Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Frêne bleu Fraxinus quadrangulata au Canada - 2014

Frêne bleu
Frêne bleu
Photo : John D. Ambrose ©

Menacée
2014

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 62 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 11 p. (Registre public des espèces en péril - Rapports de situation).

WHITE, D.J., et M.J. OLDHAM. 2000. Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-11.

AMBROSE, J.D., et S.W. ABOUD. 1983. COSEWIC status report on the blue ash Fraxinus quadrangulata in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 27 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie David A. Kirk (Aquila Conservation and Environment Consulting) d’avoir rédigé le rapport de situation sur le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jeannette Whitton et Bruce Bennett, co-présidents du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Blue Ash Fraxinus quadrangulata in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Frêne bleu -- Photo par ÓJohn D. Ambrose.

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2014

Nom commun
Frêne bleu
Nom scientifique
Fraxinus quadrangulata
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Cet arbre a une répartition limitée dans les forêts caroliniennes du sud-ouest de l’Ontario. La petite taille de la population totale que l'on retrouve dans un paysage fragmenté, combinée avec l’impact potentiel croissant du broutage par le cerf de Virginie et l’infestation de l’agrile du frêne, une espèce envahissante, exposent l’espèce à un risque de connaître d’autres déclins dans la plupart des sites. De plus, les arbres matures sur l’île Middle sont menacés par les impacts causés par les Cormorans à aigrettes nicheurs. Ces facteurs ont mené à un changement de statut, passant d’espèce « préoccupante » à « menacée ».
Répartition
Ontario
Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en avril 1983. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.

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COSEPAC Résumé

Frêne bleu
Fraxinus quadrangulata

Description et importance de l’espèce sauvage

Le frêne bleu est un arbre de dimensions moyennes, d’environ 20 m de hauteur et de jusqu’à 80 cm de diamètre. Il compte parmi les six espèces de frêne indigènes du Canada. Le tronc est droit ou irrégulier et la cime est étroite, petite et de forme arrondie. L’écorce écailleuse est de couleur claire, gris rougeâtre ou gris havane. Les feuilles sont composées et opposées; elles comportent 7 (5-11) folioles. Les rameaux sont quadrangulaires en raison de la présence de 4 crêtes ou ailerons subéreux très apparents (d’où l’épithète spécifique quadrangulata). Des grappes de petites fleurs sans pétales apparaissent au printemps à mesure que les nouvelles feuilles se déroulent. Le fruit est une samare uniséminée, habituellement tordue; son aile large porte une encoche. Le frêne bleu possède le trait distinctif de garder ses branches inférieures mortes, ce qui lui donne un aspect négligé. L’écorce interne contient une substance collante qui tourne au bleu quand elle est exposée à l’air (d’où le nom commun de l’espèce).

Répartition

Le frêne bleu a une répartition restreinte au Canada. Il se rencontre uniquement dans le sud-ouest de l’Ontario, dans les comtés et municipalités de Middlesex, Elgin, Lambton, Chatham-Kent et Essex, notamment à la pointe Pelée, dans l’île Peche à l’embouchure de la rivière Détroit, dans les îles du lac Érié, ainsi que dans les vallées des rivières Thames et Sydenham et du ruisseau Catfish. Cet arbre est plus largement répandu aux États-Unis, depuis l’Ohio vers le sud, jusqu’en Alabama, en Géorgie et en Arkansas, et vers l’ouest, jusqu’au Wisconsin, en Oklahoma et au Kansas.

Habitat

Le frêne bleu pousse dans divers types d’habitat et de sol. En Ontario, il se trouve dans trois types d’habitat distincts : les plaines d’inondation et les vallées fluviales où il pousse dans des sols riches en association avec une variété d’autres essences; les sols peu profonds recouvrant des alvars et du calcaire dans les îles du lac Érié; et les plages stabilisées du parc national de la Pointe-Pelée et de la pointe Fish de l’île Pelée. La superficie et la qualité de tous ces milieux ont diminué au cours du dernier siècle. Bien que les effets de la fragmentation de l’habitat sur le frêne bleu n’aient pas été évalués, ce facteur devrait mener à la dégradation de l’environnement et peut-être à la dégradation des gènes de l’essence au cours d’une plus longue période, ce qui pourrait contribuer à réduire la probabilité de survie des sous-populations.

Biologie

À la différence des autres espèces de frêne, les fleurs du frêne bleu porte les organes de reproduction mâle et femelle. L’espèce se reproduit par graines et rien n’indique une propagation par voie clonale. Le frêne bleu peut vivre jusqu’à 300 ans (habituellement 150 à 200 ans) et atteint la maturité (mise à fruit) à environ 25 ans. Il produit à tous les 3 ou 4 ans des graines qui sont dispersées par le vent. La plupart se dispersent probablement en-deçà de 10 m de l’arbre parent, mais un petit nombre peuvent se disperser jusqu’à 200 m. Des graines peuvent être transportées sur de plus longues distances par l’eau ou des animaux.

Taille et tendances de la population

En 1983, la présence du frêne bleu a été signalée à14 sites dans quatre secteurs du sud-ouest de l’Ontario. Dès 2000, des recherches additionnelles avaient permis de répertorier un total de 37 sous-populations existantes. En 2001, 19 autres sites ont été répertoriés; la somme de ces 19 sites et des 37 sous-populations se traduit par un total de 56 sites. La population canadienne totale en 2001 a été estimée à moins de 1 000 arbres matures. Des travaux de terrain menés en 2012 et 2013 donnent à penser que le frêne bleu est plus abondant que ce qui avait été documenté par le passé. L’information sur environ la moitié des sites connus (n = 26) a été rassemblée et 1 806 arbres ont été dénombrés. De ceux-ci, 708 (39 %) étaient considérés comme matures (capables de produire des graines). De grands nombres de semis et de gaules ont été observés à quelques sites, en particulier dans le parc national de la Pointe-Pelée et la parcelle McAlpine de la rivière Sydenham.

Menaces et facteurs limitatifs

Depuis la dernière évaluation du statut, l’impact possible du broutage par les cerfs sur le recrutement et l’établissement du frêne bleu s’est révélé une préoccupation plus grande que celle indiquée précédemment. Bien que quelques sites recensés renfermaient de très grands nombres de semis et de jeunes arbres, il y avait peu d’indications de régénération à de nombreux autres, ce qui donne à penser que le broutage exercé par les cerfs pourrait empêcher l’établissement de jeunes arbres. De plus, l’agrile du frêne, un coléoptère non indigène envahissant, s’impose comme une nouvelle menace pour les espèces de frêne indigènes, dont le frêne bleu. Dépisté pour la première fois en Amérique du Nord en 2002, l’agrile du frêne s’est rapidement propagé. Au cours des relevés de 2012 et de 2013, des signes de l’agrile du frêne ont été décelés à 45,8 % (11 sur 26) des sites et chez 70 frênes bleus (3,7 %). Bien que, jusqu’à maintenant, peu de frênes bleus semblent avoir été tués par l’agrile du frêne (0,26 % des arbres recensés) et qu’ils semblent y être résistants, nul ne sait si l’impact de cet envahisseur augmentera à l’avenir. Parmi les autres menaces pesant sur le frêne bleu s’inscrivent les pratiques d’aménagement forestier qui peuvent comprendre l’abattage d’individus de l’espèce à cause de leur identification erronée par des propriétaires fonciers ou des autorités – soit délibérément ou par suite des mesures de gestion associées à l’agrile du frêne; l’altération des régimes de perturbations naturelles par le biais de la suppression des feux de forêt et de la gestion de l’eau; les impacts de l’élevage de bétail, y compris le broutage et le piétinement dans les milieux riverains; les activités récréatives (p. ex. les véhicules tout terrain dans les secteurs locaux), qui pourraient nuire à la régénération à cause du piétinement; et, dans l’île Middle, la nitrification des sols et les dommages aux arbres causés par le guano et les activités de nidification des Cormorans à aigrettes.

Protection, statuts et classements

Le COSEPAC a évalué le frêne bleu pour la première fois en avril 1983 et l’a désigné « espèce préoccupante ». Il a confirmé ce statut en novembre 2000. Lors du dernier réexamen, réalisé en novembre 2014, le frêne bleu a de nouveau été désigné « espèce menacée ». Le frêne bleu est désigné « espèce préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (2003) du gouvernement fédéral et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition du gouvernement de l’Ontario. Bien que le frêne bleu soit considéré comme non en péril à l’échelle mondiale (G5) et non en péril à l’échelle nationale aux États-Unis (N5), il est considéré comme vulnérable (N3) au Canada et non classé en Ontario (S3?). Il est désigné « gravement en péril » (S1) en Virginie-Occidentale, en Pennsylvanie, au Wisconsin et en Iowa; « en péril » (S2) au Kansas et au Mississippi; et « vulnérable » (S3) en Virginie. Le frêne bleu est classé comme une espèce « gravement en péril à en péril » (S1S2) en Géorgie et « en péril à vulnérable » (S2S3) en Oklahoma. Il n’est pas classé (SNR) dans tous les autres États où il se trouve.

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Résumé technique

Nom scientifique :
Fraxinus quadrangulata
Nom français :
Frêne bleu
Nom anglais :
Blue Ash
Répartition au Canada :
Ontario

Données démographiques

  • Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d'estimation de la durée d'une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l'UICN [2008] est utilisée).

    Âge moyen des arbres matures estimé au moyen de facteurs de correction de la croissance et de l’échantillon d’arbres (> 10 cm dhp) recensé en 2012 et 2013; âge moyen allant de 51 ans d’après les taux de croissance calculés à partir des arbres de la rivière Sydenham à 70 à 105 ans (facteur moyen de correction de la croissance de 4,5 pour le frêne blanc et le frêne vert).

    • 50-100 ans
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?

    Il y a des indications de faibles taux de mortalité imputable à l'agrile du frêne, qui est présent dans l'aire de répartition de l'espèce depuis 11 ans. La conversion de forêts à l'agriculture et à des espaces urbains continue de réduire la superficie d'habitat et vraisemblablement de supprimer des arbres.

    • Oui
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations]

    Il est impossible de faire des projections parce qu'on ne sait pas si les arbres non infestés sont résistants à l'agrile du frêne ou n'ont tout simplement pas encore été attaqués.

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations]

    Il s’est produit, au cours des 150 à 300 dernières années (3 générations),  des déclins du couvert forestier dans le sud-ouest de l’Ontario, dont certains peuvent avoir mené à la perte d’habitat et à la fragmentation accrue des sites où pousse le frêne bleu.

    • Inconnu
  • Pourcentage [prévu ou présumé] de [réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]

    D’après l’information recueillie dans le cadre des relevés, des déclins imputables à l’agrile du frêne ne sont pas prévus. Une surveillance est toutefois de mise.

    • Inconnu
  • [Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur

    • Inconnu
  • Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

    • Non

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d'occurrence

    • 8 884 km²
  • Indice de zone d'occupation (IZO)

    (Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté.)

    • 272 km²
  • La population totale est-elle très fragmentée?

    Étant donné que la plupart des sites où le frêne bleu est présent sont de petite taille et séparés par de longues distances, ils sont hautement fragmentés. La distance de dispersion du frêne bleu est toutefois inconnue, tout comme la taille minimum des parcelles et la distance minimum entre celles-ci nécessaires pour assurer la viabilité d’une population. Par conséquent, bien que la fragmentation puisse causer une diminution de la qualité de l’habitat, ses effets sur la génétique, la dispersion et la viabilité des sous-populations sont inconnus.

    • Incertain
  • Nombre de localités

    Les localités sont définies en fonction des menaces les plus graves à chaque site, comme suit :

    1. Île Middle : menace posée par les cormorans nicheurs (une localité).
    2. Tous les sites sont potentiellement touchés par le broutage exercé par les cerfs, sauf ceux des îles Pelée et Middle, libres de cerfs. Le nombre de localités peut varier de un à plusieurs selon le potentiel de gestion efficace des sous-populations de cerfs, mais il est possible de soutenir qu'il existe trois unités de gestion (trois localités).
    3. Tous les sites sont touchés par l'agrile du frêne, qui pourrait probablement agir de la même manière dans tous les sites, mais cette menace est considérée comme la plus grave uniquement dans l'île Pelée (une localité).

    (Par ailleurs, deux localités sont obtenues si l'agrile du frêne est la menace la plus grave.)

    • 5 (ou 2) - > 10
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?

    Aucune sous-population n'a disparu.

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?

    Aucune sous-population n'a disparu depuis la dernière évaluation.

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?

    La présence de cerfs en abondance et de l’agrile du frêne réduit la qualité de l’habitat du frêne bleu.

    • Oui
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?

    • Non

Nombre d'individus matures dans chaque population

  • Population

    • D'après les 26 sites recensés aux fins du présent rapport et au moyen d'un dhp > 10 cm pour désigner les individus matures. Les arbres présents dans les limites de la ville de Windsor sont exclus (voir Aire de répartition canadienne).
      • Nombre d'individus matures : 708
    • Total
      En supposant que la plupart des occurrences ont été répertoriées, il est peu probable que le nombre total d'individus matures dépasse 2 500. Il est toutefois possible que des activités de recherche supplémentaires se soldent par un nombre total supérieur à ce seuil.
      • Nombre d'individus matures : Peu probable que le nombre dépasse 2 500

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

    • Non effectuée

Menaces (réelles ou imminentes, pour les populations ou leur habitat)

Les menaces les plus graves pesant sur le frêne bleu sont les suivantes :

  1. Espèces indigènes problématiques : impacts du cerf de Virginie (impact faible à élevé)
  2. Espèces envahissantes : agrile du frêne (impact faible à moyen)
  3. Autres espèces problématiques : Cormoran à aigrettes dans l’île Middle (impact négligeable et localisé, mais posant la plus grave menace à la sous-population de l’île Middle)
  4. Modification des systèmes naturels : suppression des incendies et gestion de l’eau (impact négligeable)
  5. Élevage de bétail : pâturage et piétinement par le bétail, les chevaux et les moutons (impact négligeable)

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l'extérieur
    • « Non en péril à l’échelle nationale » aux États-Unis (N5). « Non en péril » (S5) au Kentucky; « gravement en péril » (S1) en Pennsylvanie, en Virginie-Occidentale, au Wisconsin et en Iowa; « en péril » (S2) au Kansas et au Mississippi; et vulnérable (S3) en Virginie. Le frêne bleu est coté S1S2 en Géorgie et S2S3 en Oklahoma. Il est non classé (pas encore évalué) au Michigan, en Alabama, au Missouri, en Ohio, au Minnesota, au Texas, en Arkansas, en Illinois, au Tennessee et en Indiana.
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    • Oui
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
    • Oui
  • Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

    • Limité
  • La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe-elle? La dispersion naturelle peut se produire à l'occasion entre les occurrences les plus proches aux États-Unis et les occurrences les plus au sud au Canada.
    • Possible

Nature délicate de l'information sur l'espèce

  • L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate?

    • Non

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en avril 1983.

Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2000.

Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Espèce menacée
Code alphanumérique :
C2a(i)
Justification de la désignation :
Cet arbre a une répartition limitée dans les forêts caroliniennes du sud-ouest de l’Ontario. La petite taille de la population totale que l’on retrouve dans un paysage fragmenté, combinée avec l’impact potentiel croissant du broutage par le cerf de Virginie et l’infestation de l’agrile du frêne, une espèce envahissante, exposent l’espèce à un risque de connaître d’autres déclins dans la plupart des sites. De plus, les arbres matures sur l’île Middle sont menacés par les impacts causés par les Cormorans à aigrettes nicheurs. Ces facteurs ont mené à changement de statut, passant d’espèce « préoccupante » à « menacée ».

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Non satisfait. Les données de surveillance sont insuffisantes pour quantifier les déclins.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Peut correspondre à la catégorie « menacée » B2ab(iii,v); la zone d’occurrence et l’IZO sont inférieurs aux seuils fixés pour cette catégorie, mais les indications de forte fragmentation ne sont pas concluantes et le nombre de localités est difficile à établir, mais devrait être supérieur à 10. Il n’y a pas de fluctuations extrêmes.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Correspond à la catégorie « menacée » C2a(i), car il y a moins de 10 000 individus au total et aucun site n’abrite plus de 1 000 individus matures. Des déclins du nombre d’individus matures ont été documentés et devraient continuer.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Non satisfait. Des relevés complets des sous-populations connues devraient se traduire par des dénombrements supérieurs à 1 000 individus matures.
Critère E (analyse quantitative) :
Non satisfait. Une analyse quantitative n’a pas été effectuée.

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Préface

Compte tenu de l’importante nouvelle menace exercée sur les frênes par l’agrile du frêne (Agripus planipennis), des relevés ont été réalisés en 2012 et 2013 pour évaluer l’impact du ravageur sur le frêne bleu à environ la moitié des sites connus où l’essence pousse (n = 26). Bien que cet insecte envahissant ait été trouvé dans 46 % des sites, peu d’arbres (3,7 % de 1 889) étaient infestés. Les niveaux d’infestation variaient selon le site; ils étaient généralement plus élevés dans les emplacements situés près de l’épicentre d’origine de l’invasion (île Pelée et barrage McKeough). En Ontario, le frêne bleu semble survivre aux attaques par l’agrile du frêne; seuls huit arbres morts ont été trouvés. L’impact de l’agrile du frêne peut dépendre de la proximité, du nombre et de la structure d’âge des autres espèces de frênes. Il est prévu que tous les impacts de l’agrile du frêne sur le frêne bleu ne se manifesteront que d’ici 3 à 5 ans; les sites devraient donc être inventoriés à nouveau à ce moment-là. Depuis l’évaluation du frêne bleu réalisé en 2000 (COSEWIC, 2000), quelques nouveaux sites ont été découverts et des relevés additionnels ont révélé que le nombre d’individus à quelques sites existants est beaucoup plus élevé qu’on ne l’avait estimé précédemment. Une régénération de grande envergure a été observée à quelques sites, peut-être due en partie au déclin de la pression exercée par le broutage du bétail. L’impact du cerf de Virginie sur le recrutement du frêne bleu est inconnu pour le moment. Une analyse préliminaire n’a pas révélé une relation claire entre, d’une part, les populations de cerfs et les tendances estimées d’après des données de chasse et d’observation et, d’autre part, la reproduction du frêne bleu. Il faudra réaliser une étude plus approfondie et établir des parcelles expérimentales à long terme (exclos) pour déterminer l’impact du broutage par les cerfs.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2014)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Fraxinus quadrangulata Michaux

Synonymes : aucun

Noms francais : frêne bleu, frêne anguleux, frêne quadrangulaire

Noms anglais : Blue Ash, Four-angled Ash

Classification : -

Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Ordre : Lamilales

Famille : Oléacées (famille de l’olivier)

Description morphologique

Le frêne bleu est un arbre de dimensions moyennes, dont le tronc est souvent irrégulier (parfois droit). Il atteint souvent 20 m de hauteur et 50 cm ou plus de diamètre (Waldron 2003). Des individus de jusqu’à 88 cm de diamètre ont été répertoriés en Ontario lors de relevés récents (Gard Otis, données inédites; Kirk, 2013). Quelques frênes bleus atteignent des dimensions beaucoup plus grandes aux États-Unis; l’individu le plus gros y a été trouvé en 2008 dans la Davey Woods Nature Preserve, en Ohio, par S. Galehouse; il atteignait 34,7 m (113,9 pi) de hauteur et 222,3 cm (87,5 po) de diamètre (Eastern Native Tree Society, 2013).

