Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'éléocharide tuberculée Eleocharis tuberculosa au Canada – 2010

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux


Information sur le document

L'éléocharide tuberculée Eleocharis tuberculosa

Photographie d’un gros plan des épillets terminaux d’une touffe d’éléocharides tuberculées (Eleocharis tuberculosa).

Préoccupante – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'éléocharide tuberculée (Eleocharistuberculosa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 31 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 20 p.

Newell, R. E. et M. Zinck. 2000. Rapport du COSEPAC sur la situation de l’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1–20.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Kristiina Ovaska et Lennart Sopuck, qui ont rédigé le rapport de situation provisoire sur le vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.) en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Leur participation à la préparation du rapport de situation a pris fin avec l’acceptation du rapport provisoire. Tous les changements apportés au cours des étapes subséquentes de la préparation des rapports provisoires de deux mois et de six mois ont été supervisés par Robert Forsyth, coprésident du Sous–comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Tubercled Spike–rushin Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Éléocharide tuberculée -- Photo prise au lac Barrington, en 2008, par Lilian Perry. Reproduction autorisée.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/150–2010F–PDF
ISBN 978–1–100–94862–1

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COSEPAC – Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Éléocharide tuberculée

Nom scientifique
Eleocharis tuberculosa

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Au Canada, ce carex existe sur les rives tourbeuses et sablonneuses de seulement six lacs dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. L’utilisation de véhicules tout–terrain le long des rives des deux plus grands lacs, où sont concentrés la plupart des effectifs de la population canadienne, a causé la dégradation d’une partie de l’habitat de l’espèce. Le développement de chalets et les impacts connexes (qualité de l’eau et perturbations de l’habitat) sont actuellement des menaces limitées qui ont le potentiel de s’accroitre dans le futur. Des relevés plus intensifs des habitats riverains indiquent que l’espèce est un peu plus abondante que ce qui avait été documenté auparavant.

Répartition
Nouvelle–Écosse

Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en avril 2010.

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COSEPAC – Résumé

Éléocharide tuberculée Eleocharis tuberculosa

Information sur l’espèce

L’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa) est une espèce vivace de Cypéracées. Elle doit son nom au gros tubercule qui orne son fruit et la distingue ainsi des espèces semblables. La plante pousse en touffes denses. Les tiges peuvent atteindre 40 cm de hauteur et portent chacune une paire de feuilles basales dépourvues de limbe. L’inflorescence se limite à un épillet terminal réunissant un grand nombre de fleurs apétales. Chaque fleur possède à la fois un pistil et des étamines et est cachée par une seule écaille. Chaque touffe peut produire un grand nombre de tiges fertiles.

Répartition

L’éléocharide tuberculée est endémique à la plaine côtière atlantique. L’espèce est surtout commune dans la partie sud de son aire de répartition, dans la portion de la plaine côtière atlantique allant du Texas au New Jersey. Elle est rare dans le nord–est des États–Unis. Au Canada, elle ne compte que cinq populations connues, réparties entre six lacs du sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. L’aire de répartition canadienne de l’espèce a une superficie de seulement 873 km², dont moins de 1 km² est réellement occupé par les populations.

Habitat

Dans la partie canadienne de son aire de répartition, l’éléocharide tuberculée est confinée à des substrats tourbeux ou sableux dégagés ainsi qu’à des tapis de tourbe flottants, le long des rives de lacs. La plante pousse dans la partie du rivage qui est inondée chaque printemps et est fréquemment inondée en fin d’été et en automne, si l’année est pluvieuse, ce qui rend difficile la détection de l’espèce certaines années. L’espèce a une capacité de compétition relativement faible et a besoin d’une perturbation périodique, procurée par l’inondation et l’érosion glacielle, pour que les espèces plus compétitives ne puissent pas la supplanter dans son habitat riverain.

Biologie

L’espèce est vivace et vit peut–être assez longtemps, mais on ne dispose d’aucune preuve directe de sa longévité. En Nouvelle–Écosse, la plante produit une abondance de graines, mais la viabilité des graines n’a pas été vérifiée au moyen d’essais, et ce mode de reproduction de l’espèce n’a pas été observé sur le terrain. La plante ne semble pas se reproduire par voie végétative, outre l’expansion de ses denses touffes. Par conséquent, les touffes peuvent être considérées comme des individus aux fins de la présente évaluation. On a observé que l’espèce peut se propager à l’intérieur d’un même lac par fragmentation et dérive des tapis de tourbe où elle pousse. La sauvagine pourrait jouer un rôle important dans la dispersion à grande distance. Selon les observations faites dans le cas d’autres espèces d’éléocharides des milieux humides fluctuants et d’autres d’espèces riveraines de la plaine côtière atlantique, il semble que le maintien d’un réservoir de semences à long terme pourrait être important pour la persistance de l’espèce dans un site donné, mais on ne connaît pas l’importance relative du réservoir de semences et de la survie à l’état végétatif en cas de période prolongée de hautes eaux.

Taille et tendances des populations

Les effectifs totaux des populations canadiennes d’éléocharide tuberculée ne sont pas connus de manière exacte. En 2008, l’effectif estimatif de la population du lac Barrington était de 150 000 à 200 000 individus. Le Grand Lac Pubnico, long de 10 km, compte une population de « nombreux milliers » d’individus largement répartis. Les trois autres populations sont beaucoup plus petites, les meilleures estimations allant de 50 à plus de 2 000 individus. Un suivi localisé mené au lac Barrington semble indiquer que des déclins seraient survenus depuis 2004, causés par la perturbation due aux véhicules tout–terrain, mais on ne sait pas exactement quelle proportion de la population canadienne totale ces déclins apparents peuvent représenter, et on ne sait même pas s’ils touchent l’ensemble de la population du lac Barrington. Au lac Western, une sous–population de seulement 4 individus a déjà été signalée, mais aucun individu n’a été trouvé en 2008, le rivage ayant été inondé par des barrages de castors. La population du Petit Lac Ten Mile, découverte en 2009, a également été inondée à cause des castors. Il se peut que l’inondation due aux castors ait à long terme un impact neutre ou même positif si le niveau des eaux finit par baisser, car on sait que l’espèce a besoin de fluctuations du niveau des eaux et est probablement bien adaptée à ces fluctuations; cependant, on ne sait pas combien de temps les individus matures ou le réservoir de semences peuvent survivre à l’inondation.

Facteurs limitatifs et menaces

Le substrat de tourbe dont a besoin l’éléocharide tuberculéeest fragile et sensible aux activités humaines. L’utilisation de véhicules tout–terrain (VTT ) semble constituer une certaine menace pour la plus grande des populations, celle du lac Barrington. Le développement foncier des rives se poursuit au lac Barrington et dans une moindre mesure au Grand Lac Pubnico. Ce développement contribue sans doute à une circulation accrue de VTT dans les populations riveraines d’éléocharide tuberculée, mais son impact direct est jusqu’à présent demeuré léger et localisé par rapport à l’ensemble de la population canadienne. La menace que constitue le développement foncier des rives devrait demeurer relativement faible au cours des dix prochaines années.

Importance de l’espèce

L’éléocharide tuberculée est une espèce intéressante du point de vue biogéographique, car elle fait partie d’un cortège d’espèces endémiques à la plaine côtière atlantique qui comportent des populations isolées en Nouvelle–Écosse. Comme les populations d’éléocharide tuberculée de Nouvelle–Écosse sont très isolées et situées à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, elles pourraient contribuer de manière importante à la diversité génétique de l’espèce.

Protection actuelle

Le COSEPAC a désigné l’éléocharide tuberculée « espèce menacée » en mai 2000; l’espèce est actuellement inscrite comme « espèce menacée » à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril fédérale et est désignée menacée (Threatened) aux termes de l’Endangered Species Act de la Nouvelle–Écosse. L’espèce est considérée comme en voie de disparition (Endangered) au Maine, en Pennsylvanie et au New Hampshire (où on n’en connaît que des mentions historiques) ainsi que menacée (Threatened) dans l’État de New York. L’espèce est plus commune dans la partie plus méridionale de son aire de répartition. En Nouvelle–Écosse, son habitat est généralement constitué de rivages faisant partie des terres de la Couronne provinciales; d’ailleurs, dans l’ensemble des secteurs où l’espèce est présente, un peu plus de la moitié des terrains riverains font partie des terres de la Couronne provinciales. Cependant, le fait que ces terres appartiennent à la Couronne ne semble pas limiter la perturbation de l’habitat de l’espèce par les VTT.

