins forestiers, des bords de routes, des dépôts forestiers et divers milieux qui ont été perturbés par la machinerie. Tous ces habitats ont une pente de moins de 15 %. Les figures 15 à 18 présentent des exemples de milieux ouverts sur l’île Denman.

Figure 15. Zones ouvertes de coupe à blanc humides et perturbées et zones marécageuses du centre de l'île Denman, 17 avril 2008. Photo de Jennifer Heron.

Photo de zones de coupe à blanc ouvertes, humides et perturbées et de zones marécageuses du centre de l’île Denman.

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Figure 16. Zones ouvertes de coupe à blanc humides et perturbées et zones marécageuses du centre de l'île Denman, 2 juin 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo de zones de coupe à blanc ouvertes, humides et perturbées et de zones marécageuses du centre de l’île Denman.

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Figure 17. Zones ouvertes de coupe à blanc humides et perturbées et zones marécageuses du centre de l'île Denman, 27 mai 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo de zones de coupe à blanc ouvertes, humides et perturbées et de zones marécageuses du centre de l’île Denman.

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Figure 18. Zones ouvertes de coupe à blanc humides et perturbées et zones marécageuses du centre de l'île Denman, 1er juin 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo de zones de coupe à blanc ouvertes, humides et perturbées et de zones marécageuses du centre de l’île Denman.

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Besoins en matière d’habitat

Plantes hôtes larvaires

Les besoins actuels en matière d’habitat du damier de Taylor sont liés à la qualité et à la disponibilité des plantes hôtes larvaires. En Colombie­Britannique, les plantes hôtes larvaires indigènes documentées comprennent la véronique en écusson (Veronica scutellata L.) (Page et al., 2008a) et la véronique Beccabunga (Veronica beccabunga L. ssp. americana Raf.) (Page et al., 2008a). Les plantes hôtes larvaires non indigènes documentées en Colombie­Britannique comprennent la véronique à feuilles de serpolet1 (Veronica serpyllifolia L.) (figure 19) (Page et al., 2008a), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata L.) (figure 20) (Danby, 1890; Shepard, 2000; Page et al., 2008a), le grand plantain (Plantago major L.) (figure 21) (Page et al., 2008a) et la petite-centaurée commune (Centaurium erythraea Raf.) (Page et al., 2008a). Des chenilles du damier de Taylor ont été observées alors qu’elles se nourrissaient de toutes ces plantes hôtes au cours des études menées sur l’île Denman.

Figure 19. Chenilles de damier de Taylor (après la diapause) se nourrissant de véroniques à feuilles de serpolet, l'île Denman, 17 avril 2008. Photo de Jennifer Heron.

Photo de chenilles du damier de Taylor (après la diapause) se nourrissant de véroniques à feuilles de serpolet.

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Figure 20. Œufs  de damier de Taylor sur des feuilles de plantain lancéolé, 30 mai 2009. Photo de Jennifer Heron.

Photo d’œufs du damier de Taylor sur des feuilles de plantain lancéolé.

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Figure 21. Chenille de damier de Taylor (après la diapause) se nourrissant de plantain commun. Photo de Jennifer Heron.

Photo d’une chenille du damier de Taylor se nourrissant de plantain commun.

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Ailleurs, dans l’aire de répartition du damier de Taylor, dans les États de Washington et de l’Oregon, les plantes hôtes larvaires comprennent la triphysaire naine (Orthocarpus pusillus Benth.), la collinsie à petites fleurs (Collinsia parviflora Dougl. ex Lindl.)(figure 22), la collinsie à grandes fleurs (C. grandiflora Dougl. ex Lindl.), le plectritis rosé (Plectritis congesta (Lindl.) DC.) (Grosball, 2005; Guppy et Shepard, 2001), la castilléjie dorée (Castilleja levisecta Greenm.) (Grosball, 2005) et la castilléjie hispide (Castilleja hispida Benth.) (A. Potter comm. pers.,  2006) (figure 23). Ces espèces font partie de la flore de la Colombie­Britannique, mais il n’existe aucune mention signalant que le damier de Taylor consomme ces plantes dans la province.

Figure 22. Collinsie à petites fleurs. Photo de Nick Page (avec son autorisation).

Photo de collinsies à petites fleurs.

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Figure 23. Castilléjie hispide croissant sur les falaises du parc provincial Helliwell, île Hornby. Photo de Nick Page (avec son autorisation).

Photo de castilléjies hispides sur les falaises du parc provincial Helliwell, sur l’île Hornby.

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Des études sur le terrain indiquent qu’avant la diapause, la chenille du damier de Taylor consomme principalement la véronique en écusson et dans une moindre mesure, la véronique à feuilles de serpolet, le grand plantain, la véronique Beccabunga et la petite-centaurée commune (Page et al., 2008a). Le choix des plantes hôtes est vraisemblablement déterminé par la présence de composés iridoïdes, dont la consommation rend les chenilles désagréables au goût des prédateurs. Les chenilles nécessitent une abondance minimale de plantes hôtes : de 1 à 2 % du couvert végétal total (Page et al., 2008a).

Après la diapause, les chenilles de damier de Taylor préfèrent la véronique à feuilles de serpolet et la véronique en écusson, bien que les chenilles aient été observées lorsqu’elles consommaient les mêmes cinq plantes hôtes énumérées plus haut (avant la diapause) (Page et al., 2008a).

Des mentions anciennes (Danby 1890) et actuelles (Page et al., 2008a) de damiers de Taylor, se nourrissant de plantes larvaires non indigènes, soulèvent des questions quant à l’association obligatoire de ce papillon avec les écosystèmes à chêne de Garry. Les véroniques sont des espèces de plantes présentes dans les écosystèmes à chêne de Garry, mais ne sont pas considérées comme des espèces obligatoirement associées à ce type d’écosystème. La présence des chenilles avant et après la diapause au sein des habitats marécageux humides dominés par de grands joncs épars pourrait être un indicateur de l’habitat ancien et naturel du damier de Taylor.

Il est possible que la castilléjie dorée, la castilléjie hispide ou la collinsie à petites fleurs aient été des plantes hôtes larvaires dans le passé en Colombie­Britannique. La castilléjie dorée est mentionnée à l’île Trial (COSEPAC, 2007), une ancienne localité du damier de Taylor (dernière mention en 1953, annexe 1). La castilléjie hispide est présente dans le parc provincial Helliwell (dernière mention du papillon ~ 1995), même si cette plante n’est pas répandue dans le parc et peut ne pas avoir été une plante hôte prédominante à ce site (Shepard, 2000; Guppy et Shepard, 2001; Guppy, comm. pers., 2009). La collinsie à petite fleurs est aussi fréquente dans le parc provincial Helliwell et largement répandue dans les habitats secs à humides des basses terres côtières des écosystèmes à chêne de Garry. La collinsie à petites fleurs n’est pas une plante dominante des habitats de l’île Denman.

Plantes nectarifères

En Colombie­Britannique, le damier de Taylor est opportuniste et se montre généraliste à l’égard des plantes nectarifères; l’utilisation de plantes nectarifères reflète l’abondance et la phénologie des espèces de plantes nectarifères disponibles, plutôt que la préférence des papillons adultes. Les populations de damier de Taylor à l’île Denman se nourrissent du nectar des plantes suivantes : le fraisier des bois (Fragaria vesca L.), la ronce à grands pétales (Rubus ursinus Cham. & Schltdl.), la ronce laciniée (Rubus laciniatus Willd), le renoncule rampant (Ranunculus repens L.), le trèfle rampant (Trifolium repens L.) et l’oreille de chat (Hypochaeris radicata L.) (Page et al., 2008a). Le fraisier des bois semble être la source de nectar la plus commune dans l’ensemble du milieu (Page et al., 2007; Page et al., 2008a; J. Heron, données pers., 2009). Ailleurs, dans l’aire de répartition du damier de Taylor, les plantes nectarifères comprennent la quamassie, le lomatium terné (Lomatium triternatum (Pursh) Coult. & Rose) (Grosball, 2005), la lomatium utriculé (L. utriculatum (Nutt. ex T. & G.) Coult. & Rose) (Guppy et Shepard, 2001), la balsamorhize deltoïde (Balsamorhiza deltoidea Nutt.) (Grosball, 2005), le plectritis rosé, le marah d’Orégon (Marah oreganos) (T. & G.) Howell) (Grosball, 2005), le fraisier de Virginie (Fragaria virginiana Duchesne), la calochorte de Tolmie (Calochortus tolmiei Hook. & Arn.) (Kaye et al., 2009) et les Malus spp. (Ross, 2003, tel que cité par Grosball, 2005).

Régime d’humidité et stades de succession

À l’île Denman, les zones humides intermittentes récemment perturbées (au cours des cinq dernières années) contiennent d’abondantes plantes hôtes, partiellement en raison de leur préférence à l’égard des premiers stades de succession des milieux. Des chenilles au stade de la post-diapause ont été observées dans les milieux perturbés et non perturbés, y compris les dépressions humides des bords de chemins, les fossés, les dépressions, les dépôts forestiers, les sentiers de débardage et les autres milieux où les plantes hôtes sont abondantes (figure 24).

