Résumé technique et données d'appui pour une évaluation d'urgence de la pipistrelle de l’Est Perimyotis subflavus – 2012

Graham Forbes, coprésident, Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC

Février 2012

Table des matières

Figure

Tableaux


COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Sommaire de l’évaluation – février 2012

Nom commun
Pipistrelle de l’Est

Nom scientifique
Perimyotis subflavus

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
La plus grande partie de la population canadienne de cette espèce a récemment été exposée à pathogène fongique. Les déclins catastrophiques de plusieurs espèces de chauves-souris et la disparition fonctionnelle (moins de 1 % de la population actuelle) prévue de la petite chauve-souris brune dans le nord-est des États-Unis s’appliqueront fort probablement à la population canadienne de cette espèce d’ici 3 générations. Les résultats pour la petite chauve-souris brune sont considérés comme s’appliquant à cette espèce. Des cas de mortalité massive ont été enregistrés au Nouveau Brunswick en 2011, des déclins importants ont été constatés dans des hibernacles du Québec et de l’Ontario, et on a relevé des indications de chauves souris en vol en hiver dans de nombreux sites où l’infection par le syndrome du museau blanc (SMB) est connue. Le SMB a été détecté dans 4 provinces canadiennes et se propage au rythme minimum de 200 km/an. Après deux années d’exposition, le taux de mortalité de ces espèces dans des hibernacles infectés était de 76 % et 94 % respectivement dans le nord-est des États-Unis et au Canada. Il est probable qu’une grande partie de la population canadienne est déjà touchée et que le reste le sera d’ici quelques années.

Répartition
Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » suivant une évaluation d'urgence le 3 février 2012.

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Résumé

On estime qu’entre 5,7 et 6,7 millions de chauves-souris de plusieurs espèces, mais principalement la petite chauve-souris brune, sont mortes au cours des 6 dernières années dans le nord-est des États-Unis et l’est du Canada. La pipistrelle de L’Est est relativement rare au Canada. La réaction de la petite chauve-souris brune au syndrome du museau blanc (SMB) est donc utilisée comme substitut lorsque de l’information sur la pipistrelle de l’Est n’existe pas. La mortalité associée au SMB, causé par un champignon probablement originaire d’Europe, a réduit les populations de la petite chauve-souris brune de plus de 75 % dans les hibernacles infectés, et la modélisation a permis d’établir que l’espèce aura fonctionnellement disparu (moins de 1 % de la population restante) d’ici 16 ans dans le nord-est des États-Unis (Frick et al., 2010). Beaucoup de données indiquent que le même résultat se produira au sein de la population canadienne de pipistrelles de l’Est; des déclins et des taux de mortalité importants ont été enregistrés au Canada en 2011, et la vulnérabilité au SMB serait semblable dans la plus grande partie du pays.

La taille et les tendances des populations de pipistrelles de l’Est avant l’apparition du SMB ne sont pas connues, mais cette espèce était jugée rare à peu commune, mais stable. Un déclin de 76 % des pipistrelles de l’Est a été enregistré dans les hibernacles infectés dans le nord-est des États-Unis (Turner et al., 2011) et les populations estivales semblent connaître des taux de déclin semblables.

Le déclin imminent et la menace à la survie de cette espèce sont fondés sur des résultats obtenus dans le nord-est des États-Unis et dans l’est du Canada. En outre, la majeure partie de l’aire de répartition de la pipistrelle de l’Est chevauche l’aire de distribution du SMB. Le taux de propagation du SMB est moins important à titre de variable pour l’évaluation de la pipistrelle de l’Est en comparaison du vespertilion nordique et de la petite chauve-souris brune, dont les aires de répartition s’étendent au-delà de l’aire de distribution du SMB à l’heure actuelle.

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Résumé technique

Perimyotis subflavus
Pipistrelle de l’Est – Tri-colored Bat (Eastern Pipistrelle)

Répartition au Canada :
Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec

Données démographiques
Durée d’une génération (Longévité moyenne moins 1 an pour le stade subadulte [7] et âge moyen des femelles adultes [9?])
La plage de 3 à 9 ans tient compte de la longévité moyenne moins 1 an pour le stade subadulte (7), de l’âge moyen des femelles adultes (9?) et des données provenant du baguage de la petite chauve-souris brune au Manitoba, qui indiquent 3 ans.
De 3 à 9 ans (estimation)
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre total d’individus matures?
Les populations étaient jugées stables jusqu’à présent, bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Oui, des déclins importants ont été constatés dans le nord-est des États-Unis et à certains sites au Canada dans la dernière année
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant deux générations (de 6 à 18 ans).
Les populations étaient jugées stables jusqu’à présent, bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Inconnu, mais on prévoit qu’il sera élevé dans l’avenir
Pourcentage inféré de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des trois dernières générations (de 9 à 27 ans).
Les populations étaient jugées stables jusqu’à l’apparition du syndrome du museau blanc (SMB), bien que peu de relevés aient été réalisés par le passé.
Inconnu, mais probablement stable avant l’apparition du SMB
Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des trois prochaines générations (de 9 à 27 ans).
Un déclin catastrophique est prévu d’ici 5 ans, d’après les données sur la mortalité recueillies à ce jour.
Au moins 75 %
Pourcentage estimé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours de toute période de trois générations commençant dans le passé et se terminant dans le futur. Au moins 75 %
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?
Le SMB est la cause de la mortalité. Sans remède, on s’attend à ce que celle-ci se poursuive; les spores persistent dans les grottes.
Les causes sont comprises, mais n’ont pas cessé et ne sont pas réversibles
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Une variation entre les hibernacles individuels a été enregistrée, mais aucune fluctuation extrême n’est évidente en ce qui a trait aux populations connues.
Inconnu, mais peu probable

 

Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence.
De la moitié sud de l’Ontario vers l’est jusqu’à la Nouvelle-Écosse
Sud-est du Canada
Indice de la zone d’occupation (IZO).
Historiquement, les lieux spécifiques des hibernacles et des colonies de maternité sont réutilisés, mais la recherche de nourriture en été s’étend sur l’ensemble de l’aire de répartition.
Sud-est du Canada
La population totale est-elle très fragmentée?
La population de la Nouvelle-Écosse peut être isolée des autres, mais pas dans une grande mesure.
Peu probable
Nombre de « localités »*
1 localité, d’après le fait que le SMB constitue une menace généralisée.
1
Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d’occurrence?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s’attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé de l’indice de la zone d’occupation?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s’attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?
Les prévisions sont principalement fondées sur les données concernant la mortalité dans le nord-est des États-Unis.
Pas encore, mais on s’attend à un déclin au cours des 3 prochaines générations
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités*?
La population canadienne occupe une seule localité.
Non
Y a-t-il un déclin continu observé de la superficie de l’habitat?
Les hibernacles constituent des milieux essentiels à la viabilité de la population; il semble que le SMB transforme ces sites en puits de population. Des déclins ont été enregistrés dans certains hibernacles et pourraient avoir eu lieu ailleurs.
Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?
La population canadienne occupe une seule localité.
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation?Non

 

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Population
Nbre d’individus matures
(minimum estimé)
Le nombre d’individus matures est inconnu; l’espèce est considérée rare au Québec et au Nouveau-Brunswick et peu commune en Nouvelle-Écosse et en Ontario. Un faible nombre a été observé dans les hibernacles à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce. 
Total20 000 (?)

 

Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Les prévisions des modèles (d’après Frick et al., 2010), pour la petite chauve-souris brune dans le nord-est des États-Unis, (reposant sur des données recueillies sur 30 ans avant l’apparition du SMB et les déclins documentés depuis celle-ci) indiquent une probabilité de « disparition régionale » de 99 % d’ici 16 ans. La productivité accrue chez la pipistrelle de l’Est laisse supposer que la disparition de l’espèce se produira sur une plus longue période que chez la petite chauve-souris brune, mais on s’attend à un important déclin de la population canadienne d’après les déclins marqués (76 %) documentés aux États-Unis.
En supposant que les résultats pour la petite chauve-souris brune s’appliquent à la pipistrelle de l’Est, la probabilité de disparition est de 99 % dans le nord-est des États-Unis. On s’attend à des résultats semblables dans le centre et l’est du Canada.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)
Le SMB est causé par un pathogène fongique (Geomyces destructans), probablement originaire d’Europe, qui a été constaté pour la première fois en Amérique du Nord en 2006, et au Canada, en 2010. Après plusieurs années d’exposition, le taux de mortalité des pipistrelles de l’Est dans les hibernacles infectés était de 76 % dans le nord-est des États-Unis. L’essaimage automnal des chauves-souris a probablement mené à la propagation à tous les hibernacles.

 

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Situation des populations de l’extérieur
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? 
La pipistrelle de l’Est est mobile et entreprend de grands déplacements entre les saisons et les hibernacles.
Probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Le climat et les sources de nourriture sont semblables à ce que l’on trouve aux États-Unis, mais aucun individu immigrant ne serait adapté au Geomyces destructans.
Oui/Non
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
La quantité de dortoirs et de nourriture ne semble pas limitée, mais les hibernacles infectés par le Geomyces destructans deviendraient des puits de population.
Non
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Les autres populations n’existent qu’au sud du Canada et sont presque disparues dans les États du nord-est des États-Unis.
Non

 

Statut existant
COSEPAC : Espèce non évaluée. On considère qu’elle est peu commune dans la majeure partie de son aire de répartition. Une évaluation aux fins de l’attribution du statut d’espèce en voie de disparition est en préparation aux États-Unis.

 

Sommaire de la situation
Statut et justification de la désignation
Statut :
En voie de disparition
Codes alphanumériques :
A3bce+4bce; E
Justification de la désignation :
La plus grande partie de la population canadienne de cette espèce a récemment été exposée à pathogène fongique. Les déclins catastrophiques de plusieurs espèces de chauves-souris et la disparition fonctionnelle (moins de 1 % de la population actuelle) prévue de la petite chauve-souris brune dans le nord-est des États-Unis s’appliqueront fort probablement à la population canadienne de cette espèce d’ici 3 générations. Les résultats pour la petite chauve-souris brune sont considérés comme s’appliquant à cette espèce. Des cas de mortalité massive ont été enregistrés au Nouveau-Brunswick en 2011, des déclins importants ont été constatés dans des hibernacles du Québec et de l’Ontario, et on a relevé des indications de chauves-souris en vol en hiver dans de nombreux sites où l’infection par le syndrome du museau blanc (SMB) est connue. Le SMB a été détecté dans 4 provinces canadiennes et se propage au rythme minimum de 200 km/an. Après deux années d’exposition, le taux de mortalité de ces espèces dans des hibernacles infectés était de 76 % et 94 % respectivement dans le nord-est des États-Unis et au Canada. Il est probable qu’une grande partie de la population canadienne est déjà touchée et que le reste le sera d’ici quelques années.

 

Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
A3b, A3c, A3e : Le critère du COSEPAC exigeant une réduction prévue du nombre total d’individus matures de plus de 50 % sur 3 générations est atteint, d’après les signes du SMB au Canada et les déclins documentés de 76 % en moyenne dans 36 hibernacles infectés situés dans 5 États voisins après deux années d’exposition. Trois générations équivalent à 15 à 27 années, l’aire de distribution du SMB chevauche déjà l’aire de répartition de cette espèce au Canada et tous les hibernacles seront probablement infectés d’ici quelques années et définitivement d’ici 15 ans.
Le critère A3b est atteint, car on s’attend à ce que le nombre d’individus matures diminue de plus de 90 % au cours des 3 prochaines générations, d’après les taux de mortalité actuels observés dans 36 hibernacles infectés des États-Unis après 2 années d’exposition et d’un taux de mortalité de 94 % enregistré dans 1 hibernacle infecté au Québec.
Le critère A3c est atteint, car on s’attend à ce que la zone d’occurrence et l’IZO de l’espèce soient réduites de plus de 50 % au cours des 3 prochaines générations, à mesure que les populations disparaîtront à cause de la propagation de la maladie. Cette espèce était disparue de 13 de 36 hibernacles (36 %) du nord-est des États-Unis en 2010, soit 5 ans après la découverte du SMB.
Le critère A3e est atteint, car on pense que le Geomyces destructans, responsable du SMB, serait un pathogène introduit d’Europe. Il est responsable de déclins de populations supérieurs de 76 % dans certains hibernacles après deux années d’infection.
Les critères A4b, A4c et A4e sont atteints en raison de l’impact actuel du SMB, combiné aux prévisions de la mortalité qui excèdent 50 %. De plus, les causes du déclin risquent de ne pas cesser et pourraient être irréversibles, en raison de l’absence de remède (voir la justification pour les critères b, c et e ci-dessus).
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : Sans objet
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet
Critère D (très petite population ou répartition restreinte) : Sans objet
Critère E (analyse quantitative) :
En utilisant les résultats pour la petite chauve-souris brune comme substitut pour cette espèce, le critère du COSEPAC exigeant une probabilité de disparition minimale sur 20 ans ou 5 générations de 20 % est atteint, car les résultats pour cette espèce apparentée provenant de régions voisines et semblables ont permis de modéliser la disparition régionale de la pipistrelle de l’Est d’ici 16 ans, à une probabilité de 99 %.

* Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et UICN (2010) (PDF; 473 Ko) (en anglais seulement) pour obtenir plus de renseignements sur ce terme.

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Évaluation d'urgence – Pipistrelle de l’Est

Graham Forbes, coprésident, Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC

Contexte du rapport

La Loi sur les espèces en péril et la section 5.5 du Manuel des opérations et des procédures du COSEPAC expliquent le contexte d’une évaluation d’urgence. Le présent rapport souligne les éléments indiquant un grave déclin au sein de la population de pipistrelles de l’Est, qui se traduit par une menace immédiate à la survie de l’espèce.

Aperçu de l’espèce et signes de menace à la survie

La pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus) est une espèce de chauve-souris insectivore présente dans le sud-est du Canada et dans l’est des États-Unis (figure 1). Elle est rare au Québec et au Nouveau-Brunswick et peu commune dans le sud de l’Ontario et en Nouvelle-Écosse (Broders et al., 2001; idem, 2003; van Zyll de Jong, 1985). L’effectif total est inconnu. La pipistrelle de l’Est gîte avec la petite chauve-souris brune et le vespertilion nordique, mais en très faible nombre.

L’impact du syndrome du museau blanc (SMB) est de même intensité chez la petite chauve-souris brune, le vespertilion nordique et la pipistrelle de l’Est. Chez ces trois espèces, la taille du corps, la longévité, l’habitat d’alimentation, les aliments et l’habitat d’hivernage sont semblables (Fujita et Kunz, 1984). Elles sont toutes trois vulnérables au SMB. Comme elles hivernent toutes dans les mêmes hibernacles, il est difficile de les identifier au niveau de l’espèce si elles se tiennent à une certaine distance ou dans des fissures. Peu d’information est disponible sur la pipistrelle de l’Est; le présent rapport repose donc sur des données sur la petite chauve-souris brune lorsque des données sur la pipistrelle de l’Est n’ont pas été recueillies.

Il semble que le SMB pose un plus grand risque pour la pipistrelle de l’Est que dans le cas d’autres espèces parce qu’elle hiverne à une température qui se révèle optimale pour la croissance du Gd, que sa période d’hibernation est la plus longue parmi ce groupe d’espèces et que son système immunitaire est essentiellement inactif durant cette période (Raesly et Gates, 1987; DeeAnn Reeder, comm. pers.).

Les espèces de chauve-souris de petite taille qui passent l’hiver dans des grottes ou des mines sont touchées par le syndrome du museau blanc (SMB), une maladie mortelle causée par un champignon, le Geomyces destructans (Gd), qui serait originaire d’Europe (Pikula et al., 2012; Turner et al., 2011) et qui a été détectée pour la première fois en Amérique du Nord en 2006 (Lorch et al., 2011). Le champignon pousse dans les milieux humides et froids, typiques des grottes où les chauves-souris hibernent (Blehert et al., 2009). On pense que la mortalité en hiver serait causée par la famine, entraînée par une activité physique excessive; les chauves-souris insectivores qui seraient normalement en hibernation deviennent actives, déshydratées et affamées en raison de l’infection par le champignon qui se développe sur elles, tandis que leur température corporelle (Turner et al., 2011) et leur système immunitaire (Carey et al., 2003) sont faibles. Les chauves-souris quittent leur grotte à la recherche de nourriture et d’eau, mais elles meurent à l'extérieur ou à l’entrée de l’hibernacle. Les processus physiologiques associés à l’hydratation, ainsi que des dommages aux ailes, pourraient aussi être liés à la mortalité (Cryan et al., 2010).

Un modèle de population n’a pas été bâti pour la pipistrelle de l’Est. Mais on prévoit que la petite chauve-souris brune aura fonctionnellement disparu (moins de 1 % de la population actuelle) dans le nord-est des États-Unis d’ici 16 ans (Frick et al., 2010). Les estimations indiquent que 1 million de chauves-souris seraient mortes dans le nord-est des États-Unis dans les 3 ans suivant l’apparition du SMB (Kunz et Tuttle, 2009). Une estimation récente de la mortalité réalisée par la WNS Management Team aux États-Unis indique que de 5,7 à 6,7 millions de chauves-souris seraient mortes dans les 6 ans suivant l’apparition du SMB (communiqué de presse du Fish and Wildlife Service des États-Unis, 17 janvier 2012). À ce jour, les résultats en matière de mortalité appuient les prévisions du modèle (2010) de Frick et al. (Turner et al., 2011).

