Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Bartramie à feuilles dressées Bartramia stricta au Canada – 2009

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes


Information sur le document

Bartramie à feuilles dressées Bartramia stricta

Photographie de la bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta).

En voie de disparition - 2009

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPACsont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPACsur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 30 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPACsur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 21 p.

Belland, R. J. 1997. Rapport de situation du COSEPACsur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1–21.

Note de production :
Le COSEPACremercie Kella D. Sadler qui a rédigé le rapport de situation sur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta) au Canada, dans le cadre d’un contrat passé avec Environnement Canada. René J. Belland, coprésident du Sous–comité de spécialistes des mousses et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel
Site Web

Also available in English under the title COSEWICAssessment and Status Report on the Rigid Apple Moss Bartramia stricta in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Bartramie à feuilles dressées -- avec la permission de l’auteur.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2010.
No de catalogue CW69–14/96–2010F–PDF
ISBN978–1–100–93971–1

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COSEPAC - Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2009

Nom commun
Bartramie à feuilles dressées

Nom scientifique
Bartramia stricta

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette espèce se trouve dans l’ouest de l’Amérique du Nord, soit en Colombie–Britannique et dans les États de Washington et de la Californie. En Colombie–Britannique, l’espèce est présente à cinq sites dans le sud de l’île de Vancouver et dans des îles Gulf adjacentes, où elle est restreinte aux écosystèmes du chêne de Garry. Elle croît sur des sols compacts, peu profonds et bien drainés ou sur des affleurements rocheux méta–ignés. L’espèce est étroitement associée à des zones de suintement. Elle est menacée par l’envahissement de mauvaises herbes, le piétinement, les modifications de l’utilisation des terres qui influent sur le broutage, ainsi que par l’urbanisation des écosystèmes du chêne de Garry.

Répartition
Colombie–Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en avril 1997. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2000 et en novembre 2009.

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COSEPAC - Résumé

Bartramie à feuilles dressées (Bartramia stricta)

Information sur l’espèce

Bartramia stricta) est une mousse de la famille des Bartramiacées, laquelle regroupe des plantes petites à moyennes, vertes à vert jaune, poussant en touffes. Le B. stricta se distingue des autres membres de la famille par sa couleur vert glauque, ses sporanges sphériques (subcylindriques et côtelés à l’état sec) et ses feuilles linéaires, droites et dressées à l’état sec ou humide.

Les populations de Bartramia stricta du sud–ouest de la Colombie–Britannique se trouvent à la limite nord de l’aire nord–américaine de l’espèce. Si on fait abstraction d’une mention pour l’État de Washington, on constate une discontinuité importante dans la répartition nord–américaine du B. stricta : les populations canadiennes sont isolées des populations de la Californie, où l’espèce est plus répandue. La Californie semble constituer l’aire principale de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, le B. stricta pousse dans un type de milieu rare (affleurements rocheux et prairies à sol mince dans les écosystèmes du chêne de Garry de la zone côtière à douglas), qui ne se trouve que dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique. De nombreuses autres espèces en voie de disparition ou vulnérables poussent aux mêmes endroits que le B. stricta. La sensibilité du B. strictaaux effets d’un changement climatique planétaire (que laissent présager des exigences écologiques étroites et une répartition restreinte à la limite nord de l’aire de l’espèce) pourrait en faire une espèce indicatrice utile.

Répartition

Bartramia stricta se rencontre dans plusieurs régions du monde : en Europe, en Asie, en Afrique, en Australie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. En Amérique du Nord, l’espèce se rencontre généralement à faible altitude, sous climat de type méditerranéen. L’effectif le plus élevé se trouve en Californie, où l’espèce n’est pas rare. Des populations isolées ont également été signalées dans l’État de Washington, au Nouveau–Mexique et au Texas. Au Canada, l’espèce est répertoriée uniquement pour la Colombie–Britannique, où elle est restreinte à une petite région englobant le sud–est de l’île de Vancouver et certaines des îles Gulf voisines.

Habitat

Dans l’ouest de l’Amérique du Nord, le Bartramia stricta se trouve principalement dans des prairies à sol mince comprenant des affleurements rocheux et des bouquets dispersés de chêne, où l’espèce occupe des sites essentiellement secs et chauds, exposés au sud. Au Canada, le B. stricta a deux microhabitats de prédilection : il pousse soit sur des sols minces bien drainés et compactés, soit sur des affleurements de roche méta–ignée (où il s’enracine dans des crevasses ou sous de petites saillies). En Californie, l’espèce pousse le plus souvent sur des sols minces, mais on l’observe aussi sur des parois rocheuses. Bien que le B. stricta soit associé à des paysages secs, il est cependant étroitement associé aux régimes de suintement à l’échelle locale comme du paysage; les populations se trouvent souvent aux endroits mouillés de façon intermittente ou saisonnière. L’espèce semble exiger des milieux où elle ne se trouve pas en concurrence avec des graminées ou d’autres herbacées. Toutes les populations canadiennes sont exposées à une pression de broutage de modérée à élevée.

Biologie

Le principal moyen de reproduction et de dispersion du Bartramia stricta est la production de spores. Le B. stricta est une petite mousse acrocarpe : les sporophytes se développent au sommet d’une tige ou d’un rameau. L’espèce est synoïque, ce qui signifie que la même plante produit à la fois des organes mâles et des organes femelles, dans la même « inflorescence ». Les populations canadiennes semblent produire régulièrement des sporophytes, comme d’ailleurs les populations californiennes.

Taille et tendances des populations

Bartramia stricta était répertorié pour seulement deux sites au Canada, mais d’après les données actuelles il serait présent, quoique peu commun, dans au moins cinq sites. Les colonies sont petites et dispersées dans le paysage. Il est difficile de dégager les tendances quant à la taille et à la densité des populations de B. stricta en raison de données historiques trop fragmentées. Trois des sites ont été découverts récemment, et il n’est pas possible de comparer l’effectif actuel des deux autres sites aux effectifs antérieurs puisque les coordonnées géographiques des colonies n’ont pas été relevées dans le passé.

Facteurs limitatifs et menaces

Le manque de milieux favorables et la destruction ou la dégradation des milieux favorables encore disponibles sont les principaux facteurs limitant le Bartramia stricta au Canada. Les populations canadiennes de B. stricta sont situées dans la partie sud–ouest de la Colombie–Britannique se trouvant sous climat de type méditerranéen, où elles occupent des microsites particuliers au sein d’écosystèmes à sol mince réunissant prairie et affleurements rocheux. Au cours des dernières années, l’urbanisation a causé la destruction ou la dégradation de grands pans de ces écosystèmes. Les aménagements qui détruiraient les milieux disponibles pour l’espèce ou perturberaient les régimes de drainage des sites ou des microsites qu’elle occupe ou pourrait occuper (construction d’habitations, construction de routes, aménagement de sentiers de randonnée, etc.) constituent les plus grandes menaces. En outre, la modification du régime de broutage par les cerfs et les chèvres entraînerait vraisemblablement la disparition du type de sols dont l’espèce a besoin. Compte tenu de son inféodation à certaines conditions macroclimatiques et microclimatiques, on peut penser que le B. stricta serait sensible aux changements climatiques planétaires qui s’annoncent.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Bartramia stricta est désigné « espèce en voie de disparition » par la Loi sur les espèces en périldu Canada, en vertu de laquelle les trois sites situés sur des terres fédérales sont protégés. En Colombie–Britannique, le B. stricta a été déclaré très fortement menacé (liste rouge du Ministry of Environment) à cause de son extrême rareté, et l’espèce bénéficie d’une certaine protection même en dehors des terres fédérales, du fait qu’elle se trouve sur des terres sous contrôle provincial (un site dans une réserve écologique de BC Parks, et un autre sur une terre privée faisant l’objet d’une entente formelle de conservation avec l’Islands Trust Fund).

Résumé technique

Bartramia stricta

Bartramie à feuilles dressées – Rigid Apple Moss

Répartition au Canada : Colombie–Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (habituellement l’âge moyen des parents dans la population : indiquer si une autre méthode d’estimation
de la durée des générations inscrite dans les lignes directrices
de l’UICN [2008] est employée)
Inconnue
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? Inconnu
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq années ou deux générations] Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations] Inconnu
Pourcentage [prévu ou soupçonné] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours
des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur Inconnu
Est–ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? s/o
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Non

Information sur la répartition

Valeur estimée de la zone d’occurrence 2 070 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO) selon la grille de 2x2 28 km²
La population totale est–elle très fragmentée? Oui
Nombre de localités 5
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Stable
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice
de la zone d'occupation?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de populations?
Inconnu
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre
de localités?
Non
Y a–t–il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? De stable à en déclin (type d’écosystème en péril)
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?Non
Y a–t–il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Inconnu, mais peu probable.

