Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Merluche blanche Urophycis tenuis au Canada - 2013

Illustration d’une merluche blanche (Urophycis tenuisis)

Population du sud du golfe du Saint-Laurent - EN VOIE DE DISPARITION
Population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent - MENACÉE
2013

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Liste des tableaux

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Liste des annexes

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Information sur le document

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Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2013. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Merluche blanche (Urophycis tenuis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 49 p. (Registre public des espèces en péril site Web).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Blair Adams et David Cote d’avoir rédigé l’ébauche du rapport de situation sur la merluche blanche (Urophycis tenuis) au Canada et Alan Sinclair d’avoir rédigé le rapport provisoire, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision du rapport a été assurée par John Reynolds, coprésident du Sous-comité de spécialistes des espèces de poissons marins du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
COSEPAC Courriel
COSEPAC site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Species Name Urophycis tenuisin Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Merluche blanche (Urophycis tenuis). - Tirée de G. Brown Goode et Tarleton H. Bean (1896). Oceanic Ichthyology, figure 89.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014.

No de catalogue CW69-14/684-2014F-PDF
ISBN 978-0-660-22065-9

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Logotype du COSEPAC

COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation - novembre 2013

Nom commun
Merluche blanche - Population du sud du golfe du Saint-Laurent
Nom scientifique
Urophycis tenuis
Statut
En voie de disparition
Justification de la désignation
Cette population a augmenté au milieu des années 1970 et atteint un pic au milieu des années 1980 avant de connaître un déclin marqué; elle s’est stabilisée au milieu des années 1990. Le taux de déclin global a été de 91 % au cours des trois dernières générations. La zone d’occupation a suivi une tendance comparable, quoique moins marquée, et un segment de la population semble avoir disparu. Le taux de mortalité de la population adulte due à des causes autres que la pêche a augmenté considérablement durant les années 1990 et demeure extrêmement élevé. Si la situation se poursuit, il est peu probable que la population soit viable à long terme. Par conséquent, les effectifs demeurent faibles et le rétablissement de la population est minimal, malgré la fin des pêches visant cette espèce. Bien que les pêches constituaient la cause principale du déclin, il semble que le taux élevé de mortalité due à des causes autres que la pêche, associée peut-être à la prédation par le phoque gris, empêcherait peut-être le rétablissement de la population depuis ce temps.
Répartition
Océan Atlantique
Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2013.

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Sommaire de l’évaluation - novembre 2013

Nom commun
Merluche blanche - Population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent
Nom scientifique
Urophycis tenuis
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Les adultes de cette population ont connu un déclin estimé à environ 70 % au cours des trois dernières générations. La majeure partie du déclin s’est produite avant le milieu des années 1990. La population est demeurée depuis assez stable et il y a eu peu de tendance générale dans la zone d’occupation. Les restrictions visant la pêche du milieu à la fin des années 1990 dans la majeure partie de l’aire de répartition sont peut-être responsables de la stabilisation des effectifs.
Répartition
Océan Atlantique
Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en novembre 2013.

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Logo du COSEPAC

COSEPAC Résumé

Merluche blanche
Urophycis tenuis

Description et importance de l’espèce sauvage

La merluche blanche, Urophycis tenuis (Mitchill, 1815), est un poisson de la famille des Gadidés (Phycidés), une des nombreuses espèces apparentées à la morue (les gadiformes) qui vivent sur la côte Est du Canada. En anglais, la merluche blanche est appelée « white hake » et parfois « ling ». Ensemble, son barbillon caractéristique à l’extrémité de la mâchoire inférieure, ses deux nageoires dorsales et ses nageoires pelviennes allongées identifient au genre Urophycis ce poisson de l’ouest de l’Atlantique, au large du Canada. La merluche blanche se distingue de la merluche-écureuil (Urophysis chuss) par le nombre d’écailles sur la ligne latérale et le nombre de branchicténies qu’elle présente sur la partie supérieure du premier arc branchial.

Répartition

L’aire de répartition de la merluche blanche s’étend principalement depuis les bancs de Terre-Neuve jusqu’à la Caroline du Nord. Au Canada, l’espèce est présente dans la baie de Fundy, sur le plateau néo-écossais, dans le golfe du Saint-Laurent, sur les talus du banc de Saint-Pierre et dans la partie sud des bancs de Terre-Neuve. On la trouve aussi dans le lac Holyrood et la baie de la Conception, sur la côte de Terre-Neuve, ainsi que dans la baie Kennebecasis, qui fait partie du réseau fluvial de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

D’après les renseignements génétiques, comportementaux (aires et périodes de fraye) et méristiques obtenus sur l’espèce, tout indique qu’il existe deux populations (unités désignables) de merluches blanches au Canada. La première, présente dans le sud du golfe du Saint-Laurent, se compose d’individus ayant une composition génétique distincte, de même qu’une aire de fraye (eaux intérieures peu profondes) et une période de fraye (de juin à septembre) qui lui sont propres. La seconde, appelée population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent, vit quant à elle sur le plateau néo-écossais, dans le nord du golfe du Saint-Laurent et au sud de Terre-Neuve.

Habitat

La merluche blanche est un poisson de fond, souvent capturé au-dessus de substrats sédimentaires fins, comme la boue, mais parfois aussi sur un fond de sable ou de gravier. L’espèce adapte sa répartition en profondeur de manière à trouver des températures de l’ordre de 4 à 8 °C. Les individus de grande taille vivent généralement en eaux plus profondes que les juvéniles, lesquels se rencontrent normalement dans les zones peu profondes du littoral ou sur des bancs peu profonds du large. Dans le golfe du Saint-Laurent et sur le plateau néo-écossais, les individus de toutes tailles ont tendance à se déplacer vers le rivage en été et à se disperser vers des eaux plus profondes en hiver. Les déplacements saisonniers sont plutôt rares au sud de Terre-Neuve.

Biologie

La merluche blanche est une espèce très féconde dont les œufs flottent généralement près de la surface. Caractérisée par un stade juvénile relativement long, elle demeure près de la surface pendant 2 à 3 mois (suivant la température de l’eau) avant de s’établir sur le fond. Dans l’est du détroit de Northumberland, la période de fraye va de juin à septembre, le pic de reproduction ayant lieu à la fin juin. Dans les autres régions, la fraye a lieu au début du printemps, et un deuxième épisode de fraye a parfois lieu en été sur le plateau néo-écossais. En eaux canadiennes, la taille à laquelle 50 % des individus sont matures oscille entre 40 et 54 cm chez les femelles et entre 37 et 44 cm chez les mâles. La durée d’une génération est estimée à 9 ans.

Taille et tendances des populations

On estime à 91 % le déclin de l’effectif des adultes dans la population du sud du golfe du Saint-Laurent au cours des 3 dernières générations. La majeure partie de ce déclin s’est produit durant les 2 premières générations, l’effectif des adultes n’ayant essentiellement pas changé au cours de la plus récente génération. La zone d’occupation s’est rétrécie au cours des 3 dernières générations pour toucher un plancher de 10 000  km2 depuis quelques années.

Il est difficile de déterminer les variations de l’effectif des merluches blanches matures dans la population du plateau néo-écossais, du nord du golfe du Saint-Laurent et du sud de Terre-Neuve, car les relevés au chalut portent sur 3 séries chronologiques de différentes longueurs, ne se chevauchent pas et présentent chacun une efficacité de capture différente. D’après les indices d’abondance relative dans les 3 secteurs recensés et la variation estimée de l’effectif des individus matures dans chaque secteur, on estime cependant que le nombre de merluches blanches matures a reculé de 70 % au cours des 3 dernières générations. La majeure partie de ce déclin s’est produit durant la première génération, et l’effectif s’est stabilisé depuis. La zone d’occupation de cette population, relativement inchangée depuis 3 générations, couvre environ 116 000  km2.

Menaces et facteurs limitatifs

Le principal facteur qui menace la population du sud du golfe du Saint-Laurent est le fort taux de mortalité due à des causes autres que la pêche, parmi lesquelles pourrait bien figurer la prédation accrue par les phoques. Les taux de prise considérés comme durables pendant les années 1970 et au début des années 1980 ont cessé de l’être lorsque la mortalité due à des causes autres que la pêche a grimpé vers la fin des années 1980. Dans cette région, la pêche a été réduite à des niveaux négligeables au milieu des années 1990, de sorte que la surpêche ne présente plus une réelle menace pour l’espèce. D’après une analyse démographique des tendances à venir (laquelle conserve le taux de mortalité due à des causes autres que la pêche, les autres caractéristiques démographiques et les prises accessoires observé actuellement), la probabilité de voir disparaître la population d’ici 5 générations est de plus de 20 %.

De la fin des années 1980 au début des années 1990, la surpêche était la principale responsable du déclin des effectifs de la population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent, surtout dans la région du plateau néo-écossais. Actuellement, la surpêche ne menace plus beaucoup l’espèce dans cette région, mais on ignore en grande partie l’ampleur de la mortalité due à des causes autres que la pêche.

Protection, statuts et classements

La pêche dirigée de la merluche blanche est interdite depuis 1995 dans le sud du golfe du Saint-Laurent. L’espèce ne fait l’objet d’aucune pêche dirigée sur le plateau néo-écossais, mais on la trouve encore parmi les prises accessoires d’autres pêches dirigées à engin fixe. Les prises accessoires font l’objet de limites depuis 1996 dans la région. L’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO) a établi un total autorisé des captures sur les bancs de Terre-Neuve. Dans le nord du golfe du Saint-Laurent, il n’existe aucune pêche dirigée, et les prises accessoires sont limitées à 10 % dans les pêches dirigées des autres espèces.

La merluche blanche n’a fait l’objet d’aucune évaluation de la part de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

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Résumé technique (population du sud du golfe du Saint-Laurent)

Urophycis tenuis

Merluche blanche
Population du sud du golfe du Saint-Laurent

White Hake
Southern Gulf of St. Lawrence population

Répartition au Canada (province/territoire/océan) :
océan Atlantique (sud du golfe du Saint-Laurent, principalement au sud du chenal Laurentien)

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée)
9 ans

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Non

Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations]
Déclin de 35 %

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
Réduction de 91 %

Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
s.o.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
s.o.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence
Supérieure à 20 000 km2

Indice de zone d’occupation (IZO)
Établi à partir de la zone d’occupation pondérée par l’échantillonnage
10 000 km2

La population totale est-elle gravement fragmentée?
Non

Nombre de localitésNote de SG
Le nombre de localités est difficile à établir. La principale menace est le taux élevé de mortalité due à des causes autres que la pêche, parmi lesquelles pourrait figurer la prédation par le phoque gris.

Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d’occurrence?
Insérer le texte ici
Non

Y a-t-il un déclin continu observé de l’indice de zone d’occupation?
Insérer le texte ici
Non

Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?
Insérer le texte ici
Un segment reproducteur a disparu dans la baie Verte.

Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localitésNote de SG?
Insérer le texte ici
s.o.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
Insérer le texte ici
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localitésNote de SG?
s.o.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non

Note de bas de page

Note de bas de page 1

Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et (International Union for Conservation of Nature) IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

Retour à la première référence de la note de SG

Nombre d’individus matures dans chaque population
PopulationNombre d’individus matures
-Au moins 977 000, d’après les résultats estimés des relevés scientifiques
Total977 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Probabilité de disparition de 50 % d’ici 2035, probabilité de disparition de 100 % d’ici 2070 si les tendances se poursuivent.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

Fort taux de mortalité due à des causes autres que la pêche, parmi lesquelles pourrait figurer la prédation par le phoque.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur?
Aux États-Unis, la merluche blanche fait l’objet de surpêche et est peu abondante

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Non

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
Non

Historique du statut

COSEPAC :
espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2013.

Statut et justification de la désignation

Statut
En voie de disparition
Code alphanumérique
A2b+3b+4b; E
Justification de la désignation
Cette population a augmenté au milieu des années 1970 et atteint un pic au milieu des années 1980 avant de connaître un déclin marqué; elle s’est stabilisée au milieu des années 1990. Le taux de déclin global a été de 91 % au cours des trois dernières générations. La zone d’occupation a suivi une tendance comparable, quoique moins marquée, et un segment de la population semble avoir disparu. Le taux de mortalité de la population adulte due à des causes autres que la pêche a augmenté considérablement durant les années 1990 et demeure extrêmement élevé. Si la situation se poursuit, il est peu probable que la population soit viable à long terme. Par conséquent, les effectifs demeurent faibles et le rétablissement de la population est minimal, malgré la fin des pêches visant cette espèce. Bien que les pêches constituaient la cause principale du déclin, il semble que le taux élevé de mortalité due à des causes autres que la pêche, associée peut-être à la prédation par le phoque gris, empêcherait peut-être le rétablissement de la population depuis ce temps.
Critère A
(déclin du nombre total d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », A2b, car il y a eu un déclin de plus de 50 % (91 %) au cours des 3 dernières générations; au critère A3b, car la combinaison des déclins passés et prévus dépasse 50 %; au critère A4b, car les déclins prévus dépassent 50 %.
Critère B
(petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Non applicable, car la zone d’occurrence est beaucoup plus vaste que 20 000 km2 et la zone d’occupation est beaucoup plus vaste que 2 000 km2.
Critère C
(nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Non applicable, car le nombre d’individus matures dépasse largement les 10 000.
Critère D
(très petite population totale ou répartition restreinte) : Non applicable, car le nombre d’individus matures dépasse largement les 1 000 et la zone d’occupation est très vaste.
Critère E
(analyse quantitative) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », E, car une analyse démographique présumant la persistance d’une mortalité naturelle élevée a laissé entrevoir une probabilité de disparition de l’espèce supérieure à 20 % au cours des 5 prochaines générations.

