Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi), population de la Colombie-Britannique, au Canada

Table des matières


Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi), population de la Colombie-Britannique, au Canada [PROPOSITION]

2016

Truite fardée versant de l'ouest

Truite fardée versant de l'ouest

Citation recommandée :

Pêches et Océans Canada. 2016. Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi), population de la Colombie-Britannique, au Canada [ÉBAUCHE] Série des plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa, iv + 139 p.

Remarque importante : Le plan de gestion élaboré par le ministère de l’Environnement de la C.-B. (adopté en vertu de l’article 69 de la Loi sur les espèces en péril) est présenté après la page 8 du présent document.

Exemplaires supplémentaires

Des exemplaires supplémentaires peuvent être téléchargés à partir du Registre public des espèces en péril.

Illustration de couverture : Lucas Raptis

Also available in English under the title: « Management Plan for the Westslope Cutthroat Trout (Oncorhynchus clarkii lewisi), British Columbia Population, in Canada [Proposed] »

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Pêches et des Océans, 2016 . Tous droits réservés.
ISBN L'ISBN doit être indiqué par l'organisme responsable de la LEP.
Numéro de catalogue. Le numéro de catalogue doit être indiqué par l'organisme responsable de la LEP.

Le contenu (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans autorisation, sous réserve de mention de la source.

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996) les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux conviennent de collaborer à l'élaboration de lois, de programmes et de politiques visant à protéger les espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l'esprit de collaboration qui est celui de l'accord, le gouvernement de la C.-B. a donné au gouvernement du Canada la permission d'adopter le « Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) population de la Colombie-Britannique » (partie 2) en vertu de l'article 69 de la Loi sur les espèces en péril(LEP). La ministre fédérale des Pêches et des Océans (MPO) et le ministre fédéral responsable de l'Agence Parcs Canada sont les ministres compétents en vertu de la LEP. Un ajout du gouvernement fédéral complétant les exigences établies par la LEP pour le plan de gestion est inclus.

Le plan de gestion fédéral de la truite fardée versant de l'ouest, population de la Colombie-Britannique, au Canada, comporte deux parties :

Partie 1 : ajout fédéral au « Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en C.-B. » préparé par Pêches et Océans Canada;

Partie 2 : « Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en C.-B. » préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.

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PRÉFACE

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) [LEP], les ministres fédéraux compétents sont chargés de l'élaboration de plans d'action pour les espèces qui ont été désignées comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et dont le rétablissement a été jugé réalisable. Ils doivent aussi rendre compte des progrès cinq ans après la publication de la version définitive du document dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre fédérale des Pêches et des Océans et le ministre fédéral responsable de l'Agence Parcs Canada sont les ministres compétents en ce qui concerne la truite fardée versant de l'ouest (population de la C.-B.), conformément à l'article 65 de la LEP. Pour l’élaboration d’un plan d’action, le ministre compétent tient compte, selon l'article 38 de la LEP, de l’engagement qu’a pris le gouvernement du Canada de conserver la diversité biologique et de respecter le principe selon lequel, s’il existe une menace d’atteinte grave ou irréversible à l’espèce inscrite, le manque de certitude scientifique ne doit pas être prétexte à retarder la prise de mesures efficientes pour prévenir sa disparition ou sa décroissance. Le plan a été préparé autant que possible en collaboration avec le gouvernement de la Colombie-Britannique, aux termes du paragraphe 66(1) de la LEP.

L'article 69 de la LEP permet aux ministres d'adopter, en totalité ou en partie, un plan de gestion de l'espèce existant, s'ils sont d'avis que ce plan élaboré pour une espèce sauvage comprend des mesures adéquates pour en assurer la conservation. Un plan de gestion provincial (partie 2 du présent document) de la truite fardée versant de l'ouest a été présenté à titre d'avis scientifique aux autorités responsables de la gestion de l'espèce en C.-B. Pêches et Océans Canada, en collaboration avec l'Agence Parcs Canada, a préparé un ajout fédéral (partie 1 du présent document), conformément aux exigences de la LEP. Le plan de gestion fédéral répond aux exigences en matière de contenu et de processus énoncées aux articles 65, 66, 68 et 69 de la LEP.

Comme indiqué dans le préambule de la LEP, la réussite de la conservation de cette espèce dépend de l'engagement et de la collaboration des nombreuses parties qui participeront à la mise en œuvre des recommandations et des mesures formulées dans le présent plan et ne peut reposer uniquement sur Pêches et Océans Canada et sur l'Agence Parcs Canada ou sur une autre autorité. Les frais de conservation des espèces en péril sont partagés entre les différentes instances. Tous les Canadiens sont invités à appuyer et à mettre en oeuvre ce plan d'action dans l'intérêt de la truite fardée versant de l'ouest (population de la C.-B.), mais également de l'ensemble de la société canadienne.

Selon la LEP, un plan de gestion désigne les activités de conservation qu’il faut prendre pour éviter que l’espèce préoccupante ne devienne menacée ou en voie de disparition. Ces activités de conservation appuient les objectifs de rétablissement indiqués dans le plan de gestion. La mise en oeuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des administrations et des organismes participants.

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AUTORITÉS RESPONSABLES

Pêches et Océans Canada
Agence Parcs Canada
Gouvernement de la Colombie-Britannique

REMERCIEMENTS

Pêches et Océans Canada souhaite remercier le ministère de l'Environnement de la C.-B. d'avoir dirigé l'élaboration du plan de gestion et collaboré étroitement avec le Ministère. Le Ministère exprime également sa gratitude à l'Agence Parcs Canada, qui a collaboré à l'élaboration de l'ajout fédéral au plan de gestion.

PARTIE 1 : AJOUT FEDERAL AU « PLAN DE GESTION DE LA TRUITE FARDEE VERSANT DE L'OUEST (ONCORHYNCHUS CLARKII LEWISI) EN C.-B. » PREPARE PAR PECHES ET OCEANS CANADA

AJOUTS AU DOCUMENT ADOPTÉ

Pêches et Océans Canada a préparé les ajouts suivants au « Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en C.-B. » (partie 2 du présent document, ici désigné « Plan de gestion provincial ») élaboré par la province pour répondre à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) qui ne sont pas pleinement respectées. Ces ajouts sont considérés comme faisant partie intégrante du plan de gestion fédéral de la truite fardée versant de l'ouest (population de la C.-B.) élaboré en vertu de la LEP.

Hyperliens anglais

Les hyperliens du plan de gestion provincial ci-dessous sont disponibles en anglais seulement :

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP sont soumis à une évaluation environnementale stratégique (EES). Ce type d'évaluation vise à intégrer des considérations environnementales dans l'élaboration de politiques publiques, de plans et de propositions de programme pour appuyer une prise de décision éclairée en matière d'environnement et pour permettre d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent avoir des répercussions sur certaines composantes de l'environnement ou sur l'atteinte des objectifs et des cibles de la Stratégie fédérale de développement durable (SDD).

La planification de la gestion vise à profiter aux espèces en péril et à la biodiversité en général. Cependant, on reconnaît que la mise en œuvre de plans de gestion peut avoir des effets imprévus sur l'environnement qui vont au-delà des avantages recherchés. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient compte directement de tous les effets environnementaux, notamment des impacts possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le plan de gestion lui-même, mais ils sont également résumés ci-après dans le présent énoncé.

Le plan de gestion devrait profiter à l'environnement en favorisant la persistance à long terme de la truite fardée versant de l'ouest dans son aire de répartition indigène, contribuant ainsi à l'atteinte de l'objectif 4 de la SDD (Conserver et restaurer les écosystèmes, la faune et l'habitat, et protéger les Canadiens). Les mesures recommandées énoncées dans le plan visent à s'attaquer aux menaces telles que les modifications à petite et à grande échelle de l'habitat, la modification des régimes d'écoulement, la modification des zones riveraines et de l'habitat des cours d'eau, contribuant aux objectifs 3 (Qualité de l'eau) et 4 (Disponibilité de l'eau) de la SDD. En répondant à ces menaces, les mesures recommandées profiteront peut-être à d'autres espèces présentes, contribuant ainsi encore davantage à l'objectif 4 de la SDD (Conserver et restaurer les écosystèmes, la faune et l'habitat, et protéger les Canadiens). Enfin, en traitant du maintien de populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter le statut d'espèce en péril (objectif 2), le plan contribue à l'objectif 5 de la SDD (Ressources biologiques, c.-à-d. production et consommation durables de ressources biologiques).

Compte tenu des considérations présentées plus haut, les avantages du plan d'action pour l'environnement et pour d'autres espèces devraient être largement supérieurs aux effets négatifs qui pourraient en découler.

Plan relatif à la qualité de l’eau dans la vallée de l’Elk

Le texte suivant est ajouté dans la section 8.2.1 (menace nº 3, deuxième point, à la suite de la période) :

En 2014, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a approuvé le plan relatif à la qualité de l’eau dans la vallée de l’Elk (Teck Resources Limited, 2014). Le plan a été élaboré afin de résoudre les problèmes de gestion des constituants de la qualité de l’eau rejetés par les activités d’exploitation minière dans le bassin versant de la rivière Elk.

Mesure des progrès

En vertu de l'article 72 de la LEP, la ministre des Pêches et des Océans doit évaluer la mise en œuvre du plan d'action cinq ans après que celui-ci est inscrit dans le Registre public et tous les cinq ans par la suite, jusqu'à ce que les objectifs établis aient été atteints. Pêches et Océans Canada appuie l'approche adoptée par le ministère de l'Environnement de la C.-B. (section 9.5), qui consiste à utiliser les activités essentielles (section 9.4, tableau 10) en tant qu'indicateurs et mesures du rendement permettant d'évaluer les progrès accomplis. Cette approche permet de soutenir l'atteinte des objectifs de la gestion et de reconnaître que la réalisation d'activités essentielles servira à combler les lacunes dans les connaissances qui, à l'heure actuelle, limitent l'énonciation précise des cibles (section 6.2, tableau 2) et des activités non essentielles (section 9.4, tableau 10). Les mises à jour ultérieures du plan de gestion pourront contenir des propositions d'autres points de référence et mesures du rendement, de cibles plus précises et d'activités non essentielles accompagnées de leur échéancier.

Collaboration et consultation

Ce plan de gestion fédéral est conforme à l’article 66 de la LEP. La province de la C.-B., le MPO et l’Agence Parcs Canada ont collaboré à la préparation du plan de gestion (parties 1 et 2) par l’entremise du Comité régional-fédéral-provincial de coordination des espèces en péril qui a été mis sur pied en vertu de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique (2005) (PDF 2,73 Mo) . La partie 2 du plan a été élaborée par la province de la C.-B., dans la mesure du possible, en collaboration avec plusieurs organismes (voir la section sur les remerciements de la partie 2), y compris Pêches et Océans Canada et l’Agence Parcs Canada. 

Le plan de gestion fédéral de la truite fardée versant de l’ouest (population de la Colombie-Britannique) a été publié sur le site Web des consultations de la région du Pacifique du MPOpour une période de consultation publique allant du 7 octobre au 24 novembre 2014. Une version provisoire du plan de gestion, des renseignements généraux ainsi qu’un formulaire de commentaires sont maintenant disponibles sur le site Web. Des lettres ont été envoyées par la poste, par courrier électronique et par télécopieur aux organisations des Premières Nations habitant dans l’aire de répartition de l’espèce, pour leur demander leur avis sur cette version provisoire du plan de gestion et les inviter à poursuivre les discussions avec Pêches et Océans Canada. De plus, on a transmis par courriel aux entités suivantes un avis les informant de la tenue des consultations : le gouvernement de la Colombie-Britannique, le Fish and Wildlife Service des États-Unis, des administrations municipales, des groupes d’intérêt environnementaux, des universitaires, des membres de l’industrie, des groupes de pêche récréative, et d’autres intervenants qui se trouvent dans l’aire de répartition de l’espèce. Le grand public a été informé par des messages sur les réseaux sociaux.

Pendant la période de consultation, 7 répondants ont fourni des commentaires sous la forme de lettres papier et de courriels, ou en remplissant les formulaires de commentaires en ligne. Parmi les répondants, on comptait un propriétaire foncier, une organisation de pêche récréative, une organisation non gouvernementale, des organisations industrielles et une municipalité. Parmi les principaux sujets de discussion, on recensait : les menaces, l’application des lois et règlements relatifs aux pêches, les pratiques des écloseries, les lacunes dans les connaissances, les instances provinciales et fédérales, l’intendance, la compensation de l’habitat, et les impacts socioéconomiques de la mise en œuvre du plan de gestion. Tous les commentaires reçus au cours de la période de consultation sont pris en compte dans le développement du plan de gestion définitif.

Références

Teck Resources Limited, 2014. Plan relatif à la qualité de l’eau dans la vallée de l’Elk. Teck Resources Limited, Sparwood, Colombie-Britannique. xxxii + 256 p.

RETRAITS DU DOCUMENT ADOPTÉ

Le plan de gestion provincial comporte des considérations socioéconomiques dans plusieurs sections qui portent directement sur la gestion de l'espèce. Pour cette raison, les extraits suivants ne sont pas considérés comme faisant partie intégrante du plan de gestion fédéral concernant cette espèce.
Sections pertinentes du plan de gestion provincial (partie 2)Texte exclu
  • Sommaire (paragraphe 2)
« La présence de populations de poissons sauvages robustes est le fondement d'un programme de pêches durables qui, à leur tour, offrent des retombées sociales, économiques et récréatives à la province ».
  • Sommaire (vision)
  • Section 5 (vision)

 

« ... et d'offrir des retombées sociales durables, notamment des possibilités de pêche de qualité... »
  • Sommaire (but général de la gestion)
  • Section 5 (but général de la gestion)
« ... à des niveaux d'abondance suffisants pour offrir des retombées durables pour la société dans le cadre des valeurs plus générales de l'écosystème »
  • Sommaire (objectif de la gestion 2)
  • Section 6 (objectif 2)
  • Section 6.1 (tableau 2, objectif 2)
  • Section 6.2 (objectif 2)
  • Section 7.2 (objectif 2)
  • Annexe 2 (objectif 2)
« ... de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables. »
  • Introduction (paragraphe 1)
« La province de la C.-B. est responsable, tant mondialement que devant ses intervenants, de veiller à ce que la ressource soit protégée dans la province et continue de soutenir tout un éventail d'activités récréatives. »
  • Introduction (paragraphe 2)
Tout, sauf :

« Il est essentiel d'élaborer un plan de gestion provincial de la truite fardée versant de l'ouest si l'on veut que les gouvernements fédéral et provincial atteignent les buts fixés en matière de gestion des ressources naturelles. »
  • Introduction (paragraphe 3)
Tout
  • Section 5.1 (Justification du but de la gestion, paragraphe 1)
« ... qui, à leur tour, offrent des retombées sociales, économiques et récréatives à la province. « Le plan de gestion repose sur le postulat qu'il faut d'abord atteindre le but de la conservation pour atteindre le but récréatif. »
  • Section 5.1 (Justification du but de la gestion, paragraphe 2)
« ... les objectifs en matière [de conservation et] d'activités récréatives. »
  • Sommaire et section 6 (objectifs de la gestion 3 et 4)

« ... Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives ».

  •  
  • Section 6.1 (tableau 2, objectif 4)

Tout, sauf ce qui suit :1

  • Indicateur : taille du poisson; mesure : longueur; cible : plus de gros poissons; situation – la cible est-elle atteinte? : OUI – dans les quelques réseaux d'eaux classifiées considérés.
  • Indicateur : conformité à la réglementation concernant la pêche à la ligne; mesure : proportion de pêcheurs à la ligne qui se conforment à la réglementation; cible : non-conformité < 10 %; situation – la cible est-elle atteinte? : NON – dépassée dans les eaux classifiées, inconnue ailleurs.
  • Section 6.2 (objectif 2, Justification)
« ... puissent offrir des retombées sociales durables ».
  • Section 6.2 (objectif 4, Justification)

Tout, sauf ce qui suit :2

  • La taille moyenne des poissons dans les eaux classifiées est stable ou en augmentation.
  • La non-conformité à la réglementation sur la pêche à la ligne dans les eaux classifiée est inférieure à 10 %.
  • Section 7.4

Sous-sections suivantes :

  • 7.4.1 – Tout
  • 7.4.2 – Tout
  • 7.4.3 – seuls les extraits suivants sont exclus :
    • « ... a été consignée en association avec les estimations de l'abondance. Tandis que la taille des poissons contribue à la qualité de l'expérience de pêche à la ligne, elle... »
    • « Cependant, nous ne savons pas exactement quelles cibles quantitatives devraient être établies pour garantir une pêche de qualité. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 11, Qualité de la pêche. »
  • 7.4.4 – Tout
  • 7.4.6 – Tout
  • Section 9.1
« ... en suivant au moins les lignes directrices relatives aux consultations établies par la province (province de Colombie-Britannique 2010) et par le Ministère. »
  • Section 9.4 (paragraphe 1)
« ... conformément au plan du programme des pêches en eau douce de la C.-B.... »
  • Section 9.4 (tableau 10)
« Durabilité et diversité des possibilités récréatives » et tout ce qui suit, sauf les lignes 4, 7 et 9
  • Section 9.4.1
« ... la conservation est également le fondement sur lequel une pêche récréative durable peut être maintenue. »
  • Section 9.4.3

Tout, sauf les extraits suivants :

  • « La réglementation des pêches à la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. est devenue de plus en plus stricte depuis les années 1980. »
  • « Cependant, la surfréquentation est devenue un enjeu croissant dans certains cours d'eau, et la conformité demeure une source de préoccupations, tant dans les eaux classifiées que dans les eaux non classifiées. Nous ne savons pas dans quelle mesure les prélèvements peuvent être maintenus. »
  • Section 9.4.4 (paragraphe 1)
  • « Des ressources importantes devront être consacrées à l'exécution d'un modèle prévisionnel qui permettra de définir, sur le plan spatial, toutes les populations qui se répartissent dans le paysage. »
  • Section 11 (Références) 3
  • Burrows, J. 2007. Kootenay Region angling management planning and performance 2003–2007. Présentation Powerpoint donnée au cours de la réunion annuelle du comité sur les rivières visées par le programme des pêches. Mars 2007.
  • Heidt, K.D. 2004. St. Mary River Creel Survey 2003 Quality Waters Strategy (River Guardian Program). Ministère de l'Environnement de la C.-B., Cranbrook, C.-B. 35 p.
  • Martin, A.D. 1983. Fisheries management implications of creel surveys conducted at the Elk River in Kootenay Region 1982–1983. Rapport sur la gestion des pêches no 78 (1983).
  • Martin, A.D. 1984. Effects of a 2.5 year closure of the cutthroat fishery on the Upper St. Mary River: management implications of implementing an alternate year closure on East Kootenay trout streams. Rapport sur la gestion des pêches no 82 (1984).
  • Westover, W.T. 1993. Summer 1991 creel survey on the Elk River from Ladner Creek to Elko. Rapport KO 49 du projet sur les pêches (1993).

Les annexes 2 et 11 comportent plusieurs références à des considérations d'ordre socioéconomique. Cependant, elles continuent de faire partie du plan de gestion fédéral (sauf indication contraire dans le tableau ci-dessus), car elles contribuent à la base technique à partir de laquelle sont dérivés les objectifs et les cibles.

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PARTIE 2 : « Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en C.-B. » préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique.

Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en Colombie-Britannique

Truite fardie versant de l'ouest

Préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Programme des pêches en eau douce de la Colombie-Britannique

Logo d'Environnement de la Colombie-Britannique

Décembre 2013

Mise à jour – Août 2014

À propos de la série de Plans de gestion de la Colombie-Britannique

Cette série présente les plans de gestion qui sont élaborés en tant qu'avis à la province de la Colombie-Britannique (C.-B.). Les plans de gestion sont préparés conformément aux priorités et mesures de gestion établies en vertu du cadre pour la conservation de la C.-B. La province élabore des plans de gestion pour les espèces susceptibles de devenir menacées ou en voie de disparition en raison de leur vulnérabilité à des activités humaines ou à des événements naturels.

Qu'est-ce qu'un plan de gestion?

Un plan de gestion établit un ensemble d'activités de conservation et de mesures d'utilisation des terres coordonnées qui sont nécessaires pour faire en sorte que, au minimum, l'espèce ciblée ne devienne pas menacée ou en voie de disparition. Un tel plan résume la meilleure information scientifique disponible sur la biologie et les menaces qui pèsent sur l'espèce, afin d'éclairer l'élaboration d'un cadre de gestion. Les plans de gestion établissent des buts et des objectifs et recommandent les approches jugées appropriées pour la conservation de l'espèce et de l'écosystème.

Étapes ultérieures

Les orientations qui sous-tendent le plan de gestion recèlent de l'information précieuse sur les menaces et les mesures de conservation que peuvent prendre les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres, les agents de protection de la nature, les représentants du milieu universitaire et des gouvernements qui s'intéressent à la conservation de l'espèce et de l'écosystème.

Pour de plus amples renseignements

Pour en savoir davantage sur la planification du rétablissement des espèces en péril en C.-B., veuillez consulter la page Web de la planification du rétablissement du ministère de l'Environnement de la C.-B (en anglais seulement).

Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest
(Oncorhynchus clarkii lewisi) en Colombie-Britannique

Programme des pêches en eau douce de la Colombie-Britannique

Préparé par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Décembre 2013

Mise à jour – Août 2014

Table des matières

Liste des figures

  • Figure 1. Représentation spatiale des groupes de la population de truites fardées versant de l'ouest.     
  • Figure 2. Distribution des données d'observation de la truite fardée versant de l'ouest recueillies dans les lacs et les cours d'eau pour chaque groupe de la population
  • Figure 3. Aire de répartition des populations hybrides de truites fardées versant de l'ouest dans les bassins hydrographiques du sud-est de la C.-B.
  • Figure 4. Évaluation au niveau du paysage de la sensibilité au débit dans différentes écosections, au sein des écosections qui se trouvent dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. ayant fait l'objet d'une évaluation.     
  • Figure 5. Franchissements de cours d'eau connus grâce à une analyse des points d'intersection entre routes ou lignes de chemin de fer et cours d'eau, dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. Distinction des franchissements en fonction des tronçons de cours d'eau connus comme soutenant ou non des populations de poissons
  • Figure 6. Aperçu du nombre de permis d'utilisation de l'eau en vigueur et en cours de délivrance dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B  

Liste des tableaux

  • Tableau 1. Comparaison du nombre de cours d'eau et de lacs (tels que définis par le codage en bleu des données sur le réseau des cours d'eau à l'échelle de 1/20 000; B. Woods, comm. pers.) dans lesquels des truites fardées versant de l'ouest ont été observées, en juin 2010, entre les groupes de la population. Dans l'ensemble, la plupart des observations de la truite ont été effectuées dans les cours d'eau.
  • Tableau 2. Résumé des indicateurs, mesures et cibles disponibles, et progrès réalisés dans l'atteinte des cibles correspondant à chacun des objectifs de la gestion
  • Tableau 3. Sommaire de la densité routière par groupe de la population
  • Tableau 4. Résumé des CPUE de truites fardées versant de l'ouest dans les eaux classifiées pour lesquelles un effort a été signalé au fil du temps   
  • Tableau 5. Comparaison des talons de permis avec les cibles du plan de gestion de la pêche à la ligne (PGPL) dans la rivière Kootenay Est (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006; Burrows 2007)
  • Tableau 6. Résumé de tous les registres d'empoissonnement par la truite fardée versant de l'ouest (TFVO), la truite arc-en-ciel (TAC), l'omble de fontaine de l'Est (OFE) et des hybrides de la truite arc-en-ciel et de truites fardées (TAC x TF) dans les zones centrales de l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest depuis 2008
  • Tableau 7. Résumé des menaces ayant reçu les cotes moyenne et élevée pour chaque groupe de la population.          
  • Tableau 8. Résumé des groupes de la population en ce qui a trait aux tendances, aux mécanismes d'action des principales menaces et aux degrés de préoccupations concernant la conservation
  • Tableau 9. Outils législatifs susceptibles de protéger divers aspects de l'habitat du poisson dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest
  • Tableau 10. Résumé des mesures recommandées considérées comme cruciales si l'on veut mettre en œuvre le plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest
  • Tableau A3.1Groupes de la population décrits d'après les données génétiques et la démarcation entre les grands bassins hydrographiques au sein de l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest
  • Tableau A4.2Pourcentage de populations considérées comme des populations de truites fardées versant de l'ouest pures grâce à l'analyse de données génétiques, par groupe de la population. Il convient de noter que, dans certains cas, les auteurs ont consigné l'emplacement approximatif au sein du cours d'eau (I = cours inférieur; M = cours moyen; S = cours supérieur). Dans le cas contraire, l'emplacement est désigné par le terme « Inconnu ». (TFVO = truite fardée versant de l'ouest, TAC = truite arc-en-ciel)
  • Tableau A5.1Résumé des estimations de l'abondance et de la densité des truites fardées versant de l'ouest dans un petit nombre de cours d'eau soutenant les groupes de la population de la rivière Elk et de la rivière Kootenay supérieure.