La description suivante est tirée des rapports présentés par Ambrose et Aboud (1983), Farrar (1995), Waldron (2003), l’Ohio Department of Natural Resources (ODNR, 2013) et Strobl et Bland (2013). Bien que la cime puisse parfois être de forme irrégulière, elle est le plus souvent arrondie et étroite. Dans les alvars de l’île Pelée, la cime des frênes bleus peut être ouverte et étalée. L’écorce est gris pâle et habituellement écailleuse ou feuilleté; à mesure que les arbres vieillissent, l’écorce forme des plaques. En comparaison, l’écorce de la plupart des autres espèces de frêne semble former des losanges se divisant habituellement en crêtes entrecroisées et en sillons profonds. Toutefois, l’écorce est souvent très variable et ne constitue pas en soi une caractéristique fiable aux fins d’identification; cela vaut aussi dans le cas du frêne bleu (Craig, comm. pers., 2013). Par exemple, l’écorce des frênes bleus matures présente parfois des crêtes aplaties qui ne s’entrecroisent pas tout à fait au lieu de former des plaques (ODNR, 2013).

Comparé à d’autres espèces de frêne, le frêne bleu se distingue par la rétention de branches inférieures mortes, ce qui lui donne un aspect négligé. Les rameaux sont brun grisâtre et sont quadrangulaires en raison de la présence de crêtes très apparentes (d’où le nom spécifique quadrangulata). Le bois du frêne bleu semble imputrescible et les petites branches et les rameaux morts peuvent rester attachés au tronc et aux branches principales pendant de nombreuses années après leur mort, ce qui donne à l’arbre un aspect très « branchu » ou négligé (Craig, comm. pers., 2013).

Les feuilles sont composées et opposées; elles comportent chacune de 5 à 11 folioles. Les folioles sont ovales, grossièrement dentées, vert foncé sur le dessus et vert plus pâle sur le dessous. Au contraire des autres espèces de frêne présentes en Ontario, les feuilles du frêne bleu restent vertes jusqu’à l’automne et tournent habituellement au jaune pâle; par ailleurs, elles sont conservées plus longtemps que chez les autres espèces de frêne. Lors des sécheresses périodiques dans les îles calcaires et les alvars, les feuilles du frêne bleu restent vertes alors que les feuilles des autres arbres brunissent ou se flétrissent (Waldron, 2003).

Les fleurs sont réunies en petites grappes denses et s’épanouissent  en même temps que les nouvelles feuilles au printemps. Le fruit est une samare uniséminée. Il est tordu et bordé jusqu’à la base par une aile large, ce qui le distingue des autres espèces de frêne (Waldron, 2003). L’écorce interne contient une substance collante qui vire au bleu lorsqu’elle est exposée à l’air (d’où le nom commun de l’espèce).

Structure spatiale et variabilité des populations

Aucune analyse génétique ou morphologique de la population canadienne de frênes bleus n’a été effectuée. Bien que la dispersion de l’espèce se produise au moyen de graines et principalement par le vent, il est probable que le transport par l’eau ou peut-être par certaines espèces d’oiseaux pourrait les disperser sur de grandes distances. Ceci signifie que le flux génétique parmi les sous-populations de l’Ontario et entre ces sous-populations et celles se trouvant à proximité aux États-Unis est possible. Les frênes bleus établis naturellement les plus proches aux États-Unis se trouvent dans l’île South Bass, en Ohio, à 12 km des sites où poussent des frênes bleus dans l’île Pelée. Toutefois, les frênes bleus plantés les plus proches se trouvent à Detroit, à 5 km ou moins des individus plantés à Windsor, en Ontario.

Unités désignables

Toutes les occurrences canadiennes du frêne bleu se trouvent dans l’écozone des plaines à forêts mixtes (Crins et al., 2009) et dans la région forestière des feuillus ou la zone biologique de la forêt carolinienne. Dans l’écozone des plaines à forêts mixtes, le frêne bleu se trouve dans l’écorégion 7E. Au sein de cette écorégion, il est présent dans trois écodistricts : l’écodistrict 7E-1 (parc national de la Pointe-Pelée, îles du lac Érié, y compris l’île Pelée), l’écodistrict 7E-2 (rivière Sydenham, cours inférieur de la rivière Thames et ruisseau Catfish) et l’écodistrict 7E-6 (parties du cours supérieur de la rivière Thames).

L’aire de répartition canadienne du frêne bleu présente une discontinuité, soit entre les sites du comté d’Essex et ceux des comtés d’Elgin, de Chatham-Kent, de Lambton et de Middlesex. Il est toutefois probable qu’il était présent dans l’ensemble de la région par le passé, y compris dans la région qui correspond à la discontinuité actuelle de l’aire de répartition (avant l’arrivée des Européens). Parce que la discontinuité n’est pas considérée comme naturelle, l’établissement d’UD n’est probablement pas justifié.

L’occurrence de sous-populations dans trois écodistricts distincts (voir ci-dessus) et dans des milieux distincts (alvar – île Pelée ou sols sableux – île Pelée et parc national de la Pointe-Pelée par opposition aux sols argileux de plaines d’inondation – rivières Sydenham et Thames) laisse croire à la possibilité de différenciation parmi les sous-populations occupant des milieux différents où les processus écologiques sont également différents. Les frênes bleus qui poussent dans des sites d’alvar pourraient être plus résistants à la sécheresse et adaptés aux perturbations causées par les feux périodiques (du moins par le passé, plus récemment par des brûlages dirigés). Les sous-populations de frêne bleu occupant des plaines d’inondation et des vallées fluviales pourraient présenter des adaptations uniques aux inondations périodiques et une dynamique de recrutement déterminée par les ouvertures dans le couvert végétal dues aux tempêtes et aux chablis. Il se peut que les adaptations locales du frêne bleu poussant dans ces deux milieux soient par conséquent distinctes et peut-être uniques.

Importance de l’espèce

Les frênes (Fraxinus spp.) sont communs et abondants dans les forêts de l’est de l’Amérique du Nord, poussant dans 26 types de couverts forestiers (Burns et Honkala, 1990; Cappaert et al., 2005). Avant l’arrivée de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) en Ohio, le frêne blanc (Fraxinus americana) comptait parmi les cinq essences les plus communes; la population de l’espèce y était estimée à 3,8 milliards d’individus (Griffith et al., 1993). Les frênes jouent un rôle important dans le cycle des éléments nutritifs dans les forêts de feuillus (Reiners et Reiners, 1970). Leurs graines, y compris celles du frêne bleu, servent d’importantes sources de nourriture pour la faune, comme les écureuils, les petits rongeurs, le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo), les cailles et divers oiseaux chanteurs (Ostfeld et al., 1997; Hulme, 1998; MacGowan, 2003; voir Dispersion ci-dessous). Le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) et les rongeurs mangent les rameaux et les feuilles des hêtres (Waldron, 2003).

Le genre Fraxinus est associé à 282 espèces d’arthropodes (dont 74 sont exposées à un risque de niveau modéré à élevé; Gandhi et Herms, 2010). Le frêne bleu semble unique parmi les cinq espèces de frênes indigènes de l’Ontario du fait que l’agrile du frêne l’affectionne moins que le frêne vert ou le frêne blanc (Tanis et McCullough, 2012). L’élimination, au cours des prochaines décennies, des frênes tués par ce ravageur aura des incidences écologiques en cascade et perturbera les processus écosystémiques (Gandhi et Herms, 2010).

Le frêne bleu est l’espèce du genre la plus résistante à la sécheresse (Farrar, 1995). Lorsque l’écorce interne du tronc est macérée dans de l’eau et bouillie, elle produit un colorant bleu, qui était utilisé par les peuples autochtones (Farrar, 1995). Le bois est dur et durable; comme le bois du frêne blanc, il est utilisé dans la fabrication de meubles et d’outils et comme bois de chauffage (Waldron, 2003).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le frêne bleu se trouve aux États-Unis depuis l’Ohio et le Wisconsin jusqu’au nord de la Géorgie et à l’Arkansas, vers le sud (figure 1). Au Canada, il existe des populations seulement dans le sud-ouest de l’Ontario, dans les comtés d’Elgin, d’Essex, de Lambton, de Chatham-Kent et de Middlesex.

Figure 1. Aire de répartition nord-américaine du frêne bleu.
Description longue pour la figure 1

Carte de l’aire de répartition nord-américaine du frêne bleu. Il se trouve aux États-Unis depuis l’Ohio et le Wisconsin jusqu’au nord de la Géorgie et à l’Arkansas, vers le sud. Au Canada, il existe des populations seulement dans le sud-ouest de l’Ontario, dans les comtés d’Elgin, d’Essex, de Chatham-Kent, de Lambton et de Middlesex.

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Aire de répartition canadienne

En Ontario, le frêne bleu se trouve dans les sites suivants : pointe Pelée, île Peche, îles du lac Érié et vallées de la rivière Thames, de la rivière Sydenham et du ruisseau Catfish (Ambrose et Aboud, 1983; White et Oldham, 2000; figure 2). En 1983, Ambrose et Aboud ont signalé 14 sites où poussait le frêne bleu, répartis entre quatre régions du sud-ouest de l’Ontario, soit les plaines d’inondation de la rivière Thames, aussi loin au nord que Komoka (comtés de Middlesex et d’Elgin); les plaines d’inondation de la rivière Sydenham (comté de Lambton); le parc national de la Pointe-Pelée et les îles voisines du lac Érié (comté d’Essex); et un petit site isolé du comté d’Elgin, près du lac Érié. Depuis, 34 nouveaux sites ont été répertoriés et White et Oldham (2000) ont reconnu l’existence de 37 sous-populations au total, après le regroupement de sites voisins.

Figure 2. Emplacement approximatif des sous-populations existantes de frêne bleu en Ontario.
Carte
Carte fournie par Jenny Wu, Secrétariat du COSEPAC
Description longue pour la figure 2

Carte de l’aire de répartition des sous-populations existantes de frêne bleu en Ontario. L’essence se trouve dans les sites suivants : pointe Pelée, île Peche, îles du lac Érié et vallées de la rivière Thames, de la rivière Sydenham et du ruisseau Catfish.

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Le frêne bleu est parfois planté dans des milieux urbains et des milieux plus naturels. La possibilité de l’inclusion de ces individus dans l’espèce sauvage et pour l’application des critères quantitatifs a été évaluée selon les Lignes directrices du COSEPAC concernant les populations manipulées (COSEWIC, 2010). Il existe trois populations manipulées connues de frêne bleu en Ontario, situées dans la zone de protection de la nature de Shetland (Office de protection de la nature de la région de St. Clair), le ruisseau Sturgeon (juste à l’extérieur du parc national de la Pointe-Pelée, Hynes, 2002) et la ville de Windsor.

Les frênes bleus plantés dans la zone de protection de la nature de Shetland et au centre d’administration du ruisseau Sturgeon, situé juste à l’extérieur du parc national de la Pointe-Pelée, sont considérés comme faisant partie de l’espèce sauvage et sont inclus dans l’évaluation quantitative suivant les lignes directrices nos 3 et 7 (COSEWIC, 2010). Ces stations intra-limites sont situées à proximité d’occurrences naturelles; des frênes y ont été plantés intentionnellement par les responsables de la gestion de la conservation du frêne bleu. De plus, les individus plantés au ruisseau Sturgeon sont issus d’individus poussant dans le parc national.

Quelque 500 frênes bleus ont été plantés dans les limites de la ville de Windsor, la plupart en bordure de rues, bien qu’un certain nombre ait aussi été planté au Carolinian Arboretum municipal. À cet endroit, les arbres sont dans un cadre plus naturel, mais leur plantation avait pour objectif d’amener les visiteurs à connaître la diversité des arbres tout en se promenant à pied ou en vélo (City of Windsor, 2004). La plantation de frênes bleus à Windsor a débuté il y a environ 18 ans (Paul Pratt, comm. pers., 2013), mais ces arbres ne sont pas dans un cadre naturel. Ils n’ont pas été plantés aux fins de conservation de l’espèce (Ligne directrice no 2, COSEWIC, 2010) et de nombreux obstacles empêchent leur reproduction naturelle. Une question demeure toujours sans réponse à savoir si les arbres de Windsor devraient être considérés extra-limites (Ligne directrice no 4, COSEWIC, 2010). La réponse repose sur le statut des arbres de l’île Peche, pour lesquels peu de renseignements sont disponibles. Pour le moment, les arbres de Windsor sont exclus de l’espèce sauvage (selon la Ligne directrice no 2) et ne sont pas pris en considération dans l’application des critères quantitatifs, car rien n’indique qu’ils contribueraient à l’espèce sauvage. De fait, il se peut que ces arbres servent de réservoir à l’agrile du frêne et pourraient ainsi avoir des effets négatifs sur le frêne bleu et d’autres espèces de frêne.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

La superficie de la zone d’occurrence du frêne bleu au Canada est estimée à 8 884 km2. L’indice de zone d’occupation se chiffre à 272 km2.

Activités de recherche

Depuis le rapport de 2001, plusieurs relevés visant le frêne bleu ont été effectués, notamment les suivants : 1) 2004, ruisseau Catfish, comté d’Elgin (Otis, comm. pers., 2013); 2) 2004, 2012 et 2013, boisé Kains et forêt Fanshawe, par le personnel de l’Office de protection de la nature de la Thames supérieure (Quinlan, Gallagher, Williamson, comm. pers., 2013); 3) 2007, comté de Lambton, par le personnel de l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair (Mills et Craig, 2008); 4) 2006, parc national de la Pointe-Pelée, par Gard Otis (Otis, comm. pers., 2012); 5) 2007, île Middle du parc national de la Pointe-Pelée, par Jalava (Jalava et al., 2008) et North-South Environmental (2004) et relevé exhaustif en 2012 par l’Agence Parcs Canada (Dobbie, comm. pers., 2013); et 6) 2012 et 2013, relevés par échantillonnage, île Pelée et berges des rivières Sydenham et Thames, pour estimer la proportion d’arbres infestés par l’agrile du frêne (Kirk, 2013).

Université de Guelph et Office de protection de la nature du ruisseau Catfish

Dans le cadre d’une étude sur l’agrile du frêne, l’Université de Guelph (Guelph University) a réalisé des relevés sur le frêne bleu dans les comtés d’Elgin, de Middlesex-Lambton et d’Essex. Ils ont été menés par Sally-Jo Gallant et Barbara Bleko en 2005 et par Victoria Moran, Laura Robson, et Holly Dodds en 2006.

Un inventaire complet des frênes bleus a été effectué dans le parc national de la Pointe-Pelée entre le début de mai et la fin de juin en 2005 et en 2006. Les relevés ont été effectués par Sally-Jo Gallant et Barbara Bleko en 2005 et par Victoria Moran, Laura Robson et Holly Dodds en 2006. Cet inventaire est distinct des parcelles RÉSÉ étudiées de 2009 à 2011 aux fins de surveillance de l’agrile du frêne.

Office de protection de la nature de la Thames supérieure – Boisé Kains et forêt Fanshawe

Le personnel de l’Office de protection de la nature de la Thames supérieure a effectué, en octobre 2004, ainsi qu’en septembre 2012 et 2013, des visites dans la zone de protection de la nature de Fanshawe pour inventorier les frênes bleus.

Office de protection de la nature de la région de St. Clair – Rivière Sydenham, 2007-2008

Entre septembre 2007 et le 1er mars 2008, le personnel de l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair a effectué des relevés sur six essences, y compris le frêne bleu, dans 32 propriétés réparties dans 70 unités de gestion de la végétation (700 ha au total; Mills et Craig, 2008). Les relevés visaient principalement des terres publiques appartenant à l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair; quelques propriétés situées dans les comtés de Lambton et de Middlesex, ainsi que dans la municipalité de Southwest Middlesex, étaient incluses.

Jarmo Jalava et Parcs Canada – Île Middle, parc national de la Pointe-Pelée

Des relevés sur le frêne bleu ont été effectués dans l’île Middle en 2007. Ils n’étaient toutefois pas systématiques et des arbres ont sans doute été oubliés. Six employés du parc national de la Pointe-Pelée y ont effectué, en septembre, un relevé complet des frênes bleus sur deux jours (96 heures-personnes). Ils ont aussi évalué l’état de santé des arbres au moyen des cotes de classification du RÉSÉ : 1 = en santé (90 % vivant); 2 = modérément bon (51 à 89 % vivant), 3 = lourdement endommagé (1 à 50 % vivant); 4 = tronc principal mort avec drageons; et 5 = arbre mort, aucun drageon (Tammy Dobbie, comm. pers., 2013).

Kirk (2013) – Relevés de 2012 et 2013, rivières Thames et Sydenham et île Pelée

Trois personnes (John Ambrose, Paul O’Hara et Gerry Waldron) ont effectué des relevés sur le frêne bleu dans l’île Pelée sur trois jours en juillet 2012 (total de 41 heures). Un ou deux observateurs (Donald Craig et David Kirk) ont effectué des relevés sur les rives des rivières Sydenham et Thames en 2012 et en 2013, pour un total d’environ 99 heures-personnes.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le frêne bleu pousse dans les basses terres riches ou le sable bien drainé, ainsi que dans les plaines d’inondation composées d’argile, de sable fin et de limon et dans les sols peu profonds recouvrant du calcaire sec (Oldham et Brinker 2009; Strobl et Bland, 2013). Il a tendance à pousser sur les pentes de collines, sur les terrasses basses et hautes et dans les plaines d’inondation de vallées fluviales (pour un diagramme, voir Bendix et Hupp, 2000).

