Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Criquet du lac Huron Trimerotropis huroniana au Canada - 2015

Photo: Criquet du lac Huron
Photo: Criquet du lac Huron

Menacée
2015

 

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l'on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

(Registre public des espèces en péril site Web).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Allan Harris et Rob Foster d’avoir rédigé le rapport de situation sur le criquet du lac Huron (Trimerotropis huroniana) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jennifer Heron et Paul Grant, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s'adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Species Name Trimerotropis huroniana in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Criquet du lac Huron -- Photo fournie par l'auteur

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COSEPAC Sommaire de l'évaluation

Sommaire de l'évaluation – novembre 2015

Nom commun
Criquet du lac Huron
Nom scientifique
Trimerotropis huroniana
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Ce criquet rare à l'échelle mondiale est endémique à la région des Grands Lacs de l'Ontario, du Michigan et du Wisconsin où il se limite aux dunes le long des rives des lacs Huron, Michigan et Supérieur. Au Canada, sa présence est connue dans 11 sites de dunes : une localité sur la rive est du lac Supérieur, et sept au lac Huron sur la rive sud de l'île Manitoulin et de l'île Great Duck. Anciennement, l'espèce se retrouvait dans trois sites additionnels au lac Huron, mais ces sous-populations semblent être disparues de ces sites dans les années 1990, probablement à la suite du développement résidentiel et commercial ainsi que de l'utilisation récréative intensive qui a endommagé la majeure partie de l'habitat de dunes. Alors que l'utilisation récréative par les randonneurs et les véhicules hors route continuent de menacer certaines dunes, d'autres sites ont fait l'objet d'améliorations récentes dans le cadre de programmes d'intendance des dunes. Les menaces additionnelles pesant sur les milieux dunaires comprennent les plantes envahissantes et les variations du niveau des lacs liées au changement climatique, aux cycles naturels ou à la gestion des niveaux d'eau des lacs.
Répartition
Ontario
Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en novembre 2015.

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COSEPAC Résumé

Criquet du lac Huron
Trimerotropis huroniana

Description et importance de l'espèce sauvage

Le criquet du lac Huron est gris argenté à brunâtre et orné de mouchetures de couleur variable lui permet de se confondre avec son habitat sableux. Les ailes postérieures, claires ou jaune pâle dans leur portion basale, ornées d’une bande transversale noire au milieu et claires ou enfumées à l’extrémité, sont exposées lorsque l’insecte prend son envol. Les femelles (29 à 40 mm) sont plus grandes que les mâles (24 à 30 mm). Le criquet du lac Huron est une des rares espèces endémiques à la région des Grands Lacs laurentiens.

Répartition

Le criquet du lac Huron est endémique à la région des Grands Lacs de l’Ontario, du Wisconsin et du Michigan. Il se rencontre uniquement parmi les dunes le long des rives des lacs Huron, Michigan et Supérieur. Au Canada, il est présent dans 11 sites dunaires, soit une localité sur la rive est du lac Supérieur et 7 localités réparties le long de la rive sud de l’île Manitoulin et sur l’île Great Duck, au lac Huron. Historiquement, il a également été observé sur l’île Giant’s Tomb et à la plage Wasaga, dans la baie Georgienne, et à la plage Sauble (Southampton), sur la rive est du lac Huron. L’espèce est aujourd’hui tenue pour disparue à ces sites.

Habitat

Les dunes des Grands Lacs couvrent une superficie totale de moins de 1 800 ha au Canada, dont 492 ha et 100 ha le long des rives du lac Huron et du lac Supérieur, respectivement. Les dunes sont présentes le long du littoral, d’importantes quantités de sable s’y étant accumulées sous forme de dépôts glaciaires et à l’embouchure des rivières. L’exposition aux vents et à l’action des vagues est essentielle pour maintenir l’érosion et le dépôt du sable et prévenir la succession forestière. L’habitat de prédilection du criquet du lac Huron est l’avant-dune, faible crête la plus rapprochée du lac comportant des zones sableuses dénudées piquées de graminées éparses.

Biologie

À la fin de l’été, les mâles attirent les femelles en stridulant (c.‑à‑d. en produisant des trilles en frottant leurs pattes postérieures contre leurs ailes antérieures) et en effectuant des vols de parade durant lesquels ils exposent leurs ailes postérieures et produisent un crépitement. Après l’accouplement, les femelles déposent des grappes d’œufs dans le sable. Les œufs éclosent au printemps suivant. Les larves passent par cinq stades avant d’atteindre le stade adulte, à la fin de juillet ou en août. L’ammophile à ligule courte, l’armoise des champs et le calamovilfa à feuilles longues sont les plantes nourricières préférées des larves et des adultes.

Taille et tendances de la population

La taille et les tendances de la population sont inconnues. Toutes les sous-populations canadiennes existantes connues ont été découvertes depuis 2002, et l’on ne dispose d’aucune estimation de leur taille ou donnée de surveillance. Le criquet du lac Huron semble avoir disparu à trois sites historiques au Canada (île Giant’s Tomb, plage Wasaga et plage Sauble) entre le début et le milieu des années 1990.

Menaces et facteurs limitatifs

Le développement résidentiel et commercial et l’utilisation intensive des dunes à des fins récréatives ont entraîné la destruction ou l’altération d’une grande partie de l’habitat dunaire et sont probablement à l’origine de la disparition du criquet du lac Huron aux sites historiques. L’utilisation des dunes à des fins récréatives par les amateurs de randonnée pédestre et les véhicules hors route ont réduit considérablement les sous-populations et continuent de menacer certaines dunes en endommageant la végétation et en causant la formation de creux de déflation (dépressions formées par l’érosion du sable par le vent). Certaines plantes envahissantes, en particulier le roseau commun et la centaurée maculée, peuvent remplacer les plantes nourricières préférées et altérer les processus dunaires. Les fluctuations des niveaux d’eau liées aux changements climatiques, aux cycles naturels ou à la gestion des niveaux d’eau peuvent réduire la quantité d’habitat dunaire disponible. Récemment, la mise en place de programmes d’intendance des dunes a permis d’améliorer la qualité de l’habitat à certains sites.

Protection, statuts et classements

Le criquet du lac Huron ne bénéficie d’aucune protection juridique (lois ou règlements) au Canada. Il est désigné menacé au Michigan et en voie de disparition au Wisconsin, mais il ne figure pas parmi les espèces protégées en vertu de l’Endangered Species Act des États-Unis et de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). La baie Pancake, au lac Supérieur, est un parc provincial, mais ailleurs, l’habitat se trouve sur des terres municipales ou privées. Le criquet du lac Huron se rencontre en compagnie du chardon de Pitcher (espèce désignée menacée en Ontario et préoccupante à l’échelle nationale) à 10 sites où les dunes bénéficient d’une certaine protection en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.

À l’échelle mondiale, le criquet du lac Huron est coté G2G3 (en péril à vulnérable). À l’échelle infranationale, en Ontario, sa cote a été abaissée de S1 (gravement en péril) à S2 (en péril) par suite de la découverte de nouvelles sous-populations en 2014. Aux États-Unis, il est classé S1 (gravement en péril) au Wisconsin et S2S3 (vulnérable) au Michigan.

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Résumé technique

Nom scientifique :
Trimerotropis huroniana
Nom français :
Criquet du lac Huron
Nom anglais :
Lake Huron Grasshopper
Répartition au Canada (province/territoire/océan) :
Ontario

Données démographiques

Données démographiques de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
Durée d'une génération1 an
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?Déclin inféré
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations]Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].Inconnu

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

Trois sous-populations (île Giant's Tomb, plage Sauble et plage Wasaga) ont disparu entre le début et le milieu des années 1990, mais la taille des sous-populations est inconnue.

Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?

Les déclins historiques de l'habitat sont probablement attribuables à l'aménagement du littoral et à l'utilisation intensive de l'habitat à des fins récréatives et ne sont pas clairement réversibles. L'aménagement du littoral a en grande partie cessé aux sites existants, mais l'utilisation des dunes à des fins récréatives continue d'endommager l'habitat et d'avoir un impact sur les sous-populations. Les espèces envahissantes constituent également une menace potentielle..

  1. Non
  2. Oui
  3. Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

On ne dispose d'aucune donnée sur les sous-populations canadiennes. Des données de surveillance pour une sous-population du Michigan (les seules données disponibles) révèlent que les fluctuations des populations étaient inférieures à un ordre de grandeur sur une période de huit ans et ne satisfaisaient donc pas à la définition de « fluctuations extrêmes »..

Peu probable

Information sur la répartition

Information sur la répartition de l'espèce
Éléments du résumé techniqueInformation
Superficie estimée de la zone d'occurrence3 900 km²
Indice de zone d'occupation (IZO) (valeur établie à partir d'une grille à carrés de 2 km x 2 km).48 km²
La population totale est-elle gravement fragmentée? En d'autres mots, est-ce que plus de la moitié (50 %) de sa zone d'occupation totale se situe dans des parcelles d'habitat qui a) couvrent une superficie moindre que celle jugée nécessaire au maintien d'une population viable et b) sont séparées d'autres parcelles d'habitat par une distance excédant la capacité de dispersion connue de l'espèce?
  1. Non
  2. Non
Nombre de localités (utiliser une fourchette plausible pour refléter l'incertitude, le cas échéant)
(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
8-11
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?
(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
Non
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?Oui, inféré
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?
(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?Inconnu

Nombre d'individus matures (dans chaque population)

Nombre d'individus matures de l'espèce
Sous-populations
(indiquer une fourchette plausible)
Nombre d'individus matures
TotalInconnu

Analyse quantitative

Analyse quantitative de l'espèce
Éléments du résumé techniqueInformation
La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].Aucune analyse quantitative n'a été effectuée.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat, par ordre décroissant d'impact)

Intrusions et perturbations humaines; espèces envahissantes ou autrement problématiques; développement résidentiel et commercial; perte d'habitat.

