Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Cisco de printemps Coregonus sp. au Canada - 2009

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux


Cisco de printemps Coregonus sp.

Photographie d’un cisco de printemps (Coregonus species)

En voie de disparition 2009

COSEPAC -- Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco de printemps Coregonus sp. au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 38 p.

Rapports précédents :

Hénault, M. et Fortin, R. 1992. Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco de printemps Coregonus sp. au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 11 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Audrey Sanfaçon et Louise Nadon d’avoir rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le cisco de printemps Coregonus sp. au Canada. Robert Campbell, Claude Renaud et Eric Taylor, co-présidents du sous-comité de spécialistes des poissons d'eau douce du COSEPAC, ont supervisé le présent rapport et en ont fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Spring Cisco Coregonus sp. in Canada.

Photo de la couverture :
Cisco de printemps - Michel Hénault, biologiste.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2009.
No de catalogue CW69-14/576-2009F-PDF
ISBN978-1-100-91925-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation - Novembre 2008

Nom commun: Cisco de printemps
Nom scientifique: Coregonus sp.
Statut: En voie de disparition
Justification de la désignation: Cette espèce, présente dans un seul petit lac du sud-ouest du Québec, a connu un grave déclin en matière d’abondance au cours des 15 dernières années (3 générations). Le déclin peut être lié à une combinaison de facteurs, dont la perte et la dégradation de l’habitat attribuables au développement urbain et agricole, à l’introduction d’espèces non indigènes (p. ex. éperlan arc-en-ciel et saumon atlantique) et aux changements climatiques.
Répartition: Québec
Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1992. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 2009. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Cisco de printemps Coregonus sp.

Information sur l'espèce

Le cisco de printemps (Coregonus sp.) semble constituer un taxon valide qui n’a pas encore été décrit. La seule population canadienne de ce taxon a été découverte en mai 1981 avec la capture d’individus prêts à frayer ou partiellement vides. Le cisco de printemps fraye entre la mi-mai et le début de juin. Étroitement apparenté au cisco de lac, Coregonus artedi, qui fraye à l’automne et dont la répartition est plus vaste, le cisco de printemps est plus court, a la tête plus petite et un pédoncule caudal plus étroit et plus court. On compte 11 rayons à la nageoire anale chez le cisco de printemps, toutefois, chez le C. artedi, on en compte de 12,1 à 12,5. Le nombre de branchicténies sur le premier arc branchial constitue le critère morphologique le plus distinctif. Chez les ciscos qui frayent au printemps, on dénombre en moyenne 42,7 branchicténies, contre 50,5 chez les ciscos des lacs environnants qui frayent à l’automne.

L’isolement reproducteur complet du cisco de printemps par rapport au C. artedi, ainsi que les différences morphologiques observées, étayent la spécificité génétique. Seule population existante connue de ciscos à fraye printanière en Amérique du Nord, le cisco de printemps du lac des Écorces répond aux critères d’admissibilité du COSEPAC concernant les unités désignables uniques sur le plan de l’évolution.

Répartition

Le cisco de printemps est présent uniquement dans le lac des Écorces, dans la région des Laurentides, au Québec (46°31'48" N, 75°25'03" O).

Habitat

Le lac des Écorces présente un débit de sortie d’environ 20 m/sec et des concentrations minimales d’oxygène dissous de 1,3 à 1,9 mg/L. En été et en automne, la température de l'eau s’élève nettement au-dessus du seuil préférentiel des ciscos (< 12 °C), ce qui distingue l’environnement thermique du cisco de printemps de celui du cisco à fraye automnale. En été, les poissons restent dans les eaux froides de l’hypolimnion, alors que dans l’épilimnion la température peut monter à 25 °C. Dans les lacs des environs, l'eau reste à 4 °C dans la plus grande partie de l’hypolimnion. Pendant la fraye, les géniteurs se rassemblent dans des fosses profondes de 20 à 30 mètres où la température est inférieure à 6 °C. Les températures élevées qui règnent dans l’hypolimnion du lac des Écorces en été et à l’automne peuvent expliquer le décalage de la période de fraye, du fait que cela permet une croissance rapide des larves avant l’hiver.

Biologie

Le cisco de printemps atteint la maturité sexuelle à l'âge de 3 ans, et rares sont les individus qui survivront au-delà de 8 ans. La maturation des oocytes commence en automne, puis se poursuit au ralenti pendant tout l’hiver pour atteindre son point culminant entre la mi-mai et le début de juin. Le rythme de développement des œufs augmente à mesure que monte la température; toutefois, des températures de 10 °C ou plus leur sont fatales.

On commence à observer des larves à la fin de juillet, et l’éclosion se poursuit pendant le mois d’août. Les larves de cisco de printemps se développent dans des conditions environnementales véritablement marginales, ce qui peut être dommageable. Si les causes du décalage de la fraye restent inconnues, la température semble jouer un rôle crucial dans le développement des gonades qui, dans le cas présent, peut être inhibé par les températures élevées observées dans l’hypolimnion en été et en automne.

Taille et tendances de la population

D’après les pêches expérimentales menées depuis 1981, le nombre de captures par unité de temps et la longueur moyenne des ciscos de printemps sont à la baisse. Ces diminutions peuvent être attribuées à divers facteurs, comme la qualité de l'eau, la dégradation du milieu ou l’introduction de prédateurs ou d'espèces concurrentes. Par ailleurs, étant donné le faible nombre de spécimens capturés, il est difficile de tirer des conclusions fiables quant à la taille de la population, aux tendances et à la longueur moyenne. On sait toutefois qu’à l'âge de trois ans, la longueur totale moyenne est légèrement inférieure à celle des populations d'autres ciscos dans le même bassin versant.

Facteurs limitatifs et menaces

La récente colonisation du lac des Écorces par l’éperlan arc-en-ciel, observée en 1999, pourrait avoir un effet négatif sur la population de ciscos de printemps. Étant donné que l’habitat favori de l’éperlan arc-en-ciel chevauche celui du cisco, à l’état tant larvaire qu’adulte, des interactions de compétition et de prédation sont prévisibles. Le cisco de printemps est aussi vulnérable à la dégradation de son habitat, phénomène qui est observé dans le lac des Écorces depuis un certain nombre d’années. Ce cisco occupe des eaux claires et bien oxygénées, conditions également nécessaires au développement des œufs et des larves.

Importance de l'espèce

De nombreux représentants du genre Coregonus sont en péril ou ont même disparu. Si les méthodes taxinomiques traditionnelles ne permettent guère de reconnaître les unités à un niveau inférieur à l'espèce, le COSEPAC peut pour sa part désigner des unités inférieures à l'espèce lorsque la conservation d’une population morphologiquement ou écologiquement distincte présente un intérêt crucial pour la préservation de variantes uniques sur le plan de l’évolution. Le cisco de printemps joue un rôle important dans la chaîne trophique étant donné qu’il est la proie principale de diverses espèces de pêche sportive présentes dans le lac des Écorces.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Bien qu’aucune mesure n’ait été prise pour protéger directement le cisco de printemps, ce poisson est désigné comme espèce préoccupante par le COSEPAC (en avril 1992) et est inscrit à l’annexe 3 de la Loi sur les espèces en péril. Au Québec, le cisco de printemps est considéré comme rare et en péril (S2S3).

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous–espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous–comités de spécialistes des espèces et du sous–comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Cisco de printemps Coregonus sp. au Canada - 2009

Information sur l’espèce

Nom et classification

Règne : animal
Phylum : Cordés
Classe : Actinoptérygiens
Ordre : Salmoniformes
Famille : Salmonidés
Sous-famille : Corégoninés
Nom scientifique : Coregonus sp.
Nom commun :
français :
cisco de printemps
anglais : Spring Cisco

La population de ciscos de printemps du lac des Écorces, dont le caractère unique vient du fait que sa période de fraye est décalée de l’automne au printemps, est très vraisemblablement associée au cisco, Coregonus artedi, déjà présent dans le bassin hydrographique. Depuis de nombreuses années, la taxinomie du cisco de lac (C. artedi Lesueur, 1818) fait l’objet de débats qui n’ont pas trouvé leur issue (Clarke, 1973; Scott et Crossman, 1998; Turgeon et Bernatchez, 2003). Étant donné la forte plasticité de l'espèce, un grand nombre de synonymes et de sous-espèces ont été proposés jusqu’en 1970, année où McPhail et Lindsay (1970, cité dans Scott et Crossman, 1998) ont proposé une approche plus générale qui considérerait les ciscos comme un groupe d'espèces désigné sous le nom de « complexe Coregonus artedi ». Il s’agirait donc, plutôt que d’une espèce clairement définie, d’un ensemble de phénotypes ayant divergé au cours de leur évolution.