Bien que le frêne bleu pousse dans un éventail de types de sol, il préfère les sols alluvionnaires riches, humides et bien drainés (Ambrose et Aboud, 1983). En Ontario, il se rencontre dans trois types de forêt et de sol distincts : 1) les forêts de plaines d’inondation riches en éléments nutritifs situées dans de grandes vallées fluviales; 2) des sols peu profonds recouvrant un substratum rocheux de calcaire et 3) des sols sableux bien drainés. Les sites situés dans des plaines d’inondation incluent ceux des bassins des rivières Sydenham et Thames, alors que les deux autres milieux se trouvent seulement dans les îles et les flèches de l’ouest du lac Érié. Le climat tempéré par les lacs Érié et Huron situés à proximité (Managhan et al., 1992) offre des conditions de croissance favorables au frêne bleu.

Le frêne bleu présente une tolérance moyenne à l’ombre et pousse dans des conditions de couvert fermé (Strobl et Bland, 2013). Toutefois, afin que les semis puissent s’établir, des perturbations naturelles sont requises pour créer des ouvertures dans le couvert forestier. Dans certaines situations, les arbres qui ne sont pas exposés suffisamment à la lumière solaire peuvent mourir (p. ex. Mills et Craig, 2008). Le type de perturbations produisant des ouvertures dans le couvert forestier varie selon les types de forêt ci-dessus. Par exemple, dans les plaines d’inondation, les fluctuations de l’écoulement des eaux créent et maintiennent des formes et des processus géomorphologiques qui ont une incidence sur la végétation riveraine (Bendix et Hupp, 2000). Les sites situés dans les plaines d’inondation et la forêt adjacente sont également exposés à des perturbations naturelles, comme les chablis, les tempêtes de verglas et les infestations d’insectes. De plus, ces sites sont soumis à des perturbations anthropiques, comme la coupe sélective d’arbres individuels. En comparaison, le feu est la perturbation naturelle la plus commune dans les alvars et les savanes à chênes (Donald Kirk, 1994; NCC, 2008).

Dans la région de la rivière Sydenham (Office de protection de la nature de la région de St. Clair), le frêne bleu pousse dans la vallée fluviale et les vallées des principaux ruisseaux ou dans les boisés adjacents à celles-ci (Mills et Craig, 2008). Des 21 sites naturels répartis dans les bassins versants de cette région, le plus grand nombre se trouve dans des hautes terres vallonnées (7) et le reste, dans des plaines d’inondation (3), sur une crête de plaine d’inondation (1), sur une crête (1), sur des pentes (3), sur les pentes de ravines (3), sur une levée fluviale (1) et dans un parc (1). (Il manquait de l’information sur un site dans la zone de protection de la nature Ken Reid). À ces endroits, le frêne bleu pousse dans des zones correspondant à plusieurs catégories différentes de la classification écologique des terres (CET).

Le long de la rivière Thames (n = 15 sites), le frêne bleu pousse principalement sur les pentes latérales et dans les plaines d’inondations des principaux axes et affluents. Le sol à ces endroits se compose de loam limoneux à argileux et parfois d’argile. Il est rare de trouver des frênes bleus qui poussent à plus de quelques mètres du sommet du versant de la vallée (Donald Craig, comm. pers., 2012).

Dans l’île Middle du parc national de la Pointe-Pelée, le frêne bleu pousse principalement dans les parties centre-sud et sud-est, dans quatre types de végétation (Kamstra et al., 1995; North-South Environmental, 2004), soit la forêt à micocoulier (FODM 4-3 – un site), la forêt à micocoulier et érable à sucre (FODM 7-5 – trois sites), la forêt à ptéléa trifolié, frêne bleu et chêne jaune (pas de classification CET) et les cornouillers et vinaigriers. La forêt à ptéléa trifolié, frêne bleu et chêne jaune a été envahie par le micocoulier et a été classée par la firme North-South Environmental (2004) comme une forêt à micocoulier, frêne bleu et ptéléa trifolié.

Dans l’alvar du chemin Stone (île Pelée), le frêne bleu pousse dans l’écosite de l’alvar arbustif de type ALS1 (alvar boisé à caryer ovale et frêne épineux), qui inclut des espèces telles le chêne jaune (Quercus muehlenbergii), le rosier sétigère (Rosa setigera), le ratibida à feuilles pennées (Ratibida pinnata), le clavalier d’Amérique (Zanthoxylum americanum) et le caryer ovale (Carya ovata).

Le second type d’écosite où se trouve le frêne bleu dans l’alvar du chemin Stone est l’écosite de l’alvar arbustif de type ALS1b (alliance arbustive d’espèces de cornouillers et de vinaigriers), où les espèces associées sont le chêne jaune, la viorne de Rafinesque (Viburnum rafinesquianum), la bléphilie ciliée (Blephilia ciliata), le sumac aromatique (Rhus aromatica), le céraiste velouté (Cerastium velutinum), l’ail penché (Allium cernuum), le caryer ovale, le cornouiller oblique (Cornus amomum), le sumac vinaigrier (Rhus typhina), le cornouiller à grappes (Cornus racemosa) et l’asclépiade verticillée (Asclepias verticillata).

En dernier lieu, le frêne bleu se trouve dans l’écosite boisé à herbes hautes sur sol sec de type TPW1a (forêt à chêne jaune et frêne bleu), où les espèces associées sont l’heuchère d’Amérique (Heuchera americana), l’élyme étalé (Elymus hystrix), le chêne jaune, le rosier sétigère, la leucospore multifide (Leucospora multifida), le carex de Davis (Carex davisii), la verge d’or à feuilles d’orme (Solidago ulmifolia), la smilacine à grappes (Maianthemum racemosum spp. racemosum), le céraiste velouté, la desmodie blanchâtre (Desmodium canescens), la desmodie ciliée (Desmodium ciliare), la polymnie du Canada (Polymnia canadensis), le panais à nœuds velus (Thaspium barbinode), l’ail penché et l’eupatoire élevée (Eupatorium altissimum) (NCC, 2008).

Tendances en matière d’habitat

La perte, la fragmentation et la dégradation de l’habitat par le passé et en cours sont souvent considérées comme les plus importantes causes des déclins des espèces en péril dans la zone carolinienne (Venter et al., 2006; Kerr et Cihlar, 2004) et il se peut que cela soit vrai dans le cas du frêne bleu. Au cours des deux derniers siècles, 94 % du couvert forestier dans le sud de l’Ontario a été éliminé, à l’origine en raison du déboisement pour l’agriculture et, plus récemment, le développement urbain (Larson et al., 1999). Dans les comtés où se trouve le frêne bleu, les pertes historiques s’élèvent à plus de 90 % dans les comtés d’Essex et de Chatham-Kent, à plus de 85 % dans les comtés de Lambton et de Middlesex et à plus de 80 % dans le comté d’Elgin.

De récentes estimations de la superficie totale du couvert forestier dans l’écorégion des lacs Ontario et Érié (7E) du sud de l’Ontario la situe à environ 10 à 12 % (Jalava et al., 2007; Crins et al., 2009). Malgré les différences dans les méthodes et la résolution, des estimations approximatives des changements dans le couvert forestier peuvent être faites en comparant les estimations tirées du document Blueprint for Ontario (2002) aux estimations les plus récentes dérivées du SOLRIS (photographie aérienne en 2013; Dan Kraus, comm. pers., 2013). Ces dernières incluent les forêts de conifères, les forêts de décidus, les forêts non classifiées, les forêts mixtes, les plantations, les terrains boisés à herbes hautes et les landes sableuses et dunes arborées (mais non les marécages). Pour le district de Chatham (écodistrict 7E1; Lee et al., 1998), la plus récente estimation de la superficie du couvert forestier se situait à 8 246 ha (en comparaison de 12 007 ha en 1998). Des estimations semblables pour St. Thomas (écodistrict 7E2) ont donné une superficie de 99 145 ha en 2013 (133 586 ha en 1998). En dernier lieu, pour Stratford South (écodistrict 7E6), la superficie du couvert forestier s’élevait à 16 511 ha en 2013 (20 757 ha en 1998). Ces chiffres laissent tous supposer des réductions continues de la superficie du couvert forestier dans l’aire de répartition du frêne bleu en Ontario.

De récentes estimations du couvert forestier portent à croire qu’il augmente du sud-ouest au nord-est de l’aire de répartition du frêne bleu. La superficie boisée la plus faible se trouve dans le comté d’Essex (54,9 km2 ou 3,1 % du territoire), suivi des comtés de Lambton (337,6 km2, 11,2 %), de Middlesex (432,5 km2, 13,0 %) et d’Elgin (292,8 km2, 15,5 %; Carolinian Coalition, 2008). Il convient de noter que la superficie boisée dans certaines parties du comté d’Essex, notamment l’île Pelée, est relativement élevée (41,47 km2 ou 20,5 % du territoire); 3,5 % de cette forêt est intérieure et 10,2 %, riveraine (Rob Davies et Roger Palmini, comm. pers., 2013). De même, bien que de faibles superficies (0,43 km2), les îles du lac Érié sont boisées à 78,5 %, dont 7,7 % est une forêt intérieure.

En plus des tendances régionales, des informations sont disponibles sur la modification du couvert forestier dans l’île Middle attribuable aux dommages causés par les Cormorans à aigrettes nicheurs, dommages qui ont été documentés au moyen de photographies aériennes (Hebert et al., 2005) et de l’imagerie satellitaire (Duffe, 2006). Dans la partie ouest de l’île colonisée en premier par les cormorans, le couvert forestier a chuté de 92,3 % en 1995 à 40,4 % en 2001 (déclin de 51,9 %). Le frêne bleu est présent dans un emplacement à l’intérieur de ce type de forêt. D’autres endroits où pousse le frêne bleu n’ont pas été aussi gravement atteints.

Ces pertes de couvert forestier ont produit un paysage boisé hautement fragmenté dans l’aire de répartition du frêne bleu en Ontario. La plupart des terrains boisés ont une superficie inférieure à 8 ha et sont isolés des terrains boisés voisins (Ontario Nature, 2007). Par exemple, les fiches sur l’état des bassins versants démontrent que la superficie du couvert forestier dans la plupart des bassins et des sous-bassins versants à l’intérieur de la région de Sainte-Claire relevant de l’Office de protection de la nature de la région, ainsi que ceux relevant des offices de protection de la nature du cours supérieur de la rivière Thames, du cours inférieur de la rivière Thames et de la région d’Essex, est nettement inférieure à celle recommandée par Environnement Canada. De plus, les catégories des conditions à l’intérieur des forêts indiquent que les parcelles boisées restantes sont souvent de faible qualité (Ontario Nature, 2007). De nombreux fragments sont longs et linéaires, ne renferment pas de forêt intérieure (portion de forêt à une distance d’au moins 100 m d’une lisière) et sont souvent isolés d’autres parcelles par de grandes distances (Ontario Nature, 2007).

Tableau 1. Résumé des sites de frêne bleu recensés en 2012 et 2013 dans le sud de l'Ontario (les sites sont indiqués dans l'ordre géographique, du nord-est au sud-ouest).
SitesNo de l’OERégion et sitePropriétaireDateObservateursNbre d’arbres (% recensés)Nbre d’arbres matures (%)
Cours supérieur de la rivière Thames-1. Zone de protection de la nature de FanshaweOPN de la vallée de la Thames inférieure01-10-2004 et 09-09-2013B. Gallagher, C. Quinlan20-30env. 10 (33-50)
Cours supérieur de la rivière Thames113642. Boisé KainsOPN de la vallée de la Thames inférieure09-09-2013B. Williamson93 (100)35-40
Rivière Thames215773. Parc provincial Komoka (UGF 91A)Province de l’Ontario25-10-2012G. Waldron, S. Hughes26 (100)19 (42,2)
Rivière Thames-4. 1 km du ruisseau Newbiggin, ch. Simpson, rivière Thames (UGF 92B)Privé19-10-2012D. Craig, D. Kirk4916 (32,7)
Rivière Thames-5. Ruisseau Crinan, lot 20 (UGF 92B)Privé27-09-2012D. Craig162 (12,5)
Rivière Thames113596. 0,5 km à l’est de Wardsville (UGF 92B)Privé-D. Craig2511 (44,0)
Rivière Thames-7. Rivière Thames, 3,5 km au sud-ouest de Wardsville (forêt Newport; UGF 92B)Thames Talbot Land Trust18-10-2012 et 26 au 28-03-2013D. Craig22196 (43,4)
Rivière Thames-8. Boisé Wardsville (UGF 92B)Thames Talbot Land Trust16-09-2012D. Craig134 (40,0)
Rivière Thames24069. RI Moravian (UGF 93A)Premières Nations27-11-2012D. Craig, D. Jacobs410 (0)
Rivière Sydenham-10. Près du sud de la limite de Courtright, canton de Mosa (UGF 93A)Privé13-11-2012D. Craig22 (100,0)
Rivière Sydenham1136511. Parcelle McAlpine (UGF 92B)OPN de la région de St. Clair27-09-2012T. Payne, D. Craig176 (0,5Note a du tableau 1)58 (33,0)
Rivière Sydenham242312. Zone de protection de la nature A.W. Campbell (UGF 93A et 92B)OPN de la région de St. Clair27-09-2012T. Payne, D. Craig29 (2,6)20 (69,0)
Rivière Sydenham-13. Côté est de Sydenham, à environ 0,5 km à l’est d’Alvinston (sentier Gardiner, lot 20; UGF 93A )Privé04-10-2012D. Craig107 (70,0)
Rivière Sydenham-14. Ruisseau Haggerty, boisé Shetland à chicot févier (UGF 93A)Privé19-10-2012D. Craig, D. Kirk5 (100)4 (80,0)
Rivière Sydenham-15. Zone de protection de la nature de Shetland (UGF 93A)OPN de la région de St. Clair19-10-2012D. Craig, D. Kirk6 (100)4 (66,7)
Rivière Sydenham-16. Ruisseau Bear, 7,5 km au sud-ouest du bureau de poste de Brigden, rive sud (UGF 93A)Privé30-08-2012G. Waldron, S. Hughes93 (33,3)
Rivière Sydenham242217. Boisé Duthill (barrage McKeough) (UGF 93A)OPN de la région de St. Clair19-10-2012D. Craig, D. Kirk65 (8,6)56 (86,2)
Rivière Sydenham-18. Ruisseau Black, 1,5 km au sud-est du boisé Wilkesport (Propriété no 83 du canal de dérivation du barrage McKeough; UGF 93A)OPN de la région de St. Clair19-10-2012D. Craig, D. Kirk21 (7,4)15 (71,4)
Parc national de la Pointe-Pelée (UGF 94A)241719. Parc national de la Pointe-PeléeParcs Canadamai-juillet 2005, 2006 (rapport)G. Otis, S.J. Gallant, B. Bleko, V. Moran, L. Robson, H. Dodds476Note b du tableau 177 (16,2)
Île Pelée (UGF 95)241320. Alvar du ch. StoneConservation de la nature Ontario, canton de Pelée25-07-2012J. Ambrose, G. Waldron, P. O’Hara5638 (67,9)
Île Pelée (UGF 95)241821. Pointe LighthouseÎle Pelée25-07-2012J. Ambrose, G. Waldron, P. O’Hara7554 (72,0)
Île Pelée (UGF 95)241122. Pointe FishParcs Ontario25-07-2012J. Ambrose, G. Waldron, P. O’Hara2115 (71,4)
Île Pelée (UGF 95)-23. Savane à genévrier de Virginie (ch. B-Ivey E-O)Privé24-07-2012J. Ambrose, G. Waldron, P. O’Hara2924 (82,8)
Île Pelée (UGF 95)241924. Pointe SheridanÎle Pelée24-07-2012J. Ambrose, G. Waldron, P. O’Hara7132 (45,1)
Autres (UGF 94A)241425. Île MiddleParcs Canada27-09-2007H. Brown, V. Minelga, J. Keitel, K. Leclair, S. McCanny, K. Scott, R. Windsor (Thorndyke)231106 (45,9)
Autres (UGF 94A)-26. Ville de WindsorVille de Windsor-B. Roesel500 (exclus)500 (100,0)

Note du tableau 1

Note [a] du tableau 1

Pour les sites relevant de l'Office de protection de la nature de la région de St. Clair, les arbres recensés en 2012 sont indiqués comme pourcentage de ceux dénombrés par Mills et Craig (2008). Beaucoup des arbres répertoriés par Mills et Craig (2008) étaient des gaules et des semis, alors que les relevés de 2012 ont ciblé les arbres de plus grande dimension.

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Note [b] du tableau 1

Il convient de noter que des relevés ont été menés dans le parc national de la Pointe-Pelée en 2005 et 2006. Le nombre total d'arbres mesurés s'élevait à 2 323. De nombreux petits arbres de moins de 2 cm de dhp ont cependant été mesurés (866 en 2006). Le dhp de 894 arbres n'a pas été mesuré car ils étaient trop petits; ils ont plutôt été mesurés à la base des tiges. Le dhp de 499 arbres allait de 2 à 10 cm (gaules). Pour être en mesure de comparer ces données à celles d'autres relevés, seuls les arbres de plus de 2 cm de dhp sont inclus.