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

Immigration de source externe de l'espèce
Éléments du résumé techniqueInformation
Situation des populations de l'extérieur?S2S3 (vulnérables) au Michigan, aux États-Unis
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Possible
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?Oui.
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?Inconnu
Les conditions se détériorent-elles au Canada?
(Note: Voir le tableau 3, site Web COSEPAC (Lignes directrices pour la modification de l'évaluation de la situation d'après une immigration de source externe.)
Oui
Les conditions se détériorent-elles pour la population source?+
(Note: See tableau 3, site Web COSEPAC (Lignes directrices pour la modification de l'évaluation de la situation d'après une immigration de source externe.)
Inconnu
La population canadienne est-elle considérée comme étant un puits?
(Note: See tableau 3, site Web COSEPAC (Lignes directrices pour la modification de l'évaluation de la situation d'après une immigration de source externe.)
Inconnu
La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe t elle?Possible

Nature délicate de l'information sur l'espèce

Les informations sur les données sensibles de l'espèce
Éléments du résumé techniqueinformation
L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate?Non

Historique du statut

COSEWIC: Espèce désignée « menacée » en novembre 2015.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Menacée
Code alphanumérique :
B1ab(iii)+2ab(iii)
Justification de la désignation :
Ce criquet rare à l'échelle mondiale est endémique à la région des Grands Lacs de l'Ontario, du Michigan et du Wisconsin où il se limite aux dunes le long des rives des lacs Huron, Michigan et Supérieur. Au Canada, sa présence est connue dans 11 sites de dunes : une localité sur la rive est du lac Supérieur, et sept au lac Huron sur la rive sud de l'île Manitoulin et de l'île Great Duck. Anciennement, l'espèce se retrouvait dans trois sites additionnels au lac Huron, mais ces sous-populations semblent être disparues de ces sites dans les années 1990, probablement à la suite du développement résidentiel et commercial ainsi que de l'utilisation récréative intensive qui a endommagé la majeure partie de l'habitat de dunes. Alors que l'utilisation récréative par les randonneurs et les véhicules hors route continuent de menacer certaines dunes, d'autres sites ont fait l'objet d'améliorations récentes dans le cadre de programmes d'intendance des dunes. Les menaces additionnelles pesant sur les milieux dunaires comprennent les plantes envahissantes et les variations du niveau des lacs liées au changement climatique, aux cycles naturels ou à la gestion des niveaux d'eau des lacs.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) :
Sans objet. Les tendances des sous-populations sont inconnues.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Les critères correspondant à la catégorie « menacée » sont satisfaits, car la zone d'occurrence et l'IZO sont tous deux inférieurs au seuil (3 900 km² et 48 km², respectivement), le nombre de localités s'établit à 8-11 et il y a un déclin continu de la superficie, de l'étendue et de la qualité de l'habitat.
Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) :
Sans objet. Le nombre d'individus matures est inconnu.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Les critères ne sont pas satisfaits. Le nombre d'individus matures est inconnu, et l'IZO et le nombre de localités sont supérieurs au seuil.
Critère E (analyse quantitative) :
Sans objet. Aucune analyse quantitative n'a été effectuée.

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2015)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'un autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce à l'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l'espèce sauvage

Nom et classification

Embranchement : Arthropoda – Arthropodes

Classe : Insecta – Insectes

Ordre : Orthoptera – Orthoptères (criquets, grillons et sauterelles)

Superfamille: Acrididae MacLeay, 1819 – Acrididés (criquets)

Famille: Acrididae MacLeay, 1819 – Acrididés (criquets)

Genre: Trimerotropis Stål, 1873

Espèce: Trimerotropis huroniana E. M. Walker, 1902

Localité type : Southampton, Ontario, Canada

Contexte taxinomique et similarités : Le Trimerotropis huroniana (criquet du lac Huron) a été décrit en 1902 par E.M. Walker d'après des spécimens récoltés à Southampton, en Ontario (Walker, 1902). Il est traité comme une espèce à part entière depuis sa description originale, et aucune sous-espèce n'a été décrite (Otte, 1984). Le criquet du lac Huron a été nommé d'après la localité type, située sur la rive est du lac Huron.

Le genre Trimerotropis est réparti depuis le Canada jusqu’à l’Argentine et est représenté par 43 espèces en Amérique du Nord (Otte, 1984). Bien que son aire de répartition chevauche celles du criquet maritime (T. maritima) et du criquet verruqueux (T. verruculata), le criquet du lac Huron semble, d’après ses caractères morphologiques et son comportement reproducteur, plus étroitement apparenté au T. pallidipennis, espèce de l’ouest de l’Amérique du Nord (Otte, 1984). Ces deux espèces ont probablement été isolées l’une de l’autre par une progression glaciaire il y a environ 10 000 ans (Scholtens lang="la"et al., 2005).

Nom commun français : Criquet du lac Huron.

Nom(s) commun(s) anglais : Lake Huron Grasshopper. Cette espèce est parfois appelée Lake Huron Locust (voir par exemple Rabe, 1999), mais le terme "locust" désigne plus précisément les espèces de criquets qui forment des essaims migratoires lorsque les densités de leurs populations dépassent un seuil critique (Marshall, 2006). Ce comportement ne semble pas exister chez les espèces du genre Trimerotropis.

Description morphologique

Le criquet du lac Huron est un Locustiné (groupe de criquets chez qui les ailes postérieures sont ornées d’une bande) de coloration cryptique. Les ailes antérieures (tegmina) couvrent le dessus de l’abdomen au repos, mais s’ouvrent en vol pour exposer les ailes postérieures noires et translucides ou jaunâtres. Le corps et les ailes antérieures sont principalement gris argenté à brunâtres, avec des mouchetures variables et une bande transversale sur les ailes antérieures (Figure 1). Les mâles sont généralement plus fortement mouchetés que les femelles. Plusieurs femelles au corps distinctement orangé ont été observées sur l’île Manitoulin en 2014, de même qu’au Michigan et au Wisconsin (Ballard, 1989). Plusieurs individus aux ailes antérieures et au corps de couleur de paille ont également été observés sur l’île Manitoulin en 2014. Les femelles (29 à 40 mm) sont plus grandes que les mâles (24 à 30 mm) (Otte, 1984). Les ailes postérieures sont claires ou jaune pâle dans leur portion basale, ornées d’une bande transversale noire au milieu et claires ou enfumées à l’extrémité.

Figure 1. Criquet du lac Huron femelle, baie Carter, 3 septembre 2014 (A.G. Harris).
Photo: Criquet du lac Huron femelle.
Photo: Criquet du lac Huron femelle © (A.G. Harris)

D’autres Locustinés, soit le criquet pellucide (Camnula pellucida), le criquet du Wyoming (Spharagemon collare), le criquet de la Caroline (Dissosteira carolina), le criquet verruqueux et le criquet maritime, se rencontrent dans l’aire de répartition du criquet du lac Huron et partagent les mêmes complexes de dunes. Chez les trois premières espèces, la crête sur le dessus du thorax (pronotum) est coupée par un seul sulcus, alors que chez les espèces du genre Trimerotropis elle est coupée par deux sulci (Vickery et Kevan, 1985). Le criquet verruqueux a le corps et l’extrémité des ailes postérieures plus foncé que le criquet du lac Huron et est habituellement associé à des milieux à sol rocheux ou argileux plutôt que sableux (bien qu’il soit occasionnellement présent en bordure des dunes). Le criquet maritime se distingue du criquet du lac Huron par la coloration pâle et non noire de la face interne de ses métafémurs (Vickery et Kevan, 1985) (figure 2).

Figure 2. Gros plan d'un criquet du lac Huron montrant la grosse tache foncée à la base de la face interne du métafémur, baie Carter, 3 septembre 2014 (A.G. Harris).
Photo:Criquet du lac Huron
Photo: Criquet du lac Huron © A.G. Harris

Structure spatiale et variabilité de la population

Aucune étude n’a été consacrée à la génétique ou à la structure des sous-populations du criquet du lac Huron, ni au Canada, ni aux États-Unis. Aucune différence morphologique n’a été relevée entre les sous-populations. Cette espèce présente une aire de répartition disjointe en raison de la distribution discontinue des dunes, mais les adultes volent bien et l’espèce a déjà colonisé des îles situées à plus de 10 km de la côte la plus proche et semble donc être capable de se disperser sur de grandes distances. L’occurrence de la baie Pancake se trouve à environ 200 km de l’occurrence canadienne la plus proche, mais à seulement environ 30 km de l’occurrence la plus proche au Michigan. L’existence d’une connectivité génétique entre les occurrences canadiennes et la plus grande sous-population états-unienne est donc possible.

Unités désignables

Une seule unité désignable est reconnue pour le criquet du lac Huron au Canada. On ne dispose d’aucune donnée sur le caractère distinct, la structure génétique ou l’importance au plan de l’évolution des sous-populations, et aucune sous-espèce n’est reconnue. Cette espèce se rencontre le long de la frontière entre les aires écologiques nationales des Plaines des Grands Lacs et boréale (COSEWIC, 2011).

Importance de l'espèce

Le criquet du lac Huron présente un intérêt particulier pour les Canadiens parce qu’il est endémique à la région des Grands Lacs en Ontario, au Michigan et au Wisconsin. Le Canada a donc une grande responsabilité en ce qui a trait d’assurer la conservation de cette espèce à l’échelle mondiale. Tout comme le chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri), il représente ce qui est de plus typique en fait d’espèce des dunes des Grands Lacs. La localité type est Southampton, en Ontario; c’est à cet endroit que l’espèce a été capturée pour la première fois par l’éminent entomologiste canadien E.M. Walker, du Musée royal de l’Ontario. Aucun élément de connaissances traditionnelles autochtones (CTA) se rattachant à l’espèce n’a été découvert.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

À l’échelle mondiale, le criquet du lac Huron se rencontre uniquement le long du littoral du lac Huron et du lac Michigan et sur la rive sud du lac Supérieur, au Michigan, au Wisconsin et en Ontario (figures 3 et 4). Il se rencontre dans plus de 70 complexes dunaires au Michigan, deux au Wisconsin et 11 en Ontario (Sjogren, 2001; Bland, 2003; Cuthrell, comm. pers., 2014).

