Plan de gestion du Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus) au Canada - 2015

Loi sur les espèces en péril
Série de Plans de gestion

Quiscale rouilleux

Photo: Quiscale rouilleux
Illustration de la couverture : © Peter Thomas; utilisé avec permission

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Référence recommandée

Environnement Canada. 2015. Plan de gestion du Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus) au Canada, Série de plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, iv + 30 p.

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

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Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés cinq ans après la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est la ministre compétente en vertu de la LEP du Quiscale rouilleux et a élaboré le présent plan de gestion conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut, de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi qu’avec le Conseil des ressources renouvelables de Laberge, l’Office des ressources renouvelables du Wek’èezhìı, le gouvernement du Nunatsiavut, le Conseil consultatif de la gestion de la faune, l’Office des ressources renouvelables des Gwich’in, la Première nation de Carcross/Tagish, la Première nation d’Essipit et la Première nation de Kluane.  

La réussite de la conservation du Quiscale rouilleux dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, l’Agence Parcs Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce plan et à contribuer à sa mise en oeuvre pour le bien du Quiscale rouilleux et de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre de ce plan est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

Remerciements

Ce plan de gestion a été préparé par Krista Baker et Peter Thomas, du Service canadien de la faune d’Environnement Canada – Région de l’Atlantique. Le comité technique sur les oiseaux terrestres et les Unités du rétablissement des espèces en péril concernées à Environnement Canada ainsi que des représentants de l’Agence Parcs Canada, des provinces, des territoires et des conseils de gestion des ressources fauniques ont joué un rôle clé dans l’élaboration du plan de gestion; en particulier, Pam Sinclair (SCF – EC, Région du Pacifique et du Yukon), Vincent Carignan (SCF – EC, Région du Québec), Stéphane Légaré (SCF – EC, Région du Québec), Craig Machtans (SCF – EC, Région du Pacifique et du Yukon), Becky Whittam (SCF – EC, Région de l’Atlantique), Kevin Hannah (SCF – EC, Région de l’Ontario), Madeline Austen (SCF – EC, Région de l’Ontario), Rachel deCatanzaro (SCF – EC, Région de l’Ontario), Barbara Slezak (anciennement au SCF – EC, Région de l’Ontario), Lisa Pirie (SCF – EC, Région des Prairies et du Nord), Marie-Christine Bélair (SCF – EC, Région des Prairies et du Nord), Donna Bigelow (SCF – EC, Région des Prairies et du Nord), Ken De Smet (SCF – EC, Région des Prairies et du Nord), Megan Harrison (SCF – EC, Région du Pacifique et du Yukon), Saleem Dar (SCF – EC, Région du Pacifique et du Yukon), Jean-Pierre Savard (EC – Direction générale des sciences et de la technologie), Junior Tremblay (EC – Direction générale des sciences et de la technologie), Michael Avery (USDA-APHIS), Emily Herdman (Division de la faune de Terre-Neuve-et-Labrador), Kate MacQuarrie (Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard), Mark Elderkin (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse), Maureen Toner (Direction du poisson et de la faune du Nouveau-Brunswick), Bill Crins (Parcs et zones protégées de l’Ontario), Nicolas Lecomte (Gouvernement du Nunavut), Tom Sheldon (Gouvernement du Nunatsiavut), Jim Goudie (Gouvernement du Nunatsiavut), John McCullum (Office des ressources renouvelables du Wek’èezhìı), James Malone (Conseil consultatif de la gestion de la faune), Eugene Pascal (Office des ressources renouvelables des Gwich’in), Kate Ballegooyen (Première nation de Kluane), Jessie Moreau (Première nation d’Essipit) et Natasha Ayoub (Première nation de Carcross/Tagish). Les membres de l’International Rusty Blackbird Working Group ont également fourni des commentaires et des suggestions utiles durant la préparation du présent plan de gestion.

Sommaire

Le Quiscale rouilleux est un passereau de taille moyenne présent exclusivement en Amérique du Nord qui niche dans les milieux humides boréaux de toutes les provinces et de tous les territoires du Canada. Durant l'hiver, il fréquente les milieux humides forestiers d'une grande partie de l'Est des États-Unis, en particulier dans la vallée alluviale du Mississippi et le sud est de la plaine côtière.

Au cours des cent dernières années, la population du Quiscale rouilleux a connu un important déclin. Selon les données du Recensement des oiseaux de Noël, elle chuté d'environ 85 % entre 1966 et 2003; un examen des mentions historiques indique toutefois que la population était déjà en déclin avant cette période. Le rétrécissement de l'aire de répartition de l'espèce dans le long de la limite sud de l'aire de reproduction a aussi été documenté. Le Quiscale rouilleux est une espèce inscrite à titre d'espèce préoccupante à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral.

Bien que la conversion des milieux humides dans l’aire d’hivernage et dans l’aire de migration (au sud de la région boréale) ainsi que les programmes de lutte contre les « oiseaux noirs » aient souvent été mentionnés comme les plus grandes menaces ayant contribué au déclin passé de la population du Quiscale rouilleux, les recherches font ressortir d’autres menaces pesant sur les populations actuelles et futures. Ces menaces comprennent la conversion des milieux humides boisés de la région boréale dans l’aire de reproduction et l’aire de migration de l’espèce, le déboisement, les changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, la pollution sous forme de contamination au mercure, d’acidification des milieux humides et de résidus de pesticides agricoles, les changements climatiques et l’assèchement des milieux humides, la modification de la composition des espèces prédatrices et compétitrices, ainsi que les maladies et les parasites.

L'objectif de gestion du Quiscale rouilleux comporte deux volets : premièrement, mettre un terme au déclin de la population, puis maintenir les effectifs au niveau de 2014; deuxièmement, augmenter l'abondance de la population, de manière à obtenir une augmentation soutenue sur dix ans de l'abondance de la population de Quiscales rouilleux au Canada. Pour atteindre cet objectif, les quatre stratégies générales suivantes ont été établies:

  1. Combler les principales lacunes dans les connaissances sur les effectifs des populations de Quiscale rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada;
  2. Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration;
  3. Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux;
  4. Favoriser et établir des collaborations dans le cadre des activités de gestion et de conservation du Quiscale rouilleux dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce.

Pour atteindre l'objectif de gestion, le présent plan propose aussi des mesures de conservation particulières, déterminées par ces stratégies générales.

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1. Évaluation de l'espèce par le COSEPACNote 1 de bas de page

Date de l'évaluation : Avril 2006

Nom commun (population) : Quiscale rouilleux

Nom scientifique : Euphagus carolinus

Statut selon le COSEPAC : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Plus de 70 % de l'aire de reproduction de cette espèce se trouve dans la forêt boréale du Canada. L'espèce a connu un grave déclin qui semble se poursuivre, bien que ce soit à un rythme plus lent. Il n'existe aucune preuve permettant d'affirmer que cette tendance sera renversée. Les menaces connues, qui se manifestent principalement dans l'aire d'hivernage, comprennent la transformation de l'habitat et les programmes de contrôle des oiseaux noirs aux États-Unis.

Présence au Canada : Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 2006.

2. Information sur la situation de l'espèce

Environ 86 % de la population mondiale du Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus) se reproduit au Canada (COSEWIC, 2006). En mars 2009, l'espèce a été inscrite en tant qu'espèce préoccupante à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). À Terre-Neuve-et-Labrador, elle figure sur la liste des espèces vulnérables en vertu de la Newfoundland and Labrador Endangered Species Act. Au Nouveau-Brunswick, elle est désignée « espèce préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Nouveau-Brunswick. En Nouvelle-Écosse, le Quiscale rouilleux figure sur la liste des espèces en voie de disparition aux termes de la Endangered Species Act de la province. Au Québec, l'espèce est désignée comme étant « susceptible d'être désignée comme vulnérable ou menacée » (Loi sur les espèces menacées ou vulnérables). À l'heure actuelle, le Quiscale rouilleux n'est pas une espèce inscrite dans les autres provinces ou territoires. Bien que, sur le plan technique, le Quiscale rouilleux soit un oiseau migrateur, il n'est pas protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs du Canada.

Le Quiscale rouilleux est considéré comme étant « vulnérable » sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le tableau 1 présente les cotes de conservation attribuées au Quiscale rouilleux par Nature Serve (2014) dans l'ensemble de l'aire de répartition canadienne de l'espèce.