Résumé technique

Eleocharis tuberculosa

Éléocharide tuberculée – Tubercled Spike–rush
Répartition au Canada : Nouvelle–Écosse

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée). Inconnue, mais probablement de plusieurs années, puisque l’espèce est vivace.
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Les données sont équivoques en ce qui concerne le déclin, car une incertitude considérable subsiste à l’égard de toute la population canadienne.
Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq années ou deux générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [la
réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus
matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations]
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [la
réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus
matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure et ultérieure
Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence 370 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
Note : Les relevés sont incomplets au Grand Lac Pubnico. Si des individus sont présents dans chacun des carrés de 1 km² ou de 2 km², l’IZO pourrait être plus élevé dans les deux cas.
[grille de 1 km × 1 km] 28 km²
[grille de 2 km × 2 km] 68 km²
La population totale est-elle très fragmentée? Non
Nombre de « localités » (telles que définies en fonction des menaces) Non définies
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice
de la zone d’occupation?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de populations?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de localités?
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? Déclin de la qualité
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités (telles que définies en fonction des menaces)?
Incertitude quant au nombre de localités.
Inconnues mais peu probables
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d’occupation? Non

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
Lac Barrington 150 000–200 000
Grand Lac Pubnico (relevé incomplet) nombreux milliers
Lac Harpers (relevé incomplet) 2 000+
Lacs Gold et Western (valeurs minimales, car le relevé est incomplet)
sous–population du lac Gold1
1inclut 200 individus observés en 2008 ainsi que 200 à 400 individus vus ailleurs en 1999 mais non vérifiés en 2008
400–600
sous–population du lac Western 0–4+ [0 en 2008]
Petit Lac Ten Mile 50
TotalBien supérieur à 150 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Non disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • La principale menace est l’utilisation de véhicules tout–terrain, qui détruit des individus de l’espèce et endommage son habitat dans certaines parties de l’aire de répartition, mais ne semble pas survenir tous les ans de manière grave.
  • La construction de chalets est une menace limitée, mais elle pourrait s’accroître un peu dans l’avenir.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur États–Unis : En voie de disparition (endangered) dans l’État le plus proche (Maine); non en péril (secure) au Massachusetts et dans la plupart des États situés plus au sud le long de la côte est des États–Unis.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnue et improbable à cause de la distance de 430 à 500 km, en majeure partie océanique
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Inconnu
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes
existe–t–elle?
Non

Statut existant

COSEPAC  : espèce préoccupante (avril 2010)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante
Code alphanumérique : Sans objet
Justification de la désignation :
Au Canada, ce carex existe sur les rives tourbeuses et sablonneuses de seulement six lacs dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse. L’utilisation de véhicules tout–terrain le long des rives des deux plus grands lacs, où sont concentrés la plupart des effectifs de la population canadienne, a causé la dégradation d’une partie de l’habitat de l’espèce. Le développement de chalets et les impacts connexes (qualité de l’eau et perturbations de l’habitat) sont actuellement des menaces limitées qui ont le potentiel de s’accroitre dans le futur. Des relevés plus intensifs des habitats riverains indiquent que l’espèce est un peu plus abondante que ce qui avait été documenté auparavant.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet.
L’étendue du déclin, s’il existe pour l’ensemble de la population, est inconnue.

Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : Sans objet. Bien que la zone d’occurrence et l’IZO soient inférieurs aux seuils et que la qualité de l’habitat ait diminué dans certaines parties de l’aire de répartition, le nombre de localités est incertain (pourrait être supérieur à 10) et la population n’est pas gravement fragmentée.

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet.
Le déclin de l’ensemble de la population est incertain, et le nombre d’individus matures est supérieur à 10 000.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Sans objet.
Le nombre d’individus matures est nettement supérieur à 1 000, le nombre de localités est incertain mais pourrait dépasser 10, et l’IZO est supérieur au seuil.

Critère E (analyse quantitative) : Non disponible.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2010)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI ) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur l'éléocharide tuberculée Eleocharis tuberculosa au Canada – 2010

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Eleocharis tuberculosa (Michaux) Roemer & Schultes, y compris les taxons infraspécifiques E. tuberculosa var. pubnicoensis Fernald, E. tuberculosa forma pubnicoensis (Fernald) Svenson et E. tuberculosa forma retrorsaSvenson.

Synonyme : Scirpus tuberculosus Michaux

Noms communs : éléocharide tuberculée; Tubercled Spike–rush, Long–tubercled Spike–rush, Cone–cup Spike–rush.

Famille : Cypéracées – genre Eleocharis,sous–genre Eleocharis, section Eleocharis,série Tenuissimae.

Grand groupe végétal :  Monocotylédones

Certains auteurs ont divisé l’Eleocharis tuberculosaen trois taxons infraspécifiques. Fernald (1950) considérait que les plantes à soie lisse endémiques au Grand Lac Pubnico, en Nouvelle–Écosse, constituent la variété pubnicoensiset que les plantes nordiques à soies ornées de petites barbules rétrorses constituent la forme retrorsa. La plante typique (variété et forme tuberculosa), à soies ornées de petites barbules divergentes, est surtout commune dans la partie sud de l’aire de répartition mondiale de l’E. tuberculosa, aux États–Unis, mais elle a également été signalée au lac Harpers, en Nouvelle–Écosse (Fernald, 1922). Svenson (1937) considérait que les taxons pubnicoensis et retrorsa étaient tous deux des formes, tandis que des auteurs récents en ont fait des synonymes sous E. tuberculosa sensu lato (Gleason et Cronquist, 1991; Bruhl et Smith, 2002).

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Description morphologique

Sauf mention contraire, la description suivante a été établie d’après Bruhl et Smith (2002). L’Eleocharis tuberculosa est une plante herbacée vivace qui forme des touffes denses. Les rhizomes, lorsque présents, sont courts et ascendants, cachés par la masse dense de tiges. Les tiges sont raides, dressées, elliptiques ou circulaires en coupe transversale, et elles mesureraient 0,3 à 1,5 mm de diamètre et 15 à 75 cm de hauteur. En Nouvelle–Écosse, la hauteur de la plante ne dépasse pas 40 cm (T. Smith, obs. pers., 2008). Les deux feuilles basales sont dépourvues de limbe et sont réduites à une gaine persistante. Chaque tige florifère produit un seul épillet, terminal, ovoïde, mesurant 5 à 15 mm de longueur et 2,5 à 4 mm de diamètre (figure 1). Les écailles florales sont disposées en spirale et cachent complètement les fleurs. Les akènes sont bruns, longs de 0,9 à 1,7 mm et larges de 0,7 à 1,2 mm (figure 2). Le tubercule (base persistante du style) est blanc à orange pâle, aussi gros ou plus gros que l’akène. Le périanthe se compose de 5 ou 6 soies que dépasse légèrement le tubercule. Chez la forme pubnicoensis, ces soies sont presque lisses, tandis que chez la forme retrorsa elles sont munies de barbules rétrorses.

Figure 1. Gros plan des épillets terminaux d’une touffe d’Eleocharis tuberculosa. Photo prise au lac Barrington, en 2008, par Lilian Perry. Reproduction autorisée.

Photographie d’une gros plan des épillets terminaux d’une touffe d’éléocharides tuberculées.

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Figure 2. Akène d’Eleocharis tuberculosa (×25), entouré de plusieurs soies et surmonté d’un tubercule en forme de casque. Dessin de F.W. Scott, fourni gracieusement par le ministère des Richesses naturelles (Department of Natural Resources) de la Nouvelle–Écosse.

Illustration d’un akène d’éléocharide tuberculée entouré de plusieurs soies et surmonté d’un tubercule en forme de casque.

En Nouvelle–Écosse, l’Eleocharis tuberculosa peut surtout être confondu avec les xyris (Xyris spp., principalement le X. difformis). Ces plantes peuvent pousser avec l’E. tuberculosa, et, après la chute des pétales, leurs bractées rappellent à première vue un épillet d’E. tuberculosa. Cependant, avec un examen attentif, il est facile de distinguer l’E. tuberculosa. Par ailleurs, l’éléocharide grêle (Eleocharis tenuis) est associée à l’E. tuberculosa dans certaines localités de Nouvelle–Écosse, mais la taille généralement plus grande de l’E. tuberculosa, ses inflorescences plus épaisses et le gros tubercule de ses akènes le distinguent nettement de l’E. tenuis et de toute autre espèce d’Eleocharis présente en Nouvelle–Écosse.

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Structure spatiale et variabilité de la population

L’Eleocharis tuberculosa possède un nombre chromosomique de 2n = 30 (Schuyler, 1977). Aucune autre donnée n’est disponible sur la génétique de l’espèce.

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Unités désignables

Certains auteurs ont réparti les individus poussant en Nouvelle–Écosse entre deux taxons, mais les auteurs récents n’ont pas retenu cette distinction (Gleason et Cronquist, 1991; Bruhl et Smith, 2002). De plus, tous les individus de l’espèce qui poussent en Nouvelle–Écosse se trouvent dans la même zone biogéographique. Par conséquent, une seule unité désignable est reconnue aux fins du présent rapport.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Aux États–Unis, l’Eleocharis tuberculosa a été signalé en Alabama, en Arkansas, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, au Connecticut, au Delaware, en Floride, en Georgie, en Louisiane, au Maine, au Massachusetts, au Maryland, au Mississippi, au New Jersey, dans l’État de New York, au Rhode Island, au Tennessee, au Texas et en Virginie (figure 3). L’espèce est considérée comme disparue de Pennsylvanie, et sa présence est jugée historique au New Hampshire (NatureServe, 2009). Bruhl et Smith (2002) n’ont pas vu de spécimens provenant du Connecticut, du Delaware, du Maine, du Maryland, du New Hampshire, de l’État de New York, du Rhode Islandou de Virginie, mais la présence de l’espèce dans ces États semble véridique, étant donné les cotes de conservation attribuées dans chaque cas (NatureServe, 2009; tableau 3) et l’information figurant dans la base de données PLANTS(USDA–NRCS , 2009).

Figure 3. Aire de répartition mondiale de l’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa). Carte établie d’après USDA–NRCS (2009). Les mentions par comté n’étaient pas disponibles pour le Maryland.

Carte de l’aire de répartition mondiale de l’éléocharide tuberculée.

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Figure 4. Aire de répartition canadienne de l’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa) indiquée par des points.

Carte de l’aire de répartition canadienne de l’éléocharide tuberculée.

