Profil d'espèce

Gentiane de Victorin

Nom scientifique : Gentianopsis virgata ssp. victorinii
Autres noms/noms précédents : Gentiana victorinii,Gentianopsis victorinii,Gentianopsis procera macounii var. victorinii
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Québec
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2004
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Gentiane de Victorin

Gentiane de Victorin Photo 1

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Taxinomie

La gentiane de Victorin a subi plusieurs changements de classification depuis qu’elle fut décrite pour la première fois en 1923. Les noms scientifiques Gentiana victorinii Fern., Gentianella crinita (Froel.) G. Don ssp. victorinii (Fern.) J. M. Gillett et Gentianopsis victorinii (Fernald) Iltis sont autant de synonymes pertinents.

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Description

La gentiane de Victorin est une plante annuelle ou bisannuelle au port dressé. Cette herbacée, issue d'une petite racine peu ramifiée, mesure de 10 à 50 cm de hauteur. Sa tige est simple ou ramifiée, et dépourvue de poils. Cylindrique à la base, elle devient hexagonale au milieu. Les feuilles de la tige sont un peu charnues et asymétriques, en forme de lances étroites, longues de 1 à 6 cm. Elles sont posées directement sur la tige, face à face. À la base du plant, une à quatre paires de feuilles en forme de spatule sont disposées en rosette. La gentiane de Victorin porte de 1 à 30 fleurs sur un pédoncule quadrangulaire et côtelé sur le sens de la longueur. Le calice, formé de quatre sépales verts soudés sur près de la moitié de leur longueur, enveloppe l’extérieur de la fleur; deux des sépales ont la forme d’une lance et les deux autres, plus courts, celle d’un œuf aplati à la base. La corolle est formée de quatre pétales violacés et mesure de 3,5 à 4,5 cm de longueur à maturité; les pétales sont soudés sur les 3/5 de leur longueur et terminés par un lobe finement dentelé au sommet et très légèrement lacéré à la marge. Avant la floraison, les lobes sont enroulés en cornet. Chaque fleur produit un fruit mesurant de 3 à 3,8 cm de longueur. Il s’agit d’une capsule s'ouvrant à maturité. Chaque fruit contient environ 400 graines de couleur brune.

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Répartition et population

La gentiane de Victorin se rencontre exclusivement au Québec dans l'estuaire du fleuve Saint Laurent. Elle ne pousse que dans les zones intertidales, ces zones situées entre la limite de la marée basse et la limite de la marée haute, où l’eau est douce ou légèrement salée. La limite sud-ouest se situe à Deschambault et Lotbinière, tandis que la limite nord-est se situe à Saint-Roch-des-Aulnaies et à l'Île-aux-Oies. Actuellement, l’espèce est répertoriée dans 28 localités existantes; on connaît au total 43 sites, dont huit historiques et sept disparus du pays. Le nombre total de plantes en fleurs en 2003 était estimé entre 1 700 et 6 000. Depuis 1986, la découverte de nouvelles populations a provoqué une augmentation importante du nombre d'individus connus de la gentiane de Victorin. Sept de ces populations (Deschambault, pointe Platon à Sainte-Croix, pointe d’Argentenay à Saint-François, Grosse-Île, pointe de Saint-Vallier à Saint-Vallier, Saint-Augustin-de-Desmaures et anse chez Porteous à Sainte-Pétronille) comptent à elles seules plus des trois quarts des gentianes de Victorin au Québec. La tendance du nombre d’emplacements existants et des populations est inconnue, mais les populations croissantes reflètent des efforts de recherche plus soutenus. De nouvelles populations pourraient encore être découvertes le long du fleuve Saint Laurent. Il semble que la situation générale des populations soit stable, mais certaines menaces pourraient encore avoir des incidences sur les populations.