Ce complexe réunit aujourd’hui sept taxons existants (un huitième, le cisco de profondeur, C. johannae, est disparu) : le cisco à nageoires noires (C. nigripinnis), le cisco à mâchoires égales (C. zenithicus), le cisco à museau court (C. reighardi), le cisco kiyi (C. kiyi), le cisco de fumage (C. hoyi), le cisco du lac Nipigon ou toulibi (C. nipigon) et le cisco de lac (C. artedi) (Nelson et al., 2004). Selon Bernatchez et al. (1991) et d'autres auteurs (Bodaly et al., 1991; Turgeon et Bernatchez, 2003), le cisco sardinelle (C. sardinella), le cisco de Béring (C. lauretta) et le cisco arctique (C. autumnalis), mentionnés comme des taxons du nord-ouest, appartiendraient tous à une lignée différente.

Selon Turgeon et Bernatchez (2003), le statut phylogénétique des populations continentales ne permet pas d’identifier sans ambiguïté ces ciscos comme des taxons séparés; ces auteurs proposent de reconnaître tous les ciscos du continent comme C. artedi. Ils posent également (Turgeon et Bernatchez, 2001a, b, 2003) que ces poissons sont en cours de divergence évolutive, ce qui expliquerait pourquoi les analyses morphologiques concluant au polymorphisme ne sont pas corroborées par une différentiation au plan génétique.

La proposition de Turgeon et Bernatchez (2003) visant la désignation d’un complexe C. artedi sensu lato n’a pas fait l’unanimité, car l’étude est perçue comme incomplète. Cette étude ne couvrait pas toutes les espèces du complexe proposé, ni la totalité des lacs concernés (Nelson et al., 2004). Selon Nelson et al. (2004), ouvrage qui fait autorité en matière de taxons reconnus chez les poissons d'eau douce (COSEWIC, 2007a), il se serait bien produit une évolution postglaciaire réticulée combinée à l’évolution indépendante de phénotypes similaires. Toutefois, ces auteurs (Nelson et al., 2004) ne considèrent pas les six autres espèces existantes en question comme conspécifiques du C. artedi, et précisent que des études scientifiques plus détaillées s’imposent avant qu’on puisse tirer des conclusions liant les autres espèces au C. artedi, de sorte que les sept espèces gardent leur statut spécifique.

Dans le présent rapport, on désignera sous le nom de Coregonus sp. ou cisco de printemps le cisco qui fraye au printemps dans le lac des Écorces, et qui peut représenter un taxon en attente de description. Les individus de l'espèce C. artedi à fraye automnale, quel que soit le plan d'eau où ils vivent, sont ici appelés ciscos de lac; ces poissons, qui portent une foule de noms en anglais, sont parfois désignés en français sous le nom de cisco, de cisco de l’est, de hareng de lac ou de corégone cisco.

Au moment de la découverte (mai 1981) de la fraye printanière des ciscos du lac des Écorces, Pariseau et al. (1983) ont avancé l’hypothèse qu’il s’agirait d’une population allopatrique en voie de spéciation, hypothèse retenue malgré la capture de quelques individus à fraye automnale en 1981 (n = 3) et en 1987 (n = 10). Hénault et Fortin (1989, 1992) ont maintenu qu’ils ne pouvaient pas tirer de conclusions quant à l’existence d’une population sympatrique étant donné le faible nombre d’individus récoltés et l’absence de caractères distinctifs chez ces spécimens par rapport à d'autres capturés en amont du lac des Écorces. Ces auteurs préfèrent l’idée d’une migration vers l’aval d’individus matures, apport insuffisant pour le maintien d’une population sympatrique contemporaine; ils avancent que les 2 populations ont pu coexister dans le passé puis qu’elles seraient entrées en concurrence pour les ressources alimentaires. La disponibilité d’une nourriture adéquate est considérée chez les ciscos adultes comme un facteur limitatif qui peut aboutir à l’isolement reproducteur d’écotypes sympatriques (Chouinard et Bernatchez, 1998).

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Description morphologique

Les ciscos de printemps capturés au lac des Écorces répondent aux critères habituels d’identification du cisco de lac : grandes écailles irisées qui lui confèrent une coloration globale argentée, corps aplati latéralement, nageoire caudale nettement fourchue et petite nageoire adipeuse dorsale (Scott et Crossman, 1998; Pariseau et al., 1983; Bernatchez, 2000). Le cisco de printemps peut mesurer jusqu’à 360 mm de longueur, mais la longueur totale moyenne des géniteurs capturés entre 1983 et 2004 (n = 145) au lac des Écorces se situait généralement entre 201,3 mm et 296 mm (MRNF, données inédites). Par ailleurs, en position fermée, la mâchoire inférieure de sa bouche terminale dépasse légèrement la mâchoire supérieure (Pariseau et al., 1983) (figure 1).

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Figure 1. Cisco de printemps Coregonus sp. du lac des Écorces et cisco à fraye automnale (Coregonus artedi) d’un lac proche (lac Marquis). Les deux spécimens sont de même longueur (haut). Le grossissement de la photo du bas fait ressortir les différences de la tête chez les deux formes. D’après Hénault et Fortin (1993).

Deux photographies montrant un cisco de printemps (Coregonus sp.) du lac des Écorces et un cisco à fraye automnale (Coregonus artedi) d’un lac proche (lac Marquis).

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Pariseau et al. (1983), Hénault (1987) et Hénault et Fortin (1989) présentent une analyse détaillée des différences méristiques et morphométriques entre le phénotype du cisco de printemps et les individus à fraye automnale retrouvés dans le lac des Écorces et dans les lacs des alentours (McGregor, Petit lac Kiamika, Marquis, Rochon, Saint-Paul et réservoir Kiamika). Bien que la population de ciscos à fraye printanière soit considérée comme allopatrique, certains individus à fraye automnale ont été recueillis en 1981 (n = 3) et en 1987 (n = 10). La pêche expérimentale menée en juillet 1981 a permis à Hénault et Fortin (1989) de capturer 3 spécimens dont les gonades étaient au stade IV de maturation. Au total, 2 spécimens présentaient les attributs de la fraye automnale, et 1, ceux de la population à fraye printanière. En 1987, Hénault a également capturé 19 poissons présentant les caractères de la fraye automnale.

Hénault (1987), puis Hénault et Fortin (1989, 1993), se sont appuyés sur des mesures morphométriques pour mettre en évidence les différences principales. Les structures céphaliques sont nettement plus petites chez les mâles de cisco de printemps que chez les mâles à fraye automnale (n = 17, printemps, et n = 15, automne). Le cisco de printemps présente aussi un corps légèrement plus haut et un pédoncule caudal plus étroit et plus court, ainsi qu’un nombre de rayons nettement plus bas à la dorsale : 9,9 rayons chez le cisco de printemps (n = 45), et entre 11 et 11,1 rayons pour les géniteurs d’automne du lac des Écorces et des lacs des alentours. À la nageoire anale, on compte 11 rayons (n = 45) chez les géniteurs de printemps, et entre 12,1 et 12,5 rayons (n = 66) chez les géniteurs d’automne (Hénault, 1987). Hénault et Fortin (1993) ont également découvert l’absence de chevauchement des distributions de fréquence en ce qui concerne le nombre de branchicténies sur la partie inférieure de l’arc branchial. Les spécimens à fraye printanière étaient aussi nettement plus longs (longueur maximale = 270 mm chez les géniteurs d’automne contre 360 mm chez les géniteurs de printemps).

Le nombre d’écailles sur la ligne latérale est aussi nettement plus faible chez le cisco de printemps : 72 (n = 45) contre 74-79 (n = 66). Toutefois, c’est le nombre moyen de branchicténies sur le premier arc branchial qui constitue le caractère morphologique distinctif le plus évident. Le cisco de printemps présente une moyenne de 43 branchicténies (n = 45), alors que les individus à fraye automnale du même bassin hydrographique en comptent en moyenne 50,5 (n = 66) (Pariseau et al., 1983; Hénault 1987), ce qui peut indiquer une différence dans le régime alimentaire et l’exploitation possible d’une niche trophique différente (Hénault, 1987; Hénault et Fortin, 1989, 1992; Turgeon et Bernatchez, 2003). Le nombre plus grand de branchicténies évoque une alimentation spécialisée dans le zooplancton, alors que les proies des individus qui comptent moins de branchicténies sont probablement plus abondantes et plus spécifiques en termes de taille (Bernatchez, 2005). Un nombre plus faible de branchicténies renvoie aussi à un développement plus rapide dans des conditions de température plus élevées (Pariseau et al., 1983).

