Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Rotala rameux Rotala ramosior (Population des plaines des Grands Lacs, Population des montagnes du Sud) au Canada - 2014

Rotala rameux
XXXXXXXXXX
Photo : S.R. Brinker © 2015

Population des plaines des Grands Lacs - Menacee
Population des montagnes du Sud - En voie de disparition
2014

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Information sur le document

COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Cananda

Logotype du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rotala rameux (Rotala ramosior), population des plaines des Grands Lacs et la population des montagnes du Sud, au Canada.

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvi + 43 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rotala rameux (Rotala ramosior) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 21 p. (Registre public des espèces en péril - Rapports de situation).

DOUGLAS, G.W., et M.J. OLDHAM. 1999. Rapport du COSEPAC sur la situation du rotala rameux (Rotala ramosior)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-21.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Sam Brinker et Terry McIntosh d’avoir rédigé le rapport de situation sur le rotala rameux (Rotala ramosior), population des plaines des Grands Lacs et population des montagnes du Sud,au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jeannette Whitton et Bruce Bennett, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Toothcup Rotala ramosior, Great Lakes population and the Southern Mountain population,in Canada.

Illustration/photo de la couverture :

Rotala rameux --

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2014

Nom commun
Rotala rameux - population des plaines des Grands Lacs
Nom scientifique
Rotala ramosior
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Cette plante annuelle pousse sur le rivage de seulement deux lacs situés à la limite sud du Bouclier canadien dans le sud-est de l'Ontario. Les fluctuations d'une année à l'autre des niveaux d'eau le long des rivages lacustres ont une incidence sur l'abondance des plantes. Les impacts du développement, des activités de navigation de plaisance, et la manipulation des niveaux d'eau ont le potentiel de réduire le nombre d'individus.
Répartition
Ontario
Historique du statut
L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « en voie de disparition » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Division en populations en novembre 2014. La population des plaines des Grands Lacs a été désignée « menacée » en novembre 2014.
Nom commun
Rotala rameux - population des montagnes du Sud
Nom scientifique
Rotala ramosior
Statut
En voie de disparition
Justification de la désignation
Cette plante annuelle n'est présente que dans deux populations locales dans l'intérieur sud de la Colombie-Britannique. Certaines localités sont disparues par suite du développement riverain; actuellement, l'espèce est limitée par la disponibilité de sites humides saisonniers qui lui conviennent, et menacée par des espèces végétales exotiques envahissantes.
Répartition
Colombie-Britannique
Historique du statut
L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « en voie de disparition » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Division en populations en novembre 2014. La population des montagnes du Sud a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2014.

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COSEPAC Résumé

Toothcup
Rotala ramosior

Great Lakes Plains population
Southern Mountain population

Description et importance de l’espèce sauvage

Le rotala rameux est une petite plante annuelle de la famille de la salicaire (Lythracées). Ses petites fleurs sont sessiles et généralement solitaires à l’aisselle des feuilles. Les pétales, habituellement au nombre de quatre, sont blancs ou roses et mesurent jusqu’à 1 mm de longueur. Le rotala rameux atteint au Canada la limite nord de son aire de répartition en Amérique du Nord. Les populations qui se trouvent aux limites de l’aire d’une espèce peuvent être génétiquement distinctes.

Répartition

Le rotala rameux est indigène en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. En Amérique du Nord, il est présent dans l’est du Massachusetts à la Floride, et dans l’ouest, du sud du Minnesota au Texas et au Mexique. Il se rencontre seulement de façon sporadique dans les États du Midwest et la région intermontagnarde, mais plus fréquemment le long de la côte du Pacifique, de la Californie au centre-sud de la Colombie-Britannique. Le rotala rameux a une répartition disjointe au Canada, étant présent en Ontario et en Colombie-Britannique.

Habitat

Le rotala rameux est une plante de milieux ouverts saisonnièrement humides soumis à des fluctuations naturelles ou artificielles des niveaux d’eau. Son habitat comprend les rives de cours d’eau, les fossés, les bords d’étangs, les berges sableuses à boueuses, les dépressions interdunaires et, à l’occasion, les bords humides de champs cultivés. Dans le centre-sud de l’Ontario, il se rencontre sur les rives de lacs et de cours d’eau dans des crevasses humides et peu profondes du substrat rocheux comportant de petites accumulations de sable, de gravier et de tourbe. Dans le sud-ouest de l’Ontario, il était autrefois présent dans un vieux champ humide qui se trouvait dans un vestige de prairie sableuse. Dans le sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, le rotala rameux se rencontre sur les rives boueuses à sableuses et humides à mouillées ou parfois salines de lagunes ou d’étangs et dans des dépressions côtières et des baissières peu profondes. Dans la région de Kamloops, il pousse dans des dépressions et des creux interdunaires sableux ou limoneux peu profonds ou sur des étendues de sable silteux boueux de rives de canaux exposées.

Biologie

Le rotala rameux est une plante annuelle associée à des milieux périodiquement inondés. Ses populations peuvent fluctuer considérablement d’une année à l’autre. La plante se reproduit de façon sexuée et produit un grand nombre de graines. La vaste majorité des graines sont dormantes lorsqu’elles parviennent à maturité en automne, mais la dormance est généralement levée lorsque les graines sont submergées à la fin de l’automne ou en hiver.

Taille et tendances de la population

La population canadienne totale a été estimée à au moins 6 859 individus en 2011. À l’époque, quatre sous-populations étaient distinguées, soit deux en Ontario (unité désignable des plaines des Grands Lacs) et deux en Colombie-Britannique (unité désignable des montagnes du Sud).

En Ontario, les nombres d’individus observés en 2011 étaient faibles en comparaison des nombres signalés antérieurement. Seulement 1 444 individus matures avaient alors été dénombrés (305 chez la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare et 1 139 chez la sous-population du lac Puzzle). Un nombre record d’individus matures a été enregistré en 2004, alors qu’entre 4 325 et 6 325 individus matures ont été observés (2 615 à 4 615 chez la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare et 1 610 à 1 710 chez la sous-population du lac Puzzle).

En Colombie-Britannique, entre 5 410 et 5 570 individus ont été dénombrés en 2011 à deux sites occupés par la sous-population de Kamloops. Aucun individu n’a été observé à l’autre site de Kamloops où la présence de l’espèce avait déjà mentionnée antérieurement, sur l’île McArthur. Aucun individu n’a été observé en 2011 chez la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan, mais certains sites n’ont pas visités, dont un qui abritait quelque 12 000 individus (nombre estimé) en 2004. Le nombre le plus élevé d’individus matures observés chez cette sous-population au cours d’une année donnée a été enregistré en 2004, alors que 12 180 individus matures ont été dénombrés.

Depuis la dernière évaluation, aucune perte de sous-population n’a été documentée en Ontario. Bien que peu fréquents, les dénombrements effectués dans les territoires occupés par les deux sous-populations semblent attester la présence de fluctuations annuelles, mais les données de dénombrement sont insuffisantes pour évaluer les tendances de ces sous-populations. En Colombie-Britannique, la sous-population de Kamloops est encore présente, mais la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan est considérée comme en déclin, et plusieurs sites historiques sont aujourd’hui disparus. La probabilité d’une immigration externe depuis les États-Unis est jugée extrêmement faible.

Menaces et facteurs limitatifs

L’aire de répartition du rotala rameux au Canada est limitée par l’association exclusive de la plante aux milieux inondés de façon saisonnière. En Ontario, l’aménagement des berges et les activités récréatives constituent les deux principales menaces pour l’espèce. En Colombie-Britannique, les espèces végétales envahissantes représentent la principale menace pour les populations existantes. La perte d’habitat occasionnée par le développement, la dégradation de l’habitat et les dommages infligés par le bétail, de même que l’altération des niveaux d’eau naturels du lac Osoyoos sont également considérés comme des menaces en Colombie-Britannique.

Protection, statuts et classements

Le rotala rameux a été désigné « en voie de disparition » par le COSEPAC en 1999 et figure à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. L’élaboration d’un programme de rétablissement fédéral pour cette espèce n’est pas encore achevée. En novembre 2014, le COSEPAC a attribué la cote « menacée » à la population des plaines des Grands Lacs, et la cote « en voie de disparition » à la population des montagnes du Sud. Le rotala rameux est désigné « en voie de disparition » en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. Cette loi confère une protection à l’espèce et à son habitat. Le rotala rameux est également protégé au parc provincial Puzzle Lake et à la réserve de conservation Mellon Lake. Aucune protection juridique spécifique ne lui est cependant accordée en Colombie-Britannique. La cote de conservation générale du rotala rameux est « en péril » en Ontario, en Colombie-Britannique et au Canada.

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Résumé technique - Population des plaines des Grands Lacs

Nom scientifique :
Rotala ramosior
Nom français :
Rotala rameux (Population des plaines des Grands Lacs)
Nom anglais :
Toothcup (Great Lakes Plains population)
Répartition au Canada :
Ontario

Données démographiques

  • Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée).

    • < 1 an
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

    Les sous-populations n’ont pas fait l’objet d’un suivi soutenu au fil des ans. Un site compris dans le territoire occupé par la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare a peut-être disparu (la disparition de ce site équivaudrait à une perte de 2 615 à 4 615 individus matures).

    • Inconnu
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations]

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [prévu ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

    • Inconnu
  • Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

    • S/O
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

    Une fluctuation d'effectif d'un ordre de grandeur d'au moins 10 a été observée chez la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare (d'un creux record de 0 à un sommet de 2 615 à 4 615 individus matures).

    • Peut-être

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d'occurrence

    La zone d’occurrence a été estimée à 3,4 km2, mais conformément aux lignes directrices du COSEPAC, sa valeur a été ajustée à celle de l’IZO.

    • 20 km²
  • Indice de zone d'occupation (IZO) (toujours fournir une valeur établie selon une grille à carrés de 2 km de côté).

    • 20 km²
  • La population totale est-elle gravement fragmentée?

    La population la plus rapprochée se trouve dans l'État de New York, à plus de 500 km vers le sud.

    • Non
  • Nombre de localités
    Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

    1. Lac Puzzle : 4 localités désignées d’après le statut de propriété (3 sur des propriétés privées, 1 sur une propriété publique).
    2. Long lac Sheffield et rivière Clare : 3 localités (2 sur des propriétés privées, 1 sur une propriété publique).
    • 7
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?

    • Inconnu
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?

    • Oui
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?

    • Non

Nombre d'individus matures dans chaque population

  • Population (en 2011)

    • Lac Puzzle
      • Nombre d'individus matures : 1 139
    • Long lac Sheffield et rivière Clare
      • Nombre d'individus matures : 305
    • Total
      • Nombre d'individus matures : 1 444

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]

    • S/O

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

  1. Aménagement des berges
  2. Impacts des activités récréatives sur les berges
  3. Manipulation des niveaux d'eau

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l'extérieur
    • États-Unis : Sur le plan de la conservation, l’espèce n’est pas considérée comme préoccupante dans la portion principale de son aire de répartition, mais elle suscite des préoccupations dans les États du Nord-Est adjacents ou voisins : New Hampshire (SH), Minnesota (S2), New York (S2) et Michigan (S3).
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    Le rotala rameux est présent dans les États limitrophes de New York et du Michigan.

    • Possible
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
    • Inconnu, mais probablement.
  • Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

    De l’habitat propice mais inoccupé (berges non aménagées soumises à des fluctuations des niveaux d’eau) est disponible dans le centre de l’Ontario.

    • Oui
  • La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe t elle?

    Le rotala rameux est une plante rare et en déclin dans le nord-est des États-Unis et dans les États adjacents.

