Plan de gestion de la tortue géographique (Graptemys geographica) au Canada - 2015 [Proposition]

Série de plans de gestion de la
Loi sur les espèces en péril

Tortue géographique
Tortue géographique
Photo : © Environnement Canada, 2015

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Information sur le document

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Illustration de la couverture : © Parcs Canada

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2015. Plan de gestion de la tortue géographique (Graptemys geographica) au Canada (proposition). Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa. xx+ XXp.

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir plus d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril (Registre public des espèces en péril sit Web).

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, à condition d’en indiquer la source.

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Avant-propos

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) [LEP], les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration de plans de gestion relatifs aux espèces inscrites comme espèces préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès accomplis cinq ans après la publication du document final dans le registre public de la LEP.

Le ministre de l’Environnement du Canada et le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada sont responsables du rétablissement de la tortue géographique et présentent ici leur plan de gestion visant cette espèce, conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, ce plan de gestion a été élaboré en collaboration avec les gouvernements de l’Ontario (ministère des Richesses naturelles et des ForêtsNote 1 de bas de page) et du Québec (ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs).

Pour que la conservation de l’espèce soit couronnée de succès, il faut pouvoir compter sur l’engagement et la coopération de nombreux intervenants qui participeront à la mise en œuvre des orientations établies dans le présent document, car ni Environnement Canada, ni l’Agence Parcs Canada, ni aucune autre compétence ne pourrait y parvenir seul. Tous les Canadiens sont donc invités à appuyer le plan de gestion et à participer à sa mise en œuvre, dans l’intérêt de la tortue géographique et de la société canadienne dans son ensemble.

La mise en œuvre de ce plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

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Remerciements

Le présent document a été préparé par Rachel deCatanzaro, Krista Holmes, Kari Van Allen, Angela McConnell, Lee Voisin et Bruna Peloso (Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région de l’Ontario), et Barbara Slezak, Carollynne Smith et Louis Gagnon (anciennement d’Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région de l’Ontario). En outre, les personnes suivantes ont apporté de précieux commentaires et effectué d’importantes révisions et suggestions : Madeline Austen, Elizabeth Rezek, Lesley Dunn (Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région de l’Ontario), Paul Johanson (Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région de la capitale nationale), Gabrielle Fortin, Sylvain Giguère (Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région du Québec), Gary Allen et Joanne Tuckwell (Agence Parcs Canada), Amelia Argue, Joe Crowley, Vivian Brownell, Gillianne Marshall, Aileen Wheeldon, Sandy Dobbyn, Corina Brdar, Graham Cameron, Megan Rasmussen, Valerie Vaillancourt, Eric Cobb, Nicki Boucher, Gillian Ferguson-Martin, Jay Fitzsimmons, Dana Kinsman, Jim Saunders, Brian Naylor et Rhonda Donley (ministère des Richesses naturelles et des Forêts), et des membres du personnel du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. De nombreuses autres personnes ont participé à une version antérieure de l’ébauche du programme de rétablissement et plan de gestion pour cinq espèces de tortues d’eau douce au Canada, qui contenait des renseignements sur la tortue géographique, notamment Patrick Galois (Amphibia-Nature), Sylvain Giguère et Gabrielle Fortin (Environnement Canada, Service canadien de la faune - Région du Québec), David Seburn (Seburn Ecological Services) et Scott Gillingwater (Office de protection de la nature de la rivière Thames supérieure). Nous remercions également de leur aide les employés du ministère des Richesses naturelles et des Forêts, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, du Service canadien de la faune, de diverses universités et d’autres organisations. Il convient de signaler que les documents de rétablissement élaborés par l’Équipe de rétablissement des tortues du Québec et l’Équipe de rétablissement multi-espèces des tortues en péril de l’Ontario ont constitué le fondement des versions initiales du présent document.

Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le présent plan de gestion, notamment diverses organisations autochtones et des citoyens et intervenants qui ont fait part de leurs idées ou participé aux réunions de consultation.

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Résumé

La tortue géographique (Graptemys geographica) figure parmi les espèces préoccupantes répertoriées à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Il s’agit d’une espèce essentiellement aquatique qui ne vient à terre que pour nidifier et s’exposer au soleil. Sa dossièreNote 2 de bas de page, plutôt ronde, est d’olive à brunâtre et est ornée d’un motif réticulé de lignes jaune pâle. Durant sa période annuelle d’activité (du printemps à l’automne), la tortue géographique vit généralement dans de grands plans d’eau bien oxygénés, comme des rivières ou des lacs.

L’espèce est présente dans tout le nord-est des États-Unis et dans le sud de l’Ontario et du Québec. Environ 10 % de son aire de répartition mondiale se trouve au Canada.

La population canadienne de tortues géographiques adultes est estimée à plus de 10 000 individus. On n’a pas rapporté de rétrécissement de l’aire de répartition de l’espèce au Canada. Cependant, une analyse des données récentes révèle que 53 % des sites d’occurrences historiques de la tortue géographique n’ont fait l’objet d’aucune observation de l’espèce depuis 1985. Certaines populations locales montrent des signes de vieillissement, ce qui pourrait annoncer une baisse d’effectif.

Les principales menaces pesant sur la population canadienne de tortues géographiques sont l’aménagement des rives, la navigation de plaisance et la capture accessoire par les pêcheurs. Parmi les autres menaces reconnues, citons les réseaux routiers, les ouvrages de régularisation des eaux, la capture illégale, les prédateurs favorisés par les activités humaines, les perturbations associées aux activités humaines, les espèces exotiques et envahissantes, la contamination et la charge en nutriments, et le changement climatique. La tortue géographique est très vulnérable à toute augmentation du taux de mortalité chez les adultes ou les juvéniles plus âgés, car les individus de cette espèce connaissent une maturité sexuelle tardive et des taux de reproduction lents.

La répartition et l’abondance de la population canadienne de tortues géographiques sont inconnues à l’heure actuelle, mais on soupçonne un déclin de l’espèce. C’est pourquoi l’objectif en matière de gestion de la tortue géographique consiste à stabiliser les niveaux de la population pour pouvoir conserver la répartition et l’abondance de la population canadienne de l’espèce par l’intermédiaire de la réduction et de l’atténuation des menaces, ainsi que de la gestion de l’habitat.

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1. Évaluation de l’espèce par le COSEPACNote 3 de bas de page

Date d’évaluation :
novembre 2012
Nom commun (population) :
Tortue géographique
Nom scientifique :
Graptemys geographica
Statut :
préoccupante
Justification de la désignation :
il n’y a eu aucune étude quantitative à long terme de cette espèce au Canada; par conséquent, les indications récentes de baisse d’effectif, de réduction de l’aire de répartition ou de disparition de l’espèce à l’échelle locale sont limitées. Cependant, la maturité tardive de cette espèce longévive, ainsi que les menaces potentielles pesant sur son habitat portent à croire que l’espèce pourrait être vulnérable à un déclin de population. Les menaces importantes comprennent la mortalité directe attribuable à des collisions avec des bateaux à moteur ainsi qu’à une prise accessoire dans les pêches commerciales. La perte et la dégradation de l’habitat de littoral constituent une autre menace car cette tortue discrète est facilement dérangée par l’activité humaine et la navigation de plaisance, et l’aménagement des rives perturbe les comportements d’exposition au soleil et de nidification de l’espèce. Une prédation anormalement élevée des nids par des mammifères prédateurs, particulièrement les ratons laveurs, est une autre menace. Si elles ne sont pas atténuées, ces menaces, associées au cycle biologique de l’espèce, pourraient faire en sorte que l’espèce devienne « menacée » au Canada.
Présence au Canada :
Ontario et Québec
Historique du statut :
espèce désignée « préoccupante » en mai 2002. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2012.

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2. Information sur la situation de l’espèce

La tortue géographique figure parmi les espèces préoccupantesNote 4 de bas de page répertoriées à l’annexe 1 de la LEP (L.C. 2002, ch. 29). En Ontario, l’espèce est désignée « préoccupante »Note 5 de bas de page en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de 2007 (L.O. 2007, ch. 6) et « reptile spécialement protégé » aux termes de la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune (L.O. 1997, ch. 41). Au Québec, elle est désignée « espèce vulnérable »Note 6 de bas de page aux termes de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV) depuis 2005 (RLRQ, ch. E-12.01). La tortue géographique est également inscrite sur la liste de contrôle de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, 2014).

NatureServe, 2013, a classé à l’échelle mondiale la tortue géographique comme « non en péril » (G5). À l’échelle nationale, il l’a classée comme « vulnérable » (N3) au Canada et « non en péril » (N5) aux États-Unis. Au Québec, il l’a classée « en péril » (S2). En Ontario, elle est « vulnérable » (S3) (Annexe A). Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’espèce est « de préoccupation mineure »Note 7 de bas de page à l’échelle mondiale (UICN, 2014).

Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale de la tortue géographique se trouve au Canada (Seburn, 2007).

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3. Information sur l’espèce

3.1. Description de l’espèce

La tortue géographique est une tortue de taille moyenne essentiellement aquatique, dont la longueur maximale de la carapace est de 16 cm chez les mâles et de 27,3 cm chez les femelles (Ernst et Lovich, 2009). Cette espèce est sexuellement dimorpheNote 8 de bas de page : la longueur maximale de la dossièreNote 9 de bas de page est beaucoup plus grande chez les femelles adultes que chez les mâles, et la masse des mâles adultes n’atteint habituellement que 20 % de celle des femelles adultes (Vogt, 1980). Par ailleurs, les taches rétroorbitairesNote 10 de bas de page des mâles adultes sont plus claires que celles des femelles (Bulté et al., 2013). L’espèce possède une dossière plutôt ronde présentant une carène (crête) médiane. La dossière est d’olive à brunâtre et est ornée d’un motif réticulé (ressemblant à un filet ou à un réseau) de lignes jaune pâle qui s’estompent à mesure que la tortue vieillit. La première description de l’espèce soulignait la présence sur la dossière d’un dessin ressemblant à une carte géographique, d’où le nom de l’espèce. Le plastron (partie inférieure de la carapace) est de jaune pâle à crème et habituellement sans marques. La tête, le cou et les membres sont d’olive à brun-noir et présentent des rayures jaunes à jaune verdâtre. À l’état sauvage, la tortue géographique peut vivre plus de 20 ans (Ernst et Lovich, 2009).

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3.2. Population et répartition

L’aire de répartition de la tortue géographique en Amérique du Nord s’étend du sud de l’Ontario et du Québec au nord au Mississippi et à l’Alabama au sud, au Minnesota, au Kansas et à l’Oklahoma à l’ouest et à la Virginie et à la Caroline du Nord à l’est. On trouve également des populations isolées dans l’État de New York et le Maryland (NatureServe, 2013) (Figure 1). Au Canada, l’espèce est surtout présente dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent - depuis le lac Sainte-Claire, en Ontario, jusqu’à l’île d’Orléans, au Québec (COSEWIC, 2012).

La répartition et l’abondance de la population canadienne de tortues géographiques ne sont pas bien connues à l’heure actuelle, mais on soupçonne un déclin de l’espèce (COSEWIC, 2012). En Ontario, les occurrences de la tortue géographique sont réparties le long des rives de la baie Georgienne, du lac Sainte-Claire, du lac Érié et du lac Ontario, et le long du cours de six rivières importantes. L’espèce est aussi largement répartie dans les lacs, rivières et voies navigables du Bouclier canadien dans le sud-est et le centre de l’Ontario (COSEWIC, 2012). Au Québec, l’espèce est présente le long de quatre rivières importantes, dans le fleuve Saint-Laurent, ainsi que dans le Lac des Deux-Montagnes, le lac Saint-François, le lac Saint-Louis et le lac Champlain (Bonin, 1998; Bernier et al., 2008, 2009; COSEWIC, 2012). Selon des échantillons génétiques examinés par Bouchard et al., 2013, les populations locales du Québec semblent être organisées en métapopulations en fonction du lieu.

L’effectif total de tortues géographiques adultes au Canada est inconnu, mais pourrait être de plus de 10 000 individus, selon des estimations préliminaires réalisées à certains endroits (COSEWIC, 2012). En Ontario, au lac Opinicon, situé sur le cours de la voie navigable Rideau, l’effectif a été estimé à plus de 1 500 tortues (Bulté et al., 2010). Le lac Opinicon est relativement petit (788 ha), et il se pourrait que d’autres lacs de la voie navigable abritent des populations de taille similaire ou supérieure (COSEWIC, 2012). Un certain nombre d’autres études ont produit des estimations d’effectifs des populations locales de tortues géographiques. Par exemple, la population présente dans le secteur de l’île Grenadier, dans le parc national des Mille-Îles, a été estimée à plus de 600 individus (Millar, 2009). Les populations de 3 sites (2 au Québec, 1 en Ontario) situés le long de la frontière entre l’Ontario et le Québec comptent probablement entre 500 et 1 000 individus chacune (COSEWIC, 2012).