Le nombre de branchicténies, considéré comme l’un des principaux caractères morphologiques servant à l’identification taxinomique des Corégoninés, serait génétiquement déterminé (Svärdson, 1970). Chez les Corégoninés, le nombre de branchicténies peut présenter une radiation adaptative remarquable, soit en l’absence d'autres espèces, soit par suite d’un déplacement de caractère en présence d’espèces différentes (Lindsey, 1981). Le nombre de branchicténies a également été utilisé pour mettre en évidence des paires d'espèces dans d'autres systèmes (Bodaly et al., 1992; Bernatchez et al., 1999). Etnier et Skelton (2003) ont testé la validité des calculs sur le nombre de branchicténies dans une étude sur la différenciation de 3 espèces de ciscos (n = 655) du lac Saganaga, à la frontière Minnesota/Ontario; leur étude avait pour objectif de différencier taxinomiquement le Coregonus nipigon, qui avait été inclus dans le complexe C. artedi par McPhail et Lindsay (in Scott et Crossman, 1998). Ces auteurs affirment que le nombre de branchicténies, le nombre d’écailles sur la ligne latérale, la forme du corps et le nombre de vertèbres constituent des critères qui différencient le C. nipigon des autres ciscos, et qu’il s’agit donc là d’une espèce à part entière. Par une démarche semblable, Hénault et Fortin (1993) jugent que les mêmes critères distinguent le cisco de printemps du C. artedi.

La variation morphologique décrite ci-dessus peut toutefois être attribuable aux conditions environnementales qui prévalent pendant le développement (Hénault et Fortin, 1992; Turgeon et Bernatchez, 2003). L’analyse morphologique de ciscos provenant de 34 lacs canadiens a révélé la présence de nombreux morphotypes répartis de façon relativement homogène. Dans la plupart des cas, les différences en rapport avec l’alimentation, l’habitat et la saison de reproduction semblent étroitement liées aux conditions environnementales locales (Turgeon et Bernatchez, 2003). Ces auteurs signalent aussi que la différence dans le nombre de branchicténies s’accompagne d’une divergence génétique attribuable à la sélection naturelle.

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Description génétique

Les études génétiques sur le cisco de printemps sont très peu nombreuses. Une analyse des marqueurs mitochondriaux et des microsatellites en fonction de l’aire de répartition géographique de 34 populations de ciscos, y compris le cisco à fraye printanière du lac des Écorces, a révélé des compositions génétiques distinctes, correspondant à des aires de répartition différentes, mais qui se chevauchent (Turgeon et Bernatchez, 2001a, b, 2003). La différenciation génétique était plus forte chez les représentants du même taxon dans des lacs différents que dans des stocks sympatriques occupant un même lac. Il apparaît que les ciscos du continent sont en voie de diversification évolutive. Dans cette perspective, le cisco de printemps du lac des Écorces appartient à une population de l’est et ne semble pas provenir d’une lignée distincte.

Étant donné le faible niveau de variation génétique intraspécifique et interspécifique dans le genre Coregonus, l’histoire phylogénétique de ce groupe est difficile à établir. Todd (1981) observe que, malgré l’absence de diversité génétique parmi les espèces de ciscos du lac Supérieur (cisco de fumage, cisco de lac, cisco kiyi et cisco à mâchoires égales), la diversité phénotypique est élevée. Selon cet auteur, étant donné qu’il est impossible de différencier les stocks par électrophorèse, les caractères phénotypiques semblent être les meilleurs descripteurs des diverses populations et sont le résultat d’adaptations locales induites par le milieu. Les différences phénotypiques et l’isolement reproducteur découleraient de l’hétérogénéité des ressources alimentaires, de l’environnement et de la compétition pour les ressources (Hjelm et Johansson, 2002; Bernatchez, 2005).

On a déjà observé un décalage de la fraye chez d'autres populations du genre Coregonus. Le cisco à mâchoires égales (de l’automne au printemps) et le cisco à museau court (du printemps à l’automne) en sont des exemples nord-américains (Smith, 1964; Scott et Crossman, 1998; COSEPAC, 2003). Ce dernier a été désigné comme « espèce en voie de disparition » (mai 2005), et celui qui précède, comme « espèce menacée » (mai 2003). Le corégone blanc (C. albula) possède aussi des populations à fraye printanière en Finlande (Airaksinen, 1968) et en Suède (Svärdson, 1979). Les empreintes génétiques d’un tel phénomène n’ont pas été mises en évidence chez la population de ciscos de printemps du lac des Écorces, et la question reste donc peu documentée. Selon Bernatchez (2005), les divergences d’ordre phénotypique et écologique et l’isolement reproducteur chez les Corégoninés découlent directement d’un processus de sélection naturelle induit par le milieu dans lequel ils vivent.

Les difficultés que pose la définition génétique des relations spécifiques au sein de familles comme le complexe C. artedi obligent souvent les chercheurs à revenir aux concepts de base de la taxinomie (Taylor, 1999; Schluter, 2000). De plus, dans les milieux tempérés associés aux lacs postglaciaires, il n’est pas rare de trouver des populations sympatriques distinctes sur le plan morphologique, génétique ou écologique (Taylor, 1999; Lu et al., 2001). De tels complexes constitueraient d’ailleurs une portion importante de notre biodiversité.

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Unités désignables et admissibilité

C’est Hénault (1987) qui a soumis le cisco de printemps à l’attention du COSEPAC et qui a signalé l’urgence de protéger cette espèce. Hénault et Fortin (1992, 1993) ont souligné de nouveau le caractère unique du cisco de printemps en Amérique du Nord et sa vulnérabilité en tant qu’écotype, du fait que le lac des Écorces est soumis à des perturbations toujours plus fortes. Dans son évaluation de 1992, le COSEPAC a avalisé le cisco de printemps comme espèce non décrite et recommandé le statut « préoccupant » au niveau de l’espèce.

Bien que l'espèce n’ait pas été signalée dans le lac avant 1981 (Hénault et Fortin, 1993), elle y est certainement présente depuis très longtemps, comme en témoigne l’ampleur de la divergence par rapport aux C. artedi des lacs des alentours. Cette population endémique est particulière à l'Amérique du Nord, et répond aux critères d’admissibilité du COSEPAC (COSEWIC, 2007a) : elle se distingue sur le plan morphologique, écologique et possiblement sur le plan génétique, c’est la seule représentante de cette forme en Amérique du Nord, et elle est confinée à la zone nationale biogéographique des eaux douces des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent du Canada. L’isolement reproducteur complet du cisco de printemps par rapport au C. artedi (voir la section Biologie) et les différences morphologiques observées étayent la différenciation génétique.

L’absence de description officielle de l'espèce n’interdit pas l’évaluation du statut puisqu’il s’agit ici d’une seule population endémique au lac des Écorces. Lorsque le statut taxinomique demeure incertain, comme c’est le cas pour le cisco de printemps, une population peut être reconnue comme unité désignable (UD) si elle présente des attributs qui la rendent « distincte et importante dans l’évolution par rapport aux autres populations » (COSEPAC, 2007b), ou en d'autres termes, si l’unité désignable présumée possède un ou des traits distincts et rares (comportement, cycle de vie, physiologie, morphologie) qui représentent une adaptation locale et signalent que l’unité n’est pas écologiquement interchangeable avec d'autres unités désignables présumées connues au sein de l'espèce, et constitue une composante irremplaçable de la diversité canadienne (Taylor, 2005; COSEWIC, 2007a).

Selon Taylor (1999) et Turgeon et Bernatchez (2003), les populations qui se distinguent sur le plan morphologique, écologique et génétique devraient bénéficier d’un statut de conservation prioritaire étant donné que les méthodes taxinomiques traditionnelles ne permettent guère de désigner et de reconnaître des unités inférieures à l'espèce. L’isolement reproducteur complet entre le cisco de printemps et les C. artedi étaye l’hypothèse selon laquelle il s’agirait d’une espèce non décrite (McAllister, 1990). Les différences morphologiques (voir ci-dessus la section voir ci-dessus la section Description morphologique) comme le nombre plus faible de branchicténies et de rayons aux nageoires impaires confortent l’idée d’une différenciation génétique.

Le cisco de printemps constitue donc une unité désignable valide, admissible à une évaluation du statut aux termes des lignes directrices du COSEPAC. Cette forme consiste en une seule population, endémique au lac des Écorces situé dans la zone biogéographique des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, et à ce titre est la seule représentante de la forme à l’échelle mondiale.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Cette espèce est endémique au Canada.

Aire de répartition canadienne

Il n’y a, au Canada, qu’une seule population connue de ciscos de printemps, au lac des Écorces (46°31'48" N, 75°25'03" O, figure 2 et figure 3), dans la région des Laurentides (Québec). Des pêches expérimentales ont été réalisées dans plusieurs lacs adjacents (lacs Petit, Gauvin, Kiamika, Marquis, McGregor, Rochon et Saint-Paul), mais sans qu’on y capture de ciscos de printemps (Pariseau et al., 1983; Hénault, 1987). Des relevés effectués au lac Chandos, près de Havelock, en Ontario, (voir Hénault et Fortin, 1993) indiquent également que les ciscos présents dans ce lac frayent en automne (McAllister et Campbell, données inédites). Par ailleurs, les rassemblements de ciscos observés à l’exutoire du lac Gillies, dans la péninsule de Bruce, en Ontario, pourraient évoquer un comportement de fraye printanière, mais cela reste à vérifier. Le phénomène pourrait toutefois s’apparenter aux regroupements de poissons observés au printemps au lac Chandos qui sont probablement liés aux conditions de l’eau et à la disponibilité des ressources alimentaires (aucun cisco au stade de reproduction n’y ayant été trouvé) (McAllister et Campbell, données inédites). Todd (1981) a bien observé une fraye printanière du Coregonus artedi dans le lac Supérieur, mais le phénomène n’a plus été signalé depuis.