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Citation recommandée :

Ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique. 2014. Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) en Colombie-Britannique. Reprod. de la 1re édition, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria, C.-B., 98 p. (publication originale : 2013)

Illustration et photographie de la couverture :

Lucas Raptis

Exemplaires supplémentaires

Il est possible de télécharger des exemplaires sur la page Web de la planification du rétablissement du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (en anglais seulement).

Renseignements sur la publication

La présente publication est une version mise à jour de la première édition du document, diffusée en décembre 2013.
Voir la rubrique Mises à jour pour prendre connaissance des modifications particulières qui ont été apportées au document.

Mises à jour

Mise à jour en août 2014 – Les modifications apportées au document original (décembre 2013) comprennent les suivantes : correction de la désignation juridique dans les FRPA et OGAA pour « espèce en péril » (section 3, p. 2); clarification du texte figurant dans la colonne « Détails » du tableau 9; corrections de formatage, grammaticales et typographiques de moindre importance.

Clause de non-responsabilité

Le présent plan de gestion a été élaboré par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique en tant qu'avis aux administrations et organismes responsables concernés par la gestion de l'espèce.

Le document établit les mesures de gestion qui sont jugées nécessaires, d'après la meilleure information scientifique et traditionnelle disponible, pour éviter que la population de truites fardées versant de l'ouest de la Colombie-Britannique ne devienne menacée ou en voie de disparition. Les mesures de gestion visant l'atteinte des buts et objectifs établis ici sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et méthodes de gestion pourraient être modifiés ultérieurement pour tenir compte de nouveaux objectifs et résultats obtenus.

Les administrations responsables, de même que tous les membres de l'équipe de gestion, ont eu la possibilité d'examiner le présent document. Cependant, celui-ci ne reflète pas nécessairement les positions officielles des organismes concernés ni les points de vue de toutes les personnes membres de l'équipe de gestion.

La réussite de la conservation de cette sous-espèce dépend de l'engagement et de la collaboration de nombreuses parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan de gestion.

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer à la conservation de la truite fardée versant de l'ouest.

REMERCIEMENTS

Le présent plan de gestion a été élaboré par Sue Pollard (ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique), avec le concours d'un groupe de travail ad hoc ayant participé à deux ateliers provinciaux concernant cette espèce qui se sont tenus à Cranbrook en janvier 2009 et en décembre 2010. Un certain nombre d'organismes, de Premières Nations et de consultants indépendants ont participé aux ateliers et contribué à l'élaboration du plan de gestion, notamment : ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, ministère des Forêts, des Terres et de l'Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada (Tom Brown), Canadian Columbia River Inter-Tribal Fishery Commission (Bill Green), Trout Unlimited Canada (Jon Bisset), Freshwater Fisheries Society of BC (Doug Crawley), Alberta Fish and Wildlife (Jenny Earle), Westslope Fisheries Ltd. (Scott Cope), Mirkwood Ecological Consultants (Peter Corbett), Lotic Environmental (Mike Robinson), G.G. Oliver and Associates (Gerry Oliver) et Bill Westover.

Ted Down, Leah Westereng, Greg Wilson ainsi que l'équipe provinciale responsable de la politique des pêches ont également examiné le document. L'équipe du groupe de Pêches et Océans Canada (MPO) chargé des espèces en péril a formulé des commentaires précieux qui ont permis de mieux harmoniser le présent document avec les exigences établies dans la Loi sur les espèces en péril (LEP).

Byron Woods a offert son soutien pour l'utilisation du système d'information géographique (SIG) et a fourni des cartes géographiques précieuses.

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (2010), la Habitat Conservation Trust Foundation et le MPO  ont participé au financement du présent plan de gestion.

SOMMAIRE

La truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) a été désignée « préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en raison des préoccupations suscitées par les espèces introduites (hybridation et compétition), la perte et la dégradation de l'habitat et une exploitation croissante. Elle figure sur la liste des espèces préoccupantes au Canada, à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En Colombie-Britannique (C.-B.), la truite fardée versant de l'ouest est classée S3 (vulnérable) par le centre de données sur la conservation; elle figure sur la liste bleue de la province. Le cadre pour la conservation de la C.-B. établit que l'espèce est de priorité 2 en vertu des buts 1 et 2 (contribuer aux efforts mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril).

En outre, la truite fardée versant de l'ouest a été désignée comme espèce prioritaire pour la pêche sportive autochtone par le programme des pêches en eau douce (Freshwater Fisheries Program) de la C.-B. et, à ce titre, doit être visée par le plan de gestion des pêches de la province. La présence de populations de poissons sauvages robustes est le fondement d'un programme de pêches durables qui, à leur tour, offrent des retombées sociales, économiques et récréatives à la province.

Le présent document vise à ce que l'on réponde aux exigences de la LEP ainsi que du programme des pêches en eau douce de la C.-B. On trouvera ci-après la vision, le but et les objectifs de ce plan de gestion.

Vision
Populations de truites fardées versant de l'ouest abondantes et variées, capables de se maintenir et d'offrir des retombées sociales durables, y compris des possibilités de pêche de qualité.

But général de la gestion
Persistance à long terme de la truite fardée versant de l'ouest dans son aire de répartition indigène à des niveaux d'abondance suffisants pour offrir des retombées durables pour la société dans le cadre des valeurs plus générales de l'écosystème.

Objectifs de la gestion

  1. Maintenir l'aire de répartition indigène et la diversité génétique des populations.
  2. Maintenir les populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter la désignation d'espèce en péril, de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables.
  3. Maintenir ou restaurer la capacité de l'habitat naturel de soutenir les cibles d'abondance des populations.
  4. Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives.

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1. INTRODUCTION

On peut affirmer que la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) soutient la pêche aux espèces indigènes la plus populaire dans le secteur sud-est de la province. Par le passé, des règlements de pêche peu contraignants, combinés à d'autres facteurs comme la dégradation de l'habitat, ont entraîné des déclins importants, au moins chez certaines populations. En outre, l'aire de répartition mondiale de l'espèce s'est rétrécie de façon importante. À un moment, la plus grande partie de son aire de répartition se trouvait à l'extérieur du Canada. Les problèmes de compétition et d'hybridation causés par les espèces introduites pour la pêche sportive, ainsi que la perte et la dégradation de l'habitat, ont entraîné un rétrécissement important de l'aire de répartition, les populations qui existent encore résidant, pour la plupart, en C.-B. La province de la C.-B. est responsable, tant mondialement que vis-à-vis de ses intervenants, de veiller à ce que la ressource soit protégée dans la province et continue de soutenir tout un éventail d'activités récréatives.

Il est essentiel d'élaborer un plan de gestion provincial de la truite fardée versant de l'ouest si l'on veut que les gouvernements fédéral et provincial atteignent les buts fixés en matière de gestion des ressources naturelles. Premièrement, ce plan favorisera la réalisation d'activités qui ont été désignées comme prioritaires selon les buts du programme provincial des pêches en eau douce. Les trois buts de ce programme sont les suivants : 1) mettre en œuvre des méthodes de gouvernance qui soient stratégiques, efficaces et efficientes; 2) assurer la conservation des poissons sauvages et de leurs habitats; 3) optimiser les possibilités récréatives reposant sur les ressources halieutiques (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2007). Le programme repose sur le postulat qu'il faut d'abord atteindre les buts de la conservation pour atteindre les buts récréatifs et économiques y associés.

Comme partie intégrante du but qui consiste à « assurer la conservation des poissons sauvages et de leurs habitats » se trouve la nécessité d'élaborer des plans de gestion propres aux espèces afin de fixer des objectifs et de mettre en place des stratégies de gestion concernant les espèces qui soutiennent les activités récréatives à l'échelle provinciale. En outre, le but qui consiste à « optimiser les possibilités récréatives reposant sur les ressources halieutiques » nous incite à fixer des objectifs et à établir la méthode de gestion appropriée en se basant sur les résumés rédigés sur l'espèce, les préférences exprimées par les intervenants et les évaluations des ressources.

Le COSEPAC a désigné « préoccupante » la population de truites fardées versant de l'ouest de la C.-B. en novembre 2006. En 2010, la population de la C.-B. a été légalement inscrite sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral.4 En vertu de la LEP, une espèce inscrite en tant qu'espèce préoccupante et son habitat doivent faire l'objet d'un plan de gestion qui comprend des mesures visant sa conservation. Le but du présent document est de répondre, en une seule publication, aux besoins en matière de planification des gouvernements tant fédéral que provincial.

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2. Information sur l'évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation : novembre 2006
Nom commun (population)** : truite fardée versant de l'ouest
Nom scientifique : Oncorhynchus clarkii lewisi
Situation selon le COSEPAC : espèce préoccupante
Justification de la désignation : Les populations subissent les impacts de l'hybridation et de la compétition avec des espèces introduites. De plus, l'expansion urbaine, les activités agricoles et les industries primaires devraient mener à des impacts supplémentaires associés à la perte et à la dégradation de l'habitat ainsi qu'à une plus grande exploitation. La présente évaluation comprend seulement les populations indigènes de l'espèce qui sont intactes sur le plan génétique et qui se trouvent dans leurs aires de répartition historiques. Aucune population connue comme étant hybridée de façon importante (c.-à-d. plus de 1 %) avec d'autres espèces de truites ou ayant été introduite dans un réseau hydrographique ne comportant pas de population indigène n'a été évaluée.
 Présence au Canada : Colombie-Britannique
 Historique de la situation selon le COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en mai 2005 Réexamen et confirmation de la situation en novembre 2012. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

*Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
**Nommée truite fardée, sous-espèce lewisi, par le centre des données sur la conservation de la C.-B.

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3. Renseignements sur la situation de l'espèce

Truite fardée versant de l'ouesta

Désignation légale :

FRPAb (en anglais seulement) : Espèce en péril
OGAAb (en anglais seulement): Espèce en péril
Wildlife Act de la C.-B.c annexe A
LEPd : Annexe 1 – Espèce préoccupante (2010)

Situation de conservatione (en anglais seulement)

Liste bleue (C.-B.)                  
Rang en C.-B. : S3 (2004)        
Rang mondial : G4T3 (2003)
Rangs infranationauxf (en anglais seulement): Alberta : S2

Cadre pour la conservation de la C.-B. (en anglais seulement) (CC)g

But 1 : Contribuer aux efforts mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.

Prioritéh : 2 (2009)

But 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril.

Priorité : 2 (2009)

But 3 : Maintenir la diversité des espèces indigènes et des écosystèmes.

Priorité : 3 (2009)

Groupes d'action établis en vertu du CCg  (en anglais seulement) :

  • Compilation des rapports de situation; planification; envoi au COSEPAC; protection de l'habitat; restauration de l'habitat; intendance des propriétés privées; gestion des espèces et des populations; examen de l'utilisation des ressources

a Source de données : centre des données sur la conservation de la C.-B. (2012), sauf indication contraire

b Espèce en péril : espèce inscrite qui exige des efforts de gestion particuliers visant à traiter les impacts des activités menées dans les forêts et pâturages se trouvant sur des terres publiques en vertu de la Forest and Range Practices Act (FRPA; Province de la Colombie-Britannique 2002) ou les impacts des activités d'exploration et d'extraction du pétrole et du gaz menées sur des terres publiques en vertu de la Oil and Gaz Activities Act (OGAA; Province de la Colombie-Britannique 2008), conformément à la stratégie de gestion des espèces fauniques désignées (Province de la Colombie-Britannique 2004).

c Annexe A : espèce désignée comme espèce faunique en vertu de la Wildlife Act de la C.-B., qui lui offre une protection contre le harcèlement direct et la mortalité (Province de la Colombie-Britannique 1982).

d Annexe 1 : espèce figurant sur la liste des espèces sauvages en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

e I = rang infranational; N = rang national; M = rang mondial; T = renvoie au niveau de sous-espèce; X = espèce présumée disparue du pays; H = espèce possiblement disparue du pays; 1 = espèce gravement en péril; 2 = espèce en péril; 3 = espèce préoccupante, soit vulnérable (risque de disparition ou d'extinction); 4 = espèce apparemment non en péril; 5 = espèce manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = sans objet; NC = non classée; In = inclassable

f Source des données : NatureServe (2012)

g Source des données : ministère de l'Environnement de la C.-B. (2010)

h Échelle à six niveaux : priorité 1 (la plus élevée) à priorité 6 (la plus faible)

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4 Renseignements sur l'espèce

4.1 Description de l'espèce

Taxonomie

La truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) est une sous-espèce de la truite fardée que l'on trouve exclusivement dans les eaux intérieures. En C.-B., il existe deux sous-espèces de truite fardée : la truite fardée versant de l'ouest et la truite fardée côtière (O. clarkii clarkii). Dymond (1931) a décrit une troisième sous-espèce présente en C.-B., la truite fardée des montagnes, ou O. clarki alpestri, dont on a pu observer des populations disjointes dans les lacs de montagne de la région de Revelstoke. Ces populations sont maintenant considérées comme représentant une forme de la truite fardée versant de l'ouest (McPhail 2007). La plupart des taxonomistes reconnaissent actuellement l'existence de 14 sous-espèces allopatriques de la truite fardée, quatre d'entre elles, à savoir la truite fardée versant de l'ouest, la truite fardée côtière, la truite fardée lahontan (O. clarkii henshawi) et la truite fardée de Yellowstone (O. clarkii bouvieri) affichant des divergences génétiques importantes et une répartition étendue; les dix autres sous-espèces affichent une aire de répartition limitée. Bon nombre d'observations historiques renvoient à la truite fardée versant de l'ouest en tant que forme de la truite fardée de Yellowstone fréquentant les eaux intérieures. Cependant, d'importantes différences génétiques et chromosomiques ont confirmé que ces deux formes sont des sous-espèces distinctes (McPhail 2007). La truite fardée de Yellowstone n'est pas une espèce indigène au Canada.

Principales caractéristiques distinctives

La truite fardée versant de l'ouest est l'une des deux sous-espèces indigènes de truites fardées en C.-B., l'autre étant la truite fardée côtière.Dans le réservoir Kookanusa et en amont de celui-ci, la sous-espèce est l'une des deux seules espèces de salmonidés indigènes résidant dans le sud-est de la C.-B.; l'autre espèce est l'omble à tête plate (Salvelinus confluentus).

La principale caractéristique qui distingue les populations de truites fardées versant de l'ouest des populations de truites fardées côtières de C.-B. est l'agencement des taches sur le corps – chez les premières, les taches qui se trouvent sous la ligne latérale sont concentrées sur la moitié arrière du corps et presque absentes à l'avant. Chez les deuxièmes, des taches noires irrégulières sont réparties de façon égale de l'avant à l'arrière (McPhail 2007). La principale caractéristique qui distingue la truite fardée versant de l'ouest de la truite arc-en-ciel (O. mykiss) est la marque rouge-orangée qui se trouve sous la mâchoire inférieure et une bouche plus longue qui s'étend derrière la partie postérieure de l'œil chez la première (COSEPAC 2006).

Rôle écologique

La truite fardée versant de l'ouest est principalement insectivore, se nourrissant habituellement (mais pas exclusivement) d'invertébrés et de nymphes dérivant dans les cours d'eau, ainsi que d'insectes ailés et de zooplancton lorsqu'elle se trouve dans des lacs et de grandes rivières (McPhail 2007). Ainsi, ces truites ont une incidence sur la structure de la communauté d'invertébrés benthiques et sur la dynamique trophique des habitats qu'elles fréquentent.

La truite fardée versant de l'ouest est l'une des quelques grandes espèces de poissons indigènes qui sont adaptées aux cours d'eau froids et pauvres en éléments nutritifs qui se trouvent dans leur aire de répartition indigène en C.-B. Comme elle est assez féconde, les œufs, les juvéniles et les adultes peuvent être abondants et devenir des proies pour d'autres espèces de poissons (ombles à tête plate, sauvagesses du nord, chabots), de nombreux mammifères (loutres de rivière, visons, ours) et d'oiseaux (rapaces, canards).

La truite fardée versant de l'ouest a strictement besoin d'un habitat constitué d'eau froide, propre et bien oxygénée, connecté avec d'autres habitats affichant des propriétés naturelles diverses pour ses différents stades biologiques, ce qui en fait un indicateur de la santé de l'écosystème et de la qualité de l'environnement dans l'ensemble du paysage. Elle est l'une des premières espèces de salmonidés à avoir recolonisé l'ouest du Canada (après la glaciation). Dans la plus grande partie de son aire de répartition, on ne trouve qu'une seule autre espèce indigène de la sous-famille des Salmoninés . 5Ainsi, la truite fardée versant de l'ouest joue un rôle important dans la structuration des écosystèmes tempérés du Nord (McPhail et Carveth 1992).

La truite fardée versant de l'ouest est une composante importante du complexe d'espèces que forme la truite fardée. Elle est la sous-espèce qui se trouve à la périphérie septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce; elle fréquente tout un éventail d'habitats aux conditions extrêmes; elle affiche un certain nombre de spécialisations uniques qui lui permettent de s'adapter à des écosystèmes plus froids, moins productifs; elle présente bon nombre de formes différentes sur le plan morphologique et des stades biologiques (COSEPAC 2006, voir la section 4.3). Ces adaptations à des habitats marginaux pourraient être nécessaires à la réintroduction de la sous-espèce dans des zones où elle a disparu et, ainsi, constituer un élément important de la biodiversité des espèces (COSEPAC 2006).

4.2 Populations et aires de répartition

4.2.1 Aire de répartition

On ne connaît pas avec certitude l'aire de répartition historique de la truite fardée versant de l'ouest (Behnke 1992; Prince 2001; McPhail 2007). Cependant, on pense que cette aire de répartition comprend le bassin du cours supérieur du fleuve Missouri et le bassin du fleuve Columbia, y compris la rivière Kootenay vers l'ouest jusqu'à Cascade Mountain, où elle est présente dans des populations disjointes qui comprennent la sous-espèce décrite comme étant la truite fardée des montagnes (Behnke 1992). On pense que la sous-espèce est l'une des premières à avoir colonisé, après la glaciation, de nombreuses zones dont elle a disparu par la suite, sauf au-dessus des obstacles, car c'est la truite arc-en-ciel qui a recolonisé ces réseaux. Cela pourrait expliquer la présence de populations disjointes, notamment dans la partie ouest de l'aire de répartition de la sous-espèce en C.-B. (McPhail 2007). La répartition de la truite fardée versant de l'ouest s'est fortement rétrécie dans de nombreuses zones de son aire de répartition indigène de l'ouest de l'Amérique du Nord du fait de la perte d'habitats, de la présence d'obstacles et d'interactions négatives avec des salmonidés introduits. En particulier, sa répartition est maintenant principalement limitée aux cours d'eau d'amont froids de la plupart des bassins versants du nord-ouest des États-Unis ainsi que de l'Alberta (Shepard et al. 1997; Mayhood 1999).

L'essentiel de l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. est constitué des réseaux hydrographiques des rivières Kootenay, Flathead et Pend d'Oreille, dont l'espèce fréquente la plupart des grands tributaires, ainsi que des ruisseaux plus petits et des lacs. Cependant, on observe également la présence de populations disjointes dans les cours supérieurs de rivières et dans les lacs du haut Columbia, ainsi que dans un petit nombre de tributaires de la rivière Thompson Sud et de la rivière Kettle (Prince 2001; COSEPAC 2006; McPhail 2007).

Dymond (1931) a décrit certaines populations isolées de truites fardées dans la zone de Revelstoke (dans des tributaires du Columbia et du Fraser) en tant que sous-espèce distincte : la truite fardée des montagnes (Oncorhynchus clarki alpestris). Il s'agit sans nul doute de truites fardées versant de l'ouest (Behnke 1992). Les origines de ces populations disjointes sont floues. Il est possible que les populations du Fraser se soient établies à la suite de déplacements à partir de tributaires du haut Columbia, qui s'écoule à proximité (McPhail 2007). Cependant, les données génétiques qui font état de deux populations de truites fardées versant de l'ouest, celle du Fraser et celle du Columbia, qui affichent une proximité physique étroite, ne confirment pas cette hypothèse, car les deux sont génétiquement distinctes (Taylor et al. 2003). L'autre hypothèse est que, par le passé, la truite fardée versant de l'ouest était répartie dans une zone beaucoup plus vaste du fleuve Fraser, mais a été déplacée et éliminée par la truite arc-en-ciel, laquelle a naturellement recolonisé la zone (Dymond 1931). De cette manière, des disparitions similaires du pays pourraient expliquer pourquoi la truite fardée versant de l'ouest n'est présente qu'au-dessus des obstacles, dans un petit nombre de petits tributaires de la rivière Kettle (McPhail 2007).

La truite fardée versant de l'ouest indigène n'occupe pas le bassin versant de la rivière Okanagan. Elle a été utilisée pour empoissonner bon nombre d'autres lacs et certains cours d'eau, principalement de l'intérieur méridional de la C.-B., dans les zones centrales et périphériques de son aire de répartition indigène.

4.2.2 Définition de groupes de la population

Une partie importante de la littérature appuie l'utilisation d'unités inférieures au niveau taxonomique de l'espèce pour aider à la gestion et à la conservation des espèces, lorsque cela est approprié. En particulier pour les espèces répandues affichant une histoire évolutionniste et des menaces spatialement variables comme la truite fardée versant de l'ouest, l'évaluation de la situation de conservation au niveau de l'espèce ne permet pas de refléter le risque d'extinction. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 3, Définition des groupes de la population.