Retour à la référence de la note b du tableau 1

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Clé des acronymes des essences :

AL – Toutes les espèces de frênes
Ag – Frêne vert (ou frêne rouge)
Aw – Frêne blanc
Ar – Frêne rouge
Bd – Tilleul
Be – Hêtre à grandes feuilles
Cw – Thuya occidental Er – Orme rouge
Ew – Orme d'Amérique
Hb – Caryer cordiforme
Hk - Micocoulier
Hs – Caryer ovale
Ht – Aubépine duveteuse
Ir – Ostryer de Virginie
Kk – Chicot févier Mb – Érable noir
Mm – Érable à Giguère
Ms – Érable à sucre
Ob – Chêne à gros fruits
Och – Chêne jaune
Ow – Chêne blanc
Wb – Noyer noir

Tableau 2. Description des sites de frêne bleu examinés en 2012 et 2013 à la recherche de l'agrile du frêne dans le sud de l'Ontario (les sites sont indiqués dans l'ordre géographique, du nord-est au sud-ouest).
SitesNo de l’OERégion et siteDescriptionType de solEssences associéesNbre de frênes bleus infestés par l’agrile du frênePrésence de l’agrile du frêne dans d’autres frênes
Cours supérieur de la rivière Thames-1. Zone de protection de la nature de FanshawePente orientée vers le suds.o.AL, Hk, Or 00
Cours supérieur de la rivière Thames113642. Boisé Kains60 m de la rivière ThamesLoam sableuxAw, Bd, Be, Hb, Iw, Ms, Or0Aw
Rivière Thames215773. Parc provincial KomokaLevée alluviale, rive sud de la rivière Thames-AL, Be, Cw, Bd, Mm, Mb,Ob,0Ab, Ag, Aw
Rivière Thames-4. 1 km du ruisseau Newbiggin, ch. Simpson, rivière ThamesVersant de ravinArgile-loamAw, Be, Hb, Hs, Iw, Mh, Or00
Rivière Thames-5. Ruisseau Crinan, lot 20Ravine encaissée dans la plaine d’argileArgileBd, Ew, Er, Osw, Wb0Un ou deux Ag, Aw
Rivière Thames113596. 0,5 km à l’est de WardsvilleHaut de la penteArgile-loamHk, Ms, Or, Ow, Wb0Aw
Rivière Thames-7. Rivière Thames, 3,5 km au sud-ouest de Wardsville (forêt Newport)Ravine dans la plaine d’argileArgile-loamAw, Bd, Er, Hs, Iw, Mb, Och7 (14,3)Ag, Aw
Rivière Thames-8. Boisé WardsvilleVersant de la valléeArgile-loamAw, Bd, Er, Ew, Hs, Ir, Mb, Ms, Ob0-
Rivière Thames24069. RI MoravianPente de ravineSable sur argileAw, Bd, Hk, Ms, Wb0-
Rivière Sydenham-10. Près du sud de la limite de Courtright, canton de MosaVersant abrupt de la valléeArgile-loamAw, Iw, Ms0-
Rivière Sydenham1136511. Parcelle McAlpinePente de ravineArgileBd, Er, Mb, Ms, Ob, Wb11 (6,3 %)-
Rivière Sydenham242312. Zone de protection de la nature A.W. CampbellPente douce à vallonnéeArgile à argile-loamBe,Hb, Iw, Ms,0-
Rivière Sydenham-13. Côté est de Sydenham, à environ 0,5 km à l’est d’Alvinston (sentier Gardiner, lot 20)Plaine d’inondationLimon-loamAw, Er, Ew, Hk0-
Rivière Sydenham-14. Ruisseau Haggerty, boisé Shetland à chicot févierBerge du ruisseauLoamAg, Aw, Bd, Er, Hb, Mb, Ms0Ag, Aw
Rivière Sydenham-15. Zone de protection de la nature de Shetland (plantée)Plaine d’inondation--0-
Rivière Sydenham-16.Ruisseau Bear, 7,5 km au sud-ouest du bureau de poste de Brigden, rive sudVallée fluviale encaissée dans la plaine d’argileArgileAg, Aw0Ag, Aw
Rivière Sydenham242217.Boisé Duthill (barrage McKeough)Plaine d’inondationLimon/argileAg, Aw, Bd, Hb, Iw, Ms, Or, Wb11 (16,9)Ag, Aw
Rivière Sydenham-18. Ruisseau Black, 1,5 km au sud-est du boiséWilkesport (Propriété no 83 du canal de dérivation du barrage McKeough)Versant de la valléeLoam argileuxAw, Be, Bd, Er, Hk, Hs, Or, Ow, Wb7 (33,3)-
Parc national de la Pointe-Pelée241719. Parc national de la Pointe-PeléeFlèche de sableSable-9 (13 %) (n = 67Note c du tableau 2)Ag, Aw
Île Pelée241320. Alvar du ch. StoneAlvar de savaneCalcaireHs, Och,4 (7,1)-
Île Pelée241821.Pointe LighthouseAlvar de savaneCalcaireHk, Hs, Och3 (4,0)-
Île Pelée241122. Pointe FishFlèche de sableSableAg, Aw, Hk, Ms1 (4,8)-
Île Pelée-23. Savane à genévriers de Virginie (ch. B-Ivey E-O)Alvar de savaneCalcaireCr, Hk10 (34,5)-
Île Pelée241924. Pointe SheridanAlvar/abords de la carrièreCalcaireHk, Ht, Kk,4 (5,6)-
Autres241425. Île MiddleÎleCalcaireAg, Bd, Hk, Kk, Ms, Och and Hop-tree, Iw, Och0-
Autres-26. Ville de WindsorMilieu urbain--3 (0,6)Note d du tableau 2-

Note du tableau 2

Note [c] du tableau 2

Il convient de noter que seuls les 67 arbres répertoriés dans les parcelles RÉSÉ ont été examinés pour l’agrile du frêne. 572 arbres de plus de 2 cm de dhp ont été mesurés dans le parc national de la Pointe-Pelée.

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Note [d] du tableau 2

Le nombre précis d’arbres infestés par l’agrile du frêne dans la ville de Windsor est inconnu, mais on considère qu’il y en a plusieurs (Roesel, comm. pers., 2013).

Retour à la référence de la note d du tableau 2

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Tableau 3. Résultats des relevés sur le frêne bleu réalisés par l'Office de protection de la nature de la région de St. Clair en 2007 (Mills et Craig, 2008) et résumés pour chaque site.
Région et siteNbre d’arbresNbre d’arbres matures
(% > 10 cm de dhp)
Nbre de gaules et de semis
Barrage McKeough (unités 1, 2, 11)754123 (16,3)631 (83,7)
Propriété no 82606 (100)
Propriété no 8328437 (13,0)247 (87,0)
Propriété no 911241 (0,8)123 (99,2)
ZPN Ken Reid51937 (7,1)482 (92,9)
Parcelle McAlpine36 253161 (0,4)36 092 (99,6)
ZPN A.W. Campbell1 14633 (2,9)1 113 (97,1)
Sites plantés---
Barrage McKeough1-1 (100)
ZPN Shetland74 (57,1)3 (42,9)
ZPN Lorne C. Henderson1-1 (100)
ZPN Strathroy3-3 (100)
ZPN Wawanosh2-2 (100)

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Tableau 4. Couvert forestier selon les fiches sur l'état des bassins versants où le frêne bleu est présent.
Bassin ou sous-bassin versantCote alphabétique - % de forêtCote alphabétique - % de forêt intérieureCote alphabétique - % de forêt riveraine
Cours supérieur de la rivière Thames (global)D – 11,3F – 1,4C – 31,4
Sous-bassin du ruisseau Komoka (parc provincial Komoka)C – 21,1 (2007)
C- 19,5 (2012)
D – 3,2 (2007)
F- 2,3 (2012)
ND
44,0 (B)
Bassin du cours inférieur de la rivière Thames (global)2 [forêt Newport, RI Moravian, ruisseau Crinan (no 5), à l’est de Wardsville (no 6), ruisseau Newbiggin au ch. Simpson]D – 10,0NDND
Chatham-Kent4,9NDND
Bassin de la région de Sainte-Claire (global)D – 11,5 (2008)D – 1,8 (2008)ND
Cours inférieur de la Sydenham NordD – 9,4 (2008)F – 1,1 (2008)ND
Cours inférieur de la Sydenham Est (Dutton, barrage McKeough, propriété McKeough no 83)D – 5,9 (2008)F – 0,4 (2008)ND
Cours moyen de la Sydenham-Est [ruisseau Haggerty, Shetland, ZPN Shetland, ZPN A.W. Campbell, parcelle McAlpine, à l’est d’Alvinston (no 8) et au sud de la limite de Courtright (no 11)]C – 14,5 (2008)D – 2,3 (2008)ND
Cours inférieur du ruisseau Bear (ruisseau Bear) no 15C – 14,7 (2008)D – 2,4 (2008)ND
Région d’Essex (global)D – 5,7 (2012)F – 0,55 (2012)F – 8,3 (2012)
Bassin du lac Érié (ile Pelée, parc national de la Pointe-Pelée)B (2006)
C (2012)
C (2006)
D (2012)
ND
ND
Bassin de la rivière Détroit (Windsor)B (2006)
C – 6,1 (2012)
C (2006)
D – 0,6 (2012)
ND
9,7

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Bien que, par le passé, les sites où le frêne bleu était présent puissent avoir été naturellement fragmentés à cause de ses préférences en matière d’habitat, il est probable que cette essence était plus répandue avant l’arrivée des Européens. Il est évident que les boisés où se trouve le frêne bleu sont actuellement fragmentés, au moins sur le plan spatial sinon sur le plan fonctionnel. Les sous-populations d’essences forestières présentes dans de tels vestiges de forêt peuvent souffrir d’une réduction du flux génétique en raison de l’isolement (Hewitt et Kellman, 2002, 2004), mais de nombreux processus peuvent perturber la structure des métacommunautés, notamment les gradients environnementaux, la dispersion et les interactions biologiques (Logue et al., 2011; Moritz et al., 2013). Il en résulte qu’il n’est pas facile de prédire les impacts de la fragmentation spatiale. Par exemple, de récents travaux menés en Europe ont démontré que le frêne commun d’Europe (Fraxinus excelsior) maintient sa diversité génétique malgré qu’il pousse dans des paysages hautement fragmentés (Bacles et al., 2005), peut-être parce que la dispersion a été favorisée dans les paysages ouverts déboisés et pourrait se produire jusqu’à des dizaines de kilomètres (Lowe et al., 2005). Cela indique que le frêne bleu peut maintenir sa diversité génétique même s’il pousse dans des paysages hautement fragmentés. Toutefois, à l’encontre de ces conclusions, des recherches menées dans la région de Long Point du sud de l’Ontario donnent à penser que la fragmentation du paysage a une incidence négative sur les essences forestières dispersées par le vent (Hewitt et Kellman, 2002).

Bien qu’il n’y ait aucune preuve directe de dégradation génétique, beaucoup de données probantes démontrent la dégradation écologique des fragments de forêts (Kramer et al., 2008). La dégradation des fragments se produit à cause des effets de bordure – y compris l’isolement accru et d’autres effets sur le microclimat, notamment l’assèchement des sols, ainsi que des impacts découlant des utilisations des terres adjacentes. La mesure dans laquelle ces effets nuisent au frêne bleu est inconnue. Chose certaine, le frêne bleu se trouve souvent sous forme d’arbre semencier le long de lisières de boisés bordant des champs agricoles, et ces lisières peuvent offrir des conditions propices à la régénération. Les utilisations des terres adjacentes, qui peuvent inclure l’application de pesticides, peuvent avoir des effets néfastes sur le frêne bleu (Boutin et Jobin, 1998; Harper et al., 2005 ), mais ils sont inconnus. L’utilisation de pratiques agricoles plus intensives près de boisés peut se traduire par une augmentation de l’abondance de plantes de type graminées, qui sont souvent des espèces envahissantes et des mauvaises herbes. Inversement, près de champs moins intensément cultivés, des espèces caractéristiques de l’association avec l’érable ont été répertoriées (Boutin et Jobin, 1998). En règle générale, les boisés les plus perturbés dans le sud de l’Ontario affichent une abondance plus élevée de graminoïdes et d’espèces de plantes envahissantes (Burke et Nol, 1998; Hynes, 2002). Il se peut que de tels boisés et/ou ceux adjacents à des champs plus intensément cultivés soient plus favorables aux rongeurs en raison de leur nature herbacée et donc défavorables à la régénération du frêne bleu. L’impact des espèces envahissantes sur la régénération du frêne bleu est inconnu.

En général, les effets de la fragmentation de l’habitat devraient comprendre : (1) la perte d’habitat, (2) une taille réduite des fragments et (3) l’isolement spatial accru des fragments restants. Les petits fragments d’habitat abritent de petites populations, qui sont plus vulnérables à la disparition à cause de la stochasticité environnementale et démographique (Fahrig, 2003). Selon la définition de fragmentation du COSEWIC (COSEPAC, 2013), l’habitat d’un taxon est considéré comme gravement fragmenté si la plus grande partie (> 50 %) de la zone d’occupation totale de l’espèce se situe dans des parcelles d’habitat qui sont plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et sont éloignées les unes des autres par une grande distance. Il n’y a aucune preuve empirique pour appuyer cette définition dans le cas du frêne bleu, ainsi que de nombreuses espèces en péril au Canada. Néanmoins, il est raisonnable de présumer que cette définition s’applique aux espèces extrêmement rares (Fraser, comm. pers., 2013).

La plupart des boisés dans le sud de l’Ontario font l’objet de coupes sélectives, soit par des propriétaires fonciers ou des offices de protection de la nature (Burke et Nol, 1998). Par exemple, l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair a réalisé des récoltes de bois sur des propriétés où pousse le frêne bleu. Bien que la coupe sélective puisse fournir les conditions nécessaires à la régénération du frêne bleu, il est probable que certains types de coupe (p. ex. écrémage ou coupe à blanc) soient préjudiciables car ils donnent lieu à un couvert de graminoïdes plus étendu ou à une augmentation de l’abondance d’espèces envahissantes, qui pourraient compromettre l’établissement des semis de frêne bleu (Mills et Craig, 2008; Craig, comm. pers., 2013).

La plupart des sites à frêne bleu sont situés sur des terres privées et bénéficient de peu de protection légale à part les arrêtés municipaux, qui interdisent le déboisement des terrains dans de nombreuses municipalités. Cependant, dans le comté de Chatham-Kent, les tentatives en vue d’établir un nouvel arrêté sur la conservation ont probablement entraîné le déboisement de forêts à grande échelle en 2012 et 2013 en raison des craintes des propriétaires fonciers à l’effet que de telles activités seraient soumises à des restrictions (Jalava, comm. pers., 2013). On ignore si des sites renfermant des frênes bleus ont été déboisés. Cependant, l’arrêté sur la conservation n’a pas été adopté et la conservation des boisés se fera maintenant par intendance. La Réserve indienne Moravian constitue Ie seul site connu renfermant des frênes bleus dans Chatham-Kent, mais il peut exister d’autres sites dans la région.

Il est important de souligner que les sites où pousse le frêne bleu sont souvent de faible priorité pour le déboisement étant donné que ce sont souvent des plaines d’inondation, que leurs pentes sont trop abruptes pour être cultivées ou qu’ils sont situés près de rivières protégées par une bande forestière (Craig, comm. pers., 2012).

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Biologie

Relativement peu d’information sur la biologie du frêne bleu est disponible, mais il existe des différences entre les sources. Waldron (2003), Mills et Craig (2008), Strobl et Bland (2013) et Prasad et al. (2007 – en cours) constituent les principales sources d’information sur le frêne bleu utilisées dans le présent document.

Cycle vital et reproduction

À la différence des autres espèces de frêne, le frêne bleu a habituellement des fleurs parfaites et il existe peu d’arbres unisexués (Strobl et Bland, 2013). La floraison a lieu en avril et mai, avant le débourrement, et la pollinisation est assurée par le vent. Le fruit est une samare uniséminée. Des graines sont produites tous les 3 à 4 ans, à la fin de l’automne. En Ontario, des graines ont été observées sur des arbres de plus de 10 à 17 cm de dhp environ (Mills et Craig, 2008; Craig, comm. pers., 2013). Les graines sont mises en réservoir pendant un an ou plus et la stratification à froid est requise pour la germination (Strobl et Bland, 2013). À part les drageons qui surgissent des souches, rien n’indique une propagation par voie clonale. En Ontario, des semis et des gaules ont été observés dans 10 des 26 sites, le plus grand nombre ayant été dénombré dans le parc national de la Pointe-Pelée, dans la parcelle McAlpine, dans la forêt Newport et à la pointe Sheridan. En 2007, Mills et Craig (2008) ont estimé qu’il y avait 36 000 semis et gaules dans la parcelle McAlpine. Les estimations de la longévité varient selon la source. Selon Strobl et Bland (2013), la longévité maximale est de 300 ans (200 ans en règle générale) et l’âge à la maturité (âge à la fructification) se situe à 25 ans. Toutefois, selon l’atlas des arbres du USDA, la longevité maximale est de 150 ans (Prasad et al., 2007 – en cours).

La durée d’une génération du frêne bleu n’a pas été estimée auparavant. En supposant que les arbres de plus de 10 cm de dhp peuvent se reproduire, on peut utiliser la structure par taille de la population pour estimer la durée d’une génération. Des carottes de frênes bleus morts provenant du bassin de la rivière Sydenham (canal de dérivation du barrage McKeough) donnent à penser que les taux de croissance maximums pourraient atteindre jusqu’à 1 cm par an. Les taux de croissance varient cependant selon les conditions dans les sites; dans les îles du lac Érié, les arbres peuvent pousser aussi lentement que 2 mm par an (Waldron, 2003). En utilisant les taux de croissance moyens établis pour trois semis et trois arbres morts, Mills et Craig (2008) ont estimé l’âge d’arbres présentant une fourchette de classes de dhp : 10 cm (28 ans), 24 cm (68 ans), 38 cm (108 ans) et 50 cm (142 ans). L’âge des frênes bleus peut aussi être estimé à l’aide de facteurs de correction de la croissance établis pour d’autres espèces de frêne. Il faut cependant savoir que de nombreux facteurs agissent sur les taux de croissance des arbres, comme la disponibilité de l’eau, le climat, les sols, le stress exercé sur les racines, la compétition et la vigueur des individus. Aucun facteur de correction de la croissance n’est disponible pour le frêne bleu, mais les taux établis pour le frêne blanc et le frêne vert s’élèvent respectivement à 5 et 4 (Missouri Department of Conservation, 2013). La moyenne de ces valeurs peut être utilisée (4,5), mais comme le frêne bleu pousse plus lentement que ces deux espèces, un facteur de correction de 3 peut être plus approprié [semblable au chêne de Shumard (Quercus shumardii) et au chicot févier (Gymnocladus dioicus)].

Pour calculer la durée d’une génération, l’âge moyen d’arbres matures a été estimé à l’aide de l’échantillon d’arbres matures (> 10 cm de dhp) répertoriés en 2012 et 2013, des facteurs de correction de la croissance calculés pour des individus de la rivière Sydenham (Mills et Craig, 2008) et des facteurs de correction de la croissance reposant sur les taux de croissance d’autres espèces de frêne. L’âge moyen variait de 51 ans d’après les taux de croissance calculés par Mills et Craig (2008) à 70 ans par application d’un facteur de correction de la croissance de 3 (semblable au chêne de Shumard et au chicot févier) et à 105 ans par application d’un facteur de correction de la croissance de 4,5 (moyenne des taux pour le frêne blanc et le frêne vert).

Les relevés de terrain menés dans le cadre de la présente évaluation indiquent que, parmi les arbres matures (n = 1 213), 31 (2,6 %) avaient un dhp de 49 à 61 cm et 9 (0,7 %), de 62 cm ou plus. Les plus gros frênes bleus ont été répertoriés dans le parc national de la Pointe-Pelée (87,9 cm), dans la forêt Newport (84 cm de dhp, 21 m de hauteur), dans la parcelle McAlpine (80 cm de dhp, 23 m de hauteur) et à la pointe Fish (76 cm de dhp, 25 m de hauteur). Seuls 77 arbres (8,2 %, n = 939) atteignaient une hauteur de 18 m (60 pi) et 14 arbres (1,5 %), 25 m ou plus (80 pi).