Le lac des Écorces a une superficie de 658 ha (6,58 km²) et un périmètre de 25 km. L’aire de répartition connue de l’espèce est donc limitée à une superficie de 6,58 km². Sa zone d’occurrence devrait donc correspondre à la superficie du lac, mais selon la méthode de calcul recommandée par le COSEPAC (la méthode du polygone convexe minimum, voir COSEPAC, 2007), elle serait d’environ 20 km². On ignore comment les poissons sont répartis dans le lac, mais la zone d’occupation (à une échelle adaptée à l’écologie de l’espèce) devrait également correspondre à peu près à la superficie du lac ( 6,58 km²), puisqu’il semble qu’une grande partie du lac, du moins sur le plan de la superficie, soit utilisée lorsqu’on tient compte de tous les stades (voir la section Besoins en matière d’habitat, plus bas). L’indice de la zone d’occupation, tel que défini dans les directives du COSEPAC, établi au moyen d’un quadrillage de 1 x 1 km²superposé sur le lac, a été estimé à 20 km² (et à 28 km², avec un quadrillage de 2 x 2 km) (voir COSEPAC, 2008).

Avec un débit de sortie d’environ 20 m/s, le lac des Écorces a un taux de renouvellement théorique d’environ 7 fois par année. Sa profondeur moyenne est de 13 m et sa profondeur maximum, de 38 m (Pariseau et al., 1983). Le lac est alimenté par la rivière Kiamika, issue du réservoir du même nom.

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Figure 2. Aire de répartition du cisco de printemps du lac des Écorces.

Carte illustrant l’aire de répartition du cisco de printemps du lac des Écorces

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Figure 3. Localisation du lac des Écorces et des lacs avoisinants mentionnés dans le texte qui n’abritent pas de ciscos à fraye printanière.

Carte illustrant la localisation du lac des Écorces et des lacs avoisinants mentionnés dans le texte qui n’abritent pas de ciscos à fraye printanière.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Habitat au stade adulte

Le cisco de printemps préfère les eaux froides et bien oxygénées, et effectue chaque jour des migrations verticales pour satisfaire ses besoins écologiques (Hénault et Fortin, 1991, 1993). Des zones d’anoxie ont été repérées en 1992, mais les eaux du lac des Écorces sont bien oxygénées toute l’année dans l’ensemble de la masse d’eau. D’après un relevé physico-chimique effectué en septembre 2005, le taux d’oxygène dissous était de 8,8 mg/L à la surface et de 5,6 mg/L à une profondeur de 32 mètres. Les relevés effectués de 1968 à aujourd’hui donnent, sur les paramètres physico-chimiques du lac des Écorces (de même que sur ceux des lacs Rochon, Gauvin, Kiamika et Saint-Paul), des informations qui semblent confirmer la qualité de l’oxygénation sur toute l’année; ces données n’ont cependant pas encore été résumées ni soumises à des analyses statistiques (Hénault, comm. pers., 2008; MRNF, données inédites).

Le cisco de printemps semble préférer les eaux dont la température est de 12 °C ou moins. Lors du réchauffement estival, les adultes migrent vers l’hypolimnion, où la température varie de 2,8 à 7,8 °C, jusqu’à ce que les eaux de l’épilimnion refroidissent (MRNF, données inédites). Le comportement thermique de la masse d’eau s’apparente à celui d’une rivière (Pariseau et al., 1983). Les eaux de l’hypolimnion se réchauffent rapidement en été (7,8 °C) et demeurent chaudes jusqu’à la fin de l’automne, tandis que dans les lacs avoisinants, la température de l’eau demeure à 4 °C. Les températures relativement chaudes de l’hypolimnion dans le lac des Écorces caractérisent l’environnement thermique du cisco de printemps par rapport à celui du cisco à fraye automnale des lacs environnants. Selon Hénault et Fortin (1991), ce phénomène influe sur le développement des gonades.

Habitat de fraye

Le cisco de printemps utilise les zones profondes, situées entre 20 et 30 m de la surface (Pariseau et al., 1983; Hénault et Fortin, 1991). Cette adaptation, peut-être attribuable au décalage de la période de fraye de l’automne au printemps, permet l’incubation normale des œufs pendant les périodes de températures estivales élevées. Des œufs ont été récoltés dans un site à pente raide et au substrat vaseux, à plus de 20 m de profondeur; il est toutefois difficile de tirer une conclusion quelconque concernant la nature de leurs besoins vu la petite taille de l’échantillon (n = 14 en 1991) (Hénault et Fortin, 1991). On peut toutefois affirmer que l’habitat de fraye du cisco de printemps doit être bien oxygéné et que sa température doit être inférieure à 5°-6 °C (Hénault et Fortin, 1992). Durant la période de fraye, les femelles fertiles (stade V) fréquentent toute la colonne d’eau, tandis que les mâles restent près du fond (Hénault et Fortin, 1991).

En laboratoire, Colby et Brooke (1973) ont établi que la température optimale pour l’incubation des œufs était de 5,6 °C. Le taux de survie diminue rapidement avec l’augmentation de la température et devient nul à 10 °C, tant pour les ciscos de lac que pour les ciscos de printemps (Scott et Crossman, 1998; Pariseau et al., 1983). En septembre, les ciscos de printemps se comportent comme les individus à fraye automnale et occupent toute la colonne d’eau (Hénault et Fortin, 1991). La concentration d’oxygène dissous ne semble pas être un facteur limitatif, car la concentration d’oxygène dans le lac des Écorces est élevée toute l’année (MRNF, données inédites).

Habitat aux premiers stades de vie

Vu le petit nombre de ciscos de printemps au stade larvaire prélevés dans le lac des Écorces (n = 6 en 1984, n = 3 en 1987), il est difficile de décrire leur écologie (Hénault et Fortin, 1991). Selon ces auteurs, comme la température de l’eau est déjà élevée au moment de l’éclosion, en août, des adaptations spéciales entreraient en jeu. Lorsque les larves ont été recueillies, en août 1987, la température de l’eau à la surface était de 22 °C. L’absence de captures dans le premier mètre indique toutefois que les larves évitent cette section de la colonne d’eau. Les auteurs ont donc posé l’hypothèse d’une migration verticale quotidienne.

On possède peu d’information sur les premiers stades de vie du cisco de printemps, mais plusieurs expériences ont été réalisées en laboratoire sur le cisco de lac. Fry (1937, cité dans McCormick et al., 1971), a également observé que les larves de cisco de lac quittaient l’épilimnion dès que la température y atteignait 20 °C. La limite supérieure de température tolérée par les jeunes de 48 mm de longueur se situerait à 19,8 °C, lorsqu’ils sont acclimatés à une température de 3 °C en conditions expérimentales. Edsall et Colby (1970) font état d’une température létale de 19,8 °C à la suite d’un acclimatement à 2 °C, bien que les jeunes puissent tolérer des températures aussi élevées que 26 °C lorsqu’ils sont acclimatés à 12,5 °C et plus. McCormick et al.(1971) ajoutent que la température optimale pour la croissance des jeunes se situe entre 13 et 18 °C, bien que, selon Kerr et Grant (1999), la température préférentielle se situe entre 7 et 10 °C. La température optimale varie selon l’habitat et les ressources alimentaires. Lorsque ces dernières se font rares, la température de croissance optimale baisse (McCormick et al., 1970).

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Tendances

Le milieu lacustre a été soumis à de nombreuses perturbations au cours des 50 dernières années, ce qui l’a sensiblement dégradé et pourrait avoir causé des pertes d’habitat. Les rives du lac ont connu un développement résidentiel et de villégiature rapide; ses eaux ont par ailleurs été perturbées par le lessivage des substances chimiques et des déchets organiques provenant de l’agriculture et de l’élevage. Déjà considéré comme mésotrophe (Bergeron et Vincent, 1973), le lac est aujourd’hui généralement eutrophe (Hénault et Fortin, 1993) par suite de l’augmentation de la charge nutritive attribuable aux pratiques urbaines et agricoles, et de l’introduction d’espèces exotiques comme le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum).

