Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Chabot des montagnes Rocheuses Cottus sp. au Canada Populations du versant ouest – 2010

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Liste des tableaux

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Information sur le document

Chabot des montagnes Rocheuses Cottus sp.

Illustration du chabot des montagnes Rocheuses (Cottus aleuticus) (populations du versant ouest).

 

Préoccupante – 2010

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.), populations du versant ouest, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 34 p.

Note de production :
Le COSEPAC remercie J.D. McPhail pour la rédaction du rapport de situation provisoire sur le chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.) au Canada, faite dans le cadre d’un contrat passé avec Environnement Canada. Sa participation à la préparation du rapport de situation a pris fin avec l’adoption du rapport provisoire. Les modifications apportées au rapport de situation durant la préparation du rapport intermédiaire de 6 mois et du rapport intermédiaire de 2 mois ont été faites sous la supervision d’Eric Taylor, coprésident du sous–comité des spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWICAssessment and Status Report on the Rocky Mountain Sculpin Cottus sp., Westslope populations, in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Chabot des montagnes Rocheuses -- D.L McPhail.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/195–2010F–PDF
ISBN978–1–100–94738–9

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2010

Nom commun
Chabot des montagnes Rocheuses – populations du versant ouest

Nom scientifique
Cottus sp.

Statut
Préoccupante

Justification de la désignation
Ce petit poisson d’eau douce est restreint à un petit nombre de localités (neuf) dans le bassin de la rivière Flathead, dans le sud–est de la Colombie–Britannique. Il est sédentaire à l’âge adulte et est particulièrement vulnérable à la dégradation de l’habitat causée par la construction des routes et leur utilisation.

Répartition
Colombie–Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 2010.

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COSEPAC - Résumé

Chabot des montagnes Rocheuses Cottus sp.

Populations du versant ouest

Information sur l’espèce

Le chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.), dont le nom scientifique reste à établir, appartient à un groupe distinct de chabots (les « Uranidea ») présents dans l’est et dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Les populations du versant ouest se retrouvent seulement dans la rivière Flathead provenant de la pointe sud–est de la Colombie–Britannique. Ce poisson peut atteindre une longueur totale d’environ 110 mm. Les chabots sont des poissons de fond à tête et nageoires pectorales relativement grosses. Le corps s’effile de la tête à la queue en un pédoncule caudale relativement étroit. Le chabot des montagnes Rocheuses se distingue des autres chabots par sa tête relativement courte et pourvue de petites protubérances et par l’absence de piquants sur le corps.

Répartition

Le chabot des montagnes Rocheuses se rencontre des 2 côtés de la ligne continentale de partage des eaux. À l’est de la ligne, au Canada, les populations du versant est (Alberta) occupent les cours supérieurs des rivières St. Mary et Milk; aux États–Unis, l’espèce est présente dans la plupart des branches de tête du Missouri, dans l’est du Montana et le nord–ouest du Wyoming. À l’ouest de la ligne de partage des eaux, les populations canadiennes se trouvent dans les derniers 28 km de la rivière Flathead avant la frontière, en Colombie–Britannique, au Canada, mais l’espèce est également présente dans la région intermontagnarde du Montana, dans les branches nord et médiane (North Fork et Middle Fork) de la rivière Flathead, ainsi que dans la rivière Whitefish (un des affluents de la Flathead au Montana). La partie de la rivière Flathead abritant l’espèce au Montana est longue d’environ 160 km. La superficie de la zone d’occurrence des populations du versant ouest est de 270 km². L’indice de zone d’occupation établi au moyen d’une grille de 2 x 2 km est de 148 km²; établi au moyen d’une grille de 1 x 1 km, il est de 78 km².

Habitat

En été et en automne, durant le jour, on trouve généralement le chabot des montagnes Rocheuses dans les hauts–fonds ou les tronçons à vitesse d’écoulement superficiel modérée, à substrat rocheux meuble. L’espèce est active la nuit, mais on connaît peu de choses sur les milieux qu’elle utilise la nuit et sur son habitat hivernale.

Biologie

La vie du chabot des montagnes Rocheuses (populations du versant ouest) est relativement courte : la durée de vie maximale est d’environ 7 ans, mais la plupart des individus vivent moins de 5 ans. Les femelles atteignent la maturité sexuelle en 2 à 3 ans, tandis que les mâles l’atteignent en 2 ans. Dans la rivière Flathead, l’espèce fraye au début de l’été (juin et juillet). Le mâle creuse un nid sous des pierres, peut s’accoupler avec plusieurs femelles et garde les œufs. Les œufs sont gros (environ 2,5 mm de diamètre) et éclosent au bout d’environ 3 à 4 semaines à des températures supérieures à 7,0 °C. Le chabot des montagnes Rocheuses (populations du versant ouest) se nourrit de larves et de nymphes d’insectes aquatiques. L’espèce est sédentaire, les adultes se déplaçant rarement plus de 50 m.

Taille et tendances des populations

Il n’existe pas de données sur l’effectif des populations de chabot des montagnes Rocheuses de la Colombie–Britannique. Cependant, comme on observe encore l’espèce aux endroits où les premiers spécimens ont été récoltés, il y a plus de 50 ans, on en déduit que les populations sont stables.

Menaces et facteurs limitatifs

Il est possible que les populations de chabot des montagnes Rocheuses (versant ouest) soient limitées par la température de l’eau ou par l’effet combiné de la température de l’eau et de la compétition du chabot visqueux. L’envasement du lit des cours d’eau causé par la construction de routes, l’entretien routier et l’intensification de la circulation de véhicules tous–terrains pourraient constituer une atteinte importante à la qualité de l’habitat du chabot des montagnes Rocheuses. L’exploitation des ressources constitue une autre menace potentielle pour les populations du versant ouest. La vallée de la Flathead renferme d’importants gisements houillers et aurifères et fait depuis longtemps l’objet de nombreuses propositions d’extraction de charbon, de méthane et d’or. En règle générale, ce type de mégaprojets s’accompagne de transformations majeures du milieu liées à la construction de chemins, au prolongement de voies ferrées, à l’établissement de populations, à l’ouverture de mines à ciel ouvert et à la formation d’énormes tas de résidus miniers. Bien qu’aucun de ces projets n’ait encore été approuvé, ils pourraient un jour menacer la survie des populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest.

Importance de l’espèce

La répartition restreinte des populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest (confinées au dernier des grands bassins hydrographiques du sud–est de la Colombie–Britannique qui soit encore peu touché) fait de l’espèce un élément singulier de la piscifaune dulcicole canadienne. Selon les estimations, il y aurait 2 365 espèces de poissons d’eau douce au Canada et dans la partie continentale des États–Unis. Un grand nombre d’entre elles ont une répartition semblable, et les biogéographes se sont fondés en partie sur ces données pour découper le continent en zones biogéographiques. La répartition du chabot des montagnes Rocheuses est, au contraire, unique : aucun autre poisson d’eau douce n’a la même répartition. De plus, dans la vallée de la Flathead, il semble y avoir au moins cinq zones distinctes où le chabot des montagnes Rocheuses et le chabot visqueux se côtoient et, apparemment, s’hybrident. Une telle concentration de zones d’hybridation semblables dans une région aussi restreinte est une mine d’or pour les études des chercheurs dans le domaine de la biologie évolutive.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les articles de la Loi sur les pêches du Canada visant la protection de l’habitat du poisson protègent dans une certaine mesure toutes les espèces de poissons vivant dans la partie de la rivière Flathead qui se trouve en Colombie–Britannique. De plus, le parc provincial Akamina–Kishinena situé à la marge sud–est de la vallée de la Flathead assure une certaine protection du cours supérieur d’un des affluents de la Flathead, le ruisseau Kishinena. En 2004, le gouvernement de la Colombie–Britannique a créé dans la basse vallée de la Flathead une réserve d’une superficie de 38 000 ha où l’exploitation des gisements de charbon est interdite. Cela signifie qu’environ la moitié des populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest ne sont plus menacées par les activités d’extraction de charbon.

En novembre 1983, le COSEPAC a attribué aux populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest, évaluées en tant que Cottus confusus, le statut d’espèce menacée. Le C. confusus a été réévalué en 2001 (COSEPAC, 2001), mais les populations du versant ouest n’ont pas été incluses dans cette deuxième évaluation, de sorte qu’elles n’ont pas été inscrites avec le C. confusus à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril et, par conséquent, ne bénéficient d’aucune protection juridique en vertu de cette loi.

En 2005, le COSEPAC a attribué le statut « espèce menacée » aux populations du versant est (sous le nom commun de « chabot du versant est »). En avril 2010, le COSEPAC a réexaminé les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest et leur a attribué le statut « espèce préoccupante ».

Résumé technique

Cottus sp.

Chabot des montagnes Rocheuses, Populations du versant ouest – Rocky Mountain Sculpin
Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Les populations du versant ouest sont confinées aux derniers 28 km de la rivière Flathead dans le sud–est de la Colombie–Britannique.

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée) 3 ans
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? On ne sait pas, mais l’espèce est assez facile à capturer aux sites historiques.
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq années ou deux générations] Inconnu, mais l’espèce est assez facile à capturer aux sites historiques.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné]
de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années
ou trois dernières générations]
Inconnu, mais l’espèce est assez facile à capturer aux sites historiques.
Pourcentage [prévu ou soupçonné] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné]
de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de
[dix ans ou trois générations] couvrant une période
antérieure et ultérieure
Inconnu, mais l’espèce est assez facile à capturer aux sites historiques.
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? S.O.
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?On ne sait pas, mais probablement pas, parce que l’espèce est assez facile à capturer aux sites historiques.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence 270 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
[Fournissez toujours une valeur selon la grille de 2 x 2; d’autres valeurs peuvent également être inscrites si elles sont clairement indiquées (p. ex., grille de 1 x 1, zone d’occupation biologique)].
148 km² (2 x 2)
78 km²(1 x 1)
La population totale est–elle très fragmentée? Non
Nombre de « localités*»
*Les populations sont réparties entre 9 localités, comme suit : 1) la rivière Flathead et le ruisseau Harvey sont considérés comme une seule localité parce que le site du ruisseau Harvey se trouve à moins de 50 m de la rivière Flathead et que l’extraction de charbon dans le voisinage de ce site toucherait non seulement le ruisseau Harvey mais toute la rivière Flathead; 2) les ruisseaux Cabin et Howell sont considérés comme 2 localités parce que la principale menace pour le ruisseau Howell (mine d’or) est située en amont du confluent des deux ruisseaux; 3) les ruisseaux Couldrey, Burnham, Commerce, Middlepass, Sage et Kishinena forment tous des localités distinctes.
9
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice
de la zone d'occupation?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de populations?
La structure des populations n’a pas été étudiée.
Probablement pas
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de localités?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
La structure des populations n’a pas été étudiée.
Probablement pas
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Non

* Voir les documents : Instructions pour la préparation des rapports de situation du COSEPAC et Définitions et abréviations approuvées par le COSEPAC
* Voir la définition de localité.

