Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement du renard véloce (Vulpes velox) au Canada

Loi sur les espèces en péril – Programmes de rétablissement, Programme de rétablissement du renard véloce (Vulpes velox) au Canada.

Loi sur les espèces en péril
Programmes de rétablissement

Renard véloce

Janvier 2008

La série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril

Qu'est-ce que la Loi sur les espèces en péril (LEP)?

La LEP est la loi fédérale qui constitue l’une des pierres d’assise de l’effort national commun de protection et de conservation des espèces en péril au Canada. Elle est en vigueur depuis 2003 et vise, entre autres, à permettre le rétablissement des espèces qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Dans le contexte de la conservation des espèces en péril, le rétablissement est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces à sa survie sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie de l’espèce à l’état sauvage. Une espèce sera considérée comme rétablie lorsque sa survie à long terme à l’état sauvage aura été assurée.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement est un document de planification qui identifie ce qui doit être réalisé pour arrêter ou inverser le déclin d’une espèce. Il établit des buts et des objectifs et indique les principaux champs des activités à entreprendre. La planification plus élaborée se fait à l’étape du plan d’action.

L’élaboration de programmes de rétablissement représente un engagement de toutes les provinces et de tous les territoires ainsi que de trois organismes fédéraux -- Environnement Canada, l’Agence Parcs Canada et Pêches et Océans Canada -- dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril. Les articles 37 à 46 de la LEP décrivent le contenu d’un programme de rétablissement publié dans la présente série ainsi que le processus requis pour l’élaborer.

Selon le statut de l’espèce et le moment où elle a été évaluée, un programme de rétablissement doit être préparé dans un délai de un à deux ans après l’inscription de l’espèce à la Liste des espèces en péril de la LEP. Pour les espèces qui ont été inscrites à la LEP lorsque celle-ci a été adoptée, le délai est de trois à quatre ans.

Et ensuite?

Dans la plupart des cas, un ou plusieurs plans d’action seront élaborés pour définir et guider la mise en oeuvre du programme de rétablissement. Cependant, les recommandations contenues dans le programme de rétablissement suffisent pour permettre la participation des collectivités, des utilisateurs des terres et des conservationnistes à la mise en oeuvre du rétablissement. Le manque de certitude scientifique ne doit pas être prétexte à retarder la prise de mesures efficientes visant à prévenir la disparition ou le déclin d’une espèce.

La série de Programmes de rétablissement

Cette série présente les programmes de rétablissement élaborés ou adoptés par le gouvernement fédéral dans le cadre de la LEP. De nouveaux documents s’ajouteront régulièrement à mesure que de nouvelles espèces seront inscrites à la Liste des espèces en péril et que les programmes de rétablissement existants seront mis à jour.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur la Loi sur les espèces en péril (LEP) et les initiatives de rétablissement, veuillez consulter le Registre public de la LEP.

 

Programme de rétablissement du renard véloce (Vulpes velox) au Canada

Janvier 2008

Citation recommandée :

Pruss, S.D., P. Fargey et A. Moehrenschlager. 2008. Programme de rétablissement du renard véloce (Vulpes velox) au Canada. Rédigé en collaboration avec l'équipe canadienne de rétablissement du renard véloce. In Programmes de rétablissement en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada. vi + 28 p.

Exemplaires supplémentaires

Vous pouvez télécharger des exemplaires de la présente publication à partir du Registre public de la Loi sur les espèces en péril.

Photo de la couverture :

Photo d'un renard véloce prise par C. Moehrenschlager. Reproduction autorisée.

Also available in English under the title "Recovery Strategy for the Swift Fox (Vulpes velox) in Canada"

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l'Environnement, 2008. Tous droits réservés.

ISBN : 978-0-662-07808-1
No de cat. : En3-4/47-2007F-PDF

Le contenu du présent document (à l’exclusion de la photo de la couverture) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit bien indiquée.

Déclaration

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires ont convenu de travailler ensemble à l'adoption de lois, de programmes et de politiques pour protéger les espèces sauvages en péril partout au Canada. La Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, chap. 29) (LEP) oblige les ministres fédéraux compétents à élaborer un programme de rétablissement pour chaque espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée.

Le ministre de l'Environnement a l'honneur de déposer le présent document, qui renferme le programme de rétablissement du renard véloce, conformément aux exigences de la LEP. Ce programme a été élaboré en collaboration avec les compétences responsables, qui sont décrites dans l'avant-propos. Le ministre invite les autres compétences et organismes qui participent au rétablissement du renard véloce à se servir du présent programme comme guide pour orienter les mesures prises. Le ministre de l'Environnement fera le nécessaire pour que, dans la mesure du possible, les citoyens du pays qui sont intéressés ou directement touchés par ces mesures soient consultés.

Les buts, les objectifs et les approches exposés dans le présent programme sont fondés sur les connaissances les plus actuelles dont nous disposons sur l'espèce; ils pourraient être modifiés à la lumière de nouvelles conclusions ou d'objectifs révisés.

