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Programme de rétablissement du béluga (Delphinapterus leucas), population de l'estuaire du Saint-Laurent au Canada - proposée

Loi sur les espèces en péril – Série des programmes de rétablissement, Programme de rétablissement du béluga (Delphinapterus leucas), population de l’estuaire du Saint-Laurent au Canada (proposée).

Loi sur les espèces en péril
Série des programmes de rétablissement

Béluga de l'estuaire du Saint-Laurent

Août 2011

Référence recommandée :

Pêches et Océans Canada (MPO). 2011. Programme de rétablissement du béluga (Delphinapterus leucas), population de l'estuaire du Saint-Laurent au Canada [version proposée], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Pêches et Océans Canada, Ottawa, 93 + XI p.


Exemplaires supplémentaires :

Des exemplaires supplémentaires peuvent être téléchargés à partir du Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture :

Paule de Margerie

Also available in English under the title: “Recovery Strategy for the beluga (Delphinapterus leucas), St. Lawrence Estuary population, in Canada [proposed]”

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Pêches et des Océans, 2011. Tous droits réservés.
ISBN : 978-1-100-97404-0
Numéro de catalogue : En3-4/106-2011F-PDF

Le contenu (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Preface

En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de Pêches et Océans Canada (MPO) est le ministre compétent pour les espèces aquatiques qui ne sont pas situées dans des eaux administrées par l'Agence Parcs Canada. Pour les bélugas se trouvant dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL), le ministre responsable de l'Agence Parcs Canada (Parcs Canada), est le ministre compétent en vertu de la LEP. Conformément à l'article 37 de la LEP, les ministres compétents doivent préparer un programme de rétablissement pour les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées. Le béluga du Saint-Laurent a été inscrit en tant qu'espèce menacée en vertu de la LEP en mai 2005. Pêches et Océans Canada – Région du Québec a dirigé l'élaboration du présent programme de rétablissement avec la collaboration de Parcs Canada, d'Environnement Canada, des ministères provinciaux et de plusieurs partenaires du milieu. Le contenu et le processus de ce programme satisfont aux exigences de la LEP (articles 39 à 41).

La réussite du rétablissement du béluga du Saint-Laurent dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Pêches et Océans Canada et sur l'Agence Parcs Canada ni sur toute autre compétence. Dans l'esprit de l'Accord pour la protection des espèces en péril, le ministre de Pêches et Océans et le ministre de l'Environnement invite toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à se joindre à Pêches et Océans Canada et à l'Agence Parcs Canada pour appuyer le programme et le mettre en œuvre, pour le bien de l'espèce et de l'ensemble de la société canadienne. Pêches et Océans Canada et l'Agence Parcs Canada s'appliqueront à encourager la mise en œuvre du programme, compte tenu des ressources disponibles et des diverses priorités à l'égard de la conservation des espèces en péril. Le degré de participation à la mise en œuvre du présent programme par les autres compétences et organismes impliqués est sujet à leurs propres politiques, affectations, priorités et contraintes budgétaires.

Le but, les objectifs et les approches présentées dans ce document pour réaliser le rétablissement ont été développés en fonction de la meilleure information disponible et sont sujets à des modifications advenant de nouvelles informations. Les ministres de Pêches et Océans et de l'Environnement rendront compte des progrès réalisés d'ici cinq ans. Un ou plusieurs plans d'action détaillant les mesures de rétablissement particulières à prendre pour appuyer la conservation de l'espèce viendront s'ajouter au présent programme. Les ministres mettront en œuvre des moyens pour s'assurer, dans la mesure du possible, que les Canadiennes et les Canadiens directement intéressés ou touchés par ces mesures seront consultés.