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
La structure des populations n’a pas été étudiée.
On pense qu’il y a 16 sites de l’espèce au Canada (figure 3).
Inconnu
En supposant que la dispersion est limitée, on distinguerait les populations suivantes : rivière Flathead (cours principal) et ruisseaux Harvey, Sage, Commerce, Middlepass, Cabin, Burnham, Couldrey, Kishinena et Howell.
TotalInconnu

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Inconnue

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces actuelles :
  • Envasement du lit des cours d’eau dû à la construction et l’entretien routiers et à l’intensification de la circulation de véhicules tout–terrains (VTT).
Menaces potentielles :
  • Mines à ciel ouvert (charbon et or), extraction de méthane de houille, exploitation forestière, construction routière associée.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur : Non en péril (secure) : Au Montana, la branche nord (North Fork) de la rivière Flathead forme la frontière ouest du parc national Glacier aux États–Unis.
Une immigration a–t–elle été constatée ou est–elle possible?Aucun cas répertorié, mais il n’existe aucun obstacle connu à d’éventuels échanges entre les populations canadiennes et américaines de la rivière Flathead.
Des individus immigrants seraient–ils adaptés pour survivre au Canada?Oui
Y a–t–il suffisamment d’habitat disponible au
Canada pour les individus immigrants?
Non si la population de la C.-B. demeure stable, oui si elle diminue.
La possibilité d’une immigration de populations externes existe–t–elle?
Les adultes semblent sédentaires, et les juvéniles ont tendance à se déplacer plutôt vers l’aval. Par conséquent, la migration vers l’amont de populations américaines jusqu’aux sites des populations canadiennes n’est pas impossible, mais elle paraît peu probable, à tout le moins à court terme.
Non vérifiée, mais possible

Statut existant

COSEPAC:En 1984, le COSEPAC a attribué aux populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest le statut d’espèce menacée (en tant que chabot à tête courte (Cottus confusus), espèce plus répandue). Par contre, ces populations n’ont pas été incluses dans la réévaluation du C. confusus effectuée en 2001. Les populations du versant est ont également été désignées sous la catégorie « espèce menacée » (COSEPAC, 2005). Après un réexamen en avril 2010, le COSEPAC a attribué le statut « espèce préoccupante » aux populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest.
Autres sources de renseignements :

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante
Code alphanumérique : S.O.

Justification de la désignation :
Ce petit poisson d’eau douce est restreint à un petit nombre de localités (neuf) dans le bassin de la rivière Flathead, dans le sud–est de la Colombie–Britannique. Il est sédentaire à l’âge adulte et est particulièrement vulnérable à la dégradation de l’habitat causée par la construction des routes et leur utilisation.

Applicabilité des critères

Critère A : Sans objet. Il n’existe aucune donnée quantitative sur la taille et la tendance des populations.

Critère B : Sans objet. Bien que la zone d’occurrence soit < 5 000 km², l’IZO (grille 1x1) < 500 km², et que le nombre de localités < 10 (9), il n’existe aucune preuve de déclin continu ni d’aucune fluctuation correspondant aux sous–critères b(i–v) ou c(i–iv), respectivement.

Critère C : Sans objet. Il n’existe aucune estimation actuelle ou historique de la taille des populations.

Critère D : Sans objet. On ne connaît pas la taille des populations, et l’aire de répartition est supérieure au seuil critique.

Critère E : Non disponible

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur le Chabot des montagnes Rocheuses Cottus sp. Populations du versant ouest au Canada – 2010

Information sur l’espèce

Nom et classification

Règne : Animal
Embranchement : Chordés
Classe : Actinoptérygiens
Ordre : Scorpéniformes
Famille : Cottidés
Nom scientifique : Cottus sp.

Noms communs français :
Espèce : Chabot des montagnes Rocheuses
Unités désignables : Populations du versant ouest


Noms communs anglais :
Espèce : Rocky Mountain Sculpin (Nelson, J. S., comm. pers.)
Unités désignables : Westslope populations

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Historique de la taxinomie

Noms communs

La confusion entourant les noms communs « officiels » du chabot des montagnes Rocheuses, d’abord en anglais puis en français, est intimement liée à celle qui a caractérisé l’historique de la classification de l’espèce. En anglais, plusieurs variantes du nom « Rocky Mountain Sculpin » (chabot des montagnes Rocheuses) ont été utilisées pour désigner l’espèce au cours d’au moins 70 ans. Schultz (1941) a nommé les chabots observés des 2 côtés de la ligne continentale de partage des eaux dans le parc national Glacier, au Montana, « Rocky Mountain Bullhead » (chabot des montagnes Rocheuses). Weisel (1957) a nommé la même espèce observée dans la rivière Flathead, au Montana, « Rocky Mountain Mottled Sculpin » (chabot tacheté des montagnes Rocheuses). Le nom « Eastslope Sculpin » (chabot du versant est) a été utilisé pour la première fois pour désigner l’espèce dans une thèse de doctorat inédite (Neely, 2002). Par la suite, ce nom a été emprunté provisoirement dans un rapport de situation sur les populations du versant est (COSEPAC, 2005). Cependant, il y avait à l’époque une certaine incertitude quant à savoir si les populations du sud–ouest de l’Alberta et celles du sud–est de la Colombie–Britannique appartenaient ou non à la même espèce. Une fois établi que les populations des 2 côtés de la ligne continentale de partage des eaux appartenaient à la même espèce (voir tableau 1 et ci–dessous), le nom commun « Eastslope Sculpin » ne convenait plus, et le nom commun antérieur, « Rocky Mountain Sculpin », a été rétabli. Dans la 6e édition (2004) de la liste Common and Scientific Names of Fishes from the United States, Canada, and Mexico de l’American Fisheries Society, on ne trouve ni « Eastslope Sculpin », ni « Rocky Mountain Sculpin ». Le président du comité de l’American Fisheries Society chargé d’établir les noms communs des espèces est toutefois persuadé (J. S. Nelson, comm. pers., 2009) que « Rocky Mountain Sculpin » est le nom commun officiel qui sera publié dans la prochaine édition de l’ouvrage. Le nom commun français approprié pour l’espèce est donc « chabot des montagnes Rocheuses », et les noms appropriés pour les 2 unités désignables canadiennes sont « populations du versant est » et « populations du versant ouest ».

Tableau 1. Distances génétiques entre les espèces de chabots mentionnées dans le présent rapport (distances non corrigées, calculées à partir de séquences de 1 140 paires de bases du gène du cytochrome b(ADNmitochondrial) (McPhail, données inédites)*.
 1)2)3)4)5)6)7)8)
1) C. bairdii–––––       
2) AlbertaRMS0.038–––––      
3) MontanaRMS0.0380.000–––––     
4) FlatheadRMS0.0380.0000.000–––––    
5) Shorthead0.0480.0330.0330.033–––––   
6) SlimyCol0.0350.0230.0240.0240.036–––––  
7) SlimyUM0.0440.0230.0240.0240.0370.027––––– 
8) Leptocottus0.0820.0800.0800.0800.0820.0810.084–––––

* Les Leptocottus sont des espèces marines (Kinziger et al., 2005); Cottus bairdii est le « véritable » chabot tacheté de l’Ontario; les populations du versant est de chabot des montagnes Rocheuses sont représentées par deux échantillons : spécimens provenant de la rivière St. Mary, qui se déverse dans la rivière Saskatchewan Sud (AlbertaRMS), et spécimens provenant du cours Ruby Creek, un affluent du cours supérieur du Missouri, au Montana (MontanaRMS); les populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses (FlatheadRMS) sont représentées par des spécimens capturés dans le ruisseau Sage (affluent de la rivière Flathead); les spécimens de chabot à tête courte (C. confusus) proviennent du ruisseau Beaver, près de Trail, en Colombie–Britannique; SlimyCol est la forme du chabot visqueux (Cottus cognatus) présente en amont des barrières du ruisseau Koch (bassin de la rivière Slocan), et SlimyUM est la forme du C. cognatus provenant d’un affluent du cours supérieur du Mississippi, au Wisconsin (Genbank AF549120, Kinziger et Wood, 2003). Les distances génétiques entre les populations du versant est et les populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses sont indiquées en caractères gras.

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Nom scientifique

Le chabot des montagnes Rocheuses a été assimilé à au moins trois autres taxons, ce qui a compliqué d’autant sa classification. Dans le passé, le chabot des montagnes Rocheuses a été classé comme « chabot tacheté », mais en fait il ne s’agit pas du Cottus bairdii. Le chabot tacheté est une espèce de l’est de l’Amérique du Nord, tandis que le chabot des montagnes Rocheuses est un représentant de l’ouest d’une lignée distincte de chabots, les Uranidea (Kinziger et al., 2005). Les Uranidea regroupe des chabots qui, du point de vue de l’évolution, sont plus étroitement apparentés entre eux (un « clade ») qu’avec les chabots des autres groupes. Le chabot tacheté (Cottus bairdii) appartient également au clade des Uranidea, et, à un moment ou à un autre, la plupart des représentants de l’ouest du clade des Uranidea ont été classés en tant que C. bairdii ou sous–espèce de C. bairdii (Bailey et Bond, 1963; Brown, 1971; COSEPAC, 2001). L’historique de la taxinomie du chabot des montagnes Rocheuses est aussi compliqué que l’est l’historique des noms communs de l’espèce. Qui plus est, le nom « Rocky Mountain Sculpin » a été utilisé dans le passé pour une autre espèce de l’ouest de l’Amérique du Nord (Cottus punctulatus) faisant également partie des Uranidea. Le nom Cottus punctulatusa été utilisé pour la première fois par Gill (1861) pour décrire une espèce du cours supérieur de la rivière Green, au Wyoming (bassin du Colorado); cependant, il n’est pas toujours clair pour quelle espèce en dehors du bassin du Colorado le nom a été utilisé. Ainsi, Bajkov (1927) a répertorié sous le nom de C. punctulatus un chabot possédant des dents palatines, observé dans les rivières Athabasca et Maligne, près de Jasper, en Alberta. Nelson et Paetz (1992) remettent en question l’identification de ces spécimens; bien que le seul représentant des Uranidea présent dans la région (le chabot visqueux [Cottus cognatus]) soit normalement dépourvu de dents palatines, en Alberta certains spécimens de l’espèce semblent en posséder. Ces auteurs pensent donc que le chabot répertorié par Bajkov est en fait un spécimen de chabot visqueux possédant des dents palatines. Par la suite, Schultz (1941) a répertorié sous le nom de C. punctulatus des spécimens capturés des deux côtés de la ligne continentale de partage des eaux dans le parc national Glacier, au Montana (qu’il a nommé « Rocky Mountain Bullhead »). Parce que ces spécimens provenaient de l’aire de l’espèce aujourd’hui connue sous le nom de chabot des montagnes Rocheuses, il s’agissait probablement de celui–ci, qui à cette époque n’était pas encore décrit (Neely, 2002). Plus récemment, Bailey (1952), Weisel (1957) et Brown (1971) assimilaient le C. punctulatus au C. bairdii ou le classait comme sous–espèce du C. bairdii (C. bairdii punctulatus). On ne trouve pas le C. punctulatus dans la dernière édition de la liste de l’American Fisheries Society (Nelson et al., 2004). Neely (2002) est cependant d’avis que le C. punctulatus est une espèce à part entière mais restreinte au cours supérieur de la rivière Green, au Wyoming. Par conséquent, il est peu probable que les spécimens canadiens répertoriés sous le nom de C. punctulatus (provenant du sud–ouest de l’Alberta et du sud–est de la Colombie–Britannique) appartiennent réellement à cette espèce. Neely (2002) a utilisé le nom commun « Colorado Sculpin » (chabot du Colorado) pour désigner le C. punctulatus.