Cette tendance à l’eutrophisation pourrait aussi être liée aux changements climatiques et au réchauffement de la planète. Selon la plupart des modèles, les effets les plus rapides et les plus marqués de ces changements devraient se faire sentir sous les latitudes septentrionales, et les forêts et les zones humides boréales pourraient être les milieux les plus vulnérables (Woodwell et al., 1995). D’après les études de suivi environnemental réalisées dans l’écozone du bouclier boréal, de profonds changements ont déjà eu lieu dans la productivité primaire, le stockage du carbone, l’hydrologie et l’habitat du poisson, ce qui pourrait perturber le fonctionnement des communautés et des écosystèmes du bouclier (Schindler, 1998). Selon les études réalisées sur les glaces des lacs du bouclier boréal en Ontario, les périodes de couverture de glace auraient raccourci au cours des années 1970 et 1980, puis varié chaque année par la suite (Urquizo et al., 2000). Schindler et al. (1990) ont noté que la température annuelle de l’air avait augmenté de 1,6 °C, le volume des précipitations diminué de 40 %, et l’évapotranspiration augmenté de près de 50 % dans la région entre 1970 et 1990. Parmi les autres changements observés, mentionnons les suivants : ralentissement du débit des cours d’eau entraînant une diminution du transport du carbone et du phosphore organiques dissous pouvant atteindre 40 % (Dillon et Molot 1997); diminution de l’abondance du phytoplancton dans les lacs où la teneur en phosphore a baissé; augmentation de la transparence de l’eau causée par la diminution des concentrations de carbone organique dissous, ce qui permet une pénétration accrue du rayonnement UV-B; utilisation accrue des refuges thermiques par les poissons adaptés au froid comme le touladi; abaissement de la thermocline se traduisant par une perte d’habitat pour les invertébrés et les poissons adaptés au froid; augmentation des dépôts acides dans la neige en hiver et diminution du pHaprès la fonte printanière; acidification des cours d’eau par suite de la baisse du niveau des eaux dans les bassins versants, ce qui favorise l’oxydation du soufre en sulfates (Schindler et al., 1990; Snucins et Gunn, 1995; Dillon et Molot, 1997; Schindler, 1998).

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Protection et propriété

La plus grande partie du littoral et des terrains bordant le lac appartiennent à des propriétaires privés; il existe toutefois des dispositions juridiques qui protègent l’habitat en vertu de divers articles de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral (L.R. 1985, ch. F-14). L’espèce et son habitat jouissent également d’un certain degré de protection en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec (L.R.Q., c. Q-2) et du Règlement sur les habitats fauniques de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune du Québec (L.R.Q., c. Q-2, C-61.1). L’application de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec) est déléguée aux municipalités.

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Biologie

Reproduction

À la différence du cisco de lac, qui fraye à l’automne, le cisco de printemps fraye de la deuxième moitié de mai jusqu’au début de juin (Pariseau et al.,1983; Hénault, 1987; Hénault et Fortin, 1992, 1993). Chez les Corégoninés, le déclenchement de la gamétogénèse semble lié à la température (Scott et Crossman, 1998) et à la diminution de la photopériode (Hénault et Fortin, 1991). Chez le cisco de printemps du lac des Écorces, la maturation des oocytes commence à l’automne, ralentit pendant l’hiver et plafonne au printemps juste avant la fraye. À en juger d’après le stade de développement des œufs récoltés en 1984, la fécondation a eu lieu entre le 10 mai et le 7 juin (Hénault et Fortin, 1991). La masse hépatique semble le facteur de prédiction de la fécondité le mieux corrélé, ce qui n’est pas une caractéristique courante chez le genre Coregonus(Hénault et Fortin, 1991). La fécondité des femelles varie en fonction de la longueur totale et se situe entre 29 400 et 74 900 œufs/kg, pour des femelles mesurant entre 220 et 265 mm.

Selon les températures prévalant à 30 m de profondeur, le modèle de l’équation de Colby et Brooke (1973) donnait une période d’incubation de 72 jours (pour 50 % d’éclosion) chez le cisco de printemps, alors que l’incubation peut durer de 76 à 92 jours chez d'autres populations de ciscos (Anderson et Smith, 1971; Scott et Crossman, 1998; Hénault et Fortin, 1991). Pendant le développement embryonnaire, les œufs de cisco sont vulnérables à la prédation, à la sédimentation et à la concentration de l’oxygène dissous dans l'eau (Colby et Brooke, 1980).

Malgré l’ampleur des mesures d’échantillonnage de Hénault et Fortin (1991) en 1984 et 1987, seules neuf larves de ciscos de printemps ont été recueillies, dont la première près de la fin de juillet. Une migration journalière verticale pourrait expliquer la faible taille de l’échantillon et le fait que toutes les captures ont eu lieu la nuit. Nous ne disposons pas de données spécifiques sur le comportement des larves de cisco de printemps; on sait toutefois que, dès l’éclosion, les larves de cisco commencent à s’alimenter et montent à la surface pour remplir leur vessie natatoire d’O2 atmosphérique. Il s’agit là d’un stade critique pour leur survie, qui dépend alors de la disponibilité de la nourriture.

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Régime alimentaire

Les larves pélagiques de cisco sont planctonophages et se nourrissent presque exclusivement de copépodes et de cladocères (Anderson et Smith, 1971; Scott et Crossman, 1998). Cette étroite relation entre la disponibilité du zooplancton et la survie des larves a été mise en évidence dans le lac Supérieur (Anderson et Smith, 1971; McCormick et al., 1971).

Les adultes pélagiques sont planctonophages, mais consomment des proies très diverses : insectes, œufs, petits poissons et crustacés, selon la saison (Scott et Crossman, 1998; Kerr et Grant, 1999; Bernatchez, 2000). L’analyse du contenu stomacal de ciscos de printemps capturés en septembre 2005 (n = 7) a révélé que leur régime alimentaire se compose à 18 % d’insectes, à 36 % de benthos et à 45 % de zooplancton (MRNF, données inédites).

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Croissance

Au lac des Écorces, les larves de cisco se développent dans des conditions environnementales marginales (voir ci-dessus la section Habitat) et sont vulnérables aux variations de la température. Toutefois, outre le fait qu’elles évitent le mètre supérieur de la colonne d'eau, les larves sont plus tolérantes que les adultes aux variations de la température de leur milieu, qui peut parfois monter près du niveau létal de 26 °C (Edsall et Colby, 1970). D’après l’examen des écailles, les auteurs (Hénault et Fortin, 1989, 1991) concluent à un retard considérable de la croissance à la fin de la première année de vie : 50-58 mm contre 106-130 mm chez des spécimens du lac McGregor qui est situé à 100 km au sud du lac des Écorces.

À 3 ans, âge de la maturité sexuelle, les longueurs totales moyennes (de 220 à 265 mm sont légèrement inférieures à celles des populations de ciscos de lac du même bassin hydrographique (de 245 à 285 mm) (Hénault et Fortin, 1989, 1991). Malgré ce retard, qui se rattrape avec le temps, ces auteurs (Hénault et Fortin, 1989, 1991) concluent que la croissance des spécimens du lac des Écorces peut être considérée comme normale pour des poissons occupant un petit lac.

Le spécimen le plus âgé jamais capturé était une femelle de 11 ans, mais l'âge moyen est de 5 ans, et rares sont les individus qui vivent plus de 8 ans (Hénault et Fortin, 1991).

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Dispersion/migrations

Pendant l’été, les ciscos de printemps sont généralement présents dans l’ensemble du lac au niveau de l’hypolimnion, où ils se déplacent le jour en quête de nourriture (Hénault et Fortin, 1993). En automne, on les trouve dans tout le lac à des profondeurs de 12 m ou plus. Au printemps, pendant la fraye, on a capturé des spécimens à divers endroits dans le bassin principal du lac, de 20 à 30 m de profondeur, au-dessus d’un substrat mou et vaseux (Hénault et Fortin, 1993).

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Prédation/interactions interspécifiques

En 1984, 22 espèces de poissons étaient présentes dans le lac des Écorces, parmi lesquelles le grand brochet (Esox lucius), le doré jaune (Sander vitreus), la perchaude (Perca flavescens), le grand corégone (Coregonus clupeaformis), l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), le crapet-soleil (Lepomis gibbosus), la barbotte brune (Ameiurus nebulosus), le meunier noir (Catostomus commersonii), le maskinongé (Esox masquinongy), le touladi (Salvelinus namaycush) et l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) (MRNF, données inédites; Bernatchez, 2000; M.-A. Montpetit, comm. pers., 2005). Le cisco de printemps était la principale proie de plusieurs de ces poissons piscivores, notamment le grand brochet, le doré jaune, l’achigan à petite bouche, le maskinongé, le touladi et l’omble de fontaine (Bernatchez, 2000). Au moins 2 autres espèces, dont on connaît les relations de prédation, se sont depuis ajoutées à la liste, l’éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) et le saumon atlantique (Salmo salar). Ces 2 espèces ont été introduites au début des années 1990 dans le réservoir Kiamika, qui est situé en amont du lac des Écorces. La présence de l’éperlan arc-en-ciel a été confirmée en 1999, quand on a trouvé 3 spécimens morts dans le lac des Écorces. En 2004 et 2005, une frayère a été découverte à l’embouchure du ruisseau Gauvin, affluent du lac des Écorces.