Tableau 1. Cotes de conservation attribuées au Quiscale rouilleux par Nature Serve (NatureServe 2014 [en anglais seulement]).
 Cote mondiale (G)Cote nationale (N)Cote infranationale (S)
Cotes de Nature ServeG4 (apparemment non en péril)Canada
N4B (apparemment non en péril, population reproductrice)

États-Unis
N5B, N5N
Canada
S2B : Île-du-Prince-Édouard
S2S3B : Nouvelle-Écosse
S3B : Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve
S3S4 : Québec
S3S4B : Colombie-Britannique, Manitoba, Labrador
S4 : Alberta
S4B : Saskatchewan, Ontario
SNRB : Nunavut

* 1 : gravement en péril; 2 : en péril; 3 : vulnérable; 4 : apparemment non en péril; 5 : non en péril; SNR : espèce non classée; B : population reproductrice; N : population non reproductrice

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3. Information sur l'espèce

3.1. Description de l'espèce

Le Quiscale rouilleux est un passereau de taille moyenne de la famille des Ictéridés. Les individus des deux sexes ont des ailes longues et pointues, des yeux jaune pâle, des pattes noires et un bec noir légèrement courbé et plus court que la tête (COSEWIC, 2006; Avery 2013). Pendant la saison de reproduction, le plumage du mâle est noir et, quand on l’observe de près, légèrement irisé de vert sur le corps et de violet sur la tête et le cou (COSEWIC, 2006; Avery, 2013). En dehors de la saison de reproduction, la couronne, la nuque, le dos et la bordure des rémiges tertiairesNote 2 de bas de page du mâle sont de couleur rouille. Les joues, le menton, la gorge, la poitrine et les flancs sont de couleur brun pâle (COSEWIC, 2006; Avery, 2013). Pendant la saison de reproduction, le plumage de la femelle est gris ardoise, irisé de bleu vert (Avery, 2013). À l’automne, elle porte une ligne rousse au-dessus de l’œil, et son plumage est généralement de couleur rouille, à l’exception du dos, de la queue et des ailes, qui sont gris foncé (COSEWIC, 2006; Avery, 2013).

3.2. Population et répartition

Le Quiscale rouilleux est présent dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada; il niche dans toute la forêt boréale (COSEWIC, 2006) et, vers le sud, jusqu'à la limite septentrionale de la forêt décidue et/ou des prairies (Avery, 2013) (figure 1). L’espèce est la plus abondante dans la portion septentrionale de la forêt boréale; on estime que 91 % de la population entière se reproduit dans la taïga du Bouclier et les plaines hudsoniennes (75 %) ainsi que dans les régions de conservation des oiseaux de la Forêt intérieure du Nord-Ouest (16 %) (Partners in Flight Science Committee, 2013; BAM, 2014).

Durant la période d'hivernage, le Quiscale rouilleux est présent dans une grande partie de l'Est des États-Unis et, de manière sporadique, dans le sud de bon nombre des provinces canadiennes (Avery, 2013) (figure 1). Les aires d'hivernage principales se trouveraient dans le sud est des États-Unis, en particulier dans la vallée alluviale du Mississippi (à l'ouest des Appalaches) et le sud est de la plaine côtière (à l'est des Appalaches) (Hamel et Ozdenerol, 2008; Greenberg et al., 2011; Avery, 2013). Dans l'est des États-Unis, les dénombrements d'individus en hivernage tendent à indiquer d'importantes variations interannuelles (Hamel et al., 2008). Certaines données portent à croire que les Quiscales rouilleux peuvent former des groupes, séparés selon l'âge et le sexe, durant l'hiver. Les femelles et les jeunes passeraient l'hiver plus au sud que les mâles plus âgés (DeLeon, 2012); de plus, l'abondance et la qualité de la nourriture aux sites d'alimentation des mâles et des oiseaux plus âgés pourraient être supérieures à celles des sites d'alimentation des femelles et des jeunes (Mettke-Hofmann et al., 2008; DeLeon, 2012).

Une analyse des isotopes stables et des données sur le retour d'oiseaux bagués donnent à penser que les individus hivernant à l'ouest et à l'est des Appalaches emprunteraient des voies migratoires distinctes; les Quiscales rouilleux qui passent l'hiver dans la vallée alluviale du Mississippi proviendraient d'une vaste région boréale qui s'étend de l'Alaska à l'ouest du Labrador, alors que les oiseaux qui passent l'hiver dans la plaine côtière arriveraient la partie orientale de l'aire de reproduction de l'espèce (Hamel et al., 2009; Hobson et al., 2010). Ces résultats impliquent que, lorsque les menaces pesant sur l'espèce seront mieux comprises, les deux groupes devront peut être faire l'objet de mesures de gestion distinctes. Durant leur migration, les Quiscales rouilleux forment des bandes monospécifiques ou plurispécifiques (Avery, 2013). Des groupes de quelques douzaines à quelques centaines d'individus commencent à se former après la saison de reproduction (fin de juillet) (COSEWIC, 2006; Avery, 2013). Selon les données de eBird, la migration automnale débute en août et en septembre, et les déplacements vers le sud peuvent se poursuivre jusqu'en novembre et décembre; quant à la migration printanière, elle commence en mars et se termine généralement avant la fin de mai (eBird, 2012). Chez les individus nichant en Alaska et munis d’un géolocalisateur, on a observé une période de halte prolongée (de la mi-octobre à la fin novembre) lors de leur migration vers le sud, la région des fondrières des Prairies, depuis le sud de la Saskatchewan jusqu’en Iowa, étant une halte migratoire importante (Johnson et al., 2012). Au Québec, les données de l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac (1996-2010) indiquent d'importantes variations annuelles de l'abondance et du succès de reproduction du Quiscale rouilleux dans la forêt boréale de l'est. Ces données montrent une baisse continue du nombre de Quiscales rouilleux signalés durant la migration automnale (Savard et al., 2011).

On estime que la zone d’occurrenceNote 3 de bas de page du Quiscale rouilleux au Canada est de 5,3 millions de km2, mais on ne connaît pas la superficie de la zone d’occupationNote 4 de bas de page (COSEWIC, 2006). Des données indiquent une diminution de l’abondance des populations de Quiscales rouilleux le long de la limite sud de l’aire de répartition (Greenberg et al., 2011; BSC, 2012; McClure et al., 2012). En se fondant sur les données du Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS, pour Breeding Bird Survey), McClure et al. (2012) ont constaté que l’aire de reproduction du Quiscale rouilleux avait rétréci de 143 km vers le nord depuis 1966, et ont posé comme hypothèse que le rétrécissement était causé par les changements climatiques. On ignore si cette tendance fait partie d’un déplacement global vers le nord de l’aire de reproduction ou s’il s’agit d’un rétrécissement de l’aire de répartition. Greenberg et al. (2011) ont souligné que plusieurs milieux humides et lacs de l’ouest du Manitoba et de l’est de la Saskatchewan qui avaient déjà été occupés par l’espèce ne l’étaient plus, et que des relevés récents menés dans plus de 900 milieux humides de petite superficie en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba avaient permis d’observer seulement 14 Quiscales rouilleux. Dans le parc provincial Algonquin (durant les travaux menés pour l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario), le Quiscale rouilleux n’a été observé que dans 25 des 115 (21,7 %) parcelles de relevé de 10 km x 10 km, entre 2001 et 2005, alors que l’espèce avait été observée dans 42 des 115 (36,5 %) parcelles de relevé 20 ans plus tôt (Cadman et al., 2007).

Selon les données du Recensement des oiseaux de NoëlNote 5 de bas de page, la population hivernante du Quiscale rouilleux a diminué d’environ 85,0 % entre 1966 et 2003, à raison de 5,1 % par année (Niven et al., 2004; COSEWIC, 2006). Le déclin observé au cours de la plus récente période (1994 – 2003) était d’environ 2,1 % par année (COSEWIC, 2006). Les données du BBSNote 6 de bas de page ont permis d’estimer un déclin d’environ 5,7 % par année entre 1966 et 2009 dans l’ensemble de la zone couverte par le BBS (Sauer et al., 2011). Une analyse plus récente des données du BBS indique un déclin annuel à long terme de 6,3 % entre 1970 et 2012 au Canada (Environment Canada, 2014). Des déclins à court et à long terme de la population du Quiscale rouilleux sont manifestes dans toutes les régions du Canada, mais de façon générale, les plus importants déclins sont observés dans les régions du sud et de l’est (où les tendances estimées sont également plus fiables en raison du nombre limité de données provenant d’autres régions) (Environment Canada, 2014). Greenberg et Droege (1999) ont examiné les mentions historiques du Quiscale rouilleux et constaté que l’espèce était passée de « manifestement abondante » à « peu commune » avant même le début des relevés modernes. Le Quiscale rouilleux était décrit comme une espèce très commune ou abondante dans 56 % des comptes-rendus publiés avant 1920; cette valeur a baissé à 19 % entre 1921 et 1950, et à 7 % après 1950 (Greenberg et Droege, 1999).