Le présent programme sera complété par un ou plusieurs plans d'action qui exposeront en détail chacune des mesures à prendre pour favoriser la protection et le rétablissement de l'espèce. Pour que le rétablissement du renard véloce soit couronné de succès, il faut pouvoir compter sur l'engagement et la coopération de nombreux intervenants qui participeront à la mise en œuvre des mesures présentées ici. Dans l'esprit de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada, toute la population canadienne est invitée à participer à la mise en œuvre de ce programme, qui profitera à la fois à l'espèce et à la société canadienne dans son ensemble. Le ministre de l'Environnement rendra compte des progrès réalisés d'ici cinq ans.


Auteurs

Shelley Pruss, Agence Parcs Canada
Pat Fargey, Agence Parcs Canada
Axel Moehrenschlager, Calgary Zoological Society


Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier tous les éleveurs, les agriculteurs et les autres gestionnaires fonciers qui ont accueilli des renards véloces sur leurs terres. Ils sont également reconnaissants à Parcs Canada, au Service canadien de la faune et à la Calgary Zoological Society, qui ont fourni des fonds pour la rédaction du présent programme de rétablissement. Merci également à tous les membres de l'équipe de rétablissement de leur importante contribution à ce plan :

Coprésidents
Pat Fargey, Agence Parcs Canada
Axel Moehrenschlager, Calgary Zoological Society

Membres :
Ursula Banasch, Service canadien de la faune
Bill Bristol, Administration du rétablissement agricole des Prairies
Lu Carbyn, chercheur émérite, Service canadien de la faune
Elliot Fox, tribu des Blood
Sue McAdam, ministère de l'Environnement de la Saskatchewan
Joel Nicholson, ministère du Développement durable des ressources de l'Alberta
Clio Smeeton, Cochrane Ecological Institute
Peggy Strankman, Canadian Cattlemen's Association
Shelley Pruss, Agence Parcs Canada


Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2004), une évaluation environnementale stratégique (EES) doit être réalisée pour tous les programmes de rétablissement assujettis à la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cette évaluation vise à garantir que les incidences environnementales des politiques, des plans et des programmes publics proposés seront prises en compte dès le début des travaux d'élaboration, de manière à permettre la prise de décisions éclairées et respectueuses de l'environnement. Les programmes de rétablissement favorisent les espèces en péril et la biodiversité en général, mais ils peuvent aussi avoir des effets imprévus sur l'environnement. Le contenu du rapport d'EES (Forrestall, 2006) est résumé ci-dessous.

Le programme de rétablissement aura manifestement des bienfaits sur l'environnement, du fait qu'il favorise le rétablissement du renard véloce (Vulpes velox). Les mesures de conservation supplémentaires qu'il prévoit profiteront aussi à de nombreuses autres espèces vulnérables ainsi qu'au nombre toujours décroissant de parcelles de prairie mixte qui leur servent d'habitat. De plus, les mesures de rétablissement auront des conséquences positives pour les Autochtones en permettant au renard véloce de faire à nouveau partie intégrante de leur culture. Cependant, il existe un risque d'effets néfastes dans deux situations.

D'une part, la croissance des populations de renards véloces pourrait nuire à deux espèces de proies, le Tétras des armoises et le chien de prairie à queue noire. Ces espèces sont inscrites à la LEP et doivent faire l'objet de programmes de rétablissement qui exposeront les travaux de surveillance et de recherche à exécuter ainsi que les autres mesures à prendre pour limiter l'impact d'un essor des populations de renards véloces. De plus, il existe un programme visant à intégrer le rétablissement du renard véloce à un plan de conservation de l'ensemble des espèces dépendant de la prairie.

D'autre part, il se peut que des plans visant à modifier la densité des coyotes et des renards roux soient proposés à l'issue de recherches sur les densités de population optimales pour assurer la survie du renard véloce. Une éventuelle mesure de réduction de l'effectif de coyotes et de renards roux pourrait avoir des effets néfastes sur ces populations. Cependant, les deux espèces ne sont pas en péril à l'heure actuelle, et elles comptent des effectifs importants, de sorte qu'une réduction de la densité de population dans certaines localités risque peu de les menacer. Mais il importe de tenir compte des effets de cette réduction sur les autres relations prédateurs-proies. Les plans destinés à réduire la densité des coyotes et des renards roux pour le bien du renard véloce doivent envisager toutes les options possibles (ex. : méthodes mortelles, piégeage et déplacement, contrôle des naissances et modification de l'habitat). L'option qui aura le moins d'impact sur le renard véloce, l'écosystème de la prairie mixte et les autres espèces devrait être retenue.

Le rapport d'EES conclut que le programme de rétablissement aura de nombreux impacts positifs et qu'il n'aura aucun effet néfaste important tant et aussi longtemps que les mesures d'atténuation recommandées sont mises en œuvre, notamment une évaluation approfondie de toute mesure découlant des recherches menées dans le cadre du programme de rétablissement, par exemple l'abattage sélectif ou l'enlèvement d'espèces d'un parc national. Pour obtenir de plus amples renseignements, prière de consulter le document Strategic Environmental Assessment of the Recovery Strategy for the Swift Fox (Vulpes velox) in Canada.

