Profil d'espèce

Sabatie de Kennedy

Nom scientifique : Sabatia kennedyana
Autres noms/noms précédents : Sabatia de Kennedy
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2012
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Sabatie de Kennedy

Sabatie de Kennedy Photo 1

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Description

La sabatie de Kennedy est une plante herbacée vivace possédant une seule tige florifère dressée qui mesure 30 à 50 cm de hauteur et pousse à partir d’une rosette basilaire d’étroites feuilles oblancéolées chevauchantes mesurant 3 à 8 cm de longueur. À partir de cette rosette, la plante émet de courts stolons verts, à l’extrémité desquels se forment de nouvelles rosettes. Ainsi, on observe souvent des groupes de rosettes interreliées. La tige florifère porte des feuilles opposées et 1 à 3 (rarement jusqu’à 5) fleurs. Les fleurs mesurent 5 cm de diamètre et présentent 7 à 13 pétales roses avec du jaune à la base. La sabatie de Kennedy est rare à l’échelle mondiale. En Nouvelle-Écosse, elle pousse aux côtés d’un grand nombre d’autres espèces rares elles aussi éloignées de leur aire de répartition principale, située plus au sud dans la plaine côtière de l’Atlantique. Les populations de sabatie de Kennedy de Nouvelle-Écosse sont situées à plus de 400 km des autres populations les plus proches, situées au Massachusetts. Selon une étude sur la diversité génétique, les populations de Nouvelle-Écosse pourraient avoir une importance particulière pour l’ensemble de l’espèce. Grâce aux belles fleurs de l’espèce, les propriétaires de chalets et le public sont plus enclins à appliquer des mesures d’intendance dans les milieux qui hébergent les espèces rares de la plaine côtière de l’Atlantique. (Mise à jour 2017/08/04)

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Répartition et population

L’aire de répartition mondiale de la sabatie de Kennedy est très limitée et se divise en trois régions très éloignées les unes des autres : 1) de part et d’autre de la frontière entre la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, près de la côte atlantique; 2) dans la zone côtière du Massachusetts et du Rhode Island; 3) dans l’extrême sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, où l’espèce pousse sur les rivages de dix lacs répartis dans trois réseaux hydrographiques (rivières Annis, Carleton et Tusket), qui se déversent tous dans l’estuaire de la Tusket. Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada. (Mise à jour 2017/08/04)

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Habitat

En Nouvelle-Écosse, la sabatie de Kennedy pousse sur le rivage de lacs (rarement de rivières), dans des substrats constitués de sable, de gravier ou de tourbe. On ne trouve l’espèce que dans les zones qui sont exposées une ou deux fois par année, lorsque le niveau des lacs baisse en été, et inondées en hiver, ce qui protège les plantes du gel. La sabatie de Kennedy est associée aux lacs possédant de particulièrement vastes bassins hydrographiques en amont, car les fluctuations importantes du niveau d’eau, les vagues et l’érosion par la glace limitent la fertilité des rivages et inhibent les espèces plus compétitives. En Nouvelle-Angleterre, la sabatie de Kennedy se rencontre principalement sur les rivages sableux, graveleux ou boueux de petits étangs de kettle. En Caroline du Nord et en Caroline du Sud, l’espèce pousse sur les rivages de rivières et d’étangs ainsi que dans les marécages acides. (Mise à jour 2017/08/04)

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Biologie

La sabatie de Kennedy est une plante vivace qui se reproduit par voie sexuée, par la production de graines, et par voie végétative, soit par la production de rosettes à l’extrémité des stolons verts, soit au moyen de fragments végétatifs transportés par la glace ou l’eau. Au Canada, elle fleurit depuis la mi-juillet jusqu’à la fin septembre. Elle est pollinisée par une vaste gamme de pollinisateurs généralistes et est autocompatible. Chaque fleur peut produire 300 à 1 400 minuscules graines, libérées au début de l’automne. La dispersion se fait probablement par l’eau dans la plupart des cas, puisque les graines peuvent flotter pendant au moins une journée. Le réservoir de semences du sol, dont on ignore la longévité, est très important pour la survie de l’espèce au Massachusetts. On trouve aussi des réservoirs de semences en Nouvelle-Écosse, mais ils y sont sans doute moins importants, car l’habitat y est plus stable. Les rosettes fleurissent après 2 à 5 années (ou plus) puis meurent. On ignore la durée de vie des clones (groupes d’individus issus de la reproduction végétative). La durée d’une génération, tenant compte du taux de reproduction sexuée et du taux de reproduction végétative, est sans doute d’environ 5 ans. (Mise à jour 2017/08/04)