L’introduction de l’éperlan arc-en-ciel a provoqué des changements dans les relations de prédation au sein de la communauté ichtyenne. La pêche expérimentale menée en septembre 1992 et 2005 au lac des Écorces a montré une hausse des captures par unité d’effort (CPUE), qui sont passées respectivement de 3,3 à 6,8 et de 25,1 à 35,3 pour le doré jaune et la perchaude (MRNF, données inédites). Une interaction avec la colonisation récente du lac par l’éperlan arc-en-ciel peut avoir contribué à cette hausse. L’analyse du contenu stomacal de dorés jaunes (n = 68) dans l’échantillon de 2005 a révélé la présence d’éperlans arc-en-ciel dans les estomacs de 58 % des individus (MRNF, données inédites), alors que le pourcentage était de 0 % pour la perchaude. Il semble donc que l’abondance de perchaudes augmente suite à la baisse de la prédation sur cette espèce, qui pourrait en conséquence devenir un prédateur important des larves de cisco nouvellement écloses pendant leur migration verticale. On a découvert une larve de poisson (difficile à identifier mais ressemblant à une larve de cisco) dans l’estomac d’une perchaude capturée le 22 septembre 2005. Une perchaude prise en 2008 portait dans sa bouche des œufs qui n’ont pas été identifiés jusqu’à l'espèce, mais qui semblaient être des œufs de cisco de printemps. De plus, les estomacs de tous les grands corégones (Coregonus clupeaformis) capturés en mai 1983 et 1984 contenaient un grand nombre d’œufs de cisco (Hénault et Fortin, 1991).

Pour améliorer la pêche sportive, on a procédé à un certain nombre d’ensemencements au lac des Écorces. En 1988, 1990, 1991 et 1992, on y a déversé des ombles de fontaine; en 1960, c’étaient des dorés jaunes, espèce encore présente dans le lac. Au début des années 1990, le réservoir Kiamika (figure 2), situé en amont du lac des Écorces, a été ensemencé en saumon atlantique et en éperlan arc-en-ciel. Les pêches expérimentales menées en 1992 et en 2005 ont montré que le touladi avait pratiquement disparu du lac, et les prises sportives sont jugées marginales, même si on trouve encore des touladis au pied du barrage et en amont du réservoir Kiamika (Hénault et Fortin, 1993; M.-A. Montpetit, comm. pers., 2005; MRNF, données inédites).

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Adaptabilité

Le décalage de la période de fraye du cisco de printemps peut être directement attribuable aux conditions environnementales, particulièrement aux températures élevées qui règnent en été et en automne dans l’hypolimnion du lac des Écorces (Hénault, 1987; Hénault et Fortin, 1991, 1992, 1993). Comme le signalent divers auteurs, la température de l'eau joue un rôle crucial dans le développement des gonades qui peut être inhibé par des températures trop élevées (voir par exemple John et Hasler, 1956; Okuzawa et al., 1989; Strussmann et Nakamura, 2002; Lim et al., 2003). Dans l’hypolimnion, les températures sont très basses en hiver (2,8 °C en janvier 1968), s’élèvent rapidement en été (9 °C en juin 1968) et baissent tard dans l’automne (5,6 °C en novembre 1968) (MRNF, données inédites).

On ne peut attribuer la variation thermique dans le lac des Écorces à la manipulation des régimes d’écoulement. Le barrage actuel situé à la décharge du lac (le barrage Reno) a été achevé en 1952, et le barrage situé à la décharge du lac Kiamika (le barrage Kiamika), celui qui a créé le réservoir Kiamika, a été achevé en 1954. Cependant, les barrages précédents que l’on retrouve à ces deux emplacements datent d’au moins 1914 et ils ont subi diverses modifications au fil des ans pour être en mesure de contrôler les inondations (Hénault, comm. pers., 2009). Bien que tous les barrages modifient dans une certaine mesure les caractéristiques des débits mensuels, l’ampleur de ces modifications est variable. Les bassins hydrographiques de petite taille, comme celui de la Kiamika, présentent moins de variabilité, et la plupart des changements sont observés en hiver et au début du printemps (Lajoie et al., 2007). En outre, le type de variation thermique qui se produit au lac des Écorces semble particulier à ce lac, et est rarement observé dans d'autres lacs du bassin hydrographique de la Kiamika en aval du réservoir (Hénault et Fortin, 1993). De plus, l’ampleur de la divergence par rapport au C. artedi dans les lacs proches a abouti à l’isolement reproducteur du cisco de printemps (voir la section Biologie), ce qui indiquerait que le régime thermique particulier du lac existe depuis longtemps.

Le décalage de la période de fraye fait que les larves éclosent principalement en juillet et août, moment où il y a réduction de l’habitat préférentiel du cisco de printemps et de l’éperlan arc-en-ciel du fait des préférences thermiques de ces deux espèces. Les poissons se tiennent alors dans la cuvette du lac, au-dessous de la thermocline. D’après ce qu’on sait sur les relations de prédation de l’éperlan arc-en-ciel, ce poisson se nourrirait des larves de Corégoninés, et l’impact de la prédation exercée par l’éperlan arc-en-ciel sur les larves de cisco de printemps dans les zones profondes semble une réalité grave et préoccupante.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les pêches expérimentales menées dans les lacs des environs et d'autres régions n’ont jamais mis en évidence la présence de cette espèce ailleurs que dans le lac des Écorces (voir la section Répartition; Pariseau et al., 1983; Hénault, 1987; Hénault et Fortin, 1993; McAllister et Campbell, données inédites). Des pêches expérimentales sont effectuées périodiquement dans le lac des Écorces depuis 1983 à l’aide de filets maillants expérimentaux mouillés à des stations standards (tableau 1).

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Tableau 1 : Captures par unité d’effort de ciscos de printemps du lac des Écorces entre 1983 et 2008.
AnnéeDateStationCPUE (n/heure)NombreHeures de pêcheRemarques
Total
0,03
1
34,7
 
198122 mai
3
6,8
77
11,5
filet maillant expérimental
19835 mai
1
4,8
30
6,3
filet maillant (30 m X 2 m X 5 cm - mesure de la maille étirée)
198318 mai
2
3,9
68
17,3
Pêche de nuit (filet expérimental)
198318 mai
2
11,7
203
17,3
filet maillant (30 m X 2 m X 5 cm - mesure de la maille étirée)
19837 juin
2
0,4
6
17,0
filet maillant (30 m X 2 m X 5 cm - mesure de la maille étirée)
19837 juin
1
4,6
79
17,0
Pêche de nuit (filet expérimental)
Total
5,2
386
74,9
 
198424 mai
1
29,2
175
6,0
filet maillant (30 m X 2 m X 5 cm - mesure de la maille étirée)
198410 juin
1
5,8
13
2,3
filet maillant (30 m X 2 m X 5 cm - mesure de la maille étirée)
Total
22,8
188
8,25
 
198720 mai
1
15,2
41
2,7
Filet expérimental
198720 mai
1
11,1
30
2,7
?
Total
13,1
71
5,4
 
199418 mai
1
13,4
51
3,8
Filet expérimental à omble de fontaine
199418 mai
2
7,8
31
4,0
Filet expérimental à omble de fontaine
Total
10,5
82
7,8
 
199728 mai
1
10,8
42
3,9
Filet expérimental à omble de fontaine
199728 mai
2
0,0
0
3,8
Filet expérimental à omble de fontaine
Total
5,5
42
7,7
 
200321 mai
1
3,4
12
3,5
Filet expérimental à omble de fontaine
200321 mai
2
0,0
0
3,42
Filet expérimental à omble de fontaine
200329 mai
1
6,7
32
4,75
Filet expérimental à omble de fontaine
200329 mai
2
3,2
14
4,42
Filet expérimental à omble de fontaine
Total
3,6
58
16,09
 
200417 mai
1
0,0
0
3,5
Filet expérimental à omble de fontaine
200417 mai
2
4,8
14
2,9
Filet expérimental à omble de fontaine
200427 mai
1
1,2
5
4,1
Filet expérimental à omble de fontaine
200427 mai
2
1,6
6
3,7
Filet expérimental à omble de fontaine
Total
1,8
25
14,2
 
200814 mai
1
0,0
0
4,60
Filet expérimental à touladi
200814 mai
1
0,2
1
4,70
Filet expérimental à omble de fontaine
200814 mai
2
0
0
4,5
Filet expérimental à touladi
200814 mai
2
0
0
4,6
Filet expérimental à omble de fontaine
200823 mai
1
0
0
4
Filet expérimental à touladi
200823 mai
1
0
0
4,10
Filet expérimental à omble de fontaine
200823 mai
2
0
0
4,10
Filet expérimental à touladi
200823 mai
2
0
0
4,10
Filet expérimental à omble de fontaine

Abondance

Les pêches expérimentales menées depuis plus de 25 ans dans le lac des Écorces, les CPUE servant d’indice de l’abondance, font ressortir que la population baisse depuis 1987. Selon des données disponibles, il existe une forte probabilité que la population ait connu un déclin supérieur à 50 % au cours des 3 dernières générations, entre 1994 et 2008 (figure 4), soit d’un ordre de grandeur par rapport aux premiers travaux de 1983. En même temps, le nombre de poissons capturés a également baissé, ce qui n’est pas le cas de l’effort de pêche. Aucun relevé n’a eu lieu en 2006 et 2007, mais celui de 2008 n’a rapporté qu’un seul spécimen malgré des mesures d’échantillonnage presque 3 fois plus importantes.