Résidence

La LEP définit la résidence comme suit : « gîte - terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable - occupé ou habituellement occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l'élevage, les haltes migratoires, l'hivernage, l'alimentation ou l'hibernation » [LEP, paragr. 2(1)].

La description de la résidence ou les motifs justifiant l’inapplicabilité du concept de résidence à une espèce donnée sont publiés dans le Registre public de la LEP.

En vertu de la LEP, il est interdit d’endommager ou de détruire les résidences du renard véloce. L’équipe de rétablissement du renard véloce considère que les terriers sont des résidences.


Avant-propos

Le présent programme porte sur le rétablissement du renard véloce. Au Canada, cette espèce se rencontre dans le sud-est de l'Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan.

Le programme de rétablissement du renard véloce a été élaboré par les auteurs pour le compte de l'Agence Parcs Canada, au nom du ministre compétent (le ministre de l'Environnement). Il a été élaboré en collaboration avec une équipe de rétablissement composée de représentants d'organismes provinciaux de protection de la faune et de gestion foncière, de gestionnaires fonciers, d'organismes de conservation, de membres de l'industrie, d'universitaires, de membres de la Première nation des Blood, de Parcs Canada, d'Environnement Canada et d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Résumé

  • Le renard véloce se rencontre principalement dans les parcelles de prairie à graminées courtes et de prairie mixte de l'Amérique du Nord.

  • L'espèce a déjà disparu du Canada par le passé. Selon les résultats du recensement effectué en 2006, une petite population de quelque 647 bêtes (1 162 individus en comptant la population du Montana) s'est établie en Alberta et en Saskatchewan grâce à des mesures de réintroduction. Ces animaux se reproduisent à l'état sauvage, mais l'espèce pourrait être menacée par la prédation et la disparition de son habitat.

  • Voici les principales menaces qui pèsent sur l'espèce : disparition, dégradation et fragmentation de l'habitat; prédation et exclusion compétitive par le coyote (Canis latrans) et le renard roux (Vulpes vulpes); mortalité due aux véhicules; maladies; empoisonnement et piégeage. Le changement climatique, de même que ses effets sur l'habitat et les aires de répartition, contribue également à rendre incertain l'avenir du renard véloce.

  • But du rétablissement à long terme : d'ici 2027, rétablir une population autosuffisante d'au moins 1 000 renards véloces matures et capables de se reproduire et limiter à un maximum de 30 % les réductions d'effectif décennales.

  • Un but à court terme a également été établi pour faciliter l'évaluation des progrès accomplis. Le voici : d'ici 2012, assurer le maintien d'une population d'au moins 250 renards véloces matures et capables de se reproduire.

  • Huit objectifs ont été fixés afin de faciliter l'atteinte du but à court terme :
    1. Déterminer la superficie et la configuration spatiale de l'habitat nécessaire à l'atteinte des buts à court et à long terme.
    2. Faire une évaluation quantitative de la viabilité à long terme de la population et, à la lumière des résultats obtenus, réévaluer le but du rétablissement à long terme. Déterminer s'il est nécessaire de réintroduire d'autres renards véloces pour atteindre le but à long terme.
    3. Désigner l'habitat nécessaire à l'atteinte des buts du rétablissement et prendre les mesures voulues pour le sécuriser.
    4. Élaborer des programmes de recherche ou de modélisation pour évaluer les menaces créées par la compétition intraguilde et par le changement climatique.
    5. Éviter que l'empoisonnement accidentel, le piégeage et les collisions avec des véhicules ne menacent le rétablissement du renard véloce.
    6. Sensibiliser les principaux intervenants à la conservation et au rétablissement du renard véloce et les rallier à cette cause.
    7. Surveiller les tendances au chapitre de l'abondance des renards véloces, de leur répartition spatiale, de leur diversité génétique ainsi que de la prévalence et de la répartition des maladies présentant un risque élevé pour leur survie.
    8. Intégrer les efforts de rétablissement à des programmes de conservation élargis et unifiés pour les espèces de la prairie qui coexistent avec le renard véloce.
  • Il est impossible de désigner l'habitat essentiel du renard véloce de façon exhaustive à l'heure actuelle. Certains éléments de l'habitat du renard véloce ont été déterminés, mais nous n'en savons pas assez pour établir avec exactitude la nature, la quantité et la localisation de l'habitat requis pour assurer le rétablissement de l'espèce dans l'ensemble de son aire de répartition au Canada. Toutefois, les résultats de travaux de recherche très récents permettront une désignation partielle de l'habitat essentiel, qui sera présentée dans un addendum au programme de rétablissement. Cet addendum sera affiché sur le Web en juin 2008. Par ailleurs, le programme de rétablissement comprend un calendrier des études nécessaires pour en arriver à la présentation de la désignation exhaustive de l'habitat essentiel dans l'ébauche du plan d'action, qui devrait être prête pour examen et consultation d'ici novembre 2010.
Introduction