Figure 3. Habitat du criquet du lac Huron à la baie Shrigley, île Manitoulin, 1er septembre 2014 (R.F. Foster).
Phtoto : oHabitat du criquet du lac Huron à la baie Shrigley, île Manitoulin
Photo: Habitat du criquet du lac Huron à la baie Shrigley, île Manitoulin © R.F. Foster
Figure 4. Aire de répartition mondiale du criquet du lac Huron. Sources des mentions états-uniennes : Michigan Biotics database (Cuthrell, comm. pers., 2014) et Kirk et Bomar (2005). Sources des mentions canadiennes : COSEPAC (rapport inédit) et Marshall (2003).
Carte: Aire de répartition mondiale du criquet du lac
Description longue pour la figure 4

Carte montrant l'aire de répartition mondiale du criquet du lac Huron, qui se limite aux rives du lac Huron, du lac Michigan et du sud du lac Supérieur, au Michigan, au Wisconsin et en Ontario. Le criquet du lac Huron se rencontre dans plus de 70 complexes dunaires au Michigan, deux au Wisconsin et onze en Ontario. L'emplacement des mentions récentes et des mentions enregistrées avant 1990 (mentions historiques) est indiqué.

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne du criquet du lac Huron englobe la baie Pancake, située dans la portion sud du lac Supérieur, et dix complexes dunaires répartis sur la rive sud de l’île Manitoulin et sur l’île Great Duck, dans le lac Huron (figures 5 et 6).

Historiquement, l’aire de répartition de cette espèce s’étendait plus loin vers le sud, tant en Ontario qu’au Michigan. Les sous-populations de l’île Giant’s Tomb, de la plage Wasaga et de la plage Sauble (Southampton), en Ontario, ainsi que celle de la baie Saginaw, au Michigan, sont apparemment disparues (figures 4 et 5). Les relevés effectués à ces sites historiques depuis les années 1990 dans l’espoir d’y confirmer la présence de l’espèce se sont tous révélés infructueux. Environ 11 % de l’aire de répartition mondiale actuelle de l’espèce se trouvent au Canada.

Figure 5. Aire de répartition canadienne du criquet du lac Huron, montrant l'emplacement des recherches effectuées en 2014. Les sites de Pic River et du parc provincial Pinery fouillés en 2014 se trouvent respectivement au nord et au sud de la région couverte par la carte. Les dunes non fouillées correspondent aux dunes qui n'ont pas été visitées en 2014 (Bakowsky et Henson, 2014). Les relevés effectués depuis les années 1940 aux sites historiques de la plage Wasaga, de la plage Sauble et de l'île Giant's Tomb dans l'espoir d'y confirmer la présence de l'espèce se sont tous révélés infructueux, et ces sites n'ont pas été fouillés en 2014. Des relevés ont toutefois été effectués avant 2014 dans ces sites et dans les secteurs avoisinants après la découverte de nouvelles sous-populations en 2003. Bien qu'on ignore les dates exactes des relevés ainsi que l'emplacement précis des sites fouillés, il est établi que la présence du criquet du lac Huron n'a pas été détectée.
Carte montrant l'aire de répartition canadienne du criquet du lac Huron, qui englobe la baie Pancaket
Description longue pour la figure 5

Carte montrant l'aire de répartition canadienne du criquet du lac Huron, qui englobe la baie Pancake, située dans la portion sud du lac Supérieur, et dix complexes dunaires répartis sur la rive sud de l'île Manitoulin et sur l'île Great Duck, dans le lac Huron. Cette carte montre l'emplacement des sites qui ont fait l'objet de relevés ciblant l'espèce en 2014 et indique si les recherches y ont été fructueuses ou non (les sites de la rivière Pic et du parc provincial Pinery fouillés en 2014 se trouvent respectivement au nord et au sud de la région couverte par la carte). L'emplacement des sites historiques et des dunes non fouillées est également indiqué.

Figure 6. Carte détaillée de la région de l'île Manitoulin montrant les sites fouillés en 2014.Carte détaillée de la région de l'île Manitoulin montrant les sites fouillés.
Description longue pour la figure 6

Carte de l'île Manitoulin montrant les sites ayant fait l'objet de recherches ciblant le criquet du lac Huron en 2014 et indiquant si les recherches y ont été fructueuses ou non.

Zone d'occurrence et zone d'occupation

Au Canada, la zone d’occurrence de l’espèce, établie selon la méthode du polygone convexe minimum, s’élève à 3 900 km2. L’indice de zone d’occupation (IZO) (calculé selon une grille à carrés de 2 km de côté) s’établit à 48 km2 (11 carrés).

Activités de recherche

Le criquet du lac Huron a été découvert en 1901 à la plage Sauble, près de Southampton, en Ontario, et décrit pour la première fois à titre d’espèce à part entière par E.M. Walker (1902). Walker a subséquemment trouvé l’espèce sur l’île Giant’s Tomb, en 1908, et à la plage Wasaga, en 1936 (figure 5, tableau 1). Ces trois occurrences étaient les seules occurrences canadiennes connues jusqu’à ce que Marshall (2003) effectue en 2002 des relevés dans cinq complexes dunaires comportant de l’habitat potentiel sur la rive est du lac Huron, entre Goderich et l’île Manitoulin. Marshall (2003) a alors découvert une nouvelle sous-population à la baie Carter, mais constaté que le criquet du lac Huron avait apparemment été remplacé par le criquet maritime à la baie Sauble. À quelques exceptions près (tableau 2), les autres relevés réalisés dans la région des sites disparus ont été effectués avant 2014, après la découverte de nouveaux sites en 2003. Bien qu’on ignore les dates des relevés et l’emplacement précis des sites fouillés, on sait que le criquet du lac Huron n’a pas été détecté.

Tableau 1. Spécimens canadiens de criquet du lac Huron conservés au Musée royal de l'Ontario (MRO), dans la Collection nationale canadienne (CNC) et dans la collection d'insectes de l'Université de Guelph (University of Guelph Insect Collection) (DEBU).
CollectionCollecteurDateLocalitéCommentaires
CNC91615-21-VII -1901“Southampton, Ont.”Localité présumée : plage Sauble
CNC91616E.M. Walker30-VII-1908Île Giant's Tomb-
MROE.M. Walker30-VII-1908Île Giant's Tomb-
DEBU01037498-30-VII-19088Baie GeorgienneLocalité présumée : île Giant's Tomb. Il n'y a pas d'habitat dunaire au site correspondant aux coordonnées inscrites sur l'étiquette (43.978 N, -79.838 W); ce site se trouve à environ 25 km au nord-est de l'île Giant's Tomb.
DEBU01037499-30-VII-1908Baie GeorgienneLocalité présumée : île Giant's Tomb. Il n'y a pas d'habitat dunaire au site correspondant aux coordonnées inscrites sur l'étiquette (43.978 N, -79.838 W); ce site se trouve à environ 25 km au nord-est de l'île Giant's Tomb.
MRO-20-VII-1915Île Giant's Tomb-
DEBU00008971R.H. Ozburn12-VII-1930“Guelph”Erreur d'étiquetage soupçonnée.
MROE.M. Walker11-VIII-1936Plage Wasaga-
MROE.M. Walker30-VII-1937Plage Wasaga-
MROF.A. Urquhart14-VIII-1940Plage Wasaga-
MROF.A. Urquhart20-VIII-1941Plage Wasaga-
DEBU00192524S.A. Marshall01-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU00192512S.A. Marshall001-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU00192525S.A. Marshall01-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU00192508S.A. Marshall001-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU00192526S.A. Marshall01-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU00192527S.A. Marshall001-VIII-2002Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU01132352S.M. Paiero01-VIII-2003Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU01132351S.M. Paiero01-VIII-2003Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU01131640S.A. Marshall8-VIII-2003Île Manitoulin, baie Carter-
DEBU01132347S.A. Marshall228-VIII-2003Île Manitoulin, baie Carter-
Tableau 2. Recherches ciblant le criquet du lac Huron effectuées entre 1990 et 2008.
LocalitéObservateurDateCommentaires
Île Giant's TombD. SutherlandMilieu des années 1990Aucun criquet du lac Huron détecté.
Parc provincial InverhuronS. MarshallÉté 2002Aucun criquet du lac Huron détecté. Criquet maritime commun.
Plage SaubleS. MarshallÉté 2002Aucun criquet du lac Huron détecté. Criquet maritime commun
Baie DorcasS. MarshallÉté 2002Aucun criquet du lac Huron détecté.
Baie CarterS. MarshallÉté 2002Criquet du lac Huron et criquet maritime présents.
Baie ProvidenceS. MarshallÉté 2002Criquet du lac Huron présent.
Baie ProvidenceS. PaieroAoût 2003Criquet du lac Huron présent.
Parc national PukaskwaS. PaieroJuillet 2003Aucun criquet du lac Huron détecté.
Île Giant's TombJ. Kamstra28 août 2008Aucun criquet du lac Huron détecté. Environ 12 criquets maritimes observés le long de la rive est de l'île, où l'habitat dunaire est abondant.

Dans le cadre des travaux sur le terrain réalisés en préparation du présent rapport de situation, des relevés ont été effectués à 26 sites dunaires répartis depuis le parc provincial Pinery, sur les rives du lac Huron, jusqu’à Pic River, au lac Supérieur (figure 5). En 2014, environ 65 heures-personnes ont été consacrées à la recherche de l’espèce.

Environ 76 % des complexes dunaires se trouvant à l’intérieur ou à proximité immédiate de la zone d’occurrence ont été visités dans le cadre de ces recherches. Les complexes dunaires suivants n’ont toutefois pas été visités : île North Sandy, baie Goulais et baie Oiseau sur les rives du lac Supérieur; île Mississagi et baie Wagosh sur l’île Cockburn; baie Horseshoe sur l’île Great Duck; île Western Duck et baie Michael’s sur l’île Manitoulin (Bakowsky et Henson, 2014; Judith Jones, comm. pers., 2014) (figure 5). L’état de l’habitat et les menaces présentes à ces dunes sont inconnus.

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

Le criquet du lac Huron se rencontre uniquement parmi les dunes dégagées qui bordent les rives des lacs Huron, Michigan et Supérieur. Les dunes des Grands Lacs couvrent une superficie totale de moins de 1 800 ha au Canada, dont 492 ha au lac Huron et 100 ha au lac Supérieur (Bakowsky et Henson, 2014). Elles sont situées sur des rives comportant une source de sable, notamment des plaines d’épandage fluvioglaciaire et des dépôts glaciolacustres, ou dans des zones de dépôt actif de sable à l’embouchure des rivières. L’exposition au vent et aux vagues joue un rôle essentiel dans le maintien du mouvement et du dépôt du sable et empêche la succession vers la forêt (Maun, 2009). Le littoral, entre les différents complexes dunaires répartis le long de la rive sud de l’île Manitoulin et de la portion méridionale du lac Supérieur, est principalement de nature rocheuse.