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Population Nombre d’individus matures
Total > 667 colonies

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].s/o

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Aménagement du paysage (urbanisation, construction d’habitations et de routes);
  • Modification de l’intensité de broutage
  • Utilisation des terres (sentiers de randonnée, etc.)
  • Changements climatiques

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Statut des populations de l’extérieur Une population répertoriée au Washington; aire de répartition principale en Californie.
Une immigration a–t–elle été constatée ou est–elle possible?Inconnue (probablement peu fréquente)
Des individus immigrants seraient–ils adaptés pour survivre au Canada?Probablement
Y a–t–il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Probablement pas (habitat très fragmenté)
Une immigration de populations externes peut–elle vraisemblablement se produire? Peu probable

Statut existant

COSEPAC :espèce menacée (1997), espèce en voie de disparition (2000, 2009)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation :
Cette espèce se trouve dans l’ouest de l’Amérique du Nord, soit en Colombie–Britannique et dans les États de Washington et de la Californie. En Colombie–Britannique, l’espèce est présente à cinq sites dans le sud de l’île de Vancouver et dans des îles Gulf adjacentes, où elle est restreinte aux écosystèmes du chêne de Garry. Elle croît sur des sols compacts, peu profonds et bien drainés ou sur des affleurements rocheux méta–ignés. L’espèce est étroitement associée à des zones de suintement. Elle est menacée par l’envahissement de mauvaises herbes, le piétinement, les modifications de l’utilisation des terres qui influent sur le broutage, ainsi que par l’urbanisation des écosystèmes du chêne de Garry.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : s/o. Aucun déclin.

Critère B (aire de répartition petite et déclin ou fluctuation) : Correspond aux critères B1 (zone d’occurrence < 5 000 km²) et B2 (IZO) < 500 km²) de la catégorie « espèces en voie de disparition », et aux sous–critères (a) < 5 localités, et (b) (iii) déclin continu de la qualité de l’habitat.

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : s/o. Bien que l’effectif total soit inférieur à 2 500 individus, la population n’est pas en déclin.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Correspond au critère D1 de la catégorie « espèce menacée » (< 1 000 individus).

Critère E (analyse quantitative) : Aucune disponible.

Préface

Le Bartramia stricta est une petite mousse qu’on ne rencontre que dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique, au sein de chênaies de Garry. Or, la chênaie de Garry est un écosystème en péril au Canada. La situation du B. stricta a été évaluée par le COSEPACpour la première fois en 2000. L’espèce a été déclarée « espèce menacée » en raison du nombre peu élevé de localités où elle avait été observée et du risque d’envahissement de son habitat par le genêt à balais. À cette époque, seulement deux sites de l’espèce étaient répertoriés, tous deux situés sur des terres fédérales, et on pensait qu’un autre site avait déjà existé, à la baie Pedder.

Depuis la dernière évaluation, le Bartramia stricta a été inclus dans le programme de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry. Par ailleurs, les travaux de recherche de Kella Sadler sur l’écologie de la végétation des écosystèmes à affleurements rocheux l’ont amenée à identifier et évaluer plusieurs espèces en péril associées à ces écosystèmes, dont le B. stricta. Ces travaux ont permis de répertorier le B. stricta pour trois nouvelles localités et de découvrir de nombreuses colonies de l’espèce, toutes dans des chênaies de Garry. Le site de la baie Pedder a été exploré à fond à la recherche du B. stricta, mais l’espèce n’y a pas été trouvée. Grâce aux travaux de K. Sadler, la zone d’occurrence connue est aujourd’hui légèrement plus étendue, de même que la zone d’occupation. De plus, l’autoécologie du B. stricta est mieux connue : on sait que l’espèce n’occupe que de petites zones de sol exposées ou des parties de parois rocheuses partiellement ombragées, sporadiquement mouillées par des suintements. K. Sadler a montré l’importance d’un broutage modéré à intense par les cerfs (indigènes et introduits) et les chèvres ou les moutons féraux pour le maintien de zones favorables au B. stricta. Dans le passé, on croyait que la principale menace à la survie du B. stricta était l’envahissement de son habitat par le genêt à balais, menace reconnue pour d’autres plantes des écosystèmes du chêne de Garry. K. Sadler a montré que le B. stricta préfère les paysages broutés, à sol mince et compacté, qui sont moins à risque d’être envahis par le genêt à balais ou d’autres espèces vasculaires, indigènes ou introduites, exigeant un sol plus épais. Au nombre des facteurs menaçant la survie du B. stricta, il faut aujourd’hui compter le déplacement éventuel des brouteurs et tout autre changement pouvant avoir une incidence sur les régimes de suintement à l’échelle locale et à l’échelle du paysage, notamment l’aménagement urbain et l’exploitation des chênaies de Garry à des fins récréatives.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPACest un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPACest composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

*Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
**Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
***Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Rapport de situation du COSEPAC sur le Bartramie à feuilles dressées Bartramia stricta au Canada - 2009

Description et importance de l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Bartramia stricta Bridel
Citation bibliographique : Musc. Rec. 2(3) : 132. 1803.
Synonymes pertinents : aucun
Nom français : Bartramie à feuilles dressées
Nom anglais : Rigid Apple Moss
Famille : Bartramiacées
Grand groupe végétal : Mousses

Il existe seulement quatre espèces de Bartramia au Canada : le B. ithyphyllaBrid., le B. halleriana Hedw., le B. pomiformis Hedw. et le B. stricta Brid. Les quatre sont présentes en Colombie–Britannique.

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Description morphologique

Plante : dressée, formant des touffes denses, principalement vert glauque à vert brunâtre, haute de 1 à 3 cm, tomenteuse en dessous; tiges longues de 0,7 à 2 cm, parfois ramifiées.

Feuilles : rigides et dressées–apprimées à l’état sec, dressées–étalées à l’état humide, longues de 2,5 à 4 mm, lancéolées à linéaires –lancéolées, se rétrécissant progressivement et uniformément depuis la base jusqu’au sommet; sommet effilé; base non engainante; partie supérieure de la lame bistratifiée; marges bistratifiées ou unistratifiées, récurvées sauf à la base et au sommet de la feuille, serrulées dans la partie supérieure de la feuille; nervure médiane relativement mince, large d’environ 50 µm, excurrente (dépassant le sommet de la feuille).

Cellules de la feuille : cellules médianes et supérieures rectangulaires (12 à 20 µm x 4 à 6 µm), fortement papilleuses aux 2 extrémités; cellules basales plus longues (25 à 40 µm x 7 à 10 µm) mais courtes au point d’insertion de la feuille, lisses ou légèrement papilleuses, à parois minces.

Soie : droite, longue de 1 à 1,5 cm.

Capsule : dressée, radialement symétrique, d’abord quasi sphérique et lisse, devenant ovoïde à cylindrique–courte à maturité (côtelée avec sillons étroits à l’état sec); urne longue de 1,5 à 1,8 mm; opercule conique–convexe.

Sexualité : plante synoïque (organes sexuels mâles et femelles présents sur la même plante).

Péristome : simple; dents lancéolées, longues d’environ 250 à 300 µm, brun rougeâtre, recouvertes dans leur partie inférieure de fines papilles disposées en lignes, lisses dans leur partie supérieure.

Spores : subsphériques, mesurant de 22 à 26 µm, verruqueuses–papilleuses.

Illustrations : Dessin montrant le port du Bartramia stricta (figure 1a) : Flora of North America Association (2008); gros plan du Bartramia strictamontrant de jeunes sporophytes (figure 1b) : McIntosh (2008a).

Figure 1.  Port et morphologie du Bartramia stricta : a) illustration (gracieuseté de la Flora of North America Association, 2008) montrant les dimensions et les caractéristiques des feuilles et des sporophytes; b) gros plan d’une touffe de B. strictamontrant les sporophytes et les jeunes capsules sphériques (photo tirée de McIntosh, 2008a, et reproduite avec la permission de l’auteur).

(a)
L’illustration a) montre les dimensions et les caractéristiques des feuilles et des sporophytes.

(b)
L’illustration b) donne un gros plan d’une touffe de B. stricta montrant les sporophytes et les jeunes capsules sphériques.

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La capsule (sporange) globuleuse et sillonnée est caractéristique de la famille des Bartramiacées, qui est représentée au Canada par cinq genres, tous présents en Colombie–Britannique. Le genre Bartramia se distingue des quatre autres par des caractères morphologiques : feuilles dressées–étalées (différentes chez Conostomum), feuilles linéaires–lancéolées à cellules papilleuses (différentes chez Plagiopus), absence de rhizoïdes brun rougeâtre sur la tige (présents seulement chez Anacolia), ainsi que par son habitat (milieux secs, contrairement aux Philonotis).

Le Bartramia stricta peut être confondu avec certaines formes ressemblantes de l’Anacolia menziesii poussant dans le même habitat que lui. Un examen au microscope peut s’avérer nécessaire pour faire la distinction. Le B. stricta se distingue par sa taille relativement petite (généralement de 1 à 3 cm) et par ses tiges droites dépourvues de rhizoïdes. Ses feuilles ne sont jamais recourbées à l’état sec, et les cellules de la partie supérieure de la feuille sont le plus souvent fortement papilleuses, les papilles étant situées aux deux extrémités de la cellule. L’Anacolia menziesii a une taille plus grande (de 3 à 5 cm), et ses tiges, recouvertes de rhizoïdes, sont souvent courbes. Ses feuilles sont parfois recourbées à l’état sec, et les cellules de la partie supérieure de la feuille sont lisses à papilleuses, avec les papilles situées aux extrémités de la cellule (T. McIntosh, comm. pers., 2008; Griffin, 2003; Lawton, 1971). Le B. stricta peut également être confondu avec l’Anacolia laevisphaera, surtout lorsqu’il s’agit de spécimens de matériel stérile (Griffin, 2003).