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Résumé technique (population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent)

Urophycis tenuis

Merluche blanche
Population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent

White Hake
Atlantic and Northern Gulf of St. Lawrence population

Répartition au Canada (province/territoire/océan) :
océan Atlantique (nord-ouest de l’océan Atlantique, du sud du plateau continental du Labrador à la frontière avec les États-Unis d’Amérique, à l’exception du sud du golfe du Saint-Laurent)

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée)
9 ans

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Non

Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations]
Aucun changement

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
Déclin de 70 %

Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
s.o.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
s.o.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?
Oui – elles sont raisonnablement bien comprises, ont cessé et sont réversibles

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence
Supérieure à 20 000 km2

Indice de zone d’occupation (IZO)
Établi à partir de la zone d’occupation pondérée par l’échantillonnage
116 000 km2

La population totale est-elle gravement fragmentée?
Non

Nombre de localitésNote de ANG
Le nombre de localités est difficile à établir. Parmi les principales menaces figure la mortalité due aux prises accessoires de diverses pêches, dans plusieurs régions.

Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d’occurrence?
Non

Y a-t-il un déclin continu observé de l’indice de zone d’occupation?
Non

Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?
Non

Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localitésNote de ANG?
Insérer le texte ici
s.o.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
Insérer le texte ici
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localitésNote de ANG?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non

Note de bas de page

Note de bas de page 1

Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et (International Union for Conservation of Nature) IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

Retour à la première référence de la note de ANG

Nombre d’individus matures dans chaque population
PopulationNombre d’individus matures
-Au moins 12 669 000, d’après les résultats estimés des relevés de recherche
Total12 669 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Aucune analyse quantitative

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

La surpêche, en particulier sur le plateau néo écossais, est sans doute responsable du déclin de cette population. La surpêche semble avoir cessé et on ignore en grande partie quelles sont les autres causes de mortalité de l’espèce dans ce secteur.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur?
Aux États-Unis, la merluche blanche fait l’objet de surpêche et est peu abondante

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Oui

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
Non

Historique du statut

COSEPAC :
espèce désignée « menacée » en novembre 2013.

Statut et justification de la désignation

Statut
Menacée
Code alphanumérique
Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », A1b, mais évaluée comme étant « espèce menacée », A1b, car ses effectifs se sont stabilisés au cours de la dernière génération, parallèlement à une réduction de la mortalité due à la pêche.
Justification de la désignation
Les adultes de cette population ont connu un déclin estimé à environ 70 % au cours des trois dernières générations. La majeure partie du déclin s’est produite avant le milieu des années 1990. La population est demeurée depuis assez stable et il y a eu peu de tendance générale dans la zone d’occupation. Les restrictions visant la pêche du milieu à la fin des années 1990 dans la majeure partie de l’aire de répartition sont peut-être responsables de la stabilisation des effectifs.
Critère A
(déclin du nombre total d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », A1b, car les causes du déclin sont raisonnablement bien comprises et ont en grande partie cessé; de plus, la population enregistre un taux de déclin de 70 % sur 3 générations. Cependant, la population est évaluée comme étant « menacée », A1b, car, depuis une génération, la superficie de son aire de répartition est inchangée et on observe une stabilité des effectifs qui correspond à la réduction des pêches. On peut en conclure que la population ne court aucun risque imminent de disparition et peut dès lors être désignée menacée.
Critère B
(petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Non applicable, car la zone d’occurrence est beaucoup plus vaste que 20 000 km2 et la zone d’occupation est beaucoup plus vaste que 2 000 km2.
Critère C
(nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Non applicable, car le nombre d’individus matures dépasse largement les 10 000.
Critère D
(très petite population totale ou répartition restreinte) : Non applicable, car le nombre d’individus matures dépasse largement les 1 000 et la zone d’occupation est très vaste.
Critère E
(analyse quantitative) : Aucune analyse quantitative.

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Logotype du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

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Définitions (2013)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)Note de bas de page*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)Note de bas de page **
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)Note de bas de page ***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)Note de bas de page****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Note de bas de page

Note de bas de page *

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

Retour à la référence de la note de bas de page *

Note de bas de page **

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de page **

Note de bas de page ***

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page ***

Note de bas de page ****

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de page ****

Note de bas de page *****

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

*****

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

La merluche blanche, Urophycis tenuis (Mitchill, 1815), est une espèce gadiforme de la famille des Gadidés (Phycidés) et fait partie de la vingtaine de poissons apparentés à la morue vivant au large de la côte Est du Canada (Scott et Scott, 1988; Klein-MacPhee, 2002). En anglais, la merluche blanche est appelée « white hake » et parfois « ling ».

Description morphologique

La merluche blanche, espèce à faible capacité natatoire, est dotée d’un corps allongé et d’une nageoire caudale arrondie. La taille ne dépasse pas 133 à 135 cm, tandis que le poids atteint au maximum 21,5 à 22,3 kg (Scattergood, 1953; Markle et al., 1982). On note la présence d’une seule nageoire anale et de longues nageoires pelviennes traînantes, munies de 2 rayons filiformes se rendant presque à l’orifice anal. Les nageoires pelviennes se trouvent devant les nageoires pectorales (Scott et Scott, 1988; Klein-MacPhee, 2002). Ensemble, le barbillon caractéristique à l’extrémité de la mâchoire inférieure, les deux nageoires dorsales et les nageoires pelviennes allongées identifient au genre Urophycis ce poisson de l’ouest de l’Atlantique, au large du Canada. Il est parfois difficile de distinguer la merluche blanche de la merluche-écureuil (Urophycis chuss). Parmi leurs caractères distinctifs, signalons le nombre d’écailles sur la ligne latérale (de 119 à 148 pour la merluche blanche et de 95 à 117 pour la merluche-écureuil) et le nombre de branchicténies observées sur la partie supérieure du premier arc branchial (2 pour la merluche blanche et 3 pour la merluche-écureuil) (Scott et Scott, 1988).

La couleur de la merluche blanche, comme celle de bien d’autres poissons démersaux, varie en fonction de l’alimentation et de l’habitat. Selon la description de Bigelow et Schroeder (1953) et de Klein-MacPhee (2002), la face dorsale est brun vase ou brun-violet, les flancs sont parfois bronze ou or et la face ventrale est blanc sale ou blanc jaunâtre et parsemée de petits points noirs. Les nageoires dorsales, anale et caudale sont souvent bordées de noir.

Structure spatiale et variabilité de la population

L’évaluation de la structure démographique de la merluche blanche au Canada repose sur une combinaison de renseignements tirés d’études génétiques et démographiques, de relevés par marquage biologique et d’observations du comportement reproducteur de l’espèce.

À l’aide de marqueurs microsatellites, Roy et al.(2012) ont identifié trois populations de merluches blanches génétiquement distinctes (figure 1). Une de ces populations (golfe) a été associée au sud du golfe du Saint-Laurent (SGSL, div. 4T de l’OPANO; figure 2) et à la région au nord-est de l’île du Cap-Breton, dans la sous-division 4Vn de l’OPANO. Une deuxième population (Terre-Neuve) était surtout présente au large du sud de Terre-NeuveNote1, dans les divisions 3OP de l’OPANO. La troisième population (plateau néo-écossais) se trouvait principalement dans les divisions 4RSVWX de l’OPANO, dans l’ensemble de la baie de Fundy, sur le plateau néo-écossaisNote2, mais aussi le long des deux talus du chenal Laurentien, y compris dans les eaux du nord du golfe du Saint-Laurent (NGSL, div. 4RS de l’OPANO). Il faut signaler que, si l’étude de Roy et al. (2012) repose sur de vastes zones d’échantillonnage, ces zones ne représentent pas l’entièreté de l’aire de répartition de la merluche blanche au Canada, décrite plus loin dans la section Répartition. En outre, le nord du golfe du Saint-Laurent a fait l’objet d’un échantillonnage limité comparativement à d’autres secteurs.

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Figure 1. Répartition a) de toutes les merluches blanches prélevées et b) des reproducteurs seulement, les couleurs désignant les différentes populations génétiquement distinctes : la population du golfe (en rouge) correspond à l’UD 1 du présent rapport; les populations du plateau néo écossais (en jaune) et de Terre-Neuve (en vert) correspondent à l’UD 2. Tiré de Roy et al. (2012).

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Description longue pour la figure 1

Deux cartes montrant la répartition (points) de toutes les merluches blanches prélevées (carte A) et des individus reproducteurs seulement (carte B). Les différentes couleurs des points désignent les trois populations génétiquement distinctes. Une population est associée au sud du golfe du Saint-Laurent et à la région nord-est de l’île du Cap-Breton, et elle correspond à l’unité désignable 1 dans le présent rapport. Une autre population est surtout présente au large du sud de l’île de Terre-Neuve, et la troisième se trouve sur le plateau néo écossais et le long des deux talus du chenal Laurentien, y compris dans les eaux du nord du golfe du Saint-Laurent. Ces deux dernières populations correspondent à l’unité désignable 2 dans le présent rapport.

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Figure 2. Carte illustrant la partie sud de la zone visée par la Convention de l’OPANO et montrant les limites de l’aire de répartition des deux unités désignables et le chevauchement des aires de répartition.

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Description longue pour la figure 2

Deux cartes montrant la répartition (points) de toutes les merluches blanches prélevées (carte A) et des individus reproducteurs seulement (carte B). Les différentes couleurs des points désignent les trois populations génétiquement distinctes. Une population est associée au sud du golfe du Saint-Laurent et à la région nord-est de l’île du Cap-Breton, et elle correspond à l’unité désignable 1 dans le présent rapport. Une autre population est surtout présente au large du sud de l’île de Terre-Neuve, et la troisième se trouve sur le plateau néo écossais et le long des deux talus du chenal Laurentien, y compris dans les eaux du nord du golfe du Saint-Laurent. Ces deux dernières populations correspondent à l’unité désignable 2 dans le présent rapport.

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L’estimation de la distance génétique par paires entre les 3 populations révèle des différences significatives (p < 0,001) et indique que la population du golfe est la plus distincte des 3. Génétiquement, la population du golfe se différencie davantage de celles de Terre-Neuve (Fst = 0,053) et du plateau néo-écossais (Fst = 0,043), tandis que les populations du plateau néo-écossais et de Terre-Neuve affichent la plus faible différence (Fst = 0,015).

Les taux de migration entre les populations du plateau néo-écossais et de Terre-Neuve, estimés génétiquement, sont comparables et relativement élevés dans les 2 directions (entre 11 et 17 % par génération). Les taux de migration entre les populations de Terre-Neuve et du golfe (entre 0,2 et 2,6 % par génération) et les populations du plateau néo-écossais et du golfe (entre 2,8 et 6,4 % par génération) sont considérablement inférieurs, signe d’un flux génique plus restreint entre la population du golfe et les autres populations.

On a trouvé des individus de la population génétique du golfe et de celle du plateau néo-écossais dans le sud du golfe du Saint-Laurent. À partir des données de Roy et al.(2012), Swain et al. (2012) ont découvert que plus de 90 % des poissons prélevés à des profondeurs inférieures à 200 m étaient du même type que les poissons du golfe, et que cette proportion diminuait à mesure que la profondeur augmentait, passant de près de 80 %, à des profondeurs de 200 à 250 m, à 34 %, à des profondeurs supérieures à 350 m. Compte tenu de la distribution des merluches blanches aux différentes profondeurs tirée des relevés ainsi que de la composition relative des populations génétiques en fonction de la profondeur, Swain et al. (2012) ont estimé qu’environ 80 % des merluches blanches prélevées dans le sud du golfe du Saint-Laurent étaient du même type que les poissons du golfe.

On a recouru aussi bien aux données morphométriques qu’à celles sur les infections parasitaires pour examiner la structure des populations dans le sud du golfe du Saint-Laurent et la sous-division 4Vn de l’OPANO. Selon Hurlbut et Clay (1998), la longueur du museau serait le facteur le plus important permettant de distinguer les merluches blanches des stations profondes du « chenal » de celles prélevées dans les stations moins profondes du détroit de Northumberland. Melendy et al.(2005) sont arrivés à des conclusions semblables à partir des taux d’infection par des protozoaires et des métazoaires. Ces chercheurs ont réussi à distinguer les merluches blanches prélevées à une profondeur de plus de 100 m le long du talus sud du chenal Laurentien, dans le golfe du Saint-Laurent, et dans la sous-division 4Vn de l’OPANO, dans le chenal Laurentien, de celles des eaux peu profondes (< 50 m) de la partie est du détroit de Northumberland.

La merluche blanche du sud du golfe du Saint-Laurent et du plateau néo-écossais ont à peu près la même taille lorsqu’elles atteignent la maturité. À l’âge où 50 % des merluches blanches du sud du golfe du Saint-Laurent sont en état de se reproduire, Swain et al. (2012) rapportent des longueurs (L50) de 40,7 cm chez les mâles et de 48,2 cm chez les femelles. Simon et Cook (2011) font état de L50 de 45 cm chez les 2 sexes au sein de la population du plateau néo-écossais. Simpson et al. (2012) signalent que plusieurs valeurs de L50 ont été publiées pour la merluche blanche du large du sud de Terre-Neuve. Les estimations les plus récentes et les plus fiables donnent 39 cm pour les mâles et 54 cm pour les femelles. On ne dispose d’aucune donnée sur la longueur à maturité de la merluche blanche du nord du golfe du Saint-Laurent (Gauthier, 2011).