On ne connaît pas les tendances des populations de tortues géographiques au Canada. Cependant, on pense que les effectifs de l’espèce pourraient être à la baisse dans certaines parties de son aire de répartition canadienne en raison de diverses menaces qui en accroissent la mortalité et en réduisent les possibilités de reproduction (COSEWIC, 2012).

La zone d’occupationNote 11 de bas de page de la tortue géographique au Canada est estimée à plus de 2 000 km² (COSEWIC, 2012).

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Figure 1. Aire de répartition nord - américaine de la tortue géographique (adaptées du Musée royal de l’Ontario, 2012). Cette carte représente l’aire de répartition générale de l’espèce et ne montre pas les renseignements précis concernant la présence ou l’absence d’observations dans l’aire de répartition. Veuillez vous reporter au texte du présent document pour obtenir des précisions sur la répartition de l’espèce en Ontario et au Québec.
Aire de répartition nord
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre la gamme nord-américaine de l'espèce. Il se trouve près de Québec, ainsi que près de Montréal et plus au sud. Il continue à travers l'Ontario à la pointe sud de la province. Au Royaume-Unis, l'espèce se trouve dans le Vermont, New York, Pennsylvanie, New Jersey, Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, l'Ohio, l'Indiana, l'Illinois, l'Iowa, le Kansas, le Missouri, l'Arkansas, le Tennessee, Kentucky, Alabama, la Géorgie, du Nord Caroline, Virginie, le Maryland et la Virginie occidentale.

3.3. Besoins de la tortue géographique

Besoins généraux en matière d’habitat

La tortue géographique est principalement tributaire de l’habitat aquatique et utilise l’habitat terrestre de façon limitée pour la nidification ou l’exposition au soleil. Dans les parties nord de son aire de répartition, la tortue géographique vit habituellement dans des plans d’eau bien oxygénés, comme des rivières petites à importantes au débit faible à moyen, et des lacs (COSEWIC, 2012). Dans les lacs, l’espèce a tendance à utiliser des zones aux rives non aménagées ou des habitats marécageux (Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Tran et al., 2007; Harrison, 2011). Dans les lacs du Bouclier canadien, la tortue géographique utilise des rives et des hauts-fonds ouverts et rocheux, des îles et des substrats rocheux, ainsi que des substrats de sols organiques (Laverty, comm. pers., 2012 dans COSEWIC, 2012). Dans les habitats de rivière, l’espèce tend à occuper des zones au débit et à la turbidité modérés constants (COSEWIC, 2012). Dans la plupart des rivières, les tortues géographiques ont tendance à éviter les secteurs où l’eau est moins transparente (COSEWIC, 2012). Durant la période annuelle d’activité (d’avril à octobre), les individus préfèrent les eaux peu profondes et évitent généralement les eaux de plus de 2,5 m de profondeur (Tran et al., 2007; Bernier et Rouleau, 2010; Carrière et Blouin-Demers, 2010; COSEWIC, 2012). Des femelles adultes sont observées en eaux profondes plus souvent que des juvéniles ou des mâles, possiblement en raison de différences de régime alimentaire et parce que leur plus grande taille en fait de meilleures nageuses (Pluto et Bellis, 1986; Carrière et Blouin-Demers, 2010; Bernier et Rouleau, 2010). La tortue géographique a besoin de sites propices pour s’exposer au soleil, comme de gros morceaux de bois ou des roches partiellement submergés, ou encore des berges exposées, jouxtant des eaux profondes (COSEWIC, 2012).

Les tortues géographiques préfèrent les milieux riverains naturels et établissent leur domaine vital principalement en eaux peu profondes près des rives, ce qui en fait une espèce sensible aux aménagements des rives et à d’autres activités de modification des habitats riverains (Carrière et Blouin-Demers, 2010).

Hibernation

Les sites d’hibernation de la tortue géographique se trouvent habituellement dans des zones profondes de lacs ou de rivières, sur des fonds sableux ou graveleux bien oxygénés et abrités de la glace présentant des éléments structuraux variés, comme des saillies exposées, des blocs rocheux et des troncs d’arbres (Flaherty, 1982; Bonin, 1998; Graham et al., 2000; Ultsch, 2006; Carrière, 2007). Graham et al., 2000, ont décrit le site d’hibernation de leur lieu d’étude comme présentant un courant pratiquement nul; cependant, la présence de courant a été observée dans d’autres sites d’hibernation (Bernier et Rouleau, 2010). On a rapporté pour l’espèce des profondeurs d’hibernation de 0,3 à 11,3 m (Bernier et Rouleau, 2010; Harrison, 2011; Rouleau et Bernier, 2011). Cette espèce a besoin d’un milieu d’hibernation riche en oxygène étant donné qu’elle tolère assez mal l’anoxieNote 12 de bas de page (Ultsch, 2006).

On a remarqué que les tortues géographiques hibernaient seules ou en groupe, avec d’autres congénères (Graham et Graham, 1992; Carrière et al., 2006; Harrison, 2011). On sait que des individus se rassemblent dans les mêmes sites d’hibernation chaque année, ce qui porte à croire qu’ils préfèrent hiberner dans des lieux présentant des caractéristiques peu présentes dans leur domaine vital, par exemple des sites bien oxygénés durant tout l’hiver (Graham et al., 2000; Ultsch, 2006; Carrière, 2007).

Les tortues géographiques doivent survivre à l’exposition à des températures inférieures au point de congélation en entrant en état de surfusionNote 13 de bas de page, stratégie visant à éviter la congélation des fluides corporels (Baker et al., 2003). Certains nouveau-nés peuvent hiberner dans le nid (Gillingwater et Brooks, 2001; Baker et al., 2003; Gillingwater et Piraino, 2004; Nagle et al., 2004; Ernst et Lovich, 2009; Fournier, comm. pers., 2014). Toutefois, Nagle et al., 2004, rapportent que seuls les nouveau-nés peuvent survivre à l’hiver, pas les œufs ni les embryons partiellement développés; les embryons qui n’arrivent pas à terminer leur développement avant l’hiver meurent dans leur nid.

Accouplement

La parade nuptiale et l’accouplement ont lieu dans l’eau, aussi bien au printemps qu’à l’automne, lorsque les tortues sont rassemblées dans le site d’hibernation (COSEWIC, 2002; Ernst et Lovich, 2009). Chaque femelle peut conserver le sperme d’un seul accouplement survenu à l’automne aux fins d’utilisation ultérieure si aucun accouplement printanier ne se produit (Miller et Dinkelacker, 2007). On a remarqué qu’une grande partie des pontes des femelles tortues géographiques avaient été engendrées par plusieurs mâles, ce qui indique que, comme pour d’autres espèces de tortues d’eau douce, la promiscuité constitue une stratégie de reproduction courante pour cette espèce (Banger et al., 2013).

Selon Ernst et Lovich, 2009, les détails de la maturation de la tortue géographique sont inconnus, mais certaines observations indiquent que les femelles atteignent la maturité sexuelle autour de 12 à 14 ans, ou quand le diamètre de leur dossière atteint environ 19 cm (Newman, 1906; Vogt, 1980; Bulté et Blouin-Demers, 2009). Un modèle de croissance fondé sur des captures réalisées au lac Opinicon estime l’âge à la maturité à 14 ans pour les femelles et à 4 ans pour les mâles (Bulté et Blouin-Demers, 2008).

Nidification

Au Canada, la période de nidification s’étend du début du mois de mai au début du mois de juillet (Gordon et MacCulloch, 1980; Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Barrett Beehler, 2007; Browne et Hecnar, 2007; Carrière, 2007; Rouleau et Bernier, 2011). La taille de la ponte de la tortue géographique varie de 3 à 22 œufs (Gillingwater et Brooks, 2001; Ryan et Linderman, 2007), la moyenne étant comprise entre 9 et 17 (Carr, 1952; Gordon et MacCulloch, 1980; Gillingwater et Brooks, 2001). Des observations réalisées en Ontario ont confirmé que les femelles pouvaient pondre deux fois pendant la période d’activité (Carrière et al., 2006). Les nouveau-nés commencent à sortir du nid au début du mois d’août et se dirigent vers les sédiments du fond des lacs (Gillingwater et Brooks, 2001). Certains d’entre eux peuvent hiberner dans le nid et sortir au printemps suivant, entre mai et juillet (Gillingwater et Brooks, 2001; Baker et al., 2003; Gillingwater et Piraino, 2004; Nagle et al., 2004; Ernst et Lovich, 2009).

Pour pondre ses œufs, cette espèce recherche des zones proches de l’eau, où la densité de végétation et la pente sont faibles (< 30°) et où le substrat est le plus souvent composé de graviers ou de sable, mais peut également contenir une part importante de matières organiques et d’argile (Flaherty et Bider, 1984; Chabot et al., 1993; Nagle et al., 2004; Giguère et al., 2005; Barrett Beehler, 2007). Pour nidifier, la tortue géographique préfère les sites dégagés exposés au plein soleil (Nagle et al., 2004; Barrett Beeler, 2007), et évite le sable mouillé (Vogt, 1980). Les nids se trouvent généralement entre 3 et 35 m du bord de l’eau (Gillingwater et Pirano, 2004; Barrett Beehler, 2007; Bernier et Rouleau, 2010). La tortue géographique utilise un certain nombre d’habitats de nidification différents, notamment des plages de sable et des dunes (Gillingwater et Brooks, 2002; Gillingwater et Piraino, 2004), des jetées de graviers et de vieilles carrières (Bernier et Rouleau, 2010; Rouleau et Bernier, 2011), des affleurements rocheux avec de fins dépôts de sol (Barrett Beehler, 2007; Litzgus, comm. pers., 2012, dans COSEWIC, 2012), ainsi que des sites entretenus (p. ex. bord de routes contenant des matériaux de remblayage, jardins et terrains de golf) (Baker et al., 2003; Nagle et al., 2004; Harrison, 2011).

Baker et al., 2003, ont relevé que les tortues géographiques nidifiaient souvent à proximité les unes des autres, et que bon nombre d’entre elles revenaient nidifier chaque année au même endroit, à quelques mètres près. Carrière, 2007, a observé une fidélitéNote 14 de bas de page élevée aux sites de nidification, certaines femelles parcourant jusqu’à 5 km pour nidifier.

Thermorégulation

Les tortues régulent leur température corporelle en utilisant leur environnement : elles peuvent modifier ou maintenir leur température en changeant leur exposition au soleil, à l’ombre et à l’eau (Bulté et Blouin-Demers, 2010a). Les tortues géographiques utilisent généralement des objets immobiles pour s’exposer au soleil, p. ex. des arbres couchés, des roches exposées ou des zones comme des berges exposées à terre (Logier, 1939; Gordon et MacCulloch, 1980; Daigle et al., 1994; Bernier et Rouleau, 2010) ou des tapis de végétation aquatique à la surface de l’eau (Gillingwater et Brooks, 2001; Gillingwater et Piraino, 2004; Bulté et al., 2010). Les sites d’exposition au soleil ont tendance à se trouver à proximité d’étendues d’eau plus profonde que la moyenne pour la zone (Gordon et MacCulloch, 1980). Ils sont généralement orientés vers l’est, mais sans protection évidente contre les vents d’ouest (Gordon et MacCulloch, 1980; Flaherty et Bider, 1984; Ernst et Lovich, 2009; Bernier et Rouleau, 2010; Gillingwater, comm. pers., 2012). Les tortues géographiques s’exposent souvent au soleil en groupe (Gordon et MacCulloch, 1980; Flaherty et Bider, 1984; Ernst et Lovich, 2009; Bernier et Rouleau, 2010; Gillingwater, comm. pers., 2012). Certaines études ont indiqué que 10 à 60 tortues occupaient parfois le même site d’exposition au soleil (Richards et Seigel, 2009; Bernier et Rouleau, 2010; Gooley et al., 2011; Chianucci. 2013).

Les tortues géographiques commencent habituellement à s’exposer au soleil en avril, dès qu’elles sortent de leur état de dormance hivernale (Ernst et Lovich, 2009). Gordon et MacCulloch, 1980, ont observé que le nombre de tortues exposées au soleil au lac des Deux-Montagnes, au Québec, était le plus élevé à la mi-mai, et diminuait beaucoup à partir du début du mois de juillet. Au Canada, on a observé une exposition au soleil les jours ensoleillés et chauds jusqu’en novembre (Beck, comm. pers., 2011 dans COSEWIC, 2012; Kruschenske, comm. pers., 2011 dans COSEWIC, 2012). On a remarqué une différence du comportement d’exposition au soleil entre les mâles et les femelles tortues géographiques. Les femelles matures tendent à s’exposer davantage au soleil pendant et après la période de nidification, à l’inverse des mâles et des femelles juvéniles (Gordon et MacCulloch, 1980; Bulté, 2009; Bulté et Blouin-Demers, 2010b).

