Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Gomphe olive Stylurus olivaceus au Canada – 2011

Photographie du gomphe olive (Stylurus olivaceus)

En voie de disparition – 2011

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document

COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPACsont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPACsur le gomphe olive (Stylurus olivaceus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 67 p.

Note de production :
Le COSEPACremercie Robert A. Cannings, Sydney G. Cannings, Leah R. Ramsay et Richard J. Cannings qui ont rédigé le rapport de situation sur le gomphe olive (Stylurus olivaceus) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Paul Catling, coprésident du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel
Site Web

Illustration/photo de la couverture :
Gomphe olive -- Gomphe olive (Stylurus olivaceus) mâle. Source : Jim Johnson. Reproduction autorisée.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011.
No de catalogue CW69-14/637-2011F-PDF
ISBN978-1-100-97411-8

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – mai 2011

Nom commun
Gomphe olive

Nom scientifique
Stylurus olivaceus

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette libellule riveraine est extrêmement rare et a des yeux bleus remarquables. Elle n’est connue que dans cinq localités situées dans trois régions séparées de la Colombie-Britannique. Elle est restreinte à de petites zones le long de rivières chaudes des basses terres et peu souvent à des lacs où la qualité de l’habitat continue à connaître un déclin. Les menaces incluent la perte et la perturbation de l’habitat en raison des activités humaines, telles que les loisirs de plage, les répercussions de la présence d’espèces envahissantes de poissons et de plantes aquatiques ainsi que la pollution causée par les pesticides et les engrais nutritifs.

Répartition
Colombie-Britannique

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2011.

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COSEPAC
Résumé

Gomphe olive

Stylurus olivaceus

Description et importance de l’espèce sauvage

Le gomphe olive est une libellule de la famille des Gomphidés. Les adultes mesurent de 56 à 60 mm de longueur. Les yeux sont largement séparés, et l’extrémité de l’abdomen est dilatée, en particulier chez les mâles. Les ailes sont transparentes. Le thorax est vert-gris avec de larges bandes mésothoraciques antérieures brunes, tandis que l’abdomen est noir avec une tache dorsale jaune sur chaque segment et du jaune sur les côtés. La larve est allongée et se reconnaît à ses crochets fouisseurs vestigiaux sur les tibias (partie médiane des pattes) antérieurs. Toutes les mentions de larves de gomphe olive au Canada sont fondées sur la découverte d’exuvies (dépouilles larvaires abandonnées par les adultes au moment de leur émergence) sur les rives.

Le gomphe olive est le seul représentant du genre Stylurus en Colombie-Britannique. Dans cette province, seulement quelques espèces d’odonates (demoiselles et libellules) se développent dans des cours d’eau. Cette espèce pourrait être un bon indicateur de l’état des écosystèmes riverains pour les rivières mésotrophes chaudes de plaine alluviale – un type d’habitat rare dans la province.

Répartition

Le gomphe olive se rencontre en populations isolées dans l’ouest de l’Amérique du Nord depuis le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’en Idaho, en Utah, au Nevada et en Californie, en passant par l’intérieur de l’État de Washington et l’Oregon. En Colombie-Britannique (Canada), il est présent dans cinq localités réparties dans trois régions distinctes, soit la rivière South Thompson, le ruisseau Christina et la vallée de l’Okanagan (trois localités). Les recherches intensives sur l’espèce effectuées récemment indiquent que le gomphe olive est rare à l’échelle de son aire de répartition au Canada.

Habitat

Les larves vivent enfouies dans le fond vaseux ou sableux de rivières ou de ruisseaux, rarement le long des rives de lacs. Les rivières dans lesquelles l’espèce se développe peuvent être aussi larges que le cours inférieur du Columbia en aval de Portland, en Oregon, tandis que les ruisseaux peuvent être aussi étroits que le ruisseau Christina (10 m). Comme les exigences larvaires de l’espèce en matière d’habitat demeurent méconnues, il est difficile de déterminer s’il y a eu un déclin de la qualité ou de la quantité de l’habitat. La canalisation d’une grande partie de la portion canadienne de la rivière Okanagan au cours des années 1950 a probablement entraîné une réduction de la quantité et de la qualité de l’habitat de l’espèce. À part certains tronçons dont les rives ont subi les effets de l’exploitation agricole, du transport et de l’expansion résidentielle, la rivière South Thompson a conservé un aspect relativement naturel. Le ruisseau Christina a de façon générale conservé son aspect naturel.

Biologie

Les larves sont prédatrices et vivent pendant environ deux ans enfouies dans les sédiments du cours d’eau ou du lac où elles ont vu le jour, se nourrissant de divers invertébrés benthiques. Les adultes, comme les autres libellules, consomment une grande variété de petits insectes volants. En Colombie-Britannique, ils sont présents du milieu de juillet au milieu d’octobre. Les mâles volent au-dessus des zones d’eau libre, et non le long des rives. Les femelles déposent leurs œufs à la surface de l’eau. Les adultes se reposent parmi la végétation riveraine (herbacées vivaces, arbustes ou arbres), parfois directement sur le sol.

Taille et tendances des populations

Notre méconnaissance des populations présentes en Colombie-Britannique nous empêche d’en évaluer la taille de façon précise. La série de données utilisée dans le présent rapport se rattache aux données de capture de 31 spécimens et à 26 mentions d’observations visuelles. Chaque mention peut se rapporter à plus d’un individu. Les nombres totaux de spécimens connus s’établissent de 18 adultes et à 69 exuvies larvaires. On estime de façon spéculative que la population canadienne totale compte entre 2 500 et 90 000 individus, répartis comme suit : Christina Creek, < 500 individus; vallée de l’Okanagan, de 1 000 à 50 000 individus; rivière South Thompson, de 1 000 à 40 000 individus. Du fait de l’étendue considérable de leurs intervalles, ces estimations sont insatisfaisantes. Des dénombrements plus exhaustifs des exuvies s’imposent pour obtenir des estimations plus fiables des populations.

Même si la probabilité d’observer les adultes est faible, ceux-ci volant généralement au-dessus des zones d’eau libre et se reposant hors de vue dans les arbres, le S. olivaceusdemeure indiscutablement une espèce rare en Colombie-Britannique. On ne dispose d’aucune information fiable sur les tendances démographiques de l’espèce en Colombie-Britannique, mais la persistance à long terme des populations laisse croire qu’elles sont stables.

Menaces et facteurs limitatifs

La canalisation des cours d’eau a entraîné l’altération d’une grande partie de l’habitat du gomphe olive dans le sud de la vallée de l’Okanagan. L’expansion urbaine et résidentielle et l’aménagement de marinas et d’infrastructures de transport, la pollution générée par les bateaux à moteur et les perturbations occasionnées par les baigneurs aux plages les plus achalandées ont tous des répercussions éventuelles pour la survie des larves. L’introduction de poissons exotiques a altéré l’écologie des bassins de la rivière Okanagan et du ruisseau Christina. Ces poissons sont également d’importants prédateurs de larves d’odonates. Les deux bassins versants ont également été envahis par le myriophylle à épi, une plante aquatique agressive qui modifie les milieux aquatiques.

L’exploitation du territoire, les pratiques agricoles, le ruissellement d’eaux pluviales, les réseaux d’égout, l’exploitation forestière et les activités touchant les parcours naturels et divers autres activités sont autant de sources de pollution. Les pesticides constituent une menace potentielle dans le sud de la vallée de l’Okanagan, car la rivière Okanagan traverse de nombreux vergers et vignobles. Même si la mise en place au cours des années 1980 de pratiques de traitement tertiaire des eaux usées dans toutes les principales agglomérations urbaines a permis de réduire considérablement les concentrations des principaux éléments nutritifs dans les eaux usées, l’eutrophisation causée par le lessivage des terres cultivées et les eaux usées demeure une importante source de préoccupation dans la vallée de l’Okanagan et le long de la rivière Thompson.

Protection, statuts et classifications

À l’échelle mondiale, le gomphe olive a été classé par NatureServe dans la catégorie des espèces apparemment non en péril à l’échelle mondiale (apparently secure, G4) mais susceptibles de devenir préoccupantes. Pour sa part, le Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique l’a désigné « en péril » (imperiled, S1S2). Selon le cadre de conservation (Conservation Framework) du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, le gomphe olive est coté 1 (cote de priorité la plus élevée). Enfin, il est désigné « potentiellement en péril » (May be at risk) aux échelles nationale et provinciale en vertu du Programme sur la situation générale des espèces sauvages au Canada. La plupart des parcs provinciaux compris dans l’aire de répartition de l’espèce comprennent des lacs qui sont rarement occupés par l’espèce et qui sont gérés principalement à des fins récréatives. Seules quelques aires protégées englobent les rivières constituant l’habitat principal du gomphe olive.

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Résumé technique

Stylurus olivaceus

Gomphe olive Olive Clubtail
Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population: indiquer si une autre méthode d’estimation de la durée des générations inscrite dans les lignes directrices de l’UICN[2008] est employée).2 ans
Y a-t-il un déclin continu [observé, déduit ou prévu] du nombre total d’individus matures?Non
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures pendant cinq années.Inconnu
Pourcentage présumé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années.Probablement stable
Pourcentage présumé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années.Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, déduit ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] couvrant une période antérieure ou ultérieure.Probablement stable dans le passé
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Inconnu

Information sur la répartition

Valeur estimée de la zone d’occurrence10 936 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO)
(selon une grille de 2 km x 2 km)
184 km²
La population totale est-elle très fragmentée?
Trois des cinq localités sont séparées par au moins 100 km. Toutefois, en dépit des distances qui les séparent, la localité de la rivière Thompson, celle du ruisseau Christina et les trois localités de la rivière Okanagan semblent abriter des populations viables, car elles persistent depuis plusieurs décennies.
Non
Nombre de « localités »
Aux fins du présent calcul, on suppose l’existence de trois localités dans la rivière Okanagan--entre les lacs Okanagan, Skaha, Vaseux et Osoyoos. La plupart des menaces pourraient être confinées à une zone de la taille de n’importe laquelle de ces cinq localités.
5
Y a-t-il un déclin continu de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il un déclin continu de l’indice de zone d’occupation?Non
Y a-t-il un déclin continu du nombre de populations?Non
Y a-t-il un déclin continu du nombre de localités?Non
Y a-t-il un déclin continu de la superficie, l’étendue ou la qualité de l’habitat?
Un déclin de la superficie et de la qualité de l’habitat a été constaté, mais les effets des modifications continues de l’habitat sur l’espèce sont inconnus.
Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?Non

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

PopulationNbre d’individus matures
Ruisseau Christina< 500
Rivière et lacs Okanagan1 000 à 50 000
Rivière South Thompson1 000 à 50 000
Total2 500 à 100 000
Note : Les valeurs présentées ci-dessus sont des estimations très grossières établies à la lumière de données d’inventaire limitées et fondées sur un certain nombre d’hypothèses. 

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins :Non effectuée

Menaces (réelles ou imminentes, pour les populations ou leur habitat)

La quantité d’habitat disponible au Canada est limitée, et la dégradation de l’habitat ou la perte d’habitat ainsi que les espèces de poissons et de plantes aquatiques envahissantes et la pollution par les pesticides et les engrais représentent les principales menaces potentielles.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur :
Stable; des populations relativement importantes sont présentes dans le bassin du Columbia dans l’État de Washington et dans le cours inférieur du Columbia; la présence de l’espèce dans la portion adjacente de la rivière Okanogan dans l’État de Washington n’a pas encore été confirmée, mais elle est présumée.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
[non observée dans les bassins versants adjacents aux États-Unis]
Improbable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? L’habitat propice est probablement déjà occupé, et sa dégradation pourrait être la cause ultime de toute éventuelle disparition de l’espèce au pays.Peut-être
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
On ne pourra présumer d’une telle possibilité tant que la présence de populations dans le nord de l’État de Washington n’aura pas été confirmée.
Non, sauf peut-être pour la population de l’Okanagan.

Statuts existants

COSEPAC: Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2011.

Statut recommandé et justification de la désignation

Statut :
En voie de disparition
Code alphanumérique :
B2ab(iii)
Justification de la désignation :
Cette libellule riveraine est extrêmement rare et a des yeux bleus remarquables. Elle n’est connue que dans cinq localités situées dans trois régions séparées de la Colombie-Britannique. Elle est restreinte à de petites zones le long de rivières chaudes des basses terres et peu souvent à des lacs où la qualité de l’habitat continue à connaître un déclin. Les menaces incluent la perte et la perturbation de l’habitat en raison des activités humaines, telles que les loisirs de plage, les répercussions de la présence d’espèces envahissantes de poissons et de plantes aquatiques ainsi que la pollution causée par les pesticides et les engrais nutritifs.

Applicabilité des critères

Critère A(déclin du nombre d’individus matures) : Sans objet, car le nombre total d’individus matures demeure incertain.
Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) : Satisfait aux critères d’évaluation B2ab(iii) applicables à la désignation à titre d’espèce en voie de disparition, car l’indice de la zone d’occupation (184 km²) est inférieur au seuil établi pour cette catégorie, l’espèce n’a été observée que dans 5 localités et une diminution continue de la qualité de l’habitat est prévue. L’espèce satisfait également aux critères B1ab(iii) applicables à la désignation à titre d’espèce menacée, car la zone d’occurrence (10 936 km²) est inférieure au seuil établi pour cette catégorie, l’espèce n’a été observée que dans 5 localités et une diminution continue de la qualité de l’habitat est prévue.
Critère C(nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet, car le nombre total d’individus matures demeure incertain.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Satisfait au critère d’évaluation D2 applicable à la désignation à titre d’espèce menacée, car l’espèce n’a été observée que dans 5 localités et est sensible aux effets des activités humaines à court terme. 
Critère E(analyse quantitative) : Non disponible.

*Voir la définition de localité.

Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPACest un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC
Le COSEPACest composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2011)

Espèce sauvage Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD» (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI)révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Évaluation et Rapport de situation du COSEPACsur le Gomphe olive Stylurus olivaceus au Canada – 2011

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Règne : Animal
Embranchement : Arthropodes
Classe : Insectes
Sous-classe : Ptérygotes (insectes ailés)
Ordre : Odonates Fabricius, 1793 (libellules et demoiselles)
Sous-ordre : Anisoptères Selys, 1854 (libellules)
Famille : Gomphidés (gomphes)
Genre : Stylurus Needham, 1897
Espèce : Stylurus olivaceus (Selys, 1873) (gomphe olive)
Synonyme : Gomphus olivaceus Selys, 1873

Le Stylurus olivaceus a été décrit initialement dans le genre Gomphus (Selys, 1873, Bull. Acad. Belg. (2) 35:749). Stylurus a été décrit par Needham comme un sous-genre du genre Gomphus en 1897. Subséquemment, divers auteurs (p. ex. Williamson [1932]; Needham [1948]) ont élevé ce taxon au rang de genre distinct. Walker (1958) s’est toutefois montré hésitant à accepter cette désignation et a utilisé le genre Gomphus dans son sens large, tout comme Cannings et Stuart (1977) par la suite. Toutefois, au cours de la dernière décennie, Stylurus a été reconnu comme un genre à part entière dans toutes les listes officielles (Garrison, 2002; Catling et al., 2005; Schorr et al., 2009). Le genre Stylurus est représenté mondialement par 30 espèces, dont 11 se rencontrent en Amérique du Nord (Dragonfly Society of America, 2010; Schorr et Paulson, 2011).

Kennedy (1917) a décrit la sous-espèce G. o. nevadensis d’après les populations de coloration pâle habitant les régions intérieures arides de l’Amérique du Nord, mais ce taxon n’a été reconnu ni par Needham et al. (2000), ni par Garrison (2002). Cette sous-espèce a cependant été considérée comme valide par Dunkle (2000). Si des sous-espèces sont reconnues, la forme présente en Colombie-Britannique appartient à la sous-espèce nominale S. olivaceus olivaceus (Selys) (Walker, 1958).

Le nom Stylurus provient du latin stylus, qui signifie« stylet » ou « tige », et du grec urus, qui signifie « queue ». Ce nom fait référence à l’abdomen long et effilé des larves et des adultes. Le nom commun officiel anglais attribué aux espèces du genre Stylurus, “Hanging Clubtails”, réfère au comportement des adultes, lesquels se perchent souvent presque à la verticale sur les tiges et le feuillage. Enfin, l’épithète spécifique olivaceus fait allusion à la coloration olive du thorax des adultes. Le nom commun anglais est accepté comme nom officiel de l’espèce par la Dragonfly Society of The Americas dans la liste officielle des espèces d’Odonates d’Amérique du Nord (Paulson et Dunkle, 1996; idem, 1999). Le nom commun français est « Gomphe olive ».