Les aires et les périodes de fraye varient d’une région à l’autre. Chez la merluche blanche, le pic de la fraye a lieu en juin dans le sud du golfe du Saint-Laurent, mais la période de fraye s’étend de juin à septembre (Swain et al., 2012). On a relevé des activités de reproduction dans les eaux intérieures peu profondes du centre et de l’est du détroit de Northumberland. Toutefois, comme ces activités n’ont pas été signalées dans le centre du détroit de Northumberland depuis quelques années, on peut présumer qu’un segment reproducteur a disparu de cette région (Hurlbut, 2011). Dans d’autres régions (FPN, NGSL, STN), la fraye a lieu au large, dans des eaux plus profondes et le long des rebords continentaux (Markle et al., 1982; Fahay et Able, 1989; Kulka et al., 2005). Les poissons de ces régions frayent surtout au printemps, mais plus tôt que ceux du sud du golfe du Saint-Laurent. Cependant, Markle et al. (1982) et Bundy et Simon (2005) signalent également des activités de reproduction durant l’été sur le plateau néo-écossais.

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Unités désignables

Les unités désignables (UD) proposées ci-dessous constituent l’approximation la plus précise possible des composantes distinctes et importantes probables de la répartition de cette espèce au Canada, compte tenu des données disponibles. Le tableau 1 résume les caractéristiques des UD. Les données génétiques se limitent à des marqueurs génétiques neutres qui évoluent rapidement (les microsatellites), tandis que les données sur le cycle vital, le comportement et les communautés de parasites se limitent essentiellement à une partie relativement restreinte de l’aire de répartition de l’espèce dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Aucune rupture géographique nette ne ressort de la répartition de la merluche blanche (figure 3), qui semble être distribuée de manière contiguë malgré la présence de particularités bathymétriques aussi importantes que le chenal Laurentien. La structure des UD repose sur des données génétiques tirées de Roy et al. (2012), selon lesquelles il existerait trois populations génétiquement distinctes. Cependant, les résultats révèlent aussi un niveau relativement élevé d’échange de matériel génétique entre les populations du plateau néo-écossais et de Terre-Neuve. Les données révèlent peu d’indices qui pourraient laisser croire à des différences entre ces populations en termes de cycle vital. Ainsi, presque rien ne confirme l’existence de différences évolutives significatives entre ces deux populations. Par contre, le comportement reproducteur et la distribution des merluches blanches du sud du golfe du Saint-Laurent sont nettement différents de ceux des autres régions; c’est pourquoi il est proposé de diviser la population de merluches blanches en deux UD, la première habitant le sud du golfe du Saint-Laurent (UD1) et la deuxième habitant les régions du plateau néo-écossais, du nord du golfe du Saint-Laurent et du sud de Terre-Neuve (UD2). Cette dernière UD est nommée « population de l’Atlantique et du nord du golfe du Saint-Laurent ».

Tableau 1. Sommaire des renseignements pertinents sur la génétique, la taille à maturité, la période de fraye et les frayères, compte tenu de la structure proposée pour les populations de merluches blanches au Canada. SGSL = sud du golfe du Saint-Laurent; FPN = baie de Fundy et plateau néo écossais; NGSL = nord du golfe du Saint-Laurent; STN = sud de Terre-Neuve. L50 désigne la longueur moyenne à laquelle 50 % des merluches blanches atteignent la maturité.
CaractèreEmplacement géographique UD1 (SGSL)Emplacement géographique UD1 (FPN)Emplacement géographique UD2 (NGSL)Emplacement géographique UD2 (STN)
Population génétique (Roy et al., 2012)Golfe (80 %), plateau néo-écossais (20 %)plateau néo-écossais et migration du STNplateau néo-écossais et migration du STNSTN et migration du STN
Taille à maturitéL50 : mâles = 40,7; femelles = 48,2 (Swain et al., 2012)L50 : 45 cm (Simon et Cook, 2011)non disponible (Gauthier, 2011)L50 : mâles = 39 cm, femelles = 54 cm (Simpson et al., 2012)
Période de frayede juin à septembre; pic à la mi-juin (Markle et al., 1982)début du printemps (Fahay et Able, 1989) et milieu de l’été (Markle et al., 1982)début du printemps (Markle et al., 1982; Fahay et Able, 1989)printemps (Kulka et al., 2005) et été (Simpson et al., 2012)
Frayèreseaux intérieures peu profondes (Swain et al., 2012)eaux profondes au largeeaux profondes au largeau large, sud des bancs de Terre-Neuve (Kulka et al., 2005)

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Figure 3. Répartition mondiale de la merluche blanche (tiré de Brown et al., 1996).

carte

Description longue pour la figure 3

Carte de la côte nord-est de l’Amérique du Nord montrant l’aire de répartition mondiale de la merluche blanche, d’après les données sur les traits de chalut de 1975 à 1994. Le nombre de prises par trait est indiqué par différentes couleurs. L’isobathe de 200 mètres est tracée. La carte n’illustre aucune rupture géographique nette dans la répartition de l’espèce, qui semble être distribuée de manière contiguë malgré la présence de particularités bathymétriques aussi importantes que le chenal Laurentien. La merluche blanche se rencontre principalement depuis le Labrador jusqu’en Caroline du Nord.

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Pour résumer par rapport aux lignes directrices établies par le COSEPAC pour reconnaître les UD :

  • Les deux UD identifiées sont distinctes étant donné qu’elles comportent de nettes différences génétiques. Elles occupent des régions écogéographiques différentes, bien qu’il existe une zone de chevauchement où vivent des individus des deux UD. Il faut signaler que le caractère génétique distinct demeure malgré ce chevauchement et la cohabitation d’individus des deux UD qui en résulte.
  • Les UD sont considérées comme importantes puisque la distribution et le comportement des individus reproducteurs de la population du sud du golfe du Saint-Laurent diffèrent de façon marquée de ceux des autres régions, signe probable d’une divergence phylogénétique qui a conduit à des adaptations locales au sein des deux UD. La perte de la population du sud du golfe du Saint-Laurent créerait un énorme trou dans l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

Le chevauchement spatial des populations complique la définition des limites géographiques de ces deux UD. Il est impossible de distinguer parfaitement les zones occupées par celles-ci au moyen d’une seule série de lignes. Par ailleurs, il est important de reconnaître aussi bien les zones propres à chaque UD que les zones de chevauchement. Le chevauchement est particulièrement prononcé le long du talus sud du chenal Laurentien, dans la division 4T de l’OPANO, à plus de 200 m de profondeur, où on a découvert des poissons des populations génétiques du golfe et du plateau néo-écossais. Une autre zone de chevauchement se trouve à l’intérieur de la sous-division 4Vn de l’OPANO : dans la partie nord, les prises se composent principalement de poissons de la population du golfe, alors que, dans la partie sud, elles se composent principalement de poissons de la population du plateau néo-écossais.

En résumé, les poissons de l’UD1 appartiennent à la population génétique du golfe, telle que l’ont caractérisée Roy et al. (2012). Ils occupent toute la division 4T de l’OPANO, de même que la partie nord de la sous-division 4Vn, délimitée par une ligne reliant l’extrémité sud de la sous-division 3Pn de l’OPANO (46° 20,5’ N, 58° 49,0’ O) et le cap Dauphin, sur la côte de l’île du Cap-Breton (46° 20,5’ N, 60° 25,0’ O) (figure 2). Les poissons de l’UD2 appartiennent aux populations génétiques de Terre-Neuve et du plateau néo-écossais (voir Roy et al., 2012). Ils habitent le plateau néo-écossais (divisions 4VWX de l’OPANO), le nord du golfe du Saint-Laurent (divisions 4RS de l’OPANO) et les eaux au large des régions sud et est de Terre-Neuve, de même que les eaux d’une profondeur supérieure à 200 m dans la division 4T de l’OPANO.

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Importance de l’espèce

Espèce endémique du nord-ouest de l’Atlantique, la merluche blanche possède sans doute un niveau de structure génétique des populations plus élevé que celui de tout autre poisson commun, à forte longévité et commercialement exploité (Roy et al., 2012). Elle ne représente qu’une portion relativement mineure des poissons de fond pêchés dans l’Atlantique canadien. Bien qu’elle ait déjà été la troisième espèce la plus pêchée dans le sud du golfe du Saint-Laurent, elle fait aujourd’hui l’objet d’une interdiction de pêche dirigée à cause de son faible effectif. La seule pêche dirigée de la merluche blanche encore autorisée a lieu sur les bancs de Terre-Neuve (divisions 3NO de l’OPANO), sous la gestion de l’OPANO.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La merluche blanche se rencontre principalement depuis le Labrador jusqu’à la Caroline du Nord (figure 3), bien que de rares prises aient été signalées plus au nord, en Islande, et plus au sud, en Floride (Musick, 1974; Scott et Scott, 1988; Klein-MacPhee, 2002). À l’extérieur du Canada, les merluches blanches sont le plus abondantes dans le golfe du Maine et sur le banc Georges (divisions 5YZ de l’OPANO).

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Aire de répartition canadienne

La merluche blanche occupe un vaste territoire qui comprend la baie de Fundy, le plateau néo-écossais, le périmètre du sud du golfe du Saint-Laurent, les eaux profondes du nord du golfe du Saint-Laurent, de même que les talus du banc de Saint-Pierre et le sud des bancs de Terre-Neuve (figure 3). La merluche blanche est cependant absente de la partie centrale du sud du golfe du Saint-Laurent, où les eaux trop froides ne conviennent pas à l’espèce. Le golfe du Saint-Laurent possède une structure de température verticale inhabituelle : la couverture de glace hivernale fait en sorte que les eaux des profondeurs intermédiaires sont très froides, souvent sous la barre du 0 ºC. Cette couche intermédiaire froide descend jusqu’au fond dans la partie centrale du sud du golfe. L’espèce occupe surtout le large, comme le montre la figure 3, mais on la trouve également présente en zones littorales et estuariennes. À une certaine époque, on pêchait la merluche blanche localement, notamment sous la glace, dans la baie Kennebecasis, qui fait partie du réseau fluvial du cours inférieur de la rivière Saint-Jean (Markle et al., 1982). Sur la côte, quelques baies fermées et passages étroits en contact avec l’océan, comme le lac Holyrood, plan d’eau relativement profond de la côte sud de Terre-Neuve, ont déjà abrité des merluches blanches (O’Connell et al., 1984; Bradbury et al., 2009). Dans les années 1970, on capturait aussi des juvéniles de grande taille et des adultes géniteurs dans les eaux relativement peu profondes de la baie Verte, dans le sud du golfe du Saint-Laurent (Koeller et LeGresley, 1981). Puis qu’on n’a capturé pratiquement aucun poisson dans le cadre de récents relevés menés dans le sud-ouest du golfe, on peut cependant présumer la disparition d’un segment reproducteur dans ce secteur (Hurlbut et Poirier, 2001; Hurlbut, 2011). On trouve des juvéniles de petite taille (< 100 mm) en eaux peu profondes (< 2 m) partout au Canada atlantique, et ce, même à une latitude aussi élevée que 56° 30’ N (McAllister, 1960; Markle et al., 1982; MacDonald et al., 1984; Methven et al., 2001; Wroblewski et al., 2007).

Comme la merluche blanche et la merluche-écureuil sont sympatriques dans la partie ouest du plateau néo-écossais (division 4X de l’OPANO), des erreurs d’identification se produisent. Cependant, la longueur maximale de la merluche-écureuil correspond à la longueur à maturité de la merluche blanche. Il est donc peu probable que la confusion entraîne des erreurs d’estimation du nombre d’individus matures au sein de la population de merluches blanches (Bundy et Simon, 2005).

La zone d’occurrence de la merluche blanche est déterminée à partir de la méthode du plus petit polygone convexe regroupant les données des relevés scientifiques au chalut de fond (Brown et al., 1996) (secteurs terrestres exclus). La zone d’occurrence mesure 1 171 782 km² (figure 4).

Figure 4. Superficie estimée de la zone d’occurrence de la merluche blanche en eaux canadiennes.

carte

Description longue pour la figure 4

Carte illustrant la superficie de la zone d’occurrence de la merluche blanche au Canada, d'après les résultats des relevés scientifiques au chalut. La zone d’occurrence est la zone (hachurée) se trouvant à l’intérieur du plus petit polygone convexe couvrant à la fois des secteurs terrestres et des secteurs marins. La zone d’occurrence se trouvant dans l’habitat propice mesure 1 171 782 kilomètres carrés. La zone d’occurrence totale sur le territoire canadien, y compris les secteurs terrestres et marins, est de 1 739 114 kilomètres carrés.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Espèce démersale, la merluche blanche vit au fond de l’eau et ne manifeste aucun comportement migratoire vertical à l’âge adulte (Klein-MacPhee, 2002). Les adultes et les juvéniles de grande taille s’observent le plus souvent dans un habitat de substrats sédimentaires fins, comme la boue qui recouvre le fond des bassins du plateau néo-écossais (Scott, 1982a; MacDonald et al., 1984). Scott (1982a) a signalé l’absence de merluches blanches sur les fonds de sable et de gravier du plateau néo-écossais. Bigelow et Schroeder (1953), qui ont étudié la merluche blanche et la merluche-écureuil parallèlement, ont observé que ces deux espèces de merluches fréquentent principalement les fonds mous et qu’elles sont rarement capturées sur les fonds de gravier ou de coquillages où vivent tant de morues et d’aiglefins (Melanogrammus aeglefinus), ou sur des fonds rocheux. Des deux merluches, c’est la blanche qui privilégie le plus la boue, d’après l’expérience de ces chercheurs. Dans les eaux littorales de Terre-Neuve, on peut trouver la merluche blanche en densité relativement forte, mais il semble que l’espèce quitte ces eaux lorsque la température de l’eau descend en deçà de 2 ºC (R. Gregory, MPO, Région de Terre-Neuve, comm. pers., 2013).

