Programme de rétablissement du liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia) au Canada - 2016 - [Proposition]

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

Liparis à feuilles de lis

Photo: Purple Twayblade

2016

Table des matières

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Information sur le document

Programme de rétablissement du liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia) au Canada - 2016 - [Proposition]

Couverture de la publication

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2016. Programme de rétablissement du liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, ix + 47 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Gary Allen

Also available in English under the title
“Recovery Strategy for the Purple Twayblade (Liparis liliifolia) in Canada [Proposed]”

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans autorisation, mais en prenant soin d’indiquer la source.

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Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement est la ministre compétente en vertu de la LEP du liparis à feuilles de lis, et a élaboré ce programme, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de l’Ontario et la Province du Québec.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du liparis à feuilles de lis et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et d’autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsqu’un programme de rétablissement désigne de l’habitat essentiel, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. La LEP exige que l’habitat essentiel désigné se trouvant à l’intérieur d’un parc national dénommé et décrit à l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, d’une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, d’un refuge d’oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou d’une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, soit décrit dans la Gazette du Canada, après quoi les interdictions relatives à la destruction de cet habitat seront appliquées. Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection juridique existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne toute partie de l’habitat essentiel se trouvant sur des terres non domaniales, si le ministre compétent estime qu’une partie de cet habitat essentiel n’est pas protégée par les dispositions de la LEP, par les mesures prises aux termes de cette dernière ou par toute autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur des terres non domaniales et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil

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Remerciements

La première ébauche du présent programme de rétablissement a été rédigée par John Ambrose (Cercis Consulting), Gerry Waldron (expert-conseil indépendant) et l’équipe de rétablissement des communautés végétales à herbes hautes d’Ontario, avec l’aide de feu Jane Bowles (anciennement de l’University of Western Ontario), de Graham Buck (maintenant du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario [MRNFO]), de Peter Carson (Pterophylla Native Plants), de Lindsay Rodger (Agence Parcs Canada), de Ken Tuininga (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario [SCF-ON]), d’Allen Woodliffe (anciennement du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario [MRNO]) et de Holly Bickerton (experte-conseil indépendante).

La présente ébauche du programme de rétablissement a été mise à jour par Holly Bickerton, avec l’appui de Judith Jones (Winter Spider Eco-Consulting). Kathy St. Laurent, Angela Darwin, Christina Rohe (Environnement Canada, Service canadien de la faune-Ontario [EC, SCF-ON]) et Emmanuelle Fay (EC, SCF-Québec [EC, SCF-QC]) ont supervisé la préparation du présent programme de rétablissement avec l’aide de Rachel DeCatanzaro, Ken Tuininga et Lee Voisin (EC, SCF-ON) ainsi que de Vanessa Dufresne, Geneviève Langlois (EC, SCF-QC), Patricia Désilets (experte­conseil indépendante) et Barbara Slezak (anciennement du SCF-ON). Merci à Lesley Dunn, Liz Sauer et Elizabeth Rezek (EC, SCF-ON) pour leur contribution. De plus, les commentaires de Nancy Hébert (ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques), Vivian Brownell, Jay Fitzsimmons, Eric Snyder, Aileen Wheeldon (Direction des politiques de conservation des espèces, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario [MRNFO]) et Corina Brdar (Parcs Ontario, MRNFO) ont été grandement appréciés. Les employés du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN), du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec et Allen Woodliffe (anciennement du MRNO) ont fourni des données sur les mentions du liparis à feuilles de lis en Ontario. Anne Godbout et Anne Murphy ont fourni des renseignements sur la population de liparis à feuilles de lis du Campus Macdonald de l’Université McGill, au Québec. Des renseignements additionnels et une mise à jour de l’information ont été fournis par Paul Pratt (Ojibway Nature Centre), Gerry Waldron, Corina Brdar (Parcs Ontario), Melody Cairns (Parcs Ontario) et Mhairi McFarlane (Conservation de la nature Canada).

Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le programme de rétablissement, dont diverses organisations et membres de communautés autochtones, propriétaires, citoyens et intervenants qui ont fait part de leurs idées ou participé aux réunions de consultation.

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Sommaire

Le liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia) est inscrit à titre d’espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale. L’espèce est une orchidée terrestre de 25 cm de hauteur qui possède deux feuilles ovales charnues. L’inflorescence, observable de la fin mai au début juillet, prend naissance entre les deux feuilles et se compose de plusieurs fleurs brun violacé translucides.

Au Canada, le liparis à feuilles de lis est présent dans le sud de l’Ontario et a récemment été découvert dans l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec, ce qui est venu étendre vers l’est l’aire de répartition canadienne connue de l’espèce. Au Canada, 18 populations de liparis à feuilles de lis ont été signalées, dont jusqu’à 11 sont considérées comme existantes. La population canadienne totale est estimée à 1 200 individus, bien que la plupart des populations comptent moins de 30 individus. Le liparis à feuilles de lis est une plante peu visible et il est possible qu’il passe souvent inaperçu au Canada. On estime que 5 à 10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.

Le liparis à feuilles de lis se rencontre le plus souvent dans les milieux ouverts à semi‑ouverts, mais dans l’ensemble de son aire de répartition, il a été observé dans une grande diversité de types de milieux et de sols (loams sableux, limoneux et argileux et sols très acides à neutres). Au Canada, il a été signalé dans des chênaies dégagées, des savanes à chênes, des prairies à herbes hautes, des forêts de feuillus, des fourrés d’arbustes, des alvars à arbustes, des marécages arborescents( feuillus et mixtes) et des plantations de conifères. Le liparis à feuilles de lis est une orchidée colonisatrice qui peut rapidement former de grandes colonies dans les milieux récemment perturbés, puis sa population peut chuter à seulement quelques individus en un petit nombre d’années à mesure que les conditions de son habitat changent et cessent de lui convenir. Le liparis à feuilles de lis est une espèce symbiotique qui entretient une relation mycorhizienne avec des champignons microscopiques présents dans le sol, et la présence de ces champignons est essentielle à la germination des graines et au développement des individus.

Les principales menaces pesant sur le liparis à feuilles de lis sont la perte de son habitat causée par le développement (urbain et agricole), les plantes envahissantes et la modification du régime naturel de perturbations (par exemple, la suppression des incendies). Les autres menaces touchant la population canadienne sont l’herbivorie et la modification de l’habitat par les invertébrés envahissants, les inondations prolongées, l’herbivorie par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) et l’utilisation d’herbicides, de fongicides et de pesticides. Les stratégies générales à adopter pour aborder les menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce sont présentées à la section sur l’orientation stratégique pour le rétablissement (section 6.2). 

Conformément au principe de précaution, même s’il y a des inconnues quant au caractère réalisable du rétablissement, un programme de rétablissement complet a été préparé comme on le ferait si le rétablissement était jugé réalisable. Les objectifs en matière de population et de répartition pour le liparis à feuilles de lis au Canada sont les suivants : maintenir l’effectif et le nombre de populations existantes et sous‑populations correspondantes; dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique, accroître l’effectif des populations existantes et rétablir les populations historiques; maintenir la répartition approximative des populations existantes et sous-populations correspondantes.

L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement, en fonction du caractère convenable de l’habitat et de l’occupation de l’habitat. Un calendrier des études (section 7.2) décrit les activités requises pour la désignation d’habitat essentiel additionnel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Un ou plusieurs plans d’action visant le liparis à feuilles de lis seront préparés d’ici décembre 2023.

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Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D'après les quatre critères suivants qu'Environnement Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement du liparis à feuilles de lis comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu'il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. On compte actuellement jusqu'à 11 populations existantes (occurrences d'éléments Note de bas de page 1) de liparis à feuilles de lis au Canada, et il y a environ 1 200 individus au total au cours d'une année donnée (COSEWIC, 2010). Le liparis à feuilles de lis est une orchidée colonisatrice qui pourrait rapidement s'établir dans de nouveaux milieux (Sheviak, 1974; Mattrick, 2004). Des individus portant des fleurs et des fruits ont récemment été observés dans plusieurs populations canadiennes, ce qui indique qu'elles sont capables de reproduction (COSEWIC, 2010). Le liparis à feuilles de lis est présent dans certains États américains frontaliers et est commun dans plusieurs régions de l'est des États­Unis (annexe B). Des propagules Note de bas de page 2 de liparis à feuilles de lis provenant de ces régions pourraient être utilisées pour la réintroduction, dans la mesure où cela est possible sur le plan biologique et technique et est nécessaire.
2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
Inconnu. Le liparis à feuilles de lis est présent dans une grande diversité d'habitats au Canada, dont des savanes à chênes, des fourrés d'arbustes, des prairies à herbes hautes, des forêts de feuillus de début de succession, des plantations de conifères et des marécages arborescents (feuillus et mixtes) (COSEWIC, 2010). La découverte récente de populations dans l'est de l'Ontario et l'ouest du Québec porte à croirequ'il pourrait exister de l'habitat convenable dans certaines régions qu'on croyait auparavant à l'extérieur de l'aire géographique de l'espèce. Selon McCormick et al. (2012), la présence et l'abondance dans le sol d'un champignon spécifique semblent être des facteurs déterminants pour la croissance et la germination du liparis à feuilles de lis, et la présence d'un tel champignon serait plus importante que, par exemple, le stade de succession de la forêt. Ainsi, il est possible que le principal indicateur permettant de déterminer l'habitat convenable soit l'abondance et la distribution du champignon appartenant au genre Tulasnella dont la répartition et l'écologie s'avèrent peu connues au Canada. Des techniques visant à restaurer l'habitat de l'espèce en inoculant le champignon approprié dans le sol sont actuellement au stade expérimental, mais pourraient être élaborées (voir le point 4, ci-dessous).
3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces pesant sur le liparis à feuilles de lis sont la perte de son habitat causée par le développement (expansion de l'agriculture, développement domiciliaire et urbanisation), les plantes envahissantes et la modification du régime naturel de perturbations (par exemple, la suppression des incendies). Les menaces liées au développement pourraient être évitées par l'application de politiques municipales en matière d'aménagement du territoire et, dans certains cas, par l'acquisition de terrains ou d'autres mesures de protection non réglementaires. Diverses mesures de protection des terres à des fins de conservation sont actuellement mises en oeuvre dans le sud du Canada où des fiducies foncières nationales et locales ciblent en priorité l'habitat des espèces en péril pour l'acquisition de terrains et les autres options de conservation. Ainsi, plusieurs propriétés où croît le liparis à feuilles de lis ont récemment été acquises par des groupes de conservation ou des organismes publics (COSEWIC, 2010). Dans plusieurs cas, des programmes destinés à éviter l'introduction d'espèces envahissantes ou à lutter contre celles-ci pourraient être mis en œuvre pour atténuer cette menace, qui est l'une des principales pesant sur l'espèce. La succession forestière se poursuit en l'absence de perturbations, et les individus de l'espèce finissent par se retrouver à l'ombre. On pourrait utiliser certaines techniques pour freiner ou inverser ce processus, notamment des brûlages dirigés et des coupes d'éclaircie, qui pourraient bénéficier au liparis à feuilles de lis en maintenant le couvert ouvert et les conditions de l'habitat convenable.
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Plusieurs techniques existantes ou mises au point à l'heure actuelle pourraient contribuer au rétablissement du liparis à feuilles de lis. Entre autres, des techniques visant à inoculer dans le sol les champignons terricoles mycorhiziens auxquels l'espèce s'associe, pour favoriser la croissance du protocorme Note de bas de page 3 et des semis de l'espèce, sont en cours développement (McCormick et al., 2012). On pourrait réaliser des brûlages dirigés pour restaurer et maintenir des conditions de début de succession, mais on ne connaît pas bien les effets des incendies sur la survie et la capacité de régénération du liparis à feuilles de lis et du champignon auquel il s'associe (Mattrick, 2004). En outre, des techniques efficaces de germination in vitro des graines du liparis à feuilles de lis et de transplantation des semis ont été mises au point (Rasmussen et Whigham, 1998; S. Weber, comm. pers., 2014), en plus de techniques de germination in situ (McCormick et al., 2012). Toutefois, la culture n'est pas recommandée dans le cadre de la portée actuelle des objectifs en matière de population et de répartition.