Alimentation

La tortue géographique est un carnivore spécialisé qui s’alimente principalement de mollusques (bivalves, gastéropodes), mais les insectes et les écrevisses constituent également une importante source d’alimentation pour elle (Ernst et Lovich, 2009; COSEWIC 2012). On a observé des tortues géographiques se déplacer sous la surface de l’eau le long de la végétation à la recherche de gastéropodes et de myes (Vogt, 1981). L’habitat d’alimentation se trouve principalement dans les eaux peu profondes à proximité du rivage (Bulté et al., 2008). Une étude d’une population de tortues géographiques du lac Érié a établi que les femelles se nourrissaient davantage de mollusques, et les mâles davantage d’insectes (Lindeman, 2006). Selon de nombreuses études, le régime alimentaire des femelles juvéniles ressemble davantage à celui des mâles adultes, et les femelles adultes préfèrent une alimentation plus spécialisée (Lindman, 2006; Bulté et al., 2008; Richards-Dimitrie et al., 2013). Des études réalisées au Canada et aux États-Unis par Lindeman, 2006, et Bulté et Blouin-Demers, 2008, ont indiqué que les tortues géographiques femelles adultes préféraient se nourrir pratiquement exclusivement de moules zébrées (Dreissena polymorpha) et quagga (Dreissena bugensis) envahissantes, plutôt que d’avoir une alimentation plus variée. Les mollusques envahissants semblent avoir remplacé non seulement les mollusques indigènes, mais aussi des taxons autres que les mollusques dans l’alimentation des tortues géographiques.

Déplacements (déplacements locaux et dispersion)Note 15 de bas de page

Les tortues géographiques se déplacent souvent entre différents types d’habitats aquatiques pour accéder régulièrement ou de façon saisonnière à des ressources essentielles (p. ex. sites de nidification, sites d’hibernation, sources d’alimentation). Ainsi, il est important que les différents habitats utilisés par cette espèce soient reliés, ou suffisamment proches les uns des autres, pour que les individus puissent facilement se déplacer entre eux afin de répondre aux besoins de leur cycle vital. Les tortues géographiques effectuent des déplacements saisonniers pour trouver des milieux propices en réponse aux changements saisonniers du courant, de la profondeur et du substrat de l’eau (Gordon et MacCulloch, 1980; Pluto et Bellis, 1988; Laverty, comm. pers., 2012, dans COSEWIC, 2012; Urquhart, comm. pers., 2012, dans COSEWIC, 2012). Leurs profils de déplacement varient en fonction de la disponibilité de sites d’exposition au soleil, de nidification, d’hibernation et d’alimentation (COSEWIC, 2002).

La taille du domaine vital varie grandement entre individus, se situant entre 20 et 385 ha (moyenne de 120 à 347 ha) pour les mâles, entre 47 et 1 450 ha (moyenne de 160 à 1 347 ha) pour les femelles, et entre 160 et 1 037 ha en moyenne pour les femelles juvéniles (Carrière et al., 2009; Bernier et Rouleau, 2010). On a remarqué que la longueur du domaine vital s’étendait entre 2,2 et 24 km, et qu’elle était inférieure chez les mâles adultes (de 3,5 à 7,8 km) par rapport aux femelles adultes (de 2,2 à 24 km) (Tessier et Lapointe, 2009; Rouleau et Bernier, 2011). On pense que cette différence est en partie attribuable au besoin de la femelle de trouver un habitat de nidification (Carrière, 2007). En outre, les femelles semblent être très fidèles à leur domaine vital (Carrière, 2007). La distance parcourue par les tortues géographiques sur toute leur période annuelle d’activité diffère selon le type de plan d’eau où elles vivent. Il a été observé que les femelles adultes pouvaient parcourir une distance moyenne de 149 m/jour en milieu lentiqueNote 16 de bas de page, et de 315 m/jour en milieu lotiqueNote 17 de bas de page (Carrière et al., 2009).

3.4 Facteurs biologiques limitatifs

La plupart des tortues, notamment la tortue géographique, ont en commun certains éléments historiques de leur cycle vital qui peuvent limiter leur capacité à s’adapter à des degrés élevés de perturbation, ce qui explique en partie leur vulnérabilité aux baisses des effectifs (Congdon et al., 1993; Gibbons et al., 2000; Turtle Conservation Fund, 2002). Leur stratégie de reproduction est tributaire du taux de survie des adultes, qui doit être élevé afin de compenser le faible taux de recrutement, pour les raisons suivantes :

  1. courte période de reproduction attribuable à une maturité sexuelle tardive (entre 12 et 14 ans pour les femelles) à une longue durée de vie (plus de 20 ans);
  2. taux élevé de prédation naturelle des œufs et des juvéniles de moins de deux ans;
  3. développement interne et incubation externe des œufs sans soins parentaux dépendants des conditions du milieu.

En raison de ces caractéristiques historiques du cycle vital, les populations de tortues, notamment des tortues géographiques, ne peuvent s’ajuster à une augmentation du taux de mortalité des adultes. Des études à long terme ont révélé que ces animaux avaient besoin d’un taux élevé de survie des adultes (et particulièrement des femelles) pour maintenir leurs populations. Une simple augmentation de 2 à 3 % du taux de mortalité annuel chez les adultes pourrait provoquer des déclins de la population (Congdon et al., 1993, 1994; Cunnington et Brooks, 1996).

Les conditions climatiques auxquelles la tortue géographique peut survivre limitent peut-être l’aire de répartition de l’espèce dans les régions nordiques (Hutchinson et al., 1966; McKenney et al., 1998). Le climat joue un rôle essentiel dans le recrutement parce que cette espèce est tributaire du milieu extérieur pour l’incubation de ses œufs. Le recrutement peut varier d’une année à l’autre en fonction des conditions météorologiques, particulièrement durant l’été. Chez la tortue géographique, le sexe des individus dépend de la température et est déterminé durant l’incubation (Ernst et Lovich, 2009). Certaines recherches indiquent une production de mâles à des températures d’incubation avoisinant les 25 °C, alors que la production de femelles survient à des températures d’incubation de 30 °C ou plus (Bull et Vogt, 1979); par conséquent, il se peut que le changement climatique ait des répercussions sur le taux de recrutement de mâles et de femelles dans la population.

Au Canada, les populations locales de la tortue géographique se trouvent à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce (Seburn et Seburn, 2000). Une quantité inférieure d’unités thermiquesNote 18 de bas de page étant disponible plus au nord, la durée des périodes de nidification et de développement diminue. Il peut s’agir d’un facteur limitatif pour cette espèce (Brooks, 2007).

3.5 Importance de l’espèce sur le plan culturel

Les tortues occupent une grande place dans les croyances spirituelles et les cérémonies autochtones. Pour les Premières Nations, la tortue est un maître, qui possède de vastes connaissances. Elle joue un rôle fondamental dans l’histoire de la création, car elle a permis la formation de la Terre sur sa dossière. C’est pourquoi la majorité des peuples des Premières Nations appellent traditionnellement l’Amérique du Nord « île de la Tortue ». Les Autochtones utilisent aussi la carapace de la tortue pour représenter un calendrier lunaire, les 13 plaques osseusesNote 19 de bas de page représentant les 13 pleines lunes de l’année. Fabriqués à partir des carapaces de tortues, les hochets de tortue sont utilisés au cours des cérémonies traditionnelles et représentent souvent la tortue dans l’histoire de la création. Les tortues figurent aussi dans d’autres récits traditionnels, comme celui expliquant comment la tortue a acquis sa carapace, chez les Anishinaabe, et celui racontant une course entre tortue et castor, chez les Haudenosaunee (Bell et al., 2010).

4. Menaces

Les menaces qui pèsent sur la tortue géographique peuvent varier à l’échelle locale dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce au Canada. L’information présentée au tableau 1 ne constitue toutefois qu’une évaluation globale de ces menaces au Canada. La section sur la description des menaces, sous le tableau 1, fournit des renseignements supplémentaires disponibles, le cas échéant, sur l’importance d’une menace donnée à l’échelle locale.

4.1. Évaluation des menaces

Les menaces sont présentées au tableau 1 selon un ordre décroissant de niveau de préoccupation dans chaque catégorie de menaces.

Tableau 1. Tableau d’évaluation des menaces
CategoryMenaceNiveau de préoccupationNote a du tableau 1
Information sur la menace
Étendue
Information sur la menace
Situation chronologique
Information sur la menace
Fréquence
Information sur la menace
GravitéNote b du tableau 1
Information sur la menace
Certitude causaleNote c du tableau 1
Information sur la menace
Perte, dégradation ou fragmentation de l’habitatAménagement des rivesÉlevéGénéraliséeHistorique et actuelleRécurrenteÉlevéeÉlevée
Perte, dégradation ou fragmentation de l’habitatOuvrages de régularisation des eauxMoyen à élevéLocaliséeHistorique et actuelleRécurrenteModéréeMoyenne
Mortalité accidentelleNavigation de plaisanceÉlevéGénéraliséeActuelleSaisonnièreÉlevéeÉlevée
Mortalité accidentelleCapture accessoire par les pêcheursÉlevéLocaliséeActuelleSaisonnièreÉlevéeÉlevée
Mortalité accidentelleRéseaux routiersÉlevé/
moyen
Généralisée/
localisée
Historique et actuelleSaisonnièreModéréeÉlevée/
moyenne
Utilisation des ressources biologiquesCapture illégaleMoyenLocaliséeActuelleRécurrenteModéréeMoyenne
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsPrédateurs favorisés par les activités humainesMoyenLocaliséeActuelleSaisonnièreModéréeMoyenne
Perturbations ou destructionPerturbations associées aux activités humainesMoyenLocaliséeActuelleSaisonnièreInconnueMoyenne
Espèces exotiques, envahissantes ou introduitesEspèces exotiques et envahissantesMoyenLocaliséeActuelle et prévueContinueModéréeMoyenne
PollutionContamination et charge en nutrimentsFaibleLocaliséeHistorique et actuelleContinue/
saisonnière
InconnueFaible
Climat et catastrophes naturellesChangement climatiqueInconnuGénéraliséeActuelle et prévueContinueInconnueFaible

Note du tableau 1

Note a du tableau 1

Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace constitue une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) en ce qui concerne le rétablissement de l’espèce, conformément aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce critère tient compte de l’évaluation de toutes les données du tableau.

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Note b du tableau 1

Gravité : indication de l’importance des répercussions à l’échelle de la population (élevée [répercussions très importantes à l’échelle de la population], modérée, faible, inconnue).

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Note c du tableau 1

Certitude causale : reflète le degré de certitude connu quant à la menace (élevée [des données lient fortement la menace au stress qui pèse sur la viabilité de la population]; moyenne [il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d’expert]; faible [la menace est supposée ou plausible]). Remarque : différence d’évaluation entre provinces - en cas d’évaluations différentes entre des provinces, les deux évaluations sont indiquées (ON/QC, dans cet ordre).

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4.2. Description des menaces

La présente section décrit les principales menaces soulignées au tableau 1, met l’accent sur les points essentiels et fournit des renseignements supplémentaires. Chaque menace est présentée individuellement, mais il importe aussi de tenir compte des effets cumulatifs à long terme d’un type de menaces qui pèsent sur les populations locales de tortues géographiques. Il est à noter que certaines de ces menaces s’appliquent uniquement pendant la période d’activité de l’espèce, car elles entraînent une mortalité directe, des blessures ou la capture d’individus. L’isolation provoquée par la perte et la fragmentation de l’habitat est particulièrement préoccupante, car elle peut constituer un obstacle à la dynamique des métapopulations et réduire les possibilités d’une immigration de source externe. Les menaces sont présentées en ordre décroissant de niveau de préoccupation.

Destruction et dégradation de l’habitat

Aménagement des rives

La dégradation de l’habitat riverain réduit la disponibilité de sites de ponte et d’exposition au soleil (Carrière et Blouin-Demers, 2010; COSEWIC, 2012). Une telle dégradation de l’habitat peut également mener à une diminution du nombre de sites d’hibernation et à une augmentation du nombre de prédateurs (Ernst et Lovich, 2009). Dans de nombreux secteurs, les rives sont renforcées pour éviter l’érosion, souvent au moyen de métal, de murs de béton ou d’enrochementNote 20 de bas de page (Gillingwater, 2004). Les simples constructions de chalets et entretien des rives peuvent modifier l’habitat de nidification et détruire des habitats essentiels nécessaires, comme les rondins permettant l’exposition au soleil (McDonnell, comm. pers., 2012, dans COSEWIC, 2012). Ces ouvrages modifient ou détruisent l’habitat riverain, empêchant les tortues géographiques d’effectuer certaines activités vitales essentielles, comme la nidification ou l’exposition au soleil, ce qui entraînera finalement une baisse de l’effectif. Les activités de construction associées à ce type d’aménagement peuvent aussi entraîner une mortalité directe des tortues. Des individus peuvent être extraits de leur hibernacle par la machinerie lourde utilisée pour des travaux de défrichage ou d’excavation, ou écrasés par ce type de machinerie durant leurs déplacements terrestres. Cette activité peut également entraîner la destruction ou la dégradation des communautés de plantes aquatiques qui constituent un abri et un habitat d’alimentation pour les tortues.