Par ailleurs, la taille relativement faible, les feuilles droites et dressées à l’état sec ou humide ainsi que la base non engainante des feuilles distinguent le Bartramia stricta des trois autres espèces de Bartramiaprésentes en Colombie–Britannique. Par rapport au B. halleri et au B. pomiformis, le B. stricta est une plante beaucoup plus petite, à feuilles dressées non crispées. Contrairement au B. ithyphylla qui est de taille semblable, le B. stricta possède des feuilles à base non engainante; de plus, le B. stricta pousse seulement à faible altitude, alors que le B. ithyphylla est une espèce alpine–subalpine poussant principalement à haute altitude. Les feuilles droites et dressées et les jeunes sporanges verts, ronds et lisses du B. strictasont à l’origine du nom anglais donné à l’espèce (Rigid Apple Moss).

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Description génétique

Aucune information n’a encore été publiée sur la structure génétique de la population canadienne de Bartramia stricta. Cependant, l’espèce a fait partie d’études phylogénétiques, et les séquences d’ADN de plusieurs de ses gènes sont connues (Cox et Hedderson, 1997; Cox et al., 2004; Hedderson et al., 1997; Quandt et al., 2004; Quandt, 2007; Stech et Frey, 2007). Les populations de B. stricta de la Colombie–Britannique se trouvent à la limite nord de l’aire connue de l’espèce. L’effectif supérieur de l’espèce dans la partie sud de son aire nord–américaine (en Californie) et l’étroitesse de sa niche écologique dans la partie nord donnent à croire que des barrières écologiques interviennent dans l’isolement reproductif des populations.

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Unités désignables

Une seule unité désignable du Bartramia stricta est reconnue au Canada, car l’espèce y a été répertoriée dans une seule des écozones.

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Importance de l’espèce

Les populations de Bartramia stricta du sud–ouest de la Colombie–Britannique se trouvent à la limite nord de l’aire nord–américaine de l’espèce. Si on fait abstraction d’une mention pour l’État de Washington, on constate une discontinuité importante dans la répartition du B. stricta entre la Californie, aire principale de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord, et les populations isolées de la Colombie–Britannique. Au Canada, le B. stricta est une espèce rare poussant dans un type d’habitat rare qui se trouve également à la limite nord de sa répartition (affleurements rocheux et prairies à sol mince associés aux écosystèmes du chêne de Garry de la zone côtière à douglas). La sensibilité du B. stricta aux effets d’un changement climatique planétaire (que laissent présager des exigences écologiques étroites et une répartition restreinte à la marge de l’aire principale) pourrait en faire une espèce indicatrice utile.

Il est à noter que plusieurs autres bryophytes et espèces vasculaires jugées en voie de disparition, menacées ou vulnérables à l’échelle de la province sont présentes dans les sites du Bartramia stricta. Le Meconella oregana et l’Allium geyeri var. ternerum(espèces vasculaires) sont répertoriés pour Notch Hill, de même que les mousses rares ou peu communes suivantes : le Bryum torquescens, le Funaria muehlenbergii, l’Entosthodon fascicularis, le Ptychomitrium gardeneri et le Tortula laevipilavar. meridionalis. D’autres mousses rares ou peu communes sont répertoriées pour l’île Sidney et l’île Lasqueti (Sadler, 2007), notamment le Bryum canariense, le B. muehlenbeckii, le Grimmia alpestris, le G. longirostris, le G. leibergii, l’Homalothecium arenarium, le Racomitrium affine, le Scleropodium colpophyllum et le Tortula papillosissima.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Bartramia stricta se rencontre dans plusieurs régions du monde. L’espèce est très répandue dans la région méditerranéenne de l’Europe (ouest, centre et sud du continent) et de l’Asie (Syrie, Turquie), dans le nord et le centre de l’Afrique et en Australie (Smith, 1980; Griffin, 2003). Il existe également des mentions non confirmées pour l’Amérique du Sud et les îles Canaries (N. Lederer, comm. pers., 2008).

En Amérique du Nord, le Bartramia stricta se rencontre surtout dans l’ouest du continent (figure 2), plus précisément dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique, au Washington ainsi qu’en Californie (en particulier dans le nord de l’État) où il est beaucoup plus commun. Griffin (2003) a réexaminé les spécimens de B. strictaprovenant du Nouveau–Mexique et du Texas et confirmé leur identité, mais Kella Sadler n’a trouvé aucune autre information sur la localité d’où provenaient ces spécimens ni sur leur habitat. On tient de Lederer (2008, comm. pers.) une mention du B. strictapour le Nouveau–Mexique (près du col Emory, dans la chaîne Black Range).

Figure 2. Répartition du Bartramia stricta en Amérique du Nord. Comme l’espèce est beaucoup plus répandue en Californie, les localités indiquées (la plupart d’après Norris et Shevock, 2004a) ont été choisies pour montrer l’étendue de l’aire de l’espèce plutôt que la totalité des populations.

Carte de la répartition du Bartramia stricta en Amérique du Nord. Les localités de la Californie ont été choisies pour montrer l’étendue de l’aire de l’espèce plutôt que la totalité des populations.

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Lawton (1971) mentionne le Bartramia stricta pour l’Idaho, le Montana et le Colorado. Cependant, l’examen des spécimens a révélé que ces mentions sont erronées (J. Christy, comm. pers., 1996, in Belland, 1997). À ce jour, aucun autre spécimen de B. stricta n’a été enregistré pour ces États (N. Lederer, R. Hastings, R. Belland, J. Christy, D. Toren et J. Shevock, comm. pers., 2008).

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Aire de répartition canadienne

Au Canada, le Bartramia stricta est répertorié pour 5 sites seulement, tous situés dans une petite région du sud–ouest de la Colombie–Britannique, à savoir la région de Nanaimo (Notch Hill), la pointe sud–est de l’île de Vancouver (Mary Hill et Observatory Hill) et 2 des îles Gulf (île Lasqueti et île Sidney) (figure 3). L’espèce a été observée ou récoltée récemment dans chacune de ces localités, en 2007 (Nanoose) et en 2008 (tous les autres sites). Le tableau 1 donne un sommaire de la répartition actuelle du B. stricta au Canada. Au Canada, la zone d’occurrence actuelle de l’espèce est de 2 070 km², et l’indice de la zone d’occupation est de 28 km².

Figure 3 .  Répartition du Bartramia stricta au Canada.

Carte de la répartition du Bartramia stricta au Canada.

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Tableau  1 . Sommaire des sites actuels du Bartramia stricta au Canada.
CodeSitePremière mentionAuteur de la première mentionDernier relevéDocument de référence
LASRéserve écologique de BC Parks (et secteur à l’ouest de la réserve écologique), île Lasqueti, C.-B.2001K.D. Sadler2008McIntosh (2008a), Sadler (2007)
NOHNotch Hill (CEEMFC), près de Nanoose, île de Vancouver, C.-B.1975W.B. Schofield2007Fairbarns (2008a), Sadler (2007)
SIDWymond Point, île Sidney, C.-B.2002K.D. Sadler2008Sadler (2007)
OBSObservatory Hill, près de Saanich, île de Vancouver, C.-B.2008M. Fairbarns2008Fairbarns (2008b)
MRHMary Hill (CEEMFC), près de Metchosin, île de Vancouver, C.-B.1997M. Ryan2008McIntosh (2008b), Byrne et al. (2005), Belland (1997)

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Ryan (1996) mentionne un sixième site de Bartramia stricta pour la Colombie–Britannique, à la baie Pedder, près du site de Mary Hill. Sadler a confirmé l’identité du spécimen de référence de B. stricta récolté à la baie Pedder (en 1974, par W.B. Schofield et W. Parker) et déposé à l’herbier de l’Université de la Colombie–Britannique). Cependant, les recherches de Belland (1997) et d’autres recherches effectuées en 2008 (McIntosh, comm. pers., 2008) n’ont pas permis de retrouver le B. stricta à cet endroit. On peut penser que la population de la baie Pedder a été détruite. D’autres sites ont été explorés dans le cadre de la présente étude, mais aucune autre population de B. stricta n’a été découverte.

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Activités de recherche

Le sud–ouest de la Colombie–Britannique fait l’objet d’une prospection bryologique intense depuis le début des années 1960, et de nombreux spécimens de mousses ont été récoltés. Bien que les mousses soient souvent récoltées dans le cadre de relevés généraux, celles de cette région sont parmi les plus complètement inventoriées de toutes les régions du Canada (figure 4).

Figure 4.  Localités du sud–ouest de la Colombie–Britannique où des relevés de mousses ont été effectués. (Données provenant de l’herbier de cryptogames de l’Université de la Colombie–Britannique ainsi que du Devonian Botanic Garden et de l’herbier de cryptogames de l’Université de l’Alberta).