Figure 24. Chenilles de damier de Taylor (après la diapause) dans une dépression, île Denman, Photo de Jennifer Heron.

Photo de chenilles du damier de Taylor (après la diapause) dans une dépression, île Denman.

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Les milieux non perturbés dont les caractéristiques naturelles sont plus apparentes et où ont été observées un nombre important de chenilles, comprennent les habitats marécageux couverts de joncs épars (Juncus effusus L.) (Page et al., 2008a) (figure 25). On ignore si les chenilles ont commencé à occuper ces habitats seulement après l’exploitation forestière. Ces milieux marécageux humides naturels étaient probablement ombragés par les forêts avoisinantes et pourraient ne pas être demeurés humides en raison des arbres voisins (les grands arbres occupant le site auraient utilisé l’eau souterraine).

Figure 25 . Chenilles de damier de Taylor (après la diapause) consommant des plantes hôtes sur un chemin de terre, île Denman, Photo de Jennifer Heron.

Photo de chenilles de damier de Taylor (après la diapause) consommant des plantes hôtes sur un chemin de terre, sur l’île Denman.

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Les populations de l’État de Washington vivent dans des régions couvertes d’abondantes graminées indigènes (Grosball, 2005). Des observations sur le terrain (Grosball, 2005) suggèrent que le damier de Taylor évite habituellement les plantes dont la taille dépasse ~ 0,75 m de hauteur. La sous-espèce apparentée Euphydryas editha bayensis ne fréquente habituellement pas les milieux envahis par des plantes exotiques (Weiss, 1999)

Sites utilisés pour se reposer et se chauffer au soleil

La couleur noire est prédominante chez le damier de Taylor, et il est probable qu’elle contribue à l’absorption d’énergie thermique. Les chenilles semblent rechercher des substrats qui fournissent de l’énergie thermique. La présence de structures sur lesquelles les chenilles peuvent s’exposer pour se faire chauffer au soleil semble importante pour leur développement. Les observations sur le terrain des damiers de Taylor avant et après la diapause montrent que le repos ou le chauffage au soleil est la deuxième activité en importance (après l’alimentation) (Page et al., 2008a). Les chenilles utilisent à cette fin le sol dénudé, les feuilles mortes, les pierres, l’écorce, des bouts de bois et tout type de matériel ligneux, des plantes mortes ou vivantes (incluant les plantes hôtes) et des amas racinaires dressées de graminées ou de carex (Page et al., 2008a).

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Tendances en matière d’habitat

Tendances en matière d’habitat sur l’île Denman

À l’heure actuelle, la localité du damier de Taylor sur l’île Denman comprend un grand nombre de sous-populations au sein d’une mosaïque de clairières ouvertes et artificiellement créées, de pâturages, de champs, de bords de chemins et d’emprises (figures 16 à 18) parsemés de petits marais naturels à carex dont la taille augmentera probablement après la coupe forestière. Des observations générales dans ces milieux sur une période de trois ans (de 2007 à 2009) indiquent que la succession forestière naturelle par la colonisation rapide des aulnes rouges (Alnus rubra Bong.) et des douglas de Menzies (Pseudosuga menziesii (Mirbel) Franco) élimine rapidement la présence des plantes hôtes. Par exemple, l’aulne rouge a un taux de croissance rapide, qui peut aller jusqu’à 10 mètres en cinq ans (Trappe et al., 1968). En l’absence de mesures de gestion, et compte tenu de la compréhension actuelle de la succession forestière naturelle dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas, les populations de damiers de Taylor dans cette zone de coupe à banc déclineront de façon importante au cours des dix prochaines années, en raison de l’ombre et de la consommation en eau des arbres et des arbustes plus grands.

La majorité de l’habitat occupé par le damier de Taylor sur l'île Denman à l’heure actuelle a fait l’objet de coupes à blanc, de 1998 à 2001. Avant cette époque, les forêts plus anciennes de seconde venue (âgées de 80 à 100 ans et exploitées à l’origine au début des années 1900) étaient présentes sur ces terres. À la suite de l’exploitation forestière, les populations de damiers de Taylor ont pris de l’expansion dans les milieux perturbés qui ont récemment fait l’objet d’une coupe à blanc. Il est impossible de déterminer avec exactitude la population source d’origine et le site de l’habitat à partir duquel la population actuelle de damiers de Taylor a pris de l’expansion. D’autres activités de coupe à blanc sont improbables sur l'île Denman, car il ne reste plus de zones exploitables qui comprennent du bois de valeur.

Tendances en matière d’habitat dans les écosystèmes à chêne de Garry

La plus grande partie de l’habitat ancien de l’écosystème à chêne de Garry a été détruite ou est dégradée en raison de l’introduction d’espèces envahissantes et d’autres activités humaines (voir la section Facteurs limitatifs et menaces). Les grands chênes de Garry sont souvent préservés au cours des activités de développement (périodes historique et récente), mais les communautés végétales naturelles qui croissent sous ces arbres ne sont plus intactes (Lea, 2009, GOERT, 2009). Lea (2006) a cartographié les écosystèmes anciens à chêne de Garry, en mettant l’accent sur cinq grandes régions géographiques reconnues pour la présence de cette espèce (région du Grand Victoria, vallée Cowichan, vallée Comox et les zones avoisinantes, Nanaimo, région de Nanoose ainsi que les îles Salt Spring et Hornby).

Les écosystèmes à chêne de Garry sont subdivisés en deux catégories : la chênaie-parc et la chênaie naine (voir la section Habitat) (Roemer, 1972; Erickson, 1995). La cartographie de ces deux types d’écosystèmes à une échelle de 1 : 20 000 a été réalisée et a été fondée sur « 1) les activités d’arpentage des années 1850 et 1860; 2) les récentes observations sur le terrain de l’historique des peuplements forestiers ». L’écologie historique d’une région était fondée sur l’information fournie par Egan et Howell (2001).

Il reste moins de 10 % de l‘écosystème à chêne de Garry d’origine dans le sud-est de l’île de Vancouver (Lea, 2006). Le tableau 4 précise la superficie d’écosystème (ha) perdue dans chacune des unités d’étude (Lea, 2006). Le défrichement pour le développement urbain, rural et agricole a commencé dans les années 1840; il était destiné aux terres dont le sol était riche et profond et a entraîné la perte de 98,5 % de la chênaie-parc (tableau 4) (Lea, 2006). Une plus grande superficie de la chênaie naine demeure, principalement en raison de sa préférence pour les sols minces, les falaises escarpées et rocheuses et les zones difficilement exploitables à des fins agricoles ou autres (Lea, 2006).

Tableau 4 : Zones dans les écosystèmes à chêne de Garry de l’île de Vancouver dans les établissements pré-européens subdivisées en deux groupes : sol profond (chênaie-parc) et sol mince (chênaie naine). Tableau tiré de Lea, (2006).
 Sol profond (pré- européen)
(ha)
Sol profond (aujourd’hui)
(ha)
Sol mince (pré- européen) (ha)Sol mince (aujourd’hui)
(ha)
Ensemble (pré- européen) (ha)Ensemble (aujourd’hui)
(ha)
Grand Victoria9 5644589044010 454485
Vallée Cowichan / île Salt Spring1 8248313016193 125702
Nanaimo / Nanoose2929951298980327
Comox5277005277
îles Hornby / Denman6511985716368
Total12 0091753 2401 41415 2491 589
% du type de l’écosystème d’origine 1,5 % 44 % 10 %

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La cartographie historique de l’écosystème à chêne de Garry permet d’obtenir une comparaison sommaire des communautés végétales. Elle est aussi un bon outil qui sert à comparer des écosystèmes entre diverses périodes (Lea, 2006). Les damiers de Taylor ont vraisemblablement formé une ou plusieurs métapopulations qui ont colonisé de nouvelles parcelles d’habitat créées par les stades de succession naturelle et les modes de perturbations, comme les incendies.

Historiquement, les incendies fréquents et de faible intensité ont joué un rôle important dans la conservation des écosystèmes à chêne de Garry (Daubenmire, 1968; Agee, 1993; McPherson, 1997 tel que cité dans Fuchs, 2000). Avant le contact avec les Européens, les incendies étaient déclenchés par la foudre et les pratiques culturelles de brûlage des Premières Nations dans la région (voir Fuchs, 2000 pour une analyse documentaire). Après le contact avec les Européens, les pratiques culturelles de brûlage ont été interdites, et la suppression des incendies est en place depuis plus de 150 ans. Les peuples des Premières Nations géraient les ressources des cultures de racines comme la quamassie et d’autres plantes dans l’aire de répartition des écosystèmes à chêne de Garry (Turner, 1999; C. Bryce dans Carlson, 2006). La suppression des incendies a entraîné des changements dans le régime de perturbations et des modifications graduelles de la composition des communautés végétales (McCoy, 2006). À une époque, les incendies auraient été le principal facteur de perturbation responsable de la création de densités idéales pour les plantes hôtes et l’habitat du damier de Taylor. À l’heure actuelle, les clairières créées artificiellement par la coupe de bois favorisent les mêmes caractéristiques de cet habitat. D’importantes activités de recherche ont été réalisées dans des zones d’altitude appropriée et des conditions apparemment pertinentes de façon à vérifier si l’espèce fréquente d’autres zones que celles connues à l’heure actuelle sur l'île Denman, mais ces dernières ont été recouvertes d’une forêt trop dense, ou touchées par le développement urbain (Page, comm. pers., 2008-2010).