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1. Évaluation de l'espèce par le COSEPACNote a

Date de l'évaluation : Novembre 2010

Nom commun (population) : Liparis à feuilles de lis

Nom scientifique : Liparis liliifolia

Statut selon le COSEPAC : Espèce menacée

Justification de la désignation : Cette orchidée petite et discrète est présente sous forme de populations dispersées à partir du sud de l'Ontario jusqu'au sud-ouest du Québec. Au cours des dernières années, la découverte de plusieurs nouvelles populations a étendu son aire de répartition canadienne connue. Les quelques individus présents dans la majorité des populations ainsi que la petite taille de l'ensemble de la population canadienne rendent l'espèce vulnérable de façon continue aux événements fortuits.

Présence au Canada : Ontario, Québec

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en avril 1989. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 1999 et en mai 2001. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2010.

Notes - Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Note a

COSEPAC : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

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2. Information sur la situation de l'espèce

Le liparis à feuilles de lis est considéréenon en péril Note de bas de page 4 (G5) à l’échelle mondiale. Aux États­Unis, l’espèce est commune dans les États de l’Est et du Midwest et est jugée non en péril (N5) à l’échelle nationale (NatureServe, 2014; annexe B). Au Canada, le liparis à feuilles de lis se trouve en Ontario et au Québec. NatureServe (2014) lui a attribué les cotes de conservation N2 (en péril Note de bas de page 5) à l’échelle nationale, S2 (en péril) en Ontario et S1 (gravement en péril Note de bas de page 6) au Québec.

Le liparis à feuilles de lis est actuellement inscrit à titre d’espèce en voie de disparition Note de bas de page 7 à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral et figure sur la liste des espèces en voie de disparition Note de bas de page 8 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l’Ontario. Au Québec, l’espèce est susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable aux termes de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, 2015 [CDPNQ, 2015]). Environ 5 à 10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada (figure 1).

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3. Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

Le liparis à feuilles de lis est une orchidée terrestre discrète mesurant généralement 10 à 25 cm de hauteur. Il possède deux feuilles ovales charnues d’entre lesquelles émerge une seule tige florifère de la fin mai au début juillet. La tige porte 5 à 30 fleurs, chacune composée de pétales linéaires tubulaires violets à bruns (10 à 12 mm de longueur) et d’un labelle translucide de couleur semblable (10 à 13 mm de longueur sur 8 à 10 mm de largeur). Les pétales sont entourés de trois sépales Note de bas de page 9 blanc verdâtre étroitement lancéolés (COSEWIC, 2010). Le labelle est finement strié de violet rougeâtre. Le fruit du liparis à feuilles de lis, une capsule, mesure généralement 1,5 cm de longueur et renferme une grande quantité de graines de la taille de grains de poussière (Gleason et Cronquist, 1991; Holmgren, 1998). Les graines peuvent être dispersées sur de longues distances par le vent (Dressler, 1981).

3.2 Population et répartition

Le liparis à feuilles de lis est endémique à l’Amérique du Nord et est commun dans les États de l’Est et du Midwest, aux États-Unis, où il se rencontre depuis le nord de la Nouvelle-Angleterre et l’État de New York jusqu’au Minnesota et aux hautes-terres de Géorgie et d’Alabama (figure 1). Au Canada, la majorité des populations de l’espèce se trouvent dans le sud-ouest de l’Ontario, avec une concentration dans le comté d’Essex et dans la région de Windsor. Toutefois, les deux populations récemment découvertes dans l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec sont venues étendre vers l’est l’aire de répartition canadienne connue de l’espèce (figure 2).

Au Canada, 18 Note de bas de page 10 populations Note de bas de page 11 de liparis à feuilles de lis ont été signalées (figure 2; annexe C). Dix-sept de ces populations sont présentes ou ont été présentes en Ontario et une étant située au Québec. Trois populations sont considérées comme disparues (elles n’existent plus) et quatre comme historiques (non confirmées depuis plus de 20 ans). Ainsi,il y aurait jusqu’à 11 populations existantes. L’incertitude quant au nombre de populations existantes est attribuable au fait qu’aucun individu de l’espèce n’a été repéré à l’emplacement de trois populations lorsque celles-ci ont été visitées pour la dernière fois, en 2008 (mais ces populations sont toujours classées comme existantes par le Centre de données sur la conservation de l’Ontario) (annexe C). Pourdeux de ces emplacements, des espèces envahissantes se sont établies ou l’habitat a été recouvert par la végétation et/ou est devenu ombragé. On ignore si le liparis à feuilles de lis, comme beaucoup d’autres espèces d’orchidées, peut persister à l’état végétatif (parties souterraines en dormance) ou dans le réservoir de graines du sol durant de longues périodes, mais on sait qu’il produit un réservoir de graines, et certaines données indiquent que ses graines peuvent demeurer en dormance pendant plus de quatre ans puis germer lorsqu’elles sont exposées à un champignon mycorhizien convenable (Whingham et al., 2006). Si c’est le cas, on pourrait évaluer la possibilité de restaurer l’habitat de ces deux populations. Dans le cas de la troisième population (parc provincial Frontenac), un barrage de castors a causé en 2004 l’inondation de la zone où environ 400 à 500 individus de l’espèce poussaient l’année précédente. Depuis, aucun individu de l’espèce n’a été observé à cet endroit même si le barrage a été détruit en 2007 (les castors l’ont toutefois reconstruit). La survie du liparis à feuilles de lis (et le champignon auquel il s’associe) s’avère inconnue suite à une submersion prolongée. Il serait pertinent de faire un suivi continu de cette population en particulier pour déterminer la présence/absence de l’espèce, la disponibilité de l’habitat convenable (incluant le champignon auquel elle s’associe) et/ou les possibilités de restauration (espèce et/ou habitat).

Deux nouvelles populations naturelles de liparis à feuilles de lis ont été découvertes dans la région de Windsor, la première en 2012 et la deuxième en 2013 (AMEC, 2014). Les individus de l’espèce ont été découverts dans des sites à restaurerdans le cadre du projet de la promenade Rt. Hon. Herb Gray (PHG) Note de bas de page 12. Ces populations n’ont pas encore été évaluées par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN). Cependant, en se fondant sur la distance qui les sépare des autres populations existantes, il est probable qu’elles seront regroupées (comme sous-populations) avec la grande population de la zone et du complexe de prairies Ojibway (annexe C). D’ailleurs, pour les fins de ce rapport, elles ont déjà été regroupées dans cette population.

L’effectif total de la population canadienne est évalué à 1 200 individus au cours d’une année donnée (annexe C). La plupart des populations ontariennes sont de petites tailles (moins de 30 individus), mais la population de l’arboretum Morgan, au Québec, est assez grande comparativement à celles-ci (plus de 900 individus) (annexe C). En Ontario, la petite taille de certaines populations pourrait être attribuable aux activités de recherche. En effet, certaines populations ont uniquement fait l’objet de dénombrements partiels au cours de la période d’inventaire, et cette estimation est probablement prudente puisque les populations (et sous-populations) n’ont pas toutes été visitées (COSEWIC, 2010). De plus, en dehors de la période de floraison et de fructification, le liparis à feuilles de lis est peu visible et peut être confondu avec le liparis de Loesel (Liparis loeselii), espèce plus commune. En l’absence de fleurs et de fruits, il est donc également possible que le liparis de Loesel soit pris pour le liparis à feuilles de lis, ce qui pourrait mener à de fausses détections et à des estimations inexactes de l’effectif.

Il est très difficile d’évaluer les tendances relatives à la taille de la population de l’espèce et on ne dispose pas de renseignements détaillés à ce sujet. À ce jour, aucune des populations de liparis à feuilles de lis n’a fait l’objet d’un suivi suffisant pour que des tendances puissent être dégagées. Le liparis à feuilles de lis pourrait, comme plusieurs autres orchidées, demeurer en dormance dans le sol lorsque les conditions ne lui sont pas favorables (White, 2001), mais aucune recherche n’a prouvé ce phénomène chez l’espèce (Mattrick, 2004). Le liparis à feuilles de lis est connu comme étant une orchidée colonisatrice et pourrait rapidement s’établir dans de nouveaux milieux, mais sa population pourrait chuter à seulement quelques individus à mesure que l’habitat devient moins convenable (Sheviak, 1974; Mattrick, 2004).

Figure 1. Aire de répartition mondiale du liparis à feuilles de lis (carte adaptée de COSEWIC, 2010).
carte montre l'aire de répartition mondiale du liparis à feuilles de lis, située en Amérique du Nord
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre l'aire de répartition mondiale du liparis à feuilles de lis, située en Amérique du Nord. Aux États-Unis, l'aire de répartition s'étend depuis la Nouvelle­Angleterre et l'État de New York jusqu'au Minnesota, vers l'ouest, et jusqu'aux hautes-terres de Géorgie et d'Alabama, vers le sud. Au Canada, l'espèce se rencontre principalement dans le sud-ouest de l'Ontario, avec une concentration dans le comté d'Essex et la région de Windsor.

Figure 2. Répartition du liparis à feuilles de lis au Canada.
carte de la répartition du liparis à feuilles de lis dans le sud de l'Ontario et du Québec
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre une carte de la répartition du liparis à feuilles de lis dans le sud de l'Ontario et du Québec, sur laquelle est indiquée la situation de chaque population (existante, historique ou disparue). En Ontario, il y a environ 5 populations existantes dans le comté d'Essex, 1 sur l'île Pelée, 2 à Chatham-Kent, 1 à York et 1 à Frontenac. Au Québec, il y a 1 population existante près de Montréal. De plus, en Ontario, il y a 2 populations disparues dans le comté de Middlesex et 1 dans le comté de Niagara, ainsi que 2 populations historiques dans le comté d'Essex et 2 dans le comté d'Elgin.

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3.3 Besoins du carcajou, population de l'Est

Végétation et conditions abiotiques associées

Dans la partie centrale de son aire de répartition nord-américaine, le liparis à feuilles de lis a été observé dans des champs anciens, des forêts riches en feuillus, des plaines inondables ainsi que des crêtes de sable dans des habitats de prairie (Sheviak, 1974; Case, 1987). Au Canada, on croyait auparavant que l’espèce poussait principalement dans les chênaies dégagées et les savanes à chênes (Allen, 1989), mais au cours des dernières décennies elle a été signalée dans une plus grande variété d’habitats, dont des forêts de feuillus mixtes, des fourrés d’arbustes, des alvars à arbustes, des marécages arborescents ( feuillus et mixtes), des prairies à herbes hautes et des plantations de conifères (Allen, 1989; White, 2001; Buck et Dobbyn, 2007; Ambrose et al., 2004; White, 2008; A. Godbout, comm. pers., 2010; COSEWIC, 2010; AMEC, 2014). Dans le cœur de son aire de répartition aux États‑Unis, le liparis à feuilles de lis est considéré comme une espèce quelque peu envahissante, capable de coloniser les terrains en début et en milieu de succession (Sheviak, 1974; Dressler, 1981; Homoya, 2012).