On capture la merluche blanche à des profondeurs très variées, mais dans une gamme de températures plus restreinte (Chang et al., 1999). Selon Kulka et al.(2005), on trouve ce poisson en eaux relativement chaudes, ce qui influe sur sa distribution en profondeur au sud de Terre-Neuve. D’après Simon et Cook (2011), la merluche blanche fréquente des eaux relativement chaudes (dans une fourchette de 5 à 9 °C), profondes et salines sur le plateau néo-écossais. Scott (1982b) a indiqué que l’espèce privilégie une profondeur de 144 à 358 m, une température de 5 à 9 °C et une salinité de 33 à 34 PSU au large de la Nouvelle-Écosse. Au large du sud de Terre-Neuve, elle est en grande partie confinée dans un secteur associé aux températures de fond les plus élevées (de 4 à 8 °C) le long de la marge sud-ouest des bancs de Terre-Neuve (Kulka et al., 2005). De par les températures qu’elle privilégie, l’espèce fréquente un large éventail de profondeurs allant jusqu’à 800 m sur le talus. Au large de la côte nord-est des États-Unis, on a capturé des adultes à des températures variant de 6 à 11 °C au printemps et à l’automne, principalement à des profondeurs de 50 à 325 m (Chang et al., 1999). Schroeder (1955) et Musick (1974) ont rapporté la présence de merluches blanches à des profondeurs allant jusqu’à 1 000 m sur le talus continental du golfe médioatlantique. MacDonald et al. (1984), quant à eux, ont mentionné avoir observé des juvéniles de grande taille et des adultes dans les eaux à salinité de 29,5 à 32,5 PSU de la baie Passamaquoddy.

Les poissons de grande taille fréquentent généralement des eaux profondes (Klein-MacPhee, 2002; Herder et al., 2005). Les préférences en termes de profondeur, de température et de salinité changent donc en fonction de la taille des poissons. On n’a observé aucun juvénile récemment établi (d’environ 50 à 80 mm) au nombre des poissons capturés dans les eaux profondes du large. Il semble que les courants transportent les petites merluches blanches encore au stade pélagique vers la zone littorale peu profonde et les eaux des bancs de Terre-Neuve, peu profondes elles aussi (Fahay et Able, 1989; Han et Kulka, 2007). Les juvéniles s’établissent sur le fond lorsqu’elles atteignent une longueur approximative de 50 mm ou moins. De mai à octobre environ, les juvéniles récemment établis sont associés à divers types de substrats, y compris le gravier, la boue, le sable et la zostère marine, au large de la côte nord-est des États-Unis et de la Nouvelle-Angleterre (Fried, 1973; Targett et McCleave, 1974; Fahay et Able, 1989), dans la baie de Fundy (Markle et al., 1982; MacDonald et al., 1984), dans le golfe du Saint-Laurent (McAllister, 1960) et au large de Terre-Neuve (Huntsman et al., 1954; Methven et al., 2001; R. Gregory, MPO, Région de Terre-Neuve, comm. pers., 2013) et du Labrador (Wroblewski et al., 2007) (MacDonald et al., 1984), au moment où l’eau est la plus chaude. Horne et Campana (1989) signalent avoir capturé des juvéniles au chalut au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, endroit caractérisé par une eau plutôt chaude, trouble et peu saline et des substrats fins.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Parmi les poissons exploités commercialement dans le nord-ouest de l’Atlantique, la merluche blanche est sans doute l’un des plus féconds. Une femelle de 90 cm du golfe du Saint-Laurent aurait pondu 15 millions d’œufs (Beacham et Nepszy, 1980). Les femelles pondent des œufs flottants, de 0,72 à 0,82 mm de diamètre (Beacham et Nepszy, 1980; Markle, 1982), qui demeurent généralement près de la surface et sont dispersés par les courants. Les œufs, les larves et les juvéniles pélagiques demeurent planctoniques durant 2 à 3 mois, selon la température de l’eau et la proximité d’aires d’établissement convenables (Markle et al., 1982; Lang et al., 1996; Han et Kulka, 2007).

Selon Han et Kulka (2007), le succès des classes d’âge au sud de Terre-Neuve pourrait dépendre en grande partie de la façon dont les courants dispersent les œufs et les larves. Les courants qui transportent les œufs, les larves et les postlarves sur la partie sud du Grand Banc génèrent des classes d’âge importantes. On a observé des merluches blanches juvéniles pélagiques de grande taille (&gt; 40 mm LS) entraînées dans des anneaux à noyau chaud du Gulf Stream (à des températures allant jusqu’à 20 °C) au large du plateau néo-écossais. Les anneaux à noyau chaud pourraient contribuer à l’advection vers le large et à l’éventuelle perte de ces poissons (Wroblewski et Cheney, 1984), mais les preuves pour affirmer qu’ils nuisent au recrutement sont insuffisantes (Myers et Drinkwater, 1989).

Les périodes de fraye, l’emplacement des frayères et la taille à la maturité de la merluche blanche ont été décrits dans la section Structure spatiale et variabilité de la population ci-dessus.

On estime la durée d’une génération comme suit : l’âge où 50 % des individus sont matures (A50) plus 1/M, où M est le taux instantané de mortalité naturelle (due à des causes autres que la pêche). La valeur présumée de M est d’environ 0,2 dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce dans l’Atlantique canadien. Toutefois, la valeur de M a récemment pris une valeur considérablement plus élevée dans le sud du golfe du Saint-Laurent (voir la section Menaces). Des données sur la composition selon l’âge existent pour le sud du golfe du Saint-Laurent, où l’on estime l’âge où 50 % des individus ont atteint la maturité à 4-5 ans (Clay et Clay, 1991). D’après des valeurs de 0,2 pour M et de 4 ans pour A50, la durée d’une génération serait d’environ 9 ans. La merluche blanche la plus âgée observée dans les captures des quelques dernières années avait environ 20 ans (Bundy et Simon, 2005).

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Physiologie et adaptabilité

Étant donné le manque de renseignements disponibles sur la physiologie et l’adaptabilité de la merluche blanche, la comparaison avec d’autres espèces du genre Urophycispourrait être utile.SelonMarkle et al. (1982), les caractéristiques physiologiques de la merluche blanche pourraient provoquer une croissance initiale rapide, suivie d’une maturation tardive par rapport à celle de la merluche-écureuil. D’après les indicateurs du sérum sanguin de la merluche blanche, l’espèce aurait du mal à survivre près de la surface (Griffith, 1981). Après le gonflement de sa vessie natatoire, elle aurait également beaucoup de difficulté à retourner en profondeur. On peut en conclure que ce poisson ne survivrait sans doute pas s’il était relâché après la capture.

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Déplacements et dispersion

Dans les régions les plus méridionales, les juvéniles de grande taille et les adultes se déplacent vers le littoral (ou vers des eaux moins profondes) durant la saison chaude et se dispersent en eaux profondes quand revient la saison froide (Musick, 1974; MacDonald et al., 1984; Chang et al., 1999). Tyler (1971) a rapporté que les prises atteignaient leur pic à l’été et a, par conséquent, désigné la merluche blanche (dont certains individus étaient vraisemblablement des merluches-écureuils;voirMarkle et al., 1982) comme une espèce périodique, c’est-à-dire abondante uniquement durant l’été dans la baie Passamaquoddy. La plupart des poissons du genre Urophycisavaient quitté la baie Passamaquoddy à la fin décembre, comme en témoignait la relative rareté des prises (Tyler, 1971). La merluche blanche quitte les eaux peu profondes du sud du golfe du Saint-Laurent à l’automne et au début de l’hiver, lorsque la température de l’eau baisse et que cette zone se couvre de glace au début janvier (Dickie et Trites, 1983; Clay et Hurlbut, 1989; Clay, 1991). Elle hiverne à des températures de 2 à 5 °C (Dickie et Trites, 1983) dans les eaux plus profondes du détroit de Cabot, où elle se mêle à d’autres populations de merluches blanches. Au retour du printemps, lorsque la glace se rompt, elle revient dans les eaux du sud du golfe et y fraye à partir de juin. Dans la région au sud de Terre-Neuve, la répartition varie peu d’une année à l’autre.

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Relations interspécifiques

La merluche blanche fait partie des espèces dominantes de l’assemblage pélagique qui fréquente les profondeurs de plus de 200 m des bancs de Terre-Neuve. Outre cette espèce, on y trouve notamment des sébastes (Sebastes), la morue (Gadus morhua), le flétan atlantique (Hippoglossus hippoglossus), la raie épineuse (Amblyraja radiata) et la plie canadienne (H. platessoides) (Gomes et al., 1992). Un examen visuel des graphiques de répartition révèle qu’elle fait également partie de l’assemblage des bancs/talus tempérés Sud (South-Temperate Bank/Slope Assemblage; Mahon et al., 1998), en compagnie de la merluche-écureuil, de la baudroie d’Amérique (Lophius americanus), du merlu argenté (Merluccius bilinearis), de l’aiguillat commun (Squalus acanthias), de la goberge (Pollachius virens), du brosme (Brosme brosme) et de nombre d’autres espèces du plateau néo-écossais.

Aux stades juvénile et adulte, la merluche blanche se nourrit principalement de crustacés et de poissons. En général, la proportion de crustacés diminue et celle de poissons augmente à mesure que les individus croissent (Chang et al., 1999). On trouvera de plus amples renseignements sur l’alimentation de l’espèce dans Petrov (1973), Langton et Bowman (1980) et Bowman (1981).

Chang et al. (1999) signalent que les œufs et les juvéniles démersaux servent parfois de proies aux grandes merluches blanches, sans toutefois quantifier ce phénomène. Parmi les prédateurs des merluches blanches juvéniles pélagiques figurent le Macareux moine (Fratercula arctica) et la Sterne arctique (Sterna paradisaea) (Fahay et Able, 1989). On a prélevé des merluches blanches dans l’estomac de morues et de merluches blanches (Langton et Bowman, 1980). Dans le golfe du Saint-Laurent, la merluche blanche représente une portion importante de l’alimentation du phoque gris (Halichoerus grypus) et du phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus), variable en fonction de l’année et du lieu d’échantillonnage (Hammill et Stenson, 2002). Selon les estimations de Hammill et Stenson (2002), les phoques gris auraient dévoré jusqu’à 1 900 tonnes de merluches blanches en 2001.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Les échantillons de merluches blanches sont bien représentés dans les relevés annuels au chalut de fond que mènent les quatre Régions du MPO dans l’Atlantique. Les résultats des relevés servent de fondement à la présente section du rapport. Les quatre relevés suivants donnent le meilleur aperçu spatial et temporel des populations de merluches blanches : le relevé de septembre dans le sud du golfe du Saint-Laurent (SGSL, division 4T de l’OPANO), le relevé de juillet sur le plateau néo-écossais (FPN, divisions 4VWX de l’OPANO), le relevé d’août dans le nord du golfe du Saint-Laurent (NGSL, sous-division 3Pn et divisions 4RS de l’OPANO) et le relevé printanier sur les bancs de Terre-Neuve, au large du sud de Terre-Neuve (STN, divisions 3LNO et sous-division 3Ps de l’OPANO). Plusieurs autres relevés sont menés, notamment des relevés sentinelles dans le golfe du Saint-Laurent et sur le plateau néo-écossais, des relevés saisonniers (printemps et automne) sur le plateau néo-écossais, un relevé hivernal dans le nord du golfe du Saint-Laurent et le détroit de Cabot et un relevé automnal au large de Terre-Neuve et du Labrador. Ces derniers relevés, plus brefs que les quatre relevés principaux, portent sur une superficie d’habitat plus restreinte, mais donnent des résultats qui concordent avec ceux présentés ci-dessous.

Ces relevés ont été conçus pour surveiller l’état des espèces de poissons de fond et de l’environnement marin de l’Est du Canada (Chadwick et al., 2005). Au fil du temps, on a veillé à modifier le moins possible la méthodologie et le protocole d’échantillonnage de manière à faciliter l’interprétation des tendances, et ce, malgré les changements de navires et d’engins d’échantillonnage. Chaque relevé est brièvement décrit ci-dessous. Tous les indices sont exprimés en unités d’effectifs et sont calculés en extrapolant la densité locale, estimée en unités d’effectifs par kilomètre carré de fond parcouru par le chalut, à la superficie totale couverte par le relevé. Cette méthode permet seulement d’estimer l’effectif minimal de la population étant donné que le chalut ne capture pas tous les poissons qui se trouvent sur son passage. Comme le rendement du relevé dépend de plusieurs facteurs (p. ex. le comportement des poissons et la topographie du fond marin), il en est de même pour le rapport entre l’effectif estimé et l’effectif réel de la population (efficacité de capture). Pour cette raison, il convient d’envisager les indices comme des valeurs relatives plutôt qu’absolues.