Les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant est (rivières St. Mary et Milk) ont fait l’objet d’un rapport de situation provincial (Alberta Wildlife Status Report) dans lequel elles étaient provisoirement identifiées comme Cottus bairdi punctulatus (Pollard, 2004). Cependant, une évaluation ultérieure (COSEPAC, 2005) désignait ces populations « chabot du versant est » (Cottus sp.). En mai 2005, le COSEPAC a attribué à ces populations le statut d’« espèce menacée ». Comme l’évaluation et la désignation des populations du versant est sont récentes, le présent rapport concerne uniquement les populations du versant ouest, et il est question des populations du versant est de l’Alberta et des affluents du cours supérieur du Missouri, au Montana et au Wyoming, uniquement dans la section « Unités désignables ».

L’historique de la taxinomie du chabot des montagnes Rocheuses du bassin de la rivière Flathead, en Colombie–Britannique et dans la région intermontagnarde du Montana (région du Montana située à l’ouest de la ligne continentale de partage des eaux), suit à peu près celle des populations du versant est, sauf qu’elle est encore un peu plus compliquée en raison de la présence dans la rivière Flathead d’un autre chabot d’aspect semblable, le chabot visqueux. Parce que dans le système de données sur les pêches du Montana, les chabots sont enregistrés sans distinction de l’espèce, il est difficile de déterminer la répartition des différents chabots en dehors du Canada. Sur les cartes de répartition incluses dans le présent rapport, seules sont indiquées les localités pour lesquelles il n’existe aucun doute quant à l’identité de l’espèce observée.

En 1941, Schultz a signalé le chabot des montagnes Rocheuses (en tant que Cottus punctulatus) dans sept affluents de la branche nord (North Fork) et sept affluents de la branche médiane (Middle Fork) de la rivière Flathead. En 1961, McAllister et Lindsey ont signalé un chabot dans la rivière Flathead, en Colombie–Britannique, sous le nom Cottus sp. et notaient qu’il s’agissait peut–être d’une espèce non encore décrite. En 1963, Bailey et Bond ont décrit une nouvelle espèce, Cottus confusus, observée dans la rivière Salmon (affluent de la rivière Snake, en Idaho). Ils ont inclus dans leur description de l’espèce et de son aire de répartition des données morphométriques et méristiques recueillies dans neuf sites de la branche North Fork de la rivière Flathead (deux en Colombie–Britannique et sept au Montana) et deux sites de la branche Middle Fork. Ils ont proposé pour l’espèce le nom commun « Shorthead Sculpin » (chabot à tête courte).

En 1984, Hughes et Peden ont publié des données sur la morphologie et l’écologie des populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses, en tant que C. confusus. Par la suite, Peden et al.(1989) ont remis cette identification en question. Cannings et Ptolemy (1998) ont classé les spécimens de la rivière Flathead, en Colombie–Britannique, en tant que C. bairdii. Récemment, le séquençage moléculaire a permis de revoir la phylogénie des chabots, et, dans son étude des chabots de l’ouest de l’Amérique du Nord appartenant au clade des Uranidea, Neely (2002) arrive à la conclusion que les chabots ressemblant au C. bairdii, qu’ils soient du versant est des montagnes Rocheuses (sud de l’Alberta, est du Montana et nord–ouest du Wyoming) ou du versant ouest (bassin de la Flathead en Colombie–Britannique et dans la région intermontagnarde du Montana), appartiennent tous à une même espèce non encore décrite. Les données d’études moléculaires inédites (voir le tableau 1 et Taylor et Gow, 2008) confirment que le chabot des montagnes Rocheuses est une espèce distincte du C. bairdii (chabot tacheté) de l’est de l’Amérique du Nord, ainsi que du C. hubbsi (chabot du Columbia) et du C. confusus(chabot à tête courte), de l’ouest de l’Amérique du Nord. Neely (2002) fournit la diagnose de la nouvelle espèce et la description de son aire de répartition et propose un nom scientifique manuscrit. Cependant, selon les règles internationales de la nomenclature zoologique, ce nom scientifique ne peut pas être utilisé avant qu’il ne soit officiellement publié. Donc, bien qu’il soit établi que le chabot des montagnes Rocheuses est une espèce distincte du C. bairdii, du C. confusus et du C. punctulatus, nous sommes pour l’heure contraints de désigner les populations de la rivière Flathead, en Colombie–Britannique, par le nom scientifique Cottus sp., attribué pour la première fois par McAllister et Lindsey (1961).

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Description morphologique

Diagnose

Dans la rivière Flathead, le chabot des montagnes Rocheuses et le chabot visqueux (Cottus cognatus) occupent généralement des aires séparées. Cependant, il existe certains chevauchements dans le cours supérieur de la rivière, dans le tronçon situé entre 24 et 28 kmen amont de la frontière canado–américaine (voir les figures 1 et 2). Sur le plan morphologique, le chabot des montagnes Rocheuses se distingue du chabot visqueux par la présence de dents palatines (absentes chez C. cognatus) et par l’absence d’écailles axillaires (présentes chez C. cognatus).

Figure 1. Aire de répartition mondiale du chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.). L’indication « Grandes plaines » de la légende désigne les populations du versant est, en Alberta (rivières St. Mary et Milk), ainsi que les populations du bassin supérieur du Missouri, aux États–Unis. L’indication « Flathead » désigne les populations du versant ouest, en Colombie–Britannique, ainsi que les populations de la partie américaine du bassin de la rivière Flathead.

Carte de l’aire de répartition mondiale du chabot des montagnes Rocheuses.

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Figure 2. Répartition du chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.), populations du versant ouest, Colombie–Britannique et région intermontagnarde du Montana. Les points noirs représentent les sites où le chabot des montagnes Rocheuses a été capturé, et les points gris, les sites de capture du chabot visqueux. Les points noir et gris représentent les sites où les deux espèces ont été capturées, le noir et le gris représentant les proportions respectives des deux espèces. Les étoiles grises représentent la zone hybride observée au Montana. Carte adaptée de Zimmerman et Wooten (1981) ainsi que de Hughes et Peden (1984).

Carte de la répartition du chabot des montagnes Rocheuses, populations du versant ouest, Colombie-Britannique et région intermontagnarde du Montana. La répartition du chabot visqueux est également illustrée.

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Description

La présente description du chabot des montagnes Rocheuses est fondée sur des spécimens provenant de la rivière Flathead, en Colombie–Britannique, mais on peut supposer qu’elle vaut également pour les populations du bassin de la Flathead au Montana. La forme générale du corps est semblable à celle de la plupart des chabots du genre Cottus (voir l’illustration de la couverture). La longueur de la tête est comprise de 3,1 à 4,4 fois dans la longueur standard, la largeur de la bouche, de 4,2 à 6,0 fois, et la profondeur du pédoncule caudal, de 12,7 à 15,0 fois. Il y a 2 pores sur la ligne médiane au bout du menton et ordinairement un seul pore postmaxillaire. Les nageoires dorsales sont ordinairement étroitement unies; la première comprend de 8 ou 9 épines, tandis que la deuxième comprend de 17 à 19 rayons. La nageoire anale comprend de 12 à 14 (généralement 13 ou 14) rayons, et les nageoires pectorales en comprennent de 13 à 15 (généralement 14). Les nageoires pelviennes comportent 1 épine et 4 rayons. La ligne latérale est incomplète et comporte de 20 à 25 pores. Le plus souvent, il n’y a pas de piquants derrière la nageoire pectorale, mais il peut y en avoir 1 ou rarement 2. L’espèce possède des dents palatines, mais celles–ci ne sont pas en contact avec la plage de dents vomériennes. La région occipitale est généralement recouverte de petites papilles charnues.

La coloration varie, mais le dos est généralement foncé (brun ou olive) et présente, de part et d’autre de la nageoire dorsale molle, des taches ovales à contour légèrement diffus, légèrement plus foncées que le reste du dos. Le bas des flancs est généralement clair. Chez les mâles reproducteurs, la première nageoire dorsale est noire avec le bord jaune ou orange, et souvent le corps est entièrement noir. Chez les adultes non reproducteurs, la première nageoire dorsale porte deux taches foncées (l’une à l’avant, l’autre à l’arrière) le plus souvent partiellement fusionnées.

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Structure et variation spatiales des populations

Alloenzymes

Deux analyses alloenzymatiques ont été faites sur les chabots de la rivière Flathead : l’une dans la partie coulant en Colombie–Britannique, l’autre dans la partie coulant au Montana. L’étude réalisée en Colombie–Britannique (COSEPAC, 2001) fait la synthèse des données contenues dans un document manuscrit attribué à Ruth Withler (ministère des Pêches et des Océans) et Alex Peden (Musée royal de la Colombie–Britannique). L’étude réalisée au Montana a été publiée (Zimmerman et Wooten, 1981). L’étude réalisée en Colombie–Britannique portait sur les liens existant entre les chabots de l’Ouest du Canada antérieurement classés comme Cottus bairdii ou sous–espèces de Cottus bairdii (c.–à–d. les populations du versant est et du versant ouest du chabot des montagnes Rocheuses et deux sous–espèces putatives de Cottus bairdii). À l’époque, le chabot des montagnes Rocheuses (populations du versant est et du versant ouest) était classé en tant que C. b. punctulatus, et les chabots du fleuve Columbia et des rivières Kettle et Similkameen, en tant que C. b. hubbsi. L’analyse présentée dans le rapport de situation du COSEPAC (2001) appuie l’hypothèse selon laquelle les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant est et du versant ouest appartiendraient à la même espèce : la distance génétique de Nei entre les populations du versant est et celles du versant ouest varie entre 0,03 et 0,05. Cette analyse a également mis en évidence des cas d’hybridation entre le chabot des montagnes Rocheuses et le chabot visqueux à l’extrémité amont du tronçon où les deux espèces se côtoient.