On ne s’attend pas à ce que les populations des espèces touchées se rétablissent rapidement, car les populations de chauves-souris présentent généralement de faibles taux de croissance. La mortalité est élevée chez les jeunes d’un an, tandis que les adultes vivent longtemps et ne produisent que 1 ou 2 petits à 1 ou 2 années d’intervalle. Une telle stratégie du cycle vital accroît la vulnérabilité de ces espèces de chauves-souris et entraîne des taux de mortalité élevés. L’expérience acquise aux États-Unis indique que des déclins significatifs se produisent souvent dans la deuxième année après la première détection (Turner et al., 2011); c’est pourquoi nous mettons l'accent sur les données associées à une durée d’exposition supérieure à 1 an dans le présent rapport. Le déclin des populations de pipistrelles de l’Est dans les zones infectées (la majeure partie du nord-est des États-Unis) est de 76 % (tableau 1; Turner et al., 2011). Parmi ces 36 hibernacles, 13 ont vu leur population chuter à zéro. En 2011, le SMB avait été enregistré dans 190 hibernacles répartis dans 16 États et 4 provinces. Les mêmes résultats se produisent au Canada aux endroits où le SMB a été signalé depuis plus de 2 ans (voir les détails ci-après).

Données récentes au Canada

Dans l’est de l’Ontario, 8 hibernacles font l’objet d’une surveillance visant les changements de l’abondance; tous affichaient des déclins significatifs de l’abondance de la petite chauve-souris brune principalement mais aussi de la pipistrelle de l’Est après 1 année d’exposition au SMB, avec un déclin moyen de 30 %. Après 2 années d’exposition, le déclin moyen avait atteint 92 % (tableau 2). La pipistrelle de l’Est constituait un petit pourcentage des chauves-souris récoltées, mais on s’attend à ce que son déclin soit proportionnel. On recherche actuellement d’autres hibernacles, mais la surveillance du SMB se limite souvent à la recherche de chauves-souris en vol ou de carcasses près de l’entrée des grottes, et les déclins en pourcentage ne peuvent pas être calculés d’après de telles données.

Au Québec, 5 hibernacles font l’objet d’une surveillance relative au SMB, réalisée au moyen de compteurs lasers installés à l’entrée des hibernacles. À l’automne 2011, le nombre d’individus dans un hibernacle (Mine-aux-Pipistrelles, dans le sud du Québec, près de la frontière des États-Unis; le site le plus rapproché de l’origine du SMB) était passé de plus de 5 000 à 8 individus (déclin minimum de 99 %), d’après les centaines de chauves-souris trouvées sur le sol (Mainguy et Desrosiers, 2011). Durant les deux années précédentes, soit avant l’apparition du SMB, de 15 à 17 individus étaient observés chaque année, mais seul un individu a été observé en novembre 2011, ce qui représente un déclin de 94 %. Dix autres sites sont surveillés par observation, mais l’accès aux sites et la qualité des résultats des relevés varient; des signes du SMB ainsi que « beaucoup » de chauves-souris mortes ont été constatés dans 1 site (mine Emerald) en février 2010.

Au Nouveau-Brunswick, 11 sites ont fait l’objet d’une surveillance visant le SMB de 2010 à 2012. Le premier cas de SMB a été constaté en mars 2011, quand plus de 80 % des 6 000 chauves-souris de la grotte Berryton sont mortes en 1 mois (McAlpine et al., sous presse). Au total, 350 chauves-souris ont été dénombrées en décembre 2011, ce qui représente un déclin de 94 % sur 2 ans. On suppose que la pipistrelle de l’Est est infectée par le SMB comme cela est le cas ailleurs. Des cas de SMB ont été constatés à 3 autres sites en décembre 2011.

En Nouvelle-Écosse, l’accès aux grottes est restreint, et les relevés ont été limités à des visites hivernales à l’entrée des grottes, à la collecte de carcasses et à des mentions faites par le public de chauves-souris en vol durant l’hiver. Les carcasses sont fournies à des pathologistes vétérinaires, qui ont confirmé la présence du Gd.

Déplacements de la pipistrelle de l’Est

De nouveaux travaux réalisés par Erin Fraser et Brock Fenton (étude en revue) donnent à penser que la pipistrelle de l’Est peut entreprendre de plus grandes migrations qu’on le croyait. Des analyses des isotopes stables ont été menées sur des spécimens de musée (taille de l’échantillon inconnue). Quelques-uns se sont révélés être des individus non migrateurs, alors que d’autres étaient des individus qui s’étaient déplacés sur une distance suffisamment grande pour produire des signatures isotopiques différentes. L’étendue des déplacements vers le sud en hiver est inconnue, des analyses des points d’origine n’ayant pas été effectuées (Erin Fraser, comm. pers.). Ces résultats soulèvent la possibilité que la pipistrelle de l’Est migre vers le sud pour y passer l’hiver et qu’elle court peut-être donc moins de risque d’être infectée par le SMB si elle passe l’hiver en Floride et au Texas, où il est peu probable que le SMB persiste (figures 1 et 3).

Il est difficile d’établir si la pipistrelle de l’Est migre au-delà de l’aire de répartition du SMB. Une espèce semblable de l’Europe (Pipistrellus pipistrellus) migre sur une distance de 1 200 km (Fleming et Eby, 2003). En Amérique du Nord, la pipistrelle de l’Est est considérée comme une espèce qui migre sur de courtes distances à l’échelle régionale (Barbour et Davis, 1969). En 1984, la plus grande distance franchie, d’après le baguage d’individus, était de 53 km (Griffin, 1940; cité dans Fujita et Kunz, 1984). Un nombre relativement faible de pipistrelles de l’Est est observé dans les hibernacles. Par contre, des populations hibernantes denses n’ont été observées à nulle part dans l’aire de répartition de l’espèce (Sandel et al., 2001), mais cela ne veut pas forcément dire qu’elles ne sont pas présentes dans les hibernacles nordiques.