3.3. Besoins du Quiscale rouilleux

Reproduction

Le Quiscale rouilleux niche dans les milieux humides boréaux, mais il est généralement absent des milieux humides situés au nord de la limite septentrionale des arbres et peu commun dans les milieux humides de haute montagneNote 7 de bas de page. L'espèce a été observée dans bon nombre de milieux riverains, notamment des milieux humides associés à des brûlis récents, des tourbières, des broussailles riveraines, des pessières ouvertes à mousses et à lichens, des cariçaies, des marais, des fourrés d'aulnes et de saules, et des estuaires (COSEWIC, 2006). Le Quiscale rouilleux a tendance à choisir des sites de reproduction qui combinent des plans d’eau douce peu profonds et de la végétation émergeante pour la recherche de la nourriture et qui se trouvent à proximité de milieux humides où poussent des conifères ou des grands arbustes offrant un couvert pour la nidification (Matsuoka et al., 2010a; Matsuoka et al., 2010b; Greenberg et al., 2011). Les recherches récentes du Quiscale rouilleux dans le nord de la Nouvelle Angleterre ont indiqué que l'occupation des milieux humides était associée à la présence de mares (bassins peu profonds sans poisson), à un milieu sec adjacent couvert de conifères à plus de 70 % et à des indices de présence du castor (Powell et al., 2012).

Figure 1. Aire de répartition mondiale du Quiscale rouilleux, incluant son aire de reproduction (gris pâle) et son aire d'hivernage (gris foncé). De plus, le Quiscale rouilleux hiverne sporadiquement à l'intérieur de la zone délimitée par la ligne traitillée (tiré de COSEWIC, 2006).
Carte d'Aire de répartition mondiale du Quiscale rouilleux
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre l'aire de répartition mondiale du Quiscale rouilleux, incluant l'aire de reproduction et l'aire d'hivernage. L'aire de reproduction s'étend dans tout le pays, couvrant largement toutes les provinces et tous les territoires, ainsi que des parties du nord des États Unis. L'aire d'hivernage couvre l'est des États Unis.

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Dans l'ensemble de son aire de répartition (à l'exception de l'intérieur de l'Alaska, où l'espèce niche principalement dans les saules), le Quiscale rouilleux niche surtout dans les petits conifères, en particulier les épinettes (Matsuoka et al., 2010b; Avery, 2013). Au Canada, des nids ont été trouvés aussi dans le sapin baumier (Abies balsamea ), le thuya occidental (Thuja occidentalis ), le bouleau à papier (Betula papyrifera ), le peuplier baumier (Populus balsamifera ), l'érable rouge (Acer rubrum) et le cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica ), ainsi que dans des carex émergents, des quenouilles et au sol sur un barrage de castors (Matsuoka et al., 2010b).

Les Quiscales rouilleux nichent en couples isolés ainsi qu'en colonies peu structurées dont la densité peut s'élever à plus de 8 territoires par km2 dans certaines parties de l'aire de reproduction (LaRue et al., 1995; COSEWIC, 2006; Avery, 2013). Dans le Maine, l'étendue moyenne du domaine vital des individus non coloniaux a été estimée à 14,6 ± 5,8 ha, alors que le domaine vital des individus des colonies peu structurées était environ trois fois plus grand que celui des individus non coloniaux (Powell et al., 2010a).

Population non reproductrice

Durant l’hiver, la plupart des Quiscales rouilleux occupent des milieux humides forestiers. Les récentes recherches ont montré que l’utilisation de l’habitat par les individus hivernant dans la vallée alluviale du Mississippi n’était peut-être pas aussi spécialisée que ce que l’on croyait (Luscier et al., 2010). Luscier et al. (2010) ont constaté que l’occupation du Quiscale rouilleux ne pouvait pas être systématiquement déterminée à petite échelle en fonction du couvert, de la densité des arbres, de la couverture d’eau et/ou du type d’habitat (forêt marécageuse, forêt humide, forêt sèche et zones agricoles). Néanmoins, DeLeon (2012) a observé qu’une couverture au sol humide et des eaux peu profondes constituaient d’importants indicateurs de l’occupation d’un site, de l’abondance et de la persistance de l’espèce en Louisiane. Outre les milieux humides forestiers, le Quiscale rouilleux fréquente notamment les vergers de pacaniers, les champs agricoles, les fourrés en bordure des plans d’eau douce, les marécages, les pâturages, les bassins d’épuration des eaux usées et les zones résidentielles (COSEWIC, 2006; Avery, 2013; Newell, 2013). Newell (2013) a constaté que le Quiscale rouilleux modifiait son utilisation de l’habitat (et son régime alimentaire) en fonction des conditions météorologiques. De façon générale, l’espèce fréquentait les vergers de pacaniers durant les périodes relativement froides, les milieux humides après la pluie et lorsque les conditions météorologiques devenaient plus clémentes, et les pelouses en milieu résidentiel lorsque des précipitations étaient imminentes (Newell, 2013).

Pendant la migration, des Quiscales rouilleux ont été observés dans des forêts inondées et des marécages, dans des fourrés bordant des lacs, des cours d’eau et des étangs de castors, ainsi que dans des pâturages, des champs labourés et même dans des bassins d’épuration des eaux usées, ou vus au repos (perchés) dans des champs ouverts et des zones boisées (COSEWIC, 2006; Avery, 2013).

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Quiscale rouilleux est varié et inclut des invertébrés aquatiques, comme des larves d’insectes (particulièrement des larves d’odonates), des escargots et des crustacés, ainsi que des têtards, des sauterelles, des coléoptères et des araignées (COSEWIC, 2006; Avery, 2013). En hiver et pendant la migration, il comprend aussi des pacanes concassées, diverses cultures, des graines, des petits fruits, des fruits, des glands, des lombrics et des petits poissons (Edmonds et al.,2010; Avery, 2013). Le Quiscale rouilleux se nourrirait aussi de bruants, de merles, de bécassines et d’autres oiseaux (Avery, 2013).

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4. Menaces

4.1. Évaluation des menaces

Tableau 2. Évaluation des menaces pesant sur le Quiscale rouilleux en Amérique du Nord.
Catégorie de la menaceMenaceNiveau de préoccupationNote a du tableau 2ÉtendueOccurrenceFréquenceGravitéNote b du tableau 2Certitude causaleNote c du tableau 2
Perte ou dégradation de l'habitatConversion des milieux humides dans l'aire d'hivernage et dans l'aire de migration au sud de la région boréaleÉlevéGénéraliséeCourante/historiqueContinueÉlevéeÉlevée
Perte ou dégradation de l'habitatDéboisementMoyenGénéraliséeCouranteContinueInconnueMoyenne
Perte ou dégradation de l'habitatChangements anthropiques dans l'hydrologie superficielleMoyenGénéraliséeCouranteContinueInconnueMoyenne
Perte ou dégradation de l'habitatConversion des milieux humides boisés de la région boréale dans l'aire de reproduction et l'aire de migrationFaibleGénéraliséeCouranteContinueInconnueÉlevée
Mortalité accidentelleProgrammes de lutte antiaviaire visant les « oiseaux noirs »MoyenLocaliséeCourante/historiqueSaisonnièreInconnueMoyenne
PollutionContamination au mercureMoyenGénéralisée (dans le centre et l'est du Canada)CouranteContinueInconnueMoyenne
PollutionAcidification des milieux humidesMoyenGénéralisée (dans le centre et l'est du Canada)CouranteContinueInconnueMoyenne
PollutionPesticides agricolesMoyenGénéraliséeCouranteContinueInconnueMoyenne
Climat et catastrophes naturellesChangements climatiques et assèchement des milieux humidesMoyenGénéraliséeCouranteContinueInconnueMoyenne
Changements dans la dynamique écologiqueModification de la composition des espèces prédatrices et compétitricesFaibleGénéraliséeCouranteContinueInconnueFaible
Activités ou processus naturelsMaladies et parasitesFaibleInconnueInconnueInconnueInconnueFaible

Note du tableau 2

Note [a] du tableau 2

Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour la gestion de l'espèce, conforme aux objectifs de gestion. Ce critère tient compte de l'évaluation de toute l'information figurant dans le tableau.

Retour à la référence de la note a du tableau 2

Note [b] du tableau 2

Gravité : indique l'effet à l'échelle de la population (Élevée : très grand effet à l'échelle de la population, modérée, faible, inconnue).

Retour à la référence de la note b du tableau 2

Note [c] du tableau 2

Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (Élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; Moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d'expert; Faible : la menace est présumée ou plausible).