    • Peu probable

Historique du statut

Historique du statut selon le COSEWIC : L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « en voie de disparition » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Division en populations en novembre 2014. La population des plaines des Grands Lacs a été désignée « menacée » en novembre 2014.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
Menacée
Code alphanumérique :
B1ab(iii)+2ab(iii)
Justification de la désignation :
Cette plante annuelle pousse sur le rivage de seulement deux lacs situés à la limite sud du Bouclier canadien dans le sud-est de l'Ontario. Les fluctuations d'une année à l'autre des niveaux d'eau le long des rivages lacustres ont une incidence sur l'abondance des plantes. Les impacts du développement, des activités de navigation de plaisance, et la manipulation des niveaux d'eau ont le potentiel de réduire le nombre d'individus.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Critère non satisfait. Les données sur les tendances sont insuffisantes pour quantifier les déclins.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Le critère B1ab(iii)+2ab(iii) correspondant à la catégorie « menacée » est satisfait, car les valeurs de zone d’occurrence et d’IZO sont inférieures aux seuils, le nombre inféré de localités s’élève à 7 et la qualité de l’habitat est en déclin.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :
Critère non satisfait. Aucun déclin n’a été documenté.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Critère non satisfait. Bien que l’IZO soit inférieur au seuil, les menaces résultant de la modification de l’habitat ne devraient pas avoir un impact à très court terme sur l’espèce.
Critère E (analyse quantitative) :
Critère non satisfait. Aucune analyse quantitative n’a été effectuée.

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Résumé technique - Population des montagnes du Sud

Nom scientifique :
Rotala ramosior
Nom français :
Rotala rameux (Population des montagnes du Sud)
Nom anglais :
Toothcup (Southern Mountain population)
Répartition au Canada :
Colombie-Britannique

Données démographiques

  • Durée d'une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008] est utilisée).

    • < 1 an
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?

    Même si les sous-populations n'ont pas fait l'objet d'un suivi soutenu au fil des ans, il y a lieu de craindre que l'invasion rapide de deux sites du sud de la vallée de l'Okanagan par des graminées introduites y ait déjà entraîné ou y entraîne sous peu la disparition de l'espèce.

    • Oui
  • Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations]

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [prévu ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].

    • Inconnu
  • Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de changement, de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

    • Inconnu
  • Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?

    Des fluctuations du nombre d'individus matures d'un ordre de grandeur d'au moins 10 ont été observées à deux des sites du sud de la vallée de l'Okanagan (d'un creux record de 4 à un sommet de 2 250 et d'environ 600 à près de 12 000 individus), mais les fluctuations ne semblent pas synchrones d'un site à l'autre.

    • Oui

Information sur la répartition

  • Superficie estimée de la zone d'occurrence

    • 630 à 1 080 km²
  • Indice de zone d'occupation (IZO)

    (toujours fournir une valeur établie selon une grille à carrés de 2 km de côté).

    • 20 à 28 km²
  • La population totale est-elle gravement fragmentée?

    • Non
  • Nombre de localités
    Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

    1. Sud de la vallée de l'Okanagan : 2 à 4 localités, une à la flèche Mica, l'autre sur une propriété privée. Les deux sites sont menacés par des espèces exotiques envahissantes. L'espèce n'a pas été observée depuis 1995 à un site dans les méandres d'Osoyoos, mais elle y est peut-être encore présente; l'emplacement exact de la localité où aurait été récolté un individu, désignée « embouchure du ruisseau Inkaneep » ("mouth of Inkaneep Creek"), n'a pu être déterminé.
    2. La sous-population de Kamloops est répartie dans 3 localités, distinguées selon le mode de gestion et la propriété des terres. Les localités sont désignées sur la base de la menace commune posée par les espèces exotiques envahissantes.
    • 5 à 7
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?

    • Peut-être
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?

    La perte de la sous-population du sud de la vallée de l'Okanagan est prévue.

    • Peut-être
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?

    La perte de la sous-population du sud de la vallée de l'Okanagan est prévue.

    • Peut-être
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités?

    La perte de la sous-population du sud de la vallée de l'Okanagan est prévue.

    • Peut-être
  • Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?

    • Oui
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?

    • Non
  • Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?

    • Non

Nombre d'individus matures dans chaque population

  • Population (en 2011)

    • Sud de la vallée de l’Okanagan (à l’exception des sites du lac Veronica, des méandres d’Osoyoos et du ruisseau Inkaneep, qui n’ont pas été revisités)
      • Nombre d'individus matures : 0
    • Kamloops
      • Nombre d'individus matures : 5 415 à 5 575
    • Total
      • Nombre d'individus matures : 5 415 à 5 575

Analyse quantitative

  • La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]

    • S/O

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

  1. Espèces envahissantes
  2. Perte d'habitat et développement
  3. Modification de la dynamique des inondations

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

  • Situation des populations de l'extérieur
    • États-Unis : Sur le plan de la conservation, l’espèce n’est pas considérée comme préoccupante dans la portion principale de son aire de répartition, mais elle suscite des préoccupations dans les États du Montana, de l’Oregon et de Washington, qui constituent les limites nord-ouest de son aire de répartition.
  • Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

    Le rotala rameux est présent dans l'État de Washington, adjacent à la Colombie-Britannique.

    • Possible
  • Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
    • Inconnu, mais probablement.
  • Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

    De l'habitat propice mais inoccupé est disponible dans les régions de Kamloops et de la rivière Thompson, en Colombie-Britannique.

    • Peut-être
  • La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe t elle?

    Le rotala rameux est rare ou absent dans les États adjacents ou voisins, aux États-Unis.

    • Peu probable

Historique du statut

L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « en voie de disparition » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Division en populations en novembre 2014. La population des montagnes du Sud a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2014.

Statut et justification de la désignation :

Statut :
En voie de disparition
Code alphanumérique :
B1ab(iii)+2ab(iii)
Justification de la désignation :
Cette plante annuelle n'est présente que dans deux sous populations locales dans l'intérieur sud de la Colombie-Britannique. Certaines localités sont disparues par suite du développement riverain; actuellement, l'espèce est limitée par la disponibilité de sites humides saisonniers qui lui conviennent, et menacée par des espèces végétales exotiques envahissantes.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) :
Critère non satisfait. Les données sur les tendances sont insuffisantes pour quantifier les déclins.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Le critère B1ab(iii)+2ab(iii) correspondant à la catégorie « en voie de disparition » est satisfait, car les valeurs de zone d’occurrence et d’IZO sont inférieures aux seuils, le nombre de localités s’élève à 5 à 7 et un déclin de la qualité de l’habitat est observé (iii).
Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) :
Critère non satisfait. La catégorie « menacée » est presque atteinte, mais aucun déclin n’a été documenté (en raison de manque de régularité des relevés et de fluctuations).
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Critère non satisfait. Bien que l’IZO soit inférieur au seuil, on estime que la principale menace (espèces exotiques envahissantes) ne devrait pas avoir un impact à très court terme sur l’espèce.
Critère E (analyse quantitative) :
Critère non satisfait. Aucune analyse quantitative n’a été effectuée.

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Préface

Depuis la dernière évaluation du rotala rameux, en 2002, des déclins ont été documentés chez une sous-population en Colombie-Britannique, et la qualité de l’habitat continue de se détériorer sous l’effet de l’altération des rives, de la modification du régime des inondations et de la perte d’habitat causée par les espèces envahissantes.

Le présent rapport reflète les résultats des relevés ciblant l’espèce effectués sur le terrain en 2011 en Ontario et en Colombie-Britannique ainsi que ceux des activités de surveillance menées par le personnel du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario depuis 2000. Deux unités désignables sont distinguées, à savoir l’UD des plaines des Grands Lacs (Ontario) et l’UD des montagnes du Sud (Colombie-Britannique). Cette division s’appuie sur le caractère distinct des populations de l’Est et de l’Ouest et sur l’absence de relations biotiques ou abiotiques entre elles.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2014)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Rotala ramosior (L.) Koehne, in Martius, [Fl. brasiliensis 13(2): 194. 1877]

Synonymes :
Ammannia ramosior L.
Ammannia humilis Michaux
Ammannia catholica Cham. &Schlecht.
Ammannia monoflora Blanco, Fl. Filip.
Ammannia occidentalis DC
Ammannia dentifera A. Gray
Ammannia ramosa Hill.
Boykinia humilis (Michx.) Raf.
Peplis occidentalis Sprengel
Rotala catholica (Cham. & Schltdl.) Leeuwen
Rotala dentifera (A. Gray) Koehne
Rotala ramosior var. dentifera (A. Gray) Lundell
Rotala ramosior var. interior Fernald & Griscom

Noms communs : Français : Rotala rameux
Anglais : Toothcup, Toothcup Meadow-foam, Branched Toothcup, Lowland Toothcup, Lowland Rotala, Toothcap, Wheelwort

Famille : Lythracées (famille de la salicaire)

Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Spécimen type : Amérique du Nord, Virginie, Clayton (Gronovius) No. 774 (holotype : BM, voir Fernald et Griscom. 1935. Rhodora 37: 169).

Le rotala rameux (Rotala ramosior) appartient à la famille des Lythracées, qui comprend des espèces d’arbustes et d’arbres terrestres et aquatiques de même que des herbacées annuelles et vivaces. Le genre Rotala comprend des herbacées annuelles ou vivaces à petites fleurs associées à des milieux terrestres, aquatiques ou inondés périodiquement. La plupart des 49 espèces classées dans le genre Rotala sont subtropicales et tropicales, et seules quelques espèces se rencontrent dans les régions tempérées (Graham et al., 2011). Le rotala rameux est le seul représentant indigène du genre en Amérique du Nord.

Description morphologique

Le rotala rameux est annuelle terrestre ou semi-aquatique à port étalé à dressé et à tige simple ou ramifiée et faiblement quadrangulaire mesurant habituellement 10 à 25 cm de hauteur (figures 1 et 2). Les feuilles sont opposées, disposées par paires à angle droit par rapport à celles qui les précèdent sur la tige, tandis que les fleurs sont généralement solitaires et comportent quatre pétales blanc ou roses d’une longueur maximale de 1 mm. Les fruits, globuleux et mesurant jusqu’à 4,5 mm de diamètre, sont constitués de valves qui s’ouvrent pour libérer de nombreuses graines rouge foncé à brunes d’environ 0,5 mm de longueur (Cook, 1979).

Au Canada, le rotala rameux peut être confondu avec l’ammannie robuste (Ammannia robusta) et la ludwigie palustre (Ludwigia palustris). L’ammannie robuste se rencontre en compagnie du rotala rameux uniquement en Colombie-Britannique, tandis que la ludwigie palustre lui est fréquemment associée en Ontario.

Figure 1. Tige à port étalé de rotala rameux au lac Puzzle, en Ontario.
Tige à port étalé de rotala rameux
Photo : S.R. Brinker © 2011
Description longue pour la figure 1

Photo d’une tige basse et étalée de rotala rameux (Rotala ramosior). Les feuilles sont opposées, disposées par paires à angle droit par rapport à celles qui les précèdent sur la tige. Les fruits sont rouges et globuleux.

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Figure 2. Colonie de rotala rameux dans le secteur de la flèche Mica.
...
Photo : C. Björk © 2005
Description longue pour la figure 2

Photo d’une colonie de rotala rameux montrant les tiges basses, étalées à dressées, simples ou ramifiées. Les feuilles sont opposées, disposées par paires à angle droit par rapport à celles qui les précèdent sur la tige. Les fleurs sont généralement solitaires et comportent quatre pétales blanc ou roses. Les fruits sont globuleux.

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Structure spatiale et variabilité des populations

Fernald et Griscom (1935) ont décrit deux variétés de Rotala ramosior en se fondant sur la répartition géographique et la variation morphologique. Aucun taxon infraspécifique n’est actuellement reconnu au sein de cette espèce (voir par exemple Godfrey et Wooten, 1981; Voss, 1985; Gleason et Cronquist, 1991; Kartesz, 1994; Crow et Hellquist, 2000; Michigan Flora Online, 2011).