Certaines techniques couramment utilisées pour gérer les ruisseaux et les zones riveraines, comme la réduction des chicots ou des embâcles, le drainage riverain, la canalisation des cours d’eau, la réduction des barres de sable et des plages, et les ouvrages de retenue des eaux, peuvent également avoir des répercussions négatives sur les tortues géographiques (Bodie, 2001). La destruction ou la modification des barres de sable et des plages touchent particulièrement les tortues géographiques, car ces activités peuvent réduire la disponibilité de sites de nidification adaptés.

Mortalité accidentelle

Navigation de plaisance

Pendant qu’elles sont dans l’eau, les tortues risquent d’être blessées ou tuées par des chocs avec des bateaux ou des hélices (Burger et Garber, 1995; Smith et al., 2006; Galois et Ouellet, 2007; Bulté et al., 2010). La mortalité de tortues attribuable à des chocs avec des bateaux à moteur, même dans des plans d’eau où la circulation est faible à modérée (et non élevée), peut entraîner une baisse de la population de tortues d’eau douce à l’échelle locale (Bulté et al., 2010). Au Canada, des mortalités et des blessures associées aux bateaux à moteur et autres sports nautiques ont été observées chez la tortue géographique (Gillingwater, comm. pers., 2005 dans Seburn, 2007; Carrière, 2007; Galois et Ouellet, 2007; Bernier et Rouleau, 2010; Bulté et al., 2010; Bennett et Litzgus, 2014). On signale assez souvent des cas de blessures par des hélices, mais la gravité de cette menace a uniquement été évaluée dans quelques secteurs. Une étude sur les répercussions des bateaux de plaisance à moteur sur les populations de tortues géographiques menée à deux endroits en Ontario a révélé que les chocs avec des bateaux constituaient un risque important pour les populations. Globalement, 8,3 % et 3,8 % des individus présents dans les deux secteurs visés par l’étude, respectivement, avaient été blessés par des hélices; si plus de 10 % de ces chocs se soldaient par la mort des tortues, une extinction rapide des populations serait plausible (Bulté et al., 2010). Des blessures liées à la navigation ont aussi été signalées chez cette espèce au Québec (Bernier et Rouleau, 2010). Des études ont également prouvé que l’on trouvait vraisemblablement plus de tortues géographiques femelles blessées par des hélices de bateaux que de mâles, ce qui est probablement attribuable à la taille supérieure des femelles (Bulté et al., 2010; Bennett et Litzgus, 2014).

Capture accessoire par les pêcheurs

On estime que la capture accessoire et la pêche récréative et commerciale en eau douce constituent des menaces réelles, mais sous-évaluées pour les tortues (Raby et al., 2011). Des recherches poussées ont été réalisées dans l’est de l’Ontario ces dernières années relativement aux taux de capture accessoire de tortues attribuables aux filets de pêche commerciale; les résultats indiquent que les tortues géographiques font partie des espèces les plus souvent capturées (Larocque et al., 2012a; Stoot et al., 2013; Midwood et al., 2014). Souvent, on ne vérifie pas les filets pendant plusieurs jours. Les taux de noyade de tortues sont donc élevés. Les taux de mortalité suffisent à entraîner la disparition des populations de tortues locales (Midwood et al., 2014). On peut remarquer des signes de blessures chez les tortues qui survivent (c.-à-d. qui ne se noient pas) dans les filets, ce qui augmente les risques de mortalité ultérieure (Stoot et al., 2013).

Des études menées dans l’est de l’Ontario et sur le fleuve Mississippi (aux États-Unis) ont révélé que les techniques de pêche passive (p. ex. verveux) pouvaient entraîner un grand nombre de captures accessoires de tortues, en particulier de tortues géographiques (p. ex. Barko et al., 2004; Carrière, 2007; Laroque et al., 2012a). En 2005, 15 tortues géographiques se sont noyées dans des verveux utilisés pour la pêche commerciale dans la région du parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent (Carrière, 2007). On a également rapporté un taux de mortalité élevé (33 %) de tortues prises dans des filets installés dans le lac Newboro, en Ontario (Laroque et al., 2012c). Même lorsque l’on prend soin de faire en sorte qu’une partie du verveux demeure au-dessus de la surface de l’eau, les tortues ont tendance à se déplacer jusqu’au dernier compartiment, qui est parfois ancré au fond du plan d’eau et donc complètement submergé (Thompson, comm. pers., dans Seburn, 2007).

Outre le risque de capture accessoire dans les filets de pêche commerciale, les tortues peuvent également être blessées en raison de l’ingestion d’hameçons utilisés dans le cadre de la pêche récréative, ce qui peut entraîner leur mort. Il arrive souvent que les pêcheurs relâchent les tortues qui se font prendre dans les lignes de pêche en coupant la ligne; dans pareil cas, l’hameçon demeure dans la tortue (Galois et Ouellet, 2007; Gillingwater, 2008). L’hameçon et la ligne de nylon peuvent causer de graves lacérations du tube digestif, et les poids en plomb peuvent empoisonner les tortues (Borkowski, 1997). Des cas de prises accessoires de ce type ont été signalés en Ontario, notamment dans la région de Toronto (Johnson, comm. pers., 2005, dans Seburn, 2007).

Mortalité accidentelle

Réseaux routiers

Les études sur les tortues font état d’une préoccupation grandissante à l’égard de la mortalité par collision avec des véhicules routiers (voir par exemple Andrews et al., 2006), particulièrement en ce qui concerne les routes longeant des cours d’eau et des lacs, très fréquentées. La tortue géographique étant essentiellement aquatique, on estime que la mortalité sur les routes est moins préoccupante pour cette espèce que pour d’autres tortues d’eau douce (Oldham, comm. pers., 2012, dans COSEWIC, 2012). Cependant, étant donné sa sensibilité à la mortalité accrue des adultes, de faibles taux de mortalité peuvent à eux seuls être préjudiciables aux populations locales.

Le réseau routier ontarien prend rapidement de l’ampleur, en particulier dans la partie sud de la province, où la longueur moyenne des routes principales a augmenté de 28 000 km en 60 ans (Fenech et al., 2005). La mortalité routière est très préoccupante dans cette province et on a repéré des parties de routes aux taux de mortalité des tortues d’eau douce élevés dans de nombreux secteurs, y compris dans des parcs nationaux et provinciaux (Ashley et Robinson, 1996; Crowley et Brooks, 2005; Ontario Road Ecology Group, 2010). Selon une étude réalisée le long de la chaussée de Long Point, 25 tortues géographiques ont été tuées sur un tronçon de route de 3,6 km, ce qui peut représenter une mortalité annuelle pouvant atteindre 2 % dans ce secteur (Ashley et Robinson, 1996). Une autre étude menée en Ontario suggère que les populations locales pourraient diminuer dans des lieux où la densité est supérieure à 2 km de route/km², et où le volume de la circulation est supérieur à 200 véhicules/voie/jour; on sait que ces seuils sont dépassés dans certains secteurs (Gibbs et Shriver, 2002).

Les femelles sont plus exposées à la mortalité routière parce qu’elles se déplacent sur la terre ferme durant la période de nidification (Haxton, 2000), qu’elles peuvent nidifier dans les accotements (voir par exemple Aresco, 2005), et, par conséquent, se retrouvent plus souvent sur les routes que les mâles (Steen et al., 2006). Cela peut donner lieu à une baisse de la population, car le nombre de femelles qui se reproduisent et qui nidifient et qui permettent d’augmenter ou de maintenir la population diminue. De même, les nouveau-nés qui sortent des nids situés dans les accotements peuvent être tués en tentant d’atteindre les habitats aquatiques. La mortalité peut également augmenter le possible déclin de la population attribuable à des taux de recrutement en baisse.

Il est aussi possible que l’entretien des routes et des sentiers menace les individus et les nids en raison des travaux de terrassement, d’élimination de la végétation ou de lutte contre la végétation nécessaires en été, en automne et en hiver. Une enquête plus approfondie relative à l’étendue des répercussions de la mortalité routière sur les populations locales de tortues géographique est nécessaire.

Destruction et dégradation de l’habitat

Ouvrages de régularisation des eaux

Les ouvrages de régularisation des eaux peuvent nuire au déplacement des tortues en milieu aquatique et, par conséquent, accroître la fragmentation de l’habitat (Bennett et al., 2010). Cela est particulièrement préoccupant dans le cas des espèces de tortues essentiellement aquatiques, comme la tortue géographique. Dans certains cas, la construction de barrages et d’écluses peut jouer un rôle dans l’isolement des populations locales de tortues géographiques (Bennett et al., 2010; COSEWIC, 2012; Bouchard et al., 2013). Par exemple, la diversité génétique de populations locales vivant le long d’une importante rivière en Ontario est plus faible que celle d’autres populations locales analysées. Cela pourrait être attribuable à des déplacements limités et à une faible connectivité entre les habitats en raison d’obstacles situés le long de la rivière (Bouchard et al., 2013). La perte de variation génétique dans de petites populations isolées peut à son tour entraîner une perte de valeur sélective et d’adaptabilité de la population, et augmenter le risque d’extinction en cas d’événement catastrophique ou d’épidémieNote 21 de bas de page (Frankham, 1995; Reed et Frankham, 2003). Cependant, des tortues géographiques ayant franchi des barrages et des écluses ont déjà été observées (Bennett et al., 2010; Bernier et Rouleau, 2010; Gillingwater, comm. pers., 2012), ce qui indique que ces structures n’empêchent pas toujours leurs déplacements.

L’exploitation d’ouvrages de régularisation des eaux peut aussi avoir une incidence sur l’habitat des tortues en raison de la modification des niveaux d’eau en amont et en aval, et donc sur la profondeur des hibernacles et la disponibilité d’habitats de ponte, d’exposition au soleil et d’alimentation. Par exemple, l’utilisation de barrages afin de contrôler les inondations a des répercussions négatives sur l’espèce, car elle réduit l’élimination de végétation sur les rives et la superficie de sol exposé adapté à la nidification en raison des inondations naturelles (Seburn, 2007; COSEWIC, 2012). De plus, les ouvrages de régularisation des eaux peuvent avoir des répercussions sur le régime d’écoulement en aval, qui modifie le transport de sédiments, les propriétés thermiques, les niveaux d’eau et les concentrations d’oxygène, qui peuvent tous influer sur la qualité de l’habitat pour les tortues, particulièrement durant l’hibernation. La régularisation des niveaux d’eau par les barrages peut aussi se solder par la submersion de nids de tortues géographiques durant la période d’incubation ou d’hibernation, ce qui peut entraîner la noyade des œufs ou tuer les nouveau-nés en hibernation (Flaherty, 1982).

Utilisation des ressources biologiques

Capture illégale

Dans le monde entier, de nombreuses espèces de tortues sont touchées par la capture illégale individuelle ou systématique à grande échelle pour en faire des animaux de compagnie, aux fins d’alimentation ou pour une utilisation dans les remèdes traditionnels (Bodie, 2001; Moll et Moll, 2004; Daigle et al., 2007). Le taux d’exportation de tortues d’eau douce est élevé aux États-Unis (Mali et al., 2014). Par exemple, entre 2003 et 2005, 511 520 tortues géographiques (Graptemys) ont été exportées légalement des États-Unis, parmi lesquelles 10 365 individus avaient été déclarés capturés à l’état sauvage (capturés légalement dans la nature); exactement 3 672 parmi ces dernières ont été exportées (Senneke, 2006, dans COSEWIC, 2012). On peut s’attendre à ce que le taux d’exportation illégale soit élevé au Canada, étant donné la demande commerciale lucrative. Les espèces de reptiles en péril sont plus susceptibles d’être visées par le commerce international des animaux de compagnie que les autres (Bush et al., 2014), ce qui correspond à une demande générale en espèces sauvages rares (Courchamp et al., 2006). Les tortues géographiques possèdent des caractéristiques semblables à celles de nombreuses espèces de tortues visées par le commerce des animaux de compagnie et de l’alimentation, notamment : graptémyde pseudogéographique (Graptemys pseudogeographica), graptémyde pseudogéographique du Sud (Graptemys kohnii), tortues peintes (Chrysemys spp.), pseudémydes (Pseudemys spp.) et trachémydes (Trachemys spp.) (Conant et Collins, 1991). La ressemblance avec bon nombre de ces espèces de tortues augmente le risque de braconnage des tortues géographiques (COSEWIC, 2012). On ne sait pas très bien si la capture de tortues à des fins alimentaires est répandue au Canada, mais on sait que des tortues de diverses espèces, dont les tortues géographiques, sont consommées par des humains (Thorbjarnarson et al., 2000; Moll et Moll, 2004).