Le liparis à feuilles de lis se rencontre dans des milieux ayant un couvert de  densité variable. Toutefois, il semble préférer les milieux ouverts à semi-ouverts, et des diminutions de son abondance et de son succès de reproduction ont été observées avec la densification du couvert (Sheviak, 1974). Au Canada, au moins trois populations (ou sous-populations) comptent un grand nombre d’individus dans des forêts où le couvert est fermé (forêt de feuillus ou marécage arborescent de feuillus matures; COSEWIC, 2010). Selon Mattrick (2004), les ouvertures créées par les chablis entraînent une pénétration accrue de la lumière qui pourraient favoriser l’établissement de  l’espèce en milieu forestier.

L’espèce semble préférer les sites mésiques Note de bas de page 13 à humides, mais elle est capable de tolérer les sols mouillés et secs (Mattrick, 2004). Aux États-Unis et au Canada, le liparis à feuilles de lis ne se rencontre généralement pas dans des milieux humides (NHIC, 1995; Mattrick, 2004). En effet, la plupart des populations canadiennes se trouvent dans des terrains bien drainés situés en haut de pente. Cependant, deux populations ont été observées dans des marécages arborescents (feuillus ou mixtes) (White, 2008; A. Godbout, comm. pers., 2010). Une de celles-ci constitue la plus grande population connue au Canada (population de l’arboretum Morgan, au Québec; annexe C). En outre, le liparis à feuilles de lis peut tolérer un très large éventail de conditions de sols, comme des loams sableux, limoneux et argileux ainsi que des sols dont le pH varie de très acide à neutre (Sheviak, 1974; Smith, 1993; Homoya, 2012).

Mycorhize

La présence et l’abondance d’un champignon terricole mycorhizien Note de bas de page 14 constituent des composantes importantes de l’habitat du liparis à feuilles de lis. Ce champignon fournit des éléments nutritifs aux plants qui sont essentiels à leur existence. Les graines et les semis des orchidées ont besoin de s’associer à ce champignon mycorhizien qui leur fournit des éléments nutritifs jusqu’à ce qu’ils soient capables de photosynthèse (Whigham et al., 2006). La spécificité de cette relation symbiotique varie d’une espèce d’orchidée à l’autre; certains taxons sont très spécialisés, alors que d’autres sont capables de s’associer à une plus grande variété de champignons. Les données disponibles donnent fortement à croire que le liparis à feuilles de lis a besoin d’un champignon très précis à toutes les étapes de son développement; ce champignon ne présente qu’une faible variation génétique dans l’ensemble de l’aire du liparis à feuilles de lis (Whigham, comm. pers., cité dans Mattrick, 2004; McCormick et al., 2004). Selon McCormick et al. (2004, 2006), les champignons isolés des spécimens de liparis à feuilles de lis aux États-Unis appartenaient tous au même clade Note de bas de page 15 de champignons terricoles du genre Tulasnella et présentaient peu devariations. Whigham et al. (2006) ont identifié le champignon présent sur un protocorme (tubercule embryonnaire) de spécimen de liparis à feuilles de lis et ont constaté qu’il appartenait à la même espèce que celui associé aux plantes adultes, ce qui donne à croire que l’espèce présente une grande spécificité à l’égard de ce champignon à toutes les étapes de son développement.

Dans le cadre d’essais expérimentaux in situ, McCormick et al. (2012) ont observé que la germination du liparis à feuilles de lis dépendait presque uniquement de la répartition et de l’abondance du champignon auquel il s’associe (Tulasnella spp.), et que la présence de ce champignon était plus importante pour la germination que le stade de succession de la forêt.

En général, il existe peu de données sur la répartition des champignons mycorhiziens dans le sud de l’Ontario et au Québec, notamment sur celle du champignon duquel dépend apparemment le liparis à feuilles de lis. Toutefois, il est possible de déterminer si le champignon auquel s’associe l’espèce est présent dans une région donnée, mais pour ce faire il faut procéder à une analyse moléculaire de l’acide désoxyribonucléique (ADN) extrait d’échantillons de sol (McCormick et al., 2012).

Pollinisateurs

Le liparis à feuilles de lis est incapable d’autofécondation, ce qui signifie que des graines viables sont produites uniquement par pollinisation croisée Note de bas de page 16 (Whigham et al., 2002). La production de graines serait très faible chez l’espèce (Whigham et O’Neill, 1991, cité dans Argue, 2012). Le mécanisme de pollinisation et les pollinisateurs du liparis à feuilles de lis sont inconnus, mais les espèces du genre Liparis sont généralement pollinisées par des mouches (diptères), type d’insecte non spécialisé (Argue, 2012). Comparativement à d’autres insectes, les diptères sont des pollinisateurs peu efficaces, c’est-à-dire que leurs visites des fleurs, même si elles sont fréquentes, ne mènent pas toujours à une pollinisation. Les diptères de la famille des Sarcophagidés (mouches à viande) visitent fréquemment les fleurs du liparis à feuilles de lis, mais on ignore s’ils pollinisent les fleurs et, le cas échéant, s’ils constituent les principales espèces responsables de la pollinisation (Christensen, 1994, cité dans Mattrick, 2004). Étant donné l’intérêt croissant que suscite le rôle que jouent les diptères en tant que pollinisateurs (Orford et al., 2015 ), il pourrait être utile de mener des recherches sur les pollinisateurs du liparis à feuilles de lis dans le futur.

3.4 Facteurs biologiques limitatifs

Dans son aire de répartition canadienne, le liparis à feuilles de lis est limité sur le plan biologique par divers facteurs. La pollinisation croisée qui s’avère essentielle à la production de graines viables, et des expériences de pollinisation manuelle ont montré que des individus situés tout près lesuns des autres ont relativement peu de chances de produire des graines viables (Whigham et O’Neill, 1991, cité dans Mattrick, 2004). Ainsi, la probabilité de pollinisation croisée pourrait être moindre pour beaucoup de populations canadiennes, du fait qu’elles sont petites et éloignées les unes des autres. Au sein de petites population isolées du Maryland, l’endogamie Note de bas de page 17 est responsable d’une importante diminution du patrimoine génétique du liparis à feuilles de lis (Mattrick, 2004), et il est possible que l’espèce soit aussi touchée par ce phénomène au Canada.

En outre, le fait que le liparis à feuilles de lis s’associe à un champignon mycorhizien spécifique, limite probablement la répartition et l’abondance de l’espèce au Canada. La répartition de ce champignon au Canada s’avère peu connue.

Actuellement, la population de liparis à feuilles de lis de l’arboretum Morgan, au Québec, est celle qui compte l’effectif le plus élevé connu au Canada. Il serait donc profitable de mener des recherches additionnelles dans cette population, pour comprendre quels sont les éléments qui favorisent l’espèce à cet emplacement.

Enfin, la plupart des populations existantes occupent une superficie de moins de quelques mètres carrés. De telles populations peuvent être vulnérables aux phénomènes locaux de nature stochastique, comme les tempêtes et les inondations. La population du parc provincial Frontenac a notamment été touchée par un tel phénomène.

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4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Tableau 1. Tableau d'évaluation des menaces.
[Menace]Menace NotebNiveau de préoccupation Note cÉtendueOccurrenceFréquenceGravité NotedCertitude causale Note e
Perte ou dégradation de l'habitatDéveloppement domiciliaire et urbanisationÉlevéLocaliséeHistorique, courante, anticipéeRécurrenteÉlevéeÉlevée
Perte ou dégradation de l'habitatExpansion de l'agricultureMoyenLocaliséeHistorique et anticipéeRécurrenteÉlevéeÉlevée
Changements dans la dynamique écologique ou dans les processus naturelsModification du régime naturel de perturbationsÉlevéGénéraliséeHistorique, courante, anticipéeContinueModéréeÉlevée
Espèces envahissantesEspèces végétales envahissantesMoyenGénéraliséeCouranteContinueModéréeMoyenne
Espèces envahissantesInvertébrés envahissantsFaible Note fGénéraliséeCouranteContinueInconnueFaible
Activités ou processus naturelsInondations causées par les castors (Castor canadensis)Faible Note fLocaliséeCouranteRécurrenteÉlevéeÉlevée
Activités ou processus naturelsHerbivorieFaible Note fGénéraliséeAnticipéeInconnueFaibleFaible
PollutionUtilisation d'herbicides, de fongicides et de pesticidesInconnu NotefLocaliséeHistorique et anticipéeRécurrenteInconnueFaible

Notes - Tableau 1

Note b

Menaces sont présentées en ordre décroissant d’importance.

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Note c

Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour le rétablissement de l’espèce, conforme aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce critère tient compte de l’évaluation de toute l’information figurant dans le tableau.

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Note d

Gravité : indique l’effet à l’échelle de la population (élevée : très grand effet à l’échelle de la population, modérée, faible, ou inconnue).

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Note e

Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d’expert; faible : la menace est présumée ou plausible).

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Note f

Les menaces dont le niveau de préoccupation est faible sont énumérées et décrites, mais peuvent ne pas être ciblées spécifiquement dans les stratégies de rétablissement.

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4.2 Description des menaces

On sait maintenant que la présence et l’abondance d’un champignon spécifique (par exemple, Tulasnella spp.) sont probablement essentielles à la germination des graines et au développement des individus de l’espèce; les facteurs risquant de compromettre la survie ou la persistance de ce champignon ont donc été inclus dans les menaces principales. Dans la présente section, les menaces sont traitées par ordre décroissant de niveau de préoccupation.

Développement domiciliaire et urbanisation

Le développement associé à l’urbanisation (y compris la construction d’habitations et d’infrastructures et les autres activités de développement urbain) constitue une grave menace pour plusieurs populations qui se trouvent sur des terrains privés dans la région de Windsor-LaSalle, en Ontario, où plusieurs populations de liparis à feuilles de lis sont concentrées dans une zone urbanisée en développement (COSEWIC, 2010). En 2008, on croyait que deux sous-populations risquaient d’être détruites par la construction résidentielle (P. Pratt, comm. pers., 2008), et une de ces sous-populations (Sandwich West) a apparemment disparu depuis le début des activités de développement. La population de Happy Valley, qui se trouve juste à côté d’une maison privée, pourrait être menacée par les activités d’aménagement paysager et/ou d’élimination de la végétation envahissante, si elle existe encore (COSEWIC, 2010). Historiquement, au moins une autre sous‑population de liparis à feuilles de lis est disparue lorsque son habitat a été détruit par le développement urbain (COSEWIC, 2010).

Modification du régime naturel de perturbations

Le liparis à feuilles de lis se rencontre le plus souvent dans des milieux ouverts à semi‑ouverts et est une espèce colonisatrice de milieux créés par la succession végétale et les perturbations; la taille des populations diminue souvent dans les sites devenant complètement ombragés (Sheviak, 1974; Mattrick, 2004). À l’échelle du paysage, les perturbations naturelles (notamment les feux de friche) et les perturbations non naturelles (notamment le pâturage et le débroussaillage) qui pourraient avoir favorisé le maintien de conditions de début de succession par le passé ne sont plus aussi fréquentes. Dans certains sites revisités en 2008, le sous-étage avait été envahi par des végétaux créant un ombrage dense et aucun individu de l’espèce n’a été observé (annexe C). Plusieurs populations historiques qui n’ont pas été observées depuis plus de 20 ans pourraient être disparues puisque la succession végétale a rendu l’habitat non convenable. En outre, on soupçonne que la succession végétale est la cause des déclins observés dans de nombreuses populations existantes (COSEWIC, 2010). La succession forestière est considérée comme la plus grande menace pesant sur l’espèce en Nouvelle-Angleterre (Mattrick, 2004).