La structure génétique et la variabilité morphologique de la population canadienne n’ont pas été étudiées. Les sous-populations sont très éloignées l’une de l’autre, étant présentes en Ontario et en Colombie-Britannique, et elles occupent des écozones différentes. Aucune différence morphologique ou génétique connue n’a été relevée entre les populations de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.

Unités désignables

Deux unités désignables (UD) sont distinguées dans le présent rapport, à savoir l’UD des plaines des Grands Lacs (Ontario) et l’UD des montagnes du Sud (Colombie-Britannique). L’ UD des plaines des Grands Lacs comprend la sous-population de Rotala Field, dans le comté de Norfolk, aujourd’hui disparue, ainsi que les sous-populations du lac Puzzle et du long lac Sheffield et rivière Clare. Ces sous-populations, toutefois, se trouvent en réalité dans l’écozone boréale, mais en raison de la proximité de l’écozone des plaines des Grands Lacs et du fait que le rotala rameux n’est pas une espèce boréale, elles ont été incluses dans l’UD des plaines des Grands Lacs. Les deux unités désignables proposées (figure 3) sont jugées distinctes en considération de la distance considérable qui sépare les populations de l’Ontario et de la Colombie-Britannique et qui rend improbable les échanges d’individus entre les régions. L’isolement des deux unités désignables pourrait éventuellement favoriser la formation de populations génétiquement distinctes, et la perte de l’une ou l’autre aurait pour effet de réduire considérablement l’aire de répartition et la zone d’occurrence de l’espèce au Canada. Les caractéristiques écologiques des deux sous-populations dans les deux unités désignables sont nettement distinctes.

Figure 3. Répartition du rotala rameux en Amérique du Nord et aires écologiques nationales du COSEPAC. La répartition à l'échelle des comtés aux États-Unis est fondée sur BONAP (2011).
Répartition du rotala rameux en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 3

Carte illustrant la répartition du rotala rameux en Amérique du Nord. L’espèce y est largement répartie depuis le Massachusetts jusque dans le sud de l’Ontario et au Minnesota vers l’ouest, et jusqu’à la Floride, à l’Arkansas, au Texas et au Mexique vers le sud. Elle est rare dans les régions intermontagnarde et des Rocheuses, mais elle est plus fréquemment observée le long de la côte du Pacifique, depuis le centre de la Californie jusque dans le sud de la Colombie-Britannique. Les aires écologiques nationales du COSEPAC sont indiquées sur la portion canadienne de la carte.

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Importance de l’espèce

Au Canada, les sous-populations du rotala rameux se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord. Dans le sud de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, un certain nombre d’autres espèces végétales également préoccupantes sur le plan de la conservation présentent une répartition similaire et pourraient être des populations relictuelles d’espèces plus méridionales anciennement réparties de façon plus continue (Argus et White, 1977; Straley et al., 1985; Argus, 1992; Brownell et al., 1996). Les populations qui se trouvent aux confins de l’aire de répartition d’une espèce peuvent être génétiquement distinctes et, dès lors, particulièrement importantes pour la future capacité d’adaptation de l’espèce (Lesica et Allendorf, 1995).

Le genre Rotala est populaire auprès des propriétaires d’étangs et des aquariophiles. Les espèces les plus fréquemment cultivées et offertes sur le marché proviennent de l’Asie tropicale et de l’Inde, mais le rotala rameux est parfois récolté et multiplié.

Aucun élément de connaissances traditionnelles autochtones se rattachant à l’espèce n’a été trouvé.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le rotala rameux est largement réparti en Amérique du Nord (figure 3), depuis le Massachusetts jusque dans le sud de l’Ontario et au Minnesota vers l’ouest, et jusqu’à la Floride, à l’Arkansas, au Texas et au Mexique vers le sud. Il est rare dans les régions intermontagnarde et des Rocheuses, mais il est plus fréquemment observé le long de la côte du Pacifique, depuis le centre de la Californie jusque dans le sud de la Colombie-Britannique. Le rotala rameux est également présent en Amérique centrale et en Amérique du Sud, mais on connaît mal sa répartition dans ces régions.

Aire de répartition canadienne

Le rotala rameux présente une aire de répartition restreinte et discontinue au Canada, son aire de répartition y équivalant à moins de 1 % de son aire de répartition mondiale. L’espèce est actuellement tenue pour présente uniquement dans le centre-sud de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

En Ontario (figure 4), le rotala rameux se rencontre uniquement sur les rives du lac Puzzle et du long lac Sheffield (élargissement de la rivière Salmon) et de la rivière Clare, qui lui est adjacente. Ces plans d’eau se trouvent le long du bord méridional du Bouclier canadien, dans le comté de Lennox et Addington. Une distance d’environ 500 km sépare la population ontarienne de la population états-unienne la plus proche, dans l’État de New York (Brownell et al., 1996). Le rotala rameux était autrefois présent dans deux champs sableux près de Walsh Station, dans le comté de Norfolk (Sutherland, 1987), à quelque 350 km au sud-ouest des sous-populations du sud du Bouclier canadien. Ces deux sites ont été labourés et convertis en terres agricoles en 1987.

Figure 4. Sites abritant actuellement le rotala rameux en Ontario. Les plans d'eau identifiés par un numéro et mentionnés dans le texte sont la rivière Clare (1), le long lac Sheffield (2) et le lac Puzzle (3). Les cercles noirs désignent les sous-populations dont la présence a été documentée en 2011; les cercles blancs correspondent aux sous-populations dont la présence a été documentée antérieurement mais pas en 2011.
Sites abritant actuellement le rotala rameux en Ontario
Description longue pour la figure 4

Carte montrant les sites où le rotala rameux a été observé en 2011 et les sites où il a été observé plus anciennement mais pas en 2011. L’espèce se rencontre uniquement sur les rives du lac Puzzle et du long lac Sheffield (élargissement de la rivière Salmon) et de la rivière Clare, qui lui est adjacente. Ces plans d’eau se trouvent le long du bord méridional du Bouclier canadien, dans le comté de Lennox et Addington.

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En Colombie-Britannique (figure 5), le rotala rameux se rencontre dans divers sites répartis sur les rives du lac Osoyoos et au nord du même lac, dans l’extrême-sud de la vallée de l’Okanagan, de même qu’à l’extrémité est du lac Kamloops, dans la vallée de la rivière Thompson. Ces deux sous-populations sont isolées l’une de l’autre par une distance d’environ 180 km. La sous-population du lac Osoyoos se trouve à environ 200 km de la population états-unienne la plus proche, dans le centre de l’État de Washington.

Figure 5. Sites abritant ou ayant déjà abrité le rotala rameux en Colombie-Britannique.
Sites abritant ou ayant déjà abrité
Description longue pour la figure 5

Carte montrant les sites où la présence du rotala rameux a été documentée. Ces sites sont répartis sur les rives du lac Osoyoos et au nord du même lac, dans l’extrême-sud de la vallée de l’Okanagan, de même qu’à l’extrémité est du lac Kamloops, dans la vallée de la rivière Thompson.

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Zone d’occurrence et zone d’occupation

La superficie totale de la zone d’occurrence du rotala rameux au Canada s’élève à environ 285,884 km². Si l’on distingue chacune des unités désignables (UD), la superficie de la zone d’occurrence de l’UD des plaines des Grands Lacs (Ontario) s’établit à 3,4 km², et celle de l’UD des montagnes du Sud (Colombie-Britannique), à 630 à 1 080 km². L’indice de zone d’occupation, calculé selon une grille à carrés de 2 km de côté, s’élève à 40 km² au Canada (20 km² en Ontario et 20 à 28 km² en Colombie-Britannique).

Délimitation des sous-populations

Selon la définition du COSEPAC, une sous-population est un groupe géographiquement ou autrement distinct au sein d’une espèce sauvage qui a peu d’échanges démographiques ou génétiques avec de tels autres groupes (COSEWIC, 2012). Comme les taux d’échanges génétiques entre ces différents groupes n’ont pas été quantifiés chez le rotala rameux, les sous-populations sont distinguées dans le présent rapport selon les critères énoncés dans les lignes directrices de NatureServe (2004). Selon ces lignes directrices, peuvent être regroupées en une seule sous-population les occurrences qui satisfont à l’une ou l’autre des conditions suivantes : 1) occurrences séparées par une distance inférieure à 1 km; 2) occurrences séparées par une distance de 1 à 3 km, sans discontinuité de plus de 1 km de l’habitat propice entre elles; 3) occurrences séparées par une distance de 3 à 10 km mais reliées les unes aux autres par un écoulement linéaire, et sans discontinuité de plus de 3 km de l’habitat propice entre elles. Sur la base de ces critères, quatre sous-populations existantes sont distinguées au Canada : 1) lac Puzzle; 2) long lac Sheffield et rivière Clare; 3) sud de la vallée de l’Okanagan; 4) Kamloops. La sous-population historique de Rotala Field, dans le comté de Norfolk, est présumée disparue, emportée par la conversion de son habitat en cultures en rangs. Les sous-populations historiques de Hayes Point et du site de la ville d’Osoyoos sont également tenues pour disparues, tandis que le statut des sous-populations des méandres de North Osoyoos et de l’embouchure de la rivière Inkaneep demeure indéterminé.

Activités de recherche

Ontario

Au Canada, le rotala rameux a été observé pour la première fois en 1984 par D.A. Sutherland et M.J. Oldham, en Ontario, dans le cadre d’un inventaire des aires naturelles de la municipalité régionale des comtés de Haldimand et Norfolk (Gartshore et al., 1987). L’espèce a été trouvée à deux sites adjacents, à deux années d’intervalle. La conversion de l’habitat en cultures en rangs a par la suite entraîné la disparition de ces deux sites. Ces sites ont depuis été revisités de façon occasionnelle par des membres du personnel du ministère des Richesses naturelles et des naturalistes locaux, mais l’espèce n’y a plus été observée depuis 1987. En 2011, les champs et les fossés en bordure de route qui abritaient autrefois l’espèce ont été revisités, mais sans succès, et les champs étaient toujours cultivés.

Deux autres sous-populations ont été découvertes en 1994 sur les rives de deux lacs adjacents dans le comté de Lennox et Addington durant un inventaire biologique détaillé de la zone d’intérêt naturel et scientifique du lac Puzzle (ZINS) (Brownell, 1997). Depuis, un suivi informel axé sur l’inspection du rivage des deux lacs à partir d’un canot par C. Bonta, L. Viet et T. Norris a mené à la découverte de sites additionnels associés à ces sous-populations. Un site a été découvert sur les rives du lac Puzzle en 2000 (Veit, 2000), puis cinq autres en 2004 (Bonta, 2004), quatre autres en 2008 (Bonta, 2008), et trois autres en 2011, dans le cadre des travaux de terrain réalisés en préparation du présent rapport de situation. Un autre site a été découvert au long lac Sheffield et rivière Clare en 2004. La même année, d’autres recherches ciblant l’espèce ont été menées sans succès dans la région, le long de portions des rives des lacs Lost, Gull Lake et Fifth Depot. Des membres du personnel de Parcs Ontario ont parcouru les rives des lacs Norway et Bear dans le but d’y repérer des zones d’habitat propice à l’espèce, mais ils en ont trouvé très peu (Brdar, comm. pers., 2011).

Le tableau 1 décrit brièvement les recherches ciblant le rotala rameux effectuées en Ontario en 2011. Près de 115 heures-personnes réparties sur 9 jours ont été consacrées à ces recherches, étendues à environ 47 km de rivage. Selon les relevés, la recherche des zones de sable ou de boue exposées propices à l’espèce le long des rives a été effectuée à bord d’une embarcation ou d’un hélicoptère. Les observateurs ont parcouru à pied certains sites isolés et examiné les fossés et dépressions humides en bordure de route. Aux endroits jugés propices à l’espèce, ils ont suivi une trajectoire en zigzag dans le but de repérer l’espèce et, le cas échéant, de dénombrer tous les individus matures.