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Description morphologique

Comme son nom l’indique, le gomphe olive est une espèce de couleur vert-gris terne (figures 1à 4). Les adultes sont de taille relativement grande, avec une longueur totale de 56 à 60 mm et une envergure (ailes postérieures) de 35 à 36 mm (Paulson, 2009). Chez les individus vivants, les yeux sont bleu clair, et la face est vert pâle et parcourue d’une fine ligne horizontale foncée. Le thorax, robuste, est vert-gris, avec de larges bandes mésothoraciques brunes. L’abdomen est largement marqué de noir, avec une bande ou tache dorsale pâle ou jaune sur chaque segment et du jaune sur les côtés; chez le mâle, le jaune est plus prononcé sur les segments élargis près de l’extrémité de l’abdomen (Dunkle, 2000; Cannings, 2002; Paulson, 2009). La femelle présente une coloration similaire, sauf que les bandes thoraciques latérales peuvent être indistinctes et les zones jaunes sur les côtés de l’abdomen couvrent la majeure partie des segments. La femelle se distingue du mâle par son abdomen généralement plus épais et moins dilaté apicalement, l’absence de genitalia secondaires sur la face ventrale des segments abdominaux 2 et 3, la présence d’une plaque subgénitale et la forme différente des appendices sur le segment abdominal 10.

Figure 1. Vue dorsolatérale d’un Stylurus olivaceus mâle. Près du parc Wintler, Vancouver, comté de Clark, État de Washington (environ 45,6°N, 122,6°O). 15 août 2008. Photo : Jim Johnson; reproduction autorisée.

Vue dorsolatérale d’un gomphe olive mâle.

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Figure 2. Vue latérale d’un Stylurus olivaceus mâle. Près du parc Wintler, Vancouver, comté de Clark, État de Washington (environ 45,6°N, 122,6°O). 15 août 2008. Photo : Jim Johnson; reproduction autorisée.

Vue latérale d’un gomphe olive mâle.

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Figure 3. Accouplement de Stylurus olivaceus. Près du parc Wintler, Vancouver, comté de Clark, État de Washington (environ 45,6°N, 122,6°O). 19 septembre 2006. Photo : Jim Johnson; reproduction autorisée.

Photographie d’un accouplement de gomphes olive.

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Figure 4. Stylurus olivaceus femelle récemment émergé. Rive nord de la rivière South Thompson, au pont du chemin Lafarge (50,6588°N, 120,0608°O). 15 août 2008. Photo : Darren Copley; reproduction autorisée.

Photographie d’une vue dorsale d’un gomphe olive femelle récemment émergé.

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Chez certaines populations du Grand Bassin des États-Unis, les zones pâles sont plus étendues que chez d’autres populations (Kennedy, 1917; Manolis, 2003, Paulson, 2009).

Trois autres espèces de Gomphidés sont sympatriques avec le S. olivaceus dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, mais les larves du S. olivaceus se distingue facilement de celles de ces trois espèces par la forme de leur corps, plus allongé (figure 5) que chez n’importe quelle autre espèce de Gomphidés présente en Colombie-Britannique. Elles diffèrent de celles des deux espèces du genre Ophiogomphus (O. occidentis Hagen et O. severus Hagen) en compagnie desquelles elles sont souvent trouvées par la forme de leurs palpes labiaux. Chez les deux espèces du genre Ophiogomphus, l’apex des palpes est brusquement arrondi, alors qu’il est crochu chez les genres Stylurus et Gomphus. Les larves du S. olivaceus se distinguent de celles du Gomphus graslinellus Walsh, autre espèce sympatrique, par la faible taille de leurs crochets fouisseurs à l’apex des tibias. Ces crochets sont vestigiaux ou absents chez le genre Stylurus, tandis qu’ils sont bien développéschez le genre Gomphus (Cannings et Stuart, 1977).

Figure 5. Exuvie larvaire de Stylurus olivaceus. Rive nord de la rivière South Thompson à Stobbart Creek (environ 50,6722°N, 120,1514°O). 25 août 2008.

Photo : Robert A. Cannings. Photographie d’une exuvie de gomphe olive. 

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Toutes les mentions de larves du gomphe olive au Canada sont fondées sur des exuvies (dépouilles laissées par les larves de dernier stade au moment de la métamorphose) abandonnées sur les rives après l’émergence des adultes.

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Structure spatiale et variabilité de la population

On sait peu de choses sur les populations du gomphe olive en Colombie-Britannique, mais certaines généralités sur leur répartition spatiale peuvent être énoncées. Les quelques exuvies récoltées sur les berges de la rivière South Thompson indiquent que les densités larvaires (à tout le moins aux sites d’émergence) varient considérablement le long de la rivière. En outre, aucun individu n’a été trouvé le long de la rivière sur plusieurs kilomètres à l’est de Kamloops, ainsi qu’entre Pritchard et Chase, où la rivière South Thompson draine le lac Little Shuswap, même si l’habitat y semble propice, en particulier dans le dernier tronçon. D’après la fréquence des observations d’adultes le long de la rivière Okanagan, l’espèce semble plus abondante entre Okanagan Falls et le lac Vaseux.

Le gomphe olive semble boucler son développement (de l’œuf au stade de larve mature) beaucoup plus fréquemment dans des rivières que dans des lacs. Sur 57 captures et observations visuelles, seulement 3 (1 au lac Okanagan et 2 au lac Vaseux) étaient associées à un milieu lacustre. Dans la région de l’Okanagan-Sud, la population occupe 3 sections de rivière plus ou moins distinctes entre les lacs Okanagan et Skaha, entre les lacs Skaha et Vaseux et entre les lacs Vaseux et Osoyoos. L’écart le plus faible se trouve au lac Vaseux, beaucoup plus petit que le lac Skaha. De plus, 2 mentions de développement larvaire proviennent de cet endroit.

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Unités désignables

Au Canada, le gomphe olive est représenté par une seule population, confinée à la portion intérieure sud de la Colombie-Britannique. L’unité désignable correspond à l’espèce.

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Importance

Le gomphe olive est le seul représentant du genre Stylurus en Colombie-Britannique. Seulement quelques espèces d’odonates bouclent leur développement larvaire dans des cours d’eau en Colombie-Britannique. Cette espèce pourrait être un bon indicateur de l’état des écosystèmes riverains pour les rivières mésotrophes chaudes de plaine alluviale – un type d’habitat rare dans la province.

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Répartition

Répartition mondiale

Le S. olivaceus forme des populations isolées dans l’ouest de l’Amérique du Nord (figure 6) dans des vallées chaudes de basses terres dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, l’intérieur de l’État de Washington, le nord et le sud-est de l’Oregon (presque jusqu’à la côte le long du Columbia), le sud-est de l’Idaho, le nord et le centre de l’Utah, le nord-ouest du Nevada et diverses portions de la Californie (Needham et al., 2000; Bick et Mauffray, 2005; Manolis, 2003). La présence de l’espèce a été rapportée en Arizona (Needham et al., 2000; NatureServe, 2009), mais cette mention n’est pas reconnue comme valide par Paulson (2009) et d’autres chercheurs (Odonata Central, 2009).

Figure 6. Répartition mondiale (Amérique du Nord) du Stylurus olivaceus. Données tirées du site Web Odonata Central (2009) (cartes de répartition), sauf pour les localités canadiennes, dont les coordonnées sont fondées sur les données documentées dans le présent rapport. Les localités ont été regroupées selon Paulson (2009) pour montrer les populations tenues pour probablement isolées.
 
 
Carte de la répartition mondiale du gomphe olive.

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Paulson (2009) scinde cette aire de répartition fragmentée en cinq régions distinctes d’après la continuité de l’habitat propice. Ces régions sont le sud de la Colombie-Britannique, l’État de Washington et le nord de l’Oregon; le sud-est de l’Idaho et le nord et le centre de l’Utah; le sud-est de l’Oregon, le nord-ouest du Nevada et le nord-est de la Californie; la Vallée Centrale de la Californie; le comté d’Inyo, à l’est de la Sierra Nevada, en Californie (vallée de la rivière Owens). Ces cinq grandes régions sont séparées les unes des autres, habituellement par des chaînes de montagnes hautes ou étendues, et les populations qui vivent dans chacune d’elles sont peut-être isolées génétiquement.

Bien que la population canadienne soit probablement connectée à la population de l’est de l’État de Washington par les vallées des rivières Okanagan, Kettle et Pend d’Oreille, qui coulent dans le bassin du Columbia, l’espèce n’a jamais été observée dans le nord-est de l’État de Washington. Quelques recherches ciblées ont été menées à bien durant la saison de vol de l’espèce le long de la rivière Okanogan (note : le nom de cette rivière est épelé différemment au Canada et aux États-Unis), mais sans succès (D. Paulson, comm. pers., 2009). Toutefois, le gomphe olive est presque certainement présent le long de la portion états-unienne de la rivière, qui n’a pas été canalisée.

On sait peu de choses sur l’espèce et sa répartition à l’échelle d’une bonne partie de son aire aux États-Unis. Une des populations les mieux documentées est établie le long du cours inférieur du Columbia et de ses principaux affluents (rivières Washougal, Sandy, Lewis, Cowlitz et Willamette), dans l’État de Washington et en Oregon (Johnson, 1998; Cannings, 2003; J. Johnson, comm. pers., 2009; D. Paulson, comm. pers., 2009; S. Valley, comm. pers., 2009). Le gomphe olive n’a pas été observé en aval du comté de Skamania, dans l’État de Washington, et du comté de Hood River, en Oregon (J. Johnson, comm. pers., 2009). Son absence pourrait être dû à l’effet réservoir des grands barrages érigés en travers du Columbia, qui ont modifié radicalement le débit du fleuve (J. Johnson, comm. pers., 2009). Toutefois, l’espèce se rencontre de façon locale dans certaines des rivières à fond sableux du bassin du Columbia, dans l’est de l’État de Washington (Paulson et Garrison, 1977; Paulson, 1983; idem, 1999; Johnson, 1998; D. Paulson, comm. pers., 2002; idem, 2009). Dans cette région, la rivière Yakima, au parc Horn Rapids (comté de Benton), est le seul endroit où l’espèce a été observée régulièrement. Quelques mentions y ont été enregistrées depuis les années 1980 (J. Johnson, comm. pers., 2009), même si peu de recherches y ont été effectuées récemment. Les observations de Kogut (2008), qui y a observé six individus entre le 15 et le 29 août 2009, semblent indiquer que les effectifs de l’espèce n’ont pas décliné ou n’ont que très légèrement fléchi. En Oregon, l’espèce a été observée seulement une fois à l’est de la chaîne des Cascades (S. Valley, comm. pers., 2009; figure 6).

Paulson (1998) a noté que le gomphe olive était commun le long de la rivière Snake, au parc d’État Massacre Rock, dans le comté Power, en Idaho, les 8 et 12 août 1997. Toutes les mentions de l’Idaho proviennent du coin sud-est de l’État. Les deux mentions de l’Utah sont toutefois historiques, et il est possible que l’espèce ait disparu de cet État (NatureServe, 2009).

La majorité des mentions de la Californie proviennent de quatre rivières, à savoir la rivière American, près de Sacramento, la rivière Owens (comté d’Inyo), la rivière Feather (comtés de Butte, Yuba et Sutter), et la rivière Susan, près de Susanville (comté de Lassen). La plupart des autres mentions se rapportent à des captures uniques effectuées à des localités très éloignées les unes des autres. Selon Manolis (2003, comm. pers.; idem, 2009), l’espèce présente une répartition éparse et localisée dans cet État.

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Répartition canadienne

Le gomphe olive se développe dans des rivières chaudes de plaine alluviale, plus rarement (trois mentions sur 57) dans des lacs chauds dans la portion intérieure sud de la Colombie-Britannique (figure 7). Il est présent dans trois régions distinctes de la province, soit  : 1) le ruisseau Christina (figure 8), immédiatement en aval de l’exutoire du lac Christina dans le bassin de la rivière Kettle, à l’est de la vallée de l’Okanagan; 2) le bassin de l’Okanagan (figure 9), et en particulier les sections de la rivière Okanagan s’étendant entre Penticton (Walker, 1927; idem, 1958; Whitehouse, 1941) et l’extrémité nord du lac Osoyoos, mais aussi du lac Vaseux et de Peachland sur le lac Okanagan (Whitehouse, 1941); 3) la portion de la rivière South Thompson (figure 10) comprise entre Kamloops et Pritchard (Whitehouse, 1941; Walker, 1958; Scudder et al., 1976; Cannings et Stuart, 1977; Cannings et al., 1998; Cannings et al., 1999; Cannings, 2003).

Figure 7. Répartition du Stylurus olivaceus au Canada. Des cartes détaillées des 3 principales régions abritant l’espèce (ruisseau Christina, vallée de l’Okanagan et rivière South Thompson) sont présentées aux figures 8, 9 et 10. Les sites potentiels où le S. olivaceus n’a pas été observé au cours des recherches le ciblant sont également indiqués.

Carte de la répartition canadienne du gomphe olive.

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Figure 8. Répartition des captures et observations visuelles du Stylurus olivaceus au ruisseau Christina (Colombie-Britannique).

Carte de la répartition des captures et des observations visuelles de gomphes olive au ruisseau Christina (Colombie-Britannique).

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Figure 9. Répartition des captures et observations visuelles du Stylurus olivaceus dans la vallée de l’Okanagan (Colombie-Britannique).

Carte de la répartition des captures et des observations visuelles de gomphes olive dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique.

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Figure 10. Répartition des captures du Stylurus olivaceus dans la vallée de la rivière South Thompson (Colombie-Britannique).

Répartition des captures du Stylurus olivaceus dans la vallée de la rivière South Thompson (Colombie-Britannique)

Aucun élément de connaissances traditionnelles autochtones (CTA) se rattachant à la répartition de l’espèce n’a été découvert.

La présence du gomphe olive a été signalée à Chase (Walker, 1958; Scudder et al., 1976), où la rivière South Thompson draine le lac Little Shuswap, mais cette mention est erronée et résulte d’une mauvaise lecture des commentaires formulés par Whitehouse (1941), qui n’a jamais observé l’espèce à cet endroit. Dans les faits, même si une grande partie des rives de la rivière entre Chase et Pritchard (environ 19 km) semble propice au développement de l’espèce et même si ce tronçon a fait l’objet de recherches ciblées plusieurs fois au cours des récentes années, aucun individu n’a été observé à l’est de Pritchard. Aucune mention n’a été enregistrée entre l’embouchure du ruisseau Stobbart et Kamloops, à l’ouest. Les rives de ce secteur sont en grande partie plus modifiées qu’elles le sont vers l’est. Même si aucune mention n’a été enregistrée dans ces sections de la rivière, l’espèce s’y développe probablement. Toutefois, dans les calculs de l’indice de zone d’occupation, la zone d’occupation est limitée à la section de rivière entre le ruisseau Stobbart et Pritchard. Selon toute évidence, le gomphe olive ne se reproduit ni au nord de la rivière South Thompson ni à l’ouest du lac Kamloops.

Le gomphe olive n’a été observé ni dans les rivières coulant autour du ruisseau Christina (p. ex. rivières Kettle et Granby), probablement parce que l’eau de ces rivières est plus froide, ni à l’est du ruisseau Christina. Les espèces de demoiselles et de libellules plus méridionales qui sont peu abondantes dans les vallées de plaine alluviale plus chaudes du centre-sud de la Colombie-Britannique (p. ex. Argia emmaKennedy, Aeshna constricta Say, Gomphus graslinellus Walsh, Macromia magnifica McLachlan, Libellula pulchella Drury) sont encore plus rares, voire absentes, dans les régions de Kootenay-Est et Ouest. Le Stylurus olivaceus ne fait pas exception à la règle.