Carte des localités du sud-ouest de la Colombie-Britannique où des relevés de mousses ont été effectués.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’intérêt porté récemment au Bartramia stricta a permis d’accroître les connaissances sur la répartition et l’écologie de l’espèce au Canada et de mieux comprendre la situation des populations canadiennes au sein de l’aire de répartition nord–américaine de l’espèce. Dans les régions de la Californie à climat de type méditerranéen, le B. stricta est relativement commun dans les prairies et les chênaies des régions situées à l’ouest de la crête de la sierra Nevada (J. Shevock, comm. pers., 2008). On y décrit le B. stricta comme préférant les lieux demeurant secs la majeure partie de l’année, situés au sein de prairies ou de savanes à chêne de Douglas assez éloignées de la côte pour ne pas subir les effets des embruns. En Californie, le B. stricta pousse principalement sur des sols graveleux ou pierreux ou sur des rochers recouverts d’une mince couche de sol, parfois sur de la roche dénudée (Shevock, comm. pers., 2008). Les sols où pousse l’espèce sont généralement compactés et bien drainés. La majorité des sites californiens de B. stricta sont situés sur de la roche sédimentaire, mais certains se trouvent sur de la roche métavolcanique, notamment dans les chaînes côtières. Le B. stricta y est décrit comme poussant à faible altitude (espèce peut–être sensible aux températures) et ne formant que rarement de grandes colonies (D. Toren, comm. pers., 2008).

Comme le Bartramia stricta semble inféodé aux climats de type méditerranéen (Schofield, 1976), il n’est pas étonnant que les seuls sites connus de l’espèce au Canada se trouvent dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique, dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas. La zone côtière à douglas se trouve dans l’ombre pluviométrique des monts Olympic et des montagnes de l’île de Vancouver, ce qui explique son climat, caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux (Nuzdorfer et al., 1991). Cette zone compte pour seulement 0,3 % de la superficie terrestre de la province; elle englobe la partie sud–est de l’île de Vancouver, les îles Gulf du détroit de Georgie (jusqu’à l’île Savary au nord) et la côte voisine de la partie continentale de la province, allant au sud jusqu’au delta du Fraser (Harpel, 1997).

En Colombie–Britannique, le Bartramia stricta pousse dans des prairies à sol mince associées à des peuplements dispersés de chêne de Garry (Quercus garryana) et d’arbousier d’Amérique (Arbutus menziesii) et, à certains endroits, de douglas (Pseudotsuga menziesii) (figure 5 a, b). À l’échelle du paysage, les sites de l’espèce se trouvent dans la partie la plus sèche de la zone côtière à douglas; les conditions locales sont les plus chaudes et les plus sèches de tout le gradient de la zone biogéoclimatique. Les sites sont situés sur des versants à pente modérée à raide exposés au sud, généralement à mi–hauteur du versant et à faible altitude (moins de 200 m). Tous les sites de l’espèce en Colombie–Britannique subissent une pression de broutage modérée à forte : il semble que le B. stricta exige des sols où il ne se trouve pas en concurrence avec des graminées ou d’autres herbacées, ou préfère la qualité des sols où la végétation est broutée (sols minces et compactés), ou les deux à la fois. À la différence des sites californiens, tous les sites canadiens gisent sur de la roche métavolcanique (à ce jour, aucun site n’a été découvert sur de la roche sédimentaire). Selon la description de Harpel (comm. pers., 2009), le site de l’État de Washington se trouve sur de la roche volcanique, et le milieu y est semblable à celui des sites répertoriés en Colombie–Britannique (sol mince, terrain en pente).

Figure 5.  Deux sites du Bartramia stricta au Canada : a) Wymond Point (île Sidney); b) Mary Hill (île de Vancouver). (Photos de K. Sadler, 2008).

(a) Wymond Point, île Sidney

La photographie a) montre un site à Wymond Point, sur l’île Sidney, et la photographie.

(b) Mary Hill, île de Vancouver
La photographie b) montre un site à Mary Hill, sur l’île de Vancouver.

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En Colombie–Britannique, les populations de Bartramia stricta occupent des microsites complètement exposés au soleil ou recevant un minimum d’ombre, les rayons du soleil étant, par exemple, filtrés par du genêt à balais (Cytisus scoparius) ou par un arbre (chêne de Garry ou douglas) poussant à proximité. Les populations de B. stricta sont étroitement associées, à l’échelle locale ou du paysage, aux réseaux de suintement. Au sein du paysage sec qui vient d’être décrit, elles poussent à proximité d’eaux de suintement, très près mais généralement en dehors des chemins d’écoulement (figure 6). Ainsi, on voit souvent le B. stricta accroché à une paroi rocheuse exposée, au–dessus d’une zone de suintement. Une association semblable entre sites ou microsites et réseaux de suintements n’est pas mentionnée pour les populations de Californie. Les populations de B. stricta de la Colombie–Britannique, comme celles de la Californie, sont généralement petites et dispersées dans le paysage. Le B. stricta forme rarement de grandes colonies, occupant une superficie continue de plus de 5 000 cm² les colonies couvrent généralement moins de 500 cm².

Figure 6.  Habitat du Bartramia stricta : deux colonies (encerclées) poussant à la base de rochers au sein du réseau local de drainage. (Photo de K. Sadler, 2008).

Photographie d’un habitat du Bartramia stricta poussant à la base de rochers au sein du réseau local de drainage.

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Les populations de Bartramia stricta de la Colombie–Britannique ont deux microhabitats de prédilection (figure 7 a, b). À chaque site, l’espèce occupe l’un ou l’autre des microhabitats suivants, parfois les deux : a) sol mince et bien drainé, compacté ou perturbé; b) paroi de roche méta–ignée, où la plante est souvent enracinée dans des crevasses ou sous de petites saillies. Les populations de la Colombie–Britannique semblent occuper davantage le deuxième type de microsites que celles de la Californie (J. Shevock, D. Toren, comm. pers., 2008). Cette préférence pour un substrat un peu plus sec ou plus exposé, bénéficiant davantage des rayons directs du soleil et de températures plus élevées, pourrait s’expliquer par la situation des populations canadiennes, à la limite nord de l’aire de l’espèce. L’association étroite avec les suintements (sensibilité à l’humidité à l’échelle locale) chez les populations de la Colombie–Britannique compense peut–être cette prédilection pour les lieux plus exposés, signes de tolérances plus étroites en matière de microhabitat.

Figure 7.  Habitat du Bartramia stricta : a) population poussant sur un sol mince (photo tirée de McIntosh, 2008a, et reproduite avec la permission de l’auteur); b) population poussant dans des crevasses ou sous de petites saillies dans les rochers. (Photos de K. Sadler, 2008).

(a) Le B. stricta sur un sol mince
La photographie a) montre une population poussant sur un sol mince, et la photographie.

(b) Le B. stricta sur un substrat rocheux
La photographie b) montre une population poussant dans des crevasses ou sous de petites saillies dans les rochers.

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Les populations de Bartramia stricta sont souvent associées à des colonies dispersées (non dominantes) de graminées envahissantes, comme les Vulpia, les Anthoxanthum, les Cynosurus, les Bromuset les Aira. On observe souvent aussi des Selaginella ou des lichens à la périphérie des colonies de B. stricta. Le B. stricta peut également être associé directement ou indirectement à des espèces vasculaires, notamment le Mimulus guttatus, le Saxifraga integrifolia, l’Opuntia fragilis, le Sedum spathulifolium et le Pityrogramma triangularis. Le B. stricta pousse parfois parmi ou à proximité d’autres mousses, dont le Grimmia trichophylla, le Racomitrium heterostichum, le Bryum capillare, le Polytrichum juniperinum, le P. piliferum et le Didymodon vinealis (dans les microsites plutôt secs) ainsi que le Bryum miniatum et le Scleropodium touretii (dans les chemins d’écoulement des eaux de suintement).

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Tendances en matière d’habitat

Le Bartramia stricta est associé aux prés à chêne de Garry, aux prairies à sol mince et aux affleurements rocheux. Ces écosystèmes se rétrécissent de plus en plus sous la pression de l’aménagement résidentiel ou autre. Les milieux disponibles pour le B. stricta disparaissent donc rapidement. Il est peu probable qu’un éventuel réchauffement planétaire inverse cette tendance de façon significative.

À l’échelle locale, les populations de Bartramia stricta occupent des sites qui semblent modérément perturbés. Tous les sites subissent une pression de broutage modérée à intense, en particulier à l’île Lasqueti où se trouvent des populations de cerfs indigènes et de moutons féraux. Il est possible que la présence permanente de brouteurs maintienne, voire augmente les microsites dont le B. stricta a besoin, à savoir des sols minces et compacts et des espaces dégagés où la proportion d’arbustes est faible à modérée.

En Colombie–Britannique, tous les sites de Bartramia stricta gisent sur de la roche métavolcanique. Ce type de roche est moins poreux que la roche sédimentaire (grès, conglomérat, etc.), de sorte que l’eau des suintements éphémères, plutôt que de s’infiltrer dans les interstices de la roche, s’amasse ou s’écoule à la surface, où elle peut bénéficier au B. stricta. Les microsites répondent aux exigences du B. strictaet, par conséquent, les populations de B. stricta sont dispersés dans le paysage. Comme les microsites convenant au B. stricta sont associés aux régimes de suintement à grande et à petite échelle, tout aménagement aux sites actuels ou à proximité aurait une incidence sur la disponibilité de microsites convenant à l’espèce.