Espèces végétales envahissantes

Les plantes exotiques envahissantes peuvent avoir diverses répercussions sur les plantes indigènes, notamment exercer une concurrence directe pour les ressources, causer le déplacement d’espèces, réduire la diversité des espèces et la richesse spécifique (Wilson, 1989; Mooney et Cleland, 2001) et modifier le régime d’incendies (Brooks et al., 2004). La propagation d’espèces envahissantes a entraîné une diminution de la qualité de l’habitat du liparis à feuilles de lis (COSEWIC, 2010). Des plantes envahissantes ont été observées dans quatre populations (ou sous­populations) visitées durant les travaux de terrain du COSEPAC réalisés en 2008. Les espèces préoccupantes sont notamment l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) et le pin sylvestre (Pinus sylvestris). On ignore les effets directs de ces espèces sur le liparis à feuilles de lis. Toutefois, des recherches sur l’alliaire officinale suggèrent que cette espèce pourrait limiter la croissance de la plante indigène en interférant avec l’association entre les mycorhizes et le liparis à feuille de lis (Roberts et Anderson, 2001). En outre, le nerprun cathartique sécrète de l’émodine, composé qui pourrait avoir des effets allélopathiques Note de bas de page 18 sur les microorganismes du sol et les plantes indigènes (Knight et al., 2007; Klionsky et al., 2011); il pourrait donc avoir une incidence sur la présence et l’abondance des champignons mycorhiziens du sol dont dépend le liparis à feuilles de lis. Le liparis à feuilles de lis pousse parfois dans des milieux dominés par d’autres espèces exotiques, notamment le rosier multiflore (Rosa multiflora) et le framboisier sauvage (Rubus idaeus spp. strigosus) (G. Waldron, comm. pers., 2008; M. Penskar, comm. pers., 2008). Toutefois, il est possible que ces espèces, bien qu’elles soient exotiques, n’aient pas d’effets négatifs directs sur la croissance et la survie du liparis à feuilles de lis.

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Expansion de l'agriculture

La transformation de l’habitat pour l’expansion de l’agriculture était historiquement une menace pour le liparis à feuilles de lis et pourrait actuellement menacer certaines populations. Au moins trois populations de liparis à feuilles de lis se situent sur des terrains privés situés dans le sud-ouest de l’Ontario, où le paysage est fortement marqué par l’agriculture. On ne sait pas si les populations pourraient disparaître avec l’expansion de l’agriculture, mais cela est possible. On croit qu’une population de liparis à feuilles de lis située près d’Arva, en Ontario, est disparue parce que son habitat a été détruit par l’expansion de l’agriculture (Allen, 1989). En outre, les pratiques agricoles intensives pourraient avoir des répercussions sur les populations de liparis à feuilles de lis situées à proximité de champs, en réduisant la disponibilité des insectes pollinisateurs (Rioux Paquette et al., 2013).

Inondations causées par les castors

Le liparis à feuilles de lis a parfois été observé dans des milieux humides, notamment des marécages arborescents, mais il semble préférer les milieux mésiques à humides et pourrait être incapable de tolérer des périodes prolongées d’inondation continue. La population du parc provincial Frontenac, signalée pour la dernière fois en 2003 (400 à 500 individus), a été inondée par un barrage de castors l’année suivante. Le barrage a plus tard été enlevé par les employés du parc, mais les castors l’ont reconstruit depuis (M. Sly, comm. pers., 2014). Ainsi, cette population pourrait être disparue, car aucun individu de l’espèce n’a été observé par la suite, même si le site a fait l’objet d’un suivi annuel.

Invertébrés envahissants

Certaines populations de liparis à feuilles de lis pourraient être menacées par des invertébrés exotiques envahissants; ceux-ci peuvent directement consommer les plantes de l’espèce ou pourraient modifier la composition et la structure du sol. Par exemple, des individus de l’espèce aux feuilles endommagées par des limaces exotiques ont été observés dans des populations situées près de zones urbaines (G. Waldron, comm. pers., 2008), et ces dommages pourraient nuire à leur survie et/ou à leur succès reproducteur. On sait que des vers de terre exotiques sont présents dans plusieurs petits boisés et de multiples types de sol dans le sud de l’Ontario, et une expansion de leur aire de répartition est possible (Addison, 2009). Les vers de terre exotiques peuvent modifier considérablement les communautés végétales, y compris causer une diminution de la diversité des plantes herbacées et de la mycoflore, et réduire la couche d’humus Note de bas de page 19 (Muratake, 2003; Hale et al., 2006). On ignore quels sont les effets directs des vers de terre exotiques sur le liparis à feuilles de lis.

Herbivorie

Le liparis à feuilles de lis pourrait être brouté par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) dans le sud de l’Ontario, où les populations de cet animal sont élevées. On ne sait pas si le cerf de Virginie nuit aux populations canadiennes de liparis à feuilles de lis, car l’herbivorie chez les populations canadiennes n’a pas été directement observée ou signalée. Cependant, il est connu que les cerfs apprécient les orchidées (Whigham, 1990). Des cerfs, des lapins (Sylvilagus spp.) et des Dindons sauvages (Meleagris gallopavo) ont été observés en train de brouter des plantes de l’espèce aux États-Unis (Mattrick, 2004), et ces animaux sont considérés comme une menace pour les populations en Nouvelle-Angleterre.

Utilisation d'herbicides, de fongicides et de pesticides

Les effets des herbicides et des fongicides sur le liparis à feuilles de lis n’ont fait l’objet d’aucune publication scientifique, et on ignore si ces produits sont actuellement une menace pour l’espèce. Les observations recueillies lors d’une surveillance étroite de la population de Komoka dans les années 1970, suggèrent que cette population pourrait être disparue à la suite de l’application de gramoxone Note de bas de page 20 dans les cultures adjacentes au boisé (Allen, 1989). Il est probable que l’utilisation de tels produits chimiques à proximité des populations de liparis à feuilles de lis entraîne une diminution ou une destruction des populations de champignons mycorhiziens du sol.

De même, les effets des pesticides sur les populations de pollinisateurs auraient probablement des répercussions sur le liparis à feuilles de lis, en entraînant une diminution de la disponibilité des pollinisateurs. Un certain nombre de facteurs sont soupçonnés de contribuer au déclin des populations d’insectes pollinisateurs à l’échelle mondiale et au Canada, notamment la perte d’habitats et de sources de nourriture, les maladies, les virus, les organismes nuisibles et l’exposition aux pesticides (Health Canada, 2014). De plus en plus d’observations semblent notamment indiquer que les pesticides, y compris les néonicotinoïdes, pourraient avoir des effets négatifs sur les populations d’insectes pollinisateurs, en raison de leurs propriétés toxiques et de leur persistance dans le sol et l’eau (van der Sluijs et al. 2013; Cutler et al. 2014).

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5. Ojectifs en matière de population et de répartition

Les objectifs en matière de population et de répartition pour le liparis à feuilles de lis au Canada sont les suivants :

  • maintenir l’effectif et le nombre de populations existantes et sous-populations correspondantes;
  • dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique, accroître l’effectif des populations existantes et rétablir les populations historiques;
  • maintenir la répartition approximative des populations existantes et sous-populations correspondantes.

Le liparis à feuilles de lis était probablement relativement rare dans le passé au Canada, où il atteint la limite nord de son aire de répartition, mais, l’espèce était alors certainement plus répandue qu’aujourd’hui puisque sept des populations répertoriées sont maintenant considérées comme disparues ou historiques au Canada. En outre, on ignore s’il subsiste encore des individus de l’espèce ou de l’habitat convenable (ou des possibilités de restauration de l’habitat) dans trois populations où aucun individu n’a été repéré durant le dernier relevé de terrain mais la population est actuellement considérée comme existante. Si cela était déterminé comme étant réalisable, la restauration des populations historiques par la gestion de l’habitat, ainsi que l’amélioration de l’habitat aux populations existantes seraient requises pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. Même si plusieurs techniques existent déjà ou sont en cours d’élaboration, la multiplication et la transplantation ne sont pas recommandées à l’heure actuelle; le rétablissement portera plutôt sur le maintien des populations existantes et l’expansion et le rétablissement des populations naturels par la gestion de l’habitat.

La plupart des populations existantes de liparis à feuilles de lis comptent moins de 30 individus; il est donc possible que le caractère isolé et fragmenté des populations, qui peut causer une dépression endogamique, contribue à un déclin de leur viabilité. Même si on ne dispose pas de renseignements sur la taille minimale de population viable, il apparaît que la hausse des effectifs de ces populations (et peut-être d’autres populations) serait nécessaire à l’amélioration de la viabilité et de la persistance (réduction de l’isolement, de la fragmentation et du risque de dépression endogamique). Il sera probablement nécessaire de mettre en œuvre des mesures de gestion active de l’habitat en vue d’accroître l’abondance du liparis à feuilles de lis, si cela est jugé réalisable. La priorité devrait être accordée aux emplacements abritant des populations existantes. Toutefois, il est possible que des individus en dormance, des graines viables du réservoir de graines du sol et/ou le champignon mycorhizien nécessaire à l’espèce soient présents dans certains emplacements historiques où l’habitat est encore intact (non aménagé), de sorte qu’il faudrait évaluer la possibilité de restaurer ces sites. On dispose de peu de renseignements sur le champignon associé au liparis à feuilles de lis et sur la longévité du réservoir de graines du sol, et on ignore si l’espèce demeure en dormance (parties souterraines) comme plusieurs autres orchidées. Il faut effectuer d’autres études sur l’écologie et la reproduction de l’espèce pour déterminer si le rétablissement des populations historiques et l’accroissement de la taille des populations existantes sont réalisables.

Le liparis à feuilles de lis est une espèce colonisatrice des milieux de début de succession, de sorte que l’emplacement des populations peut être quelque peu dynamique. Cependant, l’espèce semble limitée par la présence et l’abondance du champignon mycorhizien nécessaire à son établissement et à sa croissance. On s’attend à ce que la configuration de la répartition canadienne du liparis à feuilles de lis subisse des changements mineurs. À long terme, il ne sera peut-être pas possible de maintenir les populations actuellement existantes à l’endroit exact où elles se trouvent. Il est possible que l’effectif des populations de liparis à feuilles de lis augmente à l’échelle locale aux endroits où les conditions de l’habitat seront améliorées et que l’espèce colonise ou recolonise des milieux présentant de l’habitat convenable à proximité, dans la mesure où son champignon partenaire demeure présent. Ainsi, le maintien de la répartition approximative de l’espèce en Ontario et au Québec est considéré comme un objectif approprié en vue du rétablissement.

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6. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Au cours des dix dernières années, des organismes publics et des organisations de conservation ont sécurisé plusieurs secteurs où on trouve des populations existantes de liparis à feuilles de lis. Quatre populations se trouvent sur des terres maintenant acquises et/ou gérées par Conservation de la nature Canada (CNC) ou Parcs Ontario. En Ontario, au moins cinq populations (ou sous-populations) déjà connues se trouvent sur des terres appartenant maintenant aux villes de Windsor ou de LaSalle. Ce changement de propriétaire est venu accroître la proportion de l’habitat du liparis à feuilles de lis appartenant à des intérêts publics et/ou des organisations de conservation et réduire considérablement la probabilité que plusieurs populations et/ou sous-populations disparaissent en raison du développement.

En 2007, un brûlage dirigé a été réalisé à côté de l’habitat du liparis à feuilles de lis au bois Black Oak, qui appartient à la ville de Windsor. Les populations sur les terrains appartenant à la ville de Windsor sont font l’objet de suivis informels par le personnel du Ojibway Nature Centre (P. Pratt, comm. pers., 2008).