L’introduction et l’envahissement graduel de plantes non indigènes ont entraîné un déclin accru de la qualité et du nombre d’espèces des communautés végétales des écosystèmes à chêne de Garry (voir la section Facteurs limitatifs et menaces). Les plantes envahissantes dominent la majorité des écosystèmes à chêne de Garry restants. Les reliquats d’habitat qui contiennent des communautés végétales presque naturelles de chênes à Garry et qui font partie du sous-étage de la végétation comprennent moins de 5 % de l’écosystème d’origine (Lea, 2006, GOERT, 2009).

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Biologie

Cycle vital et reproduction

En Colombie­Britannique, la période de vol du damier de Taylor s’étend de la fin avril à la mi-juin (Conservation Data Centre 2009 de la Colombie­Britannique, 2009; Guppy et Shepard, 2001). La mention la plus précoce est de Victoria, le 18 avril, et la plus tardive, à l'île Denman, le 13 juin (Conservation Data Centre de la Colombie­Britannique, 2009). Des mentions de la partie sud de l’aire de répartition en Colombie­Britannique (p. ex. Victoria; annexe 1) suggèrent une période de vol plus précoce que celle au nord (p. ex. Comox, île Hornby, île Denman; annexe 1) (Conservation Data Centre de la Colombie­Britannique, 2009; Shepard, 2000). La durée de vie est habituellement d’une année (tableau 5) même si certaines chenilles peuvent subir une diapause une deuxième année (voir le dernier paragraphe de la présente section).

Tableau 5. Cycle vital annuel du damier de Taylor en Colombie-¬Britannique (Conservation Data Centre de la Colombie¬ Britannique, 2009). La ligne en tiret représente les chenilles qui peuvent entrer en diapause une deuxième année.
 JanFebMarAprMayJuneJulyAugSeptOctNovDec
Ouefs    ____       
Larves______________-----------------    __________________________________ 
Chrysaldes (bref)  __________        
Adultes   ___________       

Version texte du tableau 5 :

Œufs qui démontrent une ligne solide de May au début de juin.
Larves qui démontrent une ligne solide pour le mois de janvier au début du mois de mars avec une ligne tiret qui représente les chenilles qui peuvent entrer en diapause une deuxième année de la fin de mars et début du mois d’avril au début du mois de juin, avec une ligne solide( cycle vital annuel) pour le mois de juin  jusqu’au fin du mois de Novembre.
Chrysalides (bref) qui démontrent une ligne solide pour le mois de mars et avril.
Adultes qui démontrent une ligne solide pour le mois d’avril jusqu’au au début du mois de juin.

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La période de l’accouplement et de l’oviposition du damier de Taylor coïncide avec la saison de vol. Les femelles pondent des groupes de 25 à 50 œufs (parfois > 100 œufs  (figure 5) sur les feuilles et les tiges des plantes hôtes (voir la section Description de l’habitat) (Page et al., 2008a; Oregon Zoo, 2009). Dans des conditions de laboratoire, les groupes d’œufs  éclosent simultanément, environ quatre jours après la ponte (Oregon Zoo, 2009). Les premiers stades des chenilles en Colombie­Britannique ont été observés à la mi-juin, et les œufs  ont donc éclos probablement de la fin mai à la fin juin. Lorsque les chenilles éclosent, elles ont tendance à grimper verticalement (en haut de la plante hôte), à se regrouper et à produire des toiles soyeuses qui recouvrent les feuilles des plantes hôtes leur procurant des abris (Oregon Zoo, 2009). Les chenilles du premier au troisième stade se rassemblent et forment de petites colonies (figure 6), qui les aident à se protéger contre les parasites et les prédateurs (résumé par Kuussaari et al., 2004). En laboratoire, 82 % des œufs  recueillis en milieu naturel ont éclos et plus de 98 % des chenilles ont survécu pour atteindre le stade de la diapause (Oregon Zoo, 2009). Les chenilles de damier de Taylor ont tendance à se disperser et à devenir solitaires durant et après le troisième stade. Les chenilles consomment des plantes hôtes et croissent rapidement au cours des mois d’été. Durant cette période, les chenilles passent la majeure partie de leur temps à s’alimenter; leur deuxième activité préférée est de se reposer au soleil (Page et al., 2008a). Certains groupes de chenilles ont été observés en train de se chauffer au soleil; toutefois, ce rassemblement s’explique probablement par les températures favorables à un site de repos donné.

Les chenilles atteignent habituellement le quatrième ou le cinquième stade avant l’induction de la diapause (Grosball 2005; Oregon Zoo, 2009). Dans des conditions de laboratoire, les chenilles entrent en diapause de la mi-juillet à la mi-février (Oregon Zoo, 2009). En Colombie­Britannique, elles sont actives jusqu’à la fin de juillet (Page et al., 2007; Page et al., 2008a) et semblent entrer en diapause au moment où les plantes hôtes périssent en raison de la sénescence, probablement due aux conditions météorologiques chaudes et sèches. Dans des conditions d’élevage en captivité, lorsque les chenilles étaient installées à l’extérieur, elles perdaient jusqu’à 35 % de leur poids durant la diapause (Oregon Zoo, 2009). Le développement à partir de l’œuf jusqu’au quatrième stade larvaire et au stade de la diapause dure de quatre à six semaines (tableau 5) (Grosball, 2005; Oregon Zoo, 2009).

Après la diapause, les chenilles deviennent actives entre le début de février et la mi-mars, lorsque la température se réchauffe (Oregon Zoo, 2009; Page et al., 2008a; Page, comm. pers., 2009) et que la nouvelle croissance des plantes hôtes commence. À ce moment, les chenilles passent la majeure partie de leur temps à se chauffer au soleil pour obtenir de l’énergie thermique (figures 26 et 27) et à se nourrir des plantes hôtes (figures 19 à 23). Après la diapause, les chenilles semblent être moins sélectives quant à la qualité des ressources en plantes hôtes et consomment le feuillage de l’année précédente ainsi que les nouvelles pousses émergentes (Page et al., 2008a).

Figure 26. Chenille de damier de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur une feuille chaude et sèche. Photo de Jennifer Heron.

Photo d’une chenille du damier de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur une feuille chaude et sèche.

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Figure 27. Chenilles de damiers de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur du bois sec et chaud. Photo de Jennifer Heron.

Photo de chenilles du damier de Taylor (après la diapause) se chauffant au soleil sur du bois sec et chaud.

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La pupaison du damier de Taylor en Colombie­Britannique a lieu de la mi-mars à la mi-avril (Grosball, 2005; Conservation Data Centre de la Colombie­Britannique, 2010; Page et al., 2008a). Les chenilles cherchent un abri et entrent en pupaison sous des morceaux de bois sec et la végétation (Page comm. pers., 2009; Oregon Zoo, 2009), bien que des chrysalides à l’état sauvage aient rarement été observées. En captivité, à de faibles températures (< 18° C), le stade de chrysalide peut durer jusqu’à trois semaines; à des températures élevées (> 24° C), il peut être aussi court que huit jours (Oregon Zoo, 2009). La majorité des adultes émergent de leur chrysalide entre 7 h et 8 h (Oregon Zoo, 2009). Lorsque l’humidité est faible, les adultes peuvent émerger en exposant des ailes déformées ou froissées (Oregon Zoo, 2009).

Les observations périodiques de grosses chenilles sur l'île Denman à la fin mai (J. Heron, obs. pers., 2009; S. Lavallee comm. pers., 2009) et au début juin (N. Page, comm. pers., 2008) suggèrent que certaines chrysalides peuvent entrer en pupaison à la suite du deuxième été. Des renseignements sur des damiers de Taylor élevés en captivité suggèrent que de 30 à 50 % des chenilles après la diapause peuvent subir une diapause une deuxième année (Oregon Zoo,  2009). Les chenilles qui hibernent une deuxième année contribuent à la persistance des populations dans un milieu donné s’il arrivait que les adultes soient touchés par d’autres facteurs néfastes (p. ex. parasites) (Oregon Zoo, 2009).

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Prédation et parasitisme

Avec l’évolution, le damier de Taylor a acquis une série de caractéristiques de défense pour contrer la prédation et le parasitisme, y compris la séquestration de composés iridoïdes durant la consommation des plantes hôtes larvaires, la formation de colonies larvaires aux premiers stades à l’intérieur d’abris (toiles soyeuses) (voir la section Cycle vital et reproduction) et des motifs sur les ailes des papillons adultes (voir Ehrlich et Hanski, 2004 pour obtenir des précisions).