Abstraction faite de notre ignorance des mouvements migratoires de la pipistrelle de l’Est, le déclin dans l’abondance de la pipistrelle de l’Est en été, après l’apparition du SMB, suggère que l’espèce est vulnérable au syndrome, partout où elle hiberne. Comme les autorités sont en voie d’organiser les données, peu de résultats sont disponibles. Mais il est évident, d’après les données disponibles sur les sites infectés par le SMB, que le nombre de pipistrelles de l’Est a diminué en été. Par exemple :

Données récentes recueillies en été

Dans l’État de New York, dans le cadre d’une initiative de surveillance acoustique menée à l’échelle de l’État, le niveau de détection de la pipistrelle de l’Est en été était de 0,7 individus/30 km de route en 2009; ce niveau a chuté à 0,4/30 km en 2011. Ce déclin est une sous-estimation parce que la surveillance n’a débuté que lorsque de graves déclins dans le nombre de chauves-souris imputables au SMB s’étaient déjà produits (Carl Herzog, biologiste de l’État de New York, comm. pers., données inédites). Il était rare de capturer la pipistrelle de l’Est au filet japonais dans l’État de New York avant l’apparition du SMB (de 2003 à 2007, un total de 38 individus ont été capturés au cours de 737 nuits de capture au filet japonais [0,052]); après l’apparition du SMB, elle était essentiellement absente (de 2008 à 2011, un total de 3 individus ont été capturés au cours de 1 856 nuits [0,002]) (Carl Herzog, biologiste de l’État de New York, comm. pers., données inédites).

En Virginie Occidentale, 386 pipistrelles de l’Est ont été capturée avant l’apparition du SMB (2008) et 101, 1 an après l’apparition du SMB (2010) (Craig Stihler, biologiste de l’État de Virginie Occidentale, comm pers., données inédites).

En Pennsylvanie, les taux de capture s’élevaient à 0,005 durant l’été avant l’apparition du SMB (de 55 à 70 individus dans le cadre d’effort de capture d’environ 10 000 à 14 000 unités de filet de 1 m² tendues pendant 1 heure); ils n’atteignait plus que 0,0004 en 2010, soit après l’apparition du SMB (13 individus dans environ 31 000 unités de filet de 1 m²) (toutes les données pour 2010 ne sont pas incluses, mais il est peu probable que ce nombre changerait même si l’effort de capture serait plus élevé) (Calvin Butchkoski, biologiste de l’État de Pennsylvanie, comm pers.; Butchkoski, 2011).

En Virginie, les captures effectuées dans 5 ou 6 sites d’essaimage d’automne ont diminué, passant de 15 individus capturés par site au début de l’apparition du SMB à environ 2 par site en 2011 (figure 4) (Rick Reynolds, biologiste de l’État de Virginie, comm pers., données inédites).

En conclusion, les populations de pipistrelles de l’Est dans la partie nord de l’aire de répartition de l’espèce (État de New York et Vermont) ont presque disparu depuis l’apparition du SMB. Il est en outre peu probable que les habitudes migratoires de la population canadienne soient différentes; elle est donc probablement autant vulnérable au SMB et a connu des déclins aussi marqués dans l’État de New York et au Vermont.

Menace imminente pour la survie

La menace imminente pour la survie de l’espèce est fondée sur trois hypothèses : a) le fait que l’on s’attende à ce que les taux de mortalité constatés dans le nord-est des États-Unis s’appliquent à la population canadienne; b) la forte probabilité que le SMB se propage rapidement à tous les hibernacles dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce; c) le fait que la probabilité d’immigration de source externe soit nulle.

a) Application des résultats des États-Unis au Canada

L’épidémie de SMB s’est d’abord déclarée dans le nord-est des États-Unis, et davantage de données sur les effets du SMB après plusieurs années sont disponibles pour cette population. De plus, les hibernacles étaient généralement mieux surveillés et les tendances des populations mieux connues aux États-Unis, ce qui a facilité la modélisation des répercussions du SMB sur la population. On s’attend à ce que les taux de mortalité enregistrés aux États-Unis s’appliquent aussi à la population canadienne, car les conditions des hibernacles, comme la température et l’humidité, y sont semblables et favorisent la croissance du Gd. Des déplacements de chauves-souris ont probablement lieu entre les deux pays, et rien n’indique qu’il y ait des différences génétiques entre les individus du nord-est des États-Unis et ceux du Canada. Par conséquent, rien ne permet de croire à une résistance accrue des chauves-souris canadiennes, et les résultats obtenus dans le nord-est des États-Unis, y compris le modèle de population, les taux de mortalité et le rythme de propagation, devraient être les mêmes au Canada.

b) Rythme de propagation

Le syndrome du museau blanc a été constaté pour la première fois il y a 6 ans (février 2006) dans une caverne située près d’Albany, dans l’État de New York (Frick et al., 2010; figure 2). Le SMB s’est propagé à un rythme d’environ 200 à 400 km par année, atteignant l’Ontario et le Québec en 2010, et le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, en 2011 (figures 1 et 2). La distance en ligne droite parcourue par le SMB, à partir de son épicentre à Albany, jusqu’au site le plus éloigné (Missouri) de 2006 à 2011 est de quelque 1 000 km, soit 200 km/an. En outre, un cas récent a été relevé en Oklahoma, à 2 200 km de l’épicentre (440 km/an) (Turner et al., 2011; figures 1 et 2). Au Canada, le rythme de propagation jusqu’au Nouveau-Brunswick a été de 200 km/an, tandis que le site à l’ouest le plus éloigné de l’épicentre (Wawa, en Ontario) mentionné à ce jour a été atteint à un rythme de 250 km/an. Le taux de propagation moyen semble donc varier de 200 à 400 km/an. La distance parcourue entre l’épicentre et le premier site touché en Ontario (Cochrane) est de 1 000 km, ce qui pourrait indiquer que le SMB peut se propager plus rapidement, soit par les déplacements des chauves-souris ou des humains, ou que le SMB était déjà présent dans les sites ontariens les plus proches d’Albany.

On pense que les vecteurs de transmission de la maladie seraient les chauves-souris qui sont entrées en contact avec d’autres individus ou avec les murs d’un hibernacle infecté par des conidies, ainsi que les humains visitant les grottes. Une proportion de petites chauves-souris brunes et probablement de pipistrelles de l’Est se déplacent sur des centaines de kilomètres entre leurs aires d’estivage et d’hivernage. De plus, le comportement d’essaimage adopté par ces espèces en août et en septembre constitue vraisemblablement un des principaux mécanismes de transmission du Gd entre les sous-populations. Ce comportement indique aux jeunes où se rendre pour hiberner, et annonce le début de la saison de reproduction. Les contacts fréquents entre les chauves-souris durant cette période jouent probablement un rôle clé dans la propagation du SMB (B. Fenton, comm. pers.). En outre, on a déjà vu des chauves-souris essaimer dans un site, mais hiberner ailleurs (Humphrey et Cope, 1976), ce qui pourrait contribuer à transporter les spores d’un site à l’autre (Turner et al., 2011).