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Figure 4. Captures par unité d'effort de ciscos de printemps du lac des Écorces entre 1981 et 2008.

Graphique illustrant les captures par unité d’effort de ciscos de printemps du lac des Écorces entre 1981 et 2008.

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Sur une période de 21 ans, la longueur moyenne des ciscos a baissé, passant de 240 mm à 205 mm (figure 5). Les tailles minimales et maximales des spécimens capturés sont beaucoup plus proches de la moyenne, ce qui témoigne d’une homogénéité dans les tailles, et peut-être dans les classes d'âge, et indiquerait que le nombre de poissons adultes, âgés et sexuellement matures est en diminution.

Figure 5. Longueur moyenne des géniteurs matures de cisco de printemps capturés en mai dans le lac des Écorces entre 1983 et 2008. Un test-t de Student pour les échantillons petits et indépendants a servi à comparer les longueurs moyennes. Les parties de couleur plus pâle en haut de chaque barre constituent un écart-type.

Graphique illustrant la longueur moyenne des géniteurs matures de cisco de printemps capturés en mai dans le lac des Écorces entre 1983 et 2008.

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Un certain nombre de facteurs peuvent expliquer le déclin des prises et de la taille moyenne. La récente introduction de l’éperlan arc-en-ciel peut nuire à la qualité du recrutement et à la croissance chez les ciscos. Le déclin manifeste à la figure 4 peut aussi s’expliquer par la compétition entre ciscos adultes pour les ressources alimentaires et par la réduction de la croissance qui en découle. On a aussi observé que la taille des ciscos diminue à mesure que leur densité augmente (Aku et Tonn, 1997), ce qui ne semble pas être le cas dans le lac des Écorces. L’apparition de fortes classes d'âge, typique des Corégonidés, est souvent corrélée à des fluctuations environnementales (Anderson et Smith, 1971; Bowen et al., 1991; Aku et Tonn, 1997).

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Effet d’une immigration de source externe

Sans objet - l'espèce est endémique au lac des Écorces.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le lac des Écorces a connu de nombreuses perturbations au cours des 50 dernières années. Les eaux sont jugées mésotrophes, mais plusieurs auteurs signalent une tendance à l’eutrophisation (Bergeron et Vincent, 1973; Hénault et Fortin, 1993). Le rythme de l’aménagement de ses rives, où se construisent résidences et chalets, est préoccupant, tout comme le lessivage de produits chimiques et de déchets organiques dus à l’agriculture et à l’élevage. Jusqu’en 1995, les municipalités de Lac-des-Écorces et de Chute-Saint-Philippe rejetaient leurs eaux usées non traitées dans la Kiamika, principal affluent du lac des Écorces. Depuis, les eaux usées sont soumises à un traitement primaire, puis rejetées dans la rivière (M.-A. Montpetit, comm. pers., 2005). Il reste toutefois un certain nombre de fermes bovines et porcines sur les rives de la Kiamika, et près de 1 000 ha longeant la rivière servent à la production de céréales.

L’eutrophisation des lacs due au rejet des eaux usées des chalets installés sur le littoral est un problème grave qui se pose sur l’ensemble du bouclier boréal (Urquizo et al., 2000). Les eaux usées contribuent à l’apport de matières qui sont habituellement absentes, ou présentes en faibles quantités, comme les métaux, les produits chimiques organiques et les sédiments en suspension. À des concentrations toxiques, ces matières peuvent nuire au biote en tuant les organismes vivants, en les affaiblissant ou en interférant avec leur capacité de se nourrir et/ou de se reproduire (La biodiversité du Québec, 1999). Les propriétaires de chalets ont souvent tendance à vouloir nettoyer leur littoral en éliminant les communautés de macrophytes qui constituent un habitat critique de grossissement et/ou d’alimentation pour les invertébrés aquatiques et les poissons. Il est bien connu que l’enlèvement de la végétation des rives cause un déclin des populations de macrophytes, des perturbations dans les chaînes trophiques aquatiques et des baisses des populations de grand brochet et d'espèces proies comme la perchaude et le crapet-soleil (Urquizo et al., 2000).

Nous ne disposons pas d’informations permettant d’évaluer les modifications qui pourraient survenir dans l’écosystème du lac des Écorces du fait du réchauffement climatique en cours; toutefois, le réchauffement des eaux du lac peut poser moins de difficultés au cisco de printemps qu’au C. artedi(Hénault, comm. pers., 2008). Par ailleurs, d'autres facteurs comme l’abaissement de la thermocline ou les réductions de la quantité de carbone et de phosphore organiques dissous pourraient nuire à l'espèce en causant une perte et/ou une dégradation de son habitat. Le problème de la perte et de la dégradation de l’habitat est vraisemblablement le résultat des changements environnementaux (climat) qui se superposent à d'autres facteurs associés à l’urbanisation, aux pratiques agricoles et à l’introduction d'espèces exotiques. Ailleurs au Québec, 30 des 217 populations connues de la sous-espèce méridionale d’omble chevalier (Salvelinus alpinus oquassa) ont disparu sous l’effet d’une telle combinaison de facteurs, ainsi que de la surpêche (J. Reist, MPO, comm. pers., 2007).

Les changements survenus dans la communauté ichtyenne et l’eutrophisation du lac des Écorces et de l’ensemble du bassin hydrographique peuvent représenter des menaces pour le cisco de printemps. La récente introduction de l’éperlan arc-en-ciel constitue un danger potentiel à plusieurs égards. L’interaction entre ces deux espèces peut se manifester par une compétition pour les ressources alimentaires et par des relations de prédation (Scott et Crossman, 1998; Etnier et Skelton, 2003). Il est fort probable que les éperlans arc-en-ciel vont avoir un impact sur les jeunes ciscos (Hrabik et al., 1998) ou sur les œufs (Evans et Loftus, 1987) (voir ci-dessus la section Prédation/interactions interspécifiques). On peut s’attendre à des changements dans la chaîne trophique qui aboutiraient à une restructuration de la communauté ichtyenne (Loftus et Hulsman, 1986; Evans et Loftus, 1987).

Une relation inversement proportionnelle entre l’éperlan arc-en-ciel et les ciscos a été observée dans le lac Simcoe et le lac Supérieur, ce qui évoque une compétition pour les ressources alimentaires entre les poissons de moins d’un an (Anderson et Smith, 1971; Evans et Waring, 1987). Dans un souci de préserver les ciscos, Evans et Loftus (1987) sont allés jusqu’à recommander d’exclure l’éperlan arc-en-ciel des petits lacs.

Selon Evans et Loftus (1987), il existe une interaction étroite entre le touladi et l’éperlan, étant donné qu’on observe régulièrement un équilibre de longue date basé sur une relation de prédation. Dans le lac des Écorces, le touladi a connu un grave déclin imputable à la dégradation de la qualité de l'eau dans le lac, ce qui semble aussi avoir eu un effet global sur la nouvelle dynamique de la communauté. On peut s’attendre à une hausse des populations d’éperlan suite au déclin du touladi, ce qui aurait un effet négatif sur les jeunes ciscos; il semble que ce soit bien le cas, car le nombre de ciscos a baissé parallèlement à l’introduction de l’éperlan arc-en-ciel et à la diminution des effectifs de touladi. Après l’ensemencement du lac Simcoe en touladi, les populations de perchaude, de cisco de lac et d’éperlan arc-en-ciel ont toutes baissé sous l’effet de la prédation (Evans et Waring, 1987). De plus, une étude menée sur 40 ans a révélé qu’en présence de ces 2 espèces proies, les jeunes touladis vont se nourrir d’éperlan arc-en-ciel, alors que le cisco est la proie préférée des individus plus âgés (Mason et al., 1998).

Selon certains indices, les populations de doré jaune seraient également en déclin, mais des travaux complémentaires sont nécessaires pour le confirmer. Si la population de dorés jaunes s’effondre, la perchaude deviendra probablement le principal prédateur du lac, et ce poisson a peut-être déjà un impact sur les populations de ciscos. Des études complémentaires prévues en 2009 pourraient éclairer quelque peu la question.

Le cisco de printemps est aussi vulnérable à la dégradation de son habitat. L’aménagement des berges, diverses formes de pollution, et la prolifération de la végétation peuvent contribuer à l’eutrophisation d’un cours d'eau (Hénault et Fortin, 1992). L’augmentation des charges en nutriments contribue à la diminution de la teneur en oxygène des eaux froides et profondes où se tient l'espèce en été. Dans le lac des Écorces, il existe seulement 2 fosses de plus de 20 m de profondeur. Le nombre et la qualité des frayères pourraient constituer un facteur limitatif. L’appauvrissement en oxygène de l’hypolimnion peut occasionner des mortalités catastrophiques chez les ciscos (Scott et Crossman, 1998). La préservation de ces zones est donc cruciale pour la survie du cisco de printemps. Toutefois, des données physico-chimiques recueillies en 2005 indiquent que les concentrations d’oxygène dissous sont encore jugées adéquates pour les salmonidés, même dans la zone profonde (MRNF, données inédites).