Nous avons opté pour un compromis entre le niveau de la population distincte et le niveau de l'espèce pour établir les unités (ici appelées groupes de la population) aux fins de l'évaluation de la situation et des menaces, et aussi pour des considérations de gestion. Plus précisément, deux facteurs principaux ont été pris en considération au moment de définir les groupes de la population de truite fardée versant de l'ouest en C.-B. : la structure génétique de la population et les grands bassins hydrographiques. Cette approche a permis de décrire sept groupes de la population, lesquels sont utilisés pour produire des rapports sur les indicateurs de situation et les résultats de l'évaluation des menaces. Cependant, les activités de gestion comme les estimations de l'abondance doivent encore être réalisées au niveau de la population. Les groupes de la population ne sont pas considérés comme étant équivalents à des unités définies de façon plus rigoureuse dans la littérature, comme les unités de conservation (Politique concernant le saumon sauvage du MPO), les unités désignables (COSEPAC) ou les unités importantes sur le plan évolutionniste (Endangered Species Act des États-Unis). Ces groupes forment deux catégories, qui correspondent aux zones centrales et périphériques de l'aire de répartition et qui reflètent le degré auquel les populations indigènes occupent ces zones, comme suit :

Zones centrales :
  • Rivière Elk – lacs Elk jusqu'au barrage Elko, y compris tous les tributaires;
  • Rivière Flathead – Rivière Flathead, depuis le cours supérieur jusqu'à la frontière;
  • Rivière Kootenay supérieure – Rivière Kootenay et tributaires, depuis les cours supérieurs jusqu'au réservoir Kookanusa. Cet ensemble exclut la rivière Elk, à l'exception de sa partie la plus basse, en dessous de l'obstacle naturel que forme le barrage Elko; ainsi, la rivière Wigwam est incluse. Il inclut également le parc national Kootenay.
  • Rivière Kootenay Ouest – Lac Kootenay et cours d'eau, y compris le tributaire (jusqu'à la frontière) et l'émissaire (jusqu'au barrage Brilliant).
Zones périphériques :
  • Fleuve Columbia – Totalité du cours principal du fleuve Columbia, depuis le cours supérieur jusqu'à la frontière, y compris la rivière Pend d'Oreille. Comprend les parcs nationaux du Glacier et Yoho.
  • Rivière Kettle – Totalité du bassin hydrographique;
  • Rivière Thompson Sud – Partie supérieure du bassin hydrographique de la Thompson Sud.

Les groupes de la population occupant les zones centrales se trouvent au centre de l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B., tandis que les trois autres groupes sont constitués de populations assez disjointes et éparses qui fréquenteraient davantage les zones périphériques de l'aire de répartition indigène. On a envisagé de diviser encore plus finement le groupe de la population du Columbia en une composante supérieure et une composante inférieure (point de séparation au barrage Mica). Cependant, la truite fardée est bien trop éparpillée dans cette zone pour que l'on puisse procéder ainsi. Il n'a donc pas semblé nécessaire de définir de groupes supplémentaires dans les zones périphériques. La figure 1 offre une représentation spatiale de ces groupes de la population.

Figure 1. Représentation spatiale des groupes de la population de truites fardées versant de l'ouest.

Description longue de la figure 1

Figure 1. La figure 1 est intitulée « Représentation spatiale des groupes de la population de truites fardées versant de l’ouest ».  La carte représente l’aire de répartition principale (groupes de la population des rivières Elk, Flathead, Kootenay supérieure et Kootenay ouest) en vert, et l’aire de répartition périphérique (groupes de la population des rivières Columbia, Kettle et Thompson Sud) en gris des truites fardées versant de l’ouest dans le coin sud-est de la Colombie-Britannique. La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes brun pâle. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle et les villes sont représentées par des carrés gris. Une échelle est fournie en bas à droite. Une carte en médaillon illustre l’emplacement général de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest comparativement au reste de la Colombie-Britannique, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington. 

Carte

4.2.3 Définition des populations

Idéalement, chaque groupe de la population de truites fardées versant de l'ouest devrait pouvoir être identifié, caractérisé et évalué en fonction d'objectifs de conservation et de gestion, et devrait se voir attribuer un degré de priorité. Cette information pourrait ensuite être compilée pour orienter les évaluations globales de la situation de l'espèce et les processus de gestion au niveau du groupe de la population. Cependant, une information affichant un tel niveau de détail n'est pas, et ne sera vraisemblablement pas disponible.

On a enregistré au moins une observation du poisson dans un nombre total de 1 319 étendues d'eau uniques (lacs et cours d'eau compris) à une échelle 1/20 000 (tableau 1; figure 2). Ces données représentent toutes les données d'observation enregistrées dans le système d'information sommaire sur les pêches (SISP). Il est très difficile de déterminer le nombre d'observations qui représentent vraiment les populations indigènes d'origine par rapport aux populations introduites par des lâchers d'écloseries en raison de la longue histoire d'élevage de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. La plupart des étendues d'eau dans lesquelles on a effectué des observations, environ 928, n'ont pas fait l'objet de lâchers d'écloseries. En conséquence, il existe actuellement un nombre estimé de 928 à 1 319 étendues d'eau qui pourraient abriter des populations de truites fardées versant de l'ouest. Ces chiffres sont probablement inférieurs aux chiffres réels, car ils ne concernent que les endroits dans lesquels la truite a été observée et signalée. Bon nombre de petits cours supérieurs de rivières et de lacs capables de soutenir des populations de truites fardées versant de l'ouest doivent encore faire l'objet de relevés. Dans sa dernière évaluation (2006), le COSEPAC estimait que, compte tenu de la biologie, de l'habitat de prédilection et de la productivité de l'espèce, on comptait entre 30 et 100 individus matures par population. Cette estimation repose sur l'hypothèse que l'on peut trouver une population par petit lac ou cours d'eau, et plusieurs stocks indépendants dans les réseaux hydrographiques plus vastes.

En ce qui concerne la variabilité du cycle biologique, on a pu observer des spécimens de la sous-espèce tant dans les lacs que dans les cours d'eau, et ce, pour tous les groupes de la population de la C.-B. (tableau 1). Si l'on se fonde sur des données d'observation extraites, on peut affirmer que les cours d'eau sont plus nombreux que les lacs à abriter des truites fardées versant de l'ouest. La plus forte proportion d'observations faites dans les lacs des zones périphériques pourrait refléter une différence dans les types d'habitats disponibles pour la truite fardée ou un historique d'empoissonnement dans les lacs dans les zones où les populations indigènes ne sont pas si fréquemment observées. La présence de populations isolées dans des cours supérieurs de rivières n'a été confirmée que par un nombre limité de relevés pour lesquels la présence d'obstacles a été établie. Certaines études ont mentionné de façon explicite la diversité de la variabilité du cycle biologique que l'on peut observer au niveau du bassin hydrographique. Par exemple, une étude de radiomarquage menée dans la rivière Elk a confirmé la présence des trois formes du cycle biologique de la sous-espèce (Westlope Fisheries Ltd. 2003). Oliver (1990) mentionnait que, dans le réseau hydrographique de la rivière St. Mary, les poissons passaient deux ans dans les cours d'eau d'alevinage avant de migrer dans des réseaux plus vastes et plus productifs (c.-à-d. forme [ad]fluviale).

En ce qui concerne la structure génétique de la population, les résultats indiquent que les populations tendent à se regrouper géographiquement et sont associées aux bassins hydrographiques, les extrêmes étant les populations fortement isolées des cours supérieurs des rivières (Taylor et al. 2003). La divergence importante entre les populations, même lorsque les échanges génétiques sont possibles, donne à penser qu'il existe une forte indépendance démographique et une nécessité de gérer la ressource au niveau de la population locale en dépit des déplacements à grande échelle fréquemment observés. Pour obtenir plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 3, Définition des groupes de la population.

Il est impossible, avec les données d'observation disponibles, d'identifier toutes les populations de truites fardées versant de l'ouest dans chaque groupe de la population. En outre, il est peu probable que toutes les étendues d'eau se trouvant dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée feront l'objet de relevés. Cependant, un exercice de modélisation reposant sur l'habitat pourrait être entrepris pour que l'on puisse évaluer le nombre potentiel et la répartition des étendues d'eau capables de soutenir la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. Cet exercice nous permettrait de la caractériser de façon plus détaillée au niveau de la population et d'évaluer sa rareté (p. ex. en fonction de la fréquence de l'écotype) et la priorité en matière de conservation qui lui est associée (p. ex. en fonction de la pureté génétique et de l'isolement par rapport à la truite arc-en-ciel introduite). Les modèles prévisionnels nous permettront d'évaluer de façon plus représentative le nombre de lacs par rapport à celui des cours d'eau qui, dans chaque groupe, soutiennent vraisemblablement la sous-espèce. En outre, l'exécution de modèles qui tiennent compte de la présence d'obstacles nous aidera à identifier les populations qui fréquentent le cours supérieur des rivières.

Description longue du tableau 1

Tableau 1. Le tableau 1 est intitulé « Comparaison du nombre de cours d’eau et de lacs (tels que définis par le codage en bleu des données sur le réseau des cours d’eau à l’échelle de 1/20 000; B. Woods, comm. pers.) dans lesquels des truites fardées versant de l’ouest ont été observées, en juin 2010, entre les groupes de la population. » Dans l’ensemble, la plupart des observations de la truite ont été effectuées dans les cours d’eau. Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 5 colonnes et 9 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Groupe de la population, Cours d’eau, Lacs, Total et % des cours d’eau. La dernière ligne est nommée « Total ».

Tableau 1. Comparaison du nombre de cours d'eau et de lacs (tels que définis par le codage en bleu des données sur le réseau des cours d'eau à l'échelle de 1/20 000; B. Woods, comm. pers.) dans lesquels des truites fardées versant de l'ouest ont été observées, en juin 2010, entre les groupes de la population. Dans l'ensemble, la plupart des observations de la truite ont été effectuées dans les cours d'eau.
 Groupe de la populationCours d'eauLacsTotalPourcentage de cours d'eau
Rivière Elk1343617078,8
Rivière Flathead851710283,3
Rivière Kootenay supérieure40611452078,1
Rivière Kootenay Ouest2468132775,2
Fleuve Columbia1175417168,4
Rivière Kettle1271963,2
Rivière Thompson Sud641060,0
Total1 0063131 31976,3

Figure 2. Distribution des données d'observation de la truite fardée versant de l'ouest recueillies dans les lacs et les cours d'eau pour chaque groupe de la population.

Description longue de la figure 2

Figure 2. La figure 2 est intitulée « Distribution des données d’observation de la truite fardée versant de l’ouest recueillies dans les lacs et les cours d’eau pour chaque groupe de la population ».  La carte illustre l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest à l’aide des observations ponctuelles effectuées (les points mauves représentent les observations effectuées dans les cours d’eau et les points rouges représentent les observations effectuées dans les lacs). La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes vertes. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle, les villes sont représentées par des carrés gris, et les aires de répartition et les hautes terres sont marquées par des lettres majuscules. Une échelle est fournie en bas à droite. Une carte en médaillon illustre l’emplacement général de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest comparativement au reste de la Colombie-Britannique, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington.

Carte

4.3 Besoins de la truite fardée versant de l'ouest

Cycle biologique

En C.-B., on observe habituellement la truite fardée sous l'un de ces trois types de caractéristiques biologiques (comme le résume Oliver [2009]) :

  • Résident de cours d'eau – type habituel des populations des cours supérieurs des rivières, au-dessus des obstacles, qui accomplissent leur cycle biologique dans une aire de répartition très limitée et qui affichent une taille relativement petite (longueur < 200 mm) en raison de la nature froide et pauvre en éléments nutritifs de ces petits cours d'eau.
  • Fluvial – type habituel des populations migratrices qui se déplacent entre de petits tributaires utilisés pour le frai ou la croissance et des rivières plus grandes, plus productives, qui soutiennent la croissance des adultes, lesquels sont généralement de plus grande taille (longueur > 400 mm).
  • Adfluvial – type habituel des populations qui migrent entre les tributaires utilisés pour le frai ou la croissance et les lacs où croissent les adultes, lesquels peuvent atteindre des longueurs supérieures à 500 mm lorsque la productivité des lacs est élevée.

Les types résident et fluvial cohabitent fréquemment dans les bassins hydrographiques de la C.­B., bien que des obstacles puissent séparer les populations (Oliver 2009). Les populations adfluviales peuvent fréquenter les lacs qui se trouvent en amont et qui possèdent des tributaires et des émissaires, ainsi que des lacs plus importants qui se trouvent en aval, comme le réservoir Kookanusa et le lac Kootenay.

La hausse des températures et de l'humidité de l'air au printemps déclenche la migration en vue du frai. En C.-B., ce dernier se produit habituellement entre le début du mois de mai et la fin juin (McPhail 2007). Les femelles construisent les frayères, habituellement en amont de queues de plats lentiques ou de rapides (Schmetterling 2000). La fécondité varie avec la taille. Les petits poissons des cours supérieurs des rivières pondraient, d'après les observations, entre 125 et 700 œufs, tandis que les plus gros poissons fréquentant les lacs et les rivières pondraient entre 750 et 2 000 œufs (Downs et White 1997). La truite fardée versant de l'ouest est itéropare, ce qui signifie qu'elle peut frayer plus d'une fois. Cependant, la fréquence de la répétition du frai varie selon la population, allant de moins de 1 % à près de 25 % (McPhail 2007).

Les populations résidentes peuvent atteindre la maturité en trois ans, mais la plupart des poissons deviennent matures au cours de leur quatrième année, les femelles atteignant habituellement la maturité de un à deux ans plus tard que les mâles (Downs et White 1997). Chez les populations fluviale et adfluviale, les mâles atteignent la maturité au bout de trois à quatre ans, et les femelles, au bout de cinq ans (McPhail 2007).

Régime alimentaire

Contrairement à d'autres sous-espèces de truites fardées, la truite fardée versant de l'ouest ne semble pas être une grande prédatrice d'autres espèces de poissons (Behnke 1992). Elle est généralement insectivore, bien que le zooplancton puisse constituer une source de nourriture importante pour les populations des plus grands lacs (McPhail 2007). Cela pourrait refléter le fait que l'espèce a coévolué avec deux espèces hautement prédatrices, à savoir l'omble à tête plate (Salvelinus confluentus) et la sauvagesse du nord (Ptychocheilus oregonensis), de sorte qu'elle s'est spécialisée comme insectivore pour éviter la compétition (Behnke 1992).

Besoins en matière d'habitat

Habituellement, les cours d'eau fréquentés par la truite fardée versant de l'ouest sont froids et pauvres en éléments nutritifs (Liknes et Graham 1988). Les besoins particuliers en matière d'habitat varient selon le type des caractéristiques biologiques et la saison, notamment la migration, le frai, l'incubation, la croissance et l'hivernage. La température et le débit sont des stimuli physiques qui déclenchent la migration pour le frai et l'hivernage (Oliver 2009). Durant la période d'incubation, la truite fardée a besoin d'une eau de haute qualité, bien oxygénée et propre, et de gravier exempt de sédiments (Oliver 2009). Le rapport entre les fosses et les rapides influe sur la disponibilité de l'habitat de croissance, tandis que les profondeurs et les régimes thermiques ont une forte incidence sur le taux de survie à l'hiver (Oliver 2009). En réalité, Oliver (2009) avance que la disponibilité d'un habitat convenable en hiver pourrait être le facteur le plus limitant, notamment pour les populations fluviales et celles qui fréquentent les petits cours d'eau. Pour plus de détails particuliers à la rivière Elk, veuillez vous reporter à la section portant sur l'utilisation de l'habitat de l'annexe 1.

Facteurs limitants

Les populations de truites fardées versant de l'ouest sont naturellement limitées par leurs besoins particuliers en matière d'habitat, notamment ceux qui ont trait à la température de l'eau, à l'hydrologie des cours d'eau, à la connectivité de l'habitat et à la disponibilité de types d'habitats particuliers tels que décrits précédemment.

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5. Vision, but et justification

Vision
Populations de truites fardées versant de l'ouest abondantes et variées, capables de se maintenir et d'offrir des retombées sociales durables, notamment des possibilités de pêche de qualité.

But général de la gestion
Persistance à long terme de la truite fardée versant de l'ouest dans son aire de répartition indigène à des niveaux d'abondance suffisants pour offrir des retombées durables pour la société dans le cadre des valeurs plus générales de l'écosystème.

5.1 Justification du but de la gestion

La truite fardée versant de l'ouest a été désignée comme espèce prioritaire pour la pêche sportive autochtone par le programme des pêches en eau douce de la C.-B. La présence de populations de poissons sauvages saines et robustes est essentielle à l'atteinte des buts de la conservation et représente le fondement d'un programme de pêches durables qui, à leur tour, offrent des retombées sociales, économiques et récréatives à la province. Le plan de gestion repose sur le postulat qu'il faut d'abord atteindre le but de la conservation pour atteindre le but récréatif. (Une mesure du succès du programme des pêches en eau douce de la C.-B. est de voir le nombre de décisions d'inscription d'espèces en péril diminuer à mesure que les programmes de rétablissement donnent des résultats.) Ainsi, ce but de la gestion vise le maintien de l'intégrité et des niveaux d'abondance des populations sauvages non seulement à un degré suffisant pour éviter que l'espèce ne devienne encore plus en péril, mais aussi pour qu'elle puisse être rayée de la liste des espèces en péril par le COSEPAC.

Les données disponibles nous renseignent sur l'intégrité génétique, l'abondance, les conditions de l'habitat et les caractéristiques propices à la pêche à la ligne de l'espèce. Cependant, à l'heure actuelle, les cibles particulières relatives à l'intégrité génétique et à l'abondance de l'espèce ou de la population, que l'on doit respecter si l'on veut atteindre les objectifs en matière de conservation et d'activités récréatives, ne peuvent être quantifiées. Une liste des mesures recommandées classées par ordre de priorité alliées aux indicateurs, mesures et cibles proposées qui sont nécessaires si l'on veut atteindre ces objectifs est fournie dans le présent plan. Depuis l'évaluation menée par le COSEPAC en 2006, certaines données sur les tendances ont été recueillies dans plusieurs rivières. Ces données montrent des tendances à la hausse relativement à l'abondance et aux populations par rapport aux cibles proposées. Cependant, la principale menace, à savoir l'introgression génétique, semble s'aggraver.

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6. Objectifs de la gestion

Voici les objectifs de la gestion :

  • Maintenir l'aire de répartition indigène et la diversité génétique des populations.
  • Maintenir les populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter la désignation d'espèce en péril, de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables.
  • Maintenir ou restaurer la capacité des habitats naturels de soutenir les cibles de l'abondance des populations.
  • Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives.

6.1 Résumé des indicateurs, mesures et cibles, et situation par rapport aux objectifs de la gestion

Le tableau 2 résume les objectifs de la gestion et présente la série d'indicateurs, mesures et cibles connexes qui sont considérés comme appropriés si l'on veut suivre nos succès dans l'atteinte de ces objectifs ainsi que les progrès accomplis vis-à-vis de l'atteinte de ces cibles. Les justifications du choix de ces cibles sont présentées à la section 6.2. On trouvera aux sections 7.1 à 7.4 plus de détails sur les progrès réalisés dans l'atteinte de ces cibles au regard de la série d'indicateurs.

Description longue du tableau 2

Tableau 2. Le tableau 2 est intitulé « Résumé des indicateurs, mesures et cibles disponibles, et progrès réalisés dans l’atteinte des cibles correspondant à chacun des objectifs de la gestion ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 5 colonnes et 5 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Objectif, Indicateur, Mesure, Cible et Situation – Cible atteinte? Une note de bas de page à la colonne nommée « Cible » et une note de bas de page sur le mot « populations » à la ligne 2, colonne 2 offrent de plus amples explications.

Tableau 2. Résumé des indicateurs, mesures et cibles disponibles, et progrès réalisés dans l'atteinte des cibles correspondant à chacun des objectifs de la gestion.
ObjectifIndicateurMesureCibleiProgrès réalisés – La cible est-elle atteinte?
1. Maintenir l'aire de répartition indigène et la diversité génétique des populations.RépartitionProportion de l'aire de répartition indigène occupéePrésence de la sous-espèce dans au moins 80 % de l'aire de répartition indigène historiqueOUI – Supposition, mais ne tient pas compte de l'intégrité génétique.
Intégrité génétiqueIntrogressionMoins de 10 % de chaque groupe de la population a connu une introgression à des niveaux supérieurs à 1 %.NON – Repose sur un nombre limité de relevés.
2. Maintenir les populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter la désignation d'espèce en péril, de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables.Abondance des populations sauvagesjAbondance totale des adultes par populationAu moins 80 % des populations affichent des niveaux d'abondance des adultes supérieurs à 0,4Nequilibre.INCONNU – Aucune mesure appropriée n'est disponible.
Mortalité par la pêche à la ligneMortalité liée aux prises et remises à l'eau des poissons pêchés à la ligne avant d'avoir atteint la maturité chez les populations exploitéesMoins de 5 % de mortalité liée aux prises et remises à l'eau chez les populations exploitéesINCONNU – L'importance de la mortalité liée aux prises et remises à l'eau et aux prélèvements est inconnue.
3. Maintenir ou restaurer la capacité des habitats naturels de soutenir les cibles d'abondance des populations.Habitat riverainLongueur totale du cours d'eau comportant des zones tampons non perturbées et résistant à l'effet du ventUne forte proportion de la longueur du cours d'eau est non perturbée.INCONNU – Nécessité de mener des évaluations détaillées au niveau du bassin hydrographique.
Disponibilité de l'eauProportion des cours d'eau répondant aux besoins minimaux en matière de débit ou les dépassant.Une proportion élevée (environ 80 %) des cours d'eau répondent aux besoins minimaux en matière de débit.VARIABLE – Selon les groupes de la population, mais certaines données sont manquantes.
Densité routièreDensité routière par zone du bassin hydrographique (km/km²)La densité routière par zone du bassin hydrographique est de 0,4 km/km² ou moins.NON – Dans tous les groupes de la population, la cible est dépassée, mais il est nécessaire d'effectuer des analyses plus approfondies.
Accès à l'habitatOn pense que l'abondance des franchissements d'origine anthropique engendre des problèmes de passage du poisson.Nombre et ampleur réduits des obstacles (par rapport à la référence actuelle)NON – Au niveau d'évaluation considéré, mais on pourrait utiliser de l'information plus détaillée.
Qualité de l'eauSubstances polluantesCours d'eau abritant la truite fardée versant de l'ouest qui respectent ou dépassent les lignes directrices relatives à la qualité de l'eau concernant les substances polluantes.VARIABLE – Dépend des critères mesurés; besoin de plus d'information
4. Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives.Qualité de la pêcheProportion des pêcheurs à la ligne qualifiant leur expérience de pêche de « bonne » ou « excellente ».Indice de fréquentation, tel que négocié dans le plan de gestion de la pêche à la ligne actuel (ministère de l'Environnement de la C.-B.).PROBABLEMENT – Mais les chiffres doivent être revus.
EffortPrises par unité d'effort (CPUE)Propre à chaque cours d'eau (p. ex. de 1 à 1,4 poisson par heure de rendement optimal durable)OUI – Dans les eaux classifiées considérées, mais non particulièrement défendable
Taille du poissonLongueurPlus de gros poissonsOUI – Dans les quelques réseaux d'eaux classifiées considérés
PrélèvementsDisponibilité de poissons susceptibles d'être prélevésUne exploitation durable est maintenue.INCONNU – Des possibilités perdurent, mais les seuils défendables sur le plan biologique sont inconnus.
Conformité à la réglementation concernant la pêche à la ligneProportion de pêcheurs à la ligne qui se conforment à la réglementation.Non-conformité inférieure à 10 %NON – Dépassée dans les eaux classifiées, inconnue ailleurs
ValeurVente de permisHausse de la valeur associée aux pêchesINCONNU – Absence d'analyse

i Sauf indication contraire, la cible est applicable au niveau du groupe de la population (voir la section 4.2.2).

j Il faut considérer séparément les populations exploitées, non exploitées (c.-à-d. dans les cours supérieurs des rivières) et isolées.

6.2 Cibles et justifications des objectifs de la gestion

Objectif 1. Maintenir l'aire de répartition indigène et la diversité génétique des populations.