Réalisé depuis 1971, le relevé du sud du golfe du Saint-Laurent était mené à l’origine par l’E.E. Prince (1971-1985), au moyen d’un chalut de fond Yankee 36, durant les heures de clarté seulement. Le Lady Hammond, plus grand, a pris la relève de 1985 à 1991. Les activités de pêche duraient 24 heures, et un chalut Western IIA était utilisé. Cette configuration de chalut et cet horaire de pêche sont restés inchangés par la suite. Voici les navires qui ont servi aux relevés scientifiques : Alfred Needler de 1992 à 2002, Wilfred Templeman en 2003, Alfred Needler assisté du Teleost en 2004 et 2005, puis Teleost depuis 2006 (Swain et al., 2012). On a utilisé les résultats d’expériences de pêche comparables pour ajuster des résultats des relevés compte tenu des différents engins de pêche, navires et horaires (Benoît et Swain, 2003 a et b; Benoît, 2006).

Le relevé du plateau néo-écossais a été effectué pour la première fois en 1970 (Simon et Cook, 2011). De 1970 à 1981, il a été mené par l’A.T. Cameron au moyen d’un chalut de fond Yankee 36. En 1982, on a remplacé l’A.T. Cameronpar le Lady Hammond,et le Western IIA est devenu le chalut standard. En 1983, l’Alfred Needler est venu remplacer le Lady Hammond, toujours avec un chalut Western IIA. Après un incendie sur l’Alfred Needler, le Teleost a pris la relève en 2004. En 2005, un relevé réalisé par le Teleost etl’Alfred Needlervisait à étudier les différences d’efficacité de capture des deux navires; cette étude ne portait cependant pas sur la merluche blanche. En 2006, le relevé a été confié à l’Alfred Needler. En 2007, le Teleost a encore une fois pris la relève, remplacé en 2008 par le Wilfred Templeman,navire jumeau de l’Alfred Needler. Depuis 2009, c’est avec l’Alfred Needler qu’on mène le relevé. Après une expérience de pêche comparative entre l’A.T. Cameron et le Lady Hammond, aucun facteur de correction n’a été recommandé pour la merluche blanche (Fanning, 1985).

Dans le nord du golfe du Saint-Laurent, on mène des relevés en août depuis 1984 (Gauthier, 2011). De 1984 à1990, les relevés étaient réalisés par le Lady Hammond, au moyen d’un chalut de fond Western IIA. De 1990 à 2003 et en 2005, on a confié le relevé à l’Alfred Needler, équipé d’un chalut à crevettes URI 81’/114’. Depuis 2004, c’est le Teleost qui effectue les relevés, au moyen d’un chalut à crevettes Campelen. On a mené des expériences de pêche comparative en 1990 avec les deux premiers navires, et en 2004 et 2005, avec les deux derniers. Bourdages et al. (2007) ont noté une différence d’efficacité de capture en fonction de la longueur des navires entre l’Alfred Needler et le Teleost. Gauthier (2011) en est arrivé à la même conclusion en comparant le Lady Hammond et l’Alfred Needler au moyen de méthodes semblables dans le cadre des expériences de 1990. Ces différences estimées dans l’efficacité de capture sont incluses dans le présent rapport.

La région au sud de Terre-Neuve fait l’objet de relevés depuis 1971. Les relevés ont toutefois exclu la division 3O de l’OPANO en 1972 et 1974, les divisions 3LNO en 1983 et la sous-division 3Ps en 2006 (Simpson et al., 2012). Trois chaluts ont servi à réaliser ces relevés : un chalut Yankee 41,5 de 1971 à 1982; un chalut Engel 145 de 1983 à 1995; un chalut à crevettes Campelen de 1996 à 2011. Quatre navires de recherche se sont succédé : l’A.T. Cameron(1971-1982), le Wilfred Templeman et l’Alfred Needler, son navire jumeau (1985-2000), et le Teleost(2001-2011). Des expériences de pêche comparative ont été réalisées entre les différentes combinaisons de navire et de chalut, mais elles n’ont produit aucun résultat propre à la merluche blanche. Aux fins du présent rapport, on présume que les chaluts Yankee et Engel ont la même efficacité de capture. Cependant, la grande supériorité du chalut Campelen par rapport aux deux autres engins ne faisant aucun doute (Warren, 1997), les séries temporelles ont été divisées à partir du moment où on a commencé à utiliser le chalut Campelen.

Les indices tirés des relevés ont été divisés d’après la longueur, de façon à représenter les individus immatures et matures. Pour les relevés effectués dans les régions du sud du golfe du Saint-Laurent, de la baie de Fundy et du plateau néo-écossais ainsi que du nord du golfe du Saint-Laurent, on a présumé que les poissons de moins de 45 cm étaient immatures (Gauthier, 2011; Simon et Cook, 2011; Swain et al., 2012); cette longueur limite était de 54 cm au sud de Terre-Neuve (Simpson et al., 2012). Pour estimer les tendances de l’effectif des poissons matures, on a réalisé une régression log-linéaire du Ln de l’abondance par rapport à l’année. Pour estimer le pourcentage de variation de l’effectif au cours de la période de régression (t), on a posé l’équation Variation (%) = 100 (exp(β t) – 1), où β correspond à la pente de la droite de la régression log-linéaire. On a utilisé autant que possible des séries temporelles couvrant les 3 générations précédentes (27 ans). À des fins comparatives, on a également estimé la régression pour les périodes correspondant aux 2 générations précédentes et à la génération précédente.

L’indice de zone d’occupation (A) a été estimé pour chaque relevé à partir de la zone d’occupation pondérée par l’échantillonnage, statistique basée sur un plan de relevé aléatoire et stratifié (d’après Perry et Smith, 1994).

équation

J est le nombre de strates échantillonnées, nj est le nombre de chaluts dans la strate j, ajest la superficie de la strate j et Iij = 1 si le nombre de poissons capturés dans la série i et la strate j est supérieur à 0, et Iij = 0 dans les autres cas.

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Abondance

Sud du golfe du Saint-Laurent (UD1)

Les relevés au chalut menés dans le sud du golfe du Saint-Laurent couvrent la période de 1971 à 2012. Les résultats de la période allant de 1971 à 2010 sont tirés de Swain et al. (2012), tandis que ceux des deux plus récentes années ont été communiqués par D. Swain (MPO, Région du Golfe, comm. pers., 2013). La superficie couverte par le relevé au chalut dans le sud du golfe du Saint-Laurent a augmenté en 1984, après l’ajout de deux strates côtières (les strates 401 et 403). Par conséquent, les estimations démographiques subséquentes seraient biaisées à la hausse par rapport à celles réalisées sur une superficie plus restreinte. Aux fins de comparaison, les graphiques présentent les estimations calculées sur les strates d’origine (415-439) et sur toutes les strates. On a capturé peu de merluches blanches dans les nouvelles strates (figure 5); pour assurer l’uniformité et présenter les séries temporelles les plus longues possible, les principales analyses reposent sur les résultats des strates d’origine. Les résultats des relevés sont présentés dans le tableau A1.

Figure 5. Effectif estimé de la merluche blanche dans le sud du golfe du Saint-Laurent (UD1), calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en septembre pour toutes les catégories de taille (Total), les poissons immatures (< 45 cm) et les poissons matures (45+ cm). Les carrés vides indiquent les résultats de toutes les strates recensées (y compris les deux strates côtières ajoutées en 1984), et les losanges pleins, les résultats des strates d’origine.

graphiques

Description longue pour la figure 5

Trois graphiques présentant l’effectif estimé (total et par classe d’âge) de la merluche blanche dans le sud du golfe du Saint-Laurent (unité désignable 1), calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en septembre de 1971 à 2012. Les carrés vides indiquent les résultats de toutes les strates recensées (y compris les deux strates côtières ajoutées en 1984), et les losanges pleins, les résultats des strates d’origine.

Le graphique du haut montre que l’effectif total estimé de la merluche blanche a d’abord oscillé autour des 8 millions, puis a augmenté pour atteindre un pic d’environ 15 millions à la fin des années 1980. L’effectif a par la suite décliné rapidement pour se stabiliser à quelque 6 millions au cours de la période de 1993 à 2012.

Le graphique du milieu montre que l’effectif des juvéniles (moins de 45 centimètres de longueur) a d’abord augmenté pour s’élever à un peu plus de 1 million au début de la série chronologique, puis a connu un pic local d’environ 8 millions en 1975. Cette hausse a ensuite été suivie par un déclin (effectif d’environ 2 millions en 1983), puis par une nouvelle augmentation (effectif de 10 millions en 1990). L’effectif a ensuite décliné pour se stabiliser à environ 4 millions au cours de la période de 1993 à 2012.

Le graphique du bas montre que l’effectif des poissons matures (45 centimètres et plus de longueur) de 1971 à 1984 était très variable, mais qu’il a augmenté, passant de quelque 4 millions à quelque 7 millions au milieu des années 1980. Cette hausse a été suivie par un déclin rapide au cours des deux générations suivantes, l’effectif se stabilisant relativement à environ 1 million d’individus les années ultérieures à 2003.

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Au départ, l’effectif estimé total de la merluche blanche oscillait autour de 7,8 millions. Ce nombre a atteint un pic d’environ 15 millions à la fin des années 1980, puis a chuté rapidement pour se stabiliser aux alentours de 5,7 millions de 1993 à 2012 (figure 5). Les deux pics observés en 2000 et 2007 ont découlé d’une grande abondance de poissons juvéniles. Cette abondance n’a cependant pas duré, ce qui porte à croire soit à des anomalies, soit à un taux de survie très faible après la première année.

L’effectif de merluches blanches juvéniles a été estimé pour la classe d’âge des poissons dont la longueur totale (LT) est inférieure à 45 cm. Au début de la série temporelle, l’effectif des juvéniles a augmenté, passant d’environ 1,3 million à un pic isolé d’environ 8 millions en 1975. Un déclin a ensuite porté ce nombre à près de 1,8 million en 1983, avant que la croissance ne le ramène à 10 millions en 1990. L’effectif a ensuite chuté pour se stabiliser aux environs de 4,3 millions de 1993 à 2012. Comme il est mentionné ci-dessus, l’effectif estimé des juvéniles a enregistré des pics en 2000 et en 2007.

L’effectif des merluches blanches matures a été estimé pour la classe d’âge des poissons dont la LT est de 45 cm ou plus. Les relevés ont donné lieu à des estimations d’effectif très variables dans la première partie de la série temporelle (1971-1984), mais l’on note une tendance à la hausse jusqu’au milieu des années 1980, époque où l’effectif initial de 4 millions est passé à près de 7 millions. Un net recul s’est produit au cours des 2 générations suivantes, puis l’effectif est demeuré relativement stable, de l’ordre de 1 million d’individus, après 2003.

Pour estimer les variations de l’effectif des merluches blanches adultes au cours des 3 dernières générations, des 2 dernières générations et de la dernière génération, on a réalisé une régression log-linéaire des résultats des relevés au chalut (figure A1). La pente estimée de la variation au cours des 3 dernières générations (de 1985 à 2012) est statistiquement significative (-0,090 an-1, p < 0,0001, tableau 2). La variation estimée correspond à un déclin de 91 %. Pour ce qui est des 2 dernières générations (de 1994 à 2012), la pente estimée de la variation est moindre et non significative (-0,024 an-1, p = 0,1012). À partir de cette pente, on estime que la variation correspond à un déclin de 35 %. L’analyse ne révèle aucune tendance durant la plus récente génération (de 2003 à 2012) (0,008 an-1, p = 0,8340).

Tableau 2. Sommaire des régressions log linéaires des indices d’abondance des merluches blanches matures au Canada (indices tirés des relevés au chalut). Quatre relevés ont servi à l’estimation : le relevé de septembre dans le sud du golfe du Saint-Laurent (SGSL), le relevé de juillet sur le plateau néo écossais (FPN), le relevé d’août dans le nord du golfe du Saint-Laurent (NGSL) et le relevé printanier au sud de Terre-Neuve (STN). Les poissons du SGSL font partie de l’UD1 et ceux des trois autres relevés font partie de l’UD2. Dans la colonne « Gén. », qui indique le nombre de générations considérées dans le calcul de la régression, « toute » signifie que le calcul repose sur toute la série temporelle. Pour chaque analyse, le tableau indique en outre la pente estimée, le point d’intersection (Inters.), la valeur de probabilité (valeur P), R2, le nombre d’observations (Nbre obs.) et le nombre d’années couvertes par l’analyse (Intervalle). La dernière colonne indique la variation estimée de l’effectif. Il est à noter que dans les 2 cas où la série temporelle complète a servi à estimer la pente, la variation estimée de l’effectif a quand même été calculée sur les 3 dernières générations, soit 27 ans.
RelevéGén.PenteIntersect. Valeur PR2Nbre obs.IntervalleVariation
SGSL3-0,090186,410,00000,7132827-91 %
SGSL2-0,02454,830,10120,1501918-35 %
SGSL10,008-9,110,83400,0061097 %
SGSLtoute-0,053112,480,00000,5034241-76 %
FPN3-0,053115,280,00020,4212827-76 %
FPN2-0,01946,760,43220,0371918-29 %
FPN10,083-158,050,19540,200109111 %
FPNtoute-0,01947,920,01640,1364241-41 %
NGSL2,7-0,066139,470,00020,4672524-80 %
NGSL2-0,00313,770,81810,0031918-6 %
NGSL1-0,02047,740,51480,055109-17 %
STN1,7-0,00212,230,93550,0011515-3 %
STN1-0,108224,310,00160,78199-62 %

D’après les lignes directrices de l’UICN quant à l’applicabilité du critère A, dans les cas où l’effectif d’une population oscille sur une période plus longue qu’une génération, l’ajustement d’une série temporelle plus longue que trois générations peut donner une estimation plus représentative de la réduction à long terme de la population (article 4.5.1 d’IUCN, 2013). Plus loin, la ligne directrice recommande de toujours estimer la variation de l’effectif sur la période correspondant aux trois dernières générations, quelle que soit la longueur de la série temporelle ajustée.