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’Eleocharis tuberculosa n’a été signalé que dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse, où il compte cinq populations réparties entre six lacs (figure 4). Cinq de ces lacs (le Grand Lac Pubnico ainsi que les lacs Barrington, Harpers, Western et Gold) se trouvent dans la bande de 30 km la plus méridionale de la partie continentale de la Nouvelle–Écosse, dans les comtés de Shelburne et de Yarmouth. Le sixième site se trouve au Petit Lac Ten Mile, à 90 km de l’extrémité sud de la province, dans le comté de Queens.

Les populations du Grand Lac Pubnico et du lac Harpers ont été répertoriées pour la première fois par Fernald (1921; idem, 1922). La population du lac Barrington a été découverte en 1998 (Newell et Zinck, 2000), celle des lacs Gold et Western, en 1999 (Boates et Bishop, 1999), et celle du Petit Lac Ten Mile, en 2009 (Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2009). Rien n’indique que la répartition canadienne de l’espèce ait changé depuis les années 1920, et il est probable que les populations récemment découvertes n’avaient simplement pas été remarquées par les botanistes précédents.

La zone d’occurrence canadienne de l’E. tuberculosaest d’environ 873 km². La zone d’occupation réelle est de moins de 1 km² (tableau 1). Deux indices de la zone d’occupation (IZO ) ont été calculés, en fonction du nombre de carrés de 1 km² ou de 4 km² de grille UTM qui comportent au moins une mention de l’E. tuberculosa. Selon une grille à carrés de 1 km², l’IZO est de 28 km² ; selon une grille à carrés de 4 km², l’IZO est de 68 km². Il est probable que la répartition de l’espèce au Grand Lac Pubnico n’est pas encore complètement connue. Si tous les carrés touchant à ce lac étaient occupés, l’IZO passerait à 43 km² avec une grille à carrés de 1 km² et à 88 km² avec celle à carrés de 4 km².

Tableau 1. Nombre de touffes reproductrices d’Eleocharis tuberculosa observées en 2008 et 2009, avec estimation de l’effectif total de chacune des populations.
PopulationNombre de touffes observées en 2008Nombre de touffes probablement présentes en 2008 et 2009Commentaires
Lac Barrington150 000 à 200 000150 000 à 200 000L’estimation a été obtenue par extrapolation, en appliquant la densité des colonies les plus denses à toute la superficie occupée par ces colonies.
Grand Lac Pubnicoau moins 2 500nombreux milliersSeule une petite portion des sites connus ont été visités en 2008.
Lac Harpers2 000+2 000+Plusieurs petites colonies qui avaient été signalées en 1999 n’ont pas été visitées en 2008. L’effectif de 2 000 inclut probablement la vaste majorité des individus de cette population.
Lacs Western et Gold
sous–population du lac Gold
200200 à 600200 touffes ont été observées en 2008 dans un secteur qui n’avait pas été répertorié auparavant, et 200 à 400 touffes avaient été signalées en 1999 dans un secteur qui n’a pas été visité en 2008. Ces touffes sont peut–être encore présentes.
Lacs Western et Gold
sous–population du lac Western
00Seulement 4 touffes ont été signalées en 1999, mais il avait alors été noté que d’autres pouvaient être présentes. Les plantes et/ou les graines pourraient bien survivre à l’inondation due aux castors observée en 2008.
Petit Lac Ten Mile5050Cette population a été découverte en 2009.
Total150 000 à 200 000Beaucoup plus que 150 000 

Dans le cas de la plus grande population, celle du lac Barrington, une forte proportion du rivage et de l’habitat de l’E. tuberculosa se trouvent sur des terres de la Couronne, et la construction de chalets ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact direct sur l’habitat de l’espèce. On peut donc présumer qu’il n’y a eu pratiquement aucun déclin de l’IZO, du nombre de localités ou du nombre de populations au cours de la dernière décennie (voir la section « Tendances en matière d’habitat »).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’Eleocharis tuberculosa a été signalé dans une variété de milieux : sol mouillé, étangs d’eau douce, rivages de lacs, petits cours d’eau, prés, pinèdes, prairies, terrains perturbés, tourbières (Bruhl et Smith, 2002). Selon Fernald (1950), la plante pousse sur les rivages sableux et tourbeux, tandis que Gleason et Cronquist (1991) l’associent spécifiquement aux rivages sableux. En Floride, l’espèce est associée aux berges des petits cours d’eau, aux zones de suintement et aux communautés de plantes émergentes d’eau peu profonde, où elle forme souvent des touffes denses (Ward et Leigh, 1975), et elle est régulièrement signalée dans les milieux humides dominés par le pin des marais (Pinus palustris), notamment par Smith (1996).

En Nouvelle–Écosse, l’espèce est confinée aux rivages de lacs et aux tapis de tourbe flottants (Smith, obs. pers., 2008; figure 5). Elle peut pousser sur les plages de gravier ou de sable pur, mais elle semble atteindre une densité maximale lorsqu’elle pousse sur une mince couche de tourbe recouvrant le sable ou sur un tapis de tourbe flottant. Il semble donc que l’écologie de l’espèce soit associée à la succession végétale, l’E. tuberculosa colonisant et allant même jusqu’à dominer les tapis de tourbe récemment formés, où il est graduellement remplacé par des Cypéracées et Joncacées plus agressives, si la tourbe persiste. Les communautés de ce type sont normalement replacées avec le temps par des Éricacées arbustives. L’E. tuberculosa n’a jamais été observé avec des espèces ligneuses dans l’une ou l’autre de ses localités de Nouvelle–Écosse; il semble donc incapable de persister une fois que les arbustes se sont établis. Par contre, si la tourbe est enlevée ou se décompose, les populations d’E. tuberculosa semblent décliner, seuls quelques survivants persistant sur le sable ou gravier dénudé.

Figure 5. Habitat riverain de l’Eleocharis tuberculosa dans la parcelle de suivi No  3, au lac Barrington. Photo prise par Lilian Perry. Reproduction autorisée.

Photographie de l ‘habitat riverain de l’éléocharide tuberculée dans la parcelle de suivi no 3, au lac Barrington.

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Figure 6. Dommages causés à la végétation par les véhicules tout–terrain, à proximité de la parcelle de suivi No  2 de l’Eleocharis tuberculosa, au lac Barrington. Photo prise en 2008 par Lillian Perry. Reproduction autorisée.

Photographie des dommages causés à la végétation par les véhicules tout–terrain, à proximité de la parcelle de suivi no 2 de l’éléocharide tuberculée, au lac Barrington.

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Les travaux de Keddy et de ses collaborateurs (Keddy et Wisheu, 1989; Hill et Keddy, 1992; Wisheu et Keddy, 1994; Wisheu et al. , 1994) montrent que les espèces végétales de la plaine côtière atlantique présentes en Nouvelle–Écosse ont besoin d’une perturbation périodique empêchant les espèces plus compétitives de les supplanter, ce qui concorde avec la répartition observée de l’E. tuberculosa. Cependant, si l’E. tuberculosa a vraiment besoin d’un substrat tourbeux pour établir de nouvelles populations, il se peut que l’érosion glacielle ait globalement un effet négatif sur l’effectif des populations.

Les plantes suivantes ont été trouvées à proximité (à moins de 2 m) de l’E. tuberculosa au cours des relevés menés de 1994 à 1999 (Newell et Zinck, 2000) ainsi qu’en 2008 : agrostide scabre (Agrostis scabra), aster des tourbières (Oclemena nemoralis, = Aster nemoralis), bartonie paniculée (Bartonia paniculata), calamagrostide du Canada (Calamagrostis canadensis), calamagrostide de Pickering (C. pickeringii), carex oligosperme (Carex oligosperma), marisque inerme (Cladium mariscoides), souchet denté (Cyperus dentatus), droséra intermédiaire (Drosera intermedia), duliche roseau (Dulichiumarundinaceum), éléocharide grêle (Eleocharis tenuis), linaigrette ténue (Eriophorum tenellum), verge d’or de Caroline (Euthamia galetorum), gratiole dorée (Gratiola aurea), jonc à fruits bruns (Juncus pelocarpus), jonc filiforme (J. filiformis), jonc articulé (J. articulatus), jonc du Canada (J. canadensis), lobélie de Dortmann (Lobelia dortmanna), lycopode apprimé (Lycopodiella appressa), lysimaque terrestre (Lysimachia terrestris), muhlenbergie uniflore (Muhlenbergia uniflora), panic dédaigné (Dichanthelium acuminatumssp. spretum,Panicum spretum), rhéxie de Virginie (Rhexia virginica), rhynchospore brun (Rhynchospora fusca), rhynchospore blanc (R. alba), berle douce (Sium suave),spartine pectinée (Spartina pectinata), millepertuis de Virginie (Triadenum virginicum),violette lancéolée (Viola lanceolata), xyris difforme (Xyris difformis) et xyris des montagnes (X. montana).