L’étude faite au Montana visait principalement à distinguer le chabot des montagnes Rocheuses (C. confusus dans l’étude) du chabot visqueux. Sauf pour un site situé en aval du concluent des branches nord et médiane (North Fork et Middle Fork) de la rivière Flathead, non loin en aval du barrage Hungry Horse aménagé sur la branche sud (South Fork), les chercheurs ont observé entre les 2 espèces des différences fixes à 5 locus. Ils ont considéré l’unique site où les allèles normalement fixés étaient polymorphes comme étant une étroite zone hydride, et ont attribué le phénomène d’hybridation à la perturbation des régimes hydrographiques et thermiques naturels en aval du barrage. Taylor et Gow (2008) mentionnent également un cas d’hybridation dans leur étude de la variation génétique chez les populations de ces 2 espèces vivant dans les eaux canadiennes de la rivière Flathead, ce qui donne à croire que des zones hybrides peuvent exister naturellement.

ADNmitochondrial

Les distances génétiques entre les populations du versant est (rivière St. Mary, en Alberta), celles du nord–est du Montana (Ruby Creek) et celles du versant ouest (affluents Howell et Sage de la rivière Flathead, en Colombie–Britannique) ont été calculées (tableau 1) à partir de séquences de 1 140 paires de bases du gène du cytochrome b puis comparées à celles obtenues pour plusieurs autres espèces. Les différences génétiques entre les populations vivant du côté ouest et celles vivant du côté est de la ligne continentale de partage des eaux sont faibles (tableau 1) et caractéristiques de populations ayant divergé après la dernière glaciation (distances génétiques inférieures à 0,5 %). À l’inverse, les distances génétiques entre le chabot visqueux et le chabot des montagnes Rocheuses sont grandes (>3 %) et typiques d’espèces ayant divergé il y a 2 à 3 millions d’années. Taylor et Gow (2008) ont examiné des séquences d’ADN mitochondrial et d’ADN nucléaire chez 11 autres spécimens de chabot des montagnes Rocheuses provenant de populations du versant est et du versant ouest et ont obtenu des résultats pratiquement identiques : pour l’ADNmt, une divergence de 0 à 0,21 % entre les 2 unités désignables canadiennes du chabot des montagnes Rocheuses, une divergence de 3,5 à 3,7 % entre le chabot des montagnes Rocheuses et le chabot visqueux, et une divergence allant jusqu’à 7 % par rapport aux chabots n’appartenant pas au groupe bairdii. Les distances génétiques entre espèces reconnues du genre Cottus, calculées à partir de séquences d’ADN mitochondrial, se situent généralement entre 2,5 et 6,0 % (Yokoyama et Goto, 2005; Yokoyama et al., 2008). De plus, les séquences de l’intron du gène s7 (ADN nucléaire) sont identiques chez les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant est et du versant ouest; celles du chabot visqueux s’en distinguent par la substitution de 17 bases et la suppression de 150 paires de bases (Taylor et Gow, 2008).

Résumé des études génétiques

Les données alloenzymatiques révèlent des différences mineures (interpopulation) entre les échantillons de Cottus sp. des populations du versant est et du versant ouest des montagnes Rocheuses, sauf pour un échantillon provenant d’un affluent du Missouri, au Montana. La distance génétique (alloenzymes) entre les spécimens de cet échantillon et ceux des autres échantillons de chabots des montagnes Rocheuses était de 0,10 (Zimmerman et Wooten, 1981). Il importe de situer cette estimation. Premièrement, une valeur de 0,10 ou moins est normale pour les populations d’espèces de poissons ayant une aire circonscrite (Avise, 1994). Deuxièmement, la méthode de calcul de la distance génétique de Nei repose sur l’hypothèse que les alloenzymes sont sélectivement neutres; or, dans n’importe quel site, les fréquences alléliques peuvent être déterminées par un effet fondateur, une dérive génétique ou une réponse à la sélection locale. À l’inverse, des différences entre haplotypes mitochondriaux révèlent une divergence phylétique; or, les divergences de séquences mitochondriales entre les populations du versant est et celles du versant ouest (y compris celles d’un affluent du cours supérieur du Missouri, Ruby Creek, dans l’est du Montana) sont faibles (généralement <0,5 %).

Ainsi, les données génétiques montrent non seulement que les populations de chabot des montagnes Rocheuses du sud–ouest de l’Alberta et du sud–est de la Colombie–Britannique appartiennent à la même espèce, mais que l’ampleur de la divergence entre elles peut s’expliquer par la séparation postglaciaire des 2 unités désignables. Une étude alloenzymatique (COSEPAC, 2001) a mis en évidence une légère divergence entre les populations du versant ouest et celles du versant est; cependant, la divergence entre 2 des populations du versant est (l’une d’Alberta, l’autre du Montana) est 2 fois plus importante (0,10) que celle calculée pour les 2 unités désignables canadiennes (0,05). Ainsi, les analyses alloenzymatiques et mitochondriales donnent à penser que la rivière Flathead aurait été reliée au cours supérieur du Missouri dans un passé assez récent. Le lien aurait pû être le lac Summit, situé dans le col Marias Pass, au Montana. Ce lac a déjà eu 2 émissaires : Bear Creek, qui s’écoulait vers l’ouest et se déversait dans le réseau de la Flathead, et Summit Creek, qui s’écoulait vers l’est et se déversait dans le réseau supérieur du Missouri. Il semble que ces voies de communication ait été supprimées lors de la construction de la Great Northern Railroad (Schultz, 1941). Il n’existe pas de preuve que le chabot des montagnes Rocheuses a emprunté cette voie de dispersion, mais l’existence dans l’aire connue de l’espèce de voies de communication postglaciaires entre les bassins versants des 2 côtés de la ligne continentale de partage des eaux est en revanche documentée.

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Unités désignables

Les lignes directrices du COSEPAC donnent trois critères permettant d’établir le caractère distinct : 1) preuves génétiques de la distinction (traits morphologiques ou comportementaux hérités, marqueurs génétiques, etc.); 2) disjonction entre portions importantes de l’aire de l’espèce rendant peu probables les mouvements des individus entre elles; 3) occupation de différentes unités écogéographiques (différentes écozones ou zones biogéographiques). Selon deux de ces critères, on peut affirmer que les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest (Colombie–Britannique) sont distinctes : 1) bien qu’elles soient proches des populations du versant est, elles en sont séparées (les populations du versant ouest et celles du versant est se trouvent de part et d’autre de la ligne continentale de partage des eaux); 2) les populations du versant ouest ne se trouvent pas dans la même zone biogéographique nationale d’eau douce (zone pacifique) que celles du versant est (zone Saskatchewan–Nelson et rivière Milk). Bien que les données génétiques disponibles montrent que la séparation de l’aire de l’espèce est postglaciaire, cette séparation empêche aujourd’hui le flux génique entre les populations situées de part et d’autre de la ligne continentale de partage des eaux. L’importance de cette séparation tient au caractère distinct des bassins hydrographiques des zones biogéographiques respectives qu’occupent les deux groupes de populations de l’espèce. Les populations du versant ouest se trouvent toutes dans le bassin d’une rivière (Flathead) des montagnes Rocheuses à caractère biogéographique distinct et communauté distincte d’espèces potentiellement prédatrices ou compétitrices, ce qui peut avoir induit chez ces populations des adaptations locales ou l’acquisition de caractères biologiques distinctifs. Ainsi, on rencontre le chabot visqueux dans le réseau hydrographique de la rivière Flathead, mais non dans l’aire des populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant est. La présence du chabot visqueux dans l’aire des populations du versant ouest a donné lieu à des cas d’hybridation (Taylor et Gow, 2008; voir également Zimmerman et Wooten, 1981, pour ce qui est des populations américaines du versant ouest). En outre, la perte des populations du versant ouest du chabot des montagnes Rocheuses entraînerait une réduction considérable de l’aire de répartition de l’espèce. Au Canada, l’espèce n’existerait plus à l’ouest de la ligne continentale de partage des eaux.

En somme, il est justifié de reconnaître les populations du versant ouest (Colombie–Britannique) comme unité désignable distincte des populations du versant est en raison 1) de la séparation des deux groupes de populations, 2) du fait que les deux groupes de populations se trouvent dans des zones biogéographiques distinctes, 3) de l’importance de cette séparation du point de vue de l’évolution, de l’écologie et de la répartition de l’espèce. Par conséquent, la discussion qui suit concerne uniquement les populations du versant ouest. En l’absence d’information propre aux populations du versant ouest, il arrive que des données recueillies auprès des populations du versant est soient utilisées, dans la mesure où elles s’appliquent également aux populations du versant ouest. Dans ces cas, la source de l’information est clairement indiquée.

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Importance de l’espèce

Le chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.) est un représentant non encore décrit du clade des Uranidea ayant une répartition restreinte au Canada comme aux États–Unis. Au Canada, on le rencontre dans le bassin des rivières St. Mary et Milk, sur les versants sud–est des Rocheuses, en Alberta, ainsi qu’à l’ouest de la ligne continentale de partage des eaux, dans les derniers 28 km de la rivière Flathead en amont de la frontière canado–américaine, en Colombie–Britannique. Aux États–Unis, à l’est de la ligne continentale de partage des eaux, l’espèce se rencontre dans la plupart des cours supérieurs du réseau du Missouri, mais son aire ne s’étend pas très loin à l’intérieur des grandes plaines (figure 1); à l’ouest de la ligne, elle est confinée aux branches nord et médiane (North Fork et Middle Fork) de la rivière Flathead, au Montana (figure 2). Ainsi, le chabot des montagnes Rocheuses a une répartition non seulement restreinte mais unique : aucune autre des quelque 2 365 espèces de poissons d’eau douce du Canada et de la partie continentale des États–Unis (Nelson et al., 2004) n’a une répartition géographique semblable.

Le chabot des montagnes Rocheuses présente également un intérêt scientifique. Sa répartition unique permet d’étudier les taux de divergence entre populations de chabots occupant des milieux semblables de chaque côté de la ligne continentale de partage des eaux. En outre, vu la répartition des chabots dans le réseau hydrographique de la rivière Flathead (chabot visqueux dans le cours supérieur de la rivière Flathead et le cours supérieur de ses affluents, et chabot des montagnes Rocheuses dans le cours inférieur de la rivière Flathead et le cours supérieur de ses affluents), les chercheurs disposent d’une série de zones de contact non perturbées entre les deux espèces. Or, ces zones de contact sont très importantes pour la compréhension de l’écologie et de l’évolution d’espèces sympatriques (voir par exemple Jiggins et Mallet, 2000).