Le criquet du lac Huron est plus fréquemment observé sur les avants-dunes, qui forment une crête de sable couverte principalement par l’ammophile à ligule courte (Ammophila breviligulata) et le calamovilfa à feuilles longues (Calamovilfa longifolia) (figure 3) (Rabe, 1999; Foster, obs. pers., 2014; Harris, obs. pers., 2014). La végétation y est de type prairie dunaire à barbon à balais, à calamovilfa à feuilles longues et à élyme psammophile (Lee et al., 1998). Il se rencontre habituellement dans les zones de sable sec à couvert clairsemé de graminées et d’herbacées (Hubbell, 1929; Rabe, 1999), mais il gagne les zones de dunes à couvert graminéen plus dense par temps venteux ou couvert, apparemment pour y trouver refuge (Rabe, 1999). Le criquet du lac Huron se rencontre presque exclusivement sur le sol et grimpe rarement sur les plantes. Durant les travaux sur le terrain, en 2014, les criquets du lac Huron se concentraient sur les pentes de dunes orientées vers l’est lors des matinées fraîches, probablement pour se chauffer au soleil (Foster, obs. pers., 2014; Harris, obs. pers., 2014).

Aucune corrélation n’a été relevée entre la présence du criquet du lac Huron et la superficie des systèmes dunaires dans plus de 100 complexes dunaires étudiés au Michigan, (Scholtens et al., 2005). Toutefois, dans ce même État, les sous-populations les plus importantes sont associées à des systèmes dunaires vastes et larges. Les rives mesurant au moins 1,5 km de longueur et comportant au moins deux ensembles de dunes contenant des creux de déflation constituent des milieux idéaux (Rabe, 1999). En Ontario, les systèmes dunaires occupés par le criquet du lac Huron couvraient une superficie d’environ 1,2 ha (baie Dominion) à 30 ha (île Great Duck) (tableau 3) et mesuraient entre 3 m et 400 m de largeur.

Les plantes nourricières préférées du criquet du lac Huron sont l’ammophile à ligule courte, l’armoise des champs (Artemisia campestris) et le calamovilfa à feuilles longues (Rabe, 1999; Scholtens et al., 2005). Des relevés botaniques effectués à l’île Manitoulin, aux îles Duck et à l’île Cockburn ont confirmé la présence d’au moins une de ces espèces à chacun des 20 sites dunaires fouillés (Judith Jones, comm. pers., 2014). L’occurrence du criquet du lac Huron aux dunes Sable, au Michigan, était corrélée positivement aux taux de couverture par l’armoise des champs (Marshall et Storer, 2005).

Tableau 3. Sommaire des menaces pesant sur l'habitat aux sites existants abritant le criquet du lac Huron au Canada. Adapté du programme de rétablissement du chardon de Pitcher préparé par l'Agence Parcs Canada (2011). Un "X" indique que la menace est présente. Une case vide indique qu'aucune preuve attestant l'existence de la menace considérée n'a été détectée au site correspondant. La superficie des zones de dunes dégagées a été estimée à partir d'images GoogleEarth.
LocalitéSiteSuperficie des dunes dégagées (ha)Véhicules hors-routePiétinement de la végétationSuccessionStructures érigées par les humainsÉrosion / creux de déflationPlantes envahissantes
1Île Great Duck25------
2Baie Carter,
île Manitoulin
20X-XXX-
3Baie Providence,
île Manitoulin
6--XX--
4Baie Deans,
île Manitoulin
1XXXX--
4Baie Lonely,
île Manitoulin
1XXXXX-
4Baie Square,
île Manitoulin
1XXXX-X
5Baie Dominion,
île Manitoulin
1-XXXXX
6Baie Shrigley,
île Manitoulin
5X-XXX-
6Baie Portage,
île Manitoulin
4XXXX--
7Taskerville,
île Manitoulin
18------
8Baie Pancake10-X---X

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Tendances en matière d'habitat

L’aménagement du littoral et l’utilisation intensive des rives à des fins récréatives ont entraîné d’importantes pertes d’habitat dans le passé. De nos jours, l’aménagement du littoral a pratiquement cessé, mais l’utilisation des rives à des fins récréatives continue d’endommager l’habitat et d’avoir un impact sur les sous-populations. L’utilisation intensive de la plage Wasaga par les humains (nettoyage de la plage, piétinement intense et aménagement des berges) a apparemment causé la perte de 17,5 ha d’habitat du criquet du lac Huron au cours des années 1900. D’autres sites historiques, à la plage Sauble (23,9 ha) et sur l’île Giant’s Tomb (environ 5 ha), sont également très fréquentés par les amateurs d’activités récréatives, et ces activités ne sont probablement pas étrangères à la disparition des sous-populations qui y étaient établies (Sutherland, comm. pers., 2014). En revanche, la plupart des sites sur l’île Manitoulin ont été peu touchés par les perturbations ou des activités d’aménagement du littoral, et la flore et les processus dunaires y sont encore intacts. À deux grands sites (baie Carter et baie Providence, sur l’île Manitoulin), on est parvenu à atténuer les dommages causés par les perturbations humaines en limitant la circulation pédestre (baie Carter et baie Providence) et en interdisant l’utilisation de véhicules hors route afin de prévenir la formation de creux de déflation (baie Providence) (COSEWIC, 2010).

La superficie de l’habitat du criquet du lac Huron aux îles Manitoulin et Great Duck est demeurée plus ou moins stable au cours des 15 dernières années, mais la qualité de l’habitat continue de décliner à de nombreux autres sites (tableau 3) (COSEWIC, 2010). Les processus naturels ont également un impact sur l’habitat du criquet du lac Huron. Le vent, les vagues, l’érosion par la glace et les tempêtes occasionnelles jouent un rôle déterminant dans le maintien de zones sableuses à végétation clairsemée dans les écosystèmes dunaires (Parks Canada Agency, 2011). En l’absence de perturbations, les arbustes et les arbres déplacent les graminées dunaires. Les cycles de fluctuations du niveau de l’eau des Grands Lacs influent également sur l’habitat dunaire. Le niveau d’eau du lac Huron fluctue selon un cycle court d’environ 30 ans qui se superpose à un cycle de 120 à 200 ans (Wilcox et al., 2007). Des données de surveillance amassées au Michigan semblent indiquer que les sous-populations de criquets du lac Huron culminent lorsque le niveau d’eau est à son plus bas et que les dunes atteignent leur superficie maximale (Scholtens et al., 2005). Toutefois, les périodes d’eau haute sont également importantes pour la santé à long terme des dunes. La croissance des dunes est maximale durant les périodes de hautes eaux, alors que l’érosion s’intensifie et reconstitue les réserves de sable (Albert, 2000). En période de basses eaux, les quantités de sable qui se déposent sur l’avant-dune diminuent, et la croissance de la végétation s’intensifie (Parks Canada Agency, 2011). Même si aucune surveillance n’est exercée aux dunes de la baie Pancake, au lac Supérieur, l’état de ces dunes semble stable (Morris, comm. pers., 2014).

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Biologie

La plupart des informations sur la biologie du criquet du lac Huron sont tirées d’études inédites effectuées au Michigan par Scholtens (1996; 1997) et Ballard (1991) et d’un sommaire de ces études et d’autres données inédites amassées par Sjogren (2001). Le comportement reproducteur de l’espèce est décrit dans une monographie par Otte (1970). Scholtens et al. (2005) décrivent les menaces et les relations interspécifiques entre le criquet du lac Huron et d’autres espèces de criquets au Michigan. Lorsqu’aucune information se rapportant spécifiquement au criquet du lac Huron n’est disponible, le lecteur est référé à Otte (1981; 1984) et à Capinera et al. (2004), qui présentent des renseignements généraux sur le comportement et l’écologie des criquets.

Cycle vital et reproduction

Le criquet du lac Huron est une espèce univoltine (une génération par année). La parade nuptiale a lieu à la fin de l’été sur des zones sableuses à couvert graminéen clairsemé. En s’approchant des femelles, les mâles stridulent en produisant deux à huit courtes trilles en frottant leurs métafémurs sur le bord de leurs ailes antérieures (figure 2) (Otte, 1970). Par temps chaud (~ 27 °C), ils effectuent des vols de parade en faisant du vol stationnaire, en exposant leurs ailes et en produisant un crépitement (Sjogren, 2001). Les mâles se livrent entre eux à des démonstrations agressives en agitant les fémurs et en en frappant l’extrémité contre sol (Vickery et Kevan, 1985). Les mâles, généralement répartis uniformément à l’échelle de l’habitat, défendent un territoire d’environ 1 m de diamètre (Rabe, 1999). Lors de l’accouplement, les mâles s’installent sur le dos des femelles et transfèrent un sac contenant le sperme (spermatophore) dans le conduit génital des femelles (Otte, 1981).

Après l’accouplement, les femelles déposent leurs œufs dans le sol sableux (Vickery et Kevan, 1985). Le comportement de ponte du criquet du lac Huron ne semble pas avoir été documenté en détail, mais chez d’autres espèces de criquets, les œufs sont déposés par grappes de 3 à presque 200 œufs réunis par une sécrétion spumeuse qui durcit au contact de l’air pour former un étui rigide appelé oothèque (Capinera et al., 2004; Kirk et Bomar, 2005). Les femelles produisent généralement plusieurs oothèques. Les œufs du criquet du lac Huron passent l’hiver dans le sol et éclosent à la fin du printemps suivant. Les larves passent par cinq stades avant d’atteindre le stade adulte, en juin ou en juillet (Sjogren, 2001). Les adultes survivent jusqu’aux premières fortes gelées, qui surviennent généralement à la fin de septembre ou en octobre.

Aucun cas d’hybridation entre le criquet du lac Huron et d’autres espèces n’a été signalé à ce jour, et l’aire de répartition du criquet du lac Huron ne chevauche pas celle de ses congénères les plus étroitement apparentés (T. pallidipennis, T. saxitilis, T. colusa et T. schaefferi) (Otte, 1984). Hubbell (1929) a toutefois observé un criquet du lac Huron mâle copulant avec un criquet verruqueux femelle.