Tableau 1. Sommaire des recherches ciblant le rotala rameux effectuées en Ontario en 2011.
Date du relevéSiteObservateursHeures-personnesÉtendue approximative du territoire couvertRésultat
30/08/2011Lac PuzzleS. Brinker, C. Jones159 km de rivageFructueux
01/09/2011Long lac Sheffield et rivière ClareS. Brinker, C. Jones125 km de rivageFructueux
29/09/2011Long lac Sheffield et rivière ClareS. Brinker, M. Oldham, C. Jones158 km de rivageFructueux
06/10/2011Lac PuzzleS. Brinker2100 m de rivageFructueux
23/08/2011Lac MellonS. Brinker, T. Norris1510 km de rivageInfructueux
30/08/2011Lac GullS. Brinker, C. Jones0,5100 m de rivageInfructueux
07/09/2011Rotala FieldS. Brinker, C. Jones0,550 m de fosséInfructueux
12/09/2011Milieux humides, parc provincial Puzzle LakeS. Brinker, W. Bakowsky, M. Oldham, C. Jones, R. Craig201 km de rivageInfructueux
13/09/2011Terres de la Couronne, région de KaladarS. Brinker, M. Oldham, M. McMurtry, T. Taylor, C. Bonta201 km de rivageInfructueux
05/10/2011Lac KennebecS. Brinker, M. Oldham7,57 km de rivageInfructueux
05/10/2011Lac 5th DepotS. Brinker, M. Oldham7,56 km de rivageInfructueux
Total--~ 115 h~ 47 km-

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Bien qu'aucune autre recherche ciblant spécifiquement le rotala rameux n'ait été effectuée en Ontario, un nombre relativement élevé d'études de terrain ont été réalisées au cours des 40 dernières années à l'intérieur de l'aire de répartition de l'espèce par des biologistes et botanistes expérimentés. Une certaine prudence s'impose toutefois dans l'interprétation des résultats des relevés négatifs. Même dans le cadre de relevés ciblés, le rotala rameux peut facilement passer inaperçu, en particulier dans les secteurs où les populations sont petites ou au cours des années où le niveau de l'eau est élevé. La période de l'année au cours de laquelle les relevés sont effectués joue également un rôle déterminant, car les relevés réalisés hors de la période de détection normale (fin de l'été et début de l'automne) peuvent donner des résultats faussement négatifs.

Dans la région du lac Puzzle, la plupart des lacs accessibles de grande superficie ont fait l'objet de relevés, mais pas de façon soutenue au fil des ans. Cette région comporte toutefois des zones d'habitat propice qui n'ont pas été inspectées par des botanistes, principalement parce qu'elles sont difficilement accessibles ou parce qu'elles se trouvent sur des propriétés privées. Les futures recherches ciblées de l'espèce devraient être centrées en priorité sur les zones de rivage pauvres en éléments nutritifs et à faible pente exposées aux fluctuations naturelles des niveaux de l'eau qui se trouvent le long du bord méridional du Bouclier canadien, dans l'est de l'Ontario, et en particulier dans la région qui s'étend de l'est du lac Puzzle à Kingston. En comparaison, on trouve encore quelques milieux à sol sableux, acide, humide et dégagé dans le comté de Norfolk ou ailleurs dans le sud de l'Ontario, au sud du Bouclier canadien, mais la flore des meilleurs exemples restants de ces milieux a déjà fait d'objet d'études approfondies. Bien que faible, la probabilité de redécouvrir le rotala rameux dans le comté de Norfolk ne peut être écartée, car on trouve encore quelques prés sableux humides dans la région de St. Williams – Turkey Point – Walsh. La plupart de ces prés sont toutefois situés sur des terres privées et ne sont pas accessibles.

Colombie-Britannique

Sud de la vallée de l'Okanagan : recherches plus anciennes – La première mention documentée du rotala rameux au Canada est fondée sur la récolte d'un spécimen en 1939 par J.W. Eastham, à un emplacement non spécifié le long des rives du lac Osoyoos, en Colombie-Britannique (UBC V25712). J.A. Calder et D.B. Savile ont également récolté l'espèce (UBC V84759) à Haynes Point (immédiatement au sud d'Osoyoos) en 1953. En 1977, O. Ceska et P.D. Warrington ont découvert une troisième occurrence dans le sud de la vallée de l'Okanagan, sur les rives d'un étang bordant le lac Osoyoos, dans la ville d'Osoyoos.

L'occurrence de la flèche Mica, qui se trouve sur une propriété de la bande indienne d'Osoyoos, a été découverte par A. Ceska en 1980. G.W. Douglas et de nombreux collaborateurs ont étudié cette occurrence à compter de 1994 (Douglas, 1994) jusqu'en 2004, avec le soutien des membres de la bande indienne d'Osoyoos. Ces recherches ont conduit à la découverte d'au moins quatre sites à sol sableux ou vaseux, pour la plupart situés sur les rives de lagunes intérieures. Deux des sites originaux ont été détruits durant cette période, un par des VTT, l'autre par l'action des vagues (Douglas et Oldham, 2002). Des travaux menés ultérieurement par McIntosh et Björk entre 2005 et 2007 ont révélé la présence d'au moins quatre sites occupés par l'espèce dans la région de la flèche Mica. Un de ces sites a été découvert en 2005, et les trois autres, en 2007 (Björk, comm. pers., 2012). Un des sites découverts en 2007 était adjacent à la plus grande lagune à la flèche Mica, tandis que les deux autres se trouvaient dans des baissières sur une propriété privée, au nord de la flèche Mica. Les propriétaires ont demandé de ne pas révéler l'emplacement de ces populations et de ne fournir aucune donnée les concernant dans le présent rapport (McIntosh, comm. pers., 2012).

Lormer (1995) a récolté l'espèce en 1995 immédiatement au nord du lac Osoyoos, dans le secteur des méandres d'Osoyoos (BCCDC, 2012). Ce site n'a pas été mentionné par Douglas et Oldham (2002), ni par l'équipe nationale de rétablissement du rotala rameux (National Toothcup Recovery Team, 2008).

Les sites historiques de Haynes Point (récolte de l'espèce par Calder) et de la ville d'Osoyoos (récolte de l'espèce par O. Ceska et P.D. Warrington) ont été revisités en 2009 à partir d'une embarcation ou par reconnaissance à pied dans le cadre d'un relevé ciblant le rotala rameux et d'autres plantes rares (McIntosh, 2010). Tout l'habitat potentiel des espèces de rivage en péril présentes le long des rives canadiennes du lac Osoyoos, à l'exception de la propriété de la bande indienne d'Osoyoos, a été inspecté, mais aucun rotala rameux n'a été observé. Divers botanistes ont également réalisé des recherches approfondies ciblant des espèces de plantes rares à Haynes Point en 1991, 1994, 1995, 1997, 1999 et 2002, sans toutefois détecter le rotala rameux (BCCDC, 2012). Le rotala rameux est présumé disparu aux sites de Haynes Point et de la ville d'Osoyoos (BCCDC, 2012). Les importantes modifications du littoral ont probablement causé la disparition du site de Haynes Point. Au site de la ville d'Osoyoos, les importants travaux d'aménagement des berges ont entraîné la destruction de l'étang et de tout l'habitat potentiel du rotala rameux (A. Ceska et O. Ceska, comm. pers., 2012).

Région de Kamloops : recherches plus anciennes – Dans la région de Kamloops, le premier spécimen de rotala rameux a été récolté par A.C. Budd en 1948. La provenance exacte de ce spécimen est inconnue, car les données de collecte sont imprécises. On sait qu'il a été récolté à l'ouest d'une des deux stations de recherche que gérait Agriculture Canada à l'époque, mais on ignore laquelle. Une de ces stations était située de chaque côté du lac Kamloops (BCCDC, 2012). Ce spécimen a donc été récolté soit sur la rive sud du lac, dans le secteur de Mission Flats, soit la rive nord du lac, vers Tranquille. Lorsque le rotala rameux a été trouvé à Mission Flats en 2011, il n'avait pas été observé dans l'un ou l'autre de ces secteurs depuis 1948. En 1980, O. Ceska et A. Ceska ont découvert une nouvelle sous-population dans la région de Kamloops, sur le côté est de l'île McArthur, sur la rive nord du lac Kamloops (BCCDC, 2012).

Recherches effectuées en 2011- Le tableau 2 passe succinctement en revue les recherches ciblant le rotala rameux effectuées en Colombie-Britannique en 2011. Près de 88 heures-personnes réparties sur 13 jours ont été consacrées à ces recherches, étendues à presque 14 km de rivage. La plupart des relevés ont effectués à pied, les observateurs portant une attention particulière aux zones de sol dégagé le long du littoral ou aux dépressions intérieures, aux bords d'étangs et aux baissières. Les observateurs ont suivi une trajectoire en zigzag pour inspecter les milieux jugés propices à l'espèce et utilisé un canot pour atteindre l'île Rabbit, à Kamloops. Deux des sites connus (île McArthur près de Kamloops et méandres au nord du lac Osoyoos) ont dû être visités deux fois en raison de l'abaissement tardif du niveau de l'eau.

Tableau 2. Sommaire des recherches ciblant le rotala rameux effectuées en Colombie-Britannique en 2011.
Date du relevéSiteObservateursHeures-personnesÉtendue approximative du territoire couvertRésultat
17/09/2011Îles McArthur et RabbitT. McIntosh, Jamie Fenneman, Justine McCulloch, Mandy Ross323 km de rivage et bords d’étangs intérieursFructueux
27/09/2011Mission FlatsT. McIntosh, S. Joya82 km de rivage et bords d’étangs intérieursFructueux
30/09/2011Île McArthur et Mission FlatsT. McIntosh, S. Joya6800 m de rivage et bords d’étangs intérieursFructueux
17/08/2011Parc provincial Sun Oka BeachT. McIntosh1.5~ 120 m de rivage et d’habitat intérieurInfructueux
31/08/2011Île McArthur et aire de gestion de la faune TranquilleT. McIntosh, J. McCulloch122 km de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
02/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh4800 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
08/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh2.5800 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
09/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh5.5800 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
09/09/2011Parc provincial PyramidT. McIntosh1~100 m d’habitat de rivageInfructueux
09/09/2011Au sud-ouest d’Okanagan FallsT. McIntosh1~80 m d’habitat de rivageInfructueux
10/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh2.5250 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
14/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh4300 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
22/09/2011Flèche MicaT. McIntosh, A. Baptiste2800 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
22/10/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh1.5600 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
23/09/2011Méandres d’OsoyoosT. McIntosh1.5600 m de rivage et bords d’étangs intérieursInfructueux
29/09/2011Rive nord de la rivière Thompson et marais Tk’emlupsT. McIntosh, S. Joya3900 m de rivageInfructueux
Total--~ 88 h~ 13,9 km-

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Sud de la vallée de l’Okanagan, 2011 : Le rotala rameux n’a été détecté à aucun des sites où il avait été observé anciennement, et aucune nouvelle sous-population n’a été découverte.

Région de Kamloops, 2011 : Le rotala rameux n’a pas été détecté au site de l’île McArthur, mais six nouveaux sites ont été découverts, soit cinq dans le secteur de Mission Flats et un sur l’île Rabbit.