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Biologie

Généralités

Le Bartramia stricta est une mousse vivace de petite taille, verte à vert brunâtre, poussant en touffes dressées et formant des colonies dispersées sur des affleurements rocheux et dans des prairies à sol mince. Aucune donnée n’est disponible sur la biologie générale et le potentiel de reproduction de l’espèce, outre les notes qui précèdent sur les microhabitats, tirées d’observations sur le terrain (voir la section « Habitat »), et l’information provenant des spécimens d’herbier (par exemple sur la production de spores) ou fournie par les experts consultés pour le présent rapport.

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Reproduction et dispersion

Comme chez de nombreuses espèces de mousses, le principal moyen de reproduction et de dispersion du Bartramia stricta est la production de spores. L’espèce est synoïque, ce qui signifie que la même plante produit à la fois des organes mâles et des organes femelles dans la même « inflorescence ». Cette disposition des organes reproducteurs favorise la fertilisation et la production de sporanges et de spores. L’espèce semble d’ailleurs produire régulièrement des sporophytes, en Colombie–Britannique comme dans le reste de son aire nord–américaine, en Californie (D. Toren, J. Shevock, comm. pers., 2008). Le B. stricta peut également se multiplier par voie végétative, par fragmentation. On ne connaît pas la capacité de dispersion des spores du B. stricta, mais étant donné la répartition discontinue de l’espèce, on peut penser que les cas d’allofécondation (à laquelle on associe une plus grande variation génétique et une plus grande vigueur) sont peu fréquents.

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Relations interspécifiques

Dans les paysages qui lui sont propices, le Bartramia stricta forme surtout de petites colonies dispersées. Ses préférences étroites en matière de microhabitats l’empêchent sans doute de former de grandes populations continues. En outre, le B. stricta n’est pas une espèce dominante. Les herbacées et arbustes envahissants associés à des sols plus épais transforment l’habitat, le rendant moins propice au B. stricta, et excluent celui–ci en envahissant l’espace disponible. Le B. stricta peut également se trouver en concurrence avec d’autres mousses. Les colonies de l’espèce ont tendance à être dispersées, et il arrive qu’on observe un seul sujet parmi d’autres bryophytes.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes de recherche

Les derniers relevés des cinq sites connus du Bartramia stricta ont eu lieu en 2007 et 2008. Le relevé du site de l’île Lasqueti a été fait par T.T. McIntosh (2008a) avec l’aide de A. Gaensbauer, S. Wheeler et P. Wheeler, en trois jours, en mai et juin 2008. Trois jours ont été consacrés au relevé du site de Notch Hill (Fairbarns, 2008a), en mars et avril 2007. K. Sadler a fait le relevé du site de Wymond Point (île Sidney) le 17 juin 2008. Le relevé du site d’Observatory Hill a été fait par M. Fairbarns le 22 avril 2008 et par K. Sadler le 7 août 2008. D’avril à octobre 2008, environ 90 heures–personnes ont été consacrées au relevé du site de Mary Hill. D’autres relevés ont été faits aux sites de Mary Hill (McIntosh, 2009) et d’Observatory Hill (Sadler, 2009) après la rédaction du présent rapport, soit en mars 2009 .

À chacun des sites, les chercheurs ont marché le long de transects établis dans les milieux susceptibles d’abriter le Bartramia stricta. Ainsi, dans les paysages réunissant prairie à sol mince et affleurements rocheux, ils ont recherché l’espèce dans les crevasses, sous les saillies et sur les zones de sol mince à la base des rochers. Pour chaque observation du B. stricta, ils ont décrit la colonie (taille, substrat, espèces associées) et le paysage environnant (exposition, pente, ombre, coordonnées géographiques). Ils ont également pris des photographies. Il importe de noter que les milieux susceptibles d’abriter le B. stricta à l’île Sidney (plus de 18 ha) et à Observatory Hill étaient trop vastes pour pouvoir être explorés entièrement. Il faudra poursuivre la recherche dans ces deux localités.

Les milieux susceptibles d’abriter le Bartramia stricta au sein du parc régional Lone Tree Hill (île de Vancouver) ont été explorés, mais aucune population de l’espèce n’a été découverte. McIntosh (2007) a recherché l’espèce à Rocky Point (près de Mary Hill). D’autres sites prometteurs (affleurements rocheux et prairies à sol mince situés à l’intérieur ou à proximité de l’aire connue de l’espèce) ont été explorés au cours des années 2000 à 2002 (Sadler, 2007), à savoir le cap Roger Curtis (île Bowen), Channel Ridge, le mont Maxwell, le mont Reginald et le mont Tuam (île Saltspring), l’île Discovery, le parc Bluffs et le mont Galiano (île Galiano), le mont Warburton Pike (île Saturna), le parc provincial Helliwell (île Hornby), le cap Mouat Point (île Texada), la côte nord–est de l’île Valdes, l’île Winchelsea Sud, la baie Home (île Jedediah), le sud–ouest de l’île Jervis, le mont George Hill et le cap Mace Point (île Savary). Aucune population de B. stricta n’a été découverte dans ces endroits.

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Abondance

Étant donné la petite taille du Bartramia stricta, il est impossible de répertorier tous les sujets d’une population. Comme de nombreuses autres mousses, le B. stricta pousse en touffes formant de petites colonies dispersées dans le paysage. Il est rare que l’espèce forme une grande population ou couvre complètement une grande étendue. Le tableau 2présente le sommaire des populations actuelles de B. stricta. Les colonies très rapprochées ont été comptées comme une seule population. Pour évaluer l’état de santé des populations de B. stricta, on a dénombré les colonies et mesuré la superficie occupée par chacune. L’espèce ayant tendance à pousser en petites colonies dispersées, il est difficile d’estimer l’effectif d’une population et la superficie qu’elle occupe. Les chiffres présentés sont donc des estimations prudentes, surtout dans le cas des sites d’Observatory Hill et de l’île Sidney.

Tableau 2 . Populations actuelles de Bartramia stricta en Colombie–Britannique : nombre de colonies (N) et superficie occupée (cm²) dans chacun des sites. Les données historiques relatives à la superficie (d’après Belland, 1997, et Byrne et al., 2005) sont fournies à titre de comparaison. La désignation des sites correspond aux codes du tableau 1.
SiteNombre de mentionsNombre de colonies actuellesSuperficie historique (cm²)Superficie actuelle (cm²)
LAS741+0,0>13 383,0
SID490,0> 29,0
OBS3130,0> 144,5
NOH34409+14 970,5> 4 297,0
MRH38258+920,0> 9 521,25
Total86667+15 890,5> 27 374,8

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Fluctuations et tendances

Il est difficile de dégager les tendances quant à la taille et à la densité des populations de Bartramia stricta en raison du manque de données historiques (tableau 2). Trois des populations (île Lasqueti, île Sidney et Observatory Hill) ayant été découvertes récemment, il n’existe aucune donnée permettant de dégager une tendance à leur égard. Il y a eu des estimations antérieures pour les deux autres populations (Notch Hill et Mary Hill), mais l’absence de coordonnées géographiques pour la plupart des colonies empêche toute comparaison fiable avec les populations actuelles. Il semble que l’effectif et l’étendue des populations de B. strictase soient accrus, notamment au site de Mary Hill, mais cette augmentation est probablement attribuable à une intensification des recherches. Le dernier recensement effectué à Notch Hill (Fairbarns, 2008a) a été axé sur le relevé des coordonnées géographiques des colonies. L’apparent déclin de la population de Notch Hill depuis le rapport de Belland (1997) peut s’expliquer par le manque de données sur l’effectif de la plupart des colonies actuelles (NOH, tableau 2). Pour l’heure, il existe trop peu d’information pour permettre de faire des estimations valables quant aux fluctuations des populations de B. stricta de la Colombie–Britannique.

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Immigration de source externe

En Amérique du Nord, les principales populations de Bartramia stricta se trouvent en Californie et dans le sud–ouest de la Colombie–Britannique. On en trouve également une population isolée dans l’État de Washington. Au Washington, il y a peu de milieux pouvant convenir à l’espèce (J. Harpel, comm. pers., 2009). Les îles San Juan, situées dans le nord–ouest de l’État, sont proches des sites canadiens de l’espèce, et on y trouve des milieux semblables à ceux que l’espèce occupe en Colombie–Britannique. Harpel (1997) a exploré ces milieux à fond mais n’a trouvé aucune population de B. stricta. En Oregon, des recherches plus poussées, notamment dans les savanes à chêne et les prairies renfermant des milieux à sol mince semblables à ceux qu’occupe le B. stricta en Californie, permettraient peut–être de découvrir d’autres populations de l’espèce.