En tant qu’espèce génétiquement distincte ayant une répartition restreinte au Canada, le chabot des montagnes Rocheuses est un élément important du patrimoine biologique national. La répartition des populations du versant ouest, confinées au dernier grand bassin hydrographique du sud–est de la Colombie–Britannique qui soit encore peu touché, diffère de celle de toutes les autres espèces de poissons d’eau douce de la Colombie–Britannique, ce qui fait de l’espèce un élément singulier de la piscifaune dulcicole de la province.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le chabot des montagnes Rocheuses est endémique aux 2 versants des Rocheuses. La zone d’occurrence mondiale de l’espèce est estimée (par la méthode des polygones) à 10 200 km² (figure 1). Les populations du versant ouest sont limitées au réseau hydrographique de la rivière Flathead drainant le versant ouest des Rocheuses. L’espèce y est présente dans les branches nord et médiane (North Fork et Middle Fork) de la rivière Flathead, mais non dans la branche sud (South Fork) ni dans le lac Flathead situés dans le nord–ouest du Montana (figure 2). La zone d’occurrence des populations du versant ouest est d’environ 1 300 km², soit environ 10 % de la zone d’occurrence mondiale de l’espèce. La différence d’étendue de l’aire de l’espèce du côté est et du côté ouest des Rocheuses ainsi que l’absence de différences génétiques importantes entre les populations du côté est et celles du côté ouest de la ligne continentale de partage des eaux (voir plus loin) donnent à croire que l’espèce a colonisé la rivière Flathead durant l’holocène et que la colonisation s’est faite d’est en ouest, depuis les parties non englacées du bassin supérieur du Missouri vers le bassin de la rivière Flathead.

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Aire de répartition canadienne

Bien que le chabot des montagnes Rocheuses se rencontre des 2 côtés de la ligne continentale de partage des eaux, l’aire canadienne de l’espèce n’est pas très étendue. Du côté ouest des Rocheuses, l’espèce occupe environ 28 km du cours inférieur de la rivière Flathead et peuple le cours inférieur de 9 affluents de cette partie de la rivière, à savoir les ruisseaux Kishinena, Sage, Couldrey, Burnham, Howell, Cabin, Commerce, Middlepass (Haig) et Harvey. Au total, 2 de ces 9 affluents se déversent dans des cours plus importants : le ruisseau Couldrey se déverse dans le ruisseau Burnham, et le ruisseau Cabin, dans le ruisseau Howell. Selon les estimations, la zone d’occurrence canadienne des populations du versant ouest serait de 270 km² (comparativement à 2 600 km² pour les populations du versant est), et l’indice de zone d’occupation établi au moyen d’une grille de 2x2 km serait de 148 km², ou, établi au moyen d’une grille de 1x1 km, de 78 km². Le chabot des montagnes Rocheuses est la seule espèce de chabot qu’on trouve dans les premiers 10 km de la rivière Flathead au nord de la frontière canado–américaine. À partir de là jusqu’à environ 24 km de la frontière, le chabot des montagnes Rocheuses est le chabot le plus abondant, mais la fréquence du chabot visqueux (Cottus cognatus) augmente à mesure qu’on remonte la rivière. À environ 24 km de la frontière, on observe une brusque augmentation de la fréquence du chabot visqueux, et à partir du 28e kilomètre environ on ne rencontre plus que le chabot visqueux. Ainsi, dans la Flathead, le chabot visqueux remplace complètement le chabot des montagnes Rocheuses dans un tronçon d’environ 4 km (figure 3). Le chabot des montagnes Rocheuses a été capturé dans 16 stations d’échantillonnage dans le bassin de la rivière Flathead (figure 3). Ces échantillons représenteraient une dizaine de populations (la population de la rivière Flathead et les populations de 9 de ses affluents) (figure 3) et 9 localités distinctes (la rivière Flathead et le ruisseau Harvey sont considérés comme une seule localité puisque la station d’échantillonnage du ruisseau Harvey se trouve à moins de 50 m de celle de la rivière Flathead et que tout projet minier aurait une incidence à la fois sur la rivière Flathead et sur le ruisseau Harvey) (voir la section « Menaces et facteurs limitatifs » ci–dessous).

Figure 3.  Répartition du chabot des montagnes Rocheuses (Cottus sp.), populations du versant ouest, Colombie–Britannique. Les points noirs représentent les sites où le chabot des montagnes Rocheuses a été capturé, et les points gris, les sites de capture du chabot visqueux. Les points noir et gris représentent les sites où les deux espèces ont été capturées, le noir et le gris représentant les proportions respectives des deux espèces. Carte adaptée de Hughes et Peden (1984).

Carte de la répartition du chabot des montagnes Rocheuses, populations du versant ouest, Colombie-Britannique. La répartition du chabot visqueux est également illustrée.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Il existe peu d’information sur les besoins en matière d’habitat des populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses. La majeure partie des données quantitatives disponibles ont été recueillies auprès des populations du versant est (Alberta) ou des populations américaines vivant à l’est de la ligne continentale de partage des eaux. Il existe 2 études qui se distinguent en importance : celle de Bailey (1952) et celle de R.L.&L. (2002). Celle de Bailey (où le Cottus sp. est désigné sous le nom de C. bairdi punctulatus) englobait les populations de la rivière West Gallatin, de Prickly Pear Creek et de Wolf Creek (bassin hydrographique du Missouri, au Montana), tandis que celle de R.L.&L. portait sur les populations du versant est et englobait les populations des rivières St. Mary (bassin de la rivière Saskatchewan Sud) et Milk (bassin du Missouri), en Alberta. Les 2 études ont montré que le chabot des montagnes Rocheuses est plus abondant dans les hauts–fonds et les tronçons ou le substrat est constitué de pierres et de blocs de roche. À l’inverse, l’espèce est rare dans les fosses et tronçons à fond de sable ou de limon. Les 2 études ont également révélé que l’espèce est plus abondante dans les cours d’eau relativement peu profonds (< 20 cm, selon Bailey; de 5 à 42 cm, selon R.L.&L.) où la vitesse superficielle est faible (de 0 à 0,6 m/s). De façon générale, les descriptions de l’utilisation du milieu par les populations du versant ouest (Hughes et Peden, 1984; Peden et Hughes, 1984; McPhail, 2007) concordent avec celles faites pour les populations albertaines du versant est.

Bien que ces descriptions d’habitat permettent de repérer le chabot des montagnes Rocheuses, quelques réserves s’imposent. Premièrement, la plupart des chabots fluviatiles, y compris le chabot des montagnes Rocheuses, sont nocturnes. Ils passent la majeure partie de la journée au fond, enfouis ou à la surface. Comme les spécimens sont pour la plupart capturés le jour, les descriptions de l’habitat de l’espèce décrivent en fait les lieux où les individus se réfugient durant le jour. Or, on n’est pas en mesure de déterminer la concordance entre l’utilisation diurne et l’utilisation générale du milieu par l’espèce. Seules quelques observations nocturnes fortuites sont répertoriées, et dans la rivière St. Mary (populations du versant est) comme dans la rivière Flathead (populations du versant ouest), il s’agissait de spécimens adultes observés en activité dans des eaux calmes de moins de 20 cm de profondeur (McPhail, 2007). Deuxièmement, la plupart des observations concernent des spécimens adultes ou subadultes. Or, chez les chabots, les jeunes de l’année ne se tiennent généralement pas à la même profondeur ni à la même distance des rives que les adultes, probablement moins par préférence que pour échapper à la prédation des adultes (Freeman et Stouder, 1989). Troisièmement, il n’existe aucune description de l’habitat hivernale du chabot des montagnes Rocheuses. Pourtant, dans la vallée de la Flathead, où la température de l’air en hiver est souvent inférieure à −30 °C, la survie de l’espèce peut dépendre de sa capacité à trouver des sites appropriés pour passer l’hiver.

En somme, les descriptions disponibles de l’habitat du chabot des montagnes Rocheuses renseignent assez bien sur les lieux que fréquentent les adultes le jour durant l’été et jusqu’à la fin de l’automne. Cependant, il existe très peu d’information sur les besoins saisonniers de l’espèce ou sur les besoins des différents stades de son cycle vital. En fait, les données quantitatives recueillies par des observations sur le terrain, des expériences en milieu confiné ou des études physiologiques en laboratoire, qui se sont avérées indispensables pour décrire les besoins en matière d’habitat d’autres espèces fluviatiles (notamment, les salmonidés), sont pratiquement inexistantes pour le chabot des montagnes Rocheuses.

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Tendances en matière d’habitat

Bien que la rivière Flathead soit souvent décrite comme étant la dernière grande rivière du sud–est de la Colombie–Britannique qui soit encore dans son état originel (Angelo, 2008), la vallée de la Flathead est le site d’activités forestières et minières depuis la fin des années 1890. Il semble cependant que ces activités n’aient eu qu’une incidence mineure sur le chabot des montagnes Rocheuses. Mais la situation pourrait changer. La partie du bassin hydrographique de la Flathead qui se trouve en Colombie–Britannique n’est pas très étendue (environ 1 130 km²), et plusieurs grands projets ont déjà été proposés ou sont en voie d’être implantés dans la vallée (voir la section « Menaces et facteurs limitatifs »). Collectivement, ces grands projets et toutes les infrastructures qu’ils nécessitent pourraient modifier l’écologie de la rivière.

Les premiers spécimens de chabot des montagnes Rocheuses capturés dans la partie canadienne de la rivière Flathead datent de 1955, et un échantillon important (<100 spécimens) a été récolté en 1957 (UBC Fish Museum, spécimens UBC 55–0277 et UBC57–0327). D’autres échantillons ont été prélevés aux mêmes endroits dans les années 1980 et 1990 ainsi qu’au début des années 2000. Les rares données biophysiques relevées sur les premiers spécimens concordent étroitement avec les données actuelles, ce qui donne à penser que la rivière n’a subi aucun changement majeur depuis 53 ans, en dépit d’une augmentation considérable des activités d’exploitation forestière, de forage exploratoire et de construction routière dans la vallée au cours des dernières années.

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Protection et propriété

Bien que la majeure partie de la vallée de la Flathead appartienne à la Couronne et se trouve sous ressort provincial, la Loi sur les pêches du Canada assure la protection générale des habitats aquatiques de la vallée et, par conséquent, de l’habitat du chabot des montagnes Rocheuses. Le plan provincial actuel d’aménagement du territoire (ILMB, 2009) favorise l’exploitation de la vallée (récolte de bois, extraction de charbon, mines, activités récréatives telles que chasse, pêche, VTT, motoneige). L’aménagement est encouragé, mais toutes les propositions de grands projets doivent faire l’objet d’une évaluation environnementale. En outre, la vallée comporte des zones protégées et des zones désignées (voir la section « Protection actuelle ou autres désignations de statut »). Selon la nature, l’ampleur et l’incidence possibles des projets proposés, une évaluation environnementale peut être exigée en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, dont un des objectifs est d’empêcher que l’activité humaine ait des effets négatifs importants sur l’environnement.