Cibles :

  1. Des populations sauvages autosuffisantes occupent au moins 80 % de l'aire de répartition indigène historique de chaque groupe de la population.
  2. Moins de 10 % de chaque population a connu une introgression à un niveau supérieur à 1 %. 6

Justification :

La persistance à long terme d'une espèce dépend de la répartition spatiale des populations7, de leur composition génétique, des déplacements d'individus entre les populations et de facteurs physiques et biologiques qui concernent leur environnement immédiat et qui influent sur l'abondance des populations. Les cibles de la répartition reposent sur le postulat que la diversité génétique et phénotypique (c.-à-d. les caractéristiques biologiques) doit être conservée. Nous posons comme hypothèse que la plus grande partie de l'aire de répartition actuelle est près de la répartition indigène historique (postérieure à la glaciation), sauf dans les cas où des pertes évidentes d'habitat ont été enregistrées (p. ex. obstacles à la migration, conversion de lacs en bassins de réception de résidus), mais cette hypothèse doit être confirmée par des études plus poussées semblables à celle menée par Prince (2001) et par la compilation du savoir traditionnel autochtone. Une cible d'une occupation à 80 % est quelque peu arbitraire, mais représente une cible provisoire raisonnable pour cet objectif, notamment parce que l'on ne peut établir avec certitude l'aire de répartition historique et que l'on doit éviter un rétrécissement de l'aire de répartition, qui pourrait mener le COSEPAC à désigner la sous-espèce comme étant en péril (COSEPAC 2010).

Le degré auquel les populations sont physiquement connectées a une incidence sur le flux génétique (c.-à-d. par les échanges ou la migration d'individus) entre les populations. Lorsque la connectivité physique est réduite ou absente, les populations peuvent se scinder en petites sous-populations génétiquement et physiquement isolées qui sont plus vulnérables à la disparition locale en raison d'événements stochastiques (qui réduisent ou éliminent le potentiel de recolonisation) et de la consanguinité. La perte de types de caractéristiques biologiques associées à la migration entraîne également une érosion de la résistance à la disparition d'une espèce. En revanche, l'augmentation de la connectivité physique au-delà de la connectivité naturelle n'est pas nécessairement bénéfique, car elle peut entraîner des migrations accrues et un flux génétique plus important entre les populations, ce qui cause une perte de caractéristiques d'adaptation au milieu (y compris des complexes de gènes ayant connu une coévolution) et, dans certains cas, une augmentation de la présence d'hybrides. La variabilité des caractéristiques biologiques permet de maintenir les options d'adaptation à différentes conditions environnementales pour accroître les chances de survie au sein d'une population et, au niveau de l'espèce, pour permettre une exploitation plus efficace des différentes niches, ce qui contribue à la diversité spatiale.

Les programmes actuels d'écloserie ne contribuent pas à l'atteinte de cet objectif (ils appuient principalement l'objectif 4). En réalité, les pratiques adoptées dans les écloseries peuvent créer des obstacles à l'atteinte de l'objectif 1 dans certaines situations, et l'hybridation et la compétition avec des espèces de poissons envahissantes constituent les principales raisons pour lesquelles le COSEPAC a récemment évalué l'espèce comme étant préoccupante, une situation qui a donné lieu à la même désignation dans le registre public de la LEP. Pour maintenir l'intégrité génétique et les caractéristiques uniques connexes qui sont associées à la présence de populations distinctes de l'espèce (y compris les comportements propres à l'espèce adaptés aux conditions extrêmes auxquelles elle pourrait être exposée), il est de la plus haute importance de protéger les truites sauvages, non introgressées. Les populations qui affichent des taux d'introgression importants (plus de 1 %) avec d'autres espèces de salmonidés pourraient représenter une menace pour les populations pures (avec lesquelles le croisement est possible), bien qu'elles puissent recéler une certaine valeur sur le plan de la conservation dans un scénario où il ne resterait pas ou peu de populations pures. Plus précisément, la truite fardée versant de l'ouest semble être particulièrement vulnérable à l'introgression avec la truite arc-en-ciel dans les bassins hydrographiques qui se trouvent à l'extérieur de l'aire de répartition indigène de cette dernière, où les deux espèces ont coévolué ou acquis des mécanismes pour réduire au minimum les croisements. Le maintien de populations de truites fardées versant de l'ouest génétiquement pures n'est pas seulement un argument philosophique. L'hybridation entre cette truite et des truites non indigènes peut entraîner une dépression consécutive à des croisements distants et la perte de complexes de gènes coadaptés, qui mènent à une perte d'adaptation aux conditions locales (Barton et Hewitt 1989). Une étude récente montre que même de faibles degrés d'hybridation entre la truite fardée versant de l'ouest et la truite arc-en-ciel, qui ne sont décelables qu'au moyen de tests génétiques (c.-à-d. aucune différence morphologique n'est visible), peuvent entraîner une réduction marquée du succès reproducteur. Avec une admixtion de 20 %, on constate une diminution du succès reproducteur de 50 % (Muhlfeld et al. 2009). Cette étude donne à penser que la protection des populations qui affichent des niveaux d'admixtion, même faibles, pourrait faciliter l'expansion plus importante de l'hybridation. L'hybridation interfère également avec les comportements de retour vers le milieu natal et accroît les taux d'égarement, ce qui aboutit à une homogénéisation plus poussée des populations (Boyer et al. 2008).

Objectif 2. Maintenir les populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter la désignation d'espèce en péril, de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables.

Cibles :

  1. 80 % des populations sauvages exploitées dans chaque groupe de la population affichent des niveaux d'abondance des adultes supérieurs à 0,4 Néquilibre 8, avec une moyenne calculée sur l'intervalle de temps d'une génération, la durée de cette dernière étant d'environ 10 ans.
  2. 80 % des populations isolées non exploitées fréquentant les cours supérieurs des rivières persistent à des niveaux d'abondance des adultes supérieurs à 0,4 Nequilibre9. .
  3. La mortalité due à la pêche à la ligne chez les populations exploitées est inférieure à 5 % (poissons n'ayant pas atteint la maturité).

Justification

Les indicateurs associés à l'abondance permettent aux gestionnaires des pêches : 1) d'évaluer la capacité d'un réseau hydrographique particulier de soutenir les pêches et, en conséquence, d'établir des cibles; 2) de suivre les tendances de l'état de conservation pour produire des rapports à l'intention du public et contribuer à la mise en place d'une réglementation. Nous proposons de gérer les populations de truites fardées versant de l'ouest en utilisant un cadre de gestion prudent axé sur l'abondance, en vertu duquel une série de seuils d'abondance et de règles de contrôle orienteront les changements apportés aux mesures de gestion. Ces mesures visent à maintenir la population (et les groupes de la population) à des niveaux d'abondance souhaités (ou près de ceux-ci) qui sont susceptibles d'avoir des retombées sociales durables, avec peu de risques de graves déclins de la population et de désignations connexes de la sous-espèce comme étant en péril (COSEPAC, LEP ou liste rouge ou bleue de la C.-B.). Le cadre décrit trois seuils d'abondance pour définir l'éventail des taux d'abondance à l'intérieur duquel les objectifs et mesures de la gestion varient. Nous devrons disposer de normes et d'outils d'évaluation des stocks si nous voulons évaluer la situation des populations du point de vue des cibles décrites précédemment. Veuillez vous reporter à l'annexe 2 pour une description détaillée du cadre et des cibles de l'abondance qui en sont dérivées.

La mortalité est également un indicateur utile, car elle contribue à expliquer le mécanisme du déclin. Bien sûr, cela suppose que nous pouvons maîtriser le taux de mortalité par la pêche. Deux types de mortalité peuvent être associés aux pêches à la truite fardée versant de l'ouest : la mortalité due aux hameçons dans les zones où l'on pratique la prise et remise à l'eau des poissons, et la mortalité par prélèvement.

Objectif 3. Maintenir ou restaurer la capacité des habitats naturels de soutenir les cibles de l'abondance des populations.

Cibles

  1. Une proportion élevée de tronçons de cours d'eau possède des zones tampons riveraines non perturbées et résistantes au vent.
  2. Une proportion élevée des cours d'eau répond aux exigences minimales en matière de débit.
  3. La densité routière par zone du bassin hydrographique est de 0,4 km/km² ou moins.10
  4. Le nombre et l'importance des obstacles aux déplacements du poisson d'origine anthropique, comme les ponceaux et les épisodes d'assèchement, diminuent de façon marquée.
  5. Les cours d'eau que fréquente la truite fardée versant de l'ouest répondent aux lignes directrices relatives à la qualité de l'eau de la C.-B. concernant les substances polluantes.

Justification

La relation quantitative entre les caractéristiques de l'habitat local et celles de l'habitat à l'échelle du paysage de même que la capacité des écosystèmes lotiques de soutenir des populations productives de l'espèce ne sont pas claires, bien que la présence de liens qualitatifs soit bien connue. Les cibles provisoires décrites précédemment reposent sur des jugements professionnels et sont liées à l'état de santé général des écosystèmes aquatiques, la truite fardée versant de l'ouest étant un élément central de ces écosystèmes. Les cibles provisoires pourraient être modifiées en raison d'exigences de futurs plans d'utilisation des terres et des ressources régionales de plus haut niveau ou d'approfondissement de nos connaissances. Les objectifs devraient tous s'appliquer au niveau du groupe de la population défini (voir la section suivante).

L'intention générale associée à cet objectif est le maintien de la capacité de cours d'eau relativement non perturbés de produire des truites fardées versant de l'ouest en faisant en sorte de conserver un habitat convenable et de le rendre accessible (c.-à-d. non fragmenté), tout en maintenant des débits d'eau adéquats et de l'eau de qualité (p. ex. les taux de sélénium sont maintenus sous les taux recommandés). Il pourrait y avoir aussi quelques possibilités d'accroître la capacité productive de cours d'eau dégradés. Le ministère de l'Environnement de la C.-B. a établi des lignes directrices relatives à la qualité de l'eau (critères) pertinentes ainsi que des objectifs particuliers pour les étendues d'eau (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2013).

Objectif 4. Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives 11

Cibles

  1. Les normes actuelles de qualité de la pêche à la ligne12 établies dans le plan de gestion de la pêche à la ligne lié au programme des eaux de qualité (Quality Waters) pour le réseau hydrographique de la rivière Kootenay (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006) sont maintenues ou améliorées (en fonction de l'indice de fréquentation).
  2. Les taux de prises sont stables ou s'améliorent.
  3. La taille moyenne des poissons dans les eaux classifiées est stable ou en augmentation.
  4. Les possibilités d'exploitation sont maintenues aux endroits où la pêche est durable.
  5. La non-conformité à la réglementation sur la pêche à la ligne dans les eaux classifiée est inférieure à 10 %.
  6. On constate une hausse de la valeur associée aux pêches.

Justification

Le présent plan de gestion diffère des cibles relatives à la qualité de la pêche qui ont été négociées au moment d'établir le plan de gestion de la pêche à la ligne dans le réseau hydrographique de la rivière Kootenay Est (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006), lequel touche sept rivières visées par le programme des eaux de qualité pour le réseau de la Kootenay Est. Ce plan comprend des plafonds légalement prescrits des jours totaux de pêche ainsi que des jours de pêche accompagnée et des allocations aux guides-accompagnateurs, lesquels répondent aux préoccupations que suscite la surfréquentation des zones de pêche.

Nous avons pris en considération un certain nombre de facteurs qui témoignent de notre capacité d'optimiser des retombées sur les activités récréatives qui soient jugées durables. Une fois que les objectifs de la conservation auront été atteints, nous avons l'intention de maintenir la qualité de la pêche à la ligne et la satisfaction des clients ainsi que la diversité de l'offre récréative. La qualité de la pêche est également fonction de la conformité à la réglementation. Les efforts visant à accroître la valeur des pêches ne doivent pas être axés uniquement sur l'augmentation des ventes de permis, mais aussi sur une meilleure appréciation de la ressource et un soutien aux décisions de gestion de la part du public.

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7. Situation par rapport à l'atteinte des objectifs de la gestion

Dans la section qui suit, nous exposons la situation par rapport à l'atteinte des objectifs de la gestion liés aux indicateurs présentés au tableau 2 selon que les cibles sont respectées ou non. L'exposé se limite à un bref aperçu de l'information disponible, de la situation (d'après les données disponibles, dans la mesure du possible) et des lacunes de nos connaissances (pour des renseignements plus détaillés, veuillez vous reporter aux annexes). Pour connaître les priorités et en savoir plus sur la mesure dans laquelle les lacunes des connaissances seront comblées, voir la section sur les mesures de gestion recommandées et les priorités (section 9.3).

7.1 Objectif 1. Maintenir l'aire de répartition indigène et la diversité génétique des populations.

7.1.1 Répartition

Aperçu – L'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. est concentrée le long de la pente ouest des montagnes Rocheuses, mais limitée à la partie sud-est de la province (McPhail 2007). À l'heure actuelle, les données qui montrent dans quelle mesure l'espèce occupe encore son aire de répartition indigène d'origine en C.-B. sont limitées aux observations enregistrées dans le SISP de la province et aux données portant sur les populations qui sont présentées dans les études.

Situation – Nous pensons que la situation actuelle de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. correspond à une persistance dans l'ensemble de son aire de répartition historique dans tous les grands bassins hydrographiques qui se trouvent dans les zones centrales et périphériques de cette aire de répartition en C.-B. Cependant, cette situation est compliquée par deux facteurs principaux :

  1. L'histoire d'empoissonnement à vaste échelle qui caractérise la truite fardée versant de l'ouest dans la province complique la question de savoir si certains endroits représentent une aire de répartition historique ou des introductions, notamment dans les zones périphériques.
  2. L'hybridation avec la truite arc-en-ciel, une espèce non indigène introduite, a été documentée en C.-B. et contribuera à réduire l'aire de répartition de populations de truites fardées versant de l'ouest qui sont encore génétiquement pures (voir la section 7.1.2 sur l'intégrité génétique). La mesure dans laquelle ce rétrécissement de l'aire de répartition s'est produit, et continuera de se produire, est difficile à quantifier étant donné le petit nombre d'analyses génétiques dont nous disposons. Cependant, des travaux de modélisation préliminaires donnent à penser que ce rétrécissement pourrait se poursuivre aussi longtemps qu'une source de truites arc-en-ciel sera disponible, et que ces dernières pourront concurrencer les populations de truites fardées versant de l'ouest (Bennett 2007).

Lacunes des connaissances – La plus importante de ces lacunes à ce niveau plus général est le manque de certitude concernant la mesure dans laquelle l'aire de répartition indigène s'est rétrécie du fait de l'hybridation qui a entraîné l'introgression et la perte de populations de truites fardées versant de l'ouest génétiquement pures. La section portant sur l'intégrité génétique (section 7.1.2) traite dans une certaine mesure de cette lacune, mais, étant donné les évaluations préalables limitées des populations (N = 88 étendues d'eau) et le manque de marqueurs moléculaires appliqués de façon uniforme, il reste certaines lacunes spatiales dans les connaissances. Il pourrait être utile d'identifier des populations génétiquement pures pour établir des priorités en matière de conservation. Une autre incertitude est la mesure dans laquelle les populations qui se trouvent dans les zones périphériques de l'aire de répartition peuvent être considérées comme viables.

7.1.2 Intégrité génétique

Aperçu – Bien que les évaluations des hybrides au sein des populations de truites fardées versant de l'ouest en C.-B. n'aient pas été extensives, elles fournissent certaines indications sur l'importance du problème et proposent des « points chauds » pour la poursuite de l'hybridation. Les principales données génétiques moléculaires émanent des travaux de Bennett (2007), Muhlfeld (données inédites), Boyer et al. (2008) et Parcs Canada (Shelley Humphries, données inédites). Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 4, Introgression.

Situation – Un nombre total de 114 sites représentant 88 étendues d'eau (lacs et cours d'eau) ont fait l'objet d'évaluations visant à déceler la présence d'hybrides (figure 3). Il ressort de ces évaluations l'évidence d'un degré important d'hybridation dans deux des quatre groupes de la population occupant des zones centrales, à savoir les groupes de la rivière Elk et de la rivière Kootenay supérieure. En particulier, il semble que toutes les eaux fréquentées par la sous-espèce qui sont accessibles depuis le réservoir Kookanusa (c.-à-d. dans les tronçons inférieurs des tributaires, sous les obstacles) véhiculent des concentrations importantes de gènes de truites arc-en-ciel. Les trois « points chauds » supplémentaires dans lesquels se concentrent les hybrides sont : 1) les tronçons inférieur et intermédiaire des tributaires de la rivière Elk inférieure, au-dessus du barrage Elko (c.-à-d. zone du ruisseau Michel); 2) les cours d'eau (p. ex. rivière White) qui se trouvent à proximité du lac Whiteswan, dans le réseau hydrographique de la rivière Kootenay supérieure; 3) à un moindre degré, les tributaires qui se trouvent en amont du parc national Kootenay, dans le groupe de la rivière Kootenay supérieure.

À des fins de planification, il convient de noter que le degré d'hybridation n'est pas statique et pourrait exiger des mesures de gestion différentes selon le taux et la direction de l'hybridation. Le réservoir Kookanusa semble contenir une population bien établie de truites arc-en-ciel, offrant une source permanente de gènes de truite arc-en-ciel. Il en résulte des mouvements continus de gènes de truites arc-en-ciel en amont, vraisemblablement associés à des taux d'égarement plus élevés chez les hybrides. Si l'on n'élimine pas la source de gènes de truites arc-en-ciel, l'expansion de cette espèce devrait se poursuivre. Dans le lac Whiteswan, la truite arc-en-ciel a réussi à échapper au confinement, des hybrides de cette espèce et de la truite fardée versant de l'ouest ayant été observés en train de frayer en aval (Heidt 2007, 2009). En revanche, il n'y aurait pas de populations de truites arc-en-ciel naturalisées dans la zone du ruisseau Michel, et les mouvements de gènes de cette espèce s'effectuent principalement en aval. Les gènes de truites arc-en-ciel devraient se diluer de plus en plus au fil du temps, et l'on dispose de certains éléments probants selon lesquels F1s et F2s diminuent, le nombre de truites fardées versant de l'ouest pures ne déclinant pas (P. Corbett, comm. pers. 2010). Le parc national Kootenay abrite un petit nombre de populations hybrides, mais il n'y existe que très peu de sources de truites arc-en-ciel pures. En revanche, plusieurs lacs du parc national Yoho abritent des populations bien établies de truites arc-en-ciel, aucune observation de truite fardée versant de l'ouest n'ayant été signalée.

La partie canadienne du groupe de la rivière Flathead semble demeurer un bastion pour les truites fardées versant de l'ouest pures. Cependant, au sud de la frontière, des populations hybrides sont dispersées dans les tronçons inférieurs de la rivière et de ses tributaires (Boyer et al. 2008). Nous ne savons pas exactement si certains facteurs environnementaux (comme la température) peuvent prévenir une dispersion accrue d'hybrides vers le nord, dans la partie de l'aire de répartition qui se trouve en C.-B. (car il n'y a pas d'obstacle physique évident) ou si ce phénomène n'est qu'une question de temps. Le travail de relevé est demeuré trop limité pour que nous puissions tirer des conclusions sur la situation des groupes de la population dans les zones périphériques.

En conclusion, pour les groupes de la population qui se trouvent dans les zones centrales où se concentrent les truites fardées versant de l'ouest, seul le groupe de la rivière Flathead respecte la cible d'une population contenant 10 % d'hybrides. Pour les groupes de la rivière Elk et de la rivière Kootenay supérieure, cette valeur est dépassée de façon significative (pour les dénombrements effectués dans les cours d'eau, veuillez vous reporter au tableau 15.1 à l'annexe 5, Abondance). De tous les sites ayant fait l'objet d'une évaluation (N = 113, dans 88 étendues d'eau), seuls 61,4 % abritaient des populations de truites fardées versant de l'ouest pures.

Lacunes des connaissances – Seule une petite partie de tous les bassins hydrographiques abritant des truites fardées versant de l'ouest a fait l'objet d'évaluations visant à déceler la présence d'hybrides. Nous ne savons pas si ces bassins sont représentatifs du problème dans la province. Dans les zones périphériques notamment, nous ne ne savons pas exactement si l'absence d'hybrides est un artéfact d'un l'échantillonnage limité ou si elle reflète vraiment la situation actuelle. Une évaluation adéquate de la présence d'hybrides exigerait l'application d'un ensemble standard de marqueurs génétiques moléculaires appropriés dans toute la province (E. Taylor, comm. pers. 2010). Ce travail n'a pas été entrepris.

Figure 3. (Traduction des mots anglais trouvés à la Figure 3 : WCT = TVFO, WCT Purity = Pureté de TVFO, RBT only = TAC seulement, River = Rivière, Lake = Lac, South = Sud, New = Nouveau, Upper = Supérieure, Lower = Inférieure, National Park  = Parc National, West = L’ouest, USA = États-Unis). Aire de répartition des populations hybrides de truites fardées versant de l'ouest dans les bassins hydrographiques du sud-est de la C.-B.
Il convient de noter que les valeurs en pourcentage représentent les pourcentages de génotypes de truites fardées versant de l'ouest présents. TAC = observation de truites arc-en-ciel seulement (absence de truites fardées versant de l'ouest [TFVO]) Parmi les autres génotypes figurent les hybrides (F1s, F2s), les poissons rétrocroisés et les génotypes non identifiés.

Description longue de la figure 3

Figure 3. La figure 3 est intitulée « Aire de répartition des populations hybrides de truites fardées versant de l’ouest dans les bassins hydrographiques du sud-est de la C.-B ». La carte illustre l’aire de répartition de la pureté des populations hybrides de truites fardées versant de l’ouest à l’aide de sept points de couleur différente (les points vert foncé représentent plus de 98 % de pureté; les points vert pâle représentent de 95 à 98 % de pureté; les points jaunes représentent de 90 à 94 % de pureté; les points orange représentent de 80 à 89 % de pureté; les points rouge pâle représentent de 50 à 79 % de pureté; les points rouge foncé représentent moins de 50 % de pureté; et les points noirs représentent les truites arc-en-ciel (TAC seulement). Il convient de noter que les valeurs en pourcentage représentent les pourcentages de génotypes de truites fardées versant de l’ouest présents. TAC = observation de truites arc-en-ciel seulement (absence de truites fardées versant de l’ouest). Parmi les autres génotypes figurent les hybrides (F1, F2), les poissons rétrocroisés et les génotypes non identifiés. La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes gris pâle. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle et les villes sont représentées par des étiquettes de texte noir.

Carte

7.2 Objectif 2. Maintenir les populations sauvages à des niveaux d'abondance qui permettent d'éviter la désignation d'espèce en péril, de sorte que les populations puissent offrir des retombées sociales durables.

7.2.1 Abondance des populations sauvages

Aperçu – Les données sur l'abondance des populations de truites fardées versant de l'ouest en C.­B. sont extrêmement limitées. Une surveillance à court terme a été entreprise dans la rivière Kootenay Est pour estimer l'abondance des populations dans certains cours d'eau de priorité élevée. Cependant, les valeurs obtenues ne peuvent être comparées à une valeur cible. Au mieux, elles peuvent être utiles à la surveillance des tendances en l'absence de points de référence bien établis.