Les populations de Bartramia stricta sont petites et dispersées dans le paysage, au sein duquel elles occupent des microsites particuliers (surtout en Colombie–Britannique). Pour cette raison ou parce que le B. stricta est parfois confondu avec une forme ressemblante d’une espèce plus commune, l’Anacolia menziesii, il est possible que l’espèce ne soit pas répertoriée au cours des inventaires botaniques. II n’est donc pas impossible que d’autres populations de B. stricta existent entre celles de la Colombie–Britannique et celles de la Californie, même si les registres n’en mentionnent aucune. Les données disponibles donnent à croire que la migration de propagules entre les populations canadiennes et les populations américaines est peu fréquente.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le manque de milieux favorables semble être le principal facteur limitant la survie du Bartramia stricta en Colombie–Britannique (et au Canada). Le B. stricta est une espèce des climats tempérés de type méditerranéen qui exige un milieu chaud et le plus souvent sec. Bien qu’ailleurs dans son aire le B. stricta ne soit pas explicitement associé aux chênaies de Garry (Quercus garryana), ce type de végétation correspond aux conditions de prédilection des populations canadiennes de l’espèce. Au Canada, les chênaies de Garry ne se trouvent que dans le sud–est de l’île de Vancouver et dans certaines des îles Gulf. Or, à l’heure actuelle, l’urbanisation et les aménagements qui l’accompagnent menacent une grande partie des peuplements de Q. garryana et des écosystèmes associés, ce qui limite grandement les chances d’établissement du B. stricta dans ce type d’habitat. Le risque est moindre pour les chênaies occupant des versants rocheux, comme celles des sites connus du B. stricta, mais il augmente de plus en plus en raison de la pression croissante de l’urbanisation et de la hausse concomitante du prix des terrains.

La modification ou l’élimination du régime de broutage aurait une incidence sur l’effectif et la répartition du Bartramia stricta, en raison de la niche écologique étroite et de la faible compétitivité de l’espèce. Le déplacement des cerfs et autres brouteurs (par exemple, comme mesure visant à favoriser les écosystèmes du chêne de Garry) conduirait à la formation d’une couche plus épaisse de sol, laquelle favoriserait l’établissement de graminées et d’arbustes et réduirait du coup l’habitat potentiel du B. stricta.

Les populations de Bartramia stricta sont protégées dans une certaine mesure du fait qu’elles se trouvent sur des terres sous contrôle fédéral ou provincial et sur un terrain privé faisant l’objet d’une entente formelle de conservation. Cependant, tout aménagement dans ces sites ou à proximité risquerait de nuire au B. stricta. Par exemple, la construction d’habitations, l’aménagement de sentiers de randonnée ou la construction de routes réduiraient l’habitat potentiel de l’espèce. L’aménagement des secteurs voisins des sites abritant le B. strictarisquerait de nuire indirectement à l’espèce, par exemple en modifiant le régime de drainage des sites (auquel le B. stricta est étroitement associé).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Statut et protection juridiques

Le Bartramia stricta est désigné « espèce en voie de disparition » et est inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada, en vertu de laquelle il est protégé sur les terres fédérales.

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Statut ou autres désignations non juridiques

À l’échelle mondiale, aucune cote n’a été attribuée au Bartramia stricta par NatureServe, ni par le Centre de données sur la conservation (CDC). À l’échelle nationale, le Canada a attribué à l’espèce la cote N1 (gravement en péril), et les États–Unis lui ont attribué la cote N1N2 (« critically imperiled – imperiled », ou gravement en péril – en péril). Aux États–Unis, aucune cote n’a été attribuée à l’échelle des États pour lesquels l’espèce est répertoriée. De l’avis des experts contactés, le B. stricta n’est ni en voie de disparition ni rare en Californie (J. Shevock, D. Toren, comm. pers., 2008). La découverte récente d’une population dans l’État de Washington (spécimen récolté en 2002 par W.B. Schofield et J. Harpel) laisse croire que le B. stricta pourrait sous peu être classé comme espèce rare dans cet État.

En Colombie–Britannique, le Bartramia stricta a été classé S1 par le Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique, 2008), ce qui signifie que l’espèce est gravement en péril, à cause de son extrême rareté (5 sites ou moins) ou parce qu’elle est soumise à un ou plusieurs facteurs la rendant particulièrement sujette à disparaître. L’espèce figure sur la « liste rouge » du ministère de l’Environnement (MOE) de la Colombie–Britannique, ce qui la rend susceptible d’être officiellement désignée soit « espèce en voie de disparition » (espèce, sous–espèce ou variété indigènes risquant de disparaître complètement ou de disparaître de la Colombie–Britannique), soit « espèce menacée » (espèce, sous–espèce ou variété indigènes risquant de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs actuels ne sont pas éliminés).

De plus, plusieurs types de communautés végétales dominées par le chêne de Garry ont été inscrits sur la « liste rouge » du MOE de la Colombie–Britannique, ce qui signifie qu’ils risquent de disparaître ou sont menacés dans cette province. Voici ces types de communautés et les cotes qui leur ont été attribuées (cote CDC/MOE) : Pseudotsuga menziesii–Quercus garryana–Melica bulbosa (S1/liste rouge), Quercus garryana–Arbutus menziesii (S1/liste rouge), Quercus garryana–Bromus (S1/liste rouge), Quercus garryana–Holodiscus discolor (S1/liste rouge). Le B. stricta a été observé dans ces quatre types de communautés. Il faut insister sur le fait que les formations végétales où pousse le B. stricta sont elles–mêmes classées comme menacées.

À l’heure actuelle, le Bartramia stricta n’est pas visé par la loi et les règlements sur la protection des espèces rares ou en voie de disparition. Cependant, l’espèce bénéficie d’une certaine protection du fait qu’elle pousse sur des terres sous contrôle fédéral ou provincial. Ses populations se trouvent sur des terres fédérales clôturées ou à accès limité (trois sites), dans une réserve écologique de BC Parks (un site) et sur une terre faisant l’objet d’une entente formelle de conservation avec l’Islands Trust Fund (un site).

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Propriété et protection de l’habitat

Trois des cinq sites connus de Bartramia stricta se trouvent sur des terres fédérales (Centre d’expérimentation et d’essais maritimes des Forces canadiennes – CEEMFC), soit ceux de Notch Hill, d’Observatory Hill et de Mary Hill. Le site de Notch Hill est protégé dans une certaine mesure par une clôture, et celui de Mary Hill est protégé par une clôture et par son accessibilité limitée. Le site de l’île Lasqueti est en partie situé dans une réserve écologique de BC Parks, qui n’est pas clôturée mais qui est assez éloignée et très peu fréquentée. Le site de l’île Sidney (Wymond Point) est situé sur un terrain appartenant à une association de copropriétaires et faisant l’objet d’une entente formelle de conservation avec l’Islands Trust Fund. Il y a eu beaucoup d’aménagement résidentiel à cet endroit depuis que l’espèce y a été découverte, en 2002 (Sadler, 2007). Il faudrait explorer ce site plus à fond pour être en mesure de juger s’il bénéficie d’une protection adéquate. Le site de l’île Sydney est probablement celui où l’effectif de l’espèce et les milieux lui convenant sont le plus menacés.

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Remerciements et experts contactés

Kella Sadler remercie Terry McIntosh et Matt Fairbarns de leurs conseils, de leur collaboration aux travaux de terrain ainsi que pour les données qu’ils ont fournies. Elle est redevable à Andrea Schiller et Tracy Cornforth (ministère de la Défense nationale) ainsi qu’à Clyde Donnelly (Conseil national de recherches du Canada), qui lui ont facilité l’accès aux sites et lui ont fourni des données récentes. Elle remercie également Conan Webb (Parcs Canada), qui a contribué à lui faciliter les relevés; Erin Prescott et Marta Donovan, qui ont mis à sa disposition les données sur l’espèce du Centre de données sur la conservation; Olivia Lee, qui a fourni de l’information provenant de l’herbier de l’Université de la Colombie–Britannique; James Shevock et David Toren, qui ont fourni l’information sur la répartition et l’écologie du Bartramia stricta en Californie; et, enfin, Alain Filion, pour les cartes et le calcul des aires de répartition.

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Experts contactés

  • Adolf Ceska, Botanist & Plant Ecologist, Ceska Geobotanical Consulting, Victoria (Colombie–Britannique)
  • John A. Christy, Oregon Natural Heritage Information Center, Oregon State University, Portland (Oregon)
  • Dana G. Griffin, III, Florida Museum of Natural History, University of Florida, Gainsville(Floride)
  • Judy A. Harpel, Associate Curator, Cryptogamic Herbarium, University of British Columbia, Vancouver (Colombie–Britannique)
  • Arthur Robinson, Federal Lands Forester, Pacific Forestry Centre, Victoria (Colombie–Britannique)
  • James R. Shevock, National Park Service Research Coordinator, Californian Cooperative Ecosystem Studies Unit, University of California, Berkeley(Californie)
  • David Toren, Department of Botany, California Academy of Sciences, San Francisco (Californie)
  • David H. Wagner, CEO, Senior Scientist, Northwest Botanical Institute, Eugene (Oregon)

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Sources d’information

Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique: Element occurrence record (consulté le 26 mai 2008).

Belland, R.J. 1997. COSEWICStatus Report on the Rigid Apple Moss Bartramia strictain Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa.

Byrne, L., N. Ayotte et A. Robinson. 2005. Survey for Rigid Apple Moss (Bartramia stricta) on Department of National Defense Land on Vancouver Island (CFMETRet Mary Hill), DND/CFS Natural Resources Program, IRF Project #397, Ressources naturelles Canada et le Service canadien des forêts.

Cox, C.J., B. Groffinet, A.J. Shaw et S.B. Boles. 2004. Phylogenetic relationships among the mosses based on heterogeneous Bayesian analysis of multiple genes from multiple genomic compartments, Syst. Bot.29(2):234–250.