Physiologie et Adaptabilité

On sait peu de choses sur les adaptations physiologiques et comportementales du criquet du lac Huron. L’espèce est adaptée aux milieux dunaires, où les fluctuations journalières et saisonnières d’humidité et de température sont extrêmes et où le substrat subit continuellement des changements (Maun, 2009). Du fait de ces conditions extrêmes, les dunes abritent une végétation éparse et offrent une protection minimale contre les prédateurs. Sur une plus longue échelle de temps, les fluctuations des niveaux d’eau et la succession végétale altèrent les milieux dunaires. Le criquet du lac Huron se nourrit de diverses espèces de plantes dunaires communes (Scholtens et al., 2005), mais il semble éviter les colonies denses de centaurée maculée (Centaurea biebersteinii = C. maculosa ou C. stoebe) (Marshall et Storer, 2007), une plante envahissante. En plus de consommer des matières végétales mortes et vivantes, les larves se nourrissent d’invertébrés morts, riches en azote (Sjogren, 2001). La coloration cryptique du criquet du lac Huron réduit apparemment le risque de prédation.

Déplacements et dispersion

La capacité de dispersion du criquet du lac Huron n’a pas été évaluée, mais la présence d’une sous-population sur l’île Great Duck, dans le lac Huron, donne à croire que l’espèce peut franchir des distances de plusieurs kilomètres au-dessus de milieux non propices. Comme les niveaux des Grands Lacs étaient plus bas il y a environ 9 000 ans, la connectivité entre l’île Great Duck et l’île Manitoulin était probablement meilleure à l’époque, mais les deux îles ont probablement été submergées par la suite lorsque les niveaux d’eau se sont élevés durant la phase Nipissing, il y a environ 5 000 ans (Larsen, 1987; National Geophysical Data Center, 1999). En progressant d’îles en îles, le criquet du lac Huron pourrait s’être dispersé sur une distance minimale d’environ 4 km au-dessus de l’eau pour coloniser l’île. De la même façon, la présence de l’espèce sur les îles North Fox et South Fox et d’autres îles semble indiquer que les adultes peuvent franchir en vol une distance minimale d’environ 15 km au-dessus de zones d’eau libre. Le criquet du lac Huron n’est pas une espèce migratrice.

La population du criquet du lac Huron n’est pas gravement fragmentée. Les complexes dunaires abritant l’espèce forment des îlots isolés les uns des autres par des distances variant entre 2 et 36 km, mais les adultes volent bien et sont apparemment capables de se disperser sur au moins plusieurs kilomètres, si l’on en juge par la présence de l’espèce sur de petites îles dans les lacs Huron et Michigan.

Relations interspécifiques

Bien qu’ils occupent des milieux similaires, le criquet maritime et le criquet du lac Huron sont rarement observés ensemble, ce qui donne à croire qu’ils pourraient se livrer une compétition pour la nourriture ou d’autres ressources limitatives (Otte, 1970). Le criquet maritime remplace le criquet du lac Huron sur les plages du sud des lacs Huron et Michigan (Otte, 1970; Marshall, 2003; Scholtens et al., 2005). Le criquet du lac Huron était présent à la plage Sauble et sur l’île Giant’s Tomb au début des années 1900, mais seul le criquet maritime y a été observé lors des relevés les plus récents (Marshall, 2003; Kamstra, comm. pers., 2014). Au Michigan, la frontière entre les aires de répartition des deux espèces s’est déplacée vers le nord sur une distance d’environ 80 km entre les années 1940 et 1960 (Otte, 1970). En revanche, le criquet maritime a été observé à la baie Providence et à la baie Carter (où le criquet du lac Huron était également présent) en 2002 (Marshall, 2003), mais seul le criquet du lac Huron a été observé à ces dunes en 2014.

Au Michigan, le criquet du Wyoming habite les portions perturbées des plages qui ne sont habituellement pas fréquentées par le criquet du lac Huron (Kirk et Bomar, 2005; Scholtens et al., 2005). Durant les relevés effectués en Ontario en 2014, des criquets verruqueux ont été observés aux extrémités de certaines des plages occupées par le criquet du lac Huron. Des criquets verruqueux ont également été trouvés aux dunes de Pic River, sur la rive nord du lac Supérieur, où le criquet du lac Huron est absent. Le criquet de la Caroline, le criquet pellucide, le criquet birayé (Melanoplus bivittatus)et le criquet voyageur (M. sanguinipes) ont également été observés aux mêmes plages que le criquet du lac Huron durant les relevés de 2014.

Des asiles (Diptères : Asilidés), des araignées (Araneae) ainsi que de nombreux autres arthropodes (Capinera et al., 2004) comptent parmi les prédateurs des criquets. Les larves de certaines espèces de méloïdes (Coléoptères : Meloïdés) et de bombyles (Diptères : Bombyliidés) se nourrissent d’œufs de criquets (Capinera et al., 2004). De nombreux vertébrés, dont le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes), le crapaud d’Amérique (Bufo americanus), la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius) et le Quiscale bronzé (Quiscalus quiscula), se nourrissent probablement à l’occasion de criquets du lac Huron. Toutes ces espèces ont été observées dans l’habitat du criquet du lac Huron en 2014. Des goélands (Laridés) se rassemblent régulièrement sur les plages et, en prédateurs opportunistes, consomment probablement des criquets du lac Huron si l’occasion se présente. Les larves servent probablement de proies à diverses espèces d’oiseaux de plus petite taille.

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Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d'échantillonnage

En 2014, des relevés ont été effectués dans 26 complexes dunaires situés sur l’île Manitoulin ou à proximité, ainsi que dans la portion est du lac Supérieur et sur la rive est du lac Huron (figure 5, annexe 1). Une attention toute particulière a été accordée à l’île Manitoulin en raison de la grande quantité d’habitat potentiel jamais fouillé auparavant. Comme la présence de l’espèce n’avait pas été décelée aux sites historiques des plages Wasaga et Sauble et de l’île Giant’s Tomb lors des nombreux relevés effectués depuis les années 1940, ces sites n’ont pas été visités en 2014. Les recherches de l’espèce ont été menées par des observateurs se déplaçant lentement parmi l’habitat de dunes dégagées, guettant la présence de criquets adultes qui, lorsqu’approchés à environ 1,0 à 1,5 m, sautent ou s’envolent généralement. Environ 65 heures-personnes ont été consacrées à ces recherches.

Abondance

Aucune estimation de la taille des sous-populations du criquet du lac Huron n’est disponible. Plus de 500 individus ont été dénombrés lors des relevés de 2014, mais aucune estimation systématique de la taille des sous-populations n’a été effectuée. L’espèce semblait la plus abondante à la baie Carter et à la baie Shrigley, plus de 100 individus ayant été dénombrés à chacun de ces sites. Seulement six individus ont été dénombrés à la baie Pancake. Les rapports précédents (Walker, 1902; Marshall, 2003) ne contenaient aucune estimation de la taille des sous-populations.

Fluctuations et tendances

Aucune donnée de surveillance des sous-populations n’est disponible pour les occurrences canadiennes qui, pour la plupart, ont été découvertes en 2014. Le criquet du lac Huron est apparemment disparu aux sites historiques des plages Sauble et Wasaga et de l’île Giant’s Tomb (Marshall, 2003; Sutherland, comm. pers., 2014) et était présumé disparu de l’Ontario jusqu’à ce que Marshall (2003) découvre une sous-population inconnue jusque-là à la baie Carter, sur l’île Manitoulin. Le criquet du lac Huron n’a pas été capturé à la baie Providence en 2002 (Marshall, 2003), mais il y a été observé en 2014, ce qui donne à croire qu’il pourrait avoir colonisé ce site entre 2002 et 2013.

On considère qu’une espèce sauvage subit des fluctuations extrêmes lorsque ses effectifs adultes ou son aire de répartition varient fortement, rapidement et fréquemment, et que cette variation est supérieure à un ordre de grandeur. La répartition et la taille des sous-populations de certaines espèces de criquets (p. ex. espèces du genre Melanoplus) fluctuent considérablement d’une année à l’autre en réponse à la disponibilité de nourriture, aux conditions météorologiques ou à d’autres facteurs (Vickery et Kevan, 1985). On ignore toutefois si c’est le cas chez le criquet du lac Huron. Les seules données de suivi de sous-populations disponibles font état de fluctuations oscillant entre un minimum d’environ 750 individus et un maximum de 4 000 à 6 000 individus sur une période de huit ans chez une sous-population du Michigan (Scholtens et al., 2005). Ces variations sont toutefois inférieures à un ordre de grandeur et ne satisfont donc pas à la définition de fluctuations extrêmes (IUCN, 2010).

Immigration de source externe

Une immigration de source externe est jugée possible. La baie Pancake, au lac Supérieur, se trouve à 35 km en travers du lac de la sous-population de la pointe Whitefish, au Michigan, mais l’île Parisienne et les îles Sandy se trouvent entre ces sites, ce qui réduit la distance d’eau libre à franchir. Tant l’île Parisienne que les îles Sandy comportent des milieux dunaires. De la même façon, une autre sous-population établie dans le comté Chippewa, au Michigan, se trouve à environ 60 km de l’extrémité ouest de l’île Manitoulin ou à 80 km de l’île Great Duck. Les plages des îles Cockburn et Drummond pourraient servir de relais entre les sites du Michigan et du Canada. Comme la sous-population du Michigan semble stable ou en hausse (Cuthrell, comm. pers., 2014) et que l’espèce semble posséder une bonne capacité de dispersion, une immigration en provenance du Michigan est jugée possible.

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Menaces et facteurs limitatifs

Bon nombre des menaces qui pèsent sur le criquet du lac Huron touchent également le chardon de Pitcher, autre espèce endémique aux écosystèmes dunaires des Grands Lacs qui est présente à la plupart des sites actuellement occupés par le criquet du lac Huron au Canada. Les menaces pesant sur le chardon de Pitcher ont été évaluées pour le programme de rétablissement (Parks Canada Agency, 2011) et sont examinées ci-dessous. On a eu recours au calculateur des menaces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) (2006) pour classer et répertorier les menaces qui pèsent sur le criquet du lac Huron (Salafsky et al.,2008; Master et al., 2009) (tableau 4). Un sommaire des menaces répertoriées à chacun des complexes dunaires abritant le criquet du lac Huron est présenté au tableau 3. L’impact global calculé est moyen.