Les prédateurs naturels et les parasites ennemis attaquent tout probablement les damiers de Taylor à tous les stades de leur cycle vital en Colombie­Britannique, bien qu’il existe peu de renseignements sur des espèces précises. Un des parasites prélevé chez des chenilles sauvages du damier de Taylor (et élevé en captivité) est la mouche Siphosturmia confusa Reinhard (Tachinidae) (Tothill, 1913). Des études réalisées en laboratoire sur le damier de Taylor indiquent qu’il est possible que les chenilles ne manifestent pas de signe d’infection parasitaire jusqu’à un an après la collecte, au moment où le parasite émerge de la larve après la diapause (Oregon Zoo, 2009). Les parasitoïdes spécialistes de E. editha sont principalement des hyménoptères de la famille des Braconidés (voir van Nouhuys et Hanski, 1999).

Lorsqu’il consomme des plantes hôtes, le damier de Taylor séquestre des composés iridoïdes, qui sont désagréables au goût des prédateurs. Des études ont montré que les prédateurs arthropodes généralistes (insectes et araignées) évitent de consommer des proies qui ont emmagasiné des glycosides iridoïdes tant sur le terrain (Camara, 1997, dans Kuussaari et al., 2004) qu’en laboratoire (Dyer et Bowers, 1996; Theodoratus et Bowers, 1999). À l’aide d’expériences réalisées dans des cages, il a été démontré que les oiseaux trouvent désagréable le goût des chenilles de damiers de Taylor (Kuussaari et al., 2004).

Au cours de relevés sur le terrain réalisés sur l'île Denman (de 2007 à 2009), la prédation active de papillons adultes par diverses espèces d’oiseaux a fréquemment été observée (N. Page, comm. pers.,  2007-2009; J. Heron obs. pers., 2009). Les tentatives de prédation sur les papillons adultes sont évidentes comme en témoignent les ailes endommagées des papillons adultes, plus particulièrement les ailes postérieures (N. Page, comm. pers., 2009; J. Heron, obs. pers., 2009).

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Physiologie et adaptabilité

Il semble que le damier de Taylor se soit adapté à la consommation d’espèces de plantains introduits : le plantain lancéolé (P. lanceolata) dans le parc Beacon Hill (Danby, 1890); le plantain maritime (P. maritima) et le plantain lancéolé dans le parc provincial Helliwell (Guppy et Shepard, 2001).

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Dispersion et migration

Le damier de Taylor ne migre pas. La distance de dispersion maximale est inconnue, même si des conclusions générales peuvent être tirées d’informations obtenues à partir de relevés sur l'île Denman. En 2008, un adulte a été observé à plus de 5 km de la population connue, de l’autre côté d’un cours d’eau et dans un habitat convenable le long d’une emprise de ligne électrique sur l’île de Vancouver (figure 28) (Page et al., 2008a). Il n’existe aucune mention antérieure de la sous-espèce le long de cette emprise, et cette mention peut donc représenter un événement d’émigration de l'île Denman. Selon des relevés réalisés en 2008 et en 2009, aucune autre observation de l’espèce n’a été faite à l’extérieur de l’habitat connu antérieurement (N. Page comm. pers., 2008; J. Heron, données pers., 2009).

Figure 28. Distance potentielle de dispersion du damier de Taylor du site de la mention connue la plus proche à l'île Denman (Page et al., 2008).

Photo aérienne montrant la distance potentielle de dispersion du damier de Taylor de l’île Denman vers l’île de Vancouver.

Des études de capture-marquage-recapture sur une sous-espèce apparentée de damier de la baie (Euphydras editha bayensis) ont indiqué que la dispersion journalière pouvait être de plus de 500 m et que la dispersion et la colonisation au cours de la durée de vie dépassait rarement 2,3 km (Ehrlich, 1965, tel que cité dans Wahlberg et al., 2004).

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Relations interspécifiques

Des renseignements sur les plantes hôtes larvaires, les sources de nectar des adultes, ainsi que sur les prédateurs et les parasitoïdes de l’espèce ont déjà été présentée ailleurs dans le présent rapport.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

L’abondance des damiers de Taylor en Colombie­Britannique n’a pas été pleinement évaluée. Une petite étude de capture-marquage-recapture a été achevée en 2009 (J. Heron, données pers., 2009) sur 17 jours de relevés (du 19 mai au 6 juin) et a couvert approximativement 4,8 km² de milieu convenable sur l'île Denman. Un total de 1 220 papillons ont été marqués; 45 ont été recapturés et 950 autres ont été observés (mais non marqués) au cours de la période de vol. Trois observations distinctes d’une autre forme chromatique (figure 3) ont été consignées au cours du relevé.

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Abondance

L’étude de capture-marquage-recapture susmentionnée (J. Heron, comm. pers., 2009) et une formule de Schnabel modifiée (Krebs, 1999) donnent une estimation de la population d’environ 13 000 adultes. Cette formule suppose une population fermée et ne prend en compte ni l’immigration, ni l’émigration, ni les naissances et les morts dans la population (Krebs, 1999). Les relevés, les transects et les superficies étudiées n’étaient pas uniformes tout au long de l’étude. Par conséquent, cette estimation n’est pas considérée comme une représentation adéquate de la taille de la population.

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Fluctuations et tendances

De nombreux facteurs influencent les fluctuations des populations naturelles de papillons (p. ex. parasites, prédateurs, etc.), y compris la température de l’année précédente. Des recherches exhaustives sur Euphydras editha bayensis et d’autres espèces de damiers (voir Ehrlich et Hanski, 2004) indiquent que les populations affichent une variabilité dans la répartition et l’abondance locales et agissent comme des métapopulations entre les parcelles d’habitat (Ehrlich, 1961; Baughman et al., 1988; Harrison et al., 1988; Baughman, 1999; McLaughlin et al., 2002a; Singer et Ehrlich, 1979 tel que cité dans Grosball, 2005).

Historiquement, la structure des métapopulations de damiers de Taylor était probablement plus étendue que celle d’aujourd’hui, dans les milieux convenables du sud-est de l’île de Vancouver. Les développements urbain et agricole, combinés à la succession naturelle et à la suppression des incendies (voir la section Facteurs limitatifs et menaces), ont mené à l’isolement des populations et à l’incapacité subséquente des papillons à se disperser et à recoloniser des parcelles d’habitat. Finalement, l’isolement combiné aux facteurs limitatifs et aux menaces a vraisemblablement entraîné la disparition de l’espèce des anciennes localités de la Colombie­Britannique.

L’exploitation forestière dans le centre de l'île Denman a commencé à la fin des années 1990 et s’est poursuivi jusqu’en 2001. Après la création de zones de coupes à blanc, le damier de Taylor s’est répandu dans ces nouveaux habitats.

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Immigration de source externe

Les populations de damiers de Taylor les plus proches de l'île Denman se trouvent à proximité de Port Angeles, dans l’État de Washington, à plus de 250 km au sud, ce qui représente deux ordres de grandeur de plus que celui auquel on s’attend à ce que l’espèce se disperse. La localité ancienne canadienne la plus proche de Port Angeles est le parc municipal Beacon Hill, dans la ville de Victoria, qui est séparé d’une distance minimale de 50 km, de l’autre côté du détroit Juan de Fuca. Une immigration de source externe est peu probable dans des conditions naturelles.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les raisons de la disparition du damier de Taylor des anciennes localités ou les menaces pour cette espèce sont hypothétiques (voir la section Tendances en matière d’habitat). L’aménagement intensif des terres, ainsi que la conversion de l’habitat, responsables de l’isolement des populations et de leur effondrement démographique, ont probablement été les principales menaces pour les populations anciennes. La suppression des incendies et la succession forestière naturelle, combinées à la sénescence prématurée des plantes hôtes, ont aussi vraisemblablement joué un rôle dans la disparition des populations. De nombreuses localités anciennes sont aujourd’hui dominées par des espèces exotiques envahissantes, comme le genêt à balais [Cytisus scoparius (L.)], des graminées agricoles et des plantes herbacées autres que les graminées.

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Menaces actuelles pour le damier de Taylor

Les menaces suivantes se présentent pour les damiers de Taylor existants : 1) perte ou dégradation de l’habitat; 2) succession forestière naturelle; 3) application de pesticides; 4) changements climatiques et catastrophe naturelles.

Perte ou dégradation de l’habitat

L’habitat du damier de Taylor est menacé de perte, de dégradation et de fragmentation. La majorité des mentions de damiers de Taylor à l'île Denman sont liées à des terres privées où, selon des relevés réalisés en 2007, 97 % des papillons ont été observés (Page et al., 2007). Les terres privées peuvent faire l’objet de développement et de mesures de gestion par les propriétaires fonciers individuels.

À la suite de l’exploitation forestière initiale en 1998, les zones de coupe à blanc ont appartenu à divers types de propriétaires et ont été utilisées à diverses fins. Par exemple, certains propriétaires ont converti leur terre en pâturage agricole (par conséquent, l’habitat n’était plus approprié pour les plantes hôtes du damier de Taylor) ou en prés de broutage pour les chevaux (ce qui semblait empêcher les plus grandes graminées d’ombrager les plantes hôtes). On a laissé certaines terres libres, laissant ainsi cours à la succession naturelle; par conséquent, les aulnes rouges ont ombragé les plantes hôtes) (J. Heron obs. pers.. 2009). L’incertitude relative à l’utilisation du sol et le changement fréquent de propriétaires augmentent le potentiel de menace ou de perte d’habitat.