Cox, C.J., et T.A.J. Hedderson. 1997. Phylogenetic relationships among the ciliate arthrodontous mosses: evidence from chloroplast and nuclear DNA sequences, inédit, Botany, Plant Sciences Laboratories, University of Reading, Royaume-Uni.

Fairbarns, M. 2008a. Survey for Meconella oregana (White Melconella), Canadian Forces Maritime Experimental and Testing Ranges (CFMETR), avril à juin 2007, préparé pour Ressources naturelles Canada par Aruncus Consulting.

Fairbarns, M. 2008b. Bartramia stricta (Rigid Apple Moss) on Observatory Hill, British Columbia, Field Survey Form (Plants), présenté au Conservation Data Centre de la Colombie–Britannique.

Flora of North America Association : Bartramia stricta illustration de P.M. Eckel, 2004; reproduite avec la permission de l’auteur (approuvé en décembre 2008), Missouri Botanical Garden.

Griffin, D. 2003. Bryophyte Flora of North America : Bartramia, Provisional Publication, Missouri Botanical Garden.

Harpel, J. 1997. The phytogeography and ecology of mosses within the San Juan Islands, Washington State, thèse de doctorat, UBC.

Hedderson, T.A.J., C.J. Cox, B. Goffinet et R.L. Chapman. 1997. Phylogenetic relationships among the major moss lineages: evidence from nuclear 18S rRNA gene sequences, inédit, Botany, Plant Sciences Laboratories, University of Reading, Royaume-Uni.

Lawton, E. 1971. Moss flora of the Pacific Northwest, Hattori Botanical Laboratory, Japon.

McIntosh, T.T. 2007. Report on a search for the Rigid Apple Moss on DND Property, Rocky Point, Vancouver Island, March 28–29, 2007, préparé pour Ressources naturelles Canada et Service canadien des forêts par Biospherics Environmental Inc.

McIntosh, T.T. 2008a. Report on a 2008 Survey for Rigid Apple Moss (Bartramia stricta) on the Lasqueti Island Ecological Reserve, Lasqueti Island, BC, préparé pour Parcs Canada par Biospherics Environmental Inc.

McIntosh, T.T. 2008b. Report on an inventory and a critical habitat assessment for Rigid Apple Moss (Bartramia stricta) at Mary Hill (DND), Vancouver Island, préparé pour le ministère de la Défense nationale par Biospherics Environmental Inc.

McIntosh, T.T. 2009. Report on an inventory and a critical habitat assessment for Rigid Apple Moss (Bartramia stricta) at Notch Hill (CFMETRDND), Vancouver Island, préparé pour Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.

Norris, D.H., et J.R. Shevock. 2004a. Contribution toward a bryoflora of California, I. A specimen–based catalogue of mosses, Madroño51(1):1–131.

Norris, D.H., et J.R. Shevock. 2004b. Contributions toward a bryoflora of California: II, A key to the mosses, Madroño 51(2):133–269.

Nuszdorfer, F.C., K. Klinka et D.A. Demarchi. 1991. Chapter 5: Coastal Douglas–fir Zone, p. 81–93, in Ecosystems of B.C., D. Meidinger et J. Pojar (éd.), Ministry of Forests de la Colombie–Britannique, Victoria.

Quandt, D. 2007. Evolution of the Bartramiaceae, inédit, Plant Phylogenetics and Phylogenomics Group, Technische Universitat Dresden, Allemagne.

Quandt, D., K. Mueller, M. Stech, K.W. Hilu, W. Frey, J.–P. Frahm et T. Borsch. 2004. Molecular evolution of the chloroplast trnL–F region in land plants, in B. Goffinet, V. Hollowell et R. Magill (éd.); Monographs in systematic botany: molecular systematics of bryophytes: 13–37; Missouri Botanical Garden Press, St. Louis (Missouri).

Ryan, M.W. 1996. Bryophytes of British Columbia: Rare species and priorities for inventory, Research Branch, Ministry of Forests and Wildlife Branch de la Colombie–Britannique, Ministry of Environment, Lands and Parks, Victoria (Colombie–Britannique), Working Paper 12.

Sadler, K.D. 2007. Vegetation ecology of rock outcrop ecosystems of the Gulf Islands in the Coastal Douglas–fir Zone, British Columbia, thèse de doctorat, University of British Columbia, Vancouver (Colombie–Britannique).

Sadler, K.D. 2009. Report on a Survey for Bartramia stricta (Rigid Apple Moss) on Observatory Hill, Herzberg Institute of Astrophysics, préparé pour le Conseil national de recherches Canada par Sadler & Associates Environmental Consulting.

Schofield, W.B. 1976. Bryophytes of British Columbia III: habitat and distributional information for selected mosses, Syesis 9:317–354.

Smith, A.J.E. 1980. The moss flora of Britain and Ireland, Cambridge University Press, Cambridge.

Stech, M., et W. Frey. 2007. A morpho–molecular classification of the mosses (Bryophyta), inédit, Universiteit Leiden Branch, National Herbarium Nederland, Pays–Bas.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Kella Sadler possède 14 années d’expérience de recherche en écologie végétale. Elle a étudié les relations végétation–habitat de différents écosystèmes, principalement chez les bryophytes du sud–ouest de la Colombie–Britannique. En 1999, elle terminait ses travaux de recherche de maîtrise, qui consistaient à décrire les assemblages de bryophytes terrestres (et des espèces vasculaires associées) des forêts subalpines du nord de la côte de la Colombie–Britannique. Elle a ensuite fait ses recherches de doctorat sur l’écologie des espèces associées aux écosystèmes à affleurements rocheux. Elle a alors utilisé une méthode multi–échelles afin de créer un système de classification, de définir les priorités en matière de conservation et de repérer les espèces en péril, au nombre desquelles se trouvait le Bartramia stricta. En qualité d’expert–conseil, elle a travaillé à divers projets de recherche (conception, mise en œuvre, collaboration), y compris des évaluations écologiques et des relevés botaniques. Elle a également travaillé en qualité d’analyste de données durant 10 ans. Elle a notamment fait des analyses statistiques multivariées pour l’interprétation de données écologiques sur des espèces animales et végétales sauvages.

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Collections examinées

Les collections des établissements ci–dessous ont été consultées.

  • Royal Alberta Museum Herbarium, Edmonton (Alberta), Personne ressource : Roxanne I. Hastings, Curator of Botany
  • Royal British Columbia Museum Herbarium, Victoria (Colombie–Britannique), Personne ressource : John Pinder–Moss, Botany Collections Manager
  • University of Alberta Herbarium, Edmonton (Alberta), Personne ressource : René Belland
  • University of British Columbia Herbarium, Vancouver (Colombie–Britannique), Personne ressource : Olivia Lee, Collections Manager
  • University of Colorado Herbarium, Boulder (Colorado), Personne ressource : Nan Lederer, Collection Manager

Tous les spécimens de référence du Bartramia strictade l’herbier de l’Université de la Colombie–Britannique (UBC) et de l’herbier du Royal British Columbia Museum (RBCM) ont été examinés. Ont notamment été examinés tous les spécimens récents (c.-à-d. déposés après le rapport de situation du COSEPACsur le Bartramia stricta rédigé par Belland, en 1997) provenant des États–Unis. Seuls les spécimens dont l’identité a été confirmée sont énumérés (les spécimens identifiés à tort comme B. stricta ont été omis).

Spécimens de la Colombie–Britannique (herbier UBC) :

B13534 –  Localité : île de Vancouver, fond de la baie Pedder, falaise surplombant la mer. Habitat : affleurement rocheux suintant, près d’une chênaie. Lat./long. : 48°20’N., 123°29’O.. Récolté par : W.B. Schofield et W. Parker. Date de récolte : 16 avril 1974. No 55393.

B35135 – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, Nanoose Bay. Habitat : replat herbeux dans pente d’affleurement rocheux exposé. Récolté par : W.B. Schofield (et classe de Botanique 500). Date de récolte : 5 mai 1975. No 57676.

B35136 – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, Nanoose Bay. Habitat : pente d’affleurement sec. Lat./long. : env. 49°20’N., 124°10’O.. Récolté par : W.B. Schofield. Date de récolte : 26 avril 1976. No 60308.

B35137 (avec sporophytes) – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill. Habitat : terre sur pente d’affleurement. Récolté par : W.B. Schofield. Date de récolte : 2 mai 1977. No 63799(2).

B35138 (avec sporophytes) – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, près de Nanaimo. Habitat : terre sur pente, parmi des graminées annuelles. Récolté par : W.B. Schofield. Date de récolte : 3 mai 1978. No 68459.

B133327 – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, au nord de Nanaimo.  Habitat : abrupt rocheux, sur pente exposée au sud. Lat./long. : 49°17’N., 124°10’O.. Récolté par : G.B. Straley. Date de récolte : 3 mai 1977.  Id. par : W.B. Schofield. No 1302.