Whitehouse (1941) mentionne avoir observé sur le sol d’un sentier, à Chilliwack, entre le 20 et le 25 juillet, un grand Gomphiné qui, incontestablement, était un S. olivaceus. Cette mention est inacceptable à cause de son emplacement côtier inhabituel et l’absence de preuves physiques, mais il n’est pas impossible que l’espèce soit présente dans la vallée du Bas-Fraser. Deux odonates fréquentant des habitats similaires à ceux occupés par le S. olivaceus dans la portion intérieure de la province, les Macromia magnifica et Argia emma, ont colonisé les milieux côtiers via le bassin du Fraser et se rencontrent dans la vallée du Fraser à Chilliwack. La possibilité qu’une population côtière de S. olivaceus ait pu exister dans le passé a déjà été évoquée. Quelques exuvies de l’espèce ont été récoltées à la fin des années 1800, apparemment près de Seattle, dans le comté de King, dans l’État de Washington, mais ces spécimens sont normalement considérés comme de provenance incertaine (Paulson et Garrison, 1977; D. Paulson, comm. pers., 2009), et aucun individu de l’espèce n’a été découvert autour de Puget Sound lors des nombreuses recherches effectuées dans la région au cours des quatre dernières décennies (D. Paulson, comm. pers., 2009). Les veilles exuvies auxquelles il a été fait allusion précédemment semblent toutefois attester la présence possible, à tout le moins historique, de populations côtières dans l’État de Washington (Johnson, 1998). La population importante près de l’embouchure du Columbia pourrait servir de source pour des populations établies le long d’autres rivières près des côtes de l’État de Washington et de l’Oregon.

D’après les populations existantes connues de l’espèce en Colombie-Britannique, la zone d’occurrence s’élève à 10 936 km², et l’indice de zone d’occupation (IZO), selon une grille de 2 km x 2 km, à 184 km². Les valeurs d’IZO pour les 3 régions distinctes susmentionnées sont les suivantes : ruisseau Christina, 4 km²; bassin de l’Okanagan, 100 km²; rivière South Thompson, 80 km².

Au Canada, le S. olivaceus a été récolté à 24 sites différents (de coordonnées différentes) (figures 8, 9 et 10; tableau 1). Il a également été observé à d’autres endroits, mais il est plus difficile dans ce cas de préciser le nombre de localités. À l’évidence, les populations de la rivière South Thompson et du ruisseau Christina représentent 2 localités distinctes réparties dans des bassins hydrographiques différents. La population ou les populations de l’Okanagan sont toutefois plus difficiles à décrire. Comme les populations fluviales primaires sont séparées par des lacs où l’espèce est rare ou absente et parce que les menaces comme la pollution sont probablement en partie contenues par les lacs, les différents tronçons de la rivière Okanagan (un à Penticton, un au sud d’Okanagan Falls, et un troisième au sud du lac Vaseux) sont considérés comme des localités distinctes. Ce qui donne 3 localités pour le bassin de l’Okanagan et 5 pour l’ensemble du Canada. Bien que le gomphe olive ait été observé récemment dans toutes les régions du Canada où il avait été répertorié antérieurement, il y est vraisemblablement moins commun, car la canalisation de la rivière Okanagan a réduit la superficie de l’habitat propice à l’espèce dans une proportion pouvant atteindre 90 %.

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Activités de recherche

En Colombie-Britannique, l’aire de répartition du S. olivaceus, en particulier dans la vallée de l’Okanagan, chevauche étroitement une région reconnue pour son entomofaune inhabituellement diversifiée (Cannings et Cannings, 1995). De nombreuses espèces rares s’y rencontrent; la plupart de ces espèces sont des taxons du Grand Bassin qui atteignent la limite nord de leur aire de répartition dans la région, ce qui leur confère un statut spécial au Canada. La région attire de nombreux entomologistes professionnels et amateurs, et les Odonates y sont récoltés et étudiés depuis des décennies. L’odonatofaune de la vallée de l’Okanagan est probablement mieux connue que celle de n’importe quelle autre région de la province. Avant la fin des années 1990, l’odonatofaune d’autres régions comprises dans l’aire du S. olivaceus -- le bassin de la rivière Kettle à l’est de la vallée de l’Okanagan et la vallée de la rivière Thompson autour de Kamloops et du lac Shuswap vers le nord -- était moins bien connue.

Les données présentées ci-après (et résumées à la figure 7 et aux tableaux 1-3) témoignent de la rareté du gomphe olive. Dans la portion sud de la Colombie-Britannique comprise au sud du 51 °N, plus de 3 000 heures-personnes ont été consacrées, depuis environ 1900, à la réalisation d’inventaires des odonates adultes. Environ 1 200 localités ont été visitées, pour un total d’environ 18 000 mentions de nombreuses espèces de demoiselles et de libellules. Environ 160 heures-personnes ont été consacrées récemment à la réalisation de relevés ciblant le S. olivaceus dans une cinquantaine de localités. Aucune mention de l’espèce n’a été enregistrée dans 80 % de ces localités. Il est rare qu’un insecte fasse l’objet de recherches aussi intensives.

Localité
NbreSexeStadeRécolteurjourmoisan-
née
Latitude (N)Longitude (O)Alti-
tude (m)
Collec-
tion
Com-
men-
taires
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteS.G. Cannings78199949,03962118,20477460RBCM 
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteIan Hatter288199949,03962118,20477460RBCM 
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteIan Hatter288199949,03962118,20477460RBCM 
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteL.R. Ramsay288199949,03656118,20505460RBCM 
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteR.J. Cannings68200049,03799118,20160460RBCMDom-
mages causés
par des dermes-
tidés
Lac Christina, Ruisseau Christina1mAdulteR.J. Cannings238200949,03876118,20187460RBCMPerché
sur
thuya
Kamloops, rive nord de la rivière South Thompson, 2,9 km à l’est du pont Lafarge1fAdulteC. et D. Copley, J. Miskelly158200850,65907120,02213340RBCMIndivi-
du ténéral
et
exuvie
Kamloops, rive nord de la rivière South Thompson, 2,9 km à l’est du pont Lafarge5 ExuviesC. et D. Copley, J. Miskelly158200850,65907120,02213340RBCM 
Kamloops, rive nord de la rivière South Thompson, au pont Lafarge12 ExuviesC. et D. Copley, J. Miskelly158200850,65881120,06081336RBCM2 indi-
vidus
téné-
raux
relâ-
chés
Kamloops, rive nord de la rivière South Thompson, au ruisseau Stobbart1fAdulteC. et D. Copley, J. Miskelly158200850,67183120,14794347RBCMIndivi-
du ténéral
aux
ailes défor-
mées; exuvie
Kamloops, chemin South Thompson à Stobbart Creek18 ExuviesC. et D. Copley, J. Miskelly158200850,67183120,14794347RBCM 
Kamloops, chemin South Thompson à Stobbart Creek7 ExuviesR.A. Cannings, L.R. Ramsay258200850,67183120,14794345RBCM 
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mAdulteD. St. John109199749,33237119,57785335RBCM 
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mAdulteD. St. John99199749,32919119,57429333RBCM 
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mAdulteR.J. Cannings249200949,32356119,56865 RBCMSur
asclé-
piade
Oliver, rivière Okanagan, route 181mAdulteR.J. Cannings268200949,11647119,56757 RBCMSur
vinai-
grier
Lac Osoyoos, embouchure de la rivière Okanagan1mAdulteR.A. Cannings157198149,07634119,51960 RBCMIndivi-
du
ténéral
Peachland1fAdulteJ.B. Wallis128190949,77472119,73537 UBC 
Pritchard, rivière South Thompson1fAdulteE.R. Buckell110193450,68763119,82146 UBC 
Pritchard, rivière South Thompson, rive sud1 AdulteL.R. Ramsay207200450,68769119,82133 RBCMIndivi-
du ténéral
et
exuvie
Pritchard, rivière South Thompson, rive nord7 ExuviesL.R. Ramsay,
L. Gelling
138200550,68984119,82516 RBCM 
Pritchard, rivière South Thompson, rive nord16 ExuviesR.A. Cannings, L.R. Ramsay198200850,68916119,82558 RBCM 
Penticton, rivière Okanagan1mAdulteE. M. Walker127192649,49572119,61686 ROM 
Penticton, rivière Okanagan1uAdulteE. M. Walker237192649,49572119,61686 ROM 
Penticton, rivière Okanagan1mAdulteE.M. Walker287192649,49572119,61686 ?Walker (1927, 1958)
Penticton, rivière Okanagan, digue ouest1mAdulteR.J. Cannings10919985484460311450345RBCMSur sureau bleu
Penticton, rivière Okanagan1mAdulteR.J. Cannings218200949,48347119,60327 RBCMPerché parmi
des grami-
nées
Penticton, rivière Okanagan1fAdulteR.J. Cannings228200949,32623119,57155 RBCMSur apocyn, au sol
Penticton, rivière Okanagan1mAdulteR.J. Cannings228200949,32623119,57155 RBCM 
Lac Vaseux, rive sud-ouest1 ExuvieR.A. Cannings267197549,27707119,53100328RBCMÀ 1,5 
pied du sol, sur tige de Scirpus
Lac Vaseux, baie sud-ouest1 ExuvieR.A. Cannings177198149,27263119,53363329RBCM 

 

Tableau 2. Observations visuelles du Stylurus olivaceus au Canada.
LocalitéNbreSexeObservateurJourmoisannéeLatitude (N)Longitude (O)Commentaires
Lac Christina, Ruisseau Christina10 Jeremy Gatten48200849,03625118,20198 
Lac Christina, Ruisseau Christina1fRichard J. Cannings238200949,03554118,20344Sur bouleau
Oliver, route 9, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings268200949,14718119,56417Sur vinaigrier et ormes
Oliver, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings278200949,20579119,54701Dans feuillage de vinaigrier
Oliver, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings278200949,21839119,54672Dans feuillage de peuplier
Okanagan Falls, rivière Okanagan2 Richard J. Cannings228200949,32753119,57264Sur tanasie vulgaire
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mRichard J. Cannings228200949,32621119,57132Sur pierre, bord de rivière
Okanagan Falls, rivière Okanagan2mRichard J. Cannings228200949,32189119,56585Sur le sol et parmi les graminées
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mRichard J. Cannings228200949,32093119,56400Sur saule pleureur
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32094119,56349Sur le sol; a traversé la rivière
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32668119,57175Sur tanasie vulgaire
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32734119,57252Sur bouleau
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32755119,57260Photographié sur tanasie vulgaire
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32785119,57300Sur tanasie
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32834119,57353Sur saule
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32879119,57404Sur rosier
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32903119,57429Sur saule
Okanagan Falls, rivière Okanagan1 Richard J. Cannings228200949,32969119,57498Sur centaurée
Okanagan Falls, rivière Okanagan1mRichard J. Cannings249200949,32286119,56763Sur pierre
Lac Osoyoos, rivière Okanagan, chemin 222m, fJeremy Gatten28200849,08739119,53581 
Penticton, rivière Okanagan1mRichard J. Cannings129199849,48316119,60284Sur orme de Sibérie
Penticton, rivière Okanagan  Frank C. Whitehouse18-227193849,49572119,61686Whitehouse (1941), « rare »
Penticton, rivière Okanagan1fRichard J. Cannings218200949,48722119,61000Haut dans la cime d’un orme
Penticton, rivière Okanagan1fRichard J. Cannings218200949,49092119,61534Sur soude
Penticton, rivière Okanagan2mRichard J. Cannings239200949,48959119,61377Patrouillant le milieu de la rivière
Lac Vaseux, rivière Okanagan1mAvery Bartels258200749,31022119,54800Perché sur un rameau

 

Tableau 3. Localités susceptibles d’abriter le Stylurus olivaceus au Canada, mais inventoriées sans succès.
LocalitéLatitude (N)Longitude (O)Altitude (m)Habitat / espèce indicatriceDateObservateur(s)
Ashcroft, rivière South Thompson à l’embouchure de la rivière Bonaparte50,73940121,26047297Berge graveleuse érodée, sans végétation; eaux vives; exuvies d’Ophiogomphus severus16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Ashcroft, 4,1 km au nord sur le chemin Evans, rivière South Thompson50,83781121,23326297Chenal derrière barres de gravier; exuvies d’Ophiogomphus severus16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Ashcroft, parc immobilier communautaire Boston Flats; rivière Bonaparte50,77314121,30327415Exuvies d’Ophiogomphus severus16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Cache Creek, rivière Bonaparte au pont de la route 9950,88744121,40644499Fond de sable; Ophiogomphus severus16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Cache Creek, rivière Bonaparte au pont de la route 9950,88744121,40644499Fond de sable25 août 2008R.A. Cannings, L.R. Ramsay
Chase, embouchure du ruisseau Chase à la rivière South Thompson50,82608119,70326348Sable/gravier19 août 2008R.A. Cannings, L.R. Ramsay
Chase, rivière South Thompson à l’extrémité sud du chemin Veteran50,79672119,71207346Bras mort derrière grandes barres de gravier; végétation émergente abondante, faible courant19 août 2008R.A. Cannings, L.R. Ramsay
Chopaka, rivière Similkameen49,00972119,72416370 21 juillet 1997R.J. Cannings
Crawford Bay, lac Kootenay, ruisseau Gray49,62273116,79075532Ophiogomphus severus capturé24 juillet 1979G.P. Doerksen
Cultus Lake, ruisseau Sweltzer49,08333121,98335 Macromia capturé10 sept. 1937W.E. Ricker
Cultus Lake, ruisseau Sweltzer49,07611121,98000 Argia emma capturé21 août 1984R.A. Cannings
Enderby, ruisseau Ashton50,54308119,00910 Sable avec petits galets, végétation émergente clairsemée12 août 2005L. R. Ramsay, L. Gelling
Invermere, plage Athalmer, extrémité nord du lac Windermere50,50984116,02389799Plage de sable20 août 1983R.A. Cannings, S.G. Cannings
Jaffray, ruisseau Little Sand49,43583115,28861 Sable avec petits galets30 juillet 1999L. R. Ramsay
Kamloops, rivière North Thompson au chemin Walker50,71875120,35755360Rive sableuse, perturbée; Ophiogomphus occidentis15 août 2008C and D Copley, J Miskelly
Kamloops, rivière North Thompson au boulevard Oakhills50,74777120,34642346Rive graveleuse /sableuse; Ophiogomphus occidentis15 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Kamloops, extrémité du chemin Tranquille à l’extrémité est du lac Kamloops50,72016120,52032337Plage de sable perturbée; végétation émergente clairsemée15 août 2004L. Ramsay, I. Hatter
Kamloops, extrémité du chemin Tranquille à l’extrémité est du lac Kamloops50,71959120,53081337Plage de sable perturbée; végétation émergente clairsemée15 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Kamloops, chemin Aviation50,69873120,43572 Berge sableuse perturbée avec petits galets13 août 2005L. Ramsay, L. Gelling
Kamloops, chemin Aviation50,69873120,43572 Berge sableuse perturbée avec petits galets3 sept. 2009L. Ramsay
Kamloops, lac Kamloops, extrémité ouest, exutoire de la rivière South Thompson, parc provincial Steelhead50,75773120,86594349Berge rocheuse/sableuse de rivière avec végétation émergente16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Kamloops, Heffley Creek, au pont du chemin Cold Creek (près de l’exutoire du lac Heffley)50,84778120,11144940Eau chaude (22 °C)18 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Kelowna, ruisseau Mission49,89084119,05638920Macromia capturé13 août 1997D. St. John
Lac Little Shuswap50,85719119,65999 Rive de lac avec végétation émergente clairsemée11 août 2007L. R. Ramsay, L. Gelling
Lac Mabel50,60339118,73916395Ophiogomphus severus capturé5 sept. 1932E.R. Buckell
Moyie Lake, rivière Moyie49,20000116,00000910Ophiogomphus severus capturé13 août 1999D. Nicholson
Naramata, plage Manitou49,59305119,59583343Macromia capturé22 juillet 1997R.C.H. Cannings
Lac Osoyoos, pointe White Sands49,05084119,45528283Gomphus graslinellus capturé22 juillet 1997R.J. Cannings
Penticton, marina du lac Okanagan49,50716119,58106343Rive sablo-limoneuse8 sept. 1978R.J. Cannings
Penticton, lac Skaha49,41694119,583890340Sable et gravier fin8 sept. 1981S.G. Cannings
Penticton, lac Skaha49,40945119,60000340Argia emma capturé25 juillet 1997R.J. Cannings
Rock Creek, rivière West Kettle49,11139118,98000620Ophiogomphus severus capturé29 août 1999I. Hatter
Lac Shuswap, embouchure de la rivière Adams50,89509119,55059345Ophiogomphus occidentis capturé30 août 1931E.R. Buckell
Lac Shuswap, bras Anstey51,13147118,91022345Argia emma capturé7 août 1942E.R. Buckell
Slocan, lac Slocan à la sortie de la rivière49,76800117,47386541 14 août 1932E.R. Buckell
Summerland, lac Okanagan49,60806119,65153343Macromia magnifica capturé20 août 2000M. Poncelet
Summerland, ruisseau Trout49,56423119,62788 Large ruisseau limoneux14 août 2005L. R. Ramsay, L. Gelling
Vernon, lac Kalamalka, baie Cosens50,19828119,26266392Plage de sable9 sept. 1976R.A. Cannings
Vernon, lac Kalamalka, baie Cosens50,19828119,26266392Plage de sable21 août 1987S.G. Cannings
Vernon, lac Kalamalka, extrémité nord-ouest50,21666119,28750392Plage de sable20 août 1997G. Hutchings
Walhachin, pont du chemin Walhachin enjambant la rivière South Thompson50,76517121,03350323Rive encombrée de blocs rocheux; Ophiogomphus occidentis16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Walhachin, pont du chemin Walhachin enjambant la rivière South Thompson50,76517121,03345323Rive encombrée de blocs rocheux20 août 2008R.A. Cannings, L.R. Ramsay
Walhachin, parc provincial Juniper Beach, rivière South Thompson50,77931121,07868320Sable/gravier/pierres avec végétation émergente clairsemée16 août 2008C. et D. Copley, J. Miskelly
Waneta, réservoir Pend D’Oreille49,04047117,49154537Macromia magnifica capturé22 août 2008J. Miskelly
Lac Wasa49,78462115,74025775Sable18 août 1933E.R. Buckell
Lac Wasa49,78665115,73756775Sable; Gomphus graslinellus capturé20 juillet 1998D. Nicholson
Rivière West Kettle49,17668118,98088 Substrat de gravier et de blocs rocheux29 août 2007L. R. Ramsay, O. Dyer
Rivière West Kettle49,21650119,01503 Substrat de gravier et de blocs rocheux29 août 2007L. R. Ramsay, O. Dyer