Retour à la référence de la note c du tableau 2

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4.2. Description des menaces

Greenberg et Matsuoka (2010) affirment qu’il existe encore bien des inconnues entourant les causes du déclin du Quiscale rouilleux en Amérique du Nord. Bien que le rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2006) ainsi que les études de Greenberg et Droege (1999) et de Greenberg et al. (2011) font mention de menaces plausibles pour l’espèce, il sera nécessaire de poursuivre les recherches.

Conversion des milieux humides dans l'aire d'hivernage et dans l'aire de migration au sud de la région boréale

La conversion des milieux humides forestiers dans le sud des États-Unis serait le plus grand facteur responsable du déclin passé de la population du Quiscale rouilleux (Greenberg et Droege, 1999; COSEWIC, 2006). Depuis la colonisation européenne, les milieux humides boisés des États-Unis ont été convertis en terres agricoles et, récemment, les milieux humides ont été convertis en plantations de pins ou en lotissement urbain (Hamel et al., 2008; Greenberg et Matsuoka, 2010). Des années 1780 aux années 1980, la perte de milieux humides s’élevait à environ 57 % dans la vallée alluviale du cours inférieur du Mississippi et à environ 36 % dans le sud de la plaine côtière atlantique (Hamel et al., 2008). Les parties de l’habitat qui subsistent sont souvent fragmentées, ce qui pourrait faire augmenter la prédation du Quiscale rouilleux et la compétition de l’espèce avec d’autres Ictéridés (Greenberg et Matsuoka, 2010). Les efforts visant à restaurer les terres agricoles marginales en terres humides boisées ont permis de recruter avec succès des Quiscales rouilleux en période d’hivernage (Hamel et al., 2009).

Déboisement

Le déboisement comprend l’ensemble des activités d’abattage d’arbres à moyenne ou grande échelle. Plus de 60 % du sud de la forêt boréale qui est viable sur le plan commercial a été attribué à des sociétés forestières, et le taux de déboisement annuel dans l’écozone des plaines boréales se situe entre 0,8 % et 1,7 % (voir Hobson et al., 2002). Les taux de récolte du bois les plus élevés au Canada sont enregistrés au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario, où ils sont relativement stables depuis les années 1980 (Masek et al., 2011). De 2000 à 2012, environ 11 041 217 ha de forêt ont été récoltés à l’échelle du Canada (NFD, 2014). En Nouvelle-Angleterre, les Quiscales rouilleux nicheurs choisissent souvent de jeunes forêts de seconde venue pour nicher (Buckley, 2013; Powell et al., 2014). Powell et al. (2010b) ont établi que l’exploitation forestière constituait une menace pour la survie des nids de Quiscales rouilleux; cependant. Il était plus que deux fois plus probables que les nids se trouvant dans des peuplements n’ayant pas été déboisés récemment produisent des jeunes à l’envol par rapport aux nids se trouvant dans des peuplements ayant été exploités au cours des vingt dernières années, en raison de la prédation accrue dans les zones exploitées récemment (Powell et al., 2010b). Par contre, une étude du succès de la nidification du Quiscale rouilleux menée dans le Maine et le New Hampshire n’a révélé aucune différence entre le succès de la nidification des nids des zones exploitées et celui des nids des zones non exploitées (Buckley, 2013).

Étant donné que le Quiscale rouilleux est associé aux milieux humides boisés partout dans son aire d’hivernage, le déboisement peut avoir un effet sur la disponibilité de l’habitat d’hivernage. Toutefois, Twedt et Wilson (2007) ont constaté que durant la période d’hivernage, l’espèce fréquentait davantage les forêts basses de seconde venue à couvert fermé en raison des éclaircies sylvicoles.

Changement anthropiques dans l'hydrologie superficielle

Le Quiscale rouilleux pourrait être sensible aux changements dans l'hydrologie superficielle (Greenberg et al., 2011) et, par conséquent, les activités qui entraînent un assèchement des milieux humides, des changements dans les fluctuations des niveaux d'eau, le détournement et la régularisation de cours d'eau et le déplacement des eaux souterraines pourraient avoir des répercussions sur l'espèce. Les activités menées dans l'aire d'hivernage (p. ex. la régularisation des niveaux d'eau dans les bassins forestiers) ainsi que dans l'aire de reproduction et l'aire de migration (p. ex. l'exploitation des sables bitumineux, les projets hydroélectriques) pourraient modifier l'hydrologie superficielle normale dans l'habitat du Quiscale rouilleux. À l'heure actuelle, aucune recherche ne tente de déterminer les effets de l'hydrologie superficielle sur le taux de survie ou le succès de la nidification de l'espèce; l'hypothèse selon laquelle les changements dans l'hydrologie superficielle constituent une menace repose sur l'histoire naturelle de l'espèce (c.-à-d. sa préférence pour les milieux humides, notamment pour y trouver de la nourriture) (Greenberg et al., 2011).

Conversion des milieux humides boisés de la région boréale dans l'aire de reproduction et l'aire de migration

Les milieux humides boisés de la région boréale ont été convertis à différents usages, y compris l'agriculture, la production de tourbe, l'exploitation pétrolière et gazière et la mise en eau de réservoirs (Greenberg et Droege, 1999; Greenberg et Matsuoka, 2010; Greenberg et al., 2011). Ainsi, plus de un (1) million d'hectares de forêts ont été inondés dans le centre du Québec (Greenberg et al., 2011); 73 % de la zone de transition boréale en Saskatchewan a été transformée en terres agricoles depuis la colonisation européenne (Hobson et al., 2002); par ailleurs, depuis 2003, les activités d'exploration et d'extraction pétrolières et gazières ont eu des répercussions directes sur 8 % du biome de la forêt boréale (Greenberg et al. 2011). L’agrandissement du réseau routier et l’aménagement d’autres infrastructures dans les régions boréales peuvent aussi mener à la dégradation de l’habitat et permettre l’augmentation des populations d’autres espèces d’Ictéridés et de corneilles. Buckley (2013) a constaté que le taux de survie au nid était plus faible pour les nids construits près des routes de la Nouvelle-Angleterre, ce qui porte à croire que les routes peuvent également concentrer les activités prédatrices. Dans l'ensemble, on estime à 5 % la superficie d'habitat du Quiscale rouilleux qui a été modifiée en raison de la conversion de l'habitat au Canada, et il est prévu qu'un autre 4 % sera transformé au cours des cinquante prochaines années (COSEWIC, 2006). Une telle menace a probablement la plus grande incidence dans la partie sud de la forêt boréale où la conversion des milieux humides boisés est plus importante (Pasher et al. 2013).

Programmes de lutte antiaviaire visant les « oiseaux noirs »

On estime que plus de 117 000 Quiscales rouilleux ont été tués par les applications de Compound PA 14 Avian Stressing Agent au Kentucky, au Tennessee et en Alabama entre 1974 et 1992 (Dolbeer et al., 1995); ces applications visaient précisément à décimer les populations d'« oiseaux noirs » (Ictérinés) et d'Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris ) dans leurs aires de repos durant l'hivernage (Heisterberg et al., 1987). L'utilisation du PA 14 a cessé en 1992 (Dolbeer et al., 1995) et, en 2011, les États-Unis ont retiré le Quiscale rouilleux de la liste des espèces pouvant faire l'objet de mesures de lutte en vertu de l'ordonnance visant les « oiseaux noirs » (quiscales, carouges, vachers, corneilles et pies) du US Fish and Wildlife Service; cette mesure a donc permis de réduire le risque associé aux programmes de lutte antiaviaire pour le Quiscale rouilleux (Federal Register, 2010; NLWD, 2011). D'autres formes de lutte antiparasitaire, comme l'utilisation d'appâts empoisonnés pour éliminer les « oiseaux noirs » s'alimentant dans les parcs d'engraissement de bovins, peuvent toucher le Quiscale rouilleux durant la migration ou dans l'aire d'hivernage. Les Quiscales rouilleux ayant tendance à former des bandes plurispécifiques avec d'autres « oiseaux noirs » dans les aires de repos, peuvent encore être menacés par les mesures de lutte antiaviaire. Les programmes de lutte antiaviaire à petite échelle pourraient avoir des effets cumulatifs à long terme sur les populations de Quiscales rouilleux (Greenberg et Matsuoka, 2010) mais, jusqu'à présent, les programmes de lutte contre les « oiseaux noirs » n'ont pas été associés directement à des répercussions sur la population du Quiscale rouilleux.