On s’attend à ce que le SMB continue de se propager au Canada et dans l’ouest des États-Unis, car la plupart des grottes et des mines utilisées par les chauves-souris présentent des conditions similaires. D’après les conditions favorables à la croissance du Gd (les températures minimale et maximale dans les hibernacles ainsi que les liens avec la température et les réserves lipidiques des chauves-souris) (Hallam et Federico, 2011), on estime que les conditions propices au SMB sont présentes dans la majeure partie des États-Unis et, en présumant que la propagation entre les colonies se produira comme pour l’est de l’Amérique du Nord, on prévoit qu’une très grande partie de la région sera touchée par le SMB d’ici 2018 (figure 3). La carte de prévision n’a pas été réalisée pour le Canada, mais, comme les conditions des hibernacles y sont semblables, on s’attend à la même propagation du SMB qu’aux États-Unis (figure 3).

c) Possibilités de refuges et d’immigration de source externe

On ne s’attend pas à ce qu’il y ait une immigration de source externe. La population canadienne de pipistrelles de l’Est a atteint la limite nord de son aire de répartition géographique (figure 1); c’est pourquoi toute immigration devrait provenir en grande partie des populations du sud, aux États-Unis. Des taux de mortalité élevés associés au SMB ont été constatés dans les régions situées au sud du Canada, et les populations sont si réduites qu’une immigration vers le nord est très peu probable.

Les régions du sud des États-Unis, où le climat plus doux fait en sorte que les chauves-souris ont besoin de réserves lipidiques moins grandes, pourraient être moins touchées par le SMB (figure 3). Toutefois, des spores de Gd ont été trouvées dans le sol des hibernacles (Lindner et al., 2011), et il est probable que toute population qui s’étendrait vers le nord serait infectée par le SMB en utilisant les hibernacles du Canada.
Les espoirs de rétablissement de cette espèce sont fondés sur la probabilité qu’un faible pourcentage de la population puisse résister aux effets du Gd. Ces survivants pourront transmettre cette résistance à leur progéniture, et l’effectif pourrait ainsi augmenter. On pense qu’une telle situation s’est produite en Europe, car plusieurs espèces de chauves-souris y sont infectées par le SMB, mais les taux de mortalité demeurent bas (Turner et al., 2011).

Certains signes indiquent que des individus exposés au SMB peuvent survivre, d’après des études en laboratoire (Meteyer et al., 2011) et des études par baguage (Dobony et al., 2011). Dans l’étude de Dobony, à Fort Drum (État de New York), un faible nombre (moins de 20) de petites chauves-souris brunes ont été capturées en été. Ces individus montraient des signes de dommages aux ailes causés par le SMB, et ils ont été capturés de nouveau l’année suivante. Cinq femelles ont été capturées de nouveau après deux ans et, comme la lactation a été constatée chez certaines d’entre elles, il semble que la reproduction soit possible chez certains individus. Dans l’État de New York, une grotte comptait une population de 1 000 chauves-souris depuis plus de 4 années consécutives, ce qui laisse croire à une stabilisation (Turner et al., 2011). Ces résultats indiquent une certaine chance de rétablissement. Il est cependant à noter que les déclins dans ces sites étaient de 88 % (Fort Drum) et de 93 % (État de New York), et que l’apparence de stabilité dans certains hibernacles pourrait être attribuable aux déplacements de chauves-souris non infectées en provenance d’autres régions. De plus, la lactation ne signifie pas que les petits ont survécu si les adultes étaient stressés sur le plan physiologique (Dobony et al., 2011).

Facteurs associés aux critères spécifiques du COSEPAC

Durée d’une génération

La durée d’une génération selon les lignes directrices du COSEPAC est basée sur l’âge moyen de la population reproductrice. L’âge de reproduction moyen de la pipistrelle de l’Est n’est pas connu, mais l’on sait que cette espèce commence à se reproduire après un an, qu’elle continue de le faire annuellement et qu’elle peut vivre plus de 15 ans (Walley et Jarvis, 1971). L’âge moyen des individus reproducteurs se situe probablement autour de 9 ans.

Toutefois, des données recueillies au moyen d’activités de baguage de la petite chauve-souris brune réalisées sur 22 ans au Manitoba ont été analysées aux fins du présent rapport par Craig Willis, qui recommande de réduire la durée d’une génération. Voici ce qu’a avancé M. Willis [traduction] : « d’après nos données, une durée de 5 ans constituerait une moyenne très généreuse. Au cours de la période de 22 ans, des collègues ont recueilli des données de baguage au Manitoba et dans le nord-ouest de l’Ontario, et la durée moyenne ± écart-type entre la capture (avant 2000) et la recapture était de 3,04 ± 2,85 années (n = 1 386 recaptures entre 1989 et 2011). Autrement dit, après 3 ans en moyenne, les chauves-souris disparaissent. On capture parfois 1 ou 2 chauves-souris âgées de près de 20 ans, mais elles sont excessivement rares. » (Craig Willis, comm. pers., janvier 2012). Des conclusions semblables concernant la durée d’une génération n’ont pu être trouvées dans la littérature scientifique, et les résultats du Manitoba ne sont issus que d’une seule étude. Toutefois, l’échantillon est grand et laisse croire que la durée d’une génération est vraisemblablement inférieure à 10 ans pour cette espèce. Comme compromis, le présent rapport tient compte d’une plage de 3 à 9 ans en ce qui concerne la durée d’une génération.

Les critères du COSEPAC sont fondés sur 3 générations; la période sur laquelle les déclins doivent être calculés est donc de 9 à 27 ans pour la pipistrelle de l’Est.