La vente illégale de tortues géographiques s’est accrue par l’intermédiaire de sites Web comme Kijiji (Gillingwater, comm. pers., 2011, dans COSEWIC, 2012). Selon des renseignements fournis au ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, neuf tortues géographiques capturées à l’état sauvage ont été mises en vente en ligne entre 2010 et 2012 en Ontario (Gillingwater, comm. pers., 2011, dans COSEWIC, 2012). Deux cas de capture de tortues géographiques ont été rapportés récemment en Ontario (Cebek, comm. pers., 2005; deSolla, 2005; deSolla, comm. pers., 2005 dans Seburn, 2007).

La capture illégale de tortues géographiques n’entraîne peut-être pas de mortalité directe, mais elle retire des individus de tous âges de la population, ce qui, étant donné la stratégie de reproduction de l’espèce (longévité extrême, faibles taux de recrutement), peut entraîner une importante baisse du recrutement (COSEWIC, 2012). L’élimination annuelle, ne serait-ce que de quelques adultes d’une population de tortues à l’échelle locale, peut avoir une incidence considérable (se reporter à la section 3.4). Il existe peu d’information sur la portée de la capture illégale et organisée de tortues en ce qui concerne les populations canadiennes de tortues géographiques.

Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturels

Prédateurs favorisés par les activités humaines

Dans bon nombre de régions, la faible densité ou l’absence de prédateurs occupant le sommet de la chaîne alimentaire, ainsi que l’augmentation de la nourriture disponible associée aux humains (p. ex. distribution de nourriture, déchets, cultures) ont mené à des effectifs de prédateurs de tortues supérieurs à ceux que les conditions naturelles pouvaient permettre dans le passé (Mitchell et Klemens, 2000). Parmi les principaux prédateurs de la tortue géographique, citons le vison (Neovison vison), le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes) et le coyote (Canis latrans). On sait également que les nouveau-nés sont les proies des grenouilles vertes (Rana clamitans), des ouaouarons (Lithobates catesbeianus), des chélydres serpentines (Chelydra serpentina), des gros poissons, des mouettes, des goélands, et des hérons (Gillingwater, comm. pers., 2011, dans COSEWIC, 2012). Plusieurs populations locales de tortues géographiques subissent des taux de prédation élevés. Par exemple, dans le cadre d’une étude menée pendant deux ans dans le parc provincial Rondeau, on a observé que 75 % des œufs avaient été mangés par des mammifères (Gillingwater et Brooks, 2002). Dans le parc national du Canada de la Pointe-Pelée, une étude réalisée par Browne, 2003, a révélé que 63 à 100 % des nids de tortues subissaient une prédation, principalement par des ratons laveurs, et une autre étude (Phillips et Murray, 2005) a établi que la densité de ratons laveurs dans le parc était quatre fois plus élevée que la moyenne dans les régions rurales de l’Ontario (Phillips, 2008). La mortalité accrue dans les nids au sein de l’habitat perturbé était principalement attribuable à une densité globale de ratons laveurs plus élevée plutôt qu’à des activités de leur part visant à trouver de la nourriture dans les nids de tortues (Phillips, 2008). La forte prédation par les ratons laveurs a été jugée comme une cause probable du faible recrutement et du changement de la structure par taille/âge des populations de tortues (Browne et Hecnar, 2007). Une étude réalisée au Lac des Deux-Montagnes, au Québec, a permis d’estimer que les taux de prédation des sites de nidification des tortues géographiques étaient supérieurs (entre 55 et 95 %), et que les taux de prédation par les ratons laveurs étaient plus importants, si lesdits sites se trouvaient à proximité de paysages modifiés par l’homme (Bernier et Rouleau, 2010).

Des méthodes visant à gérer les taux de prédation élevés ont été définies (p. ex. cages d’exclusion des prédateurs) et mises en œuvre, et divers degrés de réussite ont été atteints (Seburn, 2007; Riley et Litzgus, 2013).

Perturbations ou destruction

Perturbations associées aux activités humaines

L’activité humaine peut toucher les tortues géographiques de nombreuses façons. Le simple fait de s’approcher des tortues, si discrètes, qui s’exposent au soleil peut les faire fuir et retourner à l’eau. La perte de chaleur ainsi occasionnée si la perturbation se produit de façon répétitive peut retarder la croissance des œufs chez les femelles et nuire à d’autres processus du cycle vital chez les animaux des deux sexes et de toutes les classes d’âge (p. ex. métabolisme de la nourriture, émergence au printemps) (Bulté et Blouin-Demers, 2010b). Par ailleurs, la présence de l’homme ou de bateaux peut retarder ou interrompre la nidification, et les femelles peuvent abandonner leurs nids, rendant ces derniers plus vulnérables à la prédation (Horne et al., 2003; Moore et Seigel, 2006). La perturbation répétée dans les sites de ponte peut également forcer les femelles à utiliser des sites de moindre qualité (Moore et Seigel, 2006), ce qui peut ralentir l’incubation et réduire le taux de nouveau-nés (Horne et al., 2003). Les activités récréatives sur les plages de nidification (p. ex. utilisation de véhicules tout-terrain [VTT]) peuvent également entraîner le piétinement de nids ou de tortues (Bolton et Brooks, 2007). Le déplacement de tortues par l’homme (p. ex. individus qui les capturent et les relâchent ultérieurement dans la nature à des endroits différents de là où elles ont été capturées) d’un plan d’eau à un autre peut donner lieu à un stress ou à des menaces accrus (p. ex. réseaux routiers) lorsque la tortue tente de retourner dans son secteur d’origine ou de trouver des habitats répondant aux besoins de son cycle vital (p. ex. en matière d’alimentation ou d’hibernation) (Gillingwater, comm. pers., 2012). Les diverses espèces de tortues ont aussi fait l’objet d’un harcèlement et d’une persécution délibérés de la part d’humains, comme le fait de lancer des roches et le tir au fusil (voir par exemple Horne et al., 2003).

Une étude réalisée le long d’une rivière en Ontario a révélé que l’accroissement de la navigation et l’aménagement d’une plage publique avaient entraîné une réduction des observations de tortues géographiques dans les baies et chenaux des environs (Tessier et Lapointe, 2009). Selon la même étude, la circulation des bateaux constitue un degré élevé de perturbation pour les tortues géographiques qui s’exposent au soleil, dont l’observation de tortues quittant leur nid est la preuve.

Espèces exotiques, envahissantes ou introduites

Espèces exotiques et envahissantes

L’introduction de plantes exotiques envahissantes peut modifier la disponibilité et la qualité des habitats de la tortue géographique. Dans certaines régions, en particulier autour des lacs Érié, Huron et Sainte-Claire, ainsi que le long de certains cours d’eau importants, le roseau commun (Phragmites australis), non indigène, a envahi les milieux humides, les lacs et les rivières en formant une monocultureNote 22 de bas de page qui a modifié les conditions et réduit la qualité des habitats (Wilcox et al., 2003; Hudon et al., 2005; Gillingwater, comm. pers., 2012). L’expansion de réseaux routiers facilite également la propagation d’espèces de plantes envahissantes dans le sud de l’Ontario (Gelbard et Belnap, 2003).

Les tortues nidifient dans des zones ouvertes non ombragées recevant une chaleur solaire adéquate. Dans le cadre d’une étude réalisée à Long Point, au lac Érié, en Ontario, il a été constaté que le roseau commun (plante non indigène) avait réduit la quantité des habitats de nidification appropriés de bon nombre d’espèces de tortues, parce que la croissance de la plante a modifié le microenvironnement (notamment une importante baisse de la température dans les nids) des nids de tortues durant la période d’incubation (Bolton et Brooks, 2010). Il y a également eu une perte d’habitat propice à la nidification de diverses espèces de tortues en raison de plantes envahissantes, notamment le roseau commun, le houblon du Japon (Humulus japonicas) et la salicaire pourpre (Lythrum salicaria), non indigènes, à de nombreux endroits dans tout le sud de l’Ontario (Gillingwater, comm. pers., 2012).

L’introduction d’espèces animales non indigènes peut également avoir un effet négatif sur les tortues. La mise en liberté de tortues exotiques de compagnie (p. ex. tortue à oreilles rouges [Trachemys scripta]) dans les milieux naturels à la suite d’une période de captivité peut entraîner la transmission de maladies aux populations indigènes et peut créer une concurrence pour les sites d’exposition au soleil et d’alimentation (Cadi et Joly, 2003, 2004). On sait que ces tortues sont très présentes dans certains endroits de l’Ontario, et même qu’elles s’y reproduisent (ministère des Richesses naturelles et des Forêts, 2014, données inédites). La carpe commune (Cyprinus carpio) pose également problème dans de nombreux secteurs du sud de l’Ontario, en particulier en raison de son abondance, de ses habitudes d’alimentation actives et de son importante capacité à supplanter les espèces indigènes. Pour se nourrir, la carpe fouille dans le substrat, ce qui endommage ou tue des plantes, et augmente l’envasement et la turbidité dans l’eau (Laird et Page, 1996), entraînant toute une gamme de répercussions écologiques, notamment la perte de la biodiversité (Kloskowski, 2011). Cela a une incidence sur la qualité et la quantité des habitats propices disponibles pour la tortue géographique.

Pollution

Contamination et charge en nutriments

L’habitat aquatique des tortues géographiques peut être touché par la dégradation de la qualité de l’eau attribuable au ruissellement des eaux contaminées provenant de zones agricoles (nutriments et pesticides) et industrielles (déchets industriels), de routes (p. ex. sels de voirie) et de zones urbaines (p. ex. métaux lourds) (Mitchell et Klemens, 2000; Bishop et al., 2010). Il se peut que les tortues géographiques soient vulnérables à l’accumulation de contaminants dans leurs tissus corporels. Elles absorbent les contaminants provenant du milieu par l’intermédiaire de divers processus physiologiques (p. ex. alimentation, respiration, absorption par des tissus ou des membranes comme les coquilles d’œufs). La tortue géographique est plus vulnérable aux contaminants que d’autres espèces de tortues en raison de son régime alimentaire (c.-à.-d. mollusques, écrevisses et insectes) (Lindeman, 2006; Bulté et Blouin-Demers, 2008) et de la localisation de ses habitats (bassins versants des Grands Lacs et du Saint-Laurent) (Bishop et Gendron, 1998). L’ingestion de grandes quantités de moules zébrées provenant du bassin des Grands Lacs par les tortues géographiques (Bulté et Blouin-Demers, 2008) pourrait constituer une importante source d’exposition à des contaminants (Hogan et al., 2007). Les tortues géographiques s’alimentent de mollusques. La dégradation de plans d’eau qui entraîne la réduction de l’abondance des mollusques serait également préjudiciable aux populations de l’espèce (COSEWIC, 2012).

De récentes études indiquent que les répercussions de la dépendance à la chaîne alimentaire benthique sur l’accumulation de mercure chez les tortues peintes et musquées (Châteauvert, 2013) sont faibles et que la concentration de mercure dans le sang est les plaques osseuses n’a pas d’incidence sur le degré de parasitisme chez les tortues peintes (Slevan-Tremblay, 2013). Cependant, l’exposition au mercure peut être nuisible pour le système immunitaire, car il réduit le nombre de lymphocytes. Il se pourrait que les tortues géographiques soient soumises à des répercussions similaires. Deux études réalisées dans le bassin des Grands Lacs ont permis de détecter la présence de plusieurs contaminants d’origine industrielle dans les œufs des tortues serpentines. On a également remarqué l’augmentation du développement anormal des embryons en raison de l’exposition à des hydrocarbures aromatiques polychlorés (Bishop et al., 1998; Van Meter et al., 2006). Bien que ces études se concentrent sur d’autres espèces, des répercussions similaires sur la tortue géographique sont possibles puisqu’elle vit dans des habitats et a des comportements semblables.