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Menaces

L’eutrophisation est la plus grave menace pesant sur la sabatie de Kennedy. Une petite population (lac Fanning) semble déjà subir un stress causé par la concurrence accrue livrée par les espèces qui sont avantagées par l’eutrophisation liée à l’élevage du vison. L’alpiste roseau, espèce exotique envahissante exigeante sur le plan nutritif, est présent sur les rivages de ce lac et constitue une menace imminente pour la sabatie de Kennedy. Des cas d’eutrophisation (hausse de 600 à 800 % du phosphore total de 2002 à 2011, sans doute causée par une seule visonnière) ont été détectés un peu partout dans le bassin de la rivière Tusket en 2011; les lacs touchés hébergent 98 % de la population canadienne totale. Aucun impact de l’eutrophisation sur la sabatie de Kennedy n’a encore été observé dans les lacs du bassin de la Tusket, mais les concentrations de phosphore de certains de ces lacs s’approchent de celle du lac Fanning. La modification des rivages est une menace actuelle répandue qui touche une petite proportion de la population. L’espèce est présente sur le rivage de plus de 200 chalets et résidences. Environ 27 % de la population se trouve sur des terrains privés non aménagés. Les milieux hébergeant l’espèce continuent de subir des modifications, notamment ceux qui abritent la plus dense population au Canada. Les pertes d’effectif causées par cette menace au cours des 15 dernières années (3 générations) est probablement bien de deçà de 2,8 %. Environ 38 % des milieux occupés et 32 % de la population se trouvent actuellement dans des aires protégées, ce qui atténue quelque peu la menace que constitue le développement. La construction de barrages hydroélectriques sur le cours inférieur de la Tusket vers 1929 a entraîné une grave diminution des populations et pourrait limiter le rétablissement de l’espèce autour des lacs touchés. Toutefois, la construction de nouveaux barrages ne constitue pas une menace. La circulation de véhicules tout-terrain a un impact local, mais ne semble pas avoir de grave effet sur la population. (Mise à jour 2017/08/04)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Sabatie de Kennedy est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifique pour la flore de la plaine côtière de l'Atlantique au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de la flore de la plaine côtière de l'Atlantique

  • Sherman Boates - Président/Contact - Gouv. de la Nouvelle Écosse
    Tél. : 902-679-6146  Téléc. : 902-679-6176  Envoyer un courriel
  • Samara Eaton - Président/Contact - Environnement Canada
    Tél. : 506-364-5060  Téléc. : 506-364-5062  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Sabatie de Kennedy (Sabatia kennedyana) au Canada (2013)

    La sabatie de Kennedy est une plante herbacée vivace possédant une seule tige florifère dressée qui mesure 30 à 50 cm de hauteur et pousse à partir d’une rosette basilaire d’étroites feuilles oblancéolées chevauchantes mesurant 3 à 8 cm de longueur. À partir de cette rosette, la plante émet de courts stolons verts, à l’extrémité desquels se forment de nouvelles rosettes. Ainsi, on observe souvent des groupes de rosettes interreliées. La tige florifère porte des feuilles opposées et 1 à 3 (rarement jusqu’à 5) fleurs. Les fleurs mesurent 5 cm de diamètre et présentent 7 à 13 pétales roses avec du jaune à la base.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Sabatie de Kennedy (2013)

    Cette plante riveraine vivace et remarquable a une aire de répartition mondiale restreinte avec une distribution discontinue limitée à l’extrême sud de la Nouvelle-Écosse. Il existe une préoccupation relativement à une dégradation potentielle répandue et rapide de l’habitat en raison de récentes augmentations des taux de phosphore dans les lacs, liées à l’industrie de l’élevage du vison, en rapide croissance. Bien que la population soit désormais connue comme étant de plus grande taille que ce qui avait été auparavant documenté en raison du nombre grandement accru de relevés, l'espèce est aussi en péril en raison des impacts continus associés à l'aménagement du littoral, ainsi qu’à l’aménagement hydro-électrique historique.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifiques pour la flore de la plaine côtière de l’Atlantique au Canada (2016)