Le développement et l’invasion de plantes exotiques agressives, principalement l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea), ont considérablement réduit la quantité d’habitat propice disponible pour l’espèce. La probabilité de redécouvrir le rotala rameux dans la région est faible. En revanche, au nord et à l’est de Kamloops, les régions du lac Kamloops et de la rivière Thompson comportent encore de vastes étendues d’habitat propice qui n’ont pas encore été inventoriées par des botanistes en raison de leur relative inaccessibilité et, aussi, du manque de travaux d’inventaires généraux et de recherches ciblées. Certaines zones d’habitat propice y ont été inventoriées (en particulier en 2011), mais pas de façon soutenue au fil des ans. Il est possible que de nouvelles sous-populations et de nouveaux sites soient découverts dans la région de Kamloops.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Bien que l’habitat du rotala rameux n’ait pas fait l’objet d’études approfondies, les nombreuses références descriptives disponibles indiquent que l’espèce a besoin de milieux ouverts saisonnièrement humides et soumis à des fluctuations naturelles ou artificielles des niveaux d’eau. À l’échelle de son aire de répartition, le rotala rameux se rencontre sur les berges de cours d’eau, les bords d’étangs et les rives sableuses à vaseuses de plans d’eau et dans des fossés, des dépressions interdunaires et, parfois, sur les bords humides de champs cultivés. Aux États-Unis et ailleurs, il est considéré comme une mauvaise herbe assez largement répartie dans les rizières (Cook, 1979). Le rotala rameux ne tolère pas l’ombre, et sa vigueur et sa densité sont généralement moindres lorsque la quantité de lumière est réduite par la végétation concurrente (Mattrick, 2001; Brinker, obs. pers.).

Dans l’État de New York, le rotala rameux se rencontre principalement sur les bords d’étangs de plaine côtière (New York Natural Heritage Program, 2012). Au Michigan, il est étroitement associé aux marais de plaine côtière et aux prairies humides-mésiques de plaine lacustre (Michigan Natural Features Inventory, 2012). En Nouvelle-Angleterre, il se rencontre exclusivement sur les rives d’étangs, de lacs et de réservoir après un abaissement naturel ou artificiel du niveau de l’eau de ces plans d’eau, mais il n’est apparemment pas associé aux rives d’étangs de plaine côtière (Mattrick, 2001). Au Minnesota, les rives sableuses de petits lacs peu profonds sertis dans un paysage de savane constituent son habitat typique (Minnesota Department of Natural Resources, 2012). Dans l’État de Washington, le rotala rameux se rencontre exclusivement dans des milieux humides riverains, sous la ligne des hautes eaux, en compagnie d’un certain nombre de petites plantes annuelles émergentes (Washington Department of Natural Resources, 2012).

Ontario

Les sous-populations du centre de l’Ontario se trouvent dans la frange de la baie Georgienne, large ceinture de roche précambrienne d’environ 2 000 km² bordant la baie Georgienne qui s’étend vers l’est jusqu’au comté de Frontenac en traversant la région des lacs Kawartha. Les sols y sont typiquement minces, rocheux ou sableux et généralement acides (Chapman et Putnam, 1984). Le rotala rameux y est confiné aux rives rocheuses soumises à des fluctuations naturelles du niveau de l’eau (figures 6 et 7). Le niveau de l’eau s’abaisse généralement au cours de l’été, car le déficit des précipitations est élevé, la région se trouvant immédiatement à l’extérieur de la zone des précipitations sous l’influence des Grands Lacs, les températures estivales étant élevées et la capacité de rétention de l’eau des substrats peu profonds étant faible (Baldwin et al., 2000). Les berges sur lesquelles pousse le rotala rameux sont constituées d’un substrat rocheux exposé sillonné de crevasses et de failles peu profondes contenant de petites accumulations de sable, de gravier et de tourbe.

Figure 6. Vue oblique de l'habitat de rive rocheuse exposée sillonnée de crevasses linéaires peu profondes abritant le rotala rameux au lac Puzzle (site P10), en Ontario, 30 août 2011 (S. Brinker).
Vue oblique de l'habitat de rive rocheuse exposée
Photo : S. Brinker ©
Description longue pour la figure 6

Photo de l’habitat de la sous-population de rotala rameux du lac Puzzle, en Ontario. Les berges sur lesquelles pousse le rotala rameux en Ontario sont constituées d’un substrat rocheux exposé sillonné de crevasses et de failles peu profondes contenant de petites accumulations de sable, de gravier et de tourbe.

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Figure 7. Habitat typique de rive rocheuse exposée sillonnée de crevasses peu profondes de la sous-population du long lac Sheffield et rivière Clare, en Ontario, 1er septembre 2011 (S. Brinker).
Habitat typique de rive rocheuse exposée sillonnée
Photo : S. Brinker ©
Description longue pour la figure 7

Photo de l’habitat de la sous-population de rotala rameux du long lac Sheffield et rivière Clare, en Ontario. Les berges sur lesquelles pousse le rotala rameux en Ontario sont constituées d’un substrat rocheux exposé sillonné de crevasses et de failles peu profondes contenant de petites accumulations de sable, de gravier et de tourbe.

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La sous-population du sud-ouest de l’Ontario était établie dans la plaine sableuse de Norfolk, grande plaine en biseau qui couvre une bonne partie du comté de Norfolk et des portions des comtés de Brant, Haldimand, Oxford et Elgin, sur la rive nord du lac Érié, pour une superficie totale de plus de 1 900 km² (Chapman et Putnam, 1984). L’habitat de la sous-population du comté de Norfolk aujourd’hui disparue consistait en un vestige de prairie sableuse dans un vieux champ humide (D. Sutherland, comm. pers., 2011). Les substrats étaient des sables humides-mésiques à mésiques de la série Normandale, généralement très acides à neutres, maintenus humides par un apport d’eau souterraine affleurant ou atteignant presque la surface au début de la saison de croissance (Presant et Acton, 1984). Le rotala rameux y poussait dans des dépressions périodiquement inondées (D. Sutherland, comm. pers., 2011).

Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, les sous-populations du rotala rameux occupent le fond de deux importants réseaux de vallées dans l’écorégion des hautes terres de l’Okanagan, une des régions les plus chaudes et les plus sèches du Canada. Cette région se trouve dans l’ombre de pluie créée par les monts Cascade. Le climat y est caractérisé par des étés très chauds à arides et des hivers modérément frais marqués par des chutes de neige relativement faibles. Le fond des vallées abrite une végétation de prairie, de steppe arbustive et de zone riveraine en bordure des cours d’eau.

Les fluctuations des niveaux d’eau jouent un rôle essentiel dans la création et le maintien de l’habitat du rotala rameux. Normalement, la fonte des neiges et les précipitations hivernales et printanières ont pour effet de gonfler les cours d’eau et de submerger l’habitat du rotala rameux. Lorsque le niveau de l’eau s’abaisse en été, le sol des milieux occupés par le rotala rameux devient exposé, et les graines germent. Ce cycle a dans une large mesure été préservé le long de la rivière Thompson, près de Kamloops, sauf au site de l’île McArthur, où les canaux ont été isolés par des ponts et reliés les uns aux autres par des ponceaux. Le cycle a toutefois été fortement perturbé dans le sud de la vallée de l’Okanagan par la construction d’un barrage à l’extrémité sud du lac Osoyoos et l’aménagement d’un canal de dérivation des eaux et de régulation des crues de la rivière Okanagan, au nord du lac (International Osoyoos Lake Board of Control, 2012; Department of Ecology, State of Washington, 2013).

Dans le sud de la vallée de l’Okanagan, le rotala rameux se rencontre sur les berges humides à mouillées, parfois salines, et vaseuses à sableuses de lagunes ou d’étangs (BCCDC, 2012; National Toothcup Recovery Team, 2008). Il pousse également sur des sols sableux le long de chenaux de rivière, souvent dans des sites semi-ombragés. Certains sites ont été envahis par des graminées envahissantes, en particulier par l’alpiste roseau.

À Mission Flats et sur l’île Rabbit, à l’est de Kamloops, le rotala rameux pousse dans des dépressions sableuses ou limoneuses peu profondes et des dépressions interdunaires (figure 8). À ces sites, la plupart des zones autrefois dégagées sont aujourd’hui couvertes par un tapis dense de graminées envahissantes, principalement le chiendent (Elymus repens) et le brome inerme (Bromus inermis). Un certain nombre de dépressions et de baissières à végétation clairsemée sont toutefois présentes aux endroits où la persistance du niveau de l’eau semble empêcher l’établissement d’un couvert de hautes graminées. Certains des milieux occupés par le rotala rameux sont maintenus dégagés par diverses activités humaines, principalement la randonnée pédestre et l’utilisation de VTT, mais aussi de petites excavations et les activités de débroussaillage (figure 8).

Sur l’île McArthur, le rotala rameux pousse sur les berges sablo-limoneuses exposées d’un canal (BCCDC, 2012; National Toothcup Recovery Team, 2008), en présence de conditions semi-ombragées créées principalement le saule à feuilles exiguës (Salix exigua var. exigua).

Figure 8. Habitat du rotala rameux traversé par un sentier dont la persistance est assurée par les humains, à Mission Flats, en Colombie-Britannique, 29 septembre 2011 (T.M. McIntosh).
Habitat du rotala rameux traversé
Description longue pour la figure 8

Photo de l’habitat du rotala rameux à Mission Flats, en Colombie-Britannique. Le rotala rameux y pousse dans des dépressions sableuses ou limoneuses peu profondes et des dépressions interdunaires. À ces sites, la plupart des zones autrefois dégagées sont aujourd’hui couvertes par un tapis dense de graminées envahissantes, principalement le chiendent (Elymus repens) et le brome inerme (Bromus inermis).

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Tendances en matière d’habitat

Ontario

En comparaison d’autres régions du centre de l’Ontario, la portion du sud du Bouclier du comté de Lennox et Addington a été relativement épargnée par les activités d’exploitation forestière intensive, d’exploitation de carrières et d’exploitation minière, même si la majorité des forêts de la région avaient été coupées au tournant du siècle (Chapman et Putnam, 1984). Toutefois, au cours des quelque 80 dernières années, le littoral de la plupart des plus grands lacs accessibles a été perturbé à un certain degré par des projets d’aménagement des berges ou la construction de bassins de retenue destinés à réguler les niveaux d’eau pour prévenir les inondations en aval ou faciliter la navigation de plaisance (p. ex. voie navigable Trent-Severn, voie navigable du canal Rideau).

La conversion de tout l’habitat occupé en terres cultivées a causé la disparition de la sous-population du comté de Norfolk.

Colombie-Britannique

À la suite de la colonisation européenne, une grande partie de l’habitat du rotala rameux a été détruite en Colombie-Britannique. Au début, les pertes d’habitat ont été causées par la croissance urbaine et, dans certains cas, les activités agricoles. Plus récemment, de vastes étendues d’habitat propice ont été dégradées ou détruites par des graminées exotiques envahissantes, en particulier le chiendent, le brome inerme et l’alpiste roseau, mais aussi, dans certains cas, par la quenouille à feuilles larges (Typha latifolia) et le scirpe piquant (Schoenoplectus pungens).

Dans le sud de la vallée de l’Okanagan, à l’exception de quelques étangs protégés situés du côté est du lac Osoyoos, sur une propriété de la bande indienne d’Osoyoos, et de certaines portions des méandres au nord du lac Osoyoos, les habitats intérieurs préférés par le rotala rameux ont été considérablement altérés ou détruits. À la figure 9, la photo du haut montre la ville d’Osoyoos à ses débuts (photo prise depuis le sud-est de la ville, probablement vers 1925). Un certain nombre d’étangs sont visibles dans la zone d’avant-plage. La photo du bas montre la même région, cette fois en 2002. Ces deux photos montrent que les deux grandes étendues d’étangs ont été altérées de façon irrémédiable par la croissance de la ville d’Osoyoos. L’étang B visible sur la photo du bas est le site où O. Ceska et P.D. Warrington ont découvert le rotala rameux en 1977 (cette population est aujourd’hui disparue).

La construction d’un barrage en 1927 et sa reconstruction en 1988 à l’extrémité sud du lac Osowoos, dans l’État de Washington, ont altéré l’habitat du rotala rameux et peut-être causé sa destruction. Depuis, le niveau de l’eau du lac Osoyoos est contrôlé par le barrage pour l’irrigation des cultures et d’autres utilisations de l’eau dans l’État de Washington, mais cette situation a mené à une intensification de l’érosion des berges et causé des baisses du niveau de l’eau non naturels (State of Washington Water Research Center, 2011). Au cours des 1960, l’aménagement du canal de dérivation et de régulation des crues de la rivière Okanagan, au nord du lac Osoyoos, a complètement altéré l’hydrologie et le régime d’inondations des méandres d’Osoyoos, qui comportaient probablement une quantité considérable de milieux propices au rotala rameux. Certains méandres sont inondés tous les ans, mais d’autres ne le sont pas.