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Tendances en matière d’habitat

Le développement foncier des rives demeure limité dans le cas de cinq des six lacs où pousse l’Eleocharis tuberculosa. Le lac Barrington fait exception à cet égard : une quarantaine de chalets sont déjà construits (Perry, comm. pers., 2009), et une partie importante des rives a été lotissée à cette fin. Perry (comm. pers., 2009), elle–même propriétaire d’un chalet au lac Barrington, en entrepris en 2000 un suivi de l’E. tuberculosa, et elle ne croit pas que les chalets aient eu un impact appréciable sur cette population, dont 40 à 70 % se trouve sur des terres de la Couronne non aménagées, tandis que le reste se trouve soit à bonne distance de tout chalet, soit à proximité de chalets dont les propriétaires n’altèrent pas la zone riveraine. Le Petit Lac Ten Mile, le lac Harpers, le lac Gold et le lac Western ne sont accessibles que par des pistes de véhicules tout–terrain (VTT ), et leurs rives ont subi peu de développement foncier. Le Grand Lac Pubnico compte de multiples points d’accès pour VTT et plusieurs chemins d’accès, et un certain nombre de chalets ont été construits sur des terrains privés ou des terres louées de la Couronne. Un petit port de plaisance a même été aménagé à proximité d’une dense colonie d’éléocharides. Cependant, le développement foncier se limite encore à une petite fraction des rives du lac. En 2009, les terrains lotissés pour la construction de chalets mais encore non aménagés occupaient moins de 10 % des rives du Grand Lac Pubnico (SNSMR, 2008). Étant donné l’envergure limitée du développement autour de la plupart des lacs ainsi que l’habitat humide et souvent tourbeux de l’E. tuberculosa, le développement des rives semble avoir eu peu d’effet direct sur l’espèce jusqu’à présent. De plus, l’espèce est jusqu’à un certain point protégée du développement par le fait qu’une grande partie de l’effectif se trouve sur des rivages adossés à des terres de la Couronne provinciales (voir la section « Protection et propriété » ci–dessous). Il semble donc que le développement foncier risque peu de réduire les populations de manière importante dans le proche avenir, bien qu’une certaine expansion du secteur construit soit à prévoir, particulièrement au lac Barrington (Perry, comm. pers., 2009).

Cependant, la construction de chalets s’accompagne probablement d’une augmentation de la circulation de VTT le long des rives, principal facteur anthropique menaçant actuellement l’habitat de l’E. tuberculosa. Certaines années, les VTT ont laissé de profondes ornières dans des secteurs occupés par l’E. tuberculosa. Il en a été ainsi au lac Barrington en 2005, mais moins les années suivantes (Perry, comm. pers., 2009). De telles ornières sont également apparues en 2002 au Grand Lac Pubnico, qui n’a pas fait l’objet d’un suivi par la suite (MacKinnon, comm. pers., 2009). En plus de détruire des individus de l’espèce en traversant son habitat, les VTT brisent parfois le mince tapis de tourbe constituant son habitat idéal. Cet impact, combiné à l’action abrasive des glaces hivernales, semble modifier localement le substrat tourbeux, qui devient alors plutôt sableux ou graveleux et donc moins propice à l’E. tuberculosa (Perry, comm. pers., 2009). Lillian Perry (comm. pers., 2009) a évalué qu’au cours d’un hiver récent, 0,5 à 1,0 m d’un tapis tourbeux de Cypéracées était disparu des rives du lac à l’intérieur de la plus dense population d’E. tuberculosa, au lac Barrington. On ne sait pas exactement si ces déclins locaux de l’habitat, qui surviennent chaque année au lac Barrington depuis environ 2005 selon Perry (comm. pers., 2009), constituent une fluctuation de l’habitat qui pourrait s’inverser dans l’avenir. De plus, on ne sait pas exactement dans quelle mesure cette perte est directement imputable aux VTT. Aucun impact des VTT n’a été noté aux lacs Western, Gold et Harpers ainsi qu’au Petit Lac Ten Mile (Smith, obs. pers., 2008; Boates, comm. pers., 2008; Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2009).

Au lac Western, quatre individus de l’espèce ont déjà été signalés, mais aucun n’a été observé en 2008, car des barrages de castors ont entièrement inondé l’habitat de l’espèce. La hausse de niveau causée par les castors a également inondé la population du Petit Lac Ten Mile, en 2009. Les fluctuations de niveau causées par les castors surviennent naturellement dans l’aire de répartition de l’E. tuberculosa, en Nouvelle–Écosse, où elles contribuent peut–être au maintien d’une zone riveraine dégagée, dans la mesure où leur durée et leur fréquence sont adéquates. On ne sait pas quelle durée d’inondation aurait pour effet d’éliminer les individus adultes ou les graines formant le réservoir de semences (et aurait ainsi un impact appréciable sur l’habitat), mais des études menées sur d’autres espèces du genre Eleocharis semblent indiquer que le réservoir de semences peut demeurer viable très longtemps. Certaines observations tendent à indiquer que les populations de castors ont connu une augmentation au cours des dernières années dans le sud–ouest de la Nouvelle–Écosse, mais les registres de piégeage semblent montrer qu’il s’agit de fluctuations normales, et on ne croit pas que les effectifs de castors soient actuellement supérieurs à ce qu’ils étaient avant la colonisation européenne (O’Brien, comm. pers., 2009). Il semble donc que les fluctuations du niveau des lacs associées à l’activité des castors ne constituent pas une menace importante pour l’habitat de l’E. tuberculosa. Cependant, cette conclusion demeure incertaine, car on connaît encore mal l’écologie de l’E. tuberculosa; de plus, dans le cas des lacs touchés, les populations d’E. tuberculosaoccupent de petites superficies et seraient donc plus à risque de disparaître.

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Protection et propriété

Comme l’Eleocharis tuberculosa pousse en grande partie dans la zone de fluctuation annuelle du niveau des eaux, une portion importante de la superficie occupée par l’espèce se trouve techniquement sur des terres de la Couronne provinciales. De plus, à l’arrière de cette zone, une bonne partie des terrains donnant sur le rivage des lacs où pousse l’E. tuberculosa sont eux–mêmes des terres de la Couronne provinciales. À l’échelle de la Nouvelle–Écosse, 63 % de la zone d’occupation répertoriée de l’espèce se trouve sur des terres de la Couronne (si on inclut dans la zone d’occupation les secteurs visés par les mentions dont la position géographique demeure incertaine) (AC CDC, 2009). À l’échelle de chaque lac, des calculs analogues révèlent que 21 % de la zone d’occupation est adossée à des terres de la Couronne au lac Barrington, 62 % au lac Gold, 57 % au Grand Lac Pubnico, 100 % au lac Western, et 12 % au lac Harpers. Cependant, la proportion réelle d’individus poussant sur des rivages bordant des terres de la Couronne est beaucoup plus élevée que 21 % au lac Barrington (Perry, comm. pers., 2009) et moins élevée que 12 % au lac Harpers, parce qu’un nombre particulièrement élevé d’individus poussent sur de tels rivages dans le premier cas et sur d’autres types de terre dans le second cas. Le site de la population du Petit Lac Ten Mile se trouve sur les rives de terres appartenant à une société forestière. Par ailleurs, la propriétaire d’un des chalets du lac Barrington suit activement la population d’E. tuberculosa de ce lac et est intéressée à conserver l’habitat de cette localité.

L’espèce est protégée en vertu de la Endangered Species Act de la Nouvelle–Écosse, qui interdit de tuer ou de déranger les individus des espèces désignées ou d’endommager ou de détruire leur habitat principal. Cependant, cette protection juridique et le fait que l’espèce pousse sur des terres de la Couronne ne semblent pas avoir limité la perturbation de l’habitat par les VTT. Comme aucun des secteurs d’occurrence ne se trouve sur des terres fédérales, les interdictions immédiates de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale ne s’appliquent pas.

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Biologie

La biologie de l’Eleocharis tuberculosa est mal connue. Outre les articles cités ci–dessous, les seules publications où l’espèce est mentionnée sont des révisions taxinomiques et des listes floristiques.

Cycle vital et reproduction

L’Eleocharis tuberculosa est une plante vivace. Les tiges fertiles ne sont pas ramifiées et produisent de nombreuses fleurs bisexuées, réunies en un même épillet terminal ovoïde et dense. Comme chez la majorité des espèces de la famille des Cypéracées et du genre Eleocharis, les fleurs sont petites, peu visibles et probablement pollinisées par le vent. Cependant, chez d’autres espèces de Cypéracées, on a déjà signalé des cas d’autopollinisation (nombreuses références mentionnées par Snyder et Richards, 2005) et, dans le cas des espèces à inflorescences voyantes, de pollinisation par les insectes.

Le port en touffe de la plante porte à croire qu’elle peut atteindre la maturité sexuelle en un ou deux ans (Bernard, 1990), mais cela reste à confirmer, tout comme la durée de vie moyenne ou maximale de la plante. Tony Reznicek, taxinomiste spécialisé dans les Cypéracées, émet l’opinion suivante : « Comme la plante produit des touffes assez robustes, je serais enclin à croire qu’elle vit relativement longtemps, mais je n’ai aucune idée de sa durée de vie exacte, qui pourrait être pratiquement infinie ou seulement de 10 à 20 ans. Il me semble que cette durée de vie ne peut pas être courte, comme dans le cas de certaines vivaces poussant en touffes, mais je ne fais que spéculer » (Reznicek, comm. pers., 2009, traduit de l’anglais).