Physiologie et adaptabilité

Bien que le frêne bleu pousse mieux dans des sols humides, alcalins et bien drainés, il poussera dans une vaste gamme de types de sols. Par exemple, les sites abritant des frênes bleus dans l’île Pelée sont extrêmement secs et certains sont situés sur des flèches de sable. En revanche, certains sites situés dans des plaines d’inondation sont parfois gorgés d’eau ou du moins imparfaitement drainés. Le frêne bleu présente aussi une tolérance élevée à la sécheresse; il est considéré comme étant l’espèce de frêne de l’Amérique du Nord la plus résistante à la sécheresse (Waldron, 2003).

Dispersion

Les fruits des frênes étant ailés, ils sont ainsi adaptés à la dispersion principalement par le vent. Les fruits du frêne bleu peuvent se disperser sur une distance de 10 m (Strobl et Bland, 2013) à 200 m de l’arbre parent (Prasad et al., 2007 – en cours). Des études récentes sur le frêne commun poussant dans des paysages fragmentés en Écosse indiquent que la dispersion peut se produire sur des dizaines de kilomètres (Bacles et al., 2010).

La dispersion des graines de frêne peut aussi se produire sur des distances beaucoup plus grandes au fil de l’eau (Strobl et Bland, 2013). Par exemple, dans de nombreux sites situés dans des vallées fluviales, il est très probable que des samares de frêne bleu se retrouvent dans l’eau et colonisent ainsi les berges de cours d’eau en aval des arbres semenciers. Le fait que les graines d’autres espèces d’arbres dispersées par le vent [hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) et pruche du Canada (Tsuga canadensis)] puissent être transportées d’un côté à l’autre des Grands Lacs (Davis et al., 1986) laisse supposer que cela peut aussi se produire dans le cas des graines du frêne bleu.

Des oiseaux peuvent aussi contribuer à la dispersion des graines sur de plus grandes distances. Plusieurs espèces consomment les graines de frêne (voir Relations interspécifiques). Les graines peuvent survivre intactes dans le tractus intestinal du Canard branchu (Aix sponsa) et peut-être d’autres espèces de gibier à plumes (Green, comm. pers., 2013; Whelan, comm. pers., 2013). Ridley (1930) mentionne que l’intestin de Canards branchus contenait des graines de frêne blanc et que cette espèce s’aventure souvent loin de l’eau pour se nourrir de graines en milieu sec; il semble donc plausible que les graines du frêne bleu puissent être mangées et dispersées par des Canards branchus (Whelan, comm. pers., 2013). Les petits mammifères peuvent aussi contribuer à la dispersion des graines.

Relations interspécifiques

Consommateurs de graines

Le Canard branchu, la Perdrix grise (Perdix perdix, espèce non indigène de l’Ontario et le seul Phasianidé présent dans l’aire de répartition provinciale du frêne bleu), le Colin de Virginie (Colinus virginianus), le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo), le Cardinal rouge (Cardinalis cardinalis), le Roselin pourpré (Carpodacus purpereus), le Gros-bec errant (Coccothraustes vespertinus), le Durbec des sapins (Pinicola enucleator) et le Jaseur d’Amérique (Bombycilla cedrorum) comptent parmi les consommateurs de graines du frêne bleu (Martin et al., 2011). Selon Whelan (comm. pers., 2013), les oiseaux chanteurs peuvent détruire les graines lorsqu’ils les mangent (c.-à-d. lorsqu’ils les manipulent avant la consommation et lorsqu’ils les consomment), mais un certain nombre peuvent survivre dans le tractus intestinal des canards et d’autres espèces de gibier à plumes (Green, comm. pers., 2013; Whelan, comm. pers., 2013).

Divers mammifères mangent aussi des graines de frêne. Le castor du Canada (Castor canadensis), la souris à pattes blanches (Peromyscus leucopus) et l’écureuil fauve (Sciurus niger – Martin et al., 2011, signalent que le Sciurus niger rufiventer mange des graines de frêne) comptent parmi ceux présents dans l’aire de répartition du frêne bleu en Ontario. Les mammifères qui mangent des feuilles de frêne, notamment le cerf de Virginie, peuvent aussi en manger les graines. Certaines de ces espèces de mammifères pourraient aussi les disperser à l’occasion.

Cerf de Virginie

Le nombre de cerfs de Virginie a augmenté dans le sud-ouest de l’Ontario au cours des dernières décennies. Les populations abondantes de cerfs de Virginie ont eu des impacts considérables sur les écosystèmes forestiers dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord (Russell et al., 2001; Rooney et Waller, 2003). Ces impacts incluent le broutage des espèces ligneuses et herbacées, ainsi que les effets en cascade sur les écosystèmes, comme le broutage sélectif. Les cerfs dispersent aussi les graines par le biais de leurs matières fécales (endozoochorie; Myers et al., 2004), y compris des espèces indigènes et de nombreuses espèces exotiques (Myers et al., 2004). Malgré le peu d’information disponible sur l’impact direct du cerf de Virginie sur le frêne bleu, les tendances de l’abondance des cerfs dans le sud de l’Ontario et leur impact général sur les communautés forestières servent d’indices de la possibilité d’impacts négatifs sur cette essence.

Les statistiques sur les prises compilées par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario constituent l’information la plus détaillée sur le nombre de cerfs présents dans le sud de l’Ontario. Dans le sud-ouest de l’Ontario, les cerfs ne se regroupent pas autant qu’ils le font dans d’autres régions pour affronter les rigueurs de l’hiver; il est donc impossible de les dénombrer dans les ravages (McCauley, comm. pers., 2014). Les statistiques sur les prises proviennent de l’information que doivent fournir les chasseurs et incluent des estimations du nombre de cerfs tués (mâles, biches et faons), ainsi que le nombre de chasseurs, d’heures de chasse et de cerfs vus. Comme il existe de nombreux biais dans les statistiques sur les prises, elles peuvent être un mauvais prédicteur de la densité des cerfs dans les secteurs où la chasse est limitée (p. ex. dans les forêts fragmentées) et ont donc une valeur limitée pour appuyer les décisions en matière de gestion des sites (Koh et al., 2010). En outre, la couverture spatiale des données disponibles est grossière; elle n’est pas suffisamment explicite sur le plan spatial pour fournir une indication claire des corrélations possibles entre le nombre de cerfs et l’intensité du broutage. Ce facteur doit être pris en considération lorsque des données sur les prises sont utilisées pour évaluer les impacts possibles du broutage par les cerfs sur le recrutement du frêne bleu.

Les statistiques sur les prises de cerfs proviennent du bureau d’Aylmer du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Ces données comprennent le nombre de cerfs tués et vus dans chaque unité de gestion de la faune (UGF; voir la figure 3). Le nombre de cerfs tués a été multiplié par un facteur de 4 d’après la conclusion que 18 à 25 % de la population est habituellement récoltée chaque année (McCauley, comm. pers., 2014). Pour tenir compte des différences dans l’effort de recherche, le nombre de cerfs vus a été divisé par le nombre d’heures ou de jours que les chasseurs ont déclaré avoir consacrés à la chasse.

Les résultats ont révélé quelques différences dans les tendances entre les sous-unités de gestion de la faune situées dans l’aire de répartition du frêne bleu (figures 4 à 8). Par exemple, dans l’UGF 93A, le nombre de cerfs a augmenté au cours de la période 20 ans allant de 1992 à 2012 (figure 7; les régressions linéaires, non illustrées, étaient hautement significatives). Cette UGF comprend plusieurs des sites où se trouve le frêne bleu le long de la rivière Sydenham. Peu de ces sites montraient une régénération de l’essence (semis et gaules). D’autres sites du frêne bleu le long de la rivière Thames (p. ex. boisé Wardsville) se trouvent dans l’UGF 92B, où le nombre de cerfs semble fluctuer (aucune tendance claire – voir la figure 5). À certains de ces sites, une régénération du frêne bleu a été observée (ruisseau Newbiggin) en réponse aux perturbations de la forêt. Une régénération à grande échelle s’est produite dans la parcelle McAlpine (aussi dans l’UGF 92B), mais la structure d’âge était très asymétrique, peu de gros arbres y étant présents. Une régénération à grande échelle a également été observée dans le parc provincial Komoka (forêt Newport; Waldron, comm. pers., 2012). Ce parc se trouve près de London, dans l’UGF 91A, où le nombre de cerfs est à la baisse selon les données sur les prises et les observations (figures 4 et 6). Cependant, le plan de gestion du parc (Ontario Parks, 2010) fait état de populations de cerfs surabondantes et indique qu’il pourrait être nécessaire de les réduire. Les îles Pelée et Middle (sous-unité de gestion de la faune 95) sont libres de cerfs et une régénération à grande échelle du frêne bleu y a été observée à plusieurs des sites recensés lors de travaux sur le terrain menés en 2012 et 2013 (Kirk, 2013).

 

Agrile du frêne

Figure 3. Unités de gestion de la faune du sud-ouest de l'Ontario.
Carte
Source : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
Description longue pour la figure 3

Carte indiquant les limites des unités de gestion de la faune du sud-ouest de l’Ontario utilisée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

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Figure 4. Estimation du nombre de cerfs présents dans la sous-unité de gestion de la faune 91A (London).
Graphiques
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Deux graphiques linéaires illustrant les estimations du nombre de cerfs de Virginie (de 2005 à 2012) présents dans la sous-unité de gestion de la faune 91A. L’un indique la tendance reposant sur le nombre de cerfs tués et l’autre, sur le nombre de cerfs vus.

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Figure 5. Estimation du nombre de cerfs présents dans les sous-unités de gestion de la faune 92A et 92B (quelques sites de la rivière Sydenham).
Graphiques
Description longue pour la figure 5

Quatre graphiques linéaires illustrant les estimations du nombre de cerfs de Virginie (de 2005 à 2012) présents dans les sous-unités de gestion de la faune 92A et 92B. Deux graphiques sont présentés pour chaque sous-unité, l’un indiquant la tendance reposant sur le nombre de cerfs tués et l’autre, sur le nombre de cerfs vus.

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Figure 6. Estimation du nombre de cerfs présents dans les sous-unités de gestion de la faune 92C et 92D (ruisseau Catfish).
Graphiques
Description longue pour la figure 6

Quatre graphiques linéaires illustrant les estimations du nombre de cerfs de Virginie (de 2005 à 2012) présents dans les sous-unités de gestion de la faune 92C et 92D. Deux graphiques sont présentés pour chaque sous-unité, l’un indiquant la tendance reposant sur le nombre de cerfs tués et l’autre, sur le nombre de cerfs vus.

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Figure 7. Estimation du nombre de cerfs présents dans les sous-unités de gestion de la faune 93A (rivière Sydenham) et 93B (rivière Thames).
Graphiques
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Quatre graphiques linéaires illustrant les estimations du nombre de cerfs de Virginie (du début au milieu des années 1990 à 2012) présents dans les sous-unités de gestion de la faune 93A et 93B. Deux graphiques sont présentés pour chaque sous-unité, l’un indiquant la tendance reposant sur le nombre de cerfs tués et l’autre, sur le nombre de cerfs vus.

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Figure 8. Estimation du nombre de cerfs présents dans la sous-unité de gestion de la faune 94A (au sud de Wallaceburg, Chatham, parc national de la Pointe-Pelée).
Graphiques
Description longue pour la figure 8

Deux graphiques linéaires illustrant la tendance dans le nombre estimatif de cerfs de Virginie (de la fin des années 1990 à 2009 environ) dans la sous-unité de gestion de la faune 94A. L’un illustre la tendance reposant sur le nombre de cerfs tués et l’autre, sur le nombre de cerfs vus.

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La population ontarienne de cerfs de Virginie est estimée à environ 400 000 bêtes. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et d’autres intervenants sont d’avis qu’elle est beaucoup trop élevée (OMNR, 2014). Cette surabondance est attribuable à plusieurs facteurs, notamment la disparition de prédateurs (p. ex. le loup gris [Canis lupus] et le couguar [Puma concolor]), des hivers généralement plus doux, un déclin de la pression de chasse et l’expansion de l’agriculture (Côté et al., 2004). Par exemple, dans le sud de l’Ontario, il s’est produit un virage agricole, de la culture du tabac à la culture en rangs, comme le maïs et le soja, ainsi que le blé (OMAFRA, 2014), qui constituent d’autres sources de nourriture pour le cerf.

Dans un écosystème connaissant déjà des niveaux élevés de fragmentation et de perte d’habitat, les cerfs peuvent avoir pour effet de réduire la qualité de l’habitat dans les fragments boisés en modifiant la trajectoire de développement des forêts et en empêchant la régénération d’espèces ligneuses et d’espèces broutées comme le Trillium grandiflorum (Koh et al., 2010). Malgré la réduction des populations de cerfs, le rétablissement des forêts peut cependant prendre de nombreuses décennies et nécessiter la prise d’autres mesures de gestion pour accélérer le processus (Tanentzap et al., 2011, 2012).

Il existe étonnamment peu d’information publiée sur l’importance du broutage exercé par les cerfs sur le frêne bleu. Comme point de départ, de l’information sur la pression de broutage par les cerfs dans les sites de frêne bleu (à part l’estimation de l’abondance des cerfs, comme ci-dessus) serait utile. Des indicateurs indirects de la pression de broutage pourraient être utilisés pour les sites de frêne bleu. Par exemple, Koh et al. (2010) ont établi une relation étroite entre la hauteur moyenne des plantes de Trillium grandiflorum et la pression de broutage par les cerfs dans le sud de l’Ontario.

Il est reconnu que les cerfs broutent les rameaux et les feuilles des frênes (Waldron, 2003), mais on ne sait pas s’ils privilégient le frêne bleu ou quels sont les impacts du broutage sur la survie des semis et des gaules de frêne bleu. Au Kentucky, il a été démontré que le cerf de Virginie accorde une forte préférence au frêne bleu (Julian Campbell, comm. pers., 2014; Campbell, en préparation). Dans le cadre d’un projet de remise en état d’un boisé à pâturin comportant la plantation de gaules de frêne bleu de 3 à 5 ans (hauteur de 1 à 1,5 m) dans un champ de foin abandonné, Campbell (en préparation) a constaté un taux de mortalité de 28 % après quatre ans. Les taux de survie et de croissance des gaules affichaient une variation spatiale par rapport à la distance d’un chemin. Les gaules mesurant de 1 à 1,5 m de hauteur au départ montraient un plus faible taux de survie, mais cette tendance était faible. En outre, la plus grande partie des dommages causés par les cerfs s’est produite à une hauteur de 0,3 à 1 m au-dessus du sol, ce qui donne à penser que les semis peuvent mourir tôt.

La confirmation des impacts des cerfs de Virginie sur la régénération du frêne bleu et la dynamique de ses populations en Ontario présente un défi en l’absence de plus amples renseignements. Plus précisément, davantage de données sur la pression de broutage et ses impacts sur la survie des semis doivent être recueillies au moyen de parcelles d’étude et d’exclos surveillés à long terme, ainsi que sur le contexte des paysages des sites (y compris les sources de nourriture de rechange). Le frêne bleu se régénère bien dans des conditions de couvert dégagé et requiert donc des perturbations comme des chablis (la coupe sélective d’arbres peut également simuler les perturbations naturelles, tout comme la mort d’individus d’autres espèces de frêne découlant d’une infestation par l’agrile du frêne). Par exemple, bien que les cerfs soient abondants dans le boisé Kains, l’ombre profonde créée par les chênes empêche la régénération du frêne bleu (Enright, comm. pers., 2013; Quinlan, comm. pers., 2013). L’interaction entre, d’une part, le broutage et les perturbations attribuables aux cerfs et, d’autre part, les impacts sur le frêne bleu nécessite une étude à long terme.

Agrile du frêne

Le frêne bleu est l’hôte d’un grand nombre d’espèces d’insectes et, historiquement, s’est généralement révélé exempt de maladie. Il est toutefois attaqué par l’agrile du frêne, un coléoptère envahissant non indigène provenant de l’Asie. Décelé la première fois à Detroit, au Michigan, en 2002, et à Windsor, en Ontario, la même année, ce ravageur s’est propagé très rapidement. Il se trouve maintenant dans deux provinces canadiennes (Ontario et Québec) et 21 États américains [Ohio (2003), Indiana (2004), Illinois et Maryland (2006), Pennsylvanie et Virginie-Occidentale (2007), Wisconsin, Missouri et Virginie (2008), Minnesota, État de New York, Kentucky (2009), Iowa et Tennessee (2010), Connecticut, Kansas et Massachusetts (2012), New Hampshire, Caroline du Nord, Géorgie et Colorado (2013)]. Des dizaines de millions de frênes ont été tués (OMNR, 2013). Ce ravageur, trouvé dans le sud de l’Ontario au cours de l’été de 2002, s’est propagé et se trouve maintenant dans le nord-est de la province et au Québec.

Le cycle de vie de l’agrile du frêne dure normalement un an, bien que des indications donnent à penser qu’un certain nombre d’individus peuvent prendre deux ans à atteindre la maturité (OMNR, 2013). De la fin mai à juillet, les femelles déposent leurs œufs un à un dans les fissures de l’écorce. Les œufs éclosent deux jours plus tard environ. Les quatre stades larvaires se nourrissent de phloème et d’aubier externe, grossissant à mesure qu’ils creusent des galeries profondes dans l’aubier. Après s’être nourries tout l’été, les larves hivernent à partir d’octobre ou de novembre et se transforment en pupe de la fin d’avril à juin de l’année suivante. Les adultes fraîchement formés restent dans leur loge nymphale pendant 8 à 15 jours, puis percent l’écorce, y laissant des trous de sortie caractéristiques en forme de « D ». L’émergence débute entre le milieu et la fin de mai et atteint un pic à la mi-juin. Les adultes vivent un mois environ. L’accouplement a lieu 7 à 10 jours après l’émergence. Les femelles s’accouplent à de multiples reprises et pondent 70 œufs en moyenne (et jusqu’à 250 œufs; OMNR, 2013).