Même si la récolte d’insectes de tous ordres confondus dans la portion intérieure sud de la Colombie-Britannique au cours du siècle dernier a permis de caractériser relativement bien l’odonatofaune de la province, des inventaires ciblés d’Odonates ont été réalisés dans le cadre du volet entomologique du projet Living Landscapes du Musée royal de la Colombie-Britannique (MRCB) en partenariat avec le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique. Des inventaires ont été menés dans la région de l’Okanagan en 1997 (Cannings et al., 1998), dans le bassin du Columbia à l’est de l’Okanagan en 1998-1999 (Cannings et al., 1999), dans le centre et le nord de la Colombie-Britannique entre 2000 et 2005 et dans le sud de la région de Cariboo au nord de la vallée de la rivière Thompson en 2008. Les relevés ciblés qui ont été effectués dans la vallée de la rivière Thompson à compter de 2004 ont notamment permis de préciser la limite nord de l’aire de répartition du S. olivaceus.

Les sites d’échantillonnage ont été sélectionnés en considération des mentions historiques du S. olivaceuset d’autres odonates affichant des préférences similaires à l’égard de l’habitat (Macromia magnifica, Argia emma, Ophiogomphus occidentis, Gomphus graslinellus) et après examen de milieux propices similaires à ceux des sites occupés à l’échelle de l’aire de répartition présumée de l’espèce. Les recherches ciblant tant les adultes que les exuvies ont été concentrées entre la dernière semaine de juillet et la fin de septembre. Ces recherches sont considérées comme ciblant l’espèce (tableau 4). Dans la présence analyse, le terme « visite » est défini comme un relevé d’une durée d’au moins 30 minutes effectué à un site donné et en une journée donnée en présence de conditions météorologiques favorisant l’activité de l’espèce.

Tableau 4. Activités d’échantillonnage associées aux divers relevés ciblant le Stylurus olivaceus réalisés en Colombie-Britannique entre 1997 et 2009.
RégionAnnéesHeures-personnesNombre de visitesCommentaires
Rivière South Thompson : Chase2004
2005
2008
2009
2
4
1
1
1
2
2
1
Non observé
Non observé
Non observé
Non observé
Rivière South Thompson : à l’ouest de Kamloops2004
2005
2008
2009
1
0,5
5
1
1
1
8
1
Non observé
Non observé
Non observé
Non observé
Rivière South Thompson : Kamloops à Pritchard2004
2005
2008
2009
1,25
5
5,75
5
2
2
6
3
Captures
Captures
Captures et observations visuelles
Captures
Rivière North Thompson et ruisseaux avoisinants20084,54Non observé
Rivière Bonaparte20083,54Non observé
Lac Okanagan199722Non observé
Lac Kalamalka199722Non observé
Lac Skaha199731Non observé
Lac Vaseux199732Non observé
Lac Osoyoos199721Non observé
Rivière Okanagan : Penticton1997
1998
2009
3 4,12 3Captures
Captures et observations visuelles
Captures et observations visuelles
Rivière Okanagan : Okanagan Falls1997
2009
5
3,8
3
2
Captures
Captures et observations visuelles
Rivière Okanagan : Oliver1997
2009
2
9
1
2
Non observé
Captures et observations visuelles
Rivière Okanagan : lac Osoyoos1997
2008
3
2
2
1
Non observé
Observations visuelles
Ruisseau Christina1999
2000
2008
2009
6
3
3
2,5
2
1
1 1
Captures
Captures
Observations visuelles
Captures
Rivière Kettle1999
2007
1
0,75
1
2
Non observé
Non observé

Vallée de l’Okanagan

Un relevé dirigé par Richard Cannings a été effectué dans le bassin de l’Okanagan en 1997 (Cannings et al., 1998). Ce relevé ciblait principalement 8 espèces considérées comme en péril ou potentiellement en péril, dont le S. olivaceus. D’autres espèces d’odonates ont également été capturées dans le cadre de ce relevé. Ainsi, 9 localités comprises dans l’aire de répartition présumée de l’espèce ont fait l’objet de recherches dans certains cas approfondies (p. ex. le long du tronçon de la rivière Okanagan entre Okanagan Falls et le lac Vaseux) (16 visites, 24 heures-personnes) durant la période de vol de l’espèce. Certaines des localités prospectées se trouvaient en bordure de lacs (5 localités, 8 visites, 11 heures-personnes). La non-observation du S. olivaceus dans ces milieux a confirmé que cette espèce est essentiellement une espèce de rivière dans la région.

En 2009, Richard Cannings a de nouveau inventorié la région de l’Okanagan-Sud entre Penticton et le lac Osoyoos. Cette fois, les recherches ont été concentrées le long du chenal de la rivière Okanagan. Au cours de 9 journées différentes, le chercheur a parcouru à pied 5 sections du chenal de la rivière totalisant 27,85 km (20,4 heures-personnes). Des observations (collectes ou observations visuelles) ont été effectuées à 25 endroits différents.

Ruisseau Christina

Les premières visites au ruisseau Christina ont été effectuées dans le cadre des inventaires généraux réalisés dans le cadre du projet Living Landscapes en 1999. Ainsi, 2 visites ont été effectuées durant la période de vol du S. olivaceus (total de 6 heures-personnes). Les activités d’échantillonnage au cours des années subséquentes s’établissent comme suit : 2000 (1 visite, 3 heures-personnes), 2008 (1 visite, 3 heures-personnes), 2009 (1 visite, 2,5 heures-personnes). Le S. olivaceus a été observé à chacune de ces visites. En revanche, il n’a pas été observé lors des 3 visites effectuées à la rivière Kettle, près de Rock Creek, en 1999 (1 visite, 1 heure-personne) et 2007 (2 visites, 0,75 heure-personne).

Vallée de la South Thompson

Toutes les mentions de l’espèce dans la vallée de la South Thompson proviennent de la section de la rivière comprise entre Kamloops et Pritchard. Au cours de 4 années entre 2004 et 2009, 13 visites totalisant 16,75 heures-personnes de recherches ont été effectuées, et la présence de l’espèce a été notée chaque année. Le S. olivaceus n’a cependant pas observé à l’extrémité est de la rivière entre Pritchard et Chase (6 visites en 4 ans, 8 heures-personnes), ni à l’ouest de Kamloops, entre le lac Kamloops et Ashcroft, en aval (8 visites, 5 heures-personnes), ni au nord de la South Thompson, le long de la rivière North Thompson et de plusieurs petits cours d’eau avoisinants (p. ex. ruisseau Heffley, rivière Deadman) (4 visites, 4,5 heures-personnes). En 2008, des relevés ont également été effectués sans succès dans le coin nord-ouest de la vallée de la Thompson, le long de la rivière Bonaparte (4 visites, 3,5 heures-personnes).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les larves du Stylurus olivaceus vivent généralement enfouies dans le fond vaseux ou sableux de rivières ou de ruisseaux chauds (Dunkle, 2000; Paulson, 2009). Toutefois, en Colombie-Britannique, à la limite nord de son aire de répartition, l’espèce se développe à l’occasion sur les bords de lacs à fond sableux (p. ex. lac Vaseux et lac Okanagan à Peachland) (Cannings et Stuart, 1977). Bien que qualifiée par Needham et al. (2000) de boueuse et souvent alcaline, l’eau des cours d’eau dans lesquels l’espèce se développe est probablement souvent limpide. L’eau de certains sites, comme un site de Californie, a toutefois été qualifiée de jaune par Walker (1958). Les rivières dans lesquelles l’espèce se rencontre à l’état larvaire peuvent être aussi larges que le cours inférieur du Columbia en aval de Portland (plus de 1 kilomètre), où le S. olivaceus est l’espèce de libellule la plus commune (J. Johnson, comm. pers., 2002), ou aussi étroits que le ruisseau Christina (environ 10 m). Les rives sur de grandes sections du ruisseau Christina sont constituées de gravier et de galets et de substrat sableux/vaseux (Cannings et al., 1999). Le long du cours inférieur du Columbia, l’espèce se rencontre communément dans les zones d’eau de marée, et des émergences ont été observées sur des pierres exposées seulement à marée basse (Andrew Emlen, comm. pers., fideJ. Johnson, comm. pers., 2002). La population a peut-être acquis certaines adaptations favorisant l’émergence des adultes seulement à marée basse (D. Paulson, comm. pers., 2009). Dans le cours inférieur du Columbia, le volume d’eau douce qui se déplace vers l’amont ou l’aval au gré des marées est si important que l’apport d’eau salée de l’océan n’a probablement pas une grande incidence sur la salinité de l’eau aux endroits où le S. olivaceus se développe (D. Paulson, comm. pers., 2009). Le volume d’eau peut également atténuer l’incidence des perturbations dans cette région.

Le développement de l’espèce dans des lacs n’a jamais été documenté aux États-Unis (J. Johnson, T. Manolis, D. Paulson, S. Valley, comm. pers., 2009). Un adulte a toutefois été observé au lac Soap, dans le comté de Grant, dans l’État de Washington, à bonne distance du cours d’eau le plus proche (D. Paulson, comm. pers., 2009). Selon Paulson (comm. pers., 2009), un certain nombre d’espèces de Gomphidés d’Amérique du Nord normalement strictement lotiques se développent dans des lacs à la limite nord de leur aire de répartition. L’action des vagues frappant le littoral reproduit probablement suffisamment bien l’écoulement de l’eau dans les milieux lotiques dans lesquels ces espèces se développent normalement. L’ancienne mention provenant de Peachland (1909) contient très peu de détails, et cette région ne comporte aucun cours d’eau propice au développent de l’espèce. L’adulte sur laquelle cette mention est fondée s’était probablement développé dans le lac Okanagan. L’exuvie trouvée dans la baie à l’extrémité sud du lac Vaseux (1981) provient d’un milieu plus abrité et peut-être même plus eutrophe que les autres sites du lac Vaseux (exuvie récoltée en 1976) ou que ceux du lac Okanagan, plus oligotrophe, à Peachland. Mis à part ces quelques mentions et le fait que le S. olivaceus puisse se développer dans des milieux lentiques dans des lacs du cours principal de l’Okanagan ou de la vallée de la Thompson, l’espèce n’a jamais été observée le long des rives de ces lacs.

Dans la région de Kamloops, le gomphe olive se développe dans les eaux chaudes de la rivière South Thompson (figures 1112), qui draine les lacs Shuswap et Little Shuswap, mais il n’a pas encore été observé dans les eaux plus froides de la rivière North Thompson (figure 13), qui draine directement les versants enneigés des monts Cariboo et Columbia. Il est aussi manifestement absent de la rivière Thompson en aval du lac Kamloops. Dans ce tronçon de la rivière, les eaux sont plus agitées que dans la rivière South Thompson, et le lit est généralement constitué de galets et de blocs rocheux (figure 14). L’Ophiogomphus occidentis est présent dans ces deux habitats. Les plus petits cours d’eau qui coulent dans le bassin de la rivière Thompson n’abritent apparemment pas le S. olivaceus.L’espèce n’a jamais été observée dans la rivière Bonaparte, même si certaines sections lui semblent propices (figure 15), ni dans les ruisseaux Creek ou Monte ou la rivière Deadman. L’Ophiogomphus severus, espèce apparentée, se développe dans les rivières Bonaparte et Deadman, mais ce dernier tolère des eaux plus vives et plus froides et des substrats plus grossiers (R.A. Cannings, comm. pers.).

Figure 11. Rive nord de la rivière South Thompson à Stobbart Creek, Kamloops. Vue est (amont) à partir d’un point de coordonnées approximatives 50,6722°N 120,1514°O. 25 août 2008. Principale espèce d’arbre présente : olivier de Bohême (Eleagnus angustifolia). Photo : Robert A. Cannings.

Photographie d’une section de la rive nord de la rivière South Thompson à Stobbart Creek, Kamloops (Colombie-Britannique). Principale espèce d’arbre : olivier de Bohême (espèce introduite). 

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Figure 12. Rive nord de la rivière South Thompson à Pritchard (Colombie-Britannique). Vue nord-est (amont) à partir d’un point de coordonnées approximatives 50,6881°N, 119,8278°O. 19 août 2008. Principales plantes émergentes : Eleocharis, Equisetum et Carex spp. Photo : Robert A. Cannings.

Photographie d’une section de la rive nord de la rivière South Thompson à Pritchard (Colombie-Britannique). Principales plantes émergentes : Eleocharis, Equisetum et Carex spp.

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Figure 13. Vue depuis la rive ouest de la rivière North Thompson près du boulevard Oakhills, Kamloops (Colombie-Britannique). Vue nord (amont) à partir d’un point de coordonnées approximatives 50,7477°N, 120,3464°O. 15 août 2008. Aucun S. olivaceus n’a été observé dans cette rivière, peut-être parce que les eaux y sont plus froides que dans la rivière South Thompson. Photo : Claudia R. Copley.
 

Photographie d’une section de la rive ouest de la rivière North Thompson près du boulevard Oakhills, à Kamloops (Colombie-Britannique). Aucun gomphe olive n’a été observé dans cette rivière.

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Figure 14. Rivière South Thompson au nord d’Ashcroft (Colombie-Britannique). Vue approximativement de l’est (amont) à partir d’un point de coordonnées approximatives 50,7477°N, 121,2331°O. 16 août 2008. Aucun S. olivaceus n’a été observé dans la rivière Thompson en aval du lac Kamloops. La présence d’un substrat composé de blocs rocheux et le fait que le courant y est plus fort qu’en amont du lac explique peut-être l’absence de l’espèce. Photo : Claudia R. Copley.
 

Photographie d’une section de la rivière South Thompson au nord d’Ashcroft (Colombie-Britannique). Aucun gomphe olive n’a été observé dans la rivière Thompson en aval du lac Kamloops.

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Figure 15. Vue de la rivière Bonaparte River depuis le pont de la route 99, immédiatement à l’ouest de la jonction avec la route 97 au nord de Cache Creek. Vue nord à partir d’un point de coordonnées 50,8874°N, 121,4064°O). 16 août 2008. Aucun S. olivaceus n’a été observé dans ce ruisseau, bien que certaines sections, comme celle illustrée ici, semblent propices à l’espèce. Une espèce de Gomphidé apparentée, l’Ophiogomphus severus, se développe dans ce ruisseau. Photo : Claudia R. Copley.
 

Photographie d’une vue de la rivière Bonaparte depuis le pont de la route 99, à l’ouest de la jonction avec la route 97 au nord de Cache Creek. Aucun gomphe olive n’a été observé dans cette localité potentiellement propice.