Des plans de gestion ont été élaborés pour les deux propriétés de CNC où le liparis à feuilles de lis est présent ou a déjà été présent (île Pelée – savane Shaughnessy Cohen Memorial et marécage Oxley Poison Sumac). Ces plans de gestion comprennent des approches générales de conservation pour chaque propriété (par exemple, lutte contre les espèces envahissantes). Au cours de récents travaux de terrain menés dans la savane Shaughnessy Cohen Memorial, le personnel de CNC a observé des espèces envahissantes à l’intérieur de l’habitat du liparis à feuilles de lis (M. McFarlane, comm. pers., 2014). De plus, CNC a fait l’acquisition d’une propriété désignée réserve écologique aux termes de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel du Québec, mais aucun individu de l’espèce n’a été trouvé sur cette propriété jusqu’à maintenant, même si elle se trouve à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel.

Le barrage de castors qui a causé l’inondation de l’habitat du liparis à feuilles de lis au parc provincial Frontenac a été détruit en 2007, mais les castors l’ont reconstruit par la suite. Les membres de l’organisation Friends of Frontenac Park effectuent un suivi annuel, mais aucune plante n’a été observée depuis (M. Sly, comm. pers., 2014).

La population du Campus Macdonald de l’Université McGill, à Montréal au Québec, fait l’objet d’un suivi régulier (A. Godbout, comm. pers., 2014). L’inventaire de cette population a été réalisé en partie en 2010, puis terminé en 2011 (annexe C). En 2010, dans le cadre d’une étude plus approfondie, en plus de dénombrer les individus, on a recueilli des renseignements sur l’habitat, la composition du sol et la configuration spatiale des orchidées (Murphy et Idziak, 2011).

Des individus de l’espèce ont été découverts en 2012 et en 2013 dans les sites de restauration établis pour la construction de la PHG. Ces individus bénéficieront d’une protection de l’habitat à long terme, conformément au permis délivré aux termes de la LEVD. L’habitat fait l’objet de mesures de gestion actives destinées au maintien de la prairie à herbes hautes, notamment des débroussaillages sélectifs, des activités de lutte contre les espèces envahissantes et des brûlages dirigés. La protection et la gestion active à long terme de l’habitat de prairie à herbes hautes devraient favoriser le maintien des populations de liparis à feuilles de lis ou même permettre leur croissance (AMEC, 2014).

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 2. Tableau de planification du rétablissement
Menace ou facteur limitatifPriorité Note gStratégie générale pour le rétablissementDescription générale des approches de recherche et de gestion
Toutes les menacesÉlevéeSuivi/évaluation des populations
  • Réaliser des évaluations de l'habitat et un suivi régulier des effectifs pour les populations existantes et les populations historiques où l'habitat convenable existe encore. Effectuer des relevés en priorisant les terrains privés situés près des centres urbains et les populations (ou sous-populations) qui n'ont pas été visitées au cours des dernières années; mettre à jour les cartes de l'espèce et de son habitat.
  • Déterminer les cas où il serait possible d'améliorer ou de restaurer l'habitat en vue d'accroître l'effectif des populations existantes et/ou de rétablir des populations historiques. Déterminer l'ordre de priorité des populations (ou sous-populations) pour les mesures de gestion de l'habitat.
  • Élaborer et mettre en œuvre des méthodes normalisées pour le dénombrement précis des individus et le suivi du liparis à feuilles de lis.
  • Déterminer la répartition de l'espèce en menant des relevés dans l'habitat convenable inoccupé dans l'aire de répartition canadienne de l'espèce.
Développement domiciliaire et urbanisation; expansion de l'agriculture; modification du régime naturel de perturbations; inondations causées par les castors; plantes envahissantes; invertébrés envahissantsÉlevéeConservation et gestion de l'habitat
  • Rendre possible la conservation de l'habitat en faisant en sorte que les municipalités soient informées des résultats des inventaires et des suivis.
  • Élaborer et mettre en œuvre des mesures de gestion et de restauration de l'habitat (élimination des espèces envahissantes, coupes d'éclaircie, capture des castors et/ou élimination de leurs barrages, brûlages dirigés, etc.) destinées au maintien et/ou à la restauration d'habitat convenable pour le liparis à feuilles de lis dans les populations existantes et les populations historiques, au besoin.
  • Collaborarer avec des fiducies foncières, des organisations de conservation et des organismes publics pour déterminer les populations (ou sous-populations) clés et les préserver, priorisant les populations qui risquent d'être détruites par le développement pour ce qui est des techniques d'intendance de servitude ou autres techniques de protection ou mesures de conservation.
Développement domiciliaire et urbanisation; expansion de l'agriculture; modification du régime naturel de perturbations; plantes envahissantes; invertébrés envahissants; utilisation d'herbicides et de fongicidesMoyenneSensibilisation et diffusion externe
  • Déterminer les pratiques de gestion des terres exemplaires pour l'habitat du liparis à feuilles de lis.
  • Sensibiliser les propriétaires aux effets possibles des pratiques de gestion des terres (par exemple, utilisation d'herbicides, de fongicides et de pesticides) et, si possible, leur faire part des pratiques de gestion des terres exemplaires pour l'habitat du liparis à feuilles de lis.
Lacunes dans les connaissances sur les effets de la gestion de l'habitat et du rétablissement des populationsÉlevéeRecherche
  • Déterminer les effets des brûlages dirigés, des coupes d'éclaircie et de la pollinisation manuelle sur les populations de liparis à feuilles de lis et proposer des recommandations quant à l'utilisation de ces techniques pour le rétablissement.
Lacunes dans les connaissances sur le recrutement et la reproduction, l'herbivorie, les pollinisateurs et la répartition de l'espèceMoyenneRecherche
  • Déterminer les facteurs ayant une incidence sur l'établissement du liparis à feuilles de lis (dormance, longévité des graines du réservoir de graines du sol, submersion prolongée, espèces de pollinisateurs); identifier les champignons associés à l'espèce et déterminer leur répartition, leur abondance et leurs besoins.
  • Déterminer les facteurs ayant une incidence sur l'établissement du liparis à feuilles de lis dans la population de l'arboretum Morgan, pour mieux comprendre les caractéristiques positives qui en font la plus grande population connue au Canada.
  • Élaborer un protocole de multiplication et le mettre à l'essai.
  • Déterminer l'ampleur de l'herbivorie dans les populations existantes et ses effets sur les populations de liparis à feuilles de lis.

Note - Tableau 2

Note g

« Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce.

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7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la Loi sur les espèces en péril, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et énoncer des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis au Canada est désigné pour 10 populations existantes situées en Ontario et au Québec, sur la base de la meilleure information accessible en février 2015 (voir figures 3 et 4 et tableau 3). Il est reconnu que l’habitat essentiel désigné ci-dessous ne permet pas d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. Un calendrier des études (section 7.2; tableau 4) a été élaboré et décrit les activités requises pour la désignation de l’habitat essentiel additionnel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté, à mesure que de nouvelles données seront disponibles.

L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis repose sur deux critères : l’occupation de l’habitat et le caractère convenable de l’habitat.

7.1.1 Occupation de l'habitat

Ce critère fait référence aux zones pour lesquelles on peut affirmer avec une certaine certitude qu’elles sont actuellement utilisées par l’espèce.

L’habitat est considéré comme occupé dans les cas où :

  • Au moins un individu indigène du liparis à feuilles de lis a été observé au cours d’une année depuis 1995.

L’occupation de l’habitat est fondée sur une période qui concorde avec le seuil établi par NatureServe (2002) et le CIPN de l’Ontario pour déterminer si une population est existante ou historique. Ainsi, on peut inclure un certain nombre de populations et de sous-populations dont la situation récente n’a pu être confirmée durant les visites sur le terrain réalisées en 2008 en vue de l’évaluation de l’espèce par le COSEPAC. En outre, cette période de vingt ans (depuis 1995) est aussi fondée sur la période apparente maximale de dormance signalée pour d’autres orchidées présentes au Canada (Light et MacConnail, 2006). Même si l’espèce n’a pas démontré de dormance dans le sol de la même ampleur que celle présentée par d’autres orchidées indigènes du Canada (par exemple, triphore penché), la période de vingt ans a été choisie afin de s’assurer que toutes les populations potentiellement occupées soient englobées.

7.1.2 Caractère convenable de l'habitat

Le caractère convenable de l’habitat s’applique aux zones présentant un ensemble particulier de caractéristiques biophysiques permettant aux individus de l’espèce de mener à bien les aspects essentiels de leur cycle vital.

Le liparis à feuilles de lis croît dans des milieux assez variés dans le sud de l’Ontario et au Québec (COSEWIC, 2010). Au Canada, les populations existantes se situent dans des chênaies, des savanes à chênes, des forêts de feuillus mixtes, des fourrés d’arbustes, des alvars à arbustes, des marécages arborescents ( feuillus et mixtes), des prairies à herbes hautes et des plantations de conifères. Le liparis à feuilles de lis présente une tolérance apparemment large à divers types d’habitats, mais il croît uniquement dans certains emplacements, car il doit obligatoirement s’associer à un champignon mycorhizien présent dans le sol (McCormick et al., 2006; 2012). La présence et l’abondance de ce champignon, lequel fournit à l’orchidée des éléments nutritifs, sont essentielles à son existence. Les données disponibles donnent fortement à croire que les individus ont besoin de ce champignon à tous les stades de leur développement (Whigham, comm. pers., cité dans Mattrick, 2004; McCormick et al., 2004).

En outre, le liparis à feuilles de lis se rencontre dans des milieux à couvert de diverses densités. Il préfère toutefois les milieux ouverts à semi-ouverts et semble pouvoir coloniser les milieux ayant fait l’objet de perturbations (Sheviak, 1974). Néanmoins, l’espèce se rencontre parfois dans des forêts ou des marécages arborescents à couvert fermé (Sheviak, 1974; White, 2008; Homoya, 2012).

Les populations canadiennes de liparis à feuilles de lis se rencontrent principalement dans des terrains élevés (bien drainés et situés en haut de pente), sauf deux populations naturelles récemment découvertes dans des marécages arborescents ( feuillus et mixtes). L’espèce peut croître dans des sols de types et de textures divers, notamment des sols sableux et des loams limoneux ou argileux (Sheviak, 1974). Elle est généralement observée dans des sols légèrement acides (pH de 4,5 à 6,6), mais peut tolérer des sols allant de très acides à presque neutres (Sheviak, 1974; Smith, 1993; Homoya, 2012). La présence du liparis à feuilles de lis dépend probablement davantage du stade de succession de la communauté végétale et de l’intensité lumineuse que du pH du sol.

Les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable sont énumérées ci-dessous.

  • Présence dans le sol d’un champignon mycorhizien (c.-à-d. Tulasnella).
  • Couvert de densités diverses, allant de dégagé (< 25 %) à dense (> 60 %), le plus souvent dégagé à semi-dégagé (25 à 60 %).
  • Conditions d’humidité diverses, allant de milieux humides à des terrains élevés, le plus souvent des sites mésiques à xériques Note de bas de page 21.
  • Sols de types divers, allant de sols sableux ou limoneux à des loams argileux.
  • Sols de pH divers, allant de très acides à presque neutres Note de bas de page 22; le plus souvent légèrement acides (pH de 4,5 à 6,6).

D’après les meilleures informations disponibles, l’habitat convenable pour le liparis à feuilles de lis est actuellement défini comme étant l’étendue des caractéristiques biophysiques là où le liparis à feuilles de lis existe en Ontario et au Québec. En plus, une zone de fonctions essentielles de 50 m (distance radiale) est appliquée lorsque les caractéristiques biophysiques s’étendent sur moins de 50 m autour d’un individu.