Tableau 4. Calculateur des menaces de l'UICN.
#MenaceImpact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années
ou
3 générations)
ImmédiatetéCommentaires
1Développement résidentiel et commercial (en anglais seulement)CD-FaiblePetite (1-10 %)Légère (1-10 %)Élevée (continue)-
1.1Zones résidentielles et urbainesD-FaiblePetite (1-10 %)Grave-modérée (11-70 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)Historiquement, le développement domiciliaire était une menace aux plages Wasaga et Sauble, mais le criquet du lac Huron est disparu à ces sites. Les sites existants se trouvent dans des zones littorales municipales, des parcs ou une zone protégée. Le développement domiciliaire demeure une menace pour certaines parties des dunes à la baie Carter et sur l'île Great Duck.
1.2Zones commerciales et industrielles-InconnueGrave-modérée (11-70 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)La possibilité que certaines parties de la baie Carter fassent l'objet d'un développement est incertaine et dépend des plans des propriétaires fonciers.
1.3Tourisme et espaces récréatifsD-FaiblePetite (1-10 %)Légère (1-10 %)Élevée (continue)Historiquement, le développement d'activités touristiques commerciales constituait une menace aux plages Wasaga et Sauble, mais le criquet du lac Huron est disparu à ces sites. Neuf des 11 sites existants sont au moins faiblement menacés par des terrains de volleyball, des foyers et des installations d'entreposage d'embarcations associées à des chalets adjacents; la présence de terrains de volleyball n'est pas réglementée par la communauté.
4Corridors de transport et de service (en anglais seulement)NégligeableRestreinte (11-30 %)Négligeable (<1 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)-
4.1Routes et voies ferréesNégligeableRestreinte (11-30 %)Négligeable (<1 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)Des routes se trouvent à moins de 25 m de deux sites, mais leur présence constitue probablement une menace négligeable, car le criquet du lac Huron s'éloigne rarement de son habitat dunaire.
4.2Lignes de services publics----Sans objet. La construction de lignes de services publics est peu probable, car cette activité est généralement associée au développement domiciliaire.
4.3Transport par eau----Des navires de charge naviguent dans la partie nord du lac Huron, mais leurs impacts sont vraisemblablement négligeables.
5Utilisation des ressources biologiques (en anglais seulement)-----
5.2Cueillette de plantes terrestres----Pas considérée comme une menace; le criquet du lac Huron se nourrit de plusieurs espèces de plantes communes dans les dunes, mais aucune de ces plantes n'est récoltée à des fins d'utilisation humaine.
6Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement)C-MoyenGénéralisée (71-100 %)Modérée (11-30 %)Élevée (continue)-
6.1Activités récréatives-C-MoyenGénéralisée (71-100 %)Modérée (11-30 %)Élevée (continue)Le piétinement de la végétation et les creux de déflation formés par la circulation des amateurs de randonnée pédestre et de véhicules hors route constituent une menace à 8 des 11 sites existants. Le criquet du lac Huron tolère toutefois des niveaux d'activités récréatives modérés au Michigan. L'aménagement de promenades en bois et l'installation de panneaux à deux sites sur l'île Manitoulin ont permis de réduire l'ampleur des dommages dus au piétinement.
6.3Travaux et autres activités----L'impact des activités de nettoyage des plages à la baie Providence Bay et à d'autres sites est examiné au point 6.1.
7Modification du système naturel (en anglais seulement)-InconnueInconnueModérée (possiblement à court terme, < 10 ans)-
7.1Incendies et suppression des incendies----Pas considérés comme une menace. Le feu ne joue aucun rôle dans l'évolution des écosystèmes dunaires.
7.2Barrages, gestion et utilisation de l'eauPas une menace (au cours de la période évaluée)InconnueInconnueFaible (possiblement à long terme, >10 ans)Une modification des volumes d'eau rejetés du lac Supérieur dans le lac Huron et une dérivation des eaux des lacs Huron et Michigan sont possibles, mais leurs impacts sur les dunes est inconnu.
7.3Autres modifications de l'écosystème-InconnueInconnueModérée (possiblement à court terme, < 10 ans)Aucune structure anti-érosion n'est présente aux sites existants, mais la construction de telles structures constitue une menace potentielle.
8Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement)C-Moyen - faibleGénéralisée (71-100 %)Modérée-légère (1-30 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)-
8.1Espèces exotiques/non indigènes envahissantesCD-Moyen - faibleGénéralisée (71-100 %)Modérée-légère (1-30 %)Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans)Le roseau commun et la centaurée maculée peuvent former des colonies denses et stabiliser le sable soufflé par le vent, altérant de ce fait la succession naturelle. Le remplacement des plantes hôtes nourricières préférées du criquet du lac Huron par la centaurée maculée a été documenté au Michigan. Le roseau commun est présent en faible densité à seulement deux sites et la centaurée est présente à seulement un site, mais ces deux espèces sont très envahissantes.
8.2Espèces indigènes problématiquesCD-Moyen - faibleGrande (31-70 %)Modérée-légère (1-30 %)Élevée (continue)Une relation de compétition interspécifique semble exister entre le criquet du lac Huron et le criquet maritime. Certaines données semblent indiquer que la croissance de la végétation ligneuse s'effectue plus rapidement que la formation de nouvelles dunes.
9Pollution (en anglais seulement)----Aucune des dunes inhabitées ne se trouve à proximité immédiate d'une grande route, de terres agricoles ou de zones de développement industriel, où d'importants déversements peuvent se produire.
9.3Effluents agricoles et forestiers----Sans objet, car la plupart des terres agricoles sont des pâturages ou des prés de fauche et sont situées à plusieurs kilomètres des dunes.
11Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement)-InconnueInconnueÉlevée (continue)Le relèvement isostatique du lac Huron est une menace potentielle. Le criquet du lac Huron n'est pas spécifique à un hôte donné, mais il pourrait être particulièrement affecté par des changements climatiques importants, compte tenu de sa phénologie et de sa période d'émergence larvaire.
11.1Déplacement et altération de l'habitat-nconnuenconnueÉlevée (continue)Les modèles climatiques prévoient un abaissement du niveau de l'eau des Grands Lacs. À court terme, un tel changement pourrait accroître la quantité d'habitat disponible pour le criquet du lac Huron, mais à plus long terme, la quantité d'habitat disponible pourrait diminuer si la succession végétale dans les milieux dunaires devait être plus rapide que la formation de nouvelles dunes. Les faibles niveaux d'eau observés depuis la fin des années 1990 semblent avoir perturbé les processus de succession et sont considérés comme une menace pour l'habitat dunaire à huit des onze sites existants.
11.2Sécheresses----Les sécheresses ne sont pas considérées comme une menace. Comme elles se trouvent à proximité immédiate des lacs Huron et Supérieur, les dunes sont probablement moins vulnérables que les écosystèmes situés plus haut que la nappe phréatique.
11.3Températures extrêmes-InconnueInconnueÉlevée (continue)Les sous-populations sont confinées à une aire géographique restreinte et pourraient être vulnérables aux impacts de conditions météorologiques extrêmes telles que des hivers rigoureux, des gelées tardives ou des saisons de croissance inhabituellement fraîches et humides.
11.4Tempêtes et inondations-InconnueInconnueÉlevée (continue)Les sous-populations sont confinées à une aire géographique restreinte et pourraient être vulnérables aux impacts de conditions météorologiques extrêmes telles que des hivers rigoureux, des gelées tardives ou des saisons de croissance inhabituellement fraîches et humides.

Intrusions et perturbations humaines (UICN 6)

Les amateurs de randonnée pédestre peuvent endommager la végétation des dunes et ainsi contribuer à l’accélération de l’érosion et du recul du littoral (Peach, 2005; Parks Canada Agency, 2011). La fréquentation intensive des sites de l’île Giant’s Tomb et des plages Wasaga et Sauble par les amateurs de baignade et de randonnée pédestre a apparemment contribué à l’altération de la végétation dunaire et à la disparition du criquet du lac Huron à ces sites (Sutherland, comm. pers., 2014). Une circulation pédestre intense endommage la végétation et élimine les graminées et arbustes qui stabilisent les sols (Parks Canada Agency, 2011). Elle entraîne également parmi les dunes la formation de sentiers qui peuvent mener à la création de creux de déflation, les zones sableuses instables permettant la croissance seulement d’une végétation clairsemée. Les aires protégées accessibles au public sont souvent plus vulnérables que les aires privées ou isolées. Les dommages causés à l’habitat par les amateurs de randonnée pédestre constituent une menace à six des 11 sites abritant le criquet du lac Huron (tableau 3). La gravité des dommages dus au piétinement était jusqu’à récemment une source de préoccupation aux sites des baies Providence et Carter, mais l’aménagement de promenades, d’escaliers et d’allées désignées a permis de corriger le problème dans une certaine mesure (Parks Canada Agency, 2011). Bien que l’utilisation des plages à des fins récréatives ait apparemment contribué à sa disparition, le criquet du lac Huron semble tolérer une utilisation modérée de son habitat par les humains à d’autres plages.

L’utilisation de véhicules récréatifs hors route constitue une menace importante pour la végétation des dunes et entraîne une réduction significative des sous-populations du criquet du lac Huron (Scholtens et al.,2005). En s’éloignant des sentiers ou des routes et en s’aventurant parmi les dunes (Parks Canada Agency, 2011), ces véhicules peuvent infliger des dommages aux graminées et aux arbustes qui contribuent à stabiliser les sols et ainsi favoriser l’érosion et la formation de creux de déflation. Ils peuvent également contribuer à la dispersion de plantes envahissantes. Bien que l’on ne dispose d’aucune donnée quantitative sur la question, il semble qu’au Michigan, les dunes fréquentées par des amateurs de véhicules hors route abritent des sous-populations de criquets du lac Huron plus petites que celles où l’utilisation de tels véhicules est interdite (Scholtens et al. 2005). L’utilisation de véhicules hors route est généralisée sur l’île Manitoulin, en particulier dans les zones littorales comportant une emprise publique (Parks Canada Agency, 2011). Les véhicules hors route constituent une menace à six des 11 sites abritant le criquet du lac Huron (tableau 3).