Contamination au mercure

L’exposition au mercure peut réduire le succès de reproduction, affecter le système immunitaire et entraîner des effets sur le comportement et la physiologie des oiseaux (Scheuhammer et al., 2007). Dans certaines parties de son aire de répartition, le Quiscale rouilleux peut être exposé à de fortes concentrations de méthylmercure (MeHg), en raison de son régime alimentaire qui se compose d’insectes prédateurs contenant du mercure et de sa tendance à chercher de la nourriture dans les milieux humides acides où le mercure prend facilement sa forme toxique (méthylmercure, MeHg) (Greenberg et Matsuoka, 2010; Edmonds et al., 2012). Certaines données donnent à penser que les « oiseaux noirs » pourraient être plus sensibles à l’exposition au MeHg que d’autres groupes d’oiseaux, comme les oiseaux aquatiques (Heinz et al., 2009; Edmonds et al., 2010). Une récente étude à grande échelle sur les concentrations de mercure chez le Quiscale rouilleux a fait ressortir la menace possible associée à ce contaminant dans les Maritimes et en Nouvelle-Angleterre (Edmonds et al., 2010). Les concentrations de mercure dans les plumes du Quiscale rouilleux se reproduisant dans l’écorégion de la forêt acadienne de la Nouvelle-Angleterre et des Maritimes (Maine, New Hampshire, Vermont, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse) étaient de 3 à 7 fois plus élevées que les concentrations observées dans les plumes des individus présents dans l’aire d’hivernage du sud des États-Unis et dans les sites de reproduction en Alaska (Edmonds et al., 2010).

Le transport et le dépôt à grande distance du mercure sont des sources importantes de contamination pour bon nombre de milieux aquatiques au Canada (Fitzgerald et al., 1998). Le mercure biodisponible est aussi entraîné dans les bassins hydrographiques au cours des activités d’exploitation forestière, de la création de réservoirs hydroélectriques et de diverses activités industrielles connexes (Wiener et al., 2003). L’augmentation des concentrations de MeHg dans les zones déboisées semble être corrélée avec l’ampleur de la perturbation des sols dans la région (Porvari et al., 2003).

Un échantillonnage national des concentrations de mercure dans la perchaude (Perca flavescens) a révélé une exposition élevée au mercure dans les réseaux trophiques d’eau douce s’étendant à l’ensemble de l’Ontario, du Québec, des Maritimes et de Terre-Neuve-et-Labrador (Depew et al., 2013), laquelle est conforme aux concentrations élevées de mercure observées chez le Quiscale rouilleux dans les Maritimes et la Nouvelle-Angleterre (Edmonds et al., 2010). La région de l’Est du Canada compte 63 % de la population mondiale de Quiscales rouilleux (Partners in Flight Science Committee, 2013) et représente l’endroit où l’on observe la plus forte baisse de population selon le BBS (Environment Canada, 2014).

Acidification des milieux humides

Bien que la partie est de l'aire de répartition du Quiscale rouilleux soit plus susceptible d'être touchée par l'acidification des milieux humides (Schindler, 1988; Greenberg et Droege, 1999), on ne connaît toujours pas l'importance des répercussions de cette acidification sur l'espèce. L'augmentation de l'acidité peut causer des changements dans l'écologie générale des milieux humides. Des modifications dans les assemblages d'invertébrés, qui s'éloignent des espèces riches en calcium, ont été documentées dans le sud du Nouveau-Brunswick (Parker et al., 1992), et les sols acides des Pays Bas ont été liés au déclin de la productivité des passereaux (Graveland et al., 1994). Greenberg et Droege (1999) ont posé l'hypothèse selon laquelle l'acidification pourrait causer une perte de calcium et d'autres minéraux essentiels à la formation des coquilles d'œufs et des os; ils ont observé une forte proportion d'escargots et de mollusques dans le régime alimentaire du Quiscale rouilleux.

L'acidification peut provoquer une augmentation des concentrations de métaux, comme l'aluminium; les milieux humides acides favorisent également la transformation du mercure en méthylmercure (MeHg), un composé toxique, ce qui amplifie la menace d'exposition au mercure. On ne sait pas si les concentrations élevées de métaux touchent le Quiscale rouilleux ni de quelle façon.

L'acidification des milieux humides est habituellement causée par les précipitations acides associées à la pollution industrielle, la présence de sols sulfatés acides et, parfois, la création de pâturages peuvent aussi mener à l'acidification des milieux humides.

Pesticides agricoles

Selon Mineau et Whiteside (2013), il faudrait porter une attention particulière aux pesticides dans la recherche des facteurs responsables des baisses des populations d’oiseaux en Amérique du Nord, tout spécialement pour les espèces qui se reproduisent ou hivernent dans des zones agricoles, ou qui traversent de telles zones durant leurs migrations. Ces auteurs n’ont pu faire la part entre les effets directs (effets toxiques dus à l’ingestion de produits comme des semences enrobées, à l’inhalation, à l’absorption cutanée, ou à la consommation de proies contaminées) et indirects (par exemple sur l’habitat ou la chaîne alimentaire) des pesticides, et ont conclu que les pesticides ont probablement ces deux types d’effets (Mineau et Whiteside, 2013). Il existe très peu de données sur le sujet pour ce qui est du Quiscale rouilleux, mais, pour de nombreuses espèces d’oiseaux, des cas de mortalité directe et de perte d’habitat ont été attribués à l’utilisation de pesticides (voir par exemple Chamberlain et al., 2000; Boatman et al., 2004; Mineau, 2005).

La plupart des pesticides organochlorés (produits chimiques de la famille du dichlorodiphényltrichloroéthane, ou DDT) sont interdits depuis des décennies en Amérique du Nord. L’endosulfan, utilisé principalement dans une grande variété de cultures alimentaires, n’est pas frappé par l’interdiction concernant les organochlorés, mais son utilisation aux États-Unis fait l’objet d’une élimination progressive qui sera complétée en 2016. Il a été établi que ce pesticide présente un risque inacceptable pour les travailleurs agricoles et la faune (les oiseaux sont de façon générale passablement vulnérables à l’empoisonnement par l’endosulfan) (U.S. Environmental Protection Agency, 2010).

Divers composés organophosphorés, dont des organophosphates, et carbamates sont de plus en plus populaires depuis que l’utilisation de la majorité des pesticides organochlorés a été restreinte en Amérique du Nord dans les années 1970, puis interdite dans les années 1980 (Commission for Environmental Cooperation of North America, 2003). Les oiseaux et autres vertébrés peuvent être touchés s’ils ingèrent ou absorbent de quelque autre façon suffisamment d’organophosphates ou de carbamates, les oiseaux y semblant de façon générale plus sensibles que les autres vertébrés (Freedman, 1995; Friend et Franson, 1999).

Les insecticides néonicotinoïdes ont été introduits dans les années 1990, et bien que leurs taux d’utilisation soient mal connus dans l’aire de répartition du Quiscale rouilleux, on estime que près de 11 millions d’hectares de terres cultivées sont traités avec ce type de produits dans les Prairies canadiennes (Main et al., 2014). Les néonicotinoïdes sont généralement utilisés dans les terres agricoles, mais on en a détecté dans des milieux humides (Main et al., 2014) et des cours d’eau au Canada (Environment Canada 2011, Xing et al., 2013) . Les effets indirects des néonicotinoïdes sur les Quiscales rouilleux sont inconnus. Mineau et Palmer (2013) ont laissé entendre que les effets des néonicotinoïdes sur les oiseaux pourraient déborder des terres cultivées et s’étendre à l’échelle des bassins hydrographiques ou à l’échelle régionale; ainsi, les néonicotinoïdes peuvent donc avoir des conséquences sur les insectes et les oiseaux vivant en dehors des terres arables. Les néonicotinoïdes ont un effet négatif sur les populations d’insectes, au point qu’en 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a déclaré qu’ils présentent un risque « inacceptable » pour les insectes (Goulson, 2014). Aux Pays-Bas, les concentrations de néonicotinoïdes dans les eaux de surface ont été corrélées avec les baisses des populations d’oiseaux insectivores des terres agricoles (Hallmann et al., 2014).

Hallmann et al. (2014) ont laissé entendre que ces baisses découlaient probablement d’une réduction des quantités d’insectes proies par suite de l’utilisation d’insecticide. Les effets indirects de ces insecticides ont aussi été signalés chez l’Alouette des champs (Alauda arvensis), le Bruant jaune (Emberiza citrinella), le Tarier des prés (Saxicola rubetra), le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) et le Bruant proyer (Miliaria calandra) (Boatman et al., 2004; Gibbons et al., 2014).