Il y a peu de propriétés privées dans la vallée de la Flathead. Une parcelle de 9,9 km²(connue sous le nom de Flathead Townsite) appartient à la principale entreprise d’exploitation forestière menant des activités dans la vallée. En 2004, l’entreprise a signé une entente avec la société Conservation de la nature Canada aux termes de laquelle elle s’engageait à ne pas lotir et viabiliser ce terrain pour une période de dix ans. En 2002, la société CNC a acquis le seul autre terrain privé de la vallée (1 km²), situé près de la frontière canado–américaine.

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Biologie

S’agissant d’une espèce non encore nommée, il existe une quantité étonnante d’information sur la biologie du chabot des montagnes Rocheuses. La majeure partie de cette information est cependant publiée sous d’autres noms d’espèce ou de sous–espèce (sous le nom C. bairdiipunctulatus chez Bailey, 1952; sous le nom C. confusus chez Hughes et Peden, 1984, ainsi que chez Peden et Hughes, 1984; sous le nom C. bairdii chez McCleave, 1964). Le chabot des montagnes Rocheuses étant le seul représentant de l’ouest du clade des Uranidea qui soit répertorié pour les sites où ces études ont été menées, les données biologiques contenues dans ces études se rapportent à l’espèce. Sauf pour l’étude de Hughes et Peden (1984) et celle de Peden et Hughes (1984), la majeure partie de l’information biologique fournie sur l’espèce a été recueillie auprès des populations vivant à l’est de la ligne continentale de partage des eaux.

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Cycle vital et reproduction

Saison du frai

Comme les autres chabots d’eau douce d’Amérique du Nord, le chabot des montagnes Rocheuses fraye au printemps. On ne connaît pas exactement la période où l’espèce fraye en Colombie–Britannique, mais dans la rivière West Gallatin, dans l’est du Montana, Bailey (1952) a observé que le frai s’étalait sur tout le mois de juin (Bailey, 1952) et que certains mâles commençaient à produire leur laitance aussi tôt que le 25 mars. Durant cette période, la température de l’eau variait entre 7,8 et 12,7 °C. En Alberta, Roberts (1988) a observé des mâles gardant des œufs à la mi–mai (eau à 7,5 °C). Dans la partie canadienne de la rivière Flathead (unité désignable du versant ouest), l’hydrogramme naturel commence à augmenter en avril, atteint un sommet en mai, puis diminue progressivement (mais demeure élevé) en juin. Il n’existe malheureusement aucun enregistrement à long terme de la température de l’eau dans la partie canadienne de la Flathead. Cependant, Clint Muhlfeld (US Geological Survey) a fourni les températures quotidiennes enregistrées au site Flathead Townsite, situé à environ 60 kmen amont de la frontière canado–américaine. En avril 2008, la température quotidienne moyenne variait entre −0,001 °C et 0,68 °C. En mai, la moyenne quotidienne minimale était de 0,58 °C, et la moyenne quotidienne maximale était de 3,38 °C. En juin, la moyenne quotidienne minimale était de 2,3 °C, tandis que la moyenne quotidienne maximale (atteinte le 30 juin) était de 9,8 °C, et la température quotidienne moyenne n’a pas dépassé 6,0 °Cavant le 21. En supposant que 2008 ait été une année typique, ce profil de températures donne à penser que, dans la partie canadienne de la rivière Flathead, le chabot des montagnes Rocheuses fraye probablement au moins un mois plus tard (fin juin et juillet, au moment où le niveau de l’eau commence à baisser) que les populations de l’espèce vivant à l’est de la ligne continentale de partage des eaux.

Sites de frai

Selon Bailey (1952), dans la rivière West Gallatin, le chabot des montagnes Rocheuses fraye dans des cavités sous des roches. Ce sont probablement les mâles qui creusent, ou à tout le moins élargissent, ces trous. Selon la description de Bailey, les roches étaient de diamètre variant entre 13 et 38 cm, et la vitesse superficielle d’écoulement au–dessus des nids variait entre 0,0 et 1,4 m/s. La profondeur de l’eau aux sites de frai était généralement supérieure à 40 cm.

Comportement de frai

Le chabot des montagnes Rocheuses atteindrait la maturité sexuelle à l’âge de trois ans en moyenne, l’âge maximum observé étant de sept ans (McPhail, 2007). Il n’existe aucune documentation sur le comportement de frai du chabot des montagnes Rocheuses, mais il en existe pour d’autres espèces du même clade. Les mâles creusent un nid puis courtisent les femelles. La parade nuptiale est complexe : elle comporte des changements rapides de couleur chez le mâle ainsi que des signaux acoustiques et comportementaux (Savage, 1963; Whang et Jannsen, 1994). Les mâles sont généralement polygames et frayent avec plusieurs femelles. Selon les observations de Bailey (1952) dans la rivière West Gallatin, jusqu’à cinq femelles pouvaient déposer leurs œufs dans un même nid. Les mâles gardent les œufs et agitent l’eau autour du nid jusqu’à l’éclosion.

Fécondité

Chez les chabots, la fécondité dépend de la taille de la femelle. Chez les populations du versant ouest, Peden et Hughes (1984) ont compté jusqu’à 690 œufs chez une femelle. Chez les populations du versant est (rivières Milk et St. Mary), le nombre d’œufs varie généralement entre 100 et 250, mais certaines femelles de très grande taille peuvent en contenir plus. Par exemple, Bailey (1952) en a compté 437, et Roberts (1988) en a compté 354.

Incubation

À des températures de 7,8 à 17,2 °C, l’éclosion survient au bout de 3 à 4 semaines environ (Bailey, 1952). Les œufs du chabot des montagnes Rocheuses sont gros (environ 2,5 mm de diamètre). Comme chez les autres chabots de l’Ouest dont les œufs sont gros, les larves du chabot des montagnes Rocheuses s’enfouissent dans le gravier probablement dès leur sortie de l’œuf, alors qu’elles mesurent environ de 6 à 8 mm, et y demeurent environ 2 semaines. Lorsqu’elles en ressortent, elles ont l’aspect d’adultes miniatures (longueur totale d’environ 10 mm) (McPhail, 2007).

Structure d’âge

Bailey (1952) a décrit la structure d’âge de la population de chabot des montagnes Rocheuses de la rivière West Gallatin. Chez cette population, les individus atteignaient en moyenne une longueur totale de 31,4 mm avant la fin de leur première saison de croissance (octobre), et leur croissance ne se poursuivait pas en hiver. En mai de l’année suivante, leur taille moyenne était de 32,5 mm, et vers la fin de leur deuxième année de croissance elle atteignait 52,9 mm. Au début de la troisième année de croissance, environ 66 % des femelles avaient atteint la maturité sexuelle, et à la quatrième saison de croissance toutes les femelles l’avaient atteinte. Les individus les plus âgés avaient 5 ans (sixième saison de croissance). Le peu de données qu’on trouve sur la structure d’âge d’autres populations (voir par exemple Hughes et Peden (1984) pour les populations du versant ouest, ou Roberts (1988) pour les populations du versant est) concordent généralement avec celles fournies par Bailey (1952).

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Prédation

Il n’existe pas de données sur les prédateurs des populations de chabot des montagnes Rocheuses de la rivière Flathead. Cependant, on trouve dans l’aire de ces populations des espèces répertoriées ailleurs comme prédatrices de chabots (notamment le Harle couronné (Lophodytes cucullatus) et l’omble à tête plate [Salvelinus confluentus]). De plus, l’observation de jeunes chabots de l’année (10 à 30 mm) à l’écart des adultes et des juvéniles plus âgés donne à penser que le cannibalisme, commun chez d’autres chabots, se produit également chez les populations de chabot des montagnes Rocheuses de la rivière Flathead.

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Physiologie

Bien qu’il n’existe aucune donnée sur la physiologie du chabot des montagnes Rocheuses, la répartition de l’espèce des deux côtés de la ligne continentale de partage des eaux donne à penser qu’elle est sensible aux températures. Les populations du versant ouest sont confinées aux eaux les plus chaudes du bassin de la rivière Flathead, ce qui s’explique peut–être en partie par la compétition du chabot visqueux. Les populations du versant est s’étendent plus loin à l’intérieur des grandes plaines (figure 1) que la plupart des espèces préférant les eaux froides, ce qui, dans ce cas également, pourrait s’expliquer en partie par la compétition d’autres espèces.

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Dispersion / Migration

Les seules données disponibles sur les déplacements du chabot des montagnes Rocheuses ont été recueillies auprès des populations américaines vivant à l’est de la ligne continentale de partage des eaux. Bailey (1952) a marqué 75 spécimens de la population de Prickly Pear Creek, un petit affluent du cours supérieur du Missouri, au Montana. Au cours de presque une année, 21 des spécimens marqués (28 %) ont été recapturés, la plupart dans les 3 premiers mois de l’étude. Au total, 15 des spécimens recapturés se trouvaient à moins de 50 m du lieu de leur première capture, le déplacement maximal étant de 145 m. Plus tard, McCleave (1964) a étudié les déplacements de l’espèce dans le cours Trout Creek (un affluent de la rivière East Gallatin, au Montana). Bien que la taille de l’échantillon était beaucoup plus grande (1 847 spécimens marqués), les résultats concordaient étonnamment avec ceux de Bailey. Au cours de l’automne et de l’hiver (fin août à début mars), McCleave a recapturé 441 (24 %) des spécimens qu’il avait marqués, et, comme dans l’étude de Bailey, la plupart des spécimens recapturés se trouvaient à moins de 50 m du lieu de leur première capture, le déplacement maximal étant de 181 m. De façon générale, les poissons avaient une légère tendance à se déplacer plutôt vers l’amont que vers l’aval.

Les 2 études indiquent que le chabot des montagnes Rocheuses, une fois établi, ne s’éloigne pas beaucoup de son milieu de vie relativement restreint. Cependant, ni l’un ni l’autre auteur n’a étudié les déplacements des jeunes de l’année, alors que c’est ce groupe d’âge qui est le plus susceptible de se disperser avant d’adopter une vie plutôt sédentaire.