La province a fait l’acquisition d’une terre d’une superficie d’environ 5,6 km² sur l'île Denman, y compris un habitat avec des populations de damiers de Taylor (voir la section Protection et propriété). On ignore la proportion totale d’habitat de damiers de Taylor comprise dans la terre acquise.

Les menaces associées à la perte ou à la dégradation de l’habitat ont été considérées en ce qui a trait à la délimitation des localités (sensu, COSEPAC). Le nombre de localités, allant de deux (une pour le terrain acquis par la province et une deuxième si toutes les autres parcelles d’habitat étaient traitées de façon égale) à un nombre maximal actuel du nombre de localités d’environ 10 – ce qui représente le nombre de propriétaires. La valeur de 10 a été considérée comme la plus probable pour ce type de menace. L’aménagement des terres a été considéré comme une menace omniprésente dont l’ampleur était extrême. L’impact calculé pour cette menace était de « très élevé ».

Succession forestière naturelle

Toutes les plantes hôtes larvaires et les plantes nectarifères connues pour les adultes exigent un habitat ouvert où la lumière et l’humidité sont abondantes (Pojar et McKinnon, 1994) (voir les sections Besoins en matière d’habitat et Cycle vital et reproduction). En raison de la structure de la métapopulation connue pour les espèces du groupe E. editha (voir Ehrlich et Hanski, 2004), d’abondantes ressources de plantes hôtes et de parcelles d’habitat sont requises pour maintenir une population à plus long terme. La succession forestière naturelle progresse déjà rapidement dans les habitats ouverts sur l'île Denman. La qualité et la quantité des plantes hôtes et des plantes nectarifères de cet habitat nécessaires au damier de Taylor continueront de décliner.

Les sous-populations de damiers de Taylor sont vraisemblablement menacées d’un effondrement démographique, qui sera peut-être exacerbé par d’autres menaces avec le temps (p. ex. succession forestière naturelle). Il semble que le damier de Taylor soit une espèce associée aux perturbations et qui forme vraisemblablement une structure de métapopulation dépendante des ressources en plantes hôtes larvaires. De nombreuses études réalisées sur le damier de baie suggèrent que l’espèce forme des métapopulations dont l’abondance et la répartition locales fluctuent au sein de parcelles d’habitat interreliées (Baughman, 1999; Baughman et al., 1988; Ehrlich, 1961; Harrison et al., 1988; McLaughlin et al., 2002a; Singer et Ehrlich, 1979 dans Grosball, 2005). On s’attend à ce que le damier de Taylor colonise certaines régions et disparaisse localement d’autres régions en réponse à des changements de la qualité de l’habitat avec le temps. La théorie écologique suggère que le risque de disparition d’une sous-population d’une parcelle d’habitat unique diminue avec l’accroissement du nombre de sous-populations avoisinantes (Hanski, 1982). Comme les populations d’autres espèces confinées à des habitats morcelés, celles du damier de Taylor sont isolées et, à mesure que la succession forestière naturelle continuera à des taux variables dans les milieux avoisinants, ces populations deviendront de plus en plus isolées.

Les clairières marécageuses ouvertes et humides et les zones d’exploitation forestière du centre de l'île Denman ont fourni un habitat idéal à l’expansion de la population vers d’autres zones dans toute l’île. À mesure que les espèces de plantes et d’arbustes des stades de succession précoces, comme le genêt à balais, espèce non indigène, et les essences d’arbres indigènes colonisent ces habitats, la connectivité entre ces parcelles d’habitat disparaîtra éventuellement. La fragmentation des habitats, combinée à des facteurs limitatifs (p. ex. cycle vital et limites de la dispersion), empêchera probablement le plein fonctionnement de la dynamique des métapopulations d’espèces qui leur permet de peupler à nouveau des parcelles d’habitat où l’espèce a disparu.

Le nombre de localités a été considéré relativement à la succession naturelle qui est considérée comme une menace. Le nombre minimal de localités serait de un (1) – dans le cas où toutes les zones étaient laissées à elles-mêmes – car toutes ces zones subiraient l’influence du processus de succession forestière. Le nombre maximal de localités serait de huit (8) car on ne s’attend pas à ce que toutes ces zones subissent l’influence du processus de succession forestière. Le nombre le plus probable de localités était considéré comme une valeur entre ces deux nombres, mais vraisemblablement vers la valeur inférieure, ce qui rend l’impact omniprésent. Il est certain que la succession transformera le milieu en habitat ombragé et forestier, et par conséquent en habitat ne convenant jamais à l’espèce, et cette menace est donc considérée comme extrêmement grave. Toutefois, l’ampleur de la succession était difficile à évaluer et dépendra du nombre de propriétés où la succession suivra son cours. Par conséquent, on suggère que l’ampleur est de faible à importante, ce qui donne un impact global de faible à élevé.

Application de pesticides pour contrôler la spongieuse du biotype européen (Lymantria dispar).

L'île Denman fait partie de l’aire de répartition où pourrait être introduite la spongieuse du biotype européen (Lymantria dispar L.), et des pièges ont été disséminés sur toute l’île afin de détecter l’introduction de ce papillon nocturne (J. Burleigh, comm. pers., 2009). Si cette espèce de spongieuse est retrouvée sur l’île Denman, alors il est possible qu’on procède à des applications terrestres et aériennes de Btk (Bacillus thuringiensis kurstaki). Le Btk est une bactérie pathogène naturelle dont les spores servent à la fabrication d’un pesticide commercial utilisé pour contrôler les chenilles défoliatrices. Malheureusement, la bactérie a aussi des incidences sur la plupart des chenilles d’autres espèces non visées de papillons diurnes et nocturnes.

Des pièges ont été installés sur l'île Denman en octobre 2009; selon les résultats, aucune spongieuse adulte du biotype européen n’a été capturée (J. Burleigh comm. pers., 2009) et aucun épandage de Btk n’a été fait près des populations de damiers de Taylor. L'île Denman est située le long de points importants d’entrée potentielle de la spongieuse du biotype européen (l'île Denman est une destination touristique populaire, tout comme les îles adjacentes Hornby et de Vancouver). L’épandage de Btk pour contrôler la spongieuse du biotype européen se fait habituellement du début avril au début mai, un moment qui coïncide avec la période d’alimentation des chenilles de damier de Taylor.

La superficie d’épandage de Btk dépend du nombre de de spongieuses piégées lors des relevés, et ce nombre varie annuellement. Les résultats des relevés de pièges sont compilés au moins durant deux ans, et par conséquent, si la présence de la spongieuse était confirmée à l'île Denman, il y aurait vraisemblablement assez de temps pour chercher d’autres options de traitement, plutôt que de procéder simplement à des épandages aériens. Le traitement au sol à l’aide d’un réservoir à dos ou par camion peut éradiquer avec succès le papillon de nuit, tout en ayant un impact minimal sur le damier de Taylor. Dans le cas d’un tel scénario, il est peu probable que la population de damiers de Taylor soit complètement éradiquée, même s’il est possible qu’elle soit grandement touchée.

Par ailleurs, il est impossible de prédire avec précision la superficie d’une région touchée par une éclosion d’insectes avant sa détection réelle. La superficie devant être traitée pourrait varier entre des dizaines et des centaines d’hectares (J. Burleigh, comm. pers., mars 2011). Alors que les épandages au sol seront vraisemblablement plus limités dans la zone couverte, la superficie couverte par les épandages au sol en Colombie­Britannique a dépassé 1 km² dans le passé (Nealis, 2009), et il est donc possible que cette menace ait des impacts importants. Par conséquent l’ampleur de cette menace potentielle est omniprésente et sa gravité, extrême.

Changements climatiques et catastrophes naturelles.

Les changements climatiques représentent une menace potentielle pour le damier de Taylor, principalement en raison des impacts produits par de tels changements sur l’écosystème et les communautés végétales où vit la sous-espèce. Avec les changements climatiques, la sécheresse estivale pourrait s’accroître au sud-est de l’île de Vancouver, ce qui entraînerait potentiellement la sénescence prématurée des plantes hôtes larvaires et des plantes nectarifères. La configuration des pluies pourrait être modifiée au cours du stade larvaire, ce qui pourrait réduire la survie des juvéniles. D’ici 2050, on s’attend à ce que les températures annuelles moyennes augmentent environ de 2 à 3° C (Hebda, 1997).

Inversement, la superficie de la zone climatique favorable au damier de Taylor pourrait s’accroître en raison des changements climatiques. Cette situation pourrait contribuer à augmenter radicalement l‘aire de répartition potentielle de l’espèce en Colombie­Britannique. Les plantes hôtes sont communes et répandues dans toute la province. Toutefois, les taux actuels de perte et de fragmentation de l’habitat dans l’aire de répartition connue combinés aux capacités limitées de dispersion naturelles d’adultes de damier de Taylor empêcheront vraisemblablement l’expansion naturelle.