Étant donné l’augmentation initiale de l’effectif et le rapide déclin qui a suivi, il pourrait s’agir d’une oscillation au sens des lignes directrices de l’UICN. Par conséquent et à des fins comparatives, on a également utilisé toute la série temporelle d’estimations pour calculer la variation de l’effectif. La régression log-linéaire sur la série temporelle complète, soit 41 ans (4,5 générations), donne une pente statistiquement significative (-0,053 an-1, p < 0,0001, tableau 2). La variation estimée correspond à un déclin de 76 % sur une période de 3 générations.

Au départ, la zone d’occupation (superficie occupée pondérée en fonction du plan d’échantillonnage [SOP]) était de l’ordre de 15 000 à 20 000  km2. Après une augmentation qui l’a portée à près de 25 000  km2au début des années 1980, elle a subi un rapide déclin pour s’établir à moins de 15 000  km2 au milieu des années 1990 (figure 9 dans Swain et al., 2012). Le déclin s’est poursuivi, mais à un rythme plus lent, de sorte que la zone d’occupation n’était plus que d’environ 10 000  km2 en 2010.

Plateau néo-écossais (compris dans l’UD2)

Le plateau néo-écossais a fait l’objet de relevés au chalut de 1970 à 2011. Les résultats, fournis par J. Simon (MPO, Région des Maritimes, comm. pers., 2013), sont présentés au tableau A2.

Durant les années 1970, l’effectif total estimé de la merluche blanche oscillait autour de 25 millions. Il a ensuite augmenté et atteint un pic d’environ 62 millions au milieu des années 1980. Après cela, les estimations ont donné des résultats généralement à la baisse, l’effectif moyen s’établissant à 21 millions de 2006 à 2011 (figure 6).

L’effectif des merluches blanches juvéniles a été estimé pour la classe d’âge des poissons dont la LT est inférieure à 45 cm. Le nombre moyen de juvéniles s’élevait initialement à 12 millions dans les années 1970. L’effectif a grimpé à 32 millions au milieu des années 1980, pour ensuite reculer et s’établir en moyenne à 13 millions de 2006 à 2011.

L’effectif des merluches blanches matures a été estimé pour la classe d’âge des poissons dont la LT est de 45 cm ou plus. Au début, les valeurs estimées fluctuaient, puis elles ont chuté, passant de 15 millions à un plancher de 6 millions en 1980. L’effectif estimé a ensuite grimpé jusqu’à un pic de 30 millions au milieu des années 1980. Depuis, l’effectif des adultes a diminué pour s’établir en moyenne à 8,3 millions de 2006 à 2011.

Figure 6. Effectif estimé de la merluche blanche sur le plateau néo écossais, calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en juillet pour toutes les catégories de taille (Total), les poissons immatures (< 45 cm) et les poissons matures (45+ cm). Ces poissons font partie de l’UD2.

graphiques

Description longue pour la figure 6

Trois graphiques présentant l’effectif estimé (total et par classe d’âge) de la merluche blanche sur le plateau néo-écossais (qui fait partie de l’unité désignable 2), calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en juillet de 1970 à 2011.

Le graphique du haut montre que l’effectif total estimé de la merluche blanche oscillait initialement autour des 25 millions dans les années 1970. L’effectif a ensuite augmenté pour atteindre un pic de plus de 70 millions au milieu des années 1980. Par la suite, les valeurs estimées ont généralement baissé pour s’établir en moyenne autour des 20 millions de 2006 à 2011.

Le graphique du milieu montre que l’effectif des merluches blanches juvéniles (moins de 45 centimètres de longueur) s’élevait initialement à 12 millions en moyenne dans les années 1970. L’effectif a ensuite augmenté pour atteindre plus de 30 millions au milieu des années 1980. L’effectif des juvéniles a ensuite décliné pour s’établir à 13 millions en moyenne de 2006 à 2011.

Le graphique du bas montre que l’effectif des individus matures (45 centimètres et plus de longueur) a d’abord fluctué, puis atteint un minimum de 6 millions en 1980. L’effectif a ensuite augmenté pour atteindre environ 30 millions au milieu des années 1980. Depuis, l’effectif des adultes a décliné pour s’établir à un peu plus de 8 millions en moyenne de 2006 à 2011.

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Pour estimer les variations de l’effectif des merluches blanches adultes au cours des 3 dernières générations, des 2 dernières générations et de la dernière génération, on a réalisé une régression log-linéaire des résultats des relevés au chalut (figure A1). La pente estimée de la variation au cours des 3 dernières générations (de 1984 à 2011) est statistiquement significative (-0,053 an-1, p = 0,0002, tableau 2). La variation estimée correspond à un déclin de 76 %. Pour ce qui est des 2 dernières générations (de 1993 à 2011), la pente estimée de la variation est moindre et non significative (-0,019 an-1, p = 0,432). À partir de cette pente, on estime que la variation correspond à un déclin de 29 %. Durant la plus récente génération (de 2002 à 2011), la pente estimée est positive et non significative (0,083 an-1, p = 0,195), et la variation estimée correspond à une augmentation de 111 %.

Comme l’analyse de toute la série temporelle, soit de 1970 à aujourd’hui, révèle ce qui pourrait être une oscillation de la population, on a encore eu recours à l’ensemble de la série temporelle, soit 41 ans, pour estimer le taux annuel de variation. La régression log-linéaire donne une pente statistiquement significative (-0,019, p = 0,0164), et la variation estimée correspond à un déclin de 41 % sur une période de 3 générations.

La zone d’occupation (SOP) a varié durant la période de relevés, sans toutefois suivre de tendance particulière; en moyenne, elle s’établissait à près de 70 000  km2(figure 46 dans Simon et Cook, 2011).

Nord du golfe du Saint-Laurent (compris dans l’UD2)

Les relevés au chalut menés dans le nord du golfe du Saint-Laurent couvrent la période de 1985 à 2011. Les résultats, fournis par J. Gauthier (MPO, Région du Québec, comm. pers., 2013), comprennent notamment des estimations de l’effectif total pour toute la série temporelle (tableau A3). Les estimations des effectifs de chaque classe d’âge sont disponibles pour la période de 1987 à aujourd’hui.

Selon les estimations, l’effectif total de la merluche blanche a commencé par diminuer, passant de près de 11 millions d’individus au milieu des années 1980 à environ 2 millions au milieu des années 1990 (figure 7). Les valeurs estimées sont demeurées relativement stables depuis. L’effectif des juvéniles (LT < 45 cm) présentait une tendance semblable; l’effectif estimé a en effet baissé, passant de 6,4 millions en 1987 à 1 million en 2004. Les estimations subséquentes révèlent une relative stabilité, malgré un pic isolé d’environ 2,9 millions en 2000. L’effectif estimé des adultes (≥ 45 cm) a d’abord diminué, passant de près de 6,4 millions en 1987 à un plancher de 0,5 million en 1994. Depuis, il s’élève en moyenne à 0,9 million d’individus.

Figure 7. Effectif estimé de la merluche blanche dans le nord du golfe du Saint-Laurent, calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en août pour toutes les catégories de taille (Total), les poissons immatures (< 45 cm) et les poissons matures (45+ cm). Ces poissons font partie de l’UD2.

graphiques

Description longue pour la figure 7

Trois graphiques présentant l’effectif estimé (total et par classe d’âge) de la merluche blanche dans le nord du golfe du Saint-Laurent (qui fait partie de l’unité désignable 2), calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués en août de 1985 à 2011.

Le graphique du haut montre que l’effectif total estimé de la merluche blanche a d’abord baissé, passant de quelque 11 millions au milieu des années 1980 à quelque 2 millions au milieu des années 1990. Les valeurs estimées sont relativement restées stables depuis.

Le graphique du milieu montre que la tendance de l’effectif des juvéniles (moins de 45 centimètres de longueur) était semblable. Les valeurs estimées ont décliné, passant de plus de 6 millions en 1987 à environ 1 million en 2004. Les valeurs estimées ultérieures sont restées relativement stables.

Le graphique du bas montre que l’effectif estimé des adultes (45 centimètres et plus de longueur) a d’abord diminué, passant de plus de 6 millions en 1987 à un minimum d’environ 0,5 million en 1994. Depuis, l’effectif des adultes se maintient en moyenne autour du million.

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Pour estimer les variations de l’effectif des merluches blanches adultes au cours des 2,7 dernières générations, des 2 dernières générations et de la dernière génération, on a réalisé une régression log-linéaire des résultats des relevés au chalut (figure A1). La pente estimée de la variation au cours des 2,7 dernières générations (de 1987 à 2011) est statistiquement significative (-0,066 an-1, p = 0,0002, tableau 2). La variation estimée correspond à un déclin de 80 %. Pour ce qui est des 2 dernières générations (de 1993 à 2011), la pente estimée de la variation est moindre et non significative (-0,003 an-1, p = 0,8181). À partir de cette pente, on estime que la variation correspond à un déclin de 6 %. Durant la plus récente génération (de 2002 à 2011), la pente estimée est non significative (-0,020 an-1, p = 0,515), et la variation estimée correspond à un déclin de 17 %.

Lors du premier relevé, en 1985, la zone d’occupation (SOP) mesurait environ 50 000  km2. Après un déclin qui l’a portée à 25 000  km2 au début des années 1990, la zone d’occupation s’est agrandie jusqu’à atteindre 40 000  km2 en 2000, s’est rétrécie à nouveau pour s’établir à 25 000  km2 en 2005, puis s’est accrue une nouvelle fois, s’élevant à 40 000  km2en 2011 (figure 12 dans Gauthier, 2011).

Sud des bancs de Terre-Neuve et banc de Saint-Pierre (compris dans l’UD2)

Le relevé effectué au printemps au large de Terre-Neuve donne la meilleure couverture temporelle et spatiale de la région sud des bancs de Terre-Neuve et du banc de Saint-Pierre. Les résultats de l’effectif total pour la période de 1971 à 2011 proviennent de Simpson et al. (2012), et ceux des différents groupes de taille (maturité) et de 2011, de M. Simpson (MPO, Région de Terre-Neuve, comm. pers., 2013) (tableau A4). Les relevés au chalut ont commencé en 1971, mais il a fallu attendre 1973 pour obtenir la première estimation de l’effectif. On a utilisé trois chaluts différents pour ces relevés : un Yankee 41,5 de 1971 à 1982, un Engel de 1983 à 1995 et un Campelen de 1996 à 2011. Aucune étude de pêche comparative de la merluche blanche n’a été effectuée pour évaluer ces changements d’engins. On sait cependant que le chalut Campelen est beaucoup plus efficace que le Yankee et l’Engel pour capturer des poissons de fond tels que la merluche blanche (Warren, 1997). Ce constat ressort clairement de l’augmentation de l’effectif total estimé de la merluche blanche suivant le changement de chalut en 1996. En moyenne, l’effectif estimé de la merluche blanche durant les trois années suivant le changement d’engin était quatre fois plus élevé que la moyenne obtenue durant les trois années antérieures (tableau A4). Les estimations de l’effectif total sont disponibles pour la période de 1973 à 2011, à l’exception de 1974, de 1983 et de 2006. Les estimations ventilées par classe de taille sont disponibles depuis 1996, après l’adoption du chalut Campelen.

En moyenne, l’effectif total estimé de la merluche blanche de 1973 à 1995, dernière année avant le passage à l’engin Campelen, se chiffrait à près de 4 millions d’individus (figure 8). On note une tendance à la baisse de 1987 à 1995. Comme il a été décrit ci-dessus, les valeurs estimées ont affiché une forte augmentation lors du passage au chalut Campelen, et l’effectif s’élevait en moyenne à 11,3 millions pendant la période de 1996 à 1998. L’effectif total a atteint des sommets de 1999 à 2001, le plus haut pic étant de 120 millions d’individus. L’effectif total a ensuite reculé pour s’établir aux alentours de 9 millions en 2010. La forte hausse était attribuable aux importantes prises de juvéniles (LT < 54 cm). En fait, l’effectif des juvéniles dominait l’indice d’effectif total après 1996. L’effectif estimé des adultes (&gt; 54 cm), établi à près de 2 millions en 1996, a atteint une valeur maximale de 7 millions en 2004 avant de retomber aux environs de 2,5 millions en 2011.