Changements climatiques et assèchement des milieux humides

Les changements climatiques provoquent peut-être une contraction de la partie sud de l’aire de répartition du Quiscale rouilleux. McClure et al. (2012) ont établi que la probabilité de disparition locale de l’espèce était plus élevée dans le sud de son aire de reproduction et que, depuis 1966, les limites de cette dernière s’étaient déplacées d’environ 143 km vers le nord. Les auteurs ont attribué ces résultats aux changements climatiques, d’après des constatations selon lesquelles la latitude moyenne de reproduction du Quiscale rouilleux était touchée par les régimes climatiques annuels liés à l’oscillation décennale du Pacifique (McClure et al., 2012). Ces résultats concordent avec ceux de Stralberg et al. (sous presse), qui ont constaté que l’espèce était peu adaptée au climat de la portion sud de l’aire de reproduction et que le caractère convenable serait moindre, d’après des projections de  changements climatiques. On devrait observer un déplacement vers le nord des zones présentant des conditions climatiques convenables à la reproduction, de même qu’une diminution de leur disponibilité au fil du temps, ce qui mènera à une baisse de l’abondance potentielle du Quiscale rouilleux de 18 % vers 2040, de 37 % vers 2070 et de 55 % vers 2100.

Les changements climatiques influent aussi sur les propriétés chimiques, physiques et biologiques des lacs et d’autres milieux humides (Schindler et al., 1997; Winder et Schindler, 2004). En particulier, ils provoquent l’assèchement des milieux humides dans le nord de la forêt boréale, en raison de la fonte du pergélisol et de l’augmentation de l’évapotranspiration. Ce phénomène serait particulièrement prévalent dans la partie ouest de l’aire de répartition du Quiscale rouilleux (Hobson et al., 2010; Greenberg et al., 2011). L’assèchement des milieux humides en Alaska (Klein et al.,2005) a déjà entraîné des changements marqués dans l’abondance des invertébrés et dans les communautés végétales (Corcoran et al., 2009); de plus, McClure et al. (2012) ont posé comme hypothèse que les changements climatiques pourraient aussi provoquer un déphasage de l’émergence des invertébrés par rapport à la période de reproduction du Quiscale rouilleux. Jusqu’à présent, aucun lien direct entre les changements observés dans les milieux humides et les impacts sur le Quiscale rouilleux (individus ou populations) n’a été démontré, toutefois, la superficie des lacs et des étangs constitue le meilleur indicateur de l’abondance du Quiscale rouilleux en Alaska (Matsuoka et al., 2010a). Ainsi, l’assèchement des milieux humides provoqué par les changements climatiques peut réduire le nombre de milieux convenables à la reproduction (Matsuoka et al., 2010a).  

Les changements climatiques peuvent aussi provoquer des tempêtes plus violentes et plus fréquentes (IPCC, 2007). Il est possible que ces tempêtes entraînent l’inondation des sites de nidification et des aires d’alimentation du Quiscale rouilleux; de plus, les tempêtes de neige tardives au printemps peuvent mener à un échec de la reproduction de cette espèce qui niche tôt en saison.

Modification de la composition des espèces prédatrices et compétitrices

L’augmentation de l’abondance des espèces dominantes, comme le Carouge à épaulettes (Agelaius phoeniceus) et le Quiscale bronzé (Quiscalus quiscula), dans les milieux humides boréaux pourrait représenter une menace pour le Quiscale rouilleux. L’abondance des Quiscales rouilleux nicheurs est maximale dans les régions de l’Ontario où sont absents le Carouge à épaulettes et le Quiscale bronzé (Cadman et al., 2007). Bien que l’on ne connaisse pas encore la cause de ce phénomène, il pourrait résulter des changements climatiques, de la conversion et de la fragmentation de l’habitat, et de l’empiètement par les humains qui créent des milieux favorables aux espèces généralistes comme le Carouge à épaulettes et le Quiscale bronzé, qui tirent davantage profit de la présence de milieux secs et de milieux humides que le Quiscale rouilleux (Yasukawa et Searcy, 1995; Peer et Bollinger, 1997). Chez ces espèces, on a observé des comportements agressifs envers les Quiscales rouilleux nicheurs, mais on ne sait pas dans quelle mesure ces comportements influent sur le succès de la reproduction du Quiscale rouilleux.

Selon une autre étude, les corrélations entre l’abondance de Quiscales rouilleux, d’une part et l’abondance de campagnols (Arvicolinés), le climat ou les conditions météorologiques, d’autre part, donnent à penser qu’il existerait des interactions directes et indirectes complexes dans le réseau trophique (Savard et al., 2011). Cependant, le mécanisme réel demeure incertain, bien qu’il soit plausible qu’il soit lié à la variation de la pression exercée par les prédateurs (Savard et al., 2011).

Les populations de rapaces ont augmenté de manière substantielle depuis que l’utilisation du DDT a été interdite dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, et cette augmentation pourrait avoir fait augmenter la pression exercée par les prédateurs sur le Quiscale rouilleux (Greenberg et Matsuoka, 2010). Les rapaces prédateurs connus du Quiscale rouilleux sont notamment les éperviers, les faucons et les hiboux (Avery, 2013). Tous les cas de mortalité de Quiscales rouilleux munis d’un émetteur radio qui hivernaient en Caroline du Sud et en Géorgie étaient causés par la prédation des éperviers (Newell, 2013).

Maladies et parasites

Une analyse des échantillons de sang prélevés sur des Quiscales rouilleux dans le Maine, le Vermont, le New Hampshire, ainsi qu'en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick a indiqué une prévalence d'hématozoaires (parasites vivant dans le sang) de l'ordre des valeurs déjà publiées, alors que chez les Quiscales rouilleux se trouvant dans l'aire d'hivernage, la prévalence d'hématozoaires était supérieure aux prévisions (comparativement aux recherches précédentes portant sur le Quiscale rouilleux et d'autres passereaux) (Barnard, 2012). Bien que les parasites identifiés dans cette étude n'aient pas été considérés comme nuisibles à la survie du Quiscale rouilleux, leur forte prévalence durant l'hiver, période au cours de laquelle le nombre de parasites est habituellement réduit, donne à penser que le Quiscale rouilleux est peut être stressé ou qu'il est immunodéprimé lorsqu'il se trouve dans l'aire d'hivernage (Barnard et al., 2010; Barnard, 2012). Un système immunitaire affaibli peut faire augmenter la menace de maladies et d'infections causées par d'autres parasites. À l'heure actuelle, on ne connaît pas l'importance des maladies et des parasites par rapport au déclin et au rétablissement de la population du Quiscale rouilleux.

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5. Objectif de gestion

L’objectif de gestion du Quiscale rouilleux comporte deux volets : premièrement, mettre un terme au déclin de la population, puis maintenir la population au niveau de 2014; deuxièmement, augmenter l’abondance de la population, de manière à obtenir une augmentation soutenue sur dix ans de l’abondance de la population de Quiscales rouilleux au Canada.

Étant donné qu’on connaît peu l’importance des nombreuses menaces potentielles qui pèsent sur le Quiscale rouilleux, l’objectif qui consiste à mettre un terme au déclin de l’espèce et à maintenir la population à hauteur de ce qu’elle était en 2014 est un objectif à court terme approprié pour les dix prochaines années. Au fur et à mesure que les menaces seront définies et mieux comprises, et que les mesures d’atténuation potentielles seront mieux ciblées, l’objectif à long terme sera de montrer qu’il y a eu une augmentation soutenue sur dix ans de la population du Quiscale rouilleux par l’analyse des tendances de la population et d’autres indices. Les indices démographiques seront inférés par le cumul des sources de données disponibles, incluant le Recensement des oiseaux de Noël, le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord et les Atlas des oiseaux nicheurs, ainsi qu’au moyen d’autres méthodes éventuellement rendues disponibles. En raison des lacunes actuelles dans les connaissances, on ne pourra aborder les objectifs en matière de répartition qu’après avoir recueilli davantage d’information.

6. Stratégies générales et mesures de conservation

6.1. Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures spécifiques de suivi et/ou de conservation du Quiscale rouilleux qui sont déjà achevées ou qui sont en cours incluent :

  • Le Quiscale rouilleux a été suivi (et continue de l'être) dans le cadre de diverses initiatives menées au Canada et dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce. Ces initiatives comprennent entre autres le Relevé des oiseaux nicheurs d'Amérique du Nord (BBS), le Recensement des oiseaux de Noël (RON), les Atlas des oiseaux nicheurs, les observatoires d'oiseaux migrateurs et les Fichiers de nidifications des oiseaux.
     
  • L'International Rusty Blackbird Working Group (IRBWG), formé en 2005, a favorisé la collaboration entre les partenaires dans l'ensemble de l'aire de répartition du Quiscale rouilleux, a aidé à déterminer les menaces potentielles pesant sur l'espèce et a élaboré une section spéciale dans The Condor, revue à comité de lecture, pour présenter les résultats des recherches (IRBWG, 2014). Les projets de recherche de l'IRBWG continuent à fournir des informations, y compris les tendances en matière de population, les menaces et les besoins en matière d'habitat.
     