En raison de l’incertitude de ce type d’impacts et de la menace trop élevée résultant d’autres causes, les changements climatiques n’ont pas été considérés comme la menace la plus importante.

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Calcul global de la menace

La succession et le développement des terres par les propriétaires ont été considérés comme des menaces mutuellement exclusives qui auraient des incidences sur toutes les localités occupés à l’heure actuelle, avec l’exception potentielle de la zone acquise par la province. L’épandage de Btk aurait même des incidences sur les localités activement conservées, ce qui porterait le nombre de localités associées à cette menace à un. En raison des facteurs combinés de succession et de développement, toutes les localités, à l’exception du site conservé, sont probablement extrêmement menacés. Malheureusement, la succession pourrait contribuer à rendre le milieu plus favorable à la spongieuse du biotype européen, rendant ainsi l’épandage de Btk plus probable. Associées à celle du Btk, les menaces ont un impact très élevé. On s’attend à ce que la population actuelle disparaisse au cours des dix prochaines années, avec une probabilité de plus de 70 %.

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Facteurs limitatifs

Le groupe de mise en oeuvre du rétablissement des invertébrés de l’écosystème à chêne de Garry [Garry Oak Invertebrates Recovery Implementation Group (2009)] a examiné les facteurs limitatifs des populations de damiers de Taylor. Le principal facteur limitatif semble être la disponibilité des plantes hôtes larvaires (avant et après la diapause). La sénescence des plantes hôtes peut limiter la population (Shepard, 2000; Miskelly, 2004). C’est au début du printemps que la croissance des plantes hôtes s’amorce, et par conséquent, la phénologie des plantes hôtes a probablement une incidence sur l’occupation et la préférence des chenilles (Page et al., 2008a). Les plantes hôtes croissent à des taux variables et par conséquent, il est probable que plus d’une espèce de plante hôte soit bénéfique à la survie des populations à un site donné, et contribue à protéger l’espèce contre les effets de la stochasticité environnementale (p. ex. une température plus chaude, plus froide ou des conditions plus sèches ou plus humides au début du printemps) (Page et al., 2008a). L’absence de plantes nectarifères peut aussi limiter la production des œufs (Murphy et al., 1983; Boggs, 1997) bien qu’à l’heure actuelle, la population semble disposer d’une abondante réserve de plantes nectarifères sur l'île Denman (voir la section Tendances en matière d’habitat) (Page et al., 2007; Page et al., 2008a). Toutefois, à mesure que la succession naturelle suit son cours, ces ressources diminueront (voir les sections Tendances en matière d’habitat et Menaces).

Des facteurs de mortalité directe peuvent avoir des incidences sur les œufs  et les larves du damier de Taylor. Les œufs  et les larves peuvent être endommagés par le broutage d’animaux bien que cela représente une faible menace. Le cerf mulet [(Odocoileus hemionus (Rafinesque)] a été observé alors qu’il broutait la végétation dans les milieux ouverts sur l'île Denman, et il arrive qu’il piétine les chenilles et les plantes hôtes des prés et le long des chemins.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Protection et statuts légaux

Le damier de Taylor est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, qui prévoit la protection immédiate des individus et de leur résidence et comprend des dispositions pour la protection des habitats essentiels une fois identifiés dans un programme de rétablissement. Le concept de résidence en vertu de la LEP ne s’applique pas à toutes les espèces; en date d’avril 2010, aucune description de la résidence du damier de Taylor n’a été affichée sur le Registre public des espèces en péril de la LEP. De la même façon aucun programme de rétablissement n’a été affiché sur le Registre, et par conséquent, l’habitat essentiel de cette espèce n’a pas encore été défini. Le damier de Taylor a été inscrit à l’annexe 1 de la LEP et a été désigné « espèce en voie de disparition » en 2003, au moment où la loi a été promulguée. Récemment, le COSEPAC (2011) a évalué l’espèce comme étant en voie de disparition.
Le damier de Taylor serait protégé dans les parcs nationaux et les réserves nationales de la faune, si des populations étaient présentes dans ces régions. La Park Act de la Colombie­Britannique protège les espèces invertébrées en péril dans les parcs provinciaux et les aires protégées (Conservation Data Centre de la Colombie­Britannique, 2009). Dans les cas où la présence d’espèces en péril et de leur habitat est confirmée dans une aire protégée, des dispositions pour leur gestion sont intégrées au plan directeur du parc (p. ex. parc provincial Helliwell). De plus, l’Ecological Reserves Act, de la Colombie­Britannique, prévoit la protection des espèces qui vivent dans les réserves écologiques de la Colombie­Britannique. Les gestionnaires et le personnel des terres fédérales (K. Fort, comm. pers., 2003-2009) et le personnel des parcs provinciaux (B. Woodhouse comm. pers., 2003-2007; S. Pratt comm. pers., 2008-2009) qui se situent dans l’aire de répartition du damier de Taylor sont sensibilisés aux besoins en matière d’habitat de cette espèce et les gestionnaires ont avisé leur personnel de détecter toute nouvelle occurrence potentielle. L’acquisition du terrain la plus récente par le gouvernement provincial sur l'île Denman comprend 1 400 acres d’habitat, y compris certaines populations de damiers de Taylor. Ce terrain sera converti en une réserve écologique ou un parc provincial.

Il est recommandé d’inscrire le damier de Taylor à titre d’espèce sauvage désignée dans l’initiative intitulée Identified Wildlife en vertu de la Forest and Range Practices Act de la Colombie­Britannique. Une fois l’espèce inscrite en vertu de cette loi, il sera possible de protéger les sites et les habitats connus de cette sous-espèce dans les zones d’habitat fauniques (Wildlife Habitat Areas) à son intention sur les terres publiques provinciales. Cependant, il faut souligner qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de zones d’habitat fauniques sur les terres provinciales publiques dans l’aire de répartition de cette espèce sur l'île Denman.

Les invertébrés évalués par le COSEPAC comme espèces menacées, en voie de disparition ou disparues du Canada seront protégées en vertu de la Wildlife Act et de la Wildlife Amendment Act de la Colombie­Britannique une fois que le règlement pour l’inscription de cette espèce sera achevé.

On suppose que certains sites anciens se trouvent dans des milieux régionaux ou municipaux, et ces gouvernements sont sensibilisés à l’existence de cette espèce et à ses habitats potentiels (p. ex. District régional de la capitale [M. Fuchs, comm. pers., 2003-2009], District régional Comox [K. Albert, comm. pers., 2007-2009]).

Le groupe de mise en oeuvre du rétablissement des invertébrés de l’écosystème à chêne de Garry examine actuellement les buts et les objectifs du programme de rétablissement pour le damier de Taylor (J. Heron, obs. pers., 2009). Ces objectifs doivent être modifiés, car ils ont été rédigés avant la découverte d’une population sur l'île Denman, et depuis ce temps, d’autres recherches ont transformé notre compréhension de la biologie et des besoins en matière d’habitat de cette espèce.

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Statuts et classifications non prévus par la loi

En Colombie­Britannique, le damier de Taylor a reçu la cote de conservation S1 « gravement en péril » (critically imperiled) (Conservation Data Centre de la Colombie­Britannique, 2009) et à l’échelle nationale, un classement N1 (en voie de disparition) (endangered) (NatureServe, 2009). La cote de conservation mondiale est G5T1 (NatureServe, 2009). Dans les États de l’Oregon et de Washington, l’espèce a reçu la cote S1 (NatureServe, 2009).

Le damier de Taylor est une espèce de première priorité (priorité la plus élevée) selon le troisième but (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes) du cadre de conservation de la Colombie­Britannique (en anglais seulement).

La version provisoire des lignes directrices sur les pratiques de gestion exemplaires (Management Practices Guidelines) a été rédigée pour le damier de Taylor et d’autres espèces de papillons en péril du sud-est de l’île de Vancouver.

Des organisations de conservation non gouvernementales, comme Conservancy Hornby (T. Law, comm. pers., 2005-2009) et Denman Conservancy (J. Thornton, comm. pers., 2006-2009), travaillent avec les propriétaires fonciers à protéger cette sous-espèce sur ces îles. De nombreuses organisations de conservation des îles Gulf mènent aussi des recherches pour repérer cette espèce et s’activent à protéger l’écosystème à chêne de Garry et la zone côtière à douglas de faible altitude, y compris Salt Spring Conservancy (R. Annschild, comm. pers., 2005-2009), Mayne Island Conservancy (M. Dunn, comm. pers., 2008-2009) et Galiano Conservancy (T. Crowe, comm. pers., 2009).

Aux États­Unis, une pétition a été présentée en vue d’inscrire le damier de Taylor sur les listes (Lists of Endangered and Threatened Wildlife and Plants) en vertu de la Endangered Species Act de 1973 (9 novembre 2009). La décision est en attente (U.S. Fish and Wildlife Service, 2009).