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Habitat

La gentiane de Victorin pousse exclusivement dans la zone intertidale de l’estuaire du Saint-laurent, dans l'eau douce ou légèrement saumâtre du fleuve. Au Québec, la faible amplitude des marées en amont de Deschambault et la forte salinité de l'eau dans la région de Saint Roch des Aulnaies en aval délimitent cet habitat. Lors des grandes marées d’équinoxe, la gentiane est recouverte d’eau durant deux ou trois heures par jour. Les marées basses et les marées hautes de faible amplitude l'atteignent rarement. L’espèce affectionne un milieu dominé par la spartine pectinée, une graminée dense et haute, et on la retrouve parfois sur des affleurements rocheux surélevés ayant une végétation plus ou moins dense. Elle préfère les dépôts de surface de plus de 15 cm d’épaisseur, de texture fine ou mixte, et rarement très pierreux. La gentiane de Victorin partage son habitat avec deux autres espèces désignées « préoccupantes » par le COSEPAC : la vergerette de Provancher et la cicutaire de Victorin.

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Biologie

La gentiane de Victorin est une plante annuelle ou bisannuelle dont la durée de vie est brève. Sa période de floraison s'étend de la mi-juillet à la mi-septembre et ses fleurs sont soumises à des « mouvements de sommeil » périodiques. Elles restent fermées lors des jours sombres et lorsque la marée les submerge, limitant ainsi momentanément l’accès aux insectes pollinisateurs. La pollinisation est assurée par différents insectes dont le bourdon, attiré par le nectar secrété à la base des étamines. La reproduction de cette espèce semble exclusivement assurée par la production de graines. La fructification débute en août et se poursuit jusqu'en octobre. Les graines de la gentiane de Victorin sont plus denses que l'eau, mais elles parviennent à flotter grâce à de petites structures lui servant de flotteurs. Elles sont ainsi transportées au large par le mouvement des marées et des vagues. En plus de ce mode de dispersion par l’eau, il est probable que les graines soient transportées sur de vastes distances dans un mélange de boue collée aux pattes des oiseaux.

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Menaces

Les menaces les plus graves pesant sur la gentiane de Victorin sont le piétinement humain et la circulation des véhicules récréatifs qui, en plus de provoquer la mort d'individus, modifient profondément l'équilibre fragile de son habitat. Comme cet habitat est strictement limité à la zone intertidale, l’espèce ne peut coloniser d'autres sites. De plus, le nombre d'habitats lui étant potentiellement convenables a subi une baisse importante suite à la construction d'autoroutes et de voies ferrées sur les battures du fleuve Saint-Laurent, le remblayage des rives et la construction de murs de soutènement pour des résidences. Heureusement, l’adoption de lois environnementales plus sévères semble avoir ralenti ou stoppé cette tendance. Le fauchage de la végétation riveraine et la cueillette des fleurs constituent une autre menace réelle qui pourrait entraîner la disparition de la gentiane de Victorin de certaines localités en la privant de son seul moyen de reproduction. Les glaces qui frappent les rochers et le rivage lors des marées journalières en hiver et la débâcle printanière peuvent provoquer l'arrachement de certains individus. De plus, les plantes peuvent se retrouver enfouies sous les débris végétaux en raison de la qualité et du niveau de l'eau. Enfin, d’éventuels déversements pétroliers pourraient détruire ces populations riveraines.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Gentiane de Victorin est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Actuellement, deux localités (anse Saint-Vallier et Grosse-Île) sont situées dans les limites d'aires protégées : le refuge d'oiseaux migrateurs de Saint-Vallier et le lieu historique national du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais. D'autres populations historiques imprécises peuvent aussi se retrouver dans les limites d'autres territoires protégés : les refuges d'oiseaux migrateurs de L'Islet, de Cap-Saint-Ignace et de Trois-Saumons. En outre, l'organisme Conservation de la nature Québec est propriétaire d'une partie du site sur lequel se trouve la population de la pointe de Saint-Vallier à Saint-Vallier. Mais la plupart des localités québécoises de la gentiane de Victorin occupent des territoires dépourvus de statut de conservation et dont la propriété est imprécise. Le Règlement sur la circulation de véhicules motorisés dans certains milieux fragiles protège son habitat contre les impacts de la principale menace à sa survie. De plus, la politique du Québec concernant la protection des rives, du littoral et des plaines inondables vise à maintenir et à améliorer la qualité de l'eau en accordant une protection minimale adéquate au littoral.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. victorinii) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de la flore menacée de l'estuaire d'eau douce du Saint-Laurent