Le criquet du lac Huron est présent aux baies Pancake, Carter et Providence, fréquentées de façon modérée par les amateurs de randonnée pédestre et de baignade (les données sur les nombres d’utilisateurs sont apparemment non disponibles). La qualité de l’habitat ne semble donc pas compromise par le niveau d’utilisation actuel. C’est également le cas au Michigan, où le criquet du lac Huron semble tolérer un certain niveau d’utilisation de son habitat à des fins récréatives pour peu que l’intégrité de la végétation et des processus dunaires ne soit pas compromise (Sjogren, 2001).

L’élimination de la végétation des dunes et des plages pour créer des aires sableuses dégagées se prêtant à des utilisations récréatives constitue une menace dans certaines propriétés privées sur l’île Manitoulin. En 2014, un tracteur et une trancheuse à disque ont été utilisés pour éliminer la végétation qui poussait sur la plage à deux sites dunaires (dont un occupé par le criquet du lac Huron).

Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (UICN 8)

Les espèces envahissantes peuvent déplacer les plantes nourricières préférées du criquet du lac Huron ou altérer les processus dunaires et représentent une menace potentielle pour le criquet du lac Huron. Les plantes envahissantes constituent une menace potentielle à tous les sites occupés par le criquet du lac Huron quel que soit le régime de propriété ou le statut de protection des terres, mais les dunes les plus menacées comprennent celles qui abritent des populations de plantes envahissantes ou qui sont intensivement fréquentées par le public (tableau 3). Les plantes envahissantes ne sont pas encore largement réparties dans les dunes de l’île Manitoulin, mais plusieurs espèces ont envahi de façon agressive d’autres dunes réparties le long des rives du lac Huron (Peach, 2005), et aucune barrière ne semble en mesure de freiner leur progression jusqu’à l’île.

Le roseau commun (Phragmites communis) et la centaurée maculée sont deux des plus graves menaces qui pèsent sur le criquet du lac Huron et sur son habitat. Les colonies denses formées par ces deux espèces peuvent stabiliser le sable soumis à l’action du vent et par conséquent altérer la succession des dunes (Michigan Natural Features Inventory, 2010). Le roseau commun est présent dans plusieurs sites dunaires occupés par le criquet du lac Huron à l’île Manitoulin (Parks Canada Agency, 2011; obs. pers.). Bien qu’il ne soit pas encore très envahissant à ces sites, le roseau commun pourrait coloniser de vastes étendues de littoral, comme il l’a fait dans la portion sud du lac Huron (Parks Canada Agency, 2011). La centaurée maculée a envahi des parties des dunes Grand Sable au Michigan et y a apparemment déplacé l’armoise des champs, une des plantes nourricières préférées du criquet du lac Huron (Marshall et Storer, 2007). La probabilité de trouver le criquet du lac Huron était plus élevée dans les sites exempts de centaurées maculées. La centaurée maculée est apparemment absente dans les dunes des îles Manitoulin et Great Duck (Jones, comm. pers., 2014; obs. pers.), mais elle est présente à la baie Pancake, en Ontario.

L’extension vers le nord de l’aire de répartition du criquet maritime et l’invasion des dunes perturbées par le criquet du Wyoming pourraient représenter des menaces pour le criquet du lac Huron. Le criquet du Wyoming semble plus abondant dans les dunes perturbées par des activités récréatives, et le criquet du lac Huron se rencontre rarement dans les mêmes dunes que lui (un seul site sur plus de cent sites). Les perturbations induites par les activités récréatives peuvent entraîner une modification de la végétation des dunes, permettant ainsi au criquet du Wyoming d’envahir les sites perturbés et d’y déplacer le criquet du lac Huron. Ce dernier est cependant capable de tolérer un certain niveau d’activité humaine lorsque le criquet du Wyoming est absent (Scholten et al., 2005).

Le criquet du lac Huron était présent à la plage Sauble et sur l’île Giant’s Tomb au début des années 1900 (tableau 1), mais seul le criquet maritime y a été observé lors des relevés effectués depuis le milieu des années 1990 (Marshall, 2003; Kamstra, comm. pers., 2014; Sutherland, comm. pers., 2014). De la même façon, seul le criquet maritime a été observé lors de relevés effectués au Michigan dans des dunes anciennement occupées par le criquet du lac Huron; ces observations donnent à croire que le criquet maritime a étendu son aire de répartition d’environ 80 km vers le nord entre environ 1941 et 1966 (Otte, 1970, 1984; Scholtens et al., 2005). De plus amples recherches s’imposent pour établir si cette extension d’aire est attribuable à un déplacement par compétition.

Développement résidentiel ou commercial (UICN 1)

Le développement résidentiel et commercial est probablement la principale cause de la disparition des sous-populations du criquet du lac Huron aux plages Wasaga et Sauble. Ces plages sont bordées par des entreprises de vente au détail, des maisons et des chalets. Un tel niveau de développement favorise une utilisation récréative intense et accroît par conséquent le risque que des dommages soient infligés à la végétation des dunes (voir la section Intrusions et perturbations humaines).

La plupart des baies sableuses sur l’île Manitoulin sont subdivisées, et des chalets ont été construits sur l’arrière-dune ou dans la forêt adjacente (Parks Canada Agency, 2011). Même si ces chalets se trouvent à l’extérieur de l’habitat du criquet du lac Huron, leurs propriétaires ont souvent érigé diverses structures telles que des terrains de volleyball, des foyers et des installations d’entreposage d’embarcations sur les dunes. Le développement résidentiel et l’aménagement de structures qui y est associé constitue une menace au moins faible à huit des 11 sites dunaires occupés par le criquet du lac Huron (tableau 3), mais aucun changement majeur n’est survenu depuis 1999 (COSEWIC, 2010). Certains propriétaires de chalets participent toutefois activement à l’intendance des dunes et interdisent toute activité susceptible de causer des dommages devant leur propriété (COSEWIC, 2010).

Corridor de transport et de service (UICN 4)

Aucun corridor de transport ou de service ne traverse l’habitat du criquet du lac Huron. Des routes courent parallèlement à l’arrière des dunes aux baies Pancake et Providence à quelque 25 m de l’habitat du criquet du lac Huron, mais leur impact direct sur l’espèce est probablement minimal puisque celui-ci ne s’aventure pas dans les milieux boisés (Rabe, 1999). Le développement éventuel du réseau routier ne constitue vraisemblablement pas une menace importante.

Modifications des systèmes naturels (UICN 7)

Les activités de régularisation des niveaux d’eau incluent l’altération des volumes d’eau du lac Supérieur rejetés dans le lac Huron, et une éventuelle dérivation des eaux des lacs Huron et Michigan (COSEWIC, 2010) pourrait être une menace. Les impacts de telles modifications sur les dunes et le criquet du lac Huron sont inconnus.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (UICN 11)

Selon les modèles climatiques, les niveaux des Grands Lacs devraient baisser au cours du prochain siècle, en grande partie en raison d’une augmentation de l’évaporation (Mortsch et al., 2006) (bien que des précipitations supérieures à la normale en 2013 et en 2014 aient entraîné une hausse des niveaux de l’eau des lacs Supérieur et Huron; NOAA ,2014). Tel que mentionné précédemment sous « Tendances en matière d’habitat », la baisse des niveaux de l’eau pourrait accroître la quantité d’habitat disponible pour le criquet du lac Huron, mais à plus long terme, la quantité d’habitat disponible pourrait diminuer si la succession végétale dans les milieux dunaires devait être plus rapide que la formation de nouvelles dunes. On estime que les faibles niveaux de l’eau observés depuis la fin des années 1990 ont altéré les processus de succession et menace l’habitat dunaire à huit des 11 dunes abritant le criquet du lac Huron (tableau 3) (COSEWIC, 2010).

Les sous-populations canadiennes de criquets du lac Huron sont confinées à un petit territoire et pourraient être vulnérables à des conditions météorologiques extrêmes telles que des hivers rigoureux, des gelées tardives, des saisons de croissance inhabituellement fraîches et humides ou des sécheresses. Les fluctuations des niveaux d’eau induites par les changements climatiques pourraient également avoir un impact sur l’habitat dunaire. Les impacts des changements climatiques et des phénomènes météorologiques violents sont toutefois inconnus.

Nombre de localités

Le criquet du lac Huron est présent à 11 sites dunaires au Canada et est considéré comme présent dans 8-11 localités. Au haut de l’échelle, les onze sites ont été considérés comme des localités distinctes. Au bas de l’échelle, les sites qui étaient géographiquement distincts (adjacents le long d’un habitat côtier) et exposés à la même plus grave menace plausible ont été regroupés, pour un total de huit localités (tableau 3). À la plupart des sites, l’utilisation de véhicules hors route a été jugée la plus grave menace plausible susceptible d’avoir rapidement un impact sur les individus.

L’île Great Duck comportait un site et a été considérée comme une seule localité parce qu’elle appartient à des intérêts privés et est isolée, peu fréquentée par les humains et exempte de menaces apparentes. Sur l’île Manitoulin, les baies Carter et Providence font toutes deux l’objet d’une utilisation récréative intensive, mais des promenades en bois ont été installées pour freiner l’érosion. Contrairement à la baie Providence, qui est un parc municipal, la baie Carter appartient à des intérêts privés et est fréquentée par des amateurs de véhicules hors route. En conséquence, les sites des baies Carter et Providence ont été considérés comme des localités distinctes. Les sites des baies Deans, Lonely et Square sont des zones littorales municipales fréquentées par les amateurs de véhicules hors route et ont été regroupés en une seule localité. La baie Dominion n’est pas fréquentée par les amateurs de véhicules hors route, mais les plantes envahissantes y constituent une menace, si bien qu’elle est considérée comme une localité distincte. Les sites adjacents de Shrigley et de la baie Portages sont également des propriétés municipales qui sont toutes deux fréquentées par les amateurs de véhicules hors route et sont par conséquent considérées comme une seule localité. Le site de la baie Taskerville a été considéré comme une localité distincte parce qu’il est la propriété de Conservation de la nature Canada et est par conséquent mieux protégé et relativement à l’abri des perturbations humaines. Enfin, le site de la baie Pancake, au lac Supérieur, a été considéré comme une localité distincte parce qu’il est isolé géographiquement des autres sites et se trouve dans un parc provincial où la centaurée maculée est présente.