En Ontario, l’habitat convenable du liparis à feuilles de lis peut être décrit efficacement au moyen de la classification écologique des terres (CET) du sud de l’Ontario (Lee et al., 1998). La CET fournit un cadre normalisé pour l’interprétation et l’établissement des limites des écosystèmes dynamiques. Elle catégorise les milieux non seulement en fonction des communautés végétales, mais aussi en fonction de l’humidité du sol et de la topographie. Elle constitue ainsi un point de départ pour la description des exigences écosystémiques de l’habitat du liparis à feuilles de lis. En Ontario, beaucoup de gestionnaires des terres et de spécialistes de la conservation connaissent bien la terminologie et les méthodes associées à la CET et ont adopté cet outil comme norme pour la classification de l’habitat en Ontario.

À l’intérieur de la CET en Ontario, l’échelle de l’écosite est la plus efficace pour la délimitation de l’étendue des caractéristiques biophysiques nécessaires à l’espèce. L’écosite comprend la superficie occupée par le liparis à feuilles de lis et les zones environnantes qui présentent les conditions d’habitat convenable nécessaires aux processus vitaux de l’espèce, en plus de permettre aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction (par exemple dispersion, pollinisation) de se produire.

Au Québec, l’habitat convenable peut être décrit au moyen du Cadre écologique de référence du Québec (CERQ), créé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC, 2015). L’approche de classification des écosystèmes du CERQ est très semblable à celle de la CET. Le CERQ fournit une approche normalisée pour définir les limites des écosystèmes du Québec et est basé sur la géologie, le relief, les dépôts de surface (par exemple, sols), les formes de terrain et l’hydrologie. Le CERQ comprend sept niveaux hiérarchiques emboîtés, dont quatre ont été cartographiés et sont actuellement définis.

À l’intérieur du CERQ, le niveau des éléments topographiques est le plus efficace pour la délimitation de l’étendue des caractéristiques biophysiques nécessaires au liparis à feuilles de lis au Québec. Les éléments topographiques sont définis à la même échelle que celle de l’écosite de la CET et comprennent la superficie occupée par le liparis à feuilles de lis et les zones environnantes qui présentent les conditions d’habitat convenable nécessaires aux processus vitaux de l’espèce, en plus de permettre aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction (par exemple dispersion, pollinisation) de se produire.

Le liparis à feuilles de lis est une orchidée colonisatrice et se rencontre dans une grande variété d’habitats. Sa répartition est probablement limitée par la présence du champignon mycorhizien nécessaire à la germination des graines et à la survie des individus. À l’exception de la zone immédiate où les individus de l’espèce poussent ou à moins de réaliser des analyses moléculaires de l’ADN, il n’est pas possible de s’assurer que l’écosite de la CET ou que l’élément topographique du CERQ inclut le champignon, car on sait très peu de choses sur sa répartition et son écologie au Canada. Selon certaines études, le taux de germination des graines diminue avec l’augmentation de la distance par rapport aux individus adultes, ce qui donne à penser que le champignon mycorhizien est présent à proximité des individus adultes (McKendrick et al., 2002; Diez, 2007; Murphy et Idziak, 2011). On croit que les zones entourant immédiatement les populations de liparis à feuilles de lis sont les plus susceptibles d’héberger le champignon mycorhizien terricole approprié. Il est possible que les populations de liparis à feuilles de lis s’agrandissent à l’échelle locale et que l’espèce colonise ou recolonise des zones d’habitat convenable à proximité, à l’intérieur de l’écosite de la CET ou de l’élément topographique du CERQ.  

La distance radiale de 50 m est considérée comme étant une « zone de fonctions essentielles » minimale ou la superficie minimale de fragment d’habitat nécessaire au maintien des propriétés constitutives du microhabitat de l’espèce (par exemple, luminosité, teneur en eau et humidité nécessaires à la survie). Actuellement, on ignore exactement à partir de quelle distance les processus physiques et/ou biologiques commencent à avoir des effets négatifs sur le liparis à feuilles de lis, et cette distance dépend vraisemblablement des caractéristiques locales de l’habitat. Des études sur les gradients micro­environnementaux en bordure des habitats, soit la luminosité, la température et l’humidité de la litière (Matlack, 1993), et sur les effets de bordure sur les plantes dans les forêts de feuillus mixtes, qui se traduisent par des changements de la structure et de la composition des communautés végétales (Fraver, 1994), montrent que les effets de bordure peuvent être décelés jusqu’à 50 m à l’intérieur des fragments d’habitat; toutefois, d’autres études montrent que l’ampleur et la distance des effets de bordure varient en fonction de la structure et de la composition des types de milieux adjacents (Harper et al., 2005). Une zone d’un rayon de 50 m entourant les individus de l’espèce a été choisie pour assurer le maintien des propriétés du microhabitat dans le cadre de la désignation de l’habitat essentiel. L’aire au sein de la zone de fonctions essentielles peut comprendre de l’habitat convenable et de l’habitat non convenable, car des individus peuvent croître à proximité de la zone de transition entre l’habitat convenable et l’habitat non convenable (par exemple petites trouées dans la forêt, lisière des bois). À mesure que de nouveaux renseignements sur les besoins en matière d’habitat de l’espèce et les caractéristiques propres à chaque site, notamment l’hydrologie, deviennent disponibles, les distances pourraient être révisées.

Les superficies pavées et les structures artificielles, comme les bâtiments, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable et ne participent pas au maintien des processus naturels.

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7.1.3 Application des critères de désignation de l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis

L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis est désigné comme étant l’étendue d’habitat convenable (section 7.1.2) là où les critères d’occupation de l’habitat (section 7.1.1) sont respectés. Dans les cas où l’habitat convenable s’étend sur moins de 50 m autour d’un individu, une zone de fonctions essentielles englobant une superficie d’un rayon de 50 m est aussi incluse comme habitat essentiel.

Comme il est indiqué précédemment, en Ontario, l’échelle de l’écosite de la CET est la plus appropriée pour la délimitation de l’habitat convenable du liparis à feuilles de lis. À l’heure actuelle, on ne dispose pas des descriptions et des délimitations des écosites nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel de toutes les populations en Ontario. Pour l’instant, l’échelle des séries de communautés végétales de la CET est définie comme étant la zone au sein de laquelle l’habitat essentiel se trouve. En Ontario, l’habitat essentiel est situé à l’intérieur de ces limites où les caractéristiques biophysiques décrites dans la section 7.1.2 se trouvent et là où le critère d’occupation de l’habitat (section 7.1.1) est respecté. Une fois que les limites des écosites auront été définies, la désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour.

Comme il est indiqué précédemment, au Québec, l’échelle des éléments topographiques du CERQ est la plus appropriée pour la délimitation de l’habitat convenable du liparis à feuilles de lis. À l’heure actuelle, on ne dispose pas des descriptions et des délimitations des éléments topographiques nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel de la population au Québec. Pour l’instant, l’échelle des districts écologiques du CERQ, combinée à la couche des écosystèmes forestiers du Répertoire des milieux naturels d’intérêt du Québec méridional (EC et MDDELCC, 2015), est utilisée pour définir la zone au sein de laquelle l’habitat essentiel se trouve. Au Québec, l’habitat essentiel est situé à l’intérieur de ces limites où les caractéristiques biophysiques décrites dans la section 7.1.2 se trouvent et là où le critère d’occupation de l’habitat (section 7.1.1) est respecté. Une fois que les limites des éléments topographiques auront été définies, la désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour.

L’application des critères de désignation de l’habitat essentiel aux meilleures informations accessibles a permis de désigner l’habitat essentiel pour dix populations existantes de liparis à feuilles de lis au Canada (figures 3 et 4; voir tableau 3), pour un total de 421 ha Note de bas de page 23. La désignation de l’habitat essentiel est considérée comme partielle et insuffisante pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. On ignore si le liparis à feuilles de lis (et le champignon auquel il s’associe) peut survivre à une submersion prolongée et donc si de l’habitat convenable est encore présent dans le parc provincial Frontenac, de sorte que l’habitat essentiel n’est pas actuellement désigné pour cette population. En outre, il faut mener des études pour déterminer si le rétablissement des populations historiques est réalisable dans les sites historiquement occupés. Un calendrier des études (section 7.2) a été élaboré afin de fournir l’information nécessaire pour achever la désignation de l’habitat essentiel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Aucun individu de l’espèce n’a été observé à l’intérieur de la zone visée par le permis délivré pour la PHG aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition; ainsi, la portion de la sous-population de la population du complexe de prairies Ojibway (site de restauration final no 21 – annexe C) qui se trouve en partie à l’intérieur des limites de la zone visée par ce permis n’est pas actuellement désignée comme de l’habitat essentiel. Une fois que la construction de la PHG sera terminée et que des sites de restauration auront été établis pour d’autres espèces de plantes en péril, l’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis sera examiné, et de l’habitat essentiel additionnel pourrait être désigné.

L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis est présenté au moyen de carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km (tableau 3). Les carrés du quadrillage UTM présentés dans les figures 3 et 4 font partie du système de quadrillage de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale. En plus d’offrir ces avantages, le quadrillage UTM de 1 km × 1 km est conforme aux ententes de partage des données avec la province de l’Ontario. L’habitat essentiel dans chaque carré du quadrillage se trouve là où la description de l’occupation de l’habitat (section 7.1.1) et celle du caractère convenable de l’habitat (section 7.1.2) sont respectées. De plus amples informations sur l’habitat essentiel peuvent être obtenues, sur justification, auprès d’Environnement Canada, Service canadien de la faune.

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Figure 3. Carrés du quadrillage renfermant l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis en Ontario. L'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis se trouve dans les carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (bordés de rouge), là où la description de l'occupation de l'habitat (section 7.1.1) et celle du caractère convenable de l'habitat (section 7.1.2) sont respectées. La carte en médaillon montre l'habitat essentiel de la population des forêts de Happy Valley.
une carte présentant les carrés du quadrillage normalisé de 1 km × 1 km qui renferment l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis dans le sud­ouest de l'Ontario et les forêts de Happy Valley
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre une carte présentant les carrés du quadrillage normalisé de 1 km × 1 km qui renferment l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis dans le sud­ouest de l'Ontario et les forêts de Happy Valley. Dans le comté d'Essex, 2 carrés se trouvent près de Tecumseh, un groupe de 3 carrés et 1 carré isolé se trouvent près de La Salle, et 10 carrés se trouvent près de l'autoroute 401 et de la rivière Detroit, à La Salle et à Windsor. Il y a 1 carré près d'Amherstburg, 2 carrés dans le sud­est de l'île Pelée, 1 carré à proximité de Dresden et 2 carrés près de Ridgetown. Enfin, il y a 6 carrés dans les forêts de Happy Valley, environ à mi-chemin entre Richmond Hill et Newmarket, près de l'autoroute 400.

Figure 4. Carrés du quadrillage renfermant l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis au Québec. L'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis se trouve dans les carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (bordés de rouge), là où la description de l'occupation de l'habitat (section 7.1.1) et celle du caractère convenable de l'habitat (section 7.1.2) sont respectées.
une carte présentant les carrés du quadrillage normalisé de 1 km × 1 km qui renferment l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis dans le sud du Québec, près de Montréal.
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre une carte présentant les carrés du quadrillage normalisé de 1 km × 1 km qui renferment l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis dans le sud du Québec, près de Montréal. Il y a 7 carrés à l'intérieur des limites de Senneville et à proximité.

