Profil d'espèce

Hypogymnie maritime

Nom scientifique : Hypogymnia heterophylla
Taxonomie : Lichens
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Hypogymnie maritime

Hypogymnie maritime Photo 1

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Description

L’hypogymnie maritime est un lichen finement ramifié qui croit sur les arbres. Son corps principal, appelé « thalle », se ramifie est fortement ramifié et mesure de 5 à 8 cm de largeur. De façon générale, le thalle ressemble à un petit buisson. Il possède des lobes renflés, creux et souples, de largeur souvent inégale. La cavité des lobes est brun foncé. L’extrémité des lobes se subdivise généralement en deux lobules longs et étroits, perpendiculaires à la marge du lobe, les faisant ressembler à de minuscules doigts crochus. Ces lobules constituent un caractère distinctif de l’espèce. Le dessus du thalle est d’un gris verdâtre, souvent ponctué de nombreux points noirs : ce sont les pycnides, des organes reproducteurs. Le dessous du lichen est noir, luisant et plissé. Le thalle forme fréquemment des apothécies, de petites fructifications qui produisent des spores sexuées servant à la reproduction. Les apothécies, en forme de disque, peuvent mesurer jusqu’à 8 mm de diamètre et sont portées sur un petit support. Le disque est brun et renferme huit spores par fructification. Les spores sont incolores et plutôt allongées.

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Répartition et population

L’hypogymnie maritime se retrouve uniquement sur la côte ouest de l’Amérique du Nord. Ce lichen est réparti depuis le sud de la Colombie-Britannique, au nord, jusqu’au Puget Sound, dans l’état de Washington, et le long de la côte de l’Oregon et de la Californie jusqu’aux régions côtières de Santa Barbara, de Los Angeles et des îles Channel. Au Canada, où l’espèce a été signalée pour la première fois en 1991, l’hypogymnie maritime est répertoriée pour quatre localités de la pointe sud-ouest de l’île de Vancouver, situées dans le parc régional East Sooke, l’île Bentinck et Sheringham Point. L’espèce semble ainsi limitée à une étroite bande de 10 km. Les populations canadiennes se trouvent au nord-ouest des populations du Puget Sound, dans l’état de Washington, dont elles sont séparées par les détroits de Georgie et de Juan de Fuca. Dix sous-populations d’hypogymnie maritime sont répertoriées sur l’île de Vancouver. En 2006, l’espèce semblait relativement abondante dans les emplacements connus, où les colonies les plus abondantes comptaient plus de 100 thalles, tandis que les moins abondantes en comptaient un peu plus d’une dizaine. Au total, le nombre de thalles était probablement supérieur à 1 000; on croit que l’effectif réel dépasse vraisemblablement ces estimations, car les branches supérieures des arbres n’ont pas pu être examinées. Les populations canadiennes semblent stables, mais leur occurrence est limitée et l’espèce n’est présente que dans quatre emplacements. Les violentes tempêtes survenues à l’hiver 2006-2007 ont possiblement réduit la population du parc régional East Sooke, car de nombreux pins tordus côtiers ont été abattus ou endommagés.

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Habitat

L’hypogymnie maritime ne se développe que sur les branches de conifères, en particulier du pin tordu, établis près de la mer, le long de la côte du Pacifique. Ce lichen se rencontre principalement sur des saillies rocheuses situées à faible altitude et exposées au soleil, à des vents forts, à des précipitations modérées et à une humidité élevée. Toutes les colonies canadiennes d’hypogymnie maritime se trouvent à moins de 1 km de la côte océanique, dans des forêts clairsemées de pin tordu côtier exposées aux éléments. Dans ces sites, les pins sont plutôt rabougris, et leurs branches sont souvent endommagées ou cassées par les vents du large et les tempêtes d’hiver. Il est possible que ce lichen soit limité à la côte parce que les sels que transportent les embruns seraient nécessaires à son développement, comme cela semble être le cas chez d’autres lichens.

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Biologie

Comme tous les lichens, l’hypogymnie maritime est un organisme végétal composé d’un champignon et d’une algue qui vivent en association symbiotique. Ce type d’association, mutuellement bénéfique, est indispensable à leur survie. L’hypogymnie maritime se reproduit de façon sexuée grâce à la dispersion des spores sexués du champignon, les ascospores, qui doivent s’unir avec des cellules d’une algue verte du genre Trebouxia pour qu’il y ait formation d’un individu. La formation d’apothécies étant assez fréquente chez cette espèce, on peut penser que ce mode de reproduction est également fréquent; les rameaux de pin tordu côtier semblent porter suffisamment de partenaires compatibles, présents dans les thalles intacts d’hypogymnie maritime ou d’autres lichens, ou sous forme libre issue de lichens en décomposition. L’hypogymnie maritime se reproduit également par voie végétative, par fragmentation des lobules de son thalle, qui renferment le champignon et l’algue associée. La reproduction non sexuée est aussi assurée par la production de spores asexuées, les conidiospores, produites par les nombreuses pycnides formées sur le dessus des lobes. Après leur libération, les conidiospores sont disséminées par le vent, l’eau et les animaux. Ces spores asexuées doivent rencontrer l’algue compatible pour qu’il y ait formation d’un thalle.

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Menaces

Le principal facteur limitant la dispersion de l’hypogymnie maritime est le manque d’habitat imputable à la dépendance de l’espèce aux jeunes peuplements de pin tordu côtier établis sur des saillies rocheuses venteuses. Une grande partie de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver est formée de collines rocheuses et de plages de sable ou de galets. Les saillies rocheuses balayées par les vents y sont plus rares. La principale menace à la survie des populations canadiennes semble venir des tempêtes hivernales. En effet, les violentes tempêtes survenues à l’hiver 2006-2007 ont endommagé de nombreux arbres du parc régional East Sooke. Tous les débris végétaux gisant au sol ont été laissés sur place. Il est donc possible que les colonies d’hypogymnie maritime établies sur des arbres endommagés ou abattus par les tempêtes aient survécu un certain temps. Enfin, le réchauffement de la planète pourrait constituer une menace importante en provoquant une amplification des fluctuations de températures et de précipitations, une intensification des tempêtes et une augmentation de la fréquence des inondations sur les côtes.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Hypogymnie maritime est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Les quatre sites canadiens abritant l’hypogymnie maritime se trouvent dans des parcs régionaux, notamment le parc régional East Sooke, ou sur des terres appartenant au ministère de la Défense nationale ou à Pêches et Océans Canada, qui font partie des terres domaniales protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l'hypogymnie maritime (Hypogymnia heterophylla) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Hypogymnie maritime (2008)

    Ce lichen est endémique à la côte Pacifique de l’Amérique du Nord; le sud-ouest de l’île de Vancouver représente la limite septentrionale de son aire de répartition. La survie de l’espèce dépend des forêts de pins tordus à un stade de succession précoce à intermédiaire qui longent la côte. Les populations semblent stables, mais leur occurrence est limitée et l’espèce n’est présente que dans quatre emplacements. Les tempêtes hivernales extrêmes, lesquelles augmenteront vraisemblablement, constituent la principale menace qui pèse sur l’espèce.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l'hypogymnie maritime (Hypogymnia heterophylla) au Canada (2017)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP de l’hypogymnie maritime et a élaboré ce programme conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec le ministère de la Défense nationale (MDN) et la province de la Colombie-Britannique (C.-B.).

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 - 2008 (2008)

    Le rapport annuel de 2008 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 20 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 19 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Exceptions

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017