Les larves de l’agrile du frêne, qui annèlent le tronc et les branches, sont responsables des dommages causés aux frênes. Elles les tuent en se nourrissant du phloème et du cambium vasculaire. Il peut être difficile de détecter l’agrile du frêne pendant les 3 à 4 premières années d’infestation. En plus des trous de sortie en forme de « D », la présence de galeries sinueuses (tunnels et cavités présents sous l’écorce) et une activité accrue des pics constituent des signes externes de la présence du ravageur. Des pousses adventives (pousses qui sortent du tronc ou de branches) et le dépérissement des feuilles sont symptomatiques de la présence de l’agrile du frêne dans un arbre. D’autres espèces d’insectes peuvent aussi laisser des trous de sortie en forme de « D », mais la combinaison de tels trous et d’autres signes et symptômes sont propres à l’agrile du frêne. Diverses espèces de pics se nourrissent des larves de ce ravageur et peut-être des adultes fraîchement émergés présents sous l’écorce de frênes bleus infestés.

Même si l’agrile du frêne se déplace seulement sur de courtes distances (jusqu’à 10 km, d’après des expériences en laboratoire), la propagation rapide de ce ravageur est attribuée à la dispersion par saut de longue distance, c’est-à-dire lorsqu’une espèce se déplace sur de très grandes distances par le biais du transport de gaules ou de bois de chauffage contaminés (Muirhead et al., 2006). On a d’abord cru que l’agrile du frêne infesterait seulement quelques espèces de frêne et que le frêne bleu était complètement résistant. Toutefois, Muirhead et al. (2006) ont indiqué que toutes les espèces de frêne étaient vulnérables, soit le frêne rouge, le frêne blanc, le frêne noir (Fraxinus nigra), le frêne pubescent (Fraxinus profunda) et le frêne bleu.

Les recherches les plus récentes donnent à penser que le frêne bleu est résistant à l’agrile du frêne dans la plupart des régions et qu’il n’est pas aussi sensible que la plupart des autres espèces de frênes. Tanis (2013) a établi que des agriles adultes mis en cages sur des frênes bleus affichaient un taux de survie moins élevé que ceux mis en cages sur d’autres espèces de frênes (frêne noir et frêne vert); ils ont aussi consommé moins de feuilles. Elle a également découvert que, alors que le frêne noir et le frêne vert étaient lourdement colonisés par les larves de l’agrile du frêne, le frêne bleu et le frêne de Mandchourie (Fraxinus mandshurica) l’étaient rarement. Le frêne bleu possède des caractéristiques qui sont absentes chez d’autres espèces de frênes indigènes de l’Amérique du Nord et peuvent lui conférer une résistance à l’agrile du frêne (Tanis, 2013). En particulier, des composés phénoliques présents chez le frêne bleu et le frêne de Mandchourie (qui a évolué avec l’agrile du frêne en Asie et y montre aussi une résistance) n’étaient pas décelable chez le frêne vert (Tanis, 2013). En outre, le phloème du frêne bleu et du frêne de Mandchourie a une couche continue de cellules sclérenchymateuses, alors que chez le frêne vert, cette couche n’est pas continue (Tanis, 2013).

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Taille et tendances des population

Activités et méthodes d’échantillonnage

Avant la tenue des travaux sur le terrain en 2012 et 2013, toutes les mentions d’observation du frêne bleu (n = 46 ou n = 37 occurrences d’éléments après regroupement) ont été obtenues auprès du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario et ajoutées aux 19 sites présentés en 2001 par l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair. Toutes les occurrences d’éléments et les observations ont été cartographiées, avec les individus et les bouquets de frênes localisés au moyen de Google Earth (Google Earth, 2013). Comme il n’était pas pratique de faire un relevé de tous les sites, la priorité a été accordée aux sous-populations les plus grandes, ainsi qu’à quelques sites secondaires où peu de frênes étaient présents. La plupart du temps, les sites omis renfermaient peu d’arbres et, dans certains cas, étaient difficiles d’accès. Dans le cas du ruisseau Catfish, le relevé a été entrepris trop tard dans la saison; il n’a donc pas été inclus.

Aux fins du présent rapport, la plus grande partie des travaux sur le terrain a été menée au cours de l’été et de l’automne de 2012 et un relevé (forêt Newport) a été effectué au printemps de 2013. Ces travaux comportaient quatre buts, soit : 1) évaluer la répartition et l’abondance du frêne bleu à autant de sites connus que possible (ainsi qu’à quelques nouveaux sites additionnels); 2) évaluer la santé et la situation du plus grand nombre possible de frênes bleus à ces sites, en particulier en ce qui concerne les signes de présence de l’agrile du frêne; 3) inventorier la structure par taille aux sites (diamètre et hauteur des arbres) et; 4) noter les caractéristiques des sites, y compris le type de sol et la composition taxinomique de la forêt.

Tous les observateurs principaux possédaient de l’expérience concernant le frêne bleu et l’agrile du frêne et connaissaient déjà tous les sites. En raison de contraintes de temps et de facteurs de nature logistique, tous les arbres de chaque peuplement n’ont pas pu été inventoriés. Cela était notamment le cas aux sites suivants : parcelle McAlpine; boisé Duthill no 1 (barrage McKeough); 1 km du ruisseau Newbiggin au niveau du chemin Simpson, rivière Thames; rivière Thames, à 3,5 km au sud-ouest de Wardsville (forêt Newport); et île Pelée. Par exemple, quelques peuplements renfermaient plusieurs centaines d’arbres (p. ex. parcelle McAlpine). Dans certains secteurs, les observateurs ont estimé le nombre d’arbres plutôt que de les compter (p. ex. Roesel, comm. pers., 2012, pour la ville de Windsor; Gallagher, comm. pers., 2013, pour le boisé Kains; et Williamson, comm. pers., 2013, pour la zone de protection de la nature de Fanshawe).

Les arbres ayant un dhp inférieur à 2,5 cm ont été considérés comme des semis, ceux ayant de 2,5 à 10 cm, comme des gaules et ceux ≥ 10 cm, comme des individus matures. Pour quelques sites, l’abondance des semis et des gaules qui n’ont pas été mesurés (ayant habituellement un dhp inférieur à 2 à 4 cm) a été estimée visuellement. Lorsque plusieurs tiges émanaient des mêmes racines, la surface terrière totale a été combinée pour calculer un diamètre équivalent. Les classes diamétrales suivantes ont été attribuées aux arbres matures : 10-24 cm; 25-36 cm; > 37-48 cm; > 49-61 cm; et 62 cm et plus.

Les signes d’activité de l’agrile du frêne ont été consignés selon le guide dressé par de Groot et al. (2006). Les signes comprenaient les galeries sinueuses caractéristiques en forme de « S » ou de « Z » creusées par les larves du ravageur entre l’écorce et l’aubier, les trous de sortie en forme de « D » (3,5 à 4 mm de diamètre), les encoches d’alimentation sur les feuilles et les indications d’animaux se nourrissant des larves (trous laissés par les pics ou dommages à l’écorce causés par des écureuils). De vieilles galeries sont présentes sur les arbres qui ont été infestés pendant plus d’un an; on peut les reconnaître aux crêtes arrondies sur leurs côtés (tissu cicatriciel) résultant de la nouvelle croissance. Il faut faire preuve de prudence dans l’identification de l’agrile du frêne car d’autres espèces de coléoptères creusent aussi des trous en forme de « D » (de Groot et al., 2006).

Les symptômes associés aux dommages causés aux arbres par l’agrile du frêne, y compris la présence de pousses adventives, de fissures dans l’écorce au-dessus des galeries, le jaunissement des feuilles et le dépérissement de la cime, ont aussi été consignés. Il convient de noter que certains de ces symptômes peuvent se produire en réponse à d’autres facteurs de stress. Par exemple, des pousses adventives peuvent être produites lorsqu’un arbre voisin abattu par le vent endommage un frêne. Le dépérissement des feuilles peut aussi être imputable à d’autres facteurs de stress, y compris la sécheresse. Il a été évalué à la plupart des sites; certains ont cependant été inventoriés trop tard dans la saison pour qu’on soit en mesure d’évaluer adéquatement ce symptôme car la plupart des feuilles étaient déjà tombées.

Abondance

Des 1 806 arbres dénombrés aux 25 sites inventoriés (sauf les 500 arbres dans la ville de Windsor), 708 (39 %) avaient un dhp ≥ 10 cm et sont donc considérés comme des individus matures. Il est important de réitérer que les relevés menés en 2012 et 2013 ne constituaient pas un inventaire complet de tous les arbres à tous les sites (bien que tous les arbres aient été dénombrés à de nombreux sites). Au moins 22 sites connus n’ont pas été inventoriés en 2012. Le frêne bleu est probablement présent dans de nombreux autres boisés des bassins des rivières Sydenham et Thames qui ne l’ont pas été. Une comparaison du nombre d’arbres obtenu dans le secteur relevant de l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair aux données du relevé mené par Mills et Craig (2008; comparaison des tableaux 1 et 3) illustre bien cette possibilité. White et Oldham (2000) ont répertorié 37 sites où l’essence était présente et estimé que la population se chiffrait à environ 1 000 arbres matures ou moins. Bien qu’il ne soit pas possible à l’heure actuelle d’évaluer précisément la population canadienne totale de frêne bleu, elle peut ne pas atteindre 2 500 individus et il est peu probable qu’elle soit supérieure à 10 000 individus matures.

Fluctuations et tendances

Aucune information sur les fluctuations et les tendances des populations de frêne bleu en Ontario n’est disponible. Les activités de recherche n’ont pas été normalisées et les relevés récents donnent à penser que cet arbre est beaucoup plus commun que ce que l’on croyait auparavant. Sans relevés détaillés ou visites de la même zone d’échantillonnage au fil du temps, il est impossible de comparer les tendances sur le plan temporel.

Immigration de source externe

Les frênes bleus les plus près de congénères d’origine apparemment naturelle au Canada se trouvent dans l’île South Bass, en Ohio (Herms, comm. pers., 2013). Ces arbres sont à environ 12 km de ceux présents à la pointe sud de l’île Pelée, en Ontario. Il est tout à fait possible que des graines de frêne bleu soient dispersées dans le lac Érié et qu’il y ait échange entre ces deux populations. Les frênes bleus les plus près des arbres exclus plantés à Windsor, en Ontario, sont des spécimens trouvés à Detroit, au Michigan, à seulement 5,4 km de distance (Google Earth, 2013).

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Menaces et facteurs limitatifs

Le calculateur des menaces de l’UICN a été utilisé pour le frêne bleu pour clarifier la portée, la gravité et l’impact des menaces. Ce calculateur fait appel à la classification des menaces de Salafsky et al. (2009) et met l’accent sur les menaces persistantes. Toutefois, l’impact des menaces persistantes peut être accru dans le contexte de facteurs limitatifs et de menaces antérieures qui ont été atténués ou ont cessé. Dans le cas du frêne bleu du sud de l’Ontario, comme cela est le cas de nombreuses autres espèces dans cette région, la perte d’habitat découlant de l’expansion de la population humaine par le passé a mené à sa fragmentation (voir Tendances en matière d’habitat), qui devrait être prise en compte dans l’évaluation de l’impact prévu des menaces.

Menaces

Il manque d’information empirique quantifiant la portée et la gravité des menaces dans la plupart des cas. Des efforts ont été faits pour cerner les incertitudes entourant les données et les impacts potentiels pour chaque menace mais, à l’heure actuelle, l’impact des menaces est estimé principalement d’après des preuves indirectes et des déductions. Ce processus a mené à l’identification de deux menaces, soit le broutage exercé par le cerf de Virginie et les effets de l’agrile du frêne, qui sont susceptibles d’avoir un impact sur l’ensemble de l’aire de répartition du frêne bleu au Canada, ainsi que d’une série additionnelle de menaces de portée limitée ou de gravité inconnue. Hormis la mention que les deux premières ont un impact plus grand que les autres, il est impossible de les coter.

Espèces indigènes problématiques : Impacts du cerf de Virginie (impact faible à élevé)

Le broutage par un grand nombre de cerfs de Virginie a eu des effets nuisibles sur la diversité des végétaux dans le sud de l’Ontario et a mené à la disparition locale d’espèces végétales indigènes, ainsi qu’à la réduction du couvert d’arbustes et à l’augmentation du couvert de graminoïdes (Hynes, 2002; Hynes et al., 2002; Koh et al., 2010). Le broutage a aussi modifié les caractéristiques structurelles des forêts, notamment une densité réduite des arbres et des éclaircies plus fréquentes en forêt (Koh et al., 1996, 1999; Larson et Waldron, 2000). L’impact du broutage des frênes bleus par les cerfs est cependant inconnu. Les densités élevées de cerfs dans certaines régions pourraient nuire à la régénération du frêne bleu et empêcher le recrutement.

En général, il est probable que les sites de frêne bleu se trouvant dans des UGF où les populations de cerfs sont élevées et montrent des tendances temporelles à la hausse pourraient être les plus endommagés par le broutage (voir Relations interspécifiques). Bien que les données sur les prises puissent s’avérer d’une certaine utilité pour déterminer le nombre de cerfs, des indications ont révélé que la régénération des frênes bleus dans certains sites se trouvant dans des UGF abritant des densités élevées de cerfs demeurait considérable (p. ex. parcelle McAlpine). Des mesures plus directes de la pression de broutage sont requises pour justifier les inférences indirectes.

Dans les sites à couvert fermé abritant de nombreux arbres matures, ll peut être prédit que le cerf de Virginie aura moins d’impact que dans les sites où ont lieu des perturbations naturelles ou la coupe du bois qui ouvrent des percées dans le couvert forestier et créent des conditions propices à la régénération. Il est également probable que le broutage du frêne bleu par les cerfs serait accentué dans les secteurs où les cerfs se regroupent. Le contexte du paysage des sites de frêne bleu peut aussi déterminer l’ampleur du broutage. Par exemple, le broutage peut être plus intense dans les secteurs qui sont dépourvus des espèces broutables préférées par le cerf.

Espèces envahissantes : Agrile du frêne (impact faible à moyen)

Les données sont contradictoires quant à la gravité de la menace posée par l’agrile du frêne. Les premiers rapports donnaient à penser que l’agrile du frêne n’attaquerait pas le frêne bleu, mais des données plus récentes laissent supposer qu’il est sensible mais moins recherché que le frêne vert ou le frêne blanc (Tanis et McCullough, 2012; voir Relations interspécifiques). Lors de travaux sur le terrain menés aux fins de la présente évaluation, des signes de l’agrile du frêne ont été trouvés dans 45,8 % (11 sur 26) des sites inventoriés. Cependant, le nombre de frênes bleus infestés par l’agrile du frêne était habituellement faible et, au total, représentait 3,7 % des arbres recensés aux fins de détection du ravageur (70 sur 1 889 arbres). Le pourcentage d’arbres infestés par l’agrile du frêne variait de 0,6 % à Windsor à 34,5 % dans la savane à genévrier de Virginie de l’île Pelée (tableau 2). La propriété McKeough no 83 et la parcelle McAlpine comptaient parmi les autres sites montrant des symptômes d’infestation par le ravageur (33 % et 16,5 % des arbres recensés, respectivement). L’agrile du frêne avait apparemment tué 8 arbres (0,42 % du total; 11,4 % des arbres infestés). L’incidence de l’insecte peut avoir été sous-estimée parce que des relevés incomplets ont été menés dans quelques sites (ce qui peut avoir biaisé par inadvertance les estimations de l’incidence de l’agrile du frêne d’une manière ou d’une autre) et que des inspections détaillées de chaque arbre n’ont pas été faites dans tous les sites (p. ex. arbres plantés à Windsor). Lorsque les frênes bleus plantés à Windsor sont exclus du total, le pourcentage d’arbres infestés par l’agrile du frêne augmente à 5 % et le pourcentage d’arbres tués, à 0,58 %.

Quoi qu’il en soit, le dhp moyen des arbres montrant des signes de présence de l’agrile du frêne était plus petit que le dhp moyen global dans le site (tableau 2). La taille plus petite des arbres infestés peut en partie être un artéfact de la détectabilité, car les arbres plus gros ont une écorce plus épaisse qui complique la détection des galeries; en outre, les galeries et les trous de sortie en forme de « D » peuvent être situés à une plus grande distance du sol et donc être moins visibles. Par contre, chez les arbres de plus petit diamètre, l’écorce est plus mince; il est donc plus facile de détecter les crevasses et les dépressions (Donald Craig, comm. pers., 2013; D. Kirk, observations personnelles).

Il a aussi été constaté lors des relevés que les frênes bleus infestés par l’agrile du frêne étaient généralement stressés ou endommagés. Cela était le cas au barrage McKeough et dans la forêt Newport. Bien que l’agrile du frêne colonise et tue des frênes en santé (Cappaert et al., 2005; Poland et McCullough, 2006), il préfère généralement coloniser des arbres stressés (McCullough et al., 2009a, b).

On pourrait s’attendre à ce que l’intensité de l’infestation de frênes bleus soit élevée dans les sites les plus près de la source d’origine de l’agrile du frêne (c.-à-d. Detroit ou Windsor). Cependant, cela n’était apparemment pas le cas. Par exemple, seul un faible pourcentage d’arbres à Windsor semble être touché par le ravageur (« plusieurs » arbres sur 500 au total; Roesel, comm. pers., 2013). Bien que, au départ, les frênes bleus de Windsor ne semblaient pas sensibles (des infestations ont eu lieu en 2003), au moins quelques individus étaient infestés en 2008 et 2009 (Roesel, comm. pers., 2009) et, dès 2013, plusieurs l’étaient (Roesel, comm. pers., 2013). Ces arbres sont atypiques du fait qu’ils ont été plantés dans un contexte urbain; le microclimat autour d’eux est donc très différent de ce qu’il serait dans des milieux semi-naturels ou sauvages. Par exemple, les arbres urbains sont probablement davantage exposés au soleil et entretenus par la ville de Windsor (ils sont aussi exposés à des agents de stress, comme la pollution, le compactage du sol et les effets d’îlot de chaleur urbain).

L’île Pelée est également située à proximité des sites d’origine de l’invasion. Malgré les infestations étendues du frêne noir et d’autres espèces de frêne (y compris le frêne pubescent, Ambrose, comm. pers., 2012), aucun signe de dommages imputables à l’agrile du frêne n’a cependant été observé chez les frênes bleus de l’île Pelée jusqu’à ce que des travaux de terrain soient menés en 2012. Parmi les secteurs inventoriés en 2012 et 2013, l’île Pelée affichait la proportion la plus élevée de sites où l’agrile du frêne était présent.