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le criquet du lac Huron n’est pas protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral oude la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. L’espèce est désignée menacée au Michigan (Michigan Natural Features Inventory, 2007) et en voie de disparition au Wisconsin (Wisconsin Department of Natural Resources, 2014), mais elle ne figure pas parmi les espèces protégées en vertu de l’Endangered Species Act des États-Unis et de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Statuts et classements non juridiques

Les cotes de conservation suivantes ont été attribuées à l’espèce par Nature Serve (2014) :

  • Cote mondiale : G2G3 (dernier examen : 14 octobre 2015; Dale Schweitzer, comm. pers., 2015);
  • Cote nationale (Canada) : N2 (dernier examen : 14 octobre 2015; Colin Jones, comm. pers., 2015);
  • Cote nationale (États-Unis) : N2N3 (dernier examen : 14 octobre 2015; Dale Schweitzer, comm. pers., 2015).

Les cotes de conservation infranationales (cotes S) suivantes ont été attribuées à l’espèce :

  • S1 (gravement en péril) : WI (WI DNR, 2015);
  • S2 (en péril) : ON (Colin Jones, comm. pers., 2015);
  • S2S3 (vulnérable) : MI (Cuthrell, comm. pers., 2014).

En Ontario, la cote de l’espèce a été abaissée de S1 (gravement en péril) à S2 (en péril) par suite de la découverte de nouveaux sites en 2014. De la même façon, sa cote a été abaissée de S2 à S2S3 au Michigan en 2014 par suite de la découverte de nouvelles sous-populations (Cuthrell, comm. pers., 2014).

Protection et propriété de l'habitat

L’habitat de l’espèce à la baie Pancake se trouve dans un parc provincial où le littoral ne fait l’objet d’aucune mesure d’aménagement du littoral et où la circulation de véhicules hors route est interdite, mais il subit les impacts d’autres activités récréatives et des plantes envahissantes. Conservation de la nature Canada est propriétaire d’un site à l’île Manitoulin (Taskerville).La baie Carter appartient à des intérêts privés, mais un projet de développement y avait été proposé antérieurement. L’île Great Duck appartient également à des intérêts privés et est relativement bien protégé du fait de son isolement géographique. Le reste de l’habitat du criquet du lac Huron consiste en une bande riveraine d’environ 20 m de largeur de propriété municipale adossée à des lots privés. À l’île Manitoulin, les propriétaires fonciers et autres personnes intéressées reçoivent des informations sur l’écologie et la protection des dunes dans le cadre d’une initiative d’intendance des plages et des dunes (Peach, 2005).

En vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, l’habitat du chardon de Pitcher bénéficie d’une « protection générale de l’habitat » qui pourrait se révéler bénéfique pour le criquet du lac Huron, la plante et l’insecte partageant le même habitat à dix sites. L’occurrence de l’île Great Duck est désignée à titre d’habitat essentiel du chardon de Pitcher (Parks Canada Agency, 2011).

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Remerciements

Judith Jones s’est révélée d’une aide inestimable en répertoriant les milieux dunaires, en contactant les propriétaires fonciers et en fournissant des connaissances sur les sites de l’île Manitoulin. Sa contribution a été grandement appréciée. Colin Jones (Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a participé aux relevés effectués dans la région de l’île Manitoulin et réalisé les relevés aux parcs provinciaux Pinery et Point Farms et à la plage Point Black. Mike Jones a participé aux relevés effectués dans la région de l’île Manitoulin et a réalisé le relevé sur l’île St. Joseph.

Ed Morris, de Parcs Ontario, et Cara Copeland et John Grant, de Conservation de la nature Canada, nous ont autorisés à effectuer des relevés sur les terres relevant de leur compétence et nous ont fourni des avis et leur soutien. Wasyl Bakowsky (Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a fourni des informations sur les dunes côtières de l’Ontario.

Nous remercions le directeur du parc provincial Point Farms, Jim Peck, de son soutien logistique, et le garde de parc Dave Griffin de son aide durant les relevés. Alistair Mackenzie, du parc provincial Pinery, a participé aux relevés et offert un soutien logistique. Peter Burke a offert son aide à Colin Jones durant les relevés effectués dans la portion méridionale du lac Huron.

Experts contactés

Colin Jones, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, Ottawa, Ontario.

Ruben Boles, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Gatineau, Québec

Nikki Boucher, biologiste adjointe des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Sudbury, Ontario.

Vivian Brownell, biologiste principale des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, Ontario.

Douglas C. Currie, conservateur des collections entomologiques, département d’histoire naturelle, Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ontario.

Dave Cuthrell, Conservation Scientist – Zoology Lead, Michigan Natural Features Inventory Michigan State University Extension, Lansing, Michigan.

D. Christopher Darling, conservateur principal des collections entomologiques, département d’histoire naturelle, Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ontario.

Jennifer Doubt, gestionnaire principale des collections – Botanique, Musée canadien de la nature, Ottawa, Ontario.

Brad Hubley, gestionnaire des collections, département d’histoire naturelle, Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ontario.

Colin Jones, zoologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, Peterborough, Ontario.

Judith Jones, Winter Spider Eco-Consulting, Sheguiandah, Ontario.

Neil Jones, chargé de projets scientifiques et coordonnateur des CTA, Secrétariat du COSEPAC, Gatineau, Québec.

James Kamstra, Port Perry, Ontario.

Owen Lonsdale, gestionnaire des collections, Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes, Ottawa, Ontario.

Ed Morris, Parcs Ontario, Zone Nord-Est, Sudbury, Ontario.

Patrick Nantel (Ph.D.), biologiste en conservation, Parcs Canada, Direction de l’intégrité écologique, Gatineau, Québec.

Steve Paiero, conservateur intérimaire, University of Guelph Insect Collection, Guelph, Ontario.

Brian Sholtens, professeur, College of Charleston, Charleston, Caroline du Sud.

Don Sutherland, zoologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, Peterborough, Ontario.

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Sources d'information

Albert, D.A. 2000. Borne of the Wind. An Introduction to the Ecology of Michigan’s Sand Dunes. Michigan Natural Features Inventory. 63 pp.

Bakowsky, W.D. et B.L. Henson. 2014. Rare Communities of Ontario: Freshwater Coastal Dunes. Natural Heritage Information Centre. Ontario Ministry of Natural Resources. 10pp + appendices.

Ballard, H. 1991. Observations on the Lake Huron Locust (Trimerotropis huroniana) at Grass Bay Preserve, Cheboygan County, Michigan. Unpublished Report to Michigan Chapter of The Nature Conservancy.

Ballard, H.E. Jr. 1989. Trimerotropis huroniana (Orthoptera: Acrididae), a new record for Wisconsin. Great Lakes Entom. 22 (1): 45-46.

Bland, R.G. 2003. The Orthoptera of Michigan. Michigan State University Extension. Extension Bulletin E-2815.

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Allan Harris compte plus de 25 années d’expérience comme biologiste dans le nord de l’Ontario. Il détient un diplôme de baccalauréat (B.Sc.) en biologie de la faune de l’Université de Guelph (University of Guelph) et une maîtrise (M.Sc.) en biologie de l’Université Lakehead. Après avoir occupé un poste de biologiste au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario pendant sept ans, il a cofondé Northern Bioscience, une entreprise de consultation écologique établie à Thunder Bay, en Ontario. Allan Harris est auteur ou coauteur de douzaines d’articles scientifiques, de rapports techniques et d’articles de vulgarisation, y compris des rapports de situation du COSEPAC sur le gomphe riverain, le gomphe de Laura, le gomphe des rapides, la cicindèle à grandes taches de Gibson, la cicindèle verte des pinèdes, l’hespérie de Powesheik, le mormon, l’amiral de Weidemeyer, l’hémileucin du ményanthe, le perceur du ptéléa, la gnaphose de Snohomish, l’escargot-forestier à larges bandes, l’aster de la Nahanni, l’aster fausse-prenanthe, la buchnéra d’Amérique, le trille à pédoncule incliné et le lipocarphe à petites fleurs. Il est également auteur d’un rapport provincial sur la situation du caribou des bois en Ontario et auteur ou coauteur de programmes de rétablissement nationaux et provinciaux visant des espèces de plantes vasculaires et d’oiseaux en péril.

Robert Foster est cofondateur et partenaire principal de Northern Bioscience, une entreprise qui offre des services professionnels de consultation écologique en appui aux travaux de gestion, de planification et de recherche sur les écosystèmes. Il est titulaire d’un baccalauréat en biologie (B.Sc.) de l’Université Lakehead (Lakehead University) et d’un diplôme de doctorat en zoologie (D.Phil.) de l’Université d’Oxford (University of Oxford). Robert Forster a travaillé pendant plus de 20 ans comme écologiste en Ontario. Il est auteur ou coauteur de rapports de situation du COSEPAC sur le gomphe riverain, le gomphe de Laura, le gomphe des rapides, la cicindèle à grandes taches de Gibson, la cicindèle verte des pinèdes, l’hespérie de Powesheik, le mormon, l’amiral de Weidemeyer, l’hémileucin du ményanthe, le perceur du ptéléa, la gnaphose de Snohomish, l’escargot-forestier à larges bandes, l’aster de la Nahanni, l’aster fausse-prenanthe, la buchnéra d’Amérique et le trille à pédoncule incliné, de même que des programmes de rétablissement ciblant des espèces de plantes, de lichens et d’odonates rares. Robert Forster a réalisé de nombreux relevés d’odonates et d’autres insectes à des fins de planification et d’évaluation environnementale d’aires protégées en Ontario, ainsi qu’au Manitoba, au Minnesota, au Québec et en Colombie-Britannique.

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Collections examinées

Les données de collecte des spécimens canadiens de criquets du lac Huron ont été compilées à partir de la collection du Musée royal de l’Ontario (MRO) par Brad Hubley (gestionnaire des collections) et de la Collection nationale canadienne (CNC) par Owen Lonsdale (gestionnaire des collections). Les collections de l’Université de Guelph ont été consultées via la base de données Canadensys (University of Guelph Department of Environmental Biology, 2014) (tableau 1).

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