Tableau 3. Carrés du quadrillage renfermant l’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis au Canada. L’habitat essentiel du liparis à feuilles de lis se trouve dans ces carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km là où la description de l’occupation de l’habitat (section 7.1.1) et celle du caractère convenable de l’habitat (section 7.1.2) sont respectées.
PopulationSous-populationCoded’identifi-cation du carré du quadrillage UTM de référence Note h de 1 km 1 kmProvinceCoordonnées du carré Note i du quadrillage UTM
UTM ESt
Coordonnées du carré Note i du quadrillage UTM
UTM Nord
Régime foncier Note j
1. Île Pelée – Réserve naturelle Shaunessy Cohen-17TLG6244Ontario3640004624000Territoire non domanial
1. Île Pelée – Réserve naturelle Shaunessy Cohen-17TLG6243Ontario3640004623000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayBloc de restauration de la rue Chappus17TLG2892Ontario3290004682000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayBloc de restauration de la rue Chappus17TLG3801Ontario3300004681000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayBloc de restauration de la rue Chappus / parc patrimonial Tallgrass Prairie et Prairie Ojibway17TLG2891Ontario3290004681000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayParc patrimonial Tallgrass Prairie et Prairie Ojibway17TLG2890Ontario3290004680000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayBois Black Oak17TLG2881Ontario3280004681000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayBois Black Oak17TLG2871Ontario3270004681000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayZINS du chemin Spring Garden17TLG3810Ontario3310004680000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwayZINS du chemin Spring Garden17TLG3719Ontario3310004679000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwaySite de restauration final no 2117TLG3738Ontario3330004678000Territoire non domanial
2. Zone et complexe de prairies OjibwaySite de restauration final no 2117TLG3728Ontario3320004678000Territoire non domanial
3. Prairie de la rue RéaumePrairie de la rue Réaume17TLG2788Ontario3280004678000Territoire non domanial
3. Prairie de la rue RéaumePrairie de la rue Réaume / Terrain envisagé comme zone du patrimoine naturel, ville de LaSalle TC5/M117TLG2787Ontario3280004677000Territoire non domanial
3. Prairie de la rue RéaumeTerrain envisagé comme zone du patrimoine naturel, ville de LaSalle TC5/M117TLG2777Ontario3270004677000Territoire non domanial
4. Terrain envisagé comme zone du patrimoine naturel, ville de LaSalle CH-M11-17TLG2775Ontario3270004675000Territoire non domanial
5. Zone de conservation des bois McAuliffe-17TLG4843Ontario3440004683000Territoire non domanial
5. Zone de conservation des bois McAuliffe-17TLG4842Ontario3440004682000Territoire non domanial
6. Rivière aux Canards, domaine Mitchell-17TLG3656Ontario3350004666000Territoire non domanial
9. Bois Deyo-17TLH9194Ontario3990004714000Territoire non domanial
10. Ruisseau Clear-17TMH4003Ontario4400004703000Territoire non domanial
10. Ruisseau Clear-17TMH4002Ontario4400004702000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1609Ontario6100004869000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1619Ontario6110004869000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1629Ontario6120004869000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1608Ontario6100004868000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1618Ontario6110004868000Territoire non domanial
13. Forêts de Happy Valley-17TPJ1628Ontario6120004868000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8301Québec5800005031000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8310Québec5810005030000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8311Québec5810005031000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8312Québec5810005032000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8320Québec5820005030000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8321Québec5820005031000Territoire non domanial
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-18TWR8322Québec5820005032000Territoire non domanial
------Total = 35 carrés

Note de tableau 3

Note h de tableau 3

Code d’identification dans le système militaire de quadrillage UTM de référence; les deux premiers chiffres et la lettre qui suit correspondent à la zone UTM, les deux suivants (lettres) désignent le quadrillage UTM de référence de 100 km × 100 km, les deux caractères suivants désignent le quadrillage UTM de référence de 10 km × 10 km, et les deux derniers, le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km qui contient au moins une partie d’une unité d’habitat essentiel. L’utilisation du code alphanumérique univoque du système militaire de quadrillage UTM de référence s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site).

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Note i de tableau 3

Les coordonnées indiquées sont celles de la représentation cartographique de l’habitat essentiel, c.-à-d. du coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km contenant au moins une partie d’une unité d’habitat essentiel. Elles sont données à titre indicatif seulement.

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Note j de tableau 3

Cette information est fournie à titre indicatif seulement pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

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7.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Tableau 4. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel
Description de l'activitéJustificationÉchéancier
Déterminer la situation de la population et la présence d'habitat convenable (y compris la présence du champignon mycorhizien auquel l'espèce s'associe) au parc provincial Frontenac.On ignore si le liparis à feuilles de lis et/ou le champignon mycorhizien auquel il s'associe peuvent résister à des périodes prolongées de submersion. Il faut déterminer la situation de la population et la présence d'habitat convenable pour permettre la désignation d'habitat essentiel additionnel.2016-2023
Évaluer le caractère réalisable du rétablissement de l'espèce dans les sites historiquement occupés en déterminant si l'habitat convenable ou la possibilité de restaurer l'habitat existe et serait effectuée avec succès. L'évaluation du caractère réalisable demandera probablement une plus grande compréhension de l'écologie du liparis à feuilles de lis (dormance, longévité des graines du réservoir, etc.) pour déterminer les techniques de restauration et de gestion de l'habitat qui conviendraient le mieux.Le liparis à feuilles de lis était probablement relativement rare dans le passé, mais il était néanmoins alors plus répandu qu'aujourd'hui.
Si la restauration est jugée réalisable, qu'elle s'avère réussie, et que de l'habitat additionnel devienne occupé et convenable; désigner de l'habitat essentiel additionnel.
2016-2023

7.3 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulative d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction. Le tableau 5 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Puisque le liparis à feuilles de lis est une espèce colonisatrice qui peut s’établir dans les milieux récemment perturbés, les activités qui entraînent une disparition temporaire de l’habitat essentiel (élimination de la végétation, pâturage par le bétail, etc.) pourraient contribuer à la présence future d’habitat essentiel si des mesures de gestion appropriées sont mises en place.

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Tableau 5. Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel du liparis à feuilles de lis
Description de l'activitéDescription de l'effet relatif à la perte de fonction de l'habitat essentielInformation détaillée sur l'effet
Construction d'habitations, d'autres structures ou de chemins, y compris l'extraction de sol (par exemple, développement résidentiel ou industriel)La construction convertit l'habitat et entraîne une perte directe de l'habitat essentiel dont l'espèce dépend pour sa survie, la germination des graines et l'établissement des semis. L'extraction directe de sol/substrat éliminerait les caractéristiques biophysiques nécessaires au liparis à feuilles de lis et ferait en sorte que le milieu ne lui convienne plus.Si cette activité se produit à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, peu importe le moment de l'année, elle aura des effets directs et entraînera certainement la destruction permanente de l'habitat essentiel. Aucun seuil ne peut être fixé pour cette activité. Les activités qui se limitent à l'utilisation de la surface de routes, de chemins d'accès et de sentiers récréatifs existants n'entraîneraient pas la destruction de l'habitat essentiel.
Conversion de terres pour l'agriculture, y compris l'élimination de la végétation et/ou le labourage du solL'élimination de la végétation convertit l'habitat et entraîne une perte directe de l'habitat essentiel dont l'espèce dépend pour sa survie, la germination des graines et l'établissement des semis. Le labourage du sol/substrat perturberait les caractéristiques biophysiques (particulièrement la présence de champignons mycorhiziens) nécessaires au liparis à feuilles de lis et ferait en sorte que le milieu ne lui convienne plus.Si cette activité se produit à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, peu importe le moment de l'année, elle aura des effets directs et entraînera certainement la destruction permanente de l'habitat essentiel. Aucun seuil ne peut être fixé pour cette activité.
Introduction d'espèces exotiques, particulièrement des plantes et des invertébrés, comme des limaces exotiques et des vers de terre non indigènes (introduction de semences et de plantes entières ou parties de plantes exotiques et de sol ou de gravier étrangers, compostage ou dépôt de résidus de jardin, utilisation de VTT, pâturage du bétail, etc.)Les espèces exotiques peuvent supplanter le liparis à feuilles de lis et/ou entraîner des modifications des caractéristiques physiques et chimiques de l'habitat qui feraient en sorte que le milieu ne lui convienne plus.Si cette activité se produit à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel ou à proximité, peu importe le moment de l'année, elle peut avoir des effets directs et/ou cumulatifs. Une espèce envahissante introduite peut graduellement détruire l'habitat essentiel au fil du temps (effets cumulatifs).
Application d'herbicides ou de fongicidesLes herbicides et les fongicides pourraient détruire le champignon terricole dont dépendent la germination des graines et la croissance des individus de liparis à feuilles de lis ou en diminuer le nombre, ce qui ferait en sorte que le milieu ne convienne plus à l'espèce.Si cette activité se produit à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, ses effets seront directs et cumulatifs; on considère qu'elle est susceptible d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel en compromettant la survie du champignon terricole mycorhizien duquel dépend l'espèce. Si l'activité se produit à proximité des limites de l'habitat essentiel, les produits chimiques pourraient s'écouler jusque dans certaines parties de l'habitat essentiel et causer sa destruction, mais l'ampleur possible des effets est inconnue et dépend probablement d'un certain nombre de facteurs (type d'herbicide ou de fongicide, concentration de la formule, conditions météorologiques, etc.). Jusqu'à ce qu'on dispose de plus de renseignements, l'activité est considérée comme nocive tout au long de l'année. L'information actuellement disponible est insuffisante pour que des seuils puissent être fixés.
Activités causant l'inondation permanente de l'habitat essentiel (structures de retenue, construction de routes, etc.)La submersion prolongée peut nuire à la capacité de survie du liparis à feuilles de lis et du champignon mycorhizien duquel il dépend pour la germination des graines, l'établissement des semis et la croissance.Si cette activité se produit à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel, elle aura des effets directs et cumulatifs et risque de détruire l'habitat essentiel en compromettant la survie du champignon terricole mycorhizien duquel dépend l'espèce.

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8. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendement suivants :

  • L’effectif et le nombre de populations existantes et sous-populations correspondantes ont été maintenus;
  • L’effectif des populations a augmentés et les populations historiques ont été rétablies, dans la mesure où cela était jugé réalisable sur le plan biologique et technique;
  • La répartition approximative des populations existantes et sous-populations correspondantes a été maintenue.

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9. Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action visant le liparis à feuilles de lis au Canada seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici décembre 2023.

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10. Références

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Annexe A : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé ci­dessous.

En général, la protection de l’habitat du liparis à feuilles de lis et des écosystèmes où il est présent aura un effet bénéfique sur de nombreuses autres espèces et sur les fonctions de ces écosystèmes dans le sud de l’Ontario et l’ouest du Québec. En Ontario, l’espèce est présente dans les savanes à chênes et les prairies à herbes hautes qui sont des types de communautés végétales gravement en péril. Dans la région de Windsor-Essex, plusieurs populations de liparis à feuilles de lis se trouvent dans de grandes aires naturelles hébergeant d’autres espèces végétales en péril de la prairie et de la savane, notamment l’alétris farineux (Aletris farinosa), le liatris à épi (Liatris spicata) et la lespédèze de Virginie (Lespedeza virginica), ainsi que de nombreuses autres espèces végétales et animales importantes. Le liparis à feuilles de lis a également été signalé dans d’autres types de milieux qui sont plus communs au Canada et hébergent un plus faible nombre d’espèces en péril, mais la conservation de ces milieux sera tout de même bénéfique pour un certain nombre d’aires naturelles, d’écosystèmes et d’espèces.

La possibilité que la mise en œuvre du programme ait des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. Certaines activités de gestion, notamment les brûlages dirigés et les coupes d’éclaircie sélectives, pourraient nuire à certaines espèces, du moins à court terme. Le maintien de conditions dégagées dans les milieux forestiers pourrait ne pas être bénéfique aux espèces tolérantes à l’ombre et à certaines espèces de l’intérieur des forêts. Les risques écologiques associés à ces activités de gestion seront évalués avant la mise en application de celles-ci, pour éviter qu’elles aient des effets négatifs ou atténuer ces effets. Dans l’ensemble, l’EES a permis de conclure que le présent programme sera favorable à l’environnement et n’entraînera pas d’effets négatifs significatifs.