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Protection et propriété de l’habitat

En 2007, des contacts ont été établis avec des propriétaires fonciers et des relevés de damiers de Taylor sur l'île Denman ont permis de déterminer que les observations de cette espèce ont été faites sur 97 % des terres privées (Page et al., 2007). Le 29 octobre 2009, l’approbation d’un projet de développement sur l'île Denman a contribué à un processus de transfert d’environ 475 hectares de terres privées au gouvernement de la Colombie­Britannique pour la création d’un parc provincial ou d’une réserve écologique. Les négociations pour l’acquisition du terrain ont été achevées et les services des parcs de la Colombie­Britannique sont en voie de concevoir un plan sur la façon de gérer ce parc.

Des engagements de conservation sur l'île Denman pour des sites où vivent de petites populations de damiers de Taylor comprennent Central Park (59,5 ha), Railway Grade Marsh (31,5 ha) et la propriété de l’organisation Denman Conservancy (160 ha) (Denman Conservancy Association, 2009). Plusieurs propriétés privées sur l'île Denman comprennent des populations de damiers de Taylor, et l’organisation Denman Conservancy joue un rôle actif et efficace en suscitant la participation des propriétaires en vue de la protection des populations sur leur terrain.

La majorité de l’habitat potentiel du damier de Taylor au sud-est de l’île de Vancouver se retrouve sur des terres privées (p. ex. fermes et propriétés rurales) ou appartient à des sociétés forestières privées (pour la production de bois d’oeuvre). Il est possible que d’anciennes populations de damiers de Taylor aient été présentes sur les aires protégées aujourd’hui (selon des données de musées sur les localités de spécimens) : parc municipal Beacon Hill (Victoria), parc Bright Angel (Duncan; on connaissant une population à l’extérieur du parc); (C. Guppy, comm. pers., 2009), parc provincial Helliwell (île Hornby, site confirmé); parc provincial Tribune Bay (île Hornby, site confirmé); parc municipal Mt. Douglas (Saanich); Mt. Finlayson (parc provincial Goldstream, à l’extérieur du parc, au nord de Victoria); Observatory Hill (propriété fédérale) et l’île Trial (réserve écologique de la Colombie­Britannique et propriété fédérale d’un site de phare). En raison du caractère vague des données sur les spécimens de musées, le ou les sites des populations dans ces parcs ne sont pas confirmés.

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Remerciements et experts contactés

La rédactrice tient à remercier le ministère de l’Environnement de la Colombie­Britannique d’avoir fourni du temps et des ressources pour achever le présent rapport. Merci à North Denman Lands Inc. (Henning Neilson et Bente Pilgaard) de leur soutien et d’avoir autorisé l’accès à leurs propriétés privées sur l'île Denman. Merci également aux autres propriétaires de terres privées de Courtenay, de Comox et de l'île Denman, de l’île Hornby et du sud-est de l’île de Vancouver, qui ont autorisé l’accès à leur propriété à des fins de relevés.

Merci à Brenda Costanzo (ministère de l’Environnement de la Colombie­Britannique) d’avoir donné des avis sur l’information concernant les plantes et les habitats.

Les personnes suivantes ont fourni de l’information, des conseils et des connaissances fiables fondés sur leur expérience de terrain : Nick Page, Suzie Lavallee, Michelle Connolly, Bill Woodhouse, Mike Rody, Drew Chapman, Steve Pratt, Laura Parkinson et Sophie-Ann Blanchet (British Columbia Conservation Corp), Patrick Lilley, Jessica Hellman, Crispin Guppy et Scott Harrison. Merci à Ann Potter (United States Fish and Wildlife Service), Mary Linders (Washington Department of Fish and Wildlife), Ted Thomas (Washington Department of Fish and Wildlife), Mary Jo Anderson (Oregon Zoo) et Elayne Barclay (Oregon Zoo) des renseignements sur le damier de Taylor dans l’État de Washington. Mary Jo Anderson est l’auteure de la photo de la chrysalide de damier de Taylor.

La rédactrice remercie également Shyanne Smith et Chris Junck (groupe de rétablissement des écosystèmes à chêne de Garry et des écosystèmes associés) des renseignements fournis sur les écosystèmes à chêne de Garry. Rob Knight (ministère de l’Environnement de la Colombie­Britannique) a facilité l’accès aux orthophotos utilisées pour l’identification et la cartographie de l’habitat. La rédactrice remercie particulièrement Nick Page de l’examen des cartes et de son soutien à cet égard, ainsi que les organisations de conservation locales des renseignements sur les relevés de papillons et les contacts établis avec les propriétaires fonciers (Robin Annschild, Tyla Crowe, Michael Dunn, Tony Law, Francis McLean, J. Thornton). 

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Experts contactés

Annschild, Robin. 2005 – 2009. Salt Spring Island Conservancy, île Salt Spring. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Barclay, Elaine. 2007 – 2009. Oregon Zoo, Portland (Oregon). Communication personnelle àJennifer Heron.

Burleigh, Jennifer. 2009. Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Provincial Forest Entomologist. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Crowe, Tyla. 2008 – 2009. Galiano Island Conservancy, île Galiano. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Dunn, Michael. 2008 – 2009. Mayne Island Conservancy, île Mayne. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Fairbairns, Matthew. 2009. Botaniste, Victoria (Colombie-Britannique). Communication personnelle à Jennifer Heron, le 16 novembre 2009.

Guppy, Crispin. 2006 – 2009. Lépidoptériste, Quesnel (Colombie-Britannique). Communication personnelle à Jennifer Heron.

Junck, Chris. 2003 – 2009. Garry Oak Ecosystems Recovery Team, Victoria. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Lavallee, Suzie. 2009. University of British Columbia Faculty of Forestry. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Law, Tony. 2005 – 2009. Conservancy Hornby, île Hornby. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Linders, Mary. 2008 – 2009. Washington Department of Fish and Wildlife, Washington, ÉTATS-UNIS. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Miskelly, James. 2009. Independent Entomologist, Victoria Natural History Society, Victoria (Colombie-Britannique).

Page, Nick. 2003 – 2010. Raincoast Applied Ecology, Vancouver (Colombe-Britannique). Communication personnelle à Jennifer Heron.

Potter, Ann. 2005 – 2009. United States Fish and Wildlife Service, Washington, ÉTATS-UNIS. Communication personnelle à to Jennifer Heron.

Pratt, Steve. 2008 – 2009. Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Region 1 Parks (Nanaimo). Communication personnelle à Jennifer Heron.

Rody, Mike. 2003 – 2009. Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Region 1 Parks (Nanaimo). Communication personnelle à Jennifer Heron.

Smith, Shyanne. 2007 – 2009. Garry Oak Ecosystems Recovery Team. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Thornton, J. 2006 – 2009. Denman Conservancy, île Denman. Communication personnelle à Jennifer Heron.

Woodhouse, Bill. 2003 – 2008. Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Region 1 Parks (Nanaimo). Communication personnelle à Jennifer Heron.

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Sources d’information

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Bauer, D. L. 1975. Tribe Melitaeini. P. 139-195, in: W. H. Howe (éd.) The Butterflies of North America. Garden City, New York, Doubleday & Co.: xiii + 633 p.; 97 pls., 32 tf. {[7 Nov] 1975} 

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Black, S. H., et D. M. Vaughan. 2005. Species profile: Euphydryas editha taylori. In: M. D. Shepherd, D. M. Vaughan et S. H. Black (éd.). Red list of pollinator insects of North America. CD-ROM Version 1 (mai 2005). Portland,Oregon: The Xerces Society for Invertebrate Conservation. 

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Sommaire biographique de la rédactrice du rapport

Jennifer Heron est la spécialiste provinciale en matière d’invertébrés; elle travaille à la section des sciences des espèces sauvages (Wildlife Science Section), de la direction des écosystèmes (Ecosystem Branch) du ministère de l’Environnement de la Colombie­Britannique. Elle est responsable de la direction et de la gestion de l’approche provinciale pour la conservation des invertébrés, y compris l’élaboration et l’application de la législation, des politiques, des procédures et des normes de conservation et de rétablissement du gouvernement provincial en matière d’invertébrés en péril, de leurs habitats et de leurs écosystèmes et de veiller à ce que ces espèces ne deviennent pas à risque. Elle collabore avec d’autres spécialistes des invertébrés pour élaborer des approches de planification du rétablissement et attribuer une cote de conservation aux groupes d’invertébrés. Elle travaille avec des organisations de conservation et des groupes d’intendance locaux pour atteindre des objectifs communs de sensibilisation du public.

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Collections examinées

Voir l’annexe 1 : COSEPAC, 2000. Compilations les plus récentes des données de musées concernant le damier de Taylor.

Annexe 1. Liste des mentions de musées et de collections pour le damier de Taylor, telles que résumées par le COSEPAC (2000) et avec des observations visuelles de Shepard (2000) et de C. Guppy (comm. pers., 2009).