Figure 8. Effectif estimé de la merluche blanche au sud de Terre-Neuve, calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués au printemps pour toutes les catégories de taille (Total), les poissons immatures (< 54 cm) et les poissons matures (54+ cm). Le graphique de l’effectif total comprend 2 échelles pour illustrer à la fois les estimations initiales et les valeurs beaucoup plus élevées obtenues à partir de 1996, année du changement de type de chalut. Les carrés vides se rapportent à l’échelle de gauche, et les losanges pleins, à l’échelle de droite (années suivant l’adoption du chalut Campelen). Ces poissons font partie de l’UD2.

graphiques

Description longue pour la figure 8

Trois graphiques présentant l’effectif estimé (total et par classe d’âge) de la merluche blanche sur la partie sud des bancs de Terre-Neuve et sur le banc de Saint Pierre (qui font partie de l’unité désignable 2), calculé d’après les résultats des relevés au chalut de fond effectués au printemps.

Le graphique du haut montre l’effectif total moyen estimé de la merluche blanche de 1973 à environ 2011. Deux courbes de tendance sont illustrées : une pour la période de 1973 à 1995, dernière année avant l’arrivée du chalut Campelen, et une pour la période qui suit. L’effectif moyen estimé approche les 4 millions de 1973 à 1995, puis on distingue une tendance à la baisse de 1987 à 1995. De 1996 à 1998, l’effectif moyen était d’environ 11 millions. De 1999 à 2001, l’effectif a atteint un pic d’environ 120 millions. L’effectif total a ensuite diminué pour s’établir à environ 9 millions en 2010.

Le graphique du milieu montre l’effectif des juvéniles (moins de 54 centimètres de longueur). L’effectif a connu un pic de près de 120 millions en 2001 avant de baisser abruptement pour atteindre un creux de moins de 5 millions vers 2007.

Le graphique du bas montre l’effectif des adultes (54 centimètres ou plus de longueur). L’effectif estimé a augmenté, passant d’environ 2 millions en 1996 à un maximum de 7 millions en 2004. Un déclin a suivi, puis l’effectif s’est établi à environ 2,5 millions en 2011.

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Pour estimer les variations de l’effectif des adultes au cours de la 1,7 dernière génération et de la dernière génération, on a réalisé une régression log-linéaire des résultats des relevés au chalut (figure A1). La pente estimée de la variation au cours de la 1,7 dernière génération (de 1996 à 2011) n’est pas statistiquement significative (-0,002 an-1, p = 0,9355, tableau 2). Durant la plus récente génération (de 2002 à 2011), la pente estimée est significative (-0,108 an-1, p = 0,0016), et la variation estimée correspond à un déclin de 62 %.

La zone d’occupation (SOP) a diminué durant les premières années de relevé jusqu’à un plancher d’à peine plus de 1 000  km2 en 1991. Depuis, l’indice a augmenté pour atteindre près de 6 000  km2 en 2011 (figure 7 dans Simpson et al., 2012).

Sommaire de l’analyse des tendances

On estime à 91 % le déclin de l’effectif estimé des adultes dans le sud du golfe du Saint-Laurent (UD1) au cours des 3 dernières générations. Ce déclin s’est produit en majeure partie durant les 2 premières générations, l’effectif des adultes n’ayant essentiellement pas changé au cours de la plus récente génération. L’indice de zone d’occupation (SOP), en baisse durant les 3 dernières générations, a touché un creux de 10 000  km2 ces dernières années.

ll est difficile de déterminer les variations de l’effectif des merluches blanches matures dans l’UD2, car les relevés au chalut portent sur 3 séries chronologiques de différentes longueurs, ne se chevauchent pas spatialement et n’ont pas la même efficacité de capture. Pour compliquer la situation, le relevé de la région au sud de Terre-Neuve n’a fait aucune distinction entre les individus matures et immatures avant 1996 et a subi un changement d’engin de pêche qui a entraîné une hausse considérable de l’efficacité de capture. On peut tout de même comparer les estimations de l’effectif total de l’espèce de 1985 à 1989, période pendant laquelle les relevés utilisaient des engins de pêche comparables dans les 3 régions : l’effectif total moyen le plus élevé était alors celui du plateau néo-écossais (46 millions), suivi de celui du nord du golfe (10 millions), puis de celui du sud de Terre-Neuve (5 millions). Quand on estime la variation de l’effectif des poissons matures au cours des 3 dernières générations, on obtient un déclin de 76 % (11 millions de survivants) dans la région du plateau néo-écossais et un déclin de 80 % (2 millions de survivants) dans le nord du golfe. La série temporelle résultant des relevés des individus matures dans la région du sud de Terre-Neuve porte uniquement sur la 1,7 dernière génération et révèle une tendance stable durant cette période (5 millions de survivants). En admettant que les valeurs estimées tirées des relevés soient représentatives de l’abondance relative de la merluche blanche dans les 3 régions au début de la période de 3 générations (effectif total de 61 millions d’individus matures) et que les variations estimées de l’effectif des individus matures sont telles que décrites ci-dessus (18 millions de survivants), on peut conclure que l’effectif des individus matures a chuté d’environ 70 %. Si on utilise toute la série temporelle des résultats des relevés du plateau néo-écossais pour estimer le taux de variation annuel dans cette partie de l’UD, on obtient un déclin de 41 % dans la région du plateau néo-écossais et un déclin estimé correspondant de 44 % pour l’ensemble de l’UD (par rétro-extrapolation de la série temporelle plus courte). La majeure partie de ce déclin a eu lieu durant la première génération; la population d’individus matures semble être demeurée stable au cours des 2 dernières générations. L’indice de zone d’occupation (SOP) de cette UD, relativement inchangé depuis 3 générations, est d’environ 116 000  km2.

Pour évaluer la merluche blanche en tant qu’une seule espèce sauvage au Canada, on pourrait utiliser une méthode semblable pour déterminer la variation de l’effectif des adultes. De 1985 à 1990, l’effectif total moyen était de 15 millions d’individus dans la région du sud du golfe. D’après les estimations respectives de l’abondance relative et de la variation de l’effectif dans les 4 régions, on estime que la variation de l’effectif des adultes au Canada correspond à un déclin de 74 % au cours des 3 dernières générations. La majeure partie de ce déclin a eu lieu durant la première génération, la population d’individus adultes étant demeurée relativement stable au cours des 2 dernières générations. L’indice de zone d’occupation (SOP) de l’espèce dans son aire de répartition canadienne est d’environ 126 000  km2. Cet indice a légèrement diminué au cours des 3 dernières générations, surtout dans le sud du golfe du Saint-Laurent.

Immigration de source externe

La population états-unienne chevauche nettement l’UD2, et certains signes portent à croire que les poissons traversent la frontière. Cependant, comme la plus récente évaluation de la merluche blanche aux États-Unis indique que cette espèce fait l’objet de surpêche et se trouve en faible abondance (Butterworth et al., 2008), les possibilités d’immigration semblent limitées. L’UD1, quant à elle, est distincte et isolée des populations non canadiennes, ce qui empêche l’immigration de source externe.

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Menaces et facteurs limitatifs

Par le passé, les captures, dans le cadre de pêches dirigées ou en tant que prises accessoires, étaient la principale cause de mortalité de la merluche blanche, et c’est encore le cas dans bien des régions. Bundy et Simon (2005) signalent que la merluche blanche fait l’objet de prises accessoires dans les pêches à la palangre, au filet maillant et au chalut à panneau visant le flétan, les sébastes, la morue, la goberge, l’aiglefin et d’autres poissons de fond. Selon eux, toute modification apportée à ces pêches aura des conséquences sur la mortalité de la merluche blanche. La merluche blanche est une espèce à chair tendre. En effet, la chair n’est ni aussi ferme ni aussi robuste que celle de la morue et d’autres espèces apparentées, comme l’aiglefin ou la goberge. Cette relative fragilité la rend plus susceptible aux meurtrissures et à la mortalité lorsqu’elle est capturée dans les prises accessoires et remise à l’eau. Un autre facteur de mortalité, beaucoup plus important, résulte du gonflement de la vessie natatoire de ce poisson de fond lorsqu’un engin de pêche le monte rapidement à la surface.

UD1 – sud du golfe du Saint-Laurent

Le principal facteur qui menace actuellement la merluche blanche du sud du golfe du Saint-Laurent est le taux extrêmement élevé de mortalité due à des causes autres que la pêche (M) que l’on observe chez les poissons des classes d’âge de 1 à 3 ans et de 4 ans et plus (Swain et al., 2012). Les taux de prise considérés comme durables durant les années 1970 et au début des années 1980 ont cessé de l’être lorsque M, établi à 18 % an-1 durant cette période, a atteint 73 à 78 % an-1 à la fin des années 1980. Après la fermeture de la pêche dirigée en 1995, les prises ont considérablement diminué (figure 9A), et la mortalité attribuable à la pêche a diminué pour devenir presque nulle. Si l’espèce ne s’est pas rétablie depuis la fermeture de la pêche il y a 15 ans, c’est exclusivement en raison de la valeur élevée de M. Seul le taux de recrutement exceptionnellement fort observé depuis la fin des années 1990 a empêché les stocks de s’appauvrir davantage.

Figure 9. Débarquements déclarés de merluches blanches : A) dans le sud du golfe du Saint-Laurent (div. 4T de l’OPANO); B) sur le plateau néo écossais (div. 4VWX de l’OPANO); C) dans le nord du golfe du Saint-Laurent (div. 3Pn4RS de l’OPANO); D) au sud de Terre-Neuve (div. 2J3KLNOPs de l’OPANO). Données tirées de la base de données STATLANT 21A de l’OPANO (NAFO).

graphiques

Description longue pour la figure 9

Quatre graphiques montrant la tendance des débarquements déclarés de merluches blanches.

Le graphique A montre une forte diminution des prises dans le sud du golfe du Saint Laurent après 1995, soit après la fermeture de la pêche dirigée.

Le graphique B montre que les débarquements annuels déclarés de merluches blanches sur le plateau néo-écossais étaient les plus élevés en 1986 et 1987 (environ 8 000 t par année) et qu’ils sont restés relativement élevés (environ 5 000 t par année) jusqu’au milieu des années 1990.

Le graphique C montre que les débarquements déclarés dans le nord du golfe du Saint Laurent ont augmenté, passant de 46 t en 1960 à un pic de 454 t en 1982. Les débarquements annuels étaient en moyenne de 137 t au cours de la période de 1960 à 1993. Après le premier moratoire sur la pêche au poisson de fond en 1994, les débarquements annuels s’élevaient en moyenne à 11 t pour la période de 1997 à 2010. (Tous les chiffres sont tirés du corps du rapport.)

Le graphique D montre que les débarquements annuels déclarés dans les eaux au sud de Terre-Neuve ont connu trois périodes de pic : 1) milieu des années 1970; 2) fin des années 1980; 3) milieu des années 2000. Chaque pic était d’environ 8 000 t annuellement.

 

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Benoît et al. (2011) ont étudié les causes possibles du fort taux de mortalité de la merluche blanche due à des causes autres que la pêche dans le sud du golfe. Ils ont notamment considéré des facteurs tels que les prises non déclarées, la piètre condition des poissons, les changements survenus dans le cycle vital et la prédation par le phoque gris et d’autres prédateurs. Les preuves disponibles incriminaient le plus souvent, bien qu’indirectement, la prédation par les phoques gris, de plus en plus nombreux. Le déplacement massif de l’aire de répartition de la merluche blanche vers le large en septembre concorde avec cette conclusion. Les phoques gris sont très nombreux à chercher de la nourriture en été dans les zones littorales occupées par la merluche blanche, en particulier le détroit de Northumberland et le secteur entre la baie Miramichi et l’île du Prince-Édouard, et les changements récemment observés dans la répartition de la merluche correspondent à une migration depuis des zones à haut risque de prédation par le phoque gris vers des zones à moindre risque. Les aires de répartition hivernales du phoque gris et de la merluche blanche se chevauchent aussi au large de la côte nord de l’île du Cap-Breton.

Benoît et al. (2011) ont en outre analysé le risque de disparition de la merluche blanche dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Ils ont réalisé des projections stochastiques basées sur l’âge en prenant l’effectif estimé de 2009 comme point de départ et en se fondant sur 2 relations stock-recrutement empiriques, de récentes estimations de la mortalité due à des causes autres que la pêche et d’autres paramètres démographiques connexes ayant trait aux taux de croissance et de maturation. Les simulations démographiques visant les poissons sont souvent fondées sur les relations stock-recrutement de Ricker et de Beverton/Holt. L’utilisation de la relation de Ricker a donné une probabilité de disparition estimée de 50 % d’ici 2018 et de 100 % d’ici 2040. Le scénario basé sur la relation de Beverton/Holt, qui prévoit des taux de recrutement plus élevés, donne une probabilité de disparition estimée de 50 % d’ici 2035 et de 100 % d’ici 2070. Pour que la population se stabilise, il faudrait que la valeur de M diminue d’environ 70 %. Deux autres simulations ont été réalisées en fonction des relations fonctionnelles prédateur-proie (phoque gris-merluche blanche), c’est-à-dire les relations de type II et de type III de Holling. Les résultats de ces simulations englobaient ceux où l’on présumait que la valeur de M restait constante dans l’avenir. Selon l’hypothèse d’une relation de type II, qui prédisait une hausse de la mortalité par prédation à mesure que la population de merluches blanches diminue, la disparition de la population serait plus rapide. Avec l’hypothèse d’une relation de type III, la population se stabiliserait à un effectif moindre étant donné que cette relation prévoit le remplacement des proies et une réduction de la mortalité par prédation lorsque l’effectif devient trop faible. Benoît et al. ne sont pas arrivés à déterminer laquelle de ces relations s’applique à la merluche blanche.