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Les mâles volent habituellement au-dessus des zones d’eau libre, et non le long des rives (J. Johnson, D. Paulson, comm. pers., 2002; Paulson, 2009). De ce fait, l’observation de l’espèce le long de cours d’eau larges comme le Columbia et même la rivière South Thompson est beaucoup plus compliquée que le long de cours d’eau plus étroits comme la rivière Okanagan ou le ruisseau Christina. Les mâles patrouillent également de préférence les zones de rapides, où les femelles déposent souvent leurs œufs (Dunkle, 2000; L. Ramsay, obs. pers.). Les adultes se reposent dans les arbustes et les arbres qui poussent en bordure de la rivière et, moins fréquemment, se perchent directement sur les rives sableuses ou rocheuses (Walker, 1958; Cannings et al., 1999; Paulson, 2009).

Le ruisseau Christina coule à travers une forêt de conifères sèche dominée par le pin ponderosa (Pinus ponderosaDougl.) et le douglas (Pseudotsuga menziesii[Mirbel] Franco) (figure 16). Des sections du littoral sont bordées par le bouleau à papier (Betula papyrifera Marsh.) et le bouleau fontinal (B. occidentalis Hook.), l’aulne à feuilles minces (Alnus incana [L.] Moench) et d’autres espèces riveraines d’arbres et d’arbustes. La rivière Okanagan est en grande partie canalisée au Canada, et la zone riveraine est réduite à une pente abrupte de gravier ou de blocs rocheux parfois bordée de vivaces comme la salicaire commune (Lythrum salicaria L.) et d’autres mauvaises herbes. À l’arrière s’étend une large digue entourée d’un habitat très perturbé parsemé d’arbres, d’arbustes et de mauvaises herbes vivaces et annuelles (figure 17). La rivière South Thompson traverse une steppe à armoise tridentée (Artemisia tridentata Nutt.). Le lit est en grande partie naturel, mais il est considérablement perturbé le long de nombreux tronçons. La végétation des rives est dominée par plusieurs espèces de saules (Salix spp.) et l’olivier de Bohème (Eleagnus), une espèce introduite. Le long des sections moins perturbées, les rives vaseuses ou sableuses sont souvent envahies par diverses plantes émergentes appartenant aux genres Eleocharis, Carex et Equisetum (figures 11et 2).

Figure 16. Vue du ruisseau Christina (Colombie-Britannique), à partir d’un point de coordonnées approximatives 49,0391°N, 118,2027°O. Vue nord-ouest (amont). Espèces d’arbres dominantes : Pinus ponderosa et Pseudotsuga menziesii. 23 août 2009. Photo : Richard J. Cannings.
 

Photographie d’une vue du ruisseau Christina (Colombie-Britannique). Espèces d’arbres dominantes : Pinus ponderosa et Pseudostuga menziesii.

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Figure 17. Vue de la rivière Okanagan au sud d’Okanagan Falls (Colombie-Britannique), à partir d’un point de coordonnées approximatives 49,3264°N, 119,5694°O. Vue sud-est (aval) en direction du lac Vaseux. 24 septembre 2009. Photo : Richard J. Cannings.

Photographie d’une vue de la rivière Okanagan, au sud d’Okanagan Falls (Colombie-Britannique).

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Après avoir émergé, les adultes peuvent s’éloigner sur une certaine distance du cours d’eau où ils se sont développés pour ensuite y retourner pour se reproduire. La distance alors parcourue demeure à préciser, mais ce comportement contribue à étendre le concept d’habitat de l’espèce au-delà des environs immédiats du cours d’eau natal.

D’autres espèces de demoiselles et de libellules peuvent servir d’indicateurs de l’habitat du gomphe olive.Ce dernier partage son habitat riverain avec l’Ophiogomphus occidentalis, le Macromia magnifica,l’Argia emma et, au ruisseau Christina, une espèce de demoiselle rare, le Calopteryx aequabilis Say, et son habitat lacustre, avec le Gomphus graslinellus et le Macromia magnifica.

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Tendances en matière d’habitat

On sait peu de choses sur les besoins en matière d’habitat du gomphe olive, et il est par conséquent difficile de déterminer s’il y a eu un déclin de la qualité et de la quantité de l’habitat. Une bonne partie de la portion canadienne de la rivière Okanagan a été canalisée à des fins de gestion des inondations au cours des années 1950. Son tracé a été redressé et entouré de digues, son lit a été aplani, et des barrages et des chutes ont été ajoutés (figures 18 à 20). Durant la construction du chenal, le lit original de la rivière a été en grande partie détruit, et le débit dans les méandres restants a été éliminé. Ces travaux ont vraisemblablement entraîné une réduction de la quantité et de la qualité de l’habitat, mais aucune évaluation n’a permis de confirmer cette hypothèse.

Figure 18. Photographies aériennes (BC 800-31) de la rivière Okanagan à son point d’entrée dans le lac Skaha, à Penticton (le sud se trouve en haut). À gauche : photographie prise en 1949. À droite : photographie prise en 1982 (BC 82024:204).
 

Photographies aériennes de la rivière Okanagan à son point d’entrée dans le lac Skaha, à Penticton. La photographie de gauche a été prise en 1949, et celle de droite, en 1982.

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Figure 19. Photographie prise en 1912 montrant la rivière Okanagan s’écoulant à travers le grand marais (détruit depuis) qui se trouvait à l’exutoire du lac Okanagan, à Penticton. Vue nord à partir d’un point de coordonnées approximatives 49,5012°N, 119,6134°O (Photo : Musée de Penticton).

Photographie prise en 1912 montrant la rivière Okanagan s’écoulant à travers un grand marais (détruit depuis) à l’exutoire du lac Okanagan, à Penticton

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Figure 20. Même site que celui illustré à la figure 18, comme il apparaissait en 1983. Les niveaux du lac et de la rivière sont aujourd’hui régulés par un barrage; la rivière a été canalisée et endiguée, et son lit a été redressé (Photo : Robert A. Cannings).

Photographie du même site que celui illustré à la figure 18 (rivière Okanagan à son point d’entrée dans le lac Skaha, à Penticton), photographié à hauteur d’homme 71 ans plus tard, en 1983. Les niveaux du lac et de la rivière sont aujourd’hui régulés par un barrage; la rivière a été canalisée et endiguée, et son lit a été redressé.

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À part certains tronçons dont les rives ont été exposées aux effets de l’exploitation agricole ou envahies par diverses plantes exotiques riveraines comme l’olivier de Bohème (Eleagnus angustifolia), la rivière South Thompson a conservé un aspect relativement naturel. La construction de voies ferrées et de routes le long des rives a modifié l’aspect du littoral, tout comme les travaux de remblayage, le ruissellement et la construction de quais associés à l’expansion résidentielle en bordure de la rivière, en particulier immédiatement à l’est de Kamloops (figure 21). À certains endroits, des enclos à bestiaux aménagés sur les bords de la rivière constituent une source de pollution et d’érosion.

Figure 21. Expansion résidentielle riveraine à Dallas, à l’est de Kamloops, sur la rive sud de la rivière South Thompson. Vue sud-est à partir d’un point situé près de l’embouchure du ruisseau Stobbart de coordonnées approximatives 50,6728°N, 120,1559°O, montrant les maisons construites le long de la promenade Chukar. 25 août 2008. Photo : Robert A. Cannings.

Photographie de l’expansion résidentielle riveraine à Dallas, à l’est de Kamloops, sur la rive sud de la rivière South Thompson.

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L’expansion résidentielle, touristique et récréative a entraîné une dégradation d’une bonne partie des rives accessibles des lacs Okanagan, Shuswap et Christina. Le ruisseau Christina a conservé pour l’essentiel son aspect naturel, mais des projets domiciliaires sont en cours le long de sa rive ouest.

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Biologie

Comme celles des autres espèces de libellules, les larves du S. olivaceus sont prédatrices et vivent pendant environ deux ans enfouies en profondeur dans les sédiments du cours d’eau ou du lac où elles ont vu le jour (Corbet, 1999), se nourrissant de divers invertébrés benthiques comme des larves de chironomides, des vers tubificidés et des larves d’éphémères fouisseuses (Bright et O’Brien, 1999). La durée d’une génération est de deux ans. Le gomphe olive passe l’hiver à l’état larvaire.

Les adultes sont des prédateurs aériens et retournent au plan d’eau pour s’accoupler et se reproduire. Au sein de la famille des Gomphidés, le S. olivaceus fait partie d’un groupe d’espèces souvent qualifiées en anglais de « Hanging clubtails » parce que les adultes se perchent normalement à la verticale sur les arbres ou les gros arbustes, contrairement à ceux de nombreuses autres espèces, qui se posent directement sur le sol (Dunkle, 2000; Cannings, 2002; Paulson, 2009). Les deux individus capturés par Cannings et al. (1998) en bordure de la rivière Okanagan en 1997 étaient perchés sur des ormes de Sibérie (Ulmus pumila L.). Les autres espèces de plantes utilisées comme perchoirs sont énumérées aux tableaux 1 et 2. Il arrive toutefois au gomphe olive de se reposer directement sur le sol (tableaux 1 et 2; Dunkle, 2000; Paulson, 2009).

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Cycle vital et reproduction

En Colombie-Britannique, la période de vol documentée du gomphe olive s’étend du 12 juillet au 1er octobre (Whitehouse, 1941; données de collecte des spécimens conservés au MRCB). Dans l’État de Washington, la date d’observation d’un adulte la plus hâtive est le 8 juillet (Paulson, 1999). Cannings (2002) décrit la période de vol de l’espèce en Colombie-Britannique comme s’étendant du milieu de juillet au milieu d’octobre. Le long du cours inférieur du Columbia (sous Vancouver, dans l’État de Washington), les adultes sont communément observés depuis le début d’août jusqu’au début de novembre (J. Johnson, comm. pers., 2002). En Californie, la période de vol du gomphe olive dure de la fin de juin au début de septembre, mais la plupart des observations ont été enregistrées en juillet (Manolis, 2003).

En Colombie-Britannique, des émergences ont été observées le 20 juillet (2004, Pritchard) et le 18 août (2008, rivière South Thompson, Stobbart Creek), et des individus ténéraux (adultes fraîchement émergés présentant encore une faible capacité de vol) ont été observés le 15 juillet et le 15 août (tableau 1, données de collecte des spécimens conservés au Musée royal de la Colombie-Britannique).

Contrairement à ceux d’autres espèces de libellules, les mâles ne défendent pas de territoire, mais ils patrouillent les zones d’eau libre fréquentées par les femelles prêtes à pondre (Corbet, 1999). En cas de rencontre, les mâles s’engagent dans une poursuite au raz de l’eau (J. Johnson, comm. pers., 2002). Les adultes des deux sexes se reposent dans les arbustes et les arbres. J. Johnson (comm. pers., 2002) a observé très peu de relations intraspécifiques au-dessus des rives et a couramment observé des mâles et des femelles perchés à courte distance les uns des autres ou se suivant en vol; les mâles ne montraient aucune réaction agressive à l’égard des autres mâles et ne harassaient pas les femelles.

En aval de Portland, en Oregon, le Columbia est très large, et les mâles n’effectuent jamais leurs patrouilles au-dessus ou à proximité immédiate des rives. Lorsqu’un mâle est effarouché et forcé de s’éloigner des rives, il vole habituellement vers le large sur une distance d’environ 100 à 200 m avant de s’engager dans des activités de patrouille (J. Johnson, comm. pers., 2002). Le ruisseau Christina est beaucoup plus étroit (environ 10 m de largeur), et les mâles vont et viennent au centre du ruisseau (S. Cannings, obs. pers.). Le long du cours original de la rivière Okanagan à Penticton (avant les travaux de canalisation), Whitehouse (1941) a observé des mâles survolant le milieu de la rivière en suivant un tracé en zigzag. Les mâles survolaient de préférence les zones d’eaux vives mais profondes (Dunkle, 2000). Ce comportement a également été observé au ruisseau Christina (L. Ramsay, obs. pers.). Les femelles volent plus rapidement et suivent un tracé plus direct que les mâles (Kennedy, 1917). Une fois appariés, les couples se dirigent vers les rives et se posent parmi les arbres ou les arbustes (J. Johnson, comm. pers., 2002). Selon Kennedy (1917), le vol nuptial est bref, et après s’être perchés parmi les buissons, les adultes demeurent très longtemps en position d’accouplement.

Les femelles laissent simplement tomber leurs œufs à la surface de l’eau. Le long de la rivière Washougal, en Oregon, J. Johnson (comm. pers., 2002) a observé des femelles effectuer un court vol vers le centre de la rivière pour y plonger trois fois l’extrémité de leur abdomen avant de revenir rapidement vers la rive pour se percher dans de grands arbres. L. Ramsay (obs. pers.) a observé des femelles en train de pondre dans des zones de rapides du ruisseau Christina.

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Physiologie et adaptabilité

Aucune information n’est disponible.

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Déplacements et dispersion

Le gomphide olive a un vol relativement puissant et est probablement capable de se disperser sur plusieurs kilomètres. Pendant un certain temps après l’émergence, les adultes sont difficiles à trouver près des plans d’eau et s’éloignent probablement à une certaine de la zone riveraine. Tim Manolis (comm. pers., 2010) a trouvé un individu mort dans sa piscine à 1,4 km (en ligne droite) du point le plus rapproché de la rivière American, à Sacramento, reconnue comme occupée par l’espèce. Dans la même ville, Rosser Garrison (comm. pers., 2010) a trouvé une femelle fraîchement émergée à environ 0,5 km de la rivière Sacramento, le 8 juin 2010. Jim Johnson (comm. pers., 2010) aperçoit régulièrement à la fin de l’été des individus perchés parmi la végétation ornementale dans le centre-ville de Vancouver, dans l’État de Washington, à environ 1 km du Columbia où ils se sont développés.

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Relations interspécifiques

On dispose de peu d’information sur le sujet. Au parc Horn Rapids, dans l’État de Washington, Kogut (2008) a observé, le 29 août 2008, un mâle adulte en train de dévorer une demoiselle (Archilestes californicus McLachlan).

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Voir également la section Activités de recherche. Même si aucune évaluation rigoureuse et structurée de la taille des populations de l’espèce n’a encore été réalisée au Canada, certains renseignements sont disponibles. Aux États-Unis, l’espèce a été encore moins bien étudiée (J. Johnson, comm. pers., 2009). La plupart des récoltes de spécimens et d’observations visuelles effectuées avant 2008 sont survenues dans le cadre d’inventaires généraux ou de relevés étendus à l’ensemble de l’odonatofaune. Un relevé ciblant un certain nombre d’espèces d’odonates rares, dont le S. olivaceus, a cependant été effectué dans le bassin de l’Okanagan en 1997 (Cannings et al., 1998). Dans cette étude, l’échantillonnage a simplement consisté à chercher des milieux propices et à y capturer les adultes rencontrés. Environ 10 heures-personnes réparties sur 5 jours ont alors été consacrées à la collecte de spécimens le long des digues de la rivière Okanagan.

En 2009, des recherches plus approfondies visant à trouver des adultes ont été entreprises par Richard et Russell Cannings le long des digues de la rivière Okanagan. Comme les parois des digues sont abruptes, l’échantillonnage des exuvies est difficile et, afin de limiter les déplacements sur les digues, les chercheurs ont très peu récolté d’exuvies. La méthode d’échantillonnage utilisée consistait en parcourir à pied des transects le long des digues et, lorsqu’un adulte était observé, à documenter son comportement et à noter les coordonnées du point d’observation.

Des dénombrements limités d’exuvies ont été effectués seulement le long de la rivière South Thompson, le long de sections mesurées du littoral (tableau 1). En réalité, à l’exception de 2 spécimens, toutes les exuvies récoltées au Canada proviennent de cette rivière. En 2008, des recherches d’exuvies ont été effectuées le long de 3 sections de rives. À ces endroits, les bords de la rivière sont dégagés et les pentes sont souvent très douces. La recherche d’exuvies y est par conséquent beaucoup plus facile que le long de la rivière Okanagan. Dans les faits, il y est même plus facile de trouver des exuvies que des adultes. Cette particularité s’applique d’ailleurs à de nombreuses espèces de Gomphidés. Toutes les exuvies découvertes ont été recueillies à la main et conservées dans des flacons contenant de l’éthanol à 70 %. La longueur et la largeur des sections de rives échantillonnées ont été notées.