Les apports en sédiments et en matière organique issus de l’érosion et du ruissellement peuvent aussi altérer la qualité de l’eau et la structure de l’habitat, et menacer les populations locales de tortues géographiques. L’envasement de bassins profonds a aussi été associé au déclin de plusieurs espèces de tortues (voir Bodie, 2001), et pourrait dégrader l’habitat d’hibernation de la tortue géographique par l’exposition des individus au gel. L’augmentation des charges de nutriments liée à l’activité humaine peut favoriser la prolifération des cyanobactéries dans les eaux fréquentées par les tortues (Carpenter et al., 1998), ce qui peut constituer une menace pour les tortues qui ingèrent les toxines produites par ces algues. De plus, une charge en nutriments peut mener à une consommation accrue d’oxygène par les bactéries, ce qui peut entraîner des périodes de faibles concentrations d’oxygène dissous (hypoxie) ou même d’absence totale d’oxygène (anoxie) durant l’hiver. Les tortues géographiques sont connues pour leur intolérance à l’hypoxie pendant l’hibernation (Ultsch, 2006); ainsi, si elles hibernent dans des zones où les niveaux d’oxygène sont plus faibles, elles risquent de mourir d’hypoxie ou d’anoxie pendant l’hibernation.

Climat et catastrophes naturelles

Changement climatique

Le climat est le principal facteur limitant la répartition des tortues dans les régions nordiques. Compte tenu de l’effet du climat sur le taux de recrutement, il semble probable que les changements climatiques planétaires auront des répercussions sur les populations de tortues. En Ontario, une augmentation de la température annuelle moyenne de 2,5 à 3,7 ºC est prévue d’ici 2050 (comparativement à la période de 1961 à 1990); on s’attend aussi à des changements des régimes saisonniers de précipitations (Comité d’experts sur l’adaptation au changement climatique, 2009).

Le sexe de la tortue géographique est déterminé par la température ambiante : une température plus élevée entraîne la naissance d’un plus grand nombre de femelles, tandis qu’une température fraîche produit proportionnellement plus de mâles (Ernst et Lovich, 2009). On a avancé que les changements climatiques et la hausse attendue des températures moyennes pourraient avoir des répercussions sur le rapport des sexes dans les populations de tortues (en faveur des femelles) (Janzen, 1994; COSEWIC 2012) et sur le développement des embryons et des nouveau-nés (Willette et al., 2005), ce qui pourrait constituer une menace pour l’espèce à l’avenir (COSEWIC, 2012). Selon une étude de modélisation climatique réalisée dans la région des Grands Lacs, 50 à 75 % des lieux où l’on sait que la tortue géographique est présente au Canada et aux États-Unis devraient demeurer appropriés pour l’espèce sur le plan du climat. La tortue géographique a été jugée moyennement sensible au changement climatique par rapport à d’autres espèces de reptiles visées par l’étude (King et Niiro, 2013). Même si le changement climatique semble constituer une menace pour la tortue géographique au Canada, le degré de préoccupation demeure difficile à prévoir. Il serait utile de réaliser des études supplémentaires sur les répercussions du changement climatique sur la tortue géographique et d’autres espèces de tortues en péril.

5. Objectif en matière de gestion

L’objectif en matière de gestion de la tortue géographique est le suivant :

  • stabiliser les niveaux de la population pour pouvoir conserver la répartition et l’abondance de la population canadienne de l’espèce par l’intermédiaire de la réduction et de l’atténuation des menaces, ainsi que de la gestion de l’habitat.

On ne connaît pas tout à fait la répartition et l’abondance de la tortue géographique à l’heure actuelle. Il existe peu de données à long terme sur les tendances de la population en ce qui concerne cette espèce, mais COSEWIC, 2012, indique que la population globale baissera vraisemblablement en raison de la mortalité accrue liée aux nombreuses menaces auxquelles elle doit faire face. Ce plan de gestion vise à mettre un terme au déclin de la population et à maintenir la population globale de l’espèce au Canada (répartition et abondance) par l’élimination des menaces. Cette espèce longévive a des exigences écologiques précises, des besoins complexes en ce qui a trait à son cycle vital, et une capacité limitée à compenser la perte d’individus par la reproduction ou le recrutement dans les populations adjacentes. Par conséquent, il faudra mettre en place des approches et des stratégies actives sur plusieurs fronts et dans des zones de grande taille pour atteindre cet objectif. On se concentrera particulièrement sur la protection des populations locales et de l’habitat approprié, ce qui permettra à l’espèce de devenir autosuffisante. Il sera également nécessaire de rassembler des renseignements de base par l’intermédiaire d’activités de surveillance de la population et de l’habitat, afin de définir les tendances de la population et l’utilisation de l’habitat, et d’aider à façonner davantage de mesures de gestion. Les stratégies de réduction et d’atténuation des menaces permettent de garantir la conservation de la population de la tortue géographique au Canada. Si l’on n’élimine pas les menaces qui pèsent sur l’espèce, il sera probablement impossible de conserver le nombre d’individus actuel des populations locales. Il est nécessaire de mettre en place des activités de communication et de sensibilisation, ainsi que de recherche visant à combler les lacunes sur le plan des connaissances, pour éviter que la baisse de la population se poursuive, pour comprendre la biologie et l’écologie de l’espèce et pour mieux documenter les menaces au Canada.

6. Stratégies générales et mesures de conservation

6.1. Mesures achevées ou en cours

À l’échelle nationale, la Société d’herpétologie du Canada (SHC) est la principale organisation sans but lucratif qui se consacre à la conservation des amphibiens et des reptiles, dont les tortues, par l’intermédiaire des activités suivantes : études scientifiques, programmes d’information du public et projets communautaires, compilation et analyse de données historiques et projets de conservation ou de remise en état de l’habitat.

Environnement Canada finance des projets liés à la conservation des tortues géographiques au Québec et en Ontario par l’intermédiaire du Programme d’intendance de l’habitat (PIH) et du Fonds autochtone pour les espèces en péril (FAEP) depuis 2001, et grâce au Fonds interministériel pour le rétablissement (FIR) depuis 2004. Les projets comprennent des activités comme la réalisation des relevés ciblés de l’espèce, la définition des habitats importants pour les populations locales, l’étude de la gravité des menaces ou leur atténuation (p. ex. mortalité sur les routes), l’invitation du public à transmettre des observations et à signaler la présence de tortues, la sensibilisation des propriétaires fonciers et de la population en ce qui a trait à la reconnaissance de l’espèce, aux menaces et aux possibilités en matière d’intendance.

Ontario

Une équipe de rétablissement multi-espèces des tortues en péril de l’Ontario (Ontario Multi-Species Turtles at Risk Recovery Team) a été créée au début des années 2000 par un groupe de personnes intéressées par le rétablissement des tortues. Ce groupe a coordonné et entrepris diverses activités de rétablissement, et a participé à la préparation et à l’examen de l’ébauche d’un programme de rétablissement multi-espèces de tortues de l’Ontario, concernant cinq espèces de tortues d’eau douce, notamment la tortue géographique.

Le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’OntarioNote 23 de bas de page (MRNF) a financé de nombreux projets de conservation et d’intendance visant les tortues en Ontario grâce au Fonds d’intendance pour les espèces en péril et à d’autres programmes de financement provinciaux. En 2010, il a publié le Guide de gestion forestière pour la conservation de la biodiversité à l’échelle du peuplement et du site (MRNF, 2010) (Guide sur les peuplements et les sites). Ce guide fait partie d’une série de guides sur la gestion des forêts utilisés par les gestionnaires des forêts dans le cadre de la planification et de la mise en œuvre d’opérations de gestion des forêts. Le Guide sur les peuplements et les sites contient des normes, des lignes directrices et des pratiques exemplaires de gestion (PEG) relatives aux espèces de tortues présentes dans le secteur d’exploitation forestière, notamment la tortue géographique.

Depuis 2009, Ontario Nature coordonne l’établissement d’un nouvel atlas des reptiles et amphibiens de l’Ontario. En sollicitant des mentions d’occurrence auprès de la population, des chercheurs et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, ce projet d’atlas permet d’améliorer nos connaissances sur la répartition et le statut des reptiles et des amphibiens, notamment la tortue géographique, en Ontario (Crowley, comm. pers.; Ontario Nature, 2012). Ontario Nature travaille en collaboration avec le centre d’information sur le patrimoine naturel, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts et d’autres organisations afin de promouvoir le nouvel atlas des reptiles et amphibiens de l’Ontario (en anglais seulement).

Il existe bon nombre d’organisations et d’organismes qui offrent des programmes d’information sur les espèces de tortues en péril (p. ex. projet Reptiles at Risk on the Road, Georgian Bay Reptile Awareness Program, Ontario Nature, ministère des Richesses naturelles et des Forêts, Parcs Ontario, Kawartha Turtle Trauma Centre, zoo de Toronto, Office de protection de la nature de la rivière Thames supérieure). De plus, les parcs nationaux et les canaux historiques permettent aux visiteurs de découvrir les tortues géographiques et d’autres tortues en péril dans l’ensemble de l’Ontario. Le programme Adopt-A-Pond du zoo de Toronto (en anglais seulement) est l’un des nombreux projets dans le cadre desquels ont été élaborés des programmes scolaires sur la conservation des tortues. L’organisation caritative Turtle SHELL (Safety, Habitat, Education and Long Life [sécurité, habitat, éducation et longévité]) a créé des brochures et installé des panneaux indiquant le passage de tortues. Le Kawartha Turtle Trauma Centre soigne les tortues blessées puis les relâche. Des activités de protection des nids des espèces de tortues en péril sont également menées.

Les populations de tortues géographiques bénéficient directement de bon nombre des projets réalisés conformément à une exigence de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, datant de 2007. Ainsi, les clôtures visant à empêcher le passage des tortues et les écopassages sont dorénavant intégrés à la conception de la plupart des nouvelles routes traversant un habitat d’espèce de tortue en péril (Ontario Road Ecology Group, 2010; MRNF, 2013). On effectue actuellement des recherches actives sur les tortues en péril au Canada, bon nombre d'entre elles ont été signalées dans l’ensemble de ce programme de rétablissement et inscrites à la section 8.

Québec

L’Équipe de rétablissement des tortues du Québec a été constituée en 2005. L’un de ses mandats consistait à élaborer et à mettre en œuvre un plan de rétablissement pour cinq espèces de tortues : la tortue des bois (Glyptemys insculpta), la tortue géographique (Graptemys geographica), la tortue mouchetée (Emydoidea blandingii), la tortue musquée (Sternotherus odoratus) et la tortue ponctuée (Clemmys guttata) (Équipe de rétablissement des tortues du Québec, 2005). Cette équipe a fusionné en 2012 avec l’Équipe de rétablissement de la tortue molle à épines, qui s’est ainsi ajoutée aux cinq autres espèces. Pour garantir la mise en œuvre des mesures de rétablissement, on a créé quatre groupes, chacun travaillant sur une espèce de tortue ou sur un groupe d’espèces précis. L’un de ces groupes est chargé de la mise en œuvre relative à la tortue géographique. Il est composé de partenaires membres de nombreuses organisations et d’experts-conseils indépendants, notamment le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFPP), Environnement Canada, Éco-Nature, le Biodôme de Montréal, Conservation de la nature Canada, la Ville de Montréal, Hydro-Québec, Nature-Action Québec, le Zoo Ecomuseum/la Société d’histoire naturelle de la Vallée du Saint-Laurent (SHNVSL), l’Université de Montréal et l’Université d’Ottawa, qui s’y sont joints au fil des ans.

Il existe une base de données sur les amphibiens et les reptiles (Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec), gérée par la SHNVSL. Cet Atlas constituait la base de données source du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) jusqu’en 2014. Le MPFF dirige le CDPNQ en ce qui concerne les données sur les espèces sauvages menacées ou vulnérables, notamment la tortue géographique. En 2011, le CDPNQ a cartographié les occurrences d’éléments liées à la tortue géographique au Québec.

Diverses organisations (p. ex. MFFP, SHNVSL, Université de Montréal, Éco-Nature, Ville de Montréal) ont réalisé des inventaires et effectué des recherches sur l’écologie, la génétique, l’utilisation de l’habitat, les déplacements, l’incidence des perturbations et la mortalité des tortues sur les routes dans l’ensemble de la province. Un protocole de suivi des populations a été élaboré et mis à l’essai (Bernier et Mazerolle, 2009).

Plusieurs programmes d’information et de sensibilisation portant notamment sur la tortue géographique ont été dirigés par des institutions zoologiques (p. ex. Biodôme de Montréal, SHNVSL, zoo de Granby), des organisations vouées à la conservation (p. ex. Nature-Action Québec, Conservation de la nature Canada, Éco-Nature) et des parcs (p. ex. parc national de Plaisance, parc national d’Oka, parc de la Rivière-des-Mille-Îles, et parcs-nature de la Ville de Montréal). Bon nombre d’organisations et d’associations locales vouées à la conservation participent à la protection de la tortue géographique, et une vignette Web a été élaborée (site Web du MFFP et site Web de l’Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec [AARQ])Note 24 de bas de page. Par ailleurs, on a distribué diverses brochures et affiches d’information (Conservation de la nature Canada, Éco-Nature, SHNVSL).

