Profil d'espèce

Gomphe des rapides

Nom scientifique : Gomphus quadricolor
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2008
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Gomphe des rapides

Description

Le gomphe des rapides est une petite libellule d’une envergure de 25 à 27 mm, d’apparence foncée. Comme tous les gomphes, ses yeux sont séparés alors qu’ils se touchent chez les autres genres de libellules. La face est vert clair et porte deux lignes foncées. Le thorax est orné d’une alternance de bandes noir brunâtre et vert jaunâtre, et les pattes sont noires. Le long abdomen est mince et noir, et porte des taches allongées jaunes sur le dessus et de petites taches de la même couleur sur les côtés. Chez le mâle, l’extrémité de l’abdomen est légèrement enflée. Il est possible de confondre cette libellule avec d’autres espèces de gomphes partageant son habitat, mais celles-ci portent toutes une rayure jaune sur le dessus de l’abdomen.

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Répartition et population

Le gomphe des rapides se retrouve en Ontario et dans 25 états du nord-est et du centre-nord des États-Unis. Au Canada, l’espèce se trouvait par le passé dans quatre sites du sud et de l’est de l’Ontario : les rivières Thames, Humber, Credit et Mississippi. En 2005, l’espèce a été observée uniquement sur les sites des rivières Humber et Mississipi. On estime que la population canadienne serait de l’ordre d’au moins 318 individus, dont 106 adultes. Malgré le fait que seuls des mâles adultes aient été observés lors d’estimations de la population effectuées dans les deux sites où l’espèce est présente, on présume que chaque site renferme un nombre équivalent de mâles et de femelles et au moins deux larves par adulte. Le nombre de larves est donc une estimation minimum. On ne dispose d’aucune donnée concernant les fluctuations ou les tendances à long terme des populations du gomphe des rapides.

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Habitat

Le gomphe des rapides habite généralement des rivières, de taille moyenne ou grande, dont les rives sont en grande partie boisées. Les eaux qu’il fréquente sont généralement limpides et fraîches, et comportent des rapides sur fond de gravier ou de galets avec des rochers saillants, en alternance avec des sections d’eaux calmes et bourbeuses. Cette alternance est probablement très importante pour l’espèce puisque la ponte a lieu à la surface de l’eau des rapides. Les œufs et les jeunes larves suivent le courant jusqu’à des eaux tranquilles. Les larves vivent dans ces fosses d’eaux calmes au fond boueux. Les mâles adultes se posent sur les pierres, au milieu des rapides. Ils peuvent aussi utiliser les rochers et la végétation des rives, surtout en l’absence de rochers qui émergent de la rivière. Les femelles adultes occupent les forêts riveraines et fréquentent les rapides lorsqu’elles sont prêtes à s’accoupler. Le déclin de certaines espèces communes d’éphémères et d’autres insectes aquatiques, que l’on ne trouve aujourd’hui que dans quelques courts tronçons des rivières Credit et Humber, laisse également supposer que l’habitat s’est dégradé dans le cas de ces deux cours d’eau.

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Biologie

On dispose de peu d’informations sur la biologie de cette espèce. Comme toutes les libellules, son cycle de vie comprend un stade larvaire aquatique et un stade adulte terrestre. Les adultes vivent environ trois ou quatre semaines, alors que les larves vivent probablement deux ans ou plus. En Ontario, la période de vol des adultes s’étend du début de juin au début de juillet. Habituellement, les mâles adultes se posent sur des rochers saillants au milieu des rivières et effectuent de courts déplacements au-dessus des rapides pour chercher des proies, trouver des femelles et chasser leurs concurrents. Les femelles habitent dans les forêts qui bordent la rivière, et ne se rendent à la rivière que lorsqu’elles sont prêtes à s’accoupler. L’accouplement a lieu au-dessus du cours d’eau, et la femelle dépose ses œufs à la surface de l’eau des rapides. Les œufs et les nouvelles larves sont transportés vers les fosses bourbeuses situées en aval. Les larves passent la plus grande partie de leur vie enfouies dans le fond boueux de ces sections d’eaux calmes. Elles respirent par l’extrémité de leur abdomen, qui est relevée au-dessus des sédiments. En prévision de la mue finale, les larves grimpent sur la végétation riveraine. Les adultes fraîchement émergés s’éloignent de la rive pour éviter les prédateurs, jusqu’à ce que leur enveloppe extérieure, ou exosquelette, durcisse et qu’ils soient capables de voler rapidement. Les adultes sont des prédateurs opportunistes qui se nourrissent de divers insectes volants de petite taille. Cachées dans les sédiments, les larves se servent d’une pièce buccale spécialisée, le labium préhensile, pour attraper leurs proies sans quitter leur abri.

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Menaces

La menace la plus importante pour le gomphe des rapides est la dégradation de son habitat. Au Canada, trois des quatre sites se trouvent dans une partie du sud de l’Ontario où l’urbanisation constante menace la qualité de l’eau des habitats riverains et où la végétation terrestre naturelle se raréfie. La destruction des forêts riveraines pourrait constituer une menace pour l’adulte qui serait ainsi davantage exposé à la prédation par les oiseaux et par les autres espèces de libellules. Il se peut que les femelles, qui passent la plus grande partie de leur vie dans la forêt riveraine, soient particulièrement vulnérables. La retenue des eaux courantes par les barrages constitue une menace potentielle dans tous les sites canadiens connus. En effet, les quatre rivières où l’espèce a été observée comptent de nombreux barrages et autres installations servant à la régulation des eaux. Elles font aussi l’objet de mesures actives de lutte contre les crues. De plus, la qualité de l’eau s’est détériorée dans la plupart des cours d’eau du sud de l’Ontario. Les concentrations élevées de chlorure, de phosphore et de nitrate et la présence de pesticides pourraient constituer des menaces pour les larves du gomphe des rapides. Enfin, l’introduction d’espèces exotiques constitue aussi une menace potentielle dans les quatre rivières. Les répercussions éventuelles de toutes ces espèces envahissantes sur le gomphe des rapides sont inconnues mais pourraient comprendre la prédation, la concurrence, une augmentation de la turbidité de l’eau et une modification de la structure de la communauté des cours d’eau. Les collisions avec des automobiles sont une des causes de mortalité des libellules adultes dans les localités où une route traverse l’habitat riverain, mais leurs répercussions potentielles n’ont pas encore été déterminées.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Gomphe des rapides est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario, l’espèce n’est protégée par aucune loi provinciale. Une partie de son habitat jouit cependant d’une certaine protection, puisque l’habitat riverain est protégé par les dispositions portant sur l’habitat du poisson de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du gomphe des rapides (Gomphus quadricolor) au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Gomphe des rapides (2008)

    Cette espèce de libellule remarquable a une répartition fragmentée, et sa zone d’occurrence et sa zone d’occupation sont très petites. Elle n’est retrouvée que dans de petites parties de deux rivières du sud de l’Ontario. L’espèce serait disparue de deux sites historiques, et il y a des indications d’un déclin continu de l’habitat.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du gomphe des rapides (Gomphus quadricolor) au Canada (2016)

    Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent en vertu de la LEP pour le rétablissement du gomphe des rapides et a élaboré le présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, ce programme a été élaboré en collaboration avec le gouvernement de l’Ontario.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 - 2008 (2008)

    Le rapport annuel de 2008 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 20 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 19 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017