UD2 – Atlantique et nord du golfe du Saint-Laurent

La surpêche peut avoir causé l’effondrement des stocks de merluches blanches sur le plateau néo-écossais observé du milieu des années 1980 à la fin des années 1990. L’espèce fait surtout partie des prises accessoires des pêches ciblant d’autres poissons de fond, comme la morue, l’aiglefin et la goberge (Simon et Cook, 2011). Les débarquements de merluches blanches déclarés chaque année dans cette région ont atteint un sommet en 1986 et 1987 (environ 8 000 t an-1) et sont demeurés relativement élevés (aux alentours de 5 000 t an-1) jusqu’au milieu des années 1990 (figure 9B). Des quotas de pêche ont été imposés en 1996, d’abord pour les navires à engins fixes seulement. Ces limites se sont étendues à tous les types d’engins en 1999 et, depuis, les prises annuelles ne dépassent pas 2 100 t. Cette réduction pourrait expliquer la récente stabilité de l’effectif de la merluche blanche dans la région. On en sait peu sur les autres causes de mortalité de l’espèce dans la région.

La surpêche ne semble pas menacer la merluche blanche dans le nord du golfe du Saint-Laurent, où il n’y a jamais eu de pêches dirigées de l’espèce. Les débarquements déclarés ont connu une hausse de 1960 à 1982, passant de 46 t à un pic de 454 t (figure 9C). De 1960 à 1993, les débarquements annuels étaient en moyenne de 137 t. La réduction de l’effort de pêche qui a suivi le premier moratoire sur la pêche des poissons de fond, entré en vigueur en 1994, a eu pour effet de ramener les débarquements annuels moyens à 11 t entre 1997 et 2010 (8 t dans la division 4R et 3 t dans la division 4S). Durant cette période, les débarquements déclarés découlaient des prises accessoires de la pêche au flétan, à la morue, aux sébastes et aux turbots (Gauthier, 2011). Dans ces pêches dirigées, la proportion de prises accessoires de merluches blanches ne peut dépasser 10 %. Comme on ignore en grande partie les autres causes de mortalité de l’espèce dans cette région, il est difficile d’expliquer l’effondrement des stocks d’adultes qui s’est produit à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

La pêche est également la seule cause anthropique de mortalité de la merluche blanche à Terre-Neuve. Les débarquements annuels ont atteint un pic d’environ 8 000 t au cours de 3 périodes : au milieu des années 1970, à la fin des années 1980 et au milieu des années 2000 (figure 9D). Depuis quelques années, les débarquements annuels sont inférieurs à 1 000 t. Dans les divisions 3NO de l’OPANO, la merluche blanche est visée par la réglementation sur les quotas depuis septembre 2004, alors que la Commission des pêches de l’OPANO a fixé le total autorisé des captures (TAC) à 8 500 t pour la période de 2005 à 2007 (Simpson et al., 2012). Ce TAC était réparti entre le Canada (2 500 t), l’Union européenne (5 000 t), la Russie (500 t) et les autres pays membres de l’OPANO (500 t). Il est resté à 8 500 t de 2008 à 2010, avant de passer à 6 000 t en 2011, puis à 1 000 t en 2012. Les prises n’ont jamais atteint ces limites. La division 3P l’OPANO ne fait l’objet d’aucun TAC annuel. Cependant, étant donné les faibles débarquements des dernières années et la stabilité de l’effectif d’individus matures, il semble que la merluche blanche ne soit pas très menacée dans cette région.

Protection, statuts et classements

La merluche blanche du sud du golfe du Saint-Laurent est protégée par un moratoire sur les pêches depuis 1995. Les prises de merluches blanches sur le plateau néo-écossais sont réglementées au moyen de limites. L’OPANO a imposé des TAC de merluche blanche dans les divisions 3NO. La pêche dirigée de la merluche blanche est interdite dans le nord du golfe du Saint-Laurent, tandis que les prises accessoires sont limitées à 10 % des prises des espèces visées par les autres pêches dirigées. Il n’existe aucun TAC annuel pour la merluche blanche de la sous-division 3Ps de l’OPANO.

L’UICN n’a pas évalué la merluche blanche.

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Remerciements et experts contactés

Les rédacteurs du rapport tiennent à remercier les personnes qui ont participé à la réunion pré-COSEPAC du ministère des Pêches et des Océans : Doug Swain, Gérald Chaput, Mark Simpson, Johanne Gauthier, David Coffin, Tom Hurlbut, Luc Savoie, Carole Leblanc et Jim Simon.

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Sources d’information

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Sommaire biographique du ou des rédacteurs du rapport

Titulaire d’un baccalauréat ès sciences en biologie de l’Université Wilfrid Laurier (Wilfrid Laurier University) (1996) et d’un doctorat en biologie de l’Université de Waterloo (2000), M. Cote (Ph.D.) possède 17 ans d’expérience dans l’étude des populations de poissons marins et anadromes en péril. Il a travaillé pour Parcs Canada (parc national Terra-Nova) à titre d’écologiste aquatique de 2000 à 2012. Il est professeur auxiliaire à l’Université Memorial (Memorial University) de Terre-Neuve et auteur de 18 publications primaires et de 8 publications secondaires.

Alan Sinclair est titulaire d’un baccalauréat ès sciences (1976) et d’une maîtrise en sciences (1986) de l’Université Dalhousie (Dalhousie University). Il a travaillé au MPO durant 33 ans (de 1976 à 2009) à titre de technicien, de biologiste et de chercheur. Membre du Sous-comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC de 2007 à 2009, il en a été le coprésident de 2010 à 2013.

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Annexe A. Indices d’abondance annuels tirés des relevés au chalut de fond du MPO.

Tableau A1 : Effectif estimé minimal (en milliers) des merluches blanches dans le sud du golfe du Saint Laurent, d’après les relevés au chalut de fond. Les résultats sont ventilés en fonction de la taille : poissons immatures (< 45 cm) et poissons matures (45+ cm). Les valeurs de 1971 à 2010 sont tirées de Swain et al., 2012; les résultats de 2011 et 2012 proviennent de D. Swain, MPO, Région du Golfe, comm. pers.
AnnéeStrates
415-439
< 45 cm
Strates
415-439
45+ cm
Strates
415-439
Total
Toutes les
strates
< 45
Toutes les
strates
45+
Toutes les
strates
Total
19712 1371 5853 722---
19726621 6422 304---
19731 0866 7497 834---
19745 1329 07914 211---
19757 8793 10810 987---
19767 2442 4309 674---
19773 3872 5565 944---
19784 8037 30312 106---
19793 4257 59511 020---
19801 6268 1809 805---
19812 38013 42815 808---
19821 1634 0245 187---
19831 7992 9274 727---
19842 4625 0707 5322 4625 2387 700
19855 8097 21313 0226 0357 47013 505
19869 14711 05420 2019 35911 32120 680
19874 8485 67710 5254 9055 85610 760
19887 3507 28914 6397 6448 05915 703
19899 1945 33614 53114 3256 21920 544
19908 8505 97514 8259 6056 55216 156
199110 1866 15916 34610 7606 38817 148
19928 5713 00511 5769 5623 88013 442
19933 9922 7846 7764 4883 2467 734
19943 1452 5355 6803 2752 5835 858
19953 0787993 8774 7401 2235 963
19964 1231 0075 1304 3731 2315 604
19973 5941 4405 0343 7281 5715 299
19984 0111 1205 1304 8211 6156 436
19996 1561 3817 5377 4642 0809 543
200013 8731 32415 19714 2551 62215 877
20014 7701 1545 9245 0441 2526 296
20024 2158165 0314 3958725 267
20034 7978565 6534 5367755 311
20041 9107762 6862 1539213 074
20056 2871 2777 5646 5121 3217 833
20062 3585112 8692 4775393 015
200714 8871 53316 42015 1071 67216 779
20084 6489765 6234 7859865 771
20095 5921 1186 7105 9551 1387 093
20105 5231 1816 7045 5401 1826 722
20114 1637444 907---
20124 7838655 648---

 

Tableau A2 : Effectif estimé minimal (en milliers) des merluches blanches sur le plateau néo écossais, d’après les relevés au chalut de fond. Les résultats sont ventilés en fonction de la taille : poissons immatures (< 45 cm) et poissons matures (45+ cm). Les valeurs proviennent de J. Simon, MPO, Région des Maritimes, comm. pers.
Année< 45 cm45+ cmTotal
197013 39230 19943 591
19716 1374 31710 454
19725 3918 34913 740
197311 74121 24532 986
197418 81710 66229 479
197525 13317 26042 393
197612 8117 92720 737
19778 28113 33921 619
19788 29211 89220 184
19795 6226 33211 954
19803 6666 80710 472
198118 56519 38537 950
198222 91311 30034 213
198341 52433 76175 285
198420 86423 40844 271
198529 68229 18758 869
198637 77833 11870 895
198712 85519 96132 816
198818 63514 20332 838
198924 44812 26736 715
199014 49218 78833 281
199122 22118 61040 832
199236 50625 59262 098
199316 91611 27028 186
199416 3107 16023 470
199522 41912 55234 972
199617 57319 50637 079
199724 5087 36831 876
199814 2284 83719 065
199910 5606 11216 672
200020 9417 72128 662
200117 19819 64636 844
20029 1417 26016 401
200311 1324 31815 450
20046 8562 1799 035
200515 33210 57625 909
200611 2954 48715 782
200712 4044 41716 821
200812 11612 26724 384
200915 65012 88528 534
201016 6638 67225 335
201110 1826 88417 066

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Tableau A3 : Effectif estimé minimal (en milliers) des merluches blanches dans le nord du golfe du Saint-Laurent, d’après les relevés au chalut de fond menés en août. Les résultats sont ventilés en fonction de la taille : poissons immatures (< 45 cm) et poissons matures (45+ cm). Les valeurs proviennent de J. Gauthier, MPO, Région du Québec, comm. pers.
Année< 45 cm45+ cmTotal
1985--9 120
1986--12 451
19876 4456 63212 874
19883 4585 3248 781
19894 3264 3108 637
19904 9554 7239 683
19913 1152 9506 064
19921 6771 7873 464
19931 0277301 757
19949585111 466
19951 2861 5872 864
19969717311 660
19971 8411 2643 105
19981 0971 0412 148
19991 7739922 755
20002 8801 8204 675
20012 0151 4433 458
20027077251 438
20031 1471 3612 508
20041 0729892 061
20056231 0031 626
20065018721 374
20077228611 583
20089281 1922 120
20097926701 462
20101 3165931 909
20111 4511 1162 567

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Tableau A4 : Effectif estimé minimal (en milliers) des merluches blanches au sud de Terre-Neuve, d’après les relevés au chalut de fond menés au printemps. Les résultats sont ventilés en fonction de la taille : poissons immatures (< 54 cm) et poissons matures (54+ cm). Les résultats de l’estimation de l’effectif total de 1971 à 2011 sont tirés de Simpson et al., 2012; les résultats des différentes classes de taille (maturité) et de 2011 proviennent de M. Simpson (MPO, Région de Terre-Neuve, comm. pers., 2013).
Année< 54 cm54+ cmTotal
1971---
1972---
1973--585
1974---
1975--3 726
1976--5 301
1977--4 444
1978--8 420
1979--4 177
1980--3 068
1981--4 865
1982--1 740
1983---
1984--2 321
1985--4 369
1986--4 830
1987--5 647
1988--6 286
1989--4 382
1990--3 177
1991--4 918
1992--3 273
1993--2 971
1994--3 160
1995--2 293
19966 9251 61911 146
199713 1503 04115 510
19985 6471 7017 093
199931 8564 55034 693
2000113 2505 669116 819
200151 5533 96053 693
200228 6225 65326 537
200310 0994 66914 330
20048 8337 07615 507
200512 3643 60615 307
2006---
20073 9363 5498 802
20087 4982 6649 703
20094 9812 6717 548
20108 5622 24910 400
201124 7082 65426 820

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Figure A1 : Régressions log linéaires du nombre d’individus matures selon l’année, d’après les résultats des relevés au chalut de fond menés dans les régions suivantes : A) sud du golfe du Saint-Laurent; B) plateau néo écossais; C) nord du golfe du Saint-Laurent; D) sud de Terre-Neuve. Les symboles pleins indiquent les données des 3 dernières générations (27 ans), et la ligne continue constitue la courbe ajustée qui représente ces données. La ligne pointillée des graphiques A et B est la courbe ajustée qui représente toute la série temporelle

graphiques

Description longue pour la figure A1

Quatre graphiques présentant les graphiques log-linéaires du nombre d’individus matures selon l’année, d’après les résultats des relevés au chalut de fond menés dans le sud du golfe du Saint-Laurent (graphique A), sur le plateau néo-écossais (graphique B), dans le nord du golfe du Saint-Laurent (graphique C) et au sud de Terre Neuve (graphique D).

Notes

Note 1

L’abréviation STN désigne les eaux au large du sud de Terre-Neuve, y compris les div. 3NOP de l’OPANO.

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Note 2

L’abréviation FPN désigne les eaux de la baie de Fundy et du plateau néo écossais, y compris les div. 4VWX de l’OPANO.

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