Plusieurs projets auxquels participent de nombreux partenaires ont été lancés dans le but de protéger les nids, de créer et d’améliorer des sites de ponte, d’aménager des sites où les tortues peuvent s’exposer au soleil, de promouvoir l’installation de panneaux de signalisation routière et de bouées de navigation dans les zones de forte densité de tortues, ou à proximité, pour réduire la mortalité attribuable aux routes et à la navigation de plaisan’’’’ce, respectivement, et d’accroître la sensibilisation à la question des espèces indigènes et de la prévention du commerce illégal de tortues (Tessier et al., 2007; Éco-Nature/parc de la Rivière-des-Mille-Îles, MFFP, SHNVSL, Ville de Montréal, Hydro-Québec). Il existe aussi des programmes d’acquisition, d’entente et d’intendance visant à protéger des milieux utilisés par les tortues dans diverses régions du Québec (p. ex. Conservation de la nature Canada, Nature-Action Québec, Éco-Nature, Canards Illimités, MFFP).

6.2. Stratégies générales

Les stratégies générales de ce plan de gestion sont les suivantes :

  1. utiliser des outils législatifs et administratifs afin de protéger les individus et l’habitat de la population de tortues géographiques;
  2. réduire la mortalité, les blessures et la capture illégale des individus (adultes et nouveau-nés) dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada;
  3. protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada;
  4. mener des activités de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des mesures de gestion efficaces et collaboratives dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada;
  5. examiner et contrôler les populations, les habitats et les menaces des tortues géographiques à l’échelle locale afin de fournir des renseignements de base et de surveiller les tendances et l’utilisation de l’habitat par la population;
  6. effectuer des recherches sur la démographie, la caractérisation et l’utilisation de l’habitat et les menaces (et leur atténuation) de la population afin de combler les lacunes en matière de connaissances.

6.3. Mesures de conservation

Afin d’atteindre les objectifs en matière de population, cinq stratégies générales pour le rétablissement ont été mises en place. Des mesures de conservation sont recommandées pour chacune d’elles (tableau 2). Les menaces ou les facteurs limitatifs figurant dans la troisième colonne sont répertoriés comme suit aux fins de concision de la présentation :

  1. Aménagement des rives.
  2. Navigation de plaisance.
  3. Capture accessoire par les pêcheurs.
  4. Réseaux routiers.
  5. Ouvrages de régularisation des eaux.
  6. Capture illégale.
  7. Prédateurs favorisés par les activités humaines.
  8. Perturbations associées aux activités humaines.
  9. Espèces exotiques et envahissantes.
  10. Contamination et charge en nutriments.
  11. Changement climatique.
  12. Données de base insuffisantes.
  13. Lacunes sur le plan des connaissances.
Tableau 2 : Mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre
CategoryMesure de conservationPrioritéMenace ou facteur limitatif traitéÉchéancier
1. Utiliser des outils législatifs et administratifs afin de protéger les individus et l’habitat de la population de tortues géographiques.1.1. Poursuivre la promotion du respect des lois provinciales et fédérales applicables aux tortues géographiques et à leur habitat.Élevée1 à 6, 8 à 10En cours
1. Utiliser des outils législatifs et administratifs afin de protéger les individus et l’habitat de la population de tortues géographiques.1.2. Promouvoir l’intégration de PEG approuvées dans les politiques et les pratiques des organismes et des autorités compétentes, ainsi que de l’industrie.Moyenne1 à 10En cours
1. Utiliser des outils législatifs et administratifs afin de protéger les individus et l’habitat de la population de tortues géographiques.1.3. Continuer d’encourager les activités d’intendance, notamment l’appui financier, par l’intermédiaire de programmes de financement disponibles.Moyenne1 à 11En cours
2. Réduire la mortalité, les blessures et la capture illégale des individus dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.

2.1. Continuer à élaborer des techniques d’atténuation (p. ex. PEG et solutions autres que le développement traditionnel) et à encourager leur mise en œuvre afin de réduire la mortalité, la capture illégale et les blessures des individus. Exemples de mesures d’atténuation prioritaires :

  • techniques de mise en œuvre et d’évaluation visant à réduire les blessures et la mortalité attribuables à la navigation de plaisance dans les zones ou la circulation maritime est modérée à élevée (p. ex. zone de chalets) et à réduire la capture accessoire de tortues par les pêcheurs dans le cadre de la pêche commerciale et récréative;
  • mise en œuvre et évaluation de techniques d’atténuation afin de réduire les taux de mortalité sur les routes (p. ex. écopassages);
  • mise en œuvre et évaluation de techniques visant à contrôler les populations de prédateurs ou à limiter l’accès aux habitats de nidification par l’intermédiaire de mesures directes et indirectes (p. ex. retrait des déchets, gestion des prédateurs, installation de clôtures);
  • mise en œuvre et évaluation d’activités d’intendance visant à réduire la perturbation de l’habitat de nidification occupé et des individus (p. ex. installation de panneaux, surveillance de l’utilisation de VTT sur les plages).
Élevée1 à 102015-2025
2. Réduire la mortalité, les blessures et la capture illégale des individus dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.2.2. Promouvoir la mise en œuvre de PEG, d’autres possibilités d’aménagement et de techniques d’atténuation approuvées auprès du grand public, des propriétaires fonciers, des gestionnaires des terres et de l’industrie. Cela permet de contrer les principales menaces par l’intermédiaire de techniques d’intendance, de financement et autres.Élevée1 à 102015-2025
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.1. Préserver des secteurs de taille suffisante pour répondre aux besoins en habitat des populations locales et améliorer la connectivité par l’intermédiaire de l’intendance, de l’acquisition de terres, de la gestion et d’autres outils.Élevée1 à 10En cours
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.2 Réduire ou empêcher la disparition, la dégradation et la fragmentation de l’habitat (p. ex. perte attribuable à la construction d’ouvrages de régularisation des eaux et à l’aménagement des rives) en encourageant les activités d’intendance et en faisant la promotion des PEG en matière de conservation, de l’habitat, et des solutions autres que les projets d’aménagement traditionnels.Élevée1, 2, 4, 5En cours
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.3 Contrôler la propagation d’espèces exotiques et envahissantes et contrôler ou éliminer ces espèces lorsqu’elles constituent une menace pour les populations locales de tortues géographiques.Moyenne10En cours
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.4 Évaluer les besoins en restauration de l’habitat dans les lieux où la disparition, la dégradation et la fragmentation de l’habitat menacent les populations de tortues géographiques.Moyenne1, 4, 5, 9, 10201-/2025
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.5 Élaborer, mettre en œuvre et évaluer des techniques de restauration de l’habitat si nécessaire, en appui aux populations locales.Moyenne1, 4, 5, 9, 10En cours
3. Protéger, gérer et restaurer l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.3.6 Restaurer ou créer un habitat de nidification approprié et en surveiller l’utilisation par les tortues géographiques, le cas échéant.Faible1, 4, 5, 10En cours
4 Mener des activités de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des mesures de gestion efficaces et collaboratives dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.4.1 Élaborer une stratégie de communication et de sensibilisation ou poursuivre la mise en œuvre d’outils de communication et de sensibilisation existants afin de faciliter l’élimination des menaces.Moyenne1 à 10En cours
4 Mener des activités de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des mesures de gestion efficaces et collaboratives dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.4.2 Encourager le transfert et l’archivage d’information et d’outils, y compris les connaissances écologiques traditionnelles.Moyenne1 à 12En cours
4 Mener des activités de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des mesures de gestion efficaces et collaboratives dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.4.3 Améliorer et préserver la coopération entre les intervenants (p. ex. faire participer les partenaires et promouvoir le travail en collaboration avec plusieurs instances).Élevée1 à 12En cours
4 Mener des activités de communication et de sensibilisation afin de promouvoir des mesures de gestion efficaces et collaboratives dans l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique au Canada.4.4 Promouvoir et faire participer les partenaires (p. ex. universitaires, organisations gouvernementales ou non) dans le cadre d’initiatives de recherche nécessaires pour combler les lacunes en matière de connaissances.Moyenne12En cours
5 Examiner et contrôler les populations et les habitats de tortues géographiques, et les menaces auxquelles elles doivent faire face, à l’échelle locale afin de présenter des renseignements de base et des tendances.5.1 Repérer de façon opportuniste les sites de nidification et d’hibernation des populations locales pour lesquels les renseignements sont inexistants ou incomplets.Moyenne12En cours
5 Examiner et contrôler les populations et les habitats de tortues géographiques, et les menaces auxquelles elles doivent faire face, à l’échelle locale afin de présenter des renseignements de base et des tendances.5.2 Encourager la présentation de mentions d’observation de tortues géographiques aux atlas herpétologiques provinciaux ainsi qu’aux centres de données sur la conservation provinciaux.Moyenne13En cours
5 Examiner et contrôler les populations et les habitats de tortues géographiques, et les menaces auxquelles elles doivent faire face, à l’échelle locale afin de présenter des renseignements de base et des tendances.5.3 Établir des protocoles normalisés aux fins de réalisation d’enquêtes, de surveillance et de création de bases de données (p. ex. collecte de données, manipulation, marquage) et en promouvoir l’utilisation pertinente.Moyenne12En cours
5 Examiner et contrôler les populations et les habitats de tortues géographiques, et les menaces auxquelles elles doivent faire face, à l’échelle locale afin de présenter des renseignements de base et des tendances.5.4 Surveiller les populations locales, les tendances en matière d’habitat et les menaces auxquelles doit faire face l’espèce.Moyenne12En cours
5 Examiner et contrôler les populations et les habitats de tortues géographiques, et les menaces auxquelles elles doivent faire face, à l’échelle locale afin de présenter des renseignements de base et des tendances.5.5 Établir la priorité des sites dans lesquels l’habitat et les populations historiques ou possibles sont appropriés, et réaliser des enquêtes ciblées afin de documenter la présence de tortues géographiques, l’utilisation de l’habitat, l’abondance et les menaces auxquelles doit faire face l’espèce.Moyenne122020
6 Effectuer des recherches sur la population, l’habitat et les menaces afin de combler les lacunes en matière de connaissances.6.1 Caractériser et définir davantage les habitats utilisés par la tortue géographique à différentes étapes vitales (p. ex. hibernation, thermorégulation, alimentation), en particulier par les nouveau-nés et les jeunes.Moyenne122015-2025
6 Effectuer des recherches sur la population, l’habitat et les menaces afin de combler les lacunes en matière de connaissances.6.2 Affiner les connaissances au sujet des menaces qui pèsent sur la tortue géographique et son habitat pour comprendre toute la portée des répercussions et en documenter la gravité, la fréquence, l’étendue et la certitude causale.Moyenne12En cours
6 Effectuer des recherches sur la population, l’habitat et les menaces afin de combler les lacunes en matière de connaissances.6.3 Effectuer des recherches sur des mesures de réduction et d’atténuation des menaces afin de documenter leur efficacité et leurs répercussions sur les populations locales.Moyenne12En cours
6 Effectuer des recherches sur la population, l’habitat et les menaces afin de combler les lacunes en matière de connaissances.6.4 Réaliser des études démographiques dans des sites sélectionnés de l’ensemble de l’aire de répartition de la tortue géographique afin d’étendre les connaissances sur la taille des populations, leur composition par âge et les rapports des sexes.Moyenne122015/2025
6 Effectuer des recherches sur la population, l’habitat et les menaces afin de combler les lacunes en matière de connaissances.6.5 Documenter les besoins en matière de recrutement des lieux dans lesquels la tortue géographique est en déclin et définir des solutions adaptées aux motifs du déclin et au milieu des sites.Moyenne1, 4, 5, 7 à 102015-2025

6.4. Commentaires à l’appui des mesures de conservation et du calendrier de mise en oeuvre

Compte tenu de la stratégie de reproduction de la tortue géographique (se reporter aux sections 3.3 et 3.4), le maintien du taux de survie des adultes le plus élevé possible, particulièrement chez les femelles, demeure le principal besoin de l’espèce en matière de rétablissement. Malheureusement, certaines caractéristiques biologiques de l’espèce (c.-à-d. habitudes aquatiques, nidification sur les plages) la rendent particulièrement sensible à bon nombre d’activités humaines (p. ex. navigation de plaisance, sports nautiques et activités récréatives pratiquées sur les plages); la définition d’une approche intégrée proactive avec les propriétaires fonciers et les utilisateurs des terres visant à limiter les menaces pour les tortues géographiques adultes est donc requise et semble constituer une priorité.