En 1983, le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, aujourd'hui Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), avait accordé au béluga du Saint-Laurent le statut d'espèce « en danger de disparition », étant donné le déclin important causé par une chasse excessive, abolie en 1979. En 1986, Pêches et Océans Canada a mis sur pied le comité ad hoc pour la conservation des bélugas du Saint-Laurent dont les fonctions principales étaient d'identifier les facteurs pouvant nuire à la survie de la population et d'effectuer des recommandations pour favoriser son rétablissement. C'est sur les bases du rapport déposé par ce comité que fut élaboré le Plan d'action interministériel pour favoriser la survie du béluga. Ce projet, mis en œuvre par Pêches et Océans Canada et Environnement Canada, dans le cadre du Plan d'action Saint-Laurent (PASL), a été réalisé entre 1988 et 1993 dans le but de contrôler le dérangement et les produits chimiques toxiques ainsi que d'accroître les connaissances sur la population de bélugas. Un quatrième volet, ajouté en 1989, visait à augmenter l'accessibilité de l'information au public afin de renseigner et sensibiliser la population québécoise et canadienne àla cause des bélugas du Saint-Laurent. Ces objectifs de conservation et de protection de l'écosystème du Saint-Laurent ont été poursuivis dans le cadre de Saint-Laurent Vision 2000 et du Plan Saint-Laurent pour un développement durable 2005-2010.

En 1994, le MPO et le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund) (WWF) ont participé à la mise en place d'une équipe pour le rétablissement du béluga, population de l'estuaire du Saint-Laurent, composée de membres provenant des ministères provinciaux et fédéraux ainsi que d'organisations non-gouvernementales; son mandat était d'élaborer un plan de rétablissement pour cette population qui fut publié en décembre 1995 (MPO et WWF, 1995).

Par la suite, en 1996, le Comité sur le rétablissement du béluga du Saint-Laurent a été formé pour favoriser et surveiller la mise en œuvre de ce plan de rétablissement. Le COSEPAC a réexaminé et confirmé le statut d'espèce « en voie de disparition » de la population de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent en 1997. En 1998, le Comité sur le rétablissement du béluga a publié le premier compte rendu de la mise en œuvre du Plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent (MPO et WWF, 1998).

En 2002 et 2003, le comité de rétablissement s'est de nouveau réuni pour mettre à jour l'information disponible sur le béluga du Saint-Laurent et pour réviser les recommandations du plan de rétablissement de 1995. Puis, en mai 2004, le COSEPAC a changé le statut de la population de bélugas du Saint-Laurent pour « espèce menacée », suite à l'adoption de nouveaux critères quantitatifs de classification afin de les harmoniser avec ceux de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En 2005, Pêches et Océans Canada a réuni des spécialistes du béluga dans le but de fixer des critères d'évaluation permettant de définir une population rétablie et d'obtenir des avis scientifiques sur le potentiel de rétablissement des différentes populations canadiennes de béluga (MPO, 2005b, a; Lawson et coll., 2006).

Avec l'adoption de la Loi sur les espèces en péril, une équipe pour le rétablissement du béluga du Saint-Laurent a été formée dans le but d'élaborer un programme de rétablissement, conforme à la Loi. Ce présent programme de rétablissement est donc la somme de tous ces efforts réalisés depuis 1983 pour le rétablissement de la population de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent. Ce programme a été élaboré en coopération ou en consultation avec les parties suivantes : autorités gouvernementales, groupes autochtones, groupes environnementaux, intervenants de l'industrie.

Remerciements

Pêches et Océans Canada et l'Agence Parcs Canada remercient les rédacteurs du document, Andréanne Demers, Hugues Bouchard, Jacinthe Beauchamp et Paule de Margerie. Ils remercient également les membres de l'équipe de rétablissement (annexe 1) du travail consciencieux qu'ils ont dû accomplir pour fournir des renseignements, des conseils et des avis tout au long de l'élaboration du programme de rétablissement. Ils remercient également Gilles Fortin du MPO pour son soutien en cartographie.

De plus, Pêches et Océans Canada et l'Agence Parcs Canada remercient le gouvernement du Québec et le personnel du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent pour leur engagement envers le rétablissement du béluga de l'estuaire du Saint-Laurent. Enfin, le MPO et Parcs Canada soulignent l'apport précieux de toutes les personnes qui ont commenté le document.

Sommaire

La population de bélugas (Delphinapterus leucas) de l'estuaire du Saint-Laurent a été grandement réduite par la chasse, qui fut interdite en 1979 dans le fleuve Saint-Laurent. En mai 2005, cette population a été officiellement inscrite à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril à titre d'espèce menacée.