    En vertu de l’article 37 de la LEP, le ministre compétent est tenu d’élaborer des programmes de rétablissement à l’égard des espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et, en vertu de l’article 65 de la LEP, le ministre compétent est tenu d’élaborer des plans de gestion à l’égard des espèces préoccupantes. Le présent programme de rétablissement et plan de gestion servira également de plan de gestion distinct, comme l’exige la LEP (articles 65-67), pour les espèces désignées préoccupantes en vertu de la LEP qui y sont incluses. La province de la Nouvelle Écosse, Environnement Canada et Agence Parcs Canada ont mené l’élaboration du présent document, qui a été préparé en coopération ou en consultation avec de nombreux autres particuliers et organismes, y compris des organismes non gouvernementaux environnementaux, des intervenants de l’industrie, des peuples autochtones et des propriétaires de terres privées.

Plans d'actions

  • Plan d’action plurispécifique pour la flore de la plaine côtière de l’Atlantique au Canada (2016)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP du coréopsis rose, du droséra filiforme, de l’hydrocotyle à ombelle, de la lophiolie dorée et de la sabatie de Kennedy et a élaboré le présent plan d’action pour mettre en œuvre le programme de rétablissement, conformément à l’article 47 de la LEP. La ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est responsable de l’hydrocotyle à ombelle là où l’espèce se trouve sur des terres administrées par l’APC. Dans la mesure du possible, le plan d’action a été préparé en collaboration avec la province de la Nouvelle-Écosse, l’Équipe de rétablissement de la flore de la plaine côtière de l’Atlantique (FPCA), des organisations environnementales non gouvernementales, des parties concernées de l’industrie, des groupes autochtones et des propriétaires fonciers privés, en vertu du paragraphe 48(1) de la LEP.

Plans de gestion

  • Programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifiques pour la flore de la plaine côtière de l’Atlantique au Canada (2010)

    En vertu de l’article 37 de la LEP, le ministre compétent est tenu d’élaborer des programmes de rétablissement à l’égard des espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et, en vertu de l’article 65 de la LEP, le ministre compétent est tenu d’élaborer des plans de gestion à l’égard des espèces préoccupantes. Le présent programme de rétablissement et plan de gestion servira également de plan de gestion distinct, comme l’exige la LEP (articles 65-67), pour les espèces désignées préoccupantes en vertu de la LEP qui y sont incluses. La province de la Nouvelle Écosse, Environnement Canada et Agence Parcs Canada ont mené l’élaboration du présent document, qui a été préparé en coopération ou en consultation avec de nombreux autres particuliers et organismes, y compris des organismes non gouvernementaux environnementaux, des intervenants de l’industrie, des peuples autochtones et des propriétaires de terres privées.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2017)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations). Compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et les services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les organismes nuisibles, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC – 2012-2013 (2013)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2012 à septembre 2013), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 25 au 30 novembre 2012, et la deuxième, du 28 avril au 3 mai 2013. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 73 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2012-2013 sont les suivants : Disparues : 0 Disparues du pays : 2 En voie de disparition : 28 Menacées : 19 Préoccupantes : 19 Données insuffisantes : 4 Non en péril : 1 Total : 73 Sur les 73 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 50 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – Décembre 2013 (2013)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et la planification de rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient de sa planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et, maintenant, 518 espèces forment la liste Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 23 mars 2014 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières; et le 23 octobre 2014 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées. Processus de consultation.

Description de la résidence

  • Justification de la résidence - Sabatie de Kennedy (2007)

    Les plantes individuelles de la sabatie de Kennedy ne semblent pas utiliser un gîte semblable à celui d’un nid ou d’un terrier et ne réunissent donc pas les conditions requises pour être considérées comme ayant une résidence. Il n'y aurait donc aucune autre protection juridique que celle qui est déjà prévue par la protection de l'individu et de son habitat essentiel.