Unité de planification de la conservation du SCF-Québec

  • Unité du rétablissement des espèces en péril du SCF-QC - Président/Contact -
    Tél. : 1-855-253-6708  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu’à présent On connaît 45 populations de ce taxon endémique de l'estuaire fluvial du Saint-Laurent. De ce nombre, 18 occurrences sont disparues ou n’ont pas été revues depuis plus de 25 ans. Plus des trois quarts des 27 populations subsistant à ce jour présentent de faibles effectifs. Malgré ce constat inquiétant, on ne craint pas pour la survie de l’espèce dont la majorité des populations viables sont protégées ou font l’objet de projets de conservation. Résumé des activités de recherche et de surveillance Des inventaires récents fournissent un bon portrait de la répartition de l’espèce et de son abundance. La tenure publique des terres doit être confirmée à certains endroits avant de procéder à la constitution d’habitats floristiques. Résumé des activités de rétablissement La Société Provancher d’histoire naturelle du Canada a acheté une zone riveraine essentielle à la gentiane de Victorin afin d’empêcher l’aménagement du site et de réduire le risque que l’espèce soit détruite par les utilisateurs des terres. Les terres acquises sont intégrées au territoire du marais Léon Provancher (Québec), un site naturel protégé qui est géré par la Société. Deux habitats floristiques ont été constitués en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables en 2005, deux autres populations d’excellente qualité sont protégées par une réserve écologique et par un lieu historique national, tandis que la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel a acquis le site abritant une des plus grosses populations et s'occupe activement de sensibiliser les propriétaires riverains depuis 2002. Un Comité scientifique aviseur sur la flore menacée de l’estuaire fluvial d’eau douce réunissant les principaux intervenants a été mis sur pied en 2005. En misant sur la concertation et le partage des connaissances, des ressources et des outils en place, ce Comité vise l’élaboration de plans de travail en fonction des priorités et des menaces et la mise en œuvre des actions en découlant. Ajoutons qu’en plus des considérations spécifiques à la conservation du gentianopsis élancé variété de Victorin, il faudrait développer une approche multi-spécifique ou écosystémique pour assurer la protection et la survie à long terme du cortège floristique particulier endémique à l’estuaire fluvial du Saint-Laurent. En effet, trois taxons désignés menacés et neuf autres susceptibles d’être désignés menacés ou vulnérables affectionnent des habitats similaires, souvent aux mêmes sites où le gentianopsis est implanté. Adresses URL Plantes menacées ou vulnérables au Québechttp://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/gentianopsis-victorin/genti-victorin.htm

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Gentiane de Victorin (macounii) (2004)

    Espèce annuelle ou bisannuelle dont la durée de vie est brève, qui est géographiquement très limitée et endémique aux zones littorales d'eau douce ou légèrement saumâtre de l'estuaire du fleuve Saint-Laurent au Québec. Elle est présente dans 28 sites existants, mais dans de très petits habitats localisés où un large éventail d'incidences, dont la circulation des VTT, le remblayage des rivages, le fauchage de la végétation riveraine, la cueillette des fleurs, et possiblement les déversements d'hydrocarbures, la menacent.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. victorinii) au Canada (2012)

    La gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. victorinii) a été inscrite comme espèce menacée à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, en juillet 2005. Le ministre de l’Environnement et le ministre responsable de Parcs Canada sont les ministres compétents pour le rétablissement de la gentiane de Victorin et ils ont élaboré le présent programme de rétablissement conformément à l'article 37 de la LEP. Le présent programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec le gouvernement du Québec (le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs).

Plans d'actions

  • Plan d'action pour la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. victorinii) au Canada (2014)

    La gentiane de Victorin est une plante herbacée annuelle ou biannuelle endémique aux zones supérieures du littoral d'eau douce ou légèrement saumâtre de l'estuaire du fleuve Saint-Laurent au Québec. La gentiane de Victorin a été inscrite comme espèce menacée à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), en juillet 2005. Le ministre de l’Environnement et ministre responsable de Parcs Canada est le ministre compétent pour le rétablissement de la gentiane de Victorin et, à ce titre, il a élaboré ce plan d’action dans le cadre du programme de rétablissement, conformément à l'article 49 de la LEP. Le plan d’action est le fruit d’une collaboration avec le gouvernement du Québec et il complète le Programme de rétablissement de la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. Victorinii) au Canada.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.