CCN : Collection canadienne nationale, Agriculture Canada, Ottawa; Musée royal de la Colombie­Britannique (MRCB), Victoria (les nombres de spécimens entre parenthèses carrées se rapportent aux spécimens de la base de données du MRCB qui n’ont pas été identifiés ou dont le sexe n’a pas été précisé); UBC : Collection entomologique du musée Spencer sur la biodiversité de l’Université de la Colombie­Britannique (Beaty Biodiversity Museum Spencer Entomological Collection at the University of British Columbia), Vancouver; AMNH : American Museum of Natural History, New York; JHS : Jon Shepard, Nelson, Colombie-Britannique; CSG : Cris Guppy, Quesnel, Colombie­Britannique; NK : Norbert Kondla, Calgary, Alberta; CAS : California Academy of Sciences, San Francisco; RG : Richard Guppy, mention visuelle, in litt.; Lep. Soc. : 1951 Season Summary, Lepidopterists’ Society, mention visuelle. YPMN : Peabody Museum of Natural History, Université Yale, New Haven, CT.
LocationLongitude approx.Latitude approx.Alti-tudeAnnéeMoisJourCollectionneurCollectionMâleFemelle
P. B[eacon].H[ill].123 2148 25 1901524E. M. AndersonCNC01
Parc Beacon Hil123 21 0048 25 00  55Wood Coll.AMNH11
Braefoot123 20 4748 28 19 195257G. A. HardyMRCB10
Braefoot123 20 4748 28 19 1952515G. A. HardyMRCB[1]0
Braefoot123 20 4748 28 19 1953511G. A. HardyMRCB01
Brentwood123 27 3948 34 17 1954512G. A. HardyMRCB[1]0
Cattle Point123 17 2248 26 17 193257J. BurbridgeMRCB[1]0
Chain Is.123 16 2348 25 15 1949510G. I. GuigetMRCB01
Chain Is.123 16 2348 25 15 195351G. A. HardyMRCB10
Courtenay124 59 0049 41 00 193152dos Passos Coll.AMNH91
Courtenay124 59 0049 41 00 193159dos Passos Coll.AMNH42
Duncan123 42 0048 47 00    A. W. HanhamCNC10
Duncan, parc Bright Angel Park123 4148 44 1975  R. GuppyRG[nombreux]0
Duncan, parc Bright Angel123 4148 44 197751R. GuppyNK30
Duncan, parc Bright Angel123 4148 44 1977511R. GuppyNK30
Duncan, parc Bright Angel123 4148 44 1978516R. GuppyNK10
Duncan, parc Bright Ange123 4148 44 1978518R. GuppyNK20
Duncan, Cliffs Road (dessus de la falaise surplombant de la rivière Cowichan)123.71835848.778116 1960s  Dionys de Leeuw spoke to C. Guppy (comm. pers.,  2009) [peu][peu]
PP Helliwell124 36 1049 31 29 1977425J. & S. ShepardJHS211
PP Helliwell124 36 1049 31 29 1995427J. H. ShepardMRCB101
PP ).Helliwell124 36 1049 31 29 1995427J. H. ShepardJHS60
Hudson Bay Woods [Oak Bay]123 18 1048 26 33 195453G. A. HardyMRCB10
Lost Lake123 21 3648 29 04 195159G. A. HardyMRCB[1]0
Lost Lake123 21 3648 29 04 1952424G. A. HardyMRCB10
Lost Lake123 21 3648 29 04 1952512G. A. HardyMRCB10
Lost Lake123 21 3648 29 04 195359G. A. HardyMRCB[1]0
Mill Bay123 34 2248 38 12190m198857C. S. GuppyMRCB313
Mill Bay123 33 2448 39 17190m1989415C. S. GuppyMRCB[1]0
Mill Bay, 3 km SO123 3448 38190m198857C. S. GuppyCSG111
Mill Bay, 3 km SO123 3448 38190m1988520C. S. GuppyCSG1119
Mill Bay, 3 km SO123 35 0048 38 00190m198857C. S. GuppyJHS41
Mill Bay, 3 km SO123 35 0048 38 00190m1988520C. S. GuppyJHS102
Mt. Douglas123 20 3848 29 30 1954524G. A. HardyMRCB[1]0
Mt. Finlayson123 32 1448 29 44 195757G. A. HardyMRCB[1]0
Mt. Finlayson123 32 1448 29 44 195855G. A. HardyMRCB01
Norman Pt., près de [l’île Hornby]124 39 5549 29 32 1995428J. H. ShepardJHS30
Norman Pt., près de [l’île Hornby]124 39 5549 29 32 1995428J. H. ShepardMRCB10
Oak Bay123 18 0048 27 00    Richard GuppyLep.Soc.[commun]0
Oak Bay123 18 0048 27 00 1951424Richard GuppyAMNH20
Oak Bay123 18 0048 27 00 1951424Gibbon Coll.CNC42
Observatory Hill123 25 0648 31 16 195754G. A. HardyMRCB[1]0
Observatory Hill123 25 0648 31 16 195755G. A. HardyMRCB[1]0
Royal Oak123 23 3848 30 02 1957518G. A. HardyMRCB[1]0
Dist. Shawnigan123 33 1448 39 23 193159J. R. L. JonesMRCB[1]0
Dist. Shawnigan123 33 0048 39 00 1952413J. R. L. JonesMRCB10
Tod Inlet123 28 0048 34 00 192856W. H. A. PreeceCNC01
Tod Inlet123 28 0048 34 00 1928513W. H. A. PreeceCNC02
ÎleTrial123 18 1948 23 57 195252G. A. HardyMRCB10
Île Trial123 18 1948 23 57 1953525G. A. HardyMRCB10
Parc provincial Tribune Bay   1995  

J. H.

Shepard

Obs. vis. (Shepard, 2000)  
île de Vancouver      H. EdwardAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50  423Hulst Coll.AMNH10
Victoria123 22 4348 25 50  424Buchholz Coll.AMNH10
Victoria123 22 4348 25 50  51Buchholz Coll.AMNH13
Victoria123 22 4348 25 50  59Hulst Coll.AMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 1887522J.M[acoun].CNC02
Victoria123 22 4348 25 50 190259And[erson]CAS11
Victoria123 22 4348 25 50 19035 E. M. AndersonCNC11
Victoria123 22 4348 25 50 190353 MRCB02
Victoria123 22 4348 25 50 1908420Gunder Coll.AMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 190956And[erson]CAS11
Victoria123 22 4348 25 50 1909516A. J. CrokerCAS10
Victoria123 22 4348 25 50 1909523A. J. CrokerCAS11
Victoria123 22 4348 25 50 190962G. W. TaylorJHS10
Victoria123 22 4348 25 50 1910430A. J. CrokerAMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 1910430 AMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 191056A. J. CrokerAMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 1910528A. J. CrokerAMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 191254E. H. BlackmoreMRCB[2]0
Victoria123 22 4348 25 50 191659W. DownesCNC01
Victoria123 22 4348 25 50 1917517 CNC10
Victoria123 22 4348 25 50 1917518 CNC10
Victoria123 22 4348 25 50 1919421 CNC01
Victoria123 22 4348 25 50 191956W. DownesCNC10
Victoria123 22 4348 25 50 192151W. R. C[arter].MRCB[1]0
Victoria123 22 4348 25 50 1922418E. H. BlackmoreAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 1922512W. DownesCNC10
Victoria123 22 4348 25 50 192453W. DownesCNC50
Victoria123 22 4348 25 50 1924526W. DownesCNC01
Victoria123 22 4348 25 50 1926427W. DownesCNC01
Victoria123 22 4348 25 50 1927520W. DownesCNC10
Victoria123 22 4348 25 50 1927622W. DownesCNC01
Victoria123 22 4348 25 50 192957Gunder Coll.AMNH96
Victoria123 22 4348 25 50 192957PreeceAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 192957Strernitzky Coll.AMNH10
Victoria123 22 4348 25 50 1929510PreeceAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 1929511PreeceAMNH14
Victoria123 22 4348 25 50 1929513PreeceAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 195251ex. N. W. GillmanYPMN10
Victoria123 22 4348 25 50 195252ex. N. W. GillmanYPMN10
Victoria123 22 4348 25 50 195253ex. N. W. GillmanYPMN20
Victoria123 22 4348 25 50 195255ex. N. W. GillmanYPMN40
Victoria123 22 4348 25 50 195256ex. N. W. GillmanYPMN10
Victoria123 22 4348 25 50 195257ex. N. W. GillmanYPMN70
Victoria123 22 4348 25 50 195258ex. N. W. GillmanYPMN10
Victoria123 22 4348 25 50 1952510ex. N. W. GillmanYPMN10
Victoria123 22 4348 25 50 195959Richard GuppyAMNH01
Victoria123 22 4348 25 50 195959Richard GuppyAMNH10
Dist. Victoria123 22 4348 25 50 1933515J. R. L. JonesMRCB[1]0

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1 On connaît deux variétés de véronique à feuilles de serpolet (V. serpyllifolia) en Colombie­Britannique : V. serpyllifolia var. serpyllifolia a été introduite en Colombie-Britannique, et signalée aux altitudes des basses terres côtières et est la variété consommée par la chenille du damier de Taylor sur l’île Denman; la deuxième variété V. serpyllifolia var. humifusa, est indigène à la Colombie­Britannique et se retrouve habituellement à des sites de plus grande altitude (Pojar, 2000) et n’a pas été mentionnée sur l’île Denman.