Situation – Nous avons recueilli des données sur l'abondance et la densité de la truite fardée dans un très petit nombre de cours d'eau de priorité élevée abritant des groupes de la population, comme la rivière Kootenay supérieure et la rivière Elk, y compris le cours principal de cette dernière ainsi que la rivière Wigwam, le ruisseau Michel, la rivière St. Mary et la rivière Bull. Les estimations tendent à refléter une abondance et une densité plus élevées dans les tronçons plus chauds et plus productifs des rivières, et la présence de gros poissons dans tous les cas, bien qu'il soit difficile d'évaluer la situation de ces populations. Si nous présumons que le nombre de 45 poissons de taille supérieure à 30 cm par km (dans les réseaux hydrographiques où sont majoritairement pratiquées la prise et remise à l'eau; Hagen et Baxter 2009) est voisin de l'abondance à l'équilibre des poissons non exploités Nequilibre pour les grands réseaux productifs, l'application de 0,4 Nequilibre comme cible pour les grands réseaux productifs se traduit par une cible numérique d'environ 18 poissons de taille supérieure à 30 cm par km dans les populations exploitées. D'après les relevés de 2008 et de 2010, cette cible a été dépassée dans le ruisseau Michel, la rivière Elk, le cours supérieur de la rivière Bull, la rivière Wigwam et le cours inférieur de la rivière St. Mary. Cela n'a pas été le cas dans la rivière White. Cependant, si les prises et remises à l'eau se sont traduites par un taux de mortalité non significatif, les densités de poissons observées devraient représenter Nequilibre, de sorte que, dans ces réseaux hydrographiques, les estimations devraient être effectuées pour Nequilibre. De toute évidence, il faut résoudre ce problème. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 5, Abondance.

Nous ne disposons de données sur les tendances que pour deux rivières, à savoir les rivières Wigwam et St. Mary. Ces tendances sont le plus souvent liées à des modifications de la réglementation, les CPUE ayant connu une amélioration générale depuis la mise en œuvre de règlements plus stricts. De la même manière, la présence accrue de gros poissons au cours des dernières années indique une réponse positive à la mise en œuvre de règlements plus stricts. Il n'existe pas d'études visant à établir un seuil minimal ou une cible d'abondance ou de densité. En outre, les populations fluviales fréquentant les cours supérieurs des rivières n'ont pas du tout fait l'objet d'évaluation. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 5, Abondance.

Lacunes des connaissances – Nous ne disposons pas de mesures de l'abondance de la truite fardée versant de l'ouest qui reposent sur des cibles, mais d'un nombre limité de relevés concernant les adultes dans un petit nombre de réseaux hydrographiques prioritaires, qui ne sont pas étalonnés en fonction de leur capacité biotique. Nous ne savons pas exactement si ces endroits sont représentatifs de la situation qui prévaut dans l'ensemble de l'aire de répartition de la sous-espèce. L'application d'une cible unique dans un vaste éventail d'habitats affichant un certain degré de variabilité des capacités pourrait également ne pas être appropriée. La production d'estimations de l'abondance est une tâche difficile et coûteuse. En conséquence, nous devons établir s'il convient de se concentrer sur des estimations de l'abondance (p. ex. le nombre de poissons par km) ou sur une option de rechange comme la mortalité (c.-à-d. mortalité associée aux prises et remises à l'eau) pour évaluer l'impact des pêches sur l'abondance (voir la mortalité par la pêche à la ligne, à la section suivante).

7.2.2 Mortalité par la pêche à la ligne

Aperçu – La truite fardée versant de l'ouest affiche une très forte vulnérabilité à la surexploitation. La réglementation concernant cette espèce est devenue de plus en plus stricte dans la rivière Kootenay Est en réaction à la réduction des CPUE qui a été enregistrée au début des années 1990, et s'est traduite par une forte réponse positive en matière de CPUE. La mortalité après morsure d'hameçon associée aux pratiques de prise et remise à l'eau dans les pêches à la truite fardée versant de l'ouest dans les eaux classifiées serait de 5 à 10 %, mais cette hypothèse doit encore faire l'objet de tests rigoureux (Heidt 2010). Dans les secteurs où des règlements concernant les prises et remises à l'eau sont en vigueur, certaines préoccupations ont été exprimées à propos de la survie des poissons. Les prises accessoires durant les pêches hivernales suscitent également des inquiétudes.

Situation – La pression exercée par la pêche à la ligne augmente dans un certain nombre d'étendues d'eaux classifiées (Tepper 2008b). Heidt (2003) estime que 92 635 truites fardées versant de l'ouest ont été pêchées à la ligne entre Sparwood et Elko, dans la rivière Elk, en 2002. Sans nul doute, bon nombre de ces poissons sont des poissons capturés une nouvelle fois. Même si le taux de mortalité par la pêche à la ligne est relativement faible (estimé habituellement entre 3 et 5 % par prise) et les taux de prises et remises à l'eau sont apparemment élevés (99,8 %; Heidt 2003), les taux de blessures et de mortalité causés par la pratique des prises et remises à l'eau pourraient être significatifs (entre 26 et 94 % des poissons de longueur supérieure à 400 mm affichant des blessures caractéristiques d'une morsure d'hameçon; voir l'annexe 6) si l'on considère le nombre total de poissons capturés durant une ou plusieurs saisons. Des relevés récents au tuba ont également permis de documenter la fréquence accrue de blessures liées à la pêche à la ligne lorsque les poissons grossissent. La mortalité pourrait également augmenter au fur et à mesure que la taille des cours d'eau diminue et que la vulnérabilité des poissons augmente (Hagen et Baxter 2009). En outre, dans les habitats d'hivernage, la truite fardée est hautement vulnérable, et une hausse du nombre de poissons morts a été observée récemment durant des pêches hivernales (Heidt, données inédites). Des enquêtes menées auprès de pêcheurs à la ligne durant les hivers 2009 et 2010 donnent à penser que la plupart de ces pêcheurs ciblent l'omble à tête plate, même si jusqu'à 55 % des prises étaient constituées de truites fardées versant de l'ouest (Heidt, données inédites). Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 6, Mortalité par la pêche à la ligne.

Lacunes des connaissances – Nous ne savons pas précisément dans quelle mesure la mortalité par la pêche à la ligne influe sur la persistance de l'espèce au niveau de la population. Les restrictions imposées actuellement à la pêche à la ligne à la truite fardée versant de l'ouest sont considérées comme strictes, mais sont principalement conçues pour assurer la satisfaction des pêcheurs plutôt que pour l'atteinte de cibles de l'abondance, bien que l'on présume toujours que les exigences de la conservation sont respectées. Les questions suivantes demeurent : 1) la mortalité associée aux prises et remises à l'eau est-elle trop élevée dans les cours d'eau où les poissons sont capturés un grand nombre de fois durant une saison? 2) D'autres facteurs, comme la température, sont-ils susceptibles d'entraîner une hausse des taux de mortalité au-delà d'un seuil acceptable? 3) Quelles sont les meilleures options disponibles pour réduire la mortalité? 4) Tandis que les pratiques de pêche en rivière aboutissent à un taux de prises et remises à l'eau de 99 % dans les eaux classifiées, même lorsque les prélèvements sont autorisés, quel taux de mortalité ces mêmes populations adfluviales affichent-elles durant les pêches hivernales à l'appât aux endroits où les prélèvements sont autorisés? Comme les prélèvements sont encore importants pour certains pêcheurs à la ligne (c.-à-d. la pratique des prises et remises à l'eau obligatoire dans toute la région n'est pas une option agréable), il importe de comprendre l'importance des taux de prélèvement.

7.3 Objectif 3. Maintenir ou restaurer la capacité des habitats naturels de soutenir les cibles d'abondance des populations

7.3.1 Habitat riverain

Aperçu – Un certain nombre d'activités en matière d'utilisation des terres sont susceptibles de dégrader les zones tampons riveraines dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest, y compris l'exploitation minière, le développement urbain, l'agriculture et l'exploitation forestière, ainsi que la construction de routes et de lignes de chemin de fer (Oliver 2009). La difficulté consiste à évaluer dans quelle mesure les activités présentes et passées ont altéré ces habitats. Idéalement, il faudrait examiner chaque bassin hydrographique abritant des truites fardées versant de l'ouest pour déterminer jusqu'à quel point l'habitat riverain est demeuré intact. Cette tâche serait extrêmement coûteuse et ne serait pas envisageable à l'heure actuelle, bien que le recours à des outils éloignés (p. ex. l'imagerie par satellite) puisse se révéler utile. Les données disponibles pour évaluer cet indicateur sont très limitées.

Situation – Aucune activité particulière n'a d'impact à grande échelle sur les habitats riverains qui se trouvent dans l'aire de répartition de l'espèce en C.-B. Les altérations cumulées associées à l'exploitation forestière, à l'agriculture, aux franchissements de routes et de lignes de chemin de fer, à l'exploitation minière et au développement urbain ont manifestement compromis les zones tampons riveraines de certains petits cours d'eau abritant des truites fardées versant de l'ouest, notamment les groupes de population du haut Columbia, de la rivière Elk et de la rivière Kootenay supérieure (partie sud). L'ampleur de ces perturbations n'est pas connue. Pour une description secteur par secteur, veuillez vous reporter à l'annexe 7, Zones tampons riveraines.

Lacunes des connaissances – En l'absence d'analyses détaillées au niveau du bassin hydrographique de l'utilisation des terres et des impacts connexes sur les habitats riverains, il est impossible de quantifier la superficie d'habitat riverain intact par longueur de cours d'eau. En particulier, la vulnérabilité aux activités forestières n'a été évaluée que pour une partie des bassins hydrographiques qui se trouvent dans l'aire de répartition de la sous-espèce, et nous ne savons pas exactement dans quelle mesure les bovins peuvent accéder aux cours d'eau, notamment les plus petits. En outre, certaines questions semblent demeurer concernant le fait que les activités forestières en cours ont des impacts sur les habitats riverains, ou le fait que les impacts résultent en grande partie d'impacts sur des petits cours d'eau qui ont été enregistrés avant la mise en œuvre du Code d'exploitation forestière en 1996.

7.3.2 Disponibilité de l'eau

Aperçu – Une analyse récente de la sensibilité aux débits naturels a été menée au niveau de l'écosection, qui comprenait l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. (Ptolemy 2010). Cette évaluation reposait sur des données recueillies à l'aide d'un dispositif de mesure du niveau d'eau dans certains cours d'eau de la région dans le but de calculer le débit annuel moyen en pourcentage à différents moments de l'année. Les résultats ont ensuite été utilisés pour caractériser la sensibilité naturelle au débit dans chaque écosection. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 8, Conditions naturelles de débit.

Situation – Les cours d'eau fréquentés par des truites fardées versant de l'ouest qui se trouvent dans les zones clés de son aire de répartition et qui suscitent des préoccupations quant à la sensibilité potentielle au débit sont concentrés dans la partie sud du sillon des montagnes Rocheuses (c.-à-d. concernent le groupe de la population qui se trouve dans la partie sud de la rivière Kootenay supérieure), notamment dans les écosections du sillon de la Kootenay Est et du pâturage McGillivary. Les débits de base les plus faibles sont actuellement observés durant les mois d'hiver et affectent les capacités de survie à l'hiver de l'espèce. En dehors de ces zones clés de l'aire de répartition, certains tributaires du bas Columbia et du cours inférieur de la rivière Kootenay ainsi que la rivière Kettle suscitent des préoccupations semblables (voir la figure 4).

Les groupes de la population des rivières Flathead et Elk ne sont généralement pas sensibles aux conditions de sécheresse, tout comme le groupe de la population qui se trouve dans la partie sud de la rivière Kootenay supérieure, qui s'écoule dans les montagnes Rocheuses et qui, de façon générale, affiche des débits adéquats. En ce qui concerne l'atteinte de la cible provisoire de 80 % des cours d'eau affichant des débits minimaux, les données sont limitées aux cours d'eau qui font l'objet d'une surveillance. On a signalé des débits insuffisants par rapport aux besoins des poissons dans deux ruisseaux, les ruisseaux Wolfe et Joseph. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à la section portant sur l'évaluation des menaces (section 8.3).

Lacunes des connaissances – Les débits minimaux qui sont nécessaires pour répondre aux besoins des truites fardées versant de l'ouest varient selon les cours d'eau et les saisons. En particulier, les besoins de l'espèce au moment du frai, de la croissance et de l'hivernage, de même que les exigences en matière de passages, diffèrent indubitablement. Cependant, ces besoins n'ont pas encore été décrits pour la truite fardée versant de l'ouest. Une autre lacune concerne l'analyse des données existantes sur les débits de base propres aux cours d'eau pour ce qui est des allocations d'eau actuelles (R. Ptolemy, comm. pers. 2010). Dans certains cas, les débits de base naturels pourraient déjà se situer en dessous des débits minimaux nécessaires pour répondre aux besoins des poissons. Enfin, la relation entre les débits des eaux souterraines et de surface demeure inconnue.

Figure 4. Évaluation au niveau du paysage de la sensibilité au débit dans différentes écosections, au sein des écosections qui se trouvent dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. ayant fait l'objet d'une évaluation.

Description longue de la figure 4

Figure 4. La figure 4 est intitulée « Évaluation au niveau du paysage de la sensibilité au débit dans différentes écosections, au sein des écosections qui se trouvent dans l’aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l’ouest en C.-B. ayant fait l’objet d’une évaluation ». La carte représente les écosections sensibles au débit en rouge pâle, et les écosections non sensibles au débit en vert pâle. La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes orange. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle, les villes sont représentées par des carrés gris, et les stations hydrométriques sont représentées par des étoiles rouges. Une échelle est fournie en bas à droite. Une carte en médaillon illustre l’emplacement général de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest comparativement au reste de la Colombie-Britannique, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington.

Carte

7.3.3 Densité routière

Aperçu – Les routes ont été montrées du doigt, car la densité routière a déjà été négativement reliée à l'abondance du saumon du Pacifique (Bradford et Irvine 2000) et de la truite fardée versant de l'ouest (Valdal et Quinn 2010). Deux bases de données renferment actuellement des données sur les routes : l'atlas routier numérique, qui présente la plupart des aménagements routiers de la province et des routes forestières; le registre des routes forestières. Les deux sont disponibles dans le Land and Resource Data Warehouse (LRDW). Comme l'atlas routier numérique offre une couverture plus complète de toutes les routes (bien que certaines routes forestières ne soient pas reliées entre elles), l'analyse de la densité routière s'est limitée à ces données.

Situation – Si l'on se fonde sur une valeur cible de 0,4 km/km² (Stalberg et al. 2009), on constate que chaque groupe de la population dépasse la cible de façon importante, ce qui donne à penser que, même à ce niveau très général, on peut s'attendre à un risque d'effets négatifs élevés sur l'habitat (tableau 3). La répartition des routes entre les différents groupes dépendra sans nul doute dans une certaine mesure de la topographie, ainsi que des aménagements.

Description longue du tableau 3

Tableau 3. Le tableau 3 est intitulé « Sommaire de la densité routière par groupe de la population. » Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 4 colonnes et 8 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Zone du bassin hydrographique associée au groupe (km²), Longueur des routes (km) et Densité routière (km/km²). La note de bas de page « a » se lit comme suit : Analyse fournie par Byron Woods. La note de bas de page « b » se lit comme suit : Les données sur les routes ont été dérivées de l’atlas routier numérique provincial (WHSE_BASEMAPPING.DRA_DIGITAL_ROAD_ATLAS_LINE_SP).

Tableau 3. Sommaire de la densité routière par groupe de la population
Groupe de la populationZone du bassin hydrographique associée au groupe (km²)Longueur des routes (km)Densité routière (km/km²)
Rivière Elk3 5654 4061,24
Rivière Flathead1 5791 6341,03
Rivière Kootenay supérieure16 56618 1221,09
Rivière Kootenay Ouest17 56315 3730,88
Fleuve Columbia36 70727 7980,76
Rivière Kettle8 16513 7761,69
Rivière Thompson Sud10 48313 0491,24

a Analyses fournies par Byron Woods.
b Les données sur les routes ont été dérivées de l'atlas routier numérique provincial (WHSE_BASEMAPPING.DRA_DIGITAL_ROAD_ATLAS_LINE_SP).

Lacunes des connaissances – Cette analyse a été menée à une échelle très vaste, puisqu'elle concerne des groupes de bassins hydrographiques plutôt que des bassins hydrographiques particuliers (p. ex. de troisième ordre). Une évaluation plus détaillée bassin par bassin permettrait de mieux se concentrer sur les zones où se posent les plus grands risques. L'analyse ne tient pas compte non plus de la répartition géographique de l'espèce au sein du bassin hydrographique ou des types de routes concernées (revêtues ou non revêtues).

7.3.4 Accès à l'habitat

Aperçu – Des corridors de migration naturels permettent aux populations de truites fardées versant de l'ouest d'accéder au vaste éventail d'habitats nécessaires au soutien de leurs différents stades biologiques, bien que les distances de migration varient selon le stade biologique et la disponibilité de l'habitat (annexe 9, Fidélité au site). La perte de connectivité de l'habitat réduit la résilience de différentes façons : elle aggrave la menace de disparition de la planète associée aux événements stochastiques; elle empêche la recolonisation naturelle lorsque la sous-espèce disparaît localement; elle entraîne la perte de la diversité biologique (p. ex. seule la population fluviale fréquentant les cours supérieurs des rivières persiste); elle accroît les problèmes associés à la faible taille des populations, comme la consanguinité et la perte de diversité. Le nombre de franchissements de cours d'eau touchant chaque groupe de la population de truites fardées versant de l'ouest est impressionnant. Cependant, la forme hautement variable de ces structures (de structures à fond ouvert à de petits ponceaux encloisonnés) influe sur les possibilités de passage qu'ils offrent aux poissons (figure 5). Le nombre réel de franchissements qui ont fait l'objet d'évaluations en ce qui a trait aux possibilités de passage se limite à moins de 5 % (C. Mount, comm. pers. 2011).

Situation – Par rapport aux populations qui se trouvent dans d'autres territoires administratifs (p. ex. Shepard et al. 1997), certaines études donnent à penser que les truites fardées versant de l'ouest en C.-B. ont connu moins de fragmentation et de destruction à vaste échelle de leur habitat. La plupart de ces poissons continuent de persister en tant que populations interconnectées dans la plus grande partie des zones centrales de leur aire de répartition dans le bassin versant de la rivière Kootenay supérieure (Hagen et Baxter 2009). Cela est probablement aussi le cas pour les populations des rivières Flathead et Elk. En réalité, une étude par radiomarquage menée dans la rivière Elk a démontré que les gros adultes de la sous-espèce (longueur à la fourche supérieure à 330 mm) peuvent franchir des obstacles de 2 m de haut (p. ex. des cascades ou des barrages de castors) dans des conditions de niveau d'eau bas et élevé (Westlope Fisheries Ltd. 2003). Indubitablement, les nombreux ouvrages hydroélectriques qui se trouvent sur les cours principaux du fleuve Columbia, de la rivière Kootenay inférieure et de la rivière Pend d'Oreille ont modifié le degré auquel les tributaires peuvent maintenir leur connectivité. Cependant, au moins pour le groupe de la population du fleuve Columbia, nous ne savons pas exactement quelle a pu être l'aire de répartition de l'espèce avant la construction des barrages. Ces rivières soutiennent des populations indigènes de truites arc-en-ciel. Il est possible que, dans ces régions, la truite fardée versant de l'ouest ait été déjà naturellement limitée au cours supérieur de tributaires aux eaux plus froides, car la truite arc-en-ciel a recolonisé les tronçons principaux et inférieurs plus chauds des tributaires.

Cela dit, un exercice récent de modélisation basée sur le SIG (voir l'annexe 10, Franchissement des cours d'eau) a permis d'estimer que l'on compte un nombre total de 69 131 franchissements de cours d'eau associés à l'aménagement de routes forestières dans l'aire de répartition de l'espèce, dont environ les deux-tiers (42 483), d'après le modèle, se trouveraient dans l'habitat du poisson (C. Mount, données inédites). Un nombre total de 2 017 (< 5 %) de ces franchissements ont fait l'objet d'évaluations quant aux possibilités de passage du poisson qu'ils offrent (à l'exception des structures qui concernent les groupes de la population des rivières Flathead et Elk, où aucune évaluation n'a été menée). Près de la moitié d'entre eux sont des structures à fond fermé qui sont plus susceptibles de barrer le passage aux poissons que des structures à fond ouvert (C. Mount, comm. pers. 2011). Les structures à fond fermé de type ponceau à tuyau rond affichent un taux significativement plus important de barrage du passage, approchant ou dépassant 50 % pour tous les groupes de la population concernés par l'évaluation. La plus grande partie des autres structures affichaient un taux de barrage du passage de 0 %. Bien que cette analyse doive encore être précisée en ce qui a trait à sa représentativité du problème global, elle donne à penser que les franchissements de cours d'eau de type ponceau pourraient poser un problème important pour les populations en migration.

Lacunes des connaissances – Cette analyse récente est la première du genre à avoir été entreprise pour évaluer les obstacles au déplacement de l'espèce au niveau du paysage. Ses résultats ne devraient pas être biaisés quant à leur représentativité (C. Mount, comm. pers. 2011). Ainsi, leur extrapolation donne à penser que les obstacles associés aux franchissements par des routes pourraient représenter une menace plus grave pour l'habitat qu'on ne le pensait par le passé. La prochaine étape devrait être la réalisation d'une analyse fondée sur le SIG plus détaillée visant à établir les obstacles qu'il convient de supprimer en priorité pour permettre l'accès du poisson à des tronçons importants de cours d'eau. Comme nous l'avons mentionné, l'analyse était limitée aux franchissements par des routes forestières. Il est impossible d'estimer dans quelle mesure les problèmes de passage de poisson causés par les franchissements par des routes et des lignes de chemin de fer suscitent des préoccupations pour les différents groupes de la population. Cependant, ce problème devrait être étudié, notamment le long des plaines d'inondation des rivières Elk et Kootenay et du fleuve Columbia (Oliver 2009).

Figure 5. Franchissements de cours d'eau connus grâce à une analyse des points d'intersection entre routes ou lignes de chemin de fer et cours d'eau, dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. Distinction des franchissements en fonction des tronçons de cours d'eau connus comme soutenant ou non des populations de poissons.

Description longue de la figure 5

Figure 5. La figure 5 est intitulée « Franchissements de cours d’eau connus grâce à une analyse des points d’intersection entre routes ou lignes de chemin de fer et cours d’eau, dans l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest en C.-B. ». On distingue les franchissements en fonction des tronçons de cours d’eau connus comme soutenant ou non des populations de poissons. La carte illustre les franchissements de cours d’eau constituant l’habitat du poisson à l’aide de points rouges, et les franchissements de cours d’eau ne constituant pas l’habitat du poisson à l’aide de points mauves. La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes vertes. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle, les villes sont représentées par des carrés gris, et les écorégions sont représentées de différentes couleurs : gris, marron ou jaune. Une échelle est fournie en bas à droite. Une carte en médaillon illustre l’emplacement général de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest comparativement au reste de la Colombie-Britannique, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington.

Carte

7.3.5 Qualité de l'eau

Aperçu – L'exploitation du charbon, les eaux de ruissellement urbaines et l'agriculture sont associées à des concentrations élevées de plusieurs contaminants chimiques, dont le sélénium, la calcite et l'azote. Certains produits chimiques associés aux charges en éléments nutritifs sont considérés comme ayant une incidence positive ou négative selon le réseau hydrographique. Cependant, d'autres sont considérés comme des substances polluantes.

Situation – Le bassin versant du ruisseau Michel semble avoir bénéficié de concentrations élevées d'azote combinées à des concentrations de base naturellement élevées de phosphore. Une productivité benthique accrue a amélioré la disponibilité de ressources alimentaires pour les truites fardées versant de l'ouest en quête de nourriture, ce qui a également eu des effets en aval sur les poissons résidant dans le cours principal de la rivière Elk (Oliver 2009).