Bergeron et Vincent (1973) ont signalé une forte croissance des plantes aquatiques dans les baies du lac des Écorces. En 2006, la végétation était encore abondante, et le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum), espèce exotique envahissante, a maintenant colonisé ces sites.

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Importance de l’espèce

Huit ciscos ont été désignés espèces en péril par le COSEPAC (COSEWIC, 2007c); plusieurs membres du genre Coregonus sont considérés comme disparus ou en péril, ce qui montre la situation précaire de plusieurs populations nord-américaines de ciscos.

Les ciscos jouent un rôle écologique important dans la dynamique des populations de poissons du lac des Écorces. Les espèces prédatrices de pêche sportive présentes dans le lac, comme le grand brochet, le doré jaune et l’omble de fontaine, se nourrissent souvent de ciscos. Selon Hazel et Fortin (1986), la perchaude serait la proie la plus importante dans les lacs mésotrophes dominés par les percidés, suivie par le cisco.

Le cisco de printemps serait un excellent candidat pour une étude qui mettrait en évidence le processus de sélection naturelle en soulignant l’importance des morphotypes dans le potentiel d’adaptation d’une espèce.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

À la suite de l’étude publiée par Hénault et Fortin (1992), le cisco de printemps a été désigné comme espèce « préoccupante » en 1992 par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (aujourd’hui le COSEPAC). Depuis 2003, le cisco de printemps figure à l’annexe 3 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le cisco de printemps est considéré comme rare et en péril au Québec (S2S3) et il est classé G5T3Q (abondant) à l’échelle mondiale, mais la population du lac des Écorces est unique même si sa taxinomie n’est pas encore établie.

L’habitat du cisco de printemps est aussi protégé au niveau fédéral par la Loi sur les pêches (L.R. 1985, ch. F-14). L'espèce et son habitat sont protégés dans une certaine mesure au Québec par la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q. c. Q-2) et par le Règlement sur les habitats fauniques pris en application de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q.c. C-61.1).

La mise en oeuvre de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec) est déléguée aux municipalités.

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Résumé technique

Coregonus sp.

Cisco de printemps – Spring Cisco
Répartition au Canada : Québec - endémique au Canada

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population) : 5 ans
Pourcentage observé de la réduction du nombre Total d’individus matures au cours des 15 dernières années (3 générations) : > 50 %
Pourcentage prévu ou soupçonné de la réduction du nombre Total d’individus matures au cours des 15 prochaines années (3 générations) : Inconnu
Pourcentage soupçonné ou observé de la réduction du nombre Total d’individus matures au cours de toute période de 15 ans (3 générations), couvrant une période antérieure et ultérieure : S.O.
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles? Non
Est-ce que les causes du déclin sont comprises? Non
Est-ce que les causes du déclin ont cessé? Non
Tendance observée du nombre de populations : Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence : 6,58 km²
Tendance observée de la zone d’occurrence : Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Zone d’occupation : 6,58 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
Quadrillage de 1 X 1 km: 20 km²
Quadrillage de 2 X 2 km: 28 km²
Tendance observée, prévue ou inférée de la zone d’occupation :Déclin possible
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation?Non
La population Totale est-elle très fragmentée? Non
Nombre d’emplacements actuels : 1
Tendance du nombre d’emplacements : Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?Non
Tendance de l’étendue et/ou de la qualité de l’habitat :Déclin

Nombre d’individus matures dans chaque population

PopulationNombre d’individus matures
Total :Inconnu
Nombre de populations (emplacements) : 1

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Réelles : introduction d’espèces concurrentes ou prédatrices (éperlan arc-en-ciel, saumon atlantique).
Imminentes : eutrophisation, dégradation de la qualité de l'eau du lac des Écorces et de l’habitat de fraye.
Potentielles :hausse de la température de l'eau à cause du réchauffement planétaire.
Immigration de source externeNon - endémique au Canada
Statut ou situation des populations de l’extérieur? Aucune population connue
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?Non

Analyse quantitative

Aucune donnée

Statut existant

Classification selon Nature Conservancy (NatureServe 2007)
Mondial - G5T3T5Q arrondi à T4
National(Canada) - NNR
Régional - QC S2S3

Espèces sauvages 2005 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2006)
Non inscrit

Province - En péril (Imperilled)

COSEPAC - En voie de disparition (avril 1992)

LEP - Annexe 3

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : A2bce; B1ab(iii,v)+B2ab(iii,v)
Justification de la désignation : Cette espèce, présente dans un seul petit lac du sud-ouest du Québec, a connu un grave déclin en matière d’abondance au cours des 15 dernières années (3 générations). Le déclin peut être lié à une combinaison de facteurs, dont la perte et la dégradation de l’habitat attribuables au développement urbain et agricole, à l’introduction d’espèces non indigènes (p. ex. l’éperlan arc-en-ciel et le saumon atlantique) et aux changements climatiques.

Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre Total d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », A2bce. Un indice de la taille de la population montre que la population a connu une baisse de plus de 50 % sur les 3 dernières générations. La réduction ne semble pas avoir cessé; les causes ne sont pas pleinement comprises et pourraient ne pas être réversibles, mais pourraient être liées à divers facteurs dont la dégradation de l’habitat due aux pratiques urbaines et agricoles, ainsi qu’aux changements climatiques et à l’introduction d'espèces exotiques.
Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii,v)+B2ab(iii,v). L'espèce existe dans un seul emplacement, avec une zone d’occurrence et une zone d’occupation < 20 km², et la qualité de l’habitat et le nombre d’individus connaissent un déclin constant sur les 3 dernières générations.
Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Sans objet - La taille de la population, qui est sans aucun doute faible et en grave déclin, est inconnue.
Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « menacée », D2; connue à un seul emplacement, avec une zone d’occupation < 20 km².
Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet - Aucune donnée.

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Remerciements et experts consultés

Les rédactrices du rapport aimeraient remercier Michel Hénault d’avoir si généreusement partagé son savoir; sans lui, bien peu d’information sur le cisco de printemps serait connue. Les rédactrices sont également reconnaissantes à Marc-Antoine Montpetit, de la municipalité de Lac-des-Écorces, qui leur a fourni des renseignements précieux sur les activités de pêche au lac des Écorces. Elles remercient également Claude Renaud, Daniel Banville, James D. Reist, Lara Cooper, Karine Picard, Marthe Bérubé ainsi que Pêches et Océans Canada, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec et le Service canadien de la faune, qui leur ont apporté des ressources et des commentaires constructifs.

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Sources d’information

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Anderson, E.D., et L.L. Jr Smith. 1971. Factors Affecting Abundance of Lake Herring (Coregonus artedi Lesueur) in Western Lake Superior, Transactions of the American Fisheries Society100(4): 691-707.

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COSEPAC. 2008. Lignes directrices sur l’utilisation de l’indice de zone d’occupation (IZO) dans les évaluations du COSEPAC, Service canadien de la faune, Ottawa.

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Louise Nadon a obtenu un baccalauréat en biologie (écologie) à l’Université du Québec à Montréal puis, en 1997, une maîtrise en ressources renouvelables de l’Université du Québec à Chicoutimi. Son mémoire portait sur le régime alimentaire et la croissance de la ouananiche (Salmo salar) du lac Saint-Jean. Jusqu’en 1997, elle a travaillé à contrat comme biologiste pour le gouvernement et pour diverses firmes d’ingénierie. Elle a participé à différents projets comme des évaluations environnementales, des études sur la gestion des animaux à fourrure sauvages, ainsi que la mise sur pied, dans un laboratoire d’écotoxicologie, d’une direction de la faune aquatique chargée de mener des bioessais sur le zooplancton, les algues et les poissons. Depuis 1997, elle est responsable de la gestion de la pêche sportive au service de la faune du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, après avoir travaillé dans le domaine des habitats fauniques et de l’étude des impacts de l’exploitation forestière sur la faune aquatique.

Audrey Sanfaçon a obtenu en 2000 un baccalauréat en biologie (gestion de la faune) de l’Université du Québec à Rimouski. Elle a depuis participé à plusieurs projets de recherche au Canada et aux États-Unis. Elle a travaillé comme biologiste sur divers contrats de recherche faunique pour le Musée provincial de l’Alberta, l’Université d’État de la Caroline du Nord, l’Université de l’Arizona et le Department of Fish and Wildlife de l’État de Washington. À l’heure actuelle, elle travaille et étudie à titre d’assistante de recherche au département des Sciences fondamentales de l’Université du Québec à Chicoutimi.

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