Outre la chasse menée dans le passé, dix menaces limitant le rétablissement du béluga du Saint-Laurent ont été déterminées dans ce programme. Quatre d'entre elles affectent l'ensemble de la population, soit les contaminants, le dérangement anthropique, la réduction de la qualité et de la quantité des proies et les autres dégradations de l'habitat. Trois menaces peuvent annuellement perturber ou causer la mort de quelques individus : les collisions avec les bateaux, l'empêtrement dans les engins de pêche et les activités scientifiques. Finalement, trois autres menaces ponctuelles peuvent limiter le rétablissement du béluga du Saint-Laurent lorsqu'elles se produisent. Ce sont le déversement de produits toxiques, les efflorescences d'algues toxiques et les épizooties.

Le rétablissement de la population de bélugas du Saint-Laurent est réalisable et a pour but d'augmenter à long terme l'effectif de la population à 7070 individus, ce qui correspond à 70 % de l'effectif d'origine. L'objectif visé à long terme devrait être atteint dans les années 2050 selon un taux optimal de croissance de la population de 4 % ou en 2100 suivant le taux actuel de croissance d'environ 1 %. Un objectif intermédiaire de 1000 individus matures a également été établi. La taille de la population actuelle est estimée à environ 1100 individus au total. Afin d'atteindre ces objectifs de population, six objectifs de rétablissement ont été fixés :

  1. réduire les contaminants, chez le béluga, ses proies et leurs habitats;
  2. réduire le dérangement anthropique;
  3. assurer au béluga des ressources alimentaires accessibles et adéquates;
  4. atténuer les effets des autres menaces sur le rétablissement de cette population;
  5. protéger l'habitat du béluga sur toute son aire de répartition et
  6. assurer un suivi régulier de la population de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent.

La fidélité des bélugas femelles et de leur veau à l'habitat d'estivage représente un enjeu fondamental pour la survie et le rétablissement de cette population. Les fonctions vitales de mise bas et d'élevage ont lieu au sein de l'habitat essentiel, délimité par l'estuaire moyen, la rivière Saguenay jusqu'à la baie Sainte-Marguerite et le chenal du sud de l'estuaire maritime. Un calendrier des études requises afin de compléter la désignation de l'habitat essentiel est inclus.

Le présent programme de rétablissement fait suite au plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent paru en 1995 et pourra être modifié à la suite de l'acquisition de nouvelles connaissances ou à la modification du contexte. Un nouvel exemplaire du document sera disponible sur le Registre public des espèces en péril.

Faisabilité du rétablissement

Le rétablissement du béluga du Saint-Laurent est considéré comme étant réalisable puisqu'il répond aux quatre critères de la faisabilité technique et biologique du rétablissement.

  1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

    Si l'intervention vise directement les menaces, le nombre de bélugas présents actuellement dans l'estuaire du Saint-Laurent devrait être suffisant pour permettre la croissance de la population.

  2. Un habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.

    Même si les habitats disponibles montrent un certain niveau de détérioration, leur nombre semble suffisant puisque la population actuelle n'occupe pas la totalité de l'aire de répartition d'origine. Des habitats sont donc théoriquement disponibles pour permettre la croissance de la population.

  3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat peuvent être évitées ou atténuées.

    Même si pour le moment, il n'est pas possible de déterminer exactement l'impact des menaces prises individuellement ni comment elles peuvent agir sur le rétablissement du béluga du Saint-Laurent, plusieurs menaces potentielles ont été déterminées. Depuis la rédaction du précédent plan de rétablissement en 1995, plusieurs actions de conservation ont été réalisées. De plus, dans le cadre du présent programme de rétablissement, d'autres mesures sont proposées afin de diminuer l'impact des activités anthropiques sur cette population. Même si, dans certains cas, l'efficacité de ces mesures n'a pas totalement été démontrée, ces dernières font l'objet d'études qui permettront d'augmenter leur rendement.

  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

    Des méthodes de décontamination existent et des sites aquatiques ont été nettoyés. Il existe également des méthodes pour restaurer ou atténuer les impacts sur l'habitat des proies du béluga lors de projets de développement. Plusieurs techniques ou protocoles sont disponibles pour diminuer l'impact de certaines menaces telles que le dérangement par les engins navigants ou l'empêtrement dans les engins de pêche.

Introduction