De telles approches devraient être principalement axées sur les échelles spatiales et temporelles auxquelles survient la plus grande mortalité des adultes. La conservation de l’habitat tout comme la réduction et l’atténuation des menaces constituent des éléments importants en matière de gestion des populations locales de tortues géographiques, car ces mesures réduiront la mortalité des adultes et offriront un habitat approprié aux populations locales qui leur permettra de devenir autosuffisantes. Les enquêtes et la surveillance menées sur la population sont également nécessaires pour aider à rassembler des renseignements sur l’espèce afin de préciser les efforts de conservation. Ces mesures doivent être mises en œuvre dans le cadre d’une approche intégrée à laquelle participent divers intervenants (p. ex. propriétaires et utilisateurs des terres, planificateurs de l’utilisation des terres, organisations non gouvernementales, communautés autochtones et gouvernements). Pour renseigner ces intervenants et pour commencer à atténuer des menaces précises (p. ex. mortalité attribuable à la navigation et à la capture accessoire par les pêcheurs), il est indispensable de mettre en place des approches précises en matière de communication et de sensibilisation. Il faut également combler les lacunes en matière de connaissances afin d’aider à atteindre les objectifs de gestion.

7. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous permettent de définir et d’évaluer les progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs de gestion. Tous les cinq ans, l’efficacité de la mise en œuvre du plan de gestion sera mesurée en fonction des indicateurs de rendement suivants :

  • maintien global de la répartition et de l’abondance de la tortue géographique au Canada;
  • réduction ou atténuation des menaces pouvant entraîner le déclin de la population ou la réduction d’un habitat propice disponible dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne.

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Annexe A : Cotes de conservation infranationales attribuées à la tortue géographique (Graptemys geographica) au Canada et aux États-Unis

Tortue géographique (Graptemys geographica) (NatureServe, 2013)
Cote mondiale (G)Cote nationale (N)
(Canada)
Cote infranationale (S)
(Canada)
Cote nationale (N)
(États-Unis)
Cote infranationale (S)
(États-Unis)
G5N3Québec (S2), Ontario (S3)N5Alabama (S3), Arkansas (S4), Georgie (S1), Illinois (S4), Indiana (S4), Iowa (S4), Kansas (S2), Maryland (S1), Michigan (S5), Minnesota (S5), Mississippi (SNR), Missouri (S5), New Jersey (SNA), New York (S3), Caroline du Nord (S1), Ohio (SNR), Oklahoma (S1), Pennsylvanie (S4), Tennessee (S5), Vermont (S3), Virginie (S3), Virginie-Occidentale (S2), Wisconsin (S4S5).

Définitions des cotes (NatureServe, 2013)

G5 - Non en péril :
espèce dont le risque d’extinction ou d’élimination est très faible en raison d’une aire de répartition très étendue et de populations ou d’occurrences élevées, et suscitant peu ou pas de préoccupations découlant de menaces ou de baisses d’effectif.
S1 - Gravement en péril :
espèce dont le risque de disparition est très élevé dans le territoire visé en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de baisses d’effectif très marquées, de menaces graves ou d’autres facteurs.
S2 - En péril :
espèce dont le risque de disparition est élevé dans le territoire visé en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de baisses d’effectif marquées, de menaces graves ou d’autres facteurs.
S2/S3 - Vulnérable/en péril :
espèce dont le risque de disparition est modéré à élevé dans le territoire visé, en raison d’une aire de répartition relativement limitée à limitée, d’un nombre relativement faible à faible de populations ou d’occurrences, de baisses d’effectif récentes et étendues à marquées, de menaces modérées à graves ou d’autres facteurs.
N3/S3 - Vulnérable :
espèce dont le risque de disparition est modéré dans le territoire visé, en raison d’une aire de répartition relativement limitée, d’un nombre relativement restreint de populations ou d’occurrences, de baisses d’effectif récentes et étendues, de menaces ou d’autres facteurs.
S4 - Apparemment non en péril :
espèce dont le risque de disparition est relativement faible dans le territoire visé, en raison d’une aire de répartition étendue ou d’un nombre élevé de populations ou d’occurrences, mais pouvant susciter des préoccupations attribuables aux baisses d’effectif récentes à l’échelle locale, de menaces ou d’autres facteurs.
S4/S5 - Non en péril/apparemment non en péril :
espèce dont le risque de disparition est nul à relativement faible dans le territoire visé, en raison d’une aire de répartition étendue à très étendue ou d’un nombre élevé de populations ou d’occurrences, pouvant susciter des préoccupations faibles à modérées en raison de baisses d’effectif récentes à l’échelle locale, de menaces ou d’autres facteurs.
N5/S5 - Non en péril :
espèce dont le risque d’extinction ou d’élimination est très faible en raison d’une aire de répartition très étendue et d’un nombre élevé de populations ou d’occurrences, et suscitant peu ou pas de préoccupations découlant de menaces ou de baisses d’effectif.
SNA - Non applicable :
aucune cote de conservation ne s’applique parce que l’espèce ou l’écosystème ne se prête pas aux activités de conservation.
SNR - Non classée :
espèce dont l’état de conservation infranational n’a pas encore été évalué.

Annexe B : Effets sur l’environnement et les espèces non ciblées

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une évaluation environnementale stratégique (EES) doit être réalisée pour tous les documents de planification du rétablissement assujettis à la Loi sur les espèces en péril. L’EES vise à intégrer les points de vue environnementaux à l’élaboration de projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée en matière d’environnement et pour établir si les résultats du document de planification du rétablissement peuvent avoir une incidence sur les composantes de l’environnement ou l’atteinte de tout objectif et cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote 25 de bas de page.

La planification de la gestion vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. On reconnaît toutefois que, outre les avantages attendus, les plans de gestion peuvent avoir des conséquences imprévues sur l’environnement. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, particulièrement des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement pris en compte dans le plan de gestion lui-même, et sont en outre résumés dans le paragraphe ci-dessous.

La plupart des activités réalisées pour protéger les tortues géographiques et leur habitat auront également des répercussions positives sur d’autres espèces qui utilisent un habitat similaire. La protection de lacs et de rivières, ainsi que des habitats riverains adjacents, participera à la conservation de la riche biodiversité soutenue par ces habitats. En outre, la réduction et l’atténuation des menaces planant sur la tortue géographique peuvent aider à réduire la mortalité au sein d’autres espèces animales (p. ex. utilisation d’écopassages afin de réduire la mortalité sur les routes, amélioration des techniques de pêche pour réduire les captures accessoires, activités d’élimination de la pollution des milieux aquatiques). Certaines de ces mesures sont probablement prévues dans d’autres documents de rétablissement, particulièrement celles visant des espèces aquatiques et riveraines. Le tableau B-1 présente certains exemples d’espèces qui peuvent tirer profit de la gestion de la population de la tortue géographique au Canada; ce pourrait aussi être le cas pour d’autres espèces non répertoriées.

Tableau B-1. Exemples d’espèces en péril pouvant profiter des mesures de conservation et de gestion des habitats occupés par la tortue géographique.
Nom communNom scientifiqueStatut en vertu de la LEP
Couleuvre fauve de l’EstPantherophis gloydiEn voie de disparition
Crapaud de FowlerAnaxyrus fowleriEn voie de disparition
Râle élégantRallus elegansEn voie de disparition
Couleuvre d’eau du lac ÉriéNerodia sipedon insularumEn voie de disparition
Petit blongiosIxobrychus exilisMenacé
Méné camusNotropis anogenusMenacé
Tortue molle à épinesApalone spiniferaMenacée
Tortue musquée de l’EstSternotherus odoratusMenacée
Dard de sableAmmocrypta pellucidaMenacé
Anguille d’AmériqueAnguilla rostrataMenacée
Chélydre serpentineChelydra serpentinaPréoccupante
Méné d’herbeNotropis bifrenatusPréoccupant
Brochet vermiculéEsox americanus vermiculatusPréoccupant

En raison des cycles vitaux et des exigences en matière d’habitat de chaque espèce, ainsi que d’autres besoins qui leur sont propres, les mesures de gestion devraient tenir compte des possibilités de synergie en matière de rétablissement. Dans la mesure du possible, les processus naturels des écosystèmes auxquels les espèces sauvages devraient être maintenues, et leur évolution devrait se faire sans interférence humaine.

La possibilité selon laquelle le présent plan de gestion entraîne des répercussions négatives imprévues sur l’environnement et sur d’autres espèces a été examinée. La majorité des mesures recommandées sont de nature non intrusive, y compris les relevés et la sensibilisation. Ce plan de gestion ne devrait donc pas entraîner d’effets négatifs importants.

Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Le 26 juin 2014, le ministère des Richesses naturelles de lʼOntario est devenu le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de lʼOntario.

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Note 2 de bas de page

La dossière est la partie supérieure de la carapace de la tortue. Elle est formée dʼos dermiques attachés aux côtes et aux vertèbres (Harding, 1997).

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Note 3 de bas de page

COSEPAC - Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

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Note 4 de bas de page

Espèce préoccupante (LEP) : espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou une espèce en voie de disparition par lʼeffet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces signalées à son égard.

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Note 5 de bas de page

Espèce préoccupante (LVED) : espèce qui vit à lʼétat sauvage en Ontario et nʼest pas en voie de disparition ou menacée, mais qui peut le devenir par lʼeffet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces signalées à son égard.

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Note 6 de bas de page

Vulnérable (LEMV) : espèce dont la survie est précaire même si sa disparition nʼest pas prévue.

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Note 7 de bas de page

Espèces ou taxons inférieurs répandus et abondants.

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Note 8 de bas de page

Dimorphisme sexuel : état caractérisant une espèce dont le mâle et la femelle sont morphologiquement différents (Carr, 1952).

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Note 9 de bas de page

La dossière est la partie supérieure de la carapace de la tortue. Elle est formée dʼos dermiques attachés aux côtes et aux vertèbres (Harding, 1997).

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Note 10 de bas de page

Situées derrière lʼorbite.

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Note 11 de bas de page

Le COSEPAC calcule habituellement la zone dʼoccupation (la superficie à lʼintérieur de la « zone dʼoccurrence » qui est occupée par un taxon, mais qui exclut le vagabondage) au moyen dʼune grille à mailles de 2 km x 2 km (indice de la zone dʼoccupation; COSEWIC, 2009). La zone dʼoccupation peut aussi être établie par cartographie et calcul de la superficie occupée par lʼespèce (COSEWIC, 2009), quand lʼutilisation de lʼhabitat est bien connue et cartographiée (Gaston et Fuller, 2008).

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Note 12 de bas de page

Anoxie : présence de concentrations dʼoxygène extrêmement faibles dans le milieu.

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Note 13 de bas de page

Surfusion : refroidissement des fluides corporels sous le point de congélation sans quʼils ne passent à lʼétat solide. Les reptiles résistants au froid peuvent se maintenir en état de surfusion uniquement sʼils nʼentrent pas en contact avec des agents pouvant provoquer la congélation de leurs fluides corporels (comme des particules de sol, de la poussière ou des microorganismes glaçogènes) (Baker et al., 2003].

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Note 14 de bas de page

La probabilité quʼune tortue revienne nidifier sur le même site chaque année était très élevée (Carrière, 2007).

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Note 15 de bas de page

Lʼhabitat de déplacement correspond à lʼhabitat (aquatique ou terrestre) que lʼespèce utilise pour se déplacer dʼun milieu à un autre. Le terme « déplacements locaux » fait référence aux déplacements sur de courtes distances à lʼintérieur du domaine vital pour réaliser diverses activités (p. ex. accouplement, nidification), alors que le terme « dispersion » fait référence aux déplacements sur de longues distances associés à lʼémigration dʼindividus.

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Note 16 de bas de page

Milieu lentique : milieu dʼeau douce à circulation lente ou nulle, comme un lac ou un marais.

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Note 17 de bas de page

Milieu lotique : milieu dʼeau douce courante, comme une rivière ou un ruisseau.

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Note 18 de bas de page

Les unités thermiques correspondent à la quantité totale de chaleur requise par un organisme pour quʼil passe par toutes les étapes de son cycle vital. Ainsi, plus on se trouve au nord, plus la température moyenne est froide, et moins les possibilités de développement dʼune espèce sont grandes.

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Note 19 de bas de page

Plaques osseuses : écailles larges et plates (Harding, 1997).

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Note 20 de bas de page

Roche ou autres matériaux utilisés pour protéger le rivage.

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Note 21 de bas de page

Épidémie : propagation rapide dʼune maladie.

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Note 22 de bas de page

Zone dominée par une seule espèce de plantes.

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Note 23 de bas de page

Anciennement connu sous le nom de ministère des Richesses naturelles de lʼOntario.

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Note 24 de bas de page

Site Web du MFFP : http://www.mddefp.gouv.qc.ca/faune/especes/menacees/fiche.asp?noEsp=72 Site Web de lʼAARQ : Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec

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Note 25 de bas de page

Développement durable site Web

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