Sur la base des valeurs de dénombrement ainsi obtenues, il est possible de calculer des estimations grossières des populations. La densité des exuvies varie toutefois considérablement d’un endroit à l’autre en raison de divers facteurs comme la qualité de l’habitat et le comportement des larves (p. ex., dérive avant l’émergence). La répartition spatiale des larves dans la rivière est distinctement agrégée. D’autres facteurs comme l’expérience des récolteurs et le moment de l’échantillonnage ont également une incidence déterminante sur les estimations de l’abondance.

Au total, 2 sections de rive, l’une près de l’exutoire du ruisseau Stobbart (30 m × 2,5 m), l’autre à l’extrémité nord du pont du chemin Lafarge (10 m × 10 m), ont été échantillonnées le 15 août 2008. Des exuvies ont également été récoltées le 19 août le long d’une section de rive de 400 m à Pritchard. À ces 3 sites, un total de 18, 12 et 16 exuvies ont été récoltées, respectivement, ce qui donne des estimations de 6, 12 et 0,4 exuvies par 10 mètres de rive. En 2009, 3 visites ont été effectuées le long de la rivière entre Kamloops et Pritchard, mais aucune exuvie n’a été trouvée. Au cours de l’été 2009, le niveau de l’eau était extrêmement bas, mais on ignore si ce facteur a eu une incidence sur l’émergence des larves.
La zone d’occupation du S. olivaceus le long de la rivière South Thompson renferme environ 50 km de rives plus ou moins propices au développement larvaire de l’espèce. Il convient toutefois de rappeler que le nombre de larves qui émergent varie considérablement d’une section de rive à l’autre, probablement plus que ce que laissent croire les 3 estimations fournies au paragraphe précédent. Dans les faits, le nombre d’émergences le long de nombreuses sections de ce tronçon de rive de 50 km considéré aux fins des calculs est probablement inférieur à la plus faible de ces trois estimations.

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Abondance

On n’en sait pas suffisamment sur le gomphe olive en Colombie-Britannique pour fournir des estimations fiables de la taille de ses populations. Les ensembles de données utilisés dans le présent rapport consistent en 31 mentions de capture et 26 mentions d’observation visuelle. Chaque mention peut se rapporter à plus d’un individu. Pour autant que l’on sache, le nombre total de spécimens récoltés à ce jour au Canada s’élève à 18 adultes et 69 exuvies larvaires.

Même si les chances de l’observer sont réduites en comparaison des autres espèces par le fait qu’ilpréfère voler au-dessus des zones d’eau libre et se perche souvent hors de vue dans les arbres, le S. olivaceus demeure sans contredit une espèce rare en Colombie-Britannique. Lors des recherches effectuées dans la région de l’Okanagan-Sud au cours de l’été 1997, Cannings et al. (1998) ont noté sa présence seulement à 2 reprises le long de la rivière Okanagan, au sud d’Okanagan Falls. Le S. olivaceus était beaucoup plus rare que l’Ophiogomphus occidentalis, autre Gomphidé partageant son habitat. Toutefois, lors des relevés effectués en 2009, quelque 26 observations ont été enregistrées entre Penticton et le lac Osoyoos, dont 15 au cours d’une même journée. Au ruisseau Christina, une dizaine d’individus ont été observés le 4 août 2008 (J. Gatten, comm. pers., 2008), mais seulement 2 le 23 août 2009 (tableau 2). Le long de la rivière South Thompson, seulement 1 adulte mature (1 femelle, capturée le 1er octobre 1934 à Pritchard par E.R. Buckell) a été observé à ce jour, en dépit des recherches intensives qui y ont été effectuées. Cette présumée rareté s’explique peut-être par la largeur de la rivière (environ 150 m à environ 380 m) et le fait que les adultes préfèrent survoler le milieu de la rivière. En comparaison, le chenal de la rivière Okanagan est beaucoup plus étroit (environ 25 m), et l’observation des adultes est beaucoup plus facile sur les digues dégagées que le long de la rivière South Thompson. Quelques adultes ténéraux ont été observés le long de la rivière South Thompson. Un de ces individus a été capturé à Pritchard le 20 juillet 2004 au moment de son émergence. De plus, 4 autres individus ténéraux ont été observés le 15 août à 3 endroits différents le long de la rivière.

Aucune exuvie n’a été trouvée à ce jour sur les rives du ruisseau Christina, et seulement 2 ont été récoltées dans le bassin de l’Okanagan. Les principales concentrations de l’espèce dans le bassin de l’Okanagan ont été observées le long du chenal de la rivière, en particulier entre Okanagan Falls et le lac Vaseux. Malheureusement, les berges du chenal sont abruptes et souvent encombrées de blocs rocheux ou densément envahies par les graminées et les mauvaises herbes, ce qui complique considérablement la recherche des exuvies. Sans surprise, aucune exuvie n’a été trouvée. La situation est toutefois différente le long d’une grande partie de la rivière South Thompson. Les rives de la rivière sont faiblement inclinées et se rapprochent d’un habitat de plage, et la présence de plantes émergentes et de débris flottants empêche les vagues d’emporter rapidement les exuvies. Même si beaucoup moins d’adultes ont été observés le long de cette rivière que le long de la rivière Okanagan, la plus grande quantité d’habitat apparemment propice et la découverte de nombreuses exuvies donnent à croire que l’espèce pourrait être plus abondante dans la vallée de la rivière Thompson.

Toutefois, si l’on pose que le nombre de libellules produites est constant le long des zones de littoral propices à l’espèce, les densités observées donnent un nombre minimal d’adultes émergés de 2 000 à 60 000 le long de la rivière South Thompson. Ce calcul repose sur l’hypothèse probablement incorrecte selon laquelle toutes les exuvies qui ont émergé en 2008 se trouvaient le long des rives échantillonnées entre le 15 et le 19 août. De plus, la répartition des exuvies est probablement passablement agrégée, et les nombres observés pourraient être représentatifs seulement des densités présentes dans les zones d’habitat relativement favorable. Enfin, le nombre d’exuvies est supérieur au nombre d’individus matures, car un pourcentage indéterminé des adultes qui émergent meurt durant les jours qui suivent. Pour toutes ces raisons, un intervalle estimé de 1 000 à 50 000 individus matures paraît plus réaliste pour ce tronçon de la rivière South Thompson. Pour toutes hypothétiques qu’elles soient, nos estimations pour l’ensemble de la population canadienne sont les suivantes : ruisseau Christina, < 500; vallée de l’Okanagan, de 1 000 à 50 000; rivière South Thompson, de 1 000 à 40 000; population totale, de 2 500 à 90 000. Du fait de leur intervalle important, ces estimations sont insatisfaisantes. Pour être en mesure d’obtenir des estimations plus précises de la taille de la population, il faudra effectuer des dénombrements d’exuvies plus approfondis et plus exhaustifs.

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Fluctuations et tendances

On ne dispose d’aucune information sur les tendances des populations du gomphe olive en Colombie-Britannique. Le nombre de mentions enregistré lors du relevé effectué le long de la rivière Okanagan en 2009 est supérieur au nombre enregistré lors du relevé de 1997 (Cannings et al., 1998), mais cette disparité s’explique par le fait que les activités de recherches étaient plus ciblées en 2009. Les observateurs ont alors centré leur attention sur le S. olivaceus, et non sur l’ensemble des Odonates, et les recherches se sont échelonnées sur une plus longue période. Seulement quelques mentions de l’espèce ont été enregistrées dans l’est de l’État de Washington depuis la fin des années 1980, mais cette tendance est attribuable à la faible intensité des recherches effectuées et ne reflète pas un déclin réel des effectifs (D. Paulson, comm. pers., 2009). L’espèce demeure commune le long de la rivière Snake en Idaho et le long du Columbia près de son embouchure (Cannings et al., 1998;Paulson, 1998; D. Paulson, comm. pers., 2002; idem, 2009; J. Johnson, comm. pers., 2002; idem, 2009). La canalisation de la rivière Okanagan en Colombie-Britannique au cours des années 1950 a vraisemblablement entraîné une réduction de la quantité et de la qualité de l’habitat et la disparition d’une grande partie des effectifs larvaires de l’espèce entre Penticton et le lac Osoyoos. L’incidence de ce changement demeure inconnu. Whitehouse (1941) a observé très peu d’individus le long de la rivière Okanagan en 1938, mais il a échantillonné la région relativement tôt durant la saison de vol de l’espèce, entre le 18 et le 22 juillet.

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Immigration de source externe

Même si le gomphe olive n’a jamais été observé à ce jour aux États-Unis le long de la rivière Okanogan (figure 6), son apparente absence à cet endroit est probablement due à la faible intensité des recherches qui y ont été effectuées (D. Paulson, comm. pers., 2009). La population canadienne dans la vallée de l’Okanagan est probablement connectée de façon lâche avec les populations du bassin du Columbia de l’État de Washington, et l’apport d’immigrants en provenance de ces populations permettrait sa reconstitution si elle venait à disparaître. Toutefois, la vraisemblance d’une telle hypothèse repose sur la présence de populations dans le nord de l’État de Washington, ce qui demeure à confirmer. De façon générale, les Gomphidés ont un vol relativement puissant et sont probablement capables de se disperser sur un certain nombre de kilomètres. Voir également la section intitulée Déplacements et dispersion.

La disponibilité de l’habitat représente toutefois un facteur limitatif, et si la dégradation de l’habitat par destruction directe ou pollution devait causer la disparition de l’espèce, la probabilité que la population puisse se reconstituer grâce à l’apport d’immigrants provenant de populations externes serait alors négligeable.

Les populations de la rivière South Thompson et du ruisseau Christina sont plus éloignées des populations états-uniennes, et il est encore plus improbable qu’elles puissent se reconstituer à court terme grâce à l’apport d’immigrants de l’extérieur. La rivière Kettle représente la majeure partie de l’habitat riverain potentiel additionnel pour la population du ruisseau Christina, en particulier le tronçon d’une cinquantaine de kilomètres qui coule aux États-Unis. Les eaux du ruisseau Christina sont toutefois plus chaudes que celles de la rivière Kettle, moins propice au développement larvaire du gomphe olive. Aucun individu de l’espèce n’a été découvert à ce jour dans la rivière Kettle, tant au Canada qu’aux États-Unis.

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Menaces et facteurs limitatifs

Calculateur du niveau général des menaces

Le calculateur du niveau général des menaces du COSEPAC, adapté de l’UICN-CMP, a été utilisé pour l’évaluation des menaces potentielles (annexe 1) compromettant la survie du gomphe olive. Les répercussions globales des menaces sont considérées comme élevées. De nombreuses menaces avérées et potentielles pèsent sur l’espèce. Les pressions liées à l’expansion urbaine, origine de nombreuses menaces, s’intensifient d’année en année à l’échelle de la zone d’occurrence de l’espèce. Les répercussions d’un certain nombre de menaces n’ont toutefois pas encore été évaluées.

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Perte d’habitat et dégradation de l’habitat

L’aire de répartition canadienne du S. olivaceuschevauche principalement les basses vallées des bassins de l’Okanagan et de la rivière Thompson. Cette région connaît une croissance démographique rapide, et les pressions liées à l’exploitation du territoire ne cessent d’augmenter. À titre d’exemple, la population de la vallée de l’Okanagan a triplé tous les 30 à 40 ans depuis 1940 et s’établissait à 300 000 en 2002 (Jensen et Epp, 2002). Cette croissance s’est traduite par une augmentation tant en étendue qu’en ampleur de l’empreinte des humains sur le paysage. Le phénomène est à l’origine de la plupart des menaces qui pèsent sur les populations du gomphe olive dans la région. La perte d’habitat et les menaces sont liées à la canalisation et au harnachement des rivières; à l’expansion industrielle, agricole, résidentielle et récréative des rives des rivières et des lacs; à la pollution de l’eau causée par les embarcations à moteur, les plages de baignade et diverses sources d’effluents agricoles et industriels et d’eaux usées; aux espèces végétales et animales introduites.

L’altération, la dégradation et la destruction actuelles et passées des rives et des zones littorales naturelles des lacs et des rivières servant d’habitat à des communautés d’invertébrés diversifiées représentent le principal facteur limitatif compromettant la survie du gomphe olive. Par exemple, 80 % d’une section de 42 km de la rive sud-ouest du lac Okanagan ont été altérés par divers projets d’expansion : construction de maisons et de chalets en bordure du lac, 41 %; aménagement de perrés le long de la route longeant le lac, 27 %; aménagement de plages de baignade et autres projets d’expansion récréative, 12 % (Northcote et Northcote, 2006).

En outre, au cours des années 1950, le dragage et la canalisation de la rivière Okanagan effectués à des fins de gestion des inondations ont entraîné l’altération d’une bonne partie de l’habitat de l’espèce dans la région de l’Okanagan-Sud (Cannings et al., 1987; Cannings et al., 1998). L’incidence de ces travaux ponctuels importants réalisés il y a maintenant plus de cinquante ans sur la population du gomphe olive n’a jamais été évalué. Le limon remis en suspension par cette modification catastrophique de l’habitat a été transporté vers l’aval, étouffant au passage les larves et modifiant radicalement les caractéristiques de l’habitat larvaire. En outre, une grande partie du fond du chenal a été remplie avec du gros gravier et des blocs rocheux. D’importantes portions de la population de la région de l’Okanagan-Sud ont probablement disparu après l’aménagement initial du chenal lorsque des sections de la rivière qui s’écoulaient autrefois librement ont été transformées en bras morts eutrophes.

Le dragage et la canalisation réduisent l’hétérogénéité de l’habitat et la diversité des communautés aquatiques (Watters, 2000) et, ce faisant, peuvent compromettre le développement larvaire du S. olivaceus. La canalisation modifie l’hydrologie de la rivière et entraîne normalement une augmentation du courant, provoquant ainsi l’affouillement et l’érosion du lit. En période de crue, lorsque des mesures de régulation du niveau du lac sont prises pour prévenir les inondations, l’affouillement est important dans les sections tant canalisées que non canalisées de la rivière Okanagan (Gelling et al., 2009). L’affouillement et l’élévation du débit réduisent vraisemblablement la quantité de matières dans lesquelles les larves peuvent s’enfouir.

La construction de digues en bordure du chenal a éliminé 85 % de la végétation en place et, de ce fait, provoqué une hausse de la température de l’eau dans certaines sections de la rivière (Rae, 2005). Parmi les Odonates, de nombreuses espèces de Gomphidés, en particulier les espèces lotiques, supportent très difficilement des températures plus élevées que celles auxquelles elles sont adaptées (Corbet, 1999). La hausse de la température de l’eau pourrait avoir compromis la survie des larves du gomphe olive, d’autant qu’elle était accompagnée d’une forte augmentation des charges de limon dans l’eau. Les larves du gomphe olive sont toutefois adaptées aux eaux chaudes, calmes et limoneuses et sont probablement moins sensibles que celles de nombreuses autres espèces de Gomphidés vivant en eaux plus fraîches à des changements de cette nature. Par suite de la disparition des arbres et arbustes qui poussaient sur les rives de la rivière, les adultes sont plus exposés à la prédation par les oiseaux et d’autres espèces de libellules.

Dans la vallée de I’Okanagan, il est interdit d’éliminer la végétation riveraine en place, d’ajouter du sable pour créer des plages et de modifier d’une quelconque façon le littoral à moins, dans la très grande majorité des cas, d’avoir obtenu au préalable un permis délivré en vertu de la British Columbia Water Act. Toutefois, une évaluation récente réalisée auprès de propriétaires de terrains exploités sur les bords du lac Okanagan (35 sites évalués le long d’une section de littoral de 30 km) et du lac Skaha (194 sites évalués le long de la totalité du littoral) a révélé que le taux de non-conformité s’élevait à presque 100 % (Gelling et al., 2009).

En dépit de toutes les pressions décrites précédemment, le S. olivaceus est encore présent le long des portions endiguées de la rivière Okanagan.

Contrairement aux celles de la rivière Okanagan, les rives du ruisseau Christina ont conservé un aspect relativement naturel. Ce ruisseau est toutefois très court et abrite une petite population de l’espèce. Les rives de la rivière South Thompson, beaucoup plus grande que le ruisseau Christina, sont exploitées à des degrés divers (figure 21), mais des exuvies sont fréquemment trouvées le long des sections de littoral stables et peu altérées présentant une pente douce et un sol vaso-sableux et abritant une riche communauté de plantes émergentes (Equisetum, Carex, Eleocharis, etc.) (figures 11 et 12).