Les concentrations élevées de sélénium (Se) dans la rivière Fording, alliées à l'extraction du charbon, continuent de susciter des préoccupations, bien qu'un groupe d'experts qui a tenu récemment une réunion n'ait pas pu s'entendre sur la possibilité que des effets se fassent sentir au niveau des populations de l'espèce résidant dans la vallée de l'Elk (Oliver 2009). Les concentrations continuent de faire l'objet d'une surveillance, mais la réponse apportée a été de réduire au minimum l'apport en sélénium plutôt que d'essayer d'en établir les causes et les effets. Enfin, le dépôt de minéraux lixiviés, comme la calcite, en aval de certaines installations de drainage en pierre sèche, combiné à l'exploitation du charbon dans la vallée de l'Elk, représente une perte potentielle d'habitat du poisson. Plus particulièrement, ces minéraux agglutinés contribuent à détendre les lits faits de gravier des cours d'eau, essentiellement en comblant tous les espaces interstitiels (D. Martin, comm. pers. 2011).

Lacunes des connaissances – Nous ne savons pas encore quelle est l'ampleur de l'impact du sélénium sur les populations de truites fardées versant de l'ouest dans la rivière Elk, ni sur la croissance, la reproduction et la survie des poissons en général. Le dépôt de minéraux entraînant la calcification du gravier des rivières est une source de préoccupations potentiellement croissantes dans la vallée de l'Elk, mais nous ne savons pas exactement comment la chimie de l'eau influe sur l'ampleur des dépôts ou sur la superficie d'habitat touché.

7.4 Objectif 4 Optimiser les retombées durables sur les activités récréatives.

7.4.1 Qualité des pêches

Aperçu – Une fois que les objectifs de la conservation (1 à 3) auront été atteints, il restera à optimiser les possibilités récréatives importantes conformément au plan du programme des pêches. La pression par la pêche subie par la truite fardée versant de l'ouest semble avoir augmenté de façon importante ces dernières années, d'une part en réponse à la reconstitution des stocks, et d'autre part en raison de l'expansion des activités humaines dans la région (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006). Les guides-accompagnateurs et les biologistes qui étudient les pêches dans la région ont observé une dégradation de la qualité de l'expérience de pêche à la ligne ou s'attendent à une telle dégradation en raison de la pression de la pêche dans certains cours d'eau (EKAMPC 2003; Hagen et Baxter 2009).

Situation – En réponse à la dégradation perçue ou attendue de l'expérience de pêche à la ligne, sept cours d'eau de la région de la rivière Kootenay Est ont été désignés comme eaux classifiées en 2005-2006 et font l'objet de régimes de gestion particuliers. Il s'agit des rivières Kootenay supérieure, White, Elk, Wigwam, Bull et St. Mary ainsi que du ruisseau Skookumchuck. Des modifications réglementaires ont été mises en œuvre pour tenter de résoudre les problèmes de surfréquentation. Les pêcheurs à la ligne doivent maintenant respecter des quotas journaliers qui ont été établis pour toutes les eaux classifiées par le comité responsable du plan de gestion de la pêche à la ligne (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006), les quotas étant attribués aux guides-accompagnateurs admissibles. D'autres objectifs ont été fixés, et d'autres enjeux, relevés, tout au long du processus visant la production d'un rapport de situation (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006), mais n'ont pas été mis en œuvre dans le cadre du plan de gestion de la pêche à la ligne. Le personnel régional et les responsables du programme des gardes-pêche (River Guardian Program) ont mené des évaluations de suivi dans ces sept cours d'eau pour évaluer la qualité de la pêche. En résumé, la qualité de l'expérience de pêche à la ligne était considérée comme bonne à excellente pour 100 % de ces rivières, mais la fréquentation semblait en hausse dans presque tous les cas, ce qui pourrait réduire la qualité de la pêche à l'avenir. Le plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest respectera le processus de plan de gestion de la pêche à la ligne pour toutes les mesures concernant les cibles de la fréquentation. Cependant, comme le plan de gestion de la pêche à la ligne dans la rivière Kootenay Est est un document évolutif, il est possible de collaborer au processus et d'apporter des modifications au fil du temps. Pour des détails propres à chaque rivière, veuillez vous reporter à l'annexe 11, Qualité de la pêche.

Lacunes des connaissances – En dehors des données recueillies grâce au programme des gardes-pêche, la qualité de l'expérience de pêche à la ligne dans les eaux non classifiées ne fait pas l'objet d'une surveillance et demeure inconnue.

7.4.2 Effort de pêche

Aperçu – Grâce à des enquêtes répétées par interrogation de pêcheurs pratiquant leur activité dans certaines étendues d'eau, nous avons constaté une augmentation importante du nombre de jours de pêche en réponse à l'amélioration de la qualité de celle-ci. Les prises par unité d'effort (CPUE) ont été utilisées comme mesure de rechange de la qualité de la pêche.

Situation – Nous ne disposons de données sur les tendances à long terme des CPUE que pour deux rivières fréquentées par l'espèce en C.-B., à savoir les rivières Elk et St. Mary. Dans les deux cas, les estimations historiques sont bien en deçà de la cible proposée de 1,0 à 1,4 poisson par heure de rendement optimal durable, mais des estimations récentes dépassent cette cible (tableau 4). Les CPUE ont fait l'objet d'un suivi au cours des cinq dernières années dans les ruisseaux Michel et Skookumchuck et les rivières Bull, White (Elk), St. Mary et Wigwam (Kootenay Est). Dans tous les cas, la cible est presque atteinte ou dépassée. Cependant, dans les rivières St. Mary et Wigwam, nous avons constaté une tendance récente à la baisse. Pour des CPUE particuliers, veuillez vous reporter à l'annexe 11, Qualité de la pêche.

Lacunes des connaissances – Le nombre proposé de 1,0 à 1,4 poisson par heure de rendement optimal durable ne repose pas sur un point de référence bien établi sur le plan biologique, mais plutôt sur ce qui semble être associé à des rivières visées par le programme des eaux de qualité où l'eau est considérée comme étant d'« excellente qualité ». Compte tenu de la variabilité de la capacité productive des cours d'eau fréquentés par la truite fardée versant de l'ouest, même cette cible pourrait être trop élevée dans certains cas. L'importance de la mortalité associée à la pêche à la ligne due à l'augmentation de l'effort de pêche est inconnue (voir l'objectif 2). Aucune information sur les CPUE n'est disponible pour les rivières non classifiées.

Description longue du tableau 4

Tableau 4. Le tableau 4 est intitulé « Résumé des CPUE de truites fardées versant de l’ouest dans les eaux classifiées pour lesquelles un effort a été signalé au fil du temps ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 6 colonnes et 5 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Rivière, Date, Effort de pêche – jours (heures), Poissons pêchés, CPUE (nombre de poissons par heure) et % des truites fardées versant de l’ouest remises à l’eau.

Tableau 4. Résumé des CPUE de truites fardées versant de l'ouest dans les eaux classifiées pour lesquelles un effort a été signalé au fil du temps
Cours d'eauDateEffort du pêcheur – jours (heures)Nombre de prisesCPUE (poissons par heure)% de poissons remis à l'eau
Rivière Elk (du barrage Elko à Sparwood)1982-1983 (Martin 1983) – été-automne6 493 (6 686)2 8240,37?
1991 (Westover 1993) – 1-3 mois2 7054 1000,4682,6
2002 (Heidt 2003) – 4 mois10 719 (66 025)98 0311,4899,7
Rivière St. Mary supérieure1979 (Martin 1984) – juillet-août? (5 000)4 0000,71?
Rivière St. Mary inférieure1992 (Heidt 2003) – juillet-août? (4 421)?1,7 (absence d'extrapolation)?
Rivière St. Mary supérieure et inférieure2003 (Heidt 2004) – de juillet à septembre2 469 (15 233)28 6941,8899,6

7.4.3 Taille des poissons

Aperçu – La taille des poissons a été consignée avec les estimations de l'abondance. Tandis que la taille des poissons contribue à la qualité de l'expérience de pêche à la ligne, elle est également utilisée comme indicateur brut de la santé de la population et est habituellement considérée en relation avec la structure par âge.

Situation – La truite fardée versant de l'ouest est recrutée pour la pêche à partir d'une longueur à la fourche de 300 mm. Oliver (2009) mentionne que 50 % des poissons capturés au cours d'une étude de marquage menée en 2008 dans la rivière Elk affichaient une longueur de plus de 300 mm. Dans le même ordre d'idées, le nombre de poissons dont la longueur dépasse 300 mm aurait récemment augmenté dans la rivière Wigwam et la rivière St. Mary inférieure (bien que les estimations historiques soient plus élevées dans cette dernière). Cependant, nous ne savons pas exactement quelles cibles quantitatives devraient être établies pour garantir une pêche de qualité. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à l'annexe 11, Qualité de la pêche.

Lacunes des données – Aucune cible quantitative n'est disponible. Les cibles devraient être établies en relation avec la taille selon l'âge et la distribution des tailles.

7.4.4 Prélèvements

Aperçu – Une petite partie de la communauté des pêcheurs à la ligne récréatifs appuie fortement le maintien de possibilités de prélèvements de truites fardées versant de l'ouest une fois que les buts de la conservation auront été atteints.

Situation – Les prélèvements sont limités à cinq truites par jour, dont une seule de plus de 50 cm, dans les eaux non classifiées du secteur de gestion de la rivière Kootenay. Il est permis d'effectuer des prélèvements limités dans certains tronçons des eaux classifiées. Cependant, même dans ces tronçons, on estime que la pratique des prises et remises à l'eau représente 99 % de la pêche (Heidt 2003, 2009). Les taux de prélèvements dans les eaux non classifiées sont inconnus.

Besoins en matière d'information – En l'absence de données sur la capacité biotique, il est impossible de déterminer quels niveaux de prélèvements durables seraient adéquats dans chaque réseau hydrographique.

7.4.5 Conformité à la réglementation concernant la pêche à la ligne

Aperçu – Des données sur la situation en matière de conformité aux dispositions des permis et autres règlements n'ont été recueillies que pour les eaux classifiées.

Situation – Pour les sept rivières classifiées, le programme des gardes-pêche a relevé 17 % de cas de non-conformité et 24 % d'infractions (c.-à-d. nombre réel d'infractions, un pêcheur étant susceptible de commettre plus d'une infraction) au moyen d'entrevues menées auprès de 608 pêcheurs à l'été et à l'automne 2008. Ce chiffre est considéré comme étant élevé si on le compare au point de référence de 10 % utilisé par les services de l'agent de conservation en tant que cible provinciale générale pour les pêcheurs à la ligne (Tepper 2008b). Les infractions aux dispositions des permis de pêche à la ligne ont apparemment augmenté de façon disproportionnée entre 2006 et 2008, si on les compare à d'autres infractions, bien que les préoccupations suscitées par l'emploi d'hameçons à ardillon demeurent élevées. Les taux d'infraction les plus importants concernaient le groupe des pêcheurs à la ligne ne résidant pas au Canada, les plus faibles étant associés aux pêcheurs venus des États-Unis. Les taux d'infraction les plus élevés étaient constatés dans les réseaux de la rivière Bull, du ruisseau Skookumchuck et de la rivière White (respectivement 38, 38 et 35 %), tandis que les plus faibles étaient enregistrés dans la rivière Elk (15 %). Ces chiffres semblent constants durant les trois dernières années ayant fait l'objet d'une surveillance (de 2006 à 2008). Le taux de conformité est lié au nombre de personnes qui pratiquent la pêche dans les rivières, et le programme des gardes-pêche joue un rôle essentiel dans la communication de la réglementation aux pêcheurs.

Besoins en matière d'information – Nous de disposons pas d'information sur la conformité dans les eaux fréquentées par la truite fardée versant de l'ouest en dehors des données recueillies grâce au programme des eaux de qualité de la C.-B.

7.4.6 Valeur de la ressource

Aperçu – Cet indicateur concerne le maintien de retombées associées à la vente des permis, un élément moteur clé du programme provincial des pêches. L'indicateur est axé sur les eaux classifiées qui engendrent les recettes associées à l'espèce les plus importantes. Cependant, l'établissement de la valeur doit également tenir compte de l'attractivité de l'expérience de pêche, qui est beaucoup plus difficile à quantifier.

Situation – Si l'on se fonde sur l'Enquête de 2005 sur la pêche récréative au Canada, le nombre total de jours de pêche à la ligne dans la région de la Kootenay serait de 645 000. Les jours de pêche guidée alloués sont environ de 5 000 (pour toutes les espèces), mais les jours durant lesquels des pêches ont été réellement pratiquées ne représentent probablement que 60 à 70 % de ce chiffre (J. Burrows, comm. pers. 2011). Ainsi, le pourcentage total de jours de pêche représenté par les jours guidés est environ 0,62 % (J. Burrows, comm. pers. 2011). Nous ne savons pas comment ce chiffre est relié au pourcentage de jours de pêche totaux dans les eaux classifiées.

En ce qui concerne les ventes de permis pour les eaux classifiées de la rivière Kootenay Est, une analyse des cibles de ventes fixées dans le plan de gestion de la pêche à la ligne (ministère de l'Environnement de la C.-B.) par rapport aux talons décomptés en 2005-2006 montre que les ventes ont avoisiné les cibles dans 5 des 7 cours d'eau classifiés. Cependant, les ventes ont dépassé les cibles dans les rivières Wigwam et Elk (tableau 5).

En ce qui concerne la valeur monétaire réelle de la pêche à la truite fardée versant de l'ouest, une évaluation des ventes de permis dans les eaux classifiées menée en 2005-2006 (3 363 résidents; 2 444 Canadiens non résidents; 5 489 allochtones non résidents) auxquelles s'ajoute la rémunération des guides-accompagnateurs par jour de rendement optimal durable avoisine les 285 000 $ (J. Burrows, comm. pers. 2011). Cependant, l'Enquête fédérale de 2005 sur la pêche récréative au Canada indique que les dépenses directes par jour (y compris les droits des permis et les autres coûts) sont d'environ 107 $ par pêcheur. En ce qui concerne les pêcheurs à la ligne venant de l'extérieur de la province, ce chiffre s'établit à environ un million de dollars, tandis qu'il serait d'environ 300 000 $ pour les pêcheurs à la ligne résidant en C.-B. (cinq jours chacun, à environ 20 $ par jour) selon une estimation prudente. Ainsi, une estimation raisonnable pour 2005-2006 serait de 1,5 million de dollars, mais ce chiffre n'inclut pas les retombées enregistrées dans les eaux non classifiées. Étant donné que l'on compte de 40 000 à 50 000 pêcheurs à la ligne actifs dans la région de la rivière Kootenay, dont un bon nombre pêche manifestement la truite fardée versant de l'ouest, les retombées économiques de cette espèce seraient de plus de deux millions de dollars par année, selon une estimation prudente du total (J. Burrows, comm. pers. 2011).

Des renseignements empiriques supplémentaires donnent à penser que les pêcheurs non résidents apprécient la valeur de la pêche à la truite fardée versant de l'ouest dans la région de la rivière Kootenay, non seulement pour la valeur du poisson, mais aussi pour l'« expérience globale de la nature sauvage ».

Lacunes des connaissances – Il est très difficile d'établir un indicateur mesurable propre à la truite fardée pour cet objectif. Nous ne savons pas exactement dans quelle mesure cet objectif peut être évalué quantitativement.

Description longue du tableau 5

Tableau 5. Le tableau 5 est intitulé « Comparaison des talons de permis avec les cibles du plan de gestion de la pêche à la ligne (PGPL) dans la rivière Kootenay est (ministère de l’Environnement de la C.-B. 2006; Burrows 2007) ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 5 colonnes et 9 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Bassin hydrographique, Cible en vertu du PGPL pour les pêcheurs à la ligne non accompagnés et non-résidents, Cible en vertu du PGPL pour les pêcheurs accompagnés, Cible totale, Talons de permis pour 2005-2006. Une note de bas de page dans l’en-tête de la colonne « Cible en vertu du PGPL pour les pêcheurs à la ligne non accompagnés et non-résidents » offre de plus amples explications.

Tableau 5 . Comparaison des talons de permis avec les cibles du plan de gestion de la pêche à la ligne (PGPL) dans la rivière Kootenay Est (ministère de l'Environnement de la C.-B. 2006; Burrows 2007).
Bassin hydrographiqueNon-résident non accompagné
Cible en vertu du PGPLk
Pêcheur accompagné
Cible en vertu du PGPL
Cible totaleTalons pour 2005-2006
Rivière Bull6005001 100349
Rivière Elk3 5402 9506 4906 740
Rivière Kootenay275027538
Ruisseau Skookumchuck180150330260
Rivière St. Mary1 5001 2502 750941
Rivière White425042571
Rivière Wigwam1801503301 091

k PGPL : plan de gestion de la pêche à la ligne

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8. Menaces

Les menaces sont définies comme étant les activités ou processus immédiats qui ont causé, causent ou pourraient causer la destruction, la dégradation ou l'altération de l'entité faisant l'objet d'une évaluation (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d'intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (Salafsky et al. 2008). Lorsque l'on évalue les menaces, seules les menaces présentes et futures sont prises en considération. 13Les menaces n'incluent pas les facteurs limitants, qui sont présentés à la section 4.3. 14Les principales menaces qui pèsent sur la truite fardée versant de l'ouest sont décrites dans la présente section à l'aide des catégories établies dans Hatfield et Long (2010). Grâce à cette approche, les mécanismes d'action des menaces15 et les sources des menaces (c.-à-d. ce qui cause les menaces) sont consignés de façon indépendante, comme proposé dans Balmford et al. 2009). La section 8.2 présente de façon détaillée l'évaluation des menaces menée à bien pour chaque groupe de la population.
 

8.1 Sources des menaces

Les menaces qui pèsent sur la truite fardée versant de l'ouest en C.-B., qui sont associées à l'utilisation des terres et de l'eau, à la pêche et à l'empoissonnement par des animaux d'écloserie, sont résumées dans Oliver (2009) et dans Costello (2007). Ainsi, on ne trouvera ci-après qu'une brève description des sources des menaces pesant sur la sous-espèce, réparties dans les catégories suivantes, telles qu'établies par Hatfield et Long (2010).

8.1.1 Exploitation forestière

Oliver (2009) a comparé des aires équivalentes de coupe (AEC) pour évaluer les impacts potentiels de l'exploitation forestière et des activités connexes sur la truite fardée versant de l'ouest. L'évaluation portait sur 50 tributaires (grands et petits) fréquentés par la sous-espèce de la rivière Kootenay supérieure et du fleuve Columbia, bien que l'auteur reconnaisse que ceux-ci ne sont pas représentatifs de la totalité de l'aire de répartition de la sous-espèce. L'auteur conclut que, bien que les effets de l'exploitation forestière sur les débits de pointe soient variables, cette activité a été en grande partie menée à des niveaux acceptables, sans altérer de façon importante la stabilité hydrologique. La vulnérabilité de l'espèce à l'activité pourrait être plus évidente à l'échelle microscopique (c.-à-d. à celle du sous-bassin), où les perturbations des rapports entre zones du bassin sont plus importantes. En outre, l'auteur résume les résultats d'une étude qui visait à évaluer les conditions de l'habitat du poisson en aval, des conditions qui sont associées à différents traitements dans les zones riveraines qui se trouvent en amont (Johnston 2001). Là où il y avait des zones tampons riveraines, les températures estivales n'étaient pas élevées. L'auteur indique que les pratiques d'exploitation forestière se sont grandement améliorées au cours des 30 dernières années, et que les activités menées actuellement sont perçues comme étant moins préjudiciables que celles menées par le passé. Les impacts sur les habitats riverains sont principalement de nature résiduelle, dus aux pratiques en cours avant l'adoption du Code d'exploitation forestière en 1996. L'impact le plus significatif de ces activités pourrait être la construction de routes et les franchissements des cours d'eau connexes (voir la discussion sur les projets linéaires ci-après), ainsi que les voies d'accès aux cours d'eau pour les pêcheurs. Cependant, des discussions récentes montrent que certaines préoccupations persistent, notamment en ce qui concerne les petits cours d'eau fréquentés par la truite fardée versant de l'ouest, la ré-exploitation, la sédimentation continue et les zones tampons riveraines inadéquates dans l'unité du bas Columbia (C. Legebokow, comm. pers. 2010).

8.1.2 Exploitation minière

La plus grande partie des mines de minéraux qui se trouvent dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest sont des exploitations à petite échelle dont l'impact environnemental est considéré comme relativement faible. L'exploitation du charbon est de loin celle qui suscite le plus de préoccupations dans la région (Oliver 2009). Les principaux changements induits par cette activité sont de nature physique et chimique et concernent le passage du poisson, la perte d'habitats, la contamination de l'eau et la charge de cette dernière en éléments nutritifs. Dans la vallée de l'Elk, le lien entre l'extraction du charbon et l'introduction de sélénium dans le milieu aquatique suscite des préoccupations particulières. Le sélénium a été associé à des troubles de la reproduction et de la croissance ainsi qu'à des taux de mortalité et de difformités accrus chez la truite fardée versant de l'ouest (information résumée dans Oliver 2009). Cependant, les études menées dans la vallée de l'Elk n'ont pas permis de tirer de conclusions sur les impacts au niveau des populations, et le problème demeure non résolu. De façon générale, les impacts potentiels pourraient aller de pertes d'habitat localisées (p. ex. construction de drains en pierres sèches, empreinte écologique des mines) à des préoccupations concernant la qualité de l'eau en aval. Le groupe de la population qui suscite le plus de préoccupations pour ce qui est de l'impact de ces menaces est celui qui se trouve dans la vallée de l'Elk, en raison des concentrations élevées de sélénium.

8.1.3 Projets linéaires

La présence de routes peut avoir des impacts sur les populations de truites fardées versant de l'ouest de deux manières : les routes peuvent augmenter l'accès aux populations vulnérables; elles peuvent barrer le passage aux poissons à la hauteur des franchissements des cours d'eau. Le problème est principalement de nature historique. En effet, les nouveaux aménagements routiers tenant compte des problèmes de passage du poisson et répondant à certaines normes à cet égard ont été conçus de manière à réduire les impacts au minimum (Oliver 2009). Cependant, un certain nombre de franchissements par des lignes de chemin de fer (p. ex. dans la vallée de l'Elk) qui ont été mis en place il y a des années peuvent poser des problèmes. Bien qu'un certain nombre d'exemples soient connus (p. ex. le ruisseau Dalzell, dans la vallée de l'Elk), la mesure dans laquelle ces franchissements peuvent avoir un impact sur le passage des truites fardées versant de l'ouest demeure inconnue. Selon une analyse récente, jusqu'à 50 % ou plus des ponceaux ayant fait l'objet d'une évaluation dans la région représenteraient vraisemblablement un obstacle au passage du poisson (C. Mount, données inédites).

De leur côté, Valdal et Quinn (2010) ont relevé la présence d'un autre facteur, à savoir la densité routière, qui pourrait être un indicateur de l'abondance de la truite fardée versant de l'ouest, bien que les effets de ce facteur pourraient être compliqués par les effets cumulatifs potentiels des types d'activités de mise en valeur dans la région. Plus particulièrement, on a observé l'existence d'une relation négative significative entre la densité des truites fardées versant de l'ouest et les effets cumulatifs des activités associées à l'exploitation forestière mesurées par la densité routière et la construction de routes sur des sols érodables ou dans des zones adjacentes à des cours d'eau, et de deux mesures des effets de l'exploitation forestière sur les berges des cours d'eau. L'étude tenait compte de données sur l'abondance du poisson de niveau reconnaissance recueillies entre 1996 et 2000 grâce à l'application d'électrochocs dans six bassins versants de la rivière Kootenay supérieure. En particulier, la proximité entre des routes et des cours d'eau (c.-à-d. à 100 m de cours d'eau) était un facteur important. En outre, une corrélation significative donnait à penser que l'exploitation forestière touchant des cours d'eau pérennes et éphémères ne soutenant pas de populations de poissons pouvait être un facteur clé de l'abondance de la truite fardée versant de l'ouest en aval, tandis que la prise en considération de tous les tronçons des cours d'eau ne permettait pas de démontrer l'existence d'une relation significative. Cet état de fait pourrait être le reflet des pratiques de gestion associées à l'exploitation forestière qui touchent les cours d'eau ne soutenant pas de populations de poissons par rapport aux cours d'eau soutenant de telles populations en C.-B. Les aires équivalentes de coupe ne semblent pas être de bonnes données prédictives de la qualité de l'habitat, comme le montre la densité des truites fardées versant de l'ouest.