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Annexe B : Cotes de conservation infranationales attribuées au liparis à feuilles de lis aux États-Unis

-Cote mondiale (G)Cote nationale (N)Cote subnationale (S)
Liparis à feuilles de lis
(Liparis liliifolia)
G5
(non en péril)
N5
(manifestement répandue, abondante et non en péril)
Alabama (S1)
Arkansas (SNR)
Caroline du Nord (S3)
Caroline du Sud (S1)
Connecticut (S1)
Delaware (S2)
District de Columbia (SNR)
Géorgie (S3)
Illinois (S3S4)
Indiana (SNR)
Iowa (S3)
Kentucky (S4)
Maryland (S2S3)
Massachusetts (S2)
Michigan (S3)
Minnesota (SNR)
Mississippi (SNR)
Missouri (SNR)
New Hampshire (SX)
New Jersey (S3S4)
New York (S1)
Ohio (SNR)
Oklahoma (S1)
Pennsylvanie (SNR)
Rhode Island (S1)
Tennessee (SNR)
Vermont (S1)
Virginie (S5)
Virginie­Occidentale (S5)
Wisconsin (SNR)

Définition des cotes (NatureServe, 2014)

S1 : Gravement en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire considéré (N - national, S - État/province) en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.

S2 : En péril – Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.

S3 : Vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.

S4 : Apparemment non en péril – Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.

G5/N5/S5 : Non en péril – Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l’abondance de populations ou d’occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou des menaces ou n’en suscitant que très peu.

SX : Disparue – Occurrence considérée comme disparue parce qu’elle n’a pas été retrouvée malgré les relevés appropriés réalisés par au moins un observateur expérimenté, à une période et dans des conditions appropriées pour l’espèce, ou en raison d’autres éléments convaincants, ou parce que son habitat ou le milieu qu’elle occupait ont été détruits de manière telle qu’ils ne conviennent plus à l’espèce.

SNR : Non classée – Espèce dont le statut de conservation national ou infranational n’a pas encore été évalué.

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Annexe C : Populations de liparis à feuilles de lis au Canada

PopulationSous-populationEmplacementDernière observa-tionStatutNombre d’individus observés (année)
1. Île Pelée - Réserve naturelle Shaunessy Cohen-Canton de Pelée (Ontario)2010ENotek21 (2003); 27 (2008); 26 (2010)
2. Zone et complexe de prairies OjibwayaFootnote l.Parc patrimonial Tallgrass Prairie et Prairie OjibwayVille de Windsor (Ontario)2008E6 (2008)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayb. Bois Black OakVille de Windsor (Ontario)2008E29 (2008)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayc. Spring Garden ANSIFootnote mVille de Windsor (Ontario)2008E4 (2008)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayd. Bois de LaSalleVille de LaSalle (Ontario)1979E0 (2008)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwaye. Sandwich WestVille de LaSalle (Ontario)2002E2-4 (2002)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayf. Bloc de restauration de la rue ChappusVille de Windsor (Ontario)2013E42 (2013)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayg. Site de restauration final no 21Ville de LaSalle (Ontario)2013E2 (2013)
2. Zone et complexe de prairies Ojibwayh. Windsor (derrière le Health Lab)Ville de Windsor (Ontario)1969E> 70 (1969)
3. Prairie de la rue Réaumea. Prairie de la rue RéaumeVille de LaSalle (Ontario)1997E0 (2008)
3. Prairie de la rue Réaumeb. Terrain envisagé comme zone du patrimoine naturel, ville de LaSalle TC5/M1Footnote nVille de LaSalle (Ontario)2008E20 (2008)
4. Terrain envisagé comme zone du patrimoine naturel, ville de LaSalle CH3-M11-Ville de LaSalle (Ontario)2008E14 (2008)
5. Zone de conservation des bois McAuliffe-Ville de Tecumseh (Ontario)2009E~40 (2009)
6. Rivière aux Canards, domaine Mitchell-Ville d’Amherstburg (Ontario)2008E1 (2008)
7. Marécage Oxley Poison Sumac-Ville d’Essex (Ontario)1986HFootnoteo0 (2005, 2006); site non visité en 2008
8. Ruisseau Cedara. Ruisseau Cedar nordVille de Kingsville (Ontario)1985H0 (2008)
8. Ruisseau Cedarb. Ruisseau Cedar sudVille de Kingsville (Ontario)1982HSite non visité en 2008
9. Bois Deyo-Municipalité de Chatham-Kent (Ontario)1997E0 (2008)
10. Ruisseau Clear-Municipalité de Chatham-Kent (Ontario)2008E253 (2001); 33+ (dénombrement partiel, 2008)
11. Bois Lakeshore, près de New Glasgow-Municipalité de West Elgin (Ontario)1986HSite non visité en 2008
12. West Lorne, bois Allan Craig-Municipalité de West Elgin (Ontario)N1985HSite non visité en 2008
13. Forêts de Happy Valley-Canton de King (Ontario)2000EQuelques individus (2000)
0 (2001, 2008)
14. Parc provincial Frontenac-Canton de South Frontenac (Ontario)2005E400-500 estimation de 2003); 55 (2004); 3 (2005); 0 (2008)
15. Arboretum Morgan, Campus Macdonald de l’Université McGill-

Montréal, QC

 

2011E186 (2007); 473 (dénombrement partiel, 2010); 516 (dénombrement partiel, 2011)
16. Komoka-Municipalité de Middlesex Centre (Ontario)1971XFootnotepDisparue
17. Arva-Municipalité de Middlesex Centre (Ontario)1950sXDisparue; habitat détruit
18. Fort Erie-Ville de Fort Erie (Ontario)1864XExtirpated

Note - Annexe C

Note k

Existante (E) : Population considérée comme existante, c’est-à-dire qui n’a pas été détruite ou n’est pas disparue.

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Note l

La population du complexe de prairies Ojibway est considérée comme existante, mais la sous­population 2d – Bois de LaSalle est considérée comme historique (la présence de l’espèce n’y a été confirmée depuis plus de 20 ans), et les sous-populations 2e – Sandwich West et 2h – Windsor (derrière le Health Lab) sont considérées comme disparues, car leur habitat est disparu en raison du développement urbain.

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Note m

Zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS).

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Note n

Ce code d’identification et celui utilisé plus bas correspondent à des codes uniques attribués à chaque site évalué dans le cadre d’une étude sur le patrimoine naturel réalisée pour la ville de LaSalle (Waldron et al., 2011).

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Note o

Historique (H) : Il est généralement recommandé de considérer comme historiques les occurrences dont l’habitat existe encore et n’a pas subi de perturbations connues, mais où la présence de l’espèce n’a pas été reconfirmée depuis 20 ans ou plus..

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Note p

Disparue (X) : Population qui a été signalée antérieurement (pour laquelle il existe des mentions historiques), mais qui n’existe plus.

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Note de bas de page

Note de bas de page 1

Occurrence d'élément : Superficie terrestre et/ou aquatique abritant ou ayant déjà abrité une espèce ou une communauté naturelle. Aux fins du présent document, le terme « population » est utilisé comme synonyme d'occurrence d'élément au sens des Centres de données sur la conservation (CDC) provinciaux et de NatureServe (populations séparées par plus de 1 km), conformément aux lignes directrices normalisées élaborées par NatureServe pour les plantes vasculaires.

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Note de bas de page 2

Structures de types divers qui peuvent produire de nouveaux individus, notamment des fragments de végétaux servant à la multiplication végétative, comme des cormes, des tubercules, des clones ou des stolons. Les graines et les spores sont également considérées comme des propagules.

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Note de bas de page 3

Structure produite par les jeunes semis chez certains types d'orchidées et d'autres plantes qui s'associent à des champignons mycorhiziens; elle a la forme d'un tubercule et est munie de rhizoïdes (petites structures analogues à des racines).

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Note de bas de page 4

Espèce commune, répandue et abondante.

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Note de bas de page 5

Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition très limitée, d'un nombre très restreint de populations, de déclins marqués ou d'autres facteurs.

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Note de bas de page 6

Espèce extrêmement rare (souvent 5 occurrences ou moins) ou particulièrement susceptible de disparaître de la province en raison de certains facteurs, tels que des déclins très marqués.

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Note de bas de page 7

Espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète. Note : l'espèce pourrait être classée dans une catégorie de risque moins élevé (menacée) de la LEP en fonction du dernier examen de la situation de l'espèce par le COSEPAC et de la dernière modification de sa désignation (COSEWIC, 2010).

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Note de bas de page 8

Espèce qui vit à l'état sauvage en Ontario mais qui risque, de façon imminente, de disparaître de cette province ou de la planète.

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Note de bas de page 9

Les structures foliacées composant la partie la plus externe de la fleur qui sont étroites et qui se terminent en pointe.

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Note de bas de page 10

Vingt-trois populations sont signalées dans le rapport de situation du COSEPAC (2010), dont 10 à 12 sont considérées comme existantes. La différence avec le nombre ici présenté s'explique par un regroupement des populations, fondé sur la méthode de description des populations (et sous‑populations) de NatureServe (2002) pour les plantes vasculaires, et non par une diminution du nombre d'occurrences de l'espèce.

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Note de bas de page 11

Les populations sont considérées comme distinctes les unes des autres si elles sont séparées par un kilomètre ou plus d'habitat non convenable, et les groupes d'individus séparés par moins de un kilomètre sont considérés comme des sous-populations (NatureServe, 2002).

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Note de bas de page 12

La promenade Rt. Hon. Herb Gray est un important projet d'infrastructure routière et fera partie du corridor de transport qui reliera l'autoroute 401, en Ontario, à l'autoroute 75, au Michigan.

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Note de bas de page 13

Sites ni humides ni très secs; qualifie les conditions d'humidité moyenne pour un climat donné.

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Note de bas de page 14

Champignon qui s'associe en étroite proximité physique avec les racines d'une plante hôte. Les deux organismes semblent tirer avantage de la relation; le prélèvement des nutriments semble plus efficace chez les plantes dont les racines ont été colonisées par un tel champignon que chez celles dont les racines en sont exemptes (Allaby, 1992). Le besoin de ce type d'association est courant chez les membres de la famille des Orchidacées.

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Note de bas de page 15

Groupe taxonomique d'organismes.

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Note de bas de page 16

On parle de pollinisation croisée dans le cas où le pollen produit par les organes mâles (style) d'une plante est transporté jusqu'aux organes femelles (stigmate) d'une autre plante (Allaby, 1992).

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Note de bas de page 17

Réduction de vigueur et faible santé en général qui caractérisent parfois les individus consanguins.

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Note de bas de page 18

Effets généralement négatifs qu'ont les composés chimiques libérés par certaines espèces sur la croissance et le développement d'organismes d'autres espèces.

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Note de bas de page 19

Feuilles et branches en décomposition recouvrant le parterre forestier.

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Note de bas de page 20

Herbicide non sélectif à effet rapide qui tue par contact les tissus des végétaux. Il s'agit d'un des herbicides les plus utilisés au monde.

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Note de bas de page 21

Secs.

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Note de bas de page 22

Presque neutres; pH variant entre 6,5 et 7,5.

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Note de bas de page 23

Cette superficie représente l’étendue maximale de l’habitat essentiel, calculée en fonction des limites définies à partir de photographies aériennes de haute résolution (comparable aux séries de communautés de la CET) et/ou d’une zone d’un rayon de 50 m entourant les individus de l’espèce. Dans ces superficies, les zones d’habitat essentiel sont celles qui répondent aux critères de la section 7,1, de sorte que la superficie réelle pourrait être inférieure à celle ici présentée et ne pourra être déterminée avec précision qu’après des vérifications sur le terrain.

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