Limites des données de recensement

Les données recueillies au Canada sur la pipistrelle de l’Est avant l’apparition du SMB se limitent à la répartition et l’abondance de l’espèce, ainsi qu’à l’emplacement des hibernacles. Les sites d’hivernage sont essentiels à la survie de l’espèce, mais seul un petit nombre d’hibernacles abritant des populations hivernantes de chauves-souris a été repéré; le nombre de chauves-souris dans ces grottes était faible. Plusieurs critères du COSEPAC sont fondés sur l’information concernant les tendances des populations. Les estimations du nombre ou du pourcentage de morts chez les chauves-souris au Canada sont très limitées en raison des faibles activités de recensement. De plus, les chauves-souris sont essentiellement difficiles à recenser.

Des relevés acoustiques systématiques des niveaux d’activité des chauves-souris en été ont été entamés dans quelques territoires, mais il n’est pas clair si certaines régions ont été infectées par le SMB avant la tenue de ces relevés. En fin de compte, toutefois, le manque de données acoustiques d’été ne devrait pas empêcher de faire une évaluation d’urgence parce que le SMB est déjà présent dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce et les déclins de population qui se sont produits aux États-Unis se produiront probablement au Canada, si cela n’est pas déjà le cas.

Menaces et nombre de localités

La population de pipistrelles de l’Est au Canada n’est associée qu’à une seule localité, car le champignon est un pathogène envahissant et exotique agissant sur une population naïve. Les conditions dans les hibernacles sont similaires dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, et les taux de mortalité devraient être les mêmes pour toute la population. Le SMB touche les espèces des genres Myotis et Perimyotis (Turner et al., 2011) et, comme la variation génétique entre ces espèces est plus grande qu’à l’intérieur de la pipistrelle de l’Est, il est peu probable que les différences génétiques au sein de la population canadienne offrent une résistance.

Unités désignables

La pipistrelle de l’Est, au Canada, ne compte qu’une seule unité désignable. Il existe la possibilité que la pipistrelle de l’Est présente en Nouvelle-Écosse constitue une population distincte (Broders et al., 2003) et qu’un statut de sous-espèce devrait lui être accordé en raison de ses différences morphométriques (Broders et Hunyh, données inédites). Comme ces travaux n’ont toutefois pas été publiés, une seule UD est reconnue à l’heure actuelle.

Remerciements

Cet aperçu a été rédigé grâce aux renseignements fournis par de nombreuses personnes dont les travaux concernent les chauves-souris et le syndrome du museau blanc en Amérique du Nord. La rédaction a, en partie, été facilitée par des discussions tenues au cours de la North American Bat Research Conference, à Toronto (octobre 2011). Merci à tous, en particulier à Al Hicks, Lesley Hale, Simon Dodsworth, Jeremy Coleman, Krishna Gifford, Brock Fenton, Mark Brigham, Hugh Broders, Jeff Bowman, Mark Elderkin, Justina Ray, Don McAlpine, Karen Vanderwolf, Carl Herzog, Rick Reynolds, Craig Stihler, Calvin Butchkowski, Eric Britzke, Emily Brunkhurst, Erin Fraser, Julien Mainguy et Tom Hallam.

Le présent rapport a été examiné par les spécialistes des chauves-souris et du syndrome du museau blanc Jeremy Coleman, Brock Fenton, Mark Brigham, Ian Barker, Hugh Broders et Craig Willis, ainsi que par des membres du Sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC et du Sous-comité de l’évaluation d’urgence des chauves-souris.

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Figure 1. Répartition approximative de la pipistrelle de l’Est et du syndrome du museau blanc, en date d’octobre 2011. Cette répartition est basée sur les données de Van Zyll de Jong (1985) et du National Wildlife Health Centre (en anglais seulement). (carte créée par J. Wu, Secrétariat du COSEPAC).

Carte de la répartition approximative de la pipistrelle de l’Est et du syndrome du museau blanc, en date d’octobre 2011.

Version texte pour la figure 1 :

Carte de la répartition approximative de la pipistrelle de l’Est et du syndrome du museau blanc, en date d’octobre 2011.

Carte de la répartition approximative de la pipistrelle de l’Est (zone grise) et du syndrome du museau blanc (zone rayée en traits gris), en date d’octobre 2011.

La répartition de la pipistrelle de l’Est s’étend de la Nouvelle-Écosse vers l’ouest jusqu’en Ontario et vers le sud, des États du centre et de l’est des États-Unis jusqu’au nord-est du Mexique.

La répartition du syndrome du museau blanc s’étend de la Nouvelle-Écosse et de la côte nord-est des États-Unis vers l’ouest jusqu’à l’est du Canada et le sud jusqu’au centre des États-Unis.

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Figure 2. Emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, en date d’octobre 2011. Le premier cas (indiqué par le cercle) a été constaté à Albany, dans l’État de New York, en 2006. Le cas soupçonné en Oklahoma a été relevé à un site situé à plus de 2 000 km de l’épicentre. Source : National Wildlife Health Centre (en anglais seulement).

Carte de l’emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, en date d’octobre 2011.

Version texte pour la figure 2 :

Carte de l’emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord, en date d’octobre 2011.

Carte de l’emplacement des cas confirmés et soupçonnés du syndrome du museau blanc en Amérique du Nord sur quatre ans. L’emplacement du premier cas décelé près d’Albany, dans l’État de New York, est aussi indiqué.

Pour 2010 à 2011, les cas confirmés sont illustrés par un ombrage rouge foncé et les cas soupçonnés, par un ombrage texturé rose foncé. Pour 2009 à 2010, les cas confirmés sont illustrés par un ombrage bleu et les cas soupçonnés, par un ombrage texturé bleu pâle. Pour 2008 à 2009, les cas confirmés sont illustrés par un ombrage pourpre et les cas soupçonnés, par un ombrage texturé pourpre. Pour 2007 à 2008, les cas confirmés sont illustrés par un ombrage gris foncé; aucun cas soupçonné n’est illustré.