Des pertes d’habitat ont également été observées dans la région de Kamloops. Même si une bonne partie de l’habitat de rivage de l’espèce est encore présente le long du lac Kamloops et de la rivière Thompson, les berges ont été altérées et dégradées à certains endroits par les pratiques agricoles, les activités récréatives et les espèces envahissantes. Les graminées envahissantes sont particulièrement abondantes et couvrent de vastes étendues de sol sableux et limoneux autrefois exposées. La densité des peuplements de chiendent aux sites où de nouvelles sous-populations de rotala rameux ont été découvertes en 2011 et qui abritaient encore l’espèce en 2014 était plus faible que dans les secteurs voisins immédiats. Un de ces sites semble avoir été créé par les ornières laissées par des pneus de voiture. Ces petites dépressions demeurent humides durant une grande partie de la saison de végétation. Ces sites plus humides semblent moins propices à l’établissement du chiendent et conviennent davantage au rotala rameux (Ryan, comm. pers., 2014).

Figure 9. Vues d'Osoyoos et du lac Osoyoos. La photo du haut, prise vers 1925, montre les grandes étendues d'étangs réparties des deux côtés de la flèche (désignées A et B) (photographe inconnu). La photo du bas, prise en 2002, permet d'apprécier l'ampleur du développement qui s'est produit autour des étendues d'étangs (T. McIntosh).
Vues d'Osoyoos et du lac Osoyoos
Photos : photographe inconnu, © T. McIntosh
Description longue pour la figure 9

Deux photos d’Osoyoos et du lac Osoyoos, une prise vers 1925, l’autre en 2002. La première image montre les grandes étendues d’étangs des deux côtés de la flèche et comporte des annotations indiquant le site où l’espèce a été découverte en 1977. La deuxième image montre le développement urbain qui s’est produit autour des étendues d’étangs. La sous-population découverte en 1977 est aujourd’hui disparue.

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Biologie

Peu d’ouvrages ont été publiés sur la biologie du rotala rameux. À moins d’indications contraires, les informations présentées ci-après sont tirées de Mattrick (2001) et de Douglas et Oldham (2002).

Cycle vital, paramètres démographiques et reproduction

Le rotala rameux est une plante annuelle associée aux milieux inondés périodiquement. Dans cet habitat particulier, la pérennité des sous-populations et des sites dépend de la présence d’un réservoir de semences, et le nombre d’individus matures peut fluctuer considérablement d’une année à l’autre. La durée d’une génération est inférieure à un an. La variabilité annuelle des taux de germination et de croissance des graines dépend vraisemblablement du moment et du volume des précipitations saisonnières et des niveaux d’eau à chaque site. La période de floraison varie selon les régions à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord et s’étend de juin ou juillet jusqu’à octobre; plus au sud, la plante fleurit probablement durant toute l’année (Cook, 1979). Chez les sous-populations canadiennes, la floraison s’étend habituellement de la fin de juillet à la fin d’août et se prolonge rarement jusqu’en octobre. Le rotala rameux est une plante autocompatible et normalement autopollinisée et produit une grande quantité de graines. Comme d’autres espèces annuelles, le rotala rameux ne semble pas se reproduire de façon asexuée. Compte tenu de la fréquence de l’autogamie chez les sous-populations, le flux génétique au sein des sous-populations est probablement faible (Cook, 1979). Aucun cas de pollinisation par les insectes n’a été signalé, mais Douglas (1999) estime que les hespéries et les petites abeilles visitent probablement les fleurs du rotala rameux pour y recueillir le nectar produit par des glandes épaissies à la base de l’ovaire.

Physiologie et adaptabilité

Baskin et al. (2002) ont étudié les exigences liées à la germination chez le rotala rameux et l’ammannie écarlate en présence de conditions contrôlées en serre. Ils ont constaté qu’entre 65 et 100 % de graines du rotala rameux sont dormantes lorsqu’elles parviennent à maturité en automne. La levée de la dormance se produit lorsque les graines sont submergées à la fin de l’automne ou en hiver. Le régime de température optimal pour la levée de la dormance s’établissait à 20° C le jour et à 10 °C la nuit. Le taux de germination était nettement plus élevé chez les graines submergées que chez celles qui ne l’étaient pas. On ignore toutefois si la dormance des graines peut se prolonger au-delà du premier hiver.

Selon des observations effectuées en Ontario, le rotala rameux semble préférer les sols légèrement acides et humides, bien qu’il occupe des sols légèrement salins en Colombie-Britannique (à tout le mois dans certains sites). Des analyses approfondies d’échantillons de sol et d’eau n’ont cependant pas été effectuées.

Il semble que le rotala rameux se cultive facilement. Allen (2006) a cultivé la plante en aquarium en présence de conditions contrôlées à partir de sujets récoltés en nature au Maryland et a constaté que le rotala rameux se cultive facilement sous un éclairage intense.

Déplacements et dispersion

La dispersion du rotala rameux est assurée par le déplacement passif des graines, probablement facilité par des mécanismes abiotiques et biotiques. La faible taille et la légèreté des graines facilitent leur dispersion par l’eau et le vent. On ignore si les graines peuvent flotter, mais les fluctuations des niveaux d’eau favorisent probablement leur dispersion sur de courtes distances. Les graines sont garnies de minuscules poils épidermiques qui leur permettent de se fixer aux pattes des oiseaux aquatiques (Graham, comm. pers., 2001). Elles peuvent dès lors être transportées vers de nouveaux sites, fixées sur les pattes des oiseaux ou mêlées à la boue qui adhère à leurs pattes. L’absence de cette espèce dans des milieux apparemment propices situés à proximité de sites occupés donnent à croire qu’elle se disperse habituellement seulement sur de courtes distances ou qu’elle parvient rarement à coloniser de nouveaux milieux en dépit de sa bonne capacité de dispersion.

Relations interspécifiques

Aucune relation symbiotique ou parasitique n’est connue. Aucun cas d’herbivorie n’a été signalé ou observé. Compte tenu de ses préférences pour les sols dénudés, récemment exposés et humides, le rotala rameux tolère probablement mal la compétition. Cette hypothèse demeure toutefois à confirmer.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

La surveillance des sous-populations canadiennes a été menée de façon irrégulière, lorsque le temps et les conditions le permettaient ou dans le cadre de relevés ciblant d’autres espèces. Les relevés ne permettent souvent pas d’évaluer de façon rigoureuse l’état de toute une sous-population pour différentes raisons, notamment à cause de problèmes d’accessibilité, de conditions météorologiques défavorables ou d’un manque de ressources. Enfin, les évaluations déjà réalisées à ce jour ont généralement fourni des estimations sous forme d’intervalles du nombre d’individus matures plutôt que des valeurs absolues, car les plantes sont souvent difficiles à détecter et peuvent être présentes en fortes densités. Comme dans certains cas en 2011, l’échantillonnage a normalement été effectué durant le pic des périodes de floraison et de fructification de la plante, en août ou en septembre.

Abondance

La taille de la population canadienne est actuellement estimée à 6 859 à 7 019 individus répartis en quatre sous-populations, soit deux en Ontario (UD des plaines des Grands Lacs) et deux en Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud). Conformément aux lignes directrices de l’UICN (2001) prescrivant d’utiliser l’estimation la plus faible dans le cas des populations dont la taille fluctue, on estime la taille de la population canadienne à 6 859 individus matures.

Ontario (UD des plaines des Grands Lacs)

En 2011, la taille globale des deux sous-populations a été estimée à 1 444 individus matures. Il s’agissait du plus faible total annuel enregistré depuis les premiers dénombrements. Les recherches effectuées au lac Puzzle ont révélé la présence de 1 139 individus répartis dans 10 sites (tableau 3), et 305 individus ont été dénombrés à un des sites de la sous-population du long lac Sheffield et rivière Clare.

Tableau 3. Estimations de la taille des sous-populations en Ontario, par année de relevé.Note a du tableau 3
Sous-populationSitePropriétéAnnée de la découverteRésultats des relevés

1994
Résultats des relevés

2000
Résultats des relevés

2004
Résultats des relevés

2008
Résultats des relevés

2011
Lac PuzzleP01Publique1994505-10400400305
Lac PuzzleP02Publique1994-50150-2001500
Lac PuzzleP15Publique2011----65
Lac PuzzleP16Publique2011----45
Lac PuzzleP05Privée2000-200060454
Lac PuzzleP06Privée2004--7003012
Lac PuzzleP17Privée2011----3
Lac PuzzleP07Publique2004--407583
Lac PuzzleP08Publique2004--~ 200~ 20052
Lac PuzzleP09Publique2004--50-706040
Lac PuzzleP10Publique2004--70-100080
Lac PuzzleP11Publique2008-200-140-
Lac PuzzleP12Publique2008---1000
Lac PuzzleP13Publique2008---300-400-
Lac PuzzleP14Publique2008---250
Total, lac Puzzle---50455-4601 610-1 7101 540-1 6401 139
Long lac Sheffield et rivière ClareS01Publique2004--215-0
Long lac Sheffield et rivière ClareS03Privée199433250-2701400-305
Long lac Sheffield et rivière ClareS04Privée1994--1 000-3 000-0
Total, long lac Sheffield et rivière Clare---33250-2702 615-4 615 305
Grand total pour l’Ontario ---83705-7304 225-6 3251 540-1 6401 444

Note du tableau 3

Note [a] du tableau 3

Une cellule vide indique qu'aucun relevé n'a été effectué ou qu'aucune information n'a été recueillie au site et au cours de l'année considérés.

Retour à la référence de la note a du tableau 3

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L’estimation la plus élevée du nombre d’individus matures en Ontario, toutes années confondues, a été enregistrée en 2004 et oscillait entre 4 325 et 6 325 individus. À l’époque, on avait dénombré 1 610 à 1 710 individus au lac Puzzle, à 7 sites répartis sur 2 km de rivage, et 2 615 à 4 615 individus à 3 sites (un sur la rive est et deux autres sites rapprochés l’un de l’autre et situés à 500 m à l’ouest de l’embouchure de la rivière Clare). Au cours d’autres années, une surveillance occasionnelle a permis de découvrir de nouveaux sites au lac Puzzle, mais les 15 sites n’ont jamais tous été visités au cours d’une même année.

Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud)

La taille de la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan a été estimée à plus de 12 180 individus en 2004. C’est à ce jour l’estimation la plus élevée proposée pour cette sous-population. Dix ou onze sites (le nombre exact demeure incertain en raison du manque de données anciennes précises au site de la flèche Mica) avaient alors été découverts sur une distance d’environ 11 km le long des rives du lac Osoyoos : un site dans les méandres au nord du lac, huit ou neuf sites sur la rive est du lac vers Osoyoos (principalement dans le secteur de la flèche Mica), et un site à Haynes Point, au sud d’Osoyoos. Les recherches de l’espèce effectuées en 2011 dans le sud de la vallée de l’Okanagan se sont révélées infructueuses (tableau 4).