En général, il semble que, en comparaison d’autres espèces de frêne indigènes, le frêne bleu soit résistant aux infestations par l’agrile du frêne et qu’un grand nombre ou la plupart des arbres se rétablissent ou survivent aux attaques (voir Relations interspécifiques). Cela peut cependant varier sur le plan spatial et pourrait dépendre de la présence d’autres espèces de frêne et du nombre d’agriles du frêne dans le secteur. Un seul arbre présentait des bourrelets de tissu cicatriciel autour des galeries au site du barrage McKeough de la rivière Sydenham, qui ont révélé qu’il avait été infesté quatre ans auparavant (en 2008), lorsque des frênes vivants appartenant à d’autres espèces y étaient abondants. De même, dans la forêt Newport de la rivière Thames, quelques-unes des galeries avaient de 2 à 3 ans et la présence de bourrelets de tissu cicatriciel indiquait que les arbres avaient été infestés de 2 à 3 ans auparavant, lorsque les frênes blancs et les frênes verts étaient vivants dans le secteur. Cela laisse supposer que dans certains sites, le frêne bleu est attaqué par l’agrile du frêne avant que tous les individus d’autres espèces de frêne soient tués (Craig, comm. pers., 2012). Dans d’autres sites, l’agrile du frêne semble seulement attaquer le frêne bleu lorsque les frênes blancs et les frênes verts sont presque morts (Tanis et McCullough, 2012), comme dans le comté de Delaware, en Ohio (Knight, comm. pers., 2012).

La question de savoir dans quelle mesure le frêne bleu peut survivre à des attaques par l’agrile du frêne est problématique. Dans la plupart des cas, les arbres restent en santé malgré l’infestation. Par exemple, dans deux sites au Michigan, Tanis (2013) a établi que les taux de survie des frênes bleus se situaient à 63 % et 71 %, respectivement, alors que le taux de survie des frênes blancs s’élevait à 16 % dans un site et 0 % dans l’autre. Dans certaines parties de l’Ohio, le frêne bleu survit encore malgré le fait que tous les frênes blancs et tous les frênes verts soient morts (Knight, comm. pers., 2012). Dans d’autres sites de l’ouest de l’Ohio, tous les frênes bleus ont été tués (Miller, comm. pers., 2012). Bien que le nombre précis d’arbres touchés ne soit pas disponible, un site était un petit boisé appartenant au village de Bluffton, où poussaient 25 frênes bleus de « bonne taille ». D’autres sites à Gibsonburg et dans des îles calcaires abritaient environ 300 à 600 tiges par hectare.

En conclusion, il existe à l’heure actuelle une grande incertitude quant à l’impact que l’agrile du frêne pourrait avoir sur le frêne bleu en Ontario. Les taux de mortalité ont été faibles au cours de la première décennie de l’invasion par l’agrile du frêne, mais ils peuvent changer, en particulier lorsque les frênes blancs et les frênes verts auront été décimés ou éliminés. Jusqu’à maintenant, les frênes bleus les plus sensibles semblent être ceux qui sont déjà stressés par d’autres facteurs (p. ex. dommages causés par les chablis ou la foudre, tempêtes de verglas, ombre projetée par des essences compétitrices). Le suivi des arbres est donc important pour déterminer la gravité de l’impact de l’agrile du frêne sur le frêne bleu en Ontario. Dans le scénario de la pire éventualité, si l’on suppose que l’agrile du frêne devient omniprésent et infeste la plupart ou la totalité des frênes bleus, les taux actuels de mortalité (11,4 % des arbres infestés) viendraient à représenter le niveau global de vulnérabilité du frêne bleu à l’agrile du frêne. Il faut toutefois souligner que l’on ne sait pas si les niveaux d’infestation augmenteront (c.-à-d. à cause de déclins des hôtes privilégiés), diminueront (parce que l’abondance globale de l’agrile du frêne peut diminuer à la suite de déclins d’autres espèces de frêne) ou demeureront essentiellement les mêmes.

En plus des effets directs de l’agrile du frêne, les activités visant à maîtriser sa propagation par coupe sélective des frênes présentant des signes de sa présence peuvent nuire au frêne bleu. Comme de nombreux individus de cette essence semblent survivre à l’infestation, cette pratique devrait être fortement découragée.

Bien qu’il soit possible que des frênes bleus aient aussi été coupés par les compétences responsables dans le cadre d’activités de lutte contre la propagation de l’agrile du frêne, cela semble généralement peu probable (Gard Otis, comm. pers., 2013). L’ACIA a mené, en 2002 et 2003, des campagnes d’abattage et de brûlage des frênes infestés centrées au front de l’infestation. Cependant, malgré l’agrandissement continu des zones de quarantaine, l’agrile du frêne avait été décelé, à la fin de 2012, dans 27 comtés de l’Ontario et sept régions du Québec. L’ACIA a depuis modifié son approche de lutte contre le ravageur étant donné que le confinement dynamique n’était pas efficace (CFIA, 2013). Deux stratégies principales sont actuellement appliquées pour tenter de contenir l’agrile du frêne. La première vise à limiter le transport des produits du bois provenant de forêts infestées (toutes essences confondues) regroupées dans une seule grande zone incluant les autoroutes 400, 401, 416 et 417 situées en Ontario et les autoroutes 15, 20, 40 et 50 situées au Québec. La deuxième repose sur l’approbation de l’utilisation de deux guêpes parasites (Tetrastichus planipennisi et Spathius agrili), à être relâchées par Ressources naturelles Canada (CFIA, 2013). Ces guêpes proviennent du nord de la Chine et leur efficacité pour ce qui tuer l’agrile du frêne a été évaluée au Michigan (Duan et al., 2013). Il a récemment été établi que l’agrile du frêne est vulnérable à une guêpe parasite indigène (Atanycolus cappaerti) présente dans les États des Grands Lacs et peut-être ailleurs (Rieske-Kinney, comm. pers., 2014). Au Kentucky, une autre guêpe appartenant au même genre (Atanycolus spp.) attaque aussi l’agrile du frêne (Rieske-Kinney, comm. pers., 2014).

Autres espèces problématiques

Cormorans à aigrettes dans l’île Middle (impact négligeable et localisé)

Les fortes densités de cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) nicheurs (Kirk, 2003; Hebert et  al., 2005; Duffe, 2006; Aquila Applied Ecologists, 2007) présentes dans l’île Middle du parc national de la Pointe-Pelée ont causé de lourds dommages à la végétation. Les cormorans endommagent les arbres directement parce qu’ils brisent des branches et arrachent des feuilles pour bâtir leur nid, ainsi que par la combinaison de leur poids et du poids des nids (Korfanty et al., 1999). De plus, leurs excréments tombent sur les arbres et les feuilles, réduisant ainsi l’efficacité de la photosynthèse et nuisant à la santé des arbres en les rendant plus vulnérables aux insectes et aux maladies (Hebert et al., 2005). La présence d’un nombre élevé d’oiseaux peut aussi modifier le microclimat (humidité) et la vitesse du vent, ce qui peut rendre les arbres plus vulnérables aux maladies, aux insectes et au déracinement par le vent (Aquila Applied Ecologists, 2007). En outre, la végétation du sous-étage peut être endommagée par : 1) les dépôts directs de guano, qui s’ajoutent à l’azote, au potassium et à l’ammonium déjà présents et qui, à certains seuils, deviennent toxiques pour certaines espèces de plantes et favorisent la croissance de mauvaises herbes nuisibles et d’espèces exotiques (Britto et Kronzucker, 2002); 2) la chute d’une grande quantité de litière issue des activités de nidification des cormorans (Hobara et al., 2001); et 3) la pénétration accrue de la lumière découlant de l’ouverture du couvert végétal, changeant ainsi la composition spécifique de la couche arbustive et herbacée (Weseloh et Brown, 1971). Certains de ces facteurs peuvent se conjuguer; par exemple, la réduction du couvert végétal causée par les cormorans nicheurs peut réduire le niveau d’humidité relative et créer des vents plus intenses, qui en retour peuvent accroître la toxicité de l’ammonium pour les plantes (Krastina et Loseva, 1975; Haynes et Goh, 1978).

Des frênes bleus inventoriés par Jalava en 2007 (Jalava et al., 2008), trois étaient morts, un était mourant et de nombreux autres montraient des signes de stress grave par suite de la nidification des cormorans. Ce relevé était toutefois partiel. Les relevés complets du frêne bleu les plus récents, menés par Parcs Canada en 2012, révèlent que, des 240 arbres vivants inventoriés, 16,7 % (40) étaient gravement endommagés (≤ 50 % vivants), 52,1 % (125) étaient modérément endommagés (51 à 89 % vivants) et 31,3 % (75) étaient en santé (90 % vivants) et cinq étaient morts. Le frêne bleu montrait une régénération minimale, peut-être à cause de l’acidification du sol attribuable au guano de cormoran ou à la toxicité de l’ammonium (Dobbie, comm. pers., 2012). Fait intéressant, Boutin et al. (2011) ont localisé des graines d’espèces de plantes en péril dans le réservoir de semences, ce qui indique que l’île Middle pourrait être remise en état à la suite de la réduction du nombre de cormorans par l’application de mesures de gestion.

Il devrait aussi être mentionné qu’un grand nombre de Dindons sauvages fréquentent le parc national de la Pointe-Pelée. Comme ils mangent les graines du frêne bleu, ils peuvent agir sur la régénération de l’essence dans le parc ainsi que dans l’île Pelée (Otis, comm. pers., 2013).

Modification des systèmes naturels : Suppression des incendies et gestion de l’eau (impact négligeable)

Pour se régénérer, le frêne bleu a besoin de perturbations favorisant l’établissement de conditions propices. Dans la zone carolinienne, la perturbation par trouées constituaient la perturbation naturelle prédominante et incluait des phénomènes tels des tempêtes de verglas, les chablis, les sécheresses, les inondations, les attaques par des insectes et des feux de forêt, qui créaient des conditions propices à la régénération (Cadman et al., 2007). Les types de facteurs de perturbation naturelle qui se sont produits par le passé dans l’habitat du frêne bleu varient selon les caractéristiques des sites. Par exemple, dans les sols calcaires secs de l’habitat d’alvar ou des savanes à chênes, les perturbations étaient particulières aux sites, mais incluaient des inondations, des feux de forêt et des sécheresses, qui limitaient la succession végétale (Bond et Wilgren, 1996; NCC, 2008).

Après les tempêtes de 1972 et 1973, le littoral de l’île Pelée a été renforcé au moyen de pierres de carapace et d’une série de digues construites à l’intérieur des terres aux fins de drainage. La prévention des inondations naturelles est ainsi efficacement assurée. Les feux de forêt, tant d’origine naturelle qu’autochtone, ont aussi joué un rôle important dans la perturbation naturelle, mais ont été supprimés au cours des 100 à 200 dernières années (NCC, 2008).

Il existe peu d’information au sujet de la périodicité des perturbations naturelles des sites situés dans les plaines d’inondation des rivières Thames et Sydenham ou de la mesure dans laquelle elle a été modulée par la modification anthropique des paysages.

Les impacts hydrologiques sont répandus dans le sud de l’Ontario. Ils résultent du labourage intensif des terres agricoles, de l’irrigation, des barrages, de l’aménagement de canaux et de la dérivation de cours d’eau. Ces types d’activités nuisent à la qualité du sol et à d’autres fonctions écologiques dans les communautés de boisés et de marécages. Dans certains cas, les canalisations de drainage s’étendent dans les boisés (Jalava et al., 2007) et cela pourrait perturber le régime hydrique du sol et les conditions de croissance propices au frêne bleu. La réduction générale de l’humidité du sol a été considérée comme une menace pour d’autres essences en péril en Ontario (Jalava et al., 2007). Les changements climatiques, en particulier les tendances actuelles au réchauffement, pourraient exacerber ces effets.

Élevage de bétail : Broutage et piétinement par le bétail, les chevaux et les moutons (impact négligeable)

Le pâturage du bétail peut poser une menace à la régénération du frêne bleu dans les plaines d’inondation riveraines, mais l’ampleur actuelle de ces activités est limitée. De la fin du 19e siècle jusqu’aux années 1970, la plupart des boisés des versants des vallées fluviales et des hauteurs adjacentes servaient de pâturages pour les vaches, les chevaux et les moutons et étaient beaucoup plus dégagés qu’ils ne le sont à l’heure actuelle. En 2013, peu de boisés accueillaient du bétail en pâturage.

Le bétail peut avoir deux grands effets sur la régénération et le recrutement du frêne bleu : il piétine la végétation des rives des cours d’eau et des secteurs adjacents, ce qui empêche l’établissement des semis, et le broutage crée des zones dégagées recouvertes de graminées abritant d’abondantes populations de rongeurs. Les semis et les gaules de frêne bleu semblent particulièrement vulnérables à l’annélation par les rongeurs (conséquence indirecte du broutage; Mills et Craig, 2008). À l’appui de cette assertion, Mills et Craig (2008) n’ont pas trouvé de frênes bleus dans des zones de reforestation gazonnées, même si elles étaient adjacentes à des boisés où des frênes bleus étaient en voie de régénération. Ils ont cependant trouvé des frênes bleus en vois de régénération dans des zones reboisées avec de l’aubépine (Cratageus spp.) lorsqu’elle était ombragée dans le peuplement et que les plantes des prés et les populations de rongeurs étaient à la baisse (Mills et Craig, 2008). Dans la zone de protection de la nature A.W. Campbell, il est aussi notable que dans une aire de plaques de gazon entourant un frêne bleu de dhp de 40 cm poussant en bordure d’un chemin, des semis ont été découverts après que le gazon ait été ombragé.

L’absence de pâturage du bétail dans les dernières années pourrait expliquer le nombre élevé de semis et de gaules du frêne bleu trouvés au cours de récents relevés menés dans quelques sites (Mills et Craig, 2008), ainsi que la répartition par âge asymétrique observée dans d’autres (Craig, comm. pers., 2013). Dans quelques-uns de ces sites (p. ex. parcelle McAlpine), il se trouvait un très grand nombre de semis et de gaules mais encore de fortes indications de broutage par les cerfs, ce qui laisse supposer que dans certaines situations, ces derniers n’ont pas un grand impact sur le recrutement.

Les autres menaces potentielles sont actuellement considérées comme ayant un impact négligeable sur le frêne bleu, en partie parce que l’habitat riverain où la plupart des arbres se trouvent ne devrait subir que de faibles impacts imputables au développement, aux activités récréatives, à l’agriculture et à la foresterie et que le frêne bleu constitue de nombreuses sous-populations qui sont typiquement de faible densité, les arbres étant disséminés sur une vaste superficie. Il convient toutefois de noter que, même si l’habitat du frêne bleu est considéré comme marginal pour les cultures classiques, il peut être adéquat pour les cultures destinées à la production de biocarburants (Smith et al., 2013). De même, bien que l’industrie du bétail ait régressé dans le sud de l’Ontario, le pâturage à petite échelle de chevaux et de chèvres peut avoir un impact sur certains sites. Des activités additionnelles, comme l’entretien de corridors de lignes de transport d’électricité, l’exploitation de carrières et d’autres activités d’extraction de ressources, peuvent avoir des impacts locaux dans les sites individuels.

Nombre de localités

L’incertitude entourant la gravité et la portée des menaces qui pèsent sur le frêne bleu complique l’évaluation du nombre de localités. Il a été établi ou il est soupçonné que les deux plus graves menaces à l’heure actuelle, soit l’impact du broutage exercé par le cerf de Virginie et les impacts de l’agrile du frêne, varient d’un site à l’autre. Pour estimer le nombre de localités, il est essentiel de déterminer quelle est la menace la plus grave et la portée à laquelle elle peut agir rapidement.

Dans le cas du cerf de Virginie, il existe de nombreuses unités de gestion différentes, ce qui pourrait se traduire par un impact indépendant du broutage dans des sites différents. Une classification provisoire des niveaux d’impact peut cependant être faite en fonction du régime foncier. Les terres gérées par des offices de protection de la nature relèvent potentiellement d’une seule vaste compétence, où il est proposé de gérer le nombre de cerfs principalement par le biais de la chasse. Les terres privées constituent le deuxième type de régime foncier, où la gestion des cerfs n’est pas prévue. À la pointe Pelée, la gestion active des cerfs par abattage sélectif est un troisième régime de gestion. Il est probable que chacun de ces régimes (avec d’importantes mises en garde) entraînera des niveaux d’impact différents sur la régénération du frêne bleu. Cette approche produit trois localités (les îles Pelée et Middle, libres de cerfs, ne feraient pas partie de cette désignation).

La prise en compte de l’information sur les aires de gestion de la faune donne à penser que le recrutement peut être plus faible dans les secteurs où il est inféré que le nombre de cerfs de Virginie est à la hausse (d’après les prises), modéré dans les secteurs où le nombre de cerfs fluctue et élevé dans les secteurs où le nombre de cerfs est à la baisse. Il en découle que trois localités peuvent également être appropriées selon cette approche (à nouveau, à l’exception des îles Pelée et Middle).

Pour ce qui est de l’agrile du frêne, il y a au minimum une localité (si le ravageur agit et est géré partout de la même manière) jusqu’à concurrence du nombre de sites où il est présent. Compte tenu de l’impact limité des mesures de gestion sur l’avancée de l’invasion par l’agrile du frêne jusqu’à maintenant, il semble raisonnable de considérer que la menace qu’il pose correspond à une seule localité.

Dans l’île Middle, les impacts des Cormorans à aigrettes sont considérés comme la menace la plus grave (une localité ajoutée au total d’autres sous-populations).

Par conséquent, la considération du cerf de Virginie comme la plus grave menace dans la plupart des secteurs donne cinq localités : trois fondées sur la présence de cerfs, une pour l’île Pelée (fondée sur la présence de l’agrile du frêne) et une pour l’île Middle (fondée sur la présence de Cormorans à aigrettes). Si l’agrile du frêne est considéré comme la menace la plus grave, le nombre de localités pourrait s’élever à deux : une pour l’agrile du frêne et une pour l’île Middle (fondée sur la présence de Cormorans à aigrettes).

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le COSEPAC a évalué le frêne bleu pour la première fois en avril 1983 et l’a désigné « espèce menacée » Un réexamen du statut en novembre 2000 l’a ramené à « espèce préoccupante ». Lors du dernier examen, réalisé en novembre 2014, le frêne bleu a de nouveau été désigné « espèce menacée ». Inscrit à la liste des espèces préoccupantes (annexe 1) en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral (LEP, 2003), le frêne bleu figure aussi à l’annexe 5 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Les espèces figurant à l’annexe 5 sont en transition en vue de leur inscription à la liste des espèces préoccupantes. En Ontario, le développement ou l’altération de sites comportant un habitat d’espèces menacées ou en voie de disparition est interdit par la Déclaration de principes provinciale, mais les espèces préoccupantes n’y sont pas mentionnées (Ministry of Municipal Affairs and Housing, 2012). Les lois sur l’évaluation environnementale (p. ex. la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario et les mesures législatives fédérales en matière d’évaluation environnementale prises en application de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale accordent une certaine protection contre les activités de développement qui pourraient avoir des effets néfastes sur le frêne bleu. La flore est également protégée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) en vertu de la Loi sur la protection des végétaux, qui empêche l’importation, l’exportation et la propagation d’organismes nuisibles au Canada et prévoit des moyens de lutte et d’élimination à cet égard.