B159189 – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, partie ouest d’un versant exposé au sud, sur propriété du ministère de la Défense nationale. Habitat : sol dénudé, parmi des graminées, sur versant herbeux dégagé, exposé au sud, à pente de 35°. Coordonnées UTM : 10U 4173 54580. Lat./long. : 49°16.25’N., 124°09.25’O.. Altitude : env. 100 m. Récolté par : N. Djan–Chékar et R. Belland. Date de récolte : 1er octobre 1996.  Id. par : NDC, oct. 1996. No 2170.

B159192 – Localité : île de Vancouver, Nanoose Hill, partie ouest d’un versant exposé au sud, sur propriété du ministère de la Défense nationale.  Habitat : sol dénudé, parmi des graminées, sur versant herbeux dégagé, exposé au sud, à pente de 35°. Coordonnées UTM : 10U 4173 54580. Lat./long. : 49°16.25’N., 124°09.25’O.. Altitude : env. 100 m. Récolté par : N. Djan–Chékar et R. Belland. Date de récolte : 1er octobre 1996. Id. par : NDC, oct. 1996.  No 2173.

B165395 – Localité : sud de l’île de Vancouver, Mary Hill. Habitat : base d’une paroi rocheuse exposée au sud, sur sol mince; butte rocheuse légèrement dégagée et exposée. Lat./long. : 48°20’N., 123°32’O.. Altitude : env. 75 m. Récolté par : M. Ryan.

Spécimens des États–Unis (herbier UBC) :

B189913 – Localité : É.–U. (État de Washington); Catherine Creek, Columbia River National Scenic Area; comté de Klickitat. Habitat : mince couche de sol dans pente d’affleurement rocheux. Lat./long. : 45°42’N., 121°21’O.. Altitude : 350 pi. Récolté par : W.B. Schofield et J. Harpel. Date de récolte : 12 avril 2002. Id. par : W.B. Schofield. No 119401.

B189922 – Localité : É.–U. (État de Washington); Catherine Creek, Columbia River National Scenic Area; comté de Klickitat. Habitat : pente humide dans un champ. Lat./long. : 45°42’N., 121°21’O.. Altitude : 350 pi. Récolté par : W.B. Schofield et J. Harpel. Date de récolte : 12 avril 2002. Id. par : W.B. Schofield. No 119413.

B198640 – Localité : É.–U. (Californie, comté de Monterey); 3,7 milles du pont franchissant la rivière Carmel. T17S, R1E, Section 1. Habitat : paroi de grès exposée, dans prairie à Quercus agrifolia; sur sol/paroi rocheuse en bordure de route, en plein soleil. Lat./long. NAD 27 : 36°29’02”N., 121°48’22”O.. Altitude : 1 075 pi. Récolté par : James R. Shevock et Ken Kellman. Date de récolte : 19 février 2007. Id. par : Jim Shevock, 2007. No 29443.

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Annexe  1. Sommaire de la répartition des colonies de Bartramia stricta au Canada

La désignation des sites correspond aux codes du tableau 1. Les abréviations se rapportant aux herborisateurs sont les suivantes : TTM = Terry McIntosh, KDS = Kella Sadler, MF = Matt Fairbarns. La description comprend le nombre de colonies (Nbre de colonies), la superficie qu’elles occupent (Superficie occupée) et le type d’habitat (AR=colonie poussant sur affleurements rocheux, Sol=colonie poussant sur couche de sol). Les mentions marquées d’un astérisque se rapportent aux populations les plus récentes, pour lesquelles les données ont été fournies après la rédaction de la présente mise à jour du rapport de situation de l’espèce et, par conséquent, ne sont pas prises en compte dans le texte ni dans le calcul des superficies : *87–*123 d’après McIntosh, 2009; *124–*128 d’après Sadler, 2009.
MentionSiteDateHerb.Ensemble des coloniesColonies réparties selon l’habitat
Nbrede coloniesSuperficie occupée (cm²)Nbre de colonies – ARSuperficie occupée – AR (cm²)Nbre de colonies – SolSuperficie occupée – Sol (cm²)
1LAS26 juin 2008TTM215,0215,000,0
2LAS26 juin 2008TTM44 408,0135,034 373,0
3LAS26 juin 2008TTM28 100,000,028 100,0
4LAS27 juin 2008TTM24+? (grande)(quelques–unes)?(petite)(la plupart?)(la majeure partie?)
5LAS10 mai 2008TTM7784,07784,000,0
6LAS10 mai 2008TTM176,0176,000,0
7LAS18 juin 2001KDS1(fragment)??
8SID17 juin 2008KDS110,0110,000,0
9SID17 juin 2008KDS414,0414,000,0
10SID17 juin 2008KDS35,035,000,0
11SID11 mai 2002KDS1(fragment)??
12OBS22 avril 2008MF1100,01100,000,0
13OBS7 août 2008KDS112,0112,000,0
14OBS7 août 2008KDS632,5632,500,0
15NOH12 avril 2007MF1+1+00,0
16NOH12 avril 2007MF> 1(petites colonies)00,0> 1(petites colonies)
17NOH12 avril 2007MF> 1+00,0> 1+
18NOH12 avril 2007MF> 1(petites colonies)>1(petites colonies)00,0
19NOH12 avril 2007MF1+??
20NOH12 avril 2007MF1+??
21NOH12 avril 2007MF1+1+00,0
22NOH12 avril 2007MF> 1+> 1+00,0
23NOH25 avril 2007MF> 1+??
24NOH25 avril 2007MF1+??
25NOH25 avril 2007MF> 1+??
26NOH25 avril 2007MF> 1+??
27NOH12 mars 2007MF/TTM> 1(petites colonies)??
28NOH12 mars 2007MF/TTM14001400,000,0
29NOH12 mars 2007MF/TTM1300,01300,000,0
30NOH12 mars 2007MF/TTM> 1(petites colonies)00,0> 1(petites colonies)
31NOH12 mars 2007MF/TTM1600,000,01600,0
32NOH12 mars 2007MF/TTM1(petite colonie)??
33NOH12 mars 2007MF/TTM1(petite colonie)??
34NOH12 mars 2007MF/TTM1(grande colonie)??
35NOH12 mars 2007MF1+??
36NOH12 mars 2007MF1+??
37NOH12 mars 2007MF/TTM1+??
38NOH12 mars 2007TTM1+??
39NOH12 mars 2007MF1+??
40NOH12 mars 2007MF/TTM1+??
41NOH12 mars 2007MF1+??
42NOH12 mars 2007MF1+??
43NOH12 mars 2007TTM3> 600,0> 1?600,0??
44NOH12 mars 2007TTM132 397,02676,0111 710,0
45NOH12 avril 2007MF1+??
46NOH12 avril 2007MF1+??
47NOH12 avril 2007MF1+??
48NOH12 avril 2007MF1+??
49MRH24 avril 2008TTM/KDS26751,026751,000,0
50MRH24 avril 2008TTM/KDS595,0491,014,0
51MRH24 avril 2008TTM/KDS4117,0295,0222,0
52MRH24 avril 2008TTM/KDS13> 929,012> 927,012,0
53MRH24 avril 2008TTM/KDS1270,01270,000,0
54MRH24 avril 2008TTM/KDS9> 448,09> 448,000,0
55MRH24 avril 2008TTM/KDS3228,02222,016,0
56MRH24 avril 2008TTM/KDS330,0330,000,0
57MRH24 avril 2008TTM/KDS3201,03201,000,0
58MRH24 avril 2008TTM/KDS6120,0575,0145,0
59MRH24 avril 2008TTM/KDS734,0734,000,0
60MRH24 avril 2008TTM/KDS170,0170,000,0
61MRH24 avril 2008TTM/KDS25> 156,025> 156,000,0
62MRH24 avril 2008TTM/KDS15> 355,015> 355,000,0
63MRH24 avril 2008TTM/KDS116,0116,000,0
64MRH24 avril 2008TTM/KDS223,0223,000,0
65MRH24 avril 2008TTM/KDS321,0321,0+> 0,0
66MRH24 avril 2008TTM/KDS> 4> 2 000> 4> 2 00000,0
67MRH24 avril 2008TTM/KDS184,0184,000,0
68MRH24 avril 2008TTM/KDS13> 102,013> 102,000,0
69MRH24 avril 2008TTM/KDS20> 198,020> 198,000,0
70MRH24 avril 2008TTM/KDS36,336,300,0
71MRH24 avril 2008TTM/KDS422,0318,014,0
72MRH24 avril 2008TTM/KDS26,000,026,0
73MRH24 avril 2008TTM/KDS236,0236,000,0
74MRH24 avril 2008TTM/KDS2117,02117,000,0
75MRH24 avril 2008TTM/KDS221,019,0112,0
76MRH24 avril 2008TTM/KDS2132,02132,000,0
77MRH24 avril 2008TTM/KDS115,0115,000,0
78MRH24 avril 2008TTM/KDS9> 263,08> 260,013,0
79MRH24 avril 2008TTM/KDS360,0256,014,0
80MRH24 avril 2008TTM/KDS3406,03406,000,0
81MRH24 avril 2008TTM/KDS21> 916,021> 916,000,0
82MRH24 avril 2008TTM/KDS9> 369,09> 369,000,0
83MRH24 avril 2008TTM/KDS20(?)> 438,020(?)> 438,000,0
84MRH24 avril 2008TTM/KDS8> 194,08> 194,000,0
85MRH24 avril 2008TTM/KDS1272,01272,000,0
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