8.1.4 Agriculture

Les activités agricoles sont en grande partie limitées à la production de foin et à l'élevage de bovins, et suivent la répartition des permis d'utilisation de l'eau pour l'irrigation le long des fonds des vallées des rivières Elk, Kootenay, Slocan, Kettle et Shuswap ainsi que du haut Columbia (figure 6; Oliver 2009). L'extraction de l'eau pour l'irrigation durant les mois d'été est un enjeu important associé à la pratique d'activités agricoles dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest (Oliver 2009). Les installations de stockage de l'eau sont limitées ou absentes dans la plupart des cas, et l'extraction de l'eau s'effectue en fonction des besoins. En particulier, les cours d'eau les plus petits qui affichent des débits de base en été naturellement faibles sont les plus vulnérables durant les mois de juillet et d'août, notamment dans l'écosection du sillon intérieur méridional qui est caractérisée par sa sècheresse et dans laquelle se trouve le groupe de la population de la rivière Kootenay supérieure (Ptolemy 2010). Les dommages causés aux habitats riverains constituent une autre source de préoccupations importantes dans la plus grande partie des zones centrales de l'aire de répartition de l'espèce, où les bovins peuvent accéder aux petits cours d'eau (possiblement importants pour le frai), ce qui entraîne la sédimentation et la hausse des températures de l'eau. Les baux de terrains pour la paissance du bétail couvrent une vaste zone, mais les impacts associés à l'accès aux petits cours d'eau sont plus localisés. Dans certains cas, on observe une augmentation de la charge en éléments nutritifs découlant des ruissellements sur les parcs d'engraissement. Certains auteurs pensent que la hausse des concentrations d'éléments nutritifs pourrait bénéficier aux populations de truites arc-en-ciel introduites dans la zone du cours supérieur de la rivière Kootenay (M. Robinson, comm. pers. 2010).

8.1.5 Mise en valeur du territoire à des fins résidentielles, récréatives et commerciales

Le ruisseau Joseph, un cours d'eau fréquenté par l'espèce qui traverse la ville de Cranbrook, représente peut-être le meilleur exemple documenté de la manière dont le développement urbain peut avoir une incidence sur la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. Ce cours d'eau a souffert d'un grand nombre d'impacts liés au développement urbain, y compris la dégradation de la qualité de l'eau (réduction des concentrations d'oxygène, taux élevé de contaminants, sédimentation, charge en éléments nutritifs et hausse des températures) associés à la modification des régimes de ruissellement et aux apports des égouts pluviaux (Oliver 2009). Les cours d'eau récepteurs de toutes les collectivités qui se trouvent dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest subissent vraisemblablement des impacts semblables. Ces dégradations ont une incidence sur l'habitat de frai de l'espèce et sur la santé des poissons. L'utilisation de l'eau suscite également des préoccupations importantes, qui sont traitées ci-après.

8.1.6 Utilisation de l'eau – Extraction d'eau permanente (à des fins de consommation)

L'eau soutirée à des fins de consommation se divise en deux catégories : l'eau à usage domestique et l'eau d'irrigation (figure 6). L'extraction de l'eau pour l'irrigation est un sujet qui a déjà été traité dans une certaine mesure dans la section portant sur la situation. En revanche, nous n'avons pas encore traité de l'utilisation de l'eau stockée dans des installations comme des réservoirs. Le ruisseau Joseph, par exemple, subit l'incidence du stockage de l'eau dans le réservoir Phillips de deux manières : 1) la différence des régimes naturels de débit entre les tronçons qui se situent en amont et en aval du réservoir; 2) les retards accusés par les débits de pointe, qui peuvent affecter les stimuli du frai. En 1998, l'entrée des géniteurs dans le ruisseau a été retardée d'un mois, ce qui a probablement eu un effet sur les œufs, l'émergence des alevins et la survie à l'hiver de la progéniture durant l'année suivante (Oliver 2009). En outre, les tronçons inférieurs ont affiché des températures en été qui ont dépassé les températures optimales pour l'élevage des juvéniles publiées, ce qui a pu causer un stress et réduire le taux de survie des poissons (Oliver 2009). Les impacts toucheront les tronçons qui se trouvent en aval des émissaires des réservoirs collectifs.

8.1.7 Utilisation de l'eau – Dérivations et barrages temporaires (à des fins autres que la consommation)

De nombreuses grandes et petites installations hydroélectriques sont aménagées sur les cours d'eau qui se trouvent dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest en C.­B. Les grands barrages qui ont été construits sur le fleuve Columbia, en aval du barrage Mica, ont eu une incidence sur la répartition historique de l'espèce. Dans la rivière Kootenay supérieure, les barrages ont tendance à se trouver sur des obstacles naturels (p. ex. le barrage Elko, sur le cours inférieur de la rivière Elk). Cependant, le barrage Libby, dont la construction s'est achevée en 1972, et le réservoir Kookanusa ont vraisemblablement eu les impacts liés aux installations hydroélectriques les plus importants sur la répartition de la truite fardée versant de l'ouest, déplaçant les populations riveraines en raison de l'inondation de l'habitat (Oliver 2009). Les activités menées par des producteurs indépendants d'électricité (PIE) tendent à être de faible portée en raison de la taille et de l'emplacement des cours d'eau utilisés (tronçons supérieurs affichant des gradients élevés), mais pourraient représenter une menace là où se trouvent des populations résidentes (Oliver 2009). La saison durant laquelle la truite fardée versant de l'ouest est la plus vulnérable aux activités des PIE pourrait être l'hiver, si l'eau est dérivée à un moment où les débits sont naturellement bas (Oliver 2009).

La figure 6 présente un aperçu du nombre de permis d'utilisation de l'eau pour l'irrigation, l'approvisionnement des collectivités et les PIE actuellement en vigueur dans l'aire de répartition indigène de la sous-espèce, ainsi que le nombre de permis en cours de délivrance. L'extraction de l'eau tend à être concentrée dans le fond des vallées, où les activités agricoles et le développement urbain sont plus importants. Un permis en vigueur ne signifie pas nécessairement que de l'eau est extraite, ni, si c'est le cas, en quelle quantité.

Figure 6. Aperçu du nombre de permis d'utilisation de l'eau en vigueur et en cours de délivrance dans l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B.

Description longue de la figure 6

Figure 6. La figure 6 est intitulée « Aperçu du nombre de permis d’utilisation de l’eau en vigueur et en cours de délivrance dans l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest en C.-B. ». La carte illustre le nombre de permis et de demandes concernant les « installations d’adduction d’eau » à l’aide de points mauves vides ou pleins ou de triangles mauves vides ou pleins, ainsi que le nombre de permis et de demandes « d’irrigation » à l’aide de points rouges vides ou pleins ou de triangles rouges vides ou pleins. La frontière de l’aire de répartition de chaque groupe de la population est délimitée par des lignes vertes. Les plans d’eau sont représentés de couleur bleu pâle, les villes sont représentées par des carrés gris, et les aires de répartition et les hautes terres sont marquées par des lettres majuscules. Une échelle est fournie en bas à droite. Une carte en médaillon illustre l’emplacement général de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest comparativement au reste de la Colombie-Britannique, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, à la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington.

Carte

8.1.8 Pêche

Les registres des pêches sont en grande partie limités aux réseaux hydrographiques des rivières Elk et St. Mary, dans le bassin de la rivière Kootenay, où l'attrait et l'intérêt du public à l'égard de l'espèce sont vraisemblablement les plus prononcés. Au début des années 1980, il est devenu évident que la qualité de la pêche avait diminué dans la rivière Elk, les truites fardées versant de l'ouest ne représentant qu'un faible pourcentage des prises et étant composées principalement de poissons des groupes les plus jeunes et affichant les plus faibles tailles. Cet état de fait a entraîné une modification de la règlementation en 1984. Depuis ce temps, la qualité de la pêche et la fréquentation par les pêcheurs ont toutes deux augmenté de façon importante. Dans les années 1980, aucune pêche n'était pratiquée dans la rivière St. Mary en raison de la perception selon laquelle celle-ci était fortement polluée à cause de la mine Sullivan, à Kimberly. Durant les années 1960 et 1970, l'eau était de piètre qualité, et des conditions de toxicité extrême ont été constatées, notamment l'absence complète de communautés de macroinvertébrés et de poissons (information résumée dans Oliver 2009). La mine a fait l'objet d'améliorations durant les années 1970, et les communautés de poissons ont commencé à se reconstituer. Une enquête par interrogation des pêcheurs menée dans les années 1990 a révélé que la rivière était très fortement utilisée pour la pêche à la ligne, et que l'expérience de pêche était d'excellente qualité (Oliver 2009).

L'intérêt vis-à-vis de la pêche à la ligne continue d'augmenter en réponse à l'excellente qualité de l'expérience de pêche à la truite fardée versant de l'ouest dans la région. En 1991, par exemple, seulement 81 jours de pêche accompagnée étaient enregistrés pour la rivière Elk. En 2000, ce chiffre avait bondi pour atteindre 1 458 (COSEPAC 2006). La menace causée par la pêche à la ligne est associée à la mortalité après morsure d'hameçon qui accompagne la pratique des prises et remises à l'eau, ainsi qu'aux prises accessoires durant les pêches hivernales et aux problèmes de non-conformité à la réglementation. Tandis que la pratique des prises et remises à l'eau est considérée comme causant un très faible taux de mortalité (< 5 %), l'impact cumulatif de la répétition des prises et remises à l'eau d'un même spécimen pourrait devenir important au fil de la saison estivale. Par exemple, on estime qu'une truite susceptible d'être capturée dans la rivière Elk pourrait être « recyclée » onze fois durant la même saison. La mortalité par morsure d'hameçon associée aux prises de poissons durant la pêche à la mouche ou à l'appât varie de 4 à 6 % (Wydoski 1979). Le taux de mortalité pourrait être beaucoup plus important, et découler notamment des températures chaudes de l'eau et de mauvaises manipulations de la part de certains pêcheurs à la ligne. Aux endroits où la pression par la pêche sur les populations de truites fardées versant de l'ouest continue d'augmenter, les risques de mortalité associée à la pratique des prises et remises à l'eau pourraient susciter davantage de préoccupations.

8.1.9 Aquaculture, écloseries et empoissonnement

Plusieurs impacts manifestes ou potentiels sur la truite fardée versant de l'ouest sont associés à la longue histoire d'empoissonnement en C.-B. Les trois impacts les plus importants sont les suivants :

  • hybridation menant à l'introgression;
  • compétition et déplacement;
  • dépression endogamique.

Pour plus de détails sur ces impacts, veuillez vous reporter à l'annexe 12, Empoissonnement.

Les registres d'empoissonnement par les écloseries dans l'aire de répartition indigène de la truite fardée versant de l'ouest en C.-B. remontent au début des années 1900 (tableau 7). Plus de 200 étendues d'eau identifiées se trouvant dans les zones centrales de l'aire de répartition indigène ont été empoissonnées avec des truites arc-en-ciel ou des truites fardées versant de l'ouest. Plus de 100 étendues d'eau ont été empoissonnées avec des ombles de fontaine de l'Est. Enfin, 20 étendues d'eau de la région de la Kootenay ont été empoissonnées avec des hybrides de truite arc-en-ciel et de truite fardée (TAC x TF) entre 1929 et 1940. La plupart de ces poissons provenaient de la « souche » Monroe, produite à l'écloserie de Cranbrook, mais les « souches » Peavine, Rosebud et Kiakho ont également été utilisées à l'occasion. Nous ne savons pas exactement quelles sous-espèces de truites fardées ont été utilisées pour produire ces hybrides. L'usage exclusif de souches stériles d'ombles de fontaine de l'Est et de truites arc-en-ciel n'est en place que depuis ans. Toutes les truites fardées versant de l'ouest relâchées demeurent fertiles et, au cours des dernières années, tous les spécimens sont originaires du lac Connor, dans le réseau hydrographique de la rivière Elk supérieure. À n'en pas douter, bon nombre de ces étendues d'eau étaient à l'origine des lacs exempts de poissons. Les politiques récentes en matière de gestion des pêches exigent que seuls les lacs fassent l'objet de pratiques d'empoissonnement, et de préférence ceux qui ne possèdent pas d'émissaires. Cependant, nous ne savons pas exactement dans quelle mesure les lacs empoissonnés peuvent être considérés comme isolés.

Si nous considérons les étendues d'eau dans lesquelles des truites fardées versant de l'ouest ont été observées (d'après les dossiers du SISP), le groupe de la population de la rivière Kootenay supérieure a connu le plus grand volume de poissons introduits parmi tous les groupes qui occupent les zones centrales de l'aire de répartition. Seuls un lac et un cours d'eau, dans le réseau hydrographique de la rivière Flathead, ont reçu des truites arc-en-ciel. Seules huit étendues d'eau du réseau hydrographique de la rivière Elk qui, selon les observations, abriteraient des truites fardées versant de l'ouest, ont reçu des truites arc-en-ciel. Il convient de noter que le lac Summit (dans le groupe de la rivière Elk), le ruisseau Joseph et la rivière Bull (qui appartiennent tous deux au groupe de la rivière Kootenay supérieure) abritent tous des populations indigènes de truites fardées versant de l'ouest et ont également reçu, à au moins dix reprises, des truites arc-en-ciel provenant d'écloseries. Pour connaître la répartition des registres d'empoissonnement par étendue d'eau où des truites fardées versant de l'ouest ont été observées, veuillez vous reporter à l'annexe 12, Empoissonnement.

En résumé, au moins deux des principales menaces mentionnées précédemment pèsent, à un certain degré, sur des groupes de la population qui se trouvent dans les zones centrales de l'aire de répartition de l'espèce en C.-B. Le problème de l'introgression a été traité précédemment. Celui de la compétition et des déplacements suscite des préoccupations dans au moins un réseau hydrographique, à savoir celui du ruisseau Joseph (Oliver 2009). Le risque d'homogénéisation et de dépression endogamique n'a pas été évalué. La source de truites fardées versant de l'ouest utilisées pour l'empoissonnement a connu une longue histoire. Plus récemment, tous les stocks de géniteurs provenaient du lac Connor, mais la plupart des scientifiques pensent que ce lac était, à l'origine, exempt de poissons. Il a été empoissonné une seule fois en 1950, avec des truites fardées versant de l'ouest provenant du lac Kiakho qui, lui-même, depuis 1929, avait été empoissonné avec des poissons de différentes sources, notamment des lacs Munroe, Peavine, Loon et du ruisseau Beaver. Ces réseaux eux-mêmes ont été empoissonnés. Ainsi, il est peu probable que la source initiale des truites fardées versant de l'ouest du lac Connor puisse être établie.

Description longue du tableau 6

Tableau 6. Le tableau 6 est intitulé « Résumé de tous les registres d’empoissonnement par la truite fardée versant de l’ouest (TFVO), la truite arc-en-ciel (TAC), l’omble de fontaine de l’Est (OFE) et des hybrides de la truite arc-en-ciel et de truites fardées (TAC x TF) dans les zones centrales de l’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest depuis 2008 ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 6 colonnes et 5 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Espèces ensemencées, Région, Années d’empoissonnement, Nombre d’étendues d’eau empoissonnées, Fréquence, Ploïdie. Des notes de bas de page dans les en-têtes des colonnes « Région », « Nombre d’étendues d’eau empoissonnées » et « Ploïdie » offrent de plus amples explications.

Tableau 6 . Résumé de tous les registres d'empoissonnement par la truite fardée versant de l'ouest (TFVO), la truite arc-en-ciel (TAC), l'omble de fontaine de l'Est (OFE) et des hybrides de la truite arc-en-ciel et de truites fardées (TAC x TF) dans les zones centrales de l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest depuis 2008
Espèce utilisée pour l'empoisso-nnementRégionlAnnées d'empoissonnementNombre d'étendues d'eau empoisson-néesmFréquencePloïdien
TFVO4E1923-2008187Jusqu'à 50 fois ou plusTous encore 2N en 2008
4O1924-200757Jusqu'à 50 fois ou plusTous encore 2N en 2008
TAC4E1915-2008151Jusqu'à 100 fois ou plusCertains encore 2N en 2008
4O1911-2008120Jusqu'à 100 fois ou plusTous TF, TF3N et 3N après 2005
OFE4E1924-200881Jusqu'à 50 fois ou plusTous TF3N ou 3N après 2003
4O1911-199931Jusqu'à 100 fois ou plusTous TF3N ou 3N après 1999
TAC x TF4E1938-194913Une à deux foisTous diploïdes
4O1929-19688Une à deux foisTous diploïdes

l Région de gestion : 4E = rivière Kootenay supérieure (en amont du lac Kootenay) et rivière Flathead; 4O = réseaux hydrographiques de la rivière Kootenay inférieure et du fleuve Columbia

m Seules les étendues d'eau affichant un numéro d'identification unique ont été dénombrées. Un certain nombre de registres ne comportaient pas de code d'identification.

n La ploïdie indique si certaines formes de souches stériles ont été utilisées, et à quel moment. Les degrés de ploïdie des poissons d'écloserie relâchés s'établissent comme suit : 2N = diploïdes, tous fertiles; 3N = triploïdes, tous stériles; TF = tous femelles, fertiles; TF3N = tous femelles, tous stériles.

8.1.10 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

En C.-B., un certain nombre de tendances associées aux changements du climat affectent la truite fardée versant de l'ouest. Les réseaux hydrographiques intérieurs de la province continuent de connaître des écoulements des eaux de fonte nivale plus précoces, suivis par des étés plus longs et plus secs (Oliver 2009). Ce phénomène se reflète dans la réduction des débits annuels moyens observés dans les bassins versants du sud de la C.-B. Cette tendance, combinée à l'augmentation de la demande en eau, pourrait être catastrophique pour la truite fardée versant de l'ouest dans certains petits cours d'eau qui affichent déjà des conditions naturellement sèches. Un certain nombre d'impacts connexes sont associés à ces faibles débits, dont les suivants : hausse des températures de l'eau; réduction des concentrations en oxygène; réduction de la superficie des habitats de rapides; réduction des aires de refuge en hiver. De telles conditions entraînent un stress physiologique et une mortalité accrus.

8.2 Évaluation des menaces

On a mis au point Un outil d'évaluation des menaces constitué d'une feuille de calcul a été mis au point pour aider le ministère de l'Environnement à établir les principales menaces qui pèsent sur la truite fardée versant de l'ouest le mécanisme et la source de la menace (Hatfield et Long 2010). Cet outil repose sur un système de classement semblable à celui de NatureServe (Master et al. 2009). Il permet d'évaluer tant la portée16 que la gravité17 d'une menace à venir, une cote combinée représentant l'impact de la menace étant utilisée pour classer chacune d'entre elles18 . L'immédiateté ou la dimension temporelle19 de chaque menace est consignée, de façon à établir le contexte de chacune d'elle, mais ce paramètre n'est pas utilisé dans le calcul servant à déterminer la cote de la menace. Les menaces pesant sur l'espèce ont été évaluées pour l'ensemble de la province, afin de déterminer les menaces principales à l'échelle de la province (pour plus de détails, voir le texte qui suit et l'annexe 13).20

Le texte qui suit décrit les menaces classées comme étant de degré modéré à élevé qui pèsent sur chaque groupe de la population (tableau 8). Il vise à attirer l'attention sur les menaces que l'on comprend et qui touchent actuellement les populations. Les descriptions énumèrent les mécanismes d'action de chaque menace21, ainsi que les sources de celles-ci.

Tandis que l'emploi d'un outil d'évaluation des menaces est utile pour relever les principales menaces qui pèsent sur une espèce en péril, les menaces auxquelles sont associées les cotes les plus basses, qui peuvent comprendre des menaces à vaste échelle ou des menaces à propos desquelles les lacunes dans les données sont importantes, pourraient jouer un rôle important dans l'exacerbation d'autres facteurs qui menacent déjà la truite fardée versant de l'ouest ou s'accumuler et finir par causer un impact plus important. Pour une description plus détaillée et pour consulter la liste complète de menaces relevées et potentielles, veuillez vous reporter à l'annexe 13.

8.2.1 Rivière Elk

  • 1. Les menaces ayant reçu les cotes les plus élevées sont associées à l'aquaculture, aux écloseries et à l'empoissonnement. Il s'agit des suivantes :
    • Introgression – Elle est associée à la truite arc-en-ciel envahissante et représente la principale menace.
    • Modification de la dynamique des communautés – Elle est considérée comme une menace de degré modéré et est associée à cette source.
  • 2. Passage du poisson – Il est associé aux projets linéaires et représente une menace de degré modéré dans toute l'aire de répartition de ce groupe de la population de la rivière Elk.
  • 3. Deux mécanismes associés tout particulièrement à l'exploitation du charbon ont été relevés :
    • Défrichage et modification des zones riveraines – drains en pierres sèches.
    • Qualité de l'eau – Présence de sélénium et de calcite.
  • 4. On a constaté l'intervention de mécanismes associés à l'exploitation forestière semblables à ceux relevés pour la rivière Kootenay supérieure. En particulier, les opérations de lutte contre le dendroctone du pin ponderosa sont ressorties comme étant une source continue de cette menace.
  • 5. Modification des régimes d'écoulement – Cette menace, qui est associée à l'utilisation de l'eau (extraction permanente à des fins de consommation) est considérée comme une menace grave, bien qu'elle soit localisée.

Un certain nombre de menaces ayant reçu des cotes plus faibles et de menaces localisées ont également été relevées. Par exemple, le défrichage des terres, qui est le mécanisme associé au développement urbain (à des fins récréatives et résidentielles) est principalement limité à la zone de Fernie.

8.2.2 Rivière Flathead

Aucune menace de degré élevé ou modéré n'a été relevée pour ce groupe de la population. Historiquement, les activités forestières ont eu un impact très important sur ce bassin hydrographique, de pair avec une très grave infestation par le dendroctone du pin durant les années 1980. Cependant, les forêts semblent se reconstituer, et les populations de truites fardées versant de l'ouest semblent être en bonne santé. Enfin, l'introgression en aval de la partie américaine du bassin hydrographique de la rivière Flathead devrait faire l'objet d'une surveillance, car il n'y a pas d'obstacle physique en amont, et l'espèce pourrait étendre son aire de répartition vers le nord.