Comme l’E. tuberculosa ne produit pas de stolons et que ses rhizomes sont courts et ascendants (Bruhl et Smith, 2002), son seul mode de multiplication végétative semble être l’expansion de ses denses touffes. Par conséquent, ce sont les touffes, et non les tiges, qu’il faut considérer comme des individus selon la définition du COSEPAC. Tony Reznicek : « Je ne crois pas que l’espèce ait une quelconque capacité de reproduction végétative. Elle forme des touffes denses, et, dans les lieux où elle forme des colonies, je soupçonne que celles–ci résultent de la coalescence de groupes denses de touffes » (Reznicek, comm. pers., 2009, traduit de l’anglais). Par ailleurs, la production de graines est répandue en Nouvelle–Écosse, comme l’ont remarqué de nombreux observateurs, mais on ne sait rien de la viabilité des graines et des taux de recrutement. Comme l’espèce peut avoir une maturation rapide et pousse dans des milieux sujets à de fortes fluctuations du niveau des eaux, le maintien d’un réservoir de semences pourrait être une caractéristique importante du cycle vital de l’E. tuberculosa, comme dans le cas d’autres espèces du genre Eleocharis (Wilson et al. , 2006; Baldwin et al. , 2001; Bell et Clarke, 2004, cité par Leck et Schutz, 2005) ainsi que de nombreuses espèces de la plaine côtière atlantique qui poussent dans des milieux riverains (Keddy et Reznicek, 1986). Cependant, la levée de plantules d’E. tuberculosa n’a jamais été signalée lorsque le réservoir de semences de divers milieux humides de la plaine côtière, à l’intérieur de l’aire de répartition de l’E. tuberculosa, a été soumis à des essais de germination (Gerritson et Greening, 1989; Kirkman et Sharitz, 1994; Schneider, 1994; Cohen et al. , 2004; Neill et al. , 2009). Par contre, si l’espèce possède réellement un réservoir de semences, celui–ci pourrait être constitué de graines à longue viabilité. En effet, dans le cas de quatre espèces australiennes d’Eleocharis poussant dans des milieux humides temporaires, Bell et Clarke (2004) ont estimé que les graines de ces plantes pouvaient persister 50 à 100 ans. De plus, des sols prélevés dans d’autres milieux humides fluctuants contenaient des graines d’Eleocharisqui ont germé lorsque des échantillons de sol ont été humectés chaque année, pendant 12 années (Leck et Brock, 2000, ainsi que Baskin et al. , 2002, cités dans les deux cas par Leck et Schutz, 2005).

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Dispersion

Au cours des travaux de terrain menés en 2008, Tyler Smith a observé plusieurs mottes de tourbe isolées échouées sur des plages par ailleurs constituées de sable, et ces mottes portaient des individus apparemment sains d’Eleocharis tuberculosa. Il semble donc que la fragmentation des tapis de tourbe peut constituer un mécanisme de dispersion à l’intérieur de chaque bassin versant.

Il est également vraisemblable que les graines puissent être dispersées en étant transportées dans le tube digestif d’oiseaux aquatiques. Des expériences d’alimentation réalisées avec des canards domestiques ont révélé qu’un séjour de jusqu’à 72 heures dans le tube digestif améliorait le pouvoir germinatif des graines chez certaines espèces d’Eleocharis (Bell, 2000, cité par Leck et Schutz, 2005). Mueller et van der Valk (2002, cités par Leck et Schutz, 2005) ont constaté que de petits nombres de graines viables de deux scirpes (le Scirpus acutus et le S. validus, répandus en Amérique du Nord et appartenant également à la famille des Cypéracées) se conservaient jusqu’à 29 ou 30 heures à l’intérieur de Canards colverts (Anas platyrhynchos). Des graines viables de Scirpus spp. (2 à 26 % de graines intactes) et de Carex spp. (8 à 13 %) ont également été trouvées dans des échantillons d’excréments de Canards colverts et de Canards pilets (Anas acuta) vivant en liberté. Les graines emportées par le courant ou transportées avec la boue adhérant aux pattes d’oiseaux aquatiques ou de mammifères pourraient également constituer des mécanismes de dispersion. La majorité des graines de quatre espèces d’Eleocharis ont flotté pendant au moins deux jours (Bell, 2000, cité par Leck et Schutz, 2005).

Le vent est probablement le principal vecteur de pollinisation, comme dans le cas d’autres espèces d’Eleocharis. La pollinisation par le vent doit donc constituer un moyen de dispersion génétique à l’intérieur de chaque population et peut–être entre populations voisines, mais on ne sait rien des distances de dispersion du pollen.

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Relations interspécifiques

Wooten et Elakovich (1991) ont constaté que les extraits aqueux d’Eleocharis tuberculosa inhibent la croissance de la lenticule mineure (Lemna minor) et de la laitue cultivée (Lactuca sativa). Il se peut donc que l’E. tuberculosa ait des propriétés allélopathiques lui permettant d’inhiber la croissance de ses compétiteurs. Cependant, la force de cette interaction s’est révélée faible par rapport à ce qui a été observé chez d’autres plantes aquatiques. On ne sait pas si l’E. tuberculosa inhibe réellement la croissance de ses compétiteurs sur le terrain.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Durant quatre journées de septembre 2008, Tyler Smith s’est rendu à tous les lacs où pousse l’Eleocharis tuberculosa, sauf le Petit Lac Ten Mile, où l’espèce n’a été découverte qu’en 2009. Aucun autre lac pouvant abriter l’espèce n’a fait l’objet de relevés en 2008.

Selon le rapport de Newell et Zinck (2000) ainsi que les données du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique (Atlantic Canada Conservation Data Centre) (AC CDC, 2009), les botanistes ont consacré à la recherche de l’espèce 16 jours (au moins) au Grand Lac Pubnico de 1994 à 2002, 3 jours au lac Harpers de 1995 à 1999, 2 jours au lac Barrington en 1998 (sans compter tout le temps consacré par Lillian Perry, comm. pers., 2008) et 2 jours à chacun des lacs Western et Gold en 1999. D’autres recherches, non répertoriées, ont également été faites à l’intérieur et à proximité du secteur des lacs Western, Gold et Harpers (Boates, comm. pers., 2008). En 2009, Blaney et Mazerolle (obs. pers., 2009) ont consacré une journée à une fouille exhaustive des rivages du Petit Lac Ten Mile et d’un lac voisin, le lac Ten Mile. L’E. tuberculosa a donc fait l’objet de recherches approfondies dans tous les lacs où il a déjà été signalé. Il est probable que de petites colonies s’établissent dans ces lacs et finissent par disparaître; il se peut donc que l’information sur d’anciennes localités soit en partie désuète. Cependant, la répartition de l’espèce autour de tous les lacs précités, sauf le Grand Lac Pubnico, est probablement répertoriée de manière presque complète. Comme le Grand Lac Pubnico est difficilement accessible par la route, que ses rives sont étendues et que ses baies sont peu profondes et rocheuses (ce qui rend la navigation difficile durant les périodes de l’année se prêtant le mieux à la détection de l’espèce), il compte probablement d’autres sites en plus des nombreux sites déjà répertoriés.

L’E. tuberculosa peut facilement passer inaperçu lorsqu’on ne connaît pas bien le genre Eleocharis, et il arrive souvent que la plante soit complètement immergée (et donc encore plus difficile à détecter) durant les périodes de hautes eaux (Newell et Zinck, 2000; Tyler Smith, obs. pers., 2008; Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2009). Cependant, durant les périodes de basses eaux, l’espèce est caractéristique et même relativement évidente pour les botanistes qui la connaissent bien. Comme la flore de la plaine côtière atlantique du sud de la Nouvelle–Écosse a fait l’objet d’études floristiques étendues (résumées par Blaney et Smith, 2009), il est manifeste que l’E. tuberculosaest rare dans le sud de la province et qu’il est pratiquement ou entièrement absent des secteurs les plus étudiés de cette zone, qui sont : 1) le bassin inférieur de la rivière Tusket (25 à 40 km au nord–ouest de la plupart des mentions connues de l’E. tuberculosa); 2) le secteur des lacs Kejimkujik, Ponhook et Molega (75 à 100 km au nord–est de la plupart des mentions connues de l’E. tuberculosa, mais seulement environ 15 km au nord de la population récemment découverte au Petit Lac Ten Mile).

En 2009, la découverte d’une population au Petit Lac Ten Mile, à 60 km au nord–est de la plus nordique des mentions alors connues, est survenue dans le cadre d’un vaste programme de relevés botaniques visant le secteur des lacs Ponhook et Molega, au cours duquel le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique a examiné les rives de 26 lacs qui n’avaient encore jamais fait l’objet de relevés (Blaney et Mazerolle, 2009; Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2009). Le fait que l’E. tuberculosa a été trouvé une seule fois dans le cadre de ces relevés de grande envergure démontre que l’espèce est rare dans le secteur des lacs Ponhook et Molega. Cependant, il reste encore plus d’une centaine de lacs qui n’ont fait l’objet d’aucun relevé et se trouvent entre les sites d’E. tuberculosa du secteur du Grand Lac Pubnico et du lac Barrington et celui du secteur des lacs Ponhook et Molega; de plus, de nombreux lacs à potentiel moindre se trouvent au nord de ces secteurs, mais à l’intérieur de la zone abritant une diversité d’espèces de la plaine côtière atlantique. Comme l’E. tuberculosa a été observé peu fréquemment dans le sud de la Nouvelle–Écosse, il est improbable qu’un grand nombre de populations restent à découvrir, mais il demeure vraisemblable qu’il existe encore quelques populations non découvertes.

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Abondance

Toutes les estimations d’effectif sont fondées sur le nombre de touffes capables de se reproduire, lesquelles constituent des « individus matures » aux fins de l’évaluation du COSEPAC. Les individus demeurant à l’état végétatif sont difficiles à distinguer à l’intérieur des tapis denses. Par ailleurs, on ne sait pas exactement quelle proportion des individus, dans l’ensemble de la population, ne fleurissent pas chaque année, mais cette proportion semble faible (Smith, obs. pers., 2008). Dans le cas de chaque colonie d’Eleocharis tuberculosa répertoriée en 2008, l’abondance a été calculée à partir d’une estimation visuelle de la densité à l’intérieur d’un secteur représentatif, suivie d’une estimation visuelle de la superficie totale de la colonie. À cause du manque de temps, il a été impossible d’examiner tout le rivage des lacs, et la priorité a été accordée aux secteurs où les plus grands effectifs avaient été constatés lors de relevés antérieurs (tableau 1). Au lac Barrington, le relevé a été complété par les données que Lillian Perry recueille depuis 2000 dans le cadre de son programme de suivi indépendant.