Tableau 4. Estimation du nombre d'individus matures en Colombie-Britannique, par année de relevé.Note b du tableau 4
Sous-populationSiteAnnée de la découverteRésultats des relevés (estimations)

1981
Résultats des relevés (estimations)

1991
Résultats des relevés (estimations)

1994
Résultats des relevés (estimations)

1995
Résultats des relevés (estimations)

1996
Résultats des relevés (estimations)

1997
Résultats des relevés (estimations)

1999
Résultats des relevés (estimations)

2002
KamloopsMission Flats 12011--------
KamloopsMission Flats 22011--------
KamloopsMission Flats 32011--------
KamloopsMission Flats 42011--------
KamloopsMission Flats 52011--------
KamloopsÎle McArthur 119801 000-0-00-0
KamloopsÎle Rabbit 12011--------
Total, Kamloops --1 000-0-00-0
Sud de la vallée de l’OkanaganFlèche Mica 11980--200 – 1 0002 250-->5 0000
Sud de la vallée de l’OkanaganMéandres de North Osoyoos 1
(lac Deadman) (statut incertain)
1995---4-5----
Sud de la vallée de l’OkanaganLac Veronica (petit lac situé à l’est d’Osoyoos) Propriété privée1994--~600-----
Sud de la vallée de l’OkanaganHaynes Point (disparu)1953-000-000
Sud de la vallée de l’OkanaganVille d’Osoyoos (étang) (disparu)1977--------
Sud de la vallée de l’OkanaganRuisseau Inkaneep
(emplacement exact non confirmé)
1995--------
Total, sud de la vallée de l’Okanagan ----800 – 1,600~2 255-->5 000-
Grand total pour la Colombie-Britannique--1 000-800 – 1 600~2 255-->5 000-
Tableau 4. Estimation du nombre d'individus matures en Colombie-Britannique, par année de relevé. (Suite)
Sous-populationSiteAnnée de la découverteRésultats des relevés (estimations)

2003
Résultats des relevés (estimations)

2004
Résultats des relevés (estimations)

2005
Résultats des relevés (estimations)

2009
Résultats des relevés (estimations)

2011
KamloopsMission Flats 12011--- 5
KamloopsMission Flats 22011---->5 000
KamloopsMission Flats 32011----100-200
KamloopsMission Flats 42011----50-100
KamloopsMission Flats 52011----10–20
KamloopsÎle McArthur 11980-3--0
KamloopsÎle Rabbit 12011---->250
Total, Kamloops ---3-->250
Sud de la vallée de l'OkanaganFlèche Mica 119804160 -180~5000
Sud de la vallée de l'OkanaganMéandres de North Osoyoos 1
(lac Deadman) (statut incertain)
1995----0
Sud de la vallée de l'OkanaganLac Veronica (petit lac situé à l'est d'Osoyoos) Propriété privée1994-~12 000---
Sud de la vallée de l'OkanaganHaynes Point (disparu)1953---0-
Sud de la vallée de l'OkanaganVille d'Osoyoos (étang) (disparu)1977---0-
Sud de la vallée de l'OkanaganRuisseau Inkaneep
(emplacement exact non confirmé)
1995-----
Total, sud de la vallée de l'Okanagan --4~12 180~100-0
Grand total pour la Colombie-Britannique--4~12 180~100->5 500

Note du tableau 4

Note [b] du tableau 4

Une cellule vide indique qu'aucun relevé n'a été effectué ou qu'aucune information n'a été recueillie au site et au cours de l'année considérés.

Retour à la référence de la note b du tableau 4

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L’estimation la plus élevée de la taille de la sous-population de Kamloops, en 2011, oscillait entre 5 415 et 5 575 individus. Sept sites ont alors été découverts le long du littoral sur une distance d’environ 4,2 km (si l’on exclut le site où Budd a observé l’espèce en 1948, qui pourrait être ou non un des sites découverts récemment). Cinq de ces sites se trouvent sur la rive sud, un autre est sur une île, et l’autre se trouve sur la rive nord. La plus forte estimation pour le site déjà connu de l’île McArthur (non découvert en 2011), enregistrée en 1981, s’élevait à 1 000 individus matures (tableau 4).

Fluctuations et tendances

Comme il est une plante annuelle qui dépend de la dynamique des régimes d’inondations, le rotala rameux subit d’importantes fluctuations d’une année à l’autre, comme l’indiquent les données à court terme disponibles sur les tendances des sous-populations canadiennes (aucune donnée à long terme n’est toutefois disponible).

Ontario (UD des plaines des Grands Lacs)

Les résultats des dénombrements effectués chez les sous-populations de l’Ontario sont présentés de façon succincte au tableau 3. Aucune perte n’a été documentée chez les sous-populations du lac Puzzle et du long lac Sheffield et rivière Clare, et nous ne disposons pas des données à long terme voulues pour proposer des interprétations valables des tendances. La sous-population du lac Puzzle a fait l’objet d’une surveillance plus soutenue, avec quatre relevés réalisés sur une période de onze ans (2000-2011). Aucune fluctuation importante n’y a été observée, et l’intensification des recherches a mené à la découverte de nouveaux sites.

Des fluctuations considérables ont été observées chez la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare. Ainsi, en 2004, le site S04 abritait 1 000 à 3 000 individus, mais aucun en 2011. Au site S03, 1 400 individus ont été observés en 2004, mais seulement 305 en 2011.

La sous-population du comté de Norfolk a été détruite lorsque son habitat a été converti en cultures en rangs à la fin des années 1980. Cette population est tenue pour disparue.

Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud)

Les résultats des dénombrements effectués chez les sous-populations de la Colombie-Britannique sont présentés de façon succincte au tableau 4. La sous-population de Kamloops se maintient, mais le statut de la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan est plus incertain, bien que certains sites soient considérés comme disparus (tableau 4).

Chez la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan, deux sites, soit ceux de Haynes Point et de la ville d’Osoyoos, sont considérés comme disparus. À la plupart des autres sites, l’espèce semble avoir subi un déclin au cours de la dernière décennie et pourrait même avoir disparu (les fluctuations et les tendances aux sites qui se trouvent sur des propriétés privées sont inconnues). La colonie établie au site des méandres d’Osoyoos était petite au départ (4 à 5 individus), et sa disparition semble probable compte tenu de la densité du couvert des plantes envahissantes observé en 2011. Les zones de sol dénudé y étaient relativement abondantes en 1995 (F. Lomer, comm. pers., 2011). L’espèce a également subi un déclin aux sites de la flèche Mica, en particulier au cours des huit dernières années; ces déclins sont vraisemblablement dus principalement à la prolifération des plantes envahissantes. D’importantes fluctuations d’effectifs ont été observées à certains sites de la flèche Mica entre 1980 et 2004. Ces fluctuations pourraient avoir été causées par les conditions climatiques naturelles et des baisses des niveaux d’eau, ces facteurs étant reconnus comme ayant un impact sur la germination des graines. Entre 1994 et 1995, Douglas et Oldham (2002) ont observé à deux sites des hausses d’effectifs de 200 à 250 individus et de 50 à 2 000 individus. À un site, 5 000 individus ont été dénombrés en 1999.

L’équipe nationale de rétablissement du rotala rameux (National Toothcup Recovery Team, 2008) a fait état de l’observation en 2006 d’environ 5 000 individus chez la sous-population du sud de la vallée de l’Okanagan, mais cette mention est erronée (McIntosh a effectué des recherches ciblant des plantes rares en 2006 sur la flèche Mica, et il n’y a pas observé l’espèce; tableau 4).

Par suite de la découverte de nouveaux sites en 2011, les nombres d’occurrences connues et d’individus matures se sont considérablement accrus. Ainsi, le nombre d’individus matures connus au sein de la sous-population de Kamloops a augmenté. En revanche, l’espèce a subi un déclin au site de l’île McArthur depuis 1981, alors qu’on estimait à 1 000 le nombre d’individus présents. Seulement trois individus ont été dénombrés en 2004, et aucun individu n’a été observé en 1994, 1996, 1997 et 2002 (BCCDC, 2012), et de nouveau en 2011 (Table 4). Le niveau de l’eau inhabituellement élevé en 2011 pourrait avoir empêché la germination des graines. Des zones d’habitat propice à l’espèce semblent encore présentes le long des berges à ce site.

Immigration de source externe

La probabilité que des individus puissent immigrer naturellement au Canada à partir des États-Unis est extrêmement faible, mais elle existe. Les graines se dispersent très facilement, et l’autocompatibilité de l’espèce accroît la probabilité qu’elle parvienne à se disperser sur des distances moyennes à grandes pour s’établir dans de nouvelles régions, transportées soit par les oiseaux, soit par l’eau ou le vent, à partir de régions adjacentes de l’État de New York, du Michigan, de l’Ohio et de l’État de Washington. Un tel scénario paraît cependant de plus en plus improbable. Dans les États de la Nouvelle-Angleterre, le nombre d’occurrences connues de l’espèce a chuté de 26 à seulement 9 (deux au Massachusetts, deux au Rhode Island et cinq au Connecticut) (Mattrick, 2001), et l’espèce est menacée dans l’État de New York.

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Menaces et facteurs limitatifs

Le principal facteur limitatif à l’échelle de l’aire de répartition canadienne du rotala rameux est le fait que cette plante est confinée aux berges de lacs, d’étangs et de dépressions humides à sol sableux inondées de façon saisonnière, pauvres en éléments nutritifs et à faible pente ou plates. Ces milieux sont particulièrement vulnérables aux perturbations anthropiques, en particulier à l’aménagement des berges et aux activités agricoles, à la dégradation résultant de l’altération des régimes d’inondations et à l’invasion par les plantes exotiques.

Ontario (UD des plaines des Grands Lacs)

Altération des berges

L’altération des berges causée par l’aménagement du littoral et les activités récréatives constitue la menace la plus imminente pour l’habitat des sous-populations du lac Puzzle et du long lac Sheffield et rivière Clare. À l’heure actuelle, les impacts sur les sites abritant l’espèce semblent peu importants, car la nature rocheuse du littoral le met à l’abri du développement. Toutefois, des rampes de mise à l’eau, des quais, des remises à bateaux et des terrasses ont déjà été aménagés à divers endroits le long du littoral. La construction de ces structures ne semble pas avoir causé la disparition de sites, mais certains secteurs abritant l’espèce couvrent une petite superficie et pourraient facilement disparaître. En 2011, deux bateaux entreposés à un site le long de la rive nord du lac Puzzle faisaient directement de l’ombre aux plantes. Un autre site, au lac Puzzle, est tout près du quai d’un chalet privé, et un certain nombre de plantes ont été piétinées sur la plage adjacente. À un autre site, sur les rives du long lac Sheffield, une circulation excessive (véhicules et personnes) a été observée à une rampe de mise à l’eau privée, et l’espèce n’y a pas été observée en 2011. Près du tiers du littoral du lac Puzzle et des deux tiers des rives du long lac Sheffield et de la rivière Clare appartiennent à des propriétaires privés, et l’altération des berges y constitue une menace actuellement et potentiellement à long terme pour l’espèce.

L’aménagement prévu d’un terrain de camping au parc provincial Puzzle Lake pourrait réduire la quantité d’habitat potentiellement propice à l’espèce. Il convient toutefois de préciser que la présence de tout site existant abritant l’espèce sera prise en compte dans les futures décisions de gestion concernant l’aménagement du terrain de camping (Brdar, comm. pers., 2012).

Gestion de l’eau

Des mesures ont été prises anciennement pour manipuler les niveaux d’eau du lac Puzzle et limiter ses fluctuations naturelles, et les vestiges d’un barrage sont toujours visibles à l’extrémité sud du lac, bien que les poutrelles de vannage aient disparu (Bonta, 2004). Les vestiges du barrage ne semblent pas s’être détériorés, mais les castors ajoutent parfois sur l’ancienne structure des débris que les propriétaires fonciers finissent par enlever (Bonta, comm. pers., 2012).

Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud)

Espèces envahissantes

Les espèces exotiques envahissantes constituent la menace la plus grave pour les sous-populations existantes en Colombie-Britannique. La prolifération spectaculaire de l’alpiste roseau dans les méandres d’Osoyoos au cours des 5 à 10 dernières années y a entraîné la perte d’une bonne partie de l’habitat du rotala rameux et la disparition probable de la sous-population qui y était établie. Depuis 2006, un certain nombre de baissières au site de la flèche Mica, en particulier la plus grande lagune, ont été envahies par la quenouille à feuilles larges et le scirpe piquant, et ces deux espèces couvrent aujourd’hui une bonne partie des zones de sol autrefois dénudé. Dans la région de Kamloops, des graminées envahissantes, en particulier le chiendent commun et le brome inerme, dominent dans la plupart des zones d’habitat anciennement propice sur l’île Rabbit et dans la région de Mission Flats. Comme il a déjà été mentionné (voir Tendances en matière d’habitat), des observations récentes donnent à croire que le rotala rameux est maintenant confiné aux petites zones qui demeurent humides en été et ne conviennent pas au chiendent (Ryan, comm. pers., 2014).

Développement résidentiel et commercial

La perte d’habitat causée par le développement et la dégradation de l’habitat ont entraîné la disparition d’au moins deux sites près d’Osoyoos (site de Haynes Point et site de la ville d’Osoyoos).

Gestion de l’eau

La modification des niveaux d’eau naturels du lac Osoyoos par un barrage semble avoir entraîné la destruction d’un des sites dans le secteur de la flèche Mica (Douglas et Oldham, 2002). L’action des vagues et l’érosion des rives se sont intensifiées au cours des dernières années, et les niveaux d’eau sont demeurés anormalement hauts pendant de longues périodes. Lorsque le niveau de l’eau est élevé, le site de la flèche demeure plus longtemps humide en été, ce qui peut permettre aux plantes envahissantes de s’y établir.

Activités récréatives

La navigation de plaisance a probablement également contribué à l’érosion du littoral du lac Osoyoos (State of Washington Water Research Center, 2011).

Agriculture

Le bétail constitue une menace au site de la flèche Mica. Le site a été clôturé il y a une dizaine d’années, mais la clôture n’est plus fonctionnelle, et les chevaux et, à l’occasion, le bétail peuvent accéder librement au site. Des signes de piétinement et des déjections sont fréquemment observés à la plupart des sites connus abritant l’espèce.

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le rotala rameux a été désigné pour la première fois « en voie de disparition » par le COSEPAC en avril 1999 en considération du faible nombre de sites restants et de l’occurrence limitée de l’espèce dans l’habitat disponible pour sa part menacé en permanence par le développement et la hausse des niveaux de l’eau. Son statut a été réexaminé et confirmé en mai 2000. Le rotala rameux a subséquemment été inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral (2002). Un programme de rétablissement fédéral (proposition) a été rendu public en août 2014. En novembre de la même année, le COSEPAC a désigné la population des plaines des Grands Lacs « menacée », et la population des montagnes du Sud, « en voie de disparition ». Ailleurs, en Amérique du Nord, le rotala rameux bénéficie d’une protection juridique dans plusieurs États à titre d’espèce « en voie de disparition » (Connecticut, Massachusetts et Rhode Island), « menacée » (Minnesota et État de New York), « vulnérable » (Sensitive) (État de Washington) ou « rare » (Pennsylvanie) (United States Department of Agriculture, 2012).

Le rotala rameux ne figure pas sur la liste des espèces protégées en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction (CITES).

Ontario

Le rotala rameux est classé « en voie de disparition » aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (LEVD). En vertu de cette loi, l’espèce et son habitat bénéficient d’une protection depuis le 30 juin 2013. Le rotala rameux est également protégé au parc provincial Puzzle Lake et à la réserve de conservation Mellon Lake en vertu de la Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation (2006).

Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud)

Aucune loi provinciale ne confère une protection juridique particulière au rotala rameux en Colombie-Britannique.

Statuts et classements non juridiques

Le tableau 5 présente les cotes infranationales (cotes S) attribuées à l’espèce selon les catégories de statut de NatureServe Explorer, par province et État. Le rotala rameux n’est pas considéré comme une source de préoccupation élevée en matière de conservation dans la partie centrale de son aire de répartition, mais sa situation est jugée préoccupante dans les régions situées près des limites de son aire de répartition, où les populations sont généralement petites et fragmentées.

Tableau 5. Cotes infranationales (S) attribuées au rotala rameux selon les catégories de statut de NatureServe Explorer (2012).
ProvinceStatutProvinces (Canada) ou États (États-Unis)
CanadaS1 (Gravement en péril)Colombie-Britannique, Ontario
États-UnisSH (Possiblement disparue)New Hampshire
États-UnisS1 (Gravement en péril)Arizona, Colorado, Massachusetts, Montana, Rhode Island, Washington
États-UnisS1S2 (Gravement en péril à en péril)Connecticut
États-UnisS2 (En péril)Minnesota, New York, Oregon,
États-UnisS3 (Vulnérable)Delaware, Iowa, Michigan, New Jersey, Pennsylvanie, Virginie-Occidentale
États-UnisS3? (Possiblement vulnérable)Nebraska
États-UnisS4 (Apparemment non en péril)Kentucky
États-UnisS4S5 (Apparemment non en péril à non péril)Maryland
États-UnisS5 (Non en péril)Caroline du Nord, Mississippi, Virginie
États-UnisSNR (Non classée)Alabama, Arkansas, Californie, Caroline du Sud, Dakota du Sud, district de Columbia, Floride, Géorgie, Idaho, Illinois, Indiana, Kansas, Louisiane, Missouri, Ohio, Oklahoma, Tennessee, Texas, Wisconsin

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La situation générale du rotala rameux au Canada a été évaluée en 2005. L’espèce a alors été désignée « en péril » en Ontario, en Colombie-Britannique (sur la liste rouge provinciale) et au Canada (CESCC, 2006).

Protection et propriété de l’habitat

Ontario (UD des plaines des Grands Lacs)

En Ontario, certaines sous-populations se trouvent sur des terres publiques, les autres sur des terres privées. Près de la moitié de la sous-population du lac Puzzle se trouve dans le parc provincial Puzzle Lake, terre de la Couronne gérée par le gouvernement provincial. Le personnel de Parcs Ontario est au fait de la présence de l’espèce et exerce une surveillance, en collaboration avec le personnel sur le terrain de Ressources naturelles Canada. Les autres individus sont sur des terres privées, et les propriétaires sont au courant de leur présence et généralement intéressés à assurer leur conservation. À proximité, la sous-population du long lac Sheffield et de la rivière Clare est également répartie sur des terres publiques et des terres privées. Deux des trois sites (qui abritent environ 53 % du nombre total d’individus matures) sont sur des terres privées, tandis que le troisième se trouve dans la réserve de conservation Mellon Lake, qui appartient et est gérée par le gouvernement provincial. Une rampe de mise à l’eau est présente à l’un des sites qui se trouve sur une terre privée, sur la rive est du lac, et la circulation de véhicules y est intense en saison.

La sous-population du comté de Norfolk, aujourd’hui disparue, se trouvait sur une terre privée. Dans l’inventaire des aires naturelles de la municipalité régionale d’Haldimand-Norfolk (Gartshore et al. 1987), il était recommandé qu’un des deux sites abritant cette sous-population soit désigné « Lieu important », mais cette recommandation n’a jamais été adoptée dans le plan officiel de la région, et le site a été détruit par la suite.

Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud)

Les sous-populations du rotala rameux en Colombie-Britannique sont réparties sur un mélange de terres publiques et de terres privées. Dans la vallée de l’Okanagan, le site du lac Osoyoos se trouve dans l’aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l’Okanagan, gérée par BC Parks, et les sites de la flèche Mica sont sur une propriété de la bande indienne d’Osoyoos; le site de Haynes Point, aujourd’hui disparu, se trouvait dans un parc provincial, et l’autre site disparu se trouvait dans la ville d’Osoyoos. Dans la région de Kamloops, deux sites, l’un sur l’île McArthur et l’autre à Mission Flats, se trouvent dans des parcs municipaux, et les autres sites sont sur des terres privées.

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Remerciements

Les rédacteurs du rapport remercient les personnes suivantes de l'aide qu'elles leur ont fournie durant les travaux sur le terrain en Ontario : Mike Oldham, Colin Jones, Wasyl Bakowsky, Mike McMurtry, Rob Craig et Tanya Taylor, tous associés au Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN), Todd Norris, écologiste de district au ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, et Carolyn Bonta, planificatrice adjointe des parcs, Parcs Ontario. Les rédacteurs souhaitent également remercier le CIPN, le MRNO et l'Accord Canada-Ontario (ACO), qui ont financé une partie du coût des travaux sur le terrain.

Les rédacteurs du rapport remercient également les personnes suivantes de leur participation aux travaux sur le terrain en Colombie-Britannique : Jamie Fenneman, Justine McCulloch, Mandy Ross et Steve Joya (région de Kamloops) et Sara Bunge, Mark Weston, Kirk Stafford, Gordon Neish et Greta Westby (secteurs des méandres dans le sud de la vallée de l'Okanagan). Ron Hall et Alan Baptiste ont permis l'accès à la propriété de la bande indienne d'Osoyoos et offert leur soutien dans le cadre des travaux sur le terrain. Marta Donovan (BCCDC) a fourni de la documentation et de judicieux conseils. Sherry Linn a fourni des cartes et des informations sur la propriété des terres et sur différents milieux dans les méandres situés au nord du lac Osoyoos. Enfin, Kristin Dangelmaier, agente de liaison pour la société Domtar Inc., a autorisé les rédacteurs à utiliser les données sur le rotala rameux amassées sur la propriété de l'entreprise dans la région de Mission Flats.

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Experts contactés

Carolyn Bonta, planificatrice adjointe des parcs, Parcs Ontario.

Corina Brdar, écologiste, zone du Sud-Est, Parcs Ontario.

Adolf et Oluna Ceska (Ph.D.), botanistes-conseils, Victoria, Colombie-Britannique.

Frank Lomer, botaniste-conseil, Vancouver, Colombie-Britannique.

Todd Norris, écologiste de district, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Mary E. Gartshore, biologiste-conseil.

Anton A. (Tony) Reznicek (Ph.D.), Curator of Vascular Plants, University of Michigan University Herbarium.

Michael Ryan, écologiste-chercheur, Colombie-Britannique, région de Thompson-Okanagan, Ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique.

Donald A. Sutherland, zoologiste de programme, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario.

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Sources d'information

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Argus, G.W. 1992. The phytogeography of rare vascular plants in Ontario and its bearing on plant conservation. Canadian Journal of Botany 70: 469-490.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Samuel R. Brinker participe, à titre de botaniste au Centre d’information sur le patrimoine naturel, au suivi des cotes de conservation provinciales et des occurrences d’espèces rares en Ontario. Il effectue également des relevés floristiques partout en Ontario et occasionnellement à l’extérieur de la province. Il est l’auteur de plusieurs rapports de situation et sommaires du statut de l’espèce. Samuel Brinker est titulaire d’un diplôme de baccalauréat en sciences de l’environnement de la University of Waterloo. Il a occupé différentes fonctions au sein du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et a agi à titre de biologiste-conseil spécialisé dans la réalisation de relevés floristiques, la cartographie de la végétation et l’évaluation des espèces en péril.

Terry McIntosh (Ph.D.) est botaniste-conseil spécialiste des plantes, en particulier des bryophytes, associées aux écosystèmes de terres arides. Il participe au projet Flora of North America à titre de réviseur taxinomique (pour les volumes portant sur les bryophytes) et de membre du conseil d’administration. Il a également rédigé neuf rapports de situation du COSEPAC (érythrophylle du Columbia, entosthodon fasciculé, entosthodon rouilleux, fabronie naine, phasque de Vlassov, ptérygoneure de Koslov, scoulérie à feuilles marginées, tortule à poils lisses et éléocharide géniculée. Il a également rédigé sept programmes de rétablissement nationaux. Terry McIntosh s’intéresse beaucoup à la conservation et à l’histoire naturelle et collabore étroitement avec la bande indienne d’Osoyoos dans le cadre des mesures de conservation qu’elle a entreprises.

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Collections examinées

Les rédacteurs ont examiné les plantes récoltées en Ontario conservées dans l’herbier du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN), à Peterborough.

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