8.2.3 Rivière Kootenay supérieure

  1. Les menaces ayant reçu les cotes les plus élevées et les mécanismes d'action non liés à l'habitat qui ont été relevés étaient associés à l'aquaculture, à la présence d'écloseries et à l'empoissonnement, comme suit :
    • Introgression – Il s'agit de la menace unique la plus importante pesant sur l'espèce dans les tronçons inférieurs des tributaires accessibles à la truite arc-en-ciel par le réservoir Kookanusa, qui contient vraisemblablement une certaine proportion d'hybrides.
    • Modification de la dynamique des communautés – Nous pensons que la présence de saumons kokanis dans le réservoir Kookanusa a une incidence sur la prédation de la truite fardée versant de l'ouest par l'omble à tête plate. Ailleurs, nous pensons que l'omble de fontaine de l'Est et la truite arc-en-ciel déplacent les populations de truites fardées versant de l'ouest. Dans le parc national Kootenay, les populations de truites fardée versant de l'ouest présentes dans tous les lacs (forme adfluviale) ont diminué en raison de l'introduction de l'omble de fontaine de l'Est.
  2. Deux mécanismes associés à l'exploitation forestière ont été relevés comme constituant une menace de degré modéré et pourraient être considérés, dans une certaine mesure, comme des effets résiduels (c.-à-d. blocs de coupe associés aux pratiques forestières avant l'entrée en vigueur du Code d'exploitation forestière en 2004) :
    • Défrichage et modification des zones riveraines – Le retrait de la végétation peut entraîner une augmentation des débits de pointe et une diminution des faibles débits en été. Ce phénomène s'accompagne de températures élevées et d'une diminution de l'oxygène dissous, favorisant le développement d'autres espèces de poisson comme des espèces envahissantes. Les zones tampons riveraines ne constituent pas des zones riveraines fonctionnelles. Il s'agit d'un enjeu permanent (c.-à-d. pas seulement résiduel), car une protection adéquate n'est pas encore assurée, notamment dans les cours d'eau non fréquentés par le poisson (de premier et de deuxième ordre). Cependant, s'ils disposent d'un laps de temps suffisant, le substrat, la répartition et les communautés d'invertébrés se reconstituent naturellement. La ré-exploitation après les incendies suscite des préoccupations continues. La sédimentation pourrait également demeurer une source de préoccupations, tout comme les forêts constituées en grande partie d'espèces caduques, qui remplacent généralement les forêts perdues.
    • Qualité de l'eau – Menace considérée comme étant continue, associée à l'enjeu mentionné précédemment.
  3. Modification des régimes d'écoulement – Cette menace, qui est associée à l'utilisation de l'eau (extraction permanente) est de degré modéré – Elle est reliée au stockage de l'eau (extraction permanente liée à l'utilisation de l'eau) dans les ruisseaux Mark et Joseph.
    • Les projets linéaires ont été déterminés comme étant une source de menace, associée aux mécanismes suivants :
      • Passage du poisson – Menace la plus importante découlant de la présence de franchissements (ponts et ponceaux).
      • Modifications à grande échelle de l'habitat – Menace notamment présente dans le parc national Kootenay, où l'on a constaté une perte directe d'habitats associée à la conversion de chenaux en ponceaux (sur environ 7 km).

Parmi les autres points de discussion figurent certaines menaces localisées qui sont associées à l'agriculture (c.-à-d. enjeux concernant les zones riveraines, p. ex. l'accès du bétail à des cours d'eau utilisés pour le frai); les impacts sur les régimes d'écoulement et la qualité de l'eau des changements climatiques; le tournis, qui est considéré comme une menace plus grave pour la truite arc-en-ciel.

8.2.4 Rivière Kootenay Est

  1. La modification de la dynamique des communautés et des régimes d'écoulement associée à l'extraction permanente d'eau à des fins d'irrigation de terres privées et de consommation par des collectivités sont considérées comme des menaces assez répandues et de degré modéré, notamment en aval des ouvrages de dérivation.
  2. Le problème de passage du poisson associé aux barrages-réservoir (utilisation de l'eau, extraction permanente à des fins de consommation) et aux franchissements de petits cours d'eau par des ponceaux pour l'aménagement de routes forestières (projets linéaires) pourrait être important et assez répandu, mais il faudrait obtenir plus d'observations sur le terrain.
  3. Les problèmes de qualité de l'eau, de modification des régimes d'écoulement et de défrichage et de modification des zones riveraines associés à l'exploitation forestière représentent des menaces, bien qu'elles puissent être en diminution ou résiduelles depuis l'entrée en vigueur du Code d'exploitation forestière.
  4. La perturbation mécanique des cours d'eau associée aux projets linéaires suscite des préoccupations continues pour l'ensemble de ce groupe de la population.

8.2.5 Fleuve Columbia

  1. Les parcs nationaux Yoho et des Glaciers ont été considérés séparément pour le reste de ce groupe de la population. Ainsi, les principaux enjeux concernent les mécanismes d'action associés à l'introduction d'espèces de truites envahissantes du fait de l'aquaculture, de la présence d'écloseries et de l'empoissonnement. En particulier, l'introgression et la modification de la dynamique des communautés ont eu de lourds impacts sur ces zones. À l'extérieur des parcs, nous ne savons pas exactement dans quelle mesure ces mécanismes sont intervenus. Les franchissements de cours d'eau qui limitent le passage du poisson représentent une source de préoccupations, mais des perceptions divergentes donnent à penser qu'il faut mener davantage de recherches pour établir l'ampleur de cette menace.
  2. La modification des régimes d'écoulement associée à l'utilisation de l'eau (à des fins autres que la consommation – PIE) représente une menace importante dans tous les tributaires fréquentés par ce groupe de la population. En outre, les effets des PIE sur les eaux souterraines représentent un enjeu et devraient s'étendre à l'avenir, à mesure que d'autres projets seront entrepris.
  3. La modification des régimes d'écoulement associée à l'utilisation de l'eau (extraction permanente à des fins de consommation) a également été relevée comme étant une menace de degré modéré.
  4. La perturbation mécanique des cours d'eau associée aux projets linéaires est une menace continue pour l'ensemble de ce groupe.
  5. Les mécanismes d'action associés à l'exploitation forestière suscitent le plus haut degré de préoccupations en ce qui concerne ce groupe. Bien que représentant, pour la plupart, des menaces de nature résiduelle, plusieurs sources de préoccupations continues ont également été relevées, dont les suivantes :
    • Passage du poisson – Menace associée aux franchissements par des ponceaux : évaluée comme inconnue (annexe 13); cependant, il faut mener plus de recherches, car cette menace est considérée comme étant importante.
    • Qualité de l'eau – Menace particulièrement causée par la sédimentation.
    • Défrichage et modification des zones riveraines

Les impacts des projets hydroélectriques menés dans la zone Mica ne représentent vraisemblablement pas une source de préoccupations pour la truite fardée versant de l'ouest, car ils ne sont pas connus comme étant présents dans les cours principaux des rivières de cette zone géographique.

8.2.6 Rivière Kettle

Nous disposons de trop peu d'information concernant la présence et la répartition de ce groupe de la population de truites fardées versant de l'ouest dans la rivière Kettle pour qu'une évaluation des menaces soit utile à l'heure actuelle.

8.2.7 Rivière Thompson Sud

Nous disposons de trop peu d'information concernant la présence et la répartition de ce groupe de la population de truites fardées versant de l'ouest dans la rivière Thompson Sud pour qu'une évaluation des menaces soit utile à l'heure actuelle.

8.3 Résumé des menaces

Le tableau 8 résume les menaces cotées comme allant de moyennes à importantes pour chaque groupe de la population ayant fait l'objet d'une évaluation. La menace dont l'impact a reçu la cote la plus élevée est l'introgression, qui est associée aux lâchers historiques de truites arc-en-ciel élevées en écloserie et capables de se reproduire, ainsi que la dissémination continue de gènes de truites arc-en-ciel qui accompagne l'établissement de cette espèce et les déplacements d'hybrides. Cette menace est considérée comme étant continue, mais en augmentation dans certaines zones, mais potentiellement en diminution (dilution génétique) dans les zones où la source de gènes de truite arc-en-ciel a disparu. Elle est évidente dans deux des trois zones centrales de l'aire de répartition de la truite fardée versant de l'ouest : les rivières Elk et Kootenay supérieure, ainsi que les parcs nationaux des Glaciers, Yoho et Kootenay. Les impacts principalement résiduels du relâchement d'ombles de fontaine de l'Est, notamment dans les parcs nationaux où des poissons de cette espèce utilisés pour l'empoissonnement ont remplacé toutes les populations adfluviales de truites fardées versant de l'ouest, accompagnent cet état de fait.

Plusieurs menaces, toutes liées à l'habitat, ont été relevées comme étant de gravité moyenne pour bon nombre de groupes de la population de truites fardées versant de l'ouest. L'un des principaux mécanismes d'action est la modification des régimes d'écoulement associée à l'utilisation de l'eau à des fins de consommation (pour l'irrigation et la collectivité), à d'autres fins que la consommation (PIE) et l'exploitation forestière (impacts sur les zones riveraines et la qualité de l'eau). Quant au passage du poisson, autre mécanisme d'action relevé, il faut obtenir beaucoup plus d'observations sur le terrain, notamment en ce qui concerne les franchissements de routes, facteur confirmé comme représentant la plus importante menace pesant sur l'habitat dans les parcs nationaux (S. Humphries, comm. pers. 2010). Les mécanismes associés à l'exploitation minière (qualité de l'eau et impacts sur les zones riveraines) sont limités à la vallée de l'Elk, où l'on continue de mener des activités d'extraction du charbon.

Plusieurs mécanismes d'action de menaces pourraient susciter des préoccupations importantes, mais sont actuellement cotés comme faibles ou inconnus en raison d'un manque d'information. Parmi ces mécanismes figurent deux mécanismes non liés à l'habitat – la mortalité par prélèvement, et la modification de la dynamique des communautés causée par l'introduction de salmonidés (dans le réservoir Kookanusa) et les changements climatiques – ainsi que des mécanismes liés à l'habitat comme les modifications des débits et de la qualité de l'eau dues aux changements climatiques et, en particulier, les impacts des PIE sur les débits et le passage du poisson.

Bien qu'une incertitude importante entoure les menaces qui pèsent sur la truite fardée versant de l'ouest, il est possible de tirer certaines conclusions générales sur la manière dont les différentes menaces sont susceptibles d'influer sur les degrés de préoccupations concernant la conservation pour chaque groupe de la population (tableau 9). On a établi le degré des préoccupations concernant la conservation en résumant les facteurs énumérés au tableau 9 et les principales menaces pesant sur chaque groupe de la population.

Description longue du tableau 7

Tableau 7. Le tableau 7 est intitulé « Résumé des menaces ayant reçu les cotes moyenne et élevée pour chaque groupe de la population ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 6 colonnes et 5 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Mécanisme d’action de la menace (subdivisée en Niveau 1 et Niveau 2), Source de la menace et Menace (subdivisée en Rivière Elk, Rivière Flathead, Rivière Kootenay supérieure, Rivière Kootenay ouest, et Rivière Columbia). Des notes de bas de page dans les en-têtes des colonnes « Mécanisme d’action de la menace », « Source de la menace » et « Menace » et la lettre « H » dans le tableau offrent de plus amples explications.

Tableau 7 . Résumé des menaces ayant reçu les cotes moyenne et élevée pour chaque groupe de la population.
Mécanisme d'action de la menaceoSource de la menace oImpact de la menace par groupe de la populationp, q
Niveau 1Niveau 2Rivière ElkRivière FlatheadRivière Upper KootenayRivière West KootenayRivière Columbia
Liée à l'habitatModification de la dynamique des communautésUtilisation de l'eau – Extraction permanente (à des fins de consommation)FaibleFaibleFaibleMoyenFaible
Liée à l'habitatModification des régimes d'écoulementExploitation forestièreFaibleFaibleFaibleMoyenFaible
Liée à l'habitatModification des régimes d'écoulementUtilisation de l'eau – Extraction permanente (à des fins de consommation)MoyenFaibleMoyenMoyenMoyen
Liée à l'habitatModification des régimes d'écoulementUtilisation de l'eau – Dérivations et barrages temporaires (à des fins autres que la consommation)FaibleFaibleFaibleFaibleMoyen
Liée à l'habitatPassage du poissonProjets linéairesMoyenFaibleMoyen (Élevé r)MoyenMoyen (Élevér)
Liée à l'habitatPassage du poissonUtilisation de l'eau – Extraction permanente (à des fins de consommation)MoyenFaibleMoyenMoyenMoyen
Liée à l'habitatPerturbation mécanique des cours d'eauProjets linéairesFaibleFaibleFaibleMoyenMoyen
Liée à l'habitatDéfrichage et modification des zones riverainesExploitation forestièreMoyenFaibleMoyenMoyenMoyen
Liée à l'habitatDéfrichage et modification des zones riverainesExploitation minièreMoyenFaibleFaibleFaibleFaible
Liée à l'habitatQualité de l'eauExploitation forestièreMoyenFaibleMoyenMoyenMoyen
Liée à l'habitatQualité de l'eauExploitation minièreMoyenFaibleFaibleFaibleFaible
Non Liée à l'habitatModification de la dynamique des communautésAquaculture, écloseries et empoissonnementMoyenFaibleMoyen (Élevér)Faible? r
Non Liée à l'habitatIntrogressionAquaculture, écloseries et empoissonnementÉlevéFaibleÉlevé?? r

o Les mécanismes d'action et les sources sont inspirés de l'outil d'évaluation décrit dans Hatfield et Long (2010).

p Impact de la menace – Degré auquel on observe, déduit ou soupçonne que lespèce est directement ou indirectement touchée par la menace dans la zone d'intérêt. L'impact de chaque menace est évalué d'après les cotes de gravité et de portée et ne concerne que les menaces actuelles et futures. L'impact de la menace reflète la réduction de la population de l'espèce ou le déclin ou la dégradation d'une zone de l'écosystème. Le taux moyen de réduction de la population ou de diminution de la zone pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories suivantes d'impact de la menace : Très élevé (diminution de 75 %), Élevé (40 %), Moyen (15 %) et Faible (3 %). Inconnu : cote utilisée lorsque l'on ne peut déterminer l'impact (p. ex. si les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); Négligeable : lorsque la portée ou la gravité de la menace est négligeable.

q Il convient de noter que ni le groupe de la rivière Kettle, ni celui de la rivière Thompson Sud n'ont été évalués.

r Élevé dans les parcs nationaux

Description longue du tableau 8

Tableau 8. Le tableau 8 est intitulé « Résumé des groupes de la population en ce qui a trait aux tendances, aux mécanismes d’action des principales menaces et aux degrés de préoccupations concernant la conservation ». Le tableau se lit horizontalement, de gauche à droite, et comprend 5 colonnes et 10 lignes. La ligne du haut présente les en-têtes des colonnes : Groupe de la population, Superficie (en km²), Tendances (subdivisée en Abondance, Répartition et Habitat), Mécanismes d’action des principales menaces et Degrés de préoccupations concernant la conservation. Les en-têtes horizontales intitulées « Principale » et « Périphérique » sous-divisent les lignes en dessous.

Tableau 8 . Résumé des groupes de la population en ce qui a trait aux tendances, aux mécanismes d'action des principales menaces et aux degrés de préoccupations concernant la conservation.

Groupe de la population
Zone (km²)TendancesMécanismes d'action des principales menacesDegré de préoccupation concernant la conservation
AbondanceRépartitionHabitat
Zones centrales
Rivière Elk3 565De stable à en augmentationStable, mais en diminution si l'on considère l'intégrité génétiquePertes et impacts locauxIntrogression, modification des régimes d'écoulement, passage du poisson, qualité de l'eauÉlevé – Bien que la population soit encore considérée comme abondante et capable de soutenir une pêche de qualité, des préoccupations importantes concernant l'introgression et des impacts localisés sur l'habitat sont exprimées.
Rivière Flathead1 579Présumée stablePrésumée stablePréoccupations à l'échelon local, faibles à l'échelle globaleMécanismes associés à l'exploitation forestière, introgression aux États-Unis.Faible – Les préoccupations concernent les impacts sur l'habitat et l'introgression potentielle si les poissons qui se trouvent aux États-Unis se déplacent en amont.
Rivière Upper Kootenay16 566De stable à en augmentationStable, mais en diminution si l'on considère l'intégrité génétiquePertes et impacts locauxIntrogression, modification des régimes d'écoulement, passage du poisson, qualité de l'eauÉlevé – Bien que la population soit encore considérée comme abondante et capable de soutenir une pêche de qualité, des préoccupations importantes concernant l'introgression et des impacts localisés sur l'habitat sont exprimées.
Élevédans le parc national Kootenay – Introgression et problèmes posés par les ponceaux
Rivière West Kootenay17 563Présumée stable, mais inconnuePrésumée stable, mais inconnueImpacts locauxModification des régimes d'écoulement, passage du poisson, défrichage et modification des zones riveraines, qualité de l'eauFaible-modéré – Les données dérivées des relevés sont limitées, l'introgression n'est pas apparente, mais les populations se dispersent.
Zones périphériques
Fleuve Columbia36 707Historique-ment plus élevées, maintenant présumées stables, mais inconnuesHistorique-ment plus élevées, maintenant présumées stables, mais inconnuesHistoriquement plus important, effets résiduels de l'exploita-tion forestièreModification des régimes d'écoulement, passage du poisson, défrichage et modification des zones riveraines, qualité de l'eau
Introgression, modification de la dynamique des communautés
Modéré – Les données dérivées des relevés sont limitées, l'introgression n'est pas apparente à l'extérieur du parc, mais les populations se dispersent, et certaines préoccupations concernant l'habitat sont exprimées.
Élevé dans le parc national Yoho – Les truites fardées versant de l'ouest pures sont maintenant confinées à des cours d'eau isolés, la forme lentique est perdue; situation inverse dans le parc national des Glaciers – Population du lac Schuss seulement.
Rivière Kettle8 165InconnueInconnueInconnueInconnueInconnue – La situation des truites fardées versant de l'ouest indigènes par rapport à celle des truites introduites est difficile à déterminer.
Rivière South Thompson10 483InconnueInconnueInconnueInconnueInconnue – La situation des truites fardées versant de l'ouest indigènes par rapport à celle des truites introduites est difficile à déterminer.

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1 Bien que l'objectif 4 ne fasse pas partie du plan de gestion fédéral, certaines activités énumérées au tableau 2 qui sont associées à cet objectif sont pertinentes pour la gestion de la truite fardée versant de l'ouest en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

2 Bien que l'objectif 4 ne fasse pas partie du plan de gestion fédéral, certaines cibles qui sont associées à cet objectif sont pertinentes pour la gestion de la truite fardée versant de l'ouest en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

3 Ces références sont citées dans les sections du plan de gestion provincial qui ont été omises du plan de gestion fédéral.

4La population de truites fardées versant de l'ouest de l'Alberta a été désignée « menacée » en vertu de la LEP en 2013.

5 La sous-famille des Salmoninés comprend le saumon, la truite et l'omble.

6 Tel que recommandé par Allendorf et al. 2004.

7 Aux fins du plan de gestion, la population est définie comme étant un groupe d'individus semblables sur le plan démographique, qui se reproduisent entre eux et qui sont isolés d'autres groupes sur le plan spatial ou temporel.

8 Nous avons proposé que Nequilibre représentait environ 45 poissons d'une longueur à la fourche de 30 cm par km pour les grands cours d'eau productifs, mais nous ne sommes pas certains de pouvoir choisir une seule cible étant donné la variabilité observée, même dans les eaux classifiées (p. ex. Michel par rapport à St. Marypar rapport à Elk).

9 Le but de 0,2 Nequilibre pour les populations des cours supérieurs des rivières a été fixé dès le départ d'après le but de la gestion de ces stocks, qui serait leur persistance plutôt que leur capacité de soutenir une pêche. Pour les petites populations pour lesquelles aucune mesure de gestion ne pourrait influer sur la trajectoire de la population (autre que la protection de l'habitat) et pour lesquelles la variabilité naturelle est élevée, la définition de buts de la gestion en tant que proportions élevées d'une abondance à l'équilibre pourrait ne pas être réaliste, car nous n'avons aucun moyen efficace d'accroître l'abondance. Cependant, nous avons décidé que le but devrait être plus ambitieux, car, bien que nous ne permettions pas de mortalité d'origine anthropique, nous ne disposerons pas de beaucoup d'options pour atteindre ce but si l'abondance de la population se trouve sous la cible.

10 Comme recommandé par Stalberg et al. 2009.

11 Cet objectif repose sur le postulat que nous avons déjà pris en considération les besoins des Premières Nations en matière d'utilisation traditionnelle des ressources.

12 Nous avons proposé d'utiliser un CPUE de 1,0 à 1,4 poisson par heure de rendement optimal durable dans les eaux classifiées en fonction des valeurs des CPUE observées aux endroits où la pêche est considérée comme excellente. Cependant, ces valeurs pourraient être trop élevées pour certains réseaux.

13 Les menaces passées peuvent être consignées, mais elles ne sont pas utilisées dans le calcul de l'impact des menaces. Les effets de menaces passées (si elles n'ont pas perduré) sont pris en considération au moment de déterminer les facteurs qui influent sur les tendances à long terme ou à court terme (Master et al. 2009).

14 Il est important de faire la distinction entre les facteurs limitants et les menaces. En général, les facteurs limitants ne sont pas induits par les humains et comprennent des caractéristiques qui rendent l'espèce ou l'écosystème moins susceptible de répondre de façon positive aux efforts de rétablissement ou de conservation (p. ex. dépression endogamique, faible taille de la population, isolement génétique ou, encore, pour les écosystèmes, probabilité de régénération ou de recolonisation).

15 Le mécanisme en cause est le processus – souvent d'origine anthropique – qui a (ou a eu) un effet négatif direct sur l'état d'une cible de la conservation (population, espèce, communauté ou écosystème).

16 Portée – Proportion de l'espèce dont on peut raisonnablement prévoir qu'elle sera touchée par la menace dans les dix prochaines années. Cette valeur est habituellement mesurée en tant que proportion de la population de l'espèce dans la zone d'intérêt. (Généralisée = 71-100 %; Étendue = 31-70 %; Limitée = 11-30 %; Faible = 1-10 %; Négligeable < 1 %)

17 Gravité – À l'intérieur de la portée, niveau de dommages causés par la menace à l'espèce dont on peut raisonnablement prévoir qu'elle sera touchée par la menace dans les dix prochaines années ou dans le laps de temps correspondant à trois générations. Cette valeur est habituellement mesurée en tant que degré de diminution de la population de l'espèce. (Extrême = 71-100 %; Élevée = 31-70 %; Moyenne = 11-30 %; Légère = 1-10 %; Négligeable < 1 %; Neutre ou avantage potentiel > 0 %)

18 Impact de la menace – Degré auquel on observe, déduit ou soupçonne que l'espèce est directement ou indirectement touchée par la menace dans la zone d'intérêt (Master et al. 2009). Cette cote combinée repose sur l'interaction entre la portée et les valeurs de gravité attribuées, et ne concerne que les menaces présentes et futures. L'impact de la menace reflète la réduction de la population de l'espèce ou le déclin ou la dégradation d'une zone de l'écosystème. (Très élevé; Élevé; Moyen; Faible; Négligeable; Inconnu; Blanc)

19 Dimension temporelle – Les catégories correspondant à cette dimension sont différentes de celles utilisées par Master et al. (2009) et suivent celles utilisées par Hatfield et Long (2010), qui sont jugées meilleures dans l'optique d'une description des tendances. (Effets résiduels seulement, c.-à-d. que la menace n'est plus présente, mais que des effets résiduels persistent; Continue, mais en déclin; Continue et stable; Continue, mais en augmentation; À l'avenir seulement [Hatfield et Long 2010])

20 Nous avons demandé à des experts de la région de coter les menaces sur une feuille de calcul. Les résultats de l'évaluation ont ensuite été davantage précisés à partir de discussions qui se sont déroulées au cours d'un atelier provincial tenu en décembre 2010. Quelques préoccupations ont été soulevées concernant le fait que des menaces localisées importantes pourraient ne pas être mises en lumière. Cependant, le but de l'exercice était de relever les menaces pesant sur l'espèce à l'échelle de la province qui affichaient le plus haut niveau de priorité.

21 Les mécanismes d'action des menaces sont décrits dans le texte souligné qui figure à la section 8.2.