  • Un programme de baguage du Quiscale rouilleux en période de migration a été mené dans le sud du Yukon, de 2005 à 2010; il comprenait une étude des méthodes de détermination de l'âge (Mettke-Hofmann et al., 2010), l'échantillonnage de plumes pour l'analyse des isotopes stables (études de la connectivité) et le baguage au moyen de bagues de couleur (P. Sinclair, comm. pers.).
     
  • Un programme de suivi de la migration du Quiscale rouilleux réalisé à Tadoussac, au Québec (de 1996 à 2013), faisant appel à une méthode uniforme de dénombrement visuel et à un programme de baguage, a permis de suivre les variations annuelles de l’abondance de l’espèce et la productivité de l’espèce (B. Drolet, comm. pers.). Il s’agit d’une importante source de données sur le Quiscale rouilleux au Québec qui laisse croire à l'existence d’un cycle quinquennal de la productivité de l’espèce dans la forêt boréale de l’Est (une tendance qui pourrait rendre le Quiscale rouilleux plus vulnérable).
     
  • Une étude rétrospective du Quiscale rouilleux dans la vallée du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, a montré que les occurrences de l'espèce ne semblaient pas avoir beaucoup changé dans la vallée durant une période de 33 ans (du début des années 1970 à 2006) (Machtans et al., 2007).
     
  • Une étude de la connectivité migratoire faisant appel à l'analyse isotopique a été menée; on y comparait des individus provenant de diverses parties de l'aire d'hivernage à des spécimens provenant de l'aire de reproduction (de nouvelles plumes se développent dans l'aire de reproduction). Selon les résultats, il y aurait une division entre la population de l'est et la population de l'ouest (Hobson et al., 2010).
     
  • En 2011, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a publié un plan de gestion provincial du Quiscale rouilleux qui précisait les mesures de conservation du Quiscale rouilleux à Terre-Neuve et au Labrador (NLWD, 2011).
     
  • Les scientifiques à Environnement Canada (Direction générale des sciences et de la technologie et Service canadien de la faune) examinent présentement les changements dans la distribution du Quiscale rouilleux en lien avec les concentrations de mercure mesurées dans les Maritimes et en Ontario (N. Burgess, comm. pers., 2013).
     
  • Des chercheurs de l'Université Dalhousie élaborent un modèle de la distribution de l'espèce et un indice d'habitat convenable pour le Quiscale rouilleux dans le sud est de la Nouvelle-Écosse (A. Westwood, comm. pers.).
     
  • Le comité directeur de l'International Rusty Blackbird Working Group prépare une ébauche de stratégie internationale de conservation du Quiscale rouilleux (P. Sinclair, comm. pers.).
     
  • Une opération éclair internationale relative à la migration printanière du Quiscale rouilleux (International Rusty Blackbird Spring Migration Blitz) a été lancée en 2014 pour déterminer les principales haltes migratoires (IRBWG, 2014).
     
  • Des chercheurs du Projet de modélisation de l’avifaune boréale (Boreal Avian Modelling Project) prévoient des changements relatifs à la distribution et l’abondance du Quiscale rouilleux (et d’autres espèces d’oiseaux chanteurs boréales) par rapport aux projections des changements climatiques dans tout le Canada et la région de conservation des oiseaux de la Forêt intérieure du Nord-Ouest (BAM, 2014; Stralberg et al., sous presse).
     
  • Le Quiscale rouilleux est visé par les évaluations environnementales provinciales et fédérales et, par conséquent, des mesures d'atténuation et des programmes de suivi sont souvent mis en place.
     
  • Des feuillets d'information sur les espèces en péril ont été publiés pour faciliter l'identification du Quiscale rouilleux et de toutes les autres espèces considérées comme étant en péril, de leur habitat typique, des menaces potentielles qui pèsent sur elles, et de leur aire de répartition dans les Territoires du Nord-Ouest.

6.2. Stratégies générales

Les stratégies générales proposées dans le présent plan de gestion sont les suivantes :

  1. Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.
  2. Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.
  3. Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.
  4. Favoriser et établir des collaborations dans le cadre des activités de gestion et de conservation du Quiscale rouilleux dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce.

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6.3. Mesures de conservation

Le calendrier suivant est proposé pour implanter la mise en œuvre des stratégies générales énoncées à la section 6.2.

Tableau 3. Mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre
Stratégie généraleMesures de conservationPrioritéMenaces ou préoccupations abordéesÉchéancier
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Déterminer et suivre les changements dans la distribution et l'utilisation de l'habitat pendant et après la reproduction, dans l'ensemble de l'aire de répartition canadienne.ÉlevéeLacunes dans les connaissances2015 - en continu
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Évaluer la qualité des données accessibles sur la population et l'abondance dans l'ensemble de l'aire de reproduction, déterminer les lacunes dans les connaissances et améliorer les techniques de relevé et d'analyse, si nécessaire.ÉlevéeLacunes dans les connaissances2015 – 2016
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Encourager le signalement du Quiscale rouilleux par les citoyens dans le cadre des programmes scientifiques existants (eBird, opération éclair relative à la migration du Quiscale rouilleux, BBS, Recensement des oiseaux de Noël, Grand dénombrement des oiseaux de février, Étude des populations des oiseaux du Québec [ÉPOQ], etc.)ÉlevéeLacunes dans les connaissances2015 – 2023
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Déterminer la connectivité à petite échelle entre les populations nicheuses et les populations en hivernage afin de définir les unités de population appropriées aux fins de gestion.ÉlevéeLacunes dans les connaissances2015 – 2019
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Comparer des variables démographiques (c.-à-d. survie, succès de la reproduction et distribution des âges) entre les différentes régions de reproduction et d'hivernage.ÉlevéeLacunes dans les connaissances2016 – 2019
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Élaborer des modèles de l'utilisation de l'habitat dans l'aire de reproduction du Quiscale rouilleux.MoyenneLacunes dans les connaissances2018 – 2021
Combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'abondance des populations de Quiscales rouilleux, les tendances démographiques, l'aire de répartition de l'espèce, le succès de la reproduction et les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada.Déterminer si l’aire de reproduction se rétrécit ou si on observe un déplacement vers le nord.MoyenneLacunes dans les connaissances2018 – 2021
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Étudier les changements historiques dans la distribution et l'abondance du Quiscale rouilleux dans l'ensemble de son aire de reproduction et à l'échelle régionale, en fonction des changements dans l'utilisation des terres et des changements dans l'habitat, pour mieux comprendre les causes des déclins de la population.ÉlevéeConversion des milieux humides (aire de reproduction), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, acidification des milieux humides, pesticides agricoles, changements climatiques et assèchement des milieux humides, et lacunes dans les connaissances2015 – 2018
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Évaluer le rôle du mercure dans les déclins de la population dans l’est du Canada.ÉlevéeContamination au mercure et lacunes dans les connaissances2015 – 2018
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Déterminer plus clairement les répercussions des changements dans l’habitat sur l’abondance, la survie et le succès de la reproduction.ÉlevéeConversion des milieux humides (aire de reproduction), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, acidification des milieux humides, pesticides agricoles, changements climatiques et assèchement des milieux humides, et lacunes dans les connaissances2016 – 2020
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Étudier l’utilisation que fait le Quiscale rouilleux des milieux altérés par les humains, comme les parcs d’engraissement des bovins, les champs agricoles et les décharges durant la migration, afin d’évaluer l’ampleur des menaces associées aux mesures de lutte antiaviaire visant les « oiseaux noirs », aux pesticides agricoles, etc.MoyenneLutte antiaviaire visant les « oiseaux noirs », pesticides agricoles, lacunes dans les connaissances2016 – 2020
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Déterminer l'influence de la compétition livrée par le Carouge à épaulettes, le Quiscale bronzé ou d'autres espèces sur l'occupation de l'habitat par le Quiscale rouilleux et/ou le succès de la reproduction de l'espèce.MoyenneModification de la composition des espèces prédatrices et compétitrices, et lacunes dans les connaissances2017 – 2020
Déterminer et mieux comprendre les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux dans l'ensemble de ses aires de reproduction, d'hivernage et de migration.Examiner le rôle des maladies et des parasites dans le déclin de la population.FaibleMaladies et parasites, et lacunes dans les connaissances2020 – 2023
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Tenir compte des besoins du Quiscale rouilleux dans les plans de gestion des terres publiques, les évaluations environnementales et les initiatives portant sur la planification de l'utilisation du territoire (exploitation forestière, exploitation minière, agriculture, etc.).ÉlevéeConversion des milieux humides (aires de reproduction, de migration et d’hivernage), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, contamination au mercure, acidification des milieux humides, pesticides agricoles et modification de la composition des espèces prédatrices et compétitricesEn continu
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Soutenir l'application des lois et des règlements existants visant les menaces qui ont des répercussions sur le Quiscale rouilleux et son habitat, et encourager l'adoption de mesures de protection supplémentaires, si nécessaire.ÉlevéeConversion des milieux humides (aires de reproduction et de migration) et déboisement2015 – 2017
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Repérer les sites principaux ne faisant actuellement l'objet d'aucune mesure de conservation, et encourager et faciliter leur conservation (p. ex. les zones où l'abondance des nids est élevée, les zones où les concentrations d'individus sont élevées après la reproduction ou durant la migration).ÉlevéeConversion des milieux humides (aires de reproduction, de migration et d’hivernage), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, contamination au mercure, acidification des milieux humides, pesticides agricoles, changements climatiques, et modification de la composition des espèces prédatrices et compétitrices2016 – 2023
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Élaborer des pratiques exemplaires en matière de conservation du Quiscale rouilleux.ElevéeConversion des milieux humides (aires de reproduction, de migration et d’hivernage), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, contamination au mercure, acidification des milieux humides, pesticides agricoles, changements climatiques et assèchement des milieux humides, et modification de la composition des espèces prédatrices et compétitrices2015 – 2023
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Favoriser la conservation et la gestion du Quiscale rouilleux auprès des propriétaires fonciers, des aménagistes forestiers, de l'industrie, des organismes voués à la conservation, des groupes autochtones et des gouvernements.MoyenneConversion des milieux humides (aires de reproduction, de migration et d’hivernage), déboisement, changements anthropiques dans l’hydrologie superficielle, contamination au mercure, acidification des milieux humides, changements climatiques, pesticides agricoles, assèchement des milieux humides, et modification de la composition des espèces prédatrices et compétitricesEn continu
Mettre en œuvre des mesures d'intendance et d'atténuation des menaces visant le Quiscale rouilleux.Participer aux initiatives visant à réduire les changements climatiques, la contamination au mercure et l'acidification des milieux humides.MoyenneChangements anthropiques dans l'hydrologie superficielle, contamination au mercure, acidification des milieux humides, et changements climatiques et assèchement des milieux humidesEn continu
Favoriser et établir des collaborations dans le cadre des activités de gestion et de conservation du Quiscale rouilleux dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce.Assurer et augmenter la participation active du Canada aux activités de l’International Rusty Blackbird Working Group (IRBWG) et collaborer avec d’autres partenaires internationaux, s’il y a lieu.ÉlevéeToutes les menaces et les lacunes dans les connaissancesEn continu
Favoriser et établir des collaborations dans le cadre des activités de gestion et de conservation du Quiscale rouilleux dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce.Établir les possibilités et les mesures de conservation susceptibles de s'harmoniser aux possibilités et aux mesures établies dans la stratégie internationale de conservation du Quiscale rouilleux (à venir).MoyenneToutes les menaces et les lacunes dans les connaissancesEn continu