Statuts et classements non juridiques

Bien qu’il soit considéré comme non en péril à l’échelle mondiale (G5), le frêne bleu est vulnérable à l’échelle nationale au Canada (N3) et non classé (pas encore évalué) en Ontario (S3?). Il est classé comme non en péril à l’échelle nationale aux États-Unis (N5), mais non en péril (S5) dans un seul État (Kentucky). Le frêne bleu est considéré comme gravement en péril (S1) en Pennsylvanie, en Virginie-Occidentale, au Wisconsin et en Iowa; en péril (S2) au Kansas et au Mississippi; et vulnérable (S3) en Virginie. Il est coté S1S2 en Géorgie et S2S3 en Oklahoma. Le frêne bleu n’est pas coté (pas encore évalué) au Michigan, en Alabama, au Missouri, en Ohio, au Minnesota, au Texas, en Arkansas, en Illinois, au Tennessee et en Indiana. Il a été erronément signalé (SNA) dans l’État de New York (NatureServe, 2013). Dans le document « Situation générale des espèces sauvages au Canada », le frêne bleu figure sur la liste des espèces sensibles (Wild Species, 2010).

Protection et propriété de l’habitat

Le statut de la protection des sites de frêne bleu inventoriés en 2012 et 2013 est indiqué au tableau 2. Les populations de frêne bleu situées sur des terres appartenant au gouvernement provincial et dans des zones de protection de la nature sont potentiellement protégées. Les sous-populations du parc national de la Pointe-Pelée (y compris la population de l’île Middle) sont protégées en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada.

En Ontario, le statut de protection des sites où se trouvent des frênes bleus a été résumé par Henson et Brodribb (2005). Dans l’écodistrict 7E1 (Chatham), 42 % des sites étaient situés dans des zones d’intérêt naturel et scientifique (ZINS) à l’échelle provinciale, 8 % sur des terres protégées à l’échelle fédérale et 8 % sur des terres protégées à l’échelle provinciale; 50 % des sites étaient situés sur des terres entièrement protégées (8 sites avec frêne bleu dans le portefeuille, 67 % des sites dans le portefeuille). Dans l’écodistrict 7E2 (St. Thomas), 11 % des sites de frêne bleu étaient situés dans des ZINS et 8 % dans des zones de protection de la nature; 22 % étaient situés sur des terres entièrement protégées (8 sites avec frêne bleu dans le portefeuille, 22 % des sites dans le portefeuille). Dans l’écodistrict 7E6 (Stratford), il n’y avait qu’un site.

Dans l’île Pelée, le frêne bleu se trouve dans des sites appartenant à Conservation de la nature Canada, notamment l’alvar du chemin Brown et la savane à genévrier de Virginie (chemin B. Ivey E-O - CNC et Pelee Island Winery). Les autres sites dans l’île Pelée incluent la savane Verbeek (réserve naturelle provinciale Lighthouse Point) et la pointe Fish, qui appartiennent à Parcs Ontario. L’alvar du chemin Stone appartient conjointement à Ontario Nature et à la municipalité de Pelée.

Les terres relevant de l’Office de protection de la nature de la région de St.Clair incluent la zone de protection de la nature A.W. Campbell, le barrage McKeough, la parcelle McAlpine, les propriétés nos 82, 83, 91 et 92, la zone de protection de la nature Ken Reid et la zone de protection de la nature de Shetland. La forêt Newport (rivière Thames, 3,5 km au sud-ouest de Wardsville) et le boisé Wardsville appartiennent au Thames Talbot Land Trust.

Le parc provincial Komoka s’inscrit parmi les parcs provinciaux (province de l’Ontario). La plupart des autres sites sont situés sur des terrains privés.

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Remerciements et experts contactés

L’auteur tient à adresser des remerciements particuliers aux propriétaires fonciers qui ont accordé la permission de répertorier les frênes bleus se trouvant sur leurs propriétés. John Ambrose, Donald Craig, Paul O’Hara et Gerry Waldron ont offert de l’aide formidable lors des relevés de terrain menés au cours de l’été et de l’automne de 2012. De plus, Cathy Quinlan, Brandon Williamson et Brenda Gallagher, de l’Office de conservation de la nature de la Thames supérieure, ont visité les sites du boisé Kains et de la forêt Fanshawe et l’auteur leur est très reconnaissant. Tim Payne, de l’Office de protection de la nature de la région de St. Clair, a aidé Donald Craig dans le cadre des relevés de la parcelle McAlpine et de la zone de protection de la nature A.W. Campbell.

Bill Roesel et Paul Pratt ont fourni l’information la plus récente sur les frênes bleus plantés dans la ville de Windsor. L’auteur tient également à remercier tout particulièrement le personnel de Parcs Canada qui a réalisé les relevés dans l’île Middle en 2012 : Heidi Brown, Tammy Dobbie, Josh Keitel, Kevin LeClair, Steve McCanny, Valerie Minelga, Kelly Scott et Rachel Windsor (Thorndyke), ainsi que Gard Otis et les étudiants qui ont effectué l’inventaire des frênes bleus sur la terre ferme du parc national de la Pointe-Pelée en 2005 et 2006, notamment Barbara Bleko, Holly Dodds, Sally-Jo Gallant, Victoria Moran et Laura Robson. Jarmo Jalava a mené le relevé de 2007 dans l’île Middle.

John Ambrose, et en particulier Donald Craig, ont répondu sans relâche à de nombreuses questions sur le frêne bleu.

Les personnes suivantes ont fourni des commentaires sur les premières ébauches du rapport : Michael J. Oldham (Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario), Vivian R. Brownell, Eric Snyder (Direction des espèces en péril, MRNO), Bill Parker (Institut de recherche forestière de l’Ontario, MRNO); Ruben Boles, Joanna James, Julie Nadeau (Administration centrale du Service canadien de la faune); Bruce Bennett (coprésident du SCS), Marilyn Anions, Sean Blaney et la regrettée Jane Bowles (membres du SCS); et Tammy Dobbie (parc national de la Pointe-Pelée, Agence Parcs Canada). Jeannette Whitton a fourni de nombreux commentaires d’ordre rédactionnel, pour lesquels l’auteur lui est énormément reconnaissant.

Les personnes suivantes ont fourni de l’aide ou des conseils sur les gens à joindre :

Alison Barr, spécialiste de l’agrile du frêne, Agence canadienne d’inspection des aliments, St. Catherine’s (Ontario).

Dawn R. Bazely, professeure, Département de biologie, Université York.

Ann Bonner, Division of Forestry, Ohio Department of Natural Resources.

Lisa Bowers, ODNR Urban Forester, Ohio Division of Forestry.

Graham Buck, biologiste des espèces en péril, district de Guelph, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Vivian Brownell, biologiste des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).

Julian J. N. Campbell, consultant, Bluegrass Woodland Restoration Center, 3525 Willowood Road, Lexington (Kentucky).

Shelley Carson (Stewart), doctorante, Université de Guelph, Guelph (Ontario).

Robert Davies, technicien des opérations forestières, Office de protection de la nature de la région d’Essex.

Sandy Dobbyn, écologiste, région Sud-Ouest, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Parcs Ontario.

Jennifer Doubt, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).

Ken A. Elliot, forestier professionnel inscrit, Section des sciences et de l’information, Sud, ministère des Richesses naturelles, London, (Ontario).

Dave Fraser, Scientific Authority Assessment A/Manager BC CDC, Ecosystem Branch Conservation Planning Section, Ministry of Environment, Government of British Colombia.

Martina Furrer, spécialiste de l’information sur la biodiversité, Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Andy J. Green, Waterfowl Biologist, Wetland Ecology Department, Doñana Biological Station-CSIC, Espagne.

Daniel A. Herms, Professor and Chair, Department of Entomology, College of Food, Agricultural and Environmental Sciences, Ohio Agricultural Research and Development Center, Wooster (Ohio).

Jarmo Jalava, directeur, Ecosystem Recovery, Carolinian Canada Coalition.

Neil Jones, agent de projet scientifique et coordonnateur des CTA, Secrétariat du COSEPAC.

Dan Kraus, Manager of Conservation Science and Planning, Conservation de la nature Canada – Région de l’Ontario.

Barry Lyons, chercheur scientifique, Centre de foresterie des Grands Lacs, Ressources naturelles Canada, Sault Ste. Marie (Ontario).

Patrick Nantel, administration centrale, Agence Parcs Canada, Gatineau (Québec).

Michael J. Oldham, biologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Sara Tanis, Post-doctoral Research Associate, Department of Entomology, Michigan State University.

Christopher J. Whelan, Grassland Ecologist, Illinois Natural History Society, University of Illinois.

Rachel Windsor, technicienne en conservation des ressources, parc national de la Pointe-Pelée, Agence Parcs Canada, Leamington (Ontario).

Mark Wilthew, Service Forestry Coordinator, OFTL Coordinator, Ohio Division of Forestry, Middlefield (Ohio).

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

David Anthony Kirk, Ph.D., est chercheur-conseil en écologie. Il travaille depuis plus de 25 ans avec les gouvernements provinciaux et fédéral du Canada, ainsi que pour des organisations de conservation non gouvernementales. Il possède une vaste expérience en écologie et en utilisation des terres, dans divers écosystèmes (tropicaux à arctiques). Sa société (Aquila Conservation & Environment Consulting) se spécialise dans les projets à caractère scientifique pour comprendre les défis que pose l’intégration de l’utilisation des ressources à la conservation de la biodiversité. Ces projets incluent l’examen de l’impact des perturbations anthropiques (en particulier l’agriculture et la foresterie) sur la biodiversité dans les paysages anthropiques, l’utilisation de modèles de répartition à plusieurs espèces appliqués à la planification de la conservation spatiale, ainsi que des revues de la littérature sur l’état des connaissances concernant les enjeux actuels liés à la biodiversité. David accorde une importance particulière à la publication, dans des revues d’écologie et de conservation, d’articles scientifiques examinés par des pairs à titre de tribune pour éclairer les politiques et les pratiques de gestion. À cette fin, il a rédigé ou corédigé plus de 35 articles scientifiques et chapitres de livres au cours des 20 dernières années. David travaille également beaucoup sur l’évaluation du statut, le rétablissement et la gestion d’espèces en péril. Il a rédigé ou corédigé 26 rapports de situation du COSEPAC et mises à jour de ces rapports, ainsi que les versions préliminaires de 9 programmes de rétablissement, de 6 plans d’action et de 9 plans de gestion pour des espèces en péril. Il a enfin rédigé une ébauche de plan d’action concernant plusieurs espèces des prairies du sud-est de la Saskatchewan.

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Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée lors de la rédaction du présent rapport.

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Annexe 1. Calculateur des menaces pour le frêne bleu

Nom scientifique de l'espèce ou de l'écosystème
Frêne bleu
Identification de l'élément
-
Code de l'élément
-
Date
16/10/2013
Évaluateur(s) :
David Kirk, David Fraser, Jeannette Whitton, Vivian Brownell, Cathy Quinlan, Jill Crosthwaite, Mhairi McFarlane, Mike Oldham, Donald Craig, John Ambrose, Gard Otis, Dawn Bazely, Tammy Dobbie
Références :
-
Calcul de l'impact global des menaces
Impact des menacesImpact des menaces (descriptions)Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Maximum de la plage d'intensité
Comptes des menaces de nniveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Minimum de la plage d'intensité
ATrès élevé00
BÉlevé10
CMoyen00
DFaible01
-Impact global des menaces calculé :ÉlevéFaible
Impact global des menaces attribué :
B = Élevé
Justification de l'ajustement de l'impact :
-
Commentaires sur l'impact global des menaces
-
Tableau d'évaluation des menaces.Note e du annexe 1
#MenaceImpact (calculé)Portée (10 prochaines années)Gravité (10 ans ou 3 générations)ImmédiatetéCommentaires
1Développement résidentiel et commercialNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71 à 100 %)Élevée (continue)-
1.1Zones résidentielles et urbainesNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Il est probable que la portée soit limitée parce que nombre des arbres se trouvent dans des aires protégées, que le rythme de développement est modéré et que cet habitat n’est généralement pas choisi pour la construction d’habitations.
1.2Zones commerciales et industriellesNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Il est probable que la portée soit limitée parce que nombre des arbres se trouvent dans des aires protégées, le rythme de développement est modéré et que le rythme de développement est modéré et que cet habitat n’est généralement pas choisi pour la construction d’habitations.
1.3Zones touristiques et récréativesNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)-
2Agriculture et aquacultureNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)-
2.1Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le boisNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)L’habitat du frêne bleu est marginal pour les cultures classiques, mais il peut être adéquat pour des cultures non classiques, y compris pour la production de biocarburants. Néanmoins, le développement devrait être minime dans ce secteur d’après les activités en cours.
2.2Plantations pour la production de bois et de pâteNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Les cultivars de Salix à croissance rapide pour la production de biocarburants comptent parmi les cultures potentielles.
2.3Élevage de bétailNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Élevée (continue)Bien que le nombre de fermes laitières et d’exploitations bovines ait diminué, les activités agricoles à petite échelle, notamment le pâturage de moutons, de chèvres et de chevaux, peuvent nuire au recrutement.
2.4Aquaculture en mer et en eau douce-----
3Production d’énergie et exploitation minièreNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Modérée (peut-être à court terme, < 10 ans)-
3.1Forage pétrolier et gazierNégligeableNégligeable (< 1 %)InconnueModérée (peut-être à court terme, < 10 ans)La fracturation hydraulique pourrait avoir un impact dans quelques sites situés à l’extérieur d’aires protégées. Les impacts sont inconnus, mais il est probable qu’ils dépendront de l’altération de la qualité de l’eau, qui pourrait avoir un impact sur l’habitat du frêne bleu.
3.2Exploitation de mines et de carrièresNégligeableNégligeable (< 1 %)Extrême (71-100 %)Modérée (peut-être à court terme, < 10 ans)L’extraction d’agrégats pourrait avoir un impact sur un petit nombre de sites. Des frênes bleus poussent sur les bords d’une ancienne carrière de calcaire dans l’île Pelée et il pourrait y avoir d’autres activités d’exploitation.
3.3Énergie renouvelable-----
4Corridors de transport et de serviceNégligeableNégligeable (< 1 %)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)-
4.1Routes et voies ferrées-----
4.2Lignes de services publicsNégligeableNégligeable (< 1 %)Élevée (31-70 %)Élevée (continue)Entretien continu des corridors de transport d’électricité.
4.3Voies de transport-----
4.4Corridors aériens-----
5Utilisation des ressources biologiquesNégligeableNégligeable (< 1 %)Négligeable (< 1 %)Élevée (continue)-
5.1Chasse et capture d’animaux terrestres-----
5.2Cueillette de plantes terrestres-----
5.3Exploitation forestière et récolte du boisNégligeableNégligeable (< 1 %)Négligeable (< 1 %)Élevée (continue)L’enlèvement délibéré ou fortuit de frênes bleus, dans certains cas associé aux activités visant à limiter la propagation de l’agrile du frêne, peut avoir un impact sur les arbres présents sur des terres privées et publiques.
5.4Pêche et récolte des ressources aquatiques-----
6Intrusions et perturbations humainesNégligeableNégligeable (< 1 %)Négligeable (< 1 %)Élevée (continue)-
6.1Activités récréativesNégligeableNégligeable (< 1 %)Négligeable (< 1 %)Élevée (continue)Les VTT et autres utilisations de sentiers pourraient avoir un impact sur le recrutement dans certains sites.
6.2Guerre, troubles civils et exercices militaires-----
6.3Travail et autres activités-----
7Modifications des systèmes naturels-----
7.1Incendies et suppression des incendies-----
7.2Gestion et utilisation de l’eau et barrages-----
7.3Autres modifications de l’écosystème-----
8Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques BD
Faible à élevé
Généralisée (71-100 %)Légère à élevée (1-70 %)Élevée (continue)-
8.1Espèces exotiques et non indigènes envahissantesCD
Faible à moyen
Généralisée (71-100 %)Légère à modérée (1-30 %)Élevée (continue)L’agrile du frêne, qui devrait se propager dans l’aire de répartition du frêne bleu en Ontario, est préoccupant. Il existe cependant des indications de résistance ou de tolérance aux attaques et de survie du frêne bleu. Les estimations de la gravité reposent sur les taux de mortalité actuels, qui pourraient changer.
8.2Espèces indigènes problématiquesBD
Faible à élevé
Généralisée (71-100 %)Légère à élevée (1-70 %)Élevée (continue)Le broutage par le cerf de Virginie pose la menace au frêne bleu la plus répandue. D’après les connaissances générales de l’impact des cerfs, il est prévu que le recrutement et la survie des semis de frêne bleu seront touchés quand les cerfs sont abondants. Les Cormorans à aigrettes nuisent au frêne bleu dans l’île Middle.
8.3Matériel génétique introduit-----
9PollutionInconnuInconnueInconnueÉlevée (continue)-
9.1Eaux usées domestiques et urbaines-----
9.2Effluents industriels et militaires-----
9.3Effluents agricoles et sylvicolesInconnuInconnueInconnueÉlevée (continue)-
9.4Déchets solides et ordures-----
9.5Polluants atmosphériques-----
9.6Apports excessifs d’énergie-----
10Phénomènes géologiques-----
10.1Volcans-----
10.2Tremblements de terre et tsunamis-----
10.3Avalanches et glissements de terrain-----
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsInconnuGénéralisée (71-100 %)InconnueÉlevée (continue)-
11.1Déplacement et altération de l’habitat-----
11.2Sécheresses-----
11.3Températures extrêmes-----
11.4Tempêtes et inondationsInconnuGénéralisée (71-100 %)InconnueÉlevée (continue)Il est prévu que la fréquence et la gravité des tempêtes hivernales augmenteront, mais l’impact est inconnu.

Note du annexe 1

Note [e] du annexe 1

Classification des menaces d'après l'IUCN-CMP, Salafsky <em>et al.</em> (2008).

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