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Espèces exotiques

Dans la rivière Okanagan et les lacs associés, l’introduction d’espèces de poissons prédateurs non indigènes comme l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides [Lacepede]), l’achigan à petite bouche (M. dolomieui Lacepede), le crapet-soleil (Lepomis gibbosus [L.]), la perchaude (Perca flavescens[Mitchill]), la marigane noire (Pomoxis nigromaculatus[Lesueur]), la barbotte noire (Ameiurus melas[Rafinesque]), la barbotte brune (Ameiurus nebulosus[Lesueur]) et la carpe (Cyprinus carpio L.) a considérablement altéré l’ichtyofaune indigène locale. Dans la plupart des cas, ces espèces ont été libérées illégalement dans le bassin de l’Okanagan (S. Pollard, comm. pers., 2010). L’achigan à grande bouche est présent dans les lacs Osoyoos et Vaseux depuis plus de 100 ans (Mitchell, 2008). Le gouvernement provincial a procédé au transfert de l’achigan à petite bouche du lac Christina aux lacs Vaseux et Skaha en 1987 (Mitchell, 2008). Le lac Christina et le ruisseau Christina abritent des populations prospères de toutes les espèces susmentionnées, à l’exception de la marigane noire, ainsi que le doré (Sander vitreus [Mitchill]) et le brochet tigré (hybride stérile Esox masquinongy Mitchill× E. lucius L.). L’achigan à petite bouche a été ensemencé dans le lac Christina en 1901, mais dans la plupart des cas, les autres espèces exotiques susmentionnées ont atteint le bassin versant à la suite d’introductions dans le bassin du Columbia, dans l’État de Washington (Mitchell, 2008).

Les poissons sont de grands prédateurs de larves d’odonates (Hilton, 1987; Corbet, 1999). L’auteur d’une étude expérimentale réalisée en Caroline du Nord a observé 10 fois plus de larves de libellules dans des cages d’exclusion qu’à l’extérieur de ces cages (Morin, 1984). Les achigans, les crapets et la perchaude sont reconnus comme d’importants prédateurs d’odonates. Une étude réalisée en Iowa a révélé que les larves d’odonates représentent de 62 à 70 % du régime alimentaire des achigans à grande bouche de plus de 9 cm de longueur (Wright, 1946). En Russie, des chercheurs ont noté que les grosses larves de libellules constituaient la principale source de nourriture de la perchaude (Perca sp.) (Pushkin et al., 1979). Au Minnesota, les larves de demoiselles de la famille des Coenagrionidés et de libellules formaient une part importante du régime alimentaire de crapets du genre Lepomis (Crowder et Cooper, 1982). Au Tennessee, des larves d’Epitheca cynosura (Say) (libellule de taille moyenne de la famille des Corduliidés) ont été trouvées en grand nombre (moyenne de 30 larves par poisson) dans l’estomac de crapets du genre Lepomis (Martin, 1986). En plus de consommer directement des larves, la carpe endommage le substrat, à tout le moins dans le bassin de l’Okanagan, et elle a eu une incidence importante sur la structure des communautés végétales de la zone littorale (Cannings et al., 1987).

Les plans d’eau des bassins de l’Okanagan et du lac et ruisseau Christina ont également été envahis par le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum L.). Cette mauvaise herbe aquatique prolifère d’année en année dans le ruisseau Christina et l’exutoire du lac Christina (Haberstock, 2005). Ses effets sur la qualité de l’habitat pour le S. olivaceus sont inconnus. Le travail mécanique du substrat dans les lacs est l’une des principales méthodes de lutte utilisées contre cette mauvaise herbe, mais ses effets sont apparemment néfastes pour d’autres organismes benthiques comme la gonidée des Rocheuses (Gonidea angulata [Lea]) (Gelling et al., 2009). Toutefois, comme cette méthode est utilisée uniquement dans les lacs, elle risque peu d’altérer le principal habitat du gomphe olive.

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Pollution/pesticides

Les polluants peuvent provenir de sources diverses. Les projets d’exploitation du territoire, les pratiques agricoles, le ruissellement d’eaux pluviales, les réseaux d’égout, les activités touchant les forêts et les parcours, les dépôts atmosphériques et les activités d’exploitation marine sont autant de sources potentielles de pollution. Même de faibles concentrations de contaminants charriées par de faibles volumes de ruissellement peuvent avoir des effets cumulatifs et nuire aux organismes aquatiques vivant dans le bassin versant (Ministry of Environment, 1999).

L’eutrophisation provoquée par le ruissellement agricole peut occasionner des problèmes dans les bassins de l’Okanagan et le long de la rivière Thompson. L’émissaire d’évacuation de la ville de Penticton dans la rivière Okanagan se trouve au milieu d’une population du S. olivaceus. Sa présence ne semble toutefois pas avoir d’effets néfastes, notamment pour ce qui est des éléments nutritifs importants, car la mise en place d’un système de traitement tertiaire des eaux usées a permis de réduire considérablement les apports de nitrates et de phosphates. Tous les grands centres urbains se sont dotés d’un système de traitement tertiaire au cours des années 1980, mais les villes de plus petite taille et les agglomérations des régions rurales ne disposent pas de telles installations. Le traitement tertiaire des eaux usées a permis d’éliminer tout risque d’augmentation des charges d’éléments nutritifs dans le lac Okanagan, qui est encore considéré comme oligotrophe. La hausse des charges d’éléments nutritifs a peut-être déjà été une source de préoccupation dans le passé, mais les concentrations ont depuis été réduites de façon significative. Des charges importantes de nitrates atteignent encore localement certains affluents des lacs (Gelling et al., 2009).

De tous les lacs compris dans le bassin de la rivière Okanagan, c’est le lac Osoyoos qui présente les plus fortes charges d’azote (Rae, 2005). Ce lac est également plus chaud que les lacs Skaha et Okanagan. Bien que la présence de fortes concentrations d’éléments nutritifs soit en partie liée à la faible profondeur de l’eau, le ruissellement agricole et urbain est probablement également en cause. Le lac est très productif, et la matière organique au fond se décompose rapidement, réduisant du coup les concentrations d’oxygène (Rae, 2005). Dans le passé, l’extrémité nord du lac est devenue anoxique. Aujourd’hui, la baisse des concentrations d’oxygène est confinée aux quelque 20 m du fond. Toutefois, l’anoxie ne s’étend jamais à la couche d’eau sus-jacente à la thermocline (Gelling et al., 2009). Le S. olivaceus n’a jamais été récolté dans le lac, mais des adultes y ont été observés à proximité, le long de la rivière. Une espèce apparentée, le Gomphus graslinellus, se développe dans le lac.

Les concentrations de cuivre, élément reconnu comme toxique pour de nombreux invertébrés benthiques, font l’objet d’une surveillance à l’échelle du bassin de l’Okanagan. Dans certains affluents, les concentrations (de 8,5 à 9,5 ppm) sont suffisamment élevées pour causer des effets chroniques légers chez les moules (Wang et al., 2007), mais elles se maintiennent autour de 2 à 3 ppm dans la plupart des affluents, et à cause de l’effet de dilution, les concentrations sont beaucoup plus faibles dans les lacs (Gelling et al., 2009). La présence de résidus de produits (agissant comme perturbateurs endocriniens) dans les eaux usées constitue une source de préoccupation, en particulier dans certains secteurs localisés en aval des installations de traitement d’Okanagan Falls et de Penticton. Des études visant à obtenir des renseignements de base sur le sujet sont en cours (Gelling et al., 2009).

On ne dispose d’aucune information précise sur les effets des pesticides sur le gomphe olive. Les pesticides représentent un problème potentiel dans la région de l’Okanagan-Sud, car la rivière Okanagan traverse de nombreux vergers et vignobles. Dans la rivière Saskatchewan, en Saskatchewan,des larves de Stylurus intricatus (Hagen) figuraient parmi les innombrables insectes trouvés morts à 21 et 38 km en aval du point d’application de métoxychlore, produit semblable au DDT utilisé pour la lutte contre les larves de simulies (Dosdall et Lehmkuhl, 1989) dans les provinces des Prairies. Les larves du S. intricatus ressemblent à celles du Stylurus olivaceus et, comme elles, vivent enfouies en profondeur dans les sédiments. Cet insecticide ne semble pas avoir été utilisé à ce jour en Colombie-Britannique, mais il pourrait l’être éventuellement.

Aux endroits où des voies ferrées longent des rivières, le déversement de produits chimiques toxiques représente une menace. La situation est particulièrement alarmante le long de la rivière South Thompson, dont la rive sud est bordée par la ligne principale du CP et la route Transcanadienne. La route transprovinciale 3 Sud croise le ruisseau Christina immédiatement en aval de sa sortie du lac Christina, et tout déversement à cet endroit pourrait endommager l’ensemble de ce court mais précieux ruisseau.

L’épandage d’insecticides contre les ravageurs forestiers ou les insectes piqueurs est probablement minimal à l’intérieur de l’aire de répartition du gomphe olive, mais des herbicides sont périodiquement pulvérisés le long des routes et les emprises routières fréquentées par les adultes. Cette pratique pourrait avoir des effets néfastes pour le gomphe olive en le privant de la végétation qui lui sert d’aires de repos et d’alimentation.

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Mortalité routière

Les automobiles et autres véhicules motorisés constituent une cause de mortalité importante pour les libellules. De très nombreuses libellules sont tuées chaque année le long des principales routes canadiennes (Catling et Kostiuk, 2006). Les adultes tant matures que ténéraux qui s’éloignent des rives après l’émergence peuvent être tués par des véhicules circulant à plus de 50 km/h lorsqu’ils traversent des routes longeant les rives ou les secteurs avoisinants. Cette vitesse représente le seuil critique à partir duquel les libellules ne sont plus en mesure d’éviter un véhicule fonçant dans sa direction (COSEPAC, 2010). L’intensité de la circulation routière et le type de route ont une incidence importante sur les taux de mortalité. Les routes forestières et routes secondaires bien construites favorisant une conduite rapide, mais présentant une emprise étroite sont particulièrement dangereuses pour les libellules. Des routes longent chacune des rives de la rivière South Thompson sur une bonne partie du tronçon reconnu comme abritant l’espèce, et les deux tiers de la section de rivière de 6 km à Penticton sont bordés par une route. Plusieurs ponts croisent les 3 cours d’eau abritant des populations de l’espèce au Canada. Les véhicules qui circulent sur ces routes roulent habituellement à plus de 50 km/h. Toutefois, aucun des spécimens documentés par une mention n’a été trouvé mort sur une route ou sur un véhicule, et au Canada, les taux de mortalité routière sont probablement faibles chez le gomphe olive en comparaison des taux observés chez certaines espèces plus communes. En revanche, même s’ils sont plus faibles que chez les autres espèces, ces taux sont toutefois probablement plus élevés qu’on le croit, et ce pour deux raisons : 1) les libellules frappées par une automobile sont souvent mangées par les oiseaux dans les minutes qui suivent la collision et échappent dès lors à la détection; 2) les entomologistes s’attardent rarement à examiner les libellules tuées par des automobiles parce que celles-ci sont gravement endommagées.

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Prédation

Les larves de S. olivaceus servent probablement de proies à de nombreux animaux, dont des canards, des oiseaux limicoles, de nombreuses espèces de poissons et divers insectes aquatiques, y compris des larves d’autres espèces de libellules. Dans le cas des adultes, la prédation par les oiseaux est l’une de principales causes de mortalité. Les adultes sont la proie d’oiseaux tels que la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius L.), le Faucon émerillon (Falco columbarius L.), le Jaseur d’Amérique (Bombycilla cedrorum Vieillot), le Tyran tritri (Tyrannus tyrannus [L. ]) et d’autres espèces. Le Tyran de l’Ouest (Tyrannus verticalis Say) a déjà migré vers le sud au moment de l’émergence des adultes. Les adultes fraîchement émergés sont particulièrement vulnérables à la prédation par les oiseaux noirs, et des individus ténéraux sont fréquemment capturés par des oiseaux insectivores au cours de leur premier vol. Paul Catling (comm. pers., 2010) a déjà observé des hirondelles en train de capturer des individus ténéraux d’une espèce apparentée, l’Ophiogomphus occidentis, sous le pont de la route 97, à Penticton. L’Hirondelle à front blanc (Hirundo pyrrhonotaVieillot) et l’Hirondelle rustique (Hirundo rustica L.) nichent sous la plupart des ponts qui enjambent la rivière Okanagan.

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Activités récréatives

Durant les belles journées chaudes d’été, tout plan d’eau douce relativement propre attire inévitablement à la façon d’un aimant les amateurs d’activités récréatives dans la région de l’Okanagan. Le pic de fréquentation des plans d’eau coïncide avec la période d’émergence du gomphe olive. La rivière South Thompson attire des centaines de visiteurs, dont des pêcheurs, des plaisanciers et des amateurs de ski nautique. La rivière Okanagan à Penticton est fréquentée par des milliers de baigneurs qui se laissent flotter sur des chambres à air ou des matelas pneumatiques. Les lacs sont littéralement envahis par des milliers d’embarcations et de motomarines. Au moins quelques adultes émergent durant la journée, et ces individus peuvent être blessés ou tués par les vagues produites par ces embarcations. Des embarcations à moteur sont souvent utilisées même sur le ruisseau Christina, malgré son étroitesse. Comme l’ont eux-mêmes constaté les rédacteurs du présent rapport, le sillage de ces embarcations finit par causer l’effondrement des berges et la disparition de la végétation en place en se brisant sur les rives.

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Protection, statuts et classifications

Statuts et protection juridique

Le gomphe olive ne bénéficie d’aucun statut en vertu ni de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral ni, aux États-Unis, de l’Endangered Species Act.

La British Columbia Parks Act confère une protection à l’espèce à l’intérieur des parcs et des autres aires protégées provinciales. Certains de ces parcs et certaines de ces aires protégées sont énumérés ci-dessous à la section intitulée Protection et propriété, mais peu d’entre eux abritent des populations de l’espèce. L’aire protégée la plus importante pour le gomphe olive est le parc provincial Pritchard, situé du côté nord de la rivière South Thompson, à Pritchard.

Des méthodes et des directives pour la gestion d’espèces sauvages ciblées sont fournies en vertu de l’Identified Wildlife Management Strategysous le régime de la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique. Cette stratégie vise à réduire le plus possible sur les terres de la Couronne les effets des pratiques d’exploitation touchant les forêts et les parcours sur les espèces sauvages identifiées. Toutefois, cette loi conférerait peu de protection au gomphe olive, même s’il figurait sur la liste des espèces ciblées, car très peu de terres de la Couronne sont affectées au pâturage du bétail ou à l’exploitation forestière à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

Le Riparian Areas Regulation pris en application de la Fisheries Act de la Colombie-Britannique encadre la gestion de l’exploitation des zones riveraines et pourrait avoir une incidence positive sur l’habitat du gomphe olive, en particulier le long du ruisseau Christina Creek et de la rivière South Thompson, dont certaines sections comportent encore des zones riveraines naturelles intactes. Le long de la rivière Okanagan, endiguée, il reste très peu d’habitat riverain encore intact.

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Autres classements

À l’échelle mondiale, le gomphe olive a été classé par NatureServe dans la catégorie des espèces apparemment non en péril à l’échelle mondiale (apparently secure, G4) mais susceptibles de devenir préoccupantes. Pour sa part, le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique l’a désigné « en péril » (imperiled, S1S2). Il est classé « potentiellement en péril » (May be at risk; cote 2) aux échelles nationale et provinciale en vertu du Programme sur la situation générale des espèces sauvages au Canada. Selon le cadre de conservation (Conservation Framework) du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, le gomphe olive est coté 1 (cote de priorité la plus élevée) (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2009). Ailleurs dans l’ouest de l’Amérique du Nord, le S. olivaceus est classé « apparemment non en péril » (Apparently secure; S4) dans l’État de Washington et « présent historiquement, possiblement disparu de l’État » (historical, possibly extirpated; SH) en Utah. Aucune cote ne lui a été attribuée en Oregon, en Californie, en Idaho, au Nevada et en Arizona (NatureServe, 2009). Comme mentionné précédemment à la section intitulée « Répartition mondiale », la mention de l’espèce en Arizona n’est pas reconnue par la majorité des spécialistes et n’apparaît donc pas sur les cartes incluses dans le présent rapport.