Le lac Barrington abrite une des deux grandes populations d’E. tuberculosa de la Nouvelle–Écosse. La plupart des touffes y sont réparties entre trois secteurs : portion médiane de la rive ouest; baie du nord–est; baie du nord–ouest. Les colonies les plus denses renferment plus de 100 individus par mètre carré et occupent en tout 1 500 à 2 000 , ce qui donne un effectif total de 150 000 à 200 000 touffes. D’autres individus sont présents ici et là à l’extérieur des principaux secteurs, à l’extrémité sud du lac.

Le Grand Lac Pubnico abrite l’autre grande population d’E. tuberculosa de la province. Dans ce lac long de 10 km et large de 1 à 4 km, 149 sites ont été répertoriés dans le cadre des relevés menés de 1994 à 2002 (AC CDC, 2009). La vaste majorité des mentions forment un groupe dense autour de la baie Little, à l’extrémité nord–ouest du lac, tandis que le reste se répartit de manière dispersée dans l’ensemble des deux tiers nord du lac. Le lac comporte probablement d’autres sites, non encore répertoriés (Elderkin, comm. pers., 2009). En 1998, Lawrence Benjamin (comm. pers., 2009) et Mark Elderkin ont fait un relevé de l’espèce au Grand Lac Pubnico et ont observé : « Au bout d’un certain temps, nous pouvions reconnaître l’habitat [de l’E. tuberculosa], et nous l’avons trouvé sur toutes les berges sableuses du rivage et des îles du lac. » Cependant, l’E. tuberculosan’occupe qu’une petite proportion des rives. Les grandes colonies denses n’ont été observées que dans une poignée de sites, et un grand nombre de sites répertoriés ne comptent que peu de touffes. La grande taille du lac a empêché la réalisation d’un relevé complet en 2008, et, bien qu’au moins 16 journées de relevés aient été effectuées récemment par l’ensemble des botanistes (voir la section « Activités de recherche »), aucune bonne estimation d’effectif n’est disponible pour l’ensemble du lac. En 2008, Tyler Smith a répertorié au moins 2 000 individus près du port de plaisance et 2 500 dans l’ensemble du secteur de la baie Little, et la colonie du port de plaisance ne représente qu’une petite proportion de l’effectif total du lac (MacKinnon, comm. pers., 2009; Elderkin, comm. pers., 2009). L’effectif total de la population du Grand Lac Pubnico ne peut donc être décrit qu’en termes de « nombreux milliers ».

À cause de problèmes reliés au niveau élevé des eaux et à la difficulté d’accès, ni la population du lac Harpers ni celle des lacs Western et Gold n’ont fait l’objet de relevés complets en 2008. Il faut donc considérer les effectifs ci–dessous comme des estimations minimales.

Au lac Harpers, le tapis de tourbe flottant a été examiné à fond en 2008, mais pratiquement aucun examen n’a été fait du rivage. Comme les relevés antérieurs semblaient indiquer que presque toutes les touffes d’E. tuberculosa du lac se trouvaient sur le tapis flottant, il est probable que le relevé de 2008 a permis de détecter la majorité des touffes de cette localité. Le tapis de tourbe occupait une superficie de plusieurs centaines de mètres carrés. L’E. tuberculosa était surtout abondant dans les secteurs où peu d’autres végétaux étaient présents, sur la partie ouest du tapis. Dans ce secteur, il y avait environ 2 000 individus, densément réunies sur 10 .

Les lacs Western et Gold sont connectés par un ruisseau long de 600 m, et les individus de l’un et l’autre lacs sont séparés par une distance ne dépassant pas 980 m. Par conséquent, ces individus sont considérés comme formant deux sous–populations d’une même population. Au lac Western, le relevé de 2008 a été réalisé à pied et s’est limité à la rive nord du lac, entre les ruisseaux constituant l’affluent et l’exutoire du lac, où l’espèce avait déjà été signalée. Cette partie du rivage était entièrement submergée sous au moins 15 cm d’eau, apparemment à cause des barrages de castors observés sur le ruisseau exutoire. Il ne restait aucun milieu pouvant convenir à l’espèce, et aucun tapis de tourbe flottant n’était visible depuis la rive. Seulement 4 touffes avaient déjà été observées au lac Western, mais ce nombre pourrait être plus élevé avec un relevé plus intensif (Newell et Zinck, 2000). Au lac Gold, le relevé de 2008 a également été fait à pied, et il a visé environ 10 % des rives du lac, entre le ruisseau exutoire et le chemin d’accès. Environ 200 individus, occupant approximativement 10 , ont été répertoriés dans ce secteur où aucune touffe n’avait jamais été signalée. Newell et Zinck (2000) avaient signalé 200 à 400 individus, mais c’était dans d’autres secteurs du lac. Si ces individus sont encore présents, le nombre minimal d’individus actuellement présents au lac Gold se situe entre 200 et 600.

En 2009, David Mazerolle et Sean Blaney ont observé environ 50 touffes, sur environ 25 m de rivage, dans un seul site du Petit Lac Ten Mile. L’espèce n’a pas été trouvée ailleurs durant les relevés complets menés sur les rives du lac Ten Mile et du Petit Lac Ten Mile, et les deux lacs comportaient peu de milieux convenant à l’espèce. Il est cependant possible que la détection ait été entravée, dans une certaine mesure, par le niveau élevé des eaux (Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2009).

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Fluctuations et tendances

Les données disponibles ne permettent pas une évaluation des tendances pour l’ensemble des populations canadiennes de l’Eleocharis tuberculosa.

Selon les estimations actuelles, les effectifs auraient beaucoup augmenté par rapport aux estimations faites par Newell et Zinck (2000) au Grand Lac Pubnico (passant de 300 touffes à « de nombreux milliers » de touffes), au lac Barrington (passant de 2 000–3 000 touffes à 150 000–200 000 touffes) et au lac Harpers (passant de 200 touffes à 2 000 touffes). Dans le cas de la sous–population du lac Gold de la population des lacs Gold et Western, les estimations de 2000 et de 2008 ne sont pas comparables, car 200 nouvelles touffes ont été découvertes en 2008, tandis que le secteur où avaient déjà été signalées 200 à 400 touffes n’a pas été réexaminé. La sous–population du lac Western n’a pas été retrouvée en 2008, à cause de l’inondation causée par les castors, ce qui signifie que la population serait passée de 4 touffes à aucune, mais la population existe peut–être encore sous forme de rhizomes dormants ou de réservoir de semences. Aucune donnée antérieure n’est disponible sur la nouvelle population d’environ 50 touffes découverte au Petit Lac Ten Mile en 2009.

Cependant, il n’est pas certain que les augmentations mentionnées ci–dessus soient réelles. En effet, des différences dans l’intensité des relevés, dans les dates d’observation et dans le niveau des eaux pourraient expliquer la plupart, sinon la totalité, des grandes augmentations d’effectif dont fait état le présent rapport, par comparaison au rapport de situation antérieur (Newell et Zinck, 2000). Lillian Perry (comm. pers., 2009) estime que la mi–août est le meilleur temps pour détecter les individus. Or, au lac Barrington, certains relevés ont été réalisés aussi tard qu’à la fin octobre, lorsque bien des individus pouvaient avoir perdu leurs akènes et être ainsi beaucoup plus difficiles à détecter. Perry (comm. pers., 2009), qui était présente durant les travaux de terrain de 1999, a également signalé que les colonies les plus denses de la rive ouest du lac n’ont probablement pas été incluses dans l’estimation de l’effectif faite par Newell et Zinck (2000). Les fluctuations du niveau des eaux peuvent également causer des différences de détectabilité importantes (et même peut–être modifier le nombre réel de touffes, ce qui reste à préciser) (Newell et Zinck, 2000), et il est possible (bien qu’on ne l’ait pas noté) que les relevés antérieurs aient été réalisés en période de hautes eaux, ce qui aurait rendu de nombreuses touffes peu visibles. On ne sait pas exactement dans quelle mesure les fluctuations d’effectif importantes (mais demeurant inférieures à un ordre de grandeur) observées d’une année à l’autre (tableau 2; Newell et Zinck, 2000; Perry, comm. pers., 2009) sont causées par la perte d’individus matures durant les périodes de hautes eaux et le recrutement de nouveaux individus durant les périodes de basses eaux, plutôt que par des différences de détectabilité liées au niveau des eaux.

Tableau 2. Nombre d’individus d’Eleocharis tuberculosa présents dans les quatre parcelles de 1,8 m × 1,8 m suivies par Lilian Perry au lac Barrington.
ParcelleAnnée
20042005200620072008
Total440345250~ 320+213
16050203032
215055309070
313012012020095
410012080quelques–uns16

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Depuis 2004, Lillian Perry suit l’E. tuberculosadans quatre parcelles de 1,8 m  × 1,8 m établies sur la rive ouest du lac Barrington (tableau 2). Ces quatre parcelles n’ont pas été établies de manière aléatoire et ne sont pas nécessairement représentatives de la situation de l’espèce dans l’ensemble du lac, mais il est intéressant de constater que les effectifs ont diminué dans chacune des parcelles de 2004 à 2008, l’effectif total étant passé de 440 à 213 touffes. Ce déclin n’a pas été uniforme, et une augmentation importante a été observée de 2006 à 2007; ces variations rendent la signification des déclins observés encore moins évidente.