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Figure 3. Simulation de base de la dispersion épizootique fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves-souris brunes. La vague épizootique prévue dans l’ensemble de la zone d’étude aux États-Unis a été déterminée par 1 000 simulations. L’évolution dynamique de la vague épizootique d’hibernacles infectés par le Gd selon la résolution stochastique de la série de 1 000 simulations est illustrée. Les années projetées de l’infection par le Gd sont indiquées par codes de couleur : rouge = 2007-2008; orange foncé = 2008-2009; orange pâle = 2009-2010; jaune = 2010-2011; vert pâle = 2011-2012; vert moyen = 2012-2013; vert foncé à partir de l’Oklahoma = 2013-2014; autres teintes de vert foncé = 2014-2015; bleu pâle = 2015-2016; bleu foncé = 2016-2017; mauve = 2017-2018. Le blanc représente les grottes non touchées durant la simulation sur 15 ans. La taille du cercle est représentative de la taille de la colonie qu’abrite chaque grotte. Cette image a été produite au moyen de Google Earth et fournie par Tom Hallam (Université du Tennessee, Knoxville) en association avec la publication de Hallam et Federico (2011).

Carte montrant les résultats d’une simulation de base de la dispersion épizootique du Geomyces destructans fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves souris brunes.

Version texte pour la figure 3 :

Carte montrant les résultats d’une simulation de base de la dispersion épizootique du Geomyces destructans fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves-souris brunes.

Carte montrant les résultats d’une simulation de base sur 15 ans de la dispersion épizootique du Geomyces destructans fondée sur les températures minimale et maximale dans les hibernacles et les réserves lipidiques des petites chauves-souris brunes. Les limites des États et des provinces sont illustrées.

Les années projetées de l’infection par le Gd pour les hibernacles sont indiquées par codes de couleur : rouge = 2007-2008; orange foncé = 2008-2009; orange pâle = 2009-2010; jaune = 2010-2011; vert pâle = 2011-2012; vert moyen = 2012-2013; vert foncé à partir de l’Oklahoma = 2013-2014; autres teintes de vert foncé = 2014-2015; bleu pâle = 2015-2016; bleu foncé = 2016-2017; mauve = 2017-2018. Le blanc représente les grottes non touchées durant la simulation sur 15 ans. La taille du cercle est représentative de la taille de la colonie qu’abrite chaque grotte.

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Tableau 1. Variations du dénombrement des pipistrelles de l’Est (Perimyotis subflavus) dans les hibernacles d’hiver après un minimum de deux années d’exposition au syndrome du museau blanc, dans cinq États du nord-est des États-Unis. Adapté de from Turner et al. (2011).
État (nbre de sites)Nbre pré-SMB
New York (20)1 042
Pennsylvanie (6)284
Vermont (5)15
Virginie (2)746
Virginie Occ. (3)1 020
Total (36)3 107

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Tableau 2. Changements dans les estimations de l’abondance des chauves-souris utilisant les hibernacles (grottes ou mines) de l’Ontario. La majorité des chauves-souris est constituée de petites chauves-souris brunes, mais les sites abritent aussi des chauves-souris nordiques et des pipistrelles de l’Est. Le déclin moyen est de 90 % dans les sites exposés depuis plus de 2 ans au SMB. Information fournie gracieusement par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Nom du site
Individus dénombrés et date du dénombrementChangement (%) 2009 à 2010Changement (%) 2009 à 2011Changement (%) total
200920102011
Craigmont30 461
2 novembre 2009
24 837
1er novembre 2010
1 457
24 octobre 2011
-18%-94%-95%
Hunt (Renfrew)14 378
20 octobre 2009
7 005
7 novembre 2010
2 638
5 novembre 2011
-51%-62%-82%
Crystal Lake725
Automne? 2009
539
29 novembre 2010
10
4 novembre 2011
-26%-98%-99%
Croft*s.o.3 000+
2 octobre 2010
1 537
4 novembre 2011
s.o.-49%+-49%+
Silver Craters.o.251
29 novembre 2010
29
4 novembre 2011
s.o.-89%-89%
MacDonalds.o.21
23 novembre 2010
0
4 novembre 2011
s.o.-100%-100%
Watsons.o.96
23 novembre 2010
0
4 novembre 2011
s.o.-100%-100%
Clyde Forkss.o.117
30 novembre 2010
7
2 novembre 2011
s.o.-94%-94%

* L’estimation de la population de Croft en 2010 n’a été réalisée que pour une partie de la mine (environ 50 % de la longueur de la mine).

Remarques :

  1. Il a été établi, par des essais en laboratoire ou par des observations visuelles, que tous les sites étaient infectés par le Geomyces destructans. Aucune mortalité massive n’a été documentée dans l’ensemble de ces sites, mais quelques cas de mortalité ont été répertoriés. Aucun de ces sites n’est surveillé assez fréquemment en hiver pour permettre l’observation d’épisodes de mortalité massive. Toutefois, un déclin notable de l’effectif est évident à tous les sites.

  2. Le SMB a été observé visuellement pour la première fois dans la mine Craigmont, durant la saison 2008-2009. Il a été documenté au cours d’une visite du site, le 6 mai 2011. L’estimation de l’effectif de 2009 est représentative des relevés préliminaires réalisés périodiquement aux mines Craigmont et Hunt. La présence du SMB a été confirmée par le Centre canadien coopératif de la santé de la faune (CCCSF) d’après les résultats des essais en laboratoire effectués pour les mines Craigmont et Hunt durant la saison 2009-2010.

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Figure 4. Captures de chauves-souris réalisées aux sites d’essaimage en Virginie. Les travaux ont été réalisés principalement en septembre et au début octobre. MYLU = Myotis lucifugus, MYSE = Myotis septentrionalis, PESU = Perimyotis subflavus. Les valeurs entre parenthèses (p. ex n-6) indiquent le nombre de sites échantillonnés. Figure fournie gracieusement par Rick Reynolds, biologiste de l’État de Virginie.

Diagramme illustrant les captures de chauves-souris réalisées en automne, entre 2009 et 2011, aux sites d’essaimage en Virginie. Les travaux ont été réalisés principalement en septembre et au début octobre.

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Sources d’information

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