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Protection et propriété de l’habitat

Un certain nombre de sites sont protégés ou font l’objet d’une gestion axée sur la conservation, en particulier dans la vallée de l’Okanagan. Toutefois, la majorité de ces sites englobent des milieux lacustres et sont sans lien avec le gomphe olive. La plupart des parcs provinciaux incluant des lacs (p. ex. parcs Sunoka, Bear Creek, Fintry et Ellison) compris dans l’aire de répartition de l’espèce sont gérés principalement à des fins récréatives (baignade et navigation de plaisance) et n’assurent pas nécessairement une protection adéquate du littoral et des zones riveraines, même si ces habitats sont importants pour l’espèce.

Les zones riveraines protégées les plus importantes dans la région de Thompson-Okanagan sont, du sud vers le nord, l’aire de gestion de la faune de l’Okanagan-Sud (South Okanagan Wildlife Management Area, ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique), la réserve nationale de faune Vaseux-Bighorn (Service canadien de la faune) et les parcs provinciaux d’Okanagan Falls, Pritchard et de Banana Island (les deux derniers incluent des portions de la rivière South Thompson). D’autres aires protégées comprenant des zones d’habitat lacustre incluent les parcs provinciaux suivants : Haynes Point, Vaseux Lake, Okanagan Mountain, Sunoka, Okanagan Lake, Bear Creek, Fintry, Ellison Lake, Kalamalka Lake et Shuswap Lake. Au lac Christina, le parc-nature du lac Christina (Christina Lake Nature Park, géré localement) et, possiblement, les parcs provinciaux de Christina Lake et Gladstone sont moins importants.

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Remerciements et experts contactés

Les rédacteurs remercient le personnel du Secrétariat du COSEPACde leur soutien constant durant la préparation du présent rapport, et en particulier Jenny Wu et Alain Filion, qui ont mis à profit leur expertise pour établir les cartes de répartition et calculer l’indice de zone d’occupation et la zone d’occurrence pour le gomphe olive.

Plusieurs collègues spécialistes des Odonates de l’ouest des États-Unis, en l’occurrence Rosser Garrison, Jim Johnson, Dennis Paulson, Tim Manolis et Steve Valley, ont fourni des renseignements fort utiles sur la situation et la biologie du S. olivaceus dans leur région respective. Les magnifiques photographies de l’espèce (figures 1 à 3) sont une gracieuseté de Jim Johnson.

Les gestionnaires et conservateurs suivants ont examiné leur collection et, le cas échéant, communiqué les données de collecte des spécimens qui s’y trouvaient : Owen Lonsdale (Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes), Karen Needham (Spencer Entomological Collection, Beaty Biodiversity Museum), Doug Currie et Antonia Guidotti (Musée royal de l’Ontario) et Dennis Paulson (Paulson Odonata Collection).

De nombreux naturalistes et amateurs de libellules nous ont fait part de leurs observations de l’espèce. Nous remercions tout particulièrement Avery Bartels, Jeremy Gatten, Jamie Fenneman et Dennis St. John d’avoir partagé les détails de leurs observations de l’espèce.

Claudia Copley, gestionnaire des collections entomologiques du Musée royal de la Colombie-Britannique, a communiqué les données de collecte des spécimens conservés au Musée. Avec Darren Copley et James Miskelly, elle a prospecté avec enthousiasme la vallée de la rivière Thompson à la recherche de l’espèce dans le cadre des inventaires entomologiques généraux menés en 2008. Ils ont également fourni des photographies. Russell Cannings a fourni une aide précieuse lors des relevés effectués dans la région de l’Okanagan-Sud en 2009. Lea Gelling a capturé bon nombre des spécimens découverts lors des relevés effectués en 2005. Ian Hatter et Orville Dyer ont également recueilli des données sur le terrain.

Les experts suivants ont été contactés durant l’élaboration du présent rapport :

Avery Bartels. Naturaliste, Nelson (Colombie-Britannique).

Claudia Copley, Entomology Collections Manager, Royal British Columbia. Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

Darren Copley. Biologist and Entomology Volunteer, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

Doug Currie. Entomology Curator, Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario).

Alain Filion. Secrétariat du COSEPAC, Ottawa (Ontario).

David Fraser. British Columbia Species at Risk Specialist, gestionnaire intérimaire, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique).

Rosser Garrison. Entomologist, California Food and Agriculture, Sacramento (Californie)

Jeremy Gatten. Biologiste, Victoria (Colombie-Britannique).

Antonia Guidotti. Entomology Collections Manager, Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario).

Andrew Harcombe. Conservation de la nature Canada, Victoria (Colombie-Britannique).

Jim Johnson. Biologiste, Vancouver (Washington).

Owen Lonsdale. Gestionnaire des collections, Collection nationale canadienne d'insectes, d'arachnides et de nématodes, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa (Ontario).

Tim Manolis. Biologiste, Sacramento (Californie).

James Miskelly. Biologist and Entomology Research Associate, Royal BC Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

Dennis Paulson. Biologiste, Seattle (Washington).

Susan Pollard. Aquatic Species at Risk Specialist, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Dennis St. John. Biologiste, Okanagan Falls (Colombie-Britannique).

Tom Swann. Conservation de la nature Canada. Victoria (Colombie-Britannique).

Steve Valley. Biologiste, Albany (Oregon).

Jenny Wu. Secrétariat du COSEPAC, Ottawa (Ontario).

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Sources d’information

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Paulson, D., comm. pers. 2009. Biologiste, Seattle (Washington). Correspondance par courriel adressée à Rob Cannings.

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Valley, S., comm. pers. 2002. Biologiste, Albany (Oregon). Correspondance par courriel adressée à Syd Cannings.

Valley, S., comm. pers. 2009 Biologiste, Albany (Oregon). Correspondance par courriel adressée à Rob Cannings.

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Wright, M. 1946. The economic importance of dragonflies (Odonata). Journal of the Tennessee Academy of Sciences21: 60-71.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Rob Cannings occupe depuis 1980 le poste de conservateur de la collection entomologique du Musée royal de la Colombie-Britannique à Victoria. De 1987 à 1996, il a également été responsable de la section d’histoire naturelle de l’établissement. Il a été membre du Comité scientifique de la Commission biologique du Canada (Arthropodes terrestres), de l’équipe de rétablissement des invertébrés de la Colombie-Britannique et des sociétés entomologiques de la Colombie-Britannique et du Canada. Il est actuellement membre du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC. À ses débuts professionnels, Rob était biologiste et interprète de la nature pour British Columbia Parks et le Service canadien de la faune, et il s’est distingué à titre de conférencier et de conservateur de musée à l’Université de Colombie-Britannique (University of British Columbia). Il est titulaire de diplômes de baccalauréat ès sciences et de maîtrise ès sciences de cette même université, et d’un diplôme de doctorat de l’Université de Guelph (University of Guelph). Rob a étudié la systématique des insectes, en particulier la taxinomie, l’évolution et la biogéographie des libellules (Odonates) et des asiles (Diptères : Asilidés). Il a toutefois publié des ouvrages sur tous les principaux ordres d’insectes. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont The Dragonflies of British Columbia (1977), Introducing the Dragonflies of British Columbia and the Yukon (2002) et The Systematics ofLasiopogon (Diptera: Asilidae) (2002). Rob et ses frères, Syd et Richard, ont été reçus membres titulaires honoraires de l’Okanagan College en 2008. En 2009, l’Alliance des musées d’histoire naturelle du Canada lui a décerné le distingué lauréat du prix Bruce Naylor en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’étude de l’histoire naturelle du Canada dans un cadre muséal.

Syd Cannings œuvre à titre de zoologiste spécialiste des espèces rares et en voie de disparition au Service canadien de la faune (Environnement Canada) à Whitehorse. Il est né et a grandi dans la vallée de l’Okanagan et a obtenu un diplôme de maîtrise ès sciences en zoologie de l’Université de la Colombie-Britannique en 1978. En 1980, il est devenu le conservateur de l’importante collection d’insectes de cet établissement et a réalisé une série de vastes inventaires de l’entomofaune de la Colombie-Britannique et du Yukon. De 1991 à 2002, il a œuvré à titre de zoologiste de programme pour le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique à Victoria. Durant ses temps libres, il a collaboré avec ses frères à la rédaction d’un certain nombre de livres traitant de l’histoire naturelle de la Colombie-Britannique, dont Birds of the Okanagan Valley, British Columbia: A Natural History et The World of Fresh Water. En 2002 et 2003, à titre de zoologiste chercheur pour NatureServe (Washington, DC), il était responsable de la classification des oiseaux et des mammifères et de la gestion des bases de données y afférentes. Syd est membre du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC.

Leah Ramsay est zoologiste de programme pour le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, à Victoria (Colombie-Britannique). Elle collectionne les libellules dans la province depuis 18 ans et a participé activement à un important relevé des odonates réalisé à l’échelle de la province. Dans le cadre de ses fonctions, Leah est responsable d’appliquer les critères régissant la détermination du statut de conservation des espèces animales en Colombie-Britannique.

Richard Cannings est biologiste et auteur et vit à Penticton (Colombie-Britannique). Comme ses frères, il est né et a grandi dans la vallée de l’Okanagan, au sein d’une famille férue d’histoire naturelle. Il a occupé pendant 15 ans le poste de conservateur au Cowan Vertebrate Museum de l’Université de la Colombie-Britannique. Il travaille aujourd’hui à mi-temps à Études d’Oiseaux Canada. Richard a été coprésident du COSEPAC(oiseaux) pendant 8 ans et a été membre de l’Environmental Appeal Board et de la Forest Appeals Commission de la Colombie-Britannique. Il est également membre fondateur de l’Okanagan Similkameen Conservation Alliance et est actuellement membre du conseil de la Colombie-Britannique de Conservation de la nature Canada. Richard a corédigé avec ses frères un certain nombre de livres, dont The Rockies: a Natural History, Birds of Southwestern British Columbia, An Enchantment of Birds et d’autres ouvrages. Lorsqu’il n’est pas sur le terrain en train d’observer les oiseaux, Syd joue du violon au sein d’un groupe local de musique de danse folklorique écossaise.

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Collections examinées

Le S. olivaceus a été rarement récolté au Canada, en particulier dans le passé. La plupart des spécimens connus ont été capturés après 1995, et la majorité des spécimens d’adultes et d’exuvies larvaires (18 adultes, 69 exuvies larvaires) sont conservés au Musée royal de la Colombie-Britannique, à Victoria (Colombie-Britannique). De plus, 2 autres spécimens d’adultes se trouvent dans la Spencer Entomological Collection du Beaty Biodiversity Museum, à l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver (Colombie-Britannique). La seule autre collection contenant des spécimens provenant du Canada (2 adultes) est celle du Musée royal de l’Ontario, à Toronto (Ontario). Ces spécimens et les données de collecte qui s’y rattachent sont présentés au tableau 1.

Ni la Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes (Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa [Ontario]) ni la collection privée de Dennis R. Paulson (Seattle, État de Washington), reconnue comme la collection la plus exhaustive d’Odonates dans la région du Pacific Northwest, ne contiennent de spécimens de l’espèce. Les espèces d’odonates rares de la Colombie-Britannique sont très pauvrement représentées dans les autres collections américaines, et même si nous n’avons pas pris contact avec les responsables de ces collections, nous doutons qu’elles puissent contenir des spécimens du gomphe olive.

Un individu mâle, apparemment capturé le 28 juillet 1926 à Penticton par E.M. Walker (Walker, 1927), n’a pu être retracé, mais deux autres spécimens récoltés par Walker lors de la même expédition sont conservés au Musée royal de l’Ontario, où Walker travaillait à l’époque.

Tableau d'évaluation des menaces

Voir les instructions dans la feuille de calcul « Instructions ». Utiliser la fonction défilement vers le bas pour voir tout le contenu du tableau.

Nom scientifique de l'espèce ou de l'écosystèmeStylurus olivaceus
Identification de l'élément
Code de l'élément
Nombre de localités proposé 5

Guide pour le calcul de l'impact global des menaces :

Impact des menacesValeurs d'impact des catégories de menaces de niveau 1
MaximumMinimum
ATrès élevé00
BÉlevé00
CMoyen30
DFaible25
Valeur d'impact global des menaces calculée :ÉlevéMoyen

Valeur d'impact global attribuée :     B = High
Ajustement de la valeur d'impact global calculée - Justification :
Impact global des menaces - Commentaires :
L'impact des menaces liées à la perte et à la dégradation de l'habitat et aux déversements de produits chimiques est considéré comme moyen. Il pourrait toutefois s'écouler dix ans avant qu'un nouveau déversement se produise.

Menace Impact (calculé)  Portée Gravi té Durée Commentaires Nombre de localités
Mini-
mal
Présu-
Maxi-
mal
1Développement résidentiel et commercialCDMedium - LowRestrictedSerious - SlightHighAltération considérable et continue des rives et de la zone littorale, en particulier le long de la rivière Thompson.555
1.1 Habitations et zones urbainesCDMedium - LowRestrictedSerious - SlightHighAltération considérable et continue des rives et de la zone littorale, en particulier le long de la rivière Thompson.555
1.2 Zones commerciales et industriellesDLowSmallSerious - SlightHigh 222
1.3 Tourisme et espaces récréatifsDLowSmallSlightHigh 555
2Agriculture et aquaculture         
2.1 Cultures annuelles et pluriannuelles de produits autres que le bois         
2.2 Plantations pour la production de bois et de pâte         
2.3 Élevage et élevage à grande échelle         
2.4 Aquaculture en mer et en eau douce         
3Production d'énergie et exploitation minière         
3.1 Forages pétroliers et gaziers         
3.2 Exploitation de mines et carrières         
3.3 Énergie renouvelable         
4Transport et corridors de service         
4.1 Routes et voies ferrées         
4.2 Lignes de services publics         
4.3 Transport par eau         
4.4 Trajectoires de vol         
5Utilisation des ressources biologiques         
5.1 Chasse et prélèvement d'animaux terrestres         
5.2 Cueillette de plantes terrestres         
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois         
5.4 Pêche et récolte des ressources aquatiques         
6Intrusions et perturbations humainesDLowLargeSlightHigh 555
6.1 Activités récréativesDLowLargeSlightHighDommages causés au littoral et aux rives par le battement des vagues.   
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires         
6.3 Travaux et autres activités         
7Modifications du système naturelDLowSmallModerate - SlightModerate 333
7.1 Incendies et suppression des incendies         
7.2 Barrages, gestion et utilisation de l'eauDLowSmallModerate - SlightModeratePerte future d'habitat causée par l'extraction de l'eau et/ou la canalisation.333
7.3 Autres modifications de l'écosystème         
8Espèces et gènes envahissants ou problématiquesCDMedium - LowLarge - SmallModerate - SlightHighRésistant aux mesures de lutte dirigées contre lui, le myriophylle à épi a envahi l'exutoire du lac Christina et menace d'envahir le cours supérieur du ruisseau.445
8.1Espèces exotiques ou non indigènes envahissantesCDMedium - LowLarge - SmallModerate - SlightHighDe noNbreuses espèces de poissons prédateurs ont été déjà introduites, et d'autres pourraient l'être dans le futur; le myriophylle à épi a envahi l'écosystème de la rivière Okanagan et l'exutoire du lac Christina.445
8.2 Espèces indigènes problématiques         
8.3 Introduction de matériel génétique         
9PollutionCDMedium - LowRestrictedExtreme - ModerateHigh - LowLe déversement de pesticides hautement toxiques représente une menace potentielle à moyen ou à long terme.445
9.1 Eaux usées domestiques et urbainesDLowPervasive - LargeSlightHighDéversement continu d'eaux usées et d'eaux usées ayant fait l'objet d'un traitement tertiaire.445
9.2 Effluents industriels et militairesCDMedium - LowRestrictedExtreme - ModerateModerateAux endroits où des voies ferrées longent des rivières, le déversement de produits chimiques hautement toxiques représente une menace potentielle à moyen ou à long terme.   
9.3 Effluents agricoles et forestiersCDMedium - LowRestrictedSerious - ModerateModerateUn déversement important de pesticides constitue une menace potentielle à moyen ou à long terme; des quantités appréciables de pesticides et d'engrais s'écoulent dans les rivières.445
9.4 Détritus et déchets solides         
9.5 Polluants atmosphériques         
9.6 Énergie excessive         
10Phénomènes géologiques         
10.1 Volcans         
10.2 Tremblements de terre et tsunamis         
10.3 Avalanches et glissements de terrain         
11Changement climatique et phénomènes météorologiques violents         
11.1 Déplacement et altération de l'habitat         
11.2 Sécheresses         
11.3 Températures extrêmes         
11.4 Tempêtes et inondations