En 2008, à cause du niveau élevé des eaux dû aux barrages de castors, aucun individu n’a été observé au lac Western, là où quatre avaient été répertoriés auparavant. On ne sait pas quelle durée d’immersion suffirait à éliminer les individus adultes ainsi que le réservoir de semences, mais certaines observations visant d’autres espèces d’Eleocharispoussant en milieu humide fluctuant (Bell et Clarke, 2004, cités par Leck et Schutz, 2005) ainsi que d’autres espèces riveraines de la plaine côtière atlantique (Keddy et Reznicek, 1993) semblent indiquer que la présence d’un réservoir de semences devrait permettre à l’E. tuberculosa de survivre à une période d’immersion d’au moins une dizaine d’années, ou même davantage, soit la durée approximative des hautes eaux que peuvent vraisemblablement maintenir les castors. Par conséquent, la diminution d’effectif apparente, au petit site du lac Western, et les diminutions futures éventuelles, au Petit Lac Ten Mile, où les castors ont également fait monter le niveau des eaux, correspondent très probablement davantage à des fluctuations qu’à une tendance continue pouvant aboutir à une réduction du nombre de localités. Par ailleurs, les deux lacs abritant l’espèce qui ont été touchés par les castors représentent ensemble moins de 1 % de la population canadienne totale d’E. tuberculosa. Donc, même dans le cas où l’inondation due aux castors constituerait une menace, elle n’a pas pu avoir d’impact appréciable sur la population canadienne de l’espèce.

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Immigration de source externe

La population d’Eleocharis tuberculosa se trouvant le plus près de la Nouvelle–Écosse est la seule mention connue du Maine, provenant du comté d’Oxford situé dans le sud–ouest de l’État (Maine Natural Areas Program, 2009; Cameron, comm. pers., 2009), soit 430 km à l’ouest du Grand Lac Pubnico. Le plus proche État où l’espèce semble stable et localement commune est le Massachusetts. Il est possible que la sauvagine puisse constituer un vecteur naturel permettant à l’E. tuberculosa de recoloniser la Nouvelle–Écosse à partir des États–Unis (voir la section « Dispersion »), mais la fréquence de tels cas de dispersion est sans doute beaucoup trop faible pour avoir quelque importance du point de vue de la conservation.

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Facteurs limitatifs et menaces

Menaces anthropiques

Les dommages causés à l’habitat de l’Eleocharis tuberculosa par les véhicules tout–terrain (VTT ) circulant sur la tourbe fragile des rivages est la plus grave menace d’origine humaine pesant sur cette espèce en Nouvelle–Écosse. Au lac Barrington, le peu de données disponibles à ce sujet semble indiquer que la population est en déclin là où les traces laissées par les VTT en été ont pu accroître l’érosion glacielle en hiver et ainsi causer des pertes d’habitat de l’E. tuberculosa (Perry, comm. pers., 2009). On ne connaît ni l’ampleur ni le degré de permanence des pertes d’habitat et d’effectif éventuellement causées par les VTT au lac Barrington, mais Lillian Perry (comm. pers. ) a observé qu’au cours des dernières années des dommages graves ne sont pas survenus chaque année. En 2002, les profondes ornières laissées par des VTT ont eu un impact évident sur certaines des grandes colonies de la pointe Oak, à la baie Little du Grand Lac Pubnico (MacKinnon, comm. pers., 2002), mais l’importance de cette menace à l’échelle du lac entier n’était pas évidente en 2002 et ne l’est toujours pas. Dans le cas des autres lacs, le rivage est plus étroit et ne se prête pas autant à l’utilisation des VTT, et aucun impact appréciable n’a été observé.

Le développement foncier des rives demeure limité dans cinq des six lacs où pousse l’E. tuberculosa. Le lac Barrington est le seul où une portion appréciable des rives ont été lotissées en vue de la construction de chalets, et une quarantaine de chalets sont déjà présents (Perry, comm. pers., 2009). Perry (comm. pers., 2009) y suit l’E. tuberculosa depuis 2000, et elle ne croit pas que les chalets aient eu un impact appréciable sur la population d’E. tuberculosa, jusqu’à présent, car 40 à 70 % de cette population se trouve sur des terres de la couronne non aménagées, tandis que le reste se trouve soit à bonne distance de tout chalet, soit devant les chalets de propriétaires qui n’altèrent pas la zone riveraine. Le Petit Lac Ten Mile ainsi que les lacs Harpers, Gold et Western ne sont accessibles que par des pistes de VTT, et leurs rives sont encore très peu aménagées. Le Grand Lac Pubnico est accessible par la route, et quelques infrastructures y ont été construites, dont quelques chalets privés, quelques chalets construits sur des terres louées de la Couronne et un petit port de plaisance situé à proximité d’une dense colonie d’E. tuberculosa; cependant, les rives ainsi aménagées ne représentent encore qu’une petite fraction de la longueur totale des rives du lac. En 2009, les terrains lotissés pour la construction de chalets mais non encore aménagés correspondaient à moins de 10 % des rives du Grand Lac Pubnico (SNSMR, 2008). Il semble donc que le développement foncier n’a pas eu pour effet de réduire sensiblement les colonies jusqu’à présent et qu’il ne devrait pas avoir un tel effet dans un proche avenir, bien qu’une expansion future de la superficie occupée par des chalets soit probable, particulièrement au lac Barrington (Perry, comm. pers., 2009). À plus long terme, à mesure que les terrains riverains non aménagés se feront plus rares et plus précieux, il est probable que le développement deviendra une menace plus importante, car tous les lacs où pousse l’E. tuberculosa se trouvent à une distance de 3 à 11 km de la principale route de la région. Cependant, la forte proportion de l’habitat occupé par l’espèce qui se trouve sur des terres de la Couronne (63 %; voir la section « Protection et propriété ») devrait continuer d’agir comme un tampon contre les impacts futurs du développement foncier.

Toute hausse permanente du niveau des eaux par des barrages aménagés par les humains pourrait constituer une menace grave, mais rien n’indique pour le moment qu’une régularisation artificielle du niveau des eaux soit à prévoir pour l’un ou l’autre des lacs où pousse l’E. tuberculosa. Rien n’indique par ailleurs que l’E. tuberculosa soit menacé par des espèces exotiques envahissantes ou par une pollution modifiant les propriétés chimiques de l’eau, deux facteurs retenus par Eaton et Boates (2003) comme menaces potentielles pour les espèces riveraines de la flore de la plaine côtière atlantique.

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Facteurs naturels

L’inondation de l’habitat par les castors a réduit, au moins temporairement, l’effectif de la sous–population du lac Western et risque d’en faire autant dans le cas de la population du Petit Lac Ten Mile. Cependant, pour se maintenir, l’habitat de l’Eleocharis tuberculosa a besoin, au moins en partie, de fluctuations périodiques du niveau des eaux (Zaremba et Lamont, 1993). Certaines observations visant d’autres espèces d’Eleocharis poussant en milieu humide fluctuant (Bell et Clarke, 2004) ou d’autres espèces riveraines de la plaine côtière atlantique (Keddy et Reznicek, 1993) semblent indiquer qu’un réservoir de semences permet sans doute à l’E. tuberculosa de survivre à des périodes d’immersion de quelques années à une dizaine d’années, ou même davantage, ce qui correspond approximativement à la périodicité des hautes eaux maintenues par les castors. Or, les populations de castors du sud–ouest de la Nouvelle–Écosse ne sont pas jugées plus grandes aujourd’hui qu’à l’époque antérieure à la colonisation (O’Brien, comm. pers., 2009). Il est donc probable que le niveau actuellement élevé du lac Western et du Petit Lac Ten Mile ne constitue pas une menace importante pour la persistance de l’espèce dans ces sites. Cependant, il faut accueillir avec prudence cette conclusion, car aucune donnée visant spécifiquement l’E. tuberculosa ne permet d’établir dans quelle mesure les individus matures et les graines de cette espèce peuvent tolérer l’inondation. Dans les lacs touchés, la petite taille des populations d’E. tuberculosa, en termes d’effectif et de superficie, limite l’impact que pourraient avoir les castors sur l’ensemble de la population canadienne de cette espèce, mais ces populations, justement à cause de leur petite taille, risquent de disparaître, entièrement détruites par les fluctuations du niveau des eaux.

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Définition des localités en fonction des menaces

Dans le cas de trois populations, celle du lac Harpers, celle des lacs Gold et Western et celle du Petit Lac Ten Mile, les menaces anthropiques sont minimes pour le moment. Le principal facteur observé ou envisageable qui pourrait menacer ces populations est une inondation prolongée due aux castors qui réduirait le nombre d’individus matures et, peut–être, le nombre de graines du réservoir de semences. Comme ce type de menace vise un lac entier à la fois, chacun des lacs peut être considéré comme une localité. Ainsi, la population des lacs Gold et Western comprend deux localités, les deux lacs étant exposés indépendamment à l’impact des castors.