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Relations interspécifiques

Hybridation

En Colombie–Britannique, le cours inférieur de la rivière Flathead abrite aussi bien le chabot visqueux que le chabot des montagnes Rocheuses. Cependant, les 2 espèces coexistent seulement dans un tronçon d’environ 20 km (figure 3). À l’extrémité amont de ce tronçon, le chabot visqueux est le plus abondant des 2 espèces, tandis qu’à l’extrémité aval, c’est le chabot des montagnes Rocheuses qui est le plus abondant. Entre ces 2 zones, on observe une transition progressive dans l’abondance relative des 2 espèces, et dans les derniers 5 à 10 km avant que la rivière ne franchisse la frontière canado–américaine, on ne trouve plus que le chabot des montagnes Rocheuses. Sur la base de leur caractère morphologique, certains spécimens, en particulier ceux capturés dans la partie amont de la zone de coexistence des 2 espèces, sont difficiles à identifier, ce qui donne à penser que cette zone de coexistence est peut–être aussi une zone d’hybridation. Cette idée est renforcée par l’existence de preuves génétiques (COSEPAC, 2000) d’hybridation entre le chabot visqueux et le chabot des montagnes Rocheuses à la limite amont de l’aire du chabot des montagnes Rocheuses. Il peut s’agir d’une zone d’hybridation naturelle. Bien qu’elles ne soient pas aussi bien documentées, il existe des zones de transition semblables, où le chabot des montagnes Rocheuses devient moins abondant que le chabot visqueux ou est complètement remplacé par ce dernier, dans la plupart des cours d’eau qui se déversent dans les derniers 20 km aval de la rivière Flathead au Canada (Hughes et Peden, 1984).

Dans les 110 km environ passé la frontière canado–américaine, le seul chabot présent dans l’axe principal de la rivière Flathead (qui prend le nom de North Fork au Montana) est le chabot des montagnes Rocheuses. Il semble que ce soit également le cas dans le cours inférieur de la branche médiane (Middle Fork) de la rivière Flathead et le cours inférieur de la rivière Whitefish. À l’inverse, la branche sud (South Fork) de la rivière Flathead et la rivière Swan ne semblent abriter que le chabot visqueux (figure 2). Si l’existence possible de zones d’hybridation est mentionnée pour la Colombie–Britannique, en revanche il existe une zone d’hybridation documentée dans la rivière Flathead (North Fork) au Montana, qui serait une conséquence de l’activité humaine. Se fondant sur des données alloenzymatiques, Zimmerman et Wooten (1981) situent cette zone d’hybridation juste en aval du confluent des branches North Fork et Middle Fork de la rivière Flathead (figure 2). Le barrage Hungry Horse, aménagé sur la branche South Fork, se trouve légèrement en amont du confluent des branches North Fork et Middle Fork, et les deux auteurs avancent que les modifications induites dans les régimes thermiques et hydrographiques en aval du barrage ont peut–être rompu l’isolement reproductif des deux espèces. Ainsi, il existe probablement des zones d’hybridation naturelles et anthropiques dans le bassin hydrographique de la rivière Flathead.

Interactions de compétition

Il n’existe pas de données sur les interactions de compétition entre le chabot des montagnes Rocheuses et le chabot visqueux du bassin de la Flathead. Cependant, la répartition des 2 espèces dans la partie canadienne comme dans la partie américaine du bassin de la Flathead (figure 2) donne à croire qu’il y a des interactions entre ces 2 espèces. On observe dans la branche North Fork de la rivière Flathead et dans ses affluents un remplacement du chabot des montagnes Rocheuses par le chabot visqueux en fonction de l’altitude, mais on ne sait pas s’il s’agit du résultat d’interactions de compétition ou simplement d’une différence de préférences en matière d’habitat. Chez les populations du versant ouest, Hughes et Peden (1984) mentionnent que ce remplacement d’une espèce par l’autre se produit entre 1 300 et 1 400 m d’altitude. Au moins 2 facteurs physiques varient en fonction de l’altitude : la température et la déclivité. La variation de l’un ou l’autre de ces facteurs, ou d’une combinaison des 2, avec l’altitude peut perturber l’équilibre entre les 2 espèces, favorisant le chabot visqueux dans les eaux plus froides de la partie supérieure des cours d’eau et le chabot des montagnes Rocheuses dans les eaux plus chaudes de la partie inférieure.

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Adaptabilité

Il n’existe aucune donnée expérimentale sur les limites d’adaptation à court terme (thermiques, chimiques, etc.) du chabot des montagnes Rocheuses. Cependant, encore une fois, la répartition restreinte de l’espèce dans les grandes plaines (figure 1) et dans la rivière Flathead (figure 2) indique que celle–ci ne possède pas une grande capacité d’adaptation.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La seule documentation semi–quantitative disponible sur le niveau d’échantillonnage dans l’aire des populations du versant ouest est celle fournie par Peden et Hughes (1982). Les chercheurs ont fait passer un courant électrique dans plusieurs hauts–fonds de la rivière en août et ont compté en moyenne 8 chabots des montagnes Rocheuses par période de 100 secondes d’application du courant. Ce taux de capture est presque la moitié du taux de capture (14 par 100 secondes) de chabots visqueux dans le cours supérieur de la rivière où on ne trouve que ce chabot.

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Abondance

La seule estimation quantitative de densité de population pour le chabot des montagnes Rocheuses a été faite chez une population du Montana située à l’est de la ligne continentale de partage des eaux. McCleave (1964) a utilisé 2 méthodes fondées sur l’échantillonnage par marquage–recapture (méthode Petersen et méthode Schumacher–Eschmeyer) pour estimer la densité de population de l’espèce dans le cours Trout Creek (comté de Gallatin, au Montana). Les 2 méthodes ont donné à peu près les mêmes résultats, à savoir 200 à 237 individus par tronçon de 47 m linéaires (154 pi). Malheureusement, il n’existe pas d’estimations quantitatives équivalentes pour les populations du versant ouest. Bien que l’espèce ait été échantillonnée sporadiquement dans le bassin hydrographique de la rivière Flathead depuis 1955, les échantillons, même ceux récoltés aux mêmes endroits, ne peuvent être comparés puisque le niveau et les méthodes d’échantillonnage ont varié. Ainsi, un des premiers (1957) échantillonnages réalisés chez les populations du versant ouest a été fait à l’aide de roténone. Par la suite, des échantillonnages ont été faits à l’électricité à l’aide d’appareils de différents modèles et différentes marques de fabrication, avec ou sans filets de retenue. Par conséquent, tout ce qu’on peut dire sur l’abondance du chabot des montagnes Rocheuses est que l’espèce est toujours présente dans les parties de la rivière Flathead où elle a été capturée la première fois et qu’on peut encore aisément la capturer aux mêmes endroits.

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Fluctuations et tendances

En l’absence d’estimations d’effectif ou, à tout le moins, d’échantillonnages comparables échelonnés dans le temps, il n’est pas possible de déterminer les fluctuations ni de dégager les tendances des populations. On peut cependant affirmer que la répartition de l’espèce en Colombie–Britannique n’a pas changé depuis le dépôt des premiers spécimens (1955) ou depuis le recensement de 1981–1982 du Musée royal de la Colombie–Britannique (Hughes et Peden, 1984; Peden et Hughes, 1984). Comme la répartition des populations du versant ouest est stable, on peut penser que l’effectif de ces populations n’a pas beaucoup changé non plus dans les 28 à 30 dernières années.

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Immigration de source externe

Bien que le chabot des montagnes Rocheuses se déplace peu (voir la section « Dispersion/Migration »), il n’existe pas d’obstacles empêchant les échanges (ou le flux génique) entre les populations du versant ouest de la Colombie–Britannique et du Montana. Par conséquent, si un événement (autre qu’une catastrophe majeure touchant la rivière entière) causait la disparition d’une population locale dans une partie quelconque de l’aire actuelle de l’espèce en Colombie–Britannique, les populations de la partie aval de la rivière ou de ses affluents repeupleraient vraisemblablement les sites d’où l’espèce aurait disparu. Par contre, si les propriétés physiques ou chimiques de la rivière Flathead venaient à subir une altération permanente (voir la section « Menaces et facteurs limitatifs »), les populations disparues ne seraient peut–être pas remplacées.

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Connaissances traditionnelles autochtones

Des courriels ont été envoyés en mars et en août 2009 concernant la collecte des connaissances traditionnelles autochtones sur le chabot des montagnes Rocheuses, mais comme les protocoles de collecte et de vérification des informations sont encore en voie d’élaboration, aucune donnée n’a été recueillie.

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Menaces et facteurs limitatifs

Menaces

Menaces actuelles

La menace la plus imminente pour l’habitat du chabot des montagnes Rocheuses dans la rivière Flathead est l’envasement du fond attribuable à la construction de chemins pour l’extraction de bois et de minerai et l’utilisation de VTT qui en résulte, en particulier dans la partie de la vallée située en amont du confluent de la rivière Flathead et du ruisseau McLatchie. Les sédiments du fond de la vallée s’érodent facilement, et on signale qu’il y a eu des problèmes d’envasement des cours d’eau dans le passé (Doug Martin, comm. pers., 2008, 2010). Bien que son importance n’ait pas encore été évaluée, une autre des principales menaces pour la qualité des eaux de la vallée de la Flathead est la circulation non réglementée des VTT, qui s’intensifie à grande allure (Doug Martin, comm. pers., 2010).

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Menaces potentielles

La vallée de la Flathead renferme d’importants gisements de charbon qui ont donné lieu à une succession de propositions d’exploitation, surgissant et disparaissant en fonction de la demande mondiale de charbon. Le projet visant le bassin du ruisseau Sage comportait 2 mines à ciel ouvert, d’importants travaux de construction routière et ferroviaire (76 km de voie ferrée) et un lotissement urbain couvrant une superficie de 85 ha (Peden et Hughes, 1982). Ce projet a été abandonné durant la récession du début des années 1980. Cependant, en 2004, les propriétés ont été vendues à une entreprise qui les affiche toujours parmi ses actifs sur son site Web. De plus, il existe une importante tenure de gisement de charbon près du site Flathead Townsite. Pour l’heure, ce site n’est visé par aucun projet d’exploitation. Un grand projet d’extraction de méthane de houille pour la vallée de la Flathead a suscité un tollé général en Colombie–Britannique et au Montana, et en février 2008 le gouvernement de la Colombie–Britannique a mis cette proposition en veilleuse. Cela ne signifie pas pour autant que la proposition soit écartée de façon définitive. Il existe déjà une exploitation de méthane de houille dans la vallée de la rivière Elk, de l’autre côté de la ligne de faîte, à l’est de la vallée de la rivière Flathead (Doug Martin, comm. pers., 2008, 2010). Les infrastructures nécessaires à l’extraction de méthane de houille (puits, voies d’accès et de circulation, emprises de gazoducs) occupent généralement une grande superficie au sol. La construction de ces ouvrages peut donner lieu à l’envasement des cours d’eau du bassin dans lequel ils sont situés, par la voie d’un ruissellement chargé de sédiments. Dans certains cas, il est nécessaire d’extraire des quantités importantes d’eau souterraine (appelée « eau produite ») avant de pouvoir extraire le méthane, ce qui peut perturber le bilan hydrologique entre les eaux de surface et les eaux souterraines (voir le sommaire de Vadgama, 2008). L’eau produite en cours d’exploitation doit être évacuée. En raison de sa composition chimique, cette eau doit le plus souvent être traitée conformément aux exigences de la réglementation avant de pouvoir être rejetée dans les cours d’eau (voir Veil, 2002).