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7. Mesure des Progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès accomplis vers l'atteinte des objectifs de gestion.

  • L’indicateur de progrès à court terme est le maintien de la population actuelle (c.-à-d. aux valeurs de 2014).
  • L’indicateur de progrès à long terme (sur plus de 10 ans) est l’augmentation de la population par rapport à la population actuelle (en 2014).
    • Le niveau de la population sera inféré à l’aide d’une méthode normalisée et de la combinaison des sources de données accessibles, y compris le Recensement des oiseaux de Noël, le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord, les atlas des oiseaux nicheurs et de tout autre programme approprié.

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Stralberg, D., S.M. Matsuoka, A. Hamann, E.M. Bayne, P. Sólymos, F.K.A. Schmiegelow, X. Wang, S.G. Cumming, S.J. Song, sous presse, Projecting boreal bird responses to climate change: the signal exceeds the noise, Ecological Applications.

U.S. Environmental Protection Agency. 2010. Endosulfan phase-out. U.S. Environmental Protection Agency [en anglais seulement]. [consulté en août 2014].

Wiener, J.G., D.P. Krabbenhoft, G.H. Heinz et A.M. Scheuhammer. 2003. Ecotoxicology of Mercury, Pages 407-461, in D.J. Hoffman, B.A. Rattner, G.A. Burton et J. Cairns (eds.), Handbook of Ecotoxicology, 2nd edition, CRC Press, Boca Raton, FL.

Winder, M., et D.W. Schindler. 2004. Climate change uncouples trophic interaction in an aquatic ecosystem, Ecology 85(8):2100-2106.

Xing, Z., L. Chow, H. Rees, F. Meng, S. Li, B. Ernst, G. Benoy, T. Zha et L. M. Hewitt. 2013. Influences of sampling methodologies on pesticide-residue detection in stream water. Archives of environmental contamination and toxicology 64(2): 208-218.

Yasukawa, Ken et W. A. Searcy. 1995. Red-winged Blackbird (Agelaius phoeniceus), The Birds of North America Online [en anglais seulement].  Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY. [consulté en janvier 2014].

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Communications Personnelles

A. Westwood. 2013. Doctorant, Département de biologie, Université Dalhousie, Halifax (Nouvelle-Écosse).

B. Drolet. 2013. Biologiste, Évaluation des populations, Environnement Canada – Service canadien de la faune, Région du Québec.

N. Burgess. 2011. Toxicologue de la faune, Environnement Canada, Direction générale des sciences et de la technologie, 6, rue Bruce, Mount Pearl (Terre-Neuve-et-Labrador) A1N 4T3.

P. Sinclair. 2011. Biologiste spécialiste de la conservation des oiseaux, Environnement Canada – Service canadien de la faune, 91780, route de l'Alaska, Whitehorse (Yukon) Y1A 5X7.

V. Carignan. 2012. Biologiste principal, Rétablissement des espèces en péril, Environnement Canada – Service canadien de la faune, 105, rue McGill, 7e étage, Montréal (Québec) H2Y 2E7.

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Annexe A. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou la réalisation de tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des plans peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le plan lui-même, mais également résumés, ci-dessous.

Les activités qui profitent au Quiscale rouilleux seront vraisemblablement bénéfiques pour un grand nombre d'espèces fauniques qui sont présentes à l'état naturel dans la forêt boréale, en particulier les espèces associées aux milieux humides. D'autres espèces d'oiseaux qui nichent dans les milieux humides boréaux ont connu des déclins marqués, et on s'attend à ce que les mesures prises pour atténuer les menaces qui pèsent sur le Quiscale rouilleux aient aussi des répercussions positives sur ces autres espèces (Greenberg et Matsuoka, 2010; Greenberg et al., 2011). Ces autres espèces comprennent notamment le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) (population de l'ouest), la Macreuse brune (Melanitta fusca), le Moucherolle à côtés olive (Contopus cooperi), le Petit Chevalier (Tringa flavipes) et le Chevalier solitaire (T. solitaria) (Greenberg et Matsuoka; 2010; Greenberg et al., 2011). Bien qu'il soit possible que le présent plan d'action ait des répercussions négatives sur d'autres espèces d'oiseaux (comme le Carouge à épaulettes et le Quiscale bronzé), il a été conclu qu'il était peu susceptible de produire d'importants effets négatifs, compte tenu de la nature non intrusive des mesures proposées et de l'abondance des populations des espèces susceptibles d'être touchées.

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

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Note 2 de bas de page

Les rémiges tertiaires sont les plumes internes des ailes, c.-à-d. celles qui sont le plus près du corps de l'oiseau.

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Note 3 de bas de page

La superficie délimitée par un polygone sans angles concaves comprenant la répartition géographique de toutes les populations connues d'une espèce sauvage. (Source : Rapports de situation)

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Note 4 de bas de page

La superficie au sein de la « zone d'occurrence » occupée par un taxon, à l'exclusion des cas de nomadisme. La mesure reflète le fait que la zone d'occurrence peut contenir des habitats inadaptés ou inoccupés. (Source : COSEPAC, Rapports de situation, adapté d'UICN [2010])

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Note 5 de bas de page

L'évaluation du Quiscale rouilleux menée par le COSEPAC a accordé plus d'importance aux taux de déclin établis d'après le Recensement des oiseaux de Noël, parce que le recensement couvre la totalité de l'aire d'hivernage de l'espèce. Il a néanmoins été reconnu que la méthode sous estimait vraisemblablement la population en raison de la présence du Quiscale rouilleux dans des bandes plurispécifiques composées d'espèces semblables.

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Note 6 de bas de page

Les données du BBS ne constituent peut être pas le meilleur outil pour suivre les déclins du Quiscale rouilleux au Canada, parce que le cœur de l'habitat de l'espèce se situe au nord de la grande majorité des parcours du BBS.

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Note 7 de bas de page

Des individus errants ont été observés dans la toundra, au Nunavut, jusqu'à environ 1 000 km au nord de la limite des arbres (eBird, 2012).

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