Au lac Barrington et au Grand Lac Pubnico, la principale menace est la perte d’individus et d’habitat causée par l’utilisation des VTT. La longueur de rivage parcourue par les VTT est de l’ordre de quelques dizaines de mètres à plus de un kilomètre. Au lac Barrington, la circulation de VTT a été observée sur une bonne partie du rivage, bien qu’à des degrés divers, et il convient de considérer ce lac comme une seule localité. Au Grand Lac Pubnico, la vaste majorité (131 sur 149) des sites répertoriés se trouvent à la baie Little, large de 1,5 à 2,6 km et située à l’extrémité nord–ouest du lac. C’est également dans ce secteur que des dommages dus à la circulation de VTT ont été observés dans les communautés végétales du rivage (MacKinnon, comm. pers., 2009). Parmi les 18 autres sites du Grand Lac Pubnico, 12 se trouvent sur des îles et risquent donc peu d’être affectés par les VTT, tandis que 6 se trouvent sur des rives dont on ne connaît pas le degré d’exposition à la circulation de VTT. En l’absence d’information détaillée sur l’utilisation des VTT autour de ce grand lac et en l’absence d’un relevé détaillé de sa population d’E. tuberculosa, on peut envisager de diverses manières la division de cette population en localités. Par exemple, on pourrait distinguer deux localités, l’une étant la baie Little, et l’autre, tout le reste du lac. On pourrait aussi considérer la baie Little comme une localité, les nombreuses îles qui abritent l’espèce et ne sont pas menacées par les VTT comme une deuxième localité, et tout le reste du lac, avec ou sans occurrences connues de l’espèce, comme une ou plusieurs autres localités. Comme le relevé de la population du Grand Lac Pubnico est encore incomplet, on ne sait pas exactement combien de localités sont possibles selon ce dernier scénario.

Les cinq populations canadiennes de l’E. tuberculosapeuvent donc être réparties en au moins sept localités aux fins de l’évaluation du COSEPAC  : 1. baie Little du Grand Lac Pubnico; 2. toutes les autres parties du Grand Lac Pubnico; 3. lac Barrington; 4. lac Harpers; 5. lac Gold; 6. lac Western; 7. Petit Lac Ten Mile. Cependant, on pourrait aussi définir un plus grand nombre de localités, qui pourrait dépasser la dizaine. Le nombre exact de localités pouvant être distinguées en fonction des menaces demeure incertain, pour les raisons suivantes : de grandes parties de l’habitat riverain de l’espèce sont relativement peu menacées par des facteurs anthropiques; le relevé des populations est encore incomplet dans les lacs où l’espèce est présente; il est encore possible qu’on découvre de nouvelles populations dans les lacs voisins qui n’ont pas fait l’objet de relevés. Il existerait probablement plus de 10 localités, si on disposait de données sur les parties non étudiées des six lacs ou sur les lacs de la région qui n’ont pas encore été inventoriés. D’ailleurs, il n’est peut–être pas opportun d’évaluer l’espèce en fonction de localités, car on risquerait d’en conclure que plus de la moitié de l’aire de répartition de l’espèce est constituée de milieux riverains qui ne sont pas sérieusement menacés.

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Importance de l’espèce

L’Eleocharis tuberculosa est une espèce intéressante du point de vue biogéographique, car elle fait partie d’un cortège d’espèces de la plaine côtière atlantique qui comportent des populations isolées en Nouvelle–Écosse (Sorrie et Weakley, 2001). Comme les populations d’E. tuberculosa de Nouvelle–Écosse sont très isolées et se trouvent à la limite nord de la répartition de l’espèce, elles pourraient contribuer de manière importante à la diversité génétique de l’espèce. Il n’existe pas de connaissances traditionnelles autochtones sur cette espèce en Amérique du Nord et seules des utilisations médicinales et culturelles mineures sont connues pour d’autres espèces du genre (Moerman, 2010).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le tableau 3 présente les cotes de conservation et les désignations de statut attribuées à l’Eleocharis tuberculosa à l’échelle de chaque province ou État. L’espèce a été signalée mais non classée (et n’est donc probablement pas rare dans la plupart des cas) dans tous les États bordant le golfe du Mexique, jusqu’au Texas vers l’ouest, ainsi que dans tous les États de la plaine côtière atlantique, jusqu’au New Jersey vers le nord. L’espèce est considérée comme en voie de disparition (Endangered) au Maine, en Pennsylvanie et au New Hampshire (où on n’en connaît que des mentions historiques) ainsi que menacée (Threatened) dans l’État de New York. Le COSEPAC a désigné l’E. tuberculosa « espèce menacée » en mai 2000; l’espèce est actuellement inscrite comme « espèce menacée » à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril fédérale et est désignée menacée (Threatened) aux termes de l’Endangered Species Act de la Nouvelle–Écosse.

Tableau 3. Cote de conservation (NatureServe, 2009) et désignation de statut (site Web du programme de conservation de chaque province ou État, en octobre 2008) attribuées à l’Eleocharis tuberculosa à l’échelle de chaque province ou État.
Province ou ÉtatCote de conservationDésignation de statut
Nouvelle–ÉcosseS1Menacée
AlabamaNon classée 
ArkansasNon classée 
Caroline du NordS5 
Caroline du SudNon classée 
ConnecticutNon classée 
DelawareS4 
District de ColumbiaNon classée 
FlorideNon classée 
GeorgieS4 
LouisianeNon classée 
MassachusettsNon classée 
MarylandNon classée 
MaineS1En voie de disparition
MississippiS5 
New HampshireSHEn voie de disparition
New JerseyS4 
New YorkS2Menacée
PennsylvanieS1En voie de disparition
Rhode IslandNon classée 
TennesseeNon classée 
TexasNon classée 
VirginieS5 

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Remerciements

Lillian Perry, résidente de Barrington, en Nouvelle–Écosse, a fourni les données qu’elle avait recueillies sur la population du lac Barrington de 2000 à 2008, ainsi que de l’aide sur le terrain et des commentaires sur les tendances démographiques et sur les tendances en matière d’habitat à ce lac.

Experts contactés

Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, Sackville (Nouveau–Brunswick).

Lawrence Benjamin. Wildlife Technician, Department of Natural Resources de la Nouvelle–Écosse, Kentville (Nouvelle–Écosse).

Dr. Sherman Boates. Manager, Wildlife Resources – Biodiversity, Department of Natural Resources de la Nouvelle–Écosse, Kentville (Nouvelle–Écosse) (au sujet des relevés antérieurs).

Don Cameron. Botaniste, Maine Natural Areas Program, Augusta (Maine).

Mark Elderkin. Species at Risk Biologist, Department of Natural Resources de la Nouvelle–Écosse, Kentville (Nouvelle–Écosse).

Kim Mawhinney. Service canadien de la faune, St. John’s(Terre–Neuve–et–Labrador).

David MacKinnon. Planner, Protected Areas Division, Department of Environment de la Nouvelle–Écosse, Halifax (Nouvelle–Écosse).

Marion Munro (Zinck). Botaniste, Nova Scotia Museum of Natural History, Halifax (Nouvelle–Écosse).

Ruth Newell. Botaniste, Acadia University, Wolfville (Nouvelle–Écosse).

Michael O’Brien. Furbearer Biologist, Department of Natural Resources de la Nouvelle–Écosse, Kentville (Nouvelle–Écosse).

Anton (Tony) Reznicek. Cyperaceae taxonomist, Department of Ecology and Evolutionary Biology, University of Michigan, Ann Arbor (Michigan).

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Sources d'information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Au moment de la préparation du présent rapport, Tyler Smith était boursier postdoctoral à l’Université Saint Mary’s. Il a obtenu un baccalauréat ès sciences en écologie (avec mineure en botanique) de l’Université de Guelph et un doctorat en sciences végétales de l’Université McGill. Sa thèse portait sur la systématique et les niches évolutives d’un groupe d’espèces du genre Carex, ce qui a nécessité beaucoup de travail de terrain dans tout l’est de l’Amérique du Nord, des études de taxinomie classique et moléculaire ainsi qu’une analyse des niches écologiques appuyées par des travaux de terrain et l’étude de spécimens d’herbier. M. Smith a été botaniste de terrain aux Jardins botaniques royaux de Hamilton, en Ontario, de 1998 à 2002; il était alors chargé de gérer l’herbier, de diriger le volet végétal de la restauration du marais Cootes Paradise et de diriger un vaste programme de recherche sur la floristique et la conservation. Il est membre de l’équipe de rétablissement du Morus rubra et a présidé l’équipe de rétablissement du Trichophorum planifolium. Il a été corédacteur de plusieurs rapports de situation du COSEPAC et du programme de rétablissement du Trichophorum planifolium.

Sean Blaney est botaniste et directeur adjoint au Centre de données sur la conservation du Canada atlantique (CDC Atlantique), où il est chargé de tenir à jour les cotes de conservation des espèces végétales et une base de données sur les occurrences de plantes rares de chacune des trois provinces Maritimes. Depuis son entrée en fonction au CDC Atlantique, en 1999, il a découvert plusieurs douzaines de nouvelles occurrences de plantes vasculaires à l’échelle provinciale et a répertorié des milliers de localités de plantes rares, dans le cadre de travaux de terrain qui l’ont amené dans tous les coins des Maritimes. M. Blaney est membre du Sous–comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC ainsi que de l’Équipe de rétablissement de la flore de la plaine côtière de l’Atlantique, en Nouvelle–Écosse. Il a été corédacteur de plusieurs rapports de situation, pour le COSEPAC et à l’échelle provinciale. Avant de travailler au CDC Atlantique, M. Blaney a obtenu un baccalauréat ès sciences en biologie (avec mineure en botanique) de l’Université de Guelph et une maîtrise ès sciences en écologie végétale de l’Université de Toronto. Il a également participé à la réalisation de plusieurs inventaires biologiques en Ontario, et a travaillé huit étés comme guide–naturaliste au Parc provincial Algonquin, où il a corédigé la deuxième édition de la liste des plantes du parc.