À l’heure actuelle, seulement 2 propositions de développement dans la vallée de la Flathead sont en instance : l’une concerne une mine de charbon, l’autre, une mine d’or. Si ces projets sont avalisés, 2 grandes exploitations à ciel ouvert s’ouvriront. Le dossier de la mine de charbon a atteint l’étape de la préapprobation (depuis 2006). Le site se trouve dans la vallée du ruisseau Foisey, un des principaux affluents du cours supérieur de la rivière Flathead (figure 3). Le projet prévoit le déblaiement des morts–terrains de recouvrement, l’extraction de 5 480 tonnes de charbon par jour et l’amélioration d’environ 40 km de routes. Pour les 5 premières années, le rapport entre stériles et charbon serait probablement de 5,8:1, ce qui signifie qu’environ 38 000 tonnes de stériles seraient entassées chaque jour. Les stériles ne seraient pas tous entassés dans le bassin de la Flathead, mais au début de l’exploitation les lixiviats de la plupart des terrils s’écouleront dans le ruisseau Foisey. L’extraction de charbon dans la vallée de la rivière Elk, située juste à l’ouest de la rivière Flathead, donne lieu à des concentrations toxiques de sélénium dans les cours d’eau (Orr et al., 2006). On peut donc affirmer que l’extraction de charbon est une menace potentielle pour le réseau hydrographique de la rivière Flathead.

La mine d’or à ciel ouvert se trouverait près du cours supérieur du ruisseau Howell, un autre des principaux affluents de la rivière Flathead. Ce projet en est aux premières étapes. À ce jour, il n’y a eu que des forages exploratoires et la construction des voies d’accès associées. On ne sait pas encore quel procédé sera utilisé pour séparer l’or du minerai, mais on sait que certains des procédés de séparation courants (par exemple la cyanuration) présentent des risques graves pour l’environnement.

Bien que le fléchissement de l’économie retarde probablement le développement de la vallée de la Flathead, la population (des deux côtés de la frontière) demeure soucieuse. Devant le nombre et l’ampleur des projets présentés, l’Outdoor Recreation Council of British Columbia a, en 2007, désigné la rivière Flathead comme étant la rivière la plus gravement menacée de la province. En 2008, cependant, la rivière Flathead est passée au deuxième rang des cours d’eau menacés, non parce que les menaces pesant sur elle semblaient amoindries, mais plutôt parce que le cours supérieur de la rivière Pitt, dans le sud–ouest de la province, était encore plus éminemment menacé (Angelo, 2008). De plus, l’organisation américaine American Rivers a classé la rivière Flathead au cinquième rang des 10 rivières les plus gravement menacées des États–Unis, pointant spécifiquement l’industrie d’extraction des ressources de la Colombie–Britannique comme menace pour les régions américaines situées en aval (American Rivers, 2009).

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Facteurs limitatifs

Il n’existe aucune donnée sur les facteurs pouvant limiter les populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses. Cependant, on peut déduire de leur répartition actuelle que la répartition et l’effectif de l’espèce sont limités par la température ou par la compétition avec le chabot visqueux.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Protection actuelle

Les articles de la Loi sur les pêches du Canada visant la protection de l’habitat du poisson protègent dans une certaine mesure toutes les espèces de poissons vivant dans la partie du bassin hydrographique de la rivière Flathead qui se trouve en Colombie–Britannique. De plus, en 1983, le COSEPAC a attribué aux populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest, évaluées en tant que Cottus confusus, le statut d’« espèce menacée » (Peden et Hughes, 1984). Le C. confusus a été réévalué en 2001 (COSEPAC, 2001), mais les populations du versant ouest n’ont pas été incluses dans cette deuxième évaluation, de sorte qu’elles n’ont pas été inscrites à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril et, par conséquent, ne bénéficient d’aucune protection juridique en vertu de cette loi. En avril 2010, le COSEPAC a réexaminé les populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest et leur a attribué le statut « espèce préoccupante ».

À l’époque de la première évaluation du chabot des montagnes Rocheuses, la partie de la rivière Flathead où vit l’espèce était menacée : l’entreprise qui avait présenté la proposition d’extraction de charbon dans le bassin du ruisseau Sage atteignait une étape avancée de la planification de deux grandes mines à ciel ouvert et des infrastructures associées. Le centre de ce projet se trouvait à environ 10 km au nord de la frontière canado–américaine. On peut penser que cette menace (composante de l’évaluation du chabot à tête courte), imminente en 1983 ainsi que la répartition restreinte de l’espèce au Canada ont pesé dans la décision de désigner le chabot des montagnes Rocheuses « espèce menacée ». Le projet du bassin du ruisseau Sage a été abandonné durant la récession du début des années 1980, mais en 2004 une autre entreprise a fait l’acquisition de la tenure.

En 2004, le gouvernement de la Colombie–Britannique annonçait la création d’une réserve d’une superficie de 38 000 ha dans la vallée de la basse Flathead où l’extraction de charbon serait interdite. La création de cette réserve signifie qu’environ la moitié de l’aire connue des populations du versant ouest de chabot des montagnes Rocheuses n’est plus menacée par l’exploitation de gisements de charbon; cependant, l’extraction de charbon n’est pas interdite en amont de la réserve. Toutefois, le gouvernement de la Colombie–Britannique a annoncé dernièrement qu’une entente a été signée avec l’État du Montana selon laquelle l’exploitation du  pétrole, du gaz et du méthane de houille ainsi que d’autres exploitations minières seront interdits (Société pour la nature et les parcs du Canada, 2010).

Le parc provincial Akamina–Kishinena situé à la marge sud–est de la vallée de la Flathead peut assurer une certaine protection. Le parc couvre une superficie d’environ 11 000 ha dans le bassin du ruisseau Kishinena. Le ruisseau Kishinena se déverse dans la rivière Flathead environ 6 km au sud du 49e parallèle. Le chabot des montagnes Rocheuses est présent dans son cours inférieur, mais il est peu probable qu’il soit présent aussi loin en amont que la frontière du parc (voir la section « Aire de répartition canadienne »). Néanmoins, la présence du parc empêche probablement dans une certaine mesure la dégradation des milieux naturels du bassin du Kishinena.

Un projet a été proposé pour combler la discontinuité entre une suite de parcs nationaux chevauchant la frontière entre le Canada et les États–Unis, dans les montagnes Rocheuses. La limite ouest du parc national des Lacs–Waterton (Canada) se trouverait alors dans le prolongement de la limite ouest du parc national Glacier (États–Unis). La désignation du nouvel espace ajouterait 247 000 ha à la superficie actuelle du parc des Lacs–Waterton, cette nouvelle superficie se trouvant entièrement dans le bassin hydrographique de la rivière Flathead. Ainsi, les nouvelles limites du parc engloberaient la majeure partie de l’aire des populations de chabot des montagnes Rocheuses du versant ouest. Pour l’heure, cependant, rien ne permet de croire que cette proposition est en voie de se matérialiser.

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Statuts et classifications non prévus par la loi

En 2005, le COSEPAC a désigné les populations du versant est (sous le nom de « chabot du versant est ») « espèce menacée » (D2). Le Centre de données sur la conservation de la Colombie–Britannique a désigné les populations du versant ouest « espèce préoccupante » (cote S2S3). À l’échelle mondiale, l’organisme NatureServe a attribué au chabot des montagnes Rocheuses la cote G5NR. Cependant, les autorités de la Colombie–Britannique et NatureServe ont attribué ces cotes en pensant qu’il s’agissait d’une sous–espèce du C. bairdii, abondant et largement répandu. Comme ce n’est pas le cas, ces classements seront vraisemblablement revus lorsque la classification du chabot des montagnes Rocheuses sera officiellement établie.

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Remerciements et experts contactés

Boyer, M. Fisheries Biologist, Montana Fish, Wildlife, and Parks, 490 North Meridian Road, Kalispell (Montana) 59901.

Brennan, Casey. Project Manager, Wildsight, 2– 495 Wallinger Ave., Kimberly(Colombie–Britannique) V1A 1Z6.

Burrows, Jeff. Senior Fisheries Biologist, BC Ministry of Environment, #401 – 333 Victoria Street, Nelson (Colombie–Britannique)  V1L 4K3.

Deleray, Mark. Fisheries Biologist, Montana Fish, Wildlife, and Parks, 490 North Meridian Road, Kalispell, MT 59901

Martin, Doug. Senior Ecosystem Biologist, BC Ministry of Environment, 205 Industrial Road, Cranbrook (Colombie–Britannique)  V1C 7G5.

Muhlfeld, Clint C. Research Ecologist, U.S.G.S., Northern Rocky Mountain Science, West Glacier (Montana)  59937.

Neely, D.A. Research Associate, Department of Ichthyology, California Academy of  Sciences, 55 Music Concourse Drive, San Francisco (Californie)  94118–4503.

Nelson, J. S. Professor Emeritus, Department of Zoology, University of Alberta, Edmonton.

Prince, Angela. Westslope Fisheries Ltd., 800 Summit Drive, Cranbrook(Colombie–Britannique) V1C 5J5.

Wu, Jenny. Environnement Canada, Ottawa.

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Sources d’information

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

J. D. McPhail a obtenu un baccalauréat (anglais et biologie) de l’Université de la Colombie–Britannique (UBC) en 1957, une maîtrise (zoologie) de l’UBC en 1959, puis un doctorat (zoologie) de l’Université McGill en 1963. Il a commencé sa carrière comme professeur à l’Université de Washington en 1963, puis il est passé à l’UBC en 1966. Ses premiers travaux de recherche ont porté sur les poissons d’eau douce de l’Arctique. En 1970, il cosignait, avec C. C. Lindsey, Freshwater Fishes of Northwestern Canada and Alaska. Durant toute sa carrière, il s’est intéressé principalement à l’écologie, l’évolution et la biogéographie des poissons d’eau douce, en particulier des épinoches, mais aussi d’autres espèces des eaux intérieures du nord–ouest de l’Amérique du Nord. Il a publié plus de 100 articles et rapports sur des poissons. Il a agi en qualité de conseiller auprès du gouvernement de la Colombie–Britannique en matière de poissons indigènes de la province et auprès de la société BCHydro en matière d’espèces en péril. En 2007, il a publié The Freshwater Fishes of British Columbia.

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Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée pour le présent rapport. On peut consulter la collection de poissons